Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07099.jsonl.gz/851

1901
Le 14 août, naissance d’Alice Golay à Rovray, dans le nord vaudois. Elle est l’enfant unique de Paul Golay et Ida Etter.
1904-10
Enfance à Clarens. Découverte de la musique et du pouvoir des mots.
1910
Paul Golay quitte son poste d’enseignant pour reprendre la direction du journal, Le Grutléen, à Lausanne et se consacrer au parti socialiste naissant. Ce changement génère une insécurité matérielle et un contexte moins serein dans la famille.
1915
Alice Golay partage les idées de son père et s’inscrit aux Jeunesses socialistes.
1917
Elle quitte l’Ecole supérieure de jeunes filles pour entrer au Conservatoire de Lausanne. Sa virtuosité de piano est compromise à cause de la taille de ses mains, trop petites pour jouer le programme exigé.
1922
Après avoir obtenu un diplôme d’enseignement du piano, elle séjourne à Heidelberg pour perfectionner son allemand. Par la suite, elle prend des cours d’anglais et de sténodactylographie qui lui permettent d’envisager une réorientation professionnelle.
1925-39
Elle entre au Bureau International du Travail (BIT) comme sténodactylographe et s’installe à Genève. Suivent quinze années de travail soutenu au sein de cette organisation, où elle mène une vie de femme libre et indépendante, refusant le mariage. Elle se met à écrire.
1939
Le BIT se replie à Montréal au moment de la Déclaration de guerre. Au chômage, elle termine son premier roman, Nuages dans la main, qu’elle publie en 1940 à la Guilde du Livre, grâce au soutien de Ramuz. Elle signe de son pseudonyme d’auteur, Alice Rivaz.
1940-45
Alice Rivaz publie des articles et des nouvelles. Elle collabore à la Guilde du Livre et se voit confier par Ramuz le travail d’élaboration d’une Anthologie de la poésie française, parue en 1943.
1945
Elle publie « Présence des femmes », premier texte sur la condition des femmes en littérature, qui précède les réflexions féministes de Simone de Beauvoir.
1946
Comme le sable paraît à Paris chez Julliard. Ce roman, dont l’intrigue se situe en 1928, met en scène des personnages travaillant dans une institution de la Genève internationale, avec la crise économique qui se profile en arrière-fond.
1947
Atteinte de tuberculose, Alice Rivaz passe plusieurs mois en cure à Montana (actuellement Crans-Montana, Valais). Elle publie La Paix des ruches, qui constitue le développement littéraire de sa réflexion féministe. Le roman ne rencontre pas l’audience qu’il mérite. Par nécessité économique, Alice Rivaz reprend le chemin du BIT où elle désormais « assistante de recherche ».
1947-59
Son emploi au BIT et la prise en charge de sa mère, devenue veuve en 1951, la contraignent à mettre entre parenthèses sa carrière littéraire.
1959-61
Après la mort de sa mère, Alice Rivaz prend une retraite anticipée et se consacre entièrement à l’écriture. Après 15 ans de silence, elle signe un recueil de nouvelles, Sans alcool.
1966
Encouragée par son ami, l’écrivain et professeur genevois Marcel Raymond, Alice Rivaz publie Comptez vos jours, recueil de prose poétique autobiographique, chez le prestigieux éditeur Corti à Paris.
1967
Alice Rivaz écrit Le Creux de la vague suite du roman Comme le sable. L’intrigue se situe en 1933 et met en scène la montée du fascisme et de l’antisémitisme à Genève. Elle aborde aussi la question de l’homosexualité, trois sujets tabous à l’époque.
1968
Alice Rivaz consacre un récit à sa petite enfance, L’Alphabet du matin, dans lequel elle imbrique l’histoire de sa famille et celle de la société durant les premières années du XXe siècle.
1970
2e édition de La Paix des ruches, préfacée par Marcel Raymond. Avec une génération de retard, le texte trouve enfin son public. Après un second recueil de nouvelles, De Mémoire et d’oubli (1973), le dernier roman d’Alice Rivaz, Jette ton pain, est unanimement salué par la critique comme une œuvre majeure.
1980
Alice Rivaz reçoit le Grand Prix Ramuz pour l’ensemble de son œuvre. Ce nom qui n’est pas le mien réunit les essais et textes autobiographiques d’Alice Rivaz, dispersés dans des revues.
1983-85
Traces de vie, extraits des cahiers tenus au jour le jour par l’autrice entre 1939 et 1982, sera suivi d’un dernier essai sur son ami poète, Jean-Georges Lossier poésie et vie intérieure.
1998
Alice Rivaz meurt le 27 février à l’EMS Les Mimosas à Genthod où elle a passé ses cinq dernières années. Elle est enterrée au cimetière des Rois, où reposent les célébrités genevoises.
Fille d’Ida et Paul Golay, Alice Rivaz aborde la vie armée de la lucidité politique acquise auprès de parents exceptionnels.
Grâce à une vie de femme libre à Genève et un appartement « à soi », Alice Rivaz publie en 1940 un premier roman remarqué.
Alice Rivaz écrit l’Histoire du siècle à partir du temps vécu par des personnages au sein d’une organisation internationale.