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Prise en charge des troubles salivaires dans la sclérose latérale amyotrophique
Rev Med Suisse
2018; volume 14.
1758-1762
Résumé
Lors d’une sclérose latérale amyotrophique, 80 % des patients vont développer une atteinte bulbaire et 50 % une gêne salivaire sévère liée à leur trouble de la déglutition. La salive peut être subjectivement trop abondante ou trop visqueuse. Des bronchoaspirations salivaires et alimentaires répétées sont la deuxième cause de mortalité chez ces patients. Améliorer la gêne salivaire est donc primordial pour leur qualité de vie ainsi que pour la mortalité. Les médicaments prescrits en première intention sont les asséchants salivaires atropiniques. Des mucolytiques permettent de fluidifier les sécrétions visqueuses. Des injections de toxine botulique dans les glandes salivaires, parfois controversées, sont prescrites en deuxième intention, en tenant compte de la sévérité de l’atteinte bulbaire.
IntroductionLa sclérose latérale amyotrophique (SLA) décrite par Charcot au XIXe siècle est une maladie neurodégénérative progressive, incurable, responsable d’une faiblesse musculaire puis d’une paralysie pouvant aboutir à la mort.1 Elle atteint les motoneurones supérieurs (cortex moteur), induisant une rigidité et une spasticité musculaires, et/ou les motoneurones inférieurs (tronc cérébral et tractus cortico-spinal latéral), se manifestant par une irritabilité électrique neuronale avec fasciculations musculaires puis par une dégénérescence neuronale progressive dénervant les muscles et aboutissant à leur atrophie.2 La SLA se présente sous deux formes, consécutives ou simultanées : la forme périphérique (atteinte neuromusculaire périphérique) et la forme bulbaire (atteinte de la musculature innervée par les nerfs crâniens) (figure 1). La majorité des patients souffrant de SLA présentent une atteinte périphérique initiale et 30 % environ une atteinte bulbaire initiale.2 Celle-ci...