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Historique du chœur d’hommes
La Concorde d’Etoy
C’est à la sortie d’un culte au printemps 1864, qu’ Auguste Buchet, qui plus tard fondera l’Institution de l’Espérance, rassemble ses amis, jeunes hommes du village. Il a 19 ans, il aime la musique et propose de se réunir, et de créer une société de chant. Ainsi est née la Concorde. La Municipalité offre 20.- fr- à titre d’encouragement et le pasteur les motive à persévérer. C’est dans cet esprit de rassemblement et d’amitié fraternelle que grandit la Concorde. Bientôt elle aura son drapeau pour témoigner de son idéal et pour servir de signe de ralliement. Adrien Richard avec le titre de » premier régent » du village, vient au secours de ces débutants, et prend en main la direction. La Concorde va ainsi passer allègrement le cap de la fin du siècle. A relever qu’en ces années- la, le litre de lait coûte 15 cts et le vin 17 cts. et que la finance d’entrée dans la société se monte à 1.- puis à FR, 3.-frs dès 1911. Mais cette somme variera au cours des années en redescendant à 2 Frs comme du reste la cotisation à 1,50 frs .Il y a aussi des amendes de10 cts, 30 cts ou 50 cts, selon les années pour les absences aux répétitions. Dès sa constitution, la Concorde chante à la réception des catéchumènes et plus tard à Noël et à Pâques. Très tôt, la Concorde est à l’origine d’une activité théâtrale pour animer les deuxièmes parties de ses soirées. Elle présentera même certaines années une soirée concert et une soirée théâtrale. En 1913 Adrien Richard prend sa retraite et Louis Anken, nouveau régent, lui succède à la direction. Malgré la guerre 14-18, la mobilisation, quelques membres décédés, la chorale chante aux cultes des fêtes religieuses. Il y a aussi des courses mémorables et c’est au soir de la rentrée de l’une d’elle que Louis Anken apprend qu’il est papa de sa première fille Sylvianne, et tout naturellement la Concorde sera sa marraine. Après avoir organisé ses soirées dans plusieurs endroits, à l’Industrie, à la Tonnalle et au Battoir à grains, la Concorde se produit en 1935 dans la nouvelle Grande Salle sise au milieu du village sur l’emplacement de l’actuelle Maison de Commune. Autre fait marquant, en 1939. lors de la mobilisation, au début de cette deuxième guerre mondiale, la Concorde perd son jeune Président suite à une chute de Cheval. Les obsèques militaires ont marqué toute la population du village. 1945, fin de la guerre, pour nous suisses cela marque la fin du rationnement avec les coupons. C’est aussi l’année ou Louis Anken prend sa retraite après 32 ans de loyaux services. Comme il est propriétaire de 50 ares de vigne, la Concorde reconnaissante lui offre une brante dédicacée. A cette époque, la Municipalité et la Commission Scolaire choisissent les instituteurs et celui d’Etoy doit pouvoir diriger la chorale et être chantre aux cultes. C’est avec ces obligations que André Martin est nommé. En plus, André Martin se révélera être un metteur en scène compétant et compositeur de plusieurs revues mémorables. 1950 voit la création du Giron de l’Aubonne à laquelle participe la Concorde. Le vieux drapeau, après 89 ans de loyaux services est mis au repos avec des soins particuliers. Le 16 août 1953 une nouvelle bannière est inaugurée avec pour marraine l’Aurore de Féchy. Les 3 et 4 mai 1958 la Concorde organise son premier Giron des chanteurs de l’Aubonne auquel participe toute la population du village. Le centenaire est fêté le 29 février 1964, sous le signe de la joie et de la reconnaissance. L’Aurore de Féchy et La Concorde de Vuillerens sont de la fête où nous chantons une fantaisie musicale de notre directeur. Trois ans plus tard, André Martin, atteint dans sa santé, rentre dans le rang des chanteurs est cède la direction à Jacques Vittoz , chef jardinier à l’Institution de l’Espérance, très bon musicien et pilier dans les basses depuis 22 ans. « Etoy Tours 78 » en 22 chansons sera la dernière fantaisie musicale créée par André Martin. Egalement à cette soirée du 11 mars, tous les chanteurs portent une chemise rose avec une cravate sur laquelle est brodé « La Concorde ». 1987 première soirée dans la nouvelle Salle Polyvalente qui demande aux chanteurs quelques répétitions pour s’y adapter et trouver le bon emplacement sur la scène. L’année suivante, le29 mai 1988, le Chœur mixte de Buchillon » La Batelière » fête ses dix ans et inaugure son drapeau. La Concorde, marraine participe avec enthousiasme au concert et à la fête de nos amis. Les fêtes se suivent, car le 29 et 30 avril 1989, la Concorde fête son 125 ème anniversaire. Elle donne son concert le samedi soir avec le concours De La Jeune Helvétie de Morges. Le dimanche, après le culte, la plantation d’un cèdre dans le parc de la Salle Polyvalente est au programme et après le repas, la fête continue l’après-midi dés 14hoo par un concert de la Concorde, de L’Aurore de Féchy, du Chœur de Gilly et de la Batelière.
