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J’ai aussi ma « madeleine ». Comme Proust avait la sienne. La mienne est ce parfum de pain grillé qui me rappelle les petits-déjeuners familiaux de mon enfance, avant de partir pour l’école. Ce dimanche matin donc, je savoure mon petit-déjeuner: pain grillé, beurre et confiture. Et café.
Les îles Tuvalu sont pourtant citées comme victimes du réchauffement du climat. En montant, les eaux du Pacifique devraient les engloutir. On a même déjà quantifié cette montée: la station de Funafuti annonce 5 millimètres par an.
Alors que se passe-t-il? Une étude récente montre que les îles se sont agrandies et surélevées – ou une autre que le niveau de la mer avait baissé de 8,7 cm entre 1993 et 2000.
Certains ont attribué cette baisse à El Niño de 1998. Les eaux plus chaudes auraient fait remonter temporairement les îles. Comment une île volcanique, qui constitue le sommet d’une montagne sous-marine (un volcan), peut-elle flotter grâce à l’eau chaude? Je l’ignore.
Sur Wikipedia on ne tient pas le même discours:
« Une avancée de la mer sur les terres, réduisant la surface des îles, a été constatée. Au cours de la dernière décennie, les îles ont vu disparaître trois mètres de front de mer. Ce phénomène est lié à différents facteurs. Ainsi, l’érosion côtière a un impact, aggravée par les activités humaines. Cependant, le facteur dominant est la hausse rapide du niveau de l’océan dans le Pacifique Ouest. Ce phénomène est lié à l’élévation du niveau de la mer, aggravé localement par le phénomène ENSO (donc El Niño). »
Donc pour Wiki, la surface des îles se réduit. La cause principale en serait la montée du niveau de l’océan. Cette raison (la montée des eaux) contredit ici la version île flottante ou surfantes sur les eaux chaudes.
Et voilà qu’une nouvelle étude montre au contraire que les îles se sont étendues de 2,9% ces dernières décennies. La raison: l’apport de sédiments par les tempêtes et les grosses houles. Cette observation avait déjà été publiée en 2008. Et plus que le réchauffement, les menaces majeures aujourd’hui seraient l’urbanisation et la croissance démographique.
À l’époque cette version moins réchaufiste dérangeait le dogme et les projets d’émigration pour raison climatique. Elle a eu peu de retentissement. Aujourd’hui elle réapparaît.
Tuvalu ne coule plus – ou n'est plus submergé. Quelle conclusion apporté-je à cette information, tout en savourant la confiture de myrtilles et mon café?
Que, comme d’autres, cette projection sur l’avenir climatique (l’engloutissement des Tuvalu) est en contradiction avec les observations sur le terrain.