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Plusieurs modèles mathématiques peuvent servir de support pour modéliser la dynamique entre les différentes interactions d'un système. Le plus simple est une simulation avec des valeurs booléennes, tel que l'as faite S. Kaufmann . On peut facilement montre que la logique du facteur limitant mène à un fonctionnement cyclique qui fait alterner les quatre type de variables, dans un ordre définit (rotation dans le sens horaire) ou dans l'ordre inverse (sens anti-horaire). En fonction des variables d'état interne et des variables d'état de l'environnement, le système possède un bassin d'attraction plus ou moins stable, c'est-à-dire un fonctionnement qui, écarté de son point d'équilibre, y revient naturellement. En revanche, il existe des conditions limites qui place le système dans un état instable, entre ordre et désordre, de sorte qu'une petite modification des variables emmène le système dans uns dynamique chaotique. La détermination des ces conditions limite est un outil de planification sociale qui doit permettre d'orienter les types de relations dans une société ainsi que le système de valeur, de manière a maximiser la complexification (développement) et à en minimiser le coût entropique.
D'un point de vue méthodologique, il y a trois problèmes à résoudre : définition de l'état, établissement des lois de transition et mise au point des méthodes permettant de caractériser l'évolution. Nous allons développer la réflexion selon ces trois axes.
Les flux entre les éléments du système et avec l'extérieur entretiennent et construisent le système qui accumule ainsi du capital. A l'intérieur les flux permettent de produire les identités qui caractérisent le système et qui justifie son existence par rapport à son environnement. L'identité des systèmes est constituée par ce qu'ils produisent, des vélos pour une entreprise, de la connaissance pour une école ou de l'organisation pour un état. A l'extérieur les flux se déroulent avec d'autres systèmes d'ordre inférieur, égal ou supérieur. Ces systèmes sont considérés comme constituant l'environnement du système étudié. Nous avons défini quatre types de capitaux. Pour construire chacun de ces capitaux, il existe des flux considérés comme étant les charges et d'autre comme étant les produits. Les produits construisent la complexité interne du système et les charges correspondent à l'augmentation de l'entropie de l'environnement. Ainsi, le coût de la construction complexe d'un système (interne) est une augmentation d'entropie de l'environnement (externe au système). Les charges sont extériorisées et les produits intériorisés. L'optimisation que l'on fait entre charges et produits, pour maximiser les profits, à pour objectif, dans la comptabilité complexe, la maximisation de la complexité. Cette complexité est dépendante des flux complexes interne au système (sens horaire de rotation), alors que les flux entropiques (sens anti-horaire de rotation) sont une charge pour l'environnement du système. L'approche comptable traditionnelle a pour objectif la performance dans la production du capital. Elle est centrée sur les valeurs capitalistes actuelles (valeurs échangeables, consommables). Dans la comptabilité complexe, il s'agit aussi de construction de capital, comme c'est le cas pour tous les systèmes quelque soit leur hiérarchie des valeurs. L'approche complexe est centrée sur la durabilité des systèmes. C'est sa valeur de référence. Il s'agit donc d'une approche dans le long terme qui exprime des potentialités du système dans un environnement en mutation. Il est donc indispensable que le capital complexe ne dépende pas des valeurs sociales actuelles. Nous pouvons appeler " capital complexe " ce capital lié à la complexité et centré sur une échelle des valeurs qui place au sommet la durabilité du développement.
Les charges et les produits correspondent à des activités humaines bien spécifiques. Nous les catégorisons dans le schéma ci-dessous en les superposant aux capitaux qu'ils construisent. Dans l'analyse d'un système social à travers une comptabilité complexe, on distingue les flux externes, c'est-à-dire ce que le système donne, reçoit, prend et échange avec son environnement et les flux internes qui correspondent à l'affectation des ressources au sein du système. Les flux externes permettent au système l'acquisition des ressources et de l'entropie nécessaire à son développement. Les flux internes permettent de produire l'identité et la complexité du système capable de garantir sa survie à court et à long terme. Flux internes et flux externes sont intimement liés puisque les uns ne peuvent exister sans les autres et inversement. Dans l'analyse d'un système social à travers une comptabilité complexe, on distingue les flux externes, c'est-à-dire ce que le système donne, reçoit, prend et échange avec son environnement et les flux internes qui correspondent à l'affectation des ressources au sein du système.
Les flux internes construisent les capitaux internes. Ainsi, la production permet les stocks, la recherche permet l'innovation, l'organisation permet la structure, le don/contre don permet la collaboration.
Les flux externes construisent les capitaux externes. Ainsi, la publicité permet la reconnaissance sur le marché d'un produit, le commerce permet la spécialisation, le bénéfice permet la hiérarchie et le réseau permet la sécurité.
