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Le fondateur du cirque moderne est un écuyer britannique, Philip Astley (1742-1814), qui présentait divers numéros (dressage de chevaux et d'autres animaux, acrobaties, pantomimes et clowneries) sur une piste circulaire entourée de tribunes. L'écuyer vénitien Antonio Franconi (1738-1836) reprit le théâtre équestre d'Astley; ses fils lui donnèrent le nom de Cirque olympique en 1807. Le terme de cirque fut ensuite adopté par d'autres acrobates, jongleurs, danseurs de corde, écuyers, clowns, dresseurs d'animaux et forains donnant des spectacles sur une piste en plein air.
Aux ménestrels (saltimbanques, jongleurs) qui parcouraient le territoire de la Suisse au Moyen Age succédèrent au XVIIe s. des troupes ambulantes qui se produisaient fréquemment avec des forains, montreurs de géants et de nains, qu'elles intégrèrent dans leurs programmes. Au XIXe s., la Suisse reçut les tournées de cirques étrangers comme l'allemand Hagenbeck ou l'américain Barnum & Nailey. Au programme traditionnel s'ajoutaient des exhibitions de peuplades exotiques et d'animaux, ainsi que des numéros artistiques que l'on pouvait voir aussi au théâtre ou dans les spectacles de variétés.
Les Knie firent une première tournée en Suisse vers 1814; cette famille de funambules viennois se fixa en 1849 à Berthoud, puis à Rapperswil (SG). A la quatrième génération, Friedrich et Eugen Knie fondèrent le Cirque national suisse. Ils commencèrent à jouer sous chapiteau en 1919 à Berne. D'autres entreprises ambulantes virent le jour dans la seconde moitié du XIXe s., comme le cirque Nock, créé vers 1860 par une famille d'artistes allemands, qui jusqu'alors avait voyagé sous le nom de Circus Central. Nock se présenta en 1890 à Richterswil et en 1892 à Davos avec un orchestre et des éléphants; il faisait sensation avec ses artistes étrangers et son personnel africain. En outre il transportait un cinématographe, qui permit aux populations campagnardes d'avoir leur premier contact avec ce nouveau média. Le cirque Adler de l'Allemand Heinrich Gasser (Gasser, SH), qui tourna en Suisse à la fin du XIXe s., s'y établit en 1941 sous le nom de Circus Olympia. Il existe encore d'autres dynasties traditionnelles suisses: les Stey, Bauer, Strohschneider et Inauen.
A la différence des métropoles européennes comme Paris, Londres ou Berlin, la Suisse ne connut pas de sièges fixes. Les cirques parcouraient le pays durant la belle saison puis prenaient leurs quartiers d'hiver; les pistes ouvertes furent progressivement remplacées par des chapiteaux durant l'entre-deux-guerres. Dans les années 1950 et 1960, les cirques subirent la concurrence du cinéma et de la télévision. Le nombre des spectateurs baissa alors même que celui des cirques augmentait. Ceux-ci durent se spécialiser. Knie enrichit ses programmes en engageant des vedettes. La première fut en 1969 le clown Dimitri, suivi par Emil et par les mimes Mummenschanz. Le cirque Olympia améliora son offre en y intégrant, le premier, un restaurant. La fin des années 1970 vit l'apparition de nouvelles entreprises comme les fauves de René Strickler, le cirque Robiano pour les jeunes, le cirque Robinson pour enfants ou le cirque-théâtre Wunderplunder. Les grands établissements comme Knie et Gasser construisirent des parcs de loisirs (zoo de Rapperswil, Connyland à Lipperswil). Nock créa un musée du cirque à Oeschgen. En 1999, la Suisse comptait quelque vingt-cinq cirques, dont deux fixés en Suisse romande et deux au Tessin.
Bibliographie
– Manege, 1962-
– M. Renevey, éd., Le grand livre du cirque, 2 vol., 1977
– Les Cahiers du Cirque, 1979-
– P. Kaufmann, Kleine Stadt auf Rädern, 1985
– R. Brändle, Wildfremd, hautnah, 1995
Auteur(e): Roland Brechbühl / WW