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Planque et ses amis
A côté de ses rencontres avec des maîtres comme Jean Dubuffet, Pablo Picasso ou Alberto Giacometti, Jean Planque a entretenu durant toute sa vie des relations étroites avec des artistes moins réputés, mais qui ont compté pour lui à divers titres. Walter Schüpfer fut le premier à le guider sur le chemin de la peinture. C’est également lui qui l’encouragea quelques années plus tard à développer ses dons de découvreur de tableaux. Enfin, c’est lui qui, en 1954, favorisa la rencontre entre Planque et le jeune Ernst Beyeler qui commençait sa carrière de marchand de tableaux à Bâle.
Le collectionneur échangeait peu, ne revendait pour ainsi dire jamais ce qu’il avait acquis. Il a toujours conservé son premier achat, un tableau très cézannien de Paul Basilius Barth acquis en 1937.
Peintre lui-même, Planque entretenait des relations d’égal à égal avec ses amis et défendait leur œuvre en leur achetant toiles et dessins ou en parlant de leur art autour de lui. Ce fut notamment le cas de ses amis Kosta Alex, Coghuf, Lélo Fiaux ou encore Earl Kerkam, cet inconnu que Planque soutient avec ferveur sans savoir qu’il était « l’un des artistes les plus importants que les Etats-Unis aient encore à découvrir », selon ce qu’écrivaient Willem de Kooning et Mark Rothko à sa mort.
De même il encouragea et visita jusqu’à ses derniers jours ce peintre de la plus pure essence qu’était à ses yeux Hans Berger.
Ce qui motivait son respect et son admiration pour eux était l’engagement inconditionnel de ces derniers dans l’aventure artistique.
Un échantillon de cet ensemble constitué par Jean Planque ainsi que certaines de ses œuvres personnelles sont visibles sur la seconde mezzanine de la chapelle des pénitents blancs à Aix-en-Provence depuis le 27 janvier 2024.
Chapelle des pénitents blancs
Aix-en-Provence, janvier 2024
© Alberto Ricci
Bissière, la part de l’Autre, journal en images, 1962-1964 :
Entre 1962 et 1964, au cours des deux dernières années de sa vie, l’artiste français Roger Bissière (né en 1886) a peint son « Journal en images » composé de nombreux petits tableaux, datés du jour de leur réalisation, et qu’il dédie à la mémoire sa femme. Celle-ci a d’abord été son modèle, puis, dès le milieu des années quarante, elle participe en outre à la « fabrique » de l’œuvre en cousant et brodant des tapisseries faites de tissus appliqués. Quand elle meurt brutalement le 13 octobre 1962, celle qui a été surnommée « Mousse » devient alors l’objet et la raison d’être de cette série.
Cette disparition laisse en effet Roger Bissière dévasté. Il va pourtant reprendre rapidement le chemin de l’atelier. « Comme un pommier fait des pommes », le peintre va créer, à l’aide de ses pinceaux et de quelques feutres, une imposante série de 152 tableaux dans lesquels il livre en images le quotidien qui l’entoure. Ainsi, au cours de 780 journées, réalise-t-il sur des planchettes de bois posées sur ses genoux, ces petites compositions datées au jour le jour. Il ne décrit pas le monde, il cherche à recréer, par les couleurs et les rythmes de son pinceau, la fraîcheur des bois, l’incandescence du feu, la légèreté d’une journée de printemps, la chaleur de l’été à midi dans le Lot ou l’obscurité de la nuit.
Plongé dans cette nature et ce pays qu’il adore, il en redit la vie germinative, la perpétuelle renaissance. Ces images sont ainsi une projection de lui-même en quête d’une communion spirituelle avec celui qui les contemple. Il peint « pour être moins seul en ce monde misérable » et pour tendre la main par-delà l’espace et le temps aux autres hommes.
L’exposition, conçue en étroite collaboration avec la famille de l’artiste, présente une sélection pour une bonne part inédites de 47 de ces tableaux.
Jean Planque et Bissière :
Jean Planque a rencontré Roger Bissière dès le milieu des années 50 au cours de ses visites dans les galeries parisiennes. Il est tout de suite entré de plain-pied dans cette œuvre qui lui parle en raison de « ce chant de grâce rendu à la vie, à la nature ». Au cours des ans le Suisse défendra la peinture de Bissière auprès de la galerie Beyeler de Bâle dont il est le conseiller, et acquerra ou recevra plusieurs œuvres du peintre, notamment trois grandes compositions à la détrempe de 1950-52, puis la toile intitulée Lumière du matin, de 1960, chef-d’œuvre des années 60. C’est notamment grâce à ses propos enthousiastes en faveur de Bissière que le Stedelijkmuseum d’Amsterdam et son conservateur exposeront ses tableaux.
