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Tim Berners-Lee, un informaticien du CERN inventa le World Wide Web en 1989. À l'origine, la Toile (ou le web, comme on le surnomme) fut conçue et développée pour répondre au besoin de partage d'informations entre scientifiques travaillant dans différentes universités et instituts aux quatre coins du monde.
Le CERN n'est en effet pas un laboratoire isolé, mais plutôt le foyer d'une communauté d'environ 8000 scientifiques de 85 nationalités. Bien que ces scientifiques passent une part de leur temps au CERN, ils travaillent généralement dans des universités et laboratoires de leur pays d'origine. Le maintien d'une bonne communication entre ces scientifiques est essentiel.
L'idée de base du WWW était de combiner les technologies des ordinateurs personnels, des réseaux informatiques et de l'hypertexte en un système d'information mondial, puissant et facile à utiliser.
Un peu d'histoire
Fin 1990, une démonstration d'un logiciel pour un système de base eut lieu. Les premiers serveurs web étaient tous implantés dans des laboratoires de physique européens, et seuls quelques utilisateurs avaient accès à la platforme NeXT sur laquelle le premier navigateur s'exécutait. Peu après, le CERN fournit un navigateur beaucoup plus simple, exécutable sur n'importe quel système.
Info.cern.ch est l'adresse du tout premier site et serveur web du monde, qui était hébergé sur un ordinateur NeXT du CERN. La première page web avait pour adresse http://info.cern.ch/hypertext/WWW/TheProject.html et portait sur le projet WWW. On y trouvait des informations sur l'hypertexte, la technique permettant de créer sa propre page web, et même des explications sur la manière de rechercher des informations sur la Toile. Il n'existe pas de reproduction de la page d’origine. De toute façon, les informations étaient mises à jour quotidiennement, au fur et à mesure du développement du projet WWW. Vous pouvez voir cette page, dans une version ultérieure (1992), sur le site web du Consortium du World Wide Web.
L’ordinateur NexT d’origine est exposé au Globe de la science et de l'innovation au CERN. Il porte toujours son étiquette où il est écrit à la main, en rouge : « Cette machine est un serveur. NE PAS ÉTEINDRE !! »
En 1991, un premier système www fut mis à la disposition de la communauté des physiciens des hautes énergies via la bibliothèque de logiciels du CERN. Ce système comprenait un navigateur simple, un logiciel de serveur web et une bibliothèque exécutant les fonctions essentielles pour permettre aux développeurs de bâtir leur propre logiciel. Plusieurs universités et laboratoires de recherche commencèrent à l'utiliser. Un peu plus tard, il fut mis en libre accès sur Internet, plus particulièrement à l'usage de la communauté des professionnels de l'hypertexte.
Une diffusion mondiale
Le premier serveur web aux États-Unis fut mis en ligne en décembre 1991, là aussi dans un institut de recherche pure : le Centre de l'accélérateur linéaire de Stanford (SLAC), en Californie.
Il n'y avait alors pour ainsi dire que deux sortes de navigateur. L'un était la version ayant servi au développement d'origine, très complexe mais disponible uniquement sur des machines NeXT. L'autre était le navigateur en mode ligne, très simple à installer et à exécuter sur n'importe quelle plateforme, mais limité en puissance et peu convivial. La petite équipe à l'origine du développement au CERN ne pouvait à elle seule effectuer le travail nécessaire pour faire avancer le système. Aussi Tim Berners-Lee lança-t-il un appel via Internet pour que d'autres développeurs viennent apporter leurs connaissances.
Plusieurs personnes ont alors créé des navigateurs, la plupart exécutables dans l'environnement X-Window. Début 1993, le Centre national de superinformatique (NCSA) de l'université de l'Illinois, mit en service une première version de son navigateur MOSAIC. Ce logiciel était exécutable dans l'environnement X-Window, très populaire dans la communauté de la recherche, et offrait ainsi la possibilité d'interactions conviviales grâce à un système utilisant des fenêtres. Peu de temps après, le NCSA mit également en circulation des versions pour les environnements PC et MacIntosh. La disponibilité de navigateurs conviviaux et fiables sur ces ordinateurs très populaires eut un impact immédiat sur la diffusion du WWW. La Communauté européenne approuva son premier projet Web (WISE) à la fin de cette même année, le CERN étant l'un des partenaires. Fin 1993 il y avait plus de 500 serveurs Web connus, et le WWW représentait 1% du trafic Internet, ce qui semblait beaucoup à cette époque!
1994 fut vraiment l' « Année du web ». La première conférence internationale sur le World Wide Web se déroula au CERN en mai. Quatre cents utilisateurs et développeurs y participèrent et cet événement fut salué comme le « Woodstock du web ».
Fin 1994, le web comptait 10 000 serveurs, dont 2000 à usage commercial, et 10 millions d'utilisateurs. Le trafic était alors équivalent au transfert de la collection complète des oeuvres de Shakespeare à chaque seconde. La technologie continua de progresser pour satisfaire de nouveaux besoins, dont la sécurité et le commerce en ligne.
Des standards ouverts
Pour que le web reste un standard ouvert utilisable par tous, dont personne ne puisse devenir propriétaire, le CERN soumit un projet à la Commission de l'Union européenne. L'aboutissement du projet fut un Consortium International, en collaboration avec l'Institut de technologie du Massachusetts (MIT), que Tim Berners-Lee contribua à mettre en place. Le web constituant une activité hors de la mission première du Laboratoire, un nouveau siège était nécessaire pour le développer.
La Commission européenne se tourna alors vers l'Institut national de la recherche en informatique et en automatique (INRIA) francais, pour prendre le relais. En janvier 1995, le Consortium International World-Wide Web (W3C) fut fondé « pour amener le World Wide Web au maximum de son potentiel en développant des protocoles communs qui encouragent son évolution et assurent son utilisation génerale. » Tim Berners-Lee en est toujours le directeur.