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Aux Etats-Unis, un seul procès est en cours dans l'affaire des prothèses de tibias pour le moment. Le dossier est instruit par un Tribunal fédéral à Tulsa, dans l'Etat d'Oklahoma. Mais d'autres plaintes en justice pourraient être déposées dans les prochaines semaines contre Sulzer Medica.
Leroy Harp a 60 ans. En novembre dernier, il a reçu une plaque de fixation pour tibias fabriquée par Sulzer Orthopedics, la filiale américaine de Sulzer Medica.
Très vite après l'opération, il est pris de douleurs lancinantes. «Je ne pouvais plus bouger et je passais, littéralement, du lit au fauteuil et du fauteuil au lit», déclare M. Harp, qui vit à Tulsa. Moins de quatre mois après l'opération, il est ré-opéré pour remplacer la prothèse de genou.
Ce 21 février, des représentants de Sulzer sont présents dans la salle d'opération. Au réveil du patient, ils lui font signer une décharge et repartent avec la prothèse défectueuse.
«Ils sont partis avec la preuve», lance l'avocat du retraité, David Riggs, à swissinfo. «S'il s'agissait d'une entreprise honorable, ils restitueraient la prothèse à mon client qui, après tout, en est propriétaire».
N'ayant obtenu aucune réponse à ses demandes de restitution auprès de Sulzer, David Riggs s'apprête à demander au Tribunal fédéral d'exiger la remise de cette pièce à conviction à la justice.
Au passage, l'avocat accuse la compagnie d'obstruction. «Il se peut que, dans les médias, Sulzer reconnaisse le problème et offre d'aider les patients, mais dans la salle de tribunal, Sulzer rejette toute responsabilité et essaie de faire porter le chapeau au médecin, voire même au patient».
Sulzer doit s'attendre à d'autres procès dans l'affaire des prothèses de genou aux Etats-Unis. Rien qu'à Tulsa, l'avocat de Leroy Harp s'occupe actuellement d'une vingtaine d'autres dossiers de victimes. Ailleurs, de plus en plus de patients entrent en contact avec les avocats.
Pour sa part, le grand cabinet Lieff Cabraser examine plusieurs dizaines de dossiers émanant de patients du genou. Il est établi dans quatre Etats dont la Californie et New York et il représente déjà quelques 150 patients ayant reçu une prothèse de hanche.
L'information selon laquelle la société holding de Sulzer va rompre ses liens avec Sulzer Medica est une source d'inquiétude pour les victimes. Mais ce n'est pas la seule.
«Ma véritable inquiétude est de voir Sulzer Medica se séparer de sa filiale américaine, pour échapper à ses responsabilités», indique ainsi l'avocat David Riggs avant d'ajouter: «Sulzer semble faire passer le cours de son action en bourse avant le sort de ses patients».
Marie-Christine Bonzom, Washington