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Une armée moins nombreuse et une école de recrues plus longue: le Conseil fédéral a fixé mercredi les lignes directrices d´Armée XXI. Celle-ci comptera 119 000 militaires et 80 000 réservistes. Les partis ont réagi assez froidement au projet d'Adolf Ogi.
Les décisions du gouvernement reflètent le projet défendu par le ministre de la défense Adolf Ogi. La future armée passera ainsi de 360 000 militaires à 119 000.
Moins nombreuse, l'armée ne sera pas forcément moins chère, a souligné le conseiller fédéral. Jusqu'en 2004, un budget de 4,3 milliards de francs est réservé à l'armée. Cette somme sera ensuite revue à la hausse ou à la baisse en fonction de l'évolution de la situation.
Dès 2003, les soldats ne seront plus obligés de servir que pendant 280 jours au lieu de 300. Ceux-ci seront répartis entre 24 semaines d'école de recrues - contre 15 semaines actuellement - et six cours de répétition de 19 jours, au rythme d'un par an.
Cette solution garantit une meilleure formation de base, d'après Adolf Ogi. Elle laisse également plus de liberté au soldat, qui aura accompli plus de la moitié de ses jours de service durant l'école. Un fractionnement des 24 semaines sera examiné pour les étudiants.
Une fois accomplis école de recrue et cours de répétions, les soldats rejoindront une réserve nouvellement créée de 80 000 personnes. Ils seront équipés de leur matériel personnel jusqu'à la fin de leurs obligations militaires à 30 ans révolus.
Les officiers supérieurs et les capitaines devront pour leur part suivre chaque année jusqu'à cinq jours de cours de perfectionnement. Le noyau des professionnels passera pour sa part de quelque 3600 à un effectif compris entre 5000 et 7000 personnes.
Certains parmi eux participeront, aux côtés de miliciens, aux opérations de soutien de la paix à l'étranger. Jusqu'à 1600 volontaires seront concernés chaque année.
Toutes ces décisions de principe ont le soutien de Samuel Schmid, successeur d'Adolf Ogi, a assuré ce dernier. Ces directives politiques serviront de base au plan directeur qui devrait être mis en consultation au premier trimestre 2001.
Les partis se sont montrés plutôt critiques. Pour le PS, le modèle d'armée proposé est «trop lourd et trop cher». Les socialistes jugent en particulier inutiles les 80 000 réservistes prévus.
Même s'ils saluent dans l'ensemble les lignes directrices, les radicaux estiment aussi que la réforme ne va pas assez loin. L'école de recrues, beaucoup trop longue, causera des problèmes sérieux à l'économie. Le PRD demande que le budget soit à nouveau examiné après le changement à la tête du Département de la défense.
Le PDC se dit «assez satisfait». Mais lui aussi apporte une réserve sur le budget. Il se demande si toutes les possibilités d'économies ont été explorées.
L'UDC pour sa part critique la procédure adoptée. Elle juge absurde une discussion détaillée sur les chiffres avant de connaître le plan directeur d'Armée XXI. Il faudra aussi savoir si les soldats suisses pourront être envoyés à l'étranger armés. L'UDC craint aussi un effritement du principe de l'armée de milice.
Les officiers, qui avaient été rappelés à l'ordre par Adolf Ogi après des critiques publiques, contestent eux la méthode choisie. La Société suisse des officiers (SSO) se réserve le droit de remettre en question les décisions du Conseil fédéral dans le cadre de la procédure de consultation sur le plan directeur.
swissinfo avec les agences