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L'UDC a été victime de sa polarisation aux élections fédérales
Même si l'UDC reste le parti le plus fort, son potentiel est à la baisse, estime l'enquête Selects publiée lundi. La formation est aussi la plus fortement polarisée et l'an dernier une majorité d'électeurs ne pouvait pas s'imaginer de voter pour elle. "Cela montre le double dilemme de l'UDC et les limites de sa croissance", écrit le politologue Georg Lutz, du FORS. Le parti doit mobiliser fortement son électorat, ce qui lui a réussi dans le passé grâce à une orientation très à droite. Mais ce positionnement lui fait perdre une partie de l'électorat du centre dont il aurait besoin pour grandir.
L'étude analyse aussi les mauvais résultats de l'UDC lors de l'élection au Conseil des Etats. Le parti a été le plus isolé: les candidats démocrates du centre ont obtenu peu de votes de la part de l'électorat des autres partis. Au sein de la gauche en revanche, "une plus grande solidarité se manifeste". Le PLR et le PDC aussi obtiennent le soutien de plusieurs électeurs d'autres formations.
Chez qui le PBD et les Verts'libéraux ont pris des voix
L'électorat du Parti bourgeois démocratique (PBD) lors des dernières élections fédérales se compose, à peu près à parts égales, de personnes qui avaient voté en 2007 pour l'UDC, le PLR et le PS. Les Verts'libéraux (PVL) ont quant à eux attiré des électeurs du PLR et du PS, poursuit l'enquête Selects.
Concernant ces deux "nouveaux" partis, l'étude de la Fondation suisse pour la recherche en sciences sociales (FORS), à Lausanne, montre aussi que le PBD n'a réussi à glaner que peu de voix auprès de l'électorat du PDC. De son côté, le PVL a séduit plus que la moyenne des personnes qui s'étaient abstenues de voter il y a quatre ans.
A gauche, le transfert de voix entre les Verts et le PS est frappant, souligne l'enquête réalisée auprès de 4391 électeurs interrogés par téléphone durant les trois semaines qui ont suivi le scrutin de l'automne dernier (marge d'erreur: +/-1,5%). Un quart de l'électorat du parti écologiste suisse avait voté pour le PS en 2007, à quoi s'ajoutent des pertes de voix au profit du PVL.
ats/vtom
Publié le 07 mai 2012 à 10:48 - Modifié le 07 mai 2012 à 16:28
Les candidats ont dépensé 30 millions
Les différences entre les partis sont flagrantes: 7,7 millions pour l'UDC, contre 2,4 millions pour les Verts. Environ 7,1 millions sont à mettre au compte du PLR et 4 millions à celui du PS, selon la Fondation suisse pour la recherche en sciences sociales (FORS), qui a interrogé les 3547 candidats aux Chambres fédérales, dont 1676 ont répondu.
Les dépenses pour les candidats du PDC se sont élevées à 3,8 millions de francs, contre 3 millions pour le PBD et 3 millions également pour le PVL.
En moyenne, les personnes qui briguaient un siège sous la Coupole ont payé elles-mêmes environ la moitié des frais occasionnés par leur campagne. Celles qui ont été élues ont investi en moyenne 15'000 francs de leur poche, contre 22'000 provenant de dons ou du parti.
Les candidats non-élus ont pour leur part déboursé 3444 francs, contre environ le même montant issu des deux autres sources de financement.
Les Suisses de l'étranger votent à gauche
Les citoyens de la "5e Suisse" ont le plus souvent donné leur voix au PS, "parti ouvert à l'Europe et au monde", notent les chercheurs. Malgré sa "politique plus isolationniste de la Suisse", l'UDC arrive en deuxième place.
Avec environ 30%, le taux de participation des 1629 Helvètes sondés vivant dans d'autres pays est bien inférieure à la moyenne nationale de 48,5%.
Cela s'explique par le fait que cet électorat est peu touché par la campagne et que leur matériel de vote arrive parfois en retard. D'ailleurs, la participation s'élève à 41% chez ceux ayant pu voter électroniquement.
Les femmes préfèrent les Verts
L'UDC a une nouvelle fois convaincu de nombreux jeunes de 18 à 24 ans (28%). Le PLR réussit un résultat supérieur à la moyenne chez les plus de 65 ans. Le PDC et le PS ont une part constante d'électeurs de tous les âges. Les Verts ont plus de succès que le PVL chez les plus jeunes, ils sont au coude à coude dès 25-34 ans, puis la tendance s'inverse.