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Quinze ans après la légalisation du « mariage » gay aux Pays-Bas, on a aujourd’hui un peu de recul sur la durabilité de ces unions. Des statistiques sur le devenir de tous les mariages conclus dans le pays en 2005 révèlent que le divorce est le plus fréquent chez les paires de femmes : dix ans plus tard, plus de 30 % des « mariages » de lesbiennes se sont soldés par une séparation légale. C’est ce que vient d’annoncer l’organisme public Bureau central de la statistique (CBS).
Le nombre de « mariages » de paires de femmes conclus en 2005 s’élève à 580 – à comparer aux 72.000 mariages conclus cette année-là, le nombre le plus bas depuis 1945 encore marqué par l’occupation et la fin de la guerre. Après le pic des années 1960 à 1980 (plus de 120.000 en 1970), la courbe des unions décroît de manière irrégulière, avec une forte accélération depuis la fin des années 1990, partiellement imputable à la baisse du nombre de personnes en âge de se marier, à l’augmentation de l’âge au moment du premier mariage et à la possibilité d’opter pour un partenariat civil ouverte en 1998, notamment au bénéfice des paires homosexuelles. C’est ainsi que la reconnaissance légale des paires de même sexe produit des effets profonds sur la société dans son ensemble.
La fragilité des « mariages » de deux femmes est frappante. Sur les dizaines de milliers de mariages conclus en 2005 par un homme et une femme, 18 % « seulement » se sont soldés par un divorce, soit près d’un sur cinq alors que chez les lesbiennes la proportion atteint près d’un sur trois. Sur les 570 « mariages » conclus cette année-là entre deux hommes, 15 % s’étaient achevés par un divorce dix ans plus tard. Mais il faut noter que les divorces sont plus fréquents lorsque les partenaires se sont mariés plus jeunes : chez les hommes homosexuels, ils étaient en moyenne nettement plus âgés en 2005, 45 % ayant 45 ans et plus, et 19 % ayant même plus que 55 ans. L’écart d’âge entre partenaires est également nettement plus élevé : 7,5 ans en moyenne contre 4,3 ans chez les époux homme et femme.
L’âge moyen des époux « hétérosexuels » lors de leur mariage est le plus bas pour les femmes ; et hommes et femmes se marient en moyenne plus tôt que les paires homosexuelles. Plus de la 55 % des « mariages » de lesbiennes concernent des femmes de 35 ans et plus. La plus grande fréquence des « divorces » de paires de femmes est donc doublement remarquable. Et il est à rapprocher d’un nombre de « mariages » qui, lui, au contraire des « mariages » de deux hommes, a nettement monté depuis 2007 pour se stabiliser aux alentours de 700 par an (après les pics des premières années, de 2001 à 2003). Chez les hommes homosexuels, le nombre oscille depuis 2005 autour des 600. Dans un cas comme dans l’autre, les nombres restent modestes. Preuve que la « demande » du « mariage gay » reste marginale, alors que médiatiquement, ce type d’union est présenté comme étant d’une importance considérable.
Les statistiques du CBS n’évoquent pas la présence d’enfants ou non chez ces paires homosexuelles. Chez les lesbiennes, on peut dire qu’elle est plus fréquente puisqu’il est plus facile pour elle d’obtenir un enfant biologique. L’instabilité de ces couples ajoute ainsi aux handicaps auxquels sont confrontés ces enfants du fait des choix parentaux.