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L’essentiel en bref
- Les personnes atteintes de la maladie cœliaque sont contraintes à renoncer aux produits à base de blé, car elles sont allergiques au gluten qu’il contient.
- En raison de la complexité du génome du blé, il est très difficile d’obtenir une réduction de la teneur en gluten par la sélection conventionnelle.
- La technologie CRISPR/Cas a permis de réduire fortement la teneur en gluten dans le blé.
Le défi
Environ un pour cent de la population souffre de la maladie cœliaque. Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin grêle d’origine immunologique, provoquée par le gluten, une protéine qui sert de « colle végétale ». Étant donné que cette substance est présente dans les céréales principales comme le blé, le seigle et l’orge, les personnes concernées doivent éviter de nombreux aliments. Le fait de ne pas consommer de blé, présent dans de nombreux aliments comme le pain et les pâtes, limite fortement le choix des aliments. C’est pourquoi les personnes concernées ont souvent du mal à s’alimenter de manière équilibrée. Cela peut entraîner des carences en glucides, fibres alimentaires et micro-nutriments ().
La stratégie actuelle
Les personnes atteintes de la maladie cœliaque se tournent vers des céréales de niche comme le millet et l’avoine ou des pseudo-céréales comme le sarrasin et le quinoa. La farine de riz ou de maïs peut également être utilisée pour la cuisson, mais leur goût diffère beaucoup de celui du blé.
Le potentiel des nouvelles méthodes de sélection
On essaie depuis longtemps de sélectionner des variétés de blé à teneur fortement réduite en gluten pour permettre aux personnes atteintes de la maladie cœliaque de manger à nouveau du blé malgré leur allergie au gluten. Dans le génome du blé, les composants allergènes du gluten (certaines gliadines et gluténines) sont cependant codés par un grand nombre de gènes (). En utilisant la sélection par mutation conventionnelle, il faudrait combiner par croisement des gènes de gliadine et de gluten mutés au hasard, puis les rétrocroiser pour éliminer les caractéristiques non souhaitables. Compte tenu du grand nombre de gènes impliqués et de la complexité du génome du blé, cela est pratiquement impossible. L’édition génomique, quant à elle, permet de désactiver simultanément et de manière ciblée de nombreux gènes.
Stade de développement
La technologie CRISPR/Cas a permis, en désactivant jusqu’à 35 des 45 gènes codant pour un groupe spécifique de gliadine (α-gliadines), de réduire jusqu’à 82 % la proportion de gliadines dans deux lignées de blé panifiable et une lignée de blé dur. Le système CRISPR/Cas9 utilisé à cet effet a ensuite été éliminé par croisement afin de l’exclure du génome. Aucune mutation non souhaitée n’a été détectée ().
Perspectives
Cette méthode devrait également permettre de réduire la teneur en gluten dans d’autres variétés de blé. Pour que le blé soit réellement toléré par les personnes atteintes de la maladie cœliaque, il faudrait toutefois réduire encore davantage la teneur en composants allergènes du gluten. Pour que le blé puisse continuer à être utilisé pour la cuisson, il faudrait cependant que d’autres composants non allergènes du gluten soient conservés. Ce but pourrait être atteint en éliminant ou en réécrivant de manière ciblée certains gènes de la gliadine et du gluten (). Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour savoir si cette méthode permet de développer un blé qui soit à la fois adapté à la cuisson et toléré par les personnes atteintes de la maladie cœliaque.