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… les signes des temps
Père Théodose était un homme qui, non seulement savait lire la carte météorologique de son temps, mais qui avait aussi l‘esprit fixé sur les horizons de l‘espérance. Il est bon de rappeler quel esprit il mit à l’œuvre pour y insuffler l’amour.
C‘était un homme extraordinaire. On a beaucoup écrit et dit de lui : – sujet d‘étonnement et de réflexion -. Il y a, bien sûr, des gens qui «font la moue et hochent la tête.» quand nous parlons de Théodose, car il a le profil d‘un homme hors du commun.
Il naquit à Münstertal, le 23 mai 1808 et fut baptisé sous le nom de Anton Crispin. Il étudia au gymnase de Stans et, après d‘âpres luttes intérieures, il entra, très jeune, au couvent des capucins de Sion. Durant ses années de formation religieuse, il approfondit avec ardeur la spiritualité franciscaine. Il fut très fortement saisi par la mission de François, et les décisions qu‘il prit pour son propre avenir en furent marquées. Sa vie durant, il se considéra l‘instrument de Dieu, il se remit totalement entre ses mains jusqu‘à l‘épuisement.
Le jeune religieux ressentait profondément ce qui était nécessaire, juste et important pour son époque. Dans les structures d‘un monde imparfait, il fit tout ce qui lui était possible pour que le règne de Dieu advienne davantage. Ses proches avaient le sentiment que tout ce qu‘il entreprenait était authentique. Il donna des réponses aux questions que les hommes de son temps se posaient, des réponses à leurs aspirations, à leur détresse. Ses paroles et ses actes avaient du poids. L‘Eglise qu‘il représentait était crédible. Il convainquit et réunit des jeunes femmes qui se déclarèrent prêtes à être envoyées vers les autres, au nom de l‘Eglise.
Père Théodose proposait des actions concrètes. Il voulait offrir du pain et non des pierres aux nécessiteux. Il connaissait aussi toutes les détresses morales et il était prêt à les soulager. Il attendait la même ardeur de la part de ceux qui avaient accueilli son idéal. A ses soeurs, qu‘il encourageait sans cesse, il ne promit pas une vie douce et confortable. Il leur demandait beaucoup. Travailler avec Père Théodose et le suivre aujourd’hui encore suppose : esprit de service et enracinement en Dieu, source de vie.
Père Théodose mourut subitement, lors d‘un voyage, le 15 février 1865, à Heiden. Il avait 57 ans. C‘était l‘homme absolu, qui vécut dans la foi, l‘espérance et l‘amour. C‘est pourquoi il devint signe d‘espérance pour beaucoup et aussi tout particulièrement pour nous, aujourd‘hui.