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Jamais le jour ne se lève. Jamais la nuit tombe.
Ne te fie ni à ce qu’on dit ni à ce que la langue prétend.
Regarde: à l’abri d’un mur d’abord, d’un talus ou sous un arbre, la nuit émerge à ras le sol, appose quelques tâches sombres. Elles s’allient en flaques puis s’étalent en mares. Subrepticement, elle grimpe. En contrebas d’une façade, au pied d’un creux ou d’un arbre, la nuit remonte doucement. De l’interstice entre les dalles du parking et le châssis de la voiture, elle s’échappe, emplit tout le parking jusqu’à la haie, saute jusqu’à l’avant-toit puis s’écoule jusque au faîte: la nuit se lève! Désormais, le jour flotte au-dessus des toitures, des forêts et des champs. Aux réverbères qui, comme incertains de leur luminosité, s’allument, la nuit monte à la tête. Elle inonde jusqu’au sommets des pylônes. Elle grimpe aux collines, touche les sommets des montagnes. Acculé, le jour monte de plus en plus haut, se lève jusqu’au ciel lointain. Il se décline en un dégradé de couleurs fluorescentes, se contracte en silence. Ses petits restes, la nuit les inonde sous la brillance des premières étoiles.
Le jour ne se lève que le soir. Lorsqu’il s’enfuit. Devant la nuit qui se lève.