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Rétinopathie diabétique
Qu’est-ce que la rétinopathie diabétique ?
Le diabète peut affecter les yeux et causer des problèmes visuels. Le problème des yeux le plus important qui peut se développer est une maladie appelée rétinopathie diabétique, qui se caractérise par un dysfonctionnement des petits vaisseaux sanguins de la rétine entraînant un œdème rétinien ou une croissance des vaisseaux sanguins et une hémorragie intraoculaire. La rétinopathie diabétique peut affecter gravement la vue si elle est négligée. En l’absence de traitement, elle peut provoquer une diminution importante de la vision, voire même la cécité.
Quels sont les symptômes de la rétinopathie diabétique ?
La majorité des personnes atteintes de diabète ont des yeux sains dans la phase initiale. La rétinopathie diabétique n’entraîne aucun symptôme pendant la majeure partie de son évolution. Des taches mobiles dans le champ visuel ou une baisse de vision importante sont souvent les signes d’une hémorragie des vaisseaux rétiniens. Une gêne de la vision centrale, des difficultés à la lecture, une diminution des contrastes, une vision déformée peuvent être des signes d’œdème maculaire.
Quels sont les moyens de dépistage ?
Comme la rétinopathie diabétique peut se développer sans signe ou plainte dans les premiers stades, un dépistage régulier est obligatoire : le suivi ophtalmologique avec examen approfondi de la rétine, dont le rythme est déterminé dès le diagnostic du diabète et en fonction de l’état des yeux et de l’évolution de la maladie.
À l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin, ce dépistage est effectué chaque année. Lors de la première visite, les patients bénéficient d’un examen ophtalmologique complet pour dépister la rétinopathie diabétique tout comme d’éventuels autres problèmes courants (p.ex. la cataracte, le glaucome). S’il n’y a pas de signes, des examens seront réalisés durant les 3 années suivantes, en utilisant un appareil qui permet une analyse automatisée et plus fine pour le suivi de la rétinopathie diabétique. Tous les 5 ans, les patients, même sans signe de rétinopathie diabétique, sont revus en consultation. Si des signes sont observés, les patients sont vus le jour-même par l’ophtalmologue qui explique la pathologie, la thérapie et le plan de suivi.
L’ensemble de ces mesures constitue un équilibre optimal entre un dépistage sécuritaire et un confort pour le patient.
Quels sont les traitements ?
Le meilleur traitement de la rétinopathie diabétique est le bon équilibre du diabète. La tension artérielle et la dyslipidémie (taux de cholestérol) doivent aussi être stabilisées.
Dans la plupart des cas, les formes légères de rétinopathie diabétique n’affectent pas la vision, et un traitement n’est pas nécessaire à ce stade. Les patients qui développent un œdème rétinien (œdème maculaire diabétique) ou une croissance des vaisseaux sanguins (rétinopathie diabétique proliférative) doivent être traités rapidement. Lorsque ce traitement est entamé dans les premières phases de ces complications, les résultats et le pronostic sont généralement bons.
L’œdème maculaire diabétique est traité par des injections intraoculaires (avec des protéines qui sont les inhibiteurs du facteur de croissance de l’endothélium vasculaire, les anti-VEGF) et parfois, dans une phase ultérieure, avec un traitement de laser (photocoagulation).
La rétinopathie diabétique proliférative est traitée au laser, et parfois par des injections intraoculaires supplémentaires (anti-VEGF) et/ou par une chirurgie oculaire (vitrectomie).
Ces traitements ont pour le but de stabiliser la vision et d’essayer de regagner de l’acuité visuelle.
Quels sont les facteurs de risques ?
La prévalence globale de la rétinopathie diabétique est estimé à un tiers de patients avec type 1 et type 2 de diabète et chez une petite partie de ces patients, la vision est sérieusement endommagée.
Les facteurs de risques reconnus :
- Les valeurs de la forme glyquée d’hémoglobine, marqueur de l’équilibre de la glycémie (concentration de glucose dans le sang) sur trois mois.
- L’hypertension artérielle (surtout la pression systolique)
- L’hyperlipidémie (anomalie du taux de graisse dans le sang)
- L’obésité (body mass index élevé)
- Le tabagisme
- La durée du diabète
- Les états spécifiques : la grossesse et la puberté
Plus d’information sur le diabète : diabètevaud
Références :
Yau JW, Rogers SL, Kawasaki R, et al. Global prevalence and major risk factors of diabetic retinopathy. Diabetes care 2012; 35: 556–64.
Votre soutien nous est précieux. Merci !
L’une des causes principales de cécité irréversible dans le monde est le diabète sucré. Les estimations indiquent que près de 360 millions de personnes seront touchées par le diabète d’ici 2030. Parmi elles, un grand nombre développeront une rétinopathie diabétique comme effet secondaire. Grâce à des patients volontaires et au soutien de nos donateurs, nos chercheurs travaillent sur le classement des différentes formes de la maladie « rétinopathie diabétique » à l’aide de biomarqueurs. Les résultats de cette étude permettront d’établir « la carte d’identité biologique » de chaque groupe de patients et ainsi de mieux cibler leurs traitements.