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L'avocat de la princesse a déclaré que l'infante avait reçu la décision "avec satisfaction, mais aussi (...) la contrariété de partager une condamnation avec son mari qu'elle considère injuste" (archives).
KEYSTONE/AP/JOAN LLADO(sda-ats)
La princesse Cristina de Bourbon, soeur du roi d'Espagne Felipe VI, a été blanchie vendredi dans le procès pour fraude fiscale qui lui était intenté, selon les autorités judiciaires espagnoles. Son mari, Iñaki Urdangarin, écope lui de six ans et trois mois de prison.
Ce jugement peut être contesté en appel. Mais le parquet pourrait éventuellement demander l'incarcération immédiate du mari, âgé de 49 ans.
Le tribunal des Iles Baléares, à Palma de Majorque, a également infligé à l'ancien duc de Palma, M. Urdangarin, une amende de plus de 512'000 euros (545'000 francs). Il était accusé d'avoir détourné plusieurs millions d'euros de fonds publics par le biais de sa fondation Noos avec un associé, entre 2004 et 2006.
Cristina de Bourbon, 51 ans, était elle poursuivie pour complicité de fraude fiscale en lien avec les malversations de son mari. Elle a été acquittée de ce chef d'accusation. Christina doit cependant payer une amende de 265'000 euros du fait de sa "responsabilité civile solidaire" en tant qu'épouse de M. Urdangarin. La somme a déjà été restituée pendant la procédure.
Cristina défendue par le procureur
Le procureur, Pedro Horrach, avait requis 19 ans et six mois d'emprisonnement à l'encontre de M. Urdangarin. Il avait demandé qu'une amende de quelque 980'000 euros lui soit infligée. Mais ce même procureur avait pris clairement la défense de Cristina. Il avait présenté les accusations contre elle comme un "échafaudage de soupçons et de conjectures applaudi par les médias".
La princesse n'avait finalement été jugée que sur plainte d'un collectif de défense des contribuables, Mains propres, considéré d'extrême droite.
Satisfaction et contrariété
Selon la presse, Cristina et Inaki ont pris connaissance du jugement à Genève, où ils vivent depuis 2013 avec leurs quatre enfants.
L'avocat de la princesse, Miquel Roca, a déclaré que l'infante avait reçu la décision "avec satisfaction, mais aussi (...) la contrariété de partager une condamnation avec son mari qu'elle considère injuste, parce qu'elle a toujours cru, elle croit et elle continuera à croire à l'innocence de son mari". Cristina a toujours dit qu'elle ne savait rien des dossiers évoqués au procès et faisait pleinement confiance à son époux.
Dix-huit personnes étaient jugées dans le cadre de ce procès qui a duré un an. Et neuf d'entre elles ont été acquittées.
L'ancien ministre (2000-2003) Jaume Matas, a été lui condamné à trois ans et huit mois de prison, en tant qu'ex-président des Baléares. M. Matas avait admis avoir donné l'ordre d'attribuer des contrats à la Noos - sans appels d'offres ni discussion des prix - parce que M. Urdangarin était alors le gendre du roi.
Soeur privée de titre
L'affaire avait été révélée fin 2011 et avait d'autant plus choqué l'opinion que l'Espagne vivait sa pire crise économique depuis des décennies. Le scandale avait précipité l'abdication en 2014 de Juan Carlos 1er et l'arrivée sur le trône de son fils Felipe VI, décidé à redorer l'image de la monarchie.
Depuis, le souverain a même banni sa soeur de tous les actes officiels de la royauté et lui a retiré son titre de duchesse de Palma.
Felipe VI n'a fait vendredi aucun commentaire. Le Palais royal a simplement exprimé "son plus grand respect pour l'indépendance du pouvoir judiciaire".
ATS