Les capitaux sont à l'origine des flux. Ils peuvent produirent différents types de flux. Les relations présentées ci-dessous sont celles qui conduisent à la construction d'un système complexe. Elles forment des boucles de rétroaction positives.
Le capital externe engendre les flux internes; La réputation, capital externe de type identitaire, engendre le lien interne. La spécificité d'un système pour son environnement engendre la production interne. La domination de l'environnement (capital hiérarchique externe) engendre la recherche et le développement. La sécurité et l'indépendance externe engendrent l'organisation interne.
Le capital interne engendre les flux externes. Pour valoriser un capital interne de manière à produire de la hiérarchie, il faut produire des flux externes de la phase suivante. La production engendre un capital interne élevé (stock d'identité) qui va engendrer des flux extérieurs de type échange. Avec le même raisonnement, en partant du capital externe de spécialisation (suivre sur les figures ci-dessus), on comprend qu'il aboutisse à des flux hiérarchiques avec l'environnement et que la spécificité d'un système pour son environnement produit le bénéfice qui permet le maintient et le développement du système. La recherche et le développement produisent un capital interne qui est la spécificité du système pour son environnement. Cette spécificité produit d'autant plus de bénéfice qu'elle a un caractère unique (monopole). Une entreprise qui a un monopole va produire beaucoup de bénéfices. Un état qui a le monopole de l'organisation d'une société engendre beaucoup de flux hiérarchiques (taxes et imp�ts) de même nature que le bénéfice d'une entreprise. Le capital interne composé de l'organisation interne d'un système, produit des flux de type exclusion. Un syndicat, par exemple, structure ses membres et produit une rupture entre les intérêts de ses membres et les intérêts des non membres (patrons). Une entreprise va chercher à exclure ses concurrents du marché. L'état qui structure ses administrés, cherche a exclure les étranger (frontières). Le capital interne de lien, qui consiste en la capacité à collaborer, à partager, autour d'intérêts communs, engendre une identité forte du système, une cohérence qui produit des flux externes de type éducatifs. Le système cherche à intégrer d'autres éléments ou systèmes en donnant son identité à l'extérieur. A l'inverse de la phase précédent qui produisait une fermeture du système par ses frontières, cette dynamique engendre une ouverture. Ainsi, en suivant la logiques décrites ci-dessus, des relations entre flux et capitaux ainsi qu'entre capitaux et flux, nous pouvons montrer que la dynamique systémique évolue en spirale, chaque phase d'un système produisant la phase suivante.
Le deuxième principe de la thermodynamique nous permet de déterminer le sens d'évolution des processus. Globalement, les processus sont irréversibles et l'énergie se dégrade en faisant augmenter l'entropie du système, c'est-à-dire l'homogénéité des systèmes. Ce mouvement vers l'uniformisation est poussé par la minimisation des contraintes spatiales entre les éléments. La nature semble donc éviter les hétérogénéités. Dans ce mouvement général vers l'uniformité, c'est-à-dire vers l'absence de différence, nous observons un mouvement contraire qui construit les systèmes vers une complexité croissante. Le moteur de l'évolution complexe peut être compris comme étant la résultante de la minimisation des contraintes temporelles. En remplaçant la variable "espace" par la variable "temps", on peut comprendre que la nature cherche à éviter les hétérogénéités dans le temps, c'est-à-dire les changements dans le temps. C'est précisément ce qui explique l'évolution des systèmes vers la complexité et que nous appelons la minimisation des contraintes temporelles. La nature cherche donc à figer temporellement les systèmes de manière à ralentir leur évolution vers un état homogène et de grand désordre. Ainsi la nature (nous comprenons dans ce terme des principes universels que nous cherchons à expliciter) accumule sous différentes formes complexes ce que nous appelons des capitaux, dans un processus dynamique qui a pour objet de les accumuler et de les conserver pour éviter qu'ils ne se dégradent rapidement. La complexité fige ainsi l'énergie matière.
La minimisation des contraintes temporelles se perçoit donc par la maximisation des capitaux. Les capitaux ont d'abord été biologiques avec une énergie/matière accumulée sous forme de biomasse, structure spatiale permettant d'emmagasiner et de conserver l'énergie dans un état peu dégradé (bois, pétrole�). Ils ont été ensuite sociaux en permettant, par l'accumulation de connaissance, l'accumulation d'énergie physique et biologique (barrage, fission nucléaire, stock de matière concentrée, d'objets utilitaires,�).
Le principe de la recherche, pour les systèmes physique, du minimum d'énergie, est bien connu. Il se justifie par la recherche de la stabilité des systèmes qui est maximum lorsque l'énergie est minimum, du moins lorsque l'énergie est homogène dans l'espace. Le niveau d'énergie dépend de l'échelle de l'observation. Cette recherche de l'énergie minimum amène les systèmes à augmenter leur entropie. La minimisation des contraintes spatiale est ainsi responsable de l'augmentation d'entropie des systèmes. Cette notion est bien comprise au niveau physique (thermodynamique) et peut être étendue au niveau biologique, social et psychologique.
