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Zürich, 29.06.2020
Philippe Guignard n'a pas pu aller lundi au terme de la première journée de son procès à Renens (VD). L'ancien pâtissier, accusé d'escroquerie, s'est senti mal et n'est pas réapparu après la pause de midi.
Il a alors été représenté par son avocate Marianne Fabarez-Vogt qui a promis que son client reviendrait pour la suite du procès, prévu sur huit jours.
Les autres avocats de cette vaste affaire ont accepté la dispense, mais exigé que Philippe Guignard ne bénéfice pas d'une "comparution à la carte". Il doit "réserver son énergie pour le procès", a demandé le procureur Anton Rüsch, en référence notamment au temps que l'accusé a accordé lundi aux journalistes présents à Renens.
Philippe Guignard, qui exploitait plusieurs établissements renommés au temps de sa splendeur, ne s'est jamais caché de ses problèmes de santé. Il souffre notamment d'une dépression depuis plusieurs années.
Lundi matin en début d'audience, l'ex-star des fourneaux a déclaré qu'il avait eu récemment une nouvelle "grosse casse" et passé les deux dernières nuits dans un hôpital psychiatrique. "Mon client a été mis sous PLAFA (ndlr: placement à des fins d'assistance)", a précisé son avocate.
Philippe Guignard a néanmoins affirmé vouloir aller au terme de son procès, même s'il s'est dit "au bout" et affligé par un état psychologique qu'il "ne maîtrise pas".
Un peu plus tard, alors qu'un couple de plaignants était entendu, l'ancien pâtissier a interpellé le président du tribunal en disant se sentir mal. Il a demandé à quitter la salle d'audience, dont il a été évacué en chancelant.
Supercherie
Selon l'acte d'accusation, Philippe Guignard comparaît pour avoir dupé seize personnes entre 2011 et 2013 avec un projet immobilier à Orbe (VD) et utilisé leur argent - plus de trois millions de francs - pour éponger des dettes personnelles et de sa société.
Il aurait bénéficié de l'aide de trois comparses, qui doivent répondre de complicité d'escroquerie.
Les plaignants interrogés lundi ont tous affirmé qu'ils n'avaient jamais imaginé, à l'époque, que leur argent serve à autre chose qu'au financement de ce projet immobilier. Ils se sont rappelés d'un projet "bien ficelé", étayé par une plaquette commerciale "attrayante", et d'un placement qui semblait "sûr".
La notoriété de Philippe Guignard s'est aussi avérée "rassurante". La présence dans l'opération d'un notaire, qui figure parmi les coprévenus, et diverses garanties (des cédules hypothécaires notamment) ont achevé de convaincre ces plaignants.
Faillite
Les quelque trois millions de francs que Philippe Guignard aurait détournés avec ce stratagème ne lui ont pas permis d'éviter la banqueroute. Sa société est tombée en faillite en 2014 et le pâtissier a été lui-même déclaré en faillite personnelle quelques mois plus tard.
L'ancien président du Lausanne-Sport (2002-2006) a tenté de se relancer en 2015. Mais son nouvel établissement à Orbe a dû fermer au printemps 2019, Philippe Guignard ayant été rattrapé par la maladie.
Le procès se poursuit ces prochains jours. Des témoins doivent être entendus mardi, avant l'audition des prévenus mercredi et jeudi.
Outre l'escroquerie par métier, le chef déchu de 57 ans doit répondre de gestion déloyale aggravée et gestion fautive. L'affaire est jugée par le Tribunal correctionnel d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois, délocalisé pour l'occasion à Renens en raison du coronavirus.