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Etages de la végétation
Sommaire
Introduction
Dans une région de montagnes comme le Valais, il est utile de savoir reconnaître les différents étages de végétation: collinéen, montagnard, subalpin, alpin et nival. Ces tranches d'altitude correspondent à des conditions de vie très différentes, aussi bien pour les plantes que pour les hommes. En réalité, la température, la longueur de la période de végétation, les précipitations et autres facteurs déterminants varient graduellement avec l'altitude. Les limites entre étages ont donc quelque chose d'arbitraire et se justifient avant tout pour la commodité de la présentation. On peut cependant les repérer dans le paysage d'après la répartition naturelle de certaines essences forestières.
Il faut faire abstraction des conditions spéciales que présentent par exemple les sols pauvres, les couloirs d'avalanches, les plantations et autres influences humaines.
Sur un schéma théorique, on remarque que les arbres déterminants varient d'une région à l'autre et surtout que les limites d'étage s'élèvent de 200 m en moyenne entre le Bas-Valais et la rive droite du Rhône en Valais central. Ce phénomène s'explique par le fait que les vallées internes des Alpes sont beaucoup plus sèches et ensoleillées que les versants externes. Les limites redescendent un peu sur les bas-coteaux de la rive gauche faute d'une bonne exposition, mais montent particulièrement haut sur les sommets de la chaîne pennine, elle-même plus ensoleillée que la chaîne bernoise. La situation sur le terrain est souvent plus complexe.
Etage Collineen
C'est l'étage des forêts de feuillus: chêne pubescent en Valais central, chêne rouvre et pédonculé en Bas-Valais. La plupart des essences à feuilles sont sensibles aux gels printaniers et se cantonnent dans ces forêts de basse altitude, à l'exception du frêne, du hêtre et de l'érable sycomore. En réalité, la végétation naturelle a fait place presque partout aux cultures et aux constructions, si bien qu'il est plus facile aujourd'hui de repérer les limites de l'étage collinéen d'après l'extension du vignoble.
La plaine du Rhône proprement dite présente une végétation alluviale spécialisée, avec des saules et des aulnes, accompagnés en Valais central de peupliers noirs indigènes.
Etage montagnard
Dans le Bas-Valais, l'étage montagnard correspond à la zone des brouillards où se développent le hêtre et le sapin. Dans le Valais central plus sec, ces deux essences sont remplacées par le pin sylvestre. La présence de feuillus indique généralement une influence humaine. Le frêne par exemple abonde dans les haies le long des chemins et des bisses. L'étage montagnard, c'est aussi le domaine des prairies de fauche. Certaines cultures sont encore possibles: céréales, pommes de terre et, dans les situations favorables, arbres fruitiers. Les étages collinéen et montagnard correspondent à la zone cultivable et habitée toute l'année.
Etage subalpin
L'étage subalpin remonte jusqu'aux derniers arbres et se termine habituellement par des landes constituées d'arbrisseaux comme le rhododendron ou le genévrier nain. C'est le domaine des forêts sombres de résineux, entrecoupées de couloirs d'avalanches. En Bas-Valais, l'épicéa domine en quasi-exclusivité. Ailleurs dans le canton, le mélèze l'accompagne. Quant à l'arole, il se rencontre plutôt sur les hauteurs très ensoleillées de la chaîne pennine. Vers la limite supérieure de la forêt, les vieux arbres ressemblent à des monuments impressionnants, façonnés par la foudre, le gel et le vent. Un peu plus haut, il ne reste plus que quelques arbustes rabougris qui se font décimer lors d'années particulièrement rudes. La pâture a abaissé la limite naturelle de la forêt en maints endroits. En dehors des landes, des pâturages et des zones de résidence temporaire que sont les mayens, l'étage subalpin a gardé un caractère essentiellement forestier.
Etage alpin
Aux landes subalpines succèdent des pelouses rases qui impressionnent par leur floraison, leur parfum et leur diversité, reflet des multiples variations de sol et de microclimat. Les grands alpages occupent les meilleures terres. Les moutons montent parfois jusqu'aux dernières taches de gazon qui marquent la limite supérieure de l'étage alpin. Une végétation spécialisée peu influencée par la pâture se développe sur les éboulis, les crêtes et les pentes sèches. Les rochers abritent des plantes en touffes ou en coussinets, adaptées à une vie très dure.
Etage nival
A l'étage nival, qui s'étend jusqu'aux sommets les plus élevés, il ne reste guère que des mousses, des lichens et des algues. Certaines plantes à fleurs parviennent toutefois à se maintenir dans de rares microstations favorables et niches rocheuses protégées.
Bibliographie
- Philippe Werner, La Flore, Martigny, 1988
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