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Critique
La sortie d'un film de Woody Allen est toujours un événement. Noblesse oblige. Le public ne sera pas déçu.
Avec son chapeau de travers, son air ahuri de myope, C. W. Briggs (Woody Allen) est un inspecteur d'assurances aux méthodes aussi efficaces qu'intuitives. Betty (Helen Hunt) a été engagée pour réorganiser de façon rationnelle toute l'administration. Le conflit ne tarde pas à éclater. Mais au cours d'une réception, un hypnotiseur renverse la situation et crée de multiples quiproquos dont le cinéaste va tirer des effets comiques.
On retrouve dans ce film trois constantes de l'oeuvre de Woody Allen. D'abord son intérêt amusé et narquois pour la psychanalyse qui se mue ici en une réflexion sur l'hypnose. Sur le mode comique, il pose la question de savoir s'il existe une force de suggestion capable d'obliger un sujet à faire ce qu'il ne veut pas.
Ensuite, et une fois de plus, son récit se situe dans les années 40. Le décor, les vêtements et surtout la musique inspirée du jazz de l'époque nous font revivre un cinéma qui lui est cher et auquel il fait de nombreuses références.
Plus moderne enfin est son analyse de plusieurs types féminins. La femme à deux faces, tantôt cadre énergique, tantôt amante. La petite secrétaire qui cherche à séduire, la jeune et belle bourgeoise qui ne comprend pas qu'on puisse lui résister. Ces portraits ne sont guère flatteurs, alors même qu'ils présentent un intérêt certain.
Une fois encore le comique de Woody Allen repose sur des situations cocasses, mais aussi et surtout sur des dialogues auxquels il voue un soin très particulier et dont il est toujours l'auteur. Il affirme ne jamais manquer d'idées de films. C'est une excellente nouvelle pour tous ses admirateurs.
Maurice Terrail