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Le conseiller national bernois Albert Rösti veut succéder à Ueli Maurer au Conseil fédéral. L'UDC l'a annoncé lundi. L'ancien président du parti, âgé de 55 ans, est le deuxième candidat après le conseiller aux Etats bernois Werner Salzmann.
Les sections de l'UDC Thoune et Oberland bernois ont désigné Albert Rösti comme candidat à l'attention du parti cantonal, ont-elles indiqué lundi dans un communiqué.
Le quinquagénaire «possède toutes les qualités requises pour contribuer à la maîtrise des futurs grands défis de la Suisse» au sein du Conseil fédéral.
Le site web privé d'Albert Rösti, 55 ans, n'est pas tout à fait à jour. «Je vous remercie de tout cœur pour votre grand soutien et vos voix lors des élections au Conseil national du 20 octobre 2019. Avec 128 252 voix, vous m'avez aidé à être réélu et à obtenir le meilleur résultat de Suisse», peut-on y lire en haut de la page.
En effet, Albert Rösti, originaire de l'Oberland bernois, a réussi un grand coup lors des dernières élections au Conseil national. Il est parvenu à gagner plus de voix que ses concurrents de l'UDC dans le canton le plus peuplé de Suisse, Zurich. Ainsi, le discret Albert Rösti a distancé le bruyant conseiller national zurichois Roger Köppel de plus de 7000 voix.
L'envolée de ce docteur en agronomie, qui a grandi professionnellement en tant que fonctionnaire agricole dans le canton de Berne, a paradoxalement aussi été un creux pour son parti. Lors des élections de 2019, Rösti était président de l'UDC depuis plus de trois ans, succédant à Toni Brunner. Alors que Rösti lui-même était au sommet lors de ces élections, son parti a plongé: il a perdu douze sièges et 3,8% de part électorale.
Cet échec a marqué la fin de Rösti en tant que chef de l'UDC suisse: il a été remplacé par Christoph Blocher. A l'époque, on pouvait voir sur le visage de Rösti qu'il était contrarié d'avoir été pris pour bouc émissaire. Il payait les pots cassés après s'être focalisé sur des thèmes erronés en ignorant le changement climatique et avoir fait un flop dans la campagne électorale, notamment avec une affiche rappelant la symbolique nazie où «les gauchistes et les gentils» étaient représentés comme des vermines détruisant la Suisse.
Un homme comme Rösti n'est pas celui qui dirige l'UDC et en détermine le cap et le ton. Ce sont plutôt des Zurichois qui portent des noms comme Blocher ou Matter et qui ont les moyens nécessaires pour financer le parti et ses campagnes. Mais Rösti a ravalé sa colère et a assumé son départ de la tête de l'UDC sans trop se plaindre.
Il a toutes les chances de succéder à Ueli Mauer au Conseil fédéral le 7 décembre prochain. Dans la Berne fédérale, Rösti est considéré par la plupart des gens comme le candidat numéro un. Sympathique et courtois même dans ses relations avec ses adversaires politiques, Albert Rösti est bien vu par les membres des autres partis, y compris au centre gauche, où on lui accorde beaucoup de crédit.
Certes, il s'exprimait avec vigueur en tant que chef de l'UDC, mais personne ne semblait croire qu'il le faisait de lui-même et par conviction. Même au sein de l'UDC, où seuls ceux qui s'adaptaient pouvaient avancer, beaucoup ont reconnu en Rösti une sorte de compagnon d'infortune.
En effet, Rösti reçoit un soutien ouvert de son parti. Son collègue bernois Andreas Aebi, président du Conseil national en 2021, déclare par exemple:
Pour Aebi, Albert Rösti est «en tête de liste pour la succession d'Ueli Maurer. Je vois également Gregor Rutz bien placé. Je vois Rutz ou Rösti, mais l'avantage va à Rösti».
