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Tony Shalhoub et Katrina Lenk ont reçu deux prix d'interprétation pour des rôles principaux pour leur prestation dans "The Band's Visit". L'acteur en a profité pour renfre hommage à son père, immigré libanais arrivé à New York en 1920.
KEYSTONE/EPA/JASON SZENES(sda-ats)
La comédie musicale "The Band's Visit", inspirée du film "La visite de la fanfare", et la pièce "Harry Potter et l'enfant maudit", ont dominé dimanche à New York la cérémonie des Tony Awards, les récompenses de Broadway.
Création très atypique au regard des canons habituels de Broadway, "The Band's Visit" a remporté dix Tonys, dont le principal, celui de la meilleure comédie musicale. Tout comme le film du même nom, elle raconte l'histoire d'une fanfare de la police égyptienne qu'un imbroglio mène au fin fond du désert israélien, pour une rencontre inattendue entre nationalités, religions et cultures.
Rares sont ceux qui auraient tablé en début de saison sur la trajectoire de cette comédie musicale, face à des poids lourds comme "La reine des neiges" ou "Bob l'éponge". Mais l'immense succès critique de "The Band's Visit", une popularité croissante, son sujet et son message éminemment politiques l'avaient placé en position idéale pour les Tony Awards.
Hommage aux immigrés
Outre le Tony de la meilleure comédie musicale, cette production jouée à l'Ethel Barrymore Theatre a décroché les deux prix d'interprétation pour des rôles principaux, ainsi que, notamment, celui de la mise en scène et de la meilleure musique.
L'acteur américain Tony Shalhoub, déjà titulaire d'un Golden Globe et de trois Emmy Awards pour son rôle dans la série télévisée "Monk" (2002-2009), a reçu le Tony du meilleur premier rôle masculin pour son interprétation du personnage de Toufik.
En recevant son prix, il a rendu hommage à son père, immigré libanais arrivé à New York en 1920. Pour lui, sa récompense célèbre tous les immigrés qui sont venus, comme son père, s'installer aux Etats-Unis, "leurs aspirations, leurs ressources, leur créativité et leur altruisme".
"Espérons que nous, leurs descendants, ne perdions jamais de vue ce qu'ils nous ont appris", a-t-il conclu, avec un débit saccadé par l'émotion.
Message d'unité
"Notre spectacle offre un message d'unité dans un monde où de plus en plus de choses semblent tendre à amplifier nos différences", a commenté Orin Wolf, l'un des producteurs du spectacle, en recevant le prix de la meilleure comédie musicale.
Avec ses dix Tonys, le grand vainqueur de l'année a approché la performance d'"Hamilton", récompensé onze fois en 2016, et des "Producteurs" ("The Producers"), la référence, absolue, primés douze fois en 2001.
Egalement attendu, "Harry Potter et l'enfant maudit" est reparti avec six Tony Awards, dont celui de la meilleure pièce et de la mise en scène (John Tiffany).
De Niro attaque Trump
Comme ses devancières depuis un an, la cérémonie a permis aux présentateurs et lauréats de distiller des messages de tolérance vis-à-vis des minorités ainsi que quelques piques à l'adresse du président des Etats-Unis.
"Je vais dire une chose, va te faire foutre Trump," a lancé l'acteur Robert de Niro, venu présenter un numéro de Bruce Springsteen, tiré du tour de chant qui fait salle comble depuis octobre à Broadway. "Ce n'est plus : à bas Trump, mais : va te faire foutre Trump", a-t-il ajouté sous les vivats de la salle.
L'acteur de 74 ans n'a pas développé son propos et est passé immédiatement à la présentation de Bruce Springsteen, qui, a-t-il dit, continue à se battre pour "la Vérité, la transparence et l'intégrité des gouvernements". "On en a bien besoin en ce moment", a-t-il souligné.
L'insulte a été masquée par un bip pour les millions de téléspectateurs du réseau CBS qui regardaient l'émission. Elle est cependant devenue la rubrique la plus tendance sur Twitter. "Les propos de M. de Niro ont été improvisés et inattendus", a déclaré CBS dans un communiqué. "Les termes injurieux ont été supprimés de l'émission."
Robert de Niro a souvent critiqué le président des Etats-Unis, mais il l'avait fait jusqu'à présent lors de manifestations de moindre envergure.
ATS