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Certains articles estampillés FIFA seraient produits dans des conditions intolérables. Trois ONG suisses l'affirment. La FIFA dément.Ce contenu a été publié le 23 mai 2002 - 20:35
Organisatrice de la Coupe du monde de football et en proie à une guerre de succession, la FIFA n'avait sans doute pas besoin de ça: une campagne qui dénonce les conditions de travail dans certaines fabriques d'articles de sport. Des usines mandatées par la FIFA ou par certains de ses sponsors.
«Grâce aux centaines de millions de francs versés pour la publicité et le sponsoring, les véritables gagnants de la Coupe du monde sont la FIFA et les grandes marques de sport», assènent les trois ONG suisses de la Campagne Clean Clothes. Une initiative lancée en Suisse en 1999 et qui vise l'amélioration des conditions de travail dans les fabriques de vêtement.
Des règles du jeu équitables
La Déclaration de Berne, Action de carême et Pain pour le prochain demandent donc à la FIFA de «s'engager à respecter et faire respecter des règles du jeu équitables pour toutes celles et ceux qui fabriquent les articles de sport dans le monde».
Les ONG citent plusieurs exemples tirés d'enquêtes récentes en Indonésie et en Chine. Des fabriques qui ne respecteraient pas les standards minimaux préconisés par l'Organisation mondiale du travail (OIT). A savoir un salaire décent, un horaire de travail acceptable, la liberté syndicale et l'interdiction du travail des enfants.
Mais rien ne prouve que les fabriques incriminées produisent des articles pour la FIFA. En outre, les commanditaires de ces fabriques (Nike et Adidas) contestent ces rapports. Ils soulignent les efforts qu'ils ont entrepris pour faire respecter les normes de l'OIT.
Efforts reconnus
Des efforts reconnus et salués par les ONG. Isabelle Chaudet, de la Campagne Clean Clothes reconnaît que «la FIFA et les fabricants d'articles de sport ont bien adopté un code de conduite. Mais aucun organisme indépendant n'est chargé de vérifier son respect. La FIFA doit donc pousser à la création de cet organisme».
Mais la FIFA ne partage pas ce point de vue. «Nous sommes la seule fédération sportive internationale à s'être attaquée à ce problème», rétorque le directeur de la communication de la FIFA.
Et Keith Cooperd'ajouter: «Nous contrôlons la manière dont sont fabriqués les articles que nous commandons. Mais ça n'est pas à la FIFA d'exercer un contrôle sur l'ensemble des fabriques impliquées dans le football».
Même son de cloche du côté de la Fédération mondiale des fabricants d'articles de sports (WFSGI). Pour son secrétaire général André Gorgemans, ce travail de contrôle doit être mené par le Bureau international du travail (BIT).
Un avis que ne conteste pas le BIT, comme le précise Geir Myrstad, du programme pour l'élimination du travail des enfants au BIT: «Nous sommes en discussion avec les fédérations de sports et les fabricants d'articles de sports pour mettre en place un système global de contrôle».
swissinfo/Frédéric Burnand
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