Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07249.jsonl.gz/1247

12/05/2013
M'étant éloigné du marxisme, je me dois de formuler une nouvelle définition du socialisme, et cette-dernière sera castoriadienne.
Le matérialisme historique et ses différentes phases ne voient qu'une succession d'infrastructures et de superstructures dans l'évolution historique, et le socialisme est pour Marx un moment déterminé de l'histoire.
Pour Castoriadis au contraire, le socialisme, qui a certes une finalité structurelle ou organisationnelle, est un un projet d'autonomie et de liberté qui tente de voir le jour de nombreuses fois dans l'histoire, sous des noms différents. S'il n'est réalisé que rarement complètement, le socialisme n'en reste pas moins une pulsion historique qui revient donc de manière récurrente.
J'irais même plus loin en disant que le socialisme commence dans l'individu, lorsque celui-ci adopte comme état d'esprit et comme projet de vie le projet d'autonomie et de liberté. Le socialisme est donc intemporel puisqu'il peut fort bien apparaître de manière isolée hors des sentiers balisés de l'histoire.
Les individus ayant adopté le projet socialiste (le projet d'autonomie et de liberté) et se réunissant pour le réaliser deviennent donc le mouvement socialiste.
Et c'est ce mouvement qui jette les bases de la première démocratie en Grèce antique, puis c'est lui qui réapparaît avec la révolte des esclaves dans la Rome antique, et c'est encore lui qui est à l’œuvre lorsque se forment les premières républiques modernes.
La révolution française, loin d'être une simple révolution bourgeoise ou libérale, est l'expression de ce mouvement pour l'autonomie.
Puis, le mouvement socialiste prend son nom véritable en se confondant avec le mouvement ouvrier. Après le mouvement ouvrier, ce sont les femmes qui portent le projet socialiste en se battant pour leurs droits. Puis le mouvement des jeunes lors de mai 68 qui brise le conservatisme, et enfin le mouvement écologiste qui s'attaque à l'exploitation sous de nouvelles formes.
Par ailleurs, le socialisme est quelques fois réalisé : la Commune de Paris en 1871, la Catalogne républicaine en 1937, le soulèvement hongrois de 1956, Marinaleda sûrement aujourd'hui sous une forme modeste.
En ayant tracé ce cheminement historique du mouvement socialiste et du socialisme, on peut voir que toute conception d'une classe en soi, d'une classe déterminée à réaliser le socialisme, est une erreur. Les individus qui se battent pour réaliser le socialisme le font parce qu'ils pensent que ce projet de société est valable, en tous temps, en tous lieux, par amour de la liberté, par amour de l'autonomie.
Le capitalisme pourrait nous abreuver d'or et d'argent, il pourrait nous engloutir sous des monceaux de victuailles et de richesses, que nous voudrions toujours le socialisme, car c'est moins une question de niveau de vie, que de liberté.
Bien sûr, ces individus ont une histoire, des origines, qui leur ont permis d'adhérer ua projet socialiste. Cette adhésion ne sort pas de nulle part. Toutefois, il faut abandonner les déterminismes économiques et cesser de croire qu'une mythique classe ouvrière réalisera le socialisme.
Le socialisme sera réalisé par ceux qui croient en ce projet de société.
Faut-il à présent donner une définition des structures d'une société socialiste ?
Je me contenterais de dire que la société socialiste est celle où l'individu peut le plus se gouverner par lui-même et le moins déléguer sa souveraineté à autrui. C'est celle où la liberté a été réalisée par la suppression de toute exploitation et par l'élimination de la domination. C'est enfin la gestion des individus sur leurs espaces de vie, de travail, sur ce qui les touche et les concerne, de manière horizontale, et autogestionnaire.
(Pour une description plus détaillée, se référer à mes autres textes sur les structures du socialisme.)
J'aimerais compléter ma précédente publication en généralisant le principe que j'y ai affirmé. En effet, si j'ai dit que l'écologie politique est une composante du socialisme, cela n'est pas valable que pour elle. Le socialisme n'est pas qu'un type d'organisation idéal du mode de production et des institutions politiques, ces points n'étant que des implications de ses prémisses éthiques, le socialisme contient aussi, implique, le progressisme, le féminisme, l'internationalisme, etc.
Et voilà pourquoi il est vain d'accumuler des listes de mots pour se définir politiquement (SolidaritéS est un expert la-dedans), car du bon sens donné au mot « socialisme » découle tout le reste.
C'est aussi pourquoi un socialiste ne peut être ni conservateur, ni nationaliste, ni productiviste.
J'ajouterais que la tentation inverse est simplement une erreur.
Penser que le féminisme impliquerait le socialisme ne me paraît pas fondé, car le féminisme est tout simplement une catégorie moins globale. Et c'est pareil pour l'internationalisme ou le progressisme, ou l'écologie politique. Seul le socialisme peut impliquer l'ensemble de ces courants, car seul le socialisme a une portée aussi générale puisqu'il se confond avec le projet d'autonomie et de liberté en tant que catégorie éthique fondamentale, impliquant toutes les sous-catégories de projets autonomisants.
Le socialisme est donc un tout qui se suffit à lui-même.
11/05/2013
C'est par ma lecture de Marx que j'ai compris que le socialisme n'avait pas besoin d'une reconceptualisation à la sauce néo-socialiste (et encore moins écosocialiste), et c'est par ma lecture de Cornelius Castoriadis que j'ai compris que le socialisme n'a pas besoin du marxisme.
Mais à présent, je me rends compte, toujours grâce à ma compréhension des écrits de Castoriadis, que le mouvement socialiste, le mouvement d'émancipation qui traverse l'histoire et les individus, comprend le mouvement écologiste et décroissant.
L'objection de croissance, la décroissance, l'écologie politique, ne sont qu'une des composantes de ce mouvement socialiste, de ce mouvement de lutte pour la liberté et l'autonomie.
Étant conséquent, par la présente, j'abandonne l'usage du terme « objecteur de croissance » pour définir mes idées politiques.
Je suis socialiste, et le socialisme se suffit à lui-même.
05/05/2013
Certains militants pensent parfois que le socialisme serait composé de deux courants antagonistes, dont l'un (dominant) serait exclusivement tourné vers l'augmentation du niveau de vie de la population (et en premier lieu des catégories dominées de la population) via la croissance de l'Etat-providence, et dont l'autre, plus libertaire, se concentrerait sur la réalisation de l'autogestion (la gestion des travailleurs sur leurs moyens de production, la gestion des usagers sur leur lieu de vie, la gestion des étudiants sur leurs lieux d'étude, etc.).
Mais à mon avis, c'est une erreur de vouloir opposer l'un à l'autre, comme il est erroné de chercher à opposer l'égalité ou la justice à la liberté.
Cette erreur provient probablement d'une confusion sur l'essence et la finalité du projet socialiste, ou bien d'une non adhésion au projet socialiste en tant que tel.
Car le socialisme n'est pas seulement un projet égalitariste par amour de l'égalité, pas plus qu'il n'est un projet de justice par adulation de la justice. Le projet socialiste met simplement l'égalité et la justice au service de la liberté, et affirme que sans égalité et sans justice, il ne peut y avoir de liberté réelle.
Le développement de l’État-providence, l'extension du respect des droits sociaux, l'amélioration des conditions de vie, sont partie intégrantes du projet socialiste car ils servent sa finalité : la réalisation de la liberté.
En effet, nul n'est libre sans accès à des soins, sans accès à l'instruction, sans accès à des transports publics de qualité, sans accès à un minimum vital, etc.
La liberté passe nécessairement par l'instauration d'un bon niveau de vie.
