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La mendicité à Lausanne est peu organisée, affirme une étude universitaire. Cette activité est pratiquée par des groupes familiaux pour la plupart originaires de Roumanie. L'interdiction de mendier avec des enfants leur est connue et ils la respectent.
L'étude menée entre mai 2011 et avril 2012 a été réalisée sous la direction des professeurs Jean-Pierre Tabin (Haute Ecole de travail social et de la santé - EESP) et René Knüsel (Université de Lausanne), sur mandat du Service de protection de la jeunesse du canton de Vaud (SPJ). Elle visait à décrire la population mendiante et à se renseigner sur le sort des enfants.
La synthèse de ce travail, dont l'ats a pu prendre connaissance, montre qu'entre 50 et 60 personnes mendient à Lausanne. La plupart viennent de Roumanie, mais il y a aussi des Hongrois et des Slovaques. Ces personnes ont généralement entre 20 et 50 ans.
Mode de survie transitoire
La plupart viennent pour un temps bref, poussés par la pauvreté et les discriminations dont ils sont victimes dans leurs villages. La mendicité est considérée comme un mode de survie transitoire, l'objectif étant de trouver un emploi. Selon les 23 mendiants interrogés par les chercheurs, cette activité rapporte entre 10 et 20 francs par jour.
Les horaires de mendicité ne sont pas fixes et les arrivées ne se font pas en grands groupes, ce qui fait dire aux chercheurs que "la mendicité est peu organisée". La présence de réseaux mafieux, souvent brandie dans les débats législatifs pour interdire la mendicité, ne se vérifie pas.
Soin des enfants
Malgré leur situation difficile, les parents prennent soin de leurs enfants. Lorsqu'ils mendient, les petits enfants sont gardés par une personne mineure plus âgée ou par des personnes majeures qui ne mendient pas, appartenant au même groupe familial.
Dans le canton de Vaud, la mendicité est interdite par plusieurs communes de la Riviera et de l'Ouest lausannois. Pully et Yverdon-les-Bains en discutent. A Lausanne, la municipalité a présenté jeudi un contre-projet à l'initiative du PLR contre la mendicité par métier. Le nombre d'emplacements autorisés pour les mendiants serait fortement limité.
ATS