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Restaurer Henry van de Velde : le Bloemenwerf
Docomomo Switzerland / TSAM Lectures: Guido Stegen architecte, ARSIS Bruxelles
Pour concevoir à la façon d’un barbare il faut être autodidacte, puiser à une source que ni les styles [...] ni l’enseignement officiel et l’académie [...] n’ont pu corrompre » écrivait Henry van de Velde dans ses mémoires pour désigner la tentative de « conception rationnelle et de forme fonctionnelle » de sa première création architecturale, qui est aussi la première maison conçue pour sa propre famille : le Bloemenwerf.
Les études et les travaux de restauration de la maison Bloemenwerf concernent la villa et le jardin, classés dans leur totalité à titre de monument, et intimement liés par une même dynamique spatiale, c’est à dire ce que Le Corbusier appela la « promenade architecturale ». Tout contribue à la continuité spatiale : la lumière, les couleurs, le lien très étroit entre les espaces intérieurs et les espaces extérieurs.
Chaque solution ou création a une « forme », mais l’absence présumée de tout formalisme aide le restaurateur à chercher la nécessité de la forme dans la lecture et l’interprétation de la matérialité du monument, et à chercher ensuite la mesure de sauvegarde adéquate. À chaque intervention la question se pose : les nécessités ont-t-elles changé ? Et si c’est le cas, quel est leur impact sur la forme ? Une approche ontologique, qui prend appui sur le respect de la matière et de l’énergie, permet de constater qu’un changement de forme apporte peu de réponses aux défis actuels énergétiques et de confort.
La réparation est donc le fil rouge de la restauration, en explorant les limites de la performance et du sens de la réparation. L’intervention se nourrit de références telles que celles formulés par Patrick Geddes (conservative surgery, XIXe siècle), Karl Popper (piecemeal engineering, XXe siècle), ainsi que la notion de « Glocal » (think global, act local). La rigueur de la performance technique et de l’esthétique mène à effacer la distinction entre artiste et l’artisan. La conférence documente cette approche sur la restauration du jardin, des couleurs, de la charpente de toiture, du confort et des menuiseries.
Guido-M. STEGEN (1951) est architecte et fondateur de la société ARSIS en Space Syntax Brussels, active dans le domaine de l’architecture, de l’urbanisme, de la restauration et dans la recherche. Quittant toutes les fonctions officielles en 2018 (enseignement, membre de la Commission royale des monuments historiques), il poursuit ses activités au sein d’ARSIS en visant la restauration (villes, bâtiments, objets, ..). Les résultats de ses travaux et recherches sont partagés dans des formations post-universitaires (ULB, UGent, Chaillot) dans le domaine du patrimoine, de l’urbanisme et de l’énergie, et comme membre du comité scientifique “Programme de recherche, Architecture du XXe siècle” (ministère de la Culture et de l’Énergie, France).