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«Je peux pouvoir à nouveau porter mon fils sur mes épaules.»
La vie d’Alessandro Zanardi a été complètement bouleversée par un grave accident. Son objectif principal était ensuite de pouvoir à nouveau porter son fils sur ses épaules.
Alessandro Zanardi est pilote de course jusqu’au bout des ongles. À l’âge de 14 ans il pratique le karting, et à 25 ans il participe à la Formule 1 à bord d’un Jordan. En 1996, il tente la série F-Cart aux Etats-Unis, pour la remporter en 1997 puis deux fois en 1998.
Il effectue ensuite un retour à la Formule 1, pour ce qui sera toutefois une année malmenée. Il considère sérieusement un retour aux Etats-Unis et dans la série F-Cart, ne peut toutefois résister au charme d’une nouvelle équipe.
En danger de mort
La série est disputée principalement aux Etats-Unis ainsi que dans quelques courses en Europe. C’est ainsi que le 15 septembre 2001 Zanardi participe au Lausitzring en Allemagne. La saison s’avère peu concluante, même s’il s’en faut souvent de peu pour atteindre la victoire. Ce jour-là, tout semble bien aller. Il ne manque qu’un arrêt. Alors que le chef-mécanicien, après avoir fait le plein, donne le signal de départ, Zanardi enfonce la pédale. Pour lui, il ne fait plus aucun doute, plus rien ne peut l’arrêter.
Peu de temps après avoir quitté la ligne de départ, Zanardi perd le contrôle de son véhicule, vraisemblablement en raison de poussière ou d’huile sur la piste. Il se retrouve immobilisé au milieu de la piste et ne peut éviter le véhicule qui fonce en sa direction à une vitesse de 320 km/h et le percute du côté gauche. «Tout s’est passé en l’espace d’une seconde.»
Sous l’impact, une partie du véhicule est restée, tandis que l’autre s’est arrachée, emportant une partie de son corps. Zanardi perd conscience. Il est très gravement blessé et perd une énorme quantité de sang. En raison de la gravité de l’accident, il doit être évacué par hélicoptère à l’hôpital de Berlin, ceci malgré le long trajet.
Séjour éprouvant à l’hôpital
Pendant le vol qui le transporte à l’hôpital, Zanardi continue à perdre beaucoup de sang. Il subit trois arrêts cardiaques et sera à chaque fois réanimé par un massage. Une fois rendu sur les lieux, on lui fait une transfusion de sang pour ensuite le transférer en salle opératoire. Les médecins doivent décider très rapidement ce qu’ils peuvent conserver des jambes gravement meurtries, et prennent la bonne décision.
En ce qui concerne la jambe droite, ils renoncent à conserver le genou, qui est trop gravement atteint, et se concentrent sur le traitement rapide de la plaie. Du côté gauche, ils arrivent à conserver un moignon de sa jambe. « Ils ont ainsi fait en sorte que je puisse porter des prothèses, ce qui me permet aujourd’hui de pouvoir me déplacer relativement bien », raconte Zanardi. Après une opération qui dure environ huit heures, son état demeure critique mais se stabilise quand même. Au cours des mois suivants, de nombreuses opérations sont encore nécessaires.
Zanardi est conscient de la présence de son épouse et de ses amis à ses côtés. Ceux-ci le soutiennent. Sa volonté est intacte. Ã la suite de cette période critique, Zanardi commence à s’adapter à sa nouvelle existence. Il ressent une sensation terrible d’être coupé du reste de son corps, mais conserve l’espoir qu’il arrivera à surmonter les épreuves et que les prothèses lui permettront de regagner en qualité de vie.
Le long chemin du retour
Sa nouvelle existence le confronte à de tout autres questions et exigent de lui de nouvelles qualités. Ce n’est pas à l’hôpital de Berlin qu’il vit les moments les plus éprouvants, mais lors de son retour en Italie. Lorsqu’il reçoit de la visite, il arrive à dissimuler sa souffrance. Mais devant ses proches, sa souffrance est visible et perceptible.
Au cours des discussions, il saisit l’ampleur de ce qui lui est arrivé et ce que cela signifie pour sa nouvelle existence. Zanardi vit des moments de profonde mélancolie. Son entourage, et particulièrement son épouse Daniela et leur fils Niccolo, tous contribuent à renforcer sa volonté de retrouver un sens à cette nouvelle situation.
Son premier objectif est de pouvoir à nouveau porter son fils, alors âgé de trois ans, sur ses épaules. Les premières expériences positives, même s’il ne s’agit que d’une petite sortie à l’extérieur, lui donnent courage et confiance. Il doit s’adapter au port de prothèses, qui est très exigeant et lui coûte de nombreux efforts.
Zanardi cherche souvent à améliorer ses prothèses, dont la conception laisse à désirer. Il décrit par exemple comment un certain modèle, pourtant bien conçu, tend à déchirer les pantalons de l’intérieur lorsqu’il tombe. Le fabricant insiste que celui qui déchire ses pantalons en tombant ne sait tout simplement pas comment bien se laisser tomber.
De retour sur la piste
Deux ans plus tard, Zanardi retourne sur les lieux de l’accident et participe à la course à bord d’un véhicule adapté, parcourant les 13 tours manquant de la course du 15 septembre 2001, sous les regards de quelque 50 000 spectateurs.
Il réussit également à porter son fils sur ses épaules. Pour cet homme de nature optimiste, l’accident tout comme sa nouvelle existence signifient une course pour atteindre une bonne qualité de vie. « Je ne suis qu’un optimiste, qui a vécu une vie fantastique et continue sur le même chemin ; je sais apprécier toutes les bonnes choses que j’ai pu conserver. »
Victoire au Oschersleben
Mais Zanardi va encore plus loin : il participe aux Championnat européen de voitures de tourisme et remporte, à Oschersleben en 2005, sa première course depuis son grave accident. Le retour de Zanardi permet à l’équipe BMW de Roberta Ravaglia de concevoir un véhicule adapté à son handicap, la BMW 320i. La pédale de gaz est située sur le volant tandis que l’embrayage se fait sur un levier de changement de vitesses.
Dominik Feusi / actualisé par Patrick Gunti / Citations du livre „Nicht zu bremsen“ de Gianluca Gasparini et Alex Zanardi, traduction: MyH - 03/2013