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Durant la Première Guerre mondiale, Jean Herbert est conseiller technique auprès de l'artillerie américaine, connaissant bien l'anglais grâce à son père qui l'enseigne. Il fera plusieurs missions d'interprétation politique et sera interprète lors de la Conférence de paix de Paris. Jusqu'à la guerre de 1939, il travaille pour la Société des Nations.
En 1933, il fait un voyage dans les pays bouddhistes. Chargé d'une lettre, il rencontre Sri Aurobindo à Pondichéry l'année suivante :
« C’est tout à fait accidentellement que je suis arrivé en Inde au cours d’un voyage qui me ramenait d’Extrême-Orient en Occident. J’ai été orienté, sans savoir pourquoi (mais le hasard n’existe pas), sur l’âshram de Shrî Aurobindo. Avant d’y arriver, je n’avais même jamais entendu son nom et donc ne savais pas du tout qui il était. Or j’ai rencontré en lui un homme qui m’a passionnément intéressé et dont les œuvres m’ont paru et me paraissent encore de première importance dans le mouvement spirituel contemporain. À cette époque, j’avais déjà eu accès aux œuvres de Râmakrishna et de Vivekânanda. Il y avait là tout un ensemble qu’il m’a semblé urgent de faire connaître directement, c’est-à-dire en laissant la parole à ces maîtres eux-mêmes. »
Celui-ci l'accepte comme disciple en 1935 sous le nom de Vishvabandhu (« l'ami de tous »). Il s'installe à Genève en 1937 et fait des séjours en Inde auprès de Ramana Maharshi, Swâmi Ramdas, Mâ Ananda Moyi, Swâmi Shivânanda, Nanga Bâba.
Mobilisé en 1939, il conduit un contingent de 2 000 jeunes alsaciens dans les Pyrénées puis s'installe dans une maison dans les Maures où il étudie les textes hindous.
En 1945, le Ministère des Affaires étrangères lui demande de rejoindre San Francisco où l'Organisation des Nations unies est en cours de constitution. Il suit ensuite la commission préparatoire à l'Organisation des Nations unies à Londres puis à New York comme chef interprète. C'est un interprète « modèle ». Il est Vice-président puis Président pendant trois ans de l'AIIC (Association internationale des interprètes de conférence). Il quitte les Nations unies en 1954 pour continuer à travailler à son compte et voyager. Il crée la Chaire des Mythologies Orientales à l'Université de Genève où il enseignera de 1954 à 1964.
Il publie en 1947 à la demande des éditions Albin Michel et à la suite d'une polémique avec Paul Masson-Oursel dans les Cahiers du Sud le livre Spiritualité hindoue ainsi que la direction de la collection Spiritualités vivantes.
En 1960, à la demande du Japon, il écrit un ouvrage sur le shinto (l'un de ses quatre volumes sera couronné par l'Académie Française).
Il a traduit et édité les œuvres de plusieurs maîtres spirituels hindous tels que Shri Aurobindo, Râmana Maharshi, Gandhi, Vivekânanda, Ma Ananda Moyî, Râmdâs, Râmakrishna.