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CYCLISME Lance Armstrong bénéficiait d'un traitement de faveur
La commission d'enquête pour la réforme du cyclisme (CIRC) n'estime pas l'UCI coupable de corruption. «Mais ses dirigeants étaient trop proches d'Armstrong.»
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L'Union cycliste internationale (UCI) n'est pas coupable de corruption, mais ses anciens dirigeants, trop proches de Lance Armstrong, lui ont accordé un traitement de faveur, estime le rapport d'une commission indépendante publié ce lundi.
«Il y a eu traitement préférentiel», affirme la commission d'enquête pour la réforme du cyclisme (CIRC). Son rapport de 227 pages rendu public lundi ne contient aucune vraie révélation, mais dresse un tableau à charge sur la très grande proximité des anciens dirigeants de l'UCI avec l'ex-septuple vainqueur du Tour.
«L'UCI l'a vu comme le choix idéal pour la renaissance de ce sport après la scandale Festina (du Tour 1998)», estime la CIRC. Tant par sa nationalité américaine qui «a ouvert un nouveau continent pour le cyclisme» que par son statut de survivant du cancer qui lui a permis de devenir rapidement «une star mondiale».
«Un échange tacite»
Il reste que le Texan, écarté du sport de compétition en 2012 après sa suspension par l'agence antidopage américaine (Usada), a bénéficié des années durant d'un traitement de faveur de la part de la fédération internationale. Par exemple, la possibilité de recourir en 2009 en Australie avec quelques jours d'avance par rapport au règlement.
En somme, résume le rapport, «la direction de l'UCI ne savait pas faire la différence entre le héros Armstrong, le septuple vainqueur du Tour survivant du cancer et modèle pour des milliers de fans, et le coureur Armstrong, doté des mêmes droits et obligations que tout autre cycliste professionnel».
«Il y avait un échange tacite de faveurs entre les dirigeants de l'UCI et Lance Armstrong et ils ont présenté un front commun contre quiconque oserait l'attaquer", explique la CIRC. "L'UCI n'a pas essayé d'empêcher Armstrong d'être testé à de nombreuses reprises. Cependant, elle n'a pas cherché activement à corroborer si les allégations de dopage contre lui était fondées. Elle a adopté une position défensive comme si chaque attaque contre Armstrong était une attaque contre le cyclisme et l'UCI.»
Sévère pour McQuaid et Verbruggen
La commission présidée par le Suisse Dick Marty - juriste qui a enquêté notamment sur les prisons de la CIA -, se montre sévère pour les deux prédécesseurs du Britannique Brian Cookson, président de l'UCI depuis 2013. Pour l'Irlandais Pat McQuaid et plus encore pour le Néerlandais Hein Verbruggen, le tout-puissant président de l'UCI jusqu'en 2005.
La CIRC accable la politique menée jusqu'en 2006. Elle la qualifie d'«insuffisante», car surtout soucieuse de l'image et tournée vers une approche quantitative. Par la suite, reconnaît le rapport, la période est marquée «par des améliorations constantes et une volonté croissante de lutte contre le dopage au niveau de ses racines».
Développement des tests inopinés, ciblage, passeport biologique, financement de la lutte antidopage... «Toutes ces mesures ont considérablement modifié le comportement de l'élite du cyclisme», relève la CIRC, (AFP/Le Matin)
Créé: 09.03.2015, 09h55