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Philipsen et Ziemer (2013) considèrent que la promotion de la résilience constitue non seulement un avantage financier (par le biais d’une baisse des absences maladie) mais également une ressource principale pour la compétitivité future d’une entreprise sur le marché économique.
L’entraînement à la résilience permet d’enclencher un processus de synergie. La théorie Broaden-and-build fournit une explication théorique du développement de la résilience.
Développement de la résilience
Cette théorie recouvre deux éléments, tel que son nom l’indique, à savoir «broaden» et «build». Ces deux aspects peuvent être décrits de la manière suivante:
La notion de «Broaden» (en anglais: to broaden = élargir): partant du principe que les émotions naissent en raison d’une évaluation des situations de l’environnement, selon Fredrickson (2004), un sentiment positif permet ainsi d’accéder directement à des ressources cognitives. Lorsqu’une per-sonne ressent un sentiment positif, par exemple de l’amour, de la joie, de la reconnaissance et de la fierté, le champ d’éveil s’élargit. Des ébauches de solutions variées peuvent avoir lieu sur la base de cette émancipation.
La notion de «Build» (en anglais: to build = construire): le fait de recourir à des approches diversifiées comme mentionné plus haut permet d’entraîner différentes ressources (par exemple sociales, physiques, cognitives, émotionnelles et motivationnelles), qui peuvent ainsi être exploitées à long terme. Ces ressources contribuent à leur tour à inciter des sentiments positifs. Un cercle vertueux continue alors de se développer. L’interaction de ces deux éléments déclenche un processus de synergie entre l’élargissement de l’attention, un sentiment ressenti comme étant positif et l’entraînement des ressources. En utilisant la théorie Broaden-and-build, différentes études empiriques ont permis de démontrer que les personnes devenaient plus résilientes et pouvaient mieux surmonter les défis grâce à ce processus de création de ressources.
A noter: Les chercheurs sont unanimes: la résilience n’est pas innée, elle s’acquiert par le biais d’une interaction entre les hommes et l’environnement. Cette aptitude varie fortement d’une per-sonne à l’autre et peut s’apprendre à l’âge adulte (Liossis, Shochet, Millear, & Biggs, 2009; Sander, 2012; Werner, 1997).
Plasticité neuronale
Notre cerveau constitue la base pour une évolution tout au long de la vie et pour le processus de création de ressources. Le cerveau des hommes est un organe extraordinaire. Il dispose d’environ 100 milliards de cellules nerveuses, sachant que chacune d’entre elles présente approximativement 1000 connexions avec d’autres neurones. Un réseau qui est à l’origine de nos actions, émotions et pensées et qui est modifié sans arrêt en fonction de notre vécu. Les modifications du cerveau engen-drées par les expériences vécues sont désignées en tant que plasticité neuronale.
Si l’on réfléchit sur la notion de plasticité, on se pose forcément la question suivante: est-ce que ce sont les expériences vécues ou bien les gènes qui contribuent davantage au développement de notre cerveau et de notre comportement? Ainsi, est-ce que ce sont les défis qui nous rendent forts ou est-ce que nous sommes à l’origine forts et donc en mesure de surmonter différents défis?
Ce questionnement revient régulièrement, tel un fil conducteur dans l’histoire de la (neuro) psychologie. Aujourd’hui nous savons: en dépit des déterminants génétiques, d’après les récentes découvertes le cerveau adulte est cependant étonnamment malléable.
Désormais, nous allons présenter les différentes composantes du modèle cadre de la résilience (facteur de stress, conditions environnementales, interactions, ressources personnelles, processus de résilience et mécanismes d’adaptation, adaptation et inadaptation) ainsi que les interventions envisageables qui en découlent.