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Prises dans l’enfer du 11 septembre 2001, la plupart des victimes des attentats ont péri seules et sans pouvoir appeler quiconque au secours.
Mais certaines des 3000 personnes qui ont succombé il y a 10 ans ont tenté un dernier contact désespéré avec le monde extérieur.
Qu’ils aient été passés avec un téléphone portable, des téléphones de bureau encore en état de marche dans les tours du World Trade Center (WTC) en flammes, ou via les téléphones payants disponibles à bord des avions détournés, certains de ces messages ont été sauvegardés.
"Je vais mourir, c’est ça ?"
A l’instar de celui de Melissa Doi, 32 ans, qui était alors cadre dans une entreprise installée au 83e étage de la tour Sud du WTC. Elle a pu rester en ligne avec une employée des services d’urgence pendant quatre minutes, après l’impact du deuxième avion :
- "Je vais mourir, c’est ça ?" dit-elle alors en pleurant.
- "Non, non, non, non, non", répond l’opératrice.
- "Je vais mourir, je le sais !"
- "Madame, madame, faites vos prières", dit l’employée en guise de consolation.
- "Dieu, je t’en prie..."
La conversation s’achève peu après sur un "au secours" déchirant de Melissa Doi. Quelques étages au-dessus, Kevin Cosgrove tentait lui aussi de joindre les services d’urgence. La voix de ce vice-président d’une société de courtage, dont les bureaux se trouvaient au 99e étage, est entendue pour la dernière fois à 9h58.
"Oh mon Dieu !", lance-t-il, avant de hurler au moment où l’on entend le fracas de la tour qui s’effondre.
"Je pense que nous sommes détournés"
D’autres communications ont été enregistrées depuis les avions détournés, émises par le personnel navigant ou les voyageurs.
Betty Ong, par exemple, était hôtesse de l’air sur le vol American Airlines 11 au départ de Boston. A 8h19, elle joint le contrôle au sol. Elle explique que deux de ses collègues ont été poignardés et que le poste de pilotage ne répond pas.
"Je pense que nous sommes détournés", explique-t-elle. A peine 30 minutes plus tard, l’avion dans laquelle elle se trouve heurte la tour Nord.
Alice Hoagland, elle, essaye d’appeler son fils Mark Bingham après avoir pris connaissance des détournements en cours. Celui-ci avait pris place ce matin-là à bord du vol United Airlines 93.
"Fais de ton mieux pour essayer de reprendre le contrôle de l’appareil", lui dit-elle d’une voix calme et ferme en laissant un message sur son téléphone portable. L’avion s’est finalement écrasé dans un champ en Pennsylvanie, en lieu et place de Washington, sa cible supposée.
Mark Bingham est considéré comme l’un des passagers qui se sont attaqués au prix de leur vie aux pirates de l’air, évitant que l’avion ne s’écrase sur le Capitole ou la Maison Blanche.
"Je veux simplement te dire que je t’aime"
A New York, Brian Sweeney était à bord du vol United Airlines 175 avant que l’appareil ne heurte la tour Sud, à 9H03. Quelques minutes avant, il parvient encore à laisser un message à sa femme :
"Ecoute, je suis à bord d’un avion détourné", dit-il. "Je veux simplement te dire que je t’aime, que je ne souhaite que ton bonheur. Même chose pour mes parents et nos amis. Je vous aime tous."
D’autres ont été en mesure d’échanger quelques derniers mots. Beverly Eckert, cité par le New York Magazine daté de cette semaine, se rappelle à quel point elle était heureuse de recevoir un appel de son mari à 9h30. Elle supposait qu’il avait pu s’échapper de son bureau des tours jumelles :
"Il m’a dit qu’il était encore au 105e étage et j’ai compris tout de suite qu’il ne rentrerait pas à la maison. Après quelques minutes de conversation, j’ai entendu un bruit sourd". La tour commençait à s’effondrer.
"Je l’ai appelé par son nom encore et encore, puis je me suis assise en serrant le téléphone contre ma poitrine."