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Akrata (1964-65)
Iannis Xenakis + Biographie
pour ensemble
« Une esquisse dans laquelle j’emploie la théorie des groupes » confiait Xenakis à propos d’Akrata. Bien plus loquace que Dusapin sur ses procédés compositionnels, on apprend donc que Xenakis l’a composée à partir d’ensembles de symétries algébriques, d’un crible numérique – hommage à Aristoxène de Tarente, pionnier de la théorie musicale – et de transformations relatives aux nombres complexes. Pour résumer : à partir de permutations des sommets d’un tétraèdre (lesquelles forment un groupe algébrique), on peut repérer sur une grille 4x4 les éléments échangés. Reste à positionner ce calque sur un repère cartésien affichant notes et durées et, modulo quelques transformations supplémentaires, on obtient notes et modes de jeux de la partition. Il continuera l’exploration de ces procédés dans Nomos Alpha (1965-66) pour violoncelle solo.
Akrata, signifiant « [sons] purs » en grec, évoque par moments des couleurs de gong et les sons brouillés et protéiformes de l’œuvre convergent vers des formes qui se dessinent par-delà l’ensemble à vent, donnant à la pièce une impression de hors-temps. La percussion des modes de jeu employés (Flatterzunge, staccato, trémolo serré) confère au canevas musical un relief acéré et contrasté par des sections distinguant les bois des cuivres et vice-versa.