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Sœur Thérèse relève un blessé sur le champ de bataille. Suite de protections
dont elle l'entoure pendant trois années de guerre.
Lettre naïve d'un soldat.
Guérison inespérée d'un soldat intoxiqué par les gaz.
Protection en faveur d'un soldat attaqué par un chien de guerre.
« Rendons grâces à notre chère petite Thérèse ! »
« Le petit soldat de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. »
Apparition de Sœur Thérèse à un pauvre troupier.
Octobre 1917.
Roger
Lefebvre, âgé de vingt-neuf ans, couvreur à Saint-Aubin-du-Thenney (Eure), et
père de famille, partit pour la guerre en août 1914, et fut incorporé au 224e
d'infanterie. Il avait une confiance sans bornes envers Sr Thérèse de
l'Enfant-Jésus, qu'il se mit à invoquer, assure-t-il, plus de vingt fois par
jour. En outre, il portait sur lui sa relique et son image.
Voici
maintenant la merveilleuse protection dont il fut l'objet : Le 17 septembre
1914, à La Neuville près de Reims, vers 4 heures et demie de l'après-midi, dans
un combat où pleuvaient les obus, il fut blessé par six éclats de ces
projectiles, qui lui coupèrent plusieurs veines du cou, le blessèrent à la tête,
au visage, à la cuisse, et lui firent au pied une terrible entaille. Le
malheureux tomba et perdit connaissance.
Revenant à
lui par la fraîcheur du soir, il se trouva baigné dans son sang qui continuait à
couler à flots de ses plaies béantes, et, se sentant d'une faiblesse à mourir,
il s'écria avec une foi ardente : Ma Sœur Thérèse, venez à mon secours !
Aussitôt, il vit auprès de lui la petite sainte, belle et compatissante; elle
tenait d'une main un grand crucifix, et de l'autre, prenant avec tendresse le
bras droit du mourant, elle le releva, lui sourit et disparut...
A cet instant qu'il n'oubliera jamais,
le soldat se trouva tout autre : subitement son sang cessa de couler, comme si
une main céleste eût bandé ses blessures; alors, sans plus ressentir la moindre
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souffrance, il courut à un poste de
secours qui se trouvait à 400 mètres du champ de bataille.
Une
circonstance remarquable de son temps passé aux ambulances fut que ses
souffrances ne revinrent pas, bien que la plaie affreuse du pied nécessitât des
opérations endurées à l'état de veille.
Complètement
guéri, l'heureux soldat vint à Lisieux, avec sa femme, le 4 février 1915,
remercier Sœur Thérèse à son tombeau, comme il en avait fait le vœu. De là il se
rendit au Carmel, et la Mère Prieure, accompagnée d'une autre religieuse,
entendit de sa bouche le récit ému et plein de simplicité de la grâce reçue. «
J'ai raconté à tous ceux que j'ai pu ce qui m'est arrivé, dit-il; voyez-vous, le
cœur m'en saute encore quand j'y pense ! »
«
Repartirez-vous au front, puisque vous voilà guéri? » interrogea la Mère
Prieure; et le brave troupier de répondre avec élan : « Oh ! oui, ma Sœur,
bientôt, et je vous assure que c'est sans crainte, car ma Sœur Thérèse, qui m'a
protégé une fois, me protégera toujours. »
La parfaite
bonne foi du soldat Lefebvre (d'ailleurs très estimé du curé de son village) fut
attestée par plusieurs personnes fort sérieuses. Citons, parmi elles, un
vénérable prêtre du diocèse d'Angers, M. l'abbé Maurier, professeur à l'externat
Saint-Maurille de cette ville, et M. le vicomte Alfred de Rougé qui eut
plusieurs mois dans son ambulance « le protégé de Sœur Thérèse », comme lui-même
se désigne toujours. M. de Rougé le déclare « chrétien fervent et convaincu,
professant une dévotion touchante pour sa sainte Protectrice; de plus, très
intelligent et incapable d'avoir été dupe d'une illusion ».
La suite de
son histoire et la fidélité de sa reconnaissance achèvent de le prouver. Après
avoir regagné son dépôt et attaché désormais au 24e d'infanterie, Roger Lefebvre
fut dirigé à nouveau sur le front le 15 décembre 1915; à chacune de ses
permissions, il se faisait un devoir d'accomplir un pèlerinage à Lisieux.
