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Afin de maintenir de bonnes relations avec les médecins traitants, le CHUV réalise une enquête tous les quatre ans. Les médecins de famille qui répondent au questionnaire se montrent de plus en plus satisfaits.
Lorsqu’un-e médecin installé-e hospitalise l'un-e de ses patient-e-s au CHUV, il est important qu’elle ou il fournisse des informations à l’équipe hospitalière et, qu’à la fin du séjour, elle ou il reçoive des informations de la part de l’équipe clinique de l'hôpital. Cette transmission permet d’assurer aux patient-e-s des soins avec continuité. Elle joue également un rôle, entre autres, pour prévenir des réadmissions à l’hôpital. Si la ou le médecin de famille dispose de toutes les informations de la part de l’hôpital, elle ou il peut par exemple adapter le traitement en connaissance de cause et éviter une réhospitalisation.
Tous les quatre ans, le CHUV réalise avec la Société vaudoise de médecine (SVM) une enquête de satisfaction auprès des médecins traitants. Les résultats servent ensuite à améliorer la qualité des soins sous plusieurs aspects, comme la sécurité des patient-e-s ou la continuité des soins.
La satisfaction des médecins installé-e-s s'évalue par le biais d’un questionnaire composé de 27 entrées. Les questions visent à recueillir l’opinion et à mesurer la satisfaction des médecins installé-e-s concernant l’ensemble des services et des prestations du CHUV. Elles ont aussi pour objectif d’évaluer les mesures mises en place suite aux enquêtes précédentes.
Les médecins qui reçoivent un questionnaire sont tous membres de la Société vaudoise de médecine et installé-e-s dans le Canton de Vaud. Pour le questionnaire 2016, il fallait qu'elles et ils aient hospitalisé un-e patient-e entre le 1er avril et le 30 septembre de cette année. Le critère d'une hospitalisation récente constitue une première. Lors des enquêtes précédentes, tous les médecins vaudois-es avaient reçu un questionnaire, y compris celles et ceux qui n’avaient envoyé aucun-e patient-e au CHUV.
Parmi les 1080 médecins qui ont reçu le questionnaire, seuls 179 l'ont renvoyé, soit 16,6% d'entre eux. C'est un taux de participation très bas (en 2008, il était de 29,5% et en 2012, de 18.3%).
Les résultats montrent cependant que, depuis 2008, les médecins sont de plus en plus satisfaits des soins dispensés au CHUV. En 2016, 90% des médecins répondants se disent satisfait-e-s. En 2012, ce taux ne s’élevait qu’à 83.6%.
Parmi les médecins qui ont répondu, seuls 41.1% estiment qu'elles et ils reçoivent les lettres de sortie dans un délai suffisamment court, après que leur patient-e a quitté le CHUV. Cette proportion est plus élevée qu’en 2012, mais elle montre que l'hôpital doit encore renforcer les mesures déjà mises en œuvre pour raccourcir les délais (voir chapitre 2.1). Concernant le résumé de sortie que le CHUV envoie par fax (faxmed), moins de 60% des médecins estiment le recevoir dans un délai raisonnable. L’instauration d’un indicateur spécifique devrait permettre de raccourcir progressivement le temps mis à effectuer cet envoi.
Proportion de réponses positives ("oui, tout à fait" ou "oui")
Proportion de réponses positives ("oui, tout à fait" ou "oui")
Proportion de réponses positives ("oui, tout à fait" ou "oui")
Interview. Dr Stéphane David, médecin à Lausanne
Médecin traitant à Lausanne, le Docteur Stéphane David envoie ses patient-e-s au CHUV depuis plus de 20 ans. Tout en soulignant une évolution très positive de sa collaboration avec l'hôpital, il suggère quelques idées pour la rendre encore plus fluide.
J'aimerais d'abord souligner que je n'ai aucun reproche à faire du côté de la qualité technique des soins. Le CHUV est à un niveau de perfectionnement très élevé. Je ne dois jamais me battre pour les aspects élémentaires de la prise en charge. S'il y a encore des points à améliorer, c'est du côté de la communication entre l'hôpital et les médecins traitants. Et de ce point de vue, ma relation avec le CHUV s'est nettement améliorée. Les services font des efforts très nets. Simplement, nous n'avons pas encore atteint la perfection
Ma relation avec le Service des Urgences s'est beaucoup améliorée. Aujourd'hui, les médecins assistant-e-s qui réceptionnent mes appels comprennent très bien la limite de mes moyens, lorsque je suis au domicile d'un-e patient-e et que je demande son hospitalisation. J'ai l'impression d'un vrai partenariat. Ce n'était pas du tout le cas auparavant.
