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L’étiopathie : d’où vient cette médecine méconnue
L’étiopathie est une médecine récente en comparaison des autres médecines douces. Cela s’explique par le fait que le raisonnement propre à l’étiopathie n’avait jamais été appliqué aux soins auparavant. Ainsi, il est intéressant de comprendre d’où vient ce raisonnement et comment cela différencie l’étiopathie du reste des traitements manuels.
De patient à praticien – L’histoire de Trédaniel
Tout a commencé avec Christian Trédaniel. En 1952, suite à une mauvaise réception en saut en longueur, C. Trédaniel souffre d’une névralgie sciatique. Les médecins de l’époque lui ont prescrit des médicaments oraux puis par infiltration, malheureusement, cela a été inefficace. Soit C. Trédaniel ressentait ses symptômes, soit il ne sentait plus sa jambe du tout. La prise en charge proposée ne correspondait pas du tout à ses attentes, de plus, à chaque fois que la prescription ne faisait plus effet, son problème revenait. Alors, la première nécessité de trouver la cause du problème lui a parut évident.
C. Trédaniel se tourne alors vers le docteur André de Sambucy qui est l’un des premiers thérapeutes à se pencher sur l’intérêt des traitements manuels. Les manipulations effectuées ont permis à C. Trédaniel d’être soigné durablement de sa sciatalgie. Il trouve cela si fascinant qu’il devient l’élève de A. De Sambucy puis son collaborateur.
Sur les conseils de son mentor, C. Trédaniel va diversifier et approfondir ses connaissances aux Etats-unis. Il suit des formations de chiropraxie et d’ostéopathie jusqu’à la fin des années 50. Ses nouvelles pratiques lui permettent d’avoir un large panel de techniques manipulatives.
Mais dans le savoir de A. De Sambucy, comme dans les études américaines, C. Trédaniel trouve qu’il manque une logique fondamentale, un raisonnement précis et objectif sur lequel le praticien devrait s’appuyer pour diagnostiquer. Il remet en cause la subjectivité du diagnostic uniquement palpatoire, et le manque de précision d’un traitement sur toute la colonne vertébrale.
Les fondements d’une discipline rigoureuse et logique
Il commence alors à se renseigner sur les notions de systémique et de cybernétique afin de l’appliquer rigoureusement à la physiologie humaine. Puis il cherche des modes de raisonnement (tels que l’induction, la déduction…), une approche déterministe, et une méthode d’application rigoureuse (tels que les principes cartésiens). L’aboutissement de toute cette réflexion forme Les Principes Fondamentaux pour une Médecine Etiopathique, dont le premier livre édité sort en 1979
C. Trédaniel est donc le fondateur d’une nouvelle médecine dont la base n’est pas la technique manuelle non instrumentale mais ce raisonnement spécifique qui permet une approche novatrice des pathologies.
Une fois qu’il est satisfait de cette méthode de raisonnement causal, logique et indispensable à un traitement efficace, il lance en 1961, avec l’aide d’autres thérapeutes, l’Association Ostéopathique Internationale, afin de transmettre son savoir. Il faut noter qu’à cette époque, l’ostéopathie n’existait pas en Suisse.
Cependant, cette appellation ne lui correspond pas pour deux raisons. La première est qu’il ne souhaite pas être confondu avec ses confrères du même nom mais qui n’appliquent pas le raisonnement. La seconde est que l’ostéopathie signifie littéralement la souffrance des os, or, C. Trédaniel souhaite mettre en évidence l’idée de recherche de la cause. C’est ainsi qu’en 1963 C. Trédaniel donne le nom d’Etiopathie à sa méthode, qui signifie littéralement la cause de la souffrance.
C’est au cours de cette même année que l’enseignement commence dans le canton de Genève au sein du Collège Européen d’Ostéopathie. Il se forme en parallèle l’Institut International d’Etiopathie, une association qui a pour but de veiller au bon développement de la profession, au respect des principes étiopathiques et à la cohésion des praticiens.
