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Pourquoi certains enfants, en dépit des carences, des abandons, des agressions, des traumatismes qu'ils ont subis, résistent-ils ? Quelles sont les forces, les capacités qu'ils mettent en oeuvre pour affronter les situations difficiles de leur vie ? Comment se construisent-ils malgré tout ? Le concept de résilience, emprunté à la physique où il décrit la capacité des matériaux à retrouver leur forme originale après avoir subi des déformations par pression, traduit cette part de liberté dans le mode de réaction adaptative de ces enfants. La résilience n'est pas un vaccin contre la souffrance mais une démarche personnelle qui restaure l'estime de soi. C'est aussi une façon positive et réaliste de prendre en charge les victimes, qui peut servir de base à une prévention réelle des séquelles immédiates et à long terme de situations traumatiques. Les auteurs de cet ouvrage proposent leurs réflexions et leurs expériences sur cette façon originale d'aborder la souffrance, et ouvrent des perspectives d'intervention renouvelées à ceux qui s'occupent des enfants et des victimes.
Quelle place tient l'enfant auprès de chacun de ses parents lorsque le couple se sépare ? Que devient-elle au sein des familles recomposées ? Dans le cadre d'une réflexion sur les conséquences de la séparation parentale sur l'enfant, Gérard Poussin, psychologue, et Élisabeth Martin-Lebrun, pédiatre, ont mené une étude sur deux ans dans le département de l'Isère auprès de plus de 3 000 enfants scolarisés en 6e. Première étude en France sur ce sujet, ce travail met en évidence une éventuelle différence d'adaptation de l'enfant selon l'âge où survient la séparation des parents et selon la relation qu'il a avec son père lorsqu'il vit principalement avec sa mère. Cette recherche montre en tout cas que si certains enfants souffrent durablement de la rupture du couple parental, d'autres s'adaptent relativement bien à cette nouvelle situation familiale. Les enfants semblent souffrir davantage des relations conflictuelles de leurs parents plutôt que de leur séparation.
Peut-on être parent en situation de grande précarité ? Les travailleurs sociaux, les services de PMI, les magistrats, les services éducatifs sont confrontés chaque jour à la difficulté de soutenir les parents et de protéger les enfants sur fond de chômage, de pauvreté, et d'une détresse de plus en plus grande. Comment peut-on préserver le lien parents-enfants ? Quel travail peut-on engager auprès des familles, quand les besoins vitaux ne sont pas assurés ? Parce qu'ils subissent une maltraitance sociale, les parents sont-ils enclins à exercer une maltraitance sur leurs enfants ? La situation de grande pauvreté peut-elle influer sur la capacité psychique à être mère ? Une prévention est-elle possible ? Existe-t-il des solutions pour permettre aux parents de surmonter leurs difficultés ? Des professionnels de différents horizons font ici part de leurs expériences et de leurs réflexions. Souhaitons que ces échanges favorisent l'émergence de pistes nouvelles pour une prévention innovante qui, à défaut de réduire la pauvreté dans ses composantes économiques, permettrait d'agir sur ses conséquences avant que ne s'enclenche la violence.