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« Le
gouvernement devrait créer, émettre, et faire circuler toutes les devises et tous les crédits nécessaires pour satisfaire les dépenses du gouvernement et le pouvoir d’achat des consommateurs.
En adoptant ces principes,
les contribuables économiseraient d’immenses sommes d’argent en intérêts. Le privilège de créer et d’émettre de la monnaie n’est pas seulement la prérogative suprême du gouvernement,
mais c’est aussi sa plus grande opportunité »
Abraham
Lincoln, président des Etats-Unis, assassiné
La nature de l’argent
Concevoir l’argent comme une richesse en soi est une erreur courante. L’argent n’a pas de valeur en soi. La preuve en est qu’il n’est pas plus difficile d’imprimer
un billet de 200 francs que de 20 francs. L’argent ne possède que la valeur conventionnelle qu’on lui prête et qui est fondée sur une confiance réciproque entre l’émetteur et le bénéficiaire.
Cela s’appelle la fiduciarité de la monnaie.
L’argent n’est pas non plus la source de la richesse, il en
est par contre la conséquence, et dans une moindre mesure le moyen. De ce fait il est donc indu de payer une location sur l’argent, qui n’a pas de valeur en soi et qui ne produit rien par lui-même.
La monnaie, manifestation de l’argent, est basée sur une convention de valeurs réciproques et des rapports de confiance. Faisons fluctuer les conventions ou érodons
les rapports de confiance, et la monnaie cessera aussitôt de produire son effet lubrifiant sur l’économie. C’est alors la crise.
La valeur de l’argent est symbolique, car l’argent n’est pas la richesse, il ne fait que représenter la richesse aux fins de permettre des échanges. De ce point de vue, il ne faut le considérer formellement
que comme une série de chiffres. Ces chiffres permettent globalement de comptabiliser les richesses réelles et de les répartir dans le temps et dans l’espace. Rien de plus.
L’argent n’est en définitive qu'un ensemble d’unités de compte, parfois matérialisées sous forme de pièces et de billets. D’un point
de vue pratique, ce n’est rien qu’une série de chiffres correctement ordonnés dans les mémoires des ordinateurs. Le coût de l’argent est celui de l’entretien et de la mise-à-jour des mémoires,
qui ne consomment que des moyens d’enregistrement et de calcul, le maintien du système informatique, et l’énergie électrique qui en permet le fonctionnement. Sur l’ensemble de la masse monétaire, cela représente
un coût marginal pratiquement négligeable.
S’il est juste de rétribuer les services de maintien et les énergies,
il est en revanche injuste de rétribuer la valeur même de ces chiffres. Pour prendre un exemple frappant, imaginons qu’on doive tout-à-coup payer l’usage des lettres de l’alphabet lorsque nous parlons ou que nous écrivons.
Ce serait tellement ridicule et injuste que personne ne l’accepterait. Pourquoi donc l’accepte-t-on avec les chiffres de l’argent ?
La
valeur de l’argent
Dans notre vision actuelle, faussée par tant d'années de conditionnement, il peut sembler curieux
de ne pas devoir payer pour obtenir de l'argent. Pourtant, à bien y regarder, les unités monétaires ne sont que des unités de compte, ne possédant aucune valeur en elle-même, n'ayant jamais nécessité un
travail de création à la hauteur de leur montant, car tout le monde conviendra qu'il n'est pas 1000 fois plus difficile d'écrire 1'000'000 que d'écrire 1'000.
Même si la production d’argent a un coût marginal (très faible au demeurant), sa valeur intrinsèque demeure nulle. L’escroquerie bancaire est de nous faire croire que la valeur
intrinsèque de l’argent est celle qui est représentée sur le billet ou qui est écrite sur la ligne de crédit, et de nous en faire payer une location en plus de la restitution. C’est un abus fondamental de confiance.
La véritable richesse
L’argent
n’ayant pas valeur en soi, représente par contre la valeur de la richesse par laquelle il est couvert. La véritable valeur est donc celle de la richesse réelle, matérielle, issue du travail. La richesse est
issue d’une dépense d’énergie, elle représente un investissement humain ou mécanique. C’est sur la dépense en énergie qu’on peut adosser honnêtement l’argent. Ce qui donne la valeur
aux choses, est le travail exécuté, dont la nature est un investissement d’énergies servant à ordonner le monde. L’argent ne fait
que représentre numériquement ce gain qualitatif.
Dans le cas d’un crédit, c’est le travail promis
qui le couvre, et non la promesse du remboursement. Il est fondamentalement malhonnête d’exiger le remboursement d’un crédit pour une dépense d’énergie puisque la richesse engendrée par cette dépense
continuera d’exister, alors que l’argent sera promis à la destruction par le remboursement du crédit. Par ce système, la quantité d’argent qui circule dans la société devient inférieure à
la richesse, et on y a de ce fait introduit un déséquilibre.
La cause des mauvaises solutions
En définitive, s'il est logique de payer le service de création des unités, ou la marchandise qu'on achète justement avec ces unités, il est en définitive
absurde d'avoir à payer ces chiffres à proportion de leur hauteur, ce qu'exige pourtant le système de l’argent-dette auquel nous sommes habitués. C’est la raison pour laquelle les problèmes de carence de financement
des collectivités semblent n’avoir d’autres solutions que douloureuses. Les esprit modernes sont programmés pour penser en termes captifs d’argent-dette, ce qui est une forme subtile de culpabilité collective.
Pour résoudre les problèmes, il faut démystifier l’argent, sortir de l’idolâtrie de l’argent, cesser
de considérer l’argent comme roi ou comme dieu, le penser en termes de simples chiffres sans valeur intrinsèque.