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Madrid - Le Conseil général du pouvoir judiciaire espagnol a suspendu le juge Baltasar Garzon de ses fonctions, mis en accusation pour avoir voulu enquêter sur les crimes du franquisme. Le magistrat est accusé d'abus de pouvoir. La date du procès n'a pas encore été fixée.
M. Garzon est poursuivi pour "prévarication" par des organisations d'extrême droite pour avoir voulu en 2008 enquêter pour la première fois sur les disparus de la Guerre civile et de la répression franquiste, en enfreignant "sciemment" la loi d"amnistie générale votée en 1977, deux ans après la mort de Franco.
Mondialement connu comme un pionnier de la justice universelle et pour avoir fait interpeller en 1998 à Londres l'ex-dictateur chilien Augusto Pinochet, le magistrat encourt une peine de 20 ans d'interdiction d'exercice de sa fonction de juge, qui mettrait un point final à sa carrière.
En Espagne, sa mise en accusation suscite une vive controverse. Elle choque profondément les milieux de gauche et les associations de victimes du franquisme. La droite estime que la justice doit suivre son cours en toute indépendance.
Le juge Garzon a tenté d'échapper à cette mesure humiliante en demandant mardi sa mise en disponibilité pour travailler durant sept mois comme consultant à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye.
Mais le secteur conservateur du CGPJ a déjoué cette manoeuvre en obtenant la convocation d'une réunion extraordinaire pour statuer sur sa suspension avant d'avoir à se prononcer sur sa demande de mise en disponibilité.
ATS