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Dans les hauteurs du Tössbergland, on rencontre une multitude d'espèces de plantes que l’on trouve également dans de lointaines vallées alpines.Il y a une centaine d’années, on en comptait encore plus qu’aujourd’hui car 16% des espèces alpines ont depuis disparu de la vallée de la Töss.En cause, la transformation du paysage et son exploitation.Des spécialistes de L’Institut fédéral de recherches WSL ont étudié l'évolution de la flore dans le Tössbergland en comparant des données historiques aux nouveaux relevés.
Lorsque l'on se promène dans la partie supérieure de la vallée de la Töss, on tombe parfois sur des plantes comme le crocus printanier, le rhododendron des Alpes ou la gentiane printanière qui prédominent dans les régions alpines. Des plantes alpines aux confins des cantons de Zurich, de Saint-Gall et de Thurgovie? Les deux botanistes suisses Gustav Hegi et Heinrich Kägi avaient déjà observé il y a près de cent ans ces plantes alpines qui envahissent aujourd’hui le Mittelland. Un siècle plus tard, John H. Spillmann (Université de Zurich) et Rolf Holderegger (WSL) ont étudié une centaine de ces espèces, les lieux où elles poussent ainsi que les conséquences de l'exploitation des terres sur leur présence.
L'exploitation des terres a fait disparaître certaines espèces rares
Les chercheurs ont constaté que 16 de ces espèces ont complètement disparu du Tössbergland, et que celles qui ont survécu se raréfient. Les chercheurs ont été surpris par la présence d’une multitude de plantes alpines sur de nouveaux lieux. Des plantes telles que l’orchis grenouille et l’orchis miel - deux espèces d'orchidées - ou le botryche lunaire, qui ont besoin de lumière et se développent dans des milieux pauvres en éléments minéraux, ont fortement reculé. La densification de la forêt, l'abandon de l’agriculture traditionnelle ainsi que l’exploitation et la fertilisation massives des pâturages et prairies d'alpage au XXe siècle en sont les principales causes.
Les deux botanistes montrent dans leur étude que les activités humaines avaient constamment modifié le paysage du Tössbergland. En particulier, les paysans avaient l’habitude de fertiliser les mamelons relativement plats et d'y planter des céréales. Avec l'abandon de ces pratiques, les différents habitats ont évolué, de même que tout le paysage. Les chercheurs préconisent pour cette région de laisser le paysage suivre unedynamiquee naturelle, de moins fertiliser les alpages et de réduire les effectifs de bétail afin de préserver les plantes alpines.