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La tradition républicaine rejoint l’opposition au libéralisme sur un point majeur : la conception de la liberté. Du côté libéral, lsaiah Berlin, a codifié, il y a un demi-siècle, une conception de la liberté qui est un peu le vade-mecum du libéralisme. Berlin distingue deux sortes de liberté : la liberté négative qui est définie comme l’absence d’interférences, la liberté positive qui est la maîtrise de soi.
Cette distinction recoupe à peu près celle de la liberté des Anciens et des Modernes de Benjamin Constant.
Pour Constant, on est passé de la liberté des Anciens, qui est in fine celle de se gouverner soi-même, à celle des Modernes qui consiste à ne pas subir de contraintes. Or cette distinction peut-être réductrice.
Il existe une troisième façon de comprendre la liberté et ses exigences institutionnelles. C’est la conception républicaine. Elle consiste en une absence de domination.
Cette tradition est celle de Montesquieu, Tocqueville et Rousseau. Mais en général, si la tradition républicaine insiste sur la participation au pouvoir, c’est pour éviter l’écueil de l’interférence.
Pour Michael Walzer « On nesaurait former une société d’individus libres au sens libéral du mot sans mettre en place un processus de socialisation, une culture prônant l’individualité, et un régime politique soutenant ces valeurs, dont les citoyens soient prêts à se mobiliser pour elle ».
En d’autres termes, cette société représenterait pour la plupart de ses membres une association involontaire.
Cela signifie que la liberté libérale n’est pas neutre et oblige les individus à rentrer dans un format qu’ils peuvent légitimement récuser.
La limite de la conception libérale de la liberté est qu’elle absolutise cette liberté au mépris d’une réelle liberté de choix.
Pense que l’absolutisation de la liberté peut être un déni d’autres valeurs humaines et de la liberté de les défendre.
La position républicaine sur la liberté est critiquée par le libéralisme et s’est conceptualisée en deux étapes.
Tout d’abord. Il s’agit de dire que les républicains ne portent pas tant leur attention sur la liberté que sur les moyens le la préserver, pas tant sur les empêchements réels qu’elle peut subir que sur les risques potentiels de restriction. Dans un deuxième temps, il s’agit de montrer que la conception républicaine est tout simplement fausse : la question est de savoir si la loi prévoit des restrictions à la liberté ou non.
Il ne s’agit pas tant de savoir qui la fait et comment, mais ce qu’elle prévoit. L’objection est de taille !
Les républicains sont plus directement attentifs aux garanties des conditions de la liberté qu’à la nature plus ou moins coercitive des mesures prises par la loi.
Du côté libéral, seul le résultat compte, tandis que pour les républicains, le processus qui le garantit est privilégié.
C’est parce que le républicain prend la liberté au sérieux qu’il refuse le seul discours des droits du libéralisme.
C’est parce que ce discours des droits, récusant toute contrainte, supprime toute garantie à la préservation des conditions de la liberté, que la position républicaine prône de garantir d’abord la liberté de l’État, condition de la liberté des individus.
L’autonomie sans lien avec une conception du bien n’est rien d’autre qu’une facette de l’individualisme libéral du « je fais ce que je veux ».
Il constitue un bien partagé qu’en terme négatif.
L’autonomie peut être une valeur sociale si elle s’appuie sur une conception de l’homme cristallisée autour de certaines valeurs et qu’elle apparaît soit comme une de ces valeurs, soit comme un moyen d’atteindre les valeurs recherchées.
A défaut, l’autonomie sera au mieux un moyen permettant l’accomplissement des valeurs que je porte individuellement, au pire une valeur supérieure engageant à l’individualisme et à l’égoïsme, mais en aucun cas une valeur partagée sur laquelle nous puissions fonder nos décisions communes.