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(1002-1054)
Brunon, de la grande famille des comtes d'Alsace, apparenté aux empereurs Conrad II le Salique et Henri III, naquit le 21 juin 1002, au château d'Eguisheim ou à celui de de Dagsburg. Parmi ses ancêtres, selon la tradition, il y aurait eu Ethico/Adalric, le père de sainte Odile, le même Ethico qui mit à mort nos deux martyrs régionaux, saint Germain et saint Randoald.
Cadet de sa famille, il fut, selon l'usage du temps, destiné à l'Eglise. En compagnie de deux de ses cousins prénommés Aldalbéron, dont l'un devint plus tard évêque de Metz, il parcourut les sept arts libéraux à Toul, sous l'autorité de l'évêque Berthold, puis sous celle de son successeur Hermann.
Durant sa jeunesse, alors qu'il dormait, un accident survint. Il fut mordu par une bête venimeuse au visage. Il tomba malade au point qu'on désespéra de le voir jamais récupérer la santé. Mais, nous dit le chroniqueur de sa vie, Wibert, "le doux Jésus, qui toujours vient au secours des situations désespérées, donna bientôt à ses parents l'assurance de sa pleine guérison et se souvint de l'Eglise qu'il devait restaurer grâce à lui." (La vie du pape Léon IX (Brunon évêque de Toul), p.19). En effet, Brunon eût une vision deux mois après son accident lorsqu'il était au plus mal. Laissons parler le chroniqueur. "Un jour enfin, alors qu'il reposait sur le dos tout éveillé, il lui sembla voir une échelle lumineuse s'élever de son lit, traverser la fenêtre qui lui faisait face, et atteindre le ciel. Un vieillard en habit monastique, d'un éclat éblouissant et d'une blancheur de cheveux vénérable, en descendit, portant dans la main droite une croix resplendissante au bout d'une longue hampe. Lorsqu'il vint près du malade, il tint l'échelle de la main gauche et, de la main droite, apposa d'abord la croix sur ses lèvres, puis en marqua ses plaies et ramena derrière l'oreille tout le pus que le venin avait produit; s'en retournant bientôt comme il était venu, il le laissa sur la voie de la guérison" (op cit. p.19). Quelques temps après, l'abcès creva et il guérit de l'empoisonnement. Aujourd'hui encore, ajoute Wibert, "il affirme qu'au cours de cette extase, il avait immédiatement identifié à son visage et à son habit, le bienheureux Père des moines, Benoît, dont l'éclat dépasse celui de la lumière." (ibid.)
Pour cette raison, par la suite, il veilla particulièrement sur l'institution monastique. Brunon devint chanoine et diacre de Toul. A la mort d'Hermann, en 1026, il avait donc 24 ans, il fut désigné comme évêque de Toul. Ayant refusé l'honneur d'être ordonné par le pape par respect pour son métropolitain, Poppon, archevêque de Trêves. Celui-ci, exigeant de lui le serment de ne rien faire sans en référer à son autorité, il refusa de se soumettre pour sauvegarder sa légitime indépendance. Un accord finit par survenir et il fut consacré le 9 septembre 1027.
Il rétablit aussitôt la discipline dans les abbayes bénédictines touloises et donna son appui à certaines fondations et tenta de réformer son clergé. Il eût également à s'occuper de la défense militaire de sa région et une tâche d'embassade auprès du roi de France. Malade durant toute une année, il dut cette fois sa guérison à saint Blaise. Il perdit ses deux frères et en 1039 mourut l'empereur Conrad II. Les parents de Brunon le suivirent peu après.
La papauté.
L'empereur Henri III, venant chercher la couronne impériale à Rome avait du intervenir dans une période très troublée pour la papauté. Il fit désigner Clément II qui le couronna empereur au début de 1047. Il mourut neuf mois plus tard. Son successeur, désigné par l'empereur disparut un mois après avoir accepté sa charge. Le choix de l'empereur se porta alors sur Brunon qui devint donc Léon IX. Il fut accueilli à Rome le 12 février 1049.
Dès Pâques 1049, il réunit son premier concile romain après un pèlerinage au Mont-Gargan pour implorer la protection de l'archange Saint-Michel et au Mont-Cassin pour se recommander à saint Benoît.
Il entreprit alors son premier voyage en Allemagne et dans le nord-est actuel de la France. Il dédicaça certaines églises à cette occasion et tint un concile à Mayence. Il était de retour à Rome, à la fin avril 1050. La même année, il repartit vers le nord s'arrêtant notamment à Saint Maurice d'Agaune. Il eût à régler diverses affaires avant de retourner à Rome. Il entreprit encore un troisième voyage vers le nord en juillet 1052. Il obtint notamment qu'Henri III épargne la Hongrie et la ville de Bratislava. Après un voyage à Aix-la-Chapelle et dans le pays de sa jeunesse, il fut de retour à Rome pour le Carême 1053.
La fin de son règne fût assombrie par deux graves événements. Son armée fut d'abord défaite par les normands à Civitate le 18 juin 1053 et il connut l'emprisonnement, n'étant libéré qu'en février 1054.
Les conséquences de la querelle avec les grecs, ensuite, laissèrent hélas une profonde blessure dans l'histoire de son règne et de l'Eglise, avec la tristement célèbre ambassade du Cardinal Humbert. Le Cardinal déposa la fameuse bulle qui déclencha le schisme sur l'autel de Ste-Sophie à Constantinople le 16 juillet 1054, alors que ses pouvoirs avaient pris fin depuis 3 mois. Lorsque survinrent ces événements, le pape Léon IX, avait déjà rendu son âme à Dieu.
Une vision lui ayant dévoilé que sa mort devait avoir lieu à Saint-Pierre, il s'y prépara et mourut au milieu de l'après-midi du 19 avril 1054, après avoir pris ses dispositions et fait préparer son cercueil.
Relevons que le bienheureux Léon IX avait entrepris la réforme que nécessitait l'état de l'Eglise, luttant contre ces fléaux du clergé qu'étaient la simonie et le concubinage, ainsi que l'investiture laïque. Il faut encore reconnaître à son actif d'avoir discerné et distingué celui qui serait un de ses successeurs, le moine Hildebrand, futur Grégoire VII qui libéra l'Eglise de son asservissement au pouvoir laïque.
Le bienheureux Léon IX est fêté le 19 avril.
Quelques sources:
RR. PP. Bénédictins de Paris, Vie des saints et des bienheureux, tome IV Avril, pp. 478-490, Paris 1946.
Michel Parisse, Monique Goullet, La vie du pape Léon IX (Brunon, évêque de Toul), Les Belles Lettres, Paris 1997.
Histoire du Christianisme, tome IV, Evêques, moines et empereurs (610-1054), Desclée 1993.
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