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Il y a quelques dizaines d’années, la mer Arctique était couverte de glace. Sa surface s’est maintenant réduite de plus de moitié en été, et l’eau est en contact avec l’air. Ce changement influe sur le climat mondial de plusieurs façons. La perte d’albédo de la glace accélère le réchauffement planétaire. Les eaux se réchauffent et le permafrost fond. L’évaporation accrue de la mer ouverte pourrait par exemple être responsable des chutes de neiges plus abondantes sur l’Europe.
Elle semble aussi provoquer un réchauffement du Pacifique tropical.
Dans un nouvel article de Nature Communications, des chercheurs ont révélé que l’ampleur de la perte de glace de mer dans l’Arctique peuvent directement influencer El Niño. Ceux-ci amènent des eaux chaudes à la surface du Pacifique. El Nino de l’année 2016 nous a apporté des records de chaleur avec un élévation de la température planétaire de près d’un demi-degré. Il a provoqué des précipitations intenses sur la côte Ouest de l’Amérique du Sud et des sécheresses en Asie, notamment en Inde et en Indonésie. C’était une année record pour les cyclones dans le Pacifique. Elle a causé une grave famine en Ethiopie.
De plus, une mer arctique entièrement libre de glace en été apporterait plus de phénomènes El Nino forts.
“Après des décennies de recherche, il existe un accord général, bien que non universel, sur le fait que la fréquence des événements El Niño, en particulier des événements El Niño extrêmement forts, augmentera avec le réchauffement à effet de serre”, a déclaré le chercheur Liu.
Cela me paraît dramatique. En 2015-2016, les températures planétaires ont brusquement augmenté, une sécheresse a frappé l’Amazonie, et l’année 2016 a apporté une grave famine en Ethiopie, le bétail succombait à la chaleur. El Nino semble aussi lié à des sécheresses en Inde et en Indonésie. Il faut réaliser qu’il fait de plus en plus chaud. Les prochaines années El Nino ajouteront leurs vagues de chaleur aux températures déjà élevées de la Planète. Des sécheresses fréquentes en Inde et en Indonésie détruiraient leurs écosystèmes. La végétation pourrait y succomber et la chaleur deviendrait mortelle. Nous savons déjà que les vagues de chaleur seront très dangereuses, et elles dépassent déjà les prévisions. Une augmentation de la fréquence de phénomènes El Nino aggravera ces dangers.
Le Portugal fait face une vague de chaleur, avec des températures dans certaines régions qui devraient grimper jusqu’à 43°C (109 F) ce week-end alors qu’une grave sécheresse frappe le pays. Environ un tiers du pays est confronté à un risque extrême d’incendies de forêt (phys.org).
Les températures élevées devraient durer au moins une semaine. Des “nuits tropicales”, où températures restent au-dessus de 20°C (68 F) après le coucher du soleil, sont probables.
La vague de chaleur survient alors qu’une grande partie du Portugal subit une sécheresse. Fin juin, 96 % du pays était classé comme étant en sécheresse « extrême » ou « sévère », les deux catégories les plus élevées.
Juin a également été très sec en Espagne, qui est le voisin du Portugal sur la péninsule ibérique, avec des précipitations à environ la moitié de la moyenne sur 30 ans et des réservoirs à 45 % de leur capacité. La sécheresse en Espagne réduit le débit des fleuves qui coulent vers le Portugal ce qui aggrave les difficultés de ce pays.
L’Espagne a vécu des mois de sécheresse et de feux. La canicule due au réchauffement climatique permet aux feux de se répandre rapidement. Il y a peu plu en hiver. Une partie du territoire est en état de sécheresse extrême, la région du Guadalquivir en sécheresse prolongée. En Almeria, les deux ou trois années passées ont été sèches, les pluies s’y réduisent. Cette région pratiquait l’agriculture intensive sous serre, exportait énormément de fruits et légumes, et doit maintenant revoir son modèle agricole. L’eau des usines de dessalage sera probablement rationnée, et les cultures de céréales destinés à l’alimentation du bétail succombent à la sécheresse. La moitié des fermes espagnoles est concernée. Les producteurs d’olives, de noix, de céréales et de vigne, qui dépendent des précipitations, pourraient perdre jusqu’é 80% de leur récoltes (Euronews).
Le réchauffement cause les sécheresses
Les scientifiques ont observé ces changements en Espagne et au Portugal depuis des années. Futura Sciences et Taketonews rapportent une nouvelle étude qui établit que l’anhydrie touchant l’Espagne et le Portugal est la plus grave depuis mille ans. Les scientifiques ont maintenant compris cette évolution. Le réchauffement climatique se répercute sur l’anti-cyclone des Acores, qui s’élargit. Il s’étendra probablement encore à mesure que le CO2 atmosphérique augmente. Ce changement réduit les pluies hivernales, particulièrement importantes pour l’agriculture de la péninsule ibérique. et se réduiront encore. La sécheresse s’y installera donc. L’Espagne investit dans l’amélioration de l’irrigation.
Temperatures in #Spain have topped 40°C this week. Nearly all the country faces extreme fire risk Friday (below) as a result of the #heatwave and drought. #SaharanDust is also impacting air quality and health. Follow official warnings and protect yourself and the environment. pic.twitter.com/Yp2vBxIbbe
L’Organisation Météorologique Mondiale a déclaré que les chaleurs qui commencent tôt, au printemps, et les canicules prolongées sont dues au changement climatique.
L’Italie a récemment subi une longue vague de chaleur et connaît sa pire sécheresse en 70 ans. La vallée du Pô a subi une vague de chaleur précoce. Un tiers de la production agricole italienne est menacé. Le niveau du Pô, du Tibre, et du Lago Maggiore est inhabituellement bas. La ville de Vérone rationne l’eau potable, et la production d’énergie hydroélectrique du pays a baissé.
En France, le niveau d’eau est extrêmement bas dans certains cours d’eau et des mesures de rationnement ont été mises en place en Dordogne. Le niveau du Rhin est aussi si bas qu’il rendra difficile les transports de charbon (lien).
Alors que le temps extrêmement sec frappe les pays méditerranéens, l’exécutif de l’Union Européenne a déclaré jeudi que le continent faisait face à l’une de ses années les plus difficiles en ce qui concerne les catastrophes naturelles telles que les sécheresses et les incendies de forêt en raison du changement climatique croissant.
Les plantes et tous les êtres vivants sont constitués en grande partie de carbone. Le gaz carbonique émis par l’Homme est partiellement absorbé par les plantes terrestres et les océans. Une nouvelle étude a utilisé les registres de visibilité des aéroports pour estimer la présence de feux de forêts et la déforestation en Amazonie et en Indonésie au cours des décennies passées. Ces recueils contiennent des données qui prédatent le lancement de satellites, des années soixante à quatre-vingt. Ils ont révélé une bonne visibilité par le passé, ce qui indique que les feux de forêt étaient peu importants. Les auteurs de l’étude concluent que la déforestation était alors plus faible que dans les estimations précédentes. Elle a fortement augmenté ces dernières décennies. Cette nouvelle comporte un aspect positif. Il en découle que gaz carbonique était alors aussi moins absorbé par la végétation et les océans, et que lorsque les émissions de carbone humaines ont augmenté, les puits naturels ont pu en intégrer plus. C’est un des grands facteurs de la stabilité du climat. S’ils absorbent automatiquement plus de CO2, peut-être épongeront-ils encore nos excès futurs.
Pourtant ces puits de carbone, notamment les forêts, inquiètent les scientifiques. Les arbres contiennent à peu près une moitié de carbone. Les forêts sont à la fois d’immenses réserves, qu’il faut absolument laisser sur place, et des puits actifs qui absorbent du CO2 pour leur croissance. Des récentes sécheresses transforment la forêt amazonienne en source, en émetteur de carbone, car les arbres ne croissent plus, perdent leurs feuilles, et sèchent.
Une autre étude montre que la déforestation a doublé ces deux dernières décennies. Les données satellitaires à haute résolution pour les années 2001 à 2020 ont permis de suivre la perte de forêts tropicales année par année. Les pertes sont plus importantes que ce qui avait été rapporté par d’autres chercheurs et responsables dans le monde. La déforestation est particulièrement importante en République démocratique du Congo, en Indonésie et surtout au Brésil. Des zones forestières ont également été défrichées dans les régions montagneuses, plus étendues qu’on ne le pensait auparavant. Cela peut avoir des conséquences sur le bilan carbone planétaire car les arbres de ces régions en contiennent plus.
En mesurant la couverture forestière perdue et en calculant la perte de séquestration de carbone et l’augmentation des émissions, les chercheurs ont découvert que les émissions dues à la déforestation ont plus que doublé au cours des deux dernières décennies.
