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Le Motet
Le Motet de Genève est une formation comptant environ 60 choristes amateurs de bon niveau ou semi-professionnels. Il donne en moyenne trois concerts par an et chante alternativement a cappella ou accompagné, selon les besoins, par des formations restreintes ou un orchestre symphonique. Il se produit essentiellement à Genève, en France voisine et en Suisse romande.
Son répertoire s’étend de la musique baroque à la musique contemporaine, mais ses territoires de prédilections sont la musique de la deuxième moitié du XIXème et de la première moitié du XXe siècle ; il n’hésite pas non plus à aborder à l’occasion des œuvres du XXIème siècle. Il a également participé à la Trilogie « Le Seigneur des anneaux » avec l’orchestre de la Suisse romande.
Le Motet fait partie du l’Association Genevoise des Chœurs d’Oratorio (AGECO) et bénéficie de subventions publiques et privées.
Direction
Romain Mayor
Dès 2013
Né en Suisse en 1984, Romain Mayor exerce aujourd’hui les activités de chef de chœur et d’orchestre, de chanteur et d'organiste. Il débute à l’âge de six ans l’apprentissage de la musique avec le piano, puis étudie le chant, la direction et la musicologie, bénéficiant des précieux conseils de musiciens tels que Christian Immler, Celso Antunes, Frédéric Gindraux, Helmut Deutsch, Peter Broadbent et Laurent Gay.
En tant que chef titulaire, il dirige le Chœur J.-S. Bach de Lausanne, le Motet de Genève, le Chant Sacré de Genève ainsi que l'Ensemble Post-Scriptum qu'il a fondé. A la tête de ces chœurs ou en collaboration avec diverses autres formations telles que l'Orchestre de chambre de Lausanne, l'Orchestre de chambre de Genève, l'Orchestre des jeunes du Festival de Toshima (Tokyo, Japon), l’orchestre G. Dream 21 (Japon) le Sinfonietta de Lausanne, l’Ensemble Symphonique Neuchâtel, le Capriccio Barockorchester et l’Orchestre Symphonique Genevois, il a l'occasion de diriger en Suisse et à l'étranger un répertoire allant de la musique médiévale à celle du XXIe siècle. Engagé avec le Motet par l’Orchestre de la Suisse Romande, le Grand Théâtre et l’Orchestre de chambre de Genève, il prépare également le chœur pour des concerts de saison et pour la production de Saint François d’Assise d’Olivier Messiaen.
Comme chef, il s’intéresse aussi bien au grand répertoire classique (notamment Elias, die erste Walpurgisnacht de Mendelssohn, La Première Symphonie de Schumann, Johannespassion et Messe en si mineur de Bach, Stabat Mater de Rossini, Schubert, Dvořák et Szymanowski, Die Schöpfung de Haydn, Les Vêpres de Monteverdi, Golgotha, In Terra Pax de Martin, Le Laudi de Suter, le Requiem de Verdi…) qu’à la redécouverte d’œuvres oubliées ou rarement exécutées (Requiem d’Alfred Schnittke, Te Deum de Willy Burkhard…), ainsi qu’à la création contemporaine (Blaise Ubaldini, Valentin Villard, collaboration avec le Festival Archipel). Pour le label discographique Claves, il dirige l’enregistrement de La Veillée, suite lyrique inédite de Jaques-Dalcroze dont la parution est chaleureusement saluée par la critique de plusieurs revues spécialisées.
Régulièrement invité à animer divers stages et ateliers musicaux, ou comme jury dans plusieurs concours de chant choral et classes de direction, il est depuis 2014 professeur de direction à l’Association Vaudoise des Directeurs de Chœurs. Il développe également une activité de professeur de chant et est membre du comité de l’Association Genevoise de Chœurs d’Oratorio. Romain Mayor est titulaire d'un certificat de piano ainsi que de deux diplômes HEM (Master of Arts) obtenus dans les domaines de la direction (avec la mention «très bien») et du chant lyrique. Il a également reçu en 2007 le prix Fritz Bach de la Fondation Crescendo.
Dominique Tille
2013 à 2014
Né en 1980, Dominique Tille a été plongé très tôt dans le chaudron de la musique. Son père dirige une chorale populaire et sa mère est active dans le folklore vaudois. Il fait ses débuts de choriste au Chœur des Gymnases Lausannois, puis il fréquente le Conservatoire de Lausanne dans le cadre de la formation de maître de musique où il obtient un diplôme supérieur d’études musicales. De là est née une véritable passion pour la direction chorale, discipline à laquelle il se forme au Conservatoire de Genève, dans la classe de Michel Corboz.
