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SAN DIEGO – La vitamine D ou “vitamine du soleil” continue d’occuper les chercheurs à travers le monde avec de nombreuses études publiées. Cette fois, des chercheurs de l’Université de Californie de San Diego qui a déjà beaucoup travaillé sur cette vitamine ont observé que les personnes avec un taux élevé de vitamine D dans le sang – en particulier la molécule appelée 25-hydroxyvitamine D (voir infographie ci-dessous pour mieux comprendre) – présentaient un risque réduit de cancer.
“Nous avons quantifié le montant idéal de vitamine D pour prévenir tous les types de cancer invasifs, ce qui n’était pas connu jusqu’à la publication de cette étude”, a affirmé le Prof. Cedric Garland de l’Université de Californie à San Diego (UCSD).
Lien entre cancer et carence en vitamine D
Le prof. Garland et son frère, Frank, ont établi dès 1980 les premières relations entre un manque de vitamine D et certains cancers quand ils observé que dans des régions à hautes latitudes (ex. Europe du nord, Amérique du nord, Australie, Argentine) avec moins d’ensoleillement les habitants de ces pays présentaient plus de carence en vitamine D et souffraient davantage de cancer du côlon que ceux des régions plus proches des tropiques. On sait que la principale source de production de la vitamine D, de l’ordre de 80% ou plus en fonction des régions ou personnes, s’effectue grâce aux rayons UV du soleil (voir infographie ci-dessous), l’alimentation est une cause plutôt secondaire d’apport de vitamine D. Depuis les années 1980, d’autres études réalisées par les frères Garland et d’autres scientifiques ont observé un lien entre un faible niveau de vitamine D et plusieurs cancers comme celui du sein, du poumon ou du rein. Dans un livre à succès appelé “Cancer”, le médecin et auteur David Servan-Schreiber conseillait il y a quelques années déjà de consommer de la vitamine D ou de s’exposer au soleil pour prévenir notamment le cancer colorectal.
Etude en détail
L’objectif de cette récente étude californienne était de déterminer le niveau de vitamine D dans le sang nécessaire pour réduire de façon efficace le risque de cancer. Le marqueur de la vitamine D était la 25-hydroxyvitamine D ou 25(OH)D, la principale forme de vitamine D dans le sang (voir infographie en haut de l’article pour mieux comprendre). Les scientifiques ont utilisé une approche non traditionnelle, en réunissant les données et analyses de 2 précédentes études, l’une étant une étude clinique randomisée incluant 1’169 femmes et l’autre une étude de cohorte prospective incluant 1’135 femmes. Une étude clinique randomisée a pour but de savoir si un traitement est, ou non, efficace et sûr. Une étude prospective examine les résultats pendant la durée de l’étude, dans ce cas l’incidence du cancer parmi les participantes.
En combinant les 2 études, les chercheurs ont pu obtenir des données avec une taille importante et donc significative pour en tirer des conclusions.
La seule mesure efficace pour mesure le taux de vitamine D est d’effectuer une prise de sang. Dans l’étude clinique randomisée, la valeur médiane du niveau de 25(OH)D dans le sang était de 30ng/ml. Dans l’étude prospective le taux était plus haut, de 48ng/ml.
Résultats
Les chercheurs ont découvert que l’incidence du cancer, ajustée à l’âge, était de 1’020 cas pour 100’000 personnes par année dans l’étude clinique et de 722 pour 100’000 personnes par année dans l’étude prospective. L’incidence du cancer diminuait avec l’augmentation du taux de 25(OH)D, une forme métabolisée de la vitamine D, dans le sang. Les femmes qui avaient une concentration égale à 25(OH)D de 40 ng/ml ou supérieure présentait 67% en moins de risque de cancer que les femmes avec une concentration égale ou inférieure à 20 ng/ml.
Quelle concentration de vitamine D dans le sang est idéale ?
Des recommandations sur le niveau idéal de vitamine D dans le sang ont fait l’objet d’intenses débats ces dernières années. En 2010, l’Institut de Médecine (IOM) américain a conclu qu’une concentration inférieure à 12 ng/ml représentait une carence ou un déficit en vitamine D et recommandait une valeur minimale de 20 ng/ml, cela représente chez la plupart des adultes un taux de 600 UI de vitamine D par jour. D’autres instituts ou groupes ont conseillé d’obtenir une concentration plus élevée de vitamine D dans le sang, de l’ordre de 50 ng/ml ou plus. Il faut savoir qu’au-dessus de 125 ng/ml des effets secondaires peuvent survenir.
De nombreux scientifiques et institutions recommandent désormais une absorption quotidienne de vitamine D comprise entre 800 et 1’000 UI par jour chez les personnes âgées de plus de 70 ans ainsi que les femmes enceintes et qui allaitent.
Comment obtenir cette vitamine D ?
Le Prof. Garland ne mentionne pas une forme particulière pour obtenir cette vitamine, cela peut être une exposition au soleil, l’alimentation ou encore la prise de compléments alimentaires. Cette étude n’a pas porté sur la forme de l’apport de vitamine D mais a simplement montré que les personnes souffraient moins de cancer, de façon mesurable, à partir d’une concentration de 40 ng/ml de 25(OH)D dans le sang, avec des bénéfices supplémentaires pour la santé lors d’une concentration plus élevée.
Prévention du cancer
“Ces résultats montrent l’importance dans la prévention du cancer d’atteindre une concentration de vitamine D dans le sérum supérieure à 20 ng/ml, la concentration recommandée par l’IOM pour la santé osseuse”, a affirmé le Prof. Garland dans un communiqué de presse.
Toujours selon ce professeur, un effort global dans la population afin d’augmenter la concentration minimale de 25(OH)D à au moins 40 ng/ml mènerait à une réduction significative du nombre de cancer. Il conclut : “Cette étude suggère qu’augmenter la concentration de vitamine D dans le sang est un outil de prévention du cancer important.”
Cette étude a été publiée le 6 avril 2016 dans la version online de PLOS ONE.
A retenir de cette étude :
– Un niveau élevé de 25(OH)D, forme métabolisée de vitamine D, dans le sang est associé à une diminution du risque de cancer. L’étude a montré que les participantes avec un taux de 40 ng/ml de 25(OH)D présentait un risque 67% inférieur de développer un cancer.
– De ce fait, il est recommandé d’avoir une concentration élevée de 25(OH)D dans le sang, pour cela il faut soit s’exposer de façon régulière au soleil (tout en évitant les effets nocifs des rayons UV, c’est-à-dire trouver le bon équilibre), consommer des aliments riches en vitamine D ou prendre des compléments alimentaires à base de cette vitamine. Découvrez aussi notre dossier complet sur la vitamine D pour en savoir plus
Pour aller plus loin :
- Doit-on mesurer systématiquement la vitamine D dans le sang ?
- Comment obtenir la vitamine D, notamment par le soleil
Le 8 avril 2016. Par Xavier Gruffat (pharmacien). Sources : Université de Californie (communiqué)