Cette même notion rapportée à l'espace permet de comprendre la dynamique évolutive qui complexifie les systèmes. La minimisation des contraintes temporelles est donc pour la nature la recherche des variations minimums dans le temps de l'énergie et de la matière. Elle conduit à stocker l'énergie et la matière en voie de dégradation sous des formes élaborées qui se dégradent plus lentement. Plus les systèmes ont la capacité de freiner la dégradation de l'énergie matière plus ils " utilisent " la dégradation entropique pour produire des formes complexes dans lesquelles l'énergie matière est figée, donc contr�lée, pour être utilisée par le système à sa guise. Sur la base de ce principe de complexification, une concurrence apparaît entre les systèmes qui cherchent à maîtriser ces flux d'énergie matière que nous appelons des ressources.
Nous venons d'expliquer cette logique au niveau physique, c'est-à-dire dans un monde aux multiples dimensions, mais qui possède une logique systémique sur deux dimensions, comme nous en avons déjà montré la logique auparavant. La complexité apparaît donc par exemple àtravers la structure de l'univers, des astres, des étoiles qui concentrent l'énergie matière et évite ainsi qu'elle ne se disperse et se dilue dans l'espace. Ces structures permettent donc de maintenir de forts gradients d'énergie matière.
Au plan biologique, dans une dynamique systémique à trois dimensions, les systèmes sont capables d'utiliser l'espace comme variable complexe. Ils stockent de l'information et de la fonction dans des structures spatiales qu'ils peuvent reproduirent et différencier. Cela leur permet de mieux utiliser les ressources d'énergie matière. Par conséquent, la complexification des structures biologiques est également expliquée par la minimisation des contraintes spatiales. Bien que les formes des êtres vivants soient très différenciées, l'une n'est pas meilleure qu'une autre dans l'absolu. Elle sera mieux ou moins bien adaptée dans un milieu définit. Notons que notre approche ne se focalise pas sur la valeur de centration de l'être vivant, c'est-à-dire sur la valeur de sa forme par rapport à son milieu. Elle ne donne pas de jugement sur sa performance en terme d'adaptation au milieu. Cet outil d'analyse donne des informations sur la dynamique du système et sa capacité à évoluer donc à survivre à long terme.
Au plan social, la dynamique systémique permet d'utiliser le temps comme variable complexe. Les symboles permettent de reproduire des séquences spatiales (rites, processus, dynamiques ...). A leur tour, la dynamique des symboles permet une meilleure utilisation des ressources et la complexification de ce niveau obéit à la logique de la minimisation des contraintes spatiales. Ici encore, nous ne nous focalisons pas sur la valeur de centration des processus ni des rites sociaux. Nous ne donnons pas de valeur absolue à des pratiques ni à des types d'organisation sociale. Nous pouvons en revanche donner des informations sur la durabilité d'un système social (entreprise, état, association ...), sans à priori savoir sur quelle valeur sociale va se focaliser les pratiques.
Enfin, au plan psychologique, la maîtrise de la cinquième dimension permet ou semble permettre une maîtrise du temps bien au-delà de ce que la planification sociale permet de faire. La croyance permet de donner un sens très général, intemporel et absolu au déroulement des événements aussi bien des individus que des systèmes sociaux, biologiques ou physiques. Sans se prononcer sur la valeur des croyances des individus, nous pouvons donner des informations sur la durabilité et le sens évolutif des systèmes de croyance.
L'accumulation et la recherche de la domination semblent être une stratégie très générale pour accéder au contr�le des ressources et ainsi freiner sa dégradation dans le temps en assurant ainsi la survie et le développement des systèmes complexes dans le long terme. Elle peut s'exprimer par des stratégies différentes dont les deux principales sont la stratégie sérielle, par la spécialisation et la stratégie parallèle par le lien et la production identitaire de masse.
Ces deux types de stratégies s'opposent continuellement de sorte qu'un équilibre dynamique s'installe. La forte reproduction des insectes associés à leur vulnérabilité est en opposition avec force de l'éléphant et sa faible reproduction. Sur le plan social l'opposition droite et gauche en politique est l'incarnation de ces deux stratégies pour la gestion de la société. Sur le plan psychologique l'altruisme est en opposition avec l'esprit de développement.
Nous observons que les conditions de déséquilibre des quatre indicateurs des systèmes ont tendance à faire évoluer leur importance relative dans le sens des aiguilles d'une montre. Le sens d'évolution dépend de l'importance de chaque indicateur et du facteur limitant qu'il constitue pour le développement du système.
