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Cochons
Le cochon domestique européen tout rose est certainement le plus connu parmi ses nombreux cousins. Doté d'un groin lui conférant un excellent odorat, comparable à celui du chien, il a été domestiqué il y a 9000 ans. De son ancêtre sauvage, il a conservé la curiosité et l'intelligence ainsi que le régime alimentaire omnivore.
Faits et données intéressantes
Portrait
- Le cochon domestique descend du sanglier sauvage.
- Le cochon femelle est appelé truie, le cochon mâle verrat et le jeune cochon porcelet.
- Les cochons ont une espérance de vie naturelle de 12 à 15 ans. Ils peuvent même vivre jusqu'à 20 ans lorsqu'ils sont élevés par l'homme.
- Poids : 300-350 kg (verrat) resp. 250-280 kg (truie)
Particularités
- Les cochons sont des créatures très intelligentes et sensibles.
- Les cochons réagissent à l'appel de leur nom.
- Les porcs d'un éleveur danois ont utilisé un joystick pour contrôler la ventilation et la température dans la grange elle-même.
- Les cochons se reconnaissent dans le miroir et ont une sorte de conscience d'eux-mêmes.
- L'odorat du cochon est mieux développé que celui du chien.
- Le cochon a aussi une très bonne ouïe.
- Les cochons sont des êtres empathiques.
- Les cochons sont très sensibles et savent ce qui les attend lorsqu'ils arrivent à l'abattoir.
- Les cochons ne peuvent pas transpirer. Il est donc très important pour eux d'avoir accès à des endroits ombragés et de pouvoir se rouler dans la boue pour se rafraîchir.
- Les cochons connaissent très bien leurs petits et prennent soin d'eux avec amour.
- Chaque année, près de 2 millions de porcs sont élevés, engraissés et abattus en Suisse.
Besoins vitaux
Bouger
À l'air libre ou en porcherie, les cochons ne cessent de fouiller le sol de leur groin à la recherche de tubercules, de vers et de racines entre autres. Ils ont une prédilection pour les glands, les châtaignes, les pommes et les courges. Or, dans les élevages industriels, ils n'ont pas la possibilité de s'adonner à cette activité. En l'absence de litière à base de paille ou de sciure, ils sont en outre contraints de vivre dans leurs propres excréments et d'en supporter la puanteur. C'est une véritable torture pour un animal à l'odorat aussi développé et la cause de nombreuses maladies respiratoires et affections pulmonaires.
Repos
Les cochons se sentent mieux lorsqu'ils peuvent se mettre sur le flanc et étendre leurs membres. S'ils dorment en position couchée ou dans une mangeoire, c'est un signe qu'ils ont froid. Ils recherchent habituellement le contact corporel lorsqu'ils s'allongent, à moins qu'il ne fasse très chaud.
Nourriture
Les cochons sont omnivores, c'est-à-dire qu'ils mangent aussi bien des légumes que des aliments d'origine animale. Ils fouillent constamment le sol avec leur groin à la recherche de nourriture comme des tubercules, des vers, des racines ou d'autres choses. Ils ont une préférence pour les glands, les châtaignes, les pommes et les citrouilles. Dans la nature, ils adaptent leur nourriture à la saison. Ils ont également un très bon sens de l'odorat pour détecter la présence éventuelle de nourriture dans le sol. Les porcs passent de loin la plus grande partie de leur temps d'activité total à chercher de la nourriture à l'extérieur. Pendant la recherche de nourriture, ils changent sans cesse de lieu et de type de nourriture.
Reproduction
La femelle est sexuellement mature environ à neuf mois et met au monde 10-12 porcelets après 4 mois de gestation. Une truie peut avoir deux portées par an et est donc très fertile. Dans les élevages industriels, les truies sont donc constamment en gestation et doivent passer leur vie dans de minuscules compartiments avant d'être finalement abattues. Dans des conditions naturelles, la truie s'éloigne de son groupe quelques jours avant la mise bas pour construire un nid. Le nid a plusieurs fonctions. Il emmagasine la chaleur, protège contre les prédateurs, renforce l'attachement des porcelets à leur mère et leur permet de retrouver plus facilement le trayon. Les porcelets quittent le nid protecteur avec leur mère après une à trois semaines. Dès le début, un certain ordre de succion s'établit entre les petits, qui tètent toujours le même trayon.
