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Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, a déclaré lundi lors d'une visite à Tripoli qu'il allait proposer la création de centres de migrants aux frontières méridionales de la Libye. Il fera cette proposition lors du sommet de l'UE jeudi à Bruxelles.
Matteo Salvini, qui a été reçu par le ministre de l'Intérieur, Abdoulsalam Achour, et par le vice-Premier ministre Ahmed Maïtik, n'a pas précisé dans quels pays pourraient être installés ces centres.
"Les centres d'accueil et d'identification doivent être installés (dans ou au) sud de la Libye", a-t-il dit devant des journalistes. De retour en Italie, Matteo Salvini a précisé sa pensée, évoquant le Niger, le Mali, le Tchad et le Soudan.
L'ouest de la Libye est actuellement le principal point de départ pour des milliers de migrants fuyant la misère et les conflits et cherchant à se rendre en Europe. L'Italie a accueilli 650'000 migrants arrivés par la mer depuis 2014.
"Excellent travail"
Matteo Salvini a remercié les gardes-côtes libyens pour leur "excellent travail" dans les missions de sauvetage et d'interception de migrants, ajoutant que les deux pays étaient en "parfait accord" sur les questions migratoires.
"Nous allons tout faire pour nous assurer que ce sont bien les autorités libyennes qui patrouillent dans les eaux libyennes, empêchant ainsi les ingérences des associations (ONG) qui veulent prendre la place des gouvernements et, ce faisant, aident les criminels et les passeurs", a-t-il déclaré.
"Les problèmes en Libye doivent être résolus en Libye et non dans les capitales européennes." Selon lui, la création de ces centres va apaiser les tensions entre l'Italie et la Libye.
Si le vice-Premier ministre libyen entend lutter contre l'immigration, il rejette fermement la création de camps de migrants dans le pays. "Ce n'est pas autorisé dans la législation et la réglementation libyenne", a déclaré Ahmed Maïtik.
Les gardes-côtes libyens ont recueilli 948 Africains et ont repêché dix corps dimanche lors de plusieurs opérations de secours.
Italie fermée
Ce mois-ci, Matteo Salvini a déclaré que plus aucun navire d'ONG humanitaire ne pourrait accoster en Italie pour y débarquer des migrants recueillis en mer. Ainsi, le navire Aquarius a été laissé en mer pendant plusieurs jours avec plus de 600 migrants à son bord, avant que l'Espagne n'accepte de les accueillir.
Après la crise déclenchée par l'Aquarius, les chefs d'Etat et de gouvernement de 16 pays européens se sont réunis dimanche à Bruxelles, sans trouver d'accord, pour désamorcer la crise migratoire avant le Conseil européen des 28 et 29 juin. (Ahmed Elumami, Arthur Connan pour le service français)
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