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Le projet
La Recherche Scientifique Freezwater Aragatz subventionne le Centre de Recherche en Ingénierie de l’Université Américaine d’Arménie, à Erevan, fondé en 2009 par Cage Holding SA.
Projet de recherche scientifique, par l’Académicien Prof. R.V. Ambartzumian
FREEZWATER est l’abréviation de la longue expression : "Water Retention through natural Freezing" (Rétention d’eau à travers la congélation naturelle) et repose sur l’idée de préserver l’eau en montagne sous forme de glace, à des altitudes suffisamment élevées, pour qu’elle gèle de manière naturelle, durant la période hivernale. Cette congélation peut être obtenue en dispersant des particules ou des gouttes d’eau sur de vastes étendues de terrain ayant un profil et une orientation appropriés. Cette dispersion est réalisée par le biais d’un simple réseau de tuyaux, et ceci durant les périodes prolongées de froid extrême, condition représentant un facteur climatique essentiel à de hautes altitudes.
Le mont Aragatz, en Arménie (4’100 mètres d’altitude), constitue un terrain extrêmement favorable à FREEZWATER, en particulier la région inférieure et adjacente au Lac Vishap, situé à une altitude de 3200 mètres. Le système utilisé pour FREEZWATER n’est en aucun cas restreint au Lac Vishap et, en cas de succès, peut aisément être transposé en d’autres lieux, dans d’autres régions du monde.
Près du Lac Vishap, des bandes de neige, communément appelées « névé » (en anglais « snow sausages ») sont préservées de la fonte des neiges jusqu’à mi-juillet. La durée de fonte de ces couches de glace est retardée d’au moins 5 à 6 semaines par rapport à celle de la neige alentour.
Par conséquent, la période de fonte intensive du glacier artificiel créé par le projet FREEZWATER aurait lieu en août, c’est à dire durant la période la plus pauvre en ruissellement d’eau naturelle des hauteurs du Mont Aragatz, coïncidant à celle du besoin maximal en eau par les surfaces agricoles.
Augmenter le rendement hydrique du Mont Aragatz en cette période cruciale pourrait avoir pour effet un rendement agricole croissant pour un nombre considérable d’activités agricoles et pastorales environnantes et par conséquent l’amélioration des conditions de vie dans la ceinture de base densément peuplée du Mont Aragatz (au moins 150 000 habitants). L’autre idée particulièrement intéressante de ce projet est la possibilité d’appliquer des canons à eau dispersant l’eau en fines gouttes ou en spray sans aucune consommation d’énergie électrique (en utilisant uniquement la pression naturelle dans les tuyaux acheminant l’eau depuis le lac en amont).
A l’heure actuelle, il existe des paramètres inconnus et des questions qui nécessitent des évaluations et des réponses. Par exemple, quelle quantité d’eau peut-elle être glacée sur une surface d’un hectare en une heure, selon une température donnée ? ; Quel est l’effet possible de l’orientation du site de congélation ? L’orientation est responsable de la différence de fréquence des névés (bandes de neige naturelles) aisément observées sur diverses pentes. Certaines questions peuvent trouver des réponses à travers des expérimentations à petite échelle.
Un petit projet pilote a été mené durant l’hiver 2008 à la station météorologique Amberd, sur les pentes du Mont Aragatz, juste au-dessus du célèbre observatoire astrophysique Byurakan de l’Académie Arménienne des Sciences, à l’altitude de 2070 mètres (fig. 1). Durant l’hiver 2009 – 2010, nous avons mis en place une expérimentation plus étendue et plus réaliste aux altitudes d’environ 3’000 mètres, grâce à l’utilisation d’une source hydraulique cinq fois plus puissante, gracieusement offerte par les Autorités de Byurakan.