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Quelle ne fut pas ma surprise de voir pendant ces dernières fêtes de Noël passer sur la chaîne Paramount un film qui a bercé ma jeunesse : Princess Bride. J’allais voir si 34 ans plus tard, ce film n’aurait pas trop mal vieilli.
Revenons tout d’abord sur la carrière de Rob Reiner, acteur, réalisateur et scénariste. En 1984 sort son premier film, Spinal Tap, filmé sur un mode documentaire et qui suit les mésaventures d’un groupe de metal sur le déclin. Puis sort en 1989 la mythique comédie romantique Quand Harry rencontre Sally avec Meg Ryan et Billy Crystal. Il conclut cette décennie avec le magistral Misery, déjà chroniqué sur ce site. C’est en 1987 que sort Princess Bride, film qui tourne en ridicule les codes des contes de fées avec un casting hollywoodien.
Cloué au lit par une mauvaise grippe, un garçon (Fred Savage) s’ennuie. Son grand-père (Peter Falk) lui raconte une histoire qu’on lui contait lorsqu’il était lui-même enfant. Cette histoire est celle de la princesse Bouton d’or (Robin Wright).
Bouton d’or vivait dans une ferme. Elle s’amusait à enquiquiner Weasley, le valet de ferme (Cary Elwes) qui lui répondait chaque fois « comme vous voudrez ». Elle se rendit compte qu’il l’aimait. Weasley n’avait pas les moyens de se marier. Il décida donc de partir conquérir les mers et lui promit de revenir la chercher.
Malheureusement, son navire fut attaqué par le terrible pirate Roberts, qui ne faisait jamais de prisonniers. En apprenant la nouvelle de la mort de Weasley, Bouton d’or promit de ne plus jamais aimer.
Cinq ans ont passé. Le prince Humperdinck (Chris Sarandon) fait part au peuple de Florin d’épouser la princesse Bouton d’or, mais la princesse ne l’aimait pas. Elle est enlevée par trois bandits : Fezzik (André the Giant) un géant qui parle en rimes, Inigo Montoya (Mandy Patinkin), une fine lame espagnole et le chef, un Sicilien génie autoproclamé du nom de Vizzini (Wallace Shawn).
Ils l’emmènent en bateau. Ils doivent ensuite escalader les Falaises de la Démence. Mais un navire les suit. Un pirate masqué grimpe à leurs trousses. Il reste accroché à la falaise malgré le fait qu’une fois arrivé au sommet, le chef ordonne de couper la corde.
Inigo l’attend pour un combat à l’épée. L’espagnol est à la recherche du meurtrier de son père, un homme avec six doigts. Il a passé le reste de sa vie à l’apprentissage de l’étude de cet art. Ca va faire bientôt vingt ans qu’il le cherche. Malgré sa maitrise, le pirate masqué arrive à le battre.
Il poursuit sa route et affronte le géant Fezzik et le vainc aussi. Il affronte finalement le chef avec un défi. Dans deux coupes de vins, le pirate met de l’iocade dans un verre, poison inodore et incolore. Qui des deux va l’emporter ? Et qui est ce mystérieux pirate ? Je vous laisse la surprise de la découverte en regardant cette comédie satirique.
Bien que le film ne dure qu’une heure et 38 minutes, il se passe beaucoup d’événements et de rebondissements. Je n’ai que résumé le premier tiers du film. Princess Bride est à l’origine un roman, traduit en français sous le titre de Princess Bride : Histoire de la princesse promise qu’écrivit au début des années 70 l’écrivain William Goldman pour ses filles.
Le casting est plaisant, avec un Cary Elwes qui avait le physique de l’emploi pour jouer ce prince charmant virevoltant. A ses côtés, Robin Wright était aussi un choix idéal pour interpréter la princesse. Les seconds rôles n’ont pas été oubliés. Mandy Patinkin est génial en espagnol et pique souvent la vedette aux héros, sans oublier le géant André.
A noter aussi la présence de Peter Falk dans un registre très différent des Colombo et héros de Cassavetes et Billy Crystal, qui est méconnaissable dans le rôle du magicien. A signaler que Princess Bride a permis de révéler Robin Wright et que Cary Elwes, s’il n’a pas eu une carrière brillante par la suite, est remarquable.
Le scénario reprend les codes du conte tout en s’amusant parfois à les dynamiter. Le prince n’est pas toujours super aimable et on sent une tonalité parodique dans les dialogues.
Le film se veut souvent comique, mais ne délaisse pas l’action, certains passages restent sérieux malgré une histoire un peu légère. L’amour de Bouton d’or pour Weasley démontre l’absurdité des coups de foudre sur les écrans.
A noter que malgré son caractère fantastique sur certains passages, le film reste discret dans sa dimension d’heroic-fantasy et s’engage plutôt vers un film de cape et d’épée. Malgré le fait qu’une partie du tournage se soit déroulée en Irlande, certains décors font cheap et les monstres ne sont pas très réussis.
Petite anecdote musicale : Mark Knopfler accepta d’écrire la musique du film à condition que Rob Reiner mette dans le film le chapeau qu’il portait dans Spinal Tap. On le voit dans la chambre de l’enfant.
Les aventures de Weasley et Bouton d’or ont bercé l’enfance de toute une génération, même s’il a mal vieilli et est un peu tombé dans l’oubli, à cause de la désuétude de ses effets spéciaux réalisés sans moyens (et les décors), mais aussi de la concurrence de Willow, sortit l’année suivante.
Un conte de fée parodique qui mélange aventure, amour et humour. Les personnages sont attachants, les dialogues et les combats d’épée réussis. Une princesse à sauver, un amour perdu, de la vengeance, voilà les ingrédients de ce film mythique des eighties. Divertissant et drôle.
Freya
Extraits vidéo :
Princess Bride
Sortie: 1987
Durée: 98 minutes
Genre: Fantastique
Pays: USA
Réalisation: Rob Reiner
Production: Rob Reiner, Andrew Scheinman, Norman Lear
Distribution: 20th Century Fox
Scénario: Willam Goldman, d’après son propre roman
Musique: Willy DeVille, Mark Knopfler et Albert Von Tilzer
Acteurs principaux: Cary Elwes (Westley), Robin Wright (Bouton d’or), Mandy Patinkin (Inigo Montoya), Chris Sarandon (prince Humperdink), André The Giant (Fezzik), Peter Falk (grand-père/narrateur), Fred Savage (petit-fils)
Budget: 15’000’000 $
Recettes (USA): 30’857’814 $