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L'Eglise et l'Etat
Dans les trois cantons qui forment le territoire de notre Eglise, à savoir Berne, le Jura et Soleure, l'Etat reconnaît les Eglises comme des institutions de droit public.
Dans le canton de Berne, l'Eglise et lE'Etat ont institué un lien étroit. Le canton de Berne est en effet le seul canton de Suisse à disposer d’une véritable direction des affaires ecclésiastiques et à employer à plein temps un délégué aux affaires ecclésiastiques doté d'un secrétariat.
Affaires intérieures et affaires extérieures
Pour délimiter les compétences de l’Eglise et de l’Etat, une distinction est faite entre les affaires intérieures et les affaires extérieures. Cette solution, qui remonte au Synode bernois de 1532, s'est affirmée avec le temps comme viable. Elle signifie en clair que les Eglises nationales règlent leurs affaires intérieures et gèrent leur patrimoine de manière autonome. Font partie des affaires intérieures tout ce qui concerne la prédication, la doctrine, l'accompagnement spirituel, le culte et les sacrements, et en général tout ce qui relève de la mission religieuse des Eglises nationales, des paroisses et des ecclésiastiques, la diaconie et la coopération avec les Eglises sœurs et les partenaires des pays du sud.
Les compétences de l’Etat
Les affaires extérieures, qui sont du ressort de l’Etat, concernent pour l’essentiel les postes pastoraux et la délimitation des paroisses. La loi sur les Eglises promulguée par le Grand Conseil prévoit que le Conseil-Exécutif gère les postes pastoraux d’entente avec le Conseil synodal, que le service responsable au sein de la Direction de la justice, des affaires communales et des affaires ecclésiastiques statue sur l’admission dans le clergé bernois, que seuls des ecclésiastiques consacrés et admis dans le clergé bernois sont éligibles à des postes dans des paroisses ou des établissements publics et que les pasteurs et les pasteures doivent être élus par les assemblées de paroisse. La loi désigne expressément le Conseil synodal comme l’autorité supérieure d’exécution, d’administration et de surveillance de l’Eglise et charge le Synode ecclésiastique d'édicter, en s’appuyant sur la législation cantonale, une réglementation des affaires intérieures de l’Eglise, à soumettre obligatoirement au corps électoral habilité à voter en matière ecclésiastique. C’est également au travers de la loi que l’Etat autorise les paroisses à prélever des impôts.
La collaboration entre l’Eglise et l’Etat
La délimitation des compétences n’est pas le seul élément définissant la relation entre l’Eglise et l’Etat; celle-ci est aussi déterminée, dans les trois cantons concernés, par une étroite collaboration entre la première et le second. L'Eglise se fait un devoir d'assumer, pour le bien de la population, un rôle de partenaire et de collaborer avec l’Etat et ses autorités. Elle aide ce dernier à s'acquitter de sa mission de préserver la justice et la paix et lui rappelle les limites que lui imposent, comme à tout autre ordre humain, le Royaume de Dieu et la conscience liée à la Parole de Dieu. Elle assume pleinement sa mission de prédication, de cure d’âme et de diaconie dans les institutions publiques, telles que l’école, l’université, les hôpitaux, les homes, les maisons d’arrêt et les pénitenciers. Elle soutient les pasteurs et les pasteures dans leur activité de prédication et d'accompagnement spirituel des membres de l’armée.
Les paroisses font preuve d'un engagement similaire. Le Synode attend de leur part, partout où cela peut contribuer au bien des gens, qu’elles collaborent avec les autorités et l’administration des communes, notamment avec les services sociaux, les centres de consultations, les écoles et d’autres institutions et associations culturelles, sociales et d’intérêt public, et qu’elles aident les autorités politiques à remplir des tâches difficiles, comme la prise en charge des toxicomanes, l’intégration des personnes étrangères, l’accueil et l’accompagnement des réfugiés.
Les pasteurs et les pasteures apportent également leur contribution. Le Conseil synodal les encourage à collaborer avec les autorités fédérales, cantonales et communales et avec des tiers dans tous les domaines où l’Etat et l’Eglise assument des tâches conjointes.
Les services de l’Eglise et les Directions de l’administration cantonale.
Dans le canton de Berne, l’Eglise entretient des rapports de coopération avec les diverses directions de l’Etat. Elle collabore notamment avec
- la Direction de la justice, des affaires communales et des affaires ecclésiastiques pour les questions touchant aux paroisses et aux postes pastoraux;
- la Direction des finances pour les impôts ecclésiastiques;
- la Direction de l’instruction publique pour les questions concernant la Faculté de théologie de l’Université, l’enseignement de la religion dans les écoles, le centre de documentation pour l’enseignement catéchétique, géré et financé en commun, et la protection du patrimoine;
- la Direction de l’économie publique dans les domaines des petites et moyennes entreprises (PME), du tourisme et du repos dominical;
- la Direction des travaux publics pour l’entretien des maisons de paroisse qui sont encore propriété de l’Etat;
- la Direction de la santé publique et de la prévoyance sociale pour la cure d’âmes dans les hôpitaux, les homes pour personnes âgées et les établissements médico-sociaux (EMS), et pour la consultation conjugale, l’assistance sociale et la diaconie;
- la Direction de la police et des affaires militaires pour l’accompagnement spirituel dans les situations d’urgence, à l’armée ou en prison, pour les offices de consultation en matière de réfugiés, pour le service ecclésial des mesures de contrainte et pour les sans-papiers.