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Alex Miescher, secrétaire général de l'ASF, en a irrité plus d'un avec sa prise de position. au sujet des joueurs binationaux. Granit Xhaka, a réagi dans un entretien accordé à l'agence Keystone-ATS.
"Il a déçu les futurs et actuels binationaux comme moi", lâche la figure incontournable de l'équipe de Suisse.
- Est-ce que vous avez remarqué pendant la Coupe du monde que le climat autour de l'équipe nationale s'était refroidi ?
"Le football passait souvent au second plan. Après le match contre la Serbie, il n'y en avait que pour l'aigle bicéphale. Ensuite arrivait le thème: Zuber ou Embolo ? Ensuite: qui joue devant ? Puis, pour certains, Djourou n'avait plus le niveau."
- Les binationaux n'ont donc pas été la raison de l'échec en huitièmes de finale ?
"Non. Regardez notre parcours au cours des qualifications. Nous avons encaissé à peine quelques buts et presque toujours marqué. Contre les Suédois, nous avons commis des erreurs défensives et nous n'avons pas assez fait sur le plan offensif. C'est pourquoi nous n'avons pas mérité de nous retrouver en quarts de finale."
- Le secrétaire général Alex Miescher évoque tout haut une suppression du statut des binationaux. Que vous est-il passé par la tête lorsque vous avez entendu parler de son interview ?
"L'interview a vite fait le tour des joueurs de l'équipe nationale."
- Et ?
"Pendant le Mondial et après mon geste de l'aigle bicéphale, Alex (Miescher) est venu vers nous et nous a assuré qu'il entreprendrait tout pour nous protéger; et trois jours après notre élimination, j'entends de telles choses de sa part."
- Vous êtes fâché ?
"Définitivement".
- Qu'est-ce qui vous énerve ?
"Je perçois dans ses lignes une idée que les binationaux ne seraient pas prêts à aller au bout d'eux-mêmes pour la Suisse. Ca me touche directement moi et un certain nombre d'autres joueurs avec deux nationalités. Ca sonne comme si moi et mes collègues nous ne donnions pas tout sous le maillot suisse.
- Avez-vous été surpris par le "timing" choisi par Alex Mieschler pour tenir un tel discours ?
"Trois jours après avoir essuyé une amère défaite en Russie, nous avions effectivement d'autres choses en tête..."
- Vous êtes-vous senti directement concerné par ses propos ?
"Pour moi, et assurément pour tous mes coéquipiers, il est étonnant d'entendre de telles choses de la part d'Alex Miescher. Nous sommes tous Suisses, et nous donnons tout pour l'équipe de Suisse. De plus, nous savons tous ce que nous devons à la Suisse, ce que ce pays a fait pour nous et nos familles. Mes racines sont au Kosovo, celles de Breel Embolo sont au Cameroun. Manuel Akanji vient du Nigeria et Ricardo Rodriguez du Chili et d'Espagne. Et ainsi de suite. L'équipe de Suisse est composée à 50 à 60% de binationaux ou de 'segoundos'. Même notre chef (Vladimir Petkovic) est binational. Avec son discours, Alex Miescher a interloqué, pour ne pas dire déçu beaucoup de monde. Il a tenu des propos d'un autre temps."
- Cette affaire sera-t-elle dommageable à l'équipe de Suisse ?
"Sûrement pas. De telles histoires ridicules arrivent de temps en temps, mais il ne faut pas s'y arrêter. Nous avons des choses plus sérieuses à préparer, à commencer par l'Euro 2020. Le football doit rester cantonné au terrain. Nous avons une équipe qui a envie de réussir quelque chose de bien en 2020.