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Le prix Pulitzer met en lumière Donald Trump, les Rohingyas et les migrants
Les prix Pulitzer, distinctions les plus prestigieuses de la presse américaine, sont décernés depuis 1917. La cuvée 2019 a pris lundi une tonalité résolument militante.
Dans une référence à peine voilée au président, l'administratrice des prix Pulitzer, Dana Canedy, a regretté lors de l'annonce que "certains avilissent la presse en la présentant comme l'ennemie de la démocratie au service de laquelle elle oeuvre".
Donald Trump a régulièrement qualifié les médias grand public "d'ennemi du peuple", les accusant de propager de fausses informations ou de chercher systématiquement à le discréditer.
Donald Trump l'héritier
Le New York Times célèbre ses journalistes qui ont remporté un prix Pulitzer. [Hiroko Masuike - Keystone/epa]
Récompensés dans la catégorie "journalisme explicatif", pour leur enquête titrée "Trump Engaged in Suspect Tax Schemes as He Reaped Riches From His Father" ("Trump s'est engagé dans des stratagèmes d'imposition suspecte
alors qu'il récoltait les richesses de son père"), David Barstow, Susanne Craig et Russ Buettner, du New York Times, étaient partis des affirmations récurrentes du président des Etats-Unis selon lesquelles il s'était fait tout seul.
Après plus d'un an d'investigation, ils ont affirmé, début octobre, que Donald Trump avait, en réalité, reçu de son père, sur plusieurs années, l'équivalent de 413 millions de dollars d'aujourd'hui.
Des fonds qui auraient, pour partie, été transférés par le biais d'une société écran, ce qui leur aurait permis d'échapper à l'impôt. L'enquête, "à charge" selon Donald Trump, avait été balayée par le président républicain, qui avait qualifié son contenu "d'ennuyeux" et de "déjà vu".
Liaison avec Stephanie Clifford, alias Stormy Daniels
Le prix attribué au Wall Street Journal, dans la catégorie "journalisme national", ne l'a pas été pour une enquête mais une série d'articles rédigés par une équipe de reporters. Début janvier 2018, le quotidien financier avait été le premier à rapporter l'existence d'une liaison supposée entre Donald Trump et l'actrice de films pornographiques Stephanie Clifford, alias Stormy Daniels.
En novembre 2016, il avait déjà publié le scoop du versement de 150'000 dollars que le groupe de presse American Media Inc (AMI), éditeur de l'hebdomadaire à scandale "National Enquirer", avait fait à une ancienne playmate, Karen McDougal, pour les droits du récit de son aventure supposée avec le futur président des Etats-Unis.
Allié, à l'époque, de Donald Trump, AMI avait en réalité l'intention d'enterrer l'histoire, selon plusieurs médias américains.
Deux lauréats emprisonnés en Birmanie
Les journalistes birmans Kyaw Soe Oo et Wa Lone escortés par la police en sortant du tribunal de Rangoun, le 20 août 2018. [Ann Wang - Reuters] Wa Lone et Kyaw Soe Oo, deux journalistes birmans travaillant pour l'agence Reuters, ont été primés pour leur reportage intitulé "Massacre en Birmanie"; il a été rédigé avec l'aide de leurs collègues Simon Lewis et Antoni Slodkowski et publié en février dernier.
Les deux journalistes birmans ont été condamnés en septembre à sept ans de prison pour "violation de secrets d'Etat".
Stephen Adler, rédacteur en chef de Reuters, a salué leurs travaux "extraordinaires et courageux": il s'agit d'une enquête sur le massacre de dix Rohingyas en Birmanie, tués par des villageois bouddhistes et les forces de sécurité birmanes. Il a ajouté: "Je reste cependant profondément préoccupé par le fait que ces deux journalistes courageux soient toujours derrière les barreaux."
L'émigration d'Amérique centrale
Un reportage photographique a été primé dans la catégorie "breaking news": il s'intitule "On the Migrant Trail to America" ("Sur le chemin des migrants vers l'Amérique"). Il a été réalisé par onze reporters de l'agence Reuters.
ats/reuters/ther/sjaq
Publié mardi à 02:21 - Modifié mardi à 17:29