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Frances Perkins à l'OIT en 1938
Frances Perkins à l'OIT en 1938
La secrétaire du travail américaine était présente à Genève entre le 11 et 18 juin 1938. Les raisons de son déplacement genevois vous sont expliquées en cliquant sur ce lien. Voici son discours du 13 juin à l'Organisation internationale du travail retranscrit en intégralité. Notez que cette version audio a été éditée et ne contient pas tous les passages restitués ci-dessous :
"Nous sommes convaincus que l'Organisation internationale du Travail, qui évite de se laisser entraîner dans des problèmes de caractère politique, peut apporter une contribution réelle à la reprise économique mondiale en aidant à la suppression des erreurs de caractère social et économique. Ce qui jadis était une nécessité pour le travailleur qui avait besoin de meilleures conditions de travail, est devenu maintenant une nécessité pour le monde entier qui a besoin d'une vie économique réelle. C'est pour cette raison que notre participation à l'Organisation internationale du Travail nous apparaît utile et nécessaire.
Ce qui jadis était une nécessité pour le travailleur qui avait besoin de meilleures conditions de travail, est devenu maintenant une nécessité pour le monde entier qui a besoin d'une vie économique réelle.
C'est une promesse de vie et d'avenir pour le Bureau international du Travail qu'en face du développement croissant des besoins du monde entier, ses conceptions et ses méthodes s'étendent également. Le Directeur a rappelé justement la valeur de la Conférence de Santiago, qui servira sans aucun doute de précédent à de futures conférences régionales. De même, une étude technique approfondie des vastes problèmes intéressant des industries aussi importantes que celles du textile et du charbon est une promesse d'accroissement de l'utilité de vos travaux. Nous sommes convaincus de la valeur des débats au sein de conférences techniques tripartites qui utilisent les travaux antérieurs du Bureau en matière de recherches économiques. En outre, il faudra donner des suites concrètes aux décisions prises dans ces réunions par la constitution de commissions permanentes représentatives des industries elles-mêmes. Le caractère tripartite de l'Organisation permet d'appliquer les méthodes démocratiques de négociations et de conciliation entre les organisations patronales et les organisations ouvrières, méthodes qui sont au centre même de notre conception de la politique du travail aux Etats-Unis, mais qui ne sont pas, à nos yeux, exclusives d'autres méthodes.
Je veux ici corriger un malentendu assez généralisé en Europe sur l'état des relations industrielles aux Etats-Unis. J'ai été surprise, depuis mon arrivée en Europe, de voir que l'on me pose des questions qui pourraient faire croire que les Etats-Unis seraient au milieu d'une période de violentes luttes industrielles et de conflits sociaux.
Rien n'est plus loin de la vérité. En fait, les relations industrielles aux Etats-Unis sont actuellement sur une base plus stable qu'elles ne l'ont été depuis longtemps. Il y a probablement en vigueur aujourd'hui plus de conventions collectives entre employeurs et travailleurs qu'à aucun autre moment de l'histoire de notre pays.
Environ soixante-quinze pour cent de ces conventions collectives ont été conclues sans aucun arrêt du travail. Nous devons ici rendre hommage à l'intelligence et à la bonne volonté à la fois des employeurs et des travailleurs. Au cours des cinq dernières années, on a constaté que l'on comprenait toujours davantage, tant du côté patronal que du côté ouvrier, l'intérêt que présente la conclusion de conventions collectives entre organisations responsables. Parmi ceux qui ont su comprendre cette nécessité, on peut compter un grand nombre d'employeurs américains qui réussissent le mieux dans leurs affaires.
La première période de reprise après la crise aux Etats-Unis a été marquée par un plus grand nombre de conflits industriels concernant la durée du travail, les salaires, le droit d'organisation, que pendant les années de crise ou de grande prospérité. Mais cet accroissement n'est nullement proportionnel à l'accroissement du nombre des salariés dans l'industrie.
La première période de reprise après la crise aux Etats-Unis a été marquée par un plus grand nombre de conflits industriels...
