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Comprendre le non-enjeu du climat
La conférence du 29 avril à l'Université de Genève s'est penchée sur l'idéologie du réchauffisme.
Le regard critique sur le réchauffisme, à savoir la politisation du climat, a pour but d'amener un peu de sobriété dans le catastrophisme qui caractérise régulièrement le débat public sur ce thème. La récupération politique des changements climatiques est en effet problématique, dans la mesure où elle se distancie fortement des faits. C'était l'objet de la conférence de l'Institut Libéral «Quelles réponses au réchauffisme?», le 29 avril à l'Université de Genève.
Ainsi que l'a rappelé Pierre Bessard en introduction, le coût de l'adaptation aux changements climatiques est beaucoup plus bas qu'une stratégie répressive destinée à les combattre ou à les stopper. Il n'y a pas non plus d'accroissement de catastrophes naturelles, dont les coûts relatifs sont en diminution grâce à l'augmentation des revenus, tandis que les sources d'énergie lourdement subventionnées du solaire et de l'éolien ne représentent qu'un pour-cent de l'approvisionnement. Enfin, l'espérance de vie est positivement corrélée au degré de liberté économique, qui rend l'environnement toujours plus propre et plus sûr. Il s'agit donc de combler le décalage entre les perceptions et la réalité.
Dans une première communication, l'économiste et juriste Max Falque, délégué général du Centre International de Recherche sur les Problèmes Environnementaux, a mis en évidence la manipulation de l'opinion dans un domaine par essence hors de portée de l'action de l'humanité et insoluble. Les changements climatiques actuels sont modestes et s'inscrivent sur une longue durée: il n'y a pas de grand danger, ni de catastrophe imminente. L'augmentation du CO2 est au contraire bénéfique, en contribuant au verdissement de la planète; elle n'a que peu d'incidence sur le réchauffement et en est plutôt la conséquence. Le climat actuel est une parenthèse plutôt agréable, en aucun cas une donnée immuable qui pourrait être maîtrisée.
Sur le plan scientifique, les tentatives du GIEC de l'ONU et des gouvernements de falsifier les rapports des climatologues incitent à la plus grande prudence. Pour les populations pauvres, le climat est la dernière des priorités, comme l'a montré Björn Lomborg: les milliards de dollars qui sont consacrés à combattre un phénomène mal connu et incertain ne sont pas disponibles pour d'autres causes réelles et urgentes. La panique actuelle est donc à ranger au niveau des prévisions fausses comme la mort des forêts, les pluies acides ou la disparition de la couche d'ozone. Le climat sert en réalité de «faux nez» aux orphelins du socialisme qui n'ont pas renoncé à changer la société libérale, au prix de la décroissance, du rationnement et de la contrainte. La gestion des ressources environnementales se résout au mieux par le droit privé, à travers la contractualisation. L'alarmisme fondé sur la peur et l'aveuglement représente en revanche un vrai risque de dérive.
Dans une seconde communication, le physicien Jean-Pierre Chamoux, professeur émérite à l'Université de Paris-Descartes, a relevé l'absence de système unitaire qui permettrait de mesurer les températures atmosphériques, par essence hétérogènes et turbulentes. Les phénomènes climatiques ne sont pas nouveaux et ont toujours conduit à une adaptation des comportements humains. En revanche leur attribuer une cause anthropique constitue un péché d'orgueil. L'industrie a précisément pour but d'augmenter la productivité pour améliorer les conditions de vie, en bref de «faire plus avec moins»: les rejets dans l'atmosphère sont de l'ordre d'un dix-millième de ce qui prévalait il y a 60 ans. L'industrie a nettoyé la plupart des effluents dans l'air et l'eau.
C'est pourquoi les exhortations des écologistes à légiférer et à réglementer posent un risque à l'innovation technologique, qui en fin de compte détient la solution des problèmes environnementaux. La contrainte casse la dynamique industrielle. Dans le domaine de l'énergie, le nucléaire et la grande hydroélectricité ont été victimes de cette influence, en dépit de leur efficience, alors que des centaines de milliards de dollars sont investis dans des éoliennes, des panneaux photovoltaïques et des miroirs solaires. Cette «croissance verte», qui repose sur l'intervention étatique, incite à abandonner des carburants bien plus disponibles que ne le prétendait par exemple le Club de Rome, qui prédisait la disparition du pétrole en l'an 2000, alors que les réserves sont régulièrement revues à la hausse. Il importe dès lors de refuser le discours d'une nouvelle gauche qui déforme pour transformer la société les vraies questions posées par les météorologues.
8 mai 2019