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Capacité fonctionnelle
Les symptômes post-COVIDont un impact significatif sur la capacité fonctionnelle (dans les domaines de la vie sociale, personnelle, professionnelle). Une étude récente menée à Genève, en Suisse, a montré que l’infection par le SARS-CoV-2 doublait le risque de développer les critères du syndrome de fatigue chronique et du malaise post-effort68. Dans l’ensemble, 1,1 % des personnes ont présenté les critères du syndrome de fatigue chronique (ME/CFS) après l’infection par le SARS-CoV-2 (68), et 8,2 % présentaient des critères de malaise post-effort. Les personnes présentant les critères du syndrome de fatigue chronique ou du malaise post-effort ont rapporté des conséquences à long terme, une incapacité fonctionnelle chronique et une moins bonne qualité de vie (20,68). L’incapacité fonctionnelle se manifeste par une augmentation de l’absentéisme et une réduction de la productivité (20,68). Un rapport récent a estimé les pertes attribuées au post-COVID à 170 milliards de dollars en salaires perdus (69) aux États-Unis. Aucune estimation spécifique n’est disponible pour la Suisse à ce jour.
Les médecins devraient demander aux patients de comparer leur capacité fonctionnelle avant l’infection à leur capacité fonctionnelle après l’infection, dans tous les domaines de la vie. Les patients peuvent être interrogés sur les activités d’une journée type avant l’infection et les comparer à leurs activités actuelles. L’échelle d’invalidité de Sheehan (70) est un outil utile pour évaluer la capacité fonctionnelle et les jours perdus ou vécus avec une productivité réduite. La Bell’s Chronic Fatigue and Immune Dysfunction Syndrome scale (CFIDS) (échelle du syndrome de fatigue chronique et de dysfonctionnement immunitaire de Bell) peut également être utilisée pour évaluer la capacité fonctionnelle, avec 11 énoncés décrivant le niveau des symptômes sur une échelle de 0 à 100 (71). Les patients choisissent l’un des énoncés décrivant le mieux leurs symptômes. La comparaison avec la capacité fonctionnelle et la qualité de vie avant l’infection peut aider à évaluer les symptômes actuels et leur impact sur la capacité fonctionnelle et la qualité de vie.
Retour au travail
Comment les personnes peuvent-elles reprendre le travail en cas d’affection post-COVID ?
Les symptômes post-COVID peuvent persister pendant des semaines ou des années et affecter la capacité à travailler ou à étudier. Avant de planifier une reprise du travail ou d’une activité, les patients doivent en discuter avec leur médecin généraliste et être médicalement aptes à reprendre l’activité (travail ou autre). Le retour au travail peut être difficile et peut conduire à des appréhensions et de l’anxiété après une absence de longue durée ou chez les patients présentant toujours des symptômes. Il convient d’en discuter soigneusement avec le médecin généraliste et l’employeur afin de sensibiliser ce dernier à l’état de santé de l’employé sur le lieu de travail et de collaborer à l’élaboration du plan de retour au travail le plus adapté aux deux parties (72,73). Des réunions régulières avec l’employeur et un suivi avec le médecin généraliste pour discuter du retour au travail sont recommandés lorsque l’employé est prêt à reprendre le travail.
Les personnes atteintes d’affection post-COVID présentent généralement une fatigue sévère définie comme une asthénie, un malaise post-effort (exacerbé par un effort physique ou intellectuel ou un stress accru), une intolérance orthostatique, des troubles cognitifs avec une difficulté à effectuer plusieurs tâches à la fois ou à se concentrer pendant de longues périodes, ou un essoufflement/des douleurs thoraciques ou des palpitations qui peuvent limiter le travail et l’activité intellectuelle et physique. Les patients peuvent se réveiller fatigués et passer la majeure partie de la journée à fonctionner avec un niveau d’énergie minimal. Les individus utilisent leur réserve d’énergie pour mener à bien toutes leurs activités quotidiennes et dans tous les aspects de leur vie, qu’elle soit personnelle, professionnelle ou sociale. En cas de surmenage, les personnes peuvent ressentir un malaise post-effort et ont besoin de plusieurs jours pour récupérer.
