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Banneret (banderet, bandelier, all. Venner, B[P]annerherr, Bannermeister, it. alfiere, banderale) désigne d'abord le porte-drapeau (Enseigne) dans la milice d'un prince, d'une ville, d'un quartier urbain, d'un bourg, voire d'une région. A cette charge honorable se rattachent souvent le contrôle des affaires militaires, le commandement des troupes, ainsi qu'un siège au conseil de guerre. D'une manière générale, elle perdra peu à peu son caractère purement militaire, sauf à Lucerne, dans les villes de l'évêché de Bâle et à Zurich (où le banneret est en quelque sorte chef d'état-major au début du XVIe s.). Les bannerets des dizains valaisans, des juridictions grisonnes et de Bienne restèrent d'abord des chefs militaires. Dans les villes de Neuchâtel et Lausanne, dans la prévôté de Moutier-Grandval, ils avaient des compétences militaires et civiles. Dans plusieurs villes vaudoises (dont Aubonne, Payerne, Vevey et Nyon), le banneret est dès 1536 à la tête des autorités locales. Enfin, dans les cantons d'Uri, Unterwald, Glaris, Zoug et Appenzell (où le terme s'est parfois maintenu jusqu'au XIXe s.), le banneret est le second personnage du canton, après le Landamman. A Schwytz, le landamman réunit même les deux fonctions. Le terme de banneret s'est maintenu dans certains cantons jusqu'au XIXe s.
A Berne, Fribourg et Soleure, la charge de banneret (Venner) devint l'une des plus hautes de l'administration civile. Elle était à l'origine liée à un quartier (comme elle le resta à Lausanne) et on peut la comparer à celle des gonfaloniers des villes italiennes. Outre la conduite de la milice, le Venner était chargé dans ces villes de tâches policières et administratives. C'est à Berne que l'institution acquit le plus d'importance. Dès le XVe s., elle sera rattachée à un corps de métier; en effet, les quatre corporations les plus influentes, celles des boulangers, des bouchers, des forgerons et des tanneurs, en firent leur chasse gardée. Elle devint le sésame pour les plus hautes fonctions bernoises, puisque seuls les bannerets et les trésoriers pouvaient accéder à la charge suprême d'avoyer. Bannerets et trésoriers formaient la Chambre des bannerets (divisée en chambre allemande et chambre romande), organe de contrôle très important dans la Berne de l'Ancien Régime.
Les bannerets furent souvent représentés sur les vitraux qui ornaient les hôtels de ville, sur les fontaines publiques et furent un thème à la mode au début du XVIe s.
Bibliographie
– Idiotikon, 2, 1538; 4, 262, 520
– F. de Capitani, Adel, Bürger und Zünfte im Bern des 15. Jahrhunderts, 1982
Auteur(e): François de Capitani, Hervé de Weck