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Le cercle vicieux se décline ainsi… donnons à tous un emploi, créons ainsi beaucoup de pollutions puis payons d’autres emplois pour nettoyer les pollutions ainsi créées, et soignons les graves maladies et addictions ainsi générées, sans oublier les troubles et guerres qui en résultent…
Jean-Christophe Duval est avec Patrice Hubleur et 38 autres personnes.
La métaphore des trous
Un système à monnaie dette endogène peut être perçu comme le fait que c’est l’endettement des uns qui permettra le désendettement des autres ; ce que nous pourrions voir comme un “roulement de dettes”. Ce système accompagné d’un taux d’emprunt usurier oblige celui qui emprunte à produire un profit plus grand que ce qui lui a été prêté, de une, pour gagner sa vie, de l’autre pour rembourser l’usure.
Cette question que les économistes se posent depuis les réflexions de Marx est ce que l’on appelle le “dilemme de l’origine du profit”.
Par métaphore, la dette est comme un trou (projet en devenir) que nous devons boucher (remboursement) tout en en creusant un autre (extractions, productions et commerces). Gardons à l’idée que la dette de la banque nous oblige à produire des actifs tangibles et que cette tangibilité ne saurait provenir d’autre chose que de projets ayant forcément rapport de près ou de loin avec l’extraction de ressources naturelles. Le « trou » de la dette nous obligera à des productions et commerces de marchandises nous permettant de solder ce trou. Obligeant un autre acteur à creuser un autre trou pour se désendetter lui-même en vendant le fruit de sa production à un autre, et ainsi de suite.
Par exemple, si une banque prête à un client “A” assez d’argent pour creuser 10 coups de pelles, il faudra qu’il vende à un client “B” de quoi rembourser ces 10 coups de pelles plus le fait que “A” fasse sa propre marge et qu’il rembourse de surcroît le taux d’usure bancaire, et ce, jusqu’à ce que l’entreprise de “A” devienne pérenne. Donc “A” devra vendre à “B” l’équivalent de 12 voire 14 coups de pelles (10 pour l’emprunt, 2 pour la marge bénéficiaire et 2 pour l’usure). Ce qui veut dire que “B” devra s’endetter à hauteur de 14 coups de pelles et qu’il devra vendre à “C” l’équivalent de 18 coups de pelles (14 pour l’emprunt, 2 pour la marge bénéficiaire, et 2 pour l’usure) Puis “C” devra vendre à “D” 22 coups de pelles, etc…
Le fait que les emprunts soient remboursés implique le fait que j’ai produit et vendu des marchandises (en creusant un vrai trou dans la nature (économie d’extraction)) que d’autres agents se sont procuré en creusant eux-mêmes un autre trou auprès d’un autre agent bancaire (dette) et qu’ils devront eux-mêmes rembourser en participant aussi à l’extraction de ressources naturelles.
C’est à cet endroit que la “métaphore des trous” devient une production de trous réels. Les hommes sont contraints de faire des trous de plus en plus gros dans la nature (économie extractive et dégénérescente) de façon à combler des trous de plus en plus grands dans la comptabilité humaine (dette).
Je tente ici cette conclusion, l’origine du profit ne tient en rien d’autre que d’un pari sur un avenir où une dette de plus en plus grande contraindra l’action humaine à engendrer une économie extractive, car ce genre d’économie est la seule à produire des actifs tangibles susceptible de solder les dettes. Ce système de dette ne dispose d’aucune autre méthode que le pillage systématique et perpétuel de la nature, il est absolument parasitaire et engendre forcément une calamité auto destructrice.