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Reporters sans frontières dénonce le brouillage des programmes en chinois, tibétain et ouighour de plusieurs radios internationales. Les autorités chinoises s'étaient pourtant engagées à respecter la liberté de la presse et la libre circulation de l'information pendant les Jeux olympiques.
"La levée de bouclier de la presse internationale a contraint la Chine à débloquer des sites Internet. Mais le gouvernement de Pékin n'a fait aucun geste en faveur des radios internationales, plus particulièrement la BBC, VOA, RFA ou Voice of Tibet qui sont brouillées sur le territoire chinois. Le droit des journalistes étrangers à un libre accès à Internet a été en partie garanti, mais qu'en est-il pour des centaines de millions de Chinois, Tibétains et Ouighours qui sont privés d'informations libres ? En quoi les Jeux olympiques auront-ils aidé à desserrer l'emprise du gouvernement sur l'information ?", s'est interrogée l'organisation.
"C'est notamment pour dénoncer cette censure que Reporters sans frontières a émis le 8 août un programme FM clandestin à Pékin", a ajouté l'organisation.
Reporters sans frontières a pu confirmer auprès de plusieurs sources en Chine que le brouillage des programmes en chinois de la BBC, Voice of America, Radio Free Asia, Sound of Hope (liée à Falungong), des émissions en tibétain et en ouighour de Radio Free Asia ou de Voice of Tibet, n'a jamais cessé avant et pendant les Jeux olympiques de Pékin. Pour les programmes en tibétain, le brouillage s'est même intensifié au cours des derniers mois.
Si les journalistes de la BBC, de VOA et de RFA ont pu obtenir des visas pour se rendre en Chine à l'occasion des Jeux olympiques, à l'exception notable d'un reporter du service tibétain de RFA, leurs auditeurs potentiels sont empêchés d'écouter leurs programmes dans des conditions normales.
Les responsables de la radio Voice of Tibet qui diffuse des programmes en tibétain et en chinois vers le Tibet ont noté une augmentation du brouillage sur leurs ondes courtes. Les autorités utilisent huit programmes différents diffusés depuis six points du territoire chinois (Pékin, Xian, Urumqi, Kashi, Hainan, Fuzhou), pour rendre inaudible les émissions de Voice of Tibet. Près d'une centaine d'antennes sont également installées au Tibet pour brouiller les fréquences des radios internationales.
"Nos trois fréquences sont enregistrées au niveau international pour l'utilisation exclusive de la diffusion des programmes de notre radio. Mais personne n'est capable de nous défendre face au brouillage chinois. (Š) Et en plus notre site Internet est toujours bloqué", a expliqué Oystein Alme, directeur de la radio basée en Norvège.
Des plaintes ont été déposées auprès de l'organisation internationale de régulation des ondes. Mais le gouvernement chinois n'a jamais respecté ses engagements en la matière, prétextant des "problèmes techniques".