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Plusieurs études ont montré que les inhibiteurs du système rénine angiotensine (ISRA) permettaient de ralentir l’évolution de la néphropathie diabétique en présence d’une protéinurie. Il a également été observé dans certains cas une régression de la protéinurie et un ralentissement du déclin du taux de filtration glomérulaire. Cette étude randomisée, contrôlée et multicentrique incluait 285 patients diabétiques de type I, normotendus et sans microalbuminurie. Les patients ont été randomisés dans trois groupes et ont reçu du losartan 100 mg/j, énalapril 20 mg/j ou un placebo avec un suivi sur cinq ans. Une évaluation de la sévérité de la rétinopathie et une biopsie rénale ont été pratiquées au début et à la fin de l’étude pour 90% des patients. Les résultats à cinq ans ne montrent pas sur le plan rénal de différences morphologiques significatives dans les trois groupes. A la stupéfaction des auteurs, l’incidence cumulative de la microalbuminurie à cinq ans dans le groupe placebo est de 6% alors qu’elle s’élève à 17% (p = 0,01) dans le groupe losartan. Une diminution significative de la progression de la rétinopathie est observée dans les groupes énalapril de 65% (OR 0,35 ; IC 95% = 0,14-0,85) et losartan 70% (OR 0,30 ; IC 95% = 0,12-0,73) indépendamment de la pression artérielle.
Commentaire : Cette étude est bien documentée par des examens biologiques, morphologiques et un long suivi de cinq ans. Les résultats mettent en doute le dogme actuel recommandant systématiquement un ISRA en cas de protéinurie chez le patient diabétique. Elle va même plus loin en faisant vaciller la microalbuminurie comme marqueur exclusif de la néphropathie diabétique débutante et ouvre de nouvelles perspectives dans la recherche d’autres moyens de dépistage et de suivi. D’autres études sont nécessaires pour confirmer l’utilité des ISRA en prévention de la rétinopathie. Ces résultats s’appliquent à des diabétiques de type I, mais il est possible que d’autres études confirment la validité de ces résultats pour les diabétiques de type II.