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Nottes des titres et papiers concernants les droits de l'Abbaye sur le château de Saint-Martin de Graine et dépendences au Duché d'Aoste
TIROIR 52 PAQUET PREMIER
Saint Sigismond, roi de Bourgogne, a donné à l'Abbaye les choses suivantes situées dans la Val d'Aoste, savoir : dans la cité, une tour qui regarde l'Occident, et autres terres ainsi nomées : Cleuva [Élevaz], Lagona [toponyme inconnu], Gizoronis [toponyme inconnu], Morgam [Morge, commune de La Salle]. Mais il seroit difficile, pour ne pas dire impossible, de vérifier que ces terres sont les mêmes que celles sur lesquelles l'Abbaye conserve encore aujourd'hui quelque droit, come on le verra cy-après. La charte dudit roi ne sert guère ici qu'à prouver que l'Abbaye a possédé de toute ancienneté de grands droits dans le susdit pays.
52/1/1
Château de Graine
Original
Échange fait entre Burchard [Burchardus], archevêque de Lion [Lyon], et Anselme, évêque d'Aoste, en vertu duquel ledit Anselme donne à Saint-Maurice le droit qu'il a sur le lieu appellé Opolengis dans le comté nommé Ottingin, à savoir tout le droit qu'il a audit lieu du côté de sa mère à elle donné par le roi Chuonrad [Conrad], prés, pâturages, forêts, eaux, etc., et cela contre une terre de Saint-Maurice consistante en six demeures, savoir de Breianto, de Paliano, d'Adulgiano, de Rosiano, de Ragiano et de Bibiano et dans un pré en Sparaveria.
Patente qui paroît originale, signée par le prédit Anselme et par 5 témoins, écrite par Amizo, diacre, chanoine et chancellier de Saint-Maurice, et datée du mardi avant le Carême, la 13e année du règne de Rodulph [Rodolphe] à Agaune.
Voir aussi Charléty, p. 76
1 document coté 52/1/1
52/1/2
Château de Graine
Original
Le même Anselme, évêque d'Aoste et prévôt de l'abbaye de Saint-Maurice, accense à Adelbert de Aona, pour lui et ses héritiers, une terre de Saint-Maurice dans la val d'Aoste, lieu-dit Coriolo confinante au chemin public d'un côté et à la terre de Saint-Maurice de tous les autres, laquelle terre ledit Adelbert tenoit déjà en bénéfice, et cela pour 18 deniers de cense annuelle.
Cette patente se trouve signée par l'archevêque Burchard [Burchardus], par ledit évêque Anselme et par 10 de ses frères : Adelbert, Amizo, etc., diacres, prêtres ou clercs. Datée du dimanche 13 des kalendes de novembre.
1 document coté 52/1/2
<page 754>
52/1/3
Château de Graine
Original
1263
Godefroid, seigneur de Challant en Aoste, vidame, reconnoit tenir en fief de l'abbé et religieux de Saint-Maurice le château de Challant, la montagne (montaneam) appellée Paleysina [Palasina], les terres de Wolon [Vollon], la montagne dite Soremont, et la montagne dite Fontesin [Fontessin] avec toutes les dîmes desdites terres et montagnes et devoir pour dit fief 40 sous [de] plait au changement de vassal et 20 sous de Suze service annuel promettant que s'il se découvre qu'il doive encore d'autres usages, il les reconnoîtra volontiers.
Patente avec le sceau dudit Godefroid.
Voir aussi Charléty, p. 196, et Supplementum p. 207
1 document coté 52/1/3
1281
Guillaume de Bex, donzel et chevallier, donne à l'Eglise de Saint-Maurice pour le remède de son âme et de ses parents, tout ce qu'il pouvoit avoir de droit et de prétentions dans le territoire et sur le fief de Saint-Martin.
Voir Original cotté 60/1/16, Legs pieux
52/1/4
Château de Graine
Original
1290 [d'une autre main : 1289]
Marguerite, fille de feu Godefroid, seigneur de Châtillon en Aoste, ratifie une obligation soit vendition faite par son mari entre l'abbé et Chapitre de Saint-Maurice à l'occasion de leur fief à teneur des actes passés à ce sujet en conséquence d'un échange fait par dite Marguerite avec lesdits abbé et Chapitre.