Les systèmes cherchent à maximiser les capitaux puisqu'ils résultent de la minimisation des contraintes temporelles. Ils cherchent également à les maximiser car ils sont l'origine des flux qui permettent l'entretien et la construction des capitaux dans une réaction en chaîne qui conduit à la complexification systémique. Les systèmes maîtrisent les flux et les orientent dans les secteurs qui leur semblent favorables, en espérant construire du capital. L'apparition de celui-ci est partiellement définie, car dépendant de l'environnement dont on ne maîtrise pas tous les paramètres.
Les choix qui existent sont soit de s'intégrer dans un environnement dans lequel on peut valoriser au mieux le capital, soit de modifier les capitaux de son système dans l'environnement existant. Etant intégré dans une multitude de systèmes, la stratégie est généralement double. On choisi d'investir, c'est-à-dire de modifier notre système, dans l'environnement dans lequel on est déjà intégré et qui nous semble le plus favorable.
Pour comprendre la dynamique de ces choix, qui naturellement doit conduire à la complexification, nous allons analyser la relation qui existe entre le capital et la production de flux qu'il engendre.
En définissant les fonctions qui relient capitaux et flux, on détermine la logique évolutive des systèmes.
Spécialité
Pour qu'un élément valorise son capital de spécialisation, pour qu'il transforme sa complémentarité en hiérarchie, il doit échanger. La spécialisation a en effet pour corollaire l'échange, c'est-à-dire la diffusion (augmentation d'entropie à dans l'environnement du système) des biens et services sur un marché. L'environnement du système doit avoir besoin de cette spécialité. Le marché doit être capable d'intégrer la spécialité, c'est-à-dire l'identité spécifique du système. Plus le marché est important et plus il a besoin du système qu'il intègre, (fort besoin, forte demande) plus important sera le capital de spécialisation.
La différence émerge dans un environnement indifférencié. Dans une dynamique entropique, un environnement indifférencié n'a aucune raison de devenir différencié dans l'espace, car elle violerait les lois de la thermodynamique. Dans la dynamique complexe, les fluctuations dans le temps, qui statistiquement s'équilibrent, on tendance à être séparée et figées, c'est-à-dire homogénéisée dans le temps, de sorte qu'il apparaît une nouvelle hétérogénéité dans l'espace. Cette nouvelle hétérogénéité qui a pour origine la minimisation des contraintes temporelles, correspond à une différenciation.
L'identité est un bon substrat à la différenciation horizontale, c'est-à-dire à la différenciation des fonctions et non des pouvoirs. La spécialité fonctionnelle doit émerger de l'identité et non de la hiérarchie. Emergeant de l'identité, elle construit la complexité car elle produit de la complémentarité. Emergeant de la hiérarchie, elle produit de l'entropie (produit des contraintes sans le bénéfice de la spécialisation) car la spécialisation n'est pas fonctionnelle, mais structurelle. Dans ce cas, les différences ne répondent pas à des critères de fonction mais de position, ce qui enlève le caractère de complémentarité à l'économie.
Maximisation du capital de spécialisation Un employé très spécialisé cherche l'entreprise la plus importante pour valoriser ses capacités et ainsi maximiser son potentiel hiérarchique. Une entreprise qui a un produit très spécifique cherche le marché le plus vaste possible pour commercialiser son produit. Plus une innovation va concerner beaucoup de monde, plus son potentiel hiérarchique est important.
Evolution entropique : l'identité émerge de la diversité. Un groupe social composé d'une grande diversité culturelle peut engendrer des replis identitaires lorsque la dynamique est centrée plus sur l'identité que sur la contrainte hiérarchique qu'elle a pour objet de résoudre. Une grande diversité de pratiques, de techniques, de produits, va engendrer l'apparition des normes, pour les comparer, les classer et les réduire à des critères standard et uniques.
La diversité émerge de la hiérarchie. Le choix d'un employé ou d'un collaborateur doit se faire sur la base de ses compétences fonctionnelles et non de sa position hiérarchique ou de sa classe sociale. Le choix d'un objet peut de réaliser en fonction avec son utilité (fonctionnalité, beauté, �) ou en fonction de la hiérarchie qu'il produit.
Evolution complexe : la diversité émerge de l'identité. Une nouvelle fonction, une innovation, une nouvelle idée, un nouvel objet a plus de chance d'apparaître dans un environnement qui est peu différencié et qui contient peu de fonctions potentiellement concurrentes.
