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Les droits fondamentaux des populations et les normes environnementales sont régulièrement violés par des multinationales dans le monde, essentiellement dans des pays où les salaires sont les plus faibles, où les normes de protection de l’environnement sont moins strictes et où la justice est défaillante. Les victimes ne sont généralement pas dédommagées car elles n’ont pas toujours accès à la justice, ou en raison d’une justice locale démunie face à de puissantes multinationales.
Pour prévenir ces violations, les règles du jeu non seulement doivent être définies, mais doivent surtout être respectées par tous. Le contre-projet du Conseil fédéral et des Chambres se borne à demander aux multinationales un simple rapport annuel sur leur devoir de diligence (principe de l’«autorégulation»). Non seulement il est insuffisant, pire, il offre un parfait alibi à ces dernières pour se disculper.
Ce que propose l’initiative pour des multinationales responsables se base sur le principe de responsabilité civile: toutes entreprises commettant des violations doivent répondre de leurs actes. Des pays européens, l’Union européenne, l’OCDE et l’ONU préparent déjà des lois semblables; il est grand temps que la Suisse, dépositaire des Conventions de Genève et siège de nombreuses organisations internationales du travail et du climat, se dote de nouvelles lois pour mettre les multinationales face à leurs responsabilités et prévenir des abus. Il est grand temps pour la Suisse de ne plus tergiverser, ne plus fermer les yeux sur les scandales.
Hung Do,
Genève