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Shahbaz Sharif (d), frère de Nawaz Sharif (g), devra d'abord être élu à l'assemblée nationale pour prétendre diriger le gouvernement pakistanais (archives).
KEYSTONE/EPA/RAHAT DAR(sda-ats)
Le Premier ministre pakistanais sortant Nawaz Sharif, destitué vendredi par la Cour suprême, a choisi son frère Shahbaz pour prendre sa succession politique. Son ex-ministre du Pétrole Shahid Khapan Abbasi lui succède comme chef du gouvernement par intérim.
"Je soutiens Shahbaz Sharif après moi (comme successeur) mais il va prendre le temps de se présenter aux élections, donc pour le moment je désigne Shahid Khaqan Abbasi" à la tête du gouvernement par intérim, a-t-il annoncé dans un discours à son parti. La nomination de M. Abbasi doit encore faire l'objet d'un vote du Parlement, mais celui-ci ne devrait être qu'une formalité. Le parti de M. Sharif y dispose d'une large majorité.
Agé de 58 ans, Shahid Khaqan Abbasi est un fidèle du Premier ministre démissionnaire. Il devrait rester au pouvoir au moins 45 jours, période au cours de laquelle Shahbaz Sharif pourra démissionner de ses fonctions à la tête de la province du Punjab et se présenter à une élection partielle pour entrer au Parlement.
Dérive monarchique
Ces nominations font suite à la décision vendredi de la Cour suprême du Pakistan de "disqualifier" Nawaz Sharif et de le destituer de facto au motif que le Premier ministre ne s'est pas comporté en "membre honnête du Parlement".
L'opposant Imran Khan a dénoncé une dérive monarchique. "Des partis politiques n'ont pas la démocratie en eux. Ce sont des partis familiaux. En fait, c'est une forme de monarchie", a dit l'ex-star du cricket, dont le parti est à l'origine de la plainte qui a abouti à la destitution de Nawaz Sharif.
Armée mise en cause
Ces décisions plongent à nouveau le Pakistan dans une zone de turbulences politiques après une période de relative stabilité, marquée par une amélioration de la sécurité.
L'éviction de Nawaz Sharif, qui dirigeait le gouvernement pour la troisième fois après avoir été poussé à la démission en 1993 et chassé par un coup d'Etat en 1999, pose de nouvelles questions sur la solidité de la démocratie pakistanaise. Aucun Premier ministre n'ayant réussi à achever son mandat depuis l'indépendance du pays en 1947.
Au sein de la PML-N, beaucoup voient la main de la puissante armée dans la chute de Nawaz Sharif. L'armée ne s'est pour l'heure pas exprimée sur la chute de Nawaz Sharif et n'a pas non plus commenté les accusations selon lesquelles elle était à l'origine de cette destitution.
Accusations démenties
Les accusations qui visent Sharif découlent de la publication l'an dernier des "Panama Papers", des documents du cabinet Mossack-Fonseca, basé au Panama. Ils semblent montrer que la fille et deux fils du Premier ministre pakistanais démissionnaire ont possédé des actifs offshore et s'en sont servi pour acheter des biens immobiliers à Londres.
En avril, la Cour suprême avait estimé que les éléments à sa disposition ne justifiaient pas la destitution du chef du gouvernement, mais avait demandé un complément d'enquête.
Nawaz Sharif a démenti toute malversation et dénoncé un complot.
ATS