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Les pratiques commémoratives soviétiques, dont le traditionnel défilé sur la place Rouge, sont à l'origine d'une immense production d’images. Au-delà des images en tant qu’objets, cet ouvrage collectif et richement illustré en couleur, s’intéresse aux imaginaires souvent allégoriques suscités par cette culture visuelle.
Que devient le héros lorsque celui-ci est une femme ou que devient une femme lorsqu'elle devient héros? Lara Croft et ses Uzi, Beatrix Kiddo et son Katana ou encore Lisbeth Salander et son Q.I. hors norme: les personnages féminins semblent de mieux en mieux armés pour faire face à l'adversité. Plus qu'un panorama des "nouvelles héroïnes", cet ouvrage collectif propose une réflexion sur l'agencement du masculin et du féminin dans nos mythes contemporains.
Consommée au quotidien, la photographie de presse fait partie de notre paysage visuel depuis bien plus d'un siècle. Si elle a été rejointe par d'autres formes de mise en image de la réalité, sa fonction ne s'est pas estompée. La photographie de presse a même gagné en considération: des prix prestigieux lui sont consacrés chaque année et certains de ceux qui étaient autrefois considérés comme de simples artisans jouissent désormais d'une renommée internationale. La plupart des auteurs de cet ouvrage entament leur réflexion à partir de cet objet ultime qu'est le magazine illustré (ou quelquefois la presse quotidienne, désormais illustrée elle aussi). Ils ne se limitent pas à en questionner les qualités formelles et artistiques, mais considèrent en priorité la photographie de presse comme un objet symbolique, socialement inscrit, qui permet de questionner ce qui est montrable et de quelle manière ce qui est montrable est effectivement montré. Cet ouvrage explore également les terrains dans lesquels l'image de presse est réinvestie par d'autres usages, qui la distancient de son usage premier en l'introduisant au musée ou dans une exposition d'art.
En Suisse, durant les cinquante premières années du cinéma, un important parc de salles se développe, tout comme un riche réseau de distribution et une production locale régulière quoique relativement modeste. Cet ouvrage évoque des aspects aussi bien architecturaux, économiques, sociaux, législatifs que culturels. Trois axes principaux ont été définis: le premier tourne autour de la salle et de sa programmation; le second aborde des aspects législatifs et économiques; le dernier porte sur les représentations véhiculées par les films et sur la réception.
Véhicule idéal de propagande, le cinéma est exploité par les régimes autoritaires qui accèdent au pouvoir dans l'Europe de l'Entre-deux-guerres. Cette "mise au pas" n'est pas toujours le fruit d'une coercition et elle ne se traduit pas forcément par la production de films lourdement idéologiques au didactisme fastidieux. Elle peut se baser sur la rencontre de plusieurs intérêts: idéologique certes, mais également de rentabilité car le public doit être au rendez-vous. Produits commerciaux et non seulement pamphlets politiques, ces films circulent aussi en Suisse.
Trop occupés à fouiller le passé, les historiennes et les historiens n'ont que rarement abordé les représentations d'un futur imaginé. Celui-ci est pourtant un terrain de recherche extrêmement riche pour les sciences humaines. Les sociétés hypothétiques, au centre de la représentation du futur proposé par les uvres d'anticipation, sont construites sur l'allégorie des craintes et des espoirs propres à leur époque de production. La science-fiction propose ainsi des visions extrêmes: ces mondes inexistants, qu'ils soient idéaux ou pervertis, à haute technologie ou mystiques, égalitaires ou hiérarchisés, pacifiques ou conquérants, ne font que caricaturer et déformer la représentation du réel. Ces uvres sont autant de loupes-à la fois déformantes et grossissantes-qui révèlent leur temps.
La Suisse ne participe pas militairement à la Deuxième Guerre mondiale. Néanmoins, les événements liés au conflit marquent profondément les débats politiques et sociaux, ainsi que la vie quotidienne de la population. Le petit Etat vit lui aussi à l'heure de la guerre. Dans ce contexte particulier, le cinéma est en première ligne. C'est par lui que le conflit devient particulièrement visible, car une partie significative des films de propagande produits dans les principaux États en guerre est montrée sur les écrans helvétiques. Les images tournées par les cinéastes de l'Allemagne hitlérienne et de l'Italie fasciste se mêlent à celles réalisées par le camp allié et à une production nationale fortement influencée par le climat de "défense spirituelle". Cet enchevêtrement crée un terrain exceptionnel pour l'étude des représentations cinématographiques du conflit.