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Petites Restaurations
El Ventorillo del Chato
Il semble que ce soit le roi Alphonse X, le Sage, qui décida que les auberges de tout le royaume de Castille ne seraient autorisées à servir du vin qu’à la condition qu’il soit accompagné d’un petit plat à grignoter, afin d’éviter que le vin ne monte trop rapidement à la tête. Selon une version différente, le roi Alphonse XIII de passage dans la province de Cadix, fit une halte dans un relais très connu et qui existe encore aujourd’hui : « El Ventorillo del Chato ». Il y demanda un verre de Xérès, le serveur le lui apporta recouvert d’une tranche de jambon. Intrigué, le souverain lui demanda pourquoi cette tranche de charcuterie. Le serveur lui aurait répondu « c’est pour empêcher que de la poussière ou un insecte volant ne s’introduise dans votre verre, et n’en gâche le contenu, Sire ». Cette idée plut au roi, qui aussitôt dévora la dite tapa, but son verre et en recommanda un nouveau avec la même tapa, et tous les membres de sa suite en firent de même.
Quoi qu’il en soit, longtemps aubergistes et taverniers utilisèrent ces rondelles de saucissons, ces tranches de jambon ou de pain pour recouvrir les cruches ou les verres de vin. Ainsi ces tranches prirent le nom de tapas,( du verbe « tapar », couvrir en espagnol) .Ces tapas étaient considérées comme des mets de pauvres que l’on servait gratuitement autrefois avec des petits dès de fromage ou des olives pour accompagner un verre de vin. Selon le spécialiste gastronomique catalan, Pep Palau, c’est à partir des années 70’ que les tapas ont connu une mutation culinaire et gastronomique, en devenant de véritables petits plats dégustés aux comptoirs de l’ensemble des bars de la péninsule ibérique. C’est aussi à cette époque que les tapas ont perdu leur gratuité et elles ont transformé la plupart des bistrots en étapes gourmandes. Certains allaient jusqu'à proposer de la grande cuisine en miniature. Chorizo, boudin noir (boutifarre), saucisse, fuet, manchego et jambon font partie de la base historique des tapas dites froides, il existe des versions cuisinées et servies chaudes (tortillas, calamars, moules, palourdes …) devenues les incontournables dans les bars de villes côtières. Les tapas ont été réservées aux hommes qui à l’époque étaient les seuls à fréquenter les bars. L’arrivée des femmes, en ces lieux, a provoqué un changement. Les tapas sont devenues plus subtiles, plus végétales, plus sucrées et surtout mieux présentées. Leur consommation aussi a évolué. Du grignotage de l’avant repas, les tapas se sont transformées en véritables plats et ont même fini par constituer à elles seules un vrai repas souvent pris à table.
Source: capcatalogne.com