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Pour la prévention secondaire, il est admis aujourd'hui que le cholestérol total doit être inférieur à 5 mmol/l et le cholestérol LDL inférieur à 2,6. Des études récentes montrent cependant que le pronostic des patients coronariens s'améliore significativement si le cholestérol LDL est inférieur à 2,1, voire à 1,6 mmol/l. Or, il faut relever qu'un pourcentage important de patients coronariens ou diabétiques ont en Suisse des taux de cholestérol LDL supérieurs à 2,6 en raison de traitements insuffisants. Par ailleurs, il est regrettable de constater que certains laboratoires d'analyses continuent à indiquer comme norme des valeurs de cholestérol total de 6,5, voire de 7. Pour favoriser la prévention des maladies cardiovasculaires, des auteurs américains ont proposé récemment la création d'une «polypill» consistant en la combinaison d'une statine, de trois hypotenseurs faiblement dosés (un diurétique thiazidique, un bêta-bloquant et un inhibiteur de l'enzyme de conversion), d'acide folique et d'aspirine. Une telle évolution est préoccupante dans la mesure où elle vise à augmenter de manière incontrôlée la prise de médicaments plutôt qu'à favoriser une meilleure hygiène de vie. A ce propos, on ne peut que s'inquiéter de l'augmentation impressionnante de l'obésité et du diabète. Il faut rappeler l'impact majeur qu'aurait l'abandon de la cigarette sur la santé en général, cardiovasculaire en particulier ; la Suisse est d'ailleurs très en retard dans ce domaine, par rapport à d'autres pays, dans la lutte contre le tabagisme, qu'il soit actif ou passif. D'autre part, une tendance existe maintenant aux Etats-Unis pour que les statines soient mises en vente libre, sans ordonnance, ceci dans le but d'augmenter la diffusion des hypocholestérolémiants dans la population générale. A cela s'ajoute le fait que de nombreux médicaments peuvent être commandés directement par Internet. Le champ est donc libre pour que l'industrie pharmaceutique s'efforce de convaincre le grand public d'augmenter sa consommation de médicaments.
Il est évident que des mesures strictes, y compris médicamenteuses, sont indispensables pour la prévention secondaire des maladies cardiovasculaires. Mais en ce qui concerne la prévention primaire, il serait désolant pour notre société que les choix se portent sur une consommation régulière, non contrôlée et de plus en plus importante de médicaments plutôt que sur l'absence de tabac, une alimentation pauvre en graisses animales et en calories et une activité physique régulière.
Cinq articles du présent numéro, parmi lesquels plusieurs traitent de sujets proposés par les lecteurs, ont été rédigés par des membres du Département cardiovasculaire de l'Hôpital de la Tour. Ils sont consacrés à des problèmes pratiques de diagnostic et surtout de traitement médico-chirurgical : est-il nécessaire de rechercher et de traiter des ischémies myocardiques silencieuses ? Comment traiter les anévrismes de l'aorte ascendante ? Qu'est-ce qu'une hypertension réfractaire ? Quelle est la place actuelle des antiplaquettaires ? Que signifient les hiéroglyphes de la nomenclature des pace-makers ?
Les progrès réalisés dans le traitement de l'infarctus aigu ont permis d'en améliorer considérablement le pronostic intrahospitalier. Par contre, l'arrêt cardiaque extrahospitalier, dû généralement à une fibrillation ventriculaire, reste un problème majeur puisque la réanimation doit débuter dans les minutes qui suivent, seul moyen d'éviter le décès ou des lésions irréversibles. Les cardiologues du CHUV exposent ici les possibilités actuelles de traitement et les difficultés à surmonter. Les choses seront évidemment plus simples le jour où nous serons capables de bien identifier les sujets à risque, qu'ils aient déjà eu ou non un accident coronarien.