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L'objectif de cette étude est de dépasser les formulations explicites du populisme, celles de Hugo, de Michelet, de Delacroix, de Blanqui, etc., pour atteindre le mythe du peuple comme fait collectif et comprendre la façon dont il fonctionne dans la socié
En comparant la France et la Grande-Bretagne, obligées de redéfinir les rapports qu'elles entretiennent avec les étrangers, les immigrés et les minorités, cet ouvrage montre l'épuisement des modèles d'intégration traditionnels. Il nous faut combiner la diversité et l'unité, les minorités et l'individu.
Dans les médias, comme dans l'opinion publique, le terme de mondialisation est devenu d'usage courant. C'est dire qu'il fonctionne à la fois comme une évidence indiscutable, et comme une matière inépuisable de débats et de controverses. Mais son sens en est circonscrit, le plus souvent, à la sphère économique entendue stricto sensu (le marché capitaliste mondial). Dans cet ouvrage, l'accent est mis sur la dimension culturelle du phénomène. La mondialisation n'est-elle pas aussi - et peut-être surtout - une mise en contact rapproché de sociétés aux valeurs différentes, hétérogènes, éventuellement conflictuelles ? Faut-il, dans la rencontre désormais intime de l'Orient et de l'Occident, de l'islam et du Christianisme, de l'Amérique et de la Chine, du Japon et de l'Europe, voir l'aube d'une ère nouvelle ? Et, si oui, cette ère sera-t-elle porteuse d'un choc des civilisations meurtrier ? Ou bien, la confrontation pacifique marquera-t-elle les débuts d'une humanité enfin pleinement consciente d'elle-même, la vraie naissance du genre humain, que les philosophes ont défini autrefois comme une espèce animale douée de rationalité et de sociabilité ?
S'il n'est pas de notre faculté d'explorer cette terra incognita qu'est la mort, il est néanmoins possible de resituer celle-ci dans la logique du social, grâce à un double questionnement sur le sens et la durée. Puisque la mort est un moment fondateur, on en vient à entrevoir l'existence d'une liaison, de type homothétique, entre la façon de penser le temps et celle de penser la mort : mythes et modèles, conceptions du temps-destin et du temps-outil, croyances en la mort-renaissance et en la mort-finitude sont là pour l'attester. À l'occasion de l'événement-mort, chaque culture déploie, sur la base d'un principe de perte, une économie sacrée, radicalement différente de l'économie profane d'accumulation. Et, finalement, ce fait social total qu'est la fête dévoile sa nature mortifère : à la déchirure vitale que constitue la mort au plan du biologique, correspond la déchirure sociale qu'est la fête au plan du collectif organisé. On l'aura compris : c'est la mort qui se joue dans la fête et c'est la fête qui déjoue la mort.
Une première enquête montre que la crise de la masculinité est fondée sur la difficulté à définir ce que doit être un homme à partir d'une profusion de normes souvent contradictoires et variables selon le milieu social. Une seconde enquête relie ces représentations collectives et les applications dans les pratiques privées des jeunes.
Pour appréhender la formation de normes nouvelles dans les campagnes chinoises, les auteurs analysent les principes d'action et les fondements du lien social existant avant l'arrivée au pouvoir du Parti communiste. Cette étude est centrée sur l'évolution
La maladie n'est pas seulement un événement biologique qui affecte l'individu et mobilise le savoir médical. Elle est aussi une réalité sociale qui met en jeu des rapports de pouvoir. Elle les exprime dans les multiples manières dont l'ordre social s'inscrit dans les corps, à travers les disparités face aux risques de l'existence, aux possibilités de se soigner et, finalement, à la mort. Elle les révèle dans l'intervention de ceux que l'on crédite de la capacité de guérir, qu'ils soient chamanes, marabouts, prêtres ou médecins, tout autant que dans les interactions entre les professions de santé et les pouvoirs publics. Elle les dévoile enfin dans la recherche de réponses collectives aux désordres corporels, rituels de purification ou programmes de prévention, dont la réalisation représente toujours un test pour l'autorité, celle du devin comme celle de l'État. Incorporation de l'inégalité, pouvoir de guérir et gouvernement de la vie constituent ainsi les trois dimensions de ce que l'on se propose de nommer l'espace politique de la santé. En s'efforçant de penser ensemble des mondes éloignés temporellement et culturellement, en s'appuyant sur des travaux d'ethnologues, d'historiens et de sociologues, et aussi sur des recherches personnelles, il s'agit de montrer comment cet espace s'est construit. D'en établir, en somme, la généalogie. Mais, au-delà de cette reconstitution, l'ouvrage est également une invitation à explorer un territoire en plein développement et pourtant encore peu visité, aux frontières du politique et de la santé.
