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L'ours polaire ne trouve plus assez de phoques pour se rassasier
«Nous avons découvert que les ours polaires ont en réalité des besoins énergétiques beaucoup plus élevés que prévu», expliquait Anthony Pagano, principal auteur de cette étude publiée dans la revue californienne «Science», je jeudi 1er février 2018. En effet, «ils ont besoin d'attraper beaucoup de phoques», afin de satisfaire un métabolisme 1,6 fois plus important que celui qui avait été avancé par de précédentes estimations.
Pour aboutir à ces résultats, les biologistes ont suivi neuf femelles en Arctique, dans la mer de Beaufort, après les avoir équipées de caméras-colliers. Ils ont ensuite comparé leur urine et des échantillons de sang à plusieurs jours d'intervalle.
Un dangereux régime
L'étude s'est déroulée «au début de la période allant d'avril à juillet, lorsque les ours polaires chassent le plus activement et emmagasinent la graisse dont ils ont besoin pour subsister toute l'année», a expliqué M. Pagano, qui travaille également pour l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS).
Et malgré cela, près de la moitié des neuf spécimens ont perdu du poids en l'espace de 8 à 11 jours. «Quatre ours ont perdu 10% ou plus de leur masse corporelle», précise le rapport.
Or, de précédentes hypothèses avaient induit les scientifiques en erreur sur le métabolisme de ces énormes mammifères: des chercheurs pensaient ainsi que leur technique de chasse, qui consiste essentiellement à attendre la proie, ne les conduisait à dépenser que très peu d'énergie pour se nourrir. Ou encore qu'ils pouvaient ralentir leur métabolisme lorsqu'ils n'attrapaient pas assez de phoques… Tout cela s’avère incorrect.
Réchauffement rapide
L'Arctique se réchauffe deux fois plus rapidement que le reste de la planète et la fonte des glaces contraint les ours à parcourir de plus grandes distances pour trouver les jeunes phoques qui sont leur nourriture de prédilection.
La population d'ours polaires a diminué d'environ 40% au cours de la décennie écoulée, selon l'USGS. Mais «nous disposons désormais de la technologie pour étudier leurs déplacements sur la glace, leurs activités et leurs besoins énergétiques, et nous pouvons ainsi mieux comprendre les implications des changements que nous observons sur la glace», rassure Anthony Pagano.
Espérons que la technologie évoquée pourra aider ces pauvres ours, qui n’avaient rien demandé: eux, tout ce qu’ils voulaient, c’était continuer à vivre tranquillement, sur leur banquise gelée.