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Trezzini Domenico
Biographie
Né à Astano en 1670, mort à Saint-Pétersbourg le 19 février 1734.
Voilà bien un tessinois fort peu connu et pourtant célèbre malgré tout à travers le monde.
Pourquoi ? Qui est-il ? Qu’a-t-il fait ?
Architecte urbaniste, il est mandater par Pierre le Grand, tsar de toutes les Russies pour dessiner et créer une capitale digne de lui. Ça sera donc Saint-Pétersbourg la flamboyante capitale de Pierre le Grand.
L’architecte, originaire du Malcantone au Tessin, était employé au Danemark quand Pierre le Grand l’appela en 1703, et, Domenico Trezzini est l’auteur du caractère baroque tardif qui encore aujourd’hui illumine cette ville. Il trace les grandes lignes de la future capitale, il bâti lui-même la cathédrale Pierre et Paul, ainsi que la forteresse Pierre et Paul et le palais d’été.
De nombreux projets et dessins de parc, de palais et d’avenues sont réalisés par d’autres architectes, mais toujours sous la direction de Dominica Trezzini. A sa mort, son fils lui succéda.
Le choix du delta de la Neva par le tsar compliqua les travaux qui nécessita une main d’œuvre énorme que l’on peut qualifier d’esclaves. Les palais et les avenues et autres monuments, toutes ces constructions se devaient d’être bâties dans le terrain hostile du delta. Des millions de tronc d’arbre servant de pilotis stabilisateurs devaient être enfoncés dans les sables et les berges de la Neva. Travaux gigantesques qui donna l’éclat voulu par Pierre le Grand.
La forteresse Pierre et Paul
Le Palais d'Été
La deuxième plus grande ville de Russie ne cesse de séduire les touristes. Elena Simonato, Pétersbourgeoise, nous explique pourquoi.
Surgie des brumes féeriques de ses canaux, Saint-Pétersbourg continue de se profiler comme le trésor imaginé par Pierre le Grand. Depuis sa création, en 1703, sa beauté est restée intacte. « La “ Venise du Nord ”, ancienne capitale des tsars, ne cesse de fasciner par ses nuits blanches, ses ballets, par la magie du flux constant de l’eau et du ciel, estime Elena Simonato, Pétersbourgeoise d’origine et maître d’enseignement et de recherche en linguistique et civilisation russes de l’Université de Lausanne. Le Tessinois Domenico Trezzini, architecte à la cour de Pierre le Grand, voulait rivaliser avec les capitales européennes. Née de ce rêve et de l’ambition d’un tsar désireux d’ouvrir la Russie sur l’Europe, Saint-Pétersbourg est un ensemble unique en son genre, synthèse de l’architecture européenne et des traditions russes.»
Le tsar traça le plan de la ville avec ses canaux censés remplacer les rues, reliant ses 43 îles par 300 ponts s’ouvrant la nuit pour laisser passer les bateaux. «Cette ville élégante, sophistiquée, intellectuelle, comptait avant 1917 plus d’étrangers que de Russes, continue Elena Simonato. Après Trezzini, nombre de Suisses ont énormément contribué à son essor économique et culturel, y compris des scientifiques, comme le mathématicien Leonhard Euler. Je dirige d’ailleurs actuellement un projet financé par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) qui s’intéresse à la destinée de ces passeurs de cultures.»
Le miroir de la Neva
Aujourd’hui, de nombreux touristes sont attirés vers cette cité. On peut visiter son centre historique, son «triangle d’or» tracé par les coupoles de ses cathédrales, sans jamais descendre du bateau à moteur. «C’est particulièrement beau du début de juin à la mi-juillet, lorsqu’ont lieu les célèbres nuits blanches.» La nuit semble alors ne jamais vouloir tomber.
Les murs de Saint-Pétersbourg ont en outre de nombreuses histoires à raconter. «Les légendes urbaines narrent que, la nuit, les monuments s’animent, explique Elena Simonato. Allez donc voir le « Cavalier de bronze », statue équestre du tsar Pierre le Grand, chantée par Pouchkine dans son poème fantastique décrivant les crues de la Neva.» Et la connaisseuse de poursuivre avec la verve de la passionnée : « Flânez le long des canaux et des rivières, admirez les cathédrales à la lumière des nuits blanches, à l’instar des personnages de Dostoïevski, traversez le pont aux griffons et tentez de compter les centaines de lions, prêts à défendre la ville, qui ornent les façades et les portails des palais privés. Mais prenez soin de ne pas vous approcher trop du sphinx qui orne le quai de l’Académie des beaux-arts, car il risque de vous poser son énigme!»
Frédéric Rein