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Que Calvin ait consacré ses premières études à l’œuvre philosophique de Sénèque se remplit de signification quand on sait que, au sein du Traité de l’amour de Dieu, François de Sales a profondément condamné la pensée des Stoïciens, l’estimant inappropriée à la nature humaine, et a fait de l’ancienne morale romaine en général un système surfait et sans racines dans la vérité de l’Homme.
A la lecture de son ouvrage mystique, j’ai été un peu surpris par ces passages qui condamnent les valeurs de l’ancienne Rome, non parce que je ne concevais pas que François de Sales pût les condamner, mais parce qu’il donne alors l’impression de s’échauffer, de vouloir polémiquer, et que, dans ses livres, cela ne lui arrive pas souvent. Depuis que j’ai appris, par Etienne Dumont, que Calvin avait consacré ses premiers écrits à Sénèque, je suis moins étonné. C’était peut-être une forme de dialogue indirect, la manière que l’évêque dit de Genève avait choisie pour éviter de paraître polémiquer directement avec les Protestants.
Dans l’Introduction à la vie dévote, son seul moment apparent de colère est quand il dit qu’il ne faut pas transiger avec ceux qui s’en prennent à l’Église catholique. Il ne nomme personne, mais ses lecteurs devaient bien penser à quelqu’un.