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A l’origine du mouvement se trouve une remise en question nouvelle et sérieuse en rapport avec le message biblique et c’est à partir de Zürich que l’Anabaptisme se répandit à travers l’Europe, partout où régnait l’oppression au 16e siècle.
Les forces vives du mouvement étaient Manz, Grebel et Blaurock ainsi que d’ex-collaborateurs de Zwingli. La persécution et l’oppression par l’Eglise et l’Etat suivirent le mouvement jusqu’à la fin du 18e siècle. La plupart des Anabaptistes se recrutaient parmi les citoyens estimés de la population.
Le prêtre frison, Menno Simons (1498 – 1559) rassemble la branche pacifique du mouvement anabaptiste éparpillée et c’est après lui que les Anabaptistes se firent appeler « Mennonites ». Aux 17e et 18e siècles, lorsque les autorités bernoises sévirent durement contre les Anabaptistes, beaucoup de ceux-ci gagnèrent le Jura, en passant par Soleure. Le Prince-Evêque leur accorda l’asile.
C’est ainsi que plusieurs Anabaptistes s’établirent dans la région du Petit-Val en tant qu’agriculteurs. En 1823, on dénombre 469 Anabaptistes dans le district de Moutier.
Les Anabaptistes du Petit-Val se retrouvent pour leurs cultes, leurs rassemblements et leurs fêtes chez des particuliers. Les centres sont principalement la Montagne de Moutier, le Mont Girod (au-dessus de Bévilard). La Communauté est répartie en divers « cercles » ayant un prédicateur comme responsable.
En 1881, Christian Gerber, prédicateur de la Communauté du Petit-Val, reprend le monastère de Bellelay. Il offre ainsi à la Communauté son centre de rassemblement. Des rencontres d’anciens et de prédicateurs, des fêtes missionnaires et de réunions de réveil ont lieu dans la maison de Christian Gerber, qui y fonde une école privée anabaptiste en 1881.
Les locaux trop petits pour les réunions donnent toujours plus à réfléchir. Si en été, on se rassemble dans des granges, cela n’est pas faisable lorsqu’il fait froid.
Le 25 novembre 1889, une assemblée des frères décide la construction d’une chapelle. En même temps, la presque quasi totalité de l’argent nécessaire est assurée par les frères et un comité de construction est nommé.
La chapelle est inaugurée le 20 novembre 1892 devant 400 « âmes » et 7 orateurs. En 1893, l’école privée anabaptiste de Bellelay est transférée de Bellelay à Moron. Elle compte 22 élèves.
De 1902 à 1911, le mouvement Réveil, qui s’étend depuis l’Emmental jusqu’à la Chaux d’Abel, gagne aussi Moron. L’évangéliste-agriculteur Fritz Schüpbach est l’une des chevilles ouvrières.
Il en résulte un conflit entre Christian Gerber qui s’oppose à l’exaltation du mouvement du Réveil. Il interdit à Schüpbach l’accès à la chapelle. Ce dernier continue de prêcher chez des particuliers. Des points doctrinaux et la discipline ecclésiastique accentuent les diverges d’opinion dans la Communauté. Entre 1908 et 1913, les assemblées des frères ne peuvent pas avoir lieu.
Mais la situation se détend et l’on doit beaucoup à l’instituteur Gottlieb Loosli l’oeuvre de réconciliation accomplie à cette époque.
Les membres de la communauté se constituent en association le 15 décembre 1915. Un comité est nommé et des nouveaux statuts sont adoptés.
En 1920, une nouvelle école et un lieu de rencontre sont inaugurés au Perceux. Divers problèmes surgissent quant à une étatisation de l’école, à des problèmes financiers de la commune de Souboz ainsi qu’à des difficultés avec l’instituteur.
Les années trente sont marquées par des problèmes économiques, dans un climat social difficile. Beaucoup de gens connaissent une situation critique et la communauté leur accorde régulièrement la remise des intérêts envers leurs débiteurs.
En 1942, une fête marque le jubilé de la chapelle en même temps que la réouverture de celle-ci après sa restauration complète.
L’essor économique de l’après-guerre apporte un souffle nouveau à la Communauté. Un groupe de jeunes voit le jour et la chorale se développe. Des nouveaux statuts sont adoptés en 1952. Le Fonds des pauvres est de plus en plus sollicité pour subvenir à des frais de maladie ou d’accidents.
En 1960, un protocole est signé au sujet de l’école du Perceux entre le comité « Petit-Val » et la commune de Souboz. L’école subsite, mais en langue française.
Une impulsion importante est donnée à la vie communautaire au début des années 1960 par la Conférence Missionnaire qui a lieu durant la semaine de l’Ascension. En 1966, Fritz Wyss et Walter Allemand sont inscrits à l’école biblique de St. Chrischona, soutenus par le comité.
Walter Allemand est nommé, à la fin de ses études, comme prédicateur à temps partiel de la Communauté du Petit-Val. Sur proposition de ce dernier, la Communauté célèbre depuis 1975 et ceci, chaque année, un culte avec la paroisse réformée de Sornetan.
Beaucoup de nouveautés font leur apparition dans les années 1980 et différentes fêtes sont organisées dans le but de récolter des fonds pour les différentes constructions, notamment la restauration de l’école de Moron en 1982.
La Commuanuté célèbre son centenaire en 1992. Depuis sa fondation, la Communauté a poursuivi la pratique, la célébration et l’encouragement du culte selon la confession de foi, le soutien et l’encouragement de la mission intérieure et extérieure par le biais d’un témoignage d’amour.
Elle a également toujours eu comme but d’apporter aide et soins aux pauvres et aux malades aussi bien au sein de la Communauté que hors de celle-ci.
Tiré de la publication éditée à l’occasion du centenaire de Moron, en 1992.