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En bas ou en haut de la pyramide horlogère, les montres de plongée reviennent en force. Et séduisent particulièrement les hommes en milieu urbain. Voici pourquoi.
Tous les marchands s'accordent sur un point: 99,99 % de ce genre de garde-temps restent sur la plage ou sont portés en ville sous un costume bleu marine. «Dans la plupart des cas, les plongeurs professionnels plongent rarement avec un modèle automatique. Ils préfèrent utiliser des pièces électroniques qu'ils jugent plus fiables, déclare un important détaillant parisien. Nos clients nous achètent des montres de plongée pour leur look et leur allure. C'est le même phénomène avec les chronographes dont les fonctions ne sont quasiment jamais employées. Avec un chrono, l'homme a le sentiment de maîtriser le temps, avec une pièce de plongée, il maîtrise la mer, donc le monde. Ces deux familles de produits contribuent à bâtir le mythe de l'homme contemporain: être cool, à l'aise dans un conseil d'administration comme sur une plage à Saint-Barthélémy.»
Il n'empêche que depuis le début du XXe siècle, la quête de l'étanchéité absolue a permis aux marques de fabriquer des montres mécaniques beaucoup plus résistantes non seulement à l'eau, mais aussi à la poussière, aux chocs, à la surpression d'air, aux agents corrosifs… Résultat: la plongée est devenue une référence en termes de fabrication de montres de sport.
La première montre waterproof de l'histoire voit le jour en 1926. Hans Wilsdorf, fondateur de Rolex, la nomme « Oyster »(huître), en référence au mollusque
Premier à avoir compris l'importance du sujet, Hans Wilsdorf qui fonda Rolex en 1905. «Sans cesse, je répétais à mes collaborateurs techniques: “Nous devons arriver à créer un boîtier dont l'étanchéité garantisse définitivement nos calibres contre les dégâts de la poussière, de la transpiration, de l'eau, du chaud et du froid. Alors seulement sera assurée la précision parfaite de la montre Rolex”», écrivait-il dans son livret Vade-Mecum Rolex - d'étape en étape publié en 1945. Il y parvient en achetant un brevet à deux ingénieurs helvétiques, Paul Perregaux et Georges Perret, inventeurs d'une boîte avec une couronne vissée assurant l'étanchéité au niveau de la tige de remontoir.
La première montre waterproof de l'histoire voit le jour en 1926. Wilsdorf la nomme «Oyster»(huître), en référence au mollusque. En 1953, la marque à la couronne lance la Submariner, première montre étanche à 100 mètres (elle fait d'ailleurs, ce mois-ci, l'objet d'une exposition dans la boutique Rolex, place Vendôme à Paris). En 1960, l'horloger développe un prototype plongeant à 10.916 mètres dans la fosse des Mariannes. En 2008, il présente la Deepsea, étanche à 3900 mètres. Quatre ans plus tard, c'est au tour du réalisateur américain James Cameron de réitérer l'exploit de 1960 en s'immergeant à 12.000 mètres avec la Deepsea Challenge. Aujourd'hui, le Genevois parraine plusieurs expéditions sous-marines qui, à l'instar du programme actuel de mise au point d'une capsule-observatoire du jeune Français Ghislain Bardout, ont pour objectif de sensibiliser les jeunes générations à la préservation des océans. Plus prosaïquement, la société a présenté, en mars dernier à la Foire de Bâle, une nouvelle version très remarquée de la Deepsea.
De fait, Baselworld 2018 a été le théâtre d'une déferlante de modèles taillés pour les eaux profondes. Omega a dévoilé le nouveau visage de la Seamaster Diver 300. «Nous mettons à l'honneur notre montre de plongée dont nous fêtons les 25 ans en 2018, affirme Raynald Aeschlimann, PDG de l'entreprise. Elle fait partie des blockbusters d'Omega. Nous en vendons entre 80.000 et 100.000 pièces par an. C'est sans doute l'une des seules montres créées dans les années 1990 qui peut se targuer d'avoir un design qui est entré dans l'histoire.» Ainsi, en 2018, la griffe phare du Swatch Group, qui fabrique environ 700.000 garde-temps annuellement, gratifie cette troisième génération de Diver des avancées et améliorations techniques développées ces dernières années. Outre un design peut-être plus ergonomique, le boîtier s'équipe d'une lunette en céramique suprarobuste, d'un calibre automatique Master Chronometer qui résiste à des champs magnétiques de 15.000 Gauss…
Toujours dans le secteur des garde-temps de luxe, Jaeger-LeCoultre relance la mythique Polaris Memovox dont la sonnerie a été conçue, à l'origine, pour se faire entendre sous l'eau
Audemars Piguet célèbre également les vingt-cinq ans d'existence d'un de ses modèles: la Royal Oak Offshore. Cette montre de poids réapparaît notamment dans des versions sous-marines hautes en couleur. Toujours dans le secteur des garde-temps de luxe, Jaeger-LeCoultre relance la mythique Polaris Memovox dont la sonnerie a été conçue, à l'origine, pour se faire entendre sous l'eau et indiquer au plongeur son heure de remontée. Parmi les sujets les plus emblématiques, outre les célèbres Radiomir que Panerai créa dans la première moitié du siècle dernier pour les plongeurs de la marine italienne, la Fifty Fathoms de Blancpain figure en bonne place. L'horloger suisse la développe au début des années 1950 pour l'unité d'élite des nageurs de combat formée par Bob Maloubier et Claude Riffaud. La Fifty Fathoms (soit «50 brasses anglaises» qui correspondent à une profondeur de 91,45 m) sort en 1953. Plus d'un demi-siècle après, Blancpain ressort cette montre de plongée ultrasexy avec une grande date.
Last but not least, plusieurs griffes sortent cette année des pièces hautement étanches à un prix plancher. À l'instar de la Seamaster de Tissot, une automatique à 700 euros. Ou la très désirable - et ergonomique - SPB079 automatique de Seiko qui plonge à 200 mètres et coûte autour de 900 euros.
Par Fabienne Reybaud
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