Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07279.jsonl.gz/1188

Orthographe inclusive :
« De manière générale, on entend par « écriture inclusive » le fait d’inclure systématiquement le féminin dans une langue écrite (et parlée). On connaît ce type d’écriture sous différentes appellations : langage épicène, langage inclusif, écriture épicène, etc. L’écriture inclusive est donc un ensemble de processus qui visent à ce que chacune et chacun soit représenté·e dans les textes. » (Écriture inclusive, s. d.).
Selon le linguiste Daniel Elmiger, professeur à l’université de Genève, « l’écriture inclusive est la manière de parler de tous les êtres humains, femmes et hommes, mais aussi plus progressivement des personnes qui n’ont pas une identité de genre claire. Parce que traditionnellement, on utilise beaucoup de formes qui sont au masculin à valeur générique. » » (Stevan, 2021).
L’orthographe inclusive est axée autour de 3 méthodes :
- « La neutralisation : un ensemble de procédés, tels que par exemple le changement de l’ordre des mots dans une phrase ou l’utilisation de termes épicènes (la rédaction au lieu des rédacteurs).
- La forme contractée des mots : par exemple chacun·e, administrateur·trice. Cette manière de procéder est particulièrement utile lorsque la place à disposition ne permet pas de larges modifications dans les textes que l’on doit adapter.
- La double désignation, qui s’applique en premier lieu aux offres d’emploi. Elle est particulièrement efficace quand on veut souligner que l’on recherche une candidate ou un candidat et que chacune et chacun contribue au développement de l’institution dans laquelle on travaille. » (Écriture inclusive, s. d.).
Bases légales
La Confédération a décidé de passer à l’orthographe inclusive en 1993, mais en allemand seulement. En effet, le Parlement avait renoncé à l’appliquer pour le français, l’italien et le romanche à cause des difficultés particulières que présentait cette démarche pour ces langues. « En 1996, la Chancellerie fédérale édite un « guide pour la formulation non sexiste des textes législatifs et administratifs » pour l’allemand — (le Leitfaden zur sprachlichen Gleichbehandlung) puis, en 2000, un Guide de formulation non sexiste des textes administratifs et législatifs de la Confédération. Les administrations cantonales et les hautes écoles publient leurs propres recommandations. » (Wikipédia, 2021).
Les bases légales de la Confédération à propos de l’orthographe inclusive sont la Loi fédérale sur l’égalité entre les femmes et les hommes (entrée en vigueur en 1995) et l’Article 8 de la Constitution fédérale sur l’égalité.
«
Les autorités fédérales sont tenues « d’utiliser un langage adéquat, clair et compréhensible et tiennent compte de la formulation non sexiste » (art. 7 de la loi sur les langues). En outre, « les publications et les textes fédéraux destinés au public doivent être formulés dans un langage adéquat, clair et compréhensible dans toutes les langues officielles et suivre les principes de la formulation non sexiste » (art. 2 de l’ordonnance sur les langues). La Chancellerie fédérale est par ailleurs chargée de veiller à l’égalité de traitement des langues officielles et de la qualité des textes destinés à la publication et à celle d’autres textes importants (art. 3 de l’ordonnance sur l’organisation de la Chancellerie fédérale). Pour ce faire, elle fixe les critères de qualité rédactionnels dans des instructions (Instructions de la Chancellerie fédérale sur les prestations linguistiques). Dans la mesure où l’administration fédérale exécute déjà son mandat légal, le Conseil fédéral estime qu’il n’y a pas lieu de modifier des instructions qui ne prévoient pas l’usage de l’écriture inclusive ni d’imposer de nouvelles règles à l’heure actuelle. » (Le Parlement suisse, 2021).
La Radio Télévision Suisse (RTS) est libre de choisir ses mots
Simonetta Sommaruga, membre du Conseil fédéral suisse, précise que « la Confédération doit respecter l’autonomie des programmes de radio et de télévision garantie par la Constitution. Il revient donc uniquement à la RTS de décider quels mots et expressions sont utilisés dans les émissions. » (Felley, 2021).
« Soucieuse de promouvoir l’égalité, l’entreprise de service public est l’un des premiers médias en Suisse romande à adopter officiellement le langage inclusif et épicène à l’antenne et sur ses autres vecteurs de communication. » (Lugon, 2021). Selon la direction de la RTS : « La pratique du langage et de l’écriture épicènes n’est pas un acte militant, mais une simple marque de respect vis-à-vis des personnes qui ne se sentent pas incluses dans l’usage exclusif du masculin. En tant que média de service public, nous devons nous efforcer d’intégrer tout le monde. L’objectif est simple et clair, les moyens de l’atteindre sont multiples. Il y a bien des formules et des solutions pour éviter d’alourdir la langue sur nos antennes sans en altérer la sémantique. » (Lugon, 2021).