Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06972.jsonl.gz/688

LA FERBLANTERIE MISE EN PRATIQUE ...
Les tôles minces et leur façonnage
La définition générale du fer-blanc est «une tôle mince, recouverte d'une couche d'étain», ou, plus précisément, «une tôle d'acier doux, laminée et recuite, puis relaminée à froid avant d'être décapée et étamée».
On appelle ferblantier (tinsmith), l'ouvrier qui, à l'origine, limitait son travail au façonnage du fer-blanc. De nos jours, il est contraint, à l'occasion, de travailler des tôles de toutes sortes.
Ces tôles comprennent non seulement l'acier en feuilles étamé, mais encore la tôle galvanisée, l'aluminium, l'acier inoxydable et plusieurs tôles faites d'alliages divers.
Les tôles (sheet métal) se présentent sous plusieurs formats, et sous diverses épaisseurs. Celles-ci sont identifiées par des nombres. Ainsi, l'on parle d'une tôle jauge 28—jauge 24, etc. Plus élevé est le nombre, plus mince est la tôle qu'elle désigne. Le ferblantier ordinaire est appelé à travailler les tôles de fer noir ou galvanisé, plus que n'importe quelle autre, et c'est pourquoi nous allons d'abord nous occuper de ces dernières.
PLIAGE DES TÔLES
Bien qu'un grand nombre de plis servent à joindre entre elles les tôles, les trois plus communs et aussi les plus utiles à connaître sont sans contredit les suivants:
- le joint à recouvrement simple (lap seam)
- le joint rainé (grooved seam) ;
- le joint ou pli droit (standing seam).
Le plus facile à obtenir est le joint simple à recouvrement. Il suffit de faire chevaucher deux feuilles l'une sur l'autre et de les assujettir dans cette position soit au moyen de rivets, soit par le brasage ou la soudure. Si le joint est appelé à subir certaines tensions il sera préférable de le river s'il doit être étanche, on le soudera. Il suffit, dans un cas comme dans l'autre, de laisser suffisamment de métal en coupant les feuilles pour leur permettre de chevaucher, c'est-à-dire de se recouvrir assez loin pour faire le joint.
Fig. 1.— Les trois étapes d'un agrafage simple formant un joint rainé.
Le joint rainé ou agrafe fermée (grooved seam) est commode pour l'assemblage des tuyaux à air ou à fumée, ainsi que de certains contenants et réservoirs. Notre figure 1 fait voir les trois étapes à suivre pour obtenir ce joint. Vous commencez par plier les bords de chaque feuille de tôle comme l'indique le croquis A. Ce pli est généralement effectué à l'aide d'une plieuse ou agrafeuse (bar folder).
Voici maintenant de quelle manière on doit calculer l'excédent de longueur qui permettra l'agrafage normal d'un joint rainé:
Fig. 2.
A) Fraise à rainer et manière de s'en servir.
B) Plieuse à main qui à défaut d'une plieuse mécanique, peut servir à façonner, cintrer et plier les bords des tôles que l'on veut agrafer.
Calculez la largeur du joint et multipliez cette largeur par trois afin de connaître l'excédent de tôle qui servira à le former;
La moitié de cet excédent sera alors répartie entre chacun des deux bords que vous devez agrafer;
Réglez alors la plieuse à la largeur du joint moins une épaisseur de la tôle.
Une fois les plis faits, vous agrafez les deux plis ouverts comme le fait voir le croquis B de la figure 1; le joint est alors prêt à être rainé ou fermé comme le montre le croquis C. Cette dernière opération s'exécute à l'aide d'une fraise à rainer (hand groover), d'un marteau à river et d'une bigorne. (Fig. 2). Vous placez le joint sur une bigorne de conformation appropriée puis, plaçant la fraise à rainer directement sur le joint, vous la frappez avec le marteau jusqu'à ce que le joint soit parfaitement scellé. Vous obtiendrez un meilleur résultat si un aide peut tenir l'assemblage de tôle sur la bigorne de façon que vous puissiez rainer le joint bien serré.
On doit continuer à rainer le joint sur toute sa longueur et faire attention de ne pas couper le métal en martelant trop vigoureusement la raineuse.
Le pli droit (standing seam) est souvent utilisé pour joindre deux sections de tôles. On verra en figure 3 les diverses étapes à suivre pour obtenir ce pli. Lorsqu'il s'agit de joindre deux tôles horizontales, on a recours à la plieuse pour les courber; par ailleurs, si le joint est fait à l'extrémité d'un cône ou d'un cylindre, on utilisera une rabatteuse à molettes (burring machine) du type que fait voir notre figure 27.
Fig. 27.— Machine rotative de ferblantier, munie de ses galets ou molettes à border
Fig. 3.— Plis droit servant à l'agrafage des tôles. A noter la répartition des excédents de tôle à chaque bord préalablement au pliage.
