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Comme il existe une zone de coopération qui constitue le lieu social de production, il en existe une autre qui constitue le lieu social de réception. Le lien entre ces deux zones est essentiels pour l'activité humaine de communication soit réalisée. Je dirais volontiers qu'un film 35 mm rangé sur les rayons d'une étagère dans une cinémathèque quelconque, qu'un CD-Rom éducatif dans sa boîte plastique constituent une quantité d'informations sur un support de stockage. S'ils possèdent bien un potentiel médiatique ce dernier ne se réalise que lors d'une activité socio-technique de projection pour le film (aller au cinéma est aussi une activité sociale, un loisir, une façon d'affirmer son statut social, etc. Je vourdrai bien sûr vous persuader du bien-fondé de cette position, qui est d'ailleurs celle d'Anderson. Je vous rappelle d'abord ce fait de l'histoire de la musique européenne: ce qui était considéré comme l'oeuvre était l'oeuvre interprétée et non l'oevre écrite, i.e. la partition. Il a fallu attendre que la notation se développe et que l'écriture musicale se fixe pour assister à cette évolution, comparable d'une certinae façon au passage de l'oral à l'écrit (Cf. Levy P. (1987), La machine univers, Paris, Point, Le Seuil). C'est encore cette conception qui prévaut en ce qui concerne les récits historiques et fictionnels dans toute tradition orale: il n'y a pas un récit, mais autant de récits que de narrations. Enfin, on retrouve une idée semblable dans Lyotard J. F. (1979, La condition post-moderne, Paris, Minuit.) qui propose la distinction entre deux formes de savoir: un savoir scientifique et un savoir narratif. Si le premier est vérifiable, soumis à des règles strictes de production et de circulation, le second n'est vrai que parce qu'il se transmet, parce qu'il circule dans une communauté.