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Dans les années 1930, Gustav Guhl révolutionna la production de shampoing dans une grange de la campagne zurichoise. Les ingrédients naturels qu’il utilisait firent sensation.
Katrin Brunner
Katrin Brunner est une journaliste indépendante, spécialisée dans l'histoire et chroniqueuse de Niederweningen.
Guhl était innovant et sa renommée s’étendit au-delà des frontières de la Suisse. Guhl? Oui, pas Willy Guhl, le père du design suisse, mais bien Gottlieb August Guhl, pionnier de la production de shampoing. Ce dernier, surnommé Gustav, apprit le métier de coiffeur pour dames après sa scolarité et se fit rapidement un nom en tant que talentueux coiffeur à Zurich. Mais Zurich, tout comme la Suisse, devinrent vite trop petits pour lui. Il partit vers de nouveaux horizons coiffer de riches femmes sur divers bateaux de croisière.
Ces voyages emmenèrent le Zurichois en Chine et au Japon, où il fut le premier coiffeur à introduire la coupe courte. En Californie, il rencontra une Américaine, Lyn, sa future femme de dix ans son aînée. Il l’épousa en 1936 et retourna en Suisse après une courte formation en chimie cosmétique. Le couple acheta une grange à Schöfflisdorf, le village d’origine de Gustav près de Zurich. Les Guhl, qui avaient un style de vie extravagant et particulier, s’installèrent dans cette commune rurale et mirent en pratique leurs grandes connaissances dans le domaine capillaire.Dans cette «maison de campagne» surplombant le village, une intendante et une domestique étaient employées. Toutefois, elles furent souvent remplacées, Guhl, n’étant pas un patron commode. Il aimait être au centre de l’attention et était en outre colérique. Pourtant, le globe-trotteur entretenait une bonne relation avec les jeunes du village. Il leur donnait très souvent de la monnaie ou leur achetait des saucisses grillées et des sucreries, et leur offrait même des bonbons lorsqu’il passait en voiture. Lyn, contrairement à son mari extraverti, s’intéressait plus à la nature qu’aux personnes.
Gustav Guhl était lui aussi passionné par la nature, en particulier par ses essences. Après avoir appris le lien entre la cosmétique et la chimie à Paris et avoir fondé son entreprise Laboratoires Guhl, il commença à développer des shampoings dans la grange de sa ferme. Il fit des expériences avec des composants naturels tels que la camomille, l’extrait de bouleau ou les germes de blé, mais aussi la bière et le cognac aux œufs. Il n’était pas rare que les ingrédients de ses créations proviennent de la forêt située juste derrière sa maison.Gustav Guhl était doué; ses soins pour cheveux rencontrèrent un franc succès. Son entreprise grandit rapidement et bientôt, notre magicien produisait «la Rolls-Royce du shampoing». Cela suscita l’intérêt d’une clientèle à l’étranger, et Gustav Guhl exporta aussi ses produits en Allemagne et en Autriche à partir de 1966.
Il mourut en 1978. Peu après, les Laboratoires Guhl furent vendus à l’entreprise allemande Beiersdorf, qui produisait entre autres les cosmétiques de la marque Nivea. Le logo de Guhl, le coq, orna encore quelques années les produits, rappelant son créateur. Le nom «Guhl» provient du mot alémanique «Gul», qui désigne de manière quelque peu moqueuse un coq. Avec un tel nom de famille, Gustave était donc prédestiné à être vaniteux.
Aujourd’hui encore, un coq de métal, à l’entrée de l’ancienne ferme des Guhl, rend hommage à l’innovant coiffeur. La marque et les idées de Gustav Guhl sont toujours utilisées plusieurs décennies après sa mort et permettent à nombre de nos contemporains d’arborer des cheveux brillants au XXIe siècle.
Publicité TV pour les shampoings Guhl, 1988.YouTube
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Au cours des années 1950, de nombreux jeunes commencent à se révolter contre les valeurs traditionnelles de leurs parents. Grisés par un nouveau style de vie venu des États-Unis, ils ne réclament qu’une chose : plus de liberté. À Zurich, on se retrouve dans un café, à Lausanne, on fait la fête dans la cave d’un hôtel.