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Le pasteur André Biéler, qui enseigna l’éthique sociale aux Facultés protestante de théologie des universités de Lausanne et Genève, est décédé le 7 décembre à l’âge de 92 ANS à Morges. Il a joué un rôle marquant non seulement par sa réflexion chrétienne, mais aussi par les initiatives qu’il a lancées au niveau suisse. Dans les années 60, en pleine guerre froide, alors que les budgets des armements de tous les pays atteignaient des sommets vertigineux et que les sommes consacrées au développement étaient dérisoires, André Biéler proposa que les Eglises demandent la réduction des dépenses militaires et davantage d’aide au tiers-monde. Avec deux de ses collègues théologiens, Lukas Vischer et Max Geiger, il lança la Déclaration de Berne, qui fut signée par des milliers de Suisses, qui s’engageaient à verser 3% de leur revenu à une œuvre de développement. « Ce qu’André Biéler voulait, c’était que les sociétés développées changent le type de relations qu’elles entretiennent avec les pays pauvres », expliquait François de Vargas dans son hommage lors des 90 ans du professeur. André Biéler estimait qu’il ne suffit pas d’être plus généreux, il ne suffit même pas de changer nos relations avec les peuples des autres continents. Mais de remettre en question notre propre conception du développement. Il écrivit en 1973 un petit livre “Le Développement fou” dans lequel il comparait l’humanité à un vaisseau spatial lancé dans l’espace et qui est en train de gaspiller ses ressources. Il y conclut que notre développement est fou parce que “contraire à la raison et contraire à la justice que la raison nous permet de connaître”. Le professeur Biéler eut un rayonnement déterminant sur plusieurs générations de théologiens.