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Extrait d’un billet de François Bottollier-Depois sur la place des experts.. et celle des citoyens:
En démocratie, l’expert n’est pas un décideur politique
Il semble couler de source que les experts, en vertu de leurs capacités, de leurs connaissances, aient de plus grandes chances de discerner la vérité sur une question complexe, plutôt qu’une personne sans qualifications particulières ou n’ayant pas spécialement réfléchi à une problématique. Mais cela n’implique pas de les laisser trancher, c’est-à-dire de leur donner l’autorité de prendre des décisions qui s’appliquent sur l’ensemble des membres de la société.
Dans une société démocratique la détention d’un savoir ne constitue pas une justification acceptable du pouvoir.
Le phénomène qui tend à accorder une autorité politique à l’expert apparaît très clairement depuis le début de la crise. Aucune décision politique n’est prise sans que soit brandie l’autorité d’un expert ou d’un comité quelconque. Que le politique prenne en considération un avis qui résulte d’une démarche scientifique est une chose ; mais qu’il se dissimule derrière cet avis pour asseoir sa décision comme une nécessité indiscutable pose un problème démocratique. Combien de fois a-t-on entendu que les décisions du gouvernement étaient « basées sur l’avis des scientifiques » ? L’expert doit intervenir non pas pour prendre la décision, mais pour éclairer ceux qui sont en mesure de la prendre.