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Martin Ziegelmüller
27 juillet 2015 – 22 novembre 2015
Martin Ziegelmüller
27.7.2015-22.11.2015
La gravure occupe une place importante dans l’œuvre de Ziegelmüller. Il considère ce médium comme une soupape : « [elle] me permet de libérer la pression des idées qui perturberait sinon sensiblement ma peinture. […] Mon œuvre imprimé révèle aussi que j’ai développé parallèlement au fil du temps un humour noir. Cela permet de garder la distance nécessaire. La fabulation constitue un enrichissement pour l’art imprimé ; en peinture, l’humour représente souvent un poids. » Afin que l’immédiateté du dessin ne se perde pas, Ziegelmüller travaille directement sur une plaque de cuivre préalablement apprêtée d’un vernis d’asphalte. Dans le cycle Teilchenbeschleuniger, il allie d’une façon technique et thématique les connaissances qu’il a assimilées depuis des dizaines d’années. Il utilise sciemment les erreurs qu’il considère comme des impulsions créatives grâce auxquelles il peut expérimenter d’autres idées.
Les groupes d’œuvres Rauch der Hexenfeuer et Teilchenbeschleuniger se composent respectivement de onze et huit cycles. Même si 20 ans séparent les deux cycles, on peut y voir une évolution lorsque l’on confronte les deux travaux. En outre, des thèmes que Ziegelmüller a toujours réétudiés depuis ses premières estampes y sont traités – comme par exemple des paysages, des animaux et des scènes apocalyptiques. Rauch der Hexenfeuer a été motivé par les atrocités commises durant les guerres de Yougoslavie qui, pour Ziegelmüller, présentent une grande ressemblance avec les chasses aux sorcières du Moyen-Âge. Il reste que cette situation spécifique n’est qu’indirecte dans les œuvres graphiques Rauch der Hexenfeuer. Elles montrent cependant un large éventail de figures, un important cosmos de sentiments humains et différentes perspectives de nos relations les uns avec les autres. Dans Rauch der Hexenfeuer, l’artiste est capable de rendre visible des choses que l’on ne veut ou que l’on ne peut pas voir, des émotions comme l’avidité, la haine ou la peur.
Inspiré du CERN, Teilchenbeschleuniger présente certes des physiciens entourés d’appareils dans leur laboratoire, toutefois, comme Rauch der Hexenfeuer, le groupe d’œuvres demeure une métaphore plus vaste. Pour Martin Ziegelmüller, il était clair que le cycle prendrait pour thème « des choses que nous connaissons sans même les voir. Nous savons que l’atome existe, mais personne n’en a encore jamais vu un. Cela exerce une influence énorme sur nous, car nous savons que le monde est à vrai dire bien différent de la vision que nous en avons. » L’évolution est représentée par une méthode et un art abstraits, à propos du mouvement, de la lumière et de l’obscurité. L’artiste connecte notre passé avec un futur possible à travers la confrontation des paysages romantiques et immémoriaux et des villes très contemporaines. Dans le dernier cycle, on peut également visualiser cette superposition du passé, du présent et du futur dans la représentation d’une faille cristalline. Le cristal ne rend pas seulement visible les pensées des physiciens, mais résonne aussi comme un écho de Rauch der Hexenfeuer dans les dernières feuilles du cycle Teilchenbeschleuniger. Les points communs entre les deux cycles sont présents dans le discours de Ziegelmüller : « Dans le cas de ces deux dernières failles cristallines, je savais que je devais atteindre quelque chose qui avait ainsi commencé dans le cycle Rauch der Hexenfeuer, mais qui ne s’était encore jamais pleinement épanoui. On y voit des grottes, des vagins, quelque chose de menaçant… »
Avec l’aimable soutien de la Fondation Collection Centre d’art CentrePasquArt (Alice Meier Fonds).
Publication : Dans le cadre de l’exposition paraît une publication généreusement soutenue par Heinz Trösch.
Commissaire de l’exposition : Felicity Lunn, directrice Centre d’art CentrePasquArt Bienne