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Esperanza Aguirre, présidente de la section madrilène du Parti populaire (PP, droite), figure historique de la droite espagnole, a présenté dimanche sa démission. Elle intervient après la multiplication d'informations sur un financement illégal du PP dans la capitale.
"La gravité de ces informations m'amène à présenter ma démission", a déclaré Esperanza Aguirre, 64 ans, après avoir convoqué une conférence de presse surprise pour annoncer qu'elle abandonnait la présidence locale du parti.
Le siège de son parti a été perquisitionné jeudi dans le cadre d'une enquête sur un éventuel financement illégal qui aurait été détaillé dans des documents par un membre de la direction du PP à Madrid, Francisco Granados.
"Responsabilité politique"
L'enquête concernerait selon la presse "une étape, entre 2004 et 2011, où il a été secrétaire général et c'est moi qui l'ai nommé", a déclaré Esperanza Aguirre dimanche en soulignant sa "responsabilité politique".
Esperanza Aguirre, ancienne présidente du Sénat, ex-ministre de l'Education et de la Culture (1996-1999) démissionne alors que, même à droite, certains responsables évoquent la nécessité d'une "purge" au sein du parti tant les affaires de corruption sont nombreuses.
Pas poursuivie elle-même
Esperanza Aguirre a comparu vendredi pour la première fois devant une commission d'enquête de l'assemblée régionale qui voulait l'interroger sur des malversations présumées commises pendant qu'elle dirigeait la région de Madrid (2003-2012).
Mme Aguirre n'est poursuivie dans aucune des affaires de corruption mettant à mal le PP mais le chef de Podemos, Pablo Iglesias, l'a surnommée la "comtesse de la corruption", l'accusant d'avoir protégé des responsables de son parti impliqués dans des affaires.
Esperanza Aguirre a encore admis dimanche qu'elle aurait sans doute dû mieux surveiller les finances de son parti, assurant cependant n'avoir commis aucun délit. "La corruption est en train de tous nous tuer", avait-elle déclaré vendredi.
Problème général
Touchant l'ensemble du milieu politique espagnol, de droite comme de gauche, les affaires ont coûté cher à son parti, qui a perdu sa confortable majorité de 2011 (plus de 44%) et n'a obtenu que 28,7% des voix lors des élections générales du 20 décembre.
Ces scandales à répétition ont également entraîné l'émergence de deux nouveaux partis, Podemos et Ciudadanos (centre libéral), qui plaident pour une régénération démocratique de l'Espagne.
Toutefois, le Parlement est si morcelé que les quatre grandes forces en présence (socialistes, droite, Podemos et Ciudadanos) n'ont pas réussi pour l'instant à former un gouvernement.