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Sergey
Sergey
Sergey, état d’une petite commune de moins de 2 km2 au sein du 4e plus grand canton de suisse où il fait bon vivre.
Depuis les trois premiers foyers en 1331 aux 146 habitants d’aujourd’hui, le petit village de Sergey a su conserver son âme champêtre et sa convivialité. Niché au pied du Mont Suchet, il fit partie au Moyen Âge de la commune des Clées. À cette époque la région était une étape importante sur la route Orbe-Besançon.
À l’époque, Sergey a souvent changé de main. En 1331 le hameau dépendait du Seigneur de la Mothe, le chanoine Hugues de Champvent. Dès 1405 la commune fût donnée à Pierre dit Hermiteran qui était un commissaire du comte de Savoie. Puis, entre 1536 et 1798 Sergey fût en main bernoise. À la suite de l’indépendance du Canton de Vaud, la petite commune fût rattachée au baillage d’Yverdon puis au district d’Orbe jusqu’en 2006.
Les premières traces écrites d’une administration communale sont datées des années 1680, les premiers comptes sont datés de 1686 et le premier conseil fut mentionné en 1740. Dans certains écrits historiques, il est mentionné que la commune a dû être fortement touchée par la peste de 1348, il est même probable qu’il n’y ait pas eu de population pendant environs 30 ou 40 ans.
Population
Les premières informations concernant la population remontent à 1331 avec trois foyers, puis 12 en 1764. Il y eu un pic en 1850 avec 119 habitants (!). À la suite de ce zénith, la commune a connu un ralentissement, pour arriver à seulement 71 personnes en 1970. C’est dans les années 1980 que le village a commencé à se repeupler, 108 habitants ont élu domicile lors du passage au 21e siècle et ça n’a cessé d’augmenter pour atteindre aujourd’hui 146 habitants.
Sergey et sa gravière
Sergey est bien établi sur sa moraine depuis environs 700 ans, ces roches ont été déposées par les glaciers il y a plus de 25’000 ans. Aujourd’hui, l’exploitation de ces dépôts permet de générer une partie des revenus de la commune. Le site a premièrement été exploité pour le lavage et le stockage de matériaux extraits des sols. Aujourd’hui la gravière reçoit également d’importante quantité de béton et matériaux issus de démolition de bâtiment ou de déblaiement de chantier. Ces résidus sont destinés à être mélangé et devenir des ecobetons® qui serviront aux futures constructions dites Minergie®.
Cette gravière n’est pas uniquement une question de gain pour la commune. En effet, elle est un exemple national pour la reproduction des batraciens et l’exploitation des sols en accord avec la faune et la flore. En 1998 déjà, la gravière de Sergey a reçu son premier label « Fondation Nature et Economie ». Elle a par ailleurs été une des premières gravières de Suisse Romande à l’obtenir. Ce label est décerné aux exploitations d’extraction respectant un maximum l’habitat naturel de la faune et la flore.
Lors de sa dernière certification en 2018, la gravière de Sergey était à 80 % dans son état naturel. Cette reconnaissance est venue récompenser le retour en force des hirondelles et de leur nidification dans la zone. La gravière est un refuge pour plusieurs espèces rares et protégées, dont les habitats naturels ont pratiquement disparu en Suisse.
Relations intercommunales
De par sa petite taille, les relations intercommunales ont une importance primordiale. Sergey partage par exemple son numéro postal avec la commune de l’Abergement. Mais de manière plus large également, l’organisation des écoles via l’association scolaire intercommunale ASIOR, cette association regroupe 9 villages de la région ainsi que la ville d’Orbe.
Les eaux (propres et usées) sont quant à elles encadrées par l’Association Intercommunale de la Source Mercier (AISM) et l’Association Intercommunal du Vallon du Mujon (AIVM).
