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Heureusement, la majorité des enfants en Suisse naissent en bonne santé et se développent normalement sur le plan physique, mais aussi psychique et social. Néanmoins, certains enfants sont gravement malades ou ont des accidents, et certains vont moins bien que d’autres.
Les maladies aigües qui se manifestent pendant l’enfance, surtout des infections et des accidents, guérissent généralement bien et n’entraînent pas de séquelles pour la santé sur le long terme. Cependant, en 2018, 24 enfants âgés de 0 à 14 ans sont décédés dans des accidents, et autant des suites d’un cancer (Bureau de prévention des accidents, 2018b, p. 9). Les maladies infectieuses coûtent chaque année la vie à cinq enfants environ (OFS, 2013–2016). Des mesures de prévention des accidents et des taux élevés de couverture vaccinale sont donc tout à fait pertinents dans une optique de santé publique. Certaines maladies et atteintes à la santé, telles que les caries et les douleurs chroniques, obéissent à des schémas socioéconomiques. Les caries peuvent être évitées et traitées, mais restent une des maladies les plus fréquentes de l’enfance, avec des différences selon l’origine socioéconomique. Il en va de même pour les douleurs chroniques chez les enfants et les adolescents. On a ici peu de données fiables, mais l’étude HBSC et l’ESS indiquent, comme les données internationales, une prévalence élevée et des différences socioéconomiques. Les douleurs augmentent le risque de chronicité (Harreby et al., 1999; Walker et al., 2010) et génèrent des coûts élevés pour le système de santé (Tumin et al., 2018). L’augmentation de la prévalence de certaines maladies sexuellement transmissibles est à surveiller, même si elle est potentiellement due à l’augmentation de la fréquence des tests. Certaines de ces maladies sont diagnostiquées le plus souvent chez les jeunes de moins de 26 ans, qui représentent 50% des cas de chlamydiose et de gonorrhée. Si le nombre de cas enregistrés de VIH diminue, le fardeau de la maladie reste lourd en raison des conséquences à vie de cette infection. Les mesures de prévention gardent ici toute leur importance.
Les examens de dépistage précoce par les pédiatres, le suivi par les sages-femmes, les consultations parents-enfants durant la petite enfance et les dépistages par les médecins scolaires jouent un rôle central pour le développement en bonne santé des enfants et des adolescents. Nous ne parlons pas seulement ici de paramètres objectifs, tels que le poids et la taille, la vue et l’état du système musculo-squelettique, mais aussi de paramètres de santé plus subjectifs.
Pour certaines maladies ou évolutions importantes, aucune affirmation claire ne peut être faite pour la Suisse car les données, les recensements standardisés et la documentation manquent. Par exemple, l’augmentation observée au niveau international de la myopie chez les enfants ne peut être évaluée de manière fiable en Suisse. La numérisation croissante des prestataires de soins et des données de santé pourrait contribuer à remédier à ces lacunes à l'avenir.
Les relevés cantonaux relatifs à la motricité indiquent depuis des années des capacités motrices inchangées chez les enfants de l’école primaire. De tels messages positifs ne peuvent être énoncés que sur la base de recensements réguliers et d’analyses régulières des données. Les capacités cognitives et l’acquisition du langage sont surtout évalués lors des dépistages médicaux précoces effectués dans le cadre du système scolaire. En dehors des déclarations faites auprès de l’assurance-invalidité dans le cas de handicaps congénitaux, le corps médical ne recueille aucune donnée au niveau national. Dans le canton de Zurich, un nouveau registre des mesures pédagogiques spéciales précoces enregistre pour la première fois tous les enfants en âge scolaire pour lesquels une clarification d’un trouble du développement est recommandée. Il importe également de produire des chiffres précis sur l'intégration croissante des enfants handicapés dans les écoles obligatoires.
A côté des données de santé objectives, il faut considérer l’évaluation subjective que les gens portent sur leur l’état de santé général. Il est réjouissant d’observer que cette évaluation est bonne. La part des enfants, des adolescents et des jeunes adultes qui, en fonction de leur âge, de leur genre et du statut social de leurs parents, rapportent ne pas être en bonne santé et ne pas se sentir bien ne doit, cependant, pas être négligée. En outre, on demande trop rarement aux enfants et aux adolescents comment ils vont et de quels problèmes de santé ils souffrent. La garantie d’un développement sain, la préservation de la santé ainsi que la prévention et la détection précoce de maladies potentiellement graves nécessitent des spécialistes et une infrastructure (voir chapitre Soins de santé), mais aussi de bonnes compétences de santé chez les parents, les enfants, les adolescents et les jeunes adultes (voir chapitre Comportements de santé). Obtenir un suivi et une évaluation du développement et de la santé des enfants, des adolescents et des jeunes adultes pour toute la Suisse requiert des données à l’échelle nationale. On manque en Suisse de données nationales et longitudinales, voire de données standards, sur nombre de déterminants de la santé et sur nombre de maladies, et sur tout ce qui touche au développement et aux indicateurs de développement des jeunes de 0 à 25 ans.