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Pour obtenir la condamnation à mort de cet homme, l'État s'est appuyé sur des stéréotypes racistes et l'avis d'un «expert» discrédité.
Après que le Comité des grâces et des libérations conditionnelles du Texas ait rejeté le recours en grâce de Ramiro Hernández Llanas lundi 7 avril, son dernier espoir s'est évanoui avec la décision du gouverneur de l'État.
«Si un cas réclamait que le gouverneur Perry use de son pouvoir d'octroyer un sursis c'est bien celui-ci. Le gouverneur aurait dû reconnaître que l'État s'est appuyé sur une "expertise" de mauvaise qualité pour envoyer Ramiro Hernández Llanas dans la chambre d'exécution», a déclaré Rob Freer, spécialiste des États-Unis à Amnesty International.
Expertise discréditée
Lors du procès qui s'est déroulé en 2000, le parquet a présenté le témoignage du Dr James Grigson, un psychiatre discrédité, pour réfuter les avis d'experts de la santé mentale cités par la défense. Le Dr Grigson, qui n'avait jamais examiné Ramiro Hernández Llanas, a affirmé qu'il était probable que celui-ci commette des actes violents dans le futur parce qu'il s'agissait d'un sociopathe dénué de sens moral. Convaincre le jury que l'accusé représente une «future menace» pour la société, même en prison, est une condition sine qua non de toute condamnation à mort au Texas.
«Les positions similaires à celle du Dr Grigson sont au fil des années tombées dans le discrédit, qualifiées de science de pacotille, et il a lui-même été radié de l'Association américaine de psychiatrie, en raison de déclarations aussi peu scientifiques que celles-ci dans des affaires où l'accusé encourt la peine capitale», a déclaré Rob Freer.
Racisme et injustice
«Compte tenu de la suite des événements – un avis psychiatrique entaché de stéréotypes racistes –, le jugement prononcé au Texas dans cette affaire a donné lieu à une nouvelle injustice saisissante, qui est sur le point de devenir permanente dans la chambre d'injection létale.»
«L'égalité de tous devant la loi et le droit de bénéficier d'une procédure judiciaire sans être victime de discriminations fondées sur l'appartenance ethnique, entre autres, sont des principes fondamentaux du droit international», a déclaré Rob Freer.
«Si Amnesty International a pour sa part la conviction que la peine de mort n'est jamais l'expression de la justice, nous imaginons que même les partisans des exécutions judiciaires se rendent compte de l'injustice que constitue une condamnation à mort se basant sur un témoignage aussi contestable.»
«Le Texas n'en est pas à sa première injustice sur le terrain de la peine capitale. Le voici une nouvelle fois sur le point de procéder à une exécution, alors que la condamnation s'est appuyée sur des témoignages hautement contestables contre une personne dont le handicap mental remet en question la constitutionnalité de la mise à mort. Le gouverneur Perry doit agir de toute urgence», a déclaré Rob Freer.
Complément d'information
Ramiro Hernández Llanas a été condamné à mort en février 2000 pour le meurtre de Glen Lich, son employeur, battu à mort dans son ranch du comté de Kerr le 14 octobre 1997.
L'enfance de Ramiro Hernández Llanas a été marquée par la violence et une pauvreté extrême au Mexique. Les membres de sa famille vivait dans une cabane faite de morceaux de carton, près d'une décharge où ils fouillaient dans les ordures. Des tests menés au cours des dix dernières années évaluent le quotient intellectuel de Ramiro Hernández Llanas à 50 ou 60. Il souffre de profonds troubles du comportement adaptatif concernant toute une série de compétences, notamment linguistiques, scolaires, conceptuelles, sociales, professionnelles et domestiques.
Quinze personnes ont été exécutées aux États-Unis depuis le début de l’année 2014, dont cinq au Texas. Depuis la reprise des exécutions judiciaires aux États-Unis en 1977,en vertu de lois révisées, les autorités américaines ont ôté la vie à 1 374 personnes à travers le pays. Parmi ces exécutions, 513 ont eu lieu au Texas, dont 274 sous le mandat du gouverneur Rick Perry.