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Le GANaL, pour la première fois ce printemps 2018, a mis en place une barrière à batraciens dans les abords du lac de Bret. Le but de cette barrière était de protéger les batraciens lorsqu'ils traversent une route pour aller se reproduire.
Chaque année, des milliers de batraciens sont écrasés par des automobiles. Lors de leur migration pour rejoindre leur lieu de ponte, ils sont nombreux à traverser des routes. Comme la migration s'effectue dès la tombée de la nuit, ils sont des proies faciles pour les voitures et leurs conducteurs qui ne les distinguent que difficilement ou au dernier moment.
Le lac de Bret est un lieu de ponte pour de nombreux batraciens. Mis à part les grenouilles vertes qui restent dans le lac ou ses abords proches, les grenouilles rousses, les crapauds communs et les tritons alpestres ne se rendent au lac que pour s'accoupler et pondre les oeufs. La migration a lieu de fin février à début avril, suivant la météo. Depuis les prés ou les forêts proches du lac, ils se déplacent en direction du point d'eau et doivent traverser une route. Concernant le lac de Bret, il y a la route cantonale qui longe le lac du côté ouest et la petite route de la Barnum qui passe au nord du lac. C'est le long de cette dernière route que les barrières ont été posées.
Il s'agit d'une toile étanche tenue par des piquets qui va stopper l'avance des batraciens. Ceux-ci sont obligés de suivre l'obstacle afin de trouver un passage. Tous les 20 mètres sont disposés des seaux enfoncés dans le sol et placés le long de la barrière. Les batraciens tombent dans les seaux. Le travail des volontaires consiste à venir vider les seaux le soir et tôt le matin et de relâcher les occupants de l'autre côté de la route.
Un inventaire des prises a été réalisé et communiqué au Karch, le centre pour la protection des amphibiens et des reptiles de Suisse. Lors de notre première action, ce printemps 2018, nous avons aidé à traverser la route à 141 crapauds communs, 27 grenouilles rousses et 22 tritons alpestres. C'est peu par rapport au nombre d'individus qui se rendent au lac, mais c'est un bon début.
L'action "Protection des batraciens" sera reconduite en 2019. Les barrières, nous l'espérons, seront posées à un endroit bien plus stratégique et efficace, mais il faut encore convaincre les deux propriétaires des terrains de nous laisser placer des barrières pendant quelques semaines sur leur propriété, pour le bien des batraciens qui sont très menacés en Suisse depuis que les zones humides ont été, en grande partie, détruites.
Merci aux personnes qui ont donné du temps pour ce projet. Si vous êtes intéressés, il suffit d'écrire un mail à <email-pii>.
Protection des batraciens 2019
Mauvaises nouvelles pour les batraciens et les bénévoles qui se réjouissaient de leur venir en aide.
Malgré l'insistance du garde-faune Cédric Henry, les deux agriculteurs, propriétaires des terrains sur lesquels les barrières devaient être posées, refusent l'accès à leur parcelle située en bord de route. La raison évoquée est l'impossibilité pour eux de se rendre quand ils le désirent sur leur terrain et de les entraver dans leur travail. Les barrières sont pourtant amovibles et un coup de téléphone aurait suffit pour qu'un membre du GANaL viennent les retirer ou les déplacer pendant la durée des travaux dans les champs.
Bref, il y a encore du travail... et la condition animale n'est pas vraiment un problème pour certains. Avec Cédric Henry, nous allons nous rendre régulièrement sur les lieux de migration et compter les animaux écrasés sur la route. Peut-être que, face à un nombre élevé de grenouilles ou crapauds morts, ils reviendront sur leur décision.
Vous serez tenus au courant de l'évolution de la situation. En attendant, je remercie encore tous les participants de l'année passée et tous ceux qui souhaitaient donner un coup de main cette année.
A bientôt.
Gilbert Bavaud