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fils de Cambyse et de Mandane, fille d'Astyages. Ce prince, averti par un songe que le fils de sa fille serait roi, le fit enlever aussitôt après sa naissance, et le remit, pour le faire périr, à Harpalus, l'un de ses confidents. Celui-ci, ne voulant pas tremper les mains dans le sang de ses souverains, ordonna à un des bergers du roi d'exposer cet enfant dans un lieu désert, pour qu'il y fût dévoré par les bêtes féroces; ce berger, au lieu de lui obéir, éleva cet enfant comme le sien propre, et lui donna le nom de Cyrus. Parvenu à l'âge de dix ans, Cyrus fat reconnu par son grand-pere, qui, croyant n'avoir plus rien à en crainqu'il avait exercé une espèce de royauté parmi les enfants de son âge, le laissa vivre, et l'envoya à ses parents. Les Perses étaient alors soumis à l'empire des Mèdes, et leur nom était presque inconnu; Cyrus entreprit de les faire sortir de l'obs curité, et, les ayant excités à la révolte, il alla attaquer Astyage, le vainquit et le fit prisonnier, ce qui transféra l'empire des Mèdes aux Perses. Telle est la tradition qu'Hérodote a adoptée; mais, sans entrer dans une discussion qui serait déplacée ici, il est évident qu'Astyage n'ayant pas d'autre enfant que Mandaan,devait prendre des précautions pour assurer le royaume à son petit-fils, plutôt que pour l'empêcher d'y parvenir. Herodote convient qu'on racontait l'histoire de Cyrus de trois manières différentes, et il a sans doute choisi la moins honorable, pour faire sa cour aux Athéniens, qui se plaisaient à entendre déprimer les souverains. Cté sias, de son côté, prétendait que Cyrus ne tenait point à Astyage par les liens du sang; mais nous croyons qu'il est plus sûr d'adopter le récit de Xénophon, qui, tout en faisant
de la vie de Cyrus un roman politique, a dû respecter la vérité dans les événements principaux, et nous a sans doute conservé une des trois
traditions dont parle Hérodote. Astyage, suivant Xénophon, avait deux enfants: Cyaxare, qui lui succéda, et Mandane, qu'il donna en mariage à Cambyse roi de Perse. Cyaxare ayant appelé son neveu auprès de lui, lui donna le commandement de son armée, et comme il n'avait point de fis, il lui laissa son trône en mourant. Il n'y avait guère plus de cent ans que le royaume des Mèdes avait été démembre de celui d'Assyrie, et il était peu puissant; les rois d'Assyric, dont le siége était à Babylone dcpuis la destruction de Ninive, avaient la plus grande partie de la haute Asie, et l'Asie mineure était presqué entièrement soumise à Crésus roi de Lydie. Les états de Cyrus se bornaient donc à la Médie et à la Perse proprement dite; mais comme il s'était exercé au métier des armes, sous le règne de Cyaxare, il ne fut pas plutôt sur le trône, qu'il entreprit de s'agrandir par des conquêtes; Crésus, qui redoutait son ambition, lui ayant declaré la guerre, Cyrus le défit dans la Cappadoce, et, sans perdre de temps, alla l'assiéger dans Sardes, sa capitale, qu'il prit, après un siége très court, l'an 548 av. J.-C., et il le fit lui-même prisonnier. Laissant alors à ses généraux le soin de subjuguer le reste de l'Asie mineure, qui fit peu de résistance, il marcha contre Labynétus, roi d'Assyrie. Le sort de cet empire fut également décidé par le gain d'une bataille, et par la prise de Babylone, sa capitale; mais il fallut beaucoup de temps à Cyrus pour ranger à son obeissance toutes les parties de ce vaste empire. Nous n'avons que de l'incertitude sur
le reste de son histoire. Hérodote dit qu'il entreprit de soumettre les Massagètes, peuple scythe qui habitait les pays situés au-delà de l'Araxe, fleuve que l'on croit le même que l'laxarte (ou le Sirr) qui se jette dans la mer d'Aral, à l'est de la mer Caspienne. Il remporta plusieurs avantages sur eux, puis il tomba dans une embuscade où il perit avec toute son armée. Tomyris, reine des Massagètes, qui avait perdu son fils dans une des batailles précédentes, fit chercher le corps de Cyrus; l'ayant trouvé, elle lui coupa la tête, et la mit dans une outre remplie de sang, en disant « Rassasie toi de ce »sang que tu as tant aimé. » Xénophon dit au contraire qu'il mourut à Pasargade, fort regretté de ses sujets, et cette opinion paraît la mieux fondée; car on voyait encore son tombeau dans cette ville, lorsqu'Alexandre fit la conquête de la Perse. Ce tombeau ayant été ouvert par des pillards qui en avaient enlevé toutes les richesses, et en avaient tiré le corps de Cyrus, Alexandre chargea du soin de le réparer Aristobule, dont Arrien nous a conservé le récit. Cyrus mourut à la fin de l'an 550 avant J.-C., après un règne de trente ans. Il laissa deux fils, Cambyse qui lui succéda, et Smerdis. Sa mémoire fut toujours en veneration chez les Perses, qui le regardaient comme le plus grand de leurs souverains. Son règne est la première époque fixe que nous ayons pour l'histoire des anciens empires de l'Asie, et l'incertitude qui régnait sur les principaux événements de sa vie, des Je temps d'Hérodote qui florissait environ cent ans après, prouve que l'art d'écrire l'histoire était inconnu chez les Perses et les autres peuples de l'Asie, ce qui doit nous mettre en garde contre la plupart des
traditions qu'on trouve dans les his toriens profanes pour les temps antérieurs. Cyrus est le héros de la Cyropédie, où Xénophon s'est plu a exposer toutes ses idées sur l'éducatiou, la discipline inilitaire et la politique, ce qui en fait un roman historique très instructif, mais qu'on ne doit pas regarder comme une histoire. C-R.