On observera la répartition des excédents de tôle nécessaires à la réalisation de ce joint: les deux tiers vont à un morceau et l'autre tiers à la tôle opposée. La longueur de chacune des sections A et B est la même, tandis que la longueur de C est inférieure d'une épaisseur de la tôle à celle de A.
Si l'on veut «brocher» une tôle, on peut en enrouler le bord autour d'un fil de fer ou d'une tige d'acier. Le métal est d'abord courbé à angle droit à l'aide d'une plieuse — ou même à la main — en ayant soin de laisser un dressant haut de deux fois et demie le diamètre de la tige ou du fil de fer.
La figure 4 fait voir la façon de poser ce bordage à la main, à l'aide d'un maillet. La première étape consécutive au pliage consiste à rabattre la tôle sur le fil de fer soit en se servant d'un maillet, soit à l'aide d'une machine à border au fil de fer.
Fig. 4.— Bordage d'une tôle au fil de fer.
Un bordage en fil de fer est un excellent moyen de renforcir le bord d'une surface de tôle. Il en existe deux autres: le premier consiste à replier simplement ce bord ; le second à y faire un double pli. Ces deux techniques sont clairement expliquées par notre figure 5; elles sont faciles à obtenir au moyen de la plieuse à tôle.
Fig. 5.— Bords renforcis au moyen de plis simple ou double.
Sectionnement et pliage des tôles
es tôles sont coupées ou sectionnées à l'aide de divers outils. Elles arrivent des laminoirs en formats variables et il appartient au ferblantier de leur donner la coupe et la forme qu'il désire au moyen de cisailles à main ou mécaniques.
On verra aux figures 6 et 7 plusieurs types de cisailles à main (hand snips).
Fig. 6.— Cisailles à tôle de divers types
Fig. 7.— Autres types de cisailles.
Ce sont des ciseaux très forts dont les lames sont droites ou cintrées. On se sert des cisailles à lames droites pour effectuer les coupes rectilignes ou les coupes circulaires de grand rayon.
Les cisailles à lames cintrées servent exclusivement aux coupes de formes circulaires, elliptiques, spirales, etc.
Enfin, les cisailles combinaison et les cisailles à courtes branches permettent de couper des cercles beaucoup plus petits que n'importe quel autre type de cisailles à tôle.
Fig. 8.— Bonne manière d'utiliser une cisaille à tôle.
Venons-en maintenant aux cisailles mécaniques. Voici d'abord une cisaille d'équarrissage à pédale (foot squaring shears). (Figure 9).
Fig. 9.— Cisaille d'équarrissage à pédale.
Cet appareil peut sectionner, complètement et d'un seul coup, des tôles assez épaisses et d'une surface de dimensions moyennes. Il ne serait cependant pas prudent d'essayer d'y couper celles dont l'épaisseur dépasse la jauge 16 (.062 de pouce). Cette cisaille est munie de butoirs-guides, à l'avant et à l'arrière, ainsi que de butoirs latéraux (side guides);
les premiers sont sur coulisses, donc réglables, tandis que les autres sont fixés perpendiculairement aux lames, ce qui permet à l'ouvrier de couper la tôle à angle droit.
D'habitude, la feuille de tôle à sectionner s'insère par le devant de la cisaille, sous la lame, Mais s'il faut couper une courte lisière à même une longue feuille, il est préférable d'insérer cette dernière par l'arrière de l'appareil, la partie la plus longue de la feuille se trouvant ainsi du côté opposé et laissant à l'ouvrier une plus grande liberté dans ses mouvements.
Les butoirs-guides sont faciles à régler. Si la feuille est insérée par l'arrière, on se sert du guide avant et vice-versa. La feuille doit s'appuyer contre l'un ou l'autre des guides placés à l'avant et à l'arrière, ainsi que contre l'un ou l'autre des guides latéraux si l'on veut obtenir une coupe parfaitement d'équerre.
Fig. 10.— Principe de la cisaille à guillotine à pédale.
Ces cisailles à pédale sont généralement munies de dispositifs protecteurs qui empêchent l'ouvrier distrait d'introduire la main entre les lames. (Fig. 10). Quand la cisaille fonctionne, on veillera à écarter tout corps étranger (règle métallique, poinçons, etc.) du chemin de la lame car en les atteignant, elle serait sérieusement endommagée et le mécanisme de l'appareil pourrait en être irrémédiablement faussé.
N'oubliez pas que la meilleure manière d'accomplir un travail est la manière prudente. Les cisailles à pédale exécutent un très bon travail d'équarrissage. Mais comment arrive-t-on à découper dans la tôle certains tracés irréguliers ? La cisaille mécanique à guillotine, mue électriquement, satisfait on ne peut mieux à cette exigence. Pour utiliser la cisaille électrique, on n'a qu'à placer le bord de la tôle entre les lames, à mettre le courant puis à guider la machine le long de la ligne de coupe.
