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La promotion de la santé
En quelques mots
La promotion de la santé est le processus qui apporte aux individus et aux communautés la capacité d’accroître leur contrôle sur les déterminants de la santé et donc d’améliorer leur santé.
La santé de la population peut être définie comme un état complet de bien-être physique, mental et social. La santé est influencée par de multiples déterminants de la santé, qui peuvent être catégorisés en deux : caractéristiques individuelles et déterminants environnementaux.
La promotion de la santé a donc pour objectif de donner aux individus et à la collectivité les moyens d’agir favorablement sur les facteurs déterminants de la santé. En ce qui concerne les déterminants environnementaux, c’est par la création d’environnements favorables à la santé que l’action peut être menée.
On réunit parfois la Promotion de la Santé et la Prévention sous l’acronyme de PSP, la prévention des maladies et des facteurs de risque s’intégrant dans la promotion de la santé.
Pour mettre en œuvre des actions de promotions de la santé, différentes stratégies sont possibles : action multisectorielle, sur les milieux de vie, dans une communauté, sur les aptitudes individuelles, ou dans le secteur des soins. Toutes ces approches sont compatibles avec les environnements favorables à la santé
La santé et ses déterminants
Sauf mention contraire, le contenu de ce chapitre et les passages cités sont issus du document « La santé et ses déterminants. Mieux comprendre pour mieux agir » publié par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.
Santé(s)
Selon la définition de l’OMS, « la santé est un état complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’invalidité ».
Un découpage plus fin permet d’identifier, pour une population donnée :
- L’état de santé global, qui fournit une vue d’ensemble, obtenue à partir d’indicateurs globaux comme la mortalité générale, l’espérance de vie, l’espérance de vie sans incapacité ainsi que la perception de l’état de santé, physique et mentale ;
- L’état de santé physique, qui est mesuré à l’aide de données relatives aux maladies et aux traumatismes qui affectent tous les systèmes du corps humain – respiratoire, digestif, nerveux, reproducteur, etc. (…) ;
L’état de santé mentale et psychosociale, qui est évalué à l’aide de données sur la santé mentale dans ses composantes positives (par exemple, la satisfaction à l’égard de la vie) ou négatives (les idées suicidaires et les troubles mentaux, notamment), sur les problèmes d’adaptation sociale – incluant les différentes formes de violence, de négligence et d’abus –, sur l’intégration sociale et sur le développement de l’enfant.
Déterminants de la santé
Pour décrire les variables qui influencent l’état de santé d’une personne, on parle des déterminants de la santé. Il s’agit de facteurs individuels, sociaux, économiques et environnementaux que l’on peut associer à un problème de santé particulier ou encore à un état de santé global.
Le schéma ci-dessous présente une catégorisation des déterminants de la santé :
Les différents déterminants de la santé ont un effet sur l’état de santé de la population. On peut réunir ces déterminants en deux catégories principales.
Les caractéristiques individuelles correspondent aux déterminants individuels de la santé. On notera que, parmi ces caractéristiques individuelles, la plupart sont influencées par les déterminants environnementaux. On y trouve :
- Les caractéristiques biologiques et génétiques (âge, sexe, prédispositions biologiques ou génétiques…) ;
- Les compétences personnelles et sociales (connaissances, compétences et attitudes) ;
- Les habitudes de vie et les comportements (activité physique pratiquée, consommation d’alcool…) ;
- Les caractéristiques socioéconomiques (formation, occupation, type d’emploi, revenu).
Les milieux de vie, les systèmes et le contexte global forment les déterminants environnementaux de la santé et correspondent aux environnements favorables à la santé. Dans ce modèle, les déterminants environnementaux sont définis en trois paliers, classés du micro au macro-environnement :
- Les milieux de vie, dans lesquels les individus interagissent avec d’autres et sont exposés à des conditions matérielles et socioéconomiques particulières (quartier, milieu familial, milieu scolaire, lieu de travail…) ;
- Les principaux systèmes administrés par l’Etat et ses partenaires, tels que le système éducatif, l’aménagement du territoire ou le système de santé ;
Le contexte global, formé d’ensemble macroscopiques qui influencent fortement la vie en société (contexte politique, économique, démographique, scientifique, etc).
La promotion de la santé et la prévention
La promotion de la santé fait l’objet d’une première Conférence internationale en 1986, à Ottawa, sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La charte d’Ottawa, document fondateur, définit la promotion de la santé en ces termes :
« La promotion de la santé est le processus qui confère aux populations les moyens d’assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et d’améliorer celle-ci (..) ».
Cette définition peut être complétée par celle de la Banque de données en santé publique (BDSP) :
« Processus apportant aux individus et aux communautés la capacité d’accroître leur contrôle sur les déterminants de la santé et donc d’améliorer leur santé. Ce concept inclus la promotion des modes de vie aussi bien que l’amélioration des conditions de vies, des facteurs sociaux, économiques et environnementaux qui détermine la santé. (…) ».
La promotion de la santé est fréquemment associée à la prévention, sous la forme de l’acronyme « PSP » (promotion de la santé et prévention). Les deux approches sont complémentaires mais ne recoupent pas exactement le même champ d’action.
