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L’histoire de nos villages
Claude Cantini |
Essertes
L’époque néolithique a laissé à Essertes une belle trace. Il s’agit de la «pierre du dos de l’âne», un menhir de 5,6 mètres qui est le plus grand de Suisse.
En 1162, le comte Amédée de Genevois confirme la donation de plusieurs terres d’Essertes que son vassal, un de Palézieux, venait de préparer en faveur de l’Abbaye de Haut-Crêt. Au bord de la forêt de Bretonnaires, une borne pourrait avoir un lien avec cette donation.
Le village se formera autour d’une des granges du couvent. Ainsi, entre 1271 et 1635, le nombre de «focages» (familles) passe d’un à douze.
En 1814, Essertes deviendra autonome, comme Les Tavernes, à la suite du partage de la grande commune de Châtillens.
Jusqu’en 1648, l’école a été commune aux paroisses de Châtillens-Oron et Palézieux. Puis l’engagement d’un maître pour la seule paroisse de Châtillens fut décidé et les enfants s’y rendirent. Dès 1734, la localité aura sa propre école. Le collège construit en 1848 sur l’emplacement de l’ancienne école a été utilisé comme salle communale à partir de 1930, date de l’inauguration d’un nouveau collège.
La maison paysanne des Clos (1768) est classée monument historique. Une inscription biblique le certifiant orne sa façade.
En matière religieuse, c’est le temple de Châtillens qui reçoit les habitants pratiquants d’Essertes, sauf de 1897 à 1904 où ils se rendirent à Servion pour les cultes.
Lutry
Des traces préhistoriques (y compris des ossements), des traces romaines et de l’époque dite Barbare ont été mises au jour au fil des ans. La véritable histoire commence vers 995, quand des terrains possédés par l’Abbaye de Saint-Maurice bien avant passent en partie sous l’autorité du roi de Bourgogne, Rodolphe III, qui rendra ces biens aux religieux en 1017. A cette époque des biens appartiennent aussi au monastère de Saint-Martin situé à Savigny-en-Lyonnais. L’éloignement de cette abbaye provoquera une certaine autonomie administrative du Prieuré de Lutry (également dédié à Saint-Martin). Les droits féodaux du prieuré s’étendirent par la suite, fruits de nombreuses donations, bien au-delà de Lavaux. La distance, cependant, ne manqua pas de provoquer certains différends, dont celui du prieur qui fut excommunié pour «défaut de paiement» en 1354…
«Après avoir contribué au développement de la contrée, les moines de Lutry ne s’occupèrent plus guère, au XVIe siècle, que de leurs intérêts matériels; ils perdirent ainsi une partie de la considération que l’on avait eue pour eux auparavant» (Dictionnaire Mottaz). C’était néanmoins le prieuré qui avait fondé l’hôpital et engagé un régent à la fin du XIVe siècle.
Les évêques de Lausanne eurent aussi leur mot à dire au sujet de Lutry. Leurs droits commencent à s’éclaircir avec Burcard d’Oltingen (décédé en 1089) qui reçut de l’empereur Henri IV d’importantes propriétés en Lavaux. Pour administrer leurs biens, les évêques s’appuieront sur un «mayor». Cette charge deviendra héréditaire dans la famille qui devra son nom à la charge: les Mayor. Cette charge sera abolie en 1598. Après les inévitables conflits, ils profiteront même, dès la deuxième moitié du XVe siècle, des bénéfices du prieuré.
Les monuments historiques
L’église romane de 1025 a été reconstruite après l’incendie de 1344, et connut de nombreuses restaurations. Le château (une partie du XIIIe siècle, le reste des XVe et XVIe siècles) était à l’origine l’habitation du «mayor» qui habitait auparavant la Tour de Bertholo (du XIIIe siècle). Les de Crousaz – par ailleurs seigneurs de Corsy jusqu’en 1536 – en furent les châtelains de 1620 jusqu’en 1798. Aujourd’hui, le château est propriété communale grâce à la donation du dernier de Crousaz en 1854. L’église catholique, elle, est de 1930.
En 1825, la commune de Lutry dut céder «les Hauts»: l’autonomie de la commune de Savigny vit le jour.
De 1740 jusqu’en 1946, Lutry et ses environs ont connu des exploitations de houille sporadiques concentrées majoritairement autour de la région de «La Conversion».
Savuit témoigne de son passé avec d’importantes découvertes de vestiges romains. Dès 1737, une maison vigneronne, sise au chemin du Village, servait d’école: le propriétaire y assurait même le rôle d’enseignant. Rachetée par la commune en 1789, elle a été remplacée par le collège actuel en 1890.
Le bâtiment de «La Balance» (aujourd’hui abandonné) conserve le poids public historique qui lui donne son nom. C’est une balance romaine géante, classée car datant du XVIIe siècle; elle servait à peser les chars passant par là avec fourrage et surtout raisin. Elle semble avoir une chance d’être déplacée après restauration…
Au Châtelard, les parties les plus anciennes de la maison de maître «Les Bannerettes» datent probablement du XVe siècle.
A Corsy, l’existence de l’école est attestée au XVIIIe siècle. Elle fut remplacée en 1906 par un collège. Ce dernier fut démoli afin de faire place au complexe actuel qui date de 1972.