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Etat indépendant depuis 1806, formé de onze communes, le petit Etat du L. s'étend sur 160 km² et a pour capitale Vaduz. Limitrophe de la Suisse et de l'Autriche, il confine aux cantons de Saint-Gall et des Grisons et à l'Etat fédéral (Bundesland) du Vorarlberg. Env. 3800 hab. vers 1600, 4317 en 1784, 5797 en 1812, 8162 en 1852, 7531 en 1901, 13 757 en 1950, 25 215 en 1980, 32 863 en 2000. Les quatre cinquièmes de la population sont catholiques et, depuis 1921, l'Eglise catholique romaine est placée sous la protection de l'Etat.
Les premiers vestiges de présence humaine sont des outils de pierre du Mésolithique, trouvés au Belzebühl près d'Eschen. L'occupation de la région à partir du Néolithique moyen est attestée par une hache de pierre "en forme de bottier" de la civilisation de Grossgartach à Malans, ainsi que par un vase de la civilisation de Rössen au Gutenberg, du type céramique linéaire ou cordée. Comme le fond des vallées était marécageux, les colons s'établirent principalement sur les éminences de l'Eschnerberg, en particulier sur le Borscht, le Malans et le Lutzengüetle, sur lequel des hommes du groupe portant ce nom étaient installés à la fin du Ve millénaire av. J.-C. Des trous de poteau, des fosses et des traces de foyers témoignent de l'activité des civilisations de Pfyn et de Horgen (4e millénaire av. J.-C). Sur le Lutzengüetle, on a trouvé des haches de pierre et des aiguilles en os. Le territoire du L. n'a pas livré de tombes de cette époque. Les habitants du Néolithique pratiquaient l'agriculture et l'élevage et avaient des contacts avec leurs semblables des régions grisonnes, de Suisse orientale, d'Allemagne méridionale et du sud des Alpes.
A l'âge du Bronze, le nombre de sites habités augmenta en raison d'un changement climatique et vraisemblablement aussi parce que le territoire recelait des gisements de cuivre. Les coteaux et les sommets des collines du massif des Drei Schwestern furent désormais habités, notamment Nendeln-Sägaweiher (Gamprin), le Krüppel au-dessus de Schaan ainsi que la Kohlera près de Planken; les zones alpines plus élevées étaient aussi fréquentées, comme le montrent une sépulture à inhumation (avec mort enterré en position repliée) dans la grotte de Girenstein à 1900 m d'altitude, ainsi que des armes (lances et haches) dans la haute vallée de Malbun. La tombe d'un guerrier à Gamprin-Au et des vestiges de tombes à incinération à Vaduz et à Balzers (Runder Büchel) datent aussi de cette époque. Des dépôts de parures et d'armes au Schellenberg et au Ruggeller Riet suggèrent des rites religieux. Durant le Bronze final, les influences de la civilisation alpine de Laugen-Melaun et de celle des Champs d'Urnes du sud de l'Allemagne se renforcèrent. Malgré la découverte de moules de fondeurs sur le Borscht, indice d'une activité industrielle, on pense que les habitants du L. continuaient à vivre de l'agriculture. A l'Eschnerberg, ils élevèrent pour la première fois des chevaux.
A l'âge du Fer se développa la civilisation régionale dite de la vallée alpine du Rhin, qui donna naissance à la céramique de type Tamins et Schneller. On ignore si ses représentants étaient des Rhètes ou des Celtes. Le Borscht fut fortifié par un rempart durant le premier âge du Fer. Des plans de maisons et une nécropole de trente tombes à incinération sur la colline du Runder Büchel à Balzers du second âge du Fer ont été conservés. Les sépultures à incinération sur le Schneller et le Gutenberg furent apparemment utilisées durant tout l'âge du Fer. On a retrouvé sur le Gutenberg neuf figures votives en bronze (du Ve au Ier s. av. J.-C.), dont sept représentent des figures humaines et les deux autres un sanglier et un cerf. Le commerce par les Alpes apporta au L. des éléments de la civilisation de Golasecca. L'influence celte venue de l'Allemagne du Sud grandit durant la période de La Tène, ce qui ressort de la céramique graphitée, des bijoux en verre et en bronze, ainsi que des fibules. La découverte de monnaies de la République signale des échanges commerciaux avec Rome, celle de scories trouvées au Malbun et au Borscht renvoie à la réduction du minerai de fer.
