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23/04/2017
La Marine américaine a restreint l’enveloppe de vol de ses avions écoles Boeing T-45C « Goshawk » à une altitude maximale de 5’000 pieds et à des manœuvres de 2g après qu'un pilota instructeur a signalé des maux de tête après avoir effectué un vol en tandem avec un élève.
Rappel :
Les nouvelles restrictions de vol ont été prises une semaine après la reprise des vols des T-45C, suite à une «pause opérationnelle» de 12 jours mise en œuvre par les dirigeants de la Marine après un pic d'épisodes d’hypoxie signalés par les pilotes.
Les pilotes instructeurs refusaient de voler sur le jet, en citant des problèmes avec le système de générateur d'oxygène OBOGS de bord du T-45C. Les opérations de vol ont repris le 18 avril, mais les vols étaient limités à 10 000 pied d'altitude maximum. De plus, les pilotes ont été invités à ne pas effectuer de manœuvres soutenues à grande vitesse, et à ne pas dépasser 2g.
Un nouvel incident lié à l’hypoxie a eu lieu sur la base Naval Air Station Kingsville, au Texas, plus tôt cette semaine, impliquant un instructeur qui volait en testant une nouvelle configuration de masque d'oxygène. La Marine a confirmé l'incident, en disant qu'un pilote avait signalé des maux de tête mineurs et que les symptômes avaient diminué à mesure que l'avion perdait de l’altitude.
Masques en cause ?
Les pilotes instructeurs ont déjà signalé des inquiétudes au sujet de la nouvelle configuration de masque utilisée. Les pilotes se sentent mal à l'aise pour respirer dans le masque modifié. Un autre problème est que le nouveau système exige que le pilote relance le système OBOGS, s'il doit utiliser l'oxygène d'urgence, ce qui n'est pas idéal.
Photos : 1 T-45C Goshawk @ Chad Thomas 2 A l’entrainement sur porte-avions@ USN
07/04/2017
Suite à une série de problèmes révélés aux Etats-Unis, les médias suisses rapportent des problèmes d’alimentation en oxygène dans les F/A-18 C/D « Hornet » des Forces aériennes. Il est important de clarifier la situation, car une fois de plus l’information est incomplète et peut mener à une confusion.
La situation en Suisse :
Les F/A-18 C/D « Hornet » volent depuis environ 20 ans au sein des Forces aériennes suisses et ont accumulé plus de 100’000 heures de vol. Au cours de cette période, quelque 100 plaintes de pilotes ont été enregistrées concernant l'alimentation en oxygène. Cela correspond à une plainte pour 1000 vols effectués. Cinq de ces annonces concernaient des cas d'hypoxie. Cela signifie que le pilote était insuffisamment alimenté en oxygène. Ces annonces datent des années 2002, 2008, 2011, 2014 et 2016. Sur ces cinq cas, deux ont été qualifiés de graves.
Réaction :
Les Forces aériennes ont analysé chacune de ces annonces et pris des mesures appropriées. Ainsi, une procédure supplémentaire de test a été mise en place, les instructions concernant le lavage des moteurs au terme d'un engagement prolongé des appareils à l'étranger ont été adaptées et une alarme supplémentaire a été intégrée. Les pilotes ont aussi été sensibilisés à la thématique par un entraînement en chambre de décompression et des exercices particuliers sur simulateur.
En outre, les F/A-18C/D Hornet des Forces aériennes suisses sont très bien entretenus par un personnel hautement qualifié et sont normalement stationnés à l'abri dans des hangars. Contrairement aux F/A-18 alignés par les Etats-Unis, les appareils suisses ne sont pas engagés à partir de porte-avions ou de bases aériennes situées dans le désert, ce qui a un impact positif sur l'intégrité du circuit d'oxygène des avions.
Deux problèmes différents:
Il faut différencier deux problèmes survenu au USA. D’un côté, il y a un problème rare de décompression avec les « Hornet » de séries A/B/C/D au standard Block10 (Espagne, Canada), doté du système d’alimention en oxygène avec des bouteilles d’oxygène. Par contre, la maintenance est adaptée en fonction du vieillissement de ces appareils.
Par contre, Les Hornet C/D Block18 (Suisse, Finlande, Koweit) et les « Super Hornet » et plus précisement les E/A-18G « Growler » de la Marine américaine sont eux dotés du système d’alimentation de type OBOGS. Ces appareils ont un problème différent. En effet, il est apparu que le système OBOGS pouvait être contaminé par des lubrifiants et les fluides des moteurs qui se sont infiltrés dans le système de génération d'oxygène. Il apparaît également que les avions écoles de l’US Navy de type BAe T-45 « Goshawk » subissent le même problème de contamination par des fluides. Ce problème semble d'ailleurs plus grave sur les T-45, car les instructeurs de la Navy refusent depuis plusieurs semaines de continuer à voler, tant que le problème n'est pas résolu.
Photos : 1 Boeing F/A-18 C/D Hornet @ Swiss Air Force 2 E/A-18 « Growler » @ US Navy
20/03/2017
Le nouveau président des Etats-Unis cherche à obtenir une augmentation importante du financement du budget militaire avec notamment l’idée du développement d’un nouveau chasseur. La demande fait partie du plan budgétaire supplémentaire de la Maison Blanche pour l'exercice 2017, qui vise à augmenter de 30 milliards de dollars le budget de l'administration Obama cette année.
Il semble cependant peu probable que la demande complète soit transmise au Congrès parce qu'elle est principalement financée par le budget de base, qui est assujetti aux plafonds de la Loi sur le contrôle budgétaire (ACB). La levée des plafonds exigerait 60 voix au Sénat, ce que la Maison Blanche n'est pas susceptible d'obtenir.
