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La démocratie directe
1869-1891
E ntre 1850 et 1914, la « démocratie libérale » devient le modèle de référence dans la plupart des États industriels d'Europe et d'Amérique du Nord. Dans une « démocratie libérale », le pouvoir et les libertés des citoyens sont exercés par l'intermédiaire d'assemblées élues au suffrage universel. Ce système politique permet l'évolution et l'implantation de la jeune démocratie dans une Europe alors majoritairement monarchique. Progressivement, le pouvoir des souverains européens est lié à la nation par une constitution qui limite toujours plus leur champ d'action.
Il faut attendre la fin des années 1970 pour que l'Europe méditerranéenne se libère des derniers régimes autoritaires (dictatures) ; « révolution des oeillets » au Portugal, transition démocratique post-franquiste en Espagne et fin du régime des colonels en Grèce.
En Suisse, les femmes devront attendre 1971 pour obtenir le droit de voter sur le plan national, après une première tentative échouée en 1959. C'est à ce moment-là seulement que le suffrage devient véritablement « universel ».
Finalement, les opposants à la démocratie directe ne peuvent que constater ses bienfaits. Eux qui craignaient des excès doivent admettre que les abus furent limités, même si certaines initiatives populaires très contestées défraient la chronique, en particulier l'initiative interdisant les minarets au sommet des mosquées, largement commentée dans les médias suisses et internationaux et souvent taxée de raciste.
Le taux d'abstentionnisme (terme désignant les citoyens qui ne votent pas) représente un autre problème majeur dans la plupart des pays démocratiques. Habitué aux droits populaires, le peuple se met à bouder ce privilège et oublie que cela n'a pas toujours été le cas. Ils oublient aussi que dans nombre de pays, les citoyens restent peu ou pas du tout consultés. Le modèle politique suisse demeure actuellement l'un des plus démocratiques de la planète.
La Constitution fédérale suisse confère la souveraineté, ou l’autorité politique suprême, au peuple. Celui-ci comprend aujourd'hui tous les adultes, hommes et femmes de nationalité suisse, c’est-à-dire environ 4,8 millions de personnes ou 64% de la population. Les Suisses de moins de 18 ans et les étrangers n’ont pas de droits politiques au niveau fédéral, mais certains cantons et certaines communes autorisent par exemple les étrangers à voter sur leur territoire.
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Anecdotes, clins d'oeil
La ruée suisse vers l'or
Loin, très loin de toutes ces préoccupations politiques, c'est précisément à cette époque qu'un Suisse, Johann August Sutter, dit « John » Sutter, né à Kandern, Bade-Wurtemberg en Allemagne (1803), fait une incroyable découverte, de l'autre côté de l'océan atlantique, en Californie.
Cet ancien boutiquier victime d'une faillite fuit la Suisse et la prison pour dettes, abandonnant sa famille, pour rejoindre New York où il débarque le 14 juillet 1834. Il gagne aussitôt la Californie, un territoire alors hostile, isolé et désert.
Sutter obtient une concession de 20'000 hectares sur laquelle il développe un domaine agricole gigantesque qu'il baptise « Nouvelle-Helvétie ». 12'000 têtes de bétail, 150 employés ; à 44 ans, John Sutter est alors l'un des hommes les plus riches de Californie... lorsque sa vie bascule.
C'est lors de la construction d'une scierie que l'un des charpentiers découvre... de l'or. Nous sommes le 24 janvier 1848 et Sutter tente de garder cette découverte secrète. Mais elle s'ébruite rapidement et la ruée vers l'or connaîtra les succès et les drames qu'on lui connait.
En 1864, la Cour Suprême des États-Unis conteste la propriété de Sutter. Il est ruiné et meurt en 1880 dans un hôtel de Washington.
En 1925, Blaise Cendrars retrace sa vie dans le roman « L'Or ».
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L'étincelle se produit à Sarajevo. L'archiduc François Ferdinand de Habsbourg est abattu en pleine rue par un nationaliste serbe.
Elle est évoquée pour la première fois par le président américain Woodrow Wilson au sortir de la Première Guerre mondiale.