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Hier soir était diffusé sur France 2 le documentaire le Jeu de la Mort, diffusé également sur la TSR vendredi dernier. Un documentaire qui reproduit l'expérience de Milgram sur le pouvoir de l'autorité.
Soumis à une autorité, des "cobayes" infligent des décharges électriques à un autre participant à chaque fois qu'il donne une mauvaise réponse. Ils ne savent pas que les décharges sont fictives et que l'autre participant est un comédien. L'objet de l'expérience est de savoir jusqu'où les "cobayes" vont sans remettre en cause l'autorité. Dans l'expérience originale, sous l'autorité d'un scientifique, 60% des participants allait jusqu'au niveau maximal qui pouvait être mortel. Dans l'expérience d'hier, ce taux est monté à 81% sous l'autorité d'une animatrice de télévision et du public.
Cette expérience fascinante qui avait été montrée notamment dans le film "I comme Icare", nous rappelle les limites de notre libre arbitre et l'importance de l'esprit critique face à l'autorité.
Milgram avait introduit des variantes pour mesurer les facteurs qui affectaient l'autorité : lorsque le scientifique n'était plus en blouse blanche il perdait un peu de son autorité et plus de participants se rebellaient. Lorsqu'il y avait deux scientifiques l'autorité était plus forte, mais dès qu'il apparaissait une divergence entre les deux scientifiques, le participant en profitait pour se rebeller.
Les analyses d'hier soir tentaient de limiter la portée de l'expérience à un contexte particulier où le participant est isolé. Il me semble au contraire qu'on retrouve ce type de situation au quotidien : dans les entreprises soumises aux contraintes de rentabilité financière à court terme où employés obéissent à l'autorité de leur hiérarchie, les dirigeants au Conseil d'Administration et le CA aux fonds de pension. Tous réduisent les investissements à long terme pour générer le plus de profit trimestriels : c'est ainsi que certaines banques ont acheté des sub-primes aux rendements élevés mais aux faibles perspectives de remboursement.
On observe ce type de soumission à l'autorité aussi dans les partis politiques. De soumission à l'autorité sociale du groupe aux abords du PSG et de l'OM.
L'autorité est nécessaire pour qu'une société fonctionne. L'autorité doit même pouvoir s'imposer contre la volonté de certains individus pour imposer la volonté majoritaire. Pour autant les règles de l'éthique doivent toujours rester supérieures aux contraintes de l'autorité.
J'observe le peu d'éthique de notre société. Les religions n'offrent plus beaucoup de cadre éthique. Elles sont en reflux et les affaires de pédophilie comme les guerres saintes nous montrent aussi les limites éthiques des autorités religieuses. Les aurotités politiques sont trop souvent des exemples d'immoralité assumée - en tout cas en France faute de contre pouvoirs. Violer les principes éthiques devient une exigence financière pour des médias en quête d'audience. La dictature financière sur l'économie s'affranchit elle aussi d'éthique comme l'a encore montré l'affaire de Goldman Sachs en Grèce. Pire, l'absence d'éthique est récompensée financièrement et donc socialement.
Je pense au contraire que notre société a un terrible besoin d'éthique.