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La tension est montée de plusieurs crans hier dans la lutte entre Sebastian Vettel et Lewis Hamilton pour le championnat du monde. Il s’est agi du point culminant du Grand Prix d’Azerbaïdjan, une course complètement folle remportée à Bakou par l’Australien Daniel Ricciardo (Red Bull).
Trois voitures de sécurité, un drapeau rouge, un gros incident entre Vettel et Hamilton et un mano a mano final: le scénario offert par ce GP, disputé pour la deuxième fois dans les rues étroites de la capitale, a été exceptionnel du début à la fin.
Vettel et Hamilton se sont rendu coup pour coup, à la limite du réglementaire, rappelant les plus grandes rivalités de l’histoire: Niki Lauda-James Hunt dans les années 1970, Ayrton Senna-Alain Prost dans les années 1990 ou Lewis Hamilton-Nico Rosberg ces dernières années.
Au tour No 22, pendant une troisième neutralisation de course derrière une voiture de sécurité, Hamilton a fortement freiné, alors que Vettel se trouvait derrière lui. L’avant de la Ferrari a alors percuté l’arrière de la Flèche d’argent. «Mais qu’est-ce que c’est que ça?», a réagi Vettel en pleine course. Rouge de colère, il est alors arrivé à la hauteur d’Hamilton pour s’expliquer avec lui et leurs roues se sont heurtées. «Il vient juste de me rentrer dedans», a répliqué Hamilton.
Ce coup de sang, assorti d’un geste de la main peu courtois à l’intention de son rival, a coûté cher à Vettel: une pénalité de dix secondes avec obligation de passer par les stands et trois points de retrait sur sa Superlicence. «Je n’étais pas satisfait de la façon dont il a conduit. Je me suis alors mis à sa hauteur et je le lui ai montré», a expliqué Vettel après l’arrivée. «Il a appuyé sur les freins, je ne pouvais me mettre nulle part et je l’ai percuté. Si je dois être sanctionné, alors lui aussi mérite une pénalité», a estimé le quadruple champion du monde.
«Ce qui s’est passé était irrespectueux. Vous devez respectez les personnes qui sont sur la piste. Toutes les autres séries de sports automobiles nous regardent. J’espère que les jeunes n’ont pas vu ça, il faut leur dire que ce n’est pas comme ça que l’on conduit», a pour sa part expliqué Lewis Hamilton.
L’accrochage entre les deux monoplaces a contraint les commissaires de course à sortir le drapeau rouge, pour une première en F1 depuis mars 2016 et le Grand Prix d’Australie.
Juste avant la décision du jury de pénaliser Vettel, le Britannique a lui aussi été contraint de repasser par les stands en raison d’une fixation de sécurité mal rattachée au niveau de son cou.
Les deux rivaux pour la couronne mondiale se sont alors retrouvés l’un derrière l’autre, à l’avantage de Vettel, pour quinze tours de toute beauté, en remontant un à un des pilotes plus lents pour se rapprocher du podium. L’Allemand a résisté et en profite pour conforter de deux points son avance sur Hamilton au classement général d’un championnat du monde plus que jamais tendu et passionnant, quatorze points séparant les deux pilotes.
Cette course dans la course a relégué au second plan le succès de l’Australien Daniel Ricciardo, qui décroche la cinquième victoire de sa carrière.
Même doublé au finish par le Finlandais Valtteri Bottas (Mercedes), le rookie canadien Lance Stroll (Williams), troisième, a de quoi se réjouir. A 18 ans, il est le deuxième plus jeune pilote à monter sur un podium de F1 après le Néerlandais Max Verstappen (Red Bull). ats