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Comment était Montreux en 1627
1627 est l’année de fondation de l’Abbaye des Echarpes Blanches de Montreux.
Amusant de lire comment l’historien Charles Gilliard décrit, en 1935, notre région: “Dans les arbres de ses vergers, on voyait Clarens, un hameau, quelques maisons le long d’une rue étroite, perpendiculaire au lac. Entre la dernière de celles-ci et le bord de l’eau, une grève, assez large, quelques bateaux tirés sur le sable, un port sans quai ni aménagement quelconque, cela va sans dire. En automne et au printemps, le port de Clarens présentait quelque animation : sur des barques on chargeait des fûts de vin ou de moût ; mais en temps ordinaire, on n’y voyait que quelques pécheurs, quelques lessiveuses, quelques gamins jouant avec l’eau.
Ensuite la vigne couvrait tout, descendant sans interruption jusqu’au lac, dont les vagues battaient le dernier mur de soutènement, montant à l’assaut de la montagne jusqu’à ce qu’elle atteignît presque les bois de fayard du Cubly. La vigne recouvrait aussi les deux rives de la Baye de Montreux, moins dangereuse que sa voisine – la Baye de Clarens – et sur laquelle il y avait quelques usines rustiques, battoir, scie ou moulin. “
Plus loin la vigne s’étendait encore, partout. Puis «à l’endroit où la montagne se rapproche du lac de manière à ne laisser plus qu’un étroit passage», c’étaient les premières maisons d’une agglomération naissante, Veytaux, et la vieille forteresse de Chillon.
Une vaste paroisse, en vérité qui eut un sort divers. Elle fit partie des domaines de l’Abbaye de Saint-Maurice, et appartint, dès la première moitié du XIe siècle, aux évêques de Sion. «Favorisée par la douceur de son climat et la bénignité de son prince», représenté par un vidame, la paroisse de Montreux prospéra autant du moins que le permettait l’insécurité du moment.”
(Extrait de La Conquête du Pays de Vaud par les Bernois, Charles Gilliard 1935)
Eau-forte (un peu fantaisiste…) du Village de Clarens, fin XVIIIe s. par Michel-Vincent Brandoin: “Par Vevay sur le Lac de Geneve, cet endroit est célébré dans l’Héloïse de Rousseau” (collection Madeleine Séchaud)