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L'autisme infantile a été décrit pour la première fois en
1943 par
Léo
Kanner qui l'a isolé au sein des
psychoses
de l'enfant pour en faire une maladie à part entière. Aujourd'hui on décrit
plusieurs formes d'autisme, et celui-ci n'est plus considéré comme une maladie
mais comme un
syndrome, soit un ensemble de signes cliniques qui peuvent relever de
plusieurs
étiologies et/ou de plusieurs mécanismes pathologiques.
Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (D.S.M.
IV) l'autisme est un trouble envahissant du développement qui entraîne un
détachement pathologique de la réalité accompagné d'un repli sur soi. Le nombre
d'autistes reconnus ayant une vie sociale quasi normale a fait naître la notion
moins médicale d'autisme
de haut niveau.
L'expression « trouble envahissant du développement» regroupe l'autisme, le
syndrome d'Asperger, le
syndrome de Rett, le
trouble désintégratif de l'enfance et le
trouble envahissant du développement non spécifié.
L'autisme dit de « haut-niveau » vient du terme anglais « high-functioning ».
La personne rattrape lors de son développement le niveau cognitif normal. Un
trouble du langage est présent, et le profil cognitif est inégal. Malgré son
niveau de fonctionnement, le sujet présente clairement les symptômes de
l'autisme.
Dans le
syndrome d'Asperger, l'apparition du langage ne souffre d'aucun retard.
Contrairement à l'autisme de haut-niveau, le
QI verbal est souvent plus élevé que le QI performances. On note souvent
une certaine maladresse, les déficits au niveau de la communication et des
interactions sociales sont moins présents que dans l'autisme de haut-niveau.
La
prévalence estimée sur une population anglaise est de près de 4 cas pour
1000 enfants de même âge
[1]
En France, l'autisme concernerait plus de cent mille personnes, enfants et
adultes confondus. Ce chiffre sous-estimerait toutefois la réalité
Le tableau clinique de cette maladie a été défini en 1943 par le psychiatre
Léo
Kanner, lequel a repris le terme d'autisme (du grec auto, soi-même)
créé en 1911 par
Eugen Bleuler afin de nommer le comportement de repli sur soi qu'il
observait chez certains sujets dans le cadre de ses études sur la
schizophrénie (démence
précoce). Bleuler avait condensé le mot autoérotisme de
Freud pour en évacuer la notion sexuelle qu'elle contenait. Les symptômes
se manifestent durant les trois premières années de la vie de l'enfant. Ils
sont divers et varient d'un patient à l'autre, leur intensité pouvant évoluer,
notamment avec l'âge :
- indifférence aux autres ou réactions bizarres ;
- comportements répétitifs et activités stéréotypées (agitation des mains,
balancement du corps…) ;
- désintérêt pour les objets de son environnement ou utilisation non
conventionnelle et stéréotypée ;
- mutisme ou langage inhabituel (par exemple
écholalie :
répétition en écho des phrases ou mots entendus) ;
- peur du changement.
Aucun d'eux n'est suffisant individuellement pour établir un diagnostic. De
même, l'absence d'un critère ne disqualifie pas pour autant le diagnostic
d'autisme. Ainsi, un enfant peut être verbal et avoir de l'autisme.
Critères de diagnostic
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Les critères descriptifs de diagnostic du Manual of Psychiatric Diseases,
4th edition (DSM-IV)
de l'American Psychiatric Association sont les suivants (Diagnostic Criteria
for 299.00 Autistic Disorder).
- Critère A
- L'altération qualitative des interactions sociales réciproques, sévère et
durable ;
- Altération de la communication, marquée et durable, qui affecte les
capacités verbales et non verbales ;
- Caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des
intérêts et des activités.
- Critère B
- Début avant l'âge de 3 ans.
- Critère C
- La perturbation n’est pas mieux expliquée par le diagnostic de
syndrome de Rett ou de
trouble désintégratif de l'enfance.
L’utilisation des classifications internationales permet à tous les
intervenants (professionnels et parents) une meilleure communication, par
l’utilisation d’une même terminologie.
Outils de diagnostic
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Les classifications internationales (CIM-10,
DSM-IV)
insistent sur les dysfonctionnements relatifs à la communication et aux
interactions sociales dans l’autisme, et ces anomalies sont difficilement
détectables chez le très jeune enfant.
