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Le passeport biologique de l'athlète - ABP
Le passeport biologique de l'athlète (ABP) est un dossier électronique individuel propre à chaque coureur, dans lequel sont réunis les résultats de tous les contrôles antidopage réalisés dans le cadre de ce programme sur une période donnée.
Le passeport de chaque coureur contient les résultats des contrôles urinaires et sanguins individuels réalisés, un profil hématologique établi sur la base des paramètres hématologiques analysés dans une série d'échantillons de sang et un profil longitudinal stéroïdien constitué des résultats combinés des niveaux de stéroïdes dans une série d'échantillons d'urine. En suivant ces paramètres de façon constante tout au long de la carrière d'un coureur, il est possible d'établir son profil hématologique/stéroïdien afin de déterminer ses valeurs « normales » et de mieux faire apparaître d'éventuelles variations.
Il s'agit là d'une méthode « indirecte » de détection du dopage. Toute variation significative par rapport aux niveaux « normaux » d'un athlète est susceptible d'être étudiée pour déceler de possibles manipulations. Cette méthode « indirecte » de détection complète la méthode de détection « directe » consistant à chercher des traces de substances ou de méthodes prohibées dans des échantillons individuels.
Questions/réponses (Mise à jour: 31-07-2014)
Qu’est-ce que le passeport biologique de l’athlète ?
Le passeport biologique de l’athlète (ABP) est un dossier électronique individuel propre à chaque coureur, dans lequel sont compilés les résultats de tous les tests antidopage réalisés dans le cadre de ce programme sur une période donnée. Le passeport de chaque coureur contient :
- les résultats des tests urinaires individuels,
- les résultats des tests sanguins individuels,
- un profil hématologique établi sur la base des résultats de l’analyse des paramètres hématologiques d’une série d’échantillons sanguins,
- un profil stéroïdien comprenant le niveau de stéroïdes dans une série d’échantillons urinaires.
Quand l’ABP a-t-il fait son apparition dans le cyclisme ?
Le cyclisme a été en janvier 2008 l’un des premiers sports à avoir décidé d’utiliser le passeport biologique de l’athlète.
Qui gère le programme ABP dans le cyclisme et combien cela coûte-t-il ?
La gestion du programme ABP est assurée par la Fondation Antidopage du Cyclisme (CADF), un organisme indépendant mandaté par l’Union Cycliste Internationale (UCI) pour mener à bien le programme de contrôle antidopage dans le cyclisme.
En 2013, le budget total de la CADF s’établissait à 6,6 millions de francs suisses. La plus grande partie de cette somme était directement ou indirectement liée au programme ABP.
Les coûts de ce programme sont supportés par toutes les parties impliquées dans la CADF, notamment les UCI ProTeams, les Equipes Continentales Professionnelles UCI, l’UCI, les organisateurs et les coureurs.
Quels coureurs possèdent un ABP ?
Les coureurs suivants participent au programme du passeport biologique de l’athlète :
- tous les cyclistes membres d’une UCI ProTeam,
- tous les cyclistes membres d’une Equipes Continentales Professionnelles UCI,
- d’autres coureurs de toutes les disciplines sur décision de la CADF, athlètes souhaitant s’attaquer au Record de l’Heure inclus.
Quels contrôles sont menés dans le cadre du programme du passeport biologique de l’athlète ?
Les coureurs inclus dans le programme du passeport biologique de l’athlète sont soumis aux contrôles suivants :
- des tests sanguins menés en compétition, durant la période précédant les épreuves et hors compétition, afin d’établir un profil hématologique,
- des tests d’urine menés en compétition, durant pa période précédant les épreuves et hors compétition, afin d’établir un profil stéroïdien.
Quand les échantillons sont-ils collectés ?
Les échantillons de sang et d’urine peuvent être collectés pendant une course, durant les périodes de préparation/d’entraînement ou encore lors de l’intersaison. Les coureurs peuvent donc être amenés à fournir des échantillons de sang ou d’urine à tout moment de l’année où qu’ils se trouvent.
