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Le mère de famille qui a avoué la semaine dernière au tribunal le meurtre de son bébé en 1999 et de ses deux jumeaux en 2007 à Horgen (ZH) souffre de troubles compulsifs et de paranoïa. Elle est en outre incapable de lier réalité, pensées et sentiments. Le psychiatre mandaté par la justice zurichoise l'a affirmé mercredi.
La femme de 39 ans jugée pour l'assassinat de ses enfants perçoit son environnement comme étant plutôt hostile et menaçant, estime le spécialiste qui a présenté son expertise au Tribunal de district de Horgen (ZH). Ses troubles compulsifs engendrent chez elle une obsession d'un certain ordre. L'accusée doit pouvoir fonctionner à la perfection pour contrôler cet ordre et le maintenir.
Lorsque l'ordre qu'elle requiert est fortement menacé, elle est capable de faire brutalement table rase. Cette tendance a pu l'amener à tuer ses enfants, selon le psychiatre. Ce d'autant plus que la femme ne dispose d'aucune voix intérieure lui permettant de rejeter une idée aberrante lorsque celle-ci lui vient.
Toutefois, l'expert ne lui atteste pas une responsabilité restreinte. Il a recommandé une mesure stationnaire.
Santé affaiblie
Ce cercle infernal qui a mené au meurtre des jumeaux, à la veille de Noël 2007, s'est mis en marche en 2006. La santé de la mère de famille est alors affaiblie par plusieurs interventions chirurgicales. L'accusée ne réussit plus à satisfaire ses exigences de perfection et d'ordre.
Se sentant par ailleurs délaissée par son mari, elle se lance dans deux relations extra-conjugales qui compliquent encore la donne. "Et en plus, il y avait les deux enfants", a-t-elle confié au psychiatre.
C'est alors que lui vient l'idée de supprimer ses jumeaux, un garçon et une fille de 7 ans, sans lesquels la vie serait plus simple et l'ordre rétabli, selon elle. En l'absence de voix intérieure l'empêchant de passer à l'acte, la femme tue ses enfants pour faire table rase.
Déni
Jusqu'à l'ouverture de son procès, la prévenue a toujours nié les faits, accusant même le père des enfants. Elle ne les a admis que la semaine dernière. La sentence de son jugement est attendue le 22 janvier.
ATS