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A son avis, la couverture des besoins énergétiques croissants de l'humanité sans émissions supplémentaires de gaz à effet de serre constituera l'un des défis majeurs du siècle prochain. Pour atteindre cet objectif, l'ambassadeur américain estime qu'il faudra renforcer l'utilisation de l'énergie nucléaire, solution qui, étant donné la mauvaise image de l'énergie nucléaire, ne manquera pas de déclencher des controverses. Il incombe aux hommes politiques de mieux informer le public afin de prévenir des dégâts environnementaux irréversibles, a-t-il ajouté, en précisant que les espoirs placés dans les "énergies dites renouvelables" telles que le soleil, le vent et la biomasse étaient démesurément exagérés, tandis que l'énergie nucléaire constituait un tabou politique largement répandu.
L'ambassadeur américain a identifié trois mythes sur l'énergie nucléaire: elle faciliterait la prolifération des armes atomiques, elle comporterait le risque d'un deuxième Tchernobyl, et les déchets radioactifs constitueraient une bombe à retardement sous l'angle écologique. En ce qui concerne le premier mythe, M. Ritch a indiqué que toute tentative de prolifération nucléaire serait très probablement découvert. Pour ce qui est du deuxième mythe, il a souligné que le domaine de la sûreté avait connu un grand développement depuis Tchernobyl. Il estime toutefois que les réacteurs RBMK encore en service sur le territoire de l'ex-Union soviétique devraient être arrêtés le plus vite possible. Quant aux déchets radioactifs, il a rappelé que leur impact sur l'environnement était minime par rapport à celui des milliards de tonnes de gaz à effet de serre provenant de l'utilisation d'agents énergétiques fossiles. Contrairement aux gaz à effet de serre répandus dans l'atmosphère, les volumes beaucoup plus faibles des déchets radioactifs sont traités avec le plus grand soin et, si possible, réduits encore par recyclage. M. Ritch estime qu'en perspective de nouvelles techniques améliorées, les déchets doivent pouvoir être récupérés.
En conclusion, l'ambassadeur américain a constaté que la science et la diplomatie avaient ouvert la voie vers une mise à profit optimale du potentiel de l'énergie nucléaire et qu'il incombait désormais aux milieux politiques d'emprunter cette voie. "Si nous voulons pouvoir mener un dialogue public sans préjugé sur l'énergie nucléaire, 'Des atomes pour la paix' constituera un thème dominant du siècle prochain," a-t-il indiqué.
Source
M.E./C.P. d'après NucNet du 12 novembre 1999