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Principe d’action, comment « marche » l’homéopathie ?
Le principe de similitude
Ce principe, qui constitue le pilier de l’homéopathie, provient de l’adage d’Hippocrate « Similia similibus curentur » selon lequel le semblable guérit le semblable. Ainsi, cela signifie qu’une substance administrée à haute dose provoquant des symptômes chez un individu sain aurait la faculté de guérir ces mêmes symptômes s’ils se présentent chez un individu malade, lorsqu’elle est administrée en petite quantité. Ce principe découle de l’observation expérimentale et clinique.
La loi de l’individuation
En homéopathie, les caractéristiques individuelles sont très importantes puisque chaque individu réagit différemment en fonction de sa constitution. C’est l’individu malade qui est soigné et non la maladie en elle-même.
Le principe de la dilution infinitésimale
Ce principe fait référence à la façon dont est préparée la solution. En diluant les substances toxiques, le principe actif est perdu. Selon Hahnemann, ce principe pourrait être retrouvé en secouant la solution plusieurs fois, ce qui aurait comme effet de dynamiser la solution et de la rendre curative. La dilution est indispensable puisqu’elle permet de s’assurer de l’innocuité du médicament homéopathique.
La méthode homéopathique
Selon l’homéopathie, le corps humain aurait la capacité de s’auto-guérir. Pour Hahnemann, il est donc plus utile de trouver un moyen de stimuler le processus d’auto-guérison du corps, plutôt que de s’attacher à connaître la cause de la maladie.
Le but de l’homéopathe est donc de déclencher ce processus. Pour cela, il va devoir se renseigner sur le patient et la nature de ses symptômes durant la consultation en homéopathie.
En homéopathie, deux individus atteints de la même maladie ne seront pas forcément soignés avec les mêmes médicaments homéopathiques. En effet, l’homéopathe s’attache à adapter le médicament homéopathique aux caractéristiques précises d’expression du symptôme.
Les différentes dilutions homéopathiques.
La substance active peut être végétale, animale ou minérale. En premier lieu, elle macère dans un milieu liquide composé d’eau et d’alcool éthylique. Elle est ensuite filtrée afin d’obtenir une teinture-mère, puis vient la phase de dilution qui peut être réalisée selon la méthode hahnemannienne ou la méthode korsakoviennne.
La méthode hahnemannienne consiste à réaliser des dilutions successives au 1/100 (1 CH). Ainsi, 1% de la teinture-mère est versée dans 99% d’alcool. Durant le processus de dynamisation, la solution obtenue est secouée fortement 100 fois, ce qui donne une solution diluée au centième (1 CH). Afin d’obtenir d’autres solutions avec une dilution différente, on prélève une goutte de la solution 1CH et on effectue le même processus que précédemment en la versant dans 99% d’alcool, et la secouant 100 fois, ce qui donne une solution diluée à 2 CH et ainsi de suite pour les dilutions à 3 CH, 4 CH etc.
La méthode korsakovienne consiste à préparer la solution dans un unique flacon, toujours à partir d’une goutte de teinture mère versée dans 99% d’alcool. Sauf qu’ici, le flacon est vidé après la dynamisation, et ce qui reste sur les parois correspond à une goutte de la première préparation à laquelle on ajoute 99% d’alcool, ce qui constitue la première korsakovienne, nommée 1K. On répète le processus pour obtenir d’autres types de dilutions.
L’extrait dilué est présenté sous la forme de granules, de comprimés ou de gouttes.
Il existe trois types de dilutions : Plus le malade présente des symptômes similaires à la pathogénèse du médicament homéopathique, plus la solution devra être diluée.Les basses dilutions : de 1 à 5 CH. Leur usage peut être fréquent et durable dans le temps.
Les moyennes dilutions : de 6 à 9 CH. Celles-ci permettent de rééquilibrer les fonctions physiologiques. Elles peuvent être utilisées durant quelques semaines.
