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( Texte de Fabrizio Frigerio, paru dans : 2nd Congreso International de Rito Moderno - Rito Francès, Ponencias, Compilation: Olga Vallejo R. Porto, Portugal 2019. PP.22-28 )
On entend souvent dans nos milieux invoquer une nécessaire régénération de la Franc-Maçonnerie, parfois présentée comme un indispensable retour aux sources.
L’essentiel de mon sujet tient en trois mots, que je vais essayer de définir en montrant en quoi consistent leurs relations, ces mots-clefs sont: régénération, retour et sources.
Examinons-les dans l'ordre:
Régénération: dans son sens figuré et littéraire, ce mot signifie (depuis 1687) « Renaissance de ce qui était corrompu, altéré, affaibli » . Le fait qu'on parle de « nécessaire régénération » de la Franc-Maçonnerie ne laisse donc aucun doute quant au fait que - dans notre esprit- elle a été corrompue, altérée, affaiblie, et que, par conséquent, elle n'est plus ce qu'elle était à l'origine, ce qui implique la nécessité d'un retour à cette origine perdue.
Retour: depuis le XIIe siècle, ce mot indique un déplacement en arrière, vers le point de départ, soit dans l'espace (sens propre) soit dans le temps (sens figuré).
Sources: à partir du sens propre, qui indique l'eau qui sort de terre, qui « sourd » (du verbe « sourdre »), marque au figuré l'origine, le principe.
Vous aurez remarqué qu'il est ici question de « sources », au pluriel, ce qui implique qu'une pluralité d'origines est envisagée comme possible, du moins à ce stade de la recherche. Le point d'interrogation qui clôt ce titre donne tout le sens à la démarche qui sera la mienne, et qui vise à nous demander si un retour de la Franc-Maçonnerie aux sources est d'abord possible, et s'il entraînerait vraiment automatiquement sa régénération. Il faudra donc commencer par nous interroger sur nos origines, puisqu'on a postulé - du moins pour l’instant à titre d'hypothèse- qu'elles pourraient être multiples.
Pour ce faire je me baserai sur un ouvrage de l'historienne anglaise Margaret C. Jacob. D'après cet auteur, la naissance de la Franc-Maçonnerie spéculative en Angleterre au XVIIIe siècle serait liée à la fois à l'essor de la philosophie newtonienne de la Nature et aux tendances démocratiques qui déjà dans la première moitié du XVIIe siècle ont marqué la vie des gildes opératives de Maçons, et qui ont amené à l'ouverture de ces mêmes gildes à des « Accepted Masons », qui n'étaient pas des gens du métier.
La Franc-Maçonnerie aurait constitué le point de conjonction entre l'hermétisme de la Renaissance avec ses fortes tendances naturalistes et les débuts des Lumières en Angleterre. De façon graduelle, l'héritage hermétique aurait été remplacé par la « magie » de la science newtonienne, comme les artisans ont été remplacés par les « spéculatifs ».
Cette conclusion corrobore celle à laquelle était déjà parvenue Frances Yates dans son ouvrage sur Giordano Bruno et la tradition hermétique : la Maçonnerie spéculative serait née à la suite d'une rencontre entre plusieurs facteurs humains et intellectuels, parmi lesquels il faut surtout retenir au niveau spéculatif les idées de réforme religieuse et morale du Christianisme, avec un retour à une religion magique antérieure, comme la religion dite « égyptienne » de Giordano Bruno ; au niveau humain -outre le même Bruno, qui a séjourné à la cour d’Angleterre où il a écrit quelques-uns de ses ouvrages les plus importants- deux maçons importants, Elias Ashmole et sir Robert Moray, qui ont pratiqué à la fois la magie et la science de leur époque et qui ont été parmi les fondateurs de la Royal Society. Ainsi, dès sa naissance, la Franc-Maçonnerie spéculative présente comme Janus un double visage, d'un côté elle regarde en arrière vers l'hermétisme de la Renaissance et la magie d'une religion « originelle » qui aurait été perdue et qu'il s'agit de restaurer, de l'autre côté elle regarde en avant vers la nouvelle science newtonienne et le progrès technique et politique qu'elle comporte.
Cette double tendance a eu comme conséquence l'entrée en Maçonnerie de deux types de personnes: d'un côté des spiritualistes déçus du Christianisme et qui cherchaient une voie spirituelle de substitution, royalistes bon teint en politique et partisans de l'ordre établi; de l'autre côté des intellectuels avancés, déistes, parfois agnostiques, ou même athées, socialement révolutionnaires et républicains, partisans de la nouvelle philosophie scientifique de Newton.
