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L’Aikido
L’Aïkido est un art martial traditionnel japonais fondé par Morihei Ueshiba O Sensei entre les années 1925 et 1940. Reconnu en 1940 par le gouvernement japonais (avec comme première appelation Aïkibudo), il naît de la rencontre, du croisement de différentes expériences martiales et d’une réflexion philosophique de Morihei Ueshiba sur sa vision des arts martiaux à l’ère moderne.
Dans un point de vue terre-à-terre, l’Aïkido se compose d’un ensemble de techniques à mains nues ou avec armes qui utilise la force de l’adversaire, ou plutôt son agressivité, sa volonté de nuire et qui la réduit à néant, sans concept de victoire. L’Aïkido peut être considéré comme la concrétisation du concept de légitime défense : une réaction proportionnée et immédiate à une agression. L’idée est qu’il faut éviter toute opposition afin de ne pas alimenter le conflit : ce n’est donc pas la force des bras ou des jambes qui travaille, car l’attaquant percevrait cette force comme une volonté de le contraindre. Par phénomène d’action-réaction celui-ci serait amené à mettre à son tour de la force, ce qui mènerait à une résolution du conflit par « la loi du plus fort ». La force physique est donc mise de côté et n’a plus d’importance. C’est ce qui permet de se défendre contre un adversaire plus grand et plus fort. Cela explique aussi la mixité de pratiquants dans cet art : en effet, tout le monde s’entraîne ensemble, les hommes et les femmes, comme les plus jeunes et les plus âgés.
Mais l’aspect philosophie a également son importance: l’Aïkido est une voie, au sens japonais du terme, c’est-à-dire un processus de développement et d’accomplissement de soi : elle est la « voie (dô) de l’harmonie (ai) des énergies (ki) » (image ci-contre: ordre du haut vers le bas: ai-ki-do). Le développement de cet art par Morihei Ueshiba ne sait pas fait dans le seul but d’amener son corps à une maîtrise la plus parfaite possible de techniques de combats; l’entraînement de l’esprit est primordial pour réussir à oublier tout sentiment belliqueux à l’égard de l’attaquant. Parvenir à apaiser le conflit jusqu’à sa disparition requiert une parfaite unicité du corps et de l’esprit ; la disposition mentale du pratiquant importe énormément lorsqu’il effectue un mouvement.
« La finalité de l’Aïkido est de polir l’esprit et le corps afin de construire un individu d’une grande intégrité. » Ueshiba Kisshômaru.
Le but de la pratique est donc de s’améliorer, de progresser aussi bien techniquement , physiquement que mentalement. Bien que la complexité de cet art demande un certain niveau de pratique dans une utilisation en combat réel, l’Aïkido n’est pas une pratique dont la finalité est de se battre mais un art martial qui permet de se préparer à l’éventualité d’attaques de toutes sortes (frontale, dans le dos, attaques à plusieurs attaquants,…). De part ce fait, l’Aïkido se distingue par son abscence de compétition et par une multitude de styles répondant à différentes aspirations. L’Aïkido est un art martial complet qui permet au développement de l’individu. Allant de la pratique à mains nues, à celles avec arme, cet art martial à l’avantage d’offrir une panel de techniques et de situations possibles d’attaques. La plupart des attaques sont directes et l’aïkidoka exécute en harmonie une technique qui neutralise celle-ci. Au lieu de se défendre en frappant, l’aïkidoka s’entraîne à utiliser différentes techniques de projection ou d’immobilisation en utilisant des techniques de clé de bras dans le but de neutraliser l’adversaire sans provoquer des blessures sérieuses. Laisser couler la « violence de l’adversaire » en un lieu prédéterminé, où elle ne peut nuire.
Offrant un travail varié: allant de techniques où les deux adversaires sont debouts, jusqu’à une situation où l’attaqué est à genoux et l’attaquant debout, cet art martial propose une variété de techniques qui permet de réagir à ces diverses situations. En outre, l’Aïkido comporte également l’étude des maniements d’armes en bois: le sabre (bokken), le bâton (jo) et le couteau (tanto) qui permet d’appréhender les distances face à un ou plusieurs adversaires, de travailler une posture correcte et de vaincre l’appréhension des armes. Cette pratique, complémentaire à celles à mains nues, permet ainsi d’avoir une meilleure compréhension de la pratique dans sa globalité.
