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Le lobby agro-industriel fait de plus en plus pression pour une déréglementation des techniques dites SDN-1, visant à muter des gènes individuels avec les nouveaux outils du génie génétique dont CRISPR/Cas9. Mais des effets secondaires insoupçonnés de telles interventions, annoncées comme ciblées et précises, ont été découverts. Un encadrement juridique moins strict de ces techniques n'est scientifiquement pas justifiable.
Un projet mené par le laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL) a consisté à muter, un par un, dans des cellules en culture, une panoplie de 136 gènes à l'aide des ciseaux moléculaires CRISPR/Cas9. Un des buts de ce projet était de déterminer la fonction de ces gènes en supprimant la production de la protéine codée par chacun de ces gènes. Mais les chercheurs ont fait des constatations surprenantes. Un tiers des gènes, endommagés par l’intervention par CRISPR/Cas9, ont continué à produire des protéines. Plus étonnant encore, certaines des protéines produites étaient encore partiellement fonctionnelles.
Ce résultat indique qu'il faut vérifier au cas par cas si les gènes "éteints" au moyen de ciseaux moléculaires ne codent effectivement plus pour une protéine. Jusqu’à maintenant, une telle validation n’était souvent pas exigée par les revues scientifiques. Par conséquent, les résultats de douzaines, voire de centaines d'études pourraient être trompeurs, écrivent les auteurs. Dans le cas des produits alimentaires, il est également possible que des protéines partiellement fonctionnelles soient produites après l’intervention génétique. Certaines de ces protéines pourraient avoir un effet allergène, voire toxique. Un exemple potentiel pourrait être les champignons qui ne brunissent plus, autorisés à la production aux Etats-Unis. Afin d'écarter cette possibilité, il faudrait réaliser des études supplémentaires, mais les entreprises agricoles ne sont pas intéressées.
Une autre étude récente montre que les ciseaux moléculaires CRISPR/Cas9 pourraient réserver d'autres surprises. Les chercheurs de l'Institut d'édition génétique de Christiana Care (USA), un centre de recherche biomédicale de premier plan, ont développé un nouvel outil a qui a permis de mettre en évidence les nombreuses mutations involontaires de l’ADN autour de la séquence ciblée par CRISPR/Cas9. Cette technique, précise et rapide, promet aussi d’être une véritable avancée dans la détection d’organismes génétiquement modifiés par CRISPR/Cas9.
- Lien externe : Les chercheurs ont supposé que la mutation des gènes par CRISPR/Cas9 les désactivaient - mais ils avaient tort
- Lien externe : Un nouvel outil d'analyse rapide de l’édition génomique par CRISPR/Cas9 révèle de fréquentes modifications involontaires
- Lien externe : Here’s Why Many CRISPR/Cas9 Experiments Could Be Wrong – and How to Fix Them