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Bifurcations biographiques entre conviction et responsabilité
Annick Madec, Université de Bretagne Occidentale
Publié en ligne: 30 août 2013
Ecrire cette discussion de cas, en 2013, représente une nouvelle étape dans une recherche entamée en 1993. Les échanges avec la famille enquêtée ont commencé par une discussion autour de la quatrième de couverture de la traduction en français de l’ouvrage Les enfants de Sanchez où il était précisé qu’Oscar Lewis s’était servi d’un magnétophone dissimulé dans ses vêtements. La recherche visait à recueillir les témoignages croisés d’une famille vivant dans un quartier d’habitat social disqualifié.
L’objectif commun aux enquêté·e·s et à la sociologue était de déconstruire les représentations sur les modes de vie dans ce type d’habitat. Pour parvenir à faire une biographie familiale qui intégrait vie privée et vie publique, la relation d’enquête devait nécessairement être une relation de confiance. Le contrat ne souffrait aucune dissimulation. Les enquêté·e·s étaient tous lecteurs/trices des différents témoignages, la sociologue s’était engagée à publier ses travaux après lecture des intéressé·e·s. Ce qui a été dissimulé dans les publications l’a été après une négociation entre toutes les parties. Revenir vingt ans après sur cette dissimulation pose de nouvelles questions, et notamment celle de la pratique de la lecture des travaux scientifiques par des profanes qui ont un jour fait confiance à la chercheuse.