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Ostéoporose: état de la recherche en 2013
Le calcium et ses risques
En 2011, une étude concluait que la prise de suppléments de calcium, qu’on utilise dans le traitement de l’ostéoporose, augmentait le risque d’infarctus du myocarde. Mais l’an dernière, une grande étude allemande (près de 24000 participants suivis pendant onze ans en moyenne) n’a mis en évidence aucune association entre l’apport de calcium et mortalité cardiovasculaire. Ses auteurs concluent donc qu’une augmentation des apports calciques dans l’alimentation ne réduit ni n’accroît la mortalité cardiovasculaire.
La vitamine D
La vitamine D a suscité récemment un intérêt majeur car ses effets sont très nombreux. De multiples recommandations émanant de différentes spécialités médicales ont donc été publiées. Dans une volonté d’information et de standardisation, la Commission fédérale de l’alimentation a mandaté un groupe d’experts pour faire un état des lieux et émettre des recommandations pour la Suisse.
A l’image de ce qui est rapporté dans le reste de l’Europe, près de la moitié de la population suisse a une concentration de vitamine D dans le sang inférieure aux normes censées assurer la santé osseuse des adultes et la santé musculaire des personnes âgées. Le groupe d’experts recommande, sur la base des données de la littérature, l’ingestion d’au moins 800 unités de vitamine D par jour pour une réduction optimale du risque de chute et de fracture du col du fémur chez les patients à risque.
Sans qu’ils aient été prouvés par de grandes études contrôlée, on suggère aussi des effets bénéfiques de la vitamine D dans le contrôle de la tension artérielle, contre l’infarctus du myocarde, le cancer colorectal, les infections des voies respiratoires hautes, la tuberculose, la sclérose en plaques et le diabète.
La production naturelle de vitamine D par la peau est limitée, ses sources dans l’alimentation naturelle sont rares. Il convient donc aux patients à risque de prendre des suppléments, par voie orale ou intramusculaire. La durée de vie de la vitamine étant assez longue, il est possible de l’administrer selon un rythme hebdomadaire ou mensuel.
Autres traitements courants
Les bisphosphonates restent des outils efficaces pour réduire l’incidence des fractures ostéoporotiques. Cette famille thérapeutique pourrait s’enrichir prochainement d’une molécule ancienne mais avec que l’on pourrait prendre une fois par mois au lieu d’une fois par semaine: le risédronate (Actonel). Une étude portant sur des femmes avec une ostéoporose postménopausique a donné de bons résultats.
Le dénosumab, un anticorps monoclonal, est un puissant inhibiteur de la résorption osseuse, administré par injections sous-cutanées tous les six mois. Une étude de phase 2, concernant les doses à administrer se poursuit. Par ailleurs dans la grande étude de phase 3 qui a démontré la réduction des fractures ostéoporotiques, la poursuite de deux années supplémentaires de traitement aux trois premières années est associée à la persistance d’un taux bas de fractures
Référence
Adapté de «Ostéoporose», Dr Brigitte Uebelhart, in Revue médicale suisse 2013; 9: 125-31, en collaboration avec l'auteur.