Fidèle à la tradition désormais bien établie d’illustrer L’Œil de Planque par des expositions consacrées aux artistes qu’il avait connus et qu’il admirait, la fondation jean et suzanne planque a décidé de présenter à l’automne 2023 cette exposition qui a commencé son parcours en mai 2022 à Lisbonne, à la Fondation Arpad Szenès-Vieira da Silva. La cinquantaine de tableaux de Bissière sera donc montrée du 16 septembre 2023 au 14 janvier 2024 sur la deuxième mezzanine de la Chapelle des Pénitents, annexe du Musée Granet d’Aix-en-Provence.
Bissière et Mousse, 1921
20 août 1963
Huile sur panneau
20 x 23 cm
17 août 63
Huile sur panneau
35 x 27 cm
Disparition de Claude Garache (1929-2023)
Jean Planque n’a pas connu les figures de Claude Garache. Mais il ne fait aucun doute que, placé devant elles, il aurait été saisi de cette attention intense, quasi religieuse qui caractérisait son regard dès qu’il était éveillé par le secret de telles images. Car, chez ce peintre, les nus sont des questions posées : en tout premier lieu, sans doute, à la beauté de la femme, à la nature qu’elle résume à ses yeux, mais aussitôt, dans le même moment, à l’équilibre des formes, à la pesanteur des corps, au toucher de la matière comme à la vibration de la lumière. Et que l’artiste revienne inlassablement au même thème, à ce rouge incarnat à quoi semble se réduire sa palette, et qui signifie la vie et son flux, n’aurait pu que fasciner le collectionneur aux yeux de qui, en fidèle disciple de Cézanne, le thème ne peut épuiser l’aventure du regard qui, tout au contraire, se nourrit du même pour accumuler les différences, et approcher de plus près la vérité. Car après qu’il s’est émerveillé devant la grâce offerte à ses yeux, le peintre a charge de trouver les moyens efficaces, d’abord pour s’en approcher lui-même, puis en transmettre aux autres la meilleure part. C’est là que Planque attend l’artiste au contour. Comment ce dernier s’y prend-il pour restituer sa « petite sensation » et nous la faire partager ? Garache, cela se reconnaît au premier regard, a longuement scruté son modèle, sa constitution, ses appuis et leurs possibles développements, jusqu’au moment où le caractère particulier mais essentiel de la figure induit le peintre à lui dicter une pose. Le corps féminin est dès lors soumis à des manipulations qui servent à exprimer à la fois son équilibre, son énergie et sa coloration intime. La main dessine au fur et à mesure qu’elle couvre la toile de directions cherchant le contrepoint idéal où la figure trouve à se déplier sans contrainte dans l’espace. Car aucune de ces femmes n’est immobile. Si l’on ressent fort la pesanteur qui les assoit au sol, le sang qui affleure sous l’épiderme, la chaleur qui se dégage de leurs membres les portent à la danse, à l’élévation. Le branle est donné. À partir de là, le regard ne cessera plus de se mouvoir, du centre du tableau vers ses bords dont les figures semblent souhaiter franchir les limites, de la surface zébrée de lumières au feu qui couve dans l’ombre des chairs. La toile, animée par les caresses du pinceau, par les traces de la brosse ou les frottements dessinés au chiffon – voire à la main – attire irrésistiblement le regard qui se laisse séduire par des effets tactiles de toutes sortes, traces, zébrures, flous, brillances et matités. Le champ pictural devient le lieu d’une circulation sensible déployant en les superposant toute une gamme de perceptions qui ne semble jamais s’épuiser : l’œil glisse à toute vitesse de la couleur à la matière, de la matière au volume, du volume à la ligne, de la ligne à la lumière, et de la lumière à la joie d’une juste distance. Car l’essentiel est qu’il faut que « cela » tienne, que la structure qui ordonne la composition ne détruise pas l’émotion initiale, qu’elle la prolonge au contraire dans un langage détaché et neuf mais cohérent. Ce sont les contours venant se perdre mollement dans le fond blanc, c’est l’exaltation du rouge dans les plis, ce sont les carnations se résorbant en des roses opalescents déposés sur la toile par des glacis d’une extrême délicatesse, qui font que la sève inonde la toile. Et que ces corps qui sont la vie, comme elle, se déplient, bondissent, se précipitent sans cesse vers l’avant, pour excéder toute mesure et déplacer le centre de gravité. Pour toutes ces raisons, on ne peut douter un instant que Jean Planque, s’il avait pu la connaître, aurait accueilli cette peinture à bras ouverts.
