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Conférence donnée par Rudolf Steiner
Dornach (CH), 12 août 1916
Tel qu'il est aujourd'hui, l'homme admet l'existence de cinq sens. Mais nous savons que cela n'est pas justifié, car en vérité nous avons à discerner douze sens. L'existence des sept autres que nous avons à énumérer au-delà des cinq sens habituels est tout aussi justifiée pour la période terrestre que ces cinq. Vous le savez, on les énumère ainsi: sens de la vue, sens de l'ouïe, sens du goût, sens de l'odorat et sens du toucher. On nomme souvent ce dernier le sens tactile, sans discerner nettement ce que tout récemment certains veulent cependant distinguer, à savoir le sens propre du toucher du sens de la chaleur. Une époque plus ancienne a encore confondu complètement le sens du toucher et le sens de la chaleur, lesquels sont naturellement bien distincts l'un de l'autre. Par le sens du toucher, nous percevons si une chose est dure ou molle; le sens de la chaleur est quelque chose de tout autre. Mais lorsqu'on a vraiment un sens du rapport entre l'homme et le reste du monde, on doit distinguer douze sens. Nous allons aujourd'hui les énumérer encore une fois.
Le sens du toucher est en quelque sorte celui par lequel l'être humain entre en rapport avec la nature matérielle du monde extérieur. Par ce sens du toucher, l'homme se heurte constamment au monde extérieur, il est en contact avec celui-ci de la façon la plus rude qui soit. Cependant, le processus qui s'accomplit par le toucher s'effectue à l'intérieur de la peau. L'homme heurte l'objet de sa peau. Ce qui se passe alors, la perception qu'il a de l'objet auquel il se heurte, s'effectue bien entendu à l'intérieur de la peau, à l'intérieur du corps. Donc le processus, le phénomène du toucher, s'effectue à l'intérieur de l'homme.
Ce que nous pouvons appeler le sens de la vie réside encore plus avant à l'intérieur de l'organisme que le processus du toucher. C'est un sens à l'intérieur de l'organisme auquel l'homme s'est à peine habitué à penser aujourd'hui, parce que ce sens de la vie, dirais-je volontiers, agit très sourdement dans l'organisme. Lorsque quelque chose est perturbé dans l'organisme, on ressent ce trouble. Mais cette harmonieuse coopération de tous les organes qui s'exprime quotidiennement et toujours à l'état de veille par le sentiment vital, par la tonalité vitale, on n'en tient ordinairement pas compte parce qu'on le considère comme un droit. C'est ce qui se manifeste par la sensation d'être imprégné par un certain bien-être, par un sentiment de vie. Lorsque ce sentiment est un peu amoindri, on cherche le repos afin qu'il reprenne sa fraîcheur. On ressent ce rafraîchissement, cet amoindrissement du sentiment vital, seulement on est en général trop habitué à le sentir pour en avoir une sensation constante. Mais il existe un sens distinct, le sens de la vie, par lequel nous ressentons le vivant en nous, exactement comme nous voyons avec les yeux ce qui se trouve autour de nous. Nous nous sentons confondus avec le sens de la vie tout comme nous voyons avec l'oeil. Nous ne saurions rien de la façon dont notre vie se déroule si nous n'avions pas ce sens de la vie en nous.
Ce que l'on peut appeler le sens du mouvement est encore plus intérieur, intérieur au corps, que le sens de la vie. Ce sens de la vie ressent en quelque sorte l'état général de l'organisme sous la forme d'un bien-être ou d'un malaise. Mais voilà ce que signifie le sens du mouvement: les membres de notre organisme exécutent des mouvements divers que nous pouvons percevoir. Je ne pense pas ici au déplacement de l'homme tout entier - c'est autre chose -, mais à un bras, à une jambe que vous pliez; quand vous parlez, le larynx se meut; tout cela, cette perception des mouvements internes, des changements de position des différents membres de l'organisme, nous le percevons avec le sens du mouvement.
