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En milieu anglo-saxon, le théisme est représenté et défendu, notamment, par Richard Swinburne. Dans son ouvrage Y a-t-il un Dieu ? [1], il se propose de montrer que le théisme est la théorie susceptible de fournir la meilleure explication conciliant les mécanismes de l’évolution biologique et du développement de l’Univers, d’une part, et la foi en Dieu, d’autre part ; dans le but d’établir le caractère intrinsèquement rationnel du théisme et de rendre significative sa probabilité d’être vrai.
Pour ce faire, il adopte pour méthode la démarche qui a
cours dans le monde scientifique selon laquelle on recueille des
données et à partir de ces données, on élabore une théorie
susceptible de leur donner la meilleure explication [lien
hypertexte avec C3]. Et Swinburne reconnaît quatre critères
auxquels cette théorie doit répondre :
a) conduire à prévoir des observations nombreuses et variées
b) proposer quelque chose de simple
c) s’accorder avec le contexte de nos connaissances
d) n’avoir pas de loi concurrente satisfaisant aussi bien aux critères 1 à 3 ; autrement dit, sans elle, nous ne nous attendrions pas à découvrir les événements qu’elle prévoit.
Swinburne soumet donc le théisme à ces quatre critères, après avoir défini ce qu’il entend par « Dieu ».
Dieu est à comprendre comme un être personnel : il
nourrit des pensées, il poursuit des buts, il est capable d’agir.
Mais il se distingue des personnes humaines, en ce sens qu’il est
au-delà du masculin et du féminin et qu’il a des propriétés
spécifiques essentielles :
- il est tout puissant ; mais sa toute-puissance a une limite : il ne peut réaliser ce qui est logiquement contradictoire
- il est omniscient ; il sait tout ; mais son omniscience a une limite : il ne peut pas savoir qu’il est logiquement impossible de savoir
- il est parfaitement et infiniment libre.
- il est éternel ; au sens de ‘sempiternel’, plutôt que de ‘intemporel’ ».
De ces propriétés fondamentales découlent des propriétés essentielles dérivées : il est incorporel ; il est omniprésent ; il est créateur de l’univers ; il est parfaitement et infiniment bon ; il est source d’obligations morales.
Le théisme qui admet cette représentation de Dieu représente l’explication ultime qui correspond le mieux aux critères posés pour les explications et qui a donc la plus grande probabilité de vérité. En effet, l’idée d’un Dieu qui a une capacité d’action, une connaissance et une liberté infinies, est une hypothèse simple, la plus simple possible ; elle permet de tout expliquer, elle nous conduit à nous attendre au monde tel que nous le découvrons, alors que sans elle nous n’aurions aucune raison de nous attendre à découvrir un tel monde.
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[1] Traduction de Paul Clavier, les éditions d’Ithaque, Paris 2009