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L'ancien sénateur démocrate de l'Illinois, âgé de 47 ans, est
techniquement devenu le 44e président des Etats-Unis à midi pile
(18h00 suisses), conformément au 20e amendement de la Constitution
américaine qui stipule que les mandats du président et
vice-président s'achèvent à midi le 20e jour de janvier et que
commence le mandat de leurs successeurs. s'est déroulée de façon
parfaitement réglée.
Quelques minutes après la prestation de serment de son
vice-président Joe Biden, Barack Obama s'est avancé devant le
président de la cour suprême, qui lui a fait répéter les 35 mots du
serment figurant dans la Constitution. Barack Obama a juré la main
posée sur la Bible utilisée en 1861 lors de l'investiture d'Abraham
Lincoln, le 16e président américain.
"L'espoir plutôt que la peur"
Dans son discours d'investiture, Barack Obama a estimé que
l'Amérique était «prête à diriger» à nouveau et il a déclaré: «en
ce jour, nous sommes rassemblés car nous avons choisi l'espoir
plutôt que la peur, la volonté d'agir en commun plutôt que le
conflit et la discorde».
Dans la foule, l'émotion était particulièrement forte chez les
nombreux Américains d'origine africaine venus acclamer leur héros
malgré un vent et un froid intenses. "C'est une occasion
historique, une pierre blanche dans l'histoire des relations
raciales de ce pays", a souligné Fred Phillips, un psychologue âgé
de 62 ans.
Barack Obama, fils d'un père kényan venu étudier aux Etats-Unis, a
évoqué la question raciale en soulignant qu'il y a moins de 60 ans
ce dernier "n'aurait peut-être pas été servi dans un restaurant de
la ville", alors que lui-même peut aujourd'hui "prêter le serment
le plus sacré".
Dialogue avec les musulmans
Prenant les rênes d'un pays aux prises avec une crise économique
majeure et engagé dans deux guerres, en Afghanistan et en Irak, le
nouveau président a promis que les Etats-Unis allaient «commencer à
quitter l'Irak de façon responsable et forger une paix durement
gagnée en Afghanistan».
Barack Obama s'est aussi engagé à relancer le dialogue avec le
monde musulman. «Nous allons rechercher une nouvelle voie en
direction du monde musulman, basée sur l'intérêt mutuel et le
respect mutuel», a-t-il déclaré. Le démocrate a également parlé de
la crise économique et du réchauffement climatique.
La cérémonie d'investiture a été ponctuée de musique avec
notamment une interprétation de la chanson patriotique «America»
par la célèbre chanteuse de soul Aretha Franklin.
Des célébrités aux premières loges
Au moins 2 millions de personnes se pressaient sur le Mall. [Keystone] Plus de deux millions de personnes
s'étaient rassemblées mardi sur le Mall, l'immense esplanade au
coeur de Washington, pour assister à l'investiture du premier
président noir des Etats-Unis. Malgré des températures bien
au-dessus de zéro degrés, certaines personnes avaient même passé la
nuit sur place.
Parmi les privilégiés qui ont pu assister à la cérémonie depuis
les tribunes installées au pied du Capitole, beaucoup de visages
célèbres. L'acteur Dustin Hoffman, le cinéaste Steven Spielberg et
le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger étaient assis aux
premières loges.
Des milliers d'agents des forces de sécurité ont été déployés pour
maintenir l'ordre et empêcher toute perturbation des cérémonies.
Une bonne partie du centre de Washington était convertie en
forteresse et interdit aux véhicules particuliers.
Un dernier café avec les Bush
Dans la matinée, Barack Obama et son épouse Michelle, vêtue
d'une robe dorée dessinée par une styliste américaine d'origine
cubaine, se sont rendus à l'église épiscopalienne Saint-Jean toute
proche. Le couple présidentiel, qui était accompagné de Joe Biden
et de son épouse Jill, s'est ensuite rendu à la Maison Blanche pour
un café en compagnie de George W.Bush.
Le couple Obama a été accueilli par le couple Bush à la Maison Blanche. [Keystone] Les Bush ont ensuite
définitivement quitté la Maison Blanche en compagnie des Obama pour
se rendre dans un convoi de véhicules blindés au Capitole. Après la
cérémonie d'investiture, Barack et Michelle Obama ont accompagné
les Bush jusqu'à l'hélicoptère qui devait les faire quitter
Washington.
«Ted» Kennedy fait un malaise
Le nouveau président des Etats-Unis a ensuite participé avec sa
femme Michelle et de ses deux fillettes, Malia et Sasha, au
déjeuner d'investiture, avec près de 200 invités. Au menu: ragoût
de crustacés et faisan farci. Un incident a apporté une ombre à ce
moment magique: le sénateur démocrate Edward «Ted» Kennedy, le
frère du président assassiné en 1963, John Kennedy, a eu un
malaise. Il a dû être évacué en ambulance vers un hôpital.
Un des moments les plus attendus a suivi le repas: le défilé
accompagnant, au son des fanfares de tout le pays, Barack Obama à
sa nouvelle résidence, un parcours long de 2,7 km entre le Capitole
et la Maison Blanche. Le nouveau président et sa femme sont sortis
de la limousine présidentielle blindée pour marcher sous les
acclamations d'une foule survoltée.
Barack Obama devait terminer sa journée, comme le veut la
tradition, sur quelques pas de danse: il était attendu aux dix bals
officiels avec comme invitée spéciale la star du R'n'B Beyoncé
Knowles.
Aucun président n'a entamé son premier mandat avec une telle cote
de popularité - 78% selon le dernier sondage Gallup -, ce qui
contraste fortement avec la cote du sortant George W.Bush (voir
l'article ).
Félicitations du monde entier
L'investiture de Barack Obama a été saluée par la plupart des
chancelleries. A Berne, le président de la Confédération
Hans-Rudolf Merz a rappelé dans le «Tagesschau» de la télévision
alémanique SF que les Etats-Unis constituent une nation «grande et
forte». «On attend qu'elle reprenne son rôle de leader dans le
monde», a-t-il ajouté.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown a salué «un nouveau
chapitre dans l'histoire américaine comme dans l'histoire du
monde». A Paris, le président français Nicolas Sarkozy s'est
déclaré «résolu à travailler main dans la main». Le chef du
gouvernement italien Silvio Berlusconi a aussi invité le président
Obama à "affronter ensemble les défis actuels: la crise financière,
la situation au Moyen-Orient et en Afghanistan".
A Berlin, la chancelière Angela Merkel a souhaité une coopération
marquée «par une écoute réciproque». En écho, le président de la
Commission européenne, José Manuel Barroso, a souhaité un
approfondissement des relations entre Washington et l'Union
européenne (UE) «pour traiter les grands défis de notre époque».
L'Argentine espère elle que «le changement d'administration ouvre
de nouveaux rapports avec l'Amérique latine».
Pékin a appelé Barack Obama à lever les «obstacles» qui entravent
la coopération militaire avec Washington. Au Proche-Orient, le
Premier ministre israélien Ehud Olmert s'est dit certain que les
Etats-Unis et Israël seraient «des partenaires à part entière pour
promouvoir la paix et la stabilité au Proche-Orient».
Nelson Mandela, icône du combat anti-apartheid en Afrique du Sud,
a présenté Obama comme «une voix nouvelle porteuse pour l'espoir»
dans le monde. Le premier ministre russe Vladimir Poutine s'est lui
dit «profondément convaincu que les plus grandes déceptions
naissent de grands espoirs».
ats/afp/ap/bri