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Les immigrés sont mieux intégrés dans la vie professionnelle en Suisse qu'en Norvège ou aux Etats-Unis, par exemple. C'est ce que montre une nouvelle étude. Toutefois, il existe des différences importantes entre les pays d'origine.
Dans quelle mesure les immigrants réussissent-ils dans leur vie professionnelle ? Jusqu'à présent, cette question n'a guère fait l'objet d'un examen scientifique en Suisse. Sur mandat du Secrétariat d'Etat à l'économie (seco), des chercheurs des Universités de Zurich et de Saint-Gall ont étudié comment les immigrés se sont maintenus sur le marché suisse du travail entre 2003 et 2013. L'étude se concentre sur les immigrés en dehors du secteur de l'asile qui ont immigré en 2003 et ont vécu en Suisse pendant au moins cinq ans.
Les immigrants rattrapent rapidement leur retard
La réussite des immigrants sur le marché du travail est mesurée par la probabilité d'emploi (taux d'emploi) et le niveau de revenu. Selon l'étude, le taux d'emploi des immigrés au cours de l'année d'immigration reste nettement inférieur à celui des travailleurs comparables nés en Suisse. Cependant, au cours des premières années qui suivent, les immigrants rattrapent rapidement leur retard. Si le taux d'emploi des femmes est inférieur de 27 points de pourcentage à celui des femmes suisses l'année de l'immigration, l'écart sera encore de 12 points de pourcentage cinq ans plus tard. Chez les hommes, l'écart passe de 16 à 3 points de pourcentage.
Les immigrantes accusent encore un léger retard par rapport au taux d'emploi cinq ans après l'immigration, mais elles le compensent par un revenu du travail plus élevé. Les immigrantes gagnent déjà le même revenu mensuel que les résidentes la première année. Cinq ans après l'immigration, leur revenu gagné est presque un cinquième plus élevé que celui des femmes nées ici. La plus grande partie de cette différence de revenu est due au niveau d'emploi nettement plus élevé des femmes immigrantes.
Les jeunes réussissent mieux
Les hommes immigrants gagnent environ 6 % de moins dans le cas d'un emploi pendant l'année de l'immigration. L'année suivante, cependant, ils sont déjà sur un pied d'égalité avec les personnes nées en Suisse et, cinq ans après l'immigration, ils atteignent des revenus mensuels supérieurs d'environ 2%. La disparition rapide des différences de revenus entre les immigrants et les Suisses peut être interprétée comme preuve que les immigrants n’évincent pas les travailleurs déjà présents parce qu'ils travailleraient à des salaires nettement inférieurs.
Par contre, es immigrés ne peuvent pas tous être mis dans le même panier. Au contraire : ils sont très hétérogènes en termes d'éducation et de qualifications et présentent une dispersion des revenus beaucoup plus importante que les autochtones. L'étude montre, entre autres, que les jeunes immigrants sont en moyenne plus instruits que les plus âgés et réussissent mieux sur le marché du travail.
Il existe des différences considérables selon les pays d'origine. Le taux d'activité des immigrants originaires des pays de l'UE-28/AELE est nettement plus élevé que celui des immigrants originaires d’états tiers. Il existe également des différences significatives dans les salaires mensuels. Alors que les immigrants d'Europe du Nord et de l'Ouest, par exemple, gagnent les revenus les plus élevés de tous les immigrants, les revenus des personnes d'Europe du Sud et de l'Est sont bien inférieurs à la moyenne. L'étude conclut que les immigrés en provenance des pays de l'UE/AELE ont mieux réussi à prendre pied dans la vie professionnelle que les immigrés d’états tiers.
En outre, la durée du séjour et la migration retour au pays natal jouent un rôle. Un tiers des immigrés restent en Suisse moins de deux ans, tandis qu'environ 40% vivent et travaillent en Suisse depuis plus de dix ans. Parmi ceux qui quittent le pays dans un délai d'un an, beaucoup ont gagné nettement moins que la moyenne. Au cours des années suivantes, de plus en plus de personnes aux revenus très élevés quittent la Suisse et un nombre supérieur à la moyenne de rapatriés n'ont trouvé aucun emploi en Suisse.
L'aggravation de la situation aux États-Unis
Selon l'étude, l'intégration des immigrés en Suisse est élevée par rapport à celle d'autres pays. Aux Etats-Unis, par exemple, les immigrés n'ont toujours pas comblé l'écart de revenu avec les autochtones, même après un séjour plus long. Ou, en Norvège, le taux d'emploi de certains groupes d'immigrés a baissé de manière significative pendant leur séjour. En Suisse, en revanche, les immigrés ayant un faible niveau d'instruction sont actives de manière égale, voire plus fréquente, que les autochtones.
Source : NZZ en ligne / 29.10.2018 / Natalie Gratwohl
Traduction : Gabriele Wittlin, UPCF