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Histoire
L'historique de Massongex
1er siècle avant J.-C.
Les origines
Juste avant la conquête du Valais par l’Empire romain, au 1er siècle avant J.-C., 4 tribus de culture celtique peuplent la vallée du Rhône en amont du Léman : les Ubères dans le Haut-Valais, les Sédunes autour de Sion, les Véragres autour de Martigny, et les Nantuates dans le Chablais. A cette période, la capitale des Nantuates est Massongex, village appelée Tarnaiae durant l’antiquité. Le terme «Tarnaiae» découle du nom du dieu celte du ciel, Taranis. Un sanctuaire dédié à ce dernier devait se trouver dans le bourg celte de l’époque. Tarnaiae est alors un petit village construit essentiellement en bois, ce qui explique le peu de vestiges de cette période.
57 avant J.-C
Les romains
César envoie une armée en Valais en 57 avant J.-C. afin «d’ouvrir un chemin à travers les Alpes». Suite à une bataille à Octodure (Martigny), les troupes romaines sont défaites par les Véragres et les Sédunes et battent en retraite chez les Nantuates, puis quittent le territoire valaisan. Les Nantuates semblent avoir eu une attitude coopérative vis-à-vis de l’armée de César, puisqu’ils ne se sont pas joints aux autres tribus valaisannes dans la guerre contre Rome. Ces événements sont décrits en détail dans « la Guerre des Gaules » de Jules César. L’annexion à l’Empire est remise à plus tard, les tribus valaisannes restent indépendantes jusqu’en l’an 15 avant J.-C.
15 avant J.-C.
La grandeur
Lors de l’annexion du Valais à l’Empire par l’empereur Auguste en 15 avant J.-C., les 4 tribus valaisannes deviennent des cités, réunies dans un district alpin appelé la Vallis Poenina, organisé de façon fédérale : les cités restent plus ou moins indépendantes, mais prennent certaines décisions en commun. L’hypothèse retenue à l’heure actuelle place Massongex au cœur de cette organisation politique : le sanctuaire fédéral serait situé à Tarnaiae, faisant de la cité la « ville fédérale » de la Vallis Poenina. L’administration valaisanne est ensuite réformée par l’empereur Claude entre 41 et 47 après J.-C. La structure fédérale est alors remplacée par une cité unique, la Civitas Vallensium, qui a pour capitale Forum Claudii Vallensium, le nom romain de Martigny. Même si Massongex perd sa prééminence, le village continue de prospérer durant la Pax Romana.
1er siècle après J.-C.
La reconversion
Durant le 1er siècle après J.-C., la cité gauloise se romanise petit à petit. Le dieu celte Taranis devient Jupiter, une reconversion du temple gaulois est effectuée. Les bâtiments en bois sont remplacés par des constructions en pierre, plus résistantes et plus confortables. C’est aussi durant le 1er siècle après J.-C. que les bains publics (thermes) sont construits. Cet établissement se trouve sous l’actuelle place de l’église et la mosaïque qui orne le sol d’une de ses pièces peut être observée à travers la verrière située au coin du bâtiment de la société ID Electronic (aussi appelé « caveau romain »). Les bâtiments privés retrouvés dans le village témoignent d’un certain confort, sans toutefois présenter certaines caractéristiques des luxueuses résidences retrouvées à Martigny par exemple. On a retrouvé à Massongex des maisons mitoyennes sans doute bâties par des petits propriétaires, artisans ou commerçants. Le village vit essentiellement du commerce et du transit à cette époque.
1er siècle après J.-C.
