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Dilma Rousseff, ex-guerilléra et économiste de 63 ans aura la tâche difficile de faire prospérer l'héritage de Lula qui a fait du Brésil la huitième économie mondiale. Mais elle fera aussi face à l'éventualité d'un retour de son mentor à la présidentielle de 2014.
Lula, 65 ans, qui jouit d'une popularité record de 87% après huit ans de pouvoir, est empêché par la Constitution brésilienne de briguer un troisième mandat.
Mais il laisse planer le doute sur ses intentions. La semaine dernière, il a pour la première fois ouvert la porte à une possible candidature, en affirmant qu'il était «un homme politique né» et «qu'on ne peut jamais dire non» à une nouvelle candidature.
Toutefois, à quelques jours de quitter le pouvoir, il a fait marche arrière et déclaré que la «seule possibilité pour que Dilma ne se représente pas en 2014 serait qu'elle ne le souhaite pas».
Samedi, la présidente élue va parcourir en Rolls Royce découverte l'Esplanade des ministères, au cur de Brasilia, avant de recevoir l'écharpe présidentielle des mains de Lula, lors d'une cérémonie d'investiture où de nombreux dirigeants latino-américains sont attendus. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et le numéro deux du gouvernement français, le ministre de la Défense Alain Juppé, feront aussi le déplacement.
Le président sortant a profité du traditionnel message de Noël pour demander aux Brésiliens de soutenir la nouvelle présidente qui s'est engagée à poursuivre une politique favorable à la croissance et à la réduction de la pauvreté.
Gage de continuité, elle a conservé dans son gouvernement onze anciens ministres de Lula, dont ceux qui détiennent les postes clés des Finances et de la Défense.
Dilma Rousseff a toutefois marqué sa différence en composant le gouvernement le plus féminin de l'histoire du géant sud-américain avec cinq femmes ministres et cinq femmes secrétaires d'Etat.
Au cours des deux mandats de Lula, 29 millions de personnes sont sorties de la misère, plus de la moitié des 191 millions de Brésiliens font aujourd'hui partie de la classe moyenne et la croissance devait atteindre 7,6% cette année.
Les défis sont toutefois nombreux: le pays est à la traîne en matière de Santé et d'éducation, et les réformes de la fiscalité, des retraites et du système politique sont devenues urgentes.
De plus, les aéroports et les routes saturés du pays sont une entrave au développement alors que le pays accueille la Coupe du monde de football en 2014 et les Jeux olympiques en 2016. /ats-afp
Une «dame de fer» discrète
Née le 14 décembre 1947 à Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais (sud-est) d'un père bulgare et d'une mère brésilienne, Dilma Rousseff a activement milité dans les mouvements de lutte Armée, en pleine dictature.
Dans des dossiers secrets récemment révélés, les militaires la présentaient comme la «Jeanne d'Arc de la subversion». Arrêtée à Sao Paulo en janvier 1970, elle a été condamnée à six ans de prison mais a été finalement libérée fin 1972 sans avoir cédé à la torture.
Connue pour son caractère tranchant, Rousseff a la réputation de houspiller publiquement les ministres. En 2005, le scandale sur le financement parallèle de la campagne du PT a décapité la direction du parti en contraignant les poids lourds du gouvernement à démissionner. Dilma Rousseff a alors été propulsée au poste clé de ministre de la Maison civile, une sorte de chef du gouvernement.
Pour affronter les électeurs, Dilma s'est soumise à plusieurs opérations de chirurgie esthétique. Elle en est sortie rajeunie, plus mince, et sans ses grosses lunettes de forte en thème. L'année dernière, elle a admis publiquement subir un traitement contre un cancer, ce qui a adouci son image. Les médecins la considèrent aujourd'hui guérie.
La «dame de fer», qui maintient une grande discrétion sur sa vie privée, est divorcée après avoir été mariée deux fois. Elle est mère d'une fille, Paula, et grand-mère depuis début septembre. /ats-afp