En réponse à ces difficultés de dépistage, S. Baron-Cohen et al. ont
élaboré en 1992 un outil permettant de repérer les signes précoces des TED chez
les enfants à risque autistique dès 18 mois : (voir
(en)
S. Baron-Cohen,
Le CHAT (CHecklist for Autisme in Toddlers)
Ce test, composé d’une série de neuf questions à poser aux parents et d’une
série de sept observations à effectuer par un professionnel est simple et
rapide à administrer. Il peut tout à fait être utilisé par des non-spécialistes
en autisme, tels les médecins généralistes. Il est constitué d’observations qui
concernent deux points centraux. En premier lieu, la notion de « faire
semblant », présente dans le développement normal vers l’âge de 12-15 mois, et
qui est perturbée dans l’autisme. En second lieu, le comportement d’attention
conjointe, présent dans le développement normal vers l’âge de 9-14 mois, et qui
est absent ou rare dans l’autisme. Les études de validité (16 000 sujets) ont
révélé que les enfants de 18 mois dépistés comme à haut risque de diagnostic
d’autisme ont par la suite reçu ce diagnostic à 3 ans.
Le test CHAT permet de repérer les altérations de développement de l’enfant
dans les domaines suivants :
- jeu de « faire semblant » ;
- pointage protodéclaratif (attirer l’attention de l’entourage vers un
centre d’intérêt en pointant du doigt) ;
- intérêt social ;
- jeu social ;
- attention conjointe.
Les troubles sont assez stables à l’âge de trois ans pour qu’on puisse poser
un diagnostic fiable. Pour une forte majorité de cas, le diagnostic peut être
posé dès deux ans. Avant cet âge, la fiabilité du diagnostic n’est pas
garantie.
Le diagnostic doit être posé sur la base des classifications
internationales :
http://autisme.france.free.fr/docs/c4.htm Le DSM-IV et la CIM-10
À lire sur ce sujet
Fédération française de psychiatrie ( juin 2005), Recommandations pour la
pratique professionnelle du diagnostic de l’autisme
Anomalies cérébrales et défauts du placenta
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Anomalies cérébrales
La revue du praticien d'avril 1999, fait état d'anomalies de la
cytoarchitectonique du système limbique et du cervelet. On observe une taille
augmentée de certaines cellules et une diminution des connexions
intercellulaires. "L'absence d'anomalies dans d'autres régions suggère que les
lésions surviennent avant la 23ème semaine de gestation" ( - Médecine Générale
- Tome 13 - N°458 du 19 avril 1999).
Défauts du placenta
(26 juin 2006). Des chercheurs de l'école de médecine de Yale, viennent de
mettre en évidence la présence de cellules défectueuses dans le placenta
d'enfants se développant avec T.E.D.[1]
Ces résultats pourraient mener à un diagnostic précoce d'un désordre
développemental qui affecte approximativement un enfant sur 200 et qui a comme
conséquence des difficultés de communication, de socialisation et d'interaction
avec autrui. « Plus nous la diagnostiquons tôt, plus le traitement sera
efficace" déclare Harvey Kliman, chercheur à l'école de médecine de Yale.
Kliman et son équipe ont examiné au microscope des échantillons de tissu venant
du placenta récupéré par divers hôpitaux de recherches. Treize des échantillons
venaient d'enfants diagnostiqués ultérieurement Asperger et soixante et un
venaient d'enfants non diagnostiqués. La comparaison des différents tissus, met
en évidence la présence dans les placentas des enfants qui sont dans le spectre
des désordres autistiques, de puits microscopiques anormaux, trois fois plus
nombreux que ceux du groupe témoin. La recherche pourrait mener à des analyses
de routine du placenta de nouveaux-nés à risque, en particulier ceux qui ont un
frère ou soeur plus âgé qui se développe avec autisme.
Causes héréditaires
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Dans la synthèse M/S (médecine/sciences) de 2003, les auteurs estiment qu'un
quart des cas d'autisme est associé à des affections connues. Les trois quarts
restants demeurent d'origine inconnue.
Le développement des nouvelles techniques d'analyse ainsi que les études
menées dès les années 70 sur les couples de jumeaux ont permis de mettre en
évidence une forte influence de l'hérédité dans l'apparition du syndrome
autistique.
