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L’écart de connaissance dans le meilleur et le pire des cas.
L’Europe se détache des autres régions et de la moyenne globale en matière de compréhension de l’investissement durable par la population. Les personnes interrogées se répartissent de manière équivalente entre celles qui les perçoivent comme des fonds investis dans des sociétés qui :
- sont plus rentables parce qu’elles sont proactives dans la préparation aux bouleversements environnementaux et sociaux
- sont les plus performantes au regard des critères d’environnement, de société ou de gouvernance (47 %)
À l’échelle mondiale, le Japon est la nation qui comprend le moins bien ce qu’est un fonds d’investissement durable, 42 % déclarant qu’ils ne le savent pas.
Le pays le plus informé est l’Indonésie où presque une personne sur quatre a sélectionné les trois définitions et seulement 3 % ont déclaré ignorer ce qu’est un fonds durable.
En Europe, les moins bien informés sont les Britanniques, avec 14 % ignorant ce qu’est un fonds durable, soit un chiffre presque trois fois supérieur à celui des Pays-Bas (5 %).
C’est en Europe que les perspectives ont le moins évolué
L’évolution des perspectives quant à l’importance de l’investissement durable aujourd’hui par rapport à il y a cinq ans se fait le plus ressentir sur le continent américain, en Australie, aux EAU et en Afrique du Sud. L’Europe affiche l’évolution la moins forte mais non moins marquante, avec trois personnes sur quatre déclarant que l’importance de ce type d’investissements a augmenté.
- 81 % des personnes sur le continent américain considèrent que l’investissement durable revêt plus d’importance aujourd’hui
- 80% des personnes sur le continent asiatique considèrent que l’investissement durable revêt plus d’importance aujourd’hui
- 75% des personnes sur le continent européen considèrent que l’investissement durable revêt plus d’importance aujourd’hui
- La moyenne mondiale se situe à 78 %
Comme on peut le constater à l’échelle globale, cette importance croissante se traduit par une hausse des investissements durables. Les États-Unis poursuivent dans leur élan alors que l’Europe
se place une nouvelle fois en deçà de la moyenne mondiale.
- 69 % des personnes sur le continent américain ont augmenté leurs investissements dans des fonds durables
- 68 % des personnes sur le continent asiatique ont augmenté leurs investissements dans des fonds durables
- 58 % des personnes sur le continent européen ont augmenté leurs investissements dans des fonds durables
- La moyenne mondiale se situe à 64 %
Au niveau des pays, le Royaume-Uni semble situé au plus bas de l’échelle, avec seulement deux tiers (67 %) des personnes interrogées déclarant que l’investissement durable est devenu plus important et 54 % ayant augmenté leurs investissements.
La hausse la plus sensible en Europe est en Suède, avec 80 % considérant que l’investissement durable est devenu plus important et un taux spectaculaire de 70 % ayant augmenté leurs investissements durables.
En dehors de l’Europe, neuf sur dix estiment que l’investissement durable est plus important aujourd’hui qu’il y a cinq ans, parfois tendant vers le 100 %. C’est le cas de :
- l’Indonésie (97 %)
- l’Inde (95 %)
- la Thaïlande (93 %)
- Les EAU (92 %)
- le Brésil (91 %)
- la Chine (90 %)
En Indonésie et en Chine, la sensiblisation croissante se traduit presque directement en comportement d’investissement avec respectivement 92 % et 90 % des personnes interrogées déclarant avoir augmenté leurs investissements durables.
Curieusement, les pays qui connaissent la plus forte baisse de l’investissement durable au cours des cinq dernières années sont la Corée du Sud (14 %) et le Danemark (10 %) – qui dépassent
sensiblement la baisse moyenne constatée (5 %).
Le pays qui se démarque quant à la part de la population qui n’investit pas en fonds durables est le Japon avec 19 %. C’est aussi au Japon qu’on a le plus petit nombre de personnes, soit 48 %, percevant une importance croissante de l’investissement durable par rapport à il y a cinq ans. Ce résultat n’en reste pas moins encourageant et pointe vers une croissance de l’investissement durable à l’avenir.
L’Asie regroupe à la fois ceux qui sont le plus enclins à investir dans des fonds durables et ceux qui le sont le moins
Les tendances géographiques dans la perception et la hausse des investissements se prolongent sans surprise lorsqu’on observe le pourcentage de personnes qui choisissent d’investir souvent dans
des fonds durables. Le continent américain affiche là encore le pourcentage le plus élevé contre le plus faible pour l’Europe.
Au niveau des pays, l’Indonésie se démarque une nouvelle fois comme le chef de file des pratiques d’investissement durables avec 75 % de la population de ce pays déclarant souvent ou toujours investir en fonds durables, suivie par l’Inde à 66 % et la Thaïlande à 65 %.
Sur la même tendance, seuls 14 % des personnes interrogées au Japon déclarent souvent investir en fonds durables plutôt que dans des fonds qui ne tiennent pas compte des facteurs de durabilité.
