Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06999.jsonl.gz/358

La majorité des Suisses ne veulent pas d'une retraite flexible pour tous à 62 ans. Mais ce sont les Suisses alémaniques qui ont fait pencher la balance, les Latins préférant cesser plus tôt leur activité professionnelle.
Le vote de dimanche n'est pas sans rappeler le vote sur l'introduction d'une assurance maternité. Dans les deux cas, les vœux des Latins se sont heurtés au «nein» alémanique.
Le fait n'est de loin pas nouveau, mais ce nouveau scrutin montre une fois de plus que la sensibilité sociale est plus développée à l'Ouest de la Sarine. Comme dans le cas de la Loi sur le personnel de la Confédération, le clivage peut s'expliquer par une approche différente du rôle de l'Etat.
L'histoire montre en effet que la culture politique germanique accorde une plus grande place au rôle de l'individu. La culture francophone accorde en revanche un plus grand poids à l'Etat.
L'histoire n'explique cependant pas tout. Durant les années 90, les régions latines ont été bien plus durement touchées par la crise économique que la Suisse alémanique. Au moment où la reprise semble enfin au rendez-vous, il est possible que les régions les plus touchées soient plus promptes à renforcer le filet social en prévision de nouvelles périodes de vaches maigres.
En plein débat sur la 11ème révision de l'AVS, le vote de dimanche montre en tout cas que plus de la moitié des Suisses sont favorables à une retraite anticipée. Au cours de leurs débats, les parlementaires pourront difficilement faire l'économie de ces revendications.
Olivier Pauchard