Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07254.jsonl.gz/970

Dans le procès d'un supporter blessé par son propre engin pyrotechnique, le Ministère public de la Confédération a demandé jeudi qu'une peine dissuasive soit prononcée par le Tribunal pénal fédéral. «De tels actes ne doivent pas être minimisés», a souligné la Procureure.
Les faits s'étaient produits en août 2018 lors d'un match de Young Boys (YB). Supporter de cette équipe, l'accusé avait allumé un pétard qui lui avait explosé dans la main. Selon son avocat, il croyait avoir affaire à un «vésuve». En réalité, il s'agissait d'un engin pyrotechnique non autorisé en Suisse.
Dans son réquisitoire, la Procureure de la Confédération a souligné l'effet préventif d'une condamnation auprès des amateurs de ces explosifs. Les fans de foot, de hockey ou d'autres sports qui allument ces engins ne se soucient pas des conséquences de leurs actes, a-t-elle estimé.
«Pas de gants»
Malheureusement, l'affaire jugée ici n'est pas un cas isolé, a poursuivi la magistrate. «Il est d'autant plus important de montrer clairement et résolument que les auteurs de ces actes ne sont pas traités avec des gants et qu'ils sont sanctionnés par des peines appropriées.»
L'accusé, qui est âgé aujourd'hui de 35 ans, a pris en compte le risque pour la santé des personnes qui se trouvaient à proximité, a ajouté la Procureure. Son acte avait pour seul et unique objectif de l'amuser et de renforcer son ego.
La représentante du Parquet a rappelé aussi que l'homme avait déjà allumé des pétards lors d'une fête non autorisée à Berne en avril 2019. Il avait poussé les participants à l'émeute et aurait aussi frappé plusieurs policiers à la tête. Pour ces faits, il a écopé de jours-amendes avec sursis pendant trois ans devant la justice bernoise.
Victime d'une confusion
Dans la présente procédure, la Procureure a prononcé en mai dernier une peine de 6 mois avec sursis. L'accusé a contesté cette ordonnance pénale d'où l'audience de ce jour.
Dans sa plaidoirie, la défense a demandé l'acquittement pour tous les chefs d'accusation. L'avocat a estimé qu'il était facile de confondre un feu d'artifice à main avec un engin pyrotechnique. En allumant ce dernier, son client était dans une erreur de fait: il croyait avoir une sorte de «vésuve» à la main.
Lors de son interrogatoire, l'accusé a estimé qu'il était capable de discernement, bien qu'il ait bu trois litres de bière et un peu de schnaps. Il a indiqué qu'il avait allumé le «vésuve» dans un esprit festif. Il avait reçu l'engin d'un inconnu et avait demandé aux personnes présentes de s'écarter.
L'avocat a souligné que son client n'avait blessé personne et que telle n'était pas son intention. En outre, il était suffisamment puni par les blessures subies à sa main qui ont entraîné l'amputation partielle du pouce et de deux doigts.
Le verdict sera rendu ultérieurement par la Cour des affaires pénales. Cette dernière attend la décision de la Cour d'appel dans un cas similaire.
ATS