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L’Église russe catholique
Au IXème siècle, saints Cyrille et Méthode commencent l’évangélisation des Slaves. En 988, avec le baptême de Vladimir de Kiev, la Russie kiévienne adopte le christianisme d’obédience byzantine qui s’étend aux autres régions du Nord. Mais en 1054, c’est le Schisme d’Orient.
En 1240, les Tatars détruisent Kiev, capitale politique et métropole religieuse de la Rus’.
Les conquêtes du début du XIVè siècle incitent le patriarche de Constantinople à créer deux nouvelles métropoles : Kiev-Halytch sous domination de la Pologne-Lithuanie, et Kiev-Moscou à l’Est du Dniepr, occupée par les Tatars. La métropole de Kiev-Halytch, indépendante du siège de Kiev-Moscou entre 1303 et 1347 en raison de sa politique d’alliance avec l’Occident, sera supprimée en 1401 par Constantinople afin de privilégier Moscou qui la rétrograde au rang d’évêché.
En 1439, le concile de Florence réconcilie les Églises d’Orient et d’Occident. À son retour à Kiev, redevenue polonaise, le métropolite de Kiev-Moscou, Isidore, est très bien accueilli. À Moscou, en revanche, le grand prince Vassili II le prive de son titre et le jette en prison. Mais en 1444 il parvient à s’échapper, se réfugie à Rome puis se rend à Constantinople en 1453.
Un accord entre le roi Casimir IV et le grand prince de Moscou divise en deux la métropole de Kiev. Les 8 diocèses situés en Pologne s’unissent à Rome sous l’autorité d’Isidore.
Pendant un siècle et demi l’Église de Kiev-Halytch, qui n’a jamais rejeté l’acte d’Union de Florence, sera en double communion avec Constantinople et Rome.
À la fin du XVIè siècle le contexte politique de l’Europe conduira les deux métropoles à adopter des positions plus tranchées.
En 1589, le siège de Kiev-Moscou devient patriarcal. Tandis qu’en 1596, lors de l’acte d’Union de Brest-Litovsk, 6 des 8 évêques de Kiev-Halytch demandent l’union avec Rome, à condition de conserver leur identité byzantine, l’Église “unie” garde son organisation, sa liturgie, l’accès des hommes mariés au sacerdoce et accepte le filioque comme principe théologique. Après le partage de l’Europe de 1648 et la conquête de Kiev par Moscou en 1654, le partage confessionnel de l’Europe sera figé pour plus de 3 siècles.
L’Église “unie”, passée sous domination de l’Empire austro-hongrois, sera désormais appelée “grecque catholique” et perdra progressivement son autonomie.