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<h2>SubmittedText<h2><p>"Manger à sa faim": telle était la devise du Sommet mondial de l'alimentation qui a eu lieu à Rome en novembre dernier. Le résultat de ce Sommet est toutefois décevant, d'autant plus que les déclarations d'intention des États participants ne sont juridiquement pas contraignantes. La communauté internationale se borne à espérer que le nombre de personnes souffrant de la faim sera réduit de moitié d'ici 2015. Si l'on considère que 800 millions de personnes sont concernées, cette attitude est inacceptable.</p><p>Je prie donc le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :</p><p>1. De l'avis du Conseil fédéral, par quel moyen pourrait-on élaborer une convention internationale contraignante sur la sécurité alimentaire, ainsi que l'a exigé le forum des ONG ?</p><p>2. Le Conseil fédéral est-il prêt à s'engager en faveur d'une convention internationale visant à éliminer la faim dans le monde ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>L'amélioration de la sécurité alimentaire dans le monde est un processus qui a été amorcé en 1948 par l'adoption de la déclaration universelle des droits de l'homme à l'assemblée générale des Nations Unies. Certes, on est bien loin d'avoir atteint les objectifs ambitieux fixés lors de la dernière Conférence mondiale de l'alimentation en 1974, afin d'éradiquer rapidement la faim dont souffraient alors plus de 900 millions de personnes. Mais il ne faut pas oublier que depuis, le nombre d'êtres humains à nourrir a augmenté de 2 milliards, passant ainsi à 5,8 milliards au total.</p><p></p><p>La diminution de moitié du nombre de personnes souffrant dé la faim, qui devrait baisser de 800 à 400 millions d'ici à l'an 2015, représente une étape importante vers la sécurité alimentaire dans le monde. Le problème est toutefois très difficile à résoudre, d'autant qu'en 2015, la population mondiale aura probablement augmenté de 3 milliards de personnes. Les conflits et les guerres, la gestion gouvernementale inappropriée et l'utilisation non durable des ressources naturelles entravent également la réalisation rapide de la sécurité alimentaire pour tous. Le Sommet mondial de l'alimentation a mis en évidence ces difficultés. On entend néanmoins assurer avec détermination le droit fondamental de chaque personne de se nourrir à sa faim, que le sommet de 1996 a réitéré, en éliminant progressivement les obstacles et les impasses. Le but fixé pour l'an 2015 est une étape intermédiaire à franchir en vue de la sécurité alimentaire mondiale, et la réduction de moitié du nombre de personnes souffrant de la faim ne représente qu'un objectif minimal pour le Conseil fédéral.</p><p></p><p>Une convention internationale contraignante peut être un instrument utile pour assurer que l'on ne perde pas de vue ces objectifs et que ceux-ci soient atteints plus rapidement. Le Conseil fédéral estime que la proposition de conclure une convention internationale sur la sécurité alimentaire mérite d'être examinée. À l'instar du plan d'action adopté lors du Sommet mondial, les prestations fournies par les signataires devraient, le cas échéant, être un élément clé de la convention, afin que les efforts consentis par les États et les initiatives individuelles ne soient pas freinés.</p><p></p><p>Tout en reconnaissant l'importance d'une telle convention, le Conseil fédéral attache encore plus d'importance aux programmes que les pays en développement mettent sur pied pour augmenter la production agricole de leurs paysans et pour favoriser un développement rural équilibré et durable. Il continuera de les soutenir activement par l'intermédiaire de la Direction du développement et de la coopération (DDC).</p>