Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06967.jsonl.gz/696

Terrasse Agrippa d’Aubigné
Une terrasse en mémoire de l’enfant terrible de la Réforme
Cette terrasse doit son nom à un illustre réfugié français arrivé à Genève au XVIIe siècle : Agrippa d’Aubigné (1552-1630).
Enfant, Agrippa est déjà capable de lire l’hébreu, le grec, le latin et le français! À l’âge de 13 ans, il vient à Genève poursuivre ses études au collège sous la direction de Théodore de Bèze (voir Université de Genève) et retourne peu après en France où il s’engage durablement dans la défense des huguenots, d’abord aux côtés du futur Henri IV à qui il ne pardonnera jamais sa conversion ultérieure au catholicisme.
Fin lettré, d'Aubigné soutient également la cause des huguenots par ses écrits. C’est ainsi qu’en l616 il publie une Histoire universelle depuis 1550 jusqu’en 1601, ouvrage qui sera rapidement condamné, et plusieurs années plus tard Les Tragiques, récit des guerres de religion écrit en plus de 9000 vers. Cette épopée, qu’il remaniera à plusieurs reprises au cours de sa vie, ne sera connue du public que bien des années après sa dernière édition publiée à Genève en 1623.
Condamné à mort en France, d’Aubigné vient se réfugier à Genève en 1620 et acquiert le château du Crest. Il met d’emblée ses talents au service de sa ville d’accueil, notamment en collaborant à la restauration des fortifications. Par ailleurs il « occupe fidèlement sa place réservée au premier rang du temple de Saint-Pierre ». À sa mort, il est enterré dans le cloître (voir Maison Mallet).
Développement historique
Le château du Crest
Cette ancienne demeure construite en 1220 par des seigneurs de Savoie et devenue plus tard un foyer de conspiration contre Genève, avait été démantelée par sécurité à la fin du XVIème. On peut alors imaginer avec quelle détermination l’homme de guerre et poète Aubigné va solliciter l’autorisation de redonner vie au château en ruines qu’il trouve à son arrivée à Genève. Grâce à lui, le Crest deviendra alors un lieu de rendez-vous prisé par l’élite de la société genevoise.
Après le décès d’Aubigné, son épouse Renée Bourlamaqui (1568-1641), membre d’une famille originaire de Lucca (Toscane) vend le château à Jacques Micheli (1599-1645 ?), lui aussi membre d’une des familles lucquoises venues se réfugier à Genève et y développer l’industrie de la soie (voir Plainpalais/Jonction). Ensuite, dix générations de Micheli se sont succédé et à ce jour, le domaine est toujours en mains des descendants de cette famille arrivée à Genève pour cause d’intolérance religieuse.
Géré aujourd’hui par la Fondation Micheli-du-Crest, le domaine est aussi connu pour son développement agricole et viticole initié au XIXème siècle déjà.
(Sources et ouvrages consultés : Archives de la ville de Genève – Archives du Château du Crest)
Liens
Bibliographie
- Économie et Refuge au siècle de la Réforme : la draperie et la soierie (1540-1630), Liliane Mottu-Weber, Société d’histoire et d’archéologie de Genève 1987
- Autoportrait Agrippa d’Aubigné en six tableaux de musique du XVIème siècle, ensemble Carpe Diem (CD en vente au MIR)
- Poèmes choisis d’Agrippa d’Aubigné éd. Samizdat, Québec, 2014
Les présentes informations sont communiquées sous toute réserve, au plus près des connaissances et recherches de la rédactrice. L'Association décline toute responsabilité en cas d’erreur ou omission .