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J’en veux pour preuve les nombreuses règles auxquelles devront se plier les communautés en recherche de reconnaissance étatiques en regard des quelques avantages que ce statut pourrait leur apporter. Si l’on suit les tout récents rapports du groupe de travail sur la laïcité à Genève, ou le règlement d’application de la loi sur la reconnaissance des communautés religieuses, dans le canton de Vaud, une communauté devra prouver qu’elle respecte la loi, qu’elle respecte la liberté de croyance, être transparente financièrement et s’abstenir de tout prosélytisme invasif, pour simplement pouvoir disposer d’un service d’aumônerie en hôpital.
Que la société mette en place des garde-fous contre les dérives de la religion est normal. Mais, en cette période électorale, le prosélytisme des partis politiques me semble plus encombrant que la volonté de convaincre des croyants. Quand je vois les partis traiter les électeurs et militants d’autres formations de fascistes ou de bisounours, je me demande en quoi ils contribuent à la cohésion sociale.
On ne peut pas dire non plus que les fondements des convictions politiques soient plus solides que les fondements des convictions religieuses. Certes, il est difficile d’argumenter contre quelqu’un qui n’argumente qu’en s’appuyant sur un livre reconnu comme sacré. Mais est-ce plus simple de débattre entre deux idéaux de société?
Alors quitte à élever des garde-fous, pourquoi se focaliser sur les seules religions? Tout mouvement d’opinion peut être source de tensions. Finalement, le débat politique ne fait-il pas autant, voir davantage d’entorses au vivre ensemble?