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A l'inverse des bouteilles en PET ou en verre, des emballages en fer blanc ou en alu, des piles ou des déchets organiques, il n'existe pas encore de filière de recyclage national du plastique en Suisse. Pour Swiss Recycling, une telle collecte permettrait notamment de réduire les émissions de CO2. Chaque personne en Suisse consomme en effet en moyenne 125 kilos de plastique par an, et un tiers de ce plastique provient des emballages.
Financé via une taxe sur le prix d'achat des produits
Pour financer la collecte, une contribution sera intégrée au prix d'achat des produits. "Plus un emballage sera recyclable, moins élevée sera la contribution payée par le client. L’objectif est d'inciter les fabricants à créer des emballages de plus en plus recyclables", explique le directeur de Swiss Recycling Patrik Geisselhardt.
L'objectif affiché est de récolter 100'000 tonnes de plastique par an pour le recycler plutôt que le brûler. Cela permettrait de réduire les émissions de CO2 de 200’000 tonnes, soit 0,4% des émissions totales de la Suisse.
Déjà testé par certaines communes
Des communes ont déjà franchi le pas, notamment en Suisse alémanique. Ainsi, les emballages en plastique de plusieurs ménages st-gallois, thurgoviens et appenzellois finissent dans un sac de tri "". "On peut faire quelque chose pour l'environnement, aider au recyclage. Quand on utilise ces sacs, on prend conscience que certains emballages contiennent beaucoup de plastique. On cherche aussi à changer nos habitudes de consommation", a témoigné mercredi dans le 19h30 de la RTS une utilisatrice de la première heure de ces sacs de récupération.
Lancé en 2015, "Kuh-bag" est le plus grand projet de collecte de plastique au niveau suisse, et son succès est grandissant. Près de 130 communes participent déjà à l'opération. L'an dernier, 1000 tonnes de plastiques ont été récupérées. Ces déchets sont ensuite envoyés en Autriche ou en Allemagne pour être en partie recyclés. "Aujourd'hui, on arrive à en recycler 50%, grâce au tri mécanique. Avec le tri manuel, plus cher, on pourrait monter à 70%", détaille Claudio Bianculli, responsable de l'association st-galloise pour la gestion des déchets Bazenheid.
Une fausse bonne idée?
L'idée d'un tri généralisé du plastique ne convainc cependant pas tout le monde. Ainsi, pour l'expert "zéro-déchet" de Greenpeace Matthias Wüthrich, c'est une fausse bonne idée: "Le recyclage est une solution cosmétique, quand on voit la pollution des mers à cause des micro-plastiques et tous ces produits que Nestlé ou Migros emballent dans du plastique. Ce qu'on demande, c’est de créer des emballages réutilisables, avec le recyclage comme solution de dernier recours", plaide-t-il.
>> Revoir l'enquête de Temps Présent du 8 octobre dernier revenir sur la filière des déchets plastiques en Suisse:
Sujet TV: Armin Rüede, Julien Guillaume.
Adaptation web: Vincent Cherpillod
Migros poursuit son propre projet
Les grands distributeurs, qui proposent déjà, dans certaines succursales, des points de collecte pour certains types de bouteilles en plastique qui ne sont pas en PET, observent avec intérêt le développement d'une filière nationale de tri et recyclage du plastique.
Interrogée par la RTS, Migros indique ainsi qu'elle est déjà partenaire de l'association Swiss Recycling et qu'elle observera avec intérêt l'initiative en question. "Nous sommes en principe très ouverts à la coopération dans ce domaine", a précisé son porte-parole Tristan Cerf. Il souligne au passage l'engagement du groupe pour l'économie circulaire, certains de ses produits étant commercialisés dans des emballages provenant à 100% de plastique recyclé.
En parallèle, le géant orange poursuitpour sa clientèle. Il entend proposer des sacs de tri - 9 francs le rouleau de 10 sacs - pour collecter bouteilles, emballages et cornets en plastique. Les consommateurs devront ensuite rapporter ces sacs dans les points de vente. Annoncé en juin dernier, le projet n'a pas encore été lancé.