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Un document de l'époque indique qu'en date du 25 novembre 1613 :
"Il a esté accordé aux paroissiens de Coffrasne et Geneveys sur Coffrasne 200 livres foibles pour leur aider à rebâtir le temple dud. lieu qui s'en va tomber en ruyne".
Aucun document, à notre connaissance, ne mentionnant de construction ou de restauration intermédiaire entre la première mention de la chappelle en 1092 et cette date, il y a tout lieu de penser que c'est bien ce premier édifice de la fin du premier millénaire qui menaçait de tomber en ruines. On peut donc déduire avec beaucoup de vraisemblance que le premier lieu de culte de Coffrane se trouvait déjà à l'emplacement du temple actuel.
Les paroissiens de 1613 ne se contentèrent pas seulement d'un lieu de culte rafraîchi. Ils voulaient aussi changer de pasteur ! Le ministre de Corcelles-Coffrane ne leur convenant guère. Ils adressèrent leurs doléances à la Vénérable Classe en faisant savoir que les prêches du pasteur Olivier ROSSELET ne leur convenaient pas quant à la doctrine. De plus le ministre était accusé s'avoir rompu les habitudes de la paroisse : Depuis trois mois, Rosselet ne donnait plus la prédication de lundi. Et s'il venait tout de même... c'était en retard ! Quant au dimanche,
"le plus souvent il vient quant les autres circonvoisins sortent".
On lui reproche aussi de ne pas avoir visité plusieurs malades qui
"l'ont demandé pour les consoller".
Ces doléances ont été entendues et la pasteur Rosselet fut destitué en 1631.
Un peu plus de 40 ans ont passé. C'est au tour de Corcelles de se plaindre de son pasteur. Pierre PRUDENT s'est permis de critiquer, dans ses prêches certaines personnes du village de Corcelles. Ces intrigues dirigées contre PRUDENT ne furent pas du goût de Coffrane qui, de son côté, appréciait beaucoup ce ministre. Une fois de plus la paroisse adressa une requête à la Vénérable Classe pour qu'on lui laisse son "fidelle, loyal et bien aimé pasteur".
Outre ces minces indices sur la vie paroissiale qui nous restent, le XVIIème siècle fut essentiellement marqué, dans les villages de la Paroisse, par un procès interminable qui opposa Coffrane aux Geneveys sur l'attribution de la forêt des Splayes. Ce conflit n'est pas directement ecclésial (quoiqu'à l'époque il n'y avait pas encore cette nette distinction entre vie politique et vie paroissiale). Cette querelle mérite toutefois d'être mentionnée dans la mesure où elle se répercutera longtemps dans les relations de Coffrane et des Geneveys et par extension dans les relations plus spécifiquement ecclésiales.
Le XVIIIème siècle est marqué par un enrichissement de la communauté se traduisant par l'aquisition de territoires ainsi que par une délimitation plus précises de la commune qui, rappelons-le englobait les trois villages actuels de la paroisse. Cette délimitation géographique se traduit aussi sociologiquement :
"(...) il ne sera plus besoin ni nécessaire de ne plus recevoir ni incorporer aucune personne de notre village".
Enrichissement, délimitation... On ne s'étonnera guère, dans ce climat particulier de voir naître un singulier conflit, du clochemerle avant l'heure :
"Qui des fonctionnaires de Coffrane ou des Geneveys aura le pas sur l'autre dans les assemblées, repas, cérémonies, service de Cène, enterrements".
L'affaire dura longtemps. Arguments, contr'arguments, recherche dans les documents historiques. L'affaire prit une ampleur telle que c'est le Conseil d'Etat lui-même qui dut trancher en ces termes :
"(...) Quant au service que les gouverneurs rendent à la Table Sainte lorsqu'on communie, quoy qu'il ne soit guère édifiant que dans une occasion aussi sainte les parties s'attachent à cette vaine distinction, cependant il est ordonné que les gouverneurs qui servent et fournissent le pain et le vin pendant leur semestre marcheront les premiers, laissant toutes fois à ceux de Coffrane le choix et l'option du semestre (...)".
Dans le même esprit, une querelle non-moins amusante intervient en 1773 au sujet de la "seringue", la pompe à feu. Les communiers des Geneveys déploraient le fait que la "seringue" au service des trois villages soit stationnée à Coffrane. Pour pallier à cette injustice, les Geneveys proposent :
"que ladite pièce soit déposée une année à Coffrane et une année aux Geneveis alternativement."
Coffrane ne l'entend pas ainsi et plaide pour le statu quo en alléguant que la "seringue" restera à Coffrane... puisque c'est là que l'église est édifiée et que les cloches sont posées ! Pourtant à cette époque, l'église devait être particulièrement défraîchie. En date du 30 juillet 1775, le pasteur BERGERON demande à la communauté de Corcelles
"de permetre à l'église de Coffrane, Geneveys et Montmollin de venir fair le service dans le temple de Corcelles jusqu'à ce que le temple de Coffrane fût bâti".
Dans le chapitre précédent, nous avions mentionné un document de 1613 indiquant qu'un montant de 200 livres faibles avait été alloué à la paroisse pour lui permettre de rabâtir le temple qui menaçait de tomber en ruine. Ainsi 12 ans après cette rénovation, les maçons durent se remmettre à l'oeuvre. Nous empiétons sur le XIXème siècle pour signaler que 48 ans après cette réfection, en 1823, nous pouvons lire ceci :
"Je fis monter dans la charpente de la flèche les deux ouvriers qui m'avaient accompagnés ; ils en descendirent en m'assurant qu'ils ne seraient point étonnés que par un coup de vent cette charpente ne vont à s'écrouler. Ils m'annoncèrent même qu'il serait bon de ne pas sonner les cloches jusqu'à ce que la flèche fut réparée."
Une année après un autre texte signale :
"Au commencement de décembre 1824, les enfants qui vont à l'école de Coffrane s'amusant sur le cimetière, l'un d'eux fit tomber une pierre, puis les autres enfants se servant de pierres et pieux finissemnt par faire à la tour deux ouvertures fort grandes (...)."
Dernière midification le 22.03.2000 17:08 par G.Vuille