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Lecture de Matthieu 25 : La parabole des dix jeunes filles
1Alors le royaume des cieux ressemblera à dix jeunes filles qui prirent leurs lampes et sortirent pour aller à la rencontre du marié. 2Cinq d'entre elles étaient imprévoyantes et cinq étaient avisées. 3Celles qui étaient imprévoyantes prirent leurs lampes mais sans emporter une réserve d'huile. 4En revanche, celles qui étaient avisées emportèrent des flacons d'huile avec leurs lampes. 5Or, le marié tardait à venir ; les jeunes filles eurent toutes sommeil et s'endormirent. 6Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : “Voici le marié ! Sortez à sa rencontre !” 7Alors ces dix jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leurs lampes. 8Les imprévoyantes demandèrent aux avisées : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent !” 9Les avisées répondirent : “Non, car il n'y en aurait pas assez pour nous et pour vous. Vous feriez mieux d'aller en acheter pour vous chez ceux qui en vendent.” 10Les imprévoyantes partirent donc acheter de l'huile, mais pendant ce temps, le marié arriva. Les cinq jeunes filles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle de mariage et l'on ferma la porte à clé. 11Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent et s'écrièrent : “Maître, maître, ouvre-nous !” 12Mais le marié répondit : “Je vous le déclare, c'est la vérité : je ne vous connais pas.” 13Veillez donc, ajouta Jésus, car vous ne connaissez ni le jour ni l'heure.
Prédication : « Fais le plein d’huile… pour nourrir l’espérance ! »
Résumé : Attendre, ce n’est pas facile. Surtout on est dans les ténèbres du monde et que l’époux, Sauveur, se fait attendre pour son retour. En insistant sur la responsabilité de chacun, la parabole des 10 jeunes filles nous exhorte aujourd’hui encore à faire le plein de réserve d’huile pour faire face l’attente et aux ténèbres qui durent. Et à veiller. Êtes-vous prêts à cela ?
Chers frères et sœurs en Christ,
Quand vous attendez, vous faites comment, vous ?
Attendre, on le fait tout le temps. Et parfois c’est facile, parfois moins. Attendre la fin du trajet des vacances avec la fameuse phrase « c’est quand qu’on arrive ? » ou son petit frère « on arrive bientôôôt ? », attendre le repas comme Avrell avec son fameux « Quand est-ce qu’on mange ? », attendre que ses enfants fassent des tâches ménagères (voici une photo d’une « maman qui attend que son enfant range sa chambre ».) Attendre le prince charmant, bon certaines n’ont pas tenu bon... Attendre aux Urgences (où l’on comprend le sens du mot « patients »). Et cette semaine en particulier, attendre la fin de la pluie, avec une certaine impatience. Tellement qu’on en finit par dire « J’en pluie plus ». Et attendre le retour de son ami le plus cher, c’est encore pire. Par exemple attendre le retour du Jedi, qui mine de rien tombe souvent entre le mercredaille et le vendredaille. Attendre… que la liste de gags du pasteur se termine. Pas simple d’attendre.
Dans la parabole que nous venons d’entendre, parabole dite des 10 jeunes filles, il est justement question d’attente. De retard. Ces 10 jeunes filles attendent l’époux, comme les disciples, à la fin du 1er siècle, attendaient le retour du Christ. Et l’époux tarde. Au fond, cette parabole vient interpeller avec une certaine rudesse les auditeurs sur leur attente et sur leur responsabilité dans celle-ci.
Pour replacer cette parabole dans son contexte, il faut savoir qu’à l’époque, le soir du mariage, les hommes et les femmes mangeaient séparément. Puis la femme était placée sous un dais et attendait l’arrivée de l’époux, entourée de jeunes filles. Cette image de l’époux et de l’épouse a été aussi utilisée par l’apôtre Paul pour évoquer la relation de Dieu avec son Eglise (Eph, 5,25). Ainsi, si nous reprenons cette métaphore, les jeunes filles correspondent à l’Eglise qui attend la venue du Christ.
Mais autre point important, ce récit se déroule de nuit, « au milieu de la nuit », à l’heure où l’on doute le plus, où l’épouse peut arriver jusqu’à se dire « il ne viendra plus ». C’est l’heure où les ténèbres sont les plus épaisses. Mais la parabole dit qu’il finira par venir. A ceux qui disent que l’époux arrive tout de suite, la parabole répond qu’il arrivera au milieu de la nuit. A ceux qui disent que l’époux ne viendra jamais, la parabole répond qu’il arrivera au milieu de la nuit.
De nuit, pour évoquer aussi les ténèbres qui nous envahissent, particulièrement encore ces temps avec notamment les horreurs de la guerre et les absurdités du monde. De nuit, car face à ces ténèbres, nous avons besoin de lumière, besoin d’espérance. Nous avons besoin d’une flamme, si fragile soit-elle, pour tenir bon.
Alors que faut-il pour, dans nos nuits ténébreuses, tenir bon ? La parabole répond : de l’huile en suffisance ! Vous avez remarqué : toutes les jeunes filles s’endorment, mais ce qui fait la différence, ce qui les rend les jeunes filles avisées, c’est d’avoir de l’huile en réserve pour être prêt, pour tenir bon et être là au bon moment.
