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L'été a été pourri. Les blés ont germé. Il va falloir importer. Donc préparez-vous, braves consommateurs, à voir les prix monter. La logique économique semble imparable. Elle sert les intérêts des meuniers et des boulangers. Deux raisons permettent pourtant de la mettre en doute.Il se trouve que protection de la culture des céréales en Suisse, héritage de la vieille autarcie que les paysans ont recyclée en souveraineté alimentaire, fait que les prix du blé est artificiellement soutenu par une limitation des importations. Bref la tonne de blé suisses de qualité se négocie à 530 francs. Importer davantage de blé pour combler la récolte défaillante 2014 signifie que les meuniers et les boulangers vont acheter le blé moins cher sur le marché international. La tonne de blé français tourne à 175 euros. Faite le compte!
La deuxième raison tient à la chute des prix du pétrole qui réduit le coûts de production de la farine et la cuisson du pain.
Quant aux salaires, c'est toujours la même équation à plusieurs inconnues dans laquelle entrent la concurrence, la technologie, la productivité...
Encore un mot. Avec un kilo de farine, on peut faire 40 croissants au beurre. Je vous laisse faire le calcul du coût de la matière première d'un croissant vendu 1 fr 30 pièce, sachant qu'il faut environ 1,3 kg de blé pour faire 1 kg de farine blanche. Sauf erreur, il y a pour 1,7 ct de blé dans chaque croissant au prix suisse, soit 1,3% du prix du croissant. Bon appétit!