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Depuis quelque temps, les trois grands prédateurs que sont le loup, l'ours et le lynx font leur retour en Suisse. Ces dernières années, ce sont surtout les observations de loups qui se sont multipliées dans les Alpes suisses. Actuellement, environ 240 loups (état 2023) et 300 lynx (état 2019) vivent en Suisse. Les ours ne sont pas sédentaires en Suisse, mais ils traversent régulièrement le canton des Grisons. Les grands prédateurs que sont le loup, l'ours et le lynx sont protégés par la loi en Suisse, notamment en vertu d'accords internationaux. Comme ils sont menacés d'extinction, ils ne peuvent pas être chassés ou seulement à des conditions très strictes.
Avec la propagation des grands prédateurs, des incidents se sont déjà produits à plusieurs reprises, au cours desquels des animaux sauvages ou de rente (surtout des moutons) ont été tués. Dans ce contexte, les dispositions de protection des grands prédateurs dans l'ordonnance sur la chasse ainsi que dans la loi sur la chasse ont été révisées à plusieurs reprises afin de mieux prendre en compte les intérêts de la population de montagne et de l’économie alpine comme la chasse et le tourisme
La dernière modification de la loi sur la chasse date de décembre 2022 (un référendum facultatif n'a pas abouti) et a facilité le tir. Les cantons peuvent à nouveau, avec l'accord de la Confédération, réguler les effectifs lorsque les animaux menacent gravement les infrastructures, causent des dommages importants aux animaux de rente ou réduisent excessivement la population de gibier. Cela comprend les loups isolés causant des dommages dans les territoires de meute ainsi que les jeunes de l'année précédente. Il est désormais également possible d'abattre des loups à titre préventif pendant la saison de chasse, entre le 1er septembre et le 31 janvier. Une autorisation ne peut toutefois être accordée que si cela ne met pas en danger la pérennité de la population de loups et si les mesures de protection des troupeaux (p. ex. chiens de protection) ne peuvent pas empêcher les attaques.
Les grands prédateurs ont besoin d'espaces sauvages. Or, la Suisse est si densément peuplée qu'une cohabitation avec l'homme n'est pas possible. En raison de la densité de population, les prédateurs deviennent un danger pour les hommes et nuisent au tourisme.
Un assouplissement est nécessaire pour protéger les animaux de rente et les animaux domestiques. Les mesures globales de protection des troupeaux sont disproportionnées et leur efficacité est contestable. L'utilisation de chiens de protection peut en outre représenter un risque pour les randonneurs et les touristes.
Une modification de la loi visant à assouplir la protection est compatible avec la Convention de Berne relative à la protection de la vie sauvage et du milieu naturel.
Le loup, l'ours et le lynx font partie de la faune originelle de la Suisse. Le retour des grands prédateurs contribue à la bonne santé de la faune sauvage, car les animaux sauvages retrouvent ainsi un prédateur naturel, deviennent plus farouches et se comportent de manière plus adaptée à leur espèce.
De par sa situation géographique, la Suisse apporte une contribution importante aux efforts européens de conservation à long terme des espèces.
Les expériences faites à l'étranger montrent que la crainte d'attaques sur l'homme est infondée. Les grands prédateurs comme le lynx, le loup ou l'ours craignent beaucoup l'homme et ne chassent en général que des animaux de rente non gardés. La coexistence est possible si l'élevage actuel des animaux de rente s'adapte aux nouvelles exigences. Des mesures appropriées (par exemple des chiens de protection) permettent de limiter les dégâts à un minimum.