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En bordure est du village la ruine du château fort de Steinsberg occupe un important promontoire rocheux. Au sommet de ce promontoire se dresse l'imposant donjon du château féodal. Il est suivi d'un corps de logis oblong situé sur la partie la plus élevée du rocher.
En contrebas, là où se trouve l'accès au plateau se situent les restes de l'église romane à nef unique de St-Luzius qui curieusement est orientée au sud. Ainsi que semblent l'indiquer divers restes de murailles dispersés sur le terrain, les bâtiments de ce château fort occupaient à l'origine tour le plateau ce qui suggère une fondation du Haut Moyen Âge sous forme d'un château fort associé à une église.
La construction du château féodal, l'abandon et la démolition des fortifications périphériques se serait dès lors faite à la fin du XIIe siècle. La grande tour d'habitation de quatre étages présente au deuxième étage un changement du type de maçonnerie qui pourrait correspondre à une reconstruction après destruction. L'accès élevé d'origine est situé au sud au-dessus de l'accès actuel au niveau du sol. An dernier étage il existe une sortie vers un balcon autrefois couvert. À ce même étage deux embrasures avec croisée de fenêtre en pierre et sièges latéraux ont probablement été aménagées au XIVe siècle à moins que toutes les parties supérieures de la tour ne datent de cette époque.
On peut supposer que le corps de logis construit en plusieurs étapes donnait à l'ouest sur une cour accessible par une porte aujourd'hui disparue alors que les bâtiments d'habitation et d'économie se trouvaient à l'est. L'existence de latrines dans la partie orientale indique que cette partie était occupée par des bâtiments.
Steinsberg était le centre d'une seigneurie dont les propriétaires étaient au début du XIIIe siècle les seigneurs de Frickingen, originaires de la région du lac de Constance. Il fut vendu en 1209 à l'évêché de Coire qui en resta propriétaire. Ce château fort permettait aux évêques d'assurer leur domination en Basse Engadine, contestée à de maintes reprises. Il servit également plusieurs fois de gage, notamment en 1348 à l'égard des Planten. Des représentants de l'évêque y séjournèrent jusqu'à la fin du Moyen Âge. En 1499 il fut incendié par les Autrichiens lors des guerres de Souabe. Il reste une ruine depuis lors.
Dessous, le village Ardez
Bibliographie