Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07242.jsonl.gz/106

Nadia Comaneci et Montréal, un lien pour la vie
Genève
"La fée de Montréal", alias Nadia Comaneci, est de retour en tant qu'ambassadrice sur les lieux de ses plus grands exploits - aux JO de 1976 - à l'occasion des Mondiaux organisés cette semaine dans la métropole du Québec. L'occasion de se rappeler à quel point celle qui n'était alors qu'une frêle gymnaste de 14 ans a marqué son sport.
Montréal fait aujourd'hui partie du "triangle de vie" de Nadia Comaneci, comme elle le définit elle-même, triangle dont les deux autres pointes sont la Roumanie et la gymnastique. Et pour cause: c'est dans cette ville qu'elle était devenue, il y a 41 ans, la première gymnaste à obtenir la note parfaite de 10 aux Jeux olympiques, à l'issue d'un exercice aux barres asymétriques resté gravé dans les mémoires.
C'est aussi à Montréal qu'elle s'était d'abord posée, avant de se rendre aux Etats-Unis, lors de sa fuite mouvementée de Roumanie en novembre 1989, un mois avant la chute du régime de Ceausescu.
Quatre décennies plus tard, l'ancienne star âgée aujourd'hui de 55 ans mesure enfin la portée de ce qu'elle avait accompli en 1976 (ce fameux premier "10", mais aussi cinq médailles en tout, dont trois d'or): "A l'époque, j'étais une enfant, je n'avais absolument pas pris conscience de la portée de ce que j'avais fait. Aujourd'hui, les gens parlent de cette note parfaite tout le temps. Plusieurs fois, quand je rencontre des gens qui ont fait quelque chose de bien, ils appellent ça un 'Nadia'. Cela va toujours me coller à la peau. Mais à l'époque, pour moi, la performance était banale. Je n'avais fait que reproduire ce que j'avais déjà réalisé des dizaines de fois à l'entraînement."
Caoutchouc
Les vidéos de son exploit aux barres asymétriques, mais aussi au concours général et à la poutre, montrent une Comaneci à la vitesse d'exécution étourdissante, qui semble à la fois rebondir comme une balle de caoutchouc et frôler la sortie de piste constamment tellement elle percute et enroule les barres tout à la fois, avec une maîtrise "innée".
A la fin de sa prestation, le panneau électronique indique la note de... 1.00, à la place de 10. Il n'avait pas été programmé pour la perfection! Cette erreur a largement contribué à la légende Comaneci, icône des icônes pour le public, même si les pratiquants d'aujourd'hui ont souvent d'autres modèles.
Ainsi, la Saint-Galloise Giulia Steingruber a davantage été inspirée par Svetlana Khorkina, nonuple championne du monde entre 1995 et 2003, comme elle l'a dit au "Tages-Anzeiger". Le style de gym contemporain se rapproche plus de celui de la Russe que de celui des années 1970.
Pur produit du système communiste, sous le contrôle d'un régime qu'elle a fini par fuir non sans qu'on lui ait prêté une relation trouble avec le fils cadet de Ceausescu, Nadia Comaneci ne renie pas son passé, pas plus qu'elle ne glorifie son présent. Elle retourne six fois par an en Roumanie, où elle est très reconnue, et fait prospérer l'entreprise qu'elle a bâtie dans l'Oklahoma (USA) avec son mari, l'ancien double médaillé d'or olympique (de gymnastique), l'Américain Bart Conner: une société de production, un magazine de gym, une fabrique d'accessoires et surtout une académie où s'entraînent "1500 gymnastes". La fée de Montréal ne fera jamais les choses à moitié.Retour à la page d'accueil
ATS