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Deux variétés linguistiques distinctes
C’est le langage facile qui présente le niveau de difficulté le plus faible. Il s’adresse aux personnes en situation de handicap mental ou de troubles cognitifs. Le langage simplifié se situe quant à lui entre la langue standard et le langage facile. Il vise donc un public plus large, car il s’adresse à des personnes qui savent lire, mais ne comprennent pas bien les textes complexes. Il peut s’agir de personnes pour qui le français est une deuxième langue ou une langue étrangère, ou de personnes étant peu familières du domaine dont il est question.
Ce qu’il faut prendre en compte dans le langage facile
Le langage facile, également appelé « français facile à lire et à comprendre » (FALC), se caractérise notamment par l’usage de phrases simples et de mots clairs et compréhensibles. Il ne contient pas de caractères spéciaux tels que % ou &, ni de guillemets. Il évite également les mots longs ou difficiles. Les conseils suivants sont issus du document « L’information pour tous : Règles européennes pour une information facile à lire et à comprendre » : « Utilisez des mots faciles à comprendre, c’est-à-dire des mots que les gens connaissent bien. N’utilisez pas de mots difficiles. Si vous devez utiliser des mots difficiles, il faut les expliquer clairement. Utilisez des exemples pour expliquer les choses. Essayez d’utiliser des exemples de la vie de tous les jours que les gens comprennent facilement. Utilisez le même mot pour parler de la même chose dans tout le document. N’utilisez pas des idées difficiles comme des métaphores. N’utilisez pas de mots d’une langue étrangère, sauf s’ils sont très connus comme le mot anglais ‹ hamburger › en français par exemple. »
En outre, les formulations doivent être aussi concrètes que possible. On remplacera par exemple « Prenez les transports publics » par « Prenez le bus ou le train ». Les phrases contenant des subordonnées ou les verbes au conditionnel rendent également la lecture plus ardue. En FALC, on formulera ainsi « Je pense à mon amie. Elle passe un examen ce matin. » plutôt que « Je pense à mon amie qui doit passer un examen ce matin », ou « Ils veulent aller à l’événement s’ils ont assez de temps » plutôt que « Ils aimeraient participer à l’événement s’ils avaient assez de temps ».
Une présentation claire et bien structurée est essentielle. Un texte en français facile doit contenir des titres intermédiaires, des paragraphes courts, des énumérations. Il est par ailleurs recommandé d’utiliser une police de caractères facile à lire, par exemple Verdana en 14 points. De plus, on pensera à insérer dans chaque paragraphe des images et des graphiques faciles à comprendre pour illustrer et préciser le contenu.
Dernier point important : les textes en langage facile doivent toujours être validés avant publication par une personne concernée.
Les caractéristiques du langage simplifié
Contrairement au FALC, le langage simplifié diffère peu visuellement du langage standard. Il autorise les mêmes mises en page que pour les textes classiques. Toutefois, un texte en français simplifié est souvent plus long, les termes techniques et les formulations abstraites qu’il contient étant expliqués et adaptés. De même que pour le langage facile, cette variété linguistique comporte des règles spécifiques au niveau du vocabulaire, de la syntaxe et du texte, mais elles sont moins strictes. Ici, on peut en effet utiliser un vocabulaire plus étendu et la structure des phrases peut être un peu plus complexe.
Qui communique en français simplifié ou facile ?
Les services publics et autres institutions : il est particulièrement important pour les courriers officiels que l’intégralité de la population comprenne les informations qu’ils véhiculent. C’est pourquoi les administrations ont souvent recours au langage simplifié ou au langage facile pour rendre celles-ci plus accessibles.
Le secteur privé : afin de mieux toucher les clientes et clients ayant des troubles de l’apprentissage ou des difficultés linguistiques, les entreprises proposent de plus en plus souvent des informations en langage simplifié ou facile. En effet, dans des domaines tels que l’assurance ou la finance, il est particulièrement important que la clientèle comprenne les informations fournies ainsi que les conditions contractuelles.
Le secteur éducatif : les écoles et autres établissements éducatifs formulent, eux aussi, de plus en plus de supports pédagogiques en français simplifié ou facile.
Les médias : les langages simplifié et facile sont de plus en plus fréquents dans les médias. L’usage de mots compréhensibles et de phrases courtes leur permet en effet de rendre des sujets complexes plus abordables.
Le secteur culturel : musées, théâtres et autres institutions culturelles utilisent de plus en plus le langage simplifié ou facile afin de rendre leurs propositions accessibles au plus grand nombre.
Des variétés linguistiques à part entière
L’idée de simplifier la langue à ce point peut sembler radicale aux professionnelles et professionnels de l’écrit. Des phrases comme « Si tu peux, tu viens » peuvent en effet faire tiquer des linguistes habitué·e·s à formuler au mieux et non au plus simple. Mais si l’on considère les langages simplifié et facile comme des variétés spécifiques du français destinées à des groupes cibles bien précis, leur apprentissage et leur usage peuvent être vus comme des défis. Or, il est bien connu que ce sont les défis qui rendent la vie (professionnelle) intéressante !