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Dans la prévention des allergies alimentaires, les mesures varient entre une privation totale d’aliments potentiellement allergènes jusqu’à un certain âge ou au contraire leur introduction précoce. Dans le cas de l’allergie à l’arachide, qui touche maintenant 3% des enfants occidentaux, de nouveaux résultats montrent qu’une consommation précoce et soutenue de produits à base de cacahuète est associée à une diminution significative du développement de cette allergie au moins chez les enfants à haut risque, c’est-à-dire ceux souffrant déjà d’eczéma sévère et/ou d’allergie à l’œuf.
Plus de 600 bébés âgés de 4 à 11 mois et faisant partie de cette catégorie à haut risque ont été séparés en deux groupes après un test cutané : d’un côté les enfants insensibles (n = 530), de l’autre ceux présentant déjà une sensibilité (n = 98). Dans chacun de ces deux groupes, une partie des enfants a consommé du beurre de cacahuète à raison de 6 g de protéine d’arachide par semaine, tandis que l’autre en était privé. L’ allergie à l’arachide a ensuite été dépistée régulièrement, jusqu’à l’âge de 5 ans.
Il ressort de cette étude que dans le groupe où le test était négatif dès le départ, 13,7% des enfants privés de beurre de cacahuète sont devenus allergiques à l’arachide, contre 1,9% seulement des consommateurs. Chez la centaine d’enfants qui avaient présenté un test positif au début de l’expérience, ces résultats étaient respectivement de 35,3 et 10,6%. La consommation de beurre de cacahuète était de plus corrélée à des taux d’IgG et d’IgG4 plus élevés que chez les non-consommateurs, comme lors d’une désensibilisation.
Cette étude remet en question le bien-fondé de priver les enfants d’arachide à titre préventif, en tout cas chez les enfants à haut risque. Il est nécessaire toutefois d’attendre des résultats à plus long terme, afin de déterminer notamment si l’allergie n’a été que différée.