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L’incontinence fécale est une incapacité à retenir ses selles dans l'intestin terminal et de contrôler leur élimination. Se produit alors une évacuation involontaire du contenu de l'intestin. Certes l'incontinence fécale est plus rare que l'incontinence urinaire, mais en termes de qualité de la vie elle est plus handicapante et encore plus fréquemment une raison d'éviter tout contact social. Cette maladie touche essentiellement des personnes assez âgées, plus souvent les femmes que les hommes.
L’évacuation des selles chez une personne en bonne santé est commandée par le système nerveux central aussi bien par réflexe que par la volonté. Par réflexe signifie que les selles ne s’évacuent pas sans contrôle, pas même durant le sommeil. Par la volonté veut dire qu’en prenant conscience que le „rectum est rempli“, on peut soit évacuer les selles soit les retenir volontairement. La commande centralisée de toutes ces fonctions nécessite un certain nombre d’éléments concomitants:
L’incontinence fécale n’est pas un diagnostic au sens médical du terme, mais un symptôme causé par différents facteurs. Les causes sont de nature anatomique, neurologique ou psychique. L'incontinence fécale se manifeste en général seulement quand différents facteurs s'additionnent.
L'incontinence fécale connaît différents degrés de gravité. Dans les cas les plus bénins, il ne s’agit que d'émissions de vents ou de légères souillures du linge de corps. Plus graves sont des pertes de selles involontaires, dans certaines circonstances qui les favorisent, par exemple lors de diarrhée, en toussant, éternuant ou en soulevant des charges lourdes. Des selles liquides sont, de par leur nature, plus difficiles à retenir que des selles solides.
L’incontinence complète signifie que le patient n’a plus aucun contrôle sur l’évacuation des selles et que des selles solides sont elles aussi évacuées.
De nombreux patients sont bloqués et longtemps n’osent pas parler de leur incontinence. C’est finalement sous la pression de la souffrance et les encouragements de l’entourage qu’ils vont chez le médecin. Si les selles contiennent du sang, il est nécessaire d’en élucider rapidement la cause.
Dans un premier temps il s'agit de déceler la cause. Il existe différentes méthodes d’investigation pour des examens plus approfondis comme l’échographie, la mesure de la pression anale, coloscopie avec prélèvement et examen microscopique d’échantillons de tissu, la radiographie utilisant un produit de contraste (défécographie), la tomographie par résonnance magnétique (TRM).
La thérapie dépend de la cause. Parfois, un régime ou un traitement médicamenteux est suffisant. Les mesures de physiothérapie représentent un excellent soutient au traitement, par exemple le training avec feedback bio, les exercices pour fortifier la musculature sphinctérienne et pelvienne.
Aujourd'hui on porte beaucoup d'espoir sur l'électro- ou la neurostimulation. Pour cela, on implante après une phase de test une électrode à proximité des nerfs de la région du bassin dans le but d'améliorer la sensibilité du rectum.
Une autre méthode encore en phase d'essai est l'injection de silicone dans la région du sphincter anal pour lui faire gagner en volume. Mais dans ce domaine il n'y a pas encore d'études sur la réussite à long terme et pour cette raison les coûts de cette thérapie ne sont pas pris en charge par les caisses d'assurance-maladie.
Pour quelques formes d'incontinence, il existe des procédés opératoires, parmi lesquels l'élimination des hémorroïdes ou d'un prolapsus du rectum et la restauration du sphincter.