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L'équipe de Suisse est à contre-courant des tendances du football mondial. Et elle le paye. Un rapport de la FIFA montre que la Nati a affiché une possession de balle stérile et un manque d'efficacité lors de la Coupe du monde en Russie.
L'équipe de Suisse est à contre-courant des tendances du football mondial. Et elle le paye. Ainsi pourrait-on résumer très simplement, les données délivrées par le groupe technique de la FIFA, qui a observé de près la Coupe du monde 2018.
Dévoilé mardi publiquement par l'instance faîtière, le rapport technique sur la compétition russe a notamment mis en évidence la compacité des défenses et donc la réduction des espaces.
Mais à l'aide de statistiques toujours plus détaillées, les 32 équipes ont été passées au crible, dont la Suisse. Conclusion? Cet été, l'équipe de Vladimir Petkovic s'est distinguée par deux caractéristiques majeures: une possession stérile et un manque d'efficacité.
Posséder n'est pas gagner
Avec 58% de possession de balle, la Suisse a ainsi été la 4e équipe à avoir eu le plus souvent le ballon en Russie. Seulement devancée par l'Espagne (69%), l'Allemagne (67%) et l'Argentine (64%), elle se situe donc bien en dessus de la moyenne. Si ce n'est pas surprenant pour ses glorieux prédécesseurs, dont c'est une identité assumée, cela démontre que Petkovic avait fait un choix clair: il veut contrôler le ballon et, par extension, le jeu. "La Suisse a fait beaucoup de progrès à ce niveau, constate Laurent Prince, directeur technique de l'ASF. C'est une évolution souhaitée d'avoir un football actif et moins réactif que dans le passé."
Reste que, comme ses trois acolytes, elle n'a pas passé le cap des 8es de finale. Preuve en est que posséder n'a pas été gagnant à la Coupe du Monde. La France, vainqueur final, n'a par exemple eu le ballon que 48% du temps. Car la Suisse s'est heurtée à un casse-tête dont elle n'a que rarement trouvé la solution. Ainsi, avec seulement 51 entrées par match en zone 3 (le tiers de terrain le plus avancé), elle se situe en dessous de la moyenne de 58.
Un constat confirmé par une autre donnée: malgré une capacité certaine à éliminer des adversaires par la passe ou le dribble, les joueurs suisses butent ensuite sur les défenses (seulement 31 défenseurs passés par match, contre 49 pour la Belgique ou 45 pour le Brésil). Laurent Prince approuve: "Il faut que l'on ait plus de joueurs capables de créer des situations dangereuses dans les duels, qui peuvent ainsi amener plus de percussion et de surprise en zone 3." Une leçon pour la formation de l'ASF, car telle est la principale utilité d'un tel rapport pour la fédération.
Moins efficace que les meilleurs
Cette dernière a également observé le manque de réalisme des attaquants helvétiques. Là où la France n'avait besoin que de 6 tirs pour marquer un but, il en a fallu près de 12 à la Suisse. Un score encore supérieur à la moyenne (9.8) de cette Coupe du Monde. Une donnée expliquée à la fois par la difficulté à se créer de réelles occasions que par la maladresse de Seferovic & co. Car avec 7 tirs de l'intérieur de la surface par but inscrit, ceux-ci se situent bien loin de la Belgique (4.5), de la France (4.6), de la Croatie (5) ou de l'Angleterre (6.2), soit les quatre demi-finalistes de la compétition.
Défensivement, en revanche, la Suisse a semblé à l'aise. "Nous sommes très bien organisés à la perte de balle, souligne Laurent Prince. C'est ainsi que nous avons bien tenu contre le Brésil ou même contre l'Espagne en match amical."
Même si des enseignements ont été tirés, sur la base des autres équipes: "Il est important que l'on forme des défenseurs qui savent défendre et ne pas se concentrer uniquement sur leurs qualités techniques, affirme-t-il. Nous travaillons sur un concept de défenseur qui sache quand et comment appréhender le duel, notamment dans la surface." En somme, un amalgame entre Manuel Akanji et Johan Djourou. Pour espérer passer enfin ce cap des 8es de finale.