Fig. 11.— Cisaille électrique dite "Unishear".
L'appareil que fait voir notre figure 11 porte le nom d'«Unishear» et peut sectionner les tôles de jauge 18.
L'autre cisaille à guillotine, que fait voir notre figure 12, est actionnée à la main selon un principe analogue à celui des cisailles ordinaires, mais à l'aide d'un levier plus ou moins long qui permet d'appliquer une grande force à la lame et de sectionner des tôles proportionnellement plus épaisses.
Fig. 12.— Cisaille à levier, fonctionnant à la main.
Le procédé le plus rapide pour percer des trous dans la tôle consiste à se servir d'un emporte-pièce (punch). La figure 13 nous fait voir un emporte-pièce combiné avec une cisaille à levier.
Flg. 13.— Emporte-pièce à commande par levier, muni d'une cisaille.
Cette machine ne peut toutefois percer que des trous d'un diamètre limité. Pour les trous plus grands, on a recours aux outils pivotants (n'y cutters) et à la scie emporte-pièce (hole saw) que fait voir notre figure 14.
Fig. 14.— Outil pivotant, scie emporte-pièce et coupe-joints.
Les outils pivotants peuvent se prêter au percement de trous de divers diamètres. Les scies emporte-pièce ne peuvent, chacune, percer qu'un diamètre donné, mais on peut les obtenir par trousses comprenant un nombre considérable de diamètres.
En vous servant de ces outils, assujettissez solidement le métal à percer et ne manquez pas de placer en dessous un bloc de bois franc. L'oubli de ces précautions élémentaires aura souvent pour conséquence des accidents qui pourront vous causer de graves blessures.
PLIAGE MANUEL DES TÔLES
Même en l'absence de toute machine, on peut très bien réussir à courber la tôle pour y former divers plis, rainures et bordages.
A cette fin, on peut se servir de bigornes, de blocs de bois, d'un étau ou même simplement du bord de l'établi. Le formage du métal à la main n'est pas toujours facile, cependant, et il est bon de connaître comment se comportent les tôles sous l'action du martelage et du pliage si l'on veut éviter que les feuilles ne vallonnent, ne se plissent ou acquièrent quel qu’autre défaut de surface. L'emploi d'un maillet au lieu d'un marteau contribuera beaucoup à éliminer la plupart de ces défauts.
Les bigornes (stakes) sont les enclumes du ferblantier. En se servant de marteaux, de maillets, de fraises à rainer, il est possible d'accomplir un nombre inimaginable d'opérations sur ces instruments. Les formages tubulaires et coniques, les brides, dressants et plis, ainsi que le rivetage et le martelage, ne représentent qu'une partie de ce qu'un bon ferblantier peut accomplir à l'aide de ses bigornes. La figure 15 en fait voir un assortiment assez complet.
Fig. 15.— Divers types de bigornes et tasseaux.
La bigorne conductrice, pourvue de deux enclumeaux cylindriques d'un diamètre différent, sert à former et à rabattre les joints sur des tuyaux et autres objets cylindriques.
La bigorne ou enclumeau à corne (beak-horn stake) sert à diverses fins, entre autres pour le rivetage, le formage des surfaces rondes ou cylindriques, le pliage, le rabattage des joints d'angles, etc. Elle est pourvue d'un enclumeau conique à l'une de ses extrémités et d'une surface plane à l'autre.
La bigorne creuse à mandrin (hollow mandrel stake) est utile lorsqu'il s'agit de former ou de cintrer des tuyaux et aussi pour rabattre les joints. Elle est formée d'une plaque rectangulaire et d'une extrémité plus longue, à rainure en T qui permet de l'assujettir à l'établi en diverses positions.
La bigorne à tranchet (hatchet stake) est formée d'une arête verticale, en acier trempé. On s'en sert pour plier les angles aigus dans la tôle et pour en rabattre les bords.
Une enclumette à toutes fins est la bigorne carrée qui se présente en trois formats différents. Ses bords chanfreinés favorisent le travail en retrait à certains angles.
Dans la bigorne moule-à-chandelle (candlemold stake) le bec de l'enclumette est long et effilé, permettant le formage et le dressage de divers travaux en tôle.
On se sert de la bigorne à foncer (bottom stake) pour rabattre les agrafages circulaires dans les travaux cylindriques.
La bigorne à crêper ou plisser la tôle (creasing stake) est pourvue d'un enclumeau ondulé qui permet d'onduler les tôles et, en outre, d'une corne ordinaire arrondie et conique.
