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Décryptage
Le fabuleux destin du denim
S’il y a bien une matière que tout le monde a déjà portée, c’est le denim; à l’exception, peut-être, de Bree Van De Kamp et de son quatrième fiancé. Ainsi, lorsque Orson lui dit: «C’est aussi confortable qu’un vieux jeans», la Desperate Housewife lui rétorque: «Ce n’est bien sûr qu’une hypothèse, puisque ni toi ni moi n’avons jamais porté de jeans.» Le denim, pourtant, a su conquérir (presque) tous les dressings et a eu mille autres vies.
Avant de devenir la matière qu’on connaît, tissée à base de coton principalement, le denim habille d’abord aussi bien les marins génois que les voiles de leurs navires, aux alentours du XVIe siècle. Il est alors composé de lin et de coton. Le tissu est ensuite exporté à travers l’Europe et notamment en France où les tisserands de Nîmes tentent de le reproduire, sans succès.
Ce tissu, dans les tons beiges, est utilisé pour vêtir bergers et paysans. La matière n’est pas encore celle de nos blue-jeans, mais commence à s’en approcher. Elle continue d’évoluer et, lorsqu’elle fait son retour à Gênes, elle est teinte en bleu, devenant ainsi moins salissante et plus polyvalente. Le nom de cette teinture, blu di Genova (bleu de Gênes), sera déformé pour donner le nom blue-jeans.
Ruée vers l’or
Durant le XIXe siècle, l’Europe n’est plus la seule à confectionner la fameuse toile. Les Etats-Unis, et plus spécifiquement les Etats du sud, se lancent dans la course. Un certain Levi Strauss, immigrant juif allemand de San Francisco, se met à fabriquer des pantalons pour les chercheurs d’or qui commencent à ressembler à ceux qu’on connaît aujourd’hui. Mille huit cent septante-trois marque un tournant, tant dans l’histoire du créateur de jeans que du vêtement lui-même: c’est la naissance du célèbre Levi’s 501, qui s’appelle encore officiellement blue-jeans.
Dans les années 1930, Levi’s utilise des cow-boys dans ses publicités et le fameux jeans devient à la mode aux Etats-Unis, surtout sur la côte ouest. Il conquiert l’Europe après la Seconde Guerre mondiale, lorsque les Américains écoulent leurs surplus. Des icônes comme James Dean et Marlon Brando propulsent le pantalon au rang de pièce incontournable. Dans les années 1950, il devient même un symbole de rébellion auprès des jeunes, associé aux Harley et aux blousons en cuir. Il sera même interdit dans certaines écoles.
Puis, l’arrivée des hippies dans les années 1960 apporte quelques changements: le 501 n’est plus le seul modèle à être plébiscité, plusieurs coupes sont proposées, notamment le fameux pattes d’eph. Ses adeptes y cousent des fleurs et des perles. Le tissu, lui, s’adapte aux différentes modes: mini-jupes, hot pants, slims et vestes en jeans font également leur apparition.
L’essayer, c’est l’adopter
Les stars aussi se convertissent au denim. Après Marlon Brando et James Dean, chaque décennie voit arriver de nouveaux adeptes, de Marilyn Monroe, Serge Gainsbourg et Jane Birkin, à Kate Moss, en passant par Madonna et Sean Penn ou encore Lady Di.
En 1988, un jeans Guess délavé est en couverture de Vogue. Explosion auprès du public. Depuis, le denim s’est installé dans tous les dressings. En mini-short pour certains, en version slim pour d’autres, en robe, en veste, en jupe, sans oublier la chemise pour un total look. Les chercheurs d’or avaient déjà tout compris.
Et chez les icônes masculines?
A l’aube des années 1990, sur les courts, le style d’Andre Agassi faisait sensation. Une indomptable crinière (il admettra dans son autobiographie qu’il s’agissait d’une perruque, qui a d’ailleurs failli lui faire perdre Roland Garros) et un mini-short en jeans. Parfois, le tennisman ajoutait même un short de cycliste en dessous. Fluo, assorti à son bandeau. Une belle époque.
Et aujourd’hui?
Le denim est un tel basique qu’il va avec à peu près tout et peut se porter lors de (presque) toutes les occasions. Il est tellement ancré dans la culture, qu’il est temps d’oser varier les plaisirs! Laissons notre classique slim dans l’armoire, notre traditionnelle petite veste en jeans au crochet et notre habituel chemisier sur son cintre. Alors, plutôt robe ou combi? Côté accessoires, on choisit quelques pièces inspiration seventies. Et on se met un petit ABBA.
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