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Les débris du vol 111 de Swissair dans le hangar de reconstruction en mai 1999 (archives).
KEYSTONE/AP CP/ANDREW VAUGHAN(sda-ats)
C'est la pire catastrophe aérienne dans l'histoire de l'aviation civile suisse. Dans la nuit du 2 au 3 septembre 1998, un avion de Swissair reliant New York à Genève s'abîmait au large des côtes canadiennes près d'Halifax, tuant 229 personnes.
Le vol était assuré par un avion McDonnell Douglas MD-11 construit en 1991 et baptisé "Vaud". Il décolle à 20h18 de l'aéroport JFK de New York, mais s'écrase après deux heures treize de vol, à huit kilomètres des côtes de la Nouvelle-Ecosse (Canada). Tous ses occupants sont morts sur le coup.
Les causes de l'incendie à l'origine du crash n'ont pas été déterminées avec certitude. Un arc électrique sur un câble du système de divertissement en a entraîné d'autres jusqu'à provoquer un début d'incendie. Le feu s'est ensuite propagé à des matériaux d'isolation thermique et acoustique situés au-dessus du plafond à l'arrière et à droite du poste de pilotage.
Incendie incontrôlable
A l'époque, aucun détecteur de fumée ou dispositif d'extinction n'était installé à cet endroit. Les deux pilotes ne pouvaient donc que sentir ou voir l'incendie. Au moment où ils se sont aperçus que quelque chose brûlait, il était déjà trop tard pour maîtriser le feu.
Les instruments de vol ont arrêté de fonctionner et les pilotes, encore diminués par la fumée et la chaleur, ont perdu la maîtrise de l'appareil qui a percuté l'eau. Ce déroulement des faits a été établi par le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) dans un rapport publié le 27 mars 2003, après quatre ans et demi d'investigations. Les autorités canadiennes ont récupéré plus de 98% de l'appareil, soit deux millions de pièces.
Onde de choc
Le même jour, l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) publiait cinquante consignes contraignantes pour les MD-11 de Swissair. Elles ont toutes été appliquées. La moitié de ces recommandations concernent les systèmes de câblage. D'autres portent sur le remplacement des matelas d'isolation recouverts de PET et des lampes de lecture de l'équipage.
L'annonce du crash a secoué toute la Suisse, peu habituée à ce genre de catastrophe. A l'époque, la nouvelle paraissait inconcevable, a rappelé en 2008 lors de la cérémonie des dix ans du crash l'aumônier catholique Claudio Cimaschi. Le choc de l'époque réapparaît de manière sourde, déclarait-il. Sur l'autel de l'église, 229 roses, représentant les 215 passagers et les 14 membres d'équipage, avaient été déposées en souvenir des victimes de la pire catastrophe aérienne suisse.
D'autres accidents
Seuls deux autres accidents de Swissair ont véritablement marqué les esprits. Le 4 septembre 1963, une caravelle en feu s'est écrasée à Dürrenäsch (AG) tuant les 80 passagers et membres d'équipage. L'enquête révélera qu'en raison du brouillard au décollage, le pilote a roulé trop longtemps et que le train d'atterrissage a pris feu.
Le 21 février 1970, un Coronado reliant Zurich à Tel Aviv est la cible d'un attentat à la bombe. Les 47 occupants meurent après que leur avion se soit écrasé dans une forêt à Würenlingen (AG). L'attentat est attribué à des groupes terroristes palestiniens
D'autres compagnies suisses ont aussi été victimes de crash. En avril 1967, après avoir été touché par la foudre, un Britannia de Globe-Air s'écrase contre une montagne à Nicosie (Chypre) faisant 126 victimes. En décembre 1977 à Funchal (île de Madère), une Super-Caravelle de la SATA tombe en mer 4 km avant le début de la piste. Bilan: 36 morts et 21 rescapés.
ATS