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Réfugiée dès 1560, épouse du libraire Jean Durant, elle reprend ses affaires après sa mort en 1588. Pendant près de trente ans, elle maintiendra ses presses en activité, disposant de boutiques à Genève comme à Lausanne. Grâce à son entregent, elle publie aussi bien des textes littéraires, comme les poésies de Du Bartas, que des livres sur les plantes médicinales ou des textes de loi, devenant ainsi presque l’imprimeur officiel de la République.
Soucieuse de son indépendance, elle ne permet ni à son second mari, ni à sa fille de se mêler de ses affaires. Avec cette dernière, un long conflit familial atteste de son indépendance d’esprit. Problèmes d’héritage, de cohabitation, d’éducation des petits enfants rendent un son étonnamment moderne. Presque centenaire, elle connaît aussi les affres du quatrième âge. Accueillie comme pensionnaire à l’Hôpital (qui jouait aussi le rôle d’EMS) elle s’en retira très vite, car elle ne supportait pas les contraintes de la vie commune. Par le dynamisme de sa vie, elle apparaît bien comme un témoin privilégié de son temps, exceptionnel parce qu’elle rassemble en elle les aspects les plus contradictoires de la condition féminine genevoise au temps de l’Escalade. Une femme de caractère(s) dans tous les sens du terme.