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Des accusations ont été formulées dans une lettre "à l'encontre de plusieurs membres émérites et en exercice de la Conférence des évêques suisses ainsi que d'autres membres du clergé dans la gestion des cas d'abus sexuels", écrit la conférence dans. La missive dénonce également des abus sexuels commis par certains membres par le passé.
La lettre, datée de la fin mai, était adressée au nonce apostolique en Suisse, Martin Krebs. L'enquête a été ordonnée le 23 juin, précise le communiqué. Elle porte principalement sur l'accusation de dissimulation de cas d'abus.
Les enquêtes sur des délits sexuels présumés relèvent en premier lieu de la compétence de la police et des ministères publics, qui ont été informés des cas mentionnés dans la lettre, ajoute le texte.
"Vérifier les faits"
La conférence épiscopale a envoyé le communiqué après que le SonntagsBlick a rendu les accusations publiques. "J'aurais préféré refuser le mandat de Rome", déclare Mgr Bonnemain interrogé dans le journal alémanique. Même s'il se sent lié aux autres évêques, il dit vouloir "essayer de découvrir la vérité de manière complète et précise".
Son enquête vise à déterminer si les responsables ont réagi correctement ou s'ils ont manqué à leur devoir d'information. "Je n'enquête pas sur quelqu'un. Il s'agit de vérifier des faits", précise l'évêque, qui a été, de 1989 à 2021, l'official de l'évêché de Coire chargé de diriger ce type d'enquêtes et de procédures pénales.
D'après ce que sait Mgr Bonnemain, les personnes concernées par les accusations exercent toujours leur ministère. "Même si aucune condamnation n'a été prononcée, nous devons examiner très sérieusement si quelqu'un peut être à nouveau engagé dans l'action pastorale". La protection des mineurs et des adultes en quête d'aide doit primer sur tout le reste, souligne-t-il.
Charles Morerod réagit
Selon le journal alémanique, les accusations ont été soulevées par l'ancien vicaire général du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF), Nicolas Betticher, désormais en poste à Berne. Il accuse "un membre" de la Conférence des évêques et trois prêtres du diocèse LGF d’avoir harcelé sexuellement des jeunes.
De leur côté, l'évêque de Sion Jean-Marie Lovey et celui de Lausanne, Genève et Fribourg Charles Morerod sont accusés de dissimulation pour ne pas être intervenus après signalement de cas d'abus. Mgr Morerod aurait même promu le prêtre mis en cause. Son auxiliaire, Alain de Raemy, aurait aussi été au courant de ces cas.
Interrogé lundi dans La Matinale, Charles Morerod relève que des enquêtes sont en cours et qu'il a répondu "de manière très détaillée". Il ajoute ne pas pouvoir en dire plus avant de connaître le résultat de ces enquêtes. "Il est difficile de rompre une culture du silence au sein de l'Eglise catholique", a conclu l'évêque.
Des accusations de dissimulation pèsent également sur un autre ancien évêque auxiliaire et sur l'évêque et ancien diplomate du Vatican Jean-Claude Périsset. Les accusations de dissimulation ne relèvent pas du Ministère public, mais du droit canonique, précise le Sonntagsblick.
La Conférence des évêques suisses précise dans son communiqué qu'elle ne peut pas donner d'autres informations en raison de la procédure en cours. Une fois l'enquête préliminaire terminée, un rapport sera transmis au dicastère pour les évêques à Rome. Le dicastère décidera alors de la suite à donner à ce rapport.
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miro avec ats
"Nous devrions tous travailler ensemble à découvrir la vérité"
Invité dans le 19h30 dimanche soir, Nicolas Betticher a fait part de sa tristesse aux victimes et sa volonté que la vérité triomphe.
Le curé rappelle que les évêques suisses ont décidé de "mettre en place une commission qui recherche les éventuels abus sur les 70 dernières années en Suisse" et qu'il a été entendu à 3 reprises dans ce cadre. Par la suite, il a décidé de faire part de son témoignage au pape.
A noter que les résultats de la recherche menée à l'Université de Zurich seront présentés mardi.
Nicolas Betticher rappelle que les victimes ont droit à des procédures canoniques mais regrette qu'elles soient souvent "bâclées" ou "même pas réalisées".
"Je suis très heureux d'apprendre que le Saint-Siège a rapidement diligenté une enquête préliminaire, preuve qu'il prend au sérieux ce qu'il se passe en Suisse. Et j'espère véritablement que vérité sera faite", a-t-il en outre ajouté.