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Origines à nos jours
Selon divers manuscrits et revues dont les auteurs seront mentionnés ci-après.
La machine à écrire fait à ce point partie de notre environnement, qu’il ne nous paraît plus possible, aujourd’hui d’imaginer un bureau, une administration, une chambre d’étudiant sans clavier dactylographique. Qu’elle soit « portative », « standard » ou à « traitement de texte », il y a toujours une machine à écrire quelque part. Pourtant, il n’y a guère plus d’une centaine d’années que l’écriture mécanique a fait son entrée officielle dans notre vie quotidienne et son histoire est peu connue.
LES ORIGINES
A la question de savoir qui a inventé la machine à écrire, il est impossible de répondre. Est-ce l’Italien RAMPAZETTO qui en 1575 inventa une sorte de cliché pour aveugles ou bien l’horloger français LE ROY qui présenta à LOUIS XIV un appareil pour l’écriture? Est-ce l’ingénieur anglais HENRY MILL qui reçut en 1714 une patente pour « une machine permettant l’impression des caractères les uns après les autres, selon le choix de l’opérateur ». Rien ne permet de l’affirmer car aucun dessin, aucun vestige de ces machines n’existe. Quant aux « automates écrivains » de l’autrichien VON KNAUS (1760) et du suisse PIERRE JAQUET-DROZ (1772), ces robots ne peuvent tracer que des textes programmés et invariables. Ils ne répondent donc pas à la définition d’une machine à écrire. Cet automate se trouve au Musée de Neuchâtel.
La première preuve tangible que l’on possède de l’existence d’une machine à écrire est une série de lettres dactylographiées, datées de1801 à 1810 et écrites par la Contesse CAROLINA FANTONI. Celle-ci était devenue aveugle dans son jeune âge et un de ses amis, PELLEGRINO TURRI, noble italien et habile mécanicien, résolut de lui construire une machine lui permettant d’écrire des poèmes et de la correspondance. PELLEGRINO TURRI pourrait donc être considéré comme le père de la machine à écrire; mais, en dehors des 16 lettres conservées au Musée de REGGIO d’EMILIA, rien ne subsiste de la machine. Il est donc impossible de s’en faire une idée et d’affirmer qu’il y a une filiation entre cette invention et celles qui ont suivies.
Quoiqu’il en soit, en ce début du 19ème siècle, la machine à écrire est dans l’air sinon dans les ambitions de quelques chercheurs originaux aussi bien en Europe qu’en Amérique. Citons entre autres: Les italiens PIETRO CONTI(1823) et GIUSEPPE RAVIZZA (1855), les américains WILLIAM BURT (1831 et CHARLES THURBER (1843), l’allemand VON DRAIS (1831) inventeur de la bicyclette, les français GONOD (1827) avec sa machine à sténographier, XAVIER PROGRIN (1833) avec sa Plume typographique et PIERRE FOUCAUD (1833) avec son clavier imprimeur pour aveugles.
Chacun y va de son invention, de son système et si l’on en juge par la diversité et l’originalité des conceptions, on peut dire que tous contribuèrent, dans une certaine mesure, à l’avènement de la machine à écrire moderne.
1850 marque le début d’une production artisanale modeste mais significative. L’Exposition de Londres sur les Travaux Industriels de toutes les Nations en 1851 donne l’occasion, aux nombreux visiteurs, de voir des machines à écrire, notamment celle de FOUCAUD et la « Typograph» de HUGUES destinées aux aveugles. Les non voyants sont, en effet, les premiers bénéficiaires des procédés d’écriture mécanique et en font usage dans leurs écoles. Pour mémoire, le système BRAILLE date de 1834.
Citons encore quelques inventions qui vont être déterminantes dans la conception technique des machines de l’époque qui va suivre: la machine à index de PETER HOOD (1857), la machine en bois de l’autrichien PETER MITTERHOFER (1864), la « Ptérotype » de JOHN PRATT (1866 ) et la « Skrivekügel » du pasteur danois MALING-HANSEN (1870), sorte de clavier sphérique imprimant directement sur le papier.
Le célèbre physicien anglais WHEATSTONE construit cinq à six modèles de machines à écrire entre 1851 et 1860 : l’une d’entre elles préfigure la fameuse Hammond et une autre présente quelques analogies avec les machines à réglettes.
1873 - LE DÉBUT DE LA PRODUCTION INDUSTRIELLE
D’aucun pourront s’étonner qu’il ait fallu attendre la fin du 19ème siècle pour voir se développer la production de machines à écrire alors que, depuis plus de cent ans déjà, des brevets avaient été déposés un peu partout dans le monde. Sans doute faut-il en chercher la raison dans le fait que, jusqu’alors, la machine n’avait pas été d’une réelle utilité si ce n’est, comme on l’a dit, pour les aveugles.
D’autre part, l’idée de remplacer la plume par une machine à écrire pour écrire une lettre était encore regardée, par bien des hommes d’affaire, comme inconvenante et impolie. A la fin du siècle, le développement important du commerce, particulièrement aux Etat Unis, va réclamer des moyens de communications plus rapides et plus sophistiqués que l’écriture manuelle. L’enjeu était de construire une machine simple, facile à l’emploi et qui puisse rivaliser de vitesse avec la plume.
C’est la fabrique d’armes REMINGTON, installée à IIlion (NY), qui en 1873 est chargée de fabriquer la machine conçue par les Américains SHOLES,GLIDDEN ET SOULE.
