Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06917.jsonl.gz/508

A l’aube de l’ère industrielle, la population mondiale se situait en dessous des 2 milliards d’habitants; en 1950, on atteignait 2,8 milliards, en 2000, 6 milliards. Le chiffre de 7 milliards a été dépassé l’an dernier. Il n’est pas utopique d’imaginer que les 9,2 milliards de personnes seraient atteints en 2050. En Suisse, la population a plus que doublé depuis le début du 19ème siècle, passant à 7,8 millions en 2010 et devrait se situer aux environs de 9 à 10 millions d’habitants en 2050.
Surface agricole par habitant
Elle diminue sensiblement et est due à l’augmentation de la population, à l’urbanisation et à la construction de logements, d’infrastructures (routes, autoroutes, voies ferrées, etc.) et à la création d’aménagements sportifs, golfs par exemple.
Les meilleures terres agricoles, au niveau mondial, sont déjà en cultures. D’autres terrains pourront être mis en cultures, mais les possibilités au niveau planétaire sont restreintes. L’eau et la température sont des paramètres à prendre en considération et sont des facteurs limitants. Les Asiatiques ont compris cette situation et ont anticipé le phénomène en louant ou en achetant d’importantes surfaces de terres agricoles en Afrique australe.
Le niveau de vie
Il a une grande influence sur le mode d’alimentation humaine. Le PIB (Produit Intérieur Brut) dans les pays occidentaux a fortement augmenté depuis la 2ème guerre mondiale.
Dans les années cinquante, par exemple, le Suisse mangeait plus de pain, de pommes de terre et consommait plus de lait frais. Actuellement, il mange davantage de viande toutes catégories confondues et de produits alimentaires transformés ou conditionnés.
La création d’élevages intensifs (poulaillers, halles d’engraissement pour bovins) a permis d’abaisser le prix de revient des produits carnés et ainsi d’offrir au consommateur de la viande à un prix plus avantageux.
Avec l’élévation du niveau de vie en Chine et en Inde, ainsi que dans tous les pays émergents, il faut s’attendre à ce que ce scénario s’y produise aussi.
Utilisation des céréales
La viande est de la céréale transformée. Il faut 2 kg de céréales pour la production de 1 kg de viande de volaille, 3 kg de céréales pour la production de 1 kg de viande de porc ou 9 kg de céréales pour la production de viande de bœuf. Cela signifie qu’une partie des céréales cultivées actuellement est destinée à la production animale et entre en concurrence directe avec l’alimentation humaine. Avec un hectare de blé en Suisse, on produit 6 à 7000 kg de pain, mais plus que 750 kg de viande bovine par exemple, ce qui se traduit inévitablement par une plus forte demande de céréales.
Cours des matières agricoles
Il a chuté fortement entre les années 1960 et 2 000. Actuellement, on peut affirmer que la situation s’est inversée. Les cours se sont redressés vu la forte demande des pays émergents et l’utilisation non alimentaire de certains produits agricoles. Par exemple, le maïs aux Etats-Unis et la canne à sucre au Brésil sont utilisés pour la fabrication d’éthanol carburant. Il est étonnant de constater que le cours du blé et celui du pétrole suivent presque la même courbe.
Malgré la forte augmentation des rendements de ces dernières décennies, due aux progrès techniques, il est arrivé, à une ou deux reprises, que la consommation annuelle soit supérieure à la production de l’année correspondante.
Ainsi, les réserves mondiales sont mises à mal. La volatilité des cours est devenue omniprésente; il suffit que l’on apprenne une sécheresse, du gel ou des inondations dans telle ou telle partie du globe pour que la bourse s’affole.
La Suisse, par le biais de sa politique agricole, souhaitera-t-elle participer à ce défi mondial ?
Selon un texte élaboré par Henri Vallotton