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Affiche 1930, imprimerie Atar, Genève.Le Genevois Felix-Valentin Genecand est le père des Tricounis, ces clous mythiques du 20e siècle destinés à équiper les semelles des chaussures, qui permettent de ne plus glisser ou presque sur les pentes.
Cette innovation a révolutionné le monde de l’alpinisme en permettant de vaincre certaines des faces les plus inaccessibles, notamment la face Nord de l’Eiger, conquise en 1938, Tricounis aux pieds.
Felix-Valentin Genecand, bijoutier-sertisseur né en 1879 à Carouge (GE), est un passionné de montagne avant tout, qui a battu le record du monde de saut à ski à Chamonix en 1902.
C'est particulièrement le Salève, emblème de la région, qui le fascine. Ses pentes abruptes créent à l'époque de nombreux accidents et c’est l’un d’entre eux qui va inspirer à Felix-Valentin Genecand les Tricounis.
Dans les années 1920, le Genevois devient un véritable homme d'affaires. Ses clous sont exportés par millions à travers le monde; ils équipent même les armées française, américaine, canadienne et bien sûr suisse. Le mot tricouni, lui, fait son entrée dans le dictionnaire en 1925.
Mais Felix-Valentin Genecand est loin de se résumer aux Tricounis. "Chansonnier", "poète", "un peu fleur bleue", selon l'historien Jean Plançon, il développe d'autres techniques et va inventer en 1938 la première chaussure sans lacets, avec fermeture à boucle, "dont on se sert toujours puisque ce sont nos chaussures à ski actuelles qui portent les boucles Tricouni", relève Jean Plançon.
Des montagnes à son nom
Félix Genecand sur le Salève en 1920. [Archive Tricouni ]L’arrivée du caoutchouc va mettre fin au succès de l’entreprise familiale. Felix-Valentin Genecand décède en 1957 et laisse derrière lui un quasi-empire qui s’effondrera progressivement au cours des décennies.
Alors que reste-t-il de l’inventeur et de son invention? Des souvenirs de randonnées ou d’armées avant tout pour l’ancienne génération; une Guggenmusik, les Tricounis à Belfaux (FR); mais aussi des noms de montagnes.
Le Canada, où les clous Tricouni ont connu un énorme succès, a ses Tricouni Mountains - aussi appelées Tricouni Peaks-, "une petite chaîne de montagnes formée de trois pics qui ressemblent assez curieusement aux clous Tricouni", pointe l'historien Jean Plançon.
Et une montagne en Antarctique s'appelle le mont Genecand. "On a voulu rendre hommage à cet inventeur et à ses clous qui ont permis une avancée considérable en matière de sécurité pour l'alpinisme ou les grandes expéditions polaires", relate l'historien.
Reste alors une interrogation, comment un tel destin est-il tombé ainsi dans l’oubli? Pour Jean Plançon, "c'est la faute aux historiens, (...) à qui il appartient de ne pas l'oublier". Ils sont d'ailleurs plusieurs dans la région à vouloir remettre au goût du jour l’histoire de ce génial Genevois qui a fait marcher le monde entier.
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