Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07041.jsonl.gz/1149

La lettre contient tout d’abord l’en-tête qui se situe dans le coin supérieur gauche et contient les informations sur le signataire, notamment le nom, l’adresse, le code postal et la localité, le numéro de téléphone et l’adresse e-mail (professionnelle).
Vient ensuite la réclame, qui indique le destinataire et se place dans le coin supérieur droit inférieurement à l’en-tête. Même si dans les protocoles épistolaires il est d’usage de préciser la forme d’expédition postale (« Par courriel électronique » ou « par pli simple » par exemple), elle n’apparaît pas indispensable à la lettre de motivation. Quant à ses contenu et ordre, il y a notamment deux possibilités :
- Les nom et prénom de la personne physique destinataire, ainsi que sa fonction, puis l’entité dont elle dépend, l’adresse, la case postale, le code postal et la localité.
- L’entité dont dépend la personne physique destinataire, l’adresse, la case postale, le code postal et la localité, puis après deux retours à la ligne, la mention « À l’attention de » suivi des nom et prénom de la personne physique destinataire et de sa fonction.
Dans tous les cas, le titre de civilité précède le nom du destinataire (« Madame » ou « Monsieur »), et la fonction ou le titre porte chacun une majuscule. Quant à l’adresse, il convient de souligner une Genevoiserie, de tradition française. Comme le précise le protocole épistolaire de l’Ordre des avocats genevois, c’est le numéro de l’adresse, suivi d’une virgule, qui précède l’odonyme (dont l’exemple donné est « 1, cours de Rive »), alors que le numéro de l’adresse succédera au nom de la rue selon l’usage germanique (dont l’Ordre donne l’exemple « Place du Bourg-de-Four 1 »).
Sous la réclame[1], sont indiqués le lieu de rédaction de la lettre, suivi d’une virgule, et la date de celle-ci. L’inscription de la date respecte la forme rigoureuse du déterminant masculin, suivi du numéro du jour, du mois et de l’année, sans n’être interrompu par aucun point, virgule ou abréviation et ne comporte aucune majuscule.
L’objet[2] porte la référence de l’offre d’emploi si la candidature en constitue une réponse ou mentionne son caractère spontané, ainsi que le poste brigué et, le cas échéant, la date d’entrée désirée. Son texte, généralement en gras ou souligné, se situe en-dessous de la mention du lieu et de la date de rédaction de la lettre.
L’appel[3] est le début du texte à proprement parler de la lettre. Il convient ici de souligner une particularité des candidatures adressées à des avocats ou à des Bâtonniers, respectivement anciens Bâtonniers. En effet, même si la formule « Cher » est généralement réservée aux relations étroites, il est d’usage de s’adresser à un avocat par la formule consacrée « Cher Maître ». Quant aux Bâtonniers et anciens Bâtonniers, l’appel adéquat est « Monsieur le Bâtonnier ». En français, une formule d’appel formelle ne contient jamais le nom du destinataire. Sont donc à bannir les « Cher Maître Schmidt » et « Chère Madame Rochat ». Puisque le présent journal en ligne est tenu dans un cadre académique, précisons encore que la formule d’appel d’un courrier adressé à un Professeur sera, au choix, « Monsieur le Professeur », éventuellement « Monsieur » ou « Cher Monsieur », ce dernier étant plus familier.
Le présent article ne s’arrêtera pas sur le corps du texte[4], son contenu étant réservé à un prochain article, et sautera ainsi directement à l’antépénultième point de la lettre (de motivation), soit la courtoisie. En effet, la lettre se conclut par une formule de politesse. Comme le précise l’Ordre des avocats genevois dans son protocole épistolaire, les expressions « croire à l’expression de » ou « croire à l’assurance de » sont à bannir dans la mesure où l’on ne croit pas à l’expression d’un sentiment. Le présent renonce à fournir des exemples, tant ils sont disponibles aisément et en grand nombre sur des sites qui s’y consacrent.
La lettre comporte une signature individuelle[5]. Les nom et prénom suivent l’alignement de la réclame. Sur ce point, si le protocole épistolaire de l’Ordre des avocats genevois indique que la signature manuscrite se trouve en dessous des nom et prénom, ce me semble néanmoins qu’il faille signer légèrement en dessus des nom et prénom dactylographiés.
Enfin, la lettre de motivation peut porter la mention d’annexes pour informer le destinataire de leur existence. Celles-ci n’ont pas à être listées ou précisées, la mention se cantonnant à attirer l’attention du destinataire (par exemple, « Annexe : ment. »).
Le présent précise encore que la police est choisie dans le souci du destinataire. En effet, dans le cadre connu des postulations, il est commun que celui-ci parcourt de nombreux dossiers les uns après les autres et l’utilisation divergente de polices, en particulier lorsqu’elles sont singulières, ont ceci de pénible pour le lecteur dont les yeux fatigueront. Même si les études démontrent qu’un texte est lu plus rapidement lorsqu’il n’est pas justifié, il est néanmoins d’usage de justifier son texte.
Baptiste-Pascal Favre