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Aux origines du Coran - Questions d'hier, approches d'aujourd'hui
de Alfred-Louis De Prémare
Alfred Louis de Prémare aura consacré la majeure partie de sa vie (1930-2006) à étudier l’islam et plus particulièrement les origines de cette religion. Dans cet ouvrage plutôt concis, il revient sur l’origine du livre saint des musulmans, le coran. Prémare tente d’apporter la lumière sur le processus, commencé par la révélation de Muhammad, qui aboutit au Coran tel que nous le connaissons aujourd’hui. Pour celles et ceux qui ont lu « Coran Mode d’emploi », « Aux origines du Coran » est un excellent complément d’informations.
Le Coran qui sert de référence dans le monde entier est celui publié au Caire en 1923. Celui-ci a été réalisé sur la base d’une seul des sept lectures traditionnelles faisant autorité, celle de Kufa (Irak). C’est à l’érudit musulman Al-Boukhari (810 -870) que l’on doit l’histoire de la compilation coranique qui fit autorité pour la tradition islamique. Elle aurait débuté sous le premier Calife Abou Bakr, se serait poursuivit sous le deuxième, Umar, pour être finalisée sous Uthman, troisième Calife.
Alfred Louis de Prémarre estime que le processus fut beaucoup long et sinueux. Pour étayer sa thèse, il se base sur de nombreux akhbar qu’il oppose aux hadiths. Ainsi les collecteurs de hadiths ont pour fonction de créer et de transmettre une orthodoxie tandis que la rédaction d’akhbar relevait plus de l’historiographie.
Pour l’auteur, le processus de canonisation du Coran s’étendit jusqu’au Xe siècle de notre ère, c'est-à-dire jusqu’à la proclamation définitive, en 936, des variantes de lectures autorisées dans l’utilisation d’un texte reçu unique. En comparant le récit de Bukhari de celui d’un de ces contemporains, Ibn Shabba, Prémare met en lumière combien Bukhari a opéré une sélection des informations relative à la compilation du Coran. Les akbhar rapportés par Ibn Shabba sont sans ambigüité : les codex qui furent à cette époque en en concurrence n’étaient pas les recensions d’un texte unique ne comportant que des variations dialectales ou orthographiques. Il s’agissait de recensions différentes l’une de l’autre.
Il est intéressant de relever que pour un savant comme Ibn Sad, qui a vécu dans la première moitié du IX siècle, l’histoire réelle du corpus coranique semblait floue, et l’identité de ses artisans incertaine.
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