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Edition
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De Oratione
I.
[1] Dei spiritus et Dei sermo et Dei ratio, sermo rationis et ratio sermonis et spiritus utriusque, Iesus Christus Dominus noster, nouis discipulis noui testamenti nouam orationis formam determinauit. Oportebat enim in hac quoque specie nouum uinum nouis utribus recondi et nouam plagulam nouo adsui uestimento. Ceterum quicquid retro fuerat, aut demutatum est ut circumcisio aut suppletum ut reliqua lex aut impletum ut prophetia aut perfectum ut fides ipsa. [2] Omnia de carnalibus in spiritualia renouauit noua Dei gratia, superducto euangelio, expunctore totius retro uetustatis, in quo et Dei spiritus et Dei sermo et Dei ratio approbatus est Dominus noster Iesus Christus, spiritus quo ualuit, sermo quo docuit, ratio qua uenit. Sic igitur
[3] Docuerat et Ioannes discipulos suos adorare, sed omnia Ioannis Christo praestruebantur, donec ipso aucto ---- sicut idem Ioannes praenuntiabat illum augeri oportere, se uero deminui ---- totum praeministri opus cum ipso spiritu transiret ad Dominum. Ideo nec exstat in quae uerba docuerit Ioannes adorare, quod terrena caelestibus cesserint. Qui de terra est, inquit, terrena fatur et Qui de caelis adest, quae uidit, ea loquitur. Et quid non caeleste quod Domini Christi est, ut haec quoque orandi disciplina?
[4] Consideremus itaque, benedicti, caelestem eius sophiam, inprimis de praecepto secrete adorandi, quo et fidem hominis exigebat, ut Dei omnipotentis et conspectum et auditum sub tectis et in abditum etiam adesse confideret, et modestiam fidei desiderabat, ut quem ubique audire et uidere fideret, ei soli religionem suam offerret. [5] [sequente] Sophia in sequenti praecepto proinde pertineat ad fidem et modestiam fidei, si non agmine uerborum adeundum putemus ad Dominum quem ultro suis prospicere certi sumus. [6] Et tamen breuitas ista ---- quod ad tertium sophiae gradum faciat ---- magnae ac beatae interpretationis substantia fulta est quantumque substringitur uerbis, tantum diffunditur sensibus. Neque enim propria tantum orationis officia complexa est, uel uenerationem Dei, aut hominis petitionem, sed omnem paene sermonem Domini, omnem commemorationem disciplinae, ut reuera in oratione breuiarium totius euangelii comprehendatur.
Übersetzung
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De l'oraison dominicale
I.
Esprit de Dieu, Verbe de Dieu, Raison de Dieu, Verbe de la Raison, Raison du Verbe, Esprit, enfin, notre Seigneur Jésus-Christ, qui est tout cela, nous enseigna une nouvelle formule de prière, à nous qui sommes les disciples du Testament nouveau. Car là aussi il fallait « que le vin nouveau fût renfermé dans de vieilles outres et le morceau de drap neuf joint aux vieux vêtements. » D'ailleurs, tout ce qui existait autrefois a été ou changé, telle que la circoncision, ou complété, tel que le reste de la loi, ou accompli, telle que la prophétie, ou perfectionné, comme la foi elle-même. La grâce nouvelle de Dieu a converti en spirituel tout ce qui était charnel, en passant sur toute l'antiquité comme une sorte d'éponge son Evangile dans lequel Jésus-Christ notre Seigneur a prouvé qu'il était tout à la fois et l'Esprit de Dieu, et le Verbe de Dieu, et la Raison de Dieu; l'Esprit en tant qu'il a prévalu, le Verbe en tant qu'il a enseigné, la Raison en tant qu'il est venu. Aussi l'Oraison établie par le Christ repose-t-elle sur ces trois choses, le Verbe qui la profère, l'Esprit qui seul fait sa puissance, et la Raison qui l'accueille. Jean avait déjà montré à ses disciples à prier. Mais Jean ne faisait que préparer les voies du Seigneur jusqu'à ce que le Seigneur, ayant grandi, comme le Précurseur le déclara lui-même en ces termes: « Il faut qu'il croisse, et moi que je diminue, » l'œuvre de son ministre et de son devancier passa dans le Seigneur avec l'Esprit qui l'animait. Voilà pourquoi la formule de prières que Jean apprenait à ses disciples n'est point parvenue jusqu'à nous, parce que tout ce qui était terrestre devait disparaître devant ce qui était céleste. « Celui qui est de la terre, est-il dit, parle de la terre; celui qui est venu du ciel rend témoignage à ce qu'il a vu. » Et comment tout ce qui vient du Christ ne serait-il pas céleste? Aussi la prière dominicale est-elle divine.
Considérons donc, mes bien-aimés, la sagesse merveilleuse de son auteur. D'abord il nous ordonne de prier en secret. Par là il veut que l'homme sache bien que Dieu peut l'entendre et le voir dans l'intérieur de sa maison et même dans les lieux les plus cachés. En second lieu, il exige que le fidèle, au lieu de faire parade de sa foi, se contente d'offrir humblement l'hommage de sa religion à celui qui peut le voir et l'entendre partout. Etudions encore sa sagesse dans le précepte suivant. Quoiqu'il convienne à la foi et à la modestie de ne pas aborder le Seigneur avec une multitude de paroles, parce que nous sommes sûrs que de lui-même il veille sur les siens, toutefois cette brièveté, qui est la troisième recommandation de la sagesse, est pleine de substance, quand on veut en pénétrer l'esprit. Plus elle est courte en paroles, plus le sentiment s'épanche. En effet, elle ne renferme pas seulement en elle-même les devoirs de la prière, qui consistent dans l'adoration de Dieu et les supplications de l'homme, mais elle embrasse même toute la parole du Seigneur, toutes les règles de la discipline; de sorte que l'Oraison Dominicale est réellement l'abrégé de l'Evangile.