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L'exercice Trident Juncture 18, qui se déroulera jusqu'au 7 novembre, vise à entraîner l'Alliance atlantique à accourir à la rescousse d'un de ses membres. Il s'agit de "démontrer la capacité de défense de l'OTAN face à n'importe quel adversaire", a affirmé le commandant en chef de l'exercice, qui précise qu'il "ne vise aucun pays en particulier".
Les 50'000 soldats seront appuyés par 10'000 véhicules, 250 aéronefs et 60 navires, dont un porte-avions américain. Les principaux contingents sont les États-Unis, l'Allemagne, la Norvège, le Royaume-Uni et la Suède.
"Un exercice de musculation"
La Russie a déjà protesté, en parlant d’une action "irresponsable", qui contribuera à la hausse des tensions. Moscou promet d'ailleurs "des mesures nécessaires de riposte".
De pareilles actions à quelque 100 kilomètres de la frontière russe, n'est-ce pas une provocation? "Je ne suis pas sûr, les Russes font un peu la même chose. C'est plutôt un exercice de musculation de part et d'autre", répond Nicolas Gros-Verheyde, rédacteur en chef du site Bruxelles2 et spécialiste de l’Europe de la défense, interrogé dans l'émission Forum.
On a tous les signes d'une nouvelle Guerre froide.
Il rappelle que la Russie avait organisé en septembre dernier un exercice similaire, avec près de 100'000 hommes mobilisés. "L'Otan fait pareil avec la moitié moins d'hommes, on ne peut pas dire que ça aggrave une crise", nuance-t-il.
"Confrontation froide très claire"
Pourtant, d'après Nicolas Gros-Verheyde, "on a tous les signes d'une nouvelle Guerre froide", ou du moins "d'une confrontation froide très claire". Il cite notamment les livraisons d'armes, l'augmentation des budgets d'armement de part et d'autre...
"Les Russes ont montré qu'ils étaient capables d'intervenir dans des pays de leur bordure, en Géorgie en 2008, en Ukraine en 2014...(...) Ici, chacun s'est bien gardé d'intervenir dans les frontières de l'autre. On reste dans une préservation d'un équilibre disons classique de respect des frontières des uns et des autres", poursuit-il.
Propos recueillis par Marie Giovanola et Renaud Malik/ats/jvia
Une nouvelle course à l'armement?
Les membres de l'OTAN refusent eux le déploiement de nouvelles armes nucléaires en Europe pour répondre aux menaces de la Russie. Le secrétaire général de l'Alliance Jens Stoltenberg l'a affirmé mercredi après la menace de Donald Trump d'accroître l'arsenal étasunien.