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Après une semaine de panique médiatique on sait que la forêt amazonienne ne brûle pas. Du moins pas comme on se représente habituellement un incendie de forêt. L’image (1, clic pour agrandir) publiée par la Nasa est un leurre et un facteur anxiogène.
Au Brésil l’association Dakila Research oeuvre depuis plus de vingt ans au développement de nouvelles méthodes pour, entre autres:
« promouvoir le développement économique et social et la lutte contre la pauvreté et la misère; mener des études et des recherches, mettre au point des technologies de remplacement, produire et diffuser des connaissances techniques et scientifiques; développer des expériences avec de nouveaux modèles socio-productifs et des systèmes de production alternatifs, etc. »
Son président, Urandir Fernandes de Oliveira, a déclaré dans une vidéo vue six millions de fois que la forêt ne peut pas brûler:
« L’un des facteurs qui rend la forêt amazonienne impossible à brûler est constitué par les rivières en vol, qui sont des «cours d’eau atmosphériques» constitués de masses d’air chargées de vapeur d’eau, souvent accompagnées de nuages et propulsées par les vents. Selon le portail riosvoadores.com.br, la quantité de vapeur d’eau libérée par les arbres forestiers peut être du même ordre de grandeur ou plus que le débit du fleuve Amazone (200 000 m3 / s). »
Plus de détails sur le site de Dakila Research et sur la vidéo en fin de billet.
Essertage
Ce que l’on sait: les points chauds et fumées détectés par satellites sont des foyers très locaux en vue de défricher. C’est l’essartage, ou culture sur brûlis. Une technique universelle en usage également enEurope à une époque, comme en témoigne cet ouvrage de 1923:
« L’usage de semer des grains sur brûlis, pour en tirer successivement deux ou trois récoltes, est une des formes les plus universellement répandues de la culture primitive. » On mettait le feu, afin de cultiver sur les cendres, dans les forêts de l’Europe du Nord, en Finlande, en Suède et en Allemagne; cette pratique a longtemps joué un rôle essentiel sur le plateau d’Ardenne, où le grain, avoine et seigle, produit de l’« essartage » ou « sartage », était une des ressources normales des populations forestières, au même titre que le pâturage, le glandage et le bûcherage. »
On trouve nombre de noms de lieux qui rappellent que l’essertage était largement en usage en Europe: Les Esserts, Balexert, Les Essards, etc.
Évidemment un défrichage à grande échelle, mené par des centaines de milliers de petits exploitants et par de grandes firmes de production, réduirait à long terme la forêt comme peau de chagrin si aucune régulation n’intervient.
Mais malgré les craintes d’ONG nous n’en sommes pas là. D’ailleurs d’autres images satellites datant d’il y a dix ans ou plus montrent la même quantité de feux, ou du moins la même représentation imagée rougeoyante.
Encourageant
Nombre des photos utilisées illustrer les incendies actuels proviennent d’ailleurs d’autres régions ou d’autres années. C’est une véritable foire d’empoigne médiatique et Emmanuel Macron est tombé dans la fosse en publiant une photo qui n’a rien à voir avec les feux actuels. Quant aux journalistes, pas tous mais beaucoup, leur spectacle devient… comment dit-on? Nauséabond… Même si certains ont finalement pris un peu de recul devant l’avalanche d’absurdités.
Je peine maintenant à croire qu’un tel tintamarre de nouvelles terrifiantes soit de génération spontanée.
Si l’image 1 (temps réel, début août 2019) semble terrible, c’est à cause du rouge intense en Afrique et en Amérique du Sud. Cette image réduite resserre les points chauds jusqu’à en faire visuellement une sorte de brasier uniforme. Un truc simple pour faire croire que la maison brûle. Au passage on voit que l’Afrique est plus rouge, mais on n’en parle presque pas. Le néo-colonialisme écologiste a ses préférés.
J’ai pris soin d’agrandir cette image en 2. Puis encore en 3 et 4 (respectivement Amazonie et Afrique). On découvre que la réalité n’est pas celle de l’image 1. Plus on grossit moins c’est rouge. On voit de tout petits points chaud dans de vastes étendues d’arbres, et non une forêt qui brûle presque entièrement.
En 1988 la forêt du parc national de Yellowstone avait connu le pire incendie de son histoire. L’image 5 en témoigne et montre ce qu’est une forêt en feu. Or l’image satellite 6 montre qu’en 30 ans cette forêt s’est presque entièrement reconstituée. C’est encourageant pour l’avenir.