Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06988.jsonl.gz/1194

Neuf ans séparent la première des quatre symphonies de Schumann – composée en 1841 peu après le mariage de son auteur – et l’ultime symphonie «Rhénane» (1850), désignée à tort comme la Symphonie No 3. La Symphonie op. 61 (1845), en dépit de sa numérotation, est la troisième dans l’ordre chronologique. Dans sa correspondance, Schumann a reconnu avoir composé l’œuvre alors que les premiers signes de sa maladie mentale se faisaient sentir: «Je peux bien dire que c’est la résistance de l’esprit qui est ici manifeste, et que j’ai cherché à lutter contre mon état...». Dédiée à Oscar Ier, roi de Suède, et créée le 5 novembre 1846 au Gewandhaus de Leipzig sous la baguette de Mendelssohn, cette Symphonie en ut majeur est l’œuvre de la victoire sur soi, culminant avec un chant d’allégresse en guise de conclusion finale. «C’est seulement dans la dernière partie que je me sentis renaître; et, de fait, une fois l’œuvre achevée, je me suis senti mieux» devait déclarer le compositeur. Cette deuxième partie du quatrième mouvement est la reprise d’un motif de fanfare présenté dès l’Allegro initial par les cuivres et qui réapparaît à plusieurs reprises au cours de la symphonie, tel un repère solennel. Le Scherzo se distingue par ses deux trios, le premier gracieux et insouciant, le second plus lyrique, dans un esprit de musique de chambre. L’Adagio en ut mineur, d’une tendresse teintée de mélancolie, a été défini par le chef d’orchestre vaudois Ernest Ansermet comme «l’un des plus beaux chants qui soient sortis de la plume d’un symphoniste».