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Winterthour à l’avant-garde
Cette tendance a été particulièrement accentuée par les achats de Hedy et Arthur Hahnloser et par le cousin de Hedy, Richard Bühler (qui, malheureusement, a dû vendre sa collection lors de la crise économique mondiale des années trente, mais qui a influencé, comme président du «Kunstverein» de Winterthour, les acquisitions de ce dernier pour le musée municipal de cette ville).
Le plus important des mécènes, Oscar Reinhart, a suivi ce mouvement tout en équilibrant sa collection entre l’art ancien, l’art classique moderne appartenant à la culture française et l’art allemand et autrichien de la fin du XVIIIe jusqu’au début du XXe siècle. En plus de cela, il a réuni des tableaux de peintres suisses de la même époque (et quelques contemporains de lui-même), tant alémaniques que latins. Il a tâché de créer, d’ailleurs comme ses trois frères, un pont entre les cultures voisines et présentes en Suisse.
Ces mécènes sont donc allés, au début de leur activité, à contre-courant de l’ambiance régnante. Ils ont fait de Winterthour un poste d’avant-garde de la culture française (au sens large) en pays germanophone. Oscar Reinhart en particulier a déployé, notamment en réunissant peintres romands et alémaniques dans les mêmes salles, un esprit «helvétiste». Le rôle parallèle tenu par son frère Werner Reinhart a été heureusement décrit, pour le public romand, par Georges Duplain dans son livre L’homme aux mains d’or qui a paru chez 24 heures, à Lausanne, en 1988 et qui donne un exemple détaillé de l’esprit qui animait ces mécènes.