Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07085.jsonl.gz/124

Description
Werner Meyer: Splüia, cioss et lüèra – archéologie d’habitat rural dans la vallée de la Maggia et le Val Bavona
Andrea Mariani: L’approche interdisciplinaire, un choix judicieux dans le cadre de l’étude des châteaux: l’exemple de la Brianza entre le 10e et le 13e siècle
Splüia, cioss et lüèra – archéologie d’habitat rural dans la vallée de la Maggia et le Val Bavona
En 1999, un stage pratique archéologique et linguistique-toponymique a été organisé dans le Val Bavona et la partie supérieure de la vallée de la Maggia – sous la conduite de l’auteur et d’Ottavio Lurati ainsi que de M.-Letizia Boscardin, avec le soutien de Jakob Obrecht, Flavio Zappa et Bruno Donati.
À la suite de ce stage, des petites fouilles ont été entreprises en 2000 et 2001 dans une splüia près de Fontana, lesquelles ont mis à jour des résultats surprenants. Dans une cavité, formée par deux blocs de roche, des traces d’habitat humain sont apparues, lesquelles correspondent à trois périodes sur le plan stratigraphique:
La période I, datée entre 1000 et 1400, durant laquelle la cavité servait de logement. On y trouva des vestiges de murs, un foyer et un inventaire datable.
La période II, datée au radiocarbone et attribuée au 15e/16e s., au cours de laquelle la splüia a été utilisée par des fabricants de verre, qui ont réalisé des essais avec du quartz, matière première présente dans la région.
La période III, qui va du 17e au début du 19e s., lorsque la splüia servait d’abri temporaire aux bergers et chasseurs. Au nord du site s’étendaient les vestiges d’un cioss, un enclos emmuré présentant des traces d’exploitation agricole. Une analyse laisse supposer que cette dernière a commencé au cours de la période I.
Par ailleurs, on a documenté au sud-ouest de Bignasco, au lieu-dit Lüèra près de Sott Piodau, une zone emmurée qui, comme son nom l’indique, servait de piège à loups. Le dispositif devrait dater de la fin du Moyen-âge. Flavio Zappa (Moghegno) s’est voué à son étude et sa conservation.
L’approche interdisciplinaire, un choix judicieux dans le cadre de l’étude des châteaux: l’exemple de la Brianza entre le 10e et le 13e siècle
Selon Aldo A. Settia (1984), qui souligne l’importance de l’approche interdisciplinaire dans la recherche, non seulement les sources écrites (littéraires et archivistes) ont servi de base à cette étude, mais également les éléments faisant partie de l’histoire de la construction et, dans la mesure du possible, les résultats des recherches archéologiques.
Par ailleurs, cette recherche se basait sur les conclusions techniques d’architectes, archéologues, historiens et historiens de l’art eu égard à l’étude de données particulières ou simplement fondées sur des comparaisons et des échanges de théories et d’idées.
Des amateurs ont également été impliqués. Ces derniers, qui possédaient notamment de très bonnes connaissances régionales et locales, ont soutenu par ailleurs le projet de recherche par la transmission de récits oraux, leurs connaissances toponymiques et des conditions topographiques de la région.
Le projet de recherche se portait sur les châteaux de la région de Brianza (au nord de Milan), laquelle fait partie de la Lombardie (Italie du Nord) et se situe entre Monza, Côme et Lecco (ces villes sont toutefois exclues de l’étude).
Les châteaux de la région de Brianza ont été étudiés en particulier entre les années 60 et 90 du 20e siècle. Ces recherches se concentraient toutefois sur un secteur restreint. Par conséquent, les présents développements doivent permettre d’analyser pour la première fois plus en détail la région de Brianza dans son ensemble.
La région médiévale de Brianza, dont le paysage vallonné représentait incontestablement une condition essentielle à la construction de places fortifiées, compte plus d’une centaine de châteaux (castra), dotés de structures architecturales simples ou complexes, en fonction de la période d’édification. Seuls quelques-uns sont encore complétement intacts aujourd’hui. La plupart ont en effet été fortement modifiés sur le plan architectural, au fil du temps ou intégrés dans des constructions modernes.
Pratiquement tous les châteaux de cette région ont été construits entre le 10e et le 13e siècle, non pas selon un concept global de protection de la population, mais sur l’initiative de domini loci, des seigneurs ou du clergé régionaux ou locaux, soucieux de renforcer leur assise dans la région.
Trad. Sandrine Wasem (Thoun)