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Titre : 19 février 1803 : L'Acte de Médiation recrée la Suisse
Auteurs : Georges Andrey et Alain-Jacques Tornare
Éditeur : Savoir Suisse 21 octobre 2021
Pages : 160
1798, la Suisse devient un état unitaire centralisé en imitant le fonctionnement de la République française de l'époque. 1803, la République helvétique tombe après une guerre civile. Napoléon devient un médiateur chargé de permettre à la Suisse de recevoir et d'accepter un nouvel ordre. Celui-ci sera nommé l'Acte de Médiation. C'est ce régime que les auteurs se proposent de présenter en moins de 200 pages et 8 chapitres
Les quatre premiers chapitres permettent de mieux comprendre cet acte et sa provenance. Ils permettent d'expliquer qui sont les personnes chargées de le rédiger et comment se place Napoléon dans cette demande de médiation. Loin de forcer son avis, même si les armées françaises sont toujours proches, sa médiation est demandée. L'acte permet de revenir à un fonctionnement traditionnel en redonnant aux cantons une souveraineté tout en cassant une grande partie es pouvoirs de l'organe centrale : la Diète. Celle-ci ne siège qu'un mois par année tandis qu'un Landamman s'intéresse aux affaires de tous les jours. Les auteurs s'intéressent aussi aux différentes constitutions cantonales réécrites dans le cadre de la médiation.
Les trois chapitres suivants permettent aux auteurs de nous montrer comment le régime de la Médiation fonctionne. Pour cela, on nous présente les personnalités importantes. Outre le premier Landamman les auteurs parlent longuement du premier chancelier de la Confédération. Ces chapitres permettent aussi de mettre en avant la période de prospérité et de paix que fut cette Médiation. L'Europe est en guerre et des Suisses meurent sous les drapeaux français, mais le territoire helvétique est sauf jusqu'à la toute fin du régime.
Enfin, le dernier chapitre permet de questionner la mémoire de cette période. Celle-ci fut, selon les deux auteurs, aussi peu mémorisée que la République helvétique. Dans les deux cas, nous avons des régimes imposés par les Français et qui semblent impliquer une soumission à une force étrangère au lieu d'une alliance. La mémoire est si difficile à accepter que le canton de Berne ait préféré célébrer l'anniversaire de son entrée dans la confédération au lieu de la Médiation, moment de la parte définitive des cantons sujets et donc d'une certaine prospérité. Pour les auteurs, la Médiation est surtout le début de la Suisse telle qu'on la connait. La nation helvétique n'existe pas encore, mais commence à se construire, tandis que l'idée de consensus semble être au centre d'un acte qui voulait éviter à la fois la Révolution et le retour à l'Ancien Régime, ce qui impliquait de relier des positions politiques bien différentes.
Image : Éditeur