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Le lait est entouré de toutes sortes de mythes. En y regardant de plus près, on s'aperçoit toutefois que ceux-ci ne correspondent pas à la réalité. Ces solides préjugés sont le fruit de la publicité massive dont l'industrie du lait abreuve le public depuis plusieurs décennies. Sur cette page, nous mettons ces idées reçues à l'épreuve des faits.
Bien-être animal
La publicité pour le lait présente l'image d'une vache suisse heureuse. Mais cela correspond-il à la réalité ? Non ! Les vaches laitières sont torturées au quotidien dans le seul but de nous permettre de consommer des produits laitiers.
Production laitière
Le « rendement laitier » des vaches a considérablement augmenté, surtout au cours des dernières décennies. À l'heure actuelle, elles produisent déjà 12'000 litres de lait par an. Cette surexploitation entraîne de nombreux problèmes de santé chez les vaches (notamment des inflammations de la mamelle). De fait, il est très courant de traiter le pis des vaches laitières par des antibiotiques à titre préventif. Au bout de quelques années, la production laitière des vaches diminue tellement qu'elles sont abattues pour des raisons économiques.
Sans veau, pas de lait
Pour qu'une vache puisse produire du lait, elle doit constamment donner naissance à des veaux. À cette fin, les vaches sont inséminées (artificiellement) chaque année et sont traites même pendant la gestation, jusqu'à quelques semaines avant leur prochaine mise bas. Les veaux sont donc le « sous-produit » de l'industrie laitière. Tous les veaux mâles et la plupart des veaux femelles sont tués pour leur viande.
En règle générale, le veau est arraché à sa mère peu après sa naissance et placé dans un autre enclos. Suite à cette séparation, les vaches agitées meuglent et cherchent leur progéniture pendant des jours, car le lien entre la vache allaitante et son veau est très fort.
Loi sur la protection des animaux et types d'élevage
On dit que la Suisse a la loi sur la protection des animaux la plus stricte du monde. Cependant, la loi sur la protection des animaux définit en premier lieu ce qui peut être exigé des animaux, et non ce qui est respectueux pour eux. De plus, l'exécution de cette loi et les contrôles y relatifs sont insuffisants. Ces derniers n'ont lieu qu'à intervalles très espacés et sont souvent annoncés à l'avance – bien que des manquements aient été constatés dans la plupart des entreprises ces dernières années.
La Confédération finance certaines formes d'élevage qui ne se cantonnent pas au minimum légal. Le programme SRPA offre par exemple un accès régulier au pâturage ou à une aire d'exercice, et avec le programme SST, les bovins bénéficient d'un espace plus que doublé par rapport à l'élevage conventionnel. Mais qu'il s'agisse de SST ou de SRPA, c'est de la poudre aux yeux : on fait miroiter aux consommateur-ice-s l'idée d'un élevage respectueux des animaux, alors que les vaches sont systématiquement exploitées et empêchées de vivre de manière naturelle.
Santé
On entend souvent dire que que le lait de vache est indispensable à l'être humain en raison de son apport en calcium et que les boissons végétales ne peuvent pas le remplacer. Mais c'est faux : il est tout à fait possible d'avoir une alimentation saine sans consommer de lait ni de produits animaux.
Le lait végétal, pauvre en nutriments ?
Un argument qui revient souvent est que les boissons végétales ne peuvent pas remplacer le lait de vache du point de vue nutritionnel. Mais ce n'est pas vrai. Certes, il existe de grandes différences entre les laits végétaux sur le plan nutritif, mais il n'est pas nécessaire de consommer du lait (ou des produits laitiers) pour couvrir ses besoins nutritionnels. En Suisse, on ne consomme de toute façon que 1,1 dl de lait par jour, ce qui ne joue pas un grand rôle dans notre alimentation.
Il existe toutes sortes de laits végétaux au profil nutritionnel varié. En règle générale, le lait végétal n'a rien à envier au lait de vache. Le lait de soja est celui qui se rapproche le plus du profil nutritionnel du lait de vache ; il présente même plus d'avantages pour la santé. Dans tous les cas, les personnes qui ont une alimentation saine et équilibrée peuvent couvrir leurs besoins en calcium et en protéines grâce à une grande variété d'aliments d'origine végétale – sans lait ni autres produits animaux.
Comparaison entre le lait de vache et les laits végétaux sur le plan nutritionnel
Protéines
Si les laits végétaux fournissent en moyenne moins de protéines que le lait de vache, il existe aussi des variantes riches en protéines, comme le lait de soja. Ce dernier est même plus protéiné que le lait de vache !
Source : Base de donnée suisse des valeurs nutritives.
Sucre
Le lait végétal est moins sucré que le lait de vache, qui contient du sucre sous forme de lactose. Il existe aussi des laits végétaux totalement exempts de sucre – mais pas de lait de vache sans sucre.
Source : Base de donnée suisse des valeurs nutritives.
