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Silence (Silence - A Fable, Baltimore, Baltimore Book) est une nouelle d'Edgar Allan Poe publiée à l'automne 1837. Extrait : Mais il y a une frontière à leur empire, et cette frontière est une haute forêt, sombre, horrible. Là, comme les vagues autour des Hébrides, les petits arbres sont dans une perpétuelle agitation. Et cependant il n'y a pas de vent dans le ciel. Et les vastes arbres primitifs vacillent éternellement de côté et d'autre avec un fracas puissant. Et de leurs hauts sommets filtre, goutte à goutte, une éternelle rosée. Et à leurs pieds d'étranges fleurs vénéneuses se tordent dans un sommeil agité. Et sur leurs têtes, avec un frou-frou retentissant, les nuages gris se précipitent, toujours vers l'ouest, jusqu'à ce qu'ils roulent en cataracte derrière la muraille enflammée de l'horizon. Cependant il n'y a pas de vent dans le ciel. Et sur les bords de la rivière Zaïre, il n'y a ni calme ni silence.
Révélation magnétique est une nouvelle fantastique de l'écrivain américain Edgar Allan Poe publiée en 1844. Extrait : Bien que les ténèbres du doute enveloppent encore toute la théorie positive du magnétisme, ses foudroyants effets sont maintenant presque universellement admis. Ceux qui doutent de ces effets sont de purs douteurs de profession, une impuissante et peu honorable caste. Ce serait absolument perdre son temps aujourd'hui que de s'amuser à prouver que l'homme, par un pur exercice de sa volonté, peut impressionner suffisamment son semblable pour le jeter dans une condition anormale, dont les phénomènes ressemblent littéralement à ceux de la mort, ou du moins leur ressemblent plus qu'aucun des phénomènes produits dans une condition normale connue ; que, tout le temps que dure cet état, la personne ainsi influencée n'emploie qu'avec effort, et conséquemment avec peu d'aptitude, les organes extérieurs des sens, et que néanmoins elle perçoit, avec une perspicacité singulièrement subtile et par un canal mystérieux, des objets situés au delà de la portée des organes physiques
Supposons, gracieux lecteur, que nous sommes en l'an du monde trois mil huit cent trente, et, pour quelques minutes, transportés dans le plus fantastique des habitacles humains, dans la remarquable cité d'Antioche. Il est certain qu'il y avait en Syrie et dans d'autres contrées seize villes de ce nom, sans compter celle dont nous avons spécialement à nous occuper. Mais la nôtre est celle qu'on appelait Antiochia Epidaphné, à cause qu'elle était tout proche du petit village de Daphné, où s'élevait un temple consacré à cette divinité. Elle fut bâtie (bien que la chose soit controversée) par Séleucus Nicator, le premier roi du pays après Alexandre le Grand, en mémoire de son père Antiochus, et devint immédiatement la capitale de la monarchie syrienne. Dans les temps prospères de l'empire romain, elle était la résidence ordinaire du préfet des provinces orientales ; et plusieurs empereurs de la cité-reine (parmi lesquels peuvent être mentionnés spécialement Vérus et Valens), y passèrent la plus grande partie de leur vie. Mais je m'aperçois que nous sommes arrivés à la ville. Montons sur cette plate-forme, et jetons nos yeux sur la ville et le pays circonvoisin.
Puissance de la parole (The Power of Words, Democratic Review), est une nouvelle d'Edgar Allan Poe publiée en juin 1845. Extrait : Il n'y a pas de rêves dans le Ciel ; - mais il nous est révélé ici que l'unique destination de cet infini de matière est de fournir des sources infinies, où l'âme puisse soulager cette soif de connaître qui est en elle, - inextinguible à jamais, puisque l'éteindre serait pour l'âme l'anéantissement de soi-même. Questionne-moi donc, mon Oinos, librement et sans crainte. Viens ! nous laisserons à gauche l'éclatante harmonie des Pléiades, et nous irons nous abattre loin de la foule dans les prairies étoilées, au delà d'Orion, où, au lieu de pensées, de violettes et de pensées sauvages, nous trouverons des couches de soleils triples et de soleils tricolores.