Lui-même résume, dans une lettre du 26 août 1917, comment Sœur Thérèse lui
continua son assistance.
« J'ai pu
constater bien des fois, écrit-il, que j'étais toujours protégé. Au mois de mai
1916, je suis allé sur la tombe de Sœur Thérèse et n'ayant qu'une peur, celle
d'être prisonnier, je lui demandai la mort de préférence à la captivité. Mais
cependant je lui dis que, si je ne pouvais échapper à ce dernier malheur, je
sois au moins grand blessé, car j'aurais des chances d'être rapatrié.
«Le 1er juin
suivant, dans un combat, les Allemands nous ayant contournés, nous n'avions plus
qu'à nous rendre; mais je sentis en moi quelque chose qui me commandait de
résister, et je rejoignis mon capitaine avec trois camarades. Là, malgré les
sommations de l'ennemi qui voulait nous forcer à jeter les armes, on se défendit
avec acharnement. Au bout d'une minute, deux d'entre nous étaient tués, et moi
je recevais une balle dans l'épaule droite; mais je parvins encore à lancer deux
grenades de la main gauche. Alors je fus de nouveau blessé dans le côté droit et
à l'épaule gauche et je tombai sur
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le dos ne pouvant plus bouger. Bientôt
mon dernier camarade succomba à son tour, ainsi que le capitaine qui se fit tuer
à bout portant, ne voulant pas se rendre. Pour moi, un soldat allemand me coucha
en joue pour m'achever, mais un officier arrêta son bras; je suis resté ainsi
trois jours, étendu, sans pouvoir faire aucun mouvement, mais, dans mon épreuve,
je voyais bien que ma sainte Protectrice ne m'abandonnait pas. J'étais dans un
boyau très étroit, et l'ennemi avançait, gagnant du terrain; je vis ainsi
défiler près de moi des centaines de soldats allemands en rangs pressés. Eh bien
! pas un seul ne passa sur moi, et tous, au contraire, au risque de se faire
tuer, montèrent sur le bord du talus, pour ne pas me toucher.
« Cependant,
j'étais à bout de forces et je souffrais tant que le troisième jour je demandai
à ma petite Sœur Thérèse de me débarrasser de mes douleurs en m'envoyant la
mort. Au même instant, sans que je puisse m'expliquer comment, car tout seul je
ne pouvais pas me remuer du tout, et j'étais de plus en plus faible, je me
trouvai subitement debout dans la tranchée et je pus marcher. Je rencontrai des
Allemands, et l'un d'eux me donna à boire du café, plutôt qu'à un autre blessé
allemand, qui n'était pas content de cela; mais je le compris bien par son
geste, l'officier qui me donna à boire dut lui dire que j'étais plus blessé que
lui, et on ne lui donna que de l'eau. On m'indiqua ensuite un poste de secours,
et, comme le bombardement de notre artillerie continuait sans trêve pour
regagner le terrain perdu, et atteignait le poste, un aumônier militaire
allemand me fit descendre, avec une précaution qui me toucha beaucoup, dans un
trou d'obus, tout près de là. Enfin, on me dirigea à l'arrière, dans un hôpital,
car j'étais trop blessé, et là je fus opéré de suite. Après cela, on me
transporta à l'hôpital de Stuttgart où je trouvai de bonnes religieuses qui me
soignèrent très bien.
« Je suis
resté en Allemagne jusqu'au 15 décembre, jour où j'ai été rapatrié en Suisse
comme grand blessé, bien que je sois à peu près complètement remis. C'est là que
j'ai connu le soldat Latus, si malade de la tuberculose, et que je lui ai appris
à prier la Sœur Thérèse. D m'a écouté et a été tout de suite guéri, comme il a
dû l'écrire au Carmel (1). Pourtant il m'était toujours impossible de me servir
de ma main droite, qui manquait de force, et, à la suite d'une opération au
coude du même bras brisé, il s'y formait toujours des abcès; alors je commençai
des neuvaines à Sœur Thérèse, et à la fin de la deuxième
(1) Au mois de mars de cette année, il y
avait aussi un autre soldat très malade. J'ai été le voir et je lui ai dit de
demander à ma chère protectrice sa guérison. Il m'a répondu oui, et sur ce je
suis rentré à l'hôtel. Une fois dans ma chambre, j'ai prié ma « petite Thérèse »
pour mon pauvre camarade, afin que s'il ne devait pas guérir, du moins qu'il
meure heureux. Peut-être dix minutes après ma prière, J'ai senti une odeur de
violette dans ma chambre, et je ne pouvais comprendre d'où elle venait, sinon de
ma chère petite sainte. Le lendemain matin, j'ai respiré encore ce parfum dans
l'escalier, et j'ai du m'arrêter tant c'était fort!... Peut-être une demi-heure
après, j'apprenais que mon camarade était mort, et je suis sûr que Soeur Thérèse
avait voulu m'annoncer qu'il mourait heureux.