CYRUS le jeune était second fils de Darius- Nothus et de Parysatis. Sa mère, qui l'aimait beaucoup, aurait voulu le faire monter sur le trône, mais comme l'ordre de succession établi dans la Perse s'y opposait, clie ne put y réussir. Cyrus fut nommé satrape de la Lydie et de l'Asie mineure, ce qui le mit en relation avec les Grecs, et surtout avec les Lacedémoniens, qui disputaient alors aux Athéniens l'empire de la mer. Il contracta les liaisons les plus étroites avec Lysandre, général des Lacede moniens, lui fournit de l'argent pour payer les équipages de ses vaisseaux, et contribua ainsi aux succès qu amenèrent la fin de la guerre du Feloponnèse. Darius étaut mort l'an 405 avant Jésus-Christ, Cyrus fut accusé d'avoir conspiré contre Artaxercès - Mnémon, son frère, et il ne dut la vie qu'aux prières et aux larmes de Parysatis. Cette indulgence ne le fit pas renoncer à son projet, et étant retourné dans son gouvernement, il ne songea qu'à rassembler secrètement des forces suffisantes pour disputer le trône à son frère. Les circonstances étaient on ne pent plus favorables. La guerre du Peloponnese qui venait de se terminer, avait laissé sans ressources une infinité de Grees dont la patrie était ruinée ou qui es avaient été exilés. Cyrus, sous prétexte de la guerre qu'il faisait à Tissaphernes, en prit un grand nombre a
sa solde. Il chargea en même temps Clearque de lui former une armée dans la Chersonèse de la Thrace, et Aristippe de lui lever quatre mille hommes dans la Thessalie. Il s'attacha également d'autres capitaines grecs qui lui amenèrent aussi des troupes. Lorsque tout fut disposé, il se mit en marche avec son armée dout la force principale consistait en treize mille Grecs qu'il avait à sa solde, parmi lesquels était le célèbre Xénophon. On peut voir à l'article CLEARQUE Comment il parvint, en les trompant, à les conduire jusqu'à l'Euphrate. Arrivé là, il leur fit part de son projet, et comme il leur était difficile de retourner dans leur patrie, ils furent obligés de le suivre. Artaxercès étant venu à sa rencontre, les deux armées se trouvèrent en présence vers Cunaxa dans la Babylonie.Cyrus, au lieu de se mettre au milieu des troupes grecques, qui étaient celles sur lesquelles il pouvait le plus compter, voulut combattre à la tête des Perses attachés à sa cause. I renversa tout ce qui était devant lui, mais ayant aperçu le roi, il alla l'attaquer sans réfléchir que ceux qui l'accompagnaient s'étaient presque tous dispersés, et il fut tué par ceux qui entouraient Artaxercès. Il fut extrêmement regretté par les Grecs, qui se virent privés par sa mort du fruit de leur victoire, et qui lui étaient d'ailleurs fort attachés. Ce prince avait aussi des qualités très propres à le il faire aimer, surtout des Grecs, dont avait eu grande partie adopté les manières. L'abbé Pagi a écrit son histoire, Amsterdam, 1756, in-12. C-a.
