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Dans le roman d'Isaac Asimov Pebble in the Sky, le lecteur est transporté dans un futur tellement lointain que l'homme, après avoir colonisé l'ensemble de la galaxie, ne sait plus exactement d'où il vient; les autorités scientifiques prennent pour une légende infondée, défendue seulement par quelques mystiques échevelés, qu'il est originaire de la planète Terre, simple monde excentré de la Voie Lactée - bien loin de la capitale de l'Empire, dont découle toute civilisation authentique!
L'humour d'Asimov est fabuleux.
Mais il ajoute que la Terre est la seule planète habitée qui soit remplie de radioactivité, et on émet l'hypothèse que celle-ci a été installée artificiellement par l'homme lui-même, et que cela fait suite à une exploitation incontrôlée de l'énergie nucléaire. De fait, dans ce futur lointain, l'homme a appris sans aucune espèce de problème à circonscrire les effets néfastes et dangereux de cette industrie - que, certes, il ne faut pas diaboliser, mais qui donne l'impression qu'on est incapable de la maîtriser réellement et complètement.
Un personnage du roman d'Asimov, à un autre qui a peine à croire que la Terre a été empoisonnée par la radioactivité créée par l'homme, dit ceci: Naturally, sir, you tend to underestimate nuclear reactions because you're living in the present, when they're so easily controlled. But what if someone - or some army - used such weapons before the defense had been worked out? L'ironie d'Asimov est sublime, puisqu'il désigne réellement notre présent, le présent du personnage apparaissant comme incertain - conjectural.
On pourra me faire valoir qu'il parle du nucléaire militaire, et pense à une déflagration d'origine conflictuelle. Mais voyons: la nature aussi peut être en guerre contre l'humanité, comme on l'a vu au Japon récemment. Et il apparaît alors que la radioactivité ne peut pas être contrée, annulée, circonscrite. La nature a déclenché l'explosion atomique; et l'homme lui en a donné les moyens, sans être encore à même de les contrer aucunement. On veut trop vite exploiter la connaissance, avant de l'avoir approfondie: on préfère s'imaginer qu'on a déjà tout compris!