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La Peña del Sol CP 7210 CH-1002 Lausanne
La feuille de coca à la fois symbole et prétexte. Par Vera Tcheremissinoff
Pour les peuples des Andes, mastiquer la feuille de coca est un acte rituel qui unit l'homme aux forces de la nature. La feuille aide aux contacts, aux échanges (au même titre que le thé, le café ou le vin), elle donne du courage, elle aide à supporter les efforts, elle participe à l'acte de prière. D'un point de vue plus pratique, elle entre dans la composition de produits diététiques et cosmétiques (tisanes, savons, crèmes, dentifrice, etc.)
Sa culture fait partie des civilisations des Andes depuis toujours. Elle en est le symbole. Jamais elle ne fut transformée en drogue par les Indiens et ce n'est qu'à une époque récente, au siècle dernier, que l'un de ses treize alcaloïdes - la cocaïne - fut isolé par un chimiste allemand, puis transformé au travers d'une longue chaîne de réactions chimiques, et destiné à un usage thérapeutique (pour faire un kilo de cocaïne il faut une tonne de feuilles).
C'est parce qu'elle a été déviée à l'usage de drogue que la feuille de coca peut aujourd'hui servir de prétexte à ceux qui veulent s'implanter militairement dans la région pour des raisons géopolitiques et économiques : d'une part les USA considèrent l'Amérique du Sud comme leur " arrière-cour " et d'autre part, il y aurait des réserves de pétrole sous les terres du Chaparé, zone de culture de coca en Bolivie. Ainsi, d'une pierre deux coups ! ... et en plus sous un prétexte honorable : la lutte contre la drogue.
Mais pour lutter efficacement contre la drogue, ne faudrait-il pas agir là où est la demande ..... et il se trouve que c'est justement aux Etats Unis !
Les peuples autochtones luttent pour qu'on ne fasse pas l'amalgame entre le trafic de drogue et eux-mêmes. Ils dénoncent les fallacieuses raisons et clament leur droit à la terre et à l'autodétermination.
La feuille de coca