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Les actionnaires du fabricant d'appareils auditifs Sonova, dont l'image a été entachée par une affaire de délit d'initiés potentielle, ont accordé mardi aux administrateurs du groupe la décharge pour l'exercice 2010/2011, clos à fin mars. Andy Rihs, le cofondateur et ex-président du conseil d'administration, en profite.
L'association de défense des actionnaires Actarès et la fondation Ethos avaient appelé l'assemblée générale à refuser celle-ci, en raison de l'affaire qui secoue le leader mondial de la branche depuis mars, mais elles n'ont pas été entendues. Sur les 26,5 millions de voix représentées, 63% ont voté la décharge.
Andy Rihs, ainsi que l'ex-directeur général Valentin Chapero et l'ancien directeur des finances Oliver Walker sont au centre de soupçons de délits d'initiés. Pour mémoire, l'affaire remonte à novembre 2010, date à laquelle Sonova a annoncé le retrait d'un implant cochléaire aux Etats-Unis ainsi que l'arrêt immédiat des ventes de ce produit.
Suite à ce rappel, ainsi qu'au retard pris dans le lancement de produits aux Etats-Unis, Sonova avait lancé un avertissement sur résultat le 16 mars. Mais presque au même moment, des dirigeants, dont Andy Rihs, avaient annoncé des transactions sur des titres et options Sonova se montant à quelque 47 millions de francs.
Ces agissements, sur lesquels le Ministère public de Zurich et la Bourse suisse enquêtent actuellement, ont entraîné le départ avec effet immédiat de Valentin Chapero et d'Oliver Walker, et la démission de Andy Rihs, lequel est toutefois resté administrateur du groupe.
Le nouveau président du conseil d'administration, Robert Spoerry s'est excusé devant les actionnaires pour les remous provoqués par cette affaire. Mais il a rejeté les critiques adressées au conseil d'administration par plusieurs actionnaires montés à la tribune.
L'enquête interne réalisée par le groupe a mis en lumière plusieurs manquements: l'avertissement aurait déjà dû être révélé une semaine auparavant, les chiffres des ventes de février étant connus début mars. Sonova aurait aussi dû interdire à ses collaborateurs de céder des actions ou des options.