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Pratiquement passée sous silence dans la presse romande, une étape importante a été franchie il y a quelques jours concernant la loi sur le CO2. En effet le 26 août 2009, le Conseil fédéral a signé un projet de loi et soumis au parlement un message à cet effet. Le projet du Conseil fédéral a été conçu comme un contre-projet indirect à l'initiative populaire "pour un climat sain" émanant - étonnamment - des milieux centristes et, un peu moins étonnamment, des milieux écologistes et évangéliques. L'initiative exige de réduire, d'ici à 2020, d'au moins 30% les gaz à effet de serre par rapport à celles de 1990, grâce à des mesures uniquement prises en Suisse. L'initiative demande également que ces buts soient inscrits dans la constitution.
Le contre-projet indirect quant à lui vise une diminution de 20% par rapport à 1990 (en préservant la possibilité d'une diminution de 30% si les autres pays européens en décident ainsi), mais avec la principale différence qui consiste à permettre d'atteindre ces buts partiellement par une compensation de mesures prises à l'étranger, notamment dans les pays en développement: des exemples seraient des projets de reforestation ou d'assainissement d'installations industrielles vétustes et gaspilleuses d'énergie. Ce contre-projet indirect s'inscrit parfaitement dans une logique libérale qui laisse une plus grande marge de manouvre aux entreprises, et doit être soutenu. Attention, même le contre-projet aura pour effet des augmentations considérables du prix des carburants et des combustibles, l'introduction de taxes dites "d'incitation" (ce qui m'amuse toujours…) sur les véhicules privés et d'autres mesures coûteuses pour les consommateurs et les entreprises. Par contre, une partie de ces taxes sera disponible pour subventionner entre autres les mesures d'économie d'énergie des bâtiments. Le Groupe PLR s'implique fortement pour soutenir ce contre-projet indirect, contre une étrange coalition rose-rouge-verte-orange qui en veut plus et l'UDC qui en veut moins. Alors que personne ne conteste la nécessité d'agir, le contre-projet est probablement ce que l'on peut espérer de plus raisonnable pour l'économie et les consommateurs, tout en sachant qu'il sera beaucoup plus facilement réalisable et, surtout, efficace, pour répondre au but souhaité - protéger le climat - que l'initiative.
Les cantons seront responsables de l'application des mesures. Or certains semblent souhaiter que Genève aille bien plus loin encore que les mesures - déjà drastiques - prévues par la Confédération. Pour calmer les ardeurs, il y a lieu de rappeller que les mesures prises en Suisse l'auront aucun effet sur la climat, du fait que notre pays n'a pratiquement pas d'émissions de CO2 à l'échelle mondiale et que les effets du CO2 sont diffus et mondiaux, et non locaux, régionaux ou même à l'échelle d'un continent. Le but poursuivi par la Suisse - louable sans aucun doute - est de se montrer solidaire avec les pays qui, eux, devront faire des efforts considérables, ainsi que pour honorer ses engagements internationaux. Nul besoin dès lors d'en faire trop, ça ne servira strictement à rien.