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Servion
Servion
Depuis le 1er janvier 2012, la nouvelle Commune de Servion fusionnée comprend deux villages soit Servion et Les Cullayes.
Comme le nom de cette nouvelle Commune est « Servion », j’ai choisi de relater ci-après, en quelques lignes, l’histoire de ce nom en y ajoutant quelques anecdotes villageoises.
A l’époque romaine
En l’an 58 avant l’ère chrétienne, notre région fut conquise par Jules César et devint une province romaine. Lors de la soumission des Helvètes à César, ceux-ci devinrent sujets du peuple romain. Ils conservaient certes une certaine autonomie locale mais ils devaient payer un tribut à Rome.
Donatus Salvianus, esclave d’Auguste (mort en 50 après J.C.) est mentionné comme percepteur d’impôts (exactor tributorum) de notre région. A ce stade, rien ne prouve réellement qu’il existe une relation entre Donatus Salvianus et le nom du village de Servion.
Au Moyen-Age
Au Moyen-Age, les terres de la région d’Oron ont été réparties principalement entre trois seigneuries, celle de l’Abbaye de Haut-Crêt, celle d’Oron et celle de Palézieux.
L’Abbaye cistercienne de Haut-Crêt fut fondée en 1134 par Gui de Merlen, évêque de Lausanne, sur les terres actuelles des Thioleyres et des Tavernes. Parmi les très nombreux domaines dépendant de cette abbaye se trouvait notamment le village de Servion. La seigneurie d’Oron faisait quant à elle partie de la royale Abbaye de Saint-Maurice.
Tant le cartulaire de Haut-Crêt que les archives de l’Abbaye de Saint-Maurice citent un certain nombre de faits et de personnages, que l’on peut situer entre le XIIe et le milieu du XVe siècle, qui sont vraisemblablement à l’origine du nom du village de Servion.
Il s’agit notamment de Paganus de Salvion (ou payen de Salvion) cité en 1141. Il est le premier membre connu de la famille de chevaliers, portant le nom du village de Servion, qu’elle avait pour fief.
En 1259, on trouve la trace d’un dénommé Pierre de Salvion qui, à cette époque, remit pour le prix de douze livres lausannoises l’avouerie de cette terre à Pierre de Savoie. L’avoué y faisait administrer la justice et percevait annuellement de tout chef de famille une coupe d’avoine et une poule.On trouve ensuite, en 1291, un sceau du chevalier Guillaume de Sarvyon (ou de Servion), représentant un lion dans le champ. Ce sceau a des similitudes avec les armoiries de l’ancienne commune de Vuibroye, voisine de celle de Servion.
Etablie à Moudon, la famille de Servion s’éteignit au XVe siècle à la mort d’Antoine de Servion, châtelain de Moudon en 1446.
Servion, au cours de diverses périodes du Moyen Age, a ainsi porté divers noms tels que Sarvyon, Salvion, Salvianus, Saluion et enfin Servion.
Il est à relever que le plus ancien document original encore en possession de la commune date du 10 juillet 1340. Il s’agit de l’acte d’abergement du bois de Faoula.
En 1856, l’héraldiste de Mandrot, se fondant sur une source inconnue, attribua aux nobles de Servion les armes qui ont été adoptées par la commune en 1923 et qui ont été abandonnées au profit de celle de Les Cullayes le 1er janvier 2012 lors de la fusion entre les deux villages.
Entre le XVe et le XIXe siècle
Sous le régime bernois, la dîme de la commune de Servion se partageait entre le Château d’Oron, les chartreux de la Part-Dieu et la famille de Crousaz de Corsier.
Au milieu du XVIIIe siècle, M. Falconnier de Vevey, possédait un droit de gerberie produisant 125 à 130 gerbes par an dont parfois 4 ou 5 en avoine. Ce droit se prélevait à raison d’une gerbe de froment sur chaque particulier qui avait des graines semées. Ceux qui n’avaient pas de froment semé fournissaient de l’avoine.
Séparation entre Servion et Ferlens
Jusqu’au début du XIXe siècle, le village de Ferlens faisait partie de la commune de Servion.
Cependant, depuis de nombreuses années, de « graves » différends opposaient les citoyens des deux bourgs. Le 1er mars 1815, trois citoyens adressèrent au Landamman et au Conseil d’État une pétition demandant la séparation des deux villages aux motifs suivants :
1. difficultés dans le partage des bois ;
2. un seul régent (instituteur), sauf en hiver, pour les deux agglomérations ;
3. séances de Municipalité à Servion. Ferlens étant trop éloigné (une demi-heure) pour que les gens de Ferlens puissent y assister,
4. discussions sur le partage des amendes pour délits forestiers (les deux-tiers appartenant aux pauvres du lieu).
Les Municipalités de Servion et de Ferlens firent opposition à cette pétition mais le Grand Conseil ordonna le partage de la commune par décret. Un acte de partage fut négocié et les bourgeois appelés à opter entre Servion et Ferlens. L’accord final a été signé le 19 octobre 1820. 834 bourgeois choisirent Servion et 377 Ferlens.
