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La lutte suisse : fairplay, sciure, sueur, culotte et tradition
La lutte suisse est une variante populaire helvétique de lutte à la culotte qui se pratique en plein air, sur des ronds de sciure (zones circulaires couvertes de sciure de bois).
Sport national par excellence avec le Hornuss et le lancer de la pierre d’Unspunnen, la lutte suisse -ou Schwingen, en suisse allemand- est une tradition ancestrale surtout pratiquée en Suisse alémanique.
Histoire
Il est difficile de déterminer une date précise quant aux origines de la lutte suisse mais de nombreux récits du XIIIe siècle la relatent comme une coutume séculaire pratiquée par les bergers durant la transhumance alpine. En témoigne une fresque de la cathédrale de Lausanne du XIIIe siècle qui représente deux lutteurs effectuant une prise typique de la lutte à la culotte.
Au XVIIIe siècle, la lutte suisse est déjà une coutume bien ancrée dans la culture régionale.
Dans ses études sur l’Entlebuch, Franz Josef Stalder donne en 1797 une description détaillée et un aperçu historique de la discipline.
D’autres sources attestent que, à l’origine, la culotte était une ceinture de faucheurs avec un tissu noué autour de la cuisse.
La durée d’un duel (appelé « passe ») n’était pas non plus unique.
Fête d’Unspunnen en 1808
Un renouveau de la lutte suisse a lieu avec la première Fête d’Unspunnen organisée en 1805, à un moment où la Suisse souffre de la domination française. L’occasion de cette fête est alors explicitement de développer la conscience nationale.
Dans le dernier tiers du XIX siècle, des fêtes de lutte mémorables et la pratique croissante de la gymnastique étendent la pratique de la lutte dans les villes et les régions de plaine. Ainsi, la lutte devient un sport national touchant toutes les couches de la population. Les associations, en particulier l’Association fédérale de lutte suisse fondée en 1895, organisent ce sport qui intègre des caractéristiques régionales, améliorent le niveau des pratiquants par la publication de manuels et la mise en place d’entraînements, et établissent ses règles contemporaines.
Malgré cette extension vers les zones urbaines, la lutte suisse figure toujours parmi les traditions les plus populaires des zones rurales des Préalpes alémaniques.
Rond de sciure
La lutte suisse se pratique sur un « rond de sciure », une surface circulaire de sept à quatorze mètres de diamètre recouverte de 23 m3 de sciure de bois sur quinze centimètres d’épaisseur. Le nombre de ronds dépend de la taille de la compétition : les fêtes régionales comptent quatre à cinq ronds alors que la Fête fédérale de lutte suisse en compte sept.
Le rond de sciure doit être constamment humidifié pour éviter que les particules de bois ne s’envolent et dérangent les lutteurs, les compétitions se déroulant en plein air. Il est aussi salé pour obliger les lutteurs à recracher la sciure qu’ils pourraient avaler lorsqu’ils sont au sol.