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Carles Puigdemont, salué par ses partisans, a quitté la prison sans faire de déclaration. Selon son avocat, il a été autorisé à quitter l'Italie dans l'attente de la prochaine audience à laquelle il prévoit d'assister le 4 octobre.
Il est poursuivi en Espagne pour son rôle dans une tentative de sécession de la Catalogne en 2017. Il aura l'obligation de rester sur le territoire sarde, en attendant que la justice italienne statue sur son extradition, réclamée par l'Espagne.
Une nuit sous les verrous
Carles Puigdemont a passé la nuit en prison dans la ville de Sassari, où un juge l'a entendu.
Réagissant à cette arrestation, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a insisté sur le fait que Carles Puigdemont devait "comparaître et se soumettre à la justice" espagnole.
Carles Puigdemont, âgé de 58 ans, a été arrêté jeudi soir à son arrivée à Alghero, ville sarde de culture catalane où il devait participer à un festival culturel et s'entretenir avec des élus de l'île italienne, selon son entourage. Cette arrestation a provoqué la colère des indépendantistes catalans (voir encadré).
>> Revoir les précisions dans le 12h45:
Réclamé pour "sédition"
Vendredi matin, jour férié en Catalogne, plusieurs centaines d'indépendantistes manifestaient devant le consulat d'Italie à Barcelone pour dénoncer cette arrestation, a constaté l'AFP.
Carles Puigdemont est toujours réclamé par la justice espagnole qui l'accuse de "sédition" et de "détournements de fonds publics".
"L'arrestation de Carles Puigdemont correspond à une procédure judiciaire en cours qui s'applique à tout citoyen de l'UE devant répondre de ses actes devant les tribunaux", a affirmé dans un communiqué le gouvernement de gauche espagnol de Pedro Sanchez. Il a ajouté que Carles Puigdemont devrait "se soumettre à l'action de la justice comme tout autre citoyen".
Immunité parlementaire
En mars 2018, Carles Puigdemont avait été arrêté une première fois à la demande de l'Espagne, en Allemagne cette fois. Mais il avait été libéré quelques jours plus tard après l'abandon par la justice allemande de l'accusation de "rébellion" qui pesait alors à son encontre en Espagne et a été requalifiée depuis en "sédition".
Eurodéputé depuis 2019, l'indépendantiste a bénéficié un temps d'une immunité parlementaire mais le Parlement européen a levé cette immunité le 9 mars à une large majorité, mesure qui a été confirmée le 30 juillet par le Tribunal de l'Union européenne.
>> Les détails:
Mais la décision du Parlement européen a fait l'objet d'un recours dont le jugement définitif sur le fond de la part de la justice de l'UE doit être prononcé "à une date ultérieure". L'avocat de Carles Puigdemont, Gonzalo Boye, considère donc que la décision du Parlement est "suspendue" et que son client doit encore bénéficier de son immunité.
>> Réécouter le récit de l'arrestation de Carles Puigdemont dans le 12h30:
>> Relire:
afp/gma
"Libération immédiate" exigée
L'arrestation de Carles Puigdemont a provoqué la colère des indépendantistes catalans, dont plusieurs centaines ont manifesté vendredi devant le consulat d'Italie à Barcelone avec des pancartes clamant "Liberté".
Après avoir dénoncé jeudi soir une "persécution", le nouveau président régional de la Catalogne, Pere Aragones, séparatiste de tendance plus modérée que Carles Puigdemont, a convoqué vendredi une réunion "d'urgence" de son gouvernement, à l'issue de laquelle il a exigé "la libération immédiate de Carles Puigdemont", dont la détention "n'aide pas à résoudre le conflit".
"L'amnistie est la seule voie. L'autodétermination la seule solution", avait-il écrit plus tôt sur Twitter.
Une poignée de soutiens de Carles Puigdemont étaient aussi réunis devant la cour d'appel de Sassari, l'un d'eux agitant le drapeau des indépendantistes catalans.