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Abstract
L’adolescence est une période de la vie qui occupe une place importante dans la construction de l’identité. Durant cette période, de nombreux adolescents développent un égocentrisme, manifesté par des sentiments d’unicité, d’invulnérabilité et d’omnipotence. Elkind (1967) a émis l’hypothèse que cet égocentrisme adolescent – qui réunirait ces trois sentiments en une fable personnelle – et le développement cognitif, qui a lieu en parallèle, seraient liés. L’adolescence est également une période où l’individu va faire des choix qui vont avoir des conséquences pour son avenir, comme le choix de son futur métier par exemple. Il serait donc logique au regard de ces enjeux de faire les choix les plus rationnels possibles. Or, nous avons pu observer que ce n’est pas toujours le cas, et que parfois les choix des adolescents sont déroutants. Dans ce travail nous avons voulu étudier le lien entre l’égocentrisme en particulier, la fable personnelle et la rationalité chez les adolescents. Nous avons fait passer deux questionnaires à des adolescents. Le premier mesurait leurs sentiments d’omnipotence, d’invulnérabilité et d’unicité. Une mesure de leur rationalité a été faite à l’aide de syllogismes et de problèmes de décisions. Nous avons pu observer que les élèves qui ont un sentiment d’omnipotence plus développé font plus d’erreurs que les autres. Une analyse fine a montré que dans les problèmes pour lesquels il était possible d’appliquer un processus de résolution heuristique, les individus se sentant omnipotents ou invulnérables commettaient plus d’erreurs, alors qu’il n’y avait aucune influence pour les autres problèmes. Ceci viendrait de ce que le cerveau préfère les processus heuristiques, moins coûteux, bien qu’ils soient sensibles à divers biais cognitifs (Stanovich et al., 2012). Ainsi, dans le cadre d’une évaluation, des différences entre élèves pourraient être dues non seulement aux capacités de raisonnement rationnelles, mais aussi à l’égocentrisme, selon la forme de l’évaluation.