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abhängigkeiten
Parmi les résumés disponibles:
Satisfaction des patientes et patients – phare ou feu follet sur la route de l’évaluation de la qualité du traitement ambulatoire des dépendances?
Magdalena Dampz, Luis Falcato, Thilo Beck
Le renforcement de la perspective du patient et la pression économique croissante ont rendu plus importante la mesure de la qualité dans le secteur de la santé. Dans ce cadre, quelle est l’importance de la satisfaction du patient? Dans ses quatre centres en médecine de l’addiction, Arud a conduit de 2008 à 2010 des enquêtes annuelles sur la satisfaction des patients suivant trois types de traitement ambulatoire, dans lesquelles des techniques quantitatives et qualitatives ont été employées. Les niveaux de satisfaction envers les différents types ont été comparés entre eux et testés sur différents facteurs d’influence par régression logistique. Les questions ouvertes ont été évaluées par une analyse de contenu. Plus des ¾ des personnes interrogées ont indiqué une satisfaction élevée, la plus basse étant pour les traitements à l‘héroïne et la plus élevée pour les traitements sans substitution. Les traitements à la méthadone, la buprénorphine ou la morphine se trouvaient en position intermédiaire. Les plus importants facteurs d’influence ayant pu être identifiés sont l’importance des symptômes et le statut professionnel des patients. Les enquêtes de satisfaction ont fourni des informations sur une dimension à part entière de la qualité dans les traitements ambulatoires de la dépendance, qui peuvent être d’utilité pratique. Les résultats ne devraient toutefois pas être hâtivement interprétés dans la perspective du modèle clients ou mis à contribution pour de simples comparaisons entre prestataires. La qualité d’une offre en santé publique est une construction plus complexe.
Succès du traitement après 6 et 12 mois chez les personnes ayant des problèmes d’alcool (traitement ambulatoire).
Catamnèse I et II du service ambulatoire spécialisé dans les problèmes d’alcool du district de Bülach, FABB
Martin Sieber, Ruedi Rüttimann, Ruedi Schmid
Une catamnèse a été réalisée chez 346 clientes et clients du centre ambulatoire spécialisé dans les problèmes d'alcool du district de Bülach (FABB) 6 et 12 mois après la fin du traitement. 113 personnes ont répondu après 6 mois et 74 après 12 mois. Ces personnes étaient principalement des clientes et clients ayant été traités sur une durée moyenne ou longue. Les personnes n’ayant consulté que peu de fois ont plus rarement répondu. Le taux d'amélioration moyen à 12 mois était de 75% pour quatre indicateurs. Chez 76% des gens il n'y avait aucun indice de consommation à risque, 38% étaient abstinents depuis plus de 12 mois, 50% depuis plus d'un mois. Six mois après la fin du traitement, les personnes ayant répondu avaient 68% de chance d’évolution positive dans les 6 prochains mois. Cette probabilité s’élevait à 87% si l'évolution avait été positive durant les 6 premiers mois, elle s’abaissait à 35% si cela n’avait pas été le cas. L'estimation du taux global d'amélioration sur la base de la totalité de la clientèle de la FABB a été de 61%. Les analyses différentielles de succès du traitement ont montré dans les sous-groupes suivants de meilleurs indicateurs de succès: les personnes âgées, les personnes actives professionnellement, les fumeurs de cigarettes, les personnes traitées à long terme avec un objectif d'abstinence, avec un meilleur pronostic et une fin de traitement planifiée. L'analyse qualitative a permis d’établir des liens entre des données statistiques isolées et des informations fournies par les thérapeutes. Cette approche s'est avérée être utile en ce qui concerne la recherche prospective d'efficacité.
Traitement en cas d’usage nocif de cannabis et de dépendance au cannabis
Contexte et évidence des approches
Michael Schaub, Julia Becker
Ce travail de synthèse identifie et décrit les approches de traitements psychothérapeutiques et psychosociaux fondées sur le niveau de preuve, ainsi que les approches préliminaires de pharmacothérapie et de réduction des dommages lors d’une consommation nocive de cannabis ou d’une problématique de dépendance au cannabis. La demande de traitements liés au cannabis en Suisse a augmenté dans les centres de consultation ambulatoire, où sont traités principalement des adolescents et de jeunes adultes. Pour le traitement de la consommation nocive de cannabis et de la dépendance au cannabis, l'interview de motivation (IM) s’est révélé être efficace chez les adolescents, en combinaison avec la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Chez les adolescents sous l’œil de la justice et ceux consommant d’autres substances illégales, la thérapie familiale intensive multidimensionnelle (TFIM) a fait ses preuves. Chez les adultes, l’IM associé à la TCC a démontré une efficacité, qui a jusqu’ici pu être améliorée, au moins aux États-Unis, par l'adjonction d’une approche communautaire dite de renfort (Community Reinforcement Approach, ACR). La plupart des conclusions sur les méthodes appliquées dans le cadre des mesures d'atténuation des méfaits liés à la dépendance au cannabis proviennent de la prescription de cannabis médical en cas de maladies graves résistantes aux autres traitements. Il faut envisager dans ce cas et pour en réduire également les effets négatifs, une forme d’administration peu nocive, idéalement une forme orale.
