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Pierre-François Souyri, "Critiquer le colonialisme dans le Japon d’avant 1945", Cipango, 2011
référence de l'article :
Pierre-François Souyri, «Critiquer le colonialisme dans le Japon d’avant 1945», Cipango, 18 | 2011, 189-236.
résumé :
Dès les débuts de la mise en place de politiques coloniales, certaines voix se sont élevées au Japon pour critiquer cette nouvelle forme de domination sur des populations d’outre-mer, puis avec les années dites de la démocratie Taishō (1912-1926), cette critique peu connue mais pourtant explicite du colonialisme est devenue plus audible, avant d’être de nouveau progressivement étouffée à la fin des années 1930. Très vite, des doutes naissent, au Japon même, sur la possibilité d’assimiler les peuples coloniaux. On peut distinguer trois courants principaux qui s’en prennent aux politiques coloniales du Japon. D’abord un courant « moral » qui émerge essentiellement comme critique des méthodes répressives policières et militaires dans les colonies, surtout au lendemain des mouvements de 1919 en Corée. Il existe par ailleurs un courant « économiste » produit de la pensée libérale occidentale. Ce courant est anticolonial par principe parce qu’il pense que les colonies coûtent plus chères qu’elles ne rapportent et se préoccupe peu de la situation des peuples colonisés, sinon pour proclamer que les mouvements politiques qui y naissent conduisent inéluctablement à l’indépendance et donc à la défaite programmée du Japon. Enfin, il apparaît une critique plus originale du système au sein même de l’université japonaise parmi certains professeurs chargés d’enseigner précisément les politiques coloniales, qui aboutissent à l’idée que le home rule ou l’indépendance des colonies est inéluctable.
L'article complet est disponible en ligne sur le site cipango.revues.org.22 octobre 2013
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