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Aux HUG, tous les volontaires qui ont reçu 10 ou 50 millions de particules vaccinales de VSV-ZEBOV ont fabriqué des anticorps capables de se fixer sur l’enveloppe du virus Ebola. C’est un excellent résultat. Les volontaires qui ont reçu la plus forte dose ont développé des taux plus élevés d’anticorps potentiellement capables de neutraliser le virus Ebola. Cette observation a été confirmée par celles faites par les autres équipes: VSV-ZEBOV induit des réponses anticorps même lorsqu’il est utilisé à la dose de 300'000 particules, mais les taux d’anticorps neutralisants augmentent avec la dose et atteignent une valeur maximale avec au moins 20 millions de particules vaccinales.
Les analyses réalisées sur ces premiers volontaires montrent que la réaction immunitaire est déjà détectable 14 jours après la vaccination. Mais cette concentration d’anticorps est plus élevée après 28 jours. Nous ne savons pas encore si les taux d’anticorps continuent à augmenter, restent stables ou diminuent dans les mois suivants. Cela sera déterminé par le suivi des volontaires 6 et 12 mois après la vaccination. A ce jour, on ne connaît pas les taux d’anticorps nécessaires pour protéger contre le virus Ebola. Ce sont les essais cliniques d’efficacité vaccinale en Afrique de l’Ouest qui devront le déterminer.
Les observations réalisées par les quatre équipes (aux HUG, au Gabon, au Kenya et en Allemagne) sur un total de 158 volontaires, ainsi que celles de deux équipes américaines sur 58 personnes, ont conduit à sélectionner une dose de 20 millions de particules vaccinales pour les essais cliniques de phase III. Cette dose élevée augmentera la probabilité que ce candidat vaccin soit efficace. Le premier essai clinique de phase III (efficacité vaccinale) a débuté en Guinée au mois de mars sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé. Il se basera sur plusieurs milliers de volontaires, en particulier ceux ayant été en contact avec un patient infecté par Ebola.
C'est effectivement la première fois qu'un virus de ce type est testé à large échelle en guise de “support vaccinal”. Des équipes travaillant sur le cancer et le HIV ont également prévu d'utiliser le virus de la stomatite vésiculaire pour développer des vaccins, et des essais cliniques de phase I ont - ou sont sur le point de - débuter. Même si chaque vaccin est différent, les observations faites par les équipes qui ont étudié le VSV-ZEBOV vont être très utiles pour le développement d'autres vaccins basés sur le VSV, et pour mieux anticiper les effets secondaires qu'il pourrait provoquer ou chercher à les prévenir. On sait ainsi qu’un vaccin VSV-ZEBOV encore plus atténué, donc peut-être encore mieux toléré, est actuellement en développement préclinique.