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mercredi 12 mars 2008, par Amis de la FSM
Vers la fin des années 40, la situation internationale s’est aggravée au moment de la guerre froide et par ses séquelles : réarmement, course aux armements et politique de confrontation. Les centrales syndicales nationales unitaires ont été divisées par les avocats de la guerre froide, et l’unité syndicale a été gravement affaiblie.
L’alliance antifasciste des États s’est désagrégée, remplacée sous peu par la confrontation armée entre deux blocs militaires puissants. Les Nations unies et toutes les organisations internationales ont été sérieusement affectées par la politique de confrontation.
Au sein de la F.S.M., suivant les positions adoptées par les différentes centrales syndicales nationales, des divergences politiques aiguës sont apparues à propos de questions importantes. Il s’agissait du rôle des Secrétariats professionnels internationaux, l’attitude envers le plan Marshall, etc.
Analysant les développements de cette période, Louis Saillant, alors Secrétaire général de la F.S.M., a écrit : "Il ne faut pas qu’une centrale syndicale nationale veuille exercer son hégémonie sur l’organisme syndical international unitaire comme voulurent le faire les syndicats américains à propos du Plan Marshall. Nous avions proposé à l’époque - puisque nous avions des opinions divergentes - qu’on prenne simplement acte de l’existence du Plan Marshall et qu’on ne mette pas la F.S.M. dans l’obligation de prendre une décision favorable ou défavorable. On a voulu imposer, malgré tout, la décision, bien qu’il y eut une majorité contre dans la F.S.M.. Nous n’avons pas revendiqué l’usage de cette majorité. Mais certains cherchaient à nous pousser à faire usage d’un vote majoritaire pour provoquer un état de rupture."
Cette scission est venue sous forme de lettre du TUC britannique, lue par son Président Arthur Deakin, à la session du Bureau exécutif de la F.S.M. à Paris, le 19 janvier 1949, exigeant "la suspension pour un an des activités de la F.S.M.". Il a déclaré que si cette proposition n’était pas retenue, le TUC britannique se désaffilierait de la F.S.M.. James B.Carey des États-Unis a été plus direct, il n’a pas mâché ses mots : "il est inutile de prétendre que la F.S.M. est autre chose qu’un cadavre, ensevelissons-le."
La motion a été rejetée car la proposition n’entrait pas dans la compétence du Bureau exécutif. La question a été soumise au Comité exécutif, puis au Congrès. Ensuite, Arthur Deakin, James B.Carey et E.Kupers (Pays-Bas) ont quitté la session.
Peu après, plusieurs organisations se sont retirées de la F.S.M.. La scission devenait formelle. En décembre 1949, ceux qui étaient partis se sont réunis à Londres pour former la Confédération internationale des syndicats libres (CISL).
Il apparaît clairement que les organisations qui à présent constituent la F.S.M. n’avaient jamais eu l’intention de diviser le mouvement syndical. Elles ont toujours cherché à promouvoir l’unité des travailleurs du monde entier.
La F.S.M. a tenu son deuxième Congrès syndical mondial, comme prévu, à Milan, du 29 juin au 9 juillet 1949. Des délégations de 61 pays assistaient au Congrès représentant quelques 71 millions de membres. Le Congrès à rejeté la proposition du TUC britannique d’arrêter toute activité. Le Congrès a adopté une lettre ouverte adressée aux organisations syndicales et militants des États-Unis, de Grande-Bretagne et d’autres pays dont les centrales s’étaient retirées de la F.S.M., les exhortant à chercher un moyen d’arriver à un accord sur des buts communs.
Le Deuxième Congrès syndical mondial a fixé les priorités : la lutte pour la paix, les droits démocratiques des peuples et l’unité syndicale internationale. Des résolutions ont été adoptées concernant les revendications économiques et sociales des travailleurs et les problèmes spéciaux des travailleurs migrants. Le Congrès a également décidé de créer des Unions internationales des syndicats (UIS) pour organiser les activités des différentes branches professionnelles. Giuseppe Di Vittorio a été élu Président et Louis Saillant réélu Secrétaire général. Les vice-présidents étaient V. Kouznetsov (URSS), A. Le Leap (France), V. Lombardo Toledano (Mexique), Lui Caho Chih (Chine), B. Blokzil (Pays-Bas), F. Zupka (Tchécoslovaquie), S.A. Dange (Inde), L. Pena (Cuba) et Diallo (Guinée).