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06/08/2011
JOIE ET ESPERANCE!
JOIE ET ESPÉRANCE
Comment trouver un sens à la vie sinon en ce qui nous dépasse?
Le palestinien, Jésus, à l'écart sur une colline, a ressenti en lui l'énergie nécessaire pour être fidèle à lui-même, à sa Mission, à Dieu, son Père et le nôtre. Il a été tenté comme vous, comme moi (Lc 4:1-13) tout au long par l'attrait de l'abondance, de la puissance, du prestige. Jésus a résisté, combattu. Il a montré à tous comment résister et combattre, se libérer. Les gardiens des systèmes l'ont tué.
N'en sommes-nous pas au même point aujourd'hui? Aujourd'hui, les systèmes tremblent et vacillent, s'effritent y compris et on pourrait le regretter, la hiérarchie catholique. claire-marie
En 2004 à Johannesburg, répondant à la demande de Sœurs dominicaines, Nolan a écrit: « J'ai eu à affronter tôt, dans ma vie de dominicain sud-africain, la crise théologique de l'apartheid. Je l'appelle délibérément crise théologique parce que c'était une forme d'oppression horrible, légitimée, encouragée et présentée comme la manière chrétienne d'agir en de telles circonstances. C’était une "hérésie" qui exigeait une réfutation théologique, tâche à laquelle je m'étais attelé avec d'autres. »
J'ai souvent eu recours à Albert dans ma réflexion sur mon blog. Je me permets de partager ce qui suit et qui est pour moi une grande consolation et un encouragement.
Le 18 mars 2011, Albert célébrait, avec son confrère Grégoire, 50 ans de vie sacerdotale. Voici ma traduction de ce qu’a dit Albert:
Les prêtres ordonnés dans les années soixante, juste avant ou durant le Concile œcuménique, se sont donnés le nom de la génération Gaudium et Spes, d'après le fameux document de Vatican II sur l'Église dans le monde moderne. C'est le latin pour « Joie et Espérance. » (Albert est du nombre)
Pour nous, le Concile était une source de grande joie et d'espérance. Nous étions pleins d'enthousiasme et exubérance pour l'avenir! Enfin l'Église était en train de changer au-delà même de notre espérance la plus folle, enfin elle rejoindrait le monde moderne!
Nous étions heureux et fiers d'être des prêtres catholiques. Nous pouvions nous éloigner de cléricalisme et de l'étroitesse d'esprit du passé. Nous avons accueilli l'œcuménisme et nous nous sommes efforcés de travailler davantage avec les gens que pour les gens! Notre vie était pleine de joie et d'espérance.
Mais ce ne fut pas de longue durée et bientôt les gains de Vatican II furent peu à peu inversés, un à un, lentement mais sûrement.
Cela débuta avec l’encyclique Humanae Vitae de Paul VI qui interdit la médication contraceptive. Quel coup! Quel désappointement ce fut ! Cependant, nous avons persévéré.
Une des décisions la plus importante du Concile fut ce qu’on nomme « la Collégialité », c’est-à-dire, que le pape et les évêques gouverneraient ensemble l'Église.
Cette décision ne fut jamais implémentée. Nous sommes directement revenus à l'Église hiérarchique du passé où tout est décidé par le Pape et la Curie romaine, lesquels consolidèrent leur pouvoir en nomment dans différentes régions du monde des évêques de plus en plus conservateurs.
Celles et ceux d’entre vous qui n’ont jamais fait l’expérience de la liturgie pré-Vatican en latin ne peuvent guère s’imaginer notre bonheur et enthousiasme lorsque la Messe fut célébrée en « anglais » ou dans les différentes langues vernaculaires, les gens purent enfin participer à l’Eucharistie. A l’heure qu’il est, des changements liturgiques bienvenus de Vatican II sont d’une manière subtile inversés afin de satisfaire celles et ceux qui n’ont jamais voulu évoluer.
Nous étions supposés devenir le Peuple de Dieu ouvert au dialogue avec le monde. Nous avons commencé de faire ça. Mais graduellement l'Église institutionnelle s’est retirée du dialogue et les théologiens concernés par les idées nouvelles furent censurés et réduits au silence.
La liberté de Vatican II est maintenant remplacée par l’exercice du contrôle.
Mais ce n'est pas toute l'Histoire
Telle est l’Histoire des 50 dernières années pour ce qui concerne l'Église institutionnelle. Ainsi vue, c’est une bien triste histoire de régression ! Mais ce n’est pas toute l’Histoire.
Sous cette surface, il y a eu l’émergence d’un renouveau intellectuel et spirituel remarquable au sein du laïcat, parmi de nombreux prêtres et religieux, surtout parmi les Sœurs.
Même celles et ceux qui ont quitté l'Église et qui ne vont plus à la messe, font l’expérience d’un désir profond de spiritualité. C’est la raison pour laquelle les ouvrages spirituels sont mille fois meilleurs et plus profond que les livres d’avant-Vatican II. Aujourd’hui, les chrétiens lisent des livres d’auteurs mystiques, et ils pratiquent la méditation et la prière contemplative comme jamais ils ne l’avaient fait auparavant. Et ceci n’est pas le propre des religieux/ses et des prêtres mais de laïcs, surtout de la par des laïcs.
En plus de ceci, nous avons aujourd’hui une connaissance beaucoup plus profonde des Écritures, surtout des Évangiles et donc de Jésus lui-même. Et il ne s’agit pas seulement de professeurs biblistes. Nombreux sont les catholiques ordinaires qui apprécient la Bible bien davantage que par le passé.
Ce qui est plus important est que le renouveau intellectuel et spirituel d’aujourd’hui insiste tout particulièrement sur la Justice sociale, ainsi que de la justice concernant l’écologie. Toujours plus de Chrétiens dans le monde reconnaissent l’importance d’œuvrer à promouvoir la Justice, la Paix et l’Intégrité de la création.
C’est donc ici (en dessous et au-delà des structures visibles de l'Église) que les vrais changements ont lieu. C’est ici que le future est en train de naître.
De 1962 à 1965, le Concile Vatican II a semé des graines de renouveau au-delà de toutes frontières, comme le semeur de la parabole – dans l'Église et au-delà de l'Église. Des graines tombèrent sur la terre dure, d’autres sur des roches et d’autres parmi les épines. Mais d’autres encore tombèrent sur la bonne terre et, aujourd’hui, ces graines, souvent cachées et dans le silence, portent des fruits à raison de trente, de soixante, et de cent pour un.
Au cours des 50 années écoulées, Grégoire et moi avons eu le privilège de semer des graines de renouveau spirituel et intellectuel. Nous en sommes extrêmement reconnaissants envers Dieu et envers tous ceux et celles qui ont semé en nous des graines, même bien avant le Concile Vatican II.
C’est ce privilège que nous aimerions célébrer aujourd’hui à l’occasion des 50 années de ministère sacerdotal. Et c’est pour cette raison que nous sommes
toujours la génération de la Joie et de l’Espérance – Gaudium et Spes.
Ma note : je suis infiniment reconnaissante envers Albert Nolan et j’ai rarement traduit un texte avec autant de bonheur. C’est ce que tant d’entre nous, de la génération Gaudium et Spes, ont vécu et vivent aujourd’hui ! claire-marie jeannotat