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Ralentir son pouls pour vivre plus longtemps
L'étude du Dr Xavier Jouven, coordonnateur d'une équipe à
l'Institut nationale de la santé et de la recherche médicale
(Inserm) à l'hôpital Européen Georges Pompidou à Paris, établit en
effet un lien entre l'abaissement de la fréquence cardiaque au
repos sur cinq ans et la réduction du risque de mortalité qui en
découle par la suite.
Les hommes dont le pouls au repos a diminué de plus de 7
battements par minute (bpm) au cours de ces cinq années ont vu leur
risque de mortalité abaissé de près de 20%, comparés à ceux dont la
fréquence au repos était resté stable. En revanche, l'augmentation
du rythme cardiaque au repos s'est traduite par accroissement du
risque de mortalité de près de 50%, selon l'étude.
Pouls à surveiller
On savait par de précédentes études que plus la fréquence
cardiaque au repos, mesurée par la prise du pouls, est élevée, plus
le risque de mortalité augmente. Mais l'étude du Dr Jouven est la
première à avoir exploré la signification des changements du pouls
au repos au fil du temps.
Le pouls est à surveiller, aussi systématiquement que la pression
artérielle, "c'est un indicateur de santé qui a été jusqu'à présent
négligé", estime-t-il. "Une élévation progressive de la fréquence
cardiaque de repos au cours des ans, est un signe d'alerte" qui
doit être pris en considération. Même si "on ne sait précisément
pourquoi le pouls de repos fluctue au cours du temps",
relève-t-il.
La pratique régulière d'un exercice physique (vélo, course à
pied...) est le meilleur moyen d'abaisser la fréquence cardiaque de
repos. A condition, bien sûr, de pratiquer progressivement, les
sédentaires devant éviter de se lancer brutalement dans des sports
intensifs (squash...).
Importance du sport
Si un pouls au repos compris entre 60 et 80 bpm est considéré
comme normal, les athlètes ou les sujets en excellente condition
physique peuvent avoir des fréquences cardiaques de l'ordre de 40
ou 50 bpm au repos, voire même de 35 à 40 bpm chez des sportifs de
haut niveau.
Environ 20% des citadins de l'étude avaient un pouls au repos
inférieur à 60 bpm et la même proportion un pouls de repos
supérieur à 75 bpm. "Arrêter de fumer et perdre du poids en cas de
surcharge pondérale en adoptant une alimentation adaptée peut
également permettre d'abaisser la fréquence cardiaque", précise le
cardiologue.
Les gens peuvent prendre leur pouls eux-mêmes et s'il est un peu
élevé, demander conseil à leur médecin, poursuit-il. Faute de
normes internationales, il préconise de mesurer le pouls au poignet
pendant une minute pleine et après cinq minutes de repos allongé,
comme pour la tension artérielle.
afp/kot
Publié le 15 novembre 2006 à 20:50 - Modifié le 28 juin 2010 à 14:01
Une étude menée sur plus de 20 ans
Durant cette période, 1.018 décès de causes diverses ont été enregistrés. Les autres facteurs de risque (poids, tension artérielle, tabac...) ont été pris en compte.
La fréquence cardiaque ou nombre de battements du coeur par minute (bpm) reflète l'effort du coeur pour adapter l'afflux de sang aux besoins du corps.
Les femmes absentes de l'étude
Mais une étude qui sera menée fin 2007, concernant 10.000 femmes et 10.000 hommes, permettra de corriger le tir.