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Avec onze candidats en lice, un second tour devrait être nécessaire pour désigner le futur président du Kirghizstan.
KEYSTONE/EPA/IGOR KOVALENKO(sda-ats)
Le candidat pro-gouvernemental Sooronbaï Jeenbekov a remporté dimanche dès le premier tour l'élection présidentielle au Kirghizstan avec environ 54% des voix. Des résultats partiels ont été publiés par la Commission électorale centrale de ce pays d'Asie centrale.
"D'après les données préliminaires, M. Jeenbekov est en tête", a déclaré le président de la CEC, Nourjan Chaïldabekova. Son principal adversaire, l'homme d'affaires Omourbek Babanov, a remporté près de 33% des voix alors que les sondages prévoyaient un score plus serré, faisant craindre des troubles et une période d'instabilité à l'issue de cette élection.
Ce résultat, alors que les sondages prédisaient une élection bien plus serrée, fait craindre des troubles. Une porte-parole de M. Babanov a déclaré que son équipe menait "un décompte parallèle" des bulletins de vote.
"Notre équipe a grandement apprécié les résultats favorables annoncés par la CEC", a pour sa part déclaré Kondouz Joldoubaïev, un porte-parole de l'équipe de Sooronbaï Jeenbekov.
Services de sécurité accusés
Trois millions d'électeurs étaient appelés à voter et le taux de participation a été de tout juste plus de 50%, selon la CEC.
Le président en poste, Almazbek Atambaïev, s'était clairement prononcé en faveur de Sooronbaï Jeenbekov, candidat du Parti social-démocrate du Kirghizstan.
Il a affirmé dimanche que les autorités "ont emprisonné et continueront d'emprisonner" les responsables politiques qui préparent des troubles après la fermeture des bureaux de vote, "pour qu'ils ne gâchent pas notre fête. Les élections doivent être une fête".
Omourbek Babanov, un homme d'affaires considéré comme un des hommes les plus riches du pays, s'est lui dit "totalement confiant" dans sa victoire. Mais il a aussi accusé les services de sécurité de "préparer des provocations" pour influencer le résultat du scrutin.
Proche de la Russie
Les deux favoris étaient des ex-Premiers ministres mais Omourbek Babanov a subi une campagne extrêmement violente des médias gouvernementaux, l'accusant d'être "antipatriotique" ou d'avoir vendu le pays au géant voisin, le Kazakhstan.
Cette élection doit pourtant permettre la première passation de pouvoir pacifique entre deux présidents élus dans ce pays pauvre.
Secoué par deux révolutions en 25 ans d'indépendance, qui ont vu la chute du chef de l'Etat en place en 2005 puis en 2010, et par plusieurs épisodes de violences ethniques, le Kirghizstan est dirigé depuis 2011 par Almazbek Atambaïev qui, selon la Constitution, n'avait pas le droit de se représenter.
Sous sa présidence, le pays s'est politiquement rapproché de la Russie tout en cherchant du côté de la Chine un soutien économique vital pour son développement. Le mandat de M. Atambaïev a été épargné par la violence, mais n'a pas été exempt de mesures répressives et de tensions à l'approche de l'élection.
La vie politique kirghize contraste avec celle de ses voisins d'Asie centrale, où le règne à vie de présidents autoritaires est la règle.
ATS