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Poète parmi les plus importants de Suisse, Gustave Roud a eu une influence centrale sur le milieu poétique romand après la Deuxième Guerre mondiale : toute une génération de jeunes poètes (Ph. Jaccottet, M. Chappaz, J. Chessex) est venue à lui comme au représentant de la plus haute esthétique, comme à l’auteur qui liait la poésie à une expérience spirituelle du monde, en renouvelant les intuitions des romantiques allemands qu’il a traduits (Novalis, Hölderlin). Guide des jeunes poètes, bien plus que ne le fut C. F. Ramuz ou encore P.-L. Matthey, il a également entretenu de nombreux échanges avec des intellectuels suisses (A. Béguin, M. Raymond) ainsi qu’avec les principaux éditeurs de poésie (H.-L. Mermod, A. Mermoud, J. Hutter, B. Galland). Sa position centrale dans le milieu littéraire romand contraste avec son retrait géographique dans les campagnes vaudoises, à Carrouge, au cœur du Jorat, et plus encore avec la sensation d’un isolement indépassable qui transparaît aussi bien dans ses œuvres que dans une correspondance particulièrement abondante.
Publiés deux ans après sa mort, les trois volumes des Ecrits (1978) rassemblent les principaux textes de Gustave Roud. Mais son œuvre ne se réduit pas à ses proses poétiques, même si elles en constituent le noyau. Après la mort de l’auteur, plusieurs pans d’écriture ont été révélés, et ils sont aujourd’hui l’objet d’une attention accrue. Car s’il a bien été poète avant tout, l’écriture épistolaire ou son journal accaparent également son quotidien, sans oublier ses activités de traducteur, de critique et encore ses collaborations avec les éditeurs.