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Avec une fortune par tête de 817'000 francs, les Suisses sont les nababs de la planète, affirme une étude de la Banque Mondiale, publiée mardi.Ce contenu a été publié le 13 septembre 2005 - 18:43
A l'autre bout de l'échelle, on trouve les citoyens des pays d'Afrique noire. Ainsi, l'Ethiopien moyen ne dispose que de 2481 francs de fortune.
Intitulée «Où est la richesse des nations?», cette étude a été rendue publique mardi à New York, à la veille de l'ouverture du Sommet 2005 des Nations Unies, qui sera consacré à la lutte contre la pauvreté telle que définie dans les objectifs du Millénaire.
Pour la première fois, les experts ont pris en compte non seulement la richesse matérielle des populations, mais également les richesses naturelles du pays et des facteurs «immatériels» comme le niveau d'instruction.
Cette nouvelle méthode n'en aboutit pas moins à des conclusions connues de longue date: les pays développés sont les plus riches et les pays d'Afrique sont les plus pauvres.
Dans le peloton des dix pays les plus riches, on trouve la Suisse en tête, (avec une fortune moyenne de 817'000 francs par habitant), suivie de neuf pays industrialisés, soit sept en Europe, les Etats-Unis et le Japon.
Le peloton de queue est quant à lui nettement dominé par les pays d'Afrique noire.
Les pauvres s'appauvrissent encore
Pas de surprise donc, mais un cri d'alarme lancé par les auteurs de l'étude: les pays les plus pauvres qui ne sont pas engagés dans la voie du développement durable sont en train de perdre leurs richesses.
«Imaginez un ménage qui creuserait son déficit bancaire de mois en mois ou qui devrait vendre ses biens pour se nourrir» écrit ainsi Kirk Hamilton, de la Banque Mondiale.
«Il en va de même des nations, poursuit l'expert. Si leur taux d'épargne net est négatif, cela indique que la richesse du pays est en train de s'épuiser. C'est tout le contraire du développement durable».
La tendance n'est heureusement pas générale, comme le souligne une brochure jointe à l'étude principale.
Ainsi, la Mauritanie a amélioré ses perspectives de développement en gérant mieux ses ressources de pêche. Le Botswana quant à lui a su utiliser ses richesses en diamant pour financer la scolarisation des enfants, les soins de santé et les infrastructures qui ont aidé ce pays à atteindre un bon taux de croissance.
La Suisse aussi a ses pauvres
Même si les différences entre pays sont énormes, elles ne doivent pas masquer le fait qu'il existe aussi des poches de pauvreté dans les pays les plus riches.
En Suisse, selon une étude publiée en début d'année par le Fonds national de la recherche, 250'000 personnes de 20 à 59 ans peuvent être considérées comme des «working poors».
Il s'agit de femmes (pour 61%) et d'hommes qui travaillent, mais qui ne disposent, après avoir payé leur loyer et leur prime d'assurance-maladie, que de moins de 1000 francs par mois pour vivre. Ils représentent 7,4% de la population active et plus de la moitié sont des étrangers..
Et si l'on tient compte de leurs familles, le chiffre des habitants de la Suisse qui ne parvient pas à vivre sur le revenu du travail grimpe à 553'000, dont 232'000 enfants.
swissinfo et les agences
Faits
Les pays les plus riches du monde, selon la fortune moyenne par habitant (en francs suisses et en chiffres ronds):
Suisse 817'000.-
Danemark: 725'000.-
Suède: 647'000.-
Etats-Unis: 646'000.-
Allemagne: 626'000.-
Les plus pauvres:
Ethiopie: 2480.-
Burundi: 3608.-
Niger: 4663.-
Nepal: 4800.-
Guinée-Bissau: 5015.-
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