Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06853.jsonl.gz/516

Toutefois depuis les années 1940 et jusqu'au milieu des années 1970, les températures moyennes ont diminué partout dans le monde. Certains glaciers ont à nouveau avancés. Toujours en pleine guerre froide avec des prévisions d'hiver planétaire en cas de guerre nucléaire, on parlait alors de refroidissement global par aérosols. Mais d'autres chercheurs attribuaient avec raison ce refroidissement à l'augmentation de la pollution atmosphérique. Il y avait toutefois controverse et George Kukla (un astronome d'origine tchèque, pionnier du forçage radiatif astronomique) et Reid Bryson (géologue et météorologue intéressé aux aérosols), entre autres, ont mis en garde le président américain contre une ère glaciaire causée avant tout par l'émission d'aérosol. A ce moment, on ne connaissait pas l'amplitude possible de chacun des forçages radiatifs sur le climat, cycles de Milanković, aérosol, concentration de CO2.
En 1975, Wallace Broecker note cependant que "si la poussière produite par l'homme n'est pas une cause majeure du changement climatique, alors il y a de bonnes raisons de penser que la tendance actuelle au refroidissement donnera, d'ici une dizaine d'années, à un réchauffement prononcé induit par le dioxyde de carbone. Par analogie avec des événements similaires dans le passé, le refroidissement climatique naturel qui, depuis 1940, a plus que compensé l'effet du dioxyde de carbone, va bientôt disparaître. Une fois que cela se produira, l'augmentation exponentielle de la teneur en dioxyde de carbone dans l'atmosphère aura tendance à devenir un facteur important et d'ici le début du siècle prochain, la température moyenne de la planète aura dépassé les limites vécues au cours des 1000 dernières années" (Broecker, 1975).
Cette pollution atmosphérique attaque directement la santé des habitants (maladies cardiovasculaires). Une étude récente montre qu'en Europe, chaque année, près de 800'000 personnes meurent prématurément en raison de la pollution atmosphérique (Lelieveld et al. 2019). Cette pollution, qu'on connait aussi sous le nom de smog était si grave, que des mesures ont été prises, comme la restriction de circulation. L'importance du problème de santé publique a amené les nations à signer le Protocole d'Helsinki. Conclu le 8 juillet 1985 et entré en vigueur en 1987, il propose de réduire la pollution dans le monde entier. Cette réduction de la pollution bienvenue, va aussi inversé la tendance au refroidissement observée depuis les années 1940.