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Plusieurs ex-procureurs, une ancienne responsable de la police et un avocat composeront l'équipe chargée de mener le procès en destitution du président américain Donald Trump. "L'accent est mis sur l'expérience juridique", a souligné la présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi en annonçant sa composition. Avec trois femmes, deux Noirs et une Hispanique, elle reflète aussi la diversité du parti.
"Ce qui est important est de présenter le dossier le plus solide possible afin de protéger et défendre notre constitution, et pour faire émerger la vérité", a ajouté Nancy Pelosi en confiant à Adam Schiff le soin de diriger cette équipe. Ancien procureur fédéral, l'élu de Californie a, en tant que président de la puissante commission du Renseignement de la Chambre, déjà supervisé l'enquête en destitution contre Donald Trump.
"Schiff le fourbe", dixit Trump
Adam Schiff a supervisé l'enquête en destitution contre Donald Trump, ce qui lui a valu les foudres du président. [Michael Reynolds - Keystone/EPA]Pour cette raison, cet homme posé et méthodique de 59 ans est l'objet d'attaques récurrentes de la part du milliardaire républicain, qui l'affuble de nombreux surnoms, dont "Schiff le fourbe", et a demandé qu'il soit arrêté pour "trahison".
"Nous y voici: une autre arnaque orchestrée par les démocrates-qui-ne-font-rien", a immédiatement tweeté le locataire de la Maison Blanche, qui se dit victime depuis le début du scandale ukrainien d'une "chasse aux sorcières" sans précédent.
Acte d'accusation approuvé par la Chambre basse
La composition de cette équipe a été avalisée un peu plus tard dans la journée de mercredi par un vote de la Chambre des représentants, dominée par les démocrates. A cette occasion, la transmission au Sénat de l'acte d'accusation adopté le 18 décembre contre Donald Trump, troisième président de l'histoire à subir une telle épreuve, a également été approuvée, par 228 voix contre 193.
Cet acte d'accusation reproche à Donald Trump d'avoir fait pression sur l'Ukraine pour qu'elle enquête sur le fils du candidat démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de novembre prochain, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit armé avec la Russie. L'actuel président est également accusé d'avoir gêné l'enquête du Congrès en interdisant aux membres de l'administration de répondre aux injonctions et en exerçant des pressions sur les témoins. Le président et ses partisans dénoncent, eux, une "mascarade" sans fondement.
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Stephanie Grisham, porte-parole de la Maison Blanche, a réaffirmé mercredi que le milliardaire républicain n'avait "rien fait de mal". "Il est impatient de bénéficier au Sénat des droits que Nancy Pelosi et les démocrates de la Chambre lui ont refusés et s'attend à être complètement innocenté", a-t-elle indiqué dans un communiqué
Peu de suspense
D'autres démarches préliminaires doivent encore avoir lieu jeudi ou vendredi, notamment la prestation de serment des 100 sénateurs devant le président de la Cour suprême des Etats-Unis. Lundi étant férié aux Etats-Unis, le procès devrait véritablement commencer mardi, a fait savoir le chef républicain de la Chambre haute Mitch McConnell.
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Selon un haut responsable de l'administration américaine, qui l'a déclaré mercredi sous couvert d'anonymat, le procès ne devrait pas durer plus de deux semaines. Il estime que le président américain devrait être rapidement acquitté par la Chambre haute, à majorité républicaine, d'autant qu'il faudrait une majorité des deux tiers pour le destituer. Or, jusqu'ici, les républicains sont restés soudés autour de leur président.
Malgré tout, les démocrates espèrent que le procès fera émerger de nouveaux éléments embarrassants pour Donald Trump. Ils réclament notamment la convocation de quatre de ses proches conseillers, qui avaient reçu pour consigne de ne pas coopérer à l'enquête de la Chambre.
afp/vic