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Les troubles survenus à Neuchâtel, en 1767 et 1768, eurent un certain retentissement au dehors;
les remontrances de la bourgeoisie et des corps de l'Elat, l'arbitrage et les décisions des conseils de Berne,
l'émeute suivie du meurtre de l'avocat-général Gaudot, l'occupation de la principauté, frappèrent l'esprit des contemporains.
Les Fribourgeois, ces anciens combourgeois de Neuchâtel, suivirent avec intérêt la marche des événements.
M. Daguet, dans sa dernière communication à cette revue, a résumé brièvement les diverses phases traversées par la politique fribourgeoise
[Rôle de l'Etat de Fribourg dans l'affaire Gaudot à Neuchàtel. Musée neuchâtelois, 1891, p. 130-152].
Favorable, dans le début, aux revendications populaires et remplie de méfiance envers Berne, à laquelle elle prêtait des vues ambitieuses d'agrandissement,
Fribourg finit par se rattacher à la ligne de conduite adoptée par sa puissante voisine.
Suivant l'usage du temps, les chroniqueurs signalèrent dans leurs annales les traces de ces événements.
Nous avons noté deux passages inédits se rapportant aux affaires Gaudot; le premier est extrait des Anecdotes fribourgeoises,
chronique manuscrite commencée par Mgr de Lenzbourg, évêque de Lausanne, et continuée par François-lgnace de Castella
[Bibliothèque de la Société économique de Fribourg, D 826, f. 110 et suiv];
le second est tiré du journal du comte François de Diesbach.
Voici le récit de Castella:
De grandes difficultés surgirent à Neuchâtel au sujet des fermes des deniers du roi et de leurs autres privilèges.
Ces affaires empirèrent au point qu'on a assassiné l'avocat Gaudot, dans sa propre maison, qui étoit entourée d'une foule de monde.
Ce fait a occasionné que les quatre cantons combourgeois de Neuchâtel, savoir : Berne, Lucerne, Fribourg et Soleure ont convoqué une conférence de leurs députés, -
celui de Fribourg fut M. François-Romain Werro, conseiller
[Prançois-Romain Werro , né en 1715, entra au Conseil des Deux-Cents en 1737, conseiller d'Etat en 1766, avoyer de Fribourg en 1779;
il mourut le 15 juillet 179i.] - qui s'assemblèrent à Berne, et ensuite d'envoyer dans cette ville agitée
[Neuchâtel.] chacun un représentant pour en apaiser les troubles.
M. Griset, seigneur de Forel et de Middes, y fut de la part de Fribourg
[Francois-Joseph Nicolas Griset de Forel, né le 5 juillet 1707, du Conseil des Deux-Cents 1731, conseiller d'Etat 1765, démissionnaire en 1783,
dècédé le 14 août 1785]. Ces quatre seigneurs furent accompagnés de chacun cent cinquante hommes de leurs milices respectives,
tant pour tenir en respect la bourgeoisie de Neuchâtel que pour donner plus de poids à leurs négociations, qui ont été tenues fort secrètes.
On a su cependant qu'on a tâché de remettre les privilèges, immunités et libertés des Neuchâtelois sur le même pied où elles étaient en 1707,
lorsque ce comté fut adjugé à la maison royale et électorale de Brandebourg.
Le contingent de la milice fribourgeoise fut commandé par M. Pierre de Castella de Montagny
[François-Pierre de Castella de Montagny, né en 1790, servit d'abord eu France, dans les régiments suisses, où il obtint la croix de Saint-Louis;
il fut membre du Conseil des Deuxt-Cents eu 1753, bailli de Corbières eu 1771, directeur des orphelins eu 1778, colonel des milices.
C'était un homme fort instruit; grand ami de l'historien Jean de Muller, qui dit à son sujet "Je ne trouverai pas facilement un homme tel que lui eu Suisse."],
du capitaine de Castella de Delley, Gady, Buman et Moret, de Romont.
Ils avaient quelques canons avec leurs annexes.
