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"Eni a soumis une demande d'environ 63 millions de m3. Gazprom a annoncé qu'il ne fournirait que 50% de ce qui est demandé", a précisé dans un bref communiqué Eni, dont les fournitures sont ainsi réduites unilatéralement par Gazprom pour la troisième journée consécutive.
Les volumes livrés vendredi resteront de ce fait "presque inchangés par rapport aux quantités livrées hier" jeudi, a-t-il ajouté.
Jeudi, Eni avait déjà annoncé que Gazprom ne livrerait que 65% des quantités de gaz demandées, après avoir déjà réduit mercredi de 15% ses livraisons.
En visite jeudi à Kiev, Mario Draghi a qualifié de "mensonges" les explications avancées par Gazprom.
"L'une des explications est que la maintenance (...) nécessite des pièces de rechange", mais "nous, l'Allemagne et d'autres (pays), pensons que ce sont des mensonges", a-t-il fustigé.
"Il y a en fait une utilisation politique du gaz, tout comme il y a une utilisation politique du blé", a-t-il également dénoncé, en référence aux céréales bloquées dans ports ukrainiens.
"Cela a des conséquences, non pas immédiatement sur la consommation, mais sur le stockage", a-t-il ajouté.
Pour justifier ces coupes, Gazprom affirme avoir été forcé d'arrêter un équipement du groupe allemand Siemens présent sur le gazoduc, mais Berlin, principal consommateur de gaz russe dans l'UE, a dénoncé une "décision politique" et un "prétexte" de Moscou, dans un contexte de vives tensions avec les pays occidentaux à cause du conflit en Ukraine.
Les exportations de gaz russe vers l'Europe sont en baisse constante depuis le début des sanctions contre la Russie. Gazprom a interrompu ses livraisons de gaz à plusieurs clients européens qui ont refusé de payer en roubles.
Environ la moitié des entreprises étrangères qui ont conclu un contrat de fourniture de gaz avec Gazprom ont ouvert un compte en roubles auprès de Gazprombank pour honorer leurs paiements, avait assuré à la mi-mai le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak, cité par Ria Novosti.
Le géant énergétique italien Eni, contrôlé à 30,3% par l'État, avait ainsi ouvert un compte en euros et un autre en roubles auprès de Gazprombank afin de régler ses paiements de fourniture de gaz russe à la fin du mois de mai, se pliant ainsi aux exigences de Moscou. Le paiement a été fait en euros, selon le groupe.
L'Italie est très dépendante du gaz russe car elle importe 95% du gaz qu'elle consomme, dont environ 40% provenaient de Russie en 2021.