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Le premier ministre irakien Haïdar al Abadi a rencontré samedi le religieux Moktada al Sadr dont la formation d'obédience chiite a remporté les élections législatives en Irak. Ce tête-à-tête laisse entrevoir la possibilité d'une coalition entre les deux dirigeants.
"Lors de notre rencontre, nous avons convenu de travailler ensemble et avec les autres partis pour accélérer le processus de formation d'un nouveau gouvernement irakien", a déclaré M. Abadi devant la presse. "Ce sera un gouvernement fort, capable d'apporter aux citoyens les services, la sécurité et la prospérité économique", a-t-il ajouté.
Moktada al Sadr, adversaire de longue date des Etats-Unis en Irak et opposé à l'influence iranienne dans son pays, ne pourra pas prendre la tête du gouvernement car il n'était pas candidat lors des récentes législatives. Mais la victoire de sa coalition Sairoon, qui dispose de 54 élus au parlement, le place en position de force pour négocier avec Abadi.
"Notre porte est ouverte à quiconque veut construire le pays et que cela soit une décision irakienne", a déclaré Moktada al Sadr.
La formation conduite par Hadi al Amiri, l'une des plus influentes figures politiques du pays, est arrivée en deuxième position du scrutin. Amiri, qui dirige un ensemble de groupes paramilitaires, entretient des liens étroits avec l'Iran depuis des décennies. Moktada al Sadr a également rencontré dimanche Hadi al Amiri, à Nadjaf, à 160 km au sud de Bagdad.
Négociations à venir
Avant les élections, Téhéran, qui a pesé dans le choix du chef du gouvernement irakien par le passé, a publiquement indiqué qu'il ne permettrait pas à la coalition de Moktada al Sadr de gouverner. Même s'il dispose du plus grand nombre de députés au parlement, cela ne signifie pas qu'il soit en position de désigner le prochain premier ministre.
Les différentes formations politiques vont devoir engager des négociations afin de constituer une alliance suffisamment large pour disposer de la majorité. Le gouvernement doit être formé dans les 90 jours suivant le scrutin mais les discussions pourraient durer des mois.
Les élections ont constitué un revers pour Abadi mais il pourrait malgré tout apparaître comme l'homme du compromis car il est parvenu à ménager jusqu'ici les intérêts divergents des Américains et des Iraniens.