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Alors c'est ça, l'évolution d'une société. Au risque de paraître nostalgique, je me souviens de cette gare de mon enfance. Nous attendions le train sur les bancs de bois de la salle d'attente où se trouvaient des gens pour le prochain train ou le suivant ou le suivant du suivant. Juste à côté se trouvait le buffet, que dis-je, les buffets. La 1ère classe sur 2 étages avec ses nappes en tissu, la classe qui a survécu de quelques années à l'autre, la 2ème, forcément. Bien glauque dans mes souvenirs d'ado. On y fumait même quand on était non-fumeur, c'est là que les couche-tard croisaient les lève-tôt pour le même café, celui qui hérisse les cheveux sur la tête. On y restait, peut-être longtemps avec une bière ou un canon de rouge. Beaucoup se connaissaient. Est-ce pour un kiosque-supérette qu'il a disparu ? En tous cas, pour un commerce qui doit être rentable, un endroit où l'on ne reste plus. D'ailleurs, il n'y a plus d'endroit où l'on peut se poser, les bancs du hall n'existent plus depuis quelques années, depuis que le hall n'est plus d'accueil. Il faut que ça circule, que ça bouge... Tant pis pour les marginaux qui venaient ici et qui faisaient peur à certains. Ravel et son boléro se chargent de les chasser. Mais qui dit que les marginaux n'aiment pas Ravel ou Mozart ?
|En prenant cette photo (à la sauvette), j'aurais pu être inquiétée,|
selon l'article 9 du règlement.