Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07107.jsonl.gz/588

On trouve des algues dans la crème glacée, la pâtisserie, les gelées, les crèmes-desserts, le fromage, les vinaigrettes, la crème fouettée, la crème aigre, le chocolat au lait, le lait concentré, les yaourts, les plats surgelés, et même dans certains médicaments et dentifrices.
Si cela vous intéresse, cherchez dans la liste des ingrédients : agar-agar (E 406), alginate, carotène, carraghénane (E 407), kelp, amidon modifié, carbonate de sodium, acide citrique et les additifs E 400 (acide alginique ) ainsi que de E 401 à E 405 (différents sels de l'acide alginique).
Les plus petites algues sont composées d'une seule cellule (avec ou sans paroi cellulaire) invisible à l'œil nu. Ces microalgues sont présentes dans tout type d'humidité, dans l'eau de mer, l'eau douce, les murs humides. Outre les microalgues, la mer regorge aussi de macroalgues, généralement bien ancrées, pouvant vivre à jusqu'à 20 mètres de profondeur dans des zones ensoleillées.
Les plus grandes, qui peuvent atteindre 100 mètres de long, se nomment aussi varech. Les algues microscopiques et les plus grandes ont en commun de se nourrir exclusivement de matières anorganiques et de lumière du soleil (on parle alors de photoautotrophie). Les algues prolifèrent à l'aide de la lumière, de l'eau, de dioxyde de carbone et de sels minéraux. Elles synthétisent une multitude de colorants complexes, d'acides gras insaturés et de glucides.
Les algues jouent un rôle essentiel dans l'écosystème de la planète. Elles produisent autant d'oxygène que les forêts : la moitié des molécules d'oxygène que l'homme respire a été produite par une algue. Avec leur énorme biomasse, les algues se trouvent au début d'une chaîne alimentaire, qui, sous forme de phytoplanctons, nourrit directement de nombreux organismes vivants marins (y compris les baleines bleues) et indirectement une multitude d'animaux aquatiques ou terrestres.
De plus, les algues assurent le nettoyage des eaux et de l'air, car elles absorbent le dioxyde de carbone (gaz à effet de serre), le phosphore et même certains métaux lourds. Elles ont besoin de nitrates et de phosphates pour pousser, or, ce sont précisément des éléments nocifs pour l'environnement. Aux Pays-Bas, des essais de culture d'algues ont permis de transformer efficacement du purin de porc en biomasse de qualité.
Bioréacteur pour la multiplication des microalgues.
Même si une infime partie seulement des espèces d'algues connues est utilisée à des fins commerciales, les algues offrent des nutriments aux hommes comme aux animaux, ainsi que des matières premières pour les produits cosmétiques et pharmaceutiques, pour les pneus, les peintures, les matériaux de filtre et d'isolation. De nombreux scientifiques voient dans les algues une ressource inespérée.
Par exemple, une espèce précise de microalgue d'eau douce (Haematococcus pluvialis) sert à utiliser dans l'industrie un caroténoïde nommé astaxanthine D'autres algues vertes fournissent également ce colorant, comme certaines algues marines qui se trouvent à proximité des côtes. Les saumons, les crevettes et les homards leur doivent leur belle couleur rose.
Les algues sont parfois à la une des journaux, notamment durant les étés chauds, mais pour de tout autres raisons : elles prolifèrent si rapidement qu'elles envahissent les lacs et les plages, recouvrant tout en un épais tapis brun ou verdâtre. Sur la côte Adriatique ou en mer du Nord, sur le lac de Steinhude (Allemagne) ou l'Ossiacher See (Autriche), de nombreuses étendues d'eau en ont souffert.
Mais les algues n'y peuvent rien. Ce fléau n'est que la conséquence de l'exploitation excessive de la nature par les humains. Il apparaît suite à une trop grande quantité d'engrais (eutrophie), qui provoque des concentrations de nutriments non naturelles extrêmement fortes dans l'eau, et qui se déversent via les rivières et l'air dans les lacs et la mer. Ces concentrations peuvent venir des foyers, de l'industrie, de l'agriculture et de l'aquaculture, du trafic routier.
Les algues comestibles peuvent être parmi les plus petites ou les plus grandes, bien que les macroalgues prédominent pour l'instant. Pour les populations côtières, ces légumes marins ont toujours constitué une source d'aliments essentielle. En Asie, les algues sont dégustées fraîches ou séchées, crues ou cuites, croquantes ou enrobées de sel. Les Japonais sont les plus grands consommateurs d'algues : elles représentent en moyenne 20 % de la ration alimentaire quotidienne par personne.
Les grandes algues comme le kelp sont également utilisées en guise de condiment, dans les soupes ou avec le riz, le poisson ou les pâtes - ou simplement comme en-cas à grignoter. La poudre obtenue à partir des microalgues entre dans la préparation de sauces et de soupes, de boissons ou de pain. Les algues séchées se conservent sans limite et ne perdent pas leurs qualités nutritives.
Avec sa haute teneur en protéines, en vitamines, sels minéraux et en antioxydants, l'algue est un véritable trésor de vitalité. Les sels minéraux et oligoéléments représentent 7 à 38 % du poids de l'algue séchée. C'est notamment une excellente source de calcium, de magnésium, de fer, de potassium, d'iode, de zinc et de sélénium, de vitamine A, C et E, des vitamines du groupe B, y compris B12, de niacine et d'acide folique.
La présence d'autres éléments comme le cuivre, le manganèse, le molybdène, le silicium, l'aluminium et le germanium, généralement en quantité insuffisante dans l'alimentation, est également non négligeable.
Les microalgues sont encore plus utiles que les macroalgues. Ces plantes microscopiques qui se contentent de lumière, d'eau, de dioxyde de carbone et d'un peu de phosphate et de nitrate, fabriquent une grande variété de substances précieuses comme des vitamines et des pigments, des acides gras essentiels, des acides aminés, et même des antibiotiques et des composants à effet pharmaceutique.
La biotechnologie bleue ou marine porte sur l'utilisation de ces minuscules organismes comme compléments alimentaires, additifs pour la nourriture animalière (pour les élevages de poulets ou de porcs par ex.), comme aliments pour la pisciculture ou pour les poissons d'aquarium, comme substance pharmaceutique, ou pour les domaines du nettoyage des eaux, de l'élimination des gaz d'échappement et la récupération des énergies, en médecine, en cosmétique, ou encore pour l'analyse des aliments.
* Prof. Dr. Cornelssen vom Fachbereich Wirtschaft der Fachhochschule Hannover.