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Qu’est-ce qui vous a amené au VTT ?
A 12 ans je me suis mis au BMX, qui, entre parenthèses, est une fantastique école d’apprentissage des techniques de pilotage. J’aimais bien le moto-cross également, mais ça coutait trop cher. Même en travaillant l’été chez des paysans pour me payer une moto et financer mes escapades en Italie en l’absence de pistes de moto-cross au Tessin. Je me suis alors concentré sur le BMX qui est l’équivalent du super cross mais sans moteur. Mais à 17 ans, je me suis pété une clavicule dans une manche du championnat suisse de BMX à Winterthur et j’ai petit à petit renoncé à la compétition tout en poursuivant un apprentissage de mécanicien.
Et par la suite ?
A l’âge de 20 ans, j’ai quitté le Tessin pour aller travailler à Zurich comme mécanicien. Ensuite, j’ai fait un petit tour en Amérique du Sud. A 27 ans, j’ai eu ma première fille et j’ai dû songer à me fixer professionnellement. J’ai commencé à travailler comme jardinier et mécanicien pour Campo Felice, l'un des plus grands campings de Suisse, à la confluence de la rivière Verzasca et du Lac Majeur. J’en ai profité pour y construire une piste de BMX. Et là, j’ai enfin pu me payer mon premier VTT. J’en ai cinq aujourd’hui et même quand je vais aux sports d’hiver, il me faut un guidon entre les mains et j’emprunte un snowscoot (trottinette des neiges). Mettez-moi un guidon entre les mains, n’importe lequel, et je suis le plus heureux des hommes!
Comment en êtes-vous venu à aménager des parcours VTT pour Ascona-Locarno Turismo ?
J’ai toujours eu la passion de construire des circuits. Gamin, je me construisais des parcours de BMX avec des sauts et des virages paraboliques. Il y a trois ans, j’ai eu l’opportunité de suivre un cours de l’IMBA (international moutain bike association) pour apprendre à construire des pistes de VTT durables, c’est-à-dire qui ne nécessitent pas de gros et couteux travaux de construction et d’entretien. Et l’an dernier, en mars, j’ai été engagé par Ascona-Locarno Turismo pour projeter, construire et entretenir un réseau de pistes de VTT dans la région en collaboration avec l’équipe qui s’occupe des sentiers pédestres.
L’aménagement de pistes VTT dans les montagnes n’est-il pas en contradiction avec la préservation de l’environnement ?
On n’a pas vraiment le choix. Le VTT est à la mode et aucune loi n’interdit leur pratique en montagne. Donc, ou on les laisse aller n’importe où, ou on leurs aménage des parcours réservés bien conçus. C’est ce qu’on a fait ici avec trois parcours officiels validés par Swissmobile. Le problème principal, c’est l’érosion que peut entraîner l’aménagement d’une piste de VTT sur une pente. Ici, il pleut beaucoup avant l’hiver et si l’on ne fait pas attention, ça peut vite raviner. La règle, c’est de ne jamais tracer de chemins sur des pentes de plus de 10% et de les limiter à 80 centimètres de largeur. Autre préoccupation d’ordre écologique, on s’efforce de rendre tous les itinéraires de VTT accessibles en bus postal afin d’éviter que la montagne soit envahie par les voitures.
Qu’est ce qui fait l’attrait particulier de la région d’Ascona-Locarno pour les vététistes débutants ou aguerris ?
Le Tessin est un canton touristique. Cela fait des décennies que nous travaillons pour et avec le tourisme et il y a une vraie culture de l’accueil ici. Et puis nous avons le soleil, les palmiers, l’italianité, un climat quasi méditerranéen et c’est ce qui attire toute la Suisse septentrionale. Ici, vous pouvez partir de 1 500 mètres, dévaler un chemin à travers des paysages et des panoramas fabuleux, plonger dans le lac à la fin de votre trail et vous réconforter à midi ou le soir dans un sympathique grotto qui va vous servir une cuisine du terroir délicieuse et roborative arrosée d’un bon cru local. Il ne faut pas oublier que les mountain bikers sont pour la plupart des quadras bons vivants qui aiment autant le réconfort que l’effort. Ici, les bikers, on les chouchoute!