Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06911.jsonl.gz/104

Didier Gailhaguet a fêté une victoire symbolique. L'ancien patron du patinage français, qui estimait avoir été «contraint» à la démission de la présidence de la fédération début 2020, a fait condamner l'Etat vendredi devant le tribunal administratif.
L'Etat devra lui verser 5000 euros au titre du préjudice moral pour avoir fait «pression» pour obtenir sa démission à cause d'un scandale de violences sexuelles au sein de la discipline. Dans sa décision, le tribunal administratif de Paris estime que la ministre des Sports Roxana Maracineanu a «exercé une pression (...) décisive» pour l'amener à démissionner, empêchant la Fédération française des sports de glace «de se prononcer librement sur le sujet».
Quinze jours avant sa démission, plusieurs anciennes patineuses, dont Sarah Abitbol dans son livre «Un si long silence», avaient accusé de viol et agressions sexuelles leurs anciens entraîneurs, notamment Gilles Beyer. Didier Gailhaguet, qui présidait la FFSG depuis 1998 – à l'exception d'une parenthèse entre 2004 et 2007 – avait été accusé d'avoir maintenu ce dernier dans le circuit du patinage, malgré des soupçons en 2000, ce dont il se défend.
Tribunal administratif
M. Gailhaguet, qui avait d'abord fait un recours administratif sans succès, avait ensuite porté l'affaire devant le tribunal administratif. Celui-ci a retenu l'un des arguments de l'ex-patron de la FFSG, qui estimait que la ministre, par des prises de parole publiques, «s'est immiscée dans les compétences de la fédération pour imposer sa démission alors que les conditions de révocation du mandat du président sont strictement définies dans les statuts de la fédération et excluent toute intervention de l'Etat».
M. Gailhaguet réclamait 152'550 euros correspondant aux 27 mois d'indemnités qu'il aurait touchées selon lui s'il était allé au bout de son mandat, ainsi que 150'000 euros de préjudice moral. La justice lui a donné tort sur le premier point, mais lui a accordé 5000 euros de préjudice moral, estimant que «son image et sa réputation (avaient) été atteintes» notamment car «les faits allégués n'étaient pas encore établis et ne pouvaient lui être imputés».
ATS