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Les éruptions volcaniques importantes peuvent modifier temporairement le climat d’un hémisphère terrestre. En 1815, l’explosion du Tambora en Indonésie eut pour conséquence un refroidissement global de la température d’environ deux ans, refroidissement estimé à -0,7 degrés en moyenne et jusqu’à -1,5 degré en Grande-Bretagne.
1816 fut nommée «l’année sans été». Des récoltes furent perdues. On attribue 200’000 décès en Europe consécutifs à cette éruption majeure et à ses conséquences: famine, maladies. L’éruption du Tambora fut l’une des plus violentes de ces derniers siècles, environ six fois plus importante que celle du Pinatubo en 1991 (image 1).
Le «hiatus» dont je parlais précédemment, cette pause dans le réchauffement, pourrait être causé non par les alizés mais par les volcans. Les particules émises par ceux-ci ont principalement deux effets. Le premier est la diminution temporaire de lumière solaire reçue par le sol. Les cendres volcaniques font écran. Elle se diluent dans la troposphère puis retombent sur le sol. Ces particules de cendre peuvent former des noyaux propices aux précipitations pluvieuses.
Le second est la présence de particules soufrées qui, à la limite entre troposphère et stratosphère (basses et hautes couches de l’atmosphère) et mélangées à la vapeur d’eau de l’atmosphère, se transforment en acide sulfurique. Elles renvoient alors le rayonnement solaire, faisant diminuer la température dans les basses couches et au sol. Ces aérosols volcaniques n’avaient jusqu’alors pas été pris complètement en compte. En résumé:
«Satellite measurements of the sulfuric acid droplets and aerosols produced by erupting volcanoes are generally restricted to above 15 km. Below 15 km, cirrus clouds can interfere with satellite aerosol measurements. This means that toward the poles, where the lower stratosphere can reach down to 10 km, the satellite measurements miss a significant chunk of the total volcanic aerosol loading.»
Traduction Google:
«Les mesures par satellite des gouttelettes et des aérosols produits par des volcans en éruption acide sulfurique sont généralement limitées à 15 km au-dessus . En dessous de 15 km, les cirrus peuvent interférer avec les mesures des aérosols par satellite . Cela signifie que vers les pôles, où la basse stratosphère peut atteindre jusqu'à 10 km , les mesures satellitaires manquent une importante partie de l'aérosol volcanique charge totale .»
Cendres ou précurseurs d’aérosols, les volcans ont-ils pu émettre assez de matière dans l’atmosphère ces quinze dernières années pour enclencher un phénomène de refroidissement ou de limitation du réchauffement? Cela reste à prouver. Si l’on considère les pluies il n’y a pas de résultats significatifs, pas d’augmentation générale et massive de la pluviométrie. Les variations relevées dans le monde depuis les années 1950 montrent plutôt des modifications dans la répartition des précipitations - par exemple, plus de pluie dans le nord de l’Europe, moins dans le sud. L’Amazonie connaît, elle, une sécheresse grave depuis l’an 2’000, avec une diminution de 25% des quantités de pluies reçues par cette vaste région d’Amérique du sud.
Concernant les particules soufrées et le refroidissement supposé qui en découlerait, les éruptions volcaniques de force moyenne pourraient aussi le provoquer, selon cette hypothèse. Toutefois les statistiques établies au Mauna Loa à Hawaii (image 2 wikipedia) montrent que ce sont les éruptions majeures qui influencent le climat et font baisser les températures. Cette influence est limitée dans le temps: environ deux ans pour les éruptions explosives cataclysmiques de ces dernières décennies. D’autre part je n’ai pas trouvé de comparaison avec d’autres périodes d’activité volcanique moyenne, qui auraient permis de tester la validité de l’hypothèse.
L’éventuelle cause volcanique au «hiatus» climatique actuel pose donc question. Seules les éruptions explosives peuvent envoyer un panache de cendre et de particules soufrées assez haut pour influencer la température du sol. Or les explosions volcaniques importantes de ces dernières années, comme l’Eyjafjöll, n’ont aucune commune mesure avec la quantité de matière rejetée par le Pinatubo ou El Chichon.
Cumul de petites éruptions volcaniques, alizés, variations naturelles du climat, influence du soleil, etc: les hypothèses sont intéressantes mais non confirmées. S’agit-il de pistes sérieuses ou de tentatives d’expliquer à tout prix pourquoi la réalité ne se plie pas entièrement à la volonté politique de l’ONU et du Giec?
La nature doit se plier aux humains: c’est le crédo volontariste et productiviste connu. Rien de changé sous le soleil.