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6 questions à Elias KHOURY, interprète communautaire pour l'arabe et l'hébreu
Comment êtes vous devenu interprète ?
Elias KHOURY, interprète pour l’arabe: Palestinien né en Israël d'une famille originaire de Syrie et du Liban, l'inter-culturalité fait partie de mon identité. Je venais de terminer mon master en histoire contemporaine à l'Université de Fribourg lorsque M. Jutzet, Conseiller d'Etat,et M. Têtard, Délégué à l'intégration du canton de Fribourg m'ont orienté vers le service "se comprendre". C'est ainsi que j'ai été engagé en 2015.
Aviez-vous déjà pratiqué l'interprétariat ?
A titre privé, oui, pour des connaissances mais jamais professionnellement. Je travaille également sur un projet de traduction d'un livre de l'arabe en français mais cette démarche diffère complètement de l'interprétariat que je pratique aujourd'hui. Jamais je n'avais pensé pratiquer l'interprétariat à titre professionnel.
Quelle différence observez-vous entre l'interprétariat et la traduction ?
La traduction est comme un texte...figé. Avec l'interprétariat, on est en situation et le contexte est très important. Là, on n'est pas dans une traduction littérale mais dans une relation. Il faut parvenir à reproduire le message en créant des connexions entre deux modes de pensées. "ça vaut la peine", par exemple, est presque impossible à traduire en arabe. Telle quelle, l'expression n'existe pas. A nous alors de trouver d'autres moyens de faire passer le message.
Après quelques mois, quel bilan tirez-vous de cette première expérience professionnelle de l'interprétariat ?
Mon intérêt a augmenté en le pratiquant. Auparavant, je n'avais pas conscience de tout ce que l'interprétariat peut représenter. C'est vraiment important car sans interprète, les liaisons sont impossibles. De plus, les contacts sont nombreux et cela permet d'apprendre beaucoup de choses.
Comment voyez-vous votre rôle d’interprète ?
Je me sens parfois comme le pont de la Poya! On doit sans cesse tenir compte du contexte et tenter de surmonter les obstacles culturels et linguistiques. Cela demande beaucoup d'efforts, de concentration et de précision. C'est une vraie responsabilité et un grand engagement.
Quelles qualités sont nécessaires pour être interprète ?
Maîtriser sa langue maternelle comme la langue de traduction est très important. Je vis en Suisse depuis 28 ans et je constate que plus on connaît les us et coutumes, les références culturelles et les finesses de la langue, plus on a d'outils pour faire des liens entre les deux cultures. L'acquisition de "nuances" des deux cotés permet à l'interprétariat de gagner en qualité.