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Migration: la chef de l'Assemblée générale de l'ONU défend le Pacte
23.10.2018
La présidente de l'Assemblée générale de l'ONU a défendu à Genève le Pacte mondial des migrations qui doit être signé en décembre. Des pays dont les Etats-Unis se sont retirés. La Suisse, qui avait piloté les négociations, veut l'adopter malgré les pressions de l'UDC.
"Je ne pense que nous devions être si réticents au sujet de la puissance d'un instrument qui a été approuvé" face à un "défi mondial", a estimé devant la presse María Fernanda Espinosa. Non contraignant, le Pacte établit 10 principes et 23 objectifs généraux pour "des migrations sûres, ordonnées et régulières".
Le Pacte ne doit pas être vu comme un accord "qui impose de nouvelles règles aux Etats, dit l'Equatorienne. Il établit seulement "des positions égalitaires fondamentales pour faire face aux défis de la migration mondiale". Et de rappeler qu' il est le "résultat d'un engagement collectif des Etats membres de l'ONU" à haut niveau.
La Suisse et le Mexique avaient piloté les négociations. Les Etats-Unis et la Hongrie ont annoncé qu'ils ne s'associeraient pas au Pacte. La Pologne ne devrait pas le signer non plus. Réticente, l'Autriche avait souhaité une position commune avec la Suisse.
Or, le Conseil fédéral a fini par décider d'approuver l'accord que Berne a largement contribué à établir en menant les discussions. Mais une motion déposée la semaine dernière par une commission du Conseil national exige que le gouvernement consulte le Parlement.
Appel sur le nucléaire
A la tête des opposants au Pacte, l'UDC estime que le Pacte est incompatible avec une gestion nationale de l'immigration. Or, les institutions internationales répètent toutes que chaque Etat est libre d'organiser ses frontières et que le Pacte permettra de renforcer le contrôle des migrations illégales. Ces composantes sont clairement mentionnées dans l'un des objectifs de l'accord.
Le Conseil fédéral avait identifié une seule divergence avec le droit suisse, la détention en vue de l'exécution du renvoi ou de l'expulsion de mineurs âgés d'au moins 15 ans. Mais comme chaque Etat peut choisir les mesures qu'il souhaite lancer pour atteindre les objectifs, il n'avait pas conclu que cette question pouvait constituer un obstacle.
Autre préoccupation de Mme Espinosa, la décision le week-end dernier du président américain Donald Trump d'un retrait du Traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire. "Les accords que nous établissons, en particulier sur les questions de désarmement, et qui affectent la sécurité du monde devraient être respectés", s'est contentée de dire Mme Espinosa.
De même, l'attitude de l'administration face à l'ONU et son retrait de plusieurs accords importants ne doivent pas affecter l'Assemblée générale dit-elle. "Nous devons pousser pour un consensus" mais "cela ne veut pas forcément dire une unanimité", ajoute-t-elle. Des divisions peuvent avoir lieu.
ats