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la connaissance du seul moyen indiqué pour guérir les rétrécissements de l'urètre: les bougies médicamenteuses ou emplastiques qui portent son nom, et qui sont si connues, opérèrent de véritables prodiges; mais, depuis la découverte des bougies et des sondes en gommes élastique, qui détruisent les rétrécissements du canal de l'urètre, en le dilatant, les bougies de Daran ont été abandonnées; ce qui n'empêche pas que ce ne soit à lui que cette précieuse invention soit due. On lui a reproché d'en avoir gardé long-temps le secret; mais s'il a profité de sa découverte pour s'enrichir, son extrême humanité, son désintéressement auprès des pauvres, doivent obtenir grâce pour sa mémoire. Daran fut un excellent et habile chirurgien ; mais ses brillants succès dans le traitement des maladies des voies urinaires, feront seuls ser son nom à la postérité. C'est en parlant de lui que de Bièvre dit un jour: « C'est un homme qui prend » des vessies pour des lanterues. » Daran, malgré son désintéressement, fit une fortune immense. Il fut comblé d'honneurs par le souverain. En 1755, le roi, qui l'avait déjà nommé son chirurgien par quartier, lui donna des lettres de noblesse; mais, après avoir gagué deux millions dans l'exercice de sa profession, il perdit. tout son bien par des spéculations hasardées, et, à la fin de ses jours, il lui fallut travailler pour subsister. It mourut à quatre-vingt-trois ans dans un état voisin de la misère. Nous avons de lui: 1. Observations chirurgicales sur les maladies de l'urètre, Avignon, 1745, in-12, reimprimées en 1748, 1758, 1768 : il a été traduit en anglais par Tomkyns, 1755, in-8°.; II. Réponse à la brochure (de M. Bayst), intitulée: Sur la
excepté. Cet homme courageux et dévoué eut à lutter, dans le voyage, contre la peste et contre la disette des vivres; mais son zèle et son indus trie triomphèrent de ces deux fléaux redoutables. Il reçut à Marseille un accueil qui tenait à l'enthousiasme. Les principaux habitants de la vilie, le peuple même, le sollicitèrent de se fixer parmi eux. Daran céda à des vœux aussi honorables; mais les succès que ses talents lui fireut bientôt obtenir ne tardèrent pas à être publiés jusqu'à Paris. On parlait surtout de son habileté dans le traitement des maladies des voies urinaires. Le roi fit inviter Daran à se rendre dans la capitale, où des étrangers de la plus haute distinction accoururent sur ses pas, et furent guéris par ses soins. L'éthiologie des affections chroniques du canal de l'urètre, qui en causent le rétrécissement, et de plus funestes accidents encore, était incertaine. François 1. avait été atteint de cruelles rétentions d'urine, produites par le retrécissement de l'urètre; il nourut sans que l'art pût lui procurer de soulagement. Henri III, en revenant de Pologne, et passant par Venise, contracta une maladie que de mauvais traitements firent dégénérer en un rétrécissement du canal de l'urêtre. Un habile médecin de ce temps, Mayerne, imagina d'introduire des bougies pour rétablir le canal, et réussit par ce moyen à soulager son malade. On trouve des traces de ce procédé dans une lettre publiée par ce médecin, intitulée: De gonorrhea inveteratæ et ca runculæ ac ulceris in meatu urinari, curatione. Il est présumable que Daran, qui avait dû faire de très grandes recherches sur les maladies des voies urinaires, s'était emparé de la méthode qui avait réussi à Mayerne. Quoi qu'il en soit, c'est à Darau que nous devons
défense et la conservation des par ties les plus essentielles de l'homme, 1750, in-12; III. Traité complet sur la gonorrhée virulente, 1756, in-12; IV. Lettre pour servir de ré à un article du Traité des tumeurs, 1759, in-4°.; V. Composition du remède de M. Daran, etc., Paris, chez Didot le jeune, 1775, 1 vol. in-12.
ponse
F-R.
DARCCI (JEAN), né à Venose, dans le royaume de Naples, au commencement du 16. siècle, professa les humanités avec quelque distinction, mais préférant le repos aux avantages que pouvait lui promettre la carrière de l'instruction, il se retira dans sa patrie, où il cultiva la poésie latine pour laquelle il avait autant de gout que de talent. Il s'était fait d'illustres protecteurs dont la générosité le souint dans sa retraite. Ses poésies ont été imprimées plusieurs fois. Colines en donna une édition élégante à Paris en 1543, in-8°. Elle contient un petit poëme intitulé Canes, une héroïde de Deidamie à Achille et quelques autres pièces de peu d'étendue. Son poëme a été inséré dans l'Amphitheatrum sapientiæ de Dornau, et dans le foin. 1er. des Delicia poëtarum italorum. Les descriptions en sont agréables et variées, et le style rappelle celui des modèles dont l'auteur avait fait une constante étude. On croit que Darcci est le même qui, naturalisé en France, où il fut aumônier du cardinal de Tournon, y prit le nom de Darces, et y publia les treize livres des Choses rustiques de Palladius, traduits nouvellement en français, Paris, Vascosan, 1554, in-8°. W-s.
