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Titre : Qu'est-ce que l'histoire contemporaine
Directeur : Gérard Noiriel
Éditeur : Hachette 1998
Pages : 255
Avec tous ces films il fallait bien que j'écrive quelque chose sur un livre. Voici donc un petit manuel d'historiographie contemporaine écrit par Gérard Noiriel. L'auteur est connu, en particulier, pour ses recherches sur l'histoire de l'immigration en France. Dans ce livre Noiriel souhaite faire un bilan complet, et court, des mutations qu'a connue l'histoire contemporaine depuis les débuts de son histoire. Pour cela il écrit 7 chapitres.
Le premier chapitre est un essai sur l'histoire contemporaine. En effet, qu'est-elle? Depuis quand existe-t-elle? Partant des premiers historiens grecques qui considéraient que l'histoire ne pouvaient qu'être contemporaine (dans le sens de l'écriture sur le moment) pour être certaine d'être réelle l'auteur montre que son retour, en France, s'est faites pour expliquer les événements de la Révolution dont la date marque le début du contemporain. Mais cette histoire a d’abord été écrite par des amateurs car les historiens se méfiaient d'événements proches qui pourraient ne pas leur permettre d'être objectifs comme la lecture de parchemins de 500 ans permettrait. Suite à cette introduction Noiriel tente de présenter, sur 5 chapitres, l'histoire de l'histoire contemporaine. Il commence, de manière classique, par l'histoire événement. Noiriel a le mérite de montrer en quoi cette forme d'histoire était importante à l'époque et a permis de mettre en place des méthodes et des sujets de recherches. Les critiques qu'elle reçut sont, en fait, injuste car elles visent l'histoire enseignée à l'aide de chronologies et non l'histoire étudiée. Ces critiques déboucheront sur une nouvelle forme d'histoire qui est nommée économique et sociale et défendue par la revue les Annales. La vision s'étend sur le long terme, voir le très long terme, et l'explication par les forces profondes et l'utilisation de statistiques. Mais cette histoire sera mise à mal par de nouvelles méthodes venue d'autres pays comme la microstoria ou la gender history. Ces méthodes privilégient l'individu et la recherche des catégories oubliées et discriminées plus que l'étude des groupes et du long terme. Noiriel termine en parlant de l'histoire politique. Cette dernière prend comme base l'étude de l'état, des politiques publiques ou encore des relations de pouvoir. Le livre se termine sur une réflexion concernant le rôle de l'histoire du contemporain dans la société aussi bien pour l'état, les entreprises et les écoles que dans le cadre de la construction de la mémoire.
J'ai parfaitement conscience de l'imperfection de mon résumé. Il est difficile de présenter un livre qui résume près de deux siècles de recherches françaises. J'espère, en tout cas, avoir réussit à présenter les points importants. Ce livre m'a surpris. En effet, l'historiographie n'est pas ma matière préférée. J'ai tendance à voir cette dernière comme une présentation aride des transformations de l'histoire d'un domaine ou d'un pays. J'ai souvent trouvé que la lecture de livres et articles historiographiques est laborieuse. Mais ce livre est intéressant. Non seulement Noiriel écrit bien mais plutôt que de présenter les mutations de surface il réussit à montrer que les changements historiographiques sont en partie dû à des contextes et à des relations de pouvoir entre les historiens. Ainsi, posséder un poste prestigieux permet de défendre son modèle d'histoire et son programme de recherche en poussant en avant des étudiants qui suivent la même méthode. L'historiographie se muterait presque en histoire des relations de pouvoirs à l'université.
Image: Éditeur