Philosophie de l'ameublement (mai 1840) est une nouvelle écrite par Edgar Allan Poe puis traduite par Charles Baudelaire en 1864. Extrait : Dans la décoration intérieure, si ce n'est dans l'architecture extérieure de leurs résidences, les Anglais excellent. Les Italiens n'ont qu'un faible sentiment en dehors des marbres et des couleurs. En France, meliora probant, deteriora sequuntur ; les Français sont une race trop coureuse pour entretenir ces talents domestiques dont ils ont d'ailleurs la très-délicate intelligence, ou du moins le sens élémentaire et juste. Les Chinois et la plupart des peuples orientaux ont une imagination chaude mais mal appropriée. Les Ecossais sont de trop pauvres décorateurs.
William Wilson est une nouvelle publiée par Edgar Allan Poe en octobre 1839 dans le Burton's Gentleman's Magazine, qui fait partie du recueil Nouvelles histoires extraordinaires, avec une traduction de Charles Baudelaire. Avant cela, la nouvelle a été traduite en français en décembre 1844 dans le journal La Quotidienne, ce qui en fait la première nouvelle de Poe à avoir été traduite dans une langue étrangère. Extrait : Qu'il me soit permis, pour le moment, de m'appeler William Wilson. La page vierge étalée devant moi ne doit pas être souillée par mon véritable nom. Ce nom n'a été que trop souvent un objet de mépris et d'horreur, - une abomination pour ma famille. Est-ce que les vents indignés n'ont pas ébruité jusque dans les plus lointaines régions du globe son incomparable infamie ? Oh ! de tous les proscrits, le proscrit le plus abandonné ! - n'es-tu pas mort à ce monde à jamais ? à ses honneurs, à ses fleurs, à ses aspirations dorées ? - et un nuage épais, lugubre, illimité, n'est-il pas éternellement suspendu entre tes espérances et le ciel ?
Une descente dans le maelstrom (A Descent into the Maelstrm) est une nouvelle d'Edgar Allan Poe publiée en 1841. Extrait : Il n'y a pas encore bien longtemps, dit-il à la fin je vous aurais guidé par ici aussi bien que le plus jeune de mes fils. Mais, il y a trois ans, il m'est arrivé une aventure plus extraordinaire que n'en essuya jamais un être mortel ou du moins telle que jamais homme n'y a survécu pour la raconter, et les six mortelles heures que j'ai endurées m'ont brisé le corps et l'âme. Vous me croyez très-vieux, mais je ne le suis pas. Il a suffi du quart d'une journée pour blanchir ces cheveux noirs comme du jais, affaiblir mes membres et détendre mes nerfs au point de trembler après le moindre effort et d'être effrayé par une ombre. Savez-vous bien que je puis à peine, sans attraper le vertige, regarder par-dessus ce petit promontoire.
Souvenirs de M. Auguste Bedloe (A Tale of the Ragged Mountains) est une nouvelle de l'écrivain américain Edgar Allan Poe publiée pour la première fois en avril 1844 dans le journal Godey's Lady's Book, basée en partie sur ses expériences en tant qu'étudiant alors qu'il était à l'Université de Virginie.Extrait : D'où venait-il ? Je ne le sus jamais bien. Même relativement à son âge, quoique je l'aie appelé un jeune gentleman, il y avait quelque chose qui m'intriguait au suprême degré. Certainement il semblait jeune, et même il affectait de parler de sa jeunesse ; cependant, il y avait des moments où je n'aurais guère hésité à le supposer âgé d'une centaine d'années. Mais c'était surtout son extérieur qui avait un aspect tout à fait particulier. Il était singulièrement grand et mince ; - se voûtant beaucoup ; - les membres excessivement longs et émaciés ; - le front large et bas ; - une complexion absolument exsangue ; - sa bouche, large et flexible, et ses dents, quoique saines, plus irrégulières que je n'en vis jamais dans aucune bouche humaine. L'expression de son sourire, toutefois, n'était nullement désagréable, comme on pourrait le supposer ; mais elle n'avait aucune espèce de nuance.