Toutefois, la critique du capitalisme, la critique de l'exploitation, n'est pas qu'une critique envers un niveau de vie insuffisant (puisqu'un niveau de vie suffisant est absolument nécessaire à toute liberté réelle), c'est aussi, et ce de manière essentielle, une critique contre l'exploitation en tant qu'aliénation de la liberté.
Car l'existence structurelle du patronat est productrice d'une domination qui aliène la liberté des travailleurs, et qui nie leur autonomie à décider souverainement de ce qui les concerne en premier lieu : la gestion de l'organisation du travail. De même, l'existence d'une autorité extérieure à celle des étudiants et des professeurs au sein de l'université aliène la liberté des usagers de leur espace de vie (étudiants et professeurs) à décider souverainement. Ces exemples montrent que la liberté n'est pas qu'une question d'augmentation du niveau de vie, de réalisation de la justice ou de l'égalité, mais bien aussi une question de démocratie réelle, d'autonomie réelle des individus, et de suppression de toute exploitation ou domination (de toute hétéronomie).
Ainsi, le socialisme se confond avec le projet d'autonomie, avec le projet de liberté, et vouloir lui ôter une de ses composantes ne fait pas sens selon moi.
27/01/2013
Pourquoi en vient-on à défendre l'étatisme, c'est à dire l'intervention systématique de l’État pour résoudre tous les problèmes qu'une société rencontre ?
Lorsque j'ai pris conscience de l'incapacité (structurelle) des gouvernements social-libéraux (ou social-démocrates) d'Europe du sud à faire face à la crise de la dette, mon premier réflexe fut d'abandonner le social-libéralisme (auquel j'adhérais alors) et de me tourner vers un étatisme à grande puissance (« L’État peut tout », écrivais-je dans mes premiers écrits).
Cette adhésion à un interventionnisme étatique chevronné fut une sorte de réflexe, qui est non naturel, mais social (ou culturel). J'ai été socialisé de manière à ce que mon premier réflexe en cas d'échec du capitalisme (puisque rappelons-le, en tant que social-libéral je n'étais pas opposé au capitalisme), soit de me tourner automatiquement vers l’État (par ignorance principalement dirais-je).
Le projet étatiste qui vise à réaliser le bonheur sur Terre est-il socialiste ?
Certains l'ont pensé, beaucoup l'ont d'ailleurs pensé dans les années 30 et 40 où le socialisme semblait correspondre pour beaucoup à l'économie planifiée centralisée et étatiste. En effet, le projet étatiste a une finalité logique (lorsqu'il se radicalise) dans la planification et la centralisation de la production et de l'information (bien que les modèles étatistes et planificateurs décentralisés soient sûrement plus performants).
C'est un projet tout entier fondé sur la liberté positive et la notion de bonheur (à la sauce Maslow), car le projet étatiste (tel que je le décris ici) est un étatisme philanthropique (ou un keynésianisme radical selon certains).
C'est un projet qui s'accorde fort bien en réalité avec les concepts de dictature éclairée.
Ceci étant dit, il faut bien noter qu'il n'est pas évident du tout que le projet étatiste philanthropique soit inefficace ou non bénéfique. Au contraire, il est probable que ce projet de société soit efficace et bénéfique. On peut même le décentraliser, et bien sûr il peut prendre une forme démocratique (en outre la démocratie peut être radicalisée).
Mais le projet étatiste philanthropique n'est pas socialiste, car ce qui définit le projet socialiste n'est pas la liberté positive, ni la liberté négative des libéraux, et en réalité l'égalité (ou l'équité) ne sont que des valeurs secondaires du socialisme.
Ce qui définit le socialisme c'est l'autonomie.
Car dans son essence, le socialisme est le projet d'émancipation des exploités et des opprimés en lutte pour leur indépendance et leur autonomie.
Bien entendu, on peut définir la liberté comme identique à l'autonomie, et dans ce cas le projet socialiste devient le projet de la liberté. Et c'est d'ailleurs peut-être fort vrai, car la liberté positive et négative ont moins de valeur que la liberté en tant qu'autonomie (et en outre l'autonomie implique ces deux formes conceptuelles de liberté).
Le socialisme n'équivaut donc pas à l'étatisme philanthropique. Ce dernier n'est que la forme que prend la solidarité ou l'égalité lorsqu'il oublie l'autonomie, ou lorsqu'il tente d'agir uniquement au sein du capitalisme.
A nous de développer le projet socialiste non comme un étatisme philanthropique, mais comme un projet autonomisant, fondé sur l'autogestion, la démocratie radicale, la coopération, l'association, le fédéralisme, et la propriété des travailleurs sur leurs moyens de production.
07/05/2012
Débat autour du socialisme avec John Goetelen (deuxième partie)
En réponse à mon article sur les PME et le socialisme, John Goetelen, alias Homme Libre, a publié une réaction en deux parties.
Voici la seconde, à laquelle je réponds à travers le présent écrit :
http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2012/05/05/socialis...
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
« Le temps libre rendrait plus créatif, paraît-il dans la théorie socialiste. Non. Cent fois non. On est créatif par ses qualités personnelles, pas par son temps libre. Pour la plupart des gens le temps libre est une occasion de consommer des loisirs, pas d’être créatif. »
Et pourtant, en libérant l'être humain du travail aliénant, et en réduisant le temps de travail au profit du temps libre, le socialisme démocratique donne la possibilité à l'individu de s'engager dans des activités bénévoles, militantes, associatives, humanitaires, artistiques, culturelles, etc.
N'est ce pas dans ce que l'on aime faire que l'on est le meilleur ?
Chacun sera libre de donner davantage de temps à ses préférences.
N'est-ce pas ainsi avantager la créativité ?
« Il faudra ensuite que cela entre dans le plan du super-Etat centraliste socialiste qui voit tout, sait tout et gère tout. »
Tel que développé dans ma théorie néo-socialiste de la démocratie, l’État socialiste se doit d'être décentralisé au maximum, afin de maximiser la capacité de l'individu à influer sur l’État démocratiquement. La planification se fera de même à un niveau d'échelle très rapproché de l'individu (sauf dans le cas de production nécessitant un niveau d'échelle supérieur).
« Donc une minorité d’Etat imposera à la majorité ce qui est bien et décidera in fine de ce qui doit être produit. Il n’y a là pas de liberté. Les seuls gens libres seront les membres de l’Etat central. »
L’État socialiste, sera non seulement décentralisé, mais surtout démocratique.
Et parce qu'il est démocratique il représentera réellement les intérêts de la population.
A nouveau, tel que développé dans ma théorie néo-socialiste de la démocratie, des garde-fous devront être mis en place afin de maximiser le degré de démocratisation de l’État socialiste.
Notamment le tirage au sort d'un pourcentage de parlementaires, une transparence totale en économie et en politique, et des assemblée populaires de quartiers.
« Le socialisme n’aurait éventuellement pas laissé créer les avions pour éviter de «faire mourir la planète»? Donc pas de voitures non plus? Mais leur technologie va avec l’ensemble de la technologie: ordinateurs, téléphones, dentisterie, scanners, anesthésie et chirurgie, CERN, électricité, chauffage, recherche fondamentale pour produire un jour une énergie propre et abondante, etc, tout se tient. Toute évolution dans un domaine fait avancer les autres. Renoncer aux avions c’est aussi, d’une certaine manière renoncer aux nano technologies, à l’enseignement des langues par la vidéo, à soigner les caries sans douleur, à opérer les cancers, à pouvoir analyser notre environnement et le comprendre, etc, puisque c’est la technologie elle-même qui est mise en cause. »
Ce paragraphe est intéressant, car il confond productivisme et progrès, scientisme et science.
