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L'Eglise catholique-chrétienne (ou vieille-catholique) est née de la crise qui a opposé les courants libéraux et conservateurs au sein du catholicisme du XIXe siècle. Le point de rupture a été le concile de Vatican I en 1870, lors duquel ont été proclamées l'infaillibilité et la primauté du pape. Une partie des catholiques libéraux refusèrent ces dogmes et furent excommuniés. Ils souhaitèrent cependant rester catholiques en se donnant comme modèle l'Eglise chrétienne des premiers siècles, d'où leur nom de " vieux-catholiques ".
La confession de foi de l'Eglise catholique-chrétienne est celle de l'Eglise entière : le credo de Nicée-Constantinople (325-381). Ses tex-tes de référence sont la Bible et les décisions des conciles oecuméniques du Ier millénaire.
Les textes communs de la chrétienté ont donc un statut universel qu'aucun texte spécifique de l'Eglise catholique chrétienne ne pourra remplacer. Parmi ceux-ci, la "Déclaration d'Utrecht" (1889) exprime son attachement à la foi de l'Eglise primitive et refuse :
les dogmes sur l'infaillibilité et l'épiscopat universel du pape (1870) ;
Au XVIIIe siècle, aux Pays-Bas, un conflit concernant les compétences de l'Eglise locale a opposé l'Eglise d'Utrecht à Rome. L'Eglise d'Utrecht souhaitait le maintien des anciens usages concernant l'élection de l'évêque par le chapitre. Après la rupture entre Rome et Utrecht, un évêque missionnaire français assura les ordinations des évêques élus par le chapitre.
Ainsi l'Eglise métropolitaine d'Utrecht est devenue la première Eglise vieille- catholique. L'Eglise catholique-chrétienne est une communion d'Eglises ; en Allemagne comme en Suisse, elle est née de la résistance aux dogmes de Vatican I. Plus tard, les Eglises vieilles-catholiques d'Autriche, de Tchéquie, de Croatie et de Bosnie, ainsi que les Eglises polonaises des Etats-Unis et de Pologne, se sont également rattachées à l'Union.
L'Eglise catholique-chrétienne est attachée à la foi commune des chrétiens. L'ensemble des vieux-catholiques considèrent l'Eglise des premiers siècles comme une référence et comme un modèle conciliant unité et diversité. Ainsi, ils reconnaissent le ministère du pape " comme le premier parmi les égaux ", sans le considérer pour autant comme ayant un pouvoir supérieur à l'Eglise. De là découle une conception ecclésiale plus communautaire et moins de cléricalisme. Puisque chaque membre de l'Eglise, comme partie du corps du Christ (1 Cor. 12, 12-31), est responsable de l'ensemble, l'Eglise catholique-chrétienne est convaincue qu'il faut toujours chercher le consensus le plus large possible si l'on prend des décisions qui concernent la foi.
L'Eglise catholique-chrétienne se veut tolérante et respectueuse des personnes ; elle défend l'idée qu'une démarche éthique est possible en prenant en compte la liberté des individus, les exigences de l'Evangile et la responsabilité de chacune. Elle refuse l'idée que l'Eglise devrait régenter toute la vie sociale et préfère celle d'un accompagnement spirituel des personnes, en communion avec les autres et avec Dieu. D'où le libre-arbitre donné à chacun au terme d'une réflexion si possible communautaire (par exemple en ce qui concerne la contraception, l'avortement, etc.).
