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Depuis toujours, la peinture chinoise séduit et fascine par sa délicatesse et son élégance. Il existe trois courants majeurs qui sont respectivement le portrait, la peinture de paysages ainsi que l’image d’oiseaux et de fleurs. Bien qu’une longue tradition de peintures murales et de personnages connaisse toujours le succès, la peinture de paysage est la plus appréciée, peut être parce que le spectateur devient un voyageur dans le tableau.
C’est sous la dynastie des Zhou (1045-256 avant J.-C.) que la peinture classique fait véritablement son apparition. Sous la dynastie Song, les peintures de paysage sont généralement considérées comme le summum de l’art. En effet, l’échelle grandiose du paysage peint était destinée à susciter chez celui qui le regarde, un sentiment de petitesse.
En peinture chinoise, l’artiste travaille avec un pinceau à poils de chèvre ou de loup. Il peint avec de l’encre noir et des pigments minéraux sur du papier de riz ou de la soie.
A noter que les deux couleurs traditionnelles de la peinture chinoise sont le bleu et le vert.
La peinture de paysage est faite pour de longs rouleaux verticaux soit à suspendre, soit horizontaux et destinés à être déroulés scène par scène. Mais une oeuvre peut aussi se décliner sur d’autres supports comme sur des éventails.
Pour la peinture de paysage qui littéralement en chinois se dit "montagne et eau" (shanshui), l’artiste tente de capturer l’essence ou l’esprit du sujet, plutôt de recréer ce dernier par le détail. Ces peintures reflètent la cosmologie chinoise en mettant en scène l’équilibre entre la montagne (yang) et l’eau (yin), fondateur de l’Univers.
Souvent ces peintures sont dépourvues de couleurs passant du blanc au noir par une gamme de gris. Sur certaines oeuvres il est ajouté après une exécution de la structure à l’encre du bleu et du vert voir de fins traits dorés d’où l’expression de "paysages aux traits d’or".
Pour les oeuvres représentant des animaux et des fleurs, la tradition chinoise est de montrer les animaux et les fleurs dans leur décor naturel. Ici on accorde beaucoup d’importance aux détails et on attend que l’artiste dépeigne la façon dont l’arbre change avec les saisons et comment un animal ou un oiseau bouge ou s’arrête.
La peinture de personnes, inscrite dans une longue et pure tradition, y tient une place importante. Les oeuvres représentent hommes et animaux plein de vie et remarquablement exécutés. L’art bouddhiste venu de l’Inde par la Route de la soie influença de façon décisive l’iconographie, les couleurs et le style de la peinture chinoise, y compris le portrait, orienté vers la représentation des personnages anonymes plutôt que de personnalités précises.
C’est ainsi que le Bouddhisme, le Taoïsme et l’Art populaire ont fourni une profusion d’images, en particulier de dieux, démons et de gardiens de temple, tous très stylisés. Puis apparurent progressivement des portraits individualisés de moines, lettrés et de philosophes.
Il fallut des siècles pour commencer à peindre d’innombrables images bien connues représentant des dames de la Cour, des dames dans leur boudoir, des enfants, des domestiques. A partir de la dynastie des Song, des peintures illustrent quantité de personnages de la vie quotidienne, des soldats, des acteurs ou des négociants. Puis, sous la dynastie des Ming, on a reproduit sur des bois d’impression de belles illustrations mettant en scène des personnages de romans et de pièces de théâtre célèbres. Sous la dynastie Qing apparurent des Jésuites. Leur influence donna naissance aux grands portraits impériaux.
Les peintures chinoises sont caractérisées par des sceaux et inscriptions. En effet, les peintres chinois mentionneront en général la date de la peinture avec quelques mots du contexte dans lequel elle a été réalisée. Si un poème est source d’inspiration pour travailler ou si la peinture a inspiré un poème, il l’inscrit aussi. Chaque peinture est encore signée par l’artiste avec un sceau rouge que l’on trempe dans un mélange de bourre de soie, d’absinthe, d’huile de ricin, de colorant rouge et que l’on dépose délicatement le bout ainsi imbibé sur l’oeuvre.