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Phnom Penh - Au Cambodge, le tribunal parrainé par les Nations unies a annoncé lundi que le parquet faisait appel de la condamnation à 30 ans de prison prononcée en juillet contre "Douch", l'ex-chef de la prison de Phnom Penh sous le régime des Khmers rouges. Le parquet estime la peine insuffisante.
"Douch" a été condamné fin juillet à 30 ans de prison pour crimes contre l'humanité. Le tribunal avait d'abord annoncé que Douch était condamné à 35 ans de prison, avant de réduire la peine à 30 ans en raison d'une période de détention illégale à l'époque où le tribunal à participation internationale n'avait pas encore été mis en place.
Cette peine est inférieure aux réquisitions du procureur, qui avait réclamé en novembre 2009 quarante ans de prison à l'encontre de Douch, de son vrai nom Kaing Guek Eav, 67 ans. L'ancien bourreau, qui répondait de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, était passible de la perpétuité.
Le parquet estime que la sentence "donne un poids insuffisant à la gravité des crimes de Douch et à son rôle et à sa participation de plein gré à ces crimes", a indiqué le tribunal dans un communiqué. Le parquet juge également qu'une "importance indue est donnée aux circonstances atténuantes applicables à Douch", selon le communiqué.
Appel de Douch en vueAprès l'énoncé du verdict, son avocat, Kar Savuth, avait annoncé que "Douch" allait de son côté faire appel de sa condamnation. "Douch" était jugé pour avoir dirigé la prison de Tuol Sleng, aussi appelée S-21, un ancien collège de Phnom Penh, où 15'000 personnes ont été torturées et exécutées entre 1975 et 1979, sous le régime des Khmers rouges.
Ce jugement prononcé le 26 juillet 2010 était l'aboutissement de la première procédure du tribunal parrainé par l'ONU. Celui-ci avait été créé en 2003 après d'interminables tractations entre le Cambodge et la communauté internationale. Il n'a commencé ses activités que trois ans plus tard.
ATS