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Il y a deux ans, une petite étude pilote menée en Italie concluait que des doses quotidiennes de lithium pouvaient ralentir de manière importante la progression des symptômes dégénératifs caractéristiques de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), ou maladie de Charcot (PNAS 2008;105:2052-7). Ce travail observait aussi qu’au terme d’un suivi de quinze mois, aucun décès n’avait été observé dans le groupe des seize patients traités par le lithium associé au riluzole, alors qu’une mortalité de 30% avait été enregistrée chez les patients traités avec le seul riluzole. Ces conclusions semblaient en outre concordantes avec une série de données anatomopathologiques expérimentales obtenues chez un modèle SLA de souris.
Pour confirmer ou infirmer le rôle thérapeutique potentiel du lithium dans cette affection, un important consortium médical nord-américain dirigé par Swati Aggarwal (Massachusetts General Hospital) et Lorne Zinman (Sunnybrook Health Sciences Center) a bâti une étude contrôlée en double aveugle contre placebo (Lancet Neurol 2010;9:481-8).
84 patients atteints de SLA vivant aux Etats-Unis et au Canada ont été randomisés pour recevoir soit l’association lithium-riluzole soit placebo-riluzole, le tout avec des posologies similaires à l’étude pilote italienne. Plusieurs analyses statistiques des données cliniques observées obtenues étaient prévues avant de décider d’élargir l’étude jusqu’à inclure deux cent cinquante malades.
Mais l’essai a été interrompu après la première analyse intermédiaire, aucune des importantes données positives attribuées au lithium de l’étude pilote n’ayant été observée. «Bien qu’un bénéfice modeste du lithium ne puisse être exclu (…), nous n’avons trouvé aucun élément preuve suggérant que le lithium en association avec le riluzole ralentisse plus la progression de la SLA que le riluzole seul, résument les auteurs. Aujourd’hui, il n’y a aucune preuve convaincante pour l’utilisation du lithium dans le traitement de patients atteints de SLA.»
Un commentaire accompagnant cet article souligne tout de même l’intérêt de la méthodologie de cet essai qui constituerait un progrès important pour étudier l’efficacité de futures molécules candidates au traitement de la SLA. Dans l’attente, il reste à analyser les véritables causes des discordances observées entre l’étude italienne de 2008 et celle nord-américaine de 2010.
J.-Y. N.