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Les poursuites contre Assange sont fondées sur des "mensonges"
La défense de Julian Assange a accusé mardi Washington de fonder les poursuites pour espionnage visant le fondateur de Wikileaks sur des "mensonges", au deuxième jour de l'examen par la justice britannique de la demande d'extradition américaine.
L'Australien de 48 ans est poursuivi aux Etats-Unis pour avoir diffusé à partir de 2010 plus de 700'000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan. Poursuivi en vertu des lois anti-espionnage de 1917 et pour piratage informatique, il risque jusqu'à 175 ans de prison.
Mais les 18 chefs de poursuite contre Assange, arrêté en avril après sept ans passés reclus à l'ambassade d'Equateur, sont fondés sur "des mensonges, des mensonges et encore des mensonges", a accusé l'un des avocats du fondateur de Wikileaks, Mark Summers. "Il est difficile d'imaginer un exemple aussi évident de demande d'extradition qui déforme autant les faits", a-t-il fait valoir dans une salle d'audience de la cour de Woolwich (Sud-Est de Londres).
"Série d'inexactitudes"
L'avocat représentant les Etats-Unis a rétorqué en décrivant le tableau brossé par la défense comme une "série d'inexactitudes sur la manière dont l'acte d'accusation est formulé" et une "déformation" des faits reprochés à Julian Assange.
Pour statuer sur la demande d'extradition, dont l'examen se tient cette semaine puis trois semaines à partir du 18 mai, la justice britannique doit notamment s'assurer qu'elle n'est pas disproportionnée ou incompatible avec des droits de l'Homme.
Dans son box, Assange, veste grise sur les épaules, est apparu fatigué après des heures d'audience, conduisant la juge Vanessa Baraitser à s'enquérir de son état de santé. "Julian Assange a des difficultés, il a du mal à se concentrer", a expliqué un membre de son équipe de défense.
"Menotté onze fois"
En début d'audience mardi, la défense a protesté contre le traitement qui lui est infligé. "Hier (lundi), M. Assange a été menotté onze fois, mis à nu deux fois" à la prison de Belmarsh où il est détenu, a protesté l'un de ses conseils, Edward Fitzgerald.
Un tel traitement pourrait "affecter cette procédure", a mis en garde l'avocat, demandant à la juge Vanessa Baraitser de donner instruction aux autorités pénitentiaires d'assouplir les mesures autour d'Assange.
La magistrate a rétorqué que ses pouvoirs à cet égard sont "limités". Elle ne peut pas ordonner aux autorités carcérales comment traiter les détenus, elle attend cependant que Julian Assange soit traité de manière juste, comme n'importe qui d'autre.
L'avocat du gouvernement américain a apporté son soutien aux observations de la défense. Il ne veut pas que le traitement d'Assange ne "compromette" la procédure.
ats, afp