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Le lecteur suit l’écrivain dans sa quête d’autonomie et rencontre en même temps l’architecte qui raconte, non sans fierté, l’achèvement et l’ouverture de la piscine de Letzigraben. Ses récits de voyages et ses réflexions sur l’Europe d’après-guerre, les paysages de ruine que composent les villes détruites et leurs habitants, racontent le monde contemporain. L’auteur assume ici complètement son rôle de sismographe.
Max Frisch médite également sur l’écriture et sur les lectures qu’il effectue, sur sa relation à Bertolt Brecht ou à Albin Zollinger, qu’il rencontre lors d’une randonnée. Le journal contient en outre des esquisses autobiographiques et littéraires, comme la première version de « Graf Öderland », qui, outre le « Journal avec Marion » et « You shall not make for yourself any graven image », peut être considérée comme un des passages centraux de l’ouvrage. Il est frappant de constater que presque toute l’œuvre littéraire ultérieure de Frisch est contenue ici à l’état d’ébauche : on pourrait la lire à partir de ces notes. Outre les analyses du monde contemporain que livre Frisch, le premier de ses journaux permet ainsi de recevoir un aperçu profond du processus d’élaboration de son écriture et de sa pensée. Il participe en outre du façonnage du style de l’écrivain.
(Marc Caduff, traduit par Marie Fleury Wullschleger)
Traduit par: Madeleine Besson Philippe Pilliod /
Titre original: Tagebuch 1946-1949
Gallimard, Paris 1963
ISBN: 2-07-022597-6
Le récit le plus connu de Max Frisch, « Homo faber », est paru en 1957. Raconté à partir d’un point …