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La Chine et l'Europe relèvent de deux traditions politiques différentes. En retraçant leur histoire et en les comparant, Billeter en arrive à une compréhension profonde de l'une et de l'autre, précisément au moment où celles-ci entrent en conflit. Depuis un siècle en Chine, les forces du progrès se sont continûment inspirées de la tradition européenne. Or, l'ambition du pouvoir actuel est de les vaincre et d'entraver leur action partout ailleurs. Quand le pouvoir se réclame de la grandeur passée de la Chine, il lance un défi à l'Europe, défi que celle-ci se doit de relever, puisqu'elle dispose des ressources nécessaires. Encore faut-il qu'elle tire de son histoire un nouveau projet politique et philosophique. Billeter en pose les principes, ceux d'une véritable... "révolution culturelle".
Éminent sinologue, Jean François Billeter a dirigé le département de langue et littérature chinoises de l'université de Genève. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Allia, dont Leçons sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Un paradigme et Esquisses. En 2013, il a reçu le prix culturel de la Fondation Leenaards. En 2017, il a publié Une rencontre à Pékin et Une autre Aurélia, couronnés du prix Michel-Dentan, du prix Roger Caillois de l'essai et du prix Psychologies magazine.
Celle qui fut reine d'Écosse devint martyre de la foi au lendemain de son exécution, le 8 février 1587. Sa fin héroïque l'a transformée en mythe. Femme de paradoxes et de contrastes, elle soulève les passions et les questions depuis quatre siècles.
L'énigme de la souveraine décapitéeVictime ou coupable, celle qui fut reine d'Écosse a toujours clamé son innocence. Décapitée à 44 ans après des années d'emprisonnement imposées par sa cousine Elizabeth 1ère, elle devint martyre de la foi au lendemain de son exécution, le 8 février 1587. Sa fin héroïque l'a transformée en mythe.De la couronne de France abandonnée à la couronne d'Angleterre convoitée en passant par la couronne d'Écosse confisquée, l'histoire de Marie Stuart est celle d'une reine catholique déchue, emprisonnée et exécutée en terre étrangère. Son destin brasse aussi près d'un demi-siècle de confrontations dynastiques, de soulèvements nationalistes et de conflits religieux en Europe.À défaut d'avoir réellement régné, Marie est l'enjeu d'un triple duel opposant les catholiques aux protestants, les Stuart aux Tudor et les Anglais aux Espagnols... Reine à l'âge de 9 mois, veuve du roi Louis XII à 18 ans, elle regagne son pays après treize mois d'absence pour être ensuite accusée du meurtre de son mari Henri Darnley, d'adultère avec le comte Bothwell et d'idolâtrie par ses opposants protestants. Pour couronner le tout, après avoir franchi la frontière anglaise en catimini, la reine déchue d'Écosse est retenue prisonnière dans plusieurs châteaux puis jugée et accusée de trahison par celle qu'elle vénère et dont elle convoite la couronne.Femme de paradoxes et de contrastes, elle soulève les passions et les questions depuis quatre siècles. A-t-elle voulu attenter aux jours d'Elizabeth 1ère et favoriser un débarquement espagnol ? Aujourd'hui encore, le mystère perdure.
Après plus de deux siècles de république, les noms des souverains français continuent à hanter nos mémoires comme notre imaginaire. De Clovis à Napoléon, de Charlemagne à Louis XIV, Bernard Phan dresse un portrait haut en couleurs des rois qui ont fait la France, dans sa géographie comme dans son histoire. Chacun à sa façon, avec plus ou moins de panache et de succès, a en effet contribué à façonner le territoire, la monarchie, parfois l'empire, français. C'est cette construction qui est ici commentée pas à pas, règne après règne, guerre après guerre.
Tous les rois, mais aussi les reines, lorsqu'elles ont eu un rôle politique, sont répertoriés, leur règne analysé et leur talent à exercer le pouvoir, à l'étendre ou à le conserver jaugé et jugé. C'est une histoire de France à travers ses souverains qui est ainsi dessinée, avec à l'appui cartes et arbres généalogiques des différentes dynasties.
