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Le déroulement des transports de matières radioactives, ainsi que la gestion d'exploitation et l'état des installations nucléaires, y sont qualifiés de bons. Lors de la conférence de presse du 22 avril 2002 organisée à l'occasion de la publication de ce rapport annuel, M. Ulrich Schmocker, le nouveau directeur de la DSN, a confirmé que du point de vue technique, une exploitation sûre des centrales nucléaires était possible pendant 60 ans.
Dans son rapport annuel, la DSN montre que les quantités de matières radioactives rejetées dans l'environnement sur les quatre sites des centrales nucléaires, au Centre de stockage intermédiaire de Würenlingen (Zwilag) et à l'Institut Paul-Scherrer (PSI) sont nettement inférieures aux valeurs limites fixées par les autorités. Dans toutes les installations nucléaires suisses, les doses collectives du personnel ont, une fois de plus, atteint des valeurs peu élevées.
En 2001, la DSN a dû classer selon ses directives 16 événements survenus dans les centrales nucléaires suisses, et 2 au PSI. Parmi les 16 événements survenus dans les centrales nucléaires, 15 ont été classés au niveau 0, c'est-à-dire en dessous de l'Echelle internationale des événements nucléaires Ines, qui compte sept niveaux. Un événement a été classé au niveau 1. Il s'agit de la non-observation de procédures d'exploitation par deux opérateurs lors de la révision de la centrale nucléaire de Leibstadt en été 2001. Le cas - à savoir la falsification d'un procès-verbal de contrôle - a été découvert rapidement, puis notifié à la DSN. Celle-ci a ensuite demandé à Leibstadt de clarifier s'il s'agissait ici d'un cas isolé. La centrale nucléaire n'a constaté aucune autre falsification de tels procès-verbaux. Des formulaires à usage interne ont fait apparaître quelques irrégularités dans l'établissement des procès-verbaux de rondes de contrôle. Comme la falsification notifiée, ces irrégularités n'ont toutefois pas compromis la sûreté d'exploitation de l'installation.
La DSN a invité par la suite les exploitants des autres centrales nucléaires suisses à rechercher chez eux aussi d'éventuels cas de falsifications. Aucune falsification n'a été constatée. Par ailleurs, la DSN a réalisé des inspections dans toutes les centrales nucléaires suisses et vérifié des procès-verbaux de contrôle et des check-listes. Elle n'a pas détecté non plus de falsifications.
Suite à l'attentat terroriste du 11 septembre 2001, la DSN a lancé une étude sur la sûreté des centrales nucléaires suisses sous l'angle d'une chute d'avion. Il en ressort que les centrales nucléaires sont les installations civiles les mieux protégées contre des actes de sabotage ou contre un crash d'avion. La Suisse et l'Allemagne font partie des pays qui exigent depuis le milieu des années 70 des mesures spécifiques contre l'écrasement d'un avion sur des installations nucléaires. On en a tenu compte lors de la construction de Gösgen et de Leibstadt. Lors de la construction de Beznau et de Mühleberg, centrales plus anciennes, une conception explicite contre la chute d'avion n'était pas exigée; cela ne faisait pas partie à l'époque de l'état de la technique. C'est la raison pour laquelle les systèmes de secours d'urgence de ces deux centrales, systèmes ajoutés il y a quelques années, ont été conçus tout spécialement pour résister à une chute d'avion.
Les exploitants sont en train de réaliser actuellement une étude approfondie sur l'intégrité et la stabilité des bâtiments importants pour la sûreté, et sur les conséquences d'un incendie de kérosène dans les conditions d'un crash d'avion ciblé. La DSN et le groupe de travail institué par les exploitants sont en contact étroit avec d'autres groupes d'experts internationaux, des analyses similaires étant en cours dans d'autres pays. Un congrès international de l'AEN de l'OCDE organisé mi-avril 2002 a montré que les travaux réalisés jusqu'à présent en Suisse sur ce thème sont bien avancés et tiennent compte de méthodes d'analyse modernes. Un bilan intermédiaire tiré par ce groupe de travail permet de conclure que toutes les centrales nucléaires suisses présentent un niveau de protection élevé contre les chutes d'avion. Des analyses détaillées sont encore en cours, et le rapport final est attendu pour la fin de l'année.
Depuis la reprise, en août 1999, des transports de combustible usé de centrales nucléaires suisses, ce sont au total 33 transports de cette nature qui ont eu lieu jusqu'à début avril 2002. De manière générale, l'acheminement de matières radioactives intervient conformément aux réglementations internationales en vigueur sur le transport de marchandises dangereuses (ARD/ RID). Sur ces 33 transports, 19 ont été organisés vers à l'usine de retraitement française de La Hague, 10 à Sellafield et 4 au Centre de stockage intermédiaire Zwilag de Würenlingen, en Argovie. Depuis l'ouverture de la halle d'entreposage de Zwilag, deux transferts de conteneurs de transport et de stockage de coquilles de verre ont en outre été effectués de La Hague à Würenlingen. Aucun de ces 35 transports n'a donné lieu à une contamination inadmissible: les valeurs limites légales en matière de marchandises dangereuses ont été respectées. Le 18 avril 2002, lors du contrôle d'entrée à la centrale nucléaire de Beznau, une contamination au cobalt 60 a été constatée à trois endroits sur un camion vide provenant de France. Le camion a été immédiatement nettoyé et a été autorisé à repartir. Les personnes et l'environnement n'on à aucun moment été mis en danger.
Les mesures techniques, radiologiques et organisationnelles prises depuis 1999 pour empêcher des contaminations lors de transports font actuellement l'objet de nouvelles analyses et évaluations. Les résultats seront publiés dans un rapport qui paraîtra probablement fin mai. Le rapport annuel 2001 de la DSN peut être obtenu auprès de son secrétariat à Würenlingen à l'adresse postale "HSK; 5232 Villigen-HSK". Il n'est disponible pour l'instant qu'en allemand, les versions française et anglaise devant paraître dans quelques semaines. La DSN publie également son rapport annuel sur Internet.
Source
M.S./C.P. d’après un communiqué de presse de la DSN du 22 avril 2002