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Un faisceau de six facteurs majeurs pourrait permettre aux obligations d’Etat de poursuivre leur hausse et d’imaginer un trend bien plus substantiel encore.
- Un changement dans l'interprétation du mandat de la Fed en matière d'inflation. Le passage à une fourchette cible d'inflation de 1,5% à 2,5%, ou à une cible moyenne de 2% sur une période de cinq ans, serait interprété par la Fed comme étant plus tolérante à l'égard de l'inflation actuelle, et pourrait entraîner une accentuation de la courbe de rendement et une hausse des rendements à plus long terme.
- Augmentation significative de l'offre de bons du Trésor en 2018. Les prévisions pour 2018 varient, mais même les plus prudentes anticipent une offre de plus du double de celle de 2017, et ce, sans que la Fed n'augmente son bilan cette année. La mise en souscription de 15 milliards de dollars de bons à 30 ans s’est révélée un test intéressant pour le marché.
- Seule l'extrémité frontale de la courbe du Trésor est alignée avec les prévisions économiques et les analyses de la Fed. La partie de 2 à 5 ans de la courbe doit s'accentuer.
- Les chiffres sur l'inflation aux Etats-Unis se sont révélés systématiquement en-dessous des attentes à cinq reprises l'an dernier, et ce, dès la publication des chiffres de mars. Ce qui signifie que la série devrait potentiellement surprendre à la hausse.
- Absolument aucun signe de récession nulle part. La dernière récession avait permis de garder un point d'ancrage sur les obligations à long terme comme instrument de choix pour protéger les portefeuilles. Ce point d'ancrage a disparu maintenant et les prévisions économiques sont des plus optimistes.
- Enfin, et c'est loin d'être le moins important, le marché obligataire le plus surévalué est celui des Bunds allemands. La cible d'inflation de Draghi est presque perpétuellement insaisissable, si l’on se fie aux rendements du Bund. L'accord conclu dernièrement par le syndicat le plus puissant d'Allemagne, IG Metal, nous rappelle que l'inflation des salaires est en route, même en Allemagne. Les syndicats allemands sont parmi les plus pragmatiques, cherchant à protéger l'emploi pendant la récession, plutôt que de chercher des accords salariaux à la hausse à tout prix. Mais maintenant que l'Allemagne jouit d'un taux de chômage au plus bas et que le climat des affaires est au plus haut, il est temps pour les syndicats de prendre leur revanche. IG a obtenu un contrat de 2 ans avec une réévaluation salariale de près de 4% par an. D'autres syndicats suivront probablement prochainement l'exemple d'IG.
Malgré le mouvement à la hausse des rendements des obligations d'Etat depuis le début de l'année, et leur attrait en tant que risque hors actif, il semble prudent de privilégier les expositions à court terme, afin d'éviter les pertes de marché alors que les courbes de rendement s'adaptent au nouvel environnement. La reflation sera certainement le grand thème des marchés en 2018.