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Les principaux facteurs de la demande en matière de santé sont le vieillissement de la population, la forte prévalence des maladies chroniques, l'augmentation des revenus, et l’innovation continue.
Alors que ces facteurs s’intensifient encore davantage, les dépenses de santé augmentent, et prennent une part encore plus importante du PIB. En 2014, les dépenses de santé se sont élevées à 7,6 billions de dollars et elles ont consommé 9,9% du PIB global (voir Figure 1). Les experts s’attendent à observer les taux de croissance les plus rapides en Asie-Pacifique où une confluence de facteurs (mis en évidence ci-dessous) convergent pour augmenter la demande et les dépenses.
La Chine seule devrait approcher des 900 milliards de dollars américains en matière de dépenses de santé, chaque année, d’ici 2020-21. En outre, sur les marchés émergents et les plus en voie de développement, la tendance vers une couverture accrue et de santé universelle se poursuit, puisque les gouvernements visent à réduire les dépenses non remboursées pour les particuliers et à augmenter l’accès aux soins. Ces efforts encourageront certainement une coopération ultérieure avec le secteur privé, tout en augmentant les investissements publics/privés.
Par exemple, récemment, la Chine encourage de plus en plus le recours à des partenariats publics-privés (PPP) pour aider à améliorer la fourniture de soins de santé. Par conséquent, les PPP en Chine sont devenus plus communs dans l’industrie de la santé domestique, en particulier dans le cas des hôpitaux. Au cours des années à venir, cette approche se confortera, au vu du 13ème plan quinquennal du gouvernement chinois, qui encourage l’établissement de systèmes de techniques médicales domestiques, en en augmentant ultérieurement l’accès, et en utilisant la santé numérique pour réduire le coût et augmenter l’efficacité des soins.
Selon les Nations Unies, le nombre de personnes de plus de 60 ans dans le monde a sensiblement augmenté au cours des récentes années et devrait s’accélérer au cours des prochaines décennies. La combinaison entre une longévité accrue et des changements démographiques (à savoir des cohortes supérieures de personnes plus âgées) implique des nombres de plus en plus importants de personnes plus âgées qui vivent de plus en plus longtemps. Par conséquent, le nombre d’individus dans le monde, âgés de 60 ans ou plus, devrait augmenter de 56% (de 901 millions à 1,4 milliard) entre 2015 et 2030 (voir Figure 2).
Par rapport à l’an 2000, la catégorie des plus de 60 ans a augmenté de 48% jusqu’en 2015. Environ deux tiers de ces personnes vivent sur des marchés émergents/en voie de développement et ces groupes grandissent encore plus vite que leurs pairs sur les marchés développés. La révision de 2015 des Prévisions de la Population Mondiale des Nations Unies montre que d’ici 2030, le groupe des plus de 60 ans sur les marchés développés augmentera de 26% pour atteindre 375 millions, tandis que sur les marchés émergents/en voie de développement, la population plus âgée atteindra 1 milliard, soit un taux de croissance de 71% (voir Figure 3).
Alors que ces groupes augmentent, la demande en soins de santé se développe comme des champignons, puisque les individus plus âgés consomment en moyenne trois à quatre fois plus de soins de santé (y compris des médicaments sur ordonnance) que des personnes plus jeunes. Aux États-Unis, les patients âgés de 65 ans ont reçu 39% de toutes les ordonnances et ont représenté 41% de l’augmentation depuis 2011.
En même temps, la classe moyenne mondiale se développe. Le Brooking Institute estime qu’environ les deux-tiers de la population mondiale feront partie de la classe moyenne d’ici 2030. L’augmentation sera particulièrement prononcée en Asie du Pacifique, où l’on prévoit une croissance de 88% (voir Figure 4). Cette augmentation considérable de la classe moyenne sur les marchés émergents aura des effets significatifs sur la demande en matière de soins de santé. Au fur et à mesure que les revenus augmentent, en particulier en partant de niveaux bas (comme c’est le cas sur la plupart des marchés émergents), la demande en soins de santé se développe généralement à un rythme bien plus rapide qu’elle ne le fait à des niveaux de revenus supérieurs. Cela est dû au fait que les soins de santé sont un «bien supérieur» qui, en termes économiques, implique une part plus importante de consommation, au fur et à mesure que les revenus augmentent. Appliqué aux marchés émergents, le concept signifie que, pour chaque dollar d’augmentation supplémentaire de revenu, un individu dépensera des montants relativement plus importants en matière de soins de santé qu’il ne le faisait avant l’augmentation. En d’autres termes, les dépenses de santé sont une priorité.
