Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07126.jsonl.gz/191

Cette étude épidémiologique, réalisée au milieu des années 90, montre que 1 à 2% des adolescents masculins de Suisse ont utilisé des stéroïdes anabolisants (SA). La prise de tels produits, fournis essentiellement par le marché noir, s'effectue surtout dans un but d'amélioration des performances sportives et/ou de l'apparence physique. Cette consommation est souvent liée à d'autres motivations «d'amélioration» mais aussi, souvent, à la consommation exagérée de tabac et d'alcool. Il n'a pas été possible de faire ressortir un profil-type de l'usager des SA. D'où la difficulté de mettre sur pied une campagne de prévention étroitement ciblée.Cependant, vis-à-vis des adolescents, influençables et souvent désorientés, le médecin doit constituer un repère stable et constant dans le refus du dopage.
Sans vouloir en refaire l'historique, on peut dire que l'utilisation par l'homme de substances destinées à accroître les capacités physiques et psychiques est de toutes les époques.
Le doping dans le sport préoccupait les organisations internationales de santé avant la Seconde Guerre mondiale déjà,1 soit bien avant les instances sportives (le CIO par exemple). L'OMS continue d'ailleurs de l'inscrire dans son programme général de lutte contre les toxicomanies.2
Concernant la testostérone et ses dérivés, les résultats exceptionnels des haltérophiles de l'Union soviétique aux JO d'Helsinki en 1952 en démontrèrent l'efficacité. Ce fut le point de départ de la dissémination mondiale des stéroïdes anabolisants (SA).
Prédominant classiquement dans les sports de force et les compétitions de bodybuilding, l'usage des SA a gagné des adeptes dans beaucoup d'autres sports. A côté des milieux de haute compétition, l'utilisation des SA s'est étendue aux pratiquants du «sport-loisir» et aux adeptes du «fitness» à la petite semaine. Cette extension hors des cercles du sport-spectacle d'élite a produit ses effets jusque chez les jeunes.
En dehors de toute considération d'éthique sportive, le phénomène de la prise des SA par les adolescents doit être examiné avec attention ; dans cette tranche d'âge, les effets indésirables peuvent être particulièrement néfastes (fermeture précoce des cartilages de conjugaison, toxicité hépatique, agressivité accrue, avec en plus atrophie testiculaire et gynécomastie chez les garçons et hirsutisme et virilisation chez les filles). Notre vigilance doit être d'autant plus grande que les dosages très élevés, la durée d'utilisation en cycles répétés, les mélanges incontrôlés et la provenance souvent douteuse des substances avec possibilité de contamination biologique constituent en soi des facteurs de risque supplémentaires liés à l'absorption des produits incriminés.
Partant de l'idée qu'il fallait mettre en uvre des mesures éducatives et préventives destinées à la jeunesse, les autorités sanitaires du canton de Genève lancèrent l'idée, au début des années 90, d'une recherche épidémiologique spécifique qui poursuivrait deux buts :
I évaluer l'incidence de l'utilisation des SA chez les jeunes gens de Suisse romande ;
I tenter d'obtenir un profil aussi précis que possible des utilisateurs actuels. L'objectif final étant de pouvoir agir ultérieurement, de manière ciblée, auprès des jeunes potentiellement concernés.
Le présent article présente et discute les résultats de cette recherche.
Il s'agissait de jeunes gens participant à la journée de recrutement militaire.
La récolte des données avait lieu au travers d'un questionnaire auto-administré (rempli par les conscrits) distribué lors de la partie théorique placée au début de la journée. Toute la procédure mise sur pied garantissait une participation facultative et une récolte anonyme des données. Le dépouillement, la validation, la saisie et le traitement des données ont été effectués par l'Unité d'épidémiologie clinique des Hôpitaux universitaires de Genève.
Le questionnaire comprenait trois parties distinctes désignées par les lettres «A», «B» et «C».
