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Parmi les macro-formes (échelle régionale), le cirque glaciaire constitue la forme la plus simple du surcreusement glaciaire (fig. 1). Il s’agit d’un « large enfoncement, à fond plat et peu incliné, à parois au contraire escarpées, qui s’entaille dans le flanc d’une montagne généralement peu au-dessous des crêtes » (P. Lory, cité par Lliboutry, 1965). Lorsqu’un sommet est bordé à sa base par une série de cirques d’orientations différentes, il se forme un horn, sommet pyramidal sculpté par des glaciers s’écoulant dans plusieurs directions. Le Cervin en est un exemple (fig. 2).
Les vallées alpines sont un autre exemple de macro-formes glaciaires. Le profil transversal d’une vallée glaciaire prend généralement la forme d’une auge (par exemple la vallée de Lauterbrunnen, BE) (fig. 3), mais il existe également des vallées glaciaires en V (par exemple la Mer de Glace), notamment en raison du surcreusement torrentiel sous-glaciaire. L’érosion en forme d’auge est favorisée par les contraintes exercées latéralement par le glacier contre les versants (fig. 4). La forme en U est parfois due au comblement fluvio-glaciaire postérieur au retrait, qui peut recouvrir complètement un profil du bedrock se rapprochant d’une forme en V. C’est le cas de certains secteurs de la vallée du Rhône dans le Valais central. La puissance relative différente des glaciers d’une vallée principale et des vallées latérales induit un surcreusement différencié des vallées : après le retrait des glaciers, la vallée principale sera plus basse que les vallées latérales, moins érodées. Ces dernières formeront des vallées suspendues. Par érosion régressive des cours d’eau latéraux, elles seront d’abord reliées à la vallée principale par une cascade (par exemple la Pissevache, dans la vallée du Rhône, VS), puis, si l’érosion est suffisante, par une gorge de raccordement (comme par exemple la vallée du Trient ou la vallée de la Lizerne à leur confluence avec la vallée du Rhône, VS).
Le profil en long d’une vallée glaciaire est caractérisé par une succession de paliers et dépressions, appelés respectivement verrous et ombilics (fig. 5). Le palier peut présenter une contrepente à l’amont ; il y a alors surcreusement glaciaire, comme cela est par exemple le cas à l’amont du verrou de St-Maurice, où le profil du bedrock remonte de plusieurs centaines de mètres au niveau du verrou. Ces surcreusements peuvent être parfois occupés par un lac (fig. 6), comme cela est le cas du Lac Léman en amont du verrou de Genève. Ce type de profil est dû à la différence de résistance du substratum (érosion différentielle), liée elle-même à des facteurs lithologiques ou tectoniques. Les dos de baleines, formes de plus petite taille (quelques dizaines de mètres de hauteur au maximum), sont formées par le même processus d’érosion différentielle (fig. 7).