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Tristan et Isolde
PRÉLUDE
Le prélude, qui a fait date dans l'histoire du langage musical, non seulement présente les premiers leitmotive de l'ouvre, mais, par ses accords volontairement non résolus, décrit cette aspiration au néant qui sera celle des deux héros.
ACTE I
Sur le bateau qui vogue vers la Cornouailles, Isolde (soprano) est irritée par la chanson moqueuse d'un matelot et surtout par l'indifférence que lui témoigne Tristan (ténor), qui laisse son écuyer Kurwenal (baryton) répondre à sa place aux messages que lui fait porter la princesse. Leur situation est sans issue, car aucun des deux ne peut avouer l'amour qu'il éprouve, elle, pour celui qui tua son fiancé, et lui, pour celle qui doit bientôt épouser son oncle. Isolde ordonne à sa suivante Brangäne (mezzo-soprano) de préparer un breuvage mortel pour elle-même et pour Tristan, et fait quérir ce dernier. Tristan, qui a pénétré le dessein d'Isolde, boit cependant avec elle ce qu'ils pensent être un philtre fatal, mais auquel Brangäne a substitué un philtre d'amour. Tristan et Isolde, croyant la mort proche, oublient conventions et interdits, et se perdent dans une extatique contemplation mutuelle, alors que le vaisseau entre au port.
ACTE II
Un jardin devant les appartements d'Isolde, qui est maintenan la femme de Marke. La chasse royale s'éloigne, guettée par Brangäne. A un signal convenu, Tristan rejoint Isolde. Leur passion s'épanouit dans la nuit, ils appellent le trépas comme une délivrance qui serait le comble de leur amour. Brangäne les avertit en vain du lever du jour (appels de Brangäne: (Einsam wachend). Ils s'abandonnent sans frein à leur passion extatique qu'interrompra seulement le retour du roi Marke.
Malgré la résistance du fidèle Kurwenal, Marke (basse) et son vassal Melot (ténor ou baryton) parviennent auprès des amants. Marke manifeste plus damertune et de douleur que de colère (Tatest du's wirklich?). Tristan tente à peine de répondre (O König) et annonce son départ vers les sombres contrées où il naquit jadis, in-
vitant Isolde à l'y suivre. Melot tire l'épée contre Tristan qui se jette sur la lame et reçoit une blessure.
ACTE III
Le château de Tristan à Kareol. Veillé par Kurwenal, Tristan se meurt de sa blessure et de l'absence d'Isolde, que l'écuyer a envoyé chercher en Cornouailles. Un pâtre joue sur un chalumeau une mélodie plaintive. Tristan, saisi par le délire, évoque Isolde, la nuit et la mort. Le vaisseau amenant Isolde est annoncé. Tristan arrache ses bandages, se précipite, et expire dans les bras d'Isolde au moment même ou elle débarque. Un second navire aborde: c'est Marke et sa suite. Kurwenal tue Melot, et reçoit lui-même un coup mortel. Marke venait apporter son pardon. Mais Isolde est déjà hors de ce monde, et s'enfonce dans la nuit de la mort qui seule désormais peut la rapprocher de Tristan ("Liebestod", mort d'amour: Mild und leise).