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On savait les conservateurs des musées helvétiques portés sur la didactique culturelle, à la fois attirante et efficace. L’exposition sur Cézanne, intitulée ? achevé ? inachevé, s’inscrit dans ce projet : faire d’un accrochage un cours magistral sur l’histoire de l’art. La question qui sous-tend l’exposition est simple : Qu’est-ce qui incite un artiste aussi majeur que Paul Cézanne (1839-1906) à peindre ?
Le conservateur zurichois Félix Baumann a rassemblé un nombre respectable d’œuvres, plus ou moins inachevées qu’il a regroupées en catégories : portraits, natures mortes et paysages.
Une fois immergé dans l’exposition, le visiteur s’interroge sur les relations entre l’artiste et ces peintures. Il lui est difficile, voire impossible, de déterminer si une toile a été abandonnée dans un état d’ébauche ou si le peintre s’est arrêté par crainte de mettre en danger le résultat obtenu.
Pour Félix Baumann, le non-fini de Cézanne va de pair avec l’abandon de la perspective centrale et la progression de l’abstraction. L’artiste a exercé une influence considérable sur l’art du vingtième siècle. Sa production picturale, outre qu’elle constitue le point de départ de la révolution du cubisme, est porteuse de plusieurs innovations : la planéité de l’image, la revalorisation et l’émancipation de la forme et de la couleur par rapport au contenu et l’idée d’une réalité de l’image qui va au-delà de la représentation.
Par sa manière de traiter la forme-couleur, l’artiste fait le pont entre les anciens, tel Nicolas Poussin, et les modernes. Paul Cézanne est incontournable ? achevé ou ? inachevé, lui qui aurait déclaré qu’il voulait « vivifier Poussin sur nature ». Daniel Marco
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
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