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"On prend le risque d'attribuer un droit de cité à la légère, à des personnes qui ne sont pas intégrées", fulmine l'udéciste vaudois Michaël Buffat lorsqu'on lui demande ce qu'il pense de la naturalisation un tout petit peu facilitée pour les "étrangers de la troisième génération" (c'est-à-dire à 25'000 personnes nées en Suisse, dans leur très grande majorité italiennes, espagnoles ou portugaises de passeport, et dans leur très grande majorité nées de parents eux-mêmes nés en Suisse de parents immigrants en Suisse pour y travailler). Mais que fait-on d'autre qu'"attribuer le droit de cité à la légère" quand on pratique, comme en Suisse, le "droit du sang" ? Ne nous l'a-t-on pas attribué à nous, Suisses "de souche", "à la légère", à la naissance, avant même qu'on soit capable de dire un mot et de pouvoir nous intégrer à quoi que ce soit ? Et en quoi diable l'auteur de ces lignes se trouverait-il par miracle plus "intégré" qu'un employé de banque qui a voté PLR (ou UDC, ou MCG) aux dernières Municipales, qui est né en Suisse de parents nés en Suisse, qui a fait toutes ses écoles en Suisse, qui parle mieux français que la plupart des membres du Conseil Municipal ou du Grand Conseil -mais qui est encore de nationalité française (ou italienne, ou portugaise) ?
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Au Parlement fédéral, le Conseil des Etats a proposé au Conseil national un « compromis» à propos de la loi sur la nationalité: le Conseil national veut considérablement durcir les conditions d’obtention de la nationalité suisse par des étrangers, le Conseil des Etats est d’accord de les durcir un peu, mais pas trop. Les deux chambres sont notamment d’accord sur l’obligation faite aux candidats à la naturalisation de savoir communiquer oralement et par écrit dans une langue nationale. Contrairement à pas mal d’indigènes à qui rien de ce genre n’est demandé : l’heur d’être sorti de génitoires helvétique suffit à leur AOC quand le métèque doit prouver qu’il est digne d’être une sorte d’indigène au mérite -et encore ne doit-il, pas trop se prendre pour l’égal des produits du terroir : on lui rappellera alors qu’il n’est au fond qu’un demi-Suisse, comme ne se firent pas faute de le rappeler récemment à quelques élues municipales genevoises (de gauche, forcément) quelques représentants de l’extrême-droite.