Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07229.jsonl.gz/618

La Suisse fait l´objet d´une nouvelle étude de l´Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il en ressort que les réformes engagées ces dernières années devraient lui permettre de mieux réaliser son potentiel économique.
Cette organisation, dont on dit parfois qu'elle est un observatoire des réalités et un laboratoire d'idées, offre à ses membres un cadre d'examen et de perfectionnement de leurs politiques économiques et sociales. C'est ainsi que chacun des 29 pays de ce club des pays industrialisés passe régulièrement sous la loupe du bureau des études nationales de l'OCDE.
Son dernier rapport sur la Suisse a ceci d'intéressant qu'il paraît au moment où l'économie de ce pays amorce un redressement jugé vigoureux. Après une période d'anémie, la croissance s'est accélérée, l'emploi a réagi de façon exceptionnellement rapide, les affaires s'améliorent et peuvent compter sur la confiance des consommateurs.
Le ton paraît donc résolument à l'optimisme. Non seulement la Suisse se situe toujours parmi les pays de l'OCDE qui enregistrent les meilleurs résultats sur le plan de l'inflation. Mais «toute une série de facteurs donnent à penser que l'activité va continuer à progresser à un rythme soutenu».
En chiffres, cela devrait se traduire par une croissance du produit intérieur brut située entre 2 et 2,5 pour cent en moyenne en 2001 et 2002. Le rapport prévoit également que le taux de chômage tombe aux alentours de 1,75 pour cent l'an prochain.
Ces perspectives favorables ne sont pourtant pas à l'abri de tous risques. L'OCDE en voit du côté des exportations. Leur performance «pourrait être compromise par une croissance mondiale plus faible que prévu ou par des changements dans l'opinion des marchés sur la valeur du franc suisse». Ce qui aurait inévitablement des conséquences en termes de compétitivité internationale.
Ce rapport de 200 pages consacre l'un de ses quatre grands chapitres aux problèmes du vieillissement. Pour relever, dans un premier temps, que «la Suisse est l'un des rares pays à être relativement bien préparés pour faire face aux conséquences budgétaires du vieillissement». Son système de retraite à trois piliers est d'ailleurs jugé assez proche du modèle proposé par l'organisation.
Cela dit, des réformes seront nécessaires pour que l'équilibre budgétaire du système de retraite soit préservé à long terme. Le défi consiste à programmer les réformes longtemps à l'avance pour permettre à chacun de s'adapter et de garantir en même temps le maintien des avantages que le système actuel propose en termes de barrière à la pauvreté et d'accès au marché du travail.
Qui dit personnes âgées, dit aussi soins de santé. Les ressources mises en œuvre dans ce domaine semblent adéquates. Mais ce sont leurs coûts qui sont jugés excessivement élevés («parmi les plus onéreux du monde»). L'OCDE, qui constate qu'il n'y a pas de mécanisme permettant de les maîtriser de manière globale, suggère que la Suisse étudie de façon plus approfondie les possibilités de renforcer la concurrence entre les différents acteurs du système de santé.
A noter encore que l'OCDE s'intéresse évidemment aux conséquences qu'aura sur l'économie suisse les accords bilatéraux passés avec l'Union européenne. Ils devraient, selon elle, permettre de lever de nombreux obstacles techniques aux échanges et au commerce en général.
On peut s'attendre aussi à ce qu'ils renforcent le développement de la concurrence sur les marchés de produits suisses: «la performance économique médiocre de la Suisse au cours des années 90 témoigne de la nécessité de réformes structurelles étendues dans ce domaine».
Bref et abordées de manière globale, «les réformes importantes réalisées ou engagées ces dernières années donnent à la Suisse la possibilité d'exploiter son potentiel économique plus pleinement que cela n'a été possible au cours de la dernière décennie».
Bernard Weissbrodt