Dépendance aux benzodiazépines – les traitements de substitution sont-ils indiqués?
Rudolf Stohler
L’usage et l’abus de benzodiazépines sont largement répandus parmi les patients atteints de troubles liés aux substances psychotropes. Alors que dans le domaine de la dépendance aux drogues, à l’alcool et même au tabac, l’acceptation des « approches de traitement par réduction des dommages » progresse, les offres de traitement correspondantes dans le domaine de la dépendance aux benzodiazépines ont été peu étudiées.
L’article plaide pour le comblement de cette lacune de la recherche et fait quelques propositions sur les groupes et les substances à investiguer en priorité.
Etude contrôlée randomisée sur la possibilité du recours au méthylphénidate et à la psychothérapie de groupe cognitive comportementale lors des traitements de substitution aux opiacés chez les patientes et patients faisant usage de cocaïne
Kenneth M. Dürsteler-MacFarland, Christoph Bürki, Johannes Strasser, Nadine S. Farronato, Jakob Boss, Julia Burski, Sylvie Petitjean, Marcus Kuntze, Gerhard A. Wiesbeck
Depuis des années, la consommation de cocaïne est fréquente chez les personnes dépendantes aux opiacés et représente également un problème dans les traitements à base d’opioïdes. Pour l’instant, il n'y a pas de pharmacothérapie efficace. Une forme prometteuse de traitement est la thérapie cognitivo-comportementale. La présente étude-pilote, contrôlée, randomisée, à quatre bras, a examiné chez 62 cocaïnomanes suivant un traitement avec prescription d'héroïne, la possibilité d’utiliser du méthylphénidate (MP), de façon contrôlée par placebo et en double aveugle, avec ou sans thérapie de groupe cognitivo-comportementale (TCC). Les variables cibles primaires étaient la permanence du traitement médicamenteux, la consommation de cocaïne et les événements indésirables. L'étude a été menée dans deux centres. Après un premier inventaire complet, les personnes étudiées ont été traitées pendant douze semaines en fonction de la randomisation (MP ou placebo, avec ou sans TCC). Le médicament à l'étude (30 mg de MP ou un placebo) a été pris deux fois par jour, sous surveillance. Les séances de thérapie de groupe manualisée ont été menées une fois par semaine, la participation était volontaire. Les variables cibles ont été régulièrement collectées par des entretiens et des échantillons d'urine. L'analyse des données a été réalisée selon le principe « en intention de traiter », durant laquelle, en plus de méthodes statistiques conventionnelles, des modèles multiniveaux (GEE) ont été calculés. 71% de l'échantillon est resté pendant douze semaines dans l'étude. Le médicament a été bien toléré en général. L'étude n'a fourni aucune indication suggérant que le MP et/ou la TCC réduit la consommation de cocaïne dans cette population. La TCC présente cependant un potentiel futur.
Réduction des risques à l’exemple des 25 ans d’activités du local d’injection de Contact Netz à Berne.
Ou de la réduction des risques orientée sur l’acceptation à celle orientée sur le développement, avec un regard porté vers l‘avenir
Jakob Huber
Lorsque le réseau Contact a ouvert en 1986 le premier local d’injection au monde, cela a fait l’effet d’un tremblement de terre dans la politique de la drogue. Quels facteurs ont permis ce travail pionnier? Quelles attitudes professionnelles et de la politique de la drogue ont été ainsi fondamentalement remises en question? Comment le réseau Contact s’est-il battu afin de maintenir cette offre disponible? Quel était et quel est le jeu des forces déployées sur maintenant 25 ans, déjà autour du local d’injection en ville de Berne, dans le contexte des développements, en Suisse et généralement dans le monde, du domaine de la réduction des dommages? Dans quelle mesure le réseau Contact est-il à l’origine du changement de paradigme dans la réduction des dommages intervenu il y a un an et demi?
