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Dans la plus grande salle du deuxième étage étaient accrochées vingt peintures de William N. Copley (1919-1996), autodidacte américain proche des surréalistes. L’univers de Copley, c’est la liaison Paris-New York sans fuseaux horaires. Installé de 1951 à 1964 à Paris, où il accompagne Man Ray, il entremêle, dans une œuvre à huis clos, la vie parisienne et ses vaudevilles, les ballades du poète populaire américain Robert W. Service et une totale absence de moralité. A Paris comme à New York, l’Eglise et la maréchaussée sont les piliers de l’ordre établi et autant de protagonistes familiers de ses tableaux. Les figures qu’il esquisse sont des archétypes : la femme, séductrice, s’y trouve souvent dénudée, pérennisant le principe du Déjeuner sur l’herbe de Manet ; l’homme, chapeau melon, tweed vert et parapluie, est le bourgeois, sorti d’un tableau de Magritte ou des comédies de W. C. Fields. Ses compositions se complexifient au fil des ans, par une sorte de perspective intuitive et des effets de recouvrements où plane l’ombre de Francis Picabia. Formidable passeur du travail de ses amis artistes, Copley devra attendre longtemps une reconnaissance institutionnelle pour sa propre pratique.