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Depuis quelques années, les mécanismes impliqués dans la production et l'élimination de l'angiotensine II un régulateur physiologique majeur paraissaient bien connus. L'enzyme de conversion de l'angiotensine II (ACE, pour «angiotensine conversion enzyme»), une carboxypeptidase nécessaire à la formation de l'angiotensine II, est par exemple devenu une cible thérapeutique classique. Des antagonistes à cet enzyme sont couramment utilisés dans le traitement de l'hypertension ou de l'insuffisance cardiaque.
Mais toutes les facettes du système n'étaient pas connues, comme le montre une récente découverte (Nature 2002 ; 417 : 822-8). Josef Penninger et ses collègues de l'Université de Toronto démontrent en effet qu'un nouvel enzyme de conversion de l'angiotensine découvert en 2000, l'ACE2, joue également un rôle dans le contrôle du système cardiovasculaire. Les auteurs ont localisé la position du gène de l'ACE2 chez le rat. Ils ont constaté que celui-ci se trouve précisément dans une région du chromosome X suspectée de porter les gènes impliqués dans l'hypertension dans trois modèles de rats hypertendus. De plus, chez ces animaux les niveaux d'ACE2 sont moins élevés que la normale.
L'hypertension de ces rongeurs est-elle due à une déficience du gène de l'ACE2 ? Pour le savoir, les chercheurs ont étudié des souris privées du gène de l'ACE2. Contrairement à ce qu'aurait suggéré le modèle de rat, ces animaux avaient une tension artérielle normale. En revanche, ils ont développé une pathologie cardiaque progressive et leurs taux d'angiotensine II étaient légèrement, mais significativement plus élevés que la normale. Chez la mouche drosophile, les chercheurs ont encore constaté que l'un des gènes homologues à celui de l'ACE2 est indispensable au développement normal du cur.
Qu'en conclure ? Les observations des chercheurs ne correspondent pas entièrement au modèle actuel des interactions entre l'angiotensine II et ses précurseurs, l'ACE et l'ACE2. Dans son commentaire, un spécialiste de l'Université d'Atlanta relève que ces travaux démontrent pour la première fois un effet biologique de l'ACE2. Il estime possible que certaines pathologies cardiaques humaines soient liées à cet enzyme.