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Le silence de l’Église
Le 29 août 2019, la FEPS (en voie de devenir l’EERS) informait que son Conseil avait décidé de soutenir l’ouverture du mariage aux couples de même sexe et qu’elle «se positionnerait ultérieurement sur les questions d’accès… à la médecine reproductive».
Peut-être eût-elle mieux fait de réfléchir avant de parler, car le Parlement a maintenant voté non seulement le mariage pour tous, mais l’accès des couples de femmes «mariées» à la procréation médicalement assistée avec don de sperme.
Enfant de parents partiellement asexués et interdiction d’avoir un père
Celui qui lit la loi votée concernant l’extension du mariage aux couples de même sexe ainsi que la loi sur la procréation médicalement assistée qui la complète peut constater que si une femme mariée à une autre femme donne naissance à un enfant, son «épouse» (sic) sera «l’autre parent de l’enfant» et que si cette grossesse a été induite par don de sperme, l’enfant n’aura pas le droit d’avoir un père, puisque toute action en paternité lui est interdite, comme à tout enfant né d’un tel don.
Pour l’instant, un don de sperme n’étant autorisé que pour un couple marié hétérosexuel, l’enfant né d’un tel don est assuré d’avoir un père au moins juridique, donc d’être, à l’état civil, l’enfant d’une mère et d’un père.
Avec le droit voté par le Parlement, l’enfant né d’un don de sperme est sûr d’avoir deux parents dont l’un est sa mère, l’autre, «l’épouse de sa mère» (ce sont les termes mêmes de la loi). A l’état civil, cet enfant aura une mère et un «parent». Exit le père. L’école devra-t-elle enseigner la parthénogenèse chez les humains?
L’Église ne doit pas donner un «mot d’ordre», elle doit faire réfléchir
Ce n’est pas le rôle de l’Église de dire «votez ou ne votez pas tel texte», ni «soutenez ou ne soutenez pas tel référendum». Ces mots d’ordre sont politiques et non pas ecclésiastiques. Quand un citoyen opte pour une mesure politique, c’est le résultat d’un choix individuel que l’on souhaite «éclairé». Le rôle de l’Église est d’aider chacun à faire ce choix libre avec discernement, en cherchant les valeurs qu’il veut vivre, défendre, transmettre, en assumant devant Dieu sa liberté et sa responsabilité de choix personnel. Pourquoi ce silence de l’Église quand les choix sont si difficiles ? C’est parfois désespérant.