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La prescription ou non d’un traitement antibiotique lors d’une exacerbation de BPCO est un dilemme pour le médecin de premier recours. La présence d’un des trois critères d’Anthonisen (c’est-à-dire augmentation de la dyspnée, du volume ou de la purulence des expectorations) définit une exacerbation. Parmi eux, la purulence des expectorations est une indication reconnue à l’antibiothérapie chez les patients avec une BPCO sévère, mais la validité de cette pratique chez les patients avec une BPCO modérée ou légère (volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) > 50%) n’est pas établie. Une étude prospective,1 multicentrique, randomisée et contrôlée a récemment montré qu’un traitement antibiotique par amoxicilline-clavulanate pendant huit jours lors d’une exacerbation de BPCO modérée ou légère prolongeait la période avant la prochaine exacerbation et améliorait le taux de succès clinique (90,5% vs 80,9% dans le groupe placebo) à la fin du traitement. Cette seconde étude 2 s’est intéressée aux patients du groupe placebo sans antibiothérapie et a montré que des expectorations purulentes et une protéine C réactive (CRP) > 40 mg/l sont les seuls facteurs associés à un risque d’échec clinique augmenté avec un odds ratio de 6,1 (IC 95% : 1,5-25 ; p = 0,005) pour la purulence des expectorations et de 13,4 (IC 95% : 4,6-38,8 ; p < 0,001) pour la CRP > 40 mg/l. La probabilité d’échec clinique sans antibiothérapie était de 63,7% si ces deux facteurs étaient présents.
Commentaire : Les résultats de ces deux études nous permettent d’identifier facilement parmi les patients ayant une exacerbation de BPCO de degré modéré ou léger ceux qui ont un risque élevé de mauvaise évolution et pourraient (devraient ?) bénéficier d’une antibiothérapie. A contrario, les patients sans expectoration purulente, ni CRP > 40 mg/l ont une évolution clinique généralement favorable, ce qui permet de ne pas introduire d’antibiothérapie. On regrettera cependant l’absence de standardisation du traitement de stéroïdes dans l’étude princeps dont est issue notre étude post-hoc et l’absence de données au sujet des patients présentant les mêmes facteurs de mauvaise évolution mais traités par antibiotiques.