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Maude Mathys tutoie les sommets, au sens propre comme au figuré. La Vaudoise de 32 ans visera un troisième titre consécutif de championne d'Europe de course de montagne dimanche à Zermatt.
"Mais une place sur le podium me satisferait déjà", a-t-elle expliqué dans une interview accordée à Keystone-ATS.
Quel est votre objectif pour ces Européens?
"Je veux ramener la médaille d'or. Mais une place sur le podium me satisferait déjà. Il y a de la pression, car on attend beaucoup de moi. Et je veux que mon nom reste dans l'histoire pour ces premiers Européens courus en Suisse."
Comment s'est déroulée votre préparation?
"Très bien, tout du moins en ce qui concerne la préparation spécifique. Car je m'étais blessée à un adducteur avant le marathon de Londres (réd: disputé le 28 avril), où j'espérais réaliser les minimas pour les Jeux de Tokyo. Mais cela ne m'a pas trop perturbée, car j'ai pu commencer la préparation spécifique à la montagne début mai."
Est-il important de reconnaître le parcours pour une épreuve de ce genre?
"Très. Il est surtout important de repérer la partie finale, afin de savoir où pouvoir donner un coup de rein, et où pouvoir se relâcher quelque peu. A Zermatt, le parcours fait 10,1 km, avec 1000 m de dénivelé. Ca va partir vite, étant donné qu'on traversera le village. Il y aura ensuite une partie très raide, après environ 3,5 km, puis une portion plus roulante. Et le final sera vallonné. Il y aura beaucoup de changements de rythme."
Quelle tactique allez-vous adopter?
"Je veux faire la course en tête, mais sans nécessairement être tout devant. Je vais essayer de faire la différence dans les trois derniers km. Je sais que je ne dois pas partir trop vite, afin de ne pas me griller. Mais je me connais parfaitement: si je me sens vraiment bien et que l'occasion se présente, je tenterai de prendre le large."
Quelles seront vos principales rivales?
"J'ai une grande rivale, l'Autrichienne Andrea Mayr, sextuple championne du monde de la spécialité. On va certainement se regarder un peu, et je devrais me retrouver tout près elle tout au long de la course."
Le marathon reste-t-il votre objectif ultime?
"Pas à tous les prix. C'est sur la même ligne que les courses de montagne. Et j'ai également des projets de trails. J'ai constaté l'hiver dernier que je n'aimais pas du tout la préparation spécifique au marathon. Elle me cause plus de soucis musculaires. L'idée, c'est de continuer à me préparer pour la montagne, avec pour prochain objectif les Mondiaux en Patagonie l'automne prochain. Je me préparerai spécifiquement pour le marathon fin 2019, début 2020, pendant un mois. Si ça ne marche pas, tant pis. Participer aux JO, c'est un rêve pour moi. Mais je veux prendre du plaisir dans ce que je fais. Et si je n'éprouve aucun plaisir à me préparer pour le marathon, ça n'en vaut pas la peine."