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Après avoir lu les arguments officiels du comité de l’initiative «No-Billag» et le texte effectif, nous avons été surpris. Après des appels aux principes universels (liberté, autodétermination, moralité, …) et des références à l’économie de marché, le comité propose, suite à des raisonnements économiques que nous trouvons irréels, et des arguments faits de mots forts («redevance coercitive, immorale ou antisociale»), un texte qui semble n’avoir rien à voir avec ce qui le précède. Après avoir répété constamment combien le comité valorise la liberté de choix, la diversité des médias, la libre initiative, et avoir accusé les dirigeants de la SSR d’être trop payés, et l’entreprise elle-même de s’enrichir et d’être dépendante de l’Etat (fait évident, au moins pour nous), le comité propose ce qui suit: «La Confédération met régulièrement aux enchères des concessions de radio et de télévision.» (paragraphe 3). Dans la pratique, ceci signifie que qui aura les moyens financiers pourra contrôler la télévision et la radio. C’est donc une simple proposition de privatisation cachée par des discours trompeurs.
La SSR est une entreprise qui offre un service public, concept lié à la solidarité, ce qui soutient le monde civilisé et démocratique. Peut-on croire qu’une entreprise privée orientée vers les profits sera intéressée à proposer du matériel critique et informatif? Ou optera-elle principalement pour des séries télévisées et/ou des programmes sportifs? Écoutera-elle notre demande? Ou répondra-t-elle à celle du plus rentable? S’engagera-elle pour atteindre tous les citoyens, sera-elle inclusive? Ou visera-t-elle les plus riches? Demandons-nous si les journaux et internet seuls pourront informer la population sur des thèmes importants et encourager des débats démocratiques.
Pour ces raisons nous dirons non à une initiative antidémocratique et antisociale.
Rocco Cavalli et Elia Prinz, Ascona