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Le chanvre fait une percée dans l’industrie automobile
« Ce n’est qu’un début pour l’industrie, mais la diversification et les usages possibles du chanvre emballent beaucoup les producteurs », dit-il.
Selon un rapport de Santé Canada, en 2002, 1 555 hectares étaient exploités sous permis par 169 agriculteurs canadiens. Ces dernières années, la production a connu une hausse particulière au Manitoba.
La polyvalence du chanvre n’est plus à prouver. Du point de vue alimentaire, il existe un nombre incalculable de produits du chanvre sains et savoureux dans les magasins d’alimentation de toutes sortes.
Entre-temps, les personnes à la mode déambulent dans les villages et les villes du Canada et du monde entier fièrement vêtues de chapeaux, de chaussures, de chemises et de pantalons en chanvre de toutes tailles, formes et couleurs.
Maintenant, il semblerait que le moment soit venu pour cette fibre naturelle de percer du côté de l’industrie automobile.
« L’idée d’employer des fibres naturelles comme le chanvre pour remplacer la fibre de verre et d’autres matériaux de renforcement des automobiles nous vient de l’Allemagne. Vers le début des années 1990, ce concept a été adopté en tant que méthode de fabrication courante dans de nombreuses voitures européennes », explique Geof Kime, président-fondateur de Hempline Inc.
« Le chanvre aide non seulement à réduire le poids des pièces, mais également les coûts. Des entreprises comme Mercedes, BMW, Volvo et Fiat-Renault s’en servent depuis un bon bout de temps. Puis, il y a six ans environ, certains fabricants nord-américains se sont mis à mélanger une fibre naturelle comme le chanvre ou le lin aux polypropylènes et aux plastiques. »
Ce matériau composite est chauffé et comprimé pour en faire des morceaux moulés à trois dimensions. Il est le plus souvent utilisé pour les garnitures intérieures comme les panneaux de portières, les accoudoirs moulés, le bas de la surface vitrée arrière, les garnitures de pavillon, les doublures de coffres de voiture et les tableaux de bord.
Maintenant que cette technologie est mieux acceptée et que le coût du carburant est plus élevé que jamais, les producteurs de chanvre canadiens commencent à voir des avantages du fait que leurs produits du chanvre se vendent à des prix concurrentiels. Dans l’industrie automobile, le mouvement se porte maintenant vers l’extérieur du véhicule.
« La Ford Motor Company s’affaire depuis un certain temps à mettre au point de nouvelles technologies faisant appel à des fibres naturelles. Par conséquent, elle essaie maintenant de trouver de nouvelles applications pour l’extérieur de ses véhicules, avoue M. Kime. Je ne suis pas exactement de quelle pièce il s’agit, mais je sais que ce sera une pièce extérieure. Ce sera sûrement une pièce mineure. »
« L’aspect de la production alimentaire du chanvre continue de gagner en popularité, tandis que l’aspect de la production de la fibre, qui demande plus de capital, s’établit plus lentement. Du point de vue alimentaire, la teneur en huile de ce grain est très saine car elle contient des omégas trois et six ainsi que de bonnes protéines. »
Selon M. Kime, bien que le secteur de l’automobile jouera un grand rôle dans l’avenir de l’industrie de la fibre de chanvre, il ne s’agira pas là du seul marché.
« Le secteur de l’automobile a été le premier à faire sa marque en raison de son pouvoir d’achat et des montants qu’il est en mesure d’investir dans la recherche, mais il faut préciser que cette même technologie peut s’appliquer à bien d’autres choses, explique-t-il. Par exemple, l’industrie de la construction a une énorme demande pour des matériaux durables et renouvelables. Il s’agit là d’un autre marché qui compte de nombreux débouchés. Et il y a aussi l’industrie des articles de sport. »
Voilà d’excellentes nouvelles pour un producteur comme Dan Scheele d’Ingersoll, qui cultive dix acres de chanvre Anka et qui a récemment organisé l’Ontario Hemp Alliance Field Day 2005.