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George Best, le cinquième Beatles
Hormis le ballon rond, George Best avait trois passions: les belles voitures, les femmes et l'alcool. Ici, au milieu, à Rotterdam (Pays-Bas) en 1976. © DR
Il fut la première véritable star du football, bien avant Maradona et consorts. Devenu légendaire à Manchester et dans tout le Royaume-Uni, George Best était connu pour ses exploits sur le terrain... et ses frasques dans la vie. Une BD retrace son épopée.
L’aéroport de Belfast affiche aujourd’hui en grandes lettres son nom. Il faut dire qu’il portait un nom de famille prédestiné: George Best (NDLR, Best signifiant meilleur). Et le meilleur, il le fut. Sur le terrain bien sûr, avec Manchester United surtout, mais aussi à l’extérieur. Surnommé le cinquième Beatles par un journal portugais — les carrières des musiciens et de l’artiste du ballon rond furent simultanées dans les années 1960 — l’Irlandais a enchaîné les conquêtes féminines comme il envoyait des buts. Et son sens de la fête, de la démesure et sa descente d’alcool ont autant contribué à sa légende que ses exploits sportifs, sans oublier ses bons mots. Quelques exemples.
«En 1969, j’ai arrêté les femmes et l’alcool, ça été les 20 minutes les plus dures de ma vie.» Ou encore: «J’ai claqué beaucoup d’argent dans l’alcool, les filles et les voitures de sport — le reste, je l’ai gaspillé.» A propos de son passage au club des Los Angeles Aztecs en fin de carrière: «J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage, il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer.» Ce qui était faux, évidemment, assure le journaliste sportif et romancier Vincent Duluc qui lui a consacré un livre qui a servi, récemment, à une adaptation en roman graphique. Pour le plaisir, on citera toutefois encore cette réplique devenue culte après sa greffe du foie en 2002 qui avait nécessité une transfusion de vingt litres de sang (40 demi-litres, donc autant de pintes): «Dix heures pour quarante pintes, j’ai battu mon record de 20 minutes.»
Avalanche de lettres
De l’humour, une belle gueule et un talent fou donc qui lui a valu de débuter en championnat anglais à l’âge de 17 ans seulement. L’ailier gauche volait littéralement sur le terrain, ridiculisait ses adversaires également dans le reste de l’Europe avec, notamment, une victoire contre Benfica en finale continentale. Récompensé d’un Ballon d’or, il était évidemment adulé au point de recevoir 10'000 lettres par semaine.
Cette popularité précoce a ses avantages. Il sera le premier à faire de la publicité et créera sa propre marque de vêtements. Mais, on l’a dit, l’argent facile se traduira par des excès en tous genres et des kilos superflus incompatibles avec le sport de haut niveau. Alcoolique, Best est considéré perdu pour le football à l’âge de 25 ans seulement. Sa descente aux enfers continuera, mais les fans garderont de lui l’image du footballeur flamboyant admiré aussi bien par sa majesté Pelé que par Maradona. George Best décédera à l’âge de 59 ans, le 25 novembre 2005. Sous la pluie, 300'000 personnes ont suivi les funérailles de celui qui fut le plus grand footballeur britannique de tous les temps.
Jean-Marc Rapaz
>> «George Best, Twist and Shout», Coup de tête aux Editions Delcourt.