Très vite, les projets s’enchaînent: il cofonde à 22 ans le Chœur des Jeunes de Lausanne, en tandem avec Nicolas Reymond, dans un répertoire très éclectique. Peu après, il réunit un ensemble vocal féminin qu’il dirige toujours, c’est Callirhoé (nom d’une naïade de la mythologie grecque à la beauté légendaire). Il parachève sa formation à Berlin, et c’est durant son séjour en Allemagne qu’il postule – avec succès – pour remplacer Véronique Carrot à la tête du Chœur de la Cité. Depuis 2009, avec son confrère Renaud Bouvier, il a monté un chœur de chambre professionnel: l’Académie Vocale de Suisse romande, dont le disque Liszt, paru en 2011, remporte un orphée d’or. Il s’occupe également du chœur de l’HeMU, Haute école de musique de Lausanne et il reprend la direction du Motet de Genève en 2012.
Par bonheur, cette orientation très classique ne l’a jamais coupé de ses racines populaires. Car Dominique Tille est un caméléon. Il a l’autorité inspirante d’un Kapellmeister quand il dirige une Passion de Bach. Ses boucles blondes lui font alors presque une perruque. Mais quand il faisait répéter, il y a quelques années, la chorale de Godomey, venue du Bénin lors d’un projet d’échange avec son chœur des jeunes de la Paudèze, il avait l’air d’un griot blanc crépu! Dominique Tille a cette faculté de transmettre sa passion et de faire passer ses exigences avec doigté, énergie et une bonne dose d’humour. Tout aussi convaincant dans des concerts électrisants de gospel que dans les miniatures nordiques qu’il affectionne. Comme le disait Anne-Catherine Sutermeister, qui l’avait engagé au Théâtre du Jorat pour Chorale Attitude en 2010, Dominique Tille «dynamise le chant choral et fait éclater le rang d’oignons».
Il décide de réorienter sa carrière vers le chant et la comédie musicale en cours de l’année 2013.
Ching-Lien Wu
2002 à 2013
Diplômée de l’Ecole Normale de Taïwan (Département musique), Ching-Lien WU poursuit ses études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon où elle reçoit, en 1987, le Premier prix de direction de chœur.
Elle suit des cours et stages de direction d’orchestre auprès de Jean-Sébastien Béreau, Helmut Rilling, Michael Gielen et Pierre Boulez.
Chef de chant à l’Opéra de Nantes en 1989, chef des chœurs assistante au Théâtre du Capitole à Toulouse en 1990, Ching-Lien WU est nommée en 1991 chef des chœurs à l’Opéra National du Rhin à Strasbourg. Le travail qu’elle y accomplit jusqu’en 2001 est salué par la critique française et internationale. Durant cette période, elle est chef des chœurs invitée aux opéras de Montpellier, Rouen et Shanghai ainsi qu’à Radio-France pour divers ouvrages lyriques et oratorios.
En 1996, elle est assistante de Norbert Balatsch au Festival de Bayreuth.
Dans son pays natal, elle est responsable des études musicales pour plusieurs productions lyriques et du « Barbier de Séville », opéra dont elle signe en outre la mise en scène à Taïpei.
Dès 1996, elle est invitée à donner des Masterclass de direction de chœur au CNSM de Lyon.
Depuis 2001, Ching-Lien WU est chef des chœurs du Grand Théâtre de Genève. Elle dirige aussi de nombreux concerts à la tête de son propre choeur « Le Motet » avec l’Orchestre de la Suisse Romande, l’Orchestre de Chambre de Genève et l’Orchestratus Genevensis.
Le magazine allemand Opernwelt a désigné le chœur de l’Opéra national des Pays-Bas (Amsterdam) sous la direction de Ching-Lien Wu meilleur chœur de l’année 2016.
Guillaume Tourniaire
1993 à 2001
Guillaume Tourniaire fait ses études musicales au Conservatoire de Musique de Genève dans les classes de piano et de direction. Lauréat du Concours de la Fondation Gabriele de Agostini ainsi que du Concours Gabriel Fauré, il se consacre alors essentiellement à la musique de chambre et accompagne les classes professionnelles du Conservatoire de Musique de Genève, où il est également nommé professeur de piano.