Rapports sociaux
Les cochons sont des animaux très sociables. Ils vivent dans des groupes matriarcaux pouvant compter jusqu'à 20 individus. Les verrats, les mâles, sont solitaires et se joignent aux femelles pendant la saison des amours. La coexistence des cochons est régie par un ordre hiérarchique durable et relativement stable. Dans l'élevage industriel cependant, il s'agit souvent de regroupements, de sorte qu'aucune hiérarchie ne peut s'établir, ce qui donne lieu à de fréquentes luttes de pouvoir.
Formes de détention
L'article 7 de l'ordonnance sur la protection des animaux (OPAn) n'est pas respecté. Cet article stipule que les enclos doivent être construits de telle sorte que le risque de blessure pour les animaux soit faible et que leur santé ne soit pas compromise. En outre, les compartiments doivent être construits de telle sorte que les animaux puissent adopter les comportements propres à leur espèce.
Porcs d'élevage
Les porcs d'engraissement sont principalement détenus en élevages intensifs, également appelés élevages industriels. C'est souvent une étable sans paille ni lumière du jour. En vertu de l'ordonnance sur la protection des animaux, les animaux doivent toutefois avoir la possibilité, à tout moment, de s'occuper avec de la paille, du fourrage grossier ou d'autres matières équivalentes. En réalité, les animaux n'ont pour la plupart pas accès à un espace extérieur et doivent se tenir debout sur des planchers en béton sales ou en caillebotis intégral à travers lesquels les excréments et l'urine tombent dans des conteneurs de collecte. Ces conditions de sol extrêmement mauvaises entraînent des blessures et des boiteries. En Suisse, les caillebotis devaient être transformés avant le 31 août 2018 : un tiers entièrement sur caillebotis et deux tiers de surface pleine. De telles conditions de détention restent toutefois contraires aux besoins de l'espèce.
Habituellement, les cochons aiment bouger, creuser le sol avec leur groin toute la journée ou se rouler dans des flaques d'eau. L'aménagement des étables est donc tout sauf approprié à l'espèce et les porcs ne peuvent pas satisfaire leurs besoins de base. Les animaux ont très peu d'espace : un porc pesant entre 85 et 110 kg dispose, selon la loi suisse, d'une surface d'à peine 0,9 m². L'espace limité augmente également le risque de maladies. La maladie des voies respiratoires est favorisée par les planchers en caillebottis intégral. En effet, les porcs sont constamment exposés à des gaz nocifs tels que l'ammoniac. L'absence de litière, l'engraissement des porcs et le stress auquel les animaux sont exposés entraînent de plus en plus la formation d'ulcères d'estomac. L'administration d'antibiotiques est courante afin de contrer tous ces problèmes.
L'objectif de l'élevage porcin est de faire en sorte que les animaux constituent le plus de viande musculaire possible en un minimum de temps. Grâce à un élevage performant, à une alimentation riche en calories et pratiquement aucune possibilité de mouvement, les animaux atteignent leur poids d'abattage en six mois. Dans des conditions naturelles, un cochon n'atteint ce poids qu'après trois à quatre ans. Le fait que les animaux prennent un poids extrême en si peu de temps entraîne souvent une surcharge de l'appareil locomoteur et des problèmes cardiovasculaires.
Truies
L'objectif de l'agriculture industrielle, au détriment des truies reproductrices, est de produire le plus de porcelets possible pour l'industrie de la viande dans un délai aussi court que possible. Les truies donnent naissance à environ 20-24 porcelets par an. C'est une charge énorme pour leur organisme, c'est pourquoi elles meurent après 3-4 ans d'insuffisance cardiaque ou de prolapsus rectal ou utérin. À défaut, elles sont vouées à l'abattage.
