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Le groupe zougois a dit, mardi dans un communiqué, avoir pris connaissance du fait que certains actionnaires de Teck préféreraient un abandon complet des activités liées au charbon, tandis que d'autres investisseurs ne veulent pas être exposés au charbon thermique.
Pour cette raison, Glencore a introduit une composante en numéraire dans son offre de reprise de Teck. Selon les termes de la nouvelle offre, les actionnaires de Teck recevront une participation de 24% dans la nouvelle entité MetalsCo et une part en numéraire de 8,2 milliards de dollars (7,35 milliards de francs).
La société basée à Baar s'est aussi déclarée disposée à offrir une combinaison en numéraire et jusqu'à 24% d'actions de la future entité CoalCo. Malgré le rejet de l'offre par le conseil d'administration de Teck, Glencore estime que la transaction est "complémentaire" et que la création des filiales MetalsCo et CoalCo créerait une "importante valeur pour les actionnaires".
Début avril, l'entreprise suisse avait annoncé son intention de fusionner avec l'entreprise minière canadienne Teck, tout en autonomisant parallèlement les activités réunies dans le charbon et les métaux. Cette opération, si elle aboutit, dégagerait des synergies avant impôts entre 4,25 milliards et 5,25 milliards de dollars.
Cette transaction doit créer l'entité MetalsCo qui reprendra les actifs de Glencore et Teck dans les métaux et minéraux, ainsi que les activités de négoce dans les métaux et l'énergie (hors charbon) de la firme zougoise, les activités de recyclage et de distribution, ainsi que l'investissement dans Viterra.
La nouvelle société aurait enregistré l'année dernière, sur une base pro forma, un résultat brut d'exploitation (Ebitda) de 16 milliards de dollars.
La nouvelle société CoalCo comprendra pour sa part les activités dans le charbon des deux groupes, les alliages ferreux de Glencore, ainsi que les activités de négoce dans ces domaines. L'ensemble aurait dégagé en 2022 un Ebitda de 26 milliards de dollars.
Sumitomo serait aussi opposé
La multinationale de Baar propose un rapport d'échange de 7,78 actions Glencore par titre B de Teck, ce qui représenterait une prime de 22% aux cours de clôture du 31 mars. Glencore offre également d'échanger 12,73 de ses propres actions pour chaque titre A de sa cible, équivalant également à une prime de 22%. Avec ce ratio d'échange, les actionnaires de Glencore détiendront 76% de l'entité fusionnée et ceux de Teck 24%.
Le conseil d'administration de Teck avait, dans la foulée, rejeté l'offre de Glencore, estimant que l'opération n'était pas dans son intérêt. L'organe de surveillance avait souligné qu'il n'envisageait pas pour l'heure la vente de l'entreprise.
Les administrateurs de Teck avaient également expliqué leur opposition par le fait que les actionnaires de l'entreprise canadienne se retrouveraient impliqués dans le négoce de charbon et de pétrole. Cela contrevient aux engagements de développement durable (ESG) du groupe et recèle d'importants risques juridiques.
Le japonais Sumitomo Metal Mining, un actionnaire de référence de Teck, avait quant à lui également refusé cette transaction, avait rapporté en avril le journal canadien Globe and Mail.