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Parmi les plus de quatre cent septante daguerréotypes du corpus Eynard, on ne compte, selon l'historien de la photographie Nicolas Crispini, que cinq plaques rehaussées avec finesse, dont ce portrait de groupe réalisé à Beaulieu en 1842, sur lequel Jean-Gabriel Eynard pose avec ses petits-enfants et sa petite-nièce Mathilde Odier.
Ce portrait de groupe est soigneusement composé. Les volets intérieurs peints de délicats motifs végétaux offrent un magnifique arrière-plan aux six modèles. Conformément à son habitude, Eynard utilise le cadre architectural pour structurer sa composition et distinguer les groupes de personnes. Le corps d’Hilda, aligné sur le montant vertical de l’huisserie de la porte-fenêtre, fonctionne comme l’axe de la composition. Le rose pastel de la robe de la fillette et le bleu pâle du vêtement de Mathilde sont appliqués avec beaucoup de soin, donnant à cet ensemble un rendu d'une grande douceur. Il est très probable qu’Eynard ait fait appliquer ces teintes par un atelier spécialisé.
Différents procédés de coloriage des daguerréotypes sont mentionnés dans le traité de photographie de Lerebours (1843), qui n’en est pas adepte : « Quant à nous, nous ne sommes nullement partisan de cette opération ; et nous trouvons que faire enluminer par une main humaine une image photographique, c’est la même chose que de faire retoucher une miniature de madame de Mirbel par un peintre d’enseignes. » (Lerebours 1843, p. 81). (U. Baume-Cousam)
inscription sur l'oeuvre