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Dans le terminologie scientifique, les chercheuses et chercheurs désignent la zone proche des rives d’un lac par « zone littorale » et la zone éloignée des berges par « zone pélagique ». Le vent et les vagues peuvent notamment créer un courant reliant les zones littorale et pélagique. T. Doda et ses collègues analysent néanmoins dans leur étude un tout autre phénomène. Celui-ci est provoqué par le refroidissement de la surface du lac pendant la nuit ou les froides journées d’hiver lorsque l’air est plus froid que l’eau du lac. L’eau refroidie à la surface est plus dense et coule vers le fond. Ce mouvement est appelé «convection».
«Un autre phénomène nous intéresse tout particulièrement», précise T. Doda. «Étant donné que le lac est moins profond à proximité du rivage, l’eau s’y refroidit plus vite qu’au milieu du lac.» Par conséquent, l’eau près du rivage est plus dense et s’écoule comme une cascade sous-marine jusqu’au milieu du lac en suivant le fond. Cela provoque un courant inverse à la surface qui équilibre l’écoulement vers les profondeurs du lac.
Ce processus, désigné par les termes de «circulation convective latérale» ou «siphon thermique», est certes connu depuis longtemps, mais sa capacité à transporter des substances à partir du rivage n’avait encore jamais été analysée. «C’est précisément ce que nous avons fait dans notre étude», explique T. Doda. «Nous avons étudié les gaz, mais il serait également intéressant d’analyser le devenir d’autres substances comme les nutriments ou les polluants. Nous avons choisi les gaz, car ils ont beaucoup d’effets sur l’écosystème.» L’oxygène est en effet vital à de nombreux organismes. Sans oublier que la recherche climatique tente de quantifier les émissions de gaz à effet de serre provenant des lacs.