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Le titre lunaire "Space Oddity" de David Bowie fête ses 50 ans
Le titre "Space Oddity" raconte la communication entre l'astronaute Major Tom et le poste de commande au sol qui accompagne sa mission. Le morceau remporte un succès considérable et donne à David Bowie un goût certain pour le décor spatial. Dans cet univers, le chanteur produira entre autres "Starman", "Life on Mars", "Ziggy Stardust", jusqu'à son dernier album "Blackstar", sorti en 2016.
Un an avant d'écrire "Space Oddity", David Bowie visionne en boucle le film "2001, l'Odyssée de l'espace" de Stanley Kubrick. "Space Odyssee", en anglais, lui inspire "Space Oddity", "bizarrerie de l'espace". Il enregistre le titre dans la foulée, en 1968, comme bande-son d'un film promotionnel qui fait un bide intersidéral.
Un titre réenregistré en 1969
Le décollage de la fusée Apollo 11, la mission du programme spatial américain Apollo, est annoncé pour le 20 juillet 1969 par la NASA. Pour la première fois, un vaisseau spatial doit permettre à un équipage de se poser sain et sauf sur la Lune. Un événement historique dont veut profiter la maison de disques qui vient de signer David Bowie. "Space Oddity" est retravaillé et sort le 11 juillet 1969, soit 10 jours avant que Neil Armstrong pose ses moonboot sur la Lune.
Le titre est envoyé à toutes les radios américaines avant l'événement. Elles ne sont pas intéressées. En revanche, en Angleterre, quelqu'un à la BBC est séduit: le morceau est choisi par la chaîne pour illustrer l'exploit américain. Un énorme coup de pub pour David Bowie. Un coup de pub cependant plein d'ironie.
"Space Oddity" raconte l'histoire d'une mission spatiale qui tourne mal. Dans la chanson, Major Tom perd le contrôle de son vaisseau, décroche et se retrouve à errer dans l'espace. David Bowie dira que l'homme qui a choisi le titre pour la BBC ne l'avait probablement pas écouté jusqu'à la fin....
Un artiste ambitieux
Si l'employé de la BBC n'avait pas le souci du détail, il n'en va pas de même pour David Bowie qui fait preuve d'une attention particulière jusque dans le choix de la pochette originale du morceau. On y voit le visage du chanteur sur un arrière-plan fait de disques bleus sur fond vert - un visuel directement inspiré d'une oeuvre du peintre français d'origine hongroise Victor Vasarely. Une esthétique parfaitement en accord avec l'ère psychédélique des années 1960-1970. A relever, l'audace d'illustrer en 1969 la conquête américaine de l'espace avec un artiste issu du bloc soviétique...
Cette audace vient aussi nous rappeler l’ambition de David Bowie qui a toujours été de vouloir faire tomber les frontières, qu'elles soient géopolitiques, raciales, de genre ou musicales. Et, finalement, de nous ramener à notre condition humaine de point minuscule dans un univers infini fait d'espace, de planètes et d'étoiles -dont une "BlackStar" éternelle.
Anne-Laure Gannac/ld
Publié le 28 juin 2019 à 12:54