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Environ 3 millions d’hectares de forêts ont brûlé depuis septembre en Australie. C’est la taille de la Belgique, soit 0.38 % du territoire. Certains foyers se rejoignent pour former des méga-feux. Ces feux seraient les plus importants jamais enregistrés sur l’île-continent.
Californie, Amazonie, et maintenant Australie: ce sont les noms de la Terre en feu. J’ai déjà documenté les deux premiers territoires. J’aborde aujourd’hui l’Australie dont l’actualité est brûlante.
Les médias sont (presque) unanimes: c’est à cause du réchauffement, donc du CO2, donc de l’Homme, etc. Par exemple si le Guardian remarque bien que ces feux ne sont pas historiquement les plus dévastateurs, il conclut quand-même pour une influence du réchauffement.
L’image 2 (clic pour agrandir) montre que 2019 n’est pas la « pire » année. Il montre aussi que pendant la période dite du réchauffement, dès 1980, les incendies ne sont pas extrêmes et rien n’indique une tendance à l’amplification, si l’on ne tient pas compte de 2019.
Wikipedia mentionne d’autres très grandes superficies brûlées lors d’incendies dans le passé: 5 millions d’hectares en 1851 (record inégalé); 2 millions en 1938-1939; 1 million en 1944; 1,8 millions en 1961. Les méga-feux dévastateurs ont existé dans le passé et rien n’indique une aggravation en nombre ou en intensité depuis 50 ans.
L’Australie est en grande partie désertique comme le Sahara (image 1). El Niño conditionne fortement la météorologie du continent. À l’ouest l’océan est froid et produit peu d’évaporation, donc peu d’humidité. Les vents poussent un air relativement sec vers l’intérieur des terres.
Les montagnes ne sont pas assez hautes pour faire obstacle à ce vent d’ouest peu humide et générer des ascendances pourvoyeuses de nuages et de pluies.
Si le sud connaît un climat plus humide et tempéré, un régime semi-permanent de hautes pressions maintient un air sec sur d’autres régions. « Une masse d’air tropical continental se maintient sur la plus grande partie du pays. Formée d’anticyclones se déplaçant lentement vers l’est, cette masse d’air ne contient que des fronts faiblement actifs. »
Cela c’est le décor permanent du climat australien. La chaleur extrême et la sécheresse sont endémiques. Au XXe siècle de longues et grandes sécheresses rivalisent avec l’actuelle. La plus importante observée depuis le début des mesures semble être celle de 1895-1902.
Si certains auteurs notent quand-même aujourd’hui un effet pouvant suggérer des prédictions alarmistes (basses), pour ma part je pense que l’on manque de recul.
À part ces conditions structurelles contraignantes d’autres causes sont à considérer avec attention. La diminution du couvert végétal en premier.
Il est dû en partie à l’exploitation forestière mais aussi à l’élevage de moutons et chèvres, animaux particulièrement voraces et néfastes pour les sols. L’introduction, par d’anciens colons, de lapins qui se sont multipliés jusqu’à envahir tout le continent faute de prédateurs naturels, a contribué à raser le couvert végétal bas.
Aujourd’hui la végétation retient peu d’humidité et les sols sont appauvris. Plus que la chaleur c’est la sécheresse qui favorise les incendies, dont certains sont criminels. En comparaison les forêts du sud de la France brûlent moins aujourd’hui qu’il y a 50 ans, malgré le réchauffement. Un meilleur entretien et une surveillance de tous les instants a réduit drastiquement les risques et les dommages.
On apprend aussi qu’une vague de chaleur exceptionnelle stagne sur le sud-est australien, avec des records de température. Les 50° ont été atteints et même légèrement dépassés. C’est évidemment très chaud mais c’est l’Australie.
L’image 3, provenant du bureau météorologique australien, montre en haut les températures de 2019. Celles de décembre sont comprises entre 49,5° et 49,9°.
En bas ce sont les records officiels enregistrés par le bureau météorologique australien. Le record absolu de température est signalé par la station météo Oodnadatta Airport le 2 janvier 1960 avec 50,7 degrés Celsius.
Ce record de 1960 est confirmé par cet autre document du gouvernement australien.
Il n’y a donc en l’état actuel pas de record de température absolue, ni de record de surface incendiée. Le record dont il est question dans les médias, et que je n’ai pas vérifié, est celui de la température moyenne d’une journée et non le pic de chaleur.
Mise en perspective avec les épisodes passés, la situation actuelle ne me paraît pas significative d’un réchauffement catastrophique. Les grossissements médiatique et sémantique des épisodes actuels, joints à l’absence de mise en perspective historique (volontaire ou non), troublent la raison et induisent en angoisse.
Ici la réduction du CO2 n’est à mon avis pas pertinente, du moins à moyen terme. Une solution serait d’irriguer, et de revégétaliser les terres devenues arides grâce à des espèces choisies. L’acacias en est une, qui permet de réaliser une première étape avant d’implanter des espèces plus couvrantes.
Le gouvernement australien considère que cet épisode de feux est la conséquence d’une situation extrême ponctuelle. Je lui donne raison. Il n’y a pas de tendance claire à l’augmentation. L’année 2019 n’est pas la pire, et elle est dans la continuité de cette sécheresse pluriannuelle.
Je doute que l’on puisse affirmer sans aucun doute possible que la variabilité naturelle serait largement dépassée par un effet de réchauffement anthropique. La part du réchauffement, quelle que soit sa cause, est mineure en regard de l’ensemble des conditions qui influent sur la météo australienne.
Cette position n’est pour autant pas de l’immobilisme. Il vaut mieux prévenir que guérir, dit le proverbe. Je suis d’accord. Encore faut-il que le diagnostic soit juste.
Pour cette raison peut-être, le gouvernement conservateur a décidé de planter un milliard d’arbres d’ici à 2050. Un pas dans une bonne direction.
Image 4 Nasa: région de Sydney.