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Le romantisme me paraît valoir surtout quand l’âme individuelle parvient à se relier à un tout transcendant; sinon, il court le risque de demeurer prisonnier d’un cercle idéal, clos sur lui-même. La spirale qui monte jusqu’à l’Être suprême, je crois, est préférable, pour la vie mystique, à ce cercle parfait!
Celui qui, pour ce qui est de sa propre âme, a une vision dominée par un tel cercle, expression d’un temps figé au sein d’un espace pur, gagne en réalité à ne pas être poète, en tout cas pas une sorte de poète romantique. Le mieux qu’il puisse faire est de se trouver une perspective dans l’action sociale. Car le cercle élargi de la société devient dans son esprit une ouverture, une extériorisation qui le prolonge au moins dans un tout social cohérent situé au-delà de lui-même. C’est là l’héritage de l’ancienne Rome, qui voyait les choses essentiellement de cette manière: c’est ce qu’on dira être raisonnable.
Si une personne qui voit les choses ainsi tient absolument à faire de la poésie, elle doit éviter le romantisme, et préférer l’école néoclassique, issue, par exemple, de Paul Valéry, lequel mettait la divine Raison au-dessus de tout: comme Ulysse, il vénérait Athéna, la déesse née de la tête de Zeus! Au demeurant, la plupart des poètes contemporains reconnus et installés dans leur statut de poètes ont pris ce pli: il faut l’admettre.