Au XXe siècleL’origine du sobriquet des habitants
Depuis le début du siècle passé les habitants de Servion portent le sobriquet d’« ânes ». Il existe dans la région de Servion d’anciennes carrières de molasses et les chariots lourdement chargés de ce matériau étaient tirés par des ânes. Bêtes et âniers cheminaient paisiblement le long des routes conduisant à Lausanne des blocs qui permirent la construction de nombreux édifices. Lors de la pose des charretiers, les bourricots se régalaient de chardons, très nombreux dans le Jorat. La ronde du Jorat de René Morax, en mai 1908, dit : « Que voit-on à Servion ? Des ânes tondrent les chardons ». La ronde du Jorat baptisa ainsi « Les ânes » les habitants de Servion, tout comme elle le fit avec les « Rondzes-bourris » (les rongeurs de haies ou de buissons) pour les habitants du village de Les Cullayes.
Du pétrole à Servion
ll parait intéressant de relever que le 4 avril 1938, le Département militaire a autorisé à Servion la construction d’une tour de forage, d’une hauteur de 45 mètres, destinées à des recherches pétrolières. Des forages ont été entrepris à une profondeur de 1432,95 m malheureusement sans succès exploitable.
Au XXIe siècle
Dans un esprit d’ouverture et afin d’unir ses forces vives avec celles d’autres communes faisant partie du même groupement scolaire ainsi que dans le but d’améliorer la qualité des services communaux, en janvier 2002, les communes de Servion et de Les Cullayes ont décidé de se lancer dans un premier projet de fusion.
Ce projet, qui intégrait également les communes voisines de Mézières et de Montpreveyres fut voté le 15 janvier 2006 mais échoua car la population de l’une des communes refusa cette union.
Suite à cet échec, dans l’idée de renforcer la collaboration intercommunale, les communes de Les Cullayes et de Servion ont entrepris et réalisé ensemble plusieurs projets de collaboration. C’est ainsi qu’une administration intercommunale a vu le jour et qu’un service de voirie commun a été mis en place, présentant l’avantage de disposer de personnel capable d’assurer une prestation des services globale aussi bien aux Cullayes qu’à Servion sur l’ensemble de la semaine avec des heures d’ouverture étendues.
En janvier 2010, les deux Municipalités ont invité les huit autres communes faisant partie du même groupement scolaire à une séance de réflexion. Aucune n’ayant exprimé un désir de fusion précis, sauf à dix, ce qui était illusoire car les délais de chacune divergeaient et imposaient différentes étapes, les Municipalités de Servion et de Les Cullayes ont décidé de se lancer seules dans l’aventure. La votation populaire a eu lieu le 28 novembre 2010 et la fusion est entrée en force le 1er janvier 2012 sous le nom de « Commune de Servion » mais aux couleurs de la commune de Les Cullayes. Ces armoiries, dont la rose rappelle les armes des anciens sires de Vulliens et le cerf celles de la famille de Cerjat, tous Seigneurs de Les Cullayes au XVIIIe, avaient été adoptées par la Commune de Les Cullayes en 1923. Nos deux villages ainsi réunis ont désormais une plus grande autonomie et un meilleur dynamisme. La commune est devenue plus attrayante pour les citoyens comme pour les entreprises. Elle peut désormais offrir des services et des infrastructures de qualité. La mise en commun des deux patrimoines a permis de mieux gérer et financer les prestations.
Servion, une commune ouverte où il fait bon vivre
Servion doit en grande partie sa notoriété au Café-théâtre Barnabé, au Zoo ainsi qu’au Tropiquarium. Ces trois entités ont grandement contribué au développement de la commune. Beaucoup connaissent ces institutions pour les avoir fréquentées ou pour avoir entendu parler pour la deuxième de ses panthères des neiges et de l’arrivée récente d’un jeune couple de lions et pour la troisième de ses dragons de Komodo ainsi que de ses manchots du Cap.
Par son paysage, son ambiance et la structure de sa population, Servion appartient à ce nouveau milieu « rurbain » qui emprunte sa manière d’être aux mondes : rural et urbain. Les autorités et les associations communales et intercommunales (Abbaye, Jeunesse, Chœur mixte et autres clubs de loisirs) maintiennent et développent une vie communautaire simple mais très active.
Servion est également une commune qui bouge. Par ses nombreux projets en cours, elle démontre son fort potentiel de développement tant urba-nistique qu’économique. Pour actuellement 2’070 habitants, la commune abrite 149 entreprises ce qui représente pas moins de 782 emplois. Ce tissu économique mérite d’être connu et reconnu.
La Municipalité a pour ambition de développer l’image de la commune, d’améliorer sa qualité de vie, d’accroître son attractivité et d’offrir un environnement économique prospère ainsi que des conditions cadres adéquates à ses entreprises.
Cédric Matthey, Syndic
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