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Le bonheur était dans le pré
Ayant largement déserté les plaines en raison de la culture intensive des prairies, le Tarier des prés colonise aujourd'hui encore les prairies de fauche extensives des régions montagneuses. Le recul de l’espèce s’est produit surtout entre les années 1970 et 1990 jusqu’à une quasi-disparition du Plateau; un net recul est également observé dans les Alpes septentrionales et centrales. S'accordant à merveille dans l'infinie palette de couleurs de la prairie fleurie, le plastron orange encadré de moustaches blanches du Tarier des prés est plus difficile à repérer que la jolie strophe ventriloque qu'il lance depuis la tige d'une ombellifère.
Cet oiseau emblématique des prés extensifs qui se nourrit essentiellement d'insectes et d'araignées, niche au sol dans une touffe d'herbe. Mais la modernisation de l'agriculture est la principale cause de sa régression: dans bien des endroits, son milieu vital a été transformé en cultures intensives. Dans le passé, les prés n'étaient pas fauchés avant mi-juin, après l'envol des jeunes tariers. Aujourd'hui, la fenaison a souvent déjà lieu en mai, et beaucoup de nids, construits au sol, sont alors détruits. Pour celui qui devine le drame qui guette sa nichée, son chant joyeux, une succession de gazouillis brefs, s'assimile plutôt à un appel à l'aide.
Sources : Programme de conservation des oiseaux en Suisse; Station ornithologique suisse, ASPO/BirdLife Suisse et l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).
Le bonheur était dans le pré ; Film de T. Wütherich, Salamandre films