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L'épidémie d'Ebola en RDC ne constitue pas encore une "urgence sanitaire de portée mondiale". Un Comité de spécialistes est arrivé vendredi à Genève à cette conclusion en raison de la réponse rapide aussi bien des autorités que de l'OMS.
Les conditions pour aboutir à une telle qualification "n'ont pas encore été remplies", a dit devant la presse le président du Comité d'urgence du Règlement sanitaire international, le professeur zurichois Robert Steffen. Une nouvelle réunion devrait être convoquée si l'épidémie devait progresser rapidement ou si elle devait s'élargir à d'autres pays.
En quelques jours, elle a fait au moins 25 victimes en République démocratique du Congo (RDC). Au total, 45 cas ont été mentionnés pour le moment, dont une quinzaine sont confirmés, a dit vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle considère depuis jeudi que le risque pour la santé publique posé par l'épidémie est "très élevé", contre "élevé" dans sa précédente évaluation. Le risque régional pour les autres pays passe de "modéré" à "élevé".
Le Comité d'urgence recommande de ne pas décider d'interdictions de voyager ni de commercer. Les personnes qui partent d'aéroports et de ports du pays doivent être testées. Pas celles qui arrivent.
Vaccination attendue dès lundi
Le gouvernement congolais a dit à l'AFP que le plan de "riposte" a été activé à Mbandaka, dans le Nord-ouest du pays. Le virus s'est étendu ces derniers jours pour la première fois de Bikoro vers cette zone urbaine où un cas a été observé.
Et la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC), dont cinq Etats membres sur six sont voisins de la RDC, s'est déclarée vendredi en état de "haute alerte". Le Comité d'urgence leur recommande de renforcer leur préparation et leur surveillance.
Plus de 530 contacts des personnes affectées ont été identifiés. Mais certaines sont difficiles à atteindre en raison du manque d'accès à certaines régions, a admis le directeur des situations d'urgence à l'OMS Peter Salama. Près de 12'000 doses d'un vaccin expérimental, acceptées par le gouvernement congolais, doivent être utilisées dans les prochains jours. "Lundi", selon M. Salama.
M. Steffen a salué la réponse "rapide et complète" du gouvernement et de l'OMS. La précédente flambée d'Ebola dans l'ouest de l'Afrique en 2013 avait provoqué d'importantes critiques contre l'organisation dont les membres ont adopté depuis une réforme pour rendre l'institution plus opérationnelle face à ces urgences sanitaires.
Collaboration avec des pays
Face à Ebola, "nous voulons lutter fort et lutter bien à tous les niveaux", a affirmé de son côté le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, à trois jours de l'Assemblée mondiale de la santé à Genève que doit ouvrir le président de la Confédération Alain Berset. M. Tedros s'est rendu lui-même il y a environ une semaine en RDC dans la zone infectée.
L'OMS a reçu 8,8 millions de dollars, un tiers de son appel urgent. Plusieurs pays de la région ont collaboré rapidement au dispositif lancé et aussi bien les Etats-Unis, que la Grande-Bretagne et l'Union européenne ont envoyé des spécialistes.
A terme, M. Tedros veut davantage encore pour l'organisation qui célèbre ses 70 ans cette année. Il a appelé les Etats membres il y a quelques mois à des armées sanitaires de réserve qui pourraient être activées rapidement.
CICR comme soutien de la Croix-Rouge locale
Il veut l'accord d'au moins 50 pays et attendait des engagements d'ici l'Assemblée mondiale. "Nous souhaitons obtenir leur réponse bientôt", a-t-il dit vendredi, laissant entendre que les pays n'ont pas encore promis d'alimenter ce "Corps mondial contre les urgences sanitaires".
De son côté, le CICR appuie la Croix-Rouge locale dans la réponse à l'épidémie d'Ebola. Son président Peter Maurer a passé plusieurs jours dans ce pays sans se rendre pour autant dans la région affectée.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) oeuvre "en soutien" aux "plus de 200 volontaires" mobilisés face à Ebola, a affirmé vendredi la cheffe de la délégation de l'organisation en RDC. Sur l'assistance en terme d'hygiène, d'eau, d'assainissement mais aussi de prise en charge des dépouilles des victimes. Et le CICR est également "prêt à répondre" davantage encore.