CYRUS (FLAVIUS), né à Panopolis en Égypte, parvint aux premières charges de l'empire, sous le regne de Théodose II. La noblesse de son caractère et l'élégance de
son esprit lui valurent la faveur et la confiance de l'impératrice Eudoxie, de cette Athénaïs qui'avait ellemême cultivé tous les talents, et qui, montée sur le trône, leur prétait encore son appui. Parvenu au rang de patrice, il fut bientôt nomme préfet de Constantinople, et pré: fet du prétoire d'Orient. Il remplissait ces deux charges dans l'année 439. Théodose le chargea du commandement des troupes qu'il envoyait au secours de Valentinien III, contre Genseric. La disgrâce de l'impératrice (Voy. ATHENAIS) ne nuisit pas d'abord à Cyrus; on ne trou ve même que lui seul pour consul dans les deux empires en 441; mais la haute estime et l'affection que le public lui témoignait excitèrent la jalousie et le mécontentement de Théodose. Cyrus avait été chargé de réparer Constantinople, et de fortifier le côté de la mer; il conduisit ces travaux avec une célérité surprenantc. Le peuple l'ayant aperçu dans les jeux du Cique, lui prodigua les plus vifs applaudissements. « Gloire à Cy>> rus, criait-ou de toutes parts; il a » renouvelé la ville de Constantin, » Théodose regarda ces éloges comme une insulte pour lui; Cyrus lui devint odieux et fut bientot l'objet des délations les plus envenimées. L'empereur y crut ou feignit d'y croire, et lui ôta ses honneurs et ses bicus. II paraît que Cyrus les regretta peu; la religion devint son asyle; il se fit prêtre, et fut bientôt nominé évêque de Cotycc en Phrygie, ou suivant d'autres, de Smyrne. Là, ses ennemis lui suscitèrent de nouvelles persécutions; son orthodoxie fut mise en doute; on lui reprocha des vers ornes des fictions du paganisme. Cyrus arrêla les murmures par une profession publique de sa foi; mais fatigué de ces
orages, il rentra dans la retraite et se livra à l'étude des lettres. Ses poëmes sont vantés par les historiens. Il n'est resté de lui que sept epigrammes d'un style pur et élégant; on les trouve dans les Analecta de Brunck, tom. II, pag. 454. Flavius Cyrus vivait encore sous le règne de Leon, vers 460.
L-S-E.
CYSAT (RENNWARD) naquit à Lucerne en 1545, et y mourut en 1614. Il se voua d'abord à la médecine; mais il la quitta bientôt pour s'appliquer aux belles-lettres, et surtout à l'histoire de la Suisse: il savait sept langues différentes. Il fut nommé chancelier à Lucerne en 1570. Pendant près de quarante-cinq ans qu'il occupa cette charge, il s'attacha à enrichir les archives, d'un grand nombre de manuscrits dispersés, et à les mettre en ordre. En sa qualité de protonotaire apostolique, il présida au procès de canonisation du fameux Nicolas de Flue, et il a publié à cette occasion la vie du saint (Vita et historia Nicolai de Rupe, subsylvano, cum rebus variis gestis, Constance, 1597, in-8.) Il avait formé le dessein de composer une histoire générale des cantons catholiques, et surtout du canton de Lucerne, et il a laissé un grand nombre d'ouvrages manuscrits qui se trouvent la plupart dans les archives de Lucerne. Il traduisit aussi de l'italien en allemand une description curieuse du Japon, tirée des lettres annuelles des missionnaires jésuites; il la fit imprimer à Fribourg, 1586, in-8°. CYSAT (Jean-Baptiste), fils de Rennward, né à Lucerne en 1588, se fit jésuite en 1604, s'appliqua surtout à la philosophie et aux mathématiques et devint professeur à Ingolstadt. Après avoir été recteur des colléges de Lucerne, 'Inspruck et d'Aichstadt, il revint
dans sa patric, où il mourut le 3 mars 1657. Ou a de lui, entre autres, Mathematica astronomica de loco, motús magnitudine et causis cometæ annorum 1618 et 1619, Ingolstadt, 1619, in 4°. Il est le premier qui observa avec un télescope la comète de ces années, et il crut y avoir remarqué des inégalités. Il soutint aussi un des premiers que le cours de la comète était régulier, et qu'il se faisait par un mouvement droit et non circulaire. En 1631, || observa à Inspruck le passage de Mercure sur le Soleil, pendant que Gassendi l'observait à Paris. Ce phé nomène, annoncé par Kepler de puis deux ans, ne fut aperçu que par quatre ou cinq observateurs, et perfectionna beaucoup la théorie de cette planète. Cysat fut en grande réputation auprès des astronomes de son temps. Riccioli l'honora en donnant son nom à une des taches de la lune qu'il avait décrites. Cysat avait aussi composé, sous le titre de Tabula cosmographica versatilis, un pla nisphère où l'on voyait les maisons de son ordre répandues sur toute la terre, afin de faire voir qu'à chaque moment le sacrifice de la messe y était célébré quelque part. — CYSAT (JeanLéopold), né à Lucerne au commencement du 17. siècle, fut pendant quatorze ans secrétaire de Michel Thuriani, gouverneur d'Alexandrie. De retour dans sa patrie, il obtint successivement des charges et des honneurs, fut membre du conseil d'état, et mourut en 1665. Il a laissé quelques écrits sur l'histoire de la Suisse en manuscrit, et il est l'anteur d'une Description assez estimez du lac de Lucerne et de ses environs, Lucerne, 1661, in-4°., fig. ( en ellemand), et d'une carte topographi que de ce lac, appelé aussi des quatre
Cantons, ou Waldstedtersée, gravée par Beutler en 1645. U—1. CYTHERIUS. Voy. CITARIUS. CYZ (MARIE DE). Voy. CoмBÉ, au Supplément.
