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27/11/2016
Degolio XCVI: de retour dans le Temps
Dans le dernier épisode de cette étrange geste, nous avons laissé le Génie d'or, notre héros, alors qu'il avait rejoint sa belle, princesse de la Lune, dans son palais, et qu'il s'était consacré aux activités qu'on peut avoir dans son domaine merveilleux, notamment l'adoration des entités d'en haut. En ce monde, elle était toujours suivie de leur visite, et d'instructions secrètes de leur part.
L'âme du Génie d'or en fut ressourcée, et sa vigueur retrempée, et son sceptre cosmique en reçut un nouvel éclat. Une cérémonie de bénédiction, présidée par Ithälun, eut lieu, et la force de ce bâton de justice en fut décuplée, et voici! il rayonna comme un soleil.
Nimbé de clarté, le Génie d'or devint à son tour tel qu'un ange saint, et placé haut dans le Ciel. Il vit les étoiles autour de lui, tournant ainsi que des fées qui dansent, ou glissant comme les flots d'une rivière. Il fut placé face à une haute entité, qui avait avec lui des rapports singuliers, et dont on ne peut rien dire non plus ici.
Et, comme nous l'avons dit, il connut les joies du lit ancien, et s'unit à sa Dame, qu'il aimait. Et elle tomba enceinte, mais il n'est point lieu de parler de sa progéniture, qui ne surgira dans le monde que dans un lointain futur. Car dans ces lieux enchantés, le temps ne passe pas comme dans celui des hommes.
Puis vint un temps où, de cette lumière qu'il formait avec sa belle, et qui était prise pour une étoile par les naïfs mortels, le Génie d'or dut à nouveau se séparer. Il s'en arracha comme une comète, et fit ses adieux à Ithälun, après lui avoir demandé son congé, qu'elle lui accorda. Car elle savait que sa mission était haute, et elle-même était chargée, en vérité, de veiller à ce qu'il l'accomplît parfaitement.
Et voici! Don Solcum se revêtit de son haubert poli et remis à neuf, reprit ses armes, ceignit de sa cape ses épaules, et sortit du divin château de la Dame. L'étoile où demeurait l'esprit qui le protégeait et lui donnait ses instructions brilla d'un éclat renouvelé, et sembla sauter de joie, en le voyant partir. Car il était interdit, absolument, au Génie d'or de se reposer, de goûter une paix imméritée, au lieu de descendre sur Terre combattre les ennemis du Christ solaire et de l'être humain qu'Il chérissait. Telle était la dette qu'il devait payer au Très Haut, après avoir péché! Ce qu'il avait fait, néanmoins, ne pourra pas, non plus, être livré ici pour le moment.
Il s'en fut vers une montagne, qui n'était point celle du Destin, et en passa le col; puis il redescendit dans une vallée mystérieuse. Là, ses amis, qui l'accompagnaient, et Ithälun même, durent le quitter, le laisser seul. Il rendit le cheval qu'il avait emprunté, et s'en fut à pied vers le fond de la vallée. Il trouva une rivière, un torrent, une cascade, et passa derrière. Là se dressait une porte d'émeraude, qu'il poussa. De l'autre côté était un vieillard. Il le salua, et il le laissa passer.
Un escalier s'offrit à ses yeux, et il le gravit.
Mais la suite de cette énigmatique aventure ne pourra être livrée au lecteur qu'une fois prochaine; nous verrons alors comment le Génie d'or rejoindra le mortel qui lui sert d'abri, sur Terre - et même de source d'énergie, pour y supporter les conditions propres à notre monde.