Par ailleurs il nous faut percevoir ce que nous pouvons appeler notre équilibre. Car en fait, nous n'y prenons pas garde non plus. Quand nous sommes pris de ce qu'on appelle un vertige, que nous tombons, que nous nous évanouissons, le sens de l'équilibre ne fonctionne plus, tout comme le sens de la vue quand nous fermons les yeux. Tout comme nous percevons les changements intérieurs de position, nous percevons notre équilibre quand nous nous plaçons dans un rapport avec le haut et le bas, avec la gauche et la droite, et que nous nous situons dans le monde, que nous nous sentons situés dedans, et debout. Ce sentiment d'être en équilibre, nous le percevons avec le sens de l'équilibre. C'est un véritable sens.
Ces sens fonctionnent par des processus qui en fait se déroulent entièrement à l'intérieur de l'organisme. Quand vous touchez quelque chose, vous vous heurtez certes à l'objet extérieur, mais vous ne pénétrez pas dans l'objet. Quand vous vous cognez à une aiguille, vous dites que l'aiguille est pointue, mais bien entendu vous n'entrez pas dans la pointe quand vous ne faites que tâter, sinon vous vous piqueriez, mais ce n'est déjà plus toucher. Et tout cela ne peut se passer que dans votre organisme même. Vous vous heurtez certes à l'objet, mais ce que vous vivez en tant qu'être doté d'un toucher, s'accomplit à l'intérieur des limites de votre peau. Ce que vous vivez grâce au sens du toucher est donc corporel, intérieur. Et de même, ce que vous vivez par le sens de la vie est corporel, intérieur. Vous ne vivez pas le déroulement ici ou là, à l'extérieur de vous-même, vous vivez ce qui est en vous. Il en va de même avec le sens du mouvement: il ne s'agit pas ici de déplacement, mais des mouvements de mes membres, ou des organes de la parole, donc de mouvements intérieurs - voilà ce qui signifie le "sens du mouvement". Quand je me déplace extérieurement à moi-même, je me meus aussi intérieurement. Il faut distinguer ici entre les deux choses: mes mouvements en vue d'avancer et la position des membres à l'intérieur. Le sens du mouvement est donc perçu intérieurement, comme le sens de la vie et aussi le sens de l'équilibre. Vous ne percevez là rien d'extérieur, vous vous percevez vous-même au sein d'un équilibre.
Vous allez maintenant sortir de vous-même avec le sens de l'odorat. Et vous entrez déjà dans un rapport avec le monde extérieur. Mais vous aurez le sentiment que, par ce sens de l'odorat, vous pénétrez peu à l'extérieur. Par le sens de l'odorat, vous n'apprenez que peu de chose du monde extérieur. L'être humain ne veut d'ailleurs pas du tout savoir ce que l'on peut apprendre du monde extérieur à l'aide d'un odorat plus intérieur. Le chien veut déjà davantage le savoir. Il en est ainsi que l'homme ne veut tout d'abord que percevoir le monde extérieur par le sens de l'odorat, mais qu'il ne veut guère entrer en contact avec celui-ci. Ce n'est pas un sens au moyen duquel l'homme veut entrer très profondément en contact avec le monde extérieur.
Il le veut déjà davantage avec le sens du goût. On fait de ce qui est la qualité du sucre, du sel, quand on en goûte, une expérience déjà très intérieure. L'extérieur est déjà très intériorisé, plus que dans le cas du sens de l'odorat. Il s'agit donc davantage d'un rapport entre monde extérieur et monde intérieur.
Ce l'est davantage encore avec le sens de la vue. Grâce à ce sens de la vue, vous percevez intérieurement bien plus des qualités du monde extérieur que par le sens du goût. Et vous en faites pénétrer en vous davantage encore par le sens de la chaleur. Ce que vous percevez par le sens de la vue vous reste encore plus étranger que ce que vous percevez à l'aide du sens de la chaleur. Par ce sens, vous entrez en fait dans un rapport très intime avec le monde extérieur. Nous vivons très fortement, avec l'objet lui-même, que nous ressentons comme étant chaud ou froid. On vit beaucoup moins l'objet quand il s'agit de ressentir le goût sucré du sucre par exemple. Car finalement ce qui vous importe dans le sucre, c'est ce qu'il devient grâce au sens du goût, et bien moins ce qu'il est à l'extérieur. Avec le sens de la chaleur vous ne distinguez plus l'un de l'autre . Vous vivez déjà très intensément la nature intérieure de ce que vous percevez.
