Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07240.jsonl.gz/671

Suite à vos nombreux courriers, voici donc une balade à Malte.
Pour rappel (merci à Wikipedia), Malte est non pas une ile mais un état insulaire composé de 3 iles (Malte, Gozo et Comino) et de 2 ilots (Cominotto et Filfla).
L’archipel est situé dans la mer Méditerranée à environ 100 kilomètres au sud de la Sicile, 300 kilomètres à l’est de la Tunisie et 350 kilomètres au nord de la Libye. Sa localisation stratégique lui a valu les convoitises de nombreuses civilisations au cours des âges.
L’ile de Malte mesure 27 km dans sa plus grande longueur et 14,5 km dans sa plus grande largeur, pour une superficie de 246 Km² et un point culminant à 253m.
De par sa position stratégique en Méditerranée, Malte a été occupée pendant des siècles. Les Phéniciens, les Carthagiens, les Romains (218 avant Jésus Christ), les Arabes (870), les Normands (en 1090), les Siciliens.
En 1530, Charles Quint, qui avait hérité des possessions de Naples et de la Sicile, offre Malte à l’Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, un ordre consacré à la défense du Royaume latin de Jérusalem, en compensation de Rhodes d’où ils ont été chassés par les Ottomans : le grand maître de l’ordre devient le souverain de Malte. L’ordre change alors de nom et devient l’Ordre de Malte.
Ils édifient plusieurs fortifications et peuvent résister victorieusement au siège turc de 1565. Leur domination prend fin en 1798 avec la prise de l’île par Napoléon Bonaparte. En 1800, les Maltais appellent les Britanniques à l’aide en raison du pillage systématique de l’île par les troupes Napoléoniennes et plusieurs lois impopulaires promulguées par Bonaparte. Cependant, les Britanniques refusent de rendre l’archipel à l’ordre de Malte et l’annexent officiellement à l’Empire britannique en 1814 après la signature du traité de Paris.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Malte joue un rôle important en raison de sa position stratégique gêne considérablement le ravitaillement des armées de l’Axe en Afrique du nord dans leur tentative de s’emparer du canal de Suez. Cela lui vaut la Croix du roi George pour sa résistance héroïque face au blocus et aux bombardements incessants, croix qui figure aujourd’hui sur le drapeau national.
L’indépendance du pays est reconnue le 21 septembre 1964 mais Malte conserve la reine Elisabeth II à sa tête comme de nombreux pays du Commonwealth. Ce n’est que 10 ans plus tard, le 13 décembre 1974, sous l’impulsion du premier ministre Dom Mintoff que Malte proclame la république et élit un président à sa tête.
Malte est membre de l’Union Européenne depuis le 1er mai 2004.
Maintenant, revenons un peu au reportage. Malte est une petite ile, la mer y est donc très présente, les côtes étant assez peuplées.
On y voit des paysages de rêve, avec cette mer transparente et ces barques colorées.
Ici, le port de pêche de Marsaxlokh
Et le luzzi, barque de pêche maltaise, avec à sa proue deux yeux, les yeux d’Osiris, que les Phéniciens peignaient pour écarter les mauvais esprits.
En cherchant sur le Web, j’ai trouvé la signification des couleurs. Le jaune symbolise le soleil et le bleu la mer, le rouge traduit le courage des pêcheurs et le vert la part de chance et d’espoir nécessaire à l’exercice de leur métier.
Voici d’ailleurs un pêcheur en train de reprendre des forces.
Si la mer est un pilier de Malte, l’autre pilier c’est incontestablement la religion. Quelques chiffres: Malte compte environ 400 églises, pour 400,000 habitants, soit un ratio de 1 pour 1000.
On trouve des églises partout, vraiment partout. Au détour d’un petit village, hop le grand édifice ci-dessous. Vraiment disproportionné par rapport à la taille du bled.
Allez, encore une, pour le plaisir :)
Et en plus, les églises ont plein d’ampoules sur leurs façades, qu’on allume à l’occasion des fêtes de village.
C’est plutôt joli, les fêtes de village, à Malte. On allume tout, on décore…
Il y a même des orchestres.
Suite de la balade, dans un joli bus bi-colore.
De par sa localisation géographique, il ne pleut pas souvent à Malte, donc il y a peu de nappes phréatiques. Malte fait partie des 10 premiers pays du monde en ce qui concerne la pénurie en eau et doit donc avoir recours à des usines de dessalement pour assurer l’approvisionnement en eau pour la population et les zones agricoles.
La photo ci-dessous illustre bien à quel point Malte est tout sauf une ile à la flore luxuriante. On trouve essentiellement des plantes méditerranéennes, adaptées à ce manque d’eau, des figuiers de Barbarie par exemple.
Maintenons, allons faire un tour à La Valette, la capitale fortifiée de Malte. C’est à mon avis l’un des lieus les plus intéressants de l’ile, avec également Mdina, ville datant de l’occupation Arabe et qui fut longtemps la capitale de Malte.
La Valette, avec son port et ses fortifications, est un endroit magnifique, qui tranche avec le reste du pays. L’influence des Chevaliers de l’Ordre de Malte y est partout présent.
La cité doit son nom à son fondateur, le français Jean Parisot de la Valette, Grand Maître de l’Ordre de l’époque.
Les grandes étendues d’eau du port tranchent avec les ruelles dans lesquelles on se réfugie pour trouver un peu d’ombre.
Le musée de la Marine retrace l’histoire de l’ile, notamment les différentes attaques, par les Arabes et les Français notamment.
Ici, le coeur de la ville, autour de la Co-Cathédrale de Saint Jean, avec ses arcades.
Ici, l’un des batîments du Gouvernement Maltais.
Et un chevalier en armure dans le Palais des Grands Maîtres.
Malte a quelques jolis atouts touristiques, notamment La Valette, Mdina et la Grotte Bleue, mais une infrastructure vacillante (sans être pittoresque). Le financement apportée par l’Union Européenne devrait revaloriser l’ile et la mettre plus en valeur. Espérons que cela se fasse sans casser le charme de l’ile. Le littoral est déjà beaucoup trop bétonné à mon gout.
Les Maltais sont des gens accueillants, comme la plupart des Méditerranéens. Leur langue est passionnante, reflétant les différentes influences des occupants de l’ile au fil des siècles.
C’est une langue sémitique, de la même famille que l’hébreu et l’arabe, qui s’écrit avec un alphabet latin. La grande majorité du vocabulaire ainsi que la grammaire sont très semblables à ceux des dialectes arabes d’Afrique du Nord, en particulier le tunisien. Avec en plus, l’apport du sicilien et de l’italien, et plus modestement du français et de l’anglais.
Pour vous rendre compte de ce à quoi ça ressemble, allez donc faire un tour sur ce site.
D’un point de vue culinaire, je n’ai pas trouvé la nourriture très excitante. Je mets cela sur le compte de la longue occupation britannique, qui a fait des dégâts :) Heureusement que l’influence sicilienne rattrape un peu la situation.
Rendez-vous le mois prochain pour le dernier article de la série “Voyage et balade aux 4 coins du monde”. Changement radical d’endroit, puisque je vous emmènerais à Las Vegas, un lieu de débauche qui présente toutefois certains attraits.