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Prolégomène: Je ne suis pas inscrit à, ? chez, ? sur, ? Facebook. « On » m'a montré (« on » s'y est mis à plusieurs), j'ai vu. Clairement, ça ne me plait pas. Voici pourquoi.
Le journal « Le Monde » dans son édition du 31 décembre 2010 titre en page « Économie »
Évoquant Zuckerberg, les premières lignes enfourchent le dithyrambe dans l'air du temps: « En un an, il est successivement devenu, à 26 ans, le plus jeune milliardaire de l’histoire, le héros d’une superproduction américaine (The Social Network, David Fincher), s’est retrouvé à la « une » du magazine Time pour lequel il est « l’homme de l’année », et s’est engagé aux côtés de Bill Gates et de Warren Buffett à céder, à sa mort, au moins la moitié de sa fortune à des œuvres de charité. L’année 2010 a consacré Mark Zuckerberg et l’irrésistible ascension de Facebook. »
Plus loin, on apprend que Facebook est devenu le 3 ème réseau le plus fréquenté, qu'un internaute sur deux « 49,3% très exactement » ... quelques mots plus loin « Mais son audience en constante progression fait exploser la valeur de l’entreprise : sur des marchés parallèles où s’échangent des participations au capital de l’entreprise, pas encore cotée en Bourse, la valorisation de Facebook – créé en 2004 à destination des étudiants de Harvard – atteint 42,4 milliards de dollars (32,3 milliards d’euros), selon le New York Times. »
L'auteur de l'article continue sur le souffle: Facebook va faire ceci, Facebook va faire cela. Une façon de comprendre cette partie de l'article est : si vous n'êtes pas déjà membre, mon vieux, vous êtes un « has been »
Revenons aux bases. Facebook serait un réseau social. Il est présenté très majoritairement de cette manière dans la presse et les medias. Au fait, un réseau social ? C'est quoi ? Réponse ici. J'attire votre attention sur les premières lignes de la définition: « Un réseau social est un ensemble d'identités sociales telles que des individus ou encore des organisations sociales reliées entre elles par des liens créés lors des interactions sociales. Il se représente par une structure ou une forme dynamique d'un groupement social. L'analyse des réseaux sociaux, basée sur la théorie des réseaux, l'usage des graphes et l'analyse sociologique représente le domaine étudiant les réseaux sociaux. Des réseaux sociaux peuvent être créés stratégiquement pour agrandir ou rendre plus efficient son propre réseau social (professionnel, amical). Un réseau social représente une structure sociale dynamique se modélisant par des sommets et des arêtes. Les sommets désignent généralement des gens et/ou des organisations et sont reliées entre elles par des interactions sociales. »
Il s'agit de la défintion donnée par John Barnes en 1954. Elle est « génétiquement » marquée de sociologie. On était alors loin d'Internet.
Dans l'article de Wikipedia, je note que l'évocation des réseaux sociaux sur Internet ne viennent qu'en 6 ème position. Mouais !! direz-vous, Wikipedia retarde !! Non, si je regarde l'historique de l'article qui indique que sa dernière modification est datée du 25 décembre 2010. Ce qui à mes yeux signifie que des gens compétents en sociologie (on parle de sociologie n'est ce pas ?), rédacteurs de Wikipedia, regardent, à tort ou à raison, les réseaux sociaux d'Internet, en ne versant pas dans l'air du temps. Mais, après tout, ils ont peut-être tort.
Un coup d'oeil sur une définition dans le paragraphe « Réseau sociaux sur Internet » m'a particulièrement intrigué: le lien réseautage social défini comme suit: « Le réseautage social (distinct du concept de réseau social en sociologie) se rapporte à l'ensemble des moyens mis en œuvre pour relier des personnes (physiques comme morales) entre elles (il peut s'agir aussi bien de réseautage informel qu'institutionnalisé). Avec l'apparition d'Internet, cette notion recouvre aussi les applications informatiques liées à Internet qui servent à constituer un réseau social plus précisément appelé dans le monde professionnel sous l'appellation Web social. Elles servent à relier des amis, des associés, ou d'autres individus employant ensemble une variété d'outils (entreprise, logiciels, sites Web, etc.) Ces applications, connues sous le nom de « service de réseautage social en ligne » (en anglais : social network service ou parfois social networking) ont de multiples objectifs et vocations. Elles peuvent alimenter de la gestion des carrières professionnelles (coaching professionnel), la distribution et la visibilité artistique, favoriser les contacts personnels (site de rencontres sur Internet, sites d'anciens élèves, site de relations amicales). »
Plus loin, le paragraphe Application dans Wikipedia entre vraiment, à mes yeux, dans le concret: « La constitution d’un réseau social peut être mise en relation avec la Pyramide des besoins de Maslow. Le regroupement d’un ensemble d’entités sociales est une résultante de besoins exprimés par l’individu lui-même. Ainsi, il est possible de mettre en évidence trois des besoins fondamentaux :
- L'accomplissement Personnel par l'expression de soi. Chaque utilisateur s’exprime sur sa fiche utilisateur, son profil, et l’enrichi de contenu. Il communique des informations personnelles qui permettent aux autres utilisateurs de le reconnaître, ou de le découvrir.
