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J'ai enfin pu aller voir la dernière partie de la trilogie de Nolan. J'avais aimé Batman Begins et adoré The dark knight pour son crescendo dramatique et la superbe interprétation de Heat Ledger. J'attendais donc avec une grande impatience de troisième et dernier film tout comme beaucoup de monde. Il y a 8 ans Ghotam était terrorisée par le Joker et perdait son magistrat le plus aimé : Harvey Dent. Pour éviter le désespoir Batman avait pris la responsabilité des crimes de Dent. Dès lors Batman a disparu et Bruce Wayne s'est retiré de la vie sociale. Ghotam, elle, est en paix. Les crimes sont de moins en moins nombreux et la pègre a tout simplement disparu. La ville vit une sorte d'âge d'or dans un climat d'euphorie. Mais c'est sans conter l'apparition de Bane. Ce dernier met en place secrètement un plan pour prendre le contrôle de la ville et il semble que seul le retour de Batman puisse le stopper.
Dès les premières minutes Nolan tente de rester au niveau de Dark Knight. Et, franchement, cette première scène en plein vol est tout simplement magnifique. Celle-ci permet d'introduire Bane via un spectacle aussi magnifique que prenant. Mais le film est moins sur Bane que sur Bruce Wayne alias Batman. En effet, ce dernier est attaqué non seulement en tant que symbole mais aussi en tant qu'homme public. Ce que nous montre Nolan c'est un Bane qui en sait plus qu'il ne devrait et qui détruit méticuleusement chaque aspects de la personnalité de Wayne pour le briser. Cette tension de plus en plus forte sur Bruce Wayne n'est pas aussi réussie que celle du Joker mais reste presque aussi éreintante.
Dans un second temps je pense qu'il peut être intéressant de s'intéresser au politique chez Dark Knight Rises. Nolan dément avoir eu un but politique et je lui concède qu'il n'a probablement pas de buts politiques conscients. Cela n'empêche pas que ce film montre une certaine conception de la société. Bane n'est pas un simple terroriste. Il s'autoproclame libérateur du peuple et agent de lutte contre un système corrompu dans son fonctionnement capitaliste. De nombreuses répliques montrent une condamnation par les personnages d'un système injuste. Mais Bane en reste le principal porte-parole. Ainsi, la première partie de son plan est une attaque directe contre la bourse de Ghotam qu'il qualifie de repère de voleurs. Sa prise de contrôle de la ville se double d'un renversement des rôles. Les policiers passent de garants de l'ordre à émeutiers et forces de la répression face à des prisonniers victimes des mensonges et de lois sécuritaires. Cette révolution est aussi mise en place via la constitution de tribunaux du peuple chargé de juger les agents de la répression et les riches décadents. Quelqu'un qui connaît un minimum l'histoire de 1789 ferra sans peine le lien avec la Terreur et ses tribunaux de la révolution. Ces critiques de l'ordre capitaliste libéral sont donc portées par un personnage usant du terrorisme mais aussi du mensonge puisque la révolution est un moyen de garder les militaires et la population occupée le temps que le plan arrive à son terme. On pourrait donc penser que ce film se porte en défenseur de l'ordre néo-libérale sécuritaire face à ses critiques. Cependant, je pense que cette conception est probablement en partie exagérée. Il serait plus réaliste d'y voir l'intériorisation d'une certaine conception de la société et de deux peurs de la société américaine : le terrorisme et la contestation du capitalisme. Mais ces points n’enlèvent rien à ce film qui, à mon avis, est la seconde meilleure adaptation de comics de ces dernières années après The Dark Knight.
Image : Site officiel