Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07040.jsonl.gz/1329

L'Avenir de Bevaix
En 1884, quelques gens de Bevaix se sont unis pour exercer leurs talents musicaux. C'est ainsi que naquit l'Avenir.
Nous ne pouvons malheureusement pas nommer ces valeureux initiateurs car les archives de la musique sont inexistantes ou introuvables depuis sa fondation et jusqu'en 1926.
Voici quelques reflets de sa carrière parsemée de gloire et d'embûches, glanés dans les grands livres de procès-verbaux des différentes assemblées.
Dés 1930, l'Avenir connaît des années difficiles, ce qui est dû à un manque de musiciens … Ce qui ne l'empêcha pas de compter quelques beaux événement à son actif. Le 26 mai 1935, la société organisa la fête régionale des chanteurs et des musiques à Bevaix. Le 14 mars 1936, avec deux ans de retard dû à un faible effectif, un problème de direction et des désaccords entre musiciens, elle fête son cinquantenaire. Pour célébrer dignement cet événement, elle mit sur pied un banquet à l'Hôtel de Commune. Les 25 et 26 juin 1938, elle participe à la fête cantonale des musiques à la Chaux-de-Fonds, quoique sans concourir. Elle joua uniquement un morceau à la cantine.
De 1941 à 1944, la fanfare n'a pas, ou très peu, d'activités en raison de la guerre. En août 1941, elle est tout de même marraine de l'Union Instrumentale de Cortaillod à l'inauguration de leurs nouveaux uniformes. Le 12 juillet 1948, l'Avenir participe au cortège du centenaire de la République et Canton de Neuchâtel, dans les rue de Neuchâtel justement.
Dès la fin des années 50, le manque de musiciens se fait à nouveau cruellement ressentir et, en 1961, par manque de membres actifs, la fanfare se voit contrainte de cesser toute activité. Un comité et quelques membres restent cependant en éveil et la maintient en veilleuse.
Heureusement, en 1966, elle est reconstituée grâce à l'acharnement de quelques musiciens motivés et convaincus et, le 22 septembre 1968, elle inaugure ses uniformes suite à l'excellent travail du comité de patronage. (On relèvera entre autre l'organisation d'un énorme match au loto hors saison avec un poulain vivant comme 1er quine)
Les 23, 24 et 25 juin 1972, la fanfare, aidée d'un comité compétent constitué pour l'occasion, organise la 19ème fête cantonale des musiques neuchâteloises, sous une immense cantine. Elle profite de ce grandiose événement pour recevoir pour la toute première fois l'Harmonie de Moûtiers, en Savoie. En 1973, c'est l'Avenir qui se rend à Moûtiers (toujours en Savoie), accueillie à bras ouvert par l'Harmonie.
1976 est une année importante pour notre belle fanfare, puisqu'elle organise pour la première fois la fête des musiques du district et que, pour la première fois également, elle participe à une fête fédérale des musiques, à Bienne, où elle eut un succès certain. En 1977, nouvelle rencontre de l'Avenir et de l'Harmonie de Moûtiers. Elle eut cette fois lieu au Salève.
En 1980, l'Avenir inaugure sa toute nouvelle bannière et, en 1983, elle organise le 17e festival des fanfares du district. Pour l'occasion, elle invita le très connu et très apprécié Brass Band 13 Etoiles. Les 11 et 12 juin 1983 toujours, elle est à nouveau invitée par ses amis de Moûtiers pour un concert.
Centenaire de l'Avenir
Les 2 et 3 juin 1984, on célèbre de centième anniversaire de l'existence de l'Avenir. Le secrétaire de l'époque le raconte :
Samedi 2 juin :
Tout est prêt en ce samedi 2 juin pour le départ des festivités du centenaire; même le soleil se pointe timidement après une semaine maussade. A 11h, la fanfare est réunie et attend les deux cars de l'Harmonie de Moûtiers (Savoie), qui ne tardent d'ailleurs pas à arriver.
Après quelques morceaux de l'Avenir pour saluer les « Moûtiérins », ce sont retrouvailles et poignées de mains chaleureuses.
L'apéro dans le verger communal permet aux responsables d'accueillir les hôtes et de procéder à la répartition de ceux-ci dans les familles qui les reçoivent pour le repas de midi.
Dés 15h, tout le monde est de retour. Les accompagnants des musiciens de Moûtiers partent en car pour une ballade qui les conduira jusqu'à Chaumont en passant par Neuchâtel. Sur place, chacun a pu admirer le panorama depuis la tour. Pendant que les accompagnants se promènent, les musiciens de l'Harmonie et de l'Avenir se retrouvent sur scène pour ajuster les derniers accords des morceaux d'ensemble. 80 musiciens sur un podium de 8m x 8m avec des estomacs bien remplis, des lutrins, des instruments plus ou moins encombrants, il ne restait plus de place pour les canards !
