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Sous l’époque romaine, la région s’appelait « civitas vallensium », et était sous l’emprise de l’Empereur Claude. Celui-ci fit construire la route de Milan à Mayence, en passant par le Grand-St-Bernard, Martigny, Saint-Maurice, Massongex, St-Triphon, Aigle, Yvorne et le lac. Au Vème siècle les Burgondes venus de France s’installèrent entre Lyon et Martigny en se mélangeant à une population gallo-romaine déjà décimée par les invasions. Un roi Burgonde fonda l’Abbaye de St-Maurice (515, Saint-Sigismond) et la dota d’un important territoire entre le Valais et le lac.
Le nom du Chablais est apparu pour la première fois en 814, sous le règne de Louis le Débonnaire, successeur de Charlemagne. Entre 888 et 1032 le Comté de Chablais s’étendit du lac à Thonon et Vevey et jusqu’à la rivière du Trient du côté du Valais.
Durant cette période l’Abbaye de St-Maurice eut un contrôle total du col du Grand-St-Bernard, et était propriétaire de nombreuses terres en plaine et en altitude. Gryon, Ollon, leurs terres et leurs alpages en faisaient partie (Villars était un alpage de la commune d’Ollon). Dès 1032 les conflits se succédèrent entre le royaume de l’évêque de Sion et les comtes de Savoie, qui s’emparèrent de tout le territoire, l’agrandissant plus loin dans le pays de Vaud.
Dans ces périodes très instables, des communautés s’émancipèrent petit à petit et obtinrent de nombreuses franchises. La conquête bernoise fut déclenchée en 1475 et fut soutenue dès le printemps 1476 par les alliés du Haut Valais. Le château de la Roche à Ollon et le château de St-Triphon furent incendiés. Malgré cette offensive, l’abbaye de St-Maurice garda ses terres et une partie de ses droits jusqu’au 18ème siècle. La commune d’Ollon racheta ses droits à l’Abbaye en 1636 pour la somme de 16 500 florins. Elle resta gouvernée par des souverains de la région, seul le gouverneur d’Aigle était bernois.
Pour ce qui est de Villars, on retrouve les premières traces d’activité aux 12ème et 13ème siècles. Une vaste poussée démographique incita les moines de St-Maurice à aider les paysans, qui entreprirent la conquête systématique des alpages. C’est à cette époque précise que l’homme a considérablement élargi les hautes pelouses alpines. Chaque alpage ainsi conquis et défriché devint une vraie richesse, que les paysans ont passionnément défendue contre les empiétements de leurs voisins. La légende veut que les paysans d’Ollon se montrèrent aussi âpres à défendre leurs alpages en justice qu’à les conquérir sur le terrain contre les vernes envahissantes.
En 1750 les dixains de montagne (Villars, Chesières, Huémoz) demandèrent de former une commune distincte et ce furent les seigneurs bernois qui s’y opposèrent. En 1889 la municipalité fit réclamer les archives des dixains, pour les joindre à celles d’Ollon : la commune devenait désormais une seule entité et indivisible.
LES ANNéES SKI
Jadis, les montagnards voyaient la neige triste, froide, sombre et hostile. C’est pourquoi les hôtels de Villars-Chesières, ouverts dès 1870 n’accueillent des touristes qu’en été. C’est en 1905 que le propriétaire du Villars Palace introduit la saison d’hiver à Villars. Pour cela il développe l’infrastructure hivernale de loisirs autour de l’hôtel. En 1907, il construit une importante patinoire, installe une place de curling, une place pour le hockey et fait construire une piste de luge et de bob en 1908
Les débuts du ski en Suisse
On sait qu’en 1873, un médecin de Davos, Dr Spengler, reçoit d’un de ses parents norvégiens une paire de skis lapons. L’essai est désastreux et restera sans lendemain. D’autres précurseurs s’y essayèrent mais se laissèrent rapidement décourager par les difficultés rencontrées jusqu’à la parution à Berlin d’un livre de l’explorateur Nansen qui raconte la traversée du Groenland à skis et donne de nombreux renseignements sur la technique de ce sport. Aussitôt, en divers points de Suisse, des jeunes gens entreprenants se fabriquent des skis sur les indications de Nansen et se lancent sur les pentes.
Les débuts du ski à Villars
Les pentes qu’offre la région de Bretaye (au-dessus de Villars) sont rapidement pressenties pour une exploitation de cette activité. Dès 1906, ce sont des traîneaux à chevaux qui y conduisent chaque jour les plus chevronnés pour 13 francs. Il faut cependant attendre l’arrivée du train aux Bouquetins en 1913 pour que le ski commence vraiment à se développer. Les skieurs doivent néanmoins encore marcher les 600 mètres nécessaires pour rejoindre les pentes de Bretaye.
En 1936 le premier remonte-pente est ainsi construit dans la Combe de Chaux Ronde. Une première suisse, que ce téléski où le skieur est obligé de s’attacher au moyen d’une large ceinture de cuir pour remonter la pente. Le 13 décembre 1936, l’Orient Express fit un arrêt spécial à Aigle pour le slalom baptisé « Royaume des belles joies du ski en hiver » organisé à Bretaye. Cette même année un remonte-pente sous forme de luge pouvant accueillir 12 personnes fut aussi construit pour remonter les touristes jusqu’au sommet du Grand Chamossaire. Ces luges ont fonctionné jusqu’en 1953. La rampe de pierres qui constituait le tracé de ce remonte-pente est encore partiellement visible de nos jours, juste au-dessus du restaurant du Col de Bretaye.
Les cours de ski étaient donnés à Villars derrière le Palace, sur l’ancien Golf. Les classes étaient composées de plus de cinquante personnes et la demi-journée pour des leçons collectives était facturée 5.-, et 7.- pour les leçons privées. Parfois il arrivait que lorsque le dernier élève finissait de fixer ses skis, la leçon était terminée !
Ce n’est qu’en 1937 que la ligne du train est prolongée jusqu’au plateau de Bretaye. En 1938 Villars est classée comme l’une des premières stations d’Europe. Étant donné son avance, de très nombreux clubs de ski de Suisse viennent s’y entraîner. Villars devient alors le numéro un des stations de sport d’hiver…malheureusement 9 mois plus tard, la guerre éclate, avec comme conséquence première : un vide catastrophique dans les grands hôtels de la région
La nouvelle génération
Heureusement, de nouvelles années lumineuses succéderont à cette période difficile et Villars verra éclore au travers de son ski-club, fondé en 1920, des champions dès les années 1930, dont Olivia Ausoni et Roger Gysin pour les années 1940 à 1955, Jean-Daniel et Michel Dätwyler (entre 1965 et 1973), Céline Dätwyler et Annick Bonzon dans les années 90-2000, et Fanny Smith, Championne locale de skicross avec son impressionnant palmarès de 13 victoires et 32 podiums en Coupe du Monde, ses 3 diplômes Olympiques et sa médaille de bronze aux JO 2018.