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Au coin de l’ordinaire chapitre 23 Créé le: 01.11.2019, édité le: 01.11.2019
Quelques mois plus tard, Jérôme Reblochon annonça à la presse son retrait du parti nationaliste. Il le fit en des termes empreints de modestie et de repentir et fit son mea culpa public avec des accents de sincérité qui laissèrent les journalistes pantois, habitués qu’ils étaient à son arrogance et à ses discours sur la défense de la civilisation occidentale et chrétienne face aux soi-disant hordes de barbares qui envahissaient le pays. Il ne parla plus d’insécurité due aux étrangers de couleur ni d’islamisation rampante du pays. Il martela son credo dans la pluralité des opinions et dans les valeurs démocratiques qui ont construit la Suisse depuis des siècles.
Accessoirement, il annonça son inscription dans un parti bourgeois représentant plutôt les milieux d’affaires et la grande industrie, mentionnant au passage sa prochaine candidature comme député au parlement cantonal.
Le soir - même, son épouse, dupe comme tous les autres, se donna à lui, ce qui n’était pas arrivé depuis belle lurette, en lui murmurant sa satisfaction qu’il ait enfin coupé les ponts avec des relations aussi sulfureuses que ce Golaz qui avait trempé dans la récente tentative de coup d’Etat et surtout qui lui avait, comme elle se plaisait à le dire, volé son mari, le forçant à négliger sa famille pour la politique, et encore, pour une politique que tout le monde ou presque rejetait depuis peu.