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Les experts russes chargés d'analyser des échantillons prélevés sur la dépouille de Yasser Arafat ont conclu à un décès naturel et excluent tout empoisonnement au polonium, a indiqué jeudi le chef de l'agence qui a mené les analyses. Ces conclusions rejoignent celles des experts mandatés par la justice française mais divergent de celles des experts suisses.
Yasser Arafat "est mort d'une mort naturelle et non du résultat d'une irradiation", a souligné le directeur de l'Agence fédérale d'analyses biologiques, Vladimir Ouïba, cité par les agences russes.
Début décembre, le parquet en France avait indiqué que les experts français avaient conclu "à l'absence d'un empoisonnement au polonium-210 (substance radioactive hautement toxique, NDLR) de M. Arafat".
La veuve du dirigeant palestinien, décédé en 2004, avait indiqué qu'elle allait contester ce rapport devant la justice française.
Plainte récente en France
Les experts suisses mandatés ont réaffirmé début décembre que leurs résultats soutenaient "raisonnablement l'hypothèse de l'empoisonnement".
"Si l'explication par le radon était suffisante, on devrait avoir les mêmes valeurs dans tous les échantillons de terre prélevés dans la tombe. Mais nous avons observé des valeurs de polonium 17 fois plus élevées dans les échantillons prélevés juste sous le cadavre par rapport aux échantillons prélevés plus loin," avait déclaré le professeur François Bochud, directeur de l'Institut de radiophysique appliquée de Lausanne.
Souha Arafat avait elle déposé en juillet 2012 en France une plainte contre X pour assassinat, après la découverte de polonium, une substance radioactive, sur des effets personnels de son mari. Ce produit lui aurait été, selon elle, administré par un membre de son entourage.
Les juges d'instruction français dans ce dossier avaient alors ordonné l'exhumation de la dépouille du dirigeant, ce qui a été fait en novembre 2012. Une soixantaine d'échantillons au total avaient été répartis pour analyse entre trois équipes d'enquêteurs suisses, français et russes.