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Des centaines de milliers de Grecs ont manifesté dimanche devant le siège du Parlement à Athènes pour rejeter l'utilisation du mot Macédoine par l'ancienne république yougoslave. Le contentieux qui dure depuis des décennies n'est pas prêt d'être résolu.
Le compositeur Mikis Théodorakis, 92 ans, a appelé dimanche à un référendum sur la question du nom de la Macédoine. "La Macédoine a été, est et sera toujours grecque", a lancé l'icône à la foule.
"Si le gouvernement veut engager la signature de notre pays (sur le nom de la Macédoine, ndlr), il doit d'abord demander au peuple grec" et les députés "ont le droit de demander un référendum sur cette question nationale", a-t-il ajouté au cours de cette rare sortie publique.
Mémoire des Grecs
Il a déclaré que les huit années de crise économique endurées par la Grèce n'avaient pas effacé la mémoire historique du peuple grec. "Si nous laissons passer cela, nous permettrons à un mensonge historique tragique de se perpétuer", a lancé le musicien âgé de 93 ans, qui incarne la résistance contre la dictature des colonels (1967-74).
Les manifestants, qui ont défilé à Athènes, ont déployé un gigantesque drapeau national à l'aide d'une grue et des banderoles proclamant: "Pas touche à la Macédoine !" en scandant l'hymne national.
Pour désigner l'ancienne république yougoslave, le gouvernement grec d'Alexis Tsipras a proposé comme compromis un nom composé comme Macédoine du Nord. Mais les sondages montrent qu'une majorité de Grecs s'opposent à l'utilisation du mot "Macédoine" dans une quelconque combinaison.
Environ 300'000 personnes ont déjà manifesté le 21 janvier à Thessalonique, capitale de la région grecque de Macédoine.
Vieille querelle
Les manifestants s'opposent à ce que le mot Macédoine figure dans le futur nom du pays voisin, que ce soit Haute Macédoine ou Macédoine du Nord, un compromis sur lequel semblent être prêts à discuter le gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras et le nouveau Premier ministre macédonien social-démocrate Zoran Zaev.
"Le moment est venu" de trouver une solution, a pour sa part considéré cette semaine à Athènes l'émissaire des Nations unies sur cette question, Matthew Nimetz.
La querelle dure depuis l'indépendance de l'ancienne république yougoslave, les Grecs craignent notamment qu'en s'attribuant officiellement le simple nom de Macédoine, ce pays n'ait des vues sur la région grecque du même nom, le berceau des grands rois du IVe siècle avant JC Philippe II et surtout son fils Alexandre le Grand.
Résultat, la Grèce bloque depuis 25 ans l'accession de son voisin à l'OTAN et ses démarches pour entrer dans l'UE.