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On peut affirmer que s'en sortir en barrage est devenu plus difficile pour l'équipe de National League. C'est en jetant un premier coup d'œil à la nouvelle structure du hockey suisse qu'on arrive à ce constat.
Ce barrage, c'est l'affrontement entre le dernier (perdant des play-out) de la National League et le champion de Swiss League. Avant cette année, quand l'élite ne comptait que douze formations, il s'agissait du duel entre la 12e équipe nationale et la 13e. Aujourd'hui, avec quatorze clubs en National League, le barrage oppose donc la 14e équipe du pays à la 15e. Or, le numéro 14 national est clairement plus faible que l'ancien numéro 12. Par contre, le 15e national, en tant qu'équipe championne de Swiss League, est à peu près aussi fort que l'ancien numéro 13.
Une équipe ambitieuse de Swiss League peut regarder droit dans les yeux la plus faible de National League. La Chaux-de-Fonds est sportivement comparable à Lausanne, Langnau et Rapperswil, tous champions de Swiss League et promus après le barrage, respectivement en 2013, 2015 et 2018. Dans cette nouvelle configuration, le barrage n'est donc pas devenu plus facile pour l'équipe de National League. Au contraire.
La réglementation sur les étrangers semble jouer contre l'équipe de deuxième division dans ce barrage: avant la pandémie, l'équipe de National League jouait avec quatre étrangers, celle de Swiss League avec deux. En barrage, elles en avaient toutes les deux droit à trois. La formation de Swiss League ne devait donc engager qu'un seul étranger supplémentaire et celle de National League n'en envoyait qu'un seul en tribunes.
Désormais, six étrangers sont autorisés en National League, mais seulement deux en Swiss League. En barrage, c'est quatre chacun. Autrement dit, l'équipe de deuxième division doit désormais engager deux étrangers supplémentaires. Et elle a jusqu'au 15 février pour le faire. Un investissement extrêmement exigeant sur le plan financier et sportif.
L'équipe de National League doit, elle, biffer deux étrangers de sa liste. Comme la plupart des clubs ne disposent pas de six étrangers de première classe, le fait que deux d'entre eux ne puissent plus jouer n'a pas beaucoup d'importance. A Ajoie, le défenseur Jérôme Gauthier-Leduc et l'attaquant Martin Bakos n'ont que le niveau d'un étranger de Swiss League. En théorie, dans ce barrage, beaucoup d'arguments plaident contre le champion de Swiss League et beaucoup en faveur du dernier de National League.
Quatre équipes entraient en ligne de compte pour disputer ce barrage: Langnau et Ajoie en National League, La Chaux-de-Fonds et Olten en Swiss League. Si on fait abstraction des étrangers et des gardiens, on a quatre équipes de force pratiquement égale. Ce sont donc les étrangers et les gardiens qui font la différence. Langnau avait de loin les meilleurs étrangers et, avec Luca Boltshauser, le meilleur gardien. Grâce à ça, les Emmentalois ont assuré leur maintien en finale des play-out contre Ajoie.
La Chaux-de-Fonds peut, lui, compter sur le deuxième meilleur gardien en la personne de Victor Östlund. Il est au moins aussi bon que Tim Wolf et Damiano Ciaccio d'Ajoie. Après Langnau, Ajoie possède les meilleurs étrangers. Les quatre titans (Devos, Hazen, Gauthier, Brennan), s'ils restent en bonne santé et jouent leur meilleur hockey, sont si bons qu'ils peuvent décider à eux seuls de l'issue d'un barrage.
L'entraîneur en chef et directeur sportif d'Ajoie, Julien Vauclair, a eu raison de jouer le tout pour le tout en tentant de sauver la peau de l'équipe déjà face Langnau. Il a échoué et est maintenant pris au piège. Un échec parce que Langnau avait un meilleur gardien et de meilleurs étrangers. Et avec Thierry Paterlini, probablement aussi le meilleur entraîneur.
