Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07009.jsonl.gz/1085

Cathy Josefowitz est née en 1956 à New-York. Sa mère Tanya Kagan Josefowitz est peintre et son père David Josefowitz producteur de disques de musique classique et chef d’orchestre. Ses parents quittent les États Unis pour la Suisse quand Cathy a deux ans et demi. A quatre ans elle découvre le dessin et, selon ses mots, y trouve son langage.
Cathy a treize ans lorsqu’elle quitte l’école. Elle vit son adolescence à Genève, où elle découvre le surréalisme, Cocteau, Boris Vian, Jean-Louis Barrault en mime Debureau, Marylin Monroe, Nijinsky, qui deviennent des figures d’influence. Sa soeur lui fait aussi connaître le théâtre, Ionesco, la poésie de l’absurde.
À 16 ans, elle entre au Théâtre National de Strasbourg pour y étudier le décor de théâtre. Elle s’y installe avec Romain Denis, petit-fils du peintre Maurice Denis et artiste lui aussi. Cathy quitte ses études avant la fin de la première année, et déménage à Paris où elle intègre l’École Nationale des Beaux-Arts. Elle aide Romain Denis sur les décors du Molière d’Ariane Mnouchkine, mais préfère rapidement s’isoler pour peindre. Ses premières œuvres sont de grandes toiles expressionnistes et figuratives sur papier kraft. Le monde du cirque est omniprésent dans ses dessins, ainsi que le jeu, les costumes, et l’intimité amoureuse avec Romain Denis et leur chatte Chen Te (nommée en hommage à la pièce de Bertolt Brecht - la Bonne Âme de Se-Tchouan).
En 1977, Cathy Josefowitz, lassée de la vie parisienne et nourrie de doutes sur la peinture décide de rejoindre sa soeur à Boston. Elle quitte Romain Denis.
C’est aux États-Unis qu’elle découvre la danse et le « primal theater » : une technique axée sur l’improvisation et la recherche d’émotions brutes, primitives et inconscientes. En 1978 Cathy fait également un apprentissage pour devenir sage femme auprès d’un gynécologue obstétricien, ce qui donne lieu à une série de dessins sur le sujet.
En 1979, âgée de vingt-trois ans, elle part étudier la danse en Angleterre, au Dartington College of Arts dans le Devon. Elle y fait la rencontre de deux grands maîtres de la danse contemporaine expérimentale : Steve Paxton - fondateur avec Trisha Brown du Judson Dance Theater à New York dans les années soixante et inventeur de la pratique de danse « Contact improvisation » - et Mary Fulkerson, une des fondatrices de la « Anatomical Release Technique ». Tous deux auront une grande influence sur son travail. Ces années sont un temps d’expérimentation pour Josefowitz - notamment celle de la consommation de champignons hallucinogènes - et toutes ses expériences nourrissent sa recherche sur le corps et la danse, toujours accompagnés du dessin. Cette période est notamment celle de la réalisation de nombreux pastels sur carnets.
Cathy obtient un diplôme en « Performing Arts » en 1983 avec la chorégraphie Fiesta Graduata, crée en collaboration avec une autre étudiante, Mara de Wit. Elles obtiennent les félicitations du jury et poursuivent leur travail avec la fondation au Pays de Galles la même année, de la compagnie de danse et de théâtre Research and Navigation. Danse, chorégraphie, dessin et peinture prennent une place équivalente dans le travail de Cathy. Proche du milieu féministe et très investie dans le mouvement de libération gay et lesbien, Josefowitz vit de 1983 à 1987 une relation amoureuse avec une femme, Susanne. Elle compose et chante des textes militants avec des amies danseuses sous le nom de groupe Lining time.
Cathy étudie ensuite en 1987 la chorégraphie dans l’école The School for New Dance Development (SNND) à Amsterdam.
En 1988, lors d’un bref séjour en Suisse où elle donne des cours de danse à des enseignants de musique du Conservatoire de Genève, elle rencontre l’écrivain italien Beppe Sebaste avec qui elle part vivre en Italie. Là bas, elle travaille à des peintures figuratives, lumineuses, et des dessins au feutre qui relatent son quotidien tout en continuant de danser. En août 1988, elle présente Woodstock à Vienne, sa première chorégraphie réalisée à Dartington College of Arts, puis se marie avec Beppe Sebaste à Pietrasanta. Elle est proche du photographe italien Luigi Ghirri, dont elle réalise plusieurs portraits. Cathy expose à Genève et dans plusieurs galeries en Italie, écrit de nouvelles chorégraphies (notamment avec la participation de l’acteur Virginio Gazzolo) et enseigne la new-dance à Parme et à Milan. En 1990, apprenant le décès accidentel en montagne d’une étudiante et amie rencontrée au SNND à Amsterdam elle écrit la chorégraphie Forever Young.
Son fils Pierre nait en juillet 1991. Cathy et son mari décident alors de vivre entre Pietrasanta en Toscane et Paris. Elle se dédie à la peinture et travaille à plusieurs série d’œuvres ayant pour thème les animaux, les moyens de transport, la danse. C’est aussi la période où elle débute ses premiers monochromes inspirés par la nature et les paysages de Californie, particulièrement Ojai, où elle a séjourné en 1990.
En 1995, Cathy divorce de Beppe Sebaste et s’installe à Paris. Elle peint une série de toiles inspirées de sa chorégraphie Forever Young, dans lesquelles elle explore le mouvement, la chute d’un corps, d’une chaise, puis travaille dans une nouvelle série sur le squelette humain, qu’elle relie à la danse.
En 1997 elle rencontre le peintre Colin Paul Mey avec qui elle s’installe. Sa peinture se développe au travers de très grands formats au sol et lie encore plus sa peinture au corps, au geste. De 1998 à 2000, elle réalise une série d’œuvres abstraites et géométriques inspirée par ses voyages en Égypte, par la couleur et la lumière, intitulées « prières ». En 2003 le réalisateur François Levy Kuentz tourne un documentaire sur Cathy Josefowitz qui aborde son travail de collages.
En 2004, Cathy et son fils déménagent à Genève et elle poursuit sa peinture dans un atelier à Carouge. Elle réalise des monochromes noir et blanc, des formats plus petits qui mêlent abstraction et figuratif, peinture et collages de diverses matières, dans une recherche qui revisite les thèmes de ses tableaux passés. En 2008, elle fait une série de toiles à quatre mains, peintes en quelques mois, avec Colin Paul Mey ; un jeu pictural et amoureux qui mêle leurs deux pratiques en représentant des décors, des scènes. Puis elle renoue avec les grands formats dans une série de tableaux sur le thème du Kamasutra. Peu à peu les figures disparaissent pour laisser place à des variations quasi monochromatiques sur grands formats.
En 2011, Cathy et Mara de Wit reprennent l’activité de Research and Navigation, la compagnie qu’elles ont fondé en 1983. Elles explorent la relation entre la danse et la peinture. De cette année de travail nait le film Fiesta Graduata Revisited.
Fin 2012 et 2013 Cathy peint en quelques mois de nombreuses toiles sur le thème des « Ciels », dans les tons gris et roses.
Cathy Josefowitz s’éteint le 28 juin 2014, à Genève.