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“couper/coller” et, sa version anglaise, “cut&paste”, peuvent paraître des expressions de notre époque, celles des ordinateurs personnels (PC). La pratique artistique que cette formule décrit, remonte au moins au cubisme et en photographie jusqu’au mouvement Dada au début du 20ème siècle. Le photomontage, que les deux artistes pratiquent – John Stezaker presque exclusivement tandis que Robert Suermondt s’en sert comme modèle pour ses peintures – a été inventé par les dadaïstes berlinois, tel que Hannah Höch, Raoul Hausmann, John Heartfield ou George Grosz en 1916.
Se faire entrechoquer des mondes opposés, voir antagoniques, avec des fragements photographiques était une des critiques des dadaïstes allemands à l’égard, entre autres, de l’absurdité de la première guerre mondiale.
Autant John Stezaker que Robert Suermondt continuent à travailler avec le principe du choc visuel. Les deux artistes provoquent des objets visuels par le photomontage qui trouble notre perception et nous laisse par un effet d’illusion entrevoir; soit des abîmes, soit des corps défigurés.
John Stezaker utilise depuis le milieu des années 70 des photographies de plateau de cinéma pour les opposer, entre autres, à des fragments d’anciennes cartes postales. Ainsi il ouvre vers des mondes profonds et troublants. Ces dernières années, l’artiste londonien s’est penché, notamment, sur les « figurants » de cartes postales, dont une importante présentation a été faite cette année à UNILIMITED durant la foire Art Basel. Si le photomontage refait surface depuis quelques années sur la scène artistique, il devient évident aujourd’hui, que John Stezaker en est un des maîtres incontournables. Sa grande exposition à la Whitechapell de Londres en 2011 en est la preuve probante.
Robert Suermondt, loréat du prix Meret Oppenheim 2006, prend des photographies de presse comme point de départ pour ses peintures. Il les découpe, fragmente, démembre, puis les réassemble, acolle, monte tout en leur donnant des continuités, des lignes de fuites nouvelles. Il estompe les espaces ou les renverse par exemple. Ainsi il brouille des détails qui « défigurent » les personnes représentées ou défigurent les protagonistes du monde des mass médias. Le flux des images d’information noir et blanc renouvelé quotidiennement par la presse imprimée, est passé au hachoir, puis projeté, recomposé et agrandit sur des toiles de tailles importantes et brossé en vives couleurs. Les toiles les plus récentes seront présentées à la Galerie TMproject à Genève. Le vernissage du 24 octobre coïncidera presque avec le finissage du 27 octobre 2013 au CPG.