Christopher Latham SHOLES, imprimeur de formation, était rédacteur au Wisconsin Enquirer. Il occupait ses loisirs à bricoler des inventions. Avec SOULE, son ami, il met au point un appareil permettant la numérotation successive de pages de registre et des billets de banque. GLIDDEN, une autre connaissance, lui suggère d’investir le bénéfice de ses recherches dans la construction d’une machine à écrire. Inspiré par un article décrivant la création récente de l’anglais John PRATT, SHOLES besogne promptement et sollicite en 1868 un premier certificat pour une petite machine efficace. Il perfectionne l’engin durant cinq ans. Sa situation ne lui permet pas d’aller de l’avant; Il vend ses brevets à la firme REMINGTON & SONS en 1873, par l’intermédiaire de DESMORE.
Cette machine est fixée sur une table. Un pédalier actionne le chariot. Un clavier à 4 rangées de touches en bois actionne des caractères qui frappent le cylindre portant le papier par en-dessous. L’écriture n’est donc pas directement visible.
On avait nommé cette machine « THE TYPE WRITER » .C’était la première fois que l’on utilisait ce terme qui allait, par la suite, devenir un nom commun. La première année 1’000 exemplaires furent construits bientôt suivis par 5’000 autres. A partir de 1878, d’autres modèles de plus en plus perfor- mants vont suivre et porteront désormais le nom de REMINGTON.
Les premières machines à écrire marquent plusieurs éléments comparables aux machines modernes : les leviers, portant les caractères, sont actionnés par des touches. Les caractères frappent le papier maintenu en place sur un rouleau. Les lignes droites se succèdent et l’espace entre les mots reste variable selon le désir de l’opérateur. Cependant, il subsiste bien des inconvénients à ce « prototype » qui a convaincu le romancier Mark TWAIN.
Entre 1875 et 1900, les brevets relatifs au perfectionnements ou à l’invention de nouvelles machines furent demandés par dizaines : en 1879, YOST, collaborateur de REMINGTON, montre une «CALLIGRAPE », puis l’élégante »YOST »; DENSMORE lui-même quitte REMINGTON pour fonder sa propre entreprise; le fils de SHOLES s’associe à un membre de la famille Remington et fabrique la RemSho (REMingthon SHOles). Assurément, ces machines semblent efficaces et d’autres écrivains ont prêté un œil séduit à ces instruments.
1886, le VELOGRAPHE est la première machine à écrire construite en SUISSE par Adolphe-Prosper D'EGGIS de Fribourg et usinée en 1887 à Genève par la maison Rymtowtt-Prince & Cie.
Une machine se compose de trois parties essentielles : le clavier, le chariot et le mécanisme d’impression. Le clavier, c’est toute une histoire! Les premières machines ne connaissent pas la majuscule. Afin de ménager un nombre restreint de touches, on préfère placer deux caractères (parfois trois) au bout de chaque barre; un mécanisme de leviers habilite chaque touche à prendre l’une ou l’autre fonction. Dans la SMITH PREMIER,le constructeur a néanmoins opté pour un double clavier.
A la source, il existe trois catégories de claviers : double, normal, ou réduit. Les avis des dactylographes professionnels sont partagés quant à la valeur de chaque système et les vitesses atteintes en pratique courante ou en concours spéciaux n’affirment pas la supériorité de l’un ou l’autre. La généralisation du clavier simple s’explique pourtant : la duplication de la fonction de chaque touche permet d’avoir accès à un ou plusieurs signes sur un espaces de travail réduit.
Autre chose : sur les premiers modèles, lors d’une frappe un peu alerte, les barres ont tendance à s’entrecroiser (« clashing »), ce qui bloque la machine et retarde les opérations. Afin de résoudre ce problème, SHOLES cherche un arrangement scientifique des différentes clés et opte pour le clavier «QWERTY» qui, selon lui, laisse un minimum de mouvement de la main. Ce qu’il prend comme loi universelle est approprié à sa machine et complètement faux : même en anglais, la distance parcourue par les doigts peut être diminuée… Plusieurs expériences l’ont prouvé. Trop tard ! L’habitude prise par les dactylos, le « QWERTY » devient universel. Suivant les contingences de chaque langue, des tentatives en vue de réformer la disposition des claviers ont lieu dans différentes parties du monde. En Belgique, le « AEU » de Valley équipa certaines machines d’importation; en France, en 1907, le Navarre est élaboré suivant la régularité d’apparition des lettres, l’accentuation propre à notre langue; le « ZHJAYS » ne sera jamais adopté et même après le développement de l’industrie française de machine à écrire, un «QWERTY» ne sera pas accepté. L’ »AZERTY » restera le plus utilisé.
Dans les modèles initiaux, la ligne de frappe reste illisible à l’opérateur : les caractères percutent le papier sous le rouleau. En 1898, UNDERWOOD, sur la base d’un brevet de FRANZ X. WAGNER, présente une machine à « frappe latérale avec barres horizontales placées sur le devant de la machine. Les tiges à touches agissent par l’intermédiaire d’un levier de renvoi coudé, appelé équerre, qui transforme le déplacement vertical en mouvement horizontal et actionne la petite branche de la barre porte-caractère, ainsi projetée en avant et en haut. Ce dispositif à écriture entièrement visible est un triomphe, hâtivement copié par maints constructeurs qui modifient seulement les formes et les proportions des différents leviers. C’est la naissance authentique de la bonne vieille machine chère à Henry JAMES, à CHANDLER, à KEROUAC.
A partir de 1908, les manufactures n’ont plus construit que des modèles à écriture visible.
