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2019 ne semble plus qu'un lointain souvenir. Alors que le dimanche des élections fédérales se termine, le bilan se fait lentement jour: le reflux de la vague verte, qui a amené une grande quantité d'écologistes au Parlement, il y a quatre ans, est acté.
En parallèle, l'Union démocratique du Centre (UDC) confirme son statut de parti leader en Suisse et le Centre, ex-PDC et PBD, dépasse le Parti libéral-radical (PLR) au Conseil national pour un siège. Pour décrypter la situation, nous avons contacté Olivier Meuwly, historien et spécialiste des courants politiques suisses.
Premier point évident: les Verts et les Verts'libéraux reculent lourdement. Les écologistes «de gauche» perdent sept sièges et leurs collègues «de droite», déjà pas très musclés au Parlement, en perdent cinq. Parmi eux, ceux de Michel Matter (GE) et François Pointet (VD). De fortes pertes qui ne se compensent pas à gauche, le Parti socialiste (PS) ne gagnant qu'un siège.
En 2019, le parti écologiste avait été boosté par les grèves du climat et la montée des mouvements écologistes. Mais alors que, durant la législature, la thématique du climat a graduellement été absorbée par les autres partis, «le lien du parti avec les mouvements activistes et les thèses "woke" l'a complètement plombé», analyse Olivier Meuwly.
L'historien note d'ailleurs que les pertes des Verts ne se retrouvent pas dans les gains du Parti socialiste. «Le PS a, malgré tout, réussi à tenir une ligne plus sociale que sociétale, ce qui lui a réussi. Ce n'était pas le cas des Verts.»
L'historien tient toutefois à relativiser: «Les Verts ont perdu une grande partie de leurs acquis, mais ils ne sont pas revenus au point zéro.» Et de rappeler que le parti est mieux positionné qu'en 2015.
Il n'avait pas disparu, mais ferait son deuxième meilleur score de l'histoire: l'UDC gagnerait huit sièges au Conseil national. Un mastodonte qui se renforce et récupère de nombreux sièges perdus dans divers cantons lors des dernières législatures, comme à Fribourg et à Neuchâtel.
Pour Olivier Meuwly, «la thématique du climat s'est faite absorber par tous les partis, et l'UDC a décidé de le faire via ses thèses eco-pop». Une doctrine qui parle de l'écologie sous le biais de la démographie — et donc de l'immigration. Un recyclage habile de la question du climat, «que personne d'autre n'osait aborder», explique le Vaudois.
La différence de scores du Centre et du Parti libéral-radical (PLR) se joue à quelques dixièmes voire centièmes de pourcentages dans les urnes. Il n'empêche, avec deux sièges gagnés, le Centre dépasse de justesse le PLR au National: 30 sièges contre 29.
Le «nouveau» parti centriste, issu de la fusion du Parti démocrate-chrétien (PDC) et du Parti bourgeois-démocratique (PBD) en 2021, se présentait pour la première fois aux élections avec cette nouvelle étiquette. Pour Olivier Meuwly, le changement de nom et la perte de la marque «chrétienne» ont permis de rallier de nouveaux électeurs.
Dans les bastions historiquement catholiques, comme en Valais, à Fribourg à Lucerne, l'ex-PDC n'a toutefois pas subi de pertes. «Dans ces cantons, le parti ne se maintient pas grâce au changement de nom, mais bien grâce à son ancrage culturel», précise Olivier Meuwly.
«Certains endroits ont aussi bénéficié de reports de voix au centre de l'échiquier politique, par exemple depuis les Verts'libéraux, comme à Lausanne ou à Zurich, alors que c'était plutôt le PLR qui espérait récupérer des voix depuis le PVL, en perte de vitesse», explique l'historien.
Le parti a donc réussi à récupérer des votants déçus par les Verts'libéraux, attiré de nouveaux centristes sécularisés et a gardé ses marques dans ses bastions historiques. Le pari du président Gerhard Pfister semble être gagnant.
Pour le PLR, c'est aussi la suite d'une longue chute. Celui qui est le descendant du parti qui a «façonné la Suisse moderne», comme aiment souvent le rappeler les élus libéraux-radicaux a été dépassé par son rival originel. «Le déclin du parti a été amorcé dans les années 1990 avec l'émergence de l'UDC. On est dans la continuité des problèmes dont souffre le PLR depuis 30 ans», estime le Vaudois. S'agit-il de clous qu'on enfonce dans son cercueil? Olivier Meuwly répond au tac-au-tac:
Est-ce l'annonce d'un nouveau déclin pour le parti qui a fait la Suisse moderne? «On ne peut rien exclure», conclut Olivier Meuwly.
Lorsqu'il a pris le poste en 2012, Michael Brändle a déclaré: