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Transformer le bachelor en biologie
Références du programme
Intitulé du programme: Bachelor en biologie
Entité: Faculté des sciences
Responsable: Prof. Didier Picard
Entrée en vigueur de la réforme: 2015-2016
Situation de départ
Pôle SEA : Pourquoi avoir renouvelé le bachelor à ce moment? Quelle a été l'impulsion de départ?
Didier Picard : Tout commence avec l’évaluation du programme. Fin 2009, la Section de biologie et la Faculté des sciences décident de soumettre le bachelor et le master en biologie à une évaluation institutionnelle. Celle-ci permet de dégager les atouts de la filière d’études et d’identifier des pistes pour l’améliorer.
Sur la base des constats de l'autoévaluation et des recommandations des expert-es externes, la Section de biologie élabore un plan d’action visant l’évolution de la filière. Ce plan d'action est présenté au Rectorat en février 2012, ce qui clôt le processus d’évaluation et initie le début des travaux pour la Section de Biologie.
Dans le courant 2012, la Commission de l'enseignement de la Section de biologie (COMENS) travaille sur des documents définissant les objectifs du bachelor et du master et esquisse des idées pour les atteindre. Les propositions sont discutées et entérinées par un collège exceptionnel, élargi pour l'occasion à l'ensemble des enseignant-es et à des représentant-es du corps étudiant, en septembre 2012. Il faut mentionner ici qu’un nouveau règlement et plan d'études était déjà entré en vigueur pour le master à la rentrée 2010.
Avec la définition des objectifs du master et la mise en œuvre de diverses autres mesures suggérées par l'autoévaluation et le rapport des experts, la Section de biologie décide de se concentrer sur une réforme en profondeur du bachelor.
Pôle SEA : Quels étaient les objectifs poursuivis par la réforme du bachelor?
D. Picard : Les principaux objectifs étaient les suivants:
- Un curriculum et des enseignements permettant d'atteindre des objectifs d'apprentissage et de formation clairement définis;
- L’assurance d’un apprentissage de compétences transversales;
- Une révision de l'architecture du programme, visant notamment:
- L’actualisation des contenus enseignés
- L’élimination de redondances inutiles
- La vérification de l’absence de lacunes
- La redéfinition de certains cours et ECTS associés
- L’augmentation des travaux pratiques;
- L’adoption de formats d'enseignement et d’évaluation adaptés aux objectifs des cours et du programme.
Déroulement de la réforme
Pôle SEA : Qui a été associé au projet et de quelle façon?
D. Picard : Les travaux ont été réalisés grâce à un vrai effort collectif. Il y eu une implication importante des corps professoral, intermédiaire et estudiantin, représentés dans la Commission de l'enseignement de la Section de biologie (COMENS) sous la direction du prof. Didier Picard, président de la Section de biologie.
Par exemple, le projet de réforme et les objectifs de filière ont été conçus par la COMENS, avec une consultation des groupes concernés, puis approuvés formellement lors d’un collège élargi (comprenant tous les enseignant-es de la Section et des représentant-es du corps estudiantin). Des collèges élargis ont régulièrement eu lieu pour faire le point sur l'avancement des travaux et pour prendre certaines décisions collectivement. Pour l’actualisation des cours (révision des objectifs, de la structure et des contenus), le travail a été réalisé par domaines d’études, au moyen de sous-groupes du collège élargi.
En 2012, une conseillère pédagogique du pôle SEA s’est jointe au projet pour accompagner les réflexions et les démarches de l’équipe. En 2013, la Section engage un biologiste spécialiste des réformes de curriculum et de la pédagogie universitaire. Son rôle est d'appuyer et de conseiller le président pour la suite de la réforme et les groupes de travail formés. Ensemble, ils proposent un soutien pédagogique: des formations, du conseil individuel et collectif aux enseignant-es, ainsi qu’une démarche d’évaluation des effets de la réforme.
Pôle SEA : Comment l’équipe s’est-elle organisée pour se concerter et collaborer?
D. Picard : L’équipe a pu avancer grâce à de nombreuses séances de travail, principalement des réunions mensuelles de la COMENS et des rencontres au sein des sous-groupes de travail. Les séances du collège élargi, qui ont permis de partager collectivement l’avancement des travaux et de faire régulièrement le bilan de la réforme, étaient plus ou moins espacées en fonction des besoins.
Outre le mail, la principale technologie utilisée pour faciliter l’échange d’informations au sein de l’équipe a été un serveur de stockage en réseau (NAS). Celui-ci héberge les documents de la réforme (productions des sous-groupes de travail, supports de présentation et documentation distribuée lors des collèges, procès-verbaux, ressources en pédagogie, etc.). On envisage maintenant de mettre à disposition de tous les enseignant-es les contenus enseignés au bachelor de manière simplifiée, par exemple en un seul fichier. La plate-forme Chamilo sera peut-être utilisée à cette fin.
Après l’implantation de la réforme, pour accompagner et stimuler la rénovation pédagogique elle-même, le Président de la Section convie tous les deux mois les enseignant-es biologistes à des lunchs pédagogiques. A manière d’une communauté de pratique, les personnes présentes partagent leurs expériences et échangent de manière informelle sur des sujets en rapport avec les méthodes d'enseignement favorisant un apprentissage actif ("active learning"). Des invité-es d’autres facultés viennent parfois témoigner de pratiques pédagogiques innovantes.
Pôle SEA : Quelles principales étapes ont balisé la démarche et quelle a été leur durée approximative?
