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« Au cours des 10 dernières années, les nouvelles technologies ont permis d'en savoir plus sur l'irrigation sanguine et le métabolisme locaux du cerveau ainsi que sur le comportement des neurotransmetteurs pendant l'activité physique. Il a fallu revenir sur certaines conceptions classiques telles que l'influence prétendument nulle de l'activité musculaire sur l'irrigation sanguine locale du cerveau ou l'invariance du métabolisme cérébral. Il existe d'innombrables liens entre la musculature squelettique et des régions cérébrales précises en rapport avec l'activité physique. Sur la base d'études expérimentales menées sur des chimpanzés et du transfert logique des processus d'adaptation lors de l'entraînement, on suppose que des activités musculaires appropriées permettent de lutter contre la perte de dentrites liée à l'âge, l'atrophie synaptique et la perte des épines dendritiques. Cela vaut en particulier pour les personnes âgées. La perte des épines dendritiques, par exemple, aurait des conséquences sur la mémoire à court terme. La combinaison d'une activité musculaire ciblée et d'un entraînement mental serait un moyen idéal pour prévenir la diminution prématurée des performances du cerveau pendant le vieillissement. Dans le même temps, nous avons prouvé l'existence de liens étroits entre l'activité musculaire et le bien-être. Outre la libération de peptides opioïdes endogènes (tels que l'endorphine), d'autres processus biochimiques relatifs à l'activité physique, que nous ne détaillerons pas ici, jouent un rôle dans l'amélioration avérée de l'humeur liée à l'entraînement. Pour conclure, précisons qu'il faut tenir compte des contre-indications et des risques éventuels que nous n'avons pu aborder ici.
Prof. mult. Dr med. Dr h.c. Wildor Hollmann, Institut de recherche cardiovasculaire et médecine sportive de l'Université sportive de Cologne
Début 2004, une étude réalisée par l'institut Beckman de l'Université de l'Illinois à Urbana (États-Unis) a montré que les personnes en bonne condition physique ont des temps de réaction nettement plus courts, arrivent à mieux se concentrer et font moins de fautes. En bref, courir entraîne également le cerveau à tout âge.
L'équipe de chercheurs américains a étudié la forme physique d'un groupe de personnes âgées de 55 à 79 ans. Celles-ci ont été soumises à un test consistant à reconnaître et à classer rapidement, parmi un ensemble de symboles, celui se trouvant au milieu à chaque fois. Lors d'une seconde étude, les participants ont suivi un programme d'aérobic de six mois visant à étudier l'évolution de leurs capacités physiques et mentales. Après trois heures d'aérobic chaque semaine pendant six mois, même les capacités cérébrales des sujets auparavant plus « lents » se sont nettement améliorées.
Il ne faut toutefois pas abuser du sport. Contrairement à un entraînement physique bien dosé, une sollicitation excessive et de longue durée provoque une régression des dentrites. Les dendrites sont les prolongements des cellules nerveuses, qui transmettent les messages d'une cellule à l'autre. Les chercheurs ont même observé chez les rats qu'une activité physique excessive dans le cerveau conduit à une régression de l'hippocampe (le centre organisateur de la mémoire à long terme).
De meilleures défenses immunitaires, des fonctions cardiovasculaires renforcées et une tension artérielle stable : voici ce que peut apporter une activité sportive régulière. Il n'est pas nécessaire d'être un sportif de haut niveau pour atteindre ces objectifs. Se promener régulièrement à un rythme un peu plus soutenu ou emprunter souvent les escaliers accroissent déjà de près de 20 pour cent l'irrigation sanguine du cerveau. Le cerveau est ainsi nettement mieux alimenté en oxygène et les cellules cérébrales sont plus performantes.
Source :
Stanley J. Colcombe, Arthur F. Kramer, Kirk I. Erickson, Paige Scalf, Edward McAuley, Neal J. Cohen, Andrew Webb, Gerry J. Jerome, David X. Marquez, and Steriani Elavsky : « Cardiovascular fitness, cortical plasticity, and aging », dans : Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) 2004 101 : 3316-3321.
« Le meilleur moyen de préserver la jeunesse du cerveau est l'entraînement cardiovasculaire. »
Dr Donald Stuss, neuropsychologue, directeur de l'Institut de recherche Rotman au centre Baycrest de soins gériatriques à Toronto (Canada)
« Je recommanderais d'allier un entraînement cardiovasculaire à de la musculation. Ce sont les personnes pratiquant les deux qui ont les meilleurs résultats dans les études. »
Prof. Dr Mark McDaniel, psychologue à l'Université Washington de Saint-Louis, Missouri (États-Unis)
« L'activité physique retarde le processus biologique de vieillissement. Le sport est donc le meilleur programme anti-âge. Aucun autre procédé, médicament ni aucune thérapie ne retardent le vieillissement de façon comparable. »
Prof. Dr Herbert Löllgen, directeur de la clinique Sana-Klinikum Remscheid GmbH, vice-président de la Société allemande de prévention et de médecine sportive
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