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Amnesty International appelait encore ces derniers jours le roi d’Arabie saoudite Abdullah à accorder la grâce à Rizana, notamment en raison du jeune âge de l’employée et des doutes qui subsistaient quant à la régularité du procès.
Pas d’exécution pour les mineurs
En tant qu'Etat partie à la Convention relative aux droits de l’enfant, l’Arabie saoudite n'a pas le droit d'appliquer la peine de mort à des personnes qui avaient moins de 18 ans au moment des faits qui leur sont reprochés. En cas de doute quant à leur âge, les tribunaux doivent considérer les accusés comme étant des mineurs.
Le passeport que Rizana Nafeek a utilisé pour entrer en Arabie saoudite en mai 2005 mentionne février 1982 comme sa date de naissance, mais son certificat de naissance indique qu'elle est née six ans plus tard, ce qui fait qu'elle n'avait que 17 ans lors de la mort de l'enfant. Selon les informations recueillies par Amnesty International, Rizana Nafeek n’a pas été autorisée à présenter son acte de naissance ni aucun autre élément attestant son âge au tribunal lors de son procès en 2007.
Procès inéquitable
Rizana Nafeek n’a pas pu bénéficier de l'aide d’un avocat pendant l’interrogatoire précédant son procès ni lors de son procès en 2007. Elle a d’abord «avoué» le meurtre pendant son interrogatoire, mais elle s’est rétractée depuis, affirmant que ses «aveux» lui avaient été arrachés sous la contrainte après qu’elle eut été agressée physiquement en détention. Rizana Nafeek affirme que le bébé s'est étouffé accidentellement en buvant son biberon.
Il s'avère également que l'homme qui a traduit ses déclarations n’était pas un interprète diplômé.
Peine de mort et discrimination
Un nombre disproportionné d'étrangers, principalement des travailleurs migrants originaires de pays pauvres, ont été exécutés en Arabie saoudite ces dernières années. En 2012, septante-neuf personnes ont été exécutées en Arabie saoudite. Vingt-sept d’entre elles étaient étrangères.
Les procès en Arabie saoudite ne se conforment pas aux exigences internationales définissant une procédure équitable. Les accusés d’origine étrangère sont particulièrement concernés, en raison de difficultés dues à la langues, ou parce qu’ils ne sont pas informés de leurs droits et n’ont souvent pas accès à un avocat.
Communiqué de presse publié le 10 janvier 2013, Londres, Lausanne.
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