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09/12/2016
Dernier jour
Quand nous arrivons à l'orphelinat nous avons une petite déception. Notre gardien Samy, élève d'anglais studieux et curieux, n'est pas là aujourd'hui. Tous les matins nous échangeons pendant quelques minutes, et il nous pose maintes questions par rapport à l'anglais. "A quel moment dit-on tel mot plutôt qu'un autre?" "Quelle est la différence entre ceci et cela?" Nous lui avons alors acheté une méthode pour apprendre l'anglais. Mince alors...On se réjouissait de voir sa réaction.
Finalement j'ai donné le livre à une volontaire allemande qui le lui remettra la semaine prochaine. J'espère qu'il se rappellera de nous!
Sur le parvis toutes les piscines gonflables sont dehors. Tiens, c'est inhabituel. Quand nous entrons dans le hall d'entrée nous nous rendons compte que tout le monde est en bas : les chaises roulantes sont bien alignées et femmes et enfants dans une attente joyeuse. Une de mamans m'explique que nous attendons quelques moines et étudiants qui viennent rendre visite à l'orphelinat. J'aime bien les derniers jours comme ça qui sortent de l'ordinaire. Avec tout ce brouhaha autour de nous cela nous évite de devenir trop melancolique avant le départ.
Les moines et étudiants arrivent en minibus et dès leur entrée les femmes s'inclinent et se mettent à genoux pour les saluer respectueusement. Puis tout le monde aide à décharger le véhicule car le visiteurs sont venus avec sacs de riz et d'autres provisions. En passant devant moi un des moines m'adresse la parole et demande comment je trouve mon travail à l'orphelinat. Je lui explique alors que c'est déjà ma neuvième fois et que je suis amoureuse de cet endroit et de ses habitants.
Puis c'est le pingpong des discours habituels. D'abord la directrice, puis le moine avec qui j'avais parlé. Evidemment je ne comprends rien de ce qu'il dit, mais il a l'air très sympathique; il s'adresse aux enfants et les fait rire.
Pendant ce temps-là tout est documenté minutieusement par les étudiants qui accompagnent le groupe. Il y en a même un qui réalise l'exploit de téléphoner avec une main pendant qu'il filme avec l'autre.
Quand le rituel officiel est terminé c'est l'assaut des piscines. On ne prend même pas la peine de déshabiller les enfants. Et ça crie, et ça rigole et ça gicle dans tous les sens.
Puis cela commence à dégénérer. Les maîtres temporaires du tuyau d'arrosage mouillent tous ceux autour copieusement. Sous les acclamations des volontaires qui la poussent et la soulèvent, une des mamans atterrit dans l'eau de la piscine - évidemment habillée. Puis quelqu'un d'autre s'empare de l'arme au jet humide et c'est reparti pour un nouveau tour. A la fin enfants, mamans et volontaires sont tous mouillés jusqu'aux os. Mais avec la température qu'il fait ce n'est pas un problème ici. Quelques tours avec une chaise roulante dans le parc et le vent chaud a déjà séché nos habits.
Une fois les moines repartis, ce sont nos amis français de l'association Eléphant Blanc qui prennent la relève avec une tournée générale de crème glacée. Les enfants se lèchent les babines. Le seul hic dans l'histoire : à peine leur glace terminée ont fait remonter les enfants dans les chambres pour leur déjeuner. Je doute qu'ils aient très faim. Mais comme le monte-charge marche très lentement et ne peut contenir que deux à quatre chaises selon le format, cela prend un long moment avant que chacun soit remonté. En même temps cela laisse le loisir aux mamans d'assurer le nourrissage et aux enfants de digérer leur glace avant de s'enfiler une assiette de riz.
L'après-midi est calme car le vendredi après-midi est maintenant réservé à une séance télé. Cela permet à Marie et moi de dire tranquillement au revoir à nos enfants tout en les promenant. Il n'y en a pas vraiment beaucoup des enfants de notre groupequi profitent de cette nouvelle activité - à part les mamans.
Puis c'est enfin l'heure du départ avec embrassades et promesses de revenir l'année prochaine. De toute façon enfants et mamans resteront dans nos cœurs. Dehors le vendeur de nouille fait son tour en tambourinant sur son bol. Marie dort déjà et je ne tarderai pas non plus. Demain matin nous repartirons tôt en direction du froid. Adieu les pieds en liberté et les vêtements légers.
Ou disons plutôt "A l'année prochaine et Lihay".