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En 1900, à l’occasion de l’exposition universelle de Paris, des réformateurs sociaux issus de différents pays européens fondent l’Association internationale pour la protection légale des travailleurs. Celle-ci crée à Bâle l’Office international du travail, pour une large part financé par la Suisse. Comme les nombreux autres congrès, organisations et bureaux internationaux qui voient le jour au tournant du siècle, la fondation de cette association reflète l’interdépendance économique croissante des pays industrialisés ainsi que le développement de moyens de transport et de communication modernes. Les questions de sécurité sociale occupent une place centrale dans les congrès internationaux. Experts et fonctionnaires y débattent de l’assistance publique et de la charité privée, des accidents du travail, des assurances et des sciences actuarielles (méthodes de calcul des risques pour les assurances).
Le gouvernement suisse s’engage activement pour la protection transfrontalière des personnes salariées. Ce n’est pas un hasard, sachant qu’elle avait fait œuvre de pionnière à l’échelle internationale en 1877 avec sa loi sur les fabriques, qui contenait des dispositions spécifiques en la matière pour les enfants et pour les femmes. Tant les représentants du monde ouvrier et de l’industrie que le Conseil fédéral sont intéressés à harmoniser les normes sur la protection des travailleurs et les conditions de concurrence au-delà des frontières. Après l’échec d’une première tentative diplomatique en 1890, la Fédération ouvrière suisse organise un congrès à Zurich en 1897 en vue d’encourager une coordination internationale de la politique sociale.
Dès sa fondation, l’Office international du travail de Bâle assure essentiellement des tâches de documentation. Quant à l’Association internationale pour la protection légale des travailleurs, organe privé proche des gouvernements, elle est à l’origine de plusieurs conventions, notamment sur la protection contre les substances dangereuses et l’interdiction du travail de nuit pour les femmes. Jusqu’à la Première Guerre mondiale, elle s’engage également pour la protection des jeunes travailleurs et l’introduction de la journée de huit heures. En 1919, ses activités seront reprises par l’Organisation internationale du travail, nouvellement créée.
Literatur / Bibliographie / Bibliografia / References: Herren-Oesch Madeleine (2009), Internationale Organisationen seit 1865. Eine Globalgeschichte der internationalen Ordnung, Darmstadt; Topalov Christian (1999), Laboratoires du nouveau siècle. La nébuleuse réformatrice et ses réseaux en France, 1880-1914, Paris; Garamvölgyi Judit (1982), Die internationale Vereinigung für gesetzlichen Arbeiterschutz, in Gesellschaft und Gesellschaften. Festschrift Ulrich Im Hof, 626–646, Bern.
(12/2014)