Vous entrez dans un rapport plus étroit encore avec la nature interne du monde extérieur par le sens de la structure intérieure des objets extérieurs, bien plus encore que la chaleur, et beaucoup plus que le sens de la vue. Celui-ci ne nous donne pour ainsi dire que des images de la surface. Quand le métal commence à résonner, le sens de l'ouïe nous révèle ce qu'il est dans son être intérieur. Le sens de la chaleur pénètre aussi déjà dans l'intérieur. Quand je saisis quelque chose, par exemple un morceau de glace, je suis persuadé que ce n'est pas seulement la surface qui est froide, mais qu'il est totalement froid. Quand je regarde quelque chose, je ne vois que la couleur de ses limites, de la surface; mais quand je fais résonner quelque chose, je perçois en quelque sorte intimement la nature intérieure de ce qui résonne.
Et la perception est encore plus intime quand ce qui résonne a un sens. Donc le sens du son: nous pouvons peut-être dire plutôt sens du langage, sens du mot. C'est tout simplement insensé de croire que la perception du mot est la même chose que la perception du son. Elles sont aussi différentes l'une de l'autre que le goût et la vue. Dans le son, nous percevons certes fortement l'intérieur du monde extérieur, mais il faut que cet intérieur s'intériorise encore plus pour qu'en prenant un sens, le son devienne un mot. Nous pénétrons donc encore plus avant dans le monde extérieur quand nous percevons non seulement un son par le sens de l'ouïe, mais que grâce au sens du mot nous percevons ce qui a un sens. Mais par ailleurs, lorsque je perçois le mot, je ne vis pas aussi intimement l'objet, l'être extérieur, que lorsque à travers le mot je perçois la pensée. Sur ce point, la plupart des gens ne voient déjà plus la différence. Il y a cependant une différence entre la perception du mot seul, de ce qui rend un son plein de sens, et la perception réelle de la pensée derrière le mot, Finalement, vous percevez aussi le mot quand il est isolé du penseur par le phonographe, ou même par ce qui est écrit. Mais se plonger directement dans un rapport vivant avec l'être qui forme le mot, se plonger dans l'être qui pense, qui se représente, cela exige encore un sens plus profond que le sens du mot ordinaire, cela exige le sens du penser, dirais-je volontiers. Et un rapport plus intime encore avec le monde extérieur que le sens du penser, c'est ce que nous donne le sens qui nous permet de nous sentir un avec un autre être si bien qu'on le ressent comme soi-même. C'est lorsque grâce au penser, au penser vivant que cet être tourne vers nous, on perçoit le Je de cet être: le sens du Je, le sens du Moi.
