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La domination masculine est vieille de 10’000 ans et elle se porte bien. Une de ses caractéristiques repose dans la domination des hommes sur les femmes, le patriarcat. Le film suisse, tourné sous la régie de Petra Volpe en 2017, l’appelle «L’ordre divin».
«L’ordre divin» est contraire à celui de la nature, inexistant en matière de reproduction et de procréation. Cette dernière règle la généalogie des êtres multicellulaires, dont l’humain. La procréation s’est développée lors de l’évolution il y a 500 millions à 1 milliard d’années. Elle est caractérisée par des cellules qui contiennent à l’intérieur l’ADN dont la moitié provient des deux sexes. ½ + ½ = 1 est sa formule mathématique exacte.
A l’instar des espèces, aucune population n’observe à l’intérieur de ses cellules corporelles la domination d’un sexe sur l’autre. La domination mâle est une fleur de la culture. L’injustice est sa base. La «HERR-schaft», la domination des hommes, reste une usurpation tant qu’elle ne prouve pas qu’elle fut démocratiquement instaurée selon la volonté des femmes et des hommes. L’absence d’une telle preuve qualifie la «démocratie» sans vote des femmes de darwinisme social et de «droit du plus fort». Le monothéisme en a fait une religion octroyée au bout du fusil à la majorité des peuples, la Constitution fédérale consacre sa première phrase à la «HERRschaft».
Appeler «démocratie» l’exercice du pouvoir par la moitié du peuple jusqu’en 1971 est incorrect, à moins de nommer le patriarcat «démocratie» et d’attribuer pleinement aux dominateurs du peuple le droit démocratique de priver ou d’accorder gracieusement et généreusement le même droit à l’autre moitié1L’erreur des votations mâles aurait probablement pu être évitée si les responsables avaient accepté le postulat, déposé en 1949 par le conseiller national Peter von Roten, le mari d’Iris von Roten, auteure du livre Femmes en cage, 1958. Son postulat demanda la réinterprétation de la Constitution et non sa modification..La personne qui s’oriente à la boussole des sciences naturelles et des droits humains ne peut comprendre un régime qui célèbre une succession de votations sur le droit de vote et d’éligibilité des femmes. D’autre part, force est de constater que la large majorité du peuple veut définir la Suisse avant 1971 comme une «démocratie» en accordant aux seuls hommes le droit de représenter le peuple et de décider de sa composition; ainsi elle anoblit et pérennise le patriarcat.
Cette conjoncture empêche l’égalité homme-femme dans la société, ceci en opposition à la réalité que vit chacune de leurs cellules. L’égalité naturelle, exprimée par la formule ½ + ½ = 1, est déformée par la culture pour devenir une hiérarchie, portant le mâle au sommet.
Même la communication devient difficile, lorsque l’utilisation du mot demos = peuple (démo-cratie) englobe, chez les uns, les femmes tandis que les autres les excluent, pourtant jamais n’existait un peuple dont les gènes provenaient uniquement des pères. Cet arbitraire du langage ne favorisera pas l’entente et l’égalité nécessaires pour expier l’injustice de 10’000 ans et ses crimes perpétrés contre les femmes et pour dédommager les victimes. Car dépasser le patriarcat présuppose une élaboration du passé et de son suprématisme.
Notes [ + ]
|1.||↑||L’erreur des votations mâles aurait probablement pu être évitée si les responsables avaient accepté le postulat, déposé en 1949 par le conseiller national Peter von Roten, le mari d’Iris von Roten, auteure du livre Femmes en cage, 1958. Son postulat demanda la réinterprétation de la Constitution et non sa modification.|
Notre invité est médecin, Chêne-Bougeries (GE).