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Cristina Kirchner est actuellement mise en examen dans plusieurs affaires de corruption. Mais ses sympathisants ne semblent pas lui en tenir rigueur.
KEYSTONE/AP/VICTOR R. CAIVANO(sda-ats)
Cristina Kirchner vient d'effectuer officiellement son retour en politique, en briguant un mandat de sénatrice aux élections d'octobre. A 64 ans, elle reste populaire en Argentine malgré des accusations de malversations.
Première dame quand son mari Nestor Kirchner était à la tête du pays (2003-2007), puis présidente de 2007 à 2015, cette ancienne avocate a déjà siégé au Congrès. De 1997 à 2001 comme députée, puis de 2001 à 2007 comme sénatrice.
Brillante oratrice, elle s'érige en rempart face à ce qu'elle dénonce comme le "néo-libéralisme" du président de centre-droit Mauricio Macri, qui lui a succédé fin 2015. Pour n'avoir de compte à rendre à personne, elle vient de fonder son propre parti, Unité citoyenne.
Précieuse immunité
Elle est actuellement mise en examen dans plusieurs affaires de corruption dans lesquelles sont également soupçonnés des ministres de son gouvernement et un homme d'affaires proche du couple Kirchner, Lazaro Baez. Mais ses sympathisants ne semblent pas lui en tenir rigueur.
Assurée d'être élue, elle décrocherait une précieuse immunité parlementaire qui, certes, ne lui éviterait pas les tracas judiciaires, mais la protégerait d'un emprisonnement en cas de condamnation.
L'ex-président Carlos Menem (1989-1999) a créé un précédent en la matière. Condamné à une peine de prison dans le cadre d'un trafic d'armes vers la Croatie et l'Equateur, le sénateur ne peut pas être incarcéré. Et il sera à nouveau candidat en octobre, à 86 ans.
Une limite
"Il faut mettre une limite à ce gouvernement", a plaidé mardi Mme Kirchner, lors du lancement officiel de l'UC, devant 40'000 de ses supporteurs, dans un stade de football.
L'Unité citoyenne (UC), regroupe Péronistes et centre-gauche. Le parti affrontera les candidats du mouvement Cambiemos du président de centre-droit Mauricio Macri dans la province de Buenos-Aires, qui représente 40% de l'électorat.
Lors des élections de mi-mandat du 22 octobre, quelque 34 millions d'Argentins seront appelés aux urnes pour renouveler la moitié des sièges de la Chambre des députés et un tiers de ceux du Sénat.
Défi
Actuellement le congrès argentin est dominé par les Péronistes, mais ce mouvement est divisé en différents courants qui vont de la droite à la gauche. Certains élus péronistes votent ainsi les textes présentés par le gouvernement Macri.
Le défi du président sera de voir ses partisans rester la deuxième force sur les bancs du parlement, voire d'amplifier sa majorité avec le soutien de ses alliés centristes.
ATS