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Privés de pauses-toilettes, des salariés américains portent des couches
D'après l'étude de l'ONG britannique publiée mardi, "la grande majorité" des 250'000 ouvriers du secteur avicole américain "dit ne pas bénéficier de pauses-toilettes adéquates", en "claire violation des lois américaines de sécurité au travail".
Ils "luttent pour s'adapter à ce déni d'un besoin humain de base. Ils urinent et défèquent debout face à la ligne d'assemblage, portent des couches au travail, réduisent leurs prises de liquides et fluides à des niveaux dangereux" et risquent "de graves problèmes de santé", martèle l'étude.
"Deux pauses-pipi par semaine"
Oxfam cite une enquête menée auprès de 266 ouvriers en Alabama, selon laquelle "presque 80% des ouvriers disent ne pas avoir le droit d'aller aux toilettes quand ils en ont besoin", ainsi qu'une autre dans le Minnesota où "86% des ouvriers disent avoir moins de deux pauses-pipi par semaine".
Les rares employés du secteur qui disent pouvoir se soulager quand ils veulent travaillent dans des usines syndiquées. Or, les deux tiers ne le sont pas, selon Oxfam.
afp/fb
Publié le 13 mai 2016 à 06:19 - Modifié le 13 mai 2016 à 08:46
Réaction de Tyson Foods
Si c'est un problème qui touche toute la filière avicole aux Etats-Unis, les quatre poids lourds sont particulièrement montrés du doigt: Tyson Foods, Pilgrim's, Perdue et Sanderson Farms, qui contrôlent 60% du secteur et emploient conjointement plus de 100'000 personnes.
L'américain Tyson Foods, l'un des plus gros groupes volaillers au monde, a répondu dans un communiqué "ne pas tolérer le refus des demandes d'aller aux toilettes" dans ses usines.
Perdue, Sanderson Farms et Pilgrim's n'étaient pas disponibles dans l'immédiat pour répondre aux demandes de commentaires.
Ouvriers moqués
Ils doivent alors patienter pendant plus d'une heure ou "se précipiter" pendant des pauses de dix minutes.
Un délai difficile à tenir lorsqu'il faut traverser de vastes plateaux d'usines où les sols peuvent être glissants, couverts de sang ou résidus d'animaux, et sachant qu'il leur faut enlever puis remettre des vêtements de protection.
Les chefs de ligne refusent aux ouvriers ces pauses "parce qu'ils sont sous pression pour maintenir la vitesse de production", fait valoir Oxfam.