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Image: Shutterstock
Des scientifiques de l'Université de Genève (Unige) ont découvert que le sommeil jouait un rôle majeur dans la consolidation de la mémoire et la gestion des émotions.
15.07.2021, 15:4115.07.2021, 16:09
Le tri des milliers d’informations traitées par le cerveau pendant la journée a lieu lors du sommeil profond. Plus encore, associer une récompense à une information le pousse à la mémoriser durablement. C'est ce que conclut une étude de l'Université de Genève publiée jeudi dans la revue Nature Communications.
Le rôle du sommeil auprès de la mémoire et des émotions
Faute d’outils capables de traduire l’activité cérébrale, le contenu de la pensée durant le sommeil reste inaccessible. On sait cependant que le sommeil joue un rôle majeur dans la consolidation de la mémoire et la gestion des émotions, selon l'établissement universitaire.
«Pour savoir quelles sont les régions cérébrales activées en sommeil et décrypter comment celles-ci permettent de consolider notre mémoire, nous avons mis au point un décodeur capable de décrypter l’activité du cerveau en sommeil profond. Nous voulions en particulier voir dans quelle mesure les émotions positives jouent un rôle dans ce processus»
Virginie Sterpenich, chercheuse au Département des neurosciences fondamentales de l’Unige
Les processus expliqués
- En sommeil profond, l’hippocampe – une des structures du lobe temporal dont le rôle est de détecter les nouveautés – renvoie vers le cortex cérébral les informations qu’il a stockées durant la journée.
- Un dialogue s’installe alors entre eux et permet de consolider la mémoire en rejouant les événements de la journée et en renforçant le lien entre les neurones.
Comment l'expérience a-t-elle été menée?
- Les scientifiques ont placé des volontaires dans une imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRM) en début de soirée.
- Ils les ont fait jouer à deux jeux vidéo: un jeu de reconnaissance des visages semblable au «Qui est-ce?» et un labyrinthe en 3D dont il faut trouver la sortie.
- Les volontaires ont dormi dans l’IRM une ou deux heures - soit la durée d’un cycle de sommeil - et l’activité de leur cerveau a été à nouveau enregistrée.
La réflexion derrière le choix des jeux
Ces jeux ont été choisis car ils activaient des régions cérébrales très différentes et donc plus faciles à distinguer sur les images enregistrées par IRM.
De plus, les jeux étaient truqués à l’insu des volontaires de telle sorte qu’on ne pouvait gagner qu’à un seul des deux jeux (la moitié des volontaires gagnait à l’un, et l’autre au second) pour que le cerveau associe au jeu gagné une émotion positive.
Les résultats de la recherche
Deux jours plus tard, les volontaires ont réalisé un test de mémoire: reconnaître tous les visages du jeu, d’une part, et retrouver le point de départ du labyrinthe, d’autre part. Là encore, plus les régions cérébrales du jeu étaient activées en sommeil, plus les performances de la mémoire étaient bonnes.
«Et très nettement, le cerveau revivait le jeu gagné et non le jeu perdu en réactivant les régions utilisées à l’éveil. Dès que l’on entre en sommeil, l’activité du cerveau change. Progressivement, nos volontaires ont commencé à repenser aux deux jeux, puis presque exclusivement au jeu gagné lorsqu’ils sont entrés en sommeil profond»
Ainsi, la mémoire associée à une récompense est meilleure lorsqu’elle est spontanément rejouée durant le sommeil. Avec ces travaux, l’équipe genevoise ouvre une nouvelle perspective dans l’étude du cerveau endormi et du travail qu’il effectue toutes les nuits, conclut l'Unige.
(ats/jch)
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