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pour pour solistes (ou petit chœur) et chœur mixte opus 51
L’idée d’écrire une œuvre pour la Cérémonie inaugurale du 25ème anniversaire du Conseil international de la Musique revient à Pierre Colombo, membre de son Comité exécutif, idée généreusement approuvée par Roger Aubert, directeur de la Musique à la Radio-Télévision Suisse Romande, qui voulut bien m’honorer d’une commande à cette occasion.
Disposant de l’admirable Chœur de la Radio Suisse Romande participant à cette cérémonie, mon choix se porta tout naturellement sur une œuvre pour chœur a cappella auquel j’ajoutai quatre solistes. Le Comité souhaita que le texte de cet ouvrage se rapportât à un sujet d’ordre général en rapport, si possible, avec les buts de l’UNESCO ou du C.I.M. L’idée d’un Te Deum est d’André Charlet, chef du C.R.S.R. En effet, il n'était pas simple de trouver un texte, musicalement convenable, évoquant la fraternité humaine ou les rapports culturels intercontinentaux, ou encore des concepts transcendentaux sur la musique. Ainsi la suggestion d’André Charlet rencontra d’emblée mon adhésion, étant donné qu’il n’est, en définitive, rien de plus général, de plus fondamental qu’une louange à Dieu, peut-être aussi rien de plus nécessaire à l’homme, marquant ainsi sa modestie face à l’Inconcevable. La grandeur de l’homme n’étant pas justement le fait qu‘il possède, par privilège divin, la faculté de se savoir petit ?
J’ai choisi délibérément le texte du Te Deum de la liturgie catholique romaine pour la beauté du texte d’abord et celle de la langue latine ensuite. L’œuvre devant être de dimensions modestes, je n’ai conservé que les parties essentielles de ce très beau poème. L’ouvrage se compose de trois parties ininterrompues : le Te Deum proprement dit, le Salvum et le Speravi. La substance musicale épouse d’assez près celle du texte, ce qui confère à l’œuvre un caractère tout à la fois mystérieux et dramatique. L’emploi du simple mélisme issu du chant grégorien voisine avec celui de la polytonalité et de la polyphonie la plus rigoureuse. Les interventions des solistes alternent avec le chœur, ce qui donne à l’ensemble une allure de concerto grosso dont les solistes constituent le concertino. Par ailleurs, l’écriture chorale est très stricte, étant donné les difficultés d’intonation que rencontrent les voix non accompagnées.
Commencé à Lausanne le 8 avril 1973, le Te Deum fut terminé à Brigerbad en Valais le 14 juin de la même année et créé le 10 septembre à l'Aula de l'Ecole Polytechnique Fédérale à Lausanne par Evelyne Brunner, soprano, Arlette Chédel, alto, Pierre-André Blaser, ténor, Etienne Bettems, basse et le Chœur de la Radio Suisse Romande sous la direction d'André Charlet. Enthousiasmé par cette œuvre, Sir Yehudi Menuhin, Président du C.I.M, l'inscrivit au programme du 19ème Festival Yehudi Menuhin à Gstaad en 1975.
RéférenceSir Yehudi Menuhin
Dear Friend,
You remember how impressed I was with your beautiful choral work. I have tried my best to include it in the programme for Gstaad next year. (Exécution le 20.08.1975)
Lettre personnelle, Londres 1973