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En 1969, Douglas Huebler (1924–1997) écrivait l’une des phrases les plus emblématiques du discours sur la dématérialisation de l’art : « Le monde est rempli d’objets, plus ou moins intéressants ; je ne désire pas en ajouter. Je préfère simplement constater l’existence des choses en termes de temps et/ou de lieux. » L’artiste avait abandonné peinture et sculpture en 1968, pour organiser son travail selon les axiomes du temps (Duration Piece) et du lieu (Location Piece), en combinant parfois les deux (Variable Piece). Ses œuvres étaient alors constituées de cartes, de diagrammes, de notations et de collages photographiques, accompagnés par des textes. L’artiste y explorait des systèmes de relations – économiques ou sociales – ou des questions propres au statut de l’œuvre d’art. Sans tout à fait parvenir à ne pas s’ajouter au monde, les objets en eux-mêmes perdaient de l’importance au profit des sujets qu’ils abordaient. Au premier étage du musée, une salle rassemblait une trentaine d’œuvres, provenant, entre autres, du Cabinet des estampes du Musée d’art et d’histoire de Genève, organisateur de l’exposition.
Exposition organisée par le Cabinet des estampes du Musée d'Art et d'Histoire, Genève