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Aliénation parentale
Interview
Entretien avec une personne qui a du faire face à de l’aliénation parentale de la part de l’autre parent. Cette personne a été d’accord de témoigner de manière anonyme.
Pour une meilleure compréhension de vocabulaire : Parent Aliénant : c’est la parent qui manipule, dénigre, intoxique son enfant afin que celui-ci rejette l’autre parent Parent Aliéné : c’est le parent qui est dénigré par l’autre parent
Comment avez-vous pu reconnaître que vous étiez face à de l’aliénation parentale en 2012 ?
Réponse:
L’autre parent, dans la gestion de notre enfant, critiquait tout ce qui venait de moi. L’autre parent qui en avait la garde a décidé ensuite de partir très loin de l’endroit où j’habitais afin de m’éloigner de mon enfant. Puis, cette personne a mis tout en place afin de me compliquer au maximum un droit usuel de visite. J’ai constaté une fusion énorme entre mon enfant et l’autre parent aliénant. L’autre parent faisait vivre ses propres angoisses contre moi à mon enfant. Mon enfant faisait sienne alors les angoisses de l’autre parent. L’aliénation pouvait alors se développer telle une maladie mortelle.
Comment avez-vous réagi entre 2012 et aujourd’hui ?
Réponse:
Au début je ne voulais pas croire que l’aliénation parentale allait s’installer. En fait, j’ai toujours été optimiste et pensé que tout ne pouvait que bien se passer (naïf). Et pour dire vrai : je ne connaissais pas cette notion d’aliénation parentale. Je pensais qu’entre adultes, avec la mère, nous allions nous partager nos rôles de parents. Erreur : je comprends mieux maintenant lorsque l’autre parent me disait : « si tu me quittes, tu ne reverras plus ton enfant ». Elle a tout fait pour que cela se produise.
Comment votre situation a évoluée tout au long des années ?
Réponse:
l’aliénation parentale s’est développée de manière constante au fil des années jusqu’à devenir extrême au point d’être accusé d’attouchements sur mon enfant. J’ai du faire face à la prison préventive et prouver dans trois procès gros et pénibles que j’étais innocent. Ensuite, l’aliénation parentale est devenue totale. J’ai interpellé la Justice civile en 2020, mais celle-ci ne peut rien face à l’aliénation parentale qu’elle ne reconnait par ailleurs pas. Quant au service de la Protection de la Jeunesse, il ne peut que constater les dégâts. Les cas d’aliénation parentale sont bien trop complexes pour ce Service de l’Etat. Par conséquent, il est plus simple qu’il fasse en sorte que l’enfant continue à vivre avec l’autre parent. Ce Service est aussi impuissant que la Justice face à l’aliénation parentale.
L’aliénation parentale quant elle est bien mise en place par l’autre parent est alors à considérer comme un : « crime parfait ».
Avec le recul d’aujourd’hui, et pour autant qu’il soit possible de remonter le temps, comment réagiriez-vous entre 2012 et aujourd'hui ?
Réponse:
J’essaierai de notifier auprès du Juge tout comportement de la mère allant dans le sens de l’Aliénation parentale.
J’essaierai de promouvoir la médiation, même si dans le cas où un des parents ne souhaite pas discuter, la médiation devient alors inutile.
Je ne parlerai jamais à mon enfant de mon conflit avec l’autre parent. Même de manière indirecte. Il s’agit de ne montrer aucun signe qui puisse mettre votre en enfant en situation de « conflit de loyauté ».
J’essaierai d’avoir toujours une personne « témoin » afin qu’elle puisse témoigner de mon bon comportement de parent.
Je filmerai les activités que j’effectue avec mon enfant. Et je mettrai dans la maison un système vidéo lorsque mon enfant est en visite.
Je n’accepterai pas de visite chez moi de mon enfant si l’autre parent est en train de convaincre, de manipuler mon enfant, afin de m’accuser d’actes graves contre moi.
Accepter les visites de l’enfant chez vous, c’est accepter que le piège mis en place par l’autre parent se referme sur vous.
Je sais que tout ceci peut paraître excessif, cela dit, c’est le prix à payer pour ne pas avoir de problèmes graves à gérer par la suite.
