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Les politiques de prévention et de promotion de la santé impliquent de connaître, entre autres, les comportements en matière de santé de la population, en particulier par rapport au suivi des recommandations officielles. Au plan suisse, les données disponibles relatives aux comportements favorables ou préjudiciables à la santé sont rares pour la population des tout jeunes enfants, alors que ce qui se joue dans les premières années de l’existence façonne non seulement leur santé à court terme, mais aussi les fondements de leur santé plus tard dans la vie (Kuh & Shlomo, 2004). Les données nationales qui concernent les enfants plus âgés (de 6 à 10 ans) sont à peine moins fragmentaires dans la mesure où l’on en dispose pour un nombre limité de comportements (p. ex. portions de fruits et légumes, [in]activité physique, certains comportements de protection). En définitive, ce sont les 11–25 ans pour lesquels les données couvrent le plus large spectre de comportements, notamment du fait de la conduite à intervalles réguliers d’enquêtes populationnelles représentatives au plan national, telles que les enquêtes généralistes ESS et HBSC, ou thématiques telles que SWIFS et Sport Suisse, complétées par des études réalisées ponctuellement sur la sexualité ou le sommeil, entre autres.
Les données disponibles permettent d’illustrer combien les comportements de santé changent entre l’enfance et le début de l’âge adulte. En revanche, on ne saurait en tirer une conclusion générale quant à l’évolution de ces comportements au cours des dernières années en Suisse – évoquée dans ce chapitre pour les adolescents uniquement –, notamment car celle-ci varie selon le comportement étudié. Les données disponibles se basent en outre pour la plupart sur quelques questions simples faisant appel à l’évaluation des personnes interrogées et qui, par conséquent, ne permettent pas de rendre compte de la complexité et multidimensionnalité de certains comportements et/ou n’autorisent que des approximations. Or, pour pouvoir faire l’objet de mesures valides et de comparaisons avec les recommandations officielles, certains comportements nécessitent la mise en œuvre d’outils de mesure plutôt sophistiqués, comme cela a été le cas avec l’accéléromètre utilisé dans le cadre de l’étude SOPHYA. Les défis relatifs aux méthodes appropriées d’évaluation se posent également pour les compétences en santé des jeunes, pour lesquels les données sont lacunaires au plan suisse.