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Nous savons depuis peu que les sauts acrobatiques à vélo sont considérés comme des entreprises téméraires absolues, et ce quel que soit le sport pratiqué. En cas de blessure, l'assureur-accidents a le droit de réduire les prestations versées à l'assuré.
La Suva considère les sauts acrobatiques à vélo comme des entreprises téméraires absolues, et ce quel que soit le sport pratiqué. Si vous exécutez des sauts ou des rotations sur vous-même, si vous lâchez le guidon ou les pédales, vous n'êtes plus entièrement couvert. Les sportifs qui pratiquent ce genre d'acrobaties s'exposent à une réduction de la moitié des prestations en espèces versées par la Suva, voire plus, et ce en particulier pour ce qui est des indemnités journalières et des rentes. La Suva applique en cela une recommandation de la Commission ad hoc sinistres LAA, dont elle est membre avec d'autres assureurs-accidents. Afin que les assurés ne voient pas leur prime grimper à cause des risques inconsidérés ou du comportement inapproprié de certains individus, le législateur permet aux assureurs-accidents de réduire leurs prestations dans certains cas exceptionnels.
La recommandation de la Commission ad hoc sinistres repose sur un arrêt que le Tribunal fédéral a rendu en janvier 2015 concernant le dirt bike. Le tribunal définit ce sport comme une variante du cyclisme pratiqué sur un terrain boueux recouvert de bosses artificielles et obstacles en tous genres. Le vélo sert à faire des sauts et des figures spectaculaires en l'air. Ce sport interdisant de ramener le risque à un niveau raisonnable, sa pratique a valeur d'entreprise téméraire absolue.
Les sauts et les pirouettes spectaculaires à vélo sont nouvellement considérés comme des entreprises téméraires absolues. En cas de blessure, l'assureur-accidents peut réduire les prestations versées à l'assuré.
La descente VTT (downhill) et les entraînements sur le parcours de la course font aussi partie des entreprises téméraires absolues. Le VTT ou les sauts conventionnels sans figures périlleuses sont entièrement couverts. Ces pratiques considérées comme des entreprises téméraires relatives peuvent faire l'objet d'un examen au cas par cas afin d'exclure un éventuel non-respect des règles et prescriptions de prudence usuelles. Plusieurs facteurs donnent généralement lieu à une réduction des prestations, comme un mauvais équipement ou un manque d'expérience complet sur un parcours difficile.
La Suva recommande donc à chaque vétéiste descendeur ou dirt biker de contrôler attentivement sa couverture d'assurance et de la compléter en fonction de ses besoins. Il est cependant conseillé de pré-voir une couverture supplémentaire dans le cadre de l'assurance complémentaire LAA pour éviter une réduction ou un refus des prestations en cas d'accident. Les VTT devraient également prendre une assurance RC privée pour couvrir d'éventuels dommages causés à des tiers.
Cela fait bien longtemps que le VTT est passé du statut de sport de niche à celui de sport de masse. Il faut toutefois garder à l’esprit que les vététistes qui prennent trop de risques s’exposent à une réduction des prestations d’assurance en cas d’accident. Il peut donc être judicieux de suivre des cours spécifiques. Beat Stirnemann, responsable VTT de Swiss Cycling, mène de telles formations au sein d’entreprises assurées à la Suva. Il nous explique à quoi il faut faire attention.
Beat Stirnemann, responsable VTT de Swiss Cycling
Que faut-il maîtriser avant de s’aventurer hors des sentiers battus?
Il est impératif de savoir comment aborder les différents types de terrains tels que les cailloux, les pierres, les pâturages ou encore les racines. Cela demande des connaissances complémentaires bien précises afin de pouvoir garder l’équilibre en toutes circonstances.
Les cyclistes qui roulent quotidiennement sur la route en ont-ils besoin?
C’est comme en ski de fond: ce n’est pas parce que l’on pratique le style classique que l’on maîtrise le pas de patineur. Il en va de même pour le VTT. Selon les exigences du terrain, il peut être utile d’avoir suivi des cours spécifiques sous la direction d’un expert. Cela garantit à la fois une meilleure sécurité et plus de plaisir.
Quelles sont les principales causes d’accident?
Souvent, les sportifs surestiment leurs capacités et, par conséquent, évaluent mal la situation. Dans le cadre de nos cours, nous nous adaptons au niveau de chacun et au type de vélo qu’ils possèdent. Il est important de maîtriser les éléments de base puis de se perfectionner afin de pouvoir conduire en toute sécurité tout en prenant plaisir à évoluer dans la nature.