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C’était il y a presque un an. Dès l’entame de la saison 2016 du championnat suisse des slaloms, Marcel Maurer avait créé la surprise en remportant le slalom de Bière sous une pluie dantesque devant Philip Egli, le maître de la discipline. Etait-ce un coup de chance? Après un nouveau succès sur la piste détrempée de Saanen et deux ultimes victoires sur sol sec pour clore la saison à Drognens et à Ambri, la réponse était clairement non. A un peu plus d’une semaine du coup d’envoi de la saison 2017 sur l’aérodrome d’Interlaken, le pilote de Längenbühl peut compter sur un coup de volant arrivé à maturité dans le cockpit de sa fidèle formule Renault 2.0, qu’il utilise depuis 2014.
Marcel Maurer: Mon père René Maurer était déjà pilote en courses de côte et slalom, et j’étais avec lui depuis tout petit. Il est décédé en 2004. Quand j’étais enfant, j’ai également été quatre fois champion suisse de caisses à savon.
Les courses sur circuits sont extrêmement chères. J’ai accompagné ma famille partout en Suisse, ainsi qu’à Dijon et à Hockenheim lorsque le championnat suisse s’y rendait encore, mais c’était meilleur marché à l’époque.
Quelle était ta première voiture?
Je voulais rouler avec la Triumph Dolomite de mon père, mais plusieurs amis pilotes m’ont enjoint de ne pas brûler les étapes. J’ai donc commencé à rouler en 2010 avec une Opel Corsa que l’on m’avait prêtée. J’aurais voulu me lancer plus tôt, mais pendant l’apprentissage l’argent manque. J’ai couru mes quatre premiers slaloms chez les régionaux avant de passer directement en National. En 2011, j’ai commencé avec la Triumph, mais le moteur a lâché dès la première course! J’ai dû reprendre la Corsa à Romont et Ambri, puis j’ai enchaîné avec la Triumph en 2012 et 2013. C’est en 2014 que j’ai eu l’opportunité d’acheter une formule Renault.
Etait-ce difficile de passer d’une voiture fermée à une monoplace?
Nous sommes allés à Chambley, non loin du Luxembourg, pour les premiers tests. J’ai fait un tête-à-queue dès le premier tour. La direction était tellement directe et la réponse à l’accélérateur bien plus sensible… Mais tout est rapidement rentré dans l’ordre. J’étais enchanté.
Nous n’exploitons pas encore les possibilités de réglages à 100%. Je ne suis pas mécanicien, et on pourrait sûrement faire beaucoup mieux. Nous jouons surtout avec les ailerons, la hauteur de caisse et la pression des pneus. Je note toujours tout sur un petit carnet.
Reçois-tu souvent de l’aide?
En fait de team, nous sommes surtout un groupe de pilotes qui aimons passer du temps ensemble, comme Michel Cerini et Daniel Wittwer. C’est un excellent ami et il m’aide beaucoup. Nous venons de la même région, c’est toujours sympa.
En tant que couvreur, j’ai dû apprendre sur le tas, mais les autres m’ont donné un coup de main. Je ne savais pas changer mes rapports de boîte par exemple, mais aujourd’hui je fais tout moi-même.
Plusieurs pilotes de monoplace ont des moteurs préparés. Comment réagis-tu?
C’est une des raisons qui me poussent à priviléger le championnat suisse des slaloms et non celui de la montagne. Même en prenant tous les risques, je n’ai aucune chance avec mes 200 chevaux face à ceux qui en ont 300.
Les côtes, car les manches sont plus longues et plus intéressantes au niveau du pilotage, et il y a plus de spectateurs. Mais les slaloms sont aussi très chouettes, sinon je n’y serais pas!
Quel est ton objectif en 2017?
J’aimerais bien refaire un top 3 au championnat suisse des slaloms, même si ça sera difficile. En côte, j’espère me rapprocher de la concurrence. Ma voiture restera inchangée, à part au niveau du moteur, si tout va bien.
Je joue au unihockey, je fais un peu de karting et je passe beaucoup de temps en famille. Je fais aussi du fitness deux à trois fois par semaine pour rester en forme et me montrer à la piscine (rires)! La plupart du temps, la compétition prend le dessus. Du printemps à l’automne, il faut se déplacer, piloter, puis tout démonter et nettoyer les lundis et les mardis pour que tout soit de nouveau prêt le vendredi. Je ne prends même pas le temps de manger…