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Aussi bien la ligne continue des sourcils s’épanouissant depuis la base du nez que les
larges orbites, sans doute autrefois incrustées de coquillage et de pierre et absorbées
dans une contemplation lointaine, évoquent la statuaire présargonique d’orants. Les traits
sont finement dessinés, des lèvres légèrement ourlées aux narines délicatement arrondies. Le menton très prononcé est étrangement carré.
Si la provenance exacte de ce masque est inconnue, son sourire circonflexe creusant de
petites fossettes s’apparente à celui d’une orante découverte à Tell Agrab dans la vallée de
la Diyala et datée d’environ 2600 avant J.-C.
Reflétant le goût prononcé de l’art sumérien pour la polychromie des matériaux, ce petit
masque en calcaire faisait probablement autrefois partie d’une statuette exécutée dans
un matériau différent, à l’image du visage en or surmontant la statuette en aragonite
découverte à Nippur dans le temple d’Inanna remontant à environ 2600 et conservée
au musée de Bagdad [1].
Publ. : Barbier-Mueller 2003, p. 24-25.
[1] Cf. Amiet 1977, fig.36, p.114.