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Hypertension artérielle chez les patients d’ascendance africaine
Rev Med Suisse
2017; volume 13.
1576-1579
Résumé
L’hypertension artérielle chez les patients d’origine africaine ou afro-américaine présente une prévalence augmentée et une atteinte plus précoce et sévère des organes cibles par rapport aux autres ethnies. Elle est également plus difficilement contrôlée. Les femmes noires sont plus souvent atteintes d’hypertension gravidique et de pré-éclampsie. La baisse nocturne physiologique de la pression artérielle est atténuée. Une rétention sodée accrue au niveau rénal semble être à l’origine d’un phénotype biologique d’hypertension à rénine basse. Les antihypertenseurs de choix sont les bloqueurs des canaux calciques et les diurétiques thiazidiques, en association avec un bloqueur du système rénine-angiotensine-aldostérone à but néphroprotecteur si nécessaire. L’adjonction de spironolactone ou d’amiloride est recommandée pour les hypertensions résistantes. Un régime pauvre en sodium et riche en potassium est recommandé.
IntroductionL’implication de l’hypertension artérielle (HTA) dans les maladies cardiovasculaires n’est plus à démontrer. Parmi les patients hypertendus, ceux ayant une origine africaine ou afro-américaine représentent un groupe particulièrement à risque. Ces patients présentent en effet des HTA plus précoces, plus fréquemment résistantes au traitement et sont plus à risque de complications micro et macrovasculaires.1 Le médecin traitant doit donc porter une attention toute particulière à ce type de patient, choisir le traitement adapté et effectuer un suivi rapproché. Cet article abordera les aspects épidémiologiques du problème, les particularités de l’HTA chez les patients noirs et leurs implications thérapeutiques.Données épidémiologiquesL’hypertension artérielle est une condition de plus en plus fréquente. En Suisse, entre 1992 et 2012, la prévalence de l’HTA chez les sujets de 55‑64 ans est passée de 21,9 à 27,2%.2 Il n’existe pas de grande étude en Suisse évaluant la différe...