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Les causes de la redistribution
Au cours des 35 dernières années, les conditions cadres ont profondément évolué et par conséquent, de manière très sournoise, la redistribution gagne du terrain même dans la part d’épargne. Autrement dit: les revenus de mon capital qui m’appartiennent sont en partie redistribués à d’autres. Et le gâteau pour ma retraite ne gonfle pas comme je l’avais prévu, il reste plus petit que ce qu’il devrait être. Quelles sont les raisons de cette redistribution?
Les Suisses sont de plus en plus vieux et ils ont de moins en moins d’enfants. Par conséquent, le rapport entre actifs et retraités évolue, tel que le montre l’Office fédéral de la statistique: si en 1991, il n’y avait encore que 28 retraités pour 100 actifs, en 2019, ce nombre était déjà passé à 35. D’ici 2040, il pourrait y avoir 50 retraités pour 100 actifs d’après les prévisions de l’Office fédéral.
En 1960, un homme de 65 ans avait encore une espérance de vie moyenne de 13 ans et aujourd’hui, elle est passée à 20 ans. Les fonds épargnés doivent donc être suffisants pour une période plus longue. Pourtant, les garanties et taux de conversion en place ne reflètent pas la réalité: depuis des années, les taux d’intérêts sont si faibles que le capital de prévoyance ne croît plus tel que prévu à l’origine. Le taux de conversion de 6,8% fixé par la loi pour la part obligatoire est surestimé. Cette surestimation a pour effet que le capital épargné ne suffit pas pour verser des rentes sur une période prolongée. Le rendement qui peut encore être généré sur les marchés des capitaux est de plus en plus incertain en raison de la volatilité élevée et de l’environnement de taux durablement bas. Reprenons l’exemple du gâteau: avec un taux de conversion élevé, je reçois des parts de gâteau trop grosses et le gâteau sera trop vite mangé. Avec des intérêts faibles, le glaçage au chocolat sur mon gâteau devient de plus en plus fin.
Dans cette situation, les caisses de pension souffrent d’une insuffisance de financement. Afin de tenir des promesses de paiement aux retraités irréalistes et reposant sur d’anciennes hypothèses, elles doivent verser une partie des revenus des placements des assurés actifs aux retraités, c’est-à-dire les redistribuer. Dans l’urgence, les fondations collectives réduisent également le taux de conversion sur l’avoir de vieillesse surobligatoire. Par conséquent, les entreprises versant des salaires élevés et proposant des prestations de caisse de pension généreuses financent d’autres entreprises aux salaires plus bas et qui se contentent de proposer des prestations minimales à leurs assurés.
Le problème de la redistribution: l’argent ne reste pas là où il le devrait
Pour faire simple
Comme nous vivons tous plus vieux, le capital vieillesse des retraités doit suffire pour une période de plus en plus longue. En outre, le nombre de retraités par rapport au nombre d’assurés actifs est en constante augmentation. La marmite du capital vieillesse doit donc être suffisante pour un nombre de plus en plus important de personnes, sur une période toujours plus longue. Les taux de conversion en vigueur tablent sur une espérance de vie plus courte et sont donc trop élevés, ce qui entraîne une insuffisance de financement. Pour combler celle-ci, les actifs actuels doivent renoncer à une partie des rendements de leur capital vieillesse au profit des retraités – ce qui donne lieu à une redistribution indésirable.
Afin que les actifs d’aujourd’hui et surtout, que nos enfants puissent compter sur le deuxième pilier, le système doit être modernisé durablement.