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L'étude publiée dans les comptes rendus de l'Académie nationale des Etats-Unis a été menée par une équipe internationale de chercheurs, avec notamment la participation de l'EPFL et l'Institut fédéral de l'eau (Eawag).
Et à en croire les scientifiques, on ne mesure pas assez ce qui nous attend avec la fonte des glaciers. Ces derniers recouvrent aujourd'hui 10% de la surface de la Terre. Le Golfe d'Alaska, l'Arctique canadien et la calotte glaciaire du Groenland sont ceux qui perdent, dans l'absolu, la plus grosse masse de glace. Mais en pourcentage, les Andes et les Alpes sont les plus touchées: depuis 1850, les Alpes ont perdu 54% de leur glace et les chercheurs estiment qu'il restera 4% à 13% de leur surface d'ici 2100.
Conséquences nombreuses et très diverses
La première conséquence de cette fonte à grande vitesse est l'élévation du niveau des mers. Mais l'étude explique que les fleuves et les rivières seront aussi particulièrement touchés. Leur débit ne dépendra presque plus des eaux de glaciers, uniquement des précipitations, et sera par conséquent de plus en plus imprévisible.
Plus inattendu: la fonte des glaces pourrait libérer des polluants industriels - mercure, pesticides - qui pourraient finir dans les cours d'eau et les nappes phréatiques. De quoi perturber dangereusement le fragile écosystème des eaux douces.
La quasi-disparition des glaciers aura également des répercussions directes sur des activités humaines comme l'agriculture, la pêche, l'énergie hydraulique, le tourisme, ou simplement la possibilité de boire de l'eau potable.
Un alarmisme destiné à faire réagir
Les chercheurs, volontairement alarmistes, estiment que les risques d'un changement profond dans la société sont immenses. La disparition des glaciers pourrait affecter jusqu'à la culture des populations dépendantes des rivières, voire leur religion.
Les scientifiques appellent donc à étudier davantage ces effets, à investir dans la recherche et à développer des stratégies de gestion qui minimisent l'impact de la fonte des glaces sur la société.
Cédric Guigon/oang