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Les informations ci-après se réfèrent à la date de la remise du Prix.
Michel HAÏSSAGUERRE est né en 1955 à Bayonne (France). Titulaire d’une maîtrise en biologie humaine, il a obtenu son doctorat en médecine en 1982 et un certificat d’études spéciales en cardiologie en 1984. Cette même année, il a été nommé chef de clinique des Universités et médecin assistant des Hôpitaux de Bordeaux. Il est actuellement professeur de cardiologie à l’Université Victor-Segalen Bordeaux 2 et directeur du département des arythmies cardiaques au Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux (Hôpital Cardiologique du Haut-Lévêque). Auteur de très nombreuses publications et membre de diverses sociétés savantes, il a reçu de nombreuses distinctions, notamment le Best Scientist Grüntzig Award de la Société européenne de cardiologie, en 2003, le Pioneer Award de la Société nord-américaine de cardiologie, en 2004, et le Mirowski Award pour ses travaux d’excellence en cardiologie clinique et électrophysiologie, en 2009.
Les fibrillations auriculaire et ventriculaire sont les pathologies les plus complexes du rythme cardiaque. La première est la principale cause des accidents vasculaires cérébraux emboliques. Quant à la seconde, elle est responsable de la majorité des morts subites de l’adulte qui frappent 350’000 personnes chaque année en Europe.
Michel HAÏSSAGUERRE a d’abord étudié la genèse de la fibrillation auriculaire. En dressant une «cartographie du cœur», il a été le premier à constater que les troubles électriques qui étaient à l’origine de la maladie ne se situaient pas dans l’oreillette, comme on l’a longtemps pensé, mais plus en amont, dans des cellules situées dans la paroi externe des veines pulmonaires.
Confirmée par de très nombreuses cliniques dans le monde, cette découverte a permis l’élaboration d’une nouvelle thérapie fondée sur l’exclusion, par cryothérapie ou par radiofréquence, des cellules responsables de la fibrillation auriculaire. En 2009, 150’000 personnes ont bénéficié de ce traitement dont les indications sont en progression croissante.
Michel HAÏSSAGUERRE et son équipe ont utilisé la même approche originale pour rechercher les causes de la fibrillation ventriculaire. Bien que, dans ce cas, le travail de cartographie soit rendu difficile par le caractère foudroyant de ce trouble, qui nécessite une défibrillation immédiate par choc électrique, ils sont parvenus à leurs fins. Ils ont montré que ces «tornades électriques» naissaient dans le tissu dit «de Purkinje», qui ne représente qu’une fraction infime (2%) de la masse cardiaque. Ce concept a depuis été validé lors d’essais cliniques réalisés sur quelques patients. Le recours à la thermoablation focalisée de ce tissu, a totalement éliminé l’arythmie présentée par ces patients.
Les fibrillations cardiaques sont les pathologies les plus complexes du rythme cardiaque, qui conduisent à la contraction rapide et désorganisée de la zone du cœur dans laquelle elles surviennent. La fibrillation auriculaire, qui se manifeste dans l’oreillette, affecte 1% de la population et constitue la principale cause des accidents vasculaires cérébraux emboliques. Quant à la fibrillation ventriculaire – qui, comme son nom l’indique, se produit dans les ventricules – elle est responsable de la très grande majorité (> 80 %) des morts subites de l’adulte qui frappent 350’000 personnes, jeunes ou âgées, chaque année en Europe.
Depuis le début des années 80, on considérait que ces troubles étaient liés à de multiples ondelettes qui se propageaient de manière chaotique et entretenaient ainsi le désordre du rythme cardiaque pour le rendre incoercible. Il existait des traitements médicamenteux contre ces arythmies, mais leur efficacité était modeste. Michel Haïssaguerre et son équipe ont étudié la genèse de ces deux pathologies et leurs travaux ont déjà conduit à la mise au point d’une thérapie curative largement utilisée contre la fibrillation auriculaire.
En réalisant de patientes et minutieuses cartographies du cœur de patients souffrant de fibrillation auriculaire, Michel Haïssaguerre et son équipe ont montré que le trouble ne prenait pas sa source au sein du muscle cardiaque, comme on l’a longtemps pensé, mais en dehors du cœur, dans des cellules situées dans la paroi externe des veines pulmonaires.
Cette découverte a depuis été largement confirmée par de très nombreux travaux dans le monde, qui ont porté sur des cœurs normaux ou pathologiques soumis à de multiples conditions. Ces diverses études ont aussi caractérisé les propriétés des cellules incriminées et mis en évidence leur capacité à générer des impulsions ultra-rapides (400 par minute) qui font office « d’étincelles déclenchantes ».
Les observations de Michel Haïssaguerre et de son équipe ont permis la mise au point d’une thérapie curative qui passe par l’exclusion, par cryothérapie ou par radiofréquence, des cellules responsables de la fibrillation auriculaire. Validée par les sociétés savantes, cette thérapie bénéficie désormais chaque année à 150’000 patients et ses indications sont en progression croissante.
L’intervention est aujourd’hui facilitée par une innovation technologique, la navigation magnétique. Utilisant de très gros aimants, elle permet de repérer la position des cathéters et de les piloter à distance par ordinateur. Michel Haïssaguerre a été le premier, en France, à avoir recours à cette technologie.
Ce schéma illustre le mouvement incessant, dans les oreillettes du cœur, des ondelettes fibrillatoires. Ces dernières ne sont pas la cause (comme on le croyait auparavant) mais la conséquence de sources externes (*) dans les veines pulmonaires
Michel Haïssaguerre et son équipe ont appliqué la même approche originale (recherche de sources/ « étincelles déclenchantes ») à la fibrillation ventriculaire. Dans ce cas, le travail n’était pas aisé car le caractère foudroyant de cette pathologie impose une défibrillation immédiate du patient par choc électrique; les chercheurs ne disposaient donc que de quelques secondes pour réaliser la cartographie du cœur. Le cardiologue et son équipe sont toutefois parvenus à observer que cette «tornade électrique» naissait de sources localisées dans le tissu dit «de Purkinje», qui ne représente qu’une fraction infime (2%) de la masse cardiaque.
Cette observation a été confirmée par Michel Haïssaguerre et son équipe. En réalisant une thermoablation focalisée de ces sources chez quelques patients, ils ont réussi à éliminer complètement l’arythmie présentée par ces derniers. Les premières interventions de ce type ont été faites il y a huit ans et les personnes traitées n’ont toujours pas souffert de récidive, apportant une preuve du concept.
L’impossibilité d’effectuer des cartographies plus élaborées impose le recours à des recherches expérimentales et théoriques (modélisation) dans cette affection gravissime pour mieux caractériser les propriétés du tissu « de Purkinje », ses interactions avec le myocarde contractile et envisager un dépistage et une thérapie de la mort subite pour la population en général. Le montant du Prix Louis-Jeantet de médecine sera utilisé pour l’équipement du laboratoire expérimental d’électrophysiologie et de modélisation.
La fibrillation ventriculaire entraîne une cadence extrême du rythme cardiaque qui conduit, en quelques minutes, à la mort de la personne frappée.
Les recherches de Michel Haïssaguerre et son équipe ont l’intérêt conceptuel de montrer que des phénomènes apparemment très complexes faisant appel aux théories du chaos peuvent avoir une origine discrète. Elles ont ouvert la voie à la thérapie des fibrillations atriales et soulèvent de grands espoirs dans le traitement des très graves arythmies conduisant à la mort subite.
Professeur Michel Haissaguerre
Hôpital Cardiologique du Haut-Lévêque
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