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Le 13 octobre 1893 une escadre russe jetait l'ancre à Toulon. Dans d'autres circonstances l'événement aurait pu paraître banal, mais dans le contexte politique de l'époque, il a pris aussitôt une dimension historique. La diplomatie qui n'est quelquefois que l'art de l'apparence a des signes qui ne trompent pas. Celui-là en fut un. L'arrivée des marins russes à Toulon signifiait pour la France la fin de vingt ans d'isolement diplomatique, donc un gage de sécurité. Elle l'a vite compris et, rassurée, elle salua avec exaltation une amitié retrouvée. La réalité politique et affective triomphait des principes affichés par les gouvernements. « C'est la raison qui dicte les pactes, peut-être y entre-t-il aussi dans quelque mesure, ces sentiments de sympathie qui viennent du fond de l'histoire et qui, d'ailleurs, procèdent souvent de l'instinct populaire quant aux intérêts des nations. » Général de Gaulle, devant l'Assemblée consultative, 21 décembre 1944.