En 1967, l’Institut Suisse d’Étiopathie est créé et remplace l’Association Internationale Ostéopathique, puis en 1971, le terme “étiopathie” est officiellement utilisé pour l’enseignement : le Collège Européen d’Ostéopathie devient le Collège Européen d’Étiopathie (CEE).
C’est dans cette continuité que la faculté libre d’étiopathie de Paris voit le jour en 1976 alors que l’enseignement de l’étiopathie en Suisse cesse en 1981.
L’étiopathie une médecine mécaniste
Lors de sa recherche de raisonnement, C. Trédaniel a adapté les concepts de systémique au corps humain, et les régulations cybernétiques à la physiologie humaine. Ainsi, l’étiopathe considère le corps comme une machine, un système complexe, composé de plusieurs sous-systèmes. Les praticiens sont souvent comparés à des « mécaniciens » du corps car cette approche explique, d’une part, que le corps humain ne peut se dérégler seul : il existe toujours une cause au dysfonctionnement. D’autre part, toutes les manipulations peuvent être expliquées, tout le déroulé d’installation de la pathologie repose sur des théories déterministes logiques, et la cause de la pathologie est toujours retrouvée sur un système structural, non abstrait. Ce second point permet à l’étiopathe d’éviter les conclusions hâtives qui accuse le patient, comme c’est possible de l’entendre au travers de « c’est dans votre tête », ou « vous êtes stressé ».
Cette vision différente permet une nouvelle approche, une nouvelle réflexion sur une pathologie donnée.
La différence entre étiopathe, ostéopathe, chiropracteur, rebouteux…
Cette dernière partie contient des généralités qui nécessiteraient une prise au cas par cas de chaque praticien et de chaque formation de chacun de ces métiers. Ceci étant, la récurrence de cette question nécessite une réponse.
L’étiopathie ressemble au courant d’ostéopathie mécaniste, vis à vis de certaines manipulations, comme cela a été expliqué plus haut dans l’historique. Il existe plusieurs autres courants ostéopathiques avec lequel l’étiopathie n’a aucun point commun. La principale différence repose sur notre façon de diagnostiquer la cause. De façon général, l’ostéopathe a un diagnostic palpatoire tandis que l’étiopathe se base sur le questionnement patient-praticien.
La chiropraxie comme les vertébrologues sont des médecines vertébro-centrées, c’est à dire que leur raisonnement les ramèneront toujours à la nécessité de manipulations exclusivement vertébrales. Dans la pratique nous nous éloignons des chiropracteurs actuels (malgré l’inspiration qu’a acquis C. Trédaniel en Amérique) car ils utilisent des outils de manipulation tel que de petits marteaux.
Enfin, le reboutement… Ce terme représente des praticiens qui n’ont pas eu de cursus d’anatomie ou de physiologie mais qui pourtant manipulaient et soulageaient des patients. Leur pratique reposait sur l’empirisme et la reproduction par mimétisme de manipulations efficaces. L’étiopathie possède un héritage important qu’en a ce savoir ancestral. La différence réside dans le fait que l’étiopathie a ajouter au reboutement, les connaissances scientifiques nécessaires à la compréhension de ce qu’il se faisait naturellement.
L’étiopathie une science évolutive
L’étiopathie est une science, une médecine, elle se doit d’être remise en question et d’évoluer en corrélations avec les avancées des recherches scientifiques. Ainsi, après sa diplomation l’étiopathe peut approfondir ses connaissances théoriques et pratiques aux travers de DU (diplômes universitaires), de formations ou lors des Congrès Etiopathiques.
L’Institut Suisse d’Etiopathie offre à ses membres diplômés des formations régulières ainsi que des échanges professionnels sur la pratique, les techniques manuelles ou les avancées de l’étiopathie dans divers domaines. Cela permet, d’une part, aux praticiens de suivre les théories actuelles, et d’autre part, de garder une cohésion au sein de la profession.
Par ailleurs, plusieurs étiopathes s’investissent dans la formation de leurs futurs consœurs et confrères dans les centres de formation en France ainsi que dans le projet d’ouverture d’une formation en Suisse dans les prochaines années.
