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Cette étude1 canadienne a randomisé 446 infirmières et infirmiers en deux groupes afin de réaliser une étude de non-infériorité randomisée pour voir si le port du masque chirurgical classique n’était pas inférieur à celui d’un masque à haut pouvoir de filtration (N 95). Tout le personnel infirmier avait reçu une instruction sur le port du masque avec passage d’un test d’ajustement et environ un tiers du collectif était vacciné contre la grippe saisonnière. Il n’y a pas eu de différence significative entre la survenue d’une grippe définie par une PCR positive ou une augmentation du titre de quatre fois des anticorps spécifiques (principalement pour la grippe saisonnière, environ 20% de grippe A (H1N1)) entre le groupe masque chirurgical et le groupe masque N 95 (23,6% vs 22,9% ; IC : 8,8 à 7,3%). Seul le tiers des patients avec une grippe documentée par sérologie a rapporté des symptômes grippaux. Le quart des participants rapporte avoir été en contact avec un membre de leur famille avec un état grippal.
Commentaire : Même si des biais méthodologiques sont toujours possibles (pas de monitoring de l’observance concernant la désinfection hygiénique des mains ; le nombre de contacts patients grippés par infirmière n’est pas rapporté), le port du masque chirurgical n’est pas inférieur à celui du masque à haut pouvoir de filtration. L’intérêt de cette étude réside peut-être ailleurs : beaucoup de soignants font un virage sérologique sans symptômes et il est fort probable que le contact avec le virus a eu lieu hors de l’hôpital. Espérons que ces personnes ne sont pas infectieuses pour les patients et que ces derniers sont vaccinés ! A voir le faible nombre de soignants désirant se faire vacciner contre la grippe saisonnière et pandémique, on est en droit de nourrir quelques craintes... La vaccination demeure l’outil le plus efficace contre la grippe !