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On pend d’abord
Une attaque à l’arme chimique a-t-elle bel et bien eu lieu à Douma en Syrie? Si oui, est-elle imputable au gouvernement syrien?
Je n’en sais rien, mais je constate que la presse – et en particulier mon quotidien gratuit habituel – qualifiait prudemment, à la veille des frappes aériennes, cette attaque de «présumée» et s’exprimait au conditionnel. Pourtant, Dieu sait que les médias occidentaux sont peu suspects de sympathie envers la Syrie «assadienne» et la Russie, dont les démentis, d’ailleurs, ne prouvent rien, je l’admets volontiers.
Il semble néanmoins qu’un doute subsiste, ce qui, normalement, aurait dû suffire à réfréner le zèle du président Donald Trump et de ses «amis» anglais et français à venger les victimes du «régime» Assad.
Dans les bandes dessinées relatant la conquête de l’Ouest au XIXe siècle, on évoque caricaturalement la manière dont était alors rendue la justice: on pendait d’abord, on jugeait ensuite; si procès préalable il y avait, le jury ne se prononçait pas sur la culpabilité de l’accusé, mais sur l’heure de la pendaison.
Le président Trump aurait-il lu trop de bandes dessinées?
M. P.
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