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La conservation ex situ
Les efforts de conservation doivent avant tout se concentrer sur la protection des espèces dans leur habitat naturel (conservation in situ – via une protection des écosystèmes dans des réserves naturelles ou une gestion adaptée des milieux naturels) où elles doivent pouvoir continuer à évoluer et à interagir avec leur environnement.
Lorsqu’il n’est plus envisageable de conserver une espèce dans son environnement naturel, le recours à des mesures de protection en dehors de leur milieu doit être envisagé: c’est l’objet de la conservation ex situ dont la sauvegarde à long terme de semences viables est un élément central.
Récolte des graines
Les semences sont prélevées en nature selon un protocole strict (Manuel de fonctionnement de la banque de semences – pp. 22–25), puis conservées en banque de semences (BS). Pour une récolte de qualité, le moment de la maturation des graines est décisif ; les semences collectées trop tôt sont souvent de moins bonne qualité et ont une longévité plus courte dans la BS, tandis que celles collectées trop tard ne couvriront qu’une certaine partie de la variabilité génétique de la population, une partie d’entre-elles ayant déjà été dispersée.
Après une récolte réussie, le graines sont nettoyées, pesées et comptées dans la BS, puis amenées dans la chambre sèche pour y être conditionnées (séchage jusqu’à une teneur en eau de 5%, voir Présentation de la Banque de Semences).
Cultures de multiplication
Pour obtenir un nombre de plantes ou de graines plus élevé, il est souvent nécessaire de multiplier une espèce dans le Jardin botanique. Cela pourrait arriver si la quantité de graines récoltées dans la population sauvage n’était pas suffisante, ou si des graines ou plantes sont requises pour des mesures de conservation (réintroductions, renforcements, voir Projets de conservation). Un grand nombre de graines est nécessaire pour accroître les chances de réussite d’une mesure effectuée dans la nature, par exemple un ensemencement, mais également pour minimiser les risques d’érosion génétique.
Du fait de leur écologie souvent très particulière, les espèces menacées cultivées ex situ nécessitent une expertise culturale très fine. Ces cultures se font donc sous la responsabilité des jardiniers et jardinières du secteur des Rocailles, en étroite collaboration avec l’équipe du secteur Conservation des CJBG.
Intégration ex situ – in situ
La conservation ex situ n’est pas une fin en soi. Elle a pour but ultime la conservation d’une espèce dans son habitat naturel. Il est donc nécessaire de combiner toute activité ex situ avec des plans de soutien des espèces in situ, comme des mesures de (ré)introduction ou de renforcement de populations. De tels plans d’action sont élaborés aux CJBG, en concertation avec l’Office cantonal de l’agriculture et de la nature, pour les espèces prioritaires du canton de Genève (Projets de conservation) et mis en œuvre par notre équipe.
Conserver la diversité des populations sauvages des différentes espèces requiert de nombreuses connaissances notamment quant à leur biologie et leur répartition, à la gestion de leur habitat, ainsi que des menaces ou bien encore des mesures de restauration et de suivis. Enfin, la coordination entre les différents partenaires, qu’ils soient étatiques, propriétaires fonciers ou bien encore issus d’associations de conservation de la nature, nécessite des compétences en matière de communication et de médiation. Pour assurer son succès sur le long terme, tout projet de conservation se doit d’être multidisciplinaire, tant au niveau scientifique, technique, ou bien encore social.