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Critique
Au IIIe siècle avant J.-C., le roi de Qin, Ying Zhang, est obsédé par l'idée de réunir les sept royaumes de Chine en un seul et immense empire dont il prendrait la tête.
Zhao, fille d'un autre royaume et amour d'enfance de Ying Zhang, parvient à le convaincre d'organiser une fausse tentative d'assassinat: se posant ensuite en victime, il ralliera à sa cause, dit-elle, les autres prétendants au pouvoir suprême. Mais le plan ne se déroulera pas comme prévu...
Chen Kaige (Palme d'Or à Cannes, en 1993, pour ADIEU MA CONCUBINE) aura mis dix ans à réaliser ce projet monumental consacré au premier empereur de Chine (à noter que Mao Zedong s'en réclamera plus tard, au nom de la réunification et de la rénovation du pays). Avec L'EMPEREUR ET L'ASSASSIN il tente de porter à l'écran une histoire vieille de plus de deux mille ans, en allant davantage (dit-il) dans le sens d'une interprétation des événements que d'une reconstitution historique. S'attachant de près à des personnages qui ont laissé à jamais leurs marques dans l'histoire chinoise et qui ont eu à affronter des choix difficiles, il a réalisé - disposant d'un budget colossal et cela se voit sur l'écran - une longue fresque épique et brutale, dont l'intérêt se situe dans une très belle utilisation de l'espace et du mouvement, dans des décors (gigantesques), des couleurs (flamboyantes) et dans le jeu remarquable des trois interprètes principaux: Gong Li, l'actrice fétiche de Kaige et Yimou, Li Xuejian (l'empereur) et Zhang Fengyi (l'assassin).
Il n'en reste pas moins qu'au-delà de cette histoire sanglante que l'on peut lire comme une parabole sur les dérives du pouvoir, qu'au-delà aussi d'une réflexion finalement assez banale (parce que presque quotidienne dans le cinéma) sur la violence, la corruption et le mensonge, le spectateur cherche en vain l'émotion ou quelques signes d'espoir. Reste, bien sûr, le plaisir des yeux.
Chen Kaige
Né en 1952, à Pékin, d'un père cinéaste et d'une mère journaliste, Chen Kaige subira les contrecoups de la Révolution culturelle (1966) et ne terminera ses études de cinéma qu'en 1982. A réalisé, entre autres: TERRE JAUNE (1984, Léopard d'argent à Locarno); ADIEU MA CONCUBINE (1993, Palme d'Or à Cannes); TEMPTRESS MOON (1996).
Antoine Rochat