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Les béatifications et les canonisations peuvent être des signes de l’orientation de l’Église. Le 22 janvier 2022, au Salvador, le jésuite Rutilio Grande et ses deux compagnons Nelson Rutilio Lemus et Manuel Solórzano, ainsi que le franciscain Cosme Spessoto ont été béatifiés en tant que martyrs. Ils sont des symboles du renouveau de l’Église d’Amérique latine après le concile Vatican II, symboles d’une Église missionnaire, celle de la périphérie, qui va vers les marges de la société, symboles aussi d’une Église persécutée d’où sont issus de nombreux martyrs, témoins de la foi et de la justice.
Quel est le rôle des victimes dans le processus de réconciliation? Le jésuite allemand Martin Maier sj -qui se trouvait au Salvador en 1989 lors de l'assassinat de six jésuites et de deux laïques- part de son expérience pour dresser plusieurs constats: le pardon et le réconciliation ne peuvent se faire sans le souvenir et sans se souvenir des victimes; le souvenir est intimement lié au récit des souffrances du passé; la réconciliation et le pardon présupposent la vérité et la justice; le pardon et la réconciliation sont une offre faite par les victimes à leurs bourreaux; on ne peut atteindre la réconciliation que lorsqu’on a demandé pardon; les peuples crucifiés sont source de lumière, de salut et de pardon; ceci dans une perspective spirituelle ignacienne.
En partant de la longue et douloureuse expérience de violence au Salvador, il est intéressant de réfléchir au rôle des victimes dans la réconciliation. Le témoignage ci-dessous de Martin Maier sj -qui se trouvait au Salvador en 1989 lors de l'assassinat de six jésuites et de deux laïques- propose de développer les thèses suivantes: il n’est de pardon et de réconciliation possible sans souvenir et se souvenir des victimes, c’est leur redonner leur dignité; le souvenir est intimement lié au récit des souffrances du passé; la réconciliation et le pardon présupposent la vérité et la justice; le pardon et la réconciliation sont une offre faite par les victimes à leurs bourreaux, ils possèdent la structure de la grâce, mais on ne peut atteindre la réconciliation seulement lorsqu’on a demandé pardon; les peuples crucifiés sont source de lumière, de salut et de pardon; ceci dans une perspective spirituelle ignacienne.
La pandémie a remis en cause la survie même de l’Union européenne. Dans une de ses rares interventions, Jacques Delors, ancien président de la Commission âgé aujourd’hui de 94 ans, lançait l’alerte: l’absence de solidarité parmi ses membres fait courir à l’Europe «un danger mortel».[1] Depuis, les choses ont clairement bougé. Le grand dialogue peut commencer.
Martin Maier sj est secrétaire des affaires européennes du Centre social jésuite européen; il enseigne à l’Université jésuite José Simeón Cañas (Central American University) de San Salvador, où il a œuvré quelques années en tant que prêtre d’une communauté rurale. Il a dirigé par le passé le Centre européen jésuite de formation à Munich et a été rédacteur en chef de Stimmen der Zeit, la revue culturelle jésuite allemande.
[1] Le manque de solidarité, «danger mortel» pour l’Europe, selon Jacques Delors, in https://institutdelors.eu/, 28 mars 2020.
Si la situation semble se normaliser en Europe et que les mesures pour contenir le coronavirus s’assouplissent, il n'en est pas de même sur tout le globe. Secrétaire du JESC (jesuit European Social Center) pour les affaires européennes, Martin Maier sj invite à réfléchir sur ce que cette pandémie suscite comme réflexions. Nous devons, selon lui, prendre conscience que la santé est un bien commun universel à préserver et qu'il est grand temps de changer «notre modèle actuel de mondialisation en tenant compte des pauvres, de l'environnement naturel et des générations futures». Son analyse à la lumière de l'encyclique du pape François Laudato si' qui fête ses cinq ans. 1