Le Brésil, qui contient plus de la moitié de la forêt amazonienne, est responsable de la majorité de la déforestation et des émissions de CO2 associées. Un seul de ses États (Pará) a connu plus de déforestation que les 8 autres pays amazoniens réunis.
La dégradation de la forêt est aujourd’hui aussi un danger important. Les feux, la coupe du bois, la fragmentation provoquent trois fois plus de perte de carbone que la déforestation.
Le Brésil traîne les pieds pour la reforestation
Le Brésil prend également du retard en matière de récupération des forêts, avec seulement 25 % des terres précédemment déboisées occupées par de nouvelles forêts et seulement 9 % de ses émissions de CO2 liées à la déforestation étant compensées.
Une nouvelle étude menée par une équipe internationale de chercheurs du Royaume-Uni et du Brésil révèle que les régions ayant le plus grand potentiel de récupération forestière à grande échelle – celles qui ont subi la déforestation la plus importante – ont actuellement les niveaux de récupération les plus bas.
Ces paysages amazoniens fortement déboisés ne montrent également aucun signe de récupération, même 20 ans après le défrichement de la forêt. L’Equateur, au contraire, collabore activement à sauver le climat et régénère aujourd’hui les 60% des zones déforestées, et la Guyane un quart.
Le poumon de la Planète s’effrite encore de façon inquiétante. Lareforestation au Brésil est largement insuffisante. Les nouvelles forêtsn’absorbent que 10% de carboneémis par la déforestation de la jungle originale.Elles sont souvent très jeunes, la majorité a moins de vingt ans, et la moitié moins de cinq ans. Les minuscules arbrisseaux n’absorbent que peu de carbone, et ces parcelles sont souvent détournées de leur usage rapidement et les plantations sont détruites. De plus, elles sont généralement situées dans des zones moins humides qui supporteront mal les sécheresses croissantes du Futur.
Nous devons sauver les forêts vierges de la Planète. Elles sont menacées par le réchauffement et l’activité humaine, mais nous ne pouvons les perdre et supporter la forte augmentation de vagues de chaleur et d’inondations que cela apporterait. La disparition des forêts vierges provoquerait un réchauffement de la Terre de l’ordre d’un degré Celsius, qui aurait des conséquences dramatiques et nous pousserait dans des catastrophes mortelles. Nous devons réaliser que la forêt Amazonienne est essentielle à la survie de l’Humanité et la préserver au niveau international. Elle est elle-même menacée par le réchauffement. Sa survie serait mieux assurée si la superficie de la forêt s’étend de nouveau, et en cas d’aggravation des sécheresses, des pluies artificielles pourraient aider à la sauvegarder pour le Futur.
J’ai pensé que nous aurions besoin de sanctions contre Bolsonaro comme elles sont actuellement mises en place contre Poutine. Bien sûr les conséquences retomberaient surtout sur le peuple négligé par ce dernier. Il nous faut tout au moins refuser de collaborer à la déforestation en cessant l’importation de la viande et du soja Brésilien, et cela de façon concertée, au niveau mondial.
2021 pourrait s’avérer être l’année la plus critique dans nos efforts pour lutter contre le changement climatique. Après quatre ans d’inaction et de recul de l’administration Trump, les États-Unis du président Biden tentent de rattraper le temps perdu.
1. COP26: Une centaine de pays s’engagent pour le zéro net et pour les forêts
Quelques heures seulement après son investiture, le président Biden a rejoint l’accord de Paris sur le climat de 2015 dont l’ancien président Trump s’était retiré. En novembre, Biden a assisté aux pourparlers sur le climat de Glasgow, également connus sous le nom de COP26, pour faire avancer les efforts de l’accord de Paris. La réunion a abouti au Pacte climatique de Glasgow, un accord approuvé par près de 200 pays. Alors que les engagements des nations n’étaient pas assez ambitieux pour atteindre l’objectif ambitieux de l’accord de Paris – maintenir le réchauffement climatique à 1,5 ° C – 136 pays se sont engagés à atteindre le zéro net au cours des prochaines décennies. Cent cinquante-trois pays ont amélioré leurs contributions déterminées au niveau national – leurs plans d’action climatique non contraignants – et ils devraient revenir l’année prochaine, au lieu d’attendre encore cinq ans, avec des plans d’action encore plus ambitieux.
Plus de 100 dirigeants mondiaux se sont engagés à mettre fin à la déforestation d’ici 2030, dont le Canada, la Russie, la Chine, l’Indonésie, le Brésil et les États-Unis. Plus de 100 pays ont également signé le Global Methane Pledge, s’engageant à réduire les émissions de méthane de 30 % par rapport aux niveaux de 2020 d’ici 2030. Pour la première fois, les négociateurs sur le climat ont appelé à l’élimination progressive des combustibles fossiles et ont établi des règles pour établir des marchés internationaux du carbone. Et dans une annonce surprise, les États-Unis et la Chine ont convenu de travailler ensemble pour essayer de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C en coopérant sur les réglementations et les normes environnementales, les politiques visant à promouvoir la décarbonisation, la conception verte et la mise en œuvre de nouvelles technologies.
2. L’infrastructure de Biden et Build Back Better Bills
Le projet de loi d’infrastructure de 1 000 milliards de dollars du président Biden, qu’il a promulgué en novembre, prévoit des milliards de dollars pour lutter contre le changement climatique. Pour permettre une plus grande utilisation des énergies renouvelables, 73 milliards de dollars seront consacrés à la modernisation du réseau électrique. Quarante-sept milliards de dollars seront consacrés à la résilience climatique pour aider les communautés côtières à faire face à davantage d’ouragans et d’inondations, et aider d’autres régions à lutter contre l’augmentation des incendies de forêt. Pour accélérer la décarbonation des transports, 500 000 nouvelles bornes de recharge seront construites pour les véhicules électriques.
Le projet de loi Build Back Better de Biden, s’il est adopté, serait le plus grand effort de l’histoire américaine pour lutter contre le changement climatique. Il offrirait des remises et des crédits d’impôt pour motiver les consommateurs à passer à l’énergie propre et à l’électrification, et fournirait des incitations à développer l’énergie solaire et éolienne. Il investirait également dans des solutions climatiques naturelles telles que la gestion des forêts et la conservation des sols, établirait un corps civil pour le climat pour conserver les terres publiques et fournirait des subventions aux communautés de justice environnementale. Désormais bloqué par le sénateur Joe Manchin, le projet de loi Reconstruire en mieux devra être renégocié pour avoir une chance d’être adopté. Vu le risque de la multiplication de catastrophes, il faut donner la priorité aux infrastructures vitales avec des bons prognostics de survie.
3. Le pipeline Keystone XL s’est arrêté
Le président Biden a retiré le permis que son prédécesseur avait accordé au controversé pipeline Keystone XL. Mis en service en 2010, le pipeline a été conçu pour transporter 900 000 barils de pétrole sale provenant des sables bitumineux chaque jour de l’Alberta aux raffineries de l’Illinois et le long de la côte du golfe du Texas. L’extraction et la production de sables bitumineux entraînent trois à quatre fois plus de pollution par les gaz à effet de serre que la production pétrolière conventionnelle. Après 10 ans de manifestations dirigées par des Autochtones, TC Energy a finalement annulé ses plans pour l’énorme oléoduc de pétrole brut.
4. Les satellites de la NASA
La NASA a annoncé des plans pour une nouvelle flotte de satellites d’observation de la Terre. L’Observatoire du système terrestre surveillera les nuages et les aérosols, et donnera aux scientifiques de nouvelles perspectives dans les températures et la chimie de la planète. Les données recueillies par les satellites devraient améliorer les prévisions météorologiques, évaluer les niveaux d’eau et les sécheresses pour permettre une meilleure planification de l’utilisation de l’eau et des interventions en cas de catastrophe, et permettre aux chercheurs d’étudier comment le changement climatique affecte l’alimentation, l’agriculture, l’eau et l’utilisation de l’énergie. Les résultats seront gratuits pour les chercheurs du monde entier. Après les tentatives de l’ancien président Trump d’annuler les missions de sciences de la Terre de la NASA, avec cette nouvelle flotte de satellites, la NASA fait à nouveau partie intégrante de l’élaboration de la politique climatique du pays.
5. Implication des jeunes
Selon une étude récente du Lancet, près de 60 % des jeunes de moins de 25 ans se disent extrêmement préoccupés par le changement climatique. Cette année, des milliers de jeunes dans plus de 1 500 endroits à travers le monde sont descendus dans la rue avant la COP26 pour obliger les dirigeants à lutter avec force contre le changement climatique. Et à Glasgow, des dizaines de milliers, dont beaucoup de jeunes inspirés par la militante suédoise pour le climat Greta Thunberg, ont défilé pour un changement systémique.