En outre, à côté d’une classe moyenne en hausse, on constate une urbanisation croissante et des styles de vie de plus en plus sédentaires. Ces caractéristiques de la vie moderne contribuent à leur tour à l’augmentation de l’incidence de l’obésité et des maladies chroniques, telles que les maladies cardiovasculaires et le diabète. L’Organisation Mondiale de la Santé a calculé qu’en 2001, les maladies chroniques représentaient 46 % de la charge des maladies mondiale – d’ici 2020, elles devraient atteindre 57%. En fait, la croissance se produit plus rapidement sur les marchés émergents/en voie de développement aujourd’hui qu’elle ne le faisait sur les marchés développés il y a 50 ans. Par exemple, les maladies cardiovasculaires aujourd’hui affectent davantage de personnes en Inde et en Chine que sur l’ensemble des marchés développés combinés. Le nombre de personnes souffrant de diabète dans le monde devrait atteindre un pic de 387 millions en 2016 à 592 millions d’ici 2035, selon la Fédération internationale du diabète. La Chine et l’Inde représentent plus de 160 millions de patients aujourd’hui.
Enfin, et en particulier sur les marchés développés, les traitements innovants et les progrès médicaux impliqueront toujours une augmentation des coûts de santé. Il convient toutefois de garder à l’esprit que les traitements innovants apportent également des avantages indirects, qui ont des implications économiques positives sensibles. Malheureusement, ces avantages indirects ne sont pas toujours immédiatement évidents, en particulier lorsque l’on considère le coût élevé du traitement initial. Donc, lors de l’évaluation des nouveaux traitements, leurs coûts ne devraient pas être évalués isolément.
En d’autres termes, il faut tenir compte des coûts directs et indirects. (Les coûts directs sont généralement les coûts du traitement, tandis que les coûts indirects peuvent inclure des choses telles que la perte de travail d’un patient, la chute de productivité, les jours de congé maladie et le temps que les amis et la famille passent à prendre soin du patient). Une étude de 2013 rapportée dans Lancet Oncology a estimé que les coûts directs et indirects du cancer en Europe en 2009 représentaient 126 milliards d’euros, dont 51 milliards d’euros de coûts directs du traitement, tandis que les coûts indirects dus aux pertes de productivité s’élevaient à 42,6 milliards d’euros, les coûts pour les jours de congés perdus représentaient 9,4 milliards d’euros et les coûts de soins informels représentaient 23,2 milliards d’euros.
L’augmentation de l’espérance de vie liée aux traitements innovants et ses effets associés sur la croissance économique doivent être considérés également dans la détermination de valeur. Aux États-Unis, les gains en matière d’espérance de vie entre 1970 et 2000 ont été estimés à 95 billions de dollars US. Il faut également considérer qu’une réduction de 10% de la mortalité due aux maladies cardiovasculaires et au diabète devrait représenter un total de 10 billions de dollars US aux États-Unis. En outre, un rapport de 2008 du Royaume Uni a montré que les investissements publics dans la recherche cardiovasculaire, de 1975 à 1992, ont donné des rendements d’environ 39%. En termes économiques, cela signifie que, pour chaque livre sterling investie dans la recherche cardiovasculaire publique, le Royaume Uni a gagné 0,39 livres sterling annuellement, perpétuellement en matière d’avantages économiques. Paradoxalement, une partie de la solution à l’augmentation des demandes en matière de santé (et des dépenses) est une innovation (onéreuse) ultérieure, qui encouragera une innovation (onéreuse) encore ultérieure. Cette approche permettra de s’assurer que les coûts économiques indirects potentiellement énormes d’une maladie sont minimisés.