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Portrait de Sébastien Rumley
Après de brillantes études qui l'ont mené à découvrir la Suisse alémanique, le Chili et les États-Unis, Sébastien Rumley a rejoint la HEIA-FR, au mois d'août 2021. Ce passionné d'infrastructure et de modélisation informatiques y a trouvé son équilibre, entre recherche et enseignement.
Une fois sa maturité obtenue, Sébastien Rumley poursuit ses études à l'EPFL, à l’ETH, et au Chili où il écrit sa thèse de Master sur les réseaux électriques intelligents. Retour à l’EPFL pour le doctorat, puis quelques années plus tard, il s'envole pour New-York, où il réalise un post-doc.
«Lorsque j'ai intégré l'Université de Colombia, c'était l'avènement d'une nouvelle technologie qui s'appelait la photonique sur silicium. Mon groupe de travail était pionnier en la matière, surtout pour des applications dans les superordinateurs. C’était très excitant et exaltant! Mais à un certain moment, je me suis rendu compte que ce sujet n'avait pas vraiment d'avenir en Suisse, où l'on construit pas d'ordinateurs.»
Sébastien Rumley quitte les États-Unis et revient en Suisse, où il travaille pour une entreprise de développement logiciel, pendant quelques années, avant de postuler à la HEIA-FR comme professeur de génie logiciel.
Enseigner le génie logiciel
«Le génie logiciel est à l'informatique ce que le génie civil est à la maçonnerie. Au bout d'un moment, pour construire une structure complexe, il est nécessaire d'établir un plan détaillé qui comprend la gestion des compétences, des délais et des coûts. Il faut aussi disposer de techniques permettant de travailler de manière rigoureuse. Il en est de même pour l'informatique.
Sébastien Rumley enseigne tout d’abord le génie logiciel sous l’angle de la rigueur : «Pour concevoir un logiciel qui fonctionne, il faut impérativement avoir le souci de la propreté, vérifier que chaque étape soit conçue de manière solide, irréprochable, etc. Le diable est dans les détails! Un autre de mes cours porte sur la modélisation informatique. Là, le but est au contraire d'essayer de prendre du recul et de s’abstraire des détails pour pouvoir percevoir le logiciel construit comme un tout ».
L’expérience engrangée au États-Unis est aussi mise à profit dans un autre cours sur les infrastructures informatique: comment relier les différents composants d'un ordinateur? La taille de la mémoire est-elle adaptée? Qu'en est-il du disque dur? Etc.
Développement des infrastructures virtualisées
À l'ère de la numérisation, ces questions, qui jalonnent les cours du professeur, s'appliquent également au cloud. Sébastien Rumley souhaite rendre ses étudiant-e-s attentif-ve-s au développement des infrastructures virtualisées, de plus en plus répandues. Il nous en raconte la genèse:
«Il y a quelques années, un groupe d'informaticiens nostalgiques a eu la brillante idée de créer un logiciel PC qui simule leur gameboy préféré, dans sa totalité. À partir de ce moment, ils se sont rendu compte qu'il serait également possible de simuler un vieil ordinateur, dont le matériel n'existe plus. Puis, un ordinateur normal, etc. Et de fil en aiguille, il est aujourd'hui possible de faire tourner plusieurs machines virtuelles sur une seule machine physique, ce qui peut s'avérer très utile. C’est en fait une des bases du cloud computing.»
Pour ses recherches personnelles, Sébastien Rumley souhaiterait mettre en place un pôle d'aide aux entreprises qui souhaitent migrer vers le cloud. Il ajoute: «Aujourd'hui, beaucoup d'entreprises ayant réalisé leur migration n'ont plus aucun serveur. Cela peut paraître contre-intuitif, mais c’est plus sûr ainsi, car cela facilite par exemple la conversation des données à plusieurs endroits par sécurité. Il y a tout un tas d'avantages à passer au cloud. L'idée, ce serait de mettre en place du coaching pour les entreprises n’ayant pas encore migré. Nous dispenserions des audits afin d'estimer les besoins, les coûts, la réalisation, etc.»
En parallèle, le chercheur travaille encore sur des projets de modélisation de systèmes énergétiques, par exemple une maison équipée de panneaux solaires et de batteries, qu'il souhaite également décliner en projets pour étudiant-e-s. «Un étudiant réalise en ce moment une sorte de SimHouse, un jeu dans lequel le joueur doit amener sa maison vers l’autonomie électrique. On peut imaginer par la suite une variante ou ce sera la neutralité carbone qui est visée».