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Par Jan Krepelka, Institut Liberal, septembre 2007
Résumé: Le «service public» sert de slogan pratique à bon nombre de politiciens, alors qu’en réalité les services publics consistent en des monopoles étatiques qui servent surtout à maintenir des privilèges pour certains, au détriment de la grande majorité des consommateurs.
Les définitions habituelles du «service public» sont peu convaincantes. Le plus souvent, le «service public» est défini par le fait qu’il serait censé servir « l’intérêt général», contrairement aux services privés qui servent des intérêts privés. Cette distinction s’avère cependant trompeuse puisque l’intérêt général n’existe pas, seuls les individus pouvant faire des choix et avoir des intérêts. Une définition en termes d’objectifs autres que le profit n’est pas pertinente non plus, puisque les profits peuvent, dans de nombreux cas, être cachés sous forme de coûts, notamment en accordant des privilèges excessifs aux employés des entreprises du « service public». Finalement, les services publics ne peuvent être définis que selon des critères politiques, qui reflètent tout au plus des préférences et des intérêts particuliers. La théorie des «biens publics » et celle des « monopoles naturels », parfois avancées en relation avec la nécessité pour l’État d’assurer certains services, ne justifient en rien le « service public ». Les « services publics » n’en remplissent guère les critères, et l’expérience montre amplement que la concurrence entre plusieurs entreprises, même dans des domaines réputés « publics », conduit à des baisses de prix. De même, le « contrôle démocratique » sur les « services publics » apparaît comme un mythe : chacun a bien plus de contrôle sur ce qui le concerne sur un marché libre qu’en passant par la démocratie des urnes.
Dans le domaine de la culture et des médias, la diversité des préférences individuelles implique que toute politique étatique intervenant dans le domaine est nécessairement arbitraire, puisqu’elle favorise certaines productions culturelles ou médiatiques au détriment d’autres. Elle réduit donc la diversité et les choix en la matière, au profit de certains qui peuvent financer leurs propres goûts aux frais d’autrui. Dans les domaines des télécommunications , des services postaux, de l’électricité et du transport ferroviaire et routier, les libéralisations plus ou moins avancées qui ont déjà été commencées ont porté leurs fruits, au grand bénéfice des consommateurs, et doivent être poursuivies ou entreprises là où elles ne sont pas encore envisagées.
Restaurer le libre choix du consommateur apparaît comme un impératif tant économique que moral. Afin de mener à bien les libéralisations qui s’imposent, il convient d’une part de supprimer les privilèges indus, d’autre part, de déréglementer les secteurs dans lesquels la concurrence est interdite ou entravée, et enfin de privatiser les entreprises encore en mains étatiques.