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Les Suisses se déplaçant librement
Car sharing en libre-service pourrait être une alternative flexible à la voiture privée. Mais ce concept fonctionne-t-il en Suisse ? L'Institut de planification du trafic et systèmes de transport de l’ETH a étudié cette question avec l'entreprise de car sharing Mobility. Henrik Becker donne un aperçu de ce projet.
Pourquoi votre groupe de recherche s'intéresse-t-il au car sharing en libre-service ?
Le car sharing en libre-service est un concept intéressant, car il est beaucoup plus flexible que le car sharing conventionnel avec emplacement fixe. Il permet les trajets en aller simple et les clients n'ont pas besoin de réserver longtemps à l'avance. Après le voyage, les voitures peuvent être laissées n'importe où dans la zone de service définie. L'application smartphone montre toutes les voitures disponibles ainsi que leur position. En 2014, Mobility a lancé ce service pour la première fois en Suisse, sous le nom de Catch a Car. De nombreuses questions ont été soulevées, notamment parce que les conditions préalables en Suisse sont différentes de celles d'autres villes qui disposent déjà de services de car sharing en libre-service.
Quelles sont les questions spécifiques à la Suisse?
Les villes suisses sont relativement petites, les places de parking sont très limitées et de nombreuses personnes possèdent déjà un abonnement pour les transports publics. La question est de savoir comment le car sharing fonctionne dans ce contexte. Comment cela affecte-t-il la situation des parkings, de la possession d'une voiture et des transports publics? Mobility nous a demandé de mener une étude à Bâle pour répondre à ces questions.
Quelle est la particularité de votre étude?
Contrairement à d'autres études, nous avons réalisé des enquêtes quantitatives répétées et un journal de voyage assisté par une application smartphone. Les informations en temps réel sur le comportement des clients, que nous avons collectées, sont plus fiables que les enquêtes rétrospectives conventionnelles. Notre deuxième spécialité sont les modèles de simulation que nous développons. Sur la base des données de comportement des clients, nous pouvons simuler les systèmes de transport de villes entières.
Quels sont les résultats de votre étude à Bâle?
Tout d'abord, notre étude confirme clairement que Catch a Car peut réduire le nombre de propriétaires de voitures. Une Catch-Car remplace 3-4 voitures privées. Deuxièmement, l'étude montre que Catch a Car ne constitue pas une menace pour les transports publics. Les gens utilisent Catch a Car pour des trajets où les transports publics ne sont pas disponibles ou peu attractifs, ce qui permet de combler les lacunes du réseau existant.
Une Catch-Car remplace 3-4 voitures privées.
Quelles sont les prochaines étapes?
Nous menons actuellement une troisième vague d'enquête à Bâle et nous avons entamé une étude similaire à Genève. Nous voulons savoir qui sont les clients à long terme du car sharing et dans quelles situations ils utilisent ce service. Les premiers résultats indiquent que le car sharing en libre-service attire des clients différents par rapport à ceux du car sharing avec emplacement fixe. Notre objectif est de disposer de données fiables sur le comportement des utilisateurs que nous pouvons intégrer dans notre outil de simulation. Cela nous aidera à développer nos connaissances et à améliorer nos modèles, en particulier en ce qui concerne le contexte suisse. Nos partenaires industriels bénéficieront de ces connaissances et apprendront à mieux connaître leurs clients et leurs marchés.
Quel sera le rôle du car sharing en libre-service dans les futurs systèmes de transport ?
Nos recherches montrent que le car sharing en libre-service est un bon complément aux transports publics. Cela rend moins attrayant de posséder une voiture. Cependant, le car sharing lui-même ne résoudra pas les problèmes de transport de l'avenir. Le système de transport sera une combinaison complexe de différents services et modes de déplacement, et le car sharing en libre-service peut devenir une pièce importante de ce puzzle.