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D’aucun se répandent depuis quelques jours en spécialistes sur le mécénat, versus Bâle. Compte tenu des liens étroits qui me lient à ce canton/ville, ma curiosité en a été avivée. Je me devais donc pour moi-même de creuser la question puis de partager avec vous ce qui suit:
L’exemple de Bâle
Le mécénat bâlois a un nom : SACHER. Paul SACHER industriel et chef d’orchestre qui a épousé Maja SACHER, veuve STEHLIN HOFFMANN (La ROCHE) devient alors mécène et commanditaire de près de trois cents œuvres de musique contemporaine classique dont quelques chefs d’œuvres : le Divertimento de Béla Bartók, la Deuxième Symphonie d'Arthur Honegger et la Petite symphonie concertante de Frank Martin.
En hommage à la générosité de cet homme, Mstislav Rostropovitch commanda en 1976 un cycle de douze œuvres pour violoncelle à douze compositeurs différents ayant pour thème le "nom" de S-A-C-H-E-R : mi, la do, si, mi, ré) dont Trois Strophes sur le nom de Sacher d’Henri Dutilleux, les Sacher-Variationen de Witold Lutoslawski, Tema "Sacher" de Benjamen Britten entre autres. Heureux temps que celui où les bénéficiaires de dons généreux cultivaient encore des restes d’élégance…
De la tradition à l'évolution
Petite fille de Maja SACHER STEHLIN, Maja OERI devient, elle aussi, une passionée de l'art contemporain et grande dame du mécénat. Après avoir étudié l’histoire de l’art à Berlin, elle fut invitée en 1988 à rejoindre très officiellement la Kunstkommission der Öffentlichen Kunstsammlung im Kunstmuseum Basel. Par ailleurs, dès 1995, elle reprend la tête de la Fondation Emmanuel Hoffmann puis crée encore en 1999, la Fondation Laurenz, du nom de son fils décédé trop jeune. Cette dernière imagine et soutient alors la création du Schaulager, à Münchenstein/Basel/Kunstmuseum, un concept original et novateur d'un espace qui se situe entre l'entrepôt d'un musée et le Musée lui-même. Le Schaulager abrite principalement des œuvres de la Fondation Emmanuel Hoffmann. Aujourd’hui la Fondation annonce qu'elle subventionnera à hauteur de près de 50 millions de francs suisses la création de la nouvelle aile du Musée d'art de Bâle, mais la donatrice, tout naturellement, participe en tant que membre de la commission artistique du Musée, du choix des œuvres qui y seront exposées…
Pendant ce temps, à Genève, certains viennent vous expliquer qu’en cumulant les qualités d’industriel, de collectionneur et de mécène, on n’attend de vous que le profit de vos largesses matérielles, après quoi on vous demande par convention d’aller vous cacher, d’entrer dans l’anonymat et de rester sourd, muet et aveugle face à l’utilisation qu’en fera l’institution bénéficiaire…un brin barbares ces genevois, pas vrai ?
En conclusion : Oui, le mécénat d’une grande famille bâloise est un exemple, mais le plus bel exemple n’est-il pas celui du gouvernement et des bourgeois de ce canton/ville, fiers et aimables envers leurs bienfaiteurs ?