Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07209.jsonl.gz/1150

Travaux en mathématiquesSa thèse porte sur l’amélioration des tubes à vide. Ce travail traite principalement des trajets des particules chargées et demande la résolution d’équations différentielles non linéaires qui ne peuvent se résoudre que par approximations, exigeant de longs et fastidieux calculs.
C’est alors qu’il songe à mécaniser ces calculs, en améliorant les machines d'Hollerith, en particulier en leur permettant d’effectuer les 4 opérations arithmétiques et des fonctions mathématiques telles que logarithmes ou fonctions trigonométriques, et en enchaînant les opérations sans intervention humaine. Aiken s’aperçoit rapidement que son projet est tout à fait similaire à celui de Babbage 100 ans auparavant.
La construction de l’ASCC démarre en 1939 chez IBM à Endicott sous la direction de Clair D. Lake assisté de Frank Hamilton et Benjamin Durfee, Aiken supervisant le tout. Les travaux coûteront fort cher et seront retardés par la guerre. Ils ne se termineront que fin 1943 et la machine, donnée par IBM à Harvard y sera transportée. Elle faisait 3 additions ou soustractions par seconde, une multiplication en 6 secondes et une fonction complexe (logarithme, sinus…) en une minute ou plus. Si elle était très lente, elle était aussi très fiable et travailla sans aucune erreur 24 heures par jour 7 jours par semaine durant 15 ans (remarquons au passage que n’importe quel ordinteur d’aujourd’hui prendrait quelques secondes pour faire toutes les opérations qu’a faites l’ASCC durant ses 15 ans de vie active). Le programme était entré sur bande perforée, les données sur carte perforée et les sorties se faisaient sur télétype. Grace Murray Hopper, envoyée par la marine travailler sur l’ASCC participera activement à sa programmation.
Sur le plan matériel, comme toutes les machines comparables de l’époque, l’ASCC était imposante : 15 mètres de long, 5 tonnes, 750 000 composants, 2200 roues de registres, 3300 relais, 800 kilomètres de câblage. La machine est synchronisée par un arbre sur toute sa longueur, comme les anciens ateliers de menuiserie ou de mécanique. Un moteur de 5 cv le fait tourner.
La machine va s’appeler Harvard Mark 1, nom sous lequel elle est plus connue aujourd’hui.
Aiken va également s’impliquer dans l’enseignement à partir de 1947 et crée en particulier le laboratoire d’informatique de Harvard, le premier au monde. Il prend sa retraite d’Harvard en 1961 mais continue à enseigner à Miami. Il aura aussi publié des ouvrages sur l’électronique et sur la théorie de la commutation.
Il reçoit en 1964 de la Computer Society la Harry M. Goode Memorial Award (une médaille et 2000$) pour « sa contribution originale au calcul automatique, qui a conduit au premier grand calculateur digital universel ». Il recevra également des distinctions venant du monde entier, États-Unis, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et France.