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Collection d'Arnell-Andrea se révéla
rapidement comme un précurseur de son époque lors de son
apparition il y a une quinzaine d'années. Au sein d'une scène
française passablement sclérosée, l'audace fut de
taille mais la qualité musicale du projet l'emporta et une renommée
internationale méritée suivit, leur administrant à
leur insu un statut de groupe culte. Toujours très discret médiatiquement,
Jean-Christophe d'Arnell m'a fait le grand honneur de me consacrer un peu
de son temps pour notre plus grand plaisir...
Collection d'Arnell-Andrea fut créé en 1986
(année de nos premiers concerts) et notre premier disque (maxi 4
titres "Auton's breath for Anton's death) parut en 1988, sur le label anglais
Valotte Records. Le premier album du groupe sortit en France l'année
suivante, soit en 1989, chez New Rose.
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Vous existez discographiquement depuis plus de 10 ans
sous le nom de CDAA. Existiez-vous déjà depuis longtemps
sous ce nom avant votre premier album ou aviez-vous d'autres projets ?
Andrea était le nom d'un des co-fondateurs du groupe;
celui-ci s'écarta du projet peu de temps avant notre premier concert.
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Quelle est la signification d'Andrea dans le nom du groupe
?
En fait seuls certains des membres actuels sont issus de
la "mouvance" classique - Xavier au violoncelle, Carine aux claviers et
Chloé au chant. Par contre nous écoutons et apprécions
tous la musique "classique" : Schubert, Mahler, Fauré, Duparc, Debussy,
Pärt, etc… On peut certainement retrouver quelques influences sur
l'album "Les Marronniers", au sein de compositions pour piano, violoncelles
et voix : "Les temples élevés", Les Marronniers", Les chants
de peine", ….. Nous serons d'ailleurs en studio début juillet pour
enregistrer 12 compositions assez "classiques", puisqu'elles seront écrites
uniquement pour piano, alto, violoncelle et voix…
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J'ai lu que vous aviez une formation classique. Quelles
influences vous ont encouragés dans votre style actuel ?
La nature est bien sûr essentielle pour moi; elle m'apparaît
comme un refuge, un sanctuaire… Son éternité, son intemporalité
s'imposent comme un prisme à travers lequel se décomposent
et se révèlent les sentiments humains, les passions, les
regrets…
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La nature est visiblement au cœur de vos préoccupations.
Personnellement je la considère comme une divinité, au sens
large du terme. Où vous situez-vous à ce sujet ?
Il ne s'agissait pas de remerciements, mais d'une dédicace…
Nous ne sommes pas des inconditionnels de toutes les productions ECM, mais
il faut reconnaître la constance et la qualité de ce label.
Nous aimons beaucoup également les Rachel's, qui eux ne viennent
que du Nord… de l'Amérique !!! et qui ne sont pas chez ECM…
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Dans l'album "Les Marronniers", vous remerciez Arvo Pärt.
Y a-t-il d'autres artistes évoluant dans le même registre
que vous admirez ? Beaucoup pensent péjorativement que le label
ECM (regroupant plusieurs albums d'Arvo Pärt) distille des sonorités
froides, venues du Nord; je pense plutôt qu'il s'agit d'une qualité.
Peter a décidé à un moment donné
d'arrêter sa collaboration avec CD'AA; ceci n'avait en aucun cas
modifié l'amitié que nous lui portions…d'où cette
dédicace de "Rozde".
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Peter Rakoto est présent sur vos deux premiers
albums, puis, sur "Les Marronniers", son poste de bassiste est remplacé
et le titre Rózde lui est dédié. Pourquoi cet hommage
?
Personnellement non…. Franz, lui, joue aussi dans Opera Multi
Steel pour la bonne et simple raison qu'il en est l'un des fondateurs !!
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Avez-vous d'autres projets artistiques en dehors de CDAA
?
La réponse précédente éclaire
la participation de Carine Grieg à OMS… Sinon, le travail avec Collection
d'Arnell-Andrea laisse peu de place pour des collaborations extérieures.
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Karine Grieg, et Franz bien entendu; ont joué avec
Opera Multi Steel. Y a-t-il d'autres formations avec lesquelles vous avez
collaboré ou que vous aimeriez collaborer ?
