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Comment fait t-on pour déterminer quand et où auront lieu les éclipses de Soleil ?
Brunilde (17 ans, Hubert-Folie, France)
jeudi 29 avril 2010, par
Bonjour Brunilde,
Aujourd’hui, les positions respectives du Soleil, de la Terre et de la Lune sont simplement calculées par ordinateur pour n’importe quel moment dans le passé ou l’avenir, ce qui permet de prévoir - à la seconde près - à quel instant l’ombre de notre satellite naturel balaiera un point précis de notre planète. Mais évidemment l’usage de l’ordinateur est récent, alors que la prévision des éclipses remonte à... plusieurs millénaires.
La terreur inspirée par les éclipses, tant de Soleil que de Lune, a toujours incité les hommes à tenter de les prédire. Donc, à les observer et à consigner ces observations. Ce sont, semble-t-il, les Chaldéens qui ont rédigé les premières relations de ces événements, et le premier récit connu date de 762 avant J-C. Très vite (enfin bon, disons en quelques siècles...), des tables ont été dressées et les observations comparées, et on s’est aperçu que les dates d’éclipse revenaient à intervalle régulier.
Cet intervalle est aujourd’hui appelé Saros, et représente une période de 6585 jours exactement, soit 18 ans et 10, 11 ou 12 jours (suivant le nombre d’années bissextiles), au bout de laquelle les éclipses se reproduisent dans le même ordre et aux mêmes lunaisons (il y a 223 lunaisons dans un Saros). L’heure de l’éclipse peut aussi être prédite avec une grande précision, car elle correspond toujours exactement à l’instant de la Pleine Lune (cas d’une éclipse de Lune) ou à la Nouvelle Lune (cas d’une éclipse de Soleil).
L’endroit précis d’où l’éclipse de Soleil sera visible sur Terre peut aussi être extrapolé facilement si on dispose d’une première observation. Il a en effet été remarqué très tôt dans l’histoire qu’entre deux éclipses similaires de deux Saros consécutifs, donc séparées de 6585 jours, la Terre avait accompli sur elle-même exactement un nombre entier de tours plus un tiers de tour. La circonférence du globe étant divisée en 360 , il suffit donc de reporter le tracé de l’éclipse précédente en le décalant de 120 vers l’ouest pour connaître la prochaine zone de visibilité.
Évidemment, ces méthodes purement mathématiques peuvent aujourd’hui paraître archaïques, mais elles étaient utilisées avec succès alors même que le fait que la Terre tourne autour du Soleil n’était qu’une hypothèse parmi d’autres !
Avec toutes mes amitiés, Jean