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Le président du Vevey-Sports évoquait récemment le chiffre effarant de… 160 enfants sur liste d’attente relèvent les interpellateurs. « Les parents ont beaucoup de peine à comprendre et c’est très frustrant pour nous », déplorait William von Stockalper.
Lorsqu’il a décidé en 2020 d’adopter une convention avec la commune de Blonay-Saint-Légier qui prévoit une affectation de petite industrie et d’artisanat, le Conseil communal de Vevey n’a pas été informé des raisons pour lesquelles la commune de Vevey a décidé d’en devenir propriétaire. Lors du débat sur la convention précitée, l’objectif fixé par le plan directeur de la commune de Saint-Légier a été passé sous silence : à savoir la création d’un Centre Sportif Régional.
Plusieurs documents attestent pourtant des raisons pour lesquelles la commune de Vevey a acquis ces terrains :
• une décision de la Municipalité de Vevey datant du 4 février 1988 où il est question « d’établir un plan directeur pour les équipements sportifs d’intérêt régional sur le plateau de la Veyre au sud de l’autoroute ». Il est également précisé « que l’artisanat et l’industrie pourraient trouver place en amont de l’autoroute ». La Municipalité de Vevey a donc décidé de poursuivre l’étude d’implantation du centre sportif dans ce secteur et d’entamer des négociations pour acquérir ces terrains ».
• de la correspondance échangée entre les propriétaires des terrains et avec la Municipalité de Vevey, il ressort qu’un des arguments retenus par lesdits propriétaires pour accepter ces cessions réside dans la réalisation d’un projet d’intérêt public, à savoir un centre sportif régional.
• la promesse de vente et d’achat et pacte d’emption stipule d’ailleurs à son point 4 que les terrains sont vendus dès lors que la commune de Vevey a l’intention d’y créer des installations sportives. Le préavis adopté par le Conseil communal de Vevey en 1989 fait état du fait « qu’un centre sportif de plein air trouverait une implantation plus harmonieuse et une meilleure orientation sur le plateau de La Veyre (…) au sud des terrains de tennis actuels ». Par ailleurs, un des propriétaires a accepté de vendre un peu plus de terrain qu’il ne le souhaitait au départ afin que puissent se réaliser les installations sportives projetées.
• d’autres documents annexés font état de l’objectif de la Municipalité de transférer le centre sportif de La Veyre d’Enhaut à La Veyre Derrey, « les terrains de la Veyre d’Enhaut étant mieux adaptés à une vocation industrielle et artisanale », ce que confirme la commission chargée d’étudier cette acquisition. Les débats au sein du Conseil communal en 1989 ne font que confirmer la justesse de ce choix. La Municipalité comme le Conseil communal estiment qu’il s’agit d’une « contribution à la réalisation d’un aménagement du territoire meilleur que celui d’aujourd’hui ». La Municipalité remercie à ce titre les vendeurs qui ont « d’abord pris en compte l’intérêt de la collectivité ». Ce choix est également approuvé par la Municipalité de Saint-Légier. Une affectation sportive de ces terrains figure par ailleurs dans le plan directeur communal de la commune de Saint-Légier.
Pour couronner le tout, le plan directeur communal de la ville de Vevey, récemment adopté par le Conseil communal, admet des projets de densification qui feraient grossir la population de cette ville de plusieurs milliers d’habitants supplémentaires auxquels il faudra ajouter la croissance des communes limitrophes en particulier celle de Blonay-Saint-Légier. Qui dit nouveaux habitants, dit nouveaux besoins.
SUR LA MAUVAISE VOIE
Accessoirement, deux terrains de football sont implantés à La Veyre d’en Haut dans une zone d’activité reconnue comme telle par le plan directeur cantonal et par le Plan Directeur Communal de Saint-Légier, approuvé par le Conseil d’Etat en 2004, et devaient et désormais devraient trouver place dans la zone dédiée à un Centre sportif à La Veyre-Derrey.
• le choix arbitraire des communes concernées de décréter ce secteur site stratégique de développement économique les a conduites à prendre une mauvaise direction.
• les commissions chargées d’étudier la convention signée entre les deux communes et le PPA La Veyre-Derrey n’ont pas eu connaissance de tous ces éléments.
• par ricochet, des faits déterminants n’ont pas été portés à la connaissance des organes délibérants concernés, comme le relève le député Sergei Aschwanden dans une interpellation développée au parlement vaudois le 23 janvier.
EVITONS UNE ERREUR FONDAMENTALE
Continuer sur la voie choisie revient à soustraire des terrains à une affectation depuis longtemps admise et surtout toujours indispensable si l’on considère le manque flagrant de terrains de sport sur la Riviera et particulièrement pour les habitantes et habitants de la ville de Vevey alors qu’il existe d’autres possibilités de développement mieux adaptées pour l’industrie et l’artisanat. Pas seulement à la Veyre-d’Enhaut si l’on juge cet espace insuffisant. Avant que ne soit commise une erreur fondamentale en matière d’aménagement du territoire, Il apparaît indispensable que la Municipalité revoie sa position et nous lui posons donc les questions et demandes formelles suivantes en souhaitant que la Municipalité éclaircisse, par la même occasion, les réponses lacunaires données à l’interpellation Laurent Lavanchy en novembre 2021.
LES QUESTIONS
1. Comment la Municipalité peut-elle justifier, en tant que propriétaire des terrains, la poursuite du processus de légalisation du PA La Veyre-Derrey en ayant connaissance des conditions qui subordonnèrent l’achat des terrains en 1989 ?
2. Comment la Municipalité peut-elle justifier la poursuite du processus en cours compte tenu du Rapport de synthèse “Pour des Installations Sportives d’Importance Régionale sur la Riviera” (Vevey / juin 2015), qui relève d’importantes lacunes en matière d’équipements sportifs sur la Riviera ?
3. Comment la Municipalité entend-elle résoudre le problème endémique de manque de terrains de sport dès lors qu’elle poursuivrait sur la voie de la création d’un centre artisanal à La Veyre Derrey en lieu et place d’un centre sportif comme initialement prévu alors que ce site apparaît comme le seul site permettant de résoudre ce problème ?
4. Comment la Municipalité justifie-t-elle son soutien à un projet qui est totale contradiction :
• avec le plan directeur communal qui prévoit de lancer des projets d’équipements sportifs pilotes en concertation avec les habitantes et habitants ?
• avec les dispositions fixées par le plan directeur cantonal ainsi que son programme de législature 2022-2027 en lien avec le développement du sport dans le canton ?
• avec les engagements écrits et verbaux respectivement pris – au moment de la vente par les autorités de Saint-Légier et de Vevey ainsi que par les propriétaires concernés – d’affecter les terrains à un Centre Sportif ouvertement annoncé, présenté, et confirmé, aux habitants de Saint-Légier, par la présentation publique du Plan directeur de cette commune ?