Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06869.jsonl.gz/663

Le fantôme de l'eugénisme
Le 5 juin, on votera sur la révision de la loi sur la procréation médicalement assistée, qui découle de l'inscription dans la constitution fédérale de la possibilité d'un diagnostic préimplantatoire (DPI), autrement dit avant l'implantation d'un embryon lors d'une fécondation in vitro. Une opposition s'était déjà dessinée alors contre cette possibilité même -elle avait donc été largement battue, puisque le principe du DPI avait été accepté par 62 % des votants. L'opposition de l'année dernière, défaite sur le principe, s'est reformée pour combattre la loi qui le concrétise, et elle s'est élargie à certains des partisans du principe, tel le socialiste valaisan Mathias Reynard, qui reprochent à la loi d'aller trop loin en rendant accessible le DPI aux couples infertiles naturellement, et pas seulement aux couples porteurs d'une maladie génétique grave. Mais le coeur de l'opposition à la loi est le même que celui de l'opposition à l'article constitutionnel : ce sont les milieux chrétiens conservateurs (catholiques et protestants). Et ces milieux, aujourd'hui, brandissent le spectre de l'"eugénisme", et opposées avec eux à la loi, des associations de défense des handicapés proclament que la société doit "intégrer les handicapés, pas les éliminer". Nous pouvons le proclamer avec elles -mais le diagnostic préimplantatoire ne va "éliminer" personne, et il n'y a pas plus d'"eugénisme" dans le diagnostic préimplantatoire qu'il y en a dans une échographie ou une amniocentèse, qui elles aussi permettent de prédire ce que sera l'enfant non encore né, et qui, elles, peuvent conduire à des avortements -ce à quoi ne conduit pas le DPI.
-
Le fantôme de l'eugénisme