- La socialisation en éprouvant un besoin relationnel. Les utilisateurs peuvent entrer en relation entre eux directement ou par l’intermédiaire d’une connaissance commune; Cette relation est généralement matérialisée par une liste d’amis ou de contacts, publique ou privée. L’utilisateur peut aussi entrer en relation avec des marques, des artistes, des lieux, etc.
- L'estime des autres par l'intermédiaire du besoin de communiquer. L’utilisateur a à sa disposition une large variété d’outils pour communiquer (messagerie instantanée, dédicace/livre d’or sur le profil d’un contact, partage de contenus, forums). La communication peut-être enrichie selon les sites (invitation à des événements, partage d’agenda, etc.) »
Vous éprouvez, vous le besoin de publier à la face du monde, votre profil utilisateur avec enrichissement de contenu (!!??), des informations personnelles, tout élément permettant aux autres de vous reconnaître ou de vous découvrir ?
Si oui, je souhaite obtenir de vous une justification de vos besoins en l'occurrence.
Vous croyez, vous, que la relation virtuelle à travers un site Internet, si ça ne va pas plus loin, vous font réellement entrer en connaissance ? Le téléphone, la poignée de main, le courrier électronique ont fait ça très bien depuis des lustres.
Si oui, je souhaite que vous me disiez en quoi, Facebook fait mieux que les moyens classiques.
Vous êtes sûr, vous d'avoir acquis l'estime des autres par l'intermédiaire du « besoin de communiquer » ? Les outils qui vous sont proposés, encore une fois, n'ont rien d'original.
Si oui, vous me confierez, mais je ne répéterai à personne votre approche de l'estime des autres et aussi de ...votre estime de soi, bien entendu.
Et puis, et ce n'est sans doute pas fini, dites moi ce que vous pensez du mouchardage organisé par Facebook ? Toutes vos périgrinations sont enregistrées, tracées, analysées. Please Mr Orwell, comme back. En ne Facebookant pas, vous ne permettez pas à un système informatique de plus, de détenir des informations dont il ne serait pas forcément souhaité qu'elles tombassent entre n'importe quelles mains.
J'avais écrit ce dernier paragraphe le 31 décembre 2010. Et, à nouveau, comme pour confirmer mes propos, « Le Monde » dans son édition du 5 janvier 2011 en page 19, consacre un article titré « Les jeunes mettent des garde-fous sur Facebook » où est expliqué que la protection de l'intimité nécessite de filtrer les informations laissées sur le réseau social. Au milieu de l'article, on apprend en grosses lettres - ce qui dans les codes de publication a une importance
Plus bas, un autre article explique
Dans un dernier paragraphe, Wikipedia cite la cession des actifs du réseau social:
« Une nouvelle tendance pour les réseaux sociaux thématiques est de parier sur la valeur ajoutée du site afin de miser sur la revente pour générer un revenu ; la publicité n'étant qu'un palliatif temporaire en attendant de vendre le réseau social.»
Je me disais aussi .... !!!
Enfin, last but not least, au prétexte d'être présent sur un media en vue, des journaux ont leur page Facebook. Le journal « Le Monde » recopie purement et simplement le contenu de http://www.lemonde.fr/ en le présentant à la Facebook. De même, Canon, Nikon, facebookisent avec un contenu qui n'apporte rien de plus que le site. Quelles tristesses. On se croirait près d'un marchand ambulant: « il est beau et pas cher mon Facebook, demandez mon Facebook »
Not least disais-je ? MacBidouille fait état du peu de cas du respect de la confidentialité par Facebook ici.
Alors bons petits scouts, Facebook un jour, Facebook toujours ?