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LA GENÈSE DE L'INITIATIVE 'GLOBAL SOCIETY'
Pionnier du commerce équitable, le Padre Frans Van der Hoff écrivait en 2010. “Aujourd'hui, il n'existe pas encore de vaste plate-forme écolo-sociale sur Internet. Ce serait déjà un grand pas en avant de pouvoir réunir toutes les forces, toutes les propositions alternatives sur une plate-forme qui serait à la fois un grand lieu d'expression, de démocratie et en même temps quelque chose de constructif.” (Encre d’Orient. 2010)
La plate-forme 'Global Society' est une première réponse de la société civile au voeux du Padre. La nécessité de développer un mouvement transnational politiquement influent trouve sa genèse dans quatre constats lourds de conséquences.
Premier constat. À l'ère de la mondialisation et des technologies numériques, les partis politiques limités au cadre national et à un horizon électoral de quatre ou cinq ans ne sont plus en capacité de résoudre les crises du XXIème siècle devenues pour la plupart planétaires. Il n'y a pas de pilote à bord de l'avion-monde.
Deuxième constat. Les trois-quart de la population mondiale ne dispose que de 3% de la richesse mondiale des ménages (Source la Pyramide 2015 du Crédit suisse déjà citée). Il est aisé d'imaginer que parmi ces cinq milliards de personnes vivant dans les pires difficultés se trouve un large vivier de désespérés alimentant les mouvements extrémistes de toutes obédiences. Sachant que 63 personnes seulement sont plus riches que 3,5 milliards d'autres, une situation mondiale aussi honteusement inégalitaire est porteuse de nouvelles guerres et de nouvelles barbaries. Quel que soit le pays, nous assistons à l'irrrésistible ascension des extrême-droites et des fascismes religieux.
Le troisième constat est à la fois démographique et technologique. Si au cours de l'ère industrielle le monde peuplé de 1 milliard d'habitants manquait d'ouvriers spécialisés, si au coeur des Trente glorieuses le plein-emploi était encore une réalité avec une démographie mondiale de 3 milliards d'habitants, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Dans un monde de plus de sept milliards d'habitants où le marché de l'emploi se réduit chaque année du fait des avancés fulgurantes de la robotique et de l'intelligence artificielle, les économistes doivent imaginer des processus internationaux permettant aux cinq milliards d'exclus structurels du marché de vivre de manière décente et durable de leurs activités. Cette question sera développée par ailleurs.
Le quatrième constat concerne l'environnement. Notre système hyperproductiviste mondialisé axé sur une croissance sans fin est une pure chimère dans un monde aux ressources limitées et aux écosystèmes déjà largement fragilisés. L'un des grands enjeux de ce début de siècle est d'opérer la reconversion du système actuel sur un mode durable. Cela exige une reprise politique des forces de la mondialisation au nom de l'intérêt général pour la survie de nos civilisations sur une planète écologiquement préservée. Le mouvement de la société civile mondiale initiée ici ambitionne de faire accéder au pouvoir une nouvelle génération politique coopérant à la mise en oeuve de solutions équitables et durables du plan local au plan global.
DES CRISES SANS SOLUTIONS DE LA PART DES GOUVERNANTS DU G20
En ce début de siècle, les conflits se multiplient, les tensions géopolitiques s'aggravent, nous assistons à un réarmement général des grandes puissances tandis que le monde est travers par ds forces fascisantes antagonistes, ultranationalistes d'un côté, fondamentalistes de l'autre. Les chefs d'état n'ayant jamais anticipé ni évité les cataclysmes passés -crise de 1929, deux guerres mondiales aux 60 millions de morts, krach planétaire de 2008 dont les peuples subissent toujours les effets, productivisme dénoncé par le Club de Rome de 1972, crise climatique annoncée aux États-Unis dès 1965 parle rapport Hornig-, il revient à la société civile de s'organiser en une force influente au plan international pour imposer démocratiquement des solutions durables aux crises et remettre le système mondial sur des bases saines et durables.