Un danger, la passion ? Ou ce que Durkheim appelle une source autonome d'action ? Elle effraie car elle trouble l'harmonie des structures, et chaque forme sociale lui donne une figure originale. Les conduites effervescentes naissent du conflit des déterminismes et de la vie, là où l'homme et la femme, parfois, s'insurgent contre les codes et dépassent le connu par l'utopie. Si la fascination du possible est plus forte que la gestion des contraintes, n'y peut-on voir l'émergence d'une éthique ? L'examen comparé des passions et de leur genèse dans des civilisations différentes est l'objet de ce livre. Une herméneutique peut déchiffrer ces images exaspérées, individuelles, qui modèlent des comportements collectifs : la reconstruction utopique de la vie souterraine qui chemine hors des règles et des lois.
Les attentes et les incertitudes identitaires d'un groupe social en expansion qui ne se reconnaît ni dans la classe ouvrière, même s'il en est issu, ni dans le groupe des cadres, dont il se sent exclu, et interpelle aussi bien les organisations syndicales que le patronat.
La révolution informationnelle propose une autre donne économique. Est-ce à dire que celle considérée par l'économie est fausse ? L'expression fausse donne peut en effet se comprendre de deux manières. Dans un cas, la fausse donne laisse penser qu'une erreur, non intentionnelle, a été commise et qu'il faut redistribuer les cartes pour la changer. Dans l'autre, la fausse donne serait le moment d'une tromperie intentionnelle, autrement dit le moment où l'on laisserait croire que les choses seraient comme cela et qu'il ne servirait à rien de changer l'ordre du monde. Que la donne soit vraie ou fausse, bonne ou mauvaise, ne résoudra d'ailleurs jamais la question de sa nature réelle ! Existe-t-il une seule manière de distribuer les cartes de la réalité socio-économique, et la lecture que l'économie propose de cette distribution est-elle unique ou plurielle ? L'auteur propose, à travers une lecture anthropologique de la dette et du don, une réflexion critique sur la valeur de l'information et la manière dont l'économie se révèle impuissante à rendre compte de la complexité des processus informationnels.
Traite de l'odorat sur le plan anthropologique. Après un rappel cursif de la psychologie de l'odorat et de la perception olfactive, l'ouvrage s'intéresse, à partir des données ethnographiques, aux modalités de la mémorisation des odeurs et de leur catégorisation. Enfin, il traite de la question centrale en anthropologie culturelle : celle de la réalité du partage.
Redécouvrir la puissance fondatrice et parfois destructrice de la multitude, tel est l'enjeu de ce livre.
L'objectif de ce livre est double : d'un côté, établir des liens entre les concepts sociologiques, énoncés dans un langage simple, et les préoccupations des firmes et des organisations à but non lucratif ; de l'autre, recourir à des méthodes d'investigation diversifiées, afin d'intégrer les apports de disciplines proches et en particulier de l'économie. Dans cette perspective, l'étude des comportements individuels au sein des organisations, est fondée, successivement sur les hypothèses de rationalité et de contrôle externe, puis sur la démarche ethnographique ; ces trois options étant tour à tour critiquées. Les macro-analyses, loin de se limiter à l'énoncé des conceptions logiques, expliquant l'existence et les changements de l'organisation, accordent une large place aux théories déterministes et aux visions du processus organisationnel. L'examen des liaisons entre micro- et macro-analyses, fait apparaître le rôle des personnes dans les performances, l'action des structures sur les manières d'être et d'agir, les moyens de concilier les aspirations individuelles et le bon fonctionnement de l'ensemble.
