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Les personnes infectées par le VIH résistent mieux à la maladie lorsqu'elles ont un partenaire stable. C'est ce qu'a constaté une équipe de chercheurs suisses sur la base des données de la Swiss HIV cohort study (BMJ 2004 ; 328 : 15-8). Les auteurs se basent sur l'évolution de 3736 adultes infectés par le VIH et ayant débuté une multithérapie antirétrovirale avant 2002.Dans le cadre du suivi, les participants indiquent tous les six mois s'ils entretiennent des relations sexuelles avec un partenaire stable. L'analyse de leurs réponses montre que le fait de vivre avec un partenaire stable est statistiquement associé à une moindre progression de la maladie, à une charge virale moindre, ainsi qu'à une augmentation du taux de CD4, et cela même en tenant compte de l'effet d'autres variables comme l'état de santé au début de l'étude.Si la corrélation est claire, son interprétation en termes de causalité est très délicate, comme l'expliquent les auteurs. Est-ce la stabilité de la relation qui améliore les capacités à résister à la maladie ? Ou au contraire le fait de bien évoluer qui rend plus facile l'établissement de relations stables ? Les chercheurs ont choisi de ne pas prendre en compte les ruptures de relations stables survenues durant l'étude, afin d'éviter d'obtenir une corrélation à cause de ruptures provoquées par une aggravation de l'état de santé. Mais ils ne peuvent exclure d'autres effets cachés et donnent volontairement une interprétation très pragmatique à leurs résultats : «Etablir un lien causal sur la base de données d'observation est toujours difficile, concluent-ils. Nous avons démontré qu'il existe un lien entre la progression de la maladie et l'existence d'une relation stable (...). L'absence de relation stable est donc un indicateur d'une progression plus rapide de la maladie, ce qui ne signifie pas que l'absence favorise la maladie.» Ainsi, à défaut de montrer pour le sida l'influence de facteurs sociaux, l'étude offre aux praticiens un critère de plus dans leur appréciation des situations.