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"Même en cas de points de vue complètement opposés sur l'utilisation de l'énergie nucléaire, la maîtrise des risques que présentent les rayonnements, risques qui, comme on le sait, ne proviennent pas seulement des centrales nucléaires, mais aussi des emplois multiples de matières radioactives dans la médecine, la recherche et l'industrie, exige un consensus suffisant pour que la direction d'autorités spécialisées soit occupée par des experts compétents hautement qualifiés. Indépendamment de l'intégrité personnelle de M. König, je considère comme une faute fondamentale, dans l'intérêt de l'indépendance scientifique et de la réputation des organismes spécialisés allemands, d'engager un politique au lieu d'un scientifique. La compétence scientifique ne doit pas être remplacée par des préjugés sur la conception du monde, et encore moins par l'idéologie."
Wolfram König est appelé à succéder comme président du BfS au Professeur Alexander Kaul, qui a été membre pendant des années, comme biophysicien, de la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) et président du Comité scientifique des Nations Unies pour les effets des radiations atomiques (UNSCEAR). Le BfS a été constitué en 1989 après l'accident de Tchernobyl pour servir d'autorité spécialisée du gouvernement en matière de radioprotection et il fait l'objet d'une renommée scientifique reconnue au niveau international dans les divers domaines de la radioprotection. Selon Werner Schnappauf, cette renommée est remise en question de manière inconsidérée par le choix de personne qui a été fait. Le ministre de l'environnement bavarois a aussi critiqué vertement la nouvelle composition de la Commission de la sécurité des réacteurs, composition "pleine de parti pris et orientée vers l'abandon du nucléaire". A son avis, on assisterait en Allemagne à une évolution dangereuse si la compétence scientifique était mise de côté pour être remplacée par l'orientation idéologique. La Bavière et le Bade-Wurtemberg ont entre temps annoncé leur intention de nommer leurs propres organismes de conseils pour la sûreté des réacteurs.
Quant à la directive donnée par Trittin au BfS de ne plus publier de nouvelles informations sur Internet et d'enlever de son site Internet des explications sur des questions nucléaires, elle a suscité chez M. Schnappauf le commentaire suivant: "Tandis que la Bavière fournit par Internet des informations actuelles et objectives même sur des événements sans importance pour la sûreté nucléaire, Trittin passe une muselière à l'Office de la radioprotection. Toutes les nouvelles mal vues tombent sous le couperet de la censure idéologique rouge-verte. Ceci équivaut à un 'bûcher électronique de livres'".
Source
M.S./C.P. d'après des communiqués de presse du ministère bavarois du développement du territoire et de l'environnement des 2, 5 et 12 mars 1999