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16/07/2013
Les chaînes françaises, en particulier les chaînes d'info en continu, ont consacré quasiment 48 heures à l'accident de train Brétigny sur Orge, repassant en boucle les mêmes trois ou quatre - maigres - interviews, sans apporter de commentaire supplémentaire à la simple consternation générale (ce n'est d'ailleurs que le 3ème jour que le sujet du 20 heures mentionnait, tout à fait accessoirement, le fait que de nombreux cheminots résident dans cette commune, ce qui justifie sans doute une partie du trauma). A l'inverse, l'accident de Lac Mégantic, où plusieurs dizaines de personnes sont parties en fumée pendant leur sommeil, a, certes, fait les gros titres mais guère plus. Ce type de constat peut, malheureusement être posé assez régulièrement et les questions demeurent les mêmes: quels sont les éléments constitutifs d'une catastrophe? Le nombre de morts? Apparemment pas, puisque les 6 morts en France pèsent plus que la cinquantaine de morts ( ou disparus dans le brasier) au Canada. La nature de l'accident? Les accidents spectaculaires et inhabituels retiennent en effet plus l'attention que le bête accident de la route. La nationalité des morts? Evidemment, un média national s'arrête sur les événements pour lesquels les téléspectateurs / auditeurs / lecteurs peuvent ressentir un lien émotionnel. Tous les morts se valent, mais certains sont plus égaux que d'autres, doit-on donc en conclure en paraphrasant G. Orwell. Si nous n'étions au beau milieu de la bienfaisante torpeur estivale, nous pourrions aussi faire le lien avec la théorie de la mort de Vladimir Jankélévitch, qui définissiait la mort en troisième personne - qui m'indiffère puisque c'est celle de gens que je ne connais pas - la mort en première personne - dont je ne ferai pas l'expérience, puisque c'est la mienne - et la mort en deuxième personne - la seule qui puisse me rapprocher de l'expérience de la mort, pusiquue c'est celle de personnes qui me sont très proches, parents, par ex. Mais laissons cela pour la prochaine catastrophe...
21/05/2013
Un grand match, de foot ou de hockey, est désormais un casse-tête monumental pour la commune qui a le malheur de l’héberger. La finale de la Coupe de Suisse, hier, n’a pas fait exception à la règle : engagement massif de policiers, « plans de circulation » différenciés pour les supporters des deux équipes, gare de Berne partiellement bloquée à midi pour permettre l’arrivée des supporters… L’office fédéral de la police avait calculé, en 2009, que 900 policiers étaient engagés chaque année uniquement pour assurer la sécurité de telles manifestations sportives, ce qui représente un coût à charge de la collectivité d’environ 25 millions de francs.
Et pendant ce temps-là, le Bernois lambda était bien inspiré d’éviter de se promener dans sa propre ville…
Les polices cantonales et communales sont désormais habituées à ce genre d’événement, mais est-il vraiment normal d’admettre que des matches sportifs, qui devraient être l’occasion de réjouissances, soient des occasions de guérilla ?
La modification du Concordat intercantonal instituant des mesures entre la violence lors de manifestations sportives, qui renforce certaines mesures (interdictions de périmètre, interdiction de stade, obligation de se présenter à la police et fouilles corporelles), vise à limiter les débordements en empêchant l’accès des stades aux hooligans. Mais plusieurs cantons – dont Genève – ne l’ont pas encore ratifiée. A Berne et au Tessin, une récolte de signatures est en cours, en vue du lancement d’un référendum et une association de supporters a fait recours au nom des droits fondamentaux de l’individu.
Et le droit fondamental du citoyen de se promener en Suisse sans devoir planifier ses parcours et ses promenades comme s’il vivait dans un Etat en guerre ? Et le devoir fondamental de l’Etat d’assurer des tâches autrement plus utiles à la collectivité que de contrôler des hooligans irréductibles ?
« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » précise la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789… Ne faudrait-il pas que les dirigeants revoient leurs classiques de temps à autre ?
07/05/2013
Chaque jour apporte décidément son lot de nouvelles sidérantes. Ainsi, RTS La Première a diffusé ce matin un sujet (rubrique "les Temps modernes") sur des entreprises américaines qui ont désormais comme politique d'embauche de ne plus engager de fumeurs. L'exemple d'un hôpital était donné. Première justification: les fumeurs dégagent une odeur de fumée qui peut incommoder les patients. Deuxième justification, les pauses cigarette font perdre en productivité (ce qui est probablement juste mais alors l'employeur doit présenter son choix purement et simplement comme une mesure de maximisation de la productivité). Ces arguments, spécieux, masquent difficilement que l'hygiénisme ambiant veut tout simplement imposer aux citoyens des comportements que quelques personnes, pas forcément majoritaires d'ailleurs, ont décrété être sains. Mais ce nouvel exemple américain me paraît d'une nature encore plus inquiétante. Aujourd'hui, les fumeurs. Et demain? On n'emploiera plus que des honnes? ou des femmes? ou des blonds aux yeux bleus? Après la main mise du "politiquement correct" sur les débats de société, introduire ce genre de discrimination ne peut être qu'une porte ouverte sur l'intolérance.