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« Dites au gastronome Burckhardt qu’il a perdu la tramontane en persistant de mettre les cervelles des aliénés en bouteilles et qu’il serait certainement plus évangélique qu’il essaie d’y mettre son cœur à supposer qu’il en ait un et qu’il ne soit pas comme on a fait la découverte dans le temps chez l’un des prêtres de l’ancienne Egypte où celui qui faisait l’autopsie de ce gaillard a découvert avec stupéfaction que celui-ci était en possession d’un cœur de bélier. »1)Lettre de Jules-Auguste Jeanneret à Auguste Châtelain, 06.08.1891, AEN, Fonds Intérieur I, 269.
— Lettre de Jules-Auguste Jeanneret à Auguste Châtelain datée du 6 août 1891.
Burckhardt ne se contente pas de réaliser ses opérations dans le seul but de rétablir le calme à Préfargier en neutralisant certains patients. En tant que chercheur, il considère que ses essais chirurgicaux ont une valeur scientifique puisqu’ils participent à la vérification et au développement de la théorie de la localisation des fonctions cérébrales chez l’humain. Tel est, assurément, la raison pour laquelle il désire faire connaître au plus grand nombre ses opérations. Celles-ci nourrissent le développement des sciences médicales que sont la psychiatrie et la neurologie tout en proposant une solution à l’un des problèmes majeurs des asiles pour aliénés : la gestion des malades incurables dangereux. Pour diffuser efficacement les conclusions de ses travaux, Gottlieb Burckhardt va utiliser deux canaux différents. Premièrement, en août 1890, il se rend au dixième congrès international de médecine à Berlin où il présente ses travaux à la communauté médicale réunie. Dans un second temps, la version écrite de son exposé est publiée dans le journal de psychiatrie allemand, l’Allgemeine Zeitschrift für Psychiatrie und psychisch-gerichtliche Medizin, en 1891.
Les retombées de ces deux démonstrations sont négatives; la réception de ses expérimentations chirurgicales est froide, voire hostile. Personne ne va oser reproduire ces opérations téméraires et Burckhardt va lui-même abandonner toute son entreprise chirurgicale, bien que le texte de son article laisse à penser que d’autres opérations sont prévues2)Par exemple: Burckhardt, Gottlieb, « Ueber Rindenexcsisionen, als Beitrag zur operativen Therapie der Psychosen » in Allgemeine Zeitschrift für Psychiatrie und psychisch-gerichtliche Medicin, 1891, p. 533.. Pour le directeur de Préfargier, les années qui suivent les opérations vont s’apparenter à un chemin de croix. Son état de santé, sa vie de famille, et son statut professionnel se dégradent fortement. À tel point qu’en 1896, alors que les relations avec ses employeurs sont au plus bas, il démissionne de son poste de directeur de Préfargier pour s’en retourner à Bâle où il prend la direction d’un asile pour aliénés d’inspiration évangélique.
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Références [ + ]
|1.||⇑||Lettre de Jules-Auguste Jeanneret à Auguste Châtelain, 06.08.1891, AEN, Fonds Intérieur I, 269.|
|2.||⇑||Par exemple: Burckhardt, Gottlieb, « Ueber Rindenexcsisionen, als Beitrag zur operativen Therapie der Psychosen » in Allgemeine Zeitschrift für Psychiatrie und psychisch-gerichtliche Medicin, 1891, p. 533.|