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La livre devrait rebondir ces prochains jours ce qui risque de peser sur le FTSE 100.
Les négociations relatives au Brexit ont beaucoup progressé ces derniers jours. Un accord de retrait a été convenu entre le Royaume-Uni et l'Union européenne (UE). Si la Première ministre semblait disposer de l'appui de son Cabinet mercredi, Dominic Raab, Secrétaire d'État à la sortie de l'UE, vient de démissionner, ce qui sera source d'inquiétudes sur l'encadrement et la mise en place de l'accord lorsque le projet arrivera au Parlement. Nous continuons de penser qu'aucune personnalité politique britannique ne peut assurer de meilleur accord, tout simplement parce qu'il n'existe pas d'autre solution sur la frontière irlandaise. Malgré les effets de manche, nous estimons que la Première ministre concluera la négociation et que l'accord sera adopté par le Parlement d'ici à la fin de l'année.
L'accord est composé de trois parties:
- l'accord de divorce,
- une période de transition courant jusqu'à décembre 2020 (voire au-delà) durant laquelle aucun changement n'interviendra, de sorte à ce que les entreprises aient le temps de s'adapter, et
- les conditions de base des relations économiques à long terme entre le Royaume-Uni et l'UE.
La principale difficulté rencontrée tout au long des pourparlers a trait à la façon de gérer l'ambition du Royaume-Uni de n'avoir de frontière ni sur l'île irlandaise ni dans la mer d'Irlande, tout en se séparant du marché unique européen et de l'union douanière pour lui permettre de définir ses propres règles et accords commerciaux.
à la question de la frontière irlandaise.
Le fait est qu'il n'existe tout simplement pas de solution à la question de la frontière irlandaise, sauf si la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord restent couvertes par l'accord douanier pour sur les marchandises. Telle est l'ambition déclarée pour la relation finale. Compte tenu de la priorité que le Parlement britannique accorde au maintien de l'union entre la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord et afin de respecter le processus de paix irlandais, nous nous sommes toujours attendus à ce que l'accord se termine ainsi. L'ambition - et le compromis pour certains membres du parti conservateur - sera que le Royaume-Uni trouve à l'avenir une solution technologique permettant de créer une frontière irlandaise invisible et d'ouvrir quelques possibilités d'établissement d'autres relations commerciales pour le Royaume-Uni.
La formulation de l'accord est aussi suffisamment complète pour suggérer que les services financiers britanniques puissent continuer à négocier dans l'UE pratiquement comme ils le font aujourd'hui dans le cadre d'une équivalence. Point important, ces droits ne peuvent être supprimés de façon abrupte ou arbitraire.
Il existe une «clause de sauvegarde» qui entrerait en vigueur à la fin de la période de transition en décembre 2020 si un vaste accord commercial englobant l'union douanière ne pouvait être conclu. Cela implique quelques arrangements spécifiques pour l'Irlande du Nord. Le Premier ministre devra convaincre le DUP (parti unioniste démocrate) que cette possibilité est extrêmement improbable pour obtenir son soutien.
La Première ministre a présenté l'accord à son Cabinet. Si elle semble disposer de l'appui de son Cabinet mercredi, Dominic Raab, Secrétaire d'État à la sortie de l'UE, vient de démissionner, ce qui sera source d'inquiétudes quant à l'encadrement et à la mise en place de l'accord lorsque le projet arrivera au Parlement. Nous continuons de penser qu'aucun homme politique britannique ne peut assurer un meilleur accord, tout simplement parce qu'il n'existe pas d'autre solution sur la frontière irlandaise.
de générer une importante volatilité sur les marchés.
Un nouveau sommet se tiendra probablement à Bruxelles pour signer l'accord le 25 novembre, avant que le projet de loi ne soit présenté au Parlement britannique. C'est à ce sujet que les investisseurs se montrent le plus nerveux.
Dans le détail, le gouvernement déposera une déclaration aux Chambres, précisant qu'un accord a été conclu, avant de soumettre une motion à la Chambre des Communes et de prévoir un temps de débat avant le vote. Cette période pourrait n'être que de cinq jours après le dépôt de la déclaration.
L'accord pourrait ne pas être voté du premier coup. Plusieurs amendements pourraient être nécessaires pour apaiser les députés d'arrière-ban (notamment sur la solution technologique envisagée pour la frontière irlandaise, et en quoi celle-ci pourrait influer sur l'accord à l'avenir). Quelques remaniements pourraient donc encore avoir lieu en parallèle à l'ajout de commentaires et d'autres détails pour calmer les tensions de part et d'autre. Ce processus reste susceptible de générer une importante volatilité sur les marchés.
Il convient néanmoins de se rappeler que, même si des membres du parti conservateur n'«aiment» pas l'accord, le fait de voter contre la Première ministre accentue le risque d'une impasse politique ne pouvant se résoudre que par un autre référendum sur le Brexit (avec la possibilité soit de conserver cet accord, soit de rester dans l'UE), ou par des élections générales. Cela représenterait un risque significatif à prendre pour les députés d'arrière-ban. Le projet de loi devrait selon nous être voté, probablement au cours de la première semaine de décembre.
des entreprises connaisse un rebond ... de soulagement.»
Les 27 États restants de l'UE doivent aussi légiférer (d'où le besoin de finaliser l'accord bien avant le 29 mars) mais nous pensons qu'il y a peu de raisons de s'inquiéter de ce processus de ratification.
Le Royaume-Uni quitte officiellement l'UE le 29 mars mais rien ne change pendant la période de transition (courant jusqu'à 2020 voire au-delà). Cette période de transition est destinée à laisser aux entreprises le temps de s'adapter aux nouvelles relations. Les négociateurs continueront de travailler pendant cette période sur les divers aspects du partenariat définitif avec l'ambition de finaliser les détails dans les six mois précédant la fin de la période de transition.
Si les gros titres politiques vont probablement générer une importante volatilité dans les jours à venir, la livre sterling devrait certainement rebondir. Ce qui risque de peser sur le FTSE 100 compte tenu de la proportion élevée de revenus du FTSE qui sont rapatriés. L'an prochain, nous prévoyons que l'investissement des entreprises connaisse un rebond ... de soulagement, et que l'appréciation de la livre sterling fasse ralentir l'inflation et augmenter les salaires réels, stimulant ainsi les dépenses des consommateurs. Comme la Banque d'Angleterre estime que l'économie tourne déjà à plein régime, nous pensons qu'elle va relever les taux d'intérêt plus rapidement que ce à quoi s'attend actuellement le marché (nous tablons sur au moins deux hausses de 25 points de base l'an prochain). Lorsque la Banque d'Angleterre confirmera son positionnement plus agressif, la livre sterling devrait selon nous s'affermir à nouveau.