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Critique
La synecdoque est en quelque sorte une métonymie - mais encore... Une figure de rhétorique consistant à prendre la partie pour le tout, l’espèce pour le genre, etc., ou inversement (ex.: boire un verre). Le titre suffit à décrire un film touffu, grouillant de personnages et tout en mises en abyme, d’un humour décalé suggérant ici et là celui de Woody Allen.
Caden Cotard (toujours excellent Philip Seymour Hoffman) est metteur en scène de théâtre à New York. Tout se délite autour de lui: sa femme, artiste-peintre, part avec leur fille pour Berlin au profit de sa carrière; sa santé se détraque, qu’il y ait hypocondrie ou pas; sa vie sentimentale patine. Petit à petit, il construit son monde à l’intérieur de monde et y fait évoluer ses acteurs.
SYNECDOCHE, NEW YORK est le premier long métrage de Charlie Kaufman, bien connu pour ses excellents scénarios (DANS LA PEAU DE JOHN MALKOVICH, HUMAN NATURE, ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND). C’est donc un film de scénariste, avec les qualités et les défauts que cela implique. Ses arguties sémantiques raviront les amoureux du langage; ses épisodes théâtraux feront sourire les réfractaires aux mises en scène dans le vent, mais sa complexité et son rythme traînant un peu les pieds risquent de dissuader les amateurs de comédies sans façons.
Daniel Grivel