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Historique de l’INGE
C’est au cours de la séance du Grand Conseil du 3 mars 1852 que James Fazy, président du Conseil d’Etat, présenta son projet de loi “Relatif à la création d’un institut national genevois”. Sa raison d’être était l’opportunité, ressentie par le Conseil d’Etat de l’époque, de fonder à Genève un corps semblable à l’Institut de France qui devait, par le moyen de ses sections, assurer “la corrélation nécessaire entre les différentes branches des connaissances humaines et encourager ainsi les manifestations de l’intelligence”.
James Fazy entendait faire de l’Institut national genevois une institution populaire, largement ouverte à tous grâce à l’organisation de conférences suivies de débats et destinées à la publication de certains travaux formant les Actes de l’Institut.
Est membre de l’Institut chaque personne ayant adhéré à l’une de ses sections.
Leurs membres, en acquittant une modeste cotisation annuelle peuvent participer librement à toutes les activités de l’Institut.
En outre, 2 sociétés savantes sont affiliées à l’Institut national genevois. Ce sont la Société genevoise des écrivains et le Club de la Grammaire.
James Fazy
Né le 12 mai 1794 à Genève où il décède le 6 novembre 1878, James Fazy fonde notamment en 1825 Le Journal de Genève et en 1846 le Parti radical genevois dont la genèse remonte à 1835 déjà. entre 1847 et 1860, il est plusieurs fois Président du Conseil d’Etat de la République et Canton de Genève.
Il est également député à la Diète Fédérale en 1848. Conseiller aux Etats à plusieurs reprises entre 1848 et 1872, Conseiller national de 1857 à 1866, professeur ordinaire à l’Université de Genève en 1873.
Homme d’Etat remarquable et très controversé, ce tribun aux idées particulièrement avant-gardistes prônait en substance que c’est “…par la liberté que le bonheur de l’espèce humaine arrive au plus haut degré.” A Genève, on lui doit la démolition des fortifications, la construction de l’Hôpital cantonal, de l’Asile des vieillards, la création des lignes de chemin de fer vers Lyon, Lausanne, Saint-Maurice, la fondation de la Banque de Genève et de l’Institut national genevois. Le Dictionnaire historique et biographique de la Suisse dit de lui qu’il “peut-être considéré comme le créateur de la Genève moderne.”
Liberté individuelle, liberté politique, liberté de commerce, voilà l’essentiel des idées d’un homme qui voyait dans ce qu’il appelait les “Concentrations capitalistes” qui font travailler les ouvriers à bas prix, des pouvoirs dangereux pour les collectivités politiques. Un homme qui s’opposait à toute législation fédérale sur les banques, à toute création d’une banque centrale “unitaire” comme il l’appelait et qui écrivait à la fin de sa vie : “… Le désarmement général est devenu l’aspiration de tous les peuples… Ce doit être la tendance universelle, c’est le salut du genre humain.”
(d’après François Ruchon, Portrait de James Fazy, dans le Livre du Centenaire de l’ING, Genève 1953, et le DHBS, Dictionnaire historique et biographique de la Suisse).