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Otranto Pouilles en Italie
Otranto est la ville la plus orientale de l’Italie. Sa position topographique particulière a toujours conditionné, dans le bien et dans le mal, l’histoire et la destinée de cette petite ville.
L’origine de son nom est ancienne; quelques studieux, en niant qu’elle dérive d’Idro, le petit fleuve qui traverse la vallée homonyme et qui débouche sur la plage à l’ouest, soutiennent que le nom Otranto, indique, avec tradition ininterrompue, un Odontro méditerranéen, qui dans l’antiquité indiquait l’éminence adossée au port où des pièces anciennes ont été retrouvées et où aujourd’hui se lève la petite église de S. Pierre.
Même Otranto comme le reste du Salento a été habitée depuis l’antiquité. Des découvertes archéologiques récentes ont relevé la présence de céramique à pétrissage et vases mycéniens remontant à une période comprise entre la fin du XIII-XIème siècle av. J.-C., quand les éminences calcaires étaient habitées par des groupes de cabanes construites avec des poteaux implantés dans la roche et couvertes avec des branches et des rameaux. D’autres traces d’installations remontant à cette période ont été retrouvées en proximité de l’église de S. Pierre en Via Faccelli et via delle Torri. Une des pièces les plus intéressantes d’un point de vue artistique est un cratère à images rouges réalisé par le peintre athénien de Pan vécu entre 480 et 460 av. J.-C.
Pendant la domination romaine, Otranto assuma le nom d’Hydruntum; elle fut réunie à Brindisi avec la via Traiana et on lui disputa le rôle de port principal vers la Grèce. Parmi les découvertes les plus importantes de cette période il y a deux épigraphes latines de l’âge impérial qui rappellent M. Aurelio Antonino et L. Aurelio Vero (IIème siècle apr. J.-C), situées à l’entrée de Casa Arcella, en via Garibaldi 41. Un autre signe de cette domination est la technique routière utilisée dans quelques anciennes rues du centre historique, avec des plaques de pierre vive, compactes et polies.
Après la chute de Rome, à la fin du VIème siècle, Otranto était déjà un domaine Byzantin pendant que le Salento cessait d’être un lieu de collision de la guerre gothique-Byzantine. C’est dans cette période qu’Otranto devient un important centre politique et religieux; ceci est témoigné par la disposition des principales routes qui suivent aujourd’hui l’axe Otranto-Lecce-Oria-Tarente, en excluant ainsi Brindisi.
Ce fut surtout son importante position géographique, de ville qui s’étend vers l’est, à favoriser son développement et à empêcher la forte décadence qui n’épargna pas par contre d’autres centres de la négligence de la domination byzantine. Sa fonction historique essentielle de ville pont entre Est et Ouest est mise en évidence dans les principales oeuvres artistique-monumentales de cette période qui témoignent effectivement une fusion de styles et de cultures: celle de l’est Byzantin et celle de l’ouest roman. Emblème de tout ce qui a été à peine dit est l’église de S. Pierre remontant au IX-Xème siècle apr. J.-C. La base, à croix grecque inscrite dans un carré, est à coupole centrale soutenue par 4 colonnes. Des fresques qui ornaient la coupole sont restées lisibles seulement « le lavage des pieds » et « la Cène ». Les trois petites nefs terminent en absides semi-circulaires et elles conservent beaucoup de fresques de différentes périodes, datables entre le X-XIIIème siècle, qui s’inspirent à l’école italo-grecque avec des scènes de la vie de Christ, de quelques Saints et de la Vierge. De l’intérieur, plusieurs fois restauré, a été démoli le maître-autel remontant à la première moitié du 600 et dont aujourd’hui il reste seulement une statue de pierre de S. Pierre, qui selon la tradition aurait débarqué à Otranto en venant de l’Antioche et il aurait baptisé dans cette église.
La fresque dénommée “vergogna dopo il peccato” (« honte après le péché »), dans le bras oriental, a été redécouverte et libérée par une couche de chaux en 1948.
Otranto atteint son meilleur prestige dans la période de la deuxième domination byzantine au XIème siècle quand d’archevêché elle devient, grâce à l’empereur Niceforo Foce, une métropole avec 5 suffragants. Toujours dans cette période on construisit loin de l’agglomération l’abbaye de S. Nicola de Casole, une des réalités culturelles plus importantes du Moyen-Âge chrétien. Sa riche bibliothèque contenait de nombreux codes qui ont attesté les nombreux liens avec l’est et qui ont permis de redécouvrir beaucoup de textes classiques.
La situation changea lorsqu’en 1042, les Normands conquirent une grande partie des Pouilles et en 1064 Otranto. Les nouveaux dominateurs n’humilièrent pas la dignité culturelle et stratégique atteinte par Otranto étant donné que soit le rite soit la culture italo-grecque eurent des solutions de continuité. Le port d’Otranto reçut les Chevaliers Chrétiens des Croisades plusieurs fois, jusqu’au point de faire arriver dans la ville en 1227, à l’occasion de la Vème Croisade, le fastueux cortège de Frédéric II. La restauration continue à laquelle était sujet le château royal et le fait qu’à l’intérieur du port opérait un arsenal discret sont des éléments qui témoignent le haut prestige attribué à la ville.
En 1447, en plein âge Aragonais, Otranto était une des villes les plus habitées de la Terre d’Otranto et quand en 1480 les Turcs arrivèrent ils trouvèrent une ville en plein développement économique et démographique et un centre culturel vivace grâce à la présence du monastère de Casole.