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Projection à Genève proposée par l'Association Janusz Korczak - Mohammad a quatre mois. C'est un enfant palestinien qui souffre d'une déficience du système immunitaire, seule une greffe de moelle osseuse pourra le sauver et le seul endroit où peut être effectuée cette greffe est dans un hôpital israélien - Tel Hashomer près de Tel-Aviv. L'opération coûte 55'000 dollars, une fortune ! Grâce à un reportage de Shlomi Eldar, un Israélien juif qui a perdu son fils pendant la guerre financera cette greffe, sous couvert d'anonymat.
Shlomi Eldar, Prix Pulitzer en 2005 et spécialiste du conflit israélo-palestinien a d'abord filmé Mohammad et sa famille pour lui-même, il devient partie prenante du documentaire. Ehud Bleiberg, un producteur israélien acceptera de le produire.
La caméra tour à tour, filme le pédiatre, Raz Somech, Raïda, la mère de l'enfant, qui jure que son fils s'il doit mourir comme martyre pour la Palestine, mourra et qu'elle en sera fière. L'enfant-bulle est au cœur des contradictions. A travers ce petit corps malade, passe toutes les tensions du conflit israélo-palestinien, la donneuse, une cousine quitte Gaza, le temps de l'opération.
Le documentaire retrace le combat de chacun, le pédiatre pour sauver l'enfant, la mère qui souhaite le sauver mais qui ne veut pas être associée au camp ennemi et qui subit la pression sociale. L'enfant qui se bat pour survivre.
Les protagonistes sont englués dans un conflit qui perdure et où chacun se perd, mais eux tous tentent de mettre toute leur énergie, toute leur compréhension de l'autre pour sauver l'enfant, ce trait d'union qui les unit en un combat commun et singulier d'où émergera la vie et non pas la mort.
Pourquoi tant d'énergie pour un seul enfant tandis que tant d'autres meurent ? Il faut bien commencer à quelque part. Partir d'un point presque insignifiant au regard de ce qui se déroule au quotidien, sauver une vie, une vie si précieuse, promesse de l'aube à travers laquelle la vie est là dans ce qu'elle insuffle de plus humain, cette touche de profonde humanité qui reste lorsque tout semble avoir disparu.
Une promesse de l'aube d'où rayonne encore un peu de cette humanité qui nous est si chère et qui nous laisse espérer un monde plus sage.
Interview exclusive -
Pour le Dr Raz Somech, ces rencontres lumineuses et chargées d'espoir rappellent qu'il n'y a pas que la haine pour motiver les êtres. Il se souvient de cette lettre de secours pour sauver le jeune Mohammad envoyée au journaliste Shlomi Eldar , il n'y croyait pas, c'était une tentative parmi d'autres, un dernier essai. Mais l'empathie et la compassion ont joué.
Bien souvent, on se trouve être plutôt solidaire face à un enfant malade. Et face à un enfant malade, on ne se demande pas à quelle confession, quelle couleur, quelle nationalité, il appartient. On le soigne sans préjugés. Il souligne la métaphore dans le film, "lors d'une greffe, le corps étranger doit faire sa place, il y a au départ une tentative de rejet. Puis greffon et organisme sont obligés de coexister, cette coexistence est l'assurance de survie, sinon le patient risque de mourir". Une métaphore qui colle parfaitement au conflit palestino-israélien. Il n'y a plus d'autre choix que celui de coexister de façon pacifique au risque de tous disparaître.
Pour les gens, ce genre de message est important parce qu' il redonne de l'espoir bien qu'on observe un durcissement des deux camps. Ce sont les gouvernements qui doivent finalement lancer des messages clairs. Or, sur le terrain, on constate que nombreuses sont les anecdotes de personnes issues des deux bords qui tentent de trouver des solutions pacifiques dans leur quotidien.
Un projet qui lui tient très à coeur consiste à étendre et détecter de façon précoce le déficit immunitaire chez les enfants. Le Centre où collabore le Dr Somech, Centre Médical Sheba à l'hôpital de Tel-Hashomer, recherche un financement de 750 000 dollars, pour permettre ainsi aux enfants palestiniens et israéliens de bénéficier d'un dépistage dès leur naissance. Le Service d'immunologie pédiatrique de l'éminent pédiatre est déjà reconnu par la Fondation Jeffrey Modell. Une distinction que seuls 35 centres dans le monde ont reçu à ce jour. Un des seuls au Moyen-Orient, le Centre pourrait accueillir des enfants de toute cette région.
Autre rêve du Dr. Raz Somech, q'un jour les enfants ou petits-enfants de Mohammad jouent avec les enfants ou petits-enfants de Ohad, Shira, Noa (les enfants du médecin)
BEHEZRAT HACHEM
INCH'ALLAH
Avec l'aide de Dieu
Pour plus d'informations sur ce projet : Dr. Raz Somech M.D, Ph.D <email-pii>
(photo ci-dessus, "EFFEL74" que je remercie)