Les actes ici rappellés ne se trouvants pas, on ne voit guère à quoi celui-ci aboutit.
1 document coté 52/1/4
52/1/5
Château de Graine
Original
1338
Pierre, conseigneur de Montjovet ayant été, tant à son nom qu'à ceux de ses frères Boniface, Jean et Jaquemet, inverti par l'abbé Barthélemi [Barthélemy de Bartholomeis] du fief du château de Saint-Martin en Challant et autres choses, il confesse aux susdits noms tenir en fief du susdit abbé et monastère ledit château de Saint-Martin avec certaines autres choses reconnues par leurs ancêtres sous la redevance de 40 sous viennois [de] plait à changement de vassal et le service annuel de 20 sous dits et plus, s'il se trouve dû.
Patente dont le sceau est tombé.
Voir aussi Charléty, p. 390, et Supplementum p. 207
1 document coté 52/1/5
52/1/6
Château de Graine
Original
1360
L'abbé Jean Bartholomaei [Barthélemy] äyant réinverti lesdits Pierre de Montjovet et Boniface de Montjovet, chanoine de Sion, à leur nom et à celui de leurs dits frères, Jean et Jaquemet, du fief qu'ils tenoient de l'abbaye, lesdits frères promettent par serment de reconnoître et spécifier ledit fief quand ils en seront requis et de payer et de servir tous les usages dus à ce sujet.
Acte signé par main de notaire.
Voir aussi Charléty, p. 418, et Supplementum p. 208
1 document coté 52/1/6
52/2/37
Château de Graine
Original
1370
Ledit Boniface confesse à son nom et à celui de son frère Jean devoir à l'abbé Jean 7 florins d'or pour arrérages d'un florin d'or qu'ils doivent chaque année pour le fief qu'ils tiennent de l'Abbaye et promet payer lesdits 7 florins d'or.
Original dont le sceau est tombé.
1 document coté 52/2/37
52/1/7
Château de Graine
Original
1390
Iblet, seigneur de Challant, de Montjovet, de Châtillon et de Verrès au diocèse d'Aoste et du château de Saint-Denis en Fruence [Châtel-Saint-Denis], vicomte d'Aoste, reconoît tenir en fief de l'Abbaye le château de Saint-Martin de Challant et appendices selon les mêmes termes de la reconoissance de 1263 [cf. supra 52/1/3] ajoutant de plus la promesse d'être fidèle et loyal envers l'Abbaye et de reconoître et spécifier le fief qu'il tient d'elle quand il en sera requis.
Patente avec sceau pendant.
Voir aussi Charléty, Supplementum, p. 210
1 document coté 52/1/7
52/1/38
Château de Graine
Original par vidimus
1390
Investiture du même fief donnée audit Iblet de Challant par l'abbé Jean Garreti.
1 document coté 52/1/38
52/1/8
Château de Graine
Copie authentique
1424
Amédé [Amédée], duc de Savoye [Savoie], érige la baronie de Challand [Challant] en comté en faveur de François de Challand, réservant ses droits et ceux d'autrui.
1 document coté 52/1/8
<page 755>
52/1/9
Château de Graine
Original
1429
L'abbé Guillaume Wlliens [Villien] prétendoit contre François, comte de Challant, fils dudit Iblet, que le fief du château de Saint-Martin lui étoit échut et tombé en commise tant à défaut des payemens du plait dû après la mort de son père et des services annuels depuis 9 ans, qu'à défaut de prises d'investitures après la mort des abbés Garreti [Jean] et Sostion [Jean]. Mais enfin, sur les excuses dudit comte François, le prénommé abbé convint avec lui de le réintégrer dans ledit fief du château de Saint-Martin, montagnes et terres, et de lui remettre toute commise et échute avec les arrérages pour le prix de 200 florins d'or, destinés à faire une crosse, soit bâton pastoral pour l'abbé, payés audit abbé, agissant en ce fait du consentement de Pierre Forneri [Fournier], sacristain, et Guillaume de Châtillon, aumônier, à ce spécialement députés par le Chapitre comme il conste de leur procure par acte couché au bas de l'acte de dite réintégration.
