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A propos de la " libre circulation "
On votera donc l'année prochaine, une fois de plus, et avec grosso modo la même configuration politique que la fois précédente, sur la " libre circulation " et son extension. La même configuration politique, c'est-à-dire la droite radicale et libérale, le centre-démocrate chrétien, la gauche socialiste, alternative et verte, les organisations patronales et les syndicats pour le " oui ", contre l'UDC, les petites organisations d'extrême-droite, l'ASIN et quelques groupes d'extrême-gauche, appelant à voter " non ". Les arguments n'ont changé dans aucun des deux camps, et dans aucune de leurs composantes (quoique l'UDC se soit livré à un exercice assez périlleux de retournement de veste, changeant trois fois de position en quelques mois, pour finalement retrouver sa position initiale, celle du refus). Au delà de la question posée par le vote de 2009, c'est bien celle de la réponse à donner à la mondialisation capitaliste : une réponse par la protection nationale, ou une réponse par la lutte internationale.
" Les frontières, on s'en fout ! "
Il n'y a pas de réponse nationale à la mondialisation capitaliste, pas plus qu'il n'y avait de réponse féodale à la révolution industrielle : le repli à l'intérieur des frontières, le retour au cloisonnement national, l'usage purement défensif, quand il n'est pas fétichiste, des instruments de l'Etat-nation, sont non seulement inefficaces, mais également, et au sens propre du terme, réactionnaires. A la globalisation et à la mondialisation capitalistes, nous n'avons pas à opposer l'enfermement national, pas plus que les socialistes du XIXème siècle n'opposaient à la révolution industrielle le retour aux institutions féodales, mais l'internationalisme, la solidarité internationale, l'élargissement du processus de décision à l'ensemble des nations, et la généralisation à l'ensemble des personnes et des peuples des droits fondamentaux conquis (fût-ce partiellement et précairement) dans notre partie du monde -droits qu'il convient en outre de renforcer et d'élargir ici-même. C'est en tant qu'elle est négatrice de ces droits que nous combattons la globalisation capitaliste, et c'est pour élargir ces droits que nous y opposons notre propre internationalisme. Mais si le mouvement socialiste est fondé sur l'internationalisme, et sur l'exigence de la solidarité internationale, son pluralisme a permis l'expression en son sein ou à ses marges de conceptions fort éloignées de ces exigences. Ces conceptions défensives, nationalistes, isolationnistes, conservatrices, perdurent. La mondialisation capitaliste leur a même redonné, en même temps qu'un vernis de " résistance ", des forces et une audience nouvelles -sans leur donner plus de pertinence qu'elles n'en eurent jamais. Nous avons à nous en défaire, et à les combattre.
A propos de la " libre circulation "