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Quelque 70'000 personnes et plusieurs générations de Cubains se sont rassemblées tôt dans la matinée pour honorer le guérillero argentin "Che" Guevara à Santa Clara.
KEYSTONE/EPA EFE/ALEJANDRO ERNESTO(sda-ats)
Cuba a fustigé dimanche "l'impérialisme" américain en rendant hommage au guérillero argentin Ernesto "Che" Guevara. Figure légendaire de la révolution cubaine, il a été tué il y a 50 ans dans le maquis bolivien.
Une foule de quelque 70'000 personnes était rassemblées pour l'occasion à Santa Clara (centre). Le président Raul Castro a laissé la parole à son successeur probable et numéro deux du régime, Miguel Diaz-Canel.
Ce dernier a prononcé un discours offensif que n'aurait sans doute pas renié le commandant de la révolution argentin, dans un contexte de raidissement des relations cubano-américaines imposées par Donald Trump. Le vice-président cubain a notamment assuré que, comme l'affirmait le "Che", "on ne peut pas faire confiance à l'impérialisme, ne serait-ce qu'un petit peu".
Au président Trump, qui a répété vendredi qu'il ne lèverait aucune sanction contre Cuba tant qu'une "liberté politique totale" n'est pas instaurée sur l'île, M. Diaz-Canel a répondu que Cuba "ne négocierait pas ses principes et n'accepterait pas le chantage".
Fils adoptif de Santa Clara
En dépit de la brièveté de la cérémonie d'hommage, d'à peine une heure et demie, l'émotion était au rendez-vous dimanche matin dans cette ville située à 300 km à l'est de la capitale cubaine, et qui considère le "Che" comme un fils adoptif depuis qu'il y remporta en décembre 1958 une victoire décisive contre les troupes du dictateur Fulgencio Batista (1952-1958). Ses restes et ceux de ses compagnons d'armes y reposent depuis 20 ans.
"Pour moi le Che reste bien présent, pour sa vie, son oeuvre et son exemple", affirmait au milieu de la foule Luis Monteagudo, vétéran de la campagne du "Che" au Congo, âgé de 79 ans, vêtu d'un tee-shirt blanc orné d'un portrait du commandant.
Signe marquant un changement d'époque, ces cérémonies étaient célébrées pour la première fois en l'absence de Fidel Castro, décédé fin 2016. Des extraits de ses discours consacrés au "Che" ont été diffusés en ouverture de l'hommage. "Fidel et le 'Che' seront toujours présents", a clamé M. Diaz-Canel.
L'hommage au "Che" intervient aussi au moment où, en Colombie, les dernières guérillas de gauche du continent rendent les armes (Farc) ou négocient la paix (ELN).
"Guérillero héroïque"
Ernesto Guevara a été exécuté par un soldat bolivien à 39 ans le 9 octobre 1967. A Cuba le jour du "guérillero héroïque" est célébré chaque 8 octobre, jour de sa capture dans un hameau andin.
Lundi, les commémorations se poursuivront en Bolivie en présence des enfants du "Che" et du président Evo Morales. Ce dernier a accusé cette semaine la CIA d'avoir "persécuté, torturé et assassiné" le "Che", mettant fin à ses 11 mois de guérilla en Bolivie.
Le corps du guérillero argentin, jeté dans une fosse en Bolivie, a été découvert et identifié en 1997 avant de retourner en grande pompe à Cuba pour un hommage national. Ses restes ont été placés dans une niche dans un mausolée sous-terrain surmonté d'une imposante statue de bronze dans "sa" ville de Santa Clara.
ATS