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Rivière atmosphérique en Colombie-Britannique
Alors que des précipitations significatives se font toujours attendre en Suisse romande, des records de cumuls ont été battus sur la côte ouest du Canada en Colombie-Britannique avec localement plus de 250 mm en trois jours. Quel ingrédient météorologique est à l’origine de cet intense épisode pluvieux ? Une rivière atmosphérique permet d’expliquer le transport intense d’humidité le long d’un couloir relativement étroit s'étendant de Hawaï à la côte ouest canadienne. Ce phénomène est d’ailleurs appelé « Pineapple Express » sur la côte ouest nord-américaine, dû au rapide transport d’humidité en provenance d’Hawaï. Découvrez dans ce blog plus de précisions sur cette rivière atmosphérique et ses conséquences en Colombie-Britannique.
Intense transport d’humidité sur plus de 4000 km
La Figure 1 montre une animation de l'eau précipitable (la quantité d’eau qui tomberait au sol si toute l’humidité de la colonne d’air venait à précipiter) entre le 14 et le 16 novembre. On distingue un couloir étroit avec plus de 40 mm d’eau précipitable s’étendant de Hawaï à la Colombie-Britannique. Nous appelons ce corridor humide une « rivière atmosphérique », car il a la capacité de transporter une grande quantité d’eau le long d’un couloir relativement étroit. Nous conseillons la lecture de ce blog pour une explication détaillée des rivières atmosphériques. En soit, l’eau précipitable ne représente pas une mesure de précipitations, mais bien du potentiel maximal (qui ne sera d’ailleurs jamais atteint, étant donné qu’une partie de l’humidité va de toute façon rester dans l’air).
Cumuls records de précipitations
La Figure 2 montre le cumul de précipitations sur 24 h pour samedi, dimanche et lundi passé (faire défiler avec la flèche pour voir les autres jours). On voit que les cumuls les plus importants se trouvent sur les versants ouest du sud de l’île de Vancouver, de la péninsule Olympique et de la côte canadienne, ce qui suggère une intensification des précipitations par effet de barrage. Sur tout l’épisode (13 au 15 novembre), il est tombé 120 mm à Vancouver et 295 mm à Hope (maximum que nous avons trouvé), 120 km à l’est de Vancouver. Un record de cumul sur un jour a été battu pour ces deux villes avec 52.5 mm à Vancouver et 174 mm à Hope le 14 novembre. Un fort effet de barrage sur le versant ouest de la chaîne Côtière a probablement contribué à ce maximum de précipitations à Hope. Au passage du front, de fortes rafales ont aussi été mesurées dans cette ville avec 92 km/h le 14 novembre (toutes les mesures proviennent de Environnement et Changement climatique Canada).
Un automne très humide après des incendies cet été
Cet intense épisode pluvieux vient renforcer un automne déjà très humide pour la côte ouest nord-américaine (de la Californie à la Colombie-Britannique). La Figure 3 montre un excédent de précipitation d’environ 6 mm/jour sur la Colombie-Britannique pour le mois d’octobre et à environ la même chose pour le mois de septembre (pas montré). Cet automne très humide suit un été très sec en Colombie-Britannique (voir notamment cet article du Global News). Avec les incendies et records de chaleurs de cet été, cette région semble d’ores et déjà exposée aux extrêmes météorologiques, qui selon le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) seront de plus en plus fréquentes et intenses.