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L'enchevêtrement des lignes à l'oeuvre dans ce plan - cadrage et décors - suffit en partie à filer une métaphore du contenu en propre du film. De cette femme metteuse en scène partie de Buenos Aires pour New York, l'intrigue fragmente des zones de non droit entre les souvenirs qui la hantent et ses nouvelles amitiés. D'un motif shakespearien décliné sous différentes formes (ou avatars, si l'on pense aux incrustations), du titre du métrage - Hermia & Helena, prénoms de deux des personnages de A Midsummer Night's Dream, élément central du récit - aux jeux de pistes suggérés par des cartes postales redessinant la carte de l'Amérique, l'omniprésence d'un méta-narrateur se profile. La complexité poseuse du film de Matias Piñeiro (dont La Princesa de Francia était déjà en compétition à Locarno en 2014) se conjugue à une sorte de tendresse quotidienne laissant songer à Woody Allen. Sauf que le réalisateur argentin ne copie pas. Il réinvente. La preuve avec ce faux film dans le film qui vient là encore briser un socle narratif d'apparence solide - et donc pas tant que ça -, transgressant une mécanique filmique où le confort réceptif n'est jamais totalement assuré. Sans doute conscient de son talent (et alors?), ce jeune cinéaste argentin n'a pas peur d'honorer le slapstick, via une référence gratuite et particulièrement jouissive à Hal Roach, dans l'ultime segment de son métrage, ni de considérer le mystère comme un principe et une fin en soi. J'espère qu'on reparlera de lui.