De même, la gravité et la longueur de ces grèves ne sauraient être comparées à celles des grèves antérieures. Le nombre des grèves a été de 4700 en 1937 ; en 1903, année où débutent nos statistiques, il avait été de 3600, soit un millier de moins. Mais le nombre des salariés, en dehors de l'agriculture, pour laquelle on ne dispose pas de données suffisantes, n'était que de 20 millions en 1903, alors qu'il était de 38 millions en 1937.
En d'autres termes, l'accroissement des salariés industriels a été de 90 pour cent depuis 1903, alors que les grèves ont augmenté de 30 pour cent seulement. Le nombre des grèves n'a donc pas suivi l'accroissement de la population industrielle, ce qui est la preuve de meilleures relations ouvrières et de meilleures conditions de travail.
Depuis 1937, nous tenons un compte de ce que l'on peut appeler les jours-ouvrier perdus dans des grèves, c'est-à-dire le nombre des hommes multiplié par le nombre des jours de grève. En 1927, il y a dix ans, il y avait seulement 707 grèves. Il s'agissait d'une année de grande prospérité et de hauts salaires. Cependant, dans ces 707 grèves, le nombre des jours-ouvrier perdus n'a été que de 8 pour cent inférieur à celui des jours-ouvrier perdus dans les 4700 grèves de 1937.
En d'autres mots, les grèves de 1937, quoique nombreuses, ont été de courte durée et n'ont englobé que relativement peu de travailleurs. Quarante pour cent d'entre elles ont duré moins d'une semaine. Plus de la moitié de ces grèves n'englobaient pas cent travailleurs. En outre, l'expérience des agents de la conciliation du Ministère du Travail, qui s'occupent de cette activité depuis de nombreuses années, montre que les conflits au cours des trois dernières années se sont montrés susceptibles d'un règlement plus rapide et plus équitable qu'antérieurement.
Ce système de conventions collectives a été institué par consentement mutuel et librement ; le gouvernement a aidé les employés et les ouvriers à atteindre ce régime, mais seulement d'après les méthodes compatibles avec de tels principes. C'est ainsi que dans l'administration des chemins de fer, nous avons institué des services qui permettent aux autorités de l'Etat de prêter leur concours pour organiser d'une manière paisible et équitable les relations compliquées de près d'un million de travailleurs et de leurs employeurs.
Bien que les conventions collectives soient depuis longtemps un droit constitutionnel, nous avons cru devoir renforcer ce droit.
D'une façon analogue, nous avons instauré un service de conciliation au Département du Travail, lequel a fait beaucoup pour aider les employeurs et les travailleurs à collaborer en vue de la solution de tous leurs problèmes. Mais ce n'est pas suffisant. Bien que les conventions collectives soient depuis longtemps un droit constitutionnel, nous avons cru devoir renforcer ce droit pas une loi qui définit explicitement le droit de libre association des travailleurs.
L'action collective des travailleurs et employeurs doit être libre de toute contrainte extérieure si on veut arriver à une collaboration efficace. C'est pourquoi les espoirs de paix et de justice se sont grandement accrus au cours de ces derniers temps. Les conventions collectives sont dans notre opinion infiniment plus efficaces lorsqu'elles sont complétées par une législation qui s'applique aux travailleurs non organisés et par une législation fixant certains standards sur la base de données scientifiques, préférables dans certains cas aux règles que pourraient établir des négociations.
C'est pourquoi les espoirs de paix et de justice se sont grandement accrus au cours de ces derniers temps.
Je songe notamment aux assurances accidents, aux assurances sociales qui n'ont presque jamais fait l'objet de conventions collectives et qui ont été un bienfait extraordinaire pour les travailleurs du monde entier. Il en est de même pour la prohibition du travail des enfants. En outre, les standards compatibles avec les exigences d'une société moderne, doivent être fixés par voie législative pour les travailleurs qui, pour une raison ou pour une autre, ne font point partie des organisations ouvrières et qui ne doivent pas être perdus de vue.
