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Hassan Rohani a officiellement présenté sa candidature pour la présidentielle du 19 mai (archives)
KEYSTONE/PETER KLAUNZER(sda-ats)
Le président iranien Hassan Rohani se porte candidat à l'élection présidentielle du 19 mai prochain avec l'espoir d'obtenir un second mandat. Son principal concurrent, le religieux conservateur Ebrahim Raissi, s'est aussi inscrit sur la liste des candidats.
"Je suis venu de nouveau pour l'Iran. Je suis venu pour l'islam. Je suis venu pour plus de liberté, plus de sécurité et plus de progrès", a déclaré le président sortant peu après s'être inscrit.
"Nous devons venir pour un islam modéré. Je demande à tous les Iraniens de venir de nouveau" aux urnes "pour l'Iran et pour l'islam", a-t-il ajouté. Agé de 68 ans et lui-même religieux, Hassan Rohani avait été facilement élu en 2013 dès le premier tour du scrutin grâce au large soutien des partis modérés et réformateurs.
Toujours soutenu par ces groupes, il peut se targuer d'avoir conclu un accord nucléaire historique avec les grandes puissances et ramené l'inflation de plus de 40% à environ 8% en moins de quatre ans.
La déception est cependant palpable dans la société sur le manque de progrès économique et un taux de chômage qui est passé de 10,5% à 12,4%. De même, les milliards de dollars d'investissements étrangers attendus ne sont pas encore venus.
Aide aux plus démunis
Conscient des difficultés des classes populaires, le gouvernement vient de décider de tripler l'aide directe à quelque 10 millions d'Iraniens (sur 80 millions d'habitants), une mesure critiquée par les conservateurs, selon lesquels M. Rohani cherche à acheter le vote des classes populaires.
Si l'actuel président a réussi à apporter davantage de liberté sur le plan social, l'Iran compte toujours des prisonniers d'opinion dont Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, des leaders de l'opposition du temps de l'ex-président Mahmoud Ahmadinejad (2005-2013). Les deux prisonniers sont en résidence surveillée depuis 2011.
Réhabiliter le grand Iran
Le candidat conservateur Ebrahim Raissi, 56 ans, met pour sa part l'accent sur le chômage, qui frappe au total 3,3 millions de personnes. "Dans les gouvernements passés, des progrès ont été accomplis. Malgré tous ces progrès, les gens demandent pourquoi il y a toujours du chômage. Avec une gestion non partisane, on peut sortir de cette situation", a déclaré vendredi le candidat religieux.
Il s'est dit "le candidat de tous les Iraniens et de tous ceux qui veulent la grandeur de ce pays", ajoutant qu'il mettrait l'accent sur "l'aide aux pauvres".
Sur le plan international, Ebrahim Raissi joue la modération en affirmant être partisan de "l'interaction avec tous les pays (...) mais avec du respect", à l'exception d'Israël, ennemi juré de l'Iran.
Ce proche du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, avait été nommé il y a un an par ce dernier à la tête d'une puissante fondation caritative basée à Machhad (nord-est), seconde ville du pays.
La fondation gère le mausolée de l'imam Reza, 8e successeur du prophète selon les chiites, et possède de nombreuses sociétés dans le secteur du bâtiment et des services ainsi que d'immenses usines, terres agricoles et terrains à travers l'Iran.
M. Raissi a en outre travaillé plus de vingt ans au sein du système judiciaire, contrôlé par les religieux conservateurs.
ATS