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2021 a été une année noire pour les journalistes et toutes les personnes qui militent pour la liberté de la presse. Selon le Comité pour la protection des journalistes, ce ne sont en effet pas moins de 293 reporters qui ont été emprisonnés cette année dans le monde, et 24 qui ont perdu la vie.
Mais c'est aussi en 2021 que le prix Nobel de la paix a été décerné à deux journalistes pour leurs efforts visant à préserver la liberté d'expression, condition préalable à la démocratie et à une paix durable. Lors de la cérémonie de remise des prix, Maria Ressa et Dmitry Muratov ont rendu hommage aux reporters qui, dans le monde entier, mettent en péril leur sécurité et leur liberté et se consacrent corps et âme à la recherche de la vérité.
Aujourd'hui, l'UER demande la libération de tous les journalistes emprisonnés pour avoir exercé leur profession. Actuellement, trois reporters travaillant pour Belsat, chaîne biélorusse appartenant au radiodiffuseur polonais TVP, sont détenus au Bélarus.
Selon l'Association biélorusse des journalistes, 31 journalistes sont actuellement en prison ou retenus par la police. Nombre d'entre eux ont été placés en détention préventive pour de très longues périodes suite à des accusations qu'ils nient fermement. D'autres ont été condamnés à de lourdes peines d'emprisonnement.
Iryna Slaunikava est une journaliste biélorusse travaillant pour Belsat. Elle a été placée en détention avec son mari Alyaksandr Lojka le 30 octobre 2021, alors qu'ils rentraient au pays après des vacances en Égypte. Ils ont d'abord été détenus pendant 15 jours pour « partage de documents prétendument extrémistes sur Facebook » et « hooliganisme à petite échelle ». Par la suite leur détention a été prolongée à plusieurs reprises. Mme Slaunikava est actuellement soupçonnée « d'avoir contribué à l'organisation et la préparation d'activités portant gravement atteinte à l'ordre social, ou d'y avoir participé activement. »
Sur cette même base juridique, deux autres journalistes de Belsat ont été condamnés à de lourdes peines de prison. Ainsi donc, Katsyaryna Andreyeva et Darya Chultsova ont été arrêtées en novembre 2020 alors qu'elles couvraient en direct les affrontements entre forces de l'ordre et citoyens rassemblés pour honorer la mémoire d'un manifestant tué. Elles ont été inculpées pour « organisation et préparation d'actions portant gravement atteinte à l'ordre public » et détenues pendant deux mois dans l'attente d'un procès, puis condamnées à deux ans d'emprisonnement.
Liz Corbin, directrice adjointe du département Médias et cheffe des Actualités de l'UER, déclare :
"Les journalistes emprisonnés au Bélarus sont des personnalités courageuses, à la recherche de la vérité sur les événements qui se déroulent dans leur pays. Il est intolérable qu'ils doivent en payer le prix fort. Tout cela s'inscrit dans une vaste campagne menée par le gouvernement, qui cherche à réduire au silence le journalisme indépendant et à empêcher le peuple biélorusse d'avoir accès à des informations exactes et vérifiables."
Outre les détentions, les accréditations de ressortissants biélorusses travaillant pour des agences de presse étrangères ont été retirées par les autorités et n'ont pour l’heure pas été rétablies. L'Association biélorusse des journalistes n'a plus le droit d'exercer ses activités au Bélarus et a été contrainte à l’exil.
Même si un certain nombre de journalistes étrangers travaillant pour des médias audiovisuels et en ligne et pour la presse écrite se sont récemment vu accorder une accréditation annuelle leur permettant d'exercer à nouveau leur profession dans le pays, il ne faut pas y voir pour autant le signe d’une amélioration de la situation en matière de liberté des médias.
Le président Lukashenko a récemment accordé une interview à la BBC, Membre britannique de l'UER. Des extraits de cet entretien réalisé par Steve Rosenberg, correspondant à Moscou, ont été diffusés par les médias d'État mais sous une forme propre à en dénaturer le sens.
L'UER demande que tous les journalistes emprisonnés au Bélarus soient libérés et que chacun d'entre eux puisse exercer son métier en toute sécurité, sans menace ni entrave.