Voyez-vous, il faut vraiment distinguer entre le sens du Je, qui perçoit le Je d'autrui, et la perception du propre Je. Ce n'est pas seulement différent parce qu'on perçoit à un moment son propre Je et à un autre moment le Je de l'autre, mais il y a encore une différence qui tient à l'origine. Le germe, ce que chacun peut savoir; peut percevoir de l'autre, fut déjà déposé en nous avec les germes des sens sur l'ancien Saturne. Donc, que vous puissiez percevoir un autre en sa nature de Je, cela vous fut implanté avec les germes des sens sur l'ancien Saturne déjà. Mais votre Je, votre Moi, vous ne l'avez reçu que pendant l'évolution terrestre; ce Je qui vous anime intérieurement n'est pas la même chose que le sens du Je. Il faut distinguer strictement les deux choses. Quand nous parlons du sens du Je, nous parlons de la faculté de l'homme de percevoir un autre Je. Vous le savez, je n'ai jamais parlé que de ce qui est vrai et grand dans la science matérialiste; j'ai fait ici des conférences en la reconnaissant pleinement; mais il faut vraiment se plonger dans cette science matérialiste pour que l'on traite aussi avec amour ses côtés d'ombre. C'est aujourd'hui seulement qu'un certain ordre s'établit dans la manière dont elle pense au sujet des sens. C'est maintenant seulement que les physiologistes commencent à distinguer au moins le sens de la vie, le sens du mouvement, le sens de l'équilibre, et à séparer le sens de la chaleur du sens du toucher. Les autres qui sont encore mentionnés ici, la science matérialiste extérieure ne les distingue pas. Donc, je vous prie de bien distinguer l'expérience de ce que vous appelez votre propre Je, de la faculté de percevoir un autre Je. Quand nous sommes en présence d'autrui, nous percevons son Je, vraiment, aussi directement qu'une couleur. Croire que nous déduisons l'existence de ce Je de la perception du corps est en fait complètement inepte, vis-à-vis du fait réel, cela émousse en nous l'existence d'un sens profond par lequel l'homme saisit l'autre Je. Le sens du Je permet de percevoir les autres Je aussi spontanément que l'oeil perçoit la clarté, l'ombre et les couleurs. C'est un rapport de perception sensorielle avec l'autre Je. Il faut en faire l'expérience. Et comme la couleur agit sur moi à travers l'oeil, l'autre Je agit sur moi à travers le sens du Je. Lorsque le moment en sera venu, nous parlerons d'un organe sensoriel du sens du Je, tout comme nous parlons d'organes pour le sens de la vue. C'est seulement plus facile d'indiquer alors une manifestation matérielle que pour le sens du Je. Mais tout cela existe bien.
Si dans une certaine mesure vous réfléchissez à ces sens, vous pouvez dire que votre organisme se spécifie ou se différencie dans ces sens. Il se différencie réellement ; car voir, ce n'est pas percevoir des sons ; la perception du son, ce n'est pas entendre; entendre est à nouveau autre chose que percevoir le penser ; la perception du penser, ce n'est pas le toucher. Ce sont des zones isolées de l'être humain. Nous avons dans ces zones sensorielles douze secteurs différents de l'organisme humain. Cette spécialisation qui fait de chaque sens une zone a part, je vous prie de la retenir particulièrement; car c'est à cause de celle-ci que l'on peut inscrire ces douze zones dans un cercle dans lequel on distingue douze domaines séparés. (Voir dessin).
C'est autre chose que les forces qui, elles, résident plus profondément en l'homme que ces forces sensorielles. Le sens de la vue est lié à l'oeil, c'est un certain secteur dans l'organisme humain. Le sens de l'ouïe est lié à l'organisme auditif, pour l'essentiel tout au moins; mais il n'est pas seul à s'en servir; il s'accomplit un travail avec une part beaucoup plus grande de l'organisme, on entend avec une zone bien plus vaste qu'avec l'oreille, seulement l'oreille est la zone auditive la plus normale. Toutes ces zones sensorielles sont parcourue de façon égale par la vie. L'oeil vit, l'oreille vit, ce qui est à la base de l'ensemble vit ; ce qui est à la base du sens du toucher vit - tout vit. La vie habite tous les sens, elle passe à travers toutes les zones sensorielles.
