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Le modèle de la psyché selon la psychiatrie moderne
« Le modèle de la psyché qui prévaut actuellement dans la psychiatrie clinique et universitaire se limite à la biographie postnatale et à l’inconscient individuel freudien.
Comme l’a suggéré Freud, le nouveau-né est considéré comme une « tabula rasa » – une ardoise vierge – et notre personnalité est forgée par la dynamique de la famille nucléaire et par des incidents de nature émotionnelle, au cours de la première année de la vie. De ce point de vue, les événements prénatals, et le processus de naissance lui-même, n’ont aucune pertinence psychologique.
On considère que les troubles pour lesquels on n’a pu trouver aucune cause anatomique, physiologique ou biochimique dans le cerveau sont le résultat d’expériences psychologiquement traumatisantes survenues dans la petite enfance, l’enfance et l’existence ultérieure. Il est généralement admis que les désordres psychogéniques (1) trouvent leur origine dans les diverses étapes de l’histoire postnatale et que leur nature et leur profondeur reflètent la période à laquelle ont eu lieu les traumatismes psychiques.
L’approche thérapeutique
Les traitements conventionnels des troubles psychogéniques, émotionnels et psychosomatiques se divisent en deux grandes catégories : les stratégies thérapeutiques axées sur le traitement des symptômes et celles agissant en profondeur. La thérapie symptomatique, qui domine actuellement la pratique en consultation externe et le traitement institutionnel, a recours à un large éventail d’agents psychopharmacologiques pour supprimer les symptômes. Elle parvient à apporter un soulagement subjectif aux patients, sans traiter les causes sous-jacentes des troubles dont ils souffrent.
La « thérapie profonde » ou « de terrain », se sert de diverses techniques psychothérapeutiques pour atteindre les racines des problèmes. Son objectif n’est pas uniquement de soulager les symptômes, mais également de traiter les facteurs sous-jacents et de faciliter des changements positifs dans la structure de la personnalité. Malheureusement, le modèle actuel de la psyché n’offre qu’un choix limité de mécanismes thérapeutiques, tels que la réminiscence d’événements traumatisants oubliés ou refoulés, ou leur reconstruction à partir d’associations libres et de rêves, l’analyse du transfert, une interprétation intellectuelle et émotionnelle, ou des expériences correctrices au niveau des relations interpersonnelles….
Les approches verbales, axées sur la biographie s’avèrent généralement être des outils décevants pour traiter les problèmes cliniques graves. En raison de leurs limites conceptuelles et techniques, ces méthodes ne permettent pas d’atteindre les racines des troubles qu’elles tentent de guérir. » (2)
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« L’expression « douleur psychogène », ou « psychalgie » désigne une douleur qui serait uniquement ou principalement causée par des facteurs psychologiques, émotionnels et comportementaux» (définition Wikipedia)
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Dr Stanislav Grof, Quand l’impossible arrive, Aventures dans les réalités non ordinaires, Guy Trédaniel éditeur, 2018, pp 383-385