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Au total, au mois de février 2008, 725 hommes et 11 femmes se trouvaient dans les quartiers des condamnés à mort au Nigéria. Avec comme point commun le fait d’être pauvre et ne pas pouvoir se défendre contre des arrestations et des condamnations arbitraires. Suite à de nombreux entretiens avec des condamné·e·s à mort, il est devenu clair que la question de leur culpabilité ou leur innocence est devenu insignifiante dans le système pénal nigérian, explique Chino Obiagwu, coordinateur national de l’organisation des droits humains LEDAP. Leur sort dépend de leurs moyens financiers pour pouvoir payer la police pour qu’elle mène une vraie enquête, payer un avocat ou payer pour figurer sur une liste de personnes susceptibles d’être graciées.
La plupart des condamné·e·s à mort l’ont été suite à des aveux extorqués sous la torture. Près de 80 pour cent des détenu·e·s déclarent avoir été battu·e·s ou torturé·e·s dans les cellules de poste de police. Il n’est pas rare que la police prenne au lieu du suspect un parent ou un témoin, qui sera condamné à la place de la personne soupçonnée.
Plus de 2600 personnes ont été exécutées entre 1970 et 1999. Bien que depuis 1999 il y ait un moratoire non officiel sur la peine de mort, au moins 22 condamnés à mort ont été exécutés jusqu’à l’année passée. Deux groupes d’expert·e·s mis sur pied par le président d’alors, Olesegun Obasanjo, ont recommandé d’instaurer un moratoire sur les exécutions au vu des «graves erreurs dans le système pénal».