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La dépression
Les types de dépression
On peut compter 4 différents types de dépression.
1. La dépression psychologique ou réactionnelle
Les causes de la dépression psychologique ou réactionnelle sont les événements négatifs de la vie qui nous affectent tous. Les raisons les plus difficiles de la dépression psychologique sont la perte d’emploi, les ruptures affectives, le décès d’un proche ou un divorce, etc.
Le système psychologique de l’humeur gère l’adaptation affective et émotionnelle de ces événements.
La dépression due aux événements défavorables est simplement une réaction normale. Tout le monde sera confronté un jour, tôt ou tard au cours de sa vie, à des événements défavorables et fera l’expérience de ce type de dépression. Cependant, malgré son allure désagréable, elle reste normale, naturelle et légitime.
L’intensité et la durée de la dépression psychologique (ou réactionnelle) sont proportionnelles à la gravité de l’événement (de la cause) qui les ont provoqués. Plus l’événement est grave, plus l’intensité de la dépression sera élevée.
2. La dépression due à la personnalité
La personnalité est innée, elle représente notre manière de fonctionner. Nous sommes différents selon notre façon de réagir et de nous comporter. Quand la personnalité présente des traits exagérés, comme par exemple être trop suspicieux, trop entêté, trop méfiant, trop naïf, etc. l’adaptation à la vie génère de la souffrance.
Ce type de dépression est toujours déclenché par les événements de vie, même anodins, mais qui sont “digérés” difficilement par les traits problématiques de la personnalité. “Digérés difficilement” signifie que les événements de la vie génèrent des réactions émotionnelles amplifiées. “Digérés difficilement” traduit ainsi une amplification des réactions émotionnelles d’adaptation aux évènements.
On trouve ce type de réactions amplifiées dans certains troubles de personnalité (comme borderline, personnalité dépendante ou atrophiée, etc.) où la dépression est une caractéristique dominante. Nous avons rencontré beaucoup de patients dépressifs avec des troubles de la personnalité qui n’avaient pas été diagnostiqués.
Le mode négatif de pensée ou un système de références négatives constituent également des causes de dépression. En effet, ils influencent le résultat thymique de l’adaptation. Par conséquent, ces personnes seront trop affectées par la dynamique de la vie et en souffrent trop souvent.
3. La dépression biologique
Le système biologique de l’humeur comprend tous les éléments du corps qui peuvent influencer l’humeur : les glandes, les neurones, les hormones, le système vasculaire, le cerveau, etc. Le système biologique de l’humeur peut être déréglé par diverses causes externes ou internes. De ce fait, si un élément (comme la thyroïde) du système biologique de l’humeur est déréglé, cela peut déclencher la dépression de type biologique. Par exemple en hypothyroïdie, la diminution de la sécrétion hormonale de la thyroïde est une cause biologique interne qui déclenche la dépression biologique.
D’autres facteurs peuvent causer la dépression biologique comme les médicaments, les traumatismes cranio-cérébraux, les facteurs génétiques, la prise de substances toxiques (alcool, cannabis, cocaïne, extasy, héroïne, etc.), la perturbation du sommeil, certaines maladies, le cycle menstruel ou la ménopause, etc.
Même un médicament anodin (comme l’ibuprofène par exemple) peut dérégler le système biologique de l’humeur et déclencher une dépression. Il suffit de lire la notice des médicaments pour constater parfois un risque relatif de dépression.
Le dérèglement du mécanisme biologique de l’humeur réagit par une amplification permanente des réactions émotionnelles. Ces patients ne sont pas toujours conscients que leurs réactions sont parfois exagérées par rapport aux événements et qu’un rien peut les affecter.
La dépression biologique n’est pas généralement considérée comme cause possible de la dépression. Elle n’est donc pas diagnostiquée, car dans les manuels de psychiatrie, il n’existe pas vraiment de description correcte du système de l’humeur, sauf les modèles pharmacologiques. Mais ces derniers sont plus théoriques que réels (avec la sérotonine, noradrénaline, dopamine, etc.).
4. La dépression mixte (psychologique et biologique)
Le plus souvent la dépression est mixte, à la fois psychologique, et/ou biologique, et/ou liée à la personnalité. La dépression mixte est le résultat d’une perturbation simultanée du système psychologique, de personnalité ou biologique de l’humeur. Prenons par exemple le cas d’un jeune qui subit une rupture affective (cause psychologique), tout en étant borderline (cause de personnalité) et qui de plus fume du cannabis (cause biologique).
La dépression mixte a une caractéristique peu connue : l’amplification disproportionnée de l’intensité et de la durée des réactions émotives par rapport à la gravité des événements de vie.
Cette amplification disproportionnée des réactions émotives est l’empreinte spécifique (peu connue) de la dépression mixte. Elle agit comme si le système psychologique de l’humeur était parasité par le système biologique de l’humeur ou par un trouble de la personnalité. Ce parasitage dans le système de l’humeur donne la sensation de blocage intérieur dont beaucoup de patients se plaignent.
C’est pourquoi la principale difficulté du traitement de la dépression réside dans l’identification correcte de ses causes. C’est elle qui va déterminer l’efficacité ou l’inefficacité d’un traitement adapté ou inadapté.
L’influence de la composante biologique ou de la personnalité sur l’humeur peut affecter une vie entière. Elle peut bloquer indéfiniment le potentiel d’évolution de la personne, et carrément lui gâcher la vie.
Le diagnostic de la dépression
Selon les manuels diagnostiques CIM 10 ou DSM V, le diagnostic de la dépression s’appuie sur la reconnaissance de 5 symptômes parmi 9 :
- Une humeur dépressive,
- Une diminution de l’intérêt pour les activités et la disparition du plaisir pour les activités agréables,
- Une modification de l’appétit alimentaire et du poids,
- Des troubles du sommeil,
- Un ralentissement psychomoteur ou une agitation,
- De la fatigue,
- Un sentiment de dévalorisation,
- Des difficultés d’attention ou de concentration,
- Des idées noires.
Ce diagnostic est très restrictif et ne prend pas en compte les causes. Or la clé de la problématique de la dépression réside dans l’identification correcte des causes et de leur nature. C’est comme si le diagnostic d’un problème mécanique devrait se résumer à un simple constat établissant que la voiture est en panne, alors que le diagnostic correct doit trouver le fondement de la panne.
Nous n’avons pas besoin de cette liste de 9 manifestations pour reconnaître une personne dépressive ! La priorité est la compréhension des mécanismes et des causes de la dépression.
La psychiatrie actuelle ne bénéficie pas d’un modèle utile et capable d’expliquer d’une manière simple les mécanismes de la dépression, pour identifier correctement ses causes de la dépression.
Donc, il faut explorer, analyser et décomposer toutes les raisons possibles de la dépression pour établir ses origines. Par exemple, les dépressions mixtes ont une causalité mixte avec une ou plusieurs causes psychologiques et une ou plusieurs causes biologiques, sans parler de la personnalité.
Ainsi, la dépression de chaque patient reste unique, malgré le fait d’avoir la même présentation, mais a des sources différentes.
Pour traiter efficacement chaque dépression, il faut identifier correctement les causes pour que le traitement soit adapté et spécifique aux causes.
En conclusion, dans le diagnostic de la dépression, il faut déterminer si la dépression est psychologique, si elle est due à la personnalité, si elle est uniquement biologique ou si elle est bien mixte.
C’est une erreur de traiter toutes les dépressions avec le même traitement (psychothérapie et/ou un antidépresseur).