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Des chercheurs français viennent d’annoncer avoir localisé la zone cérébrale où sont élaborées les « voix » perçues par les personnes souffrant de schizophrénie. Ces premiers résultats ont été présentés lors du 30e congrès du Collège européen de neuropsychopharmacologie (ECNP) 2017 qui s’est tenu en septembre, à Paris. Ces mêmes chercheurs, dirigés par le Pr Sonia Dollfus (CHU de Caen, France), ont pu montrer qu’une stimulation magnétique transcrânienne permettait d’obtenir la disparition partielle de ce symptôme présent chez environ 70 % des patients souffrant de schizophrénie.
On sait que les méthodes de stimulation cérébrale, comme la stimulation magnétique transcrânienne (SMT) consistent à induire (de manière non invasive et focale) des courants électriques dans des régions corticales afin de moduler leur niveau d’activité en fonction de la fréquence, du nombre d’impulsions, des intervalles et de la durée de stimulation. Outre ses effets locaux, la SMT peut aussi avoir des effets à distance sur les régions cérébrales. Ces méthodes de stimulation cérébrale commencent à avoir des applications cliniques développées pour traiter certaines affections neurologiques ou psychiatriques (dépression, dystonie, acouphènes ou séquelles d’accident vasculaire cérébral).
Dans cette étude, 26 patients ont bénéficié d’un traitement par stimulation transcrânienne à haute fréquence (20 hertz) au cours de deux séances par jour pendant deux jours au niveau d’une zone précise du lobe temporal associée au langage, au niveau de la branche ascendante du sulcus latéral gauche (scissure de Sylvius) et du sulcus temporal supérieur gauche. Les 33 autres participants ont quant à eux reçu un placebo. Les « voix » entendues par les patients traités ont été évaluées au moyen d’une échelle des hallucinations auditives. Une réduction significative a été observée chez plus d’un tiers des patients traités (35 %) contre seulement 9 % dans le groupe contrôle. La baisse était considérée comme « significative » lorsque les patients amélioraient leur score de plus de 30 %.
« Il s’agit du premier essai contrôlé qui montre une amélioration chez ces patients en ciblant une zone spécifique du cerveau et en utilisant une stimulation (SMT/TMS) à haute fréquence », a souligné le Pr Dollfus. Nous pouvons maintenant dire avec certitude que nous avons trouvé une zone anatomique spécifique du cerveau, associée à des hallucinations auditives verbales dans la schizophrénie. » Pour autant, la spécialiste reste prudente et souligne l’importance du travail qui reste à accomplir quant à l’usage thérapeutique qui pourra être fait de ces premiers résultats.
Loin des projecteurs médiatiques de l’affaire de la « vache folle » et de la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, la recherche sur les prions se poursuit. On sait que la physiopathologie associée à ces agents transmissibles non conventionnels est loin d’avoir livré tous ses secrets. Pour autant, des chercheurs de l’Institut national français de la recherche agronomique (Inra) viennent de réaliser une notable avancée dans ce domaine : ils démontrent qu’une unité élémentaire, formée d’un trimère de protéines, est à la fois nécessaire et suffisante à la réplication de ces agents pathogènes ; des résultats originaux qui viennent d’être publiés dans la revue Plos Pathogens.1
« Responsables de maladies qui touchent notamment l’homme et les animaux d’élevage, les prions sont des particules protéiques infectieuses, dépourvues de matériel génétique, rappelle l’Inra. La protéine du prion existe sous deux formes, une forme normale, associée à des fonctions biologiques, et une forme mal repliée, infectieuse, capable de recruter d’autres protéines en leur transmettant cette conformation aberrante. La protéine du prion, sous sa forme infectieuse, forme des assemblages de tailles diverses. »
Dirigés par Vincent Béringue et Human Rezaei (Inra, Université Paris-Saclay, UR892, Virologie Immunologie Moléculaire), les auteurs de ce travail s’emploient à décrypter les modalités de la réplication et de la propagation des prions. Ils viennent ici de franchir une étape décisive en révélant l’existence, au sein des assemblages de prions, d’un déterminant structural élémentaire qui renferme les informations nécessaires et suffisantes à leur réplication. Ils ont mis en évidence le fait que ceux-ci sont composés d’unités élémentaires, suPrP, constituées d’un trimère de protéines.
« Communes à plusieurs souches, ces unités élémentaires constituent une caractéristique générique des prions et contiennent l’information nécessaire et suffisante à leur réplication, expliquent-ils. Ces briques élémentaires sont extrêmement résistantes aux agents biochimiques habituellement capables de détruire les composés cellulaires protéiques. Plus encore, lorsque deux unités élémentaires sont liées, elles deviennent alors pathogènes. Les liaisons qui unissent ces deux unités élémentaires, de type hydrophobes, sont cependant très fragiles. »
Au vu de ces données, et à la lumière de leurs expériences, les chercheurs de l’Inra estiment que cette « brique »pourrait se révéler être une cible d’intérêt – une clef ouvrant la porte à de possibles perspectives thérapeutiques contre les maladies à prions qui restent à ce jour fatales pour l’homme comme pour les animaux. A court terme, la caractérisation de sa taille et de ses propriétés d’adsorption devrait permettre aux industriels de santé de développer des techniques de rétention et de décontamination à la fois mieux adaptées et plus performantes.
Un groupe de chercheurs allemands travaillant en collaboration avec des collègues de l’université de Maastricht, viennent de décrire dans Science2 la structure d’une fibrille amyloïde à une résolution jamais atteinte : 4,0 angströms (0,4 nanomètre), soit l’échelle de l’atome. Il s’agit ici d’une représentation en 3D obtenue par « cryo-microscopie électronique ». Elle révèle des détails de structure jusqu’alors inconnus dont on peut espérer qu’ils permettront de mieux comprendre à la fois le développement des dépôts pathologiques et l’influence que peuvent avoir les facteurs de risque génétiques.
« C’est une étape importante pour la compréhension fondamentale des structures amyloïdes et des maladies associées, explique le Pr Dieter Willbold (Institute of Complex Systems, Structural Biochemistry, For-schungszentrum Jülich), l’un des responsables de ce travail. La structure de la fibrille permet de répondre à plusieurs questions sur le mécanisme de croissance fibrillaire et d’identifier le rôle joué par toute une série de mutations familiales à l’origine d’un développement précoce de la maladie d’Alzheimer. »
Cette vision inédite de l’intimité de cette structure permet d’établir, pour la première fois, la position exacte des protéines et leurs interactions. Cette nouvelle structure détaillée pourrait également permettre de mieux comprendre certaines variations génétiques associées à un risque augmenté de la maladie neurodégénérative.