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C'est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris la disparition, le 17 septembre, de Maria Fidecaro, physicienne expérimentatrice qui avait rejoint le CERN en 1957. Maria est restée un visage familier pour la communauté du CERN, bien après son départ en retraite. On la croisait souvent dans les couloirs du CERN, bras dessus bras dessous avec son mari Giuseppe. Personnage central du film de l'exposition Synchrocyclotron, elle était également bien connue des visiteurs du CERN.
Née à Rome en 1930, Maria termine ses études à l'Université La Sapienza en 1951, en étudiant les rayons cosmiques à l'aide d'un détecteur situé au Cervin. En 1954, elle part avec son futur mari pour l'Université de Liverpool. Maria avait obtenu une bourse de la Fédération internationale des femmes diplômées des universités, et Giuseppe une bourse du CERN pour mener des recherches au Synchrocyclotron, le premier accélérateur du CERN. Après leur mariage en juillet 1955, ils mèneront des expériences sur les pions, Maria avec une chambre à diffusion, Giuseppe avec un compteur Tchérenkov à verre au plomb.
À l'été 1956, le couple s'installe à Genève, pour travailler au CERN, fondé deux ans plus tôt. Le Laboratoire compte alors seulement quelques centaines de collaborateurs. Maria obtient une bourse du CERN en 1957 et commence à travailler au Synchrocyclotron dans une équipe de trois personnes qui mettait au point une nouvelle méthode pour produire des faisceaux de protons polarisés. Elle mènera ensuite des expériences de polarisation au PS et au SPS. Elle restera au CERN jusqu'à la fin sa carrière, à la suite de ses premières recherches portant sur la diffusion nucléon-nucléon avec échange de charges et la diffusion élastique proton-proton.
Dans les années 1990, Maria travaille sur les détecteurs et les analyses de l'expérience CPLEAR, conçue pour permettre des mesures de précision de la violation de CP, T et CPT dans le système de kaons neutres. Elle sera à l'origine de la conception et de la construction d'un calorimètre électromagnétique à haute granularité, qui permettra à l'expérience CPLEAR d'atteindre de nouveaux niveaux de précision dans l'étude des symétries fondamentales. De 1991 à 1995, elle dirige le groupe CPL au sein de la division Expériences de physique des particules. Elle a également participé à l'expérience NA48/2, à la recherche de violation de CP dans la désintégration des kaons chargés, et contribué aux débuts de l'expérience NA62.
Maria a fêté son départ à la retraite en 1995, sans pour autant mettre un point final à ses activités de recherche. Elle et Giuseppe ont continué de travailler au CERN en qualité de membres honoraires du personnel. Comme elle l'expliquait lors d'un entretien en 2012, « Chaque jour ou chaque semaine, il y a quelque chose de nouveau lié à notre ancien travail ».
La cérémonie funéraire sera célébrée à la Mission catholique italienne de Genève le vendredi 22 septembre à 14 h 30.
Une nécrologie complète sera publiée dans le CERN Courier.