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Le chien, comme tout animal, ressent des émotions positives et négatives
Même si, au 21ème siècle, il existe encore des humains qui pensent que l’animal ne ressent rien et qu’il est dépourvu de toute sensibilité, il n’en est rien. Le chien, comme tout autre animal, ressent toute la gamme de nos émotions (joie, tristesse, colère, inquiétude, peur, etc.). Il suffit de vivre au côté de son animal et de bien l’observer pour constater toutes les nuances émotionnelles dans l’expression de son regard et son attitude. De nombreux scientifiques ont effectué plusieurs expériences ces dernières décennies et publié diverses études sur le sujet.
S’agissant en particulier de la peur, le chien n’a pas une seule réaction face à ce sentiment. En effet, les stratégies de base liées aux émotions correspondent aux « 3 F »: freeze, fight ou flight, selon que l’animal, soumis à une situation difficile, aura plutôt tendance à s’immobiliser et laisser passer, à se battre ou à fuir le contexte. Ainsi, au croisement d’un congénère, il peut soit s’arrêter et attendre que ce dernier poursuive son chemin, soit attaquer frontalement l’intrus qui entre dans son espace, soit encore fuir le plus loin possible.
Comment puis-je savoir si mon chien a peur des autres chiens ?
Si le chien vient d’un élevage, il est intéressant de l’observer évoluer dans sa fratrie et de questionner l’éleveur à ce sujet (« comment se comporte-il en meute ? ») ainsi qu’au sujet du comportement de la mère du chiot dans ce genre de situation. En effet, le chiot aura peut-être hérité génétiquement de certains comportements de la mère ou aura pris l’habitude de l’imiter lorsqu’elle est par exemple en contact avec des congénères. L’attitude de la mère est donc très importante dans le développement comportemental du chiot et peut expliquer certains réflexes de celui-ci dans le futur.
Si le chien vient d’un refuge, et si celui-ci est sérieux, son comportement aura été observé dans différentes situations (en contact avec des hommes, des femmes, des chats, des congénères et d’autres animaux notamment). Les gardiens pourront donc également vous renseigner sur la personnalité et les habitudes du chien concerné.
Dans tous les cas, en passant du temps avec son chien, on constate rapidement si celui-ci est à l’aise ou non avec des congénères. Généralement, le meilleur test consiste à le laisser gérer la situation au début (tout en restant le garant de sa sécurité physique) et, même s’il vient se réfugier dans nos jambes, s’il retourne au contact de l’autre chien de lui-même, c’est que tout va bien pour lui. En revanche, s’il a peur, il adoptera l’une des trois stratégies décrites plus haut (« freeze, fight, flight »). Tout dans son attitude montrera qu’il n’est pas à l’aise (posture, tensions du corps, pupilles, babines, queue, etc).
Que dois-je éviter si mon chien a peur des autres chiens ?
Le premier réflexe qu’on peut avoir, surtout s’il s’agit d’un chiot, c’est de le réconforter, le rassurer. Or, cela ne peut que renforcer son comportement craintif. En effet, en agissant ainsi, on ne fait que lui montrer en réalité que c’est le comportement que l’on attend de lui. Voulant généralement plaire à son propriétaire et pensant que c’est ce que celui-ci souhaite, il prendra alors l’habitude d’agir de la sorte lors de croisements avec des congénères.
Il n’y a pas lieu non plus de punir son chien s’il est en situation de peur. Quelle que soit la situation, la punition n’est de toute manière pas la solution. Il vaut en effet toujours mieux récompenser un bon comportement (par des vocalises de félicitations, avec une friandise très appétente, un jeu qu’il adore ou une caresse qu’il apprécie). C’est ainsi qu’il comprendra de mieux en mieux comment se comporter.