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Cette boue remplace la chaux qui est absorbée par les plantes et que les influences climatiques épuisent. Le sous-sol essentiellement granitique de la Forêt Noire ne peut remplacer ces pertes que partiellement. Les sols commencent alors à s'acidifier.
L'année dernière, la centrale nucléaire de Leibstadt avait contacté des agriculteurs de la Forêt-Noire pour leur proposer d'utiliser de l'engrais de chaux; jusqu'alors, elle devait stocker les 10'000 tonnes de ce matériau produites chaque année. La centrale avait garanti que la chaux serait systématiquement contrôlée. En plus de la radioactivité, le laboratoire interne de la centrale contrôle la teneur en potassium, en magnésium, en phosphate et en métaux lourds de la boue de chaux compressée. De plus, l'Office de la protection de l'environnement du Bade-Wurtemberg et le Laboratoire de recherche et d'essai d'Augustenberg procèdent eux aussi à des contrôles tous les trimestres. Ils analysent la teneur en hydrocarbures chlorés, en chaux et la valeur pH de la chaux humide. L'ensemble des résultats est mis à la disposition des agriculteurs.
Pour Wilfried Gühne, de l'Office de l'agriculture de Waldshut, les engrais de chaux sont négligés dans l'agriculture parce qu'ils sont trop chers. Or comme il l'explique, la chaux non seulement améliore la structure des sols, mais laisse aussi pénétrer l'air vers les racines, et la chaux est absorbée par les plantes. Le sol perd chaque année 300 kg de chaux par hectare. Il a donc dû en rajouter par l'apport d'engrais, surtout dans la région de l'Hotzenwald. Wilfried Gühne raconte que des paysans de l'Hotzenwald utilisaient déjà au 19e siècle de la boue du Rhin pour fertiliser leurs champs. Il considère donc que ce que l'on fait maintenant n'est rien de nouveau.
Source
M.E./C.P.