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Le câble du Salève
Un petit inventaire des « câbles » du Salève
Si le plus connu des câbles du Salève est assurément celui qui permet au téléphérique de relier la gare du Pas de l’Echelle au sommet de la montagne, un certain nombre d’autres câbles ont été installés dès le 19e siècle sur différents sites du massif.
Au début du 20e siècle, les carrières du Salève au Pas de l’Echelle sont déjà exploitées depuis plusieurs dizaines d’années ; les carriers ont installé un câble d’acier afin de descendre les pierres extraites des parois depuis 757 m d’altitude jusqu’au pied du Salève vers 450 m d’altitude.
Un autre câble avait été installé, probablement à la fin du 19e siècle, entre La Croisette et le hameau du Coin, sur les hauts de Collonges-sous-Salève. Equipé d’un godet, ce câble servait notamment à descendre et à monter du fourrage. Des tronçons de cet équipement sont encore visibles dans le bas du sentier d’Orjobet.
Au début du 20 siècle, le propriétaire du chalet de La Thuile, M. Brand, avait fait installer un câble pour relier sa ferme d’alpage à Beaumont. Long de 700 mètres et d’un diamètre de 17 millimètres, ce câble reliait le chalet de La Thuile (1158 mètres) à un petit bâtiment situé un peu au dessus du village de Beaumont (840 mètres). Il servait à descendre le lait des vaches et à remonter les marchandises nécessaires aux occupants du chalet. Le petit bâtiment de la gare inférieure de ce téléphérique de La Thuile est aujourd’hui transformé en une chapelle portant le nom de Notre Dame de l’Espérance. La sainte-vierge qui l’habite a le visage tourné vers le chalet de La Thuile.
Enfin, un autre câble étant installé entre la carrière de sable siliceux de Vovray-en-Bornes et la route qui longe le plateau des Bornes au pied du Salève. Ce câble qui a fonctionné de 1946 à 1960 était muni de deux godets pour transporter le sable jusqu’à un silo de 14 m2 installé au bord de la route. Le système mis en place était simple mais ingénieux : en descendant, le godet plein de sable faisait remonter le godet vide ! Le silo était vidé deux fois par jour par un camion qui livrait ce sable aux verreries de Saint-Prex, dans le canton de Vaud, en Suisse.
Le Funambule du Salève:
Quant aux célèbres cartes postales où l’on voit un homme moustachu descendre sur un câble du Salève, il s’agit en fait d’un dénommé Alfred Chapuis, préparateur à l’Université de Genève et « alpiniste exercé qui a fait quatre fois l’ascension du Mont-Blanc ».
En 1902 et en mai 1903, il descendit à quatre reprises sur le câble reliant le chalet de La Thuile à Beaumont. Il aurait même, « à la hauteur de plus de cinquante mètres, chanté une chanson des Alpes, sous les applaudissements des spectateurs » (carte Jullien-Frères 3118 et 5637).
En 1904, il a réédité le même exploit sur le câble des carrières du Salève. Il aurait parcouru 23 fois ce câble « sans aucun moyen ou appareil » (carte Jullien-Frères 5636 où on le voit en tout petit).
Alfred Chapuis était l’un des membres fondateurs du Club genevois d’escalade Edelweiss, qui existait déjà en 1894 et qui a fonctionné jusqu’en 1913.
Sources :
Site internet de La Salévienne, journal « le Cultivateur Savoyard », livre « le Salève, histoires et anecdotes » de J.-J. Boimond.