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Berne Au Conseil fédéral, cinq sages sur sept ont zéro enfant
Aucune des trois conseillères fédérales actuelles n'est mère. Mais les deux derniers venus n'avaient pas d'enfant non plus. Heureusement, Alain Berset et Ueli Maurer compensent!
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Dans sa réaction à l'élection de Viola Amherd, publiée dans le «Walliser Bote», l'ex-conseiller fédéral Pascal Couchepin se dit d'abord surpris par la carté du vote en sa faveur. Il conclut ensuite sur une remarque: «Les trois conseillères fédérales n'ont pas d'enfant. À partir d'une certaine position, les femmes avec enfants n'ont apparemment plus aucune chance...»
En effet aucune des trois n'est mère, pas plus que ne l'était la sortante Doris Leuthard, soit par choix, soit par impossibilité. La conseillère nationale Rebecca Ruiz (PS/VD), qui est justement mère de famille, estime que cette situation montre, d'une part «combien il est difficile de concilier vie de famille et vie politique.» D'autre part, cela tient aussi de la faible présence des femmes en politique - et au Parlement en général avec 33 % au National et 15% aux Etats. «Si cette proportion augmente, dit-elle, cela augmentera aussi les probabilités d'avoir des femmes avec enfants. Ce serait une bonne chose que le Gouvernement soit plus représentatif de la population sur ce point. Mais avec des enfants en bas âge, cela demanderait de déplacer la famille à Berne».
«Cinq sur sept»
Ou alors de ne pas habiter trop loin. Au Conseil fédéral, seul le Fribourgeois Alain Berset a des enfants encore jeunes (15, 12 et 11 ans). Ueli Maurer est lui père d'une famille nombreuse avec six enfants déjà adultes. Si Pascal Couchepin pointe du doigt les trois conseillères fédérales actuelles sans enfants, les deux derniers arrivés, Ignazio Cassis (PLR) et Guy Parmelin (UDC), n'ont pas fait non plus chauffer le biberon. Au final, donc, cinq sages sur sept n'ont pas de descendance directe.
Pas impossible, mais un défi
Pour les conseillères fédérales, seuls deux avaient des enfants: Micheline Calmy-Rey et Eveline Widmer Schlumpf. Quand elles ont été élues, leurs progénitures étaient hors du nid. Pour la conseillère nationale Doris Fiala (PLR/ZH), la question qui se pose aux femmes relève du choix: «Ce n'est pas impossible, mais c'est un défi. Les femmes font des études, veulent faire une carrière, voyager, puis songent à avoir des enfants. Ajouter encore la politique là-dessus et je vous dis que 24 heures ne suffisent pas, même à une superwoman. Il y aussi la disponibilité le soir pour des séances, les samedis, les dimanches... Nous avons aussi un système milice, si elles ne sont pas réélues, qu'est-ce qui leur reste ? »
Pour la Zurichoise, il faut que les femmes adoptent un autre rythme et rejoignent la politique une fois que les enfants sont autonomes: «Les partis doivent leur donner une possibilité d'entrer plus facilement en politique à ce moment-là.» Comme ce fut le cas pour elle, qui est arrivée au Parlement à 50 ans.
(Le Matin)
Créé: 06.12.2018, 11h57