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Pour les femmes, cesser de travailler a un impact sur la relation de couple
Une doctorante LIVES présente à Milan les conclusions d’une étude sur le lien entre baisse de l’activité professionnelle et baisse du sentiment amoureux après la naissance des enfants.
Du 13 au 15 septembre 2012 a lieu à Milan le congrès «Familles, soins et travail face aux défis d'un monde globalisé: les politiques, les pratiques et les services». Il est organisé par le Réseau de recherche 13 de l'Association européenne de sociologie (ESA) : «Sociologie de la famille et des relations intimes».
A l’occasion de la session portant sur «L’évolution de la signification des soins et du travail dans l'expérience des familles», la doctorante LIVES Manuela Schicka présente un article écrit avec le professeur Eric Widmer, chef du projet 8 de LIVES. Le papier s'intitule : "Si j'avais su que notre couple tournerait de cette façon, je n'aurais pas arrêté de travailler: Un récit biographique sur la participation au marché du travail et l'amour conjugal"; il est le fruit d’une étude menée en collaboration avec René Levy, Jean-Marie Le Goff et Michèle Ernst Stähli.
L'article porte sur la mutation de l'amour conjugal après la transition à la parentalité : sentiment amoureux, satisfaction face à la relation, séparation. Les données utilisées proviennent des deux premières vagues de l’étude «Stratification sociale, cohésion et conflit dans les familles contemporaines», effectuées en 1998 et 2004. A partir de la deuxième vague d’observation, l’équipe n’a gardé que la variable des couples qui se sont séparés depuis la vague précédente.
Les chercheurs ont examiné si le changement de carrière professionnelle après la transition à la parentalité - interruption, réduction, arrêt du travail sans redémarrage - a eu un impact sur l'amour conjugal, et quel est l'impact de l’évaluation du changement de carrière dû à la transition. Les conclusions sont que les femmes sont plus touchées par la transition: en effet, leur sentiment amoureux baisse quand elles diminuent leur présence sur le marché du travail. Quand elles estiment que la réduction ou l'interruption de leur carrière était un sacrifice, elles ont un risque plus élevé d'être insatisfaites de leur relation. Fait intéressant, les hommes ne sont pas touchés par le changement de participation au marché du travail de leur partenaire et par l'évaluation négative qu’elles en font.