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1679
[Anonyme], Le Roman comique, troisième partie
Paris, Barbin, 1679
Une comédie tirée d'une nouvelle
Comme dans la première partie du Roman comique (t. I, p. 211), Ragotin forme le projet (ridicule, en l’occurrence) de tirer une comédie d’une nouvelle qu’il vient d’entendre. Le fâcheux poète Roquebrune fait un contre-projet tout aussi fâcheux.
Elle voulait continuer, quand Ragotin se leva pour dire qu’il voulait faire une comédie de cette histoire, et qu’il n’y aurait rien de plus beau que la décoration du théâtre : un beau parc avec son grand bois et une rivière ; pour le sujet, des amants, des combats, et une première messe. Tout le monde se mit à rire, et Roquebrune qui le contrariait toujours, lui dit : « Vous n’y entendez rien ; vous ne sauriez mettre cette pièce dans les règles, d’autant qu’il faudrait changer la scène et demeurer trois ou quatre ans dessus. » Alors le prieur leur dit : « Messieurs, ne disputez point pour ce sujet, j’y ai donné ordre il y a longtemps. Vous savez que M. du Hardy n’a jamais observé cette rigide règle des vingt-quatre-heures, non plus que quelques-uns de nos poètes modernes comme l’auteur de Saint-Eustache, etc… Et M. Corneille ne s’y serait pas attaché, sans la censure que M. Scudéry voulut faire du Cid. Aussi tous les honnêtes gens appellent ces manquements de belles fautes. J’en ai donc composé une comédie que j’ai intitulée La Fidelité conservée après l’espérance perdue ; et depuis j’ai pris pour devise un arbre dépouillé de sa parure verte et où il ne reste que quelques feuilles mortes (qui est la raison pourquoi j’ai ajouté cette couleur à la bleue) avec un petit chien barbet au pied et ces paroles pour âme de la devise : « Privé d’espoir, je suis fidèle. » Cette pièce roule les théâtres il y a fort longtemps.
Edition de 1857 disponible sur Gallica.
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