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Auteur : Pierre Mathez
Il était plus connu et reconnu au Viêt-Nam qu’en Suisse …
Peu de Suisses d’origine, comme le fût Alexandre Yersin, n’ont eu un retentissement international comme lui. Né le 22 septembre 1863 à Aubonne, sa famille alla s’installer à Morges peu après sa naissance. En 1883 il commence des études de médecine à Lausanne puis à Marburg en Allemagne. Durant l’année 1885, il débarqua à Paris afin de poursuivre ses études à l’Hôtel Dieu. Là, il rencontra le Dr.Emile Roux, qui l’intégra dans l’équipe de Louis Pasteur, et participa aux séances de vaccination contre la rage. Il s’intéressa spécialement à la bactériologie et à la microbiologie.
En 1891 , il embarque pour l’Indochine française, comme médecin des « Messageries maritimes » sur la ligne Saigon-Marseille. Alexandre Yersin n’était pas un homme à se laisser enfermer dans un laboratoire. En 1894, il se rendit à Hong-Kong afin d’étudier la nature de l’épidémie de peste qui s’y était déclaré et réussit à isoler le bacille de cette terrible épidemie. Yersin y développa vaccins et sérums pour combattre la maladie, laquelle ne tarda pas à régresser spectaculairement.
Finalement, il s’installa au Viêt-Nam, à Nhâ Trang. Naturalisé français dès 1898 (poussé, semble-t-il par l’Institut Pasteur), il continua ses travaux de recherches. Dès 1898 il s’intéressa également à l’agronomie et plus spécialement à l’exploitation de l’hévéa (arbre de caoutchouc), au café, au cacao et au manioc, ainsi qu’à des plantes médicinales. Afin d’en faire bénéficier les autochtones, lesquels, indépendamment de la pêche, virent leur niveau de vie s’améliorer.
En 1902, le gouverneur général de l’Indochine le chargea de créer et diriger l’école de médecine de Hanoi. Plus tard vers 1915, il s’intéressa à produire la quinine qui permit de traiter le paludisme. Vers la fin de sa vie, il avait connu les plus grands honneurs de l’Etat français. Il fût notamment, élevée à la dignité de « Grand Officier de la Légion d’honneur ».
Le 28 février 1943, durant l’occupation japonaise, il s’éteignit dans sa modeste maison de Nhâ Trang. Après avoir reçu l’hommage de la population française et annamite, Alexandre Yersin fût inhumé le 3 mars à Suôi-Giao, un domaine qu’il avait crée vers 1896.
Dans son pays natal, seule la ville de Morges, ou il a vécu de nombreuses années, lui a consacré une rue à son nom. Il figure également sur un timbre de 10 centimes de 1971.
La France a émis plusieurs timbres , les derniers en 2013 pour son 150ème anniversaire.
Peu connu en Suisse, Alexandre Yersin était considéré comme un Saint Homme au Vietnam.
« Nul n’est prophête en son pays » Pierre Mathez alias Philos
Sources :
- 24-heures du 14.1.1982 , article de G. Herman
- Journal de Morges du 2.1.1982 signée J.Brossolet
- livre « Yersin, un Pasteurien en Indochine » de Henri Mollaret et Jacqueline Brossolet
- recherches personnelles