Tous les échantillons sont collectés par des Agents de Contrôle du Dopage (ACD) agréés mandatés par la CADF (y compris les Agences de Collecte d’Echantillons) et les Organisations Nationales Antidopage (ONAD). Des Agents de Collecte Sanguine disposant des qualifications requises reconnus par la CADF ou l’ONAD concernée seront désignés en cas de collecte d’échantillons sanguins.
Qu’est-ce qu’un profil hématologique ?
Le profil hématologique consiste en une série de tests concernant chaque cycliste, rassemblés en un profil permettant de cerner les limites de chaque individu. Chaque échantillon est comparé avec les niveaux hématologiques « normaux » du coureur. Tout écart significatif pourra faire l’objet d’investigations, qui pourront indiquer des manipulations sanguines.
Le module hématologique de l’ABP fait partie depuis 2008 du programme antidopage de l’UCI.
Cette approche repose sur le principe de la détection « indirecte ». Les experts scientifiques ne seront pas en mesure de « voir » une substance interdite dans un échantillon. En revanche, ils pourront comparer les paramètres de ce nouvel échantillon avec ceux mesurés dans les échantillons précédents. Les écarts peuvent ainsi révéler de possibles manipulations. Il est impossible pour un coureur de maintenir un profil cohérent s’il fait l’objet de manipulations sanguines pour améliorer ses performances et/ou échapper aux contrôles antidopage.
Comment les échantillons de sang sont-ils collectés pour l’analyse du profil hématologique ?
Cette procédure est décrite dans les Lignes directrices opérationnelles pour le passeport biologique de l’athlète de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA). La première version de ce document a été approuvée par le Comité Exécutif de l’AMA lors de la réunion du 1er décembre 2009 à Stockholm. La CADF et l’UCI ont participé à la rédaction et à la finalisation de ces Lignes directrices, le cyclisme ayant été le premier sport à faire usage du passeport biologique.
Cliquez ici pour télécharger la dernière version des Lignes directrices.
Les échantillons sanguins sont analysés et les résultats sont étudiés en trois temps, selon la procédure suivante :
- Chaque échantillon est analysé par un laboratoire accrédité ou agréé par l’AMA également capable de mener des analyses sanguines dans le cadre du module hématologique de l’APB. La liste de ces laboratoires est disponible sur le site Internet de l’AMA. Les laboratoires accrédités par l’AMA sont tenus de charger les résultats biologiques dans ADAMS (Système d’administration et de gestion antidopage).
- Le Modèle Adaptatif, un modèle mathématique conçu pour détecter les déviances dans les résultats à long terme des athlètes, met à jour le passeport de l’athlète et calcule la probabilité d’une anomalie dans le profil, sous réserve d’une condition physiologique normale de l’individu.
- Un résultat d’analyse atypique du passeport (ATPF) est un rapport généré par le Modèle Adaptatif qui signale soit un unique résultat hors-norme, soit une série atypique de résultats , excédant les limites individuelles du coureur. Un ATPF est systématique suivi d’une enquête ou d’analyses complémentaires.
En cas d’ATPF généré par le module hématologique du Modèle Adaptatif, le profil du coureur est tout d’abord transmis par l’Unité de Gestion du Passeport de l’Athlète indépendante (APMU) de Lausanne à un expert indépendant. Cet expert doit être compétent en hématologie clinique, en médecine sportive et/ou en physiologie de l’exercice. Il lui revient d’étudier le profil du coureur et de faire part de ses conclusions à l’APMU, qui peut, le cas échéant, engager d’autres actions.
En cas d’ATPF généré par le module stéroïdien du Modèle Adaptatif pour un résultat rendu par un laboratoire, l’échantillon incriminé fera l’objet d’analyses complémentaires (par exemple, une analyse IRMS).
Toutes les données de l’APB gérées par le module hématologique sont traitées par ADAMS et font donc l’objet d’une surveillance constante par l’AMA. Cela permet de garantir le respect des normes établies par l’AMA, une confidentialité stricte et transparence.
Le profil hématologique peut-il être utilisé pour l’instruction d’un cas de dopage ?
Oui. Le profil hématologique ouvre de nouvelles portes pour démasquer les cyclistes qui choisiraient de manipuler leur sang pour améliorer illégalement leurs performances.
