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Le cinéma soviétique est né dans les années vingt comme un outil de propagande marxiste, en encourageant un cinéma compréhensible par les masses et en discréditant les idéologies bourgeoises. Certaines exceptions expérimentalistes telles que «L'homme à la caméra» (Dziga Vertov, 1929) se distinguent, mais elles sont rares. Dans les années soixante, le cinéma prend son indépendance mais toute allusion politique ou morale en discordance avec le régime est censurée, et l'auteur marginalisé. En réponse à cette contrainte, les messages apparaissent masqués par un propos surréaliste et une imagerie abstraite, donnant naissance à une nouvelle vague cinématographique, notamment en Pologne, en Tchécoslovaquie, puis en Yougoslavie. Certains réalisateurs commencent alors un jeu dangereux en repoussant les limites de l'acceptable, soit par la critique politique, soit par l'expression d'idées non conformes à la morale en place. Embrassant des formes artistiques différentes, chacun des auteurs proposés dans ce programme se bat pour la liberté d'expression et celle de l'individu, dans la non-reconnaissance voire le dénigrement complet d'une autorité despotique héritée des années Staline.