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Andrea Dalzell – l’infirmière assise
L’infirmière en fauteuil roulant est entrée en scène durant la pandémie de COVID-19
Andrea Dalzell est une infirmière médico-chirurgicale de 34 ans en fauteuil roulant, très engagée en faveur des personnes handicapées. Elle est la première infirmière diplômée en fauteuil roulant à New York City, et l’une des environ 20 infirmières diplômées en fauteuil roulant travaillant dans une unité de soins aux États-Unis. Lors du confinement lié à la pandémie de COVID-19, Andrea a travaillé en première ligne, sauvant la vie de patients COVID-19 dans l’un des hôpitaux les plus chargés de New York City.
Pourquoi Andrea voulait être infirmière
Andrea est née sans handicap, mais à l’âge de 5 ans, elle s’est vue poser le diagnostic d’une affection neurologique appelée myélite transverse – un trouble causé par l’inflammation de la moelle épinière, qui peut causer douleurs, faiblesse musculaire et paralysie. En conséquence, elle a développé une paraplégie à l’âge de 12 ans et utilise un fauteuil roulant depuis lors.
Andrea est une personne très sociable. Elle a rejoint la chorale gospel lorsqu’elle fréquentait la « high school » et elle a fait des voyages. Comme beaucoup d’autres adolescents, elle a profité de sa jeunesse et de sa vie sociale.
En raison de sa maladie, Andrea a subi 33 opérations chirurgicales très douloureuses. Mais selon ses mots : « Personne ne devrait subir la souffrance que j’ai endurée ». Par conséquent, lorsqu’elle fréquentait la « high school », elle a décidé de devenir médecin afin de trouver des moyens de traiter la douleur.
Elle a fini par être admise au College of Staten Island de la City University of New York pour étudier la biologie et les neurosciences. Mais elle s’est ravisée et s’est orientée vers des études d’infirmière. Pour elle, les soins infirmiers sont une profession qui la rapproche des patients – tout comme les infirmières qui se sont occupées d’elle lorsque sa mère était absente. Andrea déclare :
« J’ai réalisé que les médecins traitent les maladies et les infirmières traitent les patients. »
Une intégration pas si accueillante
Lors de la journée d’intégration à l’école d’infirmière, Andrea a fait l’expérience d’un accueil désagréable. À peine 45 minutes après le début de la journée, un professeur l’a fait sortir car elle était considérée comme physiquement inapte pour les besoins de la profession. Des événements comme celui-ci ont miné ses rêves et sa détermination. Avec l’aide de l’Office for Students with Disabilities de l’école et de l’Office for Diversity and Inclusion, elle est parvenue à rester dans le programme, non sans promettre qu’elle communiquerait sur les adaptations requises.
Il faut reconnaître qu’Andrea a trouvé la profession plus exigeante que ce qu’elle pensait, physiquement comme mentalement. Afin de répondre aux exigences physiques de sa carrière, elle s’est mise à la boxe pour accroître la force et la vigueur de ses bras. L’association d’activité physique et mentale et de courage l’a aidée lors de sa formation d’infirmière. Elle était capable de réaliser des tâches générales d’infirmières y compris les compressions thoraciques, que beaucoup considèrent comme impossibles pour les personnes en fauteuil roulant. En 2018, elle a réussi son examen, devenant ainsi infirmière diplômée.
Discrimination à l’emploi envers les personnes handicapées
Après l’obtention de son diplôme, Andrea a eu beaucoup de mal à trouver un travail. Elle a passé 76 entretiens pour des postes d’infirmière, mais malgré sa qualification et sa réussite, elle n’a pas été prise. Lors du premier entretien, elle n’a pas parlé de son handicap en pensant que ce n’était pas pertinent.
À mesure que le temps passait, elle a décidé de parler de son handicap et d’expliquer comment elle gérerait les tâches d’infirmière et les situations particulières en fauteuil roulant. Elle espérait ainsi donner confiance à ses employeurs et collègues potentiels afin de se faire embaucher. Pourtant, elle a continué d’essuyer des refus.
Plus tard, pendant la pandémie de COVID-19, la demande en personnel infirmier a explosé, mais la discrimination dont était victime Andrea dans sa recherche d’emploi était toujours bien réelle. Elle a passé deux entretiens pour des postes de dialyse. Lors du premier, on lui a affirmé avoir oublié le rendez-vous convenu avec elle en la voyant. Au second, l’employeur était d’avis qu’on ne pouvait travailler en fauteuil roulant.
