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Titre : La cité dans le monde grec
Auteur : Raoul Lonis
Éditeur : Armand Colin 20 janvier 2016
Pages : 320
Je ne connais pas grand-chose au monde grec antique. En dehors de l'école, j'ai suivi 6 mois d'histoire basique sur l'antiquité grecque mais rien de plus. Il y a donc un manque important dans ma culture antique et j'ai souhaité le combler en partie en m'intéressant aux institutions des Cités grâce à ce manuel de Raoul Lonis chez Armand Colin. Celui-ci est divisé en 4 parties et 13 chapitres.
Après une introduction qui permet de conceptualiser le terme de Cité et d'expliquer son émergence la première partie se concentre sur les membres et les exclus de la Cité. L'auteur parle des citoyens, des femmes, des libres non-citoyens et des non-libres. Ces quatre chapitres permettent de comprendre quels sont les rôles des différentes personnes au sein des Cités. On observe que la citoyenneté implique des droits spécifiques et surtout la capacité d'en user. Mais la citoyenneté est définie différemment entre les différentes Cités. Certaines sont très restrictives tandis que d'autres sont plus ouvertes. Cependant, la capacité de se battre en hoplite est souvent mis en avant. Les femmes ne sont pas citoyennes mais elles ont une importance pour la vie de la Cité, en particulier la vie religieuse.
La seconde partie s'intéresse à l'espace de la Cité. En premier lieu, l'auteur examine le fonctionnement de cet espace. Il décrit la Cité en elle-même, constituée de lieux symboliques pour la religion et le pouvoir civique. Il décrit aussi l'espace rural agricole qui permet de nourrir les habitant-e-s. Ensuite, il explique de quelle manière cet espace est défendu. Il explicite les tactiques militaires, tout en marquant certaines critiques envers leurs analyses actuelles. Enfin, il s'intéresse à l'économie. Outre les capacités agricoles, il examine l'importance du travail servile en particulier pour les métiers dangereux et difficiles, par exemple le travail dans les mines.
La troisième partie concerne la communauté. L'auteur commence par décrire les différentes solutions de vie en communauté examinées par les auteurs grecs anciens ce qui lui permet de parler des différentes solutions politiques : démocratie, oligarchie et tyrannie. Cette partie donne aussi un grand nombre d'informations sur la vie au sein des Cités, religieuse et militaire. On comprend que les liens communautaires sont importants et que les rituels religieux et civiques permettent de créer ces liens. L'auteur prend aussi le temps d'examiner les problèmes d'inégalités socio-économiques et la manière dont les grecs anciens ont tenté d'y répondre. En dehors du cas de Sparte, dont on ne sait que peu de choses, il y a la possibilité de migrer pour fonder une colonie.
Une dernière partie parle des relations entre l'autre, l'étranger, et les cités. Le premier chapitre examine de quelles manière les étrangers à la Cité sont accueillis. Malgré une méfiance importante, il existe une tradition d’hospitalité. Celle-ci a pu se concrétiser par la nomination de personnes spécifiques chargées d’accueillir les étrangers provenant d'une Cité précise, par exemple des spartiates à Athènes. L'auteur nous parle aussi du besoin de protéger les hérauts, les ambassadeurs et les pèlerins. Chaque catégorie implique une solution précise aussi bien religieuse que politique. Dans le dernier chapitre, l'auteur examine les solutions d'alliances ou de confédérations entre plusieurs Cités. Il explique le but de ces solutions mais aussi leurs limites. En particulier, les alliances sont examinées avec les problèmes posés par des Cités qui prennent l'ascendant sur les autres membres de l'alliance.
Ce manuel est dense. Il implique aussi un nombre de connaissances minimum concernant la chronologie de la Grèce antique. Sans ces informations, il peut être difficile de comprendre certains changements et concepts mis en avant par l'auteur. Malgré ces limites, le livre est intéressant. Il s'intéresse à de nombreux sujets et tous les chapitres sont suivis d'une bibliographie thématique. J'ai aussi apprécié la présence de sources au sein même du texte. Le lexique, en fin d'ouvrage, est aussi très utile pour comprendre certains termes que l'on a rarement l'occasion de rencontrer lorsqu'on ne s'est pas trop intéressé à ce sujet. Je conseillerais donc de lire ce manuel après avoir une connaissance minimale de l'histoire grecque.
Image : Éditeur