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Empathie et engagement
Cet épisode est le dernier épisode d’une série qui commence à l’épisode 66 qui a pour but de t’aider à distinguer quelle est ta part de responsabilité versus la part de l’autre.
Cet épisode est particulièrement consacré à toutes les personnes qui ont la tendance à faire passer les besoins des autres avant les leurs ou dès qu’elles font une demande par rapport à leurs besoins et leurs limites, elles ont l’impression de forcer, de contraindre l’autre partenaire, voire de le manipuler.
Ou bien toutes les personnes qui ont cette impression de ne pas être assez compréhensive, assez empathique envers l’autre parce que justement elles imposent leurs besoins, ou bien parce qu’elles ont l’impression de « menacer » l’autre de partir si leurs besoins ne sont pas écoutés, menacés bien sûr, au sens figuré pas au sens propre.
Certains de tes besoins ont un impact négatif sur ton partenaire
Il y a certains de tes besoins, il y a certaines de tes limites qui vont avoir un impact forcément direct sur l’autre. Typiquement, si toi tu veux l’exclusivité d’une relation et que l’autre est plutôt dans une optique de relation ouverte, et bien ton besoin d’exclusivité va limiter à l’autre son besoin d’ouverture dans la relation.
Comment arriver à naviguer dans cet équilibre finalement où tu as envie de respecter tes propres besoins, mais tu as aussi envie de respecter l’autre ?
Le principe qui te permet de faire ça, c'est de t'inclure dans l'équation.
Je peux te donner le premier exemple si tu veux être empathique envers l’autre c’est d’appliquer le principe d’empathie envers l’autre, mais également envers toi-même. C’est à dire qu’il n’y a pas une hiérarchie de l’autre par rapport à toi. Tu es vraiment égal à égal et donc que tu fais autant preuve d’empathie envers toi qu’envers l’autre.
Même chose pour l’engagement. Si tu t’inclus dans l’équation, et bien tu peux dire que tu t’engages autant envers toi même qu’envers l’autre, c’est à dire que tu vas avoir à nouveau pas cette hiérarchie en termes d’engagement et tu peux finalement appliquer ce principe là avec le respect, avec toutes les autres valeurs qui te sont chères.
On dit bien charité bien ordonnée commence par soi-même. C’est bien ce principe-là.
Applications dans différents cas concrets de la vie amoureuse.
Comment tu peux appliquer ce principe finalement, d’égalité de traitement ?
Prenons l’exemple tu es en couple avec quelqu’un qui sort d’une rupture et qui n’est donc pas encore totalement prêt pour une relation. Tu sens que la personne est encore dans son deuil et qu’elle a du mal encore à tourner la page. Alors faire preuve d’empathie envers cette personne, ça voudrait dire que tu comprends sa situation, tu comprends sa difficulté, tu comprends le besoin de cette personne d’aller doucement. Tu respectes les moments qui sont les vagues émotionnelles inévitables dans une rupture. Et surtout, tu lui laisses le temps en fait de faire son deuil. L’auto-empathie donc dans ce cas serait de te poser la question ok, jusqu’à quand ? Je suis capable de laisser ce temps à l’autre de rester dans une phase d’incertitude sans me faire du mal.
Le but est d’avoir une réponse assez honnête envers toi et de vérifier si la réponse que tu t’es donné, le timing que tu t’es donné, c’est vraiment ton vrai timing, ça, tu peux le voir souvent avec l’ampleur de tes vagues émotionnelles face à l’indisponibilité émotionnelle de l’autre. Si par exemple tu te dis je me sens tout à fait capable de lui donner six mois. Mais si à chaque fois que tu sens qu’il se retire, à chaque fois que tu sens qu’il prend de la distance, tu es en mode panique, ça veut dire que clairement, le délai que tu t’es donné théoriquement dans la tête, c’est quelque chose de théorique et ce n’est pas un délai effectif que tu peux tenir réellement vis à vis de toi même parce que tu es déjà en train de payer les pots cassés émotionnellement.