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neuvaine les abcès étaient guéris, et,
de plus, je pouvais me servir librement de ma main droite. Depuis ce jour, je
n'ai plus rien souffert ; je suis rentré en France au mois de juillet, et rendu
à ma petite famille bien heureuse de me revoir. Voilà l'exposition bien sincère
de ce qui m'est arrivé grâce à Sœur Thérèse. Si on le juge utile à sa gloire, je
laisse la liberté de le faire connaître. »
Le protégé de Sœur Thérèse,
Roger Lefebvre,
soldat au 24e d'inf.
Quelques
jours après son retour au milieu des siens, le brave soldat accourait à Lisieux
avec sa femme et ses enfants, en pèlerinage de reconnaissance. Il y retourna
encore plusieurs fois, car lui aussi bien que sa femme assurent n'avoir pas de
plus grande joie que celle de venir prier sur la tombe de Sœur Thérèse. Aux
dernières nouvelles, datant d'octobre, l'heureux privilégié avait pu reprendre,
malgré son coude droit ankylosé, le périlleux métier de couvreur qu'il exerçait
précédemment.
Aux Armées, le 5 octobre 1917.
Ma très Révérende Mère,
Je viens
vous accuser réception et surtout vous remercier du beau livre de Sr Thérèse de
l'Enfant-Jésus que vous avez été si bonne de m'envoyer.
Misérable pécheur, je n'étais pas digne
de connaître cette âme pure; cette lecture-là m'a touché si fort dans le fond de
mon cœur qu'elle m'a coupé tout appétit; je veux toujours lire ce livre, et les
heures ne sont plus assez longues pour que je me contente et que j'en goûte
toutes les beautés.
Pardonnez-moi, mais, malgré mes péchés, j'ose chérir cette petite Sœur si bonne
et si belle.
Depuis le
début de l'épouvantable guerre, je n'ai jamais vécu des journées aussi
tranquilles, je ne pense plus au danger et n'en ai plus de frayeur, en compagnie
de Sœur Thérèse.
Que Dieu
vous bénisse, ma très Rde Mère.
Un catholique tout dévoué,
D. A.,
9e
Art. à pied, 12e B.
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G. B. C, 15e corps. 9 octobre 1917.
Je
soussigné, chanoine Henri Binet, aumônier militaire au G. B. G., certifie ce qui
suit :
Dans les
premiers jours de septembre 1917, j'ai assisté le soldat Ambert, du ...e
régiment d'infanterie, appartenant à une famille chrétienne de Marseille. Il
avait été intoxiqué par les gaz, et son cas se présentait fort sérieux suivant
les effets externes et internes qu étaient à craindre.
De lui-même,
dès son arrivée à l'ambulance, le malade m'exprima le désir de communier, et en
même temps, rendu aveugle par les gaz, il me pria spontanément de placer sous
son oreiller une image-relique de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus qu'il possédait,
et il ne cessait d'invoquer la sainte.
Néanmoins,
son état empira, tout son visage n'était plus qu'une croûte purulente, les voies
respiratoires paraissaient profondément atteintes et la fièvre se maintenait
très élevée. Le major, finalement, le déclara perdu, et, de fait, plusieurs de
ses camarades moins atteints succombèrent.
Je visitais
régulièrement le bon jeune homme, lui demandant s'il se confiait toujours à Sœur
Thérèse, que moi-même j'intéressais tant à lui. Invariablement, même lorsqu'il
semblait absorbé au point de n'avoir presque plus de connaissance, il me
répondait : « Oui, je me confie toujours à elle ! » Et contre toute attente, il
y eut abaissement de la température, la cicatrisation externe commença, le
corps, devenu comme un squelette, reprit un aspect de plus en plus normal, les
yeux se rouvrirent et la congestion des bronches se dissipa. Bref, à la fin de
septembre, je le quittai en pleine convalescence.
