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Le groupe souhaite simplifier sa structure et "aligner sa résidence fiscale avec le pays dans lequel il est enregistré, le Royaume-Uni", où il relocaliserait aussi ses instances dirigeantes, d'après un communiqué.
Le président du conseil d'administration Andrew Mackenzie a notamment pointé lundi lors d'une conférence d'investisseurs "le maintien d'une taxe sur les dividendes" aux Pays-Bas, dont la suppression avait été envisagée, puis abandonnée par le Premier ministre Mark Rutte en 2018.
"Plus avantageux" d'aller au Royaume-Uni
Il était "plus avantageux pour le plus grand nombre de nos actionnaires d'aller au Royaume-Uni" plutôt que d'enregistrer le groupe aux Pays-Bas, a ajouté Andrew Mackenzie.
Le groupe entend notamment "accélérer les distributions" aux actionnaires via son programme de rachat d'actions.
Cette décision faisait les gros titres des médias néerlandais lundi, qui déploraient la perte d'une autre entreprise après Unilever, autre groupe anglo-néerlandais dont les actionnaires aux Pays-Bas avaient voté fin 2020 en faveur d'une société mère unique basée à Londres, dans un contexte politique post-Brexit.
"Désagréablement surpris"
Le gouvernement néerlandais s'est dit lundi "désagréablement surpris" et "regrette profondément" cette décision, a déclaré le ministre des Affaires économiques sur Twitter.
"Nous sommes en discussions avec Shell au sujet des implications de ce transfert en matière d'emplois, d'investissements à caractère stratégique ou de durabilité", a-t-il ajouté.
Le déménagement priverait les Pays-Bas de sa plus grande entreprise et "Royal Dutch" serait aussi retiré du nom pour la première fois en 130 ans, pour ne garder que "Shell".
L'annonce de Shell "est une énorme saignée pour les Pays-Bas", a dénoncé l'organisation patronale VNO-NCW.
Côté britannique, le ministre des Entreprises et de l'Energie Kwasi Kwarteng se félicitait au contraire d'"un vote de confiance clair dans l'économie" du Royaume-Uni.
Suppression de la taxe à l'étude
Selon la chaîne de télévision RTL, le gouvernement serait en train d'évaluer ses possibilités de proposer à nouveau la suppression de la taxe sur les dividendes pour persuader Shell de rester.
"Il y a peut-être un certain sentiment de perte" avec le changement de nom, mais le groupe compte conserver les quelque 8500 emplois aux Pays-Bas, a fait valoir le directeur général lors de la conférence d'investisseurs.
Le pays reste "stratégique pour la transition énergétique" du groupe et abrite le "coeur technique de l'entreprise", a-t-il ajouté. "Cet important héritage sera maintenu".
"Taxe de sortie"
Les actionnaires devront se prononcer le 10 décembre au cours d'une assemblée générale à Rotterdam, aux Pays-Bas, sur les modifications proposées, qui incluent aussi la création d'une série unique d'actions, alors que le groupe était coté jusqu'ici via deux types de titres, Class A et Class B.
L'entreprise a précisé que ses actions resteront cotées à Amsterdam, Londres et New York. Les actions class B avaient progressé de 1,44% à 1,680,80 pence à Londres lundi à la clôture.
Mais Shell a précisé lundi ne pas attendre "d'impact significatif sur la charge fiscale totale du groupe", ajoutant que le groupe devrait même s'acquitter d'une "taxe de sortie" aux Pays-Bas qui pourrait atteindre 400 millions de dollars (370 millions de francs). Par ailleurs, l'impôt sur les sociétés doit augmenter au Royaume-Uni dès 2023.
afp/vajo