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Né à Lausanne, Pierre Henchoz a seize ans quand il signe son contrat d’apprentissage à la Banque Populaire Suisse. Ce choix, porté par son intérêt pour les chiffres, les statistiques ou encore du chronométrage du temps lors des compétitions sportives, s’avère judicieux, et on lui donne très vite des responsabilités importantes malgré son jeune âge. Il rejoint ensuite le courtier Emmanuel Deetjen à Lausanne ; il est alors en charge de la Bourse américaine. Après un passage par les États-Unis, une opportunité encore rare à l’époque, il ouvre à Lausanne un bureau pour le compte de son employeur new-yorkais, le cabinet d’affaires Dominick & Dominick. En 1973, il se tourne vers la gestion de fortune et rejoint la CBC, membre du groupe Tradition, dont il prend la direction de la gestion privée. En 1977, il est engagé par la Banque Cantonale Vaudoise, où il dirige équipe une équipe de 140 personnes. En 1986, il retourne aux États-Unis pour assumer le poste de directeur financier du fonds de pension de l’ONU. Malgré le krach boursier de 1987, la fortune de ce fonds passe de 5 à 9,3 milliards sous sa conduite. Au début des années 90, il rentre en Suisse pour reprendre la responsabilité de la banque Hentsch Chollet & Cie, qui devient Hentsch Henchoz & Cie en 1999 puis LODH Lausanne en 2004. Aujourd’hui retraité mais loin d’être inactif, Pierre Henchoz se consacre à ses vignes et fait bénéficier de son expertise de nombreuses associations et institutions qu’il soutient très activement.
Professeur Giuseppe Pantaleo, Chef du Service d’immunologie et d’allergie, CHUV; Professeur Ordinaire, UNIL
Le premier soutien apporté par la Fondation a permis la création du Centre Lémanique de Recherche sur le Sida, en finançant un poste professoral permettant la venue de Giuseppe Pantaleo à Lausanne, ce qui a incité la Fondation Giorgio Cavalieri à soutenir parallèlement un poste à Genève permettant d’attirer Didier Trono. Ceci a permis à ces deux chercheurs réputés de s’établir dans l’arc lémanique et de lancer des programmes de recherche d’envergure mondiale. Depuis lors, le Professeur Pantaleo est devenu chef du Service d’immunologie et d’allergie du CHUV. De son coté le le Professeur Trono a dirigé la Faculté des sciences de la vie de l’EPFL de sa création en 2004 jusqu’en 2012. Il est aujourd’hui à la tête du Laboratoire de virologie et génétique de cette faculté.
Professeur Giuseppe Pantaleo, Chef du Service d’immunologie et d’allergie, CHUV; et Professeur Amalio Telenti, ancien Directeur de l’Institut de Microbiologie du CHUV-UNIL
La Fondation Santos-Suarez a soutenu les activités du Laboratoire d’Immunopathologie du SIDA dirigé par le Professeur Pantaleo. L’activité de recherche s’est concentrée sur la réalisation d’études cliniques chez des patients soumis à des thérapies antirétrovirales. Ces études avaient deux buts :
- établir, avant la mise en route du traitement, les atteintes du système immunitaire (en particulier les atteintes au niveau des différentes populations lymphocytaires),
- étudier la reconstitution de ces populations lymphocytaires lors du traitement.
Durant la même période, le groupe du Professeur Amalio Telenti s’est avant tout intéressé aux causes virales d’échec des traitements anti-VIH et a cherché à établir les relations existant entre les taux de médicaments antiviraux observés dans le sang des patients individuels et leurs réponses aux traitements. Pour cela, il a utilisé les différents profils de réponses aux traitements VIH répertoriés dans la base de données de l’Etude suisse de cohorte VIH. C’est ainsi que son équipe a été la première à décrire que chez certains patients, malgré un échec virologique apparent de la trithérapie, mesuré par une absence d’effet sur la virémie, le système immunitaire pouvait rester intact. Des recherches plus poussées ont suggéré que cela pourrait être dû au fait que les virus résistants sont moins pathogènes pour le système immunitaire.
Professeur Thierry Calandra, Chef du Service des maladies infectieuses, CHUV
Dans le cadre de ce soutien, le Professeur Calandra et son équipe ont effectué des recherches dans le domaine de la génétique de l’immunité innée, qui représente la première ligne de défense contre les infections. Les deux axes principaux de recherche développés dans le cadre de ce projet ont été :
- L’étude des variations du gène de la cytokine MIF (abréviation anglaise signifiant « facteur d’inhibition de la migration du macrophage) en tant que facteur de susceptibilité aux infections sévères.
