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-INFOS n°101, 20.12.99, p. 14-17
Notre bulletin n° 99 donnait un aperçu du programme de l'UDC et présentait trois points de vue, notamment sur l'UDC à Zurich, sur sa percée en Suisse centrale aux dépens du PDC, et sur ses liens avec l'extrême-droite.
Le n° 100 évoquait le recyclage de la droite national-conservatrice après l'effondrement du système soviétique, ainsi que les affaires mirobolantes du milliardaire Blocher.
Nous poursuivons ici ce dossier en examinant la stratégie de construction de l'UDC. En effet, nous ne serions pas étonnés que le prochain congrès national de l'UDC se tienne à Genève, pour doper sa construction en Romandie. C'est pourquoi la gauche genevoise doit apprendre à mieux connaître ce parti, afin de mieux le combattre.
(red.)
En 1983, l'UDC zurichoise recueillait 13.8% des suffrages pour le Conseil National, contre 15.2% en 1987, 20.2% en 1991, 25.5% en 1995 et 32.5% en 1999. Quelles sont les raisons d'un tel succès? Nous publions ici la traduction française légèrement abrégée du chapitre intitulé "La construction du parti", tiré du livre de Hans Hartmann et Franz Horvath: "Zivilgesellschaft von rechts. Die unheimliche Erfolgstory der Zürcher SVP" (Société civile de droite. L'histoire à succès de l'UDC zurichoise) Zurich, Realtopia 1995. En dépit de son caractère évidemment daté, puisqu'il concerne surtout la période 1982-1993, il apporte un éclairage essentiel à la compréhension du phénomène UDC.
En mettant l'accent sur les dimensions organisationnelles, souvent mal connues, de la construction de l'UDC zurichoise, véritable laboratoire du développement national de ce parti, ce texte montre l'importance que l'UDC leur accorde, au coeur de son projet politique. N'est-il pas particulièrement inquiétant qu'un parti bourgeois, décrit à juste titre comme le poisson-pilote de la droite patronale néo-conservatrice, tente méthodiquement d'enraciner son action sur un terrain populaire que la gauche a déserté depuis tant d'années. Il y a là matière à sérieuse réflexion.
par Hans Hartmann et Franz Horvath*
Suite aux élections communales [zurichoises] de 1986, d'où les "quatre grands" - PRD, PSS, UDC et PDC - étaient sortis affaiblis, Christoph Blocher se demandait si "les partis étaient en crise". Les formes déconcertantes de l'engagement politique dans les nouveaux mouvements sociaux, les succès électoraux des "partis monothématiques" et les conflits internes l'inquiétaient. Pour Blocher, les partis ne devaient plus désormais "rechercher les faveurs des électeurs, mais se préoccuper des enjeux". C'est à ce prix qu'ils pourraient retrouver leur "profil perdu". En clair, cela signifiait pour l'UDC: une polarisation thématique plus forte, une homogénéité idéologique plus serrée, une propagande plus intense et des efforts plus tendus vers la construction du parti.
(…) Pour un large public, l'UDC s'intéressait avant tout aux questions de la drogue, de l'asile et de la criminalité. Une évaluation quantitative, à partir du journal du parti, montre cependant que ces thèmes ne constituaient qu'une partie du discours de ce parti.
Considérons les 305 éditoriaux du Zürcher Bote (Messager zurichois)1 entre 1988 et 1993, seuls 6% d'entre eux concernent les trois thèmes cités précédemment. Ensemble, ils ne pèsent pas plus lourd que la politique agricole, mais arrivent derrière l'aménagement ou le logement. Les domaines de l'économie, des finances, du marché du travail, du social, de l'énergie et des transports représentent chacun environ 4% des éditoriaux. En moyenne, un article sur sept traite de l'intégration européenne. Avec 13% des sujets abordés, la politique militaire compte presque autant - un sujet phare en 1989, année du GSsA. Relevons que sept éditoriaux en tout sont signés par des femmes (…) Dans cette période, la question de l'environnement est presque totalement absente. En revanche, les contributions de nature fortement idéologique sont particulièrement fréquentes: discours du 1er août, critiques des idées des Verts et des socialistes, positions fondamentales et essais de Christoph Blocher. Ces morceaux d'idéologie représentent au bas mot 17% des éditoriaux des sept années considérées.
