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Irrésistible Peter Sagan! Le coureur slovaque a remporté son deuxième titre consécutif dans la course en ligne des...16.10.2016 16:20
Le Slovaque Peter Sagan, champion du monde en titre, est passé à l'attaque dans Milan-Sanremo mais a été devancé in-extremis par le Polonais Michal Kwiatkowski (Sky), son prédécesseur au palmarès mondial.
Sagan s'est montré incandescent dans le Poggio, la dernière difficulté de la plus longue classique de la saison (291 km). Son démarrage en force, à 6200 mètres de l'arrivée, a condamné les sprinteurs. Mais il n'a pu distancer Kwiatkowski et le Français Julian Alaphilippe (3e) qui l'ont accompagné au long de la descente et sur le plat menant à la ligne.
Sur le léger faux-plat de la Via Roma, Sagan, qui avait assuré la quasi-totalité du travail, a lancé le sprint de loin. Kwiatkowski, dans sa roue, a tout donné pour le remonter de justesse et devenir le premier coureur de l'équipe Sky (et le premier Polonais) vainqueur de la "classicissima" en 108 éditions.
Dans un effort désespéré, Sagan a tenté de préserver son avantage. Il a évité la chute, sitôt la ligne franchie, au prix d'un numéro d'acrobate dont il est coutumier et a félicité rapidement son rival, né la même année que lui en 1990.
"Deuxième, je me suis habitué", a réagi ensuite le Slovaque, qui avait déjà terminé à cette place en 2013 derrière l'Allemand Gerald Ciolek. Avant de grommeler: "Bah, j'ai d'autres objectifs."
Sagan, capable aussi de s'imposer dans un sprint massif, a justifié sa tactique offensive dans une course souvent verrouillée par les équipes des sprinteus: "Au début (de l'échappée), j'étais seul puis les autres m'ont donné quelques relais. J'ai continué car j'ai cru que je pouvais gagner au sprint."
Fidèle à son personnage de "showman", le champion du monde a ensuite relativisé le résultat, dans la droite ligne des propos de l'Espagnol Alberto Contador, dimanche dernier, à l'arrivée de Paris-Nice: "Le plus important, c'est de faire le spectacle pour le public !"
Grand descendeur
La "classicissima", qui ouvre la saison des grandes courses d'un jour, a consacré en tout cas un coureur de premier plan. A défaut de "monument" (la San Remo est son premier), Kwiatkowski s'est bâti un palmarès dans les courses d'un jour. Outre le titre mondial obtenu à Ponferrada (Espagne) en 2014, il a aussi enlevé les Strade Bianche, la seconde fois au début du mois de mars, l'Amstel Gold Race et le GP E3 en Belgique, preuve de son éclectisme sur des terrains différents et de ses talents de puncheur.
Grand descendeur, le Polonais s'est accroché pour garder le contact sur le haut du Poggio avec Sagan et aussi Alaphilippe, remarquable pour ses débuts dans la Primavera. Tous trois ont basculé avec une dizaine de secondes d'avance, un avantage qui s'est élevé à 17'' au bas de la descente, à 2200 mètres de l'arrivée.
"J'étais déjà content d'être là. Après, je me suis concentré sur le sprint", a déclaré le vainqueur, comblé par le dénouement face à celui qu'il connaît par coeur pour l'affronter régulièrement depuis les catégories de jeunes.
"Quand je vois les deux coureurs à côté de moi, je ne peux pas avoir de regrets, j'ai tout donné", s'est consolé pour sa part Alaphilippe.
Le Français, le plus jeune (24 ans) et le moins expérimenté du trio, a ajouté un nouveau podium à sa collection, dans la continuité de ses performances dans les classiques ardennaises.
"Je surfe sur ma bonne forme de Paris-Nice (victoire d'étape). J'aime les courses dures avec du mouvement", a commenté Alaphilippe. "Aujourd'hui, c'était difficile de rester concentré sur toute la première partie, ça m'a paru un peu long". Pas moins de 7 heures et quelques minutes pour une édition marquée par la défaite collective des sprinters (Kristoff 4e, Gaviria 5e, Démare 6e, Degenkolb 7e, Bouhanni 8e).
Les Suisses se sont contentés de jouer les utilités pour leurs leaders. Le meilleur d'entre eux a été Michael Albasini, 45e dans le temps du quatrième Kristoff.