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Depuis la fin de la Guerre froide, la Suisse soutient des projets en faveur de la démocratie et de l'économie de marché dans les pays d'Europe de l'Est et d'Asie centrale.Ce contenu a été publié le 31 octobre 2006 - 14:21
La Confédération a investi 3,5 milliards de francs depuis 1990. Cet investissement est utile non seulement aux pays bénéficiaires, mais aussi à l'économie suisse.
Suite à la chute du Mur de Berlin (1989) et à la fin de l'Union soviétique (1991), les pays anciennement communistes se sont retrouvés confrontés à une nouvelle situation politique et à la nécessité de passer d'une économie planifiée et centralisée à une économie de marché.
Les anciens pays du bloc soviétique n'étaient pas en mesure de réussir seuls cette transition. En plus des conseils de spécialistes, ils avaient aussi besoin des moyens financiers octroyés par la communauté internationale.
Des projets très divers
La Suisse a aussi apporté son soutien. Au cours des 17 dernières années, elle a financé un millier de projets pour un montant total de 3,5 milliards de francs, contribuant ainsi à la stabilité, à la sécurité et au bien-être dans toute l'Europe.
A titre d'exemple, le porte-parole de la Direction du développement et de la coopération (DDC) Thomas Jenatsch cite un projet d'apprentissage en artisanat en Albanie ou l'amélioration de la qualité de l'eau du lac d'Ohrid, à la frontière entre l'Albanie et la Macédoine. Ou encore une série de projets dans le domaine social, du tourisme et des infrastructures à Stara Planina (Bulgarie) dans lesquels sont impliquées aussi bien la société civile que l'économie privée.
La contribution suisse au processus de décentralisation dans les pays de l'Est est particulièrement appréciée. «Grâce à ses connaissances et à son expérience dans le domaine du fédéralisme, la Suisse est très crédible», affirme Thomas Jenatsch.
Dans la vallée de Fergana, qui s'étend sur entre le Kirghizstan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan, la DDC réalise un projet pilote pour la prévention des conflits (liés surtout à la distribution de la terre et de l'eau). C'est un exemple qui illustre bien les multiples facettes de l'aide suisse aux pays de l'Est.
«L'amélioration des infrastructures a permis de mieux gérer les eaux d'infiltration et en même temps de réduire les conflits liés à la distribution de l'eau», explique le porte-parole.
Bilan intermédiaire très positif
Le directeur de la DDC Walter Fust considère que l'aide suisse au pays de l'Est est un succès. «Dix-sept ans après la chute du Mur, nous remarquons que les valeurs démocratiques se sont diffusées dans pratiquement tous les pays anciennement communistes», affirme-t-il. Et ceci malgré quelques contrecoups négatifs comme la guerre dans l'ex-Yougoslavie.
Cette aide ne bénéficie pas seulement aux pays bénéficiaires, mais aussi aux donateurs qui s'offrent ainsi de nouveaux partenaires. Pour l'économie suisse, les marché de l'Est représentent en effet un nouveau potentiel d'affaires et d'investissements.
Les chiffres le confirment: de 1992 à 2002, les exportations suisses vers l'Europe orientale ont plus que doublé, passant de 2,2 à 5,4 milliards de francs.
Augmentation du PIB suisse
Dans une analyse indépendante menée sur ces 12 années de coopération avec les pays de l'Est, les auteurs arrivent à la conclusion que plus de 90% des projets suisses ont été menés avec succès. Un niveau élevé d'efficacité dû surtout au système de contrôle rigoureux que la DDC et le Secrétariat d'Etat à l'économie (seco) ont adopté pour leurs projets sur place.
Cette qualité fait que l'aide suisse est non seulement appréciée par les pays bénéficiaires, mais également pas contestée en Suisse. Et pour cause: chaque franc que la Confédération consacre à l'aide aux pays de l'Est augmente le produit intérieur brut (PIB) suisse de 1,5 franc.
swissinfo, Renat Künzi
(Traduction de l'allemand : Olivier Pauchard)
Faits
Grâce à la coopération avec l'Est, 20 millions de personnes profitent d'un meilleur système de santé et 3 millions boivent de l'eau propre.
Les entreprises suisses impliquées dans des projets d'amélioration des structures ont obtenu des contrats pour 780 millions de francs.
Le surplus des exportations suisses vers les pays en transition a atteint 1,7 milliard de francs en 2005.
Le PIB suisse a augmenté d'environ 2 milliards de francs grâce à l'extension de l'UE à l'Est.
En bref
La coopération avec l'Est se fait au travers d'une aide technique et financière. La coopération technique est assurée par la DDC qui œuvre pour renforcer les structures démocratiques et les droits de l'homme. L'aide financière est assurée par le Secrétariat d'Etat à l'économie (seco).
Le seco soutient la création des structures de l'économie de marché, promeut le développement du secteur privé et l'intégration des pays en transition.
La DDC et le seco se partagent moitié-moitié la contribution annuelle de 200 millions de francs accordée par la Confédération.
Les deux organismes agissent en collaboration au travers de 12 bureaux implantés dans les pays partenaires.
Principes de la coopération avec l'Est
La coopération suisse tient compte de la situation dans les pays partenaires et des besoins de la population.
Les partenaires locaux sont impliqués dans la planification des projets, ce qui garantit un succès durable.
Cette coopération ne recherche pas des solutions isolées; elle complète les efforts déjà fournis par les pays partenaires et s'intègre dans la politique de réformes menée par leur gouvernement.
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