Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06977.jsonl.gz/1031

Dans un récent et pathétique jugement lié à des actes graves et répétés de harcèlement psychologique, sexuel et moral, le Tribunal cantonal avait complétement déraillé. En sus de ce qui avait été expliqué à L'1dex à l'occasion (le recours devant le Tribunal fédéral est pendant, formé simultanément par le Ministère public et par la partie civile !), la Cour pénale avait osé l'argument suivant : la plainte pénale du harceleur contre la victime, cause de l'effondrement psychique attesté par tous les experts psychiatres, ne figurait pas dans l'acte d'accusation, l'autorité judiciaire ne peut donc pas statuer, le coupable peut être acquitté; or la dite plainte figurait en toutes lettres dans les deux actes d'accusation qu'a dû dresser le procureur (rétrogradé dans l'intervalle). Le Tribunal fédéral appréciera cet argument, l'un parmi tant d'autres.
A ce stade de la déliquescence intellectuelle et logique de l'institution judiciaire cantonale, on pouvait former initialement deux explications : une méconnaissance crasse du dossier ou une volonté avérée de sauver l'Etat du Valais des conséquences financières gravissismes liées à une perte d'emploi couvrant des années d'activité de la victime harcelé par un directeur d'école, agent de la fonction publique. Par la grâce de Gilles Berreau, dans Le Nouvelliste du jour (NFJ3_Mercredi_20_novembre - Le Nouvelliste - Valais - pag 5), je peux ici émettre une troisième explication qui ne sera pas pour rassurer le citoyen ordinaire.
La Commission de Justice du Grand Conseil vient d'émettre un rapport accablant contre un juge octodurien et contre le Tribunal cantonal. De quoi s'agit-il pour celui-ci ? "D'un dysfonctionnement grave" "dans son rôle d'autorité de surveillance". Confronté à des actes éminemment plus légers que ceux commis pendant des années à l'ESCS de Sierre, le Tribunal cantonal "n'a manifestement pas pris au sérieux et mal évalué la gravité des faits. Les propos déplacés tenus à l'égard des collaboratrices ne sont pas pris au sérieux et sont occultés. Le juge a eu un comportement des plus choquants qui pourrait même tomber sous le coup de la loi pénale". Plus loin dans le rapport : "La passivité et le manque de curiosité du Tribunal cantonal " a été clairement évoquée. "Les propos sexistes et déplacés ainsi que les menaces tenues à l'encontre des collaboratrices du Tribunal ont entraîné des conséquences inacceptables. Ces dernières ont en effet craint pour leur vie". A Sierre, la professeure concernée ne peut plus travailler !
En errant si gravement dans l'affaire de Sierre, le Tribunal cantonal a simplement jugé sa propre passivité, son propre manque de curiosité, ses propres dysfonctionnements, ses propres errances, ses propres contradictions, ses propres lacunes, ses propres aveuglements.
Se juger soi-même permet d'acquitter autrui en toute inconscience de sa propre responsabilité.
Entre les trois explications, le lecteur de L'1dex choisira.
Ou proposera par ses commentaires d'autres pistes de réflexion.
Ma position personnelle est depuis bien longtemps fixée. Par charité et par prudence, je la tairai.
Post Scriptum I : dans le cas de Sierre, les trois juges mâles ont des noms : Stéphane Spahr, Jean-Bernard Fournier et Bertrand Dayer.
Post Scriptum II : parmi les amabilités prononcées : "boulotte", "grosse vache", "salope", "vipère", "Migros data", "si tu veux un bébé, tu devras le faire in vitro". Je vous le dis, ces juges sont des poètes.
Post Scriptum III : le rapport complet, transmis avec diligence par un lecteur bienveillant, membre du corps médical, peut être lu ici : 2013 12_Tribunal districts Martigny et Saint Maurice_RAPP_COM