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20 septembre 2012
Médecin Sans Frontières a (im)mobilisé 200 personnes à la gare de Genève hier midi pour dénoncer le procès que mène la firme pharmaceutique Novartis contre l'Inde et pour défendre l'accès aux traitements génériques. Le Groupe sida Genève a participé à cette manifestation.
Une ambulance débarque, sirène enclenchée entre la poste et le Mc Donalds, rue du Mont-Blanc, ce mercredi à 12h30. Deux ambulanciers en sortent, brancard aux mains, et entrent dans une allée d'immeuble, sous les yeux des passants qui s'arrêtent. Les ambulanciers ressortent avec une blessée apparemment inconsciente. Ils l'emmènent au centre de la rue. A ce moment là, l'espace se fige. 200 personnes s'immobilisent, les badauds passent entre elles et les photographient.
L'action est menée par MSF, qui dénonce le procès en cours de Novartis contre l'Inde à la Cour suprême. L'organisme médical s'insurge contre la firme pharmaceutique qui s'était vu refuser un brevet pour un médicament destiné aux leucémiques, le Glivec, par le Bureau des brevets indien en 2006. Selon ce dernier, la molécule que Novartis souhaitait breveter n'était qu'une nouvelle appellation d'un agent déjà existant. Ce médicament qui soulage le patient mais ne guérit pas, il se prend à vie et coûte environ 30'000 dollars par an.
Annick Antierens, adjointe à la direction médicale de MSF explique que si «Novartis gagne le procès, d'autres entreprises pharmaceutiques voudront breveter leur produit pour la moindre modification. Cela bloquerait le marché des médicaments génériques et empêcherait l'accès à un traitement pour beaucoup de malades».
L'inde est le pays qui produit le plus de médicaments génériques de qualité. En outre, 80% des médicaments génériques utilisés dans le monde par MSF sont produits en Inde.
Pour Novartis, il s'agit de pouvoir concourir sur le marché indien en étant protégé des firmes rivales, fabriquant des génériques meilleur marché. Le chef des relations publiques de Novartis Satoshi Jean Sugimoto déclare qu'il est important de protéger la propriété intellectuelle puisque «sans brevets, il n'y aurait pas de nouveaux médicaments et donc pas de nouveaux génériques».
Il ajoute que «le Glivec est largement reconnu dans le monde entier comme présentant une véritable avancée médicale», ce que conteste justement le Bureau des brevets indien et MSF.
Source: Tribune de Genève