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L'affaire Weinstein, et d'autres révélées récemment, ont souligné à quel point les cas d’intimidation, de harcèlement physique et moral ou d'abus en tout genre, font de certains rapports professionnels un cauchemar.
Or, ces comportements restent implicitement admis et n’ont que peu d’impact sur l’entreprise elle-même, constate l'étude d'un professeur de comportement organisationnel à la School of business de Stanford, Jeffrey Pfeffer, intitulée "Why assholes always win" ("pourquoi les salauds gagnent toujours").
Les compagnies qui sont reconnues pour leur environnement de travail respectueux (...) ne comptent pas parmi les plus admirées.
"C'est un paradoxe. Les compagnies qui sont reconnues pour leur environnement de travail respectueux et la préoccupation du bien-être de leurs employés ne comptent pas parmi les plus admirées", a expliqué son auteur à l'émission Tout un monde. Il ajoute que les critères prioritaires sont "l'argent, le succès économique, le retour sur investissement".
"De nombreuses firmes sont attentives à leur impact environnemental, mais indifférentes à ce qu'on pourrait appeler la 'pollution sociale ou humaine'", estime Jeffrey Pfeffer.
"Charisme du dirigeant"
Il évoque aussi l'importance "du charisme du dirigeant" et donne l'exemple du patron de Facebook Mark Zuckerberg: on associe son succès et ses bonnes performances économiques à des qualités et comportements positifs, même si rien ne prouve qu'ils existent vraiment.
Différentes études sociologiques et comportementales démontrent aussi qu'il y a plusieurs manières de rationaliser et ainsi de "justifier des comportements qui ne sont pas acceptables". "Harvey Weinstein est un prédateur sexuel, mais il a produit de bons films. Amazon a fait travailler ses employés dans de mauvaises conditions, mais regardez ses avantages en termes de prix et de livraisons...", donne-t-il en exemple.
Sentiment de responsabilité
"Les gens ont tendance à postuler que le monde est juste est équitable. Quand des choses terribles se produisent, on se pose la question en quoi on en serait responsables", on se demande pourquoi on n'a pas parlé d'un problème à l'époque, pourquoi on ne s'est pas extirpé d'une situation embarrassante, ajoute encore Jeffrey Pfeffer.
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L'affaire Weinstein, un point d'inflexion?
Mais il note aussi que certains instruments juridiques peuvent encore "protéger" les harceleurs. Harvey Weinstein et ses avocats ont par exemple plusieurs fois eu recours au règlement d'un cas par un dédommagement financier associé à une clause de confidentialité.
"Ces accords sont terribles. (...) Chaque cas devient alors un cas isolé, et c'est très difficile de les mettre en commun pour constituer une véritable force collective", regrette Jeffrey Pfeffer.