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Journée de rencontre du 4 février 2006
«Rive Gauche» (ancien Cercle Ouvrier), Quai de la Thièle 3
Yverdon-les-Bains (5 min. à pied depuis la gare)
Privatiser les services publics ? Ce que nous prépare l?AGCS* et pourquoi y résister
(*Accord général sur le commerce et les services)
Programme détaillé, voir ci-dessous.
Les prédateurs toujours à l??uvre
Beaucoup de rois et d?empereurs, insatiables, n?ont cessé d?agrandir leurs territoires par des guerres et des massacres. Leurs empires n?ont duré qu?un nombre d?années inversement proportionnel au nombre des morts qu?engendrait leur folle ambition. A l?époque coloniale, cette extension des «zones d?influence» était encore comparable, mais la motivation était différente. Il s?agissait déjà, comme aujourd?hui, de piller les pays d?Afrique, d?Asie et d?Amérique du sud au profit des «grandes» familles bourgeoises dont la «grandeur» était directement proportionnelle au nombre des miséreux qu?elles laissaient sur leur passage.
Après la décolonisation et «grâce» aux accords de Bretton Wood, le pouvoir a passé progressivement aux mains des grands groupes financiers internationaux, lesquels ont souvent des chiffres d?affaire bien supérieurs aux budgets des pays où ils ont leur siège.
Selon l?analyse d?un ancien ministre du travail de Bill Clinton, le développement rapide de ces grandes multinationales serait le résultat de la lutte engagée par les gouvernements contre les cartels. Puisqu?on ne leur permettait pas de s?entendre sur les prix pour favoriser la concurrence, ces sociétés ont regroupé leurs capitaux en holdings, formant ainsi des entreprises monopolistiques.
Ce phénomène de concentration capitaliste était annoncé de longue date par Karl Marx. Il imaginait que le monde serait contrôlé par environ 3’000 entreprises à la fin du 20e siècle. La présence du monde communiste pendant environ 70 ans a retardé cette concentration. Les transnationales sont encore environ 30’000 en ce début de 21e siècle. Mais quelle efficacité et quel acharnement à rattraper le temps perdu ! Les Etats ne sont plus que l?ombre de ce qu?ils devraient être et la démocratie qui les fonde ne fonctionne plus. En effet, les moyens d?information sont à la solde de ces puissants groupes, soit parce qu?ils en sont propriétaires, soit parce que la publicité, qui les finance à 80 %, rend ces médias complètement dépendants.
Ces puissances financières conquièrent tous les pouvoirs et les gouvernements, qu?ils soient de gauche ou de droite, se mettent à leur service car ils préfèrent que ces nouveaux pouvoirs planétaires aient leur siège chez eux plutôt qu?à l?étranger.
Ces puissances capitalistes n?ont qu?un objectif : augmenter les profits à l?infini. Il faut donc conquérir de nouveaux marchés. Au début, cette guerre économique était construite sur la compétition et la prise de contrôle des sociétés concurrentes. Depuis vingt ans déjà, il s?agit d?y ajouter le contrôle de toute la production agricole, en imposant les OGM, et de prendre aux communes et aux Etats tous les services qu?ils assurent à leurs populations en imposant l?AGCS, l?Accord Général sur le Commerce des Services. Le «moins d?état» proclamé par la droite est présenté comme une volonté d?assainir des services publics parfois pléthoriques. En fait, l?objectif non avoué publiquement est le suivant: toute l?activité humaine doit passer par une société privée et permettre à des actionnaires de réaliser un profit. Par exemple, lorsqu?un colis est livré par DHL, il y a un pourcentage du coût qui tombe dans l?escarcelle des propriétaires de l?entreprise. Si c?est un facteur de la poste qui rend ce service, la marge permet de limiter l?explosion des tarifs.
Les prédateurs sont au travail avec détermination et opiniâtreté. Ils poussent l?ensemble des Etats du monde à s?accorder sur une législation qui empêchera les collectivités publiques d?organiser les services dont leurs populations ont besoin sous peine de les traîner en justice pour concurrence déloyale. Cet accord est précisément l?AGCS. Pour savoir à quelle sauce nous serons bientôt mangés, venez nous rejoindre à Yverdon-les-Bains, le 4 février prochain.
Pierre Aguet
Ancien conseiller national