Le journal du parti a joué un rôle important pour former l'opinion interne. Des questions tout d'abord controversées ont pu être orientées dans une certaine direction par une série d'éditoriaux du Zürcher Bote. Dans de nombreux cas, il s'agissait plus d'un pilotage que d'une formation de l'opinion, le débat contradictoire étant réservé à quelques objets internes largement controversés. Les rédacteurs étaient fiers de proclamer à chaque fois, que leur journal était un journal de parti et qu'il reflétait une opinion de parti. Dès lors que l'assemblée des délégués avait arrêté une position, le Zürcher Bote s'abstenait de publier toute position fondamentalement distincte. Cela valait aussi pour toute position de l'UDC nationale, différente de celle du canton, même si la décision de la majorité zurichoise avait été acquise à quelques voix près. La "clarté de l'opinion du parti" pesait plus lourd que le respect des minorités.
L'organe du parti suffisait pour les membres les plus simples. Pourtant, les activistes en charge du travail de propagande devaient être formés systématiquement. Alors que Blocher et les autres porte-parole du parti ne se lassaient pas de prétendre qu'ils s'exprimaient spontanément, l'arrivée d'un cadre moyen de l'UDC sur la scène politique était le fruit d'un système.
A l'été 1984, la direction du parti décidait de renforcer son secrétariat en séparant l'administration de la politique. Le secrétaire du parti était retiré de la rédaction du Zürcher Bote, tout en restant responsable de sa ligne politique. La direction attendait qu'il s'emploie à renforcer "le véritable travail politique de base", ainsi que "les sections locales". En octobre, Hans Fehr, enseignant du secondaire inférieur et préposé aux finances de la commune d'Eglisau, responsable de presse de la société des officiers de Zurich-Unterland, entrait dans ses fonctions de secrétaire. (…)
Il allait rapidement s'efforcer de renforcer les faibles structures de communication du parti cantonal. En premier lieu, il mit en place des groupes de travail thématiques, chargés de mettre à disposition des contenus de base pour les multiples activités du parti. Depuis février 1985, Fehr appelait, dans les colonnes du Zürcher Bote, à participer à toute une série de commissions, qui seront initiées ou réactivées au cours de l'année: école et formation, culture, éducation et questions sociales, écologie, jeunesse, puis enfin, à l'été 1986, sécurité et criminalité. De même, la commission économique, fondée en 1980, du temps des mouvements de jeunesse, dut être reconstituée. La coordination avec les autres structures du parti ne s'était pas faite sans problème, compte tenu d'une prise en compte insuffisante des intérêts économiques, dont le Zürcher Bote s'était fait écho. Hans Fehr avait pris place dans le Comité de cinq responsables, à la tête de ce groupe d'intérêt très large de 40 membres, comprenant des sous-commissions santé, aménagement et bâtiment.
A la demande de Fehr, les commissions existantes intensifièrent leur activité. En mars 1985, le Secrétariat cantonal organisait une réunion de délégués paysans; en avril, il proposait des rencontres d'information supplémentaires pour les cadres locaux à propos de la protection de l'environnement à l'échelon communal. Le même mois, à la demande de la commission des sports, le parti lançait une initiative populaire pour l'abolition de la taxe sur les billets. Enfin, en mai, à l'occasion d'une rencontre de la commission programme, la question de "l'ouverture du parti" était à nouveau débattue, pour la première fois depuis longtemps. Lors de nombreuses réunions et points de presses ultérieurs, une série d'autres questions allaient être mises à l'ordre du jour, par exemple: les fondements de l'UDC, la politique économique, l'être humain dans la communauté, la sécurité, l'énergie nucléaire, les transports individuels et publics, l'économie et la protection de l'environnement, de même que les politiques de l'asile, des finances et de l'agriculture.
