Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06931.jsonl.gz/827

On considère conventionnellement que l'Eglise universelle a été fondée à Pentecôte (vers l'an 30 de notre ère). Comme leur nom l'indique, les Réformateurs n'ont pas fondé d'Eglise, mais seulement " réformé " celle de toujours.
La Réforme est un processus qui s'est étalé sur des années par la redécouverte du sens de la Bible. A la même époque où en Allemagne LUTHER (1483-1546) produit son programme de Réforme, Huldrych ZWINGLI (1484-1531) en fait autant à Zurich. Jean CALVIN (1509-1564), quant à lui, a fait de Genève un centre international pour les Eglises appelées réformées. Celles qui suivent LUTHER sont dites luthériennes.
Le seul texte qui fasse autorité est la Bible ; encore faut-il préciser qu'il s'agit du message de la Bible (sa signification), non de sa lettre.
Au cours de son histoire, le protestantisme s'est efforcé d'établir un dialogue avec la culture et la science. La Réforme n'est guère compréhensible si l'on fait abstraction de l'époque qui l'a vue naître. Les orthodoxies confessionnelles des XVIe et XVIIe siècles ont " mis en système " l'enseignement des Réformateurs. Au XVIIIe siècle, les Lumières et le piétisme ont correspondu à l'appel de la raison et de la piété. Les XIXe et XXe siècles ont continué sur ces bases : le protestantisme libéral, issu des Lumières et le Réveil, fils du piétisme, sont les héritiers de ces tendances. Le XXe siècle a été marqué par la théologie dialectique de Karl BARTH et par la prise en compte des dimensions politique, éthique et sociale de l'Evangile.
Pour le protestantisme unanime, la norme de la vie chrétienne est l'Evangile de Jésus-Christ, c'est-à-dire la Bonne Nouvelle de l'amour de Dieu, que révèlent la personne et l'enseignement de Jésus-Christ. Le seul moyen d'en prendre connaissance se trouve dans l'Ecriture Sainte, spécialement dans le Nouveau Testament, seule autorité reconnue par le protestantisme. Principe fondamental : devant Dieu tous les croyants sont égaux. Car tous ont un accès direct auprès de Dieu, par son fils Jésus-Christ, seul médiateur (intermédiaire) entre Dieu et les êtres humains. Fidèles à cette logique (et à la Bible qui l'enseigne), les protestants n'invoquent ni ne prient la Vierge Marie et les saint-e-s. Ils ne reconnaissent aucune autorité infaillible aux hommes ou à leurs écrits. On nomme " sacerdoce des baptisés " (dit " sacerdoce universel ") cette liberté responsable de chacun-e à l'égard de Dieu.
Dieu offre aux humains de les sauver par amour, gratuitement, sans que ceux-ci aient rien d'autre à faire que d'accueillir par la foi et la reconnaissance ce cadeau qu'est le salut. Aucun acte de la part des hommes n'est suffisant pour se rendre Dieu favorable, il l'est de toute façon. Ainsi l'être humain est " justifié par la foi ". Ce qui le rend " juste " devant Dieu, bien qu'il soit et reste un pécheur, c'est qu'il obtient le pardon et qu'il fait confiance dans les pro-messes faites à ce sujet par Jésus-Christ.
La Bible, avec les Dix commandements et le Sermon sur la montagne, est riche en valeurs éthiques. Il convient de les interpréter à la lumière du Saint-Esprit, dans un esprit de liberté et de responsabilité. Les deux commandements fondamentaux sont l'amour de Dieu et l'amour du prochain (Matthieu 22, 36- 40).
Ils résument toute la morale chrétienne. Les Eglises protestantes de la Suisse entre-tiennent un Institut d'éthique sociale qui étudie les problèmes moraux d'actualité.
cultuelles Le protestantisme célèbre les deux sacrements institués par le Christ. Le baptême peut être donné à tout âge. La cène est célébrée avec du pain et du vin. Tous les baptisés, quelle que soit leur confession, sont invités à communier et tous reçoivent le pain ainsi que le vin. La prière est pratiquée en groupe ou en privé n'importe quand, selon les besoins du moment. On prie pour soi, pour les proches, pour l'Eglise, pour le monde. La lecture régulière de la Bible est recommandée.
Le calendrier liturgique commence par l'Avent (4 semaines avant Noël). Il est d'usage de marquer le temps de la Passion (Carême) et de célébrer les Rameaux, Vendredi Saint, Pâques, l'Ascension, Pentecôte et Noël. A la fin octobre, les réformés célèbrent la fête de la Réformation et s'associent au Jeûne Fédéral ou au Jeûne Genevois (en septembre).
On accompagne, console et entoure d'affection les malades, les personnes mourantes et leurs familles. Le service funèbre est l'occasion de proclamer l'espérance de la résurrection et de témoigner sa solidarité aux endeuillés. On ne prie pas pour les personnes défuntes.
La consécration pastorale ou diaconale confère à celles et ceux qui la reçoivent le droit d'exercer certaines fonctions: les pasteurs sont chargés de présider le culte et de célébrer baptême et cène. Ils sont les interprètes autorisés de la Parole de Dieu, contenue dans la Bible. Les femmes ont accès à tous les ministères et peuvent siéger dans toutes les autorités ecclésiastiques.
Les commandements de l'amour de Dieu et du prochain sont interprétés selon la conscience de chacun-e. Par conséquent, il n'y a ni prescription ni interdit.
Dans le protestantisme, l'autorité est exercée par des assemblées qui sont élues à tous leurs échelons et où les laïques sont majoritaires. Les Eglises réformées de Suisse se regroupent dans la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS). Avec les Eglises anglicanes et orthodoxes, les Eglises luthériennes et réformées sont membres du Conseil oecuménique des Eglises (COE), dont le siège est à Genève.
Les Eglises romandes participent à la Communauté évangélique d'actions apostoliques(CEVAA), qui regroupe plus d'une quarantaine d'Eglises dans le monde entier en vue de témoignages, de soutien et d'échanges
Les Eglises protestantes admettent les baptisés d'autres confessions à la cène, sans que la réciprocité existe nécessairement (catholiques et orthodoxes). Membres fondateurs du Conseil oecuménique des Eglises, les Eglises protestantes travaillent, dans ce cadre, à l'unité chrétienne. Les réformés de Suisse participent également à la communauté oecuménique de travail des Eglises en Suisse. Ils prennent enfin une part active aux relations interreligieuses.
Qu'elles soient unies à l'Etat comme dans les cantons de Berne et de Vaud, ou séparées de lui comme à Genève et à Neuchâtel, les Eglises protestantes pensent avoir un rôle irremplaçable à jouer envers lui et envers la société. Leur devoir est de rappeler les exigences de la Bible à l'égard des faibles (étrangers, démuni-e-s, personnes âgées, chômeurs et chômeuses, malades, drogué-e-s, jeunes, etc.). Les Eglises réformées entretiennent des Centres sociaux (à Genève, Jura, Lausanne, Neuchâtel) et une pastorale de la rue auprès des sans-abri et des drogué-e-s. Cet effort au pays est doublé d'une action dans le tiers-monde (Entraide protestante suisse - EPER).
© Editions AGORA (anciennement Enbiro), Lausanne & Plateforme interreligieuse, Genève CH.
La rédaction de ce document est issue d'un dialogue ouvert entre les initiateurs du projet et un (quelques) adepte(s), représentant(s) reconnu(s) de la tradition religieuse décrite.
Toute reproduction sous quelque forme est interdite.