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Harry Kane, Jadon Sancho, Raheem Sterling: la cote de ces trois armes offensives approche ou dépasse les 100 millions de francs, selon le site Transfermarkt. Si Kylian Mbappé demeure - selon la plate-forme de référence - l'attaquant le plus cher, la valeur des Anglais s'envole.
Par rapport à la sélection des Trois Lions, qui a disputé le tournoi en 2016, elle a même doublé. Les Espagnols et les Allemands, les plus valorisés il y a cinq ans, se retrouvent largement dépassés.
Les Anglais, les meilleurs?
Cette valeur financière suffit-elle à faire des Britanniques des favoris à la victoire finale? Pas vraiment. "La cote des joueurs ne reflète que partiellement la valeur sportive d'un joueur, explique Raffaele Poli, directeur de l'Observatoire du football CIES. Les facteurs comme la durée de contrat et l'âge entre aussi en ligne de compte. Autrement dit, un joueur âgé en fin de contrat vaudra moins qu'un jeune qui a signé pour longtemps, même si sa qualité est supérieure."
L'Angleterre bénéficie justement d’une jeune génération dorée, selon le spécialiste. Sa sélection est d'ailleurs parmi les plus jeunes à participer au tournoi, juste derrière la Turquie.
De plus, la frénésie de dépenses des clubs de Premier League dope les cotes et gonfle le pactole que représente l'équipe anglaise: 1,32 milliard de francs. "Les championnats les plus riches valorisent financièrement les joueurs, souligne Raffaele Poli. Un club anglais de milieu ou bas de classement a plus de moyen que ceux des autres pays." De fait, "la valeur d'un étranger qui signe en Angleterre décolle, pour autant qu'il soit jeune".
L'appétit de Manchester City, Chelsea et consorts transparaît dans l'ensemble des équipes de l'Euro. Toutes nations confondues, près d'un sélectionné sur quatre pour le tournoi évolue dans le championnat d'outre-Manche. La représentation de la Premier League dépasse de très loin toutes les autres compétitions nationales.
A noter toutefois que c'est dans le championnat espagnol que la valeur moyenne des internationaux présents à l'Euro est la plus élevée, dépassant les 34 millions de francs.
Et les Suisses?
Et où se situe le football helvétique sur ce marché? Loin des cadors, la valeur moyenne des joueurs de la Nati demeure supérieure à celle de la plupart des "petites" équipes, atteignant près de 11 millions.
Toujours selon Transfermarkt, les défenseurs Manuel Akanji et Nico Elvedi, ainsi que les milieux de terrain Denis Zakaria, Remo Freuler et Granit Xhaka valent chacun plus de 20 millions de francs.
Le prix de Xhaka a passablement baissé depuis le début de son passage tumultueux à Arsenal, mais pas autant que celui de Ricardo Rodriguez. Longtemps fer de lance du football suisse, le défenseur éconduit par l'AC Milan est désormais celui qui présente la cote la plus basse parmi les sélectionnés de Vladimir Petkovic, à égalité avec Eray Cömert du FC Bâle.
Ce dernier est l'un des deux seuls joueurs retenus en équipe de Suisse évoluant en Super League. Pour Raffaele Poli, "le groupe suisse est homogène mais n'a pas de véritable star et n'est plus si jeune", comme l'illustre le cas Xhaka.
Une équipe à un milliard
Même si la valeur marchande globale des Suisses n'a probablement jamais été aussi élevée, elle reste donc modeste si on la compare aux vedettes les plus convoitées.
L'équipe constituée des onze joueurs les plus chers de cet Euro à leur poste dépasse, en valeur de transferts, le milliard de francs suisses.
Tybalt Félix