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Corpus Equi de Diane Ducret
Choisie de Susan Richards
A l'adolescence, Diane Ducret fait une rencontre qui va changer sa vie: un cheval, nommée Zascandyl. Malgré la fatalité qui mettra fin à une passion hors norme et aux rêves d'une jeune fille, Diane Ducret retrouvera peu à peu le désir de vivre et d'honorer l'union sacrée qui unit, depuis des millénaires, l'homme et le cheval.
Il serait difficile de catégoriser Corpus Equi, à la fois témoignage d'un accident qu'une jeune fille mettra des années à surmonter, survol de la relation entre l'homme et sa plus noble conquête à travers l'histoire et la mythologie ou encore cri d'amour d'une cavalière à son cheval. Diane Ducret met ainsi en parallèle sa rencontre fusionnelle avec son étalon, Zascandyl, et les grandes légendes équines, de Bucéphale à Zingaro, en passant pas le cheval de Mahomet et les légendes vikings. J'ai trouvé cette construction dans la première partie du livre intéressante et, étant cavalière, je me suis retrouvée dans la passion de Diane Ducret, dans le simple bonheur éprouvé à l'odeur de foin et de cuir, et l'impression de liberté d'un galop en forêt.
J'ai par contre beaucoup moins aimé la deuxième partie du livre qui suit la séparation de Diane Ducret de son cheval. Autant je conçois totalement que la tristesse éprouvée suite à la perte d'un animal peut être dure à surmonter, autant j'ai trouvé la réaction de l'auteur, telle que décrite dans le livre, difficile à appréhender. En se laissant complètement anéantir par une relation avec un cheval, sa passion devient plus obsession, et là, mon identification avec Diane Ducret a disparu. La fin du livre m'a paru confuse voire bâclée; au lieu des dizaines de pages sur les années d'errance de l'auteur, j'aurais trouvé plus intéressant de décrire sa reconstruction, sa guérison.
Malgré quelques belles phrases et une construction intéressante, Corpus Equi est à réserver, à mon avis, aux passionnées du monde équestre. Au contraire de Susan Richards citée plus haut, Diane Ducret ne réussit pas à donner ici à la relation extraordinaire d'une femme et d'un cheval la portée universelle qui pourrait toucher même le lecteur complètement étranger à l'atmosphère d'une écurie. Dommage!
Il est des rencontres dont la chaleur suffit à emplir toute une vie et dont le deuil vous laisse estropié à jamais.
On peut vous dire à quinze ans que vous ne remarcherez jamais plus, et se retrouver pourtant à trente debout sur un cheval au galop, dont le corps sacré et vibrant vous guérit de ces années de désespoir. Telle est la vertu de l'alliance millénaire entre l'homme et sa plus noble conquête, où brillèrent Bellérophon et Pégase, Alexandre et Bucéphale, comme d'autres couples mythiques évoqués ici en miroir d'une destinée d'aujourd'hui. Le cheval y est la métaphore du retour à l'enfance, de la douleur éprouvée et surmontée, du refus de la fatalité.
Diane Ducret s'est fait connaître avec l'immense succès de Femmes de dictateur best-seller traduit dans plus de 20 pays. Mais savait-on qu'elle avait été l'un des espoirs français de la compétition équestre ? Avec ce livre plus personnel, elle révèle l'étendue et la variété de son talent.
Livre lu grâce à l'opération Masse critique de Babelio et aux éditions Perrin, merci à tous les deux. Malgré cette déception, je reste curieuse de découvrir dans un tout autre style, Femmes de dictateur, le best-seller de l'auteur.
DUCRET Dianet, Corpus Equi, ed. Perrin, août 2013, 168p.