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Ex-curateur d'art d'Axa condamné pour avoir détourné des oeuvres
12.06.2019
Un ancien curateur d'art de la filiale suisse de l'assurance Axa a été condamné mercredi à 39 mois de prison pour abus de confiance par le Tribunal de district de Winterthour. Il avait vendu pour son propre compte des oeuvres qui lui avaient été confiées.
L'historien de l'art et juriste de 51 ans devra suivre une thérapie en ambulatoire pendant l'exécution de sa peine. Il a été diagnostiqué bipolaire et alterne entre des phases maniaques et dépressives. Une légère irresponsabilité pénale a été attestée par les psychologues.
La défense avait plaidé l'acquittement, faisant valoir une incapacité totale de l'accusé d'apprécier le caractère illicite de ses actes. Mais la cour a suivi les spécialistes. Si la phase maniaque s'était étendue sur plus de huit ans, soit la durée de ses agissements, l'Allemand n'aurait pas pu mener une vie normale, a estimé le président du tribunal.
Le Ministère public avait réclamé une peine privative de liberté de quatre ans. Le jugement n'est pas encore entré en force. Les parties peuvent faire appel. Elles se décideront après avoir pris connaissance du jugement écrit. L'avocat du prévenu a dit qu'un recours était possible, mais qu'il devait d'abord en parler avec son client, absent de l'audience pour des raisons de santé.
Curateur peu scrupuleux
L'homme a été engagé en 2006 chez Axa, dont le siège helvétique est à Winterthour. En 2007, il est devenu curateur d'art de l'assurance. Il avait pour mission d'inventorier la collection de l'entreprise, de l'entretenir et si besoin de faire restaurer des pièces. Il en faisait de même pour des oeuvres de clients. En revanche, il n'avait pas le droit d'en vendre, règle qu'il n'a pas respectée.
L'acte d'accusation liste au total 165 oeuvres détournées, réalisées pour partie par des artistes de renom. Le curateur en a tiré 1,1 million de francs, qu'il a injecté dans sa propre société active dans l'art et dans une ébénisterie déficitaire. Axa, des privés et le Comité international de la Croix-Rouge ont été lésés. Les demandes de dédommagements seront traitées au civil.
C'est en 2016 que le pot aux roses a été découvert. Un acheteur a découvert un autocollant Axa sur une oeuvre acquise sur internet et s'est renseigné auprès de l'assurance pour vérifier la légalité de la transaction. Axa a alors déposé plainte. Les mécanismes de contrôle n'ont pas fonctionné, a reconnu l'assurance. Ils ont été adaptés depuis.
ats