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L'école libre de Bagnes exerça son activité dans la commune de Bagnes, plus précisément dans le village du Châble, puis de Villette, de 1900 à 1943. Elle présente l'originalité d'avoir renoncé à l'enseignement religieux, à un moment où celui-ci occupait une place capitale dans les programmes de l'enseignement primaire valaisan. Ce sujet d'histoire locale n'avait jamais été abordé auparavant, si ce n'est de manière très succincte: un foisonnement d'implications politiques et idéologiques sous-tendait cette expérience tant au niveau régional qu'international; la laïcité de l'enseignement est aujourd'hui encore un sujet d'actualité; ce travail est à inscrire dans un contexte plus général de l'histoire des idées en Valais au tournant du siècle, histoire encore peu écrite.
"Elle tremblait. Je réalisais que je venais de faire quelque chose d’horrible, mais je m’en balançais. Je retirais même un malin plaisir à savoir que je venais de faire quelque chose d’horrible. Je ne disais rien mais j’avais le cœur chaud et souriant. Je me suis essuyé la bedaine avec la douillette et me suis levé. Je l’entendais tressaillir sur les draps. J’ai mis la main sur mes fringues et me suis glissé dedans. Je n’avais plus rien à foutre là. Je le savais. Je devais partir. J’enfilais mon chandail lorsqu’elle a éclaté. Presque aussitôt, j’ai senti quelque chose de dur me heurter la tête. Un disque, je crois. Puis un autre me frôler à ma gauche. Elle hurlait littéralement, un mélange de cris et de sanglots avalés."
Un roman de Sylvain Côté.
Edité en 1958, ce pamphlet politique porte les marques de son temps. Il a cependant étonnement peu vieilli. "Rien de nouveau sous le soleil, disions-nous l’autre jour, longtemps après l’Ecclésiaste", écrivait Léon Savary. Oui, les hommes se ressemblent passablement d’âge en âge. Et si, depuis quarante ans, beaucoup se plaignent de la lenteur des réformes dans notre pays, c’est sans doute que les hommespolitiques d’aujourd’hui ne sont pas très différents de leurs pères. Aussi ce livre demeure-t-il, à mon sens, de bon conseil pour qui voudrait accéder à la chambre du peuple.
Si vous voulez devenir conseiller national, commencez naturellement par faire allégeance à un parti politique. Evitez seulement "les extrêmes, qui dans notre pays, sont d’un mauvais rendement électoral." Vous faites "un peu peuple" comme Jean-Louis Trublet, le héros tragi-comique de cet ouvrage? Alors n’espérez pas adhérer au parti libéral. Sous ces réserves, vous avez le choix. Tissez lentement votre toile, montrez votre attachement à votre canton, graissez la patte des sociétés locales, ne refusez jamais un "dîner-choucroute" ou un "souper-tripes". Le jour de l’élection, faites tracer les noms de vos colistiers sans manquer de déplorer le procédé et, sûr de votre victoire, assénez enfin l’argument massue: "Le peuple a parlé."
Vous voilà donc à Berne. Là, multipliez les contacts personnels et mettez-vous d’emblée à l’étude du jargon parlementaire. Désormais ne dites plus: "une belle vache; dites: une pièce sélectionnée de notre cheptel bovin; ne dites pas: un chat qui attrape bien les souris; dites: un félidé domestique, spécialement apte à l’extermination des rongeurs de l’espèce micromyominutus; ne dites pas: une maison; dites: un immeuble affecté à l’habitation…" Ne manquez pas non plus de profiter de votre situation pour faire, avec mesure naturellement, un peu de racket. Faites effet dans les commissions en prononçant quelques chiffres savants, monnayez votre pouvoir d’électeur du Conseil fédéral et, de grâce, ne vous privez pas, durant une pause bien méritée au café du coin, de pincer le postérieur d’une gentille sommelière et de vous exclamer : "Elle a de belles fesses, n’est-ce pas? Ah! ah! ah! Elle a de belles fesses!" Vous laisserez, semble-t-il, le souvenir d’un homme d’infiniment d’esprit.
