Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07265.jsonl.gz/888

Historique de l’hypnose
L’histoire moderne de l’hypnose commence en Europe avec Franz A. Mesmer, médecin allemand, inventeur de la théorie du magnétisme animal et qui était convaincu que certaines maladies étaient dues à un déséquilibre du fluide magnétique dans l’organisme, et qu’il était possible de les soigner en restaurant l’équilibre magnétique du corps.
Le comportement de transe associé à l’hypnose fut identifié par un disciple de Mesmer, le marquis de Chastenet de Puységur, qui a observé le sommeil magnétique en 1784.
C’est James Braid, médecin écossais du XIX siècle, qui parle d’un mécanisme essentiellement physiologique, la fixation prolongée sur un objet brillant situé légèrement au-dessus de la ligne normale des yeux. De ce fait il assimila cet état à un état voisin du sommeil. Il donna à ce phénomène un nouveau nom, l’hypnotisme. Braid était convaincu que la tension occasionnée par la fixation oculaire provoquait une fatigue de certains centres cérébraux, aboutissant au « sommeil nerveux ». Plus tard, il accorda davantage d’importance aux facteurs psychologiques, insistant sur une concentration mentale soutenue. Il reste reconnu comme le premier médecin à avoir mis en lumière les mécanismes psychologiques de l’hypnose.
Dans les années 1880, le célèbre neurologue Jean-Martin Charcot et directeur de la Salpétrière vit dans l’hypnose une intéressante méthode d’étude et de traitement de l’hystérie.
Auguste Liébeault (1823-1904) et Hippolyte Bernheim (1837-1919) à Nancy considèrent le phénomène hypnotique comme un produit normal de la suggestion. Liébeault insistait sur la relation de sympathie entre soignant et soigné, climat de collaboration indispensable au succès de l’hypnose.
Des recherches expérimentales se poursuivirent ainsi que des travaux sur le plan clinique en Europe. En France, Pierre Janet (1859-1947), médecin, développa sa théorie de la dissociation, dans l’hypnose, le patient est susceptible de séparer certaines capacités mentales sans qu’elles ne soient véritablement « perdues ».
Les années 30 sont marquées par Clark L. Hull et Milton Erickson, deux grandes figures américaines de l’histoire contemporaine de l’hypnose. Hull prônait que l’état hypnotique est une activité mentale normale. il appliqua les méthodes expérimentales et statistiques de la psychologie moderne à l’étude de l’hypnose et de la suggestibilité. Erickson, élève de Hull, développa des techniques thérapeutiques créatives et publia quantité d’observations. Il dévoila la dimension métaphorique de l’hypnothérapie et la valeur d’apprentissage inconscient de l’état hypnotique. il révolutionna la méthode et les techniques de l’hypnose. Erickson donna une impulsion décisive à une nouvelle forme de relation entre l’hypnothérapeute et son patient, il préférait un « compagnon » du patient, conduisant celui-ci vers ses ressources intérieures, ses facultés inexploitées d’apprentissage.
D’une manière générale, on peut considérer que l’hypnose est redécouverte de façon prometteuse, la demande de soins hypnothérapeutiques connaît une nouvelle vogue, on mentionne de plus en plus ses applications modernes en anesthésiologie, en cancérologie, en immunologie, en psychiatrie, en psychothérapie.
Référence :
Soigner par l’hypnose. Salem et Bonvin. Masson, 4ème éd. Paris, 2007.
Informations pour usagers et patients
Adresses des sociétés d’hypnose
Secrétariat Société d’Hypnose Clinique Suisse - shyps
Madame dipl. Psych. Helena Tombeur 88 C, Route de Frontenex 1208 Genève
Téléphone : 022/786.92.56 Fax 022/752.56.89
Email : <email-pii>
L’hypnose est une des plus anciennes techniques de thérapie en médecine et en psychothérapie. Elle est entourée d’un voile de mystère, et il y a beaucoup de ses utilisateurs qui ont un intérêt certain à maintenir cette méthode dans les brumes.
