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Les Camerounaises folles de joie après leur qualification pour le Mondial
Lors de la dernière journée des éliminatoires, les "Lionnes", comme sont surnommées les Camerounaises, n’avaient rien d’autre à faire que rester assises et attendre le résultat du match opposant le pays hôte, l’Algérie, à l’Égypte dans la salle Harcha Hacène d’Alger.
Les Égyptiennes rataient d’abord une balle de 2-1, puis une balle de match au quatrième set et finissaient par s’incliner en cinq manches 3-2 (23-25, 25-15, 19-25, 29-27, 15-10). Auparavant, le Cameroun avait cédé 3-2 devant l’Égypte, mais avait su rebondir pour battre 3-1 le pays hôte. Au classement final, ces trois équipes présentaient un bilan équivalent de quatre victoires et une défaite et devaient donc s’en remettre à la différence de sets. Avec 13 points, le Cameroun conservait la tête de la poule et se qualifiait ainsi pour le Championnat du monde FIVB de volleyball féminin, du 23 septembre au 12 octobre en Italie. L’Égypte (12 pts) et l’Algérie (11 pts), en revanche, devront regarder la compétition à la télé.
Une semaine après la qualification surprise de la Tunisie, premier pays africain qualifié pour le grand rendez-vous de cette année grâce à un succès crucial contre le Kenya, c’est donc le Cameroun qui s’est emparé du deuxième et dernier ticket féminin attribué à la CAVB. Le Cameroun réussit ainsi un superbe doublé puisque l’équipe masculine s’est qualifiée dans des circonstances similaires pour le Mondial organisé en Pologne du 30 août au 21 septembre. Par un coup du sort, les hommes avaient déjà devancé l’Algérie. Pas revancharde, la sélection algérienne féminine envoyait les Camerounaises au Mondial, ce qui en dit long sur le niveau de fair-play dans le volleyball en général et en Algérie particulièrement.
"Le Cameroun s’est qualifiée pour la deuxième fois de suite au Mondial masculin et pour la deuxième fois en trois éditions du Mondial féminin. Ce qui fait de notre pays, et de loin, la première nation du volleyball en Afrique centrale", déclarait l’entraîneur des Lions, Peter Nonnenbroich. L’Allemand avait auparavant supervisé la sélection féminine, lors de sa première participation historique au Mondial, en tant qu’assistant FIVB au développement. Les Lionnes étaient alors parties décrocher la 21e place au Japon. Nonnenbroich prenait ensuite les rênes de la sélection masculine en 2010.
L’entraîneur actuel de l’équipe féminine, Joseph Nane Eone, a admis s’être inspiré du succès des hommes. "Quand une équipe réussit, ça booste le moral de l’autre équipe. Mais c’est encore mieux lorsque vous avez deux enfants et qu’ils réussissent tous les deux leurs examens." Après la qualification pour le Mondial, l’équipe masculine a reçu un chèque de près de 100 000 dollars de la part du gouvernement. Les filles devraient également recevoir une récompense, quoique plus faible puisque le sport féminin en Afrique ne bénéficie pas de la même aura que le sport masculin.
"Au Cameroun, le football est une religion. Le volleyball vient juste après", explique Nonnenbroich. Cependant, les conditions sont incomparables à celles que l’on peut observer dans les grands pays d’Europe, d’Asie ou d’Amérique. Les matchs des championnats nationaux masculins ou féminins se jouent la plupart du temps en plein air, sur des surfaces dures, en béton par exemple. Les hommes et les femmes passent plusieurs semaines à se préparer pour les tournois de qualification aux Mondiaux dans la seule grande salle de volley du pays, à Yaoundé.
Pratiquement toutes les joueuses de la sélection évoluent dans le championnat national. Seule Laetitia Moma Bassoko a été recrutée dans un grand club international, au Schweriner SC, champion d’Allemagne et engagé en Ligue des champions de la CEV. Grâce à cette seconde qualification pour un Mondial FIVB, le Cameroun aura une nouvelle occasion de se montrer aux yeux du monde entier. "Ce ne sera pas facile pour les filles, là-bas en Italie. Il y a une vraie différence avec les meilleurs pays. Cela dit, elles feront de leur mieux en tant qu’outsider et essayeront de créer la surprise."
Le Cameroun était la 18e équipe à se qualifier sur les 24 participants au Mondial féminin. Avant lui, et outre la Tunisie, sept nations européennes avaient composté leur billet dès le premier week-end de janvier : les vainqueurs des cinq tournois du troisième tour (Turquie, Azerbaïdjan, Belgique, Croatie, Bulgarie) ainsi que les deux meilleurs deuxièmes (Serbie, Pays-Bas). Les autres qualifiés sont l’Italie en tant que pays hôte, la Russie championne en titre ainsi que l’Allemagne (championne d’Europe), le Brésil et l’Argentine (Amérique du Sud), le Japon, la Chine, la Thaïlande et le Kazakhstan (Asie).
Ces 18 équipes suivront attentivement le tirage au sort de la compétition prévu le 10 mars à Parme. Les six derniers billets ne seront attribués qu’après cette cérémonie à l’occasion des tournois de qualification de la Confédération NORCECA. Ces cinq tournois de quatre seront disputés en mai à Cuba (du 5 au 11 mai), aux États-Unis, au Canada et en République dominicaine (du 13 au 19 mai) et à Porto Rico (du 20 au 26 mai). Le vainqueur de chaque poule sera qualifié pour le Mondial, tandis que les seconds devront passer par des barrages, du 2 au 9 juin à Trinité, pour obtenir l’ultime billet.
Chez les hommes, trois représentants de la CAVB participeront au Mondial. Le dernier chanceux sera connu d’ici à la fin de la semaine. Le pays hôte du tournoi, la Tunisie, est annoncé comme le grand favori face aux Seychelles, au Congo-Brazzaville, au Sénégal et au Niger. En cas de succès, la Tunisie aura également deux raisons de se réjouir – tout comme le Cameroun.

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