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Un nouveau parc national transfrontalier, celui du Locarnese, pourrait bientôt voir le jour entre le Tessin et l'Italie. Les citoyens des huit communes tessinoises sur lesquelles le projet prendrait forme doivent donner leur aval en votation le 10 juin.
Le Locarnese se distingue par la variété de ses paysages et décors ruraux, souligne l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) sur son site. La nature est marquée par une succession de microclimats: 35 km seulement séparent les îles de Brissago, à l'altitude la plus basse du parc (193 m), de son sommet le plus élevé, le Pizzo Biela (2864 m), qui surplombe la commune de Bosco/Gurin.
Le futur parc entoure le Val Onsernone, qui a toujours été très lié à la Valle dei Bagni, en Italie. La seule route qui dessert la cuvette naturelle italienne passe par le Val Onsernone, en Suisse. Cette proximité a fait germer une idée dans les communes italiennes: créer une zone protégée de leur côté de la frontière et instaurer une collaboration avec le nouveau parc national du Locarnese.
Le canton du Tessin et l'OFEV soutiennent les préparatifs et la création du parc national sur le plan financier. Ils apportent aussi leurs conseils. "La région recèle sans conteste le potentiel requis pour se tailler un beau succès parmi les parcs nationaux de la nouvelle génération", assure Marc Chardonnens, directeur de l'OFEV, dans une interview publiée sur le site de l'office.
Charte publiée
L'OFEV et le Ministère italien de l'environnement ont conclu un accord réglant la collaboration entre la réserve italienne et le parc suisse. Ce texte ne prévoit pas d'aides financières supplémentaires ou nouvelles, chacun des deux Etats étant responsable du financement sur son propre territoire. Il n'entrera en vigueur que si le Parc national du Locarnese est créé.
Le Conseil fédéral a approuvé en février cet accord. Le gouvernement a également révisé l'ordonnance fédérale sur les parcs. Il est désormais possible, sur le plan juridique, d'instituer des parcs nationaux qui s'étendent au-delà des frontières.
Dernièrement, le canton du Tessin et les huit communes concernées ont publié la charte du parc, à savoir un plan de gestion sur dix ans et le contrat passé entre les communes, ainsi que la version adaptée du plan directeur et du plan d'affectation prévu par le canton pour la zone centrale du parc. Les citoyens appelés à voter pourront donc se prononcer en s'appuyant sur ces différents éléments.
Une première?
La création d'un parc national est loin d'être une formalité. Fin 2016, seules neuf communes tessinoises et grisonnes sur 17 s'étaient prononcées en faveur du Parc Adula. Le projet avait ainsi échoué, alors qu'il aurait pu constituer le premier parc national de l'histoire à voir le jour sur la base d'une votation populaire.
Si les citoyens des huit communes concernées disent oui le 10 juin, il faudra encore une décision fédérale pour que le parc puisse voir le jour. Le canton devra adresser à l'OFEV une demande pour l'attribution du label "Parc". Si son évaluation est favorable, l'office attribuera ce sésame à l'organe responsable et versera au canton les aides financières pour la gestion du parc.
En dehors du Parc national suisse, créé en 1914, la Confédération encourage depuis 2008 la création d'autres catégories de parcs: les parcs nationaux, naturels régionaux et naturels périurbains. La Suisse compte actuellement quinze parcs naturels régionaux et un périurbain. En plus de celui du Locarnese, un autre est aujourd'hui en phase de création: le parc naturel périurbain du Jorat (VD).