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L’Autrichien Peter Brabeck coiffera bel et bien la double casquette de président du conseil d'administration et de directeur général de Nestlé.
L'assemblée générale des actionnaires a rejeté jeudi une proposition de la Fondation Ethos et de ses alliés visant à empêcher le cumul des mandats à la tête du géant de l'alimentation.
Très médiatisée ces derniers temps, la fronde menée par la Fondation Ethos (qui représente 83 caisses de pension en suisses) et cinq autres grandes caisses de pensions publiques visant à empêcher le double mandat de Peter Brabeck à la tête de Nestlé n’a pas été soutenue par l’assemblée générale des actionnaires.
Elle a toutefois été soutenue par près de 36% des voix, contre 50% de «non» et 13% d'abstentions. Ce résultat est supérieur à l'objectif que s'était fixé la fondation d'investissement genevoise.
Son directeur Dominique Biedermann espérait en effet obtenir un «succès d'estime» et récolter 20 à 30% des voix afin de donner ainsi un signal clair aux dirigeants de Nestlé.
«Le cumul des mandats va à contre-courant de la bonne pratique en matière de gouvernance d'entreprise établie au niveau international», a souligné ce dernier devant l'assemblée.
Dénonçant les «pressions inadmissibles» exercées par le conseil d'administration sur les actionnaires, il avait invité ces derniers à ne pas se laisser intimider.
Le président sortant défend son successeur
De son côté, le président sortant de Nestlé Rainer E. Gut a défendu la proposition de confier le double mandat de président du conseil et de directeur à Peter Brabeck.
«Sur le fond, nous sommes d'avis qu'une séparation des deux mandats est préférable, a-t-il déclaré. Cependant, de nombreux membres du conseil et de la direction n'ont qu'un nombre limité d'années dans leur fonction.»
«Il nous paraît capital d'assurer la continuité stratégique et une gestion efficace. Nestlé a toujours appliqué une politique pragmatique, basée sur le bons sens et l'expérience de ses dirigeants. Avec Peter Brabeck, nous avons la certitude de confier la présidence et la gestion à un homme de confiance», a ajouté le président qui prend sa retraite après 24 ans chez Nestlé.
Un vote décevant
A l'issue du vote, Peter Brabeck a pour sa part qualifié la décision des actionnaires de «juste, encourageante et réconfortante» pour le conseil d'administration et la direction.
Le patron de Nestlé n'a toutefois pas caché que le résultat du vote était décevant. «Je vais accepter le mandat de président du conseil avec une pointe de déception», a-t-il ajouté.
Les actionnaires ont également balayé une autre proposition de la fondation Ethos visant à rendre plus accessible le droit des actionnaires de présenter des résolutions à l'assemblée générale.
Une troisième résolution qui demandait de ramener de cinq à trois ans la durée du mandat des administrateurs n'a pas obtenu le quorum nécessaire pour être soumise au vote.
En outre, le professeur allemand Günter Globel, enseignant actuellement à l'Université Rockfeller de New York et Prix Nobel de Médecine en 1999, a été élu pour quatre ans au conseil d'administration.
A l'issue de la réunion du conseil, Andreas Koopmann et Rolf Hänggi ont été élus vice-présidents exécutifs. Ils assisteront Peter Brabeck dans sa mission.
6,7 milliards de bénéfice en 2004
La proposition de la fondation Ethos et des caisses de pension a fait réagir Nestlé le week-end dernier. Son conseil d'administration avait menacé de démissionner en bloc si la modification des statuts était acceptée, jetant de l'huile sur le feu.
Nestlé a toutefois fait machine arrière lundi dernier en démentant avoir voulu mettre la pression sur les actionnaires.
A noter enfin que 2004 a été marquée par «des contrastes sensibles». Le groupe a une nouvelle fois enregistré une croissance des ventes en termes réels et une amélioration de la marge opérationnelle.
Un bénéfice net de 6,7 milliards de francs a été dégagé en 2004. Le groupe va distribuer un dividende de 8 francs par action, en hausse de 11%.
swissinfo et les agences
Faits
La 138ème assemblée générale de Nestlé s’est tenue jeudi
2539 actionnaires représentant 38,91% du capital-actions y ont pris part
36% des votants se sont prononcés contre le double mandat, 50% pour et 13% se sont abstenus
En 2004, la multinationale veveysanne a réalisé des bénéfices à hauteur de 6,8 milliards de francs suisses.