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Hier schildern einige TeilnehmerInnen an den Bieler Gesprächen 2020 ihre Eindrücke :
Lucy Duggan (Deutsch)
Laurence Ermacova (français)
Patrizia Romagnoli (français)
Elda Pianezzi (italiano)
Laura Di Corcia (italiano)
Lucy Duggan (Deutsch)
Einige Gespräche in Biel*
Fragen
– Warum muss ich ausgerechnet über diese Erinnerung schreiben ?
– Wie übersetzt man…
„Kletten“?
„Leibeswucht“?
„waghalsig toupierte Bohnenstange“?
– Wusstest du, dass Virginia Woolfs „A Room of One’s Own“ eigentlich schon fünfzig Jahre früher von Hedwig Dohm geschrieben wurde ?
– Wieso schreibst du in der Du-Form ?
– Darf man nicht die Leiche des eigenen Vaters in den Bergen begraben ?
– Ist es möglich, Schweizerdeutsch zu lernen ?
– Wie übersetzt man…
„Kletten“”?
„Mundverrenkungen“?
„das behende Geschöpf seines Pinsels“?
– Sprichst du Katholisch ?
– Warum hört ein Kind auf zu reden ?
– Warum hat sich die Frau in ihrem Zimmer verschanzt ?
– Kommt dir dein Text jetzt anders vor, nachdem du die Übersetzungen gehört hast ?
Antworten
Ja, der Text kommt mir jetzt veraltet vor. Die Suche nach Schönheit würde sich heute anders gestalten.
Jede Figur hat einen eigenen Rhythmus, eine eigene Geschwindigkeit.
Kaum eine Handlung zwischen uns geschieht, ohne dass ich sie als männlich oder weiblich konnotiert einordnen könnte.
Mir ist langsam klar geworden, dass die Lyrik kein Publikum hat.
Als ich schwanger war, habe ich mich überhaupt nicht wie ein Monster gefühlt.
Ich bin ein Publikum für die Lyrik !
Das kann man nur heimlich lernen, über Jahre, bis man es fliessend spricht, um dann irgendwann mitten im Gespräch ganz nebenbei ins Schweizerdeutsche wechseln zu können.
Mal ein positiver Vatertext. So etwas kommt nicht so häufig vor !
Ich weiß, dass es problematisch ist, aus der Sicht einer Frau zu schreiben.
Manchmal suche ich lange nach einem Wort, das vielleicht gar nicht existiert.
* Wir können leider nicht versichern, dass alle Fragen passende Antworten finden, bzw. dass alle Antworten sich auf Fragen beziehen, bzw. dass alle Äußerungen verständlich sind.
Lucy Duggan wurde in 1986 in Manchester geboren und wohnt heute in Brandenburg. Als Autorin ist sie hauptsächlich auf Englisch tätig. Mit ihren z.T. experimentellen Texten auf Deutsch hat sie bereits zweimal an den Bieler Gesprächen teilgenommen.
Laurence Ermacova (français)
Retour de Bienne
Lundi midi. Je monte dans le train, jette un dernier coup d’œil derrière moi. La locomotive s’ébranle. Bienne s’éloigne.
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Dimanche matin. J’arrive à l’Institut de littérature suisse pour prendre mon petit-déjeuner. Je reconnais la plupart des visages. Hier nous avons passé toute la journée à écrire, traduire et discuter de la beauté intrinsèque ou non des mots, de la vanité de toute traduction fidèle et du plaisir d’écrire en prenant les mots au pied de la lettre.
J’ai la tête qui déborde de textes, je cherche une telle pour lui dire comme j’ai aimé la série de portraits qu’elle a lue hier soir, un tel pour le mot péroxydé qu’il a glissé dans sa traduction et finis de beurrer ma tartine avec les syllabes jaunes et rondes de la ville de Domodossola qu’une traductrice italienne a choisi pour point de départ d’une histoire d’objets perdus et collectionnés qu’elle a écrite la veille pendant l’atelier d’écriture.
Dans quelques minutes, je présenterai un extrait de mon texte Solo Album pour un atelier de traduction. Je me sens comme un comédien ou une danseuse qui va à son entraînement. Je sais que nous allons travailler ensemble, fouiller le texte, le questionner. J’espère que nous allons transpirer tous ensemble. J’ai hâte de commencer.
