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Poursuivons notre voyage dans le monde magique d'Éole. Munscendrin, Ghiridon ou Maggiora ne vous disent rien ? Examinons de plus près quelques types de vent, de l'échelle locale à l'échelle plus globale.
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Poursuivons notre voyage dans le monde magique d'Éole. Munscendrin, Ghiridon ou Maggiora ne vous disent rien ? Examinons de plus près quelques types de vent, de l'échelle locale à l'échelle plus globale.
En général, les vents sont classés en cinq grandes familles : les vents constants, les vents périodiques, les vents à direction fixe mais plus irréguliers en fréquence et en intensité, les vents où l'influence orographique joue un rôle fondamental, et les vents locaux. Luca Nisi, prévisionniste à MétéoSuisse : "On donne un nom à un vent (il y en a beaucoup) en fonction de sa provenance, des caractéristiques de la masse d'air (chaude, froide, humide ou sèche), de la zone où il est présent et, en partie, de sa vitesse". Un vent du nord peut être, par exemple, un mistral dans la mer Ligure et la mer Tyrrhénienne, un foehn du nord dans les vallées alpines et une bora dans le nord de l'Adriatique. Le foehn peut venir de toutes les directions, car il s'agit d'un courant qui se forme du côté "sous le vent", comme nous le verrons plus loin.
En partant d'une échelle locale, il existe plusieurs vents typiques au Tessin :
Sirocco : lorsque nous avons une zone de basse pression sur l'Europe occidentale et une zone de haute pression sur l'Europe orientale, les courants soufflent sur les Alpes depuis le secteur sud. Dans ces situations, l'air qui afflue est humide et doux et provient en grande partie de la région méditerranéenne. Le sirocco souffle souvent sur l'Italie et, lorsqu'il est particulièrement intense, il peut atteindre le Tessin, favorisant souvent le développement de fortes précipitations.
Tramontane : brise de terre et de montagne qui souffle tôt le matin, descendant les pentes vers le lac.
Inverna : on la trouve sur le lac Majeur et c'est un vent apprécié des marins. Comme il s'agit d'une brise de lac, elle se lève en fin de matinée ou en début d'après-midi et remonte le lac. Son renforcement ou sa formation inhabituelle annonce un changement de temps.
Invernone : ce courant vient de l'est, traverse la plaine du Pô et atteint le lac Majeur, renforçant l'Inverna. C'est un bon indicateur d'un changement de temps, vers un ciel nuageux, parfois même avec des précipitations.
Marenca : un vent rare, présent seulement quelques fois par an. Il s'agit d'un air provenant de la mer qui précède le mauvais temps et provoque de longues et hautes vagues sur le lac Majeur. Parfois, il peut aussi descendre du lac Delio. Il peut s'agir d'un prolongement du libeccio.
Valmaggino : est causé par le vent du nord ou lorsque le temps est perturbé dans la vallée Maggia. Dans ces cas, de fortes rafales affectent tout le lac Majeur au nord de Luino.
Verzaschino : vent du nord provoqué par la descente d'air froid pendant les orages dans le haut du val Verzasca, il atteint le bassin supérieur du lac Majeur à partir du val Verzasca.
Montecenerino ou “munscendrin” : vent généré par des courants d'est ou de sud-est qui atteignent le bassin supérieur du lac Majeur avec de fortes rafales depuis le Monte Ceneri, produisant de hautes vagues.
Ghiridon : vent rare, catabatique du Ghiridone, lié à des phénomènes orageux. C'est un vent dangereux car il descend avec de fortes rafales de la montagne, perpendiculairement au lac Majeur, en plongeant vers Brissago.
Maggiora : nom donné au Valmaggino et au Montecenerino lorsqu'ils soufflent simultanément vers le lac Majeur. Présage de tempête, très dangereuse, elle peut provoquer des vagues hautes et irrégulières pouvant dépasser un mètre.
