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Selon le Wasington Post, le sénateur Jeff Sessions, actuel ministre de la Justice, a eu deux conversations avec l'ambassadeur russe Sergueï Kislyak durant la campagne présidentielle (archives).
KEYSTONE/AP/ALEX BRANDON(sda-ats)
L'actuel ministre américain de la justice Jeff Sessions s'est entretenu à deux reprises avec l'ambassadeur russe à Washington pendant la campagne présidentielle, selon le Washington Post. Il a en outre passé sous silence ces rencontres lors de son audition au Sénat.
Dans la foulée de ces révélations, la cheffe des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a appelé le ministre à démissionner. "Maintenant, après avoir menti sur ses propres communications avec les Russes alors qu'il avait prêté serment devant le Congrès, l'Attorney general doit démissionner", a-t-elle déclaré dans un communiqué.
Selon le Post, Jeff Sessions et l'ambassadeur russe Sergueï Kislyak se sont notamment parlés en privé le 8 septembre, dans le bureau du sénateur. Et ce au sommet de la campagne présumée de cyberattaques russes dénoncée par les services de renseignement américains.
Dans un communiqué publié mercredi soir, M. Sessions a toutefois démenti avoir discuté de questions de campagne avec des responsables russes. "Je n'ai aucune idée de ce que cette allégation veut dire. C'est faux", déclare-t-il.
Influent conseiller
En tant qu'"Attorney general", Jeff Sessions supervise le département de la Justice et le FBI, à la pointe des enquêtes sur les cyberattaques russes présumées et d'éventuels liens entre le Kremlin et les équipes Trump.
Au moment de ses rencontres avec Sergueï Kislyak, en juin et en septembre, Jeff Sessions était membre de la commission des services armés du Sénat. Il comptait parmi les plus influents conseillers de Trump en matière de politique étrangère, selon le journal. Il a rejoint la campagne du candidat républicain en février 2016.
"Rien de trompeur"
Lors de son audition au comité judiciaire du Sénat, Sessions s'est vu demander par le sénateur démocrate Al Franken ce qu'il ferait s'il apprenait que quiconque affilié à la campagne Trump avait communiqué avec le gouvernement russe avant l'élection présidentielle.
"Je ne suis au courant d'aucune de ces activités", avait répondu le sénateur à l'époque, selon le Post, avant d'ajouter: "J'ai été appelé en remplaçant une fois ou deux dans cette campagne et je n'ai pas eu de communications avec les Russes."
Sa porte-parole, Sarah Isgur Flores, a expliqué au Post que le ministre de la Justice ne considérait pas comme pertinentes ses conversations avec Kislyak au regard des questions du Sénat. Jeff Sessions ne se rappelle plus le détail des entretiens, a-t-elle ajouté. "Il n'y avait absolument rien de trompeur dans sa réponse", estime-t-elle dans les pages du Post.
"Il a été interrogé pendant l'audition sur des communications entre la Russie et la campagne Trump, pas sur des réunions organisées en tant que sénateur et membre de la commission des services armés du Sénat", poursuit-elle. Le Sénat américain a confirmé le 9 février le sénateur républicain à la tête du département de la Justice.
Comité spécial d'enquête
Ces révélations pourraient relancer les appels à la création d'un comité spécial pour enquêter sur le rôle de la Russie dans l'élection présidentielle du 8 novembre. Une commission parlementaire est pour le moment chargée d'examiner les liens présumés entre la Russie et la campagne de Donald Trump.
Le conseiller présidentiel à la sécurité nationale Michael Flynn été contraint de quitter l'équipe de Donald Trump, seulement trois semaines après son entrée en fonction. Et ce, en raison de révélations sur une conversation qu'il a eue avec le même ambassadeur, avant l'investiture de l'homme d'affaires, sur une éventuelle levée des sanctions contre Moscou.
ATS