De part sa philosophie, ses diverses techniques et ses styles, l’Aïkido offre une évolution et une remise en en question constante dans la pratique, qui entraîne une progression de l’esprit, qui elle-même en modifie la pratique au fil du temps. Cet art offre donc finalement un moyen de lier de manière étroite philosophie et entraînement physique, corps et esprit.
Pourquoi pratiquer l’Aïkido?
L’Aïkido est un art martial de self défense qui vise au développement personnel. L’Aikido est bien plus que l’étude de mouvements techniques. Il demande une bonne attitude et le respect d’une certaine étiquette sur le tatami. Vous pratiquez l’Aïkido à la fois en faisant les techniques et en les subissant. Votre partenaire n’est pas un compétiteur. L’Aïkido ne va pas seulement améliorer votre condition physique (résistance, endurance, équilibre, souplesse et coordination) mais encore votre mental (confiance en soi, concentration, vivacité d’esprit et respect d’autrui).
De plus, l’Aïkido a une éthique: se défendre sans esprit de vengeance, oublier l’ennemi et être capable de réagir quelle que soit l’attaque. L’Aïkido peut être une façon idéale de faire face à la vie. Eviter les confrontations, savoir gérer celles qui sont inévitables, et savoir faire face aux bons et mauvais moments.
L’Aïkido ne dépend pas uniquement de la force physique. En conséquence, il peut être recommandé à tout âge. Les pratiquants jeunes, en bonne santé et forts peuvent le pratiquer en dépensant toute leur énergie tout en sachant qu’ils pourront le pratiquer à des âges plus avancés. Les femmes apprécient également cet art martial qui privilégie la self-défense et augmente la confiance en soi.
Sources:
Wikipedia. Aikido
Travail de maturité 2012 « L’aïkido : une philosophie en mouvement » de Muriel Brandt (1er Dan au sein du club, membre depuis son enfance).
UESHIBA Kisshômaru (2010). AÏKIDO: L’oeuvre d’une vie.
Le Fondateur
Morihei Ueshiba, surnommé en japonais O-Sensei (Grand Maître), a fondé l’Aïkido dans la première moitié du XXème siècle. Il naît de Yokoru et Yuki Ueshiba en 1883 à Tanabe au Japon. Durant sa jeunesse, il étudiat différents types d’arts martiaux et devint expert en nombreux styles de jujutsu (combat sans armes), kenjutsu (combat de sabre) et sojutsu (combat de lance). En 1903, durant son service militaire, il fut appelé à être soldat durant la guerre russo-japonaise, ce qui le marqua profondement.
« J’aimais être dans l’armêe mais je ressentais intuitivement que la guerre n’était pas la solution au conflit. La guerre s’accompagne toujours de mort et de destruction et ne peut en aucun cas être une bonne chose. »
En 1907, à la fin de son service, il déménage à Hokkaido où il rencontre et étudie avec Takeda Sokaku, le fondateur du Daito-ryu Aiki-jujutsu, qui eu un impact considérable dans la développement de ce qui deviendra l’Aïkido. Maître Ueshiba, impressionné par son art, consacra beaucoup de temps et d’argent à sa pratique, jusqu’à devenir l’un des meilleurs étudiants de Sokaku, ce qui lui ouvra les portes de l’enseignement.
Néanmoins, suite à la maladie grave de son père, il mit brutalement fin à son entraînement pour retourner à Tanabe. Durant son voyage, un compagnon de route l’introduit à un personnage religieux que fut Onisaburo Deguchi, qu’il rencontra quelques temps plus tard à Ayabe. A la mort de son père, il décida de retourner à Ayabe afin d’y trouver la paix intérieur en vivant en ascète. Durant cette période, Deguchi offra la possibilité à Ueshiba d’enseigner les arts-martiaux, lui permettant ainsi d’ouvrir son premier dojo.
Au cours de cette période, il enseigna en différents lieux, avant de s’installer à Tokyo et de fonder le Kobukan dojo (actuel Hombu Dojo) en 1931. Durant plusieurs années, il y fut extrêmement actif en tant qu’enseignant du Daito-ryu jujutsu. Ce fut au cours de ces mêmes années qu’il se sépara graduellement de style de Sokaku Takeda et créa son propre style, qu’il nomma à ces débuts Aiki Budo.
