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Washington - Le séquençage du génome de l'homme de Néandertal révèle des croisements avec l'humain moderne. Ces croisements se sont probablement produits au moment où les premiers homo-sapiens ont commencé à migrer hors d'Afrique.
Les peuples d'origine européenne, asiatique et australasienne ont tous des traces d'ADN de Néandertal, mais pas les Africains, expliquent les chercheurs dans un article paru dans la reuve "Science". L'étude pourrait aider à résoudre un vieux débat sur le fait de savoir si l'homme de Néandertal et l'humain moderne ont fait plus que simplement cohabiter.
"Ceux d'entre nous qui vivent hors d'Afrique portent un peu d'ADN de Néandertal en eux", résume Svante Paabo, de l'institut Max Planck à Munich, qui a dirigé cette recherche. "La proportion de matériel génétique hérité de Néandertal est d'environ 1 à 4%. C'est peu mais c'est une proportion bien réelle d'ascendance chez les non-Africains aujourd'hui", ajoute le Dr David Reich, de la Harvard Medical School de Boston, qui a participé à cette étude.
Les chercheurs s'appuient sur le séquençage du génome d'os de Néandertal découverts en Croatie, en Russie, en Allemagne et en Espagne. Ils ont développé de nouvelles méthodes pour rassembler, séparer et séquencer l'ADN.
Ils ont comparé ce séquençage à celui de cinq personnes originaires d'Europe, d'Asie, de Papouasie-Nouvelle Guinée et d'Afrique. Le résultat dessine le portrait d'homo-sapiens vivant aux côtés d'hommes de Néandertal, éteints il y a quelque 30'000 ans, avec des relations parfois très intimes.
Les croisements génétiques pourraient remonter à il y a environ 80'000 ans, quand les hommes modernes venant d'Afrique ont rencontré les populations de Néandertal établies les plus au sud, au Proche-Orient.
Les chercheurs ont identifié cinq gènes propres aux Néandertaliens, dont trois gènes liés à la peau. "Cela suggère que quelque chose dans la physiologie ou la morphologie de la peau a changé chez les humains", explique Svante Paabo.
ATS