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La vie des paysans suisses n'est pas toujours aussi bucolique et le burnout ne les épargne pas (image symbolique).
KEYSTONE/PETER KLAUNZER(sda-ats)
Les agriculteurs suisses sont davantage à risque de burnout que le reste de la population, selon une étude d'Agroscope et de la ZHAW. Une situation financière tendue et les conflits liés à l'interdépendance entre travail et famille sont notamment évoqués.
Les agriculteurs suisses constituent un groupe professionnel très peu étudié en relation avec cette thématique, a indiqué mardi Agroscope dans un communiqué. Un questionnaire sur papier a donc été envoyé à 4000 d'entre eux en mai et juin 2016, et 1358 cheffes et chefs d'exploitation ou leurs partenaires y ont répondu par écrit ou en ligne.
Les personnes qui ont participé à l'enquête formaient un groupe très représentatif de la structure qui caractérise l'agriculture suisse. Les sondés ont répondu d’une part à un questionnaire standardisé (le "Copenhague Burnout Inventory – CBI") et, d'autre part, à des questions très diverses portant sur les facteurs pouvant être à l'origine de l'épuisement professionnel.
S'agissant d'un questionnaire d'auto-évaluation et non d'un diagnostic clinique, on parle de "risque de burnout". Sur la base des questionnaires retournés, ce risque dans l'agriculture suisse est évalué à 12%.
Plus que le reste de la population
Les agriculteurs sont plus susceptibles d'être touchés par le burnout que la moyenne du reste de la population, soulignent Agroscope et la Haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW). Le taux de burnout de l'ensemble de la population suisse est de 6,1%. Il est comparable en Allemagne.
Selon l'étude, le risque d'épuisement professionnel dans l'agriculture est imputable à plusieurs facteurs: la situation financière, l'état de santé général, le manque de temps libre, la pression du temps, l'étroite interdépendance entre travail et famille, ainsi que les conflits qui en découlent. La taille et le type d'exploitation de même que le ménage ont peu d'influence.
La qualité des relations, une bonne maîtrise de soi et la faculté de décision sont autant de facteurs de protection, relève encore Agroscope. Des analyses plus poussées devraient être effectuées pour déterminer lesquels contribuent à optimiser la prévention du burnout dans l'agriculture, conclut la station fédérale, qui souligne que les décisions prises dans ce domaine ont souvent des conséquences pendant plusieurs années.
Sur fond de baisse des prix et de disparitions d'exploitations, le monde paysan est soumis à forte pression dans de nombreux pays. Ces dernières années, les suicides d'agriculteurs ont fait les gros titres de la presse, en France notamment: une étude portant sur 2010/2011 évoquait près de 300 suicides en deux ans.
ATS