La partie «A» était commune à tous les participants et servait à définir les caractéristiques démographiques des sujets. Elle abordait aussi par auto-évaluation l'état de santé, la force et les performances physiques ainsi que l'usage des médicaments visant à améliorer les capacités physiques en général. Une question, volontairement confondante permettait, dans une large mesure, de détecter les réponses à tendance affabulatrice.
Une question spécifique relevait l'usage ou non de stéroïdes anabolisants (SA) par le sujet. La réponse à cette dernière question déterminait la suite de la procédure : les consommateurs de SA devaient continuer le questionnaire par sa partie «B», celle-ci servant à détailler les caractéristiques d'utilisation des SA (motivation, fréquence, durée, approvisionnement, etc.). Quant aux «non-utilisateurs de SA», ils devaient compléter la partie «C» uniquement ; cette section du questionnaire concernait une autre étude épidémiologique sur la prévention des risques cardiovasculaires.
La récolte des données a été réalisée entre août 93 et avril 94 dans les principaux centres genevois et vaudois de recrutement militaire. Aucun des conscrits n'a expressément refusé de remplir le questionnaire. Sur les 2226 formulaires distribués, 2067 (= 93,9%) ont pu être validés, alors que 159 ont dû être rejetés pour diverses raisons. Parmi les questionnaires validés, vingt sujets se sont déclarés comme utilisateurs actuels ou anciens de substances de type SA. Vingt utilisateurs recensés (désignés ci-après U+) représentaient à peine 1% (= 0,97%) du collectif retenu.
Volet «A» : à partir des données de la section «démographie», nous pouvons mettre en exergue les éléments suivants concernant les U+ :
1. la durée de la pratique hebdomadaire du sport était en moyenne un peu plus élevée que pour les non-utilisateurs (désignés ci-après U-), mais l'appartenance à un club sportif (50%) n'était pas un critère déterminant ;
2. un sur quatre ne pratiquait aucun sport ;
3. ils étaient sur-représentés dans les sports de force/de combat (20% versus 10%) et sous-représentés en athlétisme (5% versus 12%) par rapport aux U-.
Dans la section «auto-évaluation», la propre force musculaire était considérée comme supérieure à la moyenne deux fois plus souvent chez les U+ que chez les U- (30% versus 15%). On retrouvait à peu près ces mêmes proportions pour l'appréciation des performances physiques supérieures à la moyenne. En revanche, performances physiques inférieures et santé médiocre concernaient une proportion relativement élevée (20%, respectivement 35%) des U+.
Abordant les questions de l'usage des SA, on relèvera que près de 85% des U+ estimaient que cette pratique touchait entre 6 et plus de 20% des jeunes de leur âge, alors que seuls 15% des U+ estimaient la prévalence entre 1 et 5%.
Quant à savoir si l'usage des SA devait être stoppé dans le sport, seule une minorité des U+ (30%) s'exprimait en faveur de cette opinion contre 75% des U-.
Volet «B» (qui concernait exclusivement les sujets usagers des SA) : parmi ceux-ci, les trois-quarts avaient commencé d'utiliser des SA entre 16 et 18 ans. Soixante pour cent des usagers avaient pour but principal l'amélioration de la force et/ou des performances physiques, les autres citaient soit la recherche d'une modification de l'apparence physique (15%), soit une «autre motivation» (par exemple : traitement de blessure, influence des camarades ou motivation inconnue) pour les 25% restants.
L'absorption des SA se faisait essentiellement par voie orale (70%). Sans préjuger des doses unitaires, le nombre de cycles d'utilisation allait de un à quatre pour 80% des usagers, avec une durée maximale de neuf semaines/cycle pour 75% des U+. Pour ce qui touche à l'approvisionnement en SA, on constate que la voie «pharmacie/médecin» était peu utilisée (20%), contrairement aux camarades ou entraîneurs (40%) et aux «autres sources» (35%) alors que la vente par correspondance n'atteignait que 5%. Concernant les canaux d'information sur les effets secondaires, bien que le médecin occupât une bonne place (40%), celle-ci n'était pas prépondérante et a fortiori 25% des sujets n'ont utilisé (eu à disposition ?) aucun moyen d'information.
