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L'enseignement musical sera davantage valorisé durant la scolarité et les loisirs. Par 72,7% voix (1,55 million pour, 583'000 contre), les Suisses ont approuvé l'arrêté fédéral sur la promotion de la formation musicale des jeunes. Les cantons se sont montrés unanimes sur la question.
Les Genevois ont été plus mélomanes, avec 82,5% de "oui". Ils sont suivis des Bâlois (81,6%) et des Neuchâtelois (75,9%). Dans le reste de la Suisse romande, le Jura et Vaud ont tous les deux accepté l'article par 75,4% des voix. Quant aux cantons bilingues, Fribourg a dit "oui" à 72,6%, Berne à 71,5% et le Valais à 69,7%.
Les plus réticents ont été les Schwyzois, avec tout de même un taux d'acceptation atteignant tout de même 55,9%. Les Nidwaldiens les talonnent avec 56,9%, tandis que le soutien des Uranais et des Appenzellois des Rhodes-intérieures s'inscrit à 57,2%.
Pas de mesures mais des principes généraux
Sur la base de ce oui, la Constitution va être modifiée pour spécifier que "la Confédération et les cantons encouragent la formation musicale, en particulier des enfants et des jeunes." Il sera également question de "promouvoir à l'école un enseignement musical de qualité" et d'encourager les talents musicaux. Cet arrêté ne propose donc pas de mesures concrètes, mais seulement des principes généraux sur l'enseignement de la musique.
Seul le Parti libéral-radical et certains UDC s'opposaient à ce texte. Et c'est en premier lieu l'intervention de la Confédération dans la sphère de compétence des cantons qui leur posait problème. En effet, le texte charge Berne et les cantons d'encourager la formation musicale et, si ces efforts n'aboutissent pas, c'est la Confédération qui doit légiférer, ce que condamne notamment le PLR.
Gommer les différences cantonales
Cet arrêté vise en outre à gommer les différences cantonales dans l'enseignement de la musique, certains se montrant moins empressés que d'autres envers ce type de formation.
Aux Chambres, le texte avait été nettement accepté par le Conseil national, par 156 voix contre 31 et 8 abstentions, et par le Conseil des Etats, par 31 voix contre 6 et 6 abstentions. Le Conseil fédéral et le Parlement avaient aussi recommandé de glisser un "oui" dans l'urne.
ats/ptur
La satisfaction domine
La conseillère aux Etats Christine Egerszegi (PLR/AG) s'est également dite ravie. "Un tel résultat a été rendu possible par une campagne durant laquelle musiciens amateurs et professionnels ont tiré à la même corde. Tous se sont engagés pour les jeunes", a indiqué la présidente du comité d'intérêts "Jeunesse et musique".
L'application de l'article constitutionnel devrait se faire assez rapidement, espère-t-elle. Une première rencontre est déjà prévue avec l'Office fédéral de la culture jeudi prochain.
En outre, l'Union syndicale suisse (USS) a estimé que "par ce 'Oui' clair, les citoyen(ne)s ont fait passer sans équivoque aucune un message en faveur d'un enseignement de musique qui ne soit plus un privilège réservé aux enfants de milieux déjà favorisés".