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Depuis le 18 juin 2001, Youri Bandazhevsky se trouve toujours dans la même situation d’emprisonnement, sous un contrôle arbitraire, sans aucune certitude objective, sinon celle qu’il est condamné à huit ans de prison. (1)
Rappelons que le professeur Bandazhevsky est un brillant chercheur biélorusse qui, suite à des études approfondies sur le terrain, a mis en évidence l’action destructrice sur l’organisme humain de l’absorbtion de faibles doses de césium radioactif. Les découvertes du médecin sont de toute première importance pour les populations touchées par les retombées radioactives de Tchernobyl, vivant dans des territoires contaminés et continuant à s’alimenter avec des produits contenant du Césium-137. Pourtant il a été condamné, à la suite d’un procès truqué, à une peine d’emprisonnement de huit ans. Le gouvernement du Belarus espère ainsi se débarasser d’une voix discordante dans le concert qui cherche encore et toujours à minimiser les conséquences de cette catastrophe et éviter d’avoir à prendre les mesures qui s’imposent pour la santé de sa population. (2) Le 19 avril 2002, Youri Bandazhevsky a porté plainte, devant le comité des droits de l’homme des Nations-Unies, contre le gouvernement biélorusse. Ce comité a annoncé que la plainte était recevable. L’Etat du Belarus doit maintenant répondre aux accusations. Ce procès devant les Nations Unies est suivi par de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme, avec en tête Amnesty International. Plusieurs députés du parlement biélorusse ont parallèlement demandé au président-dictateur Loukachenko de gracier le professeur Bandazhevsky.
Rétabli après une dangereuse opération
Après avoir subi, le 2 octobre, en prison et en urgence, une opération difficile de l’appendicite, Youri Bandazhevsky semble rétabli, mais la gravité de l’infection et la négligence du personnel ont bien failli causer sa mort. Actuellement l’analyse du sang serait normale. Il a lui-même confirmé qu’il allait mieux physiquement, mais que son moral était toujours au plus bas.
Extraits de sa dernière lettre
Voici ce que le professeur Bandazhevsky écrit à sa famille : « Je vous suis énormément reconnaissant de ne pas m’oublier. Mon état de santé n’est pas des meilleurs. Je suis écrasé par la dépression. Je fais des cauchemars, éveillé. Les médicaments sont inutiles et provoquent quantité d’effets secondaires, des allergies. Je n’ai plus de forces. » Le médecin-chef a dit à son épouse Galina que Youri serait libéré prochainement car, depuis 20 ans qu’il travaillait ici, il n’avait jamais vu la direction de la prison appuyer la demande de libération d’un détenu. Il serait en effet surprenant que ce soit précisément avec Bandazhevsky que la direction se mette à improviser et à innover. Il est plus vraisemblable qu’un ordre est venu d’en haut. Dernière nouvelle : mercredi 8 octobre, Olga, la fille de Youri et de Galina, a mis au monde une petite fille.
FG
(1)Plusieurs articles ont déjà paru dans ce journal à ce sujet, voir les n°71, 68, 60,59.
(2) Lire à ce propos l’excellent dossier sur le Belarus dans le dernier « Trait d’union », journal de la CRIIRAD. Sources : « Nouvelles de prison » transmises par Wladimir Tchertkoff le 22 novembre, Silence N ° 304, décembre 2003