Fait le 19 juillet 1429 à Verrèz [Verrès].
Voir aussi Charléty, Supplementum, p.211
1 document coté 52/1/9
52/1/10
Château de Graine
Original et copie légale
1429
Le même jour 19 juillet, en conséquence de ladite réintégration et en vertu du même consentement du Chapitre et de ses dits députés, ledit abbé Guillaume de Williens [Villien] donna l'investiture dudit fief audit comte François qui, de son côté, lui prêta reconnoissance pour ce fief dans les mêmes termes que ses prédécesseurs, lui promettant la fidélité et de déclarer et spécifier le fief dans l'espace de deux ans entre les mains d'un commissaire à ce député.
Voir aussi Charléty, Supplementum, p. 218
2 documents cotés 52/1/10 - 1 et 2
52/1/11
Château de Graine
Copie et minute
1437
Sur la réquisition de l'abbé Pierre Fornery [Fournier] et du Chapitre, ledit François, comte de Challand [Challant], confesse tenir en fief de l'Abbaye le château de Saint-Martin de Challand avec les montagnes, terres et dîmes prémentionées et spécifiant, comme il l'avoit promi dans l'acte précédant de 1429, les appartenances dudit château qu'il déclare tenir du même fief ; il les décrit ainsi, savoir : le mère et mixte impère et omnimode jurisdiction, les pâturages, communs, forêts noires et eaux avec leurs décours, les paroisses, villages, possessions, maisons, prés, vignes, terres, hommes, fidélités, feudataires, censiers, tailles, cens, services, plaits, tributs, clames et bans, que ledit comte a dans toute la châtelainie et ressort et mandement dudit château de Saint-Martin par les confins de dite châtelainie du fief de dite abbaye que ledit comte déclare être tels : le torrent ou Ryau, appellé le Ryau de Miroz du côté du château de Challand, les confins de la paroisse de Verrès du côté d'en-bas et de là tendant dudit Ryau de Myo jusqu'au territoire et confins de la jurisdiction de Montjovet, et de là jusqu'aux confins de la jurisdiction de Châtillon, et de là aux confins de la jurisdiction de Antey et de la vallée de Tornenchy [val Tournenche] du côté d'occident, et de là jusqu'à la seigneurie du Vallais [Valais], paroisse de Praborgnio [Zermat], et jusqu'à la seigneurie de la vallée de Gryssoney [Gressoney] d'en-haut et jouxte le domaine et jurisdiction des seigneurs du Vallais d'orient. Exceptés et réservés les fiefs que ledit comte et prédécesseurs auroient reconnu tenir du duc de Savoye [Savoie] dans les Alpes de Challant, savoir en Aventina, Cunia et Nannaz [Nana], confessant devoir pour les choses prédites 40 sous [de] plait et 20 sous [de] service, etc.
On cotte ici un cayer fort ancien contenant la copie de cette reconoissance avec celles des précédentes reconoissances et en outre un autre vieux cayer qui paroît être la minute du commissaire Guillaume Bagniodi [Bagnoud], signé à la fin.
Voir aussi Charléty, Supplementum, p. 225
2 documents cotés 52/1/11 - 1 et 2
<page 756>
52/1/12
Château de Graine
Original
1455, 23 septembre
Le susdit comte François étant décédé
sans laisser d'enfant mâle, l'abbé Michel Bernardi [d'Allinges]
crut que le fied de Graine lui étoit dévolu tant par cette raison
que parce que Marguerite et Catherine, filles dudit comte, s'en étoient
mises en possession sans le consentement de l'Abbaye, ce qui étant supposé,
il se fit en cette année entre ledit Abbé et le Chapitre d'une
part et Louis, duc de Savoye [Savoie] de l'autre, un échange en vertu
duquel l'Abbé remettoit audit duc le château de Saint-Martin de
Graine avec toutes ses dépendences, ne se réservant sur icelui
que la fidélité et l'hommage de la part dudit duc à cause
dudit fief quand il en seroit en possession. Et par contre, le duc Louis cédoit
audit Abbé les droits de jurisdiction qu'il avoit :
1° Sur Bagnes quand il se trouvoit entre Bret et Montjoux [Grand Saint-Bernard] ;
2° Sur Vouvri [Vouvry] ;
3° Sur Ollon à cause du vidonnat, à condition qu'en remettant ce vidonnat à l'Abbé, lui, duc, fut désormais quitte de l'hommage et des 100 sous de service auxquels il lui étoit astraint à raison d'icelui, se réservant au surplus ledit duc les autres droits et usages accoutumés dans lesdites paroisses de Bagnes, Vouvri et Ollon.
