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Si certains haplotypes HLA-DQ (DQ2 ou DQ8) sont des facteurs de prédisposition à la maladie cœliaque (MC), le rôle de l’âge d’introduction du gluten dans la diète reste sujet à débat. Comme ce facteur modifiable pourrait avoir un impact significatif sur le développement de la MC, les auteurs de cette étude prospective, réalisée entre 2003 et 2008, ont randomisé 832 nouveau-nés à risque (anamnèse de MC chez un parent du premier degré) en deux groupes. L’étude a comparé l’introduction du gluten dès 6 mois de vie à une introduction retardée après 12 mois. L’issue primaire était l’apparition à l’âge de 5 ans d’une MC (sérologique ou confirmée par biopsie). Les résultats principaux ne montrent pas de différence significative du nombre de MC entre les deux groupes à 5 ans (21 % dans le groupe « 6 mois » et 20 % dans le groupe « 12 mois » ; p = 0,59), même si une différence significative est notée à l’âge de 2 ans (12 % vs 5 % ; p = 0,01). Les auteurs concluent que le principal facteur de développement d’une MC est la constellation HLA, et que chez ces enfants – dont la majorité développe une MC avant l’âge de 5 ans – une introduction du gluten après 12 mois ne joue pas de rôle significatif.
Commentaire : Cette étude visait à démontrer un bénéfice de l’introduction retardée du gluten à 12 mois, par rapport à la pratique usuelle d’introduction à 6 mois, mais elle est négative. La population étudiée étant à risque (10 % de risque de développement de MC), et donc la meilleure cible, on peut considérer en accord avec les auteurs que cette intervention ne présente pas d’intérêt en général pour diminuer la prévalence de cette maladie. Par contre, les résultats de cette étude confirment l’intérêt de la détermination précise du risque par typisation de l’haplotype HLADQ chez les enfants avec une anamnèse familiale, et du dépistage de la MC dès l’âge scolaire, ce qui est la pratique en Suisse. A une époque où l’intolérance au gluten est un sujet à la mode, et où le comportement d’éviction du gluten de la diète est de plus en plus répandu, cette étude ne justifie donc pas une introduction tardive après un an. Au contraire, à la lumière de plusieurs études publiées au cours des dernières années (Norris 2005, Ivarsson 2013), la tendance actuelle est même d’anticiper l’introduction des allergènes alimentaires, idéalement sous allaitement maternel. La Société suisse de pédiatrie recommande ainsi depuis 2011 d’introduire le gluten entre 4 et 6 mois, en accord avec les directives de l’ESPGHAN publiées en 2008. Il serait intéressant de savoir ce que donnerait une étude similaire à celle de Lionetti et coll. avec un bras d’introduction précoce du gluten à l’âge de 4 mois.