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Une province du nord de l'Irak était en partie privée d'électricité jeudi 5 août 2021 après que des "terroristes" ont saboté 13 pylônes, a annoncé le gouvernement irakien au sujet de ces attaques qui se multiplient et mettent à mal un réseau déjà durement éprouvé.
Les attaques se sont produites dans une région quasiment inhabitée de la province de Salaheddine au cours des dernières 48 heures. Elles ont été menées par des "éléments terroristes" au moyen d'"engins explosifs", a expliqué le ministère de l'Electricité dans un communiqué, sans toutefois préciser à quelle mouvance les insurgés appartenaient.
Sur des photos distribuées à la presse par les autorités provinciales, les pylônes sabotés apparaissent couchés sur le sol, sectionnés à la base. Depuis, plusieurs districts de Salaheddine sont privés de courant, dont certains quartiers de Samarra, une des grandes villes de la province, selon un correspondant de l'AFP.
Les attaques non revendiquées contre le réseau électrique irakien se multiplient depuis le début de l'été. Ainsi, en juillet, le sud du pays s'est retrouvé en partie plongé dans le noir pendant plusieurs jours après une série d'actes de sabotage similaires.
Les autorités accusent généralement des "terroristes" d'en être à l'origine, en se gardant toutefois de désigner nommément tel ou tel groupe.
L'approvisionnement énergétique de l'Irak est ultra-sensible. Bien que le pays dispose d'immenses réserves en hydrocarbures, il est incapable de générer suffisamment d'électricité pour ses 40 millions d'habitants. Il produit actuellement 16.000 mégawatts (MW), bien loin des 24.000 MW estimés nécessaires pour satisfaire la demande et encore plus loin des besoins futurs dans un pays dont la population devrait doubler d'ici 2050, selon l'ONU. La défectuosité du système énergétique irakien est particulièrement flagrante en été lorsque les températures dépassent allègrement les 45 degrés et les pénuries d'électricité alimentent la contestation sociale.
Selon Harry Istepanian, consultant pour les questions énergétiques interrogé par l'AFP, la faute en incombe à des "capacités de production insuffisantes, à un manque d'entretien, à une forte demande, à d'énormes pertes techniques et commerciales, au vandalisme et au sabotage".
Bagdad s'est tourné vers son voisin iranien qui lui fournit désormais un tiers de sa consommation en gaz et en électricité, le tout avec l'assentiment des Etats-Unis qui exemptent pour l'instant l'Irak des sanctions visant les entités qui font du commerce avec la République islamique.