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Vers un second tour entre le président Duda et son rival libéral
Le président polonais, le conservateur Andrzej Duda, est arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle dimanche. Il affrontera son rival libéral Rafal Trzaskowski lors du second tour le 12 juillet, selon les résultats d'un sondage à la sortie des urnes.
Andrzej Duda a obtenu le soutien de 41,8% de Polonais alors que le maire de Varsovie a été appuyé par 30,4% des électeurs, selon ce sondage réalisé par l'institut IPSOS et publié par les grandes chaînes polonaises de télévision, après la fermeture des bureaux de vote.
Le président sortant s'est félicité de son résultat. "Je remporte ce premier tour grâce à vos voix de façon absolument incontestable. L'avance est énorme et je vous en suis reconnaissant", a-t-il déclaré lors de sa soirée électorale à Lowicz (centre).
"La Pologne de l'avenir"
"La campagne se poursuivra, nous menons une discussion très importante sur la Pologne, nous posons la question de la Pologne de l'avenir", a dit le président sortant avant de féliciter son adversaire.
Pour le candidat libéral, le deuxième tour sera "un choix entre la Pologne ouverte (...) et ceux qui cherchent tout le temps des conflits". "Je serai le candidat du changement", a promis M. Trzaskowski, dont le mot d'ordre est "On en a assez".
"Le monopole du pouvoir ne finit jamais bien", a insisté le candidat du principal parti d'opposition, la Plate-forme civique. La campagne électorale a été dominée par des préoccupations concernant l'état de la démocratie et les questions sociales, alors que la Pologne fait face à sa première récession depuis la fin du communisme.
Les Polonais se sont déplacés en masse aux bureaux de vote et le taux de participation était de 62,90%, selon le sondage à la sortie des urnes. Selon une étude express réalisée après l'annonce de ce sondage et publiée dimanche soir par la télévision TVN, Duda peut compter sur 45,5% des voix, face à 44,7% pour Trzaskowski, 9,9% des Polonais restant indécis.
Réformes controversées
Selon la Constitution, le président polonais a des pouvoirs limités, mais dispose entre autres d'un droit de veto sur les propositions de loi.
Une victoire de M. Trzaskowski, 48 ans, porterait ainsi un dur coup au gouvernement du parti Droit et Justice (PiS), à l'origine d'une série de réformes controversées, notamment dans le domaine de la justice.
Selon le PiS, ces changements étaient nécessaires pour éliminer la corruption parmi les juges. Mais l'opposition et les partenaires européens de Varsovie critiquent ces réformes, affirmant qu'elles érodent la démocratie, trois décennies à peine après la chute du communisme.
Le président américain Donald Trump, qui considère l'administration du PiS comme un allié européen clé, a donné, quant à lui, sa bénédiction à M. Duda. Celui-ci a été le premier dirigeant étranger accueilli à la Maison Blanche depuis le début de la pandémie, quatre jours seulement avant les élections.
Sous le signe du coronavirus
Le scrutin est fortement marqué par la crise du coronavirus, qui a obligé les autorités à le reporter de mai à juin. Un nouveau système hybride de vote, postal et conventionnel, a aussi été mis en place afin de prévenir de nouvelles infections.
Les données officielles évoquent plus de 33'000 cas de contamination et plus de 1400 décès, mais le ministre de la Santé a admis qu'il pouvait y avoir jusqu'à 1,6 million de cas non détectés en Pologne, un pays de 38 millions d'habitants.
Rhétorique anti-gay
M. Duda a promis aux Polonais de défendre les avantages sociaux accordés par le parti au pouvoir, dont des allocations familiales et des retraites revalorisées. Il a joué la carte de la rhétorique anti-gay pour séduire les électeurs d'extrême droite, selon les analystes.
En faisant campagne sous le mot d'ordre "On en a assez", Rafal Trzaskowski, a promis, lui, de réparer les liens avec Bruxelles.
Depuis leur prise de pouvoir en 2015, M. Duda et le PiS ont bouleversé la politique polonaise en attisant des tensions avec l'UE.
ats, afp