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1917
C’était il y a 100 ans, Hans-Jakob dit Jean est marchand de chevaux à Interlaken.
Il y vit avec sa femme Marguerite et ses huit enfants. Il s’occupe bien de ses bêtes, mais le malheureux, suite à un coup de sabot dut se faire amputer de la jambe. Cet accident lui valut de porter une jambe de bois.
Peu avant la guerre, ils décident de quitter Interlaken et de partir s’installer en France, à Vongy près Thonon. Seulement, durant la première guerre mondiale, il était mal vu d’être germanophone, surtout en France. Après un court séjour, ils décident donc de rentrer en Suisse, mais cette fois ils emménagent à la pointe nord-est du lac de Neuchâtel. Ils s’établissent à Marin, à la Cité Martini qui fut construite en 1902 pour les ouvriers de la fabrique d’automo- biles du même nom.
Avec sa jambe de bois, il n’est plus capable de s’occuper des chevaux. Il se résout à travailler avec de plus petits animaux. Nous sommes en 1917 et commence alors le commerce de chèvres, de moutons, de lapins et de toutes les volailles.
La famille Lehnherr devant la maison familiale de la cité Martini
Jean en pleine négociation au marché
1924
D’après la légende, Jean aurait échangé une truie contre une petite parcelle en forme de triangle près de la voie de chemin de fer.
En 1924, il y construit une petite cabane en bois lui servant d’abattoir. Epaulé par sa fille Berthe, ils sillonnent le Seeland, en train, à vélo à remorque ou à pied, pour acheter les animaux qu’ils transformeront et vendront au marché de Neuchâtel.
1930
Dans les années 30, afin compléter l’équipe, Hans-Jakob propose à ses fils de rejoindre l’entreprise. Son fils Jean est boucher et son autre fils Frédéric, surnommé Fritz, mécanicien. Leurs deux métiers compléteront à merveille les besoins de l’exploitation, qui devient réellement une histoire de famille. Le jeune Jean devient ainsi boucher à l’abattoir et Fritz s’occupe du ravitaillement avec la première camionnette Lehnherr, qui ne démarrait pas toujours au quart de tour.
Leur motivation sans faille grandit grâce à l’abondance de sollicitations de nombreux clients grossistes.
La demande devenant si forte, le stand au marché à lui seul ne suffisant plus, les frères Lehnherr décident d’ouvrir également un magasin de détails à la rue des Moulins. Ils ajoutent à leur panel de viande du pays, les fameux poulets de Bresse, des cuisses de grenouilles, des escargots, des salamis et de la charcuterie. De quoi satisfaire le client et faire saliver le consommateur.
Camion Chevrolet 1800 utilisé pour le transport de vifs aux couleurs de la maison Lehnherr
1945
Jean, le père, décède en 1945 à l’âge de 81 ans. Trois ans plus tard, en 1948, les frères Lehnherr achètent une belle propriété au Pré aux Andins, au centre de Marin. Une maison familiale où les deux familles logent, chacune riche de quatre enfants. Double choix du roi à chaque étage. Jean, le plus romantique des deux, aimait s’occuper des fleurs et confectionner de magnifiques bouquets qu’il amenait dans leur magasin à Neuchâtel. Tandis que Fritz, plus sportif, aimait faucher l’herbe à la faux et nourrir les bêtes. Ils construisent un abattoir, avec frigos et congélateurs, au milieu du magnifique verger. Viennent s’ajouter deux poulaillers qui leur serviront d’appoint généralement pour affiner les volailles.
En 1950, ils ouvrent leur deuxième magasin, à la rue du Trésor, au rez-de-chaussée de la maison des Halles qui donne directement sur la place du Marché. Pratique et très bien placé, ils décident de fermer le premier magasin à la rue des Moulins et de cesser l’activité de leur stand au Marché. La gamme de produits proposés s’élargit encore. Viennent s’y ajouter toutes sortes de poissons du lac et de la mer et des spécialités telles que le saumon fumé, les mollusques et coquillages, les crustacés et surtout le foie gras.
Cette même année, l’entreprise familiale des frères Lehnherr devient membre de CASIC, la Société Suisse des importateurs et marchands de comestibles.
1960
En 1960, c’est au tour de Georges, un des fils de Fritz de rejoindre l’entreprise familiale. Dans la même décennie, Jean-Pierre, l’autre fils de Fritz rallie la firme également. Georges devient le bras droit de Jean et s’occupe de la vente des poissons et des volailles au détail ainsi qu’aux restaurants depuis le magasin à Neuchâtel. Et Jean-Pierre, qui devient le bras droit de son père, se charge de l’abattoir. Il achète aussi sur les marchés et chez les fermiers de la région, les bêtes qui serviront à la vente en gros.
Les poulets Lehnherr sont fameux et la demande est toujours plus forte. La nécessité de mettre en place une production régulière est devenue indispensable. Aidé de plusieurs dizaines d’agriculteurs, ils agrandissent l’exploitation en construisant des poulaillers. A cette époque, tout était basé sur la confiance et l’entraide. Une simple poignée de main pour conclure une affaire! Un vrai engagement de parole.
Magnifique prise du lac, devant le magasin des Halles
1968
1968, années des transformations, aussi pour la Maison Lehnherr. Ils métamorphosent leurs locaux et construisent un nouvel abattoir.
Leurs sites deviennent plus performants et plus modernes, ce qui améliore la production et surtout répond aux normes d’hygiène.
Les chiffres deviennent incroyables, soixante collaborateurs, trente-cinq éleveurs et abattage d’au moins douze mille bêtes par semaine.
En 1970, arrive la fin du bail du magasin de la maison des Halles. La ville de Neuchâtel qui est propriétaire, décide d’y installer un restaurant au rez-de-chaussée, afin de garder le standing du restaurant des Halles au premier étage, qui est un endroit de prestige, très prisé par les autorités. Cette année là, ils déplacent leur magasin à la rue Fleury. Un an plus tard, Jean prend sa retraite en accord avec son frère et Fritz devient le seul actionnaire à la tête de l’entreprise. collaborateurs, trente-cinq éleveurs et abattage d’au moins douze mille bêtes par semaine.
Les années passent, en 1974 Fritz et ses fils fondent Lehnherr SA qui devient aussi importateur. En 1996, Fritz décède au bel âge de 92 ans. En 1998, les deux frères juniors, Georges et Jean-Pierre ferment le magasin de détail de la rue Fleury et déplace leur activité à Marin. Plus de commerce de détail, mais du commerce de gros, de la vente aux hôtels et aux restaurants et aux collectivités. Deux ans plus tard, c’est au tour de Georges de prendre sa retraite et à Jean-Pierre de prendre les rennes de la maison Lehnherr SA. Ses fils Frédéric et Emmanuel le rejoignent dans cette aventure.
2006
2006, Lehnherr SA cesse son activité d’abattage et déménage une nouvelle fois, cette fois-ci à Bevaix, dans la zone industrielle à la rue des Chapons-des-Prés 18. Une deuxième femme enfin, rejoint l’équipe. Ce sera Caroline, fille de Jean-Pierre, qui deviendra Directrice commerciale et son frère Frédéric prendra la place de Directeur administratif et financier. Confiant dans sa progéniture, Jean-Pierre garde un œil sur la maison et est toujours à disposition pour conseiller.
2017
En 2017, la Maison Lehnherr lance son label bio et la Sélection Lehnherr afin de mieux répondre aux attentes des consommateurs.