Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06919.jsonl.gz/1099

Une bonne haine occasionnelle c’est comme un pic d’énergie. Ça booste les surrénales. L’adrénaline augmente, les muscles se tendent et les poils se dressent comme des piquants. Il faut bien cela pour résister aux masses et à ceux qui les manipulent.
Les masses! Les masses populaires, les masses laborieuses. Quelle vilain mot, quelle sale invention. Le concept est en perte de vitesse. Il a été utilisé depuis plus d’un siècle par les grands mouvements idéologiques, type socialisme ou fascisme. Rappelons-nous combien Georges Marchais, secrétaire du Parti communiste français, ou Arlette Laguiller, de LO, jouissaient à l’usage de l’expression «masses populaires».
Le concept de masse signifie une foule immense, indifférenciée, amalgamée par un dénominateur commun. La masse d'un corps peut être définie comme la quantité de matière contenue dans ce corps. Il emprunte à l’astrophysique l’image d’agglutination dense de matière qui donne à une étoile ou une planète sa «masse». Il emprunte aussi à la quinquaillerie l'outil qui permet de taper sur la tête des rebelles individualistes.
La masse populaire est la quantité d’individus noyés dans un ensemble où ils ont perdu toute individualité.
Les masses populaires sont définies par des humains qui n’en font évidemment pas partie mais qui se l’approprient. Les masses, c’est tellement plus malléable, manipulable que des millions de personnes prises individuellement. Marx regardait la masse de loin, parlait d’elle comme de sa chose.
L’intérêt du concept de masse est d’éliminer tout pouvoir intermédiaire. Il n’y a plus que la masse et le chef. Staline, Mussolini, Hitler, en sont des illustrations. Ce concept permet la construction d’idéologies totalitaires se prétendant universelles.
Une caractéristique des masses est de produire le symptôme de l'-ismes: communisme, fascisme, etc. En cherchant bien dans ce symptôme comme dans un furoncle, on voit y apparaitre un idéologue.
La masse annule toute notion d’individu, de personnalité, de dimension intérieure et singulière, pour ramener les corps à un paramètre économique (ex: le prolétariat) ou culturel (ex: la race aryenne). La sociologie ne s’occupe que des masses, des groupes et ensembles. Elle est une sorte de totalitarisme mou.
La masse broie. La masse est cannibale. Elle nie les parcours individuels. Sa soumission à une autorité unique est la seule réelle aliénation. Il n’y a aucune liberté dans la masse. Aucune respiration. Aucun espace.
Je hais les masses!