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Paris - Les personnes souffrant d'une grande fatigue physique ou de dépression ont vu leur état significativement s'améliorer après avoir pris leur retraite. Telle est la conclusion d'une grande étude sur plus de 14'000 personnes publiée mercredi par le British Medical Journal (BMJ).
L'étude, conduite par Marcel Goldberg et Marie Zins de l'Inserm (Institut national français de la santé et de la recherche médicale) avec des collègues suédois, finlandais, allemands et britanniques, montre également que le passage à la retraite ne modifie pas la proportion de personnes atteintes de maladies chroniques, essentiellement liées à l'âge.
En revanche, en suivant plus de 14'000 personnes avant et après la retraite, les chercheurs observent une forte diminution de la fatigue physique et mentale ainsi qu'une baisse des symptômes dépressifs dès les premières années qui suivent le départ à la retraite.
"L'amélioration de la santé est claire pour l'ensemble des participants, toutes catégories socioprofessionnelles confondues, et elle persiste longtemps après le départ en retraite", relèvent-ils. Les personnes suivies appartiennent à la cohorte française GAZEL mise en place en 1989 et composée à l'origine de plus de 20'000 agents du secteur de l'énergie (EDF-GDF) en activité.
Par ailleurs, selon l'étude, la diminution de la fatigue et des symptômes dépressifs dans les années suivant le départ en retraite est plus forte parmi les personnes souffrant de maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, pulmonaires ou diabète) que parmi celles qui sont indemnes de ces maladies chroniques.
Les spécialistes soulignent l'importance d'améliorer les conditions de travail dans un contexte où la durée de vie professionnelle s'allonge. Cependant "il est difficile de généraliser les résultats du fait de l'appartenance des personnes à la même entreprise. En effet, les retraités de la cohorte Gazel ont bénéficié d'une sécurité de l'emploi et d'un départ à 55 ans en moyenne", souligne le professeur Marcel Goldberg.
ATS