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Actuellement, aucune centrale de GP n'est opérationnelle en Suisse. Les chercheurs ont donc défini six centrales géothermiques fictives, donc trois avec deux puits (duplet) et trois autres avec trois puits (triplet). Chaque centrale dispose de sa propre unité de production électrique.
Pour évaluer la performance d’un projet donné, les chercheurs ont défini 12 indicateurs couvrant les trois piliers du développement durable (environnement, économie et société), qui sont ensuite estimés pour les six cas de centrales géothermiques fictives dans chaque municipalité. Les cinq indicateurs environnementaux sont le changement climatique, la toxicité pour l'homme, la formation de particules fines, l'épuisement de ressources en eau douce et l'épuisement de ressources en métaux. En ce qui concerne l'économie, les chercheurs ont évalué le coût moyen de production et la fiscalité imposée aux entreprises exploitantes. Les cinq indicateurs sociaux sont le risque d'accident non sismique, le risque sismique naturel, la sismicité induite, le risque sur la population et la présence de parcs nationaux/régionaux.
Les scientifiques ont utilisé la méthode de l'analyse du cycle de vie (ACV) pour calculer les indicateurs environnementaux. Tous les indicateurs environnementaux et économiques décrits ci-dessous sont normalisés par kWh d’électricité produit par la centrale géothermique au cours de son activité. L’indicateur pour le changement climatique représente la masse de gaz à effet de serre rejetée dans l'atmosphère. L’indicateur pour la toxicité pour l'homme représente le nombre d'années perdues pour cause de maladie ou d'invalidité permanente. L’indicateur pour la formation de particules fines représente la masse rejetée de particules dont le diamètre n’excède pas 10 micromètres. Les indicateurs pour l’épuisement des ressources en eau douce et en métaux représentent la masse de chaque ressource utilisée de manière respective. Tous ces indicateurs varient dans l'espace et sont sensibles au gradient de température dans le substrat. L'indicateur "Coût de production moyen" représente les coûts moyens, y compris l’amortissement du capital, ainsi que les coûts d’exploitation et de fin de vie de la centrale. Cet indicateur est également sensible au gradient de température dans le substrat. Par conséquent, les chercheurs ont obtenu des valeurs différentes pour ces indicateurs pour chaque municipalité, en se basant sur le gradient de température du substrat observé.
En revanche, aucune dimension spatiale n'est prise en compte pour le risque d'accident non sismique, puisque cet indicateur ne dépend que du nombre de puits forés. L'imposition fiscale des sociétés exploitantes se réfère à l'imposition en pourcentage aux industries en vigueur dans le canton concerné. Le risque sismique naturel est exprimé sur une échelle ordinale comme étant faible, moyen ou élevé, sur la base des zones sismiques selon la norme 261 de la société suisse des ingénieurs (SIA). Les chercheurs considèrent ce risque comme un indicateur de l'acceptation sociale, où des valeurs élevées correspondent à une acceptation sociale plus faible et inversement.
Pour l’indicateur de sismicité induite, les chercheurs ont se sont basés sur le volume total prévu de fluide injecté pour la stimulation. Plus le volume est important, plus le risque de sismicité induite est élevé. Pour l'indicateur de risque sur la population, les chercheurs se sont référés au nombre d'habitants. Plus la population d'une municipalité est importante, plus le nombre d'habitants potentiellement affectés par des séismes induits est élevé.
Enfin, la présence ou l'absence de parcs nationaux/régionaux indique si une municipalité est plus adaptée à un potentiel projet de GP, puisque les parcs peuvent être soumis à des réglementations spécifiques qui peuvent affecter le démarrage ou même l'acceptation du projet.
Les chercheurs ont estimé les valeurs des indicateurs pour les six centrales géothermiques fictives de chaque municipalité et les ont introduites dans l’outil de sMCDA. L'algorithme a ensuite attribué une note en terme de performance au regard de la durabilité du projet (élevée, moyenne-élevée, moyenne, moyenne-faible, faible) associé à chaque municipalité en tenant compte du niveau d'acceptation d’un décideur hypothétique, c'est-à-dire de son niveau d'exigence pour l’acceptation d’une certaine note, des préférences des parties prenantes et de l'incertitude des indicateurs. Comme ils n'ont pas mené d'enquête pour connaître les préférences des parties prenantes, les chercheurs ont défini et générés des profils de préférence représentatifs.