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Pour son départ, Bracken Darrell s'est félicité dans les règles de l'art: dans un post Linkedin intitulé «Departing Logitech», il a célébré ses succès en huit bullet points, de la multiplication par dix de la valeur de marché à l'entrée du groupe au SMI.
Ces derniers temps, le conseil d'administration a été nettement moins impressionné par ses performances. Des voix critiques lui reprochent d'avoir cru trop longtemps à la poursuite de la croissance après la fin de la pandémie et d'avoir ainsi laissé passer les réductions de coûts nécessaires.
En conséquence, le cours de l'action a chuté de 60%. Il lui est surtout reproché d'avoir négligé l'entreprise. Au cours des 18 derniers mois, Bracken Darrell, qui a fait fortune avec Logitech, ne se serait rendu qu'une fois par mois au siège de Lausanne. Au lieu de cela, le CEO fraîchement divorcé aurait passé beaucoup de temps à Montréal, où Logitech n'est pas présent, mais où habite sa nouvelle petite amie, de 30 ans sa cadette.
Et comme cette dernière est une personne de couleur, il aurait assisté à plus de congrès sur la diversité qu'il n'aurait tenu de réunions internes sur le leadership. Le conseil d'administration a donc commencé à chercher un successeur il y a un an déjà.
Pas de successeur, malgré un an de recherche
Lorsque Bracken Darrell en a eu vent ce printemps, il s'est à son tour mis à la recherche d'un nouveau poste. Il l'a trouvé à la tête du groupe de mode américain VF Corporation. Celui-ci gère des opérations au Tessin, mais son quartier général se trouve à Denver, à seulement trois heures et demie de vol de Montréal.
La pression monte désormais sur la présidente du conseil d'administration Wendy Becker. L'Anglaise dirige également le comité de nomination, dans lequel siègent Patrick Aebischer, ancien président de l'EPFL, et Michael Polk, manager de private equity. Le fait qu'elle ne puisse pas présenter de successeur malgré une recherche d'un an et que Guy Gecht, membre du CA, doive assurer l'intérim, ne contribue pas à lui donner une excellente image. Pourtant, des candidatures tout à fait valables auraient été présentées.
Déjà lors du remplacement du poste de CFO, il avait fallu un temps inhabituellement long pour que Charles Boynton prenne le relais après le départ de Nate Olmstead, jugé trop léger. Entre-temps, de plus en plus de voix s'élèvent au sein de Logitech pour reprocher à Wendy Becker son manque de leadership.
Cet article est une adaptation d'une publication de nos confrères de Bilanz.