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Le Premier ministre indien Narendra Modi a vanté samedi l'ouverture d'une "nouvelle ère" avec la Chine. Il s'exprimait lors d'un "sommet informel" avec son homologue Xi Jinping à Mahabalipuram, sur la baie du Bengale.
C'était la deuxième fois que les dirigeants des deux géants asiatiques se rencontraient en dix-huit mois, alors que les tensions frontalières, les troubles au Cachemire et le déséquilibre commercial bilatéral au détriment de l'Inde pèsent sur leurs relations.
"Les deux parties géreront leurs divergences avec prudence et éviteront qu'elles ne deviennent des disputes", a indiqué le gouvernement indien dans une déclaration.
La Chine et l'Inde ont convenu de "rester sensibles aux préoccupations de l'autre" de façon à ce que les relations bilatérales "contribuent à la paix et la stabilité dans le monde", a déclaré Narendra Modi.
Cachemire
Le président Xi a déclaré pour sa part qu'il avait eu avec Narendra Modi "des discussions franches comme peuvent en avoir des amis".
Les deux géants asiatiques se sont opposés verbalement ces derniers jours autour de la question du Cachemire, Pékin soutenant diplomatiquement le Pakistan qui dispute cette région himalayenne à l'Inde depuis plus de 70 ans. La Chine a un grand projet d'infrastructures chinois au Cachemire pakistanais, territoire revendiqué par New Delhi.
Lors d'une rencontre cette semaine avec le Premier ministre pakistanais Imran Khan, Xi Jinping a signalé son soutien aux "droits légitimes" sur le Cachemire de son allié. New Delhi a répliqué qu'"il ne revient pas à d'autres pays de commenter les sujets internes à l'Inde".
Multiples bras de fer
Auparavant, l'Inde avait irrité la Chine en divisant l'Etat du Jammu-et-Cachemire en deux, en août. La décision fera également de la région de Ladakh - dont une partie est revendiquée par Pékin - un territoire administratif indien distinct.
Les deux pays, qui abritent un tiers de la population mondiale, ont engagé de multiples bras de fer sur la question himalayenne depuis leur guerre en 1962. L'Inde s'est également rapprochée des Etats-Unis et de ses alliés comme contrepoids à la puissance militaire grandissante de la Chine dans la région Asie-Pacifique.
Désaccords mis de côté
Mais la plupart des points de désaccords semblent avoir été soigneusement mis de côté lors de ce "sommet informel". Aussi, le Cachemire n'a pas été évoqué lors des deux jours de discussions, a assuré le secrétaire indien aux Affaires étrangères, Vijay Gokhale.
En revanche, a-t-il précisé, les deux dirigeant se sont entendus pour "travailler ensemble" pour "faire en sorte que la radicalisation et le terrorisme n'affectent pas le tissu de nos sociétés multiculturelles, multiethniques et multireligieuses".
Ouverture des marchés
Dans le domaine commercial, New Delhi et Pékin se heurtent aux mesures protectionnistes américaines et souhaitent une plus grande ouverture mutuelle de leurs marchés. De plus, l'Inde s'inquiète du surplus commercial chinois de 57 milliards de dollars dans leurs échanges bilatéraux.
Aussi, selon la déclaration de New Delhi, des pourparlers de haut niveau devraient débuter "pour mieux équilibrer" la balance commerciale bilatérale. MM. Modi et Xi ont convenu d'"encourager" les investissements entre les deux pays.
Tibétains arrêtés au Népal
M. Xi a quitté samedi l'Inde pour le Népal. Il s'agit de la première visite d'Etat d'un dirigeant chinois dans ce pays depuis 23 ans. Il devrait, là aussi, y plaider pour "les nouvelles routes de la soie".
Selon International Campaign for Tibet, dix-huit Tibétains au moins ont été arrêtés avant sa venue. Au total 20'000 exilés tibétains résident au Népal.