Voilà pour les conseils, voilà pour le fond. Ajoutons que l’on trouvera rarement, dans cet ouvrage, cette formidable violence et cette aigreur qui émane parfois des écrits pamphlétaires de nos voisins français, ou même de certains de nos compatriotes fortement engagés. Voulez-vous être conseiller national n’est pas tant le livre de la dénonciation. C’est le livre de la dérision, et peut-être de l’autodérision. Et ce n’est pas là sa moindre qualité. Si nul ne les ménage, force est de constater que l’on peine, dans ce pays, à se moquer des politiciens. Qu’un chroniqueur s’essaie un jour à un peu d’humour dans le domaine et il se fait prestement virer. Pourtant, savoir rire de ses élus c’est aussi montrer que l’on sait rire de soi. Et savoir rire de soi, comme savoir parfois fermer les yeux, c’est tout l’art de vivre.
Né dans le canton de Neuchâtel de père vaudois, un pasteur, et de mère balte, Léon Savary se convertit au catholicisme et séjourna de nombreuses années à Fribourg. Avant de vivre à Genève, Berne et Paris. Erudit, il fut un grand connaisseur de l’Eglise. Dans le dossier qui suit cette réédition, le théologien Jean-Marie Savioz se penche sur L’enfant terrible de l’Eglise, sur le troublant parcours religieux de cet homme complexe. (ngb)
Livre illustré par des dessins de Mix et Remix.
Les ateliers d’artistes sont des endroits magiques. S’ils ont chacun leursparticularités, ils forcent tous le respect.
Dire qu’ils sont le reflet de la personnalité du maître des lieux est un peu osé. Ils restent néanmoins des espaces où l’on entre avec piété, car il s’y passe quelque chose de spécial.
Nous avons décidé de franchir leur porte pour réaliser ce livre. Jean-Luc Corpataux, Pierre Loye, Pierre-Alain Morel, Jean-Jacques Putallaz et Nicolas Wuersdoerfer nous ont accueillis. Chacun à sa manière. Portrait d’atelier est le résultat de ces rencontres. Un livre loin des ouvrages académiques et des traités sur l’art: une approche intime de l’homme à son travail.
Le désir de publier un livre sur l’art était en nous depuis longtemps. Profitant de l’ouverture de la galerie de la Schürra, nous avons décidé de partir à la rencontre des artistes. A la différence des ouvrages traditionnels qui suivent le schéma critique-oeuvre, nous avons voulu privilégier les rapports humains. Les artistes ont répondu favorablement à notre demande. Nous nous sommes rendus dans leurs ateliers. Lors d’une première visite servant à nous apprivoiser mutuellement, nous avons établi ensemble un canevas pour notre discussion. Munis d’un magnétophone, nous sommes ensuite retournés voir les artistes. L’étape suivante a consisté à retranscrire les interviews pour réaliser un texte de base. C’est ce texte que nous avons envoyé aux artistes. Chacun y a apporté sa touche, suivant ses désirs et sa personnalité. Certains ont carrément réécrit le texte; d’autres n’ont corrigé que de petits passages; d’autres encore ont eu envie d’approfondir ce qu’ils avaient, à leur goût, trop négligé; d’autres enfin se sont complètement retirés et nous ont laissé carte blanche. Le résultat est étonnant. Partant tous du même canevas, les textes aboutissent à des versions variées, proches des sensibilités de leurs auteurs. Riche en surprises, l’expérience à laquelle les artistes se sont prêtés n’a certes pas été facile. Ayant l’habitude de s’exprimer par des moyens graphiques, le passage à l’écrit comporte des risques, comme celui de trop se dévoiler ou de ne pas parvenir à exprimer l’exacte pensée qui les anime. Il recèle aussi des avantages: une occasion rare d’apporter soi-même des précisions sur le travail artistique fourni. Nous tenons donc à remercier ici les artistes pour leur accueil chaleureux et le temps qu’ils nous ont consacré. En pénétrant dans leur travail, par le regard ou le dialogue, nous avons découvert des êtres ancrés dans des problématiques variées mais forts d’une énorme générosité et d’une vraie intelligence. (jrw/sl)
Un livre de Sophie Lugon et Jean-Rodolphe Wuersdorfer.
C'est un soir d'hiver: Julius conduit son tram, dans une ville qui pourrait être Genève. Et l'accident survient. Est-il responsable? C'est loin d'être sûr. Mais autour de lui la question devient vite rumeur, le doute s'insinue dans les esprits. A première vue pourtant, on ne peut pas reprocher grand-chose à Julius. Mais un enfant est mort. Il faut une réponse.
Avec La vie quotidienne à Sion au milieu du XIXe siècle. Le témoignage d’un règlement de police, agrémenté d’un iconographie inédite, l’archiviste Patrice Tschopp fait revivre un document savoureux qui met en scène les us et coutumes à la fois si proches et si lointains.
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