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En 1973, Léonard Gianadda projette de construire un immeuble-tour de seize niveaux et de septante-deux appartements à la périphérie de la ville, à Martigny, sur un terrain d’environ 7000 m2. Son nom ? La Tour Belvédère !
Avant d’autoriser les travaux, le Département de l’instruction publique du Canton du Valais demande que des fouilles archéologiques soient entreprises sur l’emplacement de la future construction. Le lieu est en effet proche de l’ancienne ville gallo-romaine : l’amphithéâtre du Vivier et l’antique Forum sont à deux pas.
En juin 1976, au cours de ces travaux, un temple apparaît sous plusieurs mètres de terre.
Sensible aux vestiges de passé, comme il l’a montré dans ses nombreuses balades archéologiques avec Pierre lors du tour de la Méditerranée en 1960, Léonard cherche une solution pour conserver ce temple, quand bien même il a reçu la permission du Canton de le raser pour y bâtir un immeuble. Durant les vacances d’été, l’ingénieur esquisse des projets, imagine un édifice qui puisse également servir de musée archéologique pour le patrimoine gallo-romain de Martigny. Il s’inspire notamment de la forme ronde du Guggenheim de New York. Mais toutes ses idées aboutissent à des impasses.
Un coup du destin intervient quelques semaines plus tard : Pierre Gianadda, le frère dont il est très proche, meurt le 31 juillet 1976 à la suite d’un accident d’avion en Italie. Cette tragédie complète la série noire des deuils familiaux : le 29 janvier 1972, son père décède d’une embolie à 66 ans ; peu de temps après, le 19 octobre 1973, sa mère est fauchée par le train du Martigny-Orsières en revenant du cimetière où elle a été fleurir la tombe de son époux... Bouleversé par la disparition de son frère, Léonard décide immédiatement de transformer l’immeuble-tour en Fondation, en souvenir de Pierre et des liens qui les unissaient.
En août 1976, Léonard dessine les plans de la future Fondation. Six mois plus tard, le 24 février 1977, l’acte de constitution est signé à l’Hôtel de Ville de Martigny.
Léonard offre les terrains nécessaires et assume la quasi-totalité des frais de construction du bâtiment. Après un peu plus d’une année de travaux, la Fondation Pierre Gianadda est inaugurée le jour anniversaire des quarante ans de Pierre, le dimanche 19 novembre 1978. Un nombreux public est présent pour saluer l’ouverture de ce nouvel espace dédié à la culture.
Léonard Gianadda imagine immédiatement la Fondation comme un lieu dynamique de rencontres, qui puisse réunir plusieurs éléments : le musée archéologique, des expositions temporaires et des concerts. C’est ainsi qu’il crée deux galeries – celle supérieure dédiée à l’histoire gallo-romaine de Martigny, celle inférieure réservée pour les expositions temporaires – et un espace suffisamment large aux pieds des escaliers pour pouvoir accueillir des formations musicales.
Au fil des ans, grâce à la motivation et l’habileté de son fondateur, la Fondation Pierre Gianadda a réussi à se tailler une solide réputation dans le monde des arts. En quarante ans, le musée martignerain a ainsi accueilli près de 10 millions de visiteurs.
Les infrastructures culturelles qui entourent la Fondation sont étoffées au cours des ans.
Dès 1984, les jardins de la Fondation accueillent des expositions de sculptures. A l’occasion de l’exposition Henry Moore en 1989, le parc double de surface en intégrant un verger d’abricotiers à l’ouest. Sa vocation de « Parc de sculptures » s’affirme grâce aux grandes expositions temporaires qui y sont organisées. Progressivement, avec l’installation d’œuvres permanentes, il devient l’un des plus beaux parcs de sculpture d’Europe.
Le complexe de la Fondation atteint ses dimensions actuelles avec l’annexion et la transformation du Vieil Arsenal en 1995-1996 et l’intégration du Pavillon Szafran, affecté aux réunions et aux groupes.
© Léonard Gianadda
© Archives Gianadda
© Michel Darbellay
© Archives Gianadda