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Le Fonds mondial: lutter contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme
In the Western Highlands of Kenya, small teams carry out indoor residual spraying to protect against malaria. This, combined with the mass distribution of insecticide-treated nets, has led to a 45 percent reduction in the mortality rate for children under 5.
Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (Fonds mondial) a été créé pour accroître les ressources destinées à combattre trois des maladies les plus dévastatrices du monde et les orienter vers ceux qui en ont le plus besoin.
C'est en 2000, lors d'une réunion à Okinawa, que les dirigeants du G8 ont reconnu la nécessité de mettre à disposition des ressources supplémentaires pour enrayer la progression du sida. En 2001, lors d'un Sommet au Nigéria, M. Kofi Annan, alors secrétaire général de l'ONU, appelle à la constitution d'un «trésor de guerre» pour lutter contre cette maladie. Début 2002, le Secrétariat permanent du Fonds mondial est mis en place à Genève et voit ses premières subventions approuvées.
Créé pour contribuer aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) – en particulier l'OMD 6 («Combattre le VIH, la tuberculose et le paludisme») –, le Fonds mondial est aujourd'hui la principale source de financement des programmes de lutte contre ces trois maladies.
En 2009, il a fourni 21% des crédits publics internationaux alloués au VIH, un chiffre qui atteint 65% pour la tuberculose dans les 22 pays les plus fortement touchés, et 65% pour le paludisme. A ce jour, il a approuvé des subventions pour un montant global de 21,7 milliards de dollars dans 150 pays.
Partenariat public-privé entre les gouvernements, la société civile et les communautés affectées par ces maladies, le Fonds mondial constitue une approche novatrice de financement international dédié à la santé. En accord avec les nouveaux principes de la coopération au développement, il laisse la responsabilité des projets aux pays et aux organismes locaux selon des règles clairement établies. Les projets retenus doivent disposer de financements tiers pour éviter une trop grande dépendance du Fonds mondial. Après un subventionnement initial, les projets sont évalués en cours de réalisation, la poursuite du financement dépendant des résultats.
Sauver des vies
Les projets soutenus par le Fonds mondial ont permis de distribuer 190 millions de moustiquaires imprégnées d'insecticide depuis 2003 – dont 70 millions rien qu'au cours des douze derniers mois –, de traiter 3,2 millions de personnes contre le sida, ainsi que de détecter et de traiter 8,2 millions de nouveaux cas de tuberculose infectieuse. On estime que les programmes soutenus par le Fonds mondial ont permis de sauver 6,5 millions de vies.
Pour son financement, le Fonds mondial dépend des pays donateurs et du secteur privé. Tous les trois ans a lieu une conférence de reconstitution des ressources. La dernière s'est tenue en octobre dernier à New York sous la présidence du secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon. Les pays donateurs se sont engagés à verser 11,7 milliards de dollars pour les années 2011 à 2013.
En hausse de 20% par rapport à la période 2008-2010, ce montant reste cependant inférieur à l'objectif minimum de 13 milliards que s'était fixé le Fonds mondial, ainsi qu'aux besoins estimés pour couvrir la demande des pays en développement.
Un nouveau siège
Situé à Vernier, le secrétariat du Fonds mondial devrait emménager en 2015 sur la butte du Grand-Saconnex. Ce nouveau siège conçu comme un «campus santé» se trouve à proximité notamment de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce qui devrait permettre une collaboration renforcée entre les organisations œuvrant dans le domaine de la santé. Il sera construit par l'entreprise Implenia pour un montant de 100 millions de francs.
Le Fonds mondial est dirigé par le professeur Michel D. Kazatchkine, immunologiste et acteur important de la lutte contre le sida depuis 30 ans. Impliqué dans le travail du Fonds mondial dès sa création, le professeur Kazatchkine a occupé diverses positions – dont celle de vice-président du conseil d'administration –, avant d'être nommé en 2007 directeur exécutif. Le Fonds mondial a le statut de fondation suisse et dispose d'un accord de siège avec la Confédération suisse depuis 2004. Il emploie 604 collaboratrices et collaborateurs représentant 102 nationalités différentes.
*Sur les hauts plateaux de l’ouest du Kenya de petites équipes réalisent les pulvérisations dans les maisons destinées à protéger du paludisme. Ces mesures associées à la distribution à grande échelle de moustiquaires imprégnées ont permis de réduire de 45% la mortalité des enfants de moins de 5 ans.
**Ce texte est tiré de la Série estivale 2011 de la Feuille d'Avis Officielle (FAO) de la République et canton de Genève