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Europe La Croatie lance un référendum contre le mariage gay
Le peuple va devoir s'exprimer sur l'union homosexuelle en décembre par référendum. Le parlement a accepté de donner suite à une pétition de 700'000 signatures.
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Le Parlement croate a approuvé vendredi l'organisation d'un référendum pour le 1er décembre contre les mariages homosexuels dans ce pays traditionnellement catholique. De nombreux militants pour les droits des homosexuels s'étaient pourtant mobilisés.
Le vote au Parlement est intervenu à la demande d'un collectif conservateur baptisé «Au nom de la famille». Celui-ci a rassemblé sur une pétition quelque 700'000 signatures auprès des citoyens qui souhaitent que le mariage soit défini par la Constitution comme «une union entre un homme et une femme».
Cent quatre des 151 députés du Parlement ont voté en faveur du référendum. Treize ont voté contre. Cinq députés se sont abstenus.
Inscrit dans la constitution
Les Croates seront invités à répondre à la question suivante: «est-ce que vous soutenez qu'une disposition mentionnant que le mariage est l'union entre un homme et une femme soit intégrée dans la Constitution de la république de Croatie?». L'actuelle charte fondamentale ne dispose d'aucune définition du mariage.
La tenue du référendum a provoqué un vif débat dans ce pays de 4,2 millions d'habitants entre les groupes soutenus par l'Église catholique souhaitant faire amender la Constitution, afin d'interdire le mariage homosexuel et les militants pour les droits des homosexuels qui ont dénoncé une démarche discriminatoire.
Ce référendum sera le premier à être organisé à l'initiative des citoyens dans cette ancienne république yougoslave, indépendante depuis 1991, qui a adhéré en juillet à l'Union européenne.
Référendum «discriminatoire»
Les défenseurs des droits de l'Homme et des militants LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels) affirment qu'un tel référendum est «discriminatoire». Ils ont appelé la Cour constitutionnelle à donner son avis sur sa légalité.
«Il s'agit indubitablement d'une question touchant aux droits de l'Homme. Un tel sujet ne peut pas faire l'objet d'un référendum», assure Sanja Juras, figure de proue des militants pro-homosexuels.
Selon la loi croate, la réussite d'un référendum ne dépend pas du taux de participation et le résultat sera validé quel que soit le nombre de citoyens qui s'exprimeront.
L'Église catholique détient un rôle particulièrement influent en Croatie. La première Gay Pride, organisée à Zagreb en 2002, avait été suivie d'incidents dans lesquels des dizaines de participants avaient été tabassés par des extrémistes. (ats/nxp)
Créé: 08.11.2013, 13h40