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Vendredi 13 juin 2014 à 19h.
Projection du film, suivie d’une discussion en présence de l’artiste Oliver Ressler
The Visible and the Invisible (Le Visible et l’invisible)
Un film d’Oliver Ressler/ préparé dans le cadre de plusieurs résidences à Utopiana (2011-2013)
20 min., 2014
Au cours des dernières années, la Suisse est devenue le centre mondial du commerce des matières premières. Aucun pays au monde vend et achète plus de matières premières que la Suisse ; cependant, le pétrole brut, le cuivre, l’aluminium, le charbon ou le blé n’arrivent jamais sur le territoire Suisse puisque la totalité des transactions se produisent dans un monde virtuel. Malgré leur importance pour l’économie suisse et l’économie mondiale, le public connaît très peu de ces transactions secrètes.
Les sièges sociaux de ces groupes de commerce, qui comptent parmi les entreprises les plus lucratives au monde, se trouvent souvent dans les étages supérieurs des immeubles à bureaux de Genève, carrefour de matières premières ; ou, comme dans le cas de Glencore Xstrata dans le Canton de Zug, dans un paradis fiscal. Dans ces lieux, les traders font leurs échanges dans toute tranquillité et largement invisibles au public. Cette invisibilité relative en Suisse, est en contraste avec l’impact très visible et souvent catastrophique de l’exploitation minière et du commerce des matières premières dans des conditions néocoloniales sur les personnes et sur l’environnement et les Etats dans les zones d’extraction.
Le film «The Visible and the Invisible», évoquant le livre du même titre du philosophe français Maurice Merleau-Ponty, aborde la relation d’exploitation entre les industries toxiques et les conditions de travail inhumaines dans les pays du Sud et les profits gigantesques du commerce de matières premières dans les mains de quelques individus dans les pays du Nord. Le film présente un champ de vision, obscurci par la fumée, qui fait aussi référence aux émissions toxiques associées à la production dans le Sud ; ces images s’entrelacent à d’autres des sièges sociaux situés en Suisse portant les noms ingrats de Vitol, Trafigura, Mercuria, Gunvor, Litasco, Bunge and Dreyfus. Le film thématise, avec comme référence principale le commerce des matières premières, comment la richesse du Nord est en relation avec la pauvreté du Sud; il ébranle un des mythes capitalistes dominants qui dit que la prospérité «sans victimes» du Nord ne pourrait pas avoir de relation causale avec la pauvreté du Sud.
Direction, production et montage: Oliver Ressler
Texte de la narration: Oliver Ressler
Edition créative: Gene Ray
Narrateur : Patrick Lamb
Camera: Thomas Parb, Oliver Ressler
Designg du son, mixage et correction de couleur: Rudolf Gottsberger
Design du titre: Juma Hauser
Musique composée pour le film par La Gale.
Le texte de la narration est partiellement inspiré par Swiss Trading SA. La Suisse, le négoce et la malédiction des matières premières (2012) aux éditions La Déclaration de Berne, et par Les Veines Ouvertes de l’Amérique Latine (1973) de Eduardo Galeano.
Des remerciements spéciaux à Anna Barseghian (directrice artistique à Utopiana, Genève).
Je voudrais remercier Manzoor Ahmad, David Bicchetti, Thomas Braunschweig, Reto Cadotsch, Olivier Demarcellus, Stefan Kristensen, Olivier Longchamp, Martyna Olivet, et Jean-Michel Servet pour des conversations stimulantes sur le sujet.
Des renmerciements aussi à Cicero Egli, Can Gülcü, Ömer Kaplan, Vana Kostayola, La Gale, Katharina Morawek, Laura von Niederhäusern, Stella Rollig, Hanna Schmollgruber, and Tilo Steireif.
The Visible and the Invisible a été développé dans le cadre de programme de résidences à Utopiana, Genève et a été réalisé avec le support de Utopiana, Shedhalle Zurich et Lentos Kunstmuseum à Linz.
Oliver Ressler,
Oliver Ressler est né à Knittelfeld, Autriche en 1970, il vit et travaille à Vienne.
Il est un artiste et cinéate, il produit des installations, des projets dans l’espace public, et des films sur des sujets tels que l’économie, la démocratie, le réchauffement climatique, des formes de résistance et des alternatives sociales.