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Shabbath
Compagnie INTERFACE
C'est le regard de notre génération sur les générations passées. Il est aussi l’expression de notre intolérance sur les intolérances passées. C’est ainsi que ce spectacle évoque la conscientisation de la mémoire ancestrale qui nous habite et que nous utilisons pour ou contre notre propre évolution.
Avec Shabbatt, il est nécessaire de se réconcilier avec le passé, avec tous nos ancêtres, pour nous permettre de nous propulser vers un avenir serein.
Processus de création
Pour débuter le processus de création de Shabbath, l'équipe de création a cherché à se confronter aux relations de pouvoir ainsi qu'à mettre à l'épreuve la notion de domination.
Pour cela, les locaux d'INTERFACE on été transformés en une sorte de caserne, ou de camp, dirigé à tour de rôle par l'un des membres de la compagnie prenant le rôle d'un dictateur aux pouvoirs absolus. Chacun a disposé d'un mois pour installer et faire observer ses propres règles. Les autres, après avoir accepté les règles du jeu, étaient tenus de les appliquer sans retour possible.
Leurs découvertes ont nourri tout le travail de recherche artistique. Il a été passionnant de constater combien chacun d'entre eux, dans une situation donnée, réagissait de manière différente, et comment finalement, le pouvoir sied à certains et détruit littéralement d'autres.
D'un chef à l'autre, la manière d'obéir aux ordres variait considérablement. Suivant le niveau de résonance d'un ordre donné, et suivant le sens qu'on lui attribuait, il y était répondu soit avec zèle et énergie ou au contraire avec un manque d'enthousiasme évident.
Dans un système comme INTERFACE, non hiérarchisé, où le travail de chef est rémunéré de la même façon que celui de concierge, chacun prend naturellement la place où il est le plus capable et surtout, le plus heureux. Dès lors que cette harmonie a été volontairement brisée, et que les personnes ont été transposées à des places qui n'étaient pas les leurs, le système s'est enrayé et l'harmonie du groupe a disparu.
Renforcés par ces mois de flirt avec le pouvoir, les membres de la compagnie ont pu se questionner sur son sens. Ils en ont déduit qu'il existe sous deux formes : celui qui élève la masse, la rendant productive et efficace car il permet à chacun de réaliser ses rêves, et celui qui l'affaiblit, la rendant apathique et infructueuse.
Finalement, la grande leçon de Shabbath est que pour qu'une société fonctionne harmonieusement, il faut que chacun trouve sa place. Non celle où il gagnera le plus d'argent, mais bien celle réunissant tous les paramètres lui permettant d'être au maximum de son potentiel humain et professionnel.
C'est ainsi qu'imprégnés de toutes ces nouvelles informations éprouvées dans leur corps, la compagnie a construit Shabbath avec trois personnages, chacun représentant une manière de fonctionner dans les rapports de pouvoir. Sur scène, on fait connaissance avec une figure de dictateur, une figure de suiveur possédant un énorme pouvoir sur le dictateur et la figure du révolutionnaire, celui qui à un moment donné décide de contrecarrer le pouvoir en place.
SHABBAT est né, un spectacle fort au cœur du Pouvoir. Un spectacle qui agit comme un miroir pour le spectateur, qui ébranle, provoque des émotions et pousse à se positionner par rapport à sa propre manière de fonctionner face à son entourage. Bouleversant et édifiant!