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Dufaux Auguste Frederic
Huile sur panneau, petit format daté du 4 mars 1918
14 cm x 22 cm
En parfait état
Cadre d'origine offert
Ref: 399-EEG
Auguste Frédéric Dufaux (1852-1943)
Peintre suisse né à Genève en 1852, mort dans la même ville en 1943.
Il est issu d'une famille de peintres sur émail et de fabricants d'émaux. Descendant de huguenots français chassés par l'Édit de Nantes, son père, Frédéric Guillaume Dufaux, artiste peintre et sculpteur, lui donne ses premiers cours de dessin, puis il s'inscrit à l'École des beaux-arts de Genève où il rencontre son maître, Barthélemy Menn.
Il poursuit ses études à Paris et à Florence à l'Académie des Offices où il travaille avec Luigi Rubio, peintre italien d'histoire et portraitiste.
Selon son fils, Henri Dufaux, c'est un grand travailleur. Il réalise des portraits et se spécialise dans les sujets de genre et de paysages intimes qu'il expose régulièrement. Il vit à Paris de 1876 à 1891 et participe au Salon des artistes français. Il voyage en Italie, Algérie, Egypte, d'où un certain nombre d'oeuvres exotiques.
Il participe avec Édouard Castres au panorama L'entrée de l'armée française aux Verrières. Il exécute quatre panneaux représentant les Quatre Saisons pour le Grand Théâtre (Genève). A la demande de Gustave Revilliod, il réalise des caissons peints (scènes mythologiques et allégoriques) pour les plafonds du Musée Ariana. Dans ce musée se trouvent un Portrait de Gustave Revilliod (à l'âge de 70 ans) par Frédéric Duffaux, ainsi qu'un Buste d'Ariane Revilliod-De La Rive réalisé par son père, Frédéric Guillaume Dufaux.
En sculpture, il réalise des bustes de François Diday (Musée Rath à Genève), de Jean-Jacques Rousseau (Grand Théâtre (Genève), de Marc Monnier (pour l'Université de Genève), de Jean-Etienne Dufour (Cimetière des Rois).
Son épouse Noémie de Rochefort-Luçay, fille d'Henri Rochefort, écrivain et homme politique français, lui donne trois enfants dont Amélie (1878-1948), première pilote de course genevoise, et les célèbres pionniers de l'aviation Henri Dufaux et Armand Dufaux. Il réalise le buste mortuaire pour la tombe de son beau-père située au cimetière Montmartre à Paris.
Il pratique la culture physique et s'intéresse aux nouvelles inventions (automobile, aviation).
Frédéric Dufaux
Texte publié par la galerie Tonon, 9 bd du Théâtre, 1204 Genève en automne 2005
Descendant d'une famille protestante de Montpellier, que la Révocation de l'Edit de Nantes chassa en Suisse, Frédéric Dufaux est né le 12 juillet 1852. Il avait de qui tenir, puisque son père était sculpteur, on lui doit les deux lions qui ornent la porte principale du parc La Grange.
A l'Ecole des Beaux-Arts, où il est entré, le jeune homme a pour professeur Barthélémy Menn, qui quelques années plus tard, prendra Ferdinand Hodler sous son aile. Muni de cette solide formation, qui l'a orienté du côté de Corot, notamment, Frédéric Dufaux va travailler quelque temps à Florence dans l'atelier d'un ami de son père, le peintre Rubbio.
Puis il se rend à Paris, où il épouse la fille du célèbre polémiste Henri de Rochefort. De ce mariage naîtront trois enfants, dont Henri, peintre et grand précurseur de l'aviation en Suisse.
Après un exil d'une douzaine d'années, Frédéric Dufaux rentre à Genève. Il aura quand même eu le temps à Paris de devenir l'ami de Manet et de voir Rodin à l'oeuvre. En dehors de quelques voyages (l'Italie, l'Algérie, l'Egypte, entre autres), sa vie au bout du Léman se départagera désormais entre ses tableaux et sa famille, loin des remous culturels de son temps. En quelque sorte protégé, le peintre s'éteint à l'âge avancé de 91 ans en 1943, alors que l'Europe est en pleine tourmente.
De son vivant, la critique avait tendance à trouver sa peinture trop commerciale. Il faudra attendre quelque temps après la mort de Frédéric Dufaux pour que les Rheinwald, Hornung, Muller et Cie, les critiques des années 40, rendent enfin hommage au talent de ce peintre, qui n'avait qu'un défaut, sa discrétion.
Ce qui frappe dans l'oeuvre de Frédéric Dufaux, c'est sa régularité, sa constance. Pas de rupture ni de reniements: le peintre ne s'est jamais écarté de la voie naturaliste sur laquelle il s'était engagé, en écoutant les conseils de Barthélémy Menn. Il n'aimait guère, par exemple, les impressionnistes, même s'il partageait avec eux «le même goût du plein air, le même sentiment profond de la nature», comme le relève Henri de Ziégler dans l'ouvrage qu'il a consacré à l'artiste en 1957 (Editions Julien). D'une façon générale, il se méfiait des théories nouvelles et modernistes. Il préférait se référer à ses maîtres, Corot et Menn, en premier lieu, mais égale-ment aux peintres de la Renaissance dont il s'était épris lors de son séjour à Florence.
Ce conservatisme n'exclut cependant pas des qualités qui annoncent des formes nouvelles. Dans ses portraits, genre où il excellait, «il ne s'ankylose jamais dans une formule», comme le découvrit sur le tard le critique Albert Rheinwald. Dans ses paysages, ceux du Léman notamment, il fait preuve d'une étonnante subtilité. Dans ses scènes de genre, enfin, il paraît doué d'un oeil journalistique, qui préfigure les courants réalistes de notre époque.
Tout simplement, Frédéric Dufaux donne constamment l'impression de peindre avec bonheur et avec amour ce qu'il voyait, sans se soucier de la mode ni des trompettes de la renommée.