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Les conditions de dégagement du concept état-limite sont précisées, ainsi que celles de possibilités, dans le champ de la psychiatrie. L'apport de la pratique psychanalytique est déterminant et un rappel historique est proposé. Le recours à la métapsychologie freudienne est donc fondamental comme outil d'analyse, bien que - dans la présentation et dans la discussion des onze observations cliniques étayant la partie théorique - des références phénoménologiques soient intriquées. Le sentiment de solitude est défini dans ses différents aspects, notamment affectif et relationnel. Il paraît régulièrement exprimé à l'écoute de sujets états-limites dans le cadre de psychothérapies, dans l'expérience personnelle de l'auteur, comme dans celle d'auteurs de référence de langue romane ou anglo-saxone. La discussion se fonde - notamment - sur des hypothèses psychodynamiques et structurelles. La déficience narcissique primaire, l'hésitation identificatoire, la défaillance de l'imaginaire oblitérant les capacités d'élaboration et de médiation, l'intervention de mécanismes de défense primitifs - notamment du clivage - sont soulignées. Ce clivage, portant sur le Moi et l'objet, coûteux en dépense énergétique, permet d'éviter l'émergence d'angoisses archaïques, de la souffrance dépressive et de mises en forme de tensions conflictuelles - à soubassement prégénital - qui ne pourraient se résoudre qu'au niveau d'une action impulsive à type de décharge comportementale, caractérielle ou addictive. La solitude mal tolérée exerce aussi une fonction de protection et de mise à distance des pulsions, affects et représentations. Ses rapports avec la violence fondamentale sont évoqués.