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4. Mai 2007
Liberté

Andreas Gross: «La société glaronaise
est souvent progressiste»
DÉMOCRATIE L'introduction du droit de vote à 16 ans sera soumis à la Landsgemeinde de Glaris dimanche. En cas d'acceptation, ce canton ferait oeuvre de pionnier.
ARIANE GIGON BORMANN, ZURICH
Pour voter à 16 ans, il faut aujourd'hui être Allemand et habiter en Basse-Saxe ou au Schleswig-Holstein. Seuls les deux Etats fédéraux allemands connaissent en effet, depuis 1996 et 1997, le droit de vote et d'éligibilité précoces. Selon les premières études, les adolescents en profiteraient d'ailleurs activement. Bientôt, les jeunes Glaronais pourraient eux aussi y avoir droit.
Après-demain, la Landsgemeinde débattra en effet d'un projet lancé par les Jeunes socialistes en 2005. Arguant de leur volonté de pouvoir participer à l'élaboration de leur propre avenir, les initiants soulignaient aussi l'évolution de la société, qui considère par exemple les jeunes comme des consommateurs assez mûrs pour pouvoir acheter seuls, ou des croyants assez matures pour pouvoir communier.
Le gouvernement n'y a vu qu'un problème: la différence entre la majorité civile, permettant de signer des contrats par exemple et fixée à 18 ans, et la majorité citoyenne, qui serait donc fixée à 16 ans. Il a donc adopté un contre-projet autorisant le droit de vote et d'élire à 16 ans, mais maintenant l'éligibilité à 18 ans. Les socialistes s'y sont ralliés. Le conseiller national socialiste zurichois Andreas Gross, spécialiste de la démocratie directe, propose de demander directement aux jeunes ce qu'ils en pensent. Entretien.
Un projet avant-gardiste dans la forme archaïque de la Landsgemeinde, est-ce que cela vous étonne?
Andreas Gross: Non, car Glaris a une tradition avant-gardiste dans les questions sociales. Il a par exemple été le premier canton à abolir le travail des enfants, en 1852. La société glaronaise est souvent progressiste.
Pourquoi serait-ce une bonne chose d'abaisser le seuil légal de l'âge de vote?
Toute augmentation du «demos», du peuple doté des droits de participer aux décisions, est un progrès pour la démocratie. La question est de savoir si les jeunes vont faire usage de ce droit. Il faudrait le leur demander directement: la Landsgemeinde pourrait décider d'organiser une Landsgemeinde pour les jeunes de 16 à 18 ans. Les jeunes décideraient eux-mêmes. Précisément, un des arguments contre le droit de vote à 16 ans est que les jeunes ne sont pas intéressés par la politique.
Mais en Suisse, beaucoup de ceux qui ont le droit de vote ne l'utilisent pas.
On ne peut donc pas utiliser cet argument contre les jeunes.
Les jeunes ne sont-ils pas moins mûrs, adolescents plus longtemps, selon une théorie contemporaine?
Il y a toujours eu des jeunes super intéressés et d'autres super ignorants. A mon avis, le premier groupe est aujourd'hui plus important qu'il y a vingt ans. Et, encore une fois, on ne se demande pas si les adultes majeurs sont intéressés par la politique… Ni s'ils ne sont pas manipulables!
Pourquoi alors s'arrêter à 16 ans? Pourquoi pas 14 ans ou moins?
Il y a une dizaine d'années, la Commission des institutions politiques du Conseil national avait discuté un projet qui aurait prévu que les enfants délèguent leurs droits de vote à leurs parents, jusqu'à ce qu'ils puissent décider eux-mêmes, signe de maturité intellectuelle, de retirer cette procuration. Donc oui, pourquoi pas continuer à baisser l'âge minimum …
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