Alors bien sûr, cette parabole est racontée pour faire réagir l’auditoire. La fin avec l’exclusion des filles imprévoyantes est violente, pour ne pas dire choquante : la porte leur est fermée définitivement. Mais ce qui est intéressant, c’est que la parabole dit que le Royaume de Dieu ressemble non pas juste aux 5 jeunes filles avisées, mais aux « dix jeunes filles qui prirent leurs lampes et sortirent pour aller à la rencontre du marié ». Aux 10. Ce qui veut dire que le Royaume passe par nous tels que nous sommes, avec notre sagesse et avec nos manques. Il y a une caractéristique, néanmoins, de chacune de ces 10 jeunes filles, c’est qu’« elles ont pris leurs lampes et sont sorties à la rencontre de l’époux ». Leur qualité, ce n’est pas une perfection morale, c’est un désir d’une rencontre. Le but, c’est bien la rencontre avec le Christ qui, s’il vient à nous, souhaite que nous nous mettions en route pour sortir le rencontrer…
Mais pour que cette rencontre ait lieu, la parabole nous dit qu’il nous faut de l’huile pour notre attente. Car être avisé, intelligent, c’est prévoir des réserves d’huile. Mais pour toi, c’est quoi ta réserve d’huile ? qu’est-ce qui te permet de ne pas baisser les bras, de continuer à espérer malgré les ténèbres environnantes ?
L’huile, vous avez remarqué, on ne la partage pas dans la parabole. Ce n’est pas que les jeunes filles avisées soient égoïstes, c’est plutôt que leur huile, elle est très personnelle, très existentielle pourrait-on dire. Et cela ne se partage pas. Au fond, c’est une question de responsabilité individuelle. C’est à chacun de se procurer l’huile dont sa lampe a besoin. Quelle est mon huile ? et comment puis-je en faire des réserves ?
L’huile, cela peut-être bien sûr la foi, qui nous aide à tenir dans les tempêtes, confiance en la fidélité de Dieu et de ses promesses. Ou le Saint Esprit, représenté par l’huile dans les onctions, présence de Dieu à nos côtés, consolateur et défenseur. « De l’huile dans mon attente », ce qui m’aide à tenir bon, ce qui me donne de l’espérance, cela peut être tant de choses, comme le démontrent ces réponses de frères et sœurs de MLK ou d’ailleurs sur les réseaux sociaux :
- Stéphanie : Chaque jour le fait de pouvoir me lever est une bénédiction, ensuite recevoir sa grâce et sa joie ! Ça c’est l’ouverture du bouchon de la bouteille d’huile ! Ensuite c’est de verser cette huile qui m’est donnée dans mon attitude envers les autres, et de récolter leur retour ! De savoir que je peux huiler par un simple sourire la vie de qqn ! Que de m’arrêter 5 min et écouter une voisine me montre que je peux être utile et être un vecteur pour l’huile, même de façon minime, et cela me fait du bien !
- Samuel : Les lectures, les musiques, l'expression artistique, les personnes lumineuses qui m'entourent !
- Jacques-Alain : L’espérance et la foi ! Croire que le bout du tunnel arrive !
- Laure : L’art… les belles actions de solidarité que je vois chez les autres…
- Madeleine : Les encouragements de mes proches et la confiance qu'ils ont en moi quand moi je ne l'ai plus. Mes expériences passées où j'ai traversé certaines ténèbres et en suis ressortie grandie.
- Ghislaine : Ma croix huguenote autour de mon cou…
- Olivier : l’huile c’est ce qui maintient la lumière, tant qu’il y a de l’huile il y a de la lumière. Pour moi, le fait de chanter du gospel c’est comme une lumière qui m’est apportée tant par la joie que par le message que ces chants véhiculent.
De l’huile qui nourrit l’espérance, cela pourrait aussi être vous, chers frères et sœurs en Christ, la communauté de MLK. Ici en particulier, l’huile, cela pourrait être enfin, comme Olivier l’a dit, les chants gospels, ces chants d’espérance enracinés dans la douleur et la souffrance humaine mais qui connectent avec une espérance et une joie qui vient de Dieu. « Hold on just a little while longer », accroche-toi, juste un petit moment de plus, tout ira bien : en voilà une huile nourrissante pour mon attente dans les ténèbres.
Ici à MLK, notamment avec ces chants gospels, nous avons cette mission je crois d’offrir un lieu où l’on peut venir faire des réserves d’huile ensemble pour faire face aux ténèbres du monde et à l’attente. « Eglise MLK, fournisseur d’huile pour ta lampe », ça claque non ? Peut-être aussi aider chacune et chacun à trouver son huile, à se connecter à elle pour en faire des réserves. Dans ce sens, nous sommes appelés à cheminer ensemble pour rayonner de la lumière de Dieu ici au centre-ville de Lausanne.
Et c’est peut-être cela, veiller, comme le demande le Christ. Veiller ensemble à prévoir notre huile en suffisance, et savoir nous nourrir d’elle ! Veiller et se rendre disponible à l’inattendu de Dieu. Car attendre, c’est aussi cela : s’ouvrir à l’inattendu de Dieu dans nos vies, présence discrète et lumineuse dans nos ténèbres.
Il vient. Êtes-vous prêts à l’attendre ?
Amen.