En fin de compte, Thunberg a considéré la COP26 comme un échec parce que les dirigeants n’avaient pas pris de mesures suffisamment drastiques pour mettre fin à l’utilisation des combustibles fossiles, mais son combat continue. Elle a tweeté à ses cinq millions d’abonnés sur Twitter : “Le vrai travail continue en dehors de ces salles. Et nous n’abandonnerons jamais, jamais.”
Cette année a aussi été ponctuée d’échecs et de catastrophes.
1. La COP26 n’a pas atteint les objectifs fixés
Lors de la COP26, les pays étaient censés avoir revu leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) et les ont augmentées pour être plus ambitieuses conformément à l’accord de Paris. Alors que de nombreux pays se sont conformés, certains grands pays ont soumis à nouveau les mêmes objectifs qu’ils avaient en 2015 (Australie, Indonésie, Russie, Singapour, Suisse, Thaïlande, Vietnam) ; certains ont soumis des objectifs encore plus faibles (Brésil, Mexique) ; et la Turquie et le Kazakhstan n’ont pas du tout soumis de nouvelles NDC.
Le financement climatique a également échoué. Parce que les pays en développement du monde ont le moins contribué au réchauffement climatique mais sont ceux qui souffrent le plus des impacts du changement climatique, en 2009, les pays riches se sont engagés à fournir 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour les aider à faire la transition vers une énergie propre et à renforcer leur résilience face au changement climatique. les impacts du changement. Selon l’OCDE, en 2019, près de 80 milliards de dollars ont été levés, mais l’objectif de 100 milliards de dollars ne sera probablement pas atteint avant 2023. Bien que les pays aient promis des millions de nouveaux engagements à la COP26, beaucoup étaient sceptiques car les engagements initiaux n’ont pas été tenus. Les pays riches résistent aux tentatives visant à leur faire payer les dommages infligés aux pays les plus vulnérables par le changement climatique. Biden a promis d’augmenter la contribution des États-Unis à 11,4 milliards de dollars par an d’ici 2024, mais selon le groupe de réflexion mondial ODI, la juste part des États-Unis devrait être plutôt de 30 à 47 milliards de dollars par an.
2. Le CO2 dans l’atmosphère a battu des records
Le Global Carbon Project a révélé que les émissions du charbon et du gaz ont augmenté en 2021, les émissions de combustibles fossiles augmentant de 1,4 à 5,7 % dans le monde après une baisse de 5,4 % en 2020 en raison de la pandémie. La quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère a battu un autre record cette année, culminant à 419 ppm selon l’observatoire Mauna Loa de la NOAA. Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis le début des mesures précises il y a 63 ans. Le niveau de CO2 dans l’atmosphère aujourd’hui est à peu près ce qu’il était il y a 4,1 à 4,5 millions d’années, lorsque le niveau de la mer était de 78 pieds plus haut qu’aujourd’hui.
3. Les impacts climatiques se sont aggravés
2021 a été une année de conditions météorologiques extrêmes dévastatrices. Aux États-Unis, il y a eu des vagues de chaleur record dans le nord-ouest du Pacifique, des crues soudaines dans le nord-est, des ouragans destructeurs dans les océans Atlantique et Caraïbes et dans le golfe du Mexique, ainsi qu’une sécheresse historique et des incendies de forêt qui font rage dans le sud-ouest. De nombreux autres pays du monde ont également été touchés par de fortes précipitations et des inondations.
Des vagues de chaleur extrêmes ont frappé le Japon, l’Irlande, la Turquie et l’Angleterre, et de nombreuses régions de la Méditerranée ont connu des températures record et une sécheresse. Les incendies de forêt ont produit 1,76 milliard de tonnes métriques d’émissions de carbone dans le monde, avec des incendies en Sibérie, en Turquie et aux États-Unis, des incendies de forêt battant des records pour la quantité de carbone qu’ils ont émise. Le niveau moyen mondial de la mer a atteint de nouveaux sommets en 2021 : la dernière mesure était d’environ 100 mm de plus que son précédent record en 2020 de 91,3 mm au-dessus des niveaux de 1993. Une plateforme retenant le glacier Thwaites en Antarctique se fracture, alors la montée du niveau de la mer pourrait largement dépasser les prévisions actuelles (blog).
4. La déforestation amazonienne a augmenté
La déforestation dans la forêt amazonienne du Brésil a augmenté de 22%, atteignant son plus haut niveau depuis 2006. D’août 2020 à juillet 2021, plus de 5 100 miles carrés de forêt ont été rasés, une superficie près de 17 fois la taille de la ville de New York. Bien que le président brésilien Bolsonaro ait affirmé que son gouvernement ralentissait la déforestation, il a encouragé le développement de l’Amazonie pour l’exploitation minière et l’agriculture à grande échelle, et n’a pas adopté de lois pour empêcher la déforestation.
5. Biden a approuvé le forage de combustibles fossiles sur les terres publiques
Malgré l’engagement de campagne du président Biden à mettre fin aux nouveaux forages de combustibles fossiles sur des terres publiques, il a approuvé plus de permis de forage de pétrole ou de gaz sur des terres publiques que Trump n’en a fait au cours des trois premières années de sa présidence. Jusqu’à présent, le Bureau of Land Management a approuvé 333 permis de forage chaque mois, avec un pic de 652 en avril. De plus, il prévoit d’organiser davantage d’enchères de crédit-bail au cours du premier trimestre de 2022. En novembre, les sociétés pétrolières et gazières ont obtenu le droit de forer en mer sur plus de 1,7 million d’acres du golfe du Mexique lors de la plus grande vente de crédit-bail offshore de l’histoire des États-Unis. Cette vente a le “potentiel d’émettre 723 millions de tonnes métriques de CO2 dans l’atmosphère au cours de sa durée de vie, ce qui équivaut à faire fonctionner plus de 70% des centrales électriques au charbon des États-Unis pendant un an”, selon le Center for American Progress. .
Après que l’administration Biden a suspendu tous les nouveaux baux l’année dernière, elle a affirmé que les tribunaux l’avaient obligée à organiser la vente aux enchères, mais a reconnu plus tard qu’elle n’y avait en fait pas été forcée. Et alors même que Biden appelait chaque nation à réduire ses émissions à la COP26, il exhortait les pays producteurs d’énergie à augmenter leur production pour augmenter l’approvisionnement en pétrole en raison des prix élevés de l’énergie.
6. Les prix de l’énergie ont augmenté
Les prix du pétrole, du gaz naturel, du diesel et du charbon ont bondi de plus de 80 % en 2021 parce que la demande d’énergie a rebondi après la pandémie plus rapidement que la production ne pouvait supporter. Les prix du gaz naturel et du charbon ont atteint des niveaux records et une pénurie mondiale de gaz a entraîné une augmentation de la demande de charbon.
En conséquence, la production mondiale de charbon devrait augmenter de 9 % cette année. L’Energy Information Administration a prédit que les factures de fioul domestique aux États-Unis seraient 39 % plus élevées que l’année dernière, celles du gaz naturel 26 % plus élevées et celles de l’électricité 6 % plus élevées. Les ménages pourraient finir par payer de 22 à 94% de plus pour chauffer leur maison cet hiver. Alors que ce serait un moment logique pour redoubler d’efforts pour passer à l’énergie propre, la flambée des prix de l’énergie peut en fait entraver le mouvement vers les énergies renouvelables.
La vague de chaleur à 49°C au Canada, des records de plus de 45°C en Europe, les inondations d’Allemagne et de Belgique, les grosses grêles, nous montrent la face du réchauffement climatique et les innombrables problèmes qu’il cause. De plus en plus de personnes vivent ces perturbations et prennent conscience de leur réalité. Il est essentiel de limiter le réchauffement climatique au plus vite, de ne pas dépasser des seuils irréversibles. Si le passage aux énergies renouvelables n’est pas assez rapide, il faut peut-être réduire d’urgence quelques activités polluantes, pour pas déclencher d’effets plus graves.
Le Science magazine, le plus important journal scientifique, affiche en couverture une forêt morte. Il présente les dommages que lesforêts allemandes ont subi du fait du réchauffement climatique.
En 2018, une tempêtea abattu de nombreux arbres, et les sécheresses des trois années suivantes sont permis à des insectes d’infester les épicéas.
L’enchaînement des périodes sèches a provoqué l’invasion des arbres alentour. Les populations des scolytes ont explosé, et en trois semaines ont achevés d’imposantes épinettes.
