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La fondation Swiss Digital Initiative travaille actuellement sur un label de confiance numérique. "L'objectif de ce label est de donner davantage d'informations et de transparence aux utilisateurs", explique Niniane Paeffgen. Selon elle, un label sera une mesure parmi d'autres "pour inciter les entreprises à être plus transparentes".
"Il faut imaginer la combinaison entre un label, comme BioSuisse, qui définit un service responsable numérique, et une table nutritionnelle, qui indique les ingrédients qu'il y a dans le produit. Par exemple, est-ce que les données sont bien protégées?", détaille-t-elle.
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Si les partenaires privés et institutionnels collaborent avec la Swiss Digital Initiative, fondée en septembre 2019, les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) n'ont pas besoin d'avoir un tel label, selon Niniane Paeffgen, "puisque les gens utilisent quand même leurs applications".
Les choses changent
Toutefois, la directrice de la Swiss Digital Initiative observe un "mouvement" inverse. "Les gens sont de plus en plus sensibilisés à ces questions. Et les grandes entreprises ont aussi besoin de changer. Apple, par exemple, a dû prendre des mesures avec un label qui indique comment les données de ses utilisateurs sont traitées."
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Elle compare ce "changement" sur les questions des nouvelles technologies avec la prise de conscience sur la durabilité, même si elle reconnaît un certain "greenwashing numérique". "Bien sûr, des mesures sont prises par ces entreprises. Mais la confiance doit se mériter. Facebook, par exemple, a autant de valeur parce qu'il a beaucoup d'utilisateurs. Il ne faut pas oublier qu'en tant qu'utilisateur, nous avons un certain pouvoir."
Un "avantage économique"
Récemment dans, Solange Ghernaouti, professeure à HEC Lausanne, experte internationale en cybersécurité et cyberdéfense, a déclaré que "le modèle d'affaires du numérique est basé sur l'exploitation des données, pas sur leur protection, ni sur la sécurité informatique".
Un avis nuancé par Niniane Paeffgen: "Certes, il y a beaucoup de modèles d'affaires qui sont basés pour exploiter ces données, mais je suis sûre que, dans le futur, protéger les données sera un avantage économique. Les entreprises qui arrivent à prendre au sérieux les soucis de leurs utilisateurs vont tirer leur épingle du jeu."
Propos recueillis par David Berger
Adaptation web: Valentin Jordil
La Suisse a des progrès à faire sur le numérique
Pour la directrice de la Swiss Digital Initiative Niniane Paeffgen, la Suisse "n'est pas nulle" en matière numérique, mais elle peut mieux faire. Elle estime que la pandémie de Covid-19 "a bien montré les faiblesses" du pays sur ces questions.
"La Suisse possède d'excellents centres de recherche et d'excellentes universités, mais pour rester compétitifs à l'avenir nous devons changer et nous adapter au monde de demain", estime Niniane Paeffgen. "Jusqu'à présent tout fonctionnait bien en Suisse, mais il faut changer. Car le numérique impact tellement nos vies privées et professionnelles."