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Ce site a été découvert fortuitement le 1er mai 2012 lors d'une promenade privée, par un collaborateur de la Section de paléontologie de l'Office de la Culture. Le terrassement mécanique était déjà bien engagé et une prospection des zones excavées laissa rapidement augurer de l'exceptionnelle richesse du site. En collaboration avec le maître d'ouvrage, le programme des travaux de génie civil fut modifié pour pouvoir mettre sur pied une intervention de sauvetage urgente.
Les fouilles 2012
Sélection d'objets de différentes périodes (anse de cruche romaine, céramique percée de l'âge du Bronze (fusaïole), éclats de silex et outils mésolithiques.
La fouille a permis de mettre au jour près de 300 aménagements et plus de 10'000 pièces de mobilier et de restes osseux, principalement distribués dans un niveau archéologique bien marqué, épais d'une trentaine de centimètres. Ce niveau est en bonne partie scellé par des colluvions assez caillouteuses, qui ont assuré un important rôle de protection des vestiges sous-jacents. L'étude des structures et l'inventaire du matériel sont en cours; actuellement, cinq périodes sont attestées avec certitude.
La plus récente est l'Époque romaine, observée dans la moitié supérieure du niveau archéologique et marquée surtout par un abondant mobilier céramique et des restes osseux de faune (bœuf, cheval, porc, cerf, chien), ainsi que par plusieurs structures de combustion dont des foyers de forge. De nombreux trous de poteau et fosses semblent rattachables à cette époque. Signalons également le squelette d'un nouveau-né dont l'insertion stratigraphique paraît romaine. Une partie du mobilier au moins est attribuable à une phase ancienne, soit de la première moitié du 1er s. ap. J.-C.
Dépôt de 12 pots et jattes, dont 9 complets, empilés dans une fosse, l'embouchure tournée vers le bas. Époque de La Tène.
L'Époque de La Tène, observée également dans la partie supérieure du niveau archéologique, est représentée essentiellement par de la céramique et des restes de faune. La découverte majeure est un superbe dépôt de pots et de jattes empilées dans une fosse, l'embouchure tournée vers le bas. Cette fosse à livré douze récipients dont neuf sont complets. Plusieurs trous de poteaux et quelques foyers sont probablement aussi attribuables au dernier Age du Fer, ce que les différentes études tenteront de déterminer. Le mobilier n'ayant pas encore été étudié, il n'est actuellement pas possible de déterminer s'il y a eu continuation ou interruption entre les occupations laténiennes et gallo-romaines.
La base du niveau a livré des vestiges du Bronze récent, attribuables au Bronze D. Plusieurs tessons de céramique isolés, parfois à décors excisés et une épingle sont rattachables à cette période. En outre, plusieurs petites fosses contenant des récipients fragmentés sont probablement attribuables à cette phase.
Tombe à incinération de forme rectangulaire de l'âge du Bronze récent, avec offrandes funéraires.
Mais la principale structure est une tombe à incinération. Cet aménagement était bien délimité par un couronnement de pierres calcaires. De forme rectangulaire, ses dimensions suggéraient initialement une inhumation, mais les seuls restes osseux recueillis dans la structure résultent d'une incinération. La tombe a en outre livré un mobilier funéraire constitué d'un pot et d'un bol en céramique, de deux épingles et d'une lame de poignard en bronze.
Pointe de flèche à pédoncules en silex de l'époque néolithique.
A la base du niveau archéologique, une présence néolithique est représentée par quelques silex, dont principalement une pointe de flèche à pédoncules et par une hache et une herminette polies en pélite quartz. Le Mésolithique est représenté par plus de 400 silex dont quelques lamelles Montbani, trouvés pour une part en position secondaire dans le niveau archéologique, mais également dans un niveau inférieur constitué de colluvions loessiques. Un foyer est peut-être rattachable à cette période du Mésolithique mais cela reste à confirmer par une datation des charbons. Un dépôt de 11 nucléi et rognons testés est attribuable soit au Mésolithique, soit au Néolithique.