Concernant l'Eucharistie, la " Déclaration d'Utrecht " rappelle que celle-ci est le centre de l'office divin, et " que nous y recevons le corps et le sang du Christ lui-même sous les espèces du pain et du vin ". Cependant l'Eucharistie n'est pas la répétition continuelle du sacrifice du Christ, mais la mémoire et l'actualisation de cet unique sacrifice. Le texte rappelle également que l'Eucharistie est un repas sacré, dans lequel les croyant-e-s sont en mutuelle communion. Les catholiques-chrétiens respectent les sept sacrements établis par la tradition catholique, avec deux sacrements principaux, le baptême et l'Eucharistie. L'Eucharistie du dimanche est le centre de l'office divin et de la vie paroissiale ; " en mutuelle communion ", les fidèles reçoivent le pain et le vin, présence réelle du corps du Christ. Les laïques sont intégrés dans la liturgie et sont appelés à y avoir une part active. Les saintes et les saints sont vénérés, mais il n'y a pas de dévotion mariale. La spiritualité est centrée sur la Bible, dont la lecture est recommandée.
Le calendrier liturgique occidental, qui débute par l'Avent, comprend Noël, l'Epiphanie, la Chandeleur, le Carême, les Rameaux, les trois jours de Pâques (de Vendredi Saint à Pâques), l'Ascension et la Pentecôte. Les fêtes des saintes et des saints sont en général célébrées sobrement. La Dormition (l'endormissent de Marie dans la foi au moment de sa mort) est la seule fête mariale célébrée par les catholiques-chrétiens.
L'Eglise catholique-chrétienne est attachée au baptême des petits-enfants, de même que des enfants en âge scolaire et des adultes. Une réflexion est en cours à propos de la confirmation, qui pourrait être donnée lors du baptême, pour les enfants comme pour les adultes.
L'Eglise accompagne les malades et leurs familles par des visites à l'hôpital et à domicile; elle pratique le sacrement de l'onction et la communion.
Les catholiques-chrétiens ont pour habitude de prier au chevet de la personne mourante avec la famille ; la liturgie des obsèques se déroule généralement sans Eucharistie, la famille étant invitée à participer à la célébration eucharistique dominicale au cours de laquelle la communauté paroissiale prie pour la personne défunte et ses proches. Chaque année, une messe est célébrée en mémoire des défunts.
Il y a peu de prescriptions et d'interdits. L'Eglise catholique-chrétienne recommande une démarche personnelle nourrie à l'intelligence de la foi, en référence au commandement d'amour de Dieu et du prochain : ce qui a conduit entre autres, dès le XIXe siècle, à la suppression des obligations de la confession individuelle, des jeûnes et du célibat pour le clergé. Le remariage est également possible après un divorce.
Chaque baptisé-e porte sa part de responsabilité dans la vie de l'Eglise. A tous les niveaux de décision, laïques et clergé sont associés à la marche de l'Eglise. Le synode national (législatif, formé des délégués laïques, des paroisses et du clergé) se réunit au moins une fois par an. Il dirige l'Eglise avec l'évêque et le Conseil synodal (exécutif).
L'évêque est élu par le synode national et reçoit son ordination d'autres évêques vieux-catholiques. Les paroisses élisent les curés proposés par l'évêque et le conseil synodal. Depuis 1984, les femmes peuvent être diacres. En 1996, deux femmes ont été ordon-nées prêtres en Allemagne. Depuis, d'autres ordinations ont eu lieu en Autriche, aux Pays-Bas et en Suisse (en 2000).
Les catholiques-chrétiens se sont toujours voulus ouverts et tolérants aux autres églises chrétiennes. Ils ont engagé des dialogues avec les anglicans (pleine communion depuis 1931) et les orthodoxes. Membres fondateurs du Conseil oecuménique des Eglises (1948), ils se sont investis dans le mouvement oecuménique dès ses origines ; aujourd'hui, ils participent activement au dialogue interreligieux.
Pour les catholiques-chrétiens, l'Eglise ne se considère pas au-dessus ou à part de l'Etat et de la société, mais se veut partie prenante de la vie sociale, sans privilège ni exclusion.
© Editions AGORA (anciennement Enbiro), Lausanne & Plateforme interreligieuse, Genève CH.
La rédaction de ce document est issue d'un dialogue ouvert entre les initiateurs du projet et un (quelques) adepte(s), représentant(s) reconnu(s) de la tradition religieuse décrite.
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