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Approvisionnement
L'approvisionnement de la Suisse en gaz naturel est garanti grâce à un large portefeuille de fournisseurs géographiquement bien diversifiés, de partenaires fiables ainsi que des contrats d'achats conclus principalement à long terme.
Les trois quarts du gaz naturel utilisé en Suisse proviennent d'Europe occidentale (Pays-Bas, Allemagne et Norvège).
La part du gaz russe importée dans notre pays provient essentiellement de la société allemande UNIPER, laquelle garantit un approvisionnement sûr à ses clients grâce à ses importantes capacités de stockage. À aucun moment les tensions politiques ou économiques récurrentes relatées dans la presse entre la Russie et quelques-uns de ses voisins n'ont eu de conséquence directe sur la sécurité d'approvisionnement de la Suisse, qui n'importe pas directement de gaz russe. Depuis l'arrivée du gaz naturel en Suisse en 1974, l'approvisionnement a été assuré sans aucune interruption.
A l'échelle mondiale, les réserves en gaz naturel sont abondantes et suffiront à répondre à l'accroissement de la demande en énergie. Les réserves se concentrent sur un nombre restreint de pays et de gisements. La Russie, l'Iran et le Qatar détiennent ensemble environ 56% des réserves mondiales.
À la fin 2016, les réserves prouvées de gaz naturel avoisinaient 188’000 milliards de mètres cubes, ce qui équivaut à environ 58 années de consommation au rythme actuel (contre 40 années pour le pétrole).
Le développement rapide de l’exploitation du gaz dit non conventionnel sur le continent nord-américain au cours des dix dernières années a totalement modifié le marché gazier mondial. De nouvelles technologies de forage et de fracturation hydraulique des roches ont permis d’augmenter la productivité et de réduire les coûts de production. Couplé notamment à une demande de gaz décroissante suite à la crise économique, cet essor du gaz non conventionnel a conduit à une diminution substantielle du prix du gaz aux Etats-Unis, qui est devenu le premier producteur mondial de gaz naturel. Avec une production de 690 milliards de m3 en 2014, dont 627 milliards de m3 de gaz de schiste, les Etats-Unis dépassent désormais le Russie (sur une production mondiale de 3'480 milliards de m3, selon l'Agence International de l'Energie). L'AIE prévoit ainsi que les gaz non conventionnels représenteront 31 % de la production de gaz en 2040, contre 17 % aujourd'hui.
Cette montée en puissance du gaz non conventionnel en Amérique du Nord, conjuguée à la contraction conjoncturelle de la demande de gaz, va très probablement conduire à une bulle gazière (à savoir un excédent de gaz) au cours des prochaines années. Cela aura des effets importants sur la structure des marchés gaziers ainsi que sur la formation du prix du gaz en Europe notamment.
Dans un tel contexte, la question du respect des règles de prise en charge minimale (take or pay) figurant dans les contrats de fourniture de gaz à long terme se pose de façon aiguë depuis plusieurs années De même, les dispositions permettant de réviser les prix ont été et seront encore invoquées. Les relations entre les opérateurs gaziers européens et les grands producteurs se crispent quelque peu compte tenu de ces circonstances.
Contrats d'approvisionnement
Gaznat, comme les autres opérateurs de gaz naturel, s’est ainsi attelé à renégocier ses contrats long terme pour augmenter leur indexation marché et maintenir leur compétitivité. En 2015, dans la lignée des années précédentes, Des négociations ont été entreprises entre Gaznat et ses fournisseurs de gaz à long terme, GasTerra (au travers de Swissgas) et Engie. A fin 2015, 20% à 25% des approvisionnements de Gaznat restent encore indexés aux produits pétroliers, alors que cette part était de 80% au début des années 2000. La majeure partie des contrats est à présent dépendante des prix de marché, soit par l’intermédiaire des indexations des contrats à moyen et long termes, soit à travers les achats sur les marché.
Nouvelles routes d'approvisionnement
Les principaux projets de gazoducs sont les suivants :
- Le projet Nord Stream relie directement la Russie à l'Allemagne par la mer Baltique. Le premier tronçon a été mis en service en 2011; le second a été mis en service en 2013. Nord Stream AG est une joint-venture entre Gazprom, BASF SE/Wintershall Holding AG, E.ON, GDF SUEZ et Gasunie. En savoir plus
- Le projet Turkish Stream, piloté par la Russie (Gazprom), reliera la Russie à la Turquie en passant par le mer Noire. Ce projet a remplacé en 2015 le projet « South Stream », qui devait relier les zones de production de la mer Caspienne à la Bulgarie. La construction du pipeline a commencé en mai 2017 En savoir plus
- Le projet du gazoduc Trans Adriatic Pipeline (TAP), qui reliera la Grèce et l'Italie via l'Albanie, a été retenu en septembre 2013 par le consortium Shaz Deniz pour acheminer le gaz azéri vers l’Europe au travers du corridor sud. La mise en service de ce gazoduc, long de 870 km, est prévue pour 2018. TAP est une joint-venture entre Axpo (Suisse, 5%), Snam (Italie, 20%), SOCAR (Azerbaïdjan, 20%), BP (Royaume-Uni, 20%), Fluxys (Belgique, 19%) et Enagas (Espagne, 10%). En savoir plus
- Le projet de gazoduc Eastern Mediterranean EastMed, devrait être l'un des plus longs du monde, reliant la Méditerranée orientale au sud de l'Europe. Il est prévu que ce gazoduc d'un coût de 6,2 milliards de dollars (5,8 milliards d'euros) achemine le gaz récemment découvert aux larges des côtes chypriotes et israéliennes vers Europe, réduisant ainsi la dépendance du continent à l'égard de l'énergie russe. Le gazoduc devrait être mis en service en 2025. En savoir plus
- Le gazoduc GALSI devrait entrer en fonction en 2018 avec un gazoduc entre l'Algérie et l'Italie via la Sardaigne. Le gazoduc GALSI sera le pipeline le plus profondément jamais posé, à 2'885 m de fond. Les différentes sociétés impliquées dans ce projet sont Sonatrach, Edison, Enel, Sfirs ainsi que Snam Rete Gas. En savoir plus
- Le gazoduc Medgaz reliant l'Algérie et l'Espagne a été mis en service en avril 2011. Medgaz est un consortium de cinq sociétés internationales : Sonatrach, CEPSA, IBERDROLA, Endesa et GDF SUEZ. En savoir plus
Les projets de terminaux méthaniers
- La plupart des projets de terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) se situent dans les pays suivants : Royaume-Uni, Pays-Bas, Espagne, Italie, Belgique et France.
- Des projets sont également en cours d'étude dans d'autres pays tels que l'Allemagne, la Pologne et la Croatie.