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Vincent et Pierre sont maîtres nageurs. Pierre s'occupe des Hippocampes, Vincent des Dauphins. Quand l'un des en- fants raconte à ses parents avoir vu Pierre embrasser l'un des Hippocampes sur la bouche, les choses se compliquent :
Soupçonné par Anne, la directrice de la piscine, d'avoir franchi les limites, Pierre tente de se défendre. Pourtant, au fur et à mesure des scènes, Pierre se fait de plus en plus ambigu : tantôt provoquant Vincent au sujet de leurs relations avec les élèves, tantôt jouant avec les limites, tantôt doutant de lui-même. Anne est quant à elle aux prises avec les parents d'élèves. Vincent, lui, tente de respecter les règles et les limites qu'il croit être les plus justes.
« Le problème soulevé par la pièce n'est pas seulement de savoir si le maître-nageur est coupable ou innocent, puisque objecti- vement aucun indice textuel ne permet de le dire ; il s'agit aussi et surtout de s'interroger sur un modèle de société qui semble s'imposer en Occident. Préférons-nous vivre dans un monde où un acte de tendresse envers un enfant est encore permis, même si cela suppose de possibles dérives, ou préférons-nous une société sécuritaire qui, pour prévenir tout risque, préfère accroître la surveillance des individus ? », Laurent Gallardo.
DISTRIBUTION : Une femme, trois hommes.
GENRE : Drame social.
« Les gens d'Oz vivent dans un immeuble étrange, presque vivant, qui «regarde et observe ses occupants». Au centre du réseau, Anna, écrivaine célèbre qui a cessé d'écrire. Autour d'elle gravitent un pianiste un peu marginal, un rentier oisif, une jeune femme qui rêve de rencontrer la star de la littérature, et un amoureux. Alors que la plupart des pièces bulgares mettent en jeu la réalité du monde post- communiste, Borissova situe ses fictions en retrait, en repli. Les personnages de la pièce semblent craindre la passion tout autant que la froideur d'une société dont on sent [...] le désenchantement. Pourtant, ils tentent d'inventer des zones de tendresse. [...] Mais ces êtres qui ne veulent surtout pas montrer combien l'amour leur importe, ne cousinent-ils pas aussi avec des personnages [...] de Marivaux aussi bien que ceux de Tchekhov ? » DISTRIBUTION : 2 femmes, 3 hommes / GENRE : comédie intime
Andi, Dino, Monika et Toni se retrouvent chaque soir sur le toit du gratte-ciel d'où ils ne sont jamais sortis. Ensemble, ils jouent au basket et projettent leur vie future. Un jour, le ballon d'Andi tombe dans le vide, celui-ci prend alors conscience de leur enfermement et s'inter- roge sur le monde extérieur. Cette fable moderne au décor urbain est aussi un conte initiatique où chacun se construit en rêvant de la vie « ailleurs ».
DISTRIBUTION : 1 fille, 3 garçons / GENRE : théâtre politique et intime à partir de 12 ans
Qu'est-ce que la normalité, quelle est la frontière entre folie et raison dans un monde où les relations humaines sont infiniment complexes? Autant de questions que pose Petr Zelenka dans sa peinture iconoclaste de personnages perdus, un peu à la marge, mais pour lesquels il conserve la tendresse du créateur. Pour y répondre, une belle liste d'objets anodins et disparates peut aider... à vivre.
L'amour pour un être beaucoup plus jeune que soi est-il forcément incestueux? Ne peut-il être simplement beau? C'est successivement sous le masque de Jocaste, la mère d'Oedipe, puis sous les traits d'une femme d'âge mûr, et enfin fouillant dans l'intimité d'un cinquantenaire attiré par les jeunes hommes qu'Andonis Georgiou interroge ce thème, à travers trois monologues. Plus puissant que de revisiter les mythes: les vivre.
Dans cette troisième partie de sa trilogie nibelung-palace, le poète janos térey transpose le ring de wagner dans les années 2000, au cour d'un conglomérat capitaliste dans lequel siegfried, porteur de l'anneau, brünnhilde ou gunther deviennent capitaines d'industrie.
L'infâme hagen, nain nibelung, rêve de briser cette mécanique de succès et ourdit un complot digne d'un thriller. jalousie, vengeance, trahison, ce retour à l'essence de la saga est un véritable hymne à la haine.
Durant le jour, et la nuit, et le jour, après la mort de la mère, son fils, son mari et son frère se heurtent, s'épaulent, commencent à apprendre à vivre sans elle. De l'injustice de la situation à son fatalisme, ces trois hommes se confrontent à leurs émotions: sobriété et dignité pour l'un; perte de repères pour l'autre; et le frère, super-héros dans l'impossibilité de sauver sa propre famille. Une écriture pudique vers l'épure.
