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Les membres du Conseil des Etats ont très largement soutenu, jeudi, l'initiative populaire demandant l'adhésion de la Suisse à l'ONU. Le Conseil national devra encore se prononcer. Quant au peuple, il votera l'an prochain.
C'est presque à l'unanimité que la Chambre haute a soutenu jeudi le projet (37 voix contre 2). Les sénateurs ont, en effet, estimé que la non-appartenance de la Suisse aux Nations unies était un anachronisme.
Plusieurs orateurs ont rappelé que, depuis l'adhésion de Tuvalu, la Suisse restait le seul état avec le Vatican à ne pas participer à l'organisation mondiale. Une situation qui ne peut plus durer, étant donné que l'ONU est le seul organisme à pouvoir régler de grands problèmes à l'échelle planétaire, comme le sida par exemple.
Les sénateurs ont également souligné que la Suisse se trouvait dans une position pour le moins étrange. En effet, notre pays doit se contenter d'un statut d'observateur alors que Genève abrite plusieurs organisations onusiennes et que la Confédération est le 13e contributeur financier de l'ONU.
Quelques membres de l'Union démocratique du centre ont bien tenté de plaider pour le statu quo. Ils ont notamment insisté sur le fait qu'une adhésion coûterait beaucoup d'argent à la Suisse et que l'ONU demeure une organisation inefficace. Le Schaffhousois Rico Wenger a notamment rappelé que l'ONU n'avait brillé ni au Timor, ni en Ex-Yougoslavie, ni encore en Sierra Leone.
Mais les démocrates du centre craignent surtout que la Suisse ne perde son indépendance et sa neutralité en cas d'adhésion. La Confédération devrait, par exemple, appliquer les sanctions internationales décidées par l'organisation des Nations Unies.
La majorité des sénateurs n'ont guère été émus par cette argumentation. Ils ont rappelé les cas d'autres pays neutres, tels que l'Autriche, la Suède ou l'Irlande. Ils ont également mentionné le fait que la notion de neutralité avait changé depuis le début du 20e siècle.
Selon la plupart des conseillers aux Etats, il ne sert à plus rien de se fixer aujourd'hui à une stricte défense des frontières. D'autant que celles-ci ont de plus en plus tendance à s'estomper, à cause notamment de la globalisation.
Enfin, les sénateurs estiment que l'isolement volontaire de la Suisse est de plus en plus mal perçu par la communauté internationale.
Le débat dans les deux chambres prouve donc que la classe politique est en majorité prête à une adhésion. Il sera en revanche plus difficile de convaincre les citoyens qui doivent voter sur cet objet l'an prochain.
On se souvient, en effet, que 75,7% des votants et tous les cantons ont refusé une précédente demande d'adhésion. Mais c'était il y a 15 ans.
Olivier Pauchard, Palais fédéral