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Le gouvernement australien a relancé vendredi la saga Novak Djokovic en annulant une nouvelle fois son visa, à trois jours du début de l'Open d'Australie. Cette décision pourrait conduire, sauf rebondissement, à l'expulsion du Serbe qui voulait entrer dans le pays sans être vacciné contre le Covid-19.
Novak Djokovic continuait à s'entraîner vendredi dans l'espoir de conquérir un 10e titre à l'Open d'Australie et une 21e victoire en Grand Chelem, ce qui serait un record. Las, en fin de journée, le ministre de l'Immigration a publié un communiqué annonçant l'annulation, pour la deuxième fois, de son visa australien.
Une décision prise «sur des bases sanitaires et d'ordre public», a précisé Alex Hawke, qui s'est dit «fermement engagé à protéger les frontières australiennes, tout particulièrement dans le contexte de la pandémie de Covid-19».
«Les Australiens ont fait de nombreux sacrifices pendant cette pandémie, et souhaitent à juste titre que le résultat de ces sacrifices soit protégé», a défendu de son côté le Premier ministre australien Scott Morrison.
«Nole» avait déjà vu son visa annulé à son arrivée à Melbourne le 5 janvier et il avait été placé en centre de rétention. Mais ses avocats avaient obtenu d'un juge qu'il rétablisse son visa et ordonne sa libération immédiate le 10 janvier.
«Soit se battre, soit partir»
Novak Djokovic a admis avoir rempli incorrectement sa déclaration d'entrée en Australie et n'avoir pas respecté les règles d'isolement après avoir été testé positif au Covid-19 en décembre - une contamination dont il espérait qu'elle lui permettrait de bénéficier d'une exemption pour entrer en Australie sans être vacciné.
Le Serbe de 34 ans a plaidé aussi «l'erreur humaine» pour expliquer comment une mauvaise case dans son formulaire d'entrée en Australie a été cochée. Il restait sous la menace d'une expulsion au nom du pouvoir discrétionnaire du ministre de l'Immigration, finalement employé vendredi après un suspense de cinq jours.
Les rêves d'un 10e titre à Melbourne s'éloignent, d'autant plus que cette annulation implique que Novak Djokovic sera interdit d'entrée dans le pays pendant trois ans, sauf dans certaines circonstances exceptionnelles. L'avocat spécialisé dans les questions d'immigration Christopher Levingston assure toutefois que Djokovic peut interjeter appel de la décision devant le tribunal fédéral.
«Djokovic est extrêmement bien armé et dispose d'une équipe compétente autour de lui. Il peut soit rester et se battre, soit partir», a expliqué Levingston. L'interdiction de visa de trois ans peut être levée pour répondre aux intérêts des Australiens, a ajouté l'avocat.
«Ses propres règles»
Cette saga autour du champion de tennis comporte une charge politique très forte en Australie, où les habitants ont enduré pendant près de deux ans des restrictions anti-Covid parmi les plus strictes au monde, et où des élections sont prévues d'ici mai.
Alors que la décision du gouvernement se faisait attendre, la pression s'intensifiait autour du Premier ministre Scott Morrison, accusé d'"incompétence" par la cheffe de l'opposition travailliste Kristina Keneally, faisant remarquer que le Serbe avait obtenu son visa 58 jours plus tôt.
Certains joueurs de tennis ont plaidé pour que Djokovic puisse participer à l'Open, mais d'autres étaient beaucoup plus critiques. Novak Djokovic «a joué selon ses propres règles» en choisissant de ne pas se faire vacciner avant l'Open d'Australie et «fait passer la majorité des joueurs pour des idiots», a estimé jeudi Stefanos Tsitsipas (ATP 4) dans une interview au média indien WION.
Le feuilleton est aussi suivi assidument en Serbie, où des responsables politiques érigent la star en héros national.
ATS