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<h2>SubmittedText<h2><p>La grossophobie, un terme relativement nouveau, désigne la stigmatisation et la discrimination dont sont victimes les personnes obèses.</p><p>L'obésité et le surpoids ont un impact sur le développement de maladies comme le diabète et les maladies cardiovasculaires. Mais elle provoque aussi de la phobie sociale, des troubles anxieux ou de la dépression, voire des suicides. Elle peut donc conduire à l'isolement ou la déscolarisation chez les jeunes qui sont particulièrement concernés par cette forme de stigmatisation.</p><p>Cette discrimination provient du fait que l'on considère encore l'obésité comme étant le fait de personnes qui se laissent aller. Or, l'OMS reconnaît l'obésité comme une maladie depuis 1997. Nous ne sommes pas tous égaux face à cette maladie qui dépend de facteurs génétiques et environnementaux (sédentarité, alimentation, manque de sommeil, etc.)</p><p>La Suisse n'est pas épargnée par ce phénomène car on compte 42 % de personnes en surpoids ou obèse. </p><p>La société nous conditionne pour valoriser des corps minces et sveltes tandis que les corps trop enveloppés sont mal considérés. Des études montrent que même les professionnels de la santé ont un regard critique sur ces personnes et passent moins de temps avec elles alors qu'elles auraient au contraire besoin d'attention et d'une prise en charge pluridisciplinaire.</p><p>Cette situation est particulièrement injuste pour les personnes concernées car en Suisse, on se contente de recommandations pour vivre plus sainement mais cette politique repose uniquement sur la responsabilité individuelle. </p><p>Je prie donc le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :</p><p>1. Compte tenu des conséquences du phénomène pour les personnes concernées, ne serait-il pas opportun de le reconnaître comme un problème de santé publique et de lancer une campagne nationale de sensibilisation ?</p><p>2. La formation des professionnel.le.s de la santé ne devrait-elle pas être adaptée en conséquence ?</p><p>3. Ne faut-il pas aussi sensibiliser les marques de vêtements à montrer tout type de corps plutôt que de ne vanter que des modèles montrant des corps minces et sans défaut ?</p><p>1 Source : article paru dans " Le Courrier " du 29 juillet 2022</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>1. et 3. Le Conseil fédéral est conscient que les personnes atteintes d'obésité sont fréquemment stigmatisées et rendues responsables de leur maladie. Comme formulé dans sa réponse à la question Porchet 22.7488 " Grossophobie : quelles mesures concrètes ? ", différents efforts sont entrepris tant sur le plan national que cantonal pour lutter contre la stigmatisation de personnes atteintes d'obésité.</p><p>En 2021, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a conclu un contrat de prestation avec l'Alliance Obésité Suisse (ALLOB) pour une durée de quatre ans. Cette organisation vise à sensibiliser la population et les professionnels de la santé à l'obésité et à ses causes tout en renforçant et en optimisant les offres thérapeutiques. Une priorité est également accordée à la lutte contre la stigmatisation et la discrimination des personnes concernées.</p><p>La fondation Promotion Santé Suisse s'engage pour promouvoir la santé psychique, une alimentation saine et une activité physique suffisante, entre autres dans le cadre de programmes d'actions cantonaux. De plus, la fondation s'investit pour véhiculer une image corporelle positive, aussi nommée " healthy body image ", englobant une attitude et des comportements positifs en lien avec son propre corps. Des projets sont présentés sur le site Internet <a href="http://www.healthybodyimage.ch">www.healthybodyimage.ch</a>. En outre, la fondation est en contact avec des représentants du secteur privé (entre autres des secteurs de la mode, de la publicité, des médias, du fitness) afin de les sensibiliser au thème de l'image corporelle positive. Le Conseil fédéral et l'ALLOB partagent l'avis que le marché pour les grandes tailles est déjà très bien établi.</p><p>Le Conseil fédéral estime par conséquent qu'une campagne nationale de sensibilisation supplémentaire n'est pas nécessaire pour le moment..</p><p>2. Les éléments permettant aux professionnels de la santé d'apprendre, dans le cadre de leur formation initiale et/ou continue, à communiquer de manière appropriée avec les patients, à respecter les principes éthiques dans leurs relations avec eux et à leur offrir des conseils individuels basés sur des méthodes scientifiques (cf. art. 4 LPMéd, art. 4 LPSan, art. 5, LPsy) se trouvent dans la loi sur les professions médicales (LPMéd, RS 811.11), la loi sur les professions de la santé (LPSan ; RS 811.21) et la loi sur les professions de la psychologie (LPsy ; RS 935.81).</p><p>Les personnes exerçant sous leur propre responsabilité une des professions régies par les lois mentionnées doivent en outre respecter certaines obligations professionnelles, notamment l'exercice de l'activité avec soin et conscience professionnelle et la garantie des droits et intérêts du patient. En cas de violation des devoirs professionnels, les autorités cantonales ont la possibilité de prononcer des mesures disciplinaires pouvant aller d'un avertissement à une interdiction définitive de pratiquer (art. 43, al. 1 LPMéd, art. 19, al. 1 LPSan, art. 30, al. 1 LPsy).</p><p>Selon le Conseil fédéral, l'actuel cadre légal constitue une base suffisante pour garantir une prise en compte adéquate des besoins des patients atteints d'obésité par les professionnels de la santé. Il appartient aux établissements compétents (établissements de formation et de formation continue, associations professionnelles) et aux services cantonaux de définir une réglementation plus spécifique. Actuellement, l'ALLOB examine la mise en place d'un programme de traitement multidisciplinaire pour des adultes atteints d'obésité, incluant les formations continues correspondantes pour les professionnels de la santé.</p>  Réponse du Conseil fédéral.