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La Suisse est la seule nation née de l’union de vallées paysannes et de villes libres, de cantons ruraux des Alpes et de cantons urbains du Plateau cohabitant sur un plan d’égalité. Du fait de cette genèse peu commune, les rapports entre la ville et la campagne y sont en permanence suivies avec une attention particulière et évaluées d’un œil critique. La suprématie des villes, qui ailleurs va de soi, a toujours été remise en question en Suisse.
Les opportunités de participation active à la démocratie directe sont une autre particularité du pays. Les résultats des votations mettent clairement en évidence des différences entre régions urbaines et régions rurales, et il arrive que l’une ou l’autre partie n’ait pas gain de cause sur des questions soumises à la votation populaire pourtant importantes à ses yeux. L’analyse des résultats de telles votations révèle qu’au cours des deux dernières années, l’antagonisme politique entre ville et campagne a considérablement augmenté. Pour preuve, sur 14 des 19 votations de la législature actuelle, la différence entre ville et campagne dépassait largement la moyenne à long terme.
C’est dans le contexte de ce fossé croissant et de l’importance significative pour la Suisse des rapports entre la ville et la campagne que la coopérative agricole fenaco a été à l’origine de la présente enquête ville-campagne. Sur mandat de fenaco, et par le biais d’un sondage représentatif réalisé en octobre 2021, l’institut Sotomo a ainsi examiné à la loupe les impressions et les opinions de la population de la ville et de la campagne. Il en ressort que pour deux tiers des plus de 3000 personnes interrogées, l’antagonisme entre ville et campagne est conséquent et appréciable. Cela dit, seul un quart d’entre elles estiment qu’il met véritablement la Suisse à l’épreuve.