Pour permettre la mise bas d'autant de porcelets par an, les truies sont inséminées artificiellement et reçoivent des préparations hormonales. La loi stipule que les personnes qui inséminent dans leur propre troupeau doivent avoir un certificat de compétence en tant qu'inséminateur. Les truies d'élevage vivent en alternance dans des enclos individuels et collectifs. Mais elles vivent la moitié de l'année dans un compartiment individuel. Tout d'abord, les truies doivent être fertilisées. Pour cela, elles sont maintenues pendant environ cinq semaines dans une logette sur sol dur dans lesquelles elles ne peuvent pas bouger. Les grosses truies n'ont même pas l'espace nécessaire pour se coucher sur le flanc et s'étirer complètement.
Comme déjà mentionné, certaines hormones sont administrées aux animaux, pour éviter d'avoir à attendre le cycle naturel. En outre, les truies sont toujours inséminées artificiellement. Si la fécondation a réussi, les truies sont placées dans une étable d'attente et maintenues dans un groupe. Cependant, l'espace y est restreint, ce qui engendre des luttes de pouvoir et des blessures. Une semaine avant la mise bas, on remet les truies dans un enclos individuel. Dans la forme la plus courante, la truie est partiellement maintenue immobile dans un cadre métallique sur un plancher en dur. Souvent, toutes les truies reproductrices se voient injecter des hormones en même temps pour qu'elles mettent bas simultanément. La truie-mère est séparée des porcelets afin d'éviter qu'elle ne les écrase. En milieu natuel, la truie-mère procède à un certain nombre de préparatifs avant la mise bas, comme la construction d'un nid. En condition d'élevage, ce comportement est inhibé. Même après la mise bas, la mère ne peut entrer en contact avec ses petits qu'à travers des barreaux. Les porcelets ne peuvent rester avec leur mère que pendant 21 à 28 jours alors que l'allaitement dure jusqu'à 4 mois dans la nature. Les truies d'élevage n'ont que très peu l'occasion d'adopter un comportement naturel.
Depuis le 1er juillet 2007, les truies en Suisse ne peuvent plus être confinées pendant plusieurs jours et il doit être possible d'ouvrir les compartiments de stabulation sur le côté.Les stabulations ne peuvent être utilisées que pendant un maximum de 10 jours pendant la période d'accouplement. En outre, les truies doivent pouvoir disposer de paille ou d'un autre matériau approprié pour la nidification. La truie doit également pouvoir se retourner librement. Thomas Giger, ancien vétérinaire cantonal de Saint-Gall, a constaté qu'environ 50% des éleveurs ne donnaient pas ou pas assez de paille aux truies. En outre, la loi permet d'immobiliser la truie dans certains cas pendant la mise bas.Des dérogations sont donc encore une fois prononcées.
Porcelets
La taille des portées a beaucoup augmenté ces derniers temps, du fait de l'élevage intensif et de l'utilisation des hormones. Cela n'est pas sans conséquence pour les porcelets : nombre d'entre eux souffrent d'insuffisance pondérale et sont moins résistants. Les chances de survie des porcelets diminuent et la plupart du temps, pour des raisons économiques, il ne vaut donc pas la peine d'en prendre particulièrement soin. Le nombre de porcelets surnuméraires augmente aussi, la truie mère ayant trop peu de trayons pour une portée d'une telle taille. Comme les porcelets établissent une hiérarchie dès leur plus jeune âge et que chacun d'entre eux a son propre trayon, les porcelets surnuméraires devraient être nourris par une autre truie-mère, ce qui entraîne des dépenses supplémentaires. Les porcelets en surnombre sont donc fréquemment tués. Les canines des porcelets nouveau-nés sont généralement limées et les mâles souvent castrés sans anesthésie. En Suisse, la castration sans anesthésie des porcelets mâles est interdite depuis 2010.
Exploitation
Viande : étourdissement et abattage
Avant d'être abattus pour notre consommation, les porcs sont arrachés à leur enclos et chargés dans des camions. Le trajet vers l'abattoir est un stress énorme pour l'animal : proximité, chaleur, froid, manque d'espace et soif. Souvent abattus dès l'âge de cinq mois, les porcs ne peuvent même pas terminer leur première année de vie. L'élevage industriel cherche pour l'essentiel à produire le maximum de viande le plus rapidement et le moins cher possible. Ainsi, un porc qui pèse environ un kilo à la naissance, par exemple, pèsera environ 100 kg à l'abattage.
