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De la note historique et généalogique d'Auguste Jaccard, de Victor, et des recherches de M. Maxime Reymond, archiviste de l'état de Vaud, la légende rapportée par Louis Jaccard du Moulin, d'après laquelle un Jaccard serait venu s'établir à Sainte-Croix après la défaite de Charles Le Téméraire, duc de Bourgogne, à Grandson, en 1746, n'est pas crédible.
En réalité, il faut faire remonter au milieu du quatorzième siècle la présence certaine d'un Jaccard à Sainte-Croix d'après l'acte suivant commenté par M. Reymond:
1397 – Pierre Jaccard et Perronet Bornand amodient du Comte de Savoie la dîme de Sainte-Croix. C'est évidemment le Pierre, fils de Pierre que le vieux tableau généalogique de Sainte-Croix indique à la date de 1390, le père étant mentionné comme vivant en 1350-1360. C'est vraisemblablement de ce dernier que descendent tous les Jaccard originaires de Sainte-Croix. Un autre Pierre, fils probable du précédent est poursuivi par les Seigneurs de Jougne pour délit de contrebande. Le même amodie la dîme de Sainte-Croix pour l'année 1489-1490. Ajoutons toutefois qu'une branche de la famille sainte-crucienne s'est fixée aux Clées et a acquis la bourgeoisie de cette commune en 1714.
Tous les Jaccard Suisses sont originaires de Sainte-Croix. Tous aussi écrivent leur nom avec deux «c» et le «d» final. Il semble y avoir, à ce point de vue, une tradition héréditaire conservée et transmise dans la famille avec la plus grande fidélité.
On sait d'autre part qu'en France ou en Belgique, ce nom s'écrit différemment, avec un «t» final ou «Jacquard». A ce propos on peut citer un écrit de François daté de 1836 (Saint François le Bx, ordonné prêtre en 1823, puis envoyé comme missionnaire en Cochinchine, étranglé le 20 septembre 1838, canonisé en 1938, né à Omnion, 74490 St-Jeoire, France):
«Vous savez que l'orthographe véritable de mon nom est Jacquard. c'est pourquoi j'ai signé ainsi dans les actes en question et c'est ainsi que mon nom doit s'écrire dans tout acte légal pour les pays de la domination du roi de Sardaigne. Cependant, je continuerai à signer mes lettres à la manière accoutumée, cela ne peut avoir, je pense, aucun inconvénient. S'il y en avait, pour ôter tout embarras ne pourrait-on pas faire légaliser Jaccard? Ou bien faudrait-il revenir à l'ancienne manière de l'écrire?»
L'origine étymologique ne saurait être difficile à établir, ni pour les uns, ni pour les autres: Jaccard ou Jacquard dérivent vraisemblablement de Jacques, comme Mathey de Mathieu… Dans un ouvrage fort remarquable intitulé «Parenté des langues hittite et lituanienne et la préhistoire» P.-J. Gabrys pense que les noms de lieux dérivés du radical «ar» dont Aar - Arc - Ara - Arve - Aran, doivent être attribués non aux pré-Aryens, mais aux Aryens. Ce radical «ar» signifierait labourer. Aryas devait être le nom du peuple qui a fait souche des tribus proto-aryennes comme il est celui des peuples indo-iraniens qui l'ont conservé. A l'origine, Aryas signifiait laboureur. le même mot est attesté par une même racine dans les langues proto-aryennes: latin aro (je laboure) lituanien ariu, grec aroô, vieux irlandais airim…
Jaccard = Jacques le laboureur?