Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07223.jsonl.gz/16

Contenu
Les Fontaines de Gruyères
Jusqu'en 1755, Gruyères n'avait pas de fontaine. Pour la lessive, on descendait au Laviau (lavoirs).
Pour le ménage, on puisait l'eau dans des puits creusés dans le roc. L'eau y arrivait en suivant les couches de la roche. On descendait au fond du puits un bidon attaché à une corde. II y avait cinq puits à Gruyères: l'un au château, qu'on peut voir encore aujourd'hui , un autre en face de l'Hospice (Foyer St Germain), un troisième près du Calvaire.
Des citernes recueillaient l'eau de pluie pour les bêtes, l'arrosage, l'incendie.
Or, en 1755, la commune de Gruyères décida de construire une canalisation pour amener à Gruyères l'eau de la Chenaux. On se mit au travail la même année. Quand tout fut prêt, les tuyaux en bois de sapin sautèrent sous la force de la pression. On les remplaça par des tuyaux de chêne qui sautèrent à leur tour. Enfin des tuyaux de chênes, d'un diamètre plus petit résistèrent et le 27 septembre au soir, l'eau arrivait à Gruyères.
Quelle joie! surtout pour les femmes. Plus besoin de porter la hotte de linge au Laviau. On but, on dansa, on chanta même un Te Deum en français sur la place.
Vingt-quatre ans plus tard, les tuyaux de bois furent remplacés par des tuyaux de fonte. Ils furent amenés de France à dos d'ânes et de mulets. Quand le travail fut terminé, les mêmes manifestations de joie recommencèrent.
Sachons reconnaître le travail de nos ancêtres et tâchons de laisser aussi après nous une trace de notre passage.