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Campagne présidentielle aux Etats-Unis : Les grandes banques misent sur le mauvais cheval
Rien de nouveau à ce que les banques suisses s’immiscent dans la politique. En revanche, qu’UBS et Crédit Suisse fassent partie des plus gros bailleurs de fonds de la campagne de George W. Bush laisse pantois. Quelle peut être la compatibilité entre son programme et les principes du développement durable ? Les soutiens généreux apportés par UBS et Crédit Suisse dans une campagne où les montants financiers jouent un rôle considérable indignent les actionnaires pour un développement durable.
Selon une enquête du Center for Public Integrity, UBS apparaît au 5ème rang des entreprises qui soutiennent financièrement la campagne de George Bush, le Crédit Suisse à la 7ème place. Devant les banques suisses figurent uniquement des entreprises étasuniennes comme Pricewaterhouse Coopers, Merrill Lynch ou la défunte Enron.
Selon les actionnaires responsables, le soutien à la campagne présidentielle de Bush par les grandes banques n’est pas compatible avec leur adhésion au Pacte mondial (Global Compact) de l’ONU. C’est pourquoi, ils ont demandé lors des assemblées générales s’il ne serait pas adéquat de renoncer aux financements des campagnes présidentielles ou, au moins, de soumettre les propositions des candidats à une analyse préalable. Ceci permettrait de juger dans quelle mesure les candidats et les partis s’engagent en faveur d’une stabilité politique à l’échelle mondiale et pour une économie durable, notamment concernant la mise en oeuvre des conventions de l’ONU sur la protection du climat et la conservation des espèces, le respect des droits humains et des droits des communautés, le soutien à l’ONU pour la prévention des conflits et la poursuite des criminels de guerre. D’après ces critères, les résultats de l’analyse du candidat Bush laisseraient à désirer.
Bonus annuel contre soutiens aux partis?
Lors des présidentielles 2000, les banques avaient pu investir directement dans la campagne. Pour l’élection 2004, de nouveaux mécanismes de financement sont entrés en vigueur. Une loi sur le financement des campagnes électorales a été votée en 2002. Elle interdit aux personnes privées, aux entreprises, aux associations et autres groupements d’intérêt le don de gros montants. Auparavant les sommes étaient illimitées pour le soutien d’un candidat (on les qualifiait de "Soft Money"). Actuellement, les montants maximum autorisés sont de $ 2'000.- pour un candidat et $ 5'000.- pour un parti. Des personnes sont tout spécialement désignées pour la collecte de fonds et rangées dans deux catégories selon le montant de leurs collectes. Il s‘agit d’un cercle fermé d’individus qualifiés de "Pioneers" (pionniers) ou "Rangers" et capables de collecter respectivement plus de $100'000 ou $ 200'000.- auprès des collaboratrices et collaborateurs. Au sein des banques suisses, ce sont de hauts responsables qui s’attèlent à cette tâche. Parmi ces "super fundraisers", relevons John Mack (co-directeur général du Credit Suisse Group) et Patrick Durkin (directeur exécutif du Credit Suisse First Boston) ainsi Joseph Grano (président et directeur général d’UBS Wealth Managmement). Grâce à l’activisme de ces derniers, les grandes banques suisses peuvent figurer en bonne place sur la liste des principaux donateurs de Georges W. Bush.
Pas d’influence sur les collaboratrices et collaborateurs
La réponse aux questions et suggestions d’ACTARES n’a rien eu d’étonnant. Les deux banques ont indiqué que le plus gros montant avait été alloué cette année pour le meeting du Parti républicain à New-York (Crédit suisse: $ 200'000.- ; UBS : $ 500'000.-). Pour celui du parti démocrate, le soutien d’UBS a été moindre ($ 200'000.-) car l’organisation y aurait été moins chère, le Crédit suisse n’apportant apparemment aucun soutien. Les deux banques ont souligné n’avoir aucune influence sur les dons privés des employés. Selon le décompte du Crédit suisse concernant la campagne 2000, George Bush et les Républicains auraient reçu autour de 1,4 millions de dollars contre 193'000 à Al Gore et aux Démocrates (soit six fois moins).