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Philippines«J’ai l’impression d’être rattrapé par un cauchemar»
Plus de quatre décennies après le départ de Ferdinand Marcos, les anciennes victimes de torture témoignent après l’élection à la présidence de son fils.
Sébastien Falletti «Le Figaro»Publié aujourd’hui à 06h32
Ferdinand Marcos, père et fils (à gauche).
AFP
L’officier coinçait une balle effilée de M-16 entre chaque phalange, puis les serrait très fort jusqu’à faire hurler sa victime. «Essayez, cela fait un mal de chien», se souvient Neri Colmenares en sirotant son mug de café fumant, devant un square tranquille niché entre les gratte-ciel de Makati, au cœur de Manille, aux Philippines. C’est ainsi que ce catholique, aujourd’hui sexagénaire, a démarré son chemin de croix, à l’âge de 18 ans, sous le règne de Ferdinand Marcos Senior, le père défunt du nouveau président des Philippines, «Bongbong», élu triomphalement dans l’archipel d’Asie du Sud-Est. Après les passages à tabac, ce furent les décharges électriques dans le bas du dos, jour après jour, pour arracher des aveux en ces jours sombres de 1978.