Peu après le début de la seconde guerre mondiale, Morihei Ueshiba décida de s’installer à Iwama afin de s’éloigner de l’agitation de la guerre et se consacrer à la méditation, l’entraînement et l’agriculture. C’est dans ce contexte que Morihei Ueshiba fonda et développa l’aïkido, une pratique nouvelle née d’une réflexion, d’une évolution, et d’une transformation de sa vision des arts martiaux et de sa propre pratique. Cette discipline se base sur une conception inédite des rapports entre les êtres, et fait de la paix et de l’harmonie ses valeurs les plus importantes, cela tout en respectant les valeurs traditionnelles du Budo.
O-Sensei pratiqua l’Aïkido jusqu’à sa disparition en 1969. Ses connaissances martiales, sa vitalité et sa bonne humeur étaient hors du commun et appréciées des ses élèves. Après son décès le 26 avril 1969, le gouvernement japonais sacra Morihei Ushiba Trésor National du Japon.
Sources:
STEVENS John (1999). Morihei Ueshiba. Une biographie illustrée.
Travail de maturité 2012 « L’aïkido : une philosophie en mouvement » de Muriel Brandt
Aikido Journal Blog
L’Entraînement
L’Aïkido peut être pratiqué par des femmes et des hommes de toutes tailles et âges. L’intérêt de la pratique est de progresser à la fois techniquement, physiquement et mentalement, tout cela dans un contexte de bonne humeur (le fondateur Morihei Ueshiba était très attaché à ce point).
Le but premier de l’Aïkido n’est pas d’obtenier une pratique pour utiliser dans un combat réel, ce qui demande généralement un haut niveau de connaissance, mais il permet de préparer quiconque, autant physiquement (souplesse, rapidité, musculature), techniquement (distance de sécurité, trouver l’ouverture, gérer plusieurs attaques) que mentalement (sang-froid), à l’éventualité d’une attaque de quelque sorte.
Les aïkidokas s’entraînent le plus souvent par deux. L’« attaquant » (uke, littéralement « celui qui accepte, qui chute ») déclenche une attaque contre le « défenseur » (tori « celui qui saisit »), qui la neutralise avec une technique d’Aïkido. Les techniques sont composées de projections ou d’immobilisations, et la majorité d’entre elles peut s’effectuer debout, ou à genoux. En général, la technique est étudiée de la manière suivante : le professeur montre le mouvement, puis le partenaire uke attaque le tori, le plus souvent quatre fois (deux fois de chaque côté : droite et gauche alternativement), puis les partenaires échangent les rôles pour 4 nouvelles attaques. Ceci jusqu’à ce que l’enseignant demande l’arrêt de la technique.
Une autre forme d’entraînement consiste en un travail libre (jiyu waza), où le uke et le tori peuvent appliquer une technique de leur choix sur une attaque que le uke aura choisi au préalable. Ce travail peut être également appliqué par groupe de plus de 2 partenaires (randori) qui permet au tori de gérer une situation où il est assailli par plusieurs toris.
La Tenue
L’Aïkido se pratique en tenue quasi identique à celle du judo ou du karaté. Le keigogi (tenue composée d’un pantalon et d’une veste) est la tenue de base. La veste est fermée à l’aide d’une ceinture (obi) qui représente parfois, par sa couleur, le niveau du pratiquant. Selon l’école ou lorsque le professeur l’estime, la tenue est assortie d’un hakama (pantalon large plissé, muni d’un dosseret rigide (koshi ita)).
Le hakama est un vêtement traditionnel, portés par les nobles du Japon médiéval, et notamment les samouraïs, dont la forme ce figera à l’époque Edo. De nos jours, le hakama est le plus souvent de coton, de soie ou de polyester (ou un mélange des trois) et utilisé dans certains arts-martiaux, tels que l’Aïkido, le ïado, ou le kendo.
De part sa découpe, le hakama pésente toujours septs plis (cinq devant et deux derrières) qui symbolise les septs vertus que le pratiquant d’arts martiaux se doit de suivre et améliorer:
- Jin : La bienveillance, la générosité. Elle représente la bonté que le pratiquant se doit de transmettre à autrui, quelque soit son origine, âge, sexe, opinion ou handicap.
