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05/09/2016
On le savait, l’Australie n’est pas satisfaite de sa flotte d’hélicoptères Airbus Tigre ARH. Depuis plus d’une année les australiens dénoncent de nombreux problèmes concernant la motorisation des Turbomeca MTR de l'hélicoptère qui ont un coût plus élevé que prévu. L’Australie se plaint également de la difficulté pour obtenir des pièces détachées et que plusieurs incidents impliquant de la fumée dans le cockpit ont été relevés.
Nouvelles attaques :
Dans un rapport publié en fin de semaine dernière, le National Audit Office of Australia (ANAO) se montre à nouveau très critique par rapport à l’hélicoptère européen. Le rapport composé de 64 pages détaille une série de questions. Il identifie 76 « lacunes en matière de capacités », dont le ministère de la Défense (DoD) estime que 60 d’entres elles sont « critiques ».
"La flotte d'hélicoptères Tigre n'a pas encore livré la capacité initiale prévue par le gouvernement australien et l'expérience montre une fois de plus que les coûts de maintenance sont plus élevés que prévu », dit le ANAO.
Sur l'acquisition initiale, l’ANAO soutient que le Tigre ARH était encore une plate-forme immature quand il a été sélectionné en décembre 2001.
En moyenne, seulement 3,5 hélicoptères de la flotte sont réellement opérationnels sur 16 appareils.
Le rapport souligne également des retards importants dans les principales étapes de mise en service du Tigre. Par exemple, la capacité de sortie opérationnelle initiale avait 40 mois de retard sur le calendrier et la « très conditionnelle » capacité opérationnelle finale est arrivée 82 mois après la date prévue. De plus, le Tigre n’est toujours pas opérationnel pour opérer à partir des navires de guerre.
Les coûts de maintenance ne sont toujours pas résolus et posent encore de nombreux soucis. Le coût par heure de vol en juin 2016 était de 30 335 dollars australiens, par rapport à un objectif de 20 000 dollars australiens.
Les capacités du Tigre en tant que plate-forme de combat sont également critiquées. L'hélicoptère est incapable de communiquer efficacement avec le réseau de l'armée australienne, ce qui réduit son utilité en tant que plate-forme de reconnaissance de premier plan. Il semble également que l’armement pose des problèmes, des nacelles de roquettes de 70mm ont été larguées sans l’aval du pilote. La cause de ce problème n'a pas encore été identifiée. Le système d’acquisition optique monté sur le toit de la cabine (RFS) ne peut engagé au-delà de 4km, alors que les missiles Lockheed-Martin AGM-114 « Hellfire » disposent d’une capacité d’engagement de 8km.
De fait le Tigre peut se trouver dans la portée effective du feu ennemi avant que l'équipage de celui-ci puisse identifier et répondre à la menace.
Remplacement des Tigre ?
Toutes ces critiques amènent une fois de plus à la question d’un remplacement de la flotte par une autre machine. Boeing semble s’intéresser de plus en plus à la question, tout comme Leonardo Helicopters.
Photos : Airbus Tigre ARH australiens@ Brian Chidow
04/09/2016
Washington, après le Koweït, le Département d’Etat et le Pentagone ont accepté le principe de vendre des avions de combat de type Boeing F-15 E « Strike Eagle »au Qatar. L'approbation de ces ventes d'avions de chasse permet notamment à la Maison Blanche de consolider ses relations avec les alliés arabes du Golfe.
Jusqu'à 72 F-15:
Le Pentagone et le Département d'Etat autorisent la vente d’un premier lot composé de 36 Boeing F-15 E « Strike Eagle »au Qatar pour une valeur d'environ 4,7 milliards de dollars. Cette autorisation fait suite à une demande officielle du Qatar qui date de deux ans. Le Qatar désire se doter d’une flotte de 72 avions de combat F-15 E « Strike Eagle » au total.
