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Le gène du crime existe-t-il vraiment?
De fait, la criminalité est souvent une affaire de famille; et ce même s'il est difficile de faire la part entre facteurs héréditaires et facteurs environnementaux. D'innombrables études ont montré que les enfants de criminels avaient beaucoup plus de risques de suivre la même voie. Une étude publiée en 2011 a examiné le parcours de 12,5 millions de Suédois sur plus de trente ans. Les chercheurs ont découvert qu'une personne ayant un parent du premier degré criminel avait 4,3 fois plus de risques de commettre un crime violent qu'une personne née dans une cellule familiale unie et respectueuse des lois. Ces effets s'avéraient encore plus prononcés pour certains types de crimes; ainsi les incendies criminels comptent parmi les crimes les plus héréditaires. D'autres études ont montré que 43% des personnes arrêtées pour incendie volontaire sont issues de 8% seulement de l'ensemble des familles.
Les études portant sur la composante génétique de la criminalité ou des comportements antisociaux s'appuient sur deux méthodologies distinctes. Les études de jumeaux comparent le comportement de jumeaux monozygotes, qui partagent le même code génétique, et de jumeaux dizygotes, qui sont aussi similaires sur le plan génétique de la même manière que le sont des frères et des sœurs. Si le comportement des vrais jumeaux est plus semblable que celui des faux jumeaux, on attribue cette différence à leurs similarités génétiques. Seulement, voilà: cette hypothèse centrale de l'étude de jumeaux fait l'objet de plusieurs critiques.
Le second type d'études consacrées à la criminalité s'intéresse aux enfants adoptés. Les chercheurs comparent le parcours de ces enfants à celui de leurs parents ou de leurs frères et sœurs biologiques. Là encore, la méthodologie pose quelques problèmes. Soulignons la faille la plus évidente: en moyenne, les personnes adoptées commettent plus de crimes que le reste de la population. Et pour ajouter à la confusion statistique, précisons que les études de jumeaux et les études menées à partir des enfants adoptés ont tendance à aboutir à des estimations différentes quant à la composante génétique de la criminalité. De toute évidence, l'un de ces modèles d'étude est certainement erroné – à moins qu'il ne s'agisse des deux.
Le parcours des criminels les plus célèbres de notre histoire recèle quelques anecdotes intéressantes sur la question. La mère et l'oncle de Charles Manson étaient des criminels. Ce n'était visiblement pas le cas des parents d'Al Capone, mais plusieurs de ses frères ont néanmoins participé à ses activités criminelles. La famille proche du tueur en série Jeffrey Dahmer ne compte aucun criminel violent. Les frères Kray, jumeaux londoniens qui terrorisèrent la capitale anglaise dans les années 1950 et 1960, comptaient quelques amateurs de boxe à mains nues parmi leurs proches, et leur père a refusé de se soumettre à la conscription pendant la Seconde Guerre mondiale – mais ils étaient visiblement les premiers criminels violents de la famille. Les familles de nombreux criminels célèbres (comme David Berkowitz, le fameux "Son of Sam") sont si complexes qu'il est difficile de comptabiliser le nombre de criminels présents dans leur arbre généalogique.