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PAR SOPHIE MURITH
Douze mètres. La longueur de l’arbre généalogique de la famille De Nervaud donne une idée du travail qui a été entrepris pour l’établir. Le généalogiste fribourgeois Benoît de Diesbach-Belleroche s’y est collé dans les années nonante. Il s’est appuyé sur les recherches préalables de l’avocat Joseph Denervaud, né à Bouloz et aujourd’hui domicilié à Fribourg. Depuis l’âge de 12 ans, ce dernier accumulait les documents sur ses ancêtres. Les racines de la famille ont ainsi été déterrées sur sept siècles et une vingtaine de générations.
Les 3657 porteurs de patronymes Denervaud, Dénervaud, Denervaux, de Nervaux, de Nervo ou de Nervaux-Loys, originaires de Bouloz, Châtonnaye, Mézières, Mossel, Porsel, Villaz-St-Pierre ou de France proviennent tous d’un hameau de Prez-vers-Siviriez: Nervaux, soit le val noir.
Denervaud d’Invaud
Jacques-Joseph Denervaud D’Invaud fut juré de Rue au XVIIIe siècle et ses descendants sont bourgeois de Bouloz, Porsel et Mossel. Il est le maître d’œuvre, avec ses sœurs, de la ferme d’Invaud à Mossel. Les propriétaires des magasins de chaussures du même nom descendent de cette branche.
... De Châtonnaye
Le premier notable de cette lignée est Jacques de Nervoz (1655), gouverneur de Châtonnaye en 1717. Actuellement elle est représentée, notamment, par Bertrand, vainqueur en 1992 du classement général de la Coupe du monde de snowboard, et par Alain, ancien joueur du Fribourg Olympic.
De Nervaux-Loys
La création de cette branche remonte au XIXe siècle. Originaire de Mézières, Jean-Baptiste Denervaux s’établit en France et, à la suite de son mariage avec Delphine de Loys, leur descendance prit le nom de Nervaux-Loys.
De Nervaux, de Nervo
Vers 1640, Jean de Nervo quitta Bouloz pour s’établir à Lyon où il fut membre de la corporation des tireurs d’or. L’aîné de ses fils est l’ancêtre des Nervaux établis aujourd’hui en Angleterre. Le fils cadet de Jean, Barthélemy, fut contrôleur à la Cour des monnaies de Lyon et conseiller secrétaire du roi durant vingt ans. En 1752, il obtint la noblesse héréditaire. Il est l’ancêtre des Nervo actuellement en France. Son descendant Edouard est le fondateur du Centre généalogique de Paris.
Denervaud-Boullay
Aujourd’hui, ils ne portent plus que le patronyme Denervaud. Le membre le plus ancien de la branche est Claude de Nervaud-Boullay qui vivait à la fin du XVIIe siècle. Sa descendance compte nombre de laboureurs, d’agriculteurs, d’éleveurs, de maçons, mais aussi un sergent-major au haras d’Avenches, un fromager en Russie et l’architecte de la Grenette à Fribourg. Plusieurs d’entre eux furent syndics de Bouloz.
Selon les recherches menées, toutes ces branches, qui possèdent chacune ses armoiries et qui se sont étendues jusqu’au Mexique, descendraient d’un seul homme: Rodolphe. Ce dernier vint s’établir entre 1469 et 1490 à Bouloz. Deux hypothèses vraisemblables se dessinent pour expliquer son déménagement: Rodolphe ou son père aurait acheté des terres de la famille de Bouloz, connue depuis le XIIe siècle notamment comme donatrice du couvent de Hautcrêt. Autre possibilité: Rodolphe aurait épousé une fille de cette même famille.
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Mentionnés dès 1345
Les archives de l’Etat de Fribourg conservent, dans une charte de la châtellenie de Rue, la première mention du nom «de Nervauz».«Le 4 décembre 1345, Rolet, fils de feu le donzel Humbert Pachot de Nervauz, et Henriette, sa femme, fille de feu Jean Lucens, bourgeois de Moudon, vendent à Jean de Prez, donzel, fils de feu sire Aymon de Prez, chevalier, pour le prix de 60 livres bon. laus. toute leur dîme de Vaudrens...»
Ce document apprend que la famille avait, à cette époque, un patronyme différent, «Pachot», qui fut remplacé par celui de «de Nervaux», du nom du hameau où elle résidait. Le titre de donzel s’appliquait au fils de chevaliers non encore adoubés.
L'épouse de Rolet est bourgeoise de Moudon, démontrant que les «Pachot de Nervauz» devaient avoir une situation assez privilégiée. Un replat caillouteux à Nervaux peut laisser penser qu’une construction de pierre a été érigée à cet emplacement. Cet endroit est désigné comme le pré du château et une tour est présente sur certaines des armoiries de la famille. SM
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Des gens de la terre, loyaux et généreux
Vice-présidente de l’Association des descendants de Rodolphe de Nervaud, l’ancêtre commun, Solstice Denervaud s’enthousiasme lorsqu’elle parle de sa famille. Avec les précautions d’usage et après réflexion, la représentante de la branche d’Invaud en décrirait les membres comme «généreux, loyaux. Ce sont des gens de la terre, même s’il y a aussi eu des juges.»
Très liée à ses cousins germains et à ses deux sœurs et son frère, l’organisation des cousinades de Porsel (2005), La Joux (2008) et Courson, en France (2011) lui a permis de se rapprocher de sa parentèle plus éloignée. «Nous nous voyons régulièrement pour monter les réunions de famille, explique la Lausannoise d’adoption, née à Romont en 1951. La première a réuni entre 350 et 400 personnes.» Même les descendants marseillais et anglais s’étaient déplacés. La prochaine cousinade est prévue sur deux jours, en 2014, à Mézières. «Nous irons visiter le château, l’église et le Musée suisse du vitrail, à Romont, tous liés à l’histoire de membres de notre famille.»
Sa famille est, selon Solstice Denervaud, également très attachée à la musique. Elle-même, fondatrice d’Ishtar music S.àr.l. voilà bientôt vingt ans, produit des artistes en Suisse et fut, en son temps, directrice artistique du Leysin rock festival. Elle fut la première à organiser un concert d’Eminem en Suisse. Solstice Denervaud garde de forts liens avec la Glâne. Elle rend souvent visite à son père Emile, à Siviriez, et à sa tante, à Mézières. SM