A souligner que l'arrêt définitif de l'usage pour cause d'effets indésirables graves prouvés provenant de l'usage des SA recueillait un pourcentage inférieur (45%) à l'arrêt qui résulterait d'une abstention réciproque de la part des concurrents (60%).
Les buts de notre étude étaient :
1. d'évaluer l'incidence d'utilisation des stéroïdes anabolisants (SA) et ;
2. de tenter de définir le profil des adolescents consommateurs. Notre questionnaire était largement inspiré de ceux délivrés à des athlètes ou des étudiants pour des études de type «survey».3,4 Les procédures d'enquête étaient calquées sur des modèles validés utilisés généralement dans des recherches sur le style de vie et de santé des adolescents.5
La présente recherche épidémiologique révèle qu'à peine 1% des quelques deux mille conscrits de 18 à 20 ans questionnés déclaraient avoir utilisé des SA. Ce chiffre de 1% est très proche de celui de deux études conduites en Suisse précédemment.
Selon une première enquête menée auprès de plus de 5000 élèves (garçons et filles) de 12 à 16 ans, 1,7% des garçons reconnaissaient avoir utilisé des SA.6 D'après une seconde enquête englobant 16 000 recrues suisses et 7000 adultes (masculins et féminins) du canton de Berne, 1,8% des hommes aptes au service et 1% des inaptes avaient consommé des SA à un moment ou un autre.7 Au niveau suisse, ces résultats sont cohérents entre eux.
Ces recherches prises globalement produisent finalement des résultats assez comparables à l'étude américaine NHSDA,8 qui retrouvait chez les adultes de 26 ans et plus environ 1% des hommes et 0,1% des femmes comme étant ou ayant été utilisateurs de SA. On est donc bien loin des 6% et plus d'utilisateurs réguliers ou occasionnels détectés chez les «male High School seniors» par Buckley9 voire les 15% rapportés par Vaughan dans certains collèges new-yorkais.10 Chacun pourra méditer sur une telle différence entre population générale et écoles secondaires nord-américaines.
D'après Buckley, 32% des utilisateurs estudiantins ne participaient à aucun sport organisé. Cette proportion n'est pas très éloignée de nos propres résultats (25%). On doit relever qu'aucune des autres études suisses n'a pu mettre en évidence de relation univoque entre usage des SA et fréquence de pratique sportive ou niveau de compétition. Cela étant, gardons à l'esprit une prédominance d'utilisateurs (ratio 2 : 1) dans les sports de force-puissance (musculation/boxe/judo dans notre étude et football américain/lutte aux Etats-Unis).
Bien que 60% des utilisateurs aient pris des SA afin d'améliorer leur force et leurs performances physiques, seuls 30%, respectivement 35% évaluaient leur niveau comme supérieur à la moyenne. La perception subjective de l'état de santé n'était pas différente entre les U+ et les U-, ce qui correspond aux constatations de Buckley et Yesalis.9 Nos sujets étaient même un tiers à juger leur état de santé comme seulement moyen ou médiocre. On pourrait en inférer que d'autres déterminants sont en jeu, voire que des conditions de base n'ont pas pu être modifiées par la prise de SA. A cet égard, les résultats de Hättich,7décelant que l'usage des SA était plus répandu chez les jeunes consommant alcool et tabac en excès que chez les sportifs compétiteurs, apportent un éclairage inattendu mais concordant.
Par rapport aux jeunes Américains des High Schools qui avaient commencé en grande majorité (70%) la prise de SA avant l'âge de 16 ans, une proportion comparable de nos sujets avaient commencé entre 16 et 18 ans. Sans doute l'âge où l'émancipation, les influences extérieures et l'argent disponible conjuguent leurs effets pour une accession facilitée à toutes sortes de substances. Pour en revenir aux motivations des usagers, 15% des recrues de notre étude et 20% des étudiants américains avouaient rechercher uniquement un changement de leur apparence physique. A côté de cela, 25% de nos sujets disaient être poussés par une «autre motivation». S'agissait-il d'un essai sans lendemain «juste pour voir», du résultat de l'influence de camarades, d'entraîneurs, de la recherche d'une virilisation voire de virilité ou d'agressivité, ou encore d'un attrait pur et simple pour la «substance» par analogie aux comportements toxicomaniaques ? En tout état de cause, on ne peut d'emblée écarter l'existence de tels moteurs, pas forcément rationnels, dans les comportements adolescents.
