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Durant le premier trimestre 2018, la hausse des bourses s’est interrompue et la volatilité est devenue très élevée pour la première fois depuis le début 2016.
Les marchés ont réagi dans un premier temps à la crainte d’un retour de l’inflation et à la hausse des taux par la Fed. Ces derniers ont ensuite anticipé un risque de guerre commerciale initiée par Trump puis ils ont pris en compte les tensions en Syrie. Pour Sumus Capital, il est plus probable que le vrai motif de hausse boursière réside dans l’arrivée de la phase de fin de cycle qui, historiquement, a été caractérisée par une ultime hausse du marché boursier avec une volatilité élevée et un marché du crédit qui commençait à se péjorer.
La correction sur les marchés commencée le 2 février et la hausse de la volatilité observée sont des symptômes qui annoncent que probablement une phase de fin de cycle a débutée. L’expansion actuelle initiée en 2009 est la deuxième plus longue de l’histoire. La réforme de la fiscalité représente un stimulus pour une accélération cette année mais la crainte de l’arrivée de la fin de cycle est augmentée.
Il est intéressant de faire le parallèle avec ce qui s’est passé durant les deux dernières phases de fin de cycle en 1999 et en 2007.
En 1999, la dernière année du marché haussier, les actions ont continué à la hausse (poussées par le secteur technologique) mais avec une performance négative pour le marché du Treasury et avec les spreads sur les High Yield qui ont commencé à s’élargir durant le deuxième semestre. Pendant la première partie de l’année 2000, les spreads sur les High Yield ont augmenté de manière significative et en même temps le marché des actions est resté stable (mais avec beaucoup de volatilité). Au deuxième semestre 2000, tout le marché des actifs risqués a baissé (seules les obligations BB ont eu une performance positive).
Pendant la première moitié de 2007, le marché des actions a continué de progresser, mais en même temps les spreads sur les High Yield se sont mis à augmenter avec une faible performance pour ce marché. Au deuxième semestre, les spreads sur les High Yield ont commencé à s’élargir de manière plus importante et le marché des actions a terminé inchangé avec une forte volatilité. L’année 2008 a été une année pendant laquelle toutes les classes d’actifs risqués ont diminué.
La conclusion que nous pouvons en tirer est que pendant une phase de fin de cycle, les marché actions peuvent avoir encore un mouvement à la hausse mais avec beaucoup de volatilité, alors que les High Yield commencent à souffrir avec une faible performance.
Alors même que nous allons entrer dans une phase de fin de cycle, il n’y a pas pour nous de signal de fin imminente de cycle étant donné qu’il n’y a pas de déséquilibre au sein de l’économie américaine, et nous remarquons même que l’économie européenne est en retard dans le cycle. En 1999, une instabilité dans le secteur Corporate, provoquée par des investissements dans les nouvelles technologies et dans les Fusions et Acquisitions (M&A), a été mis en évidence. En 2007, l’endettement des ménages dans l’immobilier était trop important selon nous.
Pour le moment, l’unique déséquilibre de l’économie américaine se trouve dans le secteur public : avec la réforme de la taxation décidée en décembre de l’année dernière, le déficit public et la dette publique vont augmenter significativement dans les prochaines années. Pour le moment nous ne sommes pas inquiets pour le déséquilibre public mais il peut devenir un problème si les prévisions faites par le CBO (Congressional Budget Office) s’avèrent pires qu’attendues (déficit 2019 à 4.7% et déficit 2020 à 4.9% du PIB).
Pour cette raison, même si nous sommes proches d’entrer dans la phase de fin de cycle comme en 1999 et 2007, nous sommes d’avis que le risque d’une crise est faible. Nous pensons que le marché des actions va avoir une performance positive avec beaucoup de volatilité et que le marché des High Yield performera moins bien.
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