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Les discours de légitimation du pouvoir à l'époque hellénistique et leurs contre-discours à l’époque romaine.
Freitag, 10. Juni
11:15 bis 12:45 Uhr
Raum 3077
En 336 av. notre ère, Alexandre le Grand succède à son père à la tête du royaume de Macédoine et reprend à son compte le projet de guerre contre les Perses que nourissait son prédécesseur. Dès 334 Alexandre s’aventure à l’Est et prend progressivement possession du territoire que contrôlait le roi perse Darius. À sa mort, Alexandre laisse à son fils à naître ainsi qu’à son frère déficient l’exercice de la souveraineté sur un espace s’étendant de la Macédoine jusqu’aux portes de l’Inde et à ses généraux – nommés diadoques – la gestion des terres conquises. Ces derniers construisent peu à peu leur légitimité sur les territoires qu’ils administrent tout d’abord pour le compte de la famille macédonienne puis pour leur propre bénéfice. Autoproclamés rois vers 305, les anciens généraux d’Alexandre développent, chacun, un pouvoir autonome qu’ils cherchent à imposer au plus grand nombre. Inévitablement, leurs ambitions entrent en conflit. Si la confrontation des projets des diadoques s’exprime d’abord physiquement –par des luttes armées–, elle se manifeste également idéologiquement –par la rivalité de discours antagonistes. Cet affrontement discursif est tout aussi important pour les diadoques et leurs successeurs que les offensives militaires qu’ils mènent les uns contre les autres. En effet, dans une société qui a rompu avec le paradigme politique précédant, il est indispensable de reconstruire un discours de légitimation particulier qui consolide l’établissement puis le développement du nouveau pouvoir. La déstabilisation des récits de justification du pouvoir adverse devient dans ce contexte une arme politique puissante. Si nous n’avons que des traces diffuses de ces contre-discours que les pouvoirs hellénistiques s’opposent, nous bénéficions de nombreuses attestations de propos dénigrants émis par des auteurs de tradition romaine. En effet, lorsque les royaumes grecs se disloquent et que Rome se développe, ces contre-discours sont à nouveau employés afin de discréditer les pouvoirs royaux en déliquescence et de dépressier un fonctionnement politique que les autorités romaines ne veulent pas voir adopter.
C’est cette opposition des récits de légitimation et de dénigrement émis par les représentants des pouvoirs hellénistique et romain que nous souhaitons interroger. Nous avons en effet l’intention de rapprocher les discours construits par un pouvoir hellénistique de ceux que lui oppose son adversaire politique romain afin de souligner les procédés discursifs par lesquels les récits d’opposants politiques sont dénigrés. Retrouve-t-on dans ces constructions antinomiques des thématiques communes ? Peut-on identifier des figures de pouvoir que les récits adverses brocardent de façon privilégiée ? Les hommes et les femmes de pouvoir sont-ils discrédités de la même manière ? Voici quelques unes des questions que nous souhaitons poser afin de souligner les éléments symboliques sur lesquels les pouvoirs hellénistiques s’appuient pour légitimer leur influence.