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Tout peut se jouer effectivement en une touche, sans repêchage possible. Les deux Helvètes ne tirent dès lors pas de plans sur la comète: "Dans notre sport, prévoir constitue une grande erreur", relève Kauter. Plus qu'ailleurs, prendre les événements "les uns après les autres" revêt tout son sens. Fabian Kauter, double médaillé de bronze individuel et par équipes aux derniers Mondiaux, est exempté des seizièmes de finale et entrera directement en lice en huitièmes.
A double tranchant
C'est à double tranchant: son adversaire, le Français Yannick Borel (no 18) ou l'Ukrainien Dimitri Karushenko (no 15), sera "chaud" puisqu'il aura déjà disputé un duel. D'un autre côté, Kauter aura eu l'avantage de pouvoir l'observer. Savoir analyser les forces et faiblesses de son adversaire et en tirer profit représente du reste une des clés majeures que les entraîneurs italiens de l'équipe de Suisse, Angelo Mazzoni et Gianni Muzio, ont apporté à leurs escrimeurs depuis leur arrivée il y a quatre ans: "Auparavant, nous étions fixés sur notre propre technique. Désormais, nous sommes capables d'étudier nos rivaux", explique Kauter.
Fabian est le fils de Michael Kauter, double médaillé aux JO de 1972. [Peter Schneider - Keystone]Le registre technique des Helvètes s'est étoffé. Il est fait d'un mélange d'agressivité (surtout Max Heinzer) et de ruse, saupoudré d'un sens de l'esquive aiguisé. L'ancien coach des Suisses, l'Allemand Rolf Kalich, avait jeté les bases, défensives notamment, et le tout s'est affiné sous la conduite des deux techniciens italiens.
La voie du succès
Depuis un an et demi, l'escrime suisse a remporté six médailles (quatre de bronze et deux d'or), en individuel et par équipes, lors des trois dernières compétitions majeures, Championnats d'Europe (deux fois) et du monde. Sans compter plusieurs lauriers en Coupe du monde, dont un récent doublé (Kauter devant Heinzer) à Buenos Aires.
"Nous espérons poursuivre ici sur la voie de nos derniers succès. Nos athlètes le mériteraient", a relevé Gianni Muzio.
Une seule crainte
Fabian Kauter vise l'excellence et peut s'inspirer de l'exemple de Marcel Fischer, qui a ouvert la voie avec son titre olympique en 2004 à Athènes.
Heinzer et Kauter n'ont qu'une crainte: devoir s'affronter dans le duel pour la médaille de bronze - au cas où chacun perdrait en demi-finale -, "le scénario de l'horreur", selon les mots de Heinzer. Les deux hommes se connaissent par coeur et s'apprécient énormément. Ils sont prêts "à faire mal" à Londres mais espèrent ne pas avoir à s'entre-dévorer!
si/lper