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Vue d'ensemble
Usage de cannabis largement répandu en Suisse et relativement stable depuis 15 ans
Le cannabis est de loin la substance la plus consommée parmi les substances illicites en Suisse. Sur la base des enquêtes auprès de la population, on peut supposer que presque un tiers des personnes âgées de 15 ans et plus a déjà expérimenté le cannabis. Environ 3% de la population rapporte un usage actuel ("au cours des 30 derniers jours"). Ceci correspond par extrapolation à environ 210'000 personnes qui consomment actuellement du cannabis.
Comme en Suisse, la plupart des pays européens ont connu une augmentation de l'usage de cannabis au cours des années 90, tandis que depuis, l'évolution semble varier selon les pays. Des données comparables relatives à cette évolution ne sont disponibles que pour les 15-64 ans. En Suisse, la part d'usagers actuels dans ce groupe d'âge n'a que peu varié au cours des 15 dernières années (1997: 3.4%, 2014: 3.8%), tandis qu'elle a progressé en France et diminué en Allemagne. Par rapport à la moyenne européenne, la part d'usagers actuels de cannabis en Suisse est plutôt élevée.
Il faut relever ici qu'on ne peut pas totalement exclure que ces chiffres soient sous-estimés, étant donné que des activités socialement sanctionnées peuvent être passées sous silence dans le cadre d'enquêtes téléphoniques.
Les jeunes et les hommes sont plus fortement concernés
En regardant ces résultats de plus près, on constate que la majorité des usagers actuels de cannabis se trouve parmi les moins de 35 ans et que ce sont principalement des hommes. Ainsi, selon les données les plus récentes, l'usage actuel est le plus élevé parmi les 15-19 ans avec 9.4% et est environ quatre fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes (resp. 4.9% et 1.2%). Les résultats de l'enquête HBSC menée tous les quatre ans depuis 1986 indiquent une augmentation spectaculaire de la prévalence à vie de l'usage de cannabis chez les jeunes de 15 ans dans les années 90, la valeur maximale ayant été enregistrée en 2002. On constate depuis une diminution, et ceci aussi bien chez les filles que chez les garçons.
Concernant la répartition au niveau des régions linguistiques, l'usage actuel est légèrement plus bas en Suisse italienne qu'en Suisse alémanique et romande (2014: resp. 2.1%, 3.0% et 3.3%).
Un tiers des consommateurs présente un usage problématique
On estime que la part des consommateurs problématiques dans la population suisse âgée de 15 ans et plus se situe entre 1.0% et 1.2%. Cela correspond à environ un tiers de l'ensemble des usagers de cannabis ou, par extrapolation, à environ 70'000 personnes. Des parts plus élevées d'usage problématique sont observables en particulier chez les hommes et les jeunes. Tout comme la prévalence à vie, la consommation problématique est relativement stable (15 à 29 ans 2004: 4.7%, 2012: 5.1%).
Augmentation de la demande de prise en charge
Contrairement à la situation relativement stable observée concernant les prévalences, on constate selon les données de la statistique des traitements du monitorage act-info que la demande de prise en charge psychosociale pour un problème principal de cannabis est en nette augmentation depuis 2006. Depuis 2009, le nombre de demandes se situe même en première position des problèmes liés aux substances illégales, dépassant les demandes liées à l'usage d'opioïdes. Cette augmentation peut vraisemblablement être attribuée à une offre de prise en charge mieux ciblée et une sensibilité plus élevée concernant les dangers liés à la prise de cannabis, même si l'influence d'un plus haut taux de THC n'est pas non plus exclue. Les décès directement attribuables à l'usage de cannabis sont considérés comme peu probables. Les maladies et hospitalisations sont aussi rarement directement imputables à l'usage de cannabis. Les maladies sont plutôt généralement associées au tabac qui est souvent mêlé au cannabis.
Les dénonciations pour consommation de cannabis ont également augmenté de manière continue entre 1990 et 2013. Le nombre de dénonciations a certes nettement diminué suite à la révision de la loi sur les stupéfiants du 1er octobre 2013, qui prévoit une amende de 100.- pour un consommateur adulte en possession de moins de 10 grammes plutôt qu'une dénonciation pénale. Toutefois, s'il on considère les amendes d'ordre, on constate que la hausse déjà observée par le passé se poursuit, ce qui indique un changement des réactions sociales concernant cette problématique, étant donné que la part des consommateurs est relativement stable.
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