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La société de la Gruyère se présente
Jusqu’en 1918, les apiculteurs gruériens formaient une section de la société fribourgeoise d’apiculture. Cette année-là, l’assemblée générale du 15 décembre décide à l’unanimité de fonder la Société d’Apiculture de la Gruyère. Elle compte 80 membres ; M. Stöckli en est le premier Président. C’est à l’hôtel du Cheval blanc que se trouve le local de la société.
En 1921 déjà. Le Président Stöckli démissionne. Il est remplacé par le secrétaire, M. L’Abbé Gapany, qui restera en charge jusqu’en 1953. Un bel exemple de dévouement et de longévité. Les maladies des abeilles, la loque américaine, l’acariose, le noséma, sont pendant deux décennies un souci presque constant des apiculteurs. Il faut dire qu’à cette époque les moyens de lutte n’avaient pas l’efficacité de ceux que nous connaissons aujourd’hui.
La société participe en 1925 à l’exposition nationale d’agriculture à Berne. Elle n’obtient pas de médaille mais elle fait une expérience enrichissante et utile pour l’avenir.
Le contrôle des miels effectué par la Société romande est supprimé en 1927. M. Pasquier tient à rendre ce contrôle obligatoire pour tous les membres. La société décide qu’il en sera ainsi seulement pour les miels vendus par son intermédiaire. Pendant de nombreuses années les récoltes seront ainsi prises en charge et même payées comptant au début. Les ventes sont parfois difficiles et se heurtent à une rude concurrence des miels étrangers. En 1935, on crée une commission qui organise une tombola dans le but de liquider les stocks de 1933, ladite opération a bien réussi et en 1936, qui est une année de misère pour nos colonies, tout le miel est vendu.
Douze ans après sa fondation, la société ne compte que 120 membres, alors qu’il y a environ 410 apiculteurs dans le district. Le comité entreprend des démarches pour augmenter son effectif qui atteindra le nombre de 275 en 1946.
Le second conflit mondial éclate, la Suisse mobilise son armée le 2 septembre 1939 et l’Office fédérale d’économie de guerre impose de nombreuses restrictions. Le commerce du miel est contingenté, les coupons sont obligatoires pour obtenir du sucre. C’est pendant cette époque troublée que la société devait fêter son 25ème anniversaire, elle renvoie l’événement à des temps meilleurs. La fête a lieu le 15 juillet 1945. On organise un banquet et une visite du château de Gruyères.
Pour sa première course organisée, la société rend visite à sa voisine, la section du
Pays-d’en-Haut, le 18 juillet 1948. Malgré le froid, 12 degrés, 73 membres font le déplacement.
L’Abbé Gapany, dévoué Président depuis 1921 cède sa place à M. Loup lors de l’assemblée du 3 mai 1953. Celui-ci abandonne sa charge en 1957 pour des raisons de santé. L’Abbé Dubey lui succède mais démissionne en 1959 pour cause d’affectation à un autre ministère. M. Henri Jaquet le remplace.
Simon Beaud, nommé inspecteur des ruchers en 1968, prend la présidence en 1969 suite au décès de M. Jaquet. La société fête son cinquantenaire le 4 octobre en invitant ses membres à un souper à l’Hôtel de Ville de Bulle.
La récolte de 1976 est exceptionnelle. Dans certaines régions, les extracteurs tournent jusqu’à la fin du mois d’août. Les apiculteurs de Jaun, jusqu’ici rattachés aux singinois par affinité linguistique, adhèrent à notre société.
Pendant les années 1977 et 1978 trois présidents se succèdent. Simon Beaud donne sa démission lors d’une assemblée houleuse. Georges Fragnière le remplace, mais son élection est contestée à l’assemblée suivante qui élit Georges Chollet. Celui-ci remettra sur les rails cette société un peu à la dérive. La mise en place des stamms du premier lundi du mois a fortement contribué à ressouder les liens. Georges Chollet sera le fer de lance de notre société de 1978 à 1994. Nous avons rendu hommage à notre Président d’Honneur décédé en 2013.
Les hommes d’Eglise ont toujours joué un rôle prépondérant au sein de notre société ainsi la Présidence est reprise de 1994 à 2002 par l’Abbé Michel Robatel alors fraîchement installé à Crésuz.
Nos abeilles connaissent aujourd’hui de grands soucis d’environnement. Malgré cela, grâce à la persévérance de nos apiculteurs, aux cours de débutants, à la prise de conscience de nos autorités et de la population pour la cause apicole, nos sociétés d’apiculture n’ont jamais été aussi florissantes.