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Des tests de la cigarette iQos de Philip Morris créée à Neuchâtel mis en doute
Le tabac n'est plus brûlé, mais chauffé. Ce nouveau leitmotiv de Philip Morris, incarné par l'iQos, permet de réduire la nocivité de 90% par rapport aux cigarettes traditionnelles, d'après la multinationale.
Mais alors que Philip Morris attend le feu vert pour lancer sa nouvelle cigarette aux Etats-Unis, Reuters révèle que les documents envoyés à l'administration américaine sont problématiques.
Audits de l'administration américaine
La longue enquête de l'agence rapporte notamment qu'une ex-employée affirme avoir été exclue des réunions après avoir souligné une irrégularité dans l'une des études, que l'un des principaux scientifiques en charge des essais a avoué ne rien connaître au sujet du tabac et que lors de tests des échantillons d'urine dépassaient des taux humainement possibles.
Par ailleurs, l'un des chercheurs engagés par le cigarettier pour effectuer ces études a déclaré qu'il les considérait comme "sales", parce que leur but est davantage commercial que scientifique.
L'administration américaine, qui doit rendre sa décision l'an prochain, a procédé à des audits de certains sites qui ont mené les essais cliniques.
L'action en baisse
Sollicité par Reuters, Philip Morris a répondu que "toutes les études ont été conduites par des scientifiques qualifiés" et que des mesures ont été prises concernant "toutes les irrégularités rapportées par nos études".
Face au recul de la cigarette traditionnelle, la multinationale a investi plusieurs milliards, dont une partie sur le site de Serrières (NE), pour produire des inhalateurs de tabac et des vaporettes moins nocifs comme l'iQos.
Mercredi soir, l'action du géant du tabac a chuté de 2,5% à la Bourse de New York après les révélations de Reuters.
>> Ecouter le dossier de 15 Minutes sur le vapotage:
vtom
Publié le 22 décembre 2017 - Modifié le 22 décembre 2017
Moins de substances toxiques, donc moins nocif?
Bien que la quantité de composés toxiques qui se dégagent avec l'iQos soit moins importante que dans les cigarettes conventionnelles, cela ne veut pas dire qu'il est moins nocif, car les substances cancérigènes sont bien présentes, relevait la toxicologue Aurélie Berthet, l'une des auteures de l'étude, en mai dans l'émission de la RTS CQFD.
Quatre chercheurs qui ont travaillé sur le développement de l'iQos, interrogés par Reuters, émettent la même mise en garde.