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18/09/2008
Privatisation de la guerre: un premier accord
17 pays, parmi lesquels l'Afghanistan, les Etats-Unis, l'Irak, le Royaume Uni ou l'Afrique du Sud s'accordent pour accroître le contrôle des compagnies militaires et de sécurité privées. Réunis sous l'égide du gouvernement suisse et du CICR, les experts de ces pays ont adopté le 17 septembre une série de recommandations. Celles –ci réaffirment que les contractants militaires et de sécurité qui opèrent dans des zones de conflit doivent assumer une responsabilité particulière et sont redevables de tout comportement illicite.
Parce qu'il contient des mesures très pratiques, notamment le contrôle et la formation du personnel de ces compagnies ou des procédures disciplinaires internes en cas de non respect, ce document est important. Il est rappelé qu'en cas de violations graves, l'état concerné -qui engage une compagnie privée, qui offre le cadre à ses opérations ou qui l'héberge- doit poursuivre les auteurs en justice.
On me dira que ce document n'est pas contraignant. N'empêche. La protection des personnes dans un conflit est souvent le résultat d'un long processus, mêlant réaffirmation du droit, négociation politique et ténacité des délégués du CICR et des ONGs. L'Irak ou l'Afghanistan sont des exemples parlants de la lente dérive vers une privatisation de la guerre. L'équation est simple: d'anciens militaires, qui ont connu les conflits des Balkans ou de Sierra Leone d'un côté, et des ressources stratégiques très attractives, dans un état si possible faible ou affaibli, de l'autre. On y rajoute les besoins des pays en matières premières, la loi immortelle du "qui veut la fin, veut les moyens" et la passivité, voire la complicité de certains gouvernements. On assiste ainsi depuis le début des années nonante à la recrudescence de ces compagnies qui se comportent en maître et seigneur. Je me souviens, jeune déléguée, avoir rencontré des représentants de ces groupes, "mercenaires" peu scrupuleux, voire sans foi ni loi, présents en Angola ou en Afrique de l'Ouest. Désormais bien organisée l'externalisation de la guerre a fait des émules et fragilisé encore plus la situation des civils. Qui est responsable de quoi ? qui est coupable de quoi ? C'est à ces questions que cette initiative contribue aussi à répondre, en rappelant les obligations existantes des états et la manière d'y souscrire. Plus généralement, cet accord permettra de conforter un peu plus dans leurs démarches les délégués du CICR et d'assurer un peu plus de protection aux civils.