Les éléments en faveur de l'origine génétique de l'autisme sont :
1. La proportion filles/garçons est identique dans tous les pays, quel que
soit le niveau socioculturel
2. La probabilité de se développer avec autisme augmente avec la proximité
génétique :
- inférieure à 1 % pour la population générale
- 3 % (autisme) et 10 % (T.E.D.) chez les frères et soeurs d'enfants avec
autisme
- 60 à 90 % chez les vrais jumeaux
3. La « concordance » de l'autisme est plus élevée chez les vrais jumeaux
que chez les faux jumeaux (environ 3 %,)
4. Plusieurs maladies génétiques, malformations chromosomiques ou maladies
infectieuses sont en lien avec l'autisme de façon statistiquement
significative.
Causes chromosomiques
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La moitié de ces autistes d'origine
chromosomique sont :
Causes génétiques
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L'autisme est observé dans les maladies monogénétiques suivantes:
Il n'existe pas de traitement curatif de l'autisme ce qui n'empêche pas que
les personnes avec autisme puissent bénéficier de traitements
psychothérapeutiques en parallèle à une prise en charge institutionnelle,
éducative et pédagogique.
La littérature scientifique est cependant unanime sur ce point : il faut que
l'intervention éducative soit précoce, massive et structurée. Les meilleurs
résultats sont obtenus lorsque l'enfant bénéficie d'une prise en charge
éducative et comportementale dès ses 2 ans.
L'approche psychanalytique
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voir l'article détaillé
Psychanalyse et autisme
L'approche comportementale
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Toute intervention commence par une bonne évaluation. Une fois le profil
développemental de l'enfant déterminé, on élabore un Programme éducatif
individualisé (PEI) que l'équipe qui le suit et les parents vont appliquer à
l'école et dans la vie quotidienne de l'enfant. Régulièrement, on évalue le
développement de l'enfant et on adapte le programme éducatif.
L'intervention comportementale est très efficace pour traiter les troubles
du comportement, qui sont très souvent présents dans l'autisme. L'intervention
consiste habituellement à remplacer un comportement inadéquat par un autre,
adéquat. On intervient sur le comportement lui-même et/ou sur les causes du
comportement.
Il est prouvé aujourd’hui que les personnes atteintes d’autisme ayant
bénéficié d’une éducation structurée sont plus autonomes, moins médicamentées
et plus intégrées dans la société que celles qui en ont été privées. (Réf.
Schopler, E. ( 1997a). Naissance du programme TEACCH Principes, mise en
pratique et évaluation. In R. Misès et Ph. Grand (Eds.), Parents et
professionnels devant l'autisme (pp. 191-207). Paris : C.T.N.E.R.H.I.)
Lorsque l'enfant n'acquiert pas le langage verbal, il faut lui proposer des
moyens alternatifs et augmentatifs de la communication.
Dans l'autisme, ce sont toutes les facettes de la communication qui sont
atteintes. Andrew Bondy et Lori Frost (Delaware US) ont développé un outil de
communication appelé PECS (voir
(en)
Picture exchange communication system). La méthode PECS consiste pour
l’enfant à remettre à son interlocuteur l’image de l’objet qu’il désire obtenir
en échange.
À la différence des autres méthodes de communication alternative, le PECS
permet à l’enfant d’apprendre à initier lui-même une communication avec autrui.
Le temps nécessaire à cet apprentissage est extrêmement court. De plus, le coût
est extrêmement bas, en raison de la possibilité de créer soi-même le matériel,
composé de photos ou pictogrammes, selon la compréhension du sujet.
Le PECS a été validé dès 18 mois, et peut être amorcé à tout âge de la vie.
Référence : PECS, Système de communication par échange d’images, Lori
A. Frost et Andrew S. Bondy, Pyramid educational consultants, Inc.
Programme A.B.A
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L'A.B.A (Applied Behavioral Analysis, ou analyse appliquée du
comportement) est une approche éducative inspirée du
béhaviorisme et créée par Ivar Lovaas aux
États-Unis dans les années 1960. Elle consiste en une analyse du
comportement, associée à une intervention intensive visant à obtenir la
meilleure intégration dans la société par l'augmentation des comportements
jugés adaptés, et la diminution des comportements jugés inadaptés (voir
conditionnement opérant).