Quelles souffrances avez-vous enduré de 2012 à aujourd'hui ?
Réponse:
Enormes. Indicibles.
Une souffrance d’avoir perdu un enfant. De voir tout ce qui a été construit comme relationnel entre mon enfant et moi, partir en souvenir. C’est un peu comme si mon enfant était en quelque sorte parti pour toujours. C’est la fin de mon rôle de parent qui est là, les jours de visites, pour son enfant.
De plus, vous avez la sensation d’être mis de côté alors que vous avez essayé d’être le meilleur parent possible : vous vivez une terrible injustice.
Commence alors mon nouveau chapitre de vie de parent qui défend les droits de son enfant à voir son parent aliéné (même si celui-ci le refuse) et mes droits de parent.
Quelles souffrances pensez-vous que votre enfant a enduré de 2012 à aujourd’hui ?
Réponse:
J’imagine énormes. Mon enfant est pris dans un immense conflit de loyauté. Un conflit entre ses parents qui pourris radicalement sa vie. Il ne pouvait pas faire autrement que choisir le parent gardien qui est dans mon cas aliénant. Il part sur une voie qui est erronée et qui lui rapportera jusqu’à un certain point des problèmes car le parent aliéné clamera son innocence jusqu’à sa mort. Elle se verra comme un enfant abusé alors qu’il ne l’ait pas. Il sera entouré par des Instances publiques et psychiatriques qui lui rendront la vie plus lourde à vivre.
Quelles souffrances pensez-vous que l’autre parent a enduré de 2012 à aujourd’hui ?
Réponse:
J’imagine que l’autre parent aliénant pensait que suite à la mise en place de l’aliénation parentale, l’autre parent aliéné allait quitter le champs de bataille et ne plus revenir. Dans mon cas je suis revenu encore et encore, car je suis innocent et bon parent. Toutes les batailles juridiques et courriers ont alors été j’imagine très difficile à vivre por l’autre parent aliénant. En plus, de voir son enfant souffrir de cette situation de conflit a certainement rendu également la vie plus difficile à vivre pour l’autre parent.
Tout au début, lorsque l’aliénation parentale a fait surface, recommandez-vous de se lancer dans une bataille juridique avec l’autre parent ou au contraire, ne rien faire et passer à autre chose ?
Réponse:
Selon mon analyse et mon expérience, il y a deux voies principales : celles de ne pas lutter, et celle d’aller vers la défense des droits de son enfant et de ses propres droits.
L’avantage de la première voie est de s’économiser du temps, de l’argent et de l’énergie dans cette lutte qui semble bien souvent acharnée. De plus, vous laissez votre enfant entre les mains de l’autre parent aliénant en espérant qu’il aura une vie adéquate et sans conflit parental devant la justice. En d’autres termes : une vie en apparence plutôt tranquille. Avec d’autres problèmes psychologiques qui pourraient surgir plus tard, mais en tous cas, avec moins de conflit apparent entre les parents. L’inconvénient avec cette voie est que vous participez au crime établi : qui ne dit mot, consent. Comme disait Martin Luther King :
La deuxième voie, c’est le contraire. Investissement en énergie, temps et argent. But : lutter contre le crime de l’aliénation parentale. Lutter pour ces droits et ceux de votre enfant. Quitte à ce qu’il souffre de cette bataille. L’autre parent aliénant et l’enfant doivent comprendre que le parent aliéné ne lâchera pas face à un crime.
La conséquence est aussi que le risque de ne plus voir son enfant est encore plus important. En effet, à l’aliénation parentale, s’ajoute l’aliénation judiciaire. C’est-à-dire que l’enfant sera aussi victime de l’acharnement de chacun de ses parents voudront mettre à défendre leurs droits et positions.
Entre ces deux voies, chacun doit établir quelles valeurs il souhaite défendre et quelles priorités il souhaite donner à sa vie. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise voie.
Que pensez-vous justement de l’aliénation judiciaire ?
Réponse:
Cette aliénation judiciaire est une réalité qui épuise l’enfant (et les parents…). A chaque bataille devant un Tribunal, l’enfant sera interpellé par l’un des deux parents. Et s’il n’est pas informé, il sentira les choses car il percevra les angoisses d’un des parents (ou des deux) et en pâtira. Cette aliénation judiciaire est un facteur supplémentaire qui s’ajoute à l’aliénation parentale.