Parmi les premiers nous avons des hommes comme Ashmole et Molay, parmi les seconds des hommes comme John Toland ou Thomas Paine. Si les premiers rattachaient la Franc-Maçonnerie à une origine religieuse plus ancienne que le Christianisme, dans la lignée hermétique qui de Giordano Bruno et de la Renaissance remontait jusqu'à Pythagore et à l'Egypte ancienne, les seconds allaient aussi au-delà du Christianisme, mais pour déboucher sur les anciens Druides, dont ils interprétaient la religion dans un sens naturaliste.
Ainsi Thomas Paine pensait que la Maçonnerie dérive de la « religion des anciens druides, qui comme les mages de Perse et les prêtres d'Héliopolis en Egypte étaient des prêtres du soleil » et John Toland, dans sa Critical History of the Celtic Religion, décrivait une hypothétique religion druidique anglo-saxonne qu'il s'agissait de restaurer avec le retour à la liberté que la révolution qu'il appelait de ses vœux aurait dû amener en Angleterre. Toland et ses amis étaient républicains, Ashmole et les siens royalistes, Toland penchait vers un panthéisme naturaliste, Ashmole espérait la restauration d'un Christianisme originel, et avait même écrit un appel public rédigé en latin aux « Rose-Croix » pour leur demander de l'accepter parmi eux, afin de pouvoir les aider dans leur œuvre de réforme et purification de la religion.
Toland était un partisan de la nouvelle science newtonienne, Ashmole un alchimiste et astrologue, les deux étaient Francs-Maçons, comme la plupart de leurs amis. Il est ainsi évident que dès l'origine de la Franc-Maçonnerie spéculative coexistaient en son sein deux tendances opposées, qui se côtoyaient sans se mélanger.
Voilà des hommes qui fréquentent les mêmes Loges, mais dans un état d'esprit et avec des buts très différents sinon contraires, les Ateliers étaient ainsi effectivement ce qu'ils devraient toujours être: le centre de l'union entre des personnes qui autrement n'auraient pu que rester perpétuellement étrangères.
Malheureusement, cet état de choses se modifie très vite, et cela sous l'impulsion de deux ecclésiastiques protestants. Le premier est Théophile Désaguliers, réfugié français huguenot, devenu en 1716 chapelain du comte de Carnavon, et en 1737 Grand Maître des Loges Unies d’Ecosse et d'Angleterre; le second est le révérend James Anderson, presbytérien écossais, docteur en théologie, auteur des Constitutions maçonniques de 1723. Sous leur influence, la Franc-Maçonnerie anglaise prit un tournant résolument royaliste et conservateur en politique et protestant anglais (anglican) en religion. Ils réussirent ainsi à faire s’écarter l’une de l’autre les deux tendances originelles de la Maçonnerie de 1717, l'aile conservatrice et spiritualiste non-chrétienne d'une part, qui se rattachait à l'Egypte de Pythagore, et l'aile progressiste, déiste, agnostique et parfois même matérialiste d'autre part.
A la place de ces deux tendances, antagonistes mais coexistantes, ils organisèrent l'unité et l'uniformité de la Franc-Maçonnerie anglo-saxonne autour de l'alliance du trône et de l'autel. Ainsi s'expliquent, dans la deuxième édition des Constitutions d'Anderson, l'obligation pour un Maçon d'être un « Noachite », c'est-à-dire de se rattacher à la tradition de Noé, et par là à la spiritualité judéo-chrétienne, à l'exclusion de toute autre ; obligation qui vise les spiritualistes qui rattachaient la Franc-Maçonnerie à la religion égyptienne de Pythagore; et déjà dans la première édition l'exclusion des « athées et libertins irréligieux » qui vise les progressistes, déistes, naturalistes et matérialistes, qui avaient en commun le refus de la religion chrétienne, et surtout du confessionnalisme quel qu'il fût.
Cette brève analyse suffit pour réduire à néant le mythe de la voie substituée , propagé par les tenants de l'orthodoxie anglo-saxonne et qui ne repose sur aucun fait historique, qui n'est que le fruit d'une interprétation tendancieuse de l'histoire maçonnique visant à justifier les prétentions hégémoniques de la Grande Loge Unie d'Angleterre.
