Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07215.jsonl.gz/954

Bien que rare, la contamination d’Occidentaux par le bacille de la lèpre reste possible. En général, elle fait suite à des déplacements dans des pays où la maladie est endémique. Ce qui est beaucoup plus surprenant, c’est qu’un tiers des 150 cas de lèpre recensés chaque année aux Etats-Unis résulte d’une contamination «indigène» d’origine animale.1 Vraisemblablement en cause, la colonisation du Nouveau Monde il y a 500 ans et ses maladies inhérentes.
La lèpre a évolué sous forme de zoonose en se propageant à une population plutôt inattendue : celle des tatous, seul réservoir animal connu du bacille. Il se pourrait que la température de leur corps, 32˚, favorise le développement de M. leprae. Le Global Health Institute de l’EPFL et le National Hansen’s Disease Program ont procédé à l’analyse génétique des bactéries provenant de patients originaires des Etats du sud des Etats-Unis, n’ayant jamais voyagé hors des frontières, et de tatous atteints de la lèpre. Ils ont mis au jour la prédominance chez l’homme et l’animal d’une unique souche, inconnue ailleurs dans le monde. Au moins quinze des 39 patients ayant participé à l’étude avaient eu des contacts avec des tatous, l’un d’eux les ayant de plus fréquemment chassés et consommés. «Il existe une forte corrélation entre la localisation géographique de cette variété particulière de M. leprae et la présence de tatous au sud des Etats-Unis, explique Stewart Cole, directeur du Global Health Institute de l’EPFL et leader dans l’étude du génome du bacille de la lèpre. Notre recherche montre clairement que la bactérie trouvée chez les tatous et chez les humains est la même.» Les auteurs préconisent que dans ces régions, les médecins envisagent le diagnostic de la lèpre en cas d’infections cutanées chroniques, et mettent en garde contre le contact avec ces animaux et leur consommation.