- L’étude des variations des récepteurs « Toll-like » (TLR) comme facteurs prédisposant à l’infection par le virus d’immunodéficience humaine (VIH) et à la survenue d’infections opportunistes au cours de l’infection VIH.
Pour le premier axe de recherche, les études menées ont confirmé que les deux polymorphismes du gène MIF humain les plus étudiés (–794 CATT5-8 et –173*G/C) étaient présent chez les sujets Caucasiens suisses à des fréquences comparables à celles qui ont été décrites dans la population britannique. L’étude des polymorphismes du gène MIF dans une grande cohorte sud-africaine (ethnie Xhosa) a révélé qu’ils étaient présents à des fréquences très différentes de celles observées dans la population Caucasienne, traduisant l’existence d’importantes diversités génétiques inter-ethniques. De plus, l’étude de ces différentes cohortes a permis de mettre en évidence sept nouveaux polymorphismes. Le rôle des polymorphismes CATT5-8 et –173* G/C dans la survenue d’une sepsis sévère à N. meningitidis a été étudié dans une cohorte de 1106 patients britanniques caucasiens en collaboration avec les professeurs Michael Levin et Rob Read et dans une cohorte de 434 sujets britanniques Caucasiens sains (contrôles). En résumé, les résultats des différentes études menées dans le cadre de ces recherches suggèrent que la présence d’un génotype CATT5-5 est associé à des concentrations de MIF plus basses et à un risque réduit de survenue de sepsis sévère à méningocoques.
Dans le cadre d’un projet de l’Etude de cohorte suisse VIH, le Dr Pierre-Yves Bochud a analysé l’impact des polymorphismes des gènes TLR2, 3, 4, 7, 8 et 9 dans le cours clinique de l’infection VIH de type 1. L’analyse de 28 polymorphismes de ces gènes TLR a révélé que deux polymorphismes de TLR9 étaient associés à une progression rapide de l’infection.
Professeur Amalio Telenti, UNIL et Professeur Thierry Calandra, Chef du Département de médecine, Chef du Service des maladies infectieuses, CHUV; Professeur Ordinaire, UNIL
La pharmacogénétique (c’est à dire l’influence du patrimoine génétique de chaque individu sur la façon dont il va réagir à certains médicaments) est un domaine important d’études dans le cadre de l’infection par le VIH car les traitements prescrits sont complexes et potentiellement toxiques. Dans le cadre d’avancées technologiques importantes au milieu des années 2000, les équipes des professeurs Telenti et Calandra ont pu inventorier un grand nombre de variations génétiques qui influent sur la façon dont les médicaments contre le VIH agissent ou sont plus ou moins bien tolérés par notre organisme. En effet, l’utilisation de combinaisons médicamenteuses et le besoin de traitements de longue durée donnent des fréquences élevées de toxicité aux médicaments antirétroviraux. Dans cette optique, les recherches menées ont aussi analysé les déterminantes génétiques de la susceptibilité à la toxicité médicamenteuse.
Professeur Amalio Telenti, UNIL et Professeur Thierry Calandra, Chef du Département de médecine, Chef du Service des maladies infectieuses, CHUV; Professeur Ordinaire, UNIL
La pharmacogénétique (c’est à dire l’influence du patrimoine génétique de chaque individu sur la façon dont il va réagir à certains médicaments) est un domaine important d’études dans le cadre de l’infection par le VIH car les traitements prescrits sont complexes et potentiellement toxiques. Dans le cadre d’avancées technologiques importants au milieu des années 2000, les équipes des professeurs Telenti et Calandra ont pu inventorier un grand nombre de variations génétiques qui influent sur la façon dont les médicaments contre le VIH agissent ou sont plus ou moins bien tolérés par notre organisme. En effet, l’utilisation de combinaisons médicamenteuses et le besoin de traitements de longue durée donnent des fréquences élevées de toxicité aux médicaments antirétroviraux. Dans cette optique, les recherches menées ont aussi analysé les déterminantes génétiques de la susceptibilité à la toxicité médicamenteuse.