Cet apport d’expérience donne des réponses aux questions susmentionnées, et présente, du point de vue de la pratique vécue, le chemin caillouteux de la réduction des dommages à travers le service de contact et d’accueil du réseau Contact de Berne. Les réalités de la politique de la drogue ainsi que les processus d’apprentissage sociétaux de cette offre y sont présentés comme une sorte de reflet de la situation des personnes touchées, entre intégration et exclusion. La base de la légitimité de la réduction des dommages est analysée, ainsi que le succès comme piège de la réduction des dommages. La nouvelle approche développementale de réduction des dommages du réseau Contact est exposée. La conclusion que la réduction des dommages dans le travail et la politique de la drogue peut servir de modèle d’apprentissage pour d’autres thématiques de la dépendance, comme les dépendances au tabac, à l’alcool, à l’Internet, au jeu ou aux achats, stimule un discours intersubstantiel et intersectoriel.
Importance des attentes des proches vis-à-vis du traitement résidentiel des personnes alcoolo-dépendantes
Sonja Stutz, Katrin Schläfli, Peter Eggli, Monika Ridinger
Il est incontesté que des personnes de référence peuvent avoir une influence sur l’évolution de la maladie addictive. Elles sont maintenant intégrées dans le traitement des personnes dépendantes, sous la forme d’entretiens de proches, de thérapies de couple et familiales. Des études systématiques sur leur résultat existent, avant tout sur le comportement de consommation des personnes dépendantes. L’amélioration des relations de couple a également pu être associée à des effets positifs sur l’évolution de l‘addiction. Une plus grande focalisation sur la situation des proches n’est toutefois pas intervenue jusqu’ici. L’inclusion des attentes et des besoins des proches dans le traitement de l’addiction peut éventuellement contribuer à augmenter globalement l’efficacité et la durabilité de la thérapie. 98 partenaires de personnes dépendantes à l’alcool ont été étudiées quant à leurs attentes et leurs besoins concernant le traitement stationnaire des personnes touchées. Les résultats d’une étude dans diverses cliniques spécialisées en addictologie de Suisse fournissent des indications sur les attentes des proches. Outre leur souhait d’informations personnalisées sur différents aspects de la maladie alcoolique et leur propre mode de comportement en rapport avec la dépendance à l‘alcool, ils expriment la demande d’un soutien en lien avec les conflits relationnels et familiaux. Les résultats fournissent des indices pour un travail avec les proches, centré sur leurs besoins dans le traitement stationnaire de personnes dépendantes à l’alcool.
Offres d’aide en matière de dépendance pour les clientes et clients issus de la migration en Suisse
Marianne König
Une part considérable de la clientèle de l’aide en matière d’addiction est composée en Suisse de migrants, ce qui peut placer les institutions et le personnel spécialisé devant des défis particuliers. En font partie les difficultés d’accès et les problèmes de communication, ainsi que des représentations différentes de l’addiction et de la guérison. Dans la problématique de l’addiction, ce sont alors moins la migration par elle-même ou un arrière-plan ethnique précis qui sont déterminants que les désavantages socio-économiques qui les accompagnent. La compétence transculturelle et le développement d’une organisation transculturelle permettent aux spécialistes et aux institutions d’aborder la situation personnelle d’un client en intégrant globalement tous ces aspects. Le présent article se concentre sur les aspects spécifiques à la migration au sens strict, afin de présenter la situation du travail en addictologie, adapté aux migrants en Suisse. Celui-ci a été soutenu dès les années 1990 par diverses initiatives de l’Office fédéral de la santé publique. Une évaluation de l’offre d’aide en matière d’addiction en Suisse, d’après la base de données Infodrog, montre qu’actuellement près de 10 % des institutions présentent explicitement une offre spécifique aux migrants. Parmi celles-ci, à peine 9 % disposent d’une prise en compte réelle de la migration, les autres se limitant à des aspects isolés tels qu’une compréhension linguistique garantie, la mise en réseau avec des institutions spécialisées ou l’inclusion d’aspects liés à la migration dans l’anamnèse et le traitement. L’évaluation montre qu’une sensibilisation supplémentaire est nécessaire, en lien avec un élargissement à d’autres aspects de la diversité.