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Samedi 8h00. J’arrive à Bienne juste assez tôt pour regarder les gens passer et prendre le pouls de la ville avant de me rendre à l’Institut de littérature suisse. Je repère un café au nom italien juste en face de la gare, pousse la porte, hésite. Dans quelle langue commander ? Français, italien, allemand ? Je me concentre, j’écoute les clients devant moi, mon tour arrive, je bafouille quelque chose d’indéfini ich ätte gern, je me dégonfle en cours de route un café s’il vous plait et devant le sourire désarmant de la vendeuse, je change radicalement d’avis un cappucino ? Je lui renvoie son sourire pour éviter de déraper sur prego ou pire encore preferirei. Je ne suis pas très bien entraînée, mais, je note tout de même qu’à peine arrivée à Bienne, je plonge déjà dans les glissements de sens, la fluidité des langues et la matérialité du texte.
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Lundi 17h00. Dans le train qui me ramène à Berlin, je sors de mon sac le catalogue rouge et blanc des Rencontres de Bienne et tombe sur le texte de Marie H. « Grâce aux Rencontres de Bienne, je me sens appartenir, au-delà du face à face solitaire avec les textes tout au long de l’année, à un corps de métier. » Cette phrase j’aurais voulu l’écrire. Appartenir à un corps de métier, c’est exactement ce que j’ai ressenti pendant ces deux jours et c’est exactement le sentiment dont j’ai besoin pour continuer d’écrire.
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Française, Laurence Ermacova a grandi dans la banlieue parisienne, mais vit depuis plusieurs années dans sa ville d’élection, Berlin. Elle a travaillé et écrit pour le théâtre, avant de se consacrer à la prose.
Patrizia Romagnoli (français)
Tous les chemins mènent aux Rencontres de Bienne
Depuis la gare CFF, le chemin vers la villa qui héberge les Rencontres de Bienne n’est ni trop long, ni trop court, mais exactement de la juste mesure, quel que soit le parcours choisi. Le pied aborde avec justesse les dénivellements des trottoirs, les chatoiements de la vie urbaine palpitent au coin de l’œil à peine embué par la grisaille et le canal dilue dans son courant les dernières traînées d’un quotidien trimeur qui, bien sûr, dans deux jours nous rattrapera, un peu moins disposés à nous laisser faire toutefois.
Au-delà de la grande grille en fer forgé, sous le talon le gravier renouvelle sa chanson enfantine et accorde l’oreille aux temporalités diverses lovées dans l’instant. Quelques marches à gravir, puis votre main appuie sur la poignée de la grande porte en bois, vous entrez, et le basculement s’achève. Trop tard pour revenir en arrière désormais.
Les pièces de la villa débordent de monde et de mouvement, sans qu’aucun accroc ne perturbe la chorégraphie spontanée d’un accueil bienveillant. Des silhouettes en contrejour défilent le long des baies vitrées, l’une d’elles prend du volume et vient vers vous, vous renseigne sur tout et vous sourit. Puis, ce sont les premiers bouts de conversation au-dessus d’une tasse fumante, des viennoiseries croustillantes et instables sur l’assiette, les rencontres qui se mêlent aux retrouvailles, le buffet qui se renouvelle sans prévenir, des plateaux de vaisselle sale qui disparaissent pour des destinations inconnues (les complices de ce tour de passe-passe se dérobent rapides et discrets et vous laissent juste le temps de les remercier du regard).
Déjà le programme et ses détails sont expliqués. Organisateurs, participants, auteur-e‑s se distribuent dans les salles au rez-de-chaussée et aux étages. Tout le monde est content de commencer, les parquets grincent. Les pièces s’adaptent sans effort aux publics parfois trop nombreux, comme si les motifs végétaux qui décorent plâtres et plafonds octroyaient à ces espaces la flexibilité de la vie qu’ils imitent.
Dans une salle lumineuse du premier étage, des extraits d’ouvrages en devenir sont lus et commentés. Peu à peu, le dialogue entre public, auteures, organisateur-e‑s et invités prend du souffle. La pluralité des lectures et des sensibilités se donne à voir, prend corps, ouvre dans les pages écrites des perspectives imprévues, montre la diversité des liens qu’unissent l’expression littéraire à nos subjectivités et au monde où baignent nos existences. La capacité que chaque œuvre porte en soi d’interroger ces rapports – parfois de les bousculer – se rend manifeste, tout comme le besoin et le désir de leur redonner du sens. L’envie de réussir à colmater l’écart entre nos perceptions et les mots qui les disent redevient palpable pour nous qui sommes là. Mais le temps a filé entre les doigts et la séance doit se terminer. D’autres rendez-vous nous attendent pendant que toutes ces questions bourdonnent encore dans nos oreilles. Mais elles ne perdent rien pour attendre, bien au contraire.
