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De 1848 à la fin du XlXème siècle, les radicaux ont gouverné la Suisse. L'état, aussi bien au niveau fédéral que cantonal, pouvait être appelé à arbitrer des différends pour ceux qui souhaitaient éviter de recourir aux tribunaux. Depuis lors, devenu propriétaire de beaucoup de "moyens de production", l'état ne put plus jouer ce rôle d'arbitre…
Aux USA, les tribunaux jugés trop onéreux pour les adversaires en présence et pour l'état, la coutume des "arrangements" a pris de plus en plus d'importance; le perdant achète en quelque sorte sa liberté au prix fixé par la transaction. Depuis un siècle, donc, cette façon de procéder n'existe plus dans notre pays.
Surgissent les questions:
1- Lors d'un jeu, peut-on considérer celui qui perd comme coupable? La réponse est non; par exemple, on ne peut accuser Federer par ce qu'il a perdu son dernier match à Paris cette année! Mais il y a les tricheurs, les cas d e matchs de football truqués deviennent fréquents et les responsables doivent être sanctionnés.
2- En matière d'économie, les gérants de fortune, par métier, jouent à la bourse. Les actionnaires qu'ils représentent sont-ils toujours en droit de les traîner devant le juge? La réponse est non, bien sûr, mais il y a des "mais":
a) le gérant peut s'être trompé de bonne foi et, dans ce cas s'estimera "responsable, mais non coupable" dès lors qu'il peut prouver sa bonne foi . Est-ce si facile ? S'il y parvient, il échappe au pénal, mais, au civil, et cela dépend de son contrat, il devra peut-être s'acquitter de dédommagements aux victimes de ses agissements, de sa poche ou de celle de l'état ou de la banque si ces derniers sont tenus de couvrir la responsabilité de leurs employés.
b) les gérants prennent inévitablement des risques; aux uns, cela réussit, à d'autres pas; pour ceux-là où s'arrête leur responsabilité et où commence la fatalité du jeu ?
Aussi bien dans le cas a) que dans le cas b), qui peut trancher et quoi faire ? Bien malin celui qui répondra !
Dans l'affaire UBS, cependant, nous aimerions bien savoir la vérité ! Je crains bien que nous ne soyons déçus, car la vérité, elle, se cache... au plus profond de son puits !