Auteur(e): Ulrike Mayr / FP
Après la campagne des Alpes de Drusus et Tibère (16-15 av. J.-C.), la région fut intégrée à la province romaine de Rhétie (Raetia). Des innovations furent introduites, tels le mortier dans la construction, les cultures d'été et d'hiver et la noix dans l'agriculture; la langue latine fit également son apparition. Des premiers temps de la domination romaine au L. sont parvenus deux casques de légionnaires du type Hagenau trouvés à Schaan et des monnaies augustéennes. Des villae datant des alentours de l'an 100 apr. J.-C. ont été trouvées dans presque toutes les communes liechtensteinoises. Un plus grand établissement se développa à Balzers, probablement un relais routier, comme l'atteste la grande quantité d'ossements de chevaux découverts dans les fondations. La période troublée des IIIe et IVe s. poussa les colons à construire un refuge sur le Krüppel au-dessus de Schaan et un castrum à Schaan même. A la fin du IVe s. toutes les villae semblent avoir été abandonnées en raison des attaques des peuples germaniques et de l'insécurité politique ambiante. Néanmoins, les habitats qui se développèrent à partir du Ve s. autour des églises Saint-Pierre à Schaan, Saint-Martin à Eschen, Sainte-Marie à Bendern et Saints-Pierre-et-Paul à Mauren attestent la continuité de l'occupation.
Des tribus alémanes arrivées au VIIe s. formèrent tout d'abord des communautés séparées des indigènes; elles enterraient leurs morts dans des tombes richement équipées d'armes et de parures (à Eschen et Schaan). Leur conversion ultérieure au christianisme peut se déduire de leurs tombes du VIIIe s. situées sur le Runder Büchel, presque totalement dépourvues d'offrandes.
Auteur(e): Ulrike Mayr / FP
Avec la constitution du comté franc en 806, le territoire de l'actuel L. fut attribué à la Basse-Rhétie, la partie méridionale (l'Oberland d'aujourd'hui) allant au ministerium in planis et la partie septentrionale (l'Unterland) au ministerium vallis drusiana (Walgau). Au spirituel, l'Unterland relevait du décanat de vallis drusiana du diocèse de Coire, l'Oberland de celui de sub Langaro (Unter Landquart) auquel l'Unterland fut également rattaché en 1370. Entre 1717 et 1808, le L. forma un chapitre autonome du décanat de Walgau. Les couvents de Pfäfers, Saint-Lucius de Coire, Sankt Johann dans la vallée de la Thur, le chapitre de Schänis et le chapitre cathédral de Coire y détenaient des biens et des droits ecclésiastiques. Jusqu'en 1637, la paroisse de Bendern compta aussi des régions suisses.
Le polyptyque rhétique (vers 840) répertorie les biens du royaume franc et du couvent de Pfäfers. En 917, la Rhétie passa au duché de Souabe. Le territoire de l'actuel L. fit partie du Saint Empire romain germanique jusqu'à la disparition de celui-ci en 1806. Après des partages successoraux des comtes de Montfort, qui gouvernèrent la Basse-Rhétie à partir de 1182, se constituèrent sur la rive droite du Rhin, au-dessous de Sankt Luzisteig jusqu'au Schaaner Riet et autour de l'Eschnerberg, les juridictions de Vaduz et de Schellenberg, dans lesquelles les seigneurs de Schellenberg possédèrent des biens jusqu'en 1317. Des Walser s'établirent sur le Triesnerberg avant 1300; ils perdirent leurs franchises au début du XVIIe s. Vaduz et la partie méridionale de Schellenberg passèrent en 1258 aux comtes de Werdenberg-Sargans qui les partagèrent en 1342, créant ainsi le comté de Vaduz, dont le seigneur prit domicile au château fort de Vaduz. Les Habsbourg, qui commencèrent à accaparer les seigneuries du Vorarlberg en 1322, entrèrent en possession de la seigneurie de Gutenberg à Balzers entre 1309 et 1314 et la conservèrent jusqu'en 1824.
