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Aux Armées, le 13 juillet 1915.
Ma Révérende Mère,
Je viens vous manifester toute ma gratitude, et celle de plusieurs familles et amis, pour le retour merveilleux à la foi catholique d'un jeune homme tué à l'ennemi.
Chimiste distingué, muni de plusieurs brevets d'invention, il fut attaché, à la mobilisation générale, au 3e corps d'armée pour l'analyse des sources. Mais sa vaillance ne s'en put contenter, et il demanda à rentrer dans le rang. On l'affecta donc, comme caporal, à la 2e compagnie du 129e, et il mena pendant plusieurs mois la vie des tranchées.
Élevé en dehors de tout principe de piété, et le sachant si exposé, nous nous inquiétions beaucoup du salut de son âme: et famille et amis commencèrent une neuvaine à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. Avant que cette neuvaine fût achevée, une évolution merveilleuse s'opéra chez notre brave soldat, et il la confirmait lui-même par ces paroles écrites à sa tante : « Mes nouvelles convictions religieuses sont irrévocables. » Quelques jours après il était tué ! Sœur Thérèse avait sauvé son âme.
Pour ma part, je lui suis bien reconnaissant de m'avoir protégé, en maintes circonstances, durant ces douze mois de campagne, et je fais vœu d'aller à Lisieux en pèlerinage après la guerre.
Agréez, ma Rde Mère, etc.
G. Hoizey,
Musicien au 24e Régiment d’Infanterie
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15 juillet 1915.
Ma Révérende Mère,
C'est un pauvre petit prisonnier français qui se permet de vous écrire..., non pas pour une demande d'argent ou d'effets, beaucoup de bons prisonniers éprouvent une bien grande consolation à vivre dans la privation de toute satisfaction terrestre. Voici ma demande :
J'ai reçu, au début de l'année, deux exemplaires de la Vie de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus; ces deux livres ont parcouru presque tout le camp, ils me sont revenus très abîmés. Mais je me propose de les faire connaître davantage; et les prisonniers français du camp d'Alten-Grabow vous seraient très reconnaissants si vous pouviez leur adresser encore quelques livres et images de la sainte. Vous ne sauriez croire, ma Rde Mère, ce que nous avons puisé dans cette vie de religieuse ; comme notre exil nous semble doux à présent ! Nous serions sans doute bien heureux de retourner dans la patrie et de nous jeter dans les bras de nos mères, mais à présent notre petite Sœur Thérèse nous a montré le chemin de l'abandon et nous comprenons que tout est voulu et permis par Dieu, qu'il a des vues sur nous qui nous sont inconnues.
J'aime à croire que ma demande sera acceptée et que Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus nous arrivera bientôt.
Recevez, ma Rde Mère, les sentiments d'affectueux respect d'un exilé.
Kléber Dubois, caporal.
Une carte du même: le 28 août 1915.
Recevons lettre et envoi... Oh ! merci Plus de huit cents prisonniers viennent chaque soir faire l'exercice de la neuvaine à Sœur Thérèse, pour demander la grâce d'abandon qui nous est si nécessaire. Les petites brochures circulent dans les baraques; grand nombre de vocations et conversions...
Un gâté de Sœur Thérèse,
Kléber Dubois, caporal.
Du Front. 22 juillet 1915.
Ma Révérende Mère,
C'est au fameux bois Le Prêtre que votre colis m'a rejoint, et j'a commencé immédiatement ma distribution. Sur-le-champ, notre
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petite sainte fit sa première conquête. Spontanément, un de nos vieux réservistes, éloigné de l'Église, voulut lire son histoire, et peu après il venait, les larmes aux yeux, me demander une relique. C'est trop beau! c'est trop beau! disait-il. Et depuis, sa vie est transformée...
Louis Grivelet, 36e colonial, 14e Cie,
Paris, 5 août 1915.
Ma Révérende Mère,
Je viens offrir mes actions de grâces à la petite Sœur Thérèse, qui a entièrement relevé et purifié l'âme du petit soldat confié à vos prières.
