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L’éducation
Le système patriarcal et sexiste est reproduit quasi automatiquement par ce que l’on appelle la « socialisation différenciée », soit par une éducation distincte entre les filles et les garçons. Le fait qu’il y ait effectivement des filles et des garçons, n’est pas le problème. Le problème sont les projections qui vont avec la catégorie « fille » et la catégorie « garçon » qui sont à l’origine d’attitudes discriminatoires.
La reproduction des inégalités à l’école
A l’école, les élèves apprennent deux types de notions : celles qui relèvent du programme ou « curriculum formel » et d’autres qui constituent ce qu’on appelle le « curriculum caché ». Ce terme désigne l’ensemble des savoirs, compétences, représentations, rôles, valeurs que l’on apprend à l’école, sans que cela ne figure officiellement au programme.
On observe qu’il y a souvent une grande contradiction entre les valeurs transmises via le curriculum formel et celle inculquée via le curriculum caché. On peut, par exemple, promouvoir l’égalité entre les sexes en dédiant des leçons particulières à cette thématique et, dans un même temps, truffer les exercices de mathématique, de français ou d’histoire de représentations qui renforcent les stéréotypes masculins et féminins ainsi que l’idée de la supériorité des hommes sur les femmes.
Les inégalités sont, par conséquent, non seulement parfois reproduites par les programmes officiels eux-mêmes mais bien plus souvent de manière plus sournoise au travers des manuels et les fiches proposées dans le cadre de l’enseignement scolaire.
En formant les enseignant·e·s aux questions d’égalité et aux stéréotypes de genre, en veillant à utiliser des programmes et des manuels inclusifs, en étant attentifs·ves à la gestion des espaces partagés, à la mixité dans les activités, en ouvrant les horizons des élèves, l’école pourrait jouer un rôle clé dans la construction de l’égalité de fait.
La reproduction des inégalités dans la famille
Même si nous sommes persuadé·e·s que nous ne faisons aucune différence dans l’éducation de nos garçons et de nos filles, de montrent que, même avant la naissance, nous avons des projections différentes selon si l’échographie vous a prédit un garçon ou une fille. Une fois le bébé arrivé, nous ferons usage d’un vocabulaire et d’une manière d’interagir différente, selon le sexe de l’enfant. Les jeux que l’on va leur proposer, à l’une ou à l’autre, ne mobiliseront pas les mêmes compétences.
De plus, les parents sont des modèles et les enfants des éponges. Nos enfants auront donc du mal à vivre des théories égalitaires qu’ielles n’auront pas l’occasion de voir mises en œuvre dans leur cadre familial. Demandez à quelqu’un de poser à la question à votre enfant « ton papa/ta maman il/elle fait quoi dans la vie ? » et réfléchissez bien à la réponse.
« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » disait Gandhi.