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La Pointe à la Bise
En ajoutant les migrateurs et les oiseaux de passage, le nombre d'espèces observées peut doubler.
La Pointe à la Bise en histoire
1888
Construction du barrage de la Coulouvrenière qui régularise le niveau du lac, ce qui permet l'exploitation du gravier et du sable et transforme progressivement le site en prairies à laîches (litière pour le bétail).
1917
1ère action de protection du site, une convention est signée entre la commune de Collonge-Bellerive et le Conseil d'Etat.
1932
L'Association pour la création et l'entretien de réserves naturelles (aujourd'hui Pro Natura Genève) pose la première clôture délimitant la réserve naturelle de la Pointe à la Bise.
1933
Un arrêté du Conseil d'Etat classe le site, assurant ainsi la protection du lieu-dit "Pointe-à-la-Bise".
1954
Création du camping de la Pointe à la Bise, destruction de la plage et remblayage du marais historique.
1971
Construction du hangar du Club d'Aviron de Vésenaz et agrandissement de la réserve naturelle.
1973
Création d'un premier étang (partie sud de l'étang principal actuel).
1992
Aménagement de l'étang actuel (550m2)
1998
D'importants travaux de revitalisation sont réalisés (déplacement de la plage publique, agrandissement de la roselière, ouverture des étangs, canaux de lagune, etc.). Le site acquiert alors la valeur qu'on lui connaît aujourd'hui, véritable berceau de biodiversité et outil privilégié pour la sensibilisation du public.
1999
Ouverture au public du Centre Nature de la Pointe à la Bise
2009
Installation du radeau à sternes.
2014
Inauguration d'un nouvel étang pédagogique.
2019
Pour les 20 ans du Centre, nouvelle renaturation du site et rénovation complète du bâtiment.
Les caractéristiques de la réserve
La réserve naturelle se trouve sur la commune de Collonge-Bellerive et est propriété de la commune. Pro Natura Genève en assume la gestion.
La surface de ce milieu est de 8,8ha dont 2,7ha sur terre et le reste sur le lac. La partie lacustre est interdite à la navigation et limitée par des bouées flottantes jaunes.
La réserve abrite la dernière roselière lacustre de valeur du canton de Genève et représente un des rares rivages naturels dans le Petit-Lac.
Depuis 1998, la réserve est ouverte à des horaires fixes au public qui accède à un sentier didactique et à une tour d'observation.
La réserve de la Pointe à la Bise est classée comme "Site de reproduction de batraciens d'importance national" selon l'ordonnance fédérale sur les batraciens.
Elle est également située dans une zone de réserve d'oiseaux d'eau et de migrateurs d'importance nationale et répertoriée depuis 2001 dans l'OROEM (Ordonnance sur les réserves d'oiseaux d'eau et de migrateurs).
La flore de la réserve
Les caractéristiques botaniques de la réserve ont été étudiées en fonction des milieux biologiques présents. Les principales valeurs à retenir sont les suivantes :
Eau avec végétation flottante libre
Ces milieux à fort taux de recouvrement (lentilles d'eau en surface et utriculaires sur le fond) sont importants comme source de biodiversité, refuge et lieu de reproduction pour la faune aquatique.
Roselière lacustre
Comme type de végétation, la roselière est naturellement peu diversifiée car le roseau est une espèce très compétitive qui forme des herbiers presque monospécifiques. Pour la faune, l'importance de la roselière est primordial (nidification et abri pour les oiseaux, frai nourrissage et grossissement des poissons, zone de chasse pour les couleuvres, abri des odonates, etc.).
Végétation à grands Carex
Ce groupement botanique représente une transition naturelle entre la roselière et la forêt. L'intérêt principal de ce milieu est représenté par la présence de Carex des rives (Carex riparia).
Chênaie à charme
Ce groupe écologique, outre son intérêt paysager, assure un isolement aux milieux plus humides. De plus il recèle 2 orchidées rares : Epipactis à fleurs pendantes (Epipactis phyllanthes) et Epipactis du Rhône (Epipactis rhodanensis).
La faune de la réserve
Il est difficile de tirer un bilan faunistique global et unique pour la roselière, tant le milieu est complexe et les groupes qu'on y trouve variés. Les caractéristiques faunistiques doivent donc se traduire par groupes, afin de mieux cerner la valeur de ce site.
Les oiseaux
164 espèces différentes ont été observées dans les différents milieux de la réserve depuis 1998.
Pour la reproduction de certaines espèces, le site représente un intérêt particulier voir très important au niveau cantonal, surtout pour le Grèbe huppé (Podiceps cristatus) ou le Blongios nain (Ixobrychus minutus).
Lors des périodes de migration, la réserve joue un rôle primordial pour les limicoles, dont 21 espèces se sont arrêtées sur le site.
Enfin, le site est un lieu primordial de repos hivernal pour beaucoup de canards, comme le Fuligule morillon (Aythya fuligula).
Les amphibiens
5 espèces ont été observées sur le site, avec des populations de tailles très satisfaisantes. Les nouveaux étangs et les milieux actuellement entretenus sont les principaux intérêts batrachologiques du site. Les espèces les plus intéressantes observées sont : Crapaud commun (Bufo bufo), Triton alpestre (Triturus alpestris), Triton crêté (Triturus cristatus).
Les odonates
La réserve possède 18 espèces de libellules. La réserve possède un potentiel intéressant au niveau cantonal, mais reste cependant assez isolée des autres réservoirs éventuels.
Les espèces les plus intéressantes sont : Sympétrum à nervures rouges (Sympetrum fonscolombii), Aeschne printanière (Brachytron pratense), Grande aeschne (Aeshna grandis).
Les araignées
57 espèces ont été déterminées lors des études au sein de la réserve naturelle. Ces espèces sont principalement ubiquistes, montrant un potentiel limité de la réserve et un milieu très homogène. L'isolement du site empêchera des échanges avec d'autres zones humides pour ce groupe.
Les poissons
La réserve possède 8 espèces différentes de poissons lacustres. Certaines utilisent la lagune pour se reproduire et le site est considéré comme important pour le canton. Les espèces les plus intéressantes à mentionner sont le brochet (Esox lucius) et la tanche (Tinca tinca).
Les mesures de gestion
Les mesures de gestion envisagées dans la réserve ont pour objectif de favoriser les différentes espèces cibles, ainsi que répondre aux différentes vocations sélectionnées.
Les mesures de gestions se divisent en mesures ponctuelles, mesures qui ne seront réalisées qu'une fois durant les prochaines années, et les mesures de routine, qui elles sont effectuées régulièrement, seul moyen de maintenir le biotope dans son état actuel.
Les principaux choix de gestion peuvent être résumés ainsi :
- Entretien des étangs pour le maintien de leur biodiversité.
- Maintenir, voir augmenter les surfaces de roselière.
- Entretien de la lagune et de ses qualités écologiques.
- Maintien d'une faible couverture forestière.
- Maintien de la valeur paysagère du site.