Commercialement, la réussite de la REMINGTON 1 n’est pas immédiate. A son apparition, cette mécanique un peu snob sert à remplacer l’écriture manuelle dans la rédaction du courrier et de manuscrits divers. Vers 1880, la machine à écrire entre enfin dans la pratique administrative aux Etats-Unis. Le « businessmann » décèle avec plus de célérité les avantages des « typewriters » : le document est d’une lisibilité aisée; grâce au « carbon paper » et à la feuille de papier pelure, les copies multiples sont prestement confectionnées; « times is money » : une bonne dactylo que l’on rémunère peu, travaille sept à huit heures par jour et donne une production trois à quatre fois supérieure à celle d’un calligraphe. Les firmes ouvrent des écoles de dactylographie surtout fréquentées par des femmes et, à la suite d’une commande, il n’est pas rare de livrer l’opératrice avec la machine. REMINGTON organise dès 1874 l’exportation vers la Grande-Bretagne et Vers l’Europe à partir de 1883. Si l’on s’en réfère à Albert NAVARRE, « la machine à écrire n’a été pratiquement employée en France qu’après1885» . Ce robot supplante le porte-plume, d’autre fabricants entrent sur le marché : BAR LOCK et WILLIAM en 1900, ROYAL en 1906 aux USA. Bientôt les Européens se lancent dans la construction : MERCURY en Angleterre, HALDA en Suède, et les fameuses TRIUMPH et ADLER en Allemagne; des machines Françaises originales sont construites par JAPY en 1910, la même année, la Manufacture de Saint-Etienne suit avec la TYPO. En Suisse, deux constructeurs ont essayé de fabriquer une machine; Malheureusement ces modèles, peu pratiques, n’eurent pas de lendemain. Ces essais remontent aux années 1886 et 1889. « Le Vélographe et La Saturne».
C’est en 1914, alors que la Suisse reçevait peu de machines de l’étranger , que la Fabrique PAILLARD &Cie à Sainte-Croix entreprit l’étude de la construction d’une machine. Son premier modèle fut l’HERMES Std 1, qui ressemblait à l’UNDERWOOD Std 5 . Ce n’est quand 1922, que l’HERMES Std 2 , totalement différente du modèle 1, est lancée sur le marché et fabriqué en série.
La première machine Soviétique, une IANALIF, sort d’usine en 1928. L’écriture Cinoise, composée de plusieurs milliers d’idéogrammes a adapté la machine à écrire à ses besoins : l’ancêtre serait le procédé de CHOU HOU k’um, commercialisé en 1911; plus proche des conceptions alphabétisées, la »MINGHWAI » de Lin Yutang en 1950. Au Japon, Kyota Sugimoto crée un prototype étonnant en 1913…
A part quelques négligeables exceptions, la fabrication de la machine à écrire est monopolisée dans le monde entier par les constructeurs Américains et Allemands.
Toute la période qui va suivre sera pour la machine à écrire un âge d’or. Un peu partout, des constructeurs vont déployer force de moyens et d’imagination pour conquérir un marché diversifié et en pleine expansion. C’est à cette époque que l’on trouve le plus grand nombre de modèles différents tant dans leur conception que dans leur prix.
Au début du 20ème siècle on trouve, sur le marché, des machines dont le clavier comporte jusqu’à 8 rangées de touches (YOST).
A la place du clavier, certaines machines possèdent un « indicateur » ou « index » de sélection. Celui-ci est linéaire (MERRITT), rond (DISKRET) ou quadrangulaire (chez MIGNON).
Les caractères d’impression sont fixés sur des « barres » (UNDERWOOD), sur « barillet » (DACTYLE), sur un « segment » (HAMMOND) ou sur un « disque » (LAMBERT). L’impression se fait par en dessous (REMINGTON), par au-dessus (SALTER), par l’avant (IDEAL), par l’arrière (NORTH) ou par les côtés (OLIVER).
L’encrage est assuré par un ruban (DENSMORE) ou par tampon (WILLIAMS). On trouve des machines rondes, carrées, pliantes (CORONA) ou, tout simplement, de la grandeur de sa poche(VIROTYP). La gamme des prix va de 1 dollar à plus de cent.
En 1917, des machines dites « silencieuses » sont usinées aux USA : la production de la NOISELESS de REMINGTON démarre en 1924; UNDERWOOD produit un modèle quasiment identique; plus tard, elles arrivent sur le Vieux Continent : ces machines répondent à un besoin; dans les gigantesques bureaux, ils sont parfois des centaines à dactylografier, le bruit est infernal… La « Noiseless » souffre d’un défaut : sa frappe n’est pas d’une qualité parfaite et elle ne donne pas une honnête copie-carbone. La plus efficiente de ces taciturnes, demeure probablement la CONTINENTAL « SILENTA » (1934) qui disparaît après 1940-45. On ne peut pas tout avoir, confort et rentabilité !
A côté des machines standard, on voit naître les portables : durant la Grande Guerre, l’américaine CORONA, légère, peu encombrante car son chariot se renverse sur le clavier, rend de fiers services tant dans les tranchées alliées que dans les états-majors allemands. La REMINGTON construite en 1920, une autre de ces petites portatives, reste longtemps l’outil préféré des journalistes. Fidèles compagnes de voyage, ces portables occupent peu de place dans les bagages tout en conservant au travail les effets de leur grande sœur. Les constructeurs ont fait preuve d’imagination et, de nos jours, dans les brocantes, il n’est pas rare de trouver dans son boîtier une merveille de miniaturisation, comme l’HERMES BABY, inventée par PREZIOSO en 1936.
Plusieurs centaines de marques sont ainsi apparues. Certaines ont eu une existence éphémère. D’autres subsistent encore aujourd’hui.
