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Le président américain Donald Trump a finalement annulé sa rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine en marge du sommet du G20. Plus tôt, il avait estimé que leur entrevue se déroulerait à un "moment très opportun", sur fond d'escalade avec l'Ukraine.
"En partant du fait que les navires et les marins n'ont pas été retournés par la Russie à l'Ukraine, j'ai décidé qu'il serait mieux pour toutes les parties concernées d'annuler ma rencontre préalablement prévue en Argentine avec le président Vladimir Poutine", a tweeté M. Trump.
"J'ai hâte (de participer) de nouveau à un sommet constructif (avec M. Poutine) dès que la situation sera résolue!", a-t-il ajouté. Il a fait cette annonce quelques dizaines de minutes après avoir décollé en hélicoptère de la Maison Blanche pour embarquer à bord d'Air Force One, à destination de Buenos Aires.
Or, juste avant de prendre place dans l'engin posé sur la pelouse de la Maison Blanche, le milliardaire républicain avait estimé que le sommet du G20 de Buenos Aires représentait un "moment très opportun" pour discuter avec son homologue russe.
"Je vais probablement rencontrer le président Poutine. Nous n'avons pas annulé cette rencontre. J'y songeais mais nous ne l'avons pas fait", avait-il dit.
Un peu plus tôt, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov avait fait savoir que Washington avait "confirmé la rencontre" bilatérale en marge du sommet du G20, précisant qu'elle était fixée à samedi "autour de midi" et "pourrait durer près d'une heure".
Les chefs d'Etat et de gouvernement des vingt premières puissances mondiales se réunissent vendredi et samedi dans une capitale argentine sous haute surveillance, sur fond d'appels à manifester.
Forte présence policière
Les autorités redoutent des débordements, tels que ceux ayant bousculé le sommet du G20 l'an dernier à Hambourg, dans un pays qui se débat contre une interminable crise financière.
Jeudi, la forte présence policière était visible dans les rues par ailleurs calmes de Buenos Aires, tandis que les avions des leaders atterrissaient les uns après les autres.
La rencontre, dix ans après le premier sommet du G20 à Washington à l'automne 2008, sera rythmée par toute une série d'entretiens bilatéraux prévus par Donald Trump, attendu jeudi en soirée à Buenos Aires.
Rencontre avec Xi Jinping
Le président américain, plus à son aise en tête-à-tête que dans les grandes discussions multilatérales, doit en particulier rencontrer son homologue chinois Xi Jinping. Objectif: tenter d'enrayer l'escalade de représailles douanières entre les deux pays, qui menace la croissance mondiale.
"Nous espérons que les Etats-Unis et la Chine pourront faire un pas l'un vers l'autre", a dit jeudi un porte-parole du ministère chinois du commerce.
"Un accord qui déboucherait simplement sur l'achat de plus de marchandises américaines par la Chine, ou qui ferait de vagues promesses sans calendrier précis, ne ferait que repousser le problème", prévient Paul Haenle, du Tsinghua Center for Global Policy.
Reste à voir comment les autres protagonistes du G20, groupe qui cumule 85% du PIB mondial, trouveront leurs marques autour des titans chinois et américain.
Appui à MBS
En plus des leaders russe et chinois, Donald Trump pourrait avoir une "interaction" avec Mohammed ben Salmane, selon la formulation pudique adoptée par la Maison Blanche.
Le président américain est l'un des plus solides appuis du prince héritier saoudien qui, selon lui, rend bien des services à l'économie américaine en laissant fléchir le cours de l'or noir.
Mais ce soutien ne fait pas l'unanimité aux Etats-Unis depuis le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi et alors que la guerre fait toujours rage au Yémen.
Face à l'activisme de Donald Trump, les Européens, bien qu'ébranlés par le Brexit et la montée du populisme, tâcheront de défendre le credo du multilatéralisme, un principe à l'origine même de la première rencontre des leaders du G20 en 2008, en pleine tempête financière.
"Si nous ne montrons pas des avancées concrètes, nos réunions internationales deviennent inutiles et même contreproductives", avertit Emmanuel Macron dans un entretien jeudi au quotidien argentin La Nacion. Le président français est arrivé dès mercredi soir pour une courte visite officielle en Argentine avant le sommet.
La difficile question climatique
Ce alors que Donald Trump menace ouvertement ses partenaires commerciaux, dont l'Union européenne, de taxes sur l'industrie automobile, maillon crucial du commerce international.
Dans une note publiée en amont du sommet du G20, le FMI estime qu'à court terme, le PIB mondial pourrait être réduit de 0,75% en raison de l'accroissement des tensions commerciales.
Pour les plus optimistes, la signature officielle vendredi d'un nouvel accord commercial entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique montre que l'administration américaine peut renoncer à sa rhétorique martiale.
Reste à savoir si les mêmes Américains sont prêts à signer un autre document à Buenos Aires: le fameux "communiqué final" qui conclut traditionnellement les grandes rencontres internationales.
Selon des négociateurs, la rédaction d'un passage consacré à la lutte contre le réchauffement climatique, très épineuse depuis le retrait américain de l'Accord de Paris, est particulièrement ardue.
Le Brésil, membre du G20, vient tout juste d'illustrer ces tensions. Le pays, qui sera dirigé à partir de janvier par Jair Bolsonaro, président élu d'extrême droite et climato-sceptique déclaré, a renoncé mercredi à organiser le sommet sur le climat COP25 en 2019.