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Depuis le rapport du Club de Rome sur les limites de la croissance en 1972, l'opinion publique est clairement informée que l'humanité ne peut persévérer dans la voie sans issue de la croissance effrénée.
Le rapport Bruntdland, puis le Sommet de la Terre à Rio en 1992 consacraient le "développement durable", soit la capacité pour l'humanité de subvenir à ses besoins sans compromettre celle des générations futures à subvenir aux leurs. Transposé à l'activité économique, le développement durable devient "la croissance verte". Elle vise à concilier croissance économique, tout en réduisant les atteintes à l'environnement, à la biodiversité et les prélèvements sur les ressources.
Après l'inertie des vingt années qui ont suivi, l'économie verte a été l'un des deux thèmes principaux du sommet Rio+20 en juillet 2012. Le concept, soutenu par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement, semble maintenant se développer. Le PNUE recommande, dans un rapport, de consacrer 2% du produit intérieur brut mondial à des investissements "verts" pour permettre la transition vers une économie verte et réduire la pauvreté.
Devant le problème climatique et l'épuisement des ressources, la croissance verte semble être la solution pour concilier croissance, création d'emplois et environnement.
Le développement des énergies renouvelables et autres "cleantechs" et le verdissement du reste de l'économie paraissent prometteurs. En Suisse, 53'000 postes pourraient être créés dans les activités liées à la protection de l'environnement d'ici 2020.
Après la crise économique de 2008, les plans de relance "verts" ou "Green New Deals" étaient une opportunité de relancer une économie en régression tout en la rendant plus respectueuse de la terre et compétitive. Certains pays, comme la Corée du Sud ont franchi le pas. La Chine investit des centaines de milliards de dollars dans la croissance verte. Elle est passée en tête de la production d'électricité éolienne ces dernières années.
Cependant, certaines voix discordantes se font entendre : la croissance verte ne serait pas le remède miracle, les plans de relance ne seraient pas si verts, le manque de coordination au niveau européen nuirait à la croissance verte. Elle est remise en question.
Finalement, certains objectent que la croissance, quelle qu'elle soit, doit être dépassée. Que la décroissance est la seule solution pour résoudre les défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés. La croissance serait-elle contre-productive?
Dossier réalisé par Julien Glardon, stagiaire, juin 2011