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Trop peu visibles
La contribution des femmes à l'agriculture fait partie des secteurs non monétaires ou informels de l'économie, où leur travail n'est pas directement rétribué financièrement. C'est également le cas pour les gardes d'enfants, les soins aux parents âgés ou encore les tâches domestiques, domaines dans lesquels les femmes sont particulièrement actives. Ainsi, en cas de divorce ou d’invalidité, l’agricultrice risque de se retrouver dans une situation de précarité financière.
Dans le monde
Les femmes rurales représentent 41% de la main-d’œuvre agricole mondiale. Elles ont une rémunération moyenne inférieure de 25% à celle des hommes et ont généralement de plus longs horaires de travail. La contribution des femmes à l'économie rurale est largement sous-estimée car leur rôle dans l'agriculture de subsistance n'est souvent pas rémunéré.
Elles sont rarement propriétaires ou cheffes de l'exploitation agricole dans laquelle elles travaillent. Moins de 20 % des propriétaires terriens dans le monde sont des femmes.
En Suisse
Quelques chiffres
Selon l'Union suisse des paysannes et des femmes rurales, une association faitière qui représente les intérêts des femmes de l'espace rural au niveau national, 36% de la main d’œuvre agricole est féminine et seulement 6% des exploitations sont dirigées par une femme. Selon une enquête de l'organisme fédéral Agroscope sur la contribution des paysannes aux exploitations familiales agricoles en Suisse, les femmes sont peu nombreuses à la tête d’une exploitation, car elles accomplissent notamment les tâches ménagères et s'occupent des enfants. Toutefois, sur le plan économique, les femmes apportent de la diversification, de l’innovation et des revenus supplémentaires contribuant ainsi à la pérennisation de l’exploitation familiale.
Au niveau juridique ?
Selon son premier article, la loi fédérale sur le droit foncier rural a pour but :
- d'encourager la propriété foncière rurale et en particulier de maintenir des entreprises familiales comme fondement d'une population paysanne forte et d'une agriculture productive, orientée vers une exploitation durable du sol, ainsi que d'améliorer les structures;
- de renforcer la position des exploitantes et exploitants à titre personnel, y compris celle de la fermière et du fermier, en cas d'acquisition d'entreprises et d'immeubles agricoles;
- de lutter contre les prix surfaits des terrains agricoles.
Une grande majorité des exploitations sont transmises de père en fils, en raison notamment des traditions qui marquent encore fortement le monde agricole rural.
Le savais-tu ?
Augusta Gillabert-Randin : pionnière de l'émancipation des femmes rurales en Suisse
À la fin de la première guerre mondiale, Augusta Gillabert-Randin, paysanne veuve et mère de cinq enfants, devient la porte-parole et pionnière de l’émancipation des femmes rurales. Avec ferveur, elle se voue à la lutte pour le droit de vote des femmes, pour la valorisation du travail des femmes dans l’agriculture et pour la formation des filles de paysans. En 1918, elle fonde la première association de paysannes en Suisse, l’Association des productrices de Moudon, pour permettre aux paysannes de vendre leurs denrées alimentaires à des prix convenables et d’acheter des semences en commun.
Enseignant·e·s
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