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La stratégie consisterait à laisser le virus se diffuser dans la population afin d'atteindre une immunité collective et de mettre ainsi fin à l'épidémie. Or cette approche s'appuie sur "des bases incertaines et générerait des coûts massifs pour l'économie, la société mais aussi pour le système de santé".
Effondrement du système de santé
Dans leur prise de position datée du 15 septembre et, les experts avertissent également des conséquences sanitaires d'une telle approche, , et estiment que la stratégie d'infection généralisée serait désastreuse.
Pour que l'immunité collective soit atteinte, il faudrait que deux tiers de la population soient infectés après un ou deux ans au moins, et sans garantie de protection définitive. La protection des groupes à risque deviendrait par conséquent extrêmement difficile puisque le virus se répandrait avant que les personnes infectées ne présentent des symptômes.
"Le nombre de morts augmenterait de manière dramatique si l'épidémie ne pouvait pas être gardée sous contrôle." Le système de santé s'effondrerait.
Deux chercheurs de(étude en anglais) viennent d'évaluer le coût humain d'une telle stratégie pour la France et les Etats-Unis. Il oscillerait entre 100'000 et 450'000 morts dans l'Hexagone et 500'000 à 2,1 millions de décès en Amérique.
Pour éviter un tel effondrement, la task force rappelle que le nombre de patients simultanément accueillis aux soins intensifs ne doit pas dépasser 1000 en moyenne. Il faudrait ainsi au minimum un an pour que la moitié de la population soit infectée.
Poursuivre ainsi, jusqu'au vaccin
Avec la stratégie actuelle, celle de garder le nombre de contaminations aussi bas que possible, l'économie sera moins touchée. Cette approche est à poursuivre "jusqu'à la disponibilité d'un vaccin".
La stratégie de l'immunité collective par la contamination de la population a été analysée, entre autres, par le chef de la task force Martin Ackermann, l'épidémiologiste Marcel Tanner et le Professeur Sebastian Bonhoeffer de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich.
Récemment, le ministre de la Santé Alain Berset avait également écarté cette approche, proposée par quelques virologues. Ceux qui croient qu'il suffit de protéger les plus vulnérables tout en laissant le virus se diffuser librement s'aventurent sur un terrain glissant, avait-il averti.
jfe avec ats