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Démolitions par-ci, foisonnement de constructions par-là: au XIXe siècle, la Confédération, les cantons et les particuliers ont à gérer d?immenses chantiers. Le besoin de nouveaux bâtiments publics, l?industrialisation et le développement du réseau des chemins de fer entraînent une fièvre de bâtir jusqu?alors sans pareille, mais aussi une grande absence de scrupules vis-à-vis de la destruction de biens culturels séculaires. A l?époque, cette attitude suscite déjà des résistances: on fonde alors les premières associations pour la conservation des biens culturels. Le 25 février 1887, un règlement d?exécution du Conseil fédéral institue une «Commission fédérale pour la conservation des antiquités suisses». Les bases de la future Commission fédérale des monuments historiques (CFMH), qui sera instituée par le Conseil fédéral en 1915, sont ainsi jetées.
Avec Albert Naef (1862?1936), son premier président, la nouvelle Commission aura jusqu?en 1934 un archéologue à sa tête. L?influence de Naef sera déterminante pour l?avenir de la conservation scientifique des monuments historiques: avec lui, l?établissement de documentations deviendra une composante essentielle des travaux et les restaurateurs devront veiller à ce que les parties reconstituées des monuments puissent être clairement distinguées des parties anciennes. En insistant sur ces points, Naef anticipait des principes essentiels de la Charte de Venise (1964). Par la suite, plusieurs étapes marqueront l?évolution de la CFMH: l?intégration dans son travail du point de vue de l?aménagement du territoire, la prise en compte des monuments des XIXe et XXe siècles et la décision de ne pas prendre l?initiative de fouilles.
Aujourd?hui, on ne pourrait plus se passer des directives et des principes publiés par la Commission. Ces documents fixent en effet des règles générales et permettent aux praticiens du domaine de déterminer jusqu?où ils peuvent aller. Cette prestation de la CFMH illustre parfaitement son importance aujourd?hui: dans notre système fédéraliste, elle remplit une fonction absolument nécessaire. La CFMH accomplit un travail de soutien d?une qualité remarquable en faveur des cantons, en leur fournissant aide et conseils dans des cas concrets.
Image: Boris Schibler