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La dépression est une maladie psychique qui touche moins de 3% des enfants, mais dont la fréquence augmente à l’adolescence pour atteindre 7% des adultes.
Elle est difficile à discerner chez l’élève car elle s’exprime très différemment des manifestations connues chez l’adulte que sont la tristesse, le sentiment d’incapacité, de culpabilité, de difficulté à éprouver du plaisir, la difficulté à se mettre en mouvement, etc …
En effet, la dépression chez l’enfant et l’adolescent s’exprime par :
- une irritabilité et de l’agressivité ;
- une baisse de confiance en soi ;
- un désinvestissement scolaire et absentéisme ;
- des troubles du sommeil ;
- des préoccupations concernant son corps ;
- une agitation.
La dépression peut être causée par des facteurs internes (neurobiologiques, facteurs de vulnérabilité génétiques) et par des facteurs externes (le stress, une perte, une migration, une grosse déception, …). Elle peut parfois se présenter sans aucune raison identifiable.
Les symptômes décrits précédemment ont des conséquences sur le comportement de l’élève en classe et sur sa capacité à apprendre :
- une irritabilité : l’élève peut manifester une plus grande nervosité que de coutume, se montrer agressif vis-à-vis des autres élèves ou des enseignants, provoquer ou se trouver pris dans des disputes ou des bagarres ou s’isoler de ses camarades. Il peut aussi se montrer insolent à l’égard des figures d’autorité. Ces phases peuvent alterner avec des phases de repli : l’élève n’initie pas les interactions et se met en retrait. Son visage est alors sérieux et peu mobile. Il peut vivre un sentiment de rejet de la part des autres élèves.
- une baisse de la confiance en soi : l’élève se dévalorise, perd son estime de soi, manque d’autonomie, d’initiative dans son travail. Il dit volontiers qu’il « est nul », qu’il « ne sait pas », qu’il « n’est bon à rien ou n’arrivera pas » à effectuer les tâches qui lui sont demandées. Il peut aussi montrer un certain négativisme, affirmant que les objets d’études sont inintéressants, moches, ou nuls.
- une agitation : parfois, l’élève déprimé se montre agité en classe, essaie d’attirer l’attention des camarades ou des enseignants en faisant le pitre ou en cherchant à prendre le leadership de la classe par une excitation, une agitation ou des provocations. Ces phases peuvent alterner avec des phases de passivité et de repli.
- un désinvestissement scolaire et absentéisme : l’élève peine à prendre du plaisir à apprendre, à mémoriser et à organiser ses connaissances, il se montre plus lent, n’arrive pas à se concentrer, a l’air absent, ne comprend pas les consignes. On relève une baisse importante de la qualité de ses productions scolaires et ses résultats sont moins bons. Il peut aussi oublier ses affaires, avoir de la peine à organiser son travail et ne pas faire ses devoirs ou les faire de manière erratique. L’élève peut alors préférer renoncer à venir à l’école plutôt que d’être confronté à des exigences attentionnelles qui dépassent ses capacités actuelles. Mais l’absentéisme scolaire produit l’effet pervers d’augmenter le sentiment d’incapacité, de culpabilité et de dévalorisation de l’élève, ce qui contribue à augmenter l’absentéisme scolaire et rend sa réintégration à l’école plus difficile.
- des troubles du sommeil : l’élève peine à s’endormir le soir et/ou n’arrive pas à aller se coucher. A l’école, il est souvent en retard le matin, s’endort en classe sur ses cours, il est ralenti et fatigué.
- des préoccupations concernant son corps : l’élève peut aussi être souvent absent pour des problèmes de santé physique, des douleurs (maux de tête, maux de ventre, …), demande souvent à aller à l’infirmerie ou à rentrer à domicile pour diverses raisons liées à sa santé physique. L’élève déprimé a une plus grande propension à s’infliger des blessures de manière involontaire ou volontaire. Les conduites auto-dommageables comprennent, entre autres, les prises de risque, les états d’ébriété, les scarifications, mais aussi les tentatives de suicide.