Document ID: /curiavista/filtered/00000.jsonl.gz/132835

<h2>SubmittedText<h2><p>Conformément à l'art. 160, al. 1, de la Constitution et à l'article 107 de la loi sur le Parlement, je dépose l'initiative parlementaire suivante :</p><p>La législation est complétée en ce sens qu'une obligation est imposée au prestataire de services, lorsqu'une reconduction tacite du contrat a été convenue, d'informer le client de la possibilité dont il dispose de le dénoncer, et cela au moins un mois avant le terme de la période durant laquelle il peut le faire. A défaut, le contrat doit pouvoir être dénoncé en tout temps par le client, sans pénalité, et le prestataire de services doit rembourser toute somme perçue pour la période contractuelle non écoulée.</p><h2>InitialSituation<h2><p><b>Communiqué de presse de la commission des affaires juridiques du Conseil national du 05.07.2019</b></p><p>À la session de printemps, le Conseil national avait refusé de classer l'initiative parlementaire Golay (Poggia) <a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20130426">13.426</a> "Renouvellement tacite des contrats de services. Améliorer l'information et la protection des consommateurs et des consommatrices". À sa séance de ce jour, la commission a décidé, sans opposition, d'entrer en matière sur le projet, qu'elle a ensuite adopté par 11 voix contre 10 au vote sur l'ensemble. Une minorité propose de classer l'initiative. Le projet élaboré par la commission propose de compléter le code des obligations par une disposition prévoyant que, avant la première prolongation d'une relation contractuelle qui se poursuit automatiquement après l'expiration de la durée convenue, le consommateur doit être expressément informé du droit qui a été convenu de résilier le contrat. Une minorité propose que cette obligation d'information s'applique à chaque prolongation.</p><p></p><p><b>Communiqué de presse du Conseil fédéral du 16.10.2019</b></p><p><b>Renouvellement tacite des contrats : le Conseil fédéral ne veut pas étendre les obligations d'informer</b></p><p>La Commission des affaires juridiques du Conseil national (CAJ-N) veut introduire une nouvelle obligation d'informer pour les entreprises qui recourent à des clauses de renouvellement tacite des contrats. Compte tenu des obligations d'informer déjà existantes, le Conseil fédéral estime que cette mesure est disproportionnée. C'est ce qu'il expose dans son avis du 16 octobre 2019 relatif à un projet de la CAJ-N. </p><p>Élaboré sur la base de l'initiative parlementaire 13.426 "Renouvellement tacite des contrats de services", le projet de loi de la CAJ-N impose aux entreprises une obligation d'aviser les consommateurs lorsque les contrats passés avec eux contiennent des clauses de renouvellement tacite. Ces clauses, qui figurent normalement dans les conditions générales d'affaires (CGA), prévoient la reconduction automatique de contrats à durée limitée si les clients ne les résilient pas à temps. La CAJ-N cite comme exemple les abonnements aux centres de fitness, les programmes antivirus ou les assurances voyage. Les grands fournisseurs de téléphonie mobile ont cessé d'utiliser ces clauses de renouvellement tacite en 2014 déjà.</p><p>Concrètement, la CAJ-N propose que les prestataires de services qui recourent à ces clauses informent leurs clients avant la première prolongation tacite du contrat qu'ils peuvent le résilier. Si le client n'a pas été avisé en bonne et due forme, il doit pouvoir résilier le contrat en tout temps, avec effet immédiat, à l'expiration de la durée convenue initialement.</p><p>Le Conseil fédéral considère que la nouvelle obligation d'informer proposée par la CAJ-N constitue une atteinte disproportionnée à la liberté contractuelle. Elle impliquerait un travail administratif considérable pour les entreprises concernées. Le Conseil fédéral est d'avis qu'on doit pouvoir attendre de chacun qu'il gère ses contrats et les résilie au besoin en respectant les délais convenus. Le Conseil fédéral juge que cette tâche est d'autant plus aisée qu'il existe aujourd'hui des outils techniques facilitant la gestion des délais.</p><p></p><p>Mécanismes correctifs déjà en place </p><p>Dans son avis, le Conseil fédéral fait en particulier remarquer que le droit en vigueur contient déjà des mécanismes correctifs qui protègent les consommateurs. Les CGA pré-formulées ne peuvent devenir partie intégrante du contrat que si l'attention du cocontractant a été clairement attirée sur elles et que celui-ci a eu la possibilité d'en prendre connaissance. Le prestataire de services qui recourt à des clauses insolites doit attirer spécialement l'attention sur elles lors de la conclusion du contrat.</p><p>Selon la jurisprudence, les CGA doivent en outre être formulées de façon claire. Enfin, les clauses abusives contenues dans les CGÀ qui prévoient - en contradiction avec les règles de la bonne foi et au détriment du consommateur - une disproportion notable et injustifiée entre les droits et les obligations découlant du contrat, sont aujourd'hui déjà considérées comme déloyales au sens de la loi. Si l'on voulait améliorer la position du consommateur sans augmenter le travail administratif pour les entreprises, l'introduction d'une obligation de l'entreprise d'informer explicitement, au moment de la conclusion du contrat, sur la prolongation automatique du contrat serait à étudier.