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Le dicton «Konwledge is power» («le savoir est le pouvoir») est attribué au philosophe anglais Francis Bacon. Au XVIIIe siècle, la Vaudoise Suzanne Necker-Curchod devient, grâce au savoir et à une bonne dose d’orgueil, l’une des personnes les plus influentes de la société française.
Suzanne Curchod est née en 1737 à Crassier, non loin de la frontière française. Elle a de la chance avec ses deux parents. Son père, un pauvre pasteur calviniste, la fait bénéficier d’une formation humaniste complète, ce qui est absolument inhabituel pour une fille de cette époque. De sa mère, elle hérite une beauté presque immaculée. Sa première idylle avec l’historien anglais Edward Gibbon ne dure pas longtemps. Après le décès prématuré de ses parents, la jeune femme travaille d’abord comme gouvernante à Genève, puis à Paris. C’est là qu’elle fait la connaissance en 1764 du banquier franco-suisse Jacques Necker, son futur époux. Les époux forment le couple le plus influent de Paris et Madame Necker, comme elle s’appelle maintenant, s’épanouit dans le rôle de la Grande Dame. Son «Salon des philosophes», dans lequel elle reçoit chaque vendredi soir, devient un événement social. De nombreuses personnalités influentes entrent et sortent de la maison. La nomination en 1776 de Jacques Necker en tant que ministre français des finances est également attribuable au légendaire esprit de son épouse.
A l’ombre de son époux, Suzanne Necker-Curchod vit une vie véritablement indépendante. Mais elle met de côté ses ambitions d’écrivaine et investit toute son énergie – comme ses parents avant elle – dans la formation de sa fille unique Germaine. Celle-ci entrera plus tard dans l’histoire en tant qu’écrivaine influente sous le nom de Madame de Staël.
Grâce à la bonne situation financière de la famille, Madame Necker peut jouer le rôle de mécène. Elle est tellement choquée par les conditions régnant à l’«Hôtel Dieu» de Paris qu’elle fait elle-même construire un hôpital et qu’elle le dirige pendant dix ans. A l’«Hospice de charité», une importance particulièrement grande est accordée à l’hygiène; chaque malade a son propre lit – une rareté à l’époque. Dans ses rares publications, Suzanne Necker-Curchod se préoccupe surtout de questions sociales. Elle s’exprime sur la politique de la santé, mais critique également le nouveau droit matrimonial, qui facilite les divorces; elle est en effet profondément calviniste.
Peu après le début de la Révolution française, le couple retourne en Suisse en 1790 pour s’établir au bord du Léman. Suzanne Necker-Curchod meurt des suites d’une longue maladie, à l’âge de 54 ans seulement. Ses funérailles, qu’elle planifie encore elle-même dans ses moindres détails, y compris l’aspect du cercueil, sont sa dernière grande représentation.
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