- Gi : L’honneur, la justice. L’honneur doit être compris comme le respect de soi-même, d’autrui, et des règles morales que l’on considère comme justes. Elle demande d’être fidèle à ses engagements, à sa parole, et à l’idéal que l’on s’est choisi.
- Rei : La courtoisie, l’étiquette. Elle symbole, à travers l’étiquette, l’expression de l’attention sincère et authentique portée sur autrui.
- Chi : La sagesse, l’intelligence. La sagesse s’entend comme l’aptitude à discerner en quelque contexte que ce soit, le positif et le négatif, à n’accorder aux choses et aux événements que l’importance qu’ils ont, afin de ne pas se laisser aveugler ni s’abandonner aux mauvaises émotions. Elle permet ainsi de maintenir la sérénité sur le tatami.
- Shin : La sincérité. Elle est une des vertus importantes dans la pratique d’un art-martial. Elle représente l’engagement de l’élève envers sa Voie qui se doit être totale, sans équivoque.
- Chu : La loyauté. Elle est un ciment du Budo et des diverses pratiques martiales. L’aïkidoka s’engage à une fidélité et à des règles de son école et dans sa vie en général.
- Koh : La piété. On entend piété dans le sens du respect profond et authentique envers les bases philosophiques ou techniques de l’art-martial que l’étudiant pratique.
Les Armes de l’Aïkido
Bien que souvent représenté par des techniques à mains nues, l’Aïkido se pratique également avec des armes. La pratique des armes est le plus souvent complémentaire à la pratique à mains nues (certaines écoles comme l’Iwama ryu considère leur pratique comme essentiel), permettant, entres autres, une meilleure compréhension des déplacements, de la posture, ainsi que des distances vis-à-vis de ces adversaires.
On utilise le plus souvent en Aïkido trois armes différentes: le bokken (sabre), le jo (bâton) et le tanto (couteau). La pratique des armes en Aïkido est très large et comprend des techniques combinant armes contre armes ou armes contre mains nues. Leur apprentissage passe le plus souvent pas quatre types d’exercies particuliers:
- Suburi : Développement de la maîtrise des armes et apprentissage des coups et postures à travers des mouvements réalisés seuls.
- Awase : Travail avec un partenaire des suburis afin de travailler l’harmonisation.
- Kumijo et Kumitachi : Combats codifiés avec un partenaire comprenant jo contre jo (kumijo) ou boken contre boken (kumitachi).
- Kata : Séquences codifiées de coups qui peuvent s’exécuter seul ou à plusieurs (kumijo/kumitachi).
Les Grades
Le système des grades dans les Budos a été développé au Japon par Jigorō Kanō (fondateur du Judo) dès le XIXe siècle afin de remplacer le système traditionnel de certificats d’aptitude permettant d’enseigner. Ce système est construit autour de grades, dits kyu et dan, permettant ainsi un suivi plus moderne et progressif du niveau des élèves. Les grades représentent dans le Budo un ensemble indissociable de trois valeurs, que sont : le Shin (morale), le Gi (technique) et le Tai (physique) que l’élève apprend à maîtriser au cours de sa progression.
Dans le cas de l’Aïkido, le système dépend fortement des écoles et/ou pays dans lequel il est pratiqué. Toutefois, dans la grande majorité des cas, l’étudiant se voit attribuer le « myu kyu » (littéralement « sans grade ») ou le 6ème kyu. La progression jusqu’au 1er kyu se déroule au dojo à travers des passages de grade, qui consiste en la présentation de techniques en face de son enseignant. Le système des couleurs de grades n’est généralement pas appliqué en Aïkido, qui se contente de la ceinture blanche pour les kyus et de la noire pour les niveaux dans. Toutefois, afin de marquer les niveaux, certaines écoles (dont la nôtre) suivent un système de couleurs très similaire au Judo.
Le passage aux dans se déroule similairement à ceux des kyus, mais la présentation se passe souvent devant un jury (comprenant des enseignants d’autres écoles). Comme dans de nombreux Budos, la ceinture noire (1er dan) n’est pas signe de maîtrise de l’art, mais simplement une indication que l’étudiant vient simplement d’acquérir les bases de celui-ci. Les niveaux supérieurs sont donc attribuer lorsque l’étudiant acquiert une plus grande adresse dans ces techniques.