Mais, l'investissement proposé dans le cadre du futur chasseur de sixième génération témoigne de la gravité de l'administration à pouvoir rapidement moderniser sa flotte tactique de combat au-delà du F-35.
La demande supplémentaire, qui a été dévoilée le 16 mars, comprend une augmentation importante du financement de la recherche et du développement pour la domination aérienne de la prochaine génération (NGAD), maintenant connue sous le nom de Penetrating Counterair (PCA), le futur avion de combat devra notamment pouvoir venir remplacer le F-22 et le F-35. A noter que la demande faite par l’administration Trump pourrait permettre d’augmenter le financement huit fois supérieur à celle demandée auparavant par l’administration Obama, pour atteindre 168 millions de dollars.
La panification du futur avion de 6ème génération semble se diriger vers un premier vol d’ici 2035 pour une entrée en service à partir de 2040-2045.
Photo : Image d’artiste d’un futur avion de 6ème génération
12/03/2017
La Marine américaine cherche à recapitaliser sa flotte aérienne de E-6B de commandement et de contrôle ce qui pourrait donner lieu à une coentreprise avec l'US Air Force.
Les E6-B de la Marine américaine soutiennent l’engagement des sous-marins lanceurs de missiles balistiques et permettent à l'USAF de lancer des missiles si les centres de commandement sur le terrain deviennent inutilisables pendant une crise nucléaire.
Lors d'une audition au Congrès datant du 8 mars dernier, le chef du Commandement Stratégique américain a déclaré aux législateurs qu'il avait ordonné à la Marine d'examiner le remplacement des E-6B. Sauf, que les moyens financiers de la celle-ci ne permettent pas une telle option pour l’instant. De plus, l’US Navy à modernisé sa flotte de E-6B en 2002, lorsque Boeing a offert une modernisation spécifique pour l’ensemble des B707 avec un nouveau poste de pilotage, un système de communications à large bande et un équipement de gestion de combat, de commandement et de contrôle. De fait l’US Navy va devoir compter sur le E-6B au moins jusqu’en 2038 avant de pouvoir remplacer le vénérable appareil. Cependant, la Marine américaine réfléchit à un programme conjoint avec l'US Air Force en vue de recapitaliser la flotte de E-6B avec l’US Air Force. L’idée devrait permettre par exemple de moderniser en commun l’avion et de partager les coûts.
Le Boeing E-6B « Mercury » :
Le Boeing E-6 Mercury est un poste de commandement aéroporté destiné à la Marine américaine dans le cadre d'une riposte nucléaire. Il est directement basé sur la cellule du B707. Sa mission est dite « TACAMO » pour « Take Charge And Move Out », « prendre en charge et s'en aller ». L ‘E-6B est doté de plusieurs équipements électronique de haute technologie, tels un GPS différentiel, divers systèmes de communications à basse et très basse fréquence. Dans ce cas deux antennes filaires sont tractées et rangées dans des conteneurs spéciaux dans le fuselage de l'avion. La première a une longueur de 1 220 mètres et la seconde de 7 925 mètres. Elles permettent de communiquer avec les submersibles en plongée. Outre sa livrée blanche caractéristique l'E-6 « Mercury » se reconnait au premier coup d'œil par le bulbe d'extrado sur le fuselage qui renferme divers équipement électroniques dont le système radar AN/ALR-66. Au-dessus de son cockpit triplace l'avion dispose d'un réceptacle de ravitaillement en vol destiné à lui accroitre le rayon d'action. Le Boeing E-6 Mercury est le plus gros avion à avoir porté les couleurs de la marine américaine.
Photos : Boeing E-6B « Mercury » @ USN
18/02/2017
Les choses semblent se préciser en ce qui concerne une négociation sur l’achat potentiel de Boeing F/A-18 « Super Hornet » voir même la nouvelle version BlockIII. Lors de sa visite à Charleston pour la présentation du B787-10 (voir article précédent) le président D. Trump a annoncé vouloir négocier l’achat de « Super Hornet » en remplacement d’une partie des F-35 pour l’US Navy.
Un discours qui se précise :
Si l’affaire d’une relance du « Super Hornet » fait couler beaucoup d’encre ses dernières semaines, les choses semblent se préciser. Lors de son allocution en Caroline du Nord D. Trump à clairement mentionné sa volonté de négocier une commande de « Super Hornet ».
«Nous cherchons sérieusement une grosse commande. Le problème est que PDG de Boeing Dennis Muilenberg est un négociateur très dur, mais je pense que nous pouvons y arriver " a déclaré D. Trump.
L’US Navy intéressée :
De son côté l’US Navy semble très intéressée par cette option. Trois éléments interpellent la Marine américaine, d’une part la possibilité de réduire les coûts d’achat et de maintenance avec l’avion de Boeing. L’amélioration de la motorisation du « Super Hornet » avec une version plus puissante et la possibilité de pouvoir être doté du nouveau standard BlockIII du « Super Hornet ».
Il semble donc que la solution proposée par D. Trump satisfasse pleinement l’US Navy. L’idée est de remplacer en partie les « Hornet » par des F-35 les autres le seront avec le « Super Hornet » et probablement le BlockIII. A terme est selon les besoins, les actuels « Super Hornet » seront moderniser au nouveau standard et rien n’empêche de commander de nouveaux F-35 si celui les coûts sont à la baisse de manière acceptable.
Voir le lien Boeing propose son Advanced Super Hornet comme alternative :
Photos : 1Advanced Super Hornet BlockIII @ Boeing 2 Super Hornet @ USN