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Le président de la Confédération, Moritz Leuenberger, a qualifié l'accord obtenu lundi à la conférence climatique de Bonn de «pas certes modeste mais dans la bonne direction». La Suisse et l'Union européenne ont dû faire d'importantes concessions pour sauver le Protocole de Kyoto.Ce contenu a été publié le 23 juillet 2001 - 18:37
Le président de la Confédération, Moritz Leuenberger, a qualifié l'accord obtenu lundi à la conférence climatique de Bonn de «pas certes modeste mais dans la bonne direction». La Suisse et l'Union européenne ont dû faire d'importantes concessions pour sauver le Protocole de Kyoto.
Moritz Leuenberger a d'ailleurs regretté que la position ambitieuse défendue par son gouvernement n'ait pas été suivie par l'ensemble des participants. Mais, comme l'a rappelé le chef de la délégation suisse Philippe Roch, l'espoir de trouver une solution était quasiment nul il y a quelques semaines.
L'assouplissement des positions défendues par Berne et Bruxelles a donc permis à l'ensemble des délégations des 180 pays réunis à Bonn de s'entendre sur les quatre points cruciaux du Protocole de Kyoto. «Les Etats-Unis n'ont finalement pas réussi à donner le coup de grâce au Protocole», a d'ailleurs estimé l'organisation écologiste Greenpeace.
Une aide pour les pays du Sud
Concrètement, un fond spécial en faveur des pays en développement sera prochainement établi. Il devrait permettre aux pays du Sud de faire face aux changements climatiques, d'obtenir des technologies propres et de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre.
La Suisse, l'Union européenne, le Canada, l'Islande, et la Norvège se sont également engagés en faveur d'un fond additionnel de 410 millions de dollars qui permettra aux pays en développement de s'adapter au protocole de Kyoto.
La conférence de Bonn a également réussi à obtenir un consensus sur les puits de carbone. La prise en compte des forêts et des terres cultivées a été élargie, alors que la Suisse et l'Union européenne y étaient initialement opposées.
Les 180 délégations ont en outre approuvé une série de règles baptisées «mécanisme de développement propre». Ces mesures permettent par exemple à un pays de comptabiliser le financement de projets environnementaux dans les pays du Sud dans son bilan de réduction des gaz à effet de serre.
Mécanisme de contrôle
L'accord de Bonn a enfin permis de mettre en place un mécanisme de contrôle qui permettra, à terme, de sanctionner les pays qui ne respectent pas le Protocole de Kyoto dont le but est réduire, d'ici à la fin de la décennie, les émissions de gaz à effet de serre au niveau atteint par les pays industrialisés en 1990.
Reste que l'accord obtenu lundi après 25 heures de négociations est loin d'avoir tout régler. «Nous avons les décisions de bases. Mais il reste encore beaucoup de détails à fixer», relève Beat Nobs, chef des négociateurs de la délégation suisse. Un travail qui va occuper les délégations jusqu'à la fin de la conférence de Bonn, soit vendredi prochain.
Frédéric Burnand
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