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es racines de la vénérable Horological Society of New York remontent au milieu du 19ème siècle, alors que les Etats-Unis connaissent une grande vague d’immigration d’Allemands, dont un grand nombre s’installe dans la métropole, «porte d’entrée» de la nation en construction. Parmi eux, on compte beaucoup d’horlogers. «Si vous étiez horloger à l’époque à New York, alors vous étiez très probablement Allemand», résume Nicholas Manousos, qui préside aujourd’hui l’organisation.
«Si vous étiez horloger à l’époque à New York, alors vous étiez très probablement Allemand.»
En 1866, deux immigrés allemands, George Schmidt et Frederick Ruoff, fondent dans une taverne newyorkaise le Deutscher Uhrmacher Verein, une «confrérie» d’horlogers, un mot désuet pour désigner une union syndicale. Les membres se soutenaient mutuellement sur des problématiques techniques – il n’y avait pas de centres horlogers à l’époque, il fallait se débrouiller pour obtenir des composants – et mettent en place des services comme une bibliothèque, des formations et une assurance-vie. L’ancêtre de la Horological Society of New York est né.
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- Les conférences horlogères de la société affichent plein...
Dépasser le cadre d’origine
Tout était alors dispensé en allemand, pour une audience strictement germanophone. Mais progressivement, l’organisation s’ouvre à un public plus large: Américains de longue date ou immigrés plus récents d’Angleterre, de France ou de Suisse. De plus, le sentiment anti-allemand était fort aux Etats-Unis durant et à la suite de la Première Guerre mondiale. L’heure du changement était venue: en 1930, la confrérie opte pour un nom bien américain, la Horological Society of New York.
Dans ces mêmes années, la société lance son bulletin, The Horologist’s Loupe, qui est toujours diffusée aujourd’hui, ce qui en fait l’une des plus anciennes publications dédiées à l’horlogerie (avec Europa Star, né en 1927!).
«Notre organisation a vraiment suivi le destin de l’industrie horlogère américaine, souligne Nicholas Manousos. L’âge d’or de la société a eu lieu après la Deuxième Guerre mondiale, comme celui de l’industrie horlogère américaine. A l’époque,500 horlogers assistaient aux réunions mensuelles. C’était une organisation strictement professionnelle.»
L’âge d’or de la société a eu lieu après la Deuxième Guerre mondiale, comme celui de l’industrie horlogère américaine.
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- Le logo de la Horological Society of New York
Bricoler pour suvivre
La crise du quartz, qui anéantit l’industrie horlogère américaine, annonce aussi le déclin rapide de la Horological Society of New York. Le nombre de membres actif tombe à une vingtaine dans les années 1980.
«Cela a été une période de survie et c’est très important que l’organisation n’ait jamais arrêté complètement ses activités, poursuit Nicholas Manousos. Ed Hydeman, l’ancien président, aujourd’hui directeur général, et Charles Salomon, notre trésorier, ont vraiment sauvé la Société. Dans les années 1990, nous n’avions presque pas de ressources tout en continuant à opérer dans l’une des villes les plus chères du monde. Charlie a fourni une salle de réunion dans son église de Manhattan, gratuitement, pendant près de 20 ans.»
La crise du quartz, qui anéantit l’industrie horlogère américaine, annonce aussi le déclin rapide de la Horological Society of New York. Le nombre de membres actif tombe à une vingtaine dans les années 1980.
La société connaît finalement une renaissance à travers le regain d’intérêt mondial pour les montres mécaniques. Elle se dissocie de l’industrie horlogère américaine et d’un destin strictement professionnel, se modernise et ouvre ses portes aux collectionneurs et aux amateurs. Internet lui permet d’atteindre de nouveaux membres et d’élargir son horizon. «Au point que nous sommes débordés par le niveau de l’intérêt pour nos formations», s’exclame Nicholas Manousos, qui préside une société forte aujourd’hui de 500 membres. Entretien sur l’actualité et le futur de l’organisation.
