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Vugelles-La Mothe, sur la route cantonale Lignerolles-Onnens, marquant la limite du Jura, est quelque peu enfermé entre la Côte et la pente du Jura qui domine l’Arnon.
Jusqu’en 1852, Vugelles faisait partie, avec Orges, de la commune générale de La Mothe. Les routes qui traversent le village viennent de Vuiteboeuf, de Novalles ou d’Orges, toutes communes limitrophes.
Origine
Au cours des siècles, notre localité a changé plusieurs fois de nom : Vouzela en 1228, Vougella en 1303 et Vougeallaz en 1403, diminutif de l’appellation latine vallis clausa (Vallée fermée). Le deuxième hameau, la Mothe, doit son nom à la petite colline arrondie, monticule fermant presque la vallée à l’ouest et sur lequel s’érigeait un château de défense. Il y a d’innombrables mottes ou « mothes » dans notre pays, et beaucoup furent couronnées d’une tour en bois, ou châtelard, où la population venait se réfugier en cas de danger.
A différentes dates, on a retrouvé, sur le territoire, des traces du passage des Romains ; il existe encore un tronçon de chemin appelé « la Vy d’Etraz », au pied des rochers qui dominent le village.
Le village accepte la Réforme en 1537 ; dès ce moment, Vugelles fut une annexe de Fiez.
Le temple, qui est cité pour la première fois en 1228 a été entièrement modifié au 18ème siècle ; tous les ornements ont disparus.
La Mothe fut autrefois le centre d’une seigneurie importante comprenant Vugelles, Longeville, Orges, Mathod, Sergey, Ballaigues et Lignerolles et avait des droits sur les villages de Baulmes, Rances, Valeyres, La Russille et Fiez. Des familles très riches et puissantes conservèrent à la seigneurie de La Mothe, son faste brillant jusqu’à la conquête du pays de Vaud par les Bernois. Ce sont les sires de Champvent qui bâtirent le château de 1334-1340. Le château passa de mains en mains, entre autres dans celles de la fameuse Marguerite de Vufflens qui l’apporta en 1377 à son troisième mari Jacques de Vergy, lequel appartenait à une des principales familles de Bourgogne. Le château fût détruit par les Suisses après les guerres de Bourgogne, une tour subsista jusqu’à la fin du 15ème siècle, le reste jusqu’au commencement du 19ème.
Aujourd’hui
Jadis, notre village, si prospère et populeux, comptait 349 habitants ; dans les années 1890-1900, la classe de l’instituteur comptait 62 élèves, celle de l’institutrice 30. Tandis qu’actuellement, nous n’avons plus de classe ouverte. C’était à l’époque de l’industrie de la pierre fine pour l’horlogerie, de la fabrique de boîtes à musique et de la fonderie de cloches, industries complètement disparues aujourd’hui.
« La Villa de la Roche Blanche » un pensionnat pour jeunes filles, la plupart des étrangères se situait à la Mothe.
Depuis ces années , la population n’a cessé de diminuer, à tel point qu’au 31 décembre 2008, le recensement annuel faisait état de 119 âmes.
Si l’habitat est typiquement rural, les exploitations agricoles ont lentement diminué au cours de ces dernières années. Il nous reste quelques artisans qui œuvrent sur place : une scierie – caisserie et une entreprise de bûcheronnage et paysagiste. Quatre nouvelles maisons familiales ont été construites ces dernières années montrant que la qualité de vie à la campagne est recherchée.
Les écoliers sont enclassés dans l’arrondissement scolaire de Grandson.
Vie villageoise
Beaucoup d’habitants sont actifs dans les sociétés sportives ou culturelles de la région. Vugelles-La Mothe partage la société de jeunesse avec Orges. Quelques villageoises sont affiliées à l’Association des Paysannes Vaudoises dans le groupe Vuiteboeuf - Orges et Vugelles-La Mothe.
Réalisations récentes… et futures
Bon nombre de réalisations ont été exécutées ces dix dernières années ; malgré cela, beaucoup de travaux restent encore à accomplir, principalement en ce qui concerne les bâtiments communaux. Si la plupart de ces derniers ne sont pas en mauvais état proprement dit, des réfections s’imposent à moyen terme.
Notre commune est encore une des rares du canton à gérer seule son alimentation en eau. Le grand chantier futur sera d’améliorer notre réseau et de garantir, en changeant de source, un approvisionnement régulier en eau de meilleure qualité, dans le cadre d’un projet régional.
Le village de la Mothe, si pittoresque, est doté d’une curiosité naturelle : une source vauclusienne qui vaut absolument la peine d’être vue. C’est le Fontaney, cascade intermittente, tantôt bruyante, tantôt muette. Le niveau d’eau considérable consécutif à la fonte des neiges en montagne, ou à des orages, monte rapidement en se frayant péniblement un passage à travers les méandres karstiques du massif rocheux qui l’emprisonne et sort de la paroi en un bruit de tonnerre, puis trouvant l’issue, se précipite dans le vide en flots impétueux, d’une hauteur de plus de 40 mètres, pour aller rejoindre l’Arnon, non loin du lieu de chute.
En conclusion, je souhaite que Vugelles-La Mothe reste ce qu’il est aujourd’hui, un village attachant, pour tout simplement continuer à y vivre sereinement.
Article mis gracieusement à disposition par Mme Madeleine Cuche