Cet enfant de vingt ans nous était arrivé au moment où, pour la seconde fois, il voulait se suicider. J'ai demandé les prières du carmel de Lisieux, et je lui ai remis une relique de Sœur Thérèse qu'il consentit à porter sur sa poitrine, sur la blessure qu'il s'était faite lui-même par une balle de son revolver. Dès lors, j'assistai à une lutte morale intense dans cette pauvre âme. Parfois, cet enfant venait à moi vivement préoccupé, se jetait en pleurant dans mes bras, me suppliait de lui parler de Dieu, de sa bonté, décidé à purifier sa conscience. Le lendemain, je le retrouvais ne pensant qu'aux plaisirs mondains, et il m'adressait des réflexions déconcertantes. C'était l'état de l'âme, sous l'étreinte divine, touchée par la grâce, mais craignant d'y répondre à cause des sacrifices qu'elle entrevoit.
Quand je lui reprochais son esprit léger, il me répondait : « Ne voyez-vous pas que plus je chante, plus je suis triste, et que la gaieté que je manifeste extérieurement est destinée à voiler mes angoisses. »
Ces angoisses, la petite sainte ne tarda pas à les apaiser, et je vis bientôt notre jeune égaré prier comme un ange devant le tabernacle. Enfin hier, après une sérieuse retraite de huit jours, il a communié et veut maintenant le faire tous les jours.
Dieu soit loué par votre sainte petite Sœur !
Je vous redis, ma Rde Mère, toute ma gratitude pour le secours de vos prières, et vous prie de me croire en Notre-Seigneur, Votre humble serviteur,
Rd Père Albert-Réginald Laporte,
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Sur le vaisseau de guerre Le Jauréguiberry.
Port-Saïd (Egypte). 10 août 1915.
Ma Révérende Mère,
Réjouissez-vous avec tout notre équipage, qui s'est senti spécialement protégé, à maintes reprises, pendant son séjour aux Dardanelles. Nous avons été exposés autant, sinon plus que les autres, tant sur la terre qu'à bord. Nous n'avons pas eu de morts, à peine quelques blessés, et encore si heureusement, que tous sont rétablis aujourd'hui.
Nous avons reçu à bord un obus qui a éclaté magnifiquement, au seul endroit où les risques du personnel étaient insignifiants.
Deux mètres à gauche, à droite ou en avant, auraient transformé l'incident en catastrophe.
Aussi sommes-nous tous persuadés que le bon Dieu a bien voulu exaucer les prières que tous les nôtres ne cessent de lui adresser.
La protection de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus s'est manifestée huit jours après la réception, par le second-maître Lainé, d'une image envoyée par une amie de sa famille. On avait demandé à cette amie de prier pour l'absent. Elle a accepté volontiers, mais a exigé la prière personnelle et confiante. Cette prière a été entendue.
Voici les détails de cette protection dont nous avons été l'objet :
Le 23 mai 1915, notre vaisseau de guerre avait quitté la rade de X., vers 5 heures du matin, faisant route sur les détroits des Dardanelles pour aller relever un autre cuirassé et tirer sur les batteries de la côte d'Asie.
Le temps était très beau, la mer presque plate.
Le second-maître de timonerie Laine avait pris le quart à 8 heures, dans l'abri de navigation de la passerelle avant, à côté du compas, et devait surveiller la route.
Il n'avait aucun motif de cesser de rester à côté de l'homme de barre, lorsque vers 9 heures et demie, comme il venait de baiser l'image de Sœur Thérèse, il eut l'inspiration de sortir à l'extérieur et de prendre une longue vue, sans avoir l'attention attirée par quoi que ce soit d'insolite. Enfin, il porta la longue vue à hauteur de l'œil, sans raison définie, et vit dans l'oculaire, à environ 2.000 mètres sur l'avant, un objet brillant par les reflets du soleil, formant un sillage continu. Un peu ému, il avertit l'officier de quart et le commandant, qui firent les mêmes constatations. On venait, pour la première fois aux Dardanelles, d'apercevoir un sous-marin, et on pouvait désormais prendre les précautions recommandées en pareil cas.
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Nous marins, nous ne pouvons expliquer cet enchaînement des faits, en dehors de l'intervention de la petite Sœur.
Vu : l'Officier de quart, Valois.
Vu : le Second-Maître favorisé, Laine.
Je n'ai rien à ajouter au récit du second-maître Laine que j'ai visé.
Je ne puis que vous en confirmer l'exactitude.
J'étais de quart sur la passerelle au moment où ce second-maître a quitté providentiellement son poste, et quand, après coup, il nous a dit ce qu'il en pensait, j'ai acquis la conviction que nous avions été protégés par notre chère petite sainte. Je ne cesse depuis lors de l'invoquer chaque jour, me promettant bien de rester désormais fidèle à cette dévotion.