18h souper. C'est à cette occasion que l'Union Instrumentale de Cortaillod se joint aux deux fanfares. Au menu : assiettes froides servies par les musiciens de l'Avenir. Stupeur du président : la fanfare de Cortaillod lui reproche l'absence de pousse-café !
Le temps passe vite, il faut se déplacer pour le cortège qui va ouvrir le début des festivités officielles du 100ème. Marcel Bochud, notre directeur, nous donne rendez-vous au point de départ du cortège. Il n'est suivi que par quelques musiciens. Le reste de la troupe se met en formation de cortège devant la grande salle et attend ..... Finalement, notre ami Rino Pozza (directeur de Renan venu en renfort) siffle le départ et nous conduit en musique à l'endroit où nous attend Marcel, la population ainsi que les diverses délégations qui vont prendre part au cortège. Ce dernier, conduit par l'Harmonie, se rend au préau du verger communal où ont lieu discours et morceaux d'ensemble. La bannière de l'Avenir s'est vue décorée de la médaille pour fanfares méritantes décernée par la Confédération musicale de France (c'est la 4ème médaille hors de France), par le président de la fédération des musiques du Sud Est de la France, M. Adam. C'est à ce moment que l'Avenir joue, ou plutôt essaie de jouer, la Marseillaise. C'était la course entre les différents registres.
Après le vin d'honneur, la suite des festivités a lieu à l'intérieur. l'Avenir joue trois morceaux, reçoit des cadeaux de tous les représentants des sociétés du village, des associations de district et cantonale, puis cède la place au Chœur d'hommes « Le Vignoble ». Après trois magnifiques chants, celui-ci cède à son tour la place à l'Union Instrumentale qui devrait jouer trois morceaux. 1 - 2 - 3 … 4 … 5 … 6 … 7 SABOTAGE ! Il faut les faire arrêter ! L'Harmonie de Moûtiers n'aura plus le temps de passer le concert prévu. Dans la salle, Yves Salito, directeur de Moûtiers, à chaque nouveau morceau de Cortaillod dit : « J'en retire un » !
L'Harmonie est enfin sur scène et nous offre un magnifique concert de gala, malheureusement écourté.
La danse permet aux uns de se défouler et aux autres de se calmer au bar. La soirée est sympa mais l'heure de fermeture est déjà là.
Dimanche 3 juin :
A 9h30, réunion de l'Avenir et de l'Harmonie. Tous sont là, même si quelques-uns éprouvent une certaine difficulté à se voir. Départ pour le port et embarquement sur la « Béroche » avec les bignous. Traversée du lac jusqu'à Estavayer-le-Lac et retour, soit deux heures de bateau en musique, où les deux fanfares jouent à tour de rôle. Le temps est maussade et venteux mais le moral est du tonnerre.
A midi, sur la place du port, Bernard Brunner a posé son petit tonneau de blanc cassis pour le concert apéritif de l'Harmonie.
C'est le départ pour le camp de Vaumarcus. L'Harmonie arrive en musique, précédée par les tambours de l'Avenir. Ensuite, chacun prend place dans la salle où un repas copieux nous est servi. Entre les différents plats, la parole est prise par les différents orateurs, tout d'abord assez officiellement, puis ce sont diverses anecdotes comiques qui nous sont contées.
Dans l'après-midi, l'Avenir interprète ses pièces favorites. Quant à l'Harmonie, ce sont deux groupes qui nous divertissent : l'un par des airs contemporains, l'autre par des mélodies bavaroises jouées en costume.
En fin d'après-midi, c'est sous une pluie battante et avec beaucoup de regret que nos amis français se préparent à reprendre leurs cars; il s'en est même fallu de peu que le directeur reste avec nous.
C'est ainsi que prennent fin ces festivités du 100ème, enfin presque, car il reste à l'Avenir à ranger et à nettoyer la grande salle !
Bevaix, le 14 décembre 1984
Sylvain Meystre
En 1984 l'Avenir participe encore au corso fleuri de la fête des vendanges de Neuchâtel.
En 1985, grande innovation, la fanfare se rend à la Chaux-du-Milieu tout un week-end afin de préparer intensivement le concert annuel. Un succès, cette opération sera renouvelée les années suivantes.
1986 est marqué par une petite crise, certains musiciens n'arrivent pas à s'entendre ce qui provoque quelques départs. L'effectif étant désormais assez réduit, il est décidé d'incorporer les élèves les plus avancés afin lancer un nouveau départ.
Opération réussie puisqu'en 1990 forte d'une trentaine de membre elle inaugure de nouveaux uniformes.