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Rodrigo Palacio, entré pour Higuain, reçoit une balle de but, son contrôle de la poitrine est un brin trop long, son lobe un brin mal assuré. A un poil de moins sur le crâne le goal était à sa portée.
Le même Palacio se fait déborder dans la dernière prolongation par un autre remplaçant, Schürrle, qui centre magnifiquement pour Götze, un autre remplaçant, qui contrôle superbement de la poitrine et conclut par un but de dernier des fagots qui fait de lui le héros de l'Allemagne. Pourtant il n'était guère rasé de frais.
L'Argentine a eu des balles de break et ne les a pas transformées. Higuain, à la suite d'une bourde peu ordinaire de Kroos, s'est trouvé seul face à Neuer et a joué comme un débutant, shootant lamentablement à côté des buts. Plus tard, Messi s'est présenté, sur le côté gauche, seul face au gardien du Bayern Münich, et a trop croisé son tir du gauche. Higuain, trop précipité, a marqué un but justement annulé pour hors-jeu alors que Lavezzi, excellent, lui avait offert un caviar. L'Argentine avait laissé passé sa chance.
Höwedes a eu la balle de match sur un corner de Kroos mais a choisi de viser le poteau de Romero. De même Schürrle seul face au gardien argention l'a bombardé, mais le gardien remplaçant de Monaco n'a pas tremblé.
Cette finale a été une grande finale. L'Argentine a démontré une fois encore un abattage défensif extraordinaire. Et l'Allemagne a su faire tourner le ballon et ne pas hésiter à remettre cent fois l'ouvrage sur le métier. Ce n'était pas facile face à ces contre-attaquants hors pair que sont Perez, Lavezzi, Higuain et Messi.
Un geste imprévisible et parfait de Götze a conclu une magnifique Coupe du monde.
L'Allemagne, sur l'ensemble du tournoi, a mérité son titre mondial, surtout peut-être par la dérouillée que la formation de Joachim Loew a infligée au Brésil en demi finale.
L'Argentine peut être fière de son équipe. Elle a disputé un match héroïque qu'elle eût pu avoir gagné si ses attaquants avaient fait preuve d'autant de lucidité que ses défenseurs. Avant le tournoi on pensait que la force de l'Argentine résidait dans ses attaquants. A la fin de la compétition on se dit que Messi et les autres attaquants ont manqué de jus, de précision et peut-être même de combativité au moment décisif.
L'Allemagne revient du Brésil avec un formidable titre mondial. Berlin les accueillera en héros et en vainqueurs. On ne peut pas dire que la destinée ait choisi le mauvais vainqueur.
Bravo donc à Philipp Lahm et à l'Allemagne.
Post Scriptum : L'agression de Neuer sur Higuain avait le poids certain d'un pénalty ou/et d'une expulsion. Mais, après un tel match, on pardonnera cette erreur aux arbitres italiens.