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À première vue, il semble facile de traduire un brevet à partir de l’anglais.
Force est de constater que les rédacteurs de brevets, qu’ils soient français, anglais ou américains utilisent une langue qui est plutôt pauvre. De plus, l’ambiguïté est absolument reine dans une demande de brevet d’origine américaine ou anglaise. Ce n’est pas tout à fait du globish, mais pas loin.
Le professionnel qui traduit une demande de brevet ou un brevet américain en français va se heurter à l’ambiguïté permanente. Il lui faudra résister à l’envie de lever l’ambiguïté et trouver une ambiguïté française correspondante.
Par ailleurs, si la langue anglaise dans le domaine des brevets est plutôt pauvre, la langue française l’est également dans celui de la propriété industrielle… parfois même plus que la langue anglaise. On peut citer comme exemple le domaine de la contrefaçon de marques, un domaine voisin du brevet. En français on parle de « contrefaçon de marque et en anglais de trademark infringement mais aussi de counterfeiting, ce qui donne matière à discussion lors de l’élaboration de directives sur le mesures pénales en matière de contrefaçon ; doit-on employer « counterfeiting » ou « infringement » en anglais ? Très souvent en matière pénale sur les contrefaçons, on parle de counterfeiting and infringement.
Un seul mot pour deux concepts qui sont très différents : Attention !
Source : J. Combeau – Revue Traduire