Non, tout progrès technologique n'est pas souhaitable.
Oui, il faudrait que la collectivité puisse se prononcer sur le développement scientifique.
Démocratiser la science est souhaitable.
Dans le socialisme démocratique le progrès et la recherche se poursuivront, mais ils seront soumis aux limites écologiques. L'impact écologique des activités humaines ne devra pas dépasser les capacités régénératrices de la biosphère.
« Le capitalisme n’est pas une dictature. C’est un système d’investissement par le privé. Il multiplie les centres de décision. »
Au contraire, la loi de la concurrence amène toujours à une concentration du capital (multinationales, fortunes privées gigantesques, grandes entreprises, etc.)
Cette concentration donne énormément de pouvoir à quelques individus qui en profitent pour influer sur la sphère politique.
« Sans capitaux privés c’est l’assemblée des employés de la coopérative autogérée qui investit. »
C'est certes une possibilité, néanmoins les banques de l’État socialiste et l’État socialiste lui-même seront là pour permettre l'investissement et le crédit.
« Peut-être faudrait-il relire «1984» avant de promouvoir ce socialisme de fourmilière. »
Sauf que George Orwell prônait justement le socialisme démocratique... en opposition avec le capitalisme et le stalinisme.
Débat autour du socialisme avec John Goetelen
En réponse à mon article sur les PME et le socialisme, John Goetelen, alias Homme Libre, a publié une réaction en deux parties.
Voici la première, à laquelle je réponds à travers le présent écrit :
http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2012/05/05/socialis...
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
« Je crois à l’individu, à sa créativité, et à la liberté d’agir et d’entreprendre. »
Je crois à l'individu, et c'est justement pour le préserver de toute exploitation et de toute aliénation de type économique que j'adhère au socialisme.
En organisant collectivement la production, et non égoïstement, on préserve l'individu de toute production qui va à l'encontre de ses intérêts, puisque toute production allant à l'encontre la société ou de son cadre (l'environnement, l'écologie) va au final à l'encontre des intérêts réels de l'individu.
La créativité des individus est aujourd'hui borné par les limites du marché, nécessité d'une rentabilité et de faire du profit.
Grâce à la création collective, on pourra distribuer richesses, ressources, et fruits de la production, de manière à assurer les moyens à chacun de développer sa créativité, y compris hors des limites castratrices du marché et de ses lois limitatives.
Le socialisme est donc un vecteur de créativité et de progrès.
Quant à ce qu'on appelle la liberté d'entreprendre, elle existera dans le socialisme toujours, mais à travers la propriété commune (ou collective) des moyens de production, et elle sera donc filtrée par l'intérêt de tous (donc par l'intérêt réel de l'individu).
« Pas d’accord. Si le pouvoir économique est entre les mains d’une minorité, le droit de vote fait qu’il est possible d’édicter des lois qui limitent ce pouvoir. »
Selon la théorie du reflet de Marx, la superstructure (le rapport de force politique et idéologique) n'est que le reflet de l'infrastructure (le rapport de force socio-économique).
Gramsci a montré que le capitalisme et les intérêts d'une minorité se maintenaient en place par le maintien d'une hégémonie culturelle, morale, idéologique, et intellectuelle.
La pensée des classes dominantes dominent donc malgré la démocratie représentative, et le rapport de force politique n'est que la conséquence de cette aliénation idéologique et politique généralisée dans la société capitaliste.
Bourdieu ajoute lui que l'individu est forcé à intérioriser sa position de classe et son statut social, et à accepter l'ordre établi par la société (capitaliste).
Et puis très concrètement, on constate bien à chaque votation ou élection en Suisse que les moyens financiers des forces politiques sont très différents entre droite et gauche, entre intérêts de la minorité disposant du pouvoir économique, et la majorité dépossédée.
Bref, sans démocratie économique, pas de démocratie réelle !
« [Le contrat] c’est l’opposé de l’esclavage, c’est la reconnaissance des droits des deux parties. »
Entre le propriétaire du capital et celui qui ne possède que sa force de travail (manuelle, intellectuelle), il ne peut y a voir d'égalité contractuelle.
Celui qui ne possède rien doit se vendre ou accepter de vivre mal (en tout cas en Occident où les restes de l'Etat-social protège encore un peu un certain droit à la survie). Il n'a donc pas le choix de se vendre.
Le contrat, c'est donc l'illusion de la liberté.
Le contrat c'est la liberté du plus fort d'exploiter le plus faible.
« Le salariat n’est pas un esclavage et il est simplement abusif de lui superposer la traite des esclaves. »
Selon la théorie de Marx de la plus-value, le propriétaire des moyens de production (aujourd'hui l'actionnaire ou le patron) exproprie une part de la valeur du travail des travailleurs (des salariés) afin de s'offrir une rente (le revenu du capital) sans travailler.
Le revenu du capital privé c'est donc le revenu de l'oisiveté et du vol.
« La répartition équitable équitable des fruits de la production est un thème central dans le socialisme proposé. Equitable doit-il être compris dans le sens de justice ou d’égalité? »
Voici un point sur lequel je diffère de mes amis communistes, car je ne crois pas que le revenu du travail (le salaire) doive forcément être égalitaire. Je penche justement plutôt pour une répartition équitable des fruits de la production. Un écart salarial maximal de 1 pour 5 me paraît raisonnable (si on prend comme salaire minimum 4000 francs, cela correspond à un maximum mensuel de 20 000 francs, une somme encore fort rondelette).
« La politique gère, la morale juge ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. »
Toute conception idéologique (donc politique) s'appuie sur des conceptions morales (une vision de ce qui est bien ou mal, de ce qui est souhaitable). Il est illusoire de vouloir séparer les deux.
« Par ailleurs, à la place du chef d’entreprise on aura une sorte d’entité abstraite: l’assemblée de la coopérative autogérée. C’est la majorité des votants qui sera responsable de l’entreprise, et non pas une personne ou un groupe de personnes bien défini. Donc personne en réalité ne sera responsable nominativement. »
Attention, démocratie économique au sein de l'entreprise (ou autogestion), ne signifie pas suppression des fonctions dans l'entreprise, mais prise de décision collective dans les choix.
Concrètement, cela signifie qu'il y aura toujours des coordinateurs (aujourd'hui managers) qui exerceront une activité de gestion et de planification (donc il y aura toujours des responsables).
« Pourquoi l’humain serait-il soudain différent sous le socialisme? »
Comme prouvé en sociologie, l'individu est socialisé par son contexte social, par le système dans lequel il vit. Dans une nouvelle organisation de la société, on aura un nouvel être humain : un individu réellement libre.
24/04/2012
Questionnements autour d'un programme de parti majoritaire
Comme je le disais récemment, il faut aux partis de gauche un programme de parti majoritaire, et pas uniquement un programme de parti minoritaire (un programme de petits pas).
Non pas que je réfute le bon sens d'un programme pragmatique, conscient du rapport de force politique historique en Suisse, mais c'est que je crois fermement dans l'utilité mobilisatrice et la force rassembleuse des idées. Ainsi, un programme de parti majoritaire aurait comme avantage d'ouvrir à nouveau le monde des possibles aux militants, et de déverrouiller la porte de l'espérance idéologique à la population.
Le programme du PS de 1959 a cela de bon (malgré sa modération) qu'il identifie avec précision les secteurs économiques appelés à être transformés sous un gouvernement socialiste et les mécanismes à mettre en place. De cette façon, il ne se contente pas de parler du rôle de l’État-providence ou de l’État interventionniste keynésien, mais les dépasse par un État producteur et planificateur. On notera que c'est un peu de cette manière qu'est articulé certains aspects du programme du Front de Gauche.
