Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07283.jsonl.gz/584

Le Balbuzard se reproduisait autrefois dans toute l’Europe là où existaient des milieux aquatiques favorables, mais il a ensuite disparu d’une grande partie de l’ouest, du centre et du sud du continent. Ce n’est essentiellement qu’au nord de l’Europe que l’espèce a réussi à se maintenir jusqu’à nos jours, notamment en Fennoscandie, avec aussi des populations plus petites en Allemagne orientale et en Pologne.
Le déclin et les disparitions régionales du Balbuzard ont eu lieu en plusieurs vagues. La première, la plus importante, s’est produite au Moyen Age, alors que l’oiseau était considéré comme nuisible; la visibilité de ses aires le rendait facile à tuer. Jusqu’il y a quelques décennies, des primes étaient encore payées dans certains pays pour tuer les rapaces. Alors que le Balbuzard était déjà devenu rare, l’espèce a été confrontée à la pression supplémentaire du tir à des fins de taxidermie et au prélèvement de ses oeufs, très prisés par les collectionneurs. Ces derniers ont été un fléau pour le Balbuzard au XIXe siècle et même jusque dans une période plus ou moins avancée du XXe. Par exemple Roy Dennis raconte qu’en Ecosse des gardiens employés à plein temps ont été nécessaires pour surveiller les nids jusque dans les années 1980, ce qui n’a d’ailleurs pas toujours suffi à empêcher leur pillage.
Les derniers couples nicheurs de Suisse ont été exterminés par le délire des collectionneurs (voir le récit de Stemmler). Déjà disparus en Suisse longtemps avant l’invention des pesticides organochlorés (dont l’espèce a beaucoup souffert dans les années 1950-1970), les Balbuzards ont également subi les effets d’une industrie forestière provoquant la perte de grands arbres favorables à la construction de leurs nids.
Fort heureusement, les causes « traditionnelles » de disparition de l’espèce n’existent généralement plus aujourd’hui. La raréfaction des grands arbres dominants peut être compensée par l’aménagement de nids artificiels. Les conditions sont donc idéales pour réintroduire l’espèce à des points favorables de régions dont elle a disparu, puis à l’aider à reconquérir du terrain à partir de noyaux de populations ainsi rétablis.