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pour grand orchestre opus 100
La particularité de cette symphonie est l'adjonction d'un quatuor de saxophones au registre des cuivres, ce qui ne signifie nullement qu'il s'agit d'une œuvre de jazz et moins encore d'un concerto dont les quatre saxophones (Soprano, Alto, Ténor, Baryton) seraient les solistes. Ils interviennent dans le discours musical au même titre que n'importe quel instrument appartenant aux registres traditionnels de l'effectif symphonique.
Le premier mouvement – Ostinato – affiche un lyrisme douloureux sous-tendu par le rythme immuable d'un tambour. A deux reprises, l'apparition du quatuor de saxophones suspend un instant la voix de la percussion. La coda offre quelques mesures de harpe et la procession funèbre disparaît dans le lointain.
Le deuxième mouvement, – Scherzo – après un solo de timbales, s'ouvre par une joyeuse salutation des trompettes et trombones à laquelle répondent les saxophones puis les cors. Un motif léger sert ensuite de prétexte à une conversation fuguée entre les bois suivie d'une grande phrase lyrique à la flûte à laquelle répondent les premiers violons. Le mouvement se poursuit dans une joyeuse atmosphère pour se terminer par un dernier solo de timbales fortissimo.
Le troisième mouvement – Adagio (In memoriam Armin Jordan) – est dédié à la mémoire du célèbre chef d'orchestre suisse. Le compositeur commençait l'écriture de cet adagio lorsque survint la nouvelle du décès de son ami avec lequel il avait collaboré tant d'années à l'élaboration des programmes de l'Orchestre de Chambre de Lausanne pour la Radio Suisse Romande. Ce qui justifie, en fin de mouvement, la brève citation de motifs de Parsifal et du Chevalier à la Rose, deux œuvres-cultes d'Armin Jordan.
Le quatrième mouvement – Finale – s'ouvre par un choral. Un allegro syncopé est exposé par les cordes suivi par un divertissement des instruments à vents sur un fond rythmique animé par les contrebasses dans le style walking bass emprunté à la musique de jazz. Le mouvement se poursuit gaiement jusqu'au retour du choral qui s'achève dans une brève cadence à la clarinette basse puis à la harpe. Une courte coda allegrissimo met un point final à la symphonie.
Commande de l'Orchestre Symphonique de Berne à qui l'œuvre est dédiée ainsi qu'à son chef titulaire Andrey Boreyko, ils furent les interprètes de la création mondiale le 1er novembre 2007 au Kultur-Casino dix jours avant le 90e anniversaire du compositeur.