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Lucheni Luigi
Abandonné à la naissance, Lucheni est pris en charge par l’hospice des Enfants Assistés de Paris avant d’être renvoyé en Italie en août 1874. Après un service militaire de plus de trois ans, il émigre en Suisse. A Lausanne, il se rapproche des cercles socialistes et des milieux libertaires et anarchistes. Le 10.09.1898, il assassine l'impératrice Élisabeth d'Autriche au quai du Mont-Blanc à Genève.
Selon son témoignage à son procès, tenu à Genève le 10.11.1898, il voulait tuer le duc d’Orléans, puis a décidé d'agresser la souveraine autrichienne pour frapper à travers elle « les persécuteurs des ouvriers »; il achète son arme, une lime qu'il a fait affuter, à Vevey. Il est condamné à la réclusion à perpétuité.
60 anarchistes ou réputés tels sont expulsés de Suisse par le Conseil fédéral après sa condamnation. La police soupçonne l'anarchiste Giuseppe Ciancabilla (1872-1904), qui est arrivé de Londres en Suisse en août 1898 et qui a été vu avant le meurtre en compagnie de Lucheni à Genève, d'avoir été la tête pensante du crime. Ciancabilla est expulsé de Suisse le 23.09.1898 sans être inquiété.
En prison, Lucheni rédige ses mémoires; après le durcissement de ses conditions de détention, il meurt par suicide le 19.10.1910 dans le cachot de la prison; il avait reçu une large ceinture ce que ne permettait le règlement de la prison. Sa tête est prélevée pour examen par l'Institut de médecine légale de Genève; elle sera conservée jusqu'en 1985, avant d'être transférée à Vienne où elle est enterrée en 2000.
1898: Suisse, Lausanne, rue de la Mercerie 17
1898: Genève, rue dEnfer
1898-1910: Genève, prison de l’Évêché
Mémoires de l'assassin de Sissi. Luigi Lucheni, édité par Santo Cappon, Paris: Ed. Le Cherche Midi, 1998