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En 1993, l'UNESCO a mis en circulation le concept culture des droits de l'homme, concept qui bénéficie aujourd'hui d'un large consensus international. Mais qu'entend-on exactement par culture des droits de l'homme? Suivant le rapport Notre diversité créatrice, ce concept pourrait être défini comme "une façon de vivre ensemble fondée sur les droits de l'homme ». Ainsi définie la culture des droits de l'homme rejoint l'approche basée sur les droits de l'homme.
Il ne fait aucun doute que l'Université en général et les Chaires UNESCO en particulier doivent jouer un rôle déterminant dans la construction de cette culture des droits de l'homme, aussi bien dans le domaine de l'éducation que dans celui de la recherche.
En effet, les droits de l'homme constituent un terrain idéal au développement de l'interdisciplinarité et de la vision holistique notamment à travers de l'approche basée sur les droits des différentes disciplines. On ne peut imaginer une théorisation cohérente et sérieuse des droits de la personne sans une relation étroite entre le milieu académique et la société civile impliquée dans la promotion et l'éducation aux droits de la personne.
Universités et ONG ont leurs points forts et leurs points faibles. Une collaboration étroite peut transformer les faiblesses en atouts. L'Université possède une capacité de réflexion et de conceptualisation dont manquent les ONG. Cependant les milieux académiques ne sont pas des parties prenantes - sauf exception - dans la protection des droits de l'homme. Les ONG sont en contact avec la réalité internationale, non seulement en tant qu'observateurs mais aussi en tant que parties prenantes. Les ONG sont acteurs du changement et de l'évolution du système international, particulièrement en ce qui concerne le renforcement de la protection des droits.
Les ONG sont, en réalité, les médiateurs du système international. Elles exercent un rôle de médiateurs entre le monde académique - producteur d'idées et d'outils intellectuels pour comprendre et anticiper - et la pratique politique des droits de l'homme. Pour effectuer cet indispensable travail de médiation, il est urgent qu'elles mettent en place une alliance avec les milieux académiques. En effet, alors que les ONG sont pleinement insérées dans les mécanismes des organisations internationales, elles n'ont que peu de liens avec les Universités.
Il est impératif que cette collaboration se mette en place dans plusieurs domaines: dans la recherche et la conceptualisation des faits internationaux mais aussi dans la recherche-action. Dans le domaine de la formation, une complémentarité devrait s'établir entre les formations académiques et les formations dispensées par les ONG, plus axées sur la pratique.
Alfred Fernandez