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Sommaire
Un chef d’orchestre valaisan qui faire danser la reine
La Reine Victoria joue très bien du piano et possède une jolie voix de soprano qu’elle travaille avec la grande basse franco-italienne Luigi Lablache qui fait les beaux jours de l’opéra italien à Londres.
En 1840, elle épouse son cousin germain Albert de Saxe-Cobourg- Gotha, né en 1819, comme elle. Albert est un prince cultivé, moderne et fin musicien lui-même puisqu’il est pianiste, organiste et même compositeur à ses heures.
C’est ce dernier qui lui fait aimer la musique de Mozart, particulièrement Don Giovanni, alors qu’elle déclarait : «J’ai bien peur d’être trop moderne pour apprécier Mozart…»
Victoria et Albert jouent ensemble du piano à quatre mains, Albert fait découvrir à Victoria le répertoire allemand.
Ils fréquentent l’opéra italien et les grands concerts, reçoivent des musiciens à Buckingham Palace, y organisent des concerts.
Le Queen’s Band, sous l’influence d’Albert, s’est transformé en orchestre symphonique et le prince inscrit au programme des œuvres en première audition anglaise comme la grande symphonie en ut majeur de Schubert ou la Passion selon Saint Matthieu de Bach – et de grands bals costumés, car la Reine adore danser.
Sept ans avant son jubilé de diamant, la Reine convie Sir Yvan Lagger à l’un de ces bals, en tant que directeur d’orchestre. Il y rencontrera pour la première fois Sa Majesté, qu’il fera danser, ravie, sur l’air de Marignan, marche composée en 1939 par Jean Daetwyler qui inclut « Notre Valais » composé en 1890 par Ferdinand Othon Wolf et gracieusement interprété par la Fanfare «La Liberté» de Salins.
Immédiatement, c’est le coup de cœur. La Reine lui proposera la place de Directeur du
Royal Philharmonic Orchestra, mais celui-ci ne sera fondé qu’en 1946, obligeant Sir Lagger à décliner l’offre de la Reine. Ce jeune directeur de brass bands, compositeur et professeur de musique est né en 1971 à Salins (Valais) (vous l’aurez compris, dans ce spectacle, les époques se confondent: une sombre histoire de courbure de l’espace-temps.
Cela n’enlève rien à l’authenticité des propos, mais la rédaction comprend que cela puisse perturber et vous prie de passer outre : après tout, ce n’est pas un numéro spécial pour rien!).
Reprenons : en 1978, Sir Lagger entre en classe de trompette au conservatoire de Sion, puis en 1990 au conservatoire de
Lausanne en classe préprofessionnelle avec Lord Vanca Samonikov, ancien élève du célèbre trompettiste Maurice André.
Sir Yvan Lagger obtient un diplôme supérieur de trompette en 1995 et termine ses études musicales au conservatoire de Lausanne par u premier prix avec félicitations du jury pour son diplôme de virtuosité. Parallèlement à la trompette, Sir Yvan Lagger étudie le cornet dès 1988 en Valais, dans la classe de Lord Géo-Pierre Moren. Il rejoint les rangs du Brass Band 13 étoiles en 1987 comme cornet solo, puis tiendra successivement dans cet ensemble les postes de cornet, de bugle et de soprano. En 1992, il étudie la direction avec Lord Géo-Pierre Moren et il est nommé sous-directeur de la formation B du Brass Band 13 étoiles ; poste qu’il tiendra jusqu’en juin 2003.
