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La Roue d’Or Montheysanne (ROM) est une association à but non lucratif dont l’objectif est la promotion du sport cycliste. Fondée en 1982, la ROM est le dernier-né des clubs cyclistes valaisans affiliés à la fédération nationale, Swiss Cycling.
Depuis plusieurs années, la ROM, a basé sa politique principalement sur la formation des jeunes coureurs, mais elle a également su créer, pour les cyclistes amateurs, une ambiance chaleureuse, propice à l’obtention de bons résultats.
En 23 ans d’existence, la ROM a eu le plaisir de voir deux de ses coureurs rejoindre le peloton des professionnels : Bernard Gavillet (Cilo/Aufina, Système U..) et Cédric Milliéry (Post Swiss Team).
Depuis 2001, en plus d’une manche annuelle du Giron du Chablais-Riviera, la ROM organise une course nationale pour Junior, Cadets, Ecoliers et dès 2005 pour féminines.
L'aube du vingtième siècle s'inscrit sur le plan international dans une époque de calme politique relatif et elle coïncide, en Valais, avec le net départ de l'industrialisation. Monthey apparaît dans ce domaine comme une cité d'avant-garde. Après les échecs d'une raffinerie de sucre et d'une fabrique de pendules, elle possède une verrerie occupant quelque trois cents ouvriers.
La manufacture de tabac et l'industrie chimique sont florissants : elles encadrent toute une pépinière d'officines et d'ateliers à caractère local qui confèrent à la cité une animation commerciale. Vers 1905, Monthey, où l'eau potable et l'électricité desservent les habitations depuis plus de cinq ans, compte une population d'environ trois mille cinq cents âmes. Le mouvement industriel attire dans l'agglomération montheysanne une "faune" variée, et ce substrat a toujours favorisé l'éclosion des sociétés locales.
L'engouement pour le nouveau moyen de locomotion que constitue la bicyclette est indéniable : l'homme peut se déplacer en équilibre sur deux roues, seul, bien plus vite qu'en marchant. Certes l'infrastructure routière ressemble davantage aux derniers chemins vicinaux de la plaine du Rhône actuelle. Mais peu à peu cette machine change la vie des gens : sa pratique devient un jeu, collectif parfois, élégant souvent, puis un sport de compétition. Du ler au 19 juillet 1903, les coureurs du premier Tour de France arpentent l'Hexagone sur des machines de forme semblable aux nôtres ; le voyage est homérique, mais le sport cycliste se popularise.
A Monthey, ville réputée pour son ouverture aux idées nouvelles, les quelques fervents vélocipédistes ressentent le besoin de s'unir. Ils tiennent leur première assemblée le 2 mai 1905 à l'HôteI des Postes et élisent un comité de cinq membres dont Joseph Chappex est président, Léon Roy vice-président, Emile Studely secrétaire, Baptiste Tamini caissier, Pierre Ambrosi adjoint. Les membres fondateurs - 1905 Puis les événements se précipitent: le 8 mai déjà a lieu la deuxième assemblée. Le comité soumet aux participants un magnifique projet de statuts en vingt-trois articles et l'on décide que la jeune société s'appellera " Vélo-Club Montheysan ". Un des premiers soucis qui tourmente les dirigeants de 1905 est de fournir au club des structures administratives bien nettes.
Les statuts sont acceptés, on ajoute au comité Jean Gillioz et Emile Martin, vérificateurs des comptes. On décide de créer un insigne que chaque membre se procurera pour le prix de 2 francs, on imprime des cartes de convocations aux assemblées et achète deux timbres-caoutchouc pour viser les pièces officielles. En juin l'Union Cycliste Suisse propose au vélo-club Montheysan son affiliation, mais l'Assemblée décrète qu'elle le fera à partir de 1906. Motif: la cotisation n'est pas fractionnable. Puisque l'argent est le nerf de la guerre, il faut plus songer à le gagner qu'à le gaspiller : à l'unanimité, l'Assemblée se propose d'organiser le 16 décembre 1905 un loto qui produira un bénéfice de 68.80 francs. Cette recette sert à payer une partie de la facture du fanion officiel commandé à la maison Fraefel à Saint-Gall pour le prix de 120 francs.
Mais les préoccupations administratives soutiennent une intense activité vélocipédique et les pédaleurs montheysans parcourent inlassablement la plaine chablaisienne. A l'occasion de leur première sortie sous les couleurs du VCM, le 21 mai 1905, ils choisissent Vevey pour but. La deuxième course les conduit à Thonon, puis le rythme est pris. On parle d'un championnat se déroulant sur le parcours Monthey-Vernayaz et retour, de sorties à Sion, à Genève, à Thonon encore, mais cette fois par la vallée d'Abondance. Le VCM répond à des invitations de sociétés analogues à Vevey, Brigue et Montreux pour participer à des compétitions.
