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AUX ÉTATS-UNIS
Les débuts de l'ostéopathie furent difficiles, à cause notamment de l'hostilité manifestée par la médecine officielle à son égard.
L’épidémie de grippe espagnole, qui fit vingt millions de morts en 1918, allait contribuer à la popularité des ostéopathes. En effet le taux de mortalité se révéla cinq fois inférieur chez les grippés ayant suivi un traitement ostéopathique que chez ceux ayant suivi un traitement médical classique.
Cet immense succès, qui couronnait d’innombrables autres, allait obliger le monde médical à reconnaître enfin la médecine ostéopathique comme une médecine à part entière. Dès lors, le problème n’était plus pour les ostéopathes américains de prouver leur efficacité aux médecins allopathes, mais plutôt, pour les uns et les autres, de rechercher à quelles conditions un rapprochement entre les deux professions était possible.
De multiples tractations eurent lieu, dans ce sens et entre leurs représentants réciproques, pendant plusieurs années. Le 6 mai 1961, un premier pas était franchi par un accord définitif signé entre la Californian Medical Association (CMA) et la Californian Osteopathic Association (COA), dans lequel il était stipulé entre autres :
- que tous les ostéopathes diplômés (DO), recevraient un diplôme académique de docteur en médecine (MD)
- que l’école d’ostéopathie devenait une école de médecine.
Cependant, cette fusion complète entre l'ostéopathie et la médecine officielle ne fut pas suivie dans d'autres États amédicains. En dehors de la Californie, les associations d'ostéopathes préférèrent maintenir le statut d'une profession indépendante, mais en étroite collaboration avec les médecins, afin de mieux préserver les spécificités de leur discipline.
Le nombre d'ostéopathes aux États-Unis a rapidement progressé, et dépasserait aujourd'hui les 92'000. Le nombre de consultations serait supérieur à 100 millions chaque année.
EN GRANDE-BRETAGNE
Après les États-Unis et grâce à John Martin Littlejohn, un médecin écossais élève du Dr Still qui retourna en Angleterre en 1917, ce fut au tour de la Grande-Bretagne de découvrir l'ostéopathie. Le 1er juillet 1993, l'approbation royale ("Royal Assent") est venue accorder aux ostéopathes anglais un statut équivalent à celui des médecins et des dentistes.
EN FRANCE
En France, le propagateur des idées ostéopathiques fut Robert Lavezarri. Instruit par une élève directe de Still, ce médecin s'installe à Paris en 1926 et enseigne l'ostéopathie dès 1932. De nombreux médecins furent impressionnés par cette nouvelle médecine qui allait générer parmi eux quelques vocations. Vers la fin des années 1950, un kinésithérapeute français, Paul Geny, créa l'École française d'ostéopathie.
Afin de réglementer et moraliser l'exercice de l'ostéopathie, la loi du 4 mars 2002 (art. 75) a légalisé la profession d'ostéopathe sous certaines conditions à fixer ultérieurement par décret d'application. Le décret de 2014, qui établit des normes ambitieuses pour l'enseignement et la pratique de l'ostéopathie, a été salué comme une grande avancée pour la reconnaissance et la professionnalisation de cette discipline.
AILLEURS DANS LE MONDE
L'ostéopathie est établie dans de nombreux pays d'Europe et des autres continents. Présente selon le pays sous différents statuts, l'ostéopathie est souvent reconnue comme une profession médicale à part entière. Dans ces pays, suivant la norme américaine, les ostéopathes portent généralement le titre de D.O., "Docteur en Ostéopathie".