Il y a donc un très grand nombre de réponses auxquelles il nous faudrait répondre pour aller au-delà des valeurs, et au-delà des principes généraux.
Quelle forme doit prendre la socialisation des moyens de production ?
Quel équilibre faut-il rechercher entre étatisation et socialisation de l'économie ?
Quelles limites à la socialisation de l'héritage ?
Quelles limites à l'étatisation du logement par rapport aux coopératives ?
Dans quelle mesure faut-il laisser les coopératives productrices autogérées libre de tout contrôle ?
Quels domaines économiques faut-il planifier, quels domaines faut-il laisser se gérer par les mécanismes du marché ?
Quels sont les secteurs prioritaires à étatiser ou à socialiser ?
Quels sont les secteurs prioritaires à planifier ?
Comment réaliser une planification écologique efficace ?
Comment établir une transparence générale des acteurs économiques privés et étatiques ?
Faut-il auto-gérer les services publics ?
Quelles limites à l'autogestion ?
Comment développer un tournus des fonctions dans les entités économiques productrices ?
Quelle forme devrait prendre la prise de décision collective dans les activités économiques ?
Comment inscrire ces mutations dans le cadre juridique suisse ?
Comment adapter la sphère juridique aux exigences de la réalisation du socialisme ?
Comment réformer l'enseignement de manière à mettre fin à sa fonction de reproduction des inégalités sociales ?
Quelle étendue à la redistribution des richesses ?
Qu'est-ce qu'une distribution égalitaire des fruits de la production dans une économie socialiste ?
Quel commerce international et avec qui ?
Etc.
Je pourrais proposer d'ores et déjà des réponses.
Mais ce travail devrait être réalisé collectivement, soit par le cercle Gramsci, soit par la Jeunesse Socialiste, soit par une autre structure encore à définir.
11/04/2012
Le socialisme est de retour, que les riches tremblent à nouveau !
Le socialisme est de retour.
La crise systémique du capitalisme et les attaques des libéraux (néo-libéraux et social-libéraux confondus) contre l’État providence ont provoqué l'appauvrissement d'une large partie de la population européenne, renforçant ainsi la lutte des classes et ramenant aux goûts du jour l'idéal socialiste qui semblait disparu du champ idéologique et politique contemporain dominant.
Les partis de gauche européens se sont tellement centrisés ces dernières années que pour le moment ils sont totalement désemparés et perdus dans cette crise qui vient anéantir leurs belles théories de l'équilibre vertueux entre productivité capitaliste et État redistributeur.
C'est pourquoi c'est actuellement l'extrême gauche qui se renforce comme le prouve l'incroyable score de Monsieur Mélenchon, les intentions de vote en Grèce, ou les résultats la dernière élection régionale espagnole.
Le socialisme est de retour, que les riches tremblent à nouveau !
Mais les contradictions du capitalisme ne doivent pas être l'unique moteur du socialisme. Le matérialisme historique ne saurait être la finalité de notre réflexion, un peu d'idéalisme hégélien me semble en effet bienvenu. Car la force de nos idées peut faire évoluer la société, ou en tout cas le rapport de force politique, notamment sur le plan idéologique.
La Jeunesse Socialiste Suisse en entérinant son dernier document de fond, Démocratie Socialiste, a marqué sa volonté de dépasser le capitalisme autrement que par des incantations, mais concrètement par le socialisme.
Ce retour au marxisme réformiste, à un réformisme radical sans concession, rappelle les belles années du socialisme de 1920, voire de 1935, époque où le Parti Socialiste n'avait pas qu'un programme de parti minoritaire, mais aussi un programme de parti majoritaire.
Comment pouvons-nous espérer avoir une majorité sans proposer aux citoyens un programme de parti majoritaire ?
Nous devons proposer aux citoyens un véritable programme socialiste de transformation globale et systémique de la société.
Sans cela nous ne serons jamais majoritaires et la société sans classe restera simple rêve.
23/02/2012
Nouvelle théorie néo-socialiste de la démocratie
Ou comment organiser une société afin de maximiser la liberté, l'égalité, et l'autonomie de l'individu.
I. Démocratie (Liberté/autonomie) spatiale
Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée et relocalisée au maximum possible. La décentralisation et la relocalisation des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation et la relocalisation induisent une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, en tout cas au niveau des besoins fondamentaux. Une société relocalisée est une société à taille humaine où les liens sociaux sont renforcés, c'est donc une société conviviale. La décentralisation politique et économique signifie une organisation de la société contre-pyramidale, en partant de sa base, avec une division par degré d'échelle (quartier ou village, commune, canton, et fédération) du niveau de prise de décision.
La démocratie spatiale est une première condition fondamentale à toute construction sociale visant à maximiser l'autonomie et la liberté de l'individu.
II. Démocratie (Liberté/autonomie) populaire
Grâce à la décentralisation et à la relocalisation, on peut tendre vers la démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire au niveau des plus petites entités politiques). La démocratie directe permet de donner directement au peuple (c'est à dire à tous les habitants du pays) la possibilité de décider des décisions collectives qui le touchent justement directement, sans passer par une délégation de sa souveraineté politique.
La démocratie populaire établit un degré basique de liberté et d'autonomie pour la société et l'individu.
III. Démocratie (Liberté/autonomie) citoyenne
Dans le cas (logique et inévitable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation et la relocalisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de délégation politique. La démocratie représentative semi-directe(système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne (par tirage au sort). 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe (droit d’initiative populaire et droit de référendum) restent bien entendu en place. Le tirage au sort (sur la base du volontariat et du parrainage citoyen) permet d'éviter que les plus riches, ou que les orateurs les plus talentueux ou les plus charismatiques, ne soient systématiquement élus. Il règle le problème de l'élitisme qui est caractéristique de nos sociétés contemporaines où le pouvoir politique est concentré dans quelques mains.
La démocratie citoyenne est un rouage essentiel de l'organisation sociale pour corriger le système politique contemporain et ses déficiences, et fonder une véritable égalité politique.
IV. Démocratie (Liberté/autonomie) économique
La seule structure économique soumise à la démocratie (à la prise de décision collective) étant l'outil étatique, les moyens de productions privées sont socialisés et le salariat aboli. Toute entité économique productrice devient une coopérative autogérée. Une planification démocratique et décentralisée définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel et planifie l'activité du secteur des coopératives productrices étatiques. Le secteur des coopératives productrices privées reste soumis au lois du marché. Toutefois, cette production privée reste néanmoins soumises à une planification possible et à un contrôle démocratique sur leurs activités qui filtre les activités économiques contraires à l'intérêt social. L'héritage et le crédit (les banques) sont socialisés, et un contrôle étatique des licenciements est institué. La publicité consumériste est interdite. Une transparence économique totale est instaurée aussi bien dans le secteur privé que étatique.
La démocratie économique permet d'en finir avec la domination d'une minorité possédante (moyens de production, capitaux) sur une majorité non possédante. Par la démocratie économique, la majorité se réapproprie son droit à s'autodéterminer (égalité économique) et acquiert la liberté de jouir d'elle-même sans devoir se vendre aux possédants. Par ailleurs, l'expropriation capitaliste par la plus-value est ainsi stoppée, au profit d'un véritable partage social des bénéfices du travail.