Valois,
Lieutenant de vaisseau.
Le récit de cette protection fut encore confirmé de vive voix au Carmel par M. Wohrer, agent des Messageries maritimes, venu de Port-Saïd à Lisieux, avec sa femme, en actions de grâces pour diverses faveurs, le 1er octobre 1919.
11 août 1915.
Mme Fresneau, d'Elbeuf (S.-Infre), est venue au Carmel de Lisieux, le 11 août 1915, raconter la sainte mort de son fils atteint de la fièvre typhoïde et décédé, le 9 novembre 1914, à l'hôpital de Verdun.
COPIE D'UNE LETTRE DU JEUNE HOMME A SA MÈRE
Verdun, 25 octobre 1914,
Ma chère Mère,
Je suis complètement arrêté depuis six jours, mais il y avait déjà quinze jours que j'étais souffrant. J'ai surtout beaucoup souffert dans la tête. Cependant, depuis hier soir je ne souffre plus de nulle part et voilà comment cela s'est fait : J'avais une relique de Sœur Thérèse que tu m'as donnée; je l'ai placée aux endroits où mes douleurs étaient si intolérables, elles se sont passées presque instantanément et, ce matin dimanche, j'ai communié.
Tu vois, ma chère mère, il faut te tranquilliser et avoir confiance comme moi en Sœur Thérèse.
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Ce qui m'ennuie, c'est de n'être plus avec mes camarades, pendant qu'ils réussissent à faire reculer les Allemands par ici. Je t'embrasse de tout cœur.
Joseph.
Détails donnés par le prêtre infirmier de la salle :
La veille de la mort du soldat Joseph Fresneau, vers 7 ou 8 heures du matin, il tendit les bras et prononça ces paroles : «Oh! qu'elle est belle ! la voilà ! elle m'invite à aller avec elle... Quand la vision disparut. le cher enfant me dit : « Monsieur l'Abbé, c'est la petite Sœur Thérèse que je viens de voir. »
Ce fut le mardi 9 novembre, à 3 heures du soir, qu'il rendit son âme à Dieu, après avoir reçu avec une grande piété les derniers sacrements.
L. Fichet, prêtre infirmier,
Chartres (Eure-et-Loir), Communauté des Sœurs de Saint-Paul, 21 août 1915.
Le jeune Arabe Chaba Barkimell arrivait dans notre hôpital militaire le 21 juin dernier. C'était un engagé volontaire d'un régiment de tirailleurs algériens; nature droite, mais sans religion. J'eus la pensée de confier cette pauvre âme à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, la priant de lui inspirer le désir du baptême, et promettant, si je me voyais exaucée, de relater le fait au Carmel de Lisieux.
Nous commençâmes une neuvaine, et, le sixième jour, alors que personne n'avait encore parlé de notre sainte foi à ce jeune soldat, quel ne fut pas mon bonheur d'apprendre qu'il demandait à voir M. l'aumônier, en disant : « Je veux me faire baptiser pour être catholique. »
Il apporta une si persévérante bonne volonté à l'étude du catéchisme, qu'il triompha bientôt de tous les obstacles et, le 28 juillet, devint chrétien fervent et convaincu. Le lendemain, il s'agenouilla pour la première fois à la Sainte Table. Sur ses instances il obtint la grâce de la communion quotidienne.
Gloire à Dieu, et reconnaissance à sa petite Servante, Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus !
Sr Sainte Amandine,
religieuse belge.
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Communauté du Bon Sauveur de Caen, 25 août 1915.
Moi, Léon Vandamme, âgé de vingt-cinq ans, domicilié avant la guerre, rue Kolleurt, 82, à Ghistelles, Flandre orientale (Belgique), déclare ce qui suit :
Je suis tombé malade le 18 octobre 1914, sur le front, atteint d'asthme et de douleurs névralgiques au cœur, accompagnées d'une grande faiblesse générale.
J'ai été évacué d'abord à la Panne (Belgique), puis à Calais, et à Cabourg. Enfin, le 3 novembre, je suis arrivé à Caen, au lycée Malesherbes, et, depuis le 27 février, je suis soigné par la communauté du Bon Sauveur de cette ville.
