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Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté vendredi en Egypte pour demander à l'armée de tenir ses engagements et de transférer comme convenu le pouvoir aux civils d'ici juillet. Des rassemblements ont également été organisés dans d'autres villes du pays.
"Non aux vestiges de l'armée, non au régime militaire", pouvait-on lire sur une pancarte brandie lors de la manifestation qui s'est tenue place Tahrir, au Caire. C'était le premier rassemblement réunissant islamistes et libéraux depuis des mois.
L'armée, qui a pris le pouvoir après le chute d'Hosni Moubarak, renversé par un mouvement populaire en février 2011, s'est engagée à remettre le pouvoir au nouveau président élu d'ici au 1er juillet et à organiser des élections libres.
Mais certaines déclarations de hauts responsables de l'armée ont jeté des doutes sur sa volonté affichée de s'en tenir au calendrier initial, en particulier l'hypothèse d'une rédaction de la nouvelle constitution avant le scrutin présidentiel.
Candidats exclus
La tension entre l'opinion publique et l'armée s'est exacerbée après l'annonce mardi de l'exclusion de dix candidats.
L'un des candidats exclus, Khaïrat al Chater, un dirigeant des Frères musulmans, a accusé mercredi le Conseil suprême des Forces armées (CSFA) de vouloir se maintenir au pouvoir. Cibles des critiques lors de la manifestation, l'ancien premier ministre Ahmed Chafik et l'ex-chef de la diplomatie Amr Moussa, grands bénéficiaires de l'invalidation des dix candidatures.
Le Conseil constitutionnel a récemment été saisi pour examiner une loi votée par le parlement à majorité islamiste interdisant aux anciens responsables d'Hosni Moubarak de briguer la présidence. La loi, si elle est validée par le conseil militaire comme le veut la législation, pourrait conduire à l'invalidation de la candidature d'Ahmed Chafik, mais ne devrait pas menacer celle d'Amr Moussa.
Autre point de tension entre l'armée et les manifestants, le report de la rédaction de la première Constitution de l'ère post-Moubarak.
ATS