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PRÉSENTATION
baroque, danse, ensemble des danses et des chorégraphies en usage en Europe entre 1580 et 1660.
L’appellation « baroque » doit être distinguée de celle que l’on utilise généralement pour caractériser la musique de la même époque car, pour la danse, cette appellation recouvre l’ensemble des spectacles dansés ayant pour thème ou sujet, en référence au courant littéraire, une métamorphose.
LE BALLET DE COUR
La danse baroque emprunte d’abord la forme du ballet de cour, en vogue à la fin du XVIe siècle dans les cours européennes. Ces ballets, dont le premier est le Ballet comique de la Reine, donné à Paris en 1581 pour le mariage du duc de Joyeuse, sont extrêmement longs et présentent des constantes dans leurs composantes. Spectacle total, unissant poésie, musique, peinture et danse, ils ont pour fonction première — outre celle de plaire et de distraire — d’illustrer le topos néoplatonicien de l’harmonie du cosmos que les évolutions des danseurs reproduisent sur Terre. Le ballet renaissant utilise en effet essentiellement la danse géométrique qui ordonnance les danseurs, pour l’essentiel des courtisans et dames de la cour, en carrés, rectangles, losanges et triangles de manière à rendre lisible la symbolique philosophique sur laquelle la chorégraphie repose. Ces ballets comportent aussi des entrées non chorégraphiées dont la danse s’apparente à l’acrobatie ou à la pantomime. Elles sont effectuées par des baladins.
Il est difficile de reconstruire la chorégraphie des ballets baroques car les livrets qui leur servent de support ne sont publiés intégralement qu’à partir de 1611 et ne livrent que partiellement ou fragmentairement les compositions des parties dansées.
DES BALLETS POLITIQUES
Il existe plus de mille ballets de cour. Beaucoup d’entre eux affichent, sous l’allégorie narrative, une finalité de politique intérieure. Ainsi, le Ballet de Pan (1592), le Ballet de Madame (1593), ou le Ballet de Mme de Rohan (1595) mettent en garde Catherine de Navarre ; le Ballet de Minerve (1615) unit la France à l’Espagne ; le Ballet d’Armide (1617) fait l’apologie du roi et de la monarchie de droit divin ; le Ballet de la prospérité des armes de France (1641) exalte les victoires françaises.
L’ESTHÉTIQUE BAROQUE
Lieu d’illusion par excellence, le ballet baroque qui affectionne les apparitions de monstres, dieux, démons et magiciennes utilise tous les ressorts de la machinerie et joue le plus possible sur le contraste. Ainsi le Ballet de Monsieur de Vendosme (1610) dont l’argument est extrait du Roland furieux de l’Arioste mêle la danse de lignes et le ballet burlesque dans un décor somptueux de toiles à contre-poids et de châssis roulants ; l’Aventure de Tancrède en la forêt enchantée (1625) associe danse pure et danse descriptive et joue sur les effets de lumière et de feu.
Le Ballet de Cassandre qui marque les débuts du roi danseur Louis XIV, le Ballet du Roy, le Ballet de la nuit (1652) s’appuient sur le faste des costumes et la multiplication des entrées pour servir le triomphe du soleil levant, rôle dont le roi sera le titulaire dans tous les ballets royaux : le Ballet du temps, le Ballet des plaisirs, Psyché, les Plaisirs troublés ou le Ballet de l’impatience (1655-1661).
Friand d’exotisme et de fantaisie, le ballet baroque affectionne également les démonstrations burlesques, développant les entrées d’animaux du monde entier, mais aussi de géants effrayants et de nains difformes.