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Michael Holbrook Penniman
À moins de trente ans, Michael Holbrook Penniman, dit « Mika », est devenu une star internationale, reconnue de la musique pop rock. Pourtant, ses débuts étaient peu prometteurs et seules la persévérance et la pugnacité de cet exilé au grand coeur ont eu raison de tous les a priori.
Auteur-compositeur-interprète et musicien
Né 18 août 1983 au Liban, d'une mère libanaise et d'un père américain, Mika n'a qu'un an lorsqu'il débarque avec sa famille à Paris, suite au conflit irakien. Il y restera huit ans. Déjà attiré par la musique, il apprend le piano. Lors d'une émission de variétés, il confie à l'animateur Nagui que l'une des premières chansons qu'il ait apprise s'intitulait « Les champs Elysées »...
La musique et le chant comme thérapie
Mika a neuf ans lorsqu'il quitte une petite école parisienne pour l'Angleterre, alors que son père est retenu en otage dans une ambassade lors de la guerre du Golfe. Celui qui, aujourd'hui, a réussi un parcours exceptionnel est, à l'époque, un enfant déraciné et, qui plus est, un élève en grande difficulté. En effet, atteint de dyslexie, Mika ne peut ni lire ni écrire. En Angleterre, ce handicap devient une véritable souffrance. Le futur chanteur décide volontairement de se murer dans un silence inquiétant. Au point que sa mère choisit de le déscolariser et lui offre des cours de chant avec une enseignante russe austère. À cet âge, confie-t-il à « Paris Match », j'ai compris qu'il y avait deux mondes. Celui de mon père, très rationnel, et un autre, créatif, fantaisiste. Que ce soit par la musique, le théâtre... La musique et le chant deviennent alors pour Mika une véritable thérapie. Attiré par l'opéra, sa voix - dont la tessiture comporte plus de trois octaves - lui permet même de chanter des airs célèbres, comme ceux du « Mariage de Figaro ». Mais Mika veut avant tout rester lui-même et créer ses propres chansons.
La revanche du rebelle
Perçu comme un inadapté chronique, Mika n'a jamais voulu entrer dans le moule, y compris dans le milieu du show-business. Ses premières compositions sont refusées par des grandes maisons de disques sous prétexte que sa production est trop... différente. On lui donne des conseils que le chanteur s'empresse de refuser. Certains directeurs artistiques me conseillaient, pour réussir, d'imiter Craig David !, se souvient-il. Et pourquoi pas Grace Kelly!, rétorque-t-il effrontément en pensant à l'idole de sa grand-mère. Mais, doué d'un sens inné de la revanche, il compose et intitule justement son single « Grace Kelly », l'envoie à ces mêmes producteurs qui, évidemment, ne signent pas le contrat. Ce morceau s'inspire en fait des harmonies et de la mélodie du « Mariage de Figaro » mais Mika a le génie d'en faire quelque chose d'actuel en y mettant sa différence. Mika opte donc pour la liberté et devient, avec ce titre, numéro 1 des ventes en téléchargement en Angleterre. Intuition géniale, Mika doit sa notoriété à l'utilisation d'Internet. Ce sont les internautes qui le plébiscitent. Les mêmes maisons de disques qui, jusque-là, le refusaient, viennent maintenant frapper à sa porte... Magnifique revanche ! Il n'a que 23 ans lorsque la gloire lui sourit.
Une maturité à toute épreuve
Récemment, Mika déclarait au quotidien anglais « The Sun » : Je pourrais faire de la musique jusqu'à ma mort, mais il y a aussi des chances que les gens en aient marre un jour... Alors je monterais une société de dessins animés !... Le jeune chanteur se veut libre et indépendant. Pas question pour lui de s'attacher à une gloire qu'il sait éphémère quoi qu'il en soit. Une preuve de sagesse précoce. Mika a plusieurs cordes à son arc puisqu'il avait déjà dessiné lui-même la pochette de « Life in cartoon motion », son premier disque. La star va jusqu'à refuser certaines invitations des Grands de ce monde lorsqu'il ne s'y sent pas en adéquation. Pour quelqu'un qui ne parlait pas, Mika sait aujourd'hui dire ce qu'il pense et ceci sans provocation, d'une manière très subtile. Il attribue volontiers lui-même son énergie, sa joie de vivre, au fait qu'il est à demi libanais : Un peuple tellement écrasé par le poids des drames que sa façon de s'en sortir est de sauter par-dessus les problèmes, crier, pleurer, danser, rire, comme pour s'étourdir... Son étonnante maturité face au succès prouve bien que les blessures de l'enfance, si elles ne tuent pas, pour paraphraser Nietzsche, rendent incontestablement plus fort...