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Made in Dagenhame (encore un film dont le titre anglais est traduit en anglais dans la zone francophone...) nous lance dans la grève des femmes couturière d'une usine Ford à Dagenham près (ou dans) Londres. Le film commence sans vrai prologue puisque nous observons l'arrivée des femmes à l'usine, leur travail puis, presque immédiatement, leur vote en faveurs d'une grève d'une journée. Ces femmes doivent coudre les différentes parties des sièges de voiture, sans patrons, et travaillent dans des conditions extrêmement mauvaises. Non seulement la salle est étouffante mais, en plus, le toit fuit lorsqu'il pleut. Malgré tout elles réussissent leur travail. Mais les patrons de Ford ont décidé que ce travail n'était pas qualifié et qu'elles devaient recevoir moins d'argent. Mais la leader du groupe, Rita, se rend compte que cette grève n'est pas qu'une question de qualification. C'est un problème bien plus large: les femmes ont-elles le droit à une même rémunération que les hommes pour le même travail? Alors qu'elles n'étaient partie que pour quelque jours de grèves ces femmes réussiront à faire vaciller Ford tout entier et à fédérer les syndicats anglais derrière elles. Car, comme le dit Rita, c'est une question de justice.
Je retiens plusieurs scènes de ce film que j'ai beaucoup aimé et qui m'a beaucoup fait rire. La première est celle qui voit Rita entrer chez son patron, sur invitation de sa femme, pour lui demander de l'aide. La tête du patron me restera longtemps en mémoire. Cet air surpris et halluciné quand il voit l'une de ses employées gréviste entrer chez lui et amie avec sa femme. La seconde concerne la ministre de l'économie de l'époque quand elle crie sur ses employés qui lui déconseillent de donner de la "légitimité" à cette grève féminine. Bref, voila un bon film qui nous permet de connaître un peu mieux une grève historique tout en nous offrant plusieurs scènes particulièrement drôles.
Mais ce film n'est pas seulement une comédie anglaise sur fond de lutte social. Il nous permet d'observer quels sont les problèmes que pouvaient vivre les femmes à cette époque. La phrase du patron de l'usine ford est symptomatique, bien que particulière, "j'ai été reçue première de l'une des plus grande université du monde et mon maris me traite comme une idiote". Bien entendu, puisque la place d'une femme n'est ni dans la réflexion ni dans le travail mais à la maison avec les gosses (sic). On peut observer, sous-jacent à ce film, les freins au militantisme des femmes. En effet, les femmes, contrairement aux hommes, doivent militer mais aussi, et surtout, s'occuper de la famille. Attention, je ne dis pas que les hommes n'aident pas (il y a eu des progrès tout de même et le film montre un grand soutient, bien qu'un peu maladroit, du maris de Rita). Mais les femmes doivent souvent à la fois travailler, militer et s'occuper des obligations familiales en même temps. Ce que l'on nomme la double journée et qui est, logiquement, peu compatible avec le militantisme. Mais ces freins ne sont pas seulement dû à la famille puisque, parfois, les réunions syndicales ne sont pas forcément adaptées à la vie familiale. C'est, donc, à mon avis un film très intéressant et qui mérite d'être regardé et qui nous montre une lutte qui mérite d'être menée.
Image: site officiel