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GÉOLOGIE ET GÉOMORPHOLOGIE
La zone concernée par le Parc est située, en grande partie, sur la nappe des Préalpes médianes, mais recoupe également des terrains des nappes supérieures de la Brèche, du Niesen et de la zone submédiane (aux Mosses). La nappe des Préalpes médianes est constituée de deux entités : les Préalpes médianes plastiques qui se sont plissées (exemple : la chaîne des Vanils) et les Préalpes médianes rigides qui se sont brisées en écailles sous la poussée des Alpes (exemples : la Gummfluh, les Gastlosen).
La nappe supérieure, ou nappe de la Simme, est composée de flysch, roches tendres et relativement imperméables, qui créent un paysage plus arrondi et vallonné (exemple : Rodomonts), avec de nombreuses zones humides et tourbières. La nappe du Niesen est également composée de flysch plus grossiers et à dominance conglomérative qui s’étend notamment à la Tornettaz, au Pic Chaussy et à une partie du col des Mosses.
L’ossature du paysage est caractérisée par l’alignement de 5 chaînes montagneuses :
La Berra ;
Les Rochers-de- Naye – Dent de Corjon – Pointe de Cray – chaîne des Vanils ;
La chaîne Pointe d’Aveneyre – Planachaux – La laitemaire – Rochers des Raes ;
La chaîne Mont d’or – Rochers du midi - Rübli ;
La chaîne du Chaussy – Wittenberghorn
Les processus glaciaires, inactifs de nos jours, ont profondément marqué le paysage par leur action d’érosion, de transport et de dépôt. Par abrasion et arrachement, les glaciers ont creusé des vallées (la vallée de la Tornesse près de l’Etivaz par exemple). Des dépôts morainiques du glacier du Rhône forment d’ailleurs quelques zones dépourvues de calcaire où l’on trouve les châtaigneraies.
Les systèmes torrentiels complets sont fréquents. De l’amont vers l’aval, on y trouve un bassin de rétention, un chenal d’écoulement et, lorsque la pente diminue, un cône de déjection. Le village de Lessoc est établi sur un cône de déjection inactif. L’érosion liée aux phénomènes fluviatiles entaille des gorges et des cluses dans la roche, comme c’est le cas à la Tine, dans les gorges du Pissot ou celles de la Jogne. Aux endroits à faible pente, on observe également des plaines alluviales, comportant un lit mineur (dans lequel l’eau s’écoule toute l’année) et un lit majeur (lié aux phénomènes de crue).
DIVERSITÉ DES PAYSAGES NATURELS
Quatre inventaires fédéraux des paysages (IFP) le confirment.
Le Vanil Noir : région caractéristique des Préalpes calcaires septentrionales comprenant des falaises rocheuses, ainsi qu’une flore montagnarde, subalpine ou alpine remarquable, riche et typique par ses reliques glaciaires et postglaciaires, forêt d’arolles du Lapé, érablaies des Morteys.
La Pierreuse – Gummfluh – Vallée de l’Etivaz : région montagneuse comprenant plusieurs vallées dominées par de hautes parois calcaires, dont la végétation subalpine et alpine comprend notamment des pelouses, des bas-marais et des mégaphorbiaies remarquables.
Tour d’Aï – Dent de Corjon : paysage caractéristique des Préalpes calcaires septentrionales s’élevant de la plaine à l’étage alpin. Végétation très variée présentant la succession de tous les étages forestiers. Le bois de La Latte offre un rare exemple de peuplement d’arolles sur calcaire très riche floristiquement.
Breccaschlund : vallée glaciaire en entonnoir subdivisée en plusieurs compartiments sans écoulement superficiel. Paysage originel caractérisé par de nombreuses crêtes morainiques, des éboulis et débris de pente, des formations karstiques ainsi que des érables isolés qui parsèment les pâturages. Flore typique des Préalpes calcaires.
Cette diversité est due aux deux climats qui se rencontrent sur les Préalpes nord occidentales : le climat atlantique humide, le climat continental sec des Alpes centrales. Ces deux climats ont une grande influence sur la végétation, ils permettent à une grande variété d’espèces d’exister. Les différents reliefs – falaises, éboulis, etc. – ajoutent à cette diversité. Ils abritent la plus importante flore calcicole typique des Alpes nord occidentales.
ASPECTS HISTORICO-CULTURELS DU PAYSAGE
Dès le 15e siècle, les pâturages de la Haute Gruyère sont de plus en plus sollicités par le développement de la production de fromages, dont l’âge d’or se situe aux 17e et 18e siècles avec exportations à l’étranger et instauration d’une monoculture du fromagefaçonnant durablement le paysage. Cette croissance économique influence non seulement le défrichement de la région et l’économie alpestre, mais aussi le patrimoine bâti, avec des bâtiments aux volumes généreux et aux façades finement décorées et des voies de communication reliant le Pays-d’Enhaut et la Gruyère au Léman (et au marché européen).