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"Un mouvement de contestation d'un dictateur a deux fois plus de chances d'aboutir s'il est non-violent": c'est l'hypothèse de la politologue américaine.
, docteure en sociologie à l'Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris, partage ce point de vue: "Lorsqu'on n'a jamais participé à une action collective, on a plus de chance de participer à une action collective non-violente qu'à une action violente. C'est une question aussi qui peut se poser sur la participation en général à un mouvement social. On est toujours plus disposé à participer lorsque le coût de la participation est moindre, que si le coût est très élevé – comme le fait de participer à une action violente".
Pour la sociologue, ce qui compte aussi, c'est le parcours personnel des gens: si l'on vient d'une famille politisée, on aura sans doute plus de chance de l'être aussi.
Le rôle des réseaux sociaux
Maricel Rodriguez Blanco observe le rôle toujours plus important des réseaux sociaux. Ils drainent du monde en Biélorussie mais aussi dans les mouvements de femmes en Amérique latine: "C'est via ces réseaux que les revendications ont pu se diffuser plus largement et toucher des parties plus larges de la population, notamment des populations qui ne sont pas habituellement prêtes à s'engager ou à participer activement, voire qui n'ont jamais manifesté, et qui le font pour la première fois".
Des réseaux sociaux et des mouvements pacifiques qui font grossir les rangs de la contestation.
Pourtant, c'est souvent une toute petite proportion de la population d'un pays qui se mobilise. Selon Erica Chenoweth, la révolution au Soudan a mobilisé moins de 2,5% de la population nationale, mais elle a tout de même conduit il y a un an et demi à la chute du président Omar El Béchir.
Pauline Rappaz/sjaq