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Historique
Constitué d'une imposante grange de pierre et d'une maison d'habitation contiguë, trèsremaniée, cet ensemble architectural était organisé de manière à souligner le prestigedes maîtres et à faciliter l'administration des revenus de la terre. C'est là que seréunissaient comme l'attestent certains documents datés de 1392 et de 1422 les gensd'Isérables quand il leur fallait entendre leur seigneur Pierre du Châtelard;c'est là encore qu'ils apportaient leurs redevances que l'on emmagasinait ensuite dans lagrange.
Au fil du temps, la Vidondée a changé de propriétaires. Elle a notamment appartenu du16ème au 18ème siècle à la famille vidomnale des de Montheys,légataire de Pierre II du Châtelard.
La Fondation
Abandonnés à leur sort, les deux édifices se dégradaient. Leurs copropriétaires envisagenten 1982 de raser ces vieux murs pour y construire un bâtiment locatif. Le préfet Jacques-Louis RIBORDY parvint à convaincre les promoteurs de renoncer à leur projetet avec le soutien financier de son suppléant, des anciens préfets du district de Martigny,la collaboration d'un architecte et d'un ingénieur le site put être racheté et cédé à uneFondation reconnue d'utilité publique. Celle-ci a pour but d'assurer la protection et lamise en valeur du site, de restaurer les immeublesen conservant ou en leur restituant leuraspect historique tout en créant des locaux ou des espaces pouvant servir de salles d'accueilet de réunions, de concerts ou d'expositions temporaires ou permanentes pour contribuer d'unefaçon générale à l'essor culturel, social et touristique de la commune de Riddes et dudistrict de Martigny.
Une fois le site sauvé, le plus difficile restait à réaliser, soit entreprendre larestauration des immeubles. Le préfet Jacques-Louis RIBORDY fit reconnaître etclasser le site d'intérêt architectural régional et put ainsi bénéficier de l'appui duService cantonal des monuments historiques, de la sous-commission des sites et de l'Officefédéral de la protection de la nature et du paysage. La délégation valaisanne à la LoterieRomande soutint également ces travaux par des subsides qui complétèrent les subventionsfédérales, cantonales et communales.
Avec la collaboration des bureaux d'architecture de MM. Pierre DORSAZ à Verbier et Joseph FRANZETTI à Riddes, et les précieux conseils des services cantonaux concernés,au terme d'une douzaine d'années d'efforts, le préfet Jacques-Louis RIBORDY put menerà bien les travaux de restauration de la grange de la Vidondée grâce à l'aide très précieusede la Fondation LANGART qui a largement participé au financement de l'oeuvre.
La Grange à Dîme ou La Vidondée de Riddes
Il y avait autrefois un système fiscal basé sur la dîme. On comptaitsur-le-champ dix gerbes pour le cultivateur et la onzième allait àl'ayant droit qui fut d'abord le clergé.
Ce fut plus tard aussi des familles seigneuriales. Mais à Riddes,le Rhône n'étant pas endigué, il n'y avait pas assez de cultures pourjustifier une grange à dîme de grandes dimensions.
Comment expliquer de plus qu'on soit allé construire cette grange ausommet du village alors que chacun sait qu'il est plus facile dedescendre que de monter ?
Mais en ce temps-là la montagne était bien plus peuplée que la plaineet Isérables étaient incomparablement plus important que Riddes. Leseigle y mûrissait très bien et la dîme était prospère.
C'est donc pour l'engranger qu'on construisit à la fin du XIIIe sièclela grange en question.
Comme elle fut plus tardivement exploitée par le représentant del'évêque qu'on appelait de "vidondée", alors qu'on affecte ailleursce nom au domicile de l'intéressé.
Il y a quinze ans, la grange n'était plus qu'une ruine et elle allaitêtre rasée. C'est alors que Me Jacques-Louis Ribordy, préfet deMartigny, intervint. Avec le concours de ses amis les préfets honorairesdu district, il acheta l'immeuble.
Puis il entreprit de le remettre en état. Ce fut une dure, longue etriche aventure où les difficultés ne manquèrent pas. Le volume del'immeuble imposait une dépense considérable, les monuments historiquesétaient pointilleux et les mécènes sont une espèce rare.
En octobre 1995, avant même qu'une inauguration officielle aitsanctionné la nouvelle vocation culturelle de la grange àdîme, le conseil de district de Martigny s'y réunissait, suivie del'assemblée générale de l'ARM.
C'était une manière d'honorer le courage et la persévérance dupréfet Ribordy auquel on doit ce fleuron sauvegardé de notre patrimoine.
Réf : La Gazette du jeudi 9 novembre 1995 / auteur inconnu.
Votre serviteur A/S Ardon 04/03