Hiérarchie
Pour qu'un élément valorise un capital hiérarchique (capital financier, outils, capacités politiques, capacité à organiser ...) pour qu'il tire un bénéfice de ce type de capital, il doit désorganiser des éléments à un niveau inférieur (environnement), pour manifester son organisation à un niveau supérieur, celui du système. L'organisation a pour corollaire la désorganisation. Pour valoriser un capital (argent, outils), il faut le substituer à celui des autres pour prendre une part de leurs bénéfices. L'organisation n'a de sens que pour mettre en valeur de la diversité, pour ordonner la diversité. Valoriser un capital hiérarchique est d'autant plus intéressant que l'environnement est différencié, riche en diversité, et qu'il est soit même peu ordonné. Organiser les éléments d'un système permet de prendre la plus value. Il n'est ici pas question d'échange, ni de partage, ni de don, mais de prendre la plus value qui résulte de l'organisation de manière acceptée sans que les éléments ne se sentent lésé puisque cette organisation supérieure qui engendre toutefois une désorganisation locale ne diminue normalement pas les ressources des éléments, car l'organisation produit un cadre plus favorable aux éléments.
Ainsi, la hiérarchie émerge dans un environnement différencié. Elle est le résultat de l'organisation d'éléments différents. C'est dans ces conditions que l'organisation produit de la complexité, car elle organise plus qu'elle ne désorganise. Lorsque le lien produit de la hiérarchie (transmission des capitaux par héritage, lignées familiales d'hommes politiques ou de chefs d'entreprises...) elle ne remplit plus sa fonction d'organisation de la diversité mais reproduit des classe hiérarchiques qui à terme produisent plus de désorganisation locale que d'organisation générale, ce qui produit plus d'entropie que de complexité.
Pour passer de la diversité fonctionnelle (horizontale) à la diversité structurelle (verticale), il y a une brisure de symétrie. Les fonctions, représentées par le signe + et � n'apparaissent pas en même quantité, de sorte qu'une notion de rareté, donc de valeur, apparaît. Il n'y a plus égalité dans les fonctions en raison de leur abondance différente. Les fonctions les plus rares sont celles qui ont le plus de valeur, dans la mesure évidemment ou elles sont intégrées et utilisées dans les systèmes, alors que les fonctions les plus abondantes sont celles qui ont le moins de valeur (offre et demande).
La justification de la brisure de symétrie peut être cherchée, comme c'est le cas en physique des particule ou en cosmologie, dans les propriétés mathématiques de certaines fonctions. Nous considérons la symétrie comme étant un état élaboré des systèmes. Les théories unifiées des particules postulent qu'aux très hautes énergies, l'ensemble des particules sont symétriques et unifiées. La dégradation entropique produit donc naturellement des brisures de symétries, afin de permettre la diversité verticale.
Evolution complexe : l'organisation émerge de la diversité. Un investisseur ou un inventeur rassemble et organise des compétences, des outils, (diversité) pour produire de nouveaux objets, de nouveaux services. Le bénéfice sera la plus-value de son capital ou de son idée alors que chaque éléments, plus performant car étant dans un environnement plus favorable, sera mieux rémunéré. Un individu qui a des capacités politiques va imposer ses idées par un discours persuasif, donc désorganiser localement les éléments (nouvelles idées, nouvelles habitudes...) pour organiser globalement les différents éléments de la société qu'il dirige. Un agriculteur va organiser l'environnement biologique de manière à ce qu'il évolue dans un sens qui lui est favorable et qui produise ce qui a de la valeur sociale.
Evolution entropique : l'organisation émerge du Lien. Lorsqu'un groupe social est très cohérent, et soumis à de fortes contraintes, il peut renverser le pouvoir en place. Une révolution populaire arrive lorsque la hiérarchie est trop forte et impose trop de contraintes. Cependant, le pouvoir acquis sur la base d'un lien forte, ne va pas produire une meilleure organisation de la diversité, mais elle va redistribuer les positions hiérarchiques en fonction d'un autre système de valeur non pas basé sur les performances fonctionnelles, mais sur une appartenance sociale.
Lien
Pour qu'un élément valorise un capital de lien, c'est-à-dire des relations sociales fortes, des amis, un capital de confiance, pour qu'il tire un profit hiérarchique de ce capital, il doit produire une rupture avec les éléments qui ne sont pas liés à lui. Le lien est couplé à la rupture. On ne peut pas lier quelque chose sans rompre avec autre chose. Produire des amis c'est marginaliser des non-amis. Partager une croyance, c'est rejeter d'autres croyances.
Le lien social peut être centré sur des identités culturelles et sur des identités hiérarchiques. Le lien social à certes un r�le de ciment vertical dans la société, mais il a en priorité un r�le de ciment horizontal. Le lien social est plus fort sur de mêmes niveaux hiérarchiques, car la forme d'interaction portée par le lien est le partage qui se fait horizontalement (verticalement, il s'agit de redistribution qui a un r�le éducatifs, donc de transfert de valeurs identitaires) Le lien émerge lorsque les contraintes de l'environnement pèsent sur des systèmes ou sur des individus. Ces contraintes peuvent être d'ordre écologiques, climatiques, physiques ou sociales (oppression des classes supérieures). Elles proviennent toujours d'un niveau hiérarchique que l'on ne maîtrise pas, donc qui nous domine. Se lier est ainsi une réponse aux contraintes hiérarchiques.
