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L’histoire du plastique a commencé avec l’utilisation de polymères naturels, s’est poursuivie avec l’utilisation de matériaux naturels modifiés chimiquement et continue de s’écrire avec le développement continu de molécules entièrement synthétiques.
L’homme a commencé très tôt à utiliser les polymères naturels pour ses propres besoins. À l’Âge de pierre déjà, l’Homme de Néandertal et l’Homo sapiens utilisaient la résine tirée de l’écorce du bouleau comme colle pour la fabrication d’outils. En Mésopotamie, l’asphalte naturel servait de matériau d’étanchéité et en Europe, l’ambre était utilisé dans les pointes de flèches et les bijoux. En Amérique centrale, le caoutchouc naturel issu du suc laiteux (latex) d’arbres tropicaux était utilisé depuis 1600 avant J.-C.
À l’Âge de pierre, les cornes d’animaux étaient vraisemblablement déjà utilisées pour boire et au Moyen-Âge, la corne était un matériau souvent utilisé pour les objets de la vie quotidienne tels que les assiettes, les fourchettes ou les coupes, parce qu’elle était relativement bon marché et facile à obtenir. La corne, qui est constituée principalement de kératine, est facile à modeler, une propriété dont a tiré profit entre autres la « Company of Horners » de Londres, dont l’existence est documentée depuis 1284, pour fabriquer des lanternes, des gobelets et même des vitres.
Des découvertes datant de 1600 avant J.-C. montrent que les peuples d’Amérique centrale avaient déjà mis au point à cette époque une méthode de fabrication d’une sorte de gomme à partir de caoutchouc naturel. En Europe, le caoutchouc naturel a été importé beaucoup plus tard et les chercheurs n’ont commencé à faire des expériences qu’au 17e et 18e siècles.
Charles Goodyear, chimiste autodidacte, a inventé en 1839 le processus de vulcanisation, par lequel le caoutchouc naturel est transformé en gomme élastique. Bien qu’il ait eu peu de succès en tant qu’homme d’affaires, son nom subsiste dans le nom d’une entreprise pour nous rappeler sa contribution au développement des matières plastiques.
Peu de temps après l’invention de la gomme de caoutchouc, le premier plastique fut présenté au monde. En 1860, le Britannique Alexander Parkes a fabriqué de la nitrocellulose en ajoutant de l’acide nitrique et de l’acide sulfurique à des fibres de coton. Il a appelé ce nouveau matériau, qui pouvait prendre n’importe quelle forme ou couleur, « parkésine ». Il n’a pas eu non plus beaucoup de chance en affaires et a vendu le brevet à l’Américain John Wesely Hyatt qui a commercialisé le matériau sous le nom de celluloïd. Le celluloïd était utilisé comme support dans les pellicules photographiques, mais aussi pour remplacer l’ivoire ou la corne dans la fabrication d’ustensiles de cuisine, de bijoux, de boules de billard, de balles de ping-pong ou de poupées. Le grand inconvénient du celluloïd est d’être facilement inflammable, c’est pourquoi il a été progressivement remplacé.
Un autre matériau qui a connu le succès en son temps est la galalithe : un plastique fabriqué à partir de protéines du lait traitées au formaldéhyde. En 1899, un brevet a été accordé à Wilhelm Krische et Adolf Spitteler et ce nouveau plastique a été utilisé pour fabriquer des boutons, des boucles de ceinture ou des manches de couverts.
La Bakélite, obtenue en 1907 à partir de phénol et de formaldéhyde par Leo Baekeland, est considérée comme le premier plastique synthétique produit industriellement. La Bakélite a une longue durée de vie, mais elle peut se casser. Elle était utilisée entre autres comme isolant dans l’industrie électrique. À partir des années 1930, la production d’objets en Bakélite a connu un véritable essor et des ustensiles de cuisine, des téléphones, des bijoux et des interrupteurs électriques par exemple ont été fabriqués. Aujourd’hui, la Bakélite n’est plus utilisée que pour des applications spécifiques et les objets fabriqués dans ce matériau sont très demandés par les collectionneurs.
Dans la première moitié du 20e siècle sont apparus de nombreux plastiques qui font encore partie de notre quotidien. En 1940, un produit fait fureur dans les rayons des magasins américains : les bas pour femmes. Ces textiles très fins étaient et sont toujours faits en polyamide (plus connu sous les noms commerciaux Nylon ou Perlon), la première fibre entièrement synthétique. Le polyamide a cependant été utilisé pour la première fois en 1938 pour les poils de brosses à dents, mais, pendant la Seconde Guerre mondiale, le polyamide a aussi été utilisé par exemple dans la fabrication de parachutes.
Dans les années 1930, la société 3M, connue aujourd’hui surtout pour ses Post-it, a fait une percée avec le premier ruban adhésif, le « scotch », indispensable aujourd’hui sur tous les bureaux ou pour bricoler.
Les matières plastiques ont progressivement remplacé des matériaux naturels rares et coûteux, pour pallier les pénuries, notamment pendant les guerres mondiales. Depuis les années 1940 et 1950, de nouveaux développements dans les procédés de fabrication et de nouveaux matériaux ont permis la production de masse d’articles en plastique qui sont devenus partie intégrante de la vie moderne. Les disques vinyles, en réalité en polychlorure de vinyle (PVC), inventés en 1930 ont conquis le marché à partir des années 50 et sont toujours préférés aux supports de son numériques par une petite partie des consommateurs. À partir de 1945, les bouteilles en polyéthylène souple ont remplacé les bouteilles en verre pour les shampoings ou les savons liquides, Tupperware a été lancé en 1949 aux États-Unis.
Le PET est connu de tous comme composant des bouteilles modernes. Cependant, une fibre textile de polytéréphtalate d'éthylène, nom complet de ce plastique, a été développée dès 1941. Après des travaux de développement ultérieurs et notamment à partir des années 1970, les fibres de PET, qui font partie des fibres de polyester, ont conquis le marché du textile. Le PET est très polyvalent et est utilisé aujourd’hui, entre autres, pour la fabrication de pellicules de films. À l’ère numérique, les méthodes d’enregistrement et les supports numériques ont supplanté les films analogiques, mais ces derniers sont toujours produits à des fins d’archivage des œuvres. La stabilité et la longue durée de vie du PET en font un matériau optimal de stockage à long terme.
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