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Critique
Cochons et cuirassés (ou Filles et Gangsters) est la première œuvre majeure de Shohei Imamura, celle qui l’associera à la Nouvelle vague japonaise aux côté de Nagisa Oshima. Seijun Suzuki ou Masahiro Shinoda. (...) Alors qu’il pense pouvoir enfin signer un film personnel, le studio lui impose la réalisation de Mon deuxième frère (1959), adaptation de l’autobiographie d’une émigrée coréenne de dix ans. Le film est un immense succès salué par le ministère de l’éducation, au grand dam d’Imamura qui renie cette œuvre aux antipodes de ses préoccupations. En récompense, la Nikkatsu lui laisse le champ libre pour son projet suivant, ce Cochons et cuirassés rageur. Le film fait un portrait sans concession du Japon d’après-guerre et sous occupation américaine. Si Imamura fustige en filigrane les Américains avec ces soldats distribuant les dollars en quête de plaisirs divers, c’est surtout l’avilissement des Japonais pour obtenir leurs faveurs qu’il dénonce.
Justin Kwedi, Il était une fois le cinéma