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Le plus grand exercice militaire de l'armée suisse depuis plus de 30 ans bat son plein. Plus de 300 chars roulent ces jours-ci à travers le Plateau suisse et quelques 5000 militaires s'entraînent à faire face à une urgence. Nous répondons aux questions les plus importantes sur «Pilum 22».
Pendant l'exercice, les militaires se trouvent dans un hypothétique «scénario en dessous du seuil de guerre», comme l'a indiqué le porte-parole de l'armée Daniel Reist. Les participants partent alors de l'hypothèse d'un conflit armé en Europe, dont la Suisse serait indirectement touchée. Néanmoins, dans le scénario, le Conseil fédéral a décidé de se mobiliser. De plus, il est supposé que l'adversaire est certes égal en termes de technologie, mais supérieur en termes de forces. «L'armée suisse doit mieux manœuvrer tactiquement», explique Reist.
Les troupes d'intervention doivent en outre se préparer à un éventuel engagement au combat. Selon Reist, l'exercice est centré sur «la conduite et la coordination de tous les éléments sur le terrain réel avec des moyens militaires: des éclaireurs aux chars en passant par la logistique».
L'intention première est de vérifier la disponibilité de base des troupes au sol. L'armée veut déterminer dans quelle mesure ses troupes peuvent défendre «le pays et les gens» dans un conflit armé au sol. Elle veut surtout analyser «comment les différentes forces interagissent dans le combat interarmes», a déclaré Reist.
Le commandant des Forces terrestres, René Wellinger, veut savoir si le processus de renouvellement prévu des troupes au sol est sur la bonne voie. Pour en juger, il faut se référer aux conclusions du rapport «Avenir des troupes au sol» publié en 2019.
Environ 5000 membres de l'armée de milice participent à l'exercice. Ils font partie de quatre bataillons mécanisés - donc équipés de véhicules lourds -, d'un bataillon logistique ainsi que d'une compagnie d'infanterie de montagne de la brigade mécanisée 11. Un groupe spécialisé dans la guerre électronique et un détachement du commandement des forces spéciales sont également impliqués, selon les indications du Département de la défense.
L'exercice de l'armée dure une semaine. Il a débuté le 22 novembre et se terminera le mardi 29 novembre prochain. La zone d'exercice s'étend sur l'ensemble du Plateau suisse, les cantons de Berne, Soleure, Argovie, Lucerne et Zurich étant directement concernés. L'exercice a été planifié pendant plus de deux ans, les préparatifs ont donc commencé bien avant l'éclatement de la guerre en Ukraine. Mais celle-ci a «encore augmenté le sérieux de l'activité militaire», confirme le porte-parole de l'armée Reist.
Selon les indications de l'armée, plus de 300 véhicules blindés participent à l'exercice. Parmi eux, principalement des chars de grenadiers et des chars de combat Leopard. Ces véhicules lourds peuvent causer des dommages aux terrains lors des manœuvres. Partout où de tels dommages se produisent, les propriétaires fonciers seront indemnisés, explique Reist.
Certes, il n'y aura pas de tirs lors de cet exercice militaire. Mais comme de nombreux chars sont engagés, la population doit s'attendre à plus de bruit et à des perturbations du trafic routier. Les personnes qui ont des questions sur l'exercice peuvent s'adresser à l'armée via la hotline (0800 0800 85) ou par e-mail (<email-pii>).
Selon le porte-parole de l'armée Reist, «Pilum 22» n'entraîne pas de coûts supplémentaires. L'exercice a lieu dans le cadre des cours de répétition ordinaires.
Le dernier exercice d'une ampleur comparable remonte à novembre 1989. A l'époque, près de 25 000 militaires s'étaient exercés sur la manière de procéder en cas d'attaque militaire. Avec la fin de la guerre froide, on a renoncé à des «manœuvres de cette ampleur», explique Reist.
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