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MethaRoad
Étude de faisabilité de l'utilisation des fauches des bords des routes directement dans la digestion anaérobie.
Le projet
Les herbes fauchées pour entretenir les bords de routes sont une source de matière organique qui pourrait fournir de la biomasse pour la production d'énergie, mais ce potentiel est sous-exploité en Europe. Sa valorisation suscite pourtant un intérêt croissant car sa production ne génère pas d'émissions supplémentaires de gaz à effet de serre et ne nécessite pas l'utilisation de terres arables. Cette étude, réalisée en collaboration avec le bureau EREP SA et HEIA-FR, évalue la faisabilité de l'utilisation de l'herbe des bords de route comme substrats dans la digestion anaérobie. La teneur en polluants tels que les (micro)plastiques, HAPs et métaux lourds est évaluée pour 5 types de routes en Suisse récoltées sur deux campagnes (juin et septembre 2021), suivi d'une évaluation de leur potentiel en biométhane, leur potentiel énergétique et son intégration dans le paysage de la méthanisation en Suisse.
- La teneur de la matière sèche est en accord avec les changements saisonniers pour tous les types de routes ; 20-30% au printemps et 20-40% après l'été ;
- Le rapport C/N des herbes prélevées le printemps présente un ratio C/N de 21/1 à 40/1, alors que le ratio des herbes prélevées l’été est de 16/1 à 31/1 ;
- La teneur en polluants de l'herbe est inférieure pour les HAP, les métaux lourds et les microplastiques à la limite de quantification indiquée dans l'ORRChim ;
- La combinaison des micro- (< 50 µm) et macroplastiques (> 5 mm) présents dans le substrat dépasse la limite ORRChim (0.1%). Ceci montre l'importance et la nécessité du nettoyage des routes afin de garantir la qualité du digestat pour son retour au sol sous forme d'engrais ;
- Le potentiel du biométhane sur la matière fraiche est compris à 55 - 120 Nm3CH4/t en moyenne. Le potentiel du biométhane sur la matière organique est compris entre 315 - 422 Nm3CH4/t en moyenne ;
- En termes de tonnage, cela pourrait représenter des quantités de biomasse herbeuse de l’ordre de 39’000 et 58’000 t/an en matière fraiche, en considérant les routes nationales et cantonales en Suisse ;
- En tenant compte des caractéristiques physico-chimiques moyennes obtenues après analyse, entre 5'900'000 et 8'800'000 Nm3 (soit entre 32 et 48 GWh sur PCI) de biogaz pourraient être produits annuellement, en les valorisant par cogénération ou injection dans le réseau de gaz naturel, par exemple.
Numéro du projet OFEN : SI/502089