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Pour Donald Trump, c'est quasiment sûr, Joe Biden sera le candidat démocrate à la présidentielle de novembre. Mais il compte déjà un adversaire bien plus dangereux: le coronavirus, qui perturbe la campagne électorale et plonge le pays dans l'incertitude.
Il y a un peu plus d'une semaine, le milliardaire républicain se sentait serein avec une Bourse qui battait des records et des indicateurs au beau fixe. Il multipliait les meetings pour sa réélection, ironisant à chaque fois devant des milliers de fervents partisans sur la division du parti démocrate, bien en peine de se trouver un candidat. Mais la donne a radicalement changé depuis l'explosion des cas de coronavirus sur le sol américain.
Le pays vit au rythme des restrictions de voyage et des mesures de confinement, l'économie de la première puissance mondiale a plongé et le risque de récession est réel. La peur a remplacé l'optimisme.
La lutte contre la propagation de l'épidémie a contraint Donald Trump à interrompre sa campagne électorale et à renoncer à ses meetings qui électrisaient ses partisans. En face, l'ancien vice-président Joe Biden a réalisé un retour en fanfare. Avec 19 victoires sur 27 scrutins de la primaire démocrate, elle aussi chamboulée par le coronavirus, il a rassemblé le camp des modérés et a pris un avantage presque insurmontable face au "socialiste" Bernie Sanders dans la course à l'investiture.
Et contre le Covid-19, M. Biden n'hésite pas à rappeler son expérience de vice-président de Barack Obama. Il avait alors participé à la lutte contre Ebola et géré le plan de sauvetage de l'économie américaine après la crise financière de 2008.
"Le prochain président devra sauver notre réputation, reconstruire la confiance en nos dirigeants, et mobiliser notre pays et nos alliés pour faire face rapidement aux nouveaux défis, comme les pandémies à venir", a-t-il affirmé. "Nous avons besoin d'un dirigeant qui sera prêt dès le premier jour" de son mandat, a ajouté Joe Biden.
Trump "en guerre"
Donald Trump, en revanche, affronte les critiques pour la réponse initiale de son gouvernement face à l'épidémie. Mardi, un sondage NPR/PBS/Marist indiquait que 60% des Américains n'avaient pas ou peu confiance dans ses déclarations sur la crise. Pendant plusieurs semaines, il a paru minimiser les risques, affirmant notamment que le virus n'était pas aussi dangereux que la grippe saisonnière et qu'il allait disparaître aux beaux jours.
Au-delà des déclarations sur le "virus chinois", qui rappellent sa stigmatisation des immigrés mexicains lors de la campagne 2016, ce sont les ratés dans la mise au point et la distribution des kits de dépistage qui ont fait bondir ses opposants et les experts. Touché par cette mauvaise presse, l'ancien homme d'affaires a fait volte-face. Il a annoncé un plan massif d'aide à l'économie de 1000 milliards de dollars et s'est présenté comme un président "en temps de guerre" face à un "ennemi invisible".
"Toutes les générations d'Américains ont dû faire des sacrifices pour le bien de la nation", a-t-il déclaré en rappelant la mobilisation pendant la Deuxième guerre mondiale.
"J'espère"
L'ode au patriotisme ("l'Amérique d'abord") et la confiance dans une victoire finale ont remis Donald Trump sur pied. C'est ce message qui l'avait fait élire en 2016 et qu'il compte réutiliser pour être réélu. Après avoir interdit les arrivées en provenance de Chine, puis d'Europe, il a annoncé la fermeture de la frontière terrestre avec le Canada, une stratégie du repli choisie par de nombreux pays pour arrêter la pandémie.
Pourtant, ce qui décidera du vainqueur en novembre n'est probablement pas la façon dont le coronavirus est battu, mais quand. Avant l'été, Donald Trump pourra crier victoire en espérant une reprise économique rapide. Il pourrait même bénéficier d'une vague de sympathie pour sa gestion de la crise.
Si le virus s'avère coriace, la reprise devra attendre. Il pourrait aussi, comme la grippe espagnole, revenir à l'automne juste avant l'élection. "Cela va repartir", a assuré M. Trump à la Maison Blanche en évoquant l'économie post-virus. "Un jour, on sera peut-être ici et on dira: on a gagné".
"Et nous allons gagner plus vite que les gens le croient", a-t-il affirmé aux journalistes, avant d'ajouter: "j'espère".
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