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Les théologiens médiévaux ont revisité les fondements bibliques de notre foi, en particulier les textes de la Genèse, d’où l’importance donnée au «péché originel»: à la suite d’Augustin, il fallait croire que le coït parental transmettait la faute originelle. Les principaux dogmes ont aussi été réexpliqués, comme celui de la Trinité. Le De Trinitate de saint Augustin fut largement étudié dans les milieux monastiques.
D’autres questions encore furent largement débattues. Par exemple, d’où venaient les anges et les démons? Augustin avait apporté une solution qui perdura au Moyen Âge: Dieu dut affronter une révolte d’une partie des anges, avec l’aide de ceux qui lui étaient restés fidèles; les rebelles peuplent désormais ce domaine ténébreux, l’Enfer, d’où ils s’échappent souvent pour commettre des forfaits sur terre.
Le Moyen Âge s’est aussi intéressé, en tâtonnant, au sort des Hommes dans les temps derniers. Origène, en particulier, pensait que les peines infernales sont des purifications qui permettent aux anges déchus et aux pécheurs d’accéder finalement à la béatitude dans une restauration universelle; mais son opinion sera déclarée hérétique. À partir du VIe siècle, il sera établi que les peines infernales n’ont pas de fin.
Dans le haut Moyen Âge, les clercs disposaient d’une langue écrite, le latin, dont ils avaient le monopole, ce qui leur donnait un pouvoir inouï. Eux seuls avaient un accès direct aux textes saints, qu’ils pouvaient retransmettre comme ils le souhaitaient. Eux seuls pouvaient accomplir les rituels autorisés, incompréhensibles aux autres et d’autant plus impressionnants.
Encouragée par les empereurs, mise en œuvre par les papes à partir de Léon IX, une réforme générale de l’Église s’enclencha au milieu du XIe siècle, visant à éradiquer la simonie et le nicolaïsme (l’incontinence des clercs).
Il est certain que bien des croyances qui ont fleuri dans le monde médiéval ont disparu. De la Réforme à la loi française de séparation de l’Église et de l’État, en passant par la disparition des États pontificaux, l’Église a perdu sa puissance foncière et ses privilèges institutionnels, l’appartenance religieuse ou son refus relevant du choix de chacun.
Cependant la splendeur et les dimensions croissantes des églises du XIe au XIIIe siècle restent les témoignages les plus spectaculaires d’un essor des arts et des techniques dont l’Église fut à la fois la première actrice et la première bénéficiaire. Ces trésors artistiques, qu’ils soient d’orfèvrerie, picturaux ou sculptés, suscitent notre admiration pour ces si habiles artisans médiévaux et donnent joie à les contempler.