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L'estimation du think thank britannique atteint 13'000 milliards de dollars d'ici 2040. C'est ce que perdraient tous les pays producteurs de pétrole réunis si le réchauffement climatique pouvait être limité à 1,6 degré.
Le mécanisme est simple: le respect des objectifs climatiques mènerait à une diminution de la demande en énergies fossiles, avec des conséquences sur les prix.
Une quarantaine de pays à risque
Ces pertes ne sont pas distribuées de manière égale. Certains pays producteurs de pétrole, comme les Etats-Unis, l'Inde ou la Chine, ne dépendent pas uniquement des revenus pétroliers.
D'autres pays sont véritablement en danger. Selon les chercheurs, si ces Etats maintiennent leur modèle actuel, ils risquent des pertes vertigineuses.
Par exemple, l'économie de l'Irak et celle de la Guinée équatoriale dépendent à 80% des énergies fossiles, dont du gaz et du pétrole. Pour l'Arabie saoudite, cette proportion se monte à 60%. La liste est encore longue: Angola, Nigeria ou encore Azerbaïdjan.
Carbon Tracker a retenu une quarantaine de pays qualifiés de pétro-économies, qui doivent impérativement diversifier leur modèle économique.
La maladie hollandaise
L'Europe a elle aussi souffert de ce problème, plus particulièrement aux Pays-Bas. Dans les années 60, plusieurs gisements importants de gaz naturel ont été découverts. En pleine euphorie, tout a été misé sur ces ressources, au détriment des autres industries, qui ne se sont donc plus développées
Quand le prix du gaz a chuté, il n'y avait plus rien pour prendre le relais économique. Ce phénomène a été baptisé la "maladie hollandaise" ou le paradoxe de l'abondance. Un mal dont souffrent déjà les pays évoqués par Carbon Tracker.
Katja Schaer/gma