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Au début de ce siècle, dans la vallée du Rhône entre Brigue et Sion (canton du Valais), l'une des vallées alpines intérieures les plus sèches des Alpes européennes, de nombreux pins présentaient des symptômes frappants de sécheresse. Beaucoup d'arbres plus âgés étaient déjà morts. Pour comprendre les causes de ce dépérissement, le WSL a installé au cours de l'été 2003 une expérience d'irrigation contrôlée à long terme dans le parc naturel de Pfyn-Finges. L'objectif de cette expérience est de comparer la croissance de plusieurs centaines de pins sur des parcelles forestières irriguées avec celle d'arbres qui ne reçoivent que des pluies naturelles.
Pour mieux comprendre les effets à moyen et long termes des périodes de sécheresse sur les forêts, il faut examiner les résultats d’essais menés dans des régions arides à l’aide de séries de mesures locales de longue durée.
Le bois de Finges (canton du Valais; 46° 18’ N, 7° 36’ E, 615 m d’altitude) offre les meilleures conditions pour réaliser ces essais. C’est donc là, dans la plus grande forêt de pins intacte de Suisse, qu’une équipe de chercheurs du WSL a lancé une expérience à long terme de 20 ans. La température annuelle moyenne y est de 9,2°C et la somme des précipitations annuelles s’élève à 657 mm (moyenne entre 1961 et 1990).
Les pins ont en moyenne 100 ans et mesurent 10,8 m de haut. Le site expérimental de 1,2 hectare, qui comprend 876 arbres, est réparti en huit parcelles de 1000 m2 chacune (fig. 4). Quatre d’entre elles sont arrosées par aspersion entre avril et octobre et recueillent en plus chaque année 700 mm de précipitations. Les arbres des quatre autres parcelles croissent dans des conditions naturelles, à savoir relativement sèches.
Résultats actuels
Presque immédiatement après le début des recherches en 2003, la production de fructifications de mycorhizes a nettement augmenté sur les parcelles irriguées. Avec une année de décalage, les pins y produisent depuis 2004 des cernes plus larges et des aiguilles plus longues qu’auparavant. La longueur des pousses et la densité du peuplement ont également augmenté par la suite.
L’irrigation a en outre accéléré la croissance des racines et, à partir de l’été 2006, accru la biomasse des racines fines en particulier (Brunner et al. 2009). La période de croissance des arbres irrigués s’est allongée de deux à cinq semaines (fig. 3) (Eilmann et al. 2010).
À la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, l’augmentation des températures en Suisse s’élevait à plus du double de la moyenne mondiale. Les modèles climatiques laissent envisager une hausse continue pour le XXIe siècle. Compte tenu de la hausse de l’évaporation liée à la chaleur et des vagues de chaleur toujours plus fréquentes, il faut partir du principe que l’alimentation en eau des arbres continuera à empirer et il faut s’attendre à de fortes précipitations pendant les mois d’été. Ces dernières accentueront le ruissellement des eaux en surface, qui ne s’infiltreront pas. Les plantes souffriront donc de plus en plus du stress hydrique.
Par conséquent, la vitalité et la croissance des pins diminueront. La sécheresse prolongée devrait entraîner le dépérissement croissant des arbres et le déplacement des zones de végétation. Ceci s’applique particulièrement aux écosystèmes forestiers dans les vallées sèches interalpines comme le Valais (Rigling et al. 2013).
Sponsors
Nous apprécions le soutien de longue date d’HYDRO Exploitation SA à Sion.