Cette prise de poids rapide n'est pas naturelle et entraîne également des problèmes de santé tels que des problèmes articulaires.
En Allemagne, environ 40 millions de porcs sont étourdis chaque année avec du dioxyde de carbone avant d'être abattus. Plusieurs porcs peuvent être étourdis en même temps. Les animaux sont transportés dans une nacelle dans une fosse remplie d'une forte concentration de CO2. Cela devrait rendre les porcs inconscients, mais l'effet du gaz est retardé. 10 à 30 secondes terribles s'écoulent jusqu'à ce que les animaux soient enfin vraiment étourdis. Les animaux peinent à respirer et étouffent douloureusement et lentement. Ils paniquent, hyperventilent, crient et essaient de s'échapper. De plus, il arrive fréquemment qu'un porc se réveille et soit traîné pleinement conscient à travers un bassin d'eau chauffée à 60 degrés censé faire tomber les poils de l'animal abattu. En Suisse aussi, la loi autorise l'étourdissement des porcs avec du gaz carbonique.
Recherche biomédicale
La physiologie des porcs est similaire à celle des humains, c'est pourquoi les cochons sont également utilisés comme animaux de laboratoire. De nombreux organes, comme le cœur et le cerveau des cochons, ont une forme et une taille semblables à celles des humains.
Des expériences de transplantation sont par exemple en cours dans le cadre desquelles on tente de transplanter des organes du cochon à l'humain afin de palier le manque d'organes. Les porcs sont également génétiquement modifiés afin que le corps humain tolère mieux les organes. Les chercheurs ont réussi à créer des chimères formées d'humains et de cochons. Ce sont des organismes composés de cellules génétiquement différentes. Dans ce cas, la chimère contient des cellules d'humains et de cochons. Certaines cochons ont été génétiquement modifiées pour que le diabète puisse être mieux étudié. Les cochons ayant un métabolisme comparable à celui de l'humain pour ce qui concerne le sucre, de nouveaux médicaments contre le diabète sont testés sur les cochons génétiquement modifiés. Jusqu'aux années 90, les cochons étaient également utilisés comme mannequins vivants lors d'essai de choc dans l'industrie automobile. Et il y a quelques années, 29 cochons anesthésiés ont été enterrés sous la neige pour savoir en combien de temps les victimes d'avalanches succombent. La série de tests a dû être interrompue en raison d'une grande vague de protestations..De facto, les porcs sont utilisés pour plusieurs types d'expériences, au terme desquelles ils sont en général tués sous anesthésie parce qu'il ne serait pas raisonnable de les garder en vie. Mais cela ne justifie pas les expériences qui sont menées sur eux, ni l'issue fatale par abattage.
Troubles du comportement social
L' article 3 de l'ordonnance sur la protection des animaux (OPAn) selon lequel les animaux doivent être détenus et traités de manière à ce que leurs fonctions corporelles et leur comportement ne soient pas gênés est gravement violé.
Morsures de la queue
Ce trouble du comportement pousse les porcs à se mordre mutuellement la queue jusqu'au sans. Différentes causes peuvent en être à l'origine. La trop grande proximité, le manque d'aération, la température, les possibilités d'occupation, l'apparition de parasites ainsi que l'alimentation sont déterminants pour cela. Souvent, cependant, c'est aussi un signe d'ennui extrême et de confinement chez ces animaux très intelligents. Les morsures peuvent entraîner des infections, qui peuvent également migrer dans le sang et les flux lymphatiques, souvent dans le canal rachidien. Peuvent s'ensuivre des abcès ou une paralysie de la colonne vertébrale. Les cochons sont, comme nous l'avons déjà mentionné, des animaux très intelligents et sociaux, mais les conditions de détention insupportables les poussent à se mordiller les uns les autres, une pratique parfois appelée cannibalisme. Au lieu d'améliorer les conditions de vie des animaux les éleveurs pensent résoudre le problème en leur coupant la queue.
