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Bon sang de bonsoir! Voilà pas un drôle de rapprochement?
La symbolique de la chose n’est guère des plus sympathique. On l’aurait associée à, je ne sais pas, par exemple: la chèvre pour sa ténacité. Non, pas la chèvre. L’odeur... Ou à la vache pacifique qui allaite si bien ses petits. Non pas la vache: elle n’allaite plus ses petits qui sont déjà sur l’étalage des supermarchés pendant qu’on lui prend son lait pour nourrir des humains allergiques!
On aurait pu l’associer à un oiseau. La poule, par exemple. Que ferait-on sans la poule et ses oeufs: il y a un paquet de gâteaux et de biscuits qui n’auraient jamais été inventés! Non, pas la poule: ça peut faire vulgaire.
Quand-même: une araignée! L’animal suscite en général des réactions de rejet, de dégoût ou de peur. Au secours, la mygale nous guette! L’épeire diadème nous met des fils pleins les pattes dans les sous-bois. L’araignée est une prédatrice. Elle figure ainsi dans de nombreuses histoires ou films d’épouvante.
Alors appeler une araignée «Maman», associer la mère à la bête mythique à huit pattes, c’était osé.
Ce serait oublier que l’araignée est aussi un architecte inspiré quand elle tisse sa toile. Ou comme le disait Louise Bourgeois:
« L'araignée, pourquoi l'araignée? parce que ma meilleure amie était ma mère, et qu'elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, raisonnable et indispensable qu'une araignée. Elle pouvait se défendre elle-même. »
L’artiste donnait ainsi une connotation positive à l’arachnidé géant, aujourd’hui exposé à Genève sur la Place Neuve. Pour donner une meilleure image de son gigantisme (hauteur de 9 mètres) on aurait pu lui trouver une place plus dégagée.
«Maman», à voir jusqu’au 28 août.
En vidéo, la bande annonce du film «Louise Bourgeois : l'araignée, la maîtresse et la mandarine», de Marion Cajori et Amei Wallach