Les résultats obtenus initialement par Lovaas, et confirmés ensuite par
d'autres études, relatent que 50% des enfants - lesquels avaient moins de 3 ans
au départ - ayant suivi le programme durant 2 à 3 ans, ont pu ensuite
poursuivre leur cursus scolaire sans aide, en ayant un fonctionnement
indiscernable des enfants normaux (voir les références scientifiques sur ABA
dans le lien externe ci-dessous, notamment l'article de Sallows & Graupner).
Pour qu'un programme A.B.A soit efficace, ses promoteurs donnent les deux
conditions suivantes. D'abord, il doit être intensif, à raison de 30 à 40
heures par semaine. Ensuite, il doit être mené par une équipe éducative (dont
les parents sont partie intégrante) formée et intervenant de la même façon,
dans le cadre d'un programme individualisé bien défini. De plus, le pronostic
est d'autant meilleur que le programme A.B.A est commencé tôt.
Ce type d'intervention est par contre très contraignant. En plus de son mode
opératoire, il a un coût que les familles ne peuvent pas supporter seules. En
France, A.B.A n'est pas reconnue par la Sécurité sociale. Par contre, en
Hollande
ou au Canada (Ontario)
cette approche est prise en charge par l'État.
Les détracteurs d'A.B.A critiquent cette méthode car elle prend sa source
dans les recherches sur le conditionnement (Pavlov,
Skinner).
Ses promoteurs considèrent, au contraire, que le conditionnement fait partie de
toute éducation, et qu'A.B.A n'est qu'une adaptation de cet aspect pour une
population qui a des difficultés particulières d'apprentissage. Ils insistent
sur les résultats concrets qu'ils obtiennent.
La Futuroschool est une école d'un genre nouveau, dont les méthodes
éducatives pour autistes sont importées des États-Unis. Le principe fondamental
consiste à ouvrir les enfants autistes au monde « ordinaire ». Un projet pour
répondre à la carence des dispositifs actuels qui ne laissent de choix que
l'hôpital de jour ou l'institution, parfois quelques services médico-sociaux à
domicile ou bien des classes d'intégration en milieu scolaire.
Le cœur de l'enseignement structuré
TEACCH — Treatment
and Education of Autistic and related Communication handicapped CHildren —
est le développement de l'autonomie dans les thèmes suivants : les habiletés de
travail, l'autonomie à la vie quotidienne, les loisirs, les habiletés sociales
et les gestions des comportements. Cette technique est dérivée du
béhaviorisme et repose sur l'idée que l'autisme est l'expression d'un
déficit neurologique. Les moyens pour l'appliquer sont la structure et la
communication. Les quatre volets structurés dans l'approche TEACCH sont
- l'espace ;
- le temps ;
- le système ;
- la tâche.
Le but de la structure est d'adapter l'enseignement pour compenser les
déficits spécifiques de chaque personne, de miser sur les forces, de réduire
les stimulations inutiles et perturbantes, mettre l'accent sur les informations
pertinentes, permettre à la personne de donner un sens à son environnement,
permettre à la personne de comprendre ce que l'on attend d'elle, mieux gérer
les comportements et atteindre une plus grande autonomie. Tous ces éléments
font partie du programme TEACCH et sont individualisés pour chaque personne
tant au niveau des objectifs que des moyens. Ceci a pour but de répondre aux
besoins spécifiques de chaque autiste et de sa famille.
Forces du programme TEACCH
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Le programme TEACCH a été l’objet de nombreuses études :
- Schopler, E. ( 1997a). Naissance du programme TEACCH Principes, mise en
pratique et évaluation.
- In R. Misès et Ph. Grand (Eds.), Parents et professionnels devant
l'autisme (pp. 191-207).
- Paris : C.T.N.E.R.H.I. et Sally Ozonoff and Kristina Cathcart, 1998,
Effectiveness of a Home Program Intervention for Young Children with Autism,
Journal of Autism and Developmental Disorders, Volume 28, Number 1 )
De plus, l'efficacité de la méthode TEACCH a été prouvée : L’application de
ce programme permet de nettement restreindre le nombre de placements des
personnes adultes atteintes d’autisme en milieux institutionnels restrictifs.
Les parents témoignent également de l’aide apportée par ce programme, qui a
permis de grandement diminuer leur niveau de stress à la maison.
Le programme est très bien documenté, également en français. Tout en les
intégrant au suivi de leur enfant, TEACCH ne demande pas à ce que les parents
deviennent les éducateurs de leur enfant.
