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Le Fonds mondial pour la nature (WWF) condamne la proposition du gouvernement suisse qui vise à affaiblir la protection du loup. Il la juge «irresponsable».
La proposition helvétique devrait être votée la semaine prochaine à Strasbourg lors de la réunion relative à la Convention de Berne.
Cette tentative d'affaiblir le statut du loup est «injustifiée et inacceptable parce qu'elle intervient beaucoup trop tôt», estime Joanna Schönenberger du WWF.
«Les autorités helvétiques prétendent que le loup se reproduit rapidement, poursuit la spécialiste des grands carnivores. Mais, à l'heure actuelle, ils sont deux ou trois sur le territoire suisse – deux à la frontière italienne et un dans les Grisons.»
Par ailleurs, Joanna Schönenberger rappelle que le loup est protégé par la Convention de Berne parce que c'est une espèce menacée.
Le WWF demande donc aux 45 Etats-membres de la Convention de Berne de refuser la proposition helvétique la semaine prochaine à Strasbourg.
Trop tôt
Soumise lors de la 25e conférence du Comité permanent du Conseil de l'Europe, la proposition suisse prévoit de faire passer le statut du loup d'animal «strictement protégé» à «protégé», comme le lynx.
Le gouvernement helvétique espère ainsi «créer de meilleures conditions pour assurer la coexistence du loup et des animaux de rente, essentiellement les moutons, dans les régions de montagne».
Le WWF comprend l'argumentation des autorités. Il ne s'oppose pas au principe même de chasser le loup, mais il juge qu'il est encore trop tôt. D'ailleurs, rappelle l'organisation, la Convention de Berne autorise déjà l'abattage des loups qui s'attaquent au bétail de manière répétée.
«Nous devons apprendre à protéger nos bétails des attaques du loup ou d'autres prédateurs comme l'ours, le lynx ou... le chien. Changer son statut dans la convention ne fait pas de sens alors qu'il n'y a que deux ou trois loups dans le pays», précise Joanna Schönenberger.
Récente réapparition
Le loup avait pratiquement disparu de l'ouest de l'Europe au début du 20e siècle, en raison de la chasse et de l'exploitation de son environnement naturel par l'homme.
Mais ces dernières décennies – en partie grâce à la Convention de Berne – les loups sont réapparus dans les Alpes. En 1995, quelques-uns d'entre eux son arrivés en Suisse par l'Italie.
Si la proposition des autorités helvétiques est acceptée à Strasbourg, ce serait un pas en arrière, non seulement pour le loup, mais pour tous les animaux protégés par la Convention de Berne, estime Joanna Schönenberger.
«Ce serait une journée noire, conclut-elle. Dès que deux loups apparaissent, on modifie une convention... Imaginez le précédent que cela créerait!»
swissinfo, Thomas Stephens
(Traduction de l'anglais: Alexandra Richard)
Faits
La Convention sur la conservation de la faune, de la flore et de leur milieu naturel en Europe a été adoptée en septembre 1979, à Berne.
45 pays sont membres de la Convention de Berne, dont la Suisse.
Le loup a disparu de Suisse il y a un siècle. Il est réapparu en 1995.
En bref
- Le gouvernement suisse propose de changer le statut du loup des «espèces strictement protégées» à la catégorie moins contraignante des «espèces protégées».
- Une proposition que le WWF juge «inacceptable et irresponsable», alors que seuls deux ou trois loups sont présents en Suisse.
- La proposition sera discutée lors de la réunion du Comité permanent de la Convention de Berne la semaine prochaine à Strasbourg.