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Qui de plus humain que Sénèque, le philosophe (4-65 av.-J.C.)?
Sa manière de traiter le sujet de l'immigration se lit avec émotion: il évite le terme cru d'invasion et l'appelle la "mobilité humaine d'une population, décidée à franchir les lieux les plus inaccessibles et inconnus, traînant derrière elle, les enfants, les femmes et les vieux parents. Certains, vaincus par la fatigue occuperont la région la plus proche, non par choix, mais parce qu'ils sont trop las. D'autres iront conquérir avec leurs armes un droit sur la terre d'autrui.
On peut trouver d'autres motifs à l'origine de cette mobilité: "fuir les armes ennemies après la destruction de leur ville ou parce qu'ils sont chassé par la guerre civile ou par l'excès de population, ou par une épidémie, par des tremblements de terre ou des catastrophes produites par la nature hostile ou encore attirés par le mirage de terre plus fertiles" (Sénèque, "A ma mère", VII, 3 et 4).
Ainsi le Professeur Antonio Vantini commente ce passage (dans son livre sur Dante sur lequel il travaille et qui permet la diffusion de ce passage).
"Les paroles de Sénèque .... pourraient constituer un objet de réflexion à nous autres spectateurs des événements de Lampedusa.
On pourrait aussi se demander quel serait la face de l'humanité si tous ses membres devaient retourner au lieu de leur origine. Quel spectacle si nous pouvions, accoudés à la fenêtre de l'histoire, observer les peuples du passé et du présent défiler sous nos yeux pour retourner à la maison! A la maison, oui, mais vers quelle partie du globe?"
Qui de plus humain que Sénèque, le philosophe (4-65 av.-J.C.)?