Breva : ce vent thermique du sud souffle régulièrement l'après-midi lors de conditions météorologiques stables. Il est équivalent à l'inverna sur le lac Majeur mais se développe sur le Ceresio. En cas de mauvais temps sur la plaine du Pô, il peut se renforcer considérablement et provoquer des rafales, surtout à partir de Capolago vers le nord.
Porlezzina : par mauvais temps, ou avant l'arrivée de celui-ci, il souffle de l'est sur le Ceresio, de Porlezza vers Paradiso.
Caronasca : vent du sud, prélude à un changement de temps, qui descend de la région de Carona vers le golfe de Lugano. Il peut provoquer de fortes vagues sur le lac Ceresio.
Au niveau suisse, outre le foehn, on peut citer quelques vents bien connus, surtout au nord des Alpes :
La bise : un vent du nord-est qui souffle surtout sur le Plateau. En été, la bise apporte de l'air sec et des températures habituelles pour la saison. En hiver, l'air froid et relativement humide de la bise favorise la formation de nuages à basse altitude. La bise se développe lorsqu'une zone de haute pression se trouve sur le nord ou le centre de l'Europe et une zone de basse pression sur la Méditerranée. L'anticyclone empêche les dépressions de l'Atlantique de pénétrer en Europe et fait passer un courant d'est ou de nord-est sur sa bordure méridionale, ce qui affecte également la région alpine et la Suisse.
Joran : selon la position des anticyclones et des dépressions sur le continent européen, le vent en Suisse peut souffler de différentes directions. Lorsque le vent souffle du nord-ouest ou du nord, l'air qui arrive en Suisse est plus froid et moins humide que lors des courants d'ouest classiques. Si le courant de nord-ouest pousse un front froid vers les Alpes, l'air froid enjambe le Jura et descend le long de son versant sud, générant par endroits de fortes rafales. Ce vent de nord-ouest est très localisé et s'appelle le Joran.
D'une manière plus générale, on peut répartir les vents dans les classes suivantes :
Les vents d'ouest : ce sont les vents d'ouest prédominants qui soufflent à grande échelle aux latitudes moyennes, en gros entre 35° et 60°, aussi bien dans l'hémisphère nord que dans l'hémisphère sud. La Suisse est également affectée par des courants d'ouest fréquents, mais pas toujours. Ces vents, bien que fréquents, sont relativement irréguliers, tant en direction qu'en vitesse. En météorologie, les courants d'ouest sont également désignés par l'adjectif "zonal" ou "courant zonal".
Les vents anabatiques et catabatiques : il s'agit de vents liés à la présence d'une orographie complexe ou de gradients (différences) thermiques. Cette catégorie comprend les brises ou les vents à plus grande échelle qui sont poussés vers le haut ou vers le bas d'un flanc de montagne. Prenons l'exemple du foehn : sur le versant où a lieu le barrage (versant au vent), le courant est forcé vers le haut entraînant une condensation (refroidissement par décompression) et éventuellement des précipitations. Ce vent est dit anabatique. Sur le versant sous le vent où l'air descend, se réchauffant par compression, le courant de foehn qui se forme est plutôt un courant catabatique. De forts contrastes thermiques peuvent également déclencher ce type de vent : ce sont les vents catabatiques glacés et tempétueux, qui sont déclenchés par de l'air très froid descendant des hauts plateaux du Groenland ou de l'Antarctique.
Les vents locaux : vents très irréguliers, typiques des zones tempérées, déclenchés par les zones de basse et haute pression et leur interaction avec la surface de la terre. Comme nous l'avons déjà mentionné, ils sont nombreux et leur nom dépend de la région où ils soufflent..
Les vents constants : comme leur nom l'indique, il s'agit de vents extrêmement réguliers, tant en termes de fréquence que de direction. Ils sont étroitement liés à la circulation atmosphérique globale, comme nous l'avons déjà expliqué dans le dernier épisode. Chaque hémisphère compte trois de ces vents : les vents polaires du nord-est, les vents tropicaux du sud-ouest et les alizés du nord-est. Dans l'hémisphère sud, on trouve respectivement : les alizés du sud-est, les vents tropicaux du nord-ouest et les vents polaires du sud-est.
