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Pérou L'ex-président sera jugé pour stérilisation forcée
Le Parquet général a décidé d'engager une procédure judiciaire contre l'ex-président Alberto Fujimori pour la stérilisation forcée de cinq femmes au cours de son mandat (1990-2000).
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Une ONG affirme qu'au cours du mandat d'Alberto Fujimori, au moins 2164 cas de stérilisations forcées ont eu lieu. «Le procureur général, Luis Landa, a ordonné une procédure judiciaire contre Alberto Fujimori et trois de ses anciens ministres de la Santé», a déclaré l'avocat des familles de victimes, Milton Campos, de l'ONG DEMUS qui défend les droits des femmes. Il les accuse «d'être à l'origine des cas de stérilisation forcée de Mamerita Mestanza, Celia Ramos, ainsi que de trois autres femmes qui ont subi de blessures graves dont elles sont décédées».
Dans son ordonnance de renvoi, «le procureur Landa se dit convaincu d'avoir en sa possession suffisamment d'éléments pour accuser l'ancien président Fujimori, ses ministres Marino Costa, Eduardo Yong et Alejandro Aguinaga ainsi que d'autres fonctionnaires», a poursuivi Me Campos.
En décembre 2016, les victimes, conseillées par DEMUS, avaient fait appel de la décision de la procureure Marcelita Gutierrez de classer partiellement ce dossier. Les principales victimes étaient des femmes de milieux défavorisés, parlant la langue amérindienne quechua et résidant dans des zones rurales, selon l'ONG.
Les victimes avaient déjà porté cette affaire devant la justice il y a 15 ans. En novembre 2015, le gouvernement péruvien avait ordonné la création d'un registre national des victimes de stérilisation forcée.
Indemnités promises
Le gouvernement de Fujimori avait lancé en 1996 un programme de planification familiale qui prévoyait des ligatures de trompes, théoriquement sur la base du volontariat. Cette politique avait pour objectif de réduire le taux de natalité et de promouvoir le développement économique.
Lors de la campagne présidentielle de 2016, Keiko Fujimori, la fille de l'ex-président, avait promis d'indemniser les victimes de stérilisations forcées, mais sans admettre la responsabilité de son père. Pour sa part, le candidat Pedro Pablo Kuczynski, qui a été élu président à l'issue de ces élections, avait qualifié cette pratique de «crime contre l'Humanité» et promis d'indemniser les victimes.
Vingt mois après son arrivée au pouvoir, ces dernières n'ont toujours rien perçu. Pedro Pablo Kuczynski a dû démissionner en mars, après avoir gracié en décembre l'ex-président Fujimori, 79 ans, condamné à 25 ans de prison pour corruption et violations des droits de l'homme. (ats/nxp)
Créé: 26.04.2018, 10h01