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Les révélations du procureur genevois font à nouveau des vagues en Allemagne. Dans une interview à une radio berlinoise, Bernard Bertossa se livre: il soupçonne de nombreuses personnalités allemandes d'avoir profité de la vente de la raffinerie est-allemande Leuna au groupe français Elf.Ce contenu a été publié le 25 juillet 2001 - 18:17
Le procureur genevois est devenu en quelques semaines une vedette de l'actualité en Allemagne, après avoir explicitement accusé la justice fédérale de faillir à ses tâches face à l'implication de hauts responsables politiques allemands dans le scandale Elf Leuna.
Les documents rassemblés ces dernières années par ses services ont été remis au procureur fédéral de Francfort. Celui-ci doit maintenant décider de l'ouverture d'une enquête. Les dernières révélations de la presse allemande semblent lui laisser peu de choix.
Du beau monde
Ainsi, vingt-cinq responsables de la CDU, et quatre de la CSU, l'aile bavaroise de la démocratie chrétienne allemande, auraient encaissé des dessous de table versés par le groupe Elf.
Ils possédaient ou possèdent encore des comptes en Suisse sur lesquels a été créditée une partie des 60 millions de francs suisses de pots-de-vin versés par le groupe pétrolier lors du rachat de la raffinerie de Leuna, dans l'ex-RDA, en 1992.
La liste est parlante: on compterait deux ex-ministres présidents régionaux et un ministre président toujours en exercice. Cinq anciens secrétaires d'Etat, des proches de l'ex-chancelier Kohl, côtoient huit de ses anciens ministres et même un membre de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Leuna et les caisses noires de la CDU.
Bernard Bertossa ne donne pas de noms
Réserve oblige, le procureur Bertossa s'est refusé à donner des noms lors de son interview ce mercredi sur les ondes d'Info-Radio Berlin-Brandebourg. Mais plusieurs d'entre eux ont été cités par l'hebdomadaire Die Woche qui a visiblement eu en main les principaux documents de l'enquête menée depuis quatre ans par les juges suisses.
Parmi les suspects, trois d'entre eux, Walther Kiep, Uwe Lüthje et Horst Weyrauch, étaient les principaux responsables du système de caisses noires de la démocratie chrétienne, constitué par des comptes en Suisse et des fondations bidons au Liechtenstein.
Les pièces sont maintenant entre les mains du procureur fédéral de Francfort, Kay Nehm. Il doit faire traduire en allemand les deux tiers du matériel qui lui a été remis en langue française. Il assurait mardi soir qu'il déciderait ensuite, après examen du dossier, s'il doit lui-même prendre l'enquête en main.
Michel Verrier, Berlin
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