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L'ex-propriétaire de la villa bunker est acquitté
L'Anglais et son complice présumé comparaissaient à nouveau lundi devant la justice fribourgeoise.
La saga de l'énigmatique villa bunker est-elle terminée? Une partie a sans doute pris fin lundi. Le Tribunal cantonal a confirmé le verdict de la Juge de police de la Broye: à savoir l'acquittement.
C'est une histoire qui dure depuis des décennies: celle d'une maison exceptionnelle située à Gletterens. Une maison construite par amour par un Américain à la fin des années septante. En 2004, un homme d'affaire anglais décide de racheter la Châtelaine. Pour ce faire, il contracte un crédit de plus de 16 millions de francs.
Problème: il était accusé d'avoir menti pour obtenir cet argent. Il aurait gonflé sa fortune avec l'aide d'un complice, un ressortissant suisse domicilié à Londres. En première instance, le prévenu a été accusé d'escroquerie et de faux dans les titres, avant d'être acquitté, à l'instar de son complice présumé, par le Tribunal pénal de la Broye.
Un crédit qui questionne
Le Ministère public et la banque sont revenus à la charge en faisant appel. L'homme risquait 6 mois de prison avec un sursis de deux ans et une amende de 1000 francs. Avec cette question au coeur des débats: comment ce crédit de plus de 16 millions francs a-t-il été accordé à cet Anglais de 65 ans? Car pour avoir une telle somme, le sexagénaire devait prouver sa capacité financière.
Il l'avait fait grâce à l'attestation d'une fiduciaire basée à Londres. Mais pour les parties plaignantes, ce document était un faux. La preuve selon eux: le gérant de la fiduciaire a affirmé ne pas connaître cet homme d'affaire anglais.
L'avocat de la banque en question demandait lui que l'homme domicilié dans le canton de Vaud prouve sa richesse. Et d'affirmer : "On ne lui demandait pas de prouver son innocence, mais de prouver sa richesse. Si cet homme avait été si riche, il aurait pu le prouver". Le magistrat a aussi remis aussi en cause le jugement de la Juge de police de la Broye en première instance : "On a dépassé les coïncidences et le doute raisonnable dans cette affaire."
Une banque trop peu soucieuse
Mais pour la défense, toute cette histoire n'est que fiction. Elle s'est attelé à démontrer le manque de prudence de la banque Barclays, en rappelant notamment le contexte de l'époque. "En 2004, les crédits étaient faciles à obtenir. Les banques regorgeaient d'argent, elle prêtait les yeux fermés, ces prêts étaient effectués de manière légère, dès lors que la conviction que la valeur des biens immobiliers couvraient les prêts. Et leurs valeurs ne faisaient que monter", a notamment déclaré l'avocat du prévenu, absent de son audience pour cause de maladie.
La défense accusant même la banque d'avoir octroyé un crédit trop facilement à l'homme d'affaire anglais, sans s'assurer suffisamment de son assise financière: "La banque a donné le crédit à mon client avant qu'il ne lui verse les sommes qui devaient garantir sa capacité financière" a expliqué Luke Gillon, avocat du Britannique.
Dans son verdict rendu lundi en soirée, la cour d'appel pénal conclut notamment qu'il n'y a aucun élément qui prouve que l'attestation de la fiduciaire "ne correspondait pas à la situation réelle du prévenu en 2004." L'affaire peut encore être portée devant le tribunal fédéral.