Aujourd'hui votre situation liée à l’aliénation parentale sur votre enfant perdure-t-elle ?
Réponse:
Oui, de 2012 à 2016 j’ai fait face au Juge de Paix (Tribunal civil). Puis de 2017 à 2020 au Tribunal pénal et de 2020 à de nos jours à nouveau au Juge de Paix.
Que recommandez-vous à une personne qui doit faire face à de l’aliénation parentale ?
Réponse:
De s’entourer de personnes de conseils. Idéalement d’un coach
De faire tout seul ou avec cette personne (qui garantie une prise de recul et un questionnement) une analyse de sa situation dans tous les secteurs de cette situation de :
– ses valeurs,
– ses priorités de vie,
– analyse du parent aliénant et des relations avec celui-ci,
– des relations que l’enfant entretien avec les deux parents,
– des amis des parents,
– du travail de l’avocat-e et de la motivation et de l’expérience de celui-ci,
– etc. etc.
Ensuite il s’agit de mettre en place un plan d’actions et d’en faire le suivi.
– Plus généralement de faire partie d’une association.
– De lire des livre sur la question. De s’informer sur internet.
– De ne pas oublier de prendre soin de soi afin que l’aliénation parentale ne vous emporte tout entier avec elle.
– Si on décide de lutter : d’avoir un bon avocat-e
– De rester calme et prendre du recul, car le pire est de perdre ses nerfs face à tout interlocuteur
– De ne pas hésiter à être rigoureux et persévérant dans la gestion de son dossier
– De faire très attention à ce que l’on peut dire ou écrire (tout peut se retourner contre soi)
Qu’est-ce qu’il faut attendre du Service de la protection de la Jeunesse et de la Justice ? Et plus généralement, un point à souligner dans cette thématique de l’aliénation parentale ?
Réponse:
L’aliénation parentale comme déjà dit est un mal qui est difficile à prouver devant les Tribunaux et Services de l’Etat. De plus, comme déjà dit, toutes ces Instances sont pour l’instant presque totalement impuissantes face à ce type de mal qui se répand de plus en plus dans notre société.
Il est important d’être très attentif au langage verbal et non verbal de son enfant. Et de l’analyser avec une personne de confiance afin de garder si possible une position la plus objective possible. Puis, en cas d’aliénation parentale, de mettre au point un plan d’actions.
Que pensez-vous des expertises psychiatriques ?
Réponse:
Certaines sont très professionnelles. D’autres pas. Elles peuvent ces expertises nous mettre des mots sur des faits, des comportements dysfonctionnels ou pas, des diagnostics, des visions, points de vues, pistes de à suivre, des actions conseillées. Elles sont comme vous pouvez le peut-être le penser à double tranchant.
J’ai eu à faire à trois expertises. Elles ont été toutes les trois nettement en m’a faveur. Cela n’a pas empêché l’aliénation parentale de faire son chemin et ses énormes dégâts. Comme déjà dit, la société est mal armée contre l’aliénation parentale.
Pensez-vous qu’il est possible de vaincre l’aliénation parentale ?
Réponse:
Chaque situation est par définition différente. Par conséquent, certaines personnes arriveront à « sortir » de l’aliénation parentale. C’est vrai que l’intensité dans laquelle se trouve l’enfant faisant face à l’aliénation parentale va conditionner la suite de sa relation avec le parent aliéné. Même dans les situations très complexes et longues, où l’aliénation a fait de terribles dégâts, une étincelle, un miracle, est possible et le contact avec le parent aliéné sera à nouveau possible.
Maintenant, d’une part il s’agit d’être conscient que tout le temps que le parent aliéné n’a pas eu avec son enfant est perdu à jamais. Et d’autre part, il est aussi possible que l’enfant refuse de revoir le parent aliéné sa vie durant.
Pour le parent aliéné il est important de se préparer à une cassure avec son enfant éternelle.
L’important selon moi ici est de suivre son intuition, ses valeurs, ses priorités dans la vie et donc d’être en paix avec soi et ses actions.