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Pour une première en WRC, le rallye de Croatie aura su marquer les esprits. Ainsi, après 3 jours de course fort de nombreux faits de course et coup de théâtre, c’est finalement Sébastien Ogier qui remporte l’épreuve, et reprend la tête du championnat, après un final plein de suspense.
Constitué de deux boucles de 4 spéciales, la première journée du rallye de Croatie démarrait par un coup de théâtre puisque après seulement 4 km, le leader du championnat Kalle Rovanperrä partait à la faute et sortait définitivement de la route, la Toyota Yaris ne pouvant être réparé pour repartir le lendemain. Et, quelques minutes plus tard, dans le même virage, Sébastien Ogier évitait de peu le même sort, le champion du Monde parvenant néanmoins à garder la Toyota sur la route, mais au prix d’une crevaison qui allait lui faire perdre une poignée de seconde.
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, Thierry Neuville allait se retrouver à ouvrir la route lors de la première boucle et donc bénéficier d’une route plus propre que ses adversaires. Et, le pilote Hyundai n’allait pas manquer l’occasion de prendre l’avantage et remportait trois des quatre spéciales au programme de la matinée. Elfyn Evans, qui parvenait à devancer le pilote belge lors du troisième chrono, rentrait au parc de mi-journée avec 7 secondes de retard sur le leader, Sébastien Ogier pointant au troisième rang malgré sa crevaison, alors que Ott Tänak terminait cette matinée au quatrième rang, mais à plus de 25 secondes de son coéquipier, le pilote Estonien ayant été handicapé par un mauvais choix de pneumatique.
Mais, l’après-midi, Sébastien Ogier revenait dans la lutte en remportant trois chronos, lui permettant ainsi de dépasser les 600 victoires en spéciale, et le pilote français reprenait la deuxième place à son coéquipier Elfyn Evans, lequel pointait à quelques dixièmes de son coéquipier, et revenait à 7 secondes de Thierry Neuville qui clôturait cette première journée en tête. Malgré un meilleur choix de pneumatique pour l’après-midi et de nouveau réglages qui le mettaient plus en confiance et lui permettaient de signer un temps scratch, Ott Tänak perdait encore de temps sur le leader pour conclure cette journée avec plus de 30 secondes de retard. Cinquième Craig Breen éprouvait quelques difficultés pour son premier rallye asphalte depuis 2018 et concluait la journée à 22 secondes d’Ott Tänak alors que Adrien Fourmaux, dont c’était le premier rallye dans la catégorie reine faisait forte impression en se classant sixième devançant son coéquipier Gus Greensmith.
Et, le lendemain, le jeune français allait encore plus marquer les esprits en terminant, à deux reprises, au deuxième rang d’un chrono, et montait à la cinquième place après la crevaison de Craig Breen, ce qui faisait perdre 2 minutes à l’Irlandais.
Devant, Thierry Neuville et toute l’équipe Hyundai allait choisir de partir en pneus soft pour la boucle matinale, mais ce choix allait être le mauvais. Ainsi, les routes se réchauffaient rapidement durant la matinée et les Toyota allaient profiter de leurs pneus durs pour rafler les 4 scratch et prendre l’avantage. En conséquence, Sébastien Ogier prenait la tête du rallye devant Elfyn Evans, alors que Thierry Neuville était rejeté à plus de 20 secondes, Ott Tänak perdant lui aussi du temps sur les Toyota. Mais, dans la première spéciale de l’après-midi, Thierry Neuville refaisait la moitié de son retard puisque Sébastien Ogier était victime d’une nouvelle crevaison. Et, au terme de cette deuxième journée, les 3 leaders se tenaient en un peu plus de 10 secondes devant Ott Tänak à plus de 30 secondes. Derrière Adrien Fourmaux, Pierre-Louis Loubet réalisait, lui aussi, un beau rallye et pointait au sixième rang avant de partir à la faute. Gus Greensmith récupérait alors la sixième place devant Takamoto Katsuta et Craig Breen au terme de cette deuxième journée.
Mais dès le dimanche matin, avant même la première spéciale, un nouveau coup de théâtre survenait, puisque Sébastien Ogier était victime d’un accident de circulation en liaison, ce qui endommageait la portière droite de la Toyota Yaris. Si les dégâts semblaient, surtout, esthétiques, la portière ne fermait plus parfaitement bien ce qui imposait à Julien Ingrassia de porter un masque pour se protéger de la poussière dans la voiture.
Et, dans ces conditions, l’équipage de la Toyota n°1 perdait la place de leader après les deux premières spéciales au profit d’Elfyn Evans, ce dernier menant l’épreuve avec près de 3 secondes d’avance sur son coéquipier, alors que §Thierry Neuville pointait à 8,4 secondes du Gallois avant les deux derniers chronos.
Et, avec une avant-dernière spéciale remportée par Thierry Neuville, c’est avec un écart de 8 secondes entre Elfyn Evans leader et Thierry Neuville troisième que la Powerstage allait se jouer, Sébastien Ogier pointant à 3,9 secondes du leader.
