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Au temps des lépreux1096
Les Croisés qui rentrèrent de Terre Sainte, apportèrent avec eux une terrible maladie: la lèpre. Chez nous beaucoup de personnes furent atteintes de ce fléau. Comme on ne connaissait aucun remède, les lépreux devaient vivre isolés dans des léproseries. Il y en avait une à Gruyères: la léproserie des Verneys, sur le monticule du Montilly. D'autres furent établies à Marsens, aux Marches.
Le sort réservé à un lépreux:
Un jour, un homme croit sentir les signes de la terrible maladie: son visage se boursoufle, son corps se couvre de plaies. Alors, il doit se dénoncer. Il devra se montrer devant une commission composée du médecin, de conseillers communaux, du banneret et de deux huissiers. Si l'homme est reconnu malade, on décidera de l'isoler. Parfois on lui administre aussitôt les derniers sacrements et on récite sur lui les prières des morts. Après ces cérémonies, il prendra le chemin de la léproserie où il passera le reste de ses jours.
Les lépreux étaient autorisés à aller demander l'aumône aux quatre plus grandes fêtes de l'année.
Quand ils pouvaient sortir, les lépreux devaient se plier à un règlement sévère; les commandements des lépreux:
Tu ne sortiras pas sans ta tartarelle
Tu te muniras de ta crécelle
Tu ne sortiras jamais de ta maison pieds nus
Tu ne laveras ni ton linge, ni ton corps, ni ton écuelle aux fontaines et aux ruisseaux
Tu ne toucheras rien sinon de ta main gantée
Tu n'iras plus à l'église, ni aux foires
Tu ne t'approcheras pas des enfants
A ceux qui te parleront, tu ne répondras que "sous le vent"
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