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Secteur 1 - La voie suisse
Epine dorsale de l'Expo
«La Voie Suisse» est la colonne vertébrale de l'Exposition nationale de Lausanne 1964, conçue exclusivement par la direction de l'Exposition.
A la fois introduction et conclusion de l'Expo 64, la Voie suisse est placée sous la seule autorité de la direction de l'Expo. Elle invite à une méditation sur la Suisse, son histoire, son système politique, ses valeurs culturelles, ses doutes et ses espoirs pour l'avenir. La déambulation se fait dans des pavillons composés d'éléments préfabriqués en bois recouverts de plastique dont la hauteur maximale atteint 26 mètres. Le visiteur est régulièrement sollicité par des déclarations de principe et des structures symboliques. Le jeu de glace de Christian Megert réveille en chacun l'idée que «toute liberté individuelle se trouve obligatoirement confrontée à celle d'autrui» et qu'elle est aussi «consentement à la liberté de tous».
Ailleurs, une croix et une rosace témoignent que «notre conception de l'homme et du citoyen est marquée essentiellement par le christianisme». La promenade débouche sur l'esplanade des cantons, lieu d'exhibition de tous les drapeaux des communes suisses, à l'identique de ce qui fut présenté à la Landi dans la Voie haute, rappel d'une Suisse une et diverse. Ce qui marque dans la Voie suisse, c'est l'audace des organisateurs pour poser quelques questions sur le présent de la Suisse des années 1960.
«La Suisse est paradoxalement le lieu de certaines contradictions profondes: régime par excellence de démocratie directe, mais contestation encore de la maturité civique de la femme; droit d'initiative et de référendum mais abstentionnisme imposant.» Cette audace, on parle alors de courage, est caractérisée par deux sections: Un jour en Suisse, section mieux connue à travers la figure de Gulliver, et celle associée aux films de Henry Brandt: «qui sommes nous?».
A la clôture de l'Expo, Paul Rucktsuhl déclare: «la Voie suisse, après avoir provoqué la surprise et recueilli les sarcasmes des visiteurs qui avaient choisi le parti de ne pas comprendre, a gagné peu à peu les sympathies et nous a valu... un courrier très abondant, dont beaucoup de lettres de l'étranger. Ceux-ci ont surtout été frappés par trois aspects:
- La construction fédéraliste de notre Etat;
- La définition de nos libertés fondamentales;
- Le courage des films d'Henry Brandt.
C'est dire que les étrangers, eux, ont été sensibles à des aspects qui à nous, Suisses, nous paraissent aller de soi, mais que l'Exposition se devait de rappeler.»