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L'Alpe d'Huez est restée britannique: Tom Pidcock, champion olympique de VTT, a maîtrisé la montée mythique pour gagner en solitaire la 12e étape du Tour de France. Celle-ci a été sans conséquence pour le Danois Jonas Vingegaard, toujours porteur du maillot jaune.
Dans une ambiance de feu, Vingegaard a résisté à deux démarrages de Tadej Pogacar, le vainqueur sortant, défaillant la veille dans le col du Granon. Vingt-quatre heures plus tard, le Slovène a réagi et a testé à deux reprises le maillot jaune. Sans insister quand il a vu Vingegaard coller à sa roue jusqu'à la ligne, en cette étape courue sous une forte chaleur.
«Après ce qui s'est passé hier (mercredi), je n'étais pas en confiance comme j'aurais aimé l'être. Je pense que j'aurais pu être meilleur. Mais la route est encore longue, je suis prêt pour les étapes à venir», a commenté Pogacar. «Je m'attendais aux attaques de Tadej (Pogacar), il recommencera chaque fois qu'il le pourra. Je dois le surveiller», a répondu Vingegaard.
Bardet recule
Le Danois, qui compte 2'22 d'avance sur Pogacar au classement général, a couru en défense dans ce second volet alpestre, qui a coûté la deuxième place du classement général à Romain Bardet, victime d'un coup de chaud dans la montée finale. En ce jour de Fête nationale, les Français ont d'ailleurs passé une journée en retrait à l'image de David Gaudu (13e) qui s'est reproché de «manquer de confiance», d'avoir craint d'exploser en raison du rythme imposé par l'équipe Jumbo dans l'Alpe d'Huez (van Aert, puis Roglic, Kruijswijk et enfin Kuss).
Bardet a décroché à six kilomètres de la ligne, mais il est parvenu à limiter la perte à une vingtaine de secondes. Il a reculé à la quatrième place, à seulement neuf secondes de la troisième marche du podium virtuel, occupée par le Gallois Geraint Thomas, le seul à terminer dans le même temps que Pogacar et Vingegaard sur la ligne.
Grand talent
Thomas, vainqueur à l'Alpe d'Huez en 2018, a passé le témoin à Pidcock, l'un des grands talents de l'équipe Ineos, qui brille sur tous les terrains. Champion olympique de VTT l'été dernier à Tokyo, champion du monde de cyclocross l'hiver dernier, le jeune Anglais (22 ans) a réussi d'ores et déjà ses grands débuts dans la Grande Boucle.
Par coïncidence, son affirmation dans le Tour, venant après une campagne de classiques remarquée l'an dernier, a eu lieu le jour de la renaissance de son compatriote Chris Froome, le quadruple vainqueur du Tour entre 2013 et 2017. Le Britannique, revenu avec Pidcock sur l'échappée initiale dans la descente du Galibier, a résisté dans la montée finale pour prendre la troisième place de l'étape.
Froome (37 ans) n'avait plus jamais été à pareille fête depuis son accident du 12 juin 2019. Il avait alors effectué une grave chute lors de la reconnaissance du contre-la-montre du Dauphiné, suivie par des longs mois de convalescence.
Foule énorme
Le long des 21 virages de la montée envahie par une foule bigarrée et très internationale, Pidcock a pris les devants à l'approche des dix derniers kilomètres. Il a fini par creuser l'écart sur le Sud-Africain Louis Meintjes, qui s'est longtemps accroché avant de prendre la deuxième place, à 48 secondes.
À l'inverse de 2018, aucun incident majeur n'a été enregistré durant la course pour rejoindre la station de l'Oisans, où le succès populaire évoque un phénomène de société. À défaut d'avoir donné lieu au scénario palpitant du col du Granon, l'Alpe d'Huez demeure une arrivée mythique.
Pour Pidcock, son nouveau petit prince qui annonce vouloir davantage qu'un succès d'étape à l'avenir, c'est même «l'arrivée la plus iconique du cyclisme mondial».
Tom Pidcock : «Je n'ai jamais vu ça»
- «C'est l'une de mes plus belles expériences. C'est juste incroyable... Obtenir ma première victoire sur le Tour de France à l'Alpe d'Huez ! Ce matin, on voulait être dans l'échappée. Je savais que je devais tenir dans le Galibier pour revenir dans la descente. Si je n'avais pas pu descendre aussi vite, je n'aurais pas pu revenir. C'était le bon scénario. Il fallait quatre à cinq minutes au pied (de l'Alpe d'Huez) pour pouvoir gagner. La montée de l'Alpe d'Huez ? Je n'ai jamais vu ça, les spectateurs, les drapeaux... Il n'y a rien de plus fort.»