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Le champ d’application de la rTMS est vaste. Cela tient à son principe d’action et à l’organisation de notre système nerveux. La Stimulation Magnétique Transcrânienne répétitive (rTMS) peut agir sur une fonction à partir du moment où celle-ci fait intervenir une composante corticale, ce qui est souvent le cas.
Des recherches sérieuses ont déjà été menées sur les thèmes suivants :
Hallucinations auditives dans la Schizophrénie
De par l’activation des aires cérébrales impliquées dans la perception du discours (aires auditives primaires et aires d’association du langage) au cours des hallucinations auditives, diminuer l’excitabilité du cortex temporo-pariétal (CxTP) par la rTMS à basse fréquence est apparu comme étant un axe de recherche thérapeutique intéressant pour le traitement des hallucinations auditives résistantes. (niveau C*)
Symptômes négatifs dans la Schizophrénie
Effet de la stimulation à haute fréquence du cortex préfrontal (DLPFC) gauche (niveau B*)
Migraines
La migraine est un trouble fréquent qui peut causer un handicap significatif et diminuer la qualité de vie. Les attaques aiguës de migraine avec ou sans aura peuvent être traitées par Stimulation Magnétique Transcrânienne, pendant les crises, ou entre les crises en traitement préventif.
La cause présumée des migraines avec aura est une dépolarisation lente du cortex cérébral trouvant son origine la plupart du temps dans le cortex visuel. La rTMS appliquée au cortex visuel permettrait de stopper le développement de cette dépolarisation.
Les migraines sans aura pourraient aussi bénéficier de cette approche, car un processus de dépolarisation du cortex semble également impliqué.
Les résultats d’une étude récente semblent confirmer ce mécanisme: en appliquant un protocole novateur de stimulation magnétique répétitive, une équipe allemande a pu réduire de 84% la fréquence des attaques migraineuses sur un échantillon de 10 patients.
Des protocoles classiques de stimulation utilisés dans des études plus anciennes n’avaient pas pu démontrer d’efficacité de la rTMS dans le traitement de la migraine. Cette nouvelle approche est donc prometteuse, et appelle à plus de recherche sur les paramètres de stimulation permettant un traitement optimal
Maladie de Parkinson
Effet antiparkinsonien possible de la rTMS (niveau C*) à haute fréquence sur les aires motrices bilatérales (M1).
Fibromyalgie
Effet antalgique de la rTMS motrice/préfrontale gauche à haute fréquence. Les études portant sur une centaine de patients au total ont rapporté une amélioration de la douleur et de la qualité de la vie de 30%.
Épilepsie
Effet antiépileptique possible de la rTMS à basse fréquence sur le foyer épileptique (niveau C*).
Acouphènes
Effet possible de la rTMS à basse fréquence sur le cortex auditif contralatéral au tinnitus ou sur le cortex temporo-pariétal. (niveau C*). Une étude de 2016 semble démontrer que la stimulation sur 3 cibles corticales successivement pendant la même séance aurait des effets supérieurs.
Troubles anxieux
Effet possible de la rTMS à haute fréquence du cortex préfrontal dorsolatéral droit sur les états de stress post-traumatiques (niveau C*).
Addictions et craving
Effet possible sur le craving à la cigarette et la consommation (niveau C*) – Stimulation à haute fréquence du cortex préfrontal dorsolatéral gauche. Une étude récente a montré des résultats impressionnants sur le craving à la cocaïne. Ce traitement commence à être proposé en Suisse. Site internet d’un centre italien spécialisé dans le traitement de cette dépendance: www.disitossicazione.it
Une étude de 2017 montre également des résultats positifs contre l’addiction à la methamphétamine. D’autres études de 2017 montrent des résultats positifs sur l’addiction au jeu.
Rééducation respiratoire
Les équipes de recherche utilisant la stimulation magnétique transcrânienne sont nombreuses dans le monde et leurs travaux très diversifiés. Cette liste ne saurait donc être exhaustive et présente les champs d’investigation les plus cités. À noter qu’à l’heure actuelle seule l’utilisation de la rTMS dans le traitement de la dépression bénéficie d’une certification européenne. L’utilisation « off-label » de la rTMS dans quelque indication que ce soit est de la responsabilité du médecin qui la propose.
*Les niveaux de preuve mentionnés dans cette page suivent la classification AAN (Association Américaine de Neurologie). Ces niveaux de preuve datent de 2014. Les nombreuses études ayant été réalisées depuis n’y sont donc pas inclues:
- un niveau de preuve A reflète un effet certain (effet ou manque d’effet) étayé par au moins deux études scientifiques de classe I (randomisées, contrôlées avec condition placebo et critères d’évaluation objectifs).
- Un niveau de preuve B reflète un effet probable. Il nécessite au moins une étude de classe I ou deux études conformes de classe II (randomisées, contrôlées avec condition placebo et des critères d’évaluation objectifs mais ne remplissant pas toutes les conditions requises pour la classe I).
- Un niveau de preuve C reflète un effet possible. Il nécessite au moins une étude de classe II ou deux études conformes de classe III (tout autre type d’étude contrôlée où les résultats sont attestés indépendamment).
Certains champs d’applications de la rTMS n’ont pas de niveau de recommandation. Cela ne veut pas dire « absence d’effets », mais que les évidences scientifiques n’ont pas été suffisamment établies.