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Au début 1945, le major suisse Max Waibel a obtenu la capitulation anticipée des forces allemandes en Italie du Nord, évitant ainsi la destruction de la région.
Un groupe s'est donné pour but de raviver le souvenir de ce personnage tombé dans l'oubli.
L'histoire de cette médiation de Max Waibel auprès des belligérants a été retracée par le groupe «Sunrise '05». Son nom est tiré de l'opération top-secrète menée à l'époque, «Operation Sunrise».
Aujourd'hui, Max Waibel (1901-1971) reste méconnu et oublié en Suisse. Cela vient surtout du fait que le gouvernement fédéral a longtemps interdit l'accès au rapport relatant les négociations secrètes qu'il a menées entre les Alliés et les Allemands.
En effet, l'engagement de l'ancien major ne correspondait pas vraiment à l'image de neutralité de la Suisse.
Des extraits du rapport de Max Waibel ont certes été publiés en juin 1945 déjà par la Weltwoche. Mais ce n'est qu'en 1981 que le ministre de la Défense de l'époque, Georges-André Chevallaz, a finalement autorisé la publication complète du texte.
Le rapport commence le 21 février 1945, lorsque l'industriel italien Luigi Parrilli prend contact avec Max Waibel par l'intermédiaire de son ami Max Husmann, directeur de l'internat Zugerberg. Il prend fin le 29 avril 1945, date de la capitulation allemande à Caserte.
Des négociations secrètes à Ascona
Grâce à ses relations avec des officiers allemands, Luigi Parrilli savait que Hitler voulait que ses troupes se retirent d'Italie du Nord après avoir détruit la région. C'est la raison pour laquelle l'industriel recherchait un cessez-le-feu rapide.
Les négociations entre Alliés et Allemands ont essentiellement été menées au Tessin, à Lugano et à Ascona. D'ailleurs, dans le jardin de l'hôtel «Eden roc» d'Ascona, on peut voir aujourd'hui encore la petite maison où elles ont eu lieu.
Le mérite de l'aboutissement de ces négociations revient avant tout à Max Waibel. Pour y parvenir, il a notamment contacté Allen W. Dulles, chef de la police secrète américaine à Berne.
Le travail de persuasion effectué par le major suisse a convaincu le général Wolf, commandant des forces allemandes en Italie du Nord, de ne pas tenir compte des ordres de Berlin et de signer la capitulation.
Les historiens sont désormais convaincus que ces négociations menées sur sol suisse ont permis de raccourcir la guerre de six à huit semaines.
Elles ont de plus évité que la stratégie de la terre brûlée soit pratiquée en Italie du Nord, ce qui a permis de sauver des infrastructures, des trésors culturels et des vies humaines.
Mettre aussi le point sur les aspects positifs
L'histoire de ces négociations n'a plus rien de secret pour Alfred Ardizzi. Né en 1939 à Milan, ce Tessinois d'adoption est l'homme qui s'est engagé le plus pour sortir Max Waibel des oubliettes de l'histoire.
«Nous voulons que son histoire ne soit pas seulement connue en Suisse, mais aussi dans les anciens pays belligérants, principalement au Royaume-Uni et aux Etats-Unis», explique-t-il.
Pour Alfred Ardizzi, il est en effet important que les côtés positifs de l'action de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale soient relevés. D'autant plus qu'au cours des dernières années, ces sont surtout les aspects négatifs qui ont été relevés dans le cadre de l'affaire des fonds en déshérence.
swissinfo, Gerhard Lob
(traduction: Olivier Pauchard)
En bref
- Pour tirer Max Waibel des oubliettes de l'histoire, le groupe «Sunrise '05» planche depuis un an sur toute une série d'événements dont le point d'orgue aura lieu en 2005 à l'occasion du 60e anniversaire de l'Opération Sunrise.
- Le premier de ces événements a lieu le jeudi 8 mai, à l'occasion d'une conférence organisée au Centre culturel suisse de Milan. Des historiens italiens de premier plan y feront des exposés, notamment Sergio Romano (commentateur au Corriere della Sera) et Giorgio Rumi (professeur d'histoire contemporaine à l'Università degli Studi de Milan).
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