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Polaroïd 23 : 52
Je m'étonne des propos tenus par le magistrat en charge de la Solidarité et de l'Emploi, en page 6 du Temps (15 novembre 2011). Pas de tous, non. Juste quelques mots. A la question de savoir s'il était "étrange" qu'un exécutif favorable à la libre circulation puisse avoir "appelé ce printemps à une préférence cantonale à l'embauche", le Conseiller d'Etat rétorque: "nous n'avons jamais utilisé une telle expression et avons toujours soutenu la libre circulation".
Que l'homme n'ait jamais susurré l'abject alignement de ces mots? Soit. Qu'il n'ait jamais accolé les termes "préférence" et "cantonale"? D'accord. Qu'il exprime son dégoût pour cette union contre-nature aux médias. Bien.
Mais que signifie alors l'alignement suivant: "Nous voulons éviter que des cas comme l’engagement de nombreux frontaliers par la Fondation des parkings ne se reproduisent" ? Que doit-on comprendre par: "Quant à l’Etat, depuis juillet, aucune demande de permis n’est sollicitée sans la preuve qu’aucun chômeur ne correspond au profil" ? Ou "Avant d’engager de l’autre côté du continent, il faut avoir le réflexe de vérifier si des chômeurs peuvent répondre aux besoins"?
Si ce n'est qu'à compétence égale, on engagera un genevois? Non. Vous n'avez jamais utilisé une telle expression.
J'implore donc votre miséricorde. Une erreur de syntaxe, un alignement fallacieux et une abominable copulation sémantique m'auront fourvoyé. Comme d'autres, comme la Tribune, le Courrier, le GHI, Léman Bleu, la communauté genevoise d'action syndicale, la fédération des entreprises romandes. Maudits soient-ils!