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Envie d'une autre ville
Le philosophe et auteur Hans Widmer, père de l'utopie communautaire «bolo'bolo» dans les années 1980, partagera ses réflexions sur les nouveaux modes d'habiter et de cohabiter lors de la biennale d'i2 à Lugano. Cette deuxième édition portera sur l'avenir du développement territorial et social avec un focus particulier sur la Suisse. Un programme de choix concocté par les co-commissaires de ce rendez-vous tessinois, Ludovica Molo, Ariane Widmer et Caspar Schärer.
Une idée se concrétise parfois petit à petit, pas à pas et dans ce cas-là réalisation après réalisation. Il y a 35 ans, l'utopiste et philosophe Hans Widmer inventait un concept pour un monde meilleur. Et, comme ses réflexions sont plus que jamais d'actualité, il sera invité à parler de sa vision de l'avenir de la vie en commun à la deuxième édition de la Biennale i2a de Lugano, fin avril.
L'idée est aussi folle que simple: la ville se ferait par les gens qui y vivent et y travaillent. En n'ayant pas l'utilité de certaines choses, comme les voitures, et parce qu'un maximum de services et de loisirs seraient disponibles dans leur quartier, les gens habiteraient, à bien des égards, de façon plus durable. De plus, ils ne vivraient pas seuls, mais au sein d'une communauté où l'échange, le partage et le prêt seraient monnaie courante.
Hans Widmer décrit cette utopie dans son essai «bolo'bolo» publié en 1983. Une communauté «bolo» compterait environ 500 personnes, elle serait autosuffisante et s'approvisionnerait en nourriture dans des fermes situées à l'extérieur des villes.
Née dans le contexte du mouvement social et alternatif des années 1980 à Zurich, «Achtziger Bewegung»1, cette utopie est longtemps restée confinée dans un cercle restreint d'initiés. Mais l'idée était née et s'est concrétisée quelques années plus tard: à la fin du siècle dernier, la communauté «Karthago» transforme un immeuble de bureau en un «grand ménage» dans le Kreis 3 à Zurich et la coopérative «Kraftwerk 1» érige un nouveau bâtiment proche du stade du Hardturm, toujours à Zurich. Ce nouveau mode d'habiter devient pleinement visible grâce au projet à grande échelle de Kalkbreite dans les années 2010 (lire l'article Noyau générateur de convivialité). Presque 30 ans plus tard, l'utopie est devenue réalité.
En ligne
Alors que certaines idées n'ont bien évidemment pas encore pu être appliquées – comme l'autosuffisance par exemple – d'autres, encore très marginales sur le marché de l'immobilier classique, guident systématiquement les projets qui s'inscrivent dans cette vision. Travailler et habiter ne sont plus pensés comme deux entités spatialement séparées et géographiquement éloignées, et le partage des services et de lieux communs à l'intérieur même du projet immobilier se développent largement.
Il aura probablement fallu attendre des événements tels que la crise financière, la dette mondiale et la pénurie rampante de logements dans les grandes villes pour inciter de nombreuses personnes à repenser profondément le modèle traditionnel et bourgeois d'habiter et de faire la ville.
Même teintée d'un vernis anarchiste, l'idée séduisante de Hans Widmer et de sa communauté bolo reçoit beaucoup plus d'attention aujourd'hui qu'il y a 35 ans.
Hans Widmer sera présent le samedi 28 avril à la Biennale i2a de Lugano et s'entretiendra avec l'écologiste numérique milanais et londonien Francesco Cara de modes de vie durables et d'utopies.
Du jeudi soir 26 avril au samedi 28 avril, la Biennale i2a sera consacrée aux permanences et métamorphoses territoriales et sociales avec les interventions notamment de: Isabelle Chassot, directrice de l'Office fédéral de la culture, Giovanni Netzer, lauréat avec sa fondation « Nova Fundaziun Origen » du prix Wakker, l'architecte bruxellois Peter Swinnen, Claudia Moll, co-présidente de la FSAP, Joris Van Wezemael, directeur général désigné de la SIA, Ruedi Baur, designer ENSAD, Civic City - et bien d'autres encore. Le programme de la Biennale i2a peut être consulté en ligne. Vous pouvez également vous inscrire pour participer sur le site Web.
Biennale i2a: Permanences et métamorphoses territoriales: La société de l'avenir entre urbanité et nature
istituto internazionale di architettura (i2a), Villa Sarol, Viale Stefano Franscini 9, Lugano.
du 26 au 29 avril 2018
Programme complet ici