DARCET (JEAN), médecin et chimiste distingué, naquit en 1725 à Douazit en Guienne. Quoique fils d'un magistrat, il préfera l'étude de la médecine et des sciences naturelles
à celle de la jurisprudence; et ayant, à cet égard, contrarié les intentions de son père, celui-ci, pour le patir, transporta le droit d'ainesse et les avantages pécuniaires qui y étaient attachés sur un fils d'un second It. Le jeune Darcet n'en fut pas déconragé, et à Bordeaux, où il suivait ses études, pour suppléer au peu de ressources qu'il trouvait dans sa famille, il donna des leçons de latin à des enfants. Ayant acquis l'estime et l'amitié de ses condisciples en medecine, il fut présenté par l'un d'eux à Montesquieu. Ce grand homme lui donna d'abord quelques secours; bientôt il reconnut en lui des talents et de précieuses qualités morales, et il lui confia l'éducation de son fils. Cest alors que Darcet l'accompagua à Paris en 1742. L'union la plus intime s'étallit aussitôt entre ces deux hommes. Le jeune médecin aida le philosophe à recueillir ses nombreux matériaux pour son immortel ouvrage de l'Esprit des lois; en un mot Darcet cessa bientôt d'être le protégé de Montesquieu, pour en être l'ami; mais il n'y a rien de vrai dans ce qu'on a dit d'une lutte qu'il eut à soutenir contre deux jésuites qui, voyant Montesquieu près de rendre le dernier soupir, voulaient, dit-on, s'emperer de la clef de son secrétaire. Rodevenu libre à la mort de son ami, Darcet ne s'occupa plus que de son art, et particulièrement de la chiinie. Rouelle alors dominait dans cette science. Tout en suivant la direction qu'elle avait reçue de Stahl, il préparait les matériaux qui out fondé la nouvelle école, et surtou il inspirait aux gens du monde le goût de cette étude jusqu'alors abandonnée aux savants. Un jeune mitaire, le comte de Langarais, obeissait surtout à cette impulsion donnée
par Rouelle, et, ayant besoin d'un guide dans ses recherches chimiques, il fit choix de Darcet qui lui fut présenté par Rouelle. Dès-lors ils travaillèrent de concert, et bientôt le cœur eut autant de part à leur association que le zèle de la science. En 1757, la guerre vint les interrompre et appeler le comte de Lauraguais dans les camps; le savant à son tour y suivit le guerrier, et l'occupation du pays de Hanovre leur fournissant l'occasion de visiter les mines du Hartz, Darcet en donna une description, à laquelle il joignit l'histoire naturelle de ce pays et des événements de cette campagne, dans un petit ouvrage inédit, remarquable par une grande sagacité d'observation. La paix rendit les deux amis à leurs recherches chimiques, qu'ils appliquaient particulièrement aux arts. C'est alors qu'ils travaillèrent à renouveler et à perfectionner l'art de faire la porcelaine (Voy. MORIN.) Cette poterie précieuse nous etait apportée d'abord par les Portugais, du Japon et de la Chine; elle nous vint ensuite de la Saxe, où le hasard avait conduit à sa découverte un garçon apothicaire appelé Boetti cher, occupé de la recherche du grand ceuvre. En essayant beaucoup de terres pour en extraire de l'or, il avait trouvé celledont la nature elle-même a produit la combinaison en ce pays, et qui a servi depuis à faire la porcelaine de Saxe, et dont le gouvernement de ce pays défendait qu'on exportât le moindre echantillon. Darcet, d'une part, décomposa ces diverses porcelaines pour reconnaître la nature et les diverses proportions des terres qui entraient dans leur fabrication; et de l'autre, exposant au feu diverses terres de nos pays, il parvint à reproduire non seu ement la combinaison particulière qui e trouve naturellement en Saxe, mais
plusieurs autres analogues et propres au même résultat. Ce grand et beau travail fut présenté dans divers mémoires à l'académie des sciences pendant les années 1766 et 1768. C'était la première fois qu'on exposait à ce corps savant la série méthodique et raisonnée d'une analyse chiunique par le feu. Darcet bientôt appliqua ses recherches à beaucoup d'autres pierres et terres, particulièrement aux pierres précieuses; il démontra l'entière combustibilité du diamant, qui n'avait été que pressentie, et qui même était généralement niée. Ces nouvelles expériences furent la matière d'autres mémoires qu'il présenta à l'académie des sciences en 1770. Les uns et les autres ont été publiés sous ce titre : Mémoires sur l'action d'un feu, egal, violent et continué plusieurs jours, sur un grand nombre de terres, Paris, 1766 et 1771, in-8°. Du reste, dans ses longs travaux chimiques, Darcet cherchait surtout des découvertes d'une application utile aux arts. Dès 1762, il avait été reçu docteur-régent de la faculté de médecine de Paris. En 1771, il épousa la fille du chimiste Rouelle qui venait de mourir. En 1774, un voyage qu'il fit dans les Pyrenées lui fournit l'occasion de faire l'histoire géologique de ces montagnes, dans un discours prononcé au college de France. Il a été imprimé, Paris, 1776, in-8°.; et est aussi remarquable par le style que par les connaissances physiques qu'il suppese; Darcet, en effet, n'était pas sans mérite sous ce rapport; les soins qu'il avait apportés à l'éducation du jeune Secondat, l'avaient forcé de cultiver les belles-lettres, et son goût à cet égard se décèle dans les notes dont il a enrichi le traité des Questions naturelles de Séneque (dans la traduction de Lagrange, édition donnée par
Naigeon, Paris, 1778-79, 7 vol.
