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Mes convictions sur l’Equitation Classique et la Légèreté
Par ces quelques lignes, j’aimerais vous rendre attentifs à l’évolution du dressage classique comme on le nomme encore aujourd’hui.
En créant en 1929 un Concours de Dressage International, la FEI avait pour but de préserver l’Art Equestre, de le conserver dans la pureté de ses principes afin de le transmettre intact aux générations futures.
Malheureusement, malgré l’article 418 du règlement des concours de dressage, la FEI n’a pas pu empêcher l’influence du dressage de compétition, qui est certes de grande qualité, mais fortement influencé par l’Allemagne, et directement adapté au modèle de ses chevaux. On a échoué dans la reconnaissance du modèle d’autres races.
Pourquoi cultiver cet esprit d’exclusion ?
Parlons simplement du placé du cheval :
M. de Nestier montant le Florido (1684-1754)
Henri Chammartin, une référence du dressage en Suisse
Pourquoi sont-ils trop souvent montés de cette façon de nos jours ?
Pourtant, le relèvement de l’encolure remonte à plusieurs millénaires. Il a été cultivé par toutes les civilisations. Les vestiges anciens nous le prouvent.
Le soutien de l’encolure est le fait du cheval et n’émane pas du cavalier. Le cheval doit apprendre de bonne heure à se soutenir de lui-même. Ce ne sont donc pas les rênes qui permettent au cheval de se soutenir mais une musculature spécifique obtenue par un travail particulier.
Le cavalier n’a pas à porter son cheval. Seules, des rênes à demi-molles véhiculent les
informations nécessaires et suffisantes à la
communication entre le cavalier et le cheval !
Evidemment le relèvement de l’encolure est une opération difficile qui doit faire preuve de la part du cavalier d’une grande délicatesse, parce que si il est demandé en force, il entraîne une contraction de la ligne du dessus, qui selon l’expression consacrée creuse le dos!
Le relèvement de l’encolure du cheval est devenu un tabou dont il vaut mieux s’abstenir de parler dans certains milieux.
Ceux qui prétendent que le relèvement de l’encolure creuse le dos du cheval, n’ont peut-être pas eu la chance d’expérimenter le contraire par manque de connaissance et de temps !
Même si nous avons souvent l’occasion d’observer le relèvement de l’encolure au naturel chez le cheval (voir photos des poulains ci-dessous), l’enseignement ne prévoit pas de faire comprendre au cavalier que le cheval peut relever son encolure sans pour autant contracter son dos.
Il ne prévoit pas non plus d’enseigner au cavalier qu’il lui est possible de décontracter la ligne du dessus grâce à un travail spécifique « l’effet d’ensemble »
C’est par des restrictions de ce genre que notre patrimoine culturel se réduit à l’équitation des livres !
L’effet d’ensemble a pour but d’immobiliser le cheval, ou lui faire conserver l’allure et la direction voulues. Aussi, pour arriver à ce résultat, la main, les jambes et, au besoin, l’éperon doivent-ils toujours agir avec une progression continue et graduée, jusqu’à l’obtention de l’effet cherché. Dans le rassembler, comme c’est au contraire la mobilité des extrémités, ou une plus grande détente des ressorts, que l’on s’efforce de produire ou d’entretenir, les jambes et, s’il est nécessaire, les éperons doivent se faire sentir par des pressions successives, répétées, alternées, mais non continues. En résumé, l’effet d’ensemble calme, éteint ou règle ; le rassembler anime, réveille, surexcite l’activité donne la vie et le brillant.
(Faverot de Kerbrech : Dressage Méthodique du cheval de selle, d’après les derniers enseignements de François Baucher)
Ces poulains en complète liberté sont naturellement très relevés dans l’encolure, et ne contractent pas pour autant leur dos !
Pourquoi nous sommes-nous fait une vision du cheval avec la tête en-bas, ce qui lui fait perdre toute sa fierté, sa noblesse et son vibrato ?
Malgré l’article 401.6 de la FEI, qui dit que « Le chanfrein doit être légèrement en avant de la verticale, la nuque souple, et le point le plus haut de l’encolure », nous constatons malheureusement que la plupart des chevaux de dressage sont pliés (cassés) à la 3ème vertèbre !
Polygone d’harmonie Le Colonel Lesage monte Taine
d’après le « Dictionnaire d’Equitation de Dominique Ollivier »
Quelle belle tenue….
…..à méditer !
« Je ne prétends pas avoir raison, j’obéis à mon idée fixe de tâcher d’imiter la nature et à l’idéal que je me fais du dressage en observant les chevaux en liberté. Le talent de l’écuyer consiste à faire prendre au cheval des positions se rapprochant de celles qu’il prend spontanément quant il est indépendant, puis à paraître s’effacer lui-même, lui le maître. L’animal se croyant libre, s’échauffe au contact imperceptible des aides du cavalier et l’ardeur qu’il déploie dans le sens vers lequel il est guidé comme à son insu, donne aux mouvements toute leur splendeur « Etienne Beudant (1863-1949)
Quant à moi, je ne prétends pas exécuter parfaitement ce qui précède, mais c’est mon idéal, et je m’efforce de m’en approcher le plus possible, parce que j’y crois ! Pour moi, les anciens avaient un grand savoir, et il ne faut pas l’oublier ! Ils n’étaient pas contraints par le stress, l’argent et la compétition ! Delphine Kahn
Delphine Kahn et
Icabodio des Noés
J’aimerais terminer en remerciant Joël Laugier, Ecuyer de l’Académie d’Art Equestre de Provence, avec lequel je travaille depuis 1998, et qui a su m’ouvrir les yeux sur l’Art Equestre, en me transmettant son savoir. A moi maintenant de savoir le mettre en pratique !
Joël Laugier sur Ixaquiro, Pur Sang Lusitanien