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Loi sur l’énergie au Conseil des États : l’attaque à la protection des biotopes est incompréhensible
Le Conseil des Etats est revenu, du moins en partie, à un peu plus de mesure. Toutefois, l’attaque portée à la protection des biotopes reste incompréhensible et risque d’aggraver la crise de la biodiversité et du climat.
Hier, le Conseil des Etats a commencé à débattre de la révision de la loi sur l'énergie et de la loi sur l'approvisionnement en électricité. Il a fixé des objectifs ambitieux et réjouissants en matière de nouvelles énergies renouvelables et a notamment amélioré les conditions-cadres pour le développement de l’énergie solaire.
Le Conseil des Etats est revenu, du moins en partie, à un peu plus de mesure en ce qui concerne les propositions concernant la législation sur la protection de l'environnement qui, selon la proposition de la majorité de la commission, auraient pu dégénérer en coupes claires. Il a renoncé à soumettre l'ensemble des lois sur la protection de l'environnement et de la nature aux objectifs de développement de la production d’énergie. La suspension des dispositions relatives aux débits résiduels selon la loi sur la protection des eaux aurait notamment entraîné des conséquences désastreuses pour les cours d'eau déjà fortement mis à contribution.
Il reste toutefois incompréhensible que la majorité du Conseil des Etats ait approuvé la suppression de la protection des biotopes de la loi sur l'énergie. L'attaque contre les marais, les zones alluviales, les sites de reproduction des amphibiens ainsi que les prairies et pâturages secs, c'est-à-dire contre les zones protégées les plus précieuses de Suisse, est contre-productive. Il s'agit d'à peine 2 pour cent de la surface du pays, qui abritent pourtant un tiers de toutes les espèces animales menacées en Suisse. Les dommages que les installations de production d'énergie causeraient à ces habitats, devenus rares, seraient irréversibles et disproportionnés. La crise de la biodiversité, qui touche déjà fortement la Suisse, s'en trouverait encore aggravée, et avec elle la crise climatique, car ces zones protégées sont également de très importants puits de carbone.
En supprimant la protection des biotopes, le Conseil des Etats fait en outre fi de la décision populaire sur la stratégie énergétique, qui remonte à seulement cinq ans. Le compromis accepté par le peuple en 2017 prévoyait d’exclure la construction d'installations destinées à la production d'énergie dans des biotopes d'importance nationale
Il existe d’autres mesures qui permettent de résoudre la crise énergétique plus rapidement et de manière plus respectueuse de l'environnement. L’installation de panneaux solaires sur les bâtiments existants, permet de produire à nouveau suffisamment d'électricité pour couvrir la consommation. Les mesures contre le gaspillage d'électricité, permettent de réduire d'un tiers la consommation d'électricité de la Suisse sans perte de confort.
Informations complémentaires: La transition énergétique dans le respect de la nature : https://energiewende2035.umweltallianz.ch/fr/
Contacts:
Pro Natura: Nathalie Rutz, responsable des médias, <email-pii>, tél. 079 826 69 47
WWF Suisse: Pierrette Rey, porte-parole pour la Suisse romande, <email-pii>, tél. 079 662 47 45
Greenpeace Suisse: Mathias Schlegel, porte-parole climat pour Greenpeace Suisse, <email-pii>, tél. 079 794 61 23
Kontakt:
Jonas Schmid, Kommunikationsberater für Biodiversität, WWF Schweiz, 079 241 60 57, <email-pii>