Cette compilation est d'abord une idée de notre label,
pour répondre aux exigences des magasins de disques et des distributeurs
(réduction des références dans les rayons). Nos prochains
disques poursuivront notre naturel et discret besoin d'évolution,
mais l'esthétisme et le climat demeureront forcément d'une
façon ou d'une autre.
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Votre rétrospective "Collages" constitue-t-elle
la conclusion d'une période et le début d'une autre, musicalement
et esthétiquement ? Ou comptez-vous rester dans le même style,
proche d'un naturalisme d'esthète ?
Nous avons ce projet "classique" pour lequel aucune date
de sortie d'album n'est déterminée; par contre nous recommencerons
à travailler sur un nouvel album électrique dès juillet.
Ainsi, un nouvel album devrait sortir, si tout va bien, en 2001…
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Avez-vous un nouvel album prévu ?
Notre évolution avait commencé bien avant notre
collaboration avec Gilles Martin !!! Le thème de la guerre 14-18
se prêtait à des sonorités plus dures… Ce besoin de
mixer différemment et d'introduire de plus en plus de guitares correspond
à une évolution, une nécessité de modifier
l'instrumentation habituelle… L'essentiel est de continuer à instaurer
une atmosphère personnelle avec un line-up différent.
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Vos premiers titres avaient des consonances plutôt
pop, sombres et romantiques. Depuis "Villers-aux-Vents", la voix de Chloé
est beaucoup plus mise en avant et les guitares plus présentes,
avec des sonorités plus dures. Comment expliquez-vous cette évolution
? Est-ce dû à la seule présence de Gilles Martin ?
Nous étions prêts à signer avec eux pour
un album (une compil' à l'époque), nous avions même
un contrat signé… puis du jour au lendemain nous n'avons plus eu
aucune nouvelle de leur part; précisons qu'Hyperium n'a pas fini
de nous payer les royalties qu'ils nous doivent… donc aucun regret en ce
qui nous concerne.
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Vous aviez participé aux premiers volumes d'Heavenly
Voices du label allemand Hyperium. Pourquoi une signature, à l'époque,
avec cette structure ne s'était-elle pas faite ?
Je ne connais pas la musique de ce groupe, mais je vais essayer
de le découvrir…
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Le titre présent sur cette compilation, "L'Aulne
et la Mort", possède la même beauté intrinsèque
et immédiate que le "Playing with Fire" D'Ordo Equitum Solis. Avez-vous
des liens avec ce groupe franco-italien ?
A l'époque, nous avons été sollicités
par deux labels : New Rose et Single KO. Nous avons simplement choisi de
rester chez New Rose, car c'est le label qui nous avait donné notre
chance en premier.
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Vous êtes à peu près les seuls survivants
de la période Lively Art. Pourquoi n'aviez-vous pas intégré
Single KO à la disparition de Lively Art ? Etes-vous à l'aise
sur Last Call et avez-vous des propositions de labels étrangers
?
L'instigateur de ce tribute, Massimiliano Medgali, nous a
fait jouer en Italie et s'occupe d'un label avec lequel nous devrions sortir
l'un de nos prochains disques… aussi nous avons accepté sa proposition
car nous trouvions l'exercice intéressant et nouveau pour nous de
faire un cover. Concernant leur réputation, nous avons pris toutes
les informations nécessaires avant de nous engager dans ce projet.
Nous avons eu l'assurance de leur non adhésion (de près ou
de loin) à toute philosophie ou engagement politique que nous condamnerions.
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Vous avez participé à un "tribute" de Kirlian
Camera. Comment cette relation s'est-elle concrétisée et
que pensez-vous de la risible campagne que subit le groupe visant à
déstabiliser leur crédibilité en voulant les associer
aux thèses fascistes ?
Garlands fut également pour moi un album essentiel
dans mon cheminement musical. Bien sûr le rapprochement médiatique
de Collection d'Arnell-Andrea avec Cocteau Twins ou Dead Can Dance tenait
surtout à la présence d'une voix féminine, d'un climat
particulier et d'une approche esthétique assez nouvelle à
l'époque. Ces comparaisons nous ont certainement permis de mieux
tenir le coup dans un pays (la France) qui à l'époque n'était
pas forcément prêt pour ce type de musique.