Bouleversements du monde contemporain et faillite des idéologies sollicitent les sciences sociales. Maîtriser le social devient affaire de savoir et d'expertise. Mais la connaissance du social n'est pas simple. On en fustigeait la neutralité dans les années 60. On en éprouve aujourd'hui la complexité. La thèse de ce livre est que, contrairement à l'illusion positiviste, toute connaissance implique une intelligence de son objet, une aptitude à lui donner sens et à l'insérer dans un système d'intelligibilité. Mais l'intelligence du social est plurielle : disciplines, approches, méthodes, paradigmes... rien ne s'y conjugue au singulier. Cette pluralité est, ici, prise au sérieux : son enracinement logique et symbolique est systématiquement mis au jour, révélant l'irréductible combinaison de schèmes d'intelligibilité, de programmes d'analyse, de paradigmes analogiques, d'engagements métaphysiques par lesquels s'opère la construction d'un discours de connaissance. La question décisive est alors : comment la pluralité des schèmes d'intelligence de l'objet peut-elle s'associer à l'unicité de l'exigence de la preuve ?
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Du XVIe au XXe siècle, un processus de pacification des moeurs intervient dans la vie civile occidentale. Au regard du recul historique des violences interpersonnelles dans les rapports civils ordinaires, l'augmentation des agressions et des crimes d'appropriation des 3 dernières décennies est remarquable. A quelle aune apprécier les vicissitudes de la paix civile ? telle est la question posée ici
Le travail devient, pour partie, communication. Travailler, c'est communiquer. Il s'agit là, dans l'univers industriel, d'un changement considérable dans la manière de définir, d'organiser, d'évaluer le travail. Mais l'usage inflationniste du mot communication, terme à la mode s'il en est, introduit nombre de confusions. La politique de communication des entreprises ne se présente-t-elle pas, souvent, comme le contraire d'une communication véritable, comme un renforcement des injonctions autoritaires ? Cet ouvrage entend prendre au sérieux l'émergence du travail-communication et, donc, en explorer les conditions de réussite. Quelles conditions d'accès au langage (qui a le droit de parler et sur quoi ?) ?, quelles organisations aptes à favoriser une meilleure intercompréhension entre catégories et métiers différents ?, quel système de contrôle de gestion apte à mettre en valeur l'efficience des échanges et des entraides, transversaux aux divisions traditionnelles de la responsabilité ? De manière plus large et plus lourde, quelle représentation de la communauté de travail faut-il promouvoir pour que le paradigme du travail-communication puisse acquérir une légitimité et une existence reconnues et durables ? Telles sont les questions ici abordées, dans la lignée des apports de Max Weber et Jürgen Habermas.
Vouloir lire une image, c'est parfois faire l'expérience d'une certaine paralysie. N'avoir, soudain, rien à dire, résulterait du fait que la polysémie fonctionne si fortement que les stratégies de décodage tendent à se neutraliser les unes les autres. Pas de sens, parce que trop de sens ; pis, trop de sens divergents, voire opposés qu'apparemment rien ne fédérerait. Que faire, donc, face à une image qui résiste ? Photographies, peintures, affiches politiques ou commerciales, BD, cartes postales, dessins de presse, etc., qui ont en commun d'être des images fixes à deux dimensions, forment l'objet de ce livre. Partant de l'idée chère à McLuhan selon laquelle le message, c'est le médium, l'auteur s'est posé la question de savoir quelle était la part du support de toutes ces icônes dans les multiples effets de sens qu'elles génèrent. D'autres dimensions ont dû être évidemment prises en considération par l'analyste. Notamment le fait que chaque image ne s'offre à la lecture qu'à proportion de ce qu'elle cache : le support, où la représentation vient prendre corps, est aussi un écran aux deux sens du terme... D'inspiration barthésienne, l'éloquence des images est un livre qui se situe à la frontière de la sémiologie et de la rhétorique.
