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C’était en début de soirée. À la périphérie d’une ville en Mésopotamie, il y avait un puits où “les filles des gens de la ville” Genèse 24 : 13, sortaient puiser de l’eau pour les besoins de leur famille. Éliézer, le serviteur d’Abraham, avait été envoyé pour une mission très importante. Il devait trouver une femme pour Isaac, le fils de son maître, au sein de leur famille. Non pas dans un lieu de récréation ou sur une plage, mais près d’un puits. Il était à la recherche d’une jeune fille laborieuse et diligente. La manière dont Éliézer rencontra Rebecca est bien connue de nous tous.
Une autre rencontre importante eut lieu près d’un puits. Jacob était en fuite parce qu’il avait trompé son frère. Isaac, son père lui avait conseillé d’aller en Mésopotamie pour trouver une femme parmi sa parenté, parce qu’il craignait que Jacob prenne une des filles de Canaan, comme son autre fils Ésaü. C’est près d’un puits que Jacob rencontra une très jolie bergère qui devint plus tard sa femme.
Un autre personnage, en fuite également, rencontra sa femme près d’un puits. Moïse avait tué un Egyptien pour défendre ses frères hébreux et avait été contraint de fuir le pays pour sauver sa vie. Quand il atteignit le pays de Madian, il s’assit près d’un puits. Sept jeunes filles, les filles du prêtre de la région, vinrent puiser de l’eau. L’une d’elles, Séphora, devint la femme de Moïse. Un grand changement eut lieu dans la vie de Moïse, après cette rencontre près du puits ; d’héritier du trône d’Egypte, il devint berger dans les plaines de Madian.
Il y a un tournant dans la vie de chaque personne. D’un moment à l’autre, la situation que nous vivons aujourd’hui peut changer. Parfois c’est un événement heureux, parfois tragique nous obligeant à prendre une certaine décision qui conduit notre vie dans une direction complètement différente. Que ces expériences soient joyeuses ou traumatisantes, elles sont essentielles puisqu’elles nous conduisent à la connaissance de nous-mêmes, à notre croissance et à notre émancipation.
Certainement, chacun de nous a ce genre de mémoriaux dans sa vie et quand nous regardons en arrière, nous comprenons que ces expériences étaient très nécessaires et enrichissantes.
Rebecca, Rachel et Séphora, ces trois jeunes filles gracieuses allaient chaque jour au puits pour puiser de l’eau et ainsi remplir leur devoir envers leur famille. Combien de rêves et de questions sur leur vie future devaient occuper leurs pensées ! Allaient-elles rencontrer l’élu de leur cœur qui changerait complètement leur vie et les rendrait heureuses ? Comment ? Où ? Quand ? Puis arriverait le moment où le miracle aurait lieu, l’importante rencontre qui signifierait un grand changement dans leur vie. Tout ne serait que des roses sur leur chemin, mais toutes les tribulations, même celles qui ne viennent pas de Dieu, avaient pour objectif de leur enseigner quelque chose.
Toutefois il y a une rencontre près d’un puits qui est plus importante que toutes celles-ci réunies, parce que le futur époux est Dieu lui-même sous forme humaine et l’alliance d’amour durera pour l’éternité.
Il était midi et le soleil était au zénith quand Jésus, fatigué et assoiffé, arriva près d’un puits en Samarie. Peu de temps après s’être assis sur le bord du puits, une femme Samaritaine vint puiser de l’eau. Nous connaissons l’histoire et nous savons pourquoi elle n’allait pas au puits au crépuscule avec les autres femmes du village. Cette femme n’était pas une vierge qui rêvait de trouver l’homme de sa vie pour être heureuse avec lui. Elle avait eu une vie pleine de rêves brisés et d’amères déceptions. Son cœur était plein de méfiance et d’une agressivité amicale, qui était tout simplement son auto-défense, cela se remarquait dans ses paroles et dans le ton de sa voix. Elle ne s’empressa pas d’étancher la soif de l’étranger, comme le fit Rebecca quand elle rencontra Éliézer, mais elle parla de séparation et de préjugés. Tu es Juif, moi je suis Samaritaine. Son cœur était endurci par le péché, par le rejet et le mépris des gens de la ville, de sorte que l’apparence de cet homme fatigué et assoiffé ne réveilla pas sa compassion.
Elle n’avait rien à donner aux autres, même pas de l’eau, parce qu’elle-même était toute sèche. Sa soif spirituelle était mille fois plus grave et douloureuse que le besoin naturel de Jésus. Son âme aspirait à un peu de compréhension et d’amour véritable ; elle n’était même pas consciente des besoins des autres et encore moins pouvait-elle s’occuper d’eux. Ses besoins étaient si grands et n’avaient jamais été satisfaits ! Sa vie était un lourd fardeau, et son devoir quotidien la rendait plus fatiguée que Jésus ne l’était par le voyage qu’il faisait.
