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Sonate pour cor et piano
Chacque vendredi, Beethoven est ici. Pour le 250e anniversaire de la naissance de Beethoven, la Revue Musicale Suisse jettera chaque semaine un œil sur une œuvre différente de son catalogue. Aujourd'hui pour la sonate pour cor et piano en fa majeur.
Aujourd’hui encore, cette sonate est un vrai défi pour les cornistes, quel que soit l’instrument utilisé. La tessiture du cor naturel était limitée à la série harmonique, qui ne permettait pas une ligne diatonique ou chromatique continue. Avant l’introduction des pistons (dont Johannes Brahms n’était d’ailleurs pas un grand adepte), cette limitation ne pouvait être surmontée que par la technique dite des sons bouchés – dans laquelle la main droite bouchait le pavillon pour modifier la hauteur du son. Seuls quelques musiciens exceptionnels réussissent à compenser suffisamment le changement de son caractéristique (à savoir passer d’un son ouvert à un son fermé) que cette technique impliquait. Parmi eux figure Wenzel Stich (1746-1803), né en Bohême, qui se faisait également appeler, à l’italienne, Giovanni Punto. Il avait pu obtenir de Beethoven qu’il participe avec lui à une académie au Hofburgtheater le 18 avril 1800, mais l’œuvre commandée pour cette occasion ne fut achevée qu’au tout dernier moment. Ferdinand Ries cite cet événement de mémoire : « Beethoven a presque toujours repoussé jusqu’au dernier moment la composition des œuvres qui lui avaient été commandées […]. Il a commencé à travailler la veille de la représentation, mais l’œuvre était prête le soir du concert. »
Est-ce la raison pour laquelle le mouvement lent central (Poco adagio, quasi andante) n’a qu’un développement relativement faible et joue plutôt le rôle d’une introduction au Rondo final ? Dès le début du premier mouvement, on se rend compte que Beethoven a délibérément joué avec les possibilités tonales du cor et qu’il a probablement écrit cette sonate sur mesure pour Stich/Punto. Le cor débute par un signal utilisant la série harmonique naturelle. Mais dès qu’il passe au thème principal, les notes rapprochées sont injouables sur un instrument sans pistons si l’on ne maîtrise pas à la perfection la technique des sons bouchés. Pour le musicien d’aujourd’hui, qui joue généralement sur un cor d’harmonie sophistiqué à la sonorité équilibrée, le défi est de conserver suffisamment de la vivacité originale.
Aufnahme auf idagio
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