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Akbar, le Grand Moghol, qui règne peu à peu sur presque toute l’Inde, est un esprit curieux et ouvert, qui aime les débats religieux et philosophiques. Bien que d’origine sunnite, il est tolérant. Il invite des missionnaires jésuites à sa cour pour les entendre débattre avec les représentants d’autres religions. Croyant qu’il envisage de se convertir au christianisme, les jésuites établis à Goa envoient des représentants de la Compagnie qui ne soient pas des portugais, les adversaires du Moghol, qui contrôlent le trafic maritime. Parmi les missionnaires envoyés se trouve le neveu du Père général Aquaviva sj. Après un voyage de quatre mois, les missionnaires sont reçus avec tous les honneurs à la cour. Un de leurs grands problèmes sera l’apprentissage de la langue perse. Ils s’y mettront avec plus ou moins de bonheur. S'en suivra la naissance d’une première littérature chrétienne en persan. Le Père Montserrat deviendra même le précepteur du fils du Moghol.
Dans les faits, l’empereur tente de fonder une nouvelle religion, sorte de syncrétisme de toutes celles qu’il connaît. Il utilise les jésuites pour consolider son empire et en particulier pour s’opposer au traditionalisme musulman. Lorsque ceux-ci se rendent compte que le Grand Moghol n’a pas le projet de se convertir, ils quittent la cour et retournent à Goa, avec l’accord de leurs supérieurs.
Trois missions se sont succédées sur place:
1ère de 1579 à 1583 (les supérieurs rappellent les missionnaires).
2ème de 1590 à 1591 (les missionnaires partent d’eux-mêmes, malgré l’avis contraire des supérieurs)
3ème de 1594 à 1773 parmi les jésuites envoyés, un Xavier, parent de François Xavier.
Au cours de leur séjour dans l’empire moghol, les missionnaires ont toute liberté pour enseigner, prêcher, baptiser, et accueillir des convertis.
L’auteur développe les débats entre musulmans, chrétiens et hindous, expose les méthodes des missionnaires, souligne l’importance de la peinture et l’art chrétien qui fascinent le Grand Moghol. Ce dernier vénère ces oeuvres, et demande à ses artistes de les reproduire du moment qu’elles servent à la légitimation du souverain.
Ouvrage très lisible, sans trop de technicismes, sa traduction française me semble mieux éditée que l'originale en italien.
Une recension de Pierre Emonet sj