Comme vu plus haut, la promotion de la santé a pour objectif de donner aux individus et à la collectivité les moyens d’agir favorablement sur les facteurs déterminants de la santé. Pour ce faire, outre la création des environnements favorables à la santé, cinq stratégies d’intervention sont promues : stratégies par les politiques publiques, stratégies axées sur les milieux de vie, stratégies d’action communautaire, stratégies d’intervention axées sur les aptitudes individuelles et stratégies de promotion de la santé dans le secteur des soins
La prévention est orientée sur les problèmes de santé : La prévention des maladies « correspond à des mesures permettant non seulement d’empêcher l’apparition de la maladie comme la réduction d’un facteur de risque, mais également d’arrêter sa progression et de réduire ses conséquences une fois la maladie établie »(Glossaire de la BDSP). La prévention vise à réduire les facteurs de risque des maladies et à limiter les atteintes à la santé en cas de maladie. Trois niveaux de prévention ont été définis par l’OMS et sont habituellement utilisés pour catégoriser les interventions de prévention :
Dans la pratique, l’utilisation des deux termes va varier selon le facteur de santé concerné. Le terme de prévention est associé aux facteurs de risque : prévention du tabagisme et prévention de la consommation d’alcool par exemple. Le terme de promotion est associé aux facteurs de protection contre les maladies : promotion de l’activité physique et promotion d’une alimentation équilibrée par exemple.
Notons que les facteurs de risque et les facteurs de protection sont réunis dans ce projet sous l’appellation de facteurs d’influence.
Les stratégies d’intervention de la promotion de la santé
Sauf mention contraire, le contenu de ce chapitre et les passages cités sont issus de l’ouvrage collectif La promotion de la santé. Comprendre pour agir dans le monde francophone.
La Charte d’Ottawa de 1986 a identifié cinq domaines d’action prioritaires pour la promotion de la santé, qui correspondent à cinq stratégies d’intervention pour améliorer la santé de la population. Elles sont brièvement présentées ci-dessous, ainsi que leur lien avec les environnements favorables.
Stratégies par les politiques publiques
Les déterminants de la santé sont nombreux et variées. L’action isolée de la santé publique ne suffit plus ; il est nécessaire d’initier une approche collaborative en incluant toutes les politiques publiques qui ont un impact sur la santé :
« Bien que les politiques de santé publique soient formulées et mises en œuvre pour maintenir ou améliorer la santé des populations, bon nombre de politiques en dehors du secteur de la santé (par exemple éducation, logement, agriculture, petite enfance) influent sur la santé des populations. Une action sur l’ensemble des déterminants de la santé nécessite, dès lors, une responsabilité partagée des décideurs politiques envers la santé des populations, ainsi que des mesures qi ne peuvent être mises en place uniquement par le secteur de la santé. »
La création des environnements favorables à la santé nécessite une approche multisectorielle qui correspond à une stratégie par les politiques publiques.
Stratégies axées sur les milieux de vie
Les milieux de vie comprennent les lieux où les personnes vivent, travaillent et se divertissent. L’interaction des comportements entre individus dans un même lieu, et l’influence de ces lieux sur les comportements, sont à prendre en compte.
« [Cette approche] marque un tournant fort dans la prise en compte de la santé des populations. Ainsi, nous assistons à une évolution partant d’une approche centrée sur les facteurs individuels et les comportements, et s’élargissant vers une prise en compte de l’influence des milieux sur la santé d’une manière interactive : d’une part les milieux ont une influence directe sur la santé, et d’autre part ces milieux influencent les choix et possibilités des personnes pour améliorer leur santé et leur bien-être ».
De façon générale, les milieux de vie ou « micro-environnements » sont les cibles d’intervention des environnements favorables à la santé. Une approche intégrée avec des mesures comportementales est également possible dans un milieu de vie donné.
Stratégies d’action communautaire
Le principe de participation citoyenne est au cœur d’une stratégie d’action communautaire. Il existe plusieurs définitions d’une « communauté », mais trois caractéristiques apparaissent le plus souvent dans la littérature : partage d’un espace géographique défini, interactions sociales existantes, et liens communs (sentiment d’appartenance, sentiment de solidarité).
« L’action communautaire en promotion de la santé désigne toute initiative de personnes, d’organismes communautaires, de communautés (territoriale, d’intérêts, d’identité) visant à apporter une solution collective et solidaire à un problème social ou à un besoin commun, contribuant à exercer un plus grand contrôle sur les déterminants de la santé, à améliorer leur santé et à réduire les inégalités sociales de la santé. »
La plupart des mesures du répertoire des environnements favorables sont des mesures de la compétence des autorités politiques. Au vu de l’impact des environnements favorables sur un quartier ou une commune, une démarche participative permet de recueillir les besoins de la communauté concernée.
Stratégies d’intervention axées sur les aptitudes individuelles
Une approche individuelle, ou comportementale, vise à faire prendre conscience aux gens de la façon dont leur comportement influence leur santé, et à les motiver à modifier ces comportements. Ceci ne peut se faire sans prise de conscience des facteurs déterminants de la santé.
« La première pierre de l’édifice de la santé publique est sans nul doute une population informée et consciente des choix qui se présentent à elle en matière de santé. La promotion de la santé étant un processus démocratique, un des rôles fondamentaux des promoteurs de santé est d’outiller les individus d’une manière émancipatrice qui en fera les acteurs de leur propre santé et de celle de leurs proches. Mais favoriser la santé c’est aussi œuvrer aux conditions qui permettent aux populations d’atteindre leur plein potentiel et de faire face aux évolutions sociétales et aux crises qui sont toujours susceptibles de frapper les sociétés ».
Cette stratégie fait référence à l’approche comportementale et peut être intégrée à la mise en place d’environnements favorables à la santé, dans le but de renforcer mutuellement les deux interventions.
Stratégies de promotion de la santé dans le secteur des soins
L’objectif de cette stratégie est de mieux intégrer la promotion de la santé dans l’hôpital et les autres lieux de soins. Il s’agit d’une thématique importante mais sans lien particulier avec les environnements favorables à la santé. Cela étant dit, les lieux de soin sont un milieu de vie et figurent comme tel dans les critères de recherche du répertoire des mesures.