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Sur cette vue d'artiste respectant les échelles, Kepler-452b figure en troisième position à partir de la gauche et la Terre en dernier. Ce qui donne une vague idée de la taille de l'exoplanète, quatre fois plus volumineuse que notre globe (son rayon fait 1,6 fois celui de la Terre). Au printemps 2015, une liste exhaustive des 1880 exoplanètes détectées avait été publiée. Pour celles repérées par le télescope Kepler depuis 2009, la liste s'arrêtait à l'exoplanète Kepler-447b. Kepler-452b n'y figurait pas encore. Et pour cause, les scientifiques n'arrêtant pas d'en détecter de nouvelles. Ce qui fait sensation avec Kepler-452b, détectée le 23 juillet, c'est sa ressemblance avec la Terre. Située dans une zone habitable de la Constellation du Cygne, sur la partie estivale de la Voie lactée (donc dans la même galaxie que la nôtre, pour être plus précis), elle est proche d'une étoile, comme nous du soleil, et en fait le tour en 385 jours, contre 365 pour nous. Est-elle rocheuse? On l'ignore. Y a-t-il de l'eau à sa surface? On ne le sait pas davantage. De quoi est composée son atmosphère? On ne peut pas le dire précisément. Est-elle habitable et la vie s'y est-elle développée, d'une quelconque manière? Mystère. Enfin, à quoi ressemble-t-elle? Là aussi, c'est impossible à dire.
Au centre de toutes ces conjectures et questions sans réponses, se pose bien sûr également la question de la distance. Et là, on sait. Kepler-452b se situe à 1400 années-lumière de nous (ou 13 millions de milliards de kilomètres). En d'autres termes, la lumière qui en émane mettrait 1400 ans pour nous parvenir. Si nous pouvions lui envoyer un signal porté par cette vitesse (soit environ 300 000 km/s), il mettrait lui aussi 1400 ans pour atteindre son but. En supposant que quelque chose, là-bas, le détecte, puis décide d'y répondre, sa réponse ne nous parviendrait que d'ici 2800 ans. Et ça, c'est le modèle super rapide. Supposons à présent que nous décidions d'y envoyer une sonde, ou un vaisseau peuplé, à une vitesse équivalente à celle de la sonde New Horizons (qui vient d'atteindre Pluton après neuf ans de voyage dans notre système solaire), qui comptait au lancement 60 000 km/h au compteur, un record à ce jour, il faudrait dans ce cas environ 25 millions d'années pour qu'il atteigne sa cible. Dois-je continuer?
Si la NASA et les autorités scientifiques sont en train de battre des records dans leur catalogage des exoplanètes - et il ne faut pas le minimiser, c'est un progrès colossal -, il serait aussi temps de trouver le ou les moyens de dompter ces distances infranchissables imposées par l'espace-temps dans notre univers. Et en supposant que d'autres civilisations, plus avancées, mille fois plus évoluées que la nôtre, soient parvenues à les dompter, comment se fait-il que nous n'en ayons toujours pas connaissance, que nous ne les voyions pas? Deux réponses sont en tout cas envisageables à cette question qui rappelle furieusement le paradoxe de Fermi, auquel j'avais consacré un billet l'an dernier (lire ici): peut-être parce que nous sommes seuls, dans notre galaxie, voire dans tout l'univers (hypothèse hautement improbable); ou peut-être parce qu'il n'y a pas moyen, justement, de contourner les limites que nous impose l'espace-temps et de dépasser la vitesse de la lumière. En attendant, scrutons le ciel et écoutons les étoiles.