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Drôle de photo publiée par Fanny Smith mercredi sur Instagram. On devine le grand sourire de la Vaudoise derrière son masque et sous son bonnet. A côté d'elle, trois personnes habillées de la tête au pied avec une combinaison qui n'a rien à envier à celle des cosmonautes.
Le cliché a été pris la semaine dernière à Secret Garden, une station de ski du nord-est de la Chine, où Fanny Smith – qui a été élue ce jeudi sportive vaudoise de l'année – a débuté sa saison de Coupe du monde de skicross (deuxième place). L'épreuve des Jeux olympiques, dans deux mois, aura lieu au même endroit. Et cette photo dit tout de ce qui y attend les athlètes.
Qui sont ces gens avec vous sur la photo?
Fanny Smith: Je me pose la même question! (rires) Ce que je sais, c'est qu'ils sont membres du personnel médical qui nous testait tous les jours dans le hall d'entrée de l'hôtel. Les deux premiers jours, ils étaient sur la retenue. Ils nous voyaient faire des aller-retour et nous balader librement. Une fois la glace brisée, ils ont voulu faire des photos. Et on se disait: «Mais comment ils vont faire pour se reconnaître?» (rires). C'est la magie du sport et des liens humains qu'il peut créer.
Ils vous connaissaient avant de prendre cette photo?
J’en ai aucune idée. Il y avait une barrière de communication. On a eu des gros problèmes de langue, parce que très peu d'employés parlaient l'anglais correctement. Avec les masques, on avait aussi de la peine à utiliser le langage non verbal. Dès qu’il y avait une incompréhension, on sortait Google Translate (rires). Ils ont vu que je suis une athlète sponsorisée par Red Bull, alors du coup ils m'interpellaient en répétant: «Red Bull, Red Bull, Red Bull!» (rires). Peut-être qu’ils sont allés sur les réseaux pour se renseigner, mais ils n’ont pas accès à Instagram ou Facebook en Chine. C'est donc difficile pour eux de savoir qui on est.
C'est quoi, le signe que vous faites avec les doigts?
Il symbolise le cœur. C'est typiquement asiatique. En Asie, sur les photos, les gens font soit le cœur ou le signe peace and love. J'avais déjà appris ce geste en Corée du Sud, aux JO de Pyeongchang. Là-bas, on avait même des gants en laine avec le bout du pouce et de l’index peints en rouge. Comme ça, quand on faisait le signe, ça donnait un vrai cœur.
La Chine et le site olympique en période de coronavirus, c'est comment?
Les Chinois ont pris des mesures sanitaires fortes. Il y a ces combinaisons de cosmonautes pour toutes les personnes à qui on a directement affaire et qui ne sont pas dans la bulle stricte. On a vite été mis dans le bain, parce que les hôtesses de l’air chinoises dans notre avion en portaient aussi (rires). On se faisait tester tous les jours. Les personnes dans la bulle, qui ont suivi tous les protocoles, portaient simplement un masque et des lunettes de protection.
Et les paysages?
On espérait en profiter durant les 4h30 de bus entre Pékin et la station, mais on a dû faire ces trajets de nuit. Alors malheureusement, on n'a rien vu sur place à part l’aéroport, l’hôtel et la station de ski. Elle est vaste, on y voit à perte de vue et notamment d'autres domaines en construction dans les alentours.
Les Chinois sont-ils prêts pour les Jeux olympiques, qui débutent dans deux mois?
Oui, mais il reste des choses à peaufiner. C'était aussi le cas à Sotchi en 2014 ou Pyeongchang en 2018. Le staff chinois sur place n’avait pas reçu toutes les infos des organisateurs de la Fédération internationale de ski (FIS), davantage focalisés sur l'organisation sportive que sur la logistique à côté. Donc on ne peut pas le blâmer. Il y a eu des petits couacs, mais ils seront corrigés d'ici les Jeux.
Vous avez des exemples?
Le mardi, on a eu notre premier entraînement. On est revenus à l'hôtel à 14 heures. Les athlètes, on crevait la dalle, tout le monde commençait un peu à s’exciter. Mais les personnes du staff du restaurant nous ont dit qu’il fallait prendre notre nourriture à l'emporter parce que le self-service de midi était fini. On leur a dit: «Ok, pas de problème, mais est-ce que vous savez que 70 personnes mortes de faim vont débarquer tout de suite et vont attendre leur nourriture comme nous?» (rires). Ils en ont pris conscience et ont réapprovisionné le self-service. Une demi-heure plus tard, tout le monde avait à manger. Le personnel est très réactif. C’était simplement un problème de communication et d’organisation avec la FIS, qui est en partie responsable.
Vous êtes allée disputer cette course sur le site olympique pour faire un repérage avant les Jeux. Mais les conditions météo et l'enneigement risquent d'être différents dans deux mois.
C'était très important de faire ce repérage parce qu’on s’est rendu compte que les organisateurs devront faire des modifications sur le parcours d'ici les JO, même s'ils l'ont construit du mieux qu’ils pouvaient étant donnée la faible quantité de neige, crachée par les canons. Ce parcours n'est pas du tout intéressant, pas spectaculaire, ennuyeux et très lent. Il y a très peu de sauts, celui à l’arrivée n'est pas grand du tout. Tous les athlètes ont fait le même constat.
Avec la pandémie qui prend un nouveau mauvais tournant, ces JO vont-ils vraiment pouvoir avoir lieu?
Je ne sais pas, ce n'est pas mon domaine d'expertise. Mais j'espère vraiment, parce que les Jeux amènent énormément de joie, de bonheur et de bonne énergie, et c'est typiquement ce dont on a besoin en ce moment.
Cela fait bientôt deux mois que les Russes ont redéfini leurs objectifs militaires, en se concentrant sur l'Est de l'Ukraine. Qu'est-ce qui a changé dans le rapport de force entre les deux camps?
Julien Grand: On a assisté à une montée en puissance de l'armée ukrainienne et, parallèlement, à un affaiblissement des forces russes. Cela amène à une situation à peu près égalitaire sur le champ de bataille, ou du moins à une porte ouverte que les forces de Kiev peuvent utiliser pour prendre encore plus l'initiative.