V. Démocratie (Liberté/autonomie) sociale
Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif). L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et une prise de décision collective dans les choix économiques. Par l'autogestion de l'organisation du travail, on s'assure qu'une prise de décision partagée, directe, et collective (donc démocratique) soit toujours en place dans la société, quelle que soit la structure concernée.
La démocratie sociale est un garde-fou démocratique pour préserver les droits des travailleurs de toute dérive (égalité sociale).
VI. Démocratie (Liberté/autonomie) écologique
Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les capacités régénératives de la biosphère. Par une planification démocratique on s'assure donc que ces principes sont respectés, car toute l'organisation de la société dépend de ceux-ci. En effet, la liberté humaine et son autonomie ne sont possibles que si son environnement se maintient de manière pérenne.
La démocratie écologique est la condition non négociable à toute construction collective et politique.
________________________________________________________________________________
Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont la démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.
09/12/2011
Théorie néo-socialiste de la démocratie
Ou comment organiser une société afin de maximiser la liberté, l'égalité, et l'autonomie de l'individu.
I. Démocratie (Liberté/autonomie) spatiale
Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée et relocalisée au maximum possible. La décentralisation et la relocalisation des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation et la relocalisation induisent une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, en tout cas au niveau des besoins fondamentaux. Une société relocalisée est une société à taille humaine où les liens sociaux sont renforcés, c'est donc une société conviviale. La décentralisation politique et économique signifie une organisation de la société contre-pyramidale, en partant de sa base, avec une division par degré d'échelle (quartier ou village, commune, canton, et fédération) du niveau de prise de décision.
La démocratie spatiale est une première condition fondamentale à toute construction sociale visant à maximiser l'autonomie et la liberté de l'individu.
II. Démocratie (Liberté/autonomie) populaire
Grâce à la décentralisation et à la relocalisation, on peut tendre vers la démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire de petites entités politiques). La démocratie directe permet de donner directement au peuple la possibilité de décider des décisions collectives qui le touchent justement directement, sans passer par une délégation de sa souveraineté politique. A ce niveau d'échelle, un fonctionnement de prise de décision par consensus est envisageable.
La démocratie populaire établit un degré basique de liberté et d'autonomie pour la société et l'individu.
III. Démocratie (Liberté/autonomie) citoyenne
Dans le cas (probable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation et la relocalisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de délégation politique. La démocratie représentative semi-directe (système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne (par tirage au sort). 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe (droit d’initiative populaire et droit de référendum) restent bien entendu en place. Le tirage au sort (sur la base du volontariat et du parrainage citoyen) permet d'éviter que les plus riches, ou que les orateurs les plus talentueux ou les plus charismatiques, ne soient systématiquement élus. Il règle le problème de l'élitisme qui est caractéristique de nos sociétés contemporaines où le pouvoir politique est concentré dans quelques mains.
La démocratie citoyenne est un rouage essentiel de l'organisation sociale pour corriger le système politique contemporain et ses déficiences, et fonder une véritable égalité politique.
IV. Démocratie (Liberté/autonomie) économique
La seule structure économique soumise à la démocratie (à la prise de décision collective) étant l'outil étatique, l'économie privée est étatisée (socialisée). Seules les petites entités économiques restent sous contrôle privé. La planification démocratique et décentralisée définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel. Toutefois la planification démocratique de la production des grandes structures étatiques se fait à partir de la libre production privée des petites entités. La production des petites entités privées restent néanmoins soumises à une planification possible et à un contrôle démocratique sur leurs activités. C'est le principe d'une économie planifiée mixte : au lieu d'avoir une production privée et publique dans un système d'économie de marché, on instaure une production privée et publique dans un système d'économie planifiée.
La démocratie économique permet d'en finir avec la domination d'une minorité possédante (moyens de production, capitaux, et fortune) sur une majorité non possédante. Par la démocratie économique, la majorité se réapproprie son droit à s'autodéterminer (égalité économique) et acquiert la liberté de jouir d'elle-même sans devoir se vendre aux possédants. Par ailleurs, l'expropriation capitaliste par la plus-value est ainsi stoppée, au profit d'un véritable partage des bénéfices du travail.
V. Démocratie (Liberté/autonomie) sociale
Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif). L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et une prise de décision collective dans les choix économiques. Par l'autogestion de l'organisation du travail, on s'assure qu'une prise de décision partagée, directe, et collective (donc démocratique) soit toujours en place dans la société, quelle que soit la structure concernée. Bien entendu, cette mesure protège évidemment en premier lieu les travailleurs des petites entités privées.
La démocratie sociale est une sorte de garde-fou démocratique pour préserver les droits des travailleurs de toute dérive (égalité sociale).
VI. Démocratie (Liberté/autonomie) écologique
Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les capacités régénératives de la biosphère. La planification démocratique s'assure donc que ces principes sont respectés, car toute l'organisation de la société dépend de ceux-ci. En effet, la liberté humaine et son autonomie ne sont possibles que si son environnement se maintient de manière pérenne.
La démocratie écologique est la condition non négociable à toute construction collective et politique.
________________________________________________________________________________
Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont la démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.
22/11/2011
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/22/princip...
20/11/2011
Économie néo-socialiste
Document appelé à évoluer
Il n'y a pas de dépassement du capitalisme possible, pas de solutions aux crises que traversent l'Europe, pas de solution à la crise écologique, sans une économie planifiée.
Comme il existe un grand nombre de modèles de capitalisme (du capitalisme social-démocratie au capitalisme ultra-libéral), il existe de même de nombreux modèles d'économie planifié.
Deux critiques faites à l'encontre de l'économie planifiée ne manquent pas de justesse et c'est pourquoi elles appellent des réponses :
- A la critique de Hayek sur l'incapacité des structures étatiques à accéder à l'information à temps, on répondra par une nécessaire décentralisation spatiales et économiques (logistiques).
- A la critique général sur le caractère contraignant de l'économie planifiée, on répondra par une économie mixte et démocratique.
Le modèle d'économie planifiée que je soutiens s'inscrit donc (et c'est essentiel) dans mes 6 principes fondamentaux du néo-socialisme :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/22/princip...
Le néo-socialisme doit rompre avec le socialisme scientifique (le marxisme classique et ses dérivées léninistes, trotskistes, maoïstes, cubains et même néo-marxistes), aussi bien que du socialisme utopiste trop communautariste.
Le dépassement de la social-démocratie est induite par la logique du dépassement du capitalisme.
Le modèle d'économie planifiée néo-socialiste est un modèle mixte :
Les grandes structures économiques (nécessaires à la bonne marche de l'économie, puisque les autres grandes structures sont décentralisées) sont sous contrôle étatique/collectif, mais les petites entités (paysans, artisans, indépendants, petits producteurs, etc.) restent sous contrôle privé.
La liberté d'entreprendre subsiste donc. Toutefois, le principe d'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif s'entend) assure un fonctionnement démocratique dans ces petites structures privées. De plus, l'intervention étatique/collective tend à contrôler l'activité économique privée pour éviter tout abus.
La planification (décentralisée) doit prendre d'abord en considération la production (libre) des petites entités privées, et ensuite, définir la production des grandes structures économiques collectives.
Le crédit n'est accessible que par les banques (décentralisées), soumises au contrôle collectif (démocratique) évidemment.
L'économie sert essentiellement à combler les besoins des individus, ou leurs envies immatérielles. Les envies matérielles sont soumises au principe d'auto-limitation (démocratie écologique), ce qui ne veut pas dire qu'elles soient in-envisageables dans l'absolu, mais qu'elles doivent être écologiquement réfléchies (principe utilitariste à mon sens).
Les prix sont fixés en fonction de la quantité de travail (présente et passée) contenu dans chaque production.
L'économie est centré sur son développement interne (intérieur) : elle tend vers une autosuffisance de la production fondamentale. L'auto-production individuelle est donc encouragée (nouvelle division du travail). Le protectionnisme peut aussi être souhaitable selon les cas.
*
Comme on peut le voir, une économie néo-socialiste est un équilibre qui respecte l'individu sans toutefois permettre à certains de péjorer la collectivité.
Avec ses 6 principes démocratiques, elle résistera à toute tentation autoritaire ou élitiste.
Il est temps d'être un peu ambitieux si l'on veut en finir avec notre capitalisme archaïque, incapable d'assurer l'avènement d'une véritable société du bonheur !
22/10/2011
Principes fondamentaux du Néo-Socialisme
- Proposition idéologique
I. Démocratie (ou Liberté/autonomie) spatiale
Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée au maximum possible. La décentralisation (relocalisation) des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation induit une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, au niveau des besoins fondamentaux.
II. Démocratie (ou Liberté/autonomie) populaire
Grâce à la décentralisation, on peut tendre vers la démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire de petites entités politiques).
III. Démocratie (ou Liberté/autonomie) citoyenne
Dans le cas (probable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de représentation politique. La démocratie représentative semi-directe (système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne. 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe restent bien entendu en place.
IV. Démocratie (ou Liberté/autonomie) économique
La seule structure économique soumise à la démocratie étant l'outil étatique, l'économie privée est étatisée ; seules les petites entités économiques restent sous contrôle privé.
La planification démocratique définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel, toutefois la planification se fait à partir de la libre production privée des petites entités.
C'est le principe d'une économie planifiée mixte.
V. Démocratie (ou Liberté/autonomie) sociale
Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif).
L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et/ou une prise de décision collective dans les choix économiques.
VI. Démocratie (ou Liberté/autonomie) écologique
Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les capacités régénératives de la biosphère.
________________________________________________________________________________
Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont la démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.
21/10/2011
Historique et variations idéologiques du socialisme
Le marxisme prône la révolution des classes dominées (ne possédant que leur force de travail) contre les classes dominantes (possédant les moyens de production). Il s'agit de prendre par la force le pouvoir politique, et donc l’État, des mains des classes dominantes, afin d'établir une société égalitaire et sans classe. Le socialisme marxiste (la dictature des classes dominées) n'étant qu'une transition vers le communisme (la société sans classe). Le sens idéologique moderne du terme communisme se réfère aujourd'hui au marxisme originel.
Le marxisme réformiste s'inspire d'une déclaration faite par Marx en Angleterre en 1852, selon laquelle les classes dominées pourraient fort bien établir une société sans classe en prenant le pouvoir politique par le jeu démocratique si le suffrage universel était instauré (à l'époque régnait encore le suffrage censitaire où seuls les plus riches votaient, car les classes dominantes se méfiaient déjà de la démocratie) et donc sans passer par la révolution. Le marxisme réformiste est la forme originelle et historique de la social-démocratie. Toutefois, le marxisme réformiste prend le sens idéologique moderne du socialisme.
La social-démocratie, au départ découle du marxisme réformiste, mais elle a été par la suite et tout au long du XXème siècle vampirisée par un courant idéologique issu du nouveau libéralisme (ou social-libéralisme) qui prône l'intervention étatique dans le cadre capitaliste (selon une sorte de compromission entre libéralisme et socialisme). C'est pourquoi le sens idéologique moderne de la social-démocratie est extrêmement proche du social-libéralisme : quand on parle aujourd'hui de social-démocratie on ne signifie plus (au sens idéologique) marxisme réformiste, mais bel et bien social-libéralisme.
La difficulté découlant de cette analyse vient du fait qu'il semble délicat de différencier social-démocratie de gauche et social-libéralisme de droite. D'où la confusion moderne entre droite et gauche catégorisées comme tous pareils et tous pourris.
On déduira de cette courte présentation que tout néo-socialisme passe nécessairement par un retour au marxisme réformiste (vu l'échec de la social-démocratie moderne comme on l'a vu en Grèce, au Portugal, et en Espagne).
Toutefois, l'héritage idéologique et expérimental de la social-démocratie moderne ne doit pas être perdu, mais doit servir à nuancer tout projet néo-socialiste trop catégorique dans ses moyens comme dans ses buts.
Enfin, tout néo-socialisme doit intégrer l'écologie politique (et sa forme moderne qu'est la décroissance) ainsi que la mouvance altermondialiste, les deux courants allant de toute façon vers un champ de propositions idéologique fort proche.
________________________________________________________________________________
Source : Analyse historico-idéologique de John Dryzek et Patrick Dunleavy effectuée sur le socialisme (« Theories of the Demoacratic State »)
02/10/2011
FREE in Socialism
Ce texte se base sur ma critique du capitalisme et du productivisme.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in...
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/30/lost-in...
Il reprend la théorie sur le socialisme que j'ai développé auparavant.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/27/le-soci...
________________________________________________________________________________
Comment dépasser le capitalisme : processus de transition vers un projet de société alternatif.
I) Première étape pour commencer un douceur : un capitalisme social-démocrate. C'est à dire un fort interventionnisme étatique (lois, règles, taxes, impôts, services publics étendus et forts, etc.) dans un cadre capitaliste. On s'opposera alors à tout libéralisme économique. Les logiques socialistes de la social-démocratie (redistribution des richesses, justice sociale, égalité) permettent déjà d'appréciables améliorations, même si à la longue la social-démocratie se heurte à ses limites (qui sont les limites de sa dépendance au bon fonctionnement du capitalisme alors qu'elle le péjore par son interventionnisme étatique).
II) Dans un second temps, on passera à une social-démocratie étatiste, c'est à dire qui étend les secteurs de l'économie privée sous contrôle de l’État. Attention, il ne s'agit pas simplement d'avoir des services publics développés, mais d'étatiser des entreprises rentables pour en étatiser les bénéfices. Ces bénéfices permettent ensuite de financer de nouvelles logiques socialistes. Bien entendue, le contrôle de plus grandes parts de l'économie privée permet d’améliorer les conditions de travail des travailleuses et travailleurs. Dans les secteurs étatisés on instaurera l'autogestion (démocratie directe économique).
III) A présent, il s'agit d'étendre le contrôle étatique à toutes les grandes structures de l'économie privée. Toutefois, ce n'est nullement un dogme, nombre de structures économiques de petite taille peuvent fort bien rester privées (par exemple la paysannerie, les artisans, les indépendants, etc.)
A ce stade, le peuple est normalement libéré de la domination d'une minorité possédante. Maître de ses choix, il peut agir sur la société dans le cadre démocratique sans subir la domination d'une dictature des plus riches qui détruisent la démocratie. L'économie étatisée dans un cadre démocratique permet donc de libérer l'individu.
IV) Le contrôle de l'économie par la volonté populaire permet de planifier l'organisation économique. La planification (qui prend comme valeur des choses le travail) offre la possibilité de définir démocratiquement quel type de production et de consommation sont nécessaires pour combler les besoins (et non les envies) de chacun. Il s'agit de planifier la production en prenant en compte les limites des ressources naturelles et le respect de la biosphère.
V) Dans ce cinquième temps, on aura à cœur de donner davantage de liberté aux individus en décentralisant les activités humaines. La décentralisation économique (comprenant une planification décentralisée) et politique (le pouvoir au quartier, puis à la commune, puis au canton, puis à la confédération), donne toute son autonomie à l'individu. La démocratie directe pure (sans représentation) au niveau du quartier, voire de la commune, est souhaitable. La décentralisation permet de construire une société indépendante, auto-suffisante au maximum, avec de grandes capacités auto-productrices. Construire une société à taille humaine, c'est autonomiser l'être humain.
VI) Et nous y voilà ! Transition terminée.
Dans ce système socialiste abouti, l'individu est véritablement libre et autonome.
A partir de ce système, toutes les conditions seront réunies pour créer la société idéale.
Bon, j'ai beaucoup parlé de projet de société, parce que plus grand monde n'en parle aujourd'hui. Mais pour le moment je pense avoir fait un premier tour de la question. Je reviendrai donc prochainement avec une proposition de programme politique pour un autre monde, car il y a les rêves et les utopies, mais il y a aussi la politique concrètement et les mesures qu'il faut soutenir dans l'immédiat pour entamer une transition vers une société alternative.
« Il n'y a qu'une seule façon de tuer le capitalisme : des impôts, des impôts et toujours plus d'impôts. »
« La propriété privée nous a rendu si stupides et si bornés qu'un objet n'est nôtre que lorsque nous le possédons. »
« Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, il s'agit maintenant de le transformer. »
Karl Marx
27/09/2011
Le socialisme du XXIème siècle
Correction, reformulation et amélioration de mon texte « Pour un renouveau du socialisme »
1) Démocratie
La démocratie consiste en le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple.
Un peuple est formé d'une collectivité d'individus politisés.
Au contraire, les masses sont formées d'ensemble d'individus dépolitisés. Plus les masses sont nombreuses, plus il est facile de manipuler la société.
La politisation, c'est à dire la conscience d'appartenir à une collectivité ou communauté politique, est la clef d'un juste fonctionnement de la démocratie.
En 1789, quand la société fut capable de se penser en tant que corps social, et donc politique, elle prit le pouvoir sur ses oppresseurs et se libéra du joug monarchique.
La modernité, au sens des Lumières, consiste en la capacité pour une société de s'autonomiser des tutelles oppressives ou aliénantes. De nos jours, le haut degré de dépolitisation menace le fonctionnement de la démocratie. Par le biais de la société de consommation, et par une production industrielle du divertissement débilitante, le capitalisme produit cette dépolitisation.
En vidant de son sens la démocratie, le capitalisme la nie.
Un nouveau socialisme aura à cœur de développer la démocratie et non de la nier.
Pour cela, il est nécessaire de tendre au maximum en direction de la démocratie directe, celle-ci étant l'essence même de la véritable démocratie, et donc de la possibilité pour chacun de prendre réellement des décisions sur sa vie collective et politique. Toutefois, dans un espace commun étendu, il faut passer par une démocratie parlementaire semi-directe, auquel on devrait adjoindre un certain pourcentage de députés tirés au sort. Afin de tendre au maximum à la démocratie directe, un nouveau socialisme devra obligatoirement décentraliser (ou relocaliser) les activités humaines.
En cela, le nouveau socialisme que je propose se place dans la continuité des socialistes utopistes comme Babeuf, Fourrier ou Cabet.
2)
Économie privée
L'économie privée n'est pas démocratique.
Elle appartient par essence à des propriétaires privés, et ceux forment une minorité possédante, car la concurrence amène toujours à l'accumulation de capital (les plus gros avalant les plus petits).
Le monopole privée est donc le stade ultime du capitalisme, d'où le caractère oligarchique qu'il prend.
L'économie privée n'est pas soumis au politique, c'est à dire qu'elle échappe au contrôle démocratique, bref le peuple ne peut influer sur cette économie. En effet, le peuple ne peut se décider collectivement que sur l'économie publique, entendez l'économie étatique.
Ainsi, l'économie privée qui règne sur des pans immenses des activités humaines, ne dépend-t-elle pas de la volonté démocratique. Les individus doivent se soumettre à la minorité possédante et se vendre.
L'économie privée agit, elle, directement sur la politique et influe sur les résultats démocratiques.
La politique s'en trouve manipulée et les choix politiques ne représentent plus les intérêts de la majorité, mais ceux de la minorité possédante.
Un nouveau socialisme devra dépasser l'économie privée en la réduisant à des entités de petites tailles collaborant avec la volonté populaire. L'intérêt de tous passe donc avant l'intérêt d'une minorité.
3)
Démocratie réelle
La seule structure que la volonté populaire peut contrôler, la seule structure économique sur laquelle le peuple peut influer et décider, c'est bien entendue la structure publique, comprenez la structure étatique.
Seul l’État est soumis à la démocratie, aux décisions politiques prises par le peuple, et à la volonté de tous. L’État est l'instrument du peuple dans la construction d'une société idéale, il est l'outil qui permet à la volonté démocratique de tailler le monde qu'il désire.
Il n'y a nulle limite aux capacités de l’État. Seul la démocratie, la volonté populaire, décide des limites à mettre à la mise en pratique de ses capacités.
Plus l'économie privée est sous contrôle de l’État, plus elle est étatisée, plus elle est sous contrôle du peuple, et de la démocratie. Une économie très étatisée est donc une économie très démocratique, ou démocratisée.
4)
Liberté
La liberté de la société et des individus dépend de la démocratie. Plus une société est démocratisée, c'est à dire plus son économie dépend de l’État démocratique, plus les individus s'émancipent de la domination de la minorité possédante.
En se libérant de la minorité possédante, les êtres humains acquièrent en liberté.
Autonomes, décidant démocratiquement par eux-mêmes, de ce qu'ils veulent comme société, les citoyens vont naturellement aller vers un socialisme harmonieux ; c'est à dire vers un partage du temps de travail, un partage égalitaire des ressources, et une autogestion pertinente (autant qu'il est possible).
Afin d'être le plus libre possible, les individus doivent ensuite décentraliser la prise de décision politique et la prise de décision économique (appelée aussi planification).
En rapetissant les structures économiques, en les morcelant quand c'est possible, l'individu acquiert en indépendance et en possibilités d'influer sur sa réalité.
L'indépendance ultime des individus dépendra du développement de leurs capacités à l'autoproduction et à leur penchant pour l'auto-limitation.
Simplicité volontaire et partage sont les clefs de la liberté, de l'émancipation collective et de l'autonomie individuelle joyeuse.
Un nouveau socialisme devrait, à ce moment-la, avoir atteint son stade final de développement et l'on pourrait considérer que les conditions sont réunies pour assurer à la société et à l'individu l'accès au bonheur.
Car tout projet d'un nouveau socialisme ne doit avoir comme finalité que le soucis de construire une société où règne la joie de vivre !
Les notions présentées ci-dessus ne sont pas suffisantes, j'en suis bien conscient, mais elles permettent de proposer une lecture moderne de ce que pourrait être un nouveau socialisme du XXIème siècle.
Dans ma prochaine note, je présenterais le processus que pourrait proposer un nouveau socialisme pour accomplir le changement global que je prône.
26/09/2011
NEO-SOCIALISME
Le libéralisme a su se réinventer plus d'une fois, et trouver des formes de plus en plus en adéquation avec le contexte historique et culturel afin d'assurer la domination des classes les plus riches.
Aujourd'hui, le socialisme doit répliquer, et seule une refonte idéologique permettra de faire face aux défis actuels.
En effet, nous assistons à une crise du capitalisme qui se découpe en trois sous-crises : financière, économique et politique. Ces sous-crises s'articulent ensuite en crises-conséquences : crise sociale (la plus importante), crise écologique (qui englobe tout) et crise psychique (que l'on peut relier à toute les crises). Bien entendue, on peut aussi dire que le capitalisme est une crise en lui-même puiqu'il représente un modèle inadéquat à assurer le bonheur de la race humaine (ce qui doit être e but de tout système idéologique).
