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27.03.2024 | Gottardo Pestalozzi | WSL News
Les sols forestiers stockent plus de carbone que les arbres, mais le libèrent en grande quantité lors de perturbations naturelles ou de coupes de bois. Les modalités de ce processus devraient être prises en compte dans le calcul du bilan carbone. C'est ce que montre une étude de l'Institut fédéral de recherches WSL.
Planter des arbres pour lutter contre le changement climatique? Depuis quelques années, les médias du monde entier ont largement repris le débat scientifique autour de cette question. Ce qui est indiscutable, c'est que le sol forestier stocke de grandes quantités de carbone organique dans l'humus, soit 17% de plus dans la forêt suisse que dans la biomasse. Une équipe dirigée par Mathias Mayer de l'Institut fédéral de recherche WSL a analysé le rôle joué par les perturbations naturelles, qui ont augmenté ces dernières années en raison du changement climatique. Ils ont passé au crible 151 études à l'échelle globale pour estimer les quantités de CO2 libéré – et donc de carbone stocké – après une perturbation naturelle. Ils en ont conclu que les incendies de forêt avaient le plus fort impact, suivis par les chablis, les coupes de bois et les insectes nuisibles. Toutefois, le type et la quantité de carbone organique stocké dans le sol avant l'événement jouent un plus grand rôle que le type de perturbation.
La perte de carbone était la plus importante dans les régions froides du grand nord et dans les montagnes où l'humus était abondant dans les couches supérieures du sol. Dans de tels sols forestiers, les effets négatifs étaient encore décelables au moins quatre décennies après une perturbation. En revanche, les forêts dont les couches supérieures du sol présentaient initialement une faible teneur en humus perdaient moins de carbone et retrouvaient plus rapidement leur état antérieur. Les auteurs estiment donc qu'il est important que le débat sur la séquestration du carbone grâce aux plantations prenne en compte les pertes éventuelles en cas de perturbation.
L'étude du WSL met en avant le rôle capital des sols forestiers et de leur diversité stationnelle pour la régulation du climat. Outre le stockage du carbone, les sols forestiers sains assurent de nombreuses prestations pour la société et l'environnement: ils fournissent aux plantes l'eau et les nutriments nécessaires à leur croissance, contribuent à l'approvisionnement en eau potable, abritent de nombreux organismes, et régulent les flux d'eau et de nutriments. Enfin, ils apportent une contribution importante à la protection contre les inondations.
Les sociétés de pédologie de Suisse et d'Allemagne ont donc élu le sol forestier «Sol de l'année» en 2024.
Le WSL gère une base de données exhaustive des sols forestiers suisses et conserve près de 60 000 échantillons de sol dans une pédothèque - littéralement «bibliothèque de sols». Une galerie de photos de profils de sol provenant de toutes les régions de la Suisse est présentée aujourd'hui en ligne à l'occasion de la parution de cette étude.
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