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Critique
"Les premières images sont claires: on est en pleine science-fiction. Le décor est celui d'une cité futuriste dont l'environnement est strictement contrôlé pour éviter toute contamination de ses habitants avec l'extérieur. On découvre, hautement rigide et d'un type très particulier, une étrange société de quelque milliers d'hommes et de femmes habillés de blanc et que l'on dit ""protégés"". Des survivants qui espèrent tous un jour gagner, grâce à une sorte de loterie officielle, le droit de quitter la ville pour aller sur ""l'île"", le seul territoire de notre planète à avoir échappé, semble-t-il, à une catastrophe écologique qui a rendu l'atmosphère de la Terre à jamais irrespirable.
L'un de ces habitants pourtant, Lincoln (sic!) Two Delta, découvre que l'île n'est qu'un mythe, et que ses compagnons ne sont en réalité que des clones élevés dans cette colonie très particulière pour fournir leurs propres organes à des êtres humains vivant tout à fait normalement, eux, dans un autre monde. Ces clones constituent donc une sorte de ""réserve"" pour des transplantations médicales, des ""pièces de rechange"" humaines. Ils sont la propriété d'une entreprise médicale très spéciale, dirigée par un certain Merrick qui ne s'intéresse à ses ""agnates"" que pour leur considérable valeur financière...
Lincoln décide alors de s'évader, en compagnie de Jordan, une jeune femme qui vient de gagner à la loterie, et qui doit donc être sacrifiée. Ils débarqueront à Los Angeles, poursuivis par les unités de sécurité de la Merrick Biotech...
Superproduction futuriste à prétention philosophique, THE ISLAND se veut en même temps film spectaculaire. Rien n'y manque: immenses décors, centaines de figurants, multiples effets numériques et mécaniques. Nous voilà repartis pour moult poursuites et cascades en voitures - chaque production hollywoodienne veut faire mieux que la précédente - avec quelques frissons ou visions d'horreur garantis. Les producteurs ont sans doute pensé qu'il était de bon ton d'aborder le problème du clonage, et de montrer que la technologie moderne, loin d'apporter le bien-être à l'humanité, est souvent utilisée à mauvais escient. On le subodorait. Tout cela est un peu court et les autres pistes de réflexion se font rares, tant le film est gorgé d'effets spéciaux et de scènes spectaculaires.
Scarlett Johansson et Ewan McGregor s'efforcent de survivre dans ce déluge de feu et de carambolages. Le réalisateur Michael May - PEARL HARBOUR, ARMAGGEDON, BAD BOYS I et II, pour les références! - leur a demandé de tenir leurs rôles de héros sympathiques et de garder leurs statuts de stars. Et surtout de beaucoup, beaucoup courir. Ce qu'ils ont fait. Côté psychologie, en revanche, c'est le calme plat."
Antoine Rochat