L’Etiquette
Au cours de notre vie quotidienne, nous sommes régit par de nombreuses règles et coutumes sociétales qui permettent aux individus de communiquer et écouter en évitant tant que faire ce peut de possibles malentendus. Dans une société guerrière, telle qu’elle l’était durant le Japon féodal, ces protocoles étaient d’autant plus importants, qu’ils permettaient de gérer la violence par une structure très hiérarchisée et un code d’honneur. L’étiquette, qui englobe toutes ces règles et coutumes,(reishiki ou reigi) est donc le pilier central de cette cohésion.
L’Aïkido, comme toutes formes de budo, représente une part de cette société guerrière dont on penètre l’univers en entrant dans le dojo et qui, selon comment il est codifié, peut devenir un lieu de respect et de camaraderie ou une place de discorde et de violence. L’étiquette est donc un aspect de l’entraînement en Aïkido, qui permet de pratiquer dans le respect, la sécurité et la confiance mutuelle, offrant ainsi un environnement adéquat pour l’apprentissage et évitant, de ce fait, toute blessure physique et mentale.
Dans les arts martiaux, l’étiquette se construit sur de nombreuses règles, comprenant à la fois des attitudes à avoir au sein du dojo que des règles à suivre durant les entraînements. Celles-ci permettent de se préparer et de rester prêt à recevoir l’enseignement qui peut venir à n’importe quel moment ou forme, que ce soit d’un sensei ou d’un débutant.
Cette transmission du savoir est symbolisé par le Kamiza (littéralement « siège du haut », place d’honneur) dont orne en général une calligraphie, des sabres, un portraint ou tout autre objet symbolique lié à la discipline enseignée. En montant sur les tatamis et en les quittant, le pratiquant salue debout (ritsurei) en direction du Kamiza afin de manifester son engagement et son désir d’approfondir ses connaissances et par signe d’humilité
Chaque début de cours commence par un instant de contemplation en position assise (seiza) qui permet de se couper du monde extérieur et de suivre le cours avec sérénité. Au signal du sensei (rei), les pratiquants saluent le Kamiza en s’inclinant, à genoux. Par ce geste de modestie, l’étudiant s’engage à accepter toute forme d’enseignement sans idée préconçue, sans jugement envers la pratique de l’autre. Dès lors, l’enseignant se retourne face aux élèves et salue de nouveau en prononçant Onegai Shimasu, indiquant que l’on demande à pouvoir pratiquer. Ce dernier salut se pratique également durant le cours après chaque présentation de technique et lorsque les élèves se saluent mutuellement avant de travailler ensemble, manifestant ainsi leur respect et leur accord d’éviter toutes formes de blessures. A la fin du cours, et en signe de remerciement, ce salut est renouvellé en prononçant cette fois Arigato Gosaimasu, « merci beaucoup ».
Cette structure de salut se retrouve également lors de la pratique avec des armes. La particularité dans de tel cas et qu’il convient de saluer avec l’arme présentée devant soi à hauteur des yeux en s’inclinant avec les bras restant à une hauteur fixe. Le placement de l’arme dépend simplement du type utilisé (tanto, bokken, jo).
Au delà d’un certain protocole durant le cours, l’étiquette comprends aussi des attitudes à suivre personnellement et qui montre une forme de respect envers l’enseignant, les autres pratiquants, mais surtout envers nous-même. Maintenir certaines règles de bon-sens, comme garder son équipement propre et en bon état, ou retirer ses bijoux et anneaux avant la pratique sont d’autant de règles à suivre qui illustre le respect du pratiquant et sa complète préparation. Se rappeler que le dojo où l’on pratique est un lieu d’enseignement, et non pas un lieu pour gratifer son égo ou montrer une attitude de réceptivité et d’humilité sont d’autant de comportement qui sont conseillés afin de profiter d’une ambiance favorable et bénéfique à l’apprentissage.
Cependant, bien que fondé en grande partie sur la courtoisie traditionnelle japonaise, l’étiquette n’est pas figée et peut s’adapter selon les idéaux et/ou enseignements qu’on suivi les senseis. Quelque soit sa structure, il est nécessaire qu’elle soit construite avec tout l’énergie et la conscience sincère afin qu’elle fasse sens et prend vie dans le dojo.
Sources:
Wikipedia. Étiquette de l’aïkido
Mitsugi Saotome (2013). Aikido and the Harmony of Nature
Bruce Klickstein, Morihiro Saitō (1987). Living Aikido