Faiblesses du programme TEACCH
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C’est une approche plutôt environnementale, ce qui signifie qu’on travaille
moins directement sur la personne, alors que la tendance actuelle est plus
intrusive car on ne vit pas sur une planète "[TEACCH]". La tolérance relative
des comportements déviants peut poser problème si on laisse le comportement se
cristalliser jusqu’à l’âge adulte.
Contact avec les animaux
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Prendre soin d'un animal de compagnie peut aider l'enfant avec autisme à
développer son sens des responsabilités et certaines aptitudes sociales, mais
il existe très peu de recherches pouvant démontrer l'impact positif du contact
avec les animaux. En réalité, plusieurs éducateurs spécialisés se spécialisent
maintenant en zoothérapie et on soutient que puisque l'autisme est un problème
de communication, le contact animal serait plus facile pour les personnes
atteintes par ce syndrome.
Le Dr Bill Benda, chercheur de l'Université d'Arizona, a fait des études sur
l'influence de l'équitation sur différentes formes de handicap, dont l'autisme.
Bien évidemment, les leçons d'équitation pour les autistes nécessitent une
structure d'encadrement lourde, et les moniteurs ne sont pas tous formés dans
le domaine de l'autisme.
C'est pourquoi l'enseignement adapté de l'équitation traditionnelle tend à
être remplacé par des activités à proprement parler thérapeutiques associant le
cheval, proposées par des soignants ayant reçu une formation spécifique en
équithérapie, et pratiquées en individuel comme dans la plupart des thérapies
plus classiques.
L'équithérapie
est une activité qui peut participer activement au développement des
compétences sociales et influer notablemment sur la communication. Le contact
avec le cheval ne nécessite pas de capacités verbales mais une aptitude à
l'expression du corps (communication isopraxique) et à l'expression des
émotions (communication isoesthésique) qui sont habituellement relativement
préservées dans l'autisme, et plus rapides à faire émerger que le langage
verbal. C'est ainsi un véritable dialogue qui peut être mis en place entre
l'animal et l'enfant, ce qui constitue une première étape vers un langage plus
structuré.
Le contact entre l'enfant et le cheval, que ce soit par le pansage, les
déplacements à pied (en longe, en licol, aux longues rènes) ou éventuellement
la monte (qui n'est pas obligatoire en équithérapie, contrairement aux cours
d'équitation), favorise aussi l'autonomisation, la prise de responsabilité, la
régulation de l'activité, l'ajustement tonico-postural, la construction de
l'espace et la structuration corporelle. L'aspect émotionnel lié aux ressentis
peut également être mis en sens, par des mots, des cartes ou la médiatisation
d'un dessin, en raison de la présence du thérapeute.
Méthode Tomatis
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La méthode Tomatis est une méthode destinée à un handicap totalement
différent de l'autisme : les mal-entendants (voir
Alfred Tomatis). Il semble possible que cette méthode puisse être adaptée à
l'autisme. Source :
[2]
Les recherches
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Aire de perception de la voix
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Selon une équipe de chercheurs franco-canadiens, parue dans le mensuel
Nature
Neuroscience et qui a été très médiatisée en 2004, la « perception de la
voix » active chez le sujet normal une aire cérébrale spécifique sur la face
externe du sillon temporal supérieur gauche, alors que chez le sujet autiste,
la voix ne provoque aucune activation de cette zone. Ce handicap comprend donc
une anomalie de la reconnaissance de la voix humaine.
Cette découverte dont les conclusions restent à confirmer apporte un nouvel
éclairage à la compréhension des troubles majeurs de la communication dont
souffrent les autistes. Des études comportementales avaient déjà permis
d'observer le déficit de la perception de la voix dans l'autisme, et en 2000,
d'autres équipes avaient déjà montré des anomalies au niveau de ce que l'on
pense pouvoir considérer comme l'aire spécialisée dans la reconnaissance des
visages.
Ce travail étaye donc l'hypothèse selon laquelle l'autisme serait lié à un
certain nombre de déficits de la perception des stimuli sociaux (voix,
intonations, mimiques...), et pourrait permettre l'élaboration de nouvelles
stratégies éducatives de prise en charge précoce des très jeunes patients, si
les prochaines études confirment que de telles anomalies peuvent déjà être
constatées chez les très jeunes patients de 12 à 18 mois. Cela pourrait
confirmer que ces très jeunes enfants éprouvent des difficultés à repérer et à
répondre à des signaux sociaux élémentaires, comme de répondre au sourire de
leur maman ou de lui tendre les bras, et il pourrait être mis en place des
thérapies de la communication, destinées à activer les systèmes cérébraux
perturbés.
