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A Washington, la Chambre des représentants a entamé mercredi le réexamen de l'amnistie accordée par Bill Clinton à Marc Rich. Tandis que les enquêteurs du Congrès rassemblent des informations, le sort de l'homme d'affaires, réfugié en Suisse, pourrait bien dépendre des révélations sur ses activités d'espionnage.Ce contenu a été publié le 07 février 2001 - 20:12
La commission gouvernementale de la Chambre des représentants veut savoir si Bill Clinton a respecté la procédure d'amnistie quand il a gracié Marc Rich et si les généreuses donations effectuées par des proches du négociant suisse au couple Clinton ainsi qu'au Parti démocrate ont influencé la décision présidentielle.
Le sénat enquête lui-aussi sur l'affaire Rich. Mais la série d'audiences que sa commission judiciaire avait programmée pour ce mardi est reportée à la semaine prochaine.
Dans le cadre de leurs audiences, les commissions ont l'intention de convoquer l'ancien président Clinton. Les élus du Congrès examineront aussi la possibilité de revenir sur cette amnistie qui a été critiquée tant du côté démocrate que du côté républicain.
Pour leur part, les procureurs qui ont poursuivi Marc Rich pour fraude fiscale et violation des sanctions américaines contre l'Iran envisagent d'obtenir une nouvelle inculpation qui permettrait de contourner l'amnistie.
Malgré le tollé soulevé par la grâce de Marc Rich aux Etats-Unis, une inconnue demeure dans les différentes enquêtes en cours: le rôle que joueront les liens de M. Rich avec les services secrets de plusieurs pays, et notamment ceux d'Israël.
Selon des informations communiquées par des enquêteurs du Congrès au journal le New York Post, l'homme d'affaires négocie non seulement du pétrole et des armes, mais aussi des renseignements.
Marc Rich entretiendrait ainsi des relations étroites avec le Mossad et disposerait aussi de contacts avec les services secrets de plusieurs pays d'Europe et du Moyen-Orient.
Dans une lettre adressée à Bill Clinton, le patron du Mossad, Shabtai Shavit, confirme d'ailleurs que l'homme d'affaires a fourni à ses services une «assistance» qui a produit des résultats «dépassant les espérances» des Israéliens.
Par ailleurs, le porte-parole d'Ehud Barak indique que, dans ses conservations téléphoniques avec Bill Clinton, l'ancien Premier ministre a souligné l'aide apportée par Marc Rich à la «sécurité nationale» d'Israël.
Pour le moment, les activités de renseignements de M. Rich semblent avoir joué en sa faveur. Le porte-parole de Bill Clinton reconnaît en effet que «le gouvernement d'Israël considère M. Rich comme un allié crucial et le président a pris cela en compte quand il a examiné la demande d'amnistie».
Reste à savoir si les activités secrètes de l'homme d'affaires suisse seront aussi considérées comme une circonstance atténuante par le Congrès et le Ministère Public.
Marie-Christine Bonzom, Washington
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