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Michael Flynn, conseiller du président américain Donald Trump à la sécurité nationale, a démissionné, a annoncé lundi un responsable de la Maison Blanche (archives).
KEYSTONE/FR132934 AP/LAUREN VICTORIA BURKE(sda-ats)
Michael Flynn a tenu quatre jours. Le conseiller à la sécurité nationale du président Trump a démissionné lundi soir, moins de 96 heures après les révélations de la presse sur ses contacts inappropriés avec la Russie, alors que Barack Obama était encore en fonctions.
Dans sa lettre de démission, Michael Flynn a reconnu avoir "par inadvertance trompé le vice-président élu (Mike Pence) et d'autres personnes avec des informations incomplètes sur (ses) discussions téléphoniques avec l'ambassadeur de Russie". "J'ai présenté des excuses sincères au président et au vice-président qui les ont acceptées", a-t-il aussi écrit dans la missive.
Concrètement, au moment même où l'administration Obama ordonnait fin décembre des sanctions contre la Russie pour son ingérence présumée dans les élections américaines, Michael Flynn assurait lui l'ambassadeur de Russie à Washington Sergey Kislyak que le président élu Donald Trump serait beaucoup moins sévère. Or de telles discussions sont potentiellement illégales, selon le Washington Post et le New York Times, à l'origine vendredi de ces révélations.
A l'époque, Barack Obama avait décidé de sanctionner 4 personnalités et 5 entités et il avait aussi expulsé 35 diplomates russes.
Mike Pence induit en erreur
"Le président évalue la situation, il parle au vice-président (...) et à plusieurs autres personnes", avait indiqué quelques heures plus tôt lundi le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer.
Lors de ces discussions téléphoniques avec l'ambassadeur de Russie, Michael Flynn était déjà à l'époque à ce poste central dans l'élaboration de la politique étrangère et de sécurité auprès du futur président américain. Mais l'équipe Trump était encore en pleine période de transition, trois semaines avant de prendre officiellement les rênes du pouvoir.
Facteur aggravant, Michael Flynn avait induit en erreur son propre camp, en particulier Mike Pence, le futur vice-président. Il avait en effet déclaré début janvier que la conversation avec l'ambassadeur n'avait pas porté sur les sanctions, une affirmation reprise publiquement par Mike Pence.
Sollicité pour savoir si le président Trump était au courant que M. Flynn avait discuté des sanctions avec l'ambassadeur russe, le porte-parole Sean Spicer a été catégorique lundi: "Non, absolument pas."
Renvoi réclamé
Dès lundi les démocrates au Congrès avaient réclamé le renvoi de l'ancien général pour ces accusations "ahurissantes", leurs collègues républicains optant pour le mutisme.
Une certitude: les conseillers du président Trump ne se sont pas bousculés pour défendre Michael Flynn pendant le week-end. Ce n'est que lundi après-midi qu'une proche conseillère de Donald Trump a tenté de dissiper le malaise, assurant sur MSNBC que l'ancien soldat bénéficiait "de la confiance totale du président".
L'un des inspirateurs des idées de Donald Trump sur les questions internationales, Michael Flynn, personnalité controversée, avait conseillé le président américain très tôt dans sa campagne électorale. Et sa nomination avait suscité des remous.
Dans le renseignement, beaucoup estimaient qu'il ne convenait pas à ce poste crucial, certains affirmant qu'il avait été retiré de la tête du renseignement militaire (DIA) après seulement deux ans pour cause de mauvaise gestion.
Nouvelle candidature
Le général Keith Kellog, secrétaire général du Conseil de sécurité nationale, remplacera Michael Flynn le temps que le président Donald Trump lui trouve un successeur. Selon le responsable de la Maison Blanche, la candidature de David Petraeus, général à la retraite et ancien directeur de la CIA, est examinée.
ATS