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Le travail social et ses travailleur-e-s sont l'objet depuis quelques années de critiques sévères qui considèrent l'aide sociale trop coûteuse, inefficace, mal organisée et les bénéficiaires comme des personnes abusant paresseusement d'un système trop bienveillant à leur égard. Ce mouvement de remise en question de l'État social contribue à transformer la société en précarisant encore le marché du travail, en pratiquant une aide sélective. Ainsi, les questions de savoir qui il faut aider, qui est responsable d'aider, de savoir si cette aide constitue bien un droit ou s'il s'agit d'une dette, se posent de plus en plus. L'article de Véréna Keller propose une esquisse de réponse à ces interrogations.
La Constitution reconnaît le droit à l'aide tout en définissant des critères d'exclusion selon les capacités du demandeur-se à travailler, faisant ainsi la distinction entre les « bons » et les « mauvais » pauvres. Cette distinction se fait entre autres au moyen de mesures d'insertions et d'incitations tendant à accorder l'aide au mérite. Les nouvelles politiques sociales considèrent les individus responsables de ce qui leur arrive et évacuent ainsi toute dimension collective des situations que vivent les usager-ère-s. Il convient pourtant de se souvenir que les travailleur-se-s sociaux-ales « font » les politiques sociales et peuvent, grâce à cette marge de manoeuvre, mettre en place un travail social fondé sur un principe de justice.
Résumé : Sarah Kiani.