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Résolution approuvée lors de l’Assemblée des délégué·e·s de la JS Suisse du 19 novembre 2022 à Bâle (BS)
La vie est actuellement trop chère pour de nombreuses personnes en Suisse. En raison de l'inflation, de la hausse des prix de l'énergie et de l'augmentation des taux hypothécaires, le logement coûtera à l'avenir environ 5% plus cher pour les locataires en Suisse. Ceci en raison des raisons mentionnées ci-dessus, et parce que les propriétaires peuvent, selon le droit du bail, répercuter près de la moitié du renchérissement sur les locataires.1
Les coûts de logement déjà très élevés seront encore plus élevés en raison de l'augmentation des coûts de l'électricité. En 2023, un ménage suisse paiera en moyenne environ 27% de plus pour l'électricité qu'en 20222, et selon les communes, les coûts supplémentaires seront encore plus élevés. Pour que l'habitat écologique soit possible, les logements vétustes doivent être rénovés de manière adéquate. La majorité des logements sont encore chauffés au pétrole. Cela doit changer, car il est urgent de se passer des énergies fossiles pour lutter contre la crise climatique. Cependant, les locataires doivent être protégé·es contre les résiliations de bail et les augmentations de loyer illégitimes lors d'éventuelles rénovations.
Les statistiques de la Confédération montrent qu'au moins 2200 personnes vivent actuellement sans domicile en Suisse, 8000 personnes supplémentaires sont menacées de perdre leur logement, et il faut s'attendre à un nombre élevé de cas non déclarés. En Suisse, environ 600 000 personnes sont touchées par la pauvreté et ce sont souvent ces personnes qui vivent dans des conditions de logement inappropriées, le coût du logement étant le problème principal.3 C'est justement lorsque les personnes gagnent peu que leurs dépenses pour le logement dépassent nettement les 30% de leur revenu, ce qui concerne surtout les locataires et rarement les propriétaires.
La question du logement est centrale pour le bien-être des personnes. La spéculation sur les logements, qui dure depuis des années, est en contradiction flagrante avec les besoins en logement des 99%. La concentration dans les centres urbains en raison des opportunités d'emploi pousse les gens à quitter les zones rurales. La spéculation des entreprises et des particuliers fait grimper les loyers, en particulier dans ces zones où la demande est forte, et les rend inabordables pour beaucoup. De nombreux·ses propriétaires profitent sans scrupule de cette situation pour en tirer profit. Cela a pour conséquence d'exclure du marché du logement en particulier les personnes qui gagnent peu. Il faut mettre un terme à la spéculation sur les besoins fondamentaux des gens.
L'évolution du marché locatif au cours des seize dernières années a permis aux propriétaires d'obtenir un rendement net moyen élevé de 7,4 % par rapport à d'autres investissements. La législation actuelle en matière de location n'a pas réussi à freiner la hausse des loyers du marché et des conventions de location déjà existantes. Il est possible d'économiser 25 % des frais de logement en devenant bailleuse·eur. La part des investisseuse·eurs institutionnel·les sur le marché locatif suisse a encore augmenté au détriment des bailleuse·eurs privés. En outre, près de la moitié de tous les logements locatifs appartiennent à des particulière·ers et sont donc exposés à la spéculation. Seuls à peine 8 % d'entre eux sont des coopératives de logement, dont la part est en recul.
Pour le camp bourgeois, seul le profit des riches compte. De plus en plus de personnes ne peuvent plus se permettre de payer leur loyer, le logement abordable est menacé. C'est pourquoi des mesures immédiates s'imposent.
La JS Suisse formule les revendications suivantes :
- Le droit du bail doit être adapté de manière à ce que le renchérissement et les frais d'entretien croissants ne puissent pas être reportés sur les locataires, mais doivent être pris en charge par les propriétaires, afin de protéger les locataires des hausses de loyer.
- Les rénovations ne doivent pas entraîner de résiliation de bail, cela doit être inscrit dans la loi.
- La Suisse doit introduire un plafonnement des prix de l'électricité, en particulier sur les sources d'énergie polluantes comme le gaz et le pétrole, afin de permettre un habitat écologique.
- La déprivatisation de la propriété foncière et du sol. Il est nécessaire de promouvoir la construction d'utilité publique et écologique afin de rendre possible la construction de logements abordables.
- La construction d'utilité publique et écologique doit être encouragée par la Confédération.