En 1396, à Prague, l'empereur Wenceslas confirma que le comté de Vaduz (avec Schellenberg) était fief impérial (jouissant de l'immédiateté), dont les privilèges furent reconduits et élargis aux XVe et XVIe s. Les comtes, dont la souveraineté s'affermissait progressivement, subirent l'effet des alliances qui se créaient dans le voisinage. Le landamman et les habitants de l'Eschnerberg (Schellenberg) adhérèrent à la Ligue du Lac (avec Appenzell et Saint-Gall) de 1405 à 1408.
En 1416, les barons de Brandis acquirent du dernier Werdenberg, Hartmann, évêque de Coire et comte de Vaduz, auquel ils étaient apparentés, Vaduz et la partie sud de Schellenberg; puis, entre 1430 et 1437, s'y ajouta la partie nord. Ainsi fut constitué le territoire du L. actuel. Au XVe s., le L. et ses habitants furent entraînés dans les guerres d'Appenzell (1405-1408), dans le conflit pour la succession du Toggenbourg (guerre de Zurich), dans la guerre de Souabe (1499) et en souffrirent considérablement. Par le biais d'alliances et par l'acquisition des seigneuries nobles de Sargans, Werdenberg et Sax, la Confédération suisse s'agrandit jusqu'au Rhin. Le fleuve, que l'on franchissait en bac ou à gué, forma à partir de 1500 la frontière avec les seigneuries de Vaduz et de Schellenberg, mais les contacts perdurèrent. C'est ainsi que les sujets de Vaduz possédèrent jusqu'en 1853 des biens importants à Werdenberg et, qu' à l'inverse, vers 1700, la plupart des créanciers des seigneuries de Vaduz et de Schellenberg étaient grisons. Des conflits relatifs à l'obligation d'entretien des rives du fleuve opposèrent les communes des deux rives jusqu'au début du XIXe s. Les autorités liechtensteinoises craignirent aussi parfois que troubles (1719-1722) ou idées révolutionnaires (1790, puis 1798) ne traversent la frontière.
En 1510, Johannes von Brandis, prévôt du chapitre de Coire, vendit Vaduz et Schellenberg à son neveu Rudolf von Sulz. Les comtes de Sulz luttèrent contre l'influence des voisins grisons réformés sur le plan religieux et réprimèrent les soulèvements paysans. La rédaction de la coutume (Landsbrauch) en vigueur à Vaduz et à Schellenberg fut entreprise dès 1513; le droit coutumier fut en vigueur jusqu'en 1808. Chacune des deux provinces choisissait son landamman parmi trois candidats proposés par le souverain; ce magistrat était notamment appelé à présider les deux sessions annuelles du tribunal. Le statut juridique des habitants fut uniformisé vers 1500 en un servage modéré qui se maintint jusqu'en 1808.
En 1613, Karl Ludwig von Sulz céda Vaduz et Schellenberg à son gendre, le comte Kaspar von Hohenems; le prince-abbé de Saint-Gall, qui avait également montré son intérêt pour le comté, en fut pour ses frais. Le XVIIe s. fut marqué par une mauvaise gestion financière, la peste, la chasse aux sorcières, ainsi que par des pillages et des dévastations pendant la guerre de Trente Ans et les Troubles des Grisons. Jakob Hannibal von Hohenems, criblé de dettes, proposa en 1693 aux III Ligues de lui racheter les communes au sud de Vaduz. Répondant aux demandes de la population, l'empereur déposa le comte et mit en vente les seigneuries de Schellenberg et de Vaduz pour éponger les dettes. Le prince Hans-Adam Ier de L. qui, pour obtenir un siège à la Diète et à l'assemblée du cercle de Souabe, avait besoin du statut d'immédiateté impériale de ces seigneuries, acheta la première en 1699, la seconde en 1712. Le prince-abbé de Saint-Gall et le prince-évêque de Coire s'étaient aussi intéressés à cette acquisition. En 1719, l'empereur Charles VI éleva Vaduz et Schellenberg au rang de principauté d'Empire sous le nom de L., du nom de la nouvelle famille régnante.
