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Le 24 janvier dernier, une équipe genevoise menée par le Pr Ariel Ruiz i Altaba annonçait ses avancées dans le traitement de cancers réputés incurables : chez la souris, il est possible de freiner et de faire régresser des tumeurs cérébrales induites par des cellules souches cancéreuses humaines (Curr Biol 2007:17:165-72). Le traitement n'a apparemment pas d'effets secondaires, ce qui signifie qu'il ne touche pas les cellules souches normales quiescentes, laissant ainsi possible la régénération de tissus normaux.Selon le Pr Ruiz, «les thérapies anticancéreuses n'ont pas évolué depuis longtemps ; c'est la précocité de la détection d'un cancer qui joue. Mais tuer les cellules qui forment la tumeur ne suffit pas. Les cellules souches cancéreuses peuvent, à elles seules, régénérer une tumeur en se différenciant, mais aussi en se multipliant elles-mêmes ; c'est donc la nouvelle cible à éradiquer, une frontière.» Il se base depuis une dizaine d'années sur un parallèle entre le comportement des cellules souches normales et des cellules cancéreuses. Il a notamment mis en évidence une grande activité de la voie Hedgehog (HH)-GLI dans beaucoup de cancers, aussi bien dans les cellules formant la tumeur que dans les cellules souches cancéreuses, une voie qui joue normalement un rôle important dans l'embryogenèse et l'homéostasie des tissus adultes. Ses essais précliniques ont porté sur des souris mutantes développant des médulloblastomes humains après greffe intracrânienne ou subcutanée de cellules souches humaines de glioblastome. En l'absence de traitement, les souris meurent en deux mois. Mais grâce à des injections de cyclopamine, un composé végétal connu pour perturber la voie HH-GLI, les tumeurs régressent, voire disparaissent. Cette substance inhibe la prolifération cellulaire en touchant les cellules souches cancéreuses, mais n'affecte pas les cellules souches normales. Les souris traitées ont une activité physique normale, sans effets secondaires autres que de légères diarrhées. Le Pr Ruiz et son équipe, grâce à des expériences in vitro menées en parallèle, ont mis en évidence un fort effet synergique de la cyclopamine et du témozolomide, un agent chimiothérapeutique qui, seul, n'atteint pas les cellules souches cancéreuses. La cyclopamine pourrait également être utilisée en combinaison thérapeutique avec une chimiothérapie plus faible, afin d'en diminuer les effets secondaires.A priori plus de 50% des cancers humains présentent une voie HH-GLI déréglée : cancers du cerveau et de la prostate, certains carcinomes, et il existe également des évidences concernant les cancers du pancréas, du poumon, du sein, et les leucémies.Pour le Pr Ruiz, en plus d'un approfondissement des mécanismes liés à cette voie métabolique, il est urgent d'effectuer des tests sur des patients souffrant de gliomes, dont l'espérance de vie est très courte. Il est déjà en contact avec un groupe de neurochirurgiens à Genève, mais outre la nécessité de pouvoir produire une molécule très pure, en vue de ces thérapies chez l'homme, se pose, comme bien souvent, le problème du financement.