Une bigorne à rainer (seaming stake) trouve son utilité lorsqu'il s'agit de border le fond des vases en tôle.
QUELQUES OPÉRATIONS DE PLIAGE À LA MAIN
Les quelques figures qui suivent nous font voir l'application des principes du pliage manuel des tôles ainsi que les bigornes à employer dans chaque cas.
Si l'on veut cintrer une feuille de métal afin de lui donner une forme cylindrique, par exemple une virole ou feuille de tuyau, il faut se servir de la bigorne creuse à mandrin. On place l'une des extrémités de la feuille sur la bigorne en se servant de la main gauche, tandis que, de la main droite, on commence à marteler la tôle comme le montre la figure 16A.
Fig. 16.— Pliage d'une feuille sur la bigorne creuse à mandrin.
Puis, tenant la feuille en travers de la bigorne comme le montre la figure 16B, on la plie avec la main gauche. Enfin, on déplace la feuille vers la droite pour continuer le cintrage. L'opération est répétée tant que la feuille n'épouse pas la forme d'un cylindre entourant la bigorne. Pour obtenir une petite virole on utilise plutôt la bigorne conductrice ou un bout de tuyau.
Si vous ne disposez d'aucune plieuse au moment où il vous faut obtenir un pli à angle droit servez-vous de la bigorne à tranchet et opérez comme le montre la figure 17.
Fig. 17.— Pliage d'une feuille sur la bigorne à tranchet.
La ligne sur laquelle le pli doit passer sera placée de manière à coïncider avec l'arête supérieure de la bigorne. Tenez la tôle fermement d'une main tandis que, de l'autre, vous rabattrez l'autre section à l'angle désiré. Complétez l'opération en martelant au maillet sur l'enclumeau rectangulaire à corne l'angle formé, afin de l'égaliser.
Pour transformer une pièce de tôle en cône, servez-vous de la bigorne moule-à-chan-delle. Commencez le formage au maillet comme le montre la figure 18A, puis, retenant la partie un peu cintrée par le maillet sur la bigorne comme le montre la figure 18B, vous exercez une pression de la main gauche afin de continuer le cintrage. Continuez cette opération tant que vous n'aurez pas obtenu la forme conique désirée.
Fig. 18.— Formage d'un cône en tôle sur la bigorne moule-à-chandelle.
Pour éviter qu'il ne se forme des faux plis dans la tôle, exécutez le formage en la berçant sur l'enclumeau. En y mettant un peu de temps et d'attention, vous obtiendrez un travail bien réussi.
S'il s'agit de plier de petits morceaux de métal, on peut se servir d'un étau comme le montre la figure 19.
Fig. 19.— Pliage d'une petite tôle au maillet, entre les mâchoires d'un étau munies de mordaches.
On place la tôle entre deux mordaches de bois que l'on insère dans l'étau, puis on martèle la partie supérieure de la tôle à l'aide d'un maillet jusqu'à ce qu'on obtienne l'angle désiré.
Pour obtenir un angle arrondi, il suffit de raboter la partie interne de l'une des mordaches pour lui donner le même rayon que devra avoir la tôle une fois cintrée.
Les marteaux de mécanicien, à panne ronde, et tous les autres marteaux en métal ont tendance à marquer et à bosseler la surface des tôles, surtout des tôles faites d'aluminium. Servez-vous toujours d'un maillet de bois pour vos façonnages et formages. Comme mesure supplémentaire de précaution, il n'est pas mauvais de couvrir la face du maillet ou de la tôle de ruban cellulosique.
Enfin, lorsque vous devez plier une feuille de métal sans avoir recours aux machines, vous pouvez utiliser le bord de votre établi ou encore deux planchettes retenues par des serre-joints, à la condition que ces surfaces soient bien lisses et bien propres. Dans l'un et l'autre cas, vous procédez de la même manière. Marquez la position du pli sur la feuille, placez cette ligne sur l'angle que forme le bord avec le dessus de l'établi, ou entre des planchettes, parallèlement à l'un de leurs bords. Dans un cas comme dans l'autre, le pli sera effectué au maillet comme le montre la fig. 20.
Fig. 20.—Pliage d'une tôle sur le bord de l'établi à l'aide de planchettes protectrices.
PLIAGE À LA MACHINE
Comme on vient sans doute de le constater, l'une des opérations les plus fréquentes de la ferblanterie consiste à plier les tôles. Qu'il s'agisse de former un pli droit ou couché, de remployer un bord ou de le courber à quel qu’angle que ce soit, il vous faut assujettir solidement le métal pour que la forme désirée se dessine à l'endroit voulu.
À cette fin, on utilise deux types différents de machines. L'une, appelée plieuse de bords ou agrafeuse (bar folder), limite la largeur du pli; l'autre, appelée plieuse de feuilles (brake), n'impose aucune limite à cette même largeur.
