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Depuis sa création en 1810, la SSUP s’est toujours engagée pour la cohésion sociale en Suisse. En 1810, celle-ci était en fait un État vassal de la France. Cinq ans plus tard, la Confédération des 22 cantons est née. Le fait que la SSUP, d’orientation libérale, achète le Grütli en 1859 et en fasse don à la nouvelle Confédération de 1848, s’inscrivait dans le contexte de la guerre civile confessionnelle qui, peu avant, avait ébranlé la cohésion sociale du jeune État fédéral. Aux 19e et 20e siècles, la SSUP renforça la cohésion sociale en prônant une éducation obligatoire et gratuite pour tous les enfants en Suisse. Au début du 20e siècle, alors que la pauvreté frappait particulièrement les personnes âgées en Suisse, la SSUP encouragea la fondation de Pro Senectute et la création de l’AVS. Au début du 21e siècle, la SSUP s’engagea en faveur de la cohésion sociale en coordonnant le Comité pour la Fondation de solidarité, idée visionnaire cependant rejetée par la majorité des citoyens suisses lors d’un vote à l’automne 2002. Par la suite, la SSUP s’est d’autant plus investie pour la promotion du bénévolat afin de renforcer la solidarité et la cohésion au sein de la société. Actuellement, la SSUP s’interroge pour savoir si à l’avenir, elle peut ou doit entreprendre des actions plus concrètes et plus ciblées en ce sens. Dans le cadre d’une dizaine d’ateliers, des spécialistes de ce domaine ont déjà analysé la situation et discuté des défis futurs auxquels la société suisse, hétérogène, numérisée et très mobile, se verra confrontée. Quelles sont les forces propres à unir une société? Quels pouvoirs ont tendance à la séparer ou à la polariser? Les ateliers de la SSUP ont thématisé plusieurs aspects de la cohésion sociale:[nbsp]relations intergénérationnelles, récits [&] identités, diversité [&] inclusion, participation [&] démocratie, équité distributive, égalité des genres, diversité linguistique, répartition du travail dans le monde numérisé et fossé ville-campagne.[nbsp]Les échanges entre professionnels qui ont déjà eu lieu ont abouti à de nombreuses conclusions et ont soulevé encore plus de questions auxquelles il faudrait répondre.
- La cohésion sociale est à l’ordre du jour politique lorsqu’il s’agit de la place du français à l’école obligatoire outre-Sarine.[nbsp]
- En Suisse, il n’y a pas de société majoritaire ou de culture de référence, mais de nombreuses minorités différentes qui se connaissent peu.
- Nous avons besoin d’un nouvel accord de solidarité entre les générations: contre la précarisation de la jeunesse, pour un développement durable de l’AVS et du système des caisses de pensions, en faveur des congés parentaux et des communautés de soins.
- La numérisation ne doit pas accroître davantage les inégalités entre les générations et les couches sociales se différenciant par leur niveau d’éducation.
- Alors que les gens communiquent en réseau à l’échelle mondiale ou se retirent dans leur coquille locale, voire privée, pourquoi devrions-nous, aujourd’hui, encourager la cohésion sociale précisément au niveau national? Et ce dans un pays qui n’est lié par aucune langue, histoire, culture ou religion commune?
- Ce sont les valeurs de la Constitution fédérale qui unissent notre société. Dans le même temps, des valeurs fondamentales telles que la démocratie et la solidarité sont remises en question et critiquées.
Les discussions entre spécialistes ont abouti à un constat formel: Il manque des espaces semi-publics en Suisse, où l’on peut réfléchir et débattre ouvertement des défis sociaux dans un cadre protégé, un peu comme des laboratoires d’idées, voire des biotopes. D’une part, ces espaces doivent être plus vastes que des bulles à l’intérieur desquelles des personnes partagent les mêmes idées; d’autre part, les espaces ouverts, voire exposés débats télévisés, forums sur Internet ou assemblées communales ne constituent pas non plus un cadre idéal. Du fait que la SSUP jouit d’un haut niveau de confiance auprès des autorités publiques, des organisations de la société civile, des associations économiques et des entreprises privées, elle peut promouvoir de manière efficace et ciblée la cohésion sociale en créant, dans tout le pays, des espaces où les différents acteurs sociaux peuvent, sans protection, réfléchir aux défis politiques, sociétaux, sociaux et culturels, où ils peuvent échanger leurs points de vue, développer ensemble des solutions constructives et même les tester.