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- Nicolas Manousos, président de la Horological Society of New York
Quelle est votre mission de base?
Nous avons fêté les 150 ans de la société en 2016 et nous restons fidèles à la mission de base inscrite dans l’acte fondateur de la société: «Faire avancer l’art et la science de l’horlogerie». Cela passe principalement par des cycles de formations et de conférences. Nous sommes enregistrés en tant qu’organisation 501(c)(3), ce qui est l’équivalent américain d’une organisation non gouvernementale (ONG), donc d’intérêt public et à but non lucratif. Les donations sont déductibles d’impôts.
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- La société délivre également des bourses de soutien à de jeunes horlogers.
Quels types de formations organisez-vous?
Nous avons différents degrés de formation, de la mécanique de base à des stades plus avancés, qui se tiennent en soirée ou durant le weekend. Tous les événements sont gratuits et ouverts au public, sauf certaines classes où l’on a mis en place un tarif pour contrôler la demande.
«Tous les événements sont gratuits et ouverts au public, sauf certaines classes où l’on a mis en place un tarif pour contrôler la demande.»
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- Une classe de la Horological Society of New York
Qui donne ces formations?
Aujourd’hui, nous comptons sept instructeurs. Les enseignants sont des membres, qui donnent ces formations à côté de leur emploi fixe. La plupart travaillent dans un des centres de service horlogers à New York. Nous faisons aussi venir des conférenciers du monde entier.
Quel est l’avantage d’être installé à New York?
C’est un lieu très intéressant pour les amateurs de montres mécaniques car chaque semaine il y a au moins un événement en lien avec ce milieu, que ce soit dans les boutiques ou ailleurs. Mais à côté des événements plutôt commerciaux, beaucoup d’amateurs sont aussi à la recherche de quelque chose de plus académique et culturel. Nos formations, conférences et galas suscitent un grand nombre d’inscriptions.
«A côté des événements plutôt commerciaux, beaucoup d’amateurs sont aussi à la recherche de quelque chose de plus académique et culturel.»
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- La société organise régulièrement des galas avec des ventes aux enchères à but charitable.
Votre audience dépasse-t-elle cependant le cadre strictement newyorkais?
Oui. Auparavant, des personnes faisaient le déplacement de tout le pays puis de l’étranger pour assister à nos formations. Nous avons récemment décidé d’aller à leur rencontre avec des formations organisées dans le reste des Etats-Unis, puis à l’étranger, par exemple dernièrement au Canada, à Singapour et à Hong Kong.
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- L’organisation se déplace à présent hors des frontières américaines: ici, un atelier récent organisé à Toronto.
Participez-vous aussi à des salons horlogers?
Nous ne sommes pas présents officiellement sur les salons car nous veillons à bien rester fidèles à notre statut d’ONG. Nous nous concentrons sur notre mission d’éducation, les discours de vente ne sont pas autorisés et nous évitons donc les foires commerciales.
«Je vois un potentiel pour une renaissance de l’industrie horlogère américaine. Environ 10% de nos membres nous ont rejoint pour évaluer la possibilité de se lancer dans une carrière d’horloger».
Pendant longtemps, votre destin a suivi celui de l’industrie horlogère américaine. Depuis plusieurs décennies, celle-ci est moribonde. Faut-il définitivement enterrer l’écosystème horloger américain?
Au contraire, je vois un potentiel pour une renaissance de l’industrie horlogère américaine. Il y a certes de nombreux obstacles mais je vois un tel intérêt de nos membres américains aujourd’hui pour la montre mécanique… Certains sont plus que des collectionneurs, je dirais qu’environ 10% d’entre eux viennent pour évaluer la possibilité de se lancer dans une carrière d’horloger. Il y a un cliché aux Etats-Unis selon lequel l’horlogerie est un art qui se meurt. Au contraire, c’est un art de plus en plus populaire. Des milliers de personnes travaillent aujourd’hui dans l’horlogerie aux Etats-Unis. Nous contribuons à notre manière à la renaissance de cet art.