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Pour le Suisse Stoecklin comme pour la Lettone Tatjana Barbakoff, l’année 1925 est celle des débuts sur la scène internationale. Le peintre est le seul artiste non allemand à faire partie de l’exposition fondatrice de la Neue Sachlichkeit (Nouvelle Objectivité) à la Kunsthalle de Mannheim. Quant à la danseuse juive, elle présente pour la première fois un programme personnel à Berlin, point de départ d’une carrière couronnée de succès dans l’aire germanophone ; suivront son exil à Paris en 1933, son arrestation par la Gestapo à Nice en 1944 et sa déportation à Auschwitz où elle mourra la même année dans les chambres à gaz.
Le portrait réunit deux tempéraments apparemment aux antipodes l’un de l’autre. Barbakoff a élaboré un art d’essence expressionniste, plus proche de la pantomime que de la danse. Ses spectacles déclinent une suite de tableaux décoratifs, mais aussi de parodies satiriques du monde de l’art contemporain (Dadaismus, Wege zu Kraft und Schönheit), où les costumes asiatiques et les masques – qu’elle conçoit elle-même – jouent un rôle central. Dans les années 1920, l’art de Stoecklin s’inscrit dans la réaction à l’expressionnisme, adoptant une forme de réalisme magique caractérisée par un vérisme symboliste, dénué de critique sociale.
Barbakoff donne une représentation très remarquée à Zurich en novembre 1929. La dimension proprement picturale de ses poses et la grande plasticité de son visage inspirent ce portrait à Stoecklin et plusieurs estampes à Gregor Rabinovitch. Ils viennent grossir le flot des artistes et des photographes qui prennent la danseuse pour modèle : dès 1924, les membres du groupe Das Junge Rheinland réunis autour de Johanna Ey, puis de très nombreux peintres et sculpteurs expressionnistes, parmi lesquels son compagnon Gert Heinrich Wollheim, Waldemar Flaig, Helen Dahm et Christian Rohlfs chez qui elle séjourne à Ascona en 1931 et qui lui consacre un vaste cycle de dessins.
Exposé actuellementLa collection
Bibliographie
Günter Goebbels, Hildegard Reinhardt et alii, Tatjana Barbakoff. Tänzerin und Muse, cat. exp. Bonn, August Macke Haus, 2002.
Christoph Vögele, Niklaus Stoecklin 1896-1982, cat. exp. Winterthour, Kunstmuseum Winterthur, Fribourg-en-Brisgau, Museum für Neue Kunst, 1997.