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01/03/2017
Degolio C: le repos du guerrier
Dans le dernier épisode de cette obscure série, nous avons laissé Jean Levau alors qu'il venait d'apercevoir Fantômas dans le ciel de Paris, accouru depuis la Corse où il avait été mis en fuite par le Génie d'or et Captain Corsica, et tout prêt à prendre sa revanche!
Il disparut dans les lointains de Paris, derrière les immeubles qui se dressaient à la droite de Jean. Les flammes de son véhicule étrange laissèrent place à l'obscurité de la cité, après avoir brièvement lui dans son ciel.
Jean se demanda où était sa base parisienne, que Solcum avait vue en prophétique vision, lorsqu'il avait plongé son œil dans celui du monstre. Était-elle déjà construite? Ou le génie n'avait-il perçu que l'avenir? Comment savoir? Comment débusquer l'homme-démon? Comment trouver son repaire, et le détruire?
Ce n'était pas, sans doute, sa mission. Il devait attendre d'en avoir des nouvelles, de voir se déchaîner dans Paris le mal; alors de lui-même Solcum réagirait, et surgirait. Rien d'autre ne lui était dévolu, que d'attendre la décision du Génie d'or.
À lui était confiée la seule mission d'accomplir ses tâches d'homme. Il devait continuer à travailler comme à l'ordinaire, et reprendre sa vie normale - aussi difficile que cela lui apparût, maintenant qu'il connaissait le dessous occulte des choses.
L'angoisse, face aux sourds périls, le lui permettrait-elle? Il le faudrait bien. Seul le Génie d'or avait la sagesse suffisante à une action contre Fantômas; seul aussi il disposait de la puissance nécessaire.
Mystérieux était le dessein des dieux: qui sait si Fantômas ne serait pas laissé libre un certain temps, pour mettre à l'épreuve les hommes, ou leur apporter le peu de bon qui était en lui?
Jean était à la disposition du gardien de Paris. Il n'était pas celui qui le commandait. Il décida ne plus y penser. Il devait se préparer pour son travail le lendemain, et personne ne pourvoirait à ses besoins, s'il perdait assez ses nerfs pour se jeter immédiatement à la recherche de Fantômas. Cela ne ferait que l'amener à errer dans Paris sans fin, et l'épuiserait, le rendrait impropre ensuite à abriter l'esprit de Solcum, le seul à même de résoudre le problème!
Peut-être les jours prochains lui donneraient l'occasion d'accomplir quelque chose, le mettraient sur une piste. Mais de cela même il ne devait pas s'inquiéter, il devait trouver la sérénité et oublier ce qu'il avait vu, se concentrer sur ce qu'il avait à faire, et ne pas tomber dans l'orgueil de croire qu'il était indispensable au salut du monde, ou même à l'action du Génie d'or. Celui-ci trouverait, assurément, d'autres hôtes, si le destin s'en faisait sentir. Jean devait se sentir honoré au-delà de ce qu'il méritait, par sa présence en son âme.
Il se rendit dans sa cuisine, se fit du riz, y plaça des épices et de la purée de tomate, en mangea parcimonieusement, mais en savoura le bon goût. Puis il songea qu'avant de s'endormir, il serait bon qu'il lût un peu. Il reprit Les Soirées de Saint-Pétersbourg, de l'auteur savoyard un peu fou dont il occupait la rue.
Il fut frappé par quelques-unes de ses idées étranges, car ce philosophe, contrairement aux experts et journalistes s'exprimant sur France-Inter, admettait volontiers la possibilité du prodige. Il médita quelques instants sur ses paroles, et, comme il était fatigué, posa le livre. Il essaya de retracer les événements de sa journée, et s'endormit.
Mais cet épisode commence être long, et même si avec lui la geste du Génie d'or semble s'enfoncer dans le réalisme, il est temps, ô lecteur, de laisser là celle-ci. La prochaine fois, des indices d'actions de Fantômas dans Paris seront donnés!