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Wilsson, un chercheur suédois, sest intéressé aux interactions entre les chiots et leur mère au cours du sevrage. Il a observé quotidiennement, entre leur 3e et leur 8e semaine, 17 portées de bergers allemands maintenus dans des conditions identiques.
Vers la fin de la 3e semaine, alors que les progrès dans la locomotion permettent aux chiots de rechercher activement leur génitrice, celle-ci commence à prendre une certaine distance. Alors quelle allaitait en position couchée, elle se tient maintenant debout; les tétées sont de moins en moins fréquentes et de plus en plus courtes.
Ces changements sont importants pour les chiots: leur mère non seulement de répond plus à toutes leurs demandes mais exige en plus quils obéissent. Elle nhésite pas non plus à les rappeler à lordre en saisissant leur tête ou leur museau à laide de ses mâchoires. Cette morsure inhibée (qui est le moyen le plus couramment utilisé pour décourager les tétées) atteint son apogée au cours de la 7e semaine et est souvent précédée dun grognement ou dune mimique menaçante (froncement du museau). Certaines mères expriment leur mécontentement de la même manière quand leurs rejetons sexcitent trop au cours des jeux et la dérangent. Ces derniers réagissent en se mettant sur le dos, pattes en lair sans bouger (soumission passive) et en se laissant sagement lécher ou mordiller par maman.
Lauteur a relevé dénormes différences (qui ont tendance à augmenter dans le temps) dans le comportement maternel et ceci même entre chiennes de même race. Certaines sont des anges de patience et ne se montrent jamais agressives. Dautres, au contraire, réagissent très vite et très vigoureusement et continuent à "punir" les chiots, même lorsque ceux-ci cherchent à séloigner. Si certaines se montrent très câlines et les lèchent souvent, dautres ne le font que très rarement. Y aurait-il des mères abusives chez nos canidés? Il se pourrait quune certaine sévérité soit due à lattitude même des chiots. Des observations semblent en effet montrer que ceux qui sont éduqués plus sévèrement se montrent beaucoup plus turbulents que leurs congénères.
Comme dans quatre portées, lauteur na jamais observé de soumission passive, il se demande si les relations mère / chiots influencent lapparition de ce comportement. Si la réponse est positive, se pourrait-il que la qualité des relations familiales ait une incidence sur la plus ou moins grande facilité avec laquelle deux chiens vont accepter de se soumettre à un même éducateur? Pour répondre à cette question, dautres recherches sont nécessaires.
Evelyne Teroni
(cet article est paru dans la Tribune de Genève du 26-4-96)
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