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La Suisse peut donner une piste pour résoudre la crise des opioïdes
La Suisse a connu une consommation d'héroïne très forte au début des années 90' et les solutions trouvées pour résoudre cette situation avait ouvert la voie de nouvelles politiques efficaces. Trente ans plus tard, la situation est différente et l'héroïne une consommation marginale. Christian Schneider revient sur cette situation afin d'offrir des pistes à la situation des États-Unis (ou du Canada, également touché) dans un article détaillé.
Qu'il s'agisse de la mise en place de locaux d'injection surveillés, la mise en place de traitement de substitutions, du développement d'offres à bas seuil d'accès et autres mesures de réductions des risques, ces mesures ont contribué à changer la situation helvétique et à réduire à sa portion congrue les marchés noir. D'une certaine manière, le système de santé est entré en concurrence avec les marchés noirs et a gagné cette compétition : moins cher, plus sûr et accompagné. Même s'il s'agit d'une mesure de santé publique, il est plausible d'imaginer que le marché du système de santé a diminué la demande sur le marché noir, le rendant bien moins lucratif pour l'offre.
D'un point de vue économique, ce système a un impact financier sur la société, néanmoins, il est presque certain que les coûts économiques du système qui lui précédait était encore plus élevés.
Christian Schneider tire trois leçons de cette expérience :
- Les politiques publiques mises en oeuvre pour aider les personnes en situation de dépendance peuvent avoir un impact inattendu, notamment sur la demande et sur le marché noir ;
- L'abandon de l'objectif d'abstinence, qui peut être perçu au premier abord comme une faiblesse de l'État, peut s'avérer une force à long terme ;
- Comprendre le marché avant de mettre en oeuvre une politique publique est essentiel pour évaluer correctement son impact.