A l'automne 1985, Fehr instituait une série de cours afin de transformer les cadres du partis en propagandistes capables. En septembre, 60 participants se retrouvaient ainsi pour un cours sur les médias, donné notamment par le rédacteur en chef du Züri-Woche, Charles Lüond. Ursula Fehr, collaboratrice du Zürcher Bote (…) avait intitulé son rapport passionné: "L'UDC conquiert les médias". Par la suite, Hans Fehr devait continuer à assumer la responsabilité de ce cours. Il souhaitait ainsi que, grâce à lui, l'UDC "joue un rôle important, le mieux possible et le plus durablement, dans la presse du canton de Zurich".
C'est plus tard seulement, que les jeunes du SVP, Marcel Riesen et Jürg Studer, ont cherché à diffuser leurs connaissances en matière de rhétorique autour de la question: "peut-on apprendre à s'exprimer?". Le but du cours était ainsi décrit: "comment mieux résister aux tentatives de manipulations étrangères". Cependant, la formation professionnelle au discours, organisée, depuis novembre 1985, par le secrétariat du parti, avec la collaboration de la firme Sensotrend, dirigée par Kurt Wittwer, chargé de cours en marketing et membre de l'UDC de Volketswiler, allait marquer une avancée qualitative.
Ces réunions, au cours desquelles des techniques de vidéo modernes étaient utilisées, reçurent un très large écho, si bien que d'autres séances durent être organisées rapidement. Au cours des années suivantes, Wittwer n'a cessé de perfectionner ses enseignements, proposés chaque hiver. Dès 1989, (…) une formation à l'explication des positions et aux techniques d'interviews était introduite. Un deuxième cours, intitulé "langage du corps", portait sur "la conduite d'une discussion non conflictuelle, l'analyse de la relation de communication, le maintien, les gestes, les mimiques, les situations sociales, les techniques d'observation et les jeux de rôles". Pour la préparation des élections de 1990/91, Wittwer offrait des cours spéciaux pour les candidat-e-s du canton. Et ceci, sans compter les cours de rhétorique, proposés plus tard aux milieux paysans.
Depuis fin 1985, le secrétariat de l'UDC a aussi organisé régulièrement des voyages pour les membres. Ceux-ci visaient à renforcer la cohésion sociale de l'encadrement du parti. Le président et le secrétaire ont lancé fréquemment des appels à y participer. La destination la plus courante était l'Afrique du Sud, jusqu'à l'effondrement du régime d'apartheid.
L'élément clé de la stratégie de construction reposait cependant sur l'activation de sections nouvelles ou déjà établies. Déjà au milieu des années 80, l'UDC jouissait certes déjà d'une structure bien ramifiée. D'après certaines sources, le parti cantonal comptait déjà quelque 12'000 membres, organisés dans environ 180 sections locales. Plus de la moitié des communes zurichoises étaient présidées par un membre de l'UDC. Mais en de nombreux endroits, le niveau d'activité des sections laissait à désirer. De surcroît, maintes communes rurales ne disposaient d'aucune section locale. Les membres de l'UDC s'étaient satisfaits jusqu'ici d'un simple comité électoral informel. Celui-ci n'était souvent que l'annexe d'une société agricole; il ne se réunissait que lorsqu'il fallait désigner quelqu'un à une fonction ou débattre d'une question importante.
