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L'augmentation du nombre des humains sur Terre provoque de nombreuses inquiétudes touchant aux ressources de nourriture, d'eau, d'énergie et à la protection de la nature. L'on enregistre 1,2% d'évolution de la population mondiale en 2008. A l'échelle de la Suisse, l'augmentation est moindre mais cependant réelle. Selon les données de l'Office fédéral de la statistique (OFS), la population en Suisse augmente de 0,8% par an, en moyenne sur les dix dernières années.
Cette évolution n'est pas due à la natalité, puisque la Suisse compte parmi les pays au plus faible taux de natalité au monde (9,6 naissances pour 1000 habitants, contre 13,8 aux USA, 14,0 en Chine, 18,4 au Brésil, 21,8 en Inde, 45,5 en Afghanistan, 51,6 au Niger, estimations CIA 2008). Ce taux de natalité ne suffit pas à maintenir la population en Suisse. De fait, celle-ci diminue si l'on ne prend en compte que les citoyens suisses (-0,15% par an en moyenne ces dix dernières années). L'évolution positive de la population résidente est ainsi directement liée à l'immigration et non aux naissances: +1,9% par année de la population étrangère résidente, +4,5% par année si l'on y ajoute les naturalisations, toujours sur les dix dernières années.
Cette évolution découle, entre autres, d'une règle naturelle simple, qui veut qu'une société techniquement évoluée et aisée ressent moins la nécessité de se reproduire qu'une société pauvre. Le souci des décideurs en regard de cette évolution est évidemment son vieillissement. Les générations du baby-boom ont passé du stade de bébé dans les années soixante à celui de quinquagénaires, et compteront bientôt parmi les retraités AVS. L'espérance de vie augmente alors que les femmes ont des enfants de plus en plus tardivement.
Curieusement, alors que les données statistiques sur la population sont devenues très nombreuses, il ne semble pas y avoir eu de sondages concernant la perception par différentes populations de la notion de surpopulation. Il semble que cette perception puisse varier selon les époques et les lieux et selon les contextes socio-économiques (selon Wikipedia).
L'OFS prévoit une diminution de la population active, la hausse du taux d'activité des femmes ne pouvant plus compenser le recul de celui des hommes. Le rapport entre les personnes non actives et les personnes actives augmente, et c'est bien là où le bât blesse. Pour le maintien de la croissance démographique et économique aux yeux des optimistes, pour le seul maintien des rentes des personnes âgées aux yeux des pessimistes, les méthodes proposées par les «populationnistes» du XVIIIe siècle ou du début du XXe siècle (comme l'encouragement aux familles nombreuses) n'auront qu'un succès très limité, et le renforcement de l'immigration paraît être la seule solution envisagée. Une immigration qui, pourtant, ne se fait pas sans heurts, sans choc des cultures, sans difficultés d'intégration.
La particularité de ce début de XXIe siècle est qu'il voit se côtoyer populationnisme et malthusianisme. Aux craintes de vieillissement de la population répondent les craintes de surpopulation théorisées par Thomas Malthus au XIXe siècle, lesquelles s'axent aujourd'hui sur une paysannerie décimée, sur la disparition des terres cultivables au profit des zones d'habitation, sur la concentration de populations déracinées dans les centres urbains, sur la surcharge des réseaux de transport.
Ajoutons que pendant la Deuxième Guerre mondiale, la Suisse arrivait à nourrir quatre millions d'habitants. Aujourd'hui, certes, le rendement agricole à l'hectare a triplé, mais la population a doublé et les besoins individuels ont drastiquement augmenté et se sont diversifiés, rendant l'approvisionnement en nourriture fortement dépendant des importations (diversité des produits, engrais — car seuls les engrais azotés sont produits en Suisse — carburants pour les machines agricoles).
Les politiques n'envisagent d'aucune manière une situation de blocus économique, équivalente à celle qu'a connue la Serbie il y a quinze ans. Ils ne s'encombrent ainsi pas d'une réflexion sur la capacité d'une terre à nourrir ses habitants. Leur réflexion sur l'évolution démographique est généralement monodirectionnelle, axée sur le souci de rajeunir la population, de limiter l'immigration ou de limiter l'impact de l'homme sur la nature. Il est temps que la Suisse se dote d'une politique démographique cohérente, exempte de toute idéologie, qui permette d'aborder et d'intégrer l'ensemble de ces paramètres et leurs conséquences.