Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06910.jsonl.gz/202

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l\'île de Tristan da Cunha était colonie anglaise depuis 130 ans déjà et les habitants de son unique village n\'avaient toujours pas obtenu la possibilité d\'émettre leurs propres timbres. Sans doute leur faible nombre pesait-il trop peu de poids au sein de l\'Empire. Ils étaient donc contraints d\'utiliser les valeurs de Sainte-Hélène.
En 1946, un certain Allan Crawford qui avait signé toutes les pétitions réclamant des timbres, a décidé qu\'il est temps d\'en fabriquer localement. La première valeur sera de 1 shilling. Mais dans cette petite communauté la plus isolée de l\'océan Atlantique - à près de 2000 km de Sainte-Hélène et 2400 du Cap -, l\'argent n\'a pas vraiment cours : pour toutes les transactions de la vie quotidienne, on utilise une monnaie de change qui n\'est autre que... la pomme de terre. Ainsi, le premier timbre de Tristan portera-t-il, en outre de sa faciale, la mention : "valeur locale - 4 patates"... Les "potato stamp" de Tristan da Cunha sont aujourd\'hui considérés comme des timbres "de fantaisie" - quoique très recherchés par les amateurs de philatélie insolite -, mais cela n\'a pas empêché la poste de l\'île de leur consacrer en 2006 un timbre sur timbre tout à fait officiel.