Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07284.jsonl.gz/1153

D'entente avec un collaborateur, Bruno Zuppiger aurait décidé en 2006 d'abuser de la somme confiée par une ancienne employée et destinée à deux organisations d'utilité publique.
(Photo: Keystone ARCHIVES)
Inculpé d'abus de confiance, l'ex-conseiller national UDC Bruno Zuppiger a utilisé l'argent confié par une cliente pour renflouer les caisses de sa fiduciaire en difficulté.
Cette somme de 240'000 francs a aussi couvert ses frais d'hôtels à Berne, selon l'acte d'accusation.
D'entente avec un collaborateur, Bruno Zuppiger aurait décidé en 2006 d'abuser de la somme confiée par une ancienne employée et destinée à deux organisations d'utilité publique. La situation financière de la société Zuppiger & Partner était alors mauvaise. C'est ce que révèle l'acte d'accusation du Ministère public zurichois, cité dans le «Blick».
L'ensemble de la somme est tombé dans la caisse de la fiduciaire à la place d'aller à Pro Senectute et à la Ligue contre le cancer. Une première tranche de 140'000 francs a servi à couvrir les salaires et les factures restées ouvertes. D'autres versements ont financé des paiements à la caisse de compensation et à l'Administration fédérale des impôts.
Remboursement sous la menace
L'argent légué a aussi permis de couvrir les frais d'hôtels du conseiller national durant les sessions parlementaires à Berne, estime le Ministère public. Grâce à cette somme, Bruno Zuppiger a notamment séjourné dans un hôtel de luxe fréquenté par de nombreux députés.
Bruno Zuppiger et son collaborateur avaient conscience d'utiliser l'argent de manière déloyale, écrit le Ministère public. «Cela ne les a pourtant pas retenus.» Après l'intervention de Pro Senectute et de la Ligue contre le cancer, qui avaient menacé de porter plainte, Bruno Zuppiger a versé la somme qui leur était due et les intérêts.
Procès le 16 janvier
Les deux accusés seront jugés le 16 janvier. En septembre dernier, le Ministère public les a inculpés et a réclamé contre eux une peine de 13 mois de prison avec sursis. Bruno Zuppiger a avoué les faits.
Cette affaire a mis fin à sa carrière politique. En décembre 2011, il était encore bien placé pour conquérir un deuxième siège au Conseil fédéral pour l'UDC. Mais l'affaire a éclaté dans la «Weltwoche», une semaine avant l'élection. Suite à son inculpation, il s'est retiré du Conseil national. Il a également quitté son poste de président de l'Union suisse des arts et métiers.