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Originaire de Moutier (Jura bernois) où il est né en 1931, André Sangsue arrive en 1936 avec ses parents à Genève où il effectue toute sa scolarité primaire et secondaire. De condition modeste, après un apprentissage de bureau et quelques stages en entreprises, il se dirige vers les Beaux-Arts. Le directeur de l’école intéressé par les travaux de cet élève manifestement doué l’invite en 1958 à faire une première exposition de ses peintures au Musée Rath. Il vend une centaine de toiles, ce qui lui permet alors de vivre de sa peinture. Depuis, André Sangsue consacra toute sa vie à la peinture.
A la même période, Max Moos, un grand marchand de tableaux de Genève (entre autres des Hodler) le prend sous son aile et le fait exposer dans trois grandes galeries parisiennes de l’époque : Marcel Bernheim, Drouant et Charpentier. Ces expositions lui firent vendre des tableaux en Suisse, en Allemagne et aux Etats-Unis. Dès lors, les expositions se succèdent partout en Suisse Romande mais aussi à Zurich.
En 1959, André Sangsue acquiert une partie du Château de Corsinge (GE). Cette maison-forte qu’il occupa en partie fort longtemps fut non seulement son domicile mais encore et surtout sa propre galerie où il a invité d’autres artistes à exposer leurs oeuvres soit individuellement soit collectivement par des galeristes.
C’était alors l’époque des grandes expositions d’André Sangsue, souvent par thèmes, non seulement dans la Galerie de Corsinge, mais encore au Musée Rath à Genève (1958, 1965, 1983), au Musée jurassien des Beaux-Arts de Moutier (1979) au Musée de Payerne (1990), dans diverses Galeries, Banques, Hôtels, les foyers du Grand Théâtre, du Victoria Hall et du Grand Casino.
Des voyages le mènent en Europe : Autriche, Hongrie, Yougoslavie, Italie, Grèce, puis en Thaïlande, au Brésil, au Canada. Ses voyages l’amènent également en Russie, à St. Domingue, au Maroc, Egypte, Israël, la Jordanie, la Turquie. Il reviendra avec des visions, des inspirations, des émotions qui alimenteront sa palette et feront évoluer son imaginaire, son interprétation et sa traduction picturale.
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Au départ et pendant des années, André Sangsue peint à la « manière de Vlaminck ». De 1951 à 1957 sa peinture était figurative et consistait en des perspectives de rues, chantiers, usines, ports, traités d’une façon personnelle et fantastique. Puis il subit l’influence de l’art abstrait des peintres de l’école de Paris tels que Manessier, Bissière, Viera da Silva, pendant une dizaine d’années.
En 1967, il entendit le Prélude de l’opéra de Lohengrin de Richard Wagner. Comme il le dit lui-même, « cette musique l’envoûta par son atmosphère de rêve, de force, de fantastique, de sublime, d’idéal, d’extraordinaire et d’enchantement. » Une musique qu’il écoutait lors de ses créations sur toile.
Un peu plus tard, lors d’un voyage à Paris, André Sangsue visite une exposition de la peinture anglaise au Grand Palais et ce fut la révélation d’un peintre qu’il ne connaissait pas, William Turner. Ce fut un choc pour lui.
Ces deux rencontres ont été pour lui le départ de la voie progressive qu’il s’est tracée depuis cette période. Certes, la peinture d’André Sangsue se caractérise par un style très personnel mais qui ne peut se comprendre sans les références à ce qui précède.
En se reportant à sa propre classification de ses oeuvres, on peut noter diverses périodes: figuratif, New York, vues aériennes, paysages impressionnistes, compositions mystiques, nature et montagne, personnages mystiques, vitraux, …
On ne peut dissocier l’artiste peintre de sa musique de Jazz qu’il pratiquait avec des amis et qui lui a inspiré quelques portraits de musiciens de Jazz: Duke Ellington, Louis Armstrong, Sidney Bechet, James Archey.
Vers la fin du siècle dernier, des ennuis financiers l’obligèrent à renoncer à sa Galerie. Après 50 ans de peinture, il désirait faire un catalogue raisonné de son œuvre, mais ne parvint pas à réaliser son vœu. Décédé en février 2012, il laisse de nombreuses toiles et aquarelles. Leur inventaire reste à faire avant d’envisager des expositions pour respecter ses dernières volontés.