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Au quatrième étage, Ulla von Brandenburg (1974, Karlsruhe) présentait vingt-quatre films réalisés depuis le début des années 2000. Vingt-quatre films « bruts », n’ayant subi aucun autre montage que celui permis par la caméra. La plupart sont ainsi constitués d’un seul plan-séquence et leur durée n’excède pas celle de la pellicule avec laquelle ils sont tournés. Le noir et blanc y atténue les détails, le mouvement de la caméra est vaporeux, tandis que les décors, vêtements et accessoires n’indiquent aucune période ou lieu en particulier. Une perte de repères spatiaux et temporels qui transformait l’exposition en une rêverie symboliste où émergeaient des fragments de comptines, des séances spirites, des tours de magie, ou des rituels folkloriques. A l’image, scènes, rideaux ou écrans figurent le cadre d’une représentation ; au son, chœurs et chants en playback redoublent la mise à distance. Dans les intrigues, miroirs, ombres et jeux de cartes sont les motifs récurrents d’une iconographie du faux-semblant, orientant toujours notre regard vers les ficelles de l’illusion. Les couleurs choisies pour l’arrière-fond des films provenaient du cercle chromatique de Johannes Itten, figure tutélaire du Bauhaus. Dans sa théorie de la couleur, celui-ci la définissait comme « une résonance de rêve », « une lumière devenue musique ». Ce sont les accords, contrastes et harmonies des douze teintes qui venaient finalement opérer, dans l’exposition, un montage spatial des films.