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La pauvreté est énorme en Israël. Près d'un adulte sur quatre vit au-dessous du seuil de pauvreté. Plus grave, cette précarité touche un enfant sur trois. Les conditions d'habitat sont inquiétantes. La vétusté gangrène les villes. Même les survivants de la Shoah se retrouvent dans cette galère, puisque 25% d'entre eux font partie des plus défavorisés.
Pourtant, le potentiel économique existe. Ce pays est assommé par les dépenses militaires. Le budget militaire de cette petite nation atteint annuellement les 13 milliards de dollars. Presque 7% du produit intérieur brut (PIB) sont consacrés à préparer une guerre éventuelle, ce qui représente 10% du budget total de l'Etat. En comparaison, l'Iran consacre 2,7% de son PIB au secteur militaire. Les Etats-Unis, pays malheureusement présent dans bien des conflits, dépense 4,7% pour son armée. Les grandes puissances occidentales engagent entre 2 à 4% pour ce type de dépenses. Ces proportions montrent l'ampleur déraisonnable des budgets militaires de l'Etat hébreu. Avec ses 7,5 millions d'habitant-e-s, Israël possède la 4ème ou 5ème armée du monde, place variant suivant les années, et l'a doté de l'arme nucléaire.
Si ces sommes colossales étaient investies dans l'éducation, le logement, la santé, le social, l'économie et l'environnement, Israël vivrait mieux. Pour réussir cette métamorphose, ce beau pays, riche d'histoires, doit s'engager dans un processus de paix durable avec les pays arabes et accepter la création d'un Etat palestinien.
La paix, socle de base de l'épanouissement des peuples, apportera de la quiétude à cette région. Elle dégagera en outre des moyens pour investir dans la solidarité plutôt que les armes.
Christian Brunier, ancien député PS, Genève