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La « Katharina » de Jérôme Richier à la Comédie de Genève est décevante, malgré de belles trouvailles de mise en scène, malgré la Katharina de Céline Bolomey, malgré le livre d'Heinrich Böll et le film de Volker Schlöndorff et Margarethe von Trotta, réduits à une démonstration plombée sur les années de plomb. Peu importe : le pari était risqué, mais valait la peine d'être tenté et vaut la peine d'être vu. Parce qu'il porte une mémoire à retrouver. Celle d'un temps où Heinrich Böll, Prix Nobel de littérature en 1972, se mit au service d'une « certaine idée » de la cohérence en défendant, au nom de principes qui étaient les siens et pas les leur, et sous des torrents de boue déversés sur lui par la presse de poubelle, les membres de la Rote Armee Fraktion prisonniers de l'Etat allemand. C'était il y a trente-cinq ans. Et Anne Bisang a raison de rappeler que l'histoire peut bégayer, et on ne perdra pas son temps à se l'entendre rappeler.