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Une grande victoire pour les droits des animaux : le tribunal administratif de Zurich a déclaré nulle et non avenue, en deuxième instance, l’autorisation accordée par la direction de la santé de Zurich1. La demande avait été déposée par l’Institut de neuroinformatique de l’EPF et de l’université de Zurich, notoirement connu car quatre singes rhésus y sont utilisés abusivement depuis longtemps pour des expériences sur le cerveau.
Dans le canton de Zurich, les membres de la commission d’expérimentation animale disposent d’un droit de recours unique en son genre. Lorsque des expériences sont autorisées par la direction de la santé, trois membres, soit autant de représentant·e·x·s de la protection des animaux dans la commission, peuvent faire recours. Ensuite, la demande doit être jugée par le tribunal administratif si les autres membres de la commission sont favorables à l’autorisation. Si l’ensemble de la commission est en désaccord avec la direction de la santé, le recours peut même être porté jusqu’au Tribunal fédéral.
La demande a donc dû être jugée par le tribunal administratif. Celui-ci a constaté que le gain minimal de connaissances ne justifiait pas les énormes souffrances infligées aux animaux par les expériences. Des capteurs devaient être placés dans la tête de 100 des 136 pinsons zébrés, soumis à des expériences jusqu’à neuf heures par jour, afin d’obtenir des connaissances sur le développement du chant des oiseaux. Il s’agissait également d’acquérir des connaissances sur les troubles du langage chez l’homme. Cependant, ce dernier point n’était probablement qu’un argument de façade pour rendre les expériences plus “utiles”. De plus, les animaux auraient dû être détenus dans des box individuels, ce qui est également une torture horrible pour ces animaux qui vivent naturellement en groupe. Malgré ces souffrances, les chercheurs n’ont voulu classer les expériences qu’au degré de gravité 2, une erreur qui a déjà été corrigée par l’Office vétérinaire zurichois avec le classement au degré de gravité 3, le plus élevé.
Les informations révélées par ce jugement du tribunal sont symptomatiques des structures défectueuses et nuisibles du domaine de l’expérimentation animale : la souffrance des animaux est systématiquement minimisée et rendue invisible, tandis que le gain de connaissances est massivement exagéré. Et même si les demandes étaient rédigées et évaluées conformément à la vérité, leur exécution n’est pas contrôlée. L’Office vétérinaire zurichois lui-même écrit dans son rapport2/3, année après année que, selon la loi, 20% de tous les élevages d’animaux de laboratoire doivent être contrôlés. Or, seuls 1,88 % des animaleries ont été contrôlées en 2020, et 0,94 % en 2019. Le rapport ne dit pas un mot sur la qualité, c’est-à-dire sur le degré de criticité, sur la durée des contrôles et sur tout ce qui est contrôlé !
Tout cela montre que la Suisse doit se réveiller et agir enfin pour que les méthodes sans expériences sur animaux soient enfin sérieusement encouragées.
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Sources :
2 Jahresbericht 2020 Veterinäramt ZH