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Objectifs de développement du secteur nucléaire russe
Dans le cadre d'une stratégie d'amélioration de l'efficacité énergétique, la Commission de l'industrie, des transports et des communications de la Douma, le Parlement de la Fédération de Russie, recommande au gouvernement de continuer à développer, pendant la période de 2005 à 2010, des systèmes de réacteurs avec cycle du combustible fermé.
La Commission est notamment d'avis que la construction de réacteurs à neutrons rapides (RNR) et la fermeture du cycle du combustible permettraient de rendre l'approvisionnement énergétique de la Russie encore plus durable dans un avenir proche.
Le président de la Commission, M. Vladimir Gratchev, a constaté avec satisfaction que l'énergie nucléaire, qui posait auparavant des problèmes environnementaux, sert maintenant à les résoudre. Selon M. Oleg Saraev, directeur général de l'entreprise publique d'électricité Rosenergoatom, les RNR sont meilleurs pour l'environnement parce que ce type de réacteur brûle les déchets à vie longue issus du cycle du combustible. Avec un cycle du combustible fermé, tous les stocks russes de plutonium provenant des centrales nucléaires et des programmes militaires seraient épuisés après 20 ans.
Rosenenergoatom a l'intention d'investir l'année prochaine quelque 900 millions de roubles (environ 37 millions de francs suisses) dans la poursuite du développement de la centrale nucléaire BN-800, installation équipée d'un RNR qui doit être construite à Beloyarsk. Or selon M. Saraev, il faudrait 2 milliards de roubles environ chaque année (82 millions de francs suisses) pour maintenir le projet. Rosenergoatom espère donc maintenant un soutien direct de l'Etat, soutien qui permettrait à la Russie de préserver et d'améliorer encore sa position de leader dans la technologie des surgénérateurs. Le surgénérateur BN-600 est en service depuis 1980 sur ce site de Beloyarsk. Le projet du BN-800 a été lancé en 1985, mais après l'accident de Tchernobyl, il a été suspendu jusqu'à récemment. L'installation devrait maintenant être mise en service en 2010. Selon les experts de Rosenergoatom, les investissements exigé pour un surgénérateur sont de 20 à 30% plus élevés que pour un réacteur à eau sous pression. Mais l'énergie électrique que produit ensuite un RNR revient de 15 à 20% moins cher. L'entreprise continue toutefois d'investir dans la construction et dans la maintenance de ses centrales nucléaires classiques. Une somme de presque 18 milliards de roubles (quelque 730 millions de francs suisses) est prévue à cette fin dans le budget 2005.
Un rapport rédigé pour le symposium annuel 2004 de la World Nuclear Association par M. Boris Yurlov, directeur adjoint de l'organisation russe de l'énergie atomique Rosatom, décédé récemment, confirme l'objectif de croissance annuelle de 4% par an fixé par le gouvernement pour l'énergie nucléaire: à l'horizon 2020, les centrales nucléaires russes devraient disposer d'une puissance totale installée de 40'000 MW et fournir quelque 30 milliards de kWh. Deux mesures devraient conduire à la réalisation de cet objectif: d'une part, des travaux de remise à niveau permettront d'augmenter à 85% le taux moyen de disponibilité des centrales existantes, et d'autre part, la construction de nouvelles tranches avec réacteur à eau sous pression se poursuit. Dans son rapport, M. Yurlov confirme des informations de janvier 2004 selon lesquelles Rosatom (qui s'appelait encore Minatom) travaille sur un type avancé de réacteur à eau sous pression VVER-1500 d'une puissance unitaire de quelque 1500 MW, et soutient la poursuite du développement de la technologie des surgénérateurs.
Mais la Russie va investir aussi dans le cycle du combustible. Selon M. Yurlov, la Russie détient déjà une part de 17% dans le marché mondial des assemblages combustibles et effectue des livraisons dans 13 pays. Rosatom, qui travaille de plus en plus sur la base de principes d'économie de marché, concentre aujourd'hui ses activités de développement sur des assemblages combustibles destinés à des REP de construction occidentale. Comme tel était déjà le cas à l'époque soviétique, l'entreprise a l'intention de livrer du combustible aux centrales nucléaires étrangères pendant toute la durée de vie des réacteurs, et reprendre systématiquement le combustible usé. Elle ne vendrait que la combustion nucléaire et offrirait ainsi une protection globale en matière de non-prolifération.
Source
P.B./ C.P. d'après NucNet des 18 et 19 octobre 2004