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Après dix mois de lobbying, Xstrata Copper, émanation du groupe Xstrata basé à Zoug, obtint du gouvernement péruvien un contrat qui lui assurait les droits d'exploitation des gisements de cuivre dans la région de Las Bambas, dans le district d'Apurimac au sud du Pérou. Xstrata Copper a pour objectif d'extraire annuellement à ciel ouvert, à partir de 2011, quelque 200.000 tonnes de cuivre raffiné. Le minerai se trouve dans quatre mines situées sur une ceinture de cuivre sous les Andes, réparties sur une superficie de 35.000 ha, sur le territoire de quatorze communautés paysannes indigènes, à une altitude de 3.800 à 4.000 mètres.
La concession prévoyait une production d'environ 860 millions de tonnes. A mesure que les recherches avançaient, Xstrata Copper a pu annoncer d'année en année une production plus importante. En août 2009 le groupe a annoncé qu'à las Bambas on pouvait tabler sur une production de 1,132 milliards de tonnes de minerai avec une teneur en cuivre extractible de 0,77 %. Après conversion, Xstrata Copper pourra donc tirer de Las Bambas un total de 8,7 millions de tonnes de cuivre environ.
Christoph Heinrich, géologue et professeur à l'ETH (Institut fédéral de technologie) estimait en 2005 le gisement de Las Bambas à 10 milliards encore. Comparé au gain désormais prévisible, la somme de 1,2 milliards de dollars que Xstrata a dû verser au gouvernement péruvien pour sa licence d'exploitation est très modeste. En guise de compensation supplémentaire, Xstrata a assuré qu'il investirait la même somme dans le projet minier de Las Bambas. Lors de la conclusion du contrat, le groupe a convenu avec le gouvernement d'une redevance annuelle de 3 % du chiffre d'affaires, ce qui est très bas par rapport aux normes internationales. L'entreprise devrait s'acquitter d'un impôt de trente pour cent sur les gains réalisés au Pérou.
Dès le début, les activités de Xstrata Copper se sont heurtées à des conflits sociaux massifs, des grèves, des blocages d'axes routiers et des meetings de protestation. Ces conflits trouvent entre autres leur origine dans la crainte de la pollution entraînée par l'extraction du cuivre, dans le désir de dédommagements plus importants pour les communautés concernées, dans le présentiment que l'activité minière prendra pour elle l'eau nécessaire à l'agriculture et dans la crainte de déplacements de populations. A cela s'ajoute que les premiers contrats d'exploitation conclus entre Xstrata Copper et le gouvernement et l'administration locale, l'ont été sans véritable concertation avec les membres des communautés paysannes concernées.