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07/04/2015
Budget 2015 : l'acte final d'un déséquilibre politique et comptable
Alors que le budget de la Ville de Genève se monte pour l'exercice 2015 à un total de 1'139'300'000 francs, son boni n'est que de 13'695 francs. Ce qui représente une disponibilité de 37.50 francs par jour pour faire face à des dépenses imprévues, soit une marge de manœuvre de 0.00001% pour une ville de près de 200'000 habitants. Ce budget n'est donc équilibré que de nom et montre que la seule vision politique du Conseil Administratif est l'augmentation des dépenses.
Avec un excédent totalement artificiel, une marge de manœuvre nulle, une absence totale de remboursement de la dette municipale et, surtout, des dépenses de fonctionnement montées à l'extrême-limite de la marge de manœuvre légale qui demande qu'une municipalité ait un budget équilibré, ce budget 2015 était absolument inacceptable si l'on se veut un minimum responsable. La récente présentation des comptes municipaux montrant d'ailleurs qu'il y a toujours pour plusieurs millions de dépenses imprévues durant une année budgétaire.
La dichotomie entre la majorité du Conseil Administratif dont 4 sièges sur 5 sont occupés par des représentants de l'Alternative, et celle du Conseil Municipal ou les mêmes partis de l'Alternative n'occupent que 39 sièges sur 80, a une fois de plus amené le Conseil Municipal à entrer en conflit avec le Conseil Administratif lors de cet exercice.
La raison de celui-ci ? L'absence totale d'écoute de l'exécutif dont la majorité de gauche préfère, une nouvelle fois, construire sa majorité sur les seuls partis de l'Alternative tout en approchant des conseillers municipaux élus sur des liste de droite et siégeant en indépendants. Plusieurs amendements visant à alléger le budget 2015 de la Ville de Genève ont ainsi été perdus à cause de ces élus indépendants qui, pourtant, ont été élus sur un tout autre programme politique.
Les débats politiques ont été longs et laborieux car c'est le seul moyen pour la droite de s'opposer à une politique qu'elle juge inefficace, le Conseil Administratif préférant continuer à gouverner avec les seuls partis de l'Alternative. Pourquoi négocier et discuter avec la droite municipale lorsqu'on peut continuer à gouverner et administrer en vase clos ? Pourquoi écouter des commissions parlementaires lorsque tout se décide au caucus de l'Alternative ?
Dans son mépris de la majorité de droite du Conseil Municipal, la majorité du Conseil Administratif a préféré s'appuyer sur les seuls partis minoritaires de l'Alternative renforcée par des indépendants ne représentant plus qu'eux-mêmes. Avec au passage, un MCG qui s'est senti obligé de voter un budget qu'il avait pourtant combattu pendant tout le débat.
Ce budget 2015 a été l'acte final d'une législature qui a vu le Conseil Administratif gouverner avec le seul soutien des partis de l'Alternative, ainsi que d'indépendants qui ne représentaient plus qu'eux-mêmes. Mettant à l'écart les différentes composantes de la droite municipale qui est pourtant majoritaire dans le cénacle. Il est vrai que lorsqu'on peut s'appuyer sur une majorité de fait, qui vote des projets sans aucun esprit critique, il n'est pas utile de chercher plus loin.
Le 19 avril 2015, les partis de l'Alternative ne retrouveront sans doute pas la majorité absolue qu'ils ont perdue en 2011. Pire que cela, ils ne pourront cette fois plus compter sur le renfort d'élus déloyaux à leurs partis et à leurs électeurs. Ainsi, quoi qu'il arrive lors de l'élection du Conseil Administratif, la population verra avec 4 ans de retard son souhait de mettre fin à la toute puissance de la gauche municipale exaucé.