Fig. 21.— Divers plis exécutés avec une plieuse de bords ou agrafeuse.
Fig. 22.— Agrafeuse ou plieuse de bords.
La figure 21 nous montre divers plis effectués à l'aide d'une agrafeuse à main, munie de guides, et dont la figure 22 fait voir les détails de construction.
Cette machine plie ou cintre les bords d'une feuille de métal afin de former des plis droits, couchés, obliques ou arrondis, des bords simples ou doubles, ou encore elle roule ces mêmes bords pour y permettre l'insertion d'un fil de fer. Cette plieuse comporte deux ajustements: l'un détermine la largeur du pli, l'autre l'angle de ce dernier.
Les plieuses de bords sont de différentes capacités que déterminent la longueur et l'épaisseur de la feuille qu'elles peuvent ouvrer. La capacité en largeur varie de 20" à 40" ; la plupart peuvent sans effort plier des feuilles jaugeant 22 au maximum, et prennent une profondeur d'un pouce pour le pli. Ces machines sont munies de deux guides permettant d'incliner la tôle à 45° et 90° respectivement.
Un troisième guide, réglable à volonté, facilite l'inclinaison de la feuille à n'importe quel angle. On se sert de ces guides pour effectuer des plis d'un angle précis et afin de répéter la même opération un grand nombre de fois sans qu'elle accuse de variations.
Une plieuse de bords est facile à manœuvrer. Vous commencez par faire le réglage du guide qui déterminera la profondeur exacte de votre pli et qui se trouve sur le devant de la machine.
Ensuite vous réglez le guide, placé à gauche, qui déterminera l'angle de ce même pli. Enfin, à l'arrière de la machine, se trouve le levier dont l'ajustage donnera à votre tôle la courbure voulue. Avant d'entreprendre tout travail effectif, vérifiez si tous vos ajustements ont été faits comme il faut en vous servant d'un morceau de tôle de rebut. Si tout est normal, vous pouvez alors procéder.
Insérez la feuille aussi loin qu'elle se rendra sous le sabot de pliage (folding blade). Saisissez ensuite le métal et tenez-le fermement en place d'une main tandis que, de l'autre, vous actionnez la poignée de la machine. En tirant ferme sur celle-ci, vous obtenez le pli désiré. La distance que vous faites parcourir à cette poignée détermine l'angle du pli. Les arrêts du guide règlent cette distance et fixent d'avance l'inclinaison qu'aura le pli par rapport au reste de la feuille.
La figure 23 nous montre, en A et B, la marche à suivre pour effectuer le pliage du bord d'une feuille. Si vous désirez rabattre ou aplatir le pli pour obtenir un bord simple ou double, l'opération se fait en deux ou trois temps. Après avoir obtenu un pli droit ou légèrement incliné vers la feuille même, vous retirez la feuille de la plieuse et vous la placez sur le sabot de pliage, exactement comme le fait voir la figure 23C.
Fig. 23.— Trois étapes d'un pli rabattu pour former un bord simple avec l'agrafeuse.
En abaissant alors la poignée de la machine, votre pli s'aplatira et vous aurez un bord simple. Si vous voulez obtenir un rebord plus résistant et dépourvu de toute rugosité, vous doublerez ce pli pour obtenir un bord double.
Afin de rabattre les bords de feuilles plus grandes et d'obtenir des plis d'une profondeur accrue, on se sert de la plieuse de feuilles (cornice brake).
Actionnée à la main comme la précédente, cette machine est employée à peu près de la même manière. Son mécanisme et son fonctionnement diffèrent toutefois, comme on pourra s'en rendre compte par la figure 24.
Fig, 24.— Plieuse de feuilles (comice brake).
Pour obtenir un pli avec cette machine, on insère d'abord la feuille de métal entre la mâchoire de fixation ou presse (upper jaw) et la mâchoire inférieure, puis on l'assujettit solidement à l'aide des leviers que fait voir la figure 24.
Ces leviers ont pour effet d'abaisser la mâchoire de fixation sur la tôle et d'y exercer une solide pression. On observera, dans le croquis du bas, la position du sabot de pliage (bending leaf) et, sur le croquis principal, celle des leviers qui servent à le mouvoir. En actionnant ces leviers vers le haut, vous obtenez un pli dont l'angle est déterminé par l'ampleur plus ou moins grande du mouvement. Vous noterez que deux balanciers, pourvus de poids ajustables, se trouvent fixés au sabot de pliage. Leur rôle consiste à faciliter le travail en atténuant l'effort de l'ouvrier.
