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Des propriétaires américains, blancs, qui se dépêchent de vendre leurs maisons, même en dessous de leur valeur, dès qu’une famille afro-américaine s’installe à côté, de peur que le prix de l’immobilier chute à cause de ce voisinage noir. Et justement, c’est ce qui se passe. Des automobilistes californiens qui se ruent sur les stations d’essence pour remplir leurs réservoirs alors que les journaux craignent une pénurie d’essence. Et c’est justement ce qui arrive à cause du mouvement de panique. Des traders qui vendent en nombre leurs actions parce qu’ils imaginent que la bourse va s’effondrer, et c’est justement ce qui se produit.
Prophéties auto-réalisantes: voici le nom que ces phénomènes réels ont pris depuis 1948 avec le sociologue Robert K. Merton. En gros, une définition fausse d’une situation provoque un comportement tel qu’il va la rendre réelle. Ou, comme disait un autre sociologue, W. I. Thomas:
Si un homme définit une situation comme réelle, alors elle devient réelle par ses conséquences.»
En bref, on attire ce qu’on redoute. Ça marche depuis la mythologie avec Laius qui abandonne son fils parce qu’une voyante lui avait dit que celui-ci le tuerait; et c’est ce que fit le fameux Œdipe. Pour les stéréotypes aussi. Et pas très loin, la loi de l’attraction prédit que vous attirez ce à quoi vous pensez parce que vous y mettez, même inconsciemment, beaucoup d’énergie et donc que vous y dirigez vos comportements.
Texte © Migros Magazine – Isabelle Kottelat
Auteur: Isabelle Kottelat