Ensuite, c’est l’atelier d’écriture créative qui fait salle comble. La possibilité de jouer un instant l’apprenti écrivain a apparemment rendu tout appeau superflu. Et les auteures et les auteurs présents sont aussi de la partie. Mise en jeux des genres, des registres, des topiques ; imposition de contraintes, de règles inédites ; des modèles de portraits quasi vrais et d’histoires à peine fausses sont mis en circulation. Sur la table, chacun lorgne la carte susceptible de lui sauver la mise. Se recroqueviller sur sa feuille ne suffit pas à ralentir la fuite du temps à disposition – trop court ! –, mais permet de découper un petit espace à soi, un abri où bien disposer sa cueillette.
Puis, la lecture des propositions fait le tour de la table et, peu à peu, les intentions singulières qui ont suscité ces textes si variés et inattendus s’assemblent dans un caléidoscope surprenant teinté du vécu et des rêves de chacun. C’est bluffant. Des regards brillent, des sourires s’affichent : après le labeur, la tâche accomplie apporte aussi son lot de satisfaction. Un peu plus tard dans la soirée, au Théâtre Municipal tout proche, ces compositions seront rassemblées et mises en scène dans une lecture-spectacle rehaussée par un pianiste plus qu’habile. Empathie, goût du partage, générosité, une dose de cran et la capacité de ne pas nous prendre trop au sérieux nous y rassemblent et font de cet événement un moment qui nous touche unanimement. La soirée n’en finit pas de se terminer dans des conversations sans cesse renouvelées pour s’effilocher ensuite dans les rues de Bienne, vers une chambre d’hôtel ou autour de la table d’un rare établissement encore ouvert, histoire d’étancher les soifs les plus rétives.
Le lendemain, c’est le plaisir de la traduction qui réunit une partie de nous autour de Pierre-Alain Tâche et de ses poèmes, dont nous nous sommes efforcés de donner des versions en allemand et en italien.
Cette capacité à rassembler autour d’une même table, les textes, son auteur et des traducteurs professionnels et amateurs en l’absence totale de toute forme d’élitisme culturel ou social constitue indubitablement l’une des qualités les plus fines et enrichissantes des Rencontres de Bienne, qui confère à ces journées quelque chose d’unique.
Il est tout à fait possible de penser que cette sensation diffuse de curiosité bienveillante, de joie paisible qu’on respire dans la villa soit le résultat d’une organisation bien orchestrée, qu’égalent seulement sa courtoisie et sa discrétion. Toutefois, il semble plutôt légitime de voir dans cette réussite quelque chose de plus que l’action d’une machine bien rôdée et d’y reconnaître l’œuvre d’un esprit ouvert, tenace et généreux qui fait que ces journées, davantage encore que des rencontres, se révèlent être le lieu authentique d’un rendez-vous incontournable, où, tôt ou tard, ceux qui éprouvent la nécessité de traduire des textes littéraires sont destinés à se rencontrer.
Paradoxalement, c’est dans la halte autour du poème et de ses traductions en mouvement que le véritable voyage commence. C’est dans ce temps suspendu où les diverses possibilités et limites des langues sont comparées, que nous réalisons que c’est bien le désir de vivre la pratique de la traduction comme expérience de l’Autre qui nous a conduit jusqu’ici, dans cet endroit où les frontières n’existent que pour donner sens au partage, mot qui, pour André Markowicz – traducteur des œuvres complètes de Dostoïevski ainsi que de divers auteurs et œuvres de langues variées – coïncide avec le sens même de la traduction. Et voici que la distance entre les langues n’est plus un obstacle, une limitation, mais le gage de l’étendue illimitée de la poésie à l’épreuve d’un réel indicible :
« L’espace, pour ainsi dire, entre un poème quelconque et sa traduction n’importe quelle est une poésie plus vaste et indéfinissable que ces deux expressions. C’est la réalité décrite par eux qui se place, pleine de sens mais taciturne, dans cet intervalle. »
Dernier atelier des Rencontres, la traduction expérimentale propose à des groupes de participants de la même langue de traduire des extraits de textes rédigés dans des idiomes exotiques qu’ils ignorent totalement et dont ne sont données que des vagues indications sur le titre. Tour à tour, à la fin du délai imparti, chaque groupe lit les résultats de ses efforts : l’infidélité vertigineuse au texte original est là pour donner la mesure de l’imagination linguistique et fictionnelle déployée par les participants pour le plus grand plaisir du public, joli pied de nez à la malédiction babélienne. Au bout de trois distributions d’extraits dans des langues de plus en plus éloignées du groupe européen, l’atelier se termine au moment où même les traducteurs les plus résistants sont à l’unisson achevés de fatigue : bonne organisation oblige.
Ça y est : le moment de nous séparer et de partir est arrivé. Après les adieux et les échanges d’adresses, ce sont les rues de Bienne, puis la gare, les trains, les wagons qui nous départagent au gré des destinations diverses, au fil des arrêts qui se succèdent et nous consignent à notre gare de départ où nous devenons à nouveau un élément transitoire de la foule anonyme qui ne cesse de défiler mais que nous devinons maintenant peuplée d’histoires encore à raconter.
