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Voici quelques informations concernant les Milongas traditionnelles en Argentine:
Dans une Milonga traditionnelle, les femmes seules étaient assises d'un côté de la salle de bal, les hommes de l'autre, et les couples le long d'un troisième côté.
La musique est regroupée par Tandas
, qui sont des petites séquences de 3, ou 4 morceaux similaires (même style, même époque, même orchestre, même rythme), séparées par de courts passages musicaux d'un autre genre (Jazz, Rock, Boogie, Salsa, etc), appelés "Cortinas" (= "Rideaux").
A la fin d'une Tanda, les hommes raccompagnaient leur partenaire vers leurs chaises, puis, au début de la tanda suivante, ils observaient les femmes assises, et surtout regardaient si l'une ou plusieurs d'entre elles avait (ou avaient) le regard tourné vers eux (leur faisaient la "Mirada").
Si c'était le cas, il faisaient un petit signe de tête très discret mais précis (un "Cabeceo
") pour inviter la dame à danser.
Si celle-ci maintenait le regard, c'était gagné, le Tanguero pouvait se lever et aller élégamment inviter sa partenaire, sans risque de se faire rebuter en public.
Attention, si ce n'était pas le cas, le tanguero ne pouvait pas aller inviter la dame, cela aurait été considéré comme un affront.
Ainsi, et contrairement à ce qu'on peut imaginer, les femmes avaient le choix d'indiquer à tel ou tel homme qu'elles étaient disposées à danser avec lui, ou non.
La circulation sur la piste de bal se fait en sens contraire des aiguilles d'une montre; à l'arrivée sur la piste, le cavalier protège sa danseuse des couples qui arrivent par derrière, puis lui accorde toute son attention en se mettant à son écoute, en l'accueillant dans ses bras avec sympathie et douceur, mais sans trop la serrer (dans un doux "Abrazo").
Une fois qu'une certaine harmonie a été trouvée ensemble, et après avoir vérifié que le couple qui arrive lui laisse la place, il la guide avec décision mais douceur en un premier pas de côté sur la gauche (la "Salida"), afin d'entrer dans le trafic. Selon la nature de ce premier pas, le reste de la danse peut être influencée.
Hésitant, trop petit, trop grand, mal assuré, trop brusque ou puissant, ou mal placé musicalement, tous ces détails peuvent avoir leur importance.
Rien n'oblige à danser immédiatement dès le début d'un morceau; de fait il semble que les couples, placés à l'époque sous la surveillance de redoutables duègnes chargées de protéger l'honneur des jeunes femmes, profitaient de cet instant d'intimité pour échanger quelques mots en tête-à-tête avant de commencer à danser. Et, à Buenos Aires, encore aujourd'hui on ne commence à danser qu'après une minute environ se soit écoulée (soit quand le chanteur commence, si le tango est chanté, sinon au début de la section C ou du refrain)
D'ailleurs on remarque que les tangos chantés des années 30, 40, et 50, comportent une bonne première moitié non-chantée, le chanteur n'intervenant (peut-être) que lorsque les couples ont terminé leur conversation ...
Sur la piste, on reste sur sa voie. Les collisions avec d'autres couples sont à éviter à tout prix. Il est de la responsabilité de celui (ou celle) qui guide de faire extrêmement attention aux autres couples, et veiller à ne pas les gêner.
On ne traverse donc pas les pistes, on ne reste *pas* sur la piste "1 et demie" et surtout on ne recule jamais. On ne dépasse pas non plus, ni à droite ni à gauche.
Les couples un peu débutants se placent souvent en milieu de piste, soit parce que leurs compétences de navigation sur la piste sont insuffisantes, soit par choix, pour avoir un peu plus de place, et surtout pour ne pas gêner les danseurs de niveau plus élevé qui parcourent l'extérieur de la piste.
De plus, si on dispose de la musicalité nécessaire, en principe on danse "énergique", "carré" et "en déplacement" lors des passages musicaux marqués et toniques, et on danse "doux", "en rond" et "sur place" lors des passages musicaux doux et mélodieux. Cette distinction n'est pas possible sur tous les morceaux. Dans tous les cas on recommande à celui qui guide, lors des déplacements, de s'aligner sur l'homme qui précède, et de conserver une distance.
Il peut arriver (mais c'est très rare), d'avoir la sensation que toute la piste danse "ensemble", quand ça arrive c'est particulièrement magique.
La politesse voudrait qu'on danse au moins une Tanda entière avec sa partenaire, mais pas plus de trois d'affilée, et les gentlemen invitent une ou deux danseuses inconnues à chaque bal.
Ces règles de base sont apparues pour de bonnes raisons, elles ont leur valeur, et permettent de danser de manière plus détendue et créative. Aidez-nous en les respectant !