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Polémique
Amy Coney Barrett à la Cour suprême: Trump jubile
Donald Trump a réussi son pari: faire élire une républicaine ultra-conservatrice à la Cour suprême. Amy Coney Barrett prend le siège laissé vacant par le décès de l’icône féministe Ruth Bader Ginsburg, disparue le 18 septembre 2020. Le dernier souhait de RBG n’aura ainsi pas été respecté: «Mon vœu le plus fervent est que je ne sois pas remplacée tant qu’un nouveau président ne sera pas installé», avait-elle confié à sa petite-fille, quelques jours avant son décès.
Aucun vote démocrate
Trump a livré une véritable course contre la montre pour faire élire «sa» juge. Les démocrates ont fustigé ce processus «illégitime» si près du scrutin présidentiel. Mais les républicains, majoritaires au Sénat, ont entériné la décision de leur chef de file (52 voix pour, 48 contre). «C’est la première fois depuis 151 ans qu’une juge est confirmée sans aucun vote du parti minoritaire», constate le New York Times. Une surprise, lorsque l’on se rappelle qu’en 2016, les républicains avaient refusé toute audition à Merrick Garland, juge nommé par Obama, car ils ne voulaient pas le confirmer si près de l’élection présidentielle. Le laps de temps qu’il restait alors entre les deux échéances? 270 jours!
Lors de la prestation de serment d’Amy Coney Barrett, Donald Trump a loué les «qualifications impeccables», «la générosité dans la foi» et «le caractère en or» de cette fervente catholique de 48 ans, opposée à l’avortement, pro armes à feu et mère de 7 enfants. Désormais, la Cour suprême compte 6 juges conservateurs sur 9. Trois d’entre eux ont été nommés par Trump. En 2018, l’élection du juge Brett Kavanaugh avait déjà fait polémique.
Chuck Schumer, chef de la majorité démocrate, a dénoncé une «hypocrisie», arguant qu’Amy Coney Barrett aurait uniquement été sélectionnée pour ses «opinions de droite radicale» sur des sujets aussi capitaux que les droits civiques ou l’environnement. Il a déploré vivre «l’un des jours les plus sombres de l’histoire américaine».
Obamacare en situation difficile
Avec cette nouvelle venue, l’avenir de l’assurance santé Obamacare, intronisée par Barack Obama en 2010, semble plus compromis que jamais. Donald Trump n’a jamais caché son obsession d’abolir à tout prix la loi de son prédécesseur. Les républicains du Sénat ont tenté à 70 reprises d’éradiquer cette réforme de la santé. Ils espèrent désormais avoir gain de cause en passant par la justice. «La haute cour doit examiner le 10 novembre un recours contre cette loi emblématique, sur laquelle la juge a exprimé des réserves dans les passé», résume Le Temps. Ceci pourrait avoir des conséquences dramatiques pour des millions de personnes malades, qui se retrouveraient alors sans couverture médicale.
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