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Le rôle de la Suisse dans la crise ukrainienne tient à plusieurs facteurs que nous énumérerons ici brièvement, nous réservant de les développer plus tard :
1.- sa neutralité ;
2.- ses bonnes relations avec les deux parties ;
3.- sa présidence en 2014 de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui réunit les deux parties.
1.- La neutralité de la Suisse trouve ses prémisses au XVIe siècle, après la bataille de Marignan. Elle s’est affirmée au XVIIe siècle lors de la Guerre de trente ans. Après l’occupation française de 1798 à 1813, la Suisse s’est proclamée neutre dès 1813, neutralité qui lui a été reconnue par le Traité de Paris de 1814 et garantie par le Traité de Vienne en 1815. C’est cette neutralité qui lui a valu le rôle international exceptionnel de Genève et de la Confédération elle-même.
2.- La Suisse est entourée d’Etats membre de l’Union européenne avec lesquels elle entretient d’étroites relations économiques et culturelles, nonobstant quelques tensions ponctuelles tant avec l’Union européenne qu’avec certains de ses Etats membres. Mais, la chose est moins connue, la Suisse entretient traditionnellement des relations économiques et culturelles particulières avec la Russie, surtout avant et depuis l’épisode soviétique.
3.- Le hasard du calendrier veut que la Suisse, ou plutôt son ministre des affaires étrangères, qui se trouve être aussi le Président de la Confédération, M. Didier Burkhalter, assume la présidence tournante de l’OSCE en cette année 2014. Un rôle exceptionnel échoît donc à la Suisse et à son Président dans la crise ouverte entre les Etats-Unis et l’Union européenne, d’une part, et la Russie d’autre part. Pour tenir ce rôle avec succès, il importe en tout premier lieu que la Confédération observe scrupuleusement les obligations qui sont les siennes dans le cadre du droit international de la neutralité, notamment en s’abstenant de toute sanction décidée par l’une des parties. Est-ce bien le cas ? Nous posons la question.
Il importe en second lieu qu’elle offre ses bons offices et s’efforce d’opérer une médiation entres les parties que divise un grave différend pour tenter de rapprocher leurs points de vue et surtout pour empêcher le différend de dégénérer en conflit armé, et dans le cas d’espèce, en conflit nucléaire. La Suisse et son Président y consacrenet-ils tous leurs efforts ? Nous posons encore une fois la question.