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La Suisse a idéalement lancé les qualifications de la Coupe du monde. A Bâle (groupe B), elle a battu le Portugal 2-0 grâce à des réussites d'Embolo et Mehmedi en première période.
La confiance presque aveugle témoignée à l'approche de la rencontre n'était pas usurpée: la Suisse a bien envoyé le Champion d'Europe au tapis !
A Bâle, dans un Parc Saint-Jacques comble et aux trois quarts acquis à sa cause, la Suisse a battu le Portugal 2-0 pour entamer de la plus belle des manières sa campagne de Russie. Une victoire lors de ce premier match était impérative pour justifier le discours tenu ces derniers jours qui faisait de la première place du groupe l'unique objectif poursuivi.
Il faut remonter au 1er mai 1993 et un succès 1-0 au Wankdorf devant l'Italie grâce à une réussite de Marc Hottiger pour trouver la trace d'un succès de l'équipe de Suisse contre une grande équipe dans le cadre d'un tour préliminaire. Comme Roy Hodgson vingt-quatre ans plus tôt, Vladimir Petkovic a définitivement gagné son bâton de maréchal.
Cette victoire renforce encore plus le crédit du successeur d'Ottmar Hitzfeld. Sa gestion lors de l'Euro fut sans reproche. Celle de cette rencontre contre le Champion d'Europe magistrale. Le prochain défi proposé au Tessinois sera de bâtir une équipe le 7 octobre octobre en Hongrie sans Granit Xhaka, expulsé dans le temps additionnel pour un second carton jaune. Ce fut la seule fausse note de la soirée dans le camp suisse.
Extraordinaire Mehmedi
La réussite qui les avait boudés lors du huitième de finale de l'Euro contre la Pologne était bien là contre le Champion d'Europe en titre. La Suisse a mené 2-0 à la demi-heure grâce à une efficacité presque diabolique: deux buts sur ses deux premières chances de la rencontre.
Le premier fut cette reprise de la tête d'Embolo (23e) après le renvoi de Rui Patricio sur un coup franc de Rodriguez. Le deuxième, à la 30e. fut cette rupture initiée par Dzemaili et sur laquelle Mehmedi fut "géant". Le Zurichois a tout d'abord servi Seferovic sur la droite avant de marquer du droit d'une manière imparable sur le centre en retrait de ce même Seferovic.
Mehmedi ne marque pas souvent avec l'équipe nationale (6 en 47 sélections), mais ses buts comptent vraiment: celui de l'égalisation en Coupe du monde contre l'Equateur, la volée magnifique pour le 1-1 face à la Roumanie à l'Euro et ce petit "bijou" du Parc Saint-Jacques.
Même s'il n'a pas marqué, cette action fut celle du grand pardon pour Seferovic. Haris le "maudit" a été, lui aussi, "magique" lors de cette 30e minute avec son appel parfait et son centre en retrait - l'arme fatale - qui a abusé la défense adverse. On comprend maintenant pourquoi Vladimir Petkovic lui maintient sa confiance malgré toutes les occasions qu'il a pu laisser filer à l'Euro. A défaut d'être un "tueur" devant la cage, il sait jouer "juste".
Un capitaine en souffrance
L'honnêteté commande toutefois de dire que la Suisse a bénéficié d'un coup de pouce de l'arbitre espagnol Mateu Lahoz en début de rencontre. A la 6e minute, il n'a pas sifflé le penalty qui s'imposait pour une main de Djourou. Le Genevois avait eu l'infortune de se trouver sur la trajectoire du dégagement catastrophique de... Lichtsteiner.
Le capitaine a vécu une entame de match bien laborieuse. Comme si la disgrâce dont il est frappé à la Juventus avait sapé cette confiance presque sans limite qui l'a toujours accompagné au cours de sa carrière. On n'ose imaginer le festival qu'aurait pu réussir un Cristiano Ronaldo lors de ces premières minutes face à un Lichtsteiner aussi fébrile... Qui, victime de crampes, allait céder sa place à Widmer à la 69e.
La deuxième mi-temps fut, bien sûr, dominée par le Portugal qui n'avait pas d'autre alternative que de prendre le jeu à son compte. Malgré une emprise territoriale très marquée, les changements opérés par Fernando Santos et le bagage technique, cette domination fut stérile.
Yann Sommer n'a, ainsi, eu aucun arrêt à faire pour préserver ce 2-0 avant d'être toutefois sauvé par son poteau à la 82e minute sur une tête de Nani. Malgré le remarquable bagage technique du Monégasque Bernardo Silva, les Portugais se brisaient devant une défense suisse commandée magistralement par Djourou et Schär. Et dire que l'on a pu émettre les plus grandes réserves sur cette défense au printemps dernier... Elle est devenue, aujourd'hui, une forteresse presque imprenable.
ATS