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1912-2000
Chef de choeur et d'orchestre et pédagogue de nationalité française
Louis Martini commence par apprendre le violon avec Marcel Husson, qui était altiste soliste des concerts classiques de Marseille. Deux ans plus tard il est attiré par l'alto, devient élève du Conservatoire de Paris, entre autres dans les classes d'André-Bloch (harmonie), Georges Caussade (fugue), Roger-Ducasse (ensemble instrumental et composition musicale), Eugène Bigot (direction d’orchestre), Philippe Gaubert et Maurice Emmanuel
Pendant ses études déjà, en 1929, Louis Martini débute comme altiste du Quatuor Loewenguth, qui était dans ses tous premiers débuts. Pendant ses études, il décroche plusieurs prix du Conservatoire: 1ère médaille de solfège chez Madame Marcou, premier prix d'alto (1934, classe de Maurice Vieux), 1er prix d’Histoire de la musique chez Maurice Emmanuel. En 1933 Louis Martini est reçu au concours de professorat d’Etat d’enseignement musical dans les lycées et collèges, en 1935, il est premier au concours de professorat d’enseignement musical dans les écoles de la ville de Paris.
Vers 1930 Louis Martini est altiste chez Pasdeloup, puis à la Société des Concerts du Conservatoire. Mais parallèlement à ces activités, il anime plusieurs chorales avec succès, ce qui fut très probablement à l’origine du tournant de sa carrière: peu après le début de la guerre, en 1943, René Nicoly, fondateur et directeur des Jeunesses musicales de France, lui demande de créer une chorale, la chorale des Jeunesses musicales de France - dont il restera le directeur jusqu'en 1996! Avec elle il réalise le premier enregistrement du De Profundis de Michel Richard Delalande, qui marque le point de départ des gravures de musique ancienne, et, en 1953, le Te Deum de Marc Antoine Charpentier (qui fournira l'indicatif de l'Eurovision), tous deux couronnés par un grand prix du disque. Il enregistre ensuite tous les grands ouvrages de musique chorale, de Charpentier, de Nicolas Bernier, de Lully, etc.
"[...] Cette belle phalange – elle existe toujours!- allait accaparer quasiment toutes les activités de Martini. Il s’attacha, surtout pendant les premières années de la chorale, à travailler et à diffuser les grands psaumes et motets de l’école française des XVIIe et XVIIIe siècles... [...] Nous devons à Louis Martini et à sa chorale J.M.F le renouveau de la musique française du Grand Siècle et ce par les nombreuses œuvres de Michel-Richard Delalande – dont il effectua le premier enregistrement mondial du De Profondis et qui obtint un grand prix du disque en 1946 – d’André Campra, Jean Gilles, Charles-Hubert Gervais et, surtout, Marc-Antoine Charpentier.
Une longue et fructueuse collaboration avec son ami Guy-Lambert, musicologue éminent disparu hélas en 1971, lui permit de donner les réauditions, après 250 ans d’un injuste oubli, d’œuvres parmi les plus importantes de ce très grand, peut-être le plus grand compositeur français du XVIIe siècle: Marc-Antoine Charpentier. On citera, notamment, le célèbre Te Deum, donné en 1948 à la Radio d’abord, puis avec Pasdeloup le 31 janvier 1949. Les critiques élogieuses qui suivirent, incitèrent la firme Erato à demander la réalisation d’un enregistrement. Ce disque eut un retentissement international, obtenant en 1953, le Grand Prix du disque. Les premières mesures de l’ouverture de l’œuvre allaient servir d’indicatif de l’Eurovision….On citera encore, toujours de Charpentier, le grand Magnificat, le Miserere des jésuites, et puis nombre d’autres pages de Bernier, de Giroust de Rameau, bref de 1948 à 1967, Martini et sa chorale obtiennent huit fois le grand prix du disque [...]" cité de cette page du site amisdelalto.over-blog.fr (un texte de Ervino Puchar également publié dans le bulletin des Amis de l'alto n°15/16 en Mars 1988)
Louis Martini fut également très actif comme chef d'orchestre, dirigeant aussi bien en France (Pasdeloup, Colonne, Lamoureux), qu'à l'étranger, à Detmold, à Cologne, en Belgique, en Hollande.
De 1966 à 1981 Louis Martini enseigna au Conservatoire de Paris, succédant à Elisabeth Brasseur dans la classe d’ensemble vocal.
En 1996 Marie-Claude Chevalier lui succède à la direction de la Chorale des Jeunesses musicales de France, dès lors nommée Choeur Louis Martini.