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Critique
"Jack a 17 ans, une jambe plus courte l'autre, et compense son handicap par la pratique de la planche à roulettes. Son père a été emporté sous ses yeux par une tornade, qu'il a baptisée Rollow; il vit avec sa mère, déstabilisée par l'événement, dans un motel. Il zone avec Lenny, petite frappe, Nox, accro aux séries télévisées, Jeanne, petite amie de Lenny. Commettant des larcins minables, ils espèrent pouvoir changer d'horizon.
Emmanuelle Antille, née en 1972, a étudié à la Rijksakademie van Beeldene Kunsten d'Amsterdam et à l'Ecole supérieure d'arts visuels de Genève; vidéaste, elle a de nombreuses expositions à son actif; elle a représenté la Suisse à la Biennale de Venise en 2003. Pour ROLLOW, fiction qui ouvre une fenêtre sur le monde de certains ""djeunes"" (avec ses codes, son langage, son accent ""beur""), elle a recouru à des non-acteurs, qui brillent en effet par leur naturel. Dans la région du Grand Lausanne (on reconnaît plusieurs sites), elle a choisi des no man's land improbables: motel délabré, caravane déglinguées, décharge, circuit de trial motocycliste, bois du Jorat... Pour certains spectateurs peu familiers du milieu, l'exotisme sera renforcé par des musiques post-rock des groupes Honey for Petzi, Ventura, Illford.
La construction du film est en boucles, tournoyante comme la tornade. A chaque boucle, des éléments s'ajoutent qui permettent de mieux comprendre le cheminement du personnage central. Si l'on peut être agacé par certains côtés artificiels, l'intérêt sociologique voire ethnographique est éveillé: quelques-uns de nos lecteurs découvriront peut-être un monde dont ils soupçonnent à peine l'existence, et le vocabulaire cru de nombre d'adolescents."
Daniel Grivel