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De purs mensonges: c'est ainsi que Hans-Rudolf Merz qualifie les propos que lui avait tenus l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi lors d'un entretien à New York en septembre 2009 pour libérer les deux Suisses enlevés. L'ancien conseiller fédéral revient sur cette période dans l'hebdomadaire allemand "Die Zeit".
Cette crise avait déjà eu des conséquences pénibles pour Hans-Rudolf Merz en été 2009, lorsqu'il s'était rendu en août à Tripoli dans le but de ramener les otages en Suisse. En réalité, il était rentré bredouille, Rachid Hamdani et Max Göldi avaient finalement été libérés en février et juin 2010.
Pour l'ancien ministre, il est clair que la Suisse n'avait pas les moyens de régler cette affaire seule. "La libération des deux Suisses n'a pu intervenir que grâce à une conjugaison d'éléments, pas seulement au moyen des visas Schengen et du soutien de quelques Etats européens lassés du régime libyen", explique-t-il.
Les assurances données, voire même signées de la main du Premier ministre ne valaient rien: comme par exemple une date fixée à fin août 2009 pour la libération des deux hommes, écrit-il. Lorsqu'il s'est rendu à Tripoli en tant que président de la Confédération, il n'a même pas eu droit à un entretien avec le Guide, contrairement à ses attentes.
Imprécisions des médias
Lors de ce déplacement, Hans-Rudolf Merz explique s'être excusé "pour les circonstances dans lesquelles le fils de Kadhafi et sa femme ont été arrêtés et non pour notre Etat de droit". Selon lui, les médias ont toujours présenté cet épisode de manière incorrecte.
Il soutient également n'avoir rien su des plans secrets en vue d'une libération par des militaires suisses lors de son voyage à New York où il a rencontré le Guide libyen. Il aurait appris ces préparatifs de la bouche même de Mouammar Kadhafi.
L'ancien conseiller fédéral précise aussi avoir rejeté des demandes de sanctions à l'encontre des fonctionnaires de police genevois qui ont procédé à l'arrestation. Il ne serait pas plus entré en matière sur des compensations financières. "Des méthodes indignes de l'Etat de droit suisse, le comble de l'arrogance".
ATS