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MK III
Histoire 4
Construction de châssis Healey Westland en 1945 dans les ateliers de Benford (Publicity Designs)
1948: Tournée promotionnelle de D.Healey et son fils "Geoff," réalisée en 10 jours aux Etats-Unis (Hemmings.com, Healey Museum)
BMW 328 de 1938
A la fin de la deuxième guerre mondiale, DMH écrit un article intitulé "The amateurs Car", dans lequel il décrit son rêve de construire une voiture de haute performance. Il y pose un certain nombre de questions techniques, telles que le rapport poids-puissance, la conception du moteur et l'aérodynamique. Il en discute avec ses nouveaux collègues de chez Humber, Achilles Charles Sampietro, Ben Bowden et James Watt. Cette petite équipe va profiter de son temps libre, pour travailler les soirs et les week-ends, à plancher sur une nouvelle voiture de sport alors que la guerre fait encore rage. Dans son autobiographie parue en 1989, DMH affirme que la BMW 328 d'avant-guerre était pour lui «La meilleure petite voiture de sport de tous les temps.» et que c'était ce genre de véhicule qui l'inspirait et nourrissait son ambition. Il opterait bien pour un moteur identique à celui de cette BMW, mais le manque de matériaux et de fournitures mettront ses ambitions hors de portée. Cependant, DMH n'est pas du genre à se laisser abattre et ne lâche pas le morceau. Il fait appel à ses contacts noués au fil de ses années de courses et en parle notamment à Victor Riley, son ami de longue date. Durant la guerre, Riley qui avait caché quelques moteurs dans un abri souterrain (stock secret), accepte de lui céder un bloc 4 cylindres de 2.4 l de cylindrée, donné pour 100 cv (16 cv fiscaux de l'époque), ainsi qu'un pont arrière maison. Ce moteur double arbre à cames en tête et culasse hémisphérique, était considéré à l'époque comme révolutionnaire.
Des débuts prometteurs
La guerre terminée, Donald Healey quitte la société Humber et fonde en 1946, la Healey Motor Company Ltd, avec l'aide financière de son père. Un local lui est mis à disposition par son ami Wally Allen, directeur de la société Benford, un fabricant de bétonnières installé à Warwick (existe encore aujourd'hui). Roger Menadue qui travaillait chez Benford, sera le premier employé de la société nouvellement créée. C'est dans ce local de fortune et sous la contrainte d'un manque chronique de matériaux où chaque boulon devait faire l'objet d'un numéro de permis octroyé par le ministère de l'approvisionnement, que Donald Healey et son équipe, réalisent le premier châssis conceptualisé "à temps perdu" durant la fin de la guerre chez Humber. Ce châssis affectueusement appelé "L'horreur" sera réalisé en utilisant l'aluminium partout où cela était possible car ce matériau de qualité existait en abondance grâce à l'industrie aéronautique durant la guerre. L'acier était non seulement rare mais également de mauvaise qualité, avec une forte tendance au délaminage. Les organes mécaniques proviendront quant à eux de chez Riley et Alvis, puis plus tard, de Nash. L'horreur reçoit un équipement minimum, afin que les essais puissent être effectués sur un aéroport de la RAF à environ 10km de Warwick. Ce sera la Red Bug, premier véhicule grossièrement carrossé préfigurant les Healey Westland et autres déclinaisons de la série des premiers véhicules qui seront commercialisés sous le nom de Healey.
Il serait inconcevable de relater l'aventure de la marque sans parler de Geoffrey Caroll Healey (dit GCH), l'aîné des trois fils de DMH (14.12.1922). Engagé dans l'armée au Moyen-Orient à cette période, il participe à la construction de ce premier châssis lors de ses permissions. Brillant ingénieur ayant déjà œuvré chez Armstrong Siddeley à Coventry en 1947, il finira par rejoindre son père en 1949, à l'âge de 27 ans. Geoffrey Healey restera jusqu'à la fin de l'aventure Healey, le maître d'ouvrage incontesté de l'ensemble des œuvres de son géniteur. Bob Burden alors ancien responsable des relations publiques de la BMC au Etats-Unis se souvient d'un Geoff ressemblant à un lit défait la plupart du temps. Roger Menadue dira de lui que c'était le mathématicien capable de calculer un rapport de pont ou toute autre chose sur sa simple règle à calculer.
En 1949, Donald Healey sort son premier "pur sang" propulsé par le Riley de 2.4 litres et bat le record de vitesse à Monthléry en 1952 avec le pilote Tommy Wisdom aux manettes. Ce sera la Healey "Silverstone", que les qualités routières et sa maniabilité séduiront un certain nombre de pilotes qui n'hésitèrent pas à l'utiliser en course. Un exemplaire sera même équipé d'un V8 Cadillac. DMH fournira également des châssis nus à la demande de carrossiers, de la même manière que le faisaient à l'époque Bentley et Rolls Royce.