Rösti lui-même a déclaré dans le journal télévisé de la Schweizer Radio und Fernsehen (SRF) du samedi qu'il doit d'abord réfléchir avant de se présenter, car la démission de Maurer l'a également pris par surprise.
Personne ne doute que le directeur du «Büro dr. Rösti GmbH» saura saisir sa chance. D'une certaine manière, sa situation de départ rappelle celle d'Ueli Maurer en 2008. Celui-ci venait d'être destitué de son poste de président du parti par Blocher et avait été remplacé par Toni Brunner, lorsque Samuel Schmid avait cédé à la pression et quitté son siège au Conseil fédéral.
Maurer a saisi sa chance et s'est imposé en décembre 2008 face à Blocher et à Hansjörg Walter. Bien que Maurer se soit libéré de l'ombre de Blocher en tant que conseiller fédéral, l'UDC s'en est globalement bien sortie avec lui. Il a été un membre collégial du Conseil fédéral pour les questions décisives et a soutenu ses décisions, mais il s'est aussi positionné publiquement comme un défenseur inflexible de la politique de l'UDC.
Tout comme Maurer, Rösti est capable de s'adapter et de changer. Toutefois, Rösti était et est toujours plus actif et engagé que Maurer sur le plan politique, surtout dans le domaine de la politique énergétique.
En politique climatique, il avait exprimé son opinion avant les élections de 2019. A cette époque, il avait relativisé le changement climatique en tant que président de l'UDC. En 2017, l'agronome n'était pas seulement l'homme fort de l'UDC, mais aussi le président du lobby nucléaire «Action pour une politique énergétique raisonnable» (Avec), de l'association des négociants en combustibles Swissoil et de l'Association suisse pour l'aménagement des eaux.
Rösti est une sorte de super-lobbyiste. Il a démissionné en mai dernier de la présidence de Swissoil, mais il est devenu président des importateurs automobiles Auto Suisse. Très occupé et polyvalent, il est actuellement président de:
Il siège en outre dans le groupe parlementaire Gastrosuisse, ainsi qu'au conseil d'administration du Grand Casino Kursaal à Berne. Il est également vice-président de la Fondation UDC pour la politique bourgeoise à Zoug, ce qui témoigne de son soutien au sein de l'UDC. Selon la liste des liens d'intérêts, Rösti exerce actuellement treize mandats rémunérés et trois mandats bénévoles.
Rösti vient de réussir un coup au Conseil national. C'est lui qui a proposé à la commission consultative de suspendre partiellement les procédures d'autorisation non seulement pour les grandes centrales solaires, mais aussi pour l'énergie hydraulique. Cela devrait permettre, entre autres, de rehausser le barrage du Grimsel (BE).
Selon le Tages-Anzeiger, Rösti donne ainsi une impulsion supplémentaire à l'offensive énergétique et s'impose malgré la résistance de son propre groupe parlementaire. En effet, le chef de groupe Thomas Aeschi ne voulait même pas entrer en matière sur le projet.
Ces dernières semaines, Rösti a tout mis en œuvre pour créer des majorités interpartis dans l'offensive énergétique, dans le cadre de la table ronde sur l'énergie hydraulique. C'est ce qui est actuellement largement récompensé et lui donne une bonne position de départ.
Il reste toutefois encore deux mois avant l'élection du Conseil fédéral et les adversaires internes au parti ne manquent pas. L'expérience montre que de nombreux pièges attendent les papables. Surtout pour ceux qui sont considérés très tôt comme des favoris. Un autre point considéré comme acquis dans la Berne fédérale est que l'UDC zurichoise n'abandonnera pas «son» siège au Conseil fédéral sans se battre.
(traduction et adaptation par sas)
Le secrétaire communal de Zermatt (VS), dont la «disparition» avait suscité l'émoi, se trouve en détention provisoire à Zurich. Selon son avocat, il lui est reproché d'avoir menacé quelqu'un, mais il s'agit d'une «dispute purement familiale» sans «voies de fait» ni «blessures».