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L'émission diffusée en décembre 2016 indiquait qu'en Suisse, la Croix-Rouge revend 85% du plasma récolté à des entreprises privées comme la firme suisse Octapharma ou australienne CSL Behring. Le plasma n'est pas spécifiquement prélevé, mais est issu des dons de sang qui sont de toute manière réalisés.
Pour la Croix-Rouge, ce système est indispensable pour couvrir les frais liés à la récolte de sang et lui a rapporté 4 millions de francs l'an dernier.
Mais au Centre de transfusion sanguine des Hôpitaux universitaires genevois (HUG), où près des deux tiers du plasma est revendu, la responsable du service a reçu des dizaines de courriers de donneurs scandalisés par cette pratique. Une réaction également observée dans d'autres cantons.
On ne prélève jamais du sang pour le vendre à l'industrie, mais toujours pour le bien d'un patient
"On ne prélève jamais du sang pour le vendre à l'industrie, mais toujours pour le bien d'un patient", tient à préciser Sophie Waldvogel, qui craint de perdre des donneurs. Les globules rouges sont récoltés en priorité pour être transfusés. Seul le plasma, un composant très en surplus par rapport aux besoins des hôpitaux, est revendu.
Vendre le plasma ou le détruire
"Si je ne peux pas utiliser ce plasma pour des patients je n'ai pas d'autres possibilités que de détruire le produit ou de le livrer à des firmes pharmaceutiques pour qu'ils fassent des médicaments", explique la responsable.
L'utilisation du sang pour fabriquer des médicaments est d'ailleurs mentionnée sur.
Marie-Emilie Catier et Marie Maurisse/cab
Le plasma et ses utilisations thérapeutiques
Ces dérivés permettent aussi de traiter plus d'une centaine de maladies telles que l'hémophilie, les maladies respiratoires héréditaires ou des déficits immunitaires.
Environ 90 % du plasma prélevé est destiné à la fabrication de médicaments et le reste est utilisé pour les transfusions dites "thérapeutiques".
Le plasma constitue un peu plus de 50% du volume total du sang et contient plus de 300 protéines différentes. Ce liquide clair est séparé du sang par centrifugation (les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes sont retirés).
Le commerce du sang révélé par Temps présent
L'enquête réalisée en collaboration , présentait notamment le témoignage d'un homme recevant un peu moins de 200 dollars par mois pour le plasma qu'il se fait prélever deux fois par semaine à Cleveland dans les locaux de l'entreprise suisse Octapharma.
Légale aux Etats-Unis, cette pratique est interdite en Suisse et dans la plupart des pays d'Europe, ce qui n'empêche pas du plasma issu de donneurs américains rémunérés d'être utilisé dans des médicaments vendus en Suisse.