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Mémoire d'archives
Vous avez pu découvrir dans le VbB le Mag! de mars une photo mystère à identifier. En voici la réponse : l'ancien Grand Hôtel de la Pierre-à-Voir
Une maison de premier ordre
Situé au col du Lein, à 1550 mètres d’altitude, l’hôtel ouvre ses portes le 1er juin 1896. La construction requiert d’installer un câble entre Charrat et La You pour transporter des matériaux. L’hôtel accueille des touristes de la mi-juin à la fin septembre.
A son ouverture, l’établissement compte 150 lits, une salle à manger et un grand salon. L’eau est acheminée par le bisse et la cuisine est alimentée au gaz. Au sous-sol, une cave à voûtes et une glacière sont aménagées pour conserver les denrées et les boissons. L’hôtel possède une véranda vitrée, une salle de jeux, un billard, un tennis et un bureau de poste.
Les septante chambres de l’hôtel peuvent être reliées entre elles et former des appartements. Des douches et des bains sont mis à la disposition des clients.
En 1910, l’éclairage électrique est introduit dans le bâtiment grâce à une dynamo privée. L’hôtel s’équipe également du téléphone.
Dans les publicités, on mentionne que les touristes ont la possibilité de redescendre en luge à foin jusqu’à Saxon ! Ils peuvent aussi bénéficier du service d’un pasteur protestant.
Les propriétaires : la famille Blanchoud-Pellaud
Jean Blanchoud (1839-1922) est le premier propriétaire du Grand Hôtel de la Pierre-à-Voir. Originaire de Miéville, près de Vernayaz, il est le fils de Sigismond Blanchoud et de Louise Moret. Jean Blanchoud fut chef de gare à Evionnaz puis négociant à Sion où il s’établit. Il y crée les Moulins de la Grenette. Le 24 octobre 1876, il épouse Josette-Henriette Pellaud, du Levron (1851-1949). En 1895, il obtient la bourgeoisie de Vollèges. L’année suivante, il inaugure son grand hôtel au col du Lein. Il fait également construire la route carrossable reliant Martigny au Grand Hôtel de la Pierre-à-Voir en passant par Chemin. Avec son épouse, il exploite le grand hôtel. Il est secondé par son fils, Clément Blanchoud, qui devient par la suite propriétaire du bâtiment.
Un directeur d’origine polonaise
En 1896, lors de l’ouverture de l’hôtel, Hyppolite Golstand est engagé comme directeur pour la saison d’été. Polonais d’origine, Golstand a déjà fait ses marques dans l’hôtellerie. Il est propriétaire de l’Hôtel-Pension Richemond, à Montreux. Il fut également actif dans l’hôtellerie genevoise, à l’Hôtel-Pension Bel-Air, et à l’Hôtel des Fougères de Caux. Il poursuit sa carrière en tant que commerçant d’antiquités et d’objets d’art à Montreux.
L’incendie
Dans la nuit du 26 novembre 1916, le Grand Hôtel de la Pierre-à-Voir est détruit par un incendie. Les dégâts sont considérables. L’établissement était inoccupé et inhabité au moment du sinistre. Il ne sera pas reconstruit.
Lien : https://xml.memovs.ch/006ph-00645.xml (ruines de l’hôtel)