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En lecteur curieux, vous vous êtes probablement demandé qui est, et que fait cette société fantôme dont le logo figure sur la page de couverture de la revue que vous tenez entre vos mains et qui est son organe officiel. Il est vrai que la SMSR est devenue au cours des années une vieille dame plutôt discrète et apparemment effacée. Elle est pourtant bien vivante et active, relais entre les sociétés cantonales romandes de médecine et la FMH.
Petit retour en arrière. Au XIXe siècle, les sociétés médicales cantonales qui se sont constituées alors avaient comme activité essentielle la tenue de réunions scientifiques. A Genève, la Société médicale avait succédé, en 1823, à trois anciennes sociétés, l’une médicale, la deuxième chirurgicale et la troisième médico-chirurgicale. Le rapprochement des médecins et des chirurgiens était acquis. Puis elle a vu naître, en 1892, l’Association des médecins du canton de Genève (AMG) qui a dès lors assumé le rôle de syndicat de la profession, devenant aussi la Société cantonale de médecine genevoise de la FMH. La vieille Société médicale est pourtant toujours vaillante et organise chaque année un cycle de conférences.
La Société vaudoise de médecine a vu le jour en 1829 sous le nom de Société vaudoise des sciences médicales. Dans les années suivantes sont successivement apparues la Société médicale du Valais (1835), la Société neuchâteloise de médecine (1858) et la Société médicale du canton de Fribourg (1861 ou 1862), selon l’historique de P. Vuilleumier, paru dans Médecine et Hygiène à l’occasion du centenaire de la SMSR. Ces cinq sociétés éprouvant le besoin d’organiser des réunions communes aux médecins romands, ont fondé notre SMSR en 1867. La SMSR s’est rapprochée du Centralverein, constitué en 1870 par les médecins des cantons alémaniques, pour fonder, en 1901, la Fédération des médecins suisses, gérée par la Chambre médicale suisse.
Qu’est devenue la SMSR une bonne centaine d’années plus tard ? D’abord, un lieu privilégié d’échanges de vue au plan romand. Son comité réunit les présidents des sociétés cantonales romandes auxquelles s’est jointe la Société médicale du canton du Jura depuis la création du 23e canton suisse. Il a récemment confirmé son intention de renforcer la collaboration, le partage de tâches et la communication entre sociétés romandes. Sans ignorer nos particularités et nos divergences, il s’agit de défendre en commun les intérêts de la médecine romande, tant libérale qu’hospitalière, de faire entendre la voix minoritaire de la Suisse romande au plan national, au risque de déranger et même d’agacer. La diversité linguistique et culturelle de notre pays peut être une richesse, mais elle est, et restera une caractéristique lourde à porter. Elle doit être traitée avec respect et assumée, sans oublier que cette diversité est aussi présente au sein même des cantons romands. Elle nous impose un effort de présence important au plan fédéral, rôle que la SMSR exerce notamment au sein de l’Assemblée des délégués de la FMH.
Au-delà de ce travail peu visible, la SMSR doit aussi être entendue en Suisse romande et elle s’efforcera d’être désormais plus présente dans son organe officiel né de la fusion de Médecine et Hygiène et de la Revue médicale de la Suisse romande, il y a tout juste dix ans. Un bel anniversaire pour lequel nous disons un très grand bravo à la Revue Médicale Suisse et à son équipe rédactionnelle. Vive la Suisse romande et vive la Suisse !