Deuxième des pilotes de WRC à s’élancer dans l’ultime chrono, Craig Breen se rappelait à tous en réalisant un temps très solide, puisque, jusqu’au départ des trois leaders, seul Ott Tänak s’approchait de son coéquipier irlandais à moins de 3 secondes, les autres concurrents étant à une dizaine de secondes ou plus. Dans le rythme de l’irlandais et même légèrement devant au intermédiaire, Thierry Neuville sortait la grosse attaque mais effectuait une petite faute dans la fin de la spéciale ce qui le rejetait derrière son coéquipier sur la ligne d’arrivée. Derrière le pilote Hyundai, c’est Sébastien Ogier qui s’élançait. Et, malgré sa Toyota endommagé, le champion du monde en titre donnait tout ce qu’il pouvait comme en le témoignait une réception où la Yaris WRC se mit à louvoyer. Et, devançant Thierry Neuville sur les partiels, il réalisait le temps scratch devançant Craig Breen de près de 3 secondes. Il ne restait donc plus que Elfyn Evans en spéciale et le Gallois était aussi à l’attaque. Mais à mi-spéciale, il comptait trois secondes de retard sur son coéquipier avant de reprendre une demi-seconde au dernier pointage intermédiaire. Si l’écart semblait suffisant, il partait, lui aussi, dans une petite faute dans l’un des tous derniers virage du rallye. Et, si la perte de temps était minime, c’est avec 4,5 secondes de retard sur la spéciale qu’il franchissait la ligne d’arrivée et perdait donc la tête du rallye pour seulement 6 dixièmes de secondes, Thierry Neuville finissant lui à un peu plus de 8 secondes du français.
Sébastien Ogier : « Cette victoire est vraiment très forte en émotion pour nous. Ce fut plein de haut et de bas entre les crevaisons et les problèmes connus ce matin. J’étais heureux d’être encore en course honnêtement. Et je suppose que c’est pour de tel moment que nous pratiquons ce sport. Pour connaître de telles émotions. »
Une fois n’est pas coutume, Ott Tänak n’a jamais su trouver le bon rythme sur cette épreuve. Handicapé par de mauvais choix de pneumatique en début d’épreuve, le pilote estonien a ensuite roulé sans pouvoir jouer les premiers rôles au point de terminer à 1 minutes 25 du vainqueur. Auteur d’une faute dans la deuxième spéciale du jour, Adrien Fourmaux perdait une minute posé sur un fossé mais parvenait, heureusement, à repartir grâce à l’aide des spectateurs. Et, le jeune espoir signe une grosse performance avec un top 5 pour sa première course dans la catégorie reine avec quelques chronos de très haute volée. Takamoto Katsuta signait, lui aussi quelques chronos très intéressant, dont un temps scratch, et finissait au sixième rang devant Gus Greensmith et Craig Breen. Neuvième au général, Mads Ostberg remportait la catégorie WRC2 devant Teemu Suninen, ce dernier complétant le top 10 du rallye, alors que la catégorie WRC3 revenait à Kajetan Kajetanowicz, le polonais prenant également la onzième place finale. Enfin, notons la victoire en Junior WRC de Jon Armstrong.
Prochaine manche pour le WRC, le rallye du Portugal du 20 au 23 mai prochain.
Classement final
1. S. Ogier/J. Ingrassia, Toyota Yaris WRC, 2.51.22,9
2. E. Evans/S. Martin, Toyota Yaris WRC, +0,6
3. T. Neuville/M. Wydaeghe, Hyundai i20 Coupe WRC, +8,1
4. O. Tänak/M. Järveoja, Hyundai i20 Coupe WRC, +1.25,1
5. A. Fourmaux/R. Jamoul, Ford Fiesta WRC, +3.09,7
6. T. Katsuta/D. Barritt, Toyota Yaris WRC, +3.31,8
7. G. Greensmith/C. Patterson, Ford Fiesta WRC, +3.58,8
8. C. Breen/P. Nagle, Hyundai i20 Coupe WRC, +4.28,2
9. M. Østberg/T. Eriksen, Citroën C3 R5, 10.00,8
10. T. Sunninen/M. Markkula, Ford Fiesta WRC, +10.29,3
Powerstage
1. S. Ogier/J. Ingrassia, Toyota Yaris WRC
2. C. Breen/P. Nagle, Hyundai i20 Coupe WRC
3. T. Neuville/M. Wydaeghe, Hyundai i20 Coupe WRC
4. E. Evans/S. Martin, Toyota Yaris WRC
5. O. Tänak/M. Järveoja, Hyundai i20 Coupe WRC
Championnat pilote
1. S. Ogier, 61
2. T. Neuville, 53
3. E. Evans, 51
4. O. Tänak, 40
5. K. Rovanperä, 39
6. C. Breen, 24
7. T. Katsuta, 24
8. A. Fourmaux, 12
9. G. Greensmith, 12
10. D. Sordo, 11
Championnat constructeur
1. Toyota Gazoo Racing World Rally Team, 138
2. Hyundai Shell Mobis World Rally Team, 111
3. M-Sport Ford World Rally Team, 42
4. Hyundai 2C Competition, 28
Crédit photo : Toyota Gazoo Racing, Hyundai Motorsport, M-Sport Ford, Skoda Motorsport, JWRC, Red Bull ; citation Toyota Gazoo Racing