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Au risque, parfaitement assumé, d'une déperdition électorale, et convaincus qu'il vaut mieux, pour exister politiquement, affirmer ce qu'on est au risque de perdre, que de se perdre soi-même pour ne pas effrayer le "centre", les membres et les sympathisants du Parti Travailliste britannique ont élu triomphalement (au premier tour, avec près de 60 % des suffrages, quarante points devant son plus proche concurrent) Jeremy Corbyn, représentant emblématique de l'aile gauche du parti à leur tête. Toute la "gauche de la gauche" européenne a chaleureusement salué la victoire du "gauchiste" britannique... en oubliant opportunément que ce n'est pas en créant un nouveau parti, ou en rassemblant dans une coalition fragile, forcément fragile, les morceaux épars d'une "gauche radicale" toujours plus prompte à la division qu'à l'unité, que Jeremy Corbyn et ses partisans ont renforcé cette fameuse "alternative de gauche à la social-démocratie"... mais en prenant la tête de la social-démocratie, au nom de ce qu'elle était et avait renoncé à être pour se liquéfier dans le "social-libéralisme" à la Tony Blair.