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Pourquoi les dents de sagesse amènent-elles aussi souvent des problèmes?
Pourquoi devrais-je enlever mes dents de sagesse?
Mes dents de sagesse peuvent-elles causer un mauvais positionnement de mes dents de devant, surtout après mon traitement d’orthodontie?
Est-ce que je devrais enlever mes 4 dents de sagesse à la fois?
L’anesthésie générale est-elle la meilleure option pour me faire enlever les dents de sagesse?
Quel est le meilleur moment pour les enlever?
Il y a très longtemps, nos mâchoires pouvaient accueillir sans problème toutes nos dents, 32 au total y compris nos troisièmes molaires, appelées communément « dents de sagesse » car elles apparaissent vers l’âge de 18 ans, à la majorité.
Pour bien comprendre, il faut se projeter quelques millions d’années en arrière, quand nos ancêtres se déplaçaient encore à quatre pattes et étaient dotés de mâchoires massives et proéminentes, qui leur assuraient la survie au quotidien. Leurs membres antérieurs étaient alors entièrement dévolus à la locomotion et ils ne disposaient que de ces puissantes mâchoires pour attraper et consommer leur nourriture, composée en grande partie de plantes, de racines et de fruits. La mastication de tels produits, souvent durs et abrasifs, sollicitait énormément les dents qui s’usaient alors très vite. La présence des troisièmes molaires constituait ainsi un avantage important.
Il y a environ 2 million d’années, les hominidés ont commencé à se redresser et sont devenus bipèdes. Les membres antérieurs se trouvant ainsi libérés, devenant des bras en quelque sorte, ont prit le rôle principal dans la collecte de nourriture. Les mâchoires devinrent plus petites alors même que le cerveau grossissait.
Puis, un virage culturel majeur se produisit il y a 500 000 ans, avec la domestication du feu. La cuisson augmenta la valeur énergétique des aliments tout en les rendant beaucoup plus faciles à assimiler puisque étant ramollis. Toute l’énergie que nos ancêtres dépensaient pour s’alimenter et mastiquer pu d’un coup être transférée au cerveau qui continua à se développer. Cela joua un rôle déterminant dans la réduction de l’appareil masticateur. La survie d’Homo Sapiens ne dépendit plus du tout de la présence ou non des troisièmes molaires.
Maintenant, changeons de perspective et considérons l’effet d’une mastication intense et longue sur une arcade dentaire. Nos ancêtres y passaient 5 à 8 heures par jour!
Il y a en effet une autre théorie qui prétend que seul le changement de texture des aliments dû à la cuisson et aux outils est à l’origine du manque de place sur l’arcade, par la même négligeant le rôle de l’évolution dans la modification de nos mâchoires :
Le petit ligament qui attache à l’os toute la surface de la racine d’une dent, et qui agit comme une sorte de petit coussin, permet sous le coup de la mastication un mouvement vertical des dents. Cela induit des frottements au niveau des zones de contact dentaires au sein d’une même mâchoire. Il en résulte ainsi, sur plusieurs années, une usure non négligeable de la largeur de chaque dent, compensée par une force interdentaire dont la fonction est de toujours maintenir un contact entre les dents d’une même arcade. Cette force est engendrée par des fibres spécialisées de la gencive qui s’ancrent sur toutes les dents. Elles se comportent un peu comme une structure élastique qui, littéralement, tracte les dents à la fois vers l’avant et les unes contre les autres. Grace à ce processus, suffisamment de place est créée au fond de l’arcade pour que les troisièmes molaires puissent bien se placer.
L’homme ayant apprit la cuisson, n’a donc plus eu à mâcher longuement. Des molaires supplémentaires devenaient inutiles.
Il est probable que dans quelques milliers d’années, les dents de sagesse n’existent plus. On constate déjà que certaines d’entre elles sont rabougries, ou carrément absentes. Comme le coccyx, l’appendice, les mamelons chez l’homme, elles deviennent des structures vestigiales. Aujourd’hui cela dit, s’il n’y a pas assez de place à l’arrière de la bouche, les dents de sagesse vont pousser selon différentes angulations. On dit qu’elles sont impactées, ou incluses.
Leurs extractions est souvent nécessaire lorsqu’on voit qu’elles ne pourront pas se placer normalement sur l’arcade. Si on ne le fait pas, elles essaieront quand même de se frayer un chemin à travers l’os et c’est alors que les problèmes arrivent.
Il y a plusieurs raisons à cela :
Normalement, la gencive serti le collet de chaque dent et joue le rôle d’un manchon étanche tout autour.
Si votre dent de sagesse est incluse superficiellement, juste sous la gencive, cette étanchéité se rompt car un pertuis souvent se forme, juste derrière la dernière molaire, mettant en relation le milieu buccal avec l’alvéole dans laquelle se trouve la dent de sagesse. Les bactéries peuvent alors passer ! Ce pertuis est très étroit, vous ne pouvez pas le voir. Seules le dentiste ou l’hygiéniste peuvent le détecter.
Cette communication forme littéralement une toute petite poche qui ne peut pas être nettoyée même avec un très bon brossage. Avec le temps, les bactéries et des débris s’y accumulent, formant du pus, et vont finir par créer un bouchon s’ils ne sont pas évacués au fur et à mesure. C’est là qu’apparaît un épisode douloureux accompagnés d’œdème.
Si la dent est incluse et qu’il n’y a pas ce genre de communication avec la cavité buccale, il n’est pas utile de l’enlever !