Un guide pour ne plus jamais visiter Versailles, Fontainebleau ou les châteaux de la Loire en ignorant tout de ceux qui y ont vécu.
Professeur en classe de khâgne à Henri IV, Bernard Phan est notamment l'auteur de la Chronologie du XXe siècle (Points Histoire, 2006).
Les procès du cardinal de Richelieu: droit, grâce et politique sous Louis le Juste Chalais, décapité à Nantes en 1626; le duc de Montmorency exécuté à Toulouse en 1632; de Thou et Cinq Mars à Lyon en 1642... Au cours du règne de Louis XIII, les procès politiques nombreux, souvent spectaculaires et sanglants, ne cessent d'interpeller l'opinion: «on dit qu'il n'a jamais pardonné à personne», écrit Pierre Vacherie, un greffier de Limoges, à propos du cardinal de Richelieu qu'il rend responsable de tous les malheurs d'un «règne de sang, de fer et de cruauté».Rassemblés, commentés, combattus dès le moment de leur déroulement, ces procès nous permettent d'observer et de comprendre les pratiques d'un pouvoir politique alors en pleine mutation, un pouvoir qui a fait de la puissance exécutive du prince et de la raison d'État le principal mode de gouvernement. Ces pratiques, qui paraissent scandaleusement nouvelles à bien des contemporains, s'inscrivent pourtant dans l'histoire longue de la monarchie depuis le Moyen Âge.À partir de sources nombreuses, diverses, souvent inédites, Hélène Fernandez-Lacôte éclaire pour la première fois cette impressionnante série judiciaire qui a marqué la construction de l'État absolu.Dans ce livre consacré aux grands et aux moins grands procès organisés par «l'homme rouge», la monarchie d'Ancien Régime, qui fut avant tout un État de justice, est observée sous la lumière crue des châtiments du roi.
A l'image de la Régence, période longtemps réduite à une époque de libertinage et de corruption des moeurs, suspendue entre l'imposant siècle de Louis XIV qui s'achève et le non moins imposant siècle des Lumières qui commence, la polysynodie ou gouvernement par conseils, mis en place par Philippe D'Orléans en 1715, est souvent présentée comme une vaine réforme qui ne suscita que désordre et embarras dans l'administration. Pourtant, de son fonctionnement, nous n'avons qu'une connaissance superficielle. C'est ce vide historiographique que cet ouvrage entend combler, en démontant la mécanique de cet édifice institutionnel et en revenant sur les circonstances de sa création et les motifs de sa suppression. Réflexion sur le fonctionnement de la Monarchie et sur l'activité au quotidien des conseils du Roi, analyse des rouages et des mécanismes de la gestion administrative du royaume, essai sur la vie politique des premières années de la Régence, une Régence absolue bien éloignée des clichés qui lui sont souvent accolés, ce livre résolument novateur apporte un éclairage nouveau sur les arcanes de l'État moderne.Suivi d'un Dictionnaire de la polysynodie.
Ce livre retrace l'histoire du principal instrument qui a servi a financer les guerres françaises au XVIIe siècle : les rentes sur l'Hôtel de Ville de Paris. Et bien plus encore : il analyse les implications politiques et sociales de l'institutionnalisation d'une dette publique alourdie à chaque conflit militaire et dont l'extinction est devenue impossible pour l'État.Ces rentes publiques, qui redistribuent une fraction croissante du produit de l'impôt au profit d'un petit nombre de bénéficiaires, créent un lien nouveau entre le souverain et les sujets, un lien d'intérêt qui se mue en ferment de contestation lorsque les paiements s'interrompent et que la banqueroute menace.Katia Béguin analyse le bouleversement profond du système d'emprunt instauré par François I » en 1522, qui a fragilisé les sécurités antérieures des rentes, ébranlé la crédibilité du souverain absolu et rendu la condition des rentiers plus hétérogène, de Henri IV à Louis XIV. Elle retrace les choix difficiles des responsables des finances royales, hantés par le besoin impérieux d'alléger le service de la dette, convaincus des effets délétères de ce mode de financement et non moins obsédés par la nécessité d'emprunter à tout prix pour soutenir des conflits militaires presque incessants et de plus en plus coûteux. Elle observe la destinée de ces rentes dont la vie s'allonge, leurs usages et les modalités de leur diffusion sociale, par transmission successorale ou par ventes, à l'intérieur du royaume et hors des frontières, pour comprendre les motivations des rentiers, leurs savoirs, leur appréhension des risques qu'ils prenaient en confiant leurs capitaux au roi.Cette étude des transformations socio-politiques majeures du Grand Siècle pose ainsi de manière totalement renouvelée la question fondamentale de la crédibilité du régime absolutiste, en éclairant les dynamiques inexorables de l'endettement qui a contribué à sa perte par la Révolution.
