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L’histoire de l’EPER
Depuis 75 ans, l’EPER s’engage pour les droits des personnes démunies et défavorisées. Au fil des décennies, le travail d’entraide et de reconstruction des Eglises, dans une Europe ravagée par la guerre et en grande précarité, s’est transformé en engagement pour un monde plus juste et plus humain. Aujourd’hui, l’EPER est une œuvre d’entraide professionnelle qui vient en aide à plus d’un million de personnes dans le monde.
1945/46
Naissance de l’œuvre d’entraide
1946-1953
Aide à la reconstruction des Eglises
Lors de ses premières années d’existence, l’EPER accomplit des choses extraordinaires. En l’espace de deux ans seulement, elle envoie environ 4000 tonnes de vêtements, chaussures, couvertures, savons, conserves, pommes de terre, etc. récoltés par les paroisses suisses à ses pays voisins. Elle distribue des vivres aux enfants et aux personnes âgées, fonde des orphelinats et des foyers pour enfants. Elle envoie également du coton brut, utilisé pour fabriquer des draps à l’intention des personnes réfugiées et des hôpitaux. Grâce à l’EPER, des enfants ayant vécu la guerre peuvent faire des séjours en Suisse. L’organisation livre également des Eglises qui servent de logements provisoires dans les pays dévastés par la guerre. Elle crée un centre pour la littérature théologique. Située dans le Tessin, la « Casa Locarno » de l’EPER accueille des personnes venues du monde entier, toutes confessions confondues, pour des séjours de repos, de détente ou des rencontres. Les 20 premières années, pas moins de 5000 personnes de 36 nationalités différentes y séjournent. Pendant la guerre froide, l’EPER soutient également les paroisses d’Europe de l’Est dans leur travail ecclésiastique et diaconal. Elle instaure ses premiers partenariats avec des paroisses. En 1949, elle reprend « l’aide évangélique aux réfugiés » en Suisse. Deux ans plus tard, elle fonde un home à Weesen, pour les personnes âgées réfugiées et réformées venues d’Europe de l’Est.
1954-1960
Lancement de l’aide au développement internationale
Les Etats colonisés d’Afrique et d’Asie luttent pour leur indépendance politique. L’EPER étend son engagement à ces continents : elle fournit une aide d’urgence en Algérie, envoie des vêtements donnés en Iran et en Jordanie. Elle offre des livres et des bourses aux étudiantes et aux étudiants en Asie. Grâce aux collectes des Eglises cantonales, elle lance son premier projet de développement au Sud : un atelier d’apprentis outilleurs au sud de l’Inde. Peu de temps après, elle participe à la création de collèges protestants en République démocratique du Congo. Elle lance aussi ses premiers programmes en Haïti et en Argentine. En 1956, plus de 200 000 Hongroises et Hongrois fuient leur pays. Environ 10 000 obtiennent l’asile en Suisse. Le Service aux réfugiés de l’EPER est confronté pour la première fois à une telle situation. Il organise l’accueil et l’approvisionnement de 2000 réfugiés protestants hongrois.
1961-1969
Grandes actions
Les Eglises et œuvres d’entraide suisses lancent une action sur deux ans intitulée « Pain pour mon frère » (aujourd’hui « Pain pour le prochain »). Elles récoltent 15,7 millions de francs pour des projets de développement menés par l’EPER et les missions protestantes. A l’origine, une seule collecte était prévue. Mais très vite, elles se rendent compte qu’il faut la renouveler annuellement pour que la « solidarité avec les personnes défavorisées » se concrétise. Par ailleurs et pour la première fois, les Eglises protestantes et catholiques mènent une action conjointe d’aide aux victimes de la guerre du Biafra (Joint Church Aid). En soutenant le projet « Delta Ministry » dans l’Etat américain du Mississipi, l’EPER met l’accent sur l’égalité des droits pour les Afro-Américains aux Etats-Unis.
1970-1979
Aide en cas de catastrophe et politique de développement
L’EPER renforce son engagement politique : les questions autour de la justice, de l’asile, des guerres et de la paix sont au cœur de son action. En Suisse, elle renforce sa communication en matière de politique de développement. En Angola, au Zimbabwe et en Afrique du Sud, elle s’engage pour les populations opprimées par le racisme et l’apartheid. Elle les soutient dans leur lutte pour l’égalité des droits. Elle participe également à un programme anti-racisme mené par le Conseil œcuménique des Eglises. Cela lui attire de nombreuses critiques. Après la guerre au Vietnam, l’EPER s’engage dans un programme de reconstruction du pays, après avoir fourni une aide d’urgence pendant plusieurs années. En Suisse, elle fournit un travail de plaidoyer pour l’accueil de réfugiés supplémentaires en provenance d’Indochine. Elle les soutient dans leur intégration. Durant ces années, l’EPER élargit sa collaboration avec les œuvres d’entraide, les groupes de défense des droits humains et les mouvements citoyens. Elle promeut ainsi son travail de développement. Suite aux inondations en Afrique du Nord et en Europe de l’Est, aux séismes en Turquie et au Pérou et au raz-de-marée au Pakistan, l’EPER crée son propre service dédié aux catastrophes.
1980-1989
Engagement plus poussé en faveur des réfugiés en Suisse
1990-1999
Tournant en Europe de l’Est, guerre des Balkans et mandat élargi pour le travail en Suisse
2000-2010
Aide d’urgence et réorientation des projets en Suisse
L’EPER doit de plus en plus souvent fournir une aide d’urgence pour cause de catastrophes naturelles ou de conflits. 2005 est une année noire : l’organisation lance un vaste projet de reconstruction au Sri Lanka après le tsunami en Asie. Elle fournit une aide d’urgence en Roumanie, au sud du Mexique, au Guatemala, au Cachemire, au Niger et au Soudan, frappés par des catastrophes naturelles. En Suisse, l’EPER perd le mandat fédéral d’aide aux réfugié.e.s en 2001. Elle réoriente son travail vers l’aide juridique et les projets d’intégration et d’insertion professionnelle pour les personnes migrantes et socialement défavorisées. L’EPER se professionnalise et se recentre stratégiquement. Elle instaure des structures de coordination locales dans tous ses pays prioritaires pour mener ses programmes à l’étranger. L’EPER commence à introduire des programmes pays : l’objectif est de mettre l’accent sur certaines zones géographiques et certaines thématiques. En 2004, l’EPER devient une fondation. En 2008, elle lance l’action de Noël « Offrir son aide », qui a toujours un vif succès.
2010 à aujourd’hui
Flux de réfugiés, coronavirus et fusion avec Pain pour le prochain
En 2015, plus de 60 millions de personnes dans le monde sont en fuite. Bon nombre d’entre elles tentent de rejoindre l’Europe par des voies dangereuses. L’EPER soutient les réfugiés dans les pays de premier accueil tels que le Liban et le nord de l’Irak. Elle le fait aussi le long de leur périple dans les Balkans, notamment en Serbie. En 2016, elle lance la campagne nationale « Annoncer la couleur ». Elle rassemble des œuvres d’entraide, des institutions sociales et des individus. La coalition appelle les responsables politiques et le public à davantage de solidarité, à une discussion constructive autour des personnes réfugiées et à une politique de l’asile humaine. Au printemps 2020, le coronavirus met le monde sens dessus dessous. L’EPER lance très rapidement un programme d’aide d’urgence de grande envergure en Suisse et dans les pays où elle est active. Elle soutient les personnes particulièrement touchées par la crise. En 2019, les conseils de fondation de Pain pour le prochain et de l’EPER décident de la fusion des deux œuvres d’entraide prévue en 2022.