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argent
Mordechaï Meisl se disait que gagner de l'or était une entreprise pénible et souvent bien vaine pour les autres ; nombreux étaient ceux qui y vouaient le vie et la perdait dans cette entreprise. Pour lui, en revanche, cela n'avait jamais été qu'un jeu. Sa vie durant, l'or l'avait poursuivi, courtisé et adulé, revenant toujours lorsqu'il le rejetait. Parfois il était las de tant de chance, et même l'or devenait pour lui un objet de crainte. L'or le harcelait, voulait lui appartenir et ne servir personne d'autre que lui, et quand il lui appartenait, il ne restait plus dans les caisses et les coffres, mais parcourait le monde à son service, comme son valet. Oui, l'or l'aimait, il s'était soumis à lui. Mais que ferait-il, que provoquerait-il le jour où il le laisserait derrière lui, seul au monde, sans entrave, sans sa main pour le dompter ?
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La nuit sous le pont de pierre