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Gmund est une fabrique de papier indépendante, située dans la vallée de la rivière Mangfall, en Haute Bavière, un peu en amont de Gmund, la ville qui se situe à l'embouchure du Mangfall dans le lac de Tegern (Tegernsee). Elle emploie environ 130 personnes et produit 6000 tonnes de papier sans acide par an.
Gmund est la propriété d'une famille, qui n'a donc pas à satisfaire des actionnaires et qui peut privilégier d'autres valeurs que la profitabilité pure. L'entreprise est certifiée FSC (Forest Stewardship Council) (certificat n° GFA - COC - 001370). En 2000, avec l'aide de la Fondation fédérale allemande pour l'environnement, elle installe sa propre station d'épuration et un système de recyclage de l'eau, ce qui réduit sa consommation d'eau de plus de 50%. Elle génère 75% de son électricité grâce à des turbines actionnées par la rivière et des panneaux photovoltaïques. Ces efforts lui ont valu plusieurs prix: en 2005, la Médaille de l'État bavarois pour les services rendus à l'environnement et à la santé; en 2007, le Prix de l'environnement de la Bavière; et en 2015, le prix de la durabilité décerné par la chambre de commerce du district de Miesbach et le Forum économique de l'Oberland de Bavière.
Ce qui nous plaît chez l'entreprise Gmund: ses valeurs et.... la qualité de ses produits!
Voir aussi "Gmund fête les 100 ans du Bauhaus"
Une courte histoire de l'entreprise Gmund
En 1829, un papetier du nom de Johann Nepomuk Haas rachète un moulin de laminage du cuivre, partiellement incendié, et le transforme en fabrique à papier. A sa mort, l'usine est reprise par Gregor Fichtner, un ami de la famille. L'entreprise est florissante et fournit du papier de haute qualité à la cour du roi de Bavière, à Munich. En 1886, Fichtner mécanise le processus de production en installant une machine à papier, fabriquée par Siegel à Berlin. Cette énorme machine fonctionne encore à plein temps aujourd'hui, ce qui en fait la plus ancienne machine à papier utilisée commercialement en Europe!
En 1895, Fichtner prend sa retraite et vend l'usine à Romuald Brunner, un citoyen de Gmund. Après la mort de Romuald Brunner, en 1903, on découvre que l'entreprise est lourdement endettée. Elle est alors rachetée par Georg Stahl, beau-frère de Romuald Brunner. Georg Stahl n'est cependant pas du métier; il s'associe donc avec deux personnes qui ont de l'expérience dans la papeterie: Ludwig Alois Kohler et Carl Pfannenberg, qui ont les deux travaillé auparavant dans des fabriques de papier. Ensemble ils fondent la "Maschinen- und Büttenpapierfabrik Gmund", ce qui en français donne "fabrique Gmund de papier fait machine et fait main", avec Kohler et Pfannenberg à la tête de la fabrique. A la mort de Stahl, Kohler et Pfannenberg rachètent sa part à ses héritiers.
Kohler meurt en 1921 dans un horrible accident de travail, lorsque le bas de son manteau se prend dans la machine à papier et qu'il est entraîné dans les tambours rotatifs. Il est remplacé d'abord par sa mère puis dès 1924 par son neveu Ludwig Wilhelm Kohler. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Ludwig Wilhelm Kohler et son fils sont au front, mais des travailleurs forcés, qui pendant la domination nazie de la seconde guerre mondiale ont constitué jusqu'à 20% de la force de travail en Allemagne, font tourner l'usine, qui fabrique des produits tels que des filtres pour les masques à gaz ou du papier noir pour les black-outs. (Il faut noter que Gmund est une des rares entreprises qui, sur son site web, d'où l'information de ce texte est tiré, ne passe pas la période de la seconde guerre mondiale sous silence. )
Après la guerre, le fils cadet de Ludwig Wilhem Kohler, Ludwig Maximilan Kohler, lui succède puis, en 1963, Carl Pfannenberg Junior succède à son père Carl Pfannenberg. En 1979, ils installent une deuxième machine à papier pour élargir la gamme de produits et de formats. Ludwig Wilhelm Kohler meurt en 1984 et est succédé par son petit-fils, Florian Kohler. Depuis le départ à la retraite de Carl Pfannenberg Jr. en 1995 et la mort de Ludwig Maximilian Kohler en 2004, Florian Kohler est propriétaire et seul directeur général de l'entreprise.
