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Le Valais a porté une femme aux Etats pour la première fois
Première historique en Valais dimanche: une femme a été élue au Conseil des Etats. La démocrate-chrétienne Marianne Maret est arrivée deuxième après son colistier Beat Rieder (PDC), dont la réélection ne faisait aucun pli.
Favorite bien que chahutée par la gauche, Marianne Maret est parvenue à s'asseoir dans l'un des deux fauteuils valaisans au Conseil des Etats, en main du PDC depuis plus d'un siècle et demi. Elle a récolté 48'402 voix durant ce deuxième tour de scrutin, devançant son principal concurrent, le socialiste Mathias Reynard, de 1370 voix.
La Chablaisienne de 61 ans s'assiéra dans le fauteuil laissé vacant par Jean-René Fournier (PDC), qui ne s'est pas représenté. Elle a fait un carton dans le Haut-Valais, récoltant 22'654 voix, soit près de la moitié de son score total.
Dans le Valais romand en revanche, Marianne Maret recueille 25'748 voix et se retrouve largement derrière Mathias Reynard, qui en engrange 42'550. Dans les villes, la démocrate-chrétienne cède aussi le pas: à Sion et Sierre, elle est quatrième derrière Mathias Reynard, Brigitte Wolf et Beat Rieder. A Martigny et Monthey, elle est troisième derrière Mathias Reynard et Brigitte Wolf.
Le poids du Haut-Valais
La partie germanophone du canton a donc pesé de tout son poids dans l'issue de cette élection. Interrogée par Keystone-ATS, Marianne Maret a confié ne pas encore réaliser être élue. "On savait que ce serait serré. J'ai gagné dans le Haut-Valais comme au premier tour, mais je veux tout de suite dire que le Valais est un seul canton".
"Est-ce acceptable que le Haut-Valais impose au canton ses deux conseillers aux Etats", s'est interrogé Barbara Lanthemann, présidente du PS du Valais romand, sur le plateau de la télévision cantonale Canal 9.
Voix PLR et féminines
Marianne Maret a bénéficié d'un resserrement des rangs d'un PDC malmené dans la course au Conseil national (perte d'un siège). Elle a aussi profité d'un apport de voix du PLR, qui a retiré son candidat Philippe Nantermod de la course sans toutefois donner de consigne de vote, et de l'UDC du Haut-Valais.
La nouvelle sénatrice, qui n'a jamais siégé à Berne, n'a pas fait les frais de l'annonce de Pascal Couchepin: l'ancien conseiller fédéral avait fait sensation durant l'assemblée extraordinaire du PLR valaisan en déclarant donner sa voix au socialiste Mathias Reynard.
Quant à l'effet femme sur la victoire de Marianne Maret, il est difficile à mesurer. Solidarité Femmes avait appelé à voter pour la démocrate-chrétienne et pour la Verte Brigitte Wolf, et le Collectif Femmes Valais, organisateur de la grève des femmes, n'avait pas pris position.
Mathias Reynard échoue
Sans surprise, le sortant Beat Rieder a été réélu. Le sénateur haut-valaisan a récolté 52'355 voix et entamera en décembre sa deuxième législature à la Chambre des cantons. Il a fait toute la course de ce deuxième tour en tête. Il n'était contesté par aucun parti.
Avec 47'032 voix, Mathias Reynard (PS) ne réussit pas à mettre fin à l'hégémonie du PDC à la Chambre haute. Bien que premier dans la partie francophone du canton et dans les villes du Valais romand, le conseiller national ne parvient pas à se hisser à la deuxième place. Il a aussi remporté la mise dans des bastions du PDC comme Collombey-Muraz, et dans la commune de Troistorrents que Marianne Maret a présidée.
Mathias Reynard avait des sentiments partagés à l'issue du scrutin: il s'est réjoui de son "résultat sensationnel dans le Valais romand", mais s'est dit déçu et un peu frustré pour lui et la partie francophone du canton d'avoir échoué à 1370 petites voix de Marianne Maret.
Sa colistière, la Verte Brigitte Wolf, obtient 31'411 voix. L'UDC Cyrille Fauchère ferme la marche avec 14'227 voix.
Participation en baisse
La participation a atteint 50,43 %. C'est mieux qu'en 2015 (46,21%) mais moins bien qu'au premier tour (55,01%).
Elle est plus haute dans le Haut-Valais (55,21%) que dans le Valais central (52,82%). Le Bas-Valais enregistre une participation beaucoup plus basse avec 44,01%.
Le calendrier pour ce deuxième tour de scrutin n'était pas favorable: deux semaines seulement entre les deux tours, dont une de vacances dans le Valais romand, et un jour férié.
ats