Morsures des flancs
Le terme morsure des flancs est trompeur parce qu'il ne s'agit pas d'une morsure, mais plutôt d'un massage de la zone du flanc d'un congénère. Ce comportement se produit lorsque les porcelets sont séparés trop tôt de leur mère et que leur réflexe de succion n'a pas encore complètement disparu. Les jeunes animaux conservent alors cette habitude pendant plusieurs mois. Les animaux ainsi « massés» ne se défendent généralement pas jusqu'à ce que leur peau soit trop irritée. Ce trouble peut être évité si la truie peut rester suffisamment longtemps auprès de ses petits. Après la séparation de la mère et du petit, l'alimentation et l'approvisionnement en eau des porcelets sont déterminants pour ce qui est de l'apparition de ce trouble du comportement.
Morsures de l'oreille
Les morsures de l'oreille ne sont en règle générale pas le signe d'un trouble du comportement, mais plutôt de troubles circulatoires des vaisseaux sanguins. En présence de tels troubles circulatoires, le tissu meurt, ce qui provoque des démangeaisons. Les animaux aiment alors se faire grignoter les oreilles. L'origine en est souvent une infection.
Mordillage des barreaux
Les mauvaises conditions de détention et le manque de divertissement conduisent les porcs à mordre les barreaux. Il s'agit d'un trouble du comportement qui peut évoluer vers un stéréotype, c'est-à-dire une action constante et répétée.
Mastication à vide
Comme son nom l'indique, ce trouble du comportement se manifeste par un mouvement de mastication alors que la bouche est vide. La mastication à vide peut également entraîner des grincements de dents ou la formation de mousse. Ce comportement est également dû aux conditions d'élevage extrêmement mauvaises, au manque de possibilités de se divertir et au mode d'alimentation.
Deuil
Interventions
Coupage des dents
Dès leur naissance, les porcelets ont des incisives et des canines très tranchantes qui peuvent causer des blessures aux autres jeunes animaux ou à la truie-mère. Par conséquent, les canines des porcelets étaient souvent raccourcies à l'aide de pinces. Cependant, des recherches récentes ont montré que les blessures dues à la longueur des dents sont plutôt rares et que la coupe des dents a elle aussi des effets secondaires indésirables. En Suisse, il est interdit de couper les dents.Cependant, il est permis de limer les canines sans anesthésie. Seul un équipement spécial est admis à cette fin. Néanmoins, les dents limées à l'excès mettent à découvert la cavité pulpaire, c'est-à-dire l'intérieur de la dent rempli de tissus mous. Cela constitue une porte ouverte sur la mâchoire pour toute une série d'agents pathogènes.
Caudectomie
Le but de la caudectomie est de limiter les morsures de queue chez les porcs. Cette procédure est très douloureuse pour l'animal car elle se fait sans anesthésie. En outre, les causes de morsures de la queue doivent être recherchées dans les conditions de détention, car ce comportement ne fait en aucun cas partie du comportement naturel du cochon, mais est bien plus souvent induit par le manque d'espace et par l'ennui. Les études scientifiques prouvent que les cochons, qui ont la possibilité de s'occuper ne se mordent pas la queue.
Pose des boucles et des anneaux nasaux
Les cochons aiment être occupés et fouiller le sol avec leur groin, que ce soit pour passer le temps ou pour rechercher de la nourriture. L'agriculteur, quant à lui, se retrouve face à un champ qu'il considère comme endommagé. C'est pourquoi on avait souvent recours à des boucles et à des anneaux nasaux. Le groin des cochons étant très sensible, il souffrent en creusant et cessent de le faire. L'utilisation de boucles et d'anneaux nasaux est interdite en Suisse.
Castration des mâles
Les cochons mâles produisent des substances telles que l'androstérone, le scatol et l'indole dans leurs testicules. À cause de ces substances, la viande, une fois chauffée, peut dégager une odeur désagréable dite du verrat qui la rend impropre à la consommation. Cependant, seules quelques rares personnes sont sensibles à ce cette odeur. En outre, l'odeur n'apparaît que chez environ deux à six pour cent des jeunes individus. On peut prévenir l'odeur en castrant les porcelets. Pendant longtemps, la castration s'est faite sans anesthésie mais avec d'énormes souffrances. La castration sans anesthésie n'est interdite en Suisse que depuis 2010. Cependant, il arrive souvent que l'on ne tienne pas compte de cette loi. En janvier 2016, le vétérinaire cantonal de Thurgovie a découvert, lors d'une inspection inopinée, qu'environ 2000 porcelets avaient été castrés sans anesthésie efficace. De plus, la personne qui avait castré les porcelets n'avait pas reçu de formation suffisante en la matière. En Suisse, les propriétaires d'animaux peuvent castrer eux-mêmes les porcelets âgés de moins de deux semaines sous anesthésie s'ils possèdent un certificat de compétence.
