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Comment sont perçues les personnes en fauteuil roulant?

L’évaluation des personnes para-tétraplégiques est significativement plus négative que celle des personnes non-para-tétraplégiques, même pour des attributs tels que l’intelligence ou le zèle. Le contact personnel avec des personnes handicapées et une prise de conscience grandissante peuvent cependant contribuer à réduire les préjugés.
Quel était l’objectif de cette étude ?
Afin de garantir l’égalité de traitement des personnes en fauteuil roulant, la perception du handicap au niveau social doit être étudiée et les éventuels préjugés doivent être reconnus. Comment les personnes souffrant d’un handicap visible, comme les personnes en fauteuil roulant, sont-elles perçues par la société ? Comment les considère-t-on en tant qu’individus, et que représente l’évidence visuelle de leur handicap ? Des scientifiques se sont penchés sur ces questions et se sont livrés à une expérience sur le terrain avec du matériel photographique. L’expérience est présentée dans cet article.
Comment les chercheurs ont-ils procédé ?
Pour étudier la perception visuelle des personnes en fauteuil roulant, le groupe de chercheurs a interrogé 100 personnes représentatives de la population suisse. Douze photos leur ont été présentées. Quatre photos montraient des personnes en fauteuil roulant, quatre concernaient des personnes souffrant d’un handicap mental évident, et quatre autres encore montraient des piétons sans handicap visible (voir figures 1a/b). Les participants à ce sondage étaient priés de porter un jugement sur les différentes caractéristiques personnelles des douze personnes figurant sur les photos.
Qu’ont découvert les chercheurs ?
Le sondage a fait apparaître que ce sont les personnes handicapées mentalement qui ont été les plus mal jugées. Quant au jugement porté sur des personnes en fauteuil roulant, il a été plus négatif que celui pour les piétons, dans toutes les caractéristiques. La plus nette différence apparaissait dans les appréciations de l’attirance et de l’intelligence.
Les résultats sont représentés dans la figure 2 : Il montre clairement que les personnes en fauteuil roulant, pour la seule raison que le fauteuil roulant est visible, obtiennent des résultats plus défavorables. Dans le cas présent, le fauteuil roulant n’a strictement rien à voir avec l’intelligence.
Un autre résultat important : Le contact personnel avec des personnes handicapées permet de toute évidence d’éliminer les préjugés et apprioris. Chez les personnes interrogées qui avaient auparavant fait la connaissance de personnes handicapées, on a constaté qu’il n’y avait que peu de différence entre les jugements portés sur les personnes en fauteuil roulant et ceux de piétons sans handicap visible.
Les personnes interrogées, informées sur le thème handicap, ont réagi dans ce sens, à savoir le contact personnel avec les personnes handicapées. De fait, la moitié des participants au sondage avait été informée que l’étude était consacrée à la perception des personnes handicapées et qu’elle était sponsorisée par la Recherche suisse pour paraplégiques (RSP). Pour l’autre moitié des répondants, il s’agissait d’une étude menée par l’Université de Lucerne et consacrée à la perception visuelle en général. La comparaison des deux groupes montre que les personnes en fauteuil roulant sont mieux perçues chez les répondants ayant été informés que l’étude portait sur le thème du handicap. Cela explique surtout qu’en faisant prendre conscience du thème handicap, on évite un jugement hâtif.
Que signifient les résultats ?
Les résultats de cette expérience sur le terrain montrent qu’en comparaison avec les piétons, on tend à considérer moins favorablement les personnes en fauteuil roulant dans l’environnement social. Cela concerne aussi et directement les attributs comme « l’intelligence » ou « l’application » qui ne sont en fait pas visibles extérieurement et ne devraient pas être moindres ou plus défavorables chez des personnes limitées physiquement que chez des personnes non handicapées.
Quoique les résultats de l’étude soient décevants, il n’en demeure pas moins que ce constat donne la possibilité de prendre des mesures pour éliminer les préjugés. Nous savons désormais que les contacts personnels avec les personnes handicapées permettent de voir en elles des personnes et non pas des « handicapés ». C’est une manière simple de changer les comportements et de faire disparaître les attitudes négatives. L’initiative Paradidact de l’Association suisse pour paraplégiques (ASP) qui vise à fournir du matériel didactique sur le thème de la paraplégie, à former des enseignants, à inviter des personnes en fauteuil roulant dans les écoles pour parler aux écoliers de leur expérience de vie dans un fauteuil roulant, est un point de départ prometteur. Faire découvrir et rendre attentif aux préjugés à l’encontre des personnes en fauteuils roulant est une stratégie efficace pour éliminer les attitudes négatives. Les campagnes médiatiques peuvent aussi s’avérer pertinentes lorsqu’elles permettent de faire tomber les préjugés sur les personnes handicapées, de faire entrer dans la discussion de chacun la thématique de l’égalité des chances et de prendre conscience de la nécessité d’agir dans ce sens.
Qui a mené et financé l’étude?
L’étude a été menée et financée par la Recherche suisse pour paraplégiques (RSP) à Nottwil (Suisse), en collaboration avec l’université de Lucerne.
de Paracontact 3/2010, Associacion suisse des paraplégiques