Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07277.jsonl.gz/629

Pourquoi, je suis né ici et maintenant? Pourquoi les gens souffrent? Y a-t-il quelque chose après la mort? Ces questions et quelques autres (pourquoi une bière genevoise s'appelle Calvin?) traversent l'esprit des humains depuis la nuit des temps. Elles n'ont toujours pas trouvé de réponse. Hier, un gosse de 9 ans m'a fait la liste des dieux grecs qu'il a apprise à l'école. Dans l'après-midi, je suis allé rendre visite à un ami de 73 ans frappé de diverses affections graves et qui pourrait mourir tantôt.
Parmi les réponses forgées ou découvertes par les humains ou qui leur ont été inspirées et transmises depuis la nuit des temps, les croyances figurent parmi les plus puissantes.
Le vote ce dimanche par les citoyens genevois (qui constitue moins de la moitié de la population du canton) de la loi sur la laïcité ouvre la voie à un enseignement renforcé du fait religieux à l'école publique et laïque de la République. Une Genferei, une de plus
Genferei parce que partout ailleurs en Suisse, les relations entre les religions et l'Etat sont bien moins crispées voire encore consubstantielles, ce que manifestent entre autres, le drapeau national suisse et l'exergue de la Constitution fédérale: Au nom de Dieu tout puissant.
Appliquant une laïcité peureuse et détachée de son histoire, Genève fait bande à part, n'applique pas le programme éthique et culture religieuse du Plan d'étude romand et forme ses enseignants du premier au onzième degrés spécifiquement à Histoire, fait religieux et laïcité, autour notamment d'une brochure "La laïcité à l'école" éditée en 2016, illustrée par Zep. Une tentative précédente, en 2013, collection des grands textes pour interroger le monde, péchait par une neutralité des points de vue discutable, qui mettait la tradition maya au même niveau que la tradition judéo-chrétienne.
Que l'école soit laïque et maintienne une distance de respect mutuel avec les croyances, ça tombe sous le sens, mais qu'elle expurge de son enseignement la connaissance des religions, qui ont inspiré tant d'hommes et de femmes dans tous les domaines et forgé pour une large part toutes les civilisations et la nôtre, confine au non sens.
On souscrit volontiers aux propos d'Anne Emery-Torracinta, selon lesquels "la laïcité est un élément central du vivre-ensemble dans une société marquée par la diversité culturelle et religieuse", mais cette neutralité posée, la cheffe du DIP doit avoir le courage d'organiser l'enseignement du fait religieux et des principales figures qui l'incarne hier et aujourd'hui à l'égal de toutes les autres disciplines.
L'enseignement du fait religieux mobilise un groupe de réflexions depuis plus de 20 ans à Genève: Culture religieuse et humaniste à l'école laïque. Un site à consulter. Il contient une mine d'information et des pistes pour continuer.