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Israël a signé, jeudi 3 février 2022, un accord de défense avec Bahreïn, le premier conclu avec un pays du Golfe depuis la normalisation des relations de l'Etat hébreu avec le petit royaume et les Emirats arabes unis il y a plus d'un an.
"Seulement un an après la signature des accords, nous avons conclu un important accord de défense, qui contribuera à la sécurité des deux pays et à la stabilité de la région", a déclaré le ministre israélien de la Défense Benny Gantz dans un communiqué. Cet accord survient alors que la région connaît depuis le début de l'année une montée des tensions avec plusieurs attaques, dont l'une meurtrière, aux Emirats arabes unis, menée par les rebelles Houthis du Yémen et un groupe armé chiite irakien pro-iranien. Selon le ministre israélien, qui effectue sa première visite à Bahreïn, le protocole d'accord couvre les domaines du renseignement, des achats d'équipements et des formations conjointes.
Bahreïn et les Emirats ont normalisé leurs relations avec Israël en septembre 2020, défiant des décennies de consensus arabe qui excluait toute paix avec l'Etat hébreu en l'absence de résolution du conflit israélo-palestinien. Un peu plus tôt jeudi, le ministre israélien a appelé au renforcement de la coopération régionale avec Bahreïn pour faire face aux "menaces maritimes et aériennes". "L'approfondissement de la coopération nous permettra de maintenir la stabilité régionale et de défendre les intérêts communs d'Israël, des Etats-Unis et de Bahreïn", a déclaré M. Gantz, après avoir visité le quartier général de la 5e flotte américaine, basé à Manama, la capitale de Bahreïn.
A l'occasion de sa visite, Beni Gantz a rencontré le roi Hamad bin Isa Al Khalifa le jeudi 3 février. Dans son tweet, M. Gantz a écrit en hébreu et en anglais : "Je suis honoré d'être reçu par le roi de Bahreïn, Hamad bin Isa Al Khalifa, et de signer un accord historique de coopération en matière de sécurité entre nos pays avec le ministre de la défense, Abdullah Al Nu'ami. Les liens renforcés et établis permettront une plus grande coopération en matière de renseignement, d'opérations et d'industrie face à des menaces communes pour nos pays."
M. Gantz s'est également rendu sur le destroyer lance-missiles USS Cole, qui doit prochainement faire escale à Abou Dhabi, pour aider les Emirats face à la multiplication des attaques des rebelles yéménites Houthis, proches de l'Iran, contre le pays du Golfe. "L'interaction croissante entre les marines israélienne et américaine aidera les États-Unis, Israël et Bahreïn, unis par des valeurs et des intérêts communs, à se défendre contre un ennemi commun", a-t-il déclaré, faisant clairement référence à l'Iran de l'autre côté du golfe Persique. Le ministre a déclaré que la coopération apporterait sécurité et prospérité à la région.
"Cette visite souligne l'importance de la coopération de longue date de la Cinquième Flotte avec Bahreïn et le partenariat croissant avec Israël, qui s'est installé dans la zone de responsabilité du Commandement central. Nous sommes toujours heureux de nous engager avec des partenaires", a déclaré le vice-amiral Cooper.
Les Etats-Unis et l'Arabie saoudite accusent régulièrement Téhéran de mener des activités hostiles dans les eaux du Golfe, comme le détournement de navires ou le transport de matériel militaire destiné à des groupes armés. Téhéran dément ces allégations.
"Rester unis"
"Nous avons réaffirmé notre engagement à rester unis pour défendre la souveraineté de nos partenaires régionaux ainsi que la paix et la stabilité dans la région", a ajouté Benny Gantz. Proches partenaires de Washington, Bahreïn et les Emirats ont été les premiers pays arabes du Golfe à normaliser leurs relations avec Israël, renforçant l'intégration de l'Etat hébreu dans une région où son ennemi juré, l'Iran, est perçu comme une menace.
Le QG de la 5e flotte américaine est situé au large des eaux du Golfe, à quelques centaines de kilomètres de l'Iran, dans une zone maritime traversée quotidiennement par les pétroliers. Lundi, un exercice naval sous l'égide des Etats-Unis a été lancé en mer Rouge, avec la participation de 60 pays, dont Israël et plusieurs Etats n'ayant pas de relations diplomatiques officielles avec l'Etat hébreu, comme l'Arabie saoudite.