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En 2011, le Parlement helvétique a défini l'objectif d'élever à 0.5% la part de l'aide publique au développement (APD) - financement du développement comme part du revenu national brut (RNB). Cet objectif a été atteint en 2015 grâce à des budgets croissants dédiés aux programmes de la coopération au développement mais surtout en raison de dépenses en hausse liées aux requérants d'asile en Suisse ; celles-ci peuvent aussi être comptabilisées comme dépenses de développement conformément aux standards internationaux. En septembre dernier, une large majorité du Conseil national a confirmé le souhait de maintenir l'objectif de 0.5%. Mais les chiffres actuels montrent que la Suisse a régressé à nouveau, au niveau de 2013. En 2017, la part de l'APD a chuté à 0.46% du RNB.
Le recul de la part de l'APD s'explique certes essentiellement par une baisse des coûts d'asile en Suisse. Mais la part affectée à la coopération au développement proprement dite a aussi marqué un recul. En 2016, la part de l'APD, déduction faite des coûts d'asile, était encore de 0.43%. En 2017, elle a fléchi à 0.41%, ce qui signifie que cette année-là, près de 120 millions de francs de moins ont été mis à la disposition de la coopération au développement à long terme de la DDC par rapport à 2016 encore. Il s'agit d'une réduction de 8%. Cette évolution est due aux plans d'austérité qui ont touché de façon disproportionnée la coopération au développement ces dernières années. Alors que celle-ci compte pour 4% dans le budget fédéral, elle a supporté plus de 25% des mesures d'économies mises en œuvre dans le programme de stabilisation 2017-2019. Dans le budget 2018, le Conseil fédéral a de nouveau présenté un programme d'économies dans lequel, une fois encore, 20% des mesures d'économies sont à la charge de la coopération au développement et donc des plus démunis de la planète. Pour Alliance Sud, l'organe de réflexion et d'action (" think and do tank ") des organisations suisses de développement, c'est d'autant plus choquant que le budget fédéral 2017 présente en parallèle un excédent record avoisinant 5 milliards de francs.
En 2016, les dépenses consacrées aux requérants d'asile totalisaient encore 19.4% des dépenses comptabilisées comme fonds investis dans le développement. Vu le recul des demandes d'asile en Suisse, leur part baisse à 9.2% en 2017. En comparaison internationale, la Suisse arrive de ce fait juste au-dessous de la moyenne des pays représentés dans le Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE (9.7%). Elle ne fait depuis longtemps plus partie pour la première fois des pays compta-bilisant un maximum de frais non liés au développement comme des fonds investis dans ce secteur.
Alliance Sud critique vertement le fait que des dépenses pour l'hébergement et la prise en charge des requérants d'asile en première année puissent être imputées au financement du développement selon les directives du CAD de l'OCDE. Eva Schmassmann: " C'est une arnaque car ces montants n'ont pas d'avantages en matière de développement dans des pays en développement. Ils aident seulement à grossir les dépenses de développement dans une mesure ne correspondant pas à la réalité. " La Suisse a donc été à chaque fois ces dernières années la première bénéficiaire de ses propres fonds de développement.