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Résolution approuvée lors de l’Assemblée des délégué·e·s de la JS Suisse du 17 septembre 2022 à Coire (GR)
1. L'inflation et ses causes
L'inflation se monte actuellement à 9,8%1 au sein de la zone Euro. Les prix montent et le coût de la vie augmente. Pour un salaire inchangé, cela signifie que les travailleuse·eurs peuvent acheter moins de produits de base et de produits de consommation pour la même somme, et en fonction du revenu, cela signifie une chute (plus importante) sous le seuil de pauvreté.
L'inflation actuelle n'est pas une particularité européenne, elle s'étend à d'autres régions. En Suisse, l'inflation est de 3,5%2, ce qui est hors-norme, et aux États-Unis elle monte à 8,5%3. Les facteurs déclencheurs communs peuvent se résumer à la crise du coronavirus et à la guerre en Ukraine. Dans le sillage de la crise du coronavirus, des chaînes d'approvisionnement ont été retardées, voire interrompue, ce qui a entraîné un renchérissement considérable des produits de base employés dans la production des marchandises. Certaines de ces chaînes d'approvisionnement continuent de stagner. En raison de la guerre en Ukraine, les voies maritimes de la mer Noire sont paralysées. Les matières premières comme le blé et le pétrole, mais aussi les produits industriels, sont particulièrement moins expédiées. À cela s'ajoute la hausse du prix du pétrole et du gaz due à la réduction des exportations de la Russie ou aux réductions d'importation de l'Occident.
2. Réaction des banques centrales aux crises de l'inflation
Dans la lutte contre l'inflation, les banques centrales poursuivent une stratégie risquée, guidée par des conclusions néoclassiques erronées. Leur objectif est de provoquer une (légère) récession, car les banques centrales partent de la construction néoclassique de ce que l'on appelle la "spirale prix-salaires". Dans cette approche bourgeoise et économique du marché, les syndicats et les travailleuse·eurs seraient responsables de la hausse des prix, car elles et ils exigent des salaires plus élevés en compensation d'une demande excédentaire. La réaction est d'augmenter le taux directeur, ce qui entraîne une hausse des taux d'intérêt généraux. Cela entraîne alors une baisse des retraits de capitaux des banques et une baisse du pouvoir d'achat. Comme la demande diminue, la logique capitaliste veut que les entreprises augmentent les prix, baissent les salaires ou licencient des travailleus·eurs afin de maintenir les profits.
Pour l'instant, l'explication salariale ne fonctionne pas, même dans une perspective bourgeoise : les déclencheurs cités sont connus et incontestés - même si le potentiel existait bien sûr déjà auparavant en raison d'un marché mondialisé débridé. Les banques centrales se comportent pourtant selon le manuel néoclassique, qui part du principe que l'inflation est due à des salaires "trop élevés", alors qu'elle est en fait déclenchée par des moments de choc (limités dans le temps). Et ce parce que le mythe de la spirale prix-salaires justifie, pour les banques centrales imprégnées d'idéologie néolibérale, d'essayer de faire payer la crise aux 99% au lieu de faire payer celles et ceux qui continuent à en profiter : Les plus riches et les entreprises.
3. La spirale prix-salaires est en fait une spirale prix-profits
La situation de départ est délicate : le pouvoir d'achat est faible, les salaires baissent, les travailleuse·eurs sont licencié·es et les entreprises continuent d'engranger les mêmes profits, voire plus encore si l'inflation se calme. En effet, les prix, qui promettent des bénéfices plus élevés grâce à un certain niveau, ne sont plus revus à la baisse, et les entreprises accumulent les surprofits. Ce que les néolibéraux appellent la spirale prix-salaires est en réalité une spirale prix-profits. L'approche des banques centrales est donc erronée. Il va de soi qu'il ne faut pas réduire les salaires, mais les augmenter, afin de maintenir le niveau de vie de la population en cas d'inflation. Pour que les prix de continuent pas à augmenter, il faut briser la spirale, d'une part en plafonnant les bénéfices des entreprises, et d'une part en les prélevant pour le bien commun.
L'inflation montre clairement comment le capitalisme se base sur l'exploitation des 99%. Pour la JS Suisse, il est donc clair qu'il faut briser ce cercle vicieux :
- Il faut immédiatement offrir aux 99% des réductions de primes, des billets des transports publics gratuits, et une prise en charge des coûts locatifs, financée par une hausse de l'impôt sur le bénéfice à 29,4%.
- Il faut mettre fin aux agissements de la Banque nationale suisse (BNS) en faveur du capital. La BNS doit être démocratisée : les décisions concernant les prix et l'utilisation des bénéfices doivent être prises par la population.
- Les services de base ne peuvent être réglés de manière privée, ni dans un but commercial. Il est hors de question que le logement, la vie et le travail deviennent inabordables pour les gens.
1 Inflation in Europa im Juli 2022 | Statista. (01.09.2022).
2 https://www.srf.ch/news/schweiz/teuerung-in-der-schweiz-inflation-in-der-schweiz-steigt-auf-3-5-prozent (01.09.2022).
3 https://de.statista.com/statistik/daten/studie/191086/umfrage/monatliche-inflationsrate-in-den-usa/ (01.09.2022).