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23 logiques économiques alternatives pour changer le monde
L'économie de marché, ou linéaire, ou encore appelée dominante n'est pas la seule économie en vigueur. De nombreuses autres logiques ou approches économiques existent.
Certaines logiques économiques datent de plusieurs décades alors que quelques-unes n'ont été formalisées que très récemment. Il y en a qui portent des noms bien connus, tel que l'économie coopérative, et d'autres affublées de titres plus scientifiques, comme l'économie symbiotique.
Le diaporama ci-contre passe en revue 23 de ces logiques ou approches économiques, avec un regard issu de la systémique et des sciences du vivant (téléchargeable sur Slideshare). En effet, une équipe, une organisation, un pan de la société ou même la planète peuvent être considérés comme des êtres vivants, dans une structure hiérarchique verticale, selon J.G. Miller. (cliquez sur ce lien pour le tableau en pdf)
Et tout système vivant, toujours selon J.G. Miller est composé de sous-systèmes et réalise des échanges (transactions) de matière, d'énergie et d'information avec son environnement, tout en occupant un espace et ayant besoin d'équipements / outils (à partir d'un certain niveau).
- Consommation collaborative
- Ecoconception
- Écologie industrielle
- Économie circulaire
- Économie collaborative
- Économie contributive
- Economie coopérative
- Économie de fonctionnalité
- Économie distributive
- Economie participative
- Économie positive
- Économie quaternaire
- Économie sociale (et solidaire)
- Economie symbiotique
- Économie verte
- Freeware
- Freemium
- Logiciel libre
- Matériel libre
- Travail collaboratif
- Crowdsourcing, externalisation ouverte
- Crowdfunding
- Economie de l'innovation frugale
L'analyse faite est une réflexion sur une question principale: "Dans quelle(s) phase(s) du cycle de vie d'une activité économique cette logique a-t-elle le plus d'impact?"
C'est une première réflexion, toute collaboration, tout commentaire sont bienvenus!
(économie collaborative...)
Ci-dessous, vous trouverez 23 courtes définitions de chacune de ces 23 logiques, adaptées de leurs sites de références ou encore de Wikipedia, plus un premier lien internet exploitable:
Consommation collaborative
Modèle économique par lequel les consommateurs augmentent l’utilisation d’un bien ou d’un service, sous une forme gratuite ou payante, par le prêt, le partage, l'échange, le troc, la revente ou la location de celui-ci.
Même existant depuis longtemps de manière informelle à travers dans des échanges de proximité, ce phénomène s’est considérablement développé avec l’apparition de sites internet et d’applications servant d’intermédiaires spécialisés.
Il inclut le covoiturage, l’échange d’hébergement entre particuliers, l’échange de compétences…
Ecoconception
L’écoconception consiste à intégrer systématiquement tous les aspects environnementaux dès la conception et le développement de produits matériels, immatériels et services visant la réduction des impacts environnementaux négatifs tout au long de leur cycle de vie, tout en conservant ou augmentant leur utilité.
Ecologie industrielle
L’écologie industrielle est une notion et une pratique récente du management environnemental visant à limiter les impacts de l'industrie sur l'environnement. Basée sur l'analyse des flux de matière et d'énergie, l'écologie industrielle cherche à avoir une approche globale du système industriel en le représentant comme un écosystème et à le rendre compatible avec les écosystèmes naturels.
Economie circulaire
L’économie circulaire est un terme générique pour une économie industrielle qui est à dessein réparatrice et dans laquelle les flux de matériaux sont de deux sortes : les matériaux biologiques, susceptibles de réintégrer la biosphère, et les matériaux techniques, destinés à être revalorisés sans entrer dans la biosphère.
Economie collaborative
L’économie collaborative regroupe l’ensemble des pratiques et modèles économiques basés sur les structures horizontales et les communautés, qui transforment la façon dont on vit, crée, travaille.
Cette économie se construit sur des modèles distribués et sur la confiance au sein des communautés brouillant ainsi les frontières entre producteur et consommateur. Ces communautés se rencontrent et interagissent sur les réseaux en ligne mais aussi dans la vie réelle, notamment autour de lieux tels que les espaces de Coworking et les Fablabs.
Elle intègre consommation et finance collaboratives, gouvernance et conception et connaissance ouvertes,
Economie contributive
L'économie contributive, ou économie de la contribution, est un modèle de création de valeur basée sur la contribution. Elle se caractérise par la non-dissociation entre producteur et consommateur: dans le cadre d'une économie contributive, l'usager du service est potentiellement à la fois consommateur et producteur du service.
Par exemple, Wikipédia est un modèle d'économie contributive: les rédacteurs des articles sont les utilisateurs de l'encyclopédie. C'est le cas aussi des logiciels libres, où un certain nombre d'usagers apportent leur contribution en améliorant le logiciel qu'ils utilisent.
Economie coopérative
L’économie coopérative se situe autant du côté de la production, où des ressources sont mises en commun pour des avantages financiers, des facilités de structures et des avantages environnementaux.