En effet, s'il y eut bien substitution, il ne s'agit pas de la substitution d'une Franc-Maçonnerie athée à une Franc-Maçonnerie chrétienne d'origine, mais bel et bien de la substitution par Désaguliers et Anderson, dès 1723, d'une orthodoxie maçonnique chrétienne protestante aux deux tendances antinomiques de la Franc-Maçonnerie primitive de 1717, tendances qui ont cependant survécu depuis, même si désormais séparément.
La Maçonnerie dite libérale d'aujourd'hui n'est en effet rien d'autre que l'héritière naturelle de la tendance progressiste d'origine, incarnée au XVIIIe siècle en Angleterre par la Grande Loge dite des « Moderns » et par des hommes comme John Toland et Anthony Collins ; sur le continent par Jean Rousset de Missy, Condorcet, Hélvétius, d'Holbach et tant d'autres ; en Amérique du nord par Thomas Paine, tous unis par leurs sentiments réformistes en politique et non conformistes en religion (déistes, panthéistes, naturalistes, agnostiques et même athées).
L'autre courant, celui des spiritualistes, alchimistes, astrologues et mystiques de tout bord -héritiers des Ahsmole et Moray- s'est aussi perpétué jusqu'à nos jours dans certaines Loges et Obédiences, que la Grande Loge Unie d'Angleterre qualifie avec un certain dédain de « Fringe Masonry », et qu’elle considère tout au plus comme des institutions para-maçonniques.
Si l'on quitte maintenant l'histoire, il y a une autre voie qu'on peut emprunter pour remonter aux sources, en passant par l'étude comparative des rituels, qui sont à la base du travail en Loge. Dans la Maçonnerie bleue, et je ne vous apprends rien de nouveau, les rituels sont aujourd'hui essentiellement trois:
1) le rituel d'initiation au grade d'Apprenti
2) le rituel de passage au grade de Compagnon
3) le rituel d'élévation à la Maîtrise.
Le rituel d'élévation à la Maîtrise, ainsi que la légende d'Hiram qu'il comporte, sont une innovation de la deuxième moitié du XVIIIe siècle (les grades étaient à l'origine deux et il n'y avait qu'un seul Maître, celui que les Compagnons élisaient pour diriger la Loge). On peut rattacher la création du grade de Maître à la déviation opérée par Désaguliers et Anderson, qui ont infléchi la Franc-Maçonnerie spéculative dans le sens de l'orthodoxie religieuse chrétienne protestante, d'où la légende d'Hiram et son symbolisme tirés de l'Ancien Testament. Il s'agit donc d'éléments nouveaux et récents, n'ayant aucun lien avec l'ancienne histoire initiatique de la Franc-Maçonnerie d'avant la deuxième moitié du XVIIIe siècle, leur examen ne saurait par conséquent être d'aucun intérêt pour un éventuel retour aux sources. Le rituel de passage au grade de Compagnon est un rituel opératif, lié à la Franc-Maçonnerie opérative des gildes de métier du Moyen-Age. Il présente un certain intérêt dans son contexte historique précis, mais comme il s'agit d'un rituel de passage il n'est pas primordial.
En ce qui concerne le rituel d'initiation au grade d'Apprenti, on peut constater qu'à tous les Rites et dans toutes les Obédiences il présente les mêmes caractères essentiels, qui sont les épreuves par les quatre éléments (la Terre -cabinet de réflexion-, l'Eau, l'Air et le Feu), même si parfois elles ne se suivent pas dans le même ordre, et qu'il s'achève toujours par le passage brusque de l'impétrant des ténèbres à la lumière. Il s'agit d'une cérémonie symbolique à caractère astral, ayant gardé les caractéristiques originelles d'un ancien sens initiatique et symbolique pythagoricien .
Il y a des rapports de continuité dans la tradition initiatique antique, en suivant une filière qui mène du pythagorisme au mithraïsme, puis au néo-platonisme jusqu'à la Renaissance. Si nous acceptons le passage de cette tradition à la Franc-Maçonnerie spéculative anglaise naissante, par le biais du philosophe Giordano Bruno d'après les modalités décrites d'abord par Frances Yates et élargies ensuite par Margaret C. Jacob, nous devons aussi admettre qu'en dépit de tous les changements de rituel qui se sont succédés depuis - en raison notamment de la multiplication des Rites et des Obédiences, mais déjà depuis la deuxième moitié du XVIIIe siècle avec la déviation andersonienne dans le sens d'une orthodoxie chrétienne protestante, des cérémonies et de leur contenu- en dépit donc de tout cela, il est resté dans tous les rituels d'initiation au grade d'Apprenti une trace précise de leur unique origine antique, qui peut être ainsi sûrement identifiée.
