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En l’état actuel de nos connaissances la fin du monde - de notre monde - est prévisible. Si tout se passe bien. Enfin, bien... je veux dire: comme prévu. Les scientifiques: physiciens, mathématiciens, astronomes, savent en principe de quoi ils parlent. La précision de leurs démonstrations, par exemple dans l’envoi de sondes vers les comètes ou la prévision des éclipses et du mouvement des planètes garantit une fiabilité à leurs calculs.
Mais enfin, comme on me disait une fois, ne faisons pas de la science une autre religion. Tout ce qui concerne le futur est jusqu’à preuve du contraire de l’ordre de l’hypothèse ou de la croyance. Tout en ayant de fortes probabilités de se passer ainsi.
Ces précautions de langage prises, que devrait-il se passer? Dans un proche avenir, soit environ durant les 30’000 prochaines années, le climat doux perdurera, se réchauffant même encore - soit naturellement comme cela a déjà eu lieu, soit par les activités humaines. Nous sommes globalement dans une ère glacière depuis 3 millions d’années, avec des périodes interglaciaires de 20’000 ans ou plus selon certains paramètres astronomiques. La civilisation humaine telle que nous la connaissons se développe donc depuis le dernier redoux il y a 14’000 ans.
Dans 30 ou 40’000 ans, retour du froid. La calotte glaciaire descendra sur une bonne partie de l’Europe et de l’Amérique du nord. Une grande partie de la France sera une steppe de type sibérien, avec une végétation peu abondante. Si l’humanité survit jusque là, on peut imaginer l’ampleur des migrations.
Cette ère glaciaire aura une fin. Dans quelques millions d’année les continents seront plus éloignés des pôles et ne seront plus soumis à la «tyrannie des glaces». Peu à peu le déplacement des plaques rapprochera les terres émergées. Dans 100 millions d’années (Ma) l’Antarctique aura dérivé vers le nord et sa glace sera fondue. Les océans s’élèveront de 100 m. Mais il y a peu de chances que nous soyons encore là - du moins sous notre forme actuelle. Dans 250 Ma un seul continent sera formé, Ultima Pangea - en référence au continent unique initial, la Pangée. La majeure partie des terres sera soumise à un climat continental sec et rude.
Entretemps et après, cela tourne à la cata. La brillance du soleil augmente continuellement. Le CO2 dont les plantes ont besoin pour produire de l’oxygène diminuera dans des proportions telles que la plupart des végétaux disparaîtront. Plus de végétaux, plus assez d’oxygène. Dans un milliard d’années les animaux auront eux aussi disparu.
Dans 1,4 milliards d’années la surface atteindra 70° en moyenne. Les océans s’évaporeront. La Terre sera un désert, le fond des anciens océans étant recouverts d’une épaisse couche de sel. Le soleil grossira encore jusqu’à devenir une géante rouge. Dans 5 milliards d’années tous les reliefs auront fondu et la surface de la planète sera en fusion. Si l’orbite reste la même, elle sera vaporisée par le soleil. Si elle s’écarte un peu, elle survivra et se refroidira. Sa surface sera alors inerte. Ce qui restera du Soleil, devenu une naine blanche, ne sera plus assez chaud pour recréer la vie, et toute l’eau aura disparu.
5 milliards d’années, cela laisse le temps de voir venir. Même quelque millions d’années. Aurons-nous survécu? Serons-nous partis vers d’autres planètes? Les voyages dans l’espace devront alors avoir évolué. Non seulement en ce qui concerne la vie dans l’espace qui est actuellement encore assez spartiate comme je le décris ici, mais aussi en terme de type d’énergie utilisée pour se déplacer. Si la vitesse de la lumière est la limite possible en matière de vitesse, tout déplacement vers une nouvelle planète sera très long. L’exoplanète la plus proche est située à 10 années lumières. A la vitesse actuelle des voyages, mettons 75’000 km/h, soit environ 20 km/seconde, ce n’est donc même pas la peine d’y penser. Il faudrait impérativement d’autres types d’énergie et des vitesses encore inimaginables.
De plus il faudrait d’immenses vaisseaux capables de transporter des milliers d’humains pour aller peupler de nouvelles colonies - pour autant qu’elles soient vivables et pas hostiles. Bref il ne faut pas raisonnablement y compter rapidement.
Il est donc possible que nous restions sur notre Terre jusqu’à l’extinction de l’espèce. Nous aurons des colonies sur la lune pour disposer de nouvelles ressources. Peut-être même sur des astéroïdes ou sur les satellites de certaines planètes, voire sur Mars. Il faudra avoir résolu la question de la protection contre les radiations ainsi que les ressources en eau et en aliments.
Mais tout est possible. Quand on pense qu’il y a 150 ans personne n’imaginait qu’il soit réellement possible de voler en plus lourd que l’air. Depuis l’aviation a pris un essor extraordinaire. En attendant rien n’empêche de vivre pleinement la vie telle qu’elle est sur cette si belle planète. Demain est un autre jour.
Voici la vidéo de la fin de la Terre, la fin de notre monde, mise en ligne par le Magazine Ciel & Espace qui consacre un dossier à la question dans son numéro de février.
- PS: on me signale que depuis quelque temps la police d'écriture de mes billets serait plus petite. D'autres personnes le confirment-elles? Sur mon ordi cela n'a pas changé. Merci.