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La TdG, sous la signature de M. OLivier Bot, donne ce jour à diverses ONG et au syndicat Uniterre l'occasion de faire, au prétexte de la crise alimentaire qui secoue la planète, un nouveau "tour de piste médiatique". Comme à l'habitude les propos tenus par les représentants de ces associations se résument à quelques formules, présentées comme des évidences et des généralités, du genre : "Il faudrait déjà que les paysans aient accès aux graines" ou " Les pays du Nord poussent ceux du Sud à signer des accords empêchant les paysans de réutiliser ou de conserver des semences protégées" ou encore "De plus en plus de paysans dépendent d'une armada de textes sur la propriété intellectuelle qui empêchent l'accès des paysans à la propriété des semences".
Au cas ou par chance l'un ou l'une des auteurs cités dans l'article de M. Bot prenait connaissance des interogations qui suivent il serait utile à la cause défendue par eux qu'ils prennent une fois le temps d'y réfléchir sérieusement et d'y répondre objectivement. Ils rendraient plus compréhensible et plus crédible leur combat.
1. Savent-ils que, comme Claude Allègre le rappelle dans son dernier ouvrage, le gène qui empêche de replanter les semences génétiquement modifiées a été mis au point non pas à l'initiative des producteurs mais, au début de l'expérimentation des OGM, à la demande du ministère de l'Agriculture américain par précaution, pour faire en sorte que si un OGM se révélait dangereux pour l'environnement, il ne puisse pas se reproduire ?
2. Pourquoi se scandalisent-ils de la dépendance des paysans du Sud à l'égard des semenciers alors que les agriculteurs de nos pays ont depuis longtemps renoncé, pour des raisons d'efficacité et de productivité, à replanter leurs propres graines, contribuant ainsi massivement à réduire la biodiversité et se mettant volontairement en état de dépendance à l'égard des entreprises qui les livrent.
3. Comment justifient-ils en chiffres leur affirmation selon laquelle les OGM seraient rentables pour les grandes exploitation et destructrices pour les petites ? Ne confondent-ils pas par absence de rigueur ou en toute mauvaise foi les facteurs pécuniers avec d'autres aspects plus globaux tels que les dangers de l'uniformisation des semences, le protectionnisme agricole des pays riches ou le rôle souvent discutable des conglomérats agroalimentaires ?
4. Pourquoi ne nuancent-ils jamais leurs propos sévères par ceux que par exemple Kofi Annan a tenus lors d'une récente conférence sur le continent noir : "Les OGM constituent une chance pour l'Afrique d'accéder au savoir. Le génie génétique représente un espoir considérable pour les pays pauvres" ? Ou ceux de la Kenyanne Florence-Wambgu : "L'agressivitédes Européens à l'égard des OGM relève d'une pathologie de nantis" ?