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Manipulations
Mme Lyon affirme à l’appui de cette nouvelle réforme que l’orientation dans l’une ou l’autre voie est souvent aléatoire. De fait, voilà quelques mois que ses subordonnés préparent la tournée triomphale de leur patronne en répétant que les élèves les meilleurs de la voie moyenne (VSG) sont aussi bons voire meilleurs que les plus mauvais de la voie prégymnasiale (VSB) et que les élèves les meilleurs de la voie à options (VSO) sont aussi bons ou meilleurs que les moins bons de la voie moyenne. C’était la première étape du conditionnement.
Aujourd’hui, on radicalise l’affirmation, pardon, on «monte en puissance», en mettant la presse à contribution. Mme Lise Bourgeois, éternelle attachée de presse de la Réforme scolaire, pose à Mme Lyon la question que celle-ci attend pour obtenir la réponse déjà connue: «Comment réagissezvous au fait que certains élèves de VSO font mieux que ceux de la prestigieuse voie de baccalauréat?» Réponse: «C’est à la source de mes réflexions. Je me demande si le système des filières est encore judicieux.» D’un coup d’un seul, on a donc sauté la voie du milieu! C’est désormais entre les terminales et les pré-gymnasiales que la prétendue comparaison a lieu.
Nous considérerons ces affirmations comme des manipulations pures et simples tant que nous n’en connaîtrons pas les détails. Comment le DFJ a-t-il fait pour établir la comparaison? A-t-il recouru à des épreuves communes et rigoureusement identiques pour les trois voies? Pourrions- nous les connaître? Quelle est la proportion des élèves de VSO meilleurs que des élèves de VSB? Et la proportion des élèves de VSO meilleurs que des élèves de VSG? Et la proportion des élèves de VSG meilleurs que des élèves de VSB? D’ailleurs, pourquoi parler de proportions, nous voulons des chiffres exacts. Il revient au Grand Conseil de les demander. On ne les lui donnera pas.
Ceci est d’autant plus navrant que dans un système scolaire réellement différencié, avec des formations, des méthodes, des manuels et des débouchés spécifiques à chaque voie, les bons élèves de toutes les filières seraient, dans leur domaine, meilleurs que ceux des autres. Et cette supériorité n’éveillerait pas chez eux le moindre regret d’avoir été orientés dans leur filière, elle justifierait au contraire cette orientation.