Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07093.jsonl.gz/1029

Dire "Bonjour à toutes et à tous" plutôt que "Bonjour à tous", écrire "les étudiant·e·s" plutôt que "les étudiants", évoquer "le corps enseignant" plutôt que "les enseignants", voici autant d'exemple de ce qu'est l'écriture inclusive.
"L'écriture inclusive est la manière de parler de tous les êtres humains, femmes et hommes, mais aussi plus progressivement des personnes qui n'ont pas une identité de genre claire", stipule le linguiste Daniel Elmiger, professeur à l'Université de Genève. "Parce que traditionnellement, on utilise beaucoup de formes qui sont au masculin à valeur générique."
Et des études ont montré que ce masculin générique induisait tout de même des images majoritairement masculines dans l'esprit des gens. Dites "des professeurs" et votre interlocuteur songera à une majorité d'hommes professeurs voire uniquement à des hommes, quand bien même il existe beaucoup de femmes professeures.
Pour y remédier, Daniel Elmiger évoque les doublets "les auditrices et les auditeurs" , le point médian "les étudiant·e·s", la féminisation de mots comme "autrice" ou même l'invention de nouveaux termes comme "les auditeurices".
"Je trouve qu'il est important de tenir compte de tous les êtres humains, y compris dans le langage. C'est de la politesse plus que de la contrainte", estime le linguiste. Le spécialiste admet cependant que certaines langues s'y prêtent mieux que d'autres, l'allemand, par exemple, plus que le français.
La Confédération a d'ailleurs décidé de passer à l'écriture inclusive en allemand en 1993 déjà. Mais l'on peut aussi rappeler que le français, jusqu'au 17e siècle, ne favorisait pas spécialement le masculin.
>> Ecouter l'épisode:
Caroline Stevan