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Schwob Lucien (1937)
Huile sur toile de grand format
65 cm x 100 cm
En parfait état
Cadre d'origine offert
Lucien Schwob (1895-1985)
Peintre de paysages, dessinateur, lithographe et essayiste; adepte d'un colorisme expressif dans ses phases figurative, puis abstraite
Issu d’une famille juive de grands industriels horlogers, Lucien Schwob interrompt en 1912 des études scientifiques pour se consacrer à la peinture. Autodidacte – si l’on excepte un bref passage à l’Ecole des beaux-arts de Paris et une année de cours du soir à l’Ecole d’art de La Chaux-de-Fonds –, financièrement indépendant, il se forme en visitant les grands musées italiens et espagnols. Sa passion pour la peinture d’El Greco l’attache à Tolède, où il séjourne fréquemment. Rapidement intégré dans les milieux artistiques de sa ville natale, très proche de Charles Humbert et Madeleine Woog, il fonde, avec eux notamment, la revue Les voix en 1919. Tenté un instant par le cubisme en 1924, il revient rapidement à un art proche du cézannisme.
En 1934, il découvre Ostende, qu’il fréquentera régulièrement jusqu’à la fin de sa vie, et se lie avec James Ensor. Sa peinture s’oriente alors vers un expressionnisme très coloré. A La Chaux-de-Fonds, il noue d’autres amitiés: Georges Dessouslavy, Pierre-Eugène Bouvier, Maurice Robert, avec lesquels il expose dans les principales villes du pays. En 1941, sa femme décède. L’année suivante, il se convertit au catholicisme.
Les rencontres de Jacques Villon puis d’Albert Gleizes à la fin des années 1940 le ramènent au cubisme. En 1955, il publie Réalité de l’art, son ouvrage majeur, issu de recherches sur le signe. Peu après, son art bascule dans l’abstraction, d’abord géométrique avec la série Bordighera, puis essentiellement lyrique, à partir de 1959, avec la série Sodium et néon. A la suite d’une dépression, Schwob cesse toute production plastique dès 1965 et se consacre à la rédaction d’ouvrages sur la peinture.
En 1962 est présentée la première rétrospective du peintre au Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds, suivie en 1974 par celle du Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel. Par ailleurs, une rétrospective posthume est organisée en 1988–89 par le Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds. La Galerie Marie-Louise Müller à Cormondrèche rachète l’essentiel de l’œuvre en 1991.
Des années de formation, on retiendra surtout les huiles tolédanes, où Schwob, en s’appropriant le langage cézannien, représente une nature idéalement ordonnée. Le premier voyage à Ostende inaugure, dès 1934, une nouvelle phase. La révélation de la lumière ostendaise, ainsi que l’emploi de la gouache et de l’aquarelle, transfigurent sa peinture. La couleur devient l’objet principal du tableau; le motif, des vues du port et du bord de mer, n’est que prétexte, écran sur lequel sont projetées des harmonies colorées.
Vers 1949, la nature de sa vision se modifie. Les huiles cubistes peintes en Provence marquent une période de transition et mènent Schwob sur la voie de l’abstraction. La ligne, la forme, le volume se libèrent progressivement des contingences de l’identification figurative sans se détacher encore totalement du paysage inspirateur. Mais bientôt le pas est franchi. Deux phases opposées par leur orientation se succèdent. Dans la première, le recours à des formes géométriques planes, la touche impersonnelle en aplat, la couleur épurée disciplinent la composition et imposent l’idée d’ordre. Dans la seconde, Schwob donne libre cours à ses dons de coloriste. La spontanéité de l’exécution, l’exaltation de la couleur qui ici domine la forme, là l’asservit jusqu’à parfois l’anéantir, cherchent à transmettre d’abord une émotion, celle du peintre face à la nature, objet d’une longue contemplation.
Oeuvres présentes à La Chaux-de-Fonds au Musée des beaux-arts et à Neuchâtel au Musée d’art et d’histoire.