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Un film d’Andrew Cohen, actuellement en montage / A-C Films
Suisse, Allemagne, actuellement en montage avec C-Side Productions
SYNOPSIS:
Le mur de Berlin tombait en 1989. Dans les mois qui suivirent, un groupe d’activistes et d’artistes affluèrent à Berlin Est et squattèrent une ruine abandonnée. La maison des arts Tacheles — un mot hébreu signifiant “franc-parler”— naquit des cendres d’un bâtiment bombardé. L’histoire de ce bâtiment, commence dès sa construction en 1907, et condense, en bien des manières, un siècle d’histoire allemande – de la prospérité d’avant la première guerre mondiale et la dépression qui suivit, à la seconde guerre mondiale, l’occupation soviétique, la création et dissolution de la RDA.
Jochen Sandig, un des premiers squatters des lieux, relate son rêve d’une société meilleure et d’un centre d’art pouvant subvenir à sa propre existence. A travers leur art, les artistes du squat essaient de préserver le vieux Berlin. Un protagoniste, Tim Roeloffs (un ancien tennisman professionnel sans domicile fixe) a trouvé refuge dans ce squat et s’est réinventé dans l’art du collage, créant des œuvres sur l’extinction de la culture de l’ancien Berlin Est et le blanchiment des façades criblées de balles. Un autre artiste, Martin Reiter, crée des installations qui commentent le passé nazi de Berlin et la nature guerrière de la société.
Tacheles existe toujours, dans le Mitte, le centre gentrifié du Berlin d’aujourd’hui. Les promoteurs immobiliers persévèrent dans leurs tentatives d’éviction des artistes afin de transformer les lieux en un centre commercial, avec des hôtels de grand standing, restaurants et appartements. Karl Maschmeir, de la compagnie d’investissement Fundus aux bureaux remplis de maquettes du nouveau quartier clinquant et blanc qu’il rêve de créer, a sa propre vision: transformer le quartier en une version berlinoise de Soho à New York. Le champs de bataille où s’affrontent artistes et investisseurs est délimité.
Le travail des artistes se concentre sur le combat contre l’occupation corporatiste, tandis que la compagnie d’investissement se bat pour éviter la faillite imminente. L’argent a changé l’art de tous les artistes. Martin Reiter ne crée plus d’installations artistiques mais conduit aujourd’hui la lutte contre la gentrification et l’éviction. Sa performance artistique consiste en une lutte politiquement engagée contre le pouvoir économique des investisseurs.
Entre temps, Donatella Versace découvre Tim Roeloffs, et un conte de bonne fortune se déroule, le travail de Roeloff’s étant imprimé sur une collection de Versace. Son art devient moins saillant, mais reste humoristique. Moins libre avec son travail, il veut et doit désormais supporter sa famille et vend des reproductions de ses œuvres en masse. Tacheles devient un point de vente de ses produits dérivés, ayant investi dans une imprimerie pour conserver son autonomie dans la production.
Sandig a délaissé son rêve il y a des années pour poursuivre sa carrière comme directeur d’un centre artistique. Mais, pour le reste des artistes de Tacheles, la chance ne fut pas de leur côté. Ils font face aux expulsions et la perte de leurs ateliers gratuits –et la culture alternative qui existe en dehors du marché de l’art. La pulsion créatrice est encore une fois remplacée par la lutte pour la survie. Chaque protagoniste avait des rêves qui ont été réalisés, brisés, et changés –et leur art reflète cela. La compagnie Fundus a fait faillite et c’est à présent une autre firme qui s’acharne à évincer les artistes. La bataille pour l’art libre continue…
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