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119. Ageism: A benchmark of public attitudes in Britain
Référence bibliographique
Ray, S., Sharp, E., & Abrams, D. (2006). Ageism: A benchmark of public attitudes in Britain. Age Concern, 1-74.
Résumé
Ce rapport examine les questions de l’âgisme (discrimination liée à l’âge) et plus spécifiquement de la mesure de l’âgisme en Grande-Bretagne. L’étude vise trois buts : 1) investiguer si les mesures de la discrimination issues de recherches sur le racisme et le sexisme ont un lien avec l’âgisme, 2) explorer la prévalence de l’expérience de discrimination basée sur différents aspects de l’identité sociale, et 3) créer des références de mesure de la prévalence des discriminations liées à l’âge pour de futures recherches.
La partie empirique de la recherche a consisté en des entretiens réalisés sur la base d’un questionnaire avec un échantillon représentatif de 1864 personnes de 16 ans ou plus, en Grande-Bretagne.
Quelques résultats
- La recherche met en évidence que l’âgisme existe en Grande-Bretagne et qu’il est plus fréquemment expérimenté par toutes les catégories d’âge que d’autres types de discrimination.
- L’âgisme prend la forme de « préjugé de bienveillance » (« benevolent prejudice »), c’est-à-dire que les personnes âgées sont stéréotypées comme étant chaleureuses, morales et admirables, mais moins capables et moins intelligentes que des personnes appartenant à d’autres tranches d’âge.
- Les conséquences de la discrimination liée à l’âge peuvent prendre différentes formes, notamment :
- restreindre l’accès au marché du travail (par exemple par une retraite imposée ou des incitations à prendre sa retraite),
- offrir moins de choix au niveau de la santé et des soins, en partant du principe que les personnes âgées n’ont pas les mêmes types de souhaits de vie que des personnes plus jeunes,
- considérer que c’est « naturel » pour les personnes âgées d’avoir des attentes moins élevées, des possibilités de choix et de contrôle restreintes, et que leurs points de vue soient moins pris en compte.
- Il apparaît que les personnes âgées elles-mêmes sont autant enclines que les plus jeunes à avoir des attitudes âgistes envers les aînés (c’est-à-dire envers des personnes appartenant à leur propre groupe d’âge).
Le fait que des personnes âgées et des plus jeunes aient un contact positif ou développent des relations d’amitié apparaît comme un élément-clé pour lutter contre l’âgisme. Certaines études ont en effet montré que les personnes qui étaient amies avec des personnes de plus de 70 ans avaient moins de stéréotypes concernant l’incapacité des aînés.
Implications pour la pratique
- Impliquer les personnes âgées en tant que participants actifs dans les initiatives visant à réduire l’âgisme est vivement recommandé, plutôt que de les considérer comme des victimes passives. Cela est d’autant plus important que l’âgisme est aussi le fait de personnes âgées elles-mêmes.
- Les politiques qui traitent différemment et mettent à part les personnes âgées (par exemple dans les soins, le social ou au niveau du logement) devraient être considérées avec prudence à la lumière de leurs effets potentiels de renforcement de l’âgisme dans la société. En effet, des contacts positifs entre les personnes âgées et les personnes d’autres tranches d’âge contribuent à réduire les préjugés vis-à-vis des personnes âgées.
- De la même manière, le fait que des personnes de groupes d’âges différents travaillent ensemble, notamment dans le cadre de projets intergénérationnels, doit être encouragé et évalué quant à sa capacité à réduire l’âgisme.
- Un outil d’enquête servant à mesurer des aspects-clés des discriminations basées sur l’âge, permettant un suivi de ce type d’attitudes dans la société, a été construit et est recommandé par les auteurs.
- Selon les auteurs, cet outil devrait continuer à être développé et utilisé périodiquement pour effectuer un suivi et une surveillance des attitudes publiques, comme c’est le cas en Grande-Bretagne.
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