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UNE APPROCHE
Tout constructeur est, à un moment donné de son processus de création, confronté au dilemme suivant : comment lier cette nouvelle architecture au lieu d’implantation? En effet, il faut déjà admettre que construire sur un site implique forcément la destruction–ou du moins la transformation—d’un antécédent. Dès lors, plusieurs itérations possibles s’offrent à nous. Il y a, entre autres, la voie radicale, celle qui fait table rase afin de remplacer ce qui était par quelque chose que l’on juge considérablement supérieur, adopté par exemple par Le Corbusier dans son plan voisin pour Paris dans les années 1920. Ou bien, on peut chercher à s'intégrer, s'inscrire au lieu et donc tirer profit de ses qualités pour le rehausser davantage. C’est notamment ce qu’a fait Frank Lloyd Wright avec une architecture organique dans la grande majorité de ses réalisations et plus particulièrement dans le Fallingwater.
Observons un détail d’escalier de cette maison, suspendu à la dalle principale et surplombant un plan d'eau.
Frank Lloyd Wright, Fallingwater, 1935, Mill Run, Pennsylvania, USA. Coupe significative (1) Il y a une grande impression de légèreté qui produit une sensation de concordance entre le créé et l'existant.
UNE RÉALITÉ
Poursuivant les explorations des phases précédentes sur la notion d’équilibre et intégrant l'approche de Wright, il a été question de concevoir une revalorisation du site. Celui-ci constitue un terrain vague, recouvert de troncs morts et d’innombrables branches, au lieu précis où débute le corridor naturel se prolongeant jusque dans les profondeurs de la forêt.
L’élément horizontal est constitué de plâtre; il s’agit d’un plane marquant le plan Oxz sur lequel l’humain, bipède, se déplace le plus aisément. Les éléments verticaux, d’une matérialité autre, sont des éléments ponctuels altérant la spatialité de ce premier. Ils créent un intérieur et un extérieur. Placés dans ce corridor naturel, ils le segmentent, et produisent un espace intermédiaire entre Venoge et forêt. De part et d’autre, la végétation marque le seuil complémentaire refermant entièrement l’espace.
Le lieu est créé. Le passant, à la recherche d’un lieu de repos y entre. Il s’assied, s’adosse contre la paroi verticale et observe la forêt environnante. Il l’observe davantage et oublie la structure qui l’entoure. Se levant, il contourne la paroi opposée et s’aventure dans les profondeurs de la végétation.
Perspective
Vue en élévation - maquette échelle 1:33
BIBLIOGRAPHIE:
- (1): Bruce Brooks Pfeiffer, Yukio Futagawa, Frank Lloyd Wright Preliminary Studies 1933-1959, A.D.A EDITA Tokyo, 1987