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Lorsque deux Etats sont en conflit, le droit suisse de la neutralité interdit de s'immiscer dans le conflit en livrant des armes. Une exception s'applique uniquement si les deux parties au conflit sont traitées de manière égale lors de la livraison.
Ce principe reste valable même si un pays étranger acquiert du matériel de guerre en Suisse. Dans de tels cas, les pays sont aujourd'hui tenus de faire ce que l'on appelle une déclaration de non-réexportation, qui empêche toute nouvelle exportation (article 18 de la loi sur le matériel de guerre).
En cas de guerre d'agression contraire au droit international, l'Assemblée générale de l'ONU constate une violation qualifiée de l'interdiction du recours à la force et une agression armée. Les guerres d'agression contre un État souverain sont contraires au droit international depuis la Charte de l'ONU de 1945. Si on autorise les Etats à revendre des armes suisses dans de tels cas, des Etats tiers pourraient transmettre le matériel de guerre acquis à une partie belligérante (p. ex. l'Ukraine).
La coopération en matière de sécurité avec des Etats partageant les mêmes valeurs serait encouragée par la possibilité de réexporter des armes suisses.
En cas de guerre d'agression contraire au droit international, la Suisse, en tant que membre de l'ONU, a une responsabilité morale envers la communauté internationale et les principes de la Charte de l'ONU de participer activement aux mesures prises contre les agresseurs.
L'autorisation de la réexportation stimulerait l'exportation de matériel de guerre suisse et entraînerait des avantages économiques
La compatibilité juridique de la réexportation d'armes avec la neutralité est controversée.
La Suisse a la responsabilité morale de ne pas contribuer à des actes favorisant les conflits, même indirectement par des livraisons d'armes. L'autoriser nuirait à sa réputation d'État neutre et pacifique.
Le risque d'un usage abusif des armes est accru par une réexportation : Des armes livrées en toute bonne foi à des pays partenaires pourraient être utilisées à d'autres fins que celles prévues initialement. De manière générale, il existe un risque accru d'escalade de la violence, car la réexportation met davantage d'armes en circulation.