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Nombre de politiciens restent au pouvoir durant des lustres, soit parce qu'ils vivent longtemps, soit parce qu'ils truquent plus ou moins discrètement des élections, soit parce qu'ils imposent des régimes très durs, dans lesquels toute opposition est écartée.
Vladimir Poutine a ainsi la mainmise sur la Russie, comme président ou Premier ministre, depuis 23 ans. La Biélorussie voisine est dirigée par Alexandre Loukachenko depuis 28 ans. Si Paul Biya préside lui le Cameroun depuis 39 ans, le record est détenu par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir en Guinée équatoriale depuis 48 ans.
D'autres dirigeants ont en revanche été boutés hors du pouvoir par les urnes, par une destitution ou un coup d'Etat. Mais ils ont fini par revenir, pour certains de nombreuses années plus tard et parfois après de longs séjours en prison. D'autres tentent actuellement un nouveau retour, à l'image de l'Israélien Benjamin Netanyahu, alors que d'aucuns prédisent un comeback cinglant de Donald Trump lors de la prochaine présidentielle américaine.
Lula, de la prison à la présidence
Luiz Inacio Lula da Silva a été réélu dimanche à la présidence du Brésil face au sortant Jair Bolsonaro.
Lula va ainsi effectuer un troisième mandat à l'âge de 77 ans, douze ans après avoir quitté le pouvoir. Déjà candidat en 1989, 1994 et 1998, il avait été élu en 2002 et réélu en 2006. Puis il avait dû quitter le pouvoir en 2010, la Constitution lui interdisant de se représenter. Il avait été nommé ministre par sa remplaçante Dilma Rousseff, mais la justice avait ordonné sa suspension.
Condamné dans le plus grand scandale de l'histoire du Brésil, "Lavage express", le chef de file du Parti des Travailleurs s'est toujours dit victime d'un complot politique qui a permis à Bolsonaro d'être élu à la présidence en 2018 alors qu'il était le grand favori. Lula a été incarcéré durant 580 jours, d'avril 2018 à novembre 2019.
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Silvio Berlusconi, l'éternel revenant
Depuis 1994, Silvio Berlusconi a gouverné l'Italie à trois reprises (1994-1995, 2001-2006 et 2008-2011). Il a entre-temps été député, sénateur et membre de l'opposition, faisant de lui un homme dont l'histoire se confond avec celle de l'Italie des 30 dernières années.
Le "Cavaliere" avait démissionné de ses fonctions de président du Conseil en 2011 après des désaccords dans sa coalition et des critiques sur sa gestion financière. Il est resté député et a tenté de reprendre le pouvoir mais a été déclaré inéligible en 2017 après avoir été condamné dans l'affaire Mediaset.
A nouveau éligible, Silvio Berlusconi est élu au Parlement européen en 2019. Il est un temps pressenti pour la présidence italienne, mais il s'engage finalement dans la dernière campagne législative. A 86 ans, malgré des scandales sexuels et des procès, il réussit son énième retour en se faisant élire au Sénat, à la tête d'un des partis de la coalition qui a gagné les législatives.
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Aung San Suu Kyi, de la résidence surveillée à l'isolement en passant par le pouvoir
En 1988, Aung San Suu Kyi a cofondé la Ligue nationale pour la démocratie, un parti politique opposé à la junte militaire au pouvoir en Birmanie. Ce parti qui prône des réformes démocratiques remporte les élections législatives en 1990, mais le gouvernement militaire refuse de lui laisser la place et annule le scrutin.
Au lieu de diriger le pays, Aung San Suu Kyi est placée en résidence surveillée. Elle va passer 15 ans cloîtrée dans sa propriété familiale de Rangoun. Elle bénéficie toutefois d'un important soutien international et se voit attribuer le prix Nobel de la paix en 1991.
Libérée en 2010, elle devient députée en 2012 et remporte plusieurs scrutins plus ou moins contrôlés. Elle devient Première ministre en 2016 après la victoire de son parti lors des premières élections libres depuis un quart de siècle. Elle gagne encore le vote législatif en 2020, mais un nouveau coup d'État militaire intervient en février 2021. Aung San Suu Kyi est placée à l'isolement dans une prison de Naypyidaw et elle est condamnée à de nombreuses années de prison.
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Winston Churchill, deux guerres, des échecs et des retours
Avant de devenir l'un des personnages les plus marquants de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill a été ministre du Commerce et de l'Intérieur avant la Première Guerre mondiale. Mais il avait été contraint de démissionner de la tête de la marine britannique en 1915 après l'échec de la bataille des Dardanelles, qui avait coûté la vie à des dizaines de milliers de soldats.
Mais Winston Churchill a retrouvé le pouvoir près de 25 ans plus tard, juste après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie, le 1er septembre 1939. Premier ministre du gouvernement de coalition pendant tout le conflit, il galvanise son pays avec ses discours enflammés.
A la fin de la guerre, le Parti travailliste décide de quitter la coalition au pouvoir et Winston Churchill demande la dissolution du Parlement. Battu, il tombe dans l'opposition et connaît une nouvelle éclipse politique. Mais il revient une dernière fois au pouvoir en 1951 à l'âge de 76 ans et reste en poste jusqu'en 1955, quand il prend sa retraite à la suite de problèmes de santé.
Charles de Gaulle, 29 ans à la tête de la France, avec une éclipse
Homme de, Charles de Gaulle préside le gouvernement provisoire de la République française après la libération de Paris en août 1944. Mais il démissionne en 1946, n'ayant pu obtenir l'unité de vue et d'action des principaux partis. Il se retire même de la vie politique après l'échec du Rassemblement du peuple français aux municipales en 1953.
De Gaulle revient sous les projecteurs quelques années plus tard: le 1er juin 1958, après l'insurrection du 13 mai à Alger, le président René Coty fait appel à de Gaulle qui est investi chef du dernier gouvernement de la IVe République.
Le 21 décembre 1958, Charles de Gaulle est élu premier président de la Ve République. Il quitte définitivement la politique en avril 1969 après l'échec du référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat, ayant mis son mandat dans la balance.
Deng Xiaoping, plusieurs fois limogé malgré une ascension fulgurante
Deng Xiaoping, artisan de la modernisation de la Chine, future grande puissance économique du XXIe siècle, a d'abord été limogé plusieurs fois.
Nommé au comité central du Parti communiste chinois en 1945, il connaît une ascension fulgurante après l'instauration du communisme, en 1949. Mais pendant la Révolution culturelle (1966-1976), il est accusé d'avoir "emprunté la voie capitaliste" et est envoyé comme mécanicien en province.
En 1973, il redevient vice-Premier ministre puis chef d'état-major des armées. Mais à la mort du Premier ministre Zhou Enlai en janvier 1976, il est à nouveau limogé pour "déviationnisme de droite". Il revient au pouvoir en 1978 et lance une politique de réformes et d'ouverture économiques durant une mainmise sur le pays de près de dix ans. Il quitte le pouvoir en 1989, mais continue à oeuvrer en coulisses jusqu'à son décès en 1997.
Frédéric Boillat avec afp