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Un bref rapport publié dans l'édition du 21 décembre du New England Journal of Medicine (N Engl J Med 2000 ; 343 : 1851-4) met en évidence une probable transmission du virus de l'hépatite C (VHC) entre un anesthésiste et six de ses patients. Il s'agit d'une première contamination rapportée entre un membre du personnel non chirurgical et des patients. Ce genre de contamination n'avait été décrit que pour des cas de médecins porteurs d'hépatite B.
Le médecin anesthésiste (sérologiquement négatif huit semaines avant son infection) aurait contracté le virus de l'hépatite C lors d'une anesthésie pratiquée chez une patiente infectée plusieurs années auparavant par une transfusion sanguine. A noter que l'anesthésiste ne portait jamais de gants lors des procédures opératoires et qu'il présentait une blessure au doigt secondaire à l'ouverture d'une boîte de matériel. Cette blessure avait saigné à plusieurs reprises
Six semaines après cette intervention, il a présenté les symptômes d'une hépatite C ictérique. Aucun autre facteur de risque habituel n'a pu être trouvé chez ce médecin.
Durant une période de moins de deux mois à partir de sa contamination, l'anesthésiste a procédé à 39 opérations. A la suite de celles-ci, cinq patients ont présenté une infection à hépatite C. Aucun cas d'hépatite C n'a été trouvé parmi les autres cas opérés dans l'hôpital.
Les analyses moléculaires confirment qu'une seule source est à l'origine de la contamination.
L'intérêt de ce rapport est double. D'une part, il rappelle l'intérêt des mesures de protection : il est en effet plus que probable que des mesures adéquates (port de gants) auraient permis d'éviter ce problème. D'autre part, il montre qu'une transmission du VHC est possible avec des quantités négligeables de sécrétions sanguines ou provenant de blessures.
J.-F. Balavoine