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«On parle d'énurésie nocturne lorsque des enfants de plus de cinq ans urinent encore régulièrement au lit», explique le pédopsychiatre Daniel Marti. La question pertinente ici est de savoir à quel moment cela devient un problème pour les familles. 80 pour cent des énurétiques souffrent de ce qu'on appelle l'énurésie primaire. Ces enfants urinent au lit durant le sommeil, mais ne présentent pas des problèmes d'incontinence dans la journée. Cependant ils n'ont jamais été «propres» plus de six mois.
La cause de ce trouble est l'immaturité des réflexes neuromusculaires qui contrôlent la vessie, et qui est héréditaire selon le Dr Marti: «Dans beaucoup de familles touchées, nous entendons que le père ou la mère a également été affecté par ce trouble.» Une déficience de l'hormone antidiurétique vasopressine (ADH) peut également être la cause de l'énurésie nocturne. Le taux d'ADH augmente généralement durant le sommeil, induisant une baisse de production d’urine. «Si la régulation de cette hormone est perturbée, l'enfant fait pipi au lit en cas de trop-plein de la vessie.»
Clarifier les causes
La cause peut être un traumatisme psychologique. Les déclencheurs sont généralement des changements drastiques dans la vie de l'enfant, comme un changement d'école ou un divorce. «La caractéristique typique de cette forme d'énurésie dite énurésie secondaire, est que l'enfant qui a longtemps été propre, présente de nouveau des problèmes d'incontinence», explique le Dr Marti. L'important est de clarifier les causes. Car parfois une infection banale des voies urinaires peut en être la cause. Selon le pédopsychiatre Dr Marti, «des facteurs psychologiques sont la cause de l'énurésie nocturne au maximum chez 10 à 15 pour cent des enfants concernés». Si les parents estiment qu'ils ne sont pas en mesure de régler eux-mêmes le problème, ils doivent d'abord consulter un pédiatre.
L'incontinence en elle-même n'est pas une pathologie. En outre, ces dernières années, les parents ont de plus en plus repoussé l'âge à partir duquel il faut apprendre à l'enfant à aller sur le pot. Dans les années 60, beaucoup d'enfants apprenaient à aller sur le pot avant l'âge d'un an, ce pourcentage est passé à seulement 10 pour cent après le changement de millénaire. Des stratégies éducatives modernes, mais aussi les couches jetables ont joué un rôle crucial dans ce développement.
Le diagnostic d'un enfant atteint d'énurésie nocturne doit commencer par un questionnaire détaillé sur les symptômes et les mesures prises jusque-là. Pour écarter les maladies ou même les malformations congénitales, le pédiatre soumettra l'enfant dans tous les cas à un examen physique, à un test d'urine et éventuellement à une échographie des reins. «Nous vous recommandons en outre de tenir un journal de la vessie», conseille Dr Marti. Ici, les enfants devront noter quand et quelle quantité ils boivent, combien de fois ils vont aux toilettes et quand il y a incontinence.
La réussite sans pression
Le traitement doit se fonder sur la cause de l'incontinence. «Souvent, un changement de comportement peut avoir un grand effet», explique Dr Marti. Les enfants apprennent alors, par exemple, à ne plus rien boire après 18 heures. Une forme de thérapie peut être l'administration de l'hormone ADH. Une autre méthode est la thérapie de l'alarme qui consiste à réveiller l'enfant par un capteur dans le pyjama lorsqu'il y a incontinence. Alternativement, un enfant peut être encore réveillé à minuit pour aller aux toilettes.
Si les familles touchées s'adressent en fin de compte à un pédopsychiatre, l'intervention psychothérapeutique doit, selon le Dr Marti, commencer par la définition commune du problème. Souvent, les parents veulent juste que leur enfant soit propre. L'essentiel ici est de «dédramatiser». Il s'agit donc, selon le Dr Marti, «d'enlever la pression sur les parents et l'enfant». Une approche constructive est extrêmement importante pour que le pronostic soit bon. Les enfants doivent être impliqués, pris au sérieux et récompensés. Parfois cela s'effectue très facilement, explique le Dr Marti qui se souvient de ce garçon qui portait toujours des couches dans la nuit: «Lorsque ses parents ont cessé de lui mettre ces souches, il a cessé d'uriner au lit.»
Conseils pour les parents
Il est important de dédramatiser.
Sachez que le pronostic est très favorable.
Il s'agit là généralement d'un problème isolé, ne pensez donc pas que votre enfant est atteint d'une pathologie.
Renoncez en tant que parent à toute forme de «pédagogie brute», respectez la honte associée à ce sujet. Veuillez à ne pas dégrader votre enfant.
Souvenez-vous également de votre propre situation. Demandez à vos parents et à vos frères et sœurs.
Impliquez votre enfant dans le traitement, notez avec lui les «jours secs» et les «jours pluvieux». Mettez en place un système de récompense.
Transmettez la responsabilité à votre enfant, impliquez-le par exemple dans le «nettoyage».
L'important est que les enfants veuillent eux-mêmes un changement. Ils ne devraient pas se soumettre à la volonté ou à la pression des parents. La propreté doit être associée à des connotations positives.
Avec une approche psychologique, il est souvent possible d'incorporer le point de vue de toutes les personnes concernées et de le respecter.
Ce texte a été publié dans le magazine pour parents «Fritz+Fränzi». Reproduction avec l'aimable autorisation de la maison d'édition. Adaptation et ajout des titres et des sous-titres par la rédaction du Club Suisse des Parents.