Plus la hiérarchie est forte plus le lien social émerge au sein du système. Un élément peut donc valoriser son capital de lien d'autant plus que la hiérarchie est forte dans l'environnement. Le lien est ainsi une réponse à la hiérarchie, un contre-pouvoir à la domination sociale. Lorsque le lien se focalise sur la base de différentes identités (sens anti-horaire sur le schéma, donc non complexe), elle se met en opposition avec la diversité identitaire. Au lieu d'intégrer la diversité comme le fait les interactions hiérarchiques, elle s'y oppose. Elle risque de conduire à une hiérarchie identitaire totalitaire, qui perd son potentiel de diversité. Le lien doit être ainsi un contre-pouvoir à la diversité verticale (hiérarchique) et non à la diversité horizontale.
Le lien doit intégrer une diversité verticale, et non pas relier des éléments identiques. En réalité, il lie des éléments selon des identités, dans le but d'intégrer une diversité. Les éléments ont une partie d'identité avec le systèmes, avec les autres éléments et une partie différente. Le lien centré sur la partie identique intègre les éléments différents hiérarchiquement. Lorsque le lien procède d'une démarche identitaire, elle va engendrer une hiérarchie non plus sur la base de l'efficacité à résoudre des contraintes par la complexité, mais sur la base de la dynamique entropique homogénéisante. L'objectif dans cette dynamique homogénéisante n'est pas d'intégrer des éléments différents, mais d'intégrer des éléments identiques. Le lien doit être un contre-pouvoir aux contraintes hiérarchiques non pas à l'identité (racisme).
Le lien produit une hétérogénéité temporelle, car les éléments ont la capacité de varier dans le temps leur hiérarchie, en raison de la dynamique du don et du contre don, de manière à ce que la somme soit nulle sur le long terme. Cette hétérogénéité résulte d'une recomposition des éléments entre eux. Ils se lient selon leur identité et non pas selon leurs différences complémentaires comme dans la phase D.
Evolution complexe : Le lien émerge de la hiérarchie. L'émergence des syndicats se fait sous la contrainte hiérarchique sociale. En Afrique le manque de ressources (contraintes de l'environnement biophysique) produit le lien social.
Evolution entropique : Le lien émerge de l'identité. Les mouvements racismes ne luttent pas contre des contraintes hiérarchiques, mais contre des identités différentes Les guerres de religion sont une lutte centrée sur une altérité horizontale, alors que les révolutions populaires sont une lutte contre une altérité verticale. Les mouvements syndicaux sont un contre-pouvoir constructif dans la mesure o� ils créent du lien social et non pas dans la mesure o� ils créent une rupture des niveaux hiérarchiques.
Identité
Pour qu'un élément valorise une identité, c'est-à-dire, une croyance, un produit, une connaissance, une forte motivation, pour qu'il produise, qu'il donne cette identité, cet objectif à son environnement, il doit consommer l'identité de l'environnement. Consommer signifie, intégrer l'identité des autres, la transformer pour produire sa propre identité (processus de production), son propre produit. Il faut utiliser l'identité des autres pour produire la sienne. L'identité émerge du lien. C'est d'une forte contrainte qu'apparaît une forte cohésion, et c'est d'une forte cohésion qu'émerge la production de sa propre identité, la capacité de se reproduire, de produire sa propre vie. Valoriser l'identité d'un élément aura d'autant plus de résultat que l'environnement est fortement cohérent, fortement lié.
Lorsque l'identité se développe dans un environnement très différencié, elle va se focaliser sur des caractères fonctionnels et produire des corporation ou des cartels. L'identité doit se faire en rapport avec des objectifs communs constructif ayant des capacités émergentes et complexes et non pas en construisant une identité fonctionnelle dans le but de construire des monopoles. L'identité, pour être le résultat d'une dynamique complexe doit être le est le résultat d'objectif commun et non pas de simples intérêts momentanément semblables. La concurrence doit apparaître entre différentes solutions pour résoudre des contraintes et non pas entre différentes fonctions qui sans être intégrée dans une dynamique systémique ne peuvent produire de complexité.
L'apparition d'une identité spécifique et commune à tous les éléments, permet de considérer la somme de ces éléments comme un nouveau système à part entière. Elle permet de construire une homogénéité spatiale car les éléments ne peuvent plus être considérés indépendamment du tout.
