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Genève, le 3 novembre 1993. A l'occasion de la réunion semestrielle du Comité CERN1 - Russie, sous la coprésidence du ministre Boris Saltykov et du Directeur général du CERN, le professeur Carlo Rubbia, un nouvel accord de coopération scientifique et technologique a été formellement signé le 30 octobre dans le laboratoire de l'Institut de physique des hautes énergies (IPHE) de Protvino, près de Moscou. La durée de trois ans de cet accord constitue une période de transition raisonnable pendant laquelle les relations de longue date entre le CERN et la Fédération de Russie continueront à se développer, l'objectif ultime étant l'adhésion au CERN de la Fédération de Russie en tant que membre de plein exercice.
Le ministre Saltykov et le professeur Rubbia, lors de leur visite des installations impressionnantes du laboratoire de l'IPHE, qui comprenait celle du site de construction de l'accélérateur UNK-600, ont exprimé leur satisfaction devant cette excellente collaboration et manifesté leur souhait d'une participation accrue dans les expériences menées au CERN comme en Russie. Mener à bien un vigoureux programme d'expérimentation aussi bien en Russie qu'avec les machines du CERN exige un investissement important des ressources dont dispose la Russie pour la recherche scientifique pure et appliquée, mais le ministre Saltykov a exprimé sa ferme intention de maintenir le niveau actuel des ressources humaines et matérielles consacrées à ce qu'il a appelé la recherche de base la plus fondamentale: une entreprise à caractère hautement culturel, pour laquelle la présence aciive de la Russie est essentielle.
Une vigoureuse collaboration scientifique et technologique existe entre le CERN et l'ancienne Union soviétique depuis près de trente ans. Une part considérable de ces activités sont effectuées en Fédération de Russie, tandis que les instituts de recherche et physiciens russes contribuent amplement à de nombreuses expériences du CERN. Bien que le Laboratoire soit essentiellement européen, des physiciens du monde entier, y compris de pays tels que le Canada, la Chine, l'Inde, Israël, le Japon et les Etats-Unis d'Amérique, y travaillent ensemble sur des expériences. La participation de la Russie dans les programmes internationaux de recherche du CERN exige un investissement considérable sur le plan intellectuel et, bien souvent, technologique et industriel. Cette collaboration ne s'est pas limitée à l'utilisation des installations du CERN, car les instituts russes ont plusieurs fois concouru avec leurs compétences au développement d'installations fondamentales du Laboratoire du CERN. De plus, un certain nombre d'expériences internationales auxquelles ont participé des personnes du CERN ont été effectuées en Russie, et en particulier à l'IPHE (Protvino).
Les instituts de recherche russes, aidés par des secteurs particulièrement performants de l'industrie russe, ont la ferme intention d'apporter une importante contribution à la construction et à l'utilisation du Grand collisionneur de hadrons (LHC), le nouveau projet d'accélérateur supraconducteur du CERN. En Fédération de Russie, la communauté des physiciens des hautes énergies et les autorités gouvernementales, représentés par le ministre Boris Saltykov et le ministre Victor Mikhailov, sont arrivés à la conclusion que participer à des projets du CERN était utile, voire nécessaire. Cette participation serait, de l'opinion de toutes les personnes concernées, mutuellement profitable à la Russie, au CERN ainsi qu'à la communauté mondiale de la physique des hautes énergies, et contribuerait en outre à l'avancement de la science fondamentale dans le monde entier.
Footnote(s)
1. CERN, the European Laboratory for Particle Physics, has its headquarters in Geneva. At present, its Member States are Austria, Belgium, the Czech Republic, Denmark, Finland, France, Germany, Greece, Hungary, Italy, Netherlands, Norway, Poland, Portugal, the Slovak Republic, Spain, Sweden, Switzerland and the United Kingdom. Israel, the Russian Federation, Turkey, Yugoslavia (status suspended after UN embargo, June 1992), the European Commission and Unesco have observer status.