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Pour la première fois depuis 1994, la tendance à l´ouverture s´est affaiblie, selon une étude publiée mardi par le Département fédéral de la défense. Paradoxalement, les Suisses soutiennent l´envoi de soldats armés dans des missions à l´étranger.Ce contenu a été publié le 22 août 2000 - 19:58
Seuls 50 pour cent des Suisses sont favorables à une intensification de la coopération internationale, selon l'étude «Sécurité 2000». Le groupe des isolationnistes s'est renforcé pour la première fois depuis 1994. Désormais, ils sont aussi nombreux (27 pour cent) que les Suisses prêts à accepter des restrictions de la souveraineté nationale (26 pour cent) et que les partisans d'une ouverture plus douce (24 pour cent).
Selon les auteurs de l'étude, les sanctions de l'Union européenne (UE) envers l'Autriche pourraient expliquer ce réflexe de repli sur soi. Cela dit, le oui net du peuple suisse aux accords bilatéraux laisse penser que cette attitude n'est que temporaire.
Par contre, la tendance concerne toutes les formes d'ouverture, l'UE comme l'ONU. Même si les partisans d'une adhésion à l'ONU restent majoritaires (57 pour cent), ils sont tout de même moins nombreux que l'année dernière.
Paradoxalement, une majorité des personnes interrogées acceptent d'armer les soldats suisses lors de mission de maintien de la paix à l'étranger. Une manière de compenser, selon Karl Haltiner, l'un des auteurs de l'étude. «Les Suisses sont conscients qu' il faudra s'ouvrir un jour. Mais, pour l'instant, on préfère engager des soldats à l'étranger, plutôt que dire oui à une adhésion à l'Europe. C'est plus facile et moins cher».
D'ailleurs, le rôle que les Suisses attribuent à l'armée a évolué. «On la voit comme un instrument multifonctionnel, explique Karl Haltiner, et plus seulement comme instrument de défense ou de menace». Les Suisses sont de plus en plus nombreux à penser que l'armée est appelée à s'occuper de tâches annexes, comme l'aide en cas de catastrophe.
Les partisans d'une armée de métier sont désormais aussi nombreux que les partisans d'une armée de milice. Contrairement aux personnes de plus de 60 ans, les jeunes sont favorables à une armée de métier. Selon Karl Haltiner, il ne faut pas voir là une réelle opinion politique. «C'est une façon de dire 'oui à l'armée, mais sans moi!'»
Cette étude a été réalisée auprès de 1202 personnes par le Centre de recherches sur la politique de sécurité et l'analyse des conflits de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich et l'Ecole militaire supérieure.
Alexandra Richard
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