Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07087.jsonl.gz/977

1. Introduction
1.1 Historique
En 1992, une enquête menée par le secrétariat de la CPS a montré qu'une partie des semences de fleurs sauvages vendues sur le marché suisse n'était pas d'origine indigène. Cette constatation a amené la CPS à proposer en 1994 des "Recommandations pour des semences adaptées aux conditions locales". Celles-ci ont été communiquées à toutes les institutions concernées. Après quelques années, la CPS a jugé nécessaire d'actualiser ces recommandations. La seconde version, publiée dans la Revue suisse d'agriculture (CPS, 2002), contenait déjà – en plus des listes d'espèces recommandées – une liste d'espèces indésirables, un répertoire des adresses utiles et une bibliographie. Elle se référait aux directives de l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) concernant les surfaces de compensation écologiques, et tenait compte des nouvelles zones biogéographiques de Suisse définies par l'Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage (OFEFP, aujourd'hui OFEV).
Le présent document constitue la troisième version des recommandations, mise à jour en 2009.
Elle offre une actualisation des références bibliographiques, des liens et adresses utiles, du cadre légal ainsi qu'une adaptation à la situation actuelle.
1.2 Contexte
La présence de surfaces de compensation écologique (SCE) sur au moins 7% de la surface agricole utile est l'une des prestations écologiques requises (PER), soit une des conditions pour l'obtention des paiements directs en agriculture selon l'Ordonnance sur les paiements directs (OPD). Ces surfaces peuvent avoir une grande valeur pour le maintien de la biodiversité, à condition qu‘elles soient aménagées dans un environnement adéquat, qu’elles puissent être mises en réseau avec d'autres milieux existants ou à créer et qu’elles soient mises en place de manière durable. Certaines surfaces de compensation écologiques sont ensemencées avec des espèces sauvages indigènes, notamment les jachères florales et tournantes, certaines prairies, les bandes culturales extensives, les ourlets, et autres.
Cette évolution a permis aux producteurs de graines de développer la culture plantes sauvages indigènes et de mettre sur le marché différents mélanges de graines. Aujourd'hui ces mélanges sont utilisés dans la mise en place de SCE et ils ont trouvés de nombreuses autres applications, à savoir sur les talus routiers et ferroviaires, dans les zones construites, sur des surfaces de nivellement et pistes de ski en montagne, dans la restoration de milieux naturels, etc. La plupart des mélanges grainiers contiennent du matériel d'origine indigènes, certains mélanges sont adaptés à des conditions écologiques définies, mais quasi tous ne correspondant que très partiellement aux présentes recommandations, surtout en ce qui concerne le respect de la région biogéographique.
Exemple d'une surface de compensation écologique: prairie à fromental riche en espèces (Photo: W. Dietl, ART)
Lors de l'utilisation de plantes sauvages, il faut s’assurer que le matériel végétal soit approprié. En effet, l’introduction de plantes inadaptées compromet à terme la stabilité de la végétation en place. Les espèces indésirables ainsi que les génotypes d’autres régions biogéographiques peuvent se propager aux dépens des espèces autochtones en mettant en danger leurs effectifs ou en risquant de les polluer génétiquement par hybridation.
De tels problèmes ont été observés par de nombreux chercheurs et naturalistes. On trouvera notamment des informations dans les publications de Vergeer et al. (2004), McKay et al. (2005), Frank & John (2007), Seitz et al. (2007). Cela peut provoquer la disparition d'écotypes ou de génotypes locaux, ce qui représente une perte de la biodiversité et une perte des adaptations spécifiques acquises.
La conservation de la biodiversité en Suisse est réglementée par la Loi sur la protection de la nature et du paysage (LPN). Elle est également soumise à des traités internationaux comme la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), entrée en vigueur en 1995 au niveau national.
Les recommandations suivantes indiquent comment végétaliser les divers milieux avec succès, conformément aux connaissances actuelles de la protection de la nature et sans altérer la flore indigène. Elles visent à conserver la diversité des espèces et des habitats.
Multiplication et récolte de fleurs sauvages en Suisse orientale (Photos: J. Burri, Semences UFA)
Les recommandations suivantes sont cautionnées par l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) et l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).