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Cela fait presque dix ans que la carrière de Patrick Müller est arrivée à son terme. L'occasion pour lui de revenir sur son parcours et son envie de donner un nouveau sens à sa reconversion.
Officiellement, Patrick Müller a terminé sa carrière de footballeur en juin 2010, lorsque s'est achevé le contrat qui le liait à l'AS Monaco. Mais cela faisait déjà quelques mois que le Genevois n'avait plus foulé les terrains. Son dernier match en date? Le 12 avril 2009, contre Lyon, son club de toujours.
Ce dernier contrat, pourtant, ne lui laisse pas tant d'amertume. Dans sa carrière longue de quinze ans, il y a eu des choix qu'il regrette plus. Celui de s'en aller à Majorque en 2004, par exemple: «Ce n'a pas été la meilleure décision que j'ai prise, mais si j'avais à refaire ce choix, je le referais.» Qu'importe, Patrick Müller, 43 ans, a laissé une autre trace au football.
La Coupe du monde 2006, par exemple, reste son meilleur souvenir. Il a aussi participé aux Euros 2004 et 2008. Et puis, son double passage à Lyon entre 2000 et 2004 puis entre 2006 et 2008 appartiennent forcément à l'histoire. Six titres de champions, une Coupe de France et une Coupe de la Ligue. Cette dernière est marquante: c'était lui, Müller, qui avait inscrit le but en or en prolongations contre Monaco. C'était en 2001, et cela avait amorcé une décennie totale pour les Lyonnais.
Recruteur à l'OL?
A l'OL, d'ailleurs, il demeure toujours lié. Il va parfois aux matchs, accompagné de son fils qui évolue avec les moins de 14 ans de Servette. Aussi, son nom appartient figure sur la liste des papables pour diriger la cellule de recrutement du club rhodanien. «J'ai eu des discussions, confirme-t-il à Keystone-ATS. Mais il y a d'autres candidats et je ne sais pas quelles sont vraiment mes chances.»
Le poste l'intéresse. Notamment parce qu'il s'agit de Lyon. Mais dispose-t-il du réseau nécessaire à la fonction? «Oui, c'est évidemment toujours mieux d'avoir certaines bonnes relations. Mais je ne crois pas que ce soit le plus important pour ce job. Il faut surtout avoir un bon oeil.» Car le réseau est surtout l'affaire du directeur sportif. A Lyon, le poste est occupé par Juninho, avec qui Müller a joué pendant de nombreuses années.
Cela donnerait une nouvelle orientation à la reconversion de l'ancien junior de Meyrin. L'après-carrière de Patrick Müller n'était pas toute tracée. Entraîner ne l'intéressait pas, même s'il s'occupe deux fois par semaine des jeunes défenseurs de l'académie du Servette FC. En fait, au terme de son aventure monégasque, il avait le choix de revenir à Genève, histoire de souffler un peu aux-côtés de sa famille. Une année sabbatique, en somme.
«Le football a tellement changé»
«Le football n'était pas la plus haute de mes priorités», confie-t-il. Il s'est intéressé à l'immobilier, aux assurances. Et puis, il a rencontré Sébastien Leclerc, de l'UEFA. Ce dernier lui demanda si travailler pour l'institution ne pouvait pas le motiver. «Cela m'a d'emblée paru comme une super idée», explique l'ancien international. Il coordonne un programme d'échanges entre les associations nationales, organisant de 25 à 30 séminaires par année, sur des thématiques variées. Un métier qui lui plaît, mais qu'il se verrait bien quitter pour celui que lui proposerait l'OL.
Ainsi, même s'il ne s'y destinait pas forcément, Patrick Müller conserve les deux pieds dans le football. Et il l'observe, au point de n'être pas convaincu qu'un profil comme le sien pourrait s'y épanouir aujourd'hui encore. «Le football a tellement changé, constate-t-il. J'ai eu de la chance d'avoir joué à mon époque. Avec mes qualités, cela aurait été compliqué actuellement. J'ai toujours dit que j'avais eu de la chance d'être au bon endroit au bon moment. Tout n'était pas parfait, mais dans l'ensemble j'ai été très heureux.»
Sur le football actuel et la crise qu'il encourt en ce moment, l'ancien Servettien estime qu'il faut «trouver des solutions. Je ne sais pas si on pourra continuer comme avant. Tout le monde doit réfléchir à ce qui est le mieux pour le football. C'est par exemple incroyable de dépenser autant d'argent pour un Neymar. Si les riches veulent acheter des joueurs, ils le font. Les grands clubs ont toujours l'argent que les autres n'ont pas. Mais je crains que l'écart continue de s'agrandir.»