Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06871.jsonl.gz/619

Il est utile d'examiner la nature des états qu'on peut trouver dans des modèles de représentation. Parfois on définit un état par sa durée en termes de début et fin. On distingue ainsi entre états à début précis, à début "flou", et à début indéfini (préexistant). En ce qui concerne la fin on peut faire les mêmes distinctions. Grâce ces catégories, il est possible de définir des types extrèmes comme l'état valable pour toute l'histoire. Dans cette catégorie on rencontre par exemple l'état mental "volonté d'auto-preservation" rarement mentionné d'une facon explicite dans le récit. Un autre type courant est l'état précisement délimité par deux événements, c'est un état temporaire du monde. Il est très difficile d'intégrer certains états (comme les buts) dans une grammaire ou représentation du récit, comme ces derniéres se concentrent sur les chaines causales, elles ne peuvent pas tenir compte de phénomènes qui les dépassent.
Figure: Quelques variables d'une typologie d'états
L'existence des états mentaux des personnages du récit suggère l'introduction d'une dimension supplémentaire. On peut distinguer entre (1) les états qui sont universellement reconnus dans le monde réel et dans le monde du récit, (2) des états qui ne sont valables que par rapport au récit (introduits en général au début du récit et au début d'un nouveau épisode), et (3) les états dont la validité est limitée à certains acteurs du récit. On peut également faire une classification similaire, partiellement superposée, en ce qui concerne la justesse des états, c'est-à-dire de leur statut de vérité par rapport à différent "points" de référence. Il conviendra de distinguer entre l'état interne qui reflète un état interne d'un acteur du récit et l'état physique. Il est beaucoup plus difficile de donner une typologie utile et précise du contenu et de la fonction de ces différentes formes d'états d'un récit. Toutefois il existe certains états très caractéristiques qu'on retrouve très souvent dans la littérature. Parmi les états internes on trouve le but et le problème. On peut caractériser ce dernier par la différence entre un but et un état négatif. On peut aussi caractériser la valeur d'un un état, l'évaluer. Dans une représentation très simple on distinguera entre état positif, négatif, ou neutre. Outre but et problème, les états internes comprennent les changement de savoir, croyance, attitude, sentiment, emotion, etc. On ne tentera pas dans ce chapitre d'aborder la formalisation de ces derniers. Le terme d'état externe réfère en général à la perception directe qu'on les acteurs des états sociaux et physiques du monde narratif, ou encore à la perception qu'à le récepteur de ces états.
Comme on n'a pas l'intention d'utiliser ici des modèles formels de représentation du contenu d'un état, on se contentera de n'indiquer que quelques principes. Un état simple peut être représenté comme un concept dont le prédicat exprime une relation statique entre l'entité qui peut se trouver dans un état et la déscription de cet état. Un tel concept a donc toujours un prédicat simple et un premier argument simple qui pointe vers l'entité qui se trouve dans un état donné (dans le cas du récit l'entité est souvent un des personnages). Le deuxième argument la description de l'état, peut être plus complexe que dans les exemples suivants qui ne veulent que donner l'idée générale: Un état qui décrit le but que quelqu'un veut être riche peut être représenté comme suivant: ((BUT ACTEUR:X (EST ACTEUR:X RICHE)), "X est méchant" se traduit par" (EST ACTEUR:X MéCHANT).