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Le vieillissement de la population s’accompagne d’une augmentation de l’incidence de la démence, posant un problème de santé publique. L’éventuel contrôle de facteurs de risque modifiables pourrait limiter ce phénomène. Si des études observationnelles suggèrent un lien entre diabète/obésité et démence, l’association entre taux de glycémie et risque de développement d’une démence est mal décrite. Dans ce but, les auteurs de cette étude observationnelle prospective d’une cohorte de 2000 sujets (ACT Adult Changes in Thought) de plus de 65 ans sans démence, ont modélisé la «glycémie moyenne» individuelle avant et au cours de la période d’observation, sur la base des mesures de la glycémie et/ou de l’hémoglobine glyquée. Le risque de développement d’une démence, évalué par des tests validés tous les deux ans sur une période moyenne de près de sept ans, a ensuite été corrélé à la valeur de glycémie moyenne, sur la base d’un modèle d’ajustement statistique de Cox. Cette analyse montre une association entre la valeur de glycémie moyenne «modélisée» et le risque de développer une démence, avec une augmentation proportionnelle non linéaire pour les sujets non diabétiques, et une courbe en U pour les sujets diabétiques (le risque minimal étant associé à une glycémie moyenne de 8,9 mmol/l).
Commentaire : L’intérêt de ces résultats du point de vue de la santé publique est indéniable, mais cette analyse pose les problèmes méthodologiques usuels des études observationnelles, liés entre autres à la mesure de l’exposition au risque et à l’ajustement des facteurs confondants. L’évaluation du risque expositionnel dans cette cohorte se base sur un «savant» calcul, censé refléter la glycémie moyenne des sujets. Même si l’effort semble significatif, il paraît tout de même difficile d’intégrer un paramètre aussi variable que la glycémie en une seule valeur «moyenne», en particulier pour les sujets non diabétiques. Quant aux facteurs confondants, le meilleur des ajustements statistiques multivariés, qui semble par ailleurs adéquat dans cette analyse, ne met pas à l’abri de l’existence d’autres risques confondants inconnus ou non mesurés. La littérature récente sur ce sujet dans la maladie d’Alzheimer l’illustre bien. Enfin, il est important de rappeler que la mise en évidence d’une association ne signifie pas un lien de causalité. Que faire de ces résultats ? Pour les sujets sains, on ne peut promulguer une pratique de contrôle de la glycémie vers le bas sur la base de ces résultats, et on voit d’ailleurs mal comment obtenir ce contrôle chez des sujets réputés sains. Pour les patients diabétiques, on peut voir ces résultats comme un renforcement des recommandations les plus récentes pour un contrôle glycémique raisonnable : ni trop strict ni trop lâche. A suivre.