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Les présidents de deux des plus grands groupes de construction du Brésil, Marcelo Odebrecht (d'Odebrecht) et Otavio Azevedo (d'Andrade Gutierrez), ont été mis en examen vendredi dans l'enquête sur Petrobras. Ils sont accusés de corruption et blanchiment d'argent.
"Les mises en accusation sont basées sur de nombreuses preuves", a affirmé le procureur Deltan Dallagnol depuis la ville de Curitiba, capitale de l'Etat du Parana (sud). De là est menée une partie de l'enquête sur ce vaste scandale de corruption autour de la compagnie pétrolière publique.
Le parquet a prononcé un total de 22 mises en accusation ce vendredi. "Aujourd'hui, l'opération 'Lava Jato' ('Lavage rapide', nom donné à l'enquête) a franchi un nouveau pas important dans le combat contre l'impunité", a commenté M. Dallagnol.
Selon les enquêteurs, entre 2004 et 2014, les plus grandes entreprises de construction du Brésil ont formé un cartel pour se répartir les marchés attribués par Petrobras, plus grosse entreprise du pays. Elles ont versé des pots-de-vin à des directeurs de l'entreprise pétrolière.
Ce système a permis l'enrichissement illicite de nombreux dirigeants de la compagnie, mais a également participé au financement de plusieurs partis politiques, dont le Parti des travailleurs (PT, gauche) de la présidente Dilma Rousseff et d'autres membres de sa coalition.
Enquêtes en Suisse
La justice suisse a par ailleurs indiqué jeudi avoir également ouvert une enquête contre le groupe de BTP Odebrecht, parmi de nombreuses autres relatives au scandale Petrobras. Dans ce contexte, le Ministère public de la Confédération (MPC) a effectué une demande d'entraide judiciaire au Brésil.
"D'après les premières constatations, on soupçonne des sociétés appartenant au groupe Odebrecht d'avoir versé des pots-de-vin via des comptes suisses à d'anciens dirigeants de Petrobras", avait expliqué jeudi une porte-parole du MPC.
Les premiers résultats de ces différentes enquêtes indiquent que la place financière suisse a été sérieusement affectée par le scandale, avec de nombreuses personnes et sociétés qui ont été accusées ou reconnues coupables au Brésil d'avoir effectué des transactions suspectes portant sur des comptes en Suisse, avait-elle ajouté.
Le 20 juillet, trois ex-directeurs du groupe de BTP Camargo Correa ont déjà été condamnés à plus de 15 ans de prison (des peines qui seront allégées grâce à leur collaboration avec la justice). A ce jour, outre des hommes d'affaires et des membres des entreprises concernées, 13 sénateurs et 22 députés font l'objet d'une enquête, dont le président de l'Assemblée nationale, Eduardo Cunha.
ATS