Questine, 1997
Huile sur toile
146 x 114 cm
(don de l’artiste à la fondation Planque)
Epigée rouge, dos, 2004
Huile sur toile
92 x 73 cm
(don de l’artiste à la fondation Planque)
Obasine, 2004
Huile sur toile
92 x 73 cm
(collection particulière)
Né le 20 janvier 1929, ce grand peintre des nus féminins et des vibrations infinies du rouge a été défendu successivement par les galeries Maeght et Lelong et est présent dans les collections du Musée Picasso d’Antibes, du Musée d’Art Moderne de Paris, du centre Pompidou, du Musée Cantini de Marseille, de la Fondation Jean et Suzanne Planque à Aix et de la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence ou encore au Musée des Beaux-Arts de Dijon.
Une exposition rétrospective de ses oeuvres sur papier a lieu à la Maison Zervos à Vézelay jusqu’au 17 septembre.
Dans son atelier de la rue du Cherche-Midi,
devant Osse et Bassoue, acquise par notre Fondation
Exposition Sorel Etrog et installation d’une sculpture dans le patio du musée Granet
Ayant eu vent de l’enthousiasme que Jean Planque avait manifesté devant certaines de ses œuvres – découvertes par le collectionneur quelques mois à peine avant de disparaître dans un accident de voiture – Sorel Etrog a souhaité honorer la mémoire de Jean Planque en offrant quelques pièces à sa Fondation.
Ainsi, dès 2007, plusieurs dessins et sculptures ont rejoint l’ensemble réuni par le Suisse et sont régulièrement exposés dans la Chapelle des Pénitents blancs, annexe du Musée Granet.
L’imposante sculpture en bronze intitulée Large Bull, qui a pris place le 21 novembre 2022 dans le patio du Palais de Malte, appartient à une série de variations consacrées à cette figure par l’artiste à la fin des années 1960.
Du 31 mars au 31 août 2023, une exposition présentée sur la deuxième mezzanine de la Chapelle des Pénitents, évoque de manière élargie le thème du Link, motif essentiel chez cet artiste qui s’est efforcé tout au long de son œuvre de rassembler les morceaux épars d’une unité brisée dès l’enfance lors des pogroms perpétrés par les nazis à Laşi en Roumanie, durant la Seconde Guerre mondiale, et dont sa communauté et sa famille ont été les victimes.
Large Bull, 1969
Bronze
Donation récente
Mouse Reymond-Rivier, proche amie de Jean Planque, vient de léguer à notre Fondation deux toiles de Félix Vallotton.
La première, Le Canal d’Hiver, date du séjour de trois semaines que fit le peintre à Saint-Pétersbourg en hiver 1913 et d’où il rapporta ce souvenir du canal reliant la Moika à la Neva et qu’enjambe, en arrière plan, le pont de L’Hermitage.
La seconde toile, Composition avec figures, 1926, évoque quelques nus féminins enfouis dans un paysage naturaliste aux couleurs denses et chargées de mystère.
Ces deux tableaux sont exposés depuis la mi-juillet dans la chapelle des Pénitents blancs à Aix-en-Provence.
Félix Vallotton
Canal gelé et pont près de l’Hermitage, Pétersbourg, 1913
Huile sur toile
81 x 65 cm
Félix Vallotton
Paysage composé avec trois figures, 1923
Huile sur toile
65 x 81 cm
En prévision de l’ouverture prochaine de la chapelle des Pénitents d’Aix-en-Provence, les espaces d’exposition où est présentée la collection Jean Planque ont fait l’objet d’un rafraîchissement et d’un nouvel éclairage. A cette occasion un ensemble d’œuvre de Kosta Alex a été accroché sur la seconde mezzanine, non loin des toiles de Jean Dubuffet. Plusieurs de ces pièces – objet d’un don généreux de la part de la dernière compagne de l’artiste – sont montrées ici pour la première fois, notamment la grande idole en bois intitulée Head, datée de 1960, et inspirée par les statues monumentales de l’île de Pâques.