Des expériences plus récentes ont toutefois montré que, loin de ne montrer
aucune réaction (déficit) à la voix humaine, la « perception de la voix » chez
des sujets présentant des troubles autistiques active une zone située dans
l'hémisphère cérébral droit correspondant à une aire de traitement des émotions
(notamment provoquées par l'écoute de la musique) chez les sujets ordinaires.
Le champ de recherches qui reste est donc vaste.
Lien avec le texte de Monica Zilbovicius, chercheur au C.E.A.
Régimes alimentaires particuliers
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Il a été découvert empiriquement qu'un
régime sans caséine ni gluten peut améliorer significativement la qualité
de la vie de certains patients. Les produits nécessaires à ce régime sont
toutefois difficilement accessibles et coûtent cher.
Par ailleurs, cette amélioration annoncée n'est pas confirmée par les
professionnels impliqués dans l'accompagnement de personnes présentant des
troubles autistiques. Il laisse songeur tous les spécialistes.
Les deux points de vue exposés dans un article de l'INSERM
Théorie de l'esprit
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La théorie de l'esprit est un concept désignant la capacité probablement
innée à inférer à soi-même et à autrui un ensemble d’états mentaux (croyances,
désirs, intentions,…) qui sont à l’origine de nos actions. Elle permet de
comprendre l’environnement social dans lequel nous évoluons, ainsi que de
comprendre et prédire le comportement d’autrui, et par là-même d’adapter le
sien à la situation sociale vécue.
Cette formalisation correspond à plusieurs séries d'expériences. Le
test :"Sally et Ann", reproduit par Baron-Cohen, leslie et Frith en 1985 avec
des enfants autistes, a démontré que seule une petite minorité des enfants
autistes comprennent la notion de fausse-croyance.
Description du test : Deux enfants, Sally et Ann, sont dans une chambre,
chacune a une boîte. Sally dépose une bille dans sa boîte puis sort de la
pièce. Ann sort la bille de la boîte de Sally et la place dans la sienne. Sally
rentre dans la pièce. On pose la question : où Sally va-t-elle chercher la
bille ?
Les enfants sans autisme dès 3-4 ans répondent que Sally va chercher la
bille où elle l'avait laissée, soit dans sa propre boîte. Mais les enfants
atteints d'autisme, qui savent que la bille a été transférée par Ann dans sa
boîte et ne comprennent pas qu'on puisse avoir une autre croyance que la leur,
répondent en majorité que Sally va aller chercher la bille dans la boîte d'Ann.
La difficulté à former des metareprésentations et donc la difficulté à
inférer des états mentaux à soi-même et à autrui, a une importante incidence
sur le comportement. Un individu plongé dans un environnement peuplé de
personnes dont il peine à comprendre et prédire les actions, dont il ne
comprend éventuellement pas le langage, va présenter des comportements
d’évitement, voire d’agression, motivés par l’incompréhension. C'est pourquoi,
la structuration de l'environnement, qui le rend prévisible et compréhensible,
permet à la personne atteinte d'autisme de mieux gérer son déficit en théorie
de l'esprit et améliore les problèmes de comportement.
A propos de la théorie de l'esprit et l'autisme, on peut lire le livre : La
cécité mentale, un essai sur l'autisme et la théorie de l'esprit, de Simon
Baron-Cohen, PUG 1998
En France, l'autisme concernerait plus de cent mille personnes, enfants et
adultes confondus. Ce chiffre sous-estimerait toutefois la réalité. Leur prise
en charge est actuellement trop souvent insuffisante, au grand désespoir de
leurs parents et de leurs proches qui vivent parfois un véritable calvaire du
fait de l'insuffisance de structures adaptées à la prise en charge scolaire,
éducative, sociale et thérapeutique de leurs enfants.
Autisme et cinéma
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L'autisme connaît une médiatisation variant largement d'un pays à l'autre.
