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Les troubles anxieux et dépressifs pourraient avoir doublé chez les jeunes durant la pandémie
Dernière mise à jour : sept. 3
Calgary, Canada – Dans quelle proportion enfants et adolescents ont-ils été affectés en termes de santé mentale par la crise sanitaire? Pour le savoir, des chercheurs de l’Alberta (Canada) ont réalisé une méta-analyse ayant poolé les résultats de 29 études représentant plus de 80 000 enfants et adolescents. Elle montre qu’un jeune sur 4 a été concerné par des symptômes dépressifs modérés à sévères au cours de la pandémie de Covid-19, et un sur cinq par des troubles anxieux cliniquement élevés. Ces résultats concluent à un doublement de ces troubles psychiatriques au cours de la pandémie par rapport à la période qui la précédait, ainsi qu’une augmentation avec la durée de l’épidémie. Ils incitent à une attention particulière à la santé mentale des jeunes et à la mise en place d’interventions ciblées pour améliorer le bien-être psychologique dans cette population.
Moins d’interactions sociales et plus de stress
Avant la pandémie la prévalence des dépressions et des troubles anxieux généralisés était d’environ 11,6 à 12,9% chez les jeunes de moins de 18 ans. Mais la pandémie a impacté de façon significative la vie de cette population, réduisant les interactions sociales et augmentant le niveau de stress, et la fréquence de ces troubles psychiatriques a fortement augmenté durant la pandémie. Mais les données rapportées par les études montrent une grande variabilité, suggérant la nécessité d’affiner les données et de mieux étudier les facteurs démographiques, géographiques et méthodologiques entrant en ligne de compte. Une équipe canadienne vient de réaliser la première méta-analyse sur le sujet.
29 études représentant 80 879 participants
Les études ayant rapporté les symptômes anxieux et dépressifs modérés à sévères chez les enfants et adolescents durant la période de Covid-19 ont été recherchées dans différentes bases de données, puis intégrées dans une méta-analyse à effet aléatoire pour estimer avec davantage de précision la prévalence globale des symptômes d’anxiété et de dépression cliniquement élevés au cours de l’épidémie par rapport à la période l’ayant précédée. Au total, 29 études représentant 80 879 participants et réalisées entre janvier 2020 et février 2021 ont été incluses dans la méta-analyse (âge moyen 13 ans, 52,7% de filles).
Le taux de prévalence poolée des symptômes de dépression cliniquement significatifs était de 25,2% [21,2%-29,7%], avec une forte variabilité entre les études. Après la suppression des études de moindre qualité, le taux de prévalence augmentait avec le temps (nombre de mois) et la proportion de filles.
Concernant la prévalence poolée des symptômes d’anxiété cliniquement significatifs, un taux de 20,5% [17,2%-24,4%] a été obtenu, avec là aussi une variabilité importante entre les études.
Les analyses de modération ont montré que la prévalence de ces symptômes était plus élevée dans les études réalisées plus tard au cours de la pandémie, lorsque la proportion de filles était plus importante, et dans les pays européens par rapport aux pays asiatiques. Des résultats confirmés lorsque les études de moindre qualité méthodologique étaient retirées.
Limites
Il s’agit de données globales ne tenant pas compte des possibles disparités régionales.
La plupart des études incluses étaient des études transversales ne permettant pas d’évaluer l’association des troubles sur la durée de l’épidémie.
Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, du groupe Medscape.