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Les 30 avril et 1er mai 2002
Grange de Dorigny, UNIL, Lausanne
Sujet
Dans le contexte des conquêtes coloniales du XIX siècle, les premiers usages du terme impérialisme exaltaient la grandeur de la nation britannique et de sa mission civilisatrice. Hobson fut le premier à dénoncer cette mystification et a établir une relation directe entre le fonctionnement du système économique et l’impérialisme.
Mais ce sont les auteurs du mouvement ouvrier du début du XX siècle, en particulier Lénine, Boukharine et Rosa Luxemburg, qui ont développé une critique radicale de l’impérialisme, en dénonçant l’exploitation des pays du sud. La théorie de ces marxistes sur l’impérialisme ne se limite pas au rapports nord-sud mais constitue une analyse plus globale du développement du capitalisme. Pour ces auteurs, l’impérialisme est étroitement lié au développement du capitalisme, il répond à des besoins du système – notamment en termes d’approvisionnement en matières premières et en main d’oeuvre bon marché – mais surtout à la nécessité permanente de trouver des nouveaux débouchés pour les marchandises et pour les investissements.
A ce moment s’ouvre un débat au sein du mouvement ouvrier : le capitalisme peut-il se développer indéfiniment sur la seule base du marché interne ou a-t-il besoin de mener une politique impérialiste pour accumuler le capital ? Ce n’est pas le seul débat que la question de l’impérialisme suscite: l’allemand Kautsky développe l’idée, fortement combattue par Lénine et Luxemburg, que les ententes capitalistes qui sont entrain de se développer permettront au capitalisme d’avoir une gestion pacifique du monde et dépasser un certains nombre de contradictions du système. Or l’histoire de ce siècle a montré que ces ententes n’ont pas mis un terme aux rivalités inter-impérialistes. Toutefois cette question reprend de l?actualité, dans un contexte où les puissances capitalistes, sous l’hégémonie américaine, semblent privilégier des accords internationaux.
La loi du développement inégale et combiné de Trotsky constitue un autre apport important à l’analyse de l’impérialisme. Selon cette loi, le capitalisme tend à s’étendre au monde entier, mais ne le fait pas de manière linéaire et harmonieuse. On aboutit plutôt dans les pays économiquement retardataires à un développement accéléré de certains secteurs, cohabitant avec d?autres laissés à l’abandon et le maintient de structures socialement et politiquement archaïques.
Plusieurs auteurs ont contribué par la suite à développer et actualiser l’analyse du capitalisme. Après la Deuxième guerre mondiale, et particulièrement pendant les années ’60 – ’70, les auteurs de la théorie de la dépendance renouent avec le concept d’impérialisme. Il s’agit avant tout d’une vision critique du processus de décolonisation, qui dénonce la persistance de la domination et de la dépendance des pays de la périphérie. Les théoriciens de la dépendance montrent que, loin de diminuer, la dépendance et le sous-développement continuent à augmenter.
Enfin plusieurs contributions plus récentes ont permis d’actualiser la théorie de l’impérialisme. Ces auteurs, qui se réfèrent souvent au textes marxistes classiques, montrent les constantes mais aussi l’évolution et les différentes phases du capitalisme jusqu’à l’heure de la mondialisation.
Programme
Mardi 30 avril
9h00-10h30: Impérialismes en Amérique Latine. par Claudio Katz.
10h45-12h15: Résistances : le cas de la lutte des paysans sans terre au Brésil. par Irma Brunetto.
14h30-16h00: Philippines: nouveau front de l’impérialisme américain. par Eva Olaer Ferraren.
Mercredi 1er mai
9h00-10h30: La mondialisation armée. par Paolo Gilardi.
10h45-12h15: Un nouvel impérialisme à l’aube du 21ème siècle? par François Chesnais.
13h30-16h00: Table ronde : les enjeux de la révolte du peuple argentin. avec Claudio Katz, François Chesnais, Charles-André Udry
Conférenciers
Claudio Katz:
Prof. d’économie à l’université de Buenos Aires, Argentine.
Irma Brunetto:
Militante du Mouvement des Sans Terre, Brésil
Eva Olaer Ferraren:
Militante d’une ONG, île de Mindanao, Philippines.
Paolo Gilardi:
Militant du GSsA et du Mouvement pour le socialisme.
François Chesnais:
Economiste, membre du conseil scientifique d’ATTAC, Paris.
Charles-André Udry.:
Rédacteur-en-chef de la revue A l’encontre.