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Point de vue politique
Soyez agaçants!
Posez des questions à vos représentants publics et faites-les progresser.
Les prochaines élections au Conseil national auront lieu le 18 octobre 2015. Je suppose que vous voterez. Et je présume que vous ne déposerez pas dans l’urne une liste sans y avoir apporté quelques modifications. J’imagine aussi que vous contrôlerez de très près les personnes que vous souhaitez voter.
Souvenez-vous de l’époque de votre scolarité et de votre formation. Vous étiez sans cesse soumis aux contrôles: on contrôlait si vous aviez appris vos leçons, on contrôlait votre niveau de connaissances et on contrôlait si vous étiez capable de les appliquer. Ce qui pouvait parfois être très agaçant. Mais cela vous a permis de progresser.
Vous pourriez avoir la même attitude avec les représentants publics potentiels, les candidats au Conseil national: ne vous
contentez pas de croire aux allégations de tracts aux couleurs vives, d’affiches criardes et de sites Internet ultra-chics. Il est possible d’imprimer maintes choses et un site Internet peut être modifié en quelques secondes. Posez des questions aux candidats, dialoguez avec eux, sondez leurs intentions, lisez et écoutez ce qu’ils disent et comment ils le disent, et si vous ne comprenez pas ce qu’ils cherchent à vous dire, ce n’est certainement pas à cause de vous: leurs propos devraient être clairs et compréhensibles! Que vous partagiez leurs idées ou que vous les rejetiez, ils devraient justifier leurs opinions.
L’une ou l’autre personne sera certainement agacée par cette attitude, et c’est très bien ainsi: un candidat qui se sent importuné par les questions pressantes et légitimes de la population n’est pas à sa place et aspire à la mauvaise fonction. Il vous sera reconnaissant de lui avoir ouvert les yeux ... Et vous, en tant qu’employeur, serez heureux de ne pas avoir retenu sa candidature.
Si vos questions permettent à un candidat de prendre conscience des questions auxquelles il aura à répondre, il sera un meilleur candidat. Et il vous en remerciera.
Posez des questions et furetez un peu, trouvez la raison pour laquelle votre candidat se présente aux élections. Il sera certainement intéressant de découvrir pour qui ou quoi il compte s’engager. En faveur du progrès et du bien-être de la population? Ou souhaite-t-il servir les intérêts d’un groupe d’entreprises, d’une association économique ou de certains organismes qui représentent des intérêts isolés et qui mijotent souvent des soupes indigestes? Il en a parfaitement le droit, mais si vous parveniez à le convaincre d’aborder franchement le sujet, ce serait assurément dans l’intérêt de tous.
Vous pensez que poser des questions insistantes risque d’être inconvenant? Je vous comprends. Mais est-ce courtois d’obliger les citoyens et électeurs à se montrer pres- sants pour obtenir des réponses à leurs questions? Les candidats doivent être ouverts et exposer – sans y être conviés – leurs idées, leurs opinions et les causes pour lesquelles ils comptent s’engager.
Et lorsqu’ils seront élus, vos représentants au Parlement, n’hésitez pas à vous rappeler à leur bon souvenir! Je vante souvent les mérites de notre système politique: contrairement à nos voisins qui finalement n’ont plus grand-chose à dire après les élections, nous disposons en Suisse de l’initiative populaire et du référendum. Ce sont des outils puissants qui permettent au citoyen de rectifier des décisions irréflé- chies ou l’inertie du Parlement. Soyez-en conscients et n’hésitez pas à le montrer.
Des parlementaires exemplaires souhaitent des électeurs attentifs. Car des électeurs attentifs sont en mesure de leur confier des tâches claires et des tâches claires sont plus simples à résoudre pour les parlementaires. Vos candidats et représentants publics ne manqueront pas de vous trouver sympathiques!
Cordialement vôtre,
Dr Gian Jörger, chiropraticien Président de ChiroSuisse,
l’Association Suisse des Chiropraticiens