Des milliers exploitations forestières se sont hâtées de couper et de vendre les arbres morts et malades. Le marché du bois s’est effondré. Plus de 300’000 hectares de forêts allemandes, 2.5% de la surface forestière du pays ont succombé aux scolytes, sur un fond de réchauffement climatique et de sécheresse.
Foresterie allemande
La foresterieétait une branche économique importante en Allemagne.Elle générait 170 milliards d’euros par année et employait plus d’un million de personnes.Le bois devrait remplacer des matériaux de construction polluants, tels de béton et l’acier.Si les exploitations allemandes sont abandonnées,la demande pourrait se déplacer ailleurs dans le monde.
L’Allemagne a découvert les pénuries de bois au 18ième siècle et a mis en place une gestion de la foresterie dès cette époque. Ils ont développé des plantations d’espèces à croissance rapide, dans des rangées bien ordonnées pour une production du bois maximale.La demande de bois à la fin de la deuxième guerre mondiale a encore accru le nombre de ces exploitations en mono-culture. Pendant des décennies,cela apparaissait comme un magnifique succès.Au début du 21ème siècle, les forêts allemandes ont atteint un volume de bois inégalé depuis le Moyen-Age.
Cependant, cette richesse apparente a été obtenue par des plantations artificielles en monoculture. Les épicéas de Norvège constituent le quart des plantations, et la moitié des récoltes de bois.Ces espèces aux racines peu profondes poussent naturellement dans des régions froides ou sur les pentes des montagnes.Elles ont été plantées partout en Tchéquie, Autriche et Allemagne, dans des zones de plaines bien plus chaudes.Ces forêts abritaient moins de biodiversité, maistant que les températures étaient assez fraiches, les épinettes poussaient très bien.
Sécheresses
Le réchauffement de ces dernières années a déclenché une réaction en chaine fatale.La chaleur extrême de l’été et le manque de précipitations ont fait sécher les sols à une profondeur de deux mètres. Lors des sécheresses, les épicéas ne pouvaient plus produire la résine qui les protège des insectes. Ils ont été attaqués par les scolytes qui se nourrissent habituellement d’arbres morts ou malades. Les populations de ces insectes ont explosé, et ont pris d’assaut des forêts entières, les réduisant à des rangées de squelettes gris.
Les dégâts les plus importants se sont produits en Allemagne, Tchéquie et Autriche.Les forêts en France, Pologne, Suisse, Slovaquie, et Italie ont aussi été touchées.Selon le Thünen Institute,organe allemand de recherche forestière,300 millions de mètres cubes de bois ont déjà été perdus en Europe.Angela Merkel a mentionné les “très, très grands dommages aux forêts”, qui onttouché des milliers de propriétaires forestiers.
Un important conflit politique et scientifique a suivi cette constatation.Les scientifiques considèrent que c’est un signal d’alerte,et que le Futur est très inquiétant.Le réchauffement climatique est clairement la cause du problème, et les monocultures ne pourront pas y faire face.Il faut probablement changer les espèces exploitées en foresterie.
Laisser faire la Nature
Les solutions ne sont pas évidentes. Un scientifique, Peter Wohlleben, suggère de laisser les forêts touchées repousser naturellement.Selon lui, les forêts naturelles sont toujours meilleures, et il vaut mieux laisser la Nature faire son travail. Je suppose que dans les forêts infestées par les scolytesrepousseront surtout les arbres résistants à ces insectes.
Une autre forêt a disparu dans un incendie en 2018.Les souches mortes ont été éliminées, et des jeunes arbres ont été plantés.La sécheresse a tué la plupart de ces jeunes plantules, par contre des peupliers ont poussé spontanément.Leur vigueur indique qu’il n’est pas nécessaire de replanter,une nouvelle forêt apparaît naturellement.
Dans une autre parcelle, les forestiers ont laissé les troncs brûlés en place, laissant la forêt se régénérer.Ils ont aussi planté des parcelles de chênes, qui pourraient mieux résister au changement climatique (bien que plus au Sud de l’Europe, il soient menacés aussi).
Les forêts qui se régénèrent naturellement semblent plus riches en biodiversité. Elles abritent plus d’espaces de plantes, de champignons et d’insectes que les parcelles nettoyées.La biodiversité augmente généralement la résistance de l’écosystème.Dans les forêts qui repoussent naturellement le sol est moins chaud lors des canicules, et le vent plus doux.La végétation naturelle tempère la forêt. La mousse recouvre le sol, prévient l’érosion et stimule la croissance de champignons souterrains.Ceux-ci cherchent par exemple l’humidité du sol et permettent aux arbres de mieux résister aux sécheresses.
Le parc national de Harz a perdu plus de 10’000 hectares d’épicéas. Les troncs gris sont toujours là, et la forêt se régénère naturellement.
L’Allemagne va augmenter le nombre de forêts qui se régénèrent naturellement.Ellessont bien plus variées et résiliantes qu’une plantation.Cette diversité d’espèces et de tailles d’arbres crée de nombreuses niches pour les animaux. En sous-bois, les fleurs sauvages fleurissent et les abeilles abondent. Les myrtilles, les sorbiers, les bouleaux et d’autres petits arbres prospèrent.Pendant ce temps, les hiboux et les chauves-souris nichent dans les cavités du bois mort. La repousse naturelle double la richesse biologique.
Elles supporteront surtout mieux les sécheresses futures et les maladies, car elles contiennent des arbres d’espèces et d’age différent.
Choisir les espèces résiliantes au réchauffement
Laisser les forêts à elles-mêmes est un choix difficile. D’autres chercheurs pensent que le climat change si vite que de nombreuses espèces indigènes ne survivront pas sans aide humaine.Ils voient déjà mourrir des hêtres et des érables, et des pins qu’ils croyaient résistants à la sécheresse.Des modèles récents indiquent que plus de la moitié des forêts européennes est maintenant vulnérable aux insectes, aux tempêtes, aux feux ou à un enchaînement de ces risques. Henrik Hartmann, du Max Planck Institute, suggère de planter stratégiquement des nouvelles espèces, plus résiliantes. Ils pourraient s’inspirer de l’Arborétum de Wuppertal, où 200 espèces d’arbres du monde entier ont été plantées il y a deux cent ans.De nombreux arbres originaires d’Amérique du Nord, le cèdre rouge de l’Alaska,le cèdre à encens, la pruche de l’Ouest vont très bien, même après trois années de sécheresse. Les forestiers considèrent aussi deplanter des mélanges d’espèces de valeur.
D’autres pensent inclure dans les exploitations des tilleuls ou des châtaigniers. Les arbres d’europe du Sud pourraient déjà être résistants aux maladies que la montée de températures amène en Europe du Nord. Hartmann déconseille de replanter les arbres qui poussaient bien par le passé, et suggère de consulter les modèles climatiques.
Les risques sont réellementimmenses. Il fera plus plus chaud, les sécheresses sont plus graves.
Aide de l’Etat
Les nouvelles techniques de foresterie exigent des changement dans les lois et dans les achats des forestiers. Le ministre allemand de l’agriculture a déjà réagi à la mort des forêts par un programme d’aide sans précédent: 1,5 millards d’euros destinés à financer l’élimination des souches mortes et la plantation de nouveaux arbres.Les bénéficiaires doivent maintenant cultiver un mélange d’espèces.Des fonds pour la régénération naturelle des forêts ont aussi été créés.
Le nouveau gouvernement allemand projette d’amender les lois fédérales pour augmenter les forêts naturelles, de cesser l’exploitation des vieilles forêts de hêtres appartenant à l’Etat et de promouvoir d’autres solutions conseillées par les spécialistes de l’environnement.
Toute l’économie du bois devrait s’adapter.Les scieries sont faites pour les conifères et continuent à les demander. Il est actuellement quasiment impossible de vendre des peupliers et des bouleaux. D’autre part, les feuillus, les chênes ou les bouleaux ont besoin de 140 à 160 ans, alors que les épicéas sont prêts à être exploités en 60 à 80 ans. Enfin, les modèles climatiques indiquent que les bouleaux , adaptés au froid et à l’humidité, n’ont aucun avenir.Une exploitation allemande s’est décidé pour du pin Douglas, mais il pourrait aussi souffrir des sécheresses. Les grands pins Douglas perdent des épines, et certains ont été attaqués par les scolytes.
Un sommet appelé Waldsterben 2.0 s’est tenu cette année.Les scientifiques et les membres du parti Vert allemand se sont prononcées pour une régénération naturelle des forêts.Le ministère allemand des forêts a tenu son propre sommet, où ils ont annoncé des nouveaux encouragements pour les propriétaires des forêts et un plan pour compenser la capture du carbone par les arbres.
