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Influencé par de pernicieuses lectures (en l'occurrence Élisabeth Lévy dans Causeur), je me suis risqué sur le roman français contemporain ; deux, coup sur coup. Tout d'abord L'Homme surnuméraire de Patrice Jean, puis L'Art des interstices de Pierre Lamalattie. Si je voulais être méchant, je dirais que j'ai eu l'impression de deux marionnettes que Michel Houellebecq aurait fixé au bout de ses mains pour amuser les petits enfants réactionnaires et désabusés ; mais ce serait nettement excessif. Car ce n'est pas que ces deux romans soient mauvais, fort loin de là : si le deuxième est tout de même un peu long pour le propos qui est le sien, le premier propose une mise en abyme plutôt intéressante et habile. On ne s'y ennuie pas, on sourit assez souvent, on déprime à loisir, on ricane à gogo. Le problème est que chaque page de l'un et de l'autre amène leur lecteur, irrépressiblement, à penser à Houellebecq (et aussi, un peu, à Muray, dans le cas de Lamalattie), et que cette comparaison ne tourne jamais à l'avantage de nos avatars. La quatrième de couverture de L'Art des interstices nous affirme que ce roman est écrit dans un “style incomparable”. Je ne voudrais vexer personne, mais j'ai trouvé le style de M. Lamalattie tout à fait comparable ; et là encore, la mise en regard ne tourne pas à son bénéfice ; d'autant moins qu'il n'est pas toujours bien assuré de sa propre langue (il se vautre sur “éponyme”, par exemple, laisse passer des phrases grammaticalement incorrectes ; sans parler de ce moment où l'un des personnages est conduit au commissariat entre deux gendarmes…). Bref, Michel Houellebecq peut être rassuré : ses dauphins ne sont pas sans valeur, mais la couronne et le sceptre ne risquent pas encore de glisser de sa tête et de sa main.