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En février, la Chine a déclaré avoir réussi à sortir l'ensemble de sa population de l'extrême pauvreté. Elle a maintenant fait de la distribution des revenus une priorité.
La reprise de la croissance chinoise étant en bonne voie, les réformes structurelles et la prévention des risques ont retrouvé la priorité. Cela explique la tempête de réglementations qui s’est abattue sur de nombreux secteurs récemment, de la technologie à la chirurgie esthétique, en passant par l’éducation privée.
Si cela peut être source de désagréments à court terme, par exemple, volatilité des marchés financiers et ralentissement de la croissance, nous pensons que ces changements de politiques sont susceptibles d’être bénéfiques à long terme et pourraient contribuer à un environnement de marché réglementé de façon adéquate, réduire les activités spéculatives et les vides juridiques, tout en favorisant un modèle de croissance plus inclusif et plus durable.
Les inquiétudes en ce qui concerne l’efficacité économique et l’affaiblissement du secteur privé sont peut-être infondées. En voici trois raisons:
L’élargissement du fossé entre les revenus est un phénomène global, qui est à l’origine de vagues de troubles sociaux au cours des dernières années. L’objectif de la Chine, dans son engagement envers l’harmonie sociale, est de développer une répartition des revenus qui soit davantage «en forme d’olive», en développant le groupe des revenus moyens. Les politiques s’axeront sur l’amélioration du système de protection sociale, afin d’assurer un accès équitable à l’éducation et de promouvoir la mobilité sociale.
Par exemple, les mesures répressives contre le soutien scolaire privé ont été complétées par une augmentation des ressources attribuées à l’école publique et aux services de garde collective des enfants à bas coût, ce qui pourrait bénéficier aux familles à faibles revenus et aux parents qui travaillent.
La croissance reste une priorité, les autorités s’étant engagées à doubler le PIB d’ici 2035. Cependant, un ajustement raisonnable de la répartition des revenus est nécessaire pour assurer une croissance plus durable sur le long terme.
Le gouvernement a fait des efforts pour casser la garantie implicite des entreprises publiques et réduire leur endettement. S’il demeure bien inférieur à celui des entreprises privées, le taux de défaut des entreprises publiques a connu une augmentation notable au cours des dernières années. Les défauts sur les obligations des entreprises chinoises s’élevaient à 62,59 milliards de yuans (9,67 milliards de dollars) pour la première moitié de 2021, selon Fitch Ratings. Les entreprises publiques représentaient plus de la moitié des défauts, pour un total de 36,65 milliards de yuans.
Depuis le début de cette année, la Chine a intensifié les contrôles et les restrictions sur les prêts aux véhicules de financement des administrations locales afin de contenir la dette implicite des administrations locales. Le gouvernement a déjà plafonné les salaires des dirigeants des entreprises publiques ces dernières années et les employés du secteur public sont soumis à une surveillance dans le cadre de la campagne de lutte contre la corruption.
Les changements de politique incluent le renforcement des réglementations anti-trust, l’amélioration de la protection des données, la réduction des inégalités de revenus et l’amélioration de la mobilité sociale, dans un contexte de développement explosif des technologies et de montée du populisme et du protectionnisme sur tous les continents. La Chine expérimente avec ses propres solutions pour affronter ces défis.
Les mesures réglementaires du gouvernement pourraient peser sur la croissance à court terme, mais la croissance pourrait se maintenir à environ 8% pour 2021 avec un soutien monétaire et budgétaire adéquat, ainsi qu’une demande extérieure résiliente.
Les responsables politiques se sont également assurés de la solidité des liquidités, en réduisant le taux de réserves obligatoires des banques chinoises de 50 points de base en juillet, libérant ainsi autour de 1000 milliards de yuans (154 milliards de dollars). Nous pensons que cela fait office de compensation partielle de la politique de resserrement pour certains secteurs clés et restons constructifs en ce qui concerne notre prédilection continue pour la surpondération de la duration en Chine.
La direction du yuan chinois apparaît mois clairement. Les vents favorables de la performance solide des exportations ont mené à l’appréciation de la devise jusqu’à un sommet pluriannuel par rapport au panier en dollar du China Foreign Exchange Trade System, tandis que la politique monétaire penche maintenant vers un assouplissement des liquidités.
Les entrées de capitaux étrangers dans le marché obligataire chinois restent positives, notamment grâce au soutien supplémentaire de l’inclusion en novembre des obligations d’État chinoises à l’indice FTSE World Government Bond. Cela devrait compenser le sentiment plus faible lié à la performance des cours des actions due aux annonces relatives aux nouvelles réglementations.
En outre, nous pensons que des opportunités émergeront dans d’autres, comme ceux des énergies vertes ou des technologies «dures» comme les semi-conducteurs, l’aérospatiale et les biotechnologies, lesquels sont en alignement avec les objectifs nationaux de développement de la Chine. Il s’agit d’un environnement source d’opportunités pour les gestionnaires actifs ancrés par une gestion rigoureuse du risque.