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Le Groupe d'action financière sur le blanchiment de capitaux (GAFI) a publié, vendredi, sa liste noire des pays non-coopératifs. La Suisse n'en fait pas partie, tout comme le Liechtenstein. Mais ce constat tranche avec les conclusions critiques d'un précédent rapport parlementaire français.
Mauvaise note pour l'Egypte, le Guatemala, la Hongrie, l'Indonésie, le Myanmar et le Nigeria. Ces pays ont été ajoutés à la liste des Etats récalcitrants à lutter contre le blanchiment.
A l'autre extrême, le Liechtenstein, les Iles Caïmans, les Bahamas et le Panama ont été rayés de la liste établie pour la première fois il y a un an. L'organisme s'est déclaré satisfait des progrès qu'ils ont réalisés.
Ce n'est pas le cas des dix autres pays qui figuraient déjà sur cette liste il y a un an. A savoir les Iles Cook, la Dominique, Israël, les Iles Marshall, Nauru, Niue, les Philippines, la Russie, Saint-Christophe, Nievès et Saint Vincent, et les Grenadines. En particulier, le GAFI a menacé la Russie, les Philippines et Nauru de sanctions s'ils ne faisaient pas d'efforts.
La Suisse, qui dispose d'une législation antiblanchiment, n'a pas été inquiétée par l'organisme international indépendant. Tout comme le Liechtenstein, elle respecte les quarante recommandations du GAFI.
Ces conclusions tranchent avec les critiques adressées à la Suisse en février dernier par une Mission parlementaire française menée par le socialiste François Peillon.
Dans un rapport sur le blanchiment d'argent en Suisse, les élus français avaient alors reproché à notre pays de mener un «combat de façade» contre l'argent sale. Selon eux, nos autorités ne donnent pas à la justice et à l'administration les moyens de lutter réellement contre le blanchiment.
Comment expliquer ces différences? En février, Berne avait précisément rappelé que, selon l'évaluation de la Suisse effectuée par le GAFI en 1998, les standards internationaux sont respectés dans notre pays. Interviewé par la Télévision suisse romande, François Peillon avait alors rétorqué que ces rapports sont décidés à l'unanimité des membres, dont la Suisse.
Giovanni Colombo, qui dirige la délégation suisse au GAFI, le confirme: les décisions sont prises par consensus. «Mais nous ne pouvons pas opposer notre veto sans arguments», nuance-t-il.
Et ce délégué aux affaires monétaires et financières internationales de rappeler ce que Berne avait déjà dit. A savoir que le rapport français n'est pas objectif.
Caroline Zuercher