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Vers 1200, un éboulement aurait complètement détruit le premier site du village (zone la Zanei-la Clivaz-le Mori, voir cartes et directions). Etant donné que le Valais central se trouve dans une zone à activité sismique moyenne, on pense au tremblement de terre (1). D'autres sources prétendent que l'éboulement serait une conséquence de l'effondrement de l'Illgraben de l'autre côté de la vallée. La première hypothèse semble cependant la plus probable étant donné que l'affaissement de l'Illgraben daterait de la Préhistoire! (http://www.pfyn-finges.ch/f/nature/default.asp)
photo 58 : un foyer
photo 60 : un village à l'abandon
Suite à cela, Fang se déplace et le site primaire est laissé à l'abandon. En l'an 2000, Yvonne Berclaz-Jollien, dans sa quête de la connaissance du village, s'intéresse de plus près à ces amas de pierres : c'est alors le début d'une nouvelle aventure dont nous allons laisser la protagoniste nous en expliquer les fondements (voir aussi section médias)
photo 62 : les arbres soutiennent les derniers fondements
"Le premier flash commence après l'exposition du passé et présent du village de Fang. J'ai envie d'en savoir plus en photographiant ses ruines que tout le monde sait qu'elles existent mais personne ne s'est vraiment intéressé.
Par la découverte de l'ampleur de ces murettes englouties sous les buissons et le humus (2), je suis très éprise de vouloir en connaître l'histoire. Je commence à photographier ces lieux, à faire des montages afin de préparer un petit dossier. Pas évident à comprendre quelque chose avec toute cette brousse.
Eté 2000
Nous acquérons une toute petite partie de ces terres. Nous commençons à défricher sans déplacer aucun caillou. Après un bon nettoyage, cela devient un peu plus facile à imaginer et à planifier. Première démarche : un petit dossier en amateur. Dans l'histoire du Valais, je ne trouve aucune archive, pas de preuves fondées, seulement des anecdotes.
Hiver 2001
Je prends rendez-vous avec Mr. François Wiblé, chef cantonal de l'archéologie à Martigny. Il me reçoit, je lui soumets mon dossier. Au premier abord, il est très sceptique, il n'a jamais entendu parler de cet endroit mais il me laisse quand même un petit espoir en me disant qu'il va essayer de se renseigner.
Eté 2001
En juin 2001, Mr. Wiblé me téléphone et m'annonce qu'il va venir à Fang le 10 juillet avec des spécialistes cantonaux. Les personnalités présentes ce jour-là sont Mr. Jean-Claude Balet (monuments historiques à l'Etat du Valais), des personnes attirées par l'histoire valaisanne et Mr. Wiblé. Elles sont surprises de la découverte : les premiers contacts avec le terrain, des prises de photos et les premières estimations ont lieu.
Automne 2001
Le 15 novembre, une délégation de 15 personnes se rend sur le site : Madame Bitz (voies de communication), Messieurs Werner Meyer de l'Université de Bâle, François Wiblé, Jean-Claude Balet, Walter Zuber (président de la commune), Bernard Faust (président de la société du village), Gérard Lamon (passionné d'histoire), les gens de l'endroit et la presse. Une première étude est entreprise, des concertations se déroulent en vue de trouver des solutions.
Mr. Werner Meyer m'envoie une lettre et me donne rendez-vous pour le 27 mars à Fang.
Les travaux débutent à 10h.20 : Mr. Jakob Obrecht, expert en archéologie national, et Mr. Werner Meyer délibèrent sur le cas des ruines et estiment (à l'aide de photos, de vues de la composition et de l'historique) l'ensemble. Mr. Rudolf Glutz, ingénieur en topographie (3) (Institut des monuments historiques de l'EPFZ (4)), estime l'étendue et planifie une maquette."
Werner Meyer : "Fang repose sur un site médiéval abandonné, un site rural du XXI -XXIIème siècle, peut-être un peu plus vieux. Sans fouilles, il est impossible de savoir exactement. C'est un site important pour l'histoire du Valais et de la vallée (habitat et économie). Le projet doit être divisé en plusieurs étapes : première étape, une documentation topographique."
Rudolf Glutz : "Le site s'étend sur 1,2 à 1,3 hectares (5) : il estime une semaine de travail pour une personne sur le terrain et une autre semaine pour élaborer le plan prévu (selon une méthode développée à l'Institut zurichois). Le coût approximatif est évalué à 11'500 CHF. Le plan serait à 1:500 avec une équidistance de 1 mètre et montrerait toutes les traces archéologiques et modernes. Il faudrait ensuite faire une documentation en détail parce que de nombreuses traces en pierre de murailles sont présentes. Le travail pourrait être effectué par des étudiants de l'Université de Bâle (travaux pratiques d'une semaine). Concernant les fouilles et les questions scientifiques plus poussées, l'infrastructure est plus conséquente et nécessite un budget financier conséquent. Il a été démontré que l'accomplissement d'une telle documentation à un endroit précis peut amener d'autres gens à se mobiliser, d'autres moyens (l'effet boule de neige). L'Etat du Valais devrait bientôt statuer sur son éventuelle participation financière au projet de Fang."
Février 2003
Mr. Werner Meyer envoie le rapport intermédiaire final : il contient une expertise abrégée et un devis pour la suite des travaux. Pour consulter le document complet, cliquer ici.
Projet de recherche sur l'habitat médiéval de Fang, Tiébagette, UNIL (2014)
Au printemps et durant l'été 2014, l'UNIL (Institut d'archéologie et des sciences de l'Antiquité de l'Université de Lausanne), emmenée par M. Cédric CRAMATTE, méne des fouilles sur site. Cette équipe de scientifiques réside plusieurs jours en Anniviers pour y faire des prélévements, des mesures, etc. Plus d'informations, cliquer ICI.
Le 30 juillet 2014, les autorités de la commune d'Anniviers ainsi que les organes touristiques sont conviés à une visite du site, voir les photos..
Il y a 50 ans le Valais Central a été le siège d'un tremblement de terre de magnitude 5,5 (intensité maximale MSK VIII); celui-ci a été largement ressenti en Suisse et dans les pays limitrophes ! Par chance ce séisme n'a fait qu'une victime et des dégâts que l'on peut qualifier de légers: en terme financier les dommages ont été estimés à 150 mio CHF (valeurs actualisées). Cet évènement, doit nous faire prendre conscience que le danger d'un séisme majeur à l'échelle de l'arc alpin est loin d'être négligeable. L'accroissement démographique des derniers cinquante ans et la course à l'urbanisation ont créé de l'habitat dans des zones inoccupées en 1946. Les conséquences d'un tremblement de terre de magnitude 5.5 sur l'échelle de Richter pourrait être désastreuses. Il est souhaitable qu'aussi bien les ingénieurs que les autorités restent sensibilisés sur le thème de façon à ce qu'il en soit dorénavant mieux pris en compte pour l'aménagement et la gestion du territoire (source After the colloquium on
Earthquakes in the Alpine Region: Effects, Prevention
for Scientists, Engineers, Planners and Authorities
held in Sion-Valais, Switzerland in January 1996)
http://www.unige.ch/hazards/seismic/index.php
La topographie (du grec topos, lieu, et graphein, décrire) est la description détaillée et la représentation graphique d'un lieu, sous la forme d'une carte. Bien que très ancienne, elle n'a connu son principal développement qu'au XIXe siècle. De nos jours, la photographie aérienne et l'emploi de techniques très sophistiquées (radar, laser, satellite) bouleversent profondément ces techniques.