Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06907.jsonl.gz/295

" Ne venez jamais si vous n'avez été appelé trois ou quatre fois, car il n'y a que les chiens qui viennent au premier coup de sifflet ; et quand le maître crie : Qui est là ? aucun domestique n'est tenu d'y aller ; car
qui est là n'est le nom de personne. "
Anti-guide des bonnes manières à l'usage des serviteurs,
Instructions aux domestiques révèle, avec humour et ironie, l'absurdité du système social anglo-saxon du XVIIIe sc. Parodique, drôle, insolent, ce faux manuel concentre tout le talent de satiriste et de pamphlétaire de Swift. Talent qu'il exerce aussi dans les
Opuscules humoristiques, dont la très célèbre
Modeste proposition où l'écrivain propose une manière aussi radicale qu'efficace de résoudre le problème de la pauvreté en Irlande.
Dans sa Modeste Proposition, il note à propos de la « viande de bébé» : « J'admets qu'il s'agit d'un comestible assez cher, et c'est pourquoi je le destine aux propriétaires terriens : ayant sucé la moelle des pères, ils semblent les plus qualifiés pour manger la chair des fils. » Avec la même ironie du désespoir, Swift propose, dans son Projet d'attribution d'insignes distinctifs aux mendiants de différentes paroisses de Dublin de « rationnaliser » ta mendicité...
« Bien que l'on prétende souvent que justice punit et récompense, aucune nation, à ma connaissance, n'a jamais appliqué ce proverbe à la lettre, sauf celle de Lilliput. »
Quand il échoue sur l'île de Lilliput, Gulliver apparaît comme un géant au milieu d'êtres aussi minuscules que hautement civilisés. À la terreur et la stupeur succèdent une intelligence mutuelle et une entraide qui motivent la longue escale du héros. Mais, bientôt, la situation se gâte...
Un conte corrosif, derrière lequel se cache une critique virulente de la cour d'Angleterre, dont le succès fut immédiat et ne se démentit jamais par la suite.
o Objet d'étude : Dénoncer les travers de la société
o Dossier pédagogique spécial nouveaux programmes
o Prolongements : Lecture comparative d'images - À la découverte d'un autre récit de voyage imaginaire : L'Utopie de Thomas More.
Classe de troisième.
Edition enrichie (préface, notes, chronologie, bibliographie)La première vision que nous avons de Lilliput nous parvient à travers le corps de Gulliver, fixé au sol par de nombreuses ligatures, parcouru de drôles de créatures et percé par de bien désagréables fléchettes. Gulliver est ainsi cet être sensible dont parlent les philosophes du xviiie siècle, qui cherche à comprendre le monde à partir des perceptions que lui apportent ses sens. Mais Gulliver ne se contente pas d'observations physiques. Si Swift s'amuse de toutes les cocasseries matérielles que provoque l'arrivée d'un géant, l'analyse se fait aussi plus sérieuse. Gulliver, par le danger initial qu'il crée, l'avantage militaire qu'il représente ensuite et le problème qu'il pose au bout du compte, permet la révélation des pratiques d'une bien petite Cour. Le Voyage à Lilliput permet une observation fort nette de l'homme et de son monde, affinée par l'optique éclairante de l'imaginaire poétique.Traduction, préface et notes de Frédéric Ogée.
"Tout le monde désire vivre longtemps, mais personne ne voudrait être vieux."
Swift
« Swift est un nom bien porté. C'est le bruit soyeux des skis sur la pente vertigineuse, leur dérapage contrôlé avec gerbe de neige fusant dans le virage, coiffant la galerie des badauds. C'est le satin déchiré glissant à terre, révélant le corps nu de la vérité. C'est la baudruche crevée de la Théorie régnante qui monte en zigzags, en chiffe molle, dans le ciel des idées mortes... swift... »
Éric Chevillard