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Le nouveau gilet pare-balles équipera les 100'000 hommes de l'armée suisse. Le National s'est rallié jeudi à la proposition moins chère du Conseil des Etats. Grâce à ce compromis, le message sur l'armée 2018 est définitivement adopté.
Le Conseil fédéral demandait 377 millions pour un nouveau système d'habillement et d'équipement modulaire destiné à la troupe, dont 199,2 millions les gilets de protection. Finalement, cette somme sera ramenée à 170 millions de francs, a décidé le National par 92 voix contre 81.
Il a suivi la proposition du Conseil des Etats de renoncer à la réserve de roulement de 15'000 équipements. "Tout ce qui dépasse ce dont on peut se passer devrait être laissé de côté", a soutenu Lisa Mazzone (Verts/GE). Le ministre de la défense Guy Parmelin s'est aussi dit prêt à pouvoir vivre avec ce compromis. "Il sera encore possible d'équiper 85'000 militaires dans le cadre des rotations", a-t-il déclaré.
Estimant exagéré d'équiper toute la troupe, le Conseil des Etat aurait voulu dans un premier temps couper le budget gilet en deux à 99,6 millions, mais la Chambre du peuple y a opposé une fin de non recevoir.
Deux gilets
Ce gilet existe en deux variantes, l'une d'une surface réduite pour les engagements au combat nécessitant une grande mobilité, l'autre avec une surface de protection maximale utilisée pour les missions de surveillance. Il devrait être distribué à la troupe dès 2022 pour une durée d'utilisation de 25 ans.
L'acquisition des gilets est prévue dans le message sur l'armée 2018. L'enveloppe totale s'élève à plus de deux milliards de francs dont 818,8 millions pour le programme d'armement, 742 millions de crédits-cadre pour le matériel d'armée et 460,5 millions pour l'immobilier.
Armement
Dans le programme d'armement, le crédit d'habillement et d'équipement modulaire est désormais ramené à 347,8 millions. Un crédit-cadre de 100 millions doit servir à compléter d'autres éléments de l'équipement existant de la troupe, par exemple pour des fusils d'assaut pour la sécurité militaire et des fusils de précision pour les forces spéciales.
La modernisation des hélicoptères de transport Cougar, engagés pour les transports de matériel et de la troupe, est devisée à 168 millions. Le Conseil fédéral demandait en outre 114 millions (radars secondaires) et 16 millions (radars primaires) pour la modernisation du maintien du système de surveillance de l'espace aérien Florako. Septante-trois millions sont prévus pour le remplacement de l'infrastructure au sol de radiocommunication aérienne.
Les crédits-cadres pour le matériel d'armée 2018 financent les études de projets, les essais et les préparatifs d'achats (150 millions), l'équipement personnel et le matériel à renouveler (420 millions) ainsi que les munitions (172 millions).
Immobilier
Une somme de 460,5 millions est prévue pour l'immobilier. Le Parlement a réduit de 2,5 millions, à 37,5 millions, le crédit pour la transformation de la place d'armes de Drognens (FR). Il a jugé les réserves trop élevées.
Le programme immobilier prévoit par ailleurs 53 millions pour l'adaptation d'installations de l'infrastructure au sol de radiocommunication aérienne, 39 millions pour la rénovation et la consolidation d'une installation militaire classifiée et 27 millions pour la transformation de la halle 4 de l'aérodrome de Payerne.
Le développement de la place d'armes de Wangen (BE) est devisé à 89 millions et l'agrandissement de l'infrastructure au Simplon (VS) à 30 millions. S'ajoutent 185 millions destinés à des projets de moins de 10 millions chacun. Il s'agira notamment de pallier la fermeture des sites de Fribourg, Lyss et Moudon.
Mise hors service
Pour la première fois, le message sur l'armée porte sur des mises hors service de systèmes d'armes importants. Le Conseil fédéral propose ainsi de se débarrasser de 27 avions de combat Tiger.
Dans le cadre de la mise hors service de l'artillerie de forteresse, les canons Bison et les lance-mines 12 cm restants ainsi que les infrastructures associées seront vendus, ou vidés et fermés. Le Conseil fédéral veut enfin liquider 162 obusiers blindés, 59 véhicules de transport à chenille et 106 chasseurs de chars.