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Lignes de vertiges
En rentrant chez moi, je longe la rivière
qui vire vers la droite sans jamais se fatiguer.
Comme un long tourbillon,
le chemin de terre qui borde la rivière
a entamé une spirale dès sa création,
une spirale qu'il suivra jusqu'à destination,
sans jamais discontinuer.
Plus j'avance,
plus je me rapproche du centre.
Plus je vis, plus je me recentre sur l'important.
Plus j'entends, plus les sons semblent se rapprocher
jusqu'à m'encercler,
m'entourer, m'enlacer
comme si mon
environnement et moi
ne faisions plus qu'un.
Même mes idées tournent en rond
et s'affaissent
vers le moment équidistant
où l'infini se confond avec le néant.
Plus j'y pense,
plus la spirale de l'existence
me donne la nausée,
et plus les lignes de vertiges m'imposent leurs réalités.
Alors je ne pense plus, et j'observe la rivière.
Une volée d'oiseaux décrivent des spirales dans le ciel.
Ils suivent les voies migratoires
qui les emmèneront vers l'absurde.
J'aperçois une plume qui lentement tombe vers le sol,
flotillant doucement comme une comptine d'enfant
vers sa destination finale.
Puis comme à son habitude,
la gravité s'assoupit
et la plume remonte,
puis redescend lentement,
puis remonte encore plus lentement,
puis s'arrête au point équidistant
de sa trajectoire prédestinée.
Et le monde reprend sa marche
incessante vers une impossible perspective
et continue de tourner vers son centre
jusqu'à m'immerger dans une nouvelle spirale de pensée.