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La prochaine Constitution genevoise instituera-t-elle la parité obligatoire? C’est en tous les cas ce que certains et certaines souhaitent. Pourtant c’est une fausse bonne idée, qui fait prendre à la démocratie et au concept même de l’égalité une bien curieuse couleur.
En commentaire sur le blog de Femmes pour la parité (ce qui est déjà dans l'intitulé une discrimination et l'exclusion du genre masculin) Blondesen suggérait de mettre en place des quotas pour toutes les catégories et tous les groupes d’intérêts: jeunes, handicapés, etc. Il lui fut répondu qu’il y avait déjà des femmes dans ces groupes. Oui, si c'est juste par catégorie en effet il y a déjà des femmes et des hommes chez les handicapés, les jeunes, etc.
Mais la question n'est pas là. La question est plutôt: quelle est la proportion de ces groupes en politique par rapport à leur proportion de citoyens dans la cité? Quel est par exemple le pourcentage de personnes de plus de 60 ans dans la société, et quelle est leur pourcentage au Grand Conseil? Le pourcentage de personnes handicapées dans la société et le pourcentage au Grand-Conseil ou dans les communes?
Car si par la parité on veut établir une proportion égales d'hommes et de femmes en tant que groupes distincts, la qualité même qui en fait des groupes distincts n'a rien d'unique ni d’exceptionnel. Etre d'un genre ou d'un autre, il semblerait que ce ne soit qu'une construction sociale. Alors quelle importance de les différencier? N’est-ce pas prolonger cette distinction de genres que le féminisme s’emploie justement à combattre?
Les personnes handicapées sont aussi un groupe distinct par des contingences évidentes. De même pour tous les groupes. Ouvrons la brèche à une république corporatiste, où il n'y aura plus aucune vision universelle. Imposons X % de banquiers, X % de médecins, X % de garagistes, X % de... etc, etc...
Si une loi de genre passe dans la Constitution, qui par principe ne devrait pas différencier les citoyens en genres au nom même de l'égalité et de la non discrimination, il faut aussi l'établir par une loi dans toutes les professions: instituteurs-institutrices: 50-50; infirmières-infirmiers: 50-50. Et j’en passe.
Si l'on veut une société morcelée en corporations aux egoïsmes exacerbés, une Constitution qui pratique la discrimination qualitative (de genre) entre des groupes et qui perd donc sa nature démocratique, une cité où tout est sous contrôle des lois, continuons ainsi. 1984 suivra. Et les femmes n’auront même plus la possibilité d’être un jour majoritaires au parlement, comme elles le sont dans certaines professions.
Qu’il y ait autant de femmes en politique qu’elles le souhaitent et que les électeurs et électrices en élisent, très bien. Qu’il y ait un jour plus de femmes que d’hommes, no soucy. Car les femmes comme les hommes politiques veilleront, toutes et tous j’en suis sûr, au bien commun et non pas seulement à un genre au détriment de l’autre. Mais respectons la démocratie et la liberté de choix qui en est un des fondements.
La parité: une vraie mauvaise idée.