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Le chancelier de la Confédération Walter Thurnherr est responsable du vote électronique en Suisse (archives).
KEYSTONE/ANTHONY ANEX(sda-ats)
Les risques liés au vote électronique sont "raisonnables", affirme le chancelier de la Confédération Walter Thurnherr qui qualifie l'e-voting de suffisamment sûr. Le gouvernement souhaite transformer les essais effectués dans divers cantons en une opération régulière.
Pour celui qui est responsable du dossier au sein du gouvernement, le vote électronique est même plus sûr que celui par correspondance, car plus difficilement manipulable, affirme-t-il en substance lors d'un entretien publié samedi dans la Neue Zürcher Zeitung. En développant l'e-voting, la Confédération s'efforce de créer un système qui détecterait de lui-même une quelconque irrégularité, plaide-t-il.
Jusqu'à présent, le vote électronique a été utilisé à quelque 200 reprises en Suisse et rien indique que quelque chose ne s'est pas déroulé correctement, argumente encore Walter Thurnherr. Certains affirment que le système de vote développé par le canton de Genève a été piraté, mais il ne s'agit que de rumeurs, insiste-t-il.
Ces fausses assertions et les récentes manipulations électorales qui ont eu lieu à l'étranger ou via Facebook n'ont effectivement rien de rassurant pour la population, concède le chancelier. Mais il rappelle aussi que les manipulations dénoncées ont surtout affecté la formation de l'opinion publique et non le processus électoral lui-même.
Lors des votations du 4 mars, la moitié des citoyens qui avaient l'opportunité de voter électroniquement ont utilisé cette option.
Projet de loi
La Confédération compte rédiger un projet de loi visant à transformer les essais cantonaux en un système définitif adéquat. De cette manière les cantons n'auront plus à demander une autorisation pour organiser le vote électronique à chacun des scrutins. Une procédure de consultation devrait être lancée au cours du deuxième semestre. Si le Parlement refuse la proposition, on restera dans la phase d'essai, résume Walter Thurnherr.
Récemment, en raison de préoccupations liées aux coûts et à la sécurité, les critiques envers le vote électronique ont pris de l'ampleur. Le Parlement cantonal d'Uri a clairement rejeté l'introduction du vote électronique en mars. Le conseiller national Franz Grüter (UDC/LU) a lui présenté une initiative parlementaire pour un moratoire sur le vote électronique. Il a dans le même temps annoncé le lancement d'une initiative populaire contre l'e-voting.
Lors du vote du 10 juin, environ 114'000 électeurs de toute la Suisse devraient pouvoir voter électroniquement. Ils résident dans les cantons de Neuchâtel, Bâle-Ville, Genève, Saint-Gall et Fribourg. A cela s'ajoutent environ 79'000 Suisses de l'étranger enregistrés dans les cantons de Berne, Fribourg, Lucerne, Bâle-Ville, Neuchâtel, Genève, Saint-Gall et d'Argovie.
D'ici 2019
Le Conseil fédéral souhaite que la majorité des cantons proposent le vote électronique d'ici 2019. Actuellement deux systèmes d'e-voting sont utilisés en Suisse. Celui de La Poste et celui développé par le canton de Genève, baptisé "CHVote".
ATS