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Le 4 avril, le Parlement européen a voté en faveur d'un renouvellement de sa tentative pour étendre l'influence de l'Union européenne sur la politique de santé dans les quinze pays membres (Lancet 2001 ; 357 : 1189).Le Parlement cherche à mettre sur pied un Centre de coordination et de contrôle de la politique de santé en Europe en modifiant un programme de santé publique proposé pour cinq ans. Cette nouvelle instance rassemblerait les données en matière de santé à travers l'Union européenne (UE), contrôlerait les tendances épidémiologiques, identifierait et ferait face aux inégalités en matière de santé. Cette suggestion de l'Assemblée de Strasbourg redonne vie à une idée qui avait été préalablement rejetée par les Etats membres de l'UE.Les gouvernements ont déjà donné leur feu vert à des programmes qui financent la mise en réseau de la surveillance épidémiologique et le contrôle des maladies infectieuses, et des formes comparables d'acquisition de données sur la santé ont été développées. Mais le contrôle centralisé de la politique de santé publique au sein de l'UE est perçu comme une intrusion dans les affaires nationales, sans compter qu'il pourrait s'agir d'une source de malaise politique. Sur un terrain comparable, les Etats membres de l'UE insistent pour que l'Agence européenne de l'environnement, qui commence à avoir un rôle plus centralisé dans la prise de décision, devrait plutôt se limiter à recueillir de l'information dans l'UE.Néanmoins, les révisions successives des traités européens de Maastricht, d'Amsterdam et de Nice ont donné à l'UE le pouvoir de coordonner la politique en matière de santé publique par opposition à un service d'approvisionnement en données sur la santé. La Commission européenne propose que huit petits programmes, qui portent sur des problèmes tels que le cancer, le sida et la toxicomanie, et grâce auxquels les Etats membres collaborent actuellement, soient remplacés par un programme unique de santé publique, à l'échelle de l'UE. Le programme recevrait 267 millions de dollars, ce qui devrait suffire jusqu'en 2006.Le Parlement a calculé que le financement d'un tel programme réduirait de 8% les dépenses actuelles. Toutefois, les membres du Parlement ont déjà demandé une augmentation à 338 millions de dollars et le Comité du Parlement pour la santé publique a suggéré qu'au moins 444 millions de dollars sont nécessaires. Certains fonctionnaires de l'UE sont en faveur d'un budget encore plus important, notant que l'UE débourse 889 millions de dollars chaque année en subsides accordés aux producteurs de tabac.Le Parlement a également suggéré une liste d'une douzaine d'enjeux qui ont besoin d'être abordés sous les auspices du nouveau programme. Ces enjeux incluent le droit des patients d'accéder à l'information, l'exposition aux champs électromagnétiques, la santé mentale, la sécurité alimentaire, les maladies neurodégénératives et les standards de l'information médicale sur internet.Le commissaire David Byrne, qui est responsable des affaires de santé publique, a dit que «la pertinence d'une politique en matière de santé publique est rapidement en train de devenir le test clé, auprès de nos citoyens, pour juger si l'UE est crédible». Mais il a décliné avoir soutenu l'amendement du programme de santé publique dans le but d'établir un Centre de coordination et de contrôle de la politique de santé en Europe. Car les règles de l'UE ne permettent qu'à la Commission de proposer une innovation aussi majeure. Les ministres vont maintenant s'accorder sur leur «position commune» au sujet des dernières propositions de Byrne pour améliorer la santé publique. Dans le courant de cette année, on s'attend à ce que le Parlement invoque son droit à des échanges de «conciliation» avec les ministres, de façon à négocier le rôle précis du nouveau programme.