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Les gouttes pour les yeux sont trop grandes, et cela profite aux pharmas
"Les gouttes pour les yeux sont bien trop grandes (...) c'est du gaspillage, nous voyons des patients dépenser deux fois trop", a affirmé l'ophtalmologue Alan Robin au site d'investigation américain ProPublica.
Ce professeur de l'Université du Michigan raconte avoir participé au début des années 90 à des recherches chez Alcon Laboratories, entreprise qui appartenait alors à Nestlé.
Des "micro-gouttes" mauvaises pour les profits
Alan Robin et ses collègues ont découvert que des "micro-gouttes" deux à trois fois plus petites remplissaient aussi bien leur rôle que les plus grandes. "Le système fonctionnait", a expliqué l'un des chercheurs, ajoutant qu'il éliminait aussi des effets secondaires liés à la surconsommation.
Mais, comme le rapporte un ancien responsable du développement de produits de chez Alcon, le projet a été abandonné car mauvais en terme de profits.
C'est resté lettre morte. Ils ont dit 'ce n'est pas profitable, nous allons vendre moins de médicaments'
Novartis, qui a acquis Alcon en 2008, n'a pas voulu s'exprimer sur ces "micro-gouttes" et a évoqué "une marge de sécurité" pour que les patients s'administrent une quantité suffisante du traitement.
mre
Publié le 18 octobre 2017 - Modifié le 21 octobre 2017
Confirmé par des publications scientifiques
En 2006, une publication du "Journal of Ocular Pharmacology and Therapeutics" affirmait que des plus petites gouttes "serait meilleures pour limiter l'exposition systémique et le gaspillage de médicaments".
Une autre étude publiée en mai dernier dans "BMC Ophtalmology" concluait "qu'une portion importante des gouttes était perdue".
Au sein même de l'industrie, Bausch & Lomb et Pfizer, respectivement en 2002 et 2011, ont évoqué dans des mémos que les flacons distribuaient des quantités plus importantes que celles que peuvent absorber les yeux.