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L’Érythrée est une dictature répressive, où les violations des droits humains sont monnaie courante. Les hommes, les femmes et parfois même les enfants érythréens sont recruté-e-s de force dans le service national à durée illimitée et y sont exposé-e-s à de graves violations des droits humains. Actuellement, des milliers de personnes sont détenues arbitrairement et sans inculpation, notamment des opposant-e-s au régime, des journalistes et des membres de minorités religieuses, non reconnues par le régime. Les rapports des organisations internationales montrent que les déserteurs et les objecteurs de conscience sont torturés et battus.
L'accord de paix, signé à l’été 2018 avec l'Éthiopie, n'a guère apporté de changements positifs pour la population en Érythrée. Les frontières sont à nouveau fermées depuis avril 2019 et le processus de paix a été mis en attente.
Il n’existe aujourd’hui aucune source indépendante et fiable capable d’attester un changement stable et permanent en faveur de la situation des droits humains en Érythrée. Toutes les déclarations du régime concernant une amélioration de la situation des droits humains sont restées lettre morte.
Depuis plusieurs années, l’Érythrée représente le principal pays d’origine des requérant-e-s d’asile en Suisse. En 2019, 2899 personnes ont ainsi déposé une demande d’asile sur un total de 14 269 demandes d’asile. Ce chiffre s’élevait à 2825 demandes sur un total de 15 255 en 2018 et à 3375 demandes sur un total de 18 088 en 2017.
De manière générale, la plupart des ressortissant-e-s érythréen-ne-s obtiennent soit le statut de réfugiés reconnus, soit l’admission provisoire. En 2019, sur un total de 4170 cas réglés, 2797 Érythréen-ne-s ont obtenu l’asile et 714 ont obtenu une admission provisoire. Les autres ont pour la plupart été frappé d’une décision de non-entrée en matière Dublin, c’est-à-dire qu’un autre État de l’espace Schengen-Dublin est responsable de leur demande.
Nous observons depuis plusieurs années un durcissement de la pratique en matière d’asile à l’égard des ressortissant-e-s érythréen-ne-s.
La recherche du service juridique de l’OSAR montre que le durcissement de la pratique suisse à l’égard des requérant-e-s érythréen-ne-s n’est non seulement pas en contradiction avec la pratique internationale, mais s’écarte aussi de manière significative de celle des autres pays européens et de la position des différents organes des Nations Unies.