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Les parlementaires italiens qui débattent de la future loi sur la reproduction assistée doivent avoir de la peine à faire abstraction de leur sulfureux compatriote Severino Antinori, «accoucheur de grands-mères» devenu candidat «cloneur humain». Médiatique et provocateur, le spécialiste de la procréation personnifie à merveille le dérapage possible, l'excès, l'amoralisme. Au lendemain de l'adoption du texte par la chambre des députés, le 26 juin dernier, les peines qui pourraient lui être appliquées figuraient dans tous les comptes rendus.Ainsi, selon le projet de loi, «quiconque tentera d'obtenir un être humain à partir d'une cellule unique de départ», autrement dit tentera de cloner l'homme, encourra une peine de 10 à 20 ans d'emprisonnement, ainsi qu'une amende jusqu'à un million d'euros. Fidèle à son rôle, Severino Antinori a déclaré que cette disposition ne le concernait pas, puisque deux cellules, un ovocyte et une cellule somatique donneuse de chromosomes, sont nécessaires à un clonage par transfert de noyau.Le texte, qui doit encore être adopté par le sénat, punit également le recours à la procréation assistée pour des couples qui ne sont pas en «âge d'être fertiles». Ainsi, celui qui avait gagné sa renommée en donnant des enfants à des femmes ménopausées risquerait entre 200 000 et 400 000 euros d'amende s'il faisait de nouvelles «grands-mères mères».Ces dispositions ont tendance à éclipser d'autres éléments du texte, qui, eux, concernent déjà un grand nombre de couples. Ainsi, le projet de loi interdit toute fécondation hétérologue. Seuls les gamètes du couple lui-même pourraient être utilisés. Les couples qui enfreindraient cette disposition ne seraient pas punis, mais leurs médecins passibles d'une amende de 600 000 euros et d'une suspension d'un à trois ans.La production d'embryons humains à des fins de recherche serait bien entendu interdite, mais l'expérimentation sur l'embryon humain pas totalement exclue, à condition qu'elle poursuive des buts exclusivement thérapeutiques. L'oppo-sition de gauche critique un texte qu'elle juge «rétrograde», peu respectueux des femmes. Elle lutte toutefois contre une loi qui pourrait bien bénéficier d'une réputation «anti- Antinori». Un effet paradoxal possi-ble des provocations du spécialiste italien.