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Son travail résiste à la catégorisation. Il est principalement basé sur des expériences, souvent collectives, dont il peut rester des photographies, des vidéos, des récits, mais peu d'objets. Les lieux de ses projets sont la rue ou des commerces de proximité. Les formes sont des discussions, des dispositifs, des modes d'emploi ou des récoltes d'informations.
Perform an Institution for 24 Hours est composée des œuvres suivantes : Schlafen Sie mit San Keller vor den Türen zur Kunst, 1999 ; San Keller trägt Sie hoch zur Kunst, 2002 ; Nothing is Perfect, 2005; Digestiv (Walk), 2009; Nach der Kunst, 2014, qui sera présenté au 1er étage pendant la durée de l'exposition.
Programme spécial de PerformanceProcess dans le cadre de la Nuit des Musées de Bâle, avec San Keller et Heinrich Lüber.
Une performance exclusivement réservée aux femmes. Invitée spéciale : ma mère !
San Keller s'est fait connaître pour ses performances participatives et ses actions éphémères. Les relations entre l'art et la vie sont au cœur de sa pratique, envisagées de manière critique, conceptuelle ou ludique. Généralement ses actions sont établies sur la base de règles et de dispositions contractuelles clairement énoncées mais l'intervention du public rend le résultat toujours imprévisible. Pour cette création au CCS, il se met littéralement au lit et recueille le témoignage du public féminin sur les performances de leurs partenaires.
« Je suis couché dans un lit jusqu'à ce qu'une femme du public vienne prendre place sur un fauteuil de metteur en scène. Elle m'indique alors quelles activités exercer, dans ou hors du lit, selon ce que lui dicte le fruit de son imagination. Je m'exécute à l'aide d'une série d'objets mis spécialement à disposition par des hommes pour cette performance.
Après chaque échange, je danse sur une sélection de hits français de 1955 à nos jours. »
San Keller
Son travail résiste à la catégorisation. Il est principalement basé sur des expériences, souvent collectives, dont il peut rester des photographies, des vidéos, des récits, mais peu d'objets. Les lieux de ses projets sont la rue ou des commerces de proximité. Les formes sont des discussions, des dispositifs, des modes d'emploi ou des récoltes d'informations.
60 ans d’art performatif en Suisse musée Tinguely, 20.09.2017 - 28.01.2018
Matériel de coiffeur.
Nach der Kunst est un dispositif qui propose au visiteur de s’assoir face à une œuvre de la collection du musée. L’artiste fait au visiteur une coupe de cheveux inspirée par l’œuvre en question.
Nach der Kunst est présentée pendant la durée de l’exposition. Elle s’inscrit aussi dans sa performance Perform an Institution for 24 Hours, prévue les 13 et 14.11, et composée des œuvres suivantes : Schlafen Sie mit San Keller vor den Türen zur Kunst, 1999 ; San Keller trägt Sie hoch zur Kunst, 2002 ; Nothing is Perfect, 2005; Digestiv (Walk), 2009; Nach der Kunst, 2014.
PerformanceProcess Paris, Centre culturel suisse 18.09-13.12.2015
Né en 1971, vit à Köniz
San Keller met en place des actions éphémères et participatives chargées de poésie et d'humour. Il s'est fait connaître au mileu de années 1990 en faisant une apparition remarquée à la télévision suisse, dormant sur le sol pendant le journal télévisé. Depuis ses performances ne cessent de produire un discours critique, conceptuel et ludique sur les relations entre l'art et la vie.
Au cours d'une longue performance exclusivement adressée aux femmes, l'artiste San Keller va ouvrir le dialogue, allongé dans un lit. ...
Au cours d'une longue performance exclusivement adressée aux femmes, l'artiste San Keller va ouvrir le dialogue, allongé dans un lit.
