Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07016.jsonl.gz/619

Le prix Nobel de littérature 2021 revient au romancier Abdulrazak Gurnah, né en 1948 à Zanzibar. Ce romancier tanzanien est basé au Royaume-Uni et écrit en anglais. Les plus célèbres de ses romans sont « Paradise » (1994), « Desertion » (2005), et « By the Sea » (2001).
L’auteur a été récompensé pour son récit « pour sa compréhension empathique et sans compromis des effets du colonialisme et du sort des réfugiés dans le gouffre entre les cultures et les continents », selon le jury du Nobel. Il est le premier auteur noir à recevoir la plus prestigieuse des récompenses littéraires depuis 1993.
Né en 1948 à Zanzibar, qu’il a fui pour l’Angleterre en 1968 à un moment où la minorité musulmane était persécutée, Abdulrazak Gurnah n’a pas pu revenir à Zanzibar jusqu’en 1984. Il a publié une dizaine d’ouvrages depuis 1987, ainsi que des nouvelles. Il a enseigné à l’Université Bayero de Kano au Nigeria de 1980 à 1982.
Il a ensuite rejoint l’Université du Kent à Canterbury, où il a obtenu son doctorat en 1982. Jusqu’à sa récente retraite, il y était professeur de littérature anglaise et post-coloniales. Il est un fin connaisseur de l’oeuvre du Nobel de littérature nigérian Wole Soyinka et du Kenyan Ngugi wa Thiong’o, qui figurait parmi les favoris pour le Nobel cette année.
Abdulrazak Gurnah a également édité deux volumes d' »Essays on African Writing », a publié des articles sur un certain nombre d’écrivains postcoloniaux contemporains, dont V. S. Naipaul, Salman Rushdie et Zoë Wicomb. Il est l’éditeur de l’ouvrage « A Companion to Salman Rushdie » (Cambridge University Press, 2007). Il est collaborateur du magazine Wasafiri depuis 1987.
Abdulrazak Gurnah a supervisé des projets de recherche sur les écrits de Rushdie, Naipaul, G. V. Desani, Anthony Burgess, Joseph Conrad, George Lamming et Jamaica Kincaid.
Il succède à la poétesse américaine Louise Glück, récompensée en 2020. Parmi les possibles lauréats du Nobel cités cette année figuraient la Française Annie Ernaux ou encore le Japonais Haruki Murakami.
agences/kkub/olhor
Un Nobel littéraire historiquement très occidental
Cette année, les conjectures ont beaucoup tourné autour de la promesse de l’Académie d’élargir ses horizons géographiques. Même si le président du comité Nobel Anders Olsson avait pris soin de réaffirmer en début de semaine que le « mérite littéraire » restait « le critère absolu et unique ».
Le prix est historiquement très occidental. Sur les 117 précédents lauréats en littérature depuis la création des prix en 1901, 95, soit plus de 80% sont des Européens ou des Nord-Américains. Avec le prix 2021, ils sont 102 hommes au palmarès pour 16 femmes.
Sur les quelque 200 à 300 candidatures soumises bon an mal an à l’Académie, cinq sont retenues avant l’été. Les membres du jury sont chargés de les lire attentivement et discrètement avant le choix final peu avant l’annonce. Les délibérations restent secrètes pendant 50 ans.