Après 1920, les pulsions créatrices se calment et une relative uniformité s’installe. C’est le modèle de la machine à écrire standard, crée pat CH. WAGNER et lancée par UNDERWOOD en 1896 qui va s’affirmer comme modèle type à presque toutes les marques.
Les machines ne se différencieront plus fondamentalement. Seuls la qualité des matériaux, le soin à la construction, la forme de la carrosserie ou la couleur seront des facteurs de concurrence. L’introduction de l’électricité se généralisera également; mais n’oublions pas que la première patente pour une machine à écrire électrique date de 1854 (DEVINCENZI).
De nos jours, la « boule » et la « marguerite » n’ont rien fait d’autre que reprendre des idées anciennes. La véritable révolution se trouve dans le « traitement de texte » de l’ordinateur ou l’on voit, réduites au maximum les manipulations. Mais, là aussi, ne serait-on pas revenu, paradoxalement, à l’ »Automate écrivain » de Pierre JACQUET-DROZ avec ... la technique en plus? La question est posée.
Bibliographie:
Die Schreibmaschine E. MARTIN 1931.
The Writing Machine M. ADLER 1973.
Un siècle de machines à écrire de bureau 1873-1973 de J.-L. Balle et J. Goffin.
Bibliothèque royale Albert Ier Bruxelles 1993.
Concours de vacances E. Pasche
L.M. Campiche S.A. Lausanne 1945.
Collection of Typewriters Carl P. Dietz
By G. Herrl.
TRADUCTION DU COMMENTAIRE DE MR. HOFMANN DU MUSÉE HERMAG A ZURICH, et Historique, Avantages et Descriptions de Ernest Pache
L.M. Campiche S.A. à Lausanne 1945.
et
PèLe Mêle de L.M. Campiche S.A. Lausanne 1960.
et
Revue des 150 ans de Paillard S.A.
et
E.Paillard & cie S.A. « Une entreprise Vaudoise de petite mécanique 1920-1945 de Laurent TISSOT.
Chronologie des inventions
1714 HENRY MILLS invente un appareil avec lequel on peut imprimer mécaniquement. Cet appareil n’a pas été retrouvé, mais bien la patente royale.
1765 PIERRE JAQUET-DROZ , un horloger neuchâtelois, construit un automate d’allure féminine, qui écrit une certaine phrase au moyen d’un mécanisme à ressort dissimulé à l’intérieure. Cet automate se trouve au musée de Neuchâtel.
1829 machine de l’Américain BURTON , qu’il inventa est la véritable machine à écrire connue, basée sur l’emploi de dispositifs maintenant encore utilisés dans les typewriters. Elle ne fut pas construite. Les dessins, déposés au « Patent Office » de Waschington, furent brûlés lors de l’incendie qui détruisit cet établissement.
Cependant, le petit-fils de l’inventeur put fournir un certain nombre de documents suffisants pour en faire connaître le mécanisme.
1833 Un marseillais XAVIER PROGIN , imagine la première machine à types séparés. L’appareil se composait d’une série de marteaux porte-caractères dont les pivots étaient réunis en cercle de façon que chaque barre puisse venir converger au centre où était la surface réceptrice; comme on le voit, il y avait une étroite analogie avec les machines non visibles à leviers en corbeille. Elle ne comportait pas de clavier , chaque levier de frappe étant mû par une barre verticale terminée par un crochet, la manœuvre de cette couronne de crochets devait évidement être très incommode. L’encrage se fait à l’aide d’un tampon sur lequel les types reposent normalement. Les mouvements d’avancement pour les lettres et pour les lignes, s’obtiennent par l’action des mains au moyen de crémaillère et rochets.
1843 CHARLES THURBER , inventa la deuxième machine en Amérique. Elle se composait d’une série de pistons d’acier de 11 centimètres de longueur, portant chacun un type à l’une de leurs extrémités et un bouton de nacre à l’autre. Ces pistons occupaient une position verticale autour d’une roue horizontale d’environ trente centimètres de diamètre, mobile autour de son axe. Au dessous de cette roue, était un cylindre de papier, on amenait le piston choisi devant le guide, au point d’impression et on l’enfonçait avec l’index. L’invention de THURBER , donnait une assez bonne impression, mais forcement trop lente.
1855 ALFRED BEACH construit une machine monumentale pour les aveugles. Elle avait trois rangées de touches, mais les caractères étaient à double, une partie frappait de haut en bas et l’autre de bas en haut. L’écriture était en relief sur un ruban de papier.
1857 PETER HOOD , né à Westmuir en 1836, créa deux machines. Primitivement forgeron, comme son père, mais de santé délicate, il fit horloger. Son atelier était sous le toit de la maison paternel. Le principe de ces machines était le suivant : un disque horizontal perforé à l’emplacement de chaque lettre de l’alphabet, dessus une manivelle faisant tourner une roue verticale sir laquelle sont fixés les caractères. A chaque lettre on appuie sur une poignée pour que le caractère s’imprime sur le papier fixé sur un cylindre de 10 centimètres de large. L’encrage se faisait par tampon, l’interligne à la main de même que l’espace entre les mots. Ces modèles sont actuellement dans un musée anglais.
1867 ALLEN-BUFFALO. Cette machine à écrire, construite en bois par un pasteur brésilien, FRANCISCO JOAO, n’eut pas de succès. Son intention était de la faire en métal pat quelqu’un qui voulait lui fournir les fonds, mais in n’obtint qu’une médaille à l’Exposition de Pernambuco. Il s’adressa au gouvernement qui lui rendit la machine. Quelques années plus tard, au moment même que la Remington apparu sur le marché. On ne connaît pas d’autres renseignements sur la fin de cette aventure.