1456, 15 octobre
Ledit échange fut confirmé solemnellement par le duc Louis le 15 octobre 1456 avec ordre à ses officiers du Chablais de le mettre exécution, ce qui se fit.
On a une copie légale de dite confirmation.
1457
Mais le juge du Chablais, ayant fait l'année suivante des infractions à ces convenues en empêchant sous de grièves peines les officiers de l'Abbé d'exercer sa jurisdiction rière lesdits lieux à teneur dudit échange, l'Abbé présenta à ce sujet une supplique au duc Louis qui ordonna à sa Chambre des comptes d'examiner les plaintes de l'Abbé et de lui rendre bonne justice sans léser ni ses droits, ni les siens propres. Ladite Chambre déclara, après avoir ouï le procureur du duc, que ledit duc se trouvoit lésé dans ledit traitté et qu'ainsi cet échange ne devoit pas avoir lui [= lieu] et que soit le duc, soit l'Abbé devoient rentrer dans leurs premiers droits.
1461
Il paroît cependant que ledit échange étoit encore en quelque sorte en vigueur en 1461, car le duc ayant passé alors par l'Entremont, et son châtelain ou lieutenant de Sambrancher [Sembrancher] s'étant transporté en Bagnes pour y exercer la jurisdiction au nom du duc et y ayant même imposé des peines et exigé le livre de cour, l'Abbé s'y opposa, s'en plaignit au duc, lui alléguant le susdit échange. Sur quoi ledit duc ordonna à ses officiers de faire cesser toutes ces violences.
On peut voir l'original dudit échange, la copie de sa confirmation et les actes postérieurs qu'on vient de citer en original cottés ici n° 12 [52/1/12].
N. B. Par tous les susdits documens, il conste que les ducs de Savoye [Savoie] reconoissoient encore dans ces tems-là tous les droits de l'Abbaye sur Bagnes, Vouvri [Vouvry] et sur le vidonat d'Ollon, savoir l'hommage et 100 sous de service dûs par eux aux Abbés pour icelui vidonat ; et de plus que lesdits ducs ne prétendoient aucun hommage ni droit d'arrière-fief de la part des Abbés sur le château de Saint-Martin de Graine, puisqu'au contraire par ledit échange, ils s'obligeoient eux-mêmes d'en prêter dans la suitte hommage et fidélité auxdits abbés.
On peut remarquer ici que (selon un imprimé en italien qui rapporte tous les procès que ceux de la famille de Challand [Challant] ont eu en divers tems touchant la comté dudit lieu et que l'on trouvera dans ce tiroir avec d'autres cayers d'écriture), la comté de Challand a passé en 1456 avec le château de Graine, etc. entre les mains de Jaques de Challand, ensuitte dans celles de son fils Louis, puis de son petit-fils Philibert, et ensuitte de son arrière-petit-fils René, qui renonça enfin à prêter reconoissance à l'Abbaye comme on va le voir.
<page 757>
1507
On voit par le traitté conclu en cette année entre le duc de Savoye [Savoie] et le Vallais [Valais] cotté article [6/1/1] Affaires avec LL.EE. de Vallais N°1 que l'Abbaye avoit alors des difficultés avec ledit duc touchant le château de Grane [Graine], dont la décision fut renvoyée à la fin de la trève prorogée alors pour 15 ans.
1552
René de Challant reçut en cette année l'investiture du château de Graine et dépendences et en prêta reconoissance à l'Abbé Miles [Jean Miles].
