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Fatigué de la vie mondaine et routinière qu’il mène à Rome, le riche directeur de maison d’édition incarné par Alberto Sordi décide de partir à la recherche de son beau-frère en Afrique. Celui-ci a disparu quelques années plus tôt du côté de l’Angola. L’aventure, cocasse et pleine de rebondissements, lui permet de retrouver celui qui est devenu chef d’une tribu.
Tour à tour, cet entrepreneur et son comptable joué par Bertrand Blier doivent composer avec les colons portugais. Même si le propos n’a rien de politique, ce film est l’occasion de démontrer toute la brutalité et le racisme d’une large part de l’administration portugaise dans ses colonies. Entre 1960 et 1975, l’Angola, tout comme le Mozambique, la Guinée Bissau, le Cap-Vert et Sao Tomé, les autres composantes de l’Empire portugais, sont dans le viseur de la communauté internationale. Ettore Scola se joue de la violence exercée contre la population locale : la scène particulièrement comique du barrage humain exigé par un couple de Portugais pour franchir un fleuve est révélatrice de ce mépris affiché au sein de l’Empire portugais. Le décalage culturel et la volonté d’exotisme du héros nourrissent l’ironie et le second degré du film. Ettore Scola se joue d’une idée qui apparaît avec les 30 Glorieuses et la consommation de masse : les sociétés occidentales sont malades de leur matérialisme, elles doivent se tourner vers l’Asie ou l’Afrique, terres d’authenticité. En mettant en scène un riche industriel en crise de valeur, Ettore Scola renoue avec les personnages grotesques et ridicules qui font le génie de ses films.
Romain Dostes, «Afrique à vivre»