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Ladakh-Zanskar. Par la construction d’une route le long de la rivière Zanskar, au nord de l’Inde, les habitudes des habitants des régions reculées du Ladakh seront bouleversées.
Textes et photos: Marguerite Martinoli
80 km séparent deux villes importantes de l’Etat du Cachemire indien, situé au nord de l’Inde. Leh, la capitale du Ladakh et Padum, la ville principale du Zanskar. Elles sont situées à 3’500 m. d’altitude au cœur de la chaîne himalayenne.
Malgré un environnement austère, elles ont été, de tout temps, reliées pour des raisons commerciales. De Padum, la rivière Zanskar coule dans des gorges profondes avant de rejoindre la vallée de l’Indus permettant de rallier Leh. La population calque depuis toujours ses déplacements hivernaux sur les conditions de la rivière Zanskar. En effet, celle-ci n’est accessible que cinq à six semaines en janvier-février lorsque les eaux tumultueuses de la rivière se solidifient et gèlent.
Durant ce court laps de temps, l’épaisseur de glace varie entre plusieurs mètres et quelques millimètres. La rivière Zanskar change alors de nom et devient le Chaddar, la rivière gelée. Dès lors, sur son parcours, les habitants de ces villages retirés, situés entre 4’000 et 4’500 mètres d’altitude, entourés de cols et de chaînes de montagnes culminant à 7’000 m. n’ont, pour seule possibilité de rejoindre les autres régions du pays, que ce passage.
La rivière gelée devient route et les villageois s’empressent de l’emprunter, malgré le danger, pour transporter du bois, se rendre au chef-lieu Leh pour s’y approvisionner, y travailler quelques semaines, rejoindre ou amener les enfants à l’école dans la capitale. Trois à cinq jours sont nécessaires pour parcourir la distance séparant leurs habitations de la ville de tous les espoirs.
Les Zanskaris emportent les vivres nécessaires au trajet et dorment durant le trajet, dans des grottes par une température variant entre -2° et -30°. Le Chaddar est également un trek prisé des occidentaux et depuis peu, par les Hindous également. Pour les non autochtones, les difficultés liées à l’altitude et la rigueur du climat ralentissent la marche. Il faut compter simplement le double de temps.