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Quatuor sine nomine avec Michel Westphal & Philippe Dinkel
Patrick Genet et François Gottraux, violons
Hans Egidi, alto et Marc Jaermann, violoncelle
Michel Westphal clarinette solo de l’OSR
Philippe Dinkel
piano (directeur de la HEMU de Genève)
César Franck Quintette avec piano en fa min
(1822-1890) Molto moderato – Lento con sentimento – Allegro non troppo ma con fuoco
Olivier Messiaen Quatuor pour la Fin du Temps
(1908-1992) 8 mouvements : voir ci-dessous
César Franck a passé son enfance à Liège et a emménagé à Paris en 1835. Professeur d’orgue, Homme réservé, professeur d’orgue, il a consacré son temps à ses élèves et, dès les années 1870, à la composition. Il laisse quelques œuvres pour grand orchestre dont la monumentale et célèbre Symphonie en ré mineur et trois chefs-d’œuvre de musique de chambre. Avec le Quintette de ce soir, il apparaît comme un des principaux pionniers de la renaissance de la musique instrumentale française.
En 1939, Messiaen est mobilisé et, en 1940, fait prisonnier et déporté au Stalag en Silésie. Il y compose son fameux Quatuor pour la fin du temps qui sera créé sur place avec trois autres musiciens détenus comme lui. Il sera libéré en mars 1941. Son œuvre est immense, presque toujours inspirée par une foi religieuse profonde et sincère et par le chant des oiseaux. Le Quatuor pour la fin du temps se réfère à l’Apocalypse et composé en hommage à l’ange annonciateur de la fin des temps.
I. Liturgie de cristal
Tôt le matin, le réveil des oiseaux : un merle soliste improvise, entouré de poussières sonores, d’un halo de trilles perdus dans les arbres. Transposez cela sur le plan religieux, vous aurez le silence harmonieux du ciel.
II. Vocalise, pour l’Ange qui annonce la fin du temps
Les brèves première et troisième parties évoquent la puissance de cet Ange fort, coiffé d’arc-en-ciel et revêtu de nuée, qui pose un pied sur la mer et un pied sur la terre. Le “milieu”, ce sont les harmonies impalpables du ciel. Au piano, cascades douces d’accords bleu-orange, entourant de leur carillon lointain la mélopée quasi plain-chantesque des violon et violoncelle.
III. Abîme des oiseaux
Ce mouvement, d’une grande difficulté technique, est joué par la clarinette seule. L’abîme, c’est le Temps, avec ses tristesses, ses lassitudes. Les oiseaux, c’est le contraire du Temps ; c’est notre désir de lumière, d’étoiles, d’arcs-en-ciel et de jubilantes vocalises !
IV. Intermède
Ce mouvement est un scherzo de caractère plus extérieur que les autres mouvements.
V. Louange à l’Éternité de Jésus
Jésus est ici considéré en tant que Verbe. Une grande phrase, infiniment lente, du violoncelle, magnifie avec amour et révérence l’éternité de ce Verbe puissant et doux […] Majestueusement, la mélodie s’étale, en une sorte de lointain tendre et souverain.
VI. Danse de la fureur pour les sept trompettes
Il s’agit là de la seule allusion de l’œuvre à l’aspect cataclysmique du Jugement dernier. Musique de pierre, formidable granit sonore ; irrésistible mouvement d’acier, d’énormes blocs de fureur pourpre, d’ivresse glacée.
VII. Fouillis d’arcs-en-ciel, pour l’Ange qui annonce la fin du Temps
Ce mouvement pour les quatre instruments est le pendant du deuxième (Vocalise) et est construit sur le même schéma.
VIII. Louange à l’Immortalité de Jésus
Cette deuxième louange s’adresse plus spécialement au second aspect de Jésus, à Jésus-Homme, au Verbe fait chair, ressuscité immortel pour nous communiquer sa vie. Elle est tout amour. Sa lente montée vers l’extrême aigu, c’est l’ascension de l’homme vers son Dieu, de l’enfant de Dieu vers son Père, de la créature divinisée vers le Paradis.
crédit photo : Anne-Laure Lechat
Michel Westphal Philippe Dinkel