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En février 1982, la loi sur la protection des monuments, de la nature et des sites est modifiée. Elle donne dorénavant aux sociétés de protection du patrimoine la possibilité de demander le classement d'un bâtiment. La même année, Patrimoine suisse Genève, ancienne Société d'art public, demande le classement de la villa Edelstein. Avant cette date cependant, de nombreuses «invitations» de protection avaient déjà été envoyées au Conseil d'Etat.
Avec son architecture mouvementée formée d'une haute tourelle, de toits saillants et de demi-croupes, cette villa constitue l'un des meilleurs exemples genevois du style pittoresque romand. Ses façades, mélange complexe de bois et de pierre à bossage rustique, furent primées au concours de villas de 1908. Au rez-de-chaussée, les pièces de réception en enfilade disposent d'un décor varié adapté à chaque espace : les paysages peints en grisaille confèrent au salon une atmosphère douce et feutrée tandis qu'un motif de citrons contribue au caractère tonique de la salle à manger. L'articulation des espaces autour d'un monumental escalier en bois, la mise en retrait des pièces de services et l'usage raffiné de faïences décorées (allusion explicite au commanditaire de la villa, propriétaire d'une faïencerie) sont le reflet d'un mode de vie bourgeois que l'irruption du confort moderne (salle de bain, chauffage central) ne vient pas perturber.
PG, XXe, un siècle d'architecture à Genève, éd. infolio, p. 205
Edmond Fatio, Charles Meysson
Décors intérieurs remarquables inspirés du mouvement Arts & Crafts
M. Coppier-Defer
1907-1908
Classement demandé par la SAP le 08.11.2002
Classement le 08.01.2010
Route de Drize 4
La maison fut construite par l'architecte Antoine Leclerc (1874-1963) pour lui servir de résidence privée. L'autorisation de construite fut délivrée le 21 septembre 1904, la construction fut achevée en août 1905.
Né à Genève, Antoine Leclerc fit de brillantes études d'architecture à l'école des Beaux-Arts de Paris où il reçut le diplôme du gouvernement. Il revint à Genève en 1900 pour y exercer sa profession.
L'architecture d'Antoine Leclerc est remarquable en ce sens qu'elle se démarque du courant pittoresque à tendance nationaliste ou régionaliste de sa génération. Ses oeuvres se rattachent à la tradition latine avec une volonté de modernité qui leur confèrent toute leur originalité.
En particulier, on lui doit les immeubles 16, rue Henri-Dunant (1901) et 15-17, rue Versonnex (1902) qui présentaient, à l'époque, une grande originalité. Il mena également les travaux de restauration du temple de Carouge (1905-1910) et, avec Gambini, la transformation de l'intérieur du temple de la Fusterie. On lui doit aussi l'école du Mail, 5 rue du Village suisse (1917).
La maison fut habitée par l'architecte et sa famille. Sa fille, Marie-Louise, elle-même architecte et collaboratrice de son père à partir de 1935, y résida jusqu'à son décès en 2001.
SAP, 8 novembre 2002
Classement demandé par la SAP le 08.11.2002
Classement le 13.01.2010
Chemin du Bief-à-Dance 14
Après les cités nouvelles de Meyrin et d'Onex, le programme de ce nouvel ensemble était ambitieux : il prévoyait la réalisation d'une cité d'habitation de 10'000 habitants, complétée par de nombreux équipement publics. Pour cette colossale opération, reconnue comme la plus importante en Suisse, les architectes testèrent un parti d'implantation alternatif à la grille orthogonale, modèle le plus souvent utilisé dans les nouvelles zones d'habitation. Le plan masse fut ainsi articulé en trois immeubles locatifs, deux tours jumelles de 26 et 30 étages, et un bâtiment d'un seul tenant de 11 à 15 étages, qui se développe selon une ligne brisée ininterrompue de plus d'un kilomètre, en suivant le périmètre et le dénivellement de la parcelle. Ce système d'implantation permet d'éviter les vis-à-vis, et favorise l'ensoleillement des appartements, tous traversants. Le vaste espace central est partiellement occupé par les équipements et aménagés en parc public, le «jardin ensoleillé» que les architectes considérèrent indispensable pour rendre agréable le cadre de vie.
Le Lignon, Vernier. Photo: Sebastian Heeb, Patrimoine suisse
Cette réalisation pionnière est remarquable non seulement par son parti d'implantation mais aussi par sa qualité technique et constructive. En raison de l'importance de l'opération, à tous les niveaux de la mise en oeuvre, systèmes, éléments et composants furent étudiés dans une logique de simplification du processus de construction. De la structure lamellaire en béton armé, réalisée pour la première fois en Suisse selon le procédé industrialisé français dit « coffrage tunnel », à la conception des 100'000m2 de façades-rideaux par blocs préfabriqués en usine, on retrouve systématiquement les notions – capitales dans les Trente Glorieuses – d'industrialisation du bâtiment et de rationalisation du système constructif. Projet de tous les records, qualitatifs et quantitatifs, Le Lignon est depuis peu protégé par un plan de site qui a pour objectif la sauvegarde des qualités de l'ensemble.
GM, XXe, un siècle d'architecture à Genève, éd. infolio, 2009, pp. 440-441
Georges Addor, Dominique Julliard, Jacques Bolliger, Louis Payot
1963
Demande de protection de la SAP le 12 décembre 2002
Plan de site adopté le 13 mai 2009
(bâtiments, école, église et temple)
Vernier