Auteur(e): Arthur Brunhart / FP
En 1806, le L. devint membre de la Confédération du Rhin, ce qui fit de lui un pays souverain. Le prince Johann Ier rassembla l'autorité publique sur la personne du monarque en 1808. L'administration fut confiée à l'Oberamt, à Vaduz, sous la direction d'un bailli étranger nommé par le prince. Le mouvement de modernisation entraîna également l'introduction de l'école obligatoire (1805), la création d'une réglementation fiscale (1807) et d'un cadastre (1809), ainsi que la reprise du code civil général autrichien (1812).
Le pays fut admis dans la Confédération germanique en 1815 et, en 1818, Johann Ier promulgua une charte constitutionnelle imprégnée de néoabsolutisme. La révolution de 1848 aspirait à des changements politiques et à une libéralisation de l'économie. En mai 1849, Alois II concéda à la population davantage de droits, mais les lui retira en 1852. La même année, le L. conclut avec l'Autriche une union douanière et fiscale. La constitution promulguée par le prince Johann II en 1862 fit du pays une monarchie constitutionnelle; un parlement, un gouvernement et des tribunaux limitaient désormais le pouvoir princier. Le Landtag, le parlement, était composé de quinze députés, dont trois étaient nommés par le souverain et douze élus par les citoyens, d'abord indirectement, puis directement depuis 1918. Un président du gouvernement (Landesverweser), toujours autrichien entre 1862 et 1921, était désigné par le prince pour diriger les affaires.
L'éclatement de l'empire austro-hongrois provoqua une réorientation de la politique intérieure et extérieure du L. En 1918 furent fondés les premiers partis politiques, le parti populaire chrétien-social et le parti progressiste des citoyens. La constitution de 1921 reprit celle de 1862 en y introduisant l'initiative populaire et le référendum selon le modèle suisse. Elle fit du prince et du peuple les détenteurs de la puissance publique (dualisme); l'Etat y était défini comme une monarchie héréditaire constitutionnelle sur une base démocratique et parlementaire (art. 2). Le Landtag compta au début quinze députés (25 dès 1988), élus selon le système majoritaire et, depuis 1939, à la proportionnelle. Le suffrage féminin fut introduit par un scrutin populaire en 1984. Le gouvernement, collégial, est formé de cinq citoyens liechtensteinois (trois avant 1965), nommés par le prince sur proposition du Landtag; jusqu'en 2003, ils devaient être nés dans le pays. La justice civile et pénale relève d'un tribunal de première instance (Landgericht), d'un tribunal de deuxième instance (Obergericht) et d'une cour suprême (Oberster Gerichtshof). La juridiction administrative relève d'une instance de recours administratif (tribunal administratif depuis 2003) et la juridiction constitutionnelle de la cour constitutionnelle. Le prince est le chef de l'Etat et représente son pays à l'extérieur. Les lois doivent recevoir sa sanction. Il dispose du droit de nécessité, du droit de grâce et du droit d'interrompre une procédure pénale. Il peut également prononcer la dissolution du parlement.
En 1938, le trône échut au prince Franz Josef II qui quitta Vienne pour s'installer à Vaduz, devenue résidence permanente des princes de Liechtenstein. A sa mort en 1989, le prince Hans-Adam II lui succéda. Il confia en 2004 au prince héritier Alois l'exercice du pouvoir.
