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À plus de 90 ans, Beverly Pepper crée encore et toujours. Une évidence, voire une obstination, qui lui vaut d’être régulièrement comparée à Louise Bourgeois et Louise Nevelson. Si elle admire ses deux acolytes, elle ne se considère pas comme une sculpteur. Elle se plaît à ne pas avoir de statut, si ce n’est celui de «travailler le métal comme s’il était du papier». C’est que la grande dame, installée depuis plus de 50 ans en Ombrie, a fréquenté avec acharnement les fonderies de toute l’Italie pour pouvoir enfin déclarer que le matériau lui a confié tous ses secrets.
Le parcours de Beverly Pepper est jalonné de coups du destin et d’une bonne dose d’audace. En 1949, par exemple, elle quitte Brooklyn et la vie qu’elle y mène pour tout recommencer à Paris et étudie à l’Académie de la Grande Chaumière. Elle qui se voyait plutôt comme peintre, décide de se mettre à la sculpture du bois en 1960, puis saisit sa chance en 1962 quand Giovanni Carandente, curateur de l’exposition «Sculptures dans la ville», lui demande de faire l’expérience de la soudure, de façonner et sculpter le métal. Elle accepte et se met rapidement au travail pour acquérir le talent qu’on lui connaît aujourd’hui, mais qu’elle n’avait alors jamais pratiqué! Elle fut la seule femme à exposer parmi de grands noms tels que Henry Moore, Alexander Calder ou David Smith.