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François Flohic nous présente un Général âgé, inquiet pour sa famille, belliqueux et freiné par son fils et son Premier ministre. Il nous emmène avec lui dans la fugue à Baden, lieu de la fameuse rencontre avec le général Massu où tout pût basculer. D'ailleurs on constate que le monde a vraiment changé quand le Général cherche de son hélicoptère présidentiel... une cabine téléphonique pour appeler Massu !
Témoin rigoureux et fin observateur, François Flohic relève et décrypte les signes de la stratégie que le Président échafaude pour quitter le pouvoir par la grande porte. Cinquante ans après, se replonger dans cette période et la regarder du point de vue de de Gaulle est absolument passionnant.
François Flohic né en 1920, est vice-amiral. Engagé en 1940 dans les Forces navales françaises libres, il sera l'aide de camp du général de Gaulle de 1959 à sa mort, presque sans interruption. Il est mort en septembre 2018, quelques mois seulement après la publication de cet ouvrage.
L'amiral Flohic, ancien aide de camp du général de Gaulle, président de la République, rend ici hommage - sinon justice - aux marins à croix de Lorraine qui, dans le plus grand conflit de tous les temps, ont fait flotter au combat, sans discontinuer, sur tous les océans, le pavillon national. Engagé à l'âge de dix-neuf ans dans les Forces françaises libres, le 1er juillet 1940, François Flohic - avec quelques camarades - reçoit une formation accélérée d'officier de marine, principalement à l'École navale de Dartmouth. À travers son expérience personnelle sur la corvette Roselys, puis sur la frégate la Découverte, on assiste à la croissance de la Marine française libre, dont la création apparaissait comme une gageure ; on la voit au combat en Atlantique, en Arctique, dans la Manche. Nous découvrons ainsi, de l'intérieur, la bataille de l'Atlantique, les convois de Russie, le débarquement de Normandie. Bien qu'il ne parle que pour lui, l'amiral Flohic expose en réalité les motivations, les sentiments, les actions des marins de De Gaulle. Une annexe sur le sabordage de la flotte de Toulon, "le plus grand désastre naval de notre histoire, organisé de nos propres mains", est lourde de regrets. L'amiral Flohic est aussi l'auteur des Souvenirs d'outre-Gaulle.
Dans ses Souvenirs d'outre-Gaulle (Plon, 1979), l'amiral Flohic évoquait l'action publique et militaire du général de Gaulle. Aujourd'hui, il raconte l'homme qu'il a connu, afin d'en donner " une image différente de celle qui apparaissait en majesté sur les écrans de télévision ". Car " contrairement à ce que dit Malraux, je témoigne qu'il n'a cessé d'exister un Charles qui regardait agir le Général, l'encourageait et le jugeait ".C'est donc un de Gaulle familier dont on découvre les habitudes, les mots et les réflexions, sur fond de retour aux affaires, de drame algérien (" Cela ne vous fait-il pas l'impression d'un pays fini ? ", lui demande-t-il en 1960) ou de contestation sociale... dès le 28 avril 1968, à quelques jours de l'explosion, Flohic est le témoin de la lassitude qui s'empare déjà du Général et lui fait dire : " Cela ne m'amuse plus beaucoup ; il n'y a plus rien de difficile, ni d'héroïque à faire. "Seul témoin et organisateur de la " fuite " à Baden Baden le 29 mai 1968, il consacre à cet épisode de nombreuses pages. On y découvre un de Gaulle désemparé, qui n'hésite pas à solliciter les conseils de son aide de camp éberlué : " Que va-t-il se passer maintenant ? Que peut-on faire ? Maintenant que je ne suis plus sur le territoire français, le Conseil constitutionnel va constater ma déchéance ! "L'amiral Flohic sera enfin, avec Mme de Gaulle, l'unique compagnon de voyage du Général lors des trois mois qu'il passa en Irlande, en mai-juin 1969, après son retrait du pouvoir. Mais aussi, tout au long de la présidence, le témoin officiel ou informel de rencontres avec Kossyguine ou encore Kennedy, auquel il servit d'interprète en 1961.