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Cette étude cas-témoins emboîtée a étudié l’impact de la prise chronique de médicaments diminuant l’acidité gastrique (inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) et anti-H2) sur la survenue d’une carence en vitamine B12. Plus de 200 000 patients d’une organisation de managed care aux Etats-Unis ont été inclus dans l’analyse entre 1997 et 2011. La prise d’antiacides durant deux ans ou plus était associée à un risque augmenté de carence en vitamine B12 après ajustement pour de multiples facteurs causant un déficit de cette vitamine (pathologies ou prise de médicaments, comme la metformine, reconnus comme cause de carence). Ce risque était plus élevé pour les IPP (OR 1,65 ; IC 95% : 1,58-1,73) que pour les anti-H2 (OR 1,25 ; IC 95% : 1,17-1,34). Il existait de plus une association significative entre la dose d’IPP administrée et le risque de carence vitaminique.
Commentaire : Cette étude – la première de cette ampleur – confirme le fait qu’il existe une association entre le déficit en vitamine B12 et la prescription d’antiacides. Même si de multiples biais restent possibles après ajustements, plusieurs éléments laissent penser qu’il existe une causalité entre la prise d’IPP et la carence vitaminique : évidence d’un effet dose-dépendant de la carence, mécanisme physiopathologique plausible (absorption de la vitamine B12 meilleure en milieu acide), association temporelle avec diminution du risque après arrêt du traitement, etc. Il est donc indiqué de doser la vitamine B12 au moindre doute en cas de prise d’IPP ou d’anti-H2 particulièrement en cas de troubles neurologiques, cognitifs ou hématologiques.