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Zürich, 05.11.2018
Les Etats-Unis ont annoncé lundi qu'ils continueraient à autoriser les trois projets en cours dans le secteur du nucléaire civil iranien. Ils permettent ainsi la survie de l'accord de 2015, dont ils se sont retirés après l'avoir vivement critiqué.
L'accord conclu en 2015 par Washington et les autres grandes puissances avec Téhéran pour l'empêcher de se doter de la bombe atomique n'interdit pas le programme nucléaire iranien, mais l'encadre très strictement pour garantir qu'il demeure civil et pacifique, sans vocation militaire.
L'administration américaine de Donald Trump juge toutefois ce texte trop laxiste et s'en est retirée en mai. Elle a progressivement rétabli toutes les sanctions économiques qui avaient été levées en 2015, jusqu'au dernier volet ce lundi, contre les secteurs pétrolier et financier iraniens.
Parallèlement, "à partir d'aujourd'hui, toute coopération nucléaire avec l'Iran sera sujette à sanctions", a prévenu lundi le département d'Etat dans un communiqué. Mais il a octroyé des "dérogations" pour des projets dans le nucléaire civil iranien qui étaient déjà en cours.
Il s'agit du réacteur à eau lourde d'Arak, qui a été modifié sous le contrôle de la communauté internationale de manière à rendre impossible la production de plutonium à usage militaire, de la seule centrale nucléaire iranienne à Bouchehr, où la Russie a construit un réacteur nucléaire et a lancé des travaux pour deux autres réacteurs, et du site souterrain d'enrichissement de Fordo.
Etroite surveillance
Ces projets sont autorisés "à se poursuivre sous la surveillance la plus étroite pour garantir la transparence et maintenir les restrictions sur l'Iran", a affirmé la diplomatie américaine. "Cette surveillance renforce notre capacité à contenir le programme iranien et à maintenir la pression sur le régime pendant que nous continuons de plaider pour un nouvel accord plus fort."
Le département d'Etat a souligné que ces dérogations étaient "temporaires" et dépendraient "de la coopération des différents acteurs".
Malgré le départ des Etats-Unis, les autres signataires de l'accord de 2015 (la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Russie et la Chine) se sont engagés à tout faire pour le préserver et pour que l'Iran ne le quitte pas à son tour. Les inspecteurs internationaux ont affirmé à moult reprises que Téhéran respectait ses engagements en la matière.