Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07068.jsonl.gz/928

Pour les producteurs de lait, cette image forte d'un veau mort devant le Palais fédéral doit inciter les consommateurs à faire pression sur la grande distribution.
"Messieurs les consommateurs, Mesdames les consommatrices, allez dans les grands magasins, dites-leur qu'on ne veut plus ça; les paysans ne veulent plus vivre ça tout seuls dans leurs écuries", a déclaré Pierre-André Tombez, président du syndicat Uniterre, devant le cadavre d'un veau couché à l'arrière d'un pick-up.
De nombreux veaux "éliminés"
En présence de quelques dizaines de producteurs de lait, Pierre-André Tombez a rappelé qu'une vache fait un veau par année; lorsque c'est un mâle qui n'est pas destiné à la reproduction, il faut "l'éliminer" entre sa naissance et l'âge d'un mois, car "ils n'en veulent pas pour la viande".
"Migros, Coop, Cremo, Emmi et Elsa, veulent qu'on fasse ça tous les jours". Mais la situation est "bien moins reluisante" que ce présentent certains spots publicitaires de type "Heidiland".
30'000 vaches en trop
L'obligation d'augmenter la production laitière fait qu'il y a aujourd'hui 30'000 vaches en trop. Elles donnent des veaux qui ne peuvent pas être absorbés par le marché. Pour cette raison chaque semaine des centaines de veaux âgés de quelques jours sont tués.
L'interprofession du lait (IP-Lait), la grande distribution, les transformateurs et acheteurs sont "complices", car ils empêchent toute tentative de réduire la quantité de lait et par conséquent le nombre de vaches et de veau, selon Uniterre.
Une botte géante
Une botte géante posée en face du Palais fédéral symbolisait par ailleurs la volonté des producteurs de lait de "donner un grand coup de botte dans leur filière" et de mettre fin à une "mafia laitière". Ils prônent depuis deux ans la mise en place d'un système de régulation des quantités flexible, permettant d'attribuer ou de retirer rapidement des droits de produire en fonction des prix et des besoins du marché.
L'objectif est d'éviter la surproduction et un "dumping" des prix à l'exportation qui en résulte. Cette solution requiert un soutien politique fort ainsi que la force obligatoire du Conseil fédéral. Le litre de lait doit par ailleurs être acheté un franc au producteur.
agences/boi
L'Union suisse des paysans pas en accord
"En voulant jouer dans le spectaculaire et la provocation", cette action donne une fausse image de l'agriculture en Suisse, écrit la faîtière dans un communiqué.
L'USP a par ailleurs nuancé l'affirmation d'Uniterre. Elle a démenti la pratique systématique de l'abattage de veaux mâles le jour de leur naissance. Ces animaux sont intégrés dans une filière de production de viande.