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Erreur d'investissement de trois milliards - qui aura le courage d'en tirer les conséquences?
Ce qui était prévisible il y a trois ans et demi déjà est aujourd'hui arrivé. La compagnie Swiss n'était jamais viable. Elle n'a pu respecter ni ses pronostics de bénéfice, ni ses business plans...
(UDC) Ce qui était prévisible il y a trois ans et demi déjà est aujourd'hui arrivé. La compagnie Swiss n'était jamais viable. Elle n'a pu respecter ni ses pronostics de bénéfice, ni ses business plans. Alimentée artificiellement dès sa création, cette compagnie est aujourd'hui offerte en cadeau. Avec elle, c'est aussi le crédit politique du PS, du PRD et du PDC qui s'effondre, car ces trois partis portent l'entière responsabilité de la plus grosse erreur de politique économique jamais commise en Suisse - le gaspillage de trois milliards de francs d'argent des contribuables dans une entreprise qui n'avait aucune chance de survie.
Cela fait des années que l'UDC avait relevé les difficultés de Swissair. Et en automne 2001, l'UDC a été la seule force politique à combattre un engagement de plusieurs milliards dans la nouvelle compagnie aérienne dont elle avait annoncé qu'elle ne serait jamais viable. L'UDC a toujours refusé de corriger avec l'argent des contribuables les erreurs de gestion d'entreprises privées: "La place économique suisse pâtira à long terme de ces interventions étatiques qui font monter la quote-part de l'Etat et la quote-part fiscale" (22.10.01).
L'UDC n'a donné son accord qu'au premier crédit de 450 millions de francs pour permettre le développement d'une solution viable. Aveuglés par un enthousiasme délirant, les élus politiques de la Berne fédérale ont offert des milliards de francs à la nouvelle compagnie Swiss. Le PS, le PDC, le PRD, les associations économiques, les syndicats et les médias ont célébré cette belle entente entre l'Etat et l'économie. Par une attitude confinant au chantage politique, le PS n'a accepté de soutenir cet investissement qu'à la condition que la nouvelle compagnie mette en place un dispositif totalement disproportionné (82/26/26) par rapport aux réalités du marché. Werner Marti, conseiller national et ancien préposé à la surveillance des prix a dit textuellement ceci: "J'ai déjà déclaré que la commission des finances part d'un projet basé sur 26 avions moyen-courriers et 26 avions long-courriers. (...) La Confédération et la commission des finances ne sont pas prêtes à s'engager en faveur d'un projet aux dimensions inférieures" (16.11.01).
Economiesuisse et le PRD, étroitement liés sur le plan personnel à l'ancienne Swissair, ont tenté de dissimuler leurs erreurs et étaient même prêts à renoncer à des allègements fiscaux (déjà approuvés par le Conseil national) en faveur des entreprises. Quant au PDC et au PS, il soutenaient de toute manière cette intervention de l'Etat.
C'est une évidence aujourd'hui: ce diktat politique insensé et complètement à l'écart des réalités du marché a conduit à la destruction de sommes immenses d'argent des contribuables. Dans le cas du Conseil fédéral, cette décision a été prise alors que le gouvernement savait pertinemment que cet argent serait perdu. Les mises en garde de l'UDC n'ont pas été entendues, pas plus que celles de nombreux connaisseurs des transports aériens. Pourtant, une expertise faite par la Deutsche Bank ainsi que les analyses d'économistes éminents n'encourageaient guère la création de cette compagnie aérienne.
Le conseiller fédéral Moritz Leuenberger est même allé jusqu'à se moquer de ces personnalités: "Quelques professeurs d'économie n'ont pas de meilleure idée que de nous proposer de respecter les lois du marché", a-t-il dit. Aujourd'hui, ces professeurs ont reçu raison.
Détail particulièrement étonnant dans cette affaire, plusieurs membres du Conseil fédéral, qui sont par la suite devenu les grands défenseurs du projet Swiss, avaient eu précédemment des avis très différents. Interrogé sur l'engagement de fonds publics en faveur de Swissair, le conseiller fédéral Kaspar Villiger a répondu: "Nous ne pouvons pas nous offrir encore des CFF volants" (9.5.96). Pour Pascal Couchepin, une participation importante dans Swissair était "hors de question" (23.3.01). Encore durant la session d'automne 2001, le ministre des finances, Kaspar Villiger, a dit textuellement devant le Conseil national: "Il s'agit là de sommes importantes et vous ne pouvez pas vous attendre à ce que l'Etat les subventionne de quelle que manière que ce soit. Voilà les réalités" (4.10.01). Quelques jours plus tard, ces "réalités" du Conseil fédéral ont brusquement changé.
Aujourd'hui, la compagnie Swiss a été offerte en cadeau. Une grande partie des emplois de Swissair et de Crossair ont été perdus. Ceux qui croient que Lufthansa conservera, juste pour faire plaisir à la Suisse, des emplois non rentables se trompent lourdement. Nous ne sommes pas plus avancés qu'il y a trois ans. - Que ce serait-il passé si les politiciens avaient écouté l'UDC? L'Etat aurait économise trois milliards de francs et les entreprises suisses auraient profité d'allègements fiscaux. Les questions toujours ouvertes de la politique aérienne auraient peut-être trouvé une réponse et une nouvelle compagnie aérienne privée serait à l'œuvre.
L'ère Swissair et Swiss s'est terminée aujourd'hui par un cadeau. Chacun sait qui porte la responsabilité de cet épisode peu glorieux. L'UDC attend que les personnes concernées tirent aujourd'hui les conséquences qui s'imposent. Dans l'économie privée ou dans d'autres pays, ces personnes auraient depuis longtemps démissionné et ne seraient plus en fonction. Manifestement, il n'en est pas ainsi en politique suisse où les responsables des erreurs commises en 2001 se font même féliciter publiquement.
L'UDC renvoie aux informations et exposés des conférences de presse UDC du 26.11.2004 et du 08.02.2005. Vous trouverez sous www.udc.ch les exposés présentées à ces conférences de presse, le document de fond de l'UDC sur la politique des transports aériens ainsi qu'une collection de citations concernant Swissair/Swiss.
Bern, 22 mars 2005