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æ–Centre considère que le conflit constitue un élément intrinsèque à la vie en société. Dans sa forme destructrice et violente, il s’agit de transformer les conflits en une opportunité à saisir en vue d’un changement positif tant sur le plan personnel que social. Afin de parvenir à un tel changement, les êtres humains – et les sociétés qu’ils forment – nécessiteront vraisemblablement un soutien visant à renforcer leurs capacités, leurs compétences et leur savoir ; il faudra alors développer des mécanismes et des institutions qui garantissent la pérennité du changement.
Au vu de ce qui précède, æ–Centre offre un soutien à ses partenaires en créant d’une part des espaces propices au bon développement des relations sociales et d’une confiance mutuelle, et ceci grâce à la médiation, au dialogue et à la sensibilisation mutuelle, par exemple à travers la formation. Ces activités permettront d’autre part aux parties au conflit de mieux déchiffrer leurs besoins respectifs et de trouver des solutions qui satisfassent les besoins de toutes les parties au conflit de manière inclusive. Et, finalement, æ–Centre offrira aux parties son soutien dans le but de créer les structures nécessaires pour pérenniser ces nouvelles solutions par des mécanismes de prévention et de désamorçage de conflit.
L’approche sans exclusion précédemment décrite permettra à toutes les parties de s’impliquer, des plus coopératives au plus réfractaires. Leur implication respective constituera la base nécessaire pour découvrir l’empathie et la créativité en vue de nouvelles solutions au bénéfice de tous.
La théorie du changement de æ–Centre s’avère une combinaison des théories inter-relationnelles (healthy relationship theory), des théories relatives à l’injustice et aux causes profondes d’un conflit (root causes and justice theory) ainsi que des théories sur le développement institutionnel (institutional developement theory). Selon la nature du conflit, la théorie du changement de æ–Centre peut s’appliquer aux acteurs clefs et aux groupes d’individus (théorie des élites politiques (key people)), à une masse critique de personnes (théorie du changement individuel (many people)) ou à une combinaison des deux.
Le déroulement de nos interventions en matière de médiation et de dialogue se présente en principe selon les phases suivantes :
- Mise en confiance, réseautage, bonnes relations – théorie inter-relationnelle :
La critique des préjudices et des stéréotypes ainsi que la condamnation de toute polarisation semblent une prémisse incontournable à toute démarche commune entre les parties. En cas de conflit violent, la cessation de la violence, précisément, constituera un préalable aux potentielles démarches communes (théorie de la réduction de la violence). Toutefois, la cessation de la violence – ou la paix dite négative – ne peut à notre avis à elle seule être le garant d’un chemin vers la paix.
- Satisfaire les besoins et les intérêts – théorie de l’injustice / des causes profondes d’un conflit :
Toute transformation durable et pérenne d’un conflit doit s’attaquer aux causes profondes et à l’injustice subie. Par conséquent, les besoins premiers des parties au conflit, tels que le droit à la vie, le bien-être physique, la liberté ou encore l’identité doivent être satisfaits.
- La création de structures – théorie du développement institutionnel :
Afin de garantir la durabilité et de créer un espace propice à une coopération pérenne, la mise en place de structures, voire d’institutions communes assurera une participation sans exclusion, le principe d’équité, de justice et d’allocation impartiale des ressources. On veillera cependant à ne pas créer de structures qui, à leur tour, attiseront en leur sein de nouveaux conflits.