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Pourquoi le choc Brésil-Argentine a-t-il été interrompu par les autorités sanitaires brésiliennes? Reprendra-t-il à une date ultérieure?
Différentes versions s'opposaient pour expliquer cet épisode ubuesque.
Les images surréalistes des membres de l'agence sanitaire Anvisa pénétrant sur la pelouse pour stopper le match de qualifications au Mondial 2022 à Sao Paulo étaient à la Une de journaux du monde entier. Notamment en Argentine, où le quotidien sportif Olé a qualifié la scène de «plus grande mascarade du football mondial».
«Fausses informations»
Première incohérence: comment l'Argentine a-t-elle pu sélectionner quatre joueurs évoluant en Premier League alors que neuf Brésiliens jouant en Angleterre n'ont pas été libérés? De ces quatre joueurs, trois ont commencé la rencontre: les milieux Giovanni Lo Celso et Cristian Romero et le gardien Emiliano Martinez.
Selon l'Anvisa, ils auraient fourni de «fausses informations» dans leur formulaire d'entrée au Brésil, omettant de signaler qu'ils avaient séjourné au Royaume-Uni lors des quatorze derniers jours précédant leur arrivée. Lundi, la police brésilienne a annoncé avoir ouvert une enquête à ce sujet.
La Fédération argentine (AFA) a de son côté nié tout «mensonge» de la part des joueurs concernés. Elle «attend la résolution de la commission de disciplinaire» de la FIFA, a déclaré son président Claudio Tapia.
Pourquoi avoir attendu?
L'Anvisa dit avoir agi en vertu d'une ordonnance ministérielle interdisant l'entrée sur le territoire brésilien à toute personne étrangère venue du Royaume-Uni, d'Inde ou d'Afrique du Sud, pour éviter la propagation de variants du coronavirus.
Mais cela n'explique pas pourquoi les agents ont attendu que le match commence pour faire irruption sur le terrain, sachant que les joueurs étaient présents à Sao Paulo depuis vendredi. Selon plusieurs médias brésiliens, les agents auraient voulu intervenir juste avant la rencontre, mais les Argentins se seraient enfermés dans le vestiaire jusqu'au moment du coup d'envoi.
La CBG change de version
L'Anvisa a par ailleurs assuré avoir tenu une réunion dès samedi avec des représentants de la Confédération sud-américaine (Conmebol), de la Confédération brésilienne (CBF) et de l'AFA pour les informer de la nécessité de placer les quatre Argentins de Premier League en quarantaine.
Lundi après-midi, la CBF a abondé, affirmant dans un communiqué que «les Argentins ont été informés de l'existence d'une irrégularité dans l'entrée de joueurs, qui devaient être placés en quarantaine et ont reçu des conseils» pour solliciter une autorisation spéciale.
Après la réunion, les joueurs sont allés s'entraîner, «en violation des consignes données», poursuit la CBF. La demande de dérogation a été rejetée dimanche, et la délégation argentine en «a été notifiée avec suffisamment de temps pour adopter les procédures nécessaires».
Pourtant, dimanche soir, le président intérimaire de la CBF, Ednaldo Rodrigues, avait donné un autre son de cloche en disant à TV Globo: «Avant le début du match, le superviseur nous a dit qu'ils pourraient jouer, mais après, pour une raison inconnue, ils ont changé d'avis».
Manoeuvre politique?
Le gardien argentin Emiliano Martinez a estimé que le match avait été interrompu «pour des raisons politiques». «C'est une honte, une honte parce que nous allions gagner», s'est-il emporté.
César Luis Menotti, coordinateur des sélections au sein de l'AFA, a lui aussi attribué la suspension à «une manoeuvre politique qui regarde le Brésil». «Je suis dans le football depuis 1960, jamais je n'avais vu une chose pareille, personne ne peut expliquer l'intervention politique de dimanche, c'est insolite, ridicule», a ajouté le sélectionneur de l'Albiceleste championne du monde en 1978.
La balle est à présent dans le camp de la FIFA. «Les rapports officiels seront analysés par les organes disciplinaires, qui prendront une décision en temps voulu», a expliqué l'organisation qui régit le football mondial dans un communiqué.
Le match pourrait être repris à une date ultérieure, mais le calendrier international est déjà extrêmement chargé. Pour contourner cette situation, la FIFA pourrait donner la victoire à une des deux équipes sur tapis vert (3-0), ce qui laisserait augurer de vifs débats sur les responsabilités de chaque camp...
ATS