Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07078.jsonl.gz/336

Pour la deuxième fois en trois semaines, le gouvernement fédéral des Etats-Unis se retrouve vendredi en situation de "shutdown", le congrès n'ayant pu voter à temps un compromis budgétaire. Les services gouvernementaux américains vont à nouveau fermer partiellement.
L'Etat fédéral ne disposant plus de crédits va mettre au chômage technique des centaines de milliers de fonctionnaires dans les services fiscaux ou les parcs nationaux. L'administration Trump avait vécu sa première paralysie le 20 janvier, déjà faute d'accord sur le budget. Elle avait duré trois jours.
Dans l'après-midi, la direction du budget de la Maison-Blanche avait demandé aux différentes agences gouvernementales de "se préparer à une interruption des crédits", selon un haut responsable.
La proposition de loi qui permet le financement de l'Etat jusqu'en 2019 devait être votée avant l'heure fatidique de minuit (06h00 en Suisse) d'abord par le Sénat, puis par la chambre des représentants. Elle devait ensuite être promulguée par le président Donald Trump.
Nouveau vote favorable du Sénat
Mais certains élus ont annoncé qu'ils s'opposeraient au texte qui augmente le plafond des dépenses. Le sénateur affilié aux républicains Rand Paul a bloqué le vote pendant plusieurs heures et la présidence du Sénat a dû suspendre la séance.
Une nouvelle session s'est ensuite ouverte dès 00h01 (06h01 suisses) et le Sénat a finalement voté un accord sur le budget fédéral. Le texte devait ensuite suivre à la chambre des représentants, où il a aussi des opposants. Un vote était prévu entre 09h00 et 11h00 suisses. La paralysie devrait donc être brève cette fois-ci. Elle illustre toutefois la polarisation des élus américains, alors que la proposition a reçu le soutien des dirigeants républicains et démocrates.
"Je ne peux pas en toute honnêteté et en toute bonne foi regarder ailleurs, car mon parti est maintenant complice des déficits", a lancé M. Paul. Il a dénoncé "l'hypocrisie" de ses collègues républicains qui avaient refusé le relèvement du plafond de la dette demandé par l'ancien président américain Barack Obama.
Dépenses militaires et sociales
Le chef de la majorité sénatoriale, le républicain Mitch McConnell, et son homologue démocrate, Chuck Schumer, avaient pourtant trouvé mercredi un terrain d'entente sur les montants des budgets 2018 et 2019, permettant au gouvernement de planifier à long terme ses dépenses et investissements.
L'accord offre à M. Trump la possibilité de tenir une des promesses de campagne, le gonflement du budget militaire, en augmentant le plafond de la dette jusqu'en mars 2019.
L'opposition démocrate a de son côté obtenu une augmentation comparable pour les dépenses non militaires comme la lutte contre les opiacés, la couverture maladie des enfants pauvres, les investissements dans les infrastructures, ou une aide de 90 milliards de dollars pour les Etats ravagés par les ouragans et incendies en 2017. Au total, la hausse pourrait atteindre 300 milliards de dollars par an, de source sénatoriale.
Mais certains parlementaires grincent des dents. Des républicains estiment que le texte va considérablement augmenter la dette du pays, alors qu'une loi sur une baisse massive des impôts vient d'être votée. Les démocrates grondent, eux, car il ne mentionne pas la régularisation à terme des centaines de milliers de clandestins appelés "Dreamers" (rêveurs).
Les "Dreamers" étaient protégés de toute expulsion par le programme DACA, créé en 2012 par l'ancien président Barack Obama. Donald Trump a abrogé le décret de son prédécesseur et a donné au congrès jusqu'au 5 mars pour trouver une issue législative.