Les hautes dilutions de 10 à 30 CH. Celles-ci ne doivent pas être utilisées fréquemment, elles agissent en profondeur et de façon durable.
De façon générale, il est recommandé d’espacer les doses si on constate une amélioration des symptômes.
Comment se passe la consultation en homéopathie ?
La consultation en homéopathie est médicale seuls les professionnels de santé ont le droit de prescrire des médicaments homéopathiques. Elle se déroule en deux phases : l’observation et l’interrogatoire. Le médecin va tout d’abord observer son patient et l’étudier précisément afin de dresser son profil homéopathique selon lequel il pourra effectuer ses prescriptions. Il va ensuite réaliser un interrogatoire précis au cours duquel il va poser un certain nombre de questions afin de se renseigner sur les troubles, leur intensité, leur périodicité, quand et comment ils se manifestent etc… Il va également prendre connaissance de l’histoire de l’individu, de son mode de vie et de ses antécédents familiaux.
La douche froide qui réchauffe (exemple)
Si vous êtes frileux, il y a deux façons de réagir :
Vous enfilez un pull ou plusieurs, si possible en les ayant préchauffés sur le radiateur. Vous vous protégez ainsi du froid par du chaud. Vous évitez le froid, vous essayez de recevoir du chaud. Vous continuerez ainsi des années, car vous n’aurez rien appris. Gare aux prochaines pannes de chauffage, et à l’avancée en âge !
Vous pouvez vous forcer à supporter une demi-seconde de douche froide en sortant de chaque bain chaud, quitte à en perdre un instant le souffle. Vous avez peu à peu l’impression que la salle de bain est moins froide en vous étant entrainé à l’affronter ! Avec l’exercice, vous aurez de moins en moins besoin de vous habiller, de vous protéger. Vous devenez plus résistant et pourrez bientôt faire la sieste dans la neige !
Avec le pull supplémentaire ou en chauffant davantage, vous pratiquez le traitement orthodoxe, avec la petite douche froide, vous faites une espèce d’homéopathie, plus précisément de l’isopathie*. Vous pouvez aussi essayer en fermant un œil avant d’entrer dans une cave obscure ou un tunnel. Vous l’ouvrirez dans le noir et verrez mieux que si vous aviez regardé le soleil avant d’entrer dans l’obscurité ! Mais si vous prenez une lampe de poche…vous restez dans la médecine des différents : allopathie, souvent médecine des contraires (anti…).
Ces exemples que chacun peut expérimenter illustrent le principe d’action de l’homéopathie qui consiste à stimuler l’organisme par un signal (demi-seconde de douche froide et non 20 minutes !) de même direction que les symptômes eux-mêmes. Pour devenir moins frileux, un petit coup de douche froide ; pour mieux voir dans le noir, fermer un œil à la lumière un instant avant d’entrer dans l’obscurité. On renforce ainsi la réaction de l’organisme dans le domaine où il montre sa sensibilité, où il y a déjà un symptôme : frilosité exagérée, mauvaise vue dans le noir, … Le frissonnement ne signe-t-il pas l’effort de l’organisme pour se réchauffer ? En donnant un signal de froid, on va faire frissonner plus fort et le réchauffement sera plus efficace. Tout comme on fouette un cheval pour passer un obstacle franchissable plutôt que de le tirer en arrière ou prendre un autre chemin. Ainsi, peu à peu l’obstacle sera franchi en fouettant chaque fois moins fort, un simple encouragement de la voix finira bientôt par suffire.
Les frissons sont donc un travail musculaire involontaire de l’organisme qui produit de la chaleur. Le patient ressent les frissons comme inconfortables, il en souffre, mais c’est une besogne que l’on veut renforcer pour qu’elle aboutisse : le frisson montre que l’organisme tente de se réchauffer et devenir moins frileux
Référence : Vos questions- Une médicine Uniciste – G. Loutan – 2014