Les Etats-Unis, avec leur système d'Etats fédérés et l'unique Constitution définissant les devoirs et les pouvoirs de chacun des Etats ont nécessairement une réelle diversité de législation du travail : ce sont — on le sait — les Etats les plus industrialisés qui ont adopté les premiers une législation du travail. A l'heure présente, la population ouvrière semble avoir exprimé son désir de voir fixer sur une base fédérale les standards minima de travail, afin que les travailleurs les moins privilégiés puissent bénéficier dans tous les Etats, d'une égalité de protection, contre la vieillesse, le chômage, l'inégalité de traitement pour cause d'affiliation syndicale, une durée excessive du travail ou l'abaissement des salaires au dessous d'un niveau convenable.
Les deux Chambres des Etats-Unis ont adopté, sous une forme légèrement différente, un projet de loi sur le salaire minimum et sur la durée du travail. Je crois savoir que, dans le courant de cette semaine encore, ce projet de loi, remanié par la Commission mixte, recevra une forme acceptable et pratique, en sorte qu'il pourra, prochainement, devenir une loi applicable à tout le pays. C'est une preuve que nous nous rallions à cet idéal de la réduction du travail qui a été incorporé dans la convention de principe de 1935.
La législation fédérale ne pourra, sans doute, jamais aller dans mon pays au-delà de la fixation des standards minima et elle s'occupera avant tout des entreprises qui concernent le commerce entre les différents Etats et le commerce international. Bien que cette sphère d'activité se soit accrue avec le développement de l'industrie moderne, la réglementation des questions de caractère purement local restera sous la direction et la responsabilité des différents Etats dont certains ont adopté des standards de travail plus élevés que le Gouvernement fédéral.
Dans la plupart des Etats on a constaté, ces dernières années, un développement de la législation du travail et son amélioration. La plupart des Etats ont adopté notamment des lois interdisant le travail des enfants de moins de 15 ans et même de 16 ans, des lois révisées sur la réparation des accidents du travail, des lois réglementant les conditions hygiéniques dans les usines. On a réglementé le salaire minimum des femmes, qui font partie des groupes de travailleurs les moins payés. On peut donc dire que la législation et la pratique, aux Etats-Unis, tant dans le domaine fédéral que dans les différents Etats, sont en très réel progrès. Nous nous rapprochons de plus en plus de ces standards humanitaires qui sont recommandés par l'Organisation internationale du Travail.
Comme on l'a déjà indiqué à cette tribune, précédemment, le grand problème du travail est aujourd'hui celui que pose le chômage.
Comme on l'a déjà indiqué à cette tribune, précédemment, le grand problème du travail est aujourd'hui celui que pose le chômage. Pour remédier à ses maux, on a institué l'assurance-chômage et on met en oeuvre des programmes de travaux publics ; ces mesures nous paraissent raisonnables. C'est pour ce motif que nous attendons avec intérêt les travaux que va effectuer l'Organisation au mois de juin, lorsque fonctionnera la Commission internationale des travaux publics. Mais cela ne suffit pas ; notre génération doit accomplir une tâche beaucoup plus grande ; il lui appartient de trouver les moyens d'empêcher le chômage. Nous ne savons pas comment pourra être résolu ce problème, mais nous pouvons essayer de le résoudre.
Mais cela ne suffit pas ; notre génération doit accomplir une tâche beaucoup plus grande ; il lui appartient de trouver les moyens d'empêcher le chômage.
Nous avons le devoir de nous y employer car aucun appel n'est plus poignant que celui que nous adressent les chômeurs. Certaines suggestions méritent d'être étudiées d'une manière particulièrement approfondie. Le développement du machinisme doit nous faire prévoir un accroissement de plus en plus grand de la production, d'où la nécessité de développer les marchés qui doivent en permettre l'écoulement. Je voudrais citer à cet égard un passage du message qui a été adressé au Congrès par le Président des Etats-Unis, demandant l'adoption d'un projet de loi sur les salaires et sur la durée du travail.
