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Pierre Schmidt 22.07.1894 - 15.10.1987
et son rôle dans la restauration de l'homœopathie
Sans l'activité d'hommes vivants capables de les incarner, les doctrines ne sont que des souvenirs dans les cimetières des idées mortes. La transmission de la doctrine homœopathique à travers deux cents ans d'histoire n'a pu se faire que grâce à la sensibilité, à l'intelligence et à l'activité de grands pionniers qui se sont transmis le relais. Hahnemann, Hering, Lippe, Kent et bien d'autres ont constitué une chaîne vivante de transmission. Après la mort de Kent et une phase de déclin apparent caractérisée par la multiplication de doctrines parasites, ce fut Pierre Schmidt qui vint restaurer la doctrine hahnemannienne dans sa formulation originale. Parti aux U.S.A. pour en recueillir les éléments auprès de disciples directs de J. T. Kent, il rentre en Suisse et diffuse un enseignement auprès de nombreux disciples attirés par sa renommée naissante. Pierre Schmidt était une vivante application d'une formule étrange. Il disait: "Celui qui n'est que n'est même pas", exprimant par là que celui qui ne serait qu'homœopathe ne le serait même pas, et de même s'il n'était que médecin. Cela signifiait que l'harmonie d'un être humain n'est atteinte que dans la mesure où se trouve développé un équilibre entre ses capacités de sentiment, de pensée et d'action. Pierre Schmidt était médecin et insistait énergiquement sur la nécessité de connaissances médicales englobant non seulement la médecine classique et l'homéopathie, mais aussi des éléments d'acupuncture, de médecine manuelle, des connaissances de sémiologie allant de la morphopsychologie à l'iridologie, en passant par la graphologie, la chirologie et la numérologie. Mais il possédait aussi des connaissances linguistiques étendues, lui permettant de jouer le traducteur à une époque où les Congrès n'avaient pas encore de systèmes de traduction simultanée, ce qui lui facilitait un enseignement lorsque, voyageant à l'étranger il était sollicité d'organiser des séminaires. Il possédait aussi une très large culture artistique, s'intéressant à la littérature, la musique, le théâtre, la peinture, l'art traditionnel du tapis ce qui faisait de son appartement professionnel un véritable musée... Il ne négligeait pas non plus les disciplines du corps et, avec Fritz, son guide de montagne, il pratiquait régulièrement le ski en hiver et la montagne en été. Rien de ce qui était humain ne lui était étranger.
Peu après son mariage, il fonda en 1921, avec la collaboration de son épouse, un laboratoire pour la préparation des médicaments homœopathiques selon la technique traditionnelle à partir des souches rapportées de son voyage aux U.S.A. En 1935, il contribua à la fondation de la "Liga Homœopathica Internationalis" qui, depuis cette date organise chaque année un congrès dans la vaste géographie recouverte par ses praticiens. D'autre part, il ne cessa de diffuser un enseignement privé aux nombreux élèves qui venaient en stage chez lui, en provenance de tous les pays du monde, et à l'occasion de ses nombreux voyages qui l'ont fait surnommer "le Globe-trotter de l'homœopathie". Un moment capital de son enseignement fut la fondation du "Groupement hahnemannien de Lyon" qui fonctionna de 1946 à 1978. Les travaux qui émanèrent de ce groupe de travail furent rassemblés et diffusés dans une revue mensuelle, les "Cahiers du Groupement hahnemannien de Lyon", qui paraît encore actuellement, alimentée par les travaux inspirés par une pratique classique.
Pierre Schmidt eut par ailleurs une très abondante activité littéraire qui se traduisit par de très nombreux articles parus en français, anglais, allemand, italien, espagnol, portugais. Le monde homœopathique francophone lui doit encore une traduction de la sixième édition de l'Organon, celle des "Maladies Chroniques" de Hahnemann, celle des "Lectures" de J.T.Kent, et des "Cinquante raisons pour être homœopathe" de J.C.Burnett.
A partir de 1978 Pierre Schmidt cessa toute activité médicale et termina ses jours chez des amis très proches à Nancy. Il décéda le 15 Octobre 1987 dans sa quatre-vingt-quatorzième année. Il laissait après lui de nombreux disciples qui, dans les pays d'Europe, latino-américains, et dans le sous-continent indien, diffusèrent son enseignement.
Dr Jacques Baur
Notice biographique de René Casez 4.10.1920 - 6.11.2013
Auteur du livre «Le Cours d’homœopathie», 2018
Le docteur René Casez est un médecin français, né le 4 octobre 1920 et décédé le 6 novembre 2013. Il a entrepris ses études de médecine à Paris, mais la seconde guerre mondiale les a interrompues et il a terminé son doctorat à Lyon. Praticien de médecine de campagne en Savoie, il fréquente assidûment les cours d’Homœopathie donnés à Lyon et Genève par le docteur Pierre Schmidt, aux côtés de ses amis les docteurs Baur, Bourgarit et Demangeat. René Casez devient l’un des élèves préférés du « patron » et sera son médecin personnel pendant plus de 40 ans. Avec son ami le docteur Jost Künzli von Fimmelsberg, ils seront les exécuteurs testamentaires du docteur Pierre Schmidt.
L’enseignement de l’Homœopathie uniciste reçoit sa contribution en France, par la création en 1983 de l’EHHDS (École d’Homéopathie Hahnemannienne Dauphiné-Savoie) en région Rhône-Alpes avec le concours de ses confrères de la première heure, et en Suisse avec l’ESRHU (École Suisse Romande d’Homéopathie Uniciste). C’est à René Casez que la FHPS (Fondation Homéopathique Pierre Schmidt) doit son existence dès 1994 pour le développement et la recherche en Homœopathie et la préservation de la bibliothèque du docteur Pierre Schmidt. Il participe à de multiples congrès d’Homœopathie en Angleterre, Belgique, Grèce, Italie et aux USA…
Ce Cours est le fruit de 48 ans de pratique médicale, de 20 ans d’enseignement et de trois années d’écriture et corrections de son manuscrit.