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Le procès des Tigres a pris un nouveau visage mardi avec les interrogatoires des principaux responsables du conseil des Tamouls en Suisse. Ces derniers ont refusé de répondre sur les faits reprochés par l'accusation.
Lors des précédentes audiences, la plupart des prévenus s'étaient abondamment exprimés sur leur situation personnelle. Plusieurs d'entre eux avaient longuement parlé du conflit au Sri Lanka et avaient évoqué - de manière souvent émouvante - les tortures subies du fait des forces gouvernementales.
Changement d'atmosphère mardi après-midi. Les principaux responsables du conseil des Tamouls en Suisse (WTCC) ont refusé de répondre aux questions portant sur les infractions de participation à une organisation criminelle, faux dans les titres, escroquerie et blanchiment.
Face aux refus répétés du chef du WTCC, la procureure fédérale Juliette Noto a produit plusieurs documents séquestrés au siège de l'organisation. Dont une photo montrant le prévenu épaulant une mitrailleuse. Cette vue a été tirée d'une vidéo tournée en 2003 au Sri Lanka lors d'une séance de deux semaines réunissant les responsables à l'étranger du mouvement des Tigres tamouls (LTTE).
Le leader du WTCC n'a pas souhaité s'exprimer sur la raison pour laquelle aucune des pièces séquestrées ne mentionne les projets humanitaires que son organisation aurait soutenus. Il n'a pas expliqué non plus pourquoi un article de la NZZ affirmant en 2008 que les fonds récoltés auprès des familles tamoules en Suisse étaient destinés aux combattants du LTTE. A l'époque, l'avocat du conseil l'avait enjoint à être "particulièrement prudent" sur les activités du conseil.
Le responsable financier du WTCC a refusé toute réponse, comme déjà la veille concernant sa situation personnelle. Quant à son adjoint, il s'est contenté de clamer son innocence sans donner d'autres explications.
Durant la matinée, le défenseur d'un des collecteurs de fonds du WTTC en Suisse, Me Philippe Graf, a renouvelé les demandes rejetées la veille, portant sur la production par Bank-Now de 227 pièces censées établir la violation de la loi sur le blanchiment. L'avocat a demandé que le chef du Bureau de communication en matière de blanchiment (MROS), Stiliano Ordolli, soit aussi entendu par le tribunal. Ces deux demandes ont été rejetées par le tribunal.