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Le film « Une femme d’exception » (ou « On the basis of sexe ») est l’occasion de découvrir une icône outre-Atlantique, avocate et juriste membre de la Cour Suprême Américaine : Ruth Bader-Ginsburgh surnommée « RBG ». A l’image de la femme politique française Simone Veil dont elle partage nombre de caractéristiques puisqu’elle fut également mère de famille, épouse comblée et d’origine juive, elle incarne parfaitement une époque où l’avancée des droits des femmes passait également par des débats juridiques.
Née en 1933 à Brooklyn, Ruth Bader-Ginsburgh intègre l’école de droit à Harvard à 23 ans, déjà mariée et mère d’une petite fille Jane. C’est alors la 6ème promotion qui accueille des femmes. Elles ne sont que neuf.
Quand son mari trouve un emploi à New York, elle change d’université et étudie à la Columbia Law School où elle termine major de sa promotion à égalité avec un autre élève. Pourtant, aucun cabinet d’avocats ne l’embauche. « J’avais trois choses contre moi. Un, j’étais juive. Deux, j’étais une femme. Mais, le plus grave, c’était que j’étais la mère d’un enfant de quatre ans », raconte-t-elle. Elle se tourne alors vers l’enseignement et devient professeur à la Rutgers Law School et la Columbia Law School et se spécialise dans le droit des procédures. De son côté, son mari devient un avocat renommé en droit fiscal.
En 1970, elle co-fonde une revue spécialisée dans le droit des femmes la Women’s Rights Law Reporter, puis en 1972 dans les locaux de la UCLA (l’Union Américaine pour les Libertés Civiles), une association appelée Women’s rights project dont l’objet est d’étudier des cas de discriminations sexistes. Entre 1973 et 1976, elle remportera alors cinq cas sur six, ouvrant ainsi une large brèche en faveur du droit des femmes… et commençant sa carrière d’avocate renommée. « Je me voyais comme une enseignante de maternelle parce qu’à l’époque, les juges pensaient que les discriminations sexistes n’existaient pas », évoque-t-elle parfois.
Avec le temps, l’objet de ses combats évolue : égalités salariales, avortement, mariage homosexuel, contraception…
Elle devient ensuite la deuxième femme à siéger à la Cour suprême, nommée par Bill Clinton après Sandra Day O’Connor le 14 juin 1993.
La date de sortie du film aux Etats-Unis coïncide ainsi avec celle du 25e anniversaire de sa nomination en temps que membre de la Cour suprême. Un documentaire biographique nommé « RBG » sort la même année aux Etats-Unis.
Une femme d’exception est un film réalisé par Mimi Leder avec Felicity Jones, Armie Hammer.
Le film de Mimi Leder qui lui est consacré se veut fidèle à la vie de cette grande dame. Felicity Jones est parfaite dans ce rôle de femme dévouée à sa famille et son mari mais qui ronge son frein en attendant son heure, pugnace et consciente de sa valeur. Après un début un peu lent et qui flirte avec l’eau de rose, l’histoire prend de l’ampleur et met en lumière l’affirmation selon laquelle il faut « changer les mentalités avant la législation. » C’est également un beau portrait de couple puisque son mari (incarné par un Armie Hammer convaincant) apparaît comme un soutien indéfectible, montrant ainsi que l’égalité des sexes doit se vivre d’abord dans le cercle le plus intime.
Un film à aller voir avec ses filles adolescentes.
Date de sortie en Suisse romande et en France : 2 Janvier 2019
Date de sortie en Suisse alémanique : 28 Février 2019
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