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Cours: Opposition politique, critique sociale, contestation religieuse: la liberté de parole au Moyen Âge
FOEHR-JANSSENS Yasmina, professeure ordinaire,
TILLIETTE Jean-Yves, professeur ordinaire
Le Moyen Âge passe parfois pour une période où seule l'autorité, religieuse ou politique, est libre de s'exprimer et où les voix dissidentes sont impitoyablement étouffées. Ce sont la Renaissance et la Réforme, avec l'apparition de l'esprit critique et du libre examen, qui auraient créé les conditions de l'échange dialectique et du débat contradictoire. Rien n'est moins vrai que cette opinion encore trop couramment reçue. Des libelli de lite, ces pamphlets qu'échangent les partisans du pape et ceux de l'empereur lors de la « Querelle des investitures », amenant ainsi la redécouverte des prestiges de la rhétorique, à la radicale remise en cause de l'ordre établi portée par l'ironie du génial François Villon, la contestation est partout, du XIe au XVe siècle. Elle semble toutefois s'exprimer de façon privilégiée à travers certains cadres, essentiellement ceux, en apparence peu compatibles entre eux, de la parodie et du prophétisme. On essaiera de le vérifier (ou pas') à partir de la lecture de textes latins et français appartenant à des genres divers et issus de milieux variés.