Les soldats ont eu la valeur de cinq batz de solde par jour.
Sur la fin de juillet, les meurtriers de l'avocat Gaudot furent exécutés, mais en effigie, tant seulement,
parce qu'ils eurent la précaution de se mettre au large de bonne heure.
Tout étant pacifié à Neuchâtel, nos soldats fribourgeois en sont partis le 10 août (1768) sinon chargés de lauriers,
au moins très satisfaits du bon traitement, de toutes les douceurs et amitiés que leur ont fait les Neuchâtelois.
L'assemblée des députés des dits quatre cantons, à Morat, a terminé ces différends.
Messieurs François-Romain Werro, conseiller, et Charles-Nicolas de Montenach
[Charles-Nicolas de Montenach, seigneur de Rueyres, né le 22 janvier 1721, membre du Grand Conseil des Deux-Cents en 1745,
chancelier 1752-1762, bailli de Gruyère 1771-1776, conseiller d'Etat 1776; il mourut le 19 décembre 1794],
ancien chancelier et pour lors grand sautier, y furent de la part de Fribourg.
Voici à quoi on a fixé la satisfaction qu'exige envers le roi de Prusse et le public l'émeute de Neuchâtel qui a précédé et accompagné le meurtre de Gaudot:
1° Le désarmement de la bourgeoisie subsistera pendant un an, sans préjudice du droit d'armes qui appartient à la ville.
Les clefs de l'arsenal où reposent ses armes restent ès mains des quatre ministraux.
2° La compagnie des volontaires est abolie, sans préjudice du droit d'armes.
La bourgeoisie a le droit d'établir tel autre corps de milice qu'elle voudra, pour la garde de la ville.
3° Le conseil de ville fera une démarche envers celui de l'Etat pour témoigner la douleur qu'a causé le tumulte, sans aucune expression qui choque l'autorité,
la dignité et l'innocence du magistrat.
On leur a prescrit le formulaire qui fut dressé par M. l'ex-chancelier de Montenach. de Fribourg.
4° L'on paiera des deniers publics les frais de procédure, qui vont à quarante mille livres de dix batz.
Après l'installation du baron de Lentulus, nouveau gouverneur de Neuchâtel, les quatre cantons, conjointement avec lui, remettront la constitution
de l'Etat de Neuchâtel dans sa perfection.
L'entrée et l'installation de M. de Lentulus a été des plus brillantes.
Le tout fut heureusement exécuté.
Je me contente d'ajouter ici que Messieurs de Neuchâtel ont des obligations infinies à l'Etat de Fribourg,
sans la sagesse et la fermeté duquel Neuchâtel aurait été vendue aux Bernois par Frédéric, roi de Prusse. et elle serait aujourd'hui un de leurs bailliages
[Ce bruit, qui ne parait pas fondé, avait, en effet, couru à Fribourg.].
Les frais de la garnison se sont montés à vingt-deux mille quatre cent quatre-vingt-trois écus, valeur de Berne.
Fribourg n'a rien pris pour sa part, mais a fait gratis;
Lucerne a suivi son exemple.
Fribourg a prêté à Neuchâtel trois mille louis d'or, au trois pour cent.
L'exposé de Daguet est, en général, conforme au récit de notre chroniqueur; il est un point cependant sur lequel ils diffèrent,
c'est celui du paiement de la solde de la garnison fribourgeoise; tandis que Castella la fait supporter par Fribourg, Daguet affirme le contraire:
Les représentants de Fribourg, dit-il, consentaient à ce que leurs troupes fussent à la solde de la Prusse, comme celles des trois autres Etats,
ce qui paraissait une conduite peu honorable aux yeux de ceux qui auraient voulu montrer la dignité de l'Etat envers la population de Neuchâtel,
qu'on avait d'abord tacitement soutenue eu quelque sorte, et dont ou avait fini par trouver la conduite punissable.
L'opinion de Daguet est réfutée par les documents contenus dans les archives de Fribourg; ils prouvent une participation gratuite de l'occupation,
de la part de cet Etat.
