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L’Oiseau de Feu est le Phoenix qui renaît de ses cendres.
L’Oiseau de vie et de joie, immortel, dont la splendeur et la force restent indestructibles, internissables.
Dans ses entretiens avec Craft, Igor Stravinski donne les raisons pour lesquelles il préfère voir utilisée pour l’Oiseau de feu la suite d’orchestre, plutôt que la version totale du ballet qu’il désavoue assez ouvertement. Dès lors, l’argument du ballet qui suit exactement la partition originale semble caduc et ce qui reste est musique pure, propre certes à une certaine vision chorégraphique, mais incapable de suivre les méandres d’un scénario compliqué. Il n’est donc pas question de remplacer l’argument par un autre, ni même de le transformer : essayons plutôt de dégager l’émotion qui parcourt la succession de numéros de la partition ainsi réduite, en retrouvant les deux éléments chocs qui frappèrent à la création :
Stravinski musicien RUSSE
Stravinski musicien RÉVOLUTIONNAIRE
Que la danse soit donc l’expression abstraite de ces deux éléments toujours présents dans la musique, un sentiment profond de la Russie et une certaine rupture avec la tradition musicale qui se traduit par une violence rythmique inaccoutumée et qui suscita à la création les remous que l’on sait.
L’Oiseau de Feu est le Phoenix qui renaît de ses cendres.
Le Poète comme le Révolutionnaire est un Oiseau de Feu.