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4. Théorie glaciaire et glaciations
La théorie glaciaire est scientifiquement formulée entre 1840 et 1841. Il s’agit d’une théorie, basée sur des observations de terrain et qui stipule que les glaciers ont connu, par le passé, des extensions plus grandes qu’actuellement.
Le climat à la surface de la Terre est en constante évolution, alternant entre périodes chaudes et périodes froides. La période géologique la plus récente, le Quaternaire, qui dure depuis 2.6 millions d’années est particulièrement influencée par les fluctuations de l’orbite terrestre.
La Terre, dont l’histoire climatique a été globalement plus chaude qu’actuellement, a connu au moins cinq périodes de glaciations. Un des facteurs de ces refroidissements à l’échelle de la planète est la tectonique des plaques qui modifie la position des continents sur le globe.
Durant le Pléistocène, entre 2,6 millions d’années et 11’650 ans avant aujourd’hui, une vingtaine de glaciations se sont succédées, entrecoupées d’autant de périodes interglaciaires. Lors du dernier maximum glaciaire (LGM), entre 27’000 et 22’000 ans cal BP, une grande partie de la Suisse était recouverte par les glaciers. Durant le retrait généralisé des glaces qui a suivi (période tardiglaciaire, entre 19’000 et 11’650 avant aujourd’hui), les glaciers ont encore connu quelques phases de réavancées, avant d’atteindre, durant l’Holocène (de 11’650 ans cal BP à aujourd’hui), des positions proches de leurs extensions actuelles.
L’Holocène qui s’étend de 11’650 ans cal BP à aujourd’hui, a été relativement chaud et stable du point de vue climatique. On dénombre certes quelques fluctuations glaciaires, mais elles sont d’extension très limitée par rapport aux avancées du Tardiglaciaire et restent cantonnées dans les hautes vallées alpines. Un épisode particulièrement froid, appelé le Petit Age Glaciaire, s’est produit entre 1350 et 1850 après J.-C (fig. 1).
Entre le début du XIVᵉ siècle et la fin du XIXᵉ siècle, le climat atlantique nord connaît un brusque refroidissement. En Europe, ce refroidissement s’étend entre 1350 et 1850 après J.-C. La plupart des glaciers alpins entrent en crue. Cette période, appelée rétrospectivement Petit Age Glaciaire (PAG) est documentée dans les Alpes du fait des populations lettrées qui s’y étaient établies et qui en ont laissé différents témoignages (peintures, gravures, récits). Depuis la fin du PAG, le climat se réchauffe globalement et les glaciers perdent rapidement du terrain.
Pour ce qui concerne le futur proche, on prévoit que les glaciers suisses continueront de diminuer à cause de l’augmentation des températures globales. En effet, selon les données du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’Évolution du Climat, IPCC en anglais), on estime que d’ici 2100, les températures annuelles moyennes globale – selon les scénarios envisagés – pourraient augmenter jusqu’à 4,8°C (cf. fiche glaciers 4.6). Dans les Alpes suisses cette augmentation pourrait être doublée par rapport à l’évolution des températures annuelles moyennes globales. Une élévation des températures de près de 5°C influencerait la remontée de la ligne d’équilibre des glaciers d’environ 800 mètres, ce qui entraînerait une disparition graduelle des glaciers alpins (fig. 1).
Sous l’effet réchauffement climatique l’environnement alpin change. Ces changements augmentent les risques environnementaux, mais entraînent aussi des effets positifs.