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Il en a été tout autrement dès le début du 20e siècle, alors que les cas de maladie ne cessaient d’augmenter. Après des épidémies moins importantes en 1901 à Lommis (canton de Thurgovie), en 1904 à Interlaken (canton de Berne) en 1909 / 1910 vers Porrentruy (actuel canton du Jura) ainsi qu’à Langenthal (canton de Berne), la poliomyélite a été soumise à l’obligation de déclaration lorsque la guerre fut déclenchée dans des pays proches en 1914, car on craignait alors une augmentation des cas provoquée par des afflux de réfugiés et des mouvements de troupes.
Alors que ces craintes s’avérèrent d’abord infondées, une épidémie plus importante se déclara en 1923 avec 257 cas recensés en Suisse. Le canton de Lucerne en compta à lui seul 77 et celui de Schwyz 23 (surtout à Sattel). Quelques années plus tard, le pays compta encore 229 nouveaux cas en 1929 (dont 57 dans le canton d’Argovie) et 351 en 1931. Cette fois le canton de St-Gall fut le plus touché avec 136 cas. Chaque année avait son lot de nouvelles déclarations.
La Suisse fut cependant épargnée par les grandes épidémies jusqu’en 1936. Mais cette année-là et durant les suivantes, le nombre d’infections augmenta de façon conséquente, avec chaque fois plus de 1‘000 déclarations (en 1936: 1‘269, en 1937: 1‘494). De nouvelles épidémies frappèrent la Suisse en 1941 avec 1‘479 cas, dont un grand nombre dans le canton de Zurich, et en 1944 avec 1‘793 cas, dont un foyer important dans le canton de Berne.
La dernière épidémie très importante, avec 1‘628 cas, toucha la Suisse en 1954, soit une année avant l’annonce de la découverte d‘un vaccin efficace. Il fallut attendre fin 1956 – début 1957 jusqu’à ce qu’il puisse être introduit en Suisse. C’est pourquoi 973 cas apparurent encore en 1956. Puis les vaccinations firent leur effet, bien qu’au départ elles n‘aient été administrées qu’à certains groupes d’âge. Rapidement, le nombre de déclarations de cas diminua considérablement et après l’introduction en 1965 d’un nouveau vaccin, plus facilement administrable, pour la première fois depuis un demi-siècle aucun cas ne fut annoncé dans l’année. Jusqu’en 1982, leur nombre oscilla entre 0 et au maximun 2 par année (12 au total). Depuis lors, à l’exception d’une polio en 1989 déclenchée par un virus vaccinal modifié, aucun nouveau cas de poliomyélite n’apparut en Suisse. Depuis 2002, l’Europe entière est libérée de la polio et les efforts consentis par l’OMS tendent vers une éradication totale dans le monde en 2018.
Malgré ces importants succès et l’absence de nouveaux cas en Suisse, une vaccination systématique contre le poliovirus est encore indispensable. En raison des flux de réfugiés et autres mouvements migratoires comme le tourisme, le virus de la polio peut être importé à tout moment en Suisse. Même un seul cas isolé qui se caractérise par des formes de paralysie signifie pour la Suisse entre 100 et 1‘000 personnes infectées (parmi lesquelles 99% des infections n’entraînent aucune paralysie), qui pourraient à leur tour contaminer d’autres personnes. Jusqu’au moment où l’OMS aura atteint son but d‘éradiquer le poliovirus, le danger d’une épidémie demeure présent même en Suisse.
Pour éviter cela, il est très important qu’un taux global de vaccination d’au moins 85% soit conservé.