Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06930.jsonl.gz/1241

L'enquête sur le décès d'un détenu à Bochuz (VD) en mars 2010 a abouti à un non-lieu général. Il y a eu des erreurs mais rien de pénalement répréhensible ne peut être retenu à l'encontre du personnel médical, du gardien et de la directrice de piquet la nuit du drame. Un recours est annoncé.
Dans son ordonnance de non-lieu, le juge Daniel Stoll revient sur la nuit du 11 mars. Skander Vogt, qui était énervé parce qu'on lui avait retiré ses gants et sa radio, a menacé de mort les gardiens. Ensuite il a mis le feu à son matelas lançant dans l'interphone: «Au revoir et à dans un autre monde» puis «ça flambe».
Le juge d'instruction détaille l'intervention des gardiens et du personnel médical appelé au pénitencier d'Orbe. «A aucun moment», précise-t-il, «il n'a été question de laisser mourir volontairement Skander Vogt». Le magistrat écarte l'homicide par négligence: une série d'erreurs ont été commises, mais il n'y a pas de lien de causalité entre ces négligences et le décès de la victime.
Première erreur: avoir refermé la porte de la cellule après avoir éteint le feu, au lieu d'en sortir le détenu. Mais, reconnaît le juge, personne n'a réalisé que le système de ventilation ne fonctionnait pas et que le prisonnier restait dans la fumée. La directrice et le gardien de piquet sont épinglés pour ne pas avoir autorisé immédiatement les ambulanciers à entrer dans la cellule. Certes, admet le juge, ils craignaient que le prisonnier simule un état d'inconscience et qu'il devienne agressif dès qu'on ouvre la porte.
Skander Vogt avait été condamné début 2001 à une peine de vingt mois d'emprisonnement pour voies de fait notamment. En prison, il était considéré comme dangereux et séjournait depuis le 12 août 2005 en régime de haute sécurité.
Enfin, le juge estime que l'équipe médicale aurait dû mieux informer les gardiens des risques létaux encourus par Skander Vogt.
Me Nicolas Mattenberger, avocat de la sur de Skander Vogt, va recourir contre ce non-lieu. Il s'étonne que le juge n'ait pas renvoyé le dossier devant un tribunal. «Cette affaire ultrasensible méritait une instruction cohérente», a-t-il dit à l'ATS. «C'est un peu une mascarade de justice. Le juge reconnaît qu'il y a un certain nombre d'erreurs mais il blanchit tout le monde». /ats