Je n'entrerai pas ici dans une discussion au sujet de l'histoire de cette chaîne initiatique, car il pourrait s'agir d'une chaîne ininterrompue -mais difficile à prouver- tout aussi bien que d'une chaîne qu'on aurait pu reconstituer ex-novo à la Renaissance, dans le renouveau d'intérêt pour l'Antiquité païenne; je me limite donc à constater l'existence de cette continuité et j'en déduis la possibilité que nous avons de revenir à une source unique, au moins en ce qui concerne notre rituel de base. Et cette source est la même pour toutes les tendances maçonniques, qu'elles soient progressistes ou conservatrices dans le domaine social, libérales ou orthodoxes en matière religieuse.
Un retour aux sources, même à une source unique, est donc possible en ce qui concerne le rituel maçonnique d’apprenti, sa signification, sa pratique. Demeure encore ouverte la question de savoir si ce retour est pratiquement possible pour tous, étant donné la diversité d'origine des tendances maçonniques actuelles et leur diversification encore plus grande avec le temps.
Last but not least il n'est pas certain non plus que ce retour provoquerait fatalement cette régénération de la Franc-Maçonnerie que plusieurs d’entre nous souhaiteraient.
Ce sont là les deux questions dont je laisse les réponses à votre appréciation.
Ce qui est certain c’est que la pratique de notre Rite Moderne, dans la mesure où nous le maintenons le plus proche possible de celui d’origine, nous assure une continuité temporelle, tant dans la forme qu’en esprit, avec nos ancêtres qui le pratiquaient hier (comme le dit notre rituel) dans ces Loges de la Grande Loge de Londres dite des « Moderns » (1717) dont il provient et à partir desquelles il est arrivé jusqu’à nous par un long détour, qui l’a amené du vieux continent au nouveau monde pour finalement se retrouver à son point de départ au début de ce XXIe siècle.
Ce retour à une source plus récente que celles de l’Antiquité, mais plus sûre, s’est effectué, en ce qui concerne la partie francophone du continent européen, dès la deuxième moitié du XXe siècle, en France d’abord. Devenu « Rite français », ayant été adopté par le Grand Orient de France comme son rite fondateur, il ne ressemblait plus guère - par les aléas de l’histoire – à sa version originale anglaise. Des réformes successives l’avaient à tel point défiguré par rapport à sa source qu’il en était devenu littéralement méconnaissable. Un Frère soucieux d’exactitude historique, René Guilly (1921-1922), historien de l’art de formation, a fondé en 1970 la revue Renaissance traditionnelle, dans laquelle il a fait paraître les résultats de ses recherches concernant le Rite dit « français », devenant ainsi avec le temps un maçonnologue de renom.
A partir des résultats de ces travaux, qui ont commencé par un questionnement sur la position d’origine des deux Colonnes J et B dans le temple , est née en 1955 déjà une version contemporaine du rite, appelée à ses débuts « Rite français moderne rétabli », devenu aujourd’hui le « Rite français traditionnel ». Il s’agit en fait d’une version qu’on peut appeler « syncrétiste », puisqu’elle est basée à la fois sur le texte du Régulateur du maçon de 1801 (version officielle du Rite par le Grand Orient de France de l’époque) et sur les résultats des travaux de la Loge parisienne du Grand Orient de France « Le Devoir et la Raison , dont René Guilly a été le Vénérable Maître.
Cette version du rite a « rétabli » la position des deux Colonnes dans le temple en les plaçant ainsi qu’elles le sont au Rite Ecossais Ancien et Accepté. Il s’agit donc d’un rite qui n’est véritablement ni « moderne » ni « ancien », mais qui se situe pourrait-on dire entre les deux, avec en plus des apports pris au Rite écossais rectifié.
Comme par ses vicissitudes personnelles René Guilly est successivement passé à la Grande Loge nationale française - Opéra, puis a fondé la Loge nationale française en 1968, des variantes de ce rite français moderne rétabli par lui sont aujourd’hui pratiquées en France dans des Loges et Obédiences différentes . C’est par ces passages (qui montrent une fois de plus l’importance des relations personnelles en Franc-Maçonnerie) que la version rétablie est ainsi parvenue à la Grande Loge Nationale Française, seule Grande Loge officiellement reconnue en France comme « régulière » par la Grande Loge Unie d’Angleterre.
