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Malgré les attentats, les incertitudes sociales, politiques et économiques, 85% des Suisses éprouvent gobalement un sentiment de sécurité. Et ils sont encore plus nombreux que l’an dernier.
Pourtant, selon un sondage de l’EPFZ, ils attendent un engagement accru de l'Etat en faveur de la sécurité sociale et de l'emploi.
Présenté vendredi à Berne, le sondage «Sécurité 2004» de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) montre que le sentiment de sécurité est en général élevé dans la population helvétique.
Réalisé en février dernier auprès de 1200 citoyens habilités à voter, ce sondage annuel montre que 85% des gens se sentent «très» en sécurité ou «plutôt» en sécurité (3% de plus qu’en 2003).
En outre, seuls 10% des sondés craignent pour leur sécurité après la dernière série d'actes terroristes, contre 22% un an plus tôt. Mais un deuxième sondage réalisé après les attentats de Madrid montre une augmentation des craintes d'actes terroristes à 25%.
Menaces sur la sécurité sociale
La sécurité de l’emploi et la sécurité sociale sont considérées comme très importantes et menacées par les sondés. Au point que près de 6 personnes sur 10 désirent davantage de garanties de l’Etat dans ces domaines.
La confiance accordée à l’économie a, revanche, sensiblement augmenté. Alors qu’en 2003 les valeurs qui lui étaient accordées étaient les plus basses depuis 1998, celles-ci sont remontées à 5,98, soit la moyenne des années précédentes.
Pour ce qui est du secret bancaire, 16% des sondés souhaitent son abolition contre 48% qui souhaitent le maintenir tel quel.
La police en hausse, l'armée en baisse
Bien qu’en 2003, la police ait déjà obtenu la plus haute valeur jamais mesurée, elle jouit en 2004 d’une confiance encore un peu plus élevée. Alors qu’une faible majorité de la population estime que les effectifs sont suffisants, 4 personnes interrogées sur 10 pensent le contraire.
D’autre part, les trois-quarts souhaitent des procédés plus durs contre les manifestants violents et une présence policière accrue dans les zones urbaines. Et près de 9 personnes sur 10 souhaitent une intensification de la collaboration policière avec l’étranger… à condition qu’il n’y ait pas de restriction de la souveraineté.
Les sondés accordent une grande importance au contrôle de la proportion d’étrangers dans le pays, soit près des trois-quarts.Une tendance qui reste forte mais est en recul.
Par contre la cote de l’armée baisse. Le nombre de personnes la jugeant nécessaire a reculé de 12 points, à 58 %. Selon le sondage de l'Académie militaire, l'approbation de l'institution militaire s'est surtout effondrée chez les plus jeunes.
Ce taux reste toutefois nettement inférieur à la moyenne enregistrée depuis des années. Les auteurs de l'étude l’expliquent en évoquant des attentes exagérées envers la réforme Armée XXI.
Un avenir incertain
L’optimisme quant à l’avenir de la Suisse demeure aux deux tiers de la population mais a diminué fortement depuis 2002. Bien que la volonté générale d’un rapprochement avec l’Union européenne (UE) atteigne une courte majorité, presque autant pensent que cela aggraverait la situation économique et seul le tiers des Suisses souhaite y adhérer.
Par ailleurs la cote de popularité de l’ONU reste élevée et les deux-tiers des sondés sont même d’avis que la Suisse devrait y jouer un rôle plus actif, voire aspirer à un siège au Conseil de sécurité.
La neutralité plébiscitée
En revanche, plus de la moitié soutiennent encore le principe de troupes suisses à l’ONU, alors qu’ils étaient presque les trois-quarts en août 1999.
Quant à un rapprochement de l’OTAN, ils sont 36% (+9%) à le souhaiter mais 19% seulement à souhaiter une adhésion.
Pour ce qui est de la volonté d’ouverture, une majorité est favorable à une forme ou une autre d’ouverture internationale. Près de neuf personnes sur dix veulent que la Suisse reste neutre, un record, et six que la Suisse prenne position en cas de conflit politique, mais qu'elle reste neutre en cas de conflit militaire.
swissinfo et les agences
Faits
68% des sondés par l’EPFZ sont optimistes sur l’avenir de la Suisse.
89% veulent que la Suisse reste neutre.
58% estiment que l’armée est nécessaire.
48% veulent maintenir le secret bancaire.
72% sont pour un contrôle de la proportion des étrangers.
34% sont pour une adhésion à l’UE.
En bref
- Le sondage «Sécurité 2004» montre que 85% des citoyens se sentent en sécurité, mais beaucoup souhaitent un rôle accru de l’Etat dans les questions sociales et économiques.
- La cote de l’armée est en baisse mais une très grande majorité des sondés sont pour le maintien de la neutralité.
- Ce sondage est le 6e réalisé par l’Académie militaire depuis 1999.