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Agents agressés
03/11/2009
Agents agressés
Les policiers suisses dénoncent de plus en plus d'actes de violence et de menaces à leur encontre, surtout lors de manifestations sportives. les policiers exigent un durcissement de la législation.
Chaque semaine de matches en Suisse nécessite la mobilisation de centaines de policiers. (Photo: Keystone)
Dans une pétition remise aux autorités fédérales, la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP) demande la réintroduction de courtes peines de prison et l'augmentation de la peine minimale pour violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires. Et en cas de récidive, il faudrait appliquer les mêmes sanctions qu'en France, soit un doublement de la peine pénale et un emprisonnement ferme.
Un acte de violence contre un policier est un acte de violence contre l'Etat qui doit être jugé comme tel, a déclaré Max Hofmann, secrétaire général de la FSFP. Si le policier en tant que représentant de l'Etat doit accepter d'être puni plus durement en cas de faute, alors il doit en être de même dans l'autre sens.
Max Hofmann juge ainsi insuffisantes les peines prononcées dans de nombreux cas récents à l'encontre de personnes qui ont agressé des policiers. Dernier exemple en date, celui de hooligans zurichois condamnés vendredi par la justice saint-galloise au cours d'une procédure accélérée à des amendes de 800 à 1300 francs et à des peines pécuniaires avec sursis. Ils ont également été interdits de stade pour plusieurs années.
La FSFP est favorable à ce système de justice rapide mais il faut faire attention à ce que les peines soient conséquentes, selon Max Hofmann. Et de rappeler que lundi, le Tribunal fédéral a confirmé une amende de 300 francs à l'encontre d'un policier bernois qui avait giflé un adolescent éméché qui l'insultait.
2024 cas en 2008
Se basant sur les statistiques de l'Office fédéral de la police, la FSFP relève que le nombre d'actes déclarés de violence ou de menaces contre les agents est passé de 774 en 2000 à 2024 en 2008, soit une augmentation de 161,5%. La gravité des actes de violence est également en hausse, a relevé Heinz Buttauer, président de la FSFP, qui regroupe plus de 23'000 policiers, soit 95% des agents en fonction.
Max Hofmann reconnaît toutefois que l'augmentation du nombre de cas est «peut-être» aussi liée au fait que les policiers dénoncent désormais davantage les actes dont ils sont victimes. D'autre part, les engagements policiers lors de matches de football ou de hockey sont plus nombreux qu'auparavant. Le secrétaire de la FSFP précise toutefois que le phénomène n'est pas cantonné au sport mais peut être constaté dans les autres interventions policières.
900 policiers par semaine de matches
Selon la conseillère d'Etat saint-galloise Karin Keller-Sutter, chaque semaine de matches en Suisse nécessite l'engagement de 900 policiers en moyenne. En partant du principe qu'un policier coûte 1000 francs par jour, la facture atteindrait quelque 25 millions de francs par an. Un plan d'action pour diminuer la violence dans le sport devrait être présenté aux cantons à la mi-novembre.
Les policiers ont en tout cas l'appui de leurs chefs. La Conférence des commandants de polices cantonales soutient globalement la pétition de la FSFP, a indiqué son secrétaire général Urs Geissbühler, sans toutefois vouloir se prononcer précisément sur son contenu. «Elle permet surtout de lancer la discussion», s'est-il réjouit.
(ats)