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Enfant, Chris Hemsworth jouait à Crocodile Dundee
Lorsqu’il parle de ses jeunes années avec sa mère Leonie et son père Craig dans le bush australien, où il se prenait pour Indiana Jones ou Crocodile Dundee, le visage de Chris Hemsworth s’illumine. «J’ai passé les premières années de mon enfance entre Melbourne et le Territoire du Nord australien, où nous vivions dans une communauté aborigène, raconte-t-il. La première ville était à quatre heures de route. Le minuscule village s’appelait Bulman. Mes parents y avaient d’abord travaillé dans un ranch, à attraper des buffles et réparer des barrières, puis ils ont ouvert la seule boutique de l’endroit. Ils y vendaient un peu de tout.» Dans cet endroit perdu au milieu de nulle part, les Hemsworth étaient l’une des deux seules familles de Blancs. Elle comptait Luke, l’aîné, Chris, le cadet, et Liam, le benjamin, connu au cinéma pour la saga «Hunger Games». «J’en garde des souvenirs d’enfance extraordinaires au milieu du bétail et des crocodiles. Ce qui était moins bien, c’étaient les longs trajets en voiture avec mes frères à l’arrière. Imaginez: trois jeunes mecs en train de se chamailler, de se bagarrer ou de râler pendant sept heures d’affilée...»
Ce que Chris a hérité de ses parents qu’il applique dans sa vie quotidienne? «Tant de choses! De papa, mes frères et moi avons pris le sens de l’humour et de l’autodérision. Notre grand-père paternel était aussi le premier à plaisanter en toute situation pour détendre l’atmosphère. Toujours prêts à rigoler l’un de l’autre, nous ne nous prenons jamais au sérieux. Notre père nous a aussi enseigné le respect des femmes. Ça me choque souvent, en Amérique, car une fille est surprise si un gars lui ouvre la portière d’une voiture ou lui tient une porte pour qu’elle passe… Chez moi, c’est inné et cela vient de ma famille.»
Ni bon ni mauvais élève, le jeune Chris a suivi une scolarité sans histoire. Jusqu’à ce qu’il attrape le virus de la comédie. «Adolescent, je changeais d’idée de carrière toutes les semaines. Un coup, je voulais être boxeur ou médecin, un autre, surfeur ou policier, ou alors cuisinier… Et puis mon grand frère Luke est devenu comédien, et je me suis dit que cette voie-là me permettrait d’essayer tous ces jobs en faisant semblant, comme lui.» C’est ainsi qu’à 18 ans Chris devient la star du petit écran national dans le feuilleton «Home Away», sorte de «Top Models». Et, comme pour nombre d’acteurs australiens avant lui, partir à la conquête de l’Amérique devient vite une obsession. «Hugh Jackman, Mel Gibson, Russell Crowe, la liste de mes compatriotes à Hollywood est longue. Alors je me suis dit: pourquoi pas moi? Mais je n’aurais jamais tenté ma chance sans les encouragements de mes parents. Souvent, quand un jeune dit rêver de faire telle ou telle chose, sa famille casse ses ambitions en lui affirmant qu’il n’y arrivera jamais. Moi, c’était tout le contraire. Lorsque j’ai annoncé à papa et maman que je songeais à m’installer en Californie pour passer des auditions, ils m’ont dit: fonce, et montre-leur que tu es le meilleur!»
Une partenaire de vie
Après avoir incarné le dieu vivant Thor, le jeune acteur enchaîne depuis les rôles de sauveur de l’humanité, allant jusqu’à rescaper Blanche-Neige dans «Le chasseur» (ndlr: dont la suite sort en salle le 20 avril 2016). A la ville, loin de courir les soirées de Hollywood ou de s’afficher dans les clubs et les bars de Beverly Hills, le comédien puise son équilibre auprès de l’Espagnole Elsa Pataky, vue dans les films «Fast and Furious». «J’ai eu la chance de faire la plupart de mes bêtises de jeunesse à une époque où tout ne se retrouvait pas sur internet dans la minute, sourit-il. Mais en fait je n’avais qu’un but: rencontrer la femme qui serait ma partenaire de vie pour avoir des enfants.» Depuis leur mariage, en 2010, Elsa lui a donné India Rose, 4 ans, puis les jumeaux, Sasha et Tristan, 2 ans.
