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Etude Les lacs souffrent du réchauffement climatique
L'augmentation des températures a des conséquences graves pour les lacs d'Europe centrale. Le renouvellement des eaux devient insuffisant et la prolifération des algues s'en trouve favorisée.
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L'hiver 2012, avec de grands froids et des vents violents, a cependant freiné l'évolution de ce phénomène. C'est ce qu'a montré une étude publiée lundi par une équipe de chercheurs de l'Université de Zurich dans la revue scientifique Nature Climate Change.
A cause des eaux de ruissellement, les lacs d'Europe centrale ont connu une forte hausse des concentrations en engrais au cours du XXe siècle. Il en est résulté une prolifération des algues et des cyanobactéries. Certains de ces organismes, comme l'algue rouge de Bourgogne, sont toxiques et limitent l'utilisation de l'eau par l'homme.
En outre, les algues en décomposition consomment beaucoup d'oxygène et privent les poissons de cet élément essentiel. La population piscicole s'en trouve appauvrie. Le problème ne réside pas seulement dans les quantités absolues d'azote et de phosphore dans les lacs, les deux principaux éléments nutritifs des algues, a constaté l'équipe de chercheurs emmenée par Thomas Posch.
L'homme a modifié son comportement et les phosphates ont été interdits, ce qui a entraîné une forte baisse de leurs concentrations durant ces dernières décennies. En revanche, la charge en azote n'a pas diminué dans la même proportion. Or, les concentrations actuelles en éléments nutritifs peuvent conduire à une prolifération incontrôlée de certaines espèces de cyanobactéries, comme l'algue rouge, dans des lacs considérés jusqu'ici comme assainis.
Intervention humaine
Le problème actuel réside dans le fait que l'homme a modifié simultanément deux propriétés sensibles des lacs, notamment la concentration en éléments nutritifs et, avec le réchauffement du climat, la température de l'eau, a relevé le limnologue Thomas Posch, qui a bénéficié pour son étude de la collaboration du Service des eaux de Zurich et des données récoltées durant 40 ans. Il a ainsi découvert que ces deux facteurs ont conduit à une hausse de la concentration en cyanobactérie «planktothrix rubescens», appelée également algue rouge de Bourgogne.
L'algue rouge du lac de Zurich a été décrite pour la première fois en 1899 et constitue un phénomène connu de longue date. Cette eau est utilisée pour le réseau d'eau potable et il avait fallu éliminer totalement cet organisme et ses toxines.
Un contrôle naturel de cette prolifération s'effectue chaque année au printemps lorsque les eaux du lac de Zurich sont fortement refroidies. Les forts vents de l'hiver 2012 ont favorisé le mélange des eaux de surface avec celles des profondeurs. Or, l'algue rouge ne supporte pas des hautes pressions comme celle de 13 bars régnant à 130 mètres de fond. Le deuxième effet positif de ce mélange était le transport d'oxygène dans les profondeurs.
Déficit en oxygène
Pour les experts, la situation a totalement changé en 40 ans. Le réchauffement des eaux de surface est de 0,6 à 1,2 degré supérieur à la moyenne de cette période. Les hivers ont été en général trop chauds et le mélange des eaux de surface avec celles des profondeurs ne s'est effectué que partiellement.
La conséquence est un gros déficit en oxygène dans les eaux profondes et une réduction insuffisante des algues rouges.
Bien que la problématique des substances nutritives soit partiellement résolue, nous vivons une situation paradoxale: dans certains lacs, le réchauffement du climat travaille contre les mesures d'assainissement, a observé Thomas Posch. Des hivers rigoureux comme celui de 2011-2012 enrayent cependant ce phénomène. (ap/nxp)(Créé: 16.07.2012, 14h34)