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Y a-t-il des serpents dans le Léman ?
Plusieurs espèces de serpents vivent sur les rives du lac : la Couleuvre à collier (Natrix helvetica), la Couleuvre vipérine (Natrix maura) et la Couleuvre tessellée (Natrix tessellata) sont les espèces les plus régulièrement observées. La Vipère aspic (Vipera aspis) et la Coronelle lisse (Coronella austriaca) sont aussi localement présentes, surtout en Lavaux. Finalement deux espèces peuvent être très rarement et très localement observées : La Couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus) et la Couleuvre d’Esculape (Zamenis longissimus). Ces deux dernières espèces sont surtout observées vers Villeneuve, dans la zone des Grangettes.
Les trois Couleuvres du genre Natrix (Couleuvre à collier, Couleuvre vipérine et Couleuvre tessellée) sont des espèces considérées comme semi-aquatiques et nagent volontiers ; les autres espèces ne nagent pas et restent sur les rives du lac, en profitant des conditions favorables pour elles.
La Couleuvre vipérine, mais surtout la Couleuvre tessellée, sont assez fréquemment observées entre Lausanne et Villeneuve. Ces deux espèces nagent et plongent très volontiers, elles sont parfois vues par les nageurs dans le lac ou par les plongeurs. Leur principale nourriture est constituée de diverses espèces de poissons, tels que les chabots, les perches et autres poissons jusqu’à une vingtaine de centimètres. Leur présence entre Lausanne et Genève est plus rare.
La Couleuvre vipérine est considérée comme en danger d’extinction en Suisse, car elle n’est présente plus que dans quelques sites en Suisse, le long du Rhône, dans les cantons de Genève, Vaud et Valais. Au contraire, la Couleuvre tessellée est une espèce naturellement présente qu’au sud des Alpes. Elle a été introduite sur les rives du Léman il y a plusieurs décennies et s’y est largement développée. Malheureusement, il semble qu’elle soit en compétition avec la Couleuvre vipérine, espèce indigène.
Différencier la Couleuvre vipérine de la Couleuvre tessellée n’est pas facile. Les dessins dorsaux diffèrent légèrement (plutôt formant un zigzag pour la première, plutôt formant des carrés alternés pour la seconde). La Couleuvre à collier a une coloration plus grise, avec un dessin typique formant une sortie de « collier » noir au niveau de la nuque, permettant de la différencier facilement.
Enfin, notons qu’aucune de ces espèces n’est réellement dangereuse pour l’humain puisque les serpents fuient en nous voyant. Pouvoir les observer est donc une chance. Mais n’essayez jamais de les toucher ou de les attraper. Petit bémol ceci dit concernant la Vipère aspic, seul serpent potentiellement dangereux autour du Léman, même si les cas de morsures sont exceptionnels et pas véritablement mortels (plus d’info ici:https://www.unine.ch/files/live/sites/karch/files/Doc_a_telecharger/Reptiles%20div./karch_serpents_venimeux.pdf). Pour éviter tout accident, portez de bonnes chaussures fermées lors de vos balades, évitez de mettre vos mains dans des endroits sans visibilité, et soyez vigilants quant aux endroits les plus séchards, endroits appréciés par les vipères.
Par Sylvain Ursenbacher
Dr. sc. nat., Biologiste
Le 1er mars 2023
L'expert
Par Sylvain Ursenbacher
Dr. en sciences naturelles, Biologiste et collaborateur du secteur reptiles Suisse romande d’info fauna – karch
C’est parce que le Léman est vaste, son fonctionnement complexe, sa faune et sa flore riche et dynamique, et surtout, parce qu’il n’y a pas de questions bêtes, que le musée du Léman propose cette tribune dédiée aux questions du grand public. Des experts issus de disciplines variées feront de leur mieux pour vous répondre. Vous avez une question sur le Léman ? Posez-la-nous ici, nous la transmettrons à notre meilleur(e) expert(e) !