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Du coup, leur laisser notre or n'est peut-être pas forcément la meilleure idée qu'on puisse avoir.
La très pertinente intervention de l'UDC Yves Nidegger au parlement hier:
"Vous avez été abreuvés de nombreux arguments. Je n'en relèverai que deux que je tiens à ajouter.
Le premier tient au changement de la nature du régime qui prévaut aux Etats-Unis. Ceci nous a amenés à reconsidérer nos relations avec ce pays, surtout dans ce rôle de garant de l'or qui lui a été confié pendant la Deuxième Guerre mondiale, lorsque le danger pour la liberté était en Europe. Alexis de Tocqueville, penseur de la démocratie au XIXe siècle, avait conclu son analyse des Etats-Unis en disant que l'Amérique était grande parce qu'elle était bonne et que le jour où elle cesserait d'être bonne, elle cesserait d'être grande. Cette prophétie de Tocqueville est aujourd'hui accomplie avec la présidence de Monsieur Obama.
Les Etats-Unis, traditionnellement, ont été une tentative européenne de migrants vers l'Ouest qui ont tenté de renverser le rapport des poids respectifs entre ordre public et liberté individuelle, qui a toujours prévalu en Europe avec immensément plus de poids du côté de l'ordre public que des libertés. Les Etats-Unis ont été pendant des décennies les garants d'une formule qui faisait prévaloir la liberté individuelle; ils ont joué un rôle pendant la guerre froide, en particulier de défenseurs de la liberté à l'échelon planétaire.
Ce rôle, les Etats-Unis ne le jouent plus et, depuis quelque temps, ce sont nos adversaires, ce sont même nos ennemis, qui mènent une guerre économique sur le terrain financier, dont la Suisse a été la cible. Déposer notre or chez l'ennemi n'est pas forcément de la plus grande intelligence. C'est la raison pour laquelle une partie de l'initiative, qui prévoit le rapatriement de l'or en Suisse, mérite que l'on soutienne ce texte.
Le deuxième argument tient à la stabilité de la valeur contenue dans l'or sur le très long terme. A l'époque où les signatures ont été récoltées pour cette initiative, l'or montait et les ventes d'or par la BNS paraissaient particulièrement inopportunes. Par la suite, le cours de l'or a baissé et cela amène un argument à ceux qui disent qu'il serait peu intelligent de conserver de l'or alors que cette valeur baisse - l'or vient de remonter. Mais si vous vous placez dans le très long terme, vous constaterez que l'or a toujours été - et sans doute restera - une valeur stable à laquelle on peut adosser objectivement une monnaie. Avec une once d'or, vous pouviez acheter, sous l'Empire romain, une toge de pourpre, ce qui équivalait à l'époque à un super costard de luxe; aujourd'hui, avec une once d'or - 1313 dollars -, vous achetez toujours un super costard de luxe. Ce genre de signe démontre qu'il y a dans l'or quelque chose de particulier et qu'il ne faut pas en rester aux conjonctures à court terme mais considérer cela dans un autre contexte.
C'est apparemment ce que font des pays comme la Chine, qui, avec d'autres, se préparent, par un panier de monnaies qu'ils mettront en commun, à détrôner le dollar comme valeur de paiement internationale. Ces pays achètent de l'or, et ce n'est sans doute pas par hasard.
Il est donc également important sous cet angle que la BNS puisse adosser le franc suisse à une valeur qui restera dans le futur une valeur solide et objective."