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Depuis plusieurs décennies la philosophie, comme la théologie, a trouvé dans la thématique du désir une tentative paradoxale de sauvegarder une pensée de la totalité. A partir de Michel de Certeau, une pensée du multiple pur qui puisse entendre le bris des voix mondaines est possible. Par un parcours en trois temps, les auteurs tentent d’exposer comment, au niveau des discursivités, l’histoire, opération du deuil et de l’écart, se défie de l’emmure- ment opéré par la philosophie ; puis, au niveau des singularités, comment la mystique, par l’exemple d’un poème de Jean de la Croix, ne s’exacerbe pas d’un désir porté vers l’absent, mais dévoile la présence sans rassemblement des multiplicités ; enfin, pourquoi cet effondrement de l’un ne verse pas, au niveau ontologique, dans une tautologie de l’être. Par homologie, ilfaut entendre un discours et une volonté qui visent à rassembler autour de l’Identité ou du Même. Par hétérologie, un discours et une volonté qui visent à la Différence ou à l’Autre. Mais, c’est le point, un tel discours d’altérité peut à son tour être altéré, inquiété comme logos d’un écart qui vient dire ou tracer l’écart, dans le logos même.