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Je lis ce matin dans la Julie l'intéressant article signé Thierry Mertenat intitulé “L'insolite en plein air – un iceberg géant a surgi en front de rue aux Ouches.” Dans le corps de l'article une phrase attire tout particulièrement mon attention : “Le trottoir est celui, mal nommé, du chemin des Sports, lorsqu’il croise, d’un côté, celui des Ouches, de l’autre celui du Furet.”
Le furet, ce sympathique mustélidé cher au regretté Raoul Riesen aurait -t-il colonisé le quartier des Ouches aux siècles passés ? Que non point … le chemin porte en réalité le nom de François, dit Francis Furet (1842-1919) peintre, élève du maître genevois Barthélémy Menn.
Cette histoire de furet me rappelle deux autres méprises amusantes et courantes, bien genevoises : celles du petit Senn et du merle d'Aubigné - qui ont pour théâtre Chêne-Bourg et les Eaux-Vives. A Chêne-Bourg tout d'abord, combien de fois ai-je entendu parler de l'avenue du petit Senn ? savez-vous ce qu'est un petit Senn ? ... en Suisse allemande et surtout dans le Toggenburg et en Appenzell, un "Senn" est un jeune berger. Mes amis qui s'intéressent à l'histoire de Genève seront d'accord avec moi pour dire que cette avenue rappelle plutôt la mémoire de Jean Antoine Petit, dit John Petit-Senn (1792-1870), écrivain genevois célèbre à son époque.
Aux Eaux-Vives, une erreur similaire est faite avec la rue du merle d'Aubigné ... un bel oiseau ? que non ... puisqu'il s'agit de la rue Jean-Henri Merle d'Aubigné, né le 16 août 1794 dans la propriété familiale de La Graveline aux Eaux Vives. Merle d'Aubigné était pasteur et historien du protestantisme. Rien à voir donc avec un merle chanteur ou même moqueur !
Claude Bonard
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