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L'enquête zurichoise sur la fortune déposée en Suisse par l'ex-chef des services secrets péruviens Vladimiro Montesinos s'étend. Vingt-cinq autres millions de dollars liés à deux autres personnalités péruviennes viennent d'être découverts.
Ces nouveaux comptes ont été bloqués dans des banques à Zurich et Genève dans le cadre de la procédure pénale pour blanchiment menée par le parquet zurichois, a indiqué, vendredi, Folco Galli, porte-parole de l'Office fédéral de la justice. Il n'a pas voulu préciser de quels instituts bancaires il s'agit.
Les nouvelles personnalités dans le collimateur de la justice sont l'ancien Premier ministre Victor Joy Way et le général Nicolas de Bari Hermoza. Les autorités péruviennes ont été informées avant Pâques de l'existence de ces nouveaux comptes, a ajouté M. Galli. Les documents bancaires saisis seront à leur disposition.
Jusqu'à ce jour, l'enquête en Suisse a permis de localiser environ 105 millions de dollars (près de 180 millions de francs), dont 70 appartenant à Vladimiro Montesinos.
Victor Joy Way et sa femme détiennent quelque 9,7 millions de dollars (16,5 millions de francs) dans des banques suisses. Au Pérou, cet ex-Premier ministre sous l'ancien président Alberto Fujimori est notamment accusé de corruption.
L'ancien commandant de l'armée Nicolas de Bari Hermoza possède lui quelque 14,5 millions de dollars (près de 25 millions de francs) dans des coffres helvétiques. Accusé d'avoir été mêlé à un trafic de drogue lorsqu'il était à la tête de l'armée entre 1992 et 1998, il a été placé en détention préventive.
Les enquêteurs péruviens ont aussi ordonné l'arrestation de sa femme et de ses deux enfants, qui apparaissent également comme les bénéficiaires des comptes. Ils ont toutefois quitté le pays avant que ne soient émis les mandats. L'épouse de Victor Joy Way, aussi inculpée dans l'affaire, se trouve également à l'étranger.
Comparaissant jeudi devant la commission du Congrès péruvien enquêtant sur l'affaire Montesinos, Victor Joy Way a rejeté en bloc les accusations. «Il n'y a absolument rien d'illégal ou d'illicite concernant l'argent déposé en Suisse», a-t-il déclaré.
Ces fonds sont le fruit de son activité légale d'homme d'affaires, a-t-il affirmé. Il a en outre nié tout lien avec le trafic de drogue, évoqué pourtant dans des rapports de l'agence anti-drogue américaine (DEA). Le Congrès péruvien a officiellement ouvert jeudi une enquête contre l'ancien général et l'ex-Premier ministre.
La procédure concerne à ce jour en Suisse principalement quatre personnes, avec un total de fonds bloqués atteignant désormais quelque 105 millions de dollars. Aux 70 millions de Montesinos et aux 25 mis en lumière récemment s'ajoutent les 10 millions de dollars découverts fin mars et appartenant à un proche de Montesinos, Victor Alberto Garrido.
Aucun avoir en Suisse de l'ancien président Fujimori n'a par contre été découvert à ce jour, selon Folco Galli. Aucune commission rogatoire n'a été adressée par le Pérou à son sujet.
La fortune déposée en Suisse par Montesinos proviendrait d'un commerce d'armes entre la Russie et le Pérou. Les enquêteurs tentent d'établir si les sommes bloquées proviennent de corruption.
Actuellement en cavale, Vladimiro Montesinos est aussi recherché pour blanchiment d'argent provenant du trafic de drogue, trafic d'influence, fraude fiscale, torture, assassinat. Ce scandale avait provoqué la démission du président Fujimori, dont l'ancien chef des services de renseignement était aussi le bras droit.
swissinfo avec les agences