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Le réalisateur, scénariste et producteur américain Michael Cimino participera au 68e Festival del film Locarno, pendant lequel il sera récompensé par un Pardo d’onore.
Locarno 2015: Portrait de Walter Murch, lauréat du Vision Award
Une des grandes innovations de Carlo Chatrian, directeur artistique du Festival de Locarno depuis septembre 2012, a été l'introduction du Vision Award, un prix conçu pour rendre hommage à des maîtres du cinéma dont les contributions ne sont pas forcément connues par le grand public. En 2013, cette récompense fut attribuée à Douglas Trumbull, le génie des effets spéciaux qui a travaillé notamment sur 2001: Odyssée dans l'espace de Stanley Kubrick et, plus récemment, The Tree of Life de Terrence Malick. L'année dernière, le lauréat était Garret Brown, l'inventeur de la Steadicam. En 2015, c'est un autre géant du cinéma anglo-saxon qui rendra visite au festival pour retirer ce prix: Walter Murch.
Murch, né en 1943, a fait ses études dans l'école de cinéma de la University of Southern California, où il fait la connaissance de George Lucas et Francis Ford Coppola. Il rejoint ce dernier en 1969 au sein de American Zoetrope, et fait ses premières expériences avec Les Gens de la pluie, dont il signe le montage et le son. Il collaborera encore avec Coppola tout au long des années 1970, en obtenant sa première nomination aux Oscars en 1975 grâce à La Conversation. Sa première victoire arrivera en 1980, pour Apocalypse Now, un film monumental sur lequel il reviendra par la suite, en s'occupant du montage de la version longue dite "Redux" sortie en 2001.
C'est en fait à Murch que l'on doit le terme anglais sound designer, ainsi que l'invention, faite avec plusieurs collègues, du système sonore 5.1 que l'on connaît si bien si on fréquente régulièrement les salles obscures. Murch, qui dit préférer être debout lorsqu'il monte un film, est aussi la première personne à avoir obtenu un Oscar pour un film monté avec le système Avid: Le Patient anglais d'Anthony Minghella. En 2004, une autre innovation lui vaut une nomination pour Cold Mountain. En l'occurrence, c'est l'utilisation du logiciel Final Cut Pro.
Pour rendre hommage à cet homme qui a profondément transformé la manière dont on voit et entend les films, le festival propose une séléction de films très différents, tous fascinants d'une manière ou l'autre: Apocalypse Now, bien sûr, mais aussi La Soif du mal, qui fut remonté par Murch en suivant les indications laissées par le réalisateur Orson Welles, et le documentaire Particle Fever de Mark Levinson, tourné au CERN à Genève. Sans oublier Return to Oz, suite du classique de 1939, qui marque le début de Murch en tant que metteur en scène. Du film noir, de la guerre, de la magie, de la science: les ingrédients d'une bonne petite rétrospective, à ne pas rater.
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