La science se questionne et progresse, l’étiopathie est une science.
Que soigne l’étiopathie : les réponses à vos questions
Questions Générales
Que signifie le terme étiopathie ?
Du grec aitia qui signifie la cause et pathos qui signifie la douleur, l’étiopathie est une médecine mécanique qui vise à traiter l’origine du mal.
Que soigne l’étiopathie ?
L’étiopathie soigne de nombreux maux qui impactent les systèmes du corps comme :
Troubles généraux : anxiété, stress, insomnie
Troubles du squelette
Troubles de la colonne vertébrale
Troubles du système digestif
Troubles du système respiratoire
Troubles de la circulation sanguine
Troubles de l’appareil génital et urinaire
Troubles liés à la grossesse
Autres : céphalées, hyperactivité
Pour plus de précisions et une liste plus exhaustive, merci de vous référer à la page indiquée.
L’étiopathie peut-elle avoir des effets secondaires ?
Il peut y avoir des sensations type courbatures ou fatigue, voir une augmentation temporaire des symptomes dans les 48h qui suivent la première séance. Cette réaction est normale. En cas de doute, n'hésitez pas à recontacter votre étiopathe.
Quel est le tarif d’une séance d’étiopathie ?
Le prix d'une consultation d'étiopathie varie entre 100 et 130 CHF.
Combien de séances sont nécessaires ?
Le nombre de séances varie en fonction du motif de consultation. En général, 3 à 5 séances permettent de rétablir les dysfonctions mécaniques ayant causé les symptômes.
L'étiopathie est-elle reconnue ?
L’étiopathie n’est pas encore reconnue comme profession de santé au regard de la loi Suisse, cependant assurez-vous que votre praticien soit bien membre de l'Institut Suisse d'Etiopathie, organisation faitière fondée en 1963.
Quelle différence entre étiopathie et ostéopathie ?
L'étiopathie se distingue par la rigueur de son raisonnement et par l’homogénéisation de la profession.
L'étiopathe s'attache à remonter de manière précise à l'origine des symptômes présentés par le patient et à cibler son intervention uniquement sur ce qui est nécessaire. De par cette approche causale, le traitement étiopathique se veut être avant tout curatif et non pas préventif. La prévention passe par la suppression durable des troubles mécaniques présentés par le patient.
Quelle différence entre étiopathie et chiropractie ?
La chiropractie est une méthode Américaine s’intéressant principalement au traitement de la colonne vertébrale, En Suisse, le chiropracteur est issu d'une formation médicale générale.
Quelles sont les limites de l’étiopathie ?
Certaines pathologies ne peuvent être prises en charge par l'étiopathe en raison de leur gravité ou du caractère irréversible qu'elles présentent (cancers, urgences chirurgicales, infections aiguës etc). Dans tous les cas, votre étiopathe sera en mesure de vous réorienter vers les professionnels de santé habilités si nécessaire.
L’étiopathe peut-il soigner l’anxiété ?
Votre thérapeute sera à même de déterminer s'il peut avoir une action sur l’origine votre pathologie. D'excellents résultats ont notamment été constatés sur la régulation du sommeil ainsi que sur les crises d’angoisse en fonction du contexte d'apparition.
Est-ce que l’étiopathe peut aider à la gestion du stress ?
Les origines du stress peuvent être multiples. Votre étiopathe sera à même de savoir s'il peut apporter une aide ou non face à cette problématique. La régulation de déséquilibres neurovégétatifs permet de retrouver une gestion du stress plus physiologique.
L’étiopathie peut aider la perte de poids ?
Non, cependant l'étiopathie a d'excellents résultats sur le traitement des troubles digestifs. Si ceux-ci font partie intégrante des troubles du comportement alimentaire du patient, son action peut s'inscrire dans une démarche plus globale. Une prise en charge adaptée par d'autres professionnels reste nécessaire.
Prenez contact avec l'institut Suisse d'étiopathie
Par message via le formulaire ou par téléphone au +41(0)762346548