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Sur de nouveaux rails ou à travers l'océan Arctique – les nouveaux itinéraires de transport accélèrent fortement le commerce entre l'Europe et l'Asie.
Les marins doivent se frayer un chemin à travers l'épaisse banquise et supporter des températures frigorifiques. Mais celui qui choisit ce raccourci, ne tarde pas à être récompensé. En effet, le passage Nord-Est/Est, c'est-à-dire le chemin par la mer située au nord de la Russie, raccourcit la voie maritime entre l'Europe et l'Asie de plus de 5000 km. Le temps de trajet des navires vers un autre continent, ne nécessite plus que deux tiers du temps habituel. Les experts estiment que les armateurs peuvent ainsi économiser des sommes à six chiffres.
Ces dernières années, l'océan glacial Arctique a pris de plus en plus d'importance pour le transport commercial. Et, comme la glace recule en raison du changement climatique, les conditions s'améliorent lentement. Désormais, le parcours est devenu praticable cinq mois par an environ. Les brise-glaces peuvent emprunter cet itinéraire toute l'année. En 2010, quatre navires ont bravé le froid; un an plus tard, ils étaient 34; en 2012 enfin, 46. Selon la flotte de brise-glaces russe Atomflot, la quantité de marchandises transportées actuellement pourrait passer d'1 million de tonnes environ à près de 40 millions de tonnes d'ici 2021. Les navires Atomflot accompagnent souvent les cargos et les pétroliers dans leur voyage à travers la mer de glace.
La Russie, qui perçoit des taxes pour le passage, veut développer le trafic. Depuis cette année, les navires qui ne sont pas équipés de blindage contre la glace, peuvent également emprunter ce passage. Le pays envisage également de construire dix ports sur cet itinéraire. Tant l'imprécision des bulletins météorologiques que la pauvreté des cartes marines pour cette zone appellent des améliorations. Enfin, la concurrence existe: le Passage du Nord-Ouest, c'est-à-dire la route le long de la côte nord-américaine, réduit considérablement la voie maritime entre l'Asie et l'Europe. Pourtant, les États-Unis et le Canada n'ont pas su s'entendre sur une stratégie commune. L'infrastructure reste insuffisante et il existe des difficultés juridiques.
Le transport par rails est encore plus rapide que par la mer froide. Aujourd'hui déjà, jusqu'à trois trains max. circulent par exemple chaque semaine entre Chongqing (Chine) et Duisburg (Allemagne). Ce voyage intercontinental de plus de 10'000 km dure 18 jours. L'écartement des rails pour les trains doit être modifié plusieurs fois, car sur le territoire de l'ex-Union soviétique, les voies sont pour la plupart larges, contrairement à l'Europe occidentale ou la Chine.
Mais cet état de fait doit également faire l'objet d'améliorations: les compagnies de chemin de fer de Russie, d'Autriche, de Slovénie et d'Ukraine envisagent de créer une voie large jusqu'à Vienne. Les trains pourraient alors circuler sans grande interruption et faire en 15 jours le trajet de Vladivostok, sur le Pacifique, jusqu’à la capitale autrichienne. Ce projet, actuellement encore en phase de planification, devrait être achevé d'ici 2024. Il fait présentement l'objet d'une seconde étude de faisabilité. S’il voit le jour, ce sont jusqu'à 16 millions de tonnes qui pourront transiter par cette voie chaque année entre l'Europe et l'Asie.