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"L'Assemblée Générale extraordinaire de la SGPM se tiendra le 1er février 2024"
Créée en 1906 à l'instigation de la Société genevoise d'utilité publique la Société genevoise de patronage des aliénés participait alors de la volonté des élites de lutter contre les grands «fléaux sociaux»: alcoolisme, syphilis, tuberculose et folie. Elle constituait ainsi une des pierres de l'édifice hygiéniste de la bienfaisance privée.
Pour son vingtième anniversaire, il fut décidé d'affirmer l'aspect prophylactique de l'activité de la Société et de modifier son nom conformément à cette volonté. Elle devint ainsi en 1926!a Société genevoise de prophylaxie mentale et de patronage et c'est sous ce nom qu'elle assura jusque dans les années 1960 sa double mission de prévention et de protection. Rebaptisée au début des années 1970 Société genevoise de prophylaxie et d'hygiène mentales, puis en 1991 Société genevoise de prophylaxie mentale, la Société devait dès lors se tourner résolument vers la prévention.
A partir de ses archives déposées à l'lnstitut romand d'histoire de la médecine et de la santé à Lausanne, nous nous proposons de réaliser un bref historique de la Société qui n'est pas sans éclairer d'autres histoires, comme celles de la psychiatrie, de l'hygiène mentale ou de l'hygiène sociale. Dans l'optique d'une histoire des relations entre médecine et société, l'activité médico-sociale de la Société genevoise de prophylaxie mentale revêt dès lors un intérêt particulier.
FONDATION ET RÉORIENTATIONS
Le 9 mai 1906, à l'Amphithéâtre de l'Athénée, se tenait l'Assemblée générale constitutive de la Société genevoise de patronage des aliénés. Dans son discours d'ouverture, le Président de la Société genevoise d'utilité publique, Egmond Goegg, rappelait les prémisses de la constitution de cette nouvelle société: "En septembre 1903 une lettre adressée au Journal de Genève par M. le pasteur Heyer attira l'attention du public genevois sur la question de l'internement des aliénés. Cette lettre peut être considérée comme le point de départ de I'étude qui a abouti à la création de la Société."
Dans cette lettre, le pasteur Heyer rapportait le cas d'une dame âgée, résidente de l'Asile des vieillards, qui à la suite d'une crise de foie et faute de place à l'Hôpital cantonal s'était retrouvée internée à l'Asile de Bel-Air: «Comme elle se récrie, les infirmières l'empoignent, la tirent violemment de la voiture de l'hôpital, lui arrachent ses vêtements et la jettent dans un bain. L'auteur s'en prenait ensuite de manière plus générale au sort réservé aux aliénés dans le canton de Genève. Paradoxalement, cette critique assez vive de la psychiatrie genevoise est à la base d'une Société qui sera tout au long du siècle inspirée et dirigée par des psychiatres et dont le directeur de Bel-Air était membre de droit.
Au début de 1905, suite aux révélations du pasteur Heyer, la Société genevoise d'utilité publique pria Paul-Louis Ladame, médecin d'origine neuchâteloise spécialisé en neurologie et en psychiatrie, de l'entretenir de la protection et de I'assistance des aliénés. L'orateur ayant souligné dans sa conférence la nécessité de créer à Genève une société de patronage des aliénés, le Comité de la Société d'utilité publique nomma une commission chargée de préparer un projet. Cette commission, dont les membres se retrouveront tous dans le Comité de la future Société, était notamment constituée du pasteur Heyer, de Rodolphe Weber, directeur de l'Asile de Bel-Air, du professeur de droit pénal Alfred Cautier et de Paul-Louis Ladame, qui sera le premier président de la Société. Ses statuts indiquaient qu'elle se proposait pour buts:
a) De venir en aide moralement et matériellement aux aliénés, en facilitant leur placement rapide dans un asile, ou dans une famille, si le cas s'y prête.
b) De s'intéresser aux malades pendant leur internement, en se conformant aux instructions du médecin-directeur de l'asile, et en s'occupant des familles des aliénés, de façon à préparer la rentrée du malade au milieu des siens.
c) De s'intéresser aux aliénés convalescents, améliorés ou guéris, après leur sortie de l'asile, afin de prévenir les causes de rechutes.
d) De répandre dans le public des idées justes sur la nature et les causes des maladies mentales, leur curabilité, leur prévention possible, leu r traitement.
e) De travailler à l'amélioration de I'assistance et de la protection des aliénés dans le canton, soit par l'étude des mesures législatives concernant les aliénés, soit par l'étude des mesures préventives (lutte contre l'alcoolisme etc.).
ADRESSE DE L'ASSOCIATION
Société Genevoise de Prophylaxie Mentale
Dr Luisa Jacot Des Combes - Présidente
Route de Chancy 215
1232 Confignon
Tél. 079 584 30 10