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24/03/2010
Histoire. Le billet sur la diffusion par Arte du Rapport Karski de Claude Lanzmann n'est pas resté sans réactions. Les plus critiques sont anonymes. J'ai tenté de convaincre leurs auteurs sous pseudonyme de signer de leur prénom et nom. Ma démarche demeure sans réponse à ce jour. Ces commentaires n'ont donc pas été publiés. Je le regrette.
Une supposition a choqué: que la marche du temps ait pu infléchir la perception par Jan Karski de son entrevue en 1943 avec le président Roosevelt. Dans un livre publié en 2009, le romancier Yannick Haenel dépeint par l'imagination un Karski sans indulgence pour son interlocuteur et son indifférence envers le sort des Juifs en Europe. Le témoignage de Karski lui-même, recueilli en 1978 par Claude Lanzmann, soutient au contraire que « l'homme le plus puissant du monde », comme le désigne l'ancien résistant polonais, a entendu son rapport sur l'extermination. Non pas en réagissant sur le champ, mais après coup, par l'envoi d'une liste de personnalités à contacter, appartenant à des milieux religieux, intellectuels et politiques.
18/03/2010
Histoire. La chaîne Arte a diffusé le 17 mars en fin de soirée Le rapport Karski, un entretien de Claude Lanzmann avec le résistant polonais Jan Karski. Cet entretien eut lieu en 1978, il y a plus de trente ans. Lanzmann ne l'a pas retenu dans son film Shoah, mémorial consacré aux victimes juives des camps d'extermination nazis. Il s'en explique aujourd'hui dans un texte liminaire. Il invoque la longueur du film, ainsi que «des raisons proprement artistiques de tension dramatique».
15/03/2010
Petit écran. La Télévision suisse romande (vendredi 12 mars), puis la chaîne publique France 2 (mercredi 17 mars) ont inscrit à leur programme «Le jeu de la mort». Un documentaire, annoncent-elles. Un document plutôt. Le jeu en question est fictif, les participants l'ignorent. Ils ont été, croient-ils, recrutés pour enregistrer le numéro pilote d'une nouvelle émission de télévision, «La Zone Xtrême».
L'idée n'est pas très éloignée de celle du « Maillon faible ». A la différence que le candidat défaillant n'est pas exclu du jeu, mais qu'il est censé recevoir des décharges électriques de plus en plus fortes à chaque réponse erronée. Le rôle du joueur-victime est assumé par un comédien. Ses réactions aux décharges factices ne dissuadent nullement les quatre cinquièmes des participants d'«envoyer la sauce», jusqu'à une force de 460 volts.
08/03/2010
Paysage. Passages du bleu au gris, du gris au bleu. Etranger dans ma ville, j'en vois d'abord les couleurs. Bleu changeant, d'outre-mer et de brume; gris où se fondent des teintes de molasse et des jaunes incertains. Les saisons les modulent, les magnifient, les altèrent. Elles ne les effacent jamais. L'eau du lac, la liturgie perturbée des façades qui enserrent la rade, l'étagement de la basse ville et de la colline de Saint-Pierre, le Salève écorché, le ciel. Où est le gris, où est le bleu?
02/03/2010
Journalisme. D'accord, ce n'est pas le prix Pulitzer. Mais c'est un prix de journalisme quand même, décerné par l'université de Long Island, dans l'Etat de New York. Le prix George Polk, donc. Il vient d'être attribué à l'auteur (inconnu) d'une vidéo prise par téléphone portable et postée sur Youtube. Il s'agit d'une séquence de mort: l'agonie d'une jeune femme iranienne de 26 ans, tuée en juin dernier d'une balle en plein cœur dans une rue de Téhéran. Le document a été repris par de nombreuses chaînes télévisées, dans le monde entier. La victime, Neda Agha-Soltan, est devenue en quelques semaines une icône médiatique de l'opposition iranienne. Les images de ses derniers instants sont saisissantes. Résultent-elles d'un acte journalistique? La question s'est posée lors d'une récente émission Médialogues, de la Radio suisse romande.