Un peu plus tard, on pousse enfin la porte d’un domicile en attente, et ce sont les retrouvailles, la fatigue qui tombe. Et lorsque, peu après, avant de vous endormir assommé-e‑s par un formidable coup de barre, quelles que seront les pensées qui vous traverseront l’esprit, une phrase ni trop longue, ni trop courte, mais exactement de la juste mesure ne manquera pas de se présenter à vous : « Vivement l’édition 2021 des Rencontres de Bienne ! »
N.B.: la citation en italique dans le texte est un extrait d’une lettre inédite de Boris Pasternak adressée en 1959 à Michel Aucuturier, son traducteur et publiée par André Markowicz sur sa page Facebook – avec la permission de Claire Aucuturier, fille de Michel – le 22 décembre 2017.
D’origine italienne, Patrizia Romagnoli vit depuis de nombreuses années en Suisse romande. Elle est bilingue et ses expériences littéraires vont de l’enseignement à la traduction, en passant par la création poétique.
Elda Pianezzi (italiano)
Come definire un gruppo di persone che trascorre 17 minuti a riflettere (e a discutere, e ad accalorarsi) su come rendere al meglio in italiano e in tedesco un’espressione francese del tipo “les yeux fermés, la bouche close”? Come descrivere gente che, in un momento di gioco serioso, si mette di buona lena a tradurre testi da lingue che non conosce, indovinando ciò che tak in russo potrebbe voler dire ? C’è della follia nelle giornate di Bienne, follia che ai partecipanti giova, vista la motivazione con cui si affannano a trovare sinonimi, a scovare allitterazioni, a dipanare frasi. E così durante un uggioso weekend di inizio febbraio, mentre fuori l’acqua scrosciava e il vento ululava, dentro il sudore grondava. Eppure questo arrancare tra le righe e le parole è stato piacevole, un passatempo che in tutta la sua astrattezza ha saputo regalare momenti di grande soddisfazione. Sì, perché quando si riesce a far danzare le parole sulla carta ci si sente in pace con se stessi, come se si fosse riusciti a fare ordine nel mondo altrimenti complesso e caotico che ci circonda. Lo si osserva e lo si riproduce distorcendolo secondo la propria sensibilità e in questa maniera lo si rende un po’ più vivo e vero.
Per questo ciò che di più inutile c’è, alla fine si rivela essere il bene più prezioso, quello di cui non potremmo mai fare a meno. Perché cosa sarebbe la vita senza l’armonia, senza la narrazione, senza la musicalità, senza la fantasia ?
Nata e cresciuta in Ticino, Elda Pianezzi si è trasferita nella Svizzera interna per gli studi in Lettere. Da allora vive con la famiglia a Zurigo, dove si dedica alle attività di interprete, traduttrice, giornalista e scrittrice.
Laura Di Corcia (italiano)
Passeggiando lungo il fiume, per raggiungere l’Istituto di studi letterari dove si sono svolte le due giornate di Incontri sulla traduzione, mi sentivo protetta e allo stesso tempo esposta. Non è facile, infatti, per chi scrive uscire dal proprio guscio. Voglio dire, non lo è sempre. E più che mai non lo è di fronte a una ventina di persone, fra traduttori, traduttrici e interessate/i, che chiedono lumi sulla tua scrittura, la quale mantiene quasi sempre un rapporto con l’ombra, con una zona non sondata, che deve rimanere intatta. Durante l’incontro attorno al mio testo ho avuto modo di rispondere a molte domande. Non a tutte c’è stata una risposta pronta e veloce. Spesso ci sono state pause di riflessione, perché tradurre un testo, e poi discutere delle traduzioni dello stesso testo, significa sicuramente rileggerlo, e forse anche riscriverlo, in un certo senso. L’ora e mezza di discussione è stata impegnativa : gli Incontri non sono una passeggiata e non vogliono esserlo. Li ho molto amati, per il loro fiero essere un momento di vera e seria riflessione : tutto così diverso da altri contesti dove tutto scivola senza lasciare traccia. È stato un lusso, per me, avere riscontri tanto diversi e tutti stimolanti sulla mia scrittura, che oltretutto non è semplice e immediata. Sono andata via da Bienne con tanti progetti e idee, e con energie nuove per continuare la strada intrapresa.
Laura Di Corcia è nata a Mendrisio e ha studiato a Milano. Dopo alcune esperienze in Italia, Germania e California, è tornata in Ticino, dove si occupa di giornalismo, di critica letteraria e teatrale, di insegnamento e di scrittura poetica. La sua attività letteraria le ha valso diversi riconoscimenti.