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Liliana Salone est née à Palerme en Sicile en 1964. A l’âge de 17 ans, elle y rencontre l’architecte et designer Fabio Lombardo qui va l’inciter à s'inscrire aux Beaux-Arts. Elle suit les cours avec passion et, à la fin de son cursus, propose un travail de diplôme qui se démarque. Il sera sélectionné afin d'être exposé à la Biennale de Venise en 1985.
A côté de ses études, elle se politise et devient militante. Loin de vouloir se conformer aux codes établis, la jeune femme décide de tout déconstruire. La découverte du texte "T.A.Z. The Temporary Autonomous Zone" du poète anarchiste Hakim Bey révèle en elle une envie viscérale: proposer une alternative artistique à l’architecture traditionnelle.
Du dessin à la peinture et vice-versa
Liliana Salone quitte sa ville natale pour Londres, y rencontre les milieux punk et underground, s’essaye aux drogues psychédéliques et découvre une réalité modifiée. Dans le ciel embrumé de la capitale anglaise, son imaginaire s’amplifie et sa pensée se clarifie.
Parallèlement à ces expériences, elle dessine, davantage pour elle que pour les autres, et, pour nourrir le dessin, se met à peindre. Plus elle dessine et plus elle peint, et rapidement l’un ne va plus sans l’autre. Ses tableaux à l’huile sont remarqués et s'exposent à Milan, Turin et Gênes.
En 2013, elle est invitée au festival "Sismic" à Sierre en Suisse. Sa rencontre avec la montagne et les mélèzes est décisive. La nature qui l'entoure l'inspire et la peintre décide de s'y établir durablement.
Les ruines, vestiges d’un passé sublime
La peinture de Liliana Salone percute par sa force narrative, car les personnages qu’elle imagine sont complexes; certains sont humains, d’autres ont une apparence quasi mythologique. A leur manière, leur existence sur la toile raconte déjà une histoire.
L’exemple le plus frappant est peut-être la peinture appelée "La volonté de puissance comme disparition", qui date de 2022. A l'avant du tableau, on observe quatre personnages. Le premier est assis, jambes allongées, habillé avec un training, des baskets aux pieds et une casquette sur la tête. Derrière lui et ses acolytes, un palais antique donne l'impression d'être abandonné. Le temps semble comme suspendu et il est difficile de dire exactement à quelle époque se déroule la scène. Les colonnes romaines aux moulures dorées sont noircies et la nature y a repris ses droits. C'est là où réside toute la spécificité de l’art de Liliana Salone, dans ce va-et-vient entre mémoire et disparition.
"La Volonté de puissance comme disparition", huile sur toile de Liliana Salone. [Courtesy de la Galerie Oblique et de l'artiste]
Une artiste à plein temps
Un aller-retour essentiel pour cette artiste pour qui la différence entre l’art et la vie n’existe tout simplement pas. A ce propos, elle confie à la RTS sa vision: "Je n’arrive pas à imaginer ma vie sans la peinture, ni la peinture sans ma vie. C'est pourquoi il est inimaginable pour moi d’avoir un atelier en dehors de chez moi. Cela voudrait dire que je serais obligée de choisir des objets et des livres à mettre dans mon lieu de travail. Le problème c'est que, si par hasard, une nuit, j’ai besoin de lire un mot d’un livre qui se trouve dans l’atelier et que je ne peux pas, c’est une catastrophe et cela m'angoisse. Il faut que ma vie et mon travail soient étroitement liés."
Layla Shlonsky
"Panoplia": une exposition de l'artiste peintre Liliana Salone, à découvrir jusqu'au 7 octobre 2022 à la Galerie Oblique à Saint-Maurice (VS).