Paul C. Fisher (1913-2006) est né dans l'état du Kansas, aux Etats Unis. Après ses études, il travaille comme gérant d'une boulangerie, chauffeur de camions, et encore gérant et comptable pour une fabrique de roulements à billes. En 1945, il a l'occasion de se joindre à une fabrique de stylo-billes à Chicago mais y renonce, estimant qu'elle produit des stylo-billes de mauvaise qualité, des stylo-billes qui coulent, ce dont il a horreur. Et pourtant, à son grand étonnement, l'entreprise est un succès! C'est cette expérience qui le pousse à fonder, en 1948, la "Fisher Pen Company", mais avec l'ambition de fabriquer des stylo-billes qui, eux, ne couleront pas, ne se casseront pas, bref, des stylo-billes fiables, de haute qualité.
Sa première innovation, en 1953, est la "universal refill cartridge", la cartouche de recharge universelle car elle peut être utilisée dans (presque) tous les stylo-billes de marque Fisher. Il travaille ensuite inlassablement au développement d'une encre qui soit plus visqueuse que les encres de l'époque, une encre qui ne coule pas, et a l'idée d'y incorporer de la résine. Ces expérimentations le mènent à l'invention, en 1966, d'une cartouche pressurisée à l'azote, et à la fabrication du premier stylo-bille qui ne dépend pas de la gravité pour son fonctionnement, le "AG7 anti-gravity pen".
La NASA est alors en pleine préparation de sa mission Apollo 11, celle qui déposera Neil Amstrong et Buzz Aldrin en 1969 sur la lune, là où jamais la main de l'homme n'a mis le pied, pour citer un auteur (Hergé) célèbre. Paul Fisher se dit que les astronautes auront besoin de quoi écrire dans l'espace, et envoie son stylo-bille à la NASA. Celle-ci le soumet à une batterie de tests et décide de l'utilisr pour la mission Apollo 11, et c'est ainsi que le AG7 anti-gravity pen devient le AG7 Fisher Space Pen! Depuis, le Fisher Space Pen est utilisé pour les missions dans l'espace, qu'elles soient américaines ou russes.
L'entreprise est maintenant dirigée par le fils de Paul C. Fisher, Cary Fisher, et par son directeur d'usine Donald (surnommé "Dock") Wong. Elle emploie environ 70 personnes, dont plus du quart travaille pour la Fisher Space Pen Company depuis plus de 25 ans. Les stylo-billes Fisher sont distribués dans plus de 53 pays, et depuis 1948, 50 millions de Fisher Space Pens ont été vendus. Une belle histoire d'invention et d'entreprise familiale!
Le Fisher Space Pen peut écrire à l'endroit, à l'envers, sous l'eau, sur toutes sortes de surfaces, à des températures extrêmes (entre -45 et 70 degrés), et en gravité zéro!
Service exceptionnel, sur terre et dans l'espace! Outstanding service, on earth and in outer space!
Ou "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le format A4 (ou pas)"
Le système de formats A
Le format A4 fait partie d'un système qui comprend le format de départ A0, puis les formats A1, A2, A3, A4, A5, A6, A7, et A8. Souvenons-nous que pour passer d'un format n au format n+1, par exemple A4 à A5, il suffit de couper la feuille A4 en deux perpendiculairement à son côté long. La surface de chaque format An est donc exactement le double de celle du format A(n+1). Le chiffre n qui suit la lettre A indique le nombre de fois que la feuille A0 doit être coupée en deux (coupure chaque fois perpendiculaire au long côté) pour arriver au format An. Ainsi, une feuille de format A4 correspond à une feuille de format A0 coupée 4 fois en deux, chaque fois perpendiculairement au long côté.
La surface d'une feuille A0 est de un mètre carré
So far, so good. Quoi d'autre sur le système de format A? Il faut savoir qu'une feuille A0 mesure 1189 mm sur 841 mm. Pourquoi??? La première raison (et la plus simple) est que du coup, sa surface est (presque) égale à 1 mètre carré: 0,999949 mètre carré, pour être plus exact. Et donc, le grammage d'un papier, c'est-à-dire son poids par mètre carré, correspond au poids d'une feuille A0. C'est pratique.