Maintenant reconnu dans le milieu automobile du vieux continent, il décide de s'attaquer sérieusement au marché américain. En 1949, il prend son bâton de pèlerin et traverse pour la énième fois l’Atlantic (trois à quatre fois par année) pour un contact avec Chrysler en vue d'obtenir un V8 destiné à la Silverstone, car les essais réalisés avec le V8 Cadillac avaient subjugués DMH et son fils.
La seule construction du site de la Donald Healey Motor Company construit au début des années 50 et encore debout aujourd'hui. Elle fut reprise en 1978 par Jonathan Everard, un ex apprenti ayant fait ses débuts chez Healey en 1962. Durant sa carrière, il participera notamment au développement de l'Austin-Healey MK III.
Décédé en août 2010 à l'âge de 63 ans, sa société est maintenant exploitée par ses deux fils.
Healey Silverstone
L'atelier JME dans le quartier "Lower Cape" d'aujourd'hui
Par la suite et à quelques pas de la fameuse fabrique de bétonnières "Benford", les célèbres ateliers de construction du "Cap" sont érigés sur une parcelle mise à disposition par le conseil de la ville de Warwick dans le quartier "Lower Cap". Un ancien hangar de la RAF locale y est alors reconstruit sur un radier coulé à même le sol de cette ancienne carrière d'argile. Différentes phases de constructions viendront étoffer les alentours de ce hangar, dont un dernier bâtiment qui servit notamment à la construction des bateaux Healey. Tous les modèles Nash-Healey ainsi que les Austin-Healey des séries 100 à 3000, seront conçus et développés sur ce site avant leurs mises en productions dans les usines du groupe BMC (British Motor Corporation)
Le premier châssis Healey en 1946 "The Horror"
"The Healey Story"
Benjamin Bowden en 1946 présentant son vélo inspiré de l'art nouveau
A droite, Geoffrey Healey, fils de Donald
Le hangar de la RAF en 1991
"The Healey Story"
Le premier prototype de la Westland. (B. Healey) Notez les volets masquant les optiques (brevet DMH de 1946)
Elliot 1946 - 1950
Westland 1946 - 1950
Duncan 1946 - 1948
Sportsmobile 1948- 1950
Abbott 1950 - 1954
Tickford 1950 - 1954
The Red Bug avec Sammy Sampietro
Brevet de 1946
Roger Menadue
Donald Healey n'hésita pas à débaucher de la main d'œuvre qualifiée chez ses concurrents, dont notamment son ex employeur Triumph. Il parvient ainsi à constituer une équipe de choc, hyper motivée œuvrant dans une petite structure d'entreprise très réactive. A force de ténacité et après bien des vicissitudes, Donald Healey sort rapidement sa première voiture en 1946 sous le nom de Healey "Westland" animée par le moteur des frères Riley. Le succès rencontré lui permet de franchir une nouvelle étape en créant rapidement plusieurs déclinaisons de ce modèle. La "Sportsmobile", quant à elle, sortira en 1948. Ces voitures relativement chères ont rapidement évolués dans la cour des grandes, tutoyant ainsi les Armstrong Siddeley et autres Aston Martin.
Les ateliers de Warwick, indtallés dans un ancien hangar de la RAF.
L'atelier de l'entreprise JME
Fidèle à sa devise "Tout ce qui roule doit courir", les véhicules sont simultanément engagés en compétitions, car au-delà de l'image de la marque, la course constitue un excellent banc d'essai dont les données récoltées sont précieuses aux yeux de Donald Healey et de son fils Geoffrey. En 1948, il entame une tournée promotionnelle aux Etats-Unis lui permettant de nouer de nombreux contacts, notamment dans la ville de Detroit, berceau américain de la construction automobile.
Mais en l'état, la petite entreprise de Donald Healey n'est pas en mesure d'offrir un avenir à Sampietro et Bowden qui finissent par la quitter pour se rendre aux Etats-Unis y poursuivre leur carrière respective. Sampietro sera ingénieur en chef chez Jeep et déposera un nombre important de brevets dans l'automobile. L'ingénieur-designer-violoniste Ben Bowden marquera quant à lui une foule de choses comme, la Ford Thunderbird, la Mustang (1965), des pompes à essence, des cabines de douches mais également, un vélo de construction révolutionnaire étudié par ses soins en 1946 déjà. Quant à James Watt alors directeur des ventes chez DMH, il décèdera après quelques années de collaboration.
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