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Cyclisme L'entraîneur de l'équipe de Suisse licencié
Danilo Hondo a avoué avoir eu recours au dopage sanguin alors qu'il était encore coureur en 2011.
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L'information est arrivée de la chaîne allemande ARD. Sur son antenne, dimanche en début de soirée, l'ancien coureur de 45 ans est passé aux aveux. Il y a admis être concerné par le scandale de dopage qui secoue son pays - mais pas seulement - depuis quelques semaines et avoir eu lui-même recours au dopage sanguin. Celui-ci concernait une grosse vingtaine d'athlètes de cinq sports et trois disciplines différents, venant de huit pays. L’entraîneur de la Suisse en faisait donc partie.
Cette affaire a démarré en janvier dernier, lorsqu'un skieur de fond autrichien du nom de Johannes Dürr s'était confessé sur l'antenne d'ARD. Elle avait connu de nouveaux rebondissements lors des Mondiaux de ski nordique à Innsbruck et Seefeld, où des interpellations avaient eu lieu. Appelée «opération Aderlass», elle avait déjà eu un certain retentissement en Suisse, lorsque le nom d'un éphémère préparateur de Swiss-Ski et de Dario Cologna avait été cité.
Un parcours plus que suspicieux
Elle connaît un nouvel épisode avec Danilo Hondo, l'entraîneur de l'équipe nationale suisse, qui avait emmené cette dernière sur les routes du Tour de Romandie au début du mois de mai et devait faire de même lors du Tour de Suisse. C'est aussi lui qui avait aidé Marc Hirschi à être sacré champion du monde espoirs en septembre 2018. C'était à... Innsbruck, déjà.
Hondo est dans le giron de Swiss Cycling depuis 2015, après avoir couru pendant dix-sept ans chez les professionnels, au sein des équipes Telekom, Tinkoff, Lampre et RadioShack, notamment. Il avait gagné deux étapes du Tour d'Italie dans sa carrière et été sacré à deux reprises champion d'Allemagne sur route. Il coachait les Helvètes espoirs depuis 2015 et présidait, avec succès, aux destinées des élites depuis deux ans.
«Nous avions décidé de donner une deuxième chance à Danilo. Nous étions convaincus par ses qualités d’entraîneur, nous le sommes d’ailleurs encore aujourd’hui. Nous sommes profondément déçus et devons tout d’abord digérer cette information», a indiqué dimanche Thomas Peter, le directeur technique de Swiss Cycling, lors d’une conférence de presse organisée en urgence. La question de sa succession reste ouverte, mais est assez urgente. L’équipe nationale doit prendre part à sa propre boucle dans un peu plus d’un mois.
Médicament pour astronaute
Hondo avait été suspendu deux ans en 2005, pour un double contrôle positif à un stimulant - le carphédon (un médicament utilisé chez les… astronautes) - sur le Tour de Murcie 2004. Il avait été suspendu un an, plus un autre avec sursis. L’ancien coéquipier d’Erik Zabel, Jan Ullrich et Andreas Klöden en avait finalement purgé deux, après un appel interjeté par l'Agence mondiale antidopage. Cette fois, l'Allemand a admis avoir eu recours à du dopage sanguin en 2011, alors qu'il portait les couleurs de la sulfureuse formation Lampre.
L’ancien coureur devenu coach (à succès sous nos latitudes) n’entraînera sans doute plus. Une deuxième suspension est, en effet, synonyme de bannissement à vie. Un gros coup pour la Fédération suisse de cyclisme, dont les finances ne sont pas au beau fixe. Et pour un pays qui ne compte plus de formation dans le giron du World Tour, exceptée l’équipe Katusha, financée depuis la Russie et aux plaques luxembourgeoises sur ses bus. La roue ne tourne pas dans le bon sens, alors que, pour une fois, la relève semblait assurée sur la route.
Créé: 12.05.2019, 19h05