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L'histoire de René GRANDJEAN nous est parvenue par Henry Sarraz auteur des deux ouvrages relatant la naissance de l'aviation suisse à Avenches au début du XXème siècle.
Lorsque je suis venu au monde, à Bellerive, en 1884, il paraît que mes grands-parents paternels et maternels étaient tous réunis pour trouver le nom qu'ils allaient me donner... sans se mettre d'accord. Alors, mon père leur a dit : "Allons, pas tant d'histoires... Prenons le calendrier, le 12 novembre c'est la Saint René. Et bien,il s'appellera René" et il partit aussitôt me faire inscrire à l'état civil.
Pendant ma première année d'existence, je pleurais souvent. On me mettait sur un tas de sable et je ne pleurais plus mais on me retrouvait avec la bouche pleine de sable. On constata que je mouillais mon doigt pour le tremper dans le sable, puis je le remettais dans ma bouche. Il paraît qu'on me laissa faire, car c'était le seul moyen de me faire taire.
J'étais le premier enfant de mes parents, mon frère Marius me suivait de 11 mois... Ma mère a donc dû me sevrer rapidement. Mon père tenait absolument à ce que je sois élevé au lait de vache à son premier veau et pendant deux ans j'ai bu uniquement du lait de cette vache. Puis mon père, avant de repartir à Paris, vendit la vache au boucher qui découvrit en dépeçant la viande qu'elle n'avait presque plus de poumons. Elle était tuberculeuse. Alors il a dit : Maintenant je comprends pourquoi elle toussait tant!
C'est en 1890 que mon père et ma mère furent rappelés à Paris chez les Rothschild.