Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07192.jsonl.gz/517

21/03/2022 // Bilan d'une saison cauchemardesque
Suite à une saison 2021 très encourageante, avec en prime une sélection dans le groupe d'entraînement Coupe du monde, tous les voyants étaient au vert pour 2022. La préparation estivale s'est très bien déroulée et j'ai pu profiter à merveille des moyens mis à disposition par le nouveau groupe. Ensuite, j'ai atteint mon premier objectif de la saison, en étant au départ des entraînements de la Coupe du monde de Lake Louise. Lors du premier essai chronométré, j’ai terminé à une belle 28e place en tant que 5e Suisse. Sachant que huit Suisses étaient sélectionnés, il me fallait simplement confirmer la prestation le lendemain, lors de l'ultime entraînement.
Malheureusement, à partir de cette date, rien ne s’est déroulé comme prévu... J'ai échoué au stade des qualifications internes en tant que 10e et dernier Suisse. Lors des courses de décembre, ma santé m’a joué des tours et tant à Zinal qu'à Santa Caterina, je n’étais pas à 100% au moment de prendre le départ. Ensuite, j’ai pris le temps de récupérer pendant les fêtes de fin d'année avant de retourner à l'entraînement début janvier. C'est alors que je me suis fracturé la tête de l'humérus lors d'une manche d'entraînement de super-G à Saalbach.
D’emblée, les médecins m’ont dit : « Ça peut prendre 3 semaines comme 3 mois, ça dépend des athlètes. » J'avais le choix soit de laisser guérir gentiment soit de prendre des antidouleurs ou de recevoir une injection de cortisone pour masquer la douleur et continuer la saison. J'ai préféré privilégier la guérison naturelle, certes plus lente mais certainement plus saine sur le long terme.
Comme les médecins m'avaient précisé que je ne risquais pas d'aggraver ma blessure en skiant, j'ai essayé de revenir d'abord fin janvier en Coupe d'Europe, puis mi-février. Mais rien n'y a fait : la douleur et le manque d'entraînement m'empêchaient d'évoluer à mon meilleur niveau. Les courses de Coupe d'Europe et de Coupe du monde étant terminées, j’ai alors pris la décision, en concertation avec les entraîneurs, de mettre un terme à ma saison 2022.
A l'heure du bilan, j'ai de la peine à mettre des mots sur ce que je ressens. Je me suis investi à 200% lors de la préparation estivale et j'ai bénéficié des meilleures conditions d'entraînement de ma carrière. Mais par rapport à mes attentes, cette saison a paradoxalement été la moins bonne depuis que je suis dans les cadres nationaux. Je suis donc soulagé de tourner la page et de clore le chapitre 2022 ; je vais tout faire pour ressortir grandi de ces derniers mois et j'ai déjà le regard tourné vers l'avenir. Je reste convaincu que mon niveau du mois de novembre était bon, bien que je n'aie pas pu le prouver concrètement. Quand je regarde ce que mes coéquipiers ont réussi à montrer cet hiver, notamment Yannick Chabloz, et que je sais que je n'étais pas loin durant la préparation, je me permets de rêver à un avenir plus radieux.
Mais dans l'immédiat, je vais profiter des quelques semaines où les installations vont rester ouvertes pour mettre au point du matériel et affiner ma technique.