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Le V1 - La technique du « Winkelschuss » [4]
Contrairement à une idée largement répandue, les V1 n’étaient pas forcément catapultés dans la direction de l’objectif et les rampes de lancement ne devaient pas obligatoirement être alignées dans l’axe de la cible, comme cela a trop souvent été affirmé. Si la plupart des rampes de lancement installées par les Allemands dans le nord de la France étaient pointées dans la direction de Londres, c’est simplement parce que la capitale britannique constituait la cible prioritaire désignée par Hitler. Cela ne signifie pas pour autant que ces rampes n’aient pas tiré des V1 sur d’autres agglomérations britanniques, comme Bristol, Southampton ou Portsmouth. En fait, une partie d’entre elles le firent, et souvent à de nombreuses reprises. Les Allemands avaient en effet mis au point la technique sophistiquée du « Winkelschuss », que l’on peut traduire par « tir angulaire ».
En d’autres termes, le V1 était catapulté dans une direction avant d’opérer un large virage qui l’amenait sur la trajectoire dirigée sur l’objectif. En général, la correction était programmée pour que le V1 effectue ce changement de cap au moment où il achevait sa grimpée en altitude et basculait en palier pour prendre son niveau de croisière.
Ce changement de cap était obtenu par l’action plus ou moins prolongée du gyroscope principal sur un électro-aimant influençant le compas magnétique. Cette opération était elle-même déclenchée par une horloge qui déterminait le moment, la durée et le sens de la correction.
Cette horloge était réglée avant le départ, en fonction de 3 paramètres que l’on devait entrer:
Cette durée était limitée à 60 secondes au maximum. Sachant que la correction angulaire obtenue était de 1° par seconde, cela signifiait que la correction potentielle était comprise entre 0 et 60° vers la gauche ou vers la droite. Soit une fenêtre de tir angulaire maximale de 120°. Cet angle de correction fut la conséquence d’une amélioration : au tout début de l’offensive contre l’Angleterre, en juin 1944, les 2000 premiers V1 tirés n’avaient encore qu’une possibilité de correction de 8°, soit une fenêtre angulaire limitée à 16°.
Durant le catapultage, le gyroscope principal était évidemment bloqué. Il était libéré lorsque le V1 quittait le bout de la catapulte, sous l’effet de la chute du berceau de lancement dont l’un des plots, engagé sous le ventre du missile, libérait un contact électrique qui déverrouillait le gyroscope principal. Cette technique élaborée permettait de tirer sur des cibles différentes à partir d’une seule rampe de lancement, sans nécessiter le déplacement ou le réalignement de celle-ci. Les Allemands surent l’utiliser au maximum et ne se privèrent pas d’envoyer des V1 sur à peu près toutes les grandes agglomérations du sud de l’Angleterre, au grand dam de la population qui compta de nombreuses pertes civiles…
SOURCES :
Yannick Delefosse, "V1 ARME DU DÉSESPOIR", Editions Lela Presse. Collection Histoire de l’aviation n°18. 2006.
Pour en savoir plus sur le V1 ou si vous voulez acheter l’excellent livre très fouillé et richement documenté écrit par Yannick Delefosse sur le V1, nous vous conseillons le site internet de Yannick Delefosse : http://v1armedudesespoir.free.fr/
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