De l’autre côté, des coopératives de consommateurs permettent de considérables avantages lors de l’utilisation de biens et services.
Au centre, la coopération d’achat amène des avantages non seulement financiers, mais aussi environnementaux (lors de transport).
L’aspect de la gouvernance démocratique y est fortement présent.
Economie de fonctionnalité
Modèle de création de valeur ajoutée reposant sur la location sur la durée, en remplacement du modèle usuel de transfert de propriété de produits lors de la vente.
L’entreprise reste propriétaire des biens dont elle met l'usage à disposition de ses clients : son chiffre d’affaires est lié à l’utilisation de ces biens par les clients. Elle a intérêt à ce qu’elle soit la plus satisfaisante possible pour fidéliser ses clients.
Comme le fabricant reste propriétaire du produit pendant l'intégralité de son cycle de vie, il est donc directement intéressé à prolonger sa durée de vie et l'entretenir, le maintenir et faciliter son réemploi, jusqu’à son recyclage final.
Economie distributive
Il s’agit de substituer au capitalisme une organisation démocratique, qui mette l’économie au service d’une humanité libérée tant de l’obligation de croissance, que de la nécessité de faire du profit. Inventée par Jacques Duboin elle associe principalement cinq aspects :
- Une monnaie distributive, correspondant à l'activité économique sans aucune spéculation
- Une allocation universelle
- Un partage du travail et la signature d'un « contrat social »
- Une démocratie locale et participative
- La propriété d'usage
Economie participative
L'économie participative se développe rapidement à l'échelle planétaire, et touche la Suisse. Airbnb, Uber, crowdfunding: tous nos secteurs économiques seront bientôt concernés. Nos modèles économiques sont profondément bouleversés, les intermédiaires évoluent ou disparaissent, faisant parfois des dégâts (et générant des manifestations, par exemple à Genève), mais permettant toujours de dégager de nouvelles perspectives de développement économique. (Postulat Encourager l'économie participative, l'encadrer et anticiper les défis à venir, déposé le 12.12.2014 par Fathi Derder)
Economie positive
L’économie positive rassemble les explications objectives ou scientifiques du fonctionnement de l'économie. Dans le cadre de l'économie positive, on étudie les conséquences économiques d'une décision prise par la société et relative à la consommation, la production et l'échange de biens.
L’économie normative fournit des prescriptions ou recommandations fondées sur des jugements de valeur personnels. En économie normative, l'interrogation porte sur les valeurs que les individus associent à une décision économique.
Economie quaternaire
L’« économie quaternaire » ou « économie du quaternaire » est un concept créé par Michèle Debonneuil. Le concept recouvre essentiellement un secteur économique conjuguant le secteur secondaire et le secteur tertiaire dont les produits ne sont ni des biens, ni des services, mais « de nouveaux services incorporant des biens, la mise à disposition temporaire de biens, de personnes, ou de combinaisons de biens et de personnes ». Outre ces produits, le secteur quaternaire comprend les technologies de l'information et de la communication (TIC) et la formation qui y sont associées, ainsi que les actions de l'État pour soutenir son développement.
Les travaux de Michèle Debonneuil l'ont conduit à développer le concept d'«économie quaternaire» sur la base du constat de l'interaction croissante entre différents éléments - ainsi, par exemple, dans le domaine des services de proximité, des services à la personne, ou des nouvelles technologies de traitement de l'information et de communication TIC…
Economie sociale (et solidaire)
L’économie sociale et solidaire est une notion qui désigne des entreprises et organisations – en particulier les coopératives, les mutuelles, les associations, les fondations et les entreprises sociales – qui ont comme spécificité de produire des biens, des services et des connaissances tout en poursuivant des objectifs à la fois économiques et sociaux et de promotion de la solidarité. (BIT).
L’ESS regroupe une multitude d’initiatives économiques locales, qui participent à la construction d’une nouvelle façon de vivre et de penser l’économie : elle respecte des critères éthiques, sociaux et écologiques et place la personne avant le profit.
Economie symbiotique
Un développement où l’homme ne fait pas « moins pire » mais « bien ». Où l’activité humaine n’est pas plus ou moins impactante mais devient positive. C'est une économie qui se base sur six principes:
- Une économie qui utilise l’intelligence des écosystèmes
- Une économie propre
- Une économie parcimonieuse
- Une économie collaborative
- Une économie relocalisée
- Une économie diversificatrice
Economie verte
Une économie qui engendre une amélioration du bien-être humain et de la justice sociale, tout en réduisant sensiblement les risques environnementaux et les pénuries écologiques.
Sur le plan pratique, on peut considérer que, dans une économie verte, la croissance des recettes et la création d'emplois proviennent des investissements publics et privé qui conduisent à une amélioration des ressources, à une réduction des émissions de carbone, des déchets et de la pollution, et à la prévention de la perte de biodiversité et de la dégradation des écosystèmes... (PNUE)
Freevare
Un logiciel gratuit, gratuiciel, ou freeware est un logiciel propriétaire distribué gratuitement sans toutefois conférer à l'utilisateur certaines libertés d'usage associées au logiciel libre.