Quand nous continuons d'étudier cette vie, elle nous apparaît par ailleurs différenciée. Il n'existe pas seulement une force de vie. Il vous faut à nouveau distinguer: le sens de la vie, grâce auquel nous percevons la vie, c'est autre chose que ce dont je parle maintenant. Je parle de la vie elle-même, dont le flux nous traverse ; elle se différencie en nous mêmes à nouveau, et en outre de la façon suivante (voir dessin). Il nous faut nous représenter les douze zones sensorielles comme au repos dans l'organisme. Mais la vie traverse de ses pulsations tout l'organisme, et la vie est à son tour différenciée. Nous avons là tout d'abord quelque chose qui, d'une certaine façon, doit être présent dans tout ce qui vit: la respiration. Cette relation au monde extérieur qu'est la respiration, il faut qu'elle soit en quelque sorte présente en tout ce qui vit. Je ne puis étudier en détail maintenant avec les différences ce qu'il en est pour les animaux, les plantes et les humains. Mais en tout ce qui est vivant, il y a sous une certaine forme la respiration. La respiration de l'homme est constamment renouvelée par quelque chose qu'il recueille dans le monde extérieur, et qui profite à toutes les zones sensorielles. Le sens de l'odorat, le sens de la vue, le sens de la sonorité ne peuvent fonctionner si ce que la vie doit à la respiration ne profite pas à tous les sens. Il me faudrait donc ajouter à chaque sens "respiration". N'est-ce pas, la respiration a lieu; mais le processus vital qui s'accomplit lors de la respiration bénéficie à tous les sens.
En second lieu, nous pouvons distinguer l'accroissement de chaleur. Elle apparaît en même temps que la respiration, mais elle est autre chose que celle-ci. L'imprégnation intérieure par la chaleur est un deuxième mode d'entretien de la vie. Un troisième est la nutrition. Nous avons là les trois manières de favoriser la vie, de l'extérieur, par des processus vitaux: respiration, apport de chaleur, nutrition, et dans tout cela le monde extérieur est présent. La respiration suppose une substance, l'air chez l'homme et aussi chez l'animal. L'apport de chaleur suppose une température déterminée de l'environnement avec lequel nous entrons en rapport. Représentez-vous seulement combien il vous serait impossible intérieurement de vivre à la bonne température si celle de votre environnement était plus élevée ou plus basse! Imaginez-vous à 100 degrés plus bas: il vous serait impossible de recevoir la chaleur nécessaire; vous cesseriez de recevoir de la chaleur - ou à 100 degrés de plus: vous feriez plus que transpirer! De même, la nutrition est nécessaire, dans la mesure où nous considérons le processus de vie comme un processus terrestre.
Nous pénétrons maintenant davantage dans l'intérieur de l'être avec les processus de vie. Et nous avons le suivant, qui appartient davantage à l'intérieur, ce que l'on pourrait appeler la transformation, l'intériorisation de -ce qui a été reçu de l'extérieur, le changement, la métamorphose de l'apport extérieur. J'aimerais, en conformité avec la manière d'exprimer les choses comme nous l'avons fait autrefois, désigner cette transformation à nouveau par les mêmes expressions. La science ne connaît pas encore d'expression pour cela; il faut d'abord en trouver, car nous ne distinguons pas encore toutes ces choses. Cette transformation intérieure de ce qui est reçu de l'extérieur, et qui donc est dépendante de processus intérieurs purs, nous pouvons à nouveau nous la représenter quadruple. La première chose qui se présente intérieurement après la nutrition, c'est la sécrétion interne. C'est bien une sécrétion quand l'aliment absorbé est transmis au corps, quand il devient un membre de l'organisme. Seulement ce n'est pas la sécrétion vers l'extérieur, c'est la communication dans l'intérieur de ce qui est assimilé au moyen de la substance alimentaire. La sécrétion consiste d'une part en une excrétion vers l'extérieur, mais aussi en l'assimilation des aliments. C'est une sécrétion par les organes qui servent à la nutrition: sécrétion vers l'intérieur de l'organisme. Ce qui est ainsi sécrété dans l'organisme doit être conservé dans le processus de vie, et c'est à nouveau un processus de vie particulier en soi, qu'il nous faut designer par le terme de "conservation". Mais pour que la vie puisse subsister, il faut que non seulement elle maintienne ce qu'elle absorbe, il faut qu'elle l'augmente. Tout ce qui vit est soumis à une augmentation intérieure: processus de croissance au sens le plus large du terme, et qui fait partie de la vie, de la conservation et de la croissance.
Ensuite, fait encore partie de la vie ici sur terre la production de l'ensemble; le processus de croissance exige seulement qu'un élément produise l'autre. La reproduction est un processus supérieur à la simple croissance, et qui produit le même individu.