:
de proscriptions; Fourcroy, son ami
DARD ( JEAN ), né à Vendôme en
DAREAU (FRANÇOIS), avocat a présidial de Gueret, né au bourg de Ste.-Feyre, près de Guéret, le 19 mars 1756, vint à Paris vers 1771. et y est mort en 1783 ou 1784€ non en 1789). Il est auteur di Traité des injures considérées da : l'ordre judiciaire, ouvrage qui re ferme particulièrement la jurispr dence du petit- criminel, Paris 1775, 1 vol. in-12, reimprimé par soins, et avec les observations & M. Fournel, 1785, 2 vol. in-12. C traité est très estimé, grâces aux notes et additions de l'éditeur, qui formen les deux tiers de l'ouvrage. Dareama că part au Répertoire de jurispruden de M.Guyot; il a aussi fourni des pièce de poésie aux Almanachs des Must A. B-I. de 1768-76-78.
l'exemplaire de Darès, qui était dans
DARES de Phrygie, sacrificateur de Vulcain, qu'Homère, dans le 5. livre de l'Iliade, qualifie d'homme a très riche et d'une sagesse consom» mée. » Il fut, dit Isidore de Séville, le premier historien chez les Gentils, qui écrivit sur des feuilles de palmier l'histoire des Grecs et des Troyens. Elien dit (XI, 2) avoir vu cet oùvrage de Darès, qui, ayant assisté au siége de Troye, aurait écrit avant Ho mère. Il est à croire que le livre dont parle Elien n'était pas de Darès. Quel qu'il fut, il est perdu pour nous; mais on a donné, comme une traduction faite sur le grec de Darès, un récit De excidio Troja en quarante quatre chapitres. Cette version en prose laLine servit, à ce qu'on croit, de base à un poème en vers hexamètres la tins en six livres De bello Trojano. Ce poëme fut publié sous le nom de Cornélius Nepos dans les éditions qu'on en fit à la suite des OEuvres d'Homère, Bâle, 1583, in-fol., et 1606, in-fol. Depuis on a rendu le poëme à Joseph Iscanus, qui paraît être son véritable auteur (V.ISCANUS); et c'est la version en prose que l'on a attribuée à Cornelius Népos; mais le style barbare de cet ouvrage ne permet pas de le donner à cet écrivain. Quoi qu'il en soit, cette histoire de la ruine de Troie, sous le nom de Darès, eut plusieurs éditions dans les premiers temps de l'imprimerie. La plus ancienne paraît être celle in-4"., sans date, de 18 feuillets, qu'on croit imprimée à Cologne vers 1474. Il y a une édition faite en Italie sans date, ni nom de lieu. Elle n'a que onze feuillets. Fabricius et Ernesti (Bibl. Lat. lib. I, cap. VI) donnent comme edition princeps une édition de Milan 1477, qui n'existe pas. Le Dictys de Crete (Voy. DICTYS) fut imprimé, il est vrai, à Milan cette année, mais
de
et attribue cette traduction à G. Postel. C'est une erreur qu'à répétée un Nouveau dict. historique, mais qu'avait relevée Desbillons. La seconde traduction française est de Charles de Bourgueville et non Bourgville, comme dit Fabricius, ni Bourguille, comme dit Ernesti), Caen, 1573 (V. BOURGUEVILLE). Dupuy a fait imprimer une traduction de Darès dans le second volume de sa Mythologie, ou Histoire des dieux, des demi-dieuz et des plus illustres héros de l'antiquilé payenne, 1751, 2 vol. in-8°. M. Ant. Caillot a donné une nouvelle traduction, le texte en regard, et qui est imprimée avec l'Histoire de la guerre de Troie attribuée à Dietys de Crète, trad. du latin