H. Binet,
chanoine honoraire,
aumônier volontaire.
Aux Armées, le 21 octobre 1917.
Je fis
connaissance avec Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus grâce à un vénérable aumônier qui
me donna son image. Je l'emportai, comme une relique, au front, et j'ai bien des
fois expérimenté la protection dont elle me couvrait. Voici le fait le plus
saillant :
Le soir de
la Pentecôte, le 11 juin 1916, après une pieuse journée, je regagnais mon
cantonnement près d'Arras, seul sur la route, quand j'aperçus, à la lueur des
fusées-signaux, un gros chien qui
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après m'avoir flairé s'élança
brusquement sur moi, me mordant à la jambe gauche sans lâcher prise, et essayant
de m'en traîner. Me sentant perdu, car je n'avais aucune arme, j'invoquai avec
confiance la petite Sœur Thérèse. L'effet de mon invocation fut immédiat. Le
molosse desserra sa gueule et je m'arrachai aisément de son étreinte; puis il
s'enfuit avec un sourd grognement. A sa façon d'attaquer, je supposai que
c'était un chien de guerre ennemi, exercé à la chasse du soldat français.
Cette
morsure m'éloigna momentanément du front, car l'on m'envoya à l'Institut
Pasteur, à Paris, et pendant mon traitement antirabique, ma batterie subit de
grosses pertes dans la Somme. J'y vois une deuxième protection ; la troisième
fut d'être attaché, à mon retour de Paris, à un nouveau dépôt, au Havre, ce qui
me permit de faire quatre fois le pèlerinage de Lisieux. Que Sœur Thérèse me
continue son aide, car elle sait bien mon désir d'être le plus dévoué de ses
admirateurs !
Côme Camélio,
XIIe, 3e R. A. L.
Ce soldat se
présenta au parloir du Carmel de Lisieux à l'un de ses pèlerinages, et y fit le
récit verbal de la protection reçue. Il attribua à Sœur Thérèse d'être revenu
indemne de la guerre.
Communiqué par le Carmel d'Oloron.
Brest (Finistère). 25 octobre 1917.
Victoire ! Je suis reçu agent technique,
avec le n° 7. Rendons grâces à notre chère petite Thérèse qui m'a si bien
exaucé.
Elle ne m'a
pas trompé, car, en l'invoquant ces jours derniers, elle m'avait déjà fait
pressentir mon rang d'admission. Voici comment : L'image de Sœur Thérèse s'étant
échappée de mon livre de messe, je l'avais replacée au hasard. Quelques jours
après, priant pour le succès de mon examen, j'entendis comme une voix qui me
disait : « Regarde où tu as placé l'image. » Sceptique, je regardai et la
trouvai à cette page de l'Évangile qui s'adaptait bien à mon cas : Les ouvriers
de la dernière heure! J'en étais un, moi, qui me présentais presque sans
préparation. « Les derniers seront les premiers », dit le texte sacré, et je
communiquai à ma femme cette prévision que les résultats ont confirmée. Chère
petite Thérèse! de ma vie je n'oublierai cela, et pour la faire mieux connaître
je vais distribuer son image 'à tous les amis de mon groupe.
Alexandre Theven.
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Le frère de
ce soldat a été préservé de la mort par une image de Sœur Thérèse mise dans un
petit carnet, sur sa poitrine.
Un éclat
d'obus est venu frapper ce carnet et le carboniser, tandis que l'image est
restée intacte, et que le soldat n'a eu aucune égratignure.
Sa fille a été également sauvée par la
petite sainte dans une grave maladie.
Du Front, 19 octobre 1916.
Madame la Supérieure,
Depuis que
j'invoque Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, il me semble ne plus vivre sur la terre,
tant j'ai de joie dans le cœur et dans l'âme. Je n'ai plus le « cafard » comme
j'avais auparavant; au contraire,le courage me vient à supporter toutes les
peines et les souffrances que j'endure en ce moment. La petite sainte m'aide à
porter ma croix chaque jour et à suivre les traces de Jésus, et quand j'ai fini
de porter une croix, l'autre croix me revient sans me décourager.