1864 FRANZ-XAVIER WAGNER , qui fut l’un des plus important pionnier de la machine à écrire est né en Allemagne le 20 mai 1897, à Heimbach, près de Engers sur le Rhin. Il s’expatria aux Etats-Unis d’Amérique en 1864 et y décéda le 8 mars 1907. Si c’est aux hommes d’affaires américains qu’on doit d’avoir dans le monde un nombre incalculable de machines à écrire en usage, c’est à l’invention de Wagner que l’on doit le prestigieux développement pris par cette nouvelle industrie. La grande difficulté rencontrée par les dactylographes de ce temps était que sur presque tous les modèles alors sur le marché, (Yost, Remington, Smith-Premier 4), l’écriture était illisible pendant l’impression des caractères.
Wagner résolut le problème en divisant en deux demi-cercles égaux l’ancienne corbeille à leviers porte-types et en basculant une des partie de 45 degrés vers le bas. L’ancien levier porte-type fut également remplacé par la nouvelle barre Wagner.
Sitôt l’invention connue, les fabricants des systèmes invisibles ne tardèrent pas à introduire également la visibilité immédiate de l’écriture. Cependant, ils n’y réussirent parfaitement que lorsqu’ils prirent pour modèle le principe des barres Wagner.
Il est clair qu’il n’y avait pas de meilleure preuve de la nécessité de la visibilité immédiate et permanente de l’écriture et de la valeur de la solution présentée.
C’est par Sohles et Gliden que Wagner vint à s’intéresser à la machine à écrire. Il travailla chez Remington et construisit successivement la « Caligraphe », la « Yost », la « Desmore », la « National » et, enfin, son chef-d’œuvre la « Wagner ».
L’avantage principal de la « Wagner » était l’insertion des barre à caractères dans un segment et leur rattachement aux leviers des touches à l’aide de connexion, unique moyen d’assurer le lancement de la barre, sans friction vers le point d’impression.
Ces leviers de connexion, invention de son fils Hermann Wagner, sont probablement ce que la machine Wagner, considérée dans son ensemble, présente de plus essentiel. Si Wagner n’a pu mettre sa machine sur le marché qu’en 1898, dont huit ans après l’avoir brevetée, la cause en est , dans le souci que prit l’usine qui la construisit, « Wagner Typewriter Co de New-York », de ne paraître sur le marché qu’avec une machine parfaite.
La Wagner Typewriter Co, fondée par Wagner, fut plus tard rachetée par le réputé fabricant de rubans pour machine à écrire, M. John T. UNDERWOOD, et, de ce fait, la Wagner a ensuite été répandue dans le monde sous le nom du nouveau propriétaire des usines, ce qui explique l’ignorance du nom Wagner en Europe, quoique sur les anciennes machines Underwood le décalque du bâti arrière le mentionnait.
1866 Le menuisier autrichien PETER MITTERHOFER construit une machine à écrire consistant en un bâti en bois avec un clavier et des barres à caractères arrangée en croissant. Les caractères n’étaient pas gravés, mais étaient formés de pointes arrangées en forme de lettres. Le ruban était alors inconnu et la frappe sur cette machine donnait, de bas en haut, une écriture perforée.
1867 Le pasteur MALLING-HANSEN, de Copenhague, construit une machine à écrire SCHREIGKUGEL,de façon rationnelle en Europe.
1867ALLEN-BUFFALO
Le pasteur Brésilien FRANCISCO JOAO fabriqua une machine en bois. Ce prototype devait être fabriqué en métal. Malheureusement il n’eut pas de succès. Il n’obtint pas les fonds pour poursuivre ses efforts, mais il reçu une médaille à l’exposition de Pernambuco. On ne connaît pas d’autres documents sur la fin de cette aventure.
1870 SCHOLES ET GLIDDEN, à Milwaukee, États-Unis, ont travaillé pendant des années pour inventer une machine à écrire, qu’ils ont cédé plus tard à la fabrique d’armes Remington. Elle partait des idées de MITTERHOFER, mais s’était développée considérablement du côté mécanique. Toutes les constructions précédentes n’avaient pas dépassé l’état de prototype, ou même de dessin. La machine Sholes et Glidden fut fabriquée en série, et en s’améliorant, trouva une diffusion croissante. On ne pouvait cependant écrire que des majuscules, un obstacle qui fut éliminé plus tard grâce au clavier complet, (double clavier).
1872 La première machine à écrire vraiment pratique fut construire par la fabrique d’armes REMINGTON , en Illinois. Le premier modèle diffère des machines actuelles par ses dimensions un peu plus grandes, surtout en ce qui concerne la hauteur. L’écriture était invisible, l’opérateur devait soulever le chariot pour apprécier le texte. Le ruban encreur avait 36 mm. De large. Les leviers de touches étaient en bois. Par la suite les modèles se perfectionnaient, il y avait 39 touches pour langue anglaise et 42 pour les autres.
Cette machine était livrée sur un support identique à celui des machines à coudre avec pédale qui permettait de faire revenir le chariot. L’écriture n’était qu’en majuscule. En 1978 elle fût équipée des lettres minuscules.
1879 CRANDALL MACHINE CO Grotom New York. met sur le marché une machine à cylindre portant tous les caractères. Clavier a deux rangées de 14 touches en demi-cercle. C’est une des première machine à écriture visible. Le cylindre en caoutchouc dur est également une nouveauté, ainsi que le ruban encreur étroit.
