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Les bains de Rorschach
Un vent venant du large accompagne mes premiers pas de la journée. Ce vent est porteur du message émis par l'eau du vénérable fleuve en guise de soutien avant d'affronter ler ardeurs du soleil, tout au long des interminables lignes droites, dépourvues d'ombre.
Une heure vingt après mon départ, je prends cogé du Bodensee. Je m'arrête pour le regarder encore une fois et le saluer. Il me souffle à l'oreille : "regarde le bout de chemin que nous avons partagé". Je visualise mon point de départ de ce jour, j'aperçois le clocher du jour précédent, je devine encore la localité que j'ai laissé il y a deux jours. Mais je ne peux remonter plus en arrière. Je reçois son message comme un cadeau précieux.
Le relai est repris par le Rhin. "Alter Rhein". Tout de suite, j'imagine, honneur à son âge, qu'il est choyé. Nenni de son eau. On l'a amputé et ce n'est pas pour autant que l'homme en a retiré les murs. Exception faite de ce secteur "renaturé" où un filet d'eau peut sagement se promener. Le but n'étant pas d'admirer le Vénérable, mais de pouvoir observer quelques oiseaux. C'est bien, mais observer la nature en la pixellisant est terriblement réducteur.
A partir de St.Margrethen, ma progression se poursuit au sommet d'une des digues du haut de laquelle j'imagine le Rhin sillonnant cette vaste plaine, sur un lit de galets, offrant ça et là des zones favorables à la vie et son renouvellement.
L'homme n'y voit qu'un espace monnayable. Il lui suffit de contraindre le fleuve dans un espace réduit. Construction d'une première paire de digue. Le Rhin, un jour, a eu envie de revoir ses anciens espaces de jeu qu'il partageait volontiers. Il sortit donc un instant de son enceinte.
Cela n'a pas du tout plu aux humains. Ni une ni deux, ils lui érigent une secode paire de digues.
Les bains de Rorschach