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e-voting: recherche cyber-électeurs désespérément | Fevrier 2010
Genève n'arrête pas de cyber-voter
La Société suisse des sciences administratives (SSSA) a décerné un prix au système genevois en octobre 2004, considéré comme un remarquable projet de modernisation. Le modèle a aussi été retenu deux fois par l’Union européenne comme finaliste des «eEurope Awards» et comme exemple de «Good Practice».
L’anticipation genevoise
Le projet de Genève est, contrairement à ceux de Zurich et Neuchâtel, une mise en place de vote par Internet uniquement. Il n'est pas question de vote par SMS (comme dans le cas zurichois) ou de guichet administratif en ligne (cas neuchâtelois). De plus, Genève avait anticipé sur la réflexion fédérale en lançant des pistes d'études sur l’e-voting au tout début des années 2000.
La convivialité au centre des préoccupations
Petit rappel des faits. A l'été 2000, le Chancelier d'Etat genevois Robert Hensler lance l'idée du vote électronique. En 2001, la Chancellerie teste la convivialité du vote par Internet. Test concluant selon la Tribune de Genève dans un article de février 2003 : «Les 449 participants au test de vote par Internet organisé en décembre dernier ont plébiscité ce mode de scrutin. Les avis favorables sont plus nombreux à l'issue du test qu'à son début, signe que les réticences sont largement d'ordre psychologique.»
Le peuple genevois adopte le vote par Internet
En 2003, une première votation incluant la possibilité de voter par Internet a lieu dans la commune d'Anières. Le taux de participation à cette votation atteint 63.7% et le nombre de votes par Internet s'élève à 44% ! En septembre 2004, le canton de Genève donne la possibilité de voter sur un sujet fédéral. En août 2008, le projet de loi constitutionnelle est adopté par le peuple.
Je me lance!
Parlons concret. A mon arrivée sur le site http://www.ge.ch/evoting, je me retrouve dans un espace relativement clair et concis. Au premier regard, un carré central qui présente les prochaines informations relatives au e-voting sur Genève; les communes et citoyens concernés et les délais fixés.
Carte de vote en main, je lance mon navigateur et saisis l’adresse https://www.evote-ch.ch/ge. J’ai la possibilité de choisir la langue nationale dans laquelle je souhaite voter. J’introduis mon numéro de carte de vote et clique sur «Continuer».
Attention, sanctions pénales: on se responsabilise!
Les sanctions pénales en cas d'actions inciviques sont rappelées (fausse identité, vote multiple, manipulation, détournement, soustraction, ajout de matériel de vote). Cette recommandation est importante dans le processus de validation du vote, mais elle pourrait faire que le citoyen se remette en question «Ai-je fait le bon choix? N’est-ce pas un peu risqué comme manière de voter?».
On vérifie et valide sa réponse
Malgré tout, je poursuis le processus et réponds aux questions soumises à votation, puis clique sur «Continuer». J’ai la possibilité de vérifier mes réponses et valide mon vote en insérant mon mot de passe, ma date de naissance et ma commune d’origine. Voilà, je peux maintenant «voter»!
5 minutes chrono
Il est 22h02 et mon cyber-acte civique a duré 5 minutes. Je ne parle ici que du procédé technique bien entendu, car la réflexion et le positionnement sur la votation du moment auront pris bien plus de temps et nécessité quelques discussions animées entre amis ou en famille.
Le processus «technique» de vote du canton de Genève
Le cryptage
Sur Internet, le bulletin de vote est crypté au cours d’une opération consistant à mélanger aléatoirement des caractères alphanumériques au contenu du bulletin. Quelqu’un qui se saisirait du bulletin (une occurrence très improbable) verrait seulement une série de caractères sans signification.
Processus de vérification
Le bulletin renvoyé à l’électeur, pour qu’il confirme son choix et s’identifie, est mélangé à une image qui le rend illisible aux hackers. Cette image, différente pour chaque électeur, lui permet de vérifier qu’il est connecté au site officiel de vote.
Les certifications
Le site de vote est certifié. Les électeurs peuvent voir les certificats d’authentification et ont ainsi une seconde façon de vérifier avec qui ils sont en contact.
La garantie de l’anonymat
L’identité des électeurs et les bulletins de vote sont gardés dans deux bases de données distinctes, sans lien entre elles.
Avant l’ouverture, le contenu de l’urne de vote électronique est mélangé par l’application d’un algorithme afin que l’ordre dans lequel les bulletins sortiront soit changé. Cette opération empêche de reconstituer le vote d’un électeur donné par comparaison de l’ordre d’arrivée d’un bulletin de vote avec l’ordre d’inscription d’un nom dans le fichier des électeurs ayant voté.
Un système extrêmement fermé
Tous les éléments du système ont été configurés de telle manière qu’ils ne répondent qu’aux sollicitations conformes au déroulement normal de la procédure de vote. Le serveur n’est connecté au réseau que le jour de l’ouverture du scrutin; il est déconnecté à l’issue du scrutin.
Un équipement ultra-contrôlé
Tout l’équipement est dédoublé. Les serveurs sont dans un local protégé. L’accès à ces serveurs est réservé à un nombre très limité de personnes autorisées.
Finalement, toutes les données sont stockées à double dans des lieux distincts dont les accès protégés et restreints garantissent la sécurité des votes.
dossier préparé par:
Eric Balossier, Bernard Jaccard, Nhat Tuan Lam, André Pache, Sophie Pellet, Christian Ter Pelle