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Le coffre Castella
Ce coffre de campagne d’un officier supérieur a appartenu au Fribourgeois Nicolas Antoine Xavier de Castella de Berlens (1767-1830), colonel du 2ème régiment suisse au service de Napoléon 1er. A l’origine, ces malles de bois et de cuir renferment les effets personnels des officiers, et sont transportées sur des chariots attelés. D’autres types de coffres sont utilisés pour transporter le matériel d’artillerie et d’infanterie, les vivres, ou encore l’infirmerie.
En savoir plus:
Ce genre de coffre est rarement conservé (transformé, détruit, abandonné). Celui-ci nous est parvenu dans des circonstances exceptionnelles. Il a été donné au musée par la famille de Castella, qui l’avait gardé pour mémoire car il aurait rapporté le corps d’un ancêtre blessé sur le champ de bataille. Objet exceptionnel par sa rareté et son histoire, ce coffre fait partie du parcours permanent du musée militaire vaudois.
Nicolas Antoine Xavier de Castella, comte de Berlens, fils de Nicolas Albert de Castella et de Monique Laure Griset de Forel, est né en 1767 à Fribourg. De confession catholique, il remplit des fonctions politiques et militaires dans son canton d’origine, avant de s’engager dans le service étranger. Il rejoint d’abord le service de Saxe dès 1781, puis devient colonel-commandant du 2ème régiment suisse d’infanterie en 1806, sous le 1er Empire. Pendant ses années de service, Castella participe à de nombreuses campagnes, notamment en Espagne et en Russie. Fait chevalier de la Légion d’honneur en 1809, il est grièvement blessé en octobre 1812 à la bataille de Polotsk : cela l’empêchera d’exercer le commandement lorsqu’il est nommé général de brigade en mars 1813. A la Restauration (1814), Louis XVIII le fait inspecteur général des troupes suisses en France, et Castella s’attache alors à faire rentrer les bataillons encore à l’étranger, notamment en Hollande et dans la région rhénane. A cette période, les régiments suisses ne représentent plus que 3’500 soldats, et le recrutement reste lent, en raison notamment de problèmes de finances. En 1815, les régiments suisses sont finalement licenciés par Napoléon de retour d’exil ; Castella rentre alors en Suisse, conformément aux ordres de la Diète, et devient pour quelques mois chef de l’état-major de l’armée fédérale et commandant en second, sous le général Bachmann. Il retourne ensuite en France, où il est naturalisé en 1819 et décède en 1830, comme officier en disponibilité.
Pour aller plus loin:
- Fonds Castella de Delley, Archives de l’Etat de Fribourg
- Jean-Philippe Cénat, « De la guerre de siège à la guerre de mouvement : une révolution logistique à l’époque de la Révolution et de l’Empire ? », Annales historiques de la Révolution française, 348 | 2007, 101-115. [en ligne]