Certains regrettent la polarisation du débat et demandent une voie moyenne, entre une régénération naturelle des forêts et des plantations informées par modèles climatiques.
Les forêts suisses sont aussi menacées, même si elles sont bénéficié du printemps pluvieux et frais de cette année.
Si j’étends la perspective au delà des dix prochaines années,Je crois qu’il faut aussi considérer le risque quemême les arbres suggérés par les modèles actuels ne supportent pas le changement,que les modèles le sous-estiment et succombent par exemples aux vagues de chaleur extrêmes. Quand j’ai écrit sur les arbres malades des forêts suisses (lien), je trouvais des modèles climatiques qui prédisaient un danger pour les forêts pour 2100. Or elles sont menacées maintenant. La mort des forêts , comme de nombreux autres événements climatiques a commencé plus vite que prévu.
Il faut peut-être exploiter les épicéas matures au plus vite, car ils sont menacés.Il faudrait donc utiliser le bois immédiatement, alors qu’une pénurie dans une dizaine d’années est possible.
Les catastrophes climatiques déferlent et devancent les prévisions. L’économie change aussi, les énergies renouvelables prennent de plus en plus d’importance et de nombreuses villes et institutions arrêtent les investissements dans les énergies fossiles nuisibles pour le climat.
Maintenant, deux pétitions appellent aussi à l’arrêt des investissements dans l’agribusiness, qui provoque la déforestation de l’Amazonie pour la culture du soja pour le bétail et pour l’élevage direct. La déforestation de l’Amazonie s’est accélére ces dernières années. Elle a augmenté de 57% en 2020 et la moitié de la savane du Cerrado a été transformée en plantation de soja. En 2019, d’immenses feux visibles de l’espace dévastaient la forêt tropicale. Selon les experts, ces feux étaient souvent allumés lors du défrichement de parcelles pour l’agriculture et l’élevage. Ils échappaient à tout contrôle et embrasaient de grandes étendues de forêt (blog 2019). Une lettre ouverte dans le journal scientifique Science alertait sur le déboisement rapide de la forêt Bolivienne, et établissait que la responsabilité des feux incombe à l’activité humaine. Les forêts indonésiennes disparaissaient face à la prolifération de plantation de palmiers à huile (blog). L’Indonésie tente de s’attaquer au problème, elle interdit la déforestation et limite le risque de feu par des pluies artificielles. Au Brésil par contre le gouvernement actuel pourrait déclencher des catastrophes planétaires par le mépris de l’environnement et par la déforestation à tout va.
Une pétition de Sum of Us demande aux banques européennes Barclays, ING Group et BNP Paris de cesser de soutenir cette partie de l’économie (Pétition Sum of US) . Une autre pétition de Rainforest Action Network s’adresse entre autres à JP Morgan Chase et BlackRock (Pétition RAN).
De nombreuses banques investissent dans l’élevage, la culture du soja destinée aux usines d’animaux ailleurs dans le monde, et les plantations de palmiers à huile. Un site internet répertorie leurs domaines d’investissements et les parties du monde ou ils sont présents: https://forestsandfinance.org/data/. Un rapport de Reclaim Finance cite des chiffres sur la culture du soja au Brésil et sur les entreprises responsables et les banques qui les soutiennent (ReclaimFInance ).
Actuellement, déjà, les trois quarts des terres agricoles dans le monde sont consacrées à l’élevage. La production de viande est inefficace, elle nécessite énormément de surface et d’eau pour une calorie. Elle augmente malheureusement très vite (FAO). Les terres agricoles pourraient encore s’étendre dans les prochaines décennies, alors que nous avons un besoin vital de forêts pour modérer le changement climatique. La déforestation nuit au climat local, provoque une augmentation de températures dans les zones déboisées et des sécheresses, une énorme perte de biodiversité, une augmentation du réchauffement global ainsi qu’une dégradation et l’émission du carbone des sols. Nous ne pouvons pas nous permettre d’aggraver le réchauffement climatique, il faut très vite réorganiser l’économie mondiale pour le contrôler.
Ces pétitions sont donc une excellente idée, nous devons vite juguler le développement de l’élevage et la déforestation pour l’alimentation du bétail. Ils sont beaucoup trop dangereux pour la vie sur la Planète. Le changement climatique et ses conséquences s’aggravent d’année en année et il faut réagit vite. Nous devons reboiser la Terre, réduire les pesticides et assurer l’alimentation humaine.
Le consommateur peut signer ces pétitions, choisir des viandes produites de façon écologique ou locale, ou des aliments végétaux.
En Suisse nous voyons encore des vaches paître sur des verts pâturages de montagnes, des superbes prairies alpines très riches en espèces végétales (vaches suisses). La production de lait et de viande de boeuf y est assez écologique, mais c’est assez exceptionnel. Nous pourrions éventuellement demander une exception pour ce type d’agriculture, si l’alimentation du bétail restait locale et n’utilisait pas de soja d’Amazonie. Ailleurs, il vaut mieux choisir de la volaille. En général, la production animale dans le monde provient de plus en plus de fermes-usines où les animaux sont alimentés au soja, et, si nous ne voyons jamais ces animaux avant le supermarchés, les champs qui leurs sont destinés s’étendent très vite.
L’alimentation végétale est en général beaucoup plus écologique et amène de nombreux bienfaits pour la santé. Si nous devenions tous végans, nous pourrions remplacer à peu près une moitié des terres agricoles actuelles par des forêts et nourrir l’Humanité sur l’autre moitié. Il faut en tout cas aller dans cette direction. Différentes organisations conseillent de consommer plutôt des légumineuses (lentilles et haricots), des algues, des noix, du moringa, du fonio, et des champignons. Actuellement, les aliments végan sont souvent plus chers que les produits animaux, alors que leur coût de production et écologique est beaucoup plus bas. Il faut transformer les circuits alimentaires pour que les aliments végétaux soient moins chers et reflètent mieux leurs coûts réels. Des investissements bien orientés et des lois bien conçues pourraient vite améliorer le système. S’ils se dirigent vers la production à grande échelle d’aliments végétaux, l’impact carbone de l’alimentation baissera facilement.
Le Cambridge Institute of Sustainability Leadership (CISL) propose une série de mesures pour mieux planifier l’agriculture: une collaboration accrue entre les banques locales et mondiales, une attention à toute la chaîne de production, et l’adoption de nouveaux standards suffisants pour protéger les forêts tropicales (Independent). Mettons-les vite en place!
Blog envertetcontretout sur le marchand de grain Cargill. Ils estiment les conséquences des choix de cette entreprise en citant les chaînes qu’elle fournit, telles que McDonalds. Mais cette dernière introduit aussi des produits végétariens, leur demande évolue heureusement aussi.
Addendum le 16 septembre: L’expert anglais David King suggère d’augmenter la productivité des mers britanniques en poisson. Selon lui, une croissance d’algues accrue et un ajout de fer sous une forme naturelle, de sable ou de cendre volcanique, augmenterait de dix fois le nombre de poissons, et leur activité (transformer les algues en restes divers) aurait un effet bénéfique sur le cycle du CO2 (lien).
Je résume ici essentiellement la fin du chapitre 5 du 6ième rapport du GIEC, qui traite des interventions humaines possibles et de leurs effets sur la Biosphère. Actuellement, les plantes terrestres captent à peu près un tiers de carbone émis, et les océans un tiers. Le GIEC prévoit une diminution de l’absorption par les océans.
L’afforestation ou la reforestation pourraient capter du CO2 dans la biosphère. Les effets seraient bénéfiques à des nombreux niveaux. La biodiversité, le cycle hydrologique, la stabilité et la composition des sols seraient améliorés. Les forêts émettent aussi des composés qui favorisent la condensation des nuages et changent l’albédo de la Planète. Je passe un peu ici sur les bienfaits évidents de ces solutions simples, naturelles et porteuses de vie pour me présenter les autres techniques.
L’utilisation des terres pour l’agriculture humaine a provoqué la perte de 116 PgC dans les derniers 12’000 ans. Le sol s’est appauvri, le carbone qu’il contenait sous forme d’humus ou de bactéries, champignons et insectes est maintenant dans l’atmosphère.Il est possible d’inverser cette perte et d’augmenter le carbone du sol en choisissant des variétés à grandes racines, en introduisant la rotation des cultures, en laissant des résidus végétaux sur place, et en utilisant des couverts. La fertilité du sol en serait améliorée.
