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Encore heureux
Encore heureux, troisième long métrage de Benoît Graffin, réunit Sandrine Kiberlain, Edouard Baer, Bulle Ogier entre autres, dan une comédie sociale. Benoît Graffin a longtemps travaillé comme scénariste (Hors de prix en 2006, La Fille de Monaco en 2008, De vrais mensonges en 2010):
Edouard Baer et Sandrine Kiberlain se sont donné la réplique en 1999 dans Rien sur Robert de Pascal Bonitzer et en 2001 dans Betty Fisher et autres histoires de Claude Miller. Ici, Sandrine Kiberlain endosse un rôle qu’elle a déjà assumé: la femme moderne, à la fois battante, autonome et maternelle. Elle est Marie, mère de famille qui vole pour nourrir ses enfants, est lasse de l’insouciance et de la désinvolture de son mari Sam, cadre supérieur au chômage depuis deux ans qui passe ses journées à faire les bennes. Marie semble tentée par les avances assidues d’un bel inconnu. Marie fait tout pour soutenir sa fille qui souhaite se présenter à un concours de piano.
Bref, Encore heureux présente une famille ordinaire, qui subit la crise économique actuelle mais conserve le noyau familial comme havre d’amour et d’humour, un espace de folie à l'opposé de la norme posée par le carcan social. Pour la tonalité de son film, le metteur en scène songeait à After Hours de Martin Scorsese où nombre de choses se déroulent en relativement peu de temps sur le mode de la comédie.
Benoît Graffin s’est aussi inspiré de certaines comédies italiennes des années 60 et 70 comme L'Argent de la vieille de Luigi Comencini. Si ses influences sont dignes d’une anthologie, la vision de Benoît Graffin semble bourrée de bonnes intentions mais laisse à désirer à force d’aligner des situations peu probables, des rebondissements peu crédibles: mort subite de la voisine qui laisse de manière providentielle, un pactole, usurpation d’identité.
Certes, la crise économique est observée de façon fantaisiste et décalée sans atteindre l’invraisemblance du Grand partage mais on n'en est pas loin.