Sergey ainsi que 8 autres communes environnantes délèguent la gestion et l’exploitation de leur forêt à l’Association du Triage du Suchet. Cette association a pour but premier de gérer financièrement les projets communs des communes qui en sont membres, comme par exemple le traitement des forêts protectrices, l’exploitation des chablis ou encore les soins aux jeunes forêts. Le deuxième but est de commercialiser le bois sous toutes ses formes, le bois qui va aller en scierie mais également le bois d’industrie comme le bois de feu. En 2019, un hangar à plaquette a été inauguré, afin commercialiser le bois de 2e et 3e catégorie et en faire du bois de feu pour les chauffages à distance des communes membres de l’association.
Dernièrement, la commune s’est associée au village voisin (L’Abergement) afin de gérer l’évacuation de ses déchets en intégrant la déchetterie intercommunale de l’Abergement, Les Clées, Sergey.
Malgré l’évolution démographique des villes et leur importance, ces dernières ne sont pas impérativement le point central d’une région. Fort de ce constat et grâce aux projections démographiques cantonales, est né le projet de construire un collège réservé au primaire, en périphérie de la forêt dans le village voisin. Cette construction sera faite de bois suisse et devrait être construit d’ici 3 à 4 ans.
Curiosité
Le petit village de Sergey partage le même numéro postal que son voisin L’Abergement. Après une courte enquête, il s’est avéré que la région du Pied-du-Jura a une importante densité de numéros postaux, ajoutez à cela le fait que peu de courrier était envoyé dans les deux villages voisins en 1964 lors de l’introduction des numéros postaux. Il a été donc décidé d’attribuer les mêmes quatre premiers numéros. Il faut savoir que la Poste Suisse a un triage en interne à 6 chiffres, ce qui fait que pour eux ce sont deux numéros postaux différents pour le triage du courrier.
Fait historique sur Sergey
Il faut savoir que la commune de Sergey a la fierté d’avoir eu la première femme municipale du Canton de Vaud. C’est le 21 août 1960, lors d’une élection complémentaire que Madame Nelly Gaillard-Zoëll a été élue au deuxième tour pour venir compléter la Municipalité.
Malgré qu’aucune liste ne fût déposée dans les temps et avec l’obtention d’une seule voix au premier tour, Madame Nelly Gaillard-Zoëll s’est retrouvée avec la majorité relative au second tour et fût élue municipale en fin d’après-midi. A noter que ce fait est d’autant plus marquant, que le droit de vote des femmes au niveau fédéral fût introduit seulement en 1971.
Le Canton de Vaud ainsi que celui de Neuchâtel furent les pionners en introduisant le droit de vote pour les femmes au niveau cantonal en 1959 déjà.
Les bâtiments
Le battoir du village fût rénové et repensé en tant que grande salle en 1974 par la Municipalité en place, afin d’offrir une salle des fêtes digne de ce nom, aux habitants qui revenaient gentiment peupler le village.
En 1993, une annexe a été ajoutée à la grande salle du village pour répondre à un besoin en bâtiment de l’ancien groupement scolaire, dans le but d’accueillir des classes ainsi qu’une salle d’école ménagère. De nos jours la grande salle est toujours en fonction alors que la Municipalité recherche activement à réhabiliter les locaux annexes en les louant à une ou plusieurs entreprises de la région.
Parmi les bâtiments classés par les monuments historiques, le clocher et le four à pain ont tous deux étés rénovés. Le clocher a été entièrement repensé en appartement et en bureau, en 2003, afin de permettre au village d’accueillir des nouveaux habitants. C’est d’ailleurs là que se trouve l’administration communale et la salle dédiée aux séances de municipalité.
Quant au four à pain et à la salle communale, tous deux datent environ de 1750. La salle communale fût rénovée en 1944 et devient alors la salle consacrée pour les séances du conseil, ce qui est toujours d’actualité aujourd’hui. Un coup de jeune a été donné à tout le bâtiment en 2015 en révélant l’étoile qui était à l’origine dessiné avec les tuiles.
Les sociétés et la vie du village
Sergey a sa propre société d’Abbaye des Volontaires, fête qui est célébrée tous les deux ans. Cette dernière a d’ailleurs fêté ses 200 ans d’existence en 2003. La commune a également la chance d’avoir un chœur mixte qui se nomme « Le chant des bois », et une société de tir « Les Ourloups », ces deux sociétés sont partagées avec le village de L’Abergement.
