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La croissance dans les pays de l'OCDE a sensiblement ralenti, mais pas au point de parler de ralentissement sévère.
Dans l'ensemble, la consommation des ménages progresse toujours à un rythme légèrement supérieur à la moyenne, même si elle a ralenti. La croissance du PIB dans les pays de l'Organisation de coopération et de développement (OCDE) est surtout plombée par l'investissement privé, qui augmente désormais moins vite que les exportations. Il y a aussi des effets de second tour. Des pays comme l'Allemagne, qui fabriquent et exportent des biens d'équipement, sont pénalisés par ce ralentissement de l'investissement.
L'investissement pourrait passer à un taux de croissance tendanciel plus faible. En effet, les changements à l'œuvre dans l'économie mondiale se traduisent par une plus grande efficacité. Les taux de densité des bureaux ne cessent d'augmenter (autrement dit, il y a plus d'employés par m2 de bureaux) et la frontière entre l'investissement pour les outils de travail et la consommation à la maison s'estompe.
est en baisse car tout est utilisé de manière plus efficace.
Autrefois, on pouvait posséder un ordinateur chez soi sans pour autant s'en servir, tout en en utilisant un autre au travail. A présent, la tendance est plutôt d'avoir un ordinateur servant aussi bien à la maison qu'au travail. L'investissement dans les technologies, les bureaux et le matériel est en baisse car tout est utilisé de manière plus efficace. La façon obsolète dont les investissements sont calculés peine à prendre acte de cette réalité.
Les droits de douane font augmenter le prix des biens importés, soit parce que les tarifs douaniers sont payés (ce qui représente un coût direct), soit parce qu'ils incitent les entreprises à acheter le «deuxième meilleur» produit. Dans une économie développée, l'investissement est le pan le plus intensif en importations. En d'autres termes, l'investissement nécessite proportionnellement plus d'importations que la consommation ou la dépense publique. Par conséquent, taxer les importations revient à taxer plus lourdement l'investissement que la consommation ou la dépense publique.
La taxation des échanges a également créé de l'incertitude pour les chaînes d'approvisionnement internationales. Les multinationales réalisent les deux tiers du commerce mondial. Plus de la moitié des échanges internationaux s'inscrivent dans le cadre de chaînes d'approvisionnement longues et complexes.
Ces chaînes d'approvisionnement ont été constituées, maillon par maillon, au fil d'un quart de siècle de libéralisation progressive des échanges et de réductions successives des droits de douane. Elles sont désormais gagnées par l'incertitude.
a peu de chances d'être enrayée par un accord commercial.
Les entreprises semblent réfléchir à deux fois au moment d'investir dans leur chaîne d'approvisionnement. Il s'agit d'une menace qui plane sur toutes les entreprises qui ont des établissements ou effectuent des ventes à l'étranger. Les Etats-Unis et la Chine ne sont donc pas les seuls pays concernés.
L'incertitude qui plane sur le commerce international n'est pas étrangère au ralentissement de l'investissement et, in fine, de la croissance. Un accord commercial sino-américain changerait-il la donne? Ce serait une bonne chose pour l'économie mondiale, mais pas tant que cela. L'évolution structurelle vers un investissement plus efficace a peu de chances d'être enrayée par un accord commercial. Il s'agit toutefois d'un ajustement graduel, qui ne devrait pas être trop néfaste.
La réduction des droits de douane fera baisser le coût de l'investissement et devrait soutenir quelque peu les dépenses d'investissement. Toutefois, les entreprises interrogées dans le cadre du sondage UBS Industry Leader Insights n'ont pas profité de la baisse du coût de l'endettement pour modifier leurs plans d'investissement. Cela suggère une réaction mesurée à la baisse des taxes douanières.
La confiance est la principale condition à un vif rebond de l'investissement. Il est peu probable qu'un accord commercial, aussi exhaustif soit-il, soit considéré comme durable. Le mal est fait et rien ne pourra y remédier. Les dégâts causés au système du commerce international sont irréversibles. Et, au final, de nouvelles tendances en matière d'investissement émergeront.
Les technologies encouragent la production au niveau local. Cela supposera d'investir différemment. D'ici là, les entreprises s'efforceront de définir le nouvel ordre du commerce mondial. Cela n'empêchera sans doute pas un rebond de l'investissement une fois que les Etats-Unis et la Chine auront conclu un accord. Mais cela limitera l'ampleur potentielle de ce rebond.