On n'a plus l'acte de ces investitures et reconoissances, mais il en conste par la suivante qui la rappelle.
5 documents cotés 52/1/12 - 1 à 5
52/1/13
Château de Graine
Original
1565, 29 septembre
Ledit comte René de Challand [Challant] n'ayant point de fils institua [comme] son héritière universelle sa fille Isabelle, femme de Frédéric Madruce [Madruzzo], comte d'Avia [Avy], laquelle, son père étant mort, reçut l'investiture en 1565 de l'abbé Miles [Jean Miles] pour le fief du château de Saint-Martin de Graine et lui prêta, par procureur légitimement établi, la même reconoissance que ses ancêtres et en particulier son père le comte René, confessante tenir de l'Abbaye ledit château avec omnimode jurisdiction, pouvoir du glaive, mère et mixte empire, aussi bien que les montagnes de Palesinaz [Palasina], Soremont et Fontesina [Fontessin] et terres de Wolon [Vollon] avec leurs dîmes, pâquiers communs, forêts, etc., argenteries, mines de toute espèce, etc., villages, dîmes, etc., bans, etc., et tous les autres droits régaliens par les mêmes confins déjà spécifiés et derechef ici couchés au long et ce sous le plait de 40 sous de Suze à changement de vassal et 20 sous de service annuel, promettant fidélité, etc. Fait à Saint-Maurice le 29 septembre 1565.
1556, 1558
On joint sous ce même n° 13 [52/1/13] la copie d'un privilège obtenu par le susdit comte René en 1556 du duc Emanuel Philibert, par lequel il est déclaré que ses filles même et leurs descendants peuvent succéder à tous les biens même feudaux dudit comte René ; plus une copie de l'investiture que ladite Isabelle, fille dudit René, a reçu en 1558 du duc Charles Emanuel pour la comté de Challand [Challant].
Voir aussi Charléty, Supplementum, p. 229
3 documents cotés 52/1/13 - 1 à 3
52/1/14
Château de Graine
Copie légale ancienne
1575
La même comtesse Isabelle prête elle-même en personne à Saint-Maurice une nouvelle reconnoissance en faveur de l'Abbé Duplâtre [Martin Duplâtre], laquelle rappelle la précédente de 1565, à laquelle celle-ci se rapporte.
1609
Selon un vieux sommaire des titres présenté au nonce à Turin, Emanuel René de Madruce [Madruzzo], comte de Challand [Challant], fils de dite Isabelle prête reconoissance à l'abbé de Grilly [Pierre Du Nant de Grilly] par procureur d'une manière toute conforme à celle de sa dite mère en 1565 et à celle de son ayeul maternel, René de Challand, que celle-ci rappelle aussi.
Ledit sommaire se trouvera aussi avec d'autres cayers dans ce tiroir.
1 document coté 52/1/14
52/1/15
Château de Graine
Original
1615
Le susdit Emmanuel René de Madruce [Madruzzo] étant mort, le cadinal Charles Madruce, évêque de Trente, oncle de Charles Emanuel Madruce, comte de Challand [Challant] et fils dudit René, députe à Saint-Maurice un procureur qui reçoit au nom dudit comte Charles Emannuel l'investiture du château de Graine, etc. du même Abbé de Grilly [Pierre Du Nant de Grilly] et lui en prête reconoissance come ci-devant.
N. B. Ledit cardinal Madruce agissoit en ceci come curateur établi de son dit neveu Charles Emanuel, comte de Challand, seigneur de Graine.
Voir aussi Charléty, Supplementum, p. 236
1 document coté 52/1/15
<page 758>
52/1/16
Château de Graine
Original
1634
En cette année, le prédit Charles Emanuel Madruce [Madruzzo], comte de Challand [Challant] et alors évêque de Trente, députa Pierre Antoine Vialley, châtelain d'Issogne, vers l'Abbé George Quartéry pour en recevoir l'investiture du même château et fief de Saint-Martin de Graine et en prêter à son nom une nouvelle reconnoissance, ce que fit ledit procureur de la manière accoutumée et avec les mêmes clauses des précédentes et surtout de celle de 1565. Il promit de plus, au nom dudit comte et évêque, un bel ornement d'église, par dévotion et en vue de la remise de toute échute.
