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Le syndrome post-conflit n'est pas né avec la guerre du Golfe ou celle des Balkans. Les vétérans d'opérations militaires plus anciennes ont également souffert de symptômes inexplicables, même s'ils n'ont sans doute pas fait l'objet d'autant de publicité qu'aujourd'hui. Aucun conflit moderne ne serait épargné, si l'on en croit une étude réalisée par des psychiatres londonniens et publiée dans le British Medical Journal (BMJ 2002 ; 324 : 321-4).Les chercheurs ont examiné les dossiers médicaux d'environ 1860 pensionnés de l'armée britannique, vétérans de six conflits différents, des campagnes victoriennes du milieu du XIXe siècle jusqu'à la Guerre du Golfe de 1991. Grâce à la constance de la procédure, les auteurs de l'étude ont pu établir une typologie détaillée des symptômes post-conflits.Du XIXe au début du XXe siècle, la fatigue, l'essoufflement ou la faiblesse dominent, mais sans symptômes psychologiques ou cognitifs. Les anciens combattants de la Première Guerre mondiale souffrent plutôt de problèmes cardiaques. Enfin, après la Seconde Guerre mondiale ou la Guerre du Golfe, les symptômes neuropsychiatriques dominent.Ainsi, les soldats de toutes les guerres modernes souffrent de maux inexplicables à leur retour, mais les symptômes varient avec les époques. Une évolution qui pourrait s'expliquer autant par des changements de la nature de la guerre, par l'état des connaissances médicales au moment du diagnostic, ou encore par la transformation des courants culturels sous-jacents.Les auteurs suggèrent d'appréhender les syndromes post-conflits non comme des maladies nouvelles et inconnues, mais plutôt comme les manifestations particulières de la réponse de l'organisme au stress physique et psychologique de la guerre.