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En cette fin d’année dernière, lorsque j’ai sorti mon livre qui regroupe mes chroniques de la dernière année écoulée intitulé « 50 semaines dans la peau d’une entrepreneure », j’ai eu beaucoup de remarques concernant le mot entrepreneur-e avec un e final. Et en effet, j’y ai beaucoup réfléchi et il est très difficile de mettre ce mot au féminin. Le mot « entrepreneuse » porte forcément une connotation de séduction. Et c’est le cas pour beaucoup de mots dans la langue française. Prenons un autre exemple avec le cas du mot « entraîneur » qui désigne l’homme qui soutient les sportifs. Au féminin, « entraîneuse » désigne la femme qui séduit les hommes au bar ou dans une discothèque avec pour but de les faire consommer plus. Le mot entraîneur-e n’est pas admis et si on le laisse dans sa forme originelle, entraîneur ça reste trop masculin … C’est compliqué ! Beaucoup de noms au masculin transformés au féminin dans la langue française donnent une connotation de séduction, voire plus …
Il existe un pléthore d’autres exemples comme entre autres un homme professionnel qui désigne sa qualité et une professionnelle qui désigne son métier encore lié à la chair … Ou également un coureur et une coureuse, un courtisan et une courtisane, un homme facile ce qui est très positif et une femme facile … Est-ce que la puissance féminine fait toujours peur pour qu’on la cantonne à ce rôle de séduction ? Ou est-ce que nous sommes en retard avec la révolution de la langue française pour désigner ces métiers ?
Le féminin était utilisé pour désigner la « femme de ». Par exemple, dans les principales monarchies européennes, la femme du roi obtient systématiquement le titre de reine alors que l’époux de la reine n’obtient pas ce titre et reste prince. On va s’adresser au Président des États-Unis avec un « Mr. President » et à son épouse avec un « Mrs. President » tout comme pour la Présidente.
Récemment, j’ai lu sur une carte de visite française d’une femme à la tête d’un grand groupe le mot « administrateure » avec un e final. Même si le français ne l’accorde pas encore, je trouve intéressant cette modification au lieu d’administratrice qui désigne effectivement, à bien y penser, une autre activité que celle d’un administrateur.
Ce sujet est difficile à aborder car il nécessite beaucoup de subtilité, de délicatesse. Nous ne souhaitons pas être réduites à un féministe binaire, ou règne le noir et le blanc. J’aime à donner du sens aux mots que je choisis et la désignation de nos métiers qui deviennent de plus en plus multifonctions, ce qui rend compliqué à les nommer dans les deux genres d’ailleurs.
Dans tous les cas, la langue française aime souligner le côté séducteur, voire entraîneuse du féminin. D’ailleurs toujours au sujet du titre de mon livre, on m’a souvent interpellée sur le fait qu’il n’y ait que 50 sujets et non 52. Je dirais que les deux derniers sujets ont été autocensurés … peut-être parce que trop séducteur !