Rafale et F-15E:
Le Qatar avait passé commande en 2015 pour 24 avions de combat Rafale pour près de 6,3 milliards d’euros. Selon Dassault, l'accord prévoit 12 autres avions en options qui pourraient porter le contrat à 36 appareils par la suite. Tout comme le Koweït le petit Emirat modernise sa flotte en prenant soin de diversifier ses fournisseurs.
Des choix difficiles pour la Maison Blanche :
Le département d’Etat s’est montré beaucoup plus prudent pour l’exportation d’avions de combat aux Moyen-Orient ces dernières années. La Maison Blanche a en effet émis des réserves sur divers programmes d’équipement et a fait la demande de garanties supplémentaires avant de donner le feu vert. Les Etats-Unis se sont montrés plus méfiant qu’à l’accoutumée à vendre des avions et des hélicoptères de combat dans une région où les tensions ne cessent d’augmenter et où les risques que certaines de ces armes puissent un jour se retourner contre le vendeur. Ces précautions ont même failli faire perdre certains marchés par manque de réactivité.
Le F-15 E « Strike Eagle » :
Le Boeing F-15 E « Strike Eagle » est doté du Tactical Electronic Warfare System (TEWS), c'est-à-dire d’un système électronique de guerre tactique qui intègre toutes les contres-mesures disponibles : récepteurs d'alerte radar (RSA), brouilleur de radar et lanceur de systèmes de leurres/paillettes. Il est doté du radar Raytheon AN/APG-82(v) de type AESA (Active Electronically Scanned Array Radar). Le système de navigation à basse altitude et de ciblage infrarouge de nuit LANTIRN : Low Altitude Navigation and Targeting Infrared for Night), monté à l'extérieur sous les entrées d'air des moteurs, permet à l'avion de voler à basse altitude, la nuit et dans toutes les conditions météorologiques, et d'attaquer des cibles au sol avec une variété d'armes guidées et non guidées.
Il peut aussi être armé de missiles air-air AIM-9X Sidewinder, et de l'AIM 120 AMRAAM. Il emporte également un canon General Electrique M61A1 de 20mm. Le F-15 E peur emporter toute la palette de bombes guidées GPS disponible.
Photos : F-15 E @ Ralph Duenas
La Force aérienne taïwanaise (ROCA) a exercé une option pour l’achat de 24 hélicoptères Sikorsky UH-60M « Black-Hawk » supplémentaires. L'acquisition a été annoncée par le Département américain de la Défense (DoD). L’hélicoptériste américain Sikorsky a reçu un contrat d’une valeur de 135,4 millions de dollars.
Taiwan avait déjà en commande 60 UH-60M, avec ces 24 nouveaux hélicoptères, le pays disposera de 84 appareils. Les premiers hélicoptères sont arrivés sur l’île en décembre 2014.
UH-60M adaptés pour Taïwan :
Les hélicoptères Sikorsky UH-60M «Black-Hawk» destinés à l’armée taïwanaise diffèrent sensiblement de la version initiale. Ils reprennent la motorisation de type General-Electric T-700-701D, mais sont dotés de divers équipements électroniques sélectionnés par Taïwan, comme le système d’alerte radar AN/APR-39A (V) de Northrop-Grumman, le système de leurre anti-missile AN/ALQ- 144A (V), ainsi que du système d’alerte d’approche missile AN/AAR-57 de BAe Systems. Les aéronefs sont également dotés d’un système de détection laser de AN/AVR-2B développé par Goodrich. Les pilotes peuvent voler à l’aide des lunettes de vision nocturne AN/AVS-9 du fabriquant Exelis.
Une liaison de données est incorporée aux UH-60M, afin de pouvoir communiquer avec les unités au sol et les AH-64E «Apache» BlockIII.
Photos : 1 UH-60M 2 Cockpit@ Konrad Bodzak
03/09/2016
Beijing, le commandant en chef de la Force aérienne de l'armée populaire de libération (PLAAF) le général Ma Xiaotian a confirmé dans une interview en fin de semaine, que la prochaine génération de bombardier longue portée est en cours d'élaboration.
