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Jeune adulte, il cesse d'être croyant, fait son service militaire, avant d'être reçu à l’École Normale Supérieure de Paris. Des amis l'initient à la condition prolétarienne. Grâce à un prêtre du collège de Sainte-Barbe, il rejoint la misère des pauvres et tente de la soulager un peu. Mais le fléau est ample et sa volonté est souvent impuissante. Sous l'influence de Jaurès, il devient socialiste. Grâce à un autre ami, il entre dans le monde de la poésie, du rêve social, du monde mystique. Sans lui, il n'aurait pas été le même.
Durant ses années d'études, on trouve Péguy insupportable, orgueilleux et réclamant sans cesse des souscriptions pour des grèves, des cotisations pour des œuvres. Il obtient la permission de prendre une année d'arrêt (prétextant un problème de vue) et écrit son livre sur Jeanne d'Arc (1897). L'affaire Dreyfus va beaucoup l'occuper. Il épousera une socialiste-révolutionnaire, mais ils ne se marieront pas à l’Église. En 1900, il fonde les Cahiers de la quinzaine qui, pendant 14 ans, verront le déploiement de sa carrière d'écrivain.
Son évolution spirituelle est tangible. À partir de 1905, son pessimisme se transforme... le progrès semble irréversible dans bien des domaines. Entre 1907 et 1908, il retrouve la foi et écrit Le Mystère de la Charité de Jeanne d’Arc (1910), puis Le Porche du Mystère de la deuxième vertu (1911). Mais... ses déboires sont grandissants. Sa belle famille anticléricale le désavoue. Une amitié avec une belle jeune fille devient amour. Pour échapper à cette obsession, il facilite son mariage avec un autre et plonge tête baissée dans le travail. Il ira à pieds à Chartres pour obtenir la guérison de son fils malade. Il écrira alors son 3e livre, Le Mystère des Saints Innocents (1912), puis ce sera Ève (1913) en vers. La guerre éclate et l'ordre de mobilisation l'atteint. Lors de l'offensive de la Marne, il est foudroyé le 6 septembre par une balle en plein front. Relire certaines strophes de Ève est un profond bonheur.