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Critique
par Ami Lou Parsons
Publié le 27.01.2021
Comment raconter les souvenirs ? Si Christiane Antoniade-Menge ne fournit pas de mode d’emploi, elle propose néanmoins sa réponse personnelle en une cinquantaine de fragments dans son premier livre Le Bleu des origines, publié aux Éditions des Sauvages. Sous-titré « récit fragmenté », celui-ci débute sur une madeleine de Proust corporelle. Aurélie, qui travaille à l’Université, se charge des casse-têtes administratifs concernant les échanges et les séjours des étudiant.es dans d’autres pays. Alors qu’elle ratifie des documents, la posture de son corps provoque une fulgurance de sa mémoire : « un saut en arrière dans le temps, de plus d’un demi-siècle » et elle se demande : « attitude reproduite ou réincarnée ? ». En tout cas, ce souvenir qui s’impose lui servira d’embrayeur pour dérouler, de façon chronologique et fragmentaire, son enfance et sa jeunesse. Aurélie est élevée, à la fin des années 1950, par ses grands-parents maternels en Italie, à proximité de la frontière suisse. Sa mère, qui travaille et vit à Berne, lui rend visite les week-ends.