Le rôle de Massongex
Le développement rapide du commerce durant cette période est dû à plusieurs facteurs. Tout d’abord, l’axe du Grand-Saint-Bernard reliant l’Italie au nord de l’Empire est aménagé afin de faciliter le transit transalpin. Tarnaiae occupe une place centrale sur cette voie romaine, puisqu’il s’agit du seul endroit où le Rhône est traversé par un pont. Le rôle central de Massongex est de plus renforcé par les 3 routes qui s’y rencontrent : la voie du Grand-Saint-Bernard vers l’Italie, la voie de la rive droite du Rhône vers Avenches et la voie de la rive gauche du Rhône vers la Savoie. Ces 3 voies sont d’ailleurs représentées par les 3 tours sur les armoiries actuelles de la commune. Un dernier élément explique l’importance de Tarnaiae pour le commerce transalpin : le Rhône est aménagé, ce qui indique que Massongex dispose d’un accès au fleuve permettant aux marchandises de circuler par ce biais. Il est toutefois impossible de naviguer en amont du village, ce qui fait de Tarnaiae un point de rupture de charge, les marchandises étant transbordées sur des chariots pour franchir le col du Grand-Saint-Bernard.
3e siècle après J.-C.
Le déclin
A partir de la deuxième moitié du IIIe siècle après J.-C., Tarnaiae subit de grands changements. La plupart des bâtiments ne sont plus entretenus et sont progressivement abandonnés. Certains indices montrent toutefois que le village n’est pas totalement dépeuplé et qu’une présence humaine s’y maintient. Les causes de ce déclin ne sont pas totalement élucidées. L’hypothèse la plus crédible pour l’heure est celle d’une incursion alamane dans la région. Il est attesté que des guerriers de la tribu germanique des Alamans ont déferlé sur le Plateau suisse dès 260 après J.-C., bien qu’il ne soit pas certain qu’ils aient pu venir jusqu’à Massongex. L’hypothèse alamane suggère que les Alamans aient avancé en direction du Valais, avant d’être bloqués par les troupes romaines au défilé de Saint-Maurice. Les localités valaisannes ont en effet été épargnées par les incursions alamanes et n’ont pas vécu le déclin subit par Tarnaiae, ce qui donne du crédit à cette hypothèse.
Fin époque romaine
Massongex s’agrandit
Quoi qu’il en soit, Massongex n’est plus la cité prédominante du Chablais à partir de cette période. La région est peu à peu christianisée. Durant la fin de l’époque romaine et le début du Moyen Age, Acaunus (St-Maurice) s’agrandit, notamment grâce au monastère fondé en 515 par le roi burgonde Sigismond en souvenir du martyre de la légion thébaine. Ce développement requiert une certaine quantité de matériaux de construction, et les ruines de Tarnaiae servent de carrière. Les bornes milliaires qui indiquent les distances le long de l’axe du Grand-Saint-Bernard témoignent de cette réutilisation de pierres de Massongex à St-Maurice. Deux bornes de ce type ont été retrouvées à St-Maurice : l’une indiquant la distance de dix mille pas, l’autre de douze mille pas par rapport à Martigny. Ces deux bornes ne proviennent donc pas du même endroit. Les itinéraires antiques indiquent une distance de douze mille pas entre Tarnaiae et Forum Claudii Vallensium, la deuxième borne vient donc de Massongex, et la première de St-Maurice même. La borne milliaire de Massongex a toutefois été retrouvé dans les murs de l’Abbaye : elle a longtemps servi de linteau de porte dans le clocher.
Le Moyen Age
Le Moyen Age
La première partie du Moyen Age est relativement peu documentée, notamment en raison d’un changement général en terme de culture. Certains acquis de la période romaine sont délaissés, comme l’habitude de consigner certaines informations importantes par écrit, la maçonnerie pour les bâtiments privés ou les bains thermaux. La région chablaisienne change plusieurs fois de mains, de Rome à la Savoie, en passant par les Burgondes, les Francs et les Royaume de Bourgogne. On présume que Massongex reste habité de façon faible mais continue depuis l’époque romaine, malgré le peu de traces provenant de la première partie du Moyen Age. La deuxième partie du Moyen Age est mieux documentée, et on retrouve des mentions de Massongex dans les archives. Le village est alors soumis à l’évêque de Sion, malgré la prédominance des comtes de Savoie dans le Chablais, hormis une courte période entre 1394 et 1475. Un vidomne administre le village au nom de l’évêque. Ce vidomnat est d’abord accordé à la famille de Montheolo de 1296 à 1606, puis à la famille de Quartéry de 1606 à la révolution.