Les fouilles 2013
Les fouilles ont repris en janvier 2013 et se sont achevées en septembre de la même année. L'étalement des 3 zones d'intervention ont permis d'établir une vision d'ensemble de la géologie du site, marquée notamment par une érosion de plus en plus forte des niveaux archéologiques en direction du nord-est. Les 5 périodes identifiées en 2012 sont à nouveau représentées. Plus de 120 structures ont été documentées, s'ajoutant aux 300 anomalies de l'année précédente.
Les époques néolithique et mésolithique sont caractérisées par des silex taillés découverts en position secondaire.
Le Bronze final est surtout illustré par des trous de poteau et par quelques foyers constitués de fragments de calcaire brûlés, n'offrant cependant aucune trace de rubéfaction dans les niveaux encaissants.
Foyer aménagé au fond d'une imposante fosse (vidange); les restes du foyer sont mêlés à de grands fragments de torchis brûlé.
La Tène finale est la période la plus riche en vestiges. Plusieurs dizaines de trous de poteau ont été mis au jour, dont certains de grandes dimensions (plus d'un mètre de diamètre). Ils permettent de supposer la présence de 2 à 5 bâtiments (surface de 20 à 25 m2) dans la moitié nord du site. Deux de ces ensembles sont associés à des empierrements de calcaire caractérisés par un riche mobilier céramique; quelques foyers ont également été documentés. Signalons aussi un fossé mis au jour dans une phase tardive de cet horizon. Enfin, un chemin d'orientation nord-ouest - sud-est d'une largeur de 2,30 m a été observé en tranchée, servant probablement de voie d'accès au site.
2 fosses quadrangulaires à fond plat semblent aussi appartenir à cet horizon; une autre, circulaire, mesurant 2,10 m de diamètre et profonde de 80 cm, a révélé à sa base un foyer à vocation vraisemblablement artisanale et accessible par un creusement latéral. Il contient de nombreux éléments de torchis brûlé.
Route sommairement aménagée (1er s. ap. J.-C).
Au 1er siècle ap. J.-C., suite à une série d'épisodes climatiques défavorables qui pourraient correspondre à une interruption de l'occupation du site, un fossé irrégulier, très évasé et suivi sur plus de 31 m a pu servir de captage des eaux de surface. Un riche mobilier constitue son comblement. Plusieurs empierrements caractérisent la dernière occupation de cette zone, dont une route secondaire inconnue jusqu'alors et observée sur plus de 35 m dans un axe nord-ouest - sud-est. Son aménagement est sommaire et consiste en l'étalement de quantité de graviers de calcaire. Sa largeur initiale, mesurant 5 à 6 m, a atteint jusqu'à 11 m lors de son dégagement, ceci en raison d'une forte érosion ayant nécessité plusieurs recharges et réfections. Elle ne semble pas avoir été utilisée au-delà du 1er siècle ap. J.-C.
La présence résiduelle dans ces niveaux de mobilier céramique typique (cruches, sigillée gauloise méridionale) ou de fragments de tuiles, suggère l'existence, au début de l'époque romaine, d'un site rural voire d'un établissement agricole à proximité.
Fiche technique du site
|Commune / Localité||Haute-Ajoie / Chevenez|
|Site||Au Breuille|
|Datation et type de site

- principal
- secondaire
|Mésolithique, Néolithique, âge du Bronze récent,

La Tène, Époque romaine: habitat, artisanat, tombe et dépôt,
chemins et voies romaines
|Année de découverte||2012|
|Contexte de découverte||Découverte fortuite|
|Date(s) de la fouille||2012-2013|
|Surface de la fouille||3000 m2|
|État de la fouille||Achevée|
|Étude||Non étudiée|
|Publication(s)||Rapports 2012 et 2013 de l'archéologie cantonale,

AAS 96, p. 184-185; AAS 97
|Responsables de la fouille||2012 Pierre-Alain Borgeaud

2013 Yann Mamin
|Compléments||

2012 Fouille de sauvetage non programmée (construction d'une manufacture).
Mobilier archéologique: céramique, fer, bronze, scories, silex, objets lithiques, verres
|Dépôt des collections||OCC-SAP, Porrentruy|