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Samedi 9 juillet 2016 à Lausanne, Capitale olympique, quinze athlètes se sont relayé·e·s à la nage pendant 8000 secondes (2h13) en faveur des 8000 victimes de violence policière meurtrière au cours des 10 dernières années à Rio. Septante-cinq pour cent des victimes sont de jeunes Noirs des favelas. Amnesty craint que la violence policière n’augmente en amont et pendant les prochains Jeux olympiques. L’année de la Coupe du monde 2014 de football, le nombre d'homicides résultant d'opérations de maintien de l'ordre avait augmenté de 40%. Les autorités brésiliennes et les fédérations sportives ont toutefois conservé le même concept de sécurité mal pensé qu’il y a deux ans.
Que ce soit en natation, en aviron ou en water-polo, tous les athlètes qui se sont engagé·e·s samedi ont obtenu des médailles lors de championnats nationaux et ont participé à des championnats internationaux. Deux ont réalisé un rêve en participant à des Jeux olympiques: la nageuse vaudoise Marjorie Sagne a défendu les couleurs de la Suisse à Athènes, en 2004, et le poloïste britannique Adam Scholefield, Champion du Commonwealth, était le vice-capitaine de son équipe nationale aux JO de Londres en 2012.
Le 9 juillet, sur l’initiative d’Amnesty International, ces athlètes se sont engagés pour que l’héritage des grands événements sportifs soit visible sur le plan sportif et celui des droits humains. «La beauté des Jeux olympiques doit valoir pour tous. Je trouve nécessaire d’agir afin que les grands événements sportifs soient un bon souvenir pour les athlètes, les spectateurs, mais aussi la population locale, en veillant à ce que les droits de chacun soient respectés», a affirmé Marjorie Sagne. «La devise olympique exprime les aspirations du Mouvement olympique non seulement dans son sens sportif et technique, mais aussi d’un point de vue moral et éducatif. Les Jeux olympiques doivent établir les plus hauts standards sous tous ces aspects: cela inclut les droits humains!», a pour sa part expliqué Adam Scholefield.
À quelques jours des Jeux olympiques de 2016, il est urgent de mettre en place des mesures permettant de réduire le risque de violations des droits humains ainsi que des mécanismes de responsabilisation pour les auteurs présumés de violations.
Amnesty International félicite les athlètes et les militant·e·s qui, dans le cadre de l'action, ont récolté plusieurs centaines de signatures pour la pétition Rio 2016.
Les athlètes: Adam Scholefield, Adeline Seydoux, Benjamin Le Maguet, Carine Rognon, Céline Baillod, Céline Gallot-Lavallée, Frédérique Rol, Julie Harster, Juliette Jeannet, Julien Baillod, Laurence Fedrigo, Lise Cordey, Marc Brugarolas, Marjorie Sagne et Olivier Droz.