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L'an dernier, les troubles politiques ont été un frein pour les investissements. La politique doit cesser d'attiser l'incertitude pour rétablir la confiance.
Les craintes d'un conflit budgétaire entre le gouvernement M5S–Lega et la Commission européenne se sont apaisées et les écarts de crédit de l'Italie se sont réduits. Partant du soi-disant «contrat de gouvernement» qui prévoyait un déficit budgétaire de près de 6%, les dirigeants italiens sont d'abord revenus à 2,4%, puis finalement à 2%, pour parvenir à un accord avec la Commission européenne.
Les investisseurs ont jugé positivement l'approche plus réaliste du gouvernement italien. D’une part à cause de la réduction du déficit, même si des efforts supplémentaires pourraient être nécessaires dans les mois à venir, et d'autre part, du fait de la volonté de poursuivre le dialogue avec la Commission européenne. Dans ce contexte, il semblerait que, depuis l'an passé, le risque politique lié à l'Italie s'est atténué.
Toutefois, c'est à peu près toutes les bonnes nouvelles du moment, car les troubles politiques ont mis à mal la confiance. En effet, un certain nombre d'entreprises ont décidé de reporter leurs investissements jusqu'à ce que la visibilité gouvernementale s'améliore. De son côté, l'Etat ralentit les investissements dans les infrastructures. Ces deux facteurs combinés ont pesé sur les dépenses d'équipement et la formation de capital fixe.
Il faut souligner que le ralentissement est dû en partie à des vents contraires extérieurs, comme pour d'autres pays de la zone euro, allant de problèmes dans le secteur automobile, en passant par une hausse des prix du pétrole plus tôt dans l'année ou encore par une demande extérieure faible. Cela étant, l'économie italienne a été plus durement touchée en raison de l'incertitude persistante des politiques publiques et ses conséquences sur le moral des entreprises.
En outre, bien que la saga budgétaire entre Bruxelles et Rome se soit résolue plus ou moins pacifiquement, les discussions budgétaires pourraient reprendre au second semestre. En effet, une croissance plus faible du PIB nécessitera un ajustement du budget et donc potentiellement des efforts fiscaux supplémentaires en 2020. En l'absence de reprise macroéconomique significative, il sera sans doute difficile d'éviter une augmentation de la TVA.
Le moral des entreprises reste faible, alors que la production industrielle semble s'être redressée en début d'année. En raison des données décevantes au second semestre 2018, les prévisions de croissance du PIB ont été revues à 0,4% pour 2019 (contre 1% auparavant).
Car si les risques politiques ont diminué, la situation reste complexe et a considérablement changé depuis les dernières élections italiennes il y a un an. En fait, depuis, la Lega a presque doublé son soutien populaire et recueillerait aujourd’hui plus de 30% des suffrages. Sur la même période, la popularité du M5S a nettement diminué, avec une baisse de 10 points à 22% environ. Les récentes élections régionales dans les Abruzzes et en Sardaigne dressent un tableau similaire. Bref, le rapport de force à la tête du pays s’est modifié.
La stabilité du gouvernement reste donc incertaine. Les frictions sont constantes dans des domaines tels que l'immigration et les infrastructures. Au cours de cette année, un remaniement ministériel, voire de nouvelles élections, n’est non plus pas à exclure. Cela ne serait pas forcément un développement négatif pour le marché. En effet, une coalition de centre-droite ou un gouvernement technocratique pourrait être accueilli avec soulagement par les investisseurs.