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L'initiative valaisanne contre le loup devra être corrigée
Une erreur de traduction entache le texte en français de l'initiative populaire "Pour un canton du Valais sans grands prédateurs". Pour l'heure, la question est de savoir qui doit la corriger avant qu'elle ne soit soumise au peuple.
En français, le texte stipule que "L'Etat élabore des prescriptions contre les grands prédateurs (...)", alors qu'en allemand "L'Etat élabore des prescriptions pour la protection contre les grands prédateurs (...)". Une erreur de traduction qui change le sens de l'article qui, en cas de vote et d'acceptation de l'initiative, sera introduit dans la Constitution cantonale.
Une erreur qui avait déjà été relevée lors de la session du Grand Conseil en septembre 2019. "Je pourrais soutenir cette initiative si le texte en français était conforme à celui en allemand", avait alors déclaré la députée socialiste Barbara Lanthemann.
Une situation inédite
Les députés avaient reçu l'assurance que le texte en allemand ferait foi. La mouture en français n'a depuis pas été corrigée alors que le Conseil d'Etat a proposé cette semaine au Grand Conseil de soumettre l'initiative aux urnes tout en recommandant de l'accepter.
Le problème est de savoir qui a autorité pour modifier le texte, a expliqué à Keystone-ATS Philipp Spörri, chancelier d'Etat, revenant sur une information diffusée vendredi dans Le Nouvelliste. Ni le Conseil d'Etat ni le Grand Conseil ne l'ont, ce sont les auteurs de l'initiative qui devraient en modifier le texte.
La situation est inédite. Elle se réglera probablement en mettant autour d'une table les initiants et le service parlementaire. Si l'initiative est soumise au peuple, "probablement en 2021", le texte en français sera correct, assure le chancelier.
Une initiative sans grands effets
L'initiative cantonale pour un Valais sans grand prédateur (loup, lynx, ours) a été lancée en 2016 par une dizaine de Haut-Valaisans, dont plusieurs politiciens démocrates-chrétiens. Elle a abouti en janvier 2017 munie de 9545 signatures, soit 3545 de plus que nécessaires.
Son éventuelle acceptation ne changera toutefois pas fondamentalement la situation actuelle et future dans le canton pour les grands prédateurs, a admis cette semaine le Conseil d'Etat valaisan, qui a toutefois estimé "important que la population valaisanne puisse s'exprimer sur cette problématique".
ats