Il faut noter qu’il n’existe aucun dicastère culturel au sein de la Municipalité, mais les autorités se réjouissent du dynamisme des habitants de Sergey. En effet plusieurs initiatives culturelles viennent de leur part, comme par exemple les fenêtres de l’avant au mois de décembre ainsi que l’apéro des fontaines en été et autres. Les Ours regorgent d’idées et d’inspiration !
Ce petit village tranquille et authentique du Pied-du-Jura, a été essentiellement agricole au 20e siècle, mais ces dernières années la commune ne compte désormais plus que 3 agriculteurs. Des jeunes de parents natifs du village reviennent y vivre et cohabitent avec bonheur avec les nouveaux arrivés.
Ce changement au fil des années a permis la création de plusieurs entreprises individuelles actives notamment dans le domaine de l’écorçage et le transport de bois en Suisse Romande ou encore dans le domaine du bâtiment peinture intérieur et extérieur, crépis et papiers peints.
En plus de cela, la commune a la chance d’avoir parmi ses habitants le photographe, Mario Del Curto auteur de son dernier livre « Humanité Végétale ».
Mot du Président du conseil
Né à Sergey, j’ai passé toute mon enfance dans ce petit village du Pied-du-Jura où il fait bon vivre, situé idéalement. En effet, à seulement 2 minutes se trouve la sortie d’autoroute Les Clées/La Russille grâce à laquelle nous rallions Lausanne en 25 minutes et Yverdon-Les-Bains en 15 minutes.
Sur l’idée des habitants du village, il y a en été «L’apéro des fontaines» qui se fait une fois par mois de juin à septembre à l’une ou l’autre des 4 fontaines du village. Et en hiver, « les fenêtres de Noël » où chaque soir du mois de décembre les habitants décorent une fenêtre avec parfois un petit apéro !
L’ambiance dans ce petit village y est bonne et je dirais même que chacun de ses habitants connaît tout le monde ou presque !
Depuis 2011, j’occupe la fonction de Président du Conseil Général ce qui m’a fait découvrir le fonctionnement d’une commune, la collaboration avec la municipalité ainsi que les diverses commissions.
Il se tient dans notre village en général « seulement » 2 conseils par année ce qui condense pas mal les séances et animent celles-ci.
Conclusion du Syndic
Au service de la Commune de Sergey depuis plus de vingt ans déjà, il est vrai que j’étais content d’avoir pu participer au solide projet de fusion entre Sergey, Montcherand et Orbe qui finalement n’a pas pu aboutir suite aux résultats de la votation en juin 2015.
Le principe était qu’il manquait du monde et que nous voulions nous donner davantage de force en nous unissant. Suite à cet échec, j’ai accepté de prendre la responsabilité de Syndic afin de garantir la continuité au niveau de la Municipalité. Actuellement, nous n’avons pas de nouveau projet de fusion en perspective étant donné que nous voulons rester indépendant autant que possible.
Nous sommes favorables aux associations intercommunales ainsi qu’à la collaboration étroite avec les communes voisines. Nous sommes très intéressés et participons régulièrement aux différentes séances qui permettent aux communes de se pencher notamment sur leurs préoccupations et leur souci commun à savoir l’augmentation importante des charges transférées du canton aux communes.
Aujourd’hui, bien plus qu’auparavant, il devient indispensable d’acquérir de nouvelles compétences et de moderniser nos outils de travail. Malgré cela, nous sommes parfois dans l’obligation, suivant quel dossier, de solliciter des bureaux externes pour nous accompagner dans les projets nécessitants des connaissances et compétences spécifiques.
Vivre à la campagne, au Pied-du-Jura reste aujourd’hui encore quelque chose de fort appréciable pour nous autres habitants de Sergey, même si nous ne disposons pas de toutes les facilités que l’on retrouve en ville… Ce « bien-être » s’est vu être bousculé ces derniers temps suite à l’annonce de nouveaux projets de constructions agricoles dédiés à l’accueil et à l’élevage de bétail, tant bien même que la population souhaite soutenir l’agriculture locale.
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