L’évaluation scientifique du profil d’un cycliste applique les mêmes principes que la médecine légale pour déterminer la culpabilité ou l’innocence d’un individu. Si le Panel d’Experts estime, compte tenu des informations figurant dans le passeport de l’athlète, qu’il y a de grandes chances pour qu’une substance ou une méthode prohibée ait été utilisée et qu’il est hautement improbable que le résultat résulte d’une autre cause, l’APMU rapporte un résultat d’analyse anormal du passeport à la CADF et en informe l’AMA. L’UCI demande alors au cycliste de présenter sa version des faits, avant d’éventuellement engager une procédure disciplinaire pour possible violation du Règlement Antidopage.
Si le Panel d’Experts scientifiques n’est pas convaincu par les explications du coureur ou si ce dernier n’est pas en mesure de fournir une explication, l’UCI engagera contre lui une procédure disciplinaire pour violation avérée du Règlement Antidopage. Une fois que l’UCI aura reçu la confirmation que le cycliste a bien été informé de la procédure dont il fait l’objet, son équipe, la Fédération Nationale et l’ONAD concernées seront également informées.
Qu’est-ce qu’un profil stéroïdien longitudinal ?
Le développement d’un profil stéroïdien longitudinal suit les mêmes principes qu’un profil hématologique, mais ici, c’est l’urine qui sert de base à l’analyse.
Les échantillons d’urine sont recueillis auprès des coureurs et analysés selon les procédures classiques. En plus de la recherche de l’ensemble des substances prohibées, les laboratoires accrédités par l’AMA ont l’obligation de charger les valeurs stéroïdiennes dans ADAMS depuis le 1er janvier 2014.
Dès qu’un nombre suffisant de valeurs stéroïdiennes figure dans ADAMS, le Modèle Adaptatif s’applique pour déterminer d’éventuelles variations dans le profil longitudinal suite à l’utilisation de stéroïdes endogènes (produits naturellement) comme la testostérone et/ou ses précurseurs.
Le module stéroïdien a également été intégré dans ADAMS depuis le 1er janvier 2014. Toutes les données de l’ABP dans le module stéroïdien sont gérées via ADAMS et font donc l’objet d’une surveillance constante de la part de l’AMA. Cela permet de garantir le respect des normes établies par l’AMA, une confidentialité stricte et transparence.
Quelle est l’importance des informations sur la localisation ?
La délivrance d’informations précises et actualisées sur la localisation de l’athlète constitue la clé de voûte du succès de ce programme. Des tests inopinés de grande qualité ne peuvent être menés à tout moment qu’à condition se savoir où se trouve le coureur.
Les coureurs concernés par le programme ABP ont la responsabilité, à titre individuel, de fournir tous les trois mois des informations précises sur leur localisation quotidienne. Ils doivent par ailleurs informer la CADF de toute modification en temps utile.
Les coureurs utilisent ADAMS ou le système fourni par leur ONAD pour transmettre ces informations.
Toutes les équipes qui participent au programme ABP utilisent également ADAMS pour indiquer le calendrier de leurs courses. ADAMS est une base de données mondiale gérée par l’AMA, qui assure la confidentialité des informations fournies par les coureurs tout en évitant que le même travail ne soit fait plusieurs fois.
Le passeport biologique de l’UCI est-il une réussite ?
Oui. Le passeport biologique constitue une formidable avancée. Il s’inscrit dans le cadre des efforts entrepris pour éradiquer le dopage du cyclisme.
L’UCI a été la première Fédération sportive Internationale à introduire le passeport biologique, dès 2008, et la première Fédération à sanctionner des coureurs suite à des procédures antidopage basées exclusivement sur des preuves fournies par le passeport biologique. Le passeport biologique représente un tournant décisif dans la lutte contre le dopage :
- Pour la première fois, des preuves indirectes de l’utilisation de substances ou de méthodes dopantes ont été acceptées comme preuves de dopage, permettant ainsi de sanctionner des cyclistes alors même que l’on ne disposait pour eux d’aucun échantillon positif ;
- Le passeport biologique présente également l’avantage de permettre de mieux cibler les contrôles (le concept de « test intelligent »). Les coureurs qui présentent des profils anormaux font l’objet d’une surveillance accrue.