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La motion de censure contre Mariano Rajoy intervient au lendemain de la condamnation du Parti populaire (PP), le parti du chef du gouvernement, dans une affaire de corruption.
KEYSTONE/EPA EFE/J.P.GANDUL(sda-ats)
Le Parti socialiste espagnol a annoncé vendredi le dépôt d'une motion de censure contre Mariano Rajoy. Elle intervient au lendemain de la condamnation du Parti populaire (PP), le parti du chef du gouvernement, dans une affaire de corruption.
Pour réussir, cette motion devrait recueillir une majorité absolue de 176 députés derrière le candidat que présentera le parti pour former un nouveau gouvernement, une majorité toutefois difficile à réunir dans une opposition divisée.
Concrètement, pour renverser le président du gouvernement, les socialistes au Congrès des députés, la chambre basse du parlement espagnol, auront besoin du soutien des partis Podemos et Ciudadanos.
Ciudadanos exige des élections anticipées
La formation centriste s'est déclarée prête à présenter sa propre motion de censure contre le chef du gouvernement. "Si Rajoy n'appelle pas à des élections anticipées, nous serions prêts à présenter notre propre motion de censure (...)", a déclaré un de ses dirigeants, José Manuel Villegas, lors d'une conférence de presse.
Le secrétaire général du PSOE Pedro Sanchez a lui réuni dans la matinée le comité exécutif fédéral du parti pour discuter de cette motion de censure après que la justice eut conclu à un financement illicite du Parti Populaire de (PP) M. Rajoy dans un arrêt rendu public jeudi.
Mariano Rajoy a refusé d'organiser des élections législatives anticipées. Lors d'une conférence de presse, il a souligné que l'Espagne avait besoin de stabilité politique pour assurer la poursuite de la reprise économique et qu'il entendait donc rester à son poste jusqu'à la fin de son mandat à la mi-2020.
Selon l'arrêt de l'Audience nationale, le PP a bénéficié d'un vaste système de pots-de-vin en échange de marchés publics dans plusieurs municipalités. Ce tribunal compétent notamment pour les affaires de corruption, a également conclu à l'existence d'une "caisse noire", pourtant niée par les dirigeants du PP.
"Sentence dévastatrice", titrait vendredi le journal catalan El Periodico, tandis qu'El Pais, premier tirage du pays, écrivait dans un éditorial que "ce coup de massue, sans précédent dans l'Espagne démocratique porte atteinte à la crédibilité du parti qui a gouverné le pays de 1996 à 2004 et depuis 2011".
ATS