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Acquisition de la propriété
Alfred de Coulon et sa femme Léonie de Pierre acquièrent le terrain de Treytel en 1875 ; celui-ci comportait une maison assez simple en contrebas de la maison actuelle, qui a été détruite par un incendie en 1877.
Par deux fois, la famille a cédé du terrain au Canton en amont de la maison ; pour la rectification de la route nationale 5 inaugurée en 1962 et pour la construction de l'autoroute inaugurée en 2005.
La maison
Alfred de Coulon fit alors construire la bâtisse actuelle ainsi que la loge abritant les chevaux, la calèche et le logement du cocher/jardinier (bâtiment à l'entrée est de la propriété). Il emménage en 1881 avec sa femme et ses enfants. La construction de la maison aurait duré trois ans, comme le rappellent les dates inscrites sur la façade sud de la maison.
L'électrification de la maison ne s'est probablement faite que durant l’année 1925 alors que celle du village de Bevaix datait de 1902 déjà. L'eau potable était assurée par deux sources dont l’une se situe sous la maison ; cette dernière alimentait en contrebas des bassins pour l'élevage de truites. L'eau était pompée dans un réservoir sous toiture pour être ensuite distribuée dans les salles d'eau. Le raccordement au réseau public date du début des années 1970.
Encore à ce jour, le chauffage n'est assuré que par les cheminées et poêles installés dans la maison.
Le tennis
Le court de tennis, en herbe à l'époque, était un des premiers courts de la région et attirait beaucoup d'amateurs en plus des résidents de Treytel. A la fin du XIXème siècle, les femmes y jouaient encore en robes longues. La surface du terrain fut ensuite convertie en terre battue, on situe ce changement aux alentours des année 50.
La petite maison
Ce bâtiment date d'après la deuxième guerre mondiale ; il est actuellement loué à des particuliers.
Le port
L'abaissement du niveau du lac consécutif à la première correction des eaux du Jura (1868-1878) a permis l'aménagement des berges actuelles et d'un petit port de pêche privé agrémenté d’un môle en pierres brutes.
A la fin du XIXème siècle, le môle a été aménagé pour permettre l'accostage des bateaux de la Société de navigation à vapeur sur les lacs de Neuchâtel et Morat. La halte de Treytel, facultative, a été publique pour desservir le village de Bevaix ; elle n'était desservie que "s'il y avait des passagers à prendre ou à descendre et suivant les signaux convenus" comme cela figurait sur les horaires officiels de la compagnie (hisser un drapeau blanc pour que le bateau s'arrête ou demander l'arrêt au personnel de bord).
Les descendants d'Alfred de Coulon et Léonie de Pierre
Le tableau "Who's Who in Treytel" accroché sous le porche de l'entrée principale donne une image assez précise de toutes les personnes ayant eu et ayant aujourd'hui le droit de séjour à Treytel.
Alfred et Léonie de Coulon ont eu treize enfants ; trois d’entre eux décédèrent jeunes des suites de maladie et trois enfants n'ont pas eu de descendance. Sur les sept branches avec souches, trois branches ont quitté l'hoirie. Ainsi, la vie et l'âme de Treytel sont actuellement perpétuées par les descendants de quatre des treize enfants d'Alfred et Léonie.
Un ou deux traits de la vie à Treytel au début du XXe siècle
Les chambres à coucher sont réparties entre le premier et le deuxième étage, ce dernier étant le lieu de vie des enfants. Ceux-ci mangeaient à l'Office au rez-de-chaussée (à gauche des WC) durant toute la semaine, et prenaient leur repas de midi avec les adultes à la Salle à manger le dimanche.
La toilette des jeunes consistait principalement en une douche froide chaque matin et un bain chaud hebdomadaire.
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Les adultes se lavaient en chambre devant une vasque de toilette, l'eau étant apportée dans un broc par le personnel de maison.
A cinq heures du soir, tout le monde se réunissait au Fumoir, chacun à sa place à la grande table. Alfred lisait diverses œuvres d'écrivains anglophones connus.
En été, les baignades au lac étaient organisées dès que l'eau avait 14 degrés, ce qui était apprécié par les enfants ! En hiver, grands et petits s'amusaient en pratiquant le patin ou d'autres exercices ludiques sur l'étant gelé (place de jeu actuelle).
Que ce soit pour des fêtes officielles ou privées, plusieurs manifestations avec de nombreux invités cadençaient l'année ; de tout temps la maison s'est prêtée à de belles réjouissances.
Si les descendants d’Alfred et Léonie de Coulon se retrouvent régulièrement à Treytel pour faire vivre les traditions familiales de génération en génération, ils sont aujourd’hui heureux de partager cette belle maison avec des « externes » à la famille, à l’occasion de mariages ou d’anniversaires. Chacun.e est convaincu que les résidents d’un jour sauront respecter ce lieu, s’enrichir d’un souvenir unique et perpétuer ainsi l’esprit de Treytel.