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par Hans Leuenberger
Mujinga Kambundji a signé l'un des plus grands exploits de l'athlétisme suisse en remportant l'or sur 60 m vendredi aux Mondiaux en salle de Belgrade. Son entraîneur Adrian Rothenbühler fait le point après cette course proche de la perfection.
La Bernoise avait d'abord du mal à y croire, elle qui a réalisé le quatrième chrono de l'histoire (6''96) dans son couloir no 8. Pourtant peu convaincante en séries puis en demi-finales, elle s'est approchée à 0''04 du record du monde en écrasant la concurrence.
«Il y a une semaine et demie, à l'entraînement, nous avons remarqué qu'il était possible de passer sous les 7''00», explique son coach Adrian Rothenbühler. «Mais cet hiver, Mujinga a eu beaucoup de mal dans ses départs. Tout dépendait d'ailleurs de ça à Belgrade.»
Effectivement, Mujinga Kambundji a signé un départ idéal au meilleur moment décisif, réussissant une course quasi parfaite. la Bernoise expérimentée a réalisé une course de rêve. «Seules ses troisième et quatrième foulées n'étaient pas tout à fait parfaites. A part ça, c'était une course parfaite», souligne Adrian Rothenbühler.
Mujinga Kambundji et son entraîneur n'étaient pourtant pas satisfaits de ce couloir 8. «Mais en fin de compte, c'était sans doute justement une pièce importante du puzzle. Ne pas regarder à gauche ni à droite. Faire sa propre course», estime Adrian Rothenbühler, dont la protégée a couru l'esprit libéré.
Stabilité, un mot-clé
Ce chrono de 6''96 a constitué un coup de tonnerre pour tous les observateurs, et pour la principale intéressée aussi. Comment Mujinga Kambundji peut-elle continuer à progresser à 29 ans, un âge où la plupart des sprinteuses sont déjà sur la pente descente?
«Mujinga a trouvé ces dernières années son équilibre dans le domaine privé: son environnement est idéal à Berne, elle a son propre appartement, et son après-carrière sportive est déjà réglée. Tout cela lui a apporté de la stabilité», estime Adrian Rothenbühler.
L'Emmentalois a forcément apporté sa pierre à l'édifice, même s'il n'a pas apporté de grands changements. «Nous savons ce qui avait fonctionné ou non avec ses anciens coaches. J'ai pu perfectionner mes approches ces derniers temps. Mais en fin de compte, il n'est pas nécessaire de tout réinventer avec Mujinga. Il s'agit d'appliquer de manière conséquente ce qui fonctionne», précise-t-il.
Adrian Rothenbühler voit une autre raison majeure à la progression de Mujinga Kambundji ces dernières années: la concurrence dans son propre pays. «Cela a donné une nouvelle impulsion», souligne-t-il. Et le développement technologique dans le domaine des chaussures jouerait également en sa faveur.
hle, ats