Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07130.jsonl.gz/426

C'était l'époque du grand Gaspard de Stockalper de la Tour (é) A Brigue, il fit construire le chéteau qui porte son nom. (é) Catholique pieux et dévoué, il fonda dans sa ville le couvent des Ursulines (1) oé deux de ses filles prirent le voile. Il participa activement au rappel des jésuites (2) et, pour qu'ils s'établissent dans son bourg, il leur offrit de splendides dotations. Ils s'y rendirent en 1662 quand ils quittérent Géronde.(é) lorsque la Diéte (3) le nomma bailli (4), le 7 mai 1670, (é) par sa puissante influence, il avait fait élire évéque de Sion son neveu Adrien V de Riedmatten, prétre exemplaire mais d'une étroite intelligence, contre le concurrent é la mitre (5), le grand doyen Jean Courten, homme instruit et méritant. Cette injustice commenéa par lui aliéner une famille nombreuse et trés considérée. D'autre part, sa qualité de champion de la cause catholique avait soulevé contre lui les partisans plus ou moins déguisés du protestantisme. Enfin, sa réussite matérielle avait excité une multitude de jalousies.
photo 167 : Henri IV signant l'Edit de Nantes, 1598
Les quatre dizains inférieurs de Sion, de Sierre, de Loéche et de Viége se liguérent contre lui. (é) A la faveur de ces troubles, le parti protestant avait tenté, mais en vain, de préparer une invasion bernoise. Les Valaisans eurent aussi é refouler des bandes d'hérétiques chassés de France et de Savoie é la suite de la révocation de l'édit de Nantes (6). (é) Le clergé brillait par une haute vertu. (é) On rencontre beaucoup plus de diversité dans les autorités civiles.
La discorde qui allume la guerre entre les grands pays n'épargne pas les petits villages. Elle y cause parfois des maux pareils.
Les habitants de Fang d'en bas accusaient ceux de Fang d'en haut, ceux de la Créte et les consorts du bisse des Barmes d'utiliser avec excés les foréts qui les protégeaient et de détourner vers Les Barmes l'eau de deux sources qui leur était indispensable. Les autres rétorquaient que les hommes de Fang d'en bas utilisaient comme eux les foréts et qu'ils n'étaient pas responsables si l'eau des deux sources s'écoulait dans leur bisse.
Comme on ne parvint pas é s'entendre, il fallut comparaétre en justice. Avant de prononcer son jugement, le vice-chételain Pierre Crettaz prit conseil du notaire Georges Martin, des jurés Jean Savioz et Charles Massy et du notaire Antoine Abbé. Ensuite, il trancha le différend de la maniére suivante, le 31 mai 1682 : les deux parties s'interdiront de couper des arbres le long de la grande ravine jusqu'aux champs de Sassalar (7) et au roc du grand Seimblo (8). Elles prendront leur bois de construction et d'affouage (9) dans les foréts communales soit de Fang, soit de Chandolin, en se gardant de porter préjudice aux chemins publics. Pour la traversée de la grande ravine, on placera des chéneaux assez amples pour qu'aucune partie de l'eau é transporter ne puisse s'en échapper et causer des dégéts. Pour que l'eau des deux sources soit mise é la disposition des habitants de Fang d'en bas, on installera des chéneaux au-dessus du bisse des Barmes et quiconque les déplacera sera amendé de 3 livres sédunoises.
Chandolin voulut avoir une déclaration selon laquelle les mesures prises é propos du bisse des Barmes ne portaient point atteinte é ses droits. Il l'obtint facilement du vice-chételain Georges Martin, le 15 mars 1694.
photo 168 : Manuscrit sur parchemin de l'Edit de Nantes, 1599
En politique, diéte désigne une assemblée officielle. Le mot diéte provient du latin dietas qui dérive lui-méme de dies (jour en latin) car l'assemblée se réunissait é l'origine chaque jour. é rapprocher des é grands jours é dans certaines principautés.
L'édit de Nantes est un édit (loi) signé é Nantes le 13 avril 1598 par le roi de France Henri IV, autorisant la liberté de culte aux protestants. Henri IV lui-méme était un ancien protestant et avait dé se convertir au catholicisme pour accéder au tréne. La promulgation de cet édit mit fin aux guerres de religion qui ont ravagé la France au XVI siécle, avec comme point d'orgue le massacre de la Saint-Barthélemy.