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Au cours des siècles, notre région a connu diverses appartenances ou occupations. Après avoir été savoyarde au temps de l’Escalade et bien avant et après cet évènement référentiel ; après avoir été française sous Napoléon, de 1792 à 1814, notre commune est à nouveau savoyarde jusqu’en 1816, à la suite de la chute de l’empereur français. Entre temps, notre région a subi les occupations bernoises à l’époque de la Réforme et autrichiennes à la fin des guerres napoléoniennes. Le Traité de Turin du 16 mars 1816 imposa à la Savoie la cession des territoires dits des « Communes réunies ». Le 24 octobre 1816, à Carouge, jusque-là savoyarde, se déroulèrent les fêtes du transfert dans une ambiance des plus moroses. C’est ainsi que la commune de Compesières entra dans le giron du canton de Genève et de la Suisse.
Trente-cinq ans plus tard, le 16 juin 1851, naissait la commune de Plan-les-Ouates.
Une naissance qui, comme toutes les naissances, ne s’est pas effectuée sans douleurs ni sacrifices. Economie et politique ont joué un rôle prédominant dans le processus qui a conduit à cet évènement marqué, à l’origine, par la séparation d’avec la commune mère de Compesières. Cette séparation a été l’aboutissement logique d’une longue suite de querelles au sujet de la jouissance des revenus des biens ou fonds communaux de l’ancienne commune et des rivalités de diverses personnalités influentes. Toute séparation est douloureuse. C’est souvent la seule solution pour apaiser un conflit.
Dieu merci, depuis cette époque, la paix est revenue et nous tissons des liens profonds d’amitié avec notre sœur voisine, la commune de Bardonnex, issue, elle aussi, de cette séparation.
La dénomination de la nouvelle commune, la nôtre, fut l’objet de nouvelles querelles internes. Le Conseil d’Etat y mit fin en imposant le nom de Plan-les-Ouates. A ce sujet, il est intéressant de savoir que ce nom - à l’orthographe souvent modifiée - désignait la vaste plaine, marécageuse et inculte, terrain de pâturages pour le bétail : le Plan-les-Ouates. Actuellement cette plaine, singulièrement réduite et fortement urbanisée, porte le nom de « Pré-du-Camp » en souvenir du champ de manœuvres et du campement des milices genevoises, terrains loués au canton de Genève, de 1819 à 1874. Seuls les tirs furent maintenus jusqu’en 1912. Aux environs de 1700, le village de Plan-les-Ouates s’appelait « Vers ». C’était un hameau avec quelques petits groupes de maisons (les mas) bâties le long de la route de Saint-Julien, côté Jura.
C’est donc la plaine qui a donné son nom au village puis à la commune.
C’est une affaire compliquée. On a beaucoup discuté de l’origine du nom de « Plan-les-Ouates ». Certains y ont vu une relation entre l’eau des marécages et les oies : la plaine des « Ouies » (oies). Explication abandonnée depuis lors. Plus probable, la filiation avec « Vuattes » dérivé du gothique « wato » (en allemand « watt » qui signifie eau). Cette solution a été longtemps considérée comme étant la seule valable jusqu’à . . . Expo 02/Onama (portraits filmés de 600 communes suisses/Arteplage-Yverdon). Là, la version « wato/eau » est balayée au profit de la version « whata/garde », empruntée au gallo-romain pour des raisons phonétiques et historiques. Plan-les-Ouates serait donc « la plaine du poste (ou des postes) de garde ». Une quatrième solution mettra-t-elle tout le monde d’accord ?
En langage héraldique, il se lit : « Coupé, au 1 d’azur à la croix de Malte d’or, au 2 d’or à l’épée haute de gueules ». En langage coutumier, c’est plus facile à comprendre : « Ces armes de composition furent adoptées par le Conseil municipal le 28 juin 1924 et approuvées par le Conseil d’Etat le 18 juillet 1924. Plan-les-Ouates a tenu, comme Bardonnex, à introduire la croix de Malte dans ses armes pour rappeler son ancienne union avec Compesières. L’épée rappelle à la fois le camp des milices genevoises au XIXème siècle dans la plaine de Plan-les-Ouates et les combats victorieux des Genevois contre les troupes du Duc de Savoie dans cette même plaine les 3 et 23 juin 1589 ».