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Théodore vivait dans la campagne lettone. Chaque jour, par beau ou mauvais temps, il parcourait à vélo les sept kilomètres entre sa maison et le centre du village pour s’asseoir à l’arrêt de bus et y boire une bière. Pour lui, il ne faisait aucun doute que cet endroit était le centre de l’univers. Depuis sa mort, ce centre s’est déplacé, et l’arrêt de bus n’est plus qu’un banal arrêt de bus.
Théodore est un vieil homme. Il fait les choses en prenant son temps, à la fois serein et déterminé. Il vérifie son vélo et démarre sa promenade quotidienne à travers les champs, que le soleil brille au printemps ou que la neige tombe en hiver. Il a pour destination un banc du village, où des personnes de tous âges attendent le bus, se rencontrent, discutent, jouent. C’est un lieu animé du village. C’est le lieu favori de Théodore. De là, il observe le monde à travers ses lunettes de soleil. « Chaque jour, que la pluie tombe ou que le soleil brille, Théodore avait coutume de parcourir en vélo les sept kilomètres qui séparaient sa maison du centre du village pour s’asseoir et boire une bière à l’arrêt de bus. Pour lui, c’était clair : cet endroit était le centre de l’univers. A sa mort, ce centre s’est déplacé, et l’arrêt de bus est redevenu qu’un simple arrêt de bus. »