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Imaginez: plus aucune voiture ne circule sur les routes de Suisse romande. Les espaces libérés, en l'occurrence les routes et autoroutes, pourraient alors être totalement repensés pour accueillir piétons, vélos et autres modes de transports doux.
"L'autoroute entre Lausanne et Genève, alors débarrassée de ses voitures, pourrait par exemple accueillir un nouveau mode de transport sur rail, une sorte de métro, et constituer une nouvelle centralité linéaire autour de laquelle pourrait s’agglomérer une nouvelle urbanité, avec les activités et services nécessaires", détaille vendredi au micro de La Matinale Elena Cogato Lanza.
Ce scénario est l'un de ceux qu'a imaginés cette architecte et historienne de l’urbanisme à l'EPFL dans l'ouvrage "Post-Car World", qu'elle a coécrit. Sur la base de ce travail, elle interviendra la semaine prochaine comme experte dans le cadre du "procès de la voiture" à Lausanne. Durant deux jours, les 3 et 4 novembre, le Palais de Rumine sera en effet le théâtre de procès fictifs, "Les disputes de Rumine", dont l'un portera sur la voiture et sa nécessité.
Scénarios utopiques?
Avec ses étudiants, Elena Cogato Lanza a imaginé, dessiné, conçu ce monde "post voitures". Peut-on dire que ces scénarios sont utopiques, alors que l'on parle plutôt d'élargir l'autoroute entre Lausanne et Genève? La chercheuse répond par la négative et préfère mettre en avant aussi les nombreux projets concernant le rail. "Je refuse personnellement de parler d'utopie. Car du point de vue du support spatial, infrastructurel et des capacités du territoire, un futur sans voiture est tout à fait envisageable."
Sans compter que depuis les années 2000, on observe aussi une certaine volonté de la population de se libérer de la voiture. "Le parc automobile ne fait que diminuer, tout comme l'intérêt pour le permis de conduire, alors que la proportion de personnes disposant d'un abonnement général des CFF ne fait qu'augmenter", avance Elena Cogato Lanza. Autant de signes qui montrent, selon elle, que l'on se détache gentiment de la voiture.
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Certes, les scénarios imaginés peuvent paraître extrêmes, comme le conçoit l'urbaniste de l'EPFL. Mais il s'agit de scénarios vers lesquels il serait tout à fait envisageable de tendre. "C'est surtout une manière de montrer que l'on peut sortir de la conviction qu'on est piégé par un système, qu'il y a des ressources possibles pour sortir de ce monde motorisé."
Il ne faut toutefois pas oublier que ce sont des visions, et non des projets. "Notre mission est d'envisager un futur pour lequel on commence à trouver des moyens pour arriver vers un monde sans voiture", conclut-elle.
Propos recueillis par Pietro Bugnon
Adaptation web: Fabien Grenon