Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06897.jsonl.gz/867

Jeudi, une avalanche spectaculaire s'est abattue sur une station appenzelloise. Dimanche, le danger d’avalanche a été porté au niveau le plus haut dans plusieurs régions du pays. Comment le danger d’avalanches est-il évalué en Suisse?
Jeudi dernier, une coulée de neige d'environ 300 mètres de large a atteint la station de Schwägalp, dans le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures. Elle a enseveli plusieurs véhicules et a pénétré dans un hôtel, faisant trois blessés légers.
L'Institut des avalanches a depuis déclaré le niveau 5 de danger dans plusieurs régions dont le Haut-Valais, l'Oberland bernois et les Grisons. Un niveau d'alerte peu fréquent. Il a été publié pour la dernière fois à grande échelle en janvier 2018 et, plus loin, lors de l'hiver 1999, a indiqué dimanche l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches (SLF) à Davos.
Quelle est la fréquence des avalanches en Suisse?
Au cours des 20 dernières années, en moyenne 100 avalanches impliquant des personnes ont été signalées chaque année. En moyenne, chaque année, 23 personnes meurent dans des avalanches, la majorité (+90%) dans des zones montagneuses où elles faisaient de la randonnée, du ski ou du snowboard hors-piste.
Dans les zones surveillées (routes, voies de chemins de fer ou pistes de ski sécurisées), le nombre annuel moyen de victimes sur 15 ans est passé de 15 à la fin des années 1940 à moins d'une en 2010. La dernière fois que quelqu'un est mort dans un immeuble frappé par une avalanche, c'était en 1999.
Les avalanches comme celle qui a frappé l'hôtel Säntis à Schwägalp sont rares.
Bruno Vattioni, directeur de la société de remontées mécaniques du Säntis, a déclaré vendredi qu’«une avalanche de cette ampleur n'est pas prévisible». En 84 ans d'existence du téléphérique du Säntis, les habitants n'ont jamais rien connu de tel. Normalement, la face sud du Säntis, de l'autre côté du sommet, est la plus dangereuse.
Comment le risque d’avalanche est-il évalué?
Depuis 1945, l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches (SLF) Lien externeà Davos produit deux fois par jour un bulletin Lien externeà partir des données recueillies par 200 personnes formées et 170 stations de mesures automatiques réparties dans les Alpes suisses. Ces informations sont partagées et utilisées par la police, les cantons, les communes, les stations de montagne, les services de secours et d'autres professionnels à travers le pays.
La surveillance et la protection contre les avalanches est-elle efficace?
La densité du système d'alerte avalanches et le niveau d'expertise sont uniques en Suisse. Toutes les avalanches ne peuvent toutefois pas être prévues, explique à swissinfo.ch Frank Techel, prévisionniste du SFL.
«Nous disposons d'un vaste réseau d'observateurs répartis uniformément à travers les Alpes et le Jura. Mais nous n'entendons parler que d'une part de toutes les avalanches. Nous ne pouvons pas enregistrer toutes les avalanches car la visibilité est parfois mauvaise ou les chutes de neige abondantes et elles peuvent passer inaperçues si elles se produisent loin d'une zone habitée. Nous n'avons pas un observateur dans chaque vallée», dit-il.
Depuis l'hiver meurtrier de 1951, la prévention en matière d’avalanche s'est considérablement améliorée. Cela a conduit à la création de bulletins d'avalanches, à la cartographie des risques et à des projets d'atténuation des risques. Des protections paravalanches ont été installées dans les Alpes. Aujourd'hui, ils s'étendent sur plus de 1000 kilomètres, protégeant les stations et d’autres endroits à risque.
En novembre dernier, les connaissances, l’expertise et les stratégies de gestion des risques d'avalanches de la Suisse et de l'Autriche ont été officiellement classés au patrimoine immatériel de l'humanité par l’UNESCO.
Le graphique ci-dessous montre la quantité de neige au 10 janvier.
Existe-t-il des règles concernant l'endroit où les bâtiments peuvent être construits en ce qui concerne les avalanches?
Les cartes des dangers sont utilisées par les autorités cantonales et communales pour définir les zones où les avalanches sont fréquentes, les zones de construction sûres et les zones où des mesures de protection supplémentaires sont nécessaires.
Que se passe-t-il si le risque d'avalanche est élevé?
Dans les régions sensibles, une commission locale des avalanches – qui peut comprendre des responsables locaux, des policiers, des guides de montagne et des employés des stations de ski – se réunit généralement pour analyser les prévisions régionales et d'autres données météorologiques locales. Ils évaluent les conditions et décident de mesures appropriées, qui peuvent comprendre la fermeture de stations de ski, de sentiers de randonnée, de routes, de bâtiments ou l'évacuation des résidents et touristes.
Quelles précautions doivent prendre les personnes qui visitent les Alpes?
Si les touristes se rendant dans les Alpes sont inquiets des risques potentiels de neige et d'avalanches, ils doivent se renseigner auprès de leur tour-opérateur ou de l'office du tourisme local. D'autres informations actualisées sur les avalanches et la météo sont disponibles sur les sites Internet suivants: SFLLien externe, la météo RTSLien externe et MétéoSuisseLien externe.