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Cettefrançais a été publiée dans la revue Alzheimer’s and Dementia. Elle pointe particulièrement une catégorie précise de somnifères ou d'anxiolytiques: les benzodiazépines dits "à demi-vie longue", qui agissent dans la durée après la prise. Le risque a été mis en évidence chez les personnes de plus de 65 ans.
"Ce n'est pas la première fois qu'une étude met en avant ce lien", rappelle le professeur Panteleimon Giannakopoulos invité mardi desur La Première. Le chef du Service de psychiatrie générale aux Hôpitaux Universitaires de Genève cite une première étude épidémiologique alarmante publiée il y a trois ans et qui montrait une augmentation du risque pour les personnes qui prenaient des benzodiazépines sur une longue durée. Mais le pourcentage était plus proche de 15 à 20% et concernait tous les types de benzodiazépines, souligne-t-il. "Cette nouvelle étude montre qu'il y a une sous-catégorie de benzodiazépines qui augmentent ces risques de manière beaucoup plus importante".
Pas de lien mis en évidence chez les plus jeunes
La recherche a porté sur des personnes âgées. "On n'a pas la preuve que ceci concerne les personnes jeunes, tout simplement parce que la fréquence de la démence est trop faible chez eux pour qu'on puisse mettre en évidence une telle association", souligne le professeur.
Cette étude, comme celle publiée il y a trois ans, pousse donc à une grande prudence par rapport à l'utilisation de ces substances chez les personnes âgées. "Il faut aussi dire que ces médicaments sont aujourd'hui très largement distribués, ils sont parmi les médicaments les plus prescrits chez les personnes âgées", rappelle Panteleimon Giannakopoulos.
Pas vraiment d'alternative pharmacologique
Le problème se pose des alternatives à ce type de médicaments, "parce qu'il y a un risque, certes moindre mais existant, en utilisant les autres psychotropes. Donc on ne peut pas dire qu'on peut utiliser facilement des traitements de substitution", remarque le spécialiste.
"Le conseil serait de savoir comment on peut traiter un individu avec des méthodes non-pharmacologiques pour faire face à son problème: thérapie, relaxation, ou méthodes comme la pleine conscience."
oang avec Bastien Confino
Près d'un tiers des seniors concernés
Benzodiazépines et psychotropes sont les médicaments les plus consommés en France, rappelle l'INSERM.
30% des personnes âgées de 65 et plus en consommeraient.
Ils sont prescrits pour un large spectre de pathologies allant des troubles du sommeil aux symptômes dépressifs, en passant par l’anxiété.