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Pendant longtemps, l’asset management n’a guère été perçu comme une discipline à part entière.
Le lobbying n’est pas seulement une réaction à des initiatives fiscales et réglementaires. C’est un ensemble d’actions visant d’une manière générale à défendre des intérêts. Si les fonds de placement ont vu le jour avant la Seconde Guerre mondiale, ils n’étaient alors diffusés que de façon très limitée. Les bases légales ont été posées par la pratique bancaire, mais il n’existait pas encore de surveillance officielle. En réaction aux efforts déployés par le Conseil fédéral pour soumettre les certificats de fonds à l’impôt anticipé, une «Commission pour fonds de placement» de l’Association des banquiers – ancêtre de l’Association des fonds, créée en 1992 – s’est formée en 1964.
Initialement, les travaux de l’Association des fonds donnaient surtout la priorité aux domaines de l’administration et de la distribution. Depuis quelques années, l’association se concentre en plus et de façon générale sur la fonction d’asset management, qui constitue bien entendu elle aussi un pilier de l’activité des fonds. L’Association des fonds est devenue plus tard la Swiss Funds Association (SFA), puis la Swiss Funds & Asset Management Association (SFAMA), qui représente les intérêts de toutes les sociétés actives dans le domaine de la gestion de fortune sur la place financière suisse. Si les fonds de placement restent les principaux supports permettant de distribuer les produits d’asset management, il en existe d’autres reposant sur des prestations d’asset management, comme les mandats, les fondations ou les produits d’assurance.
En Suisse, si les associations du secteur financier existent depuis longtemps, elles représentent souvent des aspects liés à un type d’établissements (p. ex. banques ou compagnies d’assurance) ou de produits (p. ex. fonds ou produits structurés) plutôt que des fonctions qui en recouvrent plusieurs, comme l’asset management ou la distribution de produits de placement, plus difficiles à appréhender. Pendant longtemps, l’asset management n’a donc guère été perçu comme une discipline à part entière. La valeur de celui-ci et l’importance des marchés financiers pour le financement de la prévoyance vieillesse, par exemple, étaient peu, voire pas du tout prises en compte dans les orientations économiques, financières ou fiscales. Aucun soutien n’était non plus à attendre du côté du public, étant donné l’image globalement peu favorable du secteur financier auquel appartient indubitablement l’asset management. L’asset management, dont la principale mission est d’obtenir des rendements maximaux pour les investisseurs, n’était pas lié à un lobby. La fragmentation du paysage des associations a en outre conduit à ce que leurs nombreuses activités, parfois en contradiction les unes avec les autres, ne suscitent guère d’intérêt et, partant, se traduisent rarement par des procédures législatives. On était loin de disposer d’une force politique digne de la taille et de l’importance du secteur de l’asset management.
La branche a alors reconnu que c’était à elle de jouer si elle souhaitait changer quelque chose à cette situation insatisfaisante. Sous la responsabilité opérationnelle de la SFAMA, des aspects transversaux ont été regroupés sur la plateforme Asset Management Suisse (AMP) exclusivement consacrée à la fonction de l’asset management. Tous les participants étaient conscients qu’ils devaient éviter l’écueil habituel et souvent stérile des doléances soumises par les représentants d’intérêts, et se prononcer avec détermination, en présentant à la sphère politique et publique des arguments valides et une conception commune partenariale.
Un des principes généraux de la communication est que c’est le ton qui fait la chanson. Cela s’applique par-ticulièrement à la communication de branche. Il est certainement possible d’observer attentivement chaque action politique et, dès que les intérêts du secteur sont concernés, de parler d’une même voix de façon à marquer les esprits. Mais, pour une association qui souhaite vraiment être prise au sérieux aux niveaux politique et public, c’est largement insuffisant, voire contreproductif. La SFAMA a donc tenté d’emprunter une nouvelle voie et s’est positionnée vis-à-vis du public comme un interlocuteur coopératif n’abordant pas les questions sous l’angle du problème mais de sa solution (approche réaliste). Nous nous sommes fixé pour objectif constant d’apporter expertise, faits et chiffres au débat politique, notamment en réagissant de façon plutôt constructive aux projets politiques, mais aussi en étant proactifs sur des sujets importants à long terme pour l’asset management. Le changement démographique et les défis financiers en découlant pour les institutions de prévoyance ou la numérisation croissante des processus d’affaires sont des exemples de tels sujets stratégiques.
L’image de l’asset management, nous semble-t-il, est positive et, dans un contexte de taux bas, sa valeur apparaît également de plus en plus clairement à une couche plus large de la population. Le secteur se caractérise par une professionnalisation et une transparence nettement accrues. Il est toutefois difficile de savoir dans quelle mesure le travail de la SFAMA et de l’AMP a contribué à cette évolution. Une chose est sûre: il a laissé une empreinte positive. Il faudra à l’avenir se concentrer sur la clarification de la fonction de l’asset management et de son importance. Ce sera notre mission, notre objectif et notre motivation pour l’Asset Management Association Switzerland. Le regroupement des activités de l’AMP et de la SFAMA dans cette nouvelle entité est la poursuite logique du chemin emprunté. L’importance de l’asset management pour les institutions de prévoyance, l’économie réelle et aussi pour les objectifs individuels d’épargne doit se faire davantage entendre dans le débat public. Nous sommes impatients de relever ce défi et de saisir les opportunités qu’il présente.