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2009
1er prix
En marge. C'est le terme que l'on pourrait employer pour qualifier cette portion de territoire située à la limite du tissu bâti de Montagny, au commencement de la plaine de l'Orbe et en bordure de l'autoroute A5. Cette dernière, datant de 1981, a complètement bouleversé les rapports que le village entretenait avec le paysage, puisqu'il bénéficiait à l'époque d'une vue dégagée jusqu'au Bey. Les conséquences ont été la séparation de Montagny-près-Yverdon en deux entités, le village à l'ouest et la zone commerciale à l'est.
Le projet s'implante dans la géométrie de l'autoroute car c'est elle qui dicte les nouvelles règles, son impact territorial étant le plus significatif. Par sa forme carrée, il revendique son autonomie par rapport au contexte bâti, les nouvelles qualités du site ne correspondant plus aux tracés cadastraux.
Le projet se veut la synthèse des deux éléments qui constituent l'identité de Montagny-près-Yverdon, à savoir une grande structure faisant référence à la zone commerciale de Chamard et le centre du village pour les espaces de plus petite dimension.
La grande salle s'organise autour d'un noyau contenant tous les espaces de services. La buvette et la salle de gymnastique prennent place au rez supérieur, tandis que les vestiaires et la salle des sociétés occupent l'étage pour que les différentes parties du bâtiment puissent fonctionner simultanément. Le programme de voirie s'organise au rez inférieur pour une séparation claire du programme et une utilisation souple et flexible des parties mises à disposition.
La structure du projet est très simple ; Les piliers, situés sur le pourtour, portent la toiture en grille de poutres, tandis que le noyau assure la stabilité de l'ensemble.
Le projet se matérialise sous la forme d'un corps abstrait ne présentant que deux ouvertures, l'entrée et la terrasse. Sa façade est composée d'une tôle d'aluminium perforée et profilée procurant une protection solaire fixe à tous les espaces. De nuit, c'est l'ensemble du volume qui semble s'animer, telle une lanterne indiquant le point de ralliement.
Une façade bien étudiée, ainsi que l'utilisation judicieuse des matériaux jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat intérieur. La capacité élevée du béton à stocker la chaleur permet d'emmagasiner les apports excédentaires pendant les jours chauds, cette chaleur est ensuite évacuée par ventilation nocturne pour ramener les espaces à leur température optimale. En hiver ces gains passifs sont récupérés pour chauffer le bâtiment.
La salle de gymnastique et le hall mesurent 7 mètres de haut. L'air chaud s'accumule dans la partie supérieure des espaces, n'engendrant ainsi aucune gêne pour les utilisateurs. Cette grande hauteur est également optimale pour bénéficier de l'effet « cheminée » pour la ventilation naturelle des locaux, du moins pour la ventilation nocturne.
L'utilisation du bois est proposée ici comme combustible. Si les forêts communales produisent suffisamment de copeaux de bois déchiquetés, cette solution deviendrait intéressante pour couvrir les besoins en chauffage de la salle. Les eaux pluviales de la toiture végétalisée et du parking traité en pavés-gazon sont infiltrées dans le terrain.