Et si le mode de compréhension n'était pas seulement un pur assemblage de concepts ? Le déclin des intellectuels ne traduit-il pas une certaine déroute de la pensée, due en grande partie à l'impact de l'image visuelle, qui oblige à réapprécier les conditions mêmes de l'intelligibilité ? C'est de ce duel mot/image dont il faut parler. Duel qui se trame sur fond exhibitoire, et qui a pour enjeu le regard porté sur les êtres et sur les choses. L'étude du principe de visibilité aide à saisir la grande transformation du visible en visuel. Elle permet de suivre le sort réservé au visage, au corps, à la nudité mais aussi à la science, au changement de la société contemporaine attirée irrésistiblement par la survisibilité. Un nouvel ordre visuel - ayant pour maxime : Nul n'est censé ne pas avoir vu - se dessine. Le signe de la nouveauté, caractéristique de la modernité, cède inexorablement la place au signal exhibitoire de la postmodernité. Le duel est-il joué d'avance ? En d'autres termes : la surprise est-elle définitivement bannie par la pulsion scopique que nous cultivons avec tant d'insouciance ?
Le pouvoir se donne en spectacle. Il entretient son image fascinante et redoutable par des célébrations qui l'auréolent de sacralité. Pour afficher une identité, mobiliser une collectivité, développer un loyalisme, il n'est pas de mouvement politique, de parti, de régime, qui n'ait recours à des rites, chargés de symboles redondants. Plus florissantes dans les terres du césarisme que dans celles des libertés, les liturgies politiques évoluent au rythme des ferveurs nationales et des désamours. En faisant appel à l'histoire et à la politologie, à la sociologie et à l'ethnologie, cette recherche, la première en son genre, présente en contrepoint aux liturgies monarchiques et révolutionnaires, aux rites civiques des démocraties occidentales et au cérémonial des régimes totalitaires, quelques exemples du tiers monde.
L'époque conduit-elle à une affirmation totale de l'individu, marquant ainsi une étape décisive dans l'histoire de l'individualisme moderne ? L'auteur a voulu observer ce qu'il en était pratiquement dans le monde du travail productif, là où les destins et les solidarités de classe sont traditionnellement les mieux perçus comme tels. À cet effet, et après avoir évalué les prémisses d'une sociologie de l'individuation, il entreprend l'exploration du champ des pratiques ouvrières, de la famille à l'usine. Il en retrace l'évolution depuis les années 1960, en considérant les processus de la réussite scolaire, la transformation des cultures d'entreprise, l'affaiblissement de la mobilisation salariale et de la syndicalisation. Le mouvement de l'individualité que révèle cette investigation des destins ouvriers signifie-t-il la fin d'une classe au rôle longtemps reconnu ?
La médicalisation de la société est au coeur des débats. Mais la santé est-elle réductible à la production du système de soins? Une investigation des coulisses de la santé qui cherche à nous faire comprendre la persistance des écarts sociaux de la mortalité, de la morbidité et des comportements de santé.
Toutes les société connaissent la communication. Mieux : toutes sont fondées sur elle. La société est une communauté, c'est-à-dire un partage de signes, un échange de messages. Quelle nouveauté notre société présente-t-elle par rapport à celles qui l'ont précédée ? À tout le moins, l'invention des mass médias de communication (téléphone, télévision, internet, portable, etc.), technologies censées améliorer la quantité et la qualité des discours échangés entre les hommes. Le progrès est-il certain ? La croissance exponentielle des messages est-elle toujours synonyme d'une meilleure compréhension ? L'incommunicabilité des codes religieux, éthiques, rituels, la création de zones d'opacité artificielle par les pouvoirs et par les individus (censure, secret, confidentialité) ne sont-elles pas la rançon du progrès de la transparence ? Cette approche sociologique aborde la communication comme un phénomène social de production, de circulation et de consommation des discours. Elle tente de démêler l'écheveau des différents types de discours (discours publics et discours privés ; discours culturels, informations, opinions) qui circulent en société. Et elle introduit aux problèmes posés par la mondialisation des communications. Sommes-nous entrés, avec les voyages de masse en jets intercontinentaux et avec internet, dans l'ère de la communication planétaire ? L'humanité toute entière est-elle désormais intégrée dans le village global annoncé naguère par Mac Luhan ?
Quelles sont les conditions d'une telle discipline?