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Chapitre 11.
Quel rôle avaient les « places de sûreté » ?
Dans les difficiles négociations qui ont précédé la signature de l’édit de Nantes, il a fallu rassurer les protestants en leur donannt des « places de sûreté » où ils pouvaient se réfugier en cas de besoin. La liste de ces villes était jointe à l’édit dans des articles secrets. C’étaient des villes et châteaux où les huguenots entretenaient des garnisons l’année précédant la signature. Situées dans des régions largement peuplées de protestants, ces villes connaissent aujourd’hui encore une présence protestante supérieure à la moyenne française. Elles sont surtout situées dans ce que l’on appelle le « croissant protestant », des terres qui vont, en gros, du Poitou à l’Ouest jusqu’au Dauphiné à l’Est, en évitant le Massif Central.
Ces places inquiétèrent les juristes du roi, particulièrement à partir du règne de Louis XIII, qui soupçonnaient le « parti protestant » de vouloir établir un Etat dans l’Etat. La Rochelle, ville particulièrement riche, faisait figure de capitale et Richelieu craignait qu’elle ne devienne une nouvelle Amsterdam. C’est la raison pour laquelle il en fit le siège, sur ordre du roi, en 1628. L’année suivante, l’édit de grâce d’Alès confirma les dispositions de l’édit de Nantes, mais supprima les places de sûreté.
A.-M. B.