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Kolos-Vary
(1899-1983)
Huile sur toile (1975)
33 cm x 41 cm
En parfait état
Avec cadre blanc d'origine offert
Ref: E24-03
Sigismond Kolos-Vary (1899-1983)
Sigismond Kolos-Vary est né le 19 mai 1899 à Banffyhunyad en Hongrie. De 1918 à 1925, il étudie à l'école des Arts Décoratifs de Budapest. L'année suivante, il effectue un voyage d'étude en Italie, il découvre les maitres italiens, Paolo Uccello qui influence ses débuts.
En 1926, après un voyage en Suisse, Kolos Vary s’installe à Paris, puis visite l'Espagne. Il fait la connaissance du poète Pierre Guéguen, ami de Le Corbusier, qui préface ses expositions à la Galerie de Madame Povolozky, modèle de Modigliani. C’est dans cette galerie que Kolos-Vary vend ses premières toiles et qu’il rencontre Jacques Lipchitz, André Lhote, André Salmon et Jean Cassou.
En 1941, arrêté à Paris par des agents de la gestapo, Kolos-Vary est interné en 1941 au camp de gurs durant deux années et réalise entre autre un carnet de dessin pour une fillette (conservé au centre de documentation juive contemporaine). Il s'évade en 1943 et réussit à rejoindre la Suisse. Il y reste jusqu’en 1946, puis revient à Paris. Il est naturalisé en 1955.
Jusqu'en 1954, les tableaux de Kolos-Vary sont marqués par l’expressionnisme.
Entre 1950 et 1954, il traverse une période transitoire qui évolue vers un langage abstrait. A partir de 1977, Sigismund Kolos-Vary installe son atelier à Boulogne-Billancourt.
Il est mort en Suisse en 1983 à la Chaux-de-Fonds.
Kolos-Vary (*)
La démarche nouvelle de Kolos-Vary vers 12 conquête d'un espace plus libre, plus «aérien», correspond à une sorte d'évolution spirituelle vers une sérénité que ne laissait pas attendre le caractère dramatique de ses précédentes oeuvres.
Poussé par une inquiétude profonde qui laisse peu de paix dans les rapports de l'homme et des choses, la dominante tragique donnait aux rythmes du tableau la signification d'un univers en gestation ininterrompue: d'un univers incapable de s'achever, et qui, peut-être, ne souhaitait pas s'achever.
Lorsque l'agitation pathétique de cette matière vivante qui anime principalement la vie intérieure de l'oeuvre a fait place à un accord harmonieux entre les tensions antagonistes par lesquelles, avant tout, se manifeste l'élan vital, un nouvel équilibre compensatoire est apparu entre le bouillonnement douloureux des «choses à naître» et ce calme souverain qu'apporte l'intime amitié entre l'artiste et l'objet.
Cette transformation intérieure qui se révèle avec une évidence de plus en plus forte, depuis quelques années surtout, dans la sensibilité de ce peintre et dans sa manière de peindre, nous entraîne vers un monde dont les courants d'énergie se rassemblent et se condensent en quelques formes sobres et vigoureuses qui occupent puissamment un espace où elles se meuvent avec une totale indépendance, tout en établissant une juste et heureuse concorde avec la respiration de l'atmosphère. Atmosphère où s'établit cette prise de possession réciproque, de l'artiste par la chose créée, de la chose créée par l'artiste.
Ainsi les poussées dramatiques des oeuvres précédentes prennent-elles maintenant une autre direction, de plus en plus ascendante et «s'élevant», et un autre sens: la réconciliation parfaite de la matière et de l'esprit.
(*) Source : texte de Marcel Brion, revue neuchâteloise été 1974