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Tiré du livre éponyme de Stephen King, « Shining » a été adapté et réalisé en 1980 par Stanley Kubrick. Ce film, qui intervient dans la filmographie de Kubrick juste après « Barry Lyndon », sorti en 1975, était censé lui permettre de faire à nouveau un succès commercial. En effet, « Barry Lyndon » ayant été un échec sur le sol américain, Kubrick se devait de choisir un sujet plus en adéquation avec les attentes du public de l’époque.
Here’s Johnny
Dans les années 80, Jack Torrance, interprété par le multi oscarisé Jack Nicholson, et sa famille se voient confier la garde et l’entretien du Overlook Hotel qui, du fait des fortes chutes de neige, reste fermé au public pendant la saison d’hiver.
Cet hôtel a comme particularité d’avoir été le théâtre du meurtre de la famille du précédent gardien du Overlook Hotel et du suicide de ce dernier. L’isolement étant long, il vaut mieux être doté d’un fort caractère et d’une grande résistance à la solitude pour occuper le poste de gardien.
Jack étant écrivain, il se dit que les conditions qu’offre ce travail lui permettront de trouver l’inspiration pour son prochain livre. Mais en y regardant de plus près, le Overlook Hotel n’était peut-être pas la meilleure destination pour Jack, sa femme Wendy et leur jeune fils Danny…
La peur d’avoir peur.
« Alien » de Ridley Scott, « Les Dents de la mer » de Steven Spielberg ou « Shining » de Stanley Kubrick sont autant de films qui partagent le même but : créer une angoisse profonde auprès des spectateurs.
La grande différence entre un film angoissant et un film d’horreur réside dans l’art de réaliser le film. C’est bien le réalisateur qui, par le choix de ses plans et de son montage, va créer un film qui va faire sursauter les gens dans la salle de cinéma ou alors les faire avoir des cauchemars pendant des semaines.
En effet, la plupart des réalisateurs de films d’horreur ont la maladresse de proposer des scènes ou des plans uniquement présents pour nous faire sursauter (ndlr : les fameux jumpscares). Combien de fois avons-nous sursauté lorsqu’un personnage fermait le miroir de sa salle de bain pour découvrir qu’un autre personnage était arrivé sans prévenir ? Cette méthode est certes efficace mais elle permet au spectateur de crier un bon coup, de sauter sur place et, finalement, de rire un peu. Au final, le spectateur reçoit la permission de libérer toute la tension qu’il ressentait depuis le début du film. La suite est simple, on rentre à la maison et on passe à autre chose.
A l’inverse, un film qui va faire monter en vous une tension énorme, sans jamais vous permettre de souffler, va vous atteindre au plus profond de vous-même. Vous serez toujours à l’affût d’un moment vous permettant de relâcher la pression telle une soupape prête à exploser. Les grands réalisateurs cités plus haut l’ont bien compris et ont donc adapté leur réalisation pour amener le spectateur à ressentir cette sensation étrange qui est d’avoir peur de la peur elle-même. Au final, on ressort de la salle de cinéma avec une angoisse profonde que l’on n’aura pas pu libérer durant le film. C’est à ce moment-là qu’on se maudit d’être allé à la dernière séance du soir.
La folie sous différentes formes
De caractère timide et réservé, Stanley Kubrick était un tout autre homme sur un plateau de tournage. Génie créatif, visionnaire et perfectionniste, Kubrick imposait un rythme de travail complètement fou tant à ses techniciens qu’à ses acteurs. Il n’était pas rare qu’une prise soit retournée plus de 100 fois d’affilée et que les acteurs craquent sous l’emprise de ce dictateur mégalomane pour qui la fin justifie les moyens.
Shelley Duvall, qui interprète Wendy, la femme de Jack, en a fait les frais lors du tournage de « Shining ». Pour que Kubrick obtienne la juste interprétation de sa part, il avait pour habitude de terroriser la pauvre femme au point qu’elle commença à perdre ses cheveux.
Les personnages de « Shining » ont par ailleurs tous pris un peu de la folie de Kubrick. Par exemple, Danny possède un don appelé le shining. Ce don lui permet de voir des choses que d’autres ne voient pas, de lire dans les pensées des gens et, possiblement, d’influencer les gens qui l’entourent. Pas étonnant que Kubrick ait dit qu’il s’identifiait beaucoup à ce personnage.
Chambre 237
En 1962 John Fitzgerald Kennedy prononce un discours qui restera dans l’histoire. Il promet aux Américains qu’avant la fin des années 60, un américain aura marché sur la lune. Dans la course à la conquête spatiale, les Russes avaient une avance certaine, grâce notamment à Yuri Gagarine, premier homme dans l’espace.
En 1969, Neil Armstrong devient le premier homme à poser le pied sur la lune. C’est un petit pas pour l’Homme et un grand pas pour l’humanité, dit-il à son arrivée. Ouf ! Les Américains ont sauvé l’honneur. A quelques mois près, le discours de Kennedy serait resté dans les annales comme étant la plus grande blague de tous les temps. Heureusement pour lui, la NASA a su déjouer tous les pronostics qui emmenaient les Russes sur le sol lunaire avant les Américains.
Mais grand exploit technique et logistique ou supercherie à échelle planétaire ? La question se pose encore aujourd’hui et bien des complotistes s’accordent à dire que les images diffusées à la télé ont en réalité été tournés en studio. Le film « Opération Avalanche » de Matthew Johnson sorti en 2016 est d’ailleurs entièrement centré sur de la grande question de savoir si oui ou non l’Homme a marché sur la lune en 1969.
A première vue, rien à voir avec « Shining », et pourtant, un grand nombre d’analystes s’accordent à dire que Stanley Kubrick, au travers de ce film, a avoué au grand public qu’il était lui-même le réalisateur derrière les fausses images de l’alunissage d’Apollo 11. En effet, à plusieurs reprises, des éléments étranges des décors du film tendent à conduire vers un aveu filmique de Kubrick, sûrement pris de remords par cette supercherie planétaire.
« Room 237 », un documentaire sorti en 2012, revient en long et en large sur les mystères que cache « Shining ». Nous vous conseillons de le découvrir en post-scriptum du film. Ensuite, à vous de juger…
The Shining
De Stanley Kubrick
Avec Jack Nicholson, Shelley Duvall, Scatman Crothers, Danny Lloyd