La Chine a déjà amélioré sa capacité à frapper des cibles à longue distance avec l’arrivée en service du Xian H-6K. Mais ce dernier n’est qu’une amélioration d’un appareil dérivé du vieux Tupolev Tu-16. Le ministère de la Défense nationale de la République populaire de Chine prévoit de construire une nouvelle génération de bombardier furtif à longue portée. Ce futur appareil sera équivalent aux futurs PAK-DA russe et B-21 LRS-B américain.
Deux projets en préparation :
Pour la Chine, le concept de bombardier stratégique doit permettre d’atteindre une cible à 8.000 km sans ravitaillement avec une capacité de transporter une charge utile de plus de 10 tonnes de munitions air-sol.
Le Shenyang H-18
La Shenyang Aircraft Corporation une filiale de la China Aviation Industry Corporation (AVIC) semble préparer un projet de futur bombardier stratégique nommé H-18. Comme ses futurs homologues russe et américain, le Shenyang H-18 sera capable d’emporter des armes conventionnelles et nucléaires.
Le Xian H-20 :
La Xian Aircraft Corp prépare de son côté le H-20, un projet de bombardier stratégique qui ressemble étrangement au B-2 américain. Il semble que cette « copie » chinoise du bombardier conçue par Northrop-Grumman est le fait de la vente d’informations classifiées à la Chine d’un ingénieur du nom de Noshir Gowadia. Celui-ci avait en son temps été employé chez l’avionneur américain. Cette personne a été condamnée depuis à 32 ans de prison.
La Chine monte ne puissance :
On ne sait pas pour l’instant si ces deux projets de bombardier seront en concurrence pour venir équiper la PLAAF, ou si ils seront complémentaires. Mais le pays développe de nouveaux équipements militaires de pointe, y compris les sous-marins, porte-avions et des missiles antisatellites. Une montée en puissance qui commence sérieusement à inquiéter au niveau régional qu’à Washington. Et ceci d’autant plus, que la Chine adopte une approche particulièrement musclée en ce qui concerne les différends territoriaux en mer de Chine du Sud.
Photos : 1 & 3 le projet H-18 @ Shenyang 2 le projet H-20 @ Xian
02/09/2016
Washington, le Département d’Etat et le Pentagone viennent de donner le feu vert à la vente de 28 avions de combat Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet » au Koweït. Le montant du contrat est estimé à près de 3 milliards de dollars. Cette commande tombe à point nommé pour l’avionneur américain qui va pouvoir ainsi prolonger de deux ans sa chaîne de montage de « Super Hornet » jusqu’en 2020.
Profonde modernisation :
Le remplacement de la flotte koweitienne actuelle de F/A-18 C/D «Hornet» sera donc, bien plus vaste que prévu, avec une double flotte d’avions composée de 28 Airbus DS Eurofighter T3 et du «Super Hornet». Ce double choix semble également s’inscrire comme une sécurité pour le pays, qui désire protéger ses intérêts et futurs choix politiques en ayant deux sources d’approvisionnement. Les craintes des pays arabes se sont accentuées ces derniers temps avec le conflit en Syrie de se retrouver un jour sous embargo en étant trop dépendant d’un seul fournisseur. La tendance semble ainsi se confirmer dans la région.
Le Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet » :
Le Boeing F/A-18E/F «Super Hornet» est un avion multirôle, capable d'effectuer pratiquement toutes les missions dans le spectre de tactiques, y compris la supériorité aérienne, de jour comme de nuit avec des armes à guidage de précision, chasseurs d'escorte, de soutien aérien rapproché, la suppression de défenses aériennes ennemies, de reconnaissance. En comparaison du «Hornet» le «Super Hornet» permet des missions à très grand rayon d’action. Le «Super Hornet» est doté du radar AESA (Active Electronically Scanned Array) APG-79 de Raytheon.
Photos : Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet » @ US Navy