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Par rapport aux autres pays européens, l'aile gauche de l'échiquier politique est très faible en Suisse. En revanche, les partis bourgeois y sont très puissants.
C’est ce qui ressort de deux études publiées mardi par l’Office fédéral de la statistique.
Le paysage politique suisse ne constitue pas pour autant un «Sonderfall». On retrouve ainsi les mêmes partis en Suisse que dans les pays d'Europe occidentale et leur évolution est semblable.
De même, la montée en force des nouvelles formations politiques en Suisse dans les années 1980 est une tendance qui s'observe aussi en Europe.
L'échiquier politique suisse comporte toutefois des particularités, dont la plus significative est la prééminence, plus marquée qu'ailleurs, des partis bourgeois sur la gauche.
Pas d'extrêmes forts
Le pays compte en outre davantage de formations politiques que ses voisins, car les clivages thématisés au plan politique sont plus nombreux, explique l'auteur de la première étude, le politologue bernois Klaus Armingeon.
Autre singularité, la Suisse ne connaît pas de partis d'extrême gauche forts en marge de l'échiquier politique. Cela s'explique par le fait que les mouvements de travailleurs organisés ont été intégrés relativement tôt au système politique, selon Klaus Armingeon.
Le constat est le même pour l'extrême droite. Dans les démocraties représentatives, l'élection d'un parti d'extrême droite ou clairement xénophobe est la seule possibilité pour ses partisans d'exprimer leur colère ou leur ressentiment sur le plan politique.
En revanche, la démocratie directe permet aux Suisses de le faire ponctuellement, sur des questions bien précises, observe Klaus Armingeon, qui cite les initiatives contre les étrangers.
Influence de l'UDC
Contrairement à une idée largement répandue, la Suisse ne connaît pas autant de visages politiques que de cantons. Les différences se sont en effet estompées ces trente dernières années, souligne le politologue bernois Andreas Ladner, auteur de la seconde étude.
Cela est dû notamment à la progression de l'Union démocratique du centre (UDC/droite dure), qui s'est implantée dans des cantons où elle n'existait pas auparavant.
En outre, le Parti démocrate-chrétien (PDC/centre droit) a perdu des suffrages tant dans ses bastions que dans les régions où il est traditionnellement faible.
D'importantes différences subsistent toutefois. Andreas Ladner distingue cinq types de systèmes de partis différents, selon la confession du canton, la force du PDC ou de l'UDC.
swissinfo et les agences
En bref
Le poids des différents partis au Parlement fédéral:
- Socialistes: 58 sièges
- Droite: 60 sièges
- Droite dure: 52 sièges
- Centre droit: 50 sièges
- Ecologistes: 9 sièges
- Chrétiens sociaux: 1 siège
- Libéraux: 6 sièges
- Evangéliques: 5 sièges
- Communistes: 2 sièges
- Droite dure non gouvernementale: 3 sièges