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La première mention de la paroisse de Collonge figure dans une bulle du pape Eugène III datée de 1153. Mais les fouilles entreprises dans l’église ont révélé que l’édifice était plus ancien. Selon les historiens, les créations de paroisses rurales se situent entre l’an 800 et l’an 1000.
La visite pastorale de l’évêque Jean de Bertrand en 1412 nous révèle que la paroisse comptait alors 10 feux (environ 50 personnes).
En 1536, les Bernois envahirent la région (alors savoyarde) et y imposèrent le protestantisme. Plusieurs pasteurs se succédèrent à Collonge jusqu’à la mission de Saint François de Sales en Chablais vers 1598. Collonge redevint catholique ; les premiers registres paroissiaux qui ont été conservés débutent en 1603.
La paroisse vécut alors une vie paisible pendant deux siècles, mis à part quelques démêlés entre le curé de Collonge et celui de Meinier au sujet de la perception des dîmes.
En 1592, les troupes françaises de la Révolution envahirent la Savoie et les prêtres durent s’exiler. Il fallut attendre la signature du Concordat entre Napoléon Ier et le pape Pie VII en 1801 pour que les prêtres puissent revenir et Collonge retrouva le culte catholique.
La reconstruction de l’église (démolie car devenue trop petite) avait été commencée en 1792 et interrompue par la Révolution. Elle fut enfin achevée et le nouvel édifice bénit en 1806.
Collonge, comme les autres paroisses du canton a connu la parenthèse du Kulturkampf.
Ce mouvement parti d’Allemagne préconisait la main mise de l’Etat sur la religion catholique. Il arriva à Genève en 1872 : le gouvernement cantonal saisit les églises et nomma des prêtres libéraux prêtant serment à l’Etat.
Les catholiques de Collonge se replièrent sur une chapelle provisoire dans les bâtiments de la ferme Rivollet (actuel Centre communal) qui devint la « Chapelle de la Persécution ». Ils ne purent récupérer leur église qu’en 1894, l’Etat ayant fait machine arrière.
Il faut rappeler ici que Collonge-Bellerive était devenue genevoise en 1816.
Quant au village de Saint-Maurice, il avait été le siège d’une paroisse avec son église (aujourd’hui disparue) située au sud du village. Rattaché à Collonge à la Réforme, il le resta au retour du catholicisme.
Georges Curtet