Un événement à Jérusalem (9 juin 1832) est une nouvelle écrite par Edgar Allan Poe puis traduite par Charles Baudelaire en 1864. Extrait : « Hâtons-nous d'aller aux remparts, - dit Abel-Phittim à Buzi-ben-Lévi et à Siméon le pharisien, le dixième jour du mois Thammuz, en l'an du monde trois mille neuf cent quarante et un ; - hâtons-nous vers les remparts qui avoisinent la porte de Benjamin, qui est dans la cité de David, et qui dominent le camp des incirconcis. C'est la dernière heure de la quatrième veille, et voici le soleil levé ; et les idolâtres, pour remplir la promesse de Pompée, doivent nous attendre avec les agneaux des sacrifices. » Siméon, Abel-Phittim et Buzi-ben-Lévi étaient les Gizbarim, ou sous-collecteurs de l'offrande, dans la cité sainte de Jérusalem. « En vérité, - répliqua le pharisien, - dépêchons-nous ; car cette générosité dans les païens est chose rare, et l'infidélité a toujours été un attribut des adorateurs de Baal. - Qu'ils soient infidèles et trompeurs, cela est aussi vrai que le Pentateuque, - dit Buzi-ben-Lévi, - mais c'est seulement envers le peuple d'Adonaï. Quand a-t-on vu que les Ammonites fussent infidèles à leurs propres intérêts ?
Personne ne trouvera donc un système de locomotion plus expéditif ? Ce train de petit trot est, à mon avis, une véritable torture. Sur ma parole, depuis que nous sommes partis, nous n'avons pas fait plus de cent milles à l'heure. Les oiseaux mêmes nous battent, quelques-uns au moins. Je vous assure qu'il n'y a là aucune exagération. Notre mouvement, sans doute, semble plus lent qu'il n'est réellement - et cela, parce que nous n'avons autour de nous aucun point de comparaison qui puisse nous faire juger de notre rapidité, et que nous marchons avec le vent. Assurément, toutes les fois que nous rencontrons un autre ballon, nous avons alors quelque chance de nous rendre compte de notre vitesse, et je dois reconnaître qu'en somme cela ne va pas trop mal.
Lionnerie (Lionizing, Richmond, Southern Literary Messenger, mai 1835) est une nouvelle d'Edgar Allan Poe. : Un nez, mon père, - répliquai-je en baissant le ton, - a été défini diversement par un millier d'auteurs. (Ici, je tirai ma montre.) Il est maintenant midi, ou peu s'en faut, - nous avons donc le temps, d'ici à minuit, de les passer tous en revue. Je commence donc : - Le nez, suivant Bartholinus, est cette protubérance, - cette bosse, - cette excroissance, - cette... - Cela va bien, Robert, - interrompit le bon vieux gentleman. - Je suis foudroyé par l'immensité de vos connaissances, - positivement je le suis, - oui, sur mon âme ! (Ici, il ferma les yeux et posa la main sur son coeur.) Approchez ! (Puis il me prit par le bras.) Votre éducation peut être considérée maintenant comme achevée, - il est grandement temps que vous vous poussiez dans le monde, - et vous n'avez rien de mieux à faire que de suivre simplement votre nez.
L'île de la Fée est une nouvelle d'Edgar Allan Poe écrite en 1841. Extrait : La musique, - dit Marmontel, dans ces Contes Moraux que nos traducteurs persistent à appeler Moral Tales, comme en dérision de leur esprit, - la musique est le seul des talents qui jouisse de lui-même ; tous les autres veulent des témoins. Il confond ici le plaisir d'entendre des sons agréables avec la puissance de les créer. Pas plus qu'aucun autre talent, la musique n'est capable de donner une complète jouissance, s'il n'y a pas une seconde personne pour en apprécier l'exécution. Et cette puissance de produire des effets dont on jouisse pleinement dans la solitude ne lui est pas particulière ; elle est commune à tous les autres talents. L'idée que le conteur n'a pas pu concevoir clairement, ou qu'il a sacrifiée dans son expression à l'amour national du trait, est sans doute l'idée très-soutenable que la musique du style le plus élevé est la plus complètement sentie quand nous sommes absolument seuls.
