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La gouverneure de Tokyo a déclaré mardi qu'elle ne voyait "aucun scénario" susceptible de mener à une annulation des Jeux olympiques de Tokyo.
Yuriko Koike demeure optimiste malgré la recrudescence des infections au coronavirus et le scepticisme persistant du public au Japon.
Dans un entretien à l'AFP, Yuriko Koike avertit que le sort des Jeux de Tokyo, initialement prévus à l'été 2020, aura un impact sur les futurs événements olympiques, notamment les Jeux d'hiver de 2022 à Pékin et les Jeux d'été de 2024 à Paris.
"Le public japonais et les habitants de Tokyo ont les yeux rivés sur la situation actuelle", a déclaré Mme Koike, ajoutant: "Nous sommes tournés vers l'avenir". Elle a reconnu qu'une majorité du public japonais s'oppose toujours à l'organisation en 2021 des Jeux, mais s'est dite convaincue que ces réticences pouvaient être surmontées.
Les Jeux de Tokyo-2020 sont les premiers de l'Histoire à être reportés en temps de paix. Un nouveau report a été exclu par les responsables olympiques et japonais. Ils doivent s'ouvrir fin juillet 2021.
"Et Paris dans quatre ans"?
Mme Koike, gouverneure de la région du grand Tokyo (14 millions d'habitants), a affirmé qu'il n'y avait "aucun scénario" où elle pourrait envisager l'annulation des Jeux. "Les citoyens du monde voient les Jeux de Tokyo comme un symbole que l'humanité aura vaincu le coronavirus, qui conduira aux Jeux d'hiver de Pékin et ensuite aux Jeux de Paris", a-t-elle dit.
"Si Tokyo ne fait pas tous les efforts possibles pour lutter contre le coronavirus, qu'arrivera-t-il à Paris dans quatre ans? Je pense que nous devons d'abord faire de Tokyo un succès, sinon cela aura un sérieux impact sur Paris".
Mais l'opinion publique japonaise semble en décalage par rapport au ton confiant et optimiste du CIO, des organisateurs de Tokyo-2020 et des responsables japonais. Un sondage publié mardi par la chaîne de télévision publique NHK a révélé que seulement 27% des personnes interrogées étaient favorables à la tenue des Jeux l'été prochain, 32% souhaitant leur annulation et 31% préférant un nouveau report. D'autres enquêtes d'opinion depuis juillet ont toutes mis en évidence les fortes réticences du public nippon.
"Retrouver l'espoir"
Mme Koike pense que cela va changer et rappelle la panoplie de mesures anti-coronavirus élaborées en vue des JO qui doivent se tenir du 23 juillet au 8 août, les Jeux paralympiques étant prévus du 24 août au 5 septembre. "Je suis convaincue que les gens retrouveront l'espoir, une fois que les mesures contre le coronavirus seront fermement appliquées", a-t-elle déclaré.
Le récent lancement de campagnes de vaccination dans certains pays a renforcé la confiance des organisateurs dans la possibilité d'avoir des JO à Tokyo en 2021, même si la vaccination ne sera pas obligatoire pour les athlètes ou les spectateurs. Le Japon a été relativement épargné jusqu'ici avec moins de 2600 décès à ce jour depuis le début de la pandémie, selon des chiffres officiels. Mais on assiste à une forte recrudescence des infections.
Lundi soir, le Premier ministre Yoshihide Suga est monté au créneau pour exhorter ses compatriotes à reconsidérer leurs projets de voyages durant la période de fin d'année. Il a même ordonné la suspension d'un programme de promotion du tourisme intérieur. Le report des Jeux et la mise au point de mesures contre le coronavirus se sont révélés être un cauchemar logistique et un gouffre financier.
Début décembre, les organisateurs de Tokyo-2020 ont annoncé que les JO coûteraient 2,1 milliards d'euros de plus que prévu (la facture s'élevait déjà à quelque 11 milliards d'euros). "Les baux ont été prolongés d'un an, donc le coût augmente inévitablement", a déclaré M. Koike. "Mais ce que nous ne voulons pas, c'est d'en faire un choix entre payer le coût ou laisser tomber le tout".