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L’article s’intéresse au potentiel productif de la photographie dans les processus de conception architecturale des années 1950. Comment la photographie, qui a vocation, pour l’essentiel, de reproduire et de témoigner, déploie-t-elle un potentiel créatif propre dans le processus de la conception à l’ère prédigitale, contribuant ainsi à créer quelque chose de nouveau ? Des fonds d’archives photographiques provenant d’Allemagne constituent la base matérielle de cet essai. Leur analyse part de la thèse selon laquelle il convient d’étudier les « lacunes » entre l’image et l’objet représenté pour être en mesure d’interroger la photographie en tant que médium et pratique de conception. Quatre notions définissant des « compétences » permettant d’appréhender la photographie seront développées et proposées : aplatir, isoler, pérenniser et ébaucher – des notions grâce auxquelles il est possible de saisir sa contribution réelle à la pratique architecturale.
Historien de l’art et de l’architecture, Ralf Liptau concentre ses recherches sur le XIXe et le XXe siècle. Après ses études à Berlin et à Paris et une thèse de doctorat sur les maquettes dans les processus de conception de l’époque moderne auprès de l’Universität der Künste de Berlin, il occupe un poste d’assistant scientifique à Berlin et à Vienne. Il est porte-parole adjoint du réseau de la Deutsche-Forschungs-Gesellschaft « Lens on! Fotografieren in architektonischen Entwurfsprozessen der Moderne » et, depuis 2020, conservateur des Monuments historiques en Rhénanie.
Mots clés : photographie, ébauche, processus, architecture, époque moderne, Allemagne