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Suite de la chronique historique sur les églises/temples du Nord vaudois avec une des plus belles du canton.
CHÊNE-PÂQUIER – Ce temple de forme ovale, surmonté d’un toit conique et d’une tour carrée, est l’un des seuls survivants de la toute première architecture spécifiquement protestante. Il a été construit en 1667 par Abraham Dünz, lors du transfert de l’église paroissiale de la commune fribourgeoise de Saint-Martin (Fribourg) dans le village. On dit qu’il a été édifié en utilisant les pierres d’une ancien chapelle romane du 2e siècle et une inscription latine figure d’ailleurs au-dessus de la porte principale.
Selon une légende locale, cette forme particulière serait due à un désaccord entre le maçon et le charpentier de l’édifice, le premier ayant mis au défi le second de construire une charpente sur un édifice ovale. Plus simplement, cette forme serait due à la liberté laissée aux architectes vaudois, à la suite de la conquête bernoise de 1536 et de l’imposition de la Réforme protestante, dans la construction de nouveaux temples.
Tout est calculé par quatre dans l’édifice, à l’image des quatre Evangiles qui sont au centre de la foi réformée. Quatre petits vitraux ovales représentent symboliquement Matthieu, Marc, Luc et Jean. Seule décoration de l’église, ils surmontent sobrement les quatre immenses fenêtres à carreaux de verre blanc qui laissent entrer le soleil. Selon Bernard Reymond, Abraham Dünz se serait inspiré de temples français de forme identique et détruits lors de la Révocation de l’Édit de Nantes.
Le bâtiment a été totalement restauré et transformé entre 1824 et 1825, principalement pour faire face à l’augmentation de la fréquentation du temple. Afin d’augmenter les places assises, une galerie en fer a été construite en forme de U jusqu’à la hauteur des fenêtres. De nouvelles restaurations moins importantes ont encore eu lieu en 1869, 1901 et 1976.
Le temple, ainsi que la cure attenante sont inscrits comme bien culturel suisse d’importance nationale. La cure est le siège de la paroisse de Pâquier-Donneloye, qui regroupe sept communes de la région: Bioley-Magnoux, Chanéaz (Montanaire), Chavannes-le-Chêne, Chêne-Pâquier, Démoret, Donneloye et Molondin.
C’est vraiment une église qu’il vaut la peine d’aller découvrir, véritable richesse du patrimoine cantonal et même national. – R. Jt (sources: archives cantonales vaudoises et Wikipedia).