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Le Burundi, dont la population est estimée à 11’647’723, est l’un des pays les plus pauvres du monde, avec un PIB de 3 milliards de dollars. Il est classé dernier sur 186 pays, selon le Programme des Nations Unies pour le développement.
Le Burundi fait face à de nombreux enjeux sanitaires, le système de santé y étant précaire, avec une espérance de vie de 53 ans et un taux de mortalité extrêmement élevé. Cette précarité est liée à de nombreux facteurs, tels que la croissance démographique et la malnutrition. Selon le Programme Alimentaire Mondial, seulement 28 % de la population est à l’abri de l’insécurité alimentaire, alors que 58 % des gens souffrent de malnutrition chronique.
La prévalence des maladies transmissibles contribue également à la fragilité du système de santé du pays. Le SIDA est la principale cause de mortalité chez les adultes. Selon les chiffres de l’OMS, 1,3% de la population est atteinte par le VIH.
Les autres maladies transmissibles les plus meurtrières sont les infections respiratoires, les maladies diarrhéiques, la malaria et la tuberculose. Ces pathologies affectent principalement la santé des populations vulnérables, telles que les enfants et les femmes enceintes.
Les conditions de maternité sont également problématiques. En effet, elles sont responsables d’environ 3% des décès. Durant leur accouchement, seulement 60% des femmes bénéficient d’une assistance par un personnel soignant qualifié. Le taux de mortalité maternelle est, par conséquent, élevé, avec un taux de 740 décès pour 100’000 accouchements.
Au cours de ces dernières années, de nombreuses améliorations ont été réalisées, suite à une série de réformes ayant pour objectif la réduction de la mortalité maternelle, infanto-juvénile et celle liée aux maladies transmissibles.
Ces réformes concernent « la mise en autonomie de gestion des hôpitaux, la décentralisation du système de santé à travers la mise en place des districts sanitaires, la contractualisation basée sur la performance des services de santé, la mise en place d’un panier commun de financement, l’élaboration des comptes nationaux de la santé ».
Ces réformes ont amené à une amélioration du système de santé burundais. Cependant, de grands efforts doivent encore être réalisés, notamment concernant la qualité des soins prodigués.
La dernière mission d’Yvelyne Wood au Burundi a eu lieu au mois d’août et septembre, afin de mettre en place la filière santé. Pour ce faire, elle a eu l’appui du médecin général de l’UNHCR, le docteur Pépé. Elle a établi un partenariat avec l’hôpital le plus proche du camp de réfugiés de Musasa, celui de Muyinga, à moins d’une heure de route du camp. Les malades du camp nécessitant une hospitalisation y sont transférés.
Cet établissement est le troisième hôpital le plus important du pays. Toutefois, il fait face à une importante pénurie de matériel médical. En effet, selon le docteur Rukubo, directeur de l’hôpital de Muyinga, « il est difficile d’accueillir des patients aux urgences car il manque des équipements essentiels tels que des défibrillateurs. Donc on est obligés de faire un traitement médical simple et nous perdons des patients comme ça ». La pénurie concerne également les équipements d’ultrasons et d’imagerie. « Nous avons des appareils peu performants, qui ne peuvent réaliser de belles images pour les radiographies osseuses », déclare le docteur Rukubo.
L’action d’UniRef vise à pallier ces lacunes, en développant au sein du camps de l’UNHCR, à Musasa, une formation professionnalisante en soins infirmiers.
Ce cursus académique comprend les sciences infirmières, la recherche et les sciences connexes qui éduquent sur la pratique des soins infirmiers. Il fournit également à l’étudiant un enseignement général en mathématiques, en sciences humaines et sociales.
Les camps de l’UNHCR bénéficient de dispensaires de santé au sein desquels les étudiant(e)s pourront accomplir leur stage et apporter une assistance au personnel soignant et des soins aux malades.
UniRef a établi un partenariat avec l’hôpital de Muyinga, afin que les stagiaires puissent également y effectuer un stage.
Une fois diplômé, ce personnel soignant pourra exercer sa profession dans les camps de l’UNHCR, au Burundi ou encore dans la région des Grands Lacs, contribuant ainsi à l’amélioration du système de santé.
UniRef organise également une collecte de matériel de santé destiné à la formation des infirmières et infirmiers d’UniRef afin que ces derniers puissent exercer dans de bonnes conditions.