Au cours de toutes ces années, il y eut des courses mémorables. Rien de tel pour forger l’amitié qu’une course tous les deux ans. En train ou en autocar, en Suisse ou dans les pays qui nous entourent. C’est ainsi que la Concorde a visité, la Suisse Centrale, les Grisons, le Tessin, le Piémont, Innsbruck, Constance, la Forêt Noire, l’Alsace, la Bourgogne, la Provence, Marseille, Toulon, Gènes, Turin, etc.
On mentionnera encore les sorties le dimanche en famille avec rallye et broche. Beaucoup de beaux souvenirs avec chaque fois des anecdotes croustillantes.
A la soirée du 20 avril 1991, après 25 ans de direction, Jacques Vittoz dirige la Concorde pour la dernière fois, il a 77 ans. Dès l’automne, c’est Christian Baur, élève du conservatoire de Lausanne qui prend la relève. Après ses premières armes comme directeur, il nous quitte trois ans plus tard pour reprendre la direction d’un Chœur Mixte dans le Lavaux. Mais déjà un autre jeune directeur arrive, Emmanuel Scerri, maltais-canadien d’origine, qui drillera les chanteurs sur la justesse et la prononciation , ce qui fera dire à notre doyen Charles Lecoultre, 70 ans de chorale, « plus il nous use, plus on a de plaisir à chanter « . Lolo comme on l’appelait, était un inconditionnel du chœur d’hommes, même quand les rangs se sont éclaircis et que l’effectif est descendu en dessous de la barre de 20 membres, il a résisté avec vigueur, à l’idée d’un chœur mixte. Malheureusement après trois ans de service, Emmanuel s’ envole pour Londres où il désire prendre des cours pour solistes professionnels. Il nous fournit un remplaçant qui se présentera à l’assemblée d’automne 1997, mais qu’on ne reverra plus. Un SOS est lancé, est c’est Madame Claire Martin qui nous sort de cette fâcheuse situation et nous conduira jusqu’à notre soirée annuelle de 1998. Mme Martin, première femme à diriger notre chœur d’homme ouvrira la voie pour le future et fera dire au Président d’alors Claude Mellot » la Concorde n’est pas si misogyne qu’on le croit. Dés l’automne de cette même année, nous accueillons Raphaël Osorio, brésilien, étudiant au conservatoire de Lausanne et qui chante dans l’Ensemble Vocal de cette ville dirigé par Michel Corboz. C’est de ce grand chef qu’il acquerra toute les finesses de la direction et la méthode d’enseignement du chant. Ce fut douze années merveilleuses de joie et d’amitié pour tous les membres de la Concorde. Sous sa direction la Concorde s’est produite avec bonheur dans différents concerts à travers le canton. 2002 fut une grande année avec l’organisation du Giron de l’Aubonne à Etoy, en collaboration avec la Batelière. Belle fête réussie en tous points, qui laisse un bénéfice substantiel et nous permettra de racheter un nouveau drapeau.
Dans un autre registre, on remarque qu’à chaque assemblée générale, le problème de l’effectif des chanteurs est discuté. Il y a des départs mais aussi des arrivées. Mais le plus réjouissant, ce fut en 2005 lorsque 8 chanteurs de la Jeune Helvétie de Morges, qui a malheureusement cessé son activité, viennent gonfler les rangs de notre petite équipe en lui donnant un bon coup de fouet. On profita de cette arrivée pour changer de look. La chemise rose plus cravate bordeaux sont remplacés par un pantalon foncé, chemise blanche ou bleue, les couleurs d’Etoy, et un gilet avec écusson. Ainsi requinquée et bien habillée, la Concorde continue sont rayonnement avec l’arrivée en 2011 de notre jeune et talentueuse directrice Sophie Cornaz. Actrice, musicienne, à l’oreille très fine, elle dirige avec précision et fermeté. C’est un vrai plaisir de chanter sous sa baguette même s’il lui faut de l’énergie et de la patience pour nous faire chanter juste. Nous souhaitons que cela dure.
Il y aurait encore bien des anecdotes à raconter, car en 150 ans, cela fait beaucoup d’acteurs et d’histoires.