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Le bégaiement ne relève pas d’une cause unique, des facteurs neurologiques et génétiques semblent déterminants associés à des éléments psycho-affectifs, comportementaux et cognitifs spécifiques. Différents facteurs, notamment sur le plan psychologique, seraient responsables de la chronicisation du bégaiement, parmi eux la réaction des proches à l’occasion des premiers signes de bégaiement, que ce soit au sein de la famille ou dans le cadre de l’école.
Le bégaiement n’affecte en rien les capacités intellectuelles de l’enfant qui bégaie. En revanche, il peut mettre l’enfant ou le jeune en grande difficulté pour s’exprimer, surtout face à un interlocuteur qui ne lui est pas familier ou qui l’impressionne.
Le bégaiement se manifeste par :
- des répétitions insistantes de syllabes ou de mots ;
- des prolongations de sons ;
- des blocages sur certaines syllabes
cela dans un contexte de précipitation et d’efforts articulatoires ou plus rarement d’inhibition motrice. Il est souvent accompagné de crispations au niveau du visage, notamment de la mâchoire, pouvant s’accompagner d’une perte de contact visuel avec l’interlocuteur. Les crispations et les ruptures au niveau du contact visuel influencent de manière importante la qualité de la relation entre la personne qui souffre du trouble et ses interlocuteurs. Ces derniers peuvent se sentir mal à l’aise face à ces personnes et évitent parfois les interactions avec elles.
Le plus souvent évident, le bégaiement peut néanmoins se traduire par des signes moins facilement perceptibles :
- une simple tension ou raideur du corps ;
- l’évitement ou la fixité du regard ;
- un léger tremblement des lèvres.
Quelle que soit sa manifestation, le bégaiement constitue un trouble plus ou moins éprouvant. Pénible et fatigant sur le plan physique, il est également pénible sur le plan psychologique car il peut avoir d’importantes répercussions dans la relation à l’autre, générant alors anxiété et baisse de l’estime de soi.
Il faut relever que la gêne ressentie par l’élève n’est pas toujours liée à la sévérité du bégaiement perçue par l’entourage. Un bégaiement peu audible peut être vécu douloureusement, avec manque de confiance en soi et des répercussions négatives sur la vie scolaire.
Le bégaiement n’est cependant pas constant : il peut varier considérablement en fonction des interlocuteurs et des situations de parole (lecture à voix haute, parole spontanée, situation d’examen, etc.).
Les difficultés d’élocution ne se produisent que dans la relation verbale à autrui ; sans interlocuteur la personne bègue ne bégaie pas. Elle est alors capable d’avoir une élocution absolument normale, notamment quand elle est seule ou parfois quand elle chante. De la même manière, la plupart des personnes bègues s’expriment de manière plus ou moins fluente selon l’entourage auquel elles s’adressent. Ainsi un enfant pourra beaucoup bégayer à l’école, à plus forte raison s’il est interrogé devant toute la classe, alors qu’il s’exprimera sans difficulté à la maison. Un adulte pourra avoir bien du mal à dialoguer avec son supérieur hiérarchique alors qu’il discutera aisément avec son conjoint.
La prévalence varie considérablement en fonction de l’âge : environ 5 % des enfants entre 2 et 5 ans sont concernés par ce trouble, contre 1% des adultes. Parmi les élèves, le bégaiement touche plus fréquemment les garçons. Si le bégaiement tend à disparaître de lui-même pendant l’enfance, il peut également ressurgir à l’adolescence, période de changements importants, souvent source de tensions et d’incertitudes, y compris sur le plan scolaire et social (examens, pression du groupe, premières séductions, etc.). Or les sentiments de frustration, d’injustice, de dévalorisation de soi, voire de honte et d’exclusion sont particulièrement difficiles à vivre à l’adolescence.
Le bégaiement, même chez les jeunes enfants à l’âge pré-scolaire, doit toujours être considéré avec précaution et nécessite le plus rapidement possible une orientation vers un thérapeute. Le traitement est le plus souvent assuré par des logopédistes spécialement formés.
Le soutien de l’entourage familial et scolaire reste cependant fondamental pour aider l’enfant ou l’adolescent à dépasser son bégaiement.