La distribution gratuite de logiciel présente un intérêt évident pour les grands acteurs du monde logiciel. Il peut s'agir dans un cas, de distribuer gratuitement un logiciel aux fonctions réduites, sous la forme d'un produit d'appel, pour inciter une partie des utilisateurs à utiliser la version payante ou d'autres produits du même éditeur. La distribution gratuite peut aussi être réalisée dans le but de créer une addiction aux produits de l'éditeur ou dans le but de devenir un standard de facto.
Freemium
Evolution du freeware, le freemium est une stratégie commerciale associant une offre gratuite (free), en libre accès, et une offre payante (premium), plus haut de gamme, généralement avec plus de fonctionnalités. Ce modèle s'applique par sa nature aux produits et services à faibles coûts variables ou marginaux, permettant aux producteurs d'encourir un coût total limité et comparable à une offre publicitaire.
Le « freemium » est un modèle économique qui a cours depuis l’apparition des premiers logiciels, mais qui, avec les applications mobiles, le développement des jeux vidéos et de l’économie numérique, a pris ces dernières années une nouvelle dimension.
Logiciel libre
L'Open Source Definition détermine les conditions nécessaires pour qu'une licence soit considérée comme libre par l'Open Source Initiative. Open source ne veut pas seulement dire un accès au code source. Il faut aussi prendre en compte les critères suivant :
- Le programme doit inclure le code source
- La licence ne doit empêcher quiconque de vendre ou de donner le logiciel
- La licence ne doit pas exiger de droits d'auteur
- La licence doit autoriser les modifications et les applications dérivées
- La licence doit explicitement permettre la distribution de logiciels développés à partir de codes sources modifiés
Matériel libre
Inspiré du logiciel libre, open source hardware met à disposition des conceptions de produits matériels, réalisées ouvertement, de manière à ce que n’importe qui puisse étudier, modifier, distribuer, créer et vendre un “design” ou un produit basé sur ce design.
Idéalement, l’OSH utilisera des composants et matériaux d’approvisionnement aisé, des procédés de fabrication standard, des infrastructures libres, des contenus libres de droit et des outils de design “Open-source” pour maximiser la possibilité donnée à d’autres de concevoir ou utiliser un produit hardware. OSH permet à quiconque d’avoir le contrôle sur la technologie, du moment qu’il partage son savoir et encourage le commerce au travers de l’échange de design libre.
Travail collaboratif
La notion de travail collaboratif désigne aujourd'hui un travail qui n'est plus fondé sur l'organisation hiérarchisée traditionnelle, et plus spécifiquement un nouveau mode de travail (éventuellement intégré dans un modèle économique de production) où collaborent de nombreuses personnes grâce aux technologies de l'information et de la communication.
- le travail coopératif est une coopération entre plusieurs personnes qui interagissent dans un but commun mais se partagent les tâches
- le travail collaboratif se fait en collaboration du début à la fin sans division fixe des tâches
Crowdsourcing, externalisation ouverte
Utilisation de la créativité, de l'intelligence et du savoir-faire d'un grand nombre de personnes, en sous-traitance, pour réaliser certaines tâches traditionnellement effectuées par un employé ou un entrepreneur.
Ceci se fait par un appel ciblé (quand un niveau minimal d'expertise est nécessaire) ou par un appel ouvert à d'autres acteurs. Le travail est éventuellement rémunéré. Il peut s'agir de simplement externaliser des tâches ne relevant pas du métier fondamental de l'entreprise, ou de démarches plus innovantes. C'est un des domaines émergents de la gestion des connaissances.
Crowdfunding
Le financement participatif ou crowdfunding est une autre façon pour les entreprises, les projets et les particuliers de récolter des fonds pour leurs développements. Dans la plupart des cas, c’est l’association d’un grand nombre de personnes investissant un petit montant qui permettent aux porteurs de projets de trouver les fonds demandés.
Ce mode de financement est également un moyen de fédérer le plus grand nombre de personnes autour de son projet.
Les fonds apportés peuvent être alloués sous 4 formes différentes :le don, la récompense, le prêt, la prise de participation.
Economie de l’innovation frugale
Le concept d’innovation frugale (l’art de faire plus avec moins pour le plus grand nombre) est né en Inde de la réflexion d’industriels et de chercheurs comme Navi Radjou, soucieux d’apporter une réponse pragmatique aux attentes bien réelles des millions de non-consommateurs du «bottom of the pyramid» (BOP).
Sa mise en œuvre propose plus qu’une adaptation de l’économie traditionnelle aux conditions des pays en développement, mais constitue un vrai nouveau modèle économique gagnant/gagnant et social, en lequel les sociétés occidentales, entrées dans une phase de pénurie et de croissance limitée, croient de plus en plus.