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Accaparement des terres
Seuls 10% des projets d'accaparement de terres ont pour but explicite de produire des denrées alimentaires (souvent destinées à être exportées), le reste vise à exploiter les champs en question pour y cultiver des matières premières à exporter, pour fabriquer des carburants ou de l'énergie, mais aussi pour produire des fibres, de la nourriture animale, des fleurs coupées ou des produits plus classiques, tels que le café, le thé ou le cacao. Une large portion de ces cultures est dédiée à ce que l'on appelle les « flex crops », des plantes qui, à l'instar du palmier à huile, du maïs ou du soja, laissent une grande marge de manœuvre car elles peuvent être employées comme denrées alimentaires ou à d'autres fins, selon la demande du marché.
Au moins 5% de tous les champs cultivables en Afrique ont changé de mains ces dernières années. Le gros des terres accaparées se trouve dans des pays caractérisés par l'imprévisibilité de leurs systèmes judiciaires, la faiblesse de leurs gouvernements et la faim qui frappe une forte proportion de leur population. C'est le cas de la RDC, du Soudan, du Mozambique, de l'Ethiopie ou de la Sierra Leone.
La concentration de la propriété entre les mains d'un petit nombre s'est aussi fortement accélérée en Europe et surtout en Europe de l'est (en Ukraine ou en Roumanie, par exemple). Dans l'UE, 3% des propriétaires terriens contrôlent désormais la moitié des terres agricoles.
La majeure partie des champs ainsi loués ou vendus se retrouvent en jachère et bon nombre de projets sont abandonnés en cours de route, comme le montre l'exemple d'Addax.