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La Verrierie Semsales
C’est dans les années 1800 que l’usine a fonctionné à plein régime, sous la direction du Français Jean-Baptiste Bremond (l’histoire raconte que, secrétaire personnel de Louis XVI, il a dû fuir la Révolution, en Angleterre puis en Suisse). La Verrerie produisait alors du verre à vitre et des bouteilles, de diverses formes, tailles et couleurs. Au milieu du XIXe, la Verrerie produisait environ 1 million de bouteilles par année, et 3 millions vers 1900. Ingénieur, le directeur de l’époque, Théodore Quennec, avait breveté un nouveau four en 1882, qui a permis de tripler la production.
L’énergie provenait des mines et des tourbières du Crêt. C’était alors la première fabrique de verre de Suisse. A ses débuts, l’usine employait près de 300 personnes, à la production et à l’extraction du charbon. De nombreux agriculteurs de la région y tiraient un revenu annexe. On commençait à travailler jeune, dès 13 ans ; les femmes travaillaient au tri et aux nettoyages. Au moment de la fermeture, 150 ouvriers y étaient encore employés.
Depuis l’arrivée du chemin de fer, le charbon est importé de France et d’Allemagne, où il est moins cher et de meilleure qualité.
En 1913, la Verrerie est achetée par celle de Saint-Prex, et cesse son activité à Progens en 1914. Il semble que le pouvoir politique de l’époque, peu soucieux de voir la région s’industrialiser, n’a manifesté aucun soutien à l’entreprise, qui était pourtant l’employeur le plus important du canton.
Quelques années avant sa mort, l’artiste Jean Tinguely décidait d’installer son atelier dans les dépôts et halles de l’ancienne Verrerie.