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Dès avant la Seconde guerre mondiale, les Japonais ont mis au point des armes biologiques, pour s'en servir contre les Chinois qui résistaient à leur occupation de la Mandchourie.
Des expériences atroces ont été effectuées, par l'armée japonaise, sur des prisonniers -chinois, russes, américains- et sur des populations entières.
C'est l'histoire de l'unité 731 de l'armée impériale japonaise de Kwantung, en Mandchourie..
Né le 25 juin 1892, Shiro Ishii a suivi des études de médecine à l'université impériale de Kyoto, au Japon. Ensuite, il s'est engagé dans la Garde impériale, en qualité de chirurgien militaire.
A partir de 1924, Shiro Ishii s'est spécialisé dans la recherche bactériologique, la sérologie, la médecine préventive et la pathologie.
En août 1930, après un voyage d'étude en Europe, de retour au Japon, Shiro Ishii a été promu commandant et a fait partie du Service de la prévention des épidémies de la nouvelle école de médecine de l'armée qu'on venait de construire à Tokyo.
En 1931, Shiro Ishii a inventé un filtre à eau révolutionnaire capable de débarrasser une eau croupie de tous ses bacilles. Après quelques perfectionnements, ce filtre devait être adopté, en 1936, par l'armée et la Marine japonaises.
Travaux secrets
Couvert par ses supérieurs hiérarchiques, Shiro Ishii s'est alors mis à étudier les bacilles les plus dangereux, en secret et sous couvert de ses recherches relatives à la prévention des épidémies et à la filtration de l'eau.
Pour mieux assurer le secret de ses nouvelles expériences, il a décidé d'installer un laboratoire en Mandchourie, que le Japon occupait depuis septembre 1931.
Laboratoire en Mandchourie
C'est ainsi que Shiro Ishii a fondé un laboratoire dans les faubourgs de la ville de Harbin, dont la population comptait alors deux cents quarante mille Chinois, quatre-vingt-un mille Russes et quatre mille sept-cents Japonais.
Le premier laboratoire était installé dans une ancienne fabrique de sauce de soja. Cette installation a été déterminée par le quartier général de l'armée japonaise de Kwantung, qui occupait la Mandchourie
La peste en Chine
En 1940, Shiro Ishii, devenu médecin général, a déclenché des épidémies de peste en Chine.
Le 4 octobre, des grains de blé et de riz mélangés de puces porteuses de peste ont été disséminé, par avion, au-dessus de Chu Hsien, dans le Chekiang.
Le 27 octobre, des avions japonais ont effectué un raid sur Ningpo et répandu de grandes quantités de riz sur le port. Deux jours plus tard, la peste a éclaté à Ningpo.
Le 28 novembre, trois avions japonais ont largué, au-dessus de Kinghwa, des granules infectés de peste, mais l'opération s'est avérée un échec, car aucun cas de peste ne s'est déclaré dans la ville.
Par contre, des épidémies de peste ont été signalées dans les provinces chinoises de Suiyuan, Ninghsia et Shensi
Relations entre le G2 et Shiro Ishii
Jusqu'en 1947, Shiro Ishii était régulièrement interrogé par le G2 de l'armée américaine. Il disait tout ce qu'il savait sur l'unité 731 et la guerre biologique. Les Américains ont toujours refusé de le livrer aux Soviétiques, qui voulaient le juger.
Le 27 décembre 1949, MacArthur niait l'existence de cas connus de prisonniers américains sur lesquels les Japonais auraient effectué des expériences, et affirmait qu'il n'existait aucune preuve d'expériences japonaises sur des êtres humains.
Usine bactériologique américaine
Cette année-là, le secrétaire d'Etat américain à la Défense a ordonné la construction, à Bluff, en Arkansas, d'une usine destinée à la production en série d'armes biologiques. Elle a coûté 90 millions de dollars. Dès l'année suivante, on y fabriqua des bombes chargées de bactéries de rouille des céréales.
Commission d'enquête internationale
Dès le début de 1952, Chinois et Coréens du Nord ont accusé les Américains d'avoir utilisé, contre eux, des armes biologiques. Des avions américains auraient lâché des insectes porteurs de maladies infectieuses. Des insectes porteurs du choléra et de la peste étaient identifiés.
Une commission d'enquête internationale s'est rendue sur place et a même recueilli les déclarations de quatre aviateurs américains capturés, expliquant avoir largué des bombes de bactéries infectieuses. Ces aviateurs allaient se rétracter ultérieurement, après leur rapatriement aux États-Unis.
Le rapport de cette commission d'enquête internationale confirme l'utilisation de la guerre biologique par l'armée des États-Unis et dénonce le fait qu'il s'agit des méthodes mises au point par les Japonais. Il relève plusieurs visites effectuées par Shiro Ishii en Corée du Sud