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C'est évidemment toujours quand vous vous y attendez le moins que les questions les plus troublantes vous sont posées. A l'heure de l'apéritif, après la célébration d'un baptême par exemple, alors que tout semblant clair et limpide. L'un des convives s'approche et demande : « Mon Père, on m'a dit que vous faisiez de l'accompagnement spirituel. En quoi cela consiste-t-il ? »
La question était posée sans aucune ironie, simplement comme ça... J'ai alors essayé d'expliquer que l'accompagnement consistait à prendre du temps pour écouter un homme ou une femme parler de sa relation à Dieu. Qu'il m'arrivait parfois de poser quelques questions pour aider cette personne à mettre des mots sur ce qu'elle vit, pour l'aider à exprimer ses questionnements. Mais le regard de mon interlocuteur me révélait que mon explication ne lui paraissait pas très claire, s'imaginant qu'accompagner consistait à dire aux gens ce qu'ils devaient faire... Là est souvent la confusion.
Le rôle de l'accompagnateur est celui d'un témoin, qui par son expérience et ses connaissances peut aider à discerner ce qui, dans la prière, vient de Dieu et ce qui vient de l'humain. L'accompagnateur doit avoir ce recul, cette distance qui permet de voir clair. C'est pourquoi, disais-je à mon interlocuteur, qu'à mon avis, il est difficile, voire impossible de bien accompagner un ami, un proche.
« Et un accompagnement peut-il, doit-il s'arrêter ? »
Certains accompagnements s'arrêtent naturellement après quelques temps, le chemin qui devait être fait étant terminé. Tout simplement. C'est la situation la plus fréquente. Chacun sait qu'il va poursuivre sa route enrichi par l'expérience.
Et puis il a des situations dans lesquelles un accompagnement ne peut pas être continué parce qu'il est faussé. Il s'agit de situations dans lesquelles il y a rupture de la confiance. Un accompagnement nécessite, en effet, une confiance mutuelle, qui permet un échange en vérité. Si le mensonge s'insinue dans un accompagnement, la démarche est faussée, parce que Dieu ne se laisse rencontrer que dans la vérité. Le mensonge peut venir d'un accompagnateur qui chercherait à utiliser l'accompagnement pour parler de lui, pour se mettre en avant, au détriment de l'accompagné. Mais le mensonge peut aussi venir de l'accompagné qui embellit sa relation à Dieu ou qui se focalise sur l'accompagnateur. Heureusement, ce type de situation n'est pas très fréquent.
A la fin de mon explication, surpris d'avoir autant parlé, j'ai regardé mon interlocuteur et je lui ai dit : « Somme toute, au regard de notre échange, vous seriez un très bon accompagnateur. »