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Bienne - Le conseiller national Ricardo Lumengo comparaît devant la juge du Tribunal d'arrondissement de Bienne pour fraude électorale. Il a reconnu avoir rempli de sa main plusieurs bulletins de vote à son nom. Le socialiste assure avoir fait cela à titre d'exemple pour aider des électeurs qui éprouvaient des difficultés pour voter.
"Je crois que oui", a répondu le prévenu à la juge unique du tribunal qui lui demandait s'il avait rempli des bulletins à son nom. "J'ai rempli des bulletins de vote que j'ai remis à titre d'exemple", a expliqué Ricardo Lumengo qui précise ne s'être pas occupé de l'envoi des bulletins par correspondance.
Selon l'instruction, le prévenu aurait rempli 44 bulletins de vote lors de l'élection au Grand Conseil bernois en 2006. L'élu, qui conteste avoir commis une fraude électorale, explique avoir été approché par des proches empruntés pour exercer leur droit de vote. Le parlementaire dit avoir expliqué aux électeurs qu'ils pouvaient voter pour d'autres personnes.
Le conseiller national conteste avoir voulu influencer la volonté des électeurs. Le verdict dans ce procès très médiatisé qui se déroule dans une salle bondée du Tribunal d'arrondissement de Bienne est attendu en fin d'après-midi.
Il reconnaît avoir commis une "erreur" en voulant aider des proches et des nouveaux électeurs qui rencontraient des difficultés sur la façon de remplir leur bulletin de vote. L'élu, qui comparaît libre, affirme n'avoir en aucun cas voulu influencer la volonté de ces électeurs.
Démission envisagéeReste que ce procès médiatique met le Parti socialiste bernois dans l'embarras. Son comité directeur affirme qu'il exigera la démission de Ricardo Lumengo en cas de condamnation en première instance. Le Biennois a affirmé à la fin de l'instruction envisager un retrait en concertation avec son parti s'il était reconnu coupable.
Né en 1962 en Angola et arrivé en Suisse en 1982 comme demandeur d'asile, le socialiste avait été élu au Grand Conseil bernois en 2006. Il l'avait quitté une année plus tard lors de son accession au Conseil national. Une procédure concernant l'élection fédérale avait également été ouverte mais s'était soldée par un non-lieu.
ATS