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Le conseiller aux Etats thurgovien sera sûrement le prochain président du Parti démocrate-chrétien. Ce représentant de l'aile conservatrice du PDC est le dernier candidat en lice à trois semaines de l'élection.
Le groupe de travail chargé de régler la succession d'Adalbert Durrer a présenté mardi Philipp Stähelin en tant que candidat officiel du parti. Les deux autres candidats encore dans la course, le conseiller national valaisan Jean-Michel Cina et le conseiller aux Etats tessinois Filippo Lombardi, ont pour leur part renoncé à briguer la présidence.
Jean-Michel Cina a invoqué des raisons familiales à son retrait. Quant à Filippo Lombardi, il a été écarté par le groupe de travail qui considère que le PDC a besoin d'un Alémanique à sa tête.
Egalement pressentie pour la présidence, la conseillère nationale st-galloise Lucrezia Meier-Schatz avait déjà jeté l'éponge suite à une campagne de presse dirigée contre son mari.
Rien ne semble dès lors s'opposer à l'accession de Philipp Stähelin à la tête du PDC. Mais il doit encore recevoir l'aval de l'assemblée des délégués du parti. Elle aura lieu le 12 mai prochain à Wil (SG).
Agé de 57 ans, Philipp Stähelin a déjà un parcours politique bien rempli. Juriste de formation, il a d'abord occupé le poste de chancelier d'Etat de Thurgovie (1976-1984). Il a ensuite présidé le tribunal cantonal administratif (1984-1989).
Il a enfin accédé au gouvernement de son canton en 1989. Responsable des finances et des affaires sociales, il est le «père» de la nouvelle constitution cantonale.
Philipp Stähelin est apparu au niveau fédéral en 1999. Il s'est fait élire au Conseil des Etats, offrant au passage au PDC un siège détenu depuis douze ans par le socialiste Thomas Onken.
Sous la coupole, Philipp Stähelin fait figure de conservateur. Il est d'ailleurs membre du groupe «valeurs et société», groupe qui rassemble depuis le début de l'année les députés démocrates-chrétiens de sensibilité conservatrice.
Devant la presse, Philipp Stähelin a affirmé qu'il s'engagera entièrement pour son parti. Il veut que le PDC se batte pour des conditions-cadres favorables à l'économie et le maintien du filet social pour les plus faibles.
En matière de politique étrangère, l'objectif principal reste l'adhésion de la Suisse à l'ONU. Quant à l'adhésion à l'Union européenne, il ne faut pas en reparler avant que les accords bilatéraux aient déployé tous leurs effets.
Résidant à Frauenfeld, Philipp Stähelin est père de cinq enfants. Il vient lui-même d'une famille très politisée. Son père, Willy, avait siégé durant 34 ans au sein du gouvernement thurgovien (1935-1969).
Le 12 mai prochain, les délégués du PDC devront encore élire deux vice-présidents. Les deux candidats en lice sont le conseiller national jurassien François Lachat et la conseillère nationale argovienne Doris Leuthard.
François Lachat est candidat à sa propre succession. Il avait déjà été confirmé à la vice-présidence en janvier dernier.
En revanche, Rosmarie Zapfl, également confirmée à son poste en janvier, renonce à briguer un nouveau mandat. «Elle entend se consacrer entièrement à ses nouvelles fonctions de présidente de la commission économique du Conseil de l'Europe», a expliqué le conseiller national Peter Hess, président du groupe de travail.
swissinfo avec les agences