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La tempête Xynthia de 2010 n’était pas la plus forte connue localement. Historiens et météorologues en conviennent. Mais elle a été présentée comme un effet du réchauffement du climat, selon la logique du CO2.
J’aborde aujourd’hui le thème du CO2 par cet événement qui a alimenté la croyance en une apocalypse climatique, et dont j’ai peu parlé.
Pour ce premier billet(*) je cherche un effet attendu du réchauffement anthropique selon la théorie du CO2, mais qui reste en l’état une simple hypothèse: tempêtes plus fortes et submersion des terres. J’ai déjà effleuré le sujet.
Je donne aujourd’hui de nouvelles informations historiques qui relativisent l’affirmation rencontrée à l’époque selon laquelle Xynthia aurait été la tempête la plus forte jamais vue dans cette région. C’est erroné.
Ce sont surtout les dizaines de morts qui ont rendu cette tempête si tristement célèbre. Pourquoi a-t-elle fait autant de dégâts alors que ce n’est pas la plus puissante enregistrée?
Par la conjonction d’une forte dépression, d’une très forte marée au moment précis du passage de Xynthia, de houles croisées augmentées d’une onde de tempête, avec une surcote entre 1,5 m et 2 m selon les endroits. Une sorte de tsunami qui dure des heures.
La gravité de Xynthia tient plus aux conditions exceptionnelles réunies en un seul endroit, qu’a sa puissance intrinsèque.
Ajoutons à cela des digues en mauvais état selon une expertise de 2006 (mais on le savait déjà lors des grande tempêtes des années 1920), avec 85% des digues qualifiées en « état médiocre », « mauvais » ou « inacceptable » ; dans la plupart des cas, l’intérieur des digues était en plus mauvais état que le parement, et des constructions placées en zone inondable, sous le niveau de la mer. Le CO2 n’est pas en cause dans cette conjonction, pas plus que dans les vents de 160 kmh qui ont déjà été relevés par le passé, en 1957, et même 198 kmh en 1999.
Le boom démographique depuis les années 1950 a, comme ailleurs, comme si les humains n’avaient plus de mémoire de leur passé, offert un tribut de vies à la nature dénaturée. La vidéo en fin de billet superpose les images de La Faute-sur-Mer de 1920 et 2006. C’est impressionnant.
Xynthia a bénéficié d’une couverture médiatique très dramatique et superlative. C’est le cas aujourd’hui pour de nombreuses catastrophes dont le déroulement est un spectacle scruté à la loupe avec 30 caméras, etc. Et pourtant.
Un document officiel liste toutes les tempêtes et submersions dans la région depuis 1738, soit 300 ans. Les ruptures de digues et changements de la ligne de côte sont fréquents.
L’image 2 résume la fréquence des évènements les plus intenses depuis 1851. La phase actuelle de réchauffement est une des plus calmes question tempêtes avec dommages au littoral. Cela ne colle pas avec l’augmentation du CO2.
L’image 1 est extraite de cet autre document de l’historien Emmanuel Garnier, qui liste les surcotes des vimers depuis plusieurs siècles. Le niveau des terres est très bas, comme l’illustrent les couleurs de l’image (clic pour agrandir). On est proches du marais poitevin.
La côte atlantique française est sujette aux fortes tempêtes, de Biarritz à la Bretagne. C’est comme ça. L’Atlantique génère et charrie des tempêtes parfois monstrueuses. La formation d’une dépression puis d’une tempête résulte de la différence conflictuelle entre des masses d’air froid et d’air chaud, pas d’un réchauffement global.
La théorie dit que le CO2 fait monter la température, ce qui provoquera des épisodes météorologiques de plus en plus nombreux et/ou extrêmes. Je m’intéresse aux extrêmes les plus potentiellement dangereux. Je cherche s’il y a une augmentation quantitative et qualitative des tempêtes et des submersions dans la région Vendée - Charente maritimes. Des submersions nommées Vimer (Vive mer) sur l’île de Ré.
Les archives ont permis aux historiens de retracer la chronologie des grands épisodes, avec une bonne fiabilité concernant les hauteurs de submersion et la force des vents.
La portion du sud de la Vendée et de la Charente Maritime est particulièrement vulnérable aux submersions. Ces terres ont été prises sur la mer et demandent un entretien régulier. Les tempêtes avec submersion y sont presque la norme.
Et l’on connaît le mécanisme de ces tempêtes avec submersion. Jacques Boucard, historien de l’Histoire moderne et des populations littorales, résume ce mécanisme dans un document passionnant sur l’île de Ré (à quelques kilomètres de La-Faute-sur-Mer), où tout est expliqué très clairement, et dont j’extrais ceci:
« La submersion marine dans le cas d’une forte tempête est liée à un phénomène de surcote du niveau de la mer provoqué par:
L’impact d’une dépression (effet dit de «baromètre inversé»: +1cm par hPa en moins par rapport à la pression normale de 1013 hPa),
La concomitance d’une marée haute de fort coefficient et de vents violents liés à une forte dépression,
Le déferlement de la houle (houle du large et onde de tempête),
La surcote peut être accentuée par la configuration locale. »
Comme configuration locale en Vendée et en Charente Maritime, il y a une très faible élévation des terres. Certaines, habitées sont sous le niveau de la mer, protégées par des digues. Ces digues en mauvais état ou d’une facture qui les rendait vulnérables ont cédé, comme souvent par le passé.
