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Votations 5 juin Le revenu de base intéresse plusieurs pays
Il a été expérimenté à petite échelle dans les années 70 au Canada et aux USA. Outre la Suisse, l'idée fait des émules aux Pays-Bas, en Islande ou en Finlande.
Le RBI ne fait pas rêver les Suisses
L'initiative populaire «Pour un revenu de base inconditionnel» ne devrait pas passer le cap des votations le 5 juin. Selon un sondage du gfs.bern, 72% des Suisses rejettent ce texte lancé par un comité de citoyens sans appartenance politique.
Le RBI veut offrir à l'ensemble de la population la possibilité de mener une existence digne et de participer à la vie publique. La Confédération serait tenue d'instaurer un revenu de base versé sans contrepartie à tout le monde, dès la naissance. Les étrangers y auraient aussi droit, moyennant un délai de résidence à définir. Le montant de ce revenu n'est pas fixé dans le texte. Les initiants proposent 2500 francs par mois aux adultes et 625 francs par mois pour les moins de 18 ans.
Le projet se veut une réponse humaniste au développement technologique. Jusqu'à 50% des emplois disparaîtront ces 20 prochaines années. Mais les machines ne paient pas d'impôt ni de cotisations sociales.
Selon les initiants, le RBI coûterait 208 milliards en tout. Les sommes actuelles versées via les salaires et les assurances sociales ne suffiraient pas. Il resterait un trou de 25 milliards que les partisans du texte veulent combler en taxant l'ensemble des transactions financières.
De l'avis du Conseil fédéral, l'idée est «généreuse mais utopique». Le comité interpartis opposé au texte évoque même «une dangereuse expérimentation». Seuls les Verts et quelques socialistes soutiennent l'initiative.
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Les Suisses se prononceront le 5 juin prochain sur l'initiative populaire «Pour un revenu de base inconditionnel» qui veut offrir à l'ensemble de la population la possibilité de mener une existence digne et de participer à la vie publique. Mais le RBI ne devrait pas passer le cap des votations, puisque les sondages montrent qu'il serait largement rejeté par les citoyens. Pourtant son idée n'est pas nouvelle. Son concept a déjà été testé à petite échelle dans les années 70 au Canada et aux Etats-Unis.
Au Canada, la ville de Dauphin a expérimenté pendant 4 ans, dans les années 70, un revenu annuel garanti qui ne cible que les familles pauvres. Le gouvernement voulait savoir si les gens arrêteraient de travailler quand ils reçoivent de l'argent. La réponse est non, selon le chercheur Wayne Simpson, professeur d'économie à l'Université de Manitoba.
Seules les jeunes mères et les adolescents en ont profité pour lever le pied. Les premières pour s'occuper de leurs enfants, les seconds pour se consacrer à leurs études, d'après les analyses récentes de Wayne Simpson. L'idée est tombée aux oubliettes suite à un changement de gouvernement. Les centaines de données rassemblées pour cette étude n'ont commencé à être examinées qu'en 2012.
Dividende annuel
Les habitants de l'Alaska bénéficient eux depuis 1982 d'un dividende universel versé chaque année le 30 juin, suite à une initiative approuvée par la population en 1976. L'argent provient d'un fonds souverain alimenté par 25% des revenus pétroliers et miniers de l'Etat. En 2015, les Alaskains ont reçu environ 2000 dollars.
En 1987, le réseau international BIEN (Basic Income Earth Network) a été fondé dans le but de créer des liens entre les partisans du revenu de base dans le monde.
La piste d'un revenu de base inconditionnel a de nouveau émergé ces dernières années. L'idée fait des émules aux Pays-Bas, en Islande ou en Finlande. Selon un rapport préliminaire présenté fin mars à la ministre finlandaise des affaires sociales, le revenu de base inconditionnel partiel devrait se situer juste en dessous du revenu minimal, soit à 550 euros.
Intérêt à Lausanne
En Suisse, la Ville de Lausanne pourrait devenir pionnière. Le Conseil communal de Lausanne a accepté mi-avril un postulat visant à étudier la mise sur pied d'un projet-pilote pour tester le revenu de base inconditionnel.
Il concernerait des citoyens actuellement au bénéfice du revenu d'insertion. L'objectif est de vérifier l'une des hypothèses du RBI, selon laquelle ses bénéficiaires consacrent leur disponibilité à la recherche d'un emploi salarié, dans une activité socialement utile ou l'entreprenariat.
(ats/nxp)
Créé: 17.05.2016, 10h49