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Saviez-vous que la pollution a pour effet de boucher vos artères?
La pollution a un impact non-négligeable sur la santé. Les études montrent que le nombre d’hospitalisations - et de décès - a tendance à augmenter lors des pics de concentration, en particulier dans les situations de hautes pressions.
L’augmentation des symptômes respiratoires est souvent mise en évidence lors des pics de pollution, notamment en Chine, où le phénomène a pris de vastes proportions ces dernières années. Nos régions sont également concernées par le phénomène, en particulier dans les situations de hautes pressions, qui favorisent la persistance de substances polluantes dans les basses couches de l’atmosphère.
La pollution de l’atmosphère résulte d’un mélange complexe de particules. Les composés gazeux comme le dioxyde d’azote, le monoxyde de carbone ou l’ozone jouent un rôle mais il faut également tenir compte des particules fines en suspension dans l’air (les PM et les PM)qui sont inhalables et très nuisibles pour l’organisme.
Les pics de pollution (de l’ordre de ± 50 μg/m PM10) que nous connaissons chaque année pendant quelques jours se traduisent toujours par une augmentation des problèmes cardio-vasculaires et respiratoires. A Genève par exemple, le nombre d’admissions dans les hôpitaux augmente ces jours-là de 5 à 8% dans ces deux catégories de patients.
Mais, lorsque ces périodes d’alerte sont passées, on a tendance à oublier que le taux moyen annuel de pollution de l’endroit où l’on vit est directement associé au taux de mortalité. Plus le taux moyen annuel de pollution est élevé, plus on meurt de maladie cardio-vasculaire (infarctus, attaques cérébrales).
C’est la constatation qui a été faite, il y a 25 ans, par une étude publiée en 1993 dans « The New England Journal of Medecine » par Douglas W. Dockery et son équipe. Elle montre que dans les villes les plus polluées (selon leur taux moyen annuel de PM), le risque de décès par maladies cardio-vasculaires augmente d’environ 37% par rapport aux villes les moins polluées. L’étude s’étend sur un suivi de 13 ans et porte sur 8'111 sujets répartis dans 6 localités américaines. Elle fait référence en la matière.
Mais qui dit association ne dit pas forcément lien de causalité. Pour cela il a fallu que de nombreux travaux apportent des arguments supplémentaires pour démontrer un lien de cause à effet entre les particules fines, l’artériosclérose et la mortalité. Un de ces travaux est dû à un Suisse, Nino Künzli, aujourd’hui directeur de l’école suisse de santé publique, qui travaillait à l’époque en Californie.
Cette étude s’intitule « Ambient air pollution and atherosclerosis in Los Angeles », publiée en 2005 dans le journal « Environmental Health Perspective ». Künzli et son équipe ont mesuré, au moyen d’ultrasons, l’épaisseur de la paroi de l’artère carotide d’un vaste échantillon des habitants de Los Angeles et ont montré que plus la paroi était épaisse (un signe d’artériosclérose), plus le taux moyen annuel de pollution autour du domicile de la personne considérée était élevé.
« Comme souvent en médecine, ce n’est pas une étude isolée mais un faisceau de preuves qui permettent d’arriver à une conclusion » explique Thierry Rochat, médecin et ancien chef du service de pneumologie des HUG. « Il ne suffit pas de mettre en évidence une association entre le nombre élevé de troubles cardio-vasculaires et le taux élevé de particules fines, pour établir un lien de causalité. Encore faut-il montrer la nature de cette relation. C’est ce que l’étude de N. Künzli, menée en 2005, ainsi que d’autres du même type, ont précisément permis de faire…».
Philippe Jeanneret
Publié le 26 février 2019 à 09:51 - Modifié le 26 février 2019 à 09:55