L'image rend l'État visible ; elle permet de représenter l'abstraction du politique. Cette figuration est fréquemment synonyme de propagande, une forme de narration iconique et symbolique qui viserait à glorifier et à célébrer le pouvoir derrière le simulacre de sa représentation. C'est vers la fin du XVe siècle que l'image de la monarchie, d'une symbolique médiévale, se métamorphoserait en une symbolique antiquisante, vivifiée par l'humanisme conquérant de la Renaissance, bouleversant non seulement le langage iconographique et mythographique, mais aussi l'idéologie du pouvoir : le roi pasteur très chrétien céderait progressivement la place à un roi de gloire détenteur d'un pouvoir absolu. Contre ces deux postulats, Nicole Hochner soutient qu'il est faux de considérer l'image du roi comme une image de propagande et qu'une lecture évolutionniste masque les véritables enjeux de la représentation du pouvoir. Le règne de Louis XII (1498-1515), délaissé par les historiens, nous offre un extraordinaire laboratoire des figures du pouvoir : c'est une période de rupture, de parenthèse et de recherche pendant laquelle s'élaborent et se superposent des images issues de la représentation religieuse et chrétienne, d'une symbolique antiquisante et mythologique, du langage de la courtoisie et de la chevalerie, du mythe du " père du peuple " consacré par la réunion des États à Tours en 1506. L'image royale épouse alors une multitude de formes et rejette aussi bien le profil autoritaire et coercitif d'un Louis XI " tyran ", que les nouveaux topoi de l'Antiquité, qui séduiront tant François Ier, " nouveau César ". Le fait remarquable est que le pouvoir ne semble pas vouloir trancher ou réguler le débat majeur suscité par ces figurations plurielles et contradictoires. La monarchie française se cherche et s'affirme au cours de cette fascinante controverse sur la nature du pouvoir royal, qui oppose et confronte les partisans d'une monarchie modérée basée sur un système de " freins " et les défenseurs d'une souveraineté absolue, non consultative. L'étude de l'image du roi met ainsi au jour une crise des représentations à la veille de l'émergence de l'absolutisme français. En faisant de l'image une source à part entière, Nicole Hochner démontre l'originalité d'une recherche centrée sur les relations entretenues entre le pouvoir politique et les formes visuelles qui lui donnent sens et consacrent l'autorité du prince. Elle nous permet de mesurer tout à la fois la richesse et la fécondité d'interrogations neuves, toutes centrées sur les significations des formes visuelles, dans leur multiple diversité.
L'Ancien Régime et la Révolution (1750-1815)Comprendre son temps est impossible à qui ignore tout du passé ; être un contemporain c'est aussi avoir conscience des héritages, consentis ou contestés. Étudier hier en fonction d'aujourd'hui - et même de demain - tel est précisément le propos de ce livre, tiré d'un cours professé à l'Institut d'études politiques. Quelle est la définition du despotisme éclairé ? Quelles sont les causes de la Révolution française ? Que doit-on retenir de cette période dramatique qui, de 1789 à Waterloo, a changé la face du monde ? À ces questions et à cent autres, ce premier volume apporte des réponses claires et rigoureuses. Sans préoccupation érudite, cet ouvrage permettra à chacun de réviser des notions demeurées imprécises et d'acquérir les bases historiques indispensables à l'intelligence de notre époque.René RémondMembre de l'Académie française, historien, politologue et président de la Fondation nationales des sciences politiques, il a publié de nombreux ouvrages sur l'histoire politique, religieuse et intellectuelle de la France contemporaine.
