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Espace Et si la 9e planète du système solaire n'existait pas?
Le lointain corps céleste qui serait responsable de certaines anomalies gravitationnelles pourrait n'être qu'un tas de débris.
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Combien de planètes composent notre système solaire? Jusqu'à la découverte en 1930 de la plus lointaine du soleil, Pluton, on en était à huit. Puis, lors de l'observation à la fin du XXe siècle de nombreux objets transneptuniens (plus loin que Neptune) dont certains presque de la taille de Pluton, le statut de planète de cette dernière fut remis en question. Avant d'être abandonné en 2006. Un mouvement de réhabilitation a été lancé l'an dernier, sans résultat concret pour l'instant.
Donc, le système solaire compte officiellement huit planètes aujourd'hui. Sauf que, parmi la trentaine d'objets transneptuniens recensés, certains ont des orbites curieuses qui ne s'expliquent pas avec un système à huit planètes. En 2016, des scientifiques ont avancé l'hypothèse que de telles anomalies étaient dues à la présence d'une neuvième planète inconnue, dix fois plus grande que la Terre. Cette planète 9 serait tellement éloignée du soleil qu'elle n'en recevrait quasi aucune lumière, ce qui expliquerait qu'on ne l'ait pas encore observée.
Un disque d'objets glacés
Mais Antranik Sefilian de l'Université de Cambridge et Jihad Touma de l'Université de Beyrouth viennent de publier une autre théorie dans «The Astronomical Journal». En fait, il y aurait bien quelque chose qui influencerait les orbites de ces objets transneptuniens, mais il ne s'agirait pas d'une planète. Ce serait un gigantesque disque en rotation, constitué d'objets glacés, situé au-delà de l'orbite de Neptune. Pour que ce disque ait l'influence requise, la masse totale de ses débris devrait être équivalente à celle de la Terre. Alors que la masse totale des objets transneptuniens est aujourd'hui estimée à un dixième seulement de celle de notre planète.
Au-delà de Neptune, on trouve la ceinture de Kuiper, constituée des débris résultant de la formation de notre système solaire. Selon les deux scientifiques, il serait donc plus naturel et moins «dramatique» d'opter pour la solution d'une ceinture de Kuiper plus conséquente qu'escomptée au lieu d'imaginer une planète géante cachée. Les observations d'autres systèmes solaires ont souvent révélé la présence d'énormes quantités de débris à leur ceinture. Il ne serait donc pas étonnant que le système solaire en ait également. Et si nous ne les avons pas encore repérés dans leur totalité, c'est parce qu'il est plus difficile de les observer depuis l'intérieur du système.
Selon ZME Science, Mike Brown, qui a avancé la théorie d'une 9e planète, conteste celle du disque. Selon lui, un tel disque de débris ne pourrait survivre des milliards d'années dans un système solaire dynamique.
Les deux solutions sont possibles
Mais Antranik Sefilian, lui, n'exclut rien, pas même la possibilité que coexistent à la fois un disque de débris et une 9e planète. Chaque découverte de nouvel objet transneptunien permettra, en étudiant son comportement, d'en déduire davantage sur ce qui pourrait l'influencer. (Le Matin)
Créé: 29.01.2019, 19h50