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09.02.2022
Du 5 août 1990
À ne pas confondre avec la Charte arabe des droits de l’homme, la Déclaration du Caire sur les droits de l’homme en Islam a été adoptée en 1990 par l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Celle-ci se base sur les droits et les libertés de la Charia qui est considérée comme «l’unique référence pour l'explication ou l'interprétation de quelconque des articles» (art. 25). Contrairement à la Charte arabe, la Déclaration du Caire n’a pas de portée juridique mais une signification symbolique et une importance indirecte dans la politique des droits humains. Sur ce plan, elle s’érige en contre-projet islamique à la Déclaration universelle des droits de l’homme.
La Commission Permanente Indépendante des Droits de l’Homme (CPIDH) de l’Organisation de la coopération islamique entreprit au début des années 2010 la révision de la Déclaration du Caire afin de la rapprocher de la Déclaration universelle des droits de l'homme. La nouvelle «OIC Declaration on Human Rights (ODHR)» comporte d’importants progrès, l’organisation ayant pris en compte les critiques à l’encontre de la Déclaration du Caire de 1990. L’ODHR interprète ainsi les droits humains à la lumière des «valeurs islamiques» et non plus en référence directe à la Charia. Ce changement de paradigme se manifeste, entre autres, dans la nouvelle interprétation des droits des femmes. En outre, la déclaration révisée de l’OIC ne désigne plus l’homme comme chef de famille. L’ODHR exprime ainsi la volonté de la communauté des États arabes à s’engager davantage pour les droits humains à l’échelle internationale, à prendre en compte les critiques, et à éviter de limiter les libertés fondamentales au nom de la Charia.
La nouvelle Déclaration devait initialement être adoptée par l’Organisation de la coopération islamique mais cette étape a finalement dû être repoussée en raison de la pandémie de Covid-19.