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Explications sur le Serment Médical Suisse
A propos des objectifs
Un serment contient une formule ou un texte à contenu moral dans lequel sont énoncés un ou plusieurs devoirs que la personne qui prête serment s'engage à respecter. La prestation de serment constitue un acte solennel/public par lequel la personne s'engage publiquement à respecter le contenu de ce qui a été dit ; elle peut promettre ou jurer. Le "Serment Médical Suisse" ne fait pas seulement partie d'un document écrit, mais doit être effectivement prononcé dans l'institution concernée. L'acte de prêter serment réalise un engagement personnel - un lien de conscience avec le contenu du serment. Dans le cas de professions moralement sensibles, on attend de la personne concernée qu'elle adopte des attitudes ("valeurs") conformes aux devoirs exprimés après avoir prêté serment.
Cependant, l'acte de prêter serment n'engage pas seulement la personne concernée, mais la protège également contre les attentes, les pressions ou les comportements envahissants de tiers, qui violent les obligations liées au serment ou rendent leur accomplissement impossible. Dans cette mesure, un tel serment n'est pas seulement un engagement moral d'un individu, mais aussi un engagement de l'institution concernée à reconnaître à ses collaborateurs qu'ils peuvent décider et agir conformément au serment.
La question du volontariat
La prestation de serment repose sur le volontariat. Une mise en œuvre réussie de l'éthique médicale contenue dans le serment suppose toutefois que l'institution dans laquelle les personnes qui prêtent serment exercent leur activité soutienne et encourage la prestation de serment. Ainsi, une institution peut décider d'inclure la prestation de serment dans le contrat de travail des nouveaux employés. Une telle inclusion ne doit pas être comprise comme un mécanisme de sanction, mais sert à nouveau à protéger la personne qui prête serment : celle-ci n'est pas un individu isolé, mais le représentant d'une institution qui, de son côté, adhère aux critères de l'éthique médicale et est disposée à en faire son propre modèle.
En ce qui concerne le contenu
Dans le cas du serment pour les médecins, il contient les obligations qui sont considérées comme fondamentales pour l'exercice approprié de la profession et comme modèle pour le groupe professionnel. Le serment est donc prononcé envers le groupe professionnel des médecins ou en tant que membre de cette profession. La prestation de serment actuelle ne présuppose aucune confession religieuse ou idéologique. Dans les conditions actuelles d'une société libérale et donc pluraliste, un serment ne peut pas prendre position sur toutes les questions morales litigieuses qui vont de pair avec la médecine moderne. Il ne peut pas non plus anticiper les considérations concrètes sur le terrain - à l'hôpital ou dans la pratique.
Un serment constitue une sorte de constitution éthique et de valeurs à laquelle se soumet un groupe professionnel. Les différentes directives sont énoncées dans les codes de déontologie respectifs qui en découlent. Par analogie avec la notion de constitution, on peut les qualifier de lois. Comme dans la réalité de la politique, la "constitution" (le serment) peut générer des corrections dans le domaine des "lois" (les codes de déontologie). Toutes les obligations qui font partie du texte du serment ne peuvent pas être moulées dans une règle ou une norme exprimée dans les codes de déontologie.
Concernant la relation avec le serment de la World Medical Association
Le Serment Médical Suisse présuppose et fait suite à "The Physician's Pledge of the World Medical Association" d'octobre 2017. Cette mise à jour de la "Déclaration de Genève" constitue le cadre général et global du Serment Médical Suisse. Le Serment Medical Suisse contient toutefois un degré plus élevé de concrétisation et une orientation claire vers les développements sur le terrain. Face à la forte tendance à l'économisation, le Serment Médical Suisse, en se centrant sur le patient, vise notamment à garantir et à renforcer l'intégrité de la qualité des indications. Le serment a pour fonction de protéger et de renforcer l'éthique médicale, de défendre la dignité de la profession de médecin et sa responsabilité envers les patients, et de faire ainsi apparaître la signature humaine de la profession.
L'interdiction d'instrumentaliser contenue dans le serment protège les patients et les patientes de mesures et de traitements qui n'ont pas d'utilité directe ou indirecte pour eux. Cette interdiction ne constitue donc pas une entrave à la recherche, car les projets de recherche, lorsqu'ils sont planifiés conformément aux règles, sont de toute façon soumis au critère d'utilité mentionné, en plus d'autres critères éthiques.