1880 CALIGRAPH apparaît d’abord avec un clavier complet de 72 touches. Inventée par M. G. YOST, elle fut fabriquée par Georges W. N. YOST et Frank Xavier WAGNER. M. YOST était un collaborateur de la fabrique Remington, mais ne pouvant pas faire agréer certaines de ses idées, il lança la Calligraphe. Elle était caractérisée surtout par son clavier complet. L’organe d’impression est le même que celui de la Remington; les marteaux sont disposés de la même façon, mais les barres de touches, au lieu d’avoir leur point d’appui à l’arrière de la machine, l’ont à l’avant . Il en résulte que, pour le doigté soit assez doux, les barres doivent se prolonger en avant des touches, d’où la nécessité de la tablette précédant le clavier.
Dès 1900 le modèle NEW CENTURY avait 84 touches réparties sur 7 rangées de touches, c'est-à-dire une seule lettre par touche.
1881 HAMMOND. J.B. Hammond et E.J. Manning. Première machine à écrire semi visible et à écriture interchangeable. Les caractères sont réunis sur un segment circulaire fixé à la roue centrale, avec trois hauteurs de lettres. Un marteau frappe par derrière le papier contre le cylindre et le ruban encreur. Ce mécanisme est identique à celui de la machine « Pratt » Construite entre 1861 et 1865.
1883 RAVIZZA. Joseph RAVIZZA , né en 1811 à Navare, juriste de profession, s’est intéressé à la construction de machines à écrire déjà en 1830. Après dix prototypes c’était la machine la plus perfectionnée jusqu’à l’apparition de la Remington. Chose curieuse est la ressemblance avec la Remington, mais les livres assurent que l’inventeur italien et l’inventeur américain s’ignoraient. Le principe et les formes ont été trouvées simultanément dans les deux pays. On pouvait écrire trois fois plus vite qu’à la main.
Ravizza serait aussi l’inventeur du ruban encreur, en effet il montait sur ses machines un ruban de soie trempé dans de l‘aniline mélangée à de la glycérine. Prix d’une machine revenait à 300 lires.
1886 Le VELOGRAPHE. C’est la première machine construite en Suisse pour l’écriture . Elle fut vendue en Suisse et en France en nombre insignifiant. Le concepteur est Adolphe Prosper de Fribourg. Le Vélographe fut construit à Genève . La machine consiste principalement d’un disque tournant autour d’une broche et portant à sa circonférence des trous de réglage et sur le cadre extérieur l’indication des lettres , tandis que la face de dessous porte les caractères en caoutchouc. En dessous de ce dispositif, se trouve le chariot, autour du cylindre le papier s’enroule de la manière usuelle. Les deux boutons visibles au côté supérieur de la machine, servent à régler le support des caractères. Sous la plaque à caractères , des deux côtés du point d’impression, se trouve 2 roulettes d’encrage qui sont pressées par des ressorts, contre le disque à caractères. L’écriture à lieu de la manière suivante : on tourne le disque par le bouton de réglage gauche ou droite jusqu’au trou de guidage des lettres puis on presse alors sur le disque. L’impression se fait sur le papier et le chariot avance. On ne pouvait écrire que d’une main.
Le modèle de 1887 ne fut pas amélioré.
1887 YOST 10. D u même inventeur que la Calligraph, avec un double clavier et 85 signes au total. Les barres à caractères articulées reposent sur toute la circonférence du tampon encreur. La société qui la fabrique s’appelle YOST WRITING Co New York. C’est la première machine avec guide caractères.
1888 SMITH PREMIER 1. L’une des premières machine à double clavier et avec un chariot à roulement à billes et deux barres d’espacement. L’inconvénient du double clavier est le long trajet pour la frappe de chaque touche. Pour augmenter la vitesse et la sûreté du travail on inventa la commutation. Remington 5 est l’une des premières de cette exécution. Au lieu d’un signe, on trouve deux sur le même levier. La touche de commutation présente le chariot mobile soit sur la minuscule soit sur la majuscule. Les leviers de touche étaient en bois.
1890 CHICAGO. État Unis. Trois rangs de touches. Exécution perfectionnée de la « Munson ». Le barillet est composé de pièces métalliques et fixé sur un axe. L’impression se fait par un balancier venant de l’arrière.
1890 EDISON . Inventeur EDISON DICK CO États Unis. Arrangement des caractères en forme de cercle. En tournant la roue à caractères, on obtenait la suite des frappes. Construction compliquée; aucune diffusion.
1890 DAUGHERTY. nommée plus tard PITTSBURG,amena une construc- tion d’avant-garde sur le marché. Pour la première fois le mouvement des porte caractères est frontal, l’écriture est visible et la commutation se fait par segment. Malheureusement cette machine, qui avait alors une signification importante, n’eut pas de succès parce que la fabrication ne put s’organiser en grande série et qu’elle souffrait de quelques faiblesses de construction.
1891 WILLIAMS. État Unis. Clavier à trois rangées. Mouvement des leviers de caractères à l’avant, puis à l’arrière pour la seconde moitié.
1891 DESMORE. État Unis. Construction analogue à la Remington ?
1892 WELLINGTON PARKER KIDDER. Inventeur du mécanisme de frappe NOISELESS, principe du mouvement horizontal de la barre à caractères, fut utilisé dès 1895 sur la machine Empire avec une frappe directe. Ce mécanisme a été repris, pour l’Europe par Adler.
1916, il lance la NOISELESS avec sa nouvelle frappe par l’élan que lui donne l’opérateur. Par ce système le bruit est en grande partie supprimé d’où le nom de » Noiseless la silencieuse ». Les premiers modèles avaient 3 rangées de touches qui comportaient 84 caractères et 4 signes par barre. Par différents réglages astucieux, l’impression sur le papier était parfaite. Par ses performances, le mécanisme Noiseless fût adopté par plusieurs fabricants soit Adler, Underwood, Smith Premier et Remington .
