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Les informations ci-après se réfèrent à la date de la remise du Prix.
Citoyen britannique, né en 1951, le professeur Peter N. GOODFELLOW est titulaire de la chaire Balfour de génétique à l’Université de Cambridge.
Citoyen britannique, né en 1953, le Dr Robin H. LOVELL-BADGE est à la tête du laboratoire de génétique du développement de l’Institut National pour la Recherche Médicale à Mill Hill, près de Londres.
Peter N. GOODFELLOW et Robin H. LOVELL-BADGE ont découvert le gène de détermination testiculaire appelé sry. Porté par le chromosome Y des mammifères, le gène sry influence dans le sens de la masculinité le destin des glandes génitales de l’embryon, qui sont initialement indifférenciées. Il joue donc un rôle essentiel dans la constitution du sexe biologique, en particulier chez l’espèce humaine. Cette découverte importante a été rendue possible grâce à la mise en commun par ces chercheurs de leurs expertises respectives concernant les anomalies génétiques de la détermination sexuelle chez l’être humain (Peter N. GOODFELLOW) et l’analyse génétique de la souris (Robin H. LOVELL-BADGE).
Le gène sry est un des éléments d’un réseau complexe d’interactions génétiques, qui concourent à la détermination d’une identité sexuelle biologique masculine ou féminine. C’est l’exploration de ces gènes qui fait l’objet des travaux que Peter N. GOODFELLOW et Robin H. LOVELL-BADGE poursuivent actuellement en étroite collaboration.
Le Prix Louis-Jeantet de médecine permettra à Peter N. GOODFELLOW et Robin H. LOVELL-BADGE de poursuivre le financement de leur collaboration, en améliorant leur dotation en personnel et en équipement d’imagerie, de micromanipulation et d’informatique.
Travaux de recherche
Chacune de nos cellules somatiques contient 23 paires de chromosomes parmi lesquelles 22 paires d’autosomes, identiques chez les deux sexes, et une paire dechromosomes sexuels. Chez la femme, cette paire est composée de deux chromosomes X, chez l’homme, d’un X et d’un Y. La méiose est le processus qui se déroule dans les glandes génitales et qui donne naissance à des cellules sexuelles (ovocytes ou spermatozoïdes) avec un seul chromosome de chaque paire (22 autosomes + 1 chromosome sexuel). Chez la femme ce chromosome sexuel est nécessairement un X. Chez l’homme, la moitié des spermatozoïdes contient un X, l’autre contient un Y.
A la fécondation, suivant qu’un spermatozoïde ” X ” ou ” Y ” féconde l’ovocyte, le zygote (et l’embryon) qui en résulte aura la formule chromosomique XX ou XY, correspondant ausexe chromosomique féminin ou masculin respectivement. Comment ce sexe chromosomique va-t-il orienter le développement embryonnaire vers le sexe gonadiqueapproprié (formation des glandes génitales du sexe correspondant) et vers le sexe phénotypique, c’est-à-dire la mise en place de toutes les caractéristiques sexuelles normales de l’organisme féminin ou masculin ? C’est la question posée par Peter Goodfellow et Robin Lovell-Badge en partant de l’analyse de certaines pathologies de la différenciation sexuelle humaine.
On sait depuis longtemps que les individus XO (syndrome de Turner) ont un phénotype féminin et que les individus XXY (syndrome de Klinefelter) ont un développement de type masculin. Le chromosome Y, malgré sa petite taille et le faible nombre de gènes qu’il contient, joue donc une rôle essentiel dans l’orientation du développement dans un sens masculin. Dès 1966, M. Fergusson-Smith avait découvert que certains individus mâles ” paradoxaux “, de formule chromosomique XX, portent en fait un fragment de chromosome Y transféré sur un chromosome X par un échange génétique anormal. Il devenait possible, en principe, de définir le morceau minimum d’Y dont le transfert détermine la masculinité de ces hommes XX en examinant un grand nombre et ainsi de préciser la nature du ou des gènes responsables de cette détermination.
Ce n’est que dans les années quatre-vingt, avec le développement des nouvelles techniques de génétique moléculaires, que ce projet devint réalisable. Grâce à ces méthodes, Peter Goodfellow et Robin Lovell-Badge réussirent à délimiter de proche en proche une région de 60’000 paires de bases (ou ” lettres “) de l’ADN, puis de 35’000 paires de bases, qui devait contenir le ” gène de détermination testiculaire “. Un travail minutieux de cartographie moléculaire fut mené en parallèle avec des tests d’hybridation des fragments du gène putatif avec les chromosomes d’autres mammifères pour prouver l’appartenance des fragments examinés au chromosome Y. Enfin, en 1990, le groupe publia l’identité du gène de détermination testiculaire SRY, gène qui spécifie une protéine capable de se lier à l’ADN et d’exercer un contrôle sur l’expression de certains gènes.
La démonstration que SRY est bien le gène de détermination testiculaire représentait à elle seule un projet de grande envergure, car une équipe concurrente avait dès 1987 isolé un gène candidat à cette fonction appelé ZFY. Cette présomption se révéla par la suite erronée et il importait d’autant plus d’apporter, après cette fausse alerte, des preuves incontestables de l’identité de SRY. Cette démonstration exigea un travail parallèle chez la souris de manière à pouvoir montrer que l’expression tissulaire spécifique du gène était bien celle qu’on attend d’un gène de détermination testiculaire. Ainsi, Goodfellow et Lovell-Badge réussirent à montrer que des souris de sexe chromosomique femelle (XX) et qui sont transgéniques pour le seul gène SRY présentent certains traits phénotypiques masculins.
La découverte de SRY représente une étape fondamentale dans notre compréhension de la détermination du sexe biologique de l’être humain et des mammifères. Mais ce n’est à certains égards que le début de l’histoire : il reste à élucider le réseau complexe d’interactions génétiques auxquelles SRY participe. En effet, si SRY est un ” commutateur ” essentiel dans le ” choix ” de l’embryon entre un développement ultérieur de type masculin ou féminin, il est lui-même sous la dépendance de gènes encore inconnus situés plus en amont dans la hiérarchie de contrôle du développement embryonnaire.
Prof. Peter N. Goodfellow
Senior Vice-President
SmithKline Beecham Pharmaceuticals
New Frontiers Science Park (North)
Third Avenue
GB – Harlow, Essex CM19 5 AW
Tél.: +44 1279 627 209
Fax: +44 1279 627 213
Site Internet:
SmithKline Beecham Pharmaceuticals
Dr. Robin H. Lovell-Badge
Head of the Laboratory of Developmental Genetics
MRC National Institute for Medical Research
The Ridgeway, Mill Hill
GB – London NW7 1AA
Tél.: +44 181 959 36 66 ext. 2126
Fax: +44 181 906 44 77