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Textes
Postulat n°1 :
Le musicien vit de prestige et d'eau fraîche
Il n'a ni loyer à payer, famille à entretenir ou de quelconques piliers à constituer.
Posulat n°2 ( découlant du n° 1 ) :
Détaché des contingences matérielles, le musicien ne fréquente guère les supermarchés. Au même titre que la croyance paysanne au sujet du chat de ferme, c'est dans l'urgence (comprenez l'estomac vide) qu'il donne le meilleur de lui-même (comprenez : qu'il chasse un maximum de souris).
De nature généralement individualiste, il ne pense guère à se syndiquer. Malgré un travail forcené, c'est un SMF (sans métier fixe) de la société. Dans sa grande bonté, lorsque le M se transforme en D ( la cigale ayant chanté tout l'été), la collectivité se charge alors de donner au musicien la charité (l'hospice) ou parfois même (lorsqu'il est trop tard) une belle demeure pour l'éternité (un cercueil de qualité).
Certains musiciens, ne supportant plus tant de précarité, ou fatigués de quêter en vain gloire et argent, finissent par muter, pour le plus grand bonheur de la société, pour qui ils finissent enfin par exister.
B. Graf 2002