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Agriculture et Industrie :
Pendant plusieurs siècles, Cernier fut un village uniquement agricole, quelques agriculteurs s’occupaient dans leurs loisirs de petites industries peu lucratives.
Peu de faits caractérisant l’activité des habitants de Cernier. En 1772, lorsque l’Etat voulait abolir la vaine-pâture, la commune de Cernier protesta avec les communes voisines contre cette mesure. Et parmi les raisons qui l’engageaient à prendre cette attitude, c’était le fait que les familles riches de Neuchâtel qui possédaient des terres au Val-de-Ruz n’attendaient que cet affranchissement pour en acheter beaucoup d’autres et que les paysans tomberaient l’un après l’autre et que leurs enfants n’auraient d’autre parti à prendre que celui d’émigrer. La protestation affirmait que les quelques affranchissements précédents ont déjà amené la décadence de l’agriculture au Val-de-Ruz par l’exportation de centaines de chars de foin qui sont emmenés chaque année à Neuchâtel et dans le Vignoble.
Cernier fut au 14ème siècle le centre du développement agricole du Val-de-Ruz ; c’est là que prirent naissance les Sociétés d’agriculture et de Pomologie dont nous avons parlé. C’est enfin à Cernier que fut établie l’école d’agriculture de l’Aurore. Préparée dans la période de 1882 à 1884, l’école d’agriculture fut créée en 1885.
Elle résulte d’un mouvement général en faveur de l’agriculture. La question de l’enseignement professionnel agricole et l’idée de la création d’une école d’agriculture dans ce but fut introduire dans le Grand Conseil, due à l’instigation des députés du Val-de-Ruz, puis par une pétition de la –société cantonale d’agriculture en date du 13 mai 1882.
Cette motion, dont l’initiateur était Frédéric Soguel, fut prise en considération le 13 mai 1883. Renvoyée au Conseil d’état qui présenta un rapport, puis une Commission, la question fut soumise au Grand Conseil le 23 octobre 1884, qui adopta, sans opposition, un décret assurant une subvention de l’Etat en faveur de l’enseignement professionnel agricole.
Une convention fut passée le 16 novembre 1884, entre les principales municipalités du Val-de-Ruz pour créer une Ecole pratique d’agriculture avec cours théoriques. Cette école devait former de bons agriculteurs.
Cernier s’engagea à fournir les bâtiments, les terres, le matériel scolaire et tout l’outillage nécessaire, et à supporter le déficit s’il s’en produisait. Les autres municipales s’engageaient à payer annuellement une somme de fr.1800.-
Le personnel de l’école, comprenant un directeur et une dizaine de maîtres scolaire de cours pratiques et théoriques, était nommé par le Conseil d’état, sur le préavis d’une commission, composée dix membres et chargée de la surveillance de l’établissement.
L’inauguration de l’école eut lieu le 12 octobre 1885. Des discours importants furent prononcés par Frédéric Soguel, Numa Droz et Robert Comtesse.
Les élèves furent admis le 3 novembre 1885 ; ils étaient au nombre de 12.
Dès l’année suivante, la nécessité d’agrandir le domaine et d’améliorer les constructions engagèrent la municipalité de Cernier à demander à l’Etat de reprendre cette exploitation et de transformer l’établissement municipal en une Ecole cantonale d’agriculture. Cette transformation fut décidée par décret du Grand Conseil, daté du 19 novembre 1886, modifiée par décret supplémentaire du 17 février 1887. Depuis cette date la marche de l’école est des plus prospères. Elle a reçu jusqu’au 31 décembre 1912, 474 élèves pour les cours annuels, et de 1905 à fin mars 1913, 102 élèves pour les cours d’hiver.
On peut dire que l’école d’agriculture a exercé une très heureuse influence sur la marche économique du canton. Elle a conservé à la campagne nombre de jeunes gens qui eussent été tentés de s’en éloigner. Elle a favorisé des progrès considérables dans le domaine agricole, comme le drainage, et elle a remis en honneur l’agriculture.
Dans l’époque la plus ancienne, on ne trouve à Cernier quelques tisserands et graveurs. Il y a aussi naturellement des forgerons, mais ils disparaissent bientôt.
En 1787, Cernier crut avoir trouvé une source importante de revenus dans une mine de charbon qu’un certain Convert prétendait avoir découverte sur le versant de la montagne et qu’il obtint l’autorisation d’exploiter. Cernier en fut pour ses espérances déçues et pour les dégâts faits dans la forêt par les recherches de Convert.
L’horlogerie ne s’introduit à Cernier que dans le cours du 18ème siècle, et encore les horlogers sont-ils très peu nombreux. Le 19ème siècle apporte à Cernier diverses industries d’une certaine importance. Il y a un grand nombre d’horlogers, de négociants.
Toutefois l’industrie la plus importante est la fabrique de meuble J.Perrenoud et Cie, devenue en 1897 Société anonyme des Etablissements Jules Perrenoud et Cie. Cette importante maison fut fondée en 1867 par Jules Perrenoud. Elle s’occupa au début de tissus et de mercerie, mais grâce au connaissances commerciales de son chef et à sa grande énergie elle se développa rapidement. En 1871, un associé devient nécessaire, car la maison a ajouté en 1870 le commerce de meubles. Elle possède déjà à ce moment six voyageurs. En 1872, la maison commence la vente des meubles. Cet accroissement exige de nouvelles constructions.
Les produits achetés à l’étranger laissant à désirer au point de vue de la qualité, la maison J.Perrenoud et Cie, après quelques hésitations, se décide en 1886 à construire une fabrique de meubles destinée à donner satisfaction aux exigences de sa clientèle. En 1887, la fabrique commence à travailler et ses meubles acquièrent bien vite une réputation incontestable de bienfacture.
Les chefs de la Fabrique, MM.Perrnoud et G.Payot, aidés d’un personnel compétent et d’un outillage excellent, donnent un essor nouveau à cette industrie.
En 1890, un nouveau bâtiment s’impose pour les ateliers de peinture et de polissage. On agrandit aussi les chantiers pour les bois, et en 1903, un séchoir à vapeur est installé. La maison Perrenoud se voit bientôt dans la nécessité d’organiser des dépôts ou succursales à Neuchâtel, à Berne, Genève, puis en 1910-1911, elle construit un bâtiment moderne à La Chaux-de-Fonds, à l’usage de magasins et de logements.
La fabrique est actuellement dirigée par M.arnold Châtelain. Elle a un Conseil d’administration de cinq membres, et compte 37 employés, 124 ouvriers et 24 voyageurs ou représentants. Elle occupe 19 bâtiments, et une surface de terrains de 19.000 m2 et constitue ainsi la plus importante industrie du meuble dans le canton de Neuchâtel.
© Famille Fesselet 2001 Dernière révision : 11 août,2011 .