Evolution complexe : L'identité émerge du lien Une saine concurrence se réalise sur la base de la capacité à produire des objets et des services complexes capable de diminuer les contraintes de l'environnement et non pas entre des corporations de métiers qui cherche artificiellement à acquérir un statut hiérarchique supérieur. Un nouveau produit ou un nouveau service se réalise par l'assemblage (lien) d'éléments de base, dans un but spécifique (utilité, identité).
Evolution entropique : l'identité émerge de la diversité. La corporation des électriciens (identité fonctionnelle) peut imposer des prix sur le marché de l'installation électrique (Genève 1985) et donc déconnecter les prix des prestations. Le monopole radical que l'état assure aux architectes, aux notaires, avocats et médecins procède d'une démarche normative qui produit une identité fonctionnelle dans un environnement très diversifié.
Nous observons que le capital interne développe, à travers les flux externes sortant, le capital externe de la phase suivante. Cette dynamique fait évoluer les phases dans le sens des aiguilles d'une montre (de gauche à droite) donc, comme nous l'avons définit auparavant, dans le sens de la complexification en externalisant les charges entropiques. Pour créer une boucle de rétroaction, le capital externe interagit sur le capital interne de la phase précédente au moyen des flux internes et fait ainsi évoluer en interne le système dans le sens d'une augmentation d'entropie, puisque, nous avons vu que la complexification (sens des aiguilles d'une montre) est toujours couplée à une augmentation d'entropie (sens anti-horaire). Le capital interne d'une phase stimule le capital externe de la phase suivante et inversement. Le capital interne produit une augmentation d'entropie dans l'environnement en complexifiant le système. Le capital externe (capital interne de l'environnement) complexifie l'environnement en consommant l'entropie interne du système puisqu'il évolue dans le sens anti-horaire. Nous avons vu que les systèmes cherchent à externaliser leurs charges entropiques pour construire la complexité du système. Nous voyons dans ce schéma qu'à son tour, l'environnement se complexifie en externalisant ses charges entropiques dans les systèmes qu'il intègre. Un système cherche donc à externalises ses charges dans un environnement qui le contr�le et dans des systèmes qu'il contr�le.
Le capital externe d'un système est égal au capital interne de l'environnement (système qui l'englobe). Nous pouvons ainsi définir des boucles de rétroactions qui relient les systèmes imbriqués les uns dans les autres. La mondialisation procède de cette dynamique de complexification.
La réalité est plus diversifiée, car si les flux produisent des capitaux spécifiques, les capitaux peuvent produirent plusieurs types de flux en fonction des caractéristiques de l'environnement. Il peut en résulter l'apparition de boucles de rétroaction négatives ou des boucles positives faisant évoluer les systèmes vers une dégradation entropique rapide, non associée à la complexification du système ou de l'environnement. La détermination de ces relations et des logiques évolutives qu'elles engendrent est un outil politique qui permet de planifier le développement des systèmes.
La nature est formée d'une diversité d'éléments dans un environnement hétérogène (1). Cet environnement, en raison du principe entropique, a tendance à devenir plus homogène (érosion complexe). Les éléments s'adaptent à cet environnement (2) et prennent une identité qui minimise les contraintes avec l'environnement. Pour changer d'identité, il faut vaincre une barrière d'énergie. Cette barrière d'énergie correspond aux flux éducatifs qu'un élément reçoit puis redonne plus tard. C'est aussi le principe de la catalyse. L'élément s'orient ainsi vers un bassin d'attraction stable. Plusieurs bassins d'attraction existent pour minimiser les contraintes et l'élément évoluera dans le bassin éducatif de l'identité de celui qui a fourni le flux éducatif, donc la barrière d'énergie pour atteindre le bassin. Il résulte de cette évolution une homogénéisation spatiale puisque les éléments deviennent identiques, c'est-à-dire acquiert une identité commune. La transformation identitaire fait perdre un degré de liberté spatial puisque les éléments sont prisonniers d'un bassin d'attraction. Cette perte de liberté correspond à la valeur minimum d'énergie du bassin.
Bien que la forme des éléments, symbolisant l'identité, soit identique et homogène, ils peuvent se déplacer dans le champ de contraintes que constitue l'environnement. Ce champ étant variable, les éléments peuvent se modifier au cours du temps en fonction des contraintes de l'environnement. La différenciation (3) apparaît ainsi lorsque l'on diminue le mouvement de ces éléments (on diminue l'énergie cinétique dans la phase de différenciation alors que l'on diminue l'énergie potentielle dans la phase de reproduction) et qu'on les confine dans une région de l'environnement. L'élément perd un degré de liberté puisqu'il se spécialise dans la résolution des contraintes locales de l'environnement. Il y a une homogénéisation temporelle puisque les éléments diminuent leur variabilité dans le temps (La même personne peut cultiver le blé un jour, le moudre le suivant et faire du pain le lendemain, ou l'agriculteur vend le blé au meunier qui le vend au boulanger). Pour permettre de rejoindre le bassin d'attraction qui constitue une zone de minimum d'énergie, il faut échanger ses ressources. L'activité d'échange constitue la barrière d'énergie à franchir pour atteindre une performance systémique supérieur, c'est-à-dire un niveau d'énergie plus bas. Puisque les éléments sont confinés dans un espace spécifique de contraintes, il doit échanger pour avoir accès à d'autres espaces de l'environnement.
