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L'ERREUR HUMAINE
1. parce que tout le monde commet des erreurs (donc cela s'adresse, a priori, à tout le monde...)
2. parce qu'il est intéressant de comprendre la génèse des erreurs que commettent les humains tous les jours, non pas dans le but de ne plus en commettre (puisqu'on vous répète que ce n'est PAS possible !), mais plutôt de pouvoir porter un regard plus critique sur ses propres erreurs, et éventuellement sur celles des autres. Le fait de comprendre la formation des erreurs permet en outre, dans certains cas, de repérer plus rapidement les erreurs en question, et d'y trouver un remède approprié à temps...
Le sujet entre dans la peau d'un chevalier, et l'histoire commence sur le pont-levis d'un vieux château. Le chevalier a pour mission de traverser le château, pour pouvoir monter dans le donjon et parler au vieux druide qui s'y trouve (et éventuellement le libérer)...
Sa route pour y arriver est évidemment parsemmée d'embuches: les différentes pièces qu'il traverse sont le plus souvent piègées, (mal) habitées, ou nécessitent la résolution d'une énigme pour être franchies. Dans chaque pièce, une fois son épreuve passée, il ramasse un petit parchemin scellé, contenant une rêgle de fonctionnement d'une machine dont il ne sait encore rien. Toutes les rêgles qu'il reçoit concerne le même appareil, sans jamais donner d'informations sur l'appareil lui-même (il ne découvrira la machine que tout à la fin, lorsqu'il rencontrera le druide, et devra la faire fonctionner seul, en évitant évidemment de provoquer des avaries graves).
Outre son dragon domestique, sur lequel il peut cliquer quand il a vraiment besoin d'aide, il a à sa disposition un certain nombre d'objets: un cahier pour récolter toutes les règles lues sur les parchemins, un passe-partout pour forcer une pièce sans passer l'épreuve correspondante (mais cela signifie aussi qu'il renonce à prendre la règle, peut-être cruciale, qui se trouve dans cette pièce...), une arbalette pour éventuellement se défendre
Buts pour l'utilisateur
1. comprendre qu'il ne peut pas éviter de commettre des erreurs...
2. comprendre comment il en est arrivé à commettre ces erreurs, quels sont les processus cognitifs qui sont entrés en jeu...
3. voir que l'on peut très bien apprendre en se trompant, mais qu'une erreur peut aussi avoir des conséquences graves.
(Pour connaitre un peu mieux les bases des théories existantes sur l'erreur humaine, il y a ici quelques explications qui vous donneront certainement quelques éléments d'informations...)
Les erreurs sont générées par des mécanismes de recherche automatique par lesquels les structures de connaissances sont localisées et leurs produits amenés à la conscience (pensée, mots, images...) ou dans l'environnement externe (action, parole, geste). Elles sont essentiellement déterminées par deux facteurs: l'appariement par similarité et la sélection par fréquence.
Le biais de fréquence donne des formes prédictibles aux erreurs humaines dans une grande variété de situations et d'activités.
L'appariement par similarité constitue la stratégie prédominante quand a) les "conditions d'appels" (les indices de récupération) sont adéquates pour spécifier une connaissance unique, et b) quandles connaissances stockées sont abondantes.
Inversement, la sélection par fréquence prédomine a) quand les indices sont insuffisants ou ambigus, et b) quand le domaine de connaissance est pauvre.
l existe différents types d'erreurs, de même qu'il existe différentes formes d'erreurs. Les types d'erreurs renvoient à l'origine présumée de l'erreur, en la situant entre la conception et la mise en oeuvre de la séquence d'action. Les formes d'erreurs sont des formes récurrentes de défaillance qui peuvent apparaître quelque soit le type d'activité cognitive (comme par exemple les erreurs d'inattention).
Il existe 3 types d'erreurs:
Les ratés précèdent généralement la détection d'un problème, alors que les fautes surviennent endant les tentatives subséquentes de découverte d'une solution. La prise de conscience de l'existence d'un problème est une condition de définition des fautes basées sur les règles et sur les connaissances déclaratives.
Dans les deux premiers types d'erreurs, l'activité est caractérisée par un contrôle proactif (émanant de structures de connaissances stockées), alors que dans le troisième, le contrôle est essentiellement rétroactif (l'activité est dirigée par l'erreur). Aux niveaux basés sur les automatismes et basés sur les règles, les erreurs prennent la forme de routines fortes, mais fausses. Au niveau basé sur les connaissances déclaratives, la forme des fautes est beaucoup plus imprévisible...
Les modes de contrôle
La seule façon d'expliquer les ratés de l'action non-désirés, mais présentant une parfaite cohérence consiste à faire l'hypothèse a) que les processeurs spécialisés ne sont pas "éteints" quand ils ne sont pas utilisés, mais qu'ils restent partiellement activés. et b) que leur activation peut provenir d'autres sources que de l'espace de travail conscient.
On peut distinguer 2 classes parmi les diverses origines de cette activation:
- les activateurs spécifiques: ils mettent en jeu un schéma donné à un moment particulier. Les plans constituent des "descriptions d'actions délibérées". Plus un ensemble d'action est réalisé souvent, moins ces descriptions ont besoin d'être détaillées. Problème: l'abandon d'une action routinière nécessite l'intervention explixite du mode de contrôle attentionnel. L'absence de cette intervention est la cause la plus courante des ratés de l'action par distraction.
- les activateurs généraux: ils fournissent un fond d'activation aux schémas, indépendemment de l'état intentionnel actuel. La fréquence d'utilisation antérieure joue probablement le rôle le plus important. En général, les indices du contexte suffisent à le déclencher.
Parmi les autres facteurs: la récence et le partage de traits communs avec d'autres schémas, et les facteurs émotionnels peuvent aussi jouer un rôle significatif dans l'activation de groupes spécifiques de structures de connaissances.
L'erreur est intimement liée à la notion d'intention (on ne peut appliquer le terme d'erreur qu'à des actions planifiées qui n'aboutissent pas au résultat désiré)
C'est une erreur typique de l'être humain que d'être davantage mobilisé et intéressé par les affirmations que par les négations, de même ils ont une tendance souvent irrésistible à confirmer les généralisations plutôt qu'à les infirmer (cf racisme)
Le raisonnement est plus dirigé par l'appariement par similarité que par la logique.
Les sujets qui résolvent des problèmes et qui planifient semblent accorder une confiance escessive à la justesse de leurs connaissances. Cette tendance se compose ensuite avec le biais de confirmation, associé à un plan d'action complet (plan= théorie sur l'état futur de l'environnement).
L'analyse causale du problème est très influencée par la représentativité et la disponibilité. La première (page 22)
- présenter un texte (de longueur suffisante) dans lequel une voyelle a été systématiquement oubliée -> remplir les trous en un temps limité (probable qu'il va en oublier quelques uns dans les mots les plus courants du langage, car il ne les lit pas "vraiment").
- tirer sur des chauves-souris rouges sans tuer les vertes (puis, dans une pièce suivante, inverser la situation: tirer sur les chauves-souris vertes et surtout pas sur les rouges...)
- quelques résolution de problèmes logiques (histoire de titiller un peu le niveau basé sur les connaissances déclaratives...), comme des codes de symboles à remettre dans l'ordre pour pouvoir ouvrir une porte, par exemple...
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