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Addiction/dépendance
« Les jeux vidéo/Internet peuvent-ils devenir une drogue ? »
C’est une question qui fait débat parmi les professionnels.
Il semble en effet que dans certaines situations, on retrouve dans l’usage fait des jeux vidéo ou d’Internet des caractéristiques générales de l’addiction - définie par des critères de perte de contrôle, de compulsion (pensées obsédantes qui cessent lors du comportement-problème) et d’impulsion (réalisation du comportement sans tenir compte des conséquences socio-environnementales négatives). En ce sens, on pourrait qualifier ce type de conduites d’ « addictions comportementales » ou d’ « addictions sans substance ». Les termes de cyberaddiction et de cyberdépendance, qui restent controversés, sont d’ailleurs de plus en plus utilisés. Les critères d’addiction retrouvés chez les personnes pratiquant un usage excessif d’Internet ou des jeux vidéo seraient ainsi les suivants (Griffiths, 2008a, 2008b, 2009) : les jeux vidéo ou Internet deviennent le centre de la vie de la personne, celle-ci présente des changements de l’humeur importants (de la tristesse à l’excitation), le besoin d’augmenter la pratique des jeux vidéo ou d’Internet afin d’atteindre une certaine sensation plaisante (phénomène de tolérance), des sentiments désagréables (irritabilité, nervosité) en cas d’arrêt de la pratique (symptômes de sevrage), des conséquences négatives sur les rapports avec l’entourage, sur les autres activités de la vie quotidienne (travail, école, vie sociale, etc.) ou encore sur la personne elle-même (fatigue, dépression, etc.) et enfin, une difficulté à contrôler sa propre pratique.
Toutefois, dans d’autres situations, il semble que la pratique excessive d’Internet ou des jeux vidéo soit plutôt à comprendre comme un symptôme parmi d’autres dans un contexte de troubles de l’adaptation (une adaptation difficile à un nouveau contexte de vie, par exemple des difficultés d’émancipation du nid familial à l’adolescence ou au début de l’âge adulte), ou en présence d’autres difficultés émotionnelles plus ou moins sévères (anxiété, dépression, troubles de personnalité). D’autre part, si la dimension hédonique que l’on retrouve dans les addictions aux substances psycho-actives ou aux jeux d’argent est également présente dans le plaisir plus ou moins intense que peuvent procurer certains jeux vidéo, la chronicité des troubles et l’intensité des conséquences négatives semblent habituellement moindres comparé aux toxicomanies ou à l'addiction aux jeux de hasard et d'argent.
En l’état actuel des connaissances, il paraît donc prudent de garder un certain recul par rapport à l’utilisation des qualificatifs d’addiction ou de dépendance, s’agissant des pratiques excessives des jeux vidéo ou d’Internet. Une formulation neutre peut consister à parler de « troubles associés aux médias électroniques » (TME).