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Depuis le début du conflit, le 15 avril dernier, près de 5'000 personnes ont été blessées et le nombre de morts dépasse désormais les 600. Alors que des milliers de personnes ont déjà fui vers les pays voisins, le nombre de personnes forcées de fuir pourrait continuer à augmenter de façon spectaculaire si aucune solution n'est trouvée pour un retour à la paix.
Plus de 100'000 personnes déplacées dans les pays voisins
Alors que le pays a connu un mois complet de combats brutaux sur l'ensemble de son territoire, le bilan humain du conflit s'alourdit tragiquement. Face à une situation aussi incertaine, de plus en plus de personnes n'ont d'autre choix que de fuir pour se mettre à l'abri.
114'000 personnes ont ainsi fui le Soudan pour se mettre à l'abri, à la date du 11 mai, dans des pays voisins comme le Tchad, la République centrafricaine, l'Égypte, l'Éthiopie et le Sud-Soudan. En outre, 46'000 réfugiés sud-soudanais qui avaient trouvé refuge au Soudan après avoir fui leur pays ont décidé de rentrer, même si la situation est loin d'être idéale et sans danger. 3,7 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays et environ 1 million de réfugiés qui étaient accueillis dans le pays avant le début du conflit sont maintenant confrontés à une situation sinistre, alors qu'ils voient le deuxième plus grand pays d'accueil de réfugiés sur le continent africain sombrer dans le chaos. Raouf Mazou, Haut Commissaire assistant du HCR pour les opérations, a souligné le besoin accru de soutien dans la région et a mis en garde sur les difficultés :
La situation humanitaire à l'intérieur et autour du Soudan est tragique - il y a des pénuries de nourriture, d'eau et de carburant, un accès limité aux transports, aux communications et à l'électricité, et une montée en flèche des prix des produits de base. Le HCR et ses partenaires ont des équipes d'urgence sur place et aident les autorités avec un soutien technique, en enregistrant les arrivées, en effectuant un suivi de la protection et en renforçant l'accueil pour s'assurer que les besoins urgents sont satisfaits. Ce n'est qu'un début. Une aide supplémentaire est nécessaire de toute urgence.
"J'ai perdu ma maison, mon mari et mon pays en un clin d'œil."
Le bilan humanitaire du conflit est désastreux, comme le prouvent un nombre croissant de témoignages. Lorsque les combats ont éclaté dans la capitale du Soudan, Khartoum, Arafa, 25 ans, était seule chez elle avec ses deux jeunes enfants. Paniquée par le bruit des tirs et des avions de guerre qui la survolaient, elle a essayé d'appeler son mari au travail, mais n'a pas réussi à le joindre. Le lendemain, elle s'est réveillée lorsque des amis de son mari l'ont appelée pour l'informer que ce dernier avait été abattu.
Craignant pour sa vie et celle de ses enfants, Arafa a décidé de quitter la capitale pour se mettre à l'abri. Après un long voyage, elle est parvenue à rejoindre l'Égypte avec sa famille.
J'étais effrayée, fatiguée et sans espoir. La route était difficile et le bruit continu des tirs était assourdissant. Je ne pensais pas que nous y arriverions. J'ai passé 80 heures sans eau ni nourriture. Je tenais mes enfants dans mes bras, j'avais peur de la guerre, du voyage vers l'asile et de la longue route qui nous attendait.
Lorsqu'elle est arrivée au Caire, sur une place de la ville inconnue et sans autre endroit où aller, elle a passé la nuit dans la rue. Le lendemain, une Sud-Soudanaise qui passait par là lui a conseillé de se rendre au bureau du HCR et de s'y faire enregistrer, ce qui lui a permis de recevoir une aide. Bien que cela lui apporte un certain soulagement, son avenir est loin d'être assuré :
Je n'arrive pas à croire que je suis ici en Égypte, mais j'ai encore peur de tout. J'ai besoin d'aide. J'ai peur de l'avenir. J'ai perdu ma maison, mon mari et mon pays en un clin d'œil. Je ne veux pas perdre mes enfants aussi ; je veux qu'ils soient en sécurité.
L'aide humanitaire est urgemment nécessaire
Alors que les pays voisins continuent d'accueillir de plus en plus de réfugiés en provenance du Soudan, les besoins augmentent rapidement. Au Tchad, deuxième pays le plus pauvre du monde selon l'indice de développement humain (IDH), plus de 28'000 réfugiés soudanais sont arrivés au cours des dernières semaines, rejoignant les 575'000 réfugiés déjà accueillis dans le pays. En outre, environ 380'000 personnes sont déplacées à l'intérieur du Tchad. Les situations au Sud-Soudan, en République centrafricaine et en Éthiopie sont similaires et les besoins humanitaires ne cessent de croître.
Alors que la crise s'aggrave, les réfugiés et les personnes déplacées dans la région ont besoin d'une aide urgente pour assurer leur survie.