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20,6 pour cent des postes de direction sont occupés par des femmes au sein des petites et moyennes entreprises (PME) en Suisse. Il y a deux ans, ce chiffre s’élevait à 19 pour cent. De même, le Global Board Diversity Tracker 2018[1] montre que 22,3 pour cent des sièges de conseil d’administration de grandes entreprises en Suisse sont détenus par des femmes.
En analysant les 100 plus grands employeurs de Suisse, le schillingreport[2]2019 confirme cette tendance avec un constat sans précédent: plus de 20 pour cent des membres des conseils d’administration sont des femmes.
Alors que quelque 20 pour cent des PME suisses interrogées affichent une proportion de femmes de 41 pour cent ou plus au sein de leurs postes de direction, neuf pour cent ont encore une proportion de femmes de cinq pour cent ou moins. Autre élément inquiétant: aucune femme n’occupe un poste de direction dans 32 pour cent des PME suisses. Ces statistiques sont le résultat d’une étude représentative menée par la société d’audit et de conseil EY sur 707 entreprises suisses non cotées. La plupart des entreprises interrogées évoluent dans le secteur des services ou dans l’industrie (31 pour cent pour chacun). Sur les 707 entreprises interrogées, la majorité (65 pour cent) génère un chiffre d’affaires compris entre dix et trente millions de francs suisses par an.
La parité, un problème persistant
«L’image traditionnelle de la femme qui reste à la maison pour s’occuper des enfants et du foyer tandis que l’homme va travailler pour gagner l’argent du ménage demeure largement répandue en Suisse. Cela s’explique principalement par le fait que les hommes continuent de gagner davantage, et que leur potentiel de revenus perçu est lui aussi plus élevé. Cette tendance est accentuée par le coût élevé des garderies et, toujours, par le manque d’infrastructures, qui pénalise les familles comptant des enfants en âge d’être scolarisés, en particulier en ce qui concerne les écoles publiques dans de nombreux quartiers. Il s’agit là de certains des facteurs clés expliquant pourquoi il est si difficile d’atteindre l’égalité femmes-hommes dans les postes de direction; nous manquons tout simplement d’une solide réserve de candidates», commente Robin Errico, directeur de la gestion des risques et responsable Diversité & Inclusion chez EY en Suisse.
Parallèlement, près d’une entreprise sur deux peine à recruter des professionnelles qualifiées. Si ce constat se confirme dans différents secteurs, les plus affectés semblent être la construction/l’énergie, les sciences de la vie et l’industrie/la production. En termes de ventes, la majorité des PME enregistrant un chiffre d’affaires annuel de plus de CHF 100 millions rencontrent des difficultés à recruter des femmes pour leurs postes de direction. «Ce phénomène peut s’expliquer par le fait que ces entreprises doivent se montrer plus créatives et flexibles que les grandes entreprises pour recruter des candidates qualifiées. Cependant, dans de nombreuses entreprises familiales, les épouses, filles, petites-filles, etc. se voient confier de telles responsabilités dès le départ, et occupent ainsi des postes importants dans ces entreprises,» nuance Robin Errico.
Les avantages incontestés des équipes mixtes
Plus de 70 pour cent des entreprises interrogées pensent que les équipes de direction mixtes exercent une influence positive sur la réussite de leur entreprise. Ainsi, une PME suisse sur cinq met en œuvre des mesures concrètes pour atteindre la parité dans son équipe de direction. Il s’agit notamment de mettre en place des modèles de temps de travail flexibles, des congés parentaux, le télétravail ou une formation pour sensibiliser les responsables à l’importance de l’«égalité femmes-hommes».
Un plus grand nombre de femmes dans les entreprises de Suisse romande et du TessinLes résultats de l’étude font nettement apparaître les différences régionales: la Suisse romande est en tête avec une moyenne de 27 pour cent des postes de direction occupés par des femmes. Dans le Tessin, cette proportion s’élève à 24 pour cent, tandis que les résultats en Suisse germanophone vont de 20 pour cent en Suisse orientale à 15 pour cent à Zurich/Schaffhouse. Paradoxalement, les régions qui affichent un pourcentage plus élevé de femmes aux postes de direction sont celles qui peinent le plus à recruter des femmes pour ces postes. 57 pour cent des entreprises de la région francophone et 54 pour cent des entreprises du Tessin déclarent rencontrer des difficultés à recruter un nombre suffisant de femmes qualifiées; en Suisse germanophone, cette proportion se situe entre 45 (Suisse orientale) et 40 pour cent (Argovie/Bâle). «Cette contradiction peut s’expliquer par une prise de conscience plus élevée du manque de femmes qualifiées. Par ailleurs, la Suisse romande est visiblement influencée par la France, qui emploie bien plus de femmes que la Suisse. Chose étonnante: par rapport aux années précédentes, nous voyons de plus en plus de femmes occuper des postes dans le secteur industriel/de la production. Cependant, 54 pour cent des entreprises de ce secteur déclarent toujours éprouver des difficultés à recruter des femmes qualifiées.