Le sol peut aussi être enrichi en carbone par BECCS (bioénergie avec capture et stockage de carbone). Le Biochar est le produit de la combustion des matières végétales. Son ajout aux sols augmente les stocks de carbone et la fertilité. Le biochar améliore le rendement particulièrement des sols déjà dégradés.Les risques de l’introduction de ces composés dans le sol ne sont pas bien compris (Lorenz et Lal, 2014). Je crains personnellement qu’il ne soient cancérigènes ou toxiques pour certains organismes du sol,alors que d’autres auteurspensent que cela pourrait accroître la biodiversité du sol.
La restauration des tourbières et zones humides par l’arrosage compenserait et augmenterait la quantité de carbone perdue actuellement.
La capture de carbone dans les océans passerait par l’accroissement de la productivité des écosystèmes marins. L’idée est d’ajouter de l’azote dans les océans pour stimuler la productivité des algues, à la base de la chaîne alimentaire marine. Les algues utiliseraient plus de CO2 si elles disposaient de plus d’azote pour leurs molécules essentielles. Le GIEC note que les conséquences d’un ajout d’azote dans l’océan sur cet écosystème sont incertaines.
La restauration des écosystèmes côtiers, marais, mangroves, algues, pourrait capter le carbone.La montée du niveau de la mer pourrait augmenter cet effet, mais les vagues de chaleur marines sont un risque.Le potentiel global est de moins de 0.02 Pg C/y.
Enhanced Weathering (EW): Les scientifiques étudient aussi la possibilité de décupler les réactions chimiques se produisant naturellement sur Terre. il s’agirait de répandre des roches moulues, par exemple de l’olivine, sur les plages ou les champs, les sols ou les océans. Elles fixeraient le CO2 par réaction chimique spontanée. Des essais sont en cours (lien). Ces roches augmenteraient le pH des oceans, l’effet serait donc inverse de l’acidification causée par le CO2.Cela pourrait améliorer la productivité des champs, mais aussi libérer des métaux toxiques, ce qui évidemment serait très nocif. Ce risque devrait évidemment être contrôlé ou exclu.
DACCS: Capture de carbone de l’air avec stockage de carbone. Des usines de capture de carbone de l’air sont actuellement développées, notamment en Suisse (Installation suisse, Climeworks). Différents moyens chimiques sont utilisés pour capter le CO2. Il serait ensuite stocké dans des réservoirs géologiques sous forme de gaz sous pression ou de carbonate. Le GIEC relève que le gaz sous pression pourrait présenter des risques, et l’air qui sort de l’installation pourrait être trop pauvre en CO2 pour la végétation à proximité.
Des projets de capture de méthane apparaissent aussi.Le processus pourrait être réalisé dans l’air,par ” zeolite trapping ” et modification chimique. Le méthane du sol peut être dégradé naturellement par les bactéries du sol, et la présence de forêts facilite ce processus. Une étable pourrait diriger son aération à travers le sol où le méthane serait consommé par les bactéries naturellement présentes.Il pourrait aussi être dégradé par des biopolymères qui incluraient des enzymes décomposant le méthane.Ces technologies sont cependant encore dans l’enfance.
SRM La modification du rayonnement solaire par des molécules dans l’atmosphère diminuerait la proportion de lumière solaire qui atteint la Terre mais augmenterait la diffusion de la lumière.L’effet de changement de lumière sur la croissance des plantes varie dans différents modèles. La températures ne monteraient pas autant, ce qui pourrait limiter la croissance des plantes dans les régions boréales mais réduirait les risques des vagues de chaleur et de sécheresses.Cette intervention pourrait cependant modifier le cycle et la disponibilité de l’eau. Les différents types de modification d’atmosphère auraient des effets un peu différents sur la productivité végétale et sur le cycle hydrologique.
L’injection d’aérosols dans la stratosphère (SAI) comporte le risque de d’une diminution d’ozone qui pourrait comporter des risques pour la végétation (voir blog sur les risques, très exhaustif sur ces risques).
L’éclaircissement des nuages (MCB, marine cloud brightening) consiste à éclaircir les nuages en formant des gouttelettes plus petites, par la dispersion de sel marin par exemple. A priori, cette technologie semble propre, peu polluante, mais pourrait augmenterla durée de vie du méthane dans l’atmosphère et provoquer une pollution par l’ozone.
Malheureusement, si stabilise le méthane, elle serait inutilisable en cas d’émissions de méthane du permafrost, et ce ce jour-là que nous pourrions avoirvraiment besoin de géo-ingénierie, car les températures monteraient haut et vite. Je suis très heureuse de voir apparaître des recherches sur la capture du méthane. L’émission du méthane du permafrost est un des plus graves risques pour la vie sur Terre. Le GIEC, qui se base sur les mesures datant de quelques années, la considère comme peu probable, mais des scientifiques alertent sur ce risque futur, et il est tout à fait souhaitable de nous en prémunir.
Enfin, le CCT (cirrus cloud thinning) vise à affiner les nuages affiner les nuages cirrus en créant des cristaux de glace plus gros. La nucléation des cristaux serait provoquée par du triiodide de bismuth ou de l’acide sulfurique ou nitrique. Je dois me documenter plus cette technique.
Les modèles montrent de façon convaincante que dans un monde à haute concentration de CO2, la géo-ingénierie augmenterait la masse des plantes vertes sur la Terre.Cet effet serait positif. Si nous les laissons pousser, des magnifiques forêts capteraient le carbone et assureraient un bon fonctionnement dela biosphère.
Par contre l’acidification des océans et ses dommages pour la vie marine se poursuivraient. Il faut aussi noter que ces technologies de modification de lumière solaire devraient être appliquées sans interruption. Un arrêt soudain de cette géo-ingénierie, comme une fermeture de parasol, ferait monter brusquement les températures.
J’ajoute que nombreux pays appliquent actuellement une technologie qui n’est pas mentionnée dans le rapport, les pluies artificielles, provoquées par exemple par dispersion de l’iodure d’argent. L’Indonésie s’en est servie pour éviter les feux de forêt, les pays du proche-Orient pour limiter les vagues de chaleur extrêmes, la Chine augmente maintenant la portée de leur dispositif jusqu’à toucher la moitié du pays. Les effets sur la croissance des plantes et sur leur capture du carbone pourraient aussi être positifs, et devraient être étudiés.
Je suis stupéfaite de voir que le vaccin et le certificat covid remplissent l’espace consacré à l’actualité à la télévision alors qu’en arrière-plan,en dix secondes, nous voyonsd’immenses feux de forêts dévaster la Grèce et la Turquie, affligées d’une vague de chaleur exceptionnelle. Il y a un mois, le Canada a atteint 49°C.Il y a deux semaines, les statisticiens livraient leurs conclusions: selon les modèles de réchauffement climatique,une telle vague de chaleur devrait survenir tous les mille ans. Si elle se produisait plus souvent, les estimations des experts devraient être revues. Or les événements exceptionnels se multiplient cette année. Ce même été, le proche-Orient, et aujourd’hui la Grèce ont aussi connu des vagues de chaleur exceptionnelles.Les températures en Alaskadépassent les trente degrés cette semaine,elles sont totalement hors norme comme celles de la Sibérie au début de l’été. Des dizaines de tempêtes de grêle ont balayé l’Europe, il y a aussides tornades.Cet été apporte des centaines d’événements climatiques étranges, et visiblement le climat est complètement déstabilisé.Plusieurs experts mondiaux, tels que Johan Rockström,évoquent la possibilité qu’il ait passé un seuil au delà duquel la météo sera différente.
L’évolution du climat pourrait alors être très différente des prévisions du GIEC. Le cycle naturel pourrait être rompu, et les éléments qui modèrent habituellement les températures ne joueraient plus leur rôle.Le changement s’amplifierait.
Une accélération est de toute façon prévisible. La banquise arctique se réduit presque chaque année et cette année elle a atteint une surface minimum. Avant, cette mer était toujours couverte d’une couche de glace d’environ un mètre, âgée de plusieurs années. Maintenant, elle est plus fine, souvent brisée en fragments séparés, et la surface de mer ouverte, bleue, s’agrandit régulièrement.
A mesure que la surface dela glace diminue, la Planète se réchauffe de plus en plus vite. De plus,le permafrost Arctique fond et commence à émettre du méthane qui amplifiera encore l’effet de serre dans le futur.
Les forêts brûlent partout sur la Planète et perdent leur rôle de puits de carbone.
Il est bien possible que le réchauffement soit déjà plus rapide que prévu, ce qui nous vaut les inondations et les vagues de chaleur de cette année, et qu’il soit sur le point d’accélérer encore.
