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L'Arménie a annoncé lundi son retrait du processus de ratification des accords historiques qu'elle avait signés en 2009 à Zurich avec la Turquie. Elle dénonce "l'absence de volonté politique" d'Ankara de normaliser leurs relations.
Dans une lettre adressée au président du parlement, le chef de l'Etat arménien Serge Sarkissian critique aussi "l'altération constante qu'il (le gouvernement turc) cause à l'esprit et aux termes du protocole".
"C'est pour cela que j'ai pris la décision de retirer l'Assemblée nationale de l'Arménie des accords signés le 10 octobre 2009 dans le cadre des protocoles de Zurich", a-t-il indiqué. Ces accords avaient été conclus au terme d'une longue médiation suisse.
Constitué de deux volets, prévoyant l'établissement de relations diplomatiques et la réouverture de la frontière commune, cet accord visait à normaliser les relations entre les deux pays. Mais, plus de cinq ans après la signature, il n'a toujours pas été approuvé par les parlements respectifs.
Reconnaissance du génocide
Erevan accuse Ankara de vouloir lier les efforts de réconciliation bilatéraux au conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan sur le Nagorny-Karabakh, territoire azerbaïdjanais peuplé majoritairement d'Arméniens.
L'Arménie reproche à la Turquie de ne pas reconnaître le génocide d'Arméniens sous l'Empire ottoman (1915-1917), alors qu'Erevan s'apprête à commémorer, le 24 avril, le centenaire de cette tragédie.
La Turquie s'est toujours refusée à admettre une élimination planifiée, évoquant le massacre par l'Empire ottoman, lors de combats ou à cause de famines, de quelque 500'000 Arméniens qui s'étaient rangés du côté de son ennemi, la Russie.
ATS