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Le procès du naufrage du pétrolier Prestige s'est ouvert mardi à La Corogne, en Espagne, dix ans après les faits. Quatre accusés, dont le commandant du navire, vont être jugés pendant plusieurs mois. L'accident avait provoqué la plus grave marée noire de l'histoire de l'Espagne.
Cette première journée d'audience a été consacrée à des questions de procédure. Le début proprement dit du procès interviendra le 13 novembre, lorsque commenceront les auditions des accusés.
Parmi eux le commandant grec du navire, Apostolos Mangouras, âgé de 78 ans, le chef mécanicien, Nikolaos Argyropoulos, ainsi que le directeur de la Marine marchande espagnole de l'époque, José Luis Lopez-Sors. Ces trois hommes se sont assis sur le banc des accusés. Le quatrième accusé, l'officier en second philippin, Ireneo Maloto, est aujourd'hui en fuite.
Absence dénoncée
Les organisations écologistes dénoncent l'absence de responsables politiques. Elles rappellent que le gouvernement de l'époque avait ordonné que le navire en dérive soit éloigné des côtes, passant outre les recommandations d'experts qui préconisaient de le faire rentrer dans un port pour y contenir la fuite de pétrole.
Elles s'indignent aussi que les conséquences environnementales de la marée noire restent en partie inconnues. Une étude scientifique, publiée en 2010, affirmait ainsi que les pêcheurs ayant participé au nettoyage de la pollution présentaient des modifications de leur ADN et des problèmes pulmonaires.
Dix ans après
Le début des auditions coïncidera avec l'anniversaire, jour pour jour, du début de la catastrophe. Le 13 novembre 2002, le Prestige, un pétrolier libérien battant pavillon des Bahamas, subissait une voie d'eau, en pleine tempête, au large de la Galice dans le nord-ouest de l'Espagne. Il était chargé de 77'000 tonnes de fuel.
Il avait ensuite dérivé pendant six jours dans l'Atlantique en laissant s'échapper de la coque 50'000 tonnes de brut, avant de couler le 19 novembre 2002. Des milliers de kilomètres de côtes atlantiques avaient été polluées.
ATS