Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07211.jsonl.gz/1022

Gianni Infantino ne ferme pas la porte à un déménagement du siège de la FIFA loin de Zurich.
Le président l'a reconnu lors d'un entretien paru jeudi dans le journal L'Equipe, au cours duquel il n'a pas mâché ses mots. "L'Europe, c'est du passé", a-t-il ainsi déclaré.
Interrogé sur les rumeurs faisant état de discussions entre la FIFA et la France pour que le siège de la Fédération internationale retourne à Paris, où celle-ci a été créée en 1904, Gianni Infantino confirme mais nuance: "Ce déménagement n'est pas à l'ordre du jour mais nous avons beaucoup de discussions avec quelques personnes importantes à travers le monde. On est ouvert à tout."
Et le Valaisan de rappeler que "la FIFA est une organisation mondiale". "Dans dix ou vingt ans, elle sera peut-être implantée aux Etats-Unis ou en Asie, beaucoup plus décentralisée, ajoute-t-il. On est bien en Suisse, mais il faut voir ce que nous amène la mondialisation du football." La FIFA est établie à Zurich depuis 1932.
Gianni Infantino, réélu pour un deuxième mandat mercredi dernier par acclamation, a répété qu'il entendait oeuvrer pour développer le football ailleurs qu'en Europe. "Pour moi, la mondialisation (...) c'est avoir des compétitions en Asie ou en Amérique qui puissent rivaliser avec les grands championnats européens. Dans le monde, aujourd'hui, il y a entre cinq et dix clubs qui peuvent gagner. Ma vision, c'est d'en avoir cinquante, dont vingt européens. Même chose pour les équipes nationales: on voit que le fossé entre l'Europe et le reste du monde se creuse. (...) Le futur, c'est le monde. L'Europe, c'est du passé. Mais le monde avec l'Europe, bien sûr."
Infantino s'est par ailleurs prononcé contre la réforme des Coupes d'Europe envisagée par l'UEFA et l'ECA. "Ce n'est pas à moi de dire ce que doit faire l'UEFA, mais ma philosophie est à l'opposé. La mienne est une philosophie d'ouverture et d'inclusion."
Le président s'est en outre félicité d'avoir instauré "la transparence des flux financiers" et s'en explique. "On n'a plus dans nos rapports financiers une ligne qui dit: Autres frais: 160 millions. Personne n'a jamais posé de question sur ces autres frais. (...) Aujourd'hui, tout est audité, contrôlé et publié. On sait combien gagne le président de la FIFA", glisse celui dont le salaire s'élève à 1,4 mio d'euros par an. "C'est toujours beaucoup d'argent, concède-t-il à L'Equipe, mais 80% de moins que ce que gagnait l'ancien président."