«India est encore jeune, mais parfaitement au courant du métier de son père. Un de ses copains étant arrivé à une fête déguisé en Spider-Man, le lendemain elle a réclamé un déguisement de Thor et ne l’a pas enlevé de la journée. Heureusement qu’il n’y avait pas de paparazzi: on m’aurait accusé d’utiliser ma fille pour faire parler de mon film!», commente-t-il dans un éclat de rire.
Elu «l’homme le plus sexy du monde» en 2014 par le magazine américain «People», l’acteur se vit d’abord comme un jeune papa qui ne jure que par ses trois enfants. Il ne peut empêcher ses yeux de briller, tandis qu’il nous confie un souvenir récent: «Nous étions en voiture, ma femme conduisait, moi j’étais assis à l’arrière à côté d’India. A un moment, pour me reposer, j’ai posé ma tête sur ses jambes. Sa sucette dans la bouche, elle a commencé à chantonner tout en me caressant la tête. J’ai croisé le regard d’Elsa dans le rétroviseur: elle avait les larmes aux yeux. Cette minute de bulle à trois, c’était un instant magique, du pur bonheur!»
«Avant de me marier et d’être père, poursuit-il, j’étais prêt à prendre tous les risques sur un tournage. Aujourd’hui, je vis avec des doutes et des peurs car je veux protéger ma famille.» Au risque de nuire à sa carrière, l’acteur a même fait le choix de quitter Hollywood pour s’installer avec les siens dans son Australie natale. Où, suivant les traces de ses parents, il s’est récemment impliqué dans la défense des enfants en danger. «Mon père aide depuis des années à la protection de l’enfance au pays. Avec maman, ils ont rédigé une charte pour reconnaître les abus ainsi que les méthodes à suivre pour protéger les enfants. Ma mère était prof (d’anglais) avant qu’ils ne décident tous deux de bosser avec l’Australian Childhood Foundation.» Une fondation dont Chris Hemsworth est devenu l’ambassadeur, récoltant l’an dernier 200 000 dollars lors d’un gala de charité organisé par ses soins. Parmi les lots mis aux enchères, il proposait notamment un rôle de figurant dans «Thor 3», un dîner pour neuf convives à sa table et un cours de surf privé avec... lui, bien sûr.
«Partager, même si l’on n’a pas grand chose, parce qu’il y a toujours plus démuni que soi: voilà un truc important que mes parents m’ont inculqué très jeune.»
Questions d’enfance
Une odeur d’enfance Celle de la poussière et de la boue dans l’Outback. Nous avions un petit bassin fait de planches de bois et de l’eau d’une citerne. Quand on y sautait, Luke et moi, pleins de boue des chemins, c’était un grand moment!
Mon premier amour Jeune, j’étais constamment amoureux. J’aurais pu me jeter d’un pont pour plaire à une fille. Je me suis souvent laissé mener par le bout du nez, mais cela m’a permis d’apprendre ce qu’est le véritable amour.
Mon cauchemar d’enfance La ville. Les gens ont souvent peur de la jungle, moi c’est la jungle urbaine qui me donnait des cauchemars. J’ai toujours préféré le grand air, la nature.
Une phrase qu’on me répétait sans cesse Pas une phrase mais un mot: Kip! Quand on me demandait mon prénom, je répondais: Kiptopher, car je n’arrivais pas à prononcer le «Chris». C’est devenu mon surnom.
Un vêtement dont j’étais fier Un objet plutôt: ma première planche de surf, un truc indispensable qu’un Australien ne peut oublier. Quand on monte sur une planche pour la première fois, on voit la vie tout différemment.
Mon héros préféré Mon père. Je suis l’homme que je suis grâce à ce qu’il m’a appris plus jeune.
©Getty Images; DR
Chris et sa fille aînée India Rose, en mai 2015. Elle a 3 ans, il en a alors 32.
Une enfance passée entre Melbourne et l’Outback australien. Ici, les trois frères avec leur cousin Rob et leur grand-père paternel.
Les frères Hemsworth, Chris, Luke et Liam, tous trois acteurs, se retrouvaient en juillet dernier pour la première du film «Vive les vacances».
A 23 ans avec Lennie Hemsworth, sa mère.