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Vidéo du Guttmacher Institute: Les faits sur l'avortement dans le monde
Dans le monde entier, la tendance à la libéralisation des lois sur l'avortement se poursuit. Center for Reproductive Rights 2011
Aujourd'hui,
Législations dans les pays du
monde (tableau) /
Carte mondiale
interactive /
Dispositions législatives dans le monde (ONU, brève description en anglais, état en 2001 / si vous n'arrivez pas à ouvrir la page du pays sélectionné, cliquez sur le bouchon droit de la souris et sauvez le document sur votre ordinateur. L'ouverture devrait alors être possible)
Lois de nombreux pays (état en 1999 - texte des lois, français, espagnol, portugais ou anglais)
Entre 1950 et 1985, la plupart des pays industrialisés ainsi que quelques pays en voie de développement ont libéralisé leurs lois sur l'avortement. À partir de 1986 jusqu'en 2010, 35 autres pays ont assoupli leur législation en la matière. 15 d'entre eux ont introduit le régime du délai (interruption de grossesse légalisée dans les premiers mois de la grossesse): cinq pays d'Europe orientale, l'Allemagne, la Belgique, la Grèce, la Suisse, le Portugal, l'Espagne, l'Afrique du Sud, le Cambodge, la Mongolie et le Népal. Le Canada, en 1988, a abrogé toute pénalisation de l'avortement. De plus, les Etats confédérés de Mexico City (Mexique), Australie de l'Ouest, Victoria et ACT (Australie) ont également introduit une solution du délai ou abrogé complètement les dispositions sur l'avortement du code pénal.
Seule la Pologne a passé d'une loi très libérale à des dispositions restrictives. Le Chili, le Salvador et le Nicaragua ont encore accentué le caractère très restrictif des lois frappant l'avortement.
Dans différents pays du tiers monde, mais également en Europe (Angleterre), des efforts de libéralisation sont en cours. D'autre part, les milieux conservateurs, en particulier dans les pays de l'ex-bloc de l'Est ainsi que dans quelques États des USA, essayent de rendre plus difficile l'accès à l'interruption de grossesse par des mesures restrictives.
Les lois ne sont pas seules à déterminer l'accès à
l'interruption de grossesse effectuée dans de bonnes conditions. Bien
des choses dépendent de l'interprétation de la loi et de la manière dont
elle est appliquée - mais également de l'opinion publique et de
l'attitude du corps médical. C'est ainsi, pour prendre un exemple, qu'au
Nigéria - malgré une loi très restrictive - bien des interventions sont
entreprises par des médecins privés. Aux Etats-Unis, en Autriche et en
Italie en revanche, malgré le régime du délai, il n'existe dans de
vastes parties du pays aucune possibilité pour la femme d'interrompre
une grossesse non désirée.
Sources :
A. Rahman et al. "A Global Review of Laws on Induced Abortion, 1985 - 1997"; Int. Fam. Plann. Perspect. 1998, 24: 56-64;
Abortion Worldwide, Alan Guttmacher Institute 2009
Center for reproductive rights, 2011
Quoique, de par le monde, un nombre croissant de couples désirent avoir moins d'enfants, et quoique fréquemment des relations sexuelles soient nouées dans des conditions où un enfant est ressenti comme indésirable, il arrive souvent qu'aucune contraception efficace n'est employée. Accès difficile à la contraception; contraceptifs de mauvaise qualité; peur des effets secondaires: telles sont quelques-unes des nombreuses causes qui expliquent le phénomène. Toutes les méthodes connaissent d'ailleurs un certain taux d'échec. Ce qui provoque dans toutes les sociétés un certain nombre de grossesses non désirées, et quelques-unes des femmes concernées se décident à une interruption. Leurs raisons - en premier lieu des raisons de santé, des problèmes sociaux ou de couple - se ressemblent dans le monde entier.
Tout à travers le monde, c'est environ une grossesse sur cinq qui est interrompue. L'Institut Alan Guttmacher à New York estime le nombre des avortements dans le monde entier à 56 millions en 2014 (contre 46 millions en 1995), dont probablement la moitié au moins sont effectués illégalement dans des conditions dangereuses, la plupart dans les pays en voie de développement. (Induced Abortion Worldwide)
Des lois sévères ne conduisent nullement à une diminution du nombre d'avortements. Elles ont pour conséquence que les avortements sont effectués par des personnes non-qualifiées, que des femmes souffrant de complications n'osent pas se faire traiter et que souvent un délai assez long s'écoule jusqu'à ce que la femme trouve enfin la possibilité d'avorter. Ceci vaut en particulier pour les femmes sans moyens financiers.
Là où les avortements sont faits dans la clandestinité
et par des non-professionnels, ils mettent en danger la vie et la santé
des femmes. Chaque année, les complications de l'avortement illégal provoquent des traumatismes et des incapacités temporaires ou permanentes
pour un nombre entre 5 et 8,5 millions de femmes.
En 1990, l'OMS (Organisation mondiale de la santé) a estimé à 70'000 environ les décès annuels dus à des avortements mal faits. Pour l'année 2008, l'OMS a réduit son estimation à 47'000 décès (Unsafe abortion - Global and regional estimates). En 2014, l'Institut Guttmacher estime ce nombre à 23-44'000. La réduction est due notamment à l'utilisation de plus en plus souvent, par les femmes sudaméricaines, de médicaments abortifs au lieu de moyens plus crus. Toutefois, dans certains pays en voie de développement, dans les cliniques urbaines, deux lits sur trois sont encore occupés par des femmes victimes de complications d'un avortement bousillé.
La légalisation de l'interruption de grossesse évite les risques pour la santé des femmes, et à long terme, elle fait baisser le nombre d'interventions, si elle est soutenue par une politique de prévention.
En moyenne mondiale, le taux d'avortement annuel est estimé à 35 pour 1000 femmes âgées de 15 à 44 ans (estimation 2016). Le taux ne varie pas beaucoup d'un continent à l'autre.
L'Institut Alan Guttmacher en arrive à la conclusion que tant dans les pays en voie de développement que dans les pays industrialisés, la mise à disposition de centres de planning familial bien organisés et une large diffusion des moyens contraceptifs modernes et fiables ont pour conséquence la diminution du nombre d'avortements.
Int. Fam. Plann.
Persp. 1999, 25 (Suppl.) S 30-28.
Alan Guttmacher Inst.: Sharing Responsibility - Women, Society & Abortion Worldwide, 1999
Alan Guttmacher Institute, 2012: Induced abortion: incidence and trends worldwide from 1995 to 2008
Guttmacher Institute: Induced Abortion Worldwide, 2016