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L'université anglaise de Cambridge a refusé de restituer à l'Australie des pièces et objets de la culture aborigène. La photo montre des objets du patrimoine australien exposés au Musée d'ethnographie de Genève (MEG) (photo prétexte).
KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI(sda-ats)
L'université anglaise de Cambridge a refusé de restituer à l'Australie des pièces et objets de la culture aborigène. Ils ont été ramenés au XVIIIe siècle en Grande-Bretagne par l'explorateur James Cook après son premier voyage à bord de l'Endeavour.
La requête émane de Rodney Kelly. Agissant au nom du peuple Gweagal, il réclame depuis novembre dernier la restitution de quatre lances qui figurent à l'inventaire du Musée d'archéologie et d'anthropologie de l'université de Cambridge.
Les lances, selon le musée, ont été saisies par Cook à la suite du premier contact mouvementé entre son équipage et les Aborigènes le 29 avril 1770 sur le rivage de Botany Bay, sur la côte orientale de l'Australie, sur le territoire de l'actuelle Sydney.
Deux autochtones brandissant des lances avaient tenté de s'opposer au débarquement des hommes de Cook. Un marin avait tiré un coup de mousquet, blessant l'un d'eux, puis l'explorateur avait saisi ces pièces.
Les lances, de même qu'un bouclier confié au British Museum, sont considérés comme symbole du premier contact entre les Britanniques et les Aborigènes et de la résistance opposée par ces derniers à la colonisation.
Préjudice considérable
Dans un communiqué adressé samedi à Reuters, la direction de l'université de Cambridge explique que "retirer des éléments de la collection Cook-Sandwich, qui est d'une grande importance historique, scientifique et pédagogique, sur le plan national comme international, causerait un préjudice considérable en privant la collection de son intégrité".
L'établissement ajoute que la demande soumise par Rodney Kelly n'offre aucune garantie concernant leur stockage et leur préservation en cas de restitution.
Cambridge doute enfin que Kelly soit habilité à se poser en représentant de la communauté Gweagal.
"Qu'ils essaient de recourir à cette tactique pour me discréditer, moi et mon histoire, me met en colère", a dit ce dernier à Reuters. Rodney Kelly dit être un descendant direct du guerrier gweagal Cooman, celui qui aurait été blessé par le coup de feu.
L'an dernier, le Sénat australien et le Parlement régional de l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud ont adopté des résolutions appuyant sa démarche.
ATS