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L'ancien ministre Maithripala Sirisena a été intronisé vendredi président du Sri Lanka après sa victoire spectaculaire face à l'ancien homme fort du pays Mahinda Rajapakse. Celui-ci avait reconnu sa défaite et s'était incliné devant la volonté du peuple de ne pas renouveler son mandat, après dix ans au pouvoir.
Maithripala Sirisena a d'ores et déjà déclaré qu'il tenterait d'améliorer ses relations avec la communauté internationale, mises à mal, en raison du manque de coopération de Colombo dans les enquêtes sur les crimes de guerre présumés du régime pendant le conflit tamoul.
Le nouveau président soutient, en outre, fermement l'orientation du principal parti de centre droit, partisan d'une politique de soutien aux investissements et du libre marché. Mais les analystes estiment que M.Sirisena doit faire face au défi considérable d'unir une coalition de pouvoir allant de la droite aux marxistes.
Passation fluide
M. Sirisena, ancien ministre de la Santé de M. Rajapakse, a remercié son rival, estimant qu'il avait "ouvert la voie à une élection qui m'a permis de devenir président". La commission électorale a déclaré M. Sirisena élu avec 51,28% des voix, contre 47,58% pour le président sortant. Le taux de participation au scrutin de jeudi s'est élevé à 65-80% des 15 millions d'électeurs, a-t-elle précisé.
Ranil Wickremesinghe, qui devrait être choisi comme nouveau Premier ministre par M.Sirisena, s'attend à une passation de pouvoir fluide avec l'équipe précédente. "La population veut une nouvelle culture politique", a-t-il dit, précisant que MM.Rajapakse et Sirisena s'étaient parlé par téléphone.
"Révolution constitutionnelle"
Le président élu a su capter une vague de ressentiment contre M.Rajapakse, qui a réécrit la Constitution après sa réélection en 2010 pour lever la limite de deux mandats présidentiels et s'attribuer de nouveaux pouvoirs, au détriment de la fonction publique et de la justice.
Pendant la campagne, M.Sirisena a exhorté le président sortant à modifier son mode de pouvoir au risque sinon de voir monter les protestations. "Il a conduit le pays sur une voie dangereuse menant à la destruction", disait-il.
Il a en outre promis "une révolution constitutionnelle" en cas d'élection, notamment de réformer profondément le fonctionnement de la présidence et de transférer nombre de ses pouvoirs exécutifs au Parlement.
Sûr de sa victoire
En 2010, Mahinda Rajapakse avait été largement élu après avoir écrasé la rébellion séparatiste tamoule (hindouiste) du nord du pays.
Lorsqu'il avait annoncé en novembre ce scrutin anticipé, il semblait assuré de l'emporter. Mais la défection de son ministre de la Santé au profit de l'opposition avait donné lieu à une campagne acharnée et sans concessions.
Election saluée
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a salué la décision de M.Rajapakse de reconnaître rapidement sa défaite et s'est dit impatient de travailler avec le nouveau chef de l'Etat. Barack Obama a, de son côté, salué une élection présidentielle "réussie" et "symbole d'espoir" pour la démocratie à travers le monde.
Par ailleurs, cette élection survient avant une visite dans le pays du pape François à partir du 13 janvier, qui devrait être centrée sur la réconciliation.
ATS