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Jonathan Zimmermann est encadreur de tableaux. Il vit chichement à Hambourg avec Marianne, son épouse, et leur fils. Un jour, il est contacté par un certain Raoul Minot, un Français, qui lui propose un étrange marché. S'il tue un caïd dans le métro parisien, il recevra en échange une forte somme d'argent. Jonathan, qui se croit atteint d'un mal incurable, accepte la proposition. Ainsi, pense-t-il, il pourra laisser aux siens une substantielle petite fortune. A Paris, une série d'examens médicaux, commandités par Minot, confirme la progression du mal. Après son premier contrat, exécuté sans anicroches, Jonathan reçoit à nouveau la visite de Minot, puis celle de Tom Ripley, un curieux personnage mêlé à un trafic de tableaux...
Critique
Dans L’Ami américain Wenders filme la mort au travail. L’amour que porte Wenders au cinéma est d’essence morbide. Film sur la mort (de son héros mais aussi du cinéma), L’Ami américain est l’un des meilleurs titres de son auteur et une œuvre essentielle de l’esthétique postmoderne et d’une approche critique du film noir hollywoodien. (...)
L’Ami américain, avec ses aventuriers fantômes et ses villes interchangeables, ses ambiances urbaines cafardeuses est un film hanté par la mort, constante de la première partie de l’œuvre de Wenders. Mais il marque aussi le début d’un goût affirmé chez Wenders pour l’imagerie cinéphilique et les références picturales, entre Edward Hopper et Jacques Monory. Le travail formaliste du directeur de la photographie Robbie Müller sur des surfaces de couleurs chaudes et très contrastées au milieu de la grisaille tend vers l’abstraction figurative et annonce l’esthétisme des années 80.
Olivier Père, Arte