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Comparé à 2010, le prix des aliments de base pourrait doubler dans les 20 prochaines années, prévient l'organisation Oxfam dans un rapport. En cause, le changement climatique et la multiplication des événements extrêmes qui l'accompagnent.
En 2030, estime l'ONG, le risque accru de sécheresse, semblable à celle qui sévit depuis juin notamment aux Etats-Unis - la plus grave depuis un demi-siècle - pourrait ainsi faire grimper le prix du maïs de "140% par rapport au prix moyen des denrées alimentaires" à cette date.
"Cette hausse s'ajoutera à la hausse déjà inévitable des prix des denrées alimentaires envisagée avec le changement climatique", a insisté Clara Jamart, responsable des questions d'agriculture et d'alimentation d'Oxfam.
Oxfam juge que les effets du réchauffement sont "sous-estimés" car "les changements à évolution lente des températures moyennes et des schémas de précipitations", globalement défavorables à l'agriculture, se doubleront de "pertes de cultures causées par des événements météorologiques extrêmes, plus fréquents et plus intenses".
En Afrique australe, "sécheresses et inondations pourraient augmenter de 120% le prix à la consommation du maïs et d'autres céréales secondaires", montre encore l'étude.
Prix fort payé par les plus pauvres
Les chercheurs ont modélisé les scénarios d'événements extrêmes sur l'Afrique sub-saharienne et chacune des principales régions exportatrices du monde pour le riz, le maïs et le blé. Ils en concluent qu'en 2030, les prix du maïs augmenteront de 177% à l'exportation; ceux du blé de 120%; ceux du riz raffiné de 107%.
Ce sont "les populations les plus pauvres qui paieront cette flambée au prix fort: quand un ménage français consacre en moyenne 15% de son budget à se nourrir, au Sahel cette part peut aller jusqu'à 50 ou 75%", relève Clara Jamart.
Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC, mandaté par l'ONU) prévoit une augmentation des températures de 2,5 à 5 degrés d'ici la fin du siècle accompagnée "d'événements climatiques extrêmes sans précédent".
ATS