Voir aussi Charléty, Supplementum, p. 243
1 document coté 52/1/16
52/1/17
Château de Graine
Original
1635
Nouvelle reconnoissance toute semblable prêtée derechef en cette année en faveur du même Abbé au nom du même évêque de Trente, comte de Challand [Challant] et cardinal, avec nouvelle promesse d'envoyer à ses frais un bel ornement d'autel complet.
N. B. Cet ornement de damas rouge consistant en une chappe, chasuble et 2 tunicelles avec devant d'autel fut envoyé en 1637, comme on le voit dans une lettre jointe ici, où l'on demende des reliques pour ledit évêque, comte de Challand.
2 documents cotés 52/1/17 - 1 et 2
52/1/18
Château de Graine
Original
1641
Vigile Vescovi, docteur en théologie et agent général du prédit Charles Emanuel, agissant en ceci comme son procureur spécialement député, reçoit de nouveau l'investiture du fief de Graine et en prête reconoissance en faveur de l'Abbé Pierre Odet et du Chapitre, mais dans une forme un peu différente et quasi moins favorable en ce qu'elle ne spécifie pas les noms des montagnes ou terres de Palaisinaz [Palasina], etc. et que les termes de droit de glaive, d'argenterie, mines et droits régaliens ne s'y trouvent pas comme dans les précédentes depuis 1565. Il n'y est pas même fait mention des dites reconnoissances précédentes.
Voir aussi Charléty, Supplementum, p. 251
1 document coté 52/1/18
52/1/19
Château de Graine
Original à double
1658
Le même évêque de Trente prête par procureur une autre reconoissance entièrement conforme à la dernière précédente en faveur de l'Abbé Jost Quartéry et de l'Abbaye, et cela en présence du Chapitre comme toutes les précédentes.
N. B. Il est dit dans ces deux derniers actes que le jurement d'homage et de fidélité doit se renouveller à chaque changement d'Abbé et de vassal.
Voir aussi Charléty, Supplementum, p. 258
2 documents cotés 52/1/19 - 1 et 2
52/1/20
Château de Graine
Copies authentiques
1659, 1660, etc.
Le prédit évêque, comte de Challand [Challant] étant mort à la fin de la même année 1658, ses fiefs de Challand furent réduits par le patrimonial du duc comme lui étants dévolus, puisque de toute la famille dudit évêque, il ne restoit que sa cousine germaine, Charlotte Madruce [Madruzzo], mariée au marquis Charles de Lenoncourt. Celle-ci contesta ces fiefs au patrimonial comme plus proche parente du deffunt comte de Challant. Antoine Caspar de Challand, baron de Fenis, se mit aussi sur les rangs, prétendant que ces fiefs, come masculins, devoient retourner en sa personne à l'anciene famille masculine des Challands. Enfin l'Abbaye, craignant que son arrière-fief de Graine ne lui échappa peu à peu comme enveloppé avec le reste de la succession, prétendit qu'il lui étoit dévolu et devoit être consolidé, et ainsi <page 759> résolut de s'en mettre en possession ; à quelle fin et pour soutenir ses droits, elle députa en val d'Aoste et à Turin M. le Grand vicaire Bérodi [Bérody], un de ses chanoines, pour y agir conjointement avec M. le docteur Rappet. Après diverses démarches de part et d'autre, le tribunal de la Chambre des comptes de Turin déclara par sa sentence du 23 septembre 1660 qu'il n'y avoit point lieu au dévolut des susdits fiefs, et que ladite marquise de Lenoncourt devoit en être mise en possession, etc. Bientôt après, savoir le 15 janvier 1661, ladite marquise fit en faveur de son fils aîné, Henri de Lenoncourt, une donation entre vifs de toute la succession dudit évêque, comte de Challand et, entre autres, de ladite comté et autres fiefs qu'il avoit possédé en val d'Aoste.
Voyés les copies authentiques de dite sentence et de cette donation cottées ici n° 20 [52/1/20] avec quelques consultes pour l'Abbaye et formulaires de procures pour prise de possessions de part l'Abbaye, dressées dans ce tems-là.
