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La sexualité et les performances sportives ont toujours été intimement liées. Au fil de l’Histoire, l’abstinence était prônée avant une compétition sportive, mais est-ce que les effets positifs de cette pratique tiennent plus du mythe ou de la réalité ? blue News a tenté de répondre à cette question avec l’aide de Tamara Schmucki, sexologue et ancienne joueuse en Ligue A d’unihockey.
À l’époque de la Grèce antique, le philosophe Platon préconisait aux coureurs une période d’abstinence afin d’être performants lors des Jeux olympiques. Plus récemment, Mohamed Ali se privait de sexe durant les six semaines qui précédaient son prochain combat de boxe. Selon Tamara Schmucki, «contrôler la sexualité des gens est un thème ancien que l'on retrouve dans différentes religions et cultures. Même dans des œuvres plus récentes, comme les films “Rocky”, il est déconseillé d'avoir des relations sexuelles avant une compétition.»
«Même dans des œuvres plus récentes, comme les films “Rocky”, il est déconseillé d'avoir des relations sexuelles avant une compétition»
Sexologue
De nombreux exemples du genre existent, ce qui ne surprend pas la sexologue, «c’est vrai, cette opinion circule dans l'esprit de certains, tout comme l'inverse, à savoir que le sexe avant le sport améliore les performances. Le sujet est toutefois complexe et ne peut pas être abordé de manière générale.»
Entre frustration et décompression
Ce qui est important de comprendre, c'est qu'il est impossible de déterminer clairement si avoir une relation sexuelle avant une compétition sportive est bénéfique ou non. D’un côté, Tamara Schmucki cite plusieurs arguments soutenant l’idée d’abstinence avant le sport. «Les hommes et les femmes sont plus détendus après l'orgasme et sont donc moins agressifs, ce qui n'est pas souhaitable pour tous les sports. Selon la manière dont on fait l'amour, cela peut aussi être éprouvant physiquement, explique-t-elle avant d’ajouter, la sexualité et l'orgasme peuvent aussi être pénibles et difficiles pour certaines personnes. Cela peut entraîner un manque de confiance en soi et de la frustration.»
D’un autre côté, avoir une activité sexuelle avant une compétition sportive peut avoir des effets bénéfiques. «Pour beaucoup, l'orgasme est un moyen merveilleux de réduire le stress, de s'endormir plus facilement, de lutter contre la nervosité et de décompresser. Il permet également d'activer l'ensemble des muscles du corps et de stimuler la circulation sanguine», expose Tamara Schmucki.
Existe-t-il une différence en fonction du sexe de l’athlète ?
Si les exemples cités précédemment ne concernent que des athlètes masculins, les effets d’une relation sexuelle la veille d’une compétition sportive seraient semblables à ceux ressentis par leurs homologues féminins. «Je ne connais pas d'étude qui examine explicitement le rapport entre les femmes et le sexe avant le sport, reconnait Tamara Schmucki, cependant, les femmes décrivent une sensation corporelle positive, un bon sommeil et une bonne énergie après le sexe, tout comme les hommes.»
Selon cette ancienne joueuse en Ligue A d’unihockey, un élément concernant exclusivement les athlètes féminines doit tout de même être pris en compte. «Une musculature du plancher pelvien stimulée, bien irriguée et travaillant bien est un thème important dans le sport féminin, développe-t-elle, et il serait passionnant de savoir dans quelle mesure le sexe pourrait y contribuer.»
Découvrir ce qui nous fait du bien
Malgré le fait que des études démontrent qu’avoir des relations sexuelles n’influencent pas forcément de façon négative les performances sportives, des athlètes et des entraîneurs plébiscitent tout de même l’abstinence avant un rendez-vous sportif. Pour Tamara Schmucki, «avant une compétition, les sportifs et les entraîneurs ont tendance à vouloir tout faire dans les règles de l'art, afin qu'après coup, la préparation ne soit pas “responsable” d'un éventuel échec. L'entraînement et la discipline sont des modèles profondément ancrés dans la réussite.»
L’abstinence comme élément d’une discipline qui mène au succès, une méthode qui est aussi appliquée aux sports collectifs. «Quand je lis que l'on interdit aux footballeurs de recevoir la visite des femmes avant une compétition, cela me fait toujours un peu sourire. Je suppose qu'ils n'ont jamais entendu parler de la masturbation», estime celle qui est également responsable de la relève et de la formation des Floorball Riders dans le canton de Zurich.
«On ne fait souvent pas la différence entre la diversité des sexualités, des sports et des personnes»
Sexologue
Au-delà de l’aspect purement scientifique, la psychologie de l’athlète est aussi à prendre en compte. «Souvent, avec le temps, un(e) athlète découvre ce qui lui fait du bien, explique Tamara Schmucki, je recommande de faire confiance à cela. Le sexe n'est pas le même pour tout le monde.» Et c’est sur ce point que la sexologue insiste afin de nous faire comprendre qu’une réponse générale à la thématique du sexe et de la performance sportive n’est pas possible.
«Lorsque l'on parle de sexe, il ne faut pas oublier le fait que la sexualité est une chose très personnelle», argumente Tamara Schmucki. «Le sexe ne se résume pas à la pénétration. Le sexe peut aussi consister en un rapport solitaire. Tout comme tous les sports ne se ressemblent pas et que chaque athlète est différent. On ne fait souvent pas la différence entre la diversité des sexualités, des sports et des personnes», conclut-elle.