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23/08/2016
Carnet de Mongolie - Parfum de steppe
La steppe sur des milliers de kilomètres recouverte d'un tendre tapis vert, - prairie herbeuse - , sur lequel les sabots des chevaux non ferrés, résonnent, tandis qu'ils galopent plus légers que le vent. Des sousliks courent à toute vitesse se terrer dans leur trou qui brise les pattes des chevaux lancés au galop.
Des milans noirs , des aigles dorés aux serres puissantes et aux battements lents et profonds, des busards cendrés au vol gracile, des faucons sacre se déploient lentement dans le ciel, un ballet aérien tout de grâce et de légèreté; leurs ailes forment des ombres sur le sol lorsque d'un coup, ils plongent vers une proie en piquant droit sur elle. Le bruit des charognards s'agitant autour d'un chien qui ronge en toute tranquillité son os et ne se laisse guère intimider, déchirent le silence. Des vautours sautillent en se dandinant sur le flanc des collines, leurs ailes posées sur le corps comme une cape d'où émerge un long cou blanc.
Des troupeaux ne cessent de traverser la piste, yaks, vaches, chèvres, moutons, chevaux se partagent des plaines infinies où le temps semble retenir son souffle. Le plus étonnant est le silence absolu, troublé parfois par le cri lointain des yaks ou le hennissement des chevaux qui s'ébranlent d'un coup, par un signe qui n'appartient qu'à eux, et partent au galop, côte à côte, crinière au vent. De temps en temps, on croise une yourte blanche devant laquelle est posé un panneau solaire et dont la porte ouverte offre la vision d'un enfant jouant assis par terre tandis que sa mère prépare le feu d'un brasero à l'extérieur, le père attache le cheval après être arrivé à bride abattue et enlève d'un geste tranquille la selle en bois colorée, jaune et orange, une ceinture de la même couleur autour de la taille et qui rappelle que l'homme et le cheval ne font qu'un dans ce décor puissant.
Plus étonnante dans ces étendues désertes est cette présence forte, quasi palpable, de ce parfum aux senteurs chaudes qui s'exhalent et vous enivrent; un parfum de thym sauvage, de camomille, d'absinthe et d'ambroisie embaument l'air et le gorgent jusqu'à satiété.
Les rivières serpentent, argentées, et ondoient dans une presque immobilité au milieu de l'écrin émeraude des prairies.
UN GRAND MERCI A CYNTHIA ALTHAUS - CORRECTRICE STAGIAIRE
Crédit photo D. Chraïti