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Résumé
L’inspiration humboldtienne de la théorie linguistique d’Aleksandr Potebnja est une donnée évidente. On a également reconnu depuis longtemps la nécessité d’une évaluation détaillée du rôle médiateur de Heymann Steinthal, dont l’interprétation de la pensée de Wilhelm von Humboldt avait servi de fil conducteur à Potebnja. Malgré l’existence de nombreuses affinités entre Steinthal et Potebnja, on peut constater une considérable indépendance de celui-ci vis-à-vis de celui-là. En revanche, le thème de l’influence sur Potebnja de la part de Moritz Lazarus, collaborateur et ami personnel de Steinthal, n’a pas fait l’objet de sérieuses études jusqu’à aujourd’hui. Potebnja a cependant emprunté à Lazarus plusieurs notions de portée capitale dans l’économie de sa propre pensée théorique. Notamment, il y a lieu de croire que sa définition de la forme interne du mot a été influencée plutôt par Lazarus que par Steinthal. Potebnja a emprunté directement à Lazarus la notion de condensation de la pensée, s’en servant pour mettre le langage en relation avec les phénomènes relevant du développement des sentiments éthiques et esthétiques chez l’homme, ce qui permet de lancer un pont vers sa théorie du nationalisme tout comme vers sa théorie de l’art verbal. Certaines idées de Lazarus ont donc toujours fait partie de l’horizon intellectuel de Potebnja, lequel était bien conscient de leur origine.
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