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S'appuyant sur un sondage qui montre que plus de la moitié des employés au bureau sont "souvent stressés", la présidente du syndicat Unia Vania Alleva rejette vigoureusement deux initiatives parlementaires visant à assouplir la législation sur le temps de travail (archives).
KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI(sda-ats)
Plus de la moitié (54,4%) des employés de bureau se disent "souvent stressés", et 15,4% se sentent même "toujours stressés", selon un sondage publié lundi par le syndicat Unia. Seules 6,2% des personnes interrogées ne se sentent "jamais" ou "rarement" stressées.
Le sondage, effectué en ligne en automne 2016 auprès de 586 personnes (dont 65% de femmes) employées dans des bureaux, montre aussi que le stress au travail a des effets négatifs sur la santé physique et psychique. Beaucoup de personnes se sentent démotivées, exténuées, nerveuses ou irritées, ou encore physiquement affaiblies à cause du stress ressenti, écrit Unia.
Les résultats révèlent aussi que la gestion de la santé et la prévention du stress ne sont pas à l'ordre du jour dans la moitié des entreprises. Autre conclusion: les normes du droit du travail (enregistrement du temps de travail, compensation des heures supplémentaires, etc.) ne sont pas systématiquement respectées.
Le sondage confirme en outre que le stress professionnel peut être prévenu, par une culture d'entreprise axée sur la prévention: la main-d'oeuvre est moins stressée dans les entreprises où la question du stress est abordée au travail.
Initiatives parlementaires combattues
Le syndicat Unia s'appuie sur ce sondage pour s'opposer à deux initiatives parlementaires qui visent à assouplir la législation en matière de saisie et de durée du temps de travail.
Déposé par Karin Keller-Sutter (PLR/SG), le premier texte veut libérer les salariés exerçant une fonction dirigeante et les spécialistes occupant une fonction similaire de l'obligation de saisir leur temps de travail. Le second texte, de Konrad Graber (PDC/LU), réclame pour ces catégories de personnel une flexibilité en matière de durée du travail hebdomadaire et de temps de repos.
Ces deux interventions parlementaires ont été soutenues par la commission de l'économie du Conseil des Etats. Si son homologue du National en fait de même le 23 janvier, un projet pourra être élaboré. Alors que l'Union syndicale suisse s'est déjà opposée à ces deux initiatives en novembre, Unia les qualifie de "dangereuses et inhumaines".
Attaque contre la santé
"Toutes deux cherchent à vider de leur substance les dispositions relatives au temps de travail et constituent à ce titre une attaque directe contre la protection de la santé des salariés en Suisse", a dénoncé Vania Alleva, présidente d'Unia, devant les médias à Berne, selon la version écrite de son discours.
Le syndicat refuse cette détérioration de la loi sur le travail et réclame au contraire un renforcement des contrôles et de la protection de la santé et de l'organisation du temps de travail dans les conventions collectives de travail (CCT). Unia exige aussi des améliorations nécessaires pour les nouveaux modes de travail.
Aujourd'hui déjà, les journées de travail interminables, la nécessité de rester joignable en permanence, le travail 24 heures sur 24 et les pressions au rendement sont une réalité courante, a ajouté Mme Alleva. "Les conséquences négatives sautent aux yeux: toujours plus d'employés souffrent de stress."
Le sondage d'Unia a été réalisé dans les professions de bureau, les branches des assurances, des caisses maladie, de l'informatique, de la publicité et du marketing, dans les études d'avocats et de notaires, dans la gestion immobilière, l'administration et auprès des banques.
Parmi les personnes interrogées figurent 68% d'employés, 23% d'employés avec fonction de cadre, 7% de cadres supérieurs et 2% d'indépendants. Dans l'échantillon, 64% des participants travaillent à plein temps et environ 30% travaillent au moins une fois par mois à domicile. Un tiers ont achevé un apprentissage et 30% ont un diplôme universitaire ou HES. La moitié ne sont pas membres d'Unia.
ATS