</p><p><b></b></p><p>Prévoir des modalités d'information simplifiées </p><p>Pour toutes ces raisons, le Conseil fédéral rejette le projet de la CAJ-N. Il propose, pour le cas où le Conseil national confirmerait la nécessité de légiférer et entrerait en matière sur le projet, de vérifier au moins si les modalités d'information ne pourraient pas être simplifiées. Les entreprises ne devraient pas avoir à prouver unilatéralement que l'avis est parvenu au destinataire, comme le prévoit le projet de la CAJ-N : un avis envoyé à la dernière adresse communiquée par le consommateur devrait suffire.</p><h2>Proceedings<h2><p>Dépêche ATS</p><p><b>Délibérations au Conseil national, 05.03.2020</b></p><p><b>Vers une obligation d'informer en cas de renouvellement automatique </b></p><p><b>Les consommateurs seront mieux protégés contre les reconductions tacites de contrats. Le National a adopté jeudi par 124 voix contre 65 un projet prévoyant d'obliger les entreprises à mieux informer les clients.</b></p><p>La réforme élaborée par la commission des affaires juridiques du National vise à combattre un problème frappant notamment les personnes abonnées à des programmes antivirus, des centres de fitness ou des revues. Faute d'être clairement averti, le consommateur ne déclare souvent pas avant la date prévue qu'il souhaite mettre fin au contrat.</p><p>Le projet impose aux entreprises d'aviser les consommateurs avant la première prolongation lorsque les contrats de durée déterminée contiennent des clauses de renouvellement tacite. Pour Beat Flach (PVL/AG), c'est tendre un piège aux consommateurs de les informer que lors du premier renouvellement. Il aurait voulu étendre cette obligation à chaque renouvellement. Sa proposition a été rejetée par 101 voix contre 86.</p><p></p><p>Atteinte à la liberté contractuelle</p><p>La solution est compliquée et bureaucratique, a souligné la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter. L'obligation d'information proposée constituerait une atteinte à la liberté contractuelle. Elle implique un travail administratif important pour les entreprises concernées.</p><p>Chacun doit gérer ses contrats et les résilier au besoin en respectant les délais. Il existe aujourd'hui des outils de gestion des délais, a martelé Christa Markwalder (PLR/BE), opposée au projet. De plus, une prolongation automatique est aussi un avantage pour de nombreux consommateurs, a avancé Pirmin Schwander (UDC/SZ).</p><p>Par ailleurs, le droit en vigueur prévoit déjà des mécanismes qui protègent les consommateurs. Si les contrats contiennent des clauses insolites, les clients doivent en être informés, a encore rappelé Mme Keller-Sutter. En vain.</p><p></p><p>Dépêche ATS</p><p><b>Délibérations au Conseil des États, 11.06.2020</b></p><p>Par 22 voix contre 20, le Conseil des États n'a pas voulu entrer en matière sur un projet du National prévoyant d'obliger les entreprises à mieux informer les clients pour les protéger contre les reconductions tacites de contrats. Les sénateurs ont jugé la solution compliquée et bureaucratique. Le dossier retourne au National.</p><p></p><p>Dépêche ATS</p><p><b>Délibérations au Conseil national, 24.09.2020</b></p><p><b>Pas d'obligation d'informer en cas de renouvellement automatique </b></p><p><b>Les consommateurs ne seront pas mieux protégés contre les reconductions tacites de contrats. Le National a enterré jeudi par 99 voix contre 82 et neuf abstentions un projet prévoyant d'obliger les entreprises à mieux informer les clients.</b></p><p>Le Conseil des États avait rejeté en juin ce texte, approuvé une première fois par la Chambre du peuple lors de sa session de printemps.</p><p>La réforme visait à combattre un problème frappant notamment les personnes abonnées à des programmes antivirus, des centres de fitness ou des revues. Faute d'être clairement averti, le consommateur ne déclare souvent pas avant la date prévue qu'il souhaite mettre fin au contrat.</p><p>Le projet voulait imposer aux entreprises d'aviser les consommateurs avant la première prolongation lorsque les contrats de durée déterminée contiennent des clauses de renouvellement tacite.</p><p></p><p>Atteinte à la liberté contractuelle</p><p>La solution est compliquée et bureaucratique, a souligné la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter. Par ailleurs, le droit en vigueur prévoit déjà des mécanismes qui protègent les consommateurs. Si les contrats contiennent des clauses insolites, les clients doivent en être informés, a-t-elle rappelé.</p><p>Pour Christa Markwalder (PLR/BE), l'obligation d'information proposée constituerait une atteinte à la liberté contractuelle. Elle implique un travail administratif important pour les entreprises concernées.</p><p>Chacun doit gérer ses contrats et les résilier au besoin en respectant les délais. Il faut reconnaître les consommateurs comme des personnes majeures et pas des individus qu'il faut protéger contre eux-mêmes, a souligné la Bernoise.</p><p>Vincent Maître (PDC/GE) juge lui aussi qu'il n'est pas opportun d'alourdir les conditions administratives des entreprises. En période de crise liée au Covid, celles-ci doivent pouvoir se concentrer sur leurs activités premières et pas tenir des agendas pour leurs clients, a-t-il souligné, estimant que le sujet devrait revenir au Parlement pour être traité de manière différente.</p><p></p><p>Systèmes automatisés</p><p>Aujourd'hui, toutes les entreprises ont des systèmes automatisés, a répliqué Daniel Brélaz (Verts/VD). "Est-ce administrativement insupportable et financièrement étouffant" pour elles de sortir automatiquement un formulaire à envoyer à leurs clients, a-t-il plaidé en vain.</p>