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La sécurité est un besoin primaire chez les êtres humains. En psychologie et en théorie motivationnelle, la protection est un besoin fondamental dans la hiérarchie des besoins de Maslow. Cela fait appel à des facteurs tels que la sécurité, l'ordre public, la protection contre les éléments et l'absence de peur.
Par Frédéric Dupraz et Matthieu Rolin, gestionnaires de portefeuille de la stratégie Thematics Safety
Le concept de «sécurité humaine» a été énoncé dans le Rapport sur le développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) de 1994. Par la suite, il est devenu un élément incontournable de la politique internationale, avec pour point culminant la création de la Commission sur la sécurité humaine en 2001.
Les débats et les politiques en matière de sécurité humaine ont eu tendance à se concentrer davantage sur les catastrophes d’origine humaine, telles que les conflits armés et les violations des droits de l’homme. Pourtant, les menaces auxquelles les populations sont confrontées à la suite d’une catastrophe naturelle sont similaires: par exemple, nous éprouvons de la «peur» lors des répliques sismiques, et lorsque nous courons le risque de voir l’ordre social dégénérer. Nous ressentons également un «manque» de services élémentaires lorsque nous manquons de nourriture, d’eau et d’un abri.
Les catastrophes naturelles tuent environ 90 000 personnes par an et touchent près de 160 millions de personnes dans le monde1. Qui plus est, elles peuvent frapper n’importe où sur la planète: le tsunami de l’océan Indien en 2004, l’ouragan Katrina aux Etats-Unis en 2005, les feux de brousse australiens en 2009, le tremblement de terre en Haïti en 2010, les inondations au Pakistan en 2010. Plus de 700 000 personnes sont mortes à la suite de catastrophes entre 2005 et 20142.
Les répercussions des catastrophes naturelles sur les populations et les collectivités dans les zones touchées sont immédiates et dévastatrices. En 2017, la Croix-Rouge américaine a fourni plus de secours qu’au cours des quatre années précédentes réunies, en intervenant lors de 242 catastrophes importantes rien qu’aux Etats-Unis2. Bien entendu, les catastrophes causées par l’homme peuvent provoquer des ravages et une confusion similaire. Depuis que des terroristes ont fait tomber les tours jumelles de New York le 11 septembre 2001, beaucoup de temps, d’argent et de ressources ont été investis pour trouver de meilleurs moyens de communiquer avec les citoyens pour les protéger lorsque des incidents majeurs se produisent.
Que ce soit au niveau national, fédéral, étatique ou municipal, ils doivent être alertés lorsque quelque chose de grave se produit autour d’eux. Ils ont besoin de savoir que le moment est venu de se mettre à l’abri ou de quitter les lieux, autrement dit, de faire ce qu’il faut pour assurer leur sécurité. Après tout, le but de la sécurité humaine est de protéger les populations. Maintenir les moyens de communication ouverts est vital. Lorsqu’une catastrophe naturelle survient, les premiers secours doivent être prêts à se déployer n’importe où sur terre, à tout moment. Pour eux et pour les autres membres du personnel de la sécurité publique, chaque seconde compte et une connectivité fiable est impérative pour maintenir la continuité des services de communication.
Une manière positive d’envisager tout ce qui précède est de considérer qu’à chaque fois qu’une catastrophe se produit, qu’elle soit naturelle ou d’origine humaine, cela nous permet de tester notre réactivité et l’efficacité des technologies de communication à notre disposition. Ces événements nourrissent l’innovation en matière de sûreté et de sécurité humaines, et incitent à trouver de nouvelles façons d’assurer la sécurité des personnes – avant, pendant et après la catastrophe.
Une des manifestations du changement climatique: l’intensification des ouragans
L’adaptation au changement climatique est l’un des bouleversements structurels de long terme auxquels nous faisons face aujourd’hui, et que nous devrons de plus en plus affronter demain. Cela touche aussi le thème de la sécurité humaine et de la protection des vies humaines en cas de catastrophe naturelle. Par exemple, 2017 avait été l’année la plus chaude pour les océans partout sur Terre, et 2018 l’a été encore plus : la température océanique d’avril à juin a été la plus élevée jamais enregistrée3. De fait, il existe des preuves irréfutables montrant que les dégâts causés par l’ouragan Florence sur la côte Est des Etats-Unis en 2018 ont été aggravés par le changement climatique. Il avait créé un environnement plus chaud et plus humide propice aux fortes pluies et aux crues soudaines4. C’était le système tropical le plus humide jamais atteint sur la côte Est des Etats-Unis5.
Du point de vue de l’investissement, ne pas allouer de fonds aux solutions qui permettraient de limiter le changement climatique n’est bien évidemment pas sans conséquences économiques.
Une des questions cruciales à se poser porte sur les répercussions du changement climatique sur les biens situés dans les zones à risque d’ouragans – tant du point de vue des compagnies d’assurance que des usines de production, touchées par les inondations et les sécheresses.
Florence a suivi une trajectoire inhabituelle pour un ouragan si tôt dans la saison. Une tempête d’une telle intensité à cette latitude précise n’était pas conforme à la norme climatologique, mais cela concorde avec certaines études qui montrent que les tempêtes s’intensifient davantage vers le pôle6. Les conséquences économiques pour les assureurs, l’immobilier et les entreprises locales situées dans les régions touchées sont énormes. Les rendements financiers sont directement liés à la performance des entreprises et de leurs projets, le changement climatique ne peut donc pas être ignoré lors de l’analyse des actifs financiers. Dès lors, sous-estimer les risques qui lui sont associés peut conduire à une potentielle sous-performance.
En outre, la saison des ouragans de 2017 dans l’Atlantique a été la plus coûteuse jamais enregistrée, avec un total d’au moins 282 milliards de dollars de dommages, dont la majorité a été causée par les tempêtes Harvey, Irma et Maria7. Ces tempêtes ont déplacé des centaines de milliers de personnes, détruit des infrastructures publiques clés et créé des pénuries de ressources. Ce qui nous semble particulièrement préoccupant ici est le coût potentiel en termes de pertes humaines. Alors que les ouragans vont s’intensifier dans les années à venir, la question se pose de savoir ce qui peut être fait pour assurer la sécurité des personnes et potentiellement sauver des vies.
Dans notre rapport, nous examinons les cas de deux entreprises innovantes dans ce domaine. L’une est l’un des principaux fournisseurs mondiaux de systèmes d’alimentation de secours et de stockage sur batterie; l’autre est à la pointe en matière de notification de masse et de gestion des événements critiques. Il est intéressant de noter que ces deux entreprises vont déjà au-delà de la demande saisonnière liée aux ouragans et ont commencé à innover dans d’autres domaines susceptibles de profiter eux aussi d’une croissance de long terme.
1. https://www.who.int/environmental_health_emergencies/natural_events/en/
2. https://www.weforum.org/agenda/2018/01/4-ways-technology-can-play-a-critical-role-in-disaster-response/
3. https://edition.cnn.com/2018/09/19/us/climate-change-hurricane-florence-wxc/index.html
4. Kevin Trenberth, chercheur principal au National Center for Atmospheric Research https://edition.cnn.com/2018/09/19/us/climatechange-hurricane-florence-wxc/index.html
5. https://www.cnn.com/us/live-news/florence-flooding-north-carolina/h_6eb5ac354605218f1e3f648f7d197684
6. https://www.theverge.com/2018/9/10/17844258/hurricane-florence-atlantic-storm-category-four-intensity-unusual
7. https://www.nationalgeographic.com/news/2017/11/2017-hurricane-season-most-expensive-us-history-spd/