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Le Centre bouddhiste international de Genève est un vihara, mot qui signifie « monastère » en sanskrit et en pali. Occupé par deux moines, il a été créé en 1992 par un petit groupe de personnes originaires du Sri Lanka et avec l’aide de Warnasena Rasaputram, à l’époque ambassadeur du Sri Lanka auprès de l’ONU. Des personnes originaires de Birmanie, de Thaïlande, du Laos, du Cambodge et du Vietnam rejoignirent rapidement le centre et le soutinrent.
Le vihara s’installa d’abord dans un petit appartement aux Acacias puis, en 1999, dans une maison de l’avenue de la Croisette, près de l’Hôpital cantonal. C’est en 2009 qu’il se fixe à l’adresse actuelle, à Cointrin, dans une maison ayant appartenu à des membres de la communauté et que le Centre loue désormais à leurs héritiers.
Sources :
Le Vénérable Tawalama Dhammika, responsable du centre.
Le vihara occupe une petite maison située dans un quartier résidentiel de Cointrin. Un panneau à l’entrée indique sa vocation de Centre bouddhiste. Le jardin qui entoure la maison, avec sa statue du Bouddha, en donne également un indice. Le pavillon comporte une cuisine, une salle pour accueillir les fidèles, une bibliothèque-bureau, et les chambres des moines.
600 personnes environ fréquentent le vihara (chiffre communiqué par le centre). Elles sont originaires de Thaïlande, du Cambodge, du Laos, du Vietnam, de Birmanie, du Sri Lanka, mais aussi de Suisse et de France.
Les deux moines habitant les lieux encadrent cinq groupes de méditation par semaine et animent un enseignement religieux le samedi pour les enfants, enseignement qui a son pendant le mercredi pour les adultes. Ils organisent également deux fois par an des retraites en montagne. Chaque mois, ils invitent un conférencier à s’exprimer sur un thème particulier.
Le responsable du vihara, Tawalama Dhammika a créé en 1995 la fondation Pêmânanda Euro-Asie qui soutient des projets sociaux, médicaux et éducatifs principalement au Sri Lanka et occasionnellement dans d’autres pays du monde. Les membres du Centre international bouddhiste de Genève ont le statut de « conseillers » de la fondation dont les projets sont financés par leurs dons.
Les prières et récitations sont dites en pali et traduites en anglais et français. Le groupe appartient à l’Union Suisse des Bouddhistes ainsi qu’à la Plateforme Interreligieuse de Genève.
Le theravada est la seule des écoles bouddhiques anciennes à avoir survécu jusqu’à nos jours ; d’où son nom, « doctrine (vada) des anciens (thera) ». Son histoire est difficile à retracer. La plupart des sources font remonter son origine à un désaccord survenu à l’époque d’Ashoka entre les adeptes de deux écoles du bouddhisme ancien, qui en comptait une trentaine. Celles-ci différaient sur leurs interprétations des enseignements du Bouddha et connaissaient des divergences liées à leur adaptation aux traditions des régions où elles s’étaient développées. Ce bouddhisme ancien s’implanta au 3e siècle avant notre ère au Sri Lanka où il s’imposa peu à peu sous le nom de theravada. Il y sera en concurrence avec les deux autres grands courants du bouddhisme, le mahāyāna et le vajrayāna, mais s’imposera au 11e siècle sous le règne du roi Vijayabāhu qui en fit la doctrine de l’Etat.
Outre le Sri Lanka, le theravada s’est répandu dans tous les pays du Sud-Est asiatique. Il est aujourd’hui majoritaire en Birmanie, en Thaïlande, au Laos et au Cambodge. Il est également présent au Vietnam (où le mahāyāna est néanmoins majoritaire).
Le Bouddha historique, Śākyamuni, dont on estime la naissance au 6e ou 5e siècle avant notre ère, n’a laissé aucun écrit. Ce n’est que plusieurs siècles après sa mort que furent consignés ses enseignements, jusque-là transmis oralement. Il existe plusieurs recueils de textes ou « canons » relatant, entre autres choses, ses sermons. Les fidèles du theravada se réfèrent au canon pali, le seul resté complet jusqu’à nos jours[1]. Celui-ci a été rédigé au 1e siècle de notre ère au Sri Lanka par des moines theravadin. Il comprend des textes relatifs à la discipline monastique, des sermons et des écrits exposant la doctrine de l’école.
Le bouddhisme theravada se caractérise par la valorisation de la voie monastique, perçue comme particulièrement propice puisqu’elle implique un détachement du monde. Le but du pratiquant est de devenir un arhat, c’est-à-dire quelqu’un qui, par la pratique spirituelle et grâce à l’enseignement d’un bouddha, a atteint l’éveil et s’est libéré du cycle sans fin des renaissances (samsara). Il est considéré plus aisé de devenir un arhat que d’atteindre l’éveil complet. Ce dernier est accessible aux arhat qui renoncent au nirvana pour devenir des bodhisattva œuvrant pour le bien d’autrui, chemin qui les mènera jusqu’à l’état de « bouddha parfait ».
Dans le mahāyāna, l’idéal de compassion du bodhisattva est devenu central, reléguant au second plan celui de l’arhat. C’est pour cette raison que, dans un contexte ancien de controverses entre écoles, ceux qui mettaient l’accent sur l’idéal du bodhisattva en vinrent à qualifier leur courant de « grand (maha) véhicule (yana)» et à désigner les écoles du bouddhisme ancien (dont le theravada est l’héritier) de « petit véhicule », hinayana. Ce terme est donc à l’origine un terme polémique.
Indications bibliographiques :
CELLI, Nicoletta, Le Bouddhisme, Hazan, Guide des Arts, 2006.
CORNU, Philippe (dir), Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme, Editions du Seuil, 2001.
HAZRA, Kanai Lal, History of Theravâda Buddhism in South-East Asia, with special reference to India and Ceylon, Munshiram Manoharlal Publishers, 1982.
KEOWN, Damien, A dictionary of Buddhism, Oxford University Press, 2004 (online version 2012)
MAGNIN, Paul, Bouddhisme, unité et diversité, Editions du Cerf, 2003.
SARAO K.T.S (éd.), A Text Book of the History of Theravâda Buddhism, Department of Buddhist Studies University of Delhi , 2007 (1ère éd. 1995).
[1] Les principaux canons bouddhiques sont le canon pali, chinois et tibétain.