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Le processus de déglutition
La déglutition est un processus soumis à une régulation centrale qui met en jeu plus de 40 paires de muscles et plusieurs nerfs crâniens qui interagissent de façon précise. Elle se divise en quatre temps :
- Temps de préparation oral : la nourriture est mise en bouche, mastiquée si nécessaire, et mélangée à la salive. A l’aide de la langue, elle prend alors une consistance facile à avaler. C’est ce que l’on appelle le « bol alimentaire. »
- Temps de transport oral : le bol alimentaire ou le liquide est transporté par la langue vers le pharynx. Le réflexe de déglutition se déclenche dès que l’aliment atteint le pilier antérieur du voile du palais. A partir de ce moment, la déglutition devient un processus presque totalement automatique et inconscient.
- Temps pharyngien : afin d’empêcher le passage de la nourriture, la cavité nasale est fermée par l’élévation du voile du palais, et la trachée par l’élévation du larynx et la descente de l’épiglotte. A ce moment-là, la respiration se coupe pendant un court instant et le passage de l’œsophage s’ouvre.
- Temps œsophagien : la nourriture ou le liquide sont transportés jusqu’à l’estomac au moyen des ondes péristaltiques de l’œsophage.
Causes
Les troubles de la déglutition peuvent avoir diverses causes tout comme des conséquences graves, en particulier sur les interactions sociales. Dès le début de l’infection à poliovirus, il peut se produire une destruction des cellules participant à la régulation de la respiration, de la déglutition et du langage. La dysphagie peut cependant apparaître dans le cadre du syndrome post-polio, sans qu’une lésion des structures de la déglutition soit nécessairement apparue lors de la primo-infection.
L’origine des troubles de la déglutition est probablement la sollicitation excessive de la musculature. Comme dans le reste du corps, la poliomyélite cause la mort des neurones responsables de la contraction musculaire. Les cellules nerveuses restantes doivent alors compenser cette perte, cause de la sollicitation excessive qui se fait sentir bien des années, voire des décennies, plus tard.
Néanmoins, il existe un grand nombre de maladies associées à la dysphagie, raison pour laquelle il est indispensable d’effectuer un diagnostic précis auprès d’un spécialiste.
Symptômes
Initialement, la dysphagie peut se présenter sous de nombreuses formes :
- Difficultés croissantes pour la déglutition de liquides, d’aliments solides ou de médicaments
- Sensation de corps étranger dans la gorge
- Fausses routes fréquentes (passage de substances solides ou liquides dans les voies respiratoires)
- Haut-le-cœur, toux, nécessité de se racler la gorge
- Difficultés pour mastiquer des aliments durs
- Tendance à manger lentement
- Présence de restes de nourriture dans la bouche ou dans le pharynx après la déglutition
- Evacuation d’aliments par le nez ou la bouche pendant ou après les repas
- Changements de la voix (enrouée, voilée, cassée) après la déglutition
- Modifications du caractère de la voix
Conséquences
Les troubles de la déglutition peuvent occasionner de multiples complications, parfois graves:
- Malnutrition du fait de l’évitement de certains aliments
- Perte de poids
- Déshydratation
- Troubles de la digestion, douleurs abdominales ou brulures d’estomac
- Tendance accrue aux infections
- Pneumonies à répétition par aspiration (fausses routes à répétition, conscientes ou non)
- Baisse du rendement physique et psychique
Diagnostic
Si vous souffrez de troubles de la déglutition chroniques ou progressifs, contactez l’un des professionnels suivants :
- Médecin (généraliste/médecin de famille, spécialiste en médecine interne)
- Médecin spécialiste en oto-rhino-laryngologie (ORL)
- Médecin spécialiste en gastro-entérologie
- Médecin spécialiste en neurologie
Le processus diagnostic se déroule en trois étapes :
Anamnèse : elle permet au médecin de se faire une première idée de l’évolution de la maladie (caractéristiques, durée, intensité et rythme d’apparition des troubles, évolution des symptômes), de connaître les traitements effectués, les médicaments prescrits, ainsi que les habitudes alimentaires du patient.
Examen clinique : examen des organes participant au processus de déglutition y compris les fonctions motrice et sensorielle. En outre, le médecin évaluera la qualité de la voix et les réflexes protecteurs (réflexe nauséeux, toux, raclement de gorge). Dans la plupart des cas, vous serez soumis à un essai de déglutition afin de permettre au médecin d’observer directement la déglutition du patient.
