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ben. «Ordem e progresso» était autrefois, la devise inscrite sur le drapeau brésilien. La politique du gouvernement illégitime du président par intérim Michel Temer fait cependant rétrograder la République fédérative dans son développement. Cette régression du Brésil rappelle le système oligarchique d’antan qui, au détriment de la majorité de la population, s’occupait uniquement à conserver les intérêts d’une minorité ayant comme but l’exploitation des populations.
Juste avant le renversement du gouvernement, Michel Temer avait annoncé dans un document de base concernant un gouvernement futur, un programme prévoyant la privatisation «de tout ce qui est possible». Selon un extrait de ce document publié dans le journal «O Globo» du 29 avril, «L’Etat doit offrir l’ensemble des infrastructures au secteur privé. […] Il est nécessaire de réorganiser totalement la relation de l’Etat avec les entreprises privées qui deviendront les prestataires de services».
Cette «réorganisation» fait suite à une orgie de destruction au sein de l’Etat social: en font partie la dissolution de nombreux ministères, dont ceux de l’agriculture, des questions touchant aux femmes, à la justice sociale, aux droits de l’homme et à la culture. On a également supprimé des subventions minimales, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation. Le financement étatique du système national de la santé SUS est abandonné et le système est privatisé. Le programme socio-politique «Bolsa Família», soutenant les familles pauvres, sera également massivement réduit, la réforme sociale dans le domaine du travail abandonnée et les démarcations des terres effectués suite à la réforme agraire seront révisées.
On s’attendait déjà à la privatisation de l’industrie pétrolière (schistes et sables bitumineux) et de la compagnie pétrolière paraétatique Petrobras; mais les bureaux de poste seront également privatisés. La privatisation de la Banque centrale du Brésil va donner le coup de grâce à la souveraineté du pays. Dans ce contexte, citons également l’annonce de l’autorisation de jeux de hasard tels que le bingo, les paris sur des concours d’animaux et les jeux en casinos. Le retrait du groupe des pays du BRICS et de la Banque du développement (New Development Bank BRICS) fondée en 2014 est également prévu. Par conséquent, les pays du BRICS perdent leur membre d’Amérique latine. – La liste des mesures rétrogrades, initiées par le gouvernement illégal, est longue.
Selon le «Handelsblatt» du 14 mai, la plate-forme de dévoilement de WikiLeaks a récemment publié des preuves qui permettent de supposer que Michel Temer avait travaillé en 2006 comme informateur pour les services secrets américains. Les rapports de Temer transmis au diplomate américain Christopher J. McMuller ont déjà été publiés en 2011. Marc Weisbrot, co-directeur du «Centre for Economy and Policy Research» (CEPR) a déclaré dans une interview accordée à la chaîne de télévisions RT le 14 mai: «C’est un nouveau gouvernement voulant se rapprocher des Etats-Unis. Au poste de ministre des Affaires étrangères, il veut nommer José Serra, qui avait été candidat aux élections présidentielles de 2010. Il avait un programme très proche de la politique étrangère américaine. […] Il était très en accord avec la politique américaine.»
Il n’est donc pas surprenant que le Fonds monétaire international (FMI) a loué les mesures néolibérales du gouvernement illégal de Temer le 19 mai dans un reportage sur teleSur. Pour le FMI, c’est une garantie du retour des investisseurs internationaux. Selon son secrétaire, cette manière d’agir confirme l’intérêt du nouveau gouvernement brésilien à entretenir de bons rapports avec le FMI. Le 16 mai, la Banque mondiale basée à Washington D.C. a vivement critiqué les programmes brésiliens d’aide sociale dans la publication «Nações Unidas no Brasil» – bien que la Banque de développement multinationale avait admis dans son rapport qu’ils s’étaient «avérés efficaces». Suite à ces programmes, 24,6 millions de Brésiliens ont pu être sortis de la pauvreté entre 2001 à 2013. – Combien de temps faudra-t-il attendre, avant de réaliser que Michel Temer hisse le drapeau de la dictature brésilienne de 1961? •
Les protestations contre Dilma Rousseff sont venues de différents groupes dont la plus part ont des relations plus ou moins directes avec des représentants puissants du capital financier et du monde des affaires aux niveaux national et international.
Un de ces groupes est le Mouvement pour un Brésil libre (MBL), un regroupement de jeunes gens très à droite, pensant que les solutions aux problèmes économiques du pays doivent se baser sur la politique du marché libre. Deux des dirigeants du MBL, Fabio Ostermann et Julião Torres, ont effectué leur formation à l’«Atlas Leadership Academy», un satellite de la fondation «Atlas Economic Research Foundation» – financée par les deux tristement célèbres entrepreneurs américains, les «Koch-Brothers».
Un autre groupe important est les Etudiants pour la liberté (EPL) coopérant avec la MBL. L’EPL est l’organisation partenaire brésilienne d’une organisation du même nom aux Etats-Unis, également financée par les frères Koch.
Ces deux frères ont également investi des millions de dollars dans l’industrie pétrolière, ce qui pourrait expliquer leurs intérêts à déstabiliser le gouvernement brésilien et le groupe paraétatique Petrobras. La présidente Rousseff avait refusé aux grandes compagnies pétrolières et minières américaines le retour au Brésil et s’était tournée vers des investisseurs chinois. En 2013, le vice-président américain Joe Biden avait visité le Brésil pour essayer de convaincre Dilma Rousseff d’accorder aux entreprises américaines l’accès aux champs pétroliers brésiliens. La présidente n’était pas entrée en matière …
De même, Wall Street ne goûte pas du tout le soutien de Mme Rousseff pour une nouvelle monnaie de réserve mondiale et pour la création d’une nouvelle Banque de développement. Les Etats-Unis ne ressentent que peu d’enthousiasme pour la construction d’une liaison par câbles en fibre de verre de 5600 km à travers l’Atlantique vers l’Europe, initiée par Mme Rousseff et pouvant concurrencer les monopoles de communication soutenus par les Etats-Unis.
Sources: Telesur du 12/5/16
Eric Draitser. BRICS under Attack: The Empire Strikes Back in Brazil. Global Research du 18/4/16 (Mint Press 22/3/16)
Temer est, selon le commentaire paru dans «Finanz und Wirtschaft» du 13/5/16, «aux yeux de nombreux Brésiliens un représentant d’un jeu de dupe politique», son score dans les sondages est estimé à 2%, selon «Zeit online» du 12/5/16.
Contrairement à Mme Rousseff, on lui reproche des liens personnels directs avec des scandales de corruption. Récemment, il a été condamné pour violation du droit de vote et il est confronté à une suspension pour toutes fonctions officielles pendant 8 ans (y compris sa fonction actuelle). Elle entrera en vigueur dès qu’il n’exercera plus de fonctions; alors, il ne pourra plus reprendre une nouvelle fonction durant 8 ans. (Source: Glenn Greenwald. The Intercept du 19/5/16)
Le 13 mai, WikiLeaks a également révélé que Temer avait travaillé comme informateur pour les services secrets américains et pour le Pentagone. La plateforme Internet a publié deux dépêches du 11 janvier et du 21 juin 2006 transmises de Sao Paulo à l’US Southern Command de Miami contenant des explications sur la situation politique sous la présidence de Luiz Ignacio Lula da Silva et les perspectives de son parti, s’il devait gagner les prochaines élections.
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