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Purcell (1689), Didon et Énée
L’histoire
Fuyant la destruction de Troie, Énée débarque à Carthage. Il rencontre Didon, reine de Carthage. Ils tombent éperdument amoureux. Mais la Magicienne, patronne des sorcières, œuvre à la destruction de Carthage et de Didon. Elle envoie un messager sous les traits de Mercure duper Énée et lui ordonner de partir fonder une nouvelle Troie en terre latine. Énée obéit, et Didon met fin à ses jours.
Le compositeur et son ouvrage
Digne héritier de Shakespeare, Purcell illustre dans cet opéra anglais, le plus important du 17e siècle, un certain penchant britannique pour la mise en scène du triomphe du mal. Mais Purcell incarne aussi la continuité du lyrisme de Monteverdi et de l’opéra italien. Sa musique émeut de la même façon.
Enfin, Purcell, génie dont la vie fut aussi brève que celle de Mozart, crée un opéra précurseur du féminisme, une discontinuité, presque exclusivement dédiée à des voix de femmes. L’homme pour une fois, Énée le premier, n’est qu’une variable secondaire, un élément décoratif. Splendid.
L’atelier
Parmi les différentes activités (passages clés, formes, plan de l’ensemble), l’atelier présente les airs principaux, les “effets” musicaux comme l’écho dans la grotte des sorcières, les jeux de combinaisons de voix féminines ou encore les façons dont l’opposition entre le bien et le mal, entre la joie et le désespoir, est rendue.
La version écoutée
Purcell, Dido & Aeneas (Harmonia Mundi, 1986)
Guillemette Laurent,…, Les Arts Florissants, dir. William Christie