La santé des migrantes et migrants en Suisse
Karin Gasser, Jürg Guggisberg
En 2010, un monitorage de l’état de santé de certains groupes de personnes migrantes (personnes originaires de Turquie, du Portugal, de Serbie, du Kosovo, de Somalie et du Sri Lanka) (Guggisberg et al., 2011) a été réalisé en Suisse pour la seconde fois. L'étude visait à décrire les disparités en matière de santé entre population autochtone et population migrante et à identifier les principaux déterminants de ces différences. Des différences significatives dans les comportements de santé ont été observées: le taux de tabagisme était en effet plus élevé chez les migrants que dans la population indigène, pour la consommation d'alcool les migrants avaient par contre un comportement plus sain. Ils présentaient aussi un comportement un peu moins favorable en matière de santé que les natifs en termes d’alimentation et d'activité physique. La santé de la population migrante est, à bien des égards, moins bonne que celle des indigènes. Les immigrés récents sont toutefois en meilleure santé que les Suisses du même âge. Toutefois ceux qui sont depuis longtemps en Suisse sont en majorité en moins bonne santé que les indigènes. Dans la population migrante, les femmes sont plus touchées par les problèmes de santé que les hommes. Les résultats montrent différents facteurs qui influencent la santé. En plus des facteurs tels que le niveau d'éducation, le soutien social ou des locus de contrôle, qui affectent aussi bien les indigènes que la population migrante du point de vue de la santé, des facteurs spécifiques à l’immigration ont pu être trouvés, qui contribuent à expliquer les différences en matière de santé. Des meilleures compétences linguistiques, par exemple, semblent aller de pair avec un meilleur état de santé.
Bases pour la prévention des dépendances dans la population migrante âgée
Un relevé des besoins dans le canton de Zurich
Claudia Arnold, Joseph Oggier
Le service interculturel de prévention des addictions et de promotion de la santé (FISP) a étudié début 2011, à travers une enquête sur les besoins, où pourraient se situer les points d‘ancrage possibles d‘activités des services de prévention des addictions, adaptées au thème des addictions de la personne âgée dans les populations migrantes. Il s’est avéré, comme chez les Suisses de naissance, que ce sont l’alcool, le tabac et les médicaments qui entraînent le plus souvent une toxicomanie et que des facteurs causals physiques, psychiques et sociaux entrent en ligne de compte. De possibles facteurs de risques d’addiction spécifiques dans la population migrante âgée sont les problèmes physiques et psychiques liés à une biographie migratoire et professionnelle dure, l’isolation, un faible niveau d’allemand, les problèmes financiers, un sentiment de déracinement et la question pesante du retour dans le pays d’origine. Le thème de la dépendance est considéré comme particulièrement honteux par les migrants, il en est très peu fait état hors du noyau familial. Un soutien est avant tout recherché dans la famille, chez les professionnels de la médecine et de la pharmacie ainsi qu’en partie auprès d’institutions religieuses. Des activités de prévention de la dépendance adaptées devraient intervenir aussi précocement que possible, être conçues de manière relationnelle et informer sur les thèmes de santé en général, de la dépendance avec l‘âge et des aspects financiers et psychosociaux de la retraite, dans des cadres tels que les organisations de migrants, les syndicats et les entreprises. Les professionnels de la médecine et de la pharmacie, ainsi que la génération des enfants, doivent être sensibilisés et soutenus de manière à aborder ce sujet.
Accès des migrantes et migrants aux offres d’aide en matière de dépendance
Un essai de rapprochement, entre tabouisation et barrières institutionnelles, à l’exemple d’un projet de prévention des problèmes d’alcool chez les personnes d’origine tamoul
Joseph Oggier, Claudia Arnold
La question de l’accessibilité à l’offre des institutions pour migrants se pose d’une manière particulièrement marquée dans le domaine des dépendances, car il s’agit à divers points de vue d’une problématique sensible. La tabouisation, et les inhibitions, les peurs et la méfiance qui en découlent s’ajoutent aux obstacles connus généralement, et ce de manière particulièrement forte dans certaines parties de la population migrante. Cela se reflète par exemple dans les offres de conseil et de traitement pour les personnes dépendantes à l‘alcool. C’est pourquoi le service interculturel de prévention des addictions et de promotion de la santé (FISP) a mis sur pied un lieu d’accueil qui assure une fonction de lien entre les institutions du domaine de l’addiction et les clients (potentiels) tamouls qui ont, pour diverses raisons, peu trouvé le chemin des consultations. Cet article décrit la situation de départ, la variété des causes de dépendance à l’alcool parmi les migrantes et les migrants tamouls et les défis lors de la mise sur pied du lieu d’accueil, parmi lesquels s’est notamment posé la question de savoir quelles conditions devaient être remplies afin que l’offre soit effectivement utilisée par les personnes concernées. Les expériences réunies dans le cadre des consultations initiales, ainsi que des entretiens de motivations et des accompagnements par des institutions du domaine du conseil et/ou du traitement des addictions, témoignent de certains succès, mais montrent aussi clairement que très souvent, pour la motivation et le pas vers un service de consultation de l’offre standard, plus d’engagements de médiatrices et médiateurs interculturels ont été nécessaires qu’initialement prévus. Simultanément, avec la croissance de la demande, une différence toujours plus importante s’est révélée au cours du projet entre le recours aux prestations et la disposition à payer des institutions, ce qui a finalement empêché la poursuite du projet et conduit à la recherche d’une alternative.