Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06934.jsonl.gz/1145

Redistribution des revenus par les transferts sociaux
L’ampleur de la redistribution en Suisse est étudiée ici en comparant la répartition et l’inégalité des revenus avant et après les transferts de l’État. Le revenu primaire correspond au revenu avant transferts, le revenu disponible au revenu après transferts. Le revenu brut représente un niveau intermédiaire dans le processus de redistribution: il tient compte, avec les prestations de transfert, d’une partie des transferts de l’État. Les analyses s’appuient sur les données de l’enquête sur le budget des ménages (EBM).
Pour des analyses plus détaillées, voir les publications sur la question et les définitions (sous « Informations supplémentaires »).
Evolution des revenus
En 2020, le revenu disponible équivalent médian s’élève à 4048 francs par mois, ce qui signifie que la moitié de la population domiciliée en Suisse a un revenu supérieur, l’autre moitié un revenu inférieur à ce montant. Ce revenu a augmenté de 16% entre 2000 et 2014. Après une hausse nette de 2008 à 2013, le revenu disponible équivalent médian stagne de 2015 à 2020.
Le revenu primaire équivalent médian était de 4680 francs en 2020, il a augmenté de 20% entre 2000 et 2014. Ce revenu a stagné lui aussi entre 2015 et 2020. La redistribution du revenu primaire équivalent vers le revenu disponible équivalent est restée constante durant la période d’observation, comme en témoigne l’évolution parallèle des deux courbes.
Coefficient de Gini
Le coefficient de Gini est une mesure de l’inégalité qui tient compte de l’ensemble de la distribution des revenus dans la population. Il indique l’ampleur des inégalités sur une échelle allant de 0 (égalité parfaite: tout le monde a le même revenu) à 1 (inégalité parfaite: une seule personne accapare tous les revenus).
Les coefficients de Gini des différentes composantes du revenu montrent que, pour l’ensemble de la population, les revenus avant les transferts publics (revenu primaire équivalent) sont répartis de manière bien plus inégale que les revenus après redistribution (revenu disponible équivalent). Cela illustre que les transferts sociaux réduisent l’inégalité des revenus obtenus sur le marché (du travail et des capitaux).
De manière générale, le coefficient de Gini n’affiche pas de changement marqué entre 2000 et 2014, compte tenu des intervalles de confiance parfois relativement grands. Une légère tendance à la hausse de l’inégalité du revenu disponible équivalent s’observe pour les années 2003 à 2007 et 2009 à 2013. Par ailleurs, on ne constate aucune évolution significative entre 2015 et 2020. Les tendances sont similaires pour le revenu primaire équivalent.
Rapport interquintile S80/S20
Le rapport interquintile S80/S20 compare la part de revenu des 20% les plus riches avec celle des 20% les plus pauvres. Plus le quotient s’écarte de 1, plus la répartition des revenus entre ces deux groupes est inégale.
Le graphique ci-dessous montre le rapport interquintile pour les personnes vivant dans des ménages d’actifs. Il fait clairement apparaître une réduction sensible de l’inégalité entre le revenu primaire équivalent, qui dépend essentiellement du marché, et le revenu disponible équivalent. Là aussi, on n’observe pas de variations importantes de l’inégalité au cours de la période considérée. Si les tendances correspondent à celles observées avec le coefficient de Gini, elles sont plus marquées pour le revenu primaire équivalent. Toutefois, en raison des transferts publics, la hausse de l’inégalité de ce revenu n’a qu’un faible impact sur le revenu disponible équivalent.