Les zones inondables sont connues et répertoriées depuis longtemps. Mais la pression du tourisme a été plus forte que la prudence et que la mémoire des tempêtes exceptionnelles du passé. On a vendu à des gens pas trop friqués un peu de rêve du large et des maisons-tombeaux condamnées dès leur implantation.
Jacques Boucard souligne que la mobilité des fonctionnaires a fait perdre la connaissance et l’expertise du terrain. Les nouveaux habitants n’ont eu aucune notion, reçu aucune transmission sur les submersions et tempêtes passées. Depuis la grande submersion de 1957 aucun événement majeur n’a frappé la région, et la mémoire s’effiloche. Les nouveaux arrivés n’en ont aucune idée. Et pourtant.
Pourtant les différents auteurs que j’ai pu consulter sont d’accord entre eux: il y a eu des tempêtes plus fortes que Xynthia. Mais si elles passent à marée basse, elles ne causent pas de submersion. La tempête de 1999 fut plus intense que Xynthia, mais pas amplifiée par une marée au plus haut. L’image 4 reprend les principaux vimers depuis 500 ans, selon des archives abondantes.
Ce graphique montre que la période moderne, dite du réchauffement anthropique, est singulièrement calme. Le graphique 5 des vents à La Rochelle (source) montre que depuis 1958, les vents de tempêtes sont en diminution régulière, et non en augmentation. Le graphique 6 de MétéoFrance confirme la stabilité des tempêtes sur l’ensemble de la France pendant ces dernières quarante années.
Selon Emmanuel Garnier et son groupe de recherche, dans La tempête Xynthia face à l’histoire: « … entre 1500 et 2010, les littoraux français ont subi une soixantaine de tempêtes ayant provoqué des submersions importantes et une dizaine de tsunamis. »
On ne trouve donc pas de corrélation entre le taux de CO2 et la fréquence ou l’intensité des tempêtes avec submersion, alors que l’on devrait s’y attendre selon la théorie. Plus: la période depuis 70 ans est plus calme que les siècles précédents. Ce devrait être le contraire. Cela ne colle pas, c’est contre-intuitif.
À moins que la théorie ne soit pas correcte.
Aujourd’hui les repères de crues sont obligatoires, pour que chacun se souvienne. Mais la télé est hypnotisante. Le JT est une messe. Le climat est un show. Il faudrait garder du recul sur les informations. La fascination de l’image, le goût morbide du public et la course au buzz des médias ne nous aident pas.
Les morts de Xynthia ne sont pas morts du CO2 qui aurait provoqué une tempête jamais vue. Il sont morts de l’euphorie des 30 glorieuses où l’on s’intéressait davantage à danser sur la plage jusqu’au matin qu’à se protéger des Vives mers bien connues des anciens. Ces morts sont morts d’avoir oublié d’où ils venaient, d’où vient l’eau, d’où vient le vent. Ils sont morts dans la fête étourdissante et perpétuelle de leur nouvelle liberté. Mais pas à cause du CO2.
Au fait, selon Wiki:
« Le 21 mars 1928, à la suite d’une marée de coefficient 110, accompagnée de vents violents de sud-ouest, le bourg de La Faute-sur-Mer est réduit à une île (…) Le journal L’Ouest-Éclair écrit le 25 mars 1928, sous le titre « Une partie du littoral vendéen menacé par la mer (…) que réservent les prochaines grandes marées et à quand l’exécution d'un projet de défense sérieux ? »
Xynthia était prévisible.
La mort aussi.
C’était écrit.
C’était écrit le 25 mars 1928.
Urbanisme à La Faute-sur-Mer entre 1920 et 2006:
(*) Nouvelle rubrique:
Cette nouvelle série de billets sur le CO2 est conçue comme autant de petits chapitres. J’aborde des questions, des doutes et des réflexions qui nous habitent moi-même et beaucoup d’autres. Je cite des observations et des travaux de scientifiques éminents qui ont été écartés d’un débat que le Giec et les climatistes se sont appropriés et ont verrouillé.
Je les publierai de manière irrégulière, en me laissant du temps pour intégrer le cas échéant d’éventuelles informations d’actualité ou issues de débats. Je les propose comme un puzzle, de manière non linéaire.
Je ne suis pas scientifique mais passionné de météo et d’atmosphère depuis l’adolescence. Je m’informe régulièrement de ces sujets.
L’alarmisme hystérique me paraissant très loin de la réalité et même socialement et économiquement dangereux, en plus d’être moralement castrateur par culpabilisation, je creuse avec d’autres qui se posent les mêmes questions et partage mes réflexions.
La controverse n’est pas terminée.