Julien Vauclair a dû, notamment en raison des prolongations, faire beaucoup travailler ses sept meilleurs joueurs (les sept étrangers engagés): ils comptabilisent tous plus de 20 minutes par match en play-out. Le défenseur T. J. Brennan a même plus de 30 minutes. Le prix à payer est élevé: trois des joueurs clés ajoulots (Frédéric Gauthier, Philip-Michaël Devos et Jonathan Hazen) ne sont plus en mesure de jouer leur meilleur hockey.
Jonathan Hazen, le meilleur Jurassien individuellement, a été tellement secoué sur une charge terrible, mais régulière lors du premier match contre La Chaux-de-Fonds que sa saison est d'ores et déjà terminée.
Au cours des play-offs de Swiss League, l'entraîneur de La Chaux-de-Fonds, Louis Matte, n'a par contre utilisé qu'un seul joueur (le défenseur Giancarlo Chanton) avec plus de 20 minutes de temps de glace et ses étrangers sont en meilleure forme que ceux d'Ajoie. Le niveau d'énergie du challenger neuchâtelois devrait donc être meilleur. C'est le piège dans lequel est tombé Julien Vauclair.
Ajoie est désormais dangereusement menacé de relégation. Lorsque le directeur de la National League, Denis Vaucher, déclare au Matin.ch qu'il ne serait pas bon qu'Ajoie soit relégué, il a raison: le club jurassien dispose d'une meilleure infrastructure et d'une base économique incomparablement plus large que son rival neuchâtelois. Ajoie peut dépenser près de huit millions pour sa première équipe, soit deux fois plus que La Chaux-de-Fonds.
Le HCC n'aurait pas dû recevoir l'autorisation de promotion, notamment à cause de son infrastructure – la patinoire des Mélèzes – insuffisante. Mais cette autorisation est due à la protection de «l'espèce du hockey romand» par la politique de la fédération: une équipe alémanique n'aurait jamais obtenu cette autorisation de promotion dans les mêmes conditions.
Est-ce que tout est maintenant mis en œuvre en coulisses pour empêcher la promotion de La Chaux-de-Fonds, parce que la National League préfère avoir Ajoie en haut? Non, il n'y a pas de théorie du complot. On peut partir à 100% du principe qu'il s'agit d'une compétition sportive loyale sur la glace, sans influence politique. Pour la première fois cette saison, la National League et la Swiss League sont des organisations séparées: la National League est une société anonyme indépendante, la Swiss League fait toujours partie de la fédération.
Le directeur Denis Vaucher défend donc les intérêts légitimes de la National League lorsqu'il dit qu'il préférerait avoir Ajoie en haut. Mais il ne peut absolument rien faire contre La Chaux-de-Fonds: il existe une séparation des pouvoirs qui fonctionne. Les arbitres dépendent de la fédération, donc de la même organisation que le HCC. Si théorie du complot il y a, c'est plutôt à la charge d'Ajoie: les arbitres, formés et convoqués par la fédération, sifflent pour l'équipe qui appartient à la fédération. Pour La Chaux-de-Fonds donc. Ce qui n'est pas le cas.
Enfin, la condition psychologique des équipes est d'une importance capitale. Jusqu'à ce barrage, les deux équipes ont disputé chacune 25 matchs au total, play-offs/play-out inclus. La Chaux-de-Fonds en a gagné 23, Ajoie seulement 11.
Le HCC est une équipe gagnante. Ajoie est une équipe perdante, qui est tombée dans le piège de la relégation. Il reste encore suffisamment de temps à Ajoie pour se sortir de ce piège, dans l'intérêt du hockey professionnel suisse.
Les ambitions des hockeyeuses des ZSC Lions sont grandes. Cette année, les Zurichoises veulent défendre leur titre en PostFinance Women's League, l'élite du hockey sur glace féminin suisse. Elles sont sur la bonne voie, après avoir terminé la saison régulière à la deuxième place, quatre points derrière le CP Berne. Un bon classement auquel a largement contribué la top scoreuse des Lionnes, Sinja Leemann, avec 22 buts et 26 assists.