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Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement européens ont commencé vendredi une longue discussion sur le budget de l'Union pour la période 2021-2027. Le départ de la Grande-Bretagne entraînera une perte de 10 à 12 milliards d'euros par an.
Les dirigeants se sont accordés pour dépenser davantage pour les politiques de défense et de sécurité et pour lutter contre l'immigration illégale, a déclaré Donald Tusk, à l'issue de ce Conseil européen informel qui se tenait à Bruxelles. Le futur budget de l'Union sera affecté par le départ du Royaume-Uni du bloc en 2019, qui entraînera une perte de 10 à 12 milliards d'euros par an.
De nombreux dirigeants ont dit qu'ils étaient prêts à contribuer davantage pour compenser cette perte et pour financer les nouvelles ambitions européennes, a ajouté le président du Conseil européen. Mais d'autres sont bien moins ouverts.
La Commission européenne souhaite que le budget soit porté à 1,1-1,2% du produit intérieur brut de l'UE contre 1,0% actuellement. Elle a proposé de compenser la perte causée par le départ du Royaume-Uni par des économies et des nouvelles ressources.
Respect des valeurs européennes
L'Allemagne, la France et l'Italie, pays qui contribuent le plus au budget, se sont dites prêtes à payer davantage, tout en posant des conditions. Emmanuel Macron s'est ainsi engagé à imposer des conditionnalités liées au respect des valeurs européennes par les Etats et à la lutte contre le "dumping" fiscal et social.
"Je refuserai que le budget européen serve à financer de la divergence fiscale, sociale ou de valeurs", a déclaré le président français lors d'une conférence de presse. "C’est pour moi une conditionnalité forte et claire que j’ai souhaité porter et que je défendrai dans les mois qui viennent."
Selon une source à l'Elysée, la France et l'Allemagne feront une proposition commune sur le budget, qui pourrait permettre de sélectionner "trois-quatre priorités en termes de conditionnalité". En cause notamment, le refus de certains pays de participer au système de solidarité mis en place pour répondre à la crise des migrants, et le respect des libertés publiques que de nombreux Européens jugent mises à mal en Pologne.
D'autres contributeurs nets au budget européen comme les Pays-Bas, l'Autriche, la Suède et le Danemark refusent quant à eux de le voir augmenter.
La Commission espère qu'un accord sera conclu d'ici aux élections européennes de mai 2019 mais de nombreux dirigeants doutent qu'un tel calendrier soit réaliste. Il leur avait fallu 29 mois de négociations pour s'accorder sur le budget en cours.
"Pas d'automaticité"
Donald Tusk a confirmé que les Vingt-Sept avaient rejeté une demande du Parlement européen qui souhaite que le prochain président de la Commission soit choisi parmi les candidats sélectionnés par les principaux groupes parlementaires. "Pas d'automaticité" dans le choix, ont répondu en substance les dirigeants.
"On ne peut pas dire tout simplement, le candidat du parti le plus fort, c'est lui. Il faut voir quel rapport de majorité on peut former. Il y a bien des gouvernements nationaux où le parti le plus fort n'est pas celui qui fournit le chef de gouvernement", a souligné la chancelière allemande Angela Merkel.
Les Vingt-Sept se sont accordés comme prévu sur le principe d'une réduction du nombre de parlementaires, de 751 à 705, qui entrera en vigueur après le départ des 73 députés britanniques.