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18/03/2007
La vache judokate et le beurre d'Espelette
Hajime!
C'est l'histoire d'une vache judoka qui, ne trouvant aucune adversaire à sa mesure, décida que la vie ne méritait plus d'être vécue. Elle alla donc chez le boucher qui la trouva appétissante. Et en découpa une double entrecôte pour mèzigue. Une entrecôte épaisse comme deux doigts d'adulte, joliment entrelardée. Car la vache judoka, en l'absence d'entraînement, avait fait un peu de gras.
Une bête aussi rare, il eût été dommage de la griller à la hussarde. On la cuisit donc à basse température, avant de la marier à un beurre au piment d'Espelette, avec lequel elle vécut une brève et torride passion.
Voilà comme l'affaire s'est vraiment déroulée.
1. L'entrecôte a commencé par poireauter quelques heures au frigo, à l'abri de l'air, ointe d'huile d'olive, avec quelques grains de poivre concassés et un bouquet de thym frais
2. Pendant ce temps, on s'est occupé du beurre d'Espelette, en travaillant une motte amollie avec ledit piment, des herbes de Provence, du gros sel et du poivre. Après malaxage, une fois le beurre rougi d'aise, on l'a moulé façon boudin dans un film plastique bien serré, après l'avoir coiffé de poivre noir grossièrement concassé. Hop, au congélo.
3. A l'heure où gronde le bidon, l'entrecôte est allée sans rechigner dans une poêle chauffée à blanc. Moins de deux minutes de chaque côté. Sel, poivre. Et puis au four, préchauffé à 70°, une petite demi-heure, en papillote dans une feuille de papier-alu en compagnie de son bouquet de thym.
4. Après un petit repos, la judokate s'est montrée juteuse, joyeuse et uniformément cuite. Le beurre pimenté, tranché en rondelles, lui a doucement fondu dessus; c'en était émouvant. Et toutes et tous à table ont trouvé que c'était là un destin sublime pour une grande sportive à cornes.
Matte!