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La chute de la Maison Blocher
Denis Clerc, Editions de l'Aire, 2009
Cet essai est signé Denis Clerc. L'auteur fut professeur à l'institut de français de l'Université de Fribourg et conseiller d'Etat de ce canton durant 15 ans, dans les rangs du parti socialiste.
Où va la Suisse se demande-il et je crois que nous sommes nombreux non seulement à nous poser cette question, mais encore à éprouver une angoisse devant les relents de fascisme que répand la propagande de l'Union démocratique du centre (UDC).Si Christoph Blocher s'est vu évincé du Conseil fédéral, il n'en reste pas moins un agitateur qui entraîne une partie du peuple suisse dans des aberrations dangereuses.
Entre 1930 et 1939, les gouvernements européens ont sous-estimé la montée du nazisme et on sait où cela nous a menés. Sommes-nous certains d'être assez vigilants? Denis Clerc démontre comment l'UDC a grandi, sur quels mensonges elle s'est profilée. La xénophobie et le nationalisme vont vers un point de convergence où ils se confondent inévitablement. L'auteur remémore la pensée du professeur Jean-François Aubert: «Si l'on exclut les fléaux naturels, c'est le nationalisme qui a causé le plus de morts violentes ces trois derniers siècles.» L'auteur se penche sur les conséquences du rapport Bergier venu secouer nos certitudes patriotiques. Enfin il faut relever cet éclairage: «L'UDC est forcément favorable à l'immigration massive demandée par le patronat, mais l'autre pilier de sa politique qui lui attire un nombre croissant d'électeurs, c'est la xénophobie, les mesures discriminatoires et vexatoires réclamées contre les étrangers que les dirigeants de l'économie ont fait venir en Suisse pour faire tourner leurs entreprises».
Conclusion optimiste: «La maison suisse survivra à celui qui a cru pouvoir s'en emparer, la détruire et la refaçonner à sa guise». J'incite tout un chacun à se jeter sur le livre de Denis Clerc qui se lit comme un roman tant il est conçu avec justesse et clarté.
Mousse Boulanger