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Le boycott de ce scrutin qui se dessine dans les quatre municipalités du nord où les Serbes sont très largement majoritaires risque d'aggraver les tensions persistantes ces derniers mois entre le gouvernement kosovar et les Serbes.
Dans les 19 bureaux de vote du nord, dont 13 sont des conteneurs installés provisoirement et gardés par la police du Kosovo armée de fusils d'assaut, ce qui est dénoncé par de nombreux habitants, 45'000 électeurs, dont 95% environ sont des Serbes, étaient appelés à voter.
Aucun incident n'avait été signalé dans les premières heures du scrutin. Sur ces 45'000 inscrits sur les listes, un peu plus d'un millier, soit 2,4%, avaient glissé leur bulletin dans l'urne en milieu d'après-midi. Coté serbe, la participation est quasi nulle avec quelques dizaines de votants seulement. Il faut donc s'attendre à un taux de participation inférieur à 5% en fin de journée.
"Non démocratique et illégitime"
Début novembre, policiers serbes intégrés à la police kosovare, juges, procureurs et autres fonctionnaires avaient quitté leurs postes en masse pour protester contre une décision de Pristina, désormais suspendue, d'interdire aux Serbes vivant au Kosovo d'utiliser des plaques d'immatriculation délivrées par la Serbie.
Belgrade, qui soutient la décision des Serbes de boycotter le scrutin qualifié de "non démocratique et illégitime", affirme que les conditions ne sont pas réunies pour le retour des représentants serbes dans les institutions kosovares.
Belgrade insiste sur la nécessité de la mise en place d'une "association de municipalités serbes", qui serait une sorte d'autonomie réunissant quelque 120'000 Serbes vivant au Kosovo, peuplé de 1,8 million d'habitants, très majoritairement albanais.
Tensions palpables
Le premier ministre kosovar Albin Kurti a, de son côté, regretté que "les citoyens serbes du Kosovo n'utilisent pas leur droit de voter" en raison de pressions venant de Belgrade.
Normalement, les tensions auraient dû aller en diminuant, alors que Pristina et Belgrade se sont mises d'accord le mois dernier sur les étapes d'un processus de normalisation, qui comprend notamment un statut spécial pour les municipalités à majorité serbe.
Il y a un mois, l'UE a en effet annoncé un accord sur la normalisation des relations entre Belgrade et Pristina, un accord atteint à Ohrid, en Macédoine du Nord, même si les deux parties ne l'ont pas ratifié.
Pas de statut pour les communes serbes
Cependant, le Premier ministre Albin Kurti n'aurait pas commencé la mise en place de ce statut des communes et aurait refusé de reporter les élections une nouvelle fois.
Initialement prévues pour le 18 décembre, ces élections ont en effet été reportées au 23 avril après une série d'incidents violents dans le nord.
Pour les Serbes, qui attendent cette association de communes depuis la promesse de Pristina, en 2012, de la mettre en place, il n'était alors plus question de participer aux élections, d'où le blocage de ce week-end.
En outre, Belgrade encourage les Serbes au Kosovo à défier les autorités locales, au moment où Pristina veut asseoir sa souveraineté sur l'ensemble du territoire. La Serbie ne reconnaît pas l'indépendance proclamée en 2008 par son ancienne province.
furr avec ats