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Le Honduras a subi de graves inondations le mois dernier. Les expert∙e∙s les associent à une déforestation massive. Les forêts doivent souvent céder la place à de grands projets miniers ou à des monocultures.
«Le sol est humide et les pluies continuent. La terre ne peut plus absorber l'eau». C'est ce que disait un tweet de la dirigeante de l'Organización Fraternal Negra Hondureña (OFRANEH) fin novembre. Et elle avait raison. Le lendemain, la ville de La Lima, dans le nord du Honduras, a été inondée pour la quatrième fois en deux semaines.
Au début du mois, les premières pluies ont déchiré les digues de protection de la ville. Dans les tempêtes qui ont suivi - en particulier avec les ouragans Eta et Iota-, l'eau, la boue et les rochers ont pu pénétrer librement dans la ville. Toute la vallée de Sula est affectée.
Plus d'un million d'hectares de forêt coupés
De plus en plus d'expert∙e∙s établissent un lien entre les inondations régulières et la déforestation. Selon le Centro Agronómico Tropical de Investigación y Enseñanza (Institut pour le développement agricole et la conservation biologique), 1,2 million d'hectares de forêt ont été défrichés au Honduras au cours des 60 dernières années. Rien que depuis 2020, ce chiffre se situerait entre 23'000 et 58'000 hectares par an.
Juan Mejía, spécialiste de la gestion des catastrophes naturelles, explique que 75% du Honduras est couvert par des montagnes. En raison de la déforestation, ces montagnes perdent leur capacité à absorber l'eau. Les glissements de terrain augmentent, l'érosion s'intensifie et les matériaux enlevés sont emportés par les rivières.
«Si les montagnes du centre et de l'est du Honduras sont dûment reboisées, les sols deviendront plus résistants et leur capacité à absorber et à libérer lentement l'eau sera accrue.» - Juan Mejía
Sans la capacité d'absorption d'eau de ses forêts, le Honduras est très vulnérable aux tempêtes et également très sensible au changement climatique. Dans l'indice de risque climatique de Germanwatch, le Honduras est classé comme l'un des pays les plus vulnérables au monde face au changement climatique.
Projets contre l'environnement et la volonté du peuple
Souvent, les forêts doivent céder la place à de grands projets miniers ou à des monocultures, notamment avec du riz ou de la canne à sucre. Non seulement cela pose des problèmes environnementaux, mais «ils vont de pair avec un modèle économique qui pille et tue ceux qui s'y opposent» selon le Movimiento Amplio por la Dignidad y la Justicia. D'après un rapport de Global Witness, le Honduras s'est classé l'année dernière comme le pays le plus dangereux au monde pour les défenseurs et défenseuses des terres et de l'environnement en termes d'assassinats par habitant. Selon les chiffres de Vía Campesina, quelque 7'000 personnes sont criminalisées aujourd'hui.
Diverses organisations, telles que l'organisation paysanne CNTC et Vía Campesina, ont élaboré une proposition législative sur le reboisement au début de l'année (Ley de Emergencia para la Reactivación del Sector Agrícola, Pecuario y Forestal para el Combate de la Pobreza). La proposition comprend, entre autres, un plan global de reboisement axé sur les zones protégées et les bassins hydrographiques. L'objectif est de permettre aux sols d'absorber à nouveau plus d'eau.
Plus d'informations:
- La deforestación detrás del impacto de los huracanes, 27.11.2020, article intégral, PBI Honduras.
- PBI exprime sa solidarité avec les populations affectées par les ouragans Eta et Iota, PBI Suisse, 19.11.2020