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Exposé tenu lors du Forum organisé par ChristNet et StopArmut sur le thème « Partage équitable: nous aussi Chrétiens? » le 21 avril 2007 à Berne (voir présentation Powerpoint à la fin du document).
Le microcrédit est un instrument financier particulièrement sophistiqué. Il est proposé par un grand nombre d'organisations et fait également l'objet de nombreux travaux de recherche. Il va généralement de pair avec une formation continue des emprunteurs et une coopération avec les organisations partenaires. Le microcrédit consiste en crédits de groupe, octroyés à cinq personnes qui se soutiennent mutuellement. Il suppose une certaine stabilité politique.
Ci-dessous, quelques exemples de projets de microfinance réussis (www.oikocredit.org).
Le prix Nobel de la paix reçu par Muhammed Yunus et la Grameen Bank a projeté la microfinance au coeur de l'actualité. La microfinance a pour objectif une évolution économique et sociale « à la base ». Le comité du prix Nobel a déclaré que la paix n'est possible que lorsque de grands groupes de population parviennent à sortir de la pauvreté. Le microcrédit a un rôle important à jouer dans ce processus. Cette évolution revêt également une importance particulière pour la réalisation des droits de l?homme et de la démocratie.
Aujourd'hui, l'objectif premier est d'enrayer l'extrême pauvreté et la faim: le nombre d'êtres humains qui vivent avec moins d'un dollar américain par jour (actuellement un milliard) doit être réduit de moitié. La proportion d'êtres humains souffrant de la faim doit elle aussi être divisée par deux. Les microcrédits sont un élément clef pour y parvenir. Actuellement, 450 millions d'êtres humains vivant dans des pays en développement ont accès à des microcrédits et peuvent ainsi améliorer leur revenu.
Felicia Atta, 22 ans, vit au Ghana, en Afrique. C?est une personne particulièrement discrète. Elle gère le « Peace Beauty Saloon ». Elle emploie plus de dix personnes, dispose d?affiches publicitaires, d?une petite boutique et d?une terrasse. La jeune femme est soutenue par une banque. « Moi-même, je n?arrive pas vraiment à y croire » s?exclame-t-elle. Elle a ses deux s?urs à charge et n?a pas suivi de formation particulière. Elle a pu assister à un cours donné par la banque. Avant de pouvoir contracter son premier crédit important, deux collègues ont dû se porter garants pour elle. Elle même a dû prouver pendant plus de deux ans qu?elle était capable de mettre de l?argent côté afin de rembourser périodiquement de petites sommes. Finalement, la banque a proposé un financement à la jeune femme. Cette banque est soutenue par des prêts d?Oikocredit. Des ?uvres caritatives financent les programmes de formation de la banque auxquels Felicia a pu participer. Ce sont donc différentes mesures d?aide qui se combinent.
Nous roulons depuis Lima en direction de l?Est, vers la vallée de Lurín. Un paysage gris, dans lequel seules les vallées disposent d?un peu d?eau et de canne à sucre. Les cabanes sont délabrées, les villages sans avenir. Nous atteignons Antioquia, un village haut en couleurs ! La peinture, fraîchement refaite, est l??uvre d?artistes péruviens invités pour l?occasion par la population du village. Aujourd?hui, les touristes se pressent dans le village.
Le village ayant fait peau neuve à l?extérieur, les habitants ont eux aussi vécu une transformation intérieure. L?hygiène s?est améliorée. Des produits locaux sont maintenant en vente: pommes, vinaigre et confiture. Le développement est en marche, et c?est là que l?économie entre en jeu: les gens ont besoin de petits crédits pour effectuer leurs achats. L?éducation acquière également une importance toute nouvelle, par exemple dans le domaine de l?alphabétisation, car les habitants doivent désormais apprendre à établir des factures. La formation continue contribue aussi à améliorer en permanence la qualité des produits. Les spécialités locales, à savoir le vinaigre et la confiture, sont aujourd?hui vendues jusqu?à Lima.
La microfinance est bien plus qu?un simple développement et ne constitue pas une fin en soi. Les microcrédits sont bien plus qu?un simple crédit financier. Le crédit est la contrepartie de l?épargne. Dans le cas du prix Nobel décerné à la Grameen Bank, ce ne sont pas les crédits octroyés par la banque, mais les dépôts d?épargne qui ont joué le rôle principal. En effet, les crédits sont financés par les dépôts d?épargne de la population locale. Aujourd?hui, la Grameen Bank n?a pas besoin d?aide extérieure sous forme de dons. La microfinance n?a besoin que d?un élément déclencheur pour permettre aux gens de devenir autonomes et s?entraider.
La microfinance contribue à mettre en place les infrastructures nécessaires à la réalisation d?un droit humain, le droit à l?accès à des services financier: déposer son argent en lieu sûr, transférer de l?argent, disposer d?une assurance, bénéficier de crédits à la formation, etc.
Orateur: Karl Johannes Rechsteiner, www.oikocredit.org
Transcription: Werner Ninck, Samuel Ninck
Traduction : Vincent Thonnard, Sarah Martinez