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Courir, sauter, lancer : les trois disciplines fondamentales du roi des sports, l’athlétisme, existent depuis des siècles. Les historiens ont retrouvé des traces de compétitions et de performances extraordinaires, spécialement dans le domaine des exercices de longue très haleine, partout dans le monde et dans l’histoire de presque tous les peuples. En Suisse, les trois disciplines de l’athlétisme sont également mentionnées régulièrement dans les chroniques helvétiques.
XIVe-XIXe siècle
Au début du XIVe siècle, les Waldstätten sont les premiers à entretenir régulièrement leur forme physique et à organiser des concours de lutte, de jet de pierre et de tir. De vieilles chroniques font également état de concours sportifs lors des fêtes citadines comme c’est longtemps le cas à Zurich, à Bâle ou à Saint-Gall. Elles ont joué un très grand rôle dans le développement de l’athlétisme, dont les différentes disciplines figuraient régulièrement dans le programme des festivités et concours annexes. On peut retrouver mention de ces joutes polysportives jusqu’en 1576, mais par la suite – étonnamment – elles disparaissent relativement brusquement des chroniques; on sait pourtant que ces traditions ont perduré au fil des siècles.
L’esquisse d’un renouveau n’apparait qu’après la Révolution française. C’est à ce moment-là que le sport va prendre petit à petit de l’importance dans tout le pays, spécialement au niveau de la gymnastique et du tir. En ce qui concerne les épreuves d’athlétisme, elles sont pratiquées dans le cadre des activités gymniques, mais sans que les règles soient vraiment codifiées.
1805
Au cours du XVIIIe siècle, une fête pastorale se tient régulièrement à Unspunnen, près d’Interlaken. Elle n’est cependant officialisée qu’en 1805 lorsque, dans l’esprit de la «République helvétique», les habitants de l’Oberland bernois tentent d’apaiser les tensions en se réconciliant avec la Ville de Berne et son maire Niklaus Friedrich von Mülinen. Politiquement la fête n’est pas vraiment couronnée de succès; mais culturellement et financièrement, elle dépasse les espérances des organisateurs. Une seconde édition, en 1808, attire des visiteurs de toute l’Europe. Ils peuvent assister à la commémoration du légendaire Serment de Rütli de 1307. Ces deux premières éditions sont considérées comme le début du tourisme moderne, mais surtout comme étant la pierre angulaire du sport en Suisse. Étrangement cet événement va être délaissé pendant près d’un siècle. En 1905, on organise une fête similaire sous le titre de «Eidgenössisches Schwing-und Älplerfest» (Fête fédérale de lutte et des jeux alpestres). Cet événement va perdurer jusqu’à nos jours, avec une périodicité de trois ans. Quant à la grande fête pastorale d’Unspunnen, il faut attendre 1946 pour que cette fête soit enfin organisée à intervalle plus ou moins régulier, soit tous les douze ans environ : 1946, 1955, 1968, 1981 et 1993. En raison des graves dégâts causés par les inondations des Alpes en 2005, le festival a été reporté d’un an et a dû être organisé du 1er au 3 septembre 2006. Le dixième festival s’est tenu du 26 août au 3 septembre 2017, alors que la prochaine édition est agendée pour 2029.
1816
Toujours au début du XIXe siècle, un second événement fait lui aussi figure de pierre angulaire du sport suisse : il s’agit de la création en 1816 à Berne de la première société de gymnastique du monde : l’Association Académique de Gymnastique Rhenania Bern par MM. Phocion Heinrich Clias, Johannes Niggeler et Adolf Spiess. Sceptique à ses débuts, la direction de l’Académie de Berne se met peu à peu à encourager les exercices avec enthousiasme. Clias sera nommé chef de la gymnastique dans les écoles militaires de la cour d’Angleterre de 1823 à 1829. Il a aussi milité pour la gymnastique dans les écoles suisses avec notamment le droit des filles à suivre des cours de gym.
24.04.1832
Le mouvement qui en résulte est encourageant dans tout le pays, ce qui conduit à l’organisation d’une fête fédérale de gymnastique, avec une première édition qui a lieu le 24 avril 1832 à Aarau. Elle va se tenir bon an mal an jusqu’en 1869, dont pour la première fois en Suisse romande en 1852 à Genève. Une pause sera observée en 1870, puis elle se tiendra tous les deux ans dès 1874, jusqu’en 1888. La fréquence passera ensuite à trois ans jusqu’à la Première Guerre Mondiale, puis à quatre ans lors de la période allant de 1922 à 1967. À ce moment-là, il faudra compter entre cinq à sept ans pour y participer, avec notamment l’édition du 700e anniversaire de la Confédération Helvétique en 1991 à Lucerne. La dernière édition de cette fête fédérale de gymnastique date de 2025 à Lausanne, ceci pour la cinquième fois après 1855, 1880, 1909 et 1951.
1878
Pendant des années l’athlétisme fait partie intégrante des fêtes de gymnastique, toutefois en complément aux quatre disciplines de la gymnastique (exercices libres, cheval d’arçons, barres parallèles et barre fixe). On retrouve alors les épreuves athlétiques sous la dénomination «exercices spéciaux». À partir de 1878, le programme athlétique est le suivant : lancer de la pierre et du javelot, courses, saut en hauteur, en longueur et à la perche.
PAB
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