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La maladie ne serait-elle qu’un phénomène désagréable sans raison ni lien avec la vie? Qu'une chose dérangeante à faire taire? Une telle vision me semble incongrue. Imaginer qu’une perturbation, un déséquilibre ou un dérèglement ne soit qu’un phénomène isolé ôterait singulièrement du sens au vivant et à son organisation.
Le fait que le corps humain - comme tout le vivant - dispose de moyens d’auto-protection et de réparation signifie déjà que le dérèglement existe potentiellement et qu’il est anticipé. Le corps le sait depuis très longtemps: la maladie n’est pas un phénomène absurde mais une possible désorganisation qu’il faut prévenir ou guérir.
La première réflexion est donc que le vivant est organisé de manière à se préserver et/ou se réparer.
C’est encourageant: la maladie ne doit plus être vue comme une simple attaque morbide mais comme un signal. Signal à la fois du déséquilibre en action, mais aussi signal de la tentative du corps de circonscrire ou de lutter contre ce déséquilibre. Par exemple une inflammation est à la fois le symptôme d'une pathologie, celui d’un signal visant à découvrir la pathologie et celui d’une première tentative de réparation (amener localement du sang, de la lymphe et donc des défenses).
Ce qui dérange dans ce que l’on nomme la maladie, c’est la douleur, la souffrance, la limitation, et le risque de non-réparation. Cette crainte est légitime. Personne n’aime souffrir, et certaines souffrances sont insupportables. Le désir de les atténuer ou d’y mettre fin avant même d’en avoir compris le sens est une réaction normale. Personne n’aime la limitation (exemple: arthrite ou arthrose). Une trop grande douleur ou limitation épuise notre capacité à résister et à réagir positivement.
Quand le signal que représente la douleur ou la limitation est au-delà du supportable il doit être diminué autant que faire se peut. Soulager est un premier objectif.
Dans l’image ci-dessus (lombalgie ou douleur sciatique), soulager est nécessaire. Tant que la douleur est trop forte il n’y a pas d’accès au sens, qui pourrait être: réapprendre à gérer la manière de tenir son corps, son attitude dans la vie.
Ensuite commence un travail d’exploration et de compréhension du symptôme, un coaching ou auto-coaching. Une compréhension de notre corps et de ce qu’il tente de nous dire, des lien à établir, à la fois sur le plan physique et sur le plan de la gestion de notre mode de vie.
(A suivre).
PS: Pensée de sympathie pour l’otage suisse en prison à Tripoli.