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Les ventes de mobiles au beau fixe en 2005
Elles ont progressé de 21% l'an passé, portées par les pays émergents et les modèles de remplacement. Nokia et Motorola creusent l'écart avec leurs concurrents.
L'industrie du téléphone portable a de beaux jours devant elle. En témoignent les chiffres de ventes de l'année 2005, dévoilés par l'institut Gartner. L'an passé, le marché a progressé de 21% avec 816,6 millions d'appareils écoulés dans le monde. A l'origine de cette performance: l'explosion de la demande dans les pays émergents avec des mobiles bon marché, dont les prix peuvent tomber jusqu'à 20 dollars. Accompagnées d'une baisse du prix des communications, les ventes dans ces zones ont été meilleures que prévu. En parallèle, dans les zones plus matures comme l'Europe de l'Ouest ou les Etats-Unis, le marché du remplacement a fonctionné à plein, grâce à des mobiles toujours plus innovants en termes de design ou de fonctionnalités.
Côté vendeurs, les deux premiers constructeurs du marché, Nokia et Motorola, creusent l'écart avec leurs concurrents. Ensemble, ils détenaient en 2005 plus de 50% du marché dont 32,5% pour Nokia (+1,8 point en un an) et 17,7% pour Motorola (+2,3 points). L'un comme l'autre ont beaucoup investi sur les marchés émergents - Nokia au détriment de ses marges - comme l'Amérique du Sud ou l'Asie. Samsung, qui s'est fait prendre sa place de deuxième marque la plus appréciée en Asie au profit de Motorola, est resté à peu près stable avec 12,7% du marché. Cette stagnation s'explique par la stratégie de Samsung de ne pas se lancer dans les portables bas de gamme et donc dans les pays émergents afin de préserver ses marges. LG a monté de 0,3 point à 6,7%, et Sony Ericsson a à peine bougé avec ses 6,3%. Siemens, qui a allié ses mobiles au Taiwanais BenQ, a beaucoup chuté l'an passé, avec une part de marché tombée à 3,5% contre 7,2% en 2004.
Au total, la part des six grands constructeurs mondiaux est ressortie à 79,4% sur 2005, avec une progression tout au long de l'année. Le phénomène tend à confirmer la thèse que dans l'industrie du mobile, la taille de l'entreprise est stratégique. "La concurrence entraîne une pression sur les prix pour les portables d'entrée de gamme et sur toujours plus de design et de technologie pour les hauts de gamme, ce qui oblige les vendeurs à réaliser des économies d'échelle ou à trouver des marchés de niche", indique Carolina Milanesi, de Gartner.
La Tribune.fr