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LA CHAMBRE D'ARMAN
Sur le toit de la maison principale, la chambre d’Arman.
C’est là qu’il écrit son journal commencé en 1985.
Extrait du journal d’Arman, entrée du 14 avril 1992.
Je commence à raffiner cette notion platonicienne traduite d’une manière plus moderne par la lettre de Gauguin que je possède-
la phrase « ce n’est pas encore un maitre car ses défauts ne se sont pas encore affirmés »
et le conseil de Socrate- au jeune homme- « et vous ne serez que le serviteur des Dieux qui ont créé les formes »
tout cela signifie que nul n’est capable de dépasser la nature ou les Dieux dans la création.
et que tout créateur qui peut espérer être un maitre ne le sera que par défaut-
car son caractère distinctif sera la marque sa marque de la difference avec la perfection-
cela amène à penser aussi à l’utilisation et la récupération des fautes-
dans toutes activités créatrices- sport- art etc
les maitres ont le talent de se sortir des difficultés et de les tourner en avantages
Extrait du journal d’Arman, entrée du 1er septembre 1992.
plus près de nous cette pensée platonicienne de la limitation du pouvoir créateur de l’homme- face aux Dieux où même si l’on exclu la divinité face à la nature est éclairée par un passage d’une lettre de GAUGUIN que je possède
où Gauguin recommande au plus jeune artiste pour lequel il va faire une préface-
« je fais préface non parce que c’est un camarade mais parce que je juge que c’est un artiste- je n’emploierais pas tous les superlatifs en usage— je ne dirais pas que c’est un Maitre- ses défauts ne sont pas encore assez affirmés pour le désigner ainsi. ,
mais c’est un artiste ».
Ce passage montre une attitude similaire quant à la création. Un maitre donc ne se qualifiait tel que
Extrait du journal d’Arman, entrée du 1er septembre 1992
par ses défauts? de ce que nous appelerons « caractère » prise de position « langage ». Car alors ce que GAUGUIN appelle « défauts » sont les differences par rapport à la perfection, qui encore dans le contexte serait la nature ou la divinité. Il est evident que depuis l’avènement de la photographie prenant place comme médium de représentation- les artistes devinrent plus libres de faire de l’art pour l’art une fois la contingence de représentation diminuée et nous assistons alors à une explosion de styles, de manières qui d’abord deconcertent le public. l’éducation de l’oeil a pris beaucoup de temps et maintenant seulement une partie du public peut suivre les méandres de la pensée artistique dans un éventail très large qui permet toutes les investigations.