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Après la conférence secrète de paix de Zimmerwald en 1915, l’opposition socialiste s’est revue quelques mois plus tard, fin avril 1916, pour une nouvelle conférence à Kiental. A nouveau il s’agissait de mettre un terme à la guerre et de raviver la lutte des classes. Plusieurs événements célèbrent ce moment charnière de l’histoire de la gauche.
L’ennemi n’est pas le travailleur au-delà des frontières, mais le patron, tout proche. C’est ainsi que se résumait la tentative de ramener les partis socialistes, qui n’avaient pas combattu l’entrée en guerre en 1914, sur la voie de la lutte des classes. Robert Grimm, le père de la future Grève générale de 1918, a joué un rôle très important dans l’organisation de l’opposition socialiste : en 1915, il a appelé 40 représentants de diverses ailes à gauche du PS à se réunir secrètement à Zimmerwald, un village paysan situé au Sud de Berne. Quelques mois plus tard, une deuxième conférence a lieu du 24 au 30 avril 1916 à Kiental, dans l’Oberland bernois.
Lenin alors minorisé
Le participant le plus célèbre d’un point de vue contemporain était Lenin. Celui-ci veut utiliser la guerre pour s’emparer du pouvoir. Les « centristes de gauche » réunis autour de Robert Grimm souhaitent pour leur part mettre fin à la guerre. Ils appellent de leurs vœux la lutte des classes certes, mais refusent le renversement du pouvoir par la violence. Lenin ne parvient à s’imposer à aucune des deux conférences. En 1917, il réussit toutefois à mener à bien la Révolution bolchévique. Et, à la troisième conférence du mouvement de Zimmerwald, qui se tint cette fois-ci à Stockholm en septembre 1917, il y a eu rupture entre la gauche et le centre. Les bolchéviques convoquèrent ensuite rapidement la troisième internationale, communiste celle-là. La rupture entre socialisme et communisme était elle aussi consommée.
L’histoire mondiale dans deux villages bernois
« Zimmerwald » et « Kiental » font ainsi partie de l’histoire mondiale. Ces deux villages représentent une étape significative dans l’histoire de la gauche et marquent la rupture au sein de celle-ci et son engagement contre la guerre. Sur la plan suisse, ces conférences reflètent aussi le talent politique de Robert Grimm et montrent le début de l’orientation militante du mouvement ouvrier qui atteindra un sommet pendant la Grève générale, trois ans plus tard. Il est donc assez logique que ce soit essentiellement la Société Robert Grimm qui organise les célébrations de cet événement.
Programme du Centenaire de la Conférence de Kiental :
Le 22 avril, Berne : débat « Politique pacifique des femmes »
Le 23 avril , Kiental au restaurant Bären : colloque « Le courage pour la paix »
Le 24 avril, Kiental au restaurant Bären : vernissage de l’exposition « 100 ans de la Conférence de Kiental, Grimm et Lénin à Kiental »
Plus d’informations en allemand sur le site de la Société Robert Grimm