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Le contexte actuel de crise énergétique, l'augmentation des coûts qui en résulte et les mesures d'économie qui touchent l'ensemble de la population soulèvent de nombreuses questions. Certains de nos membres se demandent notamment quelle quantité d'énergie est consacrée à la mobilité électrique et s'il est judicieux d'investir dans la diffusion de cette technologie.
Selon Martin Bolliger, responsable du conseil en mobilité du TCS et expert en électromobilité, pour répondre à cette question, il est nécessaire de connaître le rôle que joue l'électricité dans la consommation globale d'énergie en Suisse.
Actuellement, près de 100'000 voitures électriques circulent sur les routes suisses. Celles-ci consomment environ 0,5 % de l'électricité suisse et remplacent 100'000'000 (cent millions) de litres de carburant par an.
L'efficacité énergétique des voitures électriques est trois fois meilleure que celle des voitures à moteur à combustion. Cela signifie que le passage à cette nouvelle technologie permet d'économiser plus de deux tiers de l'énergie nécessaire jusqu'à présent.
Si, à partir de 2030, seule la vente de voitures électriques est autorisée sur le marché des voitures neuves, toutes les voitures circulant sur les routes suisses seront électriques d'ici 2050 environ. Nous avons donc près de 30 ans pour augmenter d'environ 15-20% l'infrastructure de recharge nécessaire et l'extension de la production d'électricité requise à cet effet. Cela représente moins d'un pour cent par an et est déjà prévu dans la stratégie énergétique de la Suisse. Cela permettra de substituer environ 50 TWh, soit 80% du carburant.
Les voitures électriques sont importantes pour l'avenir de l'alimentation en électricité, car leurs batteries leur permettent de faire tampon avec l'injection d'électricité solaire et de stabiliser ainsi le réseau électrique à domicile. A l'avenir, les voitures électriques pourront également réinjecter de l'énergie et de la puissance en grande quantité dans le réseau lorsque cela sera nécessaire. En 2035, cette injection devrait avoir le potentiel de remplacer une centrale nucléaire entière (Gösgen ou Leibstadt) pendant environ 50 heures. Les voitures électriques sont une partie de la solution, pas du problème.
La mobilité électrique réduit pratiquement à zéro les émissions de CO₂ lors de la conduite des voitures, alors que celles-ci représentent aujourd'hui environ un tiers de la charge totale.