Ce matin
j'ai eu le bonheur de communier, et je veux vous dire comment c'est arrivé. Bien
avant mes camarades, j'étais rendu à la cuisine roulante pour chercher « le jus
», mais il n'était pas fait; donc me voilà à attendre en fumant ma pipe. Quand
tout à coup une voix me dit en moi-même : Tu as le temps, va à l'église recevoir
le pain des forts. C'était ma petite Sœur Thérèse qui me disait cela. Aussi,
l'écoutant fidèlement, j'éteignis ma pipe et je partis pour l'église. Des
prêtres-soldats y disaient la messe. Je demandai tout de suite si je pouvais
communier, et l'on me répondit que oui. Alors je demandai pardon à Dieu de mes
fautes, je me confessai, je communiai et, en sortant, je me sentais plus fort
que j'étais quand je suis parti, et je remerciais la petite sainte de m'avoir
envoyé sa voix.
Je lui
confie ma pauvre vieille maman, ma femme et mes deux petits enfants.
Recevez,
Madame la Supérieure, mes sincères salutations. Je finis ma lettre, car je vais
à mon occupation habituelle. Le petit soldat de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus,
Jules Provost,
147e d'Inf., C e A, 4e groupe.
DU MÊME :
11 novembre 1916.
Voici dix
jours que je viens de passer dans les tranchées sous un bombardement effroyable,
et je remercie Dieu de m'avoir conservé la
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vie. La nuit, pendant que j'étais de
garde à côté de ma mitrailleuse, je disais toujours mon chapelet, et les obus
passaient au-dessus de moi et éclataient avec un bruit d'enfer sans me toucher.
Mais ce n'est pas étonnant, car Sœur Thérèse est auprès de moi et je vous
certifie qu'elle me protège. Aussi je distribue ses médailles et ses images aux
camarades, et ils sont si contents que je n'aurai pas peur de dépenser tout
l'argent que je gagnerai pour acheter de ces chers souvenirs.
J'ai déjà
souffert pour la religion et j'ai été brutalisé parce que j'allais à la messe;
mais j'offre ces coups pour le salut de la France et pour gagner le ciel.
Le petit breton mitrailleur de Sœur
Thérèse,
Jules Provost.
DU MÊME :
7 novembre 1917.
Ma bonne Supérieure,
Je viens
vous dire que j'ai eu chez moi un petit miracle de la chère Sœur Thérèse. Ma
femme souffrait d'une maladie du cuir chevelu et tous les remèdes qu'on essayait
ne lui faisaient rien... Alors voilà que dimanche j'ai eu la bonne inspiration
de mettre la relique de Sœur Thérèse sur la tète de ma pauvre femme, et au bout
de trois ou quatre jours tout le mal avait disparu. Qu'elle est une douce
Protectrice, la petite sainte ! Je veux placer son grand portrait dans mon foyer
pour qu'elle nous bénisse toujours. J'ai eu l'occasion de donner son image à un
brave soldat annamite, catholique, et il l'a vite envoyée à sa famille. J'étais
tout fier de penser qu'ainsi la Sœur Thérèse serait connue jusqu'au Tonkin. Je
suis toujours le croyant de votre petite sainte.
Jules Provost.
Le soldat
Jules Provost, ayant été envoyé sur le front d'Orient, en 1918, continua d'y
ressentir les effets de la protection de Sœur Thérèse, et fut rendu à sa
famille. Il envoya au Carmel sa croix de guerre.
Du Front, le 11 novembre 1917.
Sr Thérèse
de l'Enfant-Jésus, priez pour nous !
Au mois de
juin de cette année, je me trouvais à Vailly (Aisne), dans les immenses
carrières dites de « Maison rouge ». C'était une triste position, car nous
endurions des bombardements terribles.
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Entre les 9
et 12 juin, une nuit où je dormais dans notre grand tunnel d'abri, je me
réveillai et je pensai à invoquer Sœur Thérèse. Aussitôt je vis comme une
clarté, et la petite Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus qui souriait en me regardant.
Oh! quel air de bonté avait cette sainte pour moi! Au bout d'un instant, elle
disparut. Je suis sûr qu'elle voulut, en se montrant à moi, m'encourager et me
consoler à l'avance du grand malheur de la mort de ma bonne mère. Étant parti en
permission quatre jours plus tard, j'arrivai au pays, qu'elle était déjà
enterrée. Je garderai toujours un doux souvenir de cette vision, et, avec plus
de confiance encore qu'auparavant, je me recommande à ma petite Sœur Thérèse.
E. T.
16e territorial, 9e Cie