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L'hémoglobine glyquée (HbA1c) représente la mémoire glycémique du patient diabétique des deux-trois derniers mois. Sa valeur prédit le risque de complications micro- et macro-angiopathiques et la connaissance de cette valeur par le patient a un effet thérapeutique bénéfique démontré. Le dosage de l'HbA1c qui devrait être effectué tous les trois mois, a révolutionné le suivi du patient diabétique.
L'hémoglobine glyquée (HbA1c), qui représente une partie mineure de l'hémoglobine, est présente et détectable chez les personnes normales et augmente avec l'élévation de la glycémie. Elle résulte de la liaison irréversible entre le glucose et les acides aminés valine et lysine de l'hémoglobine (glycation).
Plusieurs études ont démontré une association entre le risque de développer des complications micro- et macro-angiopathiques et la valeur de l'HbA1c, aussi bien chez les diabétiques de type 1 que de type 2.1,2 Ces études ont aussi démontré une réduction du risque avec la réduction de l'HbA1c. La baisse de un pour cent de la valeur de l'HbA1c conduit à une diminution du risque relatif de développer les complications micro-angiopathiques (néphropathie, rétinopathie et neuropathie) d'environ 30%.
L'HbA1c est donc le meilleur paramètre de suivi du patient diabétique pour juger du contrôle métabolique moyen des huit à douze dernières semaines et pour évaluer le risque de complications chroniques à long terme. Elle peut être considérée comme «la mémoire glycémique». En outre, l'HbA1c constitue une valeur objective de l'équilibre glycémique, indépendante de la collaboration du patient.
Aucun autre moyen ne remplace l'HbA1c. L'autocontrôle glycémique ne donne que la valeur immédiate de la glycémie et, bien que son rôle pour évaluer le contrôle métabolique quotidien soit capital, il n'est pas suffisant pour apporter une valeur intégrative de la glycémie sur plusieurs semaines. La fructosamine est le témoin de la glycation des albumines sériques et sert donc de marqueur de la glycémie moyenne des deux à trois dernières semaines ; son rôle clinique a été peu investigué et son apport se restreint à l'évaluation du contrôle métabolique par rapport à une décompensation récente du diabète ou à l'introduction d'un nouveau traitement dont l'effet serait survenu au cours des deux dernières semaines.
L'évaluation du contrôle métabolique par le dosage de la glycosurie est aujourd'hui inadéquat.
La formation de l'HbA1c est directement proportionnelle à la concentration de glucose plasmatique, les érythrocytes étant, en pratique, perméables au glucose. Comme la durée de vie des érythrocytes est de 120 jours, la valeur de l'HbA1c reflète la mémoire glycémique des 120 jours précédents. Néanmoins, la glycation de l'hémoglobine est un processus continu : en fait, le temps requis pour atteindre le point de mi-distance entre le taux de départ et le nouvel équilibre est d'environ un mois, mais des changements importants de glycémie peuvent déjà modifier la valeur de l'HbA1c après une à deux semaines.
On peut donc dire que si la valeur de l'HbA1c est la mémoire glycémique des 120 derniers jours, la contribution de chacun de ces 120 jours sur cette valeur est différente. La glycémie moyenne des 30 jours précédant la mesure contribue à environ 50% du résultat, alors que celle des jours 90-120 contribue à 10% seulement. Il est donc raisonnable de doser l'HbA1c tous les trois mois.
La méthode de dosage influence le résultat. L'HbA1c peut être dosée par chromatographie, par échange ionique, par HPLC (chromatographie de haute performance en phase liquide), par immuno-essai et par fixation d'affinité. Il n'existe pas actuellement de standardisation parfaite entre ces différentes méthodes, ce qui engendre des variations significatives dans les résultats. C'est ce qui explique que l'HbA1c est un relativement mauvais marqueur pour le diagnostic du diabète dans des études de dépistage épidémiologiques.
Cependant, lorsque l'HbA1c est déterminée de manière répétée par une même méthode bien standardisée, la variation devrait être inférieure à 5%.
Il faut aussi souligner que certaines pathologies peuvent interférer avec le dosage ou l'interprétation de l'HbA1c ; toutes pathologies menant à une diminution de la quantité et de la durée de vie des érythrocytes (anémie, hémolyse, perte de sang, phénomène de dilution dans la grossesse, transfusions, cirrhose, etc.) peuvent réduire la valeur de l'HbA1c.3
D'autres interférences telles que les hémoglobinopathies et l'insuffisance rénale, dépendent du type de dosage. En outre, l'HbA1c ne reflète que la moyenne des glycémies des semaines précédentes, comprenant aussi bien les hyperglycémies que les hypoglycémies. Un patient ayant de nombreuses hypoglycémies peut donc partiellement compenser son mauvais contrôle et ainsi obtenir une valeur d'HbA1c relativement bonne.
En conclusion, le dosage de l'HbA1c a révolutionné le suivi du patient diabétique, et la connaissance de sa valeur par celui-ci a un effet thérapeutique bénéfique démontré. Son dosage devrait être effectué tous les trois à quatre mois, selon la stabilité du contrôle métabolique du patient. W