Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06935.jsonl.gz/1216

Fermée en 2002, la prison de Delémont reprend ses activités dès le 4 mai 2015, suite à l’acceptation d’un crédit de rénovation en mai 2014 par le Parlement. D’une capacité de 14 places, elle accueillera dans un premier temps les détenus de la prison de Porrentruy, où les travaux de rénovation entamés en 2012 pourront s’achever. Par la suite, les deux prisons permettront de répondre en partie aux besoins jurassiens en places de détention et aux demandes de placement des autres cantons du Concordat latin. La situation carcérale jurassienne restera toutefois compliquée jusqu’à la construction d’un nouvel établissement pénitentiaire.
Ces dernières années, le nombre de journées de détention dans les établissements pénitentiaires du pays a fortement augmenté et le canton du Jura n’échappe pas à la règle. Les pénitenciers de Suisse Romande et du Tessin, regroupés dans le concordat latin, affichent régulièrement des taux d’occupation équivalant ou dépassant leur capacité totale. Pour faire face à cette situation nouvelle, le Gouvernement a fait le choix de rouvrir la prison de Delémont, afin de faire face à la surpopulation carcérale et de pallier partiellement le manque de places de détention.
La réouverture de la prison de Delémont, disposant de 14 places de détention, permettra donc dans un premier temps, de finir les travaux de rénovation entrepris en 2012 à Porrentruy. En effet, les personnes détenues à Porrentruy seront transférées à Delémont, et la prison sise dans le chef-lieu ajoulot sera fermée complètement pour une durée d’environ trois mois et demi. Puis elle fonctionnera partiellement pendant à nouveau trois mois. Cette rénovation consiste principalement en une amélioration de la sécurité pour les agents de détention et en la création d’un toilette séparé dans chaque cellule. Une fois les travaux en cours terminés, soit d’ici la fin de l’année 2015, la capacité de la prison de Porrentruy sera augmentée de 16 à 18 places. Pour l'exécution des peines en semi-détention ou en travail externe, le bâtiment de l'Orangerie continue de disposer en outre de 13 places.
Ainsi, le Canton du Jura pourra, avec ses deux prisons régionales, répondre en majeure partie aux besoins jurassiens et également aux demandes de placement des autres cantons du Concordat latin.
Cependant, malgré les efforts consentis par le canton pour améliorer les conditions de détention, le Gouvernement relève, comme il l’a fait plusieurs fois par le passé et comme l’a aussi récemment rappelé la Commission nationale contre la torture, que les deux prisons ne répondent pas totalement aux normes en vigueur au niveau suisse et européen. En effet, certaines carences, comme l’absence d’une cour de promenade à ciel ouvert à Porrentruy, ainsi qu’un manque de places de travail sur les deux sites, ne pourront pas être comblées avec les locaux existants.
La situation carcérale jurassienne restera donc compliquée tant qu’un nouvel établissement pénitentiaire, répondant à toutes les normes en vigueur, ne sera pas construit. Pour cela, un groupe de travail chargé de la planification de ce projet a été nommé en août 2014. Un premier rapport est attendu pour la fin de l’été.