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En décembre 1996, le Bauhaus de Dessau commémorait le 70ème
anniversaire de son existence. La Radio de Leipzig m’a passé commande
d’une pièce en relation avec l’événement.
J’ai choisi d’écrire un mouvement inspiré d’un dessin de Paul Klee, réalisé en 1926 et s’intitulant « Un jardin pour Orphée ». Comme effectif, j’utilise un cor de basset (clarinette alto), un cor et un quatuor à cordes.
Sur un fond jaune, Klee crée un réseau de structures horizontales, verticales et diagonales, le tout suggérant des cristaux, de étoiles, les branches d’un arbre, des faisceaux de rayons de lumière ou encore une carte topographique. Un connaisseur de Klee parle d’un « enracinement tellurique » et d’un « attachement cosmique » propre à l’art de Paul Klee.
J’ai essayé de transposer ces éléments en musique. De longue tenues du cor (la note mi-bémol revient très fréquemment comme note-pivot, comme point de repère et comme structure de référence) introduisent le chant d’Orphée, une sorte de cantus firmus qui se dégage du fond sonore très mouvementé réalisé par les cordes. Le cor de basset, très proche de la sonorité du cor, crée une ambiguïté de timbre par rapport à celui-ci, tout en colorant la structure sonore de son propre timbre chaleureux et grave.