Ligeia est une nouvelle d'Edgar Allan Poe, publiée pour la première fois en anglais en septembre 1838. Extrait : Je ne puis pas me rappeler, sur mon âme, comment, quand, ni même où je fis pour la première fois connaissance avec lady Ligeia. De longues années se sont écoulées depuis lors, et une grande souffrance a affaibli ma mémoire. Ou peut-être ne puis-je plus maintenant me rappeler ces points, parce qu'en vérité le caractère de ma bien-aimée, sa rare instruction, son genre de beauté, si singulier et si placide, et la pénétrante et subjuguante éloquence de sa profonde parole musicale ont fait leur chemin dans mon coeur d'une manière si patiente, si constante, si furtive que je n'y ai pas pris garde et n'en ai pas eu conscience.
L'Homme des foules est une nouvelle écrite par Edgar Allan Poe et publiée pour la première fois en décembre 1840 dans les revues littéraires Burton's Gentleman's Magazine et Atkinson's Casket. Extrait : Le plus grand nombre de ceux qui passaient avaient un maintien convaincu et propre aux affaires, et ne semblaient occupés qu'à se frayer un chemin à travers la foule. Ils fronçaient les sourcils et roulaient les yeux vivement ; quand ils étaient bousculés par quelques passants voisins, ils ne montraient aucun symptôme d'impatience, mais rajustaient leurs vêtements et se dépêchaient. D'autres, une classe fort nombreuse encore, étaient inquiets dans leurs mouvements, avaient le sang à la figure, se parlaient à eux-mêmes et gesticulaient, comme s'ils se sentaient seuls par le fait même de la multitude innombrable qui les entourait. Quand ils étaient arrêtés dans leur marche, ces gens-là cessaient tout à coup de marmotter, mais redoublaient leurs gesticulations et attendaient, avec un sourire distrait et exagéré, le passage des personnes qui leur faisaient obstacle.
Les Aventures d'Arthur Gordon Pym (The Narrative of Arthur Gordon Pym of Nantucket) est l'unique roman achevé par Edgar Allan Poe. Il est publié en 1838 aux États-Unis et en Angleterre. Charles Baudelaire en donne une première traduction française en 1858. Présenté par ses éditeurs comme le récit d'un authentique voyage de découverte aux confins inexplorés de l'océan Antarctique, l'ouvrage a été éreinté par la critique anglo-américaine lors de sa parution et quasiment renié plus tard par son auteur. Baudelaire lui-même exprima initialement des réserves face à ce roman d'aventures exubérant, non dénué d'invraisemblances et de défauts de construction. Extrait : Je raconterai l'une de ces aventures, en matière d'introduction à un récit plus long et plus important. Un soir, il y avait du monde chez M. Barnard, et à la fin de la soirée, Auguste et moi, nous étions passablement gris. Comme je faisais d'ordinaire en pareil cas, au lieu de retourner chez moi, je préférai partager son lit. Il s'endormit fort tranquillement, je le crus du moins (il était à peu près une heure du matin quand la société se sépara), et sans dire un mot sur son sujet favori. Il pouvait bien s'être écoulé une demi-heure depuis que nous étions au lit, et j'allais justement m'assoupir, quand il se réveilla soudainement et jura, avec un terrible juron, qu'il ne consentirait pas à dormir, pour tous les Arthur Pym de la chrétienté, quand soufflait une si belle brise du sud-ouest. Jamais de ma vie je ne fus si étonné, ne sachant pas ce qu'il voulait dire, et pensant que les vins et les liqueurs qu'il avait absorbés l'avaient mis absolument hors de lui. Il se mit néanmoins à causer très tranquillement, disant qu'il savait bien que je le croyais ivre, mais qu'au contraire il n'avait jamais de sa vie été plus calme.
Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume est une nouvelle humoristique écrite par l'auteur américain Edgar Allan Poe et traduite en français par Charles Baudelaire. Extrait : Pendant l'automne de 18..., comme je visitais les provinces de l'extrême sud de la France, ma route me conduisit à quelques milles d'une certaine maison de santé, ou hospice particulier de fous, dont j'avais beaucoup entendu parler à Paris par des médecins, mes amis. Comme je n'avais jamais visité un lieu de cette espèce, je jugeai l'occasion trop bonne pour la négliger, et je proposai à mon compagnon de voyage (un gentleman dont j'avais fait, par hasard, la connaissance quelques jours auparavant) de nous détourner de notre route, pendant une heure à peu près, et d'examiner l'établissement. Mais il s'y refusa, se disant d'abord très-pressé et objectant ensuite l'horreur qu'inspire généralement la vue d'un aliéné. Il me pria cependant de ne pas sacrifier à un désir de courtoisie envers lui les satisfactions de ma curiosité, et me dit qu'il continuerait à chevaucher en avant, tout doucement, de sorte que je pusse le rattraper dans la journée, ou, à tout hasard, le jour suivant.
Petite Discussion avec une momie (Some Words with a Mummy, The American Review), est une nouvelle d'Edgar Allan Poe publiée en avril 1845. Extrait : Cette momie était une des deux qui furent rapportées, il y a quelques années, par le capitaine Arthur Sabretash, un cousin de Ponnonner. Il les avait prises dans une tombe prés d'Eleithias, dans les montagnes de la Libye, à une distance considérable au-dessus de Thèbes sur le Nil. Sur ce point, les caveaux, quoique moins magnifiques que les sépultures de Thèbes, sont d'un plus haut intérêt, en ce qu'ils offrent de plus nombreuses illustrations de la vie privée des Egyptiens. La salle d'où avait été tiré notre échantillon passait pour très-riche en documents de cette nature ; - les murs étaient complètement recouverts de peintures à fresque et de bas-reliefs ; des statues, des vases et une mosaïque d'un dessin très-riche témoignaient de la puissante fortune des défunts.
Ombre (Shadow - A Parable, Richmond, Southern Literary Messenger) est une nouvelle d'Edgar Allan Poe publiée en septembre 1835. Extrait : Vous qui me lisez, vous êtes encore parmi les vivants ; mais moi qui écris, je serai depuis longtemps parti pour la région des ombres. Car, en vérité, d'étranges choses arriveront, bien des choses secrètes seront révélées, et bien des siècles passeront avant que ces notes soient vues par les hommes. Et quand ils les auront vues, les uns ne croiront pas, les autres douteront, et bien peu d'entre eux trouveront matière à méditation dans les caractères que je grave sur ces tablettes avec un stylus de fer.
Morella est une nouvelle d'horreur de l'écrivain américain par Edgar Allan Poe publiée en 1835. Extrait : L'érudition de Morella était profonde. Comme j'espère le montrer, ses talents n'étaient pas d'un ordre secondaire ; la puissance de son esprit était gigantesque. Je le sentis, et dans mainte occasion, je devins son écolier. Toutefois, je m'aperçus bientôt que Morella, en raison de son éducation faite à Presbourg, étalait devant moi bon nombre de ces écrits mystiques qui sont généralement considérés comme l'écume de la première littérature allemande. Ces livres, pour des raisons que je ne pouvais concevoir, faisaient son étude constante et favorite ; - et si avec le temps ils devinrent aussi la mienne, il ne faut attribuer cela qu'à la simple mais très-efficace influence de l'habitude et de l'exemple.
Metzengerstein, sous-titré dès la seconde édition « un conte imité de l'allemand » (en anglais, Metzengerstein. A Tale in Imitation of the German) est la première nouvelle de l'écrivain américain Edgar Allan Poe à être publiée. Elle se déroule en Hongrie dans une ambiance gothique et sur fond de haine entre deux familles. Le jeune baron Metzengerstein s'empare d'un cheval de son rival après un incendie, puis la bête cause sa perte. Cette nouvelle est parue le 14 janvier 1832 dans le Philadelphia Saturday Courier, dans le cadre d'un concours. Extrait : dire qu'à l'époque dont je parle existait dans le centre de la Hongrie une croyance secrète, mais bien établie, aux doctrines de la métempsycose. De ces doctrines elles-mêmes, de leur fausseté ou de leur probabilité, - je ne dirai rien. J'affirme, toutefois, qu'une bonne partie de notre crédulité vient, - comme dit La Bruyère, qui attribue tout notre malheur à cette cause unique - de ne pouvoir être seuls[1]. Mais il y avait quelques points dans la superstition hongroise qui tendaient fortement à l'absurde.