1475
La domination haut-valaisanne
La Savoie perd ses territoires valaisans suite à la défaite de la Planta en 1475. Suite à cette bataille, le Bas-Valais de la Morge de Conthey à Massongex devient sujet de l’évêque de Sion et du Haut-Valais. Un conflit entre les sept dizains du Haut et l’évêque éclate et est finalement résolu au profit des premiers, l’évêque perd peu à peu ses pouvoirs temporels. Un partage est effectué en 1490 : l’évêque obtient ses anciennes seigneuries d’Ardon-Chamoson, d’Isérables, de Martigny et de Massongex ; le reste du territoire est transmis aux sept dizains du Haut, qui désignent un gouverneur pour administrer le pays sujet. Massongex reste soumis aux vidomnes de l’évêché de Sion jusqu’en 1798. Durant cette période, l’autorité temporelle est partagée entre la Diète (composée de député des 7 dizains du Haut) et l’évêque, qui reste suzerain. Le reste du Chablais en aval de Massongex est conquis dans un deuxième temps ; les frontières actuelles du Valais n’ont pas changé depuis 1569. Jusqu’en 1798 et la révolution bas-valaisanne, les Bas-valaisans restent sujets du Haut-Valais.
1790
La révolution et la transition vers la Suisse moderne
A partir de 1790, l’autorité haut-valaisanne est contestée dans le Chablais. A Monthey, le gouverneur Schiner est chassé par la foule en septembre 1790, menée par le Gros-Bellet. Cet épisode inspire les localités voisines et des événements similaires ont lieu à St-Maurice, où le gouverneur Dallèves s’enfuit aussi. A la fin du même mois, des habitants de Vérossaz, d’Evionnaz, de Daviaz et de Massongex entrent dans St-Maurice armés de fusils. Ils infligent des dégâts matériels à plusieurs maisons patriciennes et tirent sur la maison du dernier vidomne de Massongex, Louis-Antoine de Quartéry. Les sept dizains supérieurs parviennent finalement à ramener le calme dans le pays sujet.
L’année suivante, quelques hommes se réunissent dans la conjuration des crochets, dont Jean-Maurice Rey, de Massongex. L’objectif de cette conjuration était de piller l’Abbaye de St-Maurice et de tuer quelques notables, puis de les pendre sur le pont de Monthey au moyen de crochets fabriqués pour l’occasion. Les projets des conjurés sont éventés, et le gouvernement haut-valaisan intervient. L’ordre est maintenu pour quelques années de plus, et les conjurés sont soit exécutés, soit exilés.
1799
La Confédération
C’est finalement en 1798 que la révolution éclate dans le Bas-Valais. Des arbres de liberté sont plantés, l’indépendance est proclamée et reconnue par les dizains du Haut, le Valais forme pour un court laps de temps une république composée de dix dizains. Puis le Valais est temporairement incorporé à la République Helvétique ; les droits féodaux disparaissent et Massongex devient une commune indépendante, avec une assemblée primaire qui choisit ses autorités. S’en suit un bref rattachement non-consenti à la France, puis une restauration partielle à la fin des guerres napoléoniennes, avec la Constitution valaisanne de 1815, favorable au Haut-Valais. L’entrée dans la Confédération a lieu cette même année. Les conservateurs dominent jusqu’à la victoire des libéraux, qui gouvernent pendant quelques années, entre 1839 et 1843, avant d’être renversés. Les conservateurs reprennent le gouvernement, puis écrasent les radicaux par la force en 1844. Ils gouvernent par la terreur jusqu’en 1847, année où le Sonderbund, alliance des cantons conservateurs contre la Diète fédérale, est défait par l’armée fédérale et le général Dufour. Depuis cette victoire des radicaux contre les conservateurs au niveau fédéral, la paix règne dans le pays. La période de troubles entre 1790 et 1847 est terminée.
