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L'une a dû quitter prématurément Roland-Garros, l'autre a craqué pendant les Jeux olympiques: Naomi Osaka et Simone Biles ont remis la détresse psychologique des sportifs de haut niveau au-devant de la scène mardi à Tokyo.
«Elle a été une grande source d'inspiration pour moi», a commenté Biles à propos d'Osaka, après avoir indiqué avoir regardé le documentaire consacré à la championne de tennis sur Netflix, en juillet dernier. Hasard du calendrier, alors que Biles craquait mardi soir en abandonnant le concours par équipes de gymnastique, Osaka, qui avait effectué son retour aux Jeux, perdait dès son troisième match sur les courts le matin, dans le tournoi de tennis.
Santé mentale
En mai dernier, Osaka a surpris le monde entier à l'occasion de Roland-Garros, en refusant d'abord de participer à la moindre conférence de presse, ce que le règlement lui impose pourtant en Grand Chelem. La joueuse évoquait alors le besoin de se protéger, parlant de sa santé mentale.
Après sa victoire au premier tour du tournoi parisien, Osaka ne s'était effectivement pas présentée devant la presse et avait été sanctionnée d'une amende de 15'000 dollars. Les organisateurs des quatre tournois du Grand Chelem (Open d'Australie, Roland-Garros, Wimbledon et US Open) avaient ensuite menacé dans un communiqué commun de l'exclure du Majeur parisien voire des trois autres si elle persistait.
«Longues périodes de dépression»
Le lendemain, Osaka avait alors pris la décision de quitter prématurément le tournoi. «Je pense que la meilleure chose pour le tournoi, les autres joueuses et mon bien-être est que je me retire (du tournoi) pour que chacun puisse se reconcentrer sur le tennis», a-t-elle tweeté.
Dans son message, elle expliquait avoir «traversé de longues périodes de dépression depuis l'US Open 2018», le premier de ses quatre titres du Grand Chelem. Osaka (23 ans) avait ensuite déclaré forfait pour Wimbledon pour ne revenir qu'aux Jeux.
Auparavant, elle avait fait un retour très médiatique à l'occasion de la cérémonie d'ouverture, vendredi dernier, en étant la dernière relayeuse de la flamme olympique, avant d'allumer la vasque.
Le poids du monde
Mardi soir, au centre de gymnastique d'Ariake, c'est Biles qui s'est retrouvée au centre des attentions, avec «l'impression par moments d'avoir à supporter le poids du monde sur (ses) épaules», comme elle l'avait dit en début de semaine.
C'était trop pour la meilleure gymnaste de l'histoire, âgée de 24 ans – sept mois de plus seulement qu'Osaka – alors que sa quête de médaille commençait. «Ça craint que cela arrive ici aux Jeux olympiques, mais avec l'année qu'on a eue, je ne suis pas surprise que cela se produise. Je n'ai plus autant confiance en moi qu'avant, je ne sais pas si c'est une question d'âge», a-t-elle déclaré, avouant également qu'elle devait se battre «avec des démons dans (sa) tête».
Se protéger
«De nos jours, je pense que les questions sur la santé mentale dans le sport sont plus fréquentes. Ce n'est plus comme si on pouvait tout mettre de côté, il faut aussi se concentrer sur soi-même, car, en fin de compte, nous sommes aussi humains, nous devons protéger notre esprit et notre corps, plutôt que de faire ce que le monde attend de nous. Ce que j'ai décidé (ce mardi) montre le pouvoir des sportifs, je me suis assurée que je protégeais ma santé mentale et mon bien-être, je ne voulais pas risquer de me faire mal ou de faire quelque chose de stupide en participant à cette compétition», a déclaré la gymnaste américaine.
Reste à Biles à affronter la suite, à commencer par son programme aux Jeux olympiques. Elle doit normalement faire son retour sur les tapis jeudi, à l'occasion du concours général individuel.
ATS