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Prison à vie pour le prévenu de l'homicide de Cheyres en 2017
ATS/Lib
Le Tribunal pénal de l'arrondissement de la Broye a condamné mercredi à la prison à vie le prévenu de l'homicide d'une femme de 19 ans en 2017 à Cheyres.
Le verdict, prononcé mercredi par la présidente du tribunal Sonia Bulliard Grosset, a retenu l'assassinat. Il comprend la préméditation et la commission d'actes sexuels sur la victime, comme en témoigne "l'envie de concrétiser" sur la base des échanges de messages antérieurs. "Le rendez-vous était un piège", a-t-elle dit.
La manière d'agir avec la victime apparaît particulièrement odieuse, a noté la présidente. "Vous l'avez frappée par-derrière, ligotée, trainée sur la plage, soumise à des sévices, puis laissée mourir d'hypothermie". Le jugement ne relève aucun scrupule, "un acte de sang-froid et l'absence d'égard envers la personne de la jeune femme".
"La culpabilité est très lourde", a ajouté Sonia Bulliard Grosset, même si le mobile n'a pu être établi avec certitude. "Le jeune âge du coupable n'est pas considéré comme une circonstance atténuante", a-t-elle précisé. "Votre comportement démontre le mépris le plus total et vous avez fait preuve de l'égoïsme le plus total."
Ni remords ni dégoût
La présidente a déploré l'absence complète de sentiment de remords sincère envers la famille ou de dégoût. "Votre capacité pénale était complète", a-t-elle relevé, eu égard au fait que le prévenu avait un travail, une intégration sociale, facteurs qui se voyaient notamment au travers d'une propension "à faire la fête".
Le procureur général adjoint Raphaël Bourquin avait requis lundi lors du procès la peine privative de liberté à vie, en dénonçant en particulier un "acte inhumain". L'avocat de la famille avait appuyé le plaidoyer. Quant au défenseur de l'accusé, il avait demandé une peine moins sévère, en affirmant que le crime n'était pas prémédité.
Ce dernier a réagi à chaud en notant que son client allait déposer un recours pour contester les qualifications de la condamnation et la quotité de la peine. L'avocat estime que la peine devrait être comprise entre 10 et 15 ans.
Le procès de l'accusé, qui a avoué les faits à son arrestation le 19 janvier 2018, s'est tenu devant le Tribunal pénal de l'arrondissement de la Broye, déplacé à Granges-Paccot, Covid oblige. L'individu a attiré son amie d'enfance dans un guet-apens dans la nuit du 22 novembre 2017 au bord du lac de Neuchâtel.