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La belle singularité de Jean-François Peyret, c’est de travailler et de jouer à partir de textes littéraires et philosophiques ou de questions scientifiques, tâchant d’imaginer un « théâtre de l’ère scientifique » (Brecht). Ainsi, il propose sur scène des variations sur le thème du destin technique de l’homme, des réflexions rêveries autour du vivant et de l’artificiel, du corps et de la machine. Dans les années 80, il travaille avec le traducteur, essayiste et metteur en scène Jean Jourdheuil, tricotant avec lui des spectacles de haut vol sur Michel de Montaigne, William Shakespeare, L'Arétin, Lucrèce, et faisant connaître l’oeuvre de Heiner Müller. Jean-François Peyret a fondé sa propre compagnie tf2 en 1995, proposant des usages très personnels de la scène, « exposant », comme il le dit, son théâtre à la science en faisant spectacle commun avec le biologiste Alain Prochiantz (Le Traité des formes ou Ex vivo/In vitro) ou en confrontant son théâtre aux problèmes de l’intelligence artificielle (spectacles tournant autour d’Alan Turing). De même dans Les Variations Darwin (2004-2005) ou Tournant autour de Galilée (2008), il convoque à sa manière des savants fondateurs de la modernité. Re:Walden (2013-2014) constitue un exercice où le texte de Walden ou la Vie dans les bois de l’écrivain américain Henry David Thoreau vient hanter le théâtre.