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Cet essai de Charles Péguy de 1913 nous plonge dans le passage à l'ère moderne. Mêlant à ce portrait pamphlétaire d'une société en mutation des souvenirs d'enfance, l'auteur pressent la crise, le règne absolu de l'argent et de la bourgeoisie. Les anciennes valeurs, honneur et travail, font désormais place à la valeur financière. De l'ouvrier au paysan jusqu'à l'enseignant, l'argent obsède, corrompt. Faire la classe n'est plus une mission mais une obligation professionnelle et lucrative. Et ce qui se passe dans la cour des petits est le reflet des changements survenus dans celle des grands. Car ces hommes qui cherchent à gagner plus en travaillant moins ne font que se précipiter vers un naufrage. Mais la mécanique est en marche, tout retour en arrière impossible. Né en 1873 et tué au cours de la bataille de la Marne en 1914, Charles Péguy fonde en 1900 les Cahiers de la Quinzaine. Il publie Notre jeunesse et Mystère de la charité de Jeanne d'Arc et L'Argent, son essai le plus connu, en 1913. Fervent défenseur des valeurs traditionnelles, c'est avec vivacité qu'il s'oppose à la réforme scolaire du début du XXe siècle et exprime un profond rejet du monde moderne.
Charles Péguy, né en 1873 et mort au front en 1914, créa les Cahiers de la quinzaine en 1900 pour prolonger son engagement dreyfusard à travers une revue socialiste, républicaine et libre. Conscient dès 1905 de la menace allemande, il devint un patriote inquiet, avant de se convertir au christianisme en 1907 et de mêler tous ces engagements en une oeuvre prolifique. Il sera l'un des modèles de Bernanos ou de Charles de Gaulle, et aujourd'hui encore celui d'intellectuels et d'hommes engagés de tous bords, d'Edwy Plenel à Alain Finkielkraut.