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2004
sommaire
Invité par le festival international de musique contemporaine ISCM World New Music Days dont l'édition 2004 s'est déroulée en Suisse, Cod.Act crée Aérostase, une performance pour 150 saxophonistes se déroulant dans l’espace publique.
L'ensemble des musiciens est considéré comme un corps vivant, une grande masse dense et mouvante animée de flux d'air, une sorte d'organe respiratoire. Par une alternance de contractions et de dilatations, le corps se déplace lentement de façon processionnelle. Les sonorités qu'il génère évoquent le flux et reflux de l’activité pulmonaire soumis à l’effort.
Des sources sonores disposées au long du parcours diffusent un son minéral continu qui se transforme au passage du corps pour illustrer le frottement que celui-ci exerce sur les façades des bâtiments pour se mouvoir.
le corps
Pour exploiter au mieux le potentiel sonore des 200 musiciens ainsi que leur rayonnement dans l’espace public, Cod.Act a pris le parti de les réunir sous la forme d’une grande masse dense et mouvante animée de flux d’air. Cette masse n’est autre qu’un corps vivant, un organe respiratoire dont chaque alvéole correspondrait à un souffleur. Par une alternance de contractions et de dilatations, le corps se déplace dans la rue, évolue lentement de façon processionnelle au rythme de son métabolisme respiratoire. Les sons de chaque instrument se combinent et s’additionnent pour créer un univers sonore organique et évolutif composé du flux et reflux caractéristique de l’activité pulmonaire soumis à l’effort.
la rue
L’espace de la rue est très sollicité par la friction et la pression que le corps exerce sur les façades pour se mouvoir. Pour illustrer cette interaction entre le corps et la rue, cette dernière est sonorisée par l’intermédiaire de sources sonores disposées au long du parcours. L’architecture raisonne. Elle émet un son constant que l’on peut identifier à un condensé des sonorités urbaines que les murs auraient stockées depuis leur construction. A son passage, le corps l’infecte et lui imprime lentement ses propres sonorités.
A certains endroits précis nommés stases, l’interaction est vive, les sons entrent en collision, le corps s’arrête, gémit et reprend sa route. Les empreintes sonores raisonnent encore quelques temps pour gentiment s’estomper dans l’activité urbaine ordinaire.
le son du corps
Le son que produit le corps vivant est celui de son activité respiratoire. Cette activité évolue et se transforme en fonction de facteurs internes tels que les impulsions musculaires, la tension et la torsion de des tissus. Cette activité respiratoire fait l'objet d'une composition musicale précise et écrite qui est interprétée par les 200 musiciens lors de la performance. Dans un soucis de cohérence harmonique elle a été développée sur la base d'analyses de sons concrets. Les résultats qui comprennent le contenu fréquentiel de ces sons ont été utilisés comme matière première de la composition.
Le corps est constitué de cinq groupes dans lesquels sont répartis les différents saxophones en fonction de leur registre, médium, grave ou aigus. Le caractère vivant et organique de la respiration ainsi que les tensions propres à son métabolisme sont reproduits par l'interaction des différents groupes. Leurs interventions entretiennent des rapports de force qui peuvent s'opposer, s'équilibrer ou s'additionner. Cela provoque une tension harmonique permanente. Ces variations de tension expriment également les états nerveux de la masse.
Dans la composition, ils se retrouvent dans la dynamique et dans la façon dont les éléments musicaux s'enchaînent, évoluent et se transforment. Chaque musicien est muni d'un lecteur CD et d'un écouteur. Les appareils sont synchronisés et diffusent, tout au long de la performance, les indications de jeu et d'interprétation spécifiques à chaque voix. Il s’agit de partitions vocales.
2004
- ISCM World New Music Days 2004, Lausanne et La Chaux-de-Fonds (CH)