Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06945.jsonl.gz/942

Transmission du SARS-CoV-2 chez les nouveau-nés, les enfants et les adolescents symptomatiques
Jean-François Balavoine
Rev Med Suisse
1014-1014
Les enfants sont sous-représentés dans le nombre de cas COVID-19. De plus, la plupart des cas pédiatriques présentent une gravité limitée, et ne semblent pas être des moteurs majeurs de transmission, contrairement à ce que l’on voit avec les autres virus respiratoires.
L’étude montre cependant que le SRAS-CoV-2 infecte les enfants de tous les groupes d’âge et que, malgré la forte proportion d’infections légères ou asymptomatiques, il est impossible de ne pas les considérer comme des transmetteurs potentiels.
Les auteurs ont utilisé la culture cellulaire pour évaluer la présence de SARS-CoV-2 dans les voies respiratoires supérieures. La cohorte investiguée comprenait 23 cas (nouveau-nés symptomatiques, enfants et adolescents) atteints de COVID-19 diagnostiqués par RT-PCR. L’âge médian était de 12,0 ans. La plupart des patients avaient une infection des voies respiratoires supérieures (n = 13), suivie d’une fièvre sans source et d’une pneumonie (chacun, n = 2).
Le plus jeune patient dont le SRAS-CoV-2 a été isolé était un nouveau-né de 7 jours. Les données obtenues montrent que les concentrations virales initiales chez les enfants symptomatiques sont comparables à celles des adultes.
Les enfants symptomatiques de tout âge ont donc la potentialité d’excréter un virus infectieux en début de maladie aiguë. Les schémas d’excrétion du SRAS-CoV-2 chez les enfants symptomatiques ressemblent à ceux observés chez les adultes.
Par conséquent, la transmission du SRAS-CoV-2 par les enfants est plausible. Des facteurs biologiques ou d’autres inconnues pourraient cependant réduire la capacité de transmission de cette population. Des enquêtes sérologiques et une surveillance systématique des maladies respiratoires aiguës sont nécessaires pour comprendre le rôle des enfants dans cette nouvelle pandémie.
Commentaire :Les résultats montrent de manière très convaincante la potentialité de transmission du SARS-CoV-2 provenant d’enfants infectés symptomatiques. Comme le soulèvent les auteurs, il est important que ces enfants soient isolés et que l’on continue une surveillance épidémiologique stricte. Par ailleurs, nous ne connaissons pas l’importance de l’infection asymptomatique chez des enfants, laquelle pourrait jouer un rôle important dans la surveillance de l’épidémie.
La sécurité des AINS, corticoïdes et antihypertenseurs agissant sur le système rénine-angiotensine lors d’infection à COVID-19 est mise en question. Les AINS pourraient interférer avec le processus de défense face à une infection virale ; ils sont donc plutôt à éviter. Les corticoïdes systémiques n’ont pas montré de bénéfice lors d’infections virales, y compris à d’autres coronavirus ; ils sont à éviter, sauf si prescrits pour une autre indication.
Les patients atteints de maladies autoimmunes (MAI) présentent classiquement un risque accru d’infections, qui est attribué à la maladie en tant que telle, mais aussi aux traitements immunosuppresseurs (IS) et aux comorbidités. Durant l’épidémie COVID-19, l’attitude à adopter par rapport à ces maladies et à leur traitement reste incertaine.
La pandémie de COVID-19 affecte la prise en charge hématologique. Les chimiothérapies intensives pour les lymphomes agressifs et les leucémies aiguës, les traitements du myélome multiple, ainsi que la plupart des greffes de cellules souches hématopoïétiques doivent continuer à être pratiquées. Les lymphomes de bas grade seront traités uniquement avec des indications claires ; et la maintenance repoussée. Les autres néoplasies myéloïdes et leurs traitements causent une immunosuppression ; on recommande une adaptation des doses, mais pas d’arrêt brusque. La drépanocytose rend les patients très vulnérables au COVID-19. La thrombopénie signe un état procoagulant et la sévérité du COVID-19, nécessitant un traitement individualisé.