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Je réclame la nuit qui glisse doucement sur les banquettes de velours. Je réclame la nuit quand les corps s’enlacent aux lampadaires. Je réclame la nuit où les langues se fourrent dans des bouches frites mayo. Je réclame la nuit où les ambulanciers tiennent les cheveux des femmes qui rendent, où les flics entrent dans les appartements pour manger les gâteaux d’anniversaire. Je réclame la nuit où l’on se confesse à des poubelles bourrées de plastique. Je réclame la nuit où je caresse des bras léopards en polyester. Couchée sur le macadam, mon costume Sexy SuperGirl sera mon linceul.
S’emparer du thème de la nuit comme inspiration pour une forme scénique et comme trame narrative, il s’agit ici d’observer, d’explorer, de fantasmer tout ce qui compose ce qu’on appelle la nuit, qu’elle soit joyeuse, imprévisible ou absurde, pleine d’angoisse et de solitude. Ce spectacle est un portrait très subjectif de la nuit urbaine.