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En le sélectionnant avec la Nati, Murat Yakin a réalisé le rêve d'enfant de Mattia Bottani. Cette convocation récompense la très belle saison du milieu de terrain du FC Lugano. Il a contribué à la solide 4e place des Tessinois en Super League, et surtout au sacre en Coupe de Suisse (4 buts, dont un en finale, et 1 passe décisive en 5 matchs).
Si le lutin du Cornaredo (1,70 mètre pour 65 kg) est une star à Lugano, où il est surnommé «Figlio della città» («Fils de la ville»), il n'est pas vraiment connu du grand public de l'autre côté du Gothard. On vous présente le néophyte en sélection en 5 points.
Sur ses réseaux sociaux, le FC Lugano se félicite forcément de la convocation de Mattia Bottani avec la Nati. Et on peut comprendre le club tessinois, parce que ce n'est pas tous les jours que l'un de ses représentants reçoit pareil honneur. De loin pas.
La dernière fois qu'un joueur bianconeri a porté le maillot national remonte au... 25 avril 2001. Ce jour-là, les Luganais Ludovic Magnin et Dario Rota étaient sur le terrain pour affronter la Suède. La faillite du club en 2003 et sa remontée en Super League seulement en 2015 expliquent ce si long laps.
Plus proche, Mauro Lustrinelli est le dernier joueur d'une équipe tessinoise appelé avec la Nati. C'était en 2008, et il évoluait avec Bellinzone.
Beaucoup de footballeurs se lancent pendant leur carrière dans des activités annexes. On se souvient de la marque de vêtements de Zlatan Ibrahimovic ou des soirées animées par le DJ Djibril Cissé, par exemple. Mattia Bottani, lui, gère un business pas très compatible avec le sport de haut niveau, à première vue: un bar à chicha.
Il l'a assuré à Blick, il ne fume «que très rarement». Il explique aussi que l'idée lui est venue quand il a «vu un bar à chicha à Zurich qui était plein de monde». L'établissement a été ouvert il y a cinq ans à Lugano. Mattia Bottani est propriétaire, et c'est son frère Alessio qui s'occupe de la gestion.
Le néo-international n'a pas toujours été aussi inspiré sur les bords de la Limmat. Le 29 mai 2016 à Zurich, il aurait peut-être déjà pu donner une autre dimension au FC Lugano et à sa propre carrière. Ce jour-là, les Tessinois affrontent le FC Zurich au Letzigrund en finale de la Coupe de Suisse. Mattia Bottani a une chance de donner un avantage à son équipe en tirant un penalty à la 31e. Mais le gardien zurichois Anthony Favre repousse la tentative. Au final, c'est le FCZ qui sera sacré (1-0).
Depuis, Mattia Bottani a largement réparé cet échec, notamment en inscrivant le 3-1 des Luganais en finale de Coupe, cette année, contre Saint-Gall (victoire finale 4-1).
Enfant de Lugano, Mattia Bottani a presque fait toute sa carrière au Cornaredo, près duquel il a grandi. Entre 2011 et 2012, il tente sa chance en Italie, au Genoa. Mais sa plus grande infidélité aux Bianconeri a lieu en été 2016. Le milieu de terrain rejoint le FC Wil, alors en Challenge League, mais dirigé par des nouveaux propriétaires turcs qui doublent son salaire.
Outre le club saint-gallois, GC avait manifesté son intérêt. Selon le président luganais d'alors, Angelo Renzetti, les Zurichois avaient directement contacté le joueur, sans passer par le club. De quoi le faire sortir de ses gonds et balancer une phrase pas très heureuse:
Bottani ne jouera qu'une année au FC Wil, que les propriétaires turcs quittent en cours de saison et laissent dans une situation financière désastreuse. Le Tessinois, lui, rentrera au Cornaredo.
Outre la génétique, le néophyte de la Nati partage un bout de son parcours footballistique avec son grand-père, Carlo De Giorgi. Tous deux ont connu les joies d'une promotion en première division avec le FC Lugano. Pour Mattia Bottani, c'était en 2015, pour son papy en 1954.
L'ex-attaquant, décédé en 2011 à l'âge de 77 ans, n'a malheureusement pas pu voir son petit-fils réaliser le même exploit que lui 61 ans plus tôt. Là-haut, la convocation de Mattia Bottani avec la Nati doit le rendre très fier.
Alexis Pinturault, vainqueur du gros globe de cristal en 2021, a fait de la descente son nouvel objectif. Engagé à Beaver Creek, sur la redoutable piste de la «Birds of Prey», il défiera ce week-end les spécialistes de l'épreuve reine, pas de «simples combinards».