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08/10/2012
Rencontre de la déesse (Degolio III)
Or, donc, comme je le disais dans le dernier épisode de cette série, le général de Gaulle suivait un couloir sombre au bout et en bas duquel brillait une vague lueur rouge. Bientôt, il arriva en vue de quelque chose qui le surprit énormément, comme à vrai dire jamais rien ne l’avait fait au cours de son existence, et jamais rien ne le ferait avant sa mort, tant elle était extraordinaire. Car dans la lueur rouge, il crut voir, peu à peu, un visage. Celui d’une femme merveilleusement belle, aux longs cheveux d’or, et ressemblant étrangement à la fée de la France qu’il avait vue en rêve, et qui lui avait paru pouvoir être assimilée à la belle, à la glorieuse Marianne! Mais au lieu d’un bonnet phrygien, celle-ci, qu’il avait sous les yeux, portait un diadème luisant, muni d’un joyau qui brillait à la façon d’une étoile. Et elle le regardait, et souriait.
Elle était assise sur une sorte de fauteuil de velours rouge, tissé de fils d’or. Derrière elle, une statue luisante, semblant posséder son propre rayonnement, représentait le même génie dit de la Liberté qui est représenté Place de la Bastille, au sommet de la Colonne de Juillet. Mais au lieu d’avoir la pose enlevée qu’il a sur cette célèbre colonne verte, il se tenait au naturel, comme en attente, comme si lui aussi était venu pour accueillir le général de Gaulle; et d’ailleurs, ses yeux brillaient, et bougeaient: notre héros avait pris pour une statue ce qui peut-être était vivant, mais qui n’en avait pas moins une chair d’or, et comme l’éclat du métal. Cependant, il palpitait, comme si un sang de clarté avait coulé dans ses veines! Il respirait, et sa poitrine se soulevait. Sa bouche légèrement remuait: on ne pouvait en douter, il s’agissait d’un homme qui avait le corps du génie de la liberté! A sa main droite, il tenait une torche brillante, comme son modèle fameux; à sa main gauche, une chaîne brisée qui semblait se mouvoir d’elle-même, à la façon d’un serpent; et elle pouvait s’étirer à volonté, comme de la lumière solide - phénomène très étrange.
Il était le gardien personnel de la fée, de la déesse terrestre qui se trouvait là, et disposait de pouvoirs terribles, que je ne puis énumérer aujourd’hui. Il avait bien des ailes, comme son modèle de la Place de la Bastille. Elles luisaient; la chambre où demeurait l’étrange dame en était rendue scintillante: des astres semblaient y planer doucement. Elles ajoutaient à la clarté de la torche. Laquelle pouvait prendre la forme d’une lance, ou d’une épée, ou d’autres armes encore; mais c’est une autre histoire, dont je parlerai un autre jour.
Ensuite, invité par le doux regard de la dame, ainsi que par son sourire lumineux, Charles de Gaulle ne put se retenir de lui parler. Mais ce qu’il lui dit devra être répété dans un épisode futur. Car la place me manque, pour aujourd’hui.