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Reconnaîtrez-vous la première phrase, sous son déguisement? L'ombre de deux auteurs français plane sur ce récit épouvantable... mais c'est la seule ombre qu'on y trouvera... le soleil est terrible...
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C’était à Howrah, faubourg de Calcutta, dans les jardins du Nawab. L’anglais était étendu sur le sol, les membres écartelés, liés par de solides cordes. Il était nu, en plein soleil. On était au temps de la révolte des Thugs.
Il y avait déjà plusieurs heures que le prisonnier subissait son supplice, et sa peau avait commencé à rôtir. Mais ce n’était pas le seul tourment que lui avaient réservé ses ravisseurs. Ceux-ci l’avaient enduit de miel, et les fourmis avaient commencé leur banquet.
L’homme gémissait sous le soleil. Une femme s’approcha de lui, portant une cruche. Elle était vêtue à la manière des bayadères, et ce costume laissait apparaître une taille fine, musclée et ondulante. Ses cheveux noirs ruisselaient sur son dos cuivré. A son bras nu, elle portait un anneau d’or.
S’étant agenouillée auprès du prisonnier, elle releva sa tête avec une grande douceur, et lui donna à boire. Quand il eut vidé la cruche, il la regarda dans les yeux, ne pouvant prononcer une parole. Elle avait des yeux brun clair, doux et profonds, dans lesquels son regard se perdit. Pendant un instant, il crut ne faire qu’un avec elle.
La femme lui soutenait encore la tête. Elle se pencha davantage, et lui dit : « de cette manière, cela durera plus longtemps… je te donnerai à boire de temps en temps… il faut que tu souffres beaucoup… longtemps…»