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Le lit est étroit, défait, la pièce austère. Murs unis, jaunis, teintes elles aussi jaunâtres, conséquence d'un éclairage rudimentaire à la bougie. On aperçoit des vêtements posés sur une chaise, quelques objets non identifiables sur une étagère, et, juste au-dessus du lit, un crucifix au mur, le seul objet qui semble accroché aux parois de cette chambre. Dès lors, il n'est pas difficile de deviner que nous sommes ici à l'intérieur d'un couvent, et que le couple adultère qui s'étreint - l'érotisme est discret mais palpable, les deux corps ont je ne sais quoi de gracieux, ce que le pied de la jeune femme surgissant des draps souligne d'ailleurs curieusement - et nous fait face a été surpris malgré lui, pris en faute par l'oeilleton d'une caméra qui s'assimile dès lors à une sorte d'ordre moral. Ordre moral pour conte licencieux, imaginé par Boccace dans un Décaméron relativement peu adapté au cinéma (citons le film de Pasolini en 1971, ainsi qu'un film à sketches sorti en 1962, Boccaccio '70, qui regroupe les signatures de Fellini, Visconti, De Sica et Monicelli) et qui a cette fois inspiré les frères Taviani pour un métrage au style très proche de leurs premiers opus. Contes italiens (nulle trace de Boccace ni du Décaméron dans le titre), quelque part, est un film à l'ancienne, dans lequel la magnificence de paysages toscans et la jeunesse de comédiens italiens fraîchement sortis du conservatoire peut même finir par lasser. Il prouve néanmoins l'opiniâtreté et la constance de deux cinéastes qui demeurent invariablement fidèles à ce qu'ils sont.
Contes italiens passe en ce moment aux cinémas du Grütli.