La mâchoire supérieure, qui sert en même temps de presse, peut s'avancer ou se reculer de manière à régler le rayon de courbure du pli. Pour obtenir un pli strictement d'équerre, à arête vive, vous devrez rapprocher à tout juste une épaisseur du métal à plier cette mâchoire du sabot de pliage. En augmentant cette distance, le rayon de courbure s'arrondira proportionnellement. Chacun des leviers de la mâchoire supérieure fera mouvoir celle-ci pour assujettir la feuille en place ou la relâcher. Ces leviers sont indépendants l'un de l'autre, de sorte qu'un homme peut, sans aide, actionner l'appareil.
On s'abstiendra de plier du fil de fer, des tiges d'acier ou des feuilles de tôle où se trouvent déjà des joints rabattus en se servant de cette machine dont la mâchoire de fixation et le sabot de pliage seraient faussés par une telle imprudence, de même que ses guides et autres dispositifs de réglage.
Ces plieuses ont une capacité de feuilles allant de 3' à 12' de longueur par une épaisseur des jauges 22 à 12.
Lorsque vous devez exécuter un travail comportant diverses profondeurs de plis, il vous faut employer une plieuse à casseroles (box and pan brake). (Fig. 25).
Fig. 25.— Plieuse à casseroles (Box and Pan brake).
C'est une adaptation de la machine précédemment décrite, mais où la mâchoire de fixation est constituée de plusieurs sections amovibles (clamping fingers). Ces sections doivent être parfaitement alignées avant que l'on s'aventure à actionner la machine. Si, par accident, quelques-unes de ces sections se trouvaient trop avancées, elles s'enfonceraient dans le sabot de pliage et pourraient sérieusement endommager celui-ci.
Avant de procéder au rabattage de n'importe quel travail sur une plieuse vous devez soigneusement vérifier le rayon de courbure que vous voulez obtenir en vous servant d'une tôle de rebut pour fins d'expérimentation. Ce rayon est réglé, nous l'avons vu, par la position qu'occupe la feuille à plier par rapport aux mâchoires de l'instrument, et il détermine la profondeur du pli ou du rebord que l'on obtiendra.
Si, faute d'avoir attentivement réglé votre machine, le travail est mal plié vous aurez perdu non seulement le temps passé à faire le calcul du métal à laisser dans le ou les plis, mais encore le métal lui-même. En effet, une feuille pliée ne peut à peu près plus se rectifier ou se plier correctement — et ceci s'applique en particulier aux feuilles en alliages d'aluminium.
La plupart des machines à plier sont pourvues de diverses barres ou gabarits de rayons (radius bars) qui permettent d'obtenir les courbures que l'on veut. Lorsqu'on ne dispose pas de ces gabarits ou mandrins de courbure, on peut se servir de plusieurs épaisseurs de tôle qui, ajoutées à la mâchoire de fixation, permettront d'obtenir le rayon de courbure désiré.
En ce cas, toutefois, il faudra effectuer plusieurs essais, en augmentant ou diminuant le nombre de feuilles ainsi placées, avant d'obtenir le rayon que l'on veut; si le nombre de plis à faire est important, ces expériences devront toutes être effectuées sur du métal de rebut avant que l'on procède pour de bon.
On peut voir en figure 26 la manière de fixer un mandrin à la mâchoire supérieure d'une plieuse afin d'obtenir une courbure plus arrondie, tout en empêchant le glissement de la feuille insérée entre les mâchoires. Après avoir effectué les calculs nécessaires quant à la largeur du pli et inscrit les marques sur la feuille, on place celle-ci entre les mâchoires de la plieuse de façon que la ligne du pli s'aligne avec le nez ou rond du mandrin.
Fig. 26.— Courbure arrondie d'une feuille de tôle sur la plieuse.
Quelques travaux pratiques de ferblanterie
Qu'il s'agisse de pliage, de roulage, de bordage, de cannelage, de crêpage ou de toute autre opération concernant le travail des tôles, vous n'obtiendrez de bons résultats qu'en réglant judicieusement vos machines et en procédant avec la plus grande application.
Un simple réglage à peu près ne suffit pas — vérifiez-en la précision.
En outre, contrôlez cette précision en vous servant, comme pratique, d'une tôle de rebut de même épaisseur et d'un métal identique à celui qu'il s'agit de façonner. Vous vous épargnerez de la sorte beaucoup de temps et vous préviendrez le gaspillage des matériaux appartenant à votre employeur.
Lorsque vous travaillez les tôles galvanisées, allez-y en douce. Si vous traitez ces feuilles avec trop de rigueur, la couche de zinc qui les protège s'écaillera et se détachera de la tôle qui, n'étant plus recouverte, deviendra une proie facile pour la rouille.
