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Depuis plusieurs mois, je suis en lien étroit avec une communauté des Philippines que nous accueillons dans notre église une fois par mois. J’assiste à leur messe, je parle avec eux, et je ne sais pas pourquoi mais ce mot en particulier m’a tout de suite fasciné. Je l’entendais à longueur de célébration sans savoir ce qu’il signifiait. La musicalité de ce mot, la ferveur avec laquelle ils le prononcent, fait que vous êtes plongé dans une ambiance apaisante et méditative. Panginoon (avec une majuscule!) signifie «le Seigneur/ Dieu». Cela me rappelle un article d’une revue de linguistique qui analysait le phénomène de la langue: le fait de se comprendre en différentes langues était comparé à un puzzle de mille pièces.
Imaginez que quelqu’un vous lance un puzzle de mille pièces. Vous ne pourriez évidemment jamais attraper les mille pièces de manière à obtenir l’image correcte. Il en va de même avec le langage: lorsque quelqu’un nous raconte quelque chose dans une langue qui n’est pas la nôtre, c’est ce qui se passe: un puzzle de mille pièces vole vers nous. Nous pouvons attraper quelques pièces, en ramasser quelques-unes et les assembler ensuite. Ainsi, nous ne comprenons toujours qu’une partie de ce que l’autre dit et veut dire. Il en va de même pour nous: nous ne pouvons être compris que partiellement. C’est la métaphore du puzzle du langage. Alors pourquoi ce mot «Panginoon» m’est-il apparu comme une pièce centrale du puzzle ? Je ne sais pas vraiment. Mais ce qui est sûr, c’est que Dieu est celui qui peut rassembler les pièces de puzzle que nous sommes.
Aurélie Ethuin Lanoy