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Pas de hockey sous glace. Ni de lancer de troncs d’arbre. Ou de football des marais. Encore moins de courses de chèvres. Ces disciplines passionnantes ont beau exister: elles ne figurent pas au rang des épreuves olympiques.
Pas encore. Tous les quatre ans pourtant les JO sont l’occasion de retrouver ou de découvrir des joutes un brin insolites, voire un tantinet farfelues. Petite liste non exhaustive, qui ne doit pas faire oublier, comme le rappelle l’historien du sport Patrick Clastres, que le programme olympique est un reflet du monde, dans ses contradictions, ses antagonismes et ses excès.
Le rugby à 7
On connaissait celui à 15 et celui à 13, voici celui à 7. Si ça continue, il n’y aura bientôt plus personne. C’est bien de rugby qu’on cause. La discipline fera sa première apparition olympique à Rio. Le ballon ovale lui-même n’était plus présent depuis 1924.
Les nations qualifiées sont peu ou prou celles qui dominent le rugby à 15 ou 13: Nouvelle- Zélande, Australie, Angleterre, France, Afrique du Sud, Fidji, etc. Le rugby à sept est une invention d’Ecossais. Ne concluons pas trop vite à une sournoise tentative d’économiser sur la masse salariale des joueurs.
La réalité est plus glorieuse: deux bouchers de la ville de Melrose, lors d’un tournoi à la fin du XIXe siècle, avaient décidé de réduire le nombre de joueurs et de ramener la durée de la partie à quinze minutes, de façon à multiplier le nombre de matchs tout en augmentant le spectacle. On n’a pas dit le prix d’entrée.
Le tir à l’arc
Présent aux Jeux olympiques de 1900 à 1920, le tir à l’arc disparaît ensuite avant de réapparaître aux Jeux de Munich en 1972. La Corée du Sud est actuellement la dominatrice de la discipline, mais c’est un règne plutôt récent, qui n’aura débuté qu’en 1984.
Quatre épreuves sont au programme, individuel et par équipe, chez les hommes comme chez les femmes. Mais une seule distance, toujours la même, les 70 mètres qui séparent l’archer de la cible.
Les épreuves se déroulent par élimination: un archer contre l’autre. Avec des règles qui ont évolué au cours des périodes. Depuis 2012, l’archer devra tirer un maximum de cinq volées de trois flèches. Le meilleur à chaque volée marque 2 points. On aura beau invoquer Guillaume Tell: pas trace du moindre exploit suisse au tableau des médailles. Ça irait sans doute mieux si l’usage de l’arbalète était autorisé. Le temps des Waldstätten paraît pourtant bien loin: les flèches désormais sont en carbone et en aluminium.
Le trampoline
Le trampoline, ça fait toujours rire. Ça sent la foire et le cirque. D’ailleurs, les inventeurs de la discipline semblent bien être des trapézistes italiens, les «Due Trampoline», qui s’amusaient à rebondir, effectuer des sauts et figures dans les filets de protection. Mais c’est bien un prof de gym américain qui a mis au point dans les années 1930 le trampoline tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Sport olympique depuis les Jeux de Sydney en 2000, le trampoline devient donc une affaire sérieuse. Les nations qui ont jusqu’ici remporté le plus grand nombre de médailles ne respirent d’ailleurs pas la franche gaudriole: Russie, Chine, Ukraine et Allemagne. Ce qui n’empêche pas un trampoline conforme de compter 120 ressorts. De quoi pour les athlètes s’envoyer en l’air haut et fort: jusqu’à 10 mètres pour les meilleurs.
La lutte gréco-romaine
La spécificité principale de la lutte gréco-romaine est de n’avoir rien de grec ni de romain. Son appellation officielle est d’ailleurs «lutte classique». Pas de chance: elle n’a pas non plus grand-chose de classique, puisqu’elle n’a été créée qu’au XIXe siècle par un soldat de la garde napoléonienne, du nom de Jean Exbrayat. Qui, lui, l’appelait «lutte à mains plates», par opposition à «la lutte à pugnes», ou poignes, qui donnera plus tard naissance à la boxe.
Bref, la lutte gréco-romaine n’a rien à voir avec la violence des pugilats antiques. On ne frappe qu’à mains ouvertes, toujours au-dessus de la ceinture, et on n’a le droit d’utiliser que les bras. Avec pour seule et principale ambition de faire tomber son adversaire.
Tir aux plateaux
Ça sonne évidemment mieux que tir aux pigeons mais le principe est exactement le même: abattre en plein vol au fusil de chasse des plateaux d’argile lancés à toute vitesse. Les vaillants compétiteurs auront droit à deux cartouches par plateau en qualification, mais plus qu’à une seule en demi-finale et en finale. Cette amusante discipline se décline aux Jeux en trois catégories.
D’abord, le «skeet» où les lancers partent de deux cabines. L’athlète ne peut épauler qu’après avoir donné l’ordre de tir. Le «trap» ensuite: ça se complique, puisque, comme son nom l’indique, les plateaux non seulement partent d’une fosse, mais sont lancés aléatoirement. Quant au «double trap», c’est la même chose sauf que deux plateaux partent en même temps. Comme il est dit dans Tintin: «Dé plous en plous difficile.»
Le BMX
Autrement dit «bicycle moto cross». Une invention d’enfants américains frustrés de n’avoir ni l’âge ni les moyens de pratiquer le motocross. Bref, du motocross mais à vélo. Les origines modestes de la discipline ne l’ont pas empêchée de devenir sport olympique dès 2008. D’autant que le BMX avait fait une fracassante apparition au cinéma dans E.T. de Steven Spielberg, sorti en 1982.
Une course se déroule généralement entre huit concurrents sur une piste en terre battue parsemée de bosses qui occasionnent moult sauts et cabrioles spectaculaires. Il existe des bosses simples, doubles, triples, des bosses en forme de table – une montée, un plat, une descente. Ainsi que des «whoops», séries de cinq à dix bosses très rapprochées. Cela secoue tellement que les coureurs de BMX s’équipent à peu près comme des grands. Pardon, comme des vrais coureurs de motocross.
Le badminton
Sport qui a la réputation de passionner surtout les petites filles bien sages ou les convives imbibés des après-repas dominicaux, le badminton est pourtant discipline olympique depuis les Jeux de Barcelone en 1992. Cinq épreuves figurent au programme aujourd’hui: simple homme, simple femme, double hommes, double femmes et double mixte.
La question vache consiste à demander comment on appelle les joueurs et joueuses de badminton. Les badmintoniens? Perdu: ce sont les badistes. Trêve de moqueries: le badminton est le sport de raquette le plus rapide du monde: on peut assister en double à une douzaine d’échanges en moins de dix secondes.
Si en compétition le badminton se pratique exclusivement indoor, c’est qu’à l’extérieur l’influence du vent rendrait la trajectoire du volant trop aléatoire. Il faut dire qu’il ne pèse pas plus de 5 grammes, le pauvre. A noter enfin que, comme en 2012, la Suisse sera représentée en badminton par la Chaux-de-Fonnière Sabrina Jaquet.
Texte: © Migros Magazine | Laurent Nicolet
Auteur: Laurent Nicolet
Illustrations: François Maret