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La réintégration de la Yougoslavie au sein de la communauté internationale se poursuit. Sous le parrainage de Berne, Belgrade va rejoindre les moteurs de la coopération technique et financière planétaire que sont le FMI, la Banque mondiale et la BERD.
Sitôt après la «révolution de Belgrade», le président de la Confédération Adolf Ogi avait été l'un des premiers chefs d'Etat à rencontrer officiellement Vojislav Kostunica. Le 14 octobre à Genève, les deux hommes convenaient du retour de la Yougoslavie - sous parrainage suisse - au sein de Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale (BM) et de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).
Mardi dernier, le gouvernement de Belgrade a pris formellement la décision et vendredi, Berne annonce l'arrivée prochaine de la Yougoslavie au sein de son propre groupe de vote. Tous les pays ne pèsent en effet pas du même poids dans ces institutions. Si les grandes puissances y sont représentées seules, les petits pays se regroupent pour faire entendre leur voix.
La Yougoslavie siègera donc au FMI, à la BM et à la BERD aux côtés de la Suisse, de la Pologne et de cinq ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, dans le groupe que certains nomment parfois ironiquement l'Helvetistan. Belgrade y détiendra la troisième place au nombre des voix, derrière Berne et Varsovie.
La Suisse - déjà très engagée dans les Balkans - soutient par différents projets le processus de démocratisation en Yougoslavie. Elle fournira également - si nécessaire - une aide financière pour le remboursement de la dette de Belgrade envers le FMI et pour son adhésion à la BM.
Le processus risque toutefois de prendre un certain temps. La BM pose en effet comme condition préalable un accord entre Belgrade et les autres pays issus de l'éclatement de la grande Yougoslavie sur le partage du patrimoine étatique.
Le régime de Slobodan Milosevic avait toujours refusé, se considérant comme seul héritier de l'ancienne République fédérale. Mais le gouvernement Kostunica a décidé d'entrer en matière, et les discussions vont pouvoir démarrer sur la clé de répartition.
Pour la Suisse, l'arrivée de la Yougoslavie aura également comme avantage de renforcer ce groupe de vote, qui permet à Berne de détenir à la BM et au FMI un poste de directeur exécutif, très utile politiquement et commercialement.
Marc-André Miserez