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Les Epreuves du feu
1er Prix TELEFILMED 2008, Festival international des émissions médicales et des reportages médicaux télévisés d'Amiens
Une prise en charge très pointue
En Suisse, 11 lits sont dédiés aux grand brûlés,
répartis entre les hôpitaux univeristaires de Lausanne et de
Zurich [DR]
Les personnes qui sont brûlées au 2e et 3e degré sur plus de 20 pour cent de leur surface corporelle, qui sont atteintes au visage ou qui ont inhalé des substances toxiques répondent notamment aux critères d'admission dans un centre dédié aux grands brûlés. La Suisse dispose de 11 lits spécialisés répartis entre les 2 hôpitaux universitaires de Lausanne et de Zurich.
Un grand brûlé traverse, dans les premières heures qui suivent son accident, une sorte d'état de grâce où il n'a pratiquement pas mal, car les terminaisons nerveuses de la peau ont été détruites.
Dans les 48 heures qui suivent l'accident, un grand brûlé traverse une véritable tempête [DR] Mais dans les 48 heures qui suivent, le blessé va connaître une véritable tempête au cours de laquelle tous ses organes vont commencer à dysfonctionner, pouvant menacer gravement son pronostic vital. Les grands brûlés doivent ainsi bénéficier des techniques de réanimation les plus pointues. Les chirurgiens sont sollicités très rapidement pour éviter que les oedèmes et les tissus nécrosés ne viennent comprimer dangereusement certains organes. Les grands brûlés sont généralement plongés dans un coma artificiel afin de les laisser traverser cette première période critique le moins douloureusement possible.
Les différents degrés de brûlure
En cas de brulûre du 1e ou 2e degré superficiel, il y a
réparation spontanée grâce au cellules souches [DR]
La peau commence à être brûlée dès qu'elle entre en contact avec un objet ou une substance dont la température dépasse les 50-60 degrés. L'huile brûlante d'une friteuse atteint les 200 degrés. Un retour de flamme provoqué lors d'un rajout d'allume-feu sur un barbecue déjà chaud avoisine les 1200 degrés. Un courant électrique produit une chaleur variant entre 3'000 et 50'000 degrés! En une fraction de seconde la peau peut être profondément détruite.
Il existe 3 degrés de brûlures. Le premier degré c'est le simple coup de soleil qui n'affecte que la couche superficielle de l'épiderme. La rougeur disparaît spontanément après 4 jours. Les brûlures plus profondes, du 2ème degré superficiel touchent le derme. Comme il y a encore des cellules souches qui se trouvent dans les follicules pileux et dans les glandes sudoripares, la réparation se fait spontanément. Mais en cas de brûlure du 2ème degré profond ou du 3ème degré, il n'y a plus de guérison spontanée et les chirurgiens doivent intervenir.
Réparer grâce aux greffes
Si les surfaces non brûlées sont suffisantes, l'auto-greffe peut suffir à soigner la zone lésée [DR] Si les surfaces non brûlées sont suffisamment nombreuses, les chirurgiens prélèvent une fine couche de peau saine et la déposent sur la zone lésée. On appelle cette technique une auto-greffe. Lorsque les surfaces brûlées sont trop nombreuses, il y a possibilité de faire des cultures de cellules et de recréer de la peau en laboratoire. A partir d'une biopsie, des kératinocytes (cellules qui se trouvent dans l'épiderme) sont isolées puis mises dans un liquide nutritif . Elles sont placées dans un incubateur. En 15 jours on crée environ 0,3m de surface corporelle. On peut encore utiliser une autre forme de culture faite, cette fois, en mélangeant 2 types de cellules : les kératinocytes et les fibroblastes (cellules qui se trouvent dans le derme, donc dans des couches plus profondes de la peau). Cela se justifie lorsque les dommages sont très importants.
Quand la surface brûlée est trop importante, la culture
de cellules devient nécessaire [DR]
Ces cultures de cellules sont greffées directement sur la peau ou déposées sur de fines couches de bio-matériaux fabriqués par l'industrie (Integra ou autres).
De manière générale, les résultats de ces greffes sont bons, malgré le fait que cette nouvelle peau ne transpire pas et n'a pas de poils. Des travaux de recherche sont en cours pour arriver à recréer les glandes sébacées et sudoripares ainsi que les follicules pileux.
Un fois greffés, les grands brûlés doivent porter, des mois durant, des habits de compression ainsi qu'un masque conformateur pour le visage . Ils sont pris en charge par des physiothérapeutes qui leur proposent quotidiennement, et généralement pendant 2 ans, des séances qui évitent que la peau ne cicatrise et ne se redéveloppe de manière anarchique. Un travail qui exige une patience énorme!
Prise en charge de la douleur
Lors de l'accident, un grand brûlé ne ressent pas de douleur en raison de la destruction des terminaisons nerveuses [DR] Un grand brûlé n'a généralement pas mal lors de son accident vu qu'une grande partie des terminaisons nerveuses de sa peau ont été détruites. Mais rapidement les douleurs vont devenir très importantes. Lorsque le blessé sortira du coma artificiel dans lequel il a été mis les premiers jours, il va recevoir une très forte sédation à base d'opioïdes, comme la morphine. Les soins, les douches ou les changements de pansements se font sous anesthésie générale.
Pour apaiser la douleur, les soignants ont recours à de fortes sédations et, aujourd'hui, à l'hypnose [DR] Peu à peu, des séances d'hypnose sont aussi proposées. Le Chuv conduit depuis 2006 une étude pour voir si l'hypnose apporte une réelle amélioration dans le vécu de la douleur. Les premiers résultats semblent excellents. Les patients qui sont mis dans un état de conscience modifiée supportent nettement mieux la douleur physique et émotionnelle. Un atout non négligeable car les grands brûlés sont très souvent victimes d'angoisse, de dépressions ou de révolte.
