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A l'exception des productions américaines, la plupart des films étrangers sortent en version originale sous-titrée. Allemand et français pour la Suisse (pour des questions de rentabilité), français uniquement pour l'Hexagone, copies qui cependant sont parfois importées directement chez nous. Ce plan de Taxi Téhéran de Jafar Panahi, film dont j'ai déjà abondamment parlé lors de sa présentation à la Berlinale puis à nouveau à l'occasion de son sacre - il y a reçu l'Ours d'or -, se situe vers les trois quarts du métrage. Le cinéaste, qui sillonne Téhéran au volant de son taxi avec différents passagers, y prend en charge sa propre nièce. Mais celle-ci n'est pas contente. Et le lui fait savoir. Le sous-titre traduit son mécontentement: "Tu viens me chercher dans cette caisse pourrie?" La violence (relative) des mots peut surprendre. On ne s'attend pas forcément à ces termes dans un film d'auteur iranien. Préjugés, bien sûr. Pourquoi le cinéma d'auteur parlé en persan devrait-il obligatoirement, voire indirectement, présenter un langage châtié? Faux problème. En revanche, la verdeur du sous-titre (fidèle ou pas? je l'ignore et peu importe, au fond) donne un indice sur la liberté de ton dont use Panahi, qui est pourtant l'un des cinéastes les moins libres du monde, vu sa condamnation, son assignation à résidence et son interdiction de tourner. Dans Taxi Téhéran, il assume pleinement, totalement, sa liberté artistique. Et c'est une bonne nouvelle. Non?
Taxi Téhéran est actuellement à l'affiche en salles.