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La somnolence excessive est un état subjectif et objectif d’éveil physiologique abaissé, de propension au sommeil ou d’assoupissement (1). Cette somnolence est à bien différencier de la fatigue même si elles peuvent être liées.
Selon les études et la sévérité, de 4 à 20% de la population serait somnolente (1).
Dans des circonstances standards, si l’endormissement survient « anormalement » vite, on parlera d’endormissement pathologique. De même, lorsque l’endormissement intervient dans des circonstances inappropriées, il est pathologique.
L’évaluation de la somnolence
L’entretien avec un médecin et des échelles standardisées comme l’échelle de somnolence d’Epworth, la plus fréquemment utilisée, peuvent donner de bonnes indications quand au risque de somnolence d’une patient.
Il existe toutefois des tests se pratiquant en laboratoire du sommeil, qui permettent d’évaluer la rapidité d’endormissement dans des circonstances normales :
- Test itératif de latence d’endormissement
- Test de maintien de l’éveil
Causes de somnolence
Physiologiquement, pendant l’enfance et quand on vieillit, la sieste est physiologique et ne doit pas être confondue avec la somnolence.
Il est possible de souffrir de somnolence excessive à ces âges, mais il faut veiller à le distinguer de la sieste physiologique.
La somnolence excessive peut être induite par des comportements inadaptés (qu’ils soient choisis ou non) :
- privation chronique de sommeil
- prise de médicament
- prise de drogue, d’alcool…
- perturbation du rythme circadien dû à un travail posté, à des décalages horaires fréquents…
Elle peut également être pathologique secondaire, liée une pathologie provoquant un sommeil non récupérateur, comme l’apnée obstructive, un syndrome de mouvement périodique ou encore des affections neurologiques ou des pathologies chroniques sévères comme la fibromyalgie, la lombalgie, les cancers…
Elle peut être liée à un trouble du rythme circadien veille-sommeil.
Toutefois, il existe des somnolences ne pouvant s’expliquer par des causes secondaires ou par un trouble du rythme circadien, elles sont alors liées à une atteinte centrale du système d’éveil. On parle d’hypersomnie idiopathique. La narcolepsie, avec ou sans cataplexie en est un exemple connu.
Les hypersomnies d’origine centrale
Il existe 3 types d’hypersomnies centrales : la narcolepsie, l’hypersomnie idiopathique et les hypersomnies récurrentes (rares)
La narcolepsie
Elle est caractérisée par des accès de somnolence diurne irrépressibles. Elle peut être ou non associée à une cataplexie (perte brutale de tonus musculaire sans perte de conscience à la suite d’une vive émotion, le plus souvent positive).
Les accès de cataplexie peuvent durer de quelques secondes à 2 minutes.
Il est souvent plus difficile de diagnostiquer la narcolepsie sans cataplexie.
La narcolepsie cataplexie (ou maladie de Gélineau) provient d’un perte des neurones hypothalamiques produisant l’hypocrétine, qui joue un rôle essentiel dans le maintien de l’éveil.
D’autres symptômes peuvent être présents :
- paralysies au moment de l’endormissement (hypnagogiques) ou au réveil (hypnopompiques)
- hallucinations hypnagogiques ou plus rarement hypnopompiques
- sommeil fragmenté
- sieste récupératrice
L’hypersomnie idiopathique
Elle se traduit par une somnolence diurne plus ou moins continue. La personne n’est jamais ou rarement complètement réveillée.
Les accès de sommeil peuvent être mieux contrôlés que dans les cas de narcolepsie mais durent plus longtemps.
Les siestes de ces hypersomniaques ne sont pas récupératrices.
Le temps de total de sommeil sur la journée peut être normal (de 6 à 10h) mais parfois il est rallongé (plus de 10h)
On n’explique pas cette hypersomnie (d’où sa qualification idiopathique)
Le plus souvent, elle commence à l’enfance, à l’adolescence et chez le jeune adulte.
Les causes plus rares de somnolence diurne
Nous citerons :
- le syndrôme de Kleine-Levin dont les accès d’hypersomnie peuvent durer plusieurs jours
- les hypersomnies provoquées par des encéphalites
- les hypersomnies d’origine psychiatrique
Les thérapies contre la somnolence
Dans le cas de somnolence excessive primaire, bien souvent, la seule thérapie possible est pharmacologique. Elle ne permet pas de soigner la maladie mais de réduire l’hypersomnie et les accès de narcolepsie afin de mener une existence sociale convenable.
Contre la somnolence secondaire, la thérapie de choix reste celle qui traite la source, quelle qu’elle soit. Mais on peut citer ici des méthodes qui permettront d’accompagner la personne :
Dernière mise à jour : 13-11-14
(1) Neurologie, Collège des Enseignants en Neurologie, Elsevier-Masson, 2014