1848
La modernisation
La première Constitution fédérale de 1848 et la domination radicale au niveau fédéral poussent le Valais à la modernisation. Un gouvernement à majorité radicale sera même aux commandes du canton durant une petite décennie, permettant des progrès politiques : instauration d’une véritable démocratie, liberté de la presse, limitation du pouvoir de l’Église, liberté économique… Les conservateurs reprennent la majorité lors des élections au Grand Conseil en 1857, et ne la céderont pas avant le XXIe siècle, malgré quelques affaires, dont le scandale de la Banque Cantonale du Valais, qui fait faillite en 1871.
La modernisation atteint également notre village, notamment par le biais de nouvelles infrastructures. La voie de chemin de fer reliant le Bouveret à Martigny en passant par notre village est inaugurée en 1859. Massongex n’obtiendra toutefois une halte qu’au début du XXe siècle.
Un autre progrès est la première correction du Rhône entre 1863 et 1894. Les bénéfices de l’endiguement du fleuve pour Massongex sont visibles, tant le village est proche du Rhône. Cette correction permet de gagner du terrain agricole au détriment du fleuve et de résorber les nombreux marécages présents à ses abords. La deuxième correction durant le XXe siècle renforce et rehausse les digues, et la troisième correction qui prévoit l’élargissement de certains tronçons du fleuve est actuellement en cours.
XXIe siècle
Le pont
La création d’un nouveau pont sur le Rhône à Massongex est également durant cette période de modernisation. Le pont romain n’existait plus depuis des siècles, et la traversée se faisait au moyen de bacs (bateaux). En 1872, un pont métallique est construit par l’entrepreneur Duvillard, de Lausanne. En 2002, la passerelle actuelle a remplacé l’ancien pont, démonté en 2000 pour des raisons de sécurité.
Le premier pont CFF sur le Rhône aux Paluds date de 1860 et est en bois. Il est remplacé en 1871 par un pont métallique, lui-même remplacé par un nouveau pont métallique agrémenté de tourelles décoratives en pierre en 1904. Un deuxième pont pour une deuxième voie sera ajouté 20 ans plus tard. Après plus d’un siècle d’utilisation, les deux structures sont remplacées par un nouveau pont CFF inauguré en 2016.
Pour aller plus loin
La mosaïque
La mosaïque
Mesurant environ 148×147 cm, la figure centrale de la mosaïque de Massongex est l’un des rares vestiges de l’époque romaine à avoir traversé les âges tout en restant relativement bien conservé. Selon les historiens qui l’ont datée des années 30 après J.-C., elle se trouvait au centre d’une salle appelée tepidarium (salle tiède) dans les thermes de Tarnaiae se trouvant sous la place de l’Église.
Cette mosaïque représente deux lutteurs en action lors d’un combat rituel et sont séparés par la palme de la victoire. Deux hypothèses ont été émises quant à la signification exacte de cette représentation.
La première remet en question le contexte d’un combat et semble plutôt insinuer que les lutteurs sont à l’entraînement car le personnage de droite n’a pas les poings protégés. Ce personnage est donc probablement le moniteur. Après avoir réalisé une démonstration du mouvement, il montre à son élève une figure de combat. Ses bras sont protégés des coups de l’élève par les mitaines, d’où l’interprétation de l’absence de volonté de porter des coups.
La deuxième hypothèse, elle, veut plutôt croire en la victoire du personnage de gauche saluée par l’autre lutteur qui lui tend sa main en signe de respect. Le lutteur victorieux, lui, lève son bras pour savourer sa victoire.
