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«Slaves», un spectacle caricatural qui évoque l'échec de l'utopie communiste
Au Théâtre de l'Arsenic, à Lausanne, François Marin donne à la pièce du dramaturge américain Tony Kushner l'allure d'une cérémonie clownesque.
Tony Kushner, socialiste, dramaturge new-yorkais (auteur du fameux diptyque «Angels in America»), dépité par l'échec de l'utopie communiste, a écrit «Slaves!» au début des années 90.
Malgré quelques stéréotypes sur l'âme slave, la pièce, créée à Lausanne par François Marin, parvient à cerner la tragédie que traverse la Russie depuis des siècles. Soit la soumission absurde d'un peuple à un sort dont seul l'Etat est détenteur.
«Que faire?», se demandent les personnages de la pièce dont l'action s'étend de 1985 à 1992, entre perestroïka et glasnost. «Que faire?», s'était interrogé auparavant le romancier Tchernychevski et après lui Lénine. Une question «qui donne à entendre que quelque chose va terriblement mal dans le monde», répond Tony Kushner par la voix d'un vieil apparatchik.
«Que faire?», est en droit de se demander également le public face à un spectacle expéditif et schématique à souhait. Un prologue, trois actes et un épilogue liquidés en une heure. Le rythme trop rapide de la représentation perturbe l'écoute et casse l'émotion.
Les acteurs semblent pressés d'en découdre avec leurs personnages, simples silhouettes qui s'affichent comme des clichés. Ainsi, les vieux bolcheviques sont réduits à l'état de pantins portant haut les couleurs militaires. Et les babouchkas ressemblent à des poupées russes gigognes. Résultat: une approche caricaturale qui transforme la pièce en cérémonie clownesque.
Ghania Adamo
«Slaves!» à Lausanne, Théâtre de l'Arsenic, jusqu'au 1er avril. Tel. 021/625 11 36
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