Peut-être que ce changement vient du fait que les étudiant-e-s en médecine, depuis quelques années, doivent effectuer un mois de stage obligatoire chez un-e médecin de famille au cours de leur 6ème année d'étude, et qu’elles et ils reçoivent un éclairage sur la médecine générale tout au long du cursus universitaire. Mais on voit aussi que le Service des Urgences s'efforce d'être accueillant.
Si le ou la patient-e repart directement chez lui, je reçois généralement vite un faxmed. Si elle ou il est hospitalisé en médecine interne, on reçoit aussi rapidement des nouvelles, pour nous dire qui s'occupe du ou de la patient-e. En revanche, si elle ou il est hospitalisé-e dans un autre service, c'est moins souvent le cas. Tout dépend de la pathologie du ou de la patient-e. Selon les situations, on me demande rapidement des informations. Il arrive même qu'on me demande deux ou trois fois les mêmes documents : une première fois quand le ou la patient-e est aux Urgences, une autre fois quand elle ou il arrive dans les étages, une autre fois encore lorsqu'elle ou il est à Sylvana, au Service de gériatrie. Lorsque ce genre de chose arrive, je me demande comment fonctionne la communication interne du CHUV. Cela dit, les informations que je communique sont toujours bien prises en compte par le service qui les reçoit.
Si une complication survient, la plupart du temps, je ne reçois pas de nouvelles. Mais je ne suis pas vraiment demandeur. Je comprends que ce n'est pas une priorité, du point de vue médical. En revanche, s'il y a des problèmes relationnels entre l'équipe soignante et la famille d'un-e patient-e, les proches se dirigent le plus souvent tout droit chez moi. Dans ce genre de situation, il serait très utile que le service m'appelle. La perception du ou de la patient-e ou de sa famille n'a parfois pas grand chose à voir avec la réalité médicale. Si je reçois un éclairage professionnel, je peux expliquer ce qui se passe. Je peux désamorcer les choses. Ce travail fait partie de mon métier.
Assez fréquemment. Mais ce n'est pas la règle, et ce n'est pas spécifique au CHUV. Tous les hôpitaux connaissent les mêmes problèmes.
Il faudrait que les équipes soignantes ou les médecins de l'hôpital aient le réflexe d'appeler le ou la médecin de famille dès que ce type de malentendu arrive. Ce serait très précieux.
Le parcours ordinaire d'un-e médecin de famille, lorsqu'elle ou il veut atteindre la personne en charge de son ou de sa patient-e, consiste à appeler le CHUV, demander dans quel service se trouve son ou sa patient-e, parler avec le desk du service en question pour identifier la bonne personne... Ce processus peut prendre de longues minutes. Si la réception de l'hôpital pouvait savoir quel-le médecin s'occupe de tel-le patient-e au moment de notre appel, puis nous le passer directement, ce serait l'idéal.
C'est là le point le plus sensible. Il arrive que la lettre de sortie d'un-e patient-e nous parvienne deux semaines, voire davantage, après son retour au domicile. Mais lorsqu'un-e patient-e sort du CHUV, très souvent, elle ou il se rend chez son ou sa médecin de famille le jour suivant pour discuter de son ordonnance de sortie. Et si je ne sais pas ce qui s'est passé les 15 jours précédents, c'est difficile... On peut essayer de retrouver un-e médecin qui s'est occupé du ou de la patient-e au CHUV, mais la ou le responsable a pu changer plusieurs fois pendant le séjour, ce n'est donc pas évident d'identifier la bonne personne. Les patient-es eux-mêmes, la plupart du temps, ne parviennent pas à nous donner le nom d'un-e médecin de référence.
Si un service voit qu'il va mettre du temps à rédiger une lettre de sortie, il serait utile qu'à sa sortie, le ou la patient-e reçoive les copies des résultats d'examens que le CHUV a effectué pendant son séjour. Même bruts, ces documents permettent au médecin de famille d'éclaircir le parcours, et de pouvoir apprécier une ordonnance de sortie en connaissance de cause.