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Géraldine Savary ne sollicitera pas un nouveau mandat lors des élections fédérales 2019. Attaquée pour ses liens privilégiés avec le milliardaire Frederik Paulsen, la conseillère aux Etats socialiste vaudoise renoncera aussi à la vice-présidence du PS dès décembre.
"La pression médiatique dont je fais l'objet a atteint ma santé. Je n'ai plus la force nécessaire pour mener de front mon mandat et une nouvelle campagne électorale qui s'annonce difficile", a déclaré la sénatrice mardi devant la presse à Lausanne. Et d'ajouter qu'elle ne sera "évidemment pas candidate à la vice-présidence du Conseil des Etats" l'an prochain.
Accompagnée du Vaudois Roger Nordmann, chef de groupe socialiste aux Chambres, Géraldine Savary a reconnu des "erreurs d'appréciation" dans ses relations avec Frederik Paulsen, président de Ferring à Saint-Prex (VD) et consul honoraire de Russie dans le canton de Vaud.
"Image égratignée"
"Je suis consciente que les déplacements que j'ai faits en Sibérie, à Grenade et la contribution de Frederik Paulsen aux campagnes Savary-Recordon interpelle dans ma famille politique et ailleurs. Cela égratigne mon image et celle de mon parti," a-t-elle poursuivi.
La conseillère aux Etats, qui fêtera bientôt ses 50 ans, dit "assumer ses erreurs et en prendre la responsabilité". "Je ne suis pas prête à faire n'importe quoi pour ma carrière. J'ai toujours eu conscience qu'il y avait une vie après le Parlement. Je n'imaginais pas que les choses se feraient de cette manière-là", a-t-elle déclaré, la voix par moments étranglée.
Comptes transparents
"Pour faire la transparence complète", Géraldine Savary a annoncé que le comité de campagne Savary-Recordon avait reçu 7000 francs supplémentaires de Frederik Paulsen pour le 2e tour du Conseil des Etats en 2011. Elle a admis avoir omis d'en informer son parti.
Cumulé avec le premier don de 8000 francs de Frederik Paulsen, la limite a été dépassée de 2500 francs pour chaque candidat. Le PS n'accepte en effet pas de versement dépassant 5000 francs par candidat, ni de don d'entreprise.
A l'époque, le parti n'a, à aucun moment, souhaité vérifier ces comptes. Mme Savary a précisé que les dons ont été versés sur les comptes de comités de campagne. Ils n'ont rien coûté au contribuable. Au total, le comité a récolté 41'000 francs en 2011.
Des bosses communes
Interrogée sur ses liens avec le milliardaire, l'élue a raconté l'avoir rencontré en Sibérie. "C'est quelqu'un avec qui je ne partage pas grand-chose, en tout cas pas des convictions politiques. Mais on avait deux ou trois bosses communes. Une relation d'estime est née".
"Sa situation fiscale ne m'était pas connue ni en 2011, ni en 2015. Je n'étais pas au courant qu'il était au forfait", a-t-elle assuré. La sénatrice a souligné que la pression dont elle a été l'objet l'a "atteinte personnellement et dans sa santé", estimant que les médias avaient franchi certaines limites.
Départ regretté
Le renoncement de Mme Savary est une grande perte pour le PS qui regrette cette décision, a relevé Roger Nordmann. Elle n'a enfreint aucune loi. Elle ne s'est pas enrichie. Son choix montre son grand sens des responsabilités, a-t-il noté.
Frederik Paulsen regrette lui aussi la décision de la conseillère aux Etats. Il dénonce "le harcèlement médiatique et politique" qui s'est abattu sur une "femme brillante". Le milliardaire est "déçu" de constater que la décision est liée au soutien qu'il lui a apporté.
Difficile à supporter
Les Verts vaudois regrettent, mais comprennent que Géraldine Savary ait décidé de ne plus se représenter. Ils admettent qu'il faut instaurer une transparence totale en matière de financement politique.
Les campagnes médiatiques qui s'attaquent à la vie privée sont difficiles à supporter, souligne le PLR. Il estime que le fait que la sénatrice aurait dû demander une dérogation à son parti pour se représenter a dû jouer un rôle. Quant au PS, son comité directeur se réunit mardi soir. Il ne communiquera pas avant mercredi.
L'UDC Vaud estime que l'annonce de Géraldine Savary est le résultat "d'un règlement de comptes interne au Parti socialiste". Il faut une transparence du financement politique, mais que celle-ci reste interne à un parti. Il ne doit pas être divulgué sur la place publique, a poursuivi le président du parti Jacques Nicolet. Pour lui, cette défection affaiblit la liste PS pour les élections fédérales de 2019.