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la conférence fluxus
En 2001, je donnais une conférence aux étudiants de l’Atelier à Genève sur le mouvement Fluxus et sur l’attitude artistique fluxus.
La conférence apportait en son contenu les éléments de compréhension du mouvement, de son développement et de quelques unes de ses idées fondamentales. Joignant l’exemple vivant à la parole, je voulais faire de cette conférence une performance fluxus pour rendre mon propos cohérent et pour introduire les participants au cœur de l’état d’esprit fluxus.
J’avais donc préparé un grand nombre d’objets hétéroclites dans la salle adjacente et construit une légère partition destinée à donner une trame à quelques acolytes qui devaient apporter les objets et les déposer derrière moi, à mes côtés puis, au fur et à mesure que mon propos devenait clair, devant moi, entre les spectateurs et le conférencier.
Un immense bric-à-brac, une installation gargantuesque se construisait autour de moi, m’enserrant en un filet monstrueux, moi continuant imperturbablement à parler sérieusement.
L’effet de confusion et de trouble espéré prenait de plus en plus corps, entre humour, anxiété et joie dionysiaque.
Une idée centrale à cette action était de troubler le discours de celui qui sait tout en le donnant ; d’offrir un texte et une sorte de contre-texte, comme un contre-point, qui invitait les spectateurs à construire dans le même temps leurs propres textes, leurs propres compréhensions de l’événement.
Il s’agissait de produire un mouvement de construction et de dé-construction dans le même temps. De donner un point de vue et un autre en même temps, l’un renvoyant à l’autre et se saisissant de lui transformations mutuelles. Points de vues contradictoires et complémentaires.
Le résultat en fut saisissant et très réussi.