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Robert Richter restera dans le souvenir des membres de Cinélibre comme la voix sur le répondeur téléphonique, le créateur du premier site et du nouveau site de l’association sur l’internet – son dernier coup de maître date de 2009 – et le prestataires de divers services : informations de la Suisa, assurance couvrant des dégâts aux copies de films, accord avec Jack Bell concernant les classiques du cinéma et le patrimoine cinématographique, l’organisateur de cycles de films polonais et surtout italiens.
En collaboration avec le comité, il a été l’instigateur du projet visant à faire en sorte que les films de Nyon qui ne trouvaient pas de distributeur mais étaient d’une grande valeur culturelle au sens des statuts de Cinélibre, puissent être distribués par l’association. Il a été en outre à l’origine de l’archivage des documents de Cinélibre et de la FICC à la Cinémathèque suisse à Penthaz et a contribué à y faire redécouvrir le fonds des films de Cinélibre. Il a toujours su exploiter son très vaste réseau privé dans l’intérêt de l’association.
Ce qui intéressait aussi Robert Richter, c’était le contexte, la genèse, l’environnement politique et social dans lequel les films sont réalisés.
Mais Robert était bien davantage que l’administrateur d’une association. Il maîtrisait la conception, la réalisation, le montage, le son d’un film de cinéma tout comme l’écriture et le débat sur le produit fini. Il publiait ses textes dans le Bund, la NZZ, CB, le périodique spécialisé allemand Filmecho, ainsi que dans des catalogues de festivals, des livres et sur des plateformes en ligne. Il animait des tables rondes, des séminaires et des cours de formation continue dans le domaine du cinéma. Ce qui l’intéressait aussi c’était le contexte, la genèse, l’environnement politique et social dans lequel les films sont réalisés. Il en faisait le thème de son activité journalistique. Il connaissait fort bien la programmation des salles de cinéma, la distribution et l’exploitation, le financement et la commercialisation des films. Il plaidait la cause du cinéma au Palais fédéral. Il entretenait ses relations avec les cinématographies internationales, dont avec le cinéma iranien ou celui des anciens membres du bloc de l’est pour son travail en tant que « delegado » du Festival de San Sebastian. Il en résultait à nouveau de nombreuses et enrichissantes amitiés personnelles.
Barbara Müller Richter