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Le chercheur zurichois Milo Puhan (2e depuis la droite) et ses collègues ont reçu le prix Ig Nobel de la paix pour ses recherches sur l'apnée du sommeil et le didgeridoo.
KEYSTONE/AP/MICHAEL DWYER(sda-ats)
Les "Anti-Nobel" ont récompensé les recherches les plus saugrenues jeudi à Harvard. Chaque année depuis 1991, le comité des "Ig Nobel Prizes" a distribué des prix à des équipes de chercheurs pour des travaux "qui font rire, puis réfléchir", selon la formule consacrée.
Cette année, le thème était "Incertitude". Des prix ont été distribués dans dix catégories, allant de l'économie à l'anatomie, en présence de véritables prix Nobel. "Les lauréats cette année ont vraiment mérité leurs prix", a déclaré le maître de cérémonie Mark Abrahams, rédacteur en chef des "Annales de la recherche improbable".
La statuette faisant office de trophée cette année représentait une tête humaine surmontée d'un point d'interrogation rouge et les lauréats recevaient une récompense de dix trillions de dollars. Zimbabwéens, ont précisé les organisateurs.
Lauréat genevois
Dans la catégorie biologie, le prix est revenu à une équipe japonaise, brésilienne et suisse pour sa découverte d'un insecte dont les femelles sont dotées d'une sorte de pénis qui pénètre dans le corps du mâle afin d'y prélever le sperme.
Appelé neotrogla, cet insecte ressemblant à une mouche d'environ trois millimètres a été découvert en 2010 dans une grotte du Brésil. Il a notamment été décrit par Charles Lienhard, du musée d'histoire naturelle de Genève, l'un des quatre lauréats récompensés.
A dormir debout
Le prix de la paix a quant à lui été attribué au professeur Milo Puhan de l'Université de Zurich. Il est récompensé pour une étude montrant que jouer du didgeridoo aide à combattre les ronflements chez les personnes souffrant du syndrome d'apnées du sommeil (SAS).
Ses travaux ont montré que jouer de cet instrument aborigène australien contribuait à améliorer la qualité du sommeil des patients. Ceux-ci étaient moins fatigués la journée, alors que leurs partenaires étaient moins dérangés pendant la nuit.
Rhéologie
Le prix de physique est allé au Français Marc-Antoine Fardin pour une étude intitulée: "un chat peut-il être un solide et un liquide?" Pendant qu'il expliquait à l'auditoire qu'un liquide était quelque chose dont la forme s'adaptait au contenant, des photos de chats dans des vases, des verres de vin ou des bassines s'affichaient derrière lui.
Son étude constitue une tentative sérieuse d'investiguer "certains des problèmes et questions réels que se pose la rhéologie", qui étudie l'écoulement de la matière, a dit le scientifique.
"Lorsqu'on m'a demandé si j'acceptais le prix, la réponse était facile", a-t-il poursuivi, "c'est peut-être cool de refuser un prix Nobel mais sûrement pas un Ig Nobel".
Du café à reculons
En économie, le choix du jury s'est porté sur un duo australo-américain pour des expériences visant à découvrir si un accro aux jeux d'argent pouvait être influencé par le fait de toucher un crocodile vivant.
Le prix en recherche anatomique est allé à une étude intitulée: "Pourquoi les hommes âgés ont-ils de grandes oreilles?". En nutrition, c'est une autre question qui a retenu l'attention du jury: "Qu'y a-t-il au dîner? Premier rapport sur la présence de sang humain dans le régime alimentaire de la chauve-souris vampire".
Et en mécanique des fluides, la récompense est allée à un projet d'observation d'une tasse de café transportée par une personne marchant à reculons.
Les Ig Nobel ne visent pas à tourner la science en ridicule, assurent leurs organisateurs. "De bonnes réalisations peuvent aussi être bizarres, drôles ou même absurdes, tout comme de mauvaises réalisations".
ATS