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15. Philippe-Sirice Bridel, De l'instruction publique des enfants des villages, 1799.
Il est bien vrai que Bridel regrettait les Bernois et l'ancien temps. Cette situation transparaît à l'envi dans son Conservateur suisse, monument de la littérature romande qui retint l'intérêt de milliers de lecteurs pendant plus d'un demi-siècle. Il se trouve cependant que Bridel a eu une influence considérable en de nombreux domaines. Qu'il fut lu, aimé, que sa vision paternaliste de la société plaisait. D'autre part, si l'on regarde l'entier de son oeuvre, on peut retenir que ce fut un véritable encyclopédiste, touchant par ses analyses et ses traités à toutes les facettes de la vie sociale et économique de son canton.
Avec cette étude sur l'instruction publique, Bridel révèle sa conception visionnaire de l'enseignement. Cela sera prouvé par la suite des temps où presque toutes ses suggestions furent peu à peu appliquées dans l'enseignement public. Ainsi, tout en regrettant le bon vieux temps, il pouvait avoir des idées très sûres et très justes de ce qu'il faudrait envisager pour l'avenir quant à l'instruction de notre jeunesse, pour parler en termes d'époque.
Bridel était aussi un homme ambigü. Ainsi prone-t-il dans son traité sur l'enseignement l'abandon du patois, tout au moins au niveau des écoles et de leur environnement immédiat, et en même temps il donne un dictionnaire du patois vaudois qui allait longtemps servir de référence.
Bref un homme complexe, dont le rejet non seulement n'était pas justifié, mais dont l'oeuvre serait encore et toujours à analyser.
Et pour nous, du fait qu'il ait vécu une partie de son enfance à la Vallée, à la L'Abbaye plus précisément où son grand-père Philippe était pasteur, comme un ami des plus fidèles! A croire que nous serions nous aussi inconditionnel de l'ancien régime ! Ce qui est loin d'être le cas, par ailleur!