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Blaireau
Le blaireau (Meles meles) est la plus grosse espèce de mustélidé d’Europe. Il est trapu et peut atteindre 70 cm de long (90 cm avec la queue) pour une vingtaine de kilogrammes. Il est reconnaissable aux bandes longitudinales noires qu’il porte sur le museau. La femelle, généralement de même taille que le mâle, est appelée blairelle. Les petits sont les blaireautins. Il est plantigrade (ce qui l’avait fait classer autrefois avec les ursidés).
Nocturne et omnivore (insectes, rongeurs, tubercules, champignons, très rarement œufs et jeunes lapins), il n’a pas bonne réputation auprès des agriculteurs et des chasseurs. En fait, les végétaux constituent une part bien plus importante de son alimentation que chez les autres mustélidés et les services qu’il rend en détruisant une foule de mollusques, rongeurs et insectes (il dévaste les nids de bourdons et de guêpes) l’emportent largement sur les dégâts qu’il peut causer.
Terriers
C’est un animal fouisseur, capable de construire de vastes galeries familiales dans les sols les plus durs. Mais il ne dédaigne pas s’installer dans des terriers existants (renards), bien que ce soit plus souvent, à l’inverse, les animaux moins bien dotés pour ces travaux qui investissent le terrier du blaireau. Un même terrier peut être habité des dizaines, voire des centaines d’années, remanié de génération en génération. Un clan familial de blaireaux (un clan est formé d’un groupe de 2 à 5 blaireaux plus d’un à 3 jeunes) occupe le terrier principal.
Ce terrier est composé de plusieurs galeries qui peuvent descendre jusqu’à 3 ou 4 m de profondeur, elles mènent à des "chambres" où mâles, femelles et jeunes passent la journée tranquillement à dormir ou à se reposer sur des litières constituées de feuilles, de mousse et d’herbes séchées qui sont changées fréquemment. Le terrier des blaireaux se trouve généralement souvent au niveau de reliefs (butte, falaise, talus…). Ils apprécient aussi la proximité des arbres et buissons à baies, tels que le sureau dont ils se régalent l’époque venue (la prolifération de ces arbres doit beaucoup aux animaux, ils en rejettent les graines dans leurs excréments — ce qui n’empêche pas la germination, bien au contraire). Le blaireau est un grand terrassier, pour creuser les galeries de son terrier il peut remuer jusqu’à 40 tonnes de terre.
Des arbres griffés jusqu’à une hauteur de 1,40 m peuvent aussi témoigner de sa présence. Certains terriers sont tellement importants qu’il y a 30 à 40 entrées, dans ce cas la surface occupée par le terrier peut atteindre 2 000 m². On parle alors de "donjon" ou de "forteresse". En moyenne la taille de son territoire couvre 40 à 50 hectares.
Reproduction et mode de vie
À l’âge de 2 ans les blaireaux sont en âge de se reproduire. L’époque de la reproduction se déroule principalement du mois de janvier au mois de mars. Une femelle peut s’accoupler avec plusieurs mâles d’un même clan et peut être réceptive à d’autres périodes de l’année. L’ovule fécondé reste en attente pendant 10 mois avant de se fixer dans l’utérus (ovo-implantation différée). La période de gestation à proprement parler ne dure que deux mois environ. Les petits naîtront l’année suivante en février – mars.
Les blaireautins vont naître en général vers les mois de février – mars. La portée de 2 à 7 blaireautins restera avec la mère dans le terrier, car comme beaucoup de petits de mammifères à leur naissance, ils ne sont pas en mesure de se déplacer et n’ont pas suffisamment de pelage pour se protéger du froid. Ils ont les yeux fermés. Ils commenceront à sortir du terrier familial vers l’âge de un mois et demi, et seront allaités pendant 3 mois.
Le blaireau n’étant pas très prolifique, il a pâti dans les années 70 des campagnes de gazage de terriers censés lutter contre la rage. La politique de l’époque était de gazer les renards pour enrayer la progression de la rage. Or si cela n’a jamais empêché le virus de progresser chaque année (jusqu’à l’apparition d’un vaccin dispersé sous forme d’appâts), en revanche les terriers gazés étaient souvent occupés par des blaireaux, qui mouraient soit d’asphyxie, soit sous les balles des chasseurs les attendant à la sortie.
Les blaireaux ne sortent que le soir venu pour aller à la recherche de nourriture et déféquer. Le blaireau peut faire ses besoins dans le terrier, dans des chambres spéciales, mais il les fait le plus souvent à l’extérieur dans des trous en forme d’entonnoir creusés à cet effet. Avant d’aller à la chasse, une séance d’épouillage est pratiquée, qui consiste à se mettre sur le dos et à se gratter ventre et flancs avec les dents et les griffes.
Les petits restent devant le terrier à jouer en attendant d’être nourris. Leurs jeux sont une imitation de la vie des grands (fausse bagarre, creuser, trouver la litière propre et la coincer sous le menton et la poitrine pour la rentrer à reculons). En octobre les petits atteindront presque la taille des parents. Pendant la période hivernale le clan va connaître une période de repos (et non d’hibernation) : ils réduisent très fortement leur activité et vivent sur les réserves de graisse fabriquée pendant l’automne (durant cette période un blaireau peut augmenter son poids de 60%). La dispersion est encore mal connue. Il semblerait que ce soit les plus vieux individus qui quittent le clan et non les jeunes comme chez la plupart des espèces.
Le blaireau peut vivre au maximum 14 ans dans la nature et 16 ans en captivité. Mais en réalité, il est victime d’une mortalité importante, car 50 % des jeunes périssent dans leur première année. Ensuite la mortalité des adultes est d’environ 30 % par an. Elle touche davantage les mâles, d’où une prépondérance des femelles. Les causes de mortalité sont le trafic routier et les persécutions (chasse et piégeage).