Puis tout s'arrête. Le club qui connaît encore une belle activité cyclotouriste durant l'été 1906 s'essouffle. Le protocole se conclut par une décision, de quelques membres présents seulement, d'organiser l'habituel loto hivernal. Bien que les espèces sonnantes et trébuchantes se fassent rares, l'assemblée accepte de verser une part de l'éventuelle recette à l'Hospice-lnfirmerie du district. Les causes de ce brutal arrêt d'activité demeurent nébuleuses. Le Vélo-club Montheysan compte en 1906 environ trente-cinq membres dont cinq à sept assistent régulièrement aux assemblées. Les dirigeants se lassent d'un tel manque d'intérêt et la situation ne trouve aucune issue immédiate.
Mais à Monthey, le virus du cyclisme n'est pas mort. Des pédaleurs dans l'âme, estimant que la pratique de la bicyclette reste une joie à partager, remettent l'ouvrage sur le métier. Il importe peu à ces pionniers de la deuxième heure, de savoir où sommeille le Vélo-Club d'avant la Grande-Guerre. Par voie de presse, les plus fervents, invitent les intéressés à une réunion constitutive le 20 janvier 1921 au Buffet M.C.M. Cinq personnes répondent à l'appel et c'est ainsi que s'instaure un comité provisoire où apparaissent les noms suivants : président: Eugène Burdevet, vice-président : Jean Orlando, caissier : Joseph Gross, secrétaire : Benjamin Jardinier, adjoint : Raphaël Nickeli. Très démocratiquement ce comité renouvelle son invitation pour une assemblée qu'il espère élargie et le 4 février le comité initial - on nomme Eugène Martin en remplacement de Raphaël Nickeli - voit son mandat plébiscité par les vingt et une personnes présentes. La machine fonctionne à nouveau, les structures administratives - statuts, affiliation à l'UCS, création d'insignes - remises en place.
A une époque où le vent du modernisme souffle sur une région dont la classe moyenne est encore très faible, les sociétés apportent, pour peu de frais, un divertissement fort appréciable à leurs actifs. Le rôle social qu'elles jouent par l'entremise du groupe - dans le cas du Vélo-Club collectes pour aider les coureurs à participer aux courses - constitue un appoint heureux à la conception naissante des loisirs. La première sortie officielle et la randonnée annuelle qu'organise le club après sa deuxième fondation le prouvent aisément. Le 12 juin 1921, les cyclistes montheysans s'en vont découvrir le Chablais par Vouvry, Villeneuve et Aigle. L'itinéraire semble banal mais l'ambiance qui se dégage de la promenade en groupe plaide en faveur de la société. Un mois plus tard, le Vélo-Club Montheysan organise la sortie annuelle qui par le col du Pillon conduit les joyeux cyclistes dans l'Oberland, à Bulle, Châtel-Saint-Denis et Monthey. La lecture du récit écrit à cette occasion apporte une foule de renseignements sur l'ambiance qui règne alors dans la société. Le départ a lieu le samedi vers les 21 heures, les musettes bourrées de provisions pour résister aux assauts de "Dame Fringale". A une heure du matin, la joyeuse troupe atteint les Diablerets où elle passe la nuit dans une grange rapidement baptisée "Hôtel des Quatre-Courants". Mais le réveil est encore plus coloré et la citation s'impose.
A 4 heures le cri : "Debout" fait ouvrir les lucarnes de nos touristes et un peu d'eau réveille la mémoire pendant qu'une giclée de kirsch réchauffe la ventrailIe " (Protocole du Vélo-Club Montheysan 1921-1930).
Après le col, la descente vers Gstaad procure aux pédaleurs montheysans un émerveillement que le narrateur traduit avec émotion. La route jusqu'à Monthey réserve encore une série d'aventures, et la fatigue ne semble avoir d'égales que la camaraderie et la bonne humeur.
Ces sorties se répètent chaque année, parfois les buts diffèrent mais l'entrain demeure identique.
Le 3 septembre 1922, le Vélo-Club Montheysan présidé depuis le printemps par Joseph Gross, se rend à Lausanne pour participer aux festivités du 25e anniversaire de l'Union Cycliste Suisse. Les Montheysans, coiffés du foulard rouge du Val d'Illiez traversent la ville sous les applaudissements des spectateurs et remportent la deuxième place du concours du nombre de participants.
Parallèlement, l'activité administrative se poursuit : à l'assemblée générale de mars 1922, une commission sportive est créée. Présidée par Eugène Burdevet, cette section a pour but d'épauler le comité dans l'organisation du championnat interne notamment. L'Assemblée accepte de collaborer avec le Football-Club pour la création d'un mensuel, "Le Sport", organe officiel des deux sociétés. En décembre de la même année, pour à la fois divertir ses membres et renflouer sa caisse, le club instaure le Bal-Tombola à l'HôteI des Postes. La société apparaît maintenant rodée : elle a organisé plusieurs courses régionales pour Amateurs et Débutants, souvent elle est invitée à défendre ses couleurs dans le canton ou à l'extérieur, à Genève et même au Tessin. Bien que durant l'année 1923 le président Joseph Gross se plaigne d'un certain absentéisme aux assemblées, le Vélo-Club envisage l'achat d'un home-trainer et organise le premier championnat valaisan sur le parcours Monthey - Saint-Gingolph - Martigny - Monthey. Cet effort est récompensé par la victoire du coureur local Antoine Lattion dans le temps de 3h04'30".
