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À la suite de l’acceptation d’une motion par le Grand Conseil en septembre 2020, quatre demi-jours de congé supplémentaires ont été mis à la disposition des parents des élèves qui fréquentent l’école obligatoire à partir de la rentrée scolaire d’août 2022/23. Une première évaluation a été réalisée en juillet 2023 par les services de l’enseignement obligatoire grâce à un questionnaire envoyé aux directions d’école pour les aspects qualitatif : 100 établissements sur 116 ont répondu – 77 écoles primaires et tous les cycles d’orientation (23), ce qui correspond à un taux de retour de 86%. La base de données commune aux écoles primaires, PRIMEO, a fourni des informations quantitatives. La base de données ISA a pu donner des informations précises pour le CO germanophone ; le CO francophone n’ayant pas encore l’accès complet à celle-ci, un questionnaire FORMS envoyé en juillet a permis de compléter certains aspects quantitatifs.
Il y a eu un peu moins de 18'000 demandes de jours jokers déposées durant l’année scolaire 2022/23. Si 10% des jours joker sont pris de façon totalement isolée, 90% des jours joker sont utilisés juste avant ou juste après une période de congé (anticipation ou prolongement de vacances ou de jours fériés). S’il y a 4 demi-jours à disposition, c’est majoritairement par un jour entier plutôt que par demi-jours que les jours jokers sont utilisés. Ainsi, 80% des demandes portent sur une journée, 10% 2 journées et 10% des demi-jours isolés.
On constate une différence entre le primaire et le secondaire 1 ainsi qu’entre les régions linguistiques. Le pourcentage d’utilisation des jours joker se monte à environ 17% au primaire germanophone et 9% au primaire francophone. Pour le secondaire 1, il s’approche de 41% du côté germanophone et s’élève à environ 22% du côté francophone. Cet écart selon les régions linguistiques s’explique sans doute par le fait que la plupart des cantons germanophones connaissent déjà les jours jokers depuis plusieurs années.
La majorité des directions d’école estime que le travail généré par l’introduction des jours joker est peu conséquent, sachant que cette tâche est très régulièrement déléguée aux enseignant-e-s. Par contre, la gestion des évaluations manquées par les élèves et leurs rattrapages est perçue comme une difficulté, notamment en fin d’année scolaire. Plusieurs directions d’école notent également que le délai d’une semaine n’est pas toujours respecté et qu’en cas de mauvais temps les parents demandent l’annulation du jour joker. Par ailleurs, l’importance du rattrapage des matières vues durant l’absence de l’élève et dont la responsabilité incombe aux parents n'est pas toujours bien comprise.
Sur la base des retours des directions d’école, les services de l’enseignement obligatoire proposeront prochainement quelques ajustements afin que la liberté offerte aux parents par rapport à l’obligation de présence des élèves à l’école ne nuise pas au bon climat et classe et aux apprentissages.
Mais encore:
Suite à l’acceptation de la motion par le Grand Conseil, le règlement de la loi scolaire a été modifié le 14 juin 2022 par le Conseil d’Etat. Il précise les conditions d’usage de cette nouvelle possibilité :
- Les parents informent l'établissement de la prise d'un jour joker au moins une semaine à l'avance ;
- Les jours joker peuvent être cumulés, mais ceux qui ne sont pas utilisés ne peuvent pas être reportés à l'année scolaire suivante ;
- Les jours joker ne peuvent pas être utilisés le premier jour d'école de l'année scolaire, lors des activités scolaires particulières comme les courses d’école, les classes vertes, les journées sportives et culturelles et durant les jours de tests de référence cantonale, intercantonale ou internationale ; la direction d’école peut déterminer d’autres occasions particulières où un jour joker ne peut pas être pris ;
- Les parents sont responsables des congés qu'ils sollicitent pour leurs enfants et assument le suivi des programmes. A la demande de l'école, les élèves rattrapent la matière et les évaluations manquées ;
- En cas d'absences non justifiées d'un ou d'une élève, la direction d'établissement peut restreindre ou refuser l'utilisation des jours joker.