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Ernst Kaiser (1907-1978) élabore le système de financement et calcule les premières rentes de l’Assurance vieillesse et survivants (AVS). Il est aussi actif après 1945 au sein des réseaux internationaux d’experts de la sécurité sociale.
D’origine saint-galloise, Ernst Kaiser fait des études de mathématique aux universités de Lausanne et Genève. En 1931, il entre au service de la Société des Nations et travaille comme démographe-statisticien pour sa Section médicale, dans le domaine de la surveillance épidémiologique, puis au Contrôle financier interne. C’est durant ces années à la SDN que Kaiser rencontre le Français Lucien Féraud, spécialiste des méthodes actuarielles pour la sécurité sociale. Féraud encourage Kaiser à se lancer dans une thèse consacrée au financement des systèmes de retraite. La dissolution de la SDN au début de la Deuxième Guerre mondiale ainsi que la mobilisation générale de l’armée suisse forcent néanmoins Kaiser à interrompre ce projet. Il entre en 1942 au service de la Confédération: après un bref passage auprès de l'Office fédéral du recensement (ancêtre de l'Office fédéral de la statistique), Kaiser est chargé dès 1943 de préparer la mise en place de l’Assurance vieillesse et survivants (AVS) au sein de l’Office fédéral des assurances sociales. Avec Arnold Saxer et Peter Binswanger, respectivement Directeur de l'OFAS et chef de sa Section juridique, Kaiser fait partie des proches collaborateurs du Conseiller fédéral Walter Stampfli. Chef de la Section mathématique et statistique (1946), Kaiser met à profit ses connaissances acquises au sein de la SDN pour élaborer un système de financement par répartition des charges et calcule la première formule des rentes de l'AVS.
Véritable « père mathématique » de l’AVS, Kaiser reprend après la guerre sa thèse chez Lucien Féraud, nommé en 1945 professeur de mathématiques à l’Université de Genève. Cette thèse sur la répartition, défendue en 1950, confirme la réputation de Kaiser tant au niveau suisse qu’au sein du réseau international des actuaires de la sécurité sociale. Membre actif de l’Association internationale pour la sécurité sociale (AISS), Kaiser participe également à l'aide technique coordonnée par l'Organisation internationale du travail (OIT). Mais l'essentiel de sa carrière se déroule au sein de l'OFAS, dont il est nommé sous-directeur en 1962. Kaiser y supervise les révisions successives de l'AVS, l'amélioration et la « dynamisation » des rentes (i.e. indexation au coût de la vie) ou encore la mise en place en 1960 de l'Assurance invalidité (AI). Partisan d'une harmonisation, ou du moins d'une coordination plus poussée des différentes branches de l'assurance sociale, Kaiser considère l'extension de la sécurité sociale comme une contribution majeure au progrès social.
Privat-docent de mathématiques économiques et sociales dès 1966 à l’Ecole polytechnique de Zurich, Kaiser développe une réflexion originale sur les méthodes économétriques et contribue aux travaux préparatoires visant à l'introduction de la Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle (LPP). Il est nommé professeur titulaire en 1973, au moment de sa retraite. Il décède le 25 avril 1978, juste après avoir pris part à une séance de la Commission d'experts du Conseil des Etats sur l'introduction du deuxième pilier obligatoire (Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle, LPP).
Literatur / Bibliographie / Bibliografia / References: Leimgruber Matthieu (2008), Solidarity without the state? Business and the shaping of the Swiss welfare state, 1890–2000, Cambridge. HLS / DHS / DSS: Kaiser, Ernst.
(12/2014)