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En marge de la foirade constituante genevoise
Institutions et citoyenneté : les termes d'un débat
Nos institutions politiques nous viennent d'un temps qui, s'ils furent de naissance de la démocratie (ou plutôt : d'une certaine forme, tronquée, de démocratie) furent aussi ceux de la contention de la démocratie dans des limites qui ne furent pas fixées par les citoyens (et moins encore par les citoyennes), ou par les peuples, mais par les pouvoirs politiques eux-mêmes. Ces institutions (l'Etat et ses appareils, la nation et ses idéologies) sont d'une démocratie vieillie, partielle, amputée ; d'une démocratie fondée sur la nation par crainte du peuple, sur le territoire par crainte de l'étranger et sur l'Etat par crainte des citoyens (et plus encore, sans doute, des citoyennes). Ces institutions sont de fermeture. A l'égard des étrangers, d'abord (les droits politiques restent pour l'essentiel le privilège d'un indigénat déterminé par la naissance et le territoire, ou l'octroi à bien plaire de la nationalité par naturalisation -il n'est d'ailleurs pas sans ironie que le même terme signifie l'octroi de la nationalité et la taxidermie des cadavres) ; à l'égard des jeunes et des femmes ensuite ; des marges sociales, culturelles et politiques, enfin. Et des pauvres, surtout, de ces « classes dangereuses » que par mille moyens l'on tenait éloignées de l'exercice des droits que l'on proclamait par ailleurs.
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En marge de la foirade constituante genevoise