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Nous vivons la sixième extinction mondiale. Elle est causée par le changement d’usage des terres, notre surconsommation de ressources, la pollution, le changement climatique, l’épuisement des sols ainsi que les invasions biologiques.
Un groupe de scientifiques a construit un modèle informatique peuplé d’espèces animales et de réseaux trophiques, qui montrent quel animal est le prédateur de l’autre.
Les prédictions des changements climatiques causés par les émissions de carbone et les changements prévus dans l’utilisation des terres ont été introduits dans le modèle informatique.
La simulation menée sur l’un des super-ordinateurs les plus puissants d’Europe a également révélé qu’une extinction provoquait une cascade d’extinctions appelées “co-extinctions”.
Dans plusieurs cas, la disparition d’un animal provoque celle de son prédateur.
Dans leur étude, l’écosystème perd des connections. Les réseaux trophiques sont plus courts et plus fragmentés lors du réchauffement. Cela suggère qu’un prédateur aurait moins de solutions pour s’alimenter, et que le système devient plus fragile, moins résilient.
Dans le cadre de la pire prévision du changement climatique, les co-extinctions feraient disparaître environ un tiers d’espèces de plus que les prévisions précédentes l’estimaient. L’effet des co-extinctions semble ajouter de 20 à 40% d’espèces à la liste rouge.
Quel que soit le scénario climatique, la perte de biodiversité se produit surtout entre 2020 et 2050.
La modélisation a révélé que les régions du monde qui présentent actuellement la plus grande biodiversité – telles que l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Australie – souffriraient le plus des effets du changement climatique et des changements d’utilisation des terres.
Cette étude montre que le changement climatique à l’échelle mondiale sera le facteur principal, tandis que le changement d’utilisation des terres jouera un rôle relativement mineur. Il y a pourtant un synergie entre ces problèmes. La surexploitation des ressources par de nouveaux colonisateurs combinée au changement climatique (c’est-à-dire les invasions biologiques) deviendra une cause majeure de perte de diversité dans le monde.
Les chercheurs en concluent que la conservation de la biodiversité et l’atténuation du changement climatique vont de pair.
“Cela fonctionne aussi dans l’autre sens : si nous sauvons plus d’espèces, nous aurons plus de capacité à réduire le changement climatique au cours du prochain siècle.”
Selon les auteurs de l’étude, Strona et Bradshaw, en négligeant les co-extinctions, nous avons été trop optimistes en prévoyant les espèces qui survivraient.
La prise en compte de co-extinctions, de disparitions d’un animal causée par l’absence de celui qui le nourrit, augmente de 27% le nombre d’espèces menacées. Les auteurs de l’étude ont cependant posé que la végétation ainsi que les insectes resteraient abondants.
Si le modèle part du principe que les végétaux et les insectes restent constants, et que seules les espèces supérieures pourraient disparaître, alors il suppose que les animaux s’alimentant d’insectes et de vertébrés pourront subsister. Le contraire pourrait se produire, la végétation pourrait parfois disparaître dans d’intenses sécheresses, comme l’herbe en Europe en été 2022. Les populations d’insectes, elles ont déjà fortement diminué dans le monde, mais l’interdiction de nicotinoïdes pourrait y remédier en partie. Dans la forêt vierge du Costa Rica, la disparition d’insectes semble cependant due au réchauffement climatique et aux conditions plus sèches que celui-ci provoque.
Il me semble que l’effet du changement climatique qui provoquera des sécheresses, et de la disparition d’insectes pourrait aggraver encore la situation, et mener à plus d’extinctions que cette étude ne le montre. La perte de biodiversité provoquée par le changement climatique pourrait être notablement plus importante.
Il est presque absurde de parler du changement climatique sans prendre en compte l’effet des sécheresses sur les plantes, et des feux de forêt. Tous les animaux seraient fortement touchés, de plusieurs façons. Il faut absolument une autre étude qui intègre les effets sur la végétation et les insectes, et donne une vue d’ensemble de la totalité du problème, que nous voyons malheureusement encore de façon fragmentaire. Les risques sont plus grands.
Sans prendre en compte toutes les conséquences du changement climatique, l’étude montre cependant que celui-ci deviendra bientôt la cause principale d’extinctions animales.