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Produit par la multinationale pharmaceutique Sanofi-Aventis, le vaccin expérimental contre l'infection humaine par le virus A(H5N1) responsable de la grippe aviaire est de nature à conférer une protection à la condition d'avoir recours à de fortes doses antigéniques. Telle est la conclusion en demi-teinte d'une étude publiée dans les colonnes du New England Journal of Medicine dans sa livraison datée du 30 mars. L'essai clinique a été conduit en deux étapes de mars à juillet 2005 sur 451 adultes en bonne santé âgés de 18 à 64 ans, dans trois centres hospitaliers américains.Les volontaires sur lesquels est testé ce vaccin ne fournissent une réaction immunitaire satisfaisante qu'avec deux doses de 90 microgrammes chacune, ce qui est 12 fois supérieur à la dose nécessaire pour la grippe saisonnière.Le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national américain de contrôle des maladies infectieuses et allergiques, estime que ces résultats signifient que les réserves de vaccins aujourd'hui disponibles aux Etats-Unis ne permettraient de protéger qu'environ quatre millions d'Américains. Le Dr Fauci n'a pas précisé ce qu'il en était pour le reste du monde.En septembre 2005, on avait appris la signature d'un contrat, d'un montant de 100 millions de dollars (82,3 millions d'euros), passé par le gouvernement américain avec la société Sanofi-Pasteur (groupe Sanofi-Aventis) pour la production d'un vaccin «prépandémique», des négociations sur ce même thème étant par ailleurs en cours avec plusieurs pays de l'Union européenne. Deux questions, ici, s'imposent. Faut-il lancer des recherches visant à mettre au point un vaccin contre l'actuel virus A(H5N1) alors que ce virus n'a pas encore acquis, par mutation, les propriétés structurales qui lui permettraient de se transmettre d'homme à homme ? Faut-il au contraire attendre que, dans quelques mois ou quelques années, ce virus se soit «humanisé» pour lancer la mobilisation vaccinale ?«Il y a cinq ans, nous avions passé aux Etats-Unis un premier contrat de recherche avec les National Institutes of Health, nous expliquait en septembre 2005 à Malte, dans le cadre de rencontres européennes sur la grippe, le Dr Agnès Hoffenbach, directeur du programme de recherche et développement chez Sanofi-Pasteur. L'installation progressive de la pandémie aviaire a ensuite fait que nous avons été pressés, tant par l'OMS que par différents gouvernements, d'intensifier nos travaux de recherche.» En mars 2005, la filiale américaine du groupe français avait livré 8000 doses expérimentales vaccinales, les autorités sanitaires américaines lançant aussitôt un premier essai clinique. Et à en croire des articles parus début août dans le Washington Post et le New York Times, les modalités et les résultats de cet essai avaient été jugés prometteurs par le Dr Fauci.