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La gestion financière des cités grecques était rudimentaire (oikonomia = administration de la maison, du domaine). Les trésoriers se bornent en général à dresser l'inventaire des biens qu'ils reçoivent, à noter scrupuleusement les encaissements et les débours et à livrer à leurs successeurs les biens qu'ils ont reçus en dépôt (paradosis). Les décisions sont prises par l'assemblée ou par les magistrats dans le cadre de leurs compétences. En général, nous savons peu de choses de la gestion quotidienne.
Les revenus proviennent surtout des impôts indirects (douanes et autres taxes), du fermage de biens collectifs. Ils suffisent à payer les salaires et l'entretien des édifices publics. Pour les dépenses plus importantes, fêtes d'apparat, gymnases, dépenses militaires, achat de blé, on avait recours à la générosité des citoyens fortunés (liturgies) et, le cas échéant, à des contributions directes (eisphorai) ou à des emprunts publics.
A côté de cela, il y avait les biens des sanctuaires. Ceux-ci étaient la propriété exclusive des dieux. Toutefois, ces biens étaient administrés par la cité. Celle-ci pouvait à tout moment décider d'emprunter à ses dieux, à condition de rembourser ses emprunts, généralement avec un intérêt. Périclès, au début de la guerre du Péloponnèse, fera l'inventaire des réserves des trésors d'Athéna et des autres dieux. Ce sont les richesses de la déesse qui ont permis de financer les travaux de l'Acropole.
Grâce aux revenus des mines d'argent du Laurion et au tribut que versent les alliés, Athènes était dans une situation privilégiée, qui lui permettait de faire face à des dépenses particulières : "les tributs, les taxes et les alliés nourrissaient plus de vingt mille hommes" écrit Aristote. En effet il y avait six mille juges, seize cents archers; de plus douze cents cavaliers, cinq cents membres du Conseil, cinq cents gardes des arsenaux; en outre cinquante gardes de l'Acropole, environ sept cents fonctionnaires dans la métropole, environ sept cents à l'extérieur.» Cela, en temps de paix. Car la guerre coûtait très cher. Le siège de Samos, pour lequel les vaincus furent priés de payer les dépenses, dépassa 1200 talents (trois ans de tribut) et celui de Potidée, 2000 talents. On pouvait donc mener grand train… dans des limites qu'on perçoit très vite.