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Les socialistes favorables à l'armement des soldats suisses à l'étranger se sont rassemblés dans le comité «Oui à la protection des populations civiles». Mardi, ils ont appelé les citoyens à accepter ce projet lors des votations fédérales du 10 juin.
Présidente du comité, la conseillère nationale zurichoise Barbara Haering souligne que les civils souffrent de plus en plus des guerres. «Durant la 1ère Guerre mondiale, 90% des victimes de la guerre étaient des soldats, 10% des personnes civiles. Aujourd'hui ce rapport est inversé», explique-t-elle.
Même après un cessez-le-feu formel, les milices doivent être désarmées et la situation stabilisée avant que l'aide humanitaire puisse déployer ses effets.
Ainsi, pour Barbara Haering, «la contradiction apparente entre, d'une part, l'intervention militaire, et, d'autre part, l'aide humanitaire et la reconstruction sur le plan civil n'existe en définitive pas».
La présence de soldats suisses armés pour maintenir la paix est par ailleurs d'autant plus acceptable que leur intervention ne se ferait que dans le cadre de missions de l'ONU et de l'OSCE.
«Quand des populations civiles sont directement menacées par des armes, la Chaîne du bonheur ne suffit pas», renchérit de son côté le conseiller aux Etats neuchâtelois Jean Studer. Qui rappelle que la solidarité internationale a toujours fait parti du credo des socialistes.
L'élu neuchâtelois considère donc que la Suisse doit tenir pleinement son rôle à la mesure de ses moyens, avec les droits et les devoirs qui sont reconnus à n'importe quel autre pays. «Notre pays ne peut pas être un profiteur de l'action humanitaire», estime Jean Studer.
Le comité «Oui à la protection des populations civiles» rassemble une trentaine de parlementaires socialistes, dont quatre romands. Ils soutiennent la position du parti qui, le 31 mars, a accepté le principe de l'armement des soldats suisses à l'étranger par 137 voix contre 75.
Toutefois, le comité se heurte à une forte minorité du PS qui soutient le référendum du Groupement pour une Suisse sans armée contre la révision de la loi sur l'armée.
Cette minorité estime que le recours à l'armée est inconciliable avec une politique de paix. Pour Jean Studer, ces camarades ont le tort de défendre «la nostalgie d'un pays qui n'a jamais existé».
L'autre adversaire, c'est bien sûr l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN), qui a obtenu son propre référendum. Le comité dénonce dans ce cas l'isolationnisme et le manque de solidarité des référendaires.
Olivier Pauchard