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Cette entente, dont le montant prévu avait été annoncé mi-décembre par le Premier ministre Justin Trudeau, est "le plus important accord d'indemnisation dans l'histoire du Canada", a déclaré le ministre fédéral des Relations Couronne-Autochtones mardi lors d'une conférence de presse en vidéo.
L'accord de principe, qui sera finalisé dans les mois à venir, vise à mettre fin à des années de litiges portant sur les sommes allouées par l'Etat fédéral aux services de protection de l'enfance pour les Premières Nations en comparaison à ceux offerts aux enfants non-autochtones.
"Réparations historiques"
"Aux injustices historiques, il faut des réparations historiques." C'est ainsi que le gouvernement canadien a détaillé mardi le contenu de cet accord de principe en deux parties.
La première prévoit une enveloppe de 20 milliards de dollars pour indemniser les milliers d'enfants retirés injustement à leur parents et placés dans le système de protection de l'enfance des Premières Nations.
"Cet accord historique a mis du temps!" Pour la cheffe régionale de l’Assemblée des Premières Nations au Manitoba Cindy Woodhouse, il était important que le gouvernement reconnaisse enfin les abus qui ont déchiré des familles autochtones durant plus de trente ans.
"Aucune somme d'argent ne sera suffisante, aucune somme ne rétablira une enfance perdue. Mais aujourd'hui, il s'agit d'être entendu et vu", affirme Cindy Woodhouse, mercredi dans La Matinale.
Décision de justice en 2019
En 2019, le Tribunal canadien des droits de la personne a ordonné au gouvernement de verser une compensation de 40'000 dollars canadiens (29'000 francs) à chacun des milliers d'enfants des Premières Nations retirés de la garde de leurs parents et placés dans le système de protection de l'enfance après 2006.
Fin octobre, le gouvernement a demandé à la cour d'appel fédérale d'annuler cette décision historique, estimant que ces indemnisations étaient bien nécessaires mais qu'elles préféraient régler les détails dans le cadre d'un accord négocié.
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Réformer les services de l'enfance
La seconde partie de l'accord prévoit également 20 milliards de dollars d'investissements pour réformer les services de protection de l'enfance dans les communautés autochtones.
Des services longtemps sous-financés comme le reconnaît le ministre des Services aux Autochtones Patty Hajdu: "Les décisions et les actions du gouvernement canadien ont nui aux enfants, aux familles et aux communautés autochtones. La discrimination a provoqué des souffrances et des deuils intergénérationnelles. Mais je crois que la guérison est possible si on fait face au mal fait, si on indemnise et plus que tout, si on met fin à la discrimination une bonne fois pour toute."
Cet accord doit encore être approuvé par le Tribunal canadien des droits de la personne et par la Cour fédérale. Les associations disent espérer que tout pourra être mis en application au plus tard dans trois mois.
Loubna Anaki/vajo avec l'afp
Assimilation des populations autochtones
Depuis mai dernier, plus d'un millier de tombes anonymes ont été retrouvées sur les sites d'anciens pensionnats catholiques pour autochtones, remettant en lumière un sombre chapitre de l'histoire du Canada et sa politique d'assimilation forcée considérée depuis 2015 comme un "génocide culturel".
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De la fin du XIXe siècle aux années 1990, quelque 150.000 enfants autochtones ont été placés de force dans 139 pensionnats aujourd'hui fermés, où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture. Des milliers n'en sont jamais revenus.
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L'Eglise catholique du Canada a présenté en septembre des excuses officielles aux peuples autochtones.