La proportion côté long sur côté court de n'importe quel format A est toujours la même
La deuxième raison, et la plus importante, est un peu plus compliquée. La beauté du système de format A, c'est que quel que soit le format, A0, A6, A4, A5 etc., le rapport entre les côtés long et court de la feuille est le même, avec la conséquence qu'on peut agrandir ou au contraire réduire une image (ou un texte imprimé) d'un format An à un autre format A(n-x) ou A(n+x) sans jamais avoir de problèmes de marges. L'image rentrera toujours dans un format supérieur ou inférieur sans distorsion. C'est pratique!
Alors, quelle est cette proportion qui ne change jamais, qu'on soit en format A0, A1, A2 etc ?
Pour le format A0, 1189 mm divisé par 841 mm nous donne 1, 4143.
Pour le format A4, 297 mm divisé par 210 mm nous donne 1,4143.
Pour n'importe quel format A, on obtiendra ce nombre: 1,4143.
Et ce nombre, 1,4143, correspond à la racine carrée de 2.
Pourquoi la racine carrée de 2?
Lorsque le format A a été développé, la condition posée a donc été que le rapport entre le côté long et le côté court de la feuille soit le même quelle que soit la grandeur de la feuille, pour éviter les problèmes de marge lors d'un passage d'un format à un autre.
On peut représenter cette condition ainsi: si a est le côté long de la feuille et b son côté court, et a/b est le rapport entre les deux côtés, nous voulons qu'après le passage d'un format A à un autre, par exemple sur l'illustration ci-dessus d'un format A4 à un format A5, le rapport entre le côté long (qui dans le format A5 correspond au côté court du format A4, c'est-à-dire à b) et le côté court, (qui dans le format A5 correspond au côté long du format A4 divisé par deux, c'est-à-dire à a/2 ), soit le même.
Donc, nous voulons que:
Et voilà d'où vient la proportion magique de 1,4143....
Cool, non?
En 1992, un certain Nick Wells, employé de HarperCollins Publishers à Londres, lance à temps partiel une affaire de couvertures illustrées de livres d'art qu'il appelle Flame Tree Publishing. En 1995, il quitte Harper Collins pour développer Flame Tree à plein temps. Flame Tree publie des livres, des calendriers, et, des articles de papeterie. Récemment, en 2018, ils ont lancé Flame Tree Press, qui se spécialise dans les genres science fiction, espionnage, roman policier, et fantastique.
Ce qui nous intéresse ici, ce sont les carnets. Ils ont des couvertures richement illustrées en relief avec des effets miroitants qui changent selon la lumière. Les illustrations sont basées sur des estampes japonaises célèbres, sur des illustrations d'Alfons Maria Mucha, dit Alphonse Mucha, le peintre et graphiste champion du style Art nouveau, ou encore de Romain de Tirtoff , dit Erté, le dessinateur de mode, père des Arts déco. Il y a aussi un dragon par Kerem Beyit, l'illustrateur freelance turc basé à Ankara qui a notamment créé quelques unes des cartes Hearthstone. Et pour les fans des guitares électriques, des images de guitares légendaires, telles la Gibson Les Paul, dont le premier modèle est sorti en 1952, ou la Gretsch White Falcon, sortie en 1955. Et encore Vincent van Gogh, et quelques thèmes fantaisie.
Nous avons trois formats de carnets. Les carnets petit format (14,4 x 10,3 cm) et format moyen (21 x 14,7 cm) ont des feuillets couleur crème et sont lignés, et la majorité d'entre eux ont un système de fermeture magnétique. Les carnets grand format (28 x 21.5 cm) sont des carnets d'esquisses à feuilles très blanches sans fermeture magnétique. Pour ceux d'entre nous qui aiment le ...flamboyant!
La marque Canson est internationalement connue pour plusieurs raisons. Parce que de nombreux artistes, et parmi les plus célèbres (Canson cite Degas, Ingres, Picasso, Matisse, Warhol...), ont utilisé du papier Canson comme support pour certaines de leurs oeuvres. Parce que la papeterie a une histoire de plus de 450 ans, étant issue de la papeterie Montgolfier, qui trace ses origines dans la deuxième moitié du 16ème siècle. Et finalement, parce que deux des membres de la famille Montgolfier, les frères Joseph-Michel (1740-1810), dit Joseph, et Jacques Etienne (1745-1799), dit Etienne, ont inventé la montgolfière, ballon à air chaud dont ils font une démonstration à sa Majesté Louis XVI en 1783, à Versailles, quelques années avant la révolution française.