En Allemagne, la modification de la loi sur la protection des animaux stipule que la castration sans anesthésie n'est autorisée que jusqu'à fin 2018. Toutefois, le 30.11.2018, il a été décidé que la castration des porcelets sans anesthésie serait autorisée pendant deux années supplémentaires. Dans ce pays, 20 millions de porcelets sont castrés sans anesthésie chaque année.L'intervention provoque non seulement des douleurs par l'incision de la peau, des muscles, des nerfs et des tissus, mais aussi des douleurs inflammatoires de la plaie après l'intervention.
Marquage des porcs
Le marquage des porcs sans anesthésie est légal.Le tatouage des porcs permet d'identifier et de tracer la viande. Cela cause toutefois une gêne aux animaux et provoque un grand stress. Les porcs doivent être marqués au moins quatre semaines avant la date d'abattage, car la pression du cachet sur les tissus carnés provoque des taches de sang. Comme cette procédure peut laisser des traces dans la viande, il a été décidé par réglement que les animaux doivent être marqués précocement, preuve s'il en est de la souffrance que la procédure inflige aux animaux. Le bien-être des porcs n'est cependant pas pris en considération : ils doivent endurer cette douleur sans anesthésie en plus de toute la souffrance à laquelle ils sont déjà soumis par ailleurs.
Marques auriculaires
Les marques auriculaires sont utilisées à des fins d'identification et de déclaration. Le percement de la marque cause une grande douleur aux animaux en raison des nombreux nerfs présents dans les oreilles. Les vaisseaux sanguins peuvent être endommagés et provoquer des saignements ou des ecchymoses. Les marques formant également de gros trous dans les oreilles de l'animal, elles peuvent entraîner des inflammations. De plus, les animaux trouvent souvent les marques auriculaires gênantes et essaient de s'en débarrasser. Lorsque les marques auriculaires sont arrachées, de profondes blessures se développent et mettent beaucoup de temps à cicatriser.
Dérogations
Contrôle du respect des lois
Souvent, les éleveurs de porcs ne se conforment pas aux lois prescrites pour des raisons économiques. Les autorités manquent de personnel pour vérifier régulièrement si les propriétaires d'animaux de compagnie se conforment aux lois. Thomas Giger, ancien vétérinaire cantonal de Saint-Gall, affirme qu'il ne disposait que de deux inspecteurs. En outre, l'appui des supérieurs hiérarchiques et d'autres autorités fait défaut, de sorte que de nombreuses accusations criminelles sont abandonnées. Un éleveur reconnu coupable s'en sort en principe avec une amende allant jusqu'à CHF 1000.-, ce qui n'est pas assez dissuasif. Pour en savoir plus, consultez le site suivant : Violation de la loi sur la protection des animaux
Effets de la loi sur la protection des animaux
Malheureusement, la loi sur la protection des animaux ne précise pas ce que l'on entend par « besoins des animaux de ferme ». Elle n'indique pas non plus ce que l'on entend exactement par mauvais traitements et négligence grave. La loi laisse donc une grande marge d'interprétation et ne protège guère les animaux. En outre, les particuliers et les organisations de protection des animaux n'ont pas la possibilité de poursuivre les propriétaires d'animaux. Ils peuvent seulement annoncer un cas qu'auprès de l'office vétérinaire cantonal, qui examine ensuite les conditions locales. Ce qui manque, partant, c'est une application efficace de l'appareil législatif. Il manque des contrôles inopinés et une application systématique des règlements de protection des animaux en vigueur, de même que la prononciation et l'exécution de sanctions réellement pénalisante à l'encontre des détenteurs d'animaux pour éviter que l'industrie fasse recette avec la souffrance des animaux. Informations plus détaillées : Loi suisse sur la protection des animaux
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