Aujourd’hui, les prévisions d’évolution du climat officielles sont basées sur le dernier rapport du GIEC, et les schémas de réduction s’en inspirent. Mais les événements météorologiques de cet été indiquent que le changement pourrait être plus rapide ou plus grave.Je ne sais pas si les experts livreront des nouvelles prévisions après cet été apocalyptique, s’ils comprennent maintenant bien l’évolution du climat. Il faudra peut-être un peu plus de temps, des nouveaux modèles basés sur la réalité dont la mise au point pourrait prendre quelques années. Quelques scientifiques ont émis depuis longtemps des théories différentes sur le déroulement du réchauffement, et craignent une évolution très négative, un réchauffement abrupt et dévastateur. Ils étaient parfois taxés d’alarmistes mais les événements récents semblent leur donner raison.
D’ici dix ans,ou même à la prochaine année el Nino dans deux ou dans trois ans, nous aurons probablement d’immensesinondations, des vagues de chaleur mortelles, des grêles géantes, enfin que sais-je… des événements graves qui mettront notre société en danger.
Nous devons tout faire pour l’éviter. Ce sera difficile, une aggravation est inévitable, mais nous pouvons peut-être sauver les villes dans lesquelles nous vivons et une partie de nos écosystèmes.Nous ne pouvons exclure qu’au cours de ces prochaines années, une vague de chaleur dépassant les 45°C touche la Suisse, que la forêt proche de ma maison prenne feu,et que nous ayons à faire face à ce grave danger, comme les Grecs et les Turcs aujourd’hui. C’est arrivé début juillet au Canada. Nous sommes déjà en danger, l’ère des catastrophes a commencé. Aujourd’hui, nous le savons.
Nous entrons dans une course à la vie ou à la mort. Il y a aura de nombreux dommages. Nous avons besoin de nouvelles prévisions basées sur les événementsrécents. Elles nous permettraient d’estimer ce qui pourra être sauvé et ce qui doit être évacué.
Addendum: Les scientifiques ont ensuite déclaré que les événements de 2021 étaient possibles si le réchauffement suit les modèles du GIEC, les prévisions d’événements extrêmes doivent être améliorées https://blogs.letemps.ch/dorota-retelska/2021/09/19/une-veritable-prevention-des-risques-climatiques-implique-la-divulgation-des-evenements-les-plus-graves/
Une étude importante (menée par des professeurs du Potsdam Climate Institute, du Stockholm Resilience Center, de l’université Catholique de Louvain, de l’Université d’Exeter, Cambridge, Stanford, de Wageningen, les meilleurs centres de recherche du monde), a interrogé le déroulement du réchauffement climatique (étude). J’ai beaucoup aimé la vidéo ci-dessous , où un des auteurs très réputés (30 min en anglais) présente assez simplement ce travail et ses conclusions.
Le climat actuel est maintenu par plusieurs éléments que le réchauffement pourrait perturber.La glace sur la mer arctique, les glaces du Groenland, la calotte glaciaire dl’Antarctique-Ouest, les glaciers de l’Himalaya le permafrost de Sibérie et des océans, les forêts tropicales, les forêts boréales, la capture du carbone par les algues marines,les récifs coralliens, et la circulation océanique stabilisent le climat terrestre.
Certains de ces éléments devraient rester en place des centaines ou même des milliers d’années, d’autres sont déjà menacés aujourd’hui.Par contre, quand un de ces événements se produit, il en entraîne d’autres, par exemple la fonte des glaces et la mort des forêts réchauffera encore la Planète. Nous pouvons équilibrer le climat terrestre autour de 2°C par des mesures de mitigation, ou le précipiter dans un état de ‘HotHouse Earth’, terre serre. La Planète subirait une série d’événements catastrophiques qui la rendraient plus chaude de plusieurs degrés en milliers d’années. Les glaces polaires, en particulier, fondraient lentement.
Cependant, le professeur Steffen explique que dans le modèle l’augmentation de température est régulière, car il ne fonctionne pas bien avec ces soudains sauts de température dûs aux points de basculement.
(23.07) Je n’avais pas très envie non plus de parler de la table de biomes importants pour la survie de l’Humanité (Table S4): récifs coralliens, forêts tropicales, deltas et côtes,marais, glaciers de montagnes. La majorité de ces écosystèmes essentiels est déjà fragilisée ou en mauvais état.Les deltas subissent déjà les infiltrations d’eau salée. Il sera très difficile de sauver les écosystèmes côtiers (La table S5 propose une liste de solutions).
Cette année, après la vague de chaleur du Canada et l’inondation en Allemagne, il fut observé que les modèles climatiques ne prévoient pas bien les événements extrêmes ou des sauts brusques de température. Je crois qu’en réalité nous pourrions avoir devant nous des années de changement très violent et très dangereux.
Et si un de ces événements critiques pour le climat se produit plus vite qu’escompté par les scientifiques, les autres pourraient être précipités.
Le scientifique considère que zéro émissions en 2050 est une cible insuffisante, trop lointaine, et qu’il faudrait prendre des mesures plus rapides.
Les récifs coralliens, l’écosystème le plus riche des océans si ce n’est du monde, sont très sensibles au réchauffement et déjà très touchés.La moitié est déjà perdue. Leur disparition pourrait perturber les océans entiers.
Les glaces fondent vite.
Les forêts sont déjà menacées
L’événement qui se produit le plus vite est peut-être l’affaiblissement des forêts tropicales,il advient plus vite que prévu à cause de l’activité humaine.
La forêt amazonienne émet maintenant du carbone, du fait des sécheresses persistantes. Certains arbres dépérissent, d’autres sont perdus partiellement du fait de l’Homme, de la déforestation (Nature, blog).
Les forêts boréales brûlent dans des méga-feux de forêts, elles subissent un énorme changement de température, des sécheresses sans précédent et des nouvelles maladies.
En Asie du Sud-Est, la déforestation touche les forêts de montagne, épargnées jusqu’à présent (phys.org). L’exploitation des ces zones et peut-être liée aux vagues de chaleur impressionnantes, qui touchent la région depuis quelques années (blog,blog), à un assèchement et à des infiltrations d’eau salée dans le delta du Mékong qui rendent la production alimentaire difficile dans ces régions.
De nombreuses forêts dans le monde sont menacées, certaines peinent déjà à faire face au réchauffement.
Dans les circonstances actuelles, la chose la plus délirante que j’ai vu récemment est une pulvérisation de glyphosate sur les forêts canadiennes. Le glyphosate est un herbicide qui tue la plupart des monocotylédones et des dicotylédones, les plantes à fleurs, les myrtilles, les buissons, les arbres. Il atteint jusqu’aux racines, mais son action est d’assez courte durée. Il est donc utilisé dans l’agriculture, avant les semis, et de façon plus hasardeuse pour le consommateur, sur des céréales pour les dessécher et pour pousser à la maturation des graines.
De nombreux articles scientifiques ont mis en évidence des effets néfastes sur l’environnement, notamment sur certains insectes et de façon indirecte sur les oiseaux qui s’en nourrissent.
Je n’ai encore jamais entendu parler de l’utilisation du glyphosate sur un écosystème naturel. Il serait pulvérisé par hélicoptère sur des forêts entières. Il tuerait la grande majorité de plantes, les arbres, les fleurs, les buissons, jusqu’à la racine. Tout l’écosystème qui s’en nourrit, les vers, les insectes, les oiseaux, les animaux serait dévasté.
Les ‘mauvaises herbes’, aulne, bouleau, chêne, érable, saule et autres plantes et arbustes à feuilles larges sont considérés comme ayant moins de valeur commerciale que les résineux à feuilles aiguilletées comme le pin tordu et le sapin de Douglas qui souffrent justement déjà du réchauffement. Ces diverses espèces sont vitales pour la diversité biologique, constituent un capital nutritif pour le sol, ralentissent la propagation des incendies de forêt et sont supérieures aux conifères pour séquestrer et stocker le carbone – une aide forestière importante dans ce monde de changement climatique.
Actuellement les forêts du Canada subissent des sécheresses nouvelles, et des vagues de chaleur. De nombreuses plantes dépériront naturellement, mais certaines s’adapteront au réchauffement et permettront aux animaux de survivre. La biodiversité assure une meilleure résistance face au changement climatique.
D’autre part, une forêt naturelle contient du carbone dans les arbres, dans le sol, dans l’humus, dans les animaux et aussi dans des vieilles souches et branches qui se dégradent lentement au sol. Il faut laisser le bois mort se décomposer naturellement.
Le président du Canada, Trudeau nous semblait honnête et bien informé. J’espère qu’il interdira rapidement ce procédé barbare et irresponsable. Greenpeace a lancé une pétition pour arrêter la bien nommée ‘ pluie de la mort’; signez-là : greenpeace canada
C’est une amélioration très facile à faire et il y en a sûrement beaucoup d’autres.
