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Le chef de l'opposition travailliste Ed Miliband a mené samedi à Birmingham son premier grand meeting de campagne à moins de deux mois des législatives au Royaume-Uni. Il s'est voulu porteur d'"espoir" notamment pour les classes populaires.
"Aujourd'hui, nous montrons comment nous allons pouvoir remplacer un gouvernement en échec, fatigué, un gouvernement qui ne s'adresse qu'à une poignée de personnes, par un gouvernement oeuvrant véritablement pour tous les travailleurs", a déclaré M. Miliband. Il s'est exprimé devant 1500 personnes.
Le patron du Labour espère succéder en mai au Premier ministre conservateur David Cameron. Il a détaillé un programme en cinq points, articulé autour du slogan "Un meilleur projet. Un meilleur avenir".
Combatif, pugnace, à défaut d'être un orateur charismatique, il a placé sa campagne électorale sous le signe de "l'espoir". Il a répété ce terme plusieurs fois durant son discours.
"Nous construirons un pays qui donne de l'espoir et réponde aux aspirations des travailleurs", a-t-il lancé. "C'est ça, le choix que propose cette élection", a-t-il insisté: "La peur ou l'espoir."
Ed Miliband, âgé de 45 ans, a promis de "mettre fin" aux contrats "zéro heure". Ce dispositif est contesté au Royaume-Uni car les employés en contrat à durée indéterminée ne se voient garantir aucun seuil minimum d'heures travaillées, ni de salaire.
Le chef des travailliste, un ancien ministre de l'Energie, a également promis, s'il est élu, de renforcer le contrôle de l'immigration. Ce thème fait encore plus débat au Royaume-Uni depuis la victoire de l'Ukip, le parti europhobe et anti-immigration, aux élections européennes de 2014.
"Immigration contrôlée"
"Il faut que l'immigration soit contrôlée", a déclaré M. Miliband. Il propose de limiter pendant deux ans l'accès des nouveaux arrivants aux prestations sociales.
A moins de deux mois des élections législatives, travaillistes et conservateurs sont au coude-à-coude dans les sondages. Le site "UK Polling Report" qui calcule la moyenne des enquêtes d'opinion, donnait samedi une légère avance aux Tories de David Cameron sur le Labour (33% contre 32%).
Accusations d'incompétence
Le discours de Birmingham offrait à M. Miliband l'occasion de répondre sur le terrain aux incessantes accusations d'incompétence portées par les Tories, David Cameron en tête. D'autant qu'il doit aussi composer avec les moqueries d'une partie de la presse britannique.
"La campagne commence à s'animer et M. Miliband a la possibilité de marquer les esprits, alors que son image a été jusqu'ici largement façonnée par les attaques personnelles des journaux de droite", a dit Jonathan Hopkin, un expert de la London School of Economics.
Image peu flatteuse
Le quotidien "The Times" a publié samedi matin une image peu flatteuse de M. Miliband, l'air passablement ennuyé. Le cliché a été pris alors qu'il assistait à un hommage aux 453 soldats britanniques tombés en Afghanistan.
Le leader travailliste a également été brocardé par une partie de la presse et des conservateurs après la diffusion d'un reportage dans lequel il apparaît, buvant le thé, dans une petite cuisine, qui s'est avérée être une "kitchenette", et non la principale cuisine de sa maison.
Face aux invectives, M. Miliband peut compter sur le soutien inconditionnel de son épouse, Justine Miliband. Les attaques vont "être de pire en pire", à mesure que l'élection se rapproche, a-t-elle déclaré à la BBC, fustigeant le manque de "décence" du milieu politique. Mais, a-t-elle ajouté, "je suis totalement prête à me battre".
ATS