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L'Observatoire suisse de la santé (Obsan) a présenté le 28 avril une étude sur l'état de santé et le comportement en matière de santé de la population suisse âgée de cinquante ans ou plus vivant à la maison. Ce travail, réalisé sur mandat par le chercheur Kurt Wyss,1 confirme en Suisse un fait observé dans les grandes études longitudinales menées à l'étranger : l'état de santé durant la «seconde moitié de la vie» semble fortement déterminé par les comportements adoptés tout au long de l'existence, depuis la jeunesse. Autrement dit, les actions de prévention de la santé efficaces, même auprès d'autres groupes d'âge, diminuent à terme les besoins de santé de la population aînée.L'Obsan souligne l'importance de cette observation apparemment banale dans le contexte de la hausse des coûts de la santé et du vieillissement de la population. Des «mesures de prévention et de promotion de la santé qui jalonneraient toute notre vie» permettraient ainsi de «limiter le plus possible la fréquence des maladies chez les personnes âgées et, par là, les besoins de prise en charge de ces dernières».L'étude est une analyse thématique des données de l'Enquête suisse sur la santé, menée en 1992, 1997 et 2002. Il s'agit donc d'une étude sur l'état de santé autorapporté, et non objectif. Autre limitation : l'étude est purement transversale. Les liens de cause habitudes de vie à un âge donné à effet état de santé ultérieur ont été mis en évidence de façon statistique, en comparant les données collectées dans le cadre des trois éditions de l'enquête. «Il s'agit bien entendu de résultats indicatifs, précise Katharina Meyer, responsable du monitorage de la santé à l'Obsan. Mais comme nos observations sont en accord avec les résultats de grandes études longitudinales menées dans des pays comparables, nous estimons qu'ils sont plausibles.» A propos du caractère subjectif des résultats autorapportés, Katharina Meyer rappelle d'une part qu'une partie des questions laisse peu de place à la subjectivité par exemple la fréquence des consultations médicales et d'autre part que «la santé perçue est sans doute aussi déterminante que la santé objective pour évaluer les besoins sanitaires d'une population».Parmi des conclusions plus ou moins prévisibles, l'étude de l'Obsan réserve une surprise : l'état de santé psychique est stable, voire augmente avec l'âge en Suisse malgré la détérioration de la santé physique. Selon l'étude, «63% des Suissesses et des Suisses âgés de plus de 80 ans jugent leur bien-être psychique très élevé». Quelle qu'en soit la raison effet de génération, changements dans le contexte social ou évolution personnelle des individus ce résultat tord le cou à certaines images reçues au sujet de la vieillesse.L'étude confirme les importantes différences entre les sexes entre hommes et femmes. Les femmes âgées souffrent davantage de rhumatismes, de troubles de l'endormissement ou du sommeil. Avec l'âge, les accidents domestiques deviennent plus importants que les accidents de travail ou de sport, et touchent plus fréquemment les femmes. La surdité est plus fréquente chez les hommes, comme la consommation de tabac ou d'alcool.1 Wyss K. La santé dans la seconde moitié de la vie. Observatoire suisse de la santé, avril 2005.