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Le conseiller national bernois Ricardo Lumengo n'a pas commis de fraude électorale. Avec ce verdict, la Cour suprême du canton de Berne a annulé le jugement de première instance. Mais elle a eu des mots très durs à l'égard du politicien.
"Je suis complètement acquitté", a déclaré Ricardo Lumengo à l'issue de son procès en appel. "Je ne suis pas parfait et je reconnais mes erreurs", a ajouté le politicien en affirmant qu'il n'avait pas commis de faits punissables.
Crédibilité en doute
Si la Chambre pénale de la Cour suprême bernoise a libéré le conseiller national de la prévention de fraude électorale lors des élections pour le Grand Conseil en 2006, elle n'a pas pour autant épargné le politicien. Le président François Rieder a ainsi mis plusieurs fois en doute sa crédibilité.
"Votre attitude au cours de la procédure vous rend très peu crédible", a lancé le magistrat en relevant les revirements et les contradictions du politicien au fil des auditions. A ses yeux, Ricardo Lumengo a eu mauvaise conscience et a tenté de minimiser son rôle.
Pour le tribunal de première instance, le premier élu fédéral de couleur s'était rendu coupable de fraude électorale pour avoir rempli de sa main 44 bulletins de vote. Le politicien a admis les faits mais expliqué avoir voulu aider des électeurs à exercer le droit de vote, contestant toujours la fraude électorale.
Pas de participation au vote
Le président a dit sa conviction que la thèse de l'exemple ne résistait pas à l'examen. Ces bulletins ont été remis à des électeurs qui les ont eux déposés dans des urnes ou envoyés par la poste. Mais Ricardo Lumengo n'était pas impliqué dans ces démarches et n'a donc pas interféré dans l'acte de vote. "Le rubicon n'a pas été été franchi", a illustré le président.
L'avocat de la défense s'est en effet employé à démontrer que Ricardo Lumengo n'avait jamais eu en mains la carte d'électeur ou les enveloppes mais que des papiers qui s'appellent bulletin de vote. Pour le président, le processus de vote était entamé mais ce n'était pas le stade définitif.