En 1925, il existe à Monthey un autre club cycliste, le Cyclophile des Alpes. Les deux sociétés, par l'intermédiaire de leur président Antoine Lattion pour le Vélo-Club et François Richard pour le Cyclophile, prennent contact en vue de fusionner. La majeure partie des divergences est aplanie, hormis deux points capitaux, le nom de la future société et l'affiliation des membres à l'une des deux fédérations nationales, le Vélo-Club étant rattaché à l'Union Cycliste Suisse (UCS) et le Cyclophile au Schweizerischer Raadfahrer Bund (SRB). Pour la raison sociale, on propose tour à tour Pédale Montheysanne, Vélo-Club des Alpes, mais en définitive on décide de conserver Vélo-Club Montheysan et le fanion du Cyclophile sera maintenu avec la mention des deux patronymes. Quant à l'affiliation, les membres seront inscrits aux deux organes fédératifs. La fusion, prévue pour la fin de l'année 1925 échoue malgré de nombreuses tractations ; les membres du Cyclophile qui dans un premier temps avaient donné les pleins pouvoirs à leur président se rétractèrent au dernier moment.
Cette fusion manquée devait être ratifiée lors de la fête organisée par le Vélo-Club le 19 décembre 1925 pour commémorer le 20e anniversaire de la société. Ce détail prouve que, assez tôt après la deuxième fondation du Vélo-Club, l'existence de la société initiale était connue. Un fait précis survenu quelques années auparavant incline à penser dans le même sens. Le 10 avril 1922, Joseph Piralla demande son admission au Vélo-Club ; après les délibérations habituelles, l'Assemblée le dispense de la finance d'entrée car ce dernier faisait partie de l'ancien club. Enfin, le point déterminant dans le lien entre 1906 et 1921 reste le nom de la société. Lors de la relance de 1921, les instigateurs ne semblent s'être, à l'instar de leurs prédécesseurs, jamais heurtés au problème du nom de la société. Dans les pourparlers avec le Cyclophile des Alpes, alors que la raison sociale était une pomme de discorde, les hommes du Vélo-Club Montheysan refusent farouchement de renier l'appellation de 1905. Par cette détermination, ils deviennent les héritiers directs de la première société cycliste montheysanne. Lors du banquet au Café-Restaurant du Midi, les membres de 1905 encore en vie sont élus membres honoraires en tant que "promoteurs du sport vélocipédique en notre ville". A en juger le chroniqueur, la soirée se passe dans une ambiance imprenable; les plus habiles se produisent dans des chansons, monologues ou autres saynètes, tandis que d'autres se livrent à des exercices d'équilibre ou d'acrobatie. L'évocation des souvenirs ne manque pas plus que l'esprit farceur des Montheysans : au moment du dessert un somptueux plateau de pâtisseries les plus variées arrive sur la table. Les gourmands y laissent leurs dents car, hormis l'enveloppe de crème et de sucre-glace, les friandises sont de bois ! Mais tous les convives applaudissent la ruse du pâtissier Pellet qui vient de servir un succulent vacherin. Bonne humeur et gaudriole accompagnent toujours les soirées annuelles, élément important dans la vie de la société. Ces réunions se terminent souvent à une heure fort avancée de la nuit, elles se prolongent parfois jusqu'à l'aube sans autre souci que celui de rire ou de s'amuser.
Les membres fondateurs du Vélo-Club Montheysan - 1905
Joseph Chappex Ernest Borgeaud Baptiste Tamini Marcel Beguelin Pierre Ambrosi Alfred Richard Emile Stuedeli Louis Barlatey Léon Roy Fidèle Allegra Henri Fournier Jacques Lometti Georges Moret Hector Guido François Ortelli Jacques Hauswirth Théophile Ortelli Emile Martin Auguste Losenegger Albert Stuedeli Jean Gillioz Joseph Martenet Pierre Loreya François Gattoni Emile Olgiati Etienne Multone Edouard Vannay Antoine Chappex
Eugène Burdevet Emile Diaque Jean Orlando Camille Lugon Joseph Gross Antoine Gallo Benjamin Jardinier Marcel Zibach Raphaël Nickeli Henri Burdevet Conrad Dulli Henri Chappex Ernest Gallay Tony Coppex Eugène Martin Charles Coppex Jean Ondario Henri Coppex Théophile Methiaz Emile Zumoffen Joseph Ramel Jean Natali Joseph Giovanola André Querrio Isaac Pellet Clovis Meynet Henri Carnassali Michelange Casanova Auguste Gilgen Francis Moret Victor Egli Jacques Rastello Fernand Monnay Charles Kaufmann Henri Hauswirth