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Le sang de la corruption qui coule dans les veines de certaines personnalités politiques nous courrouce jusqu'à en devenir rouge d'indignation. Mais hélas, la corruption, cette manipulation cynique de l'argent, suinte de tous les rouages de la vie économique. Par exemple : dans un marché du logement asséché, combien de bails à loyer se signent-ils grâce aux coups de piston ? Dans la jungle des affaires, combien de contrats procurant de gros avantages se concluent-ils entre la poire et le fromage ou entre la flatterie et la gâterie ? Et de manière générale, dans ce bas-monde, combien de rapports de complicités acquises avec des espèces sonnantes et trébuchantes ou naissant à la faveur de rapports de sympathies spontanées jalonnent-ils le quotidien de nombre de personnes ? Ne jouons donc pas les vierges effarouchées, car qui d'entre nous à un certain moment de sa vie ne s'est-ils pas fendu d'un sourire enjoliveur pour obtenir une faveur, n'a-t-il pas élevé un regard énamouré vers la personne que l'on aimerait amadouer ? La corruption, cette vilenie, ne se mesure pas uniquement à l'aune de l'argent, mais aussi à l'aune de l'entregent. Si la justice ou la classe bien-pensante clouent avec raison au pilori les corrompus qui ont ramassé l'oseille, il ne viendrait, cependant, à l'idée de quiconque de jeter l'opprobre sur ceux ou celles qui, sous d'autres aspects, font pareil. En définitive, la corruption c'est le sous-vêtement multiforme que l'on porte sous l'habit uniforme recouvrant bien des demandes.