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La séparation parentale et les changements familiaux post-séparation représentent des périodes de transition pour les enfants. Pour favoriser l’adaptation à ces changements et les aider à trouver un équilibre au sein de leurs nouveaux foyers familiaux (monoparentaux et/ou recomposés), les professionnel·les entourant l’enfant peuvent jouer un rôle important en renforçant les ressources psycho-sociales et économiques ainsi qu'en offrant un cadre juridique favorable à l’enfant et sa famille.
Notre étude s’intéresse à l’adéquation des prestations psycho-sociales et juridiques (limitées aux relations personnelles) des familles en situation de séparation ou séparées dans le canton de Vaud avec le renforcement des liens familiaux significatifs pour le bien-être de l’enfant.
Les nouvelles configurations familiales, mais également les revendications croissantes en matière d’égalité entre hommes et femmes par rapport à leur vie professionnelle et familiale, remettent fortement en question la prise en charge « traditionnelle » de l’enfant, assurée principalement par la mère au sein d’un foyer composé des deux parents. Les divorces et les séparations demandent davantage aux femmes de s’investir dans la sphère professionnelle (Struffolino, Bernardi et Larenza, 2020) et aux hommes de prendre en charge leurs enfants.
Les résultats de la recherche en sciences sociales montrent que la relation entre l’enfant et ses deux parents est un facteur protecteur clé de son bien-être. À la suite d’une séparation, la qualité du lien relationnel entre l’enfant et le parent non-gardien tend pourtant à s’affaiblir, voire à disparaître. La relation entre les parents, mais également entre l’enfant et sa famille recomposée (beaux-parents ou nouveaux·elles partenaires) et entre les membres eux-mêmes jouent également un rôle important.
Une étude (Schwarzer et Bernardi, en cours) démontre toutefois que la représentation de la famille qui domine auprès des juges suisses est faiblement corroborée par les résultats de ces recherches. Les juges tendent ainsi à valoriser la relation entre l’enfant et la mère, au détriment de celle avec le parent non-gardien, ainsi que les liens au sein de la famille « traditionnelle » (père-mère) uniquement. Les beaux-parents ne sont souvent pas consultés par les professionnel·les entourant l’enfant.
Notre étude a pour principal objectif de mieux comprendre la place que les professionnel·les entourant les familles séparées, vivant dans un ménage monoparental et/ou recomposé, accordent aux relations qu’entretient l’enfant avec les membres de sa famille, et en particulier avec son parent non-gardien et ses éventuels beaux-parents. L’étude s’intéresse également aux besoins et enjeux des prestataires en termes de collaboration entre professionnel·les et avec les chercheur·es.
L’étude est conduite à l’aide d’entretiens qualitatifs avec une dizaine de prestataires des domaines psycho-sociaux et juridiques (limitées aux relations personnelles) du canton de Vaud, ainsi qu’avec un ou deux parents (et son partenaire), par prestataire.