Calcium
Le lait végétal enrichi fournit autant de calcium que le lait de vache. Toutefois, le lait végétal bio ne contient pas de calcium ajouté et n'en fournit pratiquement pas (le lait de soja bio, par exemple, en contient seulement 12 mg/100 ml).
Source : Base de donnée suisse des valeurs nutritives.
On entend souvent dire que seul le lait de vache permet de couvrir les besoins en calcium, car ce calcium-là est mieux absorbé que celui des aliments végétaux. En réalité, même si ces derniers contiennent davantage de substances inhibant l'absorption, celle-ci n'en est que peu affectée. L'absorption peut en outre être améliorée par certaines substances, qui la favorisent (vitamine C, D, K et potassium). Par ailleurs, l'apport recommandé de 1000 mg de calcium par jour tient compte des pertes possibles lors de l'absorption.
Écologie
Le lait de vache est souvent présenté comme un aliment durable. En réalité, sa production nécessite énormément de ressources. Les boissons végétales présentent un meilleur bilan écologique à tous points de vue : elles émettent moins de gaz à effet de serre, nécessitent moins de terres et d'eau et polluent beaucoup moins l'environnement par des excédents de nutriments. Cela est principalement dû au gaspillage alimentaire qui accompagne la production de lait – car pour vivre, une vache a besoin d'énergie, qu'elle tire de sa nourriture. Une partie du fourrage et de l'eau qu'elle reçoit sont donc perdus pendant le processus de « transformation » en lait et en viande.
Gaz à effet de serre
La production de lait génère énormément de gaz à effet de serre, notamment parce qu'elle implique de cultiver de la matière fourragère pour le bétail et parce que l'appareil digestif des vaches produit du méthane. Le méthane est un gaz qui, avec le dioxyde de carbone et l'azote, contribue de manière déterminante au réchauffement climatique : son effet de réchauffement est encore plus rapide que celui du CO2, par exemple. Comme le montre le graphique, la production des alternatives au lait les plus appréciées chez nous a un impact bien moindre sur le climat que celle du lait de vache.
Source : Poore, J., & Nemecek, T. (2018). Reducing food’s environmental impacts through producers and consumers. Science, 360(6392), 987-992.
Consommation de terres
La production de lait nécessite plusieurs fois la surface de terre nécessaire à la production d'aliments végétaux. En effet, d'une part, les animaux ont besoin d'espace pour vivre et, d'autre part, il faut toujours cultiver des plantes pour les nourrir. À titre de comparaison, la production de lait d'amande requiert presque 18 fois moins de terres.
On argumente souvent que les bovins ne représentent pas une concurrence alimentaire pour l'être humain parce qu'ils ne font que manger de l'herbe non comestible pour nous – et il est vrai que nous ne pouvons pas digérer l'herbe. Cependant, la surface gigantesque servant à cultiver du fourrage pour l'industrie laitière pourrait être utilisée pour produire de la nourriture destinée aux êtres humains. En plus, nous importons également des tonnes de fourrage concentré, cultivées sur des terres arables à l'étranger.
Source : Poore, J., & Nemecek, T. (2018). Reducing food’s environmental impacts through producers and consumers. Science, 360(6392), 987-992.
Consommation d'eau
Les vaches aussi ont besoin d'eau – beaucoup d'eau. L'eau nécessaire à la production de lait végétal ne représente qu'une fraction de cette quantité. Même le lait d'amande, dont la production nécessite proportionnellement beaucoup d'eau, requiert environ 250 litres d'eau en moins par litre.
Source : Poore, J., & Nemecek, T. (2018). Reducing food’s environmental impacts through producers and consumers. Science, 360(6392), 987-992.
Potentiel d'eutrophisation
Un autre problème de l'agriculture animale est la pollution de l'environnement par le lisier utilisé comme engrais. Le lisier contient entre autres un composé azoté, l'ammoniac, ainsi que du phosphore. Ces deux éléments sont naturellement présents dans l'environnement, mais toute intervention dans l'équilibre de leur concentration nuit à la nature et à l'être humain. L'élevage industriel importe une grande quantité de nutriments sous forme de fourrage concentré, ce qui génère un surplus de lisier au même endroit. Il en résulte une surfertilisation et donc un excédent de nutriments dans le sol. Cela pollue l'air, l'eau et les sols et nuit à la biodiversité. En Suisse, les excédents de nutriments sous forme de dépôts d'azote et de phosphore dus à la surfertilisation posent problème depuis des années et doivent être considérablement réduits.
Que puis-je faire ?
La consommation de lait est synonyme de grandes souffrances pour les vaches laitières et leurs veaux, sans compter ses répercussions négatives sur notre environnement et notre santé. Le seul lait produit sans souffrance animale est d'origine végétale – et il en existe toute une variété. À base de soja, d'avoine, d'amandes, de riz, d'épeautre, d'avoine, de noix de cajou ou de coco : il y en a pour tous les goûts ! Que ce soit dans les supermarchés, les magasins diététiques ou les boutiques en ligne, il existe également d'excellentes alternatives végétales pour remplacer le fromage, le yaourt, la crème, et les autres produits laitiers.
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