La différence entre le continent chinois et Hong Kong est marquante, avec 64 % d’investissements durables pour les premiers et seulement 25 % pour les autres.
En Europe, le Royaume-Uni est suivi par l’Autriche, l’Italie et les Pays-Bas pour les pays les moins propices à l’investissement durable, avec 34 % de la population confirmant souvent investir dans ce type de fonds. La Russie (54 %) et la Pologne (51 %) créent la surprise avec le plus fort pourcentage d’investissements durables déclarés en Europe.
Les comportements les plus durables traversent les frontières
Lorsqu’on observe le pourcentage moyen de contributeurs réguliers ou systématiques à une société plus durable en dehors des pratiques d’investissement, les résultats sont généralement élevés. Aux trois premières places figurent :
- l’Inde, avec 69 % des personnes adoptant un mode de vie durable
- les États-Unis avec 67 % des personnes adoptant un mode de vie durable
- l’Indonésie avec 65 % des personnes adoptant un mode de vie durable
Certaines variations culturelles intéressantes émergent en analysant la contribution des différents pays, au sein même d’une région donnée dans le monde. À titre d’exemple, 61 % des personnes achètent des aliments biologiques aux États-Unis contre moins de moitié moins au Canada (30 %).
Plus des trois-quarts de la population (78 %) en Indoénsie achètent auprès d’entreprises réputées pour leurs bonnes pratiques de responsabilité sociale contre moins d’un tiers au Japon et à Hong
Kong (31 % dans les deux cas).
L’Europe laisse apparaître un résultat surprenant à la lumière de la réputation progressiste de la Scandinavie avec le faible taux de contributeurs au Danemark (moyenne de 43 %).
- Seuls 38 % des personnes tiennent compte de l’empreinte carbone dans leurs décisions relatives aux transports et à l’énergie dans leur foyer dans ce pays
- 53 % réduisent ou recyclent leurs déchets ménagers
À l’opposé, en Italie :
- 60 % tiennent compte de l’empreinte carbone dans leurs décisions relatives aux transports et à l’énergie dans leur foyer
- 79 % réduisent ou recyclent leurs déchets ménagers
Un comportement durable conduit à un investissement durable
Une tendance importante qui émerge des données est la corrélation entre le comportement durable d’une population d’un pays au quotidien et son approche de l’investissement durable.
Les pays qui affichent le plus des comportements durables type tendent à avoir la population la plus nombreuse à investir dans des fonds durables.
Globalement, il existe une différence de 12 % entre la probabilité d’un comportement durable (moyenne des six comportements hors investissements) et la probabilité d’un investissement durable.
Une leçon à tirer du cas de la Thaïlande
Lorsqu’on les interroge sur leur volonté d’investir dans des fonds durables, les différentes régions affichent un niveau similaire entre les résultats qu’elles en attendent en termes d’impact et de bénéfices. Un tiers des personnes interrogées considèrent que les bénéfices sont leur principale motivation.
Il existe par contre une variation géographique entre le pourcentage de populations accordant une pondération équivalente aux bénéfices et à l’impact et de celles qui considèrent que l’impact est l’essentiel.
- 42% des personnes interrogées sur le continent américain considèrent que l’impact est le facteur clé dans leur choix d’investir dans des fonds durables
- 35 % des personnes en Europe penchent pour l’impact et la même proportion pour le bénéfice potentiel (32 %)
Lorsqu’on considèrent les réponses moyennes par pays, la représentation la plus forte du bénéfice potentiel se situe en Thaïlande : 37 % des personnes interrogées en Thaïlande investissent ou investiraient en fonds durables pour leurs bénéfices potentiels
La Thaïlande apparaît donc comme l’un des pays les plus progressistes de notre étude lorsqu’il s’agit d’investissement durable :
- 96 % comprennent ce que sont les fonds durables
- 89 % ont accru leurs investissements durables au cours des cinq dernières années
- 65 % investissent souvent ou toujours dans des fonds durables au détriment de ceux qui ne considèrent pas les facteurs de durabilité
La Thaïlande est ainsi l’un des exemples les plus prometteurs du fait que les atout de l’investissement durable en termes d’impact positif et de bénéfices potentiels peuvent aller de pair.
Cet article est issu de l’enquête Global Investor Study 2017 de Schroders
En juin 2017, nous avons conduit une enquête indépendante en ligne auprès de 22 100 personnes investissant depuis une trentaine de pays à travers le monde. En font partie l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la France, l’Allemagne, l’Inde, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, l’Espagne, le Royaume-Uni et les États-Unis. Les personnes ciblées par l’enquête sont toutes des investisseurs actifs, elles ont toutes modifié leur profil d’investissement au cours des 10 dernières années et investiront au minimum 10 000 EUR (ou l’équivalent) au cours des 12 prochains mois.