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Le Concerto pour violoncelle et orchestre est le dernier ouvrage conçu par Dvořák au cours de son séjour outre-Atlantique (1892-95) initié par Jeannette Thurber, la fondatrice du Conservatoire américain de musique. Durant ses trois années américaines, le compositeur tchèque a composé plusieurs œuvres marquantes, dont la Symphonie du Nouveau Monde, les Chants bibliques et le Concerto op. 104. Dvořák a eu l’idée d’écrire cette ultime grande œuvre orchestrale après avoir entendu à New York le 2e Concerto pour violoncelle de Victor Herbert, compositeur irlando-américain surtout connu pour ses opérettes. Peu après avoir complété la partition, Dvořák l’a reprise pour remplacer la brillante conclusion originale par une longue coda contemplative qui cite l’une de ses propres mélodies. C’est à sa belle-sœur et ancienne bien-aimée Josefina, désormais atteinte dans sa santé, que le compositeur a dédié cet hommage. Contrairement à la dernière symphonie de Dvořák, ce concerto ne fait pas vraiment valoir d’influence américaine. L’œuvre est bien plutôt marquée par le mal du pays dont souffrait alors le musicien. Hanuš Wihan, ami du compositeur et l’un des meilleurs violoncellistes tchèques de l’époque, avait été pressenti pour créer ce concerto, mais Dvořák s’est opposé à la brillante cadence que le virtuose voulait intégrer au finale. C’est finalement le violoncelliste anglais Leo Stern qui en a donné la première audition sous la baguette du compositeur, le 19 mars 1886 au Queen’s Hall de Londres.