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Il est le premier évangile connu, composé vraisemblablement au cours des années 70 pour des non-Juifs, sur la base d’un récit de la Passion et de collections d’actes et de paroles de Jésus.
Il se présente comme la « bonne nouvelle de Jésus-Christ ». Comme Paul, il se sert du terme « évangile » qu’il rattache à la figure historique de Jésus de Nazareth, mais à sa différence, il inclut dans la bonne nouvelle la narration du ministère, de la prédication, de l’activité et de la destinée finale de Jésus.
Au regard de sa construction, toute orientée sur la marche de Jésus vers la croix, on a coutume de considérer l’évangile de Marc comme un « récit de la Passion avec une introduction circonstanciée » (Martin Kähler).
Par différents procédés littéraires, l’évangile de Marc a tissé un écheveau de discontinuités et d’incohérences entre Jésus, l’inaugurateur du règne salutaire de Dieu, et les humains destinataires de son ministère :
Ces discontinuités et ces incohérences ont le sens d’une dissonance entre les humains et le règne de Dieu : par eux-mêmes, les humains ne peuvent s’y ouvrir et ne peuvent que s’y opposer ; car en la personne de Jésus, en sa vie et en sa mort, le règne de Dieu surgit d’une manière cachée qui bouscule les attentes, les représentations et les convictions. Il oblige à une foi radicale qui suppose un mourir à soi-même et un abandon de toutes ses sécurités ; à une foi qui ne peut, elle-même, qu’être donnée par Dieu ; à une foi qui, par surcroît et de manière cohérente, ne recevra aucune garantie et aucun privilège lui permettant de s’assurer d’elle-même, ou de son fondement, et qui sera toujours menacée d’effondrement et vouée à reprendre son mouvement.
Rédigé une trentaine d’année après la mort de Jésus, l’évangile de Marc apparaît dans un contexte où : 1) des affirmations chrétiennes sont rapportées depuis une génération ; 2) ces affirmations entendent faire valoir l’irruption en Jésus d’un salut divin dans un monde condamné. Or, dans la mesure où l’évangile de Marc dépeint Jésus comme un Messie qui se cache et la foi comme une attitude menacée d’effondrement qui doit toujours à nouveau reprendre son mouvement à partir de l’incrédulité ou de l’illusion, dans la mesure où il adopte ainsi une perspective critique qui arrache la vie croyante à tout fondement évident, on peut considérer que Marc suit une démarche logique qui évite la positivité et qu’il développe une interprétation réactionnelle des thèses chrétiennes. Quatre exemples peuvent servir à l’illustrer:
L’irruption du salut en Jésus-Christ
La résurrection de Jésus
Le caractère décisif de la foi
Le don de la vérité
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