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Le Giec (mais oui, vous savez, ce soviet de gardes rouges créé par les Chinois rien que pour emmerder les gentils Américains) vient de sortir un nouveau rapport, tout aussi alarmant que les précédents. Ce petit dernier porte sur les liens entre la dégradation du climat et l'état des océans et des espaces gelés (la cryosphère). Et il constate une détérioration accélérée de la situation : la fonte des glaciers, des calottes polaires (la perte de masse de la calotte groenlandaise a doublé en vingt ans, celle de la calotte antarctique triplé) et du pergélisol (les terres auparavant gelées en permanence), la diminution de la couverture neigeuse réduisent le réfléchissement du rayonnement solaire en renforçant le réchauffement climatique, et relâchent dans l'atmosphère du CO2 et du méthane qui accentuent encore ce réchauffement. Les océans ont ces cinquante dernière années emmagasiné plus de 90 % de la chaleur excédentaire et 20 à 30 % du dioxyde de carbone produit par les activités humaines. Mais leur propre réchauffement réduit cette capacité de neutraliser les effets de nos rejets caloriques. Et hausse leur niveau moyen : à la fin de ce siècle, il pourrait être en moyenne d'un mètre au-dessus de son niveau actuel. ça paraît peu, un mètre : c'est énorme quand on vit sur une côte... Nous dépendons tous de l'humeur, de la chaleur, de la hauteur, des courants des océans et de la cryopshère (les espaces gelés). Mais certains en dépendent évidemment plus que d'autres : les centaines de millions de personnes qui vivent sur les côtes. A part ça, pour l'UDC, la gauche "use et abuse des thèmes écologistes" et mène des "actions diaboliques". Le dérèglement climatique, quel dérèglement climatique : "une invention des media" affirmait Oskar Freysinger en mars...
"Ce n'est pas le mouvement qui est radical, mais la situation"
Samedi 28 septembre était le jour, à Berne, d'une manifestation nationale pour le climat. Les jours précédents, dans le monde entier, des millions de personnes (plus de 200'000 à Milan, par exemple) participaient au mouvement "Planète en grève". Au sein de ce mouvement mondial, les éléments les plus radicaux (comme à l’accoutumée, on utilise ici ce terme en son sens étymologique, ce qui permet d'y inclure un socialiste comme le Prix Nobel de chimie Jacques Dubochet), animés du sentiment d'urgence le plus fort, perdent patience : "les marches ne suffisent plus, la désobéissance civile s'impose", d'autant plus que l'urgence climatique et l'urgence sociale doivent impérativement être liées l'une à l'autre. Et pour le 15 mai 2020, c'est une "grève générale économique" qui est en projet. "Ce n'est pas le mouvement qui est radical, mais la situation", résume Jacques Dubochet.
Le mouvement "Grève pour le climat" a présenté fin août une charte qu'il propose à la signature aux candidates et candidats aux élections fédérales : elle exige que la Suisse déclare l'"urgence climatique", qu'elle parvienne à une neutralité des émissions de gaz à effet de serre en 2030, et qu'elle respecte le principe de justice climatique : ce ne sont pas aux plus pauvres (pays ou personnes) de payer la facture d'un changement de politique environnementale, mais aux plus pollueurs. Les candidates et candidats des partis de gauche, et sans doute des Verts libéraux, du PBD et du PDC, pourront sans contorsions signer cette charte. A droite, ça sera évidemment plus compliqué... L'Alliance-Environnement, dont font partie les principales organisations de défense de l'environnement (WWF, Greenpace, Pro Natura, ATE, notamment) a passé au crible les votes des parlementaires fédéraux sur 54 objets en lien avec l'écologie pendant la législature qui s'achève. Résultat : les Verts (98% de votes favorables à l'environnement), le PS (97 %), les Verts libéraux et les Evangéliques (91 %) soutiennent clairement les propositions favorables à l'environnement. Le PBD (64 %) et le PDC (49 %) sont plus partagés . Quant au PLR (22 %) et l'UDC (5 %), ils ont clairement voté "à l'encontre des sujets écologiques". Et du coup, l'Alliance considère la législature qui s'achève comme une "législature perdue". L'a-t-elle été pour tout le monde ? on n'en jurera pas : même la dégradation du climat peut être source de profits. Pour ceux qui y participent. Des milliardaires prévoient déjà de se construire une arche pour aller sur Mars (qu'ils y aillent donc, le climat y est encore pire que le pire de ceux qu'on pourrait produire en continuant de saloper celui de la terre).
Donc, on traîne les pieds pour répondre à la surchauffe climatique : Les humains ont atteint le 29 juillet le "jour du dépassement", celui où ils ont consommé toutes les ressources produites en un an par leur planète (toute l'humanité vit donc à crédit jusqu'à la fin de l'année -mais c'est un crédit qui ne sera jamais remboursé), les Suisses les ont devancé de presque trois mois (faudrait pas croire que la Suisse est toujours en retard) : nous, notre "jour du dépassement", c'était déjà le 9 mai. ça fait donc déjà trois mois qu'on consomme les ressources qu'on n'a pas encore. Comme disait une banderole dans la Cité des 300 logements, à Bejaïa, "On ne peut pas rattraper le temps perdu, mais on peut arrêter de perdre du temps". La banderole parlait du temps perdu par l'Algérie pour tenir les promesses de sa lutte pour l'indépendance, mais elle dit bien aussi ce qui s'impose dans la réponse à donner, concrètement pour pallier aux effets du dérèglement climatique, et le freiner autant que possible.