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Une fouille à proximité de l’Arc de Triomphe d’Orange
Précédant une opération immobilière dans le cadre d’un projet de restructuration du quartier de l’Arc de Triomphe à Orange, deux diagnostics archéologiques ont été réalisés par l’Inrap en 2005/2006, sous la direction de Robert Gaday.
Les terrains concernés, occupés jusque-là par des friches industrielles et des maisons bâties le long de l’avenue de l’Arc de Triomphe, se situent à proximité, au sud-ouest de ce monument, dans le secteur septentrional de l’agglomération actuelle.
Par projection, cet espace se situe à la périphérie de la ville antique d’Arosium, à la limite de la zone urbanisée. Les vestiges les plus anciens concernent un ensemble cohérent, présent sur tous les secteurs, mais encore difficile à interpréter pour l’heure. Il s’agit des restes d’un bassin-canal monumental gallo-romain, se développant le long du cardo maximus de la cité antique. Les données de terrain nous permettent de reconstituer sa mise en œuvre ainsi que le paysage environnant à l’extérieur de ce bassin, sous la forme notamment de murs à exèdres, traduisant certainement un ensemble d’agrément.
L’espace à l’intérieur de ce bassin n’a, par contre, livré aucune information contextuelle se rapportant à son origine et à sa fonction. Il reste que ce bassin a été précocement abandonné et détruit, devenant une source de matériaux de constructions ponctuellement récupérés des périodes les plus anciennes jusqu’au XIXe siècle. Suite à une phase d’abandon et de destruction du bassin, nous avons trouvé les restes d’une petite nécropole.
Cette dernière a livré dix sépultures, dont cinq en pleine terre et cinq sous dalles de couverture. Elles étaient toutes orientées est/ouest, sans dépôts associés significatifs. Cette nécropole, probablement tardo-antique, est associée aux restes d’un espace bâti antérieur dont seules les fondations en matériaux récupérés nous sont parvenues. Cette zone encaissée a été abandonnée rapidement. Une succession de dépôts alluvionnaires marque cet abandon jusqu’au XVIIe siècle dans les zones les plus basses. Les premières réoccupations anthropiques avérées sur le site, se situent aux alentours du Xe-XIe siècle, essentiellement sous forme de fosses ou de fossés, voire de limite parcellaire.
Le XIVe siècle marque le retour des hommes dans cette zone via une occupation domestique qui s’intensifie et devient avérée au XVIIe siècle. Nous suivons à travers toutes ces phases une évolution marquée de la topographie des lieux, en léger contrebas pour les périodes antiques, par rapport à la Voie d’Agrippa, puis très encaissée à l’est pour les périodes tardo-antiques. Suite aux phases d’abandon et de dépôts alluvionnaires, le niveau remonte sur un même plan pour rester sensiblement le même du XVIIe siècle à nos jours.
G. Hairy
Orange. Fragment de relief en marbre illustrant le thème du Triomphe Indien de Dionysos, mis au jour en remploi dans un mur.
Commune: Orange
Adresse / lieu-dit: Secteur de l’Arc de Triomphe
Canton / Département: Vaucluse (84)
Pays: France
Date de l’intervention:
du 09-12-2007 au 07-04-2008
Période(s) concernée(s): Préhistoire, Protohistoire, Antiquité
Nature de l’intervention: Opération d’archéologie préventive en préalable à des travaux d’aménagements et de rénovations
Surface: 6 500 m²
Responsable d’opération: G. Hairy
Suivi scientifique: X. Delestre, D. Lavergne ( Drac-Sra Provence-Alpes-Côte d’Azur)
Aménageur: Ville d’Orange