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“Le meilleur missionnaire, c’est la Bible en langue maternelle. Elle n’a jamais besoin de vacances et n’est jamais considérée comme étrangère”
Cameron Townsend, “Oncle Cam” pour ses amis, est né en Californie en 1896, durant des années économiquement difficiles. Il est d’origine presbytérienne, et c’est lors de sa deuxième année d’université (Occidental College) qu’il entend une conférence donnée par le célèbre missionnaire John R. Mott. L’année suivante, il s’engage comme colporteur auprès de la Los Angeles Bible House pour distribuer la Bible en Amérique latine.
En 1917, c’est au Guatemala qu’a lieu la rencontre décisive qui changera à jamais la vie de Cameron Townsend. Alors qu’il se trouve dans une région peuplée d’Indiens Cakchiquel, il offre à l’un d’entre eux une Bible en espagnol, mais ce dernier lui répond : “Si votre Dieu est si intelligent, pourquoi ne parle-t-il pas ma langue ?” Cette seule question a décidé Cameron à consacrer les treize années suivantes de sa vie aux Indiens Cakchiquel.
Cependant, la complexité de la langue Cakchiquel était énorme : l’analyse de son système verbal semblait être une tâche impossible à accomplir. Mais sous les conseils d’un archéologue, Cameron cesse de penser en termes latins et recherche plutôt la logique intrinsèque à la langue cakchiquel. Ce conseil offre les résultats que Cameron recherchait depuis longtemps : En 1926, il publie une analyse structurelle du système verbal du Cakchiquel et devient ainsi l’un des premiers hommes à réussir à décrire le système grammatical complexe d’une langue vernaculaire sur la base de sa propre structure. Les travaux de Townsend sont alors salués par le professeur Edward Sapir, l’un des plus grands linguistes de l’époque, qui enseigne que chaque langue doit être décrite en fonction de sa propre structure. En 1929, il termine la traduction du Nouveau Testament en Cakchiquel.
La mission à laquelle il est associé à l’époque n’attache pas d’importance à la traduction de la Bible ; pour eux, la tâche de Cameron devait avant tout consister en l’évangélisation et l’édification des croyants. Mais il était désormais déterminé à consacrer sa vie à la traduction de la Bible dans les langues minoritaires. C’est ainsi qu’en 1934, il fonde avec L. L. Legters le Camp Wycliffe, qui sera à l’origine de la plus grande organisation missionnaire protestante indépendante du monde, Wycliffe Bible Translators, et de son émanation, le Summer Institute of Linguistics (SIL).
Finalement, Cameron se lie d’amitié avec le président du Mexique, Lazaro Cardenas, qui est enthousiasmé par le travail des traducteurs. Cárdenas demande à Cameron d’envoyer plus de linguistes pour travailler sur les nombreuses langues indigènes du Mexique. Il s’agissait d’une opportunité à ne pas manquer. Il a ensuite passé 17 ans au Pérou, puis s’est installé en Colombie pour poursuivre le travail de traduction.
La philosophie de William Cameron Townsend pourrait être résumée ainsi : “Le meilleur missionnaire, c’est la Bible en langue maternelle. Elle n’a jamais besoin de vacances et n’est jamais considérée comme étrangère”.
Source (Traduction libre) : Promotora Española de Lingüística – William Cameron Townsend (1896-1982) (proel.org)