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SNAUT n’est pas un acronyme.
La compagnie, créée en 2010 et active dès 2012, s’appelle SNAUT en souvenir d’un personnage de roman, Solaris, de Stanislas Lem. Le Docteur Snaut fait face, comme il peut, à l’inconcevable.
Les 3 premières pièces de SNAUT composent le début du Cycle de Rien. Le principe fondamental du cycle, c’est qu’il y a à chaque fois une absence, un élément manquant. Absence d’images dans Rien voir, absence de parole chez le personnage de Ne plus rien dire, absence de grandes conséquences de la pièce elle-même dans Pas grand-chose plutôt que rien.
L’absence est de différente nature suivant les pièces. Formelle, thématique, elle pourrait aussi être artisanale ou conceptuelle. Par exemple, Rien relire serait une pièce pour l’écriture de laquelle l’auteur aurait l’interdiction de se relire (et par conséquent de se corriger), Rien prévoir une pièce où les acteurs ne pourraient pas prévoir à l’avance ce qu’ils joueraient.
Rien est donc une contrainte qui ne s’applique pas toujours aux mêmes protagonistes.
Dans une société de profusion, le caractère limité et limitant de ces rien est un refuge. C’est l’idée.
La disparition (de l’individu, de l’humanité, de l’envie d’appartenir à l’humanité) est très présente dans les travaux de SNAUT, mais peut-être que ça passera.