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Ce jeudi, il y a plus de 60% de chances que la Banque centrale européenne annonce une réduction du rythme des achats du PEPP.
La BCE annoncera sa décision politique et publiera ses prévisions le 9 septembre. Un certain nombre de déclarations prononcées ces derniers jours ont modifié mon opinion sur ce qui pourrait se passer lors de cette réunion. Les prévisions de croissance et d'inflation seront révisées à la hausse pour 2021, bien que la BCE continue de surveiller l'inflation. En août, l'euro s'est déprécié et les rendements des Bunds ont longtemps oscillé autour du niveau de -50bps. Par conséquence, les conditions financières se sont considérablement améliorées depuis la dernière réunion de la BCE.
Dans un discours prononcé la semaine dernière, l'économiste en chef Phillip Lane a indiqué que la BCE se concentre sur les conditions de financement (c'est-à-dire la variable de résultat), et non sur un rythme spécifique du PEPP (Programme d'achat d'urgence en cas de pandémie). La semaine dernière, le gouverneur de la Banque de France, Villeroy de Galhau, a fait allusion à un possible ralentissement des achats PEPP au quatrième trimestre. Le gouverneur autrichien Holzman a également avancé cette idée. Compte tenu des communications récentes des dirigeants politiques, il y a plus de 60% de chances que l'annonce d'une réduction du rythme des achats de PEPP soit faite le 9 septembre. Cela est déjà quasiment écrit dans le programme.
Les rapports de la réunion de juillet de la BCE ont laissé entendre que la BCE dissociera l'orientation future sur les taux d'intérêt de l'orientation future sur l'assouplissement quantitatif. Certains membres n'étaient pas d'accord avec les orientations préalables, y compris le gouverneur de la Banque centrale belge Pierre Wunsch. Ils ont clairement indiqué qu'ils avaient voté contre ces orientations préalables parce qu'ils ne voulaient pas assister à une décennie d'assouplissement quantitatif uniquement en raison d’une inflation inférieure à 2 %. Les orientations actuelles sur le programme d'achat d'actifs indiquent qu'il prendra fin peu avant le début du relèvement des taux d'intérêt directeurs de la BCE.
D'après les rapports des réunions du Conseil des gouverneurs de juillet, il semblerait que plusieurs membres étaient préoccupés par les conséquences de l'orientation future sur les taux par rapport à l'assouplissement quantitatif. Ils craignent que la formulation actuelle implique que l'assouplissement quantitatif dure aussi longtemps que les taux d'intérêt sont bas, ce qui est le cas. Ils ont convenu de discuter de l'orientation future de l'assouplissement quantitatif lors d'une prochaine réunion. Le mois de septembre pourrait donc voir un ajustement de la stratégie de l'assouplissement quantitatif. Je me demande si, malgré le fait que nous en ayons discuté dans le rapport, cela soit valorisé ?
Et après septembre? L'économiste en chef Lane nous a dit qu'il considérait le programme PEPP comme une assurance contre le risque de baisse. Cela signifie que le programme sera maintenu tant que les risques liés à la pandémie perdureront. Il n'est pas impératif qu'il s'agisse d'une grande épidémie de COVID dans la zone euro, mais il pourrait s'agir d'un ralentissement dû au COVID aux Etats-Unis ou en Chine qui se répercuterait sur la zone euro. Comme il est probable que les risques de baisse restent importants à l'approche de l'hiver, je pense que la BCE va probablement augmenter la portée du PEPP lors de la réunion de décembre. Si cela ne se produit pas, elle renforcera le programme d'achat d'actifs lors de cette réunion. Il est peu probable qu'un coup de frein aux achats d'actifs soit effectué.