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La gestion durable des forêts et la prévention des catastrophes, tels sont les objectifs de deux projets suisses dans les montagnes occidentales de l'Ukraine.Este contenido fue publicado el 15 noviembre 2006 - 11:12
Dans les villages ruraux de la Transcarpatie, où la dépendance aux produits forestiers est importante, les habitants se replient sur l'alternative du «tourisme écologique».
En Ukraine, la zone de la centrale atomique de Tchernobyl n'est pas la seule à être fermée au public. Sur les montagnes de la Transcarpatie, aux confins avec la Hongrie et la Roumanie, une autre région a été interdite d'accès.
En l'occurrence, il s'agit d'y préserver la nature des atteintes de l'homme.
Collaboration Suisse-Ukraine
Nous sommes à Uholka, dans la réserve naturelle des Carpates, qui s'étend sur une aire de 9000 hectares. Il s'agit de l'une des dernières forêts vierges d'Europe.
Dans cet environnement féerique, où les rayons de soleil peinent à filtrer à travers l'épais feuillage des
chênes centenaires, la Suisse et l'Ukraine se sont lancées, voici cinq ans, dans une gestion commune et durable des forêts.
Le programme auquel participent les autorités locales et l'Institut fédéral de recherche pour la forêt, la neige et le paysage, prévoit une étude comparée de la vie sylvestre entre une région laissée par l'homme à l'état sauvage – comme celle que swissinfo a visitée, et qui protégée depuis l'époque de l'Empire austro-hongrois – et une forêt de Suisse, dont les ressources ont été régulièrement exploitées.
«La collaboration avec la Suisse nous a permis de recueillir des informations précieuses sur la manière de gérer les forêts», explique avec enthousiasme Vassili
Pokychereda, un chercheur qui travaille dans le cadre de la réserve.
Prévenir les inondations
La question de l'utilisation des forêts en Transcarpatie s'est posée après les inondations de 1998 et 2000, inondations dues à la difficulté de concilier l'environnement et les activités humaines.
La DDC, l'agence suisse pour le développement et la coopération, est d'abord venue au secours de la population.
Elle a ensuite décidé de rester sur place pour proposer son expérience en matière forestière et de prévention des catastrophes.
Sa première intervention a été le financement de la construction de digues et de terre-pleins le long des cours d'eau les plus critiques. Des protections efficaces qui ont sauvé quelques villages des inondations, ainsi que le mentionne une plaque de métal apposée aux alentours de Khoust, dans le sud de la Transcarpatie.
A quelques dizaines de kilomètres de là, dans la vallée latérale du fleuve Rika – un affluent du Danube – la berge récemment renforcée au moyen de bois et de rochers semble encore un peu fragile. Un ancien de la région le confirme: «L'idée est bonne, dit-il, mais s'il pleut comme en 2001, cela ne servira à rien».
Thomas Jenatsch, le porte-parole de la DDC qui nous accompagne,
souligne de son côté que l'intervention a pour but de «démontrer l'utilité de l'ouvrage et d'encourager les habitants et les autorités à continuer la consolidation de la rive».
Tourisme écologique au secours des forêts
Le rôle de la Confédération dans cette région rurale d'Ukraine, n'est pas seulement technique, mais aussi économique et sociale.
«Nous avons pour but de faire participer la communauté locale à la gestion durable des forêts et à la prévention des catastrophes», explique Hilmar Foellmi, responsable du projet financé par la DDC (projet suisse-ukrainien de développement des forêts de la Transcarpatie).
Hilmar Foellmi souligne que la Transcarpatie (1,2 million d'habitants) est une région pauvre, aux perspectives économiques restreintes. Cette situation n'aide pas à convaincre les habitants de renoncer à l'exploitation intensive des forêts au nom d'un développement acceptable. Il ne faut pas oublier que, dans la région, le bois est le principal combustible.
Séjour chez l'habitant
La DDC estime que le «tourisme écologique» pourrait dynamiser la région. Même si «le potentiel touristique est élevé, mais pas suffisamment développé» comme le remarque Ludmilla Nestrylay, responsable nationale de la DDC en Ukraine.
Un premier pas a été fait avec la publication d'un guide touristique, disponible en ukrainien et en anglais. Un long parcours balisé pour les randonneurs a ensuite été réalisé.
Les paysages spectaculaires, la flore et la faune – dont l'ours et le loup – ne suffisent cependant pas à promouvoir le tourisme, si les infrastructures font défaut.
En collaboration avec les autorités et diverses organisations, le projet de la DDC vise donc à coordonner l'action des habitants.
Depuis 2004, nombre d'entre eux ont déjà annoncé leur intention d'ouvrir leurs maisons aux touristes de passage, selon la formule du séjour chez l'habitant.
Ainsi, l'ancienne maîtresse d'école du village de Nouzhniy Bystry m'héberge pour une nuit: «De nombreux habitants sont partis chercher du travail ailleurs. Le tourisme pourrait représenter une solution valable», estime Anna Micheloyska en s'affairant autour de la table, dressée au salon.
Au menu du petit déjeuner: biscuits, chocolats, charcuterie, fromage, œufs, café... et l'immanquable vodka. Hospitalité ukrainiennne. «Vous êtes le premier touriste que j'accueille chez moi», m'explique gentiment mon hôtesse tout en me tendant un petit verre d'alcool.
swissinfo, Luigi Jorio à Nouzhniy Bystry, Ukraine (Traduction et adaptation de l'italien: Gemma d'Urso)
Contexto
Jusqu'ici financé à raison de deux millions de francs, le projet de la DDC a pour but de promouvoir une gestion durable et diversifiée des forêts de la Transcarpatie.
Une attention particulière est vouée à la prévention des catastrophes et à l'amélioration des conditions de vie de la population.
Pour les responsables du projet, la protection de l'environnement est efficace uniquement si elle implique les communautés locales.
Datos clave
La Transcarpatie est une région montagneuse de l'Ukraine de l'ouest.
Sa superficie est de 12'800 km2, sa population de 1,2 million d'habitants
Ses ressources principales sont l'agriculture, l'élevage et l'exploitation forestière
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