Les zones rurales du canton jouissaient alors - ceci n'avait pas changé fondamentalement depuis le milieu du XIXe siècle - d'un réseau de sociétés agricoles qui s'étendait bien au-delà des frontières des partis. En dépit du déclin bien connu de la paysannerie, les régions d'implantation traditionnelle de l'UDC jouissaient d'un nombre impressionnant de groupes d'intérêts et de sociétés. Il n'était pas rare que des sociétés agricoles locales d'intérêt général organisent des discussions politiques, en commun avec la section de l'UDC, ou invitent d'elles-mêmes des personnalités connues. Des groupes de jeunes ou de femmes, responsables de bals de Nouvel An ou de concours de labours, de même que des coopératives laitières ou des sociétés du terroir faisaient partie de ces réseaux de sociabilité. Le Zürcher Bote fait d'ailleurs référence aux activités des producteurs de betteraves sucrières, des jeunes agriculteurs, des marchands de bestiaux, des détenteurs de vaches laitières ou de porcs, des éleveurs de cochons, ainsi que de différentes organisations de producteurs (…), de fermiers, de maîtres d'apprentissage et de domestiques.
Hans Fehr commença d'abord par tenter de formaliser des réseaux locaux inorganisés en fondant de nouvelles sections de l'UDC. Dans les petites communes, cela ne constituait pas un stress trop fort pour les structures de communication existantes. Fehr connaissait le scepticisme qui entourait ses projets. On ne cesse de répéter, écrivait-il, que la fondation de nouvelles sections pourrait "susciter des polarisations et des tensions indésirables (…)". En effet, les changements de structure de la population rurale, avec l'émergence des Verts au niveau cantonal et local, avaient des conséquences importantes. Fehr était conscient de tels dangers et poussait à l'action.
En février 1985, quelques mois seulement après son entrée en fonction, il exposait ses plans dans le journal du parti: dans les régions rurales, "les groupes d'intérêts, quels qu'ils soient, et les autres partis", avertissait-il, ont de plus en plus d'emprise sur les événements politiques; "les intentions sont souvent douteuses et les résultats désagréables". Pour Fehr, l'antidote résiderait dans le développement de structures formelles du parti: "Une section de l'UDC, qui affirme ouvertement et clairement ses positions dans les votations, les affaires communales et les élections" dispose d'un poids plus important au quotidien. Cette démarche découlait d'une prise de conscience: l'influence politique et idéologique de la direction du parti ne s'imposerait durablement que là où des structures organisationnelles stables le permettrait (…).
Les sections déjà existantes ont aussi reçu un appui de la part du secrétaire cantonal. Déjà durant la première année de son mandat, il montait une action publicitaire pour gagner de nouveaux membres. La section de Niederglatt ayant eu le plus de succès, elle fut montrée en exemple en août 1986. Avec une "stratégie perfectionnée, mais simple", ceux de Niederglatt avaient plus que doublé leurs effectifs en une année. En particulier, ils avaient mis sur pied un programme annuel attractif, répondant aux besoins de la commune, multiplié les relations avec la presse et traité du recrutement de nouveaux membres à chaque réunion de la direction locale. Le secrétariat cantonal soumit un concept de recrutement élaboré, inspiré de cette expérience, à tous les président-e-s de sections locales. Depuis lors, les annonces de succès n'ont cessé d'être présentées dans les colonnes du Zürcher Bote.
Pour la campagne de recrutement de l'année 1988, Fehr recommandait un "travail de titan" et "un engagement clair et systématique". Comme moyen privilégié de transmettre le message, il continuait à préconiser les discussions personnalisées (…). De plus, il mettait à disposition des cadres intermédiaires un catalogue d'arguments destiné à différents groupes cibles. Pourtant, l'UDC ne parvint pas tout à fait à atteindre le but qu'elle s'était fixé pour cette année, soit une croissance de 15%. Elle avait tout de même gagné 600 nouveaux membres (…). Les campagnes de recrutement des années suivantes ont donné une image semblable. Les cadres des sections à succès avaient à chaque fois le privilège, à titre de récompense, de passer une soirée avec un dirigeant éminent du parti.
