Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07024.jsonl.gz/676

Stimulation ovarienne. Le traitement consiste à administrer des hormones qui provoquent la croissance de follicules ovariens, la maturation des ovocytes (cellules sexuelles femelles) et leur expulsion dans les trompes, en vue d’une fécondation. Ce traitement est remboursé par l’assurance obligatoire, mais ses chances de réussite sont relativement modestes. Il augmente par contre le risque de grossesse multiple. Par rapport à une grossesse sans stimulation, il arrive en effet plus souvent que deux ovules ou plus soient émis et fécondés en même temps. A noter que l’on distingue les traitements inducteurs de l’ovulation qui visent à rétablir une ovulation chez une femme qui a une absence d’ovulation et la stimulation ovarienne qui vise à soutenir la croissance des follicules chez une femme qui ovule déjà naturellement.
Fécondation in vitro (FIV). Le geste consiste à prélever des ovocytes mûrs chez la femme après une stimulation ovarienne. Les embryons sont ensuite cultivés dans un milieu de culture en laboratoire (in vitro) puis réimplantés dans l’utérus. Une première implantation est généralement réalisée cinq jours après le prélèvement. Les embryons restants peuvent être congelés pour une durée maximale de dix ans et être implantés plus tard, en particulier s’il y a échec de la première tentative de grossesse.
Congélation des ovocytes. Aussi appelée «social freezing», cette technique consiste à prélever des ovocytes et à les congeler par vitrification. Les ovocytes sont stockés dans de l’azote liquide. La technique permet de conserver les ovocytes de façon sûre. Le prix global de la démarche est très élevé et sa réussite dépend fortement de l’âge de la patiente au moment du prélèvement.
Nette diminution des grossesses gémellaires
On ne le sait pas forcément, mais le recours à la procréation médicalement assistée est une des causes majeures de l’augmentation des grossesses multiples. En 2015, plus de 6000 femmes ont eu recours en Suisse à un traitement pour remédier à un problème de fertilité. Dans 72% des cas, le traitement a abouti à une naissance, soit un total de 1955 enfants. Et parmi ceux-ci, près de 29% étaient des jumeaux! Or, même si une grossesse multiple est souvent vue de façon positive par les couples, qui peuvent en une fois fonder une famille, elle est beaucoup plus risquée qu’une grossesse unique. A la fois pour la mère et pour l’enfant.
Fort heureusement, les chiffres concernant les grossesses multiples liées à la FIV appartiennent en grande partie au passé. En juin 2017, la loi sur la procréation médicalement assistée (LPMA) a changé. Les médecins peuvent maintenant attendre le cinquième ou le sixième jour pour implanter un embryon. «En suivant l’évolution des embryons, il y a une sélection naturelle qui s’opère, commente Nicolas Vulliemoz, médecin responsable de la médecine de la fertilité et endocrinologie gynécologique au CHUV. Ceux qui arrivent à ce stade ont plus de potentiel que les autres d’arriver à terme.»
Les médecins peuvent par ailleurs congeler les embryons restants et faire de nouvelles tentatives en les utilisant les uns à la suite des autres. «Avant, on en implantait souvent deux pour maximiser les chances, explique le spécialiste vaudois, ce qui augmentait les risques de grossesse gémellaire.» Avec le changement de loi, le taux de grossesses multiples dues à une fécondation in vitro est passé de 15 à 20% en 2015 à 6% aujourd’hui. «C’est pour moi l’avancée majeure de ces dernières années en matière de procréation médicalement assistée», conclut Nicolas Vulliemoz.