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Depuis 1980, au moins 80 000 disparitions forcées auraient eu lieu au Sri Lanka, y compris des cas non signalés. Dès la décennie suivante, les gouvernements successifs ont nommé des commissions nationales d’enquête sur les disparitions forcées. Celles-ci ont recueilli environ 80 000 plaintes, dont plus de la moitié ont été considérées comme suffisamment étayées pour justifier une enquête plus approfondie. Une commission présidentielle a vu le jour en août 2013 pour enquêter sur les plaintes concernant les personnes disparues. Elle a reçu plus de 20 000 plaintes, mais moins de 10% d’entre elles ont donné lieu à des enquêtes à ce jour.
Les commissions nationales d’enquête sur les disparitions forcées ont découvert des documents crédibles impliquant des responsables politiques de premier plan ainsi que des agents de police et des forces de sécurité de haut rang dans ces disparitions forcées. Certains d’entre eux occupent toujours des postes à responsabilité.
A ce jour, les autorités sri lankaises ont largement ignoré les recommandations de ces commissions concernant la poursuite des auteurs et les mesures à prendre afin de prévenir la répétition de tels incidents dans le futur.
Au Sri Lanka, les familles des personnes disparues continuent de demander la vérité et la justice concernant la disparition de leurs proches.
C'est pourquoi Amnesty International demande au gouvernement sri-lankais:
- d’autoriser immédiatement la visite du Groupe de travail de l’ONU sur les disparitions forcées ou involontaires;
- d’enquêter, de poursuivre et de condamner les responsables des disparitions forcées, en respectant les normes internationales et de manière transparente, conformément aux engagements pris – mais non tenus jusqu’à présent – durant les examens précédents.
Vigile à Genève
Amnesty International a invité à Genève, des proches des personnes disparues au Sri Lanka dont Sandya Eknaligoda qui s'engage pour son mari Prageet Eknaligoda et Sithy Yameena qui s'engage pour son fils Mohamed Hakeem. Les Abuelas - dont la présidente Estela de Carlotto - de la Plaza de Mayo en Argentine étaient également présentes afin de soutenir les familles sri-lankaises dans leur quête de justice. Les Abuelas s'engagent également depuis des dizaines d'années dans la recherche des centaines d’enfants volés par l’Etat terroriste.