Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07048.jsonl.gz/193

Dans une interview accordée à "L'Equipe", le champion de cyclisme Eddy Merckx est revenu sur le succès de Tadej Pogacar et sur l'échec de Primoz Roglic sur le Tour de France. Pour le Belge de 75 ans, l'équipe Jumbo-Visma a "couru bêtement".
Après trois semaines de course intensive, le mano a mano entre Primoz Roglic et Tadej Pogačar sur le Tour de France a pris fin ce week-end. Et c'est le jeune prodige slovène qui a pris le dessus sur son compatriote de 30 ans au terme d'un contre-la-montre renversant samedi.
Si la victoire inattendue du coureur de 22 ans a surpris plus d'un amateur de cyclisme, Eddy Merckx n'a pas du tout été étonné par le scénario fou de l'avant-dernière étape. "Ça fait des jours que je répète que les 50 secondes d'avance de Roglic n'étaient pas suffisantes pour assurer la victoire finale. Je voyais venir ce Pogacar gros comme une maison", a ainsi lâché le champion belge lors d'une interview à "L'Equipe".
Pour le quintuple vainqueur de la Grande Boucle (en 1969, 1970, 1971, 1972 et 1974), Pogacar était plus "frais" et "serein" que Roglic. L'échec de ce dernier est également dû à une mauvaise gestion de son équipe, la Jumbo-Visma, durant le Tour, selon Merckx.
"Ils (les Jumbo) ont surtout couru bêtement. Ça fait trois semaines qu'on les voit rouler à bloc, ne laissant rien passer. Ils ont dominé, tout contrôlé, mais ils ont oublié seulement un gars, ce petit jeune de 21 ans à seulement 50 secondes. Quelle erreur de jugement ! Ils se sont pris à leur propre piège, cette défaite, ils l'ont bien cherchée", a-t-il alors fustigé.
Avant de préciser : "Ils auraient dû comprendre que Pogacar n'allait pas les attaquer, c'était impossible de les piéger en montagne. Mais ils auraient dû essayer de le faire sauter bien avant pour avoir une marge suffisante. C'est une bonne leçon de vélo."
Toutefois, celui que l'on considère comme "le plus grand cycliste de l'Histoire" n'a rien enlevé au talent de Tadej Pogacar. "Depuis sa 3e place au Tour d'Espagne l'an passé, je sais que c'est un très grand. On ne fait pas de tels numéros sur un grand Tour de trois semaines à 20 ans sans avoir le talent qui va avec. Les Jumbo avaient peut-être oublié les images de la Vuelta 2019. Ça aussi c'est une grave erreur", a-t-il expliqué.
Une chose est sûre : l'étape de samedi, qui a vu un gamin de 21 ans (22 depuis lundi) devenir le plus jeune lauréat du Tour de France depuis... 1904 (!), restera sans aucun doute dans les mémoires. "Cette étape rentre dans la grande histoire du Tour, c'est sûr. Pas seulement parce qu'un jeune talent de 21 ans s'empare du maillot la veille de l'arrivée à Paris mais aussi parce qu'une équipe, Jumbo, s'est vue victorieuse avant la fin", a ajouté Eddy Merckx.
Avant de conclure : "C'est bien beau de faire rouler tous ses gars tous les jours, de se préparer dans tous les détails, mais oublier une chose, l'essentiel, faire attention à un adversaire. C'est incroyable de se faire b***** comme ça."