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|Résumé|| |
Les économistes postulent souvent que le progrès technique polarise
la structure professionnelle, puisqu’il crée surtout des emplois aux extrémités du marché du travail, tout en vidant la classe moyenne de sa substance. Du point de vue théorique, cette thèse ne résiste pas à l’analyse, car la « classe moyenne » était considérée historiquement comme le milieu hiérarchique de la société, et non comme son milieu arithmétique. Les données empiriques réfutent elles aussi la thèse de la polarisation. Comme le montrent les recensements de la population de 1970 à 2010 et l’Enquête suisse sur la population active de 1991 à 2016, ce sont surtout des postes très qualifiés – cadres, responsables
de projets, programmateurs et enseignants – qui ont été créés ces dernières décennies. Sur la même période, de nombreux emplois faiblement qualifiés ont disparu dans l’agriculture, l’industrie et le « back office ». Les mutations structurelles n’ont ainsi pas érodé la classe moyenne, mais éclairci les rangs des ouvriers et des employés de bureau.