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Une Genevoise a transmis lundi une pétition au Conseil fédéral. Muni de 11 000 signatures récoltées dans le monde entier, ce texte demande la vérité sur un hypothétique trafic de chiens saint-bernard envoyés en Chine pour y être mangés.Ce contenu a été publié le 05 février 2001 - 20:38
Eleonore Moser demande au gouvernement suisse d'intervenir auprès des autorités chinoises pour faire la lumière sur de possibles élevages de saint-bernard destinés à la boucherie. Pour justifier sa démarche, la Genevoise n'hésite pas à élever cette race canine au rang de symbole suisse.
Selon Eleonore Moser, l'élevage de saint-bernard est devenu pratique courante en Chine depuis cinq ans. Il aurait séduit l'Empire du Milieu parce que le commerce de sa viande serait très lucratif. «La viande de saint-bernard rapporte quatre fois plus à ses éleveurs chinois que la viande de poulet», a-t-elle affirmé à l'Agence télégraphique suisse.
Au ministère des Affaires étrangères (DFAE), on déclare que la pétition a été transmise au ministère de l'économie publique. Une réponse pourrait être fournie dans les prochains jours. «Mais cela n'est pas obligatoire», tient-on à préciser au DFAE.
De son coté, Eleonore Moser a averti que si aucune réponse satisfaisante ne lui était fournie, elle déplacerait les foules devant le Palais fédéral. Elle se targue également du soutien de Saddrudin Aga Khan, prince de son état et président de l'organisation écologiste Fondation de Bellerive.
Eleonore Moser se défend de toute arrière-pensée raciste. Reste que sa démarche ressemble fort à celle entreprise par Brigitte Bardot à propos de l'abattage rituel du mouton pratiqué par les musulmans lors de la fête de l'Aïd el Kébir.
Au nom de la défense des animaux, l'actrice française n'avait pas hésité, elle, à insulter les musulmans en dénonçant des pratiques jugées barbares.
Consciente de ce danger de dérive raciste, la Fondation de Bellerive justifie son soutien par le désir d'en savoir davantage sur la question. «Nous sommes concernés par toutes les formes d'élevage intensif, que ce soit le bœuf ou le poulet en Europe ou le chien en Chine», explique Barry Gilbert-Miguet, de la Fondation de Bellerive.
Un fin connaisseur de la Chine (qui préfère garder l'anonymat) tient tout de même à replacer cette affaire dans son contexte culturel: «Je n'ai jamais assisté à de telles pratiques. Elles existent peut-être dans certaines régions reculées de Chine. Ceci dit, les paysans chinois n'accordent pas une valeur noble aux chiens. Ils ne sont en effet ni chasseurs, ni éleveurs. Le chien n'a donc pas eu la même fonction qu'en Europe».
Ce sinologue helvétique rappelle également le poids des famines dans l'histoire chinoise. Une réalité encore récente qui a poussé les Chinois à manger de tout.
Frédéric Burnand