D'après le rapport adressé par le chancelier au conseil de la guerre, dans sa séance du S avril 1769, la somme de ces frais s'éleva à 6,404 écus bons,
soit 22,094 francs de notre monnaie.
Sous date du 27 octobre 1768, les Quatre-Ministraux et le Conseil de la ville de Neuchâtel, ayant appris que LL. EE. de Fribourg avaient daigné
les gratifier de la solde de leurs troupes, expriment toute leur reconnaissance pour les soins généreux pris par ce canton afin de pacifier le pays et
de diminuer le poids des maux dont il a été accablé.
Le Conseil de Fribourg répondit à cette lettre, sous date du 17 novembre 1768, par la missive suivante, preuve bien certaine du maintien
des bonnes relations, cimentées encore par l'abandon de toute réclamation pécuniaire.
Messieurs, anciens amis, bons voisins,
En nous déterminant à travailler par notre co-médiation au rétablissement de la paix chez vous, nous avons constamment manifesté
que n'agissant en ce fait que par des motifs tirés de bon voisinage et de l'ancienne amitié qui a régné de tout temps entre notre Etat et celui de Neuchâtel,
nous chercherions à remplir cette tâche sans que le poids des frais qui en résulterait tombât sur d'autres que sur nous.
C'est ainsi que nous avons jugé qu'il convenait d'agir vis-à-vis d'États voisins et amis, ainsi que des souverains qui les gouvernent.
Nous devons cette déclaration sincère aux remerciements cordiaux qui font le sujet de la lettre que vous nous avez adressée, sous la date du 21 octobre passé,
à laquelle nous ajoutons nos voeux les plus ardents pour le parfait et constant retour de votre tranquillité.
Le souvenir que vous conservez du concours de nos bons offices, dans les circonstances critiques oà vous vous êtes trouvés,
sera la preuve la plus éclatante et la moins équivoque de vos vrais sentiments envers nous et ajoutera infiniment à ceux avec lesquels nous
sommes, Messieurs, anciens amis et bons voisins,
vos bien affectionnés amis
L'avouer, petit et grand conseil de la ville
et république de Fribourg.
Si Castella s'occupe plutôt du côté politique de la question, Diesbach
[Le comte Francois de Diesbach, né à Torny le 7 octobre 7739, servit d'abord : aux Gardes-Suisses, puis il rentra au pays,
fut nommé membre du Conseil des Deux-Cents en 176l, devint bailli de Rue de 1773 à 1778, et conseiller d'Etat en 1791. A l'époque de la république
helvétique, il fut enprisonué à Chillon. Sous le régime de l'Acte de Médiation, il fut préfet de Fribourg, membre du Grand Conseil et juge au tribunal
d'appel. Il mourut le 11 septembre 1811. C'était un homme instruit, versé dans les lettres et les sciences. Il notait chaque jour d'une manière exacte
l'emploi de son temps; ce journal intime, commencé en l760 et terminé en 1811, forme une collection de 19 volumes inédits.],
dans son journal, note simplement et naïvement ce qu'il a vu, lors d'une course effectuée à Neuchâtel, dans un but de pure curiosité:
Le 26 juillet 1768 M. Nicolas Fégely et moi nous partîmes de très grand matin pour aller prendre le bateau qui nous attendait à Morat
pour nous mener à Neuchâtel; nous l'avions arrété la veille, moyennant 50 baches.
Nous trouvâmes au pont de Sugiez un marchand neuchâtelois, M. Borel, et un soldat des 24 paroisses'
qui se mirent sur notre bateau.
Après avoir délibéré un peu pour savoir si nous attendrions que la pluie dont nous étions menacés fût passée, nous résolûmes de continuer.
Nous avions fait peu de chemin lorsque la pluie nous surprit, mais elle ne nous fit aucun mal, c'est pourquoi nous ne voulûmes pas nous arrêter à la Monnoye;
on appelle ainsi une maison isolée à gauche du canal de la Broye, car c'est la dite rivière qui fait la communication du lac de Morat à celui de Neuchâtel.
