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Le secteur de l'investissement a un rôle déterminant à jouer dans l'augmentation du nombre de femmes membres de conseils d'administration.
L'égalité et la croissance inclusive doivent faire partie intégrante des perspectives d'avenir de tous les investisseurs et gérants d’actifs à long terme, en encourageant les sociétés dans lesquelles ils investissent à offrir davantage de possibilités aux femmes, à tous les échelons de l'entreprise. Les capitaux devraient ainsi être systématiquement alloués aux sociétés qui offrent de meilleures opportunités aux femmes.
Pourquoi? Car la parité entre les sexes a une incidence fondamentale sur la prospérité des économies et des sociétés. Les femmes représentent la moitié des talents dans le monde. Il est donc tout à fait logique, tant du point de vue économique que commercial, de les mettre à profit. Cette conviction fait écho avec le Global Gender Gap Report 2021 du Forum économique mondial (WEF), qui souligne que parmi les moyens permettant de réduire les inégalités entre hommes et femmes, figurent les pratiques managériales qui intègrent des méthodes de recrutement et de promotion saines et impartiales.
La diversité favorise à la fois des performances financières supérieures et est créatrice de valeur durable sur le long terme. Plusieurs études montrent que le fait d’avoir des femmes au conseil d’administration est un avantage commercial. La Harvard TH Chan School of Public Health note par exemple: «Lorsqu’on classe les entreprises de du Fortune 500 en fonction du nombre de femmes siégeant à leur conseil, celles qui se trouvent dans le quartile le plus élevé affichent une marge d’exploitation supérieure de 42% et un rendement des capitaux propres supérieur de 53%.» Et pourtant, dans de nombreux pays, le taux de représentation des femmes dans les conseils d’administration est encore loin de la parité. Le pourcentage moyen de femmes siégeant dans les CA varie de 44% en France à seulement 12% au Brésil, selon le rapport BoardEx Global Gender Balance Report1.
À l'approche de la saison des Assemblées Générales de 2022, BNP Paribas Asset Management2 a mené une enquête pour déterminer le nombre de femmes figurant dans les conseils d'administration des 17'000 sociétés cotées en bourse3, dans le monde entier: en moyenne, les femmes ne représentent que 18% des administrateurs. Les différences régionales sont considérables. Ainsi, l'Europe, l'Afrique du Sud et l'Australie sont les régions les plus avancées en termes de parité des administrateurs, tandis que l'Asie, l'Amérique du Sud et le Moyen-Orient sont les moins diversifiées. La taille de l'entreprise, le pays d’implantation et les réglementations locales ont un effet significatif sur le nombre de femmes membres du CA, et ce sont des facteurs clés dont les investisseurs doivent tenir compte. En Allemagne et en France, par exemple, l'existence de quotas légaux a un impact notoire sur la proportion de femmes dans les organes de direction.
Pour inciter les entreprises à adopter une plus grande diversité au sein de leur conseil d'administration, les gestionnaires d'actifs et investisseurs peuvent mettre en œuvre des politiques de vote exigeantes, comprenant des dispositions explicites sur la féminisation des conseils. Par exemple, en s'opposant à tous les candidats masculins lors du vote sur l’élection des administrateurs si aucune femme n’est membre du conseil de la société en question, ou en exigeants des quotas minimums de femmes. Ces quotas doivent toutefois refléter le degré de maturité des différentes régions du monde en matière de parité hommes-femmes: par exemple, avec un seuil minimum de 15% de femmes pour les régions les moins en avance sur les questions de diversité et jusqu’à 30%, voire plus, pour les entreprises des régions considérées comme plus en avance. Outre la participation au vote, les investisseurs peuvent également chercher à établir un dialogue avec les entreprises qui ne respectent pas les principes de leur politique de vote. Par ailleurs, le secteur financier peut également intégrer la diversité des conseils d'administration dans sa méthodologie de notation ESG.
Les investisseurs ont ainsi un rôle essentiel à jouer dans la féminisation des conseils d'administration, tant par le vote que par un dialogue plus poussé avec les entreprises. La diversité des sexes est un pilier central de tout effort pour promouvoir la responsabilité sociale des entreprises ; le secteur de l'investissement devrait donc se fixer des objectifs pour œuvrer en faveur d’un monde économique plus équilibré entre hommes et femmes. Pour contribuer à aller dans ce sens et mettre davantage à profit les capacités et compétences des femmes, tous les membres des comités exécutifs devraient avoir des objectifs à atteindre sur le plan de la diversité.