1892 NORTH. Angleterre. Construction tout à fait inédite avec les leviers des caractères frappant de haut en bas. Le chariot et son cylindre se trouvant entre la corbeille de caractères et le clavier.
1896 OLIVER. Canada. Thomas Oliver, prédicateur méthodiste du Middle-West, créa un dispositif original pour mouvoir les porte-caractères.
1896 SCHADE Rudolph, Berlin. Sa machine est du même principe que la sphère écrivant, inventée par Malling Hans en 1867. Cette machine présentait à l’époque l’avantage de pouvoir écrire à plat sur n’importe quelle épaisseur de papier ou de carton. Contrairement à toute autre machine qui se place sur la table, celle-ci se fixait par une pince au bord de la table.
Le chariot était dans le vide et allait d’un côté à l’autre de la sphère. Les touches étaient de longs leviers auxquels étaient fixés les caractères, passant par un guide central. Avec 84 touches, les blanches étaient pour les minuscules et les noires pour les majuscules. Quand aux voyelles , aux chiffres et signes, ils étaient placés dans les bords. La touche d’espacement se trouvait au centre de la sphère avec se signe « Sp ». L’impression se faisait déjà au moyen d’un ruban. Poids de la machine était de 2 kg 250gr.
1897 F.X. WAGNER , un Germano-Américain, mit au point la machine à segment qui montra à la fin du siècle, la conception des machines actuelles. Il résolut le problème en divisant en deux demi-cercles égaux, l’ancienne corbeille à leviers porte-types et en basculant une des partie de 45 degrés vers le bas. Sitôt l’invention de Wagner connue, l’industrie de la machine à écrire se développa prodigieusement. Les fabricants des systèmes invisibles ne tardèrent pas à introduire également la visibilité immédiate de l’écriture. Cependant, ils n’y réussirent parfaitement que lorsqu’ils prirent pour modèle le principe des barres Wagner, c’est-à-dire rangées en demi-cercle.
C’est par Sohles et Gliden que Wagner vint à s’intéresser à la machine à écrire. Il travailla chez Remington et construisit successivement la « Caligraphe », la »Yost », la « Desmore », la « National » et, enfin, son chef-d’œuvre la » Wagner ».
L’avantage principal de la construction de Wagner par rapport aux machines antérieures n’était pas la frappe venant du bas; d’autres machines avaient déjà une construction analogue (Daugherty , 1891); mais c’est l’insertion des barres à caractères dans le segment et leur rattachement aux leviers de touches à l’aide d’un levier de connexion, unique moyen d’assurer le lancement de la barre, sans friction vers le point d’impression.
Ces leviers de connection, invention de son fils Hermann Wagner, sont probablement ce que la machine Wagner, considérée dans son ensemble, présente de plus essentiel. Si Wagner n’a pu mettre sa machine sur le marché qu’en 1898, dont huit ans après l’avoir brevetée, c’est que la fabrique « Wagner Typewriter Co de New-York » ne désirait mettre sur le marché qu’une machine parfaite.
Franz-Xavier Wagner, qui fut l’un des plus important pionnier de la machine à écrire, est né en Allemagne le 20 mai 1837, à Heimbach, près de Engers sur le Rhin. Il s’expatria aux Etat-Unis d’Amérique en 1864 et y décéda le 8 mars 1907.
La Wagner Typewriter Co, fondée par Wagner, fut plus tard rachetée par le réputé fabricant de rubans pour machines à écrire, M. John T. Underwood, et, de ce fait, la Wagner a ensuite été répandue dans le monde sous le nom du nouveau propriétaire des usines, ce qui explique l’ignorance du nom de Wagner en Europe, quoique sur les anciennes machines Underwood le décalque du bâti arrière le mentionnait.
1899 SATURN. Première tentative de l’industrie suisse. Son inventeur, Fr. Meyer fait construire cette première Saturn par E. Stauder de Meilen près de Zurich. Elle ne fut répandue qu’en Suisse et sa fabrication et de courte durée. Cette machine n’a que 9 touches. Le résultat a été atteint grâce à un dispositif de 9 châssis oscillants sur chacun desquels se trouve un groupe de caractères. Lorsqu’on frappe une touche, la partie opposée du châssis de 8 signes ou lettres, est poussé contre le cylindre et y laisse l’empreinte désirée.
Tous les châssis sont réunis dans un chariot commun, qui se déplace en avant et en arrière. Ce mouvement est commandé par un bouton placé à gauche du plateau des signes. En résumé, ces 9 châssis remplacent les 36 barres à caractères que l’on trouve généralement. L’impression est faite sous le cylindre qui supporte la feuille de papier , comme avec les machines dites « aveugles », au moyen d’un large ruban encreur. Les majuscules sont disposées par ordre alphabétique. Le A se trouve au commencement de la troisième ligne et le Z à la fin de la première ligne à droite.
Les minuscules et les signes sont groupés selon la fréquence de leur emploi. Poids de la machine : 9 kg. Prix : 300 francs.
1907 EMERSON. État Unis. Mouvement des porte-caractères depuis devant à gauche et à droite. 3 rangées de touches.
1912 CORONA. La première machine à écrire véritablement portative et extra-légère. Elle fut utilisée comme authentique arme pendant la Première Guerre mondiale par la «Canadian Light Artillery ».
1915 SUGIMOTO, Kyota. Nippon Typewriter Co Ltd Tokio.
Cette machine à écrire japonaise n’a aucune ressemblance avec celles de l’occident. L’alphabet japonais est composé d’environ 12 000 caractères . Il est donc impossible, à cette époque de fabriquer une machine avec un si grand nombre de signes.
