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Le château d’Aubonne et sa barbacane
Partie avancée du dispositif de défense érigé au XVIe, la barbacane constitue toujours l’accès principal au château. On y relève l’existence d’une épigraphe de LL.EE. de Berne, martelée par le peuple lors de la Révolution Vaudoise du 24 janvier 1798. On peut également observer ses meurtrières en trou de serrure pour le tir à l’arquebuse. Sur l’épigraphe, l’ours bernois est légèrement visible.
A l’origine, le château était composé de deux bâtiments (château du seigneur côté lac et du coseigneur côté jura) avec une tour romane carrée. La légende veut qu’à son arrivée, Jean-Baptiste Tavernier fit démolir cette tour pour faire ériger la tour cylindrique actuelle sur l’ancien soubassement. Malheureusement, aucun écrit connu à ce jour ne peut le certifier.
En fonction des travaux déjà amorcés par ses prédécesseurs, Jean-Baptiste Tavernier remania considérablement les bâtiments existants en faisant construire notamment l’aile qui s’étend du château en haut de la rampe d’accès et relia, par une importante construction nouvelle, les deux bâtiments principaux. Il fit décorer le plafond de l’actuelle salle de musique, cette pièce étant son salon principal. On peut y voir au centre les armes de Jean-Baptiste Tavernier.
Contrairement à la légende, l’aménagement de la cour intérieure ne fut pas réalisé par le Marquis Henri Duquesne. Ce dernier lui aurait fait donner, dit-on, la forme d’une proue de bateau, en hommage des services rendus à la France par son père.
Lors de travaux de rénovation de 1980 à 1985, on découvrit par hasard le pavage de la cour intérieure représentant un tapis persan. Cette cour faite de galets du Jura est datée de 1677. Or, le Marquis Henri Duquesne n’acheta le château qu’en 1685. Nous avons donc confirmation que cette magnifique cour a été construite à la demande de Jean-Baptiste Tavernier.
Après avoir été le siège du bailliage de 1701 à 1798, le château devint propriété du tout nouvel Etat de Vaud en 1798 qui le revendit en 1835 à la commune d’Aubonne. Celle-ci l’utilisa pour y loger les écoles et les prisons (il paraît qu’à l’époque les élèves pouvaient voir les prisonniers) ainsi que pour y déposer les archives de la commune. En 1901, sur proposition de l’archéologue Blondel de Genève, le château a été classé monument historique.
L’ancien salon de Jean-Baptiste Tavernier fut également la salle du Tribunal d’Aubonne jusque dans les années 1950, puis servit de salle de classe et maintenant de salle de musique.
Eglise St-Etienne d’Aubonne (Temple)
L’église bourgeoisiale d’Aubonne est citée pour la première fois en 1306 ; ce n’est toutefois qu’en 1338 qu’elle apparaît sous son vocable de Saint-Etienne, période au cours de laquelle la plus grande partie de l’édifice est alors construite.
Au début du XVe siècle, l’édifice comprend alors des autels et des chapelles au nombre de 10, éléments disparus pour la plupart après la Réforme.
Afin d’accueillir les réfugiés protestants, des galeries sont construites dans la nef de l’église en 1568, puis en 1688 (déposées en 1939-40).
Un cadran solaire est installé en 1680. Deux cloches sont posées en 1739, l’une du midi, l’autre dite des prières. L’année 1895 voit la réfection du bâti de la charpente supportant les cloches, et l’installation de 3 nouvelles cloches (Foi, Espérance et Charité).
En 1939-40, l’intérieur de l’église est restauré avec la remise à jour d’anciens éléments. Les toitures et les façades de l’édifice font l’objet d’une rénovation complète de 1988 à 1991. En 2003, la cloche « La Charité », fêlée, est remplacée par une nouvelle.
La place de l’église est mise à niveau en 1780, elle est pavée en 1884 et l’on y plante des tilleuls.
Dans la nef de l’église, sur la face Est, une fresque du XIVe siècle représentant un christ d’eucharistie et une annonciation.
Le chœur de l’église, de style gothique, comprend sur le mur du fond deux crédences, surmontées de vitraux représentant les armes des coseigneurs d’Aubonne, de la ville d’Aubonne et des comtes de Gruyère, seigneurs d’Aubonne de 1397 à 1553.
A gauche du chœur, plaque de marbre élevée en 1700 par le Marquis Henri Duquesne, dernier baron d’Aubonne, en l’honneur de son père, Abraham Duquesne, lieutenant général de la marine royale de Louis XIV et vainqueur de Ruyter.
La Garilliette ou chapelle St-Etienne, fondée en 1496 par Nicod Garillat, enfant de Morges, devenu évêque d’Ivrée, acquise en 1566 par la ville et le Baron d’Aubonne. Elle comprend une croix de consécration du XIIIe siècle, le plus ancien motif pictural mis à jour en 1939, lors des travaux de rénovation, ainsi que des peintures aux motifs floraux exécutées en 1697 par le peintre Meyer.
Bref historique : jusqu’à l’introduction de la Réforme en Pays de Vaud, la paroisse d’Aubonne dépend du diocèse de Genève, dont la rivière homonyme constituait la limite orientale.
D’abord filiale de l’église paroissiale sise à Trévelin, au sud-ouest d’Aubonne, l’église St-Etienne ne devient paroissiale qu’au XVIe siècle. Au cours du XIVe et XVe siècles, l’édifice est doté de nombreuses chapelles et autels par les nobles, les familles bourgeoises et les corporations du lieu. A l’est, le chevet du chœur s’appuie sur l’ancienne muraille de la ville, dont il subsiste une porte.
Lors de l’introduction de la Réforme, l’édifice, converti au nouveau culte, est dépouillé des symboles du catholicisme en novembre et décembre 1536. Le premier pasteur établi à Aubonne est Maître Jacques Valier, du Dauphiné.
Propriété de la commune d’Aubonne et classée comme monument historique, l’église est utilisée comme lieu de culte par la paroisse réformée « de l’Aubonne », dépendant de l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud. Des concerts y sont également régulièrement donnés au cours de l’année.