Manuscrit trouvé dans une bouteille (MS. Found in a Bottle) est une nouvelle de l'écrivain américain Edgar Allan Poe publiée en 1833. Certains critiques voient dans cette nouvelle une satire des récits de voyages en mer et des romans d'aventures. Extrait : Notre bâtiment était un bateau d'environ quatre cents tonneaux, doublé en cuivre et construit à Bombay en teck de Malabar. Il était chargé de coton, de laine et d'huiles des Laquedives. Nous avions aussi à bord du filin de cocotier, du sucre de palmier, de l'huile de beurre bouilli, des noix de coco, et quelques caisses d'opium. L'arrimage avait été mal fait, et le navire conséquemment donnait de la bande.
Pas un jour ne s'écoulait sans qu'il ne nous apporte des nouvelles du décès de quelque connaissance. Ainsi, comme la fatalité augmentait, nous apprîmes à nous attendre quotidiennement à la perte de quelque ami. A la longue nous tremblions à l'approche de chaque messager. L'air même du sud nous semblait imprégné de mort. Cette pensée paralysante, en effet, prit entière possession de mon âme. Je ne pouvais ni parler, penser, ni rêver à rien d'autre. Mon hôte était d'un tempérament moins excitable, et, bien que le moral profondément déprimé, il s'efforçait à remonter le mien.
Le Scarabée d'or (The Gold Bug) est une nouvelle policière et d'aventures d'Edgar Allan Poe, parue en juin 1843 dans le journal de Philadelphie Dollar Newspaper. Poe a gagné un concours organisé par le journal et reçu un prix de 100 dollars, ce qui représente le montant le plus élevé que l'écrivain ait touché pour une nouvelle publiée1. C'est également le texte le plus largement lu du vivant de l'auteur. La nouvelle popularisa la cryptographie auprès du grand public tout en établissant la réputation de cryptographe hors pair de l'écrivain aux yeux de ses contemporains. Elle a été reprise dans de nombreux journaux et publications et fut traduite en français par Charles Baudelaire et publiée dans le recueil des Histoires extraordinaires. Extrait : Là-dessus, Legrand se leva avec un air grave et imposant, et alla me chercher l'insecte sous un globe de verre où il était déposé. C'était un superbe scarabée, inconnu à cette époque aux naturalistes, et qui devait avoir un grand prix au point de vue scientifique. Il portait à l'une des extrémités du dos deux taches noires et rondes, et à l'autre une tache de forme allongée. Les élytres étaient excessivement durs et luisants et avaient positivement l'aspect de l'or bruni. L'insecte était remarquablement lourd, et, tout bien considéré, je ne pouvais pas trop blâmer Jupiter de son opinion ; mais que Legrand s'entendît avec lui sur ce sujet, voilà ce qu'il m'était impossible de comprendre, et, quand il se serait agi de ma vie, je n'aurais pas trouvé le mot de l'énigme.
Le Roi Peste (King Pest) est une nouvelle d'Edgar Allan Poe publiée pour la première fois en septembre 1835. Traduite en français par Charles Baudelaire et accompagnée de l'épigraphe « Histoire contenant une allégorie », elle fait partie du recueil Nouvelles histoires extraordinaires. Comme la plupart de celles se trouvant dans ce recueil, cette nouvelle se situe dans la tradition du roman gothique. Extrait : Vers minuit environ, pendant une nuit du mois d'octobre, sous le règne chevaleresque d'Edouard III, deux matelots appartenant à l'équipage du Free-and-Easy, goélette de commerce faisant le service entre l'Ecluse (Belgique) et la Tamise, et qui était alors à l'ancre dans cette rivière, furent très-émerveillés de se trouver assis dans la salle d'une taverne de la paroisse Saint-André, à Londres, - laquelle taverne portait pour enseigne la portraiture du Joyeux Loup de mer.