Les patients souffrant d’une affection post-COVID peuvent généralement identifier un moment de la journée où leur niveau d’énergie est plus élevé. Il est important que les employés et les employeurs envisagent de réduire l’horaire de travail et la charge de travail pour assurer la récupération, en profitant du moment de la journée où l’employé se sent le plus apte à travailler ou à se concentrer. Les symptômes post-COVID peuvent également fluctuer et, dans l’idéal, les employeurs pourraient reconsidérer la charge de travail les jours où les employés souffrent d’une rechute ou présentent des symptômes importants tels qu’un malaise post-effort. Les patients devraient idéalement réduire ou supprimer complètement la charge de travail les jours de baisse d’énergie (réponse adaptée) afin de prévenir autant que possible les malaises post-effort. Les symptômes ont tendance à s’améliorer avec le temps (bien que lentement) si le contexte offre des conditions appropriées pour un meilleur rétablissement. Un dialogue dans la confiance entre le médecin généraliste et le patient est essentiel pour identifier au mieux la capacité fonctionnelle de ce dernier. Un journal de la réserve d’énergie quotidienne (annexe 2) est un outil recommandé aux patients pour suivre leurs niveaux d’énergie, examiner toute amélioration et déterminer quand ils se sentent mieux, quelles activités nécessitent une plus grande dépense d’énergie et comment planifier leurs journées.
Lieu de travail et journée de travail
Un retour progressif est recommandé après avoir fixé des objectifs réalistes à court terme, convenus entre l’employeur et l’employé. La reprise progressive du travail doit d’abord se faire à un pourcentage réduit du taux d’activité habituel, avec une préférence pour des journées partielles ou quelques heures par jour, idéalement alignées sur le moment de la journée où la personne se sent la plus énergique. Ce retour progressif peut être facilité en commençant par une tâche unique et en déléguant d’autres tâches à des collègues (72,73). Des pauses réparatrices programmées peuvent aider à maintenir le niveau d’énergie tout au long de la journée et à structurer la journée de travail. Une combinaison de télétravail et de travail sur place peut contribuer à réduire l’énergie nécessaire aux déplacements entre le domicile et le lieu de travail, tout en aidant l’employé à se réintégrer dans l’équipe. Les modalités de retour au travail (horaires, tarifs) doivent permettre aux patients de se rendre à leurs rendez-vous médicaux. La reprise du travail ne doit pas ralentir l’amélioration de l’affection post-COVID. Si un patient ressent un malaise post-effort ou si l’amélioration stagne, il n’est pas conseillé d’augmenter le nombre d’heures de travail. L’environnement de travail doit être adapté d’un point de vue ergonomique pour aider à maintenir le niveau d’énergie (éviter les stimuli lumineux ou sonores, conception ergonomique du poste de travail : réglage de la hauteur, soutien du dos, etc.). Parfois, des aides telles que des outils/logiciels de reconnaissance vocale peuvent contribuer à maintenir le niveau d’énergie (p. ex. parla dictée) (72,73).
Invalidité de longue durée
Les symptômes s’atténuent généralement avec le temps, à la suite d’un processus de récupération souvent lent. Malheureusement, un petit pourcentage de patients souffrant d’une affection post-COVID peut ne pas se rétablir suffisamment pour reprendre le travail. Une étude récente menée à Genève, en Suisse, a montré que 1,1 % des individus ont développé des critères de syndrome de fatigue chronique (ME/CFS) après l’infection68 par le SARS-CoV-2 et que 8,2 % présentaient des critères de malaise post-effort. L’infection par le SARS-CoV-2 doublait le risque de développer les critères du syndrome de fatigue chronique (ME/CFS) et du malaise post-effort (68).
Les personnes qui souffrent d’une incapacité fonctionnelle pendant plus de six mois sont orientées vers l’assurance sociale invalidité, les spécialistes de la santé au travail (ergothérapie), les ressources humaines et leur médecin traitant, ainsi que les spécialistes post-COVID, afin de déterminer s’il est possible de recouvrer leur capacité fonctionnelle ou si des prestations d’invalidité de longue durée sont nécessaires
L’association de médecine d’assurance suisse a établi des recommandations (74) et un questionnaire en ligne (75) pour les médecins qui évaluent les patients à des fins assécurologiques. Dans de tels cas, la coordination est importante entre le médecin généraliste, le patient, l’employeur et l’assurance invalidité.