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avril 2002 / La belle Hélène
Offenbach chez barnabé
Durant les quatre années où j'ai collaboré avec le Théâtre Barnabé, nous réalisions entre trois et quatre décors par année. Après la revue, au printemps, nous montions un spectacle musical, habituellement une comédie musicale. Mais en 2002, c'est la célèbre opérette d'Offenbach qui fût choisie.
Fait rare (chez moi), et en particulier pour les réalisations d'avant 2010, ce projet à été copieusement documenté sur les différentes étapes; maquette, construction, peinture et finalement réalisation. Malgré que j'adore les "making-of" dans les dvd, j'ai trop souvent oublié de documenter la concrétisation des décors, trop concentré sur l'action du moment. Par chance, sur quelques rares mandats, une personne extérieure à l'équipe documentait le processus. Sur ce spectacle à mon souvenir, c'est à Olga Figueiredo que je dois le travail de documentariste. Qu'elle en soit remerciée.
Les conditions techniques de création chez Barnabé sont exceptionnelles quand on pense qu'il s'agit d'un théâtre privé. Les dimensions et les équipements du plateau autorisent beaucoup de fantaisies. Mais en plus, nous avions, entre deux spectacles, le plateau à notre disposition avec l'atelier de construction de plein pied adjacent à la scène. Avec sa "belle Hélène", Offenbach s'était autorisé une relecture iconoclaste du mythe grec et j'ai eu envie de m'amuser aussi avec une évocation brinquebalante néoclassique.
Maquette
Le châssis avec les plateaux
Profitant de la disponibilité du plateau pour la construction, j'ai imaginé un énorme praticable (podium) mobile qui pouvait s'avancer et reculer pour révéler le jeu de l'oie peint au sol. Ce praticable constitue l'essentiel du décor avec les trois toiles peintes figurant des temples qu'on croirait conçus par l'architecte Numérobis. Le praticable est constitué d'une série de châssis (cadres) que viennent recouvrir des plateaux de bois croisé qui seront peints ensuite.
Je profite de l'occasion pour vous présenter deux photos de technique de peinture au sol. Technique artisanale que nous avons apprise (Françoise et moi) à l’École de Décor de Théâtre à Genève. Les toiles de coton sont clouées directement au sol et tendues par première imprégnation. A partir de là, on travaille toujours debout, marchant sur la toile peinte. Le dessin se fait avec un fusain fixé dans une tige de bambou, pour les traits droits on s'aide de règles géantes (jusqu'à trois mètres de long) munies d'un manche. Pour la peinture, idem! Les pinceaux ont un manche d'environ 1 mètre et leur manipulation vous développe des avant-bras de bodybuildeur.
Votre serviteur au dessin
Françoise Bach-Barras à la peinture
Pour le décor fini, je vous renvoie à la galerie ci-dessous. Avant de poster un projet, je fait toujours une petite exploration du net. J'ai eu sur ce coup l'heureuse surprise de découvrir qu'il existait une captation de l'intégralité du spectacle sur la chaine youtube de jeanlucvideo. La qualité est un peu "vintage" mais ça donne une bonne idée du résultat final.