Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07189.jsonl.gz/892

Les contribuables suisses furent obligés de plonger profondément dans leurs réserves pour renflouer l'UBS qui menaçait de couler suite à son inconduite. Dans la foulée, l'ancien conseiller fédéral radical Kaspar Villiger accéda à la présidence du conseil d'administration de la banque, cautionnant l'entourloupe. Prendre des risques fait partie des vertus de l'esprit d'entreprise, mais les faire payer par des tiers, en l'occurrence les contribuables qui n'ont pas le choix, est contraire aux règles de l'économie libérale de marché.
À présent la Banque Nationale Suisse maintient le cours du franc en dessous de la valeur que le marché lui donne. Par conséquent l'ensemble des consommatrices et des consommateurs du pays paient trop cher les produits importés qu'ils consomment. En revanche la sous-évaluation du franc fait plaisir à Swissmem, association des industries des machines, des équipements électriques et des métaux. Grâce au franc rendu bon marché par des mesures politiques et administratives, ses membres peuvent d'autant mieux exporter leurs produits. Johann Schneider-Ammann en fut son président jusqu'en 2010 ; il est actuellement conseiller fédéral libéral-radical chargé du département de l'économie. Il se prétend pourtant défenseur de l'économie de marché.
Bref, les principes de l'économie libérale de marché et du moins d'État ne résistent pas aux avantages particuliers que l'on peut gagner en exploitant la filière politique quand elle mène plus directement dans la poche des habitants du pays. Les personnalités qui méritent notre respect sont celles qui restent fidèles aux principes qu'ils proclament.