Le lendemain, Sœur Paule, religieuse de la maison, me donna à lire la vie de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus et me remit une de ses reliques. C'est à partir de cette date que j'invoquai la sainte plusieurs fois dans la journée, lui demandant ma guérison et, comme preuve qu'elle me guérirait, de me donner une rose du paradis, puisqu'elle avait dit : « Après ma mort, je ferai tomber des roses. »
J'ai été exaucé, le 30 mai suivant, à 10 heures du soir. Sans être endormi, je vis distinctement devant moi la Sainte Vierge Marie et, quelques secondes après, apparut à ses côtés une religieuse du Carmel avec un manteau blanc, oh ! qu'elle était belle ! Elle tenait dans ses mains une corbeille de roses et en jeta une sur mon lit en souriant. Puis toutes les deux disparurent, et je m'endormis. Hélas! je n'ai pas retrouvé la rose à mon réveil, mais au matin du 31 mai, j'étais guéri.
(Communiqué, avec une lettre à l'appui, de la Supérieure de la Communauté, déclarant le soldat Vandamme très digne de foi.)
AUTRE GRACE DE GUÉRISON ACCORDÉE A CE MÊME SOLDAT
Caen, 29 octobre 1915.
Ma Révérende Mère,
Je suis heureux de venir à nouveau vous faire connaître une faveur obtenue par l'intercession de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.
Déjà, j'ai eu le bonheur de porter à votre connaissance la guérison miraculeuse dont la chère petite Sœur m'a favorisé au mois de mai dernier. Aujourd'hui, c'est une nouvelle grâce que je veux vous communiquer : au mois d'août de cette même année, je fis une chute qui m'occasionna une double entorse, si bien que je fus réduit à marcher avec des béquilles pendant plusieurs semaines, ne pouvant absolument pas mettre le pied à terre, tellement je souffrais.
Voyant que les remèdes appliqués sur le mal restaient sans résultat, j'eus l'inspiration de commencer une neuvaine à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. Or, le huitième jour de la neuvaine, 17 septembre
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1915, à 4 heures du soir, alors que je prenais un bain de pied très chaud ordonné par le docteur, je sentis instantanément un travail extraordinaire dans mon pied avec de grandes souffrances, à l'instant je me mis à marcher, et depuis cette date je n'ai jamais ressenti ni fatigue, ni douleur. C'est un devoir pour moi de témoigner ici ma reconnaissance à la bonne petite Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus qui me traite vraiment en enfant gâté.
Veuillez agréer, ma Rde Mère, l'expression de mes sentiments respectueux et très reconnaissants.
Léon Vandamme, soldat belge,
(Relation d'une amie du Carmel de Dijon, communiquée à Lisieux par la Mère Prieure de ce même Carmel.)
16 septembre 1915.
J'avais envoyé à mon frère, officier d'infanterie coloniale, au Tonkin, quelques images et une petite vie de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, lui disant les guérisons et grâces merveilleuses que l'on obtenait souvent par son intercession.
Mon frère se trouva, un jour, auprès d'un de ses tirailleurs, terrassé par une de ces maladies fréquentes et particulières à ces lointains climats, et qui ne pardonnent presque jamais : la fièvre minait le malade, le fonctionnement des reins ne se faisait plus, ils ne filtraient plus que du sang. Le médecin assura que ce soldat était perdu, qu'il ne passerait sûrement pas la nuit, à moins qu'une réaction, impossible à prévoir, se produise.
Mon frère était peiné de voir cet homme agoniser et de ne pouvoir lui procurer aucun soulagement, il s'attendait à un dénouement fatal d'un instant à l'autre. Il se souvint alors qu'il avait une de mes images de Sœur Thérèse. Il la posa sur lui et lui dit : « Regarde cette image, invoque cette jeune religieuse et elle te guérira. » Quelle fut la prière de cet agonisant? En même temps, mon frère faisait intérieurement la promesse que si cet homme revenait à la vie, il ferait savoir cette guérison au Carmel de Lisieux, pour qu'elle servît à la glorification de Sœur Thérèse.
Après, appelé par son service, mon frère s'éloigna bien anxieux de ce moribond, car humainement parlant, me disait-il, la guérison était impossible. Le lendemain, lorsqu'il revint, quelle ne fut pas sa surprise de voir l'homme debout, guéri, et lui dire : « Mon capitaine, votre petite Sœur m'a guéri ! »
Mon frère lui recommanda de la beaucoup remercier et lui remit, à sa joie, ce qui lui restait d'images, pour qu'il puisse les donner aux siens et à ses camarades.