Il y a, dans l'ironie, un espace salutaire, une distance, souvent légère, parfois impalpable, mais toujours providentielle, qui permet à l'homme, perpétuellement empêtré dans la norme, d'être véritablement humain, de danser la vie. « Mon travail est une pratique relationnelle, dévoile San Keller. Reproduire ce qui a déjà été fait, rejouer une exposition, refaire une conférence ou organiser une exposition classique au sein d'une institution ne m'intéresse pas. Bien sûr que je produis aussi des pièces, des objets ou des photographies – le visuel est un aspect très important de mon travail –, mais je privilégie le contact. J'aime la performance, une pratique où l'instant, éminemment subversif, est fondamental. Je choisis toujours de confronter les gens à la norme. Non pour les mettre au défi – il ne s'agit aucunement de donner des leçons –, mais simplement pour qu'ils prennent conscience de la force des conventions sociales et culturelles qui les environnent. Et pour ce faire, l'humour et le jeu sont des outils fondamentaux pour moi. »
En plus de questionner les standards culturels et sociaux, l'iconoclaste artiste, né à Berne en 1971 et Zurichois d'adoption, s'est, dès ses débuts, interrogé sur le rôle paradigmatique de l'artiste contemporain. « J'ai commencé ma pratique en remettant en question le monde de l'art et je lutte d'ailleurs encore avec l'idée même de “métier d'artiste”, glisse-t-il. J'ai décidé d'inventer mes propres structures, de proposer une sorte de “service” et j'entre en contact directement avec le public. J'aime les expérimentations qui ouvrent l'esprit, un peu à la manière des surréalistes. J'ai toujours préféré irriter plutôt que de servir. Mais toujours par le rire ou à travers le décalage. Et cette fois-ci, au Centre culturel suisse de Paris, je vais m'adresser plus particulièrement aux femmes. J'ai décidé d'appeler cette performance Je suis vos hommes. »
Un titre qui mêle singulier et pluriel pour mieux dévoiler l'idée d'un « face-à-faces » : San Keller se tiendra en effet seul, allongé dans un lit, face à une assemblée exclusivement féminine qui aura tout le loisir de lui poser des questions ou de lui faire des propositions. Il s'agira d'une longue performance de plusieurs jours (du 4 au 8 novembre 2015) qui se déroulera dès l'ouverture et jusqu'à l'heure de la fermeture de l'institution. « Mes réflexions sur les relations homme-femme ont été mon outil pour penser et élaborer cette performance », dévoile l'artiste qui, à l'heure où nous mettons sous presse, n'avait pas encore tracé tous les contours de la mise en oeuvre de son projet. « Pour préparer Je suis vos hommes, je suis en contact étroit et régulier avec des collègues et amies femmes. Nous évoquons leur place, leur rôle, leurs envies en matière sexuelle, leur relation avec les hommes, nous parlons des questions ou même des instructions qu'elles voudraient donner à leur partenaire au lit. C'est passionnant. Ce sera un espace ouvert, tout pourra arriver. » Parmi ses interlocutrices privilégiées, la plus proche est sans doute l'artiste helvétique installée à Londres, Rosalie Schweiger. De lui, la jeune femme dit, non sans une pointe d'humour : « San est une femme qui a eu la chance d'être née dans un corps d'homme. Son travail d'artiste est drôle et triste à la fois, précis et ambigu, sensible et révolutionnaire, critique et primitif, personnel et subversif… »
Dès ses débuts, San Keller a voulu éveiller les consciences et proposer une pratique qui s'apparente à un service public. L'artiste décide, après ses études à Zurich et pour financer le début de sa carrière, de travailler comme veilleur de nuit dans un hôpital psychiatrique. « Une expérience qui m'a beaucoup influencé », dévoile-t-il. En 2000, il propose une série de performances intitulée San Keller Sleeps at Your Work Place. Qui l'amèneront notamment à s'allonger dans les studios d'une télévision, sur le plateau du journal de la nuit. Dans le cadre de l'exposition Shifting Identities au Kunsthaus de Zurich en 2008, il installe un théâtre de marionnettes à l'aéroport de la ville d'outre-Sarine, créant des scénettes humoristiques entre un artiste et un policier. Et sur le web, l'artiste est présent de façon continue à travers un musée virtuel (www.museumsankeller.ch) dont les curateurs et collectionneurs sont ses parents, Marianne et Fritz Keller.
Linn Levy