Il dit : « Le moment est venu pour nous de prendre de nouvelles mesures pour étendre les limites du progrès social ; le problème que nous devons résoudre en pratique est d'adopter les normes de travail qui permettront l'emploi maximum de toutes les ressources humaines, afin de mettre à la portée de l'homme et de la femme moyens le maximum de denrées et de services qui permettront de se rapprocher de ce que doit être la vie en Amérique! »
Puis-je appliquer cette déclaration à votre présente réunion et suggérer que la tâche de votre Organisation est d'étendre les limites du progrès social dans le monde en vue de donner à tous les hommes le niveau de vie le plus élevé possible ? C'est là une nécessité pour la reprise économique mondiale aussi bien que pour la suppression du chômage. Mais la possibilité de développer la production dépend de l'accroissement de la consommation mondiale. Même un petit pourcentage d'accroissement du niveau de vie de l'ensemble de la population dépasserait les possibilités de production dans l'état actuel de l'équipement industriel. Une augmentation de la consommation et du commerce international sont indispensables à l'élévation du niveau de vie. Il semble, en effet, possible de favoriser l'industrie et de satisfaire davantage aux besoins de la population dans la plupart des pays au moyen des ressources naturelles qu'ils possèdent et d'améliorer ainsi l'équilibre par rapport aux conditions prévalant dans l'agriculture.
L'amélioration la plus large des conditions du travail est indispensable pour faire naître cet accroissement de Ia consommation nécessaire au commerce international...
Certains articles extrêmement utiles ne peuvent se vendre à des prix accessibles aux consommateurs que si l'on adopte le système de la production en séries ; d'autres produits, par contre, n'ont toute leur valeur et toute leur utilité que s'ils sont faits à la main. Ainsi, une spécialisation utile et des échanges développés ne peuvent trouver leur réalisation que si l'on arrive à élever continuellement le niveau de la consommation mondiale. Par ce moyen, on peut avoir l'espoir de réduire les crises cycliques du chômage et, par la régularisation de la production industrielle, d'arriver à un bon résultat. Mais on ne peut y arriver également que par l'accroissement des marchés d'un côté, et par l'élévation constante du niveau de vie de l'autre. L'amélioration la plus large des conditions du travail est indispensable pour faire naître cet accroissement de Ia consommation nécessaire au commerce international, ainsi que cette stabilisation de la vie industrielle indispensable à la reprise et à la sécurité.
Il ne faut pas qu'il y ait une main-d'œuvre à bon marché exploitée et servant de base à d'autres pays pour la concurrence industrielle. Pour ces raisons, nous avons recommandé chez nous une loi sur les salaires et la durée du travail. Et c'est pour ces mêmes raisons que nous appuyons à Genève les conventions instituant des niveaux minima internationaux. Si nous devons avoir un accroissement des échanges grâce au commerce international, ¡I est indispensable au préalable que des accords soient conclus entre les pays pour développer et maintenir des niveaux de vie et de travail plus élevés. Pour de tels accords, il faut avoir le consentement du monde de la finance et de l'industrie aussi bien que du monde du travail.
Et il faut avoir non seulement leur consentement, mais encore leur bonne volonté pour obtenir l'observation fidèle des accords conclus. Il va sans dire qu'en raison des différences dans le développement économique et social des divers pays, il faut une certaine souplesse pour permettre de réaliser les mesures tendant efficacement à l'amélioration des conditions de travail. Cela va sans dire, également, que lorsqu'on établit ces normes, il faut s'assurer la participation des travailleurs et des patrons. C'est la façon la plus simple et la plus directe de se rapprocher de la reprise économique et industrielle que la plupart des pays, et notamment le mien, désirent ardemment voir se réaliser.
Sans aucun doute, de telles tâches ne dépassent pas la capacité de création des leaders de la civilisation dont la culture et la foi ont pour base l'application universelle de cette grande règle de conduite : tu aimeras ton prochain comme toi-même.
C'est pour moi un plaisir tout particulier de me trouver parmi vous et de rencontrer ici tant de personnes qui nous ont fait l'honneur de venir à la Conférence du textile tenue à Washington.
