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Stendhal a beaucoup critiqué le parisianisme, notamment dans Racine et Shakespeare. Cela a dû finir par le détourner de Paris et de la France; il aima surtout l’Italie - dans laquelle il mettait la Savoie, qu’il adorait aussi.
Cependant, comme tout le monde, le Français est très patriote, et Stendhal s’est isolé, dans son propre pays, en critiquant aussi, par exemple, le jardin de la France que constituent les grandes plaines du centre, qu’il trouvait profondément ennuyeuses: il n’aimait que les montagnes.
Dans La Chartreuse de Parme, on trouve un écho probable de cet isolement, quand, au début du roman, Fabrice ose critiquer les Français: les soldats de Napoléon le regardent alors d’un œil outré. Et Fabrice de se plaindre en ironisant: il a sans doute insulté la nation!
Peut-être que, même si l'écrivain ne s’en rendait pas compte, cela venait du lieu de sa naissance: le Dauphiné a quelque chose d’excentré. Il a fait partie du royaume de Bourgogne, puis du Saint-Empire, et le Statut delphinal de l’Ancien Régime rappelle cette origine singulière, tout comme le titre de Dauphin qu’avait l’héritier du roi de France et qui équivaut, si on y pense bien, à celui de Prince de Galles: du Dauphiné, on pouvait être prince, parce qu’il avait un statut particulier, et qu’il était issu du royaume de Bourgogne. Stendhal se sentait différent, et il a essayé d’en faire une philosophie, favorable au tempérament italien, auquel peut-être touche celui de l’ancienne Bourgogne - si proche, à certains égards, de l’ancien royaume lombard.