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Le Vatican a reconnu, le 15 décembre 2015, les vertus héroïques du Lucernois Nicolas Wolf (1756-1832), père de neuf enfants, agriculteur, médecin et député. Il s'agit de la première étape vers la béatification. Sa réputation s'est répandue au-delà des frontières du canton, grâce aux récits des guérisons qu'il opérait par la prière et l'invocation de Jésus.
Nicolas Wolf (Niklaus Wolf von Rippertschwand) est né le 1er mai 1756 à Unterlindig, sur la commune de Neuenkirch, au nord-ouest du canton de Lucerne. Ayant hérité d'une exploitation agricole florissante, il recourt à des méthodes de production avant-gardistes, notamment dans le domaine de l'arboriculture, indique le Dictionnaire historique de la Suisse (DHS).
Inhabituellement cultivé pour son temps et son état, il devient rapidement l'un des notables de Neuenkirch. A l'automne 1802, ses convictions en matière de politique ecclésiastique le poussent à soutenir le soulèvement fédéraliste contre la République helvétique, mise en place après la Révolution française. Il lutte notamment contre les restrictions imposées à l'Eglise catholique, en particulier l'interdiction des processions et des pèlerinages. Il se rallie ensuite en 1803 au régime de la Médiation et siège au Grand conseil lucernois.
Une "armée de prière"
Un pèlerinage à Rome, ainsi que d'étroites relations avec le mouvement franciscain, le conduisent à se consacrer avec de plus en plus d'assiduité à sa vocation religieuse. Il acquiert ainsi la conviction que le combat pour la foi ne doit pas se faire politiquement ou par l’épée, mais par la seule prière. La société de prière qu'il fonde lui permet de toucher une couche importante de la population. Il organise des rencontres de prière dans tout le canton et met sur pied une "armée de prière", qui croît d’année en année.
Sa réputation de conseiller et d'accompagnant se répand également au-delà des frontières du canton, grâce aux récits des guérisons qu'il opère par la prière et l'invocation de Jésus. A l’âge de 50 ans, il se consacre entièrement à la prière et à la guérison des malades et devient pour d’innombrables personnes un témoignage de la foi vivante. Homme à la personnalité charismatique, Nicolas Wolf demeure néanmoins imperméable à toute manifestation exaltée ou extatique.
Décédé en 1832, sa dépouille repose depuis 1952 dans la crypte de l'église St-Ulrich, à Neuenkirch.
La reconnaissance de ses vertus héroïques représente une étape importante dans son processus de béatification, qui est en cours depuis 1955. (cath.ch-apic/arch/rz)