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Les troubles obsessionnels compulsifs sont un groupe de maladies mentales caractérisées par des actes et des pensées compulsifs récurrents. Les patients affectés sont sévèrement limités dans tous les domaines de la vie quotidienne car les comportements compulsifs dominent leur comportement. La thérapie cognitivo-comportementale et la thérapie médicamenteuse sont au premier plan de la thérapie. Pour les patients qui ne répondent pas suffisamment aux thérapies conventionnelles, la stimulation cérébrale profonde (DBS en anglais, deep brain stimulation) est une nouvelle méthode de traitement prometteuse. Nous donnons ci-après un aperçu des possibilités de traitement neurochirurgical à l'Inselspital.
Les troubles obsessionnels compulsifs peuvent se manifester par un comportement compulsif ou des pensées obsessionnelles. Dans les deux formes, la compulsion est au centre de la motivation et domine sur les autres comportements. Les personnes concernées consacrent en moyenne 7 à 8 heures par jour à leurs obsessions.
- Les pensées obsessionnelles sont des idées, des représentations ou des impulsions qui s'imposent aux personnes concernées contre leur gré. Elles sont envahissantes et intenses et souvent difficilement compréhensibles rationnellement pour des personnes extérieures. Les personnes concernées ont par exemple une peur excessive de contracter des maladies infectieuses ou de s'empoisonner, ou elles ressentent un besoin obsessionnel d'ordre et de symétrie.
- Les comportements compulsifs sont le plus souvent des comportements quotidiens qui se répètent de manière compulsive à l'infini. Bien que les personnes concernées reconnaissent que leurs actions sont excessives ou inutiles, elles ressentent une forte envie de réaliser l'action compulsive. Des exemples de comportements compulsifs sont les compulsions de lavage (lavage répété des mains jusqu'à ce que la peau soit abîmée), les compulsions de vérification (vérification répétée de la fermeture de la porte d'entrée) ou les compulsions de rangement (rangement d'objets selon certains principes.
Les causes exactes des troubles obsessionnels compulsifs sont inconnues. Il est probable que des facteurs génétiques ainsi que des facteurs environnementaux (notamment des facteurs sociaux) favorisent l'apparition de la maladie.
La caractéristique centrale et commune d'un trouble obsessionnel-compulsif est la motivation à adopter certains comportements et pensées. On peut donc supposer que les zones du cerveau qui contrôlent la motivation et la récompense sont limitées dans leur fonctionnement. Cette commande est assurée par des structures situées en profondeur dans le cerveau, entre autres les ganglions de la base. Le dysfonctionnement de certaines parties des ganglions de la base constitue la base de la stimulation cérébrale profonde (SCP) en tant que mesure thérapeutique.
Le diagnostic et le traitement des troubles obsessionnels compulsifs doivent être effectués par des psychiatres expérimentés.
Thérapie cognitivo-comportementale
La thérapie cognitivo-comportementale est le traitement de choix.
Thérapie médicamenteuse
La thérapie médicamenteuse peut alors avoir un effet de soutien dans les cas graves.
Stimulation cérébrale profonde
Si les symptômes ne répondent pas suffisamment à cette thérapie multimodale, la stimulation cérébrale profonde (SCP) est une alternative de traitement. Il s'agit d'une méthode de traitement prometteuse dans les cas de troubles obsessionnels compulsifs graves, pour lesquels les formes de thérapie conventionnelles sont inefficaces.
Plusieurs études ont démontré l'effet de la stimulation cérébrale profonde. Comme pour d'autres maladies pouvant être traitées par SCP, il existe différents points cibles dans le cerveau dont la stimulation entraîne une amélioration des troubles obsessionnels compulsifs. Parmi les points cibles courants dans le cerveau figurent la branche antérieure de la capsule interne (angl. anterior limb of the internal capsule, ALIC), la partie antérieure du noyau subthalamique ainsi que le striatum ventral.
Ce sont les effets attendus de la stimulation cérébrale profonde :
- Réduction de la fréquence des actes compulsifs
- Réduction de l'envie d'accomplir un acte compulsif
- Amélioration globale de la qualité de vie
Plusieurs études ont démontré la sécurité et l'effet positif de la SCP dans le traitement des troubles obsessionnels compulsifs *, *, *, *. Le taux de réponse des patients, toutes études confondues, se situe entre 50 et 60 %, avec une réduction moyenne des symptômes de 40 à 60 %.
Parmi les effets secondaires plus fréquents, dont la plupart ne sont que transitoires, on trouve une humeur déprimée, une agitation et une impulsivité accrues ainsi que des troubles du sommeil. Les effets secondaires graves tels que les hémorragies intracérébrales ou les tentatives de suicide ont été décrits beaucoup plus rarement (4-6 %).
Comme il est évident que tous les patients ne profitent pas de la stimulation de la même manière, une bonne sélection des patients par une équipe interdisciplinaire est une condition nécessaire pour obtenir une réponse postopératoire au traitement. Les critères auxquels les patients éligibles doivent répondre ont été fixés dans des guidelines correspondantes *.
A l'Inselspital, tous les patients entrant en ligne de compte sont discutés individuellement de manière interdisciplinaire par des neurologues, des psychiatres et des neurochirurgiens expérimentés. Cette discussion a lieu dans le cadre de notre DBS Board mensuel. La décision pour ou contre une stimulation cérébrale profonde (SCP) est ensuite prise dans le meilleur intérêt de nos patients.
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Menchón JM, Real E, Alonso P et al. A prospective international multi-center study on safety and efficacy of deep brain stimulation for resistant obsessive-compulsive disorder. Mol Psychiatry. 2019
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Vicheva P, Butler M, Shotbolt P. Deep brain stimulation for obsessive-compulsive disorder: A systematic review of randomised controlled trials. Neurosci Biobehav Rev. 2020;109:129-138.
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