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A la fin de la Deuxième Guerre mondiale et dans le sillage de Yalta, l’Union soviétique s’empare de l’entier des îles Kouriles, cet archipel qui s’ouvre généreusement sur l’immensité du Pacifique Nord et qui semble « verrouiller » la mer d’Okhotsk. Historiquement, ces îles ont principalement été habitées par des pêcheurs japonais ; qui plus est, un traité signé à Saint-Pétersbourg en 1875 a reconnu au Japon une souveraineté sur ces terres du bout du monde.
L’absence d’un traité de paix entre le Japon et la Russie à la fin de la Deuxième Guerre mondiale[i] est, entre autres, lié au contentieux concernant les îles Kouriles. Il est vrai que cet archipel donne à Moscou un avantage stratégique certain, un accès commercial et militaire aisé à l’océan Pacifique. Quant au Japon, trois îles se trouvant au Sud des Kouriles ont pour le pays du Soleil levant une signification historico-religieuse particulière ; ces trois îles (Kounashiri, Etorofu et Shikotan), revendiquées par Tokyo, sont les plus poissonneuses de l’archipel.
Le 2 septembre dernier, une rencontre bilatérale inédite entre le chef du gouvernement japonais Shinzo Abe et le président Vladimir Poutine, suite à un forum économique à Vladivostock, a relancé l’idée d’un traité de paix entre le Japon et la Russie, traité de paix qui passe également par un règlement du différend concernant les îles Kouriles.
La période semble favorable ; suite au drame de Fukushima, Tokyo réoriente actuellement sa politique énergétique : un rapprochement avec la Russie s’opère, ce pays possédant d’importantes réserves de gaz. A l’inverse, Vladimir Poutine ne peut que profiter d’un nouveau partenaire de choix en Asie.
Quelle influence ce rapprochement aura-t-il sur une éventuelle concrétisation d’un traité de paix et le règlement du contentieux des Kouriles ? Vladimir Poutine ne peut que difficilement « abandonner » cet archipel, stratégiquement important, à une époque où un renouveau de la puissance russe obnubile le Kremlin – pétri de nostalgies impériales -, et où les présidentielles en Russie approchent à grands pas.
Le 2 septembre, le Japon et la Russie se sont engagés dans des pourparlers quant à un accord concernant les îles Kouriles. Cet accord sera rediscuté lors de la visite de Vladimir Poutine au Japon au mois de décembre.
Frédéric Steputat, ce 14 septembre 2016.
[i] Le traité de paix entre le Japon et les autres puissances entrées en guerre contre le pays du Soleil levant a été signé en 1951 à San Francisco. Sans l’URSS.