Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06925.jsonl.gz/652

Le déséquilibre entre empreinte écologique par personne de la Suisse et la biocapacité mondiale existe depuis plusieurs décennies. Ce mode de vie est uniquement possible grâce à l'importation de ressources naturelles ainsi qu'en exploitant des biens communs globaux (comme l'atmosphère). Toutefois, ce mode de vie n’est pas durable car la consommation suisse par personne est 2,9 fois plus grande que les prestations et ressources environnementales globales disponibles par personne (1,7 hectares globaux, gha). Nous vivons donc aux dépens des générations futures et d'autres régions du globe.
L’empreinte écologique mesure la consommation de ressources naturelles et de prestations de la nature et l’exprime en unité de surface ("hectares globaux") qui serait nécessaire à la production de ces ressources et prestations. L’empreinte écologique montre quelle surface écologiquement productive est requise pour qu’une région, un pays ou l’humanité tout entière puisse couvrir ses besoins et neutraliser ses déchets. L'empreinte écologique apporte des informations en valeur absolue hautement agrégées décrivant le caractère durable ou non de l'utilisation des ressources naturelles.
Près de trois planètes Terre seraient nécessaires si tout le monde vivait comme la population suisse
Certaines régions du globe vivent aux dépens des autres
En 2014 l'empreinte écologique mondiale par personne dépasse de 1,2 gha la biocapacité mondiale disponible par personne. Cette moyenne cache toutefois d’importantes différences dans la consommation des ressources : la plupart des pays industrialisés consomment en effet plus de trois planètes Terre tandis que les pays du sous-continent indien, d'Asie du Sud-est et africains en consomment moins de une. L'empreinte par personne de la Suisse se situe dans la moyenne des pays d’Europe occidentale. Le Qatar, le Luxembourg, les Emirats arabes unis, la Mongolie, le Bahreïn, les Etats-Unis, le Canada, le Koweït, le Danemark, l'Estonie, l'Australie, la Nouvelle Zélande et les Bermudes ont consommé plus de 4 fois plus que la biocapacité mondiale disponible.
La consommation d'énergie de la Suisse détermine largement son empreinte écologique
Près de trois-quarts de l’empreinte de la Suisse est imputable à sa consommation d’énergie fossile. C’est également la part de l’empreinte ayant le plus augmenté au cours des dernières décennies. Nos besoins en terres de culture, en forêt et en prairies naturelles (herbage) ne sont pas sans importance. Ils représentent 25,3% de l'empreinte écologique totale.
La méthode
L'empreinte écologique est une sorte de "comptabilité des ressources"
Elle saisit quelle part de la capacité de régénération de l’environnement est sollicitée par l’être humain. La méthode convertit l’intensité des utilisations et des charges exercées sur la nature, telles que la culture des champs, la production de fibres végétales ou l’absorption de CO2 en équivalents de superficie qui sont nécessaires pour produire ces ressources par des moyens renouvelables ou absorber ces émissions. L’empreinte écologique exprime toute consommation, de quelque nature qu’elle soit, en superficie requise, nommé hectare global, et montre dans quelle mesure l’utilisation de la nature dépasse ou non la capacité de régénération de la biosphère (biocapacité). Ainsi, une utilisation des ressources naturelles est durable tant que l'empreinte écologique ne dépasse pas la biocapacité.
L’empreinte écologique ne mesure pas tout
Elle considère uniquement une partie de la dimension environnementale de la durabilité, et fait abstraction des dimensions sociale et économique. L’empreinte mesure les flux et ignore l’état des stocks de ressources naturelles. Elle ne tient pas compte de la destruction d’écosystèmes ou de ressources naturelles renouvelables et non renouvelables, de la perte de biodiversité, de la consommation d’eau douce ou encore de la pollution due aux métaux lourds ou aux émissions de polluants difficilement dégradables. L’empreinte écologique n’est donc pas un indicateur complet de la durabilité.
Une étude publiée en 2006 par les offices fédéraux de la statistique (OFS) du développement territorial (ARE), de l'environnement (OFEV) et de la Direction de la coopération et du développement (DDC) a évalué la méthode du "Global Footprint Network" avec les données de la statistique publique suisse. Les résultats démontrent une excellente concordance entre ces sources de données.
La méthode du Global Footprint Network, issue de sources internationales (principalement les Nations Unies), a été adaptée sur la base des recommandations de cette étude ainsi que de rapports gouvernementaux d’autres pays. Des résultats mis à jour et améliorés sont publiés chaque année par le Global Footprint Network. Ceux-ci incluent l’empreinte écologique et la biocapacité de la Suisse ainsi que de 190 autres pays.
Informations supplémentaires
Tableaux
Publications
Sources