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Contrairement à la course de côte et au slalom, le plateau du rallye est essentiellement composé de Suisse Romand. À ce jour, il n’y a qu’un seul pilote Suisse Allemand qui s’est adjugé le titre de Champion Suisse des Rallyes. C’est l’exploit qu’avait réalisé Patrick Heintz en 2004 lorsque le titre se jouait encore sur huit manches. En 2009, il a également remporté le championnat suisse des rallyes historiques. Depuis 2012, Patrick Heintz est absent des routes suisses.
Sport-Auto.ch a pu s’entretenir avec Patrick Heintz.
Sport-Auto.ch : Peux-tu te présenter brièvement ?
Patrick Heintz : “J’ai désormais fondé une petite famille et nous vivons dans le canton de Zürich. Je travaille chez “House of Cars” qui est une petite entreprise logée dans le canton de Zug. Nous vendons des voitures de toutes catégories. Je reste à ce jour le seul Suisse Allemand à avoir remporté le Championnat Suisse des Rallyes modernes et VHC.”
Comment es-tu arrivé dans le monde du sport automobile ?
“Pour mon 18ème anniversaire, j’ai débuté dans le monde du sport automobile en participant à un slalom avec la voiture de ma mère que j’ai malheureusement détruite. Ensuite, j’ai commencé en Coupe Peugeot nous avons fini vice-champions à égalité de point. L’an suivant, nous avons remporté la Coupe Daihatsu. Mon seul et unique rêve était de rouler en rallye comme Toivonen, Alén, Röhrl etc…”
Quel regard portes-tu sur le championnat suisse des rallyes d’aujourd’hui ?
“Je dois avouer que j’ai un peu perdu le contact aujourd’hui. Je ne suis plus autant intrigué par les voitures modernes. Toutefois, j’apprécie beaucoup le VHC d’aujourd’hui. Je regarde quand même les résultats des épreuves sans faire le déplacement.”
Est-ce que tu trouves que le rallye était mieux avant dans les 2000 ?
“Pour moi oui, les voitures avaient plus de caractère et tout cela coûtait nettement moins cher.”
Une petite virée en R5, est-ce que cela pourrait te brancher ?
“Non, absolument pas. Ensuite, si on devait me proposer un petit tour en Porsche 911, Lancia 037 ou encore une Subaru Legacy, cela me plairait bien et pas sûr que je puisse refuser. Je crois que je suis désormais un peu trop vieux pour tout ça.”
En 2004, tu es devenu champion suisse des rallyes, que gardes-tu de ce sacre ?
“C’était ma plus belle saison. Cette année m’a marqué puisque notre duo avec mon naviguateur, Roland Scherrer marchait à la perfection. Nous avions énormément d’amis qui nous suivaient sur les courses. Ce sont souvenirs vraiment inoubliables car la concurrence était là et la victoire s’est jouée lors de l’ultime manche du championnat, lors du Valais. La lutte face à Paolo Sulmoni m’a obligé à me dépasser. Nous étions avec une très bonne voiture mais elle n’était pas la plus performante.”
En 2009, tu deviens champion suisse des rallyes historiques, est-ce que cette victoire a la même valeur pour toi ?
“Non car la saison était plus courte et la concurrence moins relevée. En plus, contrairement à notre sacre en moderne, nous avions la meilleure voiture probablement préparée par GTO. J’ai beaucoup apprécié rouler avec cette Ford Escort. La voiture était neuve et nous la développions après chaque course. Lors du Rallye de Sanremo, nous avions terminé à la première place de notre classe et la quatrième du classement général.”
Que penses-tu du championnat historique d’aujourd’hui ?
“Je trouve qu’il s’est bien développé et que plus rien n’est comme avant. Il y a de très belles voitures et de très bons pilotes. Je trouve que le championnat suisse des véhicules historiques a une meilleure mine aujourd’hui. Quand on voit les voitures inscrites, des Porsche, des Ford et de magnifiques M3.”
Quel est ton rallye favori ?
“Le Valais et la Corse !”
Est-ce que nous te reverrons un jour derrière le volant, as-tu des projets ?
“Pas de projet réaliste… donc plutôt non. Mais la vie peut changer très vite parfois… comme on sait depuis quelques semaines.”
Crédit photo : Patrick Heintz et Rami Hänggi