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Cœur de Jésus, du Fils du Père Éternel
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La première invocation des Litanies énonce en trois mots plusieurs points de doctrine, dont il importe d’avoir une connaissance autant que possible exacte et complète.
Elle répond à ces questions capitales : Qu’est-ce que ce Cœur que nous adorons ? Pourquoi l’adorons-nous ? A qui adressons-nous nos hommages ? Et la réponse, très simple, est suffisante à justifier le culte que l’Église catholique rend au Sacré-Cœur de Jésus et à le venger des attaques de ses adversaires : nous adorons le Cœur du Fils de Dieu ; nous l’adorons parce qu’il est le Cœur du Fils de Dieu, et c’est au Fils de Dieu que nos hommages s’adressent.
Puisque Jésus-Christ est le Fils de Dieu fait homme, le Cœur de Jésus est véritablement le Cœur vivant de la deuxième Personne de la Sainte Trinité, qui est le Fils de Dieu, le Verbe éternel. Le Cœur de Jésus n’existe qu’uni au Verbe. Après la mort et avant la résurrection de Jésus, son âme et son corps, bien que séparés l’un de l’autre, n’étaient pas disjoints de la divine Personne et après la Résurrection le Cœur de Jésus vit de la vie glorieuse dans l’humanité ressuscitée du Fils de Dieu. C’est ce divin Cœur que l’Église catholique veut que nous honorions.
Il n’est jamais venu à l’esprit de personne, dit le Cardinal Franzelin, d’adorer le Sacré-Cœur de Jésus soit séparé de l’humanité dont il fait partie, soit abstraction faite de l’union hypostatique, ou de la Personne divine à laquelle l’humanité de Jésus-Christ appartient, et avec l’humanité, son Cœur sacré, parce qu’il est le siège et l’instrument des affections de l’Homme-Dieu, parce qu’il est encore le symbole de la charité et de toute la vie intérieure du Rédempteur.
Dans la lettre Encyclique, par laquelle il ordonna en 1900 de faire dans tout l’univers la consécration du genre humain au Sacré-Cœur, afin d’obtenir une plus large extension du règne du Cœur de Jésus à tous les hommes, le Pape Léon XIII aussi fait remarquer, que cet hommage est rendu à la Personne elle-même du divin Rédempteur, et qu’il tend à faire régner Notre-Seigneur Jésus-Christ par son amour sur les cœurs des hommes :
« Nous songeons à une forme de vénération plus imposante encore, qui puisse être en quelque sorte la plénitude et la perfection de tous les hommages que l’on a coutume de rendre à ce Cœur sacré.
Nous pensons que l'heure est arrivée de mener à bien ce projet [de consacrer au très saint Cœur de Jésus l'ensemble du genre humain.]
Ce témoignage général et solennel de respect et de piété est bien dû à Jésus-Christ, car Il est le Prince et le Maître suprême. En effet, son empire ne s'étend pas seulement aux nations qui professent la foi catholique ou aux hommes qui ayant reçu régulièrement le saint baptême sont rattachés en droit à l'Église, quoiqu'ils en soient éloignés par des opinions erronées ou par un dissentiment qui les sépare de la charité.
Le règne du Christ embrasse aussi tous les hommes privés de la foi chrétienne, de sorte que l'universalité du genre humain est réellement soumise au pouvoir de Jésus. Celui qui est le Fils unique de Dieu le Père, qui a la même substance que Lui et qui « est la splendeur de sa gloire et l'empreinte de sa substance » (Heb., I, 3), celui-là nécessairement possède tout en commun avec le Père. Il a donc aussi le souverain pouvoir sur toutes choses.
Puisque dans le Sacré-Cœur réside le symbole et l'image sensible de la charité infinie de Jésus-Christ, charité qui nous pousse à l'aimer en retour, il est convenable de nous consacrer à son Cœur très auguste. Agir ainsi, c'est se donner et se lier à Jésus-Christ, car les hommages, les marques de soumission et de piété que l’on offre au divin Cœur se rapportent réellement et en propre au Christ lui-même. »
[Le Roy, Les litanies du Sacré-Cœur, commentaire dogmatique]