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Un groupe d'experts de l'ONU a appelé le gouvernement tunisien à protéger et à renforcer les acquis en matière d'égalité et des droits des femmes. Les experts s'inquiètent de la définition de la femme comme "complémentaire" à celle de l'homme, prévue dans le projet de Constitution.
Ce texte place les femmes sur un pied d'inégalité avec les hommes et ne les considère pas comme des individus indépendants, complets. Il délimite leur rôle comme étant "complémentaire à celui des hommes dans la famille" et ne parvient pas à faire en sorte que cette disposition s'applique de manière réciproque, ont souligné les experts de l'ONU dans un communiqué.
"Les droits sont garantis aux femmes non par le fait qu'elles soient des êtres humains, mais plutôt sur la base qu'elles sont complémentaires aux hommes", a regretté la présidente du groupe de travail Kamala Chandrakirana.
Aucune régression permise
Le texte fait certe référence "au rôle des femmes dans la construction nationale", mais il "ne permet pas d'établir les bases d'une pleine indépendance et d'une autonomisation des femmes, ainsi que leur participation en tant que citoyennes actives pour le changement", a-t-elle expliqué.
Pour le groupe de travail, les transitions politiques telles que celle que vit la Tunisie offrent des opportunités sans précédent de nouveaux progrès et de consolidation des droits fondamentaux des femmes. "Les dirigeants du pays doivent les saisir pour le bien de leurs peuples, femmes et hommes de la même façon. Aucune régression n'est dès lors permise", a affirmé l'experte.
Le gouvernement tunisien a accepté une visite du groupe d'experts sur la discrimination à l'égard des femmes en novembre. Ce groupe sera composé de cinq expertes.
ATS