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Les radicaux zurichois veulent museler les organisations de défense de l'environnement ?
Le retour des "Maquereaux des cimes blanches"
L'un des objets fédéraux soumis au vote le 30 novembre est une initiative des radicaux zurichois, mollement soutenue par les radicaux suisses, visant à restreindre le droit de recours des associations et organisations de défense de l'environnement en matière de projets de construction. Le parlement a refusé de soutenir cette initiative et le Conseil fédéral, après une valse hésitation, a dû se rallier à cette position. L'initiative anti-écolos est, sans surprise, soutenue par les syndicats patronaux genevois, et par la droite de la droite, mais pas par tous les radicaux : lancée par les radicaux zurichois et soutenue par leurs copains valaisans, arrimés aux " maquereaux des cimes blanches " (propriétaires de remontées mécaniques et promoteurs de stations de ski) que dénonçait Chappaz, l'initiative a certes été avalisée par le parti suisse, mais elle est combattue par des " figures " du parti (Thierry Béguin, Gilles Petitpierre, René Rhinow, Christine Egerszegi, Dick Marty) et plusieurs sections cantonales, d'autres refusant de prendre position
Silence, on bétonne !
Le droit de recours contre des projets de construction et d'aménagement, ce droit que l'initiative radicale veut restreindre, n'est pas tombé du ciel : il est le produit de la lutte des organisations de défense de l'environnement, mais aussi de quelques somptueuses conneries des promoteurs et bétonneurs. Ce droit n'est d'ailleurs pas utilisé aveuglément : le Tribunal fédéral donne le plus souvent raison aux recourants. Les " recours abusifs " brandis par les initiants pour justifier leur volonté de restreindre le droit de recours sont exceptionnels. Devant le Tribunal fédéral, la grande majorité (61,2 %) des recours déposés entre 1996 et 2007 par des organisations de défense de l'environnement ont été gagnants lorsqu'ils sont allés jusqu'au bout de la procédure, d'autres étant retirés après accord entre les recourants et les promoteurs de projets contestés. Les organisations de protection de l'environnement ne se lancent pas au hasard, tête baissée et par pur esprit de sabotage, dans des recours hasardeux : lorsqu'elles recourent, c'est qu'elles ont de bonnes raisons de le faire et de bonnes raisons d'attendre une victoire juridique -autrement dit lorsque les projets qu'elles combattent sont illégaux. Et le plus souvent nuisibles.