Procédés d’imagerie : ils permettent d’examiner les structures non visibles à l’œil nu. Avec l’endoscopie transnasale, un endoscope muni d’une source lumineuse et d’une caméra est introduit dans la cavité nasale, permettant ainsi d’observer directement les structures internes au repos et pendant la déglutition.
La vidéofluoroscopie, en revanche, est un procédé d’imagerie par rayons X. Le patient doit au préalable ingérer une substance de contraste afin de permettre la visualisation du processus de déglutition de la bouche à l’entrée de l’estomac.
La manométrie est utilisée pour évaluer les troubles complexes de la déglutition. Elle permet de mesurer les variations de pression des diverses structures responsables de ce processus. Pour ce faire, un cathéter muni de sondes de pression est introduit par le nez, et enregistre les pressions mesurées pendant l’acte de déglutition.
Traitements de la dysphagie
Si vous avez reçu un diagnostic de trouble de la déglutition, vous pouvez vous adresser à un/e nutritionniste ou logopédiste qui vous aideront à faire face aux problèmes quotidiens. Il existe tout un éventail de techniques et de traitements qui diffèrent selon la nature et la cause des symptômes. Outre les thérapies fonctionnelles, il est également possible de recourir à des traitements pharmacologiques et chirurgicaux.
Rééducation fonctionnelle: Elle constitue la pierre angulaire du traitement de la dysphagie. Il existe plusieurs méthodes de rééducation :
- Méthodes de restitution : exercices permettant d’augmenter la force et l’habileté lors de l’utilisation de la musculature afin d’améliorer la technique de déglutition.
- Méthodes de compensation : modifications posturales de la tête et du corps orientées spécifiquement pour faciliter la déglutition, apprentissages de techniques spéciales permettant d’adapter la déglutition aux troubles fonctionnels.
- Méthodes d’adaptation : adaptation de l’alimentation (entre autres quantité et consistance adéquates, horaires et durée des repas). Il est aussi possible de recourir à des compléments alimentaires comme les boissons hypercaloriques ou les épaississants pour les liquides, ou encore à des moyens auxiliaires (p.ex. verres ou couverts adaptés). En cas de troubles importants, il faudra considérer la possibilité de la nutrition artificielle.
Médicaments: Il existe des traitements pharmacologiques pour les symptômes concomitants, comme les brulures d’estomac, le reflux gastrique ou les problèmes de salivation. Cependant, le traitement le plus efficace est la rééducation fonctionnelle.
Traitements chirurgicaux: Ceux-ci sont à considérer en cas d’échec de la rééducation. Ils comprennent entre autres la préparation au passage à la nutrition artificielle.
Conseils généraux
- Mangez en position assise et confortable, tenez-vous droit. Soyez attentif à ce que la table ait une hauteur optimale. Attendez au moins 30 minutes après les repas avant de vous coucher, et, si possible, ne mangez ni ne buvez jamais en position horizontale.
- Favorisez une ambiance tranquille pour les repas.
- Pensez à ne pas mettre la tête en arrière lorsque vous mangez ou buvez.
- Evitez de manger lorsque vous êtes fatigué/e.
- Prenez suffisamment de temps pour les repas.
- Evitez les boissons très chaudes ou très froides.
- Mangez par petites bouchées et avalez complètement avant de prendre la bouchée suivante.
- Mastiquez bien.
- Buvez entre chaque bouchée afin de « nettoyer » complètement la bouche.
- Ne parlez jamais avec des aliments dans la bouche.
- Ne prenez pas vos médicaments avec de l’eau ; essayez de les prendre p. ex. avec du yoghourt, de la compote de pomme ou autres aliments de la même consistance.
- Commencez par les aliments qui requièrent une mastication plus intense : ainsi, la musculature n’est pas encore fatiguée.
- Utilisez des pailles pour boire uniquement si cela vous est recommandé par un spécialiste.
- Mangez souvent et en petites quantités.
Sources
Söderholm, S; Lehtinen, A.; Valtonen, K.; Ylinen, A. (2010). Dysphagia and dysphonia among persons with post-polio syndrome – a challenge in neurorehabilitation. In: Acta Neurol Scand, 122(5), S. 343–349
Sonies, Barbara C. (2010). Swallowing Difficulty and the Late Effects of Polio. In: POST-POLIO-Health, 26(3), S. 6
The British Polio Fellowship (n.d.). Swallowing problems. A guide for people with Polio or Post Polio Syndrome (PPS)
www.dysphagie.ch