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Les parlementaires du Conseil de l'Europe demandent à la Suisse d'abroger l'interdiction de construire des minarets, approuvée en novembre dernier par le peuple. Ils ont adopté mercredi une recommandation contre cette interdiction, qui selon eux discrimine des musulmans vivant en Suisse.
A l'issue d'un débat sur «l'islam, l'islamisme et l'islamophobie en Europe», l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a demandé à la Suisse «d'adopter un moratoire sur son interdiction générale de construction des minarets». La recommandation demande «d'abroger l'interdiction dès que possible car elle discrimine des communautés musulmanes».
«La construction des minarets doit être possible, au même titre que celle des clochers, dans le respect des conditions de sécurité publique et d'urbanisme», précise le texte.
Les cinq parlementaires suisses - désignés par le Parlement fédéral - qui siégent à Strasbourg ont tous approuvé la recommandation au vote final, après avoir tenté d'en changer la formulation. Parmi eux figure pourtant le député André Bugnon, dont le parti (UDC, droite conservatrice) soutenait l'initiative anti-minarets.
Les Suisses ont approuvé le 29 novembre à 57,5% une initiative populaire lancée par la droite nationaliste et religieuse, qui interdit la construction de nouveaux minarets. Ce vote a soulevé un tollé dans le monde, notamment dans les pays musulmans. Des plaintes pour discrimination ont été déposées devant la Cour européenne des droits de l'Homme, qui n'a pas encore pris position.
Contre l'interdiction du voile intégral
Lors du même débat, les parlementaires du Conseil de l'Europe se sont aussi prononcés contre une interdiction générale du voile intégral en Europe.
Dans un texte adopté à l'unanimité, ils recommandent aux 47 pays membres de l'organisation de «ne pas adopter une interdiction générale du port du voile intégral ou d'autres tenues religieuses, mais à protéger le libre choix des femmes de porter ou non une tenue religieuse».
Ils demandent «de veiller à ce que les femmes musulmanes aient les mêmes possibilités de prendre part à la vie publique et d'exercer des activités éducatives et professionnelles».
«Mais, est-il spécifié, les restrictions légales imposées à cette liberté peuvent être justifiées pour des raisons de sécurité ou lorsque les fonctions d'une personne lui imposent de faire preuve de neutralité religieuse ou de montrer son visage».
swissinfo.ch et les agences