Travailler dans l’unité COVID-19 en fauteuil roulant
La recherche d’emploi d’Andrea a amorcé un virage brusque avec l’augmentation de la demande d’infirmières. Elle a trouvé le numéro du responsable des ressources humaines d’un centre médical dans une enquête en ligne pour une affectation d’infirmière. Elle a appelé pour tenter sa chance mais est tombée sur le répondeur. Alors qu’elle pensait que son message vocal ne donnerait pas de réponse, elle a été rappelée par le centre 15 minutes plus tard et a été embauchée.
Andrea a commencé à travailler dans l’unité COVID-19, où elle s’occupait des patients et les supervisait, en particulier ceux sous assistance respiratoire. La pandémie a donné à Andrea l’opportunité de faire ses preuves en tant qu’infirmière. Son travail a été reconnu et présenté dans Forbes. Elle est également saluée comme une des « infirmières héroïques » de la pandémie de COVID-19.
Un tuteur d’Andrea a noté :
« Il aura fallu une pandémie pour que cette "infirmière assise" soit embauchée. »
Dans l’interview ci-dessous, Andrea partage une de ses « expériences rigolotes » lorsqu’elle a commencé à travailler dans l’unité COVID-19 – une expérience qui n’est pas grand-chose pour elle, mais un moment typique d’épatement pour ses collègues (à partir de 2:30) :
« À la suite d’un travail en équipe, une de mes collègues m’a avoué être désolée de m’avoir initialement sous-estimée. Ce fut un moment satisfaisant ! »
En juin 2020, après quatre mois, Andrea était officiellement arrivée au terme de son contrat d’infirmière de pandémie. Après ça, elle s’est retrouvée pendant un moment à la case départ : elle a dû se remettre à chercher des postes d’infirmière et faire face à des discriminations. Aujourd’hui, elle travaille comme infirmière consultante dans une école privée et a également trouvé un emploi d’assistante d’infirmière gestionnaire dans un cabinet de soins de premier recours, combinant expérience clinique et travail administratif. À propos d’elle-même, Andrea déclare :
« Ma simple présence dans un cadre clinique permet aux patients de se voir sous un autre jour. »
Voici une interview complète récente d’Andrea à propos de nombreux aspects de sa vie comme le travail d’infirmière mais aussi d’influenceuse sur les réseaux sociaux, d’éducatrice et d’athlète :
Le prix à un million de dollars
En plus de son diplôme d’infirmière, Andrea a reçu beaucoup de reconnaissance pour sa défense des personnes handicapées au fil des années. Elle a remporté « Ms Wheelchair New York » en 2015 et a été présentée dans le cadre du Raw Beauty Project, une exposition photo en l’honneur des femmes handicapées dans les différentes villes américaines. En 2021, elle est devenue New Mobility Person of the Year. Andrea a également été interviewée dans de nombreux magazines et émissions de TV comme CBS New York l'année dernière.
En outre, Andrea est l’une des trois bénéficiaires du premier Craig H. Neilsen Visionary Prize an 2020, doté d’un million de dollars (!). Le prix est décerné sans restriction aux personnes qui « ont une influence sur le monde de la lésion médullaire et n’ont pas peur de prendre des risques » et qui « montrent un grand potentiel pour répandre ou défendre des idées nouvelles permettant d’améliorer les vies affectées par les lésions médullaires ».
La vision d’Andrea d’une vraie inclusion dans le monde de l’emploi
Andrea fait bon usage de l’argent du prix : elle a récemment créé une organisation à but non lucratif appelée The Seated Position (FR : La position assise) afin d’aider les personnes handicapées à trouver un emploi. Son objectif est de changer la perception concernant les personnes handicapées en promouvant l’égalité des chances, le soutien et l’inclusion dans le monde de l’emploi. Dans une récente interview accordée à l’American Nurses Association Illinois, elle a déclaré :
« Ne pas inclure le handicap pourrait très bien limiter vos propres opportunités futures. »
Elle espère voir des améliorations en ce qui concerne les standards de la pratique des soins infirmiers. Par ailleurs, il convient de plus défendre les personnes handicapées car celles-ci peuvent être aussi compétentes que les infirmières sans handicap et méritent les mêmes opportunités d’emploi.
Avez-vous fait face à des défis voire des discriminations lors de vos recherches d’emploi ? Partagez vos histoires avec nous !