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Comment le parasite du paludisme passe-t-il du foie aux globules rouges en échappant au système immunitaire ? Des chercheurs de l'Institut de médecine tropicale Bernard Nocht à Hambourg et de l'Institut Pasteur à Paris viennent de découvrir que Plasmodium berghei, qui infecte les rongeurs, utilise les membranes des cellules hépatiques qu'il a tuées pour édifier de véritables chevaux de Troie (Science 2006;313:1287:90). Les chercheurs ont pu suivre in vivo et en temps réel l'évolution des mérozoïtes, la forme invasive du parasite, rendus fluorescents. Ils ont observé le détachement des cellules hépatiques infectées, puis le bourgeonnement de leur surface. Baptisés mérosomes, les bourgeons se détachent de la cellule morte et gagnent la circulation sanguine. Ils renferment en réalité des centaines de parasites, qui ainsi véhiculés gagnent les vaisseaux sinusoïdes du foie et sont libérés dans le sang. Or, des cellules mortes et a fortiori les mérosomes qui en dérivent devraient être reconnus par le système immunitaire et détruits. Mais les mérozoïtes, en absorbant les excédents de calcium liés au déclin cellulaire, empêchent l'exposition à la surface de la cellule des phosphatidylsérines qui attirent normalement les macrophages. Les parasites passent donc incognito.La médecine dispose ainsi d'une nouvelle piste pour stopper l'infection avant qu'elle ne gagne les érythrocytes, le stade pathogène. Le parasite du paludisme prend plusieurs formes au cours de sa vie, ce qui rend difficile l'élaboration d'un vaccin efficace.