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La dopamine joue un rôle-clé dans l’addiction à l’héroïne
La dopamine, un neurotransmetteur impliqué dans le système cérébral de la récompense et le sentiment du plaisir, est un élément clé dans le mécanisme d’addiction aux drogues. L’augmentation de sa concentration dans le cerveau est en effet considérée comme la caractéristique commune aux substances psychotropes, conduisant finalement à une consommation compulsive. Seulement, certaines recherches récentes ont remis en cause ce modèle théorique dans le cas particulier des opioïdes comme l’héroïne et la morphine. Dans un article paru le 30 octobre dans la revue eLife, l’équipe de Christian Lüscher, professeur au Département des neurosciences fondamentales (Faculté de médecine) tranche la question en démontrant, sur des souris, que l’activation des neurones dopaminergiques (qui produisent de la dopamine) dans une zone précise du cerveau (le noyau accumbens) est nécessaire à l’installation précoces d’une addiction aux opioïdes.
Moins d’une minute après l’administration d’héroïne, ils ont ainsi observé un pic de fluorescence représentant une augmentation significative de la dopamine
Pour obtenir ce résultat, les chercheurs ont utilisés des outils génétiques avancés – l’optogénétique – qui permettent de manipuler et observer sélectivement des groupes distincts de neurones. Ils ont d’abord exploité, sur des souris, un capteur fluorescent permettant de mesurer les niveaux de dopamine dans le noyau accumbens– une zone du cerveau impliquée directement dans le comportement de la récompense. Moins d’une minute après l’administration d’héroïne, ils ont ainsi observé un pic de fluorescence représentant une augmentation significative de la dopamine. Les neuroscientifiques ont également enregistré l’activité spécifique des neurones dopaminergiques des souris et ont constaté que ceux-ci étaient activés après l’administration répétée d’héroïne.
Grâce à des «traceurs» moléculaires, ils ont ensuite remarqué que la plupart des neurones dopaminergiques activés par l’héroïne envoient des signaux dans l’enveloppe interne du noyau accumbens, donc au cœur du système de la récompense.
Cette étude permet d’imaginer le développement de médicaments antidouleur basés sur des opioïdes qui seraient tout aussi efficaces que les produits actuels mais dépourvus de leur terrible pouvoir addictif. —