Nous passàmes aussi devant la Sauge, maison où les marchandises paient des droits; il y a un bac pour passer les voitures;
cet endroit est du bailliage d'Avenches.
La pluie ne nous quitta que quand nous fûmes sur le lac de Neuchâtel, après quoi nous eûmes fort joli temps et nous arrivâmes contents de notre
compagnon de voyage, qui pendant la pluie avait tenu un parapluie sur ma tête.
Etant partis à 5 heures de Morat, nous arrivâmes à Neuchâtel à 9 heures.
Nous allâmes droit aux XIII Cantons, d'où j'envoyai mon domestique chez M. Xavier Fégely
[Nicolas-Xavier-Aloys Fégely de Prez, né en 1726, fut membre du Conseil des Deux-Cents en 1726, conseiller d'Etat eu 1794;
exclu comme tous les patriciens des fonctions publiques pendant le régime helvétigue, il rentra au Conseil d'Etat en 1801 et y siégea jusqu'en 1808.
Il mourut en 1817. Il fut un des membres fondateurs de la Société économique et d'utilité publique de Fribourg.],
secrétaire de M. le représentant de Forel, pour savoir l'heure de la messe; il ne put pas parler à M. Fégely, mais M. de Foirel lui dit, lui-même,
qu'il nous attendait pour le diuer chez lui et que la messe des Fribourgeois était à onze heures, car les Soleurois avaient eu la leur à 7
et les Lucernois à 9 heures.
Etant accommodés, nous nous rendîmes sur-le-champ chez M. le représentant.
Nous trouvâmes dans la chambre de Son Excellence, M Fégely qui écrivait; nous fûmes reçus à merveille et on nous communiqua les affaires politiques.
De là nous passâmes là où les représentants de Lucerne et de Soleure, MM. Mohr et Degenscher, étaient assemblés; nous y vimes beaucoup de connaissances,
entre autres M. Schnyder, le brigadier, commandant des Lucernois, et M. Vogelsang, le cadet, officier de Soleure.
L'heure de la messe étant arrivée, nous accompagnâmes les trois représentants, suivis de la livrée de leurs Etats respectifs, à la messe, au château.
Le détachement fribourgeois venait d'y aller en ordre, au son de la caisse.
A l'arrivée des représentants, à la porte du chàteau, le détachement lucernois, qui était de garde, battit aux champs et présenta les armes.
Nous montâmes ensuite à la salle du château où tout le monde attendait pour la messe; M. Cugnet, aumônier de Fribourg, la dit, et elle fut servie par
deux canonniers du canton, l'épée au côté; beaucoup de protestants étaient présents.
Au sanctus on donna trois coups sur la caisse, à l'élévation aussi; pendant la messe la musique de la garnison se fit entendre;
elle est composée de six musiciens allemands, vètus de vert, cors de chasse, hautbois, clarinettes.
Les officiers la paient entre eux.
Le colonel donne un écu neuf, le lieutenant-colonel 5 livres de France, les deux majors, c'est-à-dire les commandant fribourgeois et soleurois, 4 livres,
et les capitaines 3 livres par semaine.
Elle n'avait autre chose à faire, indépendamment de la messe, que de monter la garde tous les jours.
Après la messe M. de Forel nous présenta à M. le conseiller Fischer, représentant de Berne.
Nous dinàmes avec ces Messieurs; M. le saunier Odet et son fils des gardes y vinrent aussi dîner; il y avait aussi un curé du canton de Lucerne,
M. Schmidt, homme d'esprit et très gai quoique fort épais en apparence, son frère le bailli et un autre frère officier de la garnison.
Après le diner, nous fûmes, avec le commandant Castella qui vint nous prendre, voir la maison de M. du Perrou au Faubourg; elle sera superbe.