Le temple de Jupiter
Le temple de Jupiter
Le temple à Taranis, dieu qui a donné son nom au village gaulois de Massongex, a été converti en temple à Jupiter peu après l’annexion du Valais dans l’Empire. 2 signes indiquant la présence d’un temple dédié à cette divinité romanisée ont été retrouvés parmi les vestiges de Tarnaiae, sous l’actuel café central. Le premier est un autel dédié à Jupiter Optimus Maximus («le meilleur et le plus grand»), sur lequel un aigle tenant des éclairs dans ses serres est représenté. Cet autel est conservé dans le vestibule de l’Abbaye de Saint-Maurice. Le deuxième vestige est une grande vasque de plus de 2,5 mètres de diamètre, vraisemblablement utilisée à des fins de culte. L’emplacement du bâtiment abritant le sanctuaire n’a pas encore été localisé.
Le Comte Riant
Le Comte Riant
Paul Édouard Didier Riant est né à Paris en 1836. Après des études en lettres, il obtient le titre de docteur en présentant une thèse sur les croisades ; ses travaux attirent l’attention de médiévistes et même du Pape Pie IX qui lui attribue le titre de comte romain en 1864. Il épouse Antoinette Cornuaut d’Offémont en 1868. En 1880, il est nommé membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Le lien entre le Comte Riant et Massongex n’intervient qu’à la fin de sa vie. Il est propriétaire du château de la Vorpillière et décide de s’y établir en 1882 pour y passer les six dernières années de sa vie. Il meurt en 1888 et est inhumé en la basilique de l’Abbaye de St-Maurice. La générosité de la Comtesse Riant est restée dans les mémoires à Massongex : elle a par exemple contribué au financement de l’école à la fin du XIXème siècle. La Comtesse est enterrée dans le cimetière à côté de l’église de Massongex, un bronze est visible à l’emplacement de sa tombe.
Les liens entre la famille Riant et notre village sont toujours d’actualité. La commune a nommé une rue du village à son nom, il y a quelques années, et sa famille en a été tellement touchée qu’elle a fait don à la commune Massongex d’un bronze à l’effigie du Comte, visible dans la cour d’école.
Du Moyen Age à aujourd'hui
Et Daviaz dans tout ça ?
Le coteau en-dessus du village de Massongex est colonisé progressivement durant le Moyen Age. La communauté de Daviaz a longtemps représenté près (voire plus) de la moitié de la population de la commune entière, le Rhône empêchant tout développement en plaine. Ce n’est qu’à partir du XVIe siècle que la plaine commence à prendre clairement l’avantage sur le coteau, avec les premiers efforts pour juguler le fleuve. L’église du village a toujours été située à Massongex, avant que Daviaz n’obtienne sa propre chapelle en 1923. Par contre, chaque localité a longtemps eu sa propre école. Malgré l’existence de deux pôles, clairement distingués dans les actes, Massongex et Daviaz ont toujours été réunis en une seule communauté.
Le drapeaux
Dans l’histoire héraldique, les armoiries populaires sont plus tardives que leurs aînées nobles. Elles témoignent néanmoins de la science du symbole d’appartenance et de ralliement. L’évocation que les blasons municipaux inspirent, venue d’un langage visuel oublié, s’adresse au cœur de celui qui y reconnaît sa première communauté politique. Celle-ci est une entité fondamentale, trouvant ses racines au temps où les collectivités rurales s’organisent pour substituer au pouvoir féodal, celui du peuple. Nous devons rendre hommage à cette cité pour son rôle créateur d’autrefois et pour celui qu’elle assume aujourd’hui dans l’État de droit, centre d’animation et d’échanges, interlocutrice privilégiée et directe du citoyen.
Nos armes, créées en 1919, de gueules à trois tours crénelées d’argent, maçonnées de sable sont une métaphore de la tête de pont antique sur le Rhône, point de rupture de charges des voies de communication vers le pays des Allobroges, Avenches et le Mont Joux.
Incarnation de la communauté, le drapeau est le tissu qui accompagne ses joies et ses peines. Il porte en lui des générations de noms qui ont animé ce village. 2009 a marqué le 75e anniversaire de l’usage officiel des armoiries brodées sur l’avers de la bannière, datée de 1928. Le poids des ans se faisait sentir sur sa trame qui menaçait de partir en lambeaux. Le conseil municipal a décidé en début de cette année-là, sur proposition du responsable des affaires militaires, de lui apporter à l’avenir un peu de repos et une nouvelle vie.
