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L’arrière tessinois de 24 ans est le premier Suisse inscrit à la draft NBA, programmée dans la nuit de jeudi à vendredi, depuis Clint Capela en 2014. Interview découverte.
Anthony, comment on se sent quand on arrive à quelques heures de la draft?
Je suis vraiment, vraiment (il insiste) content. C’est un rêve depuis que j’ai 4 ans, ça paraît irréel. Je suis prêt et impatient.
Vous avez déclaré votre candidature début avril. Comment vous êtes-vous préparé?
Après la fin de la saison universitaire, je suis resté à l’école pendant deux-trois semaines pour travailler avec mes coaches. Ensuite je suis rentré chez moi le temps d’un à deux jours, avant d’aller m’entraîner à Las Vegas, là aussi durant deux à trois semaines. Puis j’ai enchaîné les sessions d’entraînement chez les franchises NBA intéressées: San Antonio, Washington, New York, Brooklyn et Philadelphie.
Comment se sont déroulés vos «workouts»?
Chaque équipe élabore son propre entraînement. Tous durent plus ou moins une heure. Six joueurs sont invités par session. Tu commences avec un échauffement, tu enchaînes les oppositions et tu termines en effectuant 100 tirs à trois points.
Y a-t-il des «workouts» où vous estimez avoir particulièrement brillé?
Tous se sont bien passés mais je me suis senti particulièrement à l’aise à Philadelphie et Brooklyn.
Puisque votre profil intéresse plusieurs équipes, avez-vous une idée d’où vous pourriez atterrir?
Je ne vais rien savoir avant la draft. Mais San Antonio et Philadelphie sont prêts à m’intégrer dans leur effectif pour la Summer League (ndlr: une succession de matches amicaux entre équipes NBA dans l’été, une période où les franchises testent habituellement de nombreux joueurs).
Comment décririez-vous votre profil de basketteur?
Je suis un «three and D» (ndlr: terme désignant les joueurs spécialisés dans la défense et le tir à distance). Je me vois comme un très bon défenseur et un tireur adroit à trois points. J’ai aussi cette capacité à attaquer le panier et m’imposer physiquement. En revanche, je dois progresser au scoring en sortie de dribble.
Vous êtes né à Lugano et avez grandi en Suisse jusqu’à vos 15 ans, où vous êtes parti poursuivre votre carrière aux États-Unis. Ayant aussi des parents américains, quel rapport entretenez-vous avec la Suisse?
C’est mon pays, ma maison. Quand j’ai des vacances, j’aime revenir pour voir mes amis et ma famille. Cet été, c’est trop compliqué avec la draft mais l’an prochain j’aimerais vraiment jouer avec la sélection.
Votre père, Michael Polite, a aussi joué à un bon niveau et est même passé par la même université que vous entre 1988 et 1991. Qu’est-ce que cela vous a apporté dans votre propre construction?
Il m’aide tout le temps, me partage son expérience. Quand tu as l’un de tes parents qui connaît le jeu et que tu l’observes chaque jour depuis petit, tu te développes plus vite que les autres. Tu assimiles naturellement les exigences d’un sportif de haut niveau.
Au moment de votre passage au niveau universitaire, vous avez refusé plus de 30 offres, dont certaines d’établissements prestigieux. Qu’est-ce qui a fait pencher la balance en faveur de Florida State?
Le fait que mon père y est passé a joué, forcément, mais lors de ma visite, j’ai senti le campus totalement différent par rapport aux autres. Je ne connaissais pas les joueurs mais c’est comme si on était déjà frères. Ma décision a été facile à prendre.
Vous avez baigné à la fois dans le basket européen et dans le basket américain. Qu’avez-vous appris de chacun?
Aux États-Unis, le style de jeu est beaucoup plus physique et rapide, à un âge plus jeune. Lors de ma première année, c’était un peu dur mais depuis je n’ai plus eu de souci. Ce qui m’a aidé en Suisse, c’est qu’on acquiert tôt les fondamentaux et on se forge une haute intelligence de jeu. Du coup quand un entraîneur s’ajuste en match ici, je m’adapte plus facilement.
Pour l’instant, les prévisions vous boutent hors du tableau de la draft. Même s’il existe la possibilité d’intégrer une franchise sans avoir été sélectionné au préalable, songez-vous à un plan B?
Pour l’instant, je pense juste à la NBA. Pas mal d’équipes sont intéressées et je sais que je vais au moins jouer la Summer League. Si ça ne marche pas, il sera temps d’envisager d’autres options.