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Description
«Obéissant à ma constitution poétique, j’avais sur ma table d’écriture le projet d’une loi sur le pouvoir. Verticalement, le pouvoir absolu sans concession, horizontalement, l’utopie d’une démocratie sans convenu. Le texte est conçu comme une architecture Meccano débridée dont les pièces s’emboîtent selon un mode d’emploi modifié. Le premier texte est le radier. Chacune de ses phrases devient le socle des différents textes suivants. La dernière phrase de chaque texte donne une photographie vue d’en haut du corpus. On y voit les anomalies, les correspondances, les errements, les équilibres.
Ce texte est ma Tour de Babel. Dont acte.»
Entre le temps qui passe et le temps arrêté, Milhit défriche de nouveaux territoires d’écriture. Il découvre, invente, pratique le brûlis, relate, met en jachère et s’essaie au bouturage. Il est volontiers iconoclaste, adepte de la contrainte et de la construction. Le poète de Montorge a exploré une année à treize lunes, il a remis sur le métier un poème réécrit quotidiennement, il a plongé dans la minuterie d’une journée, joué avec les nombres premiers et chanté la ritournelle de l’araignée.
Curieux de toute forme d’écriture, il pratique l’art épistolier, collabore avec le spectacle vivant, avec des artistes plasticiens. «Législation dérobade» est un bivouac dans ses pérégrinations poétiques.