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La course en avant de l'économie mondiale ressemble assez au soutien à l'économie genevoise tel qu'il a été pratiqué ces dernières années, couplé à la libre circulation des personnes. Les autorités font en sorte d'assurer les conditions nécessaires à la croissance (ce qui déjà n'est pas simple et qui surtout s'avère nécessaire au fonctionnement de la société), sans toujours consentir aux investissements de fond qui seraient nécessaires pour assurer la durabilité de là-dite croissance... et le bien être des populations qu'elle laisse en plan.
Comme l'a très bien dit David Hiler, l'impact de l'afflux frontalier sur certaines catégories de population n'a pas été anticipé... Mais sans l'apport des frontaliers, l'économie genevoise aurait été moins performante et le chômage serait encore pire. En fait, Genève paie aujourd'hui le prix de décennies de développement au rabais, durant lesquelles on a privilégié la satisfaction des besoins personnels, tant par le moins d'impôts pour les plus riches, que par une politique d'assistance coûteuse aux plus démunis. Seule la classe moyenne étant ponctionnée.
Cela s'est fait au détriment des investissements d'infrastructures. Il y a 20 ans, on parlait déjà de métro, souterrain ou aérien, de traversée de la Rade, de CEVA etc... Rien de tout ceci n'a été entrepris, parce que certains avaient peur de l'expansion, et d'autres des coûts...
Pendant ce temps, la petite Genève devenait malgré tout une agglomération de près d'un million d'habitants, hyperétendue et dépourvue des infrastructures adaptées. Tous les partis en portent une part de responsabilité. Même les radicaux, qui en dépit de leur tradition de bâtisseurs, se sont contentés de mener des études très intéressantes, débouchant sur des projets futuristes allèchants, mais sans réelle volonté politique d'aboutir à des réalisations concrêtes.
Même au cours de cette campagne, personne ne semble prêt à dire les choses clairement: Genève doit se moderniser ou dépérir. Cela signifie un véritable réseau RER et vite, une liaison supplémentaire de transports publics et privés entre les deux rives (voire deux), une densification déterminée des zones comme la Praille, en oubliant les préceptes du Corbusier sur l'horizontalité, qui datent d'un autre temps.
Je viens de passer quelques jours à Los Angeles et Tokyo, les deux antithèses de l'horizontalité et de la verticalité. En dépit de ses excès, genre 3 ou 4 autoroutes superposées atteignant le 9è étage des immeubles, Tokyo, son métro et ses rues grouillantes de piétons en bonne santé parait bien plus moderne que la Cité des Anges, infiniment étalée sur un ou deux étages, se mourrant d'apoplexie sous ses voitures aux conducteurs gavés de hamburgers et de sucres rapides.
D'un autre côté dans la Tokyo dopée au gingembre, si propre et si organisée, tellement civile et civique, le taux de suicide atteint des proportions inégalées.
Nous avons la chance de pouvoir conjuguer les deux, toutes proportions gardées: les zones villas familiales et le centre ville animé. Avec en prime un hypercentre historique qui mérite d'être conservé. Mais la création de nouveaux quartiers urbains es devenu une nécessité. A la Praille et ailleurs, ils devront être bâtis en hauteur, et suffisamment irrigués par les transports publics pour assurer l'avenir.
Il est grand dommage que les prurits populistes aient comnplètement occulté ces points fondamentaux de la législature à venir. On aurait aimé que les électeurs, dans 15 jours, puissent se déterminer sur ces questions de fond, en toute connaissance de cause.