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Débat
Le président. Mesdames et Messieurs, nous poursuivons avec le rapport du Conseil d'Etat sur la pétition 1950. Je cède le micro à Mme la députée Salika Wenger.
Mme Salika Wenger (EAG). Ça marche pas ! (Le micro de l'oratrice ne fonctionne pas.)
Le président. Est-ce qu'on peut allumer le micro d'à côté ? (Mme Salika Wenger change de micro. Un instant s'écoule.) C'est bon, vous pouvez parler.
Mme Salika Wenger. Voilà ! Je vous remercie, Monsieur le président. Nous vivons dans une ville et tous ceux qui, comme moi, ont l'habitude et aiment les villes savent qu'une ville, c'est bruyant ! C'est très bruyant ! Comme nous avons toujours une multitude de pétitions se plaignant du bruit, j'aimerais rappeler à la population en entier que nos villes, aujourd'hui, sont des villes silencieuses ! Les villes du XIXe siècle, ne serait-ce même que Genève, étaient des villes bien plus bruyantes qu'elles ne le sont aujourd'hui ! Tous les métiers dehors, les chevaux, les attelages, les tanneries - avec l'odeur que cela représente - les bains publics: tout cela était ouvert sur la rue et donnait des villes extrêmement bruyantes ! Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'on est de plus en plus sensibles... (Brouhaha. Le président agite la cloche.) ...et que les habitants des villes aimeraient tous les avantages, sans en subir les conséquences, à savoir que, dans une ville, il y a du bruit. Alors, il faut arrêter de faire ces pétitions ! Je sais qu'on est plus sensible si on est en été, en hiver, si on habite dans un quartier du centre et qu'il y a des terrasses, on est beaucoup plus sensible. Néanmoins, des études ont été réalisées et, par exemple, on sait que le bruit est bien plus gênant dans les immeubles construits dans les années 60-70, parce qu'ils étaient mal isolés, etc., et que les personnes ressentent le bruit d'une manière différente. Mais, comme ce ne sont pas les mêmes classes sociales, d'une part, on a une autre perception du bruit et, d'autre part, on n'a jamais de pétition de ces endroits-là. On a toujours des pétitions des gens du centre-ville. On ne peut pas espérer vivre dans un centre-ville, où il y a des commerces, des bistrots, des voitures, des transports, et avoir en même temps le chant des petits oiseaux !
M. François Baertschi (MCG). Je ne pensais pas prendre la parole sur ce sujet, car il est vrai que le rapport du Conseil d'Etat constitue une réponse satisfaisante pour une situation insatisfaisante, malheureusement. C'est en effet un problème récurrent qui est assez grave, dû au fait qu'il y a eu un changement d'activité. Des gens se trouvaient dans un espace de ville relativement calme et ensuite, il y a eu un changement d'affectation d'un ensemble de commerces: au lieu de drogueries, ou d'autres commerces plutôt calmes... (Remarque.) ...comme une ferblanterie, on s'est retrouvé avec des restaurants, des bars et toute une vie nocturne...
Des voix. Oh !
M. François Baertschi. ...qui est agréable pour certains, mais qui pose beaucoup de problèmes aux habitants. Je le sais, pour habiter proche de la rue de l'Ecole-de-Médecine; c'est un quartier agréable pour les fêtards, mais qui l'est beaucoup moins pour des gens qui sont là depuis vingt à trente ans. Un début de solution a été apporté, mais il n'est malheureusement pas satisfaisant pour ces habitants qui sont là depuis très longtemps. Or on connaît les difficultés de se loger à Genève: on ne peut pas aller à la campagne pour entendre les petits oiseaux, comme l'a dit ma préopinante, malheureusement. C'est donc toute une logique; je pense qu'il ne faut pas se moquer de ces pétitionnaires, qui ont eu tout à fait raison de lancer cette pétition. S'ils ont d'autres propositions qui nous permettent d'avancer et d'aller dans le sens d'une bonne coexistence entre toutes ces activités qui sont là actuellement et qu'on ne peut pas enlever apparemment - enfin, même les pétitionnaires ne le demandent pas... Je pense qu'il faut quand même penser aux habitants et penser aux résidents de la Ville de Genève, mais aussi des autres communes. Nous avons tous le droit aux meilleures conditions d'habitation. C'est quelque chose d'important et je remercie en tout cas les pétitionnaires d'avoir réalisé ce travail qui n'est pas toujours facile, ainsi que le département et la commune d'y avoir répondu. Il faut trouver des solutions; c'est aussi notre job et nous devons essayer de le faire du mieux que nous pouvons.
Le président. Merci, Monsieur le député. La parole n'est plus demandée; il est pris acte de ce rapport. Mesdames et Messieurs les députés, on nous signale qu'un trousseau de clés a été oublié sur un des portemanteaux dans la salle des Pas-Perdus. C'est sûrement l'un d'entre vous, donc vérifiez vos poches !
Le Grand Conseil prend acte du rapport du Conseil d'Etat sur la pétition 1950.