En 1991, il devient Assistant-Chef des Choeurs du Grand Théâtre de Genève puis, en 1993, Directeur musical de l’ensemble Vocal Le Motet de Genève. C’est avec La fiancée du spectre de Dvorak qu’il dirige son premier concert avec l’Orchestre de Chambre de Genève et Le Motet. Débute ensuite une fructueuse collaboration avec l’Orchestre de la Suisse Romande. Ainsi, il dirige le Requiem de Dvorak puis, en première mondiale, une version intégrale qu’il réalise lui-même de la musique du film Ivan le Terrible de Prokoviev. Par la suite, il dirige la musique de scène de Thamos, Roi d’Egypte de Mozart et Gilgamesh de Martinu.
Toujours avec l’OSR, il dirige l’intégrale de la musique de scène de Peer Gynt de Grieg, Amarus et L’Évangile éternel de Janacek ainsi que Das Klagende Lied de Mahler. Dès 1995, il est nommé Chef des Choeurs du Grand Théâtre de Genève. En octobre 1998, il dirige l’OSR dans des oeuvres de Moussorgsky, Prokoviev ainsi qu’une création mondiale de Dmitri Smirnov d’après le Cantique des Cantiques. En novembre 1998, il fait ses débuts à l’Opéra de Paris. A partir de 2001, il est Chef des Choeurs de l’Opera de Venise La Fenice, qu’il quitte bientôt pour se consacrer à la direction d’orchestre, notamment en Italie et à l’Opéra d’État de Prague.
Philippe Corboz
De 1981 à 1993
Pour Philippe Corboz, né à Lausanne en 1943, l’apprentissage de la musique débute d’abord sous la tutelle de son père, André Corboz, avant de se poursuivre aux Conservatoires de Musique de Fribourg, Berne et Genève. Il y étudie ainsi le piano, l’orgue, l’improvisation et le continuo, la composition et la direction, tout en poursuivant des études de philosophie et de musicologie à l’Université de Fribourg.
En tant qu’organiste de l’Ensemble Vocal de Lausanne, que dirige son cousin Michel Corboz, il signe de nombreux enregistrements discographiques et se produit sur scène dans toute l’Europe. Mais c’est en tant qu’enseignant dans la section artistique du Collège Voltaire à partir de 1971 qu’il laissera sa marque la plus durable dans le paysage musical genevois.
Sous la direction de Philippe Corboz, le Choeur de la section artistique du Collège Voltaire connait son heure de gloire de 1975 à 1980. Peut-on de nos jours imaginer qu’un choeur de collégiens enregistre pour DECCA la Dante-Symphonie de Liszt avec l’OSR sous la baguette de Jesus Lopez-Cobos?
Au printemps 1981, Jacques Horneffer, chef du Motet depuis la disparition de sa fondatrice, Lydie Malan, demande à Philippe Corboz de reprendre la direction du chœur. De son côté, Philippe Corboz avait formé un chœur des anciens élèves de la section artistique du Collège Voltaire, qui s’appellera Polymnie le temps d’un concert, puis Atelier choral de Genève le temps d’un autre concert. La fusion avec le Motet se fera donc naturellement, donnant naissance au chœur que l’on connaît aujourd’hui.
Jacques Horneffer
De 1947 à 1981
A la suite de la disparition prématurée de Lydie Malan en 1947, la direction du Motet est confiée à Jacques Horneffer, pianiste et professeur au Conservatoire. Homme de goût, de grande ouverture et de vaste culture, Jacques Horneffer mêla, comme le faisait Ernest Ansermet, les œuvres modernes et inconnues aux œuvres classiques, les secondes assurant ainsi la promotion des premières. Cette succession répondait aux vœux de la fondatrice du chœur.
Aux programmes du Motet, Jacques Horneffer inscrivit, notamment, le Miserere de Josquin Després, le psaume O Seigneur, j’espars de Claude Lejeune, le Passiongesang de Heinrich Schütz, la Messe de Guillaume de Machaut, le Lamento d’Ariana de Monteverdi, la Missa Quarti Toni de Victoria, la Messe d’Igor Stravinski, des pièces a capella de musique ancienne et le Reniement de Saint-Pierre de Gustave Charpentier, avec Hugues Cuénod en soliste.
Lydie Malan
1926 à 1947
Le 5 mai 1926, Lydie Malan (1887-1947), professeur au Conservatoire de Genève, musicienne cultivée, pédagogue et passionnée, fonda le « Le Motet de Genève », au sein de son activité au Conservatoire. En réalité cette date est celle de la création de statuts, qui devaient, parce que le « Groupe de Motet » vivait jusqu’à cette date « d’une vie purement idéale », lui donner la possibilité de recevoir des dons et autres legs « afin de permettre la continuation de notre idée et sa propagation ».