Affronter le regard des autres
Affronter le regard des autres, étape la plus difficile psychologiquement [DR] Se regarder pour la première fois dans un miroir, voir ses plaies peut créer un choc psychologique important. Psychiatres, infirmières spécialisées et aumôniers aident le patient à traverser ces étapes douloureuses. Mais le plus dur reste à faire : sortir de l'hôpital et affronter le regard des autres. Suivant le degré de défiguration, la réinsertion dans la société sera plus ou moins facile. La brûlure est une blessure qui fait peur et bien des gens sont totalement effrayés lorsqu£ils croisent un grand brûlé. Certains brûlés géreront cette situation sans problème alors que d'autres resteront cloîtrés chez eux. Le président de l'association Flavie , Alexandre Dubuis, est en train de réaliser une thèse universitaire pour mieux comprendre ce phénomène.
La Suisse n'est pas prête à affronter une catastrophe qui impliquerait de nombreux grands brûlés
En cas de catastrophe impliquant de nombreux grands brûlés, la Suisse serait totalement dépassée [DR] Si un incendie se produisait dans une discothèque ou dans un tunnel comme celui du Gothard, qu'un attentat soit perpétré avec à la clé un nombre important de grand brûlés, la Suisse serait totalement dépassée. Il n'y a pas de plan catastrophe national "grands brûlés" établi pour l'organisation des secours et la prise en charge des blessés. Il serait quasiment impossible d'imaginer transférer des victimes vers des centres spécialisés en France ou en Belgique car ces derniers sont chroniquement saturés. La Suisse ne dispose que de 11 lits dédiés . Les médecins spécialisés en brûlologie appellent donc les politiques et les directeurs d'hôpitaux à réfléchir à un plan supra cantonal pour voir ce qu'il y aurait lieu de faire.
Interview de Marie-José Auderset, journaliste, auteure de "Brûlures profondes. Récit de vie de deux grands brûlés"
En savoir plus:
Théâtre, exposition, symposium et portes ouvertes
Les heures du diable
Spectacle théâtral
de Marie-José Auderset
Mise en scène : Gérard Demierre
Masques : Werner Strub
Avec la participation de grands brûlés
Théâtre de Vidy, La Passerelle, Lausanne
du 25 septembre au 14 octobre 2007
Réservation 021 619 45 45
Ce spectacle raconte le parcours de deux grands brûlés à travers le regard d'un enfant et celui d'une grand-maman. Il est à la fois réalité et fiction. Il montre la force, le courage et la détermination de ces patients et des soignants qui les accompagnent. Mais c'est avant tout un spectacle plein d'amour, d'humour et d'émotion.
Des patients et des soignants parlent de leur quotidien au Centre des grands brûlés
Exposition
Hall principal du CHUV (Centre Hospitalier Universitaire Vaudois), rue du Bugnon, Lausanne
du 8 septembre au 4 octobre 2007
Entrée libre
Cette exposition met en valeur la prise en charge des grands brûlés par le CHUV, ainsi que par ses partenaires extérieurs. Elle donne la parole aux soignants et aux personnes brûlées. Les uns et les autres parlent de leur quotidien et partagent les difficultés qu'ils rencontrent, leurs motivations, leurs doutes, leurs souffrances, leurs espoirs. Des photos mettent en scène des moments partagés entre patients et soignants.
Panser ses plaies, repenser son identité
Symposium
vendredi 7 septembre 2007, de 9 à 17 heures
CHUV, rue du Bugnon, Lausanne
La brûlure est un des traumatismes les plus violents que peut affronter la physiologie d'un être vivant. C'est aussi un bouleversement psychique qui emmène les blessés aux confins de ce qui est tolérable. Cette journée est ouverte à tous les professionnels de la santé, mais aussi à toutes les personnes intéressées. Avec notamment la participation d'Albert Jacquard, généticien, Jean Martin, médecin et député au Grand Conseil vaudois, René Chiolero, chef de service des soins intensifs du CHUV, Wassim Raffoul, médecin chef.
Face à la brûlure
Journée portes ouvertes
samedi 8 septembre 2007, dès 10 heures
CHUV, rue du Bugnon, Lausanne
A l'occasion de la journée nationale des hôpitaux
Il n'existe que deux centres de grands brûlés en Suisse, à Zurich et à Lausanne (CHUV). Cette journée présente toute la chaîne de prise en charge des grands brûlés, de l'intervention des pompiers aux soins hautement spécialisés, jusqu'à la réadaptation. Stands, démonstrations, films et vidéos permettent d'entrer en contact avec des professionnels qui font preuve de compétences exceptionnelles et d'une grande empathie pour les patients.
Livre
[DR]
Brûlures profondes. Récit de vie de deux grands brûlés
Marie-José Auderset, journaliste, auteure
Editions Favre, septembre 2007
Susana a été brûlée lors d'un accident de voiture. Sébastien a été brûlé alors qu'il réparait au chalumeau le réservoir d'un camion. En un éclair, la vie de l'une et de l'autre a basculé. Il aura fallu des mois de lutte pour que cette jeune femme et ce jeune homme retrouvent des activités autonomes, sociales et professionnelles riches.
"Brûlures profondes" relate les épreuves qu'ils ont traversées et le travail inlassable des soignants qui, jour après jour, les ont accompagnés. Ce récit, émouvant et fort, se base sur des entretiens approfondis avec Susana et avec Sébastien et Karine, sa compagne, ainsi qu'avec des soignants du Centre des grands brûlés du CHUV à Lausanne.
Interview de Marie-José Auderset, journaliste, auteure de "Brûlures profondes. Récit de vie de deux grands brûlés"
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