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Je vous ai découvert avec un "Automne à
Loroy". Cet album m'a fait un peu le même effet musical que "Garlands"
des Cocteau Twins à l'époque de sa sortie. La même
sensation d'écouter un style pour la première fois. Je trouve
pourtant les comparaisons de la presse faites à votre sujet avec
Cocteau Twins et Dead Can Dance un peu réductrices, quoique flatteuses.
Avec quels autres artistes ressentez-vous le plus d'affinités ?
Non je n'y avais pas pensé de cette façon !!!
Par contre chaque pochette utilise un procédé de reproduction
de la réalité différent à chaque album :
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L'automne est omniprésent sur tous vos albums,
pourtant chacun possède une pochette me suggérant une saison
bien précise. Est-ce délibéré ?
- "Un Automne à Loroy" : photo contemporaine réalisée
par Chloé.
- "Au Val des Roses" : reproduction d'une plaque de lanterne
magique (fin 19ème siècle).
- "Les Marroniers" : reproduction d'une photo stéréoscopique
(1886)
- "Villers-Aux-Vents" : reproduction de plaques stéréoscopiques
en verre (1915)
- "Cirses des Champs" : peinture originale à l'huile
d'un peintre contemporain.
- "CollAGES" : reproductions de collages d'un artiste
contemporain.
Non pas encore !!! Mais nous allons essayer de découvrir
!
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J'adore la musique baroque. En écoutant la vôtre,
j'y entends çà et là beaucoup d'allusions. Je considère
le "Miserere" de Louis-Nicolas Clérambault comme un pur chef-d'œuvre.
Connaissez-vous ce joyau ?
Il ne s'agissait que d'un choix culturel… j'écoute
beaucoup de groupes anglais ou américains…
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Dès le début, quelques titres en anglais
s'égrènent au travers de vos compositions imprégnées
de poésie française romantique. Est-ce pour toucher un public
plus international ou cela ressort-il d'une volonté plus particulière
?
Je suis tout à fait convaincu par l'efficacité
de ce nouveau média, mais je dois l'avouer honteusement…. Je ne
suis toujours pas équipé d'un ordinateur !!!!!! (n.d.l.r..
: le site consacré à CDAA est réalisé par un
admirateur du groupe).
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Vous avez un site sur internet. Que pensez-vous de ce
média qui prend de plus en plus d'ampleur ?
Je crois davantage à une vision plus globale et mondiale
des relations entre les peuples et au sein de chaque pays aussi….
Il existe des échéances et des matières à réflexion
bien plus profondes à mon avis que" l'anecdotique" unification de
l'Europe. La protection de la Nature et la solidarité sont vraiment
les enjeux actuels. Si l'Europe peut être un outil pour ce vaste
chantier, alors…..
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Ressentez-vous une identité culturelle européenne
forte et pensez-vous qu'une des seules voies de salut pour l'Europe est
l'unification, et à quel prix, conditions ?
Mes dernières acquisitions sont : VENUS, RACHEL'S,
ARVO PÄRT ("Alina") et 16 HORSEPOWER… Quant à mes albums les
plus chers, en voici un début de liste non exhaustive : "Closer"
JOY DIVISION; "Treasure" COCTEAU TWINS; "Maria's Dimension" LEGENDARY PINK
DOTS; "Cathedrale" OPERA MULTI STEEL, "Music for Egon Schiele" RACHEL'S;
"In a Bar Under the Sea" DEUS; le 2ème album des TINDERSTICKS,
"Tabula Rasa" ARVO PÄRT; "Le Chant de la Terre" GUSTAV MAHLER……..
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Je pense également que ces enjeux sont primordiaux
pour notre avenir, encore faut-il une volonté commune.... Pour terminer,
je m'intéresse toujours à la discothèque personnelle
de mes interlocuteurs. Quels sont les albums les plus chers à vos
oreilles et quels sont les derniers disques que vous ayez achetés
?
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Je vous remercie infiniment pour votre gentillesse
et votre disponibilité. Je vous remercie également pour le
plaisir intense que m'a procuré votre musique depuis de nombreuses
années.
Stéphane Fivaz
le 17 juin 2000
Collection d'Arnell-Andrea :
Site internet : http://www.enfrance.com/delirium/cd'aa
Contact :
Collection d'Arnell-Andrea
39 rue du Bourg
45130 Le Bardon
France
Fax : ++33 <ip-pii>