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La prolongation du moratoire sur les OGM renforce l'agriculture suisse. Image : Shutterstock
Le Conseil fédéral veut prolonger de quatre ans le moratoire sur la culture des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l'agriculture. Le moratoire s'applique également aux produits résultant de nouveaux procédés de génie génétique. Cette décision est extrêmement bienvenue. Il permettra de sauvegarder et de renforcer la production suisse sans OGM. Cette prolongation permettra également de disposer de temps pour résoudre les questions non résolues relatives à la coexistence de différents types de culture et à la réglementation des nouvelles techniques de génie génétique.
Dans l'agriculture suisse à petite échelle, la coexistence de cultures sans OGM et de cultures à base d'OGM est pratiquement impossible à mettre en œuvre. Des conditions-cadres efficaces pour la coexistence seraient coûteuses et ne pourraient pas exclure le risque de contamination. Grâce au moratoire, la liberté de choix des consommateurs, qui est inscrite dans la loi, peut encore être garantie.
La production sans OGM est essentielle au bon positionnement de la Suisse sur le marché alimentaire. La dernière enquête de l'Office fédéral de la statistique montre également que le génie génétique dans la production alimentaire est rejeté par la majorité de la population suisse.
Les plantes génétiquement modifiées n'offrent aucune solution aux défis de l'agriculture et du changement climatique. Le génie génétique classique n'a pas permis de trouver des solutions aux problèmes liés au climat, tels que la sécheresse : 98 % des plantes produites par le génie génétique classique sont résistantes aux herbicides ou produisent une protéine insecticide et contribuent à l'intensification de l'agriculture et donc aux effets néfastes qui en découlent pour l'environnement et la santé. Le nouveau génie génétique poursuit des objectifs similaires. Cependant, le développement de plantes tolérantes à la sécheresse, résistantes aux maladies permanentes ou ayant un rendement plus élevé échoue en raison de la complexité de la génétique qui détermine ces caractéristiques.
En revanche, les approches interdisciplinaires telles que l'agroécologie représentent une alternative plus durable. Ces approches ont déjà fait leurs preuves et sont également recommandés par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).