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Des membres de la guérilla communiste philippine sur l'île de Davao (archives).
KEYSTONE/AP(sda-ats)
Le gouvernement philippin et la guérilla communiste ont ouvert lundi des négociations de paix à Oslo. Les représentants de Manille ont déclaré espérer un accord de paix d'ici un an. Le conflit a fait plus de 40'000 morts en près d'un demi-siècle.
"C'est un conflit qui n'a que trop duré", a lancé le chef de la diplomatie norvégienne Børge Brende à l'ouverture des négociations. "Je croise vraiment les doigts" pour que des progrès soient réalisés, a-t-il déclaré aux deux parties, chacune représentée par six négociateurs.
Les pourparlers devraient se tenir à huis clos jusqu'à vendredi. Du côté du gouvernement philippin, "nous avons imposé un calendrier de neuf à douze mois", a déclaré le chef de la délégation gouvernementale Silvestre Bello.
Les deux parties envisagent d'accélérer le processus de paix en discutant simultanément, contrairement aux tentatives passées, des différents chapitres restant à négocier: les réformes économiques et sociales, les réformes politiques et constitutionnelles et la fin des hostilités. "Nous sommes assez confiants que nous arriverons à respecter notre calendrier", a-t-il ajouté.
Optimisme prudent
Le responsable des négociations côté communiste, Luis Jalandoni, a confirmé ce calendrier à l'AFP. Il s'est toutefois montré un peu plus prudent.
"Nous essaierons de faire (la paix, ndlr) sous un an mais cela pourrait prendre un peu plus de temps car les négociations sur les réformes économiques et sociales (le principal chantier aux yeux des communistes, ndlr) pourraient prendre plus de temps", a-t-il dit. "C'est plus compliqué que certains peuvent le croire".
Fondé en décembre 1968, le Parti communiste des Philippines (PCP) avait lancé trois mois plus tard une rébellion. Son bras armé, la Nouvelle armée du peuple (NPA), ne compterait plus aujourd'hui qu'environ 4000 membres, contre 26'000 dans les années 1980. Mais elle bénéficie du soutien des populations les plus pauvres dans les zones rurales.
Libération de dirigeants rebelles
De premières discussions entre Manille et les rebelles avaient capoté en 2012. Le gouvernement philippin avait alors refusé de libérer des dirigeants communistes emprisonnés depuis des décennies.
Une trêve a été déclarée par les deux parties pour faciliter les négociations et les autorités philippines ont libéré la semaine dernière 17 dirigeants rebelles afin de leur permettre de participer aux négociations en Norvège.
Le numéro un du PCP et de sa branche armée, Benito Tiamzon, et son épouse Wilma sont notamment sortis de prison vendredi à Manille, plus de deux ans après avoir été arrêtés. M. Tiamzon avait alors salué "un geste qui va créer un climat propice pour les négociations de paix".
"Nous pensons que les pourparlers de paix vont avancer car c'est, à nos yeux, le premier président qui désire réellement mettre en place des réformes sérieuses et a suffisamment de détermination pour les mener jusqu'au bout", avait-il ajouté.
ATS