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Le fait d’être fumeur est prédictif d’une dépendance à l’alcool plus sévère et est associé à de plus fortes envies de boire ainsi qu’à un risque augmenté de rechute. La réponse aux traitements pharmacologiques de la dépendance à l’alcool est modérée et certaines caractéristiques (polymorphisme génétique par exemple) peuvent influencer la réponse au traitement. Dans cette étude, les chercheurs ont effectué une analyse secondaire de données de l’étude COMBINE* pour évaluer si le fait d’être fumeur avait un impact sur la réponse à la naltrexone chez les patients avec dépendance à l’alcool (n=1383) et si la naltrexone avait un impact sur le fait de fumer. Cinquante-cinq pour cent des participants dans cet échantillon étaient des fumeurs (consommation moyenne de 17 cigarettes par jour).
• De façon générale, être fumeur était associé avec une moins bonne rétention en traitement et un devenir alcoologique moins favorable. Les fumeurs recevant de la naltrexone rapportaient un plus grand pourcentage de jours d’abstinence que ceux ne recevant pas de naltrexone (moyenne de 78,4 contre 71,7), des scores plus favorables en termes de conséquences de la consommation d’alcool** (moyenne 13,6 contre 17,5) et un pourcentage inférieur de jours de consommation importante (14,5 en moyenne contre 20,4).
• Les non-fumeurs dans les groupes naltrexone et placebo rapportaient un pourcentage similaire de jours d’abstinence (74,0 et 74,6 en moyenne) et un score de conséquences similaire (9,69 et 9,49)
• Il n’y avait pas d’interaction entre fumer et le traitement de naltrexone sur le temps avant la première rechute et sur le nombre de boissons alcoolisées consommées par jour.
• Le traitement de naltrexone n’avait pas d’impact sur le fait d’arrêter de fumer.
Commentaires : cette analyse confirme que le fait de fumer est un prédicteur d’évolution défavorable chez les personnes dépendantes à l’alcool, mais aussi que cela modère l’effet de la naltrexone. En conséquence, le fait de fumer pourrait être utilisé pour identifier les patients les plus susceptibles de répondre au traitement de naltrexone. Fumer est hautement prévalent chez les personnes souffrant de dépendance et son identification ne demande pas d’effectuer des tests paracliniques onéreux. Ces résultats devraient donc encourager les cliniciens à prescrire de la naltrexone aux patients fumeurs, particulièrement au regard de l’impact négatif de la fumée sur le devenir de la dépendance.