Pour ce qui touche à l'utilisation proprement dite des SA, le nombre et la durée des cycles de «traitement» étaient plutôt dans les fourchettes basses par rapport aux données issues des études américaines où presque 40% des jeunes usagers avaient répété la prise sur cinq cycles et plus, avec des durées excédant souvent treize semaines. Notre questionnaire n'abordait pas le thème des mélanges de substances, mais on peut raisonnablement penser que cette pratique n'est pas rare, puisque avouée par plus de 40% des usagers répertoriés dans l'étude de Yesalis (1988).
En matière d'approvisionnement en SA, la source principale était constituée par le «marché noir», dans des proportions identiques aux Etats-Unis, où 60% des usagers avaient recours à ce trafic.11 Les saisies douanières médicaments et produits dopants effectuées à la frontière italo-suisse en 1998 sont là pour nous rappeler l'existence d'un marché de contrebande.
Il est également évident que les ventes par correspondance via Internet iront en se développant. La réponse «autres sources» (35% des réponses) concernait-elle aussi des «fitness-centers» ? La voie «médicale» à savoir médecin et/ou pharmacien concernait un pourcentage minoritaire comparable aux études américaines, soit environ 20%.12
Une étude récente effectuée en Suisse auprès de médecins et de pharmaciens tend à confirmer que les uns et les autres ne constituent pas une source importante d'approvisionnement en SA, et spécialement chez les jeunes.13 On peut aussi retourner le problème en se demandant si 20% c'est peu ou beaucoup ! En tout cas, ce n'est pas négligeable. On peut aussi se demander, sans doute avec raison, si une partie des prescriptions à des adultes ou pour des indications reconnues n'est pas détournée pour des jeunes, en tout cas pour un usage non thérapeutique.
Concernant les effets secondaires néfastes des SA, 25% des usagers de notre étude ne disposaient d'aucune information sur le sujet. Et pour moins de la moitié des sujets (40%), elles provenaient d'un médecin (traitant ? de club ? de fédération ? «fournisseur» ?). Il pourrait s'agir aussi bien d'une attitude de retenue de la part des usagers que d'un manque de formation et de connaissances disponibles de la part de certains médecins.
Il sera intéressant de suivre l'expérience française appelée «Ecoute dopage» (ligne téléphonique gratuite) destinée à aider les appelants à éviter ou à sortir des pièges du dopage. Pour l'heure, les premières données présentées par Garnier indiquent que ce point de rencontre, cet espace de dialogue, correspond à une nécessité.14
Concernant l'attitude personnelle des usagers face à la question de l'arrêt des SA, celui qui serait causé par la preuve d'effets secondaires graves ne recueillait qu'un pourcentage de 45%, alors que l'arrêt qui résulterait d'une abstention réciproque de la part des autres concurrents atteignait 60%. On voit donc que le danger perçu n'est pas celui d'une atteinte physique personnelle mais bien une possible infériorité en cas de renoncement à l'usage du produit dopant.
Cela correspond à une attitude générale des adolescents qui minimisent les dangers pour la santé de nombreux comportements ou habitudes dits «à risque». Parallèlement, l'effet «rêve de gloire» produit un écran éblouissant qu'il est très difficile d'écarter. Mais c'est aussi peut-être, de manière plus pragmatique, uniquement pour se maintenir «à flot» par rapport à la concurrence. En 1939 déjà, Boje, dans son rapport à l'Organisation (internationale) de la santé, parlait de la pression mise sur le sportif «...qui doit répondre aux attentes démesurées du public».1 Et si, à l'occasion, et au tournant du XXIe siècle, on remplaçait le mot «sportif» par «écolier/apprenti/étudiant» ou «employé» et le mot «public» par «parents» ou «employeurs»... que verrait-on ?