En 1992, un désaccord entre le prince régnant et le gouvernement à propos de la date de la votation relative à l'adhésion à l'EEE - approuvée par le peuple en 1992 et 1995 - aboutit à une crise gouvernementale. Depuis ce moment, des négociations se déroulèrent entre la maison princière, le gouvernement et le parlement concernant un amendement de la constitution de 1921. En 2003 le peuple accepta, après un débat enflammé sur l'objet du vote, la révision constitutionnelle proposée par le prince à une majorité d'un peu moins des deux tiers. Les nouveautés introduites étaient le droit de sécession des communes, la motion de méfiance à l'égard du prince et la procédure d'abolition de la monarchie. Les modifications concernaient la nomination des juges et la destitution du gouvernement dans son ensemble ou de certains de ses membres. La compétence de la cour constitutionnelle de trancher les litiges opposant le gouvernement et le Landtag à propos de l'interprétation des dispositions constitutionnelles particulières était supprimée. Le souverain ou le parlement peuvent dorénavant renvoyer le gouvernement à tout moment. Le prince joue un rôle déterminant dans la désignation des juges. La position politique du monarque a été dans l'ensemble renforcée. La révision constitutionnelle, critiquée tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, occupa également le Conseil de l'Europe. La motion de son comité de pilotage d'engager une procédure de monitoring fut rejetée par l'Assemblée parlementaire en janvier 2004. A sa place, il parut préférable d'engager un "dialogue" avec le L. afin d'examiner, après l'entrée en vigueur de la nouvelle constitution, si la pratique constitutionnelle et politique du pays respectait les principes du Conseil de l'Europe en matière de démocratie, de prééminence du droit et de droits fondamentaux.
Conformément à la constitution, l'Eglise catholique romaine est l'Eglise nationale et bénéficie à ce titre de l'entière protection de l'Etat. En 1997, afin de résoudre la querelle autour de l'évêque de Coire, le pape Jean-Paul II détacha le territoire du L. du diocèse et créa l'archidiocèse de Vaduz, composé de dix paroisses. L'évêque controversé de Coire, le Liechtensteinois Wolfgang Haas, en fut le premier archevêque.
Auteur(e): Rupert Quaderer / FP
Le prince détermina la politique étrangère jusqu'en 1921. Celle-ci fut néanmoins influencée par l'appartenance du pays à la Confédération du Rhin, puis à la Confédération germanique, enfin, de 1852 à 1919, par l'accord douanier et fiscal qui le liait à l'Autriche. En 1837 et 1847, des conventions concernant la correction du Rhin furent conclues avec le canton de Saint-Gall. Le L. signa avec la Suisse un accord de libre circulation (1838) et un traité d'établissement (1874). En 1911, le L. coordonna son service des postes, télégraphes et téléphones avec l'Autriche, mais commença en 1912 l'émission de ses propres timbres-poste. Durant la Première Guerre mondiale, le L., qui avait supprimé son armée en 1868, resta neutre, mais dut faire face à de grandes difficultés d'approvisionnement en denrées alimentaires et en matières premières. Il dut s'employer après la fin du conflit à faire reconnaître sa neutralité et sa souveraineté. Sa demande d'adhésion à la Société des Nations fut rejetée en 1920; seule la Suisse vota en sa faveur.
Après l'effondrement de l'empire austro-hongrois, le L. dénonça son accord douanier avec l'Autriche en 1919 et intensifia ses relations avec la Suisse qui, dès cette année-là, représenta ses intérêts diplomatiques et consulaires. Un accord postal fut signé entre les deux pays en 1920 (abrogé en 1999) et un traité d'union douanière en 1923. Le L. participa à quelques concordats intercantonaux et collabora étroitement avec les cantons des Grisons et de Saint-Gall ainsi qu'avec le Land autrichien du Vorarlberg. Les premières légations liechtensteinoises furent ouvertes à Berne (1919-1933 et depuis 1944) et à Vienne (1919-1923 et depuis 1983). Plus tard suivirent des représentations auprès du Saint-Siège (1985), à Berlin (1999), Washington (2000), auprès du Conseil de l'Europe (1978), de l'ONU (1990), de l'AELE (1991) et d'autres organisations internationales. La Suisse n'a pas de mission diplomatique au L. Le Conseil fédéral a toutefois nommé en 2000 un ambassadeur non résident. Avec l'Autriche, le L. entretient des rapports étroits en matière d'entraide judiciaire, de sécurité sociale et d'enseignement. Il est devenu membre de la Cour internationale de justice de La Haye en 1950, du Conseil de l'Europe en 1978, de l'ONU en 1990, de l'AELE en 1991 (membre associé depuis 1960), du GATT en 1994, de l'EEE et de l'OMC en 1995; depuis 1972 il est associé à l'accord de libre-échange entre la Suisse et la CEE.
