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Le gouvernement de Brasilia est secoué par un nouveau départ, huit jours après le limogeage du ministre de la Santé Luiz Henrique Mandetta.
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Après des mois de tension avec le président, qui avait pourtant promis de lui donner "carte blanche", Sergio Moro a finalement quitté le navire après que le chef de l'Etat a évincé jeudi l'un de ses hommes de confiance, le chef de la Police fédérale Mauricio Valeixo.
Et le ministre est parti en lançant une bombe, affirmant que le président souhaitait remplacer ce personnage central par "une personne avec qui il aurait un contact personnel, qu'il pourrait appeler pour obtenir des informations sur les enquêtes" en cours.
Ouverture d'une enquête
Le président d'extrême droite a contre-attaqué en fin de journée, affirmant que ces accusations étaient "infondées" lors d'un discours prononcé avec un aréopage de ministres, faisant bloc derrière lui, épaule contre épaule et tous sans masque, sauf celui de l'Economie, en pleine pandémie de coronavirus.
Jair Bolsonaro a assuré ne jamais avoir "réclamé d'information sur une quelconque enquête en cours". Mais il a admis être intervenu à plusieurs reprises dans des dossiers de la Police fédérale, notamment au sujet de l'enquête sur l'attentat à l'arme blanche dont il a été victime en septembre 2018.
Malgré ce démenti, le procureur-général a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les accusations de Sergio Moro.
Intérêts personnels
Le chef de l'Etat cherche visiblement à se protéger en tentant de placer un homme de confiance à la tête de la Police fédérale, qui mène des enquêtes touchant ses proches ou alliés.
Une des personnes visées est son fils aîné Flavio Bolsonaro, aujourd'hui sénateur, accusé de détournements de fonds par le biais d'emplois fictifs quand il était député régional à Rio de Janeiro.
Les graves accusations de l'ancien juge anticorruption Sergio Moro ont suscité de vives réactions politiques, certains considérant même qu'elles pouvaient motiver une destitution du chef de l'Etat (lire encadré).
afp/oang
Jair Bolsonaro "creuse sa tombe"
L'ex-président de centre droit Fernando Henrique Cardoso (1995-2002) a réagi de façon très virulente sur Twitter.
"Le président est en train de creuser sa tombe. Qu'il démissionne avant d'être démis. Qu'on nous épargne, au-delà du coronavirus, un long processus de destitution", a-t-il écrit.
"Notre pays doit combattre deux virus, le coronavirus et un autre virus qui se trouve au palais présidentiel de Planalto", a lâché pour sa part le gouverneur de Sao Paulo, Joao Doria.
Inquiétude des marchés
De nombreux analystes craignent que le gouvernement perde un autre ministre-clé, celui de l'Economie, Paulo Guedes, dont les relations avec le président Bolsonaro se sont grandement détériorées.