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Depuis les Trois Boléros d’Odile Duboc à Danse à Aix-en-Provence en 1997, la notion de démultiplier, au cours d’une soirée, une œuvre par ses chorégraphes, ses interprètes musicaux, voire ses ensembles de danseurs, a fait son chemin. Pour clore sa saison 2020-2021, le Ballet du Grand Théâtre de Genève esquisse un calcul binaire, en reprenant l’une des œuvres iconiques de son répertoire et en y ajoutant une réflexion hyper-contemporaine et effrontée, sur une seule et même œuvre : Le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky.
Le péan néopaïen au printemps que Stravinsky déchaîna sur le Théâtre des Champs-Élysées le 29 mai 1913 a ouvert la création musicale sur le XXe siècle. Au-delà de ses rythmes frénétiques, de ses dissonances inattendues et du balancement continuel de ses nuances, la chorégraphie d’avant-garde de Vaslav Nijinski pour le Sacre fut aussi l’origine du pugilat et des huées qui saluèrent sa création. Stravinsky et Nijinski y évoquaient un rituel de sacrifice humain dans la Russie ancienne, où une jeune fille, l’Élue, est amenée à danser jusqu’à la mort.