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L'Australien Caleb Ewan (Lotto-Soudal) a gagné au sprint la 11e étape du Tour de France, qui arrivait à Toulouse. Le maillot jaune reste sur les épaules du Français Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step).
Dans un sprint royal au coeur de la ville rose, Ewan (25 ans), qui dispute le Tour pour la première fois et qui s'est imposé deux fois sur le Giro en mai, a devancé de justesse le Néerlandais Dylan Groenewegen, l'Italien Elia Viviani et le Slovaque Peter Sagan. Ces trois coureurs avaient déjà remporté une étape sur cette édition de la Grande Boucle.
Ewan, l'un des plus petits coureurs du peloton par la taille (1,65 m), a remonté Dylan Groenewegen, vainqueur vendredi de la 7e étape. Les deux hommes ont été départagés par la photo-finish. L'Australien avait approché jusque-là la victoire (une fois deuxième, trois fois troisième). A Chalon-sur-Saône, il avait d'ailleurs été devancé par le seul Groenewegen.
Hiérarchie indécise
Preuve d'une hiérarchie du sprint très indécise, les dix premières étapes en ligne ont été gagnées par dix coureurs différents. Mais Ewan appartient sans conteste au gotha des sprinteurs. Il s'est ainsi déjà imposé sur la Vuelta et le Giro, les deux autres grands tours nationaux.
«C'est un rêve (de gagner sur le Tour) depuis que je suis enfant», a réagi Ewan. «Je suis passé tout près de l'emporter dans plusieurs étapes. Mon équipe n'a jamais perdu espoir. Aujourd'hui, j'ai montré que je pouvais être le plus rapide».
«A 10 kilomètres de l'arrivée, plusieurs de mes coéquipiers ont été retardés par une chute. Roger (Kluge) est revenu à l'avant pour me placer dans les derniers kilomètres», a expliqué le vainqueur du jour, qui est surnommé par la presse anglophone «Pocket Rocket». Il est dès lors logique qu'il ait gagné près de la Cité de l'Espace.
Alerte pour Quintana
En cours d'étape, une chute a jeté à terre plusieurs coureurs à une trentaine de kilomètres de l'arrivée et provoqué l'abandon du Néerlandais Niki Terpstra (Total Direct Energie), touché à l'épaule droite. L'ancien vainqueur du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix, qui est âgé de 35 ans, participait à son huitième Tour, le premier sous les couleurs de l'équipe française.
Le Colombien Nairo Quintana et l'Australien Richie Porte, un temps retardés, ont pu en revanche réintégrer le peloton qui avait ralenti l'allure. Pour Quintana (2e en 2013 et 2015), qui aborde son terrain de prédilection, l'entrée en matière aurait pu être meilleure. A noter que les Italiens Giulio Ciccone, maillot jaune pendant deux jours durant la première semaine, et Giacomo Nizzolo ont été également touchés dans cette chute.
Dernier rescapé de l'échappée du jour, le Belge Aimé De Gendt a lui été repris à 4,5 km du but. Le sprint massif était dès lors inévitable, à la veille de l'entrée du peloton dans les Pyrénées.
Jeudi, le hors d'oeuvre comporte deux cols, Peyresourde et la Hourquette d'Ancizan. L'étape de Bagnères-de-Bigorre, qui précède immédiatement le seul contre-la-montre de l'épreuve à Pau, est la moins difficile des trois journées pyrénéennes, de l'avis des organisateurs.
«Je sais ce qui m'attend. Je suis allé reconnaître l'étape, ce ne sera pas facile», annonce toutefois Alaphilippe qui a les moyens de conserver le maillot jaune. Le parcours est à la portée du Français. Les 30 derniers kilomètres à partir du sommet de la Hourquette, en descente ou faux plat descendant, sont même à son avantage, lui qui est très à l'aise dans ce terrain-là.