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En 1933, pour diminuer le nombre des poiriers, il fut alloué des primes d'abattage. En 1955, le Conseil fédéral a mandaté la Régie fédérale des alcools pour prendre des mesures draconiennes afin de régulariser la production fruitière, il a été alloué de 1951 à 1975 plus de 25 millions de francs et ce sont quelque 13 millions d'arbres fruitiers qui ont ainsi disparu. De plus, les nouvelles variétés d'arbres doivent répondre à de meilleures conditions économiques, ce qui est rarement compatible avec la constitution des sols. On connaît le résultat: emploi d'engrais, etc...
Tout ceci a entraîné la disparition de plusieurs milliers d'oiseaux et d'insectes. Il y a donc eu un impact considérable sur la faune et la flore. Pour exemple, on peut citer le cas de la chouette chevêche: il ne reste plus que 185 couples pour tout le territoire helvétique. Mais ce qui a vraiment donné le "coup de grâce" à grand nombre de vergers, c'est l'achat et la destruction des alambics artisanaux de la région, ainsi que les énormes taxes perçues sur chaque bouteille.
Depuis trois années, plusieurs lueurs d'espoir sont apparues: plus de trois cents arbres ont été plantés, des soutiens financiers sont possibles et l'Université populaire donne plusieurs cours pour l'entretien des arbres fruitiers, l'Office cantonal d'arboriculture veut former des personnes qui seront partenaires des propriétaires et des communes. Ils seront les futurs "gardes-vergers".
La production du verger jurassien n'a pas de but industriel et c'est bien sa vocation familiale qui fait une bonne partie de son charme. La renommée du kirsch de Charmoille ou de la damassine de Pleujouse épasse de loin les frontières du canton du Jura.
Comme les consommateurs de goutte tendent à diminuer, les autorités jurassiennes devraient promouvoir d'autres utilisations pour les fruits par l'installation d'une cidrerie, par la confection de fruits secs, etc.....
Pour illustrer ce qui précède, on peut comparer le nombre d'arbres fruitiers entre 1961 et 1971. Selon la variété, la diminution de ces arbres varie entre 35% et 90% (pour les cerises: -45%, pour les abricots: -78%).
On ne saurait terminer cette présentation sans vous mettre l'eau à la bouche à l'aide d'une petite recette de cuisine: la mijeule aux cerises.
4 à 6 "einbacks" rassis ou petits pains,
restes de "vêque" ou de pain (env. 200g);
0.5 litre de lait chaud;
deux oeufs;
100 à150 g de sucre;
une prise de sel;
une demi-écorce de citron;
une cuillère à café de poudre à lever;
75 g de beurre légèrement fondu;
deux cuillerées de farine (40g);
500g de cerises.
Emiettez, soit les "einbacks", les petits pains ou la "vêque". Si vous utilisez des restes de pain, enlevez la croûte et coupez la mie. Arrosez de lait chaud, couvrez un moment, puis fouettez pour obtenir une bouillie. Battez les oeufs et le sucre, ajoutez un peu de sel, l'écorce de citron, la poudre à lever, le beurre fondu et la farine. Mélangez cette préparation à la bouillie de pain; versez dans un plat à feu bien graissé. Ajoutez les cerises dans la masse, en les répartissant. Glissez au four chauffé à l'avance; laissez cuire trois quarts d'heure environ, chaleur moyenne. La mijeule se mange chaude, tiède ou froide. Elle peut aussi se préparer avec des pommes en lamelles ou des pruneaux coupés en quatre.