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Les sociétés développées sont pratiquement toutes multiculturelles.
Elles sont en ce sens que leurs membres ont des conceptions différentes de la vie et confèrent des sens différents aux activités et aux rapports humains. Cette diversité culturelles est le produit de divers facteurs, parmi lesquels la montée de l'individualisme et le déclin du consensus moral traditionnelle, la diversité ethnique et religieuse, la mondialisation et l'immigration.
Dans la mesure où aucune de ces facteurs n'est appelé à disparaître dans un avenir prévisible, la diversité culturelle est une caractéristiques plus ou moins définitive de la vie moderne. Chaque type de diversités soulève des questions différentes et appelle des réponses différentes. Je me intéresserai aux immigrées parce que je suis moi-même une immigre, et examinerai ce qui' ils sont en droit d'attendre de la société Suisse qui leur accueillir et inversement, et comment concilier au mieux ces attentes.
L'immigration n'est bien attendu qu'une source de diversité culturelle parmi d'autres, et il serait faux de penser qu'avant les premières grandes vagues d'immigration la société était culturellement homogène. Qui plus est, la diversité apportée par les immigres - eux-mêmes issus de groupes ethniques et religieux très divers - n'est pas forcement plus grande que celle qui existe d'ores et déjà au sein des majorités dans la société Helvétiques.
Considérons ensemble les réactions démonstratif et violents dans le monde islamo-arabe a cause de la caricature du prophète Mohamet, des problématiques de la violence et l'injustice de la Banlieue Française, l'attenants de Londres, d'Espagne et de l'état unis de l'Amérique. Nous voyons que la question de l'assimilation de immigres, et surtout des musulmans, se pose avec une nouvelle acuité.
Mais l'assimilation et même l'intégration ne sont pas forcement les meilleurs façons de penser les relations entre les immigres et la société d'accueil. Les assimilationnistes placent les immigres face à un choix difficile : s'ils veulent se faire accepter comme citoyens à part entière, ils doivent se fondre dans la culture nationale et faire allégeance exclusive au pays dans lequel ils établissent ; si en revanche, ils choisissent de conserver leur culture et de garder des liens étroits avec leur pays d'origines, il ne faut pas qu'ils se plaignent si le reste de la société refuse de s'identifier à eux et leur réserve un traitement inégalitaire.
Les tenants de cet assimilationnisme agressif sont désormais minoritaires comme nous avons constaté désormais dans certains partis politiques et leur propagande. Plus nombreux sont en revanche les partisans de l'intégration. Comme l'assimilationnisme, l'interactionnisme souligne l'importance d'une culture commune, mais admet que le processus puisse être à double sens, le pays d'accueil s'adaptant jusqu'à un certain point aux nouveaux arrivants. Bon nombres d'intégrationnistes conçoivent également que les immigres puissent éprouver le besoin, voire avoir le droit, de préserver certains pans de leur identité culturelle et que l'intégration puisse être très "superficielle" et se limiter aux institutions cantonale et communal de la société Helvétique.
Si certains sont d'avis qu'une intégration économique et politique est suffisante, d'autres diront qu'une société ne peut être cohésive que si l'intégration s'étend aux aspects moraux, sociaux et culturels de la vie, et qu'autoriser les immigres a s'intégrer partiellement revient à les privilégier par rapport à d'autres membres de la société. Il existe une troisième approche, prônée à gauche et associe à des penses qui est fondée sur les principes de la citoyenneté égale. Selon ce point de vue, une communauté politique est une association volontaire de citoyens libres et égaux, dont la cohésion est assurée pas des principes de justice consacres par l'autorité publique et un régime de droits et de devoirs. Du moment où les immigres acceptent ces principes - devenant ainsi des " patriotes constitutionnelles", - on ne leur demande rien de plus.
