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L'anti-modèle
Le modèle social et moral qui dura jusqu'à la fin des années soixante s'est écroulé très rapidement. En peu de temps, ce qui était interdit ou réprouvé est devenu autorisé voire recommandé. Comment se fait-il qu'un modèle aussi stable et aussi performant ait aussi mal résisté ? Cela a-t-il tenu à la situation extérieure, à la prospérité, aux progrès techniques ? Le modèle était-il miné de l'intérieur ? Ou est-ce, simplement, que le sort de tout modèle social est de se voir rejeté après un certain temps d'utilisation ?
D'ailleurs, peut-on vivre sans modèle sur lequel calquer son comportement ? Les acteurs de Mai 68, tout en rejetant le principe même du modèle, n'ont-ils pas créé une sorte d'anti-modèle sur lequel il est, aujourd'hui encore, prudent de s'aligner ? Au fur et à mesure qu'ils accédèrent aux commandes, en politique, dans les domaines militaire, industriel, scolaire, universitaire et administratif, ne l'imposèrent-ils pas à l'ensemble de la population ?
L'anti-modèle 68 a pris des rides et n'enthousiasme plus la jeunesse. Mais il a aussi eu des retombées positives. Il faudrait les prendre en compte, comme il faudrait prendre en compte la fragilité du modèle précédent, dès lors qu'on se pose la question du modèle possible aujourd'hui.
M. Olivier Delacrétaz introduira cette problématique pendant une trentaine de minutes. Cet entretien aura lieu le mercredi 22 avril dans les locaux de la Ligue vaudoise, place du Grand-Saint-Jean 1 à Lausanne. Venez nombreux!
A mercredi prochain!