Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07178.jsonl.gz/122

vinyle 33 tours sur platine, platine, système d'amplification, dimensions variables, durée variable.
Oeuvre présentée dans le cadre de l'exposition Echos d'une collection - Oeuvres du Frac Franche-Comté
L’enregistrement date de 1991 alors que Georgina Starr est encore étudiante et fait principalement de la sculpture. En 2010, lors de l’exposition I am a record and I am the medium, au centre d’art Le Confort moderne de Poitiers, elle raconte que, seule à l’école, elle s’est mise à siffler «Yesterday» des Beatles dans les couloirs en cherchant l’inspiration et qu’elle a trouvé le son beau dans ce grand espace vide. Elle a voulu que d’autres l’entendre, l’a enregistré et a placé des hauts-parleurs dans l’école reliés au lecteur de cassettes posés dans son casier. Le lendemain, à la fin de la journée, tout le monde sifflait l’air sans avoir compris d’où il provenait.
L’enregistrement fait partie de la collection On The Record, qui réunit, à l’occasion de l’exposition au Confort moderne en 2010, ce que Georgina Starr a enregistré (en audio) depuis qu'elle a commencé à entendre des voix, à l'âge de 5 ans. La gamme de ces archives couvre le bruit d'un radiateur abimé dont elle pensait qu'il lui parlait, des reconstitutions de conversations enregistrées secrètement, de la téléphonie paranormale, des sifflements, des lettres d'amour avec percussions heavy metal… soit plus de 80 disques vinyles aux pochettes la plupart peintes et dessinées par elle. La pochette de Yesterday est une simple photographie de la cassette sur laquelle Georgina Starr a enregistré son sifflement.
La collection est accompagnée par un livre publié par Le Confort moderne où l’artiste raconte et explique le contexte de chaque enregistrement. L’installation sera reprise dans l’exposition consacrée à Georgina Starr par le Frac Franche-Comté en 2017.
Né en 1968 à Leeds (UK)
Vit et travaille à Londres
Georgina Starr a étudié à la Jacob Kramer School of Art ( Middlesex Polytechnic), elle a aussi fréquenté la Slade School of Art et la Rijksakademie Van Beeldende Kunst à Amsterdam.
Elle est considérée comme appartenant à la deuxième vague des Young British Artists, cette génération apparue dans le paysage contemporain dès la fin des années 1980, comprenant aussi Damien Hirst et Tracey Emin.
Son visage, et surtout sa voix, figurent au centre de l'attention, se transformant au fur et à mesure qu'elle se produit. Ainsi, en 1995, Visit to a Small Planet, une installation de cinq vidéos réalisées pour la Kunsthalle de Zurich reprenait, entre fascination et parodie, les motifs du film de même nom (avec Jerry Lewis et Dean Marin) qui l’avait impressionnée enfant. L’année suivant elle expose à la Tate Modern Hypnodreamdruff, une installation vidéo complexe aux multiples personnages, tenant autant du rêve que de la sitcom.
En 2017, le Frac Franche-Comté a organisé la première grande exposition de l’artiste en France, mêlant œuvres historiques et productions inédites. Le titre, Hello. Come here. I want you, fait référence tant au premier «Hello» téléphonique de Thomas Edison qu’aux mots de celui considéré comme l’inventeur du téléphone, Alexander Bell, qui a réussi en 1876 à transmettre une voix humaine à distance avec le message «Mr. Watson, come here, I want to see you». La célèbre concurrence entre les deux hommes préfigure la société de communication et de médias dans laquelle nous baignons. Les œuvres de Georgina Starr ne s’arrêtent pourtant pas à cette critique sociétale. Elles mettent en jeu une quête – et une invitation - pour aller au-delà des apparences.
En 2020 sort le film le plus conséquent que Georgina Starr ait réalisé, Quarantaine (43’). On y suit deux étudiantes d’une maison d’éducation clandestine dans une série d’épreuves initiatrices, baignées d’ésotérisme. Le film est suivi en 2021 d’une conférence filmée de l’artiste, The Voices of Quarantaine (Part 1), qui en décortique toutes les inspirations, de sainte Ursule à Jacques Rivette.