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Léquité dans la communication
A ce stade-ci de la réflexion, on peut proposer quelques règles visant à instaurer une équité dans la communication lors des moments dévaluation et de transmission des résultats. En effet, comme le stress et l'angoisse sont souvent tributaires de l'évaluation sommative, il inporte de déterminer les actions de lévaluatrice et de l'évaluateur au regard de la communication.
L'appréciation d'un travail ou d'une production ne peut se réaliser qu'en fonction de critères fixés au préalable ; elle ne doit refléter ni la compétition, ni la comparaison aux autres, ni la récompense.
Le personnel enseignant doit être conscient que, pour les parents, les notes scolaires sont depuis longtemps synonymes de récornpenses pour un travail bien accompli. Ils ont malheureusement l'habitude de comparer les résultats de leurs enfants avec ceux obtenus par d'autres élèves, occasionnant ainsi une compétition malsaine au sein du groupe de pairs. Pour les élèves, les notes prennent alors une ampleur d'autant plus grande qu'elles sont étroitement liées à une reconnaissance personnelle qui va au-delà de l'apprentissage et qui conditionne même leur statut et leur estime de soi.
La compétition scolaire n'est bénéfique que si elle est avec soi-même.
Toute comparaison avec une autre personne est faussée par la nature même des objets de comparaison, à moins d'en avoir contrôlé toutes les variables, comme dans les recherches expérimentales, ce qui est peu compatible avec ce métier de l'humain qu'est l'enseignement.
L'appréciation équitable se communique de manière qualitative, à partir d'une comparaison avec les critères ou avec les acquis antérieurs.
Il s'agit ici pour l'évaluatrice ou l'évaluateur de définir ces critères avec les élèves, d'en dégager les niveaux de réussite et ce, afin de pouvoir interpréter les résultats de manière qualitative. Ainsi, le travail accompli sera mieux pris en compte, les destinataires de la communication seront plus à même de comprendre l'interprétation qui s'ensuit et, en bout de piste, l'élève saura davantage comment sorienter dans la poursuite de son apprentissage.
La note globale n'est qu'un pâle reflet d'un travail accompli, au sens où elle ne détaille pas les compétences développées, pas plus qu'elle ne témoigne d'une appréciation équitable.
La réalité montre bien qu'un élève peut investir tout l'effort demandé, au meilleur de ses capacités, sans pour autant répondre aux critères exigés et ainsi obtenir un résultat global bien en dessous de ses efforts. Dans un contexte d'évaluation sommative, le bulletin doit donc correspondre aux appréciations données lors des activités et pour les travaux accomplis, et ce en fonction des critères ou des acquis antérieurs.
Pour quelle soit authentique, la communication doit donner le portrait non seulement des acquisitions de l'élève mais aussi du contexte dans lequel s'est réalisé l'apprentissage.
Ainsi, la communication s'effectuera dans le juste respect de celui que l'enseignant accompagne, ce qui signifie que les mots employés feront référence aux processus et aux apprentissages effectués, sans enfreindre la possibilité pour cet autre de grandir à travers ses expériences scolaires.
Bélair, L. M. (1999). L'évaluation dans l'école. Nouvelles pratiques. Paris, ESF, p.44-46.
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