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Intension : Lier spacialité sensation et matériau.
L'objectif est de faire bouger les gens, grâce aux ombres, à l’aide de parois en plexis et d’un plancher en bois.
1.SPACIALITE : L’espace que j’ai donné à mon plancher est en forme de « L ». Il invite le promeneur à déambuler, à zigzaguer, à faire demi tour et revenir sur ses pas, à ralentir ou à accélérer et ne jamais se déplacer de façon rectiligne.
Mise en forme : arrivée du promeneur à droite sur le plan, puis déplacement vers le Rhône accompagné d’un confinement de l’espace.
Première zone : grand espace avec des arbres
-possibilité d’apercevoir la deuxième zone, si on se place à gauche de la parois de plexis
-possibilité d'entrer dans la deuxième zone, si on se place à droite de la parois
Deuxième zone : espace plus petit
-idée de gradation-
On en vient à déterminer les largeurs des parois.
La parois la plus proche du Rhône (et qui est aussi la plus petite) mord sur la longueur de deux cellules et suggère une ambiguité : ou bien le promeneur se situe à gauche et observe la deuxième zone, ou bien il se situe à droite et entre dans cette deuxième zone.
La parois la plus éloignée du Rhône (et qui est aussi la plus grande) ferme la première zone.
perspective et expérimentation de la notion d'intériorité
2.SENSATIONS
Le rythme de déplacement des personne se cale sur celui des ombres.
L'éloge de l'ombre :
Sans autre moyen que du bois sans apprêt et un sol nu, l'on a ménagé un espace en retrait où les rayons lumineux que
l'on laisse pénétrer engendrent de ci de là, des recoins vaguement obscurs.
Nous cherchons à nous accommoder des limites qui nous sont imposées, nous nous sommes contentés de notre condition
présente ; nous n'éprouvons par conséquent nulle répulsion à l'égard de ce qui est obscur, nous nous y résignons comme à
l'inévitable : si la lumière est pauvre, eh bien quelle le soit ! Mieux, nous nous enfonçons avec délice dans les ténèbres et
nous leur découvrons une beauté qui leur est propre.
Nous nous complaisons dans cette clarté ténue, faite de lumière extérieure d'apparence incertaine, qui conserve à grande
peine un dernier reste de vie. Cette clarté là, ou plutôt cette pénombre vaut tous les ornements du monde et sa vue ne
nous lasse jamais.
d'après L'éloge de l'ombre, Tanizaki
Recherche sur les ombres :
Le soleil est très haut aux dates étudiées. Les ombres sont donc mieux observables au sol. L écran sur lesquelles sont projetées les ombres correspond donc à mon plancher. De plus le matériau du bois permet de mettre en valeur les ombres.
J’ai prolongé le plancher pour en faire une enveloppe à gauche, c’est-à-dire des gardes corps.
De plus aux heures de pointe, le soleil est situé vers le Sud Ouest. J’ai donc orienté les lattes de plancher en fonction de cet angle pour mieux voir les ombres. J’ai aussi orienté les parois de plexis et les gardes corps en le prenant en compte.
Etude de la forme des ombres :
Les feuilles des arbres renvoient des ombres ovales.
La proto renvoie des ombres verticales et horizontales
J’ai donc pensé que les ombres de mes parois devaient avoir un motif différent de ceux des arbres ou de la proto. Après plusieurs essais avec une lampe je me suis intéressée au motif en diagonal. C’est pourquoi j'ai trouvé intéressant que mes gardes corps reprennent le motif en diagonal du plancher. Quant aux parois de plexis, comme elles sont légèrement ponsées, elles viennent tamiser la lumière sans obscurcir l’espace.
Mise en forme :
Première zone : présence d'arbres, lumière tamisée
Deuxième zone : nécessité de dégager l'espace pour jouir de luminosité afin de jouer avec les ombres humaines sr le plexis
-Idée de gradation-
***
Il monte.
Avec ses petites jambes il ne peut pas gravir les marches trop vite. Alors il prend le temps de regarder en dessous de lui. La foule grouillante et bruyante qu'il vient de quitter s'agite maintenant sous ses pieds. Au fur et à mesure de son avancée, il voit les traits de sa mère devenir flous ; plus il monte et plus elle lui parait ressembler à une petite fourmis.
Il lève la tête et frôle de sa main les feuilles des arbres. La lumière passe au travers pour parvenir jusqu'à lui et faire cligner ses yeux. Il apprécie prendre de la hauteur, se rapprocher de ce ciel bleu sans nuage, en cette chaude journée de juillet. Mais où le mènent donc ces plateformes ?
Encore quelques marches, alors il se presse ;
Enfin, l'effort est terminé. Et il ouvre ses grands yeux. Le spectacle qu'il découvre semble sorti d'un rêve. La lumière scintillante s'est faite plus discrète, au profit d'ombres étranges - parfois immobiles, parfois fuyantes, parfois sombres parfois grisées- sur l'écran au-dessus duquel il marche. Il reconnait les images déformées des feuilles des arbres. Et puis, plus loin il y a des ombres rectilignes, horizontales, verticales, qui se croisent en grilles, certaines un peu tordues et démesurément longues. Ce sont celles des parois qui l'entourent. Il se déplace sur l'écran, se tourne dos au soleil et agite ses mains qu'il voit soudainement apparaître au sol. Il rit, heureux d'avoir été surpris si simplement.
Extension du projet :
Réaliser un plancher en diagonal possède un autre intérêt : celui-ci n'est pas simplement un écran mais produit aussi des ombres en dessous et sur les autres projets.
Il en est de même pour la grande parois en plexis du fond. Les ombres des promeneurs seront apercevables pour les personnes situées en dessous de la proto.
Ainsi le concept de mon projet ne se limite pas à une petit surface mais s'étend sur une bien plus grande surface.