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A l'occasion des élections de 2019 du Conseil national & du Conseil des Etats, plusieurs candidats élus ont décidés après avoir obtenu des suffrages nécessaires de refuser leur mandat électif. Pour ne pas les citer, il s'agit de Jocelyne Haller (Ensemble à Gauche), Jean Burgemeister (Ensemble à Gauche), et plus récemment de Pierre Eckert (Vert).
On peut aisément comprendre que, par principe, un candidat puisse exceptionnellement refuser le mandat attribué pour lequel il a fait campagne. Toutefois, il semble que la tactique devienne la norme chez certains partis de Gauche, coutumier du fait déjà en 2008. Bien que légal, le refus du mandat n'en reste pas moins contestable du point de vue démocratique, car il en résulte que des candidats inconnus, illégitimes, pour lesquels les électeurs n'ont pas votés, se retrouvent propulsés à des postes de pouvoirs pourtant destinés à d'autres.
Il est dans l'ère du temps de parler de faute morale en politique. Mon opinion est que le comportement de ces politiciens revêt de cela, tant il est absolument déloyal vis-à-vis du processus électoral ainsi que de leurs propres électeurs.
En effet, un électeur n'est pas mû par les infinis détails et imprécisions d'un programme futur hypothétique de parti, mais bien plus par des figures de proues au bénéfice de toute la visibilité médiatique. Au moment de remplir sa feuille, l'électeur se souviendra d'un nom déjà prononcé, d'un visage sur une affiche, éventuellement des idées que le candidat incarne, il pèsera le pour et le contre, et l'inscrira sur sa feuille en quelques coups de stylos satisfaits par le devoir accompli.
Par conséquent, et a fortiori dans le cadre de ces dernières élections, le vote porte bien plus sur les qualités prêtées à un individu désigné plutôt que celles des autres membres de son parti. En briguant des postes qu'ils ne souhaitent pas, les candidats-élus effectuent un froid calcul politique au détriment de leurs propres électeurs. Ils monopolisent l'espace public et empêchent à terme certaines figures moins proéminentes de ressortir.
De manière générale, il faut regretter le nombre croissant de candidats jeunes ou vieux qui se présentent à une élection sans vouloir véritablement obtenir le mandat à la clé. En particuliers, lorsque le candidat ne vise qu'à obtenir un avantage stratégique pour ses coreligionnaires de parti, ou de la publicité pour soi, ou encore d'avantages de contacts relationnels, voir même dans le but parfois de combler un orgueil vaniteux.
Présenter une candidature à un mandat politique est un engagement envers les citoyens tout autant qu'envers soi-même. Genève n'a pas besoin d'une poignée de célèbres candidats mis en tête d'affiche, seulement de politiciens honnêtes et loyaux qui ont la volonté d'accomplir leur mandat.