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Giulia Steingruber l'a fait ! La St-Galloise est montée sur son premier olympique à Rio, où elle a pris la 3e place du saut.
Dans une discipline où elle a tout raflé sur le plan européen, avec notamment trois titres continentaux, la gymnaste de Gossau rêvait d'un premier podium planétaire. Cette lacune, elle l'a comblée avec brio à Rio, où elle n'a été battue que par la Russe Maria Pasenka et l'intouchable américaine Simone Biles.
Troisième des qualifications, la porte-drapeau de la sélection helvétique savait qu'elle avait un gros coup à jouer durant cette finale. Mais en présentant deux sauts légèrement moins cotés que ceux de ses rivales, elle était condamnée à une exécution quasi parfaite de son Chusovitina et de son Yurchenko avec deux vrilles. Et c'est exactement ce qu'elle a fait, récoltant la note moyenne de 15,216.
Cela a même failli suffire pour s'offrir la médaille d'argent face à Maria Pasenka (15,253), tandis qu'il n'y avait absolument rien à faire contre Simone Biles (15,966), sacrée haut la main pour la troisième fois des Jeux après le concours général et la compétition par équipes.
Pour monter sur le podium, Giulia Steingruber a aussi fait preuve de sagesse. Comme prévu, elle a renoncé à présenter son nouveau saut - une demi-vrille supplémentaire à son Chusovitina -, pour tout miser sur la propreté de ses deux bonds. Cette stratégie s'est avérée payante. Et notamment vis-à-vis de la Nord-Coréenne Hong Un-jong et de l'Ouzbek Oksana Chusovitina qui, elles, ont pris trop de risques et chuté à la réception d'un de leurs sauts.
Historique pour Giulia Steingruber, cette médaille l'est aussi pour la gymnastique helvétique. Jamais encore une Suissesse n'était montée sur un podium olympique. La St-Galloise a ainsi réussi là où avait échoué Ariella Kaeslin, celle qui avait ouvert la voie avec une 5e place en finale du saut à Pékin en 2008.
Si l'on ajoute les messieurs, la gymnastique helvétique en est désormais à 49 podiums aux Jeux, de quoi conforter sa place de sport suisse le plus médaillé de l'histoire. Cette moisson date toutefois de nombreuses années. Et depuis Donghua Li, sacré au cheval d'arçons à Atlanta en 1996, plus personne n'avait eu l'honneur d'un podium olympique.
Médaille en poche, Giulia Steingruber pourra s'attaquer sans pression mardi à la finale du sol. Un engin qui, a priori, lui semble même plus favorable que le saut. Le phénomène Simone Biles devrait à nouveau rafler la mise. Mais derrière, la St-Galloise fait partie des favorites, elle qui peut s'appuyer sur ses aptitudes chorégraphiques pour séduire les juges, comme en juin à Berne, où elle avait été sacrée championne d'Europe à cet engin.
ATS