Ayez soin de voir à ce que vos machines rotatives, plieuses, rouleuses, cisailles et autres appareils soient tenus propres et bien huilés. Évitez d'employer toute machine à des usages qui y laisseraient des égratignures, encoches ou rayures. A l'aide d'un chiffon imprégné d'huile, essuyez de temps à autre les surfaces privées de peinture; vous éviterez ainsi que la rouille ne les corrode.
NERVURES ET RENFORTS
Les bords des articles faits de feuilles métalliques doivent être rabattus ou façonnés de manière à en éliminer les bavures et à en renforcir la structure. La figure 39 nous montre un aspect de ce procédé.
Les plis simples (single hems) qui servent à renforcir les tôles peuvent se faire à la main, en utilisant un maillet et une bigorne, ou encore à la plieuse. Cette dernière sert principalement à rabattre les bords droits. S'il s'agit d'un bord courbe ou circulaire, on le commence sur la machine rotative à rabattre pour le finir à la main.
Sur la plieuse, le bordage des tôles s'exécute comme le fait voir la figure 39.
Fig. 39.— Divers plis servant de renfort.
Après avoir réglé la machine d'après la profondeur du pli que l'on veut obtenir, on y place la feuille et on relève le sabot de pliage aussi haut qu'il peut aller.
La feuille est alors retirée de la machine et l'on met le pli sous la presse ou mâchoire de fixation qui finit de le rabattre de la manière que montre le croquis B de la figure 39.
Ce pli est plus résistant qu'un pli aplati, d'abord à cause du ourlet qu'il forme, ensuite parce que le métal, n'étant pas outre-mesure étiré, conserve toute sa force.
On obtient un pli double en repliant simplement la tôle par-dessus un pli simple. Le pli double est beaucoup plus résistant qu'un pli simple et offre en outre l'avantage de ne présenter aucune arête coupante ou rugueuse.
Fig. 40.— Autres procédés servant à renforcir les bords ou les surfaces d'une tôle
Notre figure 40 montre un grand nombre d'autres procédés dont on se sert pour renforcir les bords aussi bien que la surface même des tôles.
Lorsqu'il s'agit de border une tôle au fil de fer de la «brocher» comme on dit au Canada, il faut allouer 2 fois et demie le diamètre du fil de fer comme excédent sur les tôles minces et un peu plus sur les tôles plus lourdes.
Lorsqu'ils sont exécutés avec soin, ces bordages forment des contours robustes et bien lisses.
Le métal doit toujours enrober complètement le fil de fer et y adhérer partout; le meilleur moyen d'obtenir ces résultats consiste à employer les molettes à «brocher» d'une machine rotative.
Fig. 41.— Traçage et pliage d'une tôle pour le "brochage"
Un autre moyen consiste à poser le fil de fer à la main en utilisant le procédé que fait voir notre figure 42.
On se sert, en l'occurrence, d'une pince pour tenir le fil bien serré contre la tôle et aussi afin de se protéger les doigts.
Fig. 42.— Posage du fil de fer à la main. ("Brochage").
Fig. 43.— "Brochage" d'une boîte de fer blanc.
Pour effectuer le «brochage» d'un objet rectangulaire, on peut préalablement courber le fil de fer dans un étau et ensuite le poser autour des bords en se servant d'un maillet, si l'on ne dispose pas d'une machine rotative. Les diverses étapes de cette opération sont clairement illustrées par notre figure 43.
JOINTS ET AGRAFAGE
Les tôles sont généralement réunies à l'aide de joints et par agrafage. Les joints doivent être assujettis au moyen de rivets, boulons, vis à tôle, ou par soudage. Par ailleurs, les bords rabattus peuvent s'agrafer et n'exigent, de ce fait, aucun dispositif spécial de fixation. Il importe de bien calculer l'excédent de métal nécessaire pour former joints et agrafes de manière que les surfaces finies aient les dimensions exactes que l'on veut obtenir.
Fig. 44.— Joints à recouvrement.
La figure 44 nous montre trois variétés de joints à recouvrement (lap seams) qui peuvent être soudés, brasés, rivetés ou retenus par des vis à tôle. On trouvera plus loin, dans cet ouvrage, la technique de la soudure et du brasage, de même qu'un grand nombre de procédés de rivetage.
Les joints à recouvrement réunis au moyen de rivets sont beaucoup plus résistants que les joints soudés à l'aide des soudures douces.
On se sert à cette fin de rivets de ferblantier à tête plate qui doivent être soigneusement tirés au moyen d'un outil spécial appelé bouterolle à main (rivet set) (fig. 45), puis refoulés comme le montre les croquis du haut, dans notre figure 46.
Fig. 45.— Rivets de ferblantier et bouterolle à main.
Fig. 46.— Rivetage des joints à recouvrement.
Si vous n’avez jamais examiné une boîte de conserve, vous vous êtes sans doute aperçu que le fabricant n'y emploie aucun rivet. Ces boîtes sont assemblées par agrafage. Le même procédé sert à l'assemblage des canistres, bidons, tuyaux à air et à fumée, etc.
