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Garanti par la Constitution, le plurilinguisme est un élément essentiel de l'identité suisse. Confédération et cantons sont obligés de protéger les minorités.Ce contenu a été publié le 22 août 2002 - 16:22
Mais une telle politique demande des efforts, notamment au niveau financier.
Depuis la naissance de l'Etat fédéral moderne, en 1848, la Suisse se définit elle-même comme un Etat plurilingue. En 1938, le romanche est devenu langue nationale, aux côtés du français, de l'italien et de l'allemand, puis langue officielle en 1998.
On cherche par ailleurs à tenir compte des minorités dans les institutions, par exemple en garantissant la présence de deux représentants de la Suisse latine au sein du Conseil fédéral.
Cependant, à la différence de la Belgique, par exemple, les régions linguistiques n'ont pas de structures politiques propres. La frontière entre les langues ne respecte pas les limites cantonales. Raison pour laquelle il n'y a pas eu, du moins jusqu'à ces dernières années, de conflits significatifs entre les groupes linguistiques au niveau national.
Les bases légales
L'article constitutionnel sur les langues définit les deux principes fondateurs de la politique suisse en matière de langues: le droit des communautés linguistiques à faire usage de leur propre langue ainsi que la défense et la promotion des langues minoritaires.
En particulier, la Confédération est tenue de soutenir les mesures prises par les cantons du Tessin et des Grisons en faveur de l'italien et du romanche. De plus, un projet de loi fédérale sur les langues est actuellement en cours d'élaboration.
Le plurilinguisme demande des efforts
Concrètement, le plurilinguisme génère une intense activité de traduction dans l'administration fédérale et dans celle des cantons bilingues ou trilingues. Les textes législatifs et les communiqués du gouvernement sont traduits au moins dans les trois langues principales.
Un rôle important est également dévolu aux médias, et en particulier au diffuseur national de radiotélévision SRG SSR idée suisse. Avec ses 7 chaînes de télévisions et ses 11 programmes radio, cette société transmet dans les quatre langues nationales.
Les moyens financiers mis à sa disposition sont distribués aux différentes unités d'entreprise de la SSR selon le principe de la solidarité entre les régions linguistiques, ce qui favorise les langues minoritaires.
Enfin, dans le cadre de son action en faveur de l'italien et du romanche, la Confédération finance entre autres, via le canton des Grisons, les organisations Pro Grigioni et Lia Rumantscha. Elle a en outre promis la mise sur pieds d'une agence de presse romanche.
Le romanche en voie d'extinction
La situation du romanche reste cependant difficile, malgré la création, il y a 20 ans, du rumantsch grischun, une langue écrite commune aux cinq dialectes romanches. L'érosion du romanche continue: en 1990, 0,6% de la population déclarait avoir le romanche pour langue principale. En 2000, cette part n'était plus que de 0,46%.
Il s'agit d'un signe alarmant qui a incité quelques représentants romanches à demander aux Grisons des mesures plus strictes. Il serait notamment question d'obliger les communes bilingues (romanche-allemand) à utiliser le romanche comme langue de référence pour l'administration et l'enseignement.
swissinfo/Andrea Tognina
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