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Méthodes
1. Méthode de sélection des documents coloniaux, base de l'étude
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L'aspect de la sélection des documents coloniaux qui nous serviront de base pour la recherche et l'analyse des deux régions citées est très important, puisque la valeur de l'investigation dépendra en grande mesure du caractère de ces documents. Le requérant a déjà une bonne connaissance du AGI et des documents que on peut consulter. Nous respecterons différents critères de sélection établis a priori, en fonction du caractère de cette recherche. Ces critères sont les suivants :
1. Critère chronologique : les limites temporelles de l'étude vont de 1600 à 1800, ce qui correspond approximativement à la période historique nommée « époque coloniale ». Dans cette grande étape de deux cents ans, nous sélectionnerons un corpus suffisant de textes par tranches temporelles successives, étant donné que les fonds de l'Archive Générale des Indes de Séville (AGI) le permettent. Ce court laps de temps présente l'avantage de faciliter le suivi rapproché des changements linguistiques qui se sont produits au cours des deux siècles et permet ainsi de dater avec une certaine exactitude le moment où un phénomène déterminé apparaît ou cesse de se manifester. Nous percevrons alors plus distinctement comment ces deux variétés de l'espagnol se différencient peu à peu. Pour chaque tranche de dix ans, nous nous efforcerons, dans la mesure du possible, de faire figurer des textes provenant d'au moins quatre individus différents.
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2. Critère typologique, documentaire et thématique : un des objectifs de base de ce travail est l'étude de l'évolution de l'espagnol dans deux zones distinctes d'Amérique dans lesquelles on parle aujourd'hui différentes variétés de l'espagnol. Nous souhaitons parallèlement contraster d'un point de vue linguistique les deux régions, afin d'analyser et de comprendre la façon dont ces variétés se sont distanciées l'une de l'autre, quels étaient leurs traits communs et en quoi elles étaient dissemblables à un moment-clé de l'histoire de la langue espagnole. Dans le but d'établir ce contraste le plus rigoureusement possible, nous avons cherché l'identité textuelle complète, chose qui s'avère relativement faisable au vu des caractéristiques des fonds documentaires de l'AGI. De plus, nous écarterons les manuscrits qui, à cause de leur caractère burocratique ou excessivement formel, présentent un faible, voire même inexistant, intérêt philologique ; nous pensons par exemple aux brevets royaux, aux arrêtés, aux certifications, etc. Nous nous efforcerons de récolter de préférence des documents plus « coloquiaux », autrement dit, des textes rédigés de la manière la plus spontanée possible ou très proches de la réalité orale de celui qui écrivait, comme par exemple les déclarations d'un témoin recueillies par un scribe, généralement dans l'empressement. Dans d'autres cas, nous avons sélectionné des textes caractérisés par leur syntaxe libérée, moins assujettis aux formalismes de leur époque. Ces documents se présentent sous la forme de déclarations de témoins lors de jugements, d'informations, de lettres, de dénonciations, de testaments et d'inventaires.
3. Critère géographique : nous porterons exclusivement notre attention sur des documents en provenance de l'Equateur et du Panama. Nous tenterons également d'isoler les régions les plus représentatives de chacun de ces pays.
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4. Critères sociaux : nous nous sommes efforcés de tenir compte de toutes les classes qui composaient la société coloniale. Dans les textes et les déclarations, ce ne sont pas seulement des gouverneurs espagnols qui apparaissent, mais aussi des créoles, des métis, des mulâtres, des esclaves africains et des indigènes. Cette diversité offre une perspective intéressante d'étude sociolinguistique, qui n'a pas encore été réalisée à ce jour. Ceci nous permettra de comprendre et de suivre les évolutions linguistiques, non seulement dans leur aspect géographique, mais aussi dans leur caractère social.
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2. Méthode de transcription des documents coloniaux Nous suivrons la méthode de la paléographie, d'après les critères établis par le Corpus Hispanique et Américain de Textes Anciens sur le Web (CHARTA). L'objectif consiste à offrir un ensemble de documents homogènes rigoureusement transcrits, afin qu'il soit utile à la communauté scientifique et qu'il rejoigne, de manière cohérente, d'autres documents en provenance de régions distinctes transcrits par les différents groupes attachés au projet CHARTA.
3. Méthodes d'analyse linguistique
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Pour l'analyse et l'étude contrastive de l'évolution linguistique de chaque région, nous suivrons les méthodes déjà utilisées avec succès dans des recherches similaires liées à d'autres zones d'Amérique latine, comme l'étude de Elena Rojas (1985) pour Tucuman ou celle de Beatriz Fontanella (1987) pour Buenos Aires. La méthode du contraste entre deux zones a par ailleurs déjà été appliquée avec succès par le requérant dans sa recherche antérieure sur le Venezuela et l'Equateur (Juan Sánchez, 1997). En définitive, il s'agit de l'application de la méthode philologique traditionnelle des études d'histoire linguistique, complétée par des techniques de recherche modernes, telles que la linguistique du texte ou les études portant sur l'oralité et l'écriture.
La réalisation de l'analyse s'efforcera de n'éluder à aucun moment le caractère documentaire des phénomènes et des témoignages qui apparaîtront progressivement, c'est-à-dire le fait qu'il s'agit de textes écrits, empreints de codes et de recours étrangers à l'oralité et à la spontanéité du discours oral, mais qui présentent cependant des marques d'oralité nous permettant de déduire l'environnement linguistique dans lequel ils ont surgi. De plus, nous adopterons une perspective élargie dans le but de ne laisser, si possible, aucun cas sans une première contextualisation adéquate qui aide à sa juste compréhension. De cette façon, le chercheur part toujours du système phonologique de l'espagnol des XVème et XVIème siècles, très instable et changeant, et, s'il y a lieu, des considérations philogénétiques de chaque aspect abordé, qu'il soit phonétique ou morphosyntaxique. Il tient ainsi également compte de la diatopie des phénomènes au cours de l'époque choisie, non seulement dans la Péninsule ibérique, mais aussi, fondamentalement, en Amérique. Pour ce faire, nous nous baserons sur une série d'études très valables publiées ces dernières années. Enfin, l'analyse de la situation actuelle de chaque zone étudiée nous permettra de juger de façon adéquate chaque témoignage et de procéder à la mise en contraste des deux régions.