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Déjà mis en cause dans plusieurs autres dossiers, l'ancien président de la République, qui conteste les faits, devra comparaître devant le tribunal correctionnel pendant quatre mois pour corruption passive, association de malfaiteurs, financement illégal de campagne électorale et recel de détournement de fonds publics libyens.
"Sous réserve de l'exercice d'éventuelles voies de recours", l'audience se tiendra "entre le 6 janvier 2025 et le 10 avril 2025", a précisé le procureur national financier dans un communiqué.
Dans le volet principal de cette tentaculaire affaire, la justice française soupçonne Nicolas Sarkozy et plusieurs de ses proches d'avoir noué un pacte de corruption avec le régime du dictateur libyen Mouammar Kadhafi pour obtenir un soutien financier occulte lors de l'élection présidentielle qu'il a gagnée en 2007.
Des anciens ministres convoqués
Sur le banc des prévenus, l'ancien président sera convoqué aux côtés de douze autres personnes parmi lesquelles trois de ses anciens ministres de droite: deux anciens ministres de l'Intérieur, Claude Guéant et Brice Hortefeux, ainsi qu'Eric Woerth, ex-trésorier de la campagne présidentielle suspecte.
Nicolas Sarkozy a toujours vigoureusement contesté les faits et multiplié les recours contre sa mise en cause. Cependant, après dix ans d'investigations, les juges en charge de l'enquête ont globalement suivi les réquisitions du Parquet national financier (PNF) qui estime que l'ancien élu avait une "parfaite connaissance de cause" des agissements reprochés à ses proches.
Enquête ouverte en 2013
Un intermédiaire affirmait, avant de changer plusieurs fois de versions, avoir remis entre fin 2006 et début 2007 cinq millions d'euros à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant.
L'information judiciaire avait été ouverte en avril 2013 sur le fondement d'accusations de dignitaires libyens lancées dès 2011, d'assertions d'un des accusateurs et d'un document publié par le journal d'investigations en ligne Mediapart, entre les deux tours de la présidentielle en 2012 perdue par Nicolas Sarkozy. Ce dernier avait contesté son authenticité.
afp/mera