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elon le dictionnaire Benoit, on sait bien peu de choses sur Jacques Morel. Même ses dates de naissance et décès ne nous sont pas connues. De lui, on sait qu’il fut l’élève de Marin Marais ¬– comme Charles Dollé à qui Robin Pharo consacra un album en 2017 – dont il adapta le style à l’évolution instrumentale du temps. On lui doit notamment la « chaconne en trio » pour flûte traversière, violon, et basse continue, une des premières pièces pour cette instrumentation. Précédant la structuration des suites à la façon de Bach ou Telemann, il ordonne ses pièces en prélude, allemande, courante, sarabande, menuet/bourrée/gavotte et gigue, qui diffèrent du schéma de la suite à la française du XVIIe siècle (allemande, courante, sarabande, gigue).
À l’exception notable de Philippe Pierlot dans sa mise en musique de la défense de la basse de viole contre les entreprises du violon et les prétentions du violoncelle, la musique de Morel n’a pas été l’objet d’albums. L’interprète espagnol Alejandro Marías raconte dans le livret que c’est par un concours de circonstances – la cessation d’activité des éditions Minkoff et la distribution de leurs fac-similés auprès des étudiants en musique de la Haute école de musique de Genève à la fin des années 2000 – qu’il fit connaissance de l’œuvre de Morel.
Référence
Ensemble La Spagna, Alejandro Marías (viole de gambe) : Jacques Morel, premier livre de pièces de viole, Brilliant Classics, 2019.