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"J'insisterai sur certains interdits pour expliquer le développement discontinu de l'Afrique à l'égard de l'Europe. Je vous en fournirai deux exemples. Le premier concerne la lutte de Samori Touré en Haute Guinée contre l'arrivée des Français à l'époque coloniale (…), l'autre exemple montre qu'il y avait [dès le XVIe siècle] de la part des colonisateurs une volonté d'embargo sur la technologie et la science en Afrique. (…). Si, au lieu de vouloir écraser les gens et les condamner ensuite à ne plus inventer quoique ce soit, on avait établi un SYSTEME DE COOPERATION ET DE PARTENARIAT dès cette époque, l'Afrique serait industrialisée aujourd'hui. (…) Un "embargo historique" a empêché l'Afrique de bénéficier des échanges avec l'Europe. En fin de compte, on aurait très bien pu s'imaginer des échanges profitables pour les deux parties.
(…) Si on avait permis à Samori de traiter avec les Européens à égalité, s'il n'y avait pas eu cette volonté de dominer, de soumettre et d'empêcher de se développer, on aurait des réalisations insoupçonnées aujourd'hui. Et si Alphonso avait pu lancer ses manufactures et s'il y avait eu des échanges dignes de ce nom, l'Afrique se serait développée. Ces exemples montrent une fois de plus : on ne développe pas, on se développe".
Joseph KI-ZERBO - "Si nous nous couchons, nous sommes morts"
(entretiens avec René Holenstein, 2001)
Principes de partenariat de la DDC
Renforcement du pouvoir des plus pauvres et des plus marginalisés
Le renforcement du pouvoir des plus pauvres et des plus marginalisés est au cœur des préoccupations de la DDC. Des changements réels et durables ne se feront pas sans prendre en compte les causes structurelles de la pauvreté, sans considérer les inégalités et les injustices. Inévitablement, la coopération se place ainsi dans un univers potentiellement conflictuel. Jusqu'où peut-elle s'impliquer? Jusqu’où ses partenaires peuvent-ils aller ? Quelles sont les marges de manœuvre et les limites de chacun? Quel est le rôle de la DDC? Quel est celui des partenaires? Il est de première importance de considérer la capacité des partenaires à gérer les conflits et de les aider à se renforcer également dans ce sens.
Lutte contre la pauvreté
En ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, par ailleurs, il importe de se demander plus systématiquement si les programmes que nous soutenons sont vraiment susceptibles de faire une contribution significative. Les partenaires qui en sont responsables ont-ils l'engagement et les capacités requises?
Situation des hommes et des femmes
La prise en considération de la situation respective des hommes et des femmes sur les terrains dans lesquels nous intervenons est un facteur décisif dans la lutte contre les inégalités et pour plus de justice sociale.
Soutiens DDC
La DDC conçoit ses soutiens de manière subsidiaire à des partenaires engagés et capables d'initiatives. Nous soutenons leurs projets ancrés dans leur réalité. C'est une condition essentielle de viabilité.
Nous devrions donc nous trouver de plus en plus dans un rôle de soutien des efforts locaux, dans un rôle de facilitation, de coach…L’architecte et le concepteur étant le partenaire.
Renforcement des capacités
Nous accordons de plus en plus d’importance au thème du renforcement des capacités. De manière très générale, c’est une notion qui fait référence à l’aptitude des particuliers, des organisations, des institutions et de la société en général à exercer des fonctions, à réagir, s’adapter, résoudre des problèmes, fixer et atteindre des objectifs. Il s'agit d'appuyer des organisations et des institutions dans leur capacité de gestion, de négociation, redevables vis-à-vis de leur hiérarchie et de leurs mandataires comme vis-à-vis des groupes de population qu'elles représentent. Mais plus largement encore le développement des capacités s’applique à des systèmes plus larges, à des groupes d’organisations, à leur aptitude à définir ensemble un devenir social.
Amélioration des capacités locales de gestion de l'action collective
Ainsi un effet recherché de nos partenariats pour le développement est une amélioration des capacités locales de gestion de l'action collective. Les bénéficiaires et en particulier les acteurs souvent socialement marginalisés sont parties prenantes de la définition des orientations. Chacun et chacune sont des acteurs au sein de la 'cité'.
Implications pour le partenariat
Les partenaires que nous devrions de plus en plus privilégier sont donc ceux qui s'inscrivent résolument dans ces visions de changement. Ils sont nos partenaires principaux, ceux avec qui nous formons alliance.
Au Burkina Faso, quatre types de partenaires:
- Les acteurs de base et leur représentations locales ou régionales dans leurs efforts de renforcement de leurs structures et d'amélioration de leurs productions.
- L'Etat dans son rôle de régulation, arbitrage et formulation des politiques, ainsi que les services publics, dans le cadre de la décentralisation-déconcentration et de l'amélioration de leurs prestations.
- Les structures socio professsionnelles locales, régionales et nationales dans le but de renforcer leur légitimité auprès des acteurs à la base et leur crédit dans le dialogue des politiques.
- Les citoyens, les citoyennes; élus et responsables locaux: les enjeux de la décentralisation et des réformes "de l'Etat" nécessitent un effort soutenu de d'information et de formation en vue de promouvoir une nouvelle gestion de la société