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A New York, le juge américain Edward Korman a publié sur l'Internet une liste d'entreprises industrielles suisses couvertes par l'accord global de 1998. Elles ne pourront pas faire l'objet de plaintes pour l'emploi de travailleurs forcés pendant la 2e Guerre mondiale.
La liste établie par le magistrat chargé de superviser l'application de l'accord global énumère 27 sociétés suisses et près de 300 filiales. Sur cette liste, figurent de grands noms de l'industrie helvétique, d'ABB à Sulzer, en passant par Danzas, Nestlé, Novartis ou Roche.
Néanmoins, le juge Edward Korman souligne que la présence d'une entreprise sur cette liste ne signifie pas forcement que cette firme a eu recours au travail forcé pendant la Deuxième Guerre Mondiale.
La publication de la liste du juge Korman entraîne deux conséquences importantes au titre de l'accord global intervenu en 1998. D'une part, les entreprises apparaissant sur la liste sont désormais à l'abri de plaintes émanant de personnes ayant été victimes du travail forcé.
D'autre part, les survivants, qui ont accompli du travail forcé pour ces entreprises ou leurs filiales, ont droit à des indemnisations qui seront prélevées sur le fonds spécial créé par l'accord. Les survivants ont ainsi jusqu'au 30 septembre pour déposer leurs demandes d'indemnisation qui seront examinées par l'Organisation Internationale pour les Migrations, à Genève, et par la Claims Conference, à New York.
Le fonds spécial, qui dispose d'un milliard 250 millions de dollars, a été alimenté, pour l'essentiel, par les banques UBS et Credit Suisse. La plupart des sociétés figurant sur la liste du juge Korman n'ont pas contribué à ce fonds, bien que certaines annoncent leur intention d'y effectuer des versements. C'est le cas notamment d'ABB, de Nestlé, de Novartis et de Roche.
Marie-Christine Bonzom, Washington