Pour en venir aux usagers et à leur propre estimation des proportions d'utilisateurs de SA de leur âge, on rappellera que les U+ avaient une nette tendance à surestimer la proportion globale des usagers. Mais peut-être que ces projections chiffrées n'étaient pas très éloignées de ce qu'on pourrait trouver dans certains milieux exclusivement sportifs. C'est également ce que suggère une étude spécifique menée auprès d'athlètes.15 Il est imaginable de penser que l'impression subjective d'usage telle qu'exprimée dans les réponses au questionnaire pourrait être assez fortement influencée par le contact (ou la rumeur) avec d'autres sportifs ayant recours à d'autres substances que les seuls SA (par exemple : stimulants, créatine, corticoïdes, EPO, hormone de croissance).
Confrontés avec les données de la littérature, nos résultats semblent indiquer que, au moment de l'étude :
I seule une très petite fraction des jeunes en Suisse utilisaient/avaient utilisé des SA, avant l'âge de 18 ans pour la plupart ;
I une bonne partie des usagers de SA avaient pour but d'améliorer leur image corporelle, voire de corriger d'autres insuffisances, à l'exclusion de toute recherche directe de performance en compétition ;
I les risques perçus au niveau de leur santé par les jeunes usagers étaient moins importants que ceux d'une possible infériorité en matière de performance athlétique ou physique au sens large ;
I l'approvisionnement était essentiellement le fait de canaux illicites (marché noir) où l'entourage direct des jeunes gens jouait un rôle non négligeable ;
I les informations sur les dangers des SA provenaient exceptionnellement d'une discussion avec un médecin ;
I contrairement à ce qui était attendu, il n'y a pas de profil-type du jeune usager de SA. De ce fait, il est difficile à atteindre par une campagne ciblée.
I à lui seul, et pour préoccupant qu'il puisse être, l'usage des SA ne semble pas constituer un problème majeur de santé publique (contrairement à d'autres substances telles que le tabac, l'alcool, les drogues, les médicaments).
Depuis l'été 1998, et un fameux Tour cycliste, la mise à jour de pratiques généralisées en matière d'utilisation de dopants à usages sportifs a eu pour effet d'accélérer la mise en route de mesures et d'actions de toutes sortes. En dépit de cela, l'image globale de la lutte contre le dopage reste malheureusement brouillée lorsqu'on considère :
I les attitudes divergentes de nombre de fédérations sportives face aux contrôles et surtout aux sanctions ;
I les intérêts croisés des sportifs, sponsors et médias (d'autant plus que ces deux derniers se confondent dans beaucoup de cas) ;
I la «loi du silence» qui reste la règle dans le milieu (celui qui l'enfreint risque d'être banni par les siens !) ;
I des législations nationales et des moyens engagés très disparates ;
I la tribune médiatique offerte à certains, qui préconisent la participation médicale aux méthodes illicites dans un but de soi-disant «protection» de la santé des athlètes. Cette conception néfaste semble avoir fait un certain chemin dans le public suisse comme l'ont démontré Egli et coll.16
Comme dans d'autres domaines de la vie où les adolescents ont besoin de repères pour se structurer, on peut donc dire que, en matière de lutte contre le dopage, l'environnement général manque de lisibilité. Alors que les jeunes devraient recevoir des signaux forts pour se guider, c'est souvent le flou de l'horizon.
Nous savons qu'il n'existe pas de solutions simples à un problème complexe. Pendant que le législateur, les instances sportives (CIO, fédérations, association olympique suisse, etc.) mettent en place les instruments nécessaires, les médecins se doivent de lancer des signaux clairs contre le dopage, comme ils savent le faire dans les autres domaines d'abus de substances.
A l'instar de la SSMS (dès 1995), et la World Medical Association (1999), nous devons dire, expliquer et répéter que nous refusons et condamnons la participation médicale aux pratiques du dopage. Avec une première priorité pour les médecins en contact avec les jeunes et leurs éducateurs dans les clubs, les fédérations et les écoles.