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Une femme hérite d'un jeune garçon que son père, traqué par la mafia, lui confie. D'abord réticente, elle fera finalement tout pour sauver l'enfant pourchassé.
Critique
(…) C'est le premier film, véritablement, à faire le lien, violent et comme irréversible, entre le grand cinéma, celui des studios et des auteurs, codé, réglé, magnifiquement glacé le plus souvent, et le feuilleton de télévision, la série, avec ses partis pris de vitesse et d'ellipse, de superficialité frontale, de musique envahissante; c'est un film qui bouleverse toutes les données et les a priori qu'on peut avoir, aujourd'hui, sur le cinéma, et qui bouleverse tout court, qui laisse à bout de souffle. Tout cela, Gloria le fait tranquillement c'est-à-dire sans se présenter, à aucun moment, comme un film qui trancherait dans le vif des conventions, qui inventerait du nouveau, qui sonnerait «neuf». Il paraît que c'est Gena Rowlands, sa femme, qui aurait demandé à Cassavetes de lui écrire un scénario dont un enfant serait la vedette. Drôle d'idée : la femme et l'enfant, vedettes tous deux, héros? Car enfin, on sait bien que Cassavetes écrit pour elle, qu'elle est au centre de ses films, partout présente et avec de plus en plus d'intensité. Un duel alors? Une confrontation? Quoi? Il y avait l'homme et l'enfant, ceux de Moonfleet, et ce qu'il faut bien appeler magie, fascination: seuls ces mots, et encore on est en-dessous, rendent compte de ce qui est davantage qu'un couple de cinéma — une métaphore, un rêve, une initiation. C'est de cela, encore une fois et par d'autres détours, qu'il s'agit dans Gloria.
Louis Skoreki