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A l’aube du XXIe siècle, environ un cinquième de la population résidante en Suisse est de nationalité étrangère. Chaque année, quelque 80 000 personnes de nationalité étrangère (84 000 en 2000) arrivent en Suisse au bénéfice d’un permis de séjour annuel (permis B) ou d’établissement (permis C), tandis que 60 000 autres (59 000 en 2000) quittent le pays. Sans l’apport de la migration, la population de la Suisse serait non seulement en décroissance, mais présenterait aussi un niveau de vieillissement bien plus élevé qu’il ne l’est aujourd’hui. Ces différents éléments traduisent l’importance de la migration étrangère sur l’évolution démographique.
La naturalisation a pour sa part un rôle sur l’évolution de la population de nationalité suisse : en l’absence de changements de nationalité, la population au bénéfice d’un passeport suisse diminuerait suite à un solde naturel négatif – nombre de décès plus élevé que celui des naissances – et à un solde migratoire négatif.
La naturalisation joue un rôle direct sur l’évolution démographique non seulement par le fait qu’elle a un impact sur la taille et la structure des populations suisses et étrangères, mais aussi en raison de son rôle sur l’éventualité d’un retour au pays et donc sur le flux d’émigration de retour. Pour cette raison, les différentes projections démographiques effectuées par l’Office fédéral de la statistique [ofs, 2002] ou par Avenir Suisse [Münz et Ulrich, 2001] intègrent la composante « nationalité » dans les modèles prospectifs et posent différentes hypothèses concernant la naturalisation.