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Il y a atteinte à la sécurité objective d’une personne par le fait que cette personne est victime d’une infraction. Les atteintes possibles en la matière sont très variées. Elles peuvent, dans le pire des cas, causer la mort de la victime mais peuvent aussi avoir des conséquences moins graves, comme, par exemple, une diminution de la fortune. Le nombre annuel des personnes victimes d'infractions en Suisse n'est pas connu. Il n'existe que les données relatives aux personnes lésées qui se sont annoncées aux services de police. Il reste toujours un chiffre noir plus ou moins grand selon l’infraction et qui dépend du comportement des victimes en matière dénonciations. Afin de réduire au maximum l'influence de ce dernier facteur, l'atteinte objective portée à la sécurité d'une personne sera mesurée en se basant sur la part de la population ayant déclaré aux services de police avoir été victime d’une grave infraction de violence ou d’un brigandage.
Etat au 16 novembre 2018
Principaux résultats
Le terme de atteinte grave signifie ici qu'une personne a été victime d'homicide, de tentative d'homicide avec lésions corporelles graves (c'est-à-dire ayant requis un traitement médical hospitalier) ou victime de lésions corporelles graves consommées. Tous groupes d'âge confondus, 4,0 personnes de la population résidante sur 100'000 ont enregistrées comme victimes de telles infractions.
La statistique montre en outre que 22,4 personnes de la population résidante sur 100'000 ont été enregistrées comme victimes de brigandage.
Contexte
Les personnes de sexe masculin sont plus de deux fois plus victimes d'infractions graves que les personnes de sexe féminin. Les jeunes hommes appartenant au groupe d'âge des 18-19 ans le sont d'ailleurs particulièrement (15,4 personnes de la population résidante sur 100'000). Chez les personnes de sexe féminin, celles du groupe d’âge des 18 à 24 ans sont plus touchées que la moyenne (3,2 personnes de la population résidante sur 100'000). Les femmes et les enfants sont davantage victimes de graves infractions de violence dans le cadre domestique. Concernant les femmes, le partenaire ou l'ex-partenaire est le plus souvent responsable des actes de violence perpétrés alors que les enfants sont, la plupart du temps, victimes de la violence de leurs propres parents. Les hommes - d'après la statistique policière de la criminalité - sont également bien plus souvent victimes de brigandage (2,1 fois plus souvent). Ceux âgés de 15 à 19 ans sont particulièrement touchés (149,2 personnes de la population résidante sur 100'000).
Les circonstances de vie et les comportements à risque diffèrent en fonction du groupe d'âge et du sexe. D'une part, les jeunes ont plus souvent l'occasion et l'habitude de sortir la nuit ; d'autre part, les jeunes hommes craignent moins pour leur sécurité physique, ceci pouvant conduire ce groupe de population à s’exposer plus facilement exposé au risque d’être victime d’une infraction.
Comparaison avec des données subjectives
La criminalité peut aussi susciter un sentiment d'insécurité, autant chez les personnes ayant été victimes d'une infraction que chez les personnes qui ne l'ont pas été directement. Le seul fait que la population connaît l’existence de la criminalité peut d'ailleurs créer un sentiment d'insécurité. En moyenne, 3,9% (± 0,4%) de la population - selon l'enquête suisse sur les conditions de vie (SILC 2016) - se sent fortement menacée par la criminalité et la violence physique. Les femmes se sentent plus souvent et plus menacées que les hommes, dans tous les groupes d'âge. Les hommes et les femmes ont toutefois plus tendance à éprouver un sentiment d'insécurité avec l’âge et ce n'est qu'à partir de 75 ans que cette tendance décroît pour les deux sexes. La répartition entre les groupes d'âge et les sexes permet de conclure que l'insécurité objective et l’insécurité subjective diffèrent fortement selon ces deux variables. Si les jeunes hommes sont - selon la statistique policière de la criminalité - plus souvent touchés que les hommes âgés et que les femmes en général, ils ont un sentiment de sécurité bien plus marqué.
Comparaison internationale
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Tableaux
Méthodologie
La statistique policière de la criminalité permet d'établir le nombre annuel de personnes s'étant annoncées comme victimes. Une personne, même touchée à plusieurs reprises, n'est comptabilisée qu'une fois. Il est en outre possible de mettre en relation le nombre de lésés avec les effectifs de la population, le statut de séjour des lésés étrangers étant connu. La durée du séjour des requérants d'asile en Suisse n'étant pas connue, ces derniers ne sont pas considérés dans la population résidante.
Afin de réduire au maximum l'influence du comportement des victimes en matière de dénonciations, l'atteinte objective portée à la sécurité d'une personne sera mesurée en se basant sur la part de la population qui a dénoncé auprès des services de police de graves infractions de violence ou de brigandage. Il s'agit d'infractions dont on peut présumer qu'elles sont souvent annoncées à la police et, par conséquent, pour lesquelles le chiffre noir restant n’est pas très grand.
Si l'on compare les données relatives à l’atteinte objectives avec celles concernant l’atteinte subjective, encore faut-il veiller à ce que cette dernière relève bien de la criminalité en général et en particulier de la violence physique. Les données utilisées relatives à l'atteinte objective sont tirées de la statistique policière de la criminalité et ne font état que des personnes victimes de graves infractions de violence et de brigandage.
En raison du nombre restreint de cas, les résultats portent sur des données groupant 4 années.
Définitions
Définition de l'indicateur
L'atteinte objective à la sécurité se base sur les personnes victimes de graves infractions de violence et de brigandage enregistrées par les services de police. Il convient donc de représenter les groupes de population plus particulièrement touchés.
L'atteinte subjective à la sécurité est mesurée par le biais de l'enquête suisse sur les conditions de vie (SILC). Pour mesurer le sentiment d'insécurité physique, des personnes de plus de 16 ans sont priées de répondre à la question : « Dans quelle mesure vous sentez-vous menacé(e) par la criminalité et la violence physique? ». Une échelle allant de 0 à 10 est utilisée pour évaluer cette menace, 0 signifiant « pas du tout menacé(e) » et 10 « très fortement menacé(e) ». Sont considérées comme se sentant fortement menacées les personnes qui choisissent la valeur 8,9 ou 10.
Liens