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13/10/2013
Il règne, je trouve, bien trop de tolérance dans nos organisations politiques envers les comportements carriéristes de certains de nos militants. Le carriérisme semble non seulement être considéré comme un comportement normal (qui entre dans la norme), mais il est de plus souvent encouragé, voire pire, félicité lorsqu'il atteint ses buts !
Pourtant, le carriérisme, ou autrement dit, la volonté de faire carrière en politique, est incompatible avec la réalisation du projet de société que nous prônons.
Le militant carriériste n'est pas un militant, c'est un politicien.
Son objectif, faire carrière en politique, détermine l'ensemble de ses choix, de ses prises de position, de son discours. Le militant carriériste est donc ce militant qui respecte toujours le politiquement correct, suit la ligne dominante, montre du respect envers toute représentation du pouvoir (de son camp), ne prend pas position lorsqu'il y a le moindre risque que cela puisse se retourner contre lui.
Le militant carriériste est donc un spécialiste en tactique égoïste, ou en comment faire de la politique sans oser dépasser les bornes des conventions des puissants.
Mais le militant carriériste c'est aussi ce militant dont on ne connaît jamais le fond de la pensée. C'est ce militant qui ne dévoile sa position qu'après que l'autorité du parti ait donné son sacro-saint avis. C'est ce militant qui refuse d'apparaître à côté d'un autrui qui pourrait être quelque peu par trop sulfureux ou indocile.
Le militant carriériste a-t-il des convictions ?
Ce qui est certain c'est que le débat d'idées n'est pas son dada, et encore moins tout ce qui pourrait se rapprocher d'un débat philosophique. La philosophie c'est vieux, poussiéreux, ennuyeux, mais surtout, c'est dangereusement subversif. Et la subversion n'est clairement pas au programme du carriériste.
Le militant carriériste affirme que dans le consensus réside le succès, que la paix du travail est la clef de réussite de ce pays, que les puissants sont puissants parce qu'ils le méritent, et que tout ce qui remet en question l'ordre du monde est archaïque.
Camarades, nous ne pouvons plus longtemps tolérer ce type de comportements dans nos organisations. Il faut que les mentalités changent.
Comme première mesure, je demande donc que toute personne exerçant une charge politique soit interdite d'exercer une autre charge politique. Cela réduira déjà un peu la marge de manœuvre des carriéristes.
La politique n'est pas un métier, c'est un engagement en faveur de la Cité.