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18/03/2012
A quand le retour de l'école réelle ?
Les Genevois l'ont dit clairement, les écoliers devront se rendre à l'école le mercredi matin dès la rentrée de 2014.
Cette décision souligne qu'il était devenu évident pour une large majorité de la population que l'enseignement primaire genevois, sous l'effet conjugué des théories « pédagogistes », du corporatisme de la profession, du pouvoir de la technocratie et de l'aspiration généralisée à la « société du plaisir », avait dérivé vers la facilité et la médiocrité. Ce premier pas vers le retour à une école primaire plus laborieuse, plus exigeante, orientée davantage vers l'effort que vers l'épanouissement sans contrainte, les retrouvailles avec « l'école de Grand-papa », disent encore certains en toute mauvaise foi, était donc inéluctable.
L'accroissement du nombre d'heures de classes constitue la première étape dans le processus salutaire du retour à la raison. Mais les débats auxquels on a assisté durant la campagne et les déclarations des opposants au changement, savoir une large partie des enseignants, ont montré que les mentalités, au sein du DIP, n'ont pas changé. Les activistes du syndicat de la profession, la SPG, corporatiste en diable, ont mis ce constat en évidence d'une manière caricaturale.
Rien encore ne saurait laisser imaginer, en particulier, que la réforme entérinée par le peuple dimanche dernier annonce le retour du « maître », celui qui était libre de prodiguer son enseignement avec bon sens, selon son cœur autant que conformément à une méthode. Celui qui était nommé à son poste en acquérant simultanément non seulement la mission de transmettre un savoir mais également la liberté d'organiser son travail et de gérer sa classe comme il l'entendait. Celui qui, bien sûr, avait des obligations de résultats mais qui se sentait responsable devant les élèves et leurs parents bien davantage que devant l'autorité. Celui qui consacrait son temps à ses élèves bien plus qu'aux formalités administratives et soi-disant pédagogiques imposées par une hiérarchie surdimensionnée et impuissante à soutenir le travail de l'instituteur, notamment dans ses relations avec les parents.
Rien n'indique encore que nous allons en finir avec l'école abstraite pour en revenir à l'école réelle, celle du maître et de sa classe.
Pierre Kunz