D. Picard : Dès l'automne 2012, la COMENS définit les grandes lignes de la réforme. Ses réflexions sont présentées à un collège élargi en juin 2013. Des groupes de travail sont formés pour plancher sur les différents domaines et le travail collectif se fait lors de réunions mensuelles du collège élargi pendant l'année académique 2013-2014. Cette phase se termine avec l'adoption d'un aperçu du nouveau plan d'études par le collège élargi de juin 2014. Le règlement et plan d'études préparé par la présidence et discuté à la COMENS en automne 2014 est approuvé par le collège et le conseil participatif de la Section en janvier 2015. Les instances facultaires l’approuvent dans le courant de l’hiver 2015.
Voici un récapitulatif des principaux travaux menés et à venir:
2010-2012
- Auto-évaluation et expertise externe du bachelor et du master
- Elaboration d’un plan d’action
2012-2013
- Définition des grandes lignes de la réforme
- Formulation des objectifs généraux de la filière (au sein de la commission d’enseignement en Biologie)
- Cartographie des contenus, méthodes d’enseignement et d’évaluation actuelles du bachelor
2013-2015
- Déclinaison des objectifs généraux du bachelor en objectifs spécifiques
- Adaptation de la structure du programme et des contenus enseignés
- Début de réflexion sur les méthodes d’enseignement et d’évaluation les plus adaptées aux objectifs
- Approbation des documents dans les diverses instances
Septembre 2015
Entrée en vigueur du nouveau bachelor
2015-2018
- Préparation des nouveaux cours et affinement des objectifs des cours
- Vérification de l’atteinte des objectifs globaux (y compris compétences transversales)
- Vérification de l’absence de redondances non-productives et de lacunes
- Optimisation de la coordination entre les cours et les années
- S’assurer que les objectifs et contenus de chaque cours sont en adéquation avec les objectifs du programme
- Mise à disposition de tous les enseignant-es les contenus enseignés dans le cursus
- Poursuite de l’alignement des formats d’enseignement, des contenus et des examens avec les objectifs des cours (principe de «constructive alignment»)
- Organisation de lunchs pédagogiques entre enseignant-es de biologie
- Sensibilisation à l'enseignement et offre de cours de pédagogie pour doctorant-e-s et post-doctorant-e-s
- Mise en place d’une démarche d’évaluation de l’impact de la réforme
Résultats et effets
Pôle SEA : En quoi le programme actualisé est-il innovant du point de vue de la pédagogie?
D. Picard : Son organisation et son fonctionnement tend vers l’approche-programme, avec une vision partagée des objectifs de formation. Désormais, les décisions pédagogiques sont prises en cohérence avec ces objectifs.
On introduit des applications immédiates de certaines sciences de base (surtout des mathématiques) à la biologie et ce, dès la première année, ceci afin de stimuler la motivation et l’intérêt des étudiant-es dès l’entrée au bachelor.
Le nouveau bachelor propose d’avantage d’expérimentation et plus tôt dans le parcours académique. Les étudiant-es font davantage de travaux pratiques, au cours desquels elles et ils jouent un rôle actif et intègrent la réalité du travail en laboratoire des biologistes. Notamment, il y a quelques séances de travaux pratiques déjà au premier semestre qui se font par petits groupes en immersion dans les laboratoires de recherche.
Les compétences transversales occupent une place plus importante. Par exemple le cours «Biologie et société», en abordant des enjeux sociaux, éthiques et politiques qui influencent le développement de la discipline, contribue au développement de l’esprit critique. La communication scientifique, notamment en anglais, est aussi davantage travaillée qu’auparavant.
Enfin, plusieurs enseignant-es ont mis en place ou renforcé leur recours à des méthodes d’enseignement interactives, comme la classe inversée, le vote en classe et les présentations par les étudiant-es.
Pôle SEA : La réforme a-t-elle eu des effets dépassant le curriculum?
D. Picard : Cela est plus difficile à «mesurer». Je pense qu'il y a clairement un regain d'intérêt pour l'enseignement, une vraie prise de conscience collective. Ceci, je crois, est aussi perçu par les étudiant-es qui semblent l'apprécier.
Une analyse des résultats de l’évaluation des enseignements par les étudiant-es a notamment démontré que la réforme a eu des effets statistiquement significatifs quant aux scores pour les cours de Biologie fondamentale. Les étudiant-es rapportent une satisfaction plus élevée qu’avant la réforme vis-à-vis des objectifs et des méthodes pédagogiques.
Retour et conseils
Pôle SEA : Qu’est-ce qui a facilité votre démarche de réforme de programme?
D. Picard : Il y a plusieurs facteurs:
- La volonté et l'intérêt du président (responsable);
- L'approche collective (d'impliquer l'ensemble des acteurs et actrices);
- Le soutien du pôle SEA et du conseiller pédagogique de la Section de biologie;
- Un changement de génération d'enseignant-es.
Pôle SEA : Quels ont été les défis rencontrés et quelles pistes ont été explorées pour y répondre?
D. Picard : Outre la nécessité de maintenir la motivation des enseignant-es sur le long terme et la coordination avec d’autres sections et facultés concernées par notre réforme, un défi important reste la rénovation des formats d'enseignement, l'alignement constructif et le maintien et le développement de la cohérence entre les cours. Les initiatives personnelles d’innovation, les lunchs pédagogiques et la mise à disposition des enseignant-es de tous les supports de cours du bachelor contribueront certainement à relever ces défis.
Pôle SEA : Pour terminer, un conseil aux équipes souhaitant faire évoluer un programme?
D. Picard : Cela doit se faire comme effort collectif, sous une direction motivée et avec des appuis pédagogiques disponibles.
En savoir plus sur le bachelor en biologie
Descriptif du bachelor (objectifs, structure, astuces pour les étudiant∙e∙s, etc.)