Les deux frères sont des inventeurs de génie puisqu'à part la montgolfière, on leur doit aussi de nombreuses innovations dans la fabrication du papier: le premier papier Vélin français, mis au point par les deux frères en 1777; l'invention par Joseph du "papier Joseph", papier filtre utilisé dans les laboratoires; l'introduction en France de la "pile hollandaise" en 1780, qui déchiquette efficacement les chiffons et permet ainsi la fabrication de papier très blanc; et en 1792, l'invention par Joseph du bélier hydraulique, une pompe ingénieuse et qui revient à la mode puisqu'elle permet d'élever de l'eau avec la seule force du courant, sans aucune émission de CO2.
Ces progrès, qui font de la papeterie Montgolfier un des fleurons de la manufacture française (elle emploie à l'époque quelques 300 personnes), lui valent d'être déclarée manufacture royale le 19 mars 1784. Et le père de Joseph et Etienne, Pierre Montgolfier, est anobli en reconnaissance des innovations de la papeterie Montgolfier ainsi que de "la belle découverte des machines aérostatiques, entièrement due aux connaissances et aux recherches de ses deux fils", selon les lettres-patentes données par le roi Louis XVIe du nom, au sieur Pierre Montgolfier, en décembre 1783 (cité dans le manuel complet d'aérostation, par Dupuis-Delcourt, p 190-191).
Etienne de Montgolfier, qui devient propriétaire de la papeterie familiale en 1787, a six filles. Il marie l'une d'elles, Alexandrine de Montgolfier, à Barthélémy Barou de La Lombardière de Canson (1774-1859). Deux ans après le décès d'Etienne, en 1799, son gendre, qui continuera brillamment la tradition d'innovation des Montgolfier, lui succède à la tête de l'entreprise. Et c'est ainsi que la manufacture royale Montgolfier devient « Montgolfier et Canson » (1801) puis « Canson-Montgolfier » (1807) et enfin « Canson », la marque au logo qui symbolise une montgolfière.
Voir aussi:
"Le papier à dessin vu par un peintre"
"De l'Abbaye de Fontenay aux Montgolfier au papier aquarelle Fontenay"
Le papier, qu'est-ce que ça représente pour un peintre? Nous avons demandé à Vladimir Carvajal, connu de nos clients parce qu'il crée certaines de nos vitrines de fêtes, ce qu'il en pense. .
Le papier, pour toi, c'est important?
Lorsque je dessine, le papier représente pour moi la terre nourricière sur laquelle je plante des semences, qui vont ensuite prendre vie, grandir, couvrir la surface de façon presque organique!
Tu as souvent utilisé du papier calque: pourquoi?
Là il s'agit de technique. J'aime expérimenter avec des matières différentes. Le papier calque offre beaucoup de possibilités intéressantes. Parfois, je l'utilise tel quel. Son grain est très fin, le trait reste donc très net, avec très peu de diffusion latérale. D'autres fois, je le mouille, puis je le froisse et le laisse sécher. Il acquiert alors une structure en trois dimensions, et la lumière entre dans le papier de façon différente, un peu comme dans un bloc de glace. Le papier calque offre aussi la possibilité de dessiner des deux côtés; le dessin sur l'envers prend une apparence un peu trouble, légèrement opaque, qui contraste avec le trait net sur l'endroit.
Et ce qu'on appelle "papier à dessin"?
C'est souvent du papier qui a un certain grain, ce qui fait que le trait est légèrement diffus. Ce grain permet aussi d'entremêler les couleurs différemment que sur du papier très lisse.
La marquer Canson, ça te dit quelque chose?
Quand je vivais à La Havanne, à Cuba, le papier Canson c'était presque sacré! On ne pouvait pas se l'offrir, mais nous savions que c'était LE papier des peintres, un papier de très haute qualité qui nous faisait rêver.
Voir aussi:
"De Montgolfier aux montgolfières à Canson"
"De l'Abbaye de Fontenay aux Montgolfier au papier aquarelle Fontenay"

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Juillet 2020
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