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Le Centre pour le dialogue humanitaire (CDH) à Genève a été victime d'une vaste escroquerie de la part de son directeur financier. Licencié depuis la découverte de la fraude, il aurait réussi à subtiliser 3,8 millions de francs depuis 2004.
Une plainte pénale a été déposée, indique samedi le CDH dans un communiqué qui confirme des informations parues dans la Tribune de Genève et Le Temps. Il a été inculpé pour escroquerie, faux dans les titres et gestion déloyale. Les escroqueries ont débuté en 2004 au moyen de différentes méthodes, dont des faux documents.
La fraude a été découverte à la mi-juin. Le CDH a immédiatement demandé un audit externe complet. Les contrôleurs ont estimé que le montant total des escroqueries se montait à 3,8 millions de francs. Une somme que conteste l'ex-directeur financier, qui reconnait avoir détourné 1,3 million de francs selon son avocat cité dans les médias.
En plus du licenciement immédiat de l'auteur de l'escroquerie, cette affaire a provoqué la démission de Martin Griffiths, le directeur exécutif du CDH depuis sa création en 1999. Il estimait que sa responsabilité morale était engagée, selon le communiqué. Il se consacrera dorénavant entièrement aux activités de médiation de l'organisation.
Ce trou de 3,8 millions de francs n'affectera pas le fonctionnement du CDH, affirme l'ONG. En effet, les sommes dérobées s'échelonnent sur plusieurs années. Le CDH continuera donc à s'engager dans la résolution des conflits. Il est actuellement actif dans 15 conflits dans le monde. En 2010, il a joué un rôle prépondérant pour la signature d'un accord au Darfour.
Son budget s'élève à 18 millions de francs. La Norvège contribue à hauteur de 40%, la Suisse, la Suède et le Royaume-Uni donnent chacun 10%. L'ONG a choisi de jouer la carte de la transparence en informant immédiatement ses donateurs.
Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a réagi samedi en affirmant sa confiance en l'enquête menée par les autorités genevoises et par le centre lui-même. Il précise en attendre «une clarification complète des faits».
Le DFAE exige également que tout soit entrepris afin que les dommages causés par cette affaire soient «aussi minimes que possible». Enfin, il requiert que des mesures soient prises afin d'exclure à l'avenir toute malversation de ce genre.
swissinfo.ch et les agences