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Les mauvaises notes sont un des symptômes permettant de déceler un enfant surdoué et les parents en sont aujourd'hui conscients. [© Andrey Kiselev - Fotolia]
Jérôme Rossier, professeur à l'institut de psychologie de l'Université de Lausanne, est formel: «Les parents ont de plus en plus recours à des tests pour faire évaluer le quotient intellectuel (QI) de leurs enfants.» Son explication? Les mauvaises notes sont un des symptômes permettant de déceler un enfant surdoué et les parents en sont aujourd'hui conscients. Du coup, lorsque leur enfant a des difficultés scolaires, ils nourrissent le secret espoir de lui découvrir un QI hors norme. Forcément, la plupart sont déçus.
Au début du XXème siècle, c'est déjà dans un cadre scolaire que le premier test utilisable est mis en pratique. Soucieuses de déceler rapidement les élèves «scolairement faibles», les autorités françaises de l'époque chargent deux psychologues (Binet et Simon) de mettre au point un test. Sept ans plus tard, l'Allemand Wilhelm Stern aura l'idée de mettre en rapport le résultat du Binet-Simon et l'âge réel du candidat. Pour nommer cette proportion, il invente le terme «quotient intellectuel». Dès lors, le contenu des tests n'a jamais cessé d'être mis à jour et amélioré.
Mesurer l'immatériel
Selon Jérôme Rossier, les formes d'intelligences sont divisées en deux grands groupes: celles de «l'acquis» (que l'on intègre à l'école par exemple) et celles du raisonnement, de la logique, plus difficiles à exercer. C'est plutôt à cette forme d'intelligence que s'attachent les tests.
Mais comment mesurer quelque chose d'aussi immatériel que l'intellect? D'après le Docteur Anik de Ribaupierre, professeure de psychologie à l'Université de Genève, il est possible de définir l'intelligence de façon consensuelle si l'on s'en tient à la définition qu'en donne Jean Piaget: la faculté d'adaptation. La plupart des tests de QI cherchent à donner un large échantillon des différentes capacités intellectuelles.
Pour y parvenir, ces tests sont construits selon deux modèles principaux. Le QI classique établit un rapport entre l'âge «mental» exprimé par son résultat et l'âge réel de la personne testée. Le QI par rang cherche à situer le classement qu'occupe un individu au sein d'une population. Le QI n'est donc qu'une indication quantifiée de la façon dont un individu se situe par rapport à d'autres qui lui sont comparables, un QI de 100 signifiant qu'il est dans la moyenne de son groupe.
Peut-on s'exercer?
Que se passe-t-il lorsque le résultat d'un test est décevant, qu'on s'imaginait «plus brillant que ça»? On recommence. Evidemment, si des exercices aux contenus très semblables sont répétés, leur résultat s'améliore. Mais pour Jérôme Rossier, cette subite augmentation du QI «ne signifie pas que l'on devient plus intelligent.» Pour se consoler, il faut garder à l'esprit que l'immense majorité des individus est dans la moyenne (100 points) et qu'être surdoué n'est pas forcément une sinécure.
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