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Les parents de Davy Chou, réalisateur de GOLDEN SLUMBERS, avaient fui le régime khmer rouge (1975-1979). Davy, né plus tard en France (1983), ne connaissait le Cambodge que par leurs récits. C’est ainsi qu’il a appris que son grand-père avait été l’un des producteurs les plus importants de ce pays pendant l’âge d’or d’un cinéma populaire voulu par le prince Norodom Sihanouk, alors roi du Cambodge. En 2008, Davy Chou décide de partir pour Phnom Penh, avec l’intention de récupérer ce qui pouvait rester des 400 films produits entre 1960 et 1975. Mais les Khmers rouges avaient passé par là et détruit systématiquement tout ce qu’ils qualifiaient de «culture bourgeoise». Davy Chou n’a retrouvé que quelques photos, deux ou trois bandes musicales, quelques cassettes VHS fatiguées et une dizaine de témoins survivants…
Avant 1975, il y avait une trentaine de cinémas à Phnom Penh. Aujourd’hui il ne reste que quelques murs, les salles ayant été transformées en marchés, dépôts, habitats misérables ou restaurants karaokés. Le cinéaste interroge les rares rescapés - leurs témoignages sont émouvants - et tente de faire revivre les films disparus. Il croise une ancienne star de l’époque, Dy Saveth, il récolte les photos de tous les artistes victimes de la folie meurtrière des Khmers rouges, il écoute le vieux réalisateur Ly Bun Yim parler des exploits de ses films au box-office et raconter une scène mémorable - pour lui - d’un combat sur fond de soleil couchant…
Un autre réalisateur cambodgien mieux connu, Rithy Panh, a consacré plusieurs longs métrages et d’inestimables documentaires aux quatre années durant lesquelles le Cambodge a subi la folie meurtrière de l’idéologie purificatrice de Pol Pot et Lon Nol. Davy Chou ne va pas aussi loin et tente simplement de redonner vie à un cinéma disparu. Mais comment faire revivre des œuvres détruites? Comment évoquer des films qu’on n’a pas vus? La parole ne peut remplacer l’image, même si la musique (sirupeuse) a parfois survécu, même si l’on peut saisir parfois quelques bribes de l’histoire du cinéma cambodgien - mais la terrible «histoire» du pays pèse tellement lourd!
Le résultat est donc mitigé. Reste pourtant, à travers l’évocation des événements et les souvenirs des témoins, une atmosphère bien sûr, et beaucoup d’émotion.
Antoine Rochat
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