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Comment les Romains approvisionnaient-ils les grands centres de leur époque tels que Vitudurum (Oberwinterthur), Aquae Helveticae (Baden) ou Vindonissa (Windisch)? En grande partie grâce aux villae implantées dans la région.
Katrin Brunner
Katrin Brunner est une journaliste indépendante, spécialisée dans l'histoire et chroniqueuse de Niederweningen.
Les villae romaines étaient le plus souvent construites le long des axes routiers essentiels à la survie des provinces. Lorsqu’il y avait des ressources naturelles à proximité, comme du calcaire, de l’argile ou du minerai de fer, on y produisait aussi, outre des denrées alimentaires, des objets usuels comme des tuiles ou des outils.
À la fois habitation et salle d’apparat, la villa rustica, pièce maîtresse du domaine, était d’une opulence délibérée. La pars rustica qui lui était rattachée, en revanche, était principalement constituée de bâtiments agricoles et d’étables.
D’après les estimations des archéologues, le canton de Zurich comptait à lui seul près de 120 villae romaines, dont beaucoup dorment encore dans le sol. Pour une raison toute simple: c’est dans la terre que ces trésors archéologiques sont le mieux conservés. Lorsque les terrains ont été fouillés, c’est là encore, la plupart du temps, pour une raison toute simple: la sauvegarde avant l’exécution de projets de construction. On sait malgré tout beaucoup de choses sur le rôle et le fonctionnement de ces villae.Entre le Ier et le IIIe siècle après Jésus-Christ, tout individu prétendant à la respectabilité s’essayait au «Roman way of life», y compris en Helvétie. Les villae, qui rassemblaient 120 à 160 personnes sur une surface moyenne de 80 000 m2, ressemblaient beaucoup à de petits hameaux. On suppose que les propriétaires étaient d’anciens soldats romains, mais aussi les membres les plus aisés de l’aristocratie locale. Quant au personnel, des fers retrouvés sur ces terrains laissent penser qu’une partie au moins était composée d’esclaves.On imagine à tort que les villae romaines étaient le lieu de festins et d’orgies quotidiennes. Or les repas opulents, avec des plats aussi exotiques que du flamant rose ou du loir farci à la viande de porc, étaient réservés aux occasions particulières, fêtes ou réunions importantes. Au quotidien, lorsqu’il n’y avait rien à célébrer ni à parlementer, il y avait le plus souvent au menu des gratins très simples ou une épaisse bouillie de céréale appelée la puls. De même, la viande était la plupart du temps réservée à l’élite.Mais lorsqu’il y en avait dans les assiettes, les «maîtres» semblent s’être régalés de gibier, entre autres, et n’avoir garni leur table que des denrées les plus raffinées de l’époque. Si les employés et les esclaves se nourrissaient principalement d’une bouillie de céréales sommaire, l’élite locale savourait parfois des plats sophistiqués à base de viande, de gibier et autres mets raffinés. Y compris des huîtres! C’est ce qu’ont révélé des fouilles effectuées par exemple dans la commune de Buchs (ZH). Ces mollusques étaient acheminés bien vivants vers l’Helvétie, dans des fûts remplis d’eau de mer. Avec l’huile d’olive et le garum, une sauce salée à base de poisson fermenté, la cuisine méditerranéenne s’invitait sur les tables de nos régions septentrionales.Outre la gastronomie, la culture romaine des thermes s’est aussi exportée au nord des Alpes, et pas seulement dans les villes thermales réputées comme Aquae Helveticae, Avenches ou Augusta Raurica. Même les villae relativement modestes étaient équipées d’ingénieux espaces de bain avec bassins d’eau froide et chaude et d’un système de chauffage sophistiqué appelé hypocauste permettant de chauffer différentes pièces. L’air chauffé par un foyer était acheminé par un long tuyau dans des cavités percées sous les sols à réchauffer. Dans les murs, des tuyaux appelés tubuli assuraient également une utilisation optimale de la fumée qui chauffait les murs avant d’être rejetée à l’extérieur.Vers la fin du IVe siècle, les villae s’ouvrirent, intégrant partiellement les villages et les villes. Avec l’avancée des Alamans venus du Nord, les temps devenaient moins sûrs. De nouveaux groupes de population s’installèrent dans la région. La technique romaine du chauffage au sol et des bains sombra quasiment dans l’oubli. Pas tout à fait cependant, car elle continua d’être utilisée là où l’on pouvait se le permettre, comme plus tard dans les monastères.
La sculpture antique de Laocoon et de ses fils ne fait pas seulement figure de tournant dans la représentation artistique de l’homme ; elle a été le réceptacle de l’idéal masculin en perpétuelle mutation.
La frontière romaine n’avait pas seulement une fonction défensive, c’était aussi une source de revenus. En effet, l’Empire prélevait des droits de douane à hauteur de 10 à 25 % sur les marchandises entrant et sortant du territoire.
Claude Cueni est un auteur de romans historiques de renommée internationale. L’écrivain bâlois nous parle de recherches et de visites de musées et nous dit pourquoi son nouveau roman se passe dans le futur.