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Croissance – Déclin :
La croissance économique désigne la variation positive de la production de biens et de services dans une économie sur une période donnée, généralement une longue période. En pratique, l’indicateur le plus utilisé pour la mesurer est le Produit Intérieur Brut (PIB). Il est mesuré « en volume » ou « à prix constants » pour corriger les effets de l’inflation. Le taux de croissance, lui, est le taux de variation du PIB. On utilise souvent la croissance du PIB par habitant comme indication de l’augmentation de la richesse individuelle, assimilée au niveau de vie (à distinguer de la qualité de vie).
Une crise économique est une dégradation brutale de la situation économique et des perspectives économiques. Son étendue sectorielle, temporelle et géographique peut aller d’un seul secteur d’une seule région pour une brève période à l’ensemble de l’économie mondiale pendant plusieurs années ; on parlera alors de ralentissement économique ou, plus grave, de récession économique. Une telle crise comporte souvent (mais pas systématiquement) des répercussions sur le niveau des salaires et la valeur du capital (valeurs boursières), provoque des faillites et du chômage, accroît les tensions sociales et politiques, et peut même avoir des répercussions sanitaires. Au sein de l’histoire économique capitaliste, les crises peuvent se voir comme un élément régulier, qui s’inscrit dans un ensemble de cycles économiques.
» Les dernières décennies ont vu se succéder une série de cycles de croissance soutenue et de récession ou de faible croissance dans les pays développés. Les signes avant-coureurs du ralentissement de la croissance se font sentir dès la fin des années 1960 (surproductions agricoles, développement des inégalités, etc.). L’essoufflement d’un système fondé sur les gains de productivité et la consommation de masse, le dérèglement monétaire provoqué par la fin des accords de Bretton Woods en 1971 et les chocs pétroliers de 1973 et de 1979 vont déstabiliser le monde. En 1973, après une aggravation des relations entre Israël et ses voisins, l’Organisation des pays Producteurs et Exportateurs de Pétrole (OPEP) décide de quadrupler le prix du baril de pétrole, ce qui provoque une crise économique (1973-1974), puis un ralentissement de la croissance. La période qui suit se caractérise par une succession de crises (avec le second choc pétrolier en 1979-1982, puis encore en 1987) et de périodes de reprise. La croissance économique n’est plus régulière : on parle de croissance molle. Entre 1975 et 1985, l’inflation dépasse les 10% (on parle de stagflation). L’inflation sera vaincue par la suite, mais les États n’arriveront pas à trouver une solution au problème du chômage de masse. Les années 1980 marquent l’augmentation des coûts de production avec le prix de l’énergie et des matières premières. Les entreprises se mécanisent puis délocalisent leurs chaînes de production en dehors des pays développés à économie de marché), où le chômage et les inégalités sociales augmentent. La consommation s’essouffle, ce qui génère de la surproduction. La concurrence internationale des pays où la main-d’œuvre coûte moins chère est de plus en plus importante et une nouvelle division internationale du travail émerge. Une nouvelle crise en 2007-2009 est générée par la spéculation et le surendettement, qui a durement touché les pays développés à économie de marché, alors que les puissances économiques émergentes ont mieux résisté. Cette crise a débuté avec les difficultés rencontrées par les ménages américains à faibles revenus pour rembourser les crédits qui leur avaient été consentis pour l’achat de leur logement. Cette crise a entraîné une crise financière et une crise de confiance envers les banques qui s’est propagée rapidement à travers le monde. » (Cap Concours, s. d.).
Entre 1970 et 2019, le PIB réel de la Suisse a été multiplié par 2.22 et le PIB réel par habitant – qui mesure la prospérité – par 1.6 .
Ces 50 dernières années (1971-2019), le taux de croissance annuel moyen du PIB a été de 1.66%, celui du PIB par habitant de 0.99%.
À titre de comparaison, durant la même période, le PIB réel du Monde a été multiplié par 4.42 et le PIB réel par habitant – qui mesure la prospérité – par 2.12 .
Ces 50 dernières années (1971-2019), le taux de croissance annuel moyen du PIB mondial a été de 3.09%, celui du PIB mondial par habitant de 1.55%.
En observant les taux de variation annuels du PIB à partir de 1970, on distingue nettement les deux crises dues aux chocs pétroliers (croissance négative en 1975 et en 1982), la phase de stagnation des années nonante (1991-1996). L’après 11 septembre (attentats terroristes) est également nettement visible : croissance anémique en 2002 -2003 et augmentation du taux de chômage Suisse de 1.5% à 4.3% entre 2001 et 2003. Finalement, la crise des subprimes apparaît avec le taux de croissance négatif de 2009. Un autre indicateur de la prospérité important est l’Indice de Développement Humain (IDH) publié annuellement par le Programme des Nations Unies pour le développement depuis 1980. L’IDH est une tentative de chiffrer le développement humain de chaque État. Outre le classique PIB par habitant, il prend en compte l’espérance de vie et le degré d’éducation de la population (en s’appuyant sur les taux d’alphabétisation et de scolarisation). Le niveau de développement de la Suisse était de 0.84 en 1990 et équivalait à celui du Brunei ou de l’Argentine de nos jours (2019). La Suisse est aujourd’hui 2ème mondiale en terme de développement humain avec un score de 0.95 en 2019. Dans l’ensemble, l’IDH fait apparaître une corrélation très étroite entre la croissance économique et l’amélioration du niveau de vie ou de la prospérité.