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Avec une vingtaine d’œuvres, une salle du premier étage évoquait les questions soulevées par Robert Heinecken (1931–2006) quant au statut de l’image photographique à l’heure de sa profusion. Heinecken utilise le terme de « paraphotographe » pour expliquer son rapport ambigu à son médium : d’un côté, il utilise presque exclusivement des images préexistantes qu’il compile ou agence pour créer ses propres travaux, et, de l’autre, c’est un véritable virtuose des techniques d’impression et de transfert. Dès la fin des années 1960, Heinecken répand son travail avec des techniques de guérilla : il modifie des magazines, qu’il redistribue ensuite dans les kiosques ou les salons. Avec des légendes ironiques, des surimpressions souvent pornographiques, il se joue de l’effet normalisant des médias de masse, et en particulier de la télévision qui est pour lui le lieu d’un surréalisme involontaire. Plusieurs séries y ont trait, qui confondent les visages des présentateurs entre eux ou pointent l’absurde du spectacle télévisuel.