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WALTER HAEFNER : un entrepreneur et un mécène qui a su rester discret
Né le 13 septembre 1910, au sein d’une famille nombreuse, celle d’un missionnaire, rien ne destinait Walter Haefner à devenir un pionnier industriel qui s’étendrait au-delà de nos frontières. Son nom est indissociable de celui de l’entreprise automobile d’AMAG Automobil- und Motoren AG qu’il a créée en 1945.
Sa maturité commerciale en poche, il entre en 1929 dans le secteur pétrolier, tout d’abord en qualité de directeur des ventes chez Shell. Ensuite, il dirige la société Motul à Wädenswil qui, sous sa houlette, devient un concurrent de poids des grandes marques. Très vite, il attire l’attention de General Motors à Bienne : il devient, à 30 ans à peine, responsable de la région nord-est de la Suisse. C’est le début de longues années de fidélité à l’automobile.
A la déclaration de la guerre, prévoyant un avenir difficile pour l’industrie automobile, il quitte GM. Il investit ses économies dans une licence pour appareils à gazogène au charbon de bois, qu’il fait fabriquer à son propre compte, dans les ateliers de l’AMAG de l’époque. Les groupes mécaniques sont vendus sur le marché sous le nom d’Autark, par une organisation autonome de plus de 30 garages. Au cœur des hostilités, il exporte ces appareils en Hongrie, en Tchécoslovaquie et au Portugal et une licence de production est conclue en Argentine.
En 1944, AMAG fait faillite et monsieur Haefner la reprend, tout d’abord à titre fiduciaire. Le 3 janvier 1945, il fonde la « nouvelle AMAG Automobil-und Motoren AG ». Dès la fin du conflit, il importe les premières Jeep. Le 13 août, il signe le contrat d’importation pour les automobiles anglaises Standard et engage des relations avec Chrysler en Amérique. En 1946, les premières Standard arrivent en Suisse et leur nombre s’élève à 1000 en avril 1947. Devenu entre-temps importateur Chrysler, Dodge et Plymouth, il inaugure l’atelier de Montage Suisse à Schinznach-Bad.
En mai 1948, les 50 premières VW Coccinelles sont livrées en Suisse, elles seront 1380 avant la fin de l’année – le début d’une célèbre épopée en Suisse. Il met au point un réseau de concessionnaires efficace et emprunte des voies jusqu’ici inconnues en terme de publicité. Le succès est éclatant et AMAG est devenu le plus grand entrepreneur automobile de notre pays avec les marques Volkswagen, Skoda, Audi, SEAT, VW Véhicules utilitaires et Porsche.
L’esprit d’entreprise, chez lui, n’était pas tout !
En privé, monsieur Hafner qui est toujours resté dans l’ombre, est un mécène de la peinture et de la musique. Le collectionneur passionné a fait don d’œuvres majeures de peintres tels que Monet, Degas, Van Gogh et Chagall au Musée d’Art Moderne de Zurich en 1995, année anniversaire d’AMAG. Il a ainsi remercié la ville et le canton de l’avoir soutenu pendant sa jeunesse et de lui avoir permis, malgré ses origines modestes, d’entrer au lycée commercial.
Pendant de nombreuses années, il était activement présent – avec un vif succès – sur les hippodromes. En Irlande, il a reçu le titre de Docteur honoris causa pour sa contribution à un important secteur économique, l’élevage de purs-sangs. Depuis 1962, des chevaux de course de race noble, élevés dans son haras Moyglare Stud Farm, remportent de nombreux prix sur les champs de courses dans le monde entier.
Son engagement de longue date en faveur des jeunes, des personnes âgées, des arts et de la recherche est beaucoup moins connu. Dès les années cinquante, il organise des excursions pour les personnes âgées, sous la devise « les jeunes pour les moins jeunes » : la file, comptant parfois jusqu’à 400 véhicules de clients, promène des résidents de maisons de retraite et de milieux hospitaliers sur les routes printanières. Dans les années 60, il crée la fondation Alberto Giacometti, fait une nouvelle donation pour le fonds d’acquisition du Musée d’Art Moderne, et sponsorise l’Opéra ainsi que l’Orchestre de chambre de Zurich. Ses subventions ont financé les chercheurs, professeurs et étudiants de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.
Il a également parrainé, pendant de nombreuses années, le « Smile Train », une organisation internationale qui opère gratuitement les enfants des pays en voie de développement souffrant de bec de lièvre ou de fente palatine. Depuis sa création, près de 800’000 enfants ont été opérés.
Communiqué de presse/jmr
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