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Le président chinois Xi Jinping a déclaré vendredi que son pays soutenait le processus de paix en Birmanie entre le gouvernement et des groupes rebelles. Il l'a assuré lors d'un entretien à Pékin avec l'ex-opposante birmane Aung San Suu Kyi.
Depuis son indépendance en 1948, la Birmanie, où vivent plus de 130 ethnies différentes, est confrontée à des soulèvements de groupes réclamant davantage d'autonomie. Des combats meurtriers ont lieu dans plusieurs zones frontalières, notamment dans la région de Kokang (nord-est), proche de la Chine.
Ce conflit a provoqué depuis début 2015 la fuite de dizaines de milliers d'habitants en Chine, où s'abattent parfois des obus, des incidents qui ont tendu les relations avec Pékin.
"La Chine va continuer à jouer un rôle constructif dans la promotion du processus de paix en Birmanie et travailler avec le pays pour sauvegarder la paix et la stabilité dans leurs zones frontalières", a déclaré Xi Jinping, selon des propos rapportés par l'agence officielle Chine nouvelle.
Prochaine conférence de paix
"Nous pensons qu'en bonne voisine, la Chine fera tout son possible pour promouvoir notre processus de paix", avait indiqué Aung San Suu Kyi, désormais ministre birmane des Affaires étrangères, avant sa rencontre avec le président chinois.
La Birmanie organisera prochainement une conférence avec des groupes rebelles. Mme Suu Kyi a en effet fait de la paix un préalable à une relance économique après la victoire de son parti lors des élections de novembre. "Sans paix, il ne peut y avoir de développement durable", a assuré vendredi la cheffe de facto du gouvernement birman.
Certains groupes ont des liens ethniques et culturels avec la province chinoise voisine du Yunnan, et la poreuse frontière est connue pour être le théâtre d'un abondant trafic de drogue, d'armes et de pierres précieuses.
Barrage controversé
Cette visite de cinq jours en Chine est également dominée par l'épineux dossier du barrage de Myitsone, dans le nord de la Birmanie. Un projet devisé à 3,6 milliards de dollars dont l'électricité est destinée à la Chine.
Le projet, co-financé par une entreprise chinoise, a été suspendu par la Birmanie après des manifestations populaires et l'autodissolution de la junte en 2011. Pékin fait depuis pression pour la relance de ce chantier, qui était devenu à l'époque le symbole de la domination économique chinoise sur la Birmanie.
Aung San Suu Kyi a confirmé que son gouvernement a mis en place une commission d'enquête pour examiner le projet, sans se prononcer personnellement sur sa reprise éventuelle. "C'est à la commission de trouver quelle est la meilleure réponse", a-t-elle indiqué au sujet de ce projet, largement commenté par la presse chinoise vendredi.
Presse chinoise optimiste
Une "véritable avancée" n'est guère probable durant la visite de la dirigeante birmane, mais "ce n'est plus qu'une question de temps avant que le chantier ne reprenne", s'est ainsi réjoui le quotidien Global Times, au ton nationaliste et lié au Parti communiste.
Avant de rejeter l'idée selon laquelle Pékin exploiterait les ressources birmanes: "Cette idée malavisée résulte de soubresauts de l'opinion aux tout débuts de la démocratisation (birmane) et de manipulations de la part des médias occidentaux", affirme le journal.
Après l'arrivée au pouvoir du parti d'Aung San Suu Kyi, "il n'y plus de raison que le barrage de Myitsone soit réexaminé avec une perspective politique", a encore estimé le Global Times.
Le China Daily, un autre quotidien officiel, a pour sa part qualifié le prix Nobel de la paix 1991 de dirigeante "politiquement réaliste" et pragmatique ayant compris l'importance de "rassurer la Chine", premier partenaire commercial de son pays.