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De même qu’une comédie a son prologue, un recueil de lois son préambule et un opéra son prélude, une question philosophique a sa question prélimi¬ naire. Dans celle-ci, on met en question la question que l’on a posée elle- même. On se demande si elle a été posée de façon correcte et, avant tout, si elle a une chance de trouver une réponse satisfaisante. Permettez-moi de poser moi aussi une telle question préliminaire.
Quel est précisément le sujet de notre question? J’aimerais faire remarquer tout d’abord que la question que nous avons posée suppose que nous ayons déjà répondu d’une certaine façon à une autre question qui la précède. Cette question préliminaire, nous pouvons l’exprimer comme suit: «Pourquoi y a-t-il des beaux arts? Pourquoi produisons-nous, pourquoi consommons- nous des œuvres d’art?»