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"Che-vro-let ! Che-vro-let ! " : début XXe siècle, l'Amérique est ébahie devant les prouesses de Louis Chevrolet. Né en Suisse en 1878, le jeune homme a grandi en Bourgogne où il est devenu mécanicien sur vélo avant de rejoindre, près de Paris, de florissants ateliers automobiles. En 1900, il quitte la France pour le continent américain. Très vite, au volant des bolides du moment, Fiat ou Buick, il s'impose comme l'un des meilleurs pilotes de course.
En parallèle, il dessine, conçoit et construit des moteurs. Ce n'est pas tout, avec Billy Durant, le fondateur de la General Motors, Louis crée la marque Chevrolet. Billy Durant la lui rachète pour une bouchée de pain et obtient le droit d'utiliser le nom de Chevrolet en exclusivité. Des millions de Chevrolet seront vendues sans que Louis ne touche un sou. Peu lui importe. L'essentiel est ailleurs.
Aujourd'hui mondialement reconnues, les peintures de Louis Soutter (1871- 1942) n'ont été remarqués de son vivant que par des proches. Parmi eux, Le Corbusier et Jean Giono ont été subjugués par le trait libre de l'artiste, vrai sismographe de l'âme.
Violoniste talentueux, marié à une riche Américaine, Soutter mène pourtant une vie d'errance jusqu'à son internement forcé à l'âge de 52 ans dans un asile du Jura suisse. C'est là qu'il parvient à donner forme à une des oeuvres les plus inclassables de l'histoire de l'art.
L'écriture souple et subtile de Michel Layaz nous entraîne le long de cette vie marquée par une rare sensibilité, par la solitude, ponctuée aussi par quelques éclats de lumière et transportée surtout par la puissance de la création.
Silke, 19 ans, se retrouve préceptrice de la petite Ludivine dans une maison de maître en pleine nature. Embrasser les arbres, apprendre à voler comme les oiseaux, dormir à la belle étoile... neuf mois durant, toutes deux vivront côte à côte dans un monde onirique, en marge des parents de Ludivine, absorbés par leur relation exclusive.
On retrouve dans ce texte la fascination de Layaz pour l'enfance et sa mystérieuse innocence. Il attrape avec une précision remarquable les gestes d'une petite fille, qui s'arcboute de joie après un coup réussi au billard, qui se caresse les épaules de satisfaction lors d'un moment d'intense concentration et dont les mots peuvent rappeler ceux du meilleure des poètes : « J'ai envie de larmes »
La Demeure est un internat peu commun : Madame Vivianne (avec deux " n ", elle y tient) y accueille de jeunes garçons certes intelligents, mais totalement inadaptés au monde qui les entoure. L'un d'entre eux nous raconte la poésie de ces vies simples. Sous sa plume, on rencontre David, qui erre dans les couloirs à l'aube en palabrant sur tout et rien, Raphaël, qui a la manie de tout lécher, ou encore madame Josette, la secrétaire à la croupe parfaitement dessinée.
On habite tous un nom et un prénom. Mais quand, par tradition et par force familiale, on reçoit automatiquement le prénom de son grand-père et que l'on doit donner à son fils le prénom de son père, la construction de l'identité se trouble, se charge peut-être d'une malédiction. De Francis en Raoul et de Raoul en Francis, ce récit expose sept vies, sept époques aussi, mais plus encore, sept relations aux mots. C'est le dernier personnage évoqué, vedette du show-biz celui qui vit dans le futile et le paraître, qui sera désigné pour oser un geste fort et essentiel : mettre un terme à cette perversion filiale pour naître neuf et tout mieux recommencer.
Un homme se souvient de son enfance : les concours de vitesse sur le tourniquet, les premières bouffées de violence contenues, les larmes de sa mère assise devant la coiffeuse. Il aligne devant lui les objets et les souvenirs, en autant de courts chapitres, et cherche à percer l'énigme originelle : pourquoi sa mère a-t-elle pleuré le jour de sa naissance ? Pourquoi fut-il tour à tour l'objet de sa fierté et de ses persécutions ? Un Je me souviens mélancolique et tendre, collier de « souvenirs minuscules », ce roman, d'une écriture précise et pudique, révèle l'intime en évitant toujours l'écueil du sentimentalisme. Michel Layaz est né en 1963 à Fribourg. Enseignant, il est l'auteur de cinq romans.
Leur père est hospitalisé dans un hôpital psychiatrique, les phrases sortent de plus en plus difficilement de sa bouche, leur mère, elle, est partie à New York vivre avec un politicien, les deux soeurs aiment père et mère ainsi. Non, les événements douloureux n'ont pas prise sur les deux soeurs, puisque des rubans de lumière tournent autour d'elles. Les deux soeurs ? Des agitatrices sauvages, justicières rebelles et dotées d'une grâce presque magique. Si l'ironie est légère, Deux soeurs épingle un monde « plein d'hyènes aux dents longues et opiniâtres qui se répartissent la horde de lièvres ». Plus que jamais, les mots sont chez Michel Layaz matière à tous les jeux, de sons, de sens, de mots.
Marie-Rose, rebelle, volontaire, généreuse, orgueilleuse, est une pourfendeuse acharnée de l'« écume de sentiments communs ». Elle cherche aussi, avec obstination, à faire écrire son Boniface qui, lui, préfère rester « inoccupé et anonyme, et de loin ». Houspillé par sa belle, Boniface peine à cultiver son indolence désabusée et se voit devenir le héros don quichottesque d'aventures finalement très joyeuses. D'érudit paresseux, vaguement présomptueux, il apprend sous nos yeux à devenir gourmand de la vie, passionné. Brillante et acerbe, l'histoire de Boniface Bé et de la belle Marie-Rose est avant tout une critique impitoyable contre la société d'aujourd'hui. C'est aussi une folle aventure et un festival d'écriture. Les éblouissantes énumérations opèrent chaque fois un subtil pincement chez le lecteur parce que l'ironie est mordante et le constat désespéré. Mais une joie sourde tout au long de ces pages vient contredire la noirceur du constat.
« Pauvre type ! » Prononcée avec calme par un adolescent dans une file de supermarché, cette interjection bouleverse son destinataire, le héros de ce livre. Sans le savoir, ladolescent vient de fissurer la vie intérieure dun homme qui se protège par une routine sans faille, un homme certain quaucun événement extraordinaire ne doit venir briser la logique implacable de lexistence quil sest construite.
Pour éviter que son monde ne vacille, lhomme se résout à senregistrer sur son téléphone portable. Il raconte son quotidien : le travail, la bibliothèque, les collègues, le tapis de course, les quelques amis, la famille, la multitude de livres lus pour trouver quelques rares phrases à ajouter à son petit panthéon privé. Rien ny fait. Le « pauvre type » le hante.
Le narrateur est un garçon de quinze ans qui travaille dans une boucherie pour gagner un peu d'argent. Il rencontre Walter, un maître en sagesse, qui deviendra son ami. Dans le quartier populaire où il vit, il rencontre aussi Charlotte, un jeune fille mystérieuse qui lui enseigne l'amour, l'initie à d'étranges rituels et l'aide à grandir. On découvre aux trois-quarts du texte que ce récit scintillant sur son adolescence est raconté par le garçon devenu très âgé, au moment où il doit apprendre à mourir. Il vit un dernier amour en la personne de Lucie. Cette infirmière sans égal a découvert un procédé pour que ses pensionnaires préférés puissent choisir en toute quiétude l'instant de leur mort.