Les constructeurs japonais doivent donc suivre un tout autre chemin. L’écriture va de haut à droite en lignes verticales vers le bas. La solution trouvée fut d’avoir, sur une tablette, une multitude de caractères que l’on prend avec un levier mobile qui vient s’appliquer contre le papier fixé sur un cylindre. Ce cylindre possède un bouton et une roue dentés qui permettent d’obtenir les espaces réguliers et nécessaire entre les lignes .
Avant l’impression sur le papier, les caractères sont encrés sur un tampon encreur. La fin de la ligne était signalée par un timbre de sonnerie.
1937 ARCHO-NORMA. Cette machine que l’on prendrait facilement pour une Adler 7, par sa ressemblance, est construite sur le même principe mais spécialement pour écrire la musique. Elle possède 44 touches avec 2 leviers de communication, ce qui permet d’avoir 132 signes. Ainsi on peu écrire les partitions les plus compliquées, les lignes de musique, les notes, les clefs et l’écriture ordinaire pour les textes.
Son avantage sur les machines précédentes est d’être portable.
Vers 1900, les modèles semblaient avoir atteint un palier, surtout en ce qui concerne le clavier. La machine à écrire avait pris pied partout et la dactylographie devenait une branche d’enseignement. Les machine à double clavier disparurent peu à peu et la nouvelle méthode des dix doigts permit de beaucoup plus grandes performances que l’empirisme du tapage au petit bonheur.
On s’aperçut alors que les machines de cette époque étaient trop lentes pour des dactylographes habiles des dix doigts. La nouvelle tâche des constructeurs fut de perfectionner la vitesse.
On chercha parallèlement à augmenter le confort et la vitesse. Ce but demeure actuel et il est repoussé toujours plus loin par les records enregistrés lors de championnats nationaux et internationaux.
Il ne faut pas se méprendre sur le terme machine à écrire « rapide ». Il ne signifie pas que les moyennes respectables atteintes des les écoles de dactylographie, sont insuffisantes, mais il s’agit surtout de construire des machines qui n’opposent aucun obstacles aux possibilités humaines de dextérité et d’entraînement. La machine rapide ne fatigue pas et la dactylographie acquière un rythme aisé et sûr.
Les conditions à remplir pour améliorer encore les machines rapides sont:
la cinématique de frappe avec accélération progressive, la précision de chaque pièce prise séparément, le montage le plus scrupuleux, avec des contrôles sévères en cours de fabrication et à la fin.
L’industrie mécanique de précision dans notre pays, et particulièrement dans le jura, où elle compte des succès mondiaux depuis des générations, présentait le climat le plus favorable à la fabrication d’une machine à écrire. Après les essais infructueux des marques Saturn, Meilen, (1904), Sphinx Fleurier (1914) et Labor Genève (1918), Calanda Bienne (1942).
La maison E. Paillard & Co, de Ste-Croix, fondée en 1814 par Moïse Paillard, commença en 1914 les études préalables. Pour cause de guerre mondiale, tous ces projets ont été retardés et ce n’est qu’en 1923 que le premier modèle Hermès 2 est fabriqué en 275 exemplaires. Après des débuts modestes, cette entreprise a acquis une renommée dans tous les pays.
En 1922 Paillard déplace une partie de sa production à Yverdon.
En 1937 la Suisse passe du 6e au 3e rang des pays exportateurs de machines à écrire. La fabrique ne cesse de s’agrandir et compte près de 1'000 employés.
1961 c’est l’association avec Precisa S.A. de Zürich-Oerlikon pour la création d’une machine comptable qui sera appelée HERMES C 3.
1963 c’est la fusion avec Thorens S.A. Ste-Croix.
Pour la Suisse, c’est LOUIS-MARIUS CAMPICHE, né à la Sagne, hameau proche de Ste-Croix en 1868 et mort à Lausanne en 1939, qui, après un apprentissage de commerce, complète sa formation à Hambourg où il a l’occasion de s’initier à la dactylographie. Rentré au pays, avec une machine Remington, il travaille quelques années dans les bureaux de la manufacture d’horlogerie Mermod frères de Ste-Croix en 1895. Il s’intéresse à l’industrie des machines à écrire qu’il projette d’introduire en Suisse. Il est l’un des fondateur du premier club sténographique de Ste-Croix en1895.
Il suggère à la maison Paillard que leur industrie pourrait parfaitement s’adapter à ce genre de fabrication.
LOUIS-MARIUS CAMPICHE crée sa propre affaire à Lausanne en 1911 et devient représentant pour la SUISSE romande de la machine à écrire américaine « Monarch ». Il est toujours resté en relation avec le développement de la branche et son intérêt à reprendre une représentation n’a pas disparu. Le projet de Paillard ne lui échappe pas. En vue d’accélérer les travaux, il met à la disposition de l’entreprise de Ste-Croix un mécanicien spécialisé avec qui elle conclut un contrat.
C’est en 1921 qu’il signe avec E. Paillard & Co le tout premier contrat de représentation générale de vente de l’ Hermès.
Après des débuts modestes, cette entreprise a acquis une renommée dans tous les pays. La capacité de production a atteint plus de 100’000 machines par an. Les installations les plus modernes et 3’000 ouvriers environ concourent à la fabrication des machines HERMES.
Nous avons eu l’occasion de voir la dactylographie sous sa forme la plus parfaite. Monsieur Werner Hofmann, Champion Mondial lors des compétitions à Monaco en 1967, fera valoir son art sur des modèles HERMES.
1991 Paillard S.A. stoppe la production de ses machines à écrire.