Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07050.jsonl.gz/240

Le rôle de Genève dans la construction du thermalisme éviannais ; fréquentation, modèles d’organisation, réseaux d’investissements (1826-1881)
Située dans la mouvance de Genève, à laquelle elle fut réunie entre 1798 et 1815 dans le cadre administratif du département du Léman, la Savoie du Nord n’a développé que tardivement ses ressources hydrominérales. La mise en place du réseau thermal et touristique du Chablais savoyard (Amphion-Evian-Thonon) doit beaucoup à Genève, pourvoyeuse tout à la fois de clientèle, de capitaux, de compétences scientifiques et de savoir-faire technique. Cette dépendance est renforcée par la position excentrée qu’occupe la province du Chablais au sein des Etats de Savoie et par l’absence d’une volonté politique privilégiant l’essor économique de la région, tout du moins jusqu’à l’Annexion à la France en 1860. En outre, la Savoie ne disposant que de faibles capacités d’investissement et d’une infrastructure bancaire impropre à soutenir des projets de grande envergure, le recours aux capitaux genevois s’est longtemps avéré incontournable. Après une tentative d’exploitation locale aussi courte qu’infructueuse, La Compagnie des Eaux Minérales d’Evian, Société anonyme par actions dont le siège social est à Genève, est fondée en 1826. A compter de cette date et durant plus d’un demi-siècle, la mise en valeur des sources évianaises est réalisée sous la houlette de Sociétés genevoises. Cette situation ne prend fin qu’avec le rachat en 1881 de la Société des Eaux Minérales d’Evian par un groupe d’actionnaires adossés à la grande Banque protestante parisienne. La contribution envisagée permettra une approche des liens transfrontaliers complexes qui existent au XIXe siècle entre les deux rives lémaniques, Evian constituant sous la monarchie sarde d’abord puis, après 1860, sous les régimes français succesifs, l’un des champs d’expérimentation privilégiés du capitalisme genevois.