Il faut noter que dans la majorité de ces cas, la dent de sagesse impactée n’entraine aucun symptôme. On ne pourrait même pas se douter qu’elle existe. Néanmoins l’infection est bien là ! Le pus se forme dans la poche et, tant que le passage n’est pas bloqué, peut sortir librement. Pendant des années, il peut ainsi sourdre dans la bouche en très petites quantités, jusqu’à ce que cette dent soit retirée. Sachez enfin que la pyophagie (avaler du pus régulièrement) a des effets délétères sur la santé !
Bien qu’il n’y ait pas assez de place sur l’arcade, la dent de sagesse peut souvent se positionner normalement. Cela dit, elle reste recouverte vers l’arrière par un capuchon muqueux qui forme un cul-de-sac dans lequel s’accumulent des débris qui vont être à l’origine d’infections et même de caries.
Si ces épisodes douloureux sont récurrents, seule l’extraction de la dent de sagesse réglera le problème. La résection seule de la muqueuse n’est souvent pas satisfaisante et cause de l’inconfort.
Lorsqu’une dent reste incluse dans la mâchoire, une masse de cellules souches à l’origine de sa formation se maintient tout autour de la couronne en formant une sorte de « sac folliculaire » qui l’isole de l’os. A partir d’un certain temps, il arrive que certaines de ces cellules dégénèrent et entrainent la formation de tumeurs ou de kystes qui généralement ne métastasent pas. Cependant, si on ne les enlève pas, ils peuvent devenir très gros et causer des dégâts. Lorsque nous extrayons vos dents de sagesse, nous retirons bien sûr ce « sac ».
Lors de sa croissance dans la mâchoire, la dent déplace et résorbe de l’os pour se faire de la place. Réciproquement, l’alvéole laissée vide par une dent incluse qui vient d’être enlevée va, totalement ou en partie, se remplir d’os. La gencive va très vite se fermer, mais l’os va mettre 4 mois pour se reformer.
Si la dent de sagesse est extraite entre 16 et 20 ans, on récupère 95 à 100% du volume osseux. Par contre, si l’extraction se fait trop tard, l’os ne pourra pas revenir complètement. Plutôt que d’être complètement enrobée par l’os, une bonne partie de la racine de la molaire contigüe sera donc couvert par la seule gencive, ce qui en plus de l’affaiblir, va créer les conditions propices à une infection car cela forme une poche dans laquelle vont s’accumuler bactéries et débris (voir plus haut).
Un autre cas de figure classique est celui de la dent de sagesse impactée contre la racine de la molaire contigüe: Si les bactéries de la bouche arrivent à se frayer un chemin vers la dent incluse (voir plus haut), elles vont coloniser la zone de contact entre ces 2 dents et créer une carie sur la racine de la molaire de devant. Ces lésions sont toujours très difficiles à soigner.
Non. Cette idée que les dents de sagesse exerceraient une pression vers l’avant sur les autres dents de l’arcade est fausse. Les dents effectivement ont tendance à se déplacer vers l’avant tout au long de la vie, mais cela est dû à tout autre chose, en particulier aux forces de pression verticales qui se produisent lors de la mastication ou du grincement des dents la nuit par exemple. La maladie parodontale peut également être à l’origine de migrations dentaires.
Oui, absolument ! Que vous en ayez une ou deux seulement d’enlevées vous donnera le même inconfort postopératoire que si vous vous faites extraire les 4. Pas beaucoup moins dans le meilleur des cas. Considérez aussi le fait que vous vous éviterez une bonne dose d’anxiété si vous ne devez pas subir l’intervention une autre fois…
En plus de cela, faire cette intervention en une fois revient finalement moins cher et vous fait perdre moins de temps.
La grande majorité des patients qui se font retirer les dents de sagesse peuvent reprendre leurs activités sous 24 à 48 heures.
Non ! Sauf peut-être si vous êtes très, très anxieux.
Il est toujours préférable que vous restiez coopératif et réceptif pendant la procédure. L’anesthésie générale est beaucoup trop souvent encouragée. Plusieurs études ont démontré que l’extraction des dents de sagesse sous anesthésie locale se fait facilement et avec moins de risques pour les structures environnantes, telles les nerfs par exemple. La sédation consciente peut-être une bonne alternative si vous souhaitez avoir une expérience relaxante, et ne plus vous souvenir de rien après coup. Nous offrons ce service et si vous désirez en savoir plus à ce sujet, consultez notre page Sédation Dentaire.
Tôt ! Avant 20 ans si possible (Recommandation de l’association dentaire américaine), et lorsqu’elles ne causent pas encore de problèmes ! Si vous attendez d’avoir mal, il y a de grandes chances que l’os et la dent contigüe aient déjà subi des dégâts sans que vous en ayez eu conscience.
La capacité de notre corps à bien réagir à la chirurgie buccale diminue avec l’âge. Plus nous vieillissons, plus l’os des mâchoires devient dur, moins malléable. Si vous êtes jeune, il y a de grandes chances que l’intervention puisse se faire de la manière la plus simple, la moins chirurgicale possible.
Si vous attendez trop pour les extraire, il y a pas mal de risques que vos dents de sagesse causent des lésions parodontales ou des caries sur les dents adjacentes. Lorsque l’on constate des complications post opératoires, c’est en général toujours chez des sujets de plus de 25 ans.
Appelez nous pour un bilan sur l’état de vos dents de sagesse. Si vous devez les extraire, alors nous vous proposerons la technique la mieux adaptée à votre situation.