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Le Festival de Locarno rendra hommage au réalisateur, scénariste et producteur américain Todd Haynes en lui remettant le Léopard d’honneur.
En 1991, le Festival international du film de Locarno proposait dix-neuf films en lice pour décrocher le premier prix du Léopard d’or – et l’un d’entre eux marquait les débuts de son réalisateur : il s’agissait de Poison, le long métrage de Todd Haynes partiellement inspirés des romans de Jean Genet.
Passionné dès son plus jeune âge par les arts visuels, Todd Haynes se consacre initialement à la peinture, puis se tourne rapidement vers le cinéma en réalisant des films amateurs. Impressionné par les classiques du cinéma expérimental que projette un professeur en classe, il réalise à dix-sept ans son premier court métrage, The Suicide.
Dans le cadre de ses études à la Brown University (dont il sortira diplômé en art et sémiotique), il signe, en 1985, Assassins : a film concerning Rimbaud. Todd Haynes signera une série de courts métrages accrocheurs sur des artistes hors normes des films comme Superstar : The Karen Carpenter Story.
Son style s’affirme et définit les maîtres mots de l’œuvre du réalisateur. La réalisation n’est pas qu’un outil pour Haynes, mais il peut contribuer à la découverte, la compréhension et la manière de raconter des histoires sur la réalité. Souvent préoccupé par l’Amérique et sa morale violente des années cinquante et soixante, Haynes a l’embarras du choix quant aux comédiens : il a dirigé Julianne Moore dans Safe (1995) et dans Loin du paradis (nominé pour quatre Oscars en 2002) et plus récemment Wonderstruck (2017) et Cate Blanchett dans le biopic consacré à Bob Dylan Je ne suis pas là (2007) et Carol (nominé pour six Academy Awards en 2015).
Poison fera partie de la section parallèle latérale Locarno70, soutenue par la ville de Muralto, le programme exclusif des films avec lesquels Locarno commémorera son 70e anniversaire par une sélection de 11 premiers longs métrages présentés au Festival. Au cours de ses septante ans, le Festival de Locarno a eu le flair de sélectionner et de lancer de nombreuses carrières importantes: d’Éric Rohmer avec Le signe du lion (1962), à Tres Tristes Tigres (1968) de Raoul Ruiz, en passant par L’ironia de Marco Ferreri El pisito (1959) et Der siebente Kontinent (1989) de Michael Haneke. Le Festival a toujours été un terrain fertile à l’affût des talents en devenir.
Firouz Pillet
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