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Il était une fois, dans un pays bordé par de multiples frontières, une ville millénaire que d’aucuns avaient surnommé la plus grande des petites cités. Quelques montagnes aux sommets encore enneigés malgré un réchauffement inexorable, se reflétaient dans le miroir d’un lac immense.
Parée de ses plus beaux atours, son jet d’eau, tel un index pointé vers le ciel, attirait comme un étendard, les peuples du monde. Chacun devisait, dans sa langue respective, au sein des palais prestigieux, négociait dans des salles de conférences pavoisées pour tenter de proposer un monde meilleur en envisageant des solutions très souvent atténuées car elles perturbaient les agendas des puissants.
Les années, les décennies s’écoulaient lentement. L’humanité n’évoluait guère. Les dirigeants des peuples de la Terre étaient bien davantage préoccupés par leur attrait du pouvoir et leur appétit de puissance éphémère que par le sort de leurs concitoyens.
Dans cette société, les plus riches devenaient encore plus riches, alors que les pauvres mouraient de faim, souvent dans l’indifférence générale. Le gaspillage alimentaire côtoyait la famine pendant que les gouvernants étaient focalisés sur le court terme de leurs échéances électorales.
Dans la cité helvète, le ronronnement des négociations était parfois ponctué par des réactions fugaces mais même les pires atrocités, pourtant détaillés par des écrits sans concessions, rédigés par des témoins sur place, permettaient peu que les conflits ou les horreurs ne s’atténuent. L’impunité, présente dans toutes les strates de cette société, permettait, trop peu souvent que les responsables ne rendent compte de leurs actes.
Des familles entières tentaient d’échapper à leur triste sort en franchissant, au péril de leurs vies, des frontières pour rejoindre un eldorado hypothétique qu’ils avaient entraperçu sur un écran. Ces mêmes malheureux étaient parfois pris en otages par les dirigeants de pays qui exploitaient la misère humaine pour favoriser leurs agissements autoritaires.
Pour couronner cette fuite en arrière, l’humanité dans son orgueil insensé avait considéré que la planète lui appartenait en gaspillant ses ressources non renouvelables. En détruisant les forêts, provoqué l’élimination d’un tiers des espèces vivantes, démoli la biodiversité de la nature. Le fol humain avait provoqué, au fil des années, une lente mais inexorable catastrophe climatique en léguant égoïstement cet héritage aux générations futures qui n’avaient pourtant rien demandé.
Entre l’air des villes, devenu irrespirable et la montée des eaux qui à terme, allait impacter 70% de la population mondiale vivant près des côtes, le sort de l’humanité sur la planète semblait bien compromis. La disparition des équilibres naturels par l’intervention humaine avait de surcroît favorisé les maladies, épidémies et autres pandémies qui se propageaient désormais comme des traînées de poudre en raison de la multiplicité et la rapidité des moyens de transport. Quelques multinationales spécialisées dans la santé avaient, par opportunisme commercial, amassé pendant ce temps des fortunes colossales en acquérant un monopole qui certes avait permis de soigner (plus ou moins) la population mais qui aurait aussi dû laisser la place aux questionnements.
Les réactions planétaires appelées pompeusement conférences d’Etats signataires semblaient, par leurs résultats souvent décevants, voire dérisoires, ne pas avoir pris la mesure de la situation, ni proposé des solutions susceptibles de l’améliorer. Une jeunesse triomphante et mobilisée avait pourtant tenté, avec détermination, de les responsabiliser.
Et pourtant, après une pandémie, la vie semblait reprendre, quelques travailleurs, désormais habitués à un confort de travail à domicile, renâclaient quelque peu à venir reprendre une activité à plein temps au grand dam de l’Etat qui avait investi dans des grands travaux de rénovation.
Il s’agit d’un conte. Où sont donc passés, me direz-vous, les fées et leurs baguettes magiques, les lutins et autres créatures de légende ?
Ils sont pourtant présents, ceux qui en toute discrétion, continuent à y croire avec abnégation. Ils travaillent d’arrache-pied à une cause pour laquelle ils s’étaient engagés, qu’ils soient dans leurs enceintes ou au sein des populations qui en ont besoin.