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12/02/2014
12 years a slave
J'ai décidé d'aller voir ce film après une longue réflexion. Pas parce que je ne voulais pas le voir mais parce que je ne voulais pas le regarder sans être prêt. J'ai aussi mis un peu de temps avant de me décider à écrire cette présentation. Je vais donc tenter une présentation la moins critiquable possible mais qui reste très différente d'une analyse. Cependant, il est certain que je vais oublier des aspects importants je m'en excuse par avance. 12 years a slave est adapté d'une autobiographie écrite par Solomon Northup suite à son enlèvement et sa mise en esclavage. Le film reprend les éléments du livre. L'histoire commence alors que Northup est engagé par deux personnes pour les suivre dans leur tournée de magie. Alors qu'il est mis en confiance les deux traîtres décident de le vendre à un marchand d'esclave. Après peu de temps il est envoyé au sud des USA pour être vendu. C'est le début d'un exil de 12 ans durant lequel il n'aura plus aucun droits.
Cette courte présentation de l'histoire de Solomon Northup ne permet pas de se rendre compte de la puissance dégagée par ce film. Celui-ci est très dérangeant. La plupart des personnes blanches que nous avons à l'écran sont de parfaits salauds. Oui, je place Ford dans cette même catégorie. Ce dernier n'est pas mauvais. Il ne frappe pas et il prend soin de ses esclaves. Cependant, il sait parfaitement que ses employés sont des tyrans et il ne fait rien. Lorsque Solomon essaie de lui expliquer d'où il vient non seulement Ford ne fait rien mais il refuse même d'écouter. Pire encore, il revend Northup à quelqu'un qu'il sait être très brutal plutôt que de s'occuper de la manière dont agissent ses employés voir d'enquêter sur les origines de Northup. C'est l'exemple de l'homme qui se pense gentil et progressiste mais qui refuse d'imaginer l'idée de mettre en cause le système établi. Mais ce qui m'a le plus frappé c'est l'importance du corps dans la manière dont l'esclavage est montré dans ce film. Dès le début on voit que le corps n'appartient plus aux personnes soumises à l'esclavage. Les blanc-he-s peuvent agir comme ils le souhaitent. Que ce soit en imposant une toilette publique nue ou en touchant régulièrement les personnes pour montrer leurs qualités corporelles à un futur acheteur. Les sévices - ceux-ci sont très durs à regarder et je ne sais quel est le pire moment le fouet vers la fin du film ou lorsque madame Epps lance sans férir une bouteille contre Patsey - s'attaquent aussi directement au corps. Ceci est possible car dans ce système, pour ce que je connais et comprends, le corps de l'esclave n'existe pas dans l'humanité. C'est du bétail sans droits et les propriétaires peuvent faire ce qu'ils veulent de ce qui leur appartient. Ce ne sont que quelques aspects qui m'ont profondément touchés. Je sais que ce ne sont que quelques points d'un film et d'une histoire plus importante mais je souhaite éviter de dire des bêtises sur quelque chose que je connais peu. C'est pourquoi je souhaite terminer sur le mal que j'ai eu à sortir de ce film très dur.
Image: Allociné