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Vous souhaitez retrouver de la confiance dans vos relations? Cet article vous donne des conseils concrets pour y arriver!
Vous êtes de plus en plus nombreux à me poser des questions et à me faire des demandes d’articles afin de répondre à certaines de vos interrogations. Ceci me ravit car cela me permet de connaître mes lecteurs et de mieux cibler les domaines dans lesquelles vous souhaitez être conseillés.
Dernièrement, un lecteur m’a demandé : comment faire pour avoir confiance dans les autres et qu’ils aient confiance en moi ?
Nous allons tout d’abord examiner l’origine de cette difficulté à faire et inspirer confiance et verrons ensuite des méthodes pour modifier vos pensées, croyances et comportements problématiques.
Développer la confiance dans vos relations par l’attachement
Les théories de l’attachement ont pour principe que le jeune enfant a besoin, pour se développer physiquement, socialement et émotionnellement, de construire une relation d’attachement avec au moins une personne (le plus souvent la mère). Elles décrivent notamment les réactions de l’enfant et de la personne d’attachement face à des situations stressantes, qui forgeront le « style d’attachement » de l’enfant, influençant ainsi ses comportements à l’âge adulte.
Pour qu’un enfant construise une confiance dans sa personne d’attachement, le monde qui l’entoure et lui-même, il a besoin de constater qu’il a un certain contrôle sur son environnement et que ce dernier est un minimum prévisible (par exemple : je pleure parce que j’ai faim, donc je vais recevoir à manger). S’il remarque que la personne d’attachement répond à ses demandes de manière régulière et qu’il partage des interactions et des émotions positives avec cette dernière, il prendra peu à peu confiance dans son environnement et se développera de manière adéquate.
Cependant, lorsque la personne d’attachement ne répond pas de manière systématique aux besoins de son enfant (l’enfant pleure car il a besoin d’être rassuré, mais il ne reçoit de l’affection qu’une fois sur deux par exemple), il développera une vision d’un monde imprévisible, sur lequel il n’a pas de contrôle, ce qui est extrêmement angoissant. L’enfant développera donc ce que l’on appelle un « style d’attachement insécure » résultant en des manières dysfonctionnelles d’interagir avec l’environnement comme le fait de ne pas chercher de proximité avec la personne d’attachement ou d’exprimer ses émotions négatives par l’évitement. Plus tard ces personnes seront plus susceptibles de masquer leurs réactions émotionnelles afin de minimiser leurs comportements d’attachement à des personnes vues comme hostiles et non dignes de confiance (lire cet ouvrage pour plus d’informations sur ce sujet) .
Apprendre la méfiance
Il se peut que vous ayez eu un attachement tout à fait sécure en tant qu’enfant, mais que votre histoire de vie, vos expériences professionnelles, vos histoires d’amitié ou d’amour vous aient fait expérimenter des situations d’abandon ou de trahison. Un employeur qui vous licencie pour mettre son neveu à votre place, un ami qui finit par partir avec votre copine ou encore votre partenaire qui vous quitte sans vous donner d’explication sont toutes des situations pénibles qui, si l’on en expérimente plusieurs, peuvent vous induire en erreur et vous amener à la conclusion que les gens ne sont pas dignes de confiance et que de toute façon cela va se répéter dans chacune de vos futures relations.
Avoir confiance en soi pour avoir confiance dans vos relations
C’est la première fois (et probablement la dernière) que vous me verrez citer un passage de la Bible, mais je suis une fois tombé sur une citation très intéressante disant : « celui qui aime sa femme s’aime lui-même ». Loin de moi l’idée de vouloir clamer une quelconque valeur scientifique de cet ouvrage, je pense néanmoins que cette déclaration s’applique à merveille aux relations amoureuses.
Comment voulez-vous faire confiance à quelqu’un si vous ne vous faites même pas confiance à vous-même ? Vous mettre en relation avec une personne dans le but de combler vos propres angoisses et insécurités est voué à l’échec car vous tomberez probablement dans une relation de dépendance affective où vous ne pourrez exister qu’au travers de l’autre. Et qu’arrive-t-il une fois que votre partenaire s’en va? C’est la catastrophe…
Si vous me permettez une analogie architecturale, chaque individu représente les murs porteurs d’une maison, alors que la relation qui se forme entre eux constituerait le toit, fait pour protéger ses habitants des intempéries et leur offrir un cadre sécurisant. Si l’on enlève le toit, une maison ne s’effondre pas et peut être complétée à tout moment. Mais si l’on tente de le construire sur des murs trop fragiles ou incomplets, l’édifice ne tiendra pas debout.
Comment retrouver la confiance dans vos relations et leur inspirer la même chose ?
Après avoir exploré différentes hypothèses concernant l’origine de votre manque de confiance envers les autres, je vous propose 3 exercices afin de remédier à cette problématique.
Découvrez vos craintes à l’aide du « scénario catastrophe »
Nous l’avons dit auparavant, il est nécessaire de se connaître, de s’aimer et de se faire confiance à soi-même avant de pouvoir construire des relations saines avec ceux qui nous entourent. Mais il n’est pas toujours facile de détecter quelles sont nos craintes et insécurités profondes, car elles se cachent souvent sous des peurs « superflues ».