Laissez-moi, si vous le voulez bien, mentionner en terminant une question de caractère personnel. C'est pour moi un plaisir tout particulier de me trouver parmi vous et de rencontrer ici tant de personnes qui nous ont fait l'honneur de venir à la Conférence du textile tenue à Washington. Vous avez donné à la population et au Gouvernement des Etats-Unis, de façon impressionnante, une démonstration de la manière dont fonctionne l'Organisation internationale du Travail. Vous qui avez participé aux travaux de la Conférence de Washington, vous vous souviendrez aussi qu'à cette époque nous n'avions pas encore laissé partir pour Genève notre excellent ami et compatriote, le Gouverneur Winant. Qu'il me soit permis de déclarer qu'il n'y a personne plus que M. Winant dont l'intégrité et le dévouement à des fins élevées aient été aussi appréciés par le peuple américain, ni en qui le peuple américain ait une plus entière confiance. Nous l'avons mis à l'épreuve dans des circonstances officielles. Il a été loyal et nous regrettons vivement qu'il n'exerce plus son activité dans notre pays pour la solution des problèmes nationaux des Etats-Unis. Nous sommes heureux toutefois de penser qu'ici encore il servira utilement l'humanité, dans ce poste si important de caractère international auquel l'a appelé le Conseil d'administration du Bureau international du Travail. Nous en sommes d'autant plus certains que dans la tâche qu'il va être appelé à accomplir ici, il aura la collaboration de M. Phelan qui a coopéré de façon réellement remarquable avec l'Organisation depuis sa fondation même, et dont l'oeuvre est connue dans le monde entier. M. Winant aura aussi la collaboration de M. Tixier, dont nous avons pu apprécier et admirer les hautes qualités lorsqu'il est venu nous apporter son concours en vue de l'organisation de notre Conseil de la sécurité sociale des Etats-Unis d'Amérique.
Enfin, je voudrais rendre hommage au Directeur du Bureau. Parmi les qualités exceptionnelles de M. Harold Butler, il faut mentionner le fait qu'il comprend d'une manière parfaite les problèmes spéciaux de chacun des Etats-membres de l'Organisation. C'est pourquoi les représentants de nombreux pays sont venus à cette tribune exprimer les motifs tout particuliers de leur gratitude à l'égard de M. Harold Butler. A leur tribut, je veux ajouter le mien propre. M. Butler s'est fait de nombreux amis aux Etats-Unis par sa compréhension tout à fait exceptionnelle de nos problèmes, de notre mentalité, de nos préjugés et de nos préférences, Par ses qualités de Directeur et par son action, il a su créer chez nous une telle confiance dans l'Organisation internationale du Travail que les Etats-Unis ont décidé d'adhérer à celle-ci.
Lorsque nous sommes entrés dans votre Organisation, je lui avais promis de venir à Genève pour assister à une Conférence internationale du Travail.
Pour ma part, je me rends compte de la perte que nous allons éprouver en le voyant quitter la Direction du Bureau international du Travail. Il est devenu un de mes amis dans le sens personnel aussi bien que dans le sens politique ou en matière d'affaires publiques. Lorsque nous sommes entrés dans votre Organisation, je lui avais promis de venir à Genève pour assister à une Conférence internationale du Travail. Au cours des dernières années, il m'avait été impossible de le faire. Mais à l'occasion de la présente session, la dernière à laquelle assistera M. Harold Butler, j'ai fait un effort exceptionnel et, au prix de certains sacrifices, je suis venue représenter ici mon Gouvernement pour exprimer notre respect, notre admiration et notre foi sincère à l'égard des qualités d'homme d'Etat mondial déployées par M. Harold Butler et qui ressortent d'une manière si évidente du Rapport qu'il vous a soumis et qui fait l'objet de la présente discussion."
Merci à Francine Margot de la Radio Télévision Suisse pour la restauration de la bande magnétique contenant ce discours.
Illustration : portrait de Frances Perkins par Jean McLane (Bibliothèque du Congrès)
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