Kosta Alex, The Man of Kalahari, 1965
Assemblage de bois
Don de l’artiste à la Fondation en mémoire de Jean Planque
Kosta Alex, Vue d’ensemble de l’accrochage, printemps 2021
Kosta Alex, Head, 1960
Assemblage de bois
Don d’Agneta Siry
Peintre, dessinateur, sculpteur, graveur, céramiste, poète et photographe Francisco Toledo fut un artiste engagé sur tous les fronts : créateur prolifique, il a en outre animé pendant des années la vie culturelle de sa ville, Oaxaca au Mexique, en y ouvrant musées et ateliers. Venu compléter sa formation à Paris en 1960, il y expose pour la première fois à la galerie Flinker. C’est là que Jean Planque découvre l’œuvre de cet inconnu âgé d’à peine vingt ans. Aussitôt fasciné par cet univers assez éloigné de sa sensibilité, il se passionne pour son art et acquiert plusieurs de ses œuvres. Le Suisse est séduit par cette peinture profondément attachée aux valeurs de la terre et dans le même temps traversée par d’étranges créatures issues d’un monde chamanique. L’accrochage actuellement présenté à la Chapelle souhaite rendre honneur à cet artiste charismatique décédé le 5 septembre dernier.
Parmi les nouveautés de la chapelle, un ensemble d’œuvres d’Alexandre Hollan, issu des différents dons que l’artiste a fait à la fondation Jean et Suzanne Planque, est également présenté sur la deuxième mezzanine.
Francisco Toledo
Personnages et animaux dans la nuit, vers 1965
Encre et aquarelle sur papier vergé
23,8 x 31,5 cm
Alexandre Hollan
Le « Déchêné » (grand chêne sur le plateau de Viols-le-fort), Espace, 2003, Mouvement, 2014, Forme, 2006
Gouaches
Exposition Traverser la lumière à la Piscine, Roubaix
Après le musée Granet, Aix-en-Provence, puis le Kunstmuseum Pablo Picasso, Münster, c’est au tour de la Piscine, Roubaix, d’accueillir l’exposition « Traverser la lumière » du 19 octobre 2019 au 2 février 2020.
Pour cette troisième étape, le corpus s’est enrichi de plusieurs prêts provenant notamment du Centre Pompidou et du Musée d’Orsay.
Une petite exposition consacrée à la chapelle d’Hem et ses vitraux de Manessier sera également présentée dans les espaces temporaires du Musée.
Si vous prévoyez de visiter l’exposition, ne manquez pas la chapelle d’Hem, joyaux du renouveau de l’art sacré. Dans une architecture du bâlois Hermann Baur, Alfred Manessier y a réalisé des murs de verre tout-à-fait remarquables. Une tapisserie de la Sainte face de Rouault y est également visible, ainsi que du mobilier liturgique et des sculptures d’Eugène Dodeigne.
La télévision suisse allemande a réalisé un beau reportage sur l’exposition visible ici.
Mur sud de la Chapelle d’Hem, Consacrée en 1958
Dalle de verre
Picasso, Homme et femme, tête, en prêt à la Fondation Vuitton, Paris, à l’occasion de l’exposition « Le nouveau monde de Charlotte Perriand » du 2 octobre prochain au 24 février 2020
Jean Planque a acquis cette toile à la galerie Leiris quelques mois à peine après le décès de sa femme Suzanne : de telle sorte qu’on peut voir dans cet ajout tardif à sa collection une sorte d’hommage à leur couple. Au service de la galerie Beyeler de Bâle depuis 1954, Planque a entretenu durant une vingtaine d’années des rapports étroits avec la galerie Leiris et, plus précisément, dans deux circonstances : d’abord, début des années 60, lors d’une crise du marché, en recommandant à Picasso de ne jamais cesser ses ventes… Ce bon conseil lui valut de la part de la galerie parisienne le privilège de pouvoir faire un premier choix parmi les œuvres du maître nouvellement arrivées à Paris : Planque retint à cette occasion une très belle Femme au miroir datée de 1959. Mais c’est surtout en raison de la profonde amitié que Picasso portait à Jean Planque et de la confiance que la galerie Leiris accordait à ce dernier, que Ernst Beyeler, put acquérir, en été 1965 – privilège exceptionnel –, plus de vingt toiles auprès de l’artiste. Cette vente directe constitue en effet un événement quasi unique dans la carrière de Picasso, toujours resté fidèle à son marchand. Picasso expliqua alors à Beyeler en désignant Planque et en le prenant par l’épaule : « Vous savez, si je fais cela, c’est parce que je l’aime bien, lui ! »
Homme et femme, tête, 1969
Huile sur toile
130 x 97 cm
Vue de la galerie Leiris redessinée par Charlotte Perriand avec Picasso, Homme et femme. Tête, au mur.
DR
L’association LES AMIS DE JEAN PLANQUE a récemment été créée à Bâle.
Elle est l’initiative de quelques critiques, collectionneurs et amateurs suisses.
Son objectif est de mieux faire connaître la personnalité de Jean Planque qui, entre 1954 et 1972, mis au service de la galerie Beyeler de Bâle, son regard exceptionnel sur la peinture de son temps.
L’association souhaite ainsi faire rayonner cette figure exemplaire, d’une part en organisant des événements autour de sa collection et, d’autre part, en soutenant des projets en relation avec la Fondation Jean et Suzanne Planque.
Jean Planque au début des années 60 entre Ernst Beyeler (à droite sur la photo) et le pasteur Paul Hassler, dans le jardin de ce dernier à Bâle.
L’étape allemande de l’exposition « Traverser la lumière » est visible du 11 mai au 29 septembre 2019 au Kunstmuseum Picasso de Münster.
Alfred Manessier, l’un des artistes que nous présentons dans cette exposition, a par ailleurs réalisé des vitraux dans la région, et notamment un remarquable ensemble à l’église Unser Lieben Frauen de Brême.
Alfred Manessier
L’assassinat de Monseigneur Romero, 1979
Aquarelle
77 x 58 cm
Le 9 novembre 2018, a été inaugurée l’exposition itinérante « Traverser la lumière ».
Elle défend la cause d’un groupe de peintres français, proches les uns des autres, qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, préférèrent être dénommés «non-figuratifs» plutôt qu’ «abstraits». Ils s’opposent en cela aux maîtres de la pure abstraction (dans la continuité de Kandinsky et de Mondrian) ou encore aux «expressionnistes abstraits» américains (Jackson Pollock, Willem de Kooning …) alors en voie de s’imposer en Europe.
Outre Roger Bissière, qui en fut à la fois le représentant le plus âgé et en un sens le maître, ce courant regroupait Jean Bazaine, Elvire Jan, Jean Le Moal, Alfred Manessier et Gustave Singier.
En dépit du soutien de certaines grandes galeries, comme, à Paris, la galerie Drouin, la galerie de France, la galerie Jeanne Bucher et la galerie Maeght, de différents écrivains, collectionneurs et critiques, ce courant fut injustement négligé, surtout à partir des années 1970, et le moment paraît venu de lui restituer son importance.
C’est en 1952 que Jean Planque, encore sous l’emprise de la leçon de Cézanne, découvre très ému la peinture d’Alfred Manessier à la Galerie de France. Cette révélation marque un tournant dans son approche de l’art moderne : «devant ces tableaux, j’ai soudain eu le pressentiment d’une vérité, d’un art non figuratif qui pourrait exprimer mieux, et plus fortement, que l’art figuratif», écrit-il dans son journal en 1972.
Le cœur de l’exposition est constitué, à côté des peintures de Bissière choisies par Jean Planque, par une centaine d’œuvres réunies par un collectionneur suisse, auxquelles viennent s’ajouter les prêts de plusieurs musées importants. L’exposition se tiendra d’abord (du 9 novembre 2018 au 31 mars 2019) au Musée Granet, à Aix-en-Provence, où la Fondation Planque est installée, puis (du 11 mai au 29 septembre 2019) au Kunstmuseum Pablo Picasso de Münster en Allemagne et enfin (du 18 octobre 2019 au 2 février 2020), à La Piscine, musée de la Ville de Roubaix.
Affiche de l’exposition,
détail d’une œuvre de Jean Bazaine
Chant de l’aube II, 1985
Collection particulière
Jean Le Moal
Composition, 1958
Automne, 1958-1960
Garrigue, 1959
Collection particulière
Elvire Jan
Ensemble d’œuvres présentées dans l’exposition
Collection particulière
Alfred Manessier
Vue de la salle où sont exposées les 4 Passions de 1986
conservées à Sion, Musée d’Art