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Résumé
Cet article propose une analyse sociologique, sensible à la phénoménologie de l’espace public et à l’énonciation, de l’apparition publique d’Emmanuelle Béart dans le contexte de l’affaire dite « des sans-papiers de Saint-Bernard ». Tentant d’esquisser les pistes d’une approche sociologique de la place de l’émotion au sein de l’espace public, l’article propose une relecture critique de la phénoménologie politique de Hannah Arendt et une analyse du
matériau empirique de l’intervention d’Emmanuelle Béart sur le plateau du journal télévisé de France 2, au soir du 23 août 1996. L’analyse multimodale de l’interaction, des catégories mobilisées et de l’énonciation, fait apparaître l’indignation et la honte comme des émotions morales et non plus singulières, dont la communicabilité sert de vecteur d’universalisation et d’appartenance collective. L’article débouche sur une proposition de compréhension
alternative et complémentaire du public, en regard de la définition arendtienne, inspirée par les écrits de W. Lippmann et de J. Dewey.
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