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Bagarre entre intérêts sectaires sous le regard impuissant mais désapprobateur de l'économie de marché.
Il est de bon ton dans les milieux de l'Économie de se lamenter du "franc fort."
À l'époque où la Banque Nationale fixait d'office la valeur du franc, faisant fi des principes élémentaires de l'économie de marché dont se réclament ces mêmes milieux, elle la fixait à un niveau tel que quelques industries, notamment celle des machines chère à M. Schneider-Ammann et le tourisme, jouissaient d'une subvention payée par les habitant-e-s de la Suisse qui consommaient directement ou indirectement des importations, autrement dit par tout le monde. Les importations coûtaient trop cher puisque la Banque Nationale fixait un prix trop élevé aux monnaies étrangères. Maintenant que le marché fixe la valeur du franc, nous jouissons toutes et tous d'importations moins coûteuses et les industries que nous choyions auparavant doivent affronter la vérité des prix privées de notre obole.
Le franc coûte cher non parce que nous les consommateurs avons une telle fringale de produits importés mais parce que les étrangers souhaitent acquérir notre monnaie qui offre toujours un bon refuge aux fonds fuyant le fisc et aux fruits de la corruption passive, et que ses services de blanchiment sont de qualité - suisse. Si l'Économie suisse se rangeait davantage à la morale ambiante, sans même exiger qu'elle se range à la morale tout court, le franc coûterait moins cher.