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Des enquêteurs turcs ont perquisitionné mercredi la résidence du consul d'Arabie saoudite à Istanbul dans le cadre de l'enquête sur la disparition du journaliste Jamal Khashoggi. Pendant ce temps, le président Recep Tayyip Erdogan s'entretenait avec Mike Pompeo.
La perquisition devait initialement se dérouler mardi, mais elle avait dû être reportée en l'absence du consul Mohamed al Otaibi, rappelé à Ryad, et de responsables saoudiens disponibles, selon la police turque. Aucune information n'a filtré sur l'opération menée mercredi en présence de l'équipe d'enquêteurs dépêchée sur place par l'Arabie saoudite, selon CNN Türk. Les enquêteurs sont également retournés au consulat saoudien d'Istanbul.
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, qui a fait une brève escale à Ankara mercredi au lendemain d'une visite à Ryad, où il a rencontré le prince héritier saoudien Mohamed ben Salman (MBS), a proposé à la Turquie l'aide des Etats-Unis, a fait savoir le département d'Etat. Le chef de la diplomatie américaine a également rencontré son homologue Mevlüt Cavusoglu, qui a qualifié l'échange de "bénéfique et fructueux", sans autre précision.
Mike Pompeo n'a fait aucune déclaration publique à l'issue de l'entretien, mais il a déclaré par la suite aux journalistes qui l'accompagnent que Recep Tayyip Erdogan s'était félicité de la coopération de l'Arabie saoudite. "Il a indiqué clairement que les Saoudiens coopèrent à l'enquête menée par les Turcs et que ces derniers vont aussi partager les informations dont ils disposent avec les Saoudiens", a dit le secrétaire d'Etat.
Le Washington Post accuse
Par ailleurs, le quotidien Washington Post a accusé mercredi Donald Trump et son gouvernement de mener une "opération de nettoyage diplomatique" pour préserver Ryad et le prince héritier Mohammed Ben Salmane. Dans un texte signé par le comité de rédaction du journal et intitulé, le Washington Post réclame une enquête indépendante sur la disparition du journaliste saoudien.
Le chef de la diplomatie américaine Mike "Pompeo, qui arborait un large sourire en saluant le prince héritier Mohammed ben Salmane (à Ryad mardi), semblait moins enclin à déterminer la vérité qu'à aider le dirigeant saoudien de facto à échapper à la crise qu'il a provoquée", a assené le Washington Post.
"Les Saoudiens seraient en train de préparer une version de l'histoire attribuant le meurtre de M. Khashoggi aux excès d'une équipe envoyée pour l'interroger. Cela permettrait d'éloigner la responsabilité (de cet acte) du prince héritier, qui aurait en fait ordonné et supervisé l'opération", a ajouté le journal. "Le président Trump a indiqué qu'il était plus que prêt à aider dans cette combine", a jugé le Washington Post.
Vérité bientôt connue
Le président américain Donald Trump a nié mercredi chercher à "couvrir" ses alliés saoudiens dans l'affaire de la disparition du journaliste Jamal Khashoggi. "Non pas du tout, je veux juste savoir ce qui se passe", a dit M. Trump à des journalistes à la Maison Blanche. "Je ne couvre pas du tout" les Saoudiens, a-t-il insisté.
Le président américain a aussi déclaré s'attendre à ce que la vérité sur la disparition, à l'intérieur du consulat d'Arabie à Istanbul, du journaliste saoudien soit connue "d'ici la fin de la semaine". "Nous saurons probablement d'ici la fin de la semaine" la vérité sur la disparition de M. Khashoggi, a assuré le milliardaire. Il avait peu avant souligné que les Etats-Unis avaient besoin de l'Arabie saoudite dans la lutte contre le terrorisme.