Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07013.jsonl.gz/119

Dans un Sénat entièrement divisé, c'est le vote décisif de la vice-présidente des Etats-Unis Kamala Harris qui a permis d'aboutir à une courte majorité de 51 voix contre 50 en faveur de la candidate choisie par le président Joe Biden.
Fin avril, les sénateurs n'étaient pas parvenus à organiser un vote final de confirmation, les républicains étant opposés à cette nomination. Cette professeure d'économie et de relations internationales à l'Université du Michigan a basé en grande partie ses travaux sur l'effet des discriminations raciales sur la croissance économique, et sur les liens entre croissance et précarité.
Le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, avait reproché à Lisa Cook d'avoir "poussé des théories du complot" autour du racisme et de la police.
Une perspective différente
Lisa Cook a fait partie des conseillers économiques de la Maison Blanche à l'époque de Barack Obama, mais aussi dans l'équipe de transition de Joe Biden. Elle parle cinq langues, dont le français et le russe, et elle a aussi travaillé sur le redressement du Rwanda après le génocide de 1994. Pour ses partisans, elle apportera ainsi une nouvelle perspective à la puissante banque centrale. Son mandat court jusqu'en janvier 2024.
"La Pr. Cook comprend comment la politique économique affecte tous les Américains. Elle sait que les travailleurs sont le moteur de notre croissance économique et elle comprend que, lorsque tout le monde participe à notre économie, elle croît plus vite et plus fort", a par exemple salué le sénateur démocrate Sherrod Brown.
Contexte de forte inflation
Sa nomination intervient alors que la banque centrale doit lutter contre la forte inflation, sans pour autant peser sur la croissance économique et l'emploi. Et dans ce contexte, le président Joe Biden a promis mardi de faire de cette lutte sa "plus grande priorité nationale".
>> Lire aussi:
Le président américain a, une nouvelle fois, promis de tout faire pour juguler la hausse des prix, qui pèse sur les ménages et sur sa cote de popularité. À l'approche des élections de mi-mandat, il est crédité d'une cote de popularité médiocre et doit rassurer les Américains peu convaincus par sa politique économique.
Alors que les chiffres de l'inflation en avril doivent être publiés mercredi, Joe Bien a toutefois rappelé que certaines "racines" de la hausse des prix étaient hors de son contrôle, notamment la pandémie de Covid-19 et les effets de la guerre en Ukraine.
Les économistes s'attendent à une inflation moins marquée pour avril après un niveau jamais vu depuis le début des années 1980 le mois d'avant. Quant aux républicains, ils ne manquent pas de rappeler que l'inflation avait commencé à grimper bien avant la guerre en Ukraine.
jop avec agences
Nominations en attente
Les élus avaient déjà, en avril, confirmé la gouverneure démocrate de la Fed Lael Brainard au poste de vice-présidente de l'institution. Joe Biden avait en effet plusieurs postes à pourvoir à la Fed, lui donnant l'occasion de remodeler le conseil des gouverneurs de l'institution.
L'assemblée plénière du Sénat doit encore se prononcer sur la reconduction du président Jerome Powell, à qui Joe Biden a offert un second mandat de quatre ans, ainsi que sur la nomination au poste de gouverneur de Philip Jefferson, un professeur d'économie afro-américain.
La Maison Blanche doit désormais proposer un nouveau candidat au poste clé de vice-président à la régulation bancaire, après que Sarah Bloom Raskin, qui avait été choisie, a renoncé, faute de soutien suffisant.