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ViaGottardo – A l’origine était le diable
Le Gothard est bien plus qu’un col reliant la Suisse centrale au Tessin. Il est l’artère vitale du pays. Ici, mythe national et histoire se confondent, technique et tradition se marient, ouvrages d’art et œuvres du diable coexistent. Aujourd’hui encore la ViaGottardo ne cesse de surprendre les randonneuses et randonneurs.
Histoire
La route du Gothard est aujourd’hui l’axe nord-sud le plus important à travers la Suisse. Si elle a acquis son importance économique en 1882 avec l’ouverture du tunnel ferroviaire, cette voie de communication mythique n’en remonte pas moins à des temps bien plus anciens.
Comparativement aux cols environnants des Grisons et du Valais, le col du Gothard a été aménagé tardivement pour le trafic longue distance. Ce passage était déjà connu à l’époque romaine, mais ne desservait en premier lieu qu’un trafic régional peu abondant entre Urseren et la Léventine. Il a fallu attendre la construction du fameux «Pont du Diable» au début du XIIIe siècle pour ouvrir les gorges des Schöllenen et permettre ainsi une circulation commerciale par le Gothard. Le Tessin et la Lombardie se rapprochèrent ainsi considérablement de la Suisse intérieure, ce qui eut pour conséquence un agrandissement significatif du marché des produits agricoles, principalement du bétail. A partir du XVe siècle, l’aspect économique de la route du Gothard éveilla l’intérêt des grandes puissances européennes et aussi celui de la petite région d’Uri, qui usa de moyens politiques et militaires pour s’assurer le contrôle de la portion stratégiquement la plus importante de cette route commerciale jusqu’en 1419 tout en ménageant toujours mieux le sentier muletier.
Au XIXe siècle, la route qui n’était praticable que par endroits ne répondait plus aux exigences de son époque. Le trafic par le Gothard recula sensiblement à la suite de la construction de routes bien aménagées sur les cols du Splügen et du San Bernardino entre 1818 et 1823. Les cantons situés le long de la route du Gothard se devaient de réagir. Ils achevèrent ainsi en 1830 une route moderne entre Flüelen et Bellinzone. En 1832, la diligence franchissait le col une fois par semaine, trois fois par semaine en 1834. Mais Flüelen n’était accessible du nord que par le lac, et le trajet depuis Lucerne sur les embarcations à rames ou à voile, lentes et soumises aux caprices du temps, ralentissait le voyage. L’arrivée des bateaux à vapeur en 1837 donna une impulsion décisive au tourisme et aux transports de marchandises. Les premières liaisons quotidiennes par diligence entre Lucerne et Milan furent mises en place en 1842; le voyage durait 31 heures. Le trafic s’amplifia encore avec l’ouverture de l’Axenstrasse entre Brunnen et Flüelen en 1865, qui permit aux véhicules en provenance du nord d’atteindre le Gothard par voie terrestre. On estime qu’environ 70 000 voyageurs et 10 000 à 20 000 tonnes de marchandises transitaient par le col dans les années 1870.
Itinéraire
La route du Gothard nous conduit du sud de l’Allemagne à Lucerne via Bâle et Olten, et de là en direction de Chiasso et Milan après avoir franchi le col du Gothard; un autre accès par le nord depuis Schaffhouse et Zurich vient se greffer sur ce tracé à la hauteur de Lucerne.
Bâle–Chiasso
L’itinéraire principal de la ViaGottardo suit l’itinéraire aménagé au début du 13e siècle, qui reliait Bâle à Milan en passant par le Bas-Hauenstein et le col du Gothard.
Bargen–Küssnacht am Rigi
De la frontière du pays dans le Jura schaffhousois à la limite des Alpes, le bras occidental de la ViaGottardo traverse des paysages très contrastés: le poumon économique central de la Suisse présente des paysages variés, à la fois naturels, urbains et structurés par les axes de transport.