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L’ex-ouragan faiblit. Il est à nouveau rétrogradé, en dépression tropicale cette fois. Et il se remet en mouvement vers le nord-est et l’intérieur des terres. Cependant, même affaibli, il reste une énorme machine à pluie.
À Houston le métro et la voirie ont repris partiellement du service. On commence à quitter les centres d’accueil pour rentrer chez soi. Et l’on se pose des questions. Comment un ouragan si rapidement rétrogradé en tempête tropicale a-t-il pu faire autant de dégâts?
J’expliquais hier que le météore, presque immobile et positionné pour moitié sur le Golfe du Mexique, se rechargeait continuellement en humidité. Pour le reste on sait qu’il ne fut majeur (force 4) que pendant quelques heures avant de se dégonfler, et que son plus bas point de dépression était de 938 hPa. Soit loin des records.
La quantité de pluie tombée n’explique pas tout de l’inondation historique de Houston. Un article du Washington Post, repris en français sur rfi, pointe l’urbanisation désordonnée de la grande ville du sud:
« On appelle Houston la ville sans limites. Mais c’est aussi la plus grande ville des États-Unis sans loi relative à l’occupation et à l’utilisation des sols. C’est ce genre d’urbanisme à la manière Far West qui a probablement contribué aux inondations catastrophiques provoquées par l’ouragan Harvey et a mis en danger la vie de milliers d’habitants. L’augmentation non règlementée des constructions, y compris dans des zones inondables, a diminué la capacité naturelle des sols à absorber l’eau. Et le système de drainage mis en place par la ville - un réseau de réservoirs, de bayous et, en dernier ressort, de rues par lesquelles l’eau devrait s’écouler - n’était pas pensé pour pouvoir faire face à des tempêtes violentes et de plus en plus fréquentes. »
L’urbanisation très dense, la construction en zone inondable, le drainage parfois insuffisant, l’incapacité progressive des sols à absorber l’eau et le comblement des zones naturelles de retenue de d’eau, sont en cause dans de nombreuses inondations dramatiques.
Les destructions causées par les intempéries sont par conséquent plus visibles et plus graves qu’il y a une centaine d’années, sans qu’elles soient forcément plus fortes. Les épisodes météorologiques extrêmes ont toujours existé et provoqué des désastres.
Ce qui m’amène à ce constat: même sans être d’une puissance record un ouragan ou une tempête tropicale peuvent engendrer des dégâts majeurs.
Et alors que, depuis Katrina, chaque gros ouragan est associé dans la presse au réchauffement climatique (ce qui, je le rappelle, n’est pas probant), la démonstration est faite par Harvey que le réchauffement du climat ne peut se mesurer à la seule ampleur des dégâts: ceux-ci ne peuvent être la preuve indiscutable de celui-là.
La surveillance précise des ouragans par voie de satellite date des années 1970. On a vu avec Hayan aux Philippines que cette mesure peut induire en erreur, puisque ce typhon ne fut pas le plus puissant de l’histoire météorologique malgré les annonces médiatiques initiales. Et avant ces années on ne sait pas si des ouragans restés sur l’océan, sans contact avec la terre, n’ont pas été encore plus puissants que Wilma.
On devrait aussi s’interroger sur le comportement atypique de Harvey, monté si vite en puissance dans le nord du Golfe du Mexique et dégonflé aussi rapidement en tempête tropicale.
Et, pour relativiser, si la ville de Houston a été gravement inondée, Bombay connaît actuellement la même situation: la mousson inonde partiellement la ville et les habitants ont de l’eau jusqu’à la taille. La mousson n’est pas particulièrement intense mais:
« Les scientifiques attribuent les inondations endémiques dans la capitale économique de l’Inde à son rapide développement urbain qui étouffe le système de canalisations. »
Alors qu’une nouvelle tempête tropicale, Irma, a commencé son périple au large de l’Afrique de l’ouest et évoluera possiblement vers le stade d’ouragan, il n’y a pas actuellement de raisons de rattacher chaque gros ouragan ou chaque épisode météo un peu intense au réchauffement, sinon pour entretenir une anxiété sur l’avenir – anxiété que je ne pas partage pas.