Nous fimes encore d'autres courses, entre autres chez Castella, lui-mème, et chez M. de Watteville, colonel de la garnison, logés tous deux chez
Madame de Luze, que nous accompagnâmes à l'assemblée; je donnai le bras à Mademoiselle sa fille.
Il fallut aller au Faubourg, chez M. Bosset, qui y a une petite maison délicieuse, bâtie en pavillon chinois
[Un membre de la famille de Bosset a bien voulu nous fournir les renseignements suivants sur ce "pavillon chinois".
C'est l'immeuble du faubourg de l'Hôpital qui porte actuellement le No 60 et qui portait précédemment le nom de Petite-Rochette (maison Alphonse de Coulon).
Il fut bâti par Jean-Georges Bosset, originaire de la Neuvevilie, qui, après avoir séjourné quinze ans à Batavia, était revenu en 1727, aprés fortune faite,
se fixer à Neuchâtel.
Il fit l'acquisition du domaine de la Rochette, qui s'étendait alors jusqu'à 1'Hötel DuPeyrou actuel.
Ce Jean-Georges Bosset, homme lettré, et fort sociable, désirait recevoir ses amis dans une demeure plus accessible que la Rochette,
quartier bien excentrique à cette époque et dont le chemin n'était pas même pourvu de ces rares quinquets à huile qui éclairaient alors les rues de notre petite cité.
Il se décida donc à édifier, au pied de la Rochette, un pavillon pour ses réceptions du soir.
Il s'y rendait lui-même par la rampe en zigzags qui précéda le grand escalier actuel de la Rochette.
Le grand salon n'a pas subi de changements quant à ses dimensions.
Les termes de pavillon chinois proviennent probablement du fait que les murs étaient décorés de papiers peints ou de toiles peintes importés de l'Orient.]:
il y eut beaucoup de parties parce que les représentants et beaucoup d'officiers s'y trouvaient.
Je fis un whist avec Madame la chancelière Huguenin, M. Xavier Fégely et un Bernois; mon compagnon de voyage joua au quinze.
Nous soupâmes ensuite à l'auberge avec les officiers.
Castella nous traita; la table était fort longue, il y avait aussi deux officiers prussiens, MM. Korschensky et de Ziethen,
et le secrétaire de M. de Derschau.
Le 27, au matin, nous fûmes, Fégely et moi, déjeuner chez M. Bigot, ci-devant intendant de France au Canada, qui étant obligé de sortir de France
s'était retiré, sous le nom de M. Desbares, d'abord à Fribourg, ensuite à Neuchâtel; j'avais fait sa connaissance la veille à l'assemblée.
Je le trouvai fort bien logé, dans une maison qu'il a achetée et réparée; il avait un chevalier de Saint-Louis auprès de lui.
Ayant bien déjeuné, nous voulûmes voir la salle pour les bals, concerts et comédies qu'une société a fait faire, tout nouvellement, au mème faubourg
[Il s'agit évidemment de la Salle des Concerts, construite justement à cette époque]=;
je fus assez content des peintures à fresque que deux Fribourgeois, Sutter et Locher
Joseph Soutter, né, comme Locher, à Mengen, devint bourgeois de Fribourg en 1767: il n'égala pas son concitoyen et fut un peintre décorateur de talent médiocre;
il mourut en 1781], y ont faites.
Il y a entre autres un jeune homme représenté donnant un bouquet à une dame: il est habillé en officier des Entlibuchers : habit brun, collet. revers,
parements, veste et culotte rouges; le chapeau agrafé d'un seul côté.
En sortant de là les ouvriers voulurent, à la mode allemande, nous essuyer les souliers avec un mouchoir, pour avoir la pièce; nous les grondâmes et ils n'eurent rien.
Un peu après nous vimes la parade sur le port; c'étaient les Fribourgeois qui montaient la garde. Gady était le capitaine.
Un petit Neuchâtelois habillé en Entlibucher marchait aussi avec la troupe.
Nous partimes ensuite, sur un bateau du Vully que nous avions arrêté le matin, pour passer à Portalban.