Jean-Frédéric Schaub, né à Paris en 1963, ancien élève de l'École normale supérieure, ancien membre de l'École des hautes études hispaniques-Casa de Velázquez, est actuellement maître de conférences à l'École des hautes études en sciences sociales;
Quand Lavisse affirme "Louis XIV fut un roi plus espagnol que français...", il reprend un thème élaboré dans le Refuge protestant et illustré au XIXe siècle par les historiens de tendance républicaine. S'agit-il simplement de l'enregistrement d'un argument pamphlétaire? On peut penser, au contraire, que la dette de la monarchie française à l'égard de l'espagnole fut bien réelle. Les textes français du Grand Siècle témoignent de la réception d'un héritage espagnol que Versailles et l'affirmation nationale postérieure ont fini par gommer. Retrouver les traces de cette reconnaissance, c'est critiquer les fondements de l'"exception française" tout autant que de la "différence espagnole".
« Le plus savant homme dans l'art des sièges et des fortifications, et le plus habile ménager de la vie des hommes ».Saint-Simon dresse ainsi le portrait de Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707). Il le présente non seulement comme le maître inégalé de la guerre de siège, mais encore, loin des fastes de Versailles, comme l'un des grands témoins du siècle de Louis XlV.Homme de plein vent, à pied, à cheval, en chaise à porteur, ou dans sa fameuse « basterne », Vauban ne cessa de parcourir la France en tous sens pendant plus de quarante années.L'ingénieur perfectionne et innove dans les domaines militaires et techniques mais aussi administratifs et économiques. À partir des années 1680, le soldat longtemps fidèle à son roi se transforme en conseiller lucide : confronté au royaume « réel », il brosse un tableau de plus en plus critique de la monarchie ; il analyse et conteste les décisions royales sur la question huguenote (révocation de l'édit de Nantes) et la politique étrangère (des guerres ruineuses pour le royaume) ; l'homme du pré-carré pense le pays comme un territoire dont chaque élément « aménagé » doit améliorer le sort des plus démunis et il voit dans la réforme de la fiscalité le principal remède pour faire face aux « années de misère » qui stigmatisent nombre de provinces à la fin du règne de Louis XIV.Entre l'âge classique et celui des grands philosophes des Lumières, la plume prolifique de Vauban initie une science nouvelle, appelée à un grand avenir : l'économie politique.Conçu comme une biographie intellectuelle, ce livre, écrit au plus près des archives inédites laissées par le maréchal-ingénieur, dévoile les aspects intimes d'un Vauban attachant et méconnu ; il replace l'oeuvre écrite de l'auteur de la Dîme royale (1707) dans les courants de pensée qui annoncent les bouleversements à venir, au carrefour des sciences, du religieux, de la pensée administrative et d'une nouvelle conception de l'État, plus utilitaire, plus humaine aussi. Vauban qui dit « aimer sa Patrie à la folie étant persuadé que tout bon citoyen doit l'aimer et faire tout pour elle » fut l'un des premiers à vouloir faire passer les aspirations et les besoins de « vingt millions de français » avant l'intérêt du roi.
Le XIXe siècle (1815-1914)Comprendre son temps est impossible à qui ignore tout du passé ; être un contemporain, c'est aussi avoir conscience des héritages, consentis ou contestés.Étudier hier en fonction d'aujourd'hui - et même de demain -, tel est précisément le propos de ce livre. Qu'est-ce que le libéralisme ? Comment peut-on définir la démocratie ? D'où vient le socialisme ? Qu'est-ce que le nationalisme ? À ces questions et à cent autres, René Rémond apporte des réponses claires et rigoureuses.Sans préoccupation érudite, cet ouvrage permettra à chacun de réviser des notions demeurées imprécises et d'acquérir les bases historiques indispensables à l'intelligence de notre époque.René Rémond (1918-2007)Membre de l'Académie française, historien, politologue et président de la Fondation nationale des sciences politiques, il a publié de nombreux ouvrages sur l'histoire politique, religieuse et intellectuelle de la France contemporaine.