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Les délégations de Los Angeles et de Paris ont réaffirmé leur envie d'organiser les Jeux de 2024, lundi soir au Musée olympique à Lausanne.
Les Californiens mettent le sport au coeur de leur projet, tandis que la capitale française, soutenue par le président Emmanuel Macron, joue la carte politique.
Paris ou Los Angeles? Paris et Los Angeles serait plus approprié. Car à moins d'un improbable coup de théâtre, le CIO décidera mardi de donner les Jeux d'été de 2024 et de 2028 aux deux candidats en lice. Seul l'ordre donnerait un brin de suspense à la session prévue le 13 septembre à Lima au Pérou pour l'annonce officielle. Et encore, Paris semble favorite pour 2024 et Los Angeles disposée à recevoir l'immense manifestation en 2028.
Pour la cité francilienne, l'obtention des Jeux 2024 serait une manière parfaite de célébrer les 100 ans des Jeux de 1924 qui avaient eu lieu à Paris. Ce serait également l'occasion de revenir dans la ville de naissance du baron Pierre de Coubertin, père des JO modernes. Clin d'oeil de l'histoire, Paris avait obtenu en 1921 les Jeux de 1924 au terme d'un processus de double vote. Et détail croustillant, la ville d'Amsterdam avait été désignée une heure après Paris au profit de... Los Angeles qui s'est consolée avec l'organisation des Jeux de 1932.
Los Angeles mise sur le sport
Los Angeles s'est positionné pour 2024 avec la ferme intention de revivre les émotions des Jeux de 1984 et notamment le fantastique quadruplé de Carl Lewis en athlétisme (100 m, 200 m, 4x100 m et saut en longueur). Quarante ans après, la marque serait symbolique. Au sein de la délégation, on retrouve des grands noms du sport comme l'ancienne quadruple championne olympique de natation Janet Evans, le spécialiste du 400 m et quadruple champion olympique Michael Johnson ou encore la sextuple championne olympique Allyson Felix. L'athlète américaine vient d'ailleurs d'établir la meilleure performance mondiale de l'année sur 400 m dimanche à Londres.
"Nous avons deux missions, a déclaré lundi le maire de Los Angeles Eric Garcetti. La première est de ramener les Jeux en Amérique et l'Amérique vers les Jeux et la seconde est de ramener les Jeux à Los Angeles."
Mais les Californiens ne seraient pas tristes en cas de "défaite" face à Paris, puisqu'ils seraient assurés d'organiser les Jeux de 2028. Du côté du comité de la candidature angeleno, on est prêt à accepter cette solution. Le gros souci de ce "report" de quatre ans pour la mégapole californienne serait d'ordre financier. Avec un budget privé de 5,3 milliards de dollars, Los Angeles est tributaire de la force du dollar et donc de la conjoncture américaine. Les structures temporaires ne sont pour l'heure prévues que pour le dossier 2024. Mais du côté du public, l'enthousiasme est bien là avec 78% d'opinions favorables. A Paris et sans doute parce que des fonds publics seront engagés, le pourcentage de gens favorables aux Jeux n'est "que" de 63%.
Emmanuel Macron en force
Impliqué dès les premières heures de son avènement en mai dernier, Emmanuel Macron est le meilleur des ambassadeurs pour Paris. Son prédécesseur François Hollande était venu à Lausanne en 2015, mais le timing était moins propice qu'aujourd'hui. Gants de boxe noués ou raquette à la main, sur ses deux jambes ou dans un fauteuil roulant pour faire honneur au sport handicap, le jeune chef d'état n'a pas ménagé ses efforts.
Comme il le fera pour la candidature française en vue de la Coupe du monde de rugby 2023 en septembre, Emmanuel Macron s'est déplacé pour donner un poids politique au dossier parisien. Un dossier excellent si l'on se réfère au rapport de la commission d'évaluation. Autour du président français, on retrouve la maire de Paris Anne Hidalgo, la présidente du conseil régional d'Ile-de-France Valérie Pécresse et la ministre des sports et ancienne double championne olympique d'escrime Laura Flessel.
Emmanuel Macron a insisté sur l'unité de son pays et l'importance, selon lui, des valeurs de l'olympisme avec la situation actuelle dans le monde. "On a besoin du multilatéralisme. On a besoin de ces valeurs de paix, de liberté et de tolérance", a-t-il martelé.
Mardi, les deux délégations passeront leur dernier grand oral au Swiss Tech à l'EPFL à Lausanne. L'occasion une fois encore de présenter leur dossier et leur vision des Jeux devant les membres du CIO et les présidents des fédérations internationales qui pourront poser leurs ultimes questions. Suivra la session extraordinaire du CIO où les 95 membres devront débattre du double vote pour les candidatures 2024/28 proposé par la commission exécutive et appuyée par le président Thomas Bach.
ATS