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Marco Odermatt se pose en grandissime favori du géant des Championnats du monde vendredi à Courchevel. Le Nidwaldien a un adversaire tout désigné: lui-même.
Réparer une anomalie. Faire en sorte de remettre l'église au milieu du village. On peut donner n'importe quelle définition ou expression, la finalité est la même: c'est l'or ou rien pour Marco Odermatt.
Pour trouver trace du dernier couac d'"Odi» dans sa discipline de prédilection, il faut remonter au mois de mars 2021 et les finales de Coupe du monde à Lenzerheide. Un 11e rang, totalement indigne de son immense talent. Depuis ce jour, quinze géants ont eu lieu. Odermatt en a remporté dix, pour deux deuxièmes places, deux troisièmes et une absence à Schladming pour soigner son genou endolori par son rattrapage dantesque sur la Streif.
Le pourcent de plus
Fort de ces statistiques, le constat est sans appel, le seul qui peut empêcher le Ferdinand Hodler du taillage de courbes de se parer d'or, c'est bien lui-même. Et les athlètes le savent mieux que personne, les courses d'un jour peuvent réserver bien des surprises. Seulement, en géant, Odermatt donne l'impression d'avoir une certaine marge de sécurité sur ses adversaires. S'il ne commet pas d'erreurs, il paraît bien improbable de voir un autre skieur lui passer devant.
Au terme de la descente qui lui a valu son premier titre mondial, le champion olympique a reconnu que ses skis fonctionnaient bien sur cette neige et dans ces conditions. Et qu'après un Super-G décevant pour lui avec une 4e place, il avait besoin de mettre un pourcent en plus.
Une médaille pour Meillard?
Dans le camp suisse, on espère aussi voir Loïc Meillard profiter des deux dernières courses pour aller chercher son «précieux». Les deux premiers événements n'ont pas souri au skieur d'Hérémence et c'est avec la pression de son succès nocturne à Schladming que le Valaisan d'origine neuchâteloise se présente au départ. S'il produit le même ski qu'en Autriche, il a clairement les armes pour ramener une médaille.
Brillant 2e à Schladming derrière Meillard, Gino Caviezel monte lui aussi gentiment en puissance. Et on se souvient que l'an dernier lors des finales de Coupe du monde en France, il avait pris le 5e rang.
Le quatrième engagé par Swiss-Ski dans cette discipline se nomme Thomas Tumler. Le Grison de 33 ans n'est monté qu'une seule fois sur le podium, c'était en décembre 2018 à Beaver Creek et son meilleur résultat cette saison est une 14e place.
Le danger vient de Norvège
Parmi les autres prétendants aux médailles, c'est plutôt au Nord qu'il faut diriger son regard. Deuxième de la spécialité, Henrik Kristoffersen – champion du monde en 2019 – se pose toujours en candidat sérieux à la victoire. Mais le Norvégien n'a devancé Odermatt qu'à une reprise cette saison en prenant la deuxième place lors du premier géant d'Alta Badia derrière son compatriote Lucas Braathen. Le représentant de la jeune garde des Vikings va d'ailleurs tenter un pari un peu fou. Opéré de l'appendicite voici deux semaines, le vainqueur d'Alta Badia I est arrivé en Savoie. Participera-t-il au géant de vendredi ou se concentrera-t-il sur le slalom de dimanche? Réponse cet après-midi.
Trois autres noms peuvent encore être inscrits dans la catégorie «podiumable». Il s'agit du Slovène Zan Kranjec, de l'Allemand Alexander Schmid, tout frais champion du monde de parallèle, et d'Alexis Pinturault qui peut skier l'esprit libéré à la suite de son titre en combiné.
jfd, ats