Magique. Comme dans toutes les procédures médicales et psychothérapeutiques, il est d’abord nécessaire de déterminer quel est le diagnostic, pour utiliser la thérapie adéquate correspondante. L’hypnose n’est pas une thérapie en elle-même, mais une composante d’un ancien procédé de guérison déjà utilisé par les Sumériens en 3000
- av. J-C pour le traitement de douleurs physiques et psychiques. L’hypnose peut s’apprendre, comme une langue étrangère, il n’y a pas besoin d’un don particulier.
Dans l’hypnose de scène, ce n’est pas l’hypnose pour son utilisation thérapeutique qui est au centre, mais le public, qui doit être plongé dans l’étonnement et amené au rire. Souvent on utilisera des tours de magie pour atteindre l’effet désiré.
L’hypnose, respectivement la transe, n’est pas la même chez tout le monde. Le vécu de la transe thérapeutique est pour chaque être différent. Il n’y a pas de modification fondamentale de l’être. La transe est caractérisée par des signes physiologiques et psychologiques : modification du rythme cardiaque, du pouls, sentiment de paix et de détente, attention focalisée, etc. Ce qui à l’état de veille semble important pour l’agir, passe à l’arrière-plan. Pour cela, des expériences antérieures qui semblaient avoir été oubliées deviennent importantes, ou des sensations instantanées, la perception et l’activation de forces psychiques. De telles expériences seront utilisées pour réorganiser son propre mode de pensée et de comportement. Ainsi on pourra traiter de manière ciblée des troubles somatiques et psychosomatiques en hypnose.
La plupart du temps, l’utilisation de techniques hypnotiques seules pour un traitement ne suffit pas. L’hypnose devrait être engagée en combinaison et en complément de formes de thérapie scientifiquement reconnues. Suivant le genre du problème et de la situation un traitement thérapeutique peut durer plus ou moins longtemps.
Une des missions que souhaite également assumer l'IRHyS consiste à rendre les connaissances et les pratiques de l'hypnose médico-thérapeutique et socio-pédagogique accessibles au public, aux usagers et aux professionnels du soin. Dans cette mission figurent notamment les séminaires d'initiation à l'auto-hypnose, articles, interview et conférences publiques, assurés par des collaborateurs agréés par l'IRHyS.
Comme dans toutes les méthodes qui déploient une grande efficacité, des effets secondaires peuvent survenir lors d’une hypnose utilisée de manière non conforme.
Le danger que des suggestions hypnotiques puissent être employées comme incitation à des actions criminelles n’existe pratiquement pas. Cependant des sectes destructrices utilisent des suggestions déterminées pour des lavages de cerveau, afin de rendre leurs adhérents dépendants.
En Suisse, l’hypnose n’est pas protégée légalement. Cela laisse malheureusement la porte ouverte aux charlatans, qui appâtent les gens avec des annonces de succès retentissants. Il y a en Suisse deux sociétés d’ hypnose : la SMSH ( société médicale suisse d’ hypnose ) et la GHypS ( société d’ hypnose clinique suisse ) , dont les membres sont médecins, médecins-dentistes, et psychologues. Ces membres sont soumis aux sévères règles d’éthique et aux critères d’acceptation de la société internationale d’ hypnose ( ISH ).Là les clients et clientes sont protégés d’ un usage non conforme de l’ hypnose.
L’hypnose sera utilisée contre les maladies psychogènes du coeur et du système circulatoire, des systèmes digestif, respiratoire, immunitaire, pour les douleurs, les dépressions, les migraines, les verrues, les peurs et les troubles du sommeil. Dans le traitement des dépendances on obtient des succès principalement dans la boulimie et le tabagisme. L’alcoolisme par contre se laisse mal traiter. Dans la thérapie du cancer, l’hypnose est indiquée principalement pour la maîtrise psychique de la maladie et les graves effets secondaires d’une chimiothérapie.
Associations
Citation
« Seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu'ils peuvent changer le monde y parviennent »
Jean-Henri Dunant