Il faut donc remonter à l’année 1917 lorsque Lydie Malan créa le « petit groupe de motet » du Conservatoire. En 1922, ce petit groupe devint la « classe de motet » et ce n’est qu’en 1926 qu’elle créera le « Motet de Genève ».
Tout en poursuivant ses activités d’organiste à Céligny et son enseignement au Conservatoire, Mlle Malan réunit ainsi « quinze chanteurs, choisis avec soin, non pas tant pour leur virtuosité vocale que pour leur intelligence musicale et leur sûreté rythmique ».
La précision et la souplesse de ce groupe, montrant « un sens le plus juste de l’exécution d’ensemble, ainsi qu’un équilibre sonore réellement parfait », furent les caractéristiques et les qualités rapidement reconnues par les auditeurs des premiers concerts du Motet. Le goût de Lydie Malan pour les polyphonistes peu connus à l’époque – Thomas Luis de Victoria, Claude Le Jeune, Goudimel, Vopelius – permit au chœur de révéler, à la fois, des œuvres rarement jouées et la juste technique pour captiver un public conquis.
Ses qualités, Lydie Malan les acquit, notamment, auprès de Emile Jacques-Dalcroze, en accompagnant la création des premiers « Pas Jaques », et de Friedrich Klose, en Allemagne, où la consultation de nombreuses bibliothèques musicales lui permit de découvrir les chefs-d’œuvre qui accompagneront alors toute son existence. Si elle fut une disciple de Dalcroze, auquel elle vouait une grande estime, elle ouvrit pourtant son intelligence et sa curiosité à d’autres formes de l’expression musicale tout en enseignant pendant de nombreuses années l’improvisation et le solfège supérieur au Conservatoire de Genève et inspirera la méthode Wilhelms.
Bien que de culture protestante, Lydie Malan créa le Motet sans aucun fondement religieux ou culturel, mais avec la volonté de vivre l’instant présent avec passion. C’est ainsi qu’elle transmit d’une manière extraordinairement vivante son savoir et la musique à un groupe d’élèves, d’amis et de passionnés.
Au sein du Motet de l’époque on retrouve des élèves, des connaissances, des amis, comme le sculpteur König, qui créera la « Bise » pour le Port Noir, les Cusin, Delors, Maunoir, Tchamkerten, et tant d’autres. Le Motet était constitué de 5 soprani, 6 alti, 3 tenori et 3 bassi, l’effectif pouvant fluctuer selon les besoins du répertoire. Un effectif aussi réduit n’a pas manqué de surprendre, à une époque où
la Caecilienne et le Chant sacré comptaient une centaine de membres ! Les mauvaises langues de l’époque appelaient d’ailleurs Le Motet « Le Chœur des Sans-Voix »!
En choisissant les membres du Motet chez les violonistes et les violoncellistes, et non chez des chanteurs à la voix travaillée, Lydie Malan privilégiait la faculté de chanter le plus naturellement possible, avec la culture musicale que la pratique instrumentale leur avaient fait acquérir. Aimée des enfants et passionnée d’enseignement, elle constitua et anima un chœur d’enfants dont « Samy », Samuel Baud-Bovy, fut l’un des charmants bambins. Pierre Segond disait d’elle qu’elle fut sa seconde mère.
À ses débuts, le Motet répète à la rue du Cloître, chantant principalement a capella, comme l’imposait son répertoire. L’Eglise protestante n’était pas loin et certains pasteurs auraient même reproché à la fondatrice du Motet de trop chanter en latin… Mais c’était mal connaître Lydie Malan et son caractère que d’imaginer un instant qu’il aurait pu en aller autrement ! Le Motet participa même pendant la guerre aux services de la Synagogue, à l’époque du Rabbin Poliakov, sous le nom de « Harpe de Sion ».
En 1937, le Motet de Genève prit part à l’Exposition internationale de Paris, au sein du « 2ème Congrès International d’Esthétique et de Science de l’Art ». Henri Gagnebin, alors directeur du Conservatoire, était l’organisateur du voyage. Le chœur proposa un programme varié, constitué de pièces de Maurice Ravel, Darius Milhaud, Claude Debussy et Henri Gagnebin.
Ernest Ansermet fut l’auditeur, à l’église Saint-Germain, du Miserere, de Josquin Després. Lydie Malan fit appel, à cette occasion, aux côtés du Motet, à Hugues Cuénod. A la deuxième audition suisse et la première genevoise des Dithyrambes, de Frank Martin, la sœur du compositeur fit appel à Lydie Malan, et à son chœur d’enfants dont certains, parvenus à l’âge adulte, rejoignirent les rangs du Motet.