La liste "locale" ci-dessus montre la plupart des vents affectant les zones autour du lac Majeur ou du Ceresio. Si l'on passe au bassin méditerranéen, la liste des types de vent s'allonge encore.
La brise est un vent généralement faible et plutôt régulier (bien qu'il y ait quelques exceptions causées par des configurations orographiques particulières), déclenché par des variations locales ou régionales de la pression atmosphérique causées par des différences de température (elles-mêmes causées par des différences de rayonnement solaire à la surface). Les vitesses typiques de la brise se situent entre 7 et 20 km/h, mais dans certains endroits elles peuvent atteindre 30-50 km/h, comme - en ce qui concerne la Suisse romande - dans la vallée du Rhône. Il s'agit d'un vent à fréquence journalière, qui change typiquement de direction de 180° deux fois par période de 24 heures.
Dans la région alpine, on trouve deux types de brises : de montagne et de vallée (vents catabatiques et anabatiques). En présence d'orographie, et donc de relief, les différences de rayonnement solaire à la surface de la terre dues à l'altitude, à l'exposition et à l'inclinaison créent des différences de température et de pression. À l'aube, seuls les sommets et les flancs de montagne orientés vers l'est reçoivent le rayonnement solaire. Au fil des heures, les zones situées à plus basse altitude sont progressivement réchauffées. L'air chaud remonte alors les pentes des montagnes et, à mesure qu'il s'élève, la pression atmosphérique au fond de la vallée diminue, attirant davantage d'air "de remplacement" depuis les parties inférieures des vallées. Cela génère un mouvement d'air de la vallée vers les montagnes. Pendant la nuit, la situation s'inverse : l'air en altitude se refroidit plus rapidement et l'air froid plus lourd glisse vers le fond de la vallée.
Enfin, en présence de grands lacs ou de mers, nous avons la brise de mer et la brise de terre. "La brise de mer, un vent diurne qui souffle dans les zones côtières de la mer vers la terre, est due à la différence de chaleur spécifique de l'eau par rapport à la terre. L'eau, dont la chaleur spécifique est plus élevée que celle de la terre, se réchauffe et se refroidit plus lentement que la terre, qui libère la chaleur dans l'air plus rapidement. Au cours de la journée, le sol - qui se réchauffe rapidement - réchauffe donc l'air au-dessus de lui, qui a tendance à s'élever, car il est devient plus léger. Cela provoque une diminution de la pression atmosphérique à la surface de la terre, de sorte que l'air au-dessus de la surface de la mer, plus frais et situé dans une zone de pression plus élevée, se déplace vers la terre. C'est cette petite brise qui est très appréciée lorsque nous sommes à la plage ou au bord d'un grand lac. Puis, durant la nuit, la situation s'inverse : la terre se refroidit plus vite que la mer : la zone de basse pression se développe alors au-dessus de l'eau. Cette situation génère un vent inverse, c'est-à-dire de la terre vers la mer. Si vous allez à la plage le soir, de préférence pas près d'une grande ville car l'effet d'îlot de chaleur perturbe, empêche ou ralentit cette brise, vous remarquerez ce vent chaud venant de l'intérieur des terres.
C'en est terminé pour ce deuxième volet sur le vent. Dans la troisième et dernière partie, qui sera probablement publiée lundi, nous découvrirons des termes spécifiques tels que "rafale descendante" et "cisaillement du vent", nous consulterons quelques archives et nous verrons comment le vent interagit avec les activités humaines.
Traduit et légèrement adapté d'un blog de nos collègues tessinois :
#lameteospiegata est une série de RSINews, en collaboration avec MétéoSuisse, qui a été créée avec l'intention de plonger une fois par mois dans un sujet météorologique qui n'est pas nécessairement lié à l'actualité. La mission : rendre la météorologie accessible et compréhensible.