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Après treize ans de présence en Formule 1, le Suisse Peter Sauber remet son écurie aux mains de BMW, sans avoir eu la satisfaction de gagner une course.
Dimanche à Shanghaï, en Chine, le dernier Grand Prix de la saison est revenu au champion du monde espagnol Fernando Alonso sur Renault. Les Sauber ont terminé en 6e et 10e position.
Déjà champion du monde des pilotes, l'Espagnol Fernando Alonso a remporté dimanche le Grand Prix de Formule-1 de Shanghaï, en Chine, donnant ainsi à l'écurie Renault le premier titre de champion du monde des constructeurs de son histoire.
Fernando Alonso, qui s'était élancé en pole position sur le circuit, a tenu à distance la McLaren de Kimi Raikkonen durant toute la dernière course de la saison. Ralf Schumacher sur Toyota est arrivé 3e.
Chez Sauber, le Brésilien Felipe Massa et le Canadien Jacques Villeneuve ont terminé respectivement 6e et 10e. Un final positif pour Sauber, qui termine la saison au 8e rang des constructeurs.
Le dernier circuit
«Ce qui me manquera le plus, ce sont les employés mais aussi tous ceux du paddock, y compris ceux avec qui je me suis disputé une fois ou l'autre.»
Peter Sauber a vécu son dernier grand prix en tant que constructeur, dimanche à Shanghaï, mais l'heure n'est pas encore à la nostalgie.
Jeudi, une soirée d'adieux a été organisée par le Credit Suisse Group réunissant tout le gratin du paddock en l'honneur du constructeur, qui fêtait à cette occasion ses 62 ans, trois jours avant sa dernière apparition sur le devant de la scène de la F1.
Un véritable «gentleman»
Le Zurichois, patron de l'écurie de F1 qui porte son nom, quittera donc les feux de la rampe la saison prochaine après le rachat de Sauber par BMW il y a quatre mois.
Cet ancien électricien, qui a commencé la compétition en Coccinelle de VW il y a près de quarante ans et qui a dessiné sa première voiture de sport dans la cave familial, a fait son chemin dans le monde redoutable de la Formule Un en s'attirant le respect de tous.
Paul Stoddart, un autre «indépendant» qui quittera la course dimanche, après avoir vendu l'écurie Minardi à Red Bull, qualifie le Suisse de véritable gentleman.
Peter Sauber, dont toutes les voitures de Grand Prix s'appellent C, en hommage à sa femme Christiane, explique qu'il n'a pas le temps de faire de l'introspection.
«Je suis trop occupé mais je pense qu'il y aura des moments, après la fin de l'année, où tout cela me manquera.»
Un rôle de conseil
Mais il ne se retirera pas totalement du circuit. Il a conservé 20% des parts de l'écurie zurichoise, mais BMW s'engagera dans le circuit sous son propre nom. Peter Sauber n'aura pas de rôle opérationnel, uniquement un rôle de conseil.
Il se rendra à quelques courses «quand j'aurai quelque chose à y faire» mais n'aura plus de bureau. En fait, il a également décidé de déménager et va quitter sa base de Hinwil, dans l'Oberland zurichois.
Il s'installera à Wilen, village situé sur la côte gauche du lac de Zurich mais appartenant à la commune de Freienbach (Schwyz), connue pour être fiscalement très intéressante.
«Pour moi, l'essentiel était que l'écurie puisse continuer à courir et que les employés de Hinwil conservent leur poste», avait-il commenté après la vente dans le Tages Anzeiger de Zurich. «C'était plus que ce que je pouvais espérer, compte tenu des risques impliqués par la F1.»
Un sens aigu des affaires
Il doit sa survie à son sens aigu des affaires. Le Suisse avait notamment réussi à convaincre Mercedes de revenir au sport automobile, après avoir quitté la compétition en 1955, après le terrible accident qui avait fait 79 morts dans le public aux 24 Heures du Mans, en France.
Le constructeur allemand lui a livré son moteur de F1 en 1994, avant de signer avec un rival plus riche, MacLaren. Puis Peter Sauber a travaillé pendant deux ans avec Ford, avant de signer avec Ferrari, en 1997.
On pourrait penser que le plus grand regret de Peter Sauber est de quitter le circuit sans avoir jamais remporté de course, malgré deux ou trois bonnes occasions. Mais il répond que la chance n'a jamais été avec lui.
«Ce n'est pas possible pour une écurie indépendante de gagner avec ses seuls mérites», avait-il encore confié au Tages Anzeiger.
Souvenirs souvenirs
Ses meilleurs souvenirs sont plutôt récents: «Ce sont les résultats qui comptent net donc les six podiums et la 4e place de constructeur en 2001».
L'année où il signa avec le jeune inconnu qu'était alors Kimi Raikkonen, malgrés les doutes sérieux des dirigeants de la discipline. Raikkonen qui brille cette année pour Mclaren.
Le Canadien Jacques Villeneuve, plutôt décevant cette saison, est le seul champion du monde à avoir couru pour l'écurie suisse.
Un autre, Michael Schumacher, avait piloté avec les juniors avant de rejoindre la F1 et Ferrari. «C'est une honte, dans un sens, qu'il s'en aille après ce qu'il a construit, a déclaré Schumacher. Il a fait de grandes choses.»
swissinfo et les agences
Faits
GP de F1 à Shanghaï:
1. Fernando Alonso (Esp), champion du monde, Renault.
2. Kimi Raikkonen (Fin), McLaren-Mercedes.
3. Ralf Schumacher (All), Toyota.
4. GianCarlo Fisichella (It), Renault.
5. Christian Klien (Aut), RedBull-Cosworth.
6. Felipe Massa (Bré), Sauber-Petronas.
Puis: 10. Jacques Villeneuve (Can), Sauber-Petronas.
Renault s'adjuge son 1er titre mondial des constructeurs et Sauber est 8e.
En bref
- Peter Sauber a commencé en 1967 en pilotant des Coccinnelles avant d'opter pour les voitures de course en 1970.
- En 1986, il vend son garage et s'installe à Hinwil, où il construit les C9, C11 et C291 et, en 1992, sa première F1, la C12.
- En 1986, alors qu'il travaille pour Mercedes, l'écurie remporte les 24 Heures du Mans.
- En 1993, deux C12 s'alignent au GP d'Afrique du Sud et JJ Lehto finit 5e.
- De 1993 à aujourd'hui, l'écurie Sauber fait 215 tentatives manquées de victoire, totalisant 195 points et terminant 6 fois 3e.
- Dès 2006, BMW reprendra l'écurie.