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Das Ortsbild des Monats Oktober ist eine leicht gekürzte Version der französischsprachigen Aufnahme aus der neuen ISOS-Publikation Bern, Band 1, Jura Bernois et Bienne.
Evolution de l'agglomération
Le site est mentionné pour la première fois en 1178 sous le nom de Cortaibert (ce qui veut dire ferme d'Aibert). Les chapitres de Saint-Imier et Moutier-Grandval possédaient à cette époque des biens à Cortébert. La localité faisait partie de la seigneurie d'Erguël qui, elle, appartenait à la Principauté épiscopale de Bâle. En 1530 la Réformation s'imposa à la paroisse de Corgémont dont Cortébert dépend depuis toujours; en 1902 seulement, le village obtint sa propre église (0.0.26). Après l'effondrement de l'Ancien Régime en 1792 et la domination française, Cortébert fut rattaché - comme tout l'ancien Evêché de Bâle - au canton de Berne.
Jusqu'au début du 19e siècle, Cortébert est resté un petit village agricole. puis l'industrie horlogère marqua de plus en plus le caractère du site. Au début de ce développement industriel, l'horlogerie en tant que travail à domicile apportait un revenu supplémentaire.
L'élargissement de l'ancien chemin de la vallée en route cantonale au milieu du 19e siècle fut la première grande transformation de la structure de l'agglomération. Elle prépara le terrain pour un nouvel axe de développement. Jusqu'à ce qu'elle fut prolongée dans les années 1930-31, la route passait de l'autre côté de la vallée devant «l'auberge de l'Ours», et le trafic en direction de Saint-Imier passait par la partie inférieure du vieux village.
C'est principalement à partir de 1865 que Cortébert connut un essor considérable. L'entreprise Raiguel, Juillard & Cie ouvrit sur la rive gauche de la Suze une des premières fabriques d'horlogerie du Vallon qui devint plus tard Cortébert Watch. L'imposant complexe de fabrication donna naissance au village industriel. Un autre témoin de cet essor fut le collège à quatre étages construit en 1872. Par son extraordinaire hauteur, il dominait le village avant d'être la proie des flammes en 1959.
Lors de la parution de la première carte Siegfried (1871), les deux composantes les plus importantes du site ainsi que l'ensemble les reliant étaient constitués. En 1874 la ligne de chemin de fer à travers le Vallon de Saint-Imier fut inaugurée. Le tracé du chemin de fer passa parallèlement à la Suze entre l'ancien village agricole et le village industriel. Au cours des décennies, un petit quartier de la gare se constitua des deux côtés des rails du chemin de fer.
Depuis l'implantation de l'industrie horlogère, l'accroissement de la population fut constant. Alors que la commune avait, en 1813, 226 habitants, elle en eut 652 en 1870 et 793 en 1900. Au cours du 20e siècle la population resta stable avec de faibles variations. Après la Deuxième Guerre mondiale débuta la construction de maisons unifamiliales; plusieurs quartiers d'habitation se développèrent, le plus important se trouvant sur le coteau sud ensoleillé. Les locatifs à plus de deux étages, témoins de la dernière période faste de l'horlogerie locale, restèrent cependant des exceptions.
En 1962, la maison de renom Cortébert Watch fut reprise par Omega. Cortébert ne devenant qu'un simple département de l'usine biennoise. En 1984, Omega ferma la fabrique de Cortébert; 105 personnes y étaient encore employées à ce moment. En l'an 2000, 714 personnes habitaient la commune. Plus de dix pour cent de celles-ci travaillaient dans l'agriculture; la plupart des personnes exerçaient cependant une activité professionnelle en dehors du village.
Le site actuel
Malgré sa taille modeste, Cortébert présente un site assez complexe, dont la croissance est pourtant bien lisible, d'autant plus que les ensembles construits des différentes phases de développement ont une cohésion spatiale étroite; le vieux village agricole le long du ruisseau (> 1), le village industriel sur l'autre rive de la Suze (> 2), l'ensemble les reliant sur l'ancienne route cantonale (> 0.2) et le quartier de la gare attenant (> 3). Entre les différentes composantes du site bâti, l'espace fluvial de la Suze constitue un joli espace libre qui structure le site ; il est marqué par des jardins, des arbres fruitiers et des prés (> II). En tant qu'environnement naturel du noyau agricole, les prés et les champs de l'Envers entourent sur trois côtés l'ancien site construit (> I).
L'ancien village agricole (> 1) se situe sur la partie inférieure de l'Envers, légèrement en retrait du fond de la vallée, autrefois marécageux. Le noyau s'est développé le long d'un petit ruisseau (1.0.1) qui se jette dans la Suze (0.0.22). Les caractéristiques particulières du site, plus précisément de son noyau, sont sa situation sur le côté ombragé de la pente de la vallée de l'Envers - non typique de la région - et son état de conservation relativement originel.
Les vieilles habitations agricoles, alignées de manière irrégulière les unes derrière les autres, avec leurs formes propres à la région constituent avec les prés, les jardins, les tas de fumier, les arbres, les fontaines et le lit à ciel ouvert du ruisseau un site bâti de très grande qualité. Les chemins d'accès ondoyant entre les maisons offrent des perspectives et des points de vue variés. Entre les fermes se trouvent de petites remises en bois, dont certaines abritent un vieux grenier. Les jardins bien entretenus sont souvent entourés de murets avec des clôtures en fer.
