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02/03/2017
Mais qui est ce personnage couronné sur la tapisserie au-dessus de Pierre-Yves Maillard?
Il s'agit de Numa Pompilius, un roi légendaire de Rome, ici en grande conversation avec la nymphe Égérie. La tunique rouge portée par le souverain n'a rien à voir avec la majorité de gauche du Conseil d'Etat, assure le porte-parole du gouvernement. Il n'empêche que le visuel en imposait, mercredi, au moment où le Conseil d'Etat vaudois dressait son bilan de législature à la Maison de l'Elysée.
Numa Pompilus, qui a régné après Romulus, aurait imposé aux Romains "de judicieuses réformes législatives et religieuses et établi une paix durable pendant son règne". Un document officiel de l'Etat de Vaud précise que la présence de ce roi dans le salon de réception de l'Elysée "ne saurait être plus appropriée, puisque ce monarque incarne le sens de la justice". L'Histoire ne dit pas s'il a dû essuyer des oppositions devant les tribunaux pour la construction de grands bâtiments de Rome.
Cette tapisserie réalisée il y a plus de trois siècles par Jan Frans Cornelissen faisait partie d'un ensemble. Une autre pièce de la collection s'intitulait Les ambassadeurs romains offrent à Numa Pompilius le trône de Rome. Celle-ci n'a pas pu être retenue: ni Pierre-Yves Maillard ni Pascal Broulis n'ont été portés par leurs partis respectifs au Conseil fédéral.
Et si le gouvernement vaudois actuel devait commander des tapisseries pour célébrer les grands faits de sa législature? Suggérons quelques thèmes: Numa Pompilius lève l'impôt dans les provinces (Broulis); Numa Pompilius impose les mains et guérit les maladies de la plèbe (Maillard); Numa Pompilius planifie des voies romaines pour les Barbares (Gorrite); Numa Pompilius combat la fronde des précepteurs (Lyon); Numa Pompilius convoque les jeux olympiques (Leuba); Numa Pompilius fait euthanasier des molosses pour protéger les oies du Capitole (de Quattro); Numa Pompilius aggrandit la garde prétorienne (Métraux).
Après ce moment historique de célébration, la semaine prochaine nous parlerons de la République romaine en feuilletant le Manuel de campagne électorale de Cicéron.
Photo: Laurent Gilliéron / Keystone
12/09/2014
La charcuterie est de retour sur les affiches politiques. En l’occurrence, c’est une saucisse de veau rôtie: elle illustre les nouvelles affiches du comité de campagne pour l’initiative «Stop à la TVA discriminatoire dans la restauration» qui sera votée le 28 septembre. Il s’agit de mettre fin à la terrible discrimination entre les saucisses: «Bratwurst-Diskriminierung Stoppen.»
Ce visuel croquignol rappelle immanquablement celui de la votation pour l’ouverture nocturne des shops de stations-services, le 22 septembre 2013. «Légaliser les saucisses à rôtir», proclamait l’affiche de campagne. Il s’agissait de permettre la vente de ce produit de boucherie entre 1h et 5h du matin.
Soit dit en passant, les Suisses ont dit oui à la saucisse à rôtir, mais avec un effet discutable: une année après le vote, le shop de Lully (FR), unique magasin routier ouvert 24h/24 en Suisse romande, ne vend toujours pas de saucisse fraîche la nuit. Vérification faite il y a quelques jours.
Mais l’image de la saucisse deviendrait-elle un gage succès pour une votation? Gastrosuisse semble le penser. «Ce met simple fonctionne bien comme symbole unificateur, constate Gianni Haver sociologue et spécialiste de l’image en politique. La fondue serait davantage un plat national que la saucisse, très germanophone, mais elle charrie d’autres images comme la convivialité qui auraient brouillé le message.» Surtout, la fondue se vend peu à l’emporter.
Le message vise une clientèle populaire. D’autres visuels de Gastrosuisse opposent une photo d’ouvrier attablé en train de manger son menu du jour au bistrot (taxation à 8%) à une photo de riche en train de déguster du caviar (taxation à 2,5%). Ou une photo de mamie en train de manger un croissant (8%) à une photo de jeune snobinarde dégustant des suchis (2,5%).
Droite cassoulet contre gauche caviar? Il faudra un jour étudier les rapports entre calories et orientations politiques. En attendant, Gianni Haver constate que «la saucisse n’est certainement pas bonne pour le cholestérol, mais elle est très efficace comme image de propagande.»
Parmi les gagnants assurés de cette votation figurent les bouchers-charcutiers, ravis de cette publicité fédérale. La marque Bell avait sorti en 2005 une publicité appelée «Charcuterie fédérale». Sept saucisses figuraient les conseillers fédéraux de cette année-là. Avec Micheline Calmy-Rey en gendarme, Pascal Couchepin en boutefas et, tout à droite, Christoph Blocher en cervelas.