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Ndlr: Le journal arménien d’investigation « HETQ » a publié un article signé par Sara Petrossian sur les investissements réalisés par les efforts collectifs des Arméniens dans les territoires cédés à l’Azerbaïdjan. Nous en publions ici de larges extraits.
Depuis les années de la première guerre d’Artsakh, les Arméniens ont concentré leurs efforts sur le développement de ce territoire. En 1992, le Fonds pan-arménien Hayastan (Himnadram) a été créé dans le but de reconstruire l’Artsakh et de mettre en œuvre des programmes de développement en Arménie, gravement touchée par le tremblement de terre de 1988. À l’époque soviétique, la région autonome du Haut-Karabakh, qui se trouvait sous le contrôle de l’Azerbaïdjan, était presque entièrement dépourvue d’infrastructures et ce qui en restait après la guerre avait été réduit en ruines.
Plus tard, en plus de Himnadram, d’autres fondations arméniennes et des investisseurs individuels ont commencé à mettre en œuvre des programmes de développement en Artsakh. Petit à petit, cette terre, objet de l’amour et de l’affection de tous les Arméniens, a pu renaître et s’épanouir.
Suite à la guerre de 44 jours, l’Artsakh a été contraint de céder de vastes territoires à l’Azerbaïdjan. Ainsi, 7 régions comprenant quelques 118 communes sont passées sous le contrôle de l’ennemi, qui jouit désormais des infrastructures créées au cours des 28 dernières années, grâce aux efforts collectifs des Arméniens.
La part la plus importante des investissements dans les territoires cédés à l’Azerbaïdjan revient à Himnadram. Leur total, selon les calculs de HETQ, s’élève à USD 110 millions à partir de 1998. Entre 1992 et 1995 le Fonds pan-arménien avait alloué USD 4 639 848 à des programmes humanitaires pour réhabiliter et moderniser l’infrastructure de la République d’Artsakh. Quelques grands projets tels que la reconstruction du village de Vaghuhas, la construction de la route Goris-Stepanakert et la ligne électrique Shushi – Karmir Shuka ont été réalisés grâce aux fonds récoltés par des téléthons et phonéthons annuels. Au cours des 26 dernières années, Himnadram a réalisé des travaux à grande échelle à Shushi et dans le village de Karintak, tous les deux passés sous le contrôle de l’Azerbaïdjan.
À Hadrut, d’importants programmes de développement ont été mis en œuvre par le Fonds pan-arménien et l’Union Générale Arménienne de Bienfaisance (UGAB). Cette dernière, qui considérait comme prioritaire le repeuplement d’Artsakh et la reconstruction des villages arméniens détruits et abandonnés suite à la guerre de 1988-94, a lancé en 2002 la réhabilitation du village de Norashen. Une vingtaine de maisons pour 150 habitants, un centre médical, une école, un jardin d’enfants y ont été construits. Une dizaine d’autres maisons ont été construites dans le village de Bareshen.
Les investissements les plus importants dans les régions de Kashatagh et de Karvachar ont été réalisés par la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA). Selon les calculs de la FRA, le volume des investissements s’élève à plus de 20 millions de dollars, sans compter les programmes caritatifs. À partir de 2009, des petites centrales hydroélectriques ont été construites sur la rivière d’Aghavno.
Selon Hakob Matilyan, membre du Comité central de la FRA, les 4 centrales fournissaient 22% de l’électricité consommée en Artsakh. Avec les bénéfices générés, la FRA a réalisé l’éclairage de la ville de Berdzor, a construit une aire de jeux et a créé la fondation caritative « Kashatagh ». Par ailleurs, il y a 4 ans, 4 hectares de vergers de noyers ont été créés à Kashatagh. Ils devaient porter des fruits cette année…
Dans le village d’Aghavno, Artsakh Roots Investment (ARI) une société d’investissement créée par des hommes d’affaires libano-arméniens, a construit Ariavan*, une agglomération de 50 maisons avec des installations communes modernes et un terrain à proximité. Les maisons de Ariavan ont été mises à la disposition de familles nombreuses, d’officiers ayant servi dans l’armée pendant plus de vingt ans et d’autres résidents.
Le deuxième grand projet d’ARI était la construction de « Sydney », un quartier à Karvachar. Réalisé principalement grâce aux investisseurs arméno-australiens. Le gouvernement d’Artsakh avait pris en charge la construction des infrastructures dans le district. « Sydney » n’était pas encore habité, mais 12 maisons sur 15 étaient déjà prêtes.
Un autre grand investisseur, la Fondation Tufenkian, a commencé ses activités en Artsakh en 2003. C’est principalement dans la région de Kashatagh qu’elle a réalisé ses projets visant le repeuplement et le développement économique. Environ USD 4 millions ont été investis pour la construction et la rénovation d’écoles, de logements, de monuments historiques etc. En 2004, la Fondation a créé le village d’Arajamugh en y construisant chaque année 6 maisons d’habitation.
Dans la région de Karvachar, l’UGAB a fourni du matériel agricole aux habitants de Berdzor et construit des entrepôts. Elle y a également créé des oliveraies.
A Talish, dans le cadre du programme « Talish revival », le Fonds pan-arménien Hayastan a réalisé des travaux de construction et de rénovation à grande échelle comprenant un centre communautaire, un centre médical, 18 maisons d’habitation, un club, une salle de fêtes, un réseau d’eau potable de 4,5 km de long et des canalisations.
Il convient de noter que de nombreux particuliers ont également investi des fonds importants et réalisé des projets dans ces zones passées sous le contrôle de l’Azerbaïdjan.
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