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L’examen des résultats desvotations relativise l’efficacité des mots d’ordre des partis sur les électeurs. Le rejet de la LME en est un exemple supplémentaire.
Les analyses VOX réalisées après chaque votation donnent des informations utiles sur la signification des résultats sortis des urnes. La dernière livraison, qui porte sur la votation du 22 septembre dernier, ne fait pas exception.
Le sondage confirme ce que la répartition géographique des voix montrait: le rejet de la libéralisation du marché de l’électricité résulte d’une alliance de la gauche et de la droite dure. Si la majorité des sympathisants socialistes ont dit non à la loi (58%), le rejet est plus fort encore chez les partisans de l’UDC (66%), alors même que ce parti préconisait le oui. Si la base démocrate du centre suit fidèlement les mots d’ordre du parti sur les sujets relatifs à la politique étrangère et aux requérants d’asile, elle l’abandonne sur les thèmes économiques lorsque l’UDC défend des positions libérales.
Les syndicats avaient connu pareille désertion des troupes de gauche lors de la votation sur la semaine de 36 heures, ce qui n’a pas empêché le récent congrès du PSS d’inscrire cette revendication dans son programme électoral. Ils ont à nouveau subi un revers à l’occasion de la votation sur l’initiative sur l’or de la Banque nationale et le contre-projet: alors qu’ils recommandaient le double oui, seuls 26% des électeurs de gauche ont appuyé l’initiative de l’UDC.
Faible identification partisane
Cette liberté de choix qu’autorise la démocratie directe traduit la faible identification partisane de l’électorat, sa distance critique à l’égard des mots d’ordre et des programmes. Au gré des votations populaires, une partie non négligeable de la population compose son propre programme. Dès lors il faut interpréter les résultats électoraux avec la plus grande prudence; le pourcentage des voix obtenues ne garantit en rien l’appui inconditionnel de celles et ceux qui ont apporté leur soutien à tel ou tel parti. Et c’est là que réside la justification de la participation des principales forces politiques au gouvernement: la si mal nommée formule magique. L’adhésion des grands partis à une solution de compromis se révèle souvent nécessaire pour convaincre une majorité populaire. Une condition qu’oublient les adversaires de la formule magique, de gauche comme de droite. jd