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Vienne - L'Organisation mondiale de la santé (OMS) regrette qu'un "fossé immense" existe entre l'Europe orientale et l'Europe occidentale en ce qui concerne l'accès aux traitements pour les personnes infectées par le VIH. Elle a appelé mercredi à "une action unie" au niveau européen.
"Alors que l'épidémie se stabilise globalement en Europe occidentale, dans nombre de pays de l'Europe de l'Est elle explose, hors de tout contrôle", a souligné mercredi le Dr Andrew Ball, conseiller sur le sida à l'OMS, selon un communiqué de l'OMS publié à Vienne à la Conférence mondiale sur le sida.
Fin 2008, on estimait le nombre de personnes infectées en Europe à plus de 1,2 million, dont 100'000 nouvelles infections de l'année. Le nombre de nouveaux cas annuels était relativement stable en Europe de l'Ouest (environ 20'000), mais en progression en Europe de l'Est (environ 80'000).
"C'est en Europe que l'épidémie se développe le plus vite dans le monde", note l'OMS.
L'Ukraine la plus touchéeEn Europe de l'Est, l'épidémie vient essentiellement des consommateurs de drogue par injection, qui dans certains pays représentent 50% des séropositifs. La majorité d'entre eux sont en même temps co-infectés par la tuberculose et l'hépatite C. Dans nombre de pays, les consommateurs de drogue sont stigmatisés et mis à l'écart des services de santé.
L'Ukraine, avec plus de 15'000 nouvelles infections en 2008, est un des pays de la région les plus touchés, rappelle l'OMS.
Pour Nikos Dedes, du Groupe d'action européen sur le traitement, "les disparités criantes dans la réponse au VIH entre l'Europe de l'Ouest et de l'Est sont inacceptables" et il faudrait envisager davantage d'actions unies.
"L'infection au VIH en Europe dépend de l'accès aux services dans l'est du continent", souligne Martin Donoghoe, de l'OMS-Europe. "Il faut, dit-il, prévenir la réémergence de l'épidémie en Europe de l'Ouest".
ATS