Confiée à la maison Heimgartner de Wil/ St Gall, elle a été dépouillée de ses franges, stabilisée par une viseline entre son avers et son revers, mise à l’abri sous vide dans un verre. Monsieur Jean-Daniel Lattion, ferronnier d’art à Collombey en a confectionné le cadre en acier inox. La partie supérieure de la hampe et le pot flammé constituant la pointe, ont été restaurés. Elle est exposée actuellement au deuxième étage de la maison de commune à l’entrée de la salle du conseil.
Pour lui succéder, le cahier de charge pour un nouvel emblème est établi selon les modalités suivantes :
- Le tissu sera en soie damassée, double-face de 120 cm sur 120 cm.
- Son avers portera les trois tours avec l’inscription Massongex en bandeau.
- Le revers retracera l’histoire du lieu avec l’inscription Tarnaiae et la date 2009 en bandeau.
- De l’antiquité au présent figureront une allégorie du dieu Taranis, les pugilistes romains, une évocation de la paroisse Saint Jean-Baptiste et du Chablais, l’ensemble suggérant notre relation au canton du Valais et au district de Saint-Maurice.
Le modèle retenu est le fruit du travail des designers de la maison Heimgartner à Wil/St Gall et de Madame Carole Barman, graphiste-designer de notre village. Il est inauguré et béni lors de la fête de Sainte Cécile.
Le drapeau, réalité physique de la cohésion, est un objet unique, porteur d’un caractère symbolique fort. Il représente l’interdépendance entre des hommes et des femmes partageant un même destin. Sa création reflète la culture et la beauté propre à son époque. Il est un parfum délicat d’un passé encore présent d’une communauté désireuse de garder son âme et capable de se dépasser.
Régis Barman, municipal 2009-2012.
Quelques sources sur Massongex et l’histoire du Valais
Massongex
- Tamini, J.-E. (1934). Essai d’histoire de Massongex. St-Maurice : Imprimerie St-Augustin
- Richard, G. (2016). Massongex et le Chablais valaisan à l’époque romaine [Travail de maturité].
Valais
- Wiblé, F. (dir.). (1998). Vallis Poenina – le Valais à l’époque romaine. Sion : Musée cantonal d’archéologie.
- Collart, P. (1941). Inscriptions latines de St-Maurice et du Bas-Valais. Bâle : Birkhäuser.
- Michelet, H. (1982). Le Valais au temps de son extension territoriale, 1475-1569. St-Maurice : Éditions Rhodaniques.
- Devanthey, P. (1972). La Révolution bas-valaisanne de 1790. Lausanne : Payot.
- Moulin, A. & Antonietti, T. (dir.). (1998). 1798 : La révolution en Valais. Sion : Musée cantonal d’histoire.
- Debons, D. & Fournier, Y. (2015). A chacun son histoire – 200 ans d’histoire en Valais. Sion : État du Valais.
- De Kalbermatten, G. (1991). Ponts du Valais. Martigny : Pillet.
- Curdy, P., Dubuis, F.-O., Lugon, A & Wiblé, F. (2002). Histoire du Valais – Assises lointaines, Époque romaine, Basse Antiquité et féodalité [Tome 1]. Sion : Société d’histoire du Valais romand.
- Dubuis, P. & Fayard Duchêne, J. (2002). Histoire du Valais – Fin du Moyen Age, l’État patricien [Tome 2]. Sion : Société d’histoire du Valais romand.
- Papilloud, J.-H., Arlettaz, G., Arlettaz, S. & Clavien, A. (2002). Histoire du Valais – Le creuset révolutionnaire, Les conflits de l’intégration, La modernisation du Valais, La nationalisation du Valais [Tome 3]. Sion : Société d’histoire du Valais romand.