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L'écoulement des eaux largement inférieur à la normale en 2021
L'écoulement fluvial dans le monde a été confronté à des problèmes en 2021 en raison du changement climatique et d'un épisode La Niña. Les étendues où il était inférieur à la normale étaient deux fois plus nombreuses que celles où il était plus important, selon l'ONU.
Dans son premier rapport sur les ressources en eau dans le monde publié mardi à Genève, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) relève que plusieurs cours d'eau du continent américain ont été très affectés l'année dernière. L'impact a aussi été observé dans certains territoires en Afrique, en Russie et en Asie centrale.
En revanche, le débit était plus important que la normale dans d'autres cours d'eau américains, d'Afrique australe ou d'une partie de l'Asie. Environ un tiers étaient alignés avec la moyenne des trois dernières décennies.
L'OMM dénonce le manque de données hydrologiques accessibles et vérifiables. Elle rappelle que 3,6 milliards de personnes ont un accès insuffisant à l'eau au moins une fois par an. Ce nombre devrait dépasser 5 milliards d'ici 2050.
Sécheresses plus intenses
"Les effets du changement climatique sont souvent ressentis à travers l'eau", fait remarquer le secrétaire général Petteri Taalas. Les sécheresses sont plus intenses et plus fréquentes, les inondations plus extrêmes, les précipitations saisonnières plus irrégulières et le recul des glaciers s'accélère. Au total, 74% des désastres sont liés à l'eau. Les sécheresses ont notamment d'importantes conséquences économiques, y compris sur l'énergie, a affirmé à la presse M. Taalas.
L'eau a été associée il y a quelques semaines pour la première fois dans l'accord de la COP sur le climat. Plus de 3 milliards de dollars seront dépensés d'ici cinq ans pour les systèmes d'alerte dans la moitié des membres de l'OMM, notamment pour les questions liées à l'eau. "L'attention aux problèmes liés à l'eau a été plus importante", ajoute aussi M. Taalas qui rappelle que le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres soutient les efforts pour améliorer la situation dans ces différents pays.
En 2021, le stockage des eaux terrestres était aussi inférieur à la normale dans de nombreuses régions du monde. En revanche, plusieurs territoires africains et le Nord de l'Amazonie ont pu voir une anomalie positive.
Dans certaines régions, la situation est exacerbée par la surexploitation des eaux souterraines pour l'irrigation. Le recul des neiges et des glaces a également eu des répercussions sur le continent américain et en Asie. "C'est une mauvaise nouvelle pour les ressources en eau potable", a insisté M. Taalas.
Les modifications des ressources en eau de la cryosphère nuisent à la sécurité alimentaire, à la santé ou encore au maintien des écosystèmes, a également ajouté l'OMM. M. Taalas a rappelé qu'un record de plus de 6% de recul des glaciers avait été observé cet été en raison de la chaleur. Les températures "vont accélérer" celui-ci, a-t-il déploré.
ats