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Les temps des pionniers (1892 – 1914)
L’Union Instrumentale est créée un soir d’octobre 1892, sous l’égide d’Edouard Piétri, par un groupe d’amis motivés par la musique. La fanfare se veut politiquement indépendante. Outre la musique, la toute nouvelle société ne vise rien de moins que le service à la communauté et place sa destinée sous les mots « travail, persévérance, succès », une devise qui est restée la même jusqu’à aujourd’hui.
Ces premières années sont celles de la mise en place, tant au niveau de la vie de la société que de l’activité musicale. Parmi les événements marquants de ces années des pionniers, citons :
1896 : bénédiction d’un premier drapeau
1897 : bénédiction d’un premier uniforme
«La bénédiction d’une bannière impose un devoir : celui de porter au plus haut degré l’art musical…»
Mgr Favre, bénédiction du 1er drapeau (1896)
1898 : participation au Concours International de Musique de Winterthur, avec un premier rang en catégorie moyenne
1904 : inscriptions de premiers élèves au Conservatoire de Fribourg récemment fondé
1910 : entrée dans la Société Cantonale des Musiques Fribourgeoises
Une période difficile (1914 – 1943)
En 1914, la Grande Guerre provoque une interruption provisoire de l’activité de la société. On se remet finalement au travail dès 1918. Mais cette reprise s’avère très difficile. La société peine à recruter des membres et le manque d’assiduité aux répétitions est un problème récurrent.
Les choses en arrivent à un tel point que la fanfare est transformée en un corps de saxophones à la fin de 1926. En 1930, l’Union Instrumentale est même définitivement rayée du Registre du Commerce.
En 1934, Charles Riva – surnommé «le bon papa Riva» – apprend que l’on cherche à vendre le drapeau de l’Union instrumentale. Il reprend alors les rênes de la société et lui insuffle un nouveau dynamisme.
L’Union Instrumentale est relancée. Signe de cette renaissance, un nouvel uniforme est inauguré en 1935.
Les bases humaines et financières restent cependant fragiles. En 1936, par exemple, lors de la participation à la Fête cantonale des Musiques à Romont, la société engage 23 musiciens, dont… 22 élèves. Le succès est bien entendu des plus mitigés ! En 1943, le directeur de l’époque claque la porte peu avant la Fête-Dieu, car on lui doit sept mois d’arriérés de salaire.
Envol et premiers succès (1943 – 1960)
Mais c’est à partir de cette même année 1943 que l’Union Instrumentale va véritablement pouvoir prendre son envol grâce à l’arrivée d’un homme que l’on pourrait qualifier de providentiel. Paul Mossu reprend la direction de la société pour la conserver pendant 17 ans. Il s’agit déjà d’un véritable exploit lorsque l’on songe que pas moins de 28 directeurs se sont déjà succédé depuis la fondation de l’ensemble en 1892.
Doué et exigeant, le nouveau directeur fait rapidement évoluer le niveau de la société. Mais surtout, c’est sur son impulsion que l’Union instrumentale, jusque-là fanfare mixte, se mue en harmonie. Ce changement est accepté par l’assemblée générale en décembre 1945.
«Ne pas se contenter de l’acquis, mais viser plus haut. Le succès dépend de la volonté et du goût musical de chacun.»
Paul Mossu, directeur (1943-1960)
Au plan organisationnel, l’Union Instrumentale peut compter sur la présidence dynamique de Franz Spicher (1948 – 1958), qui ne ménagera pas ses efforts pour lui donner une situation financière saine.
Parmi les événements marquants de cette période, citons :
1951 : mention très bien avec couronne frange d’or à la Fête Cantonale des Musiques à Estavayer-le-Lac
1953 : organisation de la Fête Fédérale des Musiques avec les sociétés soeurs de Fribourg
1957 : inauguration d’un nouvel uniforme
Période contemporaine
Remise sur les rails pour le duo Mossu / Spicher, l’Union Instrumentale connaît dès lors une période faste. Dans les années 1960, la société compte plus de 60 membres actifs.
On est alors bien loin des 22 élèves qui la représentaient à la Fête Cantonale de Romont en 1936.
Les années 60, c’est aussi l’époque où l’Union Instrumentale commence à s’aventurer hors des frontières nationales pour des tournées qui sont l’occasion de sortir des sentiers battus.
C’est au cours de ces années que l’Union Instrumentale telle que nous la connaissons encore aujourd’hui prend forme.
Parmi les nombreux événements qui ont ponctué ces dernières décennies, citons :
1963 : premier voyage à l’étranger avec la participation à l’Oktoberfest de Munich
1967 : festivités des 75 ans de l’Union Instrumentale avec la présence de la batterie-fanfare de la Garde Républicaine de Paris
1974 : création officielle de l’école de musique de l’Union Instrumentale
1978 : premier passage de l’Union Instrumentale devant les caméras de la télévision lors de l’émission « Fanfaronnade » de la TSR.
1979 : inauguration de l’uniforme actuel, copie conforme d’une tenue d’officier carabinier vaudois du début du XIXe siècle
1992 : festivités du centenaire, organisation d’un spectacle musical et voyage à Saint-Pétersbourg
1996 : voyage au Brésil dans le cadre des retrouvailles entre Fribourg et Nova Friburgo
2000 : participation à l’assermentation des gardes suisses pontificaux à Rome
2001 : organisation de la Fête Fédérale de Musique
2013 : participation au concours «International Wind Orchestra Festival» de Berlin avec un 3e rang pour l’ensemble et le 1er rang pour la direction
Déjà 125 ans
En cette année 2017, l’Union Instrumentale fête ses 125 ans. Les années de crise semblent appartenir à une époque depuis longtemps révolue. Il n’en reste pas moins que les difficultés ne manquent jamais à une société. Assurer le financement ainsi que la relève est un ouvrage à remettre chaque année sur le métier.
Mais nul doute qu’avec du travail et de la persévérance, le succès est toujours à la clef. Cette devise qui accompagne l’Union Instrumentale depuis 1892 reste plus vraie que jamais et guidera certainement longtemps encore la société.