Afin d’explorer ces craintes je vous propose l’exercice du « scénario catastrophe » ou du « et alors ? ».
Lorsque vous appréhendez une situation, faites rapidement ce petit exercice qui consiste à vous poser la question « et alors ? » à chacune de vos réponses, jusqu’à arriver à la crainte sous-jacente à votre appréhension. Voici un exemple :
« J’appréhende ce rendez-vous avec Vanessa…J’ai peur de ne plus savoir quoi lui dire. » Et alors ? « Il y aura un blanc dans la conversation. » Et alors ? « Un malaise va s’installer entre nous deux. » Et alors ? « Elle va se dire que je suis bizarre et pas très intéressant. » Et alors ? « Elle ne voudra plus me revoir. » Et alors ? « Je risque de ne pas trouver de partenaire et de finir seul. » Et alors? « Je ne pourrai jamais fonder de famille. »
On voit dans cet exemple que la peur du départ de « ne plus savoir quoi lui dire » reflète en réalité une peur sous-jacente de ne jamais trouver de partenaire et de ne pas pouvoir fonder de famille. Ceci permet non seulement de connaître ses craintes existentielles, mais également d’en sortir du positif en notant quelles sont les valeurs se cachant derrière (dans ce cas, la valeur de la famille).
Analysez vos pensées et réactions émotionnelles
Afin de changer vos pensées et comportements, il est avant tout nécessaire de les comprendre.
Albert Ellis postulait que ce ne sont pas les événements qui déclenchent nos réactions émotionnelles mais plutôt les pensées et croyances que l’on possède à propos de ces événements. Ne pouvant pas, la plupart du temps, changer notre environnement et ce qu’il s’y passe, il nous est néanmoins toujours possible de changer nos pensées et réactions face à ce dernier.
Le modèle ABC de Ellis
Ellis a alors créé un modèle d’analyse des pensées et croyances implicites nommé « ABC » pour A= Activating event (événement déclencheur), B= Beliefs about event (croyances à propos de l’événement) et C= Consequences (les conséquences, émotionnelles ou comportementales). Il a ensuite ajouté les lettres D= Disputation to challenge the irrational beliefs (argumentation pour contrer les pensées irrationnelles) et E = Effective new beliefs replacing the irrational one (remplacement des pensées irrationnelles par des pensées rationnelles et efficaces.
Je vous propose donc comme exercice de tracer sur une feuille 5 colonnes (une pour chaque lettre du modèle ABCDE) et d’analyser les situations qui vous posent problème.
Exemple :
A : Ma copine annule notre rendez-vous de ce soir car elle a trop de travail pour ses examens.
B : Elle n’a en fait pas envie de me voir et n’ose pas encore rompre.
C : Je suis triste, en colère et nous nous disputons au téléphone.
D : Elle a peut-être effectivement trop de travail et préfèrerait sûrement me voir à la place de réviser.
E : Ma copine m’aime toujours mais elle a été surprise par la masse de travail que ses examens demandent.
Que faire après l’analyse?
Après avoir analysé vos pensées et croyances implicites, il est impératif de tester vos hypothèses alternatives dans la réalité. Dans l’exemple ci-dessus, au lieu de vous disputer avec votre copine par téléphone, entendez les raisons de son annulation et proposez une alternative (se voir une fois que son examen sera terminé, ou lui proposer de ne se voir qu’un petit moment afin de lui laisser du temps pour réviser). Observez sa réponse et vous verrez probablement qu’elle ne vous annonce pas votre rupture et qu’elle accepte volontiers votre alternative.
A force de disputer vos croyances irrationnelles et de constater que vos hypothèses alternatives se vérifient dans la réalité, vous vivrez de nouvelles expériences positives et modifierez naturellement vos comportements et réactions dans vos relations.
Ecrivez votre autobiographie
Afin de mieux connaître votre façon d’être, vos réactions, vos émotions, pensées et croyances ainsi que leur origine, je vous propose un dernier exercice. Réservez 30 minutes à une heure afin d’écrire votre autobiographie. Retracez sur papier vos événements de vie marquants, vos réussites, vos échecs, vos moments de bonheur comme ceux de déception, que cela soit au niveau professionnel, familial, amical ou amoureux. Notez également vos ressentis, ce que ces événements ont changé pour vous et quel impact ils ont encore à présent. Ceci vous permettra d’avoir une vue globale de votre parcours de vie et de mieux comprendre l’origine de vos craintes et de vos réactions.
Enfin…
Changer ses croyances, pensées, émotions et comportements n’est pas chose aisée, mais à force de les analyser et de les disputer, votre horizon s’élargira et vous verrez une palette de nouvelles compétences s’ouvrir à vous. Je vous encourage à pratiquer ces exercices autant que vous le souhaitez et à partager vos réactions dans les commentaires. Pour tout travail plus approfondi sur vos réactions, pensées et comportements problématiques, contactez-moi pour une séance de coaching personnel !
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