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Ours d'Or pour UNE SEPARATIONAsghar Farhadi est le grand vainqueur de la Berlinale 2011. A l'affiche dès le 8 juin.
A la fin du Festival International de Berlin le film iranien
UNE SEPARATION - Nader And Simin (Jodaeiye Nader az Simin)
de Asghar Farhadi a été récompensé par trois prix majeurs lors de la cérémonie de clôture de la 61e édition du festival international de Berlin:
OURS D'OR DU MEILLEUR FILM pour le réalisateur Asghar Farhadi
OURS D'ARGENT DE LA MEILLEURE ACTRICE à l'ensemble des actrices du film
OURS D'ARGENT DU MEILLEUR ACTEUR à l'ensemble des acteurs du film
Cette oeuvre extraordinaire et pleine d'émotion sur la séparation et ses conséquences a aussi reçu les prix suivants:
Prix du Jury oecuménique
et une mention spéciale
Peace Film Award
Nous sortirons ce film le 8 juin 2011 et félicitons le Jury présidé par Isabella Rossellini, dont faisait aussi entre autres partie le comédien star de Lagaan Aamir Khan, pour son choix clair et courageux. Ces récompenses saluent aussi l'indépendance de toutes les créations culturelles et sonnent comme un plaidoyer pour l'épanouissement des hommes.
La joie à l'annonce de cet hommage fut quelque peu troublée par l'absence du réalisateur Jafar Panahi parmi le Jury et sa condamnation dans son pays à 6 ans de réclusion et à 20 ans d'interdiction de travailler en tant que cinéaste. Son seul crime est d'avoir publiquement défendu, comme cinéaste et citoyen, les valeurs démocratiques et la liberté de pensée. A l'ouverture du festival, Isabella Rossellini avait lu la lettre suivante, écrite par Jafar Panahi:
"L’univers d’un cinéaste est à la croisée des rêves et de la réalité. Il puise son inspiration dans la réalité, qu’il pare des couleurs de son imagination, et crée un film qui est la projection de ses espoirs et de ses rêves.
La réalité est que je suis interdit de tournage depuis cinq ans et que je viens d’être officiellement condamné à 20 ans d’interdiction d’écriture et de réalisation. Mais je sais aussi que je vais continuer à transformer mes rêves en films dans mon imagination. Je reconnais qu’en tant que cinéaste socialement responsable, je ne vais pas pouvoir rendre compte des problèmes quotidiens ni des préoccupations de mes concitoyens, mais je ne vais pas me priver de rêver qu’au terme de ces vingt ans, tous les problèmes auront disparu et que je ferai des films parlant de paix et de prospérité dans mon pays, si j’ai de nouveau la chance d’en faire.
La réalité est que l’on m’interdit de penser et d’écrire pendant vingt ans mais que l’on ne peut m’empêcher de rêver que dans vingt ans, l’inquisition et l’intimidation auront laissé place à la liberté d’action et de pensée.
On m’empêche de voir le monde pendant vingt ans. J’espère que lorsque je serai libre, je pourrai voyager dans un monde sans aucune frontière géographique, ethnique ni idéologique, où les hommes vivront librement ensemble, en paix, quelles que soient leurs croyances et convictions. J’ai été condamné à vingt ans de silence. Et pourtant dans mes rêves, je crie pour qu’un jour nous puissions nous tolérer, respecter nos points de vue respectifs et vivre les uns pour les autres.
En définitive, la réalité de ma sentence est que je dois passer six ans en prison. Je vais vivre pendant ces six prochaines années dans l’espoir de voir mes rêves devenir réalité. Je souhaite que mes confrères des quatre coins du monde réalisent de grands films de sorte que, lorsque je sortirai de prison, je sois inspiré pour continuer à vivre dans le monde qu’ils ont rêvé dans leurs films.
A partir d’aujourd’hui, et pour les vingt années à venir, je suis contraint au silence. On m’oblige à ne pas voir, on m’oblige à ne pas penser, on m’oblige à ne pas faire de films.
Je me soumets à la réalité de la captivité et des geôliers. Je chercherai la manifestation de mes rêves dans vos films, espérant y trouver ce dont on m’a dépossédé."