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Dans l´histoire des relations entre la Suisse et l´Union européenne, Adolf Ogi n´est pas le premier nom qui vient à l´esprit. Il a pourtant joué un rôle clé dans l´accord sur le transport signé en 1992, dont l´esprit est au coeur des accords bilatéraux.
C'était avant le refus de la participation suisse à l'Espace économique européen. Adolf Ogi, alors ministre des Transports, avait obtenu de ses partenaires une exception de taille. La Suisse pourrait maintenir l'interdiction des poids lourds de plus de 28 tonnes.
Pour convaincre ses interlocuteurs européens, Adolf Ogi n'avait pas hésité à leur sortir le grand jeu: une ballade en hélicoptère au-dessus du Gothard. Davantage que de longs discours, le spectacle du goulet alpin établissait la nécessité de limiter le transport des marchandises par la route.
Malgré le refus de l'Espace économique européen, l'accord sur le transport est entré en vigueur. Il a servi de base aux discussions reprises par Moritz Leuenberger, successeur d'Adolf Ogi aux transports. Avec deux principes: la couverture des coûts occasionnés par les différents modes de transport et le développement du transport combiné. Huit ans après la signature de l'accord par Adolf Ogi à Porto, ces principes autrefois exotiques s'imposent progressivement dans l'Union européenne.
A Bruxelles, Adolf Ogi restera également l'homme de la participation de la Suisse au Partenariat pour la paix, sous l'aile de l'OTAN. Cet engagement se traduira le mois prochain par l'organisation de son premier exercice d'état-major du PPP à Lucerne.
En décembre dernier, à Bruxelles, lors d'une rencontre des ministres de la Défense du partenariat euro-atlantique, Adolf Ogi observait les progrès accomplis par la Suisse dans sa participation aux efforts internationaux, notamment au Kosovo. «Chaque fois que la Suisse s'engage, disait-il, elle est dans la cible.»
Thierry Zweifel, Bruxelles