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Hommage au Dr Max-Henri Béguin
Né le 4 avril 1918 et décédé en 2000, le Dr Max-Henri Béguin aurait eu 100 ans en 2018. Pendant de nombreuses années, il a été membre du comité rédactionnel de l’essor, journal dans lequel il s'est beaucoup investi. Dans ce numéro consacré à l’utopie, nous publions un texte (voir pages 8 et 9) qui a paru dans notre journal le 11 décembre 1953, texte qui conserve une brûlante actualité. Soulignons que la diffusion de cet exposé a été refusée par la radio de Lausanne (Sottens), bien que proposée par l’Eglise réformée évangélique de Neuchâtel.
Nous vous proposons quelques notes biographiques sur le Dr Max-Henri Béguin. De père socialiste et de mère socialiste-chrétienne, il faisait partie d'une fratrie de 8 enfants. Il a un peu connu Lanza del Vasto et fut très influencé par la pensée de Gandhi. Son inspiration éthique et religieuse fut le socialisme chrétien d’Emmanuel Mounier et de Leonard Ragaz à Zurich, puis un enseignement proche de la Theosophie et de l'Anthroposophie de Rudolf Steiner. En 1941, après le refus du service militaire, il fut condamné à 9 mois de pénitencier qui, pour des raisons politiques, se prolongèrent à 12 mois. Le directeur de la prison était un nazi convaincu, pressenti à gouverner la province Suisse allemande en cas de victoire allemande. Depuis 1953, Max-Henri Béguin refusa chaque année de payer les taxes militaires et l'impôt pour la défense nationale suisse. Ses plaidoiries sont un témoignage de la résistance non-violente des trente années 1953-1983 et sont conservées à la Bibliothèque de La Chaux-de-Fonds, sa ville natale, où il a passé sa vie, partagée entre son travail de pédiatre et son activité militante pour la paix, le service civil et la protection de la nature. Il était aussi membre de la Société Religieuse des Amis (Quakers).
Dans la mémoire collective, outre son pacifisme, le nom de Max-Henri Béguin restera attaché à sa lutte contre les dégâts du sucre sur les dents et à la construction de murs en pierres sèches au Creux-du-Van. Il mérite pleinement l’hommage que nous lui rendons aujourd’hui, d’autant plus que son article de 1953, republié en page 9 de ce numéro [version papier] et ici, correspond encore (et malheureusement) à une utopie.
Comité rédactionnel de l’essor
Voir aussi: nos pages spéciales Max-Henri Béguin. Vous y trouverez une liste de ses articles dans l'essor, l'annonce de l'exposition que lui consacre la Bibliothèque de La Chaux-de-Fonds et les textes des allocutions en sa mémoire prononcées le samedi 24 novembre 2018, par ceux qui l'ont connu (dont deux de ses enfants).