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D’autres projets pour le domaine de Dorigny
De la Cité Olympique…
Depuis le XVIIe siècle, la campagne de Dorigny est habitée par de riches familles lausannoises, notamment la famille Loys. Celle-ci occupe le domaine et le développe pendant plus de deux siècles. Elle y fait construire des bâtiments, le château entre autres, et y prospère avec une papeterie, une usine de blanchiment de toile de chanvre et plus tard avec des expériences agronomiques. C’est au XXe siècle que Dorigny se voit convoitée par de « grands projets ». Alors que la famille Loys y réside toujours, un premier dessein d’envergure se présente; une Cité Olympique.
En 1911 aux Jeux de Stockholm, peu de temps après l’invention des jeux olympiques modernes (1894), le baron de Coubertin et le Comité olympique, désireux de se préserver des influences économiques et politiques des pays d’accueil, lancent un concours pour la construction d’une « Olympie moderne » sur un site permanent. Les architectes doivent présenter un plan général d’une cité destinée à recevoir les différentes disciplines des jeux olympiques.
Le seul projet connu et publié en 1911 est l’œuvre de deux architectes suisses, Eugène Monod et Alphonse Laverrière. Il se situe entre les embouchures de la Morges et du Boiron. Sept ans plus tard, en 1918 c’est le site de Dorigny qui est pressenti pour ce projet qui n’a toujours pas trouvé place et qui n’en trouvera, par ailleurs, jamais.
Entre 1915 et 1917, le siège du Comité international olympique et l’Institut olympique sont déplacés à Lausanne. Ainsi, lorsque en 1918 certains pays de la Triple-Entente décident d’offrir à la Suisse un stade, l’implantation sur les rives du Léman est favorisée. Laverrière propose alors une Olympie à Dorigny sur un terrain d’environ un kilomètre carré qui partirait du port de Saint-Suplice jusqu’à l’embouchure du Flon avec une extension de cinq kilomètres carrés pour les constructions annexes qui prendraient place sur la plaine de Vidy. Mais comme les autres projets, celui-ci n’est pas mis en œuvre et dans les années 30 les concours olympiques d’art s’éteignent pour disparaître en 1948 sans jamais avoir concrétisé l’Olympie. [1]
… A l’aérodrome
En 1938, année de la mort de la dernière héritière de la famille Loys, un second projet important prend place à Dorigny. Les premières études en vue de l’implantation de l’aéroport d’Ecublens sont lancées. On cherche à déplacer l’aérodrome de la Blécherette dont la surface ne permet pas une extension suffisante en vue d’une internationalisation du trafic aérien. Le terrain choisi est celui qui accueille aujourd’hui l’EPFL, avec une piste d’atterisage qui se prolonge jusqu’à l’actuel bâtiment de l’Unithèque. Ce projet emporte un large soutien; l’économie lausannoise y voit une aubaine et le Conseil communal une réalisation prometteuse. Ce dernier accorde au projet de l’aéroport intenational Lausanne-Ecublens un crédit de deux millions de francs. Mais cet enthousiame économique et politique sera stoppé le 17 novembre 1946 par le peuple vaudois qui refuse la création de l’aéroport, essentiellement par peur des nuisances sonores. [2]
Constance Lambiel
Service des Archives, Université de Lausanne
[1] Pour une étude sur le sujet: FREY Pierre, « Brève chronique illustrée des velléités d’érection d’un monument aux muscles à Lausanne, 1911-1944″, in Faces journal d’architecture, n°11, printemps 1989, pp. 56-61.
[2] Archives de la ville de Lausanne, Fonds Louis Polla.
Avant 1963, le domaine de Dorigny appartient à l’hoirie des Loys, une illustre famille lausannoise. Depuis le XVIIe siècle, cette dernière exploite les lieux et y développe différentes activités agricoles.
Le site de Dorigny a été occupé régulièrement depuis la période néolithique, jusqu’au Moyen-Âge. La première mention du lieu-dit “En Durignye” apparaît en 1320, lors d’une transaction de terrains.