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Cette étude de cohorte australienne a suivi 10,9 millions d’assurés australiens (Medicare) âgés de moins de dix-neuf ans entre 1985 et 2005 avec une durée de suivi moyenne de 9,5 ans (jusqu’à fin 2007). Elle a comparé l’incidence des cancers après CT (survenus au moins un an après l’examen) chez les 680 000 patients exposés, avec l’incidence des cancers survenus chez les plus de dix millions de patients non irradiés, servant de groupe contrôle. Le risque de cancer dans le groupe exposé au CT était augmenté de 24% (taux d’incidence 1,24 ; IC 95% : 1,20-1,29 ; p < 0,001). Ce risque croissait en cas d’exposition aux radiations à un jeune âge et en cas d’expositions multiples. Tant l’incidence des tumeurs solides que des hémopathies augmentait après irradiation. L’augmentation absolue de l’incidence des cancers après CT était estimée à 9,38 pour 100 000 personnes exposées par an.
Commentaire : Cette étude montre une association entre le risque de cancer et l’exposition aux radiations. Des biais de sélection sont hautement probables. Il est en effet évident que les patients les plus malades, ayant davantage de probabilité d’avoir un cancer, ont le plus de chance de bénéficier d’examens radiologiques irradiants. Il n’est en conséquence pas possible de conclure à une relation de cause à effet, en l’absence d’ajustements adéquats. Cependant, certains éléments troublants, comme la majoration du risque de néoplasies en cas d’exposition pendant le jeune âge, ou une relation entre le nombre d’examens et le risque de cancer, incitent à la prudence. Même si l’irradiation émanant des CT modernes est de moins en moins grande – avancée technologique oblige – le clinicien doit systématiquement se poser la question d’une alternative diagnostique sans irradiation avant de prescrire un CT.