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C'est bien l'accès aux médicaments contre le sida dans les pays en voie de développement qui induit leur prix et non l'inverse : telle est la position que vient de défendre à Genève Harvey Bale, directeur général de la Fédération internationale de l'industrie du médicament, à quelques jours d'une réunion commune d'experts de l'OMC et de l'OMS sur ce thème à Hosbjor près d'Oslo. «Si vous donnez à la population, accès aux médicaments, alors les prix suivront. En revanche, vous pouvez baisser le prix jusqu'à zéro, la population n'y aura pas accès si les infrastructures médicales n'existent pas», a-t-il fait valoir au cours d'une conférence de presse. «Les gouvernements sont responsables de ces infrastructures et les laboratoires de la mise au point des médicaments».Récusant les accusations formulées par certains Etats comme par le milieu associatif de lutte contre le sida quant aux prix exhorbitants des médicaments pour les populations les plus défavorisées, M. Bayle a rappelé qu'un accord avait été conclu en mai dernier entre cinq grands laboratoires pharmaceutiques et l'ONU, les premiers s'étant engagés à baisser le prix de leurs médicaments pour lutter contre le sida, et les Nations unies à subventionner davantage la distribution de médicaments. «Or, a-t-il souligné, rien ne s'est passé», les agences spécialisées de l'ONU n'ayant pas augmenté leurs subventions. Un médicament, générique ou non, destiné à soigner le sida ou à limiter ses effets, ne peut être donné qu'à la suite d'un diagnostic dans des structures médicales adéquates, une tâche qui incombe aux Etats et non aux laboratoires pharmaceutiques a insisté M. Bayle. Le directeur général de la Fédération internationale de l'industrie du médicament a d'autre part admis le principe selon lequel les pays riches et les personnes les plus riches vivant dans les pays pauvres pourraient acheter plus cher des médicaments vendus meilleur marché dans les pays en voie de développement. Il a toutefois mis en garde contre le risque de voir revendus sur le marché des pays riches des médicaments destinés aux pays pauvres.