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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a été interrogé pendant plusieurs heures lundi par les policiers dans l'une des enquêtes pour corruption présumée menaçant son long règne. C'est la deuxième fois qu'il est interrogé pour cette enquête.
M. Netanyahu, ainsi que sa femme Sara et son fils Yair ont été entendus dans l'affaire dite "Bezeq", du nom du plus important groupe israélien de télécommunications, a indiqué la police. Il a été confronté pour la première fois aux informations fournies aux enquêteurs par un témoin clé, Nir Hefetz, l'un de ses hommes de confiance, ont rapporté les médias.
La police cherche à savoir si les Netanyahu ont cherché à s'assurer une couverture propice de la part du site d'information Walla en contrepartie de faveurs gouvernementales. Ces dernières pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq, selon la même source.
Walla est la propriété de Shaul Elovitch, principal actionnaire de Bezeq. M. Elovitch, comme son épouse Iris, devait également répondre aux questions des policiers lundi, a-t-on ajouté.
Soupçons d'entrave
Les policiers enquêteraient aussi sur des soupçons d'entrave à l'enquête qui aurait consisté à faire disparaître des preuves, comme des messages.
C'est la neuvième fois que M. Netanyahu est interrogé dans les différentes affaires le concernant directement ou indirectement, et contraint d'organiser son emploi du temps en conséquence. Il a reçu plus tard dans la journée le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian, et devait accueillir ensuite le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.
Le Premier ministre n'a été formellement mis en cause dans aucun dossier. La police a toutefois recommandé le 13 février son inculpation dans deux d'entre eux.
"Chasse aux sorcières"
Cette succession de coups durs remet en question l'avenir du Premier ministre, au pouvoir depuis près de douze ans au total. M. Netanyahu proclame son innocence sur tous les fronts, dénonce une "chasse aux sorcières" et affirme sa ferme intention de rester à son poste. Il n'est pas légalement tenu de démissionner s'il est inculpé.
L'affaire Bezeq, ouverte en 2017, a véritablement éclaté le 18 février. Elle est présentée comme l'une des plus lourdes de menaces pour M. Netanyahu.
Nir Hefetz, ancien porte-parole de M. Netanyahu lui-même puis de sa famille jusqu'en 2017, a signé avec les enquêteurs un accord lui conférant le statut dit de "témoin d'Etat". En échange, il ne serait pas jugé, n'irait pas en prison et ne paierait pas d'amende, ont indiqué les médias. Il est soupçonné d'avoir joué les hommes de liaison dans l'affaire.