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Une saga judiciaire de 32 ans a pris fin en France. André Bamberski a écopé d'un an de prison avec sursis pour l'enlèvement en Allemagne du cardiologue Dieter Krombach, meurtrier de sa fille Kalinka, afin de le livrer à la justice qui l'a condamné en 2011.
L'affaire a commencé le 10 juillet 1982. Ce matin-là, Kalinka est retrouvée morte dans son lit. Cette adolescente de 14 ans était en vacances chez sa mère, au domicile de son beau-père Dieter Krombach, à Lindau, dans le sud de l'Allemagne.
Affaire classée
Le père de Kalinka, André Bamberski, a toujours été persuadé que Dieter Krombach avait tué sa fille après l'avoir violée. Il n'accepte pas que l'enquête finisse en 1987 par être classée sans suite en Allemagne.
Par la suite, le médecin reste libre chez lui en Allemagne, malgré une condamnation par contumace en France en 1995 pour sa responsabilité dans la mort de sa belle-fille Kalinka. Toutefois, la peine n'est alors pas assortie d’un mandat d’arrêt international.
L'enquête menée en France a démontré que Kalinka a reçu avant sa mort une forte dose de somnifères. Elle a également révélé le profil de pervers du Dr. Krombach, à qui est imputé une série d'abus sexuels en Allemagne sur des jeunes femmes qu'il endormait au préalable.
Pieds et poings liés
André Bamberski mûrit la décision de "faire transporter" son ennemi d'Allemagne vers la France afin de permettre l'organisation d'un procès. Krombach sera retrouvé pieds et poings liés en octobre 2009, non loin du palais de justice de Mulhouse.
Le cardiologue est incarcéré. Il comparaît lors d'un procès en assises. En 2011, l'Allemand est condamné à quinze ans de réclusion pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Son pourvoi en cassation a été rejeté le 2 avril dernier. Dieter Krombach est aujourd'hui âgé de 79 ans.
"Par-dessus la tête"
De son côté, André Bamberski fera l'objet à Mulhouse d'une inculpation pour l'enlèvement de l'Allemand. Lors de son procès, il a réfuté le terme de "commanditaire" du rapt, précisant seulement avoir "accepté une proposition", sans verser d'argent aux exécutants, un Kosovar et un Géorgien.
"Si je suis condamné à moins de deux ans ferme, ce sera une peine aménageable, et donc je ne ferai pas appel, car j'en ai par-dessus la tête des procédures judiciaires", avait-il déclaré avant le procès. Il s'est dit un peu déçu que le tribunal n'a pas considéré qu'il avait agi par "contrainte morale", ce qui aurait conduit à sa relaxe.
Les deux exécutants du rapt de Dieter Krombach ont été condamnés tous deux à un an ferme. Une journaliste autrichienne, poursuivie pour avoir joué les intermédiaires, a en revanche été relaxée.