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Silvia De Zordo de l'Université libre de Barcelone donnera une conférence dans le cadre du cours de Master "Santé, sexualité et reproduction: regards anthropologiques" de Irene Maffi.
Résumé:
Cette communication présente les résultats d'une étude quinquennale à méthodes mixtes financée par le Conseil européen de la recherche (BAR2LEGAB-680004, https://europeabortionaccessproject.org/) sur les barrières à l'accès à l'IVG légale, qui conduisent les femmes et les personnes enceintes de pays où l’avortement est légal à se déplacer en Europe. Les personnes interrogées ont participé à l'étude par des enquêtes auto-administrées et/ou des entretiens approfondis (dans les cliniques/hôpitaux de destination, ou à distance) visant à recueillir leurs données sociodémographiques et à étudier leurs expériences en matière de recherche de soins et de voyage. L'étude a porté sur les déplacements transfrontaliers et les déplacements internes dans le pays de résidence. Dans cette communication nous présenterons les résultats de la première phase, sur les déplacements transfrontaliers: 211 participantes provenant de pays européens où l’avortement est légal (principalement l'Allemagne et la France) ont été recrutées dans des cliniques aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Espagne. Soixante-dix-neuf pour cent des participantes qui ont répondu au questionnaire (204) ont indiqué que la principale raison de leur voyage était qu'il était trop tard pour obtenir une interruption volontaire de grossesse (IVG) dans leur pays d'origine. La grande majorité des personnes interrogées qui ont cité des délais dans l’accès à l’IVG ont déclaré que la principale raison pour laquelle elles n’avaient pas pu accéder à des soins d’IVG plus tôt était qu'elles ne savaient pas qu'elles étaient enceintes, suivies par le fait que c'était une décision difficile, et que certaines avaient des préoccupations religieuses ou morales. Les entretiens (30) nous ont permis de mieux entendre l’expérience des participantes avec les barrières légales à l’accès à l’avortement (limites d’âge gestationnel) et avec le voyage, qui représente un coût et un fardeau considérable pour beaucoup de participantes. Les résultats de notre projet montrent que la recherche de soins d'avortement peut être très difficile, malgré des lois relativement « libérales » sur l'avortement, et que les voyages pour obtenir une interruption de grossesse sont un phénomène important en Europe. La principale barrière qui force les femmes et les personnes enceintes à voyager à l’étranger à partir de pays où l’avortement est légal sont les limites d'âge gestationnel à la fin du premier trimestre de gestation, établis depuis les années 1960 dans la plupart des législations européennes. Nous soutenons que ces restrictions sont fondées sur des notions stéréotypées du rôle de genre des femmes et reconnaissent implicitement l'embryon / le fœtus comme une personne qui acquiert des droits dans le cours de la grossesse. Les résultats de notre recherche mettent en évidence la stratification de l'accès aux soins d'avortement et soulèvent des questions sur la réglementation de l'avortement et le sens de la justice reproductive dans les pays où l’avortement est légal en Europe.
Auteurs:
Silvia De Zordo (Ramón y Cajal Researcher et ERC Stg CP, Universitat de Barcelona), Giulia Zanini (Postdoctoral Researcher, Queen Mary University), Joanna Mishtal (Professor, University of Central Florida), Caitlin Gerdts (Vice-President for Research, Ibis Reproductive Health), Ann-Kathrin Ziegler (Research Assistant, University College Dublin).
Bio:
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