CZALUSKI. Voy. ZALUSKI. CZARNIECKI ETIENNE), célèbre général polonais, né en 1599, fit ses premières armes eu Lithuanie contre les Russes, et en Ukraine contre les Cosaques; par sa valeur et par ses talents, il s'eleva des derniers rangs jusqu'aux premiers grades dans l'armée. En 1655, après avoir été nommé castellan de Kiow, il fut rappelé en Pologne, pour servir contre CharlesGustave, roi de Suède, qui venait de déclarer la guerre au roi Jean Casimir (oy. CHARLES X et J. CASIMIR). La noblesse de la grande Pologne, par la fâcheté de sa conduite, avait elle-même facilité les progrès de Gustave, qui s'était emparé de cette proVince, de la Cujavie et de la Mazovie; était entré triomphant dans Varsovie; Casimir s'était retiré en Silésie avec la reine son épouse. Czarniecki, avec une poignée de braves, se jeta dans Cracovie, en promettant au roi de tenir jusqu'à la dernière extrémité, afin de donner aux généraux qui se trouvaient de l'autre côté de la Vistule le temps de prendre leurs mesures. Gustave arrive devant Cracovie; indigué qu'une place si faible osât l'arréter, il mit tout en œuvre pour corrompre ou intimider Czarniecki, qui ne se rendit qu'après un siége de deux mois, lorsqu'il se vit hors d'état de repousser l'assaut, et après avoir obtenu une capitulation honorable. De-là il passa en Silésie, auprès du roi Casimir, qui, à la sollicitation de Czarniecki, se rendit à Lemberg, où les troupes polonaises se rassemblaient. On confia à celui qui avait défendu Cracovie avec tant de gloire le commandement
de la petite armec qui faisait tout l'espoir de la monarchie; Czarniecki voulut arrêter Charles-Gustave à Golemba, mais il était trop faible; il se retira avec perte. Le 20 mars 1656, il surprit et cerna l'avant-garde sucdoise qu'il avait attirée au-delà de la San; Gustave, qui était sur la rive gauche, vit enlever deux mille homines de ses meilleures troupes, sans pouvoir les secourir. Surpris lui-même à Rudnik, il ne se sauva qu'avec peine, par la vitesse de son cheval : c'est dans cette occasion que sa vaisselle et ses effets de campagne tombèrent entre les mains des Polonais. Les descendants de Czarniecki montrent encore aujourd'hui, dans le magnifique château qu'ils ont bâti à Bialistok, une partie de ces trophées, entre autres, un étendard brodé en argent, ayant une branche d'arbre au milieu, avec les lettres C. G. R. S. (Carolus Gust. Rex Suecorum). Czarniecki entra dans Sendomir, pêle-mêle avec l'ennemi, qu'il surprit à Koziennice, à Warka et à Lowiez, d'où il se jeta dans la grande Pologne. Les grands du royaume avaient repris courage en voyant qu'un seul homme osait s'opposer aux Suédois, qu'ils avaient crus invincibles. Casimir était rentré dans sa capitale; mais au lieu de partager son armée, pour suivre ce systême de petite guerre auquel Czarniecki devait ses succès, ce prince livra une grande bataille qu'il perdit: il se sauva à Dantzig, et ses affaires paraissaient plus désespérées que jamais. Czarniecki ne perdit point courage; il parcourut à la tête de son corps les bords de la Vistule, et revint sur la grande Pologne, toujours inquiétant et harcelant l'ennemi. La reine Louise était restée à Czenstochow; elle prit la résolution d'aller à Dantzig, pour y partager le sort de son époux. A