Auteur(e): Rupert Quaderer / FP
Aux élections du Landtag de 1922, le parti populaire chrétien-social obtint la majorité des sièges. C'est à cette époque que furent réalisés en 1923 l'union douanière déjà citée, qui reprenait un grand nombre des dispositifs légaux suisses, et le remaniement des droits réels selon le modèle suisse, et l'adoption du franc suisse comme monnaie légale (1924). Avec le droit des personnes et des sociétés, le L. posa en 1926 la première pierre de la place financière qu'il allait devenir et qui représente une contribution importante aux recettes de l'Etat. Conséquence politique de l'affaire dite de la Caisse d'épargne (1928), dans laquelle le président du parti populaire était impliqué, les chrétiens-sociaux furent écartés du pouvoir par le parti progressiste des citoyens, qui le conserva jusqu'en 1970. Le nouveau gouvernement eut principalement pour tâche de réparer les dommages catastrophiques causés par la rupture de la digue du Rhin à Schaan en 1927 et de maîtriser la crise économique. En 1939 et 1949, soumis par la Suisse à de fortes pressions, le L. lui céda pour des raisons militaires des portions de territoire à la frontière des Grisons (en particulier sur l'Ellhorn et le Fläscherberg) et reçut en échange un dédommagement financier et territorial.
Les années 1930 furent marquées par de fortes oppositions politiques internes, liées en particulier à l'emploi, au scrutin proportionnel et à l'orientation idéologique. En 1936, le parti populaire de tendance plutôt libérale s'allia au mouvement patriotique liechtensteinois créé en 1933, corporatif et autoritaire, pour former un nouveau parti, l'Union patriotique. Sous le coup de l'Anschluss, le parti des citoyens et l'Union patriotique formèrent en 1938 une coalition qui amena l'apaisement politique durant toute la guerre. Le "Mouvement populaire allemand au L.", ouvertement national-socialiste, visa de 1938 à 1945 le rattachement du L. au Troisième Reich, mais la tentative de coup d'Etat du 24 mars 1939, qu'il avait organisé en accord avec les SA de Feldkirch, échoua devant la résistance du gouvernement et de la population. Les relations avec la Suisse aidèrent le L. à surmonter politiquement et économiquement sans trop de mal les années de guerre. Après 1945, le L. introduisit un système d'assurances sociales sur le modèle suisse: AVS (1954), caisse d'allocations familiales (1958), assurance invalidité (1960) et assurance chômage (1969). En 1981, il conclut un accord monétaire avec la Confédération. De nouveaux partis politiques ont vu le jour, en particulier le parti chrétien-social (1962-1974) et la Liste libre, d'inspiration écologiste et alternative (1986), qui siège au Landtag depuis 1992. D'autres petites formations renoncèrent à participer aux élections ou ne furent pas assez fortes pour emporter un mandat.