La première chose à faire pour former un joint rabattu ou couture rainée (grooved seam) consiste à munir les deux extrémités que l'on veut joindre de plis ouverts (open hems). Comme le montre le croquis du haut, dans notre figure 47, l'un de ces plis est tourné d'un côté de la feuille, tandis que l'autre est rabattu du côté opposé. Ces deux plis sont ensuite agrafés l'un à l'autre et aplatis d'abord à l'aide d'un maillet, puis rainés à l'aide d'une fraise à rainer (hand groover) pendant que l'assemblage repose sur une bigorne. Les grands ateliers sont munis de machines spéciales à rainer.
Si le joint doit être étanche à l'air ou à l'eau, il est ensuite soudé. On doit allouer de 2 fois et demie à 3 fois la largeur du joint en métal supplémentaire si l'on veut obtenir des dimensions précises (Voir 2, figure 47).
Fig. 47.— 1.—Plis ouverts, opération préalable à l'agrafage. 2.—Agrafage des extrémités. 3.—Joint raine.
LES PLIS DOUBLES
Ce sont les plis doubles ordinaires qui servent surtout dans l'assemblage des fonds circulaires de contenants comme les seaux, bidons, bassins et boîtes. La figure 48 nous montre les quatre étapes à suivre pour obtenir ces plis, qui forment en l'occurrence une agrafe double (double seam).
Il faut laisser du jeu, un espace libre, pour permettre aux plis de se former comme il faut. Ainsi, l'espace libre indiqué par la flèche, au croquis 3, est très important si l'on veut obtenir un bon résultat. Cet espace doit correspondre à un peu plus que l'épaisseur du métal, faute de quoi le métal se fendillera et l'agrafe ne formera pas un joint satisfaisant.
Fig. 48.— Agrafe double et les diverses opérations à réaliser pour l'obtenir.
Pour constituer le fonds des contenants cylindriques ou coniques, on utilise des disques bordés à la machine rotative.
La figure 49 nous montre comment le fond et le cylindre doivent être préparés à cette fin.
Fig.49 - Opérations préparatoires à la pose d'un fond circulaire
Une fois que le cylindre a été placé dans son fond, le bordage de ce dernier est rabattu sur celui du cylindre, comme le montre la figure 50A, et serti au moyen de molettes comme le fait voir le croquis B. Un joint de cette nature peut être rendu étanche en procédant comme le montrent les croquis C, D et E.
Fig. 50.— Agrafe double retournée sur la bigorne à l'aide d'un maillet.
Enfin, certains travaux exigent un agrafage double du genre que fait voir notre figure 51.
Fig. 51.— Fond en retrait, posé entièrement de l'extérieur.
II est facile de constater que cet agrafage, pouvant s'exécuter entièrement du dehors, est surtout commode pour l'assemblage des fonds appliqués à de longs cylindres. La figure 52 fait voir la différence entre un pli simple et un pli droit (standing seam).
Fig. 52.— Pli simple et pli droit.
On utilise ce dernier sur une vaste échelle dans la confection des toitures métalliques.
Fig. 53.— L'agrafe de ventilation (Pittsburgh) et les différentes étapes de son exécution à la plieuse.
JOINTS SCELLÉS
Plusieurs autres types de joints s'adaptent à des fins spéciales. L'un d'entre eux est le joint dit Pittsburgh dont la figure 53 nous montre les différentes étapes et que nos artisans appellent une agrafe de ventilation. Ce joint scellé ne peut guère se faire qu'à l'aide d'une machine à plier les feuilles.
Fig. 54.— Quelques types d'agrafages angulaires pour soudure ou rivetage.
Les deux genres de plis que fait voir le croquis de gauche, dans notre figure 54, sont généralement scellés à l'aide de rivets et de soudure.
Par ailleurs, les trois assemblages que fait voir la même figure, à droite, exigent eux aussi un rivetage ou une soudure pour ne pas se disloquer. On les appelle joints en saillie (flanged joints).
Enfin, la figure 55 nous montre un assortiment de plusieurs autres modes d'assemblage pour les tôles. Les trois croquis du haut indiquent le mode d'assemblage bout à bout utilisé pour certaines sections cylindriques. Les autres servent surtout à l'assemblage des conduites d'air et des toitures en tôle.
Fig. 55.— Agrafes à coulisse et autres utilisées dans la confection des conduites et toitures.
Ces tôles étant généralement minces et faciles à plier, leur jonction s'accomplit sans difficulté au moyen de ces joints qui portent les noms populaires d'agrafes à coulisse (slip caps), de baguettes agrafées (drive locks) ou d'agrafages d'arête.
source: zpag.net