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En principe, les obligations ont une valeur (pricing) qui obéit à
la relation suivante : V = C / T. Le paramètre V est la valeur de l'obligation, C le montant du coupon annuel (versé au détenteur de l'obligation), et T le taux de rendement exigé.
Ainsi une obligation dont le coupon annuel serait de 100.- et le rendement de 2 % vaudrait sur le marché :
V = 100 / 0,02 = 5'000.-
Si le rendement est fixé d'après les taux du marché, le coupon est exigible mais
variable, on a un rendement incertain. Si le taux est fixe mais que le coupon est défini, c'est la valeur de l'obligation qui dépend à son tour du marché et qui devient de ce fait incertaine.
Qu'advient-il en revanche si par contrat, on choisit de définir une obligation émise
en dehors du marché boursier qui n'exige aucun rendement ? Eh bien, la formule citée plus haut n'a plus aucun pertinence, elle perd toute validité. Plus de coupon, plus de taux, car on ne peut pas diviser zéro par zéro.
On sort du schéma coercitif.
À notre époque,
la notion de taux négatif n'étant déjà plus un tabou, on peut conclure que le schéma de l'argent-dette est non seulement erroné, mais injuste. Il n'avait finalement de raison d'être que pour les émetteurs
de monnaie, toujours prêts à rentabiliser des chiffres ne nécessitant aucun travail correspondant à leur valeur, sauf le processus d'écriture en soi : créer mille francs ou un milliard prend exactement le même
temps, et consomme exactement la même quantité infinitésimale d'énergie. Exiger des intérêts (versement de coupons) sur la monétisation d'un titre représentant une augmentation de richesse de la société
relève donc de l'escroquerie pure et simple, dont la société doit se libérer de toute urgence. Faire payer la monnaie qui permet de rétribuer le travail accompli à celui qui l'a fourni est une injustice évidente.
Comment se fait-il que personne ne l'ait constaté plus tôt ?