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KAZERM / Olivier Sillig
L'année de
la première parution de Bzjeurd (1995), j'ai écrit
une suite, actuellement inédite, peut-être parce que trop crue pour
les éditeurs.
Olivier Sillig, février 2010
|La suite de Bzjeurd:

L’air, c’est de l’azote en quantité, de l’oxygène, un peu de gaz carbonique, des gaz rares, des substances diverses, des polluants, qui diminuent avec l’altitude. L’air commence à vingt ou trente mètres du sol.
L’eau, c’est de l’hydrogène et de l’oxygène, deux atomes d’hydrogène pour un atome d’oxygène liés entre eux de manière très stable. Sous forme liquide, aux conditions normales. L’eau apparaît rapidement sous la surface des lacs ou des mers.
Entre l’air et l’eau, il y a la poisse. La poisse c’est un mélange d’hydrocarbures à l’état gazeux, de fines gouttelettes de pétrole gras en suspension et de divers métaux lourds à l’état pur ou combiné, sous forme de particules solides, liquides ou gazeuses. À l’intérieur de ce brouillard, l’obscurité est totale.
Actuellement, ici, l’épaisseur de la poisse est d’une trentaine de mètre. La flèche de la cathédrale en dépasse. On dirait une pagode, toutes ses tuiles ont été soufflées, elle ne dresse plus que son squelette, les cercles concentriques de sa charpente noire. Un peu plus loin, au-dessus de la poisse, ce brouillard immobile, cette étendue épaisse et parfaitement stable, le sommet de quelques immeubles-tours. Toutes leurs vitres ont été fracassées, quelques morceaux de verres restent accrochés de guingois aux châssis métalliques. Les structures de poutrelles tordues dessinent d’étranges quadrillages au-dessus de cette soupe noire. Le silence est total, absolu. Il n’y a pas de vent, aucun bourdonnement, pas la moindre rumeur. Le ciel est très bas. Un unique nuage, immobile et sombre. Un nuage de cendres. [...] >>> texte intégral en pdf