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SIAR Madrid, l’heure du retour en Espagne
La Chronométrie Ferdinand Berthoud retourne à Madrid à l’occasion du Salon International de Haute-Horlogerie, poursuivant ainsi le voyage entrepris par l’illustre maître-horloger Ferdinand Berthoud.
Ferdinand Berthoud, fournisseur du Roi d’Espagne
Ferdinand VI d’Espagne (1713-1759), troisième membre de la Maison de Bourbon en Espagne, fait du développement des échanges commerciaux avec les colonies une priorité. Le Roi charge son premier ministre Zenón de Somodevilla, Marquis de la Ensenada (1702-1781), de réorganiser la force navale espagnole, l’Armada, afin d’entrer en compétition avec la France et l’Angleterre pour la conquête de nouveaux territoires et protéger son commerce maritime.
En 1759, le succès remporté par le quatrième chronomètre de marine de Harrison (H4) dans la mesure précise de la longitude en mer, suivi par le développement et la production par John Arnold et Thomas Earnshaw de chronomètres de bord en quantités relativement importantes, garanti une position dominante à l’Angleterre.
Cependant, cet état de fait ne parvient pas à convaincre le scientifique et officier de marine espagnol Jorge Juan y Santacilia (1713 – 1773), qui fait part au Marquis de la Ensenada de sa réticence à l’achat de chronomètre de Harrison et des risques que cela comporte.
En 1757, Jorge Juan fonde l’observatoire royal de Madrid, après avoir pris part à la fameuse mission géodésique franco-espagnole de 1735, qui permit de mesurer la courbure et la circonférence de la terre à l’équateur (Equateur). Son appréciation des scientifiques français le conduit à faire un rapport positif à Ensenada sur le succès remporté par la montre Marine Ferdinand Berthoud n°8 lors des essais en mer réalisés en 1768.
De 1774 à 1776 le gouvernement espagnol se tourne logiquement vers la France et fait l’acquisition de huit montres à longitudes Ferdinand Berthoud. Les n° 7 à n° 16 inclus sont les premiers chronomètres de précision utilisés par l’Armada espagnole. Ils jouent un rôle prédominant dans les missions hydrographiques et cartographiques menées par l’Espagne durant la seconde moitié du 18ème siècle.
Le mathématicien Vincente Tofiño de San Miguel (1732-1795) emploie les Montres Marines n° 10 et n° 13 entre 1783 et 1788 pour dresser les relevés détaillés des côtes d’Espagne et de l’Afrique du Nord, publiés à Madrid en 1789 dans son fameux « Atlas Maritime d’Espagne ».
Les mêmes montres à longitudes Ferdinand Berthoud sont utilisées par le célèbre Alessandro Malaspina (1754- 1810) durant sa seconde campagne d’exploration du Pacifique de 1789 à 1794, lui permettant d’établir les cartes de la côte ouest des Amériques, des Philippines, de la Nouvelle Zélande et de l’Australie.
Ferdinand Berthoud ne se contente pas de fournir des garde-temps de précision à l’Espagne, il propose également au gouvernement d’assurer la formation des horlogers, non seulement pour assurer l’entretien et la réparation de Montres Marines, mais aussi pour leur enseigner l’art de les construire et de les perfectionner eux-mêmes.
En fait, en 1788, la plupart des chronomètres Berthoud de l’Armada doivent être retournés à Paris pour réparation. Cayetano Santchez, un jeune étudiant de l’école d’horlogerie de Madrid, sur recommandation du Conte de Floridablanca (1728 – 1808), est envoyé dans l’atelier du maître horloger à Paris pour y suivre une formation complète.
Sanchez, sa formation terminée avec succès, retourne à Madrid en 1793, où il reçoit la charge de l’entretien des chronomètres de marine à l’observatoire Royal de l’Armada de San Fernand à Cadix.
Aujourd’hui encore, l’Espagne demeure une destination privilégiée pour celui qui souhaite découvrir des témoignages de l’œuvre de Ferdinand Berthoud. Nous nous réjouissons de vous embarquer dans ce voyage à la découverte de l’histoire complexe de la conquête maritime et ses répercussions au-delà du 18ème siècle.
Le Salon International de Haute Horlogerie à Madrid se tient du 16 au 18 juin 2016. www.siareuropa.com