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Le peuple pourra se prononcer sur l'acquisition des jets militaires, mais pas sur le type de jet choisi, selon une décision du Conseil fédéral. L'évaluation des différentes offres déterminera ensuite comment seront investis les 8 milliards de francs prévus par le gouvernement (lire encadré).
Après le refus du Gripen en votation en 2014, la tâche s'annonce ardue pour convaincre la population d'accepter l'achat de nouveaux appareils. "C'est un travail de longue haleine. Il faut expliquer pourquoi la Suisse a besoin d'un moyen de défense aérienne. La Suisse veut protéger son espace aérien et être prête à défendre ses citoyens en cas d'attaque", a indiqué Claude Meier dans La Matinale de la RTS mardi.
Les enjeux du scrutin sont de taille, selon le chef de l'état-major: "Sans nouveaux avions de combat, sans système de défense sol-air performant, ce sera un coup fatal non seulement pour les forces aériennes, mais pour l'armée dans sa globalité. Cela remet indirectement en cause l'existence même de l'armée suisse."
"Il faut se tenir prêt en cas d'attaque"
Pour Claude Meier, il existe un réel risque d'attaque. "La Suisse n'est pas en guerre, mais il s'agit d'avoir un certain nombre de capacités qui permettent d'être prêt au cas où (il y aurait une attaque). A partir des années 1999, il y a eu régulièrement, chaque deux ou trois ans, des conflits armés qui se sont déclenchés en périphérie de l'Europe, voire en Europe."
Au total, 36 missions qualifiées de sérieuses ont été menées en 2017. "Sur ces 36 'hot missions', certaines étaient en lien avec le non respect de l'air. Par exemple: un avion, contrôlé civil, qui entre dans l'espace aérien autour de l'aréoport de Zurich ou de Bâle."
En outre, des missions de routine sont menées quotidiennement: "Une fois par jour, en moyenne, des contrôles sont effectués en lien avec des avions d'Etats étrangers qui survolent la Suisse avec des autorisations diplomatiques."
Propos recueillis par Pietro Bugnon
Texte web: hend
Flotte unique
Le peuple ne se prononcera par sur le type d'avion mais uniquement sur le principe de renouveler la défense aérienne à hauteur de 8 milliards. Cinq productions devraient être évaluées. Selon Claude Meier, l'aspect du bruit sera pris en considération dans le choix des appareils: "On prévoit de soumettre tous les candidats à des tests sonores." Des entraînements à l'étranger sont également envisagés pour atténuer le bruit.
Selon le rapport du groupe d'experts publié en mai 2017, avec une trentaine d’avions de combat, la capacité à tenir quatre avions en vol en permanence est de deux bonnes semaines. Elle passe à au moins un mois avec environ 40 engins.