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08/12/2013
Les médias sont remplis d'hommages à l'occasion du décès de Nelson Mandela: il le mérite amplement au regard de son parcours exceptionnel et de sa personnalité hors norme. Ce concert de louanges et les panégyriques de toutes sortes pourraient laisser croire que notre pays, la Suisse et ses dirigeants en particulier, ont de tout de temps combattu le régime cynique de l'apartheid. Or, faut-il rappeler que les milieux économiques et bancaires les plus influents, relayés par les partis bourgeois ont soutenu ce régime même au plus fort de la répression et quand de l'état d'urgence complet a été décrété en 1986.
Rappelons-nous qu'un certain Christoph Blocher a fondé en 1982 le "Groupe des amis de l'Afrique du Sud" qui avait pour objectif de soutenir le régime de l'apartheid en faisant de la propagande en Suisse pour dissuader la population d'avoir un regard critique et de se solidariser avec le peuple sud-africain.
Les trois principales banques suisses d'alors (UBS, SBS, Crédit suisse) commercialisaient près de la moitié de l'or sud-africain et ont permis à plusieurs reprises le rééchelonnement de la dette sud-africaine.
A ce moment, on n'écoutait pas beaucoup le leader Mandela, maintenant si admiré, qui appelait avec la grande majorité des opposants à l'apartheid au boycott de ce pays.
Alors oui, rendons un vibrant hommage à Madiba et à tous ceux qui ont payé de leur vie leur aspiration à la dignité mais osons un devoir de mémoire et une autocritique de la politique suisse d'alors.
Laurence Fehlmann Rielle, conseillère municipale de la Ville de Genève, ancienne présidente du MAAS (Mouvement Anti-Apartheid de Suisse).
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