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Premier chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) à se rendre en Thaïlande depuis un quart de siècle, Joseph Deiss s´est montré particulièrement prudent sur la délicate question de la Birmanie.
Lundi dernier, la Suisse a annoncé qu'elle renforçait ses sanctions contre la Birmanie: les fonds déposés en Suisse par des membres de la junte au pouvoir seront dorénavant gelés, et l'exportation de matériel pouvant servir à la répression interne interdite.
Arrivé dans la région si peu de temps après, il était logique de penser que Joseph Deiss aborderait la question de ce voisin gênant avec son homologue, le ministre des Affaires étrangères Surin Pitsuwan. Mais on ne s'attendait pas à ce qu'il le fasse de cette manière, presque timidement, en se justifiant.
Au lieu de faire part à Bangkok de l'inquiétude de la Suisse face à la dégradation de la situation en Birmanie, et notamment l'assignation de facto à résidence du Prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, au lieu de tenter de persuader l'ASEAN de faire pression sur le régime birman, Joseph Deiss a presque donné l'impression d'excuser la position de Berne.
La Suisse, a-t-il expliqué, était obligée de suivre l'Union européenne (UE) sur la voie des sanctions accrues, si elle ne voulait pas être accusée de vouloir attirer les fonds de la junte au pouvoir au Myanmar. Une attitude plutôt décevante de la part d'un représentant du pays d'Henri Dunant.
Niki Nadas, Bangkok