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- 22-01-2014
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Le passage de l’eau à la terre constitue l’une des énigmes les plus fascinantes de l’évolution. D’autant que tant les poissons que les animaux terrestres possèdent des groupes de gènes architectes, les Hoxa et Hoxd, nécessaires à la formation des nageoires, comme à celle des membres, au cours du développement embryonnaire.
Sous la direction de Denis Duboule, une équipe de scientifiques a étudié parallèlement la structure et le comportement de ces gènes dans l’embryon de la souris et dans celui du poisson-zèbre. Chez les deux espèces, les chercheurs ont constaté une organisation tridimensionnelle similaire de l’ADN des gènes architectes observés. Ils ont pu en conclure que le principal mécanisme utilisé pour façonner les membres de tétrapodes se trouvait déjà chez les poissons. Ils ont alors inséré des gènes architectes Hox de poisson dans des embryons de souris transgéniques et vu que ceux-ci étaient actifs uniquement dans le bras de la souris, mais pas dans ses doigts, démontrant que l’ADN du poisson ne possède pas les éléments génétiques essentiels à la formation des doigts.
Publiés dans la revue PLoS Biology, ces résultats mettent en lumière le fait que la partie digitale des membres des animaux terrestres résulte d’une élaboration à partir d’une infrastructure ancestrale préexistante d’ADN; ceci bien qu’elle représente une nouveauté évolutive chez les tétrapodes.