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Le canton de Berne réaffirme la primauté du français sur l'anglais. Son parlement a décidé qu’il sera la première langue étrangère enseignée à l'école.
Avec cette décision, Berne se singularise. La plus grande partie de la Suisse alémanique a en effet décidé de mettre l’anglais au premier plan.
L’enseignement de la langue de Molière dans le canton de Berne commencera dès la 3e année de l’école primaire. Les élèves devront ensuite attendre deux ans de plus pour s’initier à celle de Shakespeare.
L'apprentissage de la première langue étrangère s'inscrit dans le cadre de la stratégie de la formation. Aujourd'hui, le français est enseigné dans la partie germanophone du canton de Berne à partir de la 5e et l'anglais de la 7e année.
D’abord la langue du voisin
L'enseignement de deux langues étrangères aux écoliers du primaire sera obligatoire dès 2010-2012. Ce calendrier a été établi en mars 2004 par la Conférence des directeurs de l’instruction publique (CDIP).
Les cantons gardent toutefois une marge de manœuvre. Ils peuvent en effet choisir la langue prioritaire.
Les cantons romands ont tous opté pour l'allemand comme première langue étrangère. Mais en Suisse alémanique, les gouvernements cantonaux ont presque tous plébiscité l'anglais avant le français.
En choisissant d’abord le français, le canton de Berne – le 2e canton alémanique en nombre d’habitants – se singularise. Mais ce choix semble s’imposer de lui-même. Berne est en effet voisin de trois cantons romands (Neuchâtel, Fribourg et Vaud) et compte une minorité francophone dans sa partie jurassienne.
A noter que Berne n’est pas le seul a avoir choisi le français. Les cantons de Soleure, Bâle-Ville et Bâle-Campagne ont fait de même. Les parties germanophones des cantons de Fribourg et du Valais ont également privilégié la langue du voisin.
Le Tessin est quant à lui le seul canton à vouloir favoriser deux langues nationales au primaire, le français d'abord et l'allemand ensuite.
Mais le débat est loin d'être clos. Le canton de Fribourg demandera à la Confédération de trancher sur la question de l'enseignement des langues si Zurich renonce à introduire le français comme deuxième langue étrangère au primaire après l'anglais. Il sera soutenu par le Tessin dans sa démarche.
Au niveau fédéral, le député neuchâtelois Didier Berberat est aussi monté au créneau. Le socialiste a déposé une initiative parlementaire exigeant qu'une langue nationale soit enseignée comme première langue étrangère.
Fronde contre l’enseignement précoce
Il convient également de noter que le principe d’un enseignement précoce de deux langues étrangères à l’école primaire n’est pas encore définitivement acquis. En effet, en Suisse alémanique, la résistance s’organise.
Plusieurs cantons y remettent en cause la décision de la CDIP. Cinq initiatives populaires pour l'enseignement d'une seule langue étrangère en primaire ont déjà abouti, ont été lancées ou sont en préparation dans les cantons de Zurich, Thurgovie, Schaffhouse, Lucerne et Zoug.
Les actions sont coordonnées par un comité comptant onze cantons, plusieurs associations et des politiciens de tous bords. Ils estiment qu'il ne faut pas surcharger les élèves alémaniques pour qui l'allemand représente déjà une langue étrangère.
swissinfo avec les agences
Faits
La Suisse compte quatre langues nationales
63,7% de la population parle l’allemand
20,4% le français
6,5% l’italien
0,5% le romanche
Trois cantons sont bilingues (allemand et français): Fribourg, Valais et Berne
Un canton est trilingue (allemand, italien et romanche): les Grisons