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Une révision de la Constitution fédérale a été parfois suggérée, mais dans le sens opposé, à savoir, adopter la pratique étrangère en faveur dudit cours légal permanent. Dans toutes les grandes nations sauf aux États-Unis, les billets de banque possèdent un cours légal, à savoir, l’obligation d’acceptation. Ce fut instauré en temps de paix, sans doute principalement avec le but plus ou moins caché d’introduire le cours décrété et la monnaie-papier en cas d’urgence de la façon la plus secrète que possible et sans que le public s’en inquiète. En Allemagne par exemple, le gouvernement a considéré clairement le cours légal comme un prélude au cours décrété même avant la guerre en rendant en 1909 le remboursement des billets pratiquement insignifiant pour tout le Reich par la centralisation au siège principal de la Reichsbank à Berlin. Le cours décrété existait alors de facto bien avant qu’il n’ait été ordonné lors de l’éclatement de la guerre. Tout ceci faisait partie de la préparation financière à la guerre et ce n’était nullement une politique monétaire dans l’intérêt de l’économie.
Là où le cours légal apparaît comme une mesure économique, il s’avère comme la béquille des monnaies «boiteuses» qui ont cours aujourd’hui. C’est un outil nécessaire et une caractéristique évidente des monnaies au noyau d’or, bordées d’or ou des devises-or sensés de pouvoir instaurer une confiance durable par la contrainte. Notre constitution ignore à raison la distinction subtile entre les deux cours, le cours légal et le cours décrété et permet l’utilisation de cette béquille uniquement dans les situations d’urgence en temps de guerre. Il vaudrait mieux d’exclure d’avance et par principe toute obligation imposée par l’État sans aucune exception. Le cours décrété n’appartient pas à la notion de l’argent réel, mais au concept opposé d’une monnaie parasite, de la monnaie-crédit et de la monnaie-papier. Plus cette monnaie est mauvaise, plus les contraintes sont importantes. Les avantages que l’État tire par la contrainte sont cependant éphémères et leur valeur trompeuse. L’expérience ne prouve pas que l’intérêt supérieur de l’État exige la suppression de la liberté et de la stabilité contractuelle au nom de l’intérêt national et qu’il soit obligé d’agir par la contrainte, la tromperie et le fauxmonnayage. Les véritables intérêts de l’État à long terme se révèlent au contraire solidaires avec ceux des entreprises.