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Le Conseil fédéral et le Parlement ont accepté d'augmenter les dépenses de l'armée. Celle-ci ne sera donc pas touchée par ces coupes linéaires. "Nous avons quand même une situation géopolitique qui est délicate. Nous avons une guerre en Europe", fait valoir Karin Keller-Sutter dans La Matinale de la RTS. "Il est nécessaire que l'armée soit capable de défendre le pays".
Assainir durablement les finances fédérales
Ces coupes interviennent après l'annonce du Conseil fédéral fin janvier d'économies se montant à 2 milliards de francs. Les autres départements verront donc leur budget réduit afin de combler le déficit de 1,4 milliard de francs enregistré en 2023. La gauche dénonce toutefois une solution de facilité et une absence de priorité. "Je ne suis pas contente non plus de ces coupes linéaires, mais il faut arriver à un assainissement durable des finances fédérales", réplique la conseillère fédérale.
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Mais cet assainissement doit également être structurel, précise Karin Keller-Sutter. D'autres mesures doivent donc être prises. "Le Conseil fédéral envisage de procéder à un examen des tâches et des subventions de la Confédération", révèle la ministre des Finances. "Ça veut dire que nous allons constituer un groupe d'experts externes qui vont vérifier toutes les dépenses et les recettes de la Confédération et qui vont faire des propositions au Conseil fédéral".
Le budget de la Confédération est assez rigide
L'une des pistes envisagées serait d'analyser les transferts financés par la Confédération. "Le budget de la Confédération est assez rigide", explique Karin Keller-Sutter. "80% des dépenses sont des transferts, c'est-à-dire de l'argent qui est versé aux cantons, aux communes, aux CFF, aux écoles polytechniques, etc.". Il s'agirait donc d'observer si cet argent est utilisé à bon escient, s'il y a toujours lieu "de faire certains transferts ou de procéder à certaines subventions ou bien est-ce qu'on peut apporter des changements".
Freiner la croissance des dépenses
La conseillère fédérale rappelle toutefois que toutes ces mesures visent uniquement à freiner la croissance des dépenses. "Nous n'avons pas de problème avec les recettes", explique la Saint-Galloise. "Nous avons eu des recettes supplémentaires de 5 milliards en 2023. Ce sont avant tout les dépenses qui montrent une forte augmentation".
Il n'est en revanche pas envisageable d'augmenter encore ces recettes afin de financer certaines dépenses, estime Karin Keller-Sutter, rappelant que cet argent provient principalement de la TVA et de l'impôt fédéral direct. "Il faudrait dire au peuple: nous dépensons trop, mais s'il vous plaît, donnez-nous encore des moyens supplémentaires", dit-elle.
C'est l'argent du contribuable qui finance l'Etat, donc il faut dépenser l'argent des gens de notre pays avec soin
Certaines augmentations d'impôts ont par ailleurs déjà eu lieu, rappelle la ministre des Finances. "Nous avons déjà augmenté la TVA en début d'année pour financer l'AVS et nous avons aussi augmenté l'impôt pour les entreprises multinationales avec l'impôt minimal de l'OCDE", indique-t-elle. "C'est l'argent du contribuable qui finance l'Etat, donc il faut dépenser l'argent des gens de notre pays avec soin", affirme-t-elle.
Propos recueillis par Pietro Bugnon
Adaptation web: Emilie Délétroz