Un réseau étonnamment dense de belles fontaines en pierre de taille valorisent l'espace public de façon significative. Installées à partir de 1860, elles sont constituées de bassins monolithiques en pierre calcaire et de piles en pierre ou en fonte. La majorité des fermes ne sont plus exploitées et ont été passablement transformées, certaines au 19e siècle déjà, suite à l'introduction de l'horlogerie à domicile. Malgré cela, leur âge est encore bien lisible - sans même consulter les dates apposées souvent sur la clé d'arc du portail.
Ces fermes, qui vont de 1624 à 1814, sont coiffées de grands toits en bâtière. Les pignons frontaux présentent des façades maçonnées et en bois, des ouvertures horizontales au niveau de la grange et des baies encadrées de pierre calcaire pour le logis. La maçonnerie crépie, la pierre taillée claire des encadrements de portes et de fenêtres, ainsi que les lambrissages en bois sombre constituent un ensemble de coloris harmonieux et charmant.
Le lien spatial entre le village agricole et le village industriel est créé par une courte rangée de maisons peu espacées à toit en croupe à gouttière côté rue sur l'ancienne route principale (> 0.2). La silhouette marquante des maisons, construites dans une variante campagnarde du néo-classicisme, domine le passage à niveau avec barrière qui se trouve au milieu du village, affirmant la présence du chemin de fer.
L'extension industrielle du village (> 2), sur la rive gauche de la Suze, une structure linéaire le long de la route cantonale, exhibe deux anciennes usines, des immeubles d'habitation pour les ouvriers et cinq fermes. Presque toutes les constructions datent du 19e siècle, exceptés les bâtiments plus récents de l'ancienne fabrique de boîtes de montres (2.0.12), de la salle de gymnastique (2.0.11) et celui de l'immeuble locatif au carrefour central - dont l'aspect massif est gênant (2.1.14).
L'homogénéité des constructions confère au périmètre une morphologie propre à son époque, malgré la grande diversité d'utilisation. La juxtaposition de la fabrique, des habitations pour les ouvriers et de la villa patronale est d'une grande valeur historico-culturelle.
Les jardins sur rue, avec leurs clôtures en fer forgé, ont également une fonction unificatrice, et leur sauvegarde est impérative. Parmi les éléments individuels d'une valeur particulière figurent «l'Hôtel de l'Ours» au point culminant de l'ancienne route cantonale (2.0.7), l'ancienne usine de Cortébert Watch sur la Suze (2.0.9) et l'élégante villa patronale dans un parc paysager qui surplombe l'usine (2.1.13). «L'Ours» présente les caractéristiques typiques pour une auberge de campagne du milieu du 19e siècle: situation marquante, grand volume, façade frontale représentative avec de nombreuses fenêtres, toit en croupe etc.: le petit complexe d'usine de la fabrique d'horlogerie Cortébert Watch, inaugurée en 1865 et agrandi plus tard, est composé d'une aile principale à trois étages avec 22 axes de fenêtres à l'origine et quelques-unes plus récentes, d'une aile à deux étages avec 11 axes de fenêtre, ainsi que d'une passerelle fermée qui relie les deux ailes entre elles. A part les balcons en métal, la transformation en lofts n'a guère changé l'aspect extérieur de la fabrique.
La rangée de maisons (> 2.1) au nord de la route cantonale a particulièrement bien gardé son caractère d'origine. Une imposante ferme double, datée de 1823, et une ferme de 1849, parée d'un perron, constituent le noyau de l'ensemble. Elle se prolonge par une rangée serrée de maisons d'habitation pour les ouvriers. Malgré leur variété architecturale, l'alignement des maisons le long de l'axe de transit droit, pourvu en partie de trottoirs, est extraordinairement homogène. A l'extrémité est se trouve un bâtiment d'une haute valeur: un bloc locatif (2.1.15), typique pour la construction de logements ouvriers de la fin du 19e siècle, qui faisait partie de la fabrique d'horlogerie.
Le quartier de la gare (> 3) est le moins dense des trois périmètres. Au nord de la ligne de chemin de fer s'alignent sept maisons d'habitation du premier tiers du 20e siècle, avec des caractéristiques stylistiques de l'historisme tardif et du Heimatstil. Et au-dessus du modeste bâtiment de la gare se trouvent plusieurs bâtiments individuels postérieurs à l'époque de la construction du chemin de fer, entre autres le Café de la Gare et la fromagerie.
Nous recommandons
Nous qualifions
** Qualités de la situation
*** Qualités spatiales
**/ Qualités historico-architecturales
Les qualités de situation évidentes tiennent aux environnements relativement libres de constructions autour de la partie concentrée et agricole du village, qui assurent une vue libre sur le noyau du village, ses fermes implantées de façon irrégulière et les larges toits jurassiens et qui constituent un lien intact entre le village et les espaces cultivés. De tous les villages du Vallon, Cortébert est celui qui présente, aujourd'hui encore, le plus nettement l'ancienne orientation en travers de la vallée.
Les qualités spatiales prépondérantes sont dues à la définition claire des composantes individuelles du site, aux éléments qui les relient et aux espaces agricoles sur rue, intacts dans la partie la plus ancienne du village. L'espace de la rue principale du village industriel, dont le tracé est tangent à l'ancien noyau du village, possède une grande compacité; les jardins bien entretenus devant les maisons augmentent le charme spatial.
Les qualités historico-architecturales prépondérantes viennent du fait que l'histoire du site ressort clairement de sa structure, grâce à la juxtaposition du contexte agricole et industriel et grâce aux nombreux bâtiments individuels de grande valeur au plan architectural, typologique ou historico-culturel: fermes aux formes typiques pour la région, usine sur la Suze, villa patronale dans le parc, cité ouvrière à la sortie du village, etc.
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