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Dans le cadre de ses recommandations de vote en vue de l’assemblée générale de Credit Suisse du 28 avril 2017, Ethos s’oppose à la réélection de plusieurs membres et à la décharge du conseil d’administration. De plus, au vu des mauvais résultats et de la situation préoccupante en matière de fonds propres, Ethos refuse aussi bien les rémunérations des instances dirigeantes que le dividende proposé par le conseil d’administration.
Ethos recommande des changements à la tête de la banque suite aux nombreux contentieux juridiques dont la banque fait l’objet depuis une dizaine d’années, aux montants énormes des dédommagements et des amendes payées, ainsi qu’en raison du manque de vision stratégique du conseil d’administration. En l’occurrence, Ethos s’oppose à la réélection du président du conseil d’administration, Urs Rohner, ainsi que du vice-président du conseil, Richard E. Thornburgh. Début 2017, la banque a été condamnée aux Etats-Unis pour avoir vendu des produits financiers toxiques durant les années qui ont précédé la crise financière (2005-2007). Les deux administrateurs faisaient partie de la direction de la banque à cette époque. Urs Rohner était en charge des opérations (COO) et des affaires juridiques (General Counsel), tandis que Richard Thornburgh était Executive Vice Chairman de Credit Suisse First Boston (jusqu’à fin 2005).
Cette amende record a conduit Credit Suisse à enregistrer de nouvelles provisions pour un montant supérieur à 2 milliards de francs entre décembre 2016 et mars 2017. Depuis que Urs Rohner a pris la présidence du conseil d’administration en avril 2011, la banque a ainsi réalisé pour 10.9 milliards de francs de provisions et utilisé 7.4 milliards pour mettre fin à des contentieux juridiques. Parallèlement, l’action Credit Suisse a perdu près de la moitié de sa valeur et le nombre d’employés de la banque en Suisse a été réduit de 20% à 17’020 à la fin de 2016.
De plus, Ethos constate un manque de clarté dans la stratégie actuelle, en particulier en ce qui concerne l’entrée en bourse de la banque suisse. Ethos estime ainsi que des changements au niveau du conseil d’administration sont devenus nécessaires pour restaurer la confiance des investisseurs.
Décharge prématurée
Les contentieux juridiques se sont multipliés ces dernières années pour Credit Suisse et ils ne semblent pas prêts de s’arrêter si l’on en juge d’après les récentes perquisitions qui ont visé les bureaux de la banque à Amsterdam, Paris ou encore Londres à la fin du mois de mars.
Au vu des affaires en suspens, mais également des accusations qui visent la banque au sujet de financements de projets qui iraient à l’encontre de ses propres lignes directrices (à l’image du financement de sociétés impliquées dans le projet d’oléoduc qui doit traverser des réserves indiennes dans le Dakota aux Etats-Unis), Ethos considère qu’il est également prématuré d’accorder la décharge aux instances dirigeantes de Credit Suisse.
Des rémunérations excessives et un dividende peu raisonnable
Ethos recommande aussi de s’opposer à l’ensemble des points liés à la rémunération des membres de la direction générale et du conseil d’administration. Ethos estime que la direction générale n’aurait pas dû recevoir de rémunération variable en 2016 étant donné les résultats décevants de la banque. Il est excessif que les 12 membres de la direction reçoivent des bonus annuels pour un montant total de 26 millions alors qu'en même temps Credit Suisse a enregistré une perte nette de 2.7 milliards. De plus, la rémunération moyenne de CHF 1.5 million reçue par chacun des 939 employés considérés comme « Key Risk Takers » n’est pas acceptable pour Ethos.
Enfin, Ethos considère que la proposition du conseil de payer un dividende de 0.70 francs par action (en espèces et/ou en actions) est difficilement justifiable à l’heure où la réglementation exige un renforcement des fonds propres. Les ratios de fonds propres actuels de la banque restent insuffisants, notamment au niveau du Leverage ratio (CET1) qui se monte seulement à 3.2% à fin 2016 au lieu des 3.5% requis par la FINMA d’ici 2019. Les ratios de fonds propres pourraient encore baisser si les actionnaires devaient choisir de recevoir un dividende en espèces, soit au maximum 1.46 milliard de francs à débourser.