Filip vanluchene décrit risquons-tout, village frontalier flamand, où les entreprises familiales linières ont su tirer profit de la production de tapis.
L'arrivée d'une nouvelle bretelle d'autoroute et ses potentialités d'expansion déclenchent une poussée de fièvre dans ce microcosme âpre au gain. cette partition théâtrale, entre roman et volonté de dompter l'oral, explose les conventions dramatiques et cristallise une parole neuve, tendue vers la catastrophe finale.
Yordan Raditchkov puise son inspiration dans les mythologies populaires.
Dans ses pièces, des tenets (revenants) viennent aider les vivants et les hommes parlent aux animaux. Le réalisme de son univers, qu'on peut qualifier de " magique ", fait la part belle à la poésie, à l'humour et au fantastique. Il fait de son théâtre un grand spectacle où l'esprit triomphe de la matière. C'est le mois de Janvier, " le plus bulgare de tous les mois ", nous dit l'auteur. Réunis dans une auberge, enfouis sous les congères, cernés par les loups, des villageois attendent le retour de Peter Motorov.
Ils décident de partir à sa recherche et disparaissent les uns après les autres. Reviendront-ils ? Telle est l'énigme qui plane sur cette pièce, parabole de la vie et de la mort. Dans Lazaritsa, Lazare s'est réfugié dans le poirier pour se débarrasser de son ami le chien atteint de la rage. Il vise avec son fusil, mais au lieu de toucher l'animal, il brise la chaîne, le libère et... s'en trouve prisonnier, à perpétuité.
Contraint à survivre dans les branches, il verra se succéder les quatre saisons de la nature et celles de sa propre vie. Pour Raditchkov, " tous les mythes sont créés par le peuple, par les gens simples et candides qui mêlent l'imagination, l'ignorance et les rêves inassouvis de l'être humain, pour s'arracher à la vie misérable et méprisable sur terre. " Ainsi le mythe, partie intégrante de la vie réelle de l'homme, l'aide à appréhender la mort.
Les deux pièces réunies dans ce volume permettent enfin de découvrir en France ce géant de la littérature bulgare contemporaine.
Yana borissova entraîne lecteurs et spectateurs dans un jeu aux règles connues des seuls personnages.
Par le prisme de leur partie rituelle, ce sont les tracas quotidiens, les amours, et surtout l'amitié entre ces protagonistes et trentenaires qui se trament. l'aspect ludique de la pièce n'occulte en rien son caractère parabolique d'une jeunesse qui se cherche à l'âge des grandes décisions et des premiers bilans, et finalement pas encore top éloignée de l'enfance.
Niki s'efforce de retrouver son équilibre après la mort de son mari.
Elle erre, désarçonnée, confrontée à un monde hostile. elle n'a plus de prise sur l'univers qui l'entoure, comme une étoile sortie de son orbite. en suivant son trajet oscillant entre le présent et le passé, le visible et l'invisible, la réalité et le rêve, yannis mavritsakis montre le gouffre entre ceux qui dirigent le mouvement aveugle du monde et ceux qui le subissent. vers une chute inexorable?.
Comment, croyant entrer dans son bureau peut-on sortir d'un placard ? Comment éliminer l'un après l'autre trois sosies du grand Elvis Presley quand on est pris, au choix pour un tueur à gages ou un mari légitime ? Surtout quand on a perdu la mémoire.
Une chaude nuit d'été sur un toit de Bucarest... trois trentenaires brûlent... de désir, de colère, de doute. Iza largue Trifon, son petit ami bulgare, après sa demande en mariage. Dan revient au pays faire le point après un mariage raté en Colombie et une arrestation. Un petit jeu du hasard et de l'amour proposé par Peca Stefan, emblème d'une génération avide de sens.
Silvester Lavrik propose une allégorie entomologique des relations humaines. Dépourvus de sentiments, les hommes ne sont guidés que par la survie de l'espèce, par leur reproduction. Cet habillage loufoque permet le détour pour observer, à la loupe, les rapports humains dans une société fantasmée, mais ancrée dans le réel. Est-ce l'avenir de l'espèce ?
Que feriez-vous avant une catastrophe fatale? D'aucuns passeraient du temps avec les gens qu'ils aiment, se rendraient devant un paysage familier... Eux, le mari et la femme, poursuivent leur quotidien: le café, le petit oiseau mort, les albums de timbres. Une vie étriquée pour une fin ordinaire? Andreja Zelinka joua de cette apparente banalité pour pénétrer l'humain au seuil de la mort.