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Les habitants des Grisons se prononcent dimanche sur une modification de la loi sur les droits politiques. Au coeur du scrutin, l'imposition du rumantch grischun comme langue officielle entre l'administration et les citoyens.
Actuellement, la documentation nécessaire pour accomplir son devoir civique est rédigée en allemand, en italien et en deux dialectes romanches. La modification législative prévoit de remplacer les deux dialectes par une langue unifiée, le rumantch grischun.
Pour le canton des Grisons, cette solution serait naturellement plus économique. Il revient en effet moins cher de publier la documentation en trois langues plutôt qu'en quatre.
Mais, le problème, c'est que cette langue romanche unifiée n'est parlée par personne. Elle a été créée de toutes pièces par des philologues il y a une trentaine d'années, sur le modèle de l'unification de la langue allemande.
L'idée était alors d'assurer la survie du romanche. Le nombre de locuteurs étant très limité, il apparaissait plus rationnel de faire fusionner les différents dialectes en une seule langue.
Mais, de nos jours, les Romanches continuent à s'exprimer dans cinq dialectes. Des dialectes, qui, soit dit au passage, ont une forme écrite et même une littérature.
Le rumantch grischun est confiné à l'usage officiel et aux médias. Et encore... L'unique quotidien en langue romanche utilise certes la langue unifiée, mais continue aussi à produire une partie de ses articles dans les différents dialectes.
Dimanche, les citoyens des Grisons devront donc dire s'ils entendent donner un coup de pouce à cette langue unifiée, ou s'ils veulent conserver l'usage de leurs dialectes à l'occasion des scrutins. En fait, un choix entre le cœur et la raison...
Olivier Pauchard, Palais fédéral