Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07269.jsonl.gz/467

FAQ
Où trouve-t-on des ours en Suisse ?
Il n’y a pas de population d’ours résidant en permanence en Suisse. Mais presque chaque année, des ours appartenant à la population du Trentin migrent en Suisse en passant par les Grisons. Jusqu’à présent, la plupart des détections ont eu lieu en Engadine et dans le val Poschiavo. L’ours M29 a cependant ensuite poursuivi sa route jusqu’en Valais via la Suisse centrale et Berne (voir sous Distribution; section Migration de l’ours M29). Les détections récentes sont présentées sous Distribution et dans le Monitoring Center du KORA.
Combien y a-t-il d’ours en Suisse ?
Depuis 2005, le nombre d’ours présents sur le territoire suisse varie toujours entre 0 et 3 (voir sous Populations, graphique de la présence d’ours en Suisse entre 2005 et 2021). Seuls des mâles ont migré en Suisse jusqu’à présent, et la plupart sont repartis relativement rapidement, ce qui tient au système social propre à l’ours : les femelles ne se déplacent que très rarement sur de longues distances, et vivent les unes à côté des autres dans la région où se trouve le cœur de la population. Quant aux jeunes mâles, ils migrent à la recherche de femelles. S’ils n’en trouvent pas, ils reviennent généralement à proximité du cœur de la population.
Pourquoi l’ours a-t-il disparu de Suisse ?
Plusieurs facteurs ont conduit à la disparition des prédateurs en Suisse. Pour résumer : les ressources naturelles ont été fortement surexploitées au XIXe siècle. Les forêts ont été déboisées et, à part quelques populations de chamois relativement petites et isolées, les ongulés sauvages ont fait l’objet d’une chasse intensive et ont été exterminés. Même l’ours, qui est omnivore, a besoin de protéines animales. Les attaques sur les animaux de rente se sont multipliées, notamment parce que les troupeaux étaient conduits au pâturage en forêt, et les conflits entre l’être humain et les prédateurs se sont intensifiés. La perte de l’habitat associée à celle de nourriture disponible, mais aussi la traque sans merci perpétrée l’homme (avec primes officielles d’abattage à la clé), ont entraîné la disparition des grands prédateurs de Suisse à la fin du XIXe et au début du XXe siècle (voir aussi le rapport KORA Bericht 24).
L’ours est-il dangereux pour l’homme ?
En temps normal, les ours n’attaquent pas l’homme et les incidents sont très rares. Les ours peuvent cependant devenir dangereux et le sont alors généralement dans des situations très spécifiques : p. ex. des ours ayant été nourris et qui s’approchent des hommes pour obtenir de la nourriture, des ours qui cherchent de la nourriture dans des poubelles non sécurisées dans des zones habitées, des femelles avec des oursons, des individus blessés ou lorsqu’un chien s’approche de trop près (surtout les chiens non attachés qui repèrent la présence d’un ours et retournent ensuite à toute vitesse vers leur propriétaire, amenant ainsi l’ours vers l’homme). La plupart de ces situations peuvent être évitées en adoptant quelques comportements simples (voir ci-dessous). Les attaques sur les humains sont donc relativement rares, même dans les régions où résident des populations d’ours.
Comment se comporter si l’on est sur un territoire occupé par un ours et qu’on en croise un ?
Les territoires des ours ne sont pas des zones interdites et toutes les activités y restent possibles. Les comportements de base sont décrits dans les annexes du Plan Ours (DE, FR, IT). Le canton des Grisons a également élaboré des fiches d’information (DE, IT, romanche) sur le comportement général à adopter, ainsi que des fiches spécifiques pour les campeurs et les chasseurs. De même, le canton du Valais a édité une feuille d’information sur le sujet (FR). Enfin, le projet européen LIFE Dinalp Bear de gestion et de protection des populations d’ours bruns dans le massif dinarique et dans les Alpes a publié un dépliant sur les comportements à adopter si l’on se trouve sur le territoire d’un ours (DE, IT, EN).
A-t-on vraiment besoin de l’ours ?
Cette question est souvent posée pour les espèces animales dont la présence n’est pas approuvée par tous. L’ours fait partie des espèces de faune indigènes. En tant qu’apex prédateur, il joue un rôle essentiel dans les interactions entre espèces et habitats et dans les processus d’évolution connexes. Il fait donc partie intégrante de la biodiversité, au même titre que l’être humain.
L’ours a-t-il vraiment sa place dans un pays aussi densément peuplé que la Suisse ?
Le KORA a publié un rapport (DE, EN) sur ce sujet en 2005. L’étude portait sur les Alpes du Sud-Est de la Suisse. On y trouve des habitats favorables dans toute l’Engadine, dans le nord du Tessin et des Grisons ainsi que dans le pays de Glaris, une région qui comprend de nombreuses zones de plus de 50 km² d’habitats interconnectés. Cette taille a été prise comme référence, car elle correspond à peu près à celle du territoire d’une femelle dans le Trentin. Les conditions écologiques générales sont donc réunies et l’établissement d’une population dépendra avant tout de son acceptation par la population.