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Depuis 1965, Sturtevant se saisit d’œuvres connues, qui ont acquis un statut historique ou qui ont été fortement médiatisées, pour les reproduire. Précédant de quinze ans les appropriationnistes, ses interventions aspirent à un statut théorique où il est question des répercussions que la répétition a sur la représentation. Prise globalement, son activité relève donc plutôt d’une forme de « sampling » visuel, d’un travail de reprise qui a pour ambition d’éclaircir le statut et le fonctionnement de l’image. Au MAMCO, Sturtevant reprit la mise en espace que Duchamp avait conçue pour la Première Exposition internationale du Surréalisme à Paris, en 1938, soit des sacs de charbon suspendus au plafond au-dessus d’un brasero. Complété de trois autres répliques de Duchamp (comme lors de la manifestation de 1938), ce périlleux dispositif d’exposition reflétait spectaculairement les rites dont s’entoure aujourd’hui la muséographie.