Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07054.jsonl.gz/22

La Russie a promis samedi des représailles après la fermeture du compte YouTube de la chambre basse du Parlement russe. Cette fermeture renforce la possibilité d'un blocage en Russie de la plateforme vidéo du géant américain Google.
Le président de la Douma, Viatcheslav Volodine, a affirmé que le blocage de «Douma-TV» était une mesure de Washington qui violait «les droits» des Russes. «Les Etats-Unis veulent avoir le monopole de la diffusion de l'information», a-t-il lancé sur son compte Telegram. «Nous ne pouvons pas permettre cela.»
Selon Google, la chaîne a été fermée du fait de récentes sanctions annoncées par le gouvernement américain. «Google s'engage à respecter toutes les sanctions applicables et les lois commerciales. Si un compte viole nos conditions d'utilisation, nous prenons les mesures appropriées», a déclaré un porte-parole du groupe.
La dernière session de pourparlers directs russo-ukrainiens s'est tenue le 29 mars à Istanbul, au cours desquels l'Ukraine a détaillé ses principales propositions en vue d'un accord avec Moscou dont sa «neutralité» en échange d'un accord international pour garantir sa sécurité.
«Dans l'Est et dans le Sud, nous observons une concentration d'armes, d'équipements et de troupes qui s'apprêtent à occuper une autre partie de notre territoire», a souligné Zelensky. Interrogé sur les scénarios d'une telle offensive, il a dit qu'ils allaient dépendre de «plusieurs facteurs»: «de notre force, de la rapidité de nos partenaires pour nous fournir des armes, et de la volonté du dirigeant russe (Vladimir Poutine) d'aller plus loin».
Les évacuations se poursuivaient samedi dans l'est de l'Ukraine, au lendemain de la frappe meurtrière d'une gare où étaient rassemblés des civils. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que Kiev était «toujours prête» à mener des pourparlers avec Moscou.
Ces mots ont été livrés lors d'une conférence de presse avec le chancelier autrichien Karl Nehammer, en visite à Kiev et à Boutcha, petite ville proche de la capitale devenue un symbole des atrocités de l'invasion russe.
Zelensky a qualifié l'attaque de la gare Kramatorsk de «crime de guerre». «Chacun parmi ceux impliqués sera tenu responsable», a-t-il dit dans un message vidéo dans la nuit. La frappe de missile a tué vendredi 52 personnes, dont 5 enfants, selon un dernier bilan des autorités locales.
«Les puissances mondiales ont déjà condamné l'attaque de la Russie contre Kramatorsk. Nous attendons une réponse ferme mondiale à ce crime de guerre», a-t-il poursuivi. Le président américain Joe Biden a dénoncé une «horrible atrocité» commise par Moscou et la diplomatie française un «crime contre l'humanité».
Moscou a démenti être responsable de la frappe, affirmant ne pas disposer du type de missile qui aurait été utilisé, avant de dénoncer une «provocation» ukrainienne.
Un haut responsable américain du ministère de la Défense a balayé les arguments des autorités russes. «Je note qu'initialement ils ont fait état d'une frappe réussie et qu'ils se sont rétractés uniquement après des informations sur des victimes civiles», a-t-il souligné.
«Surprise»: l'ambassade ukrainienne à Londres a tweeté samedi une image inattendue. Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est rendu à Kiev, à la surprise générale, pour rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Johnson n'est pas le premier à faire le voyage en Ukraine cette semaine pour exprimer son soutien. La présidente de l'UE Ursula von der Leyen et le chancelier autrichien Karl Nehammer ont déjà rendu visite à Zelensky.
Une collecte internationale de fonds a permis de réunir 10,1 milliards d'euros destinés à soutenir l'Ukraine, envahie par l'armée russe. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen l'a annoncé samedi à Varsovie.
«Le monde a finalement promis 9,1 milliards d'euros dans le cadre de la campagne» Stand up for Ukraine. «En outre, la Commission, en collaboration avec la BERD, ajoute un milliard supplémentaire pour les personnes déplacées en Ukraine. C'est fantastique. Donc 10,1 milliards d'euros», a déclaré von der Leyen.
Cette campagne a été lancée le 26 février par von der Leyen et le premier ministre canadien Justin Trudeau. Elle a mobilisé des gouvernements, des institutions, des artistes, des entreprises et des particuliers du monde entier, se félicite la Commission sur son site internet.
Après avoir retiré ses troupes de la région de Kiev et du nord de l'Ukraine, la Russie a fait de la conquête totale du Donbass sa priorité. Le président Vladimir Poutine veut atteindre cet objectif avant le défilé militaire du 9 mai marquant la fin de la Deuxième Guerre mondiale, notent les observateurs.
En prévision d'une offensive massive, les autorités locales dans l'est de l'Ukraine s'efforcent de faire évacuer les civils. A Lozova, à 100 km à l'ouest de Kramatorsk, environ 15 000 personnes ont jusqu'à présent quitté la localité et 50 000 se trouvent encore sur place, a indiqué vendredi soir le chef de l'administration militaire régionale, Oleg Sinegubov.
Les départs sont organisés en train et en voiture, a-t-il précisé, tout en faisant état de combats se déroulant «à proximité».
Menacé à son tour de frappes, le grand port d'Odessa (sud), sur la mer Noire, va connaître un couvre-feu de samedi soir à lundi matin.
Plus de 4,4 millions de réfugiés ukrainiens ont fui leur pays depuis l'invasion ordonnée par le président russe Vladimir Poutine le 24 février, selon les chiffres du Haut commissariat aux réfugiés (HCR).
Le HCR recensait exactement 4 441 663 réfugiés ukrainiens samedi. Ce sont 59 347 de plus que lors du précédent pointage vendredi. L'Europe n'a pas connu un tel flot de réfugiés depuis la Deuxième guerre mondiale.
Quelque 90% de ceux qui ont fui l'Ukraine sont des femmes et des enfants, les autorités ukrainiennes n'autorisant pas le départ des hommes en âge de porter les armes. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) de l'ONU, environ 210 000 non-Ukrainiens ont aussi fui le pays, rencontrant parfois des difficultés à rentrer dans leur pays d'origine.
L'ONU estime aussi à 7,1 millions le nombre de déplacés à l'intérieur du pays, selon les chiffres de l'OIM publiés le 5 avril. Au total, ce sont donc plus de 11 millions de personnes, soit plus d'un quart de la population, qui ont dû quitter leur foyer soit en traversant la frontière pour gagner les pays limitrophes, soit en trouvant refuge ailleurs en Ukraine.
Avant ce conflit, l'Ukraine était peuplée de plus de 37 millions de personnes dans les territoires contrôlés par Kiev. Ceux-ci n'incluent donc pas la Crimée (sud) annexée en 2014 par la Russie, ni les zones de l'Est sous contrôle des séparatistes prorusses depuis la même année. (ats/myrt)
Interrogé par le média Ukrainska Pravda, le chef du service de renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Boudanov, assure que le maître du Kremlin a échappé de peu à une tentative d'assassinat, à l'occasion d'un déplacement dans le Caucase en mars dernier. La sixième (au moins) depuis son arrivée au pouvoir.