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Le second week-end du Cirque Blanc a été riche en émotions: la victoire de Michael von Grünigen, dimanche, a été presque occulté par les malheurs de Hermann Maier, recalé par le jury avant le départ du géant.
Quatrième de l'épreuve disputée une semaine plus tôt sur la même piste, Michael von Grünigen a ajouté un second succès saisonnier à celui remporté à Park City pour porter son total à 18 victoires en Coupe du monde.
Deuxième derrière l'Autrichien Heinz Schilchegger sur le tracé initial, le Bernois s'est montré royal en «finale», sur une piste fortement dégradée. «Après avoir commis une erreur à mi-parcours, je n'y croyais plus. J'ai repris espoir en voyant Schilchegger», confiait le Bernois.
La folle remontée de l'Américain Bode Miller (23 ans), qui a accédé pour la première fois de sa carrière au podium en revenant du 20e au 3e rang, ne pouvait que constituer un motif d'encouragement pour von Grünigen.
«Il skie avec le même matériel que moi», relevait le moustachu de Schönried. Qui ne s'attardait pas sur l'absence de Maier: «J'aurais évidemment préféré qu'il soit là, mais cela ne m'empêche pas de goûter pleinement cette nouvelle victoire».
Avec Didier Defago (10e), un second Suisse s'est glissé parmi les dix premiers. Le Valaisan de Morgins, 7e sur le second tracé, n'a fait mieux qu'à deux reprises dans sa carrière (7e à Bormio et 8e à Yong Pyong l'hiver dernier).
Auteur du 4e temps sur le deuxième parcours, le Davosien Paul Accola a grimpé de la 26e à la 12e place. Le Neuchâtelois Didier Cuche a accompli le chemin inverse: excellent 6e le matin, il a complètement manqué sa seconde manche, retombant au 26e rang. Steve Locher n'a pu se qualifier pour la finale.
Néophyte au niveau de la victoire, Alessandro Fattori (27 ans) a donné à l'Italie, avec l'efficace collaboration de Kristian Ghedina et Roland Fischnaller, son premier triplé dans une épreuve de vitesse depuis près de 13 ans.
Si personne ne songerait à discuter de la valeur de Ghedina, la victoire de Fattori laisse perplexe: une 4e place décrochée à Kitzbühel en 95 constituait l'unique référence du skieur parmesan parmi les dix premiers en descente!
La déroute autrichienne s'explique d'évidence par le même facteur, tous ou presque étant équipés par le même fabricant (Atomic). Seuls à avoir échappé au naufrage, Werner Franz (5e) et Patrick Wirth (9e) disposent de lattes différentes.
Herrmann Maier, 16e une semaine après avoir triomphé sur la même piste, Stephan Eberhater (2e/38e), Fritz Strobl (3e/56e) ou Andreas Schifferer (4e/39e) n'ont pas désappris à skier en huit jours... «J'ai trouvé la course amusante: sur la première partie de course, un fondeur m'aurait certainement rattrapé», ironisait «Herminator».
Côté suisse, personne ne songeait à faire la fine bouche avec trois hommes parmi les dix premiers, même si l'on a pu croire un temps à un résultat digne d'une période oubliée: après 30 concurrents, Kernen était 2e, Cavegn 3e et Beltrametti 4e ! «Il nous manque la cerise sur le gâteau, mais, dans un passé récent, on se contentait d'un seul coureur placé dans les dix premiers», confiait Fritz Züger, l'entraîneur des descendeurs.
Crédité du meilleur temps absolu après 1'20" de course, le Bernois a manqué pour 6 centièmes un podium qu'il n'a plus gravi depuis son double succès de Veysonnaz en 96.
«Je ne suis pas surpris par le déroulement de la course, mais un peu déçu», expliquait-il. Avec son second classement dans le «top ten» en huit jours, Cavegn a confirmé son retour au premier plan. Beltrametti a effacé pour sa part sa contre-performance antérieure. «Je ne l'ai jamais vu aussi bien courir qu'aujourd'hui», se réjouissait Züger.
swissinfo avec les agences