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Le président américain Donald Trump a été ciblé par le rapporteur spécial de l'ONU Idriss Jazairy pour les nouvelles sanctions contre l'Iran.
KEYSTONE/AP/ALEX BRANDON(sda-ats)
Les nouvelles sanctions américaines contre l'Iran sont "injustes" et "nuisibles", selon un expert de l'ONU. Le rapporteur spécial sur l'impact négatif des sanctions Idriss Jazairy a ciblé mercredi à Genève une décision "illégitime" du président américain Donald Trump.
"Cette illégitimité a été confirmée par l'opposition de tous les autres membres permanents du Conseil de sécurité" et de tous les autres acteurs internationaux, estime l'Algérien. Il rappelle que les sanctions peuvent être appliquées seulement par l'organe exécutif de l'ONU pour garantir que des attaques gratuites contre des pays sont empêchées.
Les sanctions internationales doivent être "proportionnées et ne doivent pas nuire aux droits de l'homme des citoyens ordinaires", insiste M. Jazairy. "Aucun de ces critères n'est honoré dans ce cas", ajoute-t-il.
Selon lui, les mesures américaines "détruisent" l'économie et la monnaie de l'Iran. Elles font basculer des millions de personnes dans la pauvreté et rendent les marchandises importées hors de prix. Et elles provoquent une "ambiguïté" sur l'accès à des biens humanitaires et pourraient être responsables de décès dans la population.
M. Jazairy appelle les Etats-Unis à autoriser les marchandises agricoles, la nourriture, les médicaments et le matériel médical. Ceux-ci doivent garantir que "les banques, les institutions financières et les entreprises peuvent rapidement et librement" être certaines que les importations de ce type sont possibles, selon lui.
Bolton attendu jeudi à Genève
Le rapporteur spécial salue encore les efforts de l'UE pour tenter de limiter cette "injustice". Et il demande à l'ensemble de la communauté internationale de se rassembler pour éviter une détérioration des tensions économiques.
Mercredi, le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton a indiqué que les Etats-Unis ne cherchent pas un renversement du régime iranien. Mais à obtenir de sa part "un changement radical" d'attitude.
Considéré comme l'un des plus radicaux au sein de l'administration américaine, M. Bolton est attendu jeudi à Genève pour une rencontre avec son homologue russe Nikolaï Patrouchev. Ils doivent notamment aborder la question de l'intervention iranienne en Syrie.
Les Etats-Unis étaient sortis en mai dernier de l'accord sur le nucléaire iranien conclu il y a trois ans entre Téhéran et le P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) qui levaient les sanctions contre le régime islamique. Il a également annoncé début août le rétablissement de mesures coercitives contre Téhéran.
ATS