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Du point de vue stylistique, les traits de cette tête en terre cuite laissent supposer une origine adanse, subdivision du royaume Asante du Ghana. Destinée à être autonome, la sculpture aurait commémoré une femme Asante d’un certain âge, peut-être une reine mère, bien que rien dans sa coiffure caractéristique n’indique une personne de statut royal. Le portrait représente une femme barbue, donc en principe d’un âge assez avancé. Certains de ses attributs physiques méritent d’être notés. Les lèvres sont formées de deux petits plateaux semi-circulaires et les yeux sont légèrement exorbités. Les anneaux de graisse autour du cou se limitent seulement à la zone située sous le menton. Tout comme les traits précédemment décrits, le trou béant à l’arrière du crâne est conforme à la plupart des têtes funéraires akan en terre cuite. Mais les oreilles constituent de loin le détail le plus caractéristique du portrait. Exécutés avec soin, les pavillons auriculaires en pointe restituent la complexité des plis intérieurs. Cette évocation, qui n’est pas fréquente dans la sculpture akan, peut différencier d’autres pièces du même artiste. De plus, bien que la racine des cheveux soit visible, le cuir chevelu présente quatre touffes circulaires gracieusement composées de petits boudins en spirale symbolisant les cheveux [1]. On ignore si cette composition correspond à une véritable coiffure ou à des calottes. Une pièce pratiquement identique, se trouvant dans les collections du musée Dapper, éditée à l’origine par Cole et Ross, a été attribuée au sous-groupe Adanse des Asante [2].
[1] Muller (1673) ; Barbot (1732) ont documenté diverses coiffures portées par l’élite dirigeante akan.
[2] Cole et Ross (1977, pl. 273) ; Quarcoopome (2003, p. 113).