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Car ainsi on la transforme en un simple outil de l'avenir, on l'instrumentalise, on ne lui accorde qu'une importance dérivée : ce qui importerait serait uniquement l'avenir, c'est-à-dire en fait sa propre disparition.
Le souci pour la jeunesse doit être actuel et désintéressé. Il doit s'adresser à sa souffrance, à ses difficultés, à sa signification propre et non pas à ses obligations envers la société future. Il convient d'agir vraiment pour la jeunesse elle-même.
Le véritable commencement d'une action pour la jeunesse sera la claire prise de conscience des caractéristiques mêmes qui font l'essence de la jeunesse. Il faut donc s'interroger sur ses " caractéristiques ", ses significations, et ses " potentialités ".
Ces significations, cette essence ne constituent évidemment pas un " groupe social " homogène, uniforme et constant. Les sociologues ont raison d'affiner leurs descriptions de groupes. " Il y a " des jeunesses :
Urbaines, rurales suburbaines. Certaines sont au chômage, d'autres non ; certaines sont diplômées, mais bon nombre ne le sont pas. Et ces jeunes gens sont ou ne sont pas issus d'une immigration européenne, asiatique ou africaine. Les différentes époques historiques peuvent livrer des images différentes de la jeunesse.
La recherche d'une " place " dans la société, la recherche d'une vie et d'un amour accomplis, ou la recherche d'un sens de la vie sont quelques-uns des éléments communs à toute jeunesse. Il faut y ajouter l'essentiel :
Le fait même de la jeunesse. C'est lui que nous allons interroger, et c'est lui dont nous rechercherons la fécondité.