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Genève, le 1er juillet 2003. Il y a aujourd'hui cinquante ans, les représentants des douze Etats membres fondateurs du CERN1 signaient la Convention de l'Organisation, ouvrant la voie à l'établissement de la plus éminente institution de recherche fondamentale en physique du monde. Aujourd'hui, le CERN compte 20 Etats membres européens et plusieurs pays d'autres régions participent également à son programme de recherche de classe mondiale. Officiellement, le CERN est né le 29 septembre 1954, lorsque ses Etats membres fondateurs ont ratifié la Convention. Le Laboratoire prépare diverses manifestations pour célébrer son cinquantenaire en 2004.
L'idée de créer le CERN remonte aux années 40, lorsque quelques scientifiques clairvoyants, en Europe et en Amérique du Nord, ont compris la nécessité pour l'Europe de posséder un centre de recherche en physique de classe mondiale. Ils aspiraient tout à la fois à enrayer la fuite des cerveaux vers l'Amérique qui s'était amorcée pendant la guerre et à donner une impulsion unificatrice à l'Europe d'après-guerre. Le CERN a brillamment réalisé ces deux rêves. A l'heure actuelle, on compte davantage de scientifiques américains au CERN que d'Européens dans les laboratoires de physique des particules aux Etats-Unis et, depuis ses débuts, le CERN peut se vanter de son ouverture à l'égard des scientifiques du monde entier, quel que soit le contexte politique et religieux de leur pays d'origine. Le CERN est un magnifique exemple de collaboration internationale.
Trois scientifiques du CERN - Carlo Rubbia et Simon van der Meer en 1984, puis Georges Charpak en 1992 – ont reçu le prix Nobel pour des travaux entrepris au CERN et deux autres lauréats du prix Nobel participent au programme du Laboratoire. En informatique, science pour laquelle aucun prix Nobel n'est décerné, le Laboratoire a aussi été mis à l'honneur pour l'invention du World Wide Web.
Un demi-siècle après sa création, il n'est cependant pas question que le Laboratoire se repose sur ses lauriers: le CERN s'est maintenant engagé dans le programme le plus ambitieux de son histoire, le Grand collisionneur de hadrons (LHC). Cette nouvelle installation de recherche – un accélérateur de particules circulaire de 27 kilomètres – sera le théâtre de collisions frontales de protons et d'autres noyaux plus complexes et recréera pour la première fois les conditions qui prévalaient immédiatement après le big-bang. Le collisionneur et les détecteurs qui enregistreront ces collisions seront les instruments scientifiques les plus complexes jamais réalisés. Le LHC, qui sera mis en service en 2007, devrait apporter des éléments de réponse à des questions encore non élucidées : De quoi l'énigmatique matière sombre de l'Univers est-elle faite ? Pourquoi les particules ont-elles une masse ? A quoi ressemblait l'Univers dans la première fraction de seconde après sa naissance, avant que la matière ne commence à se refroidir pour prendre sa forme actuelle ?
Les festivités du cinquantenaire commenceront en mars 2004 avec l'émission d'un timbre commémoratif en Suisse. Puis viendra, plus tard dans l'année, l'inauguration du nouveau centre d'exposition et de communication du CERN, le Globe de l'innovation, une impressionnante sphère de bois de 27 mètres de hauteur, généreusement offerte au CERN par la Confédération suisse. Une réception pour des personnalités de haut niveau y sera organisée en octobre. Sont également prévus au programme : une journée portes ouvertes, un grand concours scientifique européen sur le Web, diverses manifestations dans les Etats membres du CERN et le pari de réunir la plus grande puissance informatique jamais coordonnée sur une seule grille de calcul à l'échelle mondiale.
Footnote(s)
1. Le CERN, le Laboratoire européen pour la physique des particules, a son siège à Genève. At present, its Member States are Austria, Belgium, Bulgaria, the Czech Republic, Denmark, Finland, France, Germany, Greece, Hungary, Italy, Netherlands, Norway, Poland, Portugal, the Slovak Republic, Spain, Sweden, Switzerland and the United Kingdom. India, Israel, Japan, the Russian Federation, the United States of America, Turkey, the European Commission and UNESCO have observer status.