Beaucoup d'arguments plaident en faveur de cette conception de la citoyenneté, qui évite le langage idéologiquement marque de l'intégration et de l'assimilation. Mais elle s'avère inadaptée à plusieurs égards. Les membres d'une communauté politique ont des intérêts et des liens communs, et nourrissent les uns à l' égard des autres des attentes qu'ils n'ont pas avec des personnes extérieures. Leurs rapports passent par leur appartenance à une même communauté. La citoyenneté n'est pas qu'une question de droits et de devoirs : elle implique aussi qu'on s'identifier à la communauté politique, qu'on la considère comme la sienne propre, en acceptant d'en être responsable et d'œuvrer pour son bien-être. En outre, une communauté politique n'existe pas qu'au présent. Elle est le produit des innombrables sacrifices, petits et grands, consentis par les générations passées, et ses membres actuels sont les garants de son avenir. En être citoyen implique d'entretenir un rapport avec le passé et l'avenir de cette communauté. Pour ces raisons et d'autres encore, une communauté politique nécessite un sentiment commun d'appartenance, une identité collective partage et un certain degré d'engagement et d'attachement communs.
Le Centre Africaine de développement Socioculturel a été et jusqu'a présent le pas le plus grand et un jalon important pour permettre aux étrangers et aux Suisses d'atteindre ensemble les Suisse et les étrangers. Nous avons réalisé que au lieu de nous focaliser sur la façon d'assimiler ou d'intégrer les immigres, nous ferions mieux de nous demander comment ils peuvent devenir des citoyens égaux, lies aux autres par ce lien d'appartenance commune. Une société n'est pas un agrégat aléatoire d'individus qui se trouvent vivre ensemble. Elle représente un mode de vie complexe, élaboré au fil des combats et des sacrifices de plusieurs générations. Dans la mesure où leurs identités, leurs vies et leurs histoires personnelles sont intimement liées à leur société, les individus se montrent légitimement possessifs et protecteurs à son égard. Une société n'est pas chère qu'a ses membres.
Elle appartient aussi aux immigres qui sont venus s'y établis et elle est la future patrie de leurs enfants : et, en cela, elle appelle à un engagement moral et affectif. Les immigres devraient par conséquent s'identifier à elle, se l'approprier et accepter les responsabilités et les obligations qui en découlent. Cela n'implique pas qu'ils doivent couper les ponts avec leurs pays d'origine, pas plus qu'un mariage n'impose aux époux de renoncer à leurs liens familiaux ou de s'en distancier. Cette exigence serait aussi injuste qu'inutile. En revanche, on peut exiger des immigres qu'ils considèrent leur nouveau pays comme leur patrie, même s'ils en ont d'autres par ailleurs, et qu'ils apportent la preuve de leur attachement.
Il y a beaucoup de façons d'exprimer son attachement à une société : respecter sa structure d'autorité et ses lois, participer à la vie commune et assumer sa part de responsabilité collective en étant un travailleur productif, en n'abusent pas des dispositifs existants de protection sociale, etc. En principe, on ne peut exiger des immigres ni plus ni moins que ce qu'on exige de leurs concitoyens. Exiger davantage reviendrait à leur faire porter un plus lourd fardeau, et exiger moins serait de la condescendance.
La participation à la vie commune n'empêche en rien de vivre ou de se marier entre soi, de se ménager ses propres espaces culturels ou de mener une vie partiellement ségrégative. Le mariage, les activités culturelles, etc., sont de l'ordre des choix individuels et ne peuvent être soumis à des obligations légales ou à des pressions sociales. Ces questions relèvent de la sphère privée et ne concernent pas la vie commune de la collectivité. Et, puisque leurs concitoyens sont libres de mener leur vie culturelles et sociale comme ils l'entendent, refuser cette liberté aux immigres reviendrait à leur réserver un traitement inégalitaire.
Les immigres ont besoin d'acquérir les compétences culturelles nécessaires pour se mouvoir dans la société Helvétiques. Cela implique d'apprendre la langue de cette société, de comprendre et de respecter ses règles de politesse et ses normes de comportement, et de se familiariser avec ses traditions, son histoires, ses modes de pensée. A force de respecter ces valeurs et ces règles de conduite, il y a des chances pour qu'ils finissent par les intégrer et qu'elles fassent partie de leur identité sociale voire individuelle, surtout s'ils ne le voient l'intