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Un système de progression est toujours fonction du temps de pratique que l’étudiant y consacre (à noter que ce temps doit être mesuré non en fonction du nombre d’années de pratique, mais du nombre d’heures d’entraînement). Or, la pratique du iaï, et des arts martiaux en général, reste pour beaucoup de pratiquants du domaine des activités ludiques. C'est pourquoi la FEI ne donnera aucune directive particulière sur la durée nécessaire de pratique entre les périodes successives de progression, à savoir les 4 séries de kata qui constituent le curriculum de l’école de référence de la FEI. Bien que reconnaissant qu'un entraînement régulier et soutenu pourra engendrer une maîtrise plus rapide de la discipline, la FEI précise cependant qu'un laps de temps est nécessaire entre les séries pour permettre au shugyuosha de digérer son travail, parallèlement à son évolution personnelle sur la Voie. Les pratiquants, et plus particulièrement les enseignants, sont donc invités à se référer au programme des différents passages de grade pour se faire une idée plus précise du rythme de cette progression.
En revanche, il semble important de rappeler, dans le cadre de ce règlement technique, quelques éléments de base de la pratique, qui constituent d’ailleurs le fondement de cette progression.
2.1 L’habit d’entraînement (keikogi)
Il est constitué:
· d’une veste (uwagi), de préférence blanche ou bleue,
· d’une jupe-pantalon (hakama), de préférence bleue ou noire
· et d’une ceinture (obi), de préférence blanche pour les mudansha et noire pour les yudansha.
Cet habit se porte selon un mode conventionnel. Le pratiquant se vêtira, dans tous les cas, de la façon appropriée qui ne nécessitera aucun réaménagement durant l'entraînement. Un pantalon (zubon) peut être porté sous le hakama et, pour les shugyuosha de sexe féminin, le port d’un T-shirt sous le uwagi est vivement recommandé.
2.2 Le dojo
Le dojo (le lieu où l'on pratique la Voie) n'est pas un gymnase mais un lieu consacré à la pratique, qu’il soit à l’intérieur d’une structure fermée ou au grand air. De ce fait, chaque pratiquant est tenu de respecter certaines règles qui en constituent l’étiquette (dojo reishiki). Chaque sempaï est tenu de transmettre à ses kohaï, d'abord par son exemple, puis par des suggestions opportunes, les règles de base de cette étiquette.
2.3 L’étiquette (reishiki)
Extrait du livre de M.T. SHEWAN: « IAI: l’art du sabre japonais » (p. 56: reishiki: le cérémonial)
Le cérémonial est nécessaire et essentiel dans tous les arts martiaux, comme d’ailleurs dans toute recherche, car il permet à l’élève d’apprendre avant d’avoir pris conscience de la finalité de son travail. En budo, il a différents buts:
- il enseigne, tout d’abord, les règles permettant un comportement empreint de respect et de politesse envers autrui,
- il apprend ensuite à l’élève à se conduire avec un maximum de sécurité face à une attaque imprévisible, par exemple à ne jamais passer, pour entrer dans le dojo, devant une ligne de pratiquants assis en seiza. En marchant derrière eux, il ne s’expose pas à une attaque subite,
- il apprend aussi à « connaître sa place », c’est-à-dire à évaluer les distances nécessaires entre soi-même et le monde (êtres ou objets) et à conserver ainsi une marge de sécurité suffisante,
- il apprend parfois à s’asseoir face aux portes et fenêtres, à ne pas s’asseoir le dos voûté, à garder les mains libres, à utiliser la main gauche afin de permettre à la droite d’être disponible en cas d’attaque, à marcher de préférence dans un terrain encaissé, etc…
- il nous habitue à certaines précautions qui doivent devenir instinctives lors d’un combat réel,
- le cérémonial aide enfin à se calmer et à se forger un mental au cours de l’entraînement. Il symbolise donc la purification intérieure de l’élève. Plus prosaïquement, le cérémonial représente une transition entre les activités quotidiennes et le travail sur soi.
Il peut, selon les écoles, varier dans les détails, mais il conserve la même essence dans tous les cas.
Extrait du livre N. Tamura: « Aikido – étiquette et transmission »:
« Rei se traduit simplement par salut. Mais il englobe également les notions de politesse, courtoisie, hiérarchie, respect, gratitude. Reigi (l’étiquette) est l’expression du respect mutuel à l’intérieur de la société. On peut aussi le comprendre comme le moyen de connaître sa position vis à vis de l’autre. On peut donc dire que c’est le moyen de prendre conscience de sa position.
Le caractère rei est composé de 2 éléments: shimesu et yukata. shimesu: l’esprit divin descendu habiter l’autel. Yukata: la montagne et le vase sacrificiel de bois qui contient la nourriture: deux épis de riz, le récipient débordant de nourriture, l’abondance. Ces deux éléments réunis donnent l’idée d’un autel abondamment pourvu d’offrandes de nourriture, devant lequel on attend la descente du divin… la célébration.
GI: l’homme et l’ordre. Désigne ce qui est ordre et qui constitue un modèle. Reigi est donc à l’origine ce qui gouverne la célébration du sacré. Il est probable que ce sens se soit ensuite étendu aux relations humaines lorsqu’il a fallu instaurer le cérémonial qui régissait les relations hiérarchiques entre les hommes. »
Ce bref rappel pour démontrer que le cérémonial tient une place essentielle dans la progression et qu’il constitue la base de ce qu’il convient d’appeler la Voie Martiale (budo). Le salut au sabre de la tradition Muso Shinden répond à une étiquette très précise qui lui est propre et qu’il convient d’enseigner au pratiquant dès le début de son apprentissage.