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Lors des vingt dernières années, l’empire du milieu a multiplié son PIB par cinq et représente désormais 20% de l'économie mondiale.
Lors de la dernière assemblée annuelle du Congrès du peuple, le Premier ministre Li Keqiang a souligné le redressement de l'économie chinoise au terme d'une année extraordinaire, suite à la pandémie du coronavirus et à la récession économique mondiale. Son pays est la seule grande économie qui a enregistré une croissance positive en 2020.
Néanmoins, les résultats au long cours de la Chine sont encore plus impressionnants. Lors des vingt dernières années, l’empire du milieu a multiplié son PIB par cinq et représente désormais 20% de l'économie mondiale et 30% de la croissance annuelle du PIB de la planète. Dans le même temps, sa capitalisation boursière a été multipliée par 25 et constitue aujourd’hui près de 11% de la capitalisation boursière mondiale.
Pourtant, les investisseurs internationaux sont encore nombreux à sous-pondérer significativement ce pays dans leur portefeuille par rapport au poids de la Chine dans les indices de référence mondiaux. La Recherche d’UBS juge opportun de démystifier les marchés financiers chinois et de souligner les opportunités qu'ils présentent pour les investisseurs. Tour d’horizon.
Cette année, la Chine vise une croissance supérieure à 6% mais on peut estimer que son PIB augmentera probablement de plus de 8%. Le pays devient également un leader de l'innovation technologique. Les dépenses de Recherche & Développement augmentent deux fois plus vite qu'aux Etats-Unis. Mieux: la Chine est le pays qui compte le plus de supercalculateurs et de robots industriels au monde.
Le géant jaune vise la neutralité carbone à l'horizon 2060 en s'appuyant notamment sur des infrastructures plus intelligentes et en devenant un leader de la fabrication de cellules de batteries pour les véhicules électriques. La Chine est également à la pointe de la révolution digitale dans les secteurs du commerce de détail et de la finance. Elle représente pas moins de 57% du marché mondial de l'e-commerce.
En 2018, la Chine a autorisé les agences de notation de crédit étrangères (notamment S&P, Fitch et Moody's) à créer dans le pays des filiales chargées de noter les obligations chinoises. Cela a permis aux investisseurs internationaux de mieux évaluer la solvabilité des émetteurs.
Par ailleurs, la Chine a facilité ces dernières années l'accès des investisseurs étrangers à l'ensemble des actions chinoises. Ils peuvent s'exposer aux actions H (cotées à Hong Kong) et aux ADR, ces certificats de dépôt américains d’entreprises chinoises, en investissant directement dans un titre donné ou par le biais d'un large éventail de fonds. Compte tenu du poids grandissant des actions A (cotées à Shanghai et Shenzhen) dans les indices de références mondiaux, il est désormais plus facile pour les étrangers d'investir.
Le cycle économique et le cycle des taux d'intérêt en Chine divergent souvent de ceux des autres grands marchés grâce à la prépondérance de son marché intérieur. Mais aussi grâce à une politique monétaire indépendante, qui n'est pas coordonnée avec celle des banques centrales du monde développé.
Par exemple, en 2018, la Réserve fédérale américaine a relevé son taux directeur de 100 points de base (pb) car l'économie américaine enregistrait une croissance supérieure à la tendance. Dans le même temps, la Banque populaire de Chine a réduit le coefficient de réserves obligatoires des banques de 250 pb en raison du ralentissement de l'économie chinoise. Du coup, les rendements obligataires ont augmenté aux Etats-Unis et diminué en Chine.
Les actions chinoises procurent également des avantages du point de vue de la diversification. Historiquement, l'indice MSCI China A Onshore présente une corrélation de 0,5 avec le MSCI All Country World Index (ACWI), contre 0,84 pour le MSCI Emerging Markets et 0,97 pour le MSCI USA (selon les données hebdomadaires sur les cinq dernières années).
Par conséquent, le fait d'incorporer des actifs chinois à un portefeuille international peut procurer des avantages considérables du point de vue de la diversification. De plus, l'exposition au marché chinois peut doper les rendements. En effet, certains secteurs exposés à l'économie digitale de la Chine devraient enregistrer un taux de croissance annuel composé (TCAC ou CAGR en anglais) de 20 à 40% à moyen terme.