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En Suisse, les organisateurs d'événements sportifs disposent désormais d'un outil de calcul des retombées économiques de leurs manifestations.
Cette méthode a été élaborée dans le cadre d'un projet de recherche financé soutenu et financé par Swiss Olympic et la Commission pour la technologie et l'innovation de la Confédération.
«Ce modèle n'est qu'une étape supplémentaire d'un projet qui a débuté en 1999, explique Marco Blatter. Nous avions alors soumis huit manifestations sportives d'envergure internationale ayant lieu en Suisse à une étude approfondie.»
Selon le directeur de l'organisation faîtière du sport suisse, les résultats positifs de ces études concernant les retombées financières de ces manifestations ont poussé Swiss Olympic à aller de l'avant.
Grâce au financement de Swiss Olympic (200'000 francs) et de la Commission pour la technologie et l'innovation de la Confédération (près de 2 millions), la méthode en question a été élaborée par la Haute école de gestion de Lucerne, le bureau Rütter & Partner, l'Office fédéral du sport et l'Université de Saint-Gall.
Quatre modèles
Aujourd'hui, quatre modèles d'analyse sont disponibles. Dans le cas le plus simple, le calcul se fait à partir de quelques chiffres basés uniquement sur des estimations et des indicateurs. Dans le cas d'analyses empiriques, les organisateurs obtiennent des résultats nettement plus complets et précis.
Le coût de l'étude dépendra du modèle choisi et il est bien sûr nécessaire d'avoir recours aux conseils avisés d'un expert.
Par rapport à d'autres méthodes, cette dernière ne se limite pas à l'aspect économique mais permet d'analyser aussi les retombées sociales et écologiques d'une manifestation, note le professeur Jürg Stettler, directeur de l'institut d'économie du tourisme de la Haute école de gestion de Lucerne.
L'exemple de l'Eurofoot 2008
Selon ce modèle, la valeur ajoutée du prochain Championnat d'Europe de football en Suisse et en Autriche est estimée entre 280 et 315 millions de francs suisses.
Pour arriver à ces montants, l'étude (plus de 100 pages, cf. lien) prend par exemple en compte les budgets à disposition, les investissements consentis dans la construction ou la rénovation des différents stades de football.
L'évolution du tourisme, les nuitées supplémentaires envisagées avec l'arrivée massive de supporters et des différentes délégations des équipes nationales qualifiées, les emplois directs et indirects créés par la manifestation sont également pris en compte..
L'impact des secteurs médiatiques (avec le traditionnel effet d'image à l'étranger) et des télécommunications également.
Dans un autre ordre d'idée, les coûts liés à des violences potentielles et la sécurité, ainsi que l'impact de la manifestation sur l'environnement entre également dans l'analyse.
Tout comme, de manière plus surprenante, la répartition des secteurs de l'emploi dans le pays, le PIB et la balance des paiements nationaux. Ou encore l'effet sur la santé de la population, à travers l'adoption d'une hypothétique attitude plus sportive...
Des caractères objectifs
«Nous vivons dans un temps où tout est soumis à des caractères objectifs, explique presque à regret Marco Blatter. Que ce soit en politique, en économie ou en sport. Jusque dans les années 90, les sponsors suivaient leur cœur, alors qu'aujourd'hui on demande un raisonnement. »
Pour le directeur de Swiss Olympic, il est nécessaire de pouvoir se baser sur des indicateurs objectifs afin de convaincre les partenaires politiques et économiques du bien fondé d'une manifestation sportive.
Faute de quoi, les aspects négatifs (tels que l'augmentation de la circulation, les déplacements de foule et les montagnes de déchets), mis régulièrement en évidence par les opposants, ne peuvent être contrebalancés.
swissinfo, Mathias Froidevaux
En bref
- Pour mettre au point ce nouvel instrument, ses initiateurs sont partis d'une analyse de huit manifestations sportives suisses à caractère international.
- Ils sont par exemple arrivés à la conclusion que la Fête fédérale de lutte suisse et des jeux alpestres, qui s'est tenue à Lucerne en 2004, a généré une valeur ajoutée de 13 millions de francs.
- Selon le modèle en question, l'Eurofoot 2008 en Suisse et en Autriche devrait dégager une valeur ajoutée estimée entre 280 et 315 millions de francs suisses.