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La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a récemment déclaré qu’il devenait nécessaire pour la banque centrale d'acheter davantage d'obligations vertes. La BCE en détient déjà un bon nombre.
Mme Lagarde a proposé que soit mis en place un objectif plus explicite de lutte contre le changement climatique dans le cadre de sa revue stratégique. Une option consisterait à allouer une plus grande partie de son QE à des produits verts, et éventuellement à abandonner les produits polluants. Des ventes d’actifs ciblées pourraient entraver l’accès au marché pour les émetteurs moins respectueux de l’environnement.
Avec environ 135 milliards d’euros de nouvelles émissions au premier semestre 2020, le marché obligataire durable a enregistré une forte expansion. La dynamique sur les obligations vertes a été moins porteuse cette année. Les confinements ont mis certains projets verts en veille, mais la Covid-19 a reporté l’attention de nombreux émetteurs vers la pandémie et ses conséquences sociales, sanitaires et économiques.
Depuis février 2020, des «obligations pandémiques» ont vu le jour. Cette appellation qualifie les obligations qui ont pour objet de financer les efforts de relance. La China Merchants Bank a été la première à lancer une telle émission en février 2020, suivie de la Bank of China et d’autres institutions et agences chinoises en mars. Le principal émetteur a été le gouvernement espagnol avec une obligation à 10 ans de 15 milliards qui a été portée à 21 milliards. Le gouvernement indonésien a également émis 3 obligations pour 4,3 milliards de dollars en avril. Les émissions gouvernementales soulignent la définition très large du segment. De manière naïve, on pourrait considérer que la plupart des dernières émissions gouvernementales représentent un effort pour financer la reprise.
Dans cet esprit, les émissions obligataires pandémiques ont déjà atteint 237 milliards d’euros cette année.
Mais toutes les obligations pandémiques ne relèvent pas de la catégorie des obligations sociales ou durables. Seulement 15% d’entre elles ont un objet social ou durable. Selon l’International Capital Market Association, toutes les entreprises ont la possibilité d’émettre des obligations sociales ou durables, si elles respectent les 4 principaux critères des principes de Green Bond (utilisation des capitaux, processus d’évaluation et de sélection des projets, gestion ségrégée des capitaux et rapports).
Les émissions d’obligations durables ont atteint 34 milliards d’euros au premier semestre de cette année, contre 35 milliards en 2019. L’offre d’obligations sociales a plus que doublé pour atteindre 34,3 milliards d’euros. La plupart des émetteurs sont des agences et des entités supranationales mais pas uniquement. L’attention des émetteurs s’est tournée vers l’atténuation de l’impact de la pandémie. L’offre d’obligations sociales et durables poursuivra sa croissance au second semestre. Les obligations sociales continueront de dominer en 2020.
A retenir
- L’émission d’obligations vertes subit un ralentissement mais le phénomène restera temporaire.
- Les investissements dans les énergies renouvelables, les réseaux électriques, les voitures électriques et les bornes de recharge, ainsi que la construction et la rénovation de bâtiments et d’infrastructures, continueront d’être fortement soutenus par l’engagement des gouvernements et des entreprises en faveur de la transition énergétique. Les obligations vertes continueront de drainer des capitaux.
- Le marché est devenu suffisamment diversifié pour offrir de la gestion active.
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