Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07237.jsonl.gz/185

Les scénaristes entament leur troisième semaine de grève à Hollywood
Ce mouvement de grève a débuté le 2 mai en raison de l'échec des négociations avec les principaux studios et plateformes, portant notamment sur une hausse de leur rémunération. Les scénaristes de télévision et de cinéma américains réclament une meilleure redistribution des profits, des garanties minimales pour bénéficier d'un emploi stable et une plus grande part des bénéfices générés par l'essor du streaming.
Environ 11'500 scénaristes ont cessé de travailler, principalement à Los Angeles et à New York, et ont formé des piquets de grève devant les studios.
"Nous avons pour la plupart un deuxième emploi. Nous donnons des cours ou nous promenons même des chiens, juste pour s’en sortir et survivre dans cette ville", déplore Juliet McDaniel, scénariste, interrogée lundi dans le 19h30.
Environ 11'500 scénaristes ont formé des piquets de grève devant les studios, principalement à Los Angeles et à New York. [Shannon Stapleton - Reuters]
Les défis liés au streaming
L'Alliance des producteurs de cinéma et de télévision (AMPTP) assure avoir proposé aux scénaristes une augmentation de leur rémunération. Elle s'oppose toutefois à plusieurs revendications, notamment la révision de la rémunération des scénaristes de séries diffusées en streaming, qui restent souvent visibles sur des plateformes pendant des années.
Pendant des décennies, les scénaristes ont perçu des "droits résiduels" pour la réutilisation de leurs oeuvres, par exemple lors des rediffusions télévisées ou des ventes de DVD. Il s'agit soit d'un pourcentage des recettes engrangées par les studios pour le film ou l'émission, soit d'une somme fixe versée à chaque rediffusion d'un épisode.
Avec le streaming, les auteurs reçoivent chaque année un montant fixe, même en cas de succès mondial de leurs séries, vues par des centaines de millions de téléspectateurs dans le monde.
La Writers Guild of America (WGA), le syndicat des scénaristes, réclame la revalorisation de ces montants, rappelant que le salaire médian des scénaristes a baissé de 23% en 10 ans.
>> Revoir l'interview de Denis Rabaglia, cinéaste et président de la Société suisse des auteurs, dans l'émission Forum:
Des productions à l'arrêt
En raison de cette grève des scénaristes, des productions sont déjà à l’arrêt, comme celle du gros succès de Netflix "Stranger Things". D’autres, comme "911" ou "Grey’s Anatomy", n’ont pas encore de date pour leur nouvelle saison, qui commence normalement à l’automne.
Ce mouvement social s'est également traduit par l'interruption immédiate d'émissions à succès, comme les "late-night shows". Les réponses des studios aux demandes ont été "totalement insuffisantes, compte tenu de la crise existentielle à laquelle les scénaristes sont confrontés", a justifié la WGA.
Le monde du divertissement paralysé
Mais à Los Angeles, les répercussions de la grève vont encore plus loin. Une grande partie de l’économie locale est liée au divertissement. Et plus les jours passent, plus l’inquiétude grandit dans de nombreuses entreprises telles que celle de Keith Marvin, propriétaire de Prop Heaven.
Ses entrepôts regorgent de tous les accessoires dont peuvent rêver des réalisateurs. Mais les allées vides sont la preuve que la grève a porté un coup à son entreprise. "Quand les affaires marchent, c’est rempli", explique-t-il, "des camions sont garés tout le long de la rue et attendent de charger leurs accessoires".
Il ne veut pas mettre sa trentaine d’employés au chômage. La plupart d’entre eux ont pris leurs congés pour faire face à la baisse d’activité. Mais si la grève dure, Keith Marvin devra peut-être réduire le nombre d’heures ou même le nombre de personnes dans son entreprise. "Mais j’essaie de résister le plus possible, le plus longtemps possible", assure-t-il.
La dernière grève des scénaristes, en 2008, avait duré 100 jours. Elle avait coûté plus de deux milliards de dollars à l’économie d’Hollywood.
Sujet TV: Aviva Fried
Adaptation web: edel avec afp