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Les résidents des EMS suisses évaluent majoritairement leurs qualités de vie et des soins de manière positive. Mais quelques critiques apparaissent. Une amélioration de l'autodétermination au quotidien et de l'individualité sont notamment nécessaires.
Telles sont les conclusions présentées mardi par la Haute école spécialisée bernoise. Celle-ci a mené une enquête auprès d'un échantillon représentatif de 1053 résidents de 51 EMS différents, sis des deux côtés de la Sarine.
Cette étude est la première du genre à prendre en compte le point de vue "subjectif" des habitants, nécessaire toutefois "pour obtenir une image plus complète de la qualité des soins" dans les établissements, note le communiqué de la Haute école. Elle a été réalisée entre les mois de novembre 2013 et 2014.
Dans l'ensemble, sept personnes concernées sur dix évaluent leur qualité de vie globale dans un home comme bonne (62%), voire même très bonne (9%). L'appréciation totalise six dimensions, hétérogènement notée. La garantie de la vie privée et la protection de la dignité obtiennent les meilleures notes.
A titre d'exemple, neuf interrogés sur dix indiquent trouver des endroits où être seuls, avoir des conversations téléphoniques privées ou encore avoir suffisamment d'intimité en cas de visite.
Une grande majorité des résidents interviewés (85%) "se sent traitée avec politesse et respect", détaille le texte. Et 90% se sent en sécurité et protégées dans leur EMS. Presque tous recommanderaient d'ailleurs leur établissement.
Autonomie à repenser
Les résidents se montrent néanmoins critiques envers quelques aspects, notamment en rapport avec l'autonomie. Deux tiers des participants n'ont pas la possibilité par exemple de choisir l'heure du lever et environ un tiers ne peut pas pratiquer des hobbies personnels.
"L'autodétermination au quotidien ne semble pas être entièrement acquise dans les EMS", écrivent les auteurs de l'enquête. Ceux-ci appellent à une réflexion critique sur le sujet "malgré la dépendance et les conditions cadre des établissements".
Quant à la gestion du quotidien, 62% des résidents se montrent satisfaits des activités proposées durant la semaine. Mais cette part tombe à 29% lorsque vient le week-end. "Les besoins des résidents en matière de gestion du quotidien ne semblent pas être entièrement satisfaits", conclut également l'enquête.
Individualité mal notée
Mais c'est surtout la dimension de l'individualité que les personnes concernées notent le plus mal. Seul un tiers des participants ont indiqué que le personnel s'intéressait aux choses qu'elles avaient faites dans leur vie. Selon les interviewés, des contacts quotidiens et de confiance avec le personnel n'existent que partiellement. Et seule une personne sur trois précise que les soignants passent parfois "juste pour discuter".
D'après l'étude de la Haute école bernoise, les particularités des institutions et les caractéristiques sociodémographiques des résidents n'influent pas sur l'évaluation de la qualité de vie et des soins.
En revanche l'état de santé joue un rôle. Les résultats indiquent que lorsque la dépendance aux soins et les troubles cognitifs augmentent, l'évaluation est moins bonne, détaillent les auteurs. Ceux-ci jugent néanmoins que des analyses plus approfondies sont nécessaires avant de pouvoir tirer des conclusions définitives.
Le nombre de résidents va augmenter
Les participants avaient en moyenne 86 ans et vivaient en EMS depuis 3,5 ans. Trois quart d'entre eux étaient des femmes. Leur dépendance aux soins était faible. Un peu moins de la moitié (46%) n'avait aucun trouble cognitif, tandis que le reste des sondés évoluait avec des troubles cognitifs légers à moyens.
En Suisse près de 10% des personnes âgées entre 80 et 84 ans et 44% des plus de 94 ans vivent en EMS. Et cette proportion va augmenter dans les prochaines années en raison de l'évolution démographique.
ATS