Les crises ne tueront pas forcément le capitalisme, ce dernier pouvant fort bien muter (et a déjà commencé à muter) en une forme autoritaire, ploutocratique et malthusienne pour s'assurer la domination des classes les plus riches sur le reste de la société.
Un néo-socialisme doit fermer la parenthèse de la social-démocratie qui aura failli tuer la gauche, et donc déclarer son opposition naturelle et fondamentale au capitalisme (et donc à tout modèle quelconque d'économie de marché), au libéralisme économique (et non au libéralisme des moeurs), et au productivisme (comprenant consumérisme et matérialisme).
Le néo-socialisme pourrait s'axer autour des points suivants :
- Revenir à un certain marxisme, et le dépasser par la démocratie.
Cela signifie concrètement revenir à un modèle d'économie globalement étatisé, selon le principe que l’État est la seule structure économique démocratique. Toutefois, les petites entités ne seraient pas concernés (on ne va pas étatiser le boulanger du coin!) En outre, le système de marché sera remplacé majoritairement par un système planifié. La planification a aussi un rôle de bon usage des ressources à jouer au niveau écologique.
Attention : toute idée de dictature de classe ne me semble plus d'actualité évidemment.
Par ailleurs, l'idée de centralisation est abandonnée au profit de la décentralisation au maximum.
La planification se fera donc de manière décentralisée.
Bref, c'est un retour aux socialismes utopistes (Fourrier, Babeuf, etc.) plutôt que aux socialismes scientifiques qui ont abouti au capitalisme d’État.
- Intégrer les thèses altermondialistes.
Concrètement ce point est fort aisé à accomplir : il consiste à cesser d'imposer un modèle dominant à l'étranger et de ne pas s'ingérer de manière impérialiste dans les affaires des pays étrangers.
Donc, adieu FMI, OMC , BM, libre-échange, dette oppressive, dépendance à l'exportation, et autres dogmes libéraux dépassés et nuisibles. Par contre, vive le protectionnisme intelligent, l'autosuffisance, les échanges intérieurs, et l'autoproduction.
- Incarner l'anti-productivisme.
C'est le point le plus complexe à établir. L'anti-productivisme (aussi appelé décroissance) est une pensée d'avant-garde, dernière mutation de l'écologie politique (qui accomplit ainsi comme le socialisme son retour en avant). L'anti-productivisme consiste en de nombreux points énoncés aux points précédents (autosuffisance, autoproduction, protectionnisme intelligent, etc.), mais on peut faire ressortir comme points essentiels la nécessité de relocalisation (décentralisation) des activités humaines, la baisse du temps de travail, ou le droit à une dotation d'existence.
Le but du néo-socialisme doit être d'émanciper l'être humain de la domination d'une minorité possédante, et d'assurer son bonheur (ou les conditions du bonheur) en se centrant sur ses besoins non seulement matériels (à ne pas confondre avec ses envies comme le fait le capitalisme), mais aussi immatériels (comme l'importance du lien social, de la culture, de l'art, etc.)
Cette courte et imprécise présentation mérite d'être développée et détaillée.
Je vous invite toutefois à vous référer à mes récents textes pour trouver davantage de pistes, sur le socialisme : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/18/pour-un... ou sur la décroissance : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/17/la-decr...
La lutte continue !
18/09/2011
Socialisme
I - NOTIONS
1)
Démocratie
- Un peuple = collectivité politisée des individus
AU CONTRAIRE des masses = ensemble d'individus dépolitisés
- Politisation = conscience d'appartenir à une collectivité/communauté politique
Capitalisme (société de consommation/consumérisme) = processus de dépolitisation
- démocratie directe ˃ démocratie parlementaire
- démocratie parlementaire + démocratie directe
= compromis nécessaire dans un espace commun ETENDU
2)
Économie privée
- L'économie privée = non démocratique
CAR non soumis au politique
DONC non soumis au peuple
CAR soumis à une minorité possédante
DONC minorité possédante gouverne l'économie privée
=> économie privée influe sur politique => politique devient non démocratique
3)
ce sont les rapports de force économiques qui créent les rapports de force politiques
=> l'économique > politique
But du socialisme = politique > économique
= bien commun > intérêt privé
= liberté de tous > liberté de certains
= bonheur de tous > bonheur de certains
4)
Le socialisme = la démocratie réelle
- L’État = outil de la construction collective
= de la gestion de la vie en collectivité.
- L’État est soumis au politique
le politique = le peuple
l’État est la structure la plus démocratique
- L’État peut tout = le politique peut tout = le citoyen peut tout
- L'extension des activités humaines sous contrôle de l'Etat = démocratisation de la société
5)
- Liberté = non domination de l'être humain = non aliénation = égalité
DONC liberté = autonomie de chacun = indépendance de tous
SYSTEME SOCIALISTE (abouti)
= Autoproduction + auto-limitation + autogestion + démocratie directe + planification décentralisée
II – PROCESSUS
Il est essentiel que durant tout le processus on procède à l'accomplissement de la justice sociale et de l'égalité par toutes les politiques de redistribution possibles.
L'égalité, l'émancipation de l'être humain et l'accès au bonheur sont les buts mêmes du socialisme.
1) capitalisme (plus ou moins libéral)
=> Domination d'une minorité possédante – compétition entre tous – inégalités – destruction inévitable de la biosphère – aliénation de l'individu ...
2) capitalisme social-démocrate = interventionnisme étatique (lois, règles, taxes, impôts, etc.)
=> Préparation psychologique du peuple aux logiques socialistes
3) social-démocratie étatiste = dépassement de la social-démocratie = étatisation de secteurs économiques rentables afin de financer davantage de logiques socialistes
=> Démonstration des capacités d'émancipation des logiques socialistes = épanouissement social
4) étatisme = étatisation de l'économie privée = prise de contrôle par les citoyens des activités humaines
=> Nécessité probable de préserver la propriété privée dans certains domaines exceptionnelles.
=> Il ne s'agit pas ici d'un dogme, mais d'une mesure nécessaire pour libérer l'individu et la société de la dictature d'une minorité possédante.
=> Prise de contrôle du peuple de lui-même = indépendantisation des individus vis à vis de la dictature du capital = Démocratisation de l'économie
5) étatisme planifié = planification de l'économie privée selon les besoins
=> De l'importance de bien comprendre le sens du mot BESOIN (qui n'a rien à voir avec une envie)
=> De l'importance d'une logique du bon usage des choses (opposée au mésusage)
6) étatisme planifié décentralisateur = planification décentralisatrice des activités humaines économiques et politiques
=> construction d'une société à taille humaine = autonomisation maximale de l'être humain
7) système socialiste abouti = démocratie directe (sans démocratie parlementaire), auto-production (au maximum), auto-limitation, auto-gestion.
- démocratie directe est possible grâce à la décentralisation (relocalisation)
- auto-production, relative et non absolue
=> nécessite et induit auto-limitation
- échanges doivent êtres basées sur planification des besoins
+ planification doit se faire au niveau le plus proche de l'individu
- auto-gestion = principe général d'autonomie envers communauté politique
- organisation étatique est préservée MAIS uniquement au sens administratif ET public du terme
=> services publics et administration sont préservés
- le système socialiste = aboutissement des idéologies anarchistes et écologistes (au sens anti-productiviste du terme)
=> la lutte à gauche forme un tout unifié
- minorité possédante trouvera aussi le bonheur dans un système socialiste, car elle aussi est aliénée par les logiques capitalistes