Certains films le mettent en scène :
- Rain
Man de Barry Levinson (1989), cette œuvre de fiction retrace les
retrouvailles puis les pérégrinations de deux frères qui avaient vécu de façon
séparés en raison de l'autisme de Raymond, frère aîné joué par un magistral
Dustin Hoffman. Le film joue beaucoup sur la sensibilité des spectateurs,
l'autiste qui y est représenté de manière impressionnante par l'acteur est une
sorte de génie qui manque à être reconnu. Cet aspect de sa personnalité est
loin d'être représentatif de la vie ordinaire d'un autiste.
- Silent Fall de Bruce Beresford (1994) film policier classique où un
enfant autiste est le témoin du double meurtre de ses parents.
-
Code Mercury de Harold Becker (1997) est un film d'action avec
Bruce
Willis qui met en scène un enfant autiste de haut niveau (syndrome
d'Asperger ?) capable de déchiffrer n'importe quelle méthode de
cryptage.
Un passage de ce film pourrait être une allusion à la méthode PECS (voir
(en)
PECS) :
utiliser des images pour tenter de communiquer avec un autiste
-
Cube (1997) de Vincenzo Natali est un film à suspens où un groupe de
personnes se trouve coincé dans un systèmes de cubes dont seul un autiste,
grâce à ces capacités de calcul hors normes, arrivera à trouver la sortie.
-
Les Diables (2002) film de Ruggia
-
Marathon de Jeong Yun-Cheol (2005) qui nous retrace fidèlement la vie
d'un jeune homme autiste qui se prépare pour le marathon de Séoul.
-
Mozart and the Whale (film, 2005) de Petter Naess(2005) C'est
l'histoire d'un génie des mathématiques qui tombe amoureux d'une experte en
art en et musique. Leur amour est compromis par leurs syndrômes d'Asperger.
À noter que le cinéaste François Truffaut avait abordé le cas d'un enfant
dont le comportement évoquait l'autisme au travers de son film intitulé :
L'Enfant sauvage (1969).
Liens internes
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Liens externes
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Générale
- Léo
Kanner, Autistic Disturbances of Affective Contact, Nervous Child 2 (1943)
-
Bruno Bettelheim, La forteresse vide, 1re édition originale, 1967 ;
Gallimard, France, 1969. Un des premiers livres sur l'autisme. Son intérêt est
désormais historique puisque la recherche a amélioré la perception de ce
phénomène.
- Richard Pollak, Bruno Bethelheim ou la fabrication d'un mythe, Editions
les empêcheurs de tourner en rond, avril 2003, (ISBN
2-84671-051-1)
- T. Peeters, Autisme, la forteresse éclatée, éd. Pro Aid Autisme
- T. Peeters, L'autisme, De la compréhension à l'intervention, Ed.Dunod
- Gilbert Lelord, L'exploration de l'autisme : le médecin, l'enfant et sa
maman, Grasset, 1998
- Utah Frith, L'énigme de l'autisme, Ed. O. Jacob
-
Howard Buten, Il y a quelqu'un là-dedans, Ed. O. Jacob
- Howard Buten, Ces enfants qui ne viennent pas d'une autre planète : les
autistes, 2002. (ISBN
2070549550). présentation tout public mais éclairé de l'autisme.
- Tony Attwood - Le Syndrome d'Asperger - Dunod 2003
- BARON-COHEN, S., La cécité mentale, un essai sur l'autisme et la théorie
de l'esprit, P.U.G, 1998.
- BEAUGERIE-PERROT, A. ; LELORD, G .1991. Intégration scolaire et
autisme,Paris, P.U.F.
- DEGRIECK, S. 2002. Penser et créer. De la conception à la concrétisation,
Centre de Communication Concrète, Gent.
- FRITH, Uta.1988. L’énigme de l’autisme, Paris, Odile Jacob.
- GINESTE, Thierry, Victor de l'Aveyron, Hachette Littérature, 2004.
- HAMONET, Claude. 2000. Les personnes handicapées, Paris, P.U.F. coll. Que
sais-je ? 3ème édition.
- JORDAN, R. ; POWEL, S.1997. Les enfants autistes, les comprendre, les
intégrer à l’école, Paris, Masson.
- MESIBOV, Gary B. 1995 pour la traduction. Autisme : le défi du programme
TEACCH, Paris, PRO AID Autisme.
- MONTREUIL, Nicole ; MAGEROTTE, Ghislain. 1994. Pratique de l’intervention
individualisée, Paris, Bruxelles, De Boeck Université.
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