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Les PME plus flexibles face aux turbulences géopolitiques
Les petites et moyennes entreprises (PME) suisses font preuve d'adaptation pour contrer les répercussions des conflits géopolitiques, relève jeudi une étude de Credit Suisse. Stabiliser et diversifier les chaînes de création de valeur serait sources d'opportunités.
"La Suisse est une petite économie ouverte qui dépend des événements à l'étranger. Les tensions géopolitiques se répercutent sur les PME par la hausse des prix des intrants, les restrictions de la coopération transfrontalière, la densité réglementaire ou encore les risques commerciaux," expliquent les auteurs de l'étude menée auprès de 650 entreprises suisses.
A court ou à long terme, la quasi-totalité des entreprises interrogées (90%) a dû prendre des mesures pour remédier à l'augmentation des coûts du transport, de l'énergie ou des matières premières et la moitié a répercuté cette hausse aux clients. L'étude Crédit Suisse détaille la résilience des entreprises en citant l'augmentation des stocks (51% d'entre elles), l'appel à des fournisseurs géographiquement plus proches (48%) et à leur diversification (43%).
"Les entreprises rapprochent leurs activités de l'Asie vers l'Espagne ou le Portugal mais rarement pour se relocaliser en Suisse," explique Martial Decoppet, responsable des entreprises en Suisse romande chez Crédit Suisse, en conférence de presse. "Régionaliser les chaines de valeur est une opportunité pour les pays près des grandes puissances économiques avec des conditions cadres assez bonnes," ajoute Sara Carnazzi, responsable analyse politico-économique au sein de la banque.
Suite à la prise de position de la Suisse de s'associer aux sanctions internationales contre la Russie au printemps 2022, "40% d'entre elles ont ressenti des réactions négatives de la part de leurs partenaires commerciaux. Trois quart des interrogées affirment que la neutralité helvétique est importante, rapporte la banque aux deux voiles. Les risques pèsent plus lourds que les opportunités en Argentine, en Iran et en Nouvelle-Zélande, cite-t-on.
Les experts ont également souligné l'importance des risques de réputation des entreprises. 83% d'entre elles ont pris des mesures de prévention contre les cyberattaques par exemple, détaillent les experts.
Les réglementations ont aussi pesé sur la bonne marche des PME, notamment en ce qui concerne la protection des données ou l'environnement. Une pression ressentie par 47% des participants à l'étude, "davantage par les entreprises axées sur l'Union Européenne que par celles tournées vers l'international," appuie l'établissement bancaire.
ats, awp