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Cara Clarissa, le début d’une lettre qui sera peut-être écrite…
Le nouveau roman de Silvia Ricci Lempen, traduit de l’italien par Véronique Volpato (éd. en bas, 2023, 150 pages) nous raconte une histoire d'amours adolescentes dans la Rome des années 1966-1967.
« C’était il y a tellement d’années, mais pendant tout ce temps il ne s’est rien passé, seulement le doux et implacable dévidement de la vie. »
Est-ce que c’est un signe ? Un matin d’été pareil à tous les autres Giulia aperçoit un moineau mort dans la piscine de sa villa cossue de Zollikon. Un signe de quoi ? Aucun malheur ne la menace, son mari la porte toujours comme un diamant à son doigt, ses fils volent de leur propres ailes vers la réussite et au jardin ses rosiers moirés scintillent au soleil. Mais c’est le passé qui la rattrape quelques heures plus tard, sous la forme du prénom écrit sur le badge de la jeune stagiaire qu’elle croise en allant déjeuner dans un hôtel élégant de Zurich. C’était il y a quarante ans, pendant l’année scolaire 1966-1967, quand elle prenait des cours de théâtre au lycée français de Rome et avait peut-être encore une chance de ne pas laisser filer sa vie comme une balle en caoutchouc sur un toboggan.