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Au zoo de Bâle et au parc animalier du Dählhölzli à Berne, les oiseaux devraient pouvoir être vaccinés contre la grippe aviaire à l'aide d'un vaccin génétiquement modifié. L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) a autorisé une dissémination expérimentale de l'Institut de virologie et d'immunologie (IVI) à partir de l'automne prochain et jusqu'à l'automne 2026, sous réserve de l'accord des cantons concernés. En tant que titulaire de l'autorisation, celui-ci doit prendre des mesures pendant les essais afin de garantir la sécurité de l'homme, des animaux et de l'environnement, raison pour laquelle des filets seront tendus pour empêcher tout contact avec les oiseaux sauvages. La Commission fédérale d'experts pour la sécurité biologique (CFSB) et la Commission fédérale d'éthique pour la biotechnologie dans le domaine non humain (CENH) saluent le vaccin. La CENH y voit une contribution à la lutte contre l'appauvrissement de la biodiversité, car les zoos détiennent des oiseaux rares.
L'essai sert également à étudier les aspects de biosécurité. Il s'agit notamment de vérifier le fait, observé jusqu'à présent, que le virus vaccinal inactif n'est pas excrété.
L'Europe a connu des milliers de foyers de grippe aviaire depuis 2021. En Suisse aussi, des foyers ont été enregistrés à plusieurs reprises, tant chez les oiseaux sauvages que chez la volaille domestique. Cette dernière n'était pas autorisée à aller au pâturage jusqu'au 1er mai de cette année pour se protéger d‘une contagion.
Le vaccin lui-même se compose d'un virus porteur (virus de la stomatite vésiculeuse VSV, agent pathogène de la stomatite vésiculeuse), auquel un gène étranger provenant du virus de la grippe aviaire H5N1 a été inséré. Un gène a été supprimé du virus porteur afin qu'il ne puisse plus se reproduire. Pour cette raison et parce que les oiseaux ne sont pas affectés par ce virus*, une propagation par multiplication autonome ou par recombinaison** avec un type sauvage du virus qui lui serait capable de se reproduire est exclue avec une grande probabilité. Certes, en laboratoire, des virus de type sauvage étaient également capables de se reproduire dans des cellules d'oiseaux. Cela pose théoriquement un problème de biosécurité, mais est considéré comme très faible en raison du mode de transmission décrit plus haut.
Le gène étranger du virus de la grippe aviaire inséré code pour une protéine de surface du virus de la grippe aviaire afin d'activer une réponse immunitaire spécifique. Les VSV ainsi modifiés sont ensuite multipliés dans des cellules de mammifères non génétiquement modifiées et purifiés afin qu'il ne reste que des particules virales. Ces particules virales sont ensuite injectées aux oiseaux.
La vaccination est censée empêcher la mise en cage forcée ou l'abattage massif des animaux. Ces deux processus sont controversés pour des raisons éthiques et de bien-être animal. Les vaccins classiques ne sont pas autorisés car ne permettent pas de distinguer sérologiquement les animaux vaccinés de ceux qui ne le sont pas . En outre, la grippe aviaire pose un problème de biosécurité car elle peut être transmise à l'homme et être mortelle. Un vaccin contre le virus Ebola, développé sur une base similaire, a été autorisé pour les humains dans l'UE en 2019.
*) D La stomatite vésiculeuse est transmise aux mammifères (ongulés) par les phlébotomes et son évolution est généralement bénigne avec une guérison spontanée au bout de deux à trois semaines. Elle est particulièrement importante en raison de sa transmissibilité à l'homme (zoonose) et de sa similitude avec la fièvre aphteuse et fait donc partie des maladies animales à déclaration obligatoire.
**) Recombinaison : ici, intégration d'informations génétiques du virus génétiquement modifié dans le type sauvage existant naturellement.