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De mère bernoise et de père américain, le Suisse de la «Française des Jeux» sait ce que «faire le métier» veut dire. A 25 ans, il affirme ne pas encore connaître ses limites. Peut-être les découvrira-t-il sur le Tour de France. Mais son principal but est de porter un jour le maillot rouge à croix blanche.
A 25 ans - il les fête en ce jeudi 10 mai - Sven Montgomery fait partie de cette jeune génération avec laquelle le cyclisme suisse compte pour se relever.
Passé professionnel en 1998, chez «Post Swiss Team», il a rejoint les rangs des Français de la «Française des Jeux» en 2000.
Si son palmarès professionnel ne compte qu'une victoire à ce jour (Martigny - Mauvoisin en 1998), ses références pour accéder à l'élite étaient solides: 2ème du championnat d'Europe et des championnats de Suisse U23, et enfin 10ème du championnat de Suisse toutes catégories.
Né d'une mère bernoise et d'un père américain, ce double national affiche cette assurance des gens du pays de l'oncle Sam. Mais il reste néanmoins lucide.
Vainqueur deux ans de suite du classement des meilleurs jeunes du Tour de Romandie ses ambitions de cette année sont élevées: «le maillot vert». Puis, sérieux: «une place dans les dix premiers».
Ses débuts «professionnels» il s'en souvient: «le deuxième jour du camp d'entraînement j'ai fait la moitié de la sortie accroché à la voiture. Mort! Au plan de la compétition, les premières courses ont été bonnes. Un mois après, j'étais cuit! Ensuite, victime d'une chute, j'ai coupé un mois. A la reprise j'ai compris ce que «faire le métier voulait dire».
Athlète longiligne (1,80 m pour 63 kilos), Sven Montgomery ne se prend pas la tête. «Je suis en pleine progression. Mais je ne connais pas encore mes limites. Je me classe comme un coureur dans la moyenne du peloton».
Sven Montgomery est avant tout un coureur par étape. Il le reconnaît lui-même. «Je ne suis pas un spécialiste du sprint et du contre-la-montre. En revanche, dès que la route monte je me sens à l'aise».
Le Tour de Romandie terminé, la «Française des Jeux» s'engagera dans le Midi-Libre et le Dauphiné dans l'optique de préparer le Tour de France.
Le Tour? En compagnie de Daniel Schnider, il devrait être sur la ligne de départ à Dunkerque. Tout comme les Zberg. Les seuls Suisses!
Et si le maillot rouge à croix blanche passait des épaules du cadet des Zberg sur celles de Montgomery lors des championnats de Suisse (ceux-ci précèdent l'épreuve française)? Son objectif principal serait atteint: «Seule la croix m'intéresse, 2e c'est perdu!», affirme-t-il avec détermination.
Pierre-Henri Bonvin, Tramelan