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LES GAGNANTES DU LAUBERHORN
Saviez-vous …
que juste après la guerre, il y avait aussi des courses dames à Wengen? En 1945 et 1946, il n’y avait que des Suissesses au départ et la course commençait plus bas près de la Wengernalpbahn. En 1947, il y avait aussi des étrangères et le départ était juste en dessous du Hundschopf. Puis la piste passait par une tranchée fraîchement déboisée jusqu’au passage sous voie.
Lina Mittner, une spécialiste de la descente, gagna en 1947 la descente du Lauberhorn. Elle n’avait pas peur, même pas du Hanneggschuss. Cette belle performance était en partie due à ses skis Inglin qui avaient une surface de glisse très rapide. Grâce à sa victoire, elle se plaça juste après Arnold Glatthard, entraîneur, sur la liste pour la tournée en Amérique pour laquelle 3 hommes et 3 femmes furent convoqués. Mais Louis Guisan, fils du général, alors président de la fédération ne voulut rien en savoir. Seuls les célibataires pouvaient y aller. Elle était mariée et maman depuis longtemps.
Lina Mittner avait déjà gagné une descente importante à Mégève avant celle de Wengen. A la fin de sa carrière, elle fut déléguée technique de la FIS et arbitre pendant bien des années.
A cette époque, les dames avaient leurs courses SSD à Grindelwald. Le Ski-club Suisse des Dames avait la réputation d’être une société quelque peu élitaire, toutefois très active. Les initiatrices étaient les mères de Marc Hodler et Elsa Roth. Elles avaient un bureau chez Werner Grob, directeur de l’office du tourisme de Grindelwald. Il fallait une occasion spéciale pour qu’elles puissent courir au Lauberhorn. En 1947, ce fut la qualification pour la tournée de deux mois et demi en Amérique, 3 femmes et 3 hommes pouvaient y aller. En 1950, la participation au Championnat du Monde d’Aspen. Rosmarie Bleuer n’était pas spécialement forte en 1947 mais elle réussit à se qualifier.
Rosmarie Bleuer gagna le slalom du Lauberhorn avec une avance de 5 secondes. Il n’y avait pas d’étrangères au départ, ceci minimisait quelque peu sa performance. La descente fut annulée, les organisateurs ne voulaient pas faire faire le parcours joliment glacé aux 15 dames. Comme gagnante du slalom elle reçut la coupe en étain réservée habituellement à la gagnante du combiné. Elle n’était pas aussi grande que celle des messieurs, mais tout de même. Les dames de Wengen s’entraînaient souvent, en partie avec Hedy Schlunegger. Rosmarie Bleuer s’entraînait moins, n’avait pas énormément d’ambition, autrement elle aurait peut-être eu plus de succès. Ou elle aurait remarqué que ses skis ne glissaient pas du tout, lors des Jeux Olympiques de Saint-Moritz.