Auteur(e): Rupert Quaderer / FP
Jusqu'au début du XXe s., le L. vécut principalement de l'agriculture. Des crises économiques provoquèrent dès 1850 des vagues d'émigration, la plupart du temps vers l'Amérique du Nord et du Sud. A partir de 1861, l'industrialisation fit son apparition, surtout dans le textile. La ligne ferroviaire Feldkirch-Buchs fut ouverte en 1872. L'essor économique rapide qui suivit 1945 vit la production industrielle se déplacer plus particulièrement vers des domaines hautement technologiques comme les procédés de fixation (Hilti SA), les systèmes de chauffage et de ventilation (Hoval SA), la technique du vide (OC Oerlikon Balzers SA), la mécanique de précision (ThyssenKrupp Presta SA), l'odontologie (Ivoclar-Vivadent SA), les aliments préparés (Hilcona SA) ou encore l'électronique (Neutrik SA). La population active du L. est passée entre 1950 et 2005 de 6338 à 30 170 personnes. En 2005, le secteur tertiaire fournissait 54,8% des emplois, le secondaire 43,9% et le primaire 1,3%. Le pays est devenu une place financière internationale. Les fortunes privées gérées par les banques s'élevaient en 2005 à 128 719 millions de francs, donc près de 129 milliards. Les diverses formes d'entreprises autorisées par la loi sur les personnes et les sociétés et une fiscalité avantageuse incitèrent des entreprises étrangères à implanter leur siège social et leurs holdings au L. Sous la pression extérieure, les autorités tentèrent régulièrement de lutter contre les abus (blanchiment de fonds, fraude fiscale) par des réformes légales, si bien que la place financière a évolué depuis la fin du XXe s. vers des activités onshore plutôt qu'offshore.
Avec la croissance, le L. est devenu un pays d'immigration. En 2005, un bon tiers de la population résidente était de nationalité étrangère, les Suisses représentant un tiers de cette proportion. Sur les quelque 30 170 personnes actives cette année-là, deux tiers étaient des étrangers et un tiers des nationaux. Une petite moitié représentait les travailleurs pendulaires venant principalement d'Autriche et de Suisse, alors que le nombre des navetteurs sortants restait faible. En 2004, 2612 Liechtensteinois vivaient à l'étranger, dont 1626 en Suisse. En 2005, les entreprises du L. employaient 28 905 collaborateurs hors des frontières du pays. Cette même année, l'EEE figurait au premier rang des bénéficiaires des exportations des trente et une entreprises industrielles membres de la Chambre de commerce et d'industrie avec 44,1%, suivi de l'Asie et du Pacifique (23,8%), de l'Amérique (18,1%) et de la Suisse (11,7%). Le budget de l'Etat était alors de 733,2 millions de francs pour les dépenses courantes et de 858 millions pour les recettes courantes. Grâce à l'union douanière et aux relations conventionnelles étroites et diversifiées qui lient les deux pays ainsi qu'à l'assise politique étrangère du L., la Suisse a eu une part non négligeable dans son essor économique.
Auteur(e): Rupert Quaderer / FP
Outre les célèbres collections princières, qui comprennent des œuvres majeures de l'art européen de quatre siècles et dont une partie est exposée depuis 2004 au Musée L. à Vienne, la principauté offre un grand choix de musées (de la poste, 1936; national, 1954; Galerie d'art liechtensteinoise, 1968; Musée du ski, 1993; des beaux-arts, 2000; ainsi que divers musées locaux et spécialisés). La Bibliothèque nationale (1961) et l'école de musique (1963) à Vaduz, le théâtre "am Kirchplatz" à Schaan (1970) apportent une riche contribution à la vie culturelle, qui va de la sauvegarde du folklore jusqu'à l'art le plus contemporain.
Le L. dispose d'un choix restreint d'établissements de formation et d'enseignement de niveau universitaire avec l'institut du L. (1986), l'académie internationale de philosophie (1986), l'université des sciences humaines (2000) et l'académie du L. (2005). Grâce aux accords bilatéraux conclus avec l'Autriche et la Suisse, les ressortissants du L. peuvent étudier dans les universités et les hautes écoles spécialisées des deux pays, ce qu'ont fait la plupart des quelque 750 étudiants inscrits pour l'année universitaire 2004-2005. La formation des instituteurs et la formation professionnelle se font majoritairement dans des établissements suisses.
Auteur(e): Rupert Quaderer / FP