Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06963.jsonl.gz/390

Isabelle du Portugal, 1503-1539. Médaille en argent, par Leone Leoni. DIVA ISABELLA AVGVSTA CAROLI V VX Buste d’Isabelle, trois quarts de face vers la gauche, portant une robe brodée avec un pendentif / HAS HABET ET SVPERAT Les Trois Grâces debout dans un cercle avec deux Amours de part et d’autre. 75mm. 124,31g. Attwood 28; Armand I, 168, 25; Middeldorf & Stiebral LVI (cet exemplaire).
A masterpiece from Leone Leoni. Très belle fonte d'époque.
Exemplaire provenant de la vente Sotheby's " Property of a late collector" (12 juin 1974), 201 de la collection Stack, vente Morton & Eden (9 décembre 2009), 131.
Charles Quint aimait beaucoup sa femme Isabelle, sœur du roi du Portugal Jean III, qu’il avait épousée en 1526. Lorsqu’elle mourut prématurément des suites d’un accouchement difficile en 1539, il ne s’en remit jamais et ne se remaria pas. Il commandita de nombreux portraits et sculptures d’Isabelle après le décès de celle-ci, ainsi que des médailles. Celle que nous proposons, gravée vers 1549, est la plus importante qui ait été faite à son effigie. Charles en avait confié la réalisation au sculpteur et médailleur Leone Leoni, qui fut aussi le graveur de certaines monnaies papales. La réputation de Leoni en tant qu’artiste était grande ; l’empereur aimait le regarder travailler et éprouvait une vive admiration pour lui, malgré la vie scandaleuse que celui-ci menait. La représentation d’Isabelle de Portugal sur la médaille s’inspire de deux tableaux (dont l’un du Titien), et la figuration des Trois Grâces, au revers, suit un modèle antique que l’on retrouve sur d’autres médailles de la Renaissance. Le choix des Trois Grâces, qui personnifient la beauté, la joie de vivre et l’abondance, de même que l’inscription en latin qui les accompagne, « [Isabelle] a celles-ci et les surpasse », constituent un bel hommage rendu par Charles à son épouse disparue. Cette médaille est considérée comme la plus spectaculaire de celles qu’ait gravées Nizzola. Au vu de son importance et de la rareté de ses frappes en or, on pense que ces dernières auraient été prévues pour Mary, pour Philippe ou pour le père de celui-ci, Charles Quint. De fait, Antoine Perrenot de Granvelle, conseiller d’Etat de Charles, puis de Philippe, n’a eu droit, malgré son rang, qu’à un exemplaire en argent. On observe quelques similitudes entre le dessin de la médaille et le portrait de la reine peint à la même époque par Antonis Mor : ainsi, le pendentif porté par Mary figure aussi bien sur la médaille que sur le tableau. Les séances de pose de la reine ont pu être les mêmes pour les deux artistes, qui se trouvaient à Londres en même temps.
|Price realized||100'000 CHF|
|Starting price||75'000 CHF|