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L'avion F-35 de l'américain Lockheed Martin aurait remporté l'évaluation technique et financière. De loin, selon des fuites dans la presse. Mais c'est une décision politique qui attend le Conseil fédéral, qui discute du sujet mercredi.
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L'armée suisse a le choix entre deux avions américains et deux européens: il s'agit pour les premiers du F-35 et du F/A-18 E/F Super Hornet et pour les seconds du Rafale français et de l'Eurofighter, construit par un consortium européen et proposé par l'Allemagne. Un crédit de six milliards de francs a été accepté par le peuple pour une quarantaine d'avions de combat.
Une majorité du gouvernement préférerait opter pour un jet européen. Pour des questions de relations avec les pays voisins mais aussi par scepticisme vis-à-vis du controversé F-35, réputé sujet aux pannes et cher à exploiter, sans parler de la dépendance qu'il créerait envers une grande puissance. Pour s'éviter aussi peut-être un long combat politique interne au vue des réticences.
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Marge de manoeuvre limitée
La marge de manoeuvre du Conseil fédéral semble être limitée. C'est en tout cas ce que révèle la NZZ, qui cite un avis de droit de l'Office fédéral de la justice. Sa conclusion: le Conseil fédéral serait contraint par la loi sur les marchés publics de choisir l'offre la plus avantageuse économiquement. L'aspect géopolitique ne pourrait être pris en considération qu'en cas d'offres équivalentes.
Critères précis
Le Conseil fédéral a défini un processus spécifique pour ce concours, avec des critères bien précis: les différents systèmes sont comparés selon une analyse coût-utilité. Quatre critères sont pondérés de la manière suivante: 55% pour l'efficacité et l'autonomie, 25% pour la maintenance, 10% pour la coopération et 10% pour les contre-affaires directes.
On constate que la géopolitique n'a pas vraiment sa place ici. Mais on ne peut pas l’évacuer pour autant. La Suisse doit se doter aussi de missiles de défense sol-air de longue portée. Reste à savoir comment le Conseil fédéral justifiera sa décision. A moins qu'il ne parvienne pas à un accord aujourd'hui, et renvoie le choix à la rentrée d’août.
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Marie Giovanola/jpr