Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06915.jsonl.gz/594

Les actions ont clôturé le trimestre sur un recul de 5% du fait des tensions géopolitiques, de la hausse des chiffres de l’inflation, du durcissement de la politique monétaire et des craintes de ralentissement économique.
Au premier trimestre 2022, l’inflation mondiale est restée au-dessus de la valeur cible, ce qui a conduit les banques centrales à relever les taux d’intérêt. Les marchés mondiaux des actions ont suivi une tendance baissière, tandis que la volatilité a augmenté. Les rendements des emprunts d’État ont progressé, et le dollar a enregistré des performances inégales par rapport aux principales devises.
La production industrielle mondiale s’est affaiblie par rapport au trimestre précédent, tandis que le secteur des services a généralement progressé en dépit de la hausse des infections au COVID-19. L’inflation dans les principaux pays est restée largement supérieure aux marges de fluctuation des banques centrales, en raison surtout de la hausse des prix de l’énergie liée à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le marché du travail américain s’est montré extrêmement robuste. Les pays européens ont démarré l’année positivement, mais la confiance des entreprises et des consommateurs a fortement chuté en mars. Un tableau similaire s’est dessiné en Chine, auquel se sont ajoutées les restrictions causées par la hausse des infections au COVID-19.
La Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé son taux directeur de 25 points de base et mis un terme à ses rachats de titres sur le marché monétaire. La Banque d’Angleterre a relevé son taux directeur à deux reprises de 25 points de base, alors que la Banque nationale suisse, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon s’en sont encore abstenues.
Les actions ont clôturé le trimestre sur un recul de 5% du fait des tensions géopolitiques, de la hausse des chiffres de l’inflation, du durcissement de la politique monétaire et des craintes de ralentissement économique. Avec une perte de 5%, les actions américaines ont surperformé les valeurs européennes. Les actions britanniques, australiennes et canadiennes ont même clôturé le trimestre en hausse. Les actions suisses ont davantage perdu que les marchés d’actions mondiaux. Les marchés émergents ont perdu près de 6%, mais l’Amérique latine a fait mieux et s’est imposée comme la meilleure région. Au niveau sectoriel, les titres de l’énergie ont gagné beaucoup de terrain en raison de l’augmentation de 32% des prix du pétrole. Les plus mauvaises performances proviennent des actions des secteurs des télécommunications, des technologies de l’information et de la consommation discrétionnaire, qui ont été affectées par la prévision d’une normalisation de la politique monétaire. Les actions bancaires internationales ont également reculé, tout en surperformant le marché dans son ensemble.
Concernant les titres à revenu fixe, les obligations du Trésor américain affichent pour la première fois depuis 2019 une inversion de la courbe des taux d’intérêt, avec des titres à deux ans offrant un rendement plus élevé que ceux à dix ans. Les écarts de crédit se sont creusés. Les obligations investment grade et à haut rendement ont enregistré des rendements négatifs au premier trimestre, mais les pertes sont restées faibles aux États-Unis comme en Europe. En raison des tensions géopolitiques, les emprunts d’État des pays émergents ont perdu plus de terrain que les obligations d’entreprise et à haut rendement.
Les monnaies ont aussi été affectées par les tensions géopolitiques. Celles des pays exportateurs de matières premières comme la Nouvelle-Zélande (+1,6% par rapport au dollar américain) ou le Canada (+1,2%) ont progressé. En revanche, les taux de change européens ont été globalement faibles, l’euro et la livre sterling cédant respectivement 2,5% et 2,9%. Le yen a même perdu 5,3% par rapport au billet vert.
Les indices de matières premières ont fortement progressé et ainsi prolongé la progression de l’année dernière. Le CS Commodity Benchmark a gagné 30%. Les prix de l’énergie ont affiché la plus forte progression en raison des inquiétudes liées à l’approvisionnement via la mer Noire et des interruptions d’exportations de matières premières russes. Cela a entraîné d’importantes hausses des prix, renforcées par les faibles stocks. Les métaux industriels, les produits agricoles et les métaux précieux ont clôturé le premier trimestre 2022 dans le vert. Le prix de l’or a également augmenté, même s’il a été freiné par la hausse des taux d’intérêt réels en dollars.