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gnées dans la mémoire des hommes, ce qui est l'objet de l'histoire proprement dite. Il n'est point d'étude, lorsqu'elle est réduite à la simplicité historique, qui soit plus à la portée des enfants, plus propre à réveiller leur curiosité et à orner leur esprit de bons matériaux de connaissance. Il est d'autant plus nécessaire de les en occuper dans l'enfance que si l'on attendait plus tard, il serait beaucoup plus difficile d'inculquer dans leur mémoire tant de faits et de noms que l'histoire présente, comme peuvent l'attester tous ceux qui ont renvoyé cette étude à un âge plus avancé.
Je crois donc qu'on peut dès l'âge de dix ou onze ans associer cette étude aux précédentes, d'autant plus qu'elles peuvent même s'aider mutuellement. Mais avant que de l'entreprendre, il faut que les enfants aient déjà fait leur petit cours élémentaire de géographie physique et de sphère, et qu'ils commencent par un cours abrégé de géographie politique, où le globe soit considéré sous ses divisions en grandes nations ou états, avec leurs subdivisions en provinces, et où l'on ait soin d'insister sur les lieux les plus renommés par les événements qui s'y sont passés, les grands hommes qu'ils ont vu naître, ou pour leur fertilité, leurs productions, leur industrie, leur commerce, etc. J'ai dit que ce devait être un abrégé, tel qu'il le faut pour servir d'introduction à l'histoire, parce que je crois que l'étude même de l'histoire est le meilleur moyen d'étendre et de perfectionner ses connaissances géographiques.
Dans cette étude d'histoire, il faudrait mettre de côté toute question chronologique et critique au-dessus de la portée des enfants et le plus souvent très peu intéressante pour eux, éloigner avec soin tout ce qui a l'air de conte et de récit fabuleux, qui n'aboutirait qu'à les repaître d'erreurs ou leur rendre tout le reste suspect ; il faudrait s'en tenir à une suite d'événements généralement admis comme vrais ou très vraisemblables , en les rapportant cependant à certaines dates, selon l'ordre chronologique le moins embarrassé, aussi exactement qu'il est possible, et que cela est nécessaire pour aider à la mémoire.
On n'entrerait pas dans un détail minutieux de circonstances ; les faits seraient présentés en abrégé et sous la forme la plus attrayante pour des enfants; on s'attacherait plus à ce qu'on jugerait le plus important, le plus utile, ou qui fournirait les objets les plus intéressants d'observation et de réflexion sur l'humanité et sur le genre de vocation à laquelle les enfants peuvent être destinés; on insisterait moins sur l'histoire ancienne que sur la moderne, plus sur celle de l'Europe que sur celle des autres parties du globe, plus encore sur l'histoire de la patrie et des pays circonvoisins que sur celle des nations plus éloignées; on s'attacherait en particulier aux origines des inventions, découvertes, établissements utiles, aux hommes illustres par des services importants rendus à l'humanité, aux exemples mémorables de vice et de vertu, de malheur ou de prospérité, et à tout ce qui pourrait inspirer aux enfants l'humanité et la bienfaisance.
Je ne voudrais pas qu'on chargeât les récits de trop de réflexions, mais qu'on s'en tînt à celles qui naîtraient naturellement des faits, et qui seraient propres à former l'esprit et le cœur des enfants, à fortifier en eux l'instinct moral, qui chez tous les hommes précède même l'usage de la réflexion, et qu'on fit ainsi servir l'étude de l'histoire à les accoutumer de bonne heure à détester tout ce qui est mal, à goûter tout ce qui est bien.
Pour faciliter cette partie de l'instruction, il faudrait encore avoir plusieurs petits livres abrégés, composés par des personnes aussi distinguées par leur discernement que par leur érudition, et qui continssent les faits avec les réflexions, en sorte que les enfants n'eussent à lire et les maîtres qu'à les interroger sur ce qu'ils auraient lu, ou le leur faire raconter d'euxmêmes, ce qui leur apprendrait en même temps à lire avec fruit et à bien parler ; mais malheureusement nous n'avons encore en ce genre que des livres très imparfaits.
Parvenus à l'âge de douze ou treize ans, et munis d'un bon nombre de connaissances particulières, il serait temps d'élever les jeunes gens à des connaissances générales, à des objets non
Il s'agirait encore de leur faire concevoir d'une manière abstraite l'étendue avec ses dimensions, les diverses figures avec leurs rapports de quantité et leurs proportions, les diverses opérations qu'on emploie pour mesurer les lignes, les surfaces, les solides, tant sur le papier que sur le terrain, en joignant à chaque vérité sa démonstration et à chaque opération sa preuve; ce qui supposerait encore la connaissance détaillée et raisonnée de tous les divers instruments nécessaires pour prendre et déterminer les mesures dans tous les cas ; il faudrait, en un mot, instruire les jeunes gens dans tout ce qui appartient à la géométrie élémentaire, théorétique et pratique, la trigonométrie et les logarithmes, avec les premiers éléments des sections coniques et de la science des courbes, autant qu'il en faudrait pour servir de préparation à l'étude de la physique proprement dite.
Car il serait temps aussi de mettre à profit les connaissances historiques qu'ils auraient acquises sur les objets sensibles pour les conduire aux résullats généraux, à la connaissance des lois générales de la nature, et des causes qui servent à expliquer les divers phénomènes naturels connus par des observations ou des expériences. Cette science qui constitue la physique proprement dite, demande nécessairement l'application des principes mathématiques qui servent à démontrer la liaison des causes avec leurs effets ; ainsi elle comprend sous elle ces diverses branches de