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L'émission Clés du regard de février 1976 profite de l'inauguration de la Collection de l'Art Brut à Lausanne pour nous dévoiler les oeuvres de ces marginaux qui créent à l'écart de toute influence académique.
"L'art brut n'a rien de pathologique", estime Jean Dubuffet, artiste et écrivain français à l'origine du concept.
Cependant si tous les artistes estampillés "art brut" ne sont pas "fous", beaucoup ont développé leur art en milieu psychiatrique. Ainsi, la Vaudoise Aloïse Corbaz, que l'on voit peindre et dessiner, est devenue une figure emblématique de cet art qui flirte avec la folie.
Jean Dubuffet est né au Havre le 31 juillet 1901. Peintre, sculpteur, écrivain, il poursuivit une activité de négociant en vin tout en s'intéressant à l'expression artistique. A partir de 1942, il se consacra entièrement à la peinture, produisant une oeuvre très abondante qu'il s'est efforcé de situer en marge de la culture traditionnelle.
Il a ainsi exalté les productions d'individus, principalement des asociaux, «indemnes de la culture artistique», étrangers «au professionnalisme de l'art». A partir de 1945 il réunit ces ouvrages d'art brut, réalisés notamment par des malades mentaux, dont il apprécie les qualités d'ingénuité, de spontanéité et d'invention.
A partir de 1962, Jean Dubuffet aborda le cycle de «L'Hourloupe», formes proliférantes à l'apparence de puzzle coloré de bleu et de rouge vif, qu'il développa également en sculpture.
Jean Dubuffet s'est voulu un créateur de formes, mais aussi un révélateur: «mon art, a-t-il écrit, est une entreprise de réhabilitation des valeurs décriées; c'est en posture de célébration que se tiennent mes travaux.»
Il meurt à Paris le 12 mai 1985.
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Journaliste: Guy de Belleval Réalisateur: Jaroslav Vizner