Un deuxième cas de figure pour l’engagement serait par exemple ton partenaire traverse une période difficile, il peut avoir, je ne sais pas, perdu son travail, être dans un deuil du décès de quelqu’un, il peut avoir un problème en termes de santé mentale, dépression, burn out etc… À cause de cette difficulté de vie, il est dans l’incapacité d’investir de l’énergie et du temps dans la relation. Donc dans cet aspect-là, tu peux te dire j’ai envie de m’engager envers mon partenaire. On s’est marié pour le meilleur mais aussi pour le pire. J’ai envie d’être présent pour mon partenaire, d’être là et de l’épauler à travers cette épreuve qu’il vit et qui est difficile. Donc ça serait l’engagement que tu as envie de montrer vis à vis de ton partenaire. Pratiquer la même chose envers toi serait de te poser la question : « À partir de quand je sens que je te donne trop pour la relation, que je donne trop pour mon partenaire et que j’oublie mon propre équilibre personnel ? » Parce qu’au final, quand quelqu’un traverse une difficulté comme ça, le pire qui pourrait arriver, c’est que toi aussi tu te sentes mal et donc tu ne sois même plus dans cette capacité d’épauler la personne etc… L’application de cet engagement envers soi dans ce cas de figure c’est d’avoir un peu une attitude de prévention et de te dire ok à quelle hauteur je suis capable de donner, à quelle hauteur je suis capable d’épauler mon partenaire et de le faire de bon cœur, dans l’énergie d’abondance sans que ça ne devienne pas au détriment de mon propre équilibre, au détriment de ma propre force, au détriment de ma propre énergie et de ma propre stabilité.
Un autre exemple serait s’il y a un projet d’expatriation et que le couple se met d’accord que la personne qui a le contrat d’expatriation va travailler pendant que l’autre partenaire va principalement s’occuper des enfants. Ça peut être un engagement que le couple a décidé ensemble. Prenons le cas de la personne qui reste à la maison regrette sa décision. L’application de l’engagement envers soi serait de se dire ok, mais est ce que cette décision que j’ai pris finalement en amont, que je n’ai jamais expérimentée avant, est ce que cet engagement que j’ai fait vis à vis de mon couple, vis à vis de mon mari est ce que ça me rend heureux ou pas ? Est-ce que ça va dans le sens de mon développement et mes projets de vie perso ou pas ? Jusqu’à quand j’ai envie de sacrifier mes désirs profonds de réalisation pour respecter un engagement que j’ai convenu avant de vivre finalement l’expérience. Et là de s’engager vis à vis de soi serait de se dire ok, j’accepte que à priori j’ai pris un engagement et que j’ai fait une erreur, que je me suis rendu compte finalement que cet engagement n’était pas exactement ce que je voulais et d’affronter en fait de rediscuter les termes de l’engagement, d’oser avoir une discussion difficile pour retrouver un meilleur équilibre. Soit dit en passant le fait de ne pas totalement s’oublier pour une relation, ça peut paraître égoïste des fois sur le court terme mais personnellement si tu t’oublie totalement dans une relation tu risques d’accumuler beaucoup de frustration. Et cette frustration se fait ressentir indirectement dans le couple et explose souvent plus tard sous forme de crise donc ce n’est pas forcément non plus une solution. Je ferais un épisode de podcast où je parlerai de ce compte bancaire émotionnel.
J’aimerais donner un autre exemple d’empathie. Si les partenaires ont des rythmes différents, par exemple un partenaire aimerait déjà emménager avec l’autre, l’autre n’est pas trop pressé, ou un partenaire aimerait déjà se marier, mais l’autre trouve que c’est encore un petit peu trop tôt. Dans ce cas faire preuve d’empathie serait de dire j’ai envie de respecter le rythme de l’autre, j’ai envie de que ça vienne de lui, qu’il en ait vraiment envie, que ce soit un déroulement naturel de sa part. Et l’auto-empathie serait de se dire mais jusqu’à quel point j’oublie mon timing et à partir de quand je suis obligée de respecter mon besoin d’avancer et finalement de mettre en fait cette envie de respecter le timing de l’autre à la même hauteur que de respecter son propre timing.
Alors dernier exemple ça serait de dire bah voilà, au moment où on est, on s’est mis en couple. En fait, j’avais un travail en tant qu’employé, un travail stable, une rémunération stable qui créait un certain niveau de sécurité dans le couple. Et puis à un moment donné, le besoin ou l’envie de créer une activité, de lancer son business, de devenir entrepreneur vient. L’engagement envers soi serait de respecter cette envie de création, ce besoin de réaliser ton rêve pro versus et de ne pas laisser tomber ton rêve, en ne lançant pas ce que tu as vraiment envie de lancer, juste par peur de la réaction de l’autre ou de l’inquiétude de l’autre, ou de l’aversion à la prise de risque que peut avoir l’autre. L’engagement envers l’autre serait de t’engager sur un certain niveau de sécurité pour le couple, par exemple en fixant un délai clair d’essai, en ayant suffisamment d’économies pour participer à ta part du budget dans le couple.
Alors j’espère en fait que cet épisode t’aura donné des clés pour arriver justement à faire ce thread off. Finalement, entre comment j’ai envie d’être avec l’autre et comment j’ai aussi envie de m’inclure dans l’équation.
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