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La Société unique
C'était dans l'air depuis déjà quelques temps, ça s'insérait parfaitement dans la dynamique générale de la Fédération Suisse de Gymnastique qui avait déjà fusionné ses différentes entités et cela mettrait un terme à cette étonnante situation d'une Gym de La Coudre, scindée en 3 sociétés distinctes. La fusion entre les sections de la Féminine, des Actifs et des Gym-Hommes devenait de plus en plus inéluctable.
Les comités des 3 sociétés décidèrent donc de mettre sur pied une commission chargée d'établir une proposition rédigée de statuts qui pourraient satisfaire la plus grande majorité possible des membres des 3 anciennes sections et qui serait à même d'encadrer la vie et les activités de cette nouvelle grande société de gymnastique. Cette commission siégera pendant un peu plus d'une année entre 1995 et 1996, et engendrera une proposition de statuts qui en 1997 consacrera la naissance de la nouvelle société et ne connaîtra que de petites révisions, du moins durant la première quinzaine d'années de son entrée en vigueur.
Il faut bien relever ici que la commission chargée d'établir les nouveaux statuts n'a pas lésiné sur les attentions offertes à toutes les sensibilités, l'écoute et l'intérêt face à toutes les inquiétudes manifestées ou occultées et la prise en considération des intérêts d'éventuelles minorités au sein de la société, voire même ceux d'individus. Il ne fallait en aucun cas qu'une maladresse ou une simple omission ne mette en péril le projet de fusion.
Ainsi par exemple, les statuts proposeront un comité à la tête duquel se trouve une ou un Président-central, épaulé(e) par trois présidents en charge de représenter les intérêts des anciennes sociétés. Quand l'émotion du mariage viendrait à s'apaiser, il a serait possible d'attribuer des dicastères en lien avec l'âge des gymnastes des différents groupes à ces trois présidents, plutôt que les anciennes entités, ce qui finalement fut fait. Par la suite, c'est même sans aucun émoi que l'on put retrouver un "simple" président à la tête de la gym de La Coudre, accompagné de trois vice-présidents. La route a certes été longue, mais elle n'a blessé personne et c'est bien là que résidait l'objectif principal à atteindre.
Les statuts prévoyaient aussi un système à deux étages pour son organisation administrative afin de pouvoir "mouiller" un maximum de membres dans les tâches et responsabilités qui ne sont pas directement liées aux activité techniques. Ainsi, il y avait d'une part le comité central, qui regroupait les 4 membres de la présidence, le président d'honneur, la trésorière, la secrétaire aux verbaux et convocations, le secrétaire à la correspondance, la présidente de la commission technique et les assesseurs. D'autre part, il existait la notion de comité élargi qui rassemblait autour du comité central, les responsables du matériel, du matériel manifestation, de la communication et presse, des prestations, des archives, des costumes, du courrier, et d'autres charges encore.
Finalement, cette commission des statuts, qui devait également organiser la partie opérationnelle de cette fusion, se trouvait aussi devant la très sensible question des différentes visions par rapport à l'utilisation budgétaire des moyens financiers de la nouvelle société ainsi que de la dote que chacune des 3 sociétés déposeraient dans le panier de la mariée. Il faut savoir que certains ne souhaitaient voir les deniers de la gym utilisés uniquement pour le financement d'activités gymniques ou poly-sportives ainsi que pour la formation des monitrices et moniteurs. D'autres pensaient au contraire que l'argent issu des cotisations et des bénéfices des diverses manifestations organisées devait également financer des sorties, des repas et des réceptions amicales et sociétaires. Ces différentes politiques financières amenèrent évidemment à une inégalité des moyens à disposition de chacune des trois sociétés et donc de la participation à la création de la nouvelle société. De nombreuses mesures transitoires, comme le fameux fonds de réserve à hauteur de Fr. 30'000.- accompagné de son règlement spécifique, ont ainsi vu le jour grâce à la créativité des membres de cette commission et permirent ainsi la quiète attente de l'apaisement de toutes ces anciennes inquiétudes et, à terme, de fusionner la totalité du patrimoine de la Gym La Coudre, ce qui à ce jour est fait.
Dans la pratique, une telle fusion doit se mener de manière très officielle et très statutaire : en premier lieu, chacune des trois sociétés devait convoquer ses membres pour une Assemblée générale de dissolution, selon les dispositions prévues dans leurs statuts respectifs. Ensuite, une assemblée constitutive devait réunir tous ces gymnastes orphelins, désormais sans société.
Il serait faux de prétendre ici que les trois présidents de l'époque évoluaient en parfaite sérénité à l'heure des dissolutions. En effet, que serait-il arrivé si, à la suite d'un coup de théâtre inattendu mais pas impossible, l'une des trois sociétés avait refusé sa dissolution ? La gym de La Coudre fusionnée se serait-elle constituée avec deux sections seulement, manquant du coup la substance même du projet d'unification de toute la gymnastique coudrière ? Peu probable, n'empêche que tous ceux qui les ont observé à ces moments-là, virent 3 présidents et plusieurs membres de la commission, qui se demandaient fiévreusement à tout va : « Tu crois que ça va être accepté chez vous ?! ». Moins probable encore, mais bien plus cocasse aurait été la situation dans laquelle les anciennes sociétés auraient toutes voté leur dissolution, mais qu'à la suite de mésententes sur l'organisation de la nouvelle, les statuts unifiés n'avaient pas été acceptés et qu'il ne reste donc plus aucune société de gymnastique à La Coudre ? Gageons que les membres de l'époque, quelque soient les affres que l'on peut imaginer, auraient trouvé une solution à proposer dans l'intérêt de la gymnastique et de la jeunesse coudrière !
Le lecteur pourra se réjouir en constatant que cette fusion, qui évidemment dans ses premières années a nécessité quelques ajustements, n'a finalement rencontré que des avis positifs et que le bienfait de cette union n'a jamais rencontré de réelle velléité de retour à l'ancien régime.
Cette année 1997 aura, comme on vient de le voir, marqué l'histoire de notre société de son empreinte assurément indélébile. Et comme s'il n'en suffisait pas ainsi, la Gym de La Coudre connaîtra encore la très grande joie de compter parmi ses membres son premier membre honoraire fédéral, titre qui lui a été conféré en reconnaissance de son travail portant sur 10 ans au sein du comité central de la Fédération Suisse de Gymnastique et plus particulièrement son engagement à la présidence de l'instance de contrôle de la FSG.