S’est posée à ce moment-là la question des « Hauts Grades ». Alors que les Frères du Rite écossais pouvaient sans difficultés continuer leur instruction au-delà du grade de Maître, cela n’était pas possible pour les frères du Rite moderne, dit « français », car il manquait à ce rite une filiation qui puisse être reconnue comme régulière en dehors des trois grades symboliques.
Le problème était - et est - important, car au Rite Moderne, qui a été conçu au moment de sa création comme un système entier en 7 grades, complété d’un 5ème Ordre, ne pratiquer que les trois premiers grades prive celui ou celle qui déciderait de se limiter ainsi de la possibilité d’appréhender et de comprendre la totalité de son propre parcours maçonnique.
C’est le 7 août 1989 que le Suprême Conseil du Rite Moderne pour le Brésil délivre une patente pour la pratique des Ordres de Sagesse au Grand Chapitre Français, se prévalant de celle qu’il avait lui-même reçu du Grand Orient de France en 1822. Contrairement au Grand Orient de France, qui avait cessé de les pratiquer depuis 1862 et pendant plus de 100 ans, le Brésil a maintenu la pratique des Ordres de Sagesse de manière ininterrompue depuis 1842, le Grand Chapitre ayant été fondé à cette date. C’est à partir de ce même Suprême Conseil, devenu en 1992 - lors de son 150ème anniversaire - Suprême Conseil du Rite Moderne tout court, pour bien marquer qu’ayant maintenu la pratique des Ordres du rite sans interruption depuis le XIXe siècle il en était devenu la principale autorité, qu’en juin 2011, lors du Congrès de Barcelone, est créée l’Union Maçonnique Universelle du Rite Moderne.
La boucle ayant été ainsi bouclée, le Rite Moderne est revenu à son origine française et européenne grâce aux Frères brésiliens et latino-américains qui avaient su le garder vivant pendant la longue période où en Europe la pratique de ses Ordres était tombée en désuétude , remplacée par celle du plus récent Rite Ecossais Ancien et Accepté.
C’est un véritable retour aux sources, auquel nous avons non seulement assisté mais aussi activement participé, en ramenant la pratique de ce rite dans son entièreté et dans sa forme originelle en Belgique d’abord et en Suisse ensuite, en espérant que ce retour aux sources puisse contribuer à la régénération de la Franc-Maçonnerie en ce début du XXIe siècle.
Annotations
1 Les références de vocabulaire sont au Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française de Paul Robert, sub voce.
2 Margaret C. Jacob, The Radical Enlightenment: pantheists, Freemasons and Republicans, George Allen &Unwin, Londres, 1981. Particulièrement le ch. IV, qui porte sur les origines de la Franc-Maçonnerie européenne.
3 Frances Yates, Giordano Bruno and the Hermetic Tradition, Routledge & Kegan, Londres, 1964. En particulier le ch. XXI, qui porte sur la naissance de la Franc-Maçonnerie spéculative en Angleterre
4 Sur Thomas Paine cf. Bernard Vincent, Thomas Paine ou la religion de la liberté, Aubier-.Montaigne, Paris,1987.
5 Jean Baylot, La voie substituée, Paris, Dervy, 1985
6 Fabrizio Frigerio, « Le symbolisme astral dans l’initiation maçonnique », Masonica, Lausanne, 1999, n. 8, pp. 21-28.
7 Fabrizio Frigerio, « Giordano Bruno, précurseur de la Franc-Maçonnerie ? », Masonica, Lausanne, 1995, n. 6, pp. 40-46.
8 Travaux réunis postérieurement en un ouvrage : Les Deux Grandes Colonnes de la Franc-maçonnerie (nouvelle édition révisée par Roger Dachez et Pierre Mollier), Dervy, Paris, 1997 (réédition, 2011).
9 « Des problèmes interpersonnels et des intérêts maçonniques vont conduire un certain nombre de frères de ces organisations à rejoindre la GLNF en 1978. », Philippe Thomas, La Sagesse du Rite Français, Editions du Grand Chapitre Français, Paris, 2009, p. 76.
10 (2o Congreso Internacional de Rito Moderno- Rito Francès, Ponencias, Compilacion Olga Vallejo R., Porto, 2019, p. 22)
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