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Cet article s’inscrit dans la lignée des investigations sur les théories de l’esprit, champ de recherche qui a pris une ampleur considérable ces vingt-cinq dernières années. Il se base sur différentes études effectuées avec des enfants au moyen d’objets symboliques comme les poupées, dont celle entreprise par l’auteure avec Rimbert en 2005. Evelyne Thommen s’intéresse ici à la manière dont l’enfant construit progressivement une compréhension de la nature des phénomènes mentaux tels que les croyances, les savoirs ou les intentions.
La production des verbes mentaux se fait très jeune, dès trois ans déjà, bien que cela ne permette pas d’affirmer que cette production renvoie à celle des adultes. L’usage de ces verbes ne semble en effet pas maîtrisé à cet âge-là. Pour un enfant de cinq ans, plusieurs états du monde peuvent coexister ; il peut penser à quelque chose d’absent ou de faux et s’attribuer un savoir avant d’en attribuer la connaissance à autrui. Cette construction entre trois et six ans se réfère aux théories de l’esprit de premier ordre et se poursuit par celles de deuxième ordre, à l’œuvre dans le mensonge ou la plaisanterie. La différenciation entre le mensonge et la plaisanterie est en effet très complexe pour les enfants et ce n’est que vers l’âge de 9 ans qu’ils la maîtrisent, se préparent à entrer dans le raisonnement abstrait et se mettent à réfléchir objectivement à leurs processus de pensée.
Résumé : Sarah Kiani.