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Il est 5h40. Je prends le train pour me Rendre à Bâle. Arrivé à la Bahnhof bâloise, il me faut encore prendre le tram. Finalement, une petite marche me conduit à mon point de départ qui se trouve sur la rive droite, à l'extrémité aval du Rhin Suisse.
Tournant résolument le dos à l'Allemagne, je débute la remontée de ce noble fleuve avec l'objectif de rejoindre l'une de ses sources, celle du Rhin antérieur.
Une course avec des barques de pontonniers se déroule sur le cours citadin.
Des bacs permettent de passer d'une rive à l'autre sans avoir recours à un moteur.
Je rencontre un premier barrage. Il ponctionne au passage un peu d'énergie au fleuve que l'on contraint à passer entre des murs, le privant de liberté et lui volant ainsi quelques hectares.
Je passe un lieu tristement célèbre: Schweizerhalle. La catastrophe écologique qui s'y rattache aura permis une timide prise de conscience et peut-être, un jour, les saumons, truites de mer, remonteront se reproduire dans ces zones qui étaient les leurs.
Les pêcheurs ont construit de petites cabanes auprès desquelles sont suspendus des carlets. Un peu plus loin, des pêcheurs appâtent.
Mes pas me portent en amont vers la centrale nucléaire de Leibstadt. Que ne ferions-nous pas pour satisfaire notre boulimie d'énergie. Un surplomb laisse apparaître un bout de Rhin qui semble encore libre. Est-ce un rêve ou la réalité? J'enjambe l'Aar, un autre cours d'eau victime. En le remontant l'an passé, il ma fait pitié. Sans considération, arbitrairement, il a été jugé et incarcéré pour mieux l'asservir.
Après deux jours je rejoins Zurzach. Mes pieds, pour la première fois, ont mal supporté ce trajet et me contraignent à un arrêt forcé.