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Récemment mise au grand jour, la cellule de Julius Klingebiel révèle des scènes étonnantes. On y découvre des animaux, notamment des cerfs et des lions, dans un décor de forêts, mais aussi toutes sortes de personnages masculins et féminins, souvent en uniforme, dont Hitler et le Pape. Plusieurs symboles de l’Eglise catholique et du nazisme ornent aussi les murs de la chambre d’hôpital dans laquelle Klingebiel était enfermé. Ses peintures ne laissent aucun espace libre et recouvrent la totalité de son espace vital.
Né à Hannover en 1904, Julius Klingebiel est le fils d’un facteur. Il devient mécanicien et se fait engager par l’armée allemande. A l’âge de 35 ans, atteint de psychose, il assassine son beau-fils et menace son épouse. Il est arrêté par la police et enfermé en milieu psychiatrique. Un an plus tard, il est diagnostiqué schizophrène paranoïaque et emmené à l’Hôpital de Göttingen où il passe dans différents départements.
Klingebiel est stérilisé, comme l’exigeait le régime nazi mais échappe de justesse à l’euthanasie. En 1951, il est transféré dans la cellule 117, dans un département hospitalier qui obéit à des règles pareilles à celle de l’incarcération. A la fin de la guerre, son cas n’est pas ré-examiné, comme le voulait la loi; il reste hospitalisé, seul, sans jamais aucune visite. C’est à partir e ce moment qu’il se lance dans la création, en autodidacte, faisant preuve d’une imagination prodigieuse et orne la totalité des murs de sa cellule. A partir de 1961, il cesse toute activité picturale et meurt deux ans plus tard, en 1965, à l’âge de 61 ans.
Seul un très petit groupe de personnes connaît cet environnement pictural extraordinaire, et la cellule reste fermée à tout visiteur pendant de nombreuses années après son décès. Une sorte d’omerta règne autour de cette création clandestine.
Enfin, en 2012, la cellule 117 est reconnue comme Denkmalschuss et considérée comme une œuvre culturelle. Un ouvrage paraît à son sujet en 2003: Andreas Spengler, Manfred Koller, Dirk Hesse (Hg.), Die Klingebiel-Zelle, Göttingen, Vandenhoeck ] Ruprecht, 2003.
De nombreuses informations sont disponibles sur le site riche et bien référencé de Henk van Es à Amsterdam.