Jésus, le médecin de l’âme humaine, comprenait tout et savait tout, et avec amour et miséricorde, il lui offrit immédiatement ce dont elle avait besoin : l’eau vive. Il oublia sa propre soif, ou peut-être était-ce juste une excuse pour entrer en conversation avec elle. Elle n’avait jamais entendu dire qu’il y avait une chose telle que l’eau de vie et elle trouva ainsi un autre sujet de controverse. Il n’avait pas de cruche pour puiser de l’eau. Comment pouvait-il lui offrir cette eau ? Était-il plus grand que Jacob, qui avait creusé ce puits ? Jésus lui expliqua quelle serait la qualité de l’eau qu’il était prêt à lui donner. Elle n’aurait plus jamais besoin de venir au puits, dans la chaleur de midi, mais qu’elle-même deviendrait une source d’eau qui ne tarirait jamais. Alors que la femme ne pouvait pas comprendre tout à fait cette forme d’expression, elle ne put refuser l’offre et répondit : « Seigneur, donne-moi cette eau. » Jean 4 : 15. Mais Jésus ne lui offrait ni un verre ni une bouteille d’eau, pas même un seau, mais « une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » Jean 4 : 14. Il dut creuser profondément pour la raison que David explique dans le Psaume 51 : 6 : « Mais tu veux que la vérité soit au fond du cœur. » Ensuite Jésus aborda un autre sujet, la vie privée de cette femme et il le fit d’une manière très discrète. « Va, lui dit Jésus, appelle ton mari, et viens ici. La femme répondit : Je n’ai point de mari. Jésus lui dit : Tu as eu raison de dire : Je n’ai point de mari. Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela tu as dit vrai. » Jean 4 : 16-18.
Jésus ne s’attendait pas à une confession publique ni à une profonde repentance, mais à ce qu’elle le reconnaisse simplement comme le Messie, le Rédempteur du monde, quelque chose que les Juifs n’avaient pas été en mesure de faire pendant les trois ans qu’il les avait servis. La femme fut surprise, « Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète. » Jean 4 :19. La perception est un attribut subjectif bien développé chez la plupart des femmes. Les prophètes savaient tout à l’avance et en général ils ne portaient pas de bonnes nouvelles.
Mais elle ne permettrait pas que l’étranger se mêle à sa vie privée. Il n’en avait pas le droit. Elle pouvait tout simplement changer le cours de la conversation et parler d’autre chose, par exemple : de religion. Elle ne se rendait certainement pas au temple où les croyants se réunissaient pour adorer Dieu. Elle était le mouton noir de la ville, mais cette question était une bonne excuse pour détourner l’attention du prophète de sa vie privée.
« Nos pères ont adoré sur cette montagne ; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem » lui dit-elle. Ses pensées se déplaçaient dans le monde naturel, elle ne pouvait pas voir au-delà de ce qui était devant ses yeux ; l’introspection lui était inconnue. Elle voulait savoir où, pas comment. Où est ta cruche ? Où est le vrai temple ? Mais Jésus voulait la conduire à regarder plus profondément. Comment est ton cœur ? Comment est-il nécessaire que les gens adorent ?
« Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande » lui dit Jésus. Jean 4 : 23. Cet aperçu élevé de l’adoration qu’elle ne pouvait pas comprendre, lui rappela quelque chose : « Je sais que le Messie doit venir celui qu’on appelle Christ ; quand il sera venu, il nous annoncera toutes choses. » Jean 4 : 25. Lentement, mais sûrement, le plus grand missionnaire de tous les temps arrivait à son objectif.
Cela était suffisant. Il avait conduit la femme à jeter un bref regard sur elle-même et puis à concentrer toute son attention sur Lui et sur ce que Lui pouvait donner.
Les disciples revinrent. Ils s’accrochaient à la lettre de l’Écriture et ne pouvaient pas comprendre pourquoi Jésus parlait à une femme. L’importante conversation fut interrompue et la femme s’en alla en ville pour prêcher la bonne nouvelle et laissa sa cruche au puits. Quel sens avait maintenant l’eau qu’elle avait puisée ? Elle avait trouvé quelque chose de beaucoup mieux ! Elle pouvait maintenant parler à d’autres de l’eau vive. Elle-même était déjà en train de devenir une source, même si elle avait encore un long chemin devant elle. Elle n’avait pas encore compris l’évangile, la puissance de Dieu qui sauve ceux qui croient en lui, mais dans les profondeurs de son âme elle savait que Jésus était la solution à tous ses problèmes et le désir de son âme.
L’étranger près du puits fut d’abord reconnu comme un prophète, puis comme le Messie et à la fin de l’histoire comme le Rédempteur du monde.
Quatre femmes à différentes périodes de l’histoire ont eu près d’un puits une rencontre spéciale, qui changea leur vie, extérieure ou intérieure ? C’est cela qui compte vraiment.
Le Seigneur est toujours près du puits. Il a soif de votre âme. Lui, le Rédempteur du monde dit, « Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, même celui qui n’a pas d’argent ! Venez,… Prêtez l’oreille, et venez à moi, écoutez, et votre âme vivra : Je traiterai avec vous une alliance éternelle. » Ésaïe 55 : 1-3.
VENEZ ! Personne n’a jamais regretté d’avoir accepté son invitation.
Teresita Corti
(Traduction du texte original : ENCUENTRO JUNTO A UN POZO)