Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06943.jsonl.gz/436

Scope Ratings s'attend à une croissance du PIB de 2,4% en 2018, avant de se stabiliser à 2% en 2019, à mesure que l'économie mondiale ralentira.
La Suisse devrait connaître une forte croissance de 2,4% cette année et de 2,0% en 2019, bien que l'appréciation du franc par rapport à l'euro reste un risque si les investisseurs se tournent à nouveau vers cette monnaie pour se couvrir contre les tensions dans le commerce mondial et la politique européenne.
Le profil de crédit de la Suisse reflète la solidité exceptionnelle de ses fondamentaux, son faible niveau d'endettement et sa saine gestion budgétaire. La Suisse bénéficie en outre d'une position extérieure forte, d'une politique financière efficace et de marchés des capitaux très développés, soutenus par le statut de valeur refuge du franc suisse.
La monnaie suisse constitue cependant une source potentielle d'incertitude économique. La dépréciation du franc par rapport à l'euro à la fin de 2017, conjuguée à la vigueur de la demande extérieure, a permis à l'économie de connaître une croissance soutenue au cours des deux premiers trimestres de 2018, à 3,2% en glissement annuel. Conformément aux estimations du gouvernement fédéral et du FMI, Scope Ratings s'attend à une croissance du PIB de 2,4% en 2018 en raison de la bonne tenue de ses principaux partenaires commerciaux et de la vigueur de la demande intérieure, soutenue par les investissements et les tendances favorables du marché du travail, avant de se stabiliser à 2,0% en 2019, à mesure que l'économie mondiale ralentira.
Les principaux risques qui pèsent sur la croissance future proviennent des tensions commerciales internationales et de l'incertitude politique régionale, qui pourraient créer de nouvelles pressions sur le franc en tant que valeur refuge. Cela a été amplement démontré par le passé, ce qui a déclenché l'intervention massive de la BNS sur la monnaie nationale, qui a quadruplé la taille du bilan de la banque centrale depuis la crise financière.
Sur le plan intérieur, l'exposition des banques suisses à l'immobilier – les crédits hypothécaires représentant environ 85% du total des crédits des banques suisses – est une source d'instabilité économique potentielle, compte tenu des ratios prêts/revenus élevés des ménages, en hausse de 10 points de pourcentage depuis 2013 pour atteindre environ 50% en 2017. Les risques sont quelque peu atténués par l'importance du patrimoine financier des ménages suisses, qui s'élève à 370% du PIB.
En outre, si Scope est confiant dans la poursuite de relations constructives entre la Suisse et l'UE, y compris en ce qui concerne la conclusion d'un nouvel accord-cadre bilatéral, deux tensions potentielles importantes pourraient apparaître, compte tenu des circonstances:
- Tout d'abord, la collecte de plus de 100'000 signatures par le parti populaire suisse de droite (à valider par la Chancellerie fédérale) nécessaire à un vote national visant à mettre un terme à l'accord de libre circulation existant avec l'UE. Un référendum similaire a eu lieu en 2014, bien que le Parlement suisse ait ensuite voté pour que la nouvelle législation soit conforme aux règles de l'UE.
- Deuxièmement, le statut de la Bourse suisse au sein de l'UE. En décembre 2017, l'UE a accordé à la Suisse une équivalence boursière d'un an, tandis que le Conseil fédéral a adopté une mesure d'urgence en vertu de laquelle, si aucune prolongation n'est accordée d'ici décembre 2018, les Bourses européennes seraient tenues de demander une autorisation de négocier en Suisse.
Scope Ratings note actuellement la Suisse à AAA avec une perspective stable.
Pour consulter le rapport complet de Scope Ratings, cliquez ici.