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Donald Trump a exclu lundi la moindre concession vis-à-vis d'Ankara en échange de la libération du pasteur américain Andrew Brunson, accusé de terrorisme. Il n'est en outre pas préoccupé par les conséquences des droits de douane qu'il a imposés en guise de riposte.
"Je pense que ce que fait la Turquie, c'est très triste. Je pense qu'ils font une terrible erreur. Il n'y aura pas de concession", a déclaré le président américain dans une interview accordée à Reuters dans le bureau Ovale de la Maison blanche.
Le pasteur Brunson, accusé de terrorisme par la Turquie, a passé plus de vingt mois en détention avant d'être assigné à résidence en juillet dernier. Donald Trump et son vice-président Mike Pence ont appelé à plusieurs reprises à sa libération. Le gouvernement turc a déclaré que la décision incombait aux tribunaux.
Le président américain a décidé de doubler les droits de douane sur l'acier et l'aluminium turcs importés aux Etats-Unis, ce à quoi Ankara a répliqué la semaine dernière en relevant les tarifs douaniers sur l'importation de plusieurs catégories de produits américains.
"Je ne suis pas du tout inquiet. Je ne suis pas inquiet. C'est la chose appropriée à faire", a déclaré Trump, interrogé par Reuters sur les conséquences potentiellement négatives que ces droits de douane pourraient avoir sur d'autres économies.
Intervention en Israël
Au cours de l'interview à Reuters, Trump a également confié qu'il pensait avoir un accord avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, quand il est intervenu auprès d'Israël pour obtenir la libération d'une ressortissante turque.
Ebru Ozkan avait été arrêtée en juin alors qu'elle se trouvait en Israël avec un visa touristique et a été inculpée pour des liens avec l'organisation palestinienne du Hamas. Elle a été expulsée vers la Turquie le 15 juillet. Israël a confirmé que Trump était intervenu.
Trump ajoute qu'il pensait alors qu'Erdogan libérerait Brunson en échange de son intervention (Ankara a démenti avoir conclu un accord de ce type). "J'ai fait sortir cette personne pour lui. J'attends de lui qu'il laisse cet homme tout à fait innocent et merveilleux, un grand-père et un grand chrétien, sortir de Turquie", a poursuivi le président des Etats-Unis.
"Il n'y a plus de sens unique"
"J'aime la Turquie, j'aime beaucoup le peuple turc. Jusqu'à présent, j'avais une très bonne relation avec le président, comme vous le savez. Je m'entendais très bien avec lui. J'avais une très bonne relation. Mais ça ne peut pas être à sens unique. Il n'y a plus de sens unique pour les Etats-Unis."