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La Ville de Lausanne a choisi, lors du concours pour l’urbanisation des Plaines du Loup, un projet qui prévoit la démolition du stade olympique de la Pontaise. Un plan partiel d’affectation, actuellement en préparation, confirmera la disparition de ce témoin unique des constructions sportives du milieu du XXe siècle. Pourtant, ce stade possède des qualités architecturales remarquables et est le seul équipement sportif de Suisse des années 50 à être conservé dans son état d’origine. Il constitue un témoignage exceptionnel de l’heureuse collaboration entre architecte et ingénieur et de l’utilisation judicieuse du béton et de l’acier. A l’évidence, il a valeur de témoignage d’intérêt national unique et mérite, pour cela, d’être sauvé de la démolition à laquelle le destine la Ville de Lausanne.
Le stade de la Pontaise a été construit de 1951 à 1954 en vue des championnats du monde de football de 1954. Il a été realisé par Charles-François Thévenaz, architecte, et Emile Thévenaz, ingénieur, qui avaient gagné le concours d’architecture organisé pour sa réalisation. C’est dans ce stade qu’a eu lieu le match d’ouverture des championnats du monde de 1954. Au fil des ans, de grands matchs s'y ont déroulés, réunissant plus de 30'000 spectateurs, capacité ramenée à 15'000 places pour raisons de sécurité. Athlétissima, la grande rencontre sportive internationale, se tient depuis plusieurs années dans ce stade. De grandes manifestations musicales s'y sont également déroulées, notamment les concerts de Michael Jackson en 1988 (voir vidéo ci-dessous, à droite), de Prince en 1990 et des Rolling Stones en 2007 pour n'en citer que quelques-uns.
S’il est vrai, comme le relève le professeur Franz Graf dans son étude parue en 2008, que tous les Lausannois connaissent le Stade Olympique de la Pontaise comme équipement sportif de renom, sa valeur patrimoniale et architecturale est largement méconnue du grand public. De plus, les remarquables qualités du stade ont n’ont pas été relevées lors du recensement architectural ce qui fait que le stade et ses annexes y figurent avec la note 3 (PGN du 19 avril 1995), qui ne lui confère qu’une protection générale, insuffisante pour le sauver de la démolition. Compte tenu de son caractère de témoignage unique en Suisse mais aussi de son authenticité matérielle préservée, le stade pourrait légitimement prétendre à une note 1 (monument d’intérêt national). Patrimoine suisse estime également que le stade de la Pontaise devrait être classé comme monument historique. Malheureusement, une demande de classement adressée le 27 novembre 2010 à François Marthaler, alors chef du département en charge du patrimoine, n’a pas abouti.
Il est fort regrettable que malgré l’étude patrimoniale et les différentes interventions en faveur de son maintien, la Ville de Lausanne ait choisi, lors du concours pour l’urbanisation des Plaines du Loup, un projet qui prévoit la démolition du stade. Cette décision étonne d'autant plus que la Ville souhaite prochainement injecter environ 8 millions de francs dans le stade afin de garantir l'organisation de Athletissima. La section vaudoise de Patrimoine suisse a la ferme intention de poursuivre ses efforts en vue du sauvetage du stade.
Prof. Franz Graf (2008), Le Parc des Sports de la Pontaise – étude patrimoniale
Giula. Marino (2016), «Le plus beau stade de Suisse» à l'épreuve de la ville contemporaine. Le Stade Olympique de la Pontaise à Lausanne (1954-2015)
Journal A Suivre, n° 53 / 2011 de Patrimoine suisse, section vaudoise
Prise de position: Architecture des années 1950 et 1960, Patrimoine suisse
«Cette forme courbe lui permet de s’insérer parfaitement dans son cadre naturel (le lac et les alpes) et bâti (la Ville de Lausanne) en tant que landmark architectural.»
Franz Graf, Le Parc des Sports de la Pontaise
«La construction en béton, matériau du XXème siècle, affiche de l’extérieur un certain clacissisme tandis que les couvertures des tribunes en porte-à-faux sont remarquables par leur portée (18,18 mètres) et leur mise en oeuvre (voile mince de 8 cm d’épaisseur), mais surtout par leur forme qui épouse la ligne parabolique supérieur.»
Franz Graf, Le Parc des Sports de la Pontaise
«[le stade] est très certainement sous évalué […] son intérêt va au delà du strictement local»
Franz Graf, Le Parc des Sports de la Pontaise
Patrimoine suisse, Section vaudoise
Alexandre Antipas, Architecte
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