Professeur Jacques Fellay, Global Health Institute, EPFL et Professeur Amalio Telenti, UNIL
Développer des traitements ou vaccins contre le VIH est extrêmement difficile à cause de la capacité du virus à changer son profil génétique afin d’échapper à notre système immunitaire. En parallèle, le système immunitaire de chaque individu infecté essaie de se défendre d’une façon qui lui est propre et unique, forçant le virus à acquérir des mutations spécifiques qui peuvent être vues comme des signatures génétiques de cette bataille singulière. Afin d’explorer ces phénomènes, les équipes des Professeurs Fellay et Telenti, en collaboration avec des chercheurs d’autres institutions de renommée internationale, ont recherché des liens entre les variations présentes dans l’ADN de personnes séropositives et celles présentes dans l’ADN du virus. Ils ont pu mettre en évidence l’existence de variations du génome humain partageant les mêmes caractéristiques dans un groupe de gènes appelés système HLA (human leukocyte antigen). Ce système HLA permet la production de proteines qui jouent un rôle crucial dans la réponse immunitaire au VIH. Le travail accompli a ainsi identifié les régions du génome humain qui ‘stressent’ le VIH et les régions du virus qui lui serve à échapper au contrôle de notre système immunitaire. Cette recherche a ainsi permis de différencier entre les mutations du VIH provoquées par notre système immunitaire qui nous permettent de limiter la capacité de nuisance du virus de celles qui sont tolérées par le virus.
Professeur Pierre-Yves Bochud, Médecin adjoint, Services des maladies infectieuses, CHUV
Le Professeur Bochud et son équipe étudient certaines variations génétiques et leurs liens avec la susceptibilité des individus à l’égard des infections. La mise au jour de ces variations (appelées polymorphismes) pourrait permettre de développer des prises en charge personnalisées et notamment d’identifier de façon précoce les patients les plus vulnérables. Ces recherches ont ainsi pour but de comprendre dans quelle mesure et par quels mécanismes les polymorphismes génétiques influencent la présentation clinique des infections. Avec le soutien de la fondation Santos-Suarez, le professeur Bochud et son équipe se sont ainsi penchés sur des patients atteints de l’hépatite C ainsi que sur des patients immunocompromis (patients ayant reçu un organe ou une greffe de moelle pour le traitement de cancers hématologiques).
Dans le cadre de ses recherches sur l’hépatite C, l’équipe du Professeur Bochud a ainsi découvert plusieurs variations génétiques qui sont impliquées dans la réponse des patients au traitement ainsi qu’à la capacité d’un individu à se débarrasser du virus de façon spontanée. En parallèle de ces recherches, le professeur Bochud et ses collaborateurs ont écrit une revue scientifique et une méta-analyse des facteurs génétiques associés à l’élimination du virus. Un autre axe de recherche concernait les variations génétiques liées à une plus grande susceptibilité aux infections chez des patients immunosupprimés. Dans ce cadre, plusieurs collaborations ont été mises en place notamment avec la cohorte suisse de transplantation et le groupe d’étude Funginos (groupe d’étude sur les infections dues aux champignons) et ont permis de dresser un état des lieux de ces types d’infections et de montrer des associations entre certaines variations génétiques et une plus grande susceptibilité aux infections virales ou fongiques.
Professeur Benoit Guéry, Médecin chef, Service des maladies infectieuses, CHUV
Pseudomonas aeruginosa est une bactérie qui provoque des infections sérieuses chez l’homme car elle peut affecter les poumons, l’appareil urinaire et les reins et se montre résistante à de nombreux antibiotiques. Les infections qu’elle provoque sont souvent acquises en milieu hospitalier notamment lors de séjours en soins intensifs. L’équipe du professeur Guéry cherche à comprendre le rôle du microbiote digestif sur la réponse immunitaire aux infections pulmonaires par cette bactérie. Le but est ainsi d’identifier de nouvelles stratégies de traitement qui, en restaurant l’équilibre fonctionnel du microbiote digestif, permettrait d’améliorer la réponse à l’agression pulmonaire. Cette recherche est essentiellement destinée à améliorer le pronostic des patients en soins intensifs : en effet, ces patients reçoivent de multiples antibiothérapies qui altèrent le microbiote digestif et modifient la réponse du système immunitaire aux infections.
Dr. Frédéric Lamoth, Médecin-adjoint au Service des maladies infectieuses et à l’Institut universitaire de microbiologie, CHUV et UNIL
L’Aspergillus fumigatus est le principal champignon filamenteux pathogène chez l’être humain. Il peut provoquer une infection sévère, l’aspergillose invasive, chez des patients immunosupprimés – en particulier chez des patients atteints de cancers hématologiques ou ayant reçu une transplantation d’organe. Pour traiter cette infection, on utilise notamment des médicaments de la classe des échinocandines. On a cependant observé chez Aspergillus fumigatus un certain niveau de résistance naturelle aux échinocandines ainsi qu’une perte d’efficacité de ces médicaments lors de l’administration de doses importantes (effet paradoxal). Avec le soutien de la Fondation Santos-Suarez, le Dr. Frédéric Lamoth et son équipe étudient le rôle de certaines protéines appelées heat shock proteins dans cette réaction spécifique aux échinocandines.