Dans ce contexte, Avaaz lance un plan pour Glasgow (pétition). Ils demandent:
des réductions d’émissions rapides pour rester en dessous de 1,5°C;
100 milliards pour le climat tout de suite, avant le sommet,
50% des investissements pour l’adaptation,
un soutien pour les pertes dues au changement climatiques, telles que les inondations
et la mise en place immédiate des engagements de l’accord de Paris.
J’ai signé. Je suis convaincue de la nécessité d’un engagement rapide et fort, je me demande cependant si 50% des fonds doivent être destinés à l’adaptation. Ne serviront-ils pas à des murs et des barrages vite dépassés? Il faudrait aussi investir plus dans la mitigation, dans la plantation des forêts et dans la reconversion des entreprises polluantes.
Je demande un engagement mondial pour sauver les forêts, une protection générale des de tous les arbres du monde.
Je retranscris ici le communiqué de presse de l’Organisation Météorologique Mondiale, qui confirme très officiellement ce que j’écrivais la semaine passée:
OMM: La vague de chaleur record dans certaines parties des États-Unis et du Canada à la fin du mois de juin aurait été pratiquement impossible sans l’influence du changement climatique d’origine humaine, selon une analyse d’attribution rapide réalisée par une équipe internationale d’éminents climatologues. Le changement climatique, causé par les émissions de gaz à effet de serre, a rendu la vague de chaleur au moins 150 fois plus susceptible de se produire.
Les régions du nord-ouest du Pacifique des États-Unis et du Canada ont connu des températures qui ont battu des records de plusieurs degrés, y compris un nouveau record de température canadien de 49,6 °C (121,3 °F) dans le village de Lytton – bien au-dessus du précédent record national de 45 °C. C (113°F). Peu de temps après avoir établi le record, Lytton a été en grande partie détruit dans un incendie de forêt.
L’Amérique du Nord a connu son mois de juin le plus chaud jamais enregistré, selon le bulletin mensuel du Copernicus Climate Change Service mis en œuvre par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF).
Chaque vague de chaleur qui se produit aujourd’hui est rendue plus probable et plus intense par le changement climatique. Pour quantifier l’effet du changement climatique sur ces températures élevées, l’étude d’attribution rapide a analysé les observations et les simulations informatiques pour comparer le climat tel qu’il est aujourd’hui, après environ 1,2°C (2,2°F) de réchauffement global depuis la fin des années 1800, avec le climat du passé, en suivant des méthodes évaluées par des pairs.
Les températures extrêmes rencontrées étaient bien en dehors de la plage des températures observées dans le passé, ce qui rend difficile de quantifier exactement à quel point l’événement est rare dans le climat actuel et combien il l’aurait été sans le changement climatique d’origine humaine – mais les chercheurs ont conclu qu’il aurait été ” pratiquement impossible » sans influence humaine.
L’étude a été menée par 27 chercheurs, dont des scientifiques d’universités et d’agences météorologiques au Canada, aux États-Unis, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suisse, en France et au Royaume-Uni, dans le cadre du groupe World Weather Attribution. Il s’agit d’une collaboration internationale qui analyse et communique l’influence possible du changement climatique sur les événements météorologiques extrêmes, tels que les tempêtes, les précipitations extrêmes, les vagues de chaleur, les vagues de froid et les sécheresses.
“Ce que nous voyons est sans précédent. Vous n’êtes pas censé battre des records de quatre ou cinq degrés Celsius (sept à neuf degrés Fahrenheit). C’est un événement tellement exceptionnel que nous ne pouvons pas exclure la possibilité que nous soyons en train de vivre des chaleurs extrêmes aujourd’hui auxquelles nous ne nous attendions qu’à des niveaux plus élevés de réchauffement climatique », a déclaré Friederike Otto, de l’Environmental Change Institute de l’Université d’Oxford.
“Alors que nous nous attendons à ce que les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus intenses, il était inattendu de voir de tels niveaux de chaleur dans cette région. Cela soulève de sérieuses questions quant à savoir si nous comprenons vraiment comment le changement climatique rend les vagues de chaleur plus chaudes et plus meurtrières”, a commenté Geert Jan van Oldenborgh de l’Institut météorologique royal des Pays-Bas.
Les chercheurs ont trouvé deux explications alternatives sur la façon dont le changement climatique a rendu la chaleur extraordinaire plus probable. Une possibilité est que, bien que le changement climatique ait rendu une vague de chaleur aussi extrême plus susceptible de se produire, cela reste un événement très inhabituel dans le climat actuel. Sécheresse préexistante et conditions de circulation atmosphérique inhabituelles, connues sous le nom de « dôme de chaleur », combinées au changement climatique pour créer des températures très élevées. Dans cette explication, sans l’influence du changement climatique, les températures maximales auraient été inférieures d’environ 2 °C (3,6 °F).
Tant que les émissions globales de gaz à effet de serre ne seront pas stoppées, les températures mondiales continueront d’augmenter et des événements comme ceux-ci deviendront plus fréquents. Par exemple, même si la hausse de la température mondiale est limitée à 2 °C (3,6 °F), ce qui pourrait se produire dès 2050, une vague de chaleur comme celle-ci se produirait environ une fois tous les 5 à 10 ans, ont constaté les scientifiques.
Une autre explication possible est que le système climatique a franchi un seuil non linéaire où une petite quantité de réchauffement global de la planète provoque désormais une augmentation des températures extrêmes plus rapide que celle observée jusqu’à présent – une possibilité à explorer dans de futures études. Cela signifierait que des vagues de chaleur record comme l’événement de la semaine dernière sont déjà plus susceptibles de se produire que ne le prévoient les modèles climatiques. Cela soulève des questions sur la capacité de la science actuelle à saisir le comportement des vagues de chaleur dans le cadre du changement climatique.
L’événement envoie un avertissement fort que des températures extrêmes, bien en dehors de la plage de température actuellement attendue, peuvent se produire à des latitudes aussi élevées que 50 ° N, une plage qui comprend tous les États-Unis, la France, certaines parties de l’Allemagne, de la Chine et du Japon.Les scientifiques avertissent que les plans d’adaptation devraient être conçus pour des températures bien au-dessus de la plage déjà observée dans un passé récent.
« Aux États-Unis, la mortalité liée à la chaleur est la première cause de mortalité liée aux conditions météorologiques, mais presque tous ces décès sont évitables. Les plans d’action contre la chaleur peuvent réduire la morbidité et la mortalité actuelles et futures liées à la chaleur en augmentant la préparation aux urgences liées à la chaleur, y compris les systèmes d’alerte précoce et d’intervention en cas de canicule, et en donnant la priorité aux modifications de notre environnement bâti afin qu’un avenir plus chaud ne soit pas mortel. – Kristie L. Ebi, Centre pour la santé et l’environnement mondial, Université de Washington.
“C’est incroyable de voir ce que nous avons réalisé en un peu plus d’une semaine, avec 27 scientifiques et experts locaux impliqués dans cette attribution rapide des instituts de recherche et des agences météorologiques. La combinaison des connaissances et des données de modèles du monde entier augmente la confiance dans les résultats de l’étude approfondie. ” – Sjoukje Philip & Sarah Kew, chargés d’études, Institut météorologique royal des Pays-Bas (KNMI).
L’OMM recommande donc d’adapter notre société à des températures bien supérieures à celles vécues jusqu’à présent. Actuellement, il fait aussi exceptionnellement chaud, plus de 30°C, au Nord de l’Europe, en Scandinavie, et en Sibérie. L’Irak a aussi connu des températures record, difficilement supportables. Nous devons être rapidement prêts à affronter des vagues de chaleur de 50 degrés en Europe. Il faut des plans d’urgence pour l’année prochaine, et des bâtiments adaptés dès que possible. Cela devrait être réalisable en trois ans.
D’autre part, le réchauffement pourrait être plus grave que prévu par le GIEC. Certaines des conséquences prévues pour 2100 se produisent déjà, telles que cette vague de chaleur, ainsi que les canicules et les immenses feux de forêt d’Australie de l’année passée. Les glaciers fondent aussi plus vite que prévu. Le nombre de tornades s’accroît vite dans les grands orages, et les plus grands ouragans deviennent plus fréquents. Depuis quelques années, je rapporte des événements météorologiques étonnants, inattendus, et ils sont nombreux. Ils soulignent tous le risque que le réchauffement ne soit plus rapide que prévu. Cette semaine, l’OMM demande des études supplémentaires pour comprendre comment la Terre réagit au changement de température. Ces études sont essentielles pour notre sécurité. La réponse de la Planète pourrait être plus brutale que les prévisions actuelles ne le laissent supposer. Gardons les yeux grands ouverts! Le climat pourrait être totalement bouleversé.