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IFSN: Beznau 1 peut être remis en service
A l’été 2015, les mesures par ultrasons effectuées sur la tranche Beznau 1 (PWR, 365 MW) avaient signalé des indications de défaut dans le matériau de base de la cuve de pression du réacteur. La cuve de pression d’un réacteur est la partie la plus importante d’une centrale nucléaire et ne doit pas faillir. Ce justificatif, Axpo a été à même de le fournir maintenant, comme a pu en juger l’IFSN après l’avoir vérifié. Le groupe d’experts internationaux entré en fonction en 2015 à la demande de l’IFSN arrive à la même conclusion: «Nous pouvons ainsi affirmer avec conviction que la cuve de pression du réacteur de Beznau est sûre», résume Hans Wanner, le directeur de l’IFSN. Ainsi, selon lui, du point de vue de la sécurité technique, rien ne s’oppose à ce que Beznau 1 soit à nouveau raccordée au réseau.
Des examens en profondeur
L’IFSN avait exigé en 2015 qu’Axpo analyse, caractérise et évalue les mesures par ultrasons signalant des indications de défauts dans l’acier de la cuve de pression du réacteur. Dans ce contexte, 119 indications ont été mesurées dans la tubulure de cuve B, et 3519 dans la virole de cœur supérieure C. Aucune indication n’a été observée dans la virole de cœur inférieure D.
D’après Axpo, la documentation du fabricant fournissait déjà quelques indications sur l’origine des irrégularités constatées. La cuve de pression a été fabriquée à la forge du Creusot (France) dans les années 1960. En vertu des directives de fabrication en vigueur à l’époque, de l’aluminium était rajouté lors du coulage pour la liaison de l’oxygène. Les examens et analyses en profondeur destinées à identifier l’origine et la cause des indications ont montré que celles-ci concernaient des inclusions non métalliques de quelques millimètres résultant du processus de fabrication (oxydes d’aluminium) susceptibles de former également des conglomérats plus gros.
Une réplique pour réaliser les examens
Pour valider les résultats obtenus, Axpo a recherché un matériau similaire afin de réaliser des tests de résistance. Or aucun matériau similaire n’est disponible dans une quantité suffisante au niveau mondial. L’entreprise a donc décidé de faire fabriquer une réplique de la virole de cœur supérieur C de la cuve de pression par une entreprise britannique. Celle-ci a recouru ici aux mêmes processus de fabrication que ceux utilisés dans les années 1960. Ainsi, lors des analyses qui ont suivi, la réplique a, comme attendu, présenté les mêmes propriétés que la virole dans le réacteur. Cette copie a permis d’expliquer l’origine des indications de défaut identifiées dans le cadre des mesures par ultrasons. Elle a également été utilisée pour la réalisation de tests sur des échantillons de matériau.
Des tests de résistance destructifs (résistance à la rupture par traction et résistance à la rupture de fragilité) ont ainsi été effectués sur plusieurs centaines d’échantillons. Les analyses métallographiques et examens du matériau ont permis de confirmer que les inclusions n’avaient aucune influence négative sur les propriétés du matériau de la cuve de pression, a indiqué Axpo. Afin de pouvoir déterminer les réserves de sécurité existantes dans le cadre de l’utilisation ultérieure de la cuve, des tests et calculs d’intégrité ont été réalisés dans une étape ultérieure, en conformité avec les directives internationales (code ASME) et les prescriptions nationales (directives IFSN) en vigueur. Les analyses ont montré que la résistance de la cuve de pression n’était pas impactée par les inclusions d’oxyde d’aluminium.
Bilan d’Axpo: le justificatif de sécurité pour la cuve de pression de la tranche 1 a pu être apporté en se basant sur des hypothèses conservatrices. Il a été démontré que les exigences de sécurité et les dispositions légales permettant un fonctionnement sûr de l’installation pour une durée de 60 ans étaient respectées.
Lancement de la procédure de redémarrage
Grâce à la décision positive rendue par l’IFSN, les travaux préparatoires en vue du redémarrage de la tranche 1 ont pu être lancés. D’après Axpo, des tests généraux de sécurité ont ainsi été réalisés. Le fonctionnement en puissance de l’installation sera repris progressivement, et Beznau 1 devrait atteindre sa pleine charge fin mars 2018.