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Le suspect a pour nom, un graphiste de profession: "Il est décédé, je ne peux donc pas engager des poursuites ni même l'interroger, c'est pourquoi j'ai décidé de clore cette enquête", a déclaré le procureur en charge de l'affaire Krister Petersson, lors d'une conférence de presse en visioconférence. L'enquête pourrait toutefois être rouverte si de nouveaux éléments apparaissaient à l'avenir.
Dirigeant social-démocrate charismatique, Olof Palme a été froidement abattu sur un trottoir gelé du centre de Stockholm le 28 février 1986, à l'âge de 59 ans, alors qu'il rentrait à pied du cinéma avec sa femme, sans gardes du corps. A cet instant, la Suède a "perdu son innocence", selon une expression populaire.
>> Ecouter l'Archive du jour: "Le 28 février 1986, assassinat mystérieux du Premier ministre suédois Olof Palme":
"L'homme de Skandia"
Le nom de Stig Engström, également connu comme "l'homme de Skandia", du nom de l'entreprise pour laquelle il travaillait à l'époque, est régulièrement apparu dans les médias en tant que suspect. C'était un opposant aux idées de gauche d'Olof Palme.
Stig Engström sur une image prise à Stokholm le 7 avril 1986. [Goran Arnback - Keystone/TT via AP]Arrivé parmi les premiers sur les lieux du crime, les autorités l'ont interrogé en tant que témoin mais l'ont jugé peu fiable car changeant régulièrement de version. Il a un jour déclaré à la télévision à propos du meurtre: "Ce n'était peut-être pas du tout délibéré et planifié", rapporte .
Stig Engström s'est suicidé en 2000 à l'âge de 66 ans.
Le meurtrier du Premier ministre de l'époque avait réussi à prendre la fuite, emportant avec lui l'arme du crime. Des milliers de personnes ont été entendues, des dizaines d'autres ont revendiqué l'acte et le dossier occupe 250 mètres d'étagères.
Selon le tabloïd suédois, les enquêteurs posséderaient désormais l'arme en question.
La police avait été vivement critiquée à l'époque pour son manque de sérieux et les pistes hasardeuses qu'elle avait empruntées au détriment d'un travail plus professionnel entrepris au début de l'enquête.
Le soir du drame, elle n'a pas correctement bouclé la scène du crime détruisant ainsi de potentielles preuves, une bévue qui hante encore les enquêteurs aujourd'hui.
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Ce n'était pas Christer Petterson
Le procureur Krister Petersson donne une conférence de presse au sujet de l'assassinat d'Olof Palme, le 10 juin 2020. [Conférence de presse parquet suédois - Capture d'écran]
Pour Krister Petersson, si le principal suspect dans l'affaire est aujourd'hui décédé, cela peut notamment justifier un abandon de l'enquête, car d'après la loi, une personne décédée ne peut pas être inculpée, avait-il expliqué en février.
Homonyme du magistrat en charge du dossier, Christer Pettersson, un petit délinquant toxicomane, identifié par la femme d'Olof Palme, avait été déclaré coupable de l'assassinat en juillet 1989.
Il avait été relaxé en appel quelques mois plus tard, pour insuffisance de preuves.
Christer Pettersson (le numéro 3), identifié par la femme d'Olof Palme, avait été déclaré coupable de l'assassinat en juillet 1989 avant d'être relaxé en appel quelques mois plus tard, pour insuffisance de preuves. [Police handout Sweden - Keystone]Son témoignage avait aussi été fragilisé par les conditions, entachées d'irrégularités, dans lesquelles il avait été recueilli. Il est mort en 2004.
Lisbeth Palme, la veuve du Premier ministre qui l'avait formellement reconnu, est elle décédée en 2018.
Au fil des années, ont été également soupçonnés, entre autres, le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), l'armée et la police suédoises ou les services secrets sud-africains – Olof Palme était très critique à l'égard de la politique d'apartheid du pays.
Grand orateur, il avait pris position contre la guerre du Vietnam et l'énergie nucléaire. Il a également soutenu les gouvernements communistes à Cuba et au Nicaragua. Parfois considéré comme l'architecte de la Suède moderne. Ses prises de positions anticolonialistes et son hostilité à l'égard des Etats-Unis lui ont toutefois valu de nombreuses inimitiés.
En Suède, où il a été Premier ministre de 1969 à 1976, puis de 1982 à 1986, il a jeté les bases de l'égalité entre les sexes.
>> Ecouter l'interview d'Olivier Truc, écrivain, installé en Suède depuis 1994 où il a été correspondant pour le quotidien Le Monde:
sjaq et les agences