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08/08/2012
Syrie : histoires ordinaires d’une "révolution" pourrie.
Jameel et Elias, prénoms réels de deux jeunes gens de 24 et 27 ans respectivement. Les deux habitent Alep et travaillent dans la proche banlieue de celle-ci dans une des nombreuses fabriques textiles qui fleurissent dans la région. Mardi 24 juillet 2012, ils se rendent, comme chaque jour sauf le dimanche mais avec un peu plus de précaution, à leur travail. A peine la zone plus ou moins sûre franchie, leur voiture est arrêtée par des révolutionnaires « pacifiques » (certainement semblables à ceux parmi lesquels M. Mabillard, journal le Temps, a effectué une « immersion » militante il y a de cela quelques mois). Ces derniers leur demandent de descendre et de monter dans leur propre véhicule.
Le lendemain, les familles des deux jeunes personnes sont contactées. On leur demande à chacune 4 millions de livres, 40'000 francs (prix actuellement pratiqué). La famille de Jameel est assez aisée, elle peut se permettre et n'hésite pas à verser la rançon. Jameel est « rendu » à sa famille, laquelle décide de quitter le pays immédiatement. Elle se trouve actuellement en Allemagne, où je me trouve aussi en ce moment et c'est le père, que j'ai rencontré, qui m'a raconté les détails de l'histoire.
Le sort d'Elias fut différent. Sa famille, assez pauvre, ne peut réunir la somme demandée. Les ravisseurs, se réclamant de l'ASL, lui adresse un ultimatum : la somme sous 24 heures où alors ils peuvent venir chercher le fils, ou plutôt les morceaux de celui-ci.
La famille est allée, le surlendemain, chercher les morceaux de jeune homme.
Voilà. La liberté et la démocratie dans leur expression la plus noble. Alors, bien sûr, nos politicards et, surtout, nos plumitifs, à l'instar de tous les autres phénomènes qui pourrissent lentement notre vie, y compris ici, vous diront qu'il ne s'agit que d'une minorité et que la majorité n'a rien à voir avec cela.
Bien sûr.
J'avais, le 25 janvier, écris un petit billet dont le titre fut, précisément : ils ne sont qu'une minorité. Je vous laisse le parcourir.