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Amnesty International estime que le président Tsakhiagiyn Elbegdorj a pris une décision courageuse pour protéger les droits humains en Mongolie, et l'organisation considère avec satisfaction cet événement important comme une étape cruciale pour l'abolition totale de la peine de mort.
«En décrétant un moratoire sur la peine de mort, le gouvernement de Mongolie fait la preuve de son engagement en faveur des droits humains, a déclaré Roseann Rife, directrice adjointe d'Amnesty International pour l'Asie-Pacifique. Amnesty International incite fortement les autres pays de la région à suivre cet exemple.»
L’Asie continue de procéder à plus d’exécutions que toutes les autres régions du monde réunies. Selon les estimations d’Amnesty International, au moins 1 838 personnes ont été exécutées en 2008 dans 11 pays asiatiques.
En Chine, en Corée du Nord, en Mongolie et au Viêt-Nam, les exécutions et les procédures liées à la peine capitale sont caractérisées par le secret et l’absence de transparence.
«La Mongolie doit rapidement amender sa législation sur le secret d’État afin de mettre un terme au manque de transparence entourant la peine de mort dans le pays, a déclaré Roseann Rife. La transparence est essentielle à une société ouverte et libre, et elle constitue un pas important vers l'abolition.»
En 2009, le président mongol a commué les condamnations à mort d’au moins trois personnes. Dans ce pays, les exécutions ont lieu en secret et aucune statistique officielle concernant les condamnations à la peine de mort ou les exécutions n’est publiée. D’après les informations reçues, les conditions de carcérales des condamnés à mort sont déplorables. Lorsqu’une exécution a lieu, la famille n’est pas prévenue à l’avance et le corps du prisonnier exécuté n’est pas remis à ses proches.
Plus des deux tiers des pays du monde sont abolitionnistes en droit ou en pratique, et 106 pays se sont prononcés en 2008 en faveur d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies demandant un moratoire sur les exécutions.
«Nous comptons sur le soutien de la Mongolie à la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies en 2010, et demandons aux autres pays de la région de suivre son exemple», a conclu Roseann Rife.
En 2010, la situation des droits humains en Mongolie sera examinée dans le cadre de l’Examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.
Complément d’information
En 2010, l'Assemblée générale des Nations unies doit se prononcer sur une troisième résolution appelant à un moratoire mondial sur les exécutions. La Mongolie a voté contre les résolutions adoptées en 2007 et 2008, tout comme la Chine, la Corée du Nord, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, la Malaisie, Singapour et la Thaïlande. En 2008, on a enregistré 106 votes en faveur de la résolution, 46 contre et 34 abstentions.
Amnesty International est opposée en toutes circonstances à la peine capitale qui constitue selon l’organisation le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit. La peine de mort est appliquée de manière discriminatoire et touche de manière disproportionnée les pauvres et les membres de minorités ainsi que certaines personnes en raison de la couleur de leur peau, de leur origine ethnique ou de leur religion. La peine de mort constitue en outre l’acte le plus violent que puisse commettre un État, et il n’a jamais été prouvé qu’elle soit plus efficace pour lutter contre la criminalité que d’autres peines sévères.