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Le Pôle Eau de l'Université de Genève a reçu un peu plus d'un million de francs d'un ancien Premier ministre koweïtien. Avec son don, le cheikh Nasser al-Mohammad al-Ahmed al-Jaber al-Sabah en a profité pour proposer que son pays et d'autres fassent partie du champ d'études, tout en s'engageant à ne pas influencer les recherches.
«Dans le domaine de l'eau, l'Université de Genève a une compétence forte, notamment sur les questions de gouvernance», a indiqué à l'ats le recteur Yves Flückiger. Trois quarts du don doivent financer des activités de recherche de la chaire sur l'hydropolitique, explique le secrétaire général adjoint du rectorat Didier Raboud, confirmant une information publiée dans Le Matin Dimanche.
Le quart restant est prévu pour favoriser les interactions entre étudiants de l'université et d'autres établissements. Un premier versement de 350'000 francs a été effectué et deux autres doivent suivre d'ici fin mars, puis d'ici fin juillet.
Le cheikh, «attaché à Genève» où il a étudié puis s'est réfugié suite à l'invasion irakienne de son pays il y a près de 30 ans, voulait faire une donation. L'université lui a proposé de contribuer à la chaire qui porte notamment sur les conflits liés à l'eau au Moyen-Orient.
L'ancien Premier ministre a souhaité que son pays, mais aussi le Liban et les régions limitrophes de l'Irak, soient intégrés dans le champ d'études. «Aucune recherche n'avait encore été faite sur le Koweït» dans ce cadre, admet M. Flückiger. L'intérêt de décortiquer une politique de l'eau différente d'autres Etats de la région était «pertinent».
Le document signé par les deux parties garantit qu'aucune influence ne soit «de quelconque manière» exercée par le cheikh sur les recherches. Il s'est pour le moment conformé à cet engagement, indique encore Didier Raboud.
Pour l'Université de Genève, les dons individuels ou d'entreprises ne constituent qu'environ 6% du financement, selon M. Flückiger. Mais ils «commencent à prendre davantage d'importance».
Autre détail dans cette affaire, l'ex-chef du gouvernement de 2009 à 2011 revendique un diplôme à Genève en 1964, qu'il n'aurait pas obtenu. «La donation n'est pas liée à un titre», insiste Didier Raboud. Par ailleurs, «les préjudices potentiels pour l'université» sont peu importants.
Les bases de données d'il y a plus de 60 ans ne permettent pas de se prononcer. Le cheikh a peut-être étudié sous un nom d'emprunt. Selon son avocat cité par Le Matin Dimanche, un rappel par la famille royale l'aurait empêché de terminer cette formation genevoise. L'homme avait occupé dès l'été 1964 une fonction au ministère des affaires étrangères.
L'université lui a fait part de sa reconnaissance pour sa contribution à Genève. D'après M. Flückiger, les valeurs incarnées par Genève se retrouvent dans les réformes qu'il a mises en place dans son pays. Une médaille lui a été remise il y a un peu plus de deux mois lors des 50 ans des relations diplomatiques entre la Suisse et le Koweït.
(source 20Minutes)