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Après dix années à Harvard, l’ingénieure gréco-américaine a pris la tête du Centre Wyss de recherche basé au Campus Biotech à Genève, où elle entend
Quels mécanismes neurochimiques peuvent expliquer ce phénomène ? Dans le cadre d’une étude contre placebo
portant sur 60 personnes, Natasha Mason de l’Université de Maastricht et son équipe ont démontré, pour la première fois chez l’homme, que la psilocybine entraîne une augmentation de la quantité de glutamate sur la face médiale du cortex préfrontal, et donc une diminution de ce neurotransmetteur dans l’hippocampe. Ces deux régions du cerveau jouent un rôle important dans les expériences psychédéliques.
Six heures après l’ingestion de psilocybine, les participants ont fait part de leur ressenti dans deux questionnaires : l’un consacré à la modification de l’état de conscience et l’autre à la dissolution du moi. Tandis que l’augmentation de glutamate dans le cortex semble avoir induit des sensations désagréables chez les personnes participant à l’essai, comme des angoisses et une perte de contrôle sur leurs pensées et leurs décisions, la diminution du glutamate dans l’hippocampe a suscité des sensations de connexion avec le monde et des expériences spirituelles.
L’hippocampe renferme la structure la plus importante de la mémoire. Jusqu’à présent, la recherche concernant les effets des psychédéliques sur les modèles de connectivité cérébrale suggérait qu’une diminution temporaire, voire la perte de l’accès aux souvenirs de notre vie, pouvait contribuer à un « effacement du moi ». Ces nouveaux résultats révèlent que la variation du taux de glutamate dans l’hippocampe pourrait jouer un rôle majeur dans ce processus.