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Je me méfie fondamentalement des gens qui se pensent investi d'une mission par imposition des mains ou parce qu'ils entendent des voix. Quelle que soit cette mission. Comme Soli Pardo par exemple, qui explique "le politicien est sur terre pour...(entendre le peuple)". Le droit divin ou l'aveuglement idéologique ne sont jamais bien loin, de même que les exactions de toutes sortes qu'ils peuvent justifier.
En l'occurrence, en parant le populisme de la légitimité populaire, tout en accusant ceux qui ne sont pas d'accord avec lui d'élitisme (un discours connu), Soli Pardo et les siens font abstraction d'un élément fondamental: la réalité. Ce que désire le peuple est une chose, ce qu'il est possible de faire ou d'obtenir en est une autre. Souvent malheureusement radicalement différente, et dépendant avant tout des circonstances économiques, politiques, environnementales, humaines, climatiques etc... Circonstances qu'il importe d'analyser et de comprendre avant de proposer la moindre action politique.
Ce que ne font pas les populistes, justement. Eux se contentent d'entendre le peuple clamer son désir en lui promettant d'y répondre.
Un peu comme ces mauvais parents qui pourrissent leurs enfants à force de les gâter, lorsqu'ils en ont les moyens (là ce serait plutôt la gauche avec les moyens de la classe... moyenne, justement) ou qui, s'ils n'en ont plus les moyens se retrouvent confrontés aux cris de la marmaille ! Parce qu'ils n'ont jamais pris le soin de lui expliquer, à la marmaille que : "Non tu ne peux pas avoir ce jouet, ou cette limonade, ou cette chambre supplémentaire, parce que nous sommes fauchés". Ou parce que nous devons faire des économies, pour l'hiver qui s'annonce rude.
En affirmant qu'il suffit d'écouter le peuple et de répondre à ses demandes, Soli Pardo ment, tout simplement. Tout le monde veut avoir un bon salaire, un bon logement, partir en vacances, posséder une belle voiture et même plusieurs etc... Mais le monde est limité, on ne peut pas tout avoir dans la vie. Ce que l'on obtient, en principe, il faut le gagner. Ce qui se fait rarement en deux temps trois mouvements. Contrairement aux prétentions des leaders du MCG qui affirment volontiers qu'il suffirait de les élire pour que tout aille mieux. Evidemment c'est faux, parce que les réalités sont là, et bien là. En politique, comme dans la vrai vie, il n'y a pas de miracle.
Par exemple, en matière de sécurité, on peut multiplier le nombre de gendarmes et de policiers, construire des prisons, d'ailleurs les partis du centre y sont évidemment favorables, notamment le PLR, mais il faut bien savoir que ça coûte. Et que l'argent qu'on met là ne va pas ailleurs. Dans le logement par exemple, ou l'aménagement des transports, ou l'éducation... Et là on rentre forcémment dans le vif du sujet. Parce que si "le peuple" en général veut pouvoir sortir le soir sans être importuné, il est loin d'être uniforme. Telle partie du peuple est enseignante par exemple et veut plus de profs, telle autre veut des autoroutes, tandis que cette partie ci veut des pistes cyclables, et telle autre des augmentations de salaire pour les fonctionnaires, tandis qu'une autre encore en a marre de payer tant d'impôts... Bref, prétendre que l'on peut entendre monter du peuple une voix uniforme, c'est là encore mentir... ¨
Pour déterminer comment parvenir à mettre à peu près d'accord tout ce petit monde, ou à défaut de mettre tout le monde d'accord, parvenir à déterminer les priorités les plus urgentes, et travailler à les rendre réalisables financièrement et acceptables par le corps social des électeurs, mieux vaut être capable de comprendre les enjeux. Tous les enjeux. Et ne pas avoir tendance à prendre les électeurs pour des c... en pensant qu'il suffit de prétendre qu'on les écoute pour que demain, leurs rêves deviennent réalité. Par quelle magie ???
L'inverse du populisme, ce n'est pas l'élitisme, c'est dire la vérité !