La dynamique de ces deux premières phases consiste à modifier les éléments pour résoudre les contraintes de l'environnement. Le passage à une dynamique structurante (organisation, hiérarchie) inverse cette dynamique. Le système émergeant produit des contraintes sur l'environnement de sorte que c'est l'environnement qui s'adapte au système. L'environnement se modifie (le système le modifie) de manière à minimiser les contraintes. On ne considère plus un élément dans un champ de contrainte constitué par l'environnement, mais un environnement dans un champ de contraintes produit par le système. La structuration du système produit une hétérogénéité spatiale. Le rapport de force entre l'environnement et les éléments s'inverse car la structure permet de concentrer l'énergie dans le système. L'énergie de l'ensemble des éléments, s'oppose à celui de l'environnement. Un environnement local interne au système émerge permettant d'assumer les contraintes de l'environnement en cascade. Les éléments produisent leur propre environnement, car ils se protègent mutuellement, ce qui permet de différencier des niveaux de contraintes (différenciation verticale). Le degré de liberté de l'environnement diminue ce qui permet un niveau d'énergie plus bas, caractérisé par un bassin d'attraction. Les flux hiérarchiques, qui traduisent les reports des contraintes, constituent la barrière d'énergie à franchir pour atteindre une organisation structurée, pour produire la structure. Plusieurs structures existent (chaque parti politique à un bassin d'attraction), ayant des niveaux d'énergie plus ou moins bas (performance de la structure à minimiser les contraintes) et des barrières d'énergie (coûts de l'organisation) plus ou moins importantes.
L'hétérogénéité spatiale du système (phase de hiérarchie) produit une homogénéité de l'environnement, puisque le système à la capacité de modifier son environnement. Poussée à la limite, cette stratégie conduit à refermer l'environnement sur le système puisque il a été façonné par lui et qu'il a acquis une forte homogénéité. Il se crée ainsi une frontière qui lie le système émergeant (5). C'est l'émergence d'une nouvelle unité systémique qui se définit dans un environnement plus vaste et qui impose de nouvelles contraintes. Le bassin d'attraction de la phase de liaison et le minimum d'énergie aux quel il est associé correspond a la diminution d'un degré de liberté de l'environnement qui se referme sur le système. La barrière d'énergie à franchir pour atteindre ce bassin est constituée des flux à réciprocité différées (flux sociaux de type don / contre don). Le changement de référence de l'environnement produit une hétérogénéité temporelle puisque que la nouvelle unité systémique acquiert des degrés de liberté dans un environnement nouvellement définit.
D'un point de vue énergétique, la dynamique de la construction systémique peut être schématisée de la manière suivant. Les flux permettent de passer les barrières d'énergie qui permettent de construire des capitaux puisés dans l'environnement du système. La valeur des capitaux n'est pas directement liée à la valeur de production d'un outil social, mais à sa capacité à exploiter des ressources extérieures.
Nous venons de justifier la succession complexe des quatre phases passant de la reproduction à l'identité, à la hiérarchie, au lien puis à nouveau à la reproduction. La figure ci-dessous représente quatre systèmes avec leur décentration typiques et leur dynamique complexe.
Une école produit de la connaissance, une identité commune, maximise l'acquisition (R) pour engendrer de l'activité économique (D) dans son environnement (élèves).
Une entreprise cherche à maximiser la différenciation (innovation, produits spécifique à échanger,�) pour produire du bénéfice et de la hiérarchie (H) dans son environnement (actionnaires).
Un état produit de l'organisation, une échelle de valeur, une hiérarchie (H) qui engendre de la dépendance et du lien social (L) (citoyens).
Une association, un club produit du lien, de la relation sociale, maximise la relation de partage (L) ce qui engendre de l'identité (R).
Nous avons décrit la dynamiques des systèmes montrant les logiques qui conduisent au développement et celles qui conduisent à la dégradation systémique. La dynamique de naissance, de vie, puis de mort existe pour les systèmes au sein d'un niveau et pour l'ensemble des systèmes, entre les niveaux. Pour cette dernière, nous voyons par exemple que le fort développement social des humains met en danger la dynamique biologique de la terre. Nous pouvons symboliser cette dynamique générale de la manière suivante