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» Roosevelt Sykes 'The Honeydripper'
1920. Pionnier du barrelhouse blues piano dont Memphis Slim était grand admirateur, Roosevelt Sykes a 15 ans et commence à jouer son thundering boogie-woogie dans les juke-joints.
’.44 Blues’
Paroles de Roosevelt Sykes / Howlin’ Wolf adaptation John Bellows par Bellows & Boiler
Paroles originales adaptées + traduction française
Les années '20 et '30 voient proliférer les lumber, levee, sawmill et turpentine camps le long du Mississippi. Ces nombreux campements de fortune rassemblaient les ouvriers noirs assignés à la surveillance des digues, aux chantiers forestiers, abattage, sciage du bois de charpente et récolte de résine de pin (distillée sous forme de térébenthine, très utilisée comme solvant industriel et adjuvant médicinal à cette époque).
L'unique dollar de salaire quotidien était rapidement dépensé dans la cabane de chantier convertie en bar du coin, un planche posée sur deux tonneaux. Ces barrel houses, ou juke-joints, résonnaient des clameurs paillardes des ouvriers et du boogie-woogie appuyé du pianiste de passage. Roosevelt Sykes y est finalement repéré en 1929 par un agent new-yorkais et enregistre .44 blues pour Okeh Records. Ce premier disque restera sa marque déposée, au même titre que son surnom The Honeydripper (le beau-parleur) et son éternel cigare. Il enregistre de nombreux titres à cette époque sous divers pseudos: Easy Papa Johnson, Dobby Bragg, Willie Kelly… Il signera en 1934 avec Decca Records puis en 1943 avec Bluebird Records. Dans l'après-guerre, son contrat avec RCA Victor ayant pris fin, il enregistre encore pour des petits labels jusqu'au milieu des années '50. La collaboration musicale avec son vieux complice St Louis Jimmy Oden se poursuivra dans les sixties. Il passera la fin de sa vie à New Orleans où il meurt en 1983. Le Blues Hall of Fame l'intronise en 1999.
Si les origines de la chanson .44 Blues se perdent dans la Louisiane des années '20, Rosevelt Sykes est le premier à écrire des paroles et à l'enregistrer. Dans le texte original, le chiffre 44 fait référence à un calibre de revolver, un numéro de train et celui d'une cellule de prison. Le succès de ce blues engendre de très nombreuses versions, toutes plus ou moins proches de celle de Sykes jusqu'en 1954. Howling Wolf transforme alors Forty Four en Chicago Blues et change le texte du troisième couplet. Son orchestration rajoute en particulier un coup de grosse caisse qui appuie le 1er temps de chaque mesure et souligne la démarche de l'homme au bras alourdi d'un énorme révolver. L'influence de Howling Wolf demeurera indélébile dans les versions qui suivront (Eric Clapton, Little Feat, Eric Burdon et... Benjamin Tehoval) y compris celle de B&B!
Smith & Wesson .44 1rst Model New Century Triple Lock. Ce gros révolver d'un kilo qui peut tirer 6 balles Magnum de plus d'un centimètre de diamètre coûtait 21 dollars à sa sortie en 1908. C'est l'ancêtre du célèbre révolver de l'inspecteur 'Dirty' Harry Callahan interprété par Clint Easwood. -JN