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L’exposition de Tatiana Trouvé (1968, Cosenza) occupait la totalité des deux premiers étages du musée et se concentrait sur un ensemble de séries structurant le travail de l’artiste. Au cœur de celui-ci se trouve la constitution d’espaces en prise avec le développement de phénomènes psychiques. C’est notamment ce qu’explorent les Polders, combinant des éléments d’univers hétérogènes (médecine, sport, etc.) dans des lieux préexistants. Le grand plateau du premier étage était lui aussi envahi par une vaste structure métallique permettant l’exposition de quarante-neuf dessins de grand format. La mémoire de Trouvé poursuit son travail dans ces dessins, à travers des opérations de projection, de superposition et de collage, qui mobilisent différentes qualités de papier, des fils d’étain ou de cuivre. La nécessité d’un déplacement du regard est induite par de nombreuses œuvres de Trouvé, mise à l’épreuve par certains dessins et installations, à travers le flottement des objets dans le vide ou, à l’inverse, dans l’arrêt qui frappe des objets fixés dans le mouvement de leurs chutes. Elle l’est encore dans des jeux de miroirs, de dédoublement et de fausses perspectives mis en œuvre dans ses sculptures.
Christophe Kihm a participé au commissariat de cette exposition