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La peau est une barrière de protection naturelle contre les microbes et les infections de toutes sortes, à condition bien sûr qu'elle soit en parfait état. Les activités de la vie quotidienne occasionnent souvent des lésions cutanées plus ou moins importantes.
Bien les soigner, c'est assurer la fonction protectrice de la peau. Les coupures, éraflures, brûlures et autres petites plaies sont plus ou moins fréquentes et inévitables selon le type d'activité professionnelle que l'on exerce, selon son âge et les risques auxquels on s'expose. Après une blessure, les processus de coagulation et de cicatrisation entrent en jeu et «font leur boulot», comme l'on pourrait dire familièrement, jusqu'à la guérison de la plaie. Désinfection S'agissant de lésions cutanées de peu d'étendue, le premier réflexe à avoir est celui du nettoyage lorsque la plaie est souillée, puis celui de la désinfection. Pour nettoyer une plaie, de l'eau courante ou du sérum physiologique (solution stérile de chlorure de sodium) sont les mieux adaptés. Après cela, il est recommandé de désinfecter la plaie avec un produit liquide à base de chlorhexidine ou de povidone iodée, par exemple. Alors que, par le passé, on insistait beaucoup sur le fait qu'une plaie cicatrisait mieux à l'air libre, les résultats de diverses études menées ces dernières années montrent que le milieu humide favorise et accélère la cicatrisation. On peut donc ensuite recouvrir la plaie d'un pansement plus ou moins occlusif ou d'une compresse. L'alginate de calcium Certains pansements et produits vulnéraires sont constitués d'alginate de calcium. Quels en sont au juste les avantages? Les marins connaissent depuis des siècles déjà les propriétés cicatrisantes de certaines algues marines brunes appelées laminaires. C'est à la fin du 19e siècle qu'on a découvert la substance contenue dans ces algues et dotée de ces propriétés cicatrisantes: l'acide alginique. Aujourd'hui, la forme soluble (alginate de sodium) est transformée par procédé chimique en un sel insoluble, l'alginate de calcium, qui est ensuite utilisé pour la fabrication de produits vulnéraires (pansements, compresses, ouate ou poudre). L'alginate de calcium déploie une double action: il favorise l'hémostase (coagulation), d'une part, et la cicatrisation, d'autre part. Au contact du sang, l'alginate de calcium, qui se présente à l'origine sous la forme d'un réseau de fibres microcristallines insolubles, se transforme en gel et fait passer des ions calcium dans la plaie: il favorise ainsi une des premières phases de l'hémostase, l'agrégation plaquettaire, et raccourcit le temps de coagulation. Par la gélification de sa structure au contact du sang ou des exsudats d'une plaie suintante, l'alginate de calcium crée une sorte de peau artificielle qui protège la plaie des chocs extérieurs et des variations thermiques. Ce gel maintient de plus un certain taux d'humidité au niveau de la plaie et accélère les processus de réparation tissulaire, notamment grâce à l'échange ionique calcium/sodium qui active les cellules clés du processus cicatriciel. Traiter une plaie avec de l'alginate de calcium peut donc offrir de nombreux avantages, surtout lors de saignements prolongés (par exemple ouate hémostatique constituée d'alginate de calcium lors de saignements de nez) et en vue d'accélérer la guérison. On rappellera encore que l'application d'un produit à base d'alginate de calcium doit se faire après désinfection de la plaie et que la plaie doit être réexaminée si des signes d'inflammation apparaissent (douleur, rougeur, chaleur, enflure). Traiter une plaie avec de l'alginate de calcium offre de nombreux avantages. Personnes à risque Une petite lésion cutanée n'est généralement qu'une bagatelle pour une personne en bonne santé. Mais une coupure ou une éraflure n'est pas un incident à négliger chez les personnes hémophiles et chez les diabétiques. Pour les premiers, chaque blessure est un risque puisque leur coagulation sanguine est déficiente suite à un défaut génétique. Il s'agit donc de soutenir la coagulation de chaque lésion, ce qui peut se faire à l'aide de l'alginate de calcium. Ce cas de figure se retrouve aussi chez les personnes suivant un traitement anticoagulant. Chez les diabétiques, on sait, d'une part, qu'une glycémie (taux de sucre sanguin) mal contrôlée implique un plus grand risque d'infections cutanées. D'autre part, le diabète provoque au fil des ans des lésions au niveau des nerfs, particulièrement dans les pieds et les jambes. Ce phénomène, appelé neuropathie, entraîne une diminution de la sensibilité dans les pieds. Les extrémités sont moins sensibles à la chaleur, au froid et surtout à la douleur. C'est pourquoi la personne diabétique doit surveiller attentivement d'éventuelles lésions au pied et veiller à ce que la cicatrisation se fasse dans de bonnes conditions. Tétanos Une autre situation à risque est celle liée à la bacille du tétanos qui peut se développer suite à une blessure cutanée en l'absence de couverture vaccinale suffisante. Due à la toxine du bacille tétanique, cette maladie est contractée par la pénétration de spores tétaniques dans une lésion cutanée. Ces spores sont extrêmement résistantes et se trouvent, par exemple, dans les intestins de nombreux herbivores (chevaux et moutons). Elles passent dans les matières fécales, se trouvent ensuite dans le sol et les poussières et peuvent survivre, si les conditions ambiantes sont favorables, pendant des années. Ces dernières années, on constate que les cas, heureusement peu nombreux, de tétanos concernent essentiellement des personnes âgées chez lesquelles les injections de rappel sont trop anciennes. La vaccination offrant une très bonne protection, il vaut la peine de contrôler régulièrement son carnet de vaccination et de procéder tous les dix ans au rappel du vaccin antitétanique chez son médecin.