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Les marginalisés et les laissés-pour-compte des pays du Sud sont les plus durement touchés par le changement climatique : les pauvres, les personnes âgées, les femmes, les enfants, les petits paysans, les sans-terre, les habitants des bidonvilles. Tous ces gens sont livrés sans défense aux sécheresses, vagues de chaleur, inondations ou tempêtes. Tous ces gens manquent des ressources qui leur permettraient de combattre les conséquences du changement climatique, ou de s’y adapter lorsque c’est possible. La politique climatique est étroitement liée à la politique de développement.
Les conséquences du changement climatique sont également directement liées à la question de la justice. Les pays industrialisés du Nord sont les principaux responsables du réchauffement climatique, et à ce titre, en vertu du principe du pollueur-payeur, ils doivent payer pour les dégâts qu’ils ont provoqués, notamment dans les pays en développement. Mais cela signifie évidemment qu’ils doivent faire de gros efforts pour limiter le réchauffement climatique.
Pour pouvoir endiguer les dégâts provoqués par le réchauffement climatique dans les pays en développement, les principaux responsables doivent commencer par mettre de l’ordre chez eux, et contribuer de toute leur énergie à faire en sorte que le réchauffement reste en dessous de 1,5 degré. Or, le plan de réduction de la Suisse sur ce point et pour le respect de l’Accord de Paris est insuffisant. La Suisse doit en faire plus au sein même du pays. Elle veut atteindre l’objectif de supprimer trois cinquièmes seulement des émissions de gaz à effet de serre par des mesures de protection du climat à l’intérieur de ses propres frontières. Les deux cinquièmes restants doivent être achetés sur le marché des émissions sous la forme de « permis de polluer » que la Suisse se procure en partie auprès des pays en développement. Caritas refuse un tel commerce de droits d’émission. La Suisse a les moyens d’atteindre les objectifs de réduction par sa propre action.
Un milliard par an pour le financement du climat
Le financement annuel proposé par le Conseil fédéral, de 450 à 600 millions de francs, ne correspond pas à la responsabilité effective de la Suisse au changement climatique mondial. Après tout, notre pays fait partie des dix pour cent des plus grandes économies au monde.
Caritas rejette catégoriquement l’attitude du Conseil fédéral qui entend simplement soustraire une grande partie des fonds de financement du climat au budget de la coopération au développement.
Pour financer la protection du climat dans les pays en développement, il faut mobiliser chaque année 100 milliards de francs, à partir de 2020. La Suisse doit contribuer pour un milliard de francs par année. Les nouveaux moyens qu’elle mobilisera pour la protection du climat doivent être additionnels. Il faut donc se poser la question des sources de financement. Hugo Fasel, directeur de Caritas : «Dans son récent rapport sur le financement du climat, le Conseil fédéral ne dit rien de ces nouvelles sources de financement. Les propositions faites ces dernières années ont été mises aux oubliettes, plus personne n’en parle. Depuis des années, il est ainsi question de taxer les billets d’avion en fonction de la pollution engendrée. Chaque année, plus de 40 millions de personnes voyagent à destination ou en partance d’un aéroport suisse. Une modeste taxe de 10 francs par billet permettrait de collecter plus de 400 millions de francs par année. C’est faisable.»
Caritas a résumé ses analyses et revendications dans la prise de position intitulée « Financement climatique : la Suisse doit en faire plus ».