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L'effet placebo apprécié des médecins zurichois
Une équipe de chercheurs emmenés par Nikola Biller-Andorno,
directrice de l'Institut d'éthique biomédicale, a interrogé 233
médecins de famille et pédiatres du canton de Zurich.
Résultat: si 28% disent ne jamais y recourir, 17% des sondés
affirment utiliser de purs placebos, par exemple des pilules
sucrées ou des solutions salines. Parmi ces derniers, seuls trois
médecins ont affirmé le faire quotidiennement, ou chaque semaine.
Les autres plutôt rarement.
Des substances "impures"
En outre, 57% des médecins prescrivent des placebos dits
"impurs", soit des substances possédant effectivement des
propriétés pharmacodynamiques, mais sans lien avec la pathologie à
traiter. Comme par exemple des vitamines contre le cancer ou des
antibiotiques contre des infections virales, alors qu'ils
n'agissent que contre les bactéries.
Si le patient a des attentes positives de la thérapie et le
sentiment qu'on s'occupe de lui, cela peut soutenir ses forces de
guérison, poursuit Margrit Fässler. "C'est pourquoi on ne peut pas
dire qu'un traitement placebo est inefficace".
Les trois motifs d'utilisation les plus fréquemment nommés par
les médecins sont: «pour obtenir un avantage thérapeutique grâce à
l'effet placebo» (69%), «chez les patients dont les plaintes et les
résultats des examens ne peuvent être attribués à aucune maladie
précise» (64%) et «afin de répondre aux désirs du patient»
(63%).
Patients laissés dans l'ignorance
Aucun des médecins interrogés dans l'étude n'explique
directement au patient le côté fictif du traitement: la plupart lui
disent qu'il reçoit un médicament ou une thérapie. D'autres ne
disent rien du tout, ou parlent d'un traitement sans effet
spécifique.
L'étude a également montré que les médecins sont très peu sûrs de
la justification de tels traitements. Un tiers d'entre eux par
exemple ont déclaré ne pas savoir si un tel usage était à rejeter
par principe pour des raisons juridiques.
Beaucoup ont estimé que les placebos pouvaient avoir leur place
dans un traitement pour autant que médecin et patient collaborent
en tant que partenaires.
ats/os
Publié le 25 septembre 2009 - Modifié le 28 juin 2010