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Un sommet international s'est achevé lundi 15 mai en Chine, visant à rétablir l'un des axes commerciaux les plus anciens du monde : la "route de la soie". Il y avait une trentaine de chefs d'État dans la capitale chinoise, parmi lesquels le Russe Poutine et le Turc Erdogan. Ils étaient invités par Pékin, qui a lancé ce gigantesque projet d'infrastructure pour relier l'Empire du Milieu à l'Europe via la Russie et l'Asie centrale, et à l'Afrique. Il s'agit de construire des routes, des lignes de chemin de fer, des pipelines, des lignes maritimes, et même des ports comme celui du Pirée, à Athènes, que les Chinois ont racheté pour une bouchée de pain à la faveur de la faillite de la Grèce. La Chine, toujours portée à l'excès lorsqu'il s'agit de célébrer ses propres réalisations, annonce quelque 800 milliards d'euros d'investissements et de prêts pour le projet.
Cela suit le tracé de l'ancienne "route de la soie", cet axe qui reliait la Chine à l'Europe via la Turquie, depuis l'avant Jésus-Christ jusqu'au XVe siècle. À entendre la propagande chinoise, il s'agit de promouvoir la paix, l'amitié entre les peuples et le commerce équitable. Une forme de mondialisation heureuse, que la Chine promeut désormais - on croit rêver ! - au moment où l'Occident et l'Amérique, en particulier, se tournent vers le protectionnisme.
La réalité est pourtant moins rose. La Chine n'a toujours pas ouvert ses marchés, c'est un pays fermé. Les Européens redoutent qu'elle n'utilise ces nouvelles routes pour exporter, à prix cassés, sa surproduction industrielle, en acier, en chimie, en ciment, etc. Aujourd'hui, l'Europe achète déjà pour un milliard d'euros de produits chaque jour, alors que la Chine ne nous en prend que pour la moitié.