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Echelle des valeurs
Chaque société a ses propres règles du jeu – soit ses normes et valeurs. Ce sont elles qui déterminent si un comportement est correct, poli, respectueux, louable ou admirable – ou au contraire déplacé, impoli, égoïste, blâmable, voire abject. Ces normes et valeurs sont parfois très différentes d’une société à l’autre, et, surtout, d’une culture à l’autre. Tu en as sans doute entendu et assimilé certaines: «Tiens-toi bien à table!», «Fais tes leçons pour apprendre un bon métier!», «Attends ton tour pour parler!», «Ne fréquente pas ces voyous!». D’autres te paraissent moins évidentes, par exemple l’idée qu’il n’est pas bien d’attirer l’attention sur soi ou qu’il faut se sacrifier pour les autres si on veut être quelqu’un de bien.
Il n’est pas toujours facile de savoir comment se comporter dans une situation précise. A cet égard, le fait de réfléchir à ses propres normes et valeurs ou d’en discuter avec les autres peut être utile. Demande-toi d’où elles viennent et pourquoi tu pourrais ou aimerais réagir d’une certaine façon.
Un psychologue américain du nom de Lawrence Kohlberg a étudié les valeurs humaines. Il a établi une échelle montrant les différents stades de développement du jugement moral.
(A) Premier stade: tu ne recherches que la satisfaction personnelle. Tu ne fais que ce qui est dans ton intérêt, sans te soucier le moins du monde de ce qui arrive aux autres. Les récompenses et punitions influencent ton comportement. Ton mot d’ordre se résume à «parce que je le veux!»
(B) Deuxième stade: tu remarques que faire attention aux autres peut t’apporter certains avantages. Tu sais qu’ils ont aussi des intérêts et tu te conduis de manière à ce qu’ensemble, vous vous en sortiez le mieux possible. Tu appliques le principe de l’équité réciproque: tu donnes pour recevoir en retour, tu épargnes quelqu’un pour être épargné-e à ton tour. Ton mot d’ordre pourrait être «parce qu’en fin de compte, c’est bénéfique pour moi.»
(C) Troisième stade: tu prends exemple sur la majorité. Tu fais ce que font les autres et apprécies les mêmes choses qu’eux. Tu te réfères avant tout aux habitudes, au mode de pensée et à la répartition des rôles qui ont cours dans ton entourage (famille, école, amis). Tu justifies tes agissements par le mot d’ordre «parce que nous le faisons ainsi.»
(D) Quatrième stade: tu remarques que la société est un ensemble de gens dont la plupart te sont inconnus. Rendre la pareille et suivre les règles d’un groupe ne mène donc pas à grand-chose. Tu comprends que certaines lois et règles universelles sont nécessaires pour que tout le monde puisse vivre ensemble. Ton mot d’ordre est «parce que c’est nécessaire pour que la société ne sombre pas dans le chaos.»
(E) Cinquième stade: tu reconnais que même une société bien organisée dotée de lois strictes peut être injuste et que dans certaines situations, il est préférable de s’engager pour changer une loi ou de désobéir à cette dernière, «parce que c’est plus juste que les lois et normes en vigueur.»
(F) Sixième stade: tu pèses le pour et le contre de tous les points de vue possibles et n’accordes pas d’importance particulière au tien. Ce faisant, tu ne prends en considération ni ce qui est bon ou mauvais pour toi, ni les lois et normes en vigueur. Tu fais quelque chose parce que c’est bien, indépendamment de ta personne, de tes désirs et du lieu où tu habites.
Kohlberg a testé de nombreux Américains pour voir où ils se situaient sur cette échelle. Il a constaté que la plupart ne dépassaient pas le troisième stade et que les résultats n’avaient rien à voir ou presque avec leurs idées, croyances ou classe sociale.
Plus une personne atteint un stade élevé, plus elle est altruiste. Il est intéressant de constater que nous avons tendance à reculer sur cette échelle lorsque nous nous sentons menacés.