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Dimanche, les Vert-e-s romands ont perdu deux sièges au Conseil des Etats, avec les défaites de la Genevoise Lisa Mazzone et du Vaudois Raphaël Mahaim. Robert Cramer, qui avait remporté l'un des fauteuils genevois il y a 12 ans, exprime sa déception lundi dans La Matinale: "A Genève, il y a une ignorance de ce qui se passe à Berne."
Selon lui, une espèce d'union sacrée genevoise aurait dû être respectée autour de la sortante Lisa Mazzone. L'année prochaine, en cas de réélection, la Genevoise aurait présidé le Conseil des Etats et "cela nous aurait amené une immense visibilité sur la place fédérale. (...) Mais on est dans nos petites bisbilles genevoises", affirme-t-il.
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Les Genevois ne devront "s'en prendre qu'à eux-mêmes"
Robert Cramer s'adresse aussi aux Genevois et aux Genevoises et leur dit de ne pas se plaindre à l'avenir s'ils trouvent que Berne n'est pas assez attentive à Genève: "Prenez-en-vous à vous-mêmes. Parce que si vous envoyez à Berne des gens qui n'ont pas la reconnaissance nécessaire, ça va être compliqué", tonne l'ancien sénateur.
Quelle reconnaissance a Mauro Poggia? Il arrive là, il n'a pas de groupe, il n'a pas de relais, il ne connaît personne
Pour lui, le nouvel élu Mauro Poggia, du Mouvement Citoyens Genevois (MCG), ne possède aucun relais, aucune reconnaissance, ni aucun groupe à Berne. "Il ne connaît personne (...) ce n'est quand même pas le vice-président du Conseil des Etats, excusez-moi de vous le dire", commente Robert Cramer.
Une population qui s'angoisse pour son avenir immédiat
Depuis ce week-end, au niveau fédéral, les Vert-e-s ont désormais sept sièges de moins, à savoir deux aux Etats et cinq au National. Une perte que minimise toutefois Robert Cramer, qui rappelle la progression spectaculaire du parti en 2019.
Quant au recul des préoccupations écologiques, l'ancien élu l'explique par l'évolution économique et financière. La population a tendance à s'angoisser d'abord sur son pouvoir d'achat et son avenir immédiat: "Genève a envoyé au Conseil des Etats un représentant des locataires et des milieux des assurés. Ce qui montre bien où sont les préoccupations des électrices et des électeurs, soit pour un avenir immédiat."
Les gens se préoccupent beaucoup pour eux-mêmes. S'engager pour notre avenir climatique s'estompe par rapport à la crainte du lendemain
Selon Robert Cramer, la grande majorité de la population prend aujourd'hui au sérieux les dangers liés au changement climatique. "Tout le monde sait que si on ne prend pas des mesures rapides et importantes, on va simplement à notre perte." Un discours que les Vert-e-s ont permis de faire passer, affirme-t-il.
Trouver des solutions, éviter les interdits
"Maintenant, le problème est de trouver des solutions et c'est autrement plus compliqué. C'est là où l'on a encore beaucoup de travail à faire (...) En ce qui me concerne, cela ne peut pas être celui de l'interdiction, de la prohibition. Parce que cela ne marche pas", assure encore Robert Cramer. Pour lui, le message des Vert-e-s doit consister à donner des solutions qui permettent "une meilleure qualité de vie". Car selon lui, "consommer moins, ce n'est pas vivre plus mal, c'est vivre mieux".
Consommer moins, ce n'est pas vivre plus mal, c'est vivre mieux
Le discours doit donc être moins culpabilisant et moins déprimant: "Je pense que c'est très inefficace, surtout si le message que vous donnez est de mettre des interdits et dire que tout va mal. Ce n'est pas comme ça que l'on va aller de l'avant. Pour aller de l'avant, il faut amener des solutions et ce doit être des solutions sympathiques, pas des solutions qui rendent les gens malheureux", conclut-il.
>> L'analyse de Pierre Nebel dans le 12h45:
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Propos recueillis par: Pietro Bugnon
Adaptation web: Miroslav Mares
Céline Vara: "On ne peut que regretter ce manque de représentativité"
Après la perte de 5 sièges au Conseil national, il ne restera plus que trois sièges écologistes aux Etats, dont une seule Romande : la Neuchâteloise Céline Vara, élue en 2019.
"La perte du siège de Lisa Mazzone est une grosse déception pour les Vert-e-s. Elle pesait de tout son poids, c'est une politicienne brillante, elle était respectée et une force vive pour le parti", a réagi la sénatrice dans le 19h30 de la RTS lundi.
Le contexte sécuritaire a pesé dans cette non-réélection, avec "des guerres à nos portes, une problématique d'inflation, de coûts", décrit-elle. Autant de perspectives anxiogènes qui ont mené l'électorat à se tourner vers des partis plus traditionnels, qui symbolisent le côté gouvernemental, analyse Céline Vara. "Dans ces périodes d'instabilité, il y a une forme de repli."
>> L'interview de Céline Vara dans le 19h30:
Cela, au détriment de la représentativité des femmes et des plus jeunes. "Au Conseil des Etats, nous sommes pour l'instant seulement trois élus de moins de 40 ans, dans une Chambre dont la moyenne d'âge est proche des 60 ans, et très majoritairement masculine. On ne peut que regretter ce manque de représentativité", souligne Céline Vara.
Isolés, les Vert-e-s verront également le travail parlementaire se compliquer encore, explique la Neuchâteloise. "On est la minorité de la minorité, c'est très difficile, il faut aller chercher des alliances, faire des compromis. C'est extrêmement intense", décrit l'élue.