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L'EPFZ prend le pouls de Mars et révèle son anatomie
L'EPFZ prend le pouls de Mars depuis 30 mois avec le sismomètre SEIS. L'analyse des données relatives aux tremblements de terre permet de mieux connaître l'anatomie de la planète rouge et son histoire.
Les scientifiques de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), en collaboration avec une équipe internationale, ont pu déterminer que la croûte de mars est plus mince que prévu et qu'elle contient une proportion étonnamment élevée d'éléments radioactifs. Le manteau martien ressemble à celui de la Terre, mais il contient beaucoup plus de fer, a indiqué vendredi l'EPFZ.
Noyau liquide et plus grand que prévu
Le noyau de Mars est aussi plus grand que ce que l'on pensait. Son rayon est d'environ 1840 kilomètres. Ce sont 200 kilomètres de plus que ce qui était estimé il y a 15 ans lors de la planification de la mission InSight, en raison de la faible densité de la planète.
Le noyau est liquide. Il contient du fer et du nickel, comme celui de la Terre, mais aussi probablement de grandes quantités d'éléments plus légers comme du soufre, de l'oxygène, du carbone et de l'hydrogène, estiment les scientifiques.
Ces résultats et d'autres ont été obtenus à partir de l'enregistrement et de l'analyse des ondes sismiques. En examinant la façon dont ces ondes se propagent, il est possible de calculer l'épaisseur et la densité des couches du matériau que les ondes ont traversées ou sur lesquelles elles ont été réfléchies.
«Les données sismiques confirment que Mars était autrefois complètement en fusion et qu'elle s'est divisée en une croûte, un manteau et un noyau, mais ceux-ci sont différents de ceux de la Terre», explique Amir Kahn, de l'Institut de géophysique de l'EPFZ et de l'Institut de physique de l'Université de Zurich.
Electronique développée par l'EPFZ
L'atterrisseur InSight s'est posé sur Mars en novembre 2018 avec à son bord le SEIS (Seismic Experiment for Interior Structure). L'électronique d'acquisition et de contrôle des données du SEIS a été développée à l'EPFZ. Cet appareil de mesure hautement sensible est contrôlé depuis l'EPFZ et les données recueillies sont analysées par le «Mars Erthquake Service» qui regroupe des scientifiques de l'EPFZ et des spécialistes du Service sismologique suisse.
Dans sa dernière édition, la revue scientifique Science publie trois articles sur le sujet et en fait sa couverture. La NASA y consacre aussi une émission en direct sur son site internet (https://www.nasa.gov/nasalive) vendredi.
«La mission InSight est une occasion unique de collecter ces données» sismiques, déclare Domenico Giardini, professeur à l'EPFZ. Le flux de données s'arrêtera dans un an, lorsque les panneaux solaires de l'atterrisseur ne produiront plus assez d'énergie.
Encore des énigmes à élucider
«Mais nous sommes loin d'avoir fini d'analyser toutes les données. Des énigmes restent à élucider, notamment la question de savoir si la planète s'est formée en même temps et à partir du même matériau que notre Terre», souligne le professeur de l'EPFZ.
Il est aussi particulièrement important de comprendre comment la dynamique interne de Mars a conduit à la perte de son champ magnétique actif et de toute son eau de surface. «Cela nous permet de deviner si et comment ces processus pourraient se produire sur notre planète», explique Domenico Giardini. «C'est pourquoi nous sommes sur Mars pour étudier son anatomie».
me, ats