8 documents cotés 52/1/20 - 1 à 8
52/1/21
Château de Graine
Original
1661
Dans la même année, ledit Henri, marquis de Lenoncourt, comte de Challand [Challant] et de Madruce [Madruzzo] et seigneur de Saint-Martin de Grane [Graines], s'empressa d'envoyer à Saint-Maurice Etienne Bertholin, docteur ès droits, pour demender en son nom à l'Abbé Jost Quartéry l'investiture dudit château et lui en prêter reconoisssance, ce qui s'exécuta le 18 juillet même année.
Cette reconnoissance est remarquable et très favorable
:
1° En ce qu'elle rappelle la sentence camérale et la donation cottées au nombre précédent [52/1/20] ;
2° En ce qu'elle rappelle et allègue aussi toutes les reconnoissances précédentes, savoir de 1263, 1338, 1360, 1390, 1429, 1437, 1565, 1575, 1609, 1615, 1634, 1635, 1641, 1658 ;
3° Enfin, en ce qu'elle spécifie de nouveau tout ce qui avoit été omis dans les deux dernières précédentes, savoir le pouvoir du glaive, tous les droits appartenants à la régale, les mines, argenteries, confiscations des biens,etc. aussi bien que toutes les montagnes et terres, promettant de reconnoître, spécifier, etc. On joint ici l'acte de la procure donnée audit Bertholin.
Voir aussi Charléty, Supplementum, p. 264
2 documents cotés 52/1/21 - 1 et 2
52/1/22
Château de Graine
Original
1672
Ledit Henri de Lenoncourt étant mort, sa veuve Christine Charlote Sonantes, mère et tutrice de Charles Joseph Louis, marquis de Lenoncourt, comte de Challand [Challant], établit Jean François Fangiaz, notaire, pour demender au nom de son dit fils à l'Abbé Franc [Joseph Tobie Franc] l'investiture de Grane [Graine] et en prêter reconnoissance, ce qui ce fit à Verrès (de grâce spéciale de la part de l'Abbaye et sans conséquence pour ses droits) où le prieur Dorrey, spécialement député par l'Abbé Franc, reçut l'homage accoutumé dudit procureur Fangiaz pour le fief de Graine et lui en donna l'investiture, après que celui-ci lui en eut prêté reconoissance dans les mêmes termes quand au dispositif que la précédente qu'elle rappelle.
On joint ici l'acte de la procure dudit Fangiaz.
N. B. Ledit Fangiaz a dû remettre en cette occasion un ornement d'église pour l'Abbaye, comme il conste par une lettre de dite dame Christine Senantes du 20 septembre 1672 ici jointe.
Voir aussi Charléty, Supplementum, p. 271
3 documents cotés 52/1/22 - 1 à 3
<page 760>
Malgré le possessoire où étoient encore depuis 1661 les marquis de Lenoncourt du comté de Challand [Challant] et autres fiefs occupés ci-devant par les comtes de Madruce [Madruzzo], ils ne laissoient pas pendant ce tems-là d'être dans un procès presque continuel à Turin, soit contre le seigneur patrimonial du duc à qui il prétendoit en pétitoire qu'ils étoient dévolus, soit contre les seigneurs de la famille de Challant qui revendiquoient toujour lesdits fiefs comme leur appartenants. L'Abbé Franc [Joseph Tobie Franc] étant mort dans ces entrefaites, son successeur, l'abbé Odet [Pierre François Odet], rechercha le susdit Charles Joseph de Lenoncourt pour l'homage qu'il lui devoit, ce que celui-ci lui promit ; mais étant mort lui-même en 1693 sans laisser d'enfants mâles, le seigneur patrimonial réduisit de nouveau le comté de Challant et la baronie d'Aimaville [Ammeville], etc. au domaine du duc, et le procès se renouvella de plus fort entre ledit patrimonial, qui demendoit la confirmation de dite réduction, entre la marquise de Balestrine, sœur du deffunt, et ses enfans qui prétendoient succéder audit marquis de Lenoncourt, et entre les seigneurs barons de Challand qui persistoient à soutenir leurs anciens droits.