Grâce à son réseau dense de sections, en bon état de fonctionnement, l'UDC allait pouvoir défendre ses positions en entrant en dialogue avec un public élargi dans un nombre croissant de manifestations. De janvier 1982 à décembre 1993, les sections et l'appareil cantonal du parti ont organisé au moins 875 rencontres publiques à caractère politique, au sens étroit du terme. Et nous n'avons pas compté ici les grands événements, orchestrés annuellement, avec pour principal but de mettre en scène le parti. Nous voulons parler en particulier des congrès bien connus d'Albisgüetli, qui ont mobilisé régulièrement plus de 1000 personnes depuis 1989; les rassemblements de la Chandeleur, organisés depuis 1978 par les cercles 11 et 12 de Zurich Nord, qui peuvent être au mieux décrits comme de pseudo-Landsgemeinde à caractère de fête populaire; les tirs annuels de l'UDC introduits en perspective des élections nationales de 1983, qui réunissent depuis lors quelques 1000 participants à chaque fois (…).
Depuis la fin des années 70, certaines sections de l'UDC ont commencé à mettre systématiquement à profit certaines discussions publiques à des fins d'auto-représentation. Le cercle 11 en avait pris l'initiative en 1978 avec ses verrées politiques: il en a tenu pas moins de 84 jusqu'à fin 1993. Le succès fut éclatant. Zurich-Nord enregistra un triplement des voix de l'UDC, aux dépens du PS, de l'Alliance des Indépendants et du PDC, plaçant ce parti au deuxième rang dans cette partie de la ville [il occupe aujourd'hui clairement le premier rang, ndlr]. A partir de juin 1982, d'autres sections de la ville ont essayé d'imiter cette pratique. (…).
Dans les années 90, (…) les onze sections de la ville accrurent leur engagement, de façon à faire pratiquement jeu égal avec la campagne. L'UDC de la ville de Zurich s'engageait dans un effort permanent de réunions publiques. Elle se rapprochait ainsi de la représentation idéale de Christoph Blocher, exigeant toujours plus de ses supporters, qu'ils se montrent à l'écoute de leurs concitoyen-nes, non seulement à l'approche des élections, mais en permanence. Il est évident que la crédibilité d'un parti auprès de ses électeurs/trices s'accroît, lorsqu'il mène sa campagne électorale, dans toute la mesure du possible, de façon ininterrompue (…).
Le calendrier des apparitions publiques de l'UDC reflète autant le climat politique général, que les tentatives de ce parti de le déterminer. Ses débats publics permettaient aussi à ses sympathisant-e-s - ou à celles et ceux qui voulaient le devenir - de s'informer à volonté sur le parti. C'est ici que résidait, sans doute, le but de tout ces efforts. Il est difficile d'estimer combien de personne l'UDC pouvait parvenait à atteindre de cette manière durant une législature. Ce chiffre ne devait pas se situer bien loin des 69'000 listes recueillies à l'occasion des élections fédérales de 1991 [plus de 110'000 en 1999, ndlr]. (…)
* Hans Hartmann est historien économiste, collabore au mensuel MoMa et à la Wochenzeitung. Nous avons déjà publié son analyse des résultats de l'UDC aux élections fédérales de cet automne (voir notre bulletin n° 99).
* Franz Horvath est historien et collabore également à MoMa.
(Les intertitres sont de la rédaction).
Notes:
En 1983, le PS avait 9.2 points d'avance sur l'UDC Celle-ci le dépasse pourtant dès 1991 et ne cesse de creuser l'écart depuis (+6.9 points en 1999). Certes, le PS progresse un peu, aux dépens des Verts et de l'Alliance des Indépendants, tandis que l'UDC prend probablement des voix à tous les partis, y compris à l'électorat traditionnel de la social-démocratie. Cependant, à contre-courant des autres partis - y compris du PS - l'UDC construit un lien méthodiquement organisé avec son électorat, majoritairement populaire.
A noter que la liste des JS, emmenée par Jean Ziegler, n'obtient que 1.3% des suffrages. Elle fait pourtant gagner un siège au PS, et ceci aux dépens de l'extrême-gauche, apparentée au sein du Zürilinks (Linkes Bündnis, CSP et Frauen Macht Politik!), qui obtient 2% des suffrages et perd son siège pour moins de 200 listes! (red.)
Source: Neue Zürcher Zeitung du 26 octobre 1999