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Parmalat assigne l’Union de banques suisses (UBS) en justice. Le groupe italien sous administration judiciaire lui réclame près de 450 millions de francs.
Il y a une année, l’UBS a aidé Parmalat à se procurer de l’argent frais, en échange de l’achat d’obligations. C’est cette somme que le groupe agroalimentaire va chercher à récupérer.
Vendredi, l'administrateur provisoire de Parmalat, Enrico Bondi, annonce avoir porté plainte contre l'UBS devant le tribunal de Parme. Le groupe italien réclame à la banque suisse le remboursement de 290 millions d’euros, soit 446 millions de francs suisses, et se réserve encore le droit de demander des intérêts.
L’affaire remonte à juillet 2003, soit quelques mois avant l’annonce de la débâcle. L’UBS s’était alors portée garante pour permettre à Parmalat d’émettre des obligations pour un montant total de 420 millions d’euros.
Mais sur cette somme, l’UBS avait enjoint le groupe italien à placer 290 millions d’euros en achetant des obligations à la banque portugaise Totta & Acores. En cas de faillite de Parmalat, ce montant devait revenir à l’UBS.
De ce luxe de précautions, Enrico Bondi déduit que les gens de l’UBS étaient au courant de la situation financière catastrophique dans laquelle se trouvait alors Parmalat.
De son côté, l'UBS réagit à cette annonce en promettant de se défendre vigoureusement. Vendredi, la banque assure qu'il n'existe aucun élément prouvant que ses salariés ont enfreint la loi. Pour elle, les transactions concernées étaient «entièrement valides».
A fin juillet, Enrico Bondi avait déjà déposé une plainte aux Etats-Unis contre Citigroup, numéro un du secteur bancaire américain, autre créancier de Parmalat.
Selon un communiqué diffusé à cette occasion, l’administrateur cherche ainsi «à obtenir réparation auprès des tierces parties soupçonnées d'avoir joué un rôle dans l'effondrement de Parmalat».
Un trou de plus de 14 milliards
En décembre 2003, Parmalat a frôlé la faillite après la découverte d'un trou de 14,27 milliards d'euros dans ses comptes, probablement falsifiés depuis des années.
Depuis, le groupe est placé sous administration judiciaire et son fondateur, Calisto Tanzi, ainsi que plusieurs membres de l'ancienne direction sont poursuivis pour malversations.
Le groupe est engagé dans une vaste restructuration, qui devrait se traduire notamment par la suppression de la moitié de ses effectifs globaux, qui sont encore de 32’390 personnes aujourd’hui.
Le plan prévoit également le recentrage des activités de Parmalat sur ses deux métiers de base, soit les produits laitiers et les jus de fruit, la cession des autres activités et son désengagement des Etats-Unis et d'Asie.
Parmalat s'est également fixé pour objectif de reverser aux actionnaires au moins 50% des bénéfices distribuables dégagés au cours des 15 prochaines années, en incluant les dommages et intérêts récupérés.
Le retour aux chiffres noirs est prévu à l’horizon 2006 – 2007.
swissinfo et les agences
En bref
- Parmalat vient d'être secoué par un des plus gros scandales financiers qu'ait connu l'Italie. Ses comptes, probablement falsifiés depuis des années ont révélé à fin 2003 un trou de plus 14 milliards d'euros
- Le groupe agroalimentaire dépose plainte contre l'UBS pour récupérer 290 millions d'euros, soit 446 millions de francs suisses.
- La banque a annoncé son intention de se défendre "vigoureusement" contre cette attaque.