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Métatarsalgies
Le terme de « métatarsalgies » désigne une douleur ressentie au niveau des têtes des Métatarses, sur la face plantaire du pied à la base des orteils. Les causes pouvant provoquer des métatarsalgies sont multiples, mais elles sont toujours en relation avec une surcharge de la zone de l’avant-pied. Ces douleurs sont souvent associées à d’autres déformations de l’avant-pied comme l’hallux valgus, l’hallux rigidus ou les déformations d’orteils. On parle alors de métatarsalgies de transfert. Elles sont la conséquence d’une pression plus élevée au niveau des têtes métatarsiennes qui se traduit également par une hyperkératose accrue dans la zone concernée.
La morphologie du pied joue un rôle déterminant dans le développement de métatarsalgies. Ainsi le pied grec, où le 2e orteil est plus long, est plus sujet à développer une surcharge de la tête du 2e métatarse en particulier. Un raccourcissement marqué d’un des muscles du mollet (le gastrocnémius) peut également accroître la pression sur l’avant-pied à la marche. Un changement rapide de ses habitudes de marche ou une augmentation soudaine de certaines activités physiques peut également aboutir à une surcharge de l’avant-pied et occasionner des métatarsalgies. Contrairement au névrome de Morton où les douleurs sont localisées entre les têtes métatarsiennes, dans les métatarsalgies les douleurs sont situées exactement sous les têtes des métatarses.
Un type particulier de métatarsalgies sont les douleurs localisées sous la tête du premier métatarse à l’endroit des Sésamoïdes. Ces deux petits os sont situés dans une structure ligamentaire à l’intérieur de la capsule articulaire. Ils peuvent être soumis à une surcharge, ce qui va provoquer une inflammation d’un ou des deux os, on parle alors de sésamoïdite. Dans de rares cas, on peut même assister à une fracture d’un de ces os, ce qui peut aboutir à une fragmentation de l’os et à des troubles de la vascularisation (nécrose) et également être la cause d’une douleur à la marche. La surcharge des os sésamoïdes est également souvent associée à une morphologie en pied creux.
Traitement
A côté de l’histoire du patient et d’un examen clinique précis, une radiographie conventionnelle du pied en charge et d’autres examens comme une imagerie par résonnance magnétique (IRM) permettent de poser le diagnostic.
Le traitement est tout d’abord conservateur et vise à réduire les charges au niveau de l’avant-pied. En fonction de la morphologie du pied, des supports plantaires adaptés permettent souvent de faire disparaître les douleurs. Des exercices d’étirement de la musculature du mollet sont également bénéfiques et aident à diminuer les charges sur l’avant-pied.
En cas d’échec du traitement conservateur et dans certaines situations anatomiques particulières un traitement chirurgical peut être indiqué. L’intervention vise avant tout à rétablir l’alignement anatomique des têtes métatarsiennes qui aurait pu être modifié. On pratique alors des ostéotomies au niveau des métatarses (ostéotomies diaphysaires) visant à rétablir la longueur des métatarses sans perturber la mobilité des articulations des orteils.
L’intervention dure entre 30 et 45 minutes en fonction du nombre de métatarses à corriger et peut être réalisée sous anesthésie générale ou rachidienne. On peut y associer une anesthésie locale d’un des nerfs principaux du pied (bloc poplité), ce qui permet de nettement réduire la douleur post-opératoire. Il faut compter une à deux nuits d’hospitalisation. La marche se fait immédiatement dès le premier jour post-opératoire en charge totale dans une chaussure à semelle rigide à porter pendant 6 semaines. L’ablation des fils a lieu 2 semaines après l’intervention et un contrôle clinique et radiologique est effectué 6 semaines après l’opération.
La reprise de la marche en chaussure conventionnelle se fait dès la 7e semaine post-opératoire. A ce moment-là un traitement de physiothérapie visant à faire diminuer la tuméfaction du pied et à améliorer sa fonction est mis en place. La reprise d’activités telles que la natation, le vélo ou la marche modérée est possible dès la 7e semaine post-opératoire. Les activités plus contraignantes sur le pied comme la course à pied ou les randonnées de plus longue durée peuvent être envisagées à partir du 4e mois après l’intervention. L’avant-pied va continuer à s’affiner et à s’assouplir jusqu’à six mois post-opératoires et retrouver progressivement sa pleine fonction. Un contrôle clinique et radiologique à 1 an post-opératoire permet de faire un bilan final et de mettre un terme au traitement.