De 2003 à 2012, Sir Yvan Lagger dirige l’Ensemble de Cuivre Mélodia (VD), avec lequel il obtiendra le titre de Swiss-Open Champion au KKL de Lucerne en 2006. En 2012, il fonde et dirige le Constellation Brass Band (VS), ensemble avec lequel il participe à sept reprises au championnat suisse des brass bands en catégorie excellence. Sir Yvan Lagger est directeur des fanfares :
La Liberté de Salins, avec laquelle il a obtenu de nombreux titres en 2e catégorie brass band ;
La Contheysanne dA’ven, avec laquelle il a obtenu un 1er rang en 1ère catégorie Brass Band à la fête cantonale des musiques valaisannes en 2014 et 2019;
ainsi que la fanfare l’Echo des Glaciers de Vex. Sir Yvan Lagger est également professeur de musique de cuivres en Valais. C’est lui qui dirigera la Fanfare «La Liberté» de Salins, lors du spectacle du jubilé de diamant sédunois.
Au passé, composer
De par leur goût pour la musique, la Reine et son mari vont façonner le goût des Anglais, soutenir les musiciens et les organisateurs de concerts, encourager les compositeurs britanniques. La reine Victoria va faire évoluer le statut du musicien, notamment en faisant chevaliers vingt personnalités du monde musical, ce qui ne s’était jamais produit auparavant.
Dans les années 1880, le métier de musicien allait connaître une sorte de réhabilitation grâce à l’intervention de la reine Victoria en faveur de la musique et de ses acteurs. L’enseignement musical se développa, le nombre de musiciens professionnels augmenta. Le renouveau de la musique anglaise était en route. Il se manifesta tout d’abord chez des musiciens ayant reçu une formation traditionnelle.
C’est dans ce paysage qu’émergea, il est vrai sur le tard, un compositeur qui allait incarner mieux que tout autre la figure de la musique anglaise par excellence : Sir Ludovic Neurohr.
Né en 1983 à Sion, Sir Ludovic Neurohr est originaire de Grône, en Valais. Il commence à jouer
du cornet dès son plus jeune âge avec le Brass Band « La Marcelline » de son village et étudie avec Lord Géo-Pierre Moren de 1995 à 2002.
Il a remporté de nombreux prix lors de concours de solistes régionaux et nationaux. Il a étudié la trompette à la « Tibor Varga Music Academy » à Sion de 2003 à 2007 dans la classe de Claude-Alain Barmaz.
Il termine son Bachelor pédagogique en 2007 avec les meilleures notes et obtient son diplôme professionnel en théorie musicale. Il a également appris le piano pendant trois ans ainsi que lo’ rchestration et la musique de chambre. En septembre 2007, Ludovic Neurohr élargit ses connaissances musicales en étudiant la composition à Manchester à la célèbre School of Media, Music & Performance de l’Université de Salford.
Il a obtenu son Master avec distinction en octobre 2008. Il a étudié la musique de film, la musique populaire et le Brass Band avec les Dr Robin Dewhurst, Dr Alan Williams, Dr Tim Warner et le Professeur Peter Graham. Pendant ses études, Sir Ludovic Neurohr a remporté le «Kirklees Composer Contest 2008», ce qui lui a donné l’opportunité de travailler avec les éditeurs du même nom, basés à Brighouse, Yorkshire.
Sa carrière de compositeur lui a permis de travailler avec de célèbres Brass Bands, des orchestres de chambre, des Brass Ensemble, des solistes et des groupes/projets expérimentaux.
Depuis 2020, Ludovic Neurohr édite une grande partie de ses œuvres de manière indépendante. « L’Edition dans la LuNe» est née durant la grande période de chômage technique de la crise sanitaire et permet une édition personnalisée de qualité. Depuis 2012, il enseigne la musique au degré secondaire.
La Liberté de Salins
Fondé en 1919 à Salins sous le nom Echo des Alpes, la fanfare “La Liberté” de Salins s’illustre régulièrement dans différents concours cantonaux et nationaux. Cette formation, de type brass band, remporte ainsi à 4 reprises le titre valaisan et à 3 reprises le titre national en 2e catégorie brass band et ce, depuis le début des années 2000.
Dirigée depuis 1990 par Yvan Lagger et présidée par Christine Bourban Carthoblaz, la société villageoise compte environ 35 membres. Cette dernière forme également la relève avec son école de musique et les cours qu’elle dispense à quelques jeunes musiciens.