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D'abord accumuler
Quand une vache broute, elle avale l'herbe presque sans la mâcher. Cette herbe arrive dans le rumen (ou la panse), le premier des quatre estomacs, qui peut emmagasiner près de 200 litres d'herbe et d'eau. Grâce à la chaleur qui y règne, le mélange commence à fermenter. C'est le résultat du travail de plusieurs milliards de bactéries et micro-organismes. Dans le rumen, sept kilos de ces petits organismes œuvrent en permanence à scinder les précieux nutriments des herbages suisses afin de les préparer pour la digestion.
Des milliards d'ouvrières au travail
En réalité, ce sont les bactéries qui accomplissent des merveilles. En effet, la nourriture d'une vache laitière est composée essentiellement de cellulose, une matière impossible à digérer pour l'être humain. Les bactéries en revanche sont capables de la scinder et de la transformer en acide acétique, que les vaches peuvent ensuite métaboliser. Les bactéries décomposent aussi les protéines et les glucides, et les transforment en acide propionique, en acide butyrique et en précieux acides aminés. Que ferait donc Lovely sans l'aide de cette équipe de choc?
Au total, une vache produit près de 200 litres de salive par jour!
Mâcher et mâcher encore
La vache ne reste toutefois pas à rien faire. Dans le deuxième estomac, le réseau (ou bonnet), le mélange préfermenté est transformé en petites boulettes. Celles-ci sont régurgitées à travers l'œsophage pour être mastiquées une nouvelle fois. C'est ce phénomène qui caractérise les ruminants. La nourriture est broyée et la production de salive stimulée. Au total, une vache produit près de 200 litres de salive par jour! Un fluide vital pour elle: la salive étant fortement alcaline, elle évite la suracidification du rumen et permet aux bactéries d'accomplir leur travail. Les éleveurs veillent donc à ce que les vaches aient toujours quelque chose à mastiquer afin de maintenir le flux de salive et de permettre la digestion.
Que mangent nos vaches laitières?
La digestion à proprement parler
Après avoir été bien mastiquée, la nourriture réduite en bouillie arrive dans le feuillet, où elle est séparée de son liquide. Elle passe ensuite dans le quatrième et dernier estomac, la caillette. Cette poche a la même fonction que l'estomac humain. L'acide gastrique élimine les bactéries, les digère et dissout entièrement les derniers composants alimentaires.
La caillette est suivie de 50 mètres d'intestin grêle. Les nutriments y poursuivent leur processus de décomposition avant de passer dans le système sanguin. Le chemin jusqu'à la mamelle n'est alors plus très long. C'est là que sera produit le lait à partir des nutriments ingérés.
Retour à la prairie
L'étape finale a lieu dans le gros intestin. Contrairement à l'intestin grêle, il abrite de nombreuses bactéries, qui s'attaquent aux nutriments restants. Toutefois, la vache n'absorbe que peu de nutriments lors de cette étape. Le gros intestin élimine le liquide encore présent dans la bouillie et produit ainsi la bouse qui finira sur la prairie.
Mais attention, les bouses ne sont pas des déchets. Au contraire! Le lisier est une importante source de nutriments pour les plantes poussant sur la prairie. Les nutriments reviennent là où la vache les a trouvés. La boucle est ainsi bouclée.
Valoriser les nutriments suisses
Sources