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Choisir ou ne pas choisir, that is the question
Le PS genevois a donc décidé de présenter deux candidates (Anne Emery Torracinta et Sandrine Salerno) et un candidat (Thierry Apothéloz) au gouvernement de la Parvulissime République (où il ne dispose plus que d'un siège).Trois candidatures au premier tour, qui pourront être maintenues toutes les trois au deuxième tour. Sont-ce les candidatures que nous avons soutenues par nos votes ? Peu importe : ce sont celles qui ont été choisies, et qu'on va donc soutenir. Pas par discipline, mais par ce qui nous tient lieu de cohérence : on ne peut pas défendre (même sans la défendre tout en la défendant) une liste de trois candidatures pour ne pas les soutenir ensuite. Il faut au passage saluer la modestie et la retenue du Comité directeur du PSG : il aurait pu nous proposer de présenter les six candidates et candidats disponibles, il nous a proposé de n'en présenter que quatre, comme en 2013 -et donc d'en virer deux. Mais présenter quatre candidates et candidats participe de la même logique qu'en présenter six : c'est renoncer à faire nous-mêmes le choix déterminant, et le laisser à l'électorat du premier tour -y compris à l'électorat de droite. En somme, des "primaires" qui n'osent pas dire leur nom, mais qui aboutissent, comme celles qui osent dire leur nom, à ce que qu'un parti politique renonce à désigner lui-même celles et ceux qui, finalement, vont le représenter. On vous fait grâce de l'évocation de l'état dans lequel ce processus d'abandon a conduit le PS français -mais aussi, y'a une justice, la droite française.
Se donner les moyens d'un changement de majorité gouvernementale, parlementaire et populaire
Qu'est-ce qui justifie un parti politique, qu'est-ce qui le légitime ? sa capacité à faire des choix. Et si ce parti décide de participer à des élections, sa capacité à choisir lui-même ses candidates et candidats.
Sinon, autant en revenir aux choix anarcho-syndicalistes, se passer de parti politique, construire une alternative à partir des syndicats, des mouvements populaires, de l'insoumission collective. Or là, on est dans un choix de stratégie électorale, d'utilisation de l'espace politique institutionnel, pas dans le choix entre la réforme et la révolution.
Pourquoi présenter trois candidatures socialistes (et pas quatre), de qui qu'elles soient, au gouvernement genevois ? Pour pouvoir, en présentant ces trois candidatures (un "ticket" majoritairement féminin) au premier et au deuxième tour, et en concluant une alliance avec ceux de nos partenaires de gauche qui sont disposés à la conclure et en état de le faire, revendiquer une majorité -mais pas pour nous tout seuls : en alliance, précisément. Parce que nous ne sommes pas la gauche à nous tous seuls, que nous ne pouvons donc être majoritaires dans les urnes à nous tous seuls, mais que le seul objectif qui vaille la peine d'un combat électoral est celui d'un changement de majorité -populaire, parlementaire et gouvernementale.
Nous n'avons pas à nous résigner à être minoritaires, mais nous ne pouvons être majoritaires tout seuls.Trois candidat-e-s, c'est revendiquer une majorité gouvernementale en même temps, et avec les mêmes alliés, que nous revendiquons une majorité parlementaire et une majorité populaire. Nous avons besoin de ces trois majorités : la majorité gouvernementale doit reposer sur une majorité parlementaire pour ne pas être réduite à l'impuissance, et les majorités institutionnelles doivent reposer sur une majorité populaire pour pouvoir imposer les projets de gauche que la droite combattra par référendum.
Présenter trois candidatures au premier et au deuxième tour, les mêmes à chaque tour, c'est pour le PS se donner les moyens de ce changement de majorité, c'est montrer qu'il en a la volonté, et qu'il a aussi, aussi, fût-il seul en ce cas, celle d'une alliance de toute la gauche genevoise, contre la droite et contre l'extrême-droite.
"Lorsqu'on me demande si la coupure entre partis de droite et partis de gauche, hommes de droite et hommes de gauche, a encore un sens, la première idée qui me vient est que l'homme qui se pose la question n'est certainement pas un homme de gauche" (Alain)
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