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«Le Soudan du Sud devrait profiter de la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU sur la peine capitale pour rejoindre le mouvement abolitionniste que l'on observe à travers l'Afrique et dans le reste du monde», a déclaré Audrey Gaughran, directrice du programme Afrique d'Amnesty International.
Le Soudan du Sud continue de recourir à la peine capitale malgré les défaillances du système juridique du pays, largement mises en évidence, qui l'empêchent de préserver les droits fondamentaux des personnes accusées de crimes. Le 28 août 2012, deux hommes ont été pendus dans la prison de Djouba. Plus de 200 prisonniers condamnés à mort sont entravés et entassés dans des cellules sales et exiguës.
La grande majorité des condamnés à mort n'ont pas bénéficié de l'assistance d'un avocat, ce qui a empêché beaucoup d'entre eux de préparer efficacement leur défense ou de faire appel de leur condamnation. Le PIDCP prévoit que lorsque la peine de mort n'est pas abolie, ce châtiment ne doit être prononcé que pour les crimes les plus graves et dans le cadre d'une procédure respectant scrupuleusement les normes internationales d'équité des procès, et appliqué qu'en vertu d'un jugement final rendu par un tribunal compétent.
La coalition d'organisations appelle le gouvernement sud-soudanais à mieux informer le public et à améliorer la transparence au sujet de son recours à la peine de mort, notamment en rendant publics les chiffres concernant les exécutions auxquelles il a procédé et les sentences capitales qui ont été prononcées, et en prévenant les familles en cas d'exécution imminente d'un prisonnier.
«La transparence est d'une importance fondamentale pour l'administration de la justice et pour que les Sud-Soudanais puissent comprendre comment la peine de mort est appliquée dans leur pays, a expliqué Daniel Bekele, directeur de la division Afrique de Human Rights Watch. La peine capitale continuera de représenter un affront pour les droits fondamentaux tant qu'il n'y aura pas de moratoire efficace et tant qu'elle n'aura pas été abolie dans la législation.»
Rejoindre le mouvement abolitionniste en Afrique
Plus des deux tiers des États membres de l'ONU – 137 pays en tout – ont aboli la peine de mort dans leur législation ou dans la pratique. Parmi eux figurent 37 des 54 pays membres de l'Union africaine, soit plus des deux tiers de l'ensemble des pays d'Afrique. Depuis 2000, le Burundi, la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Rwanda, le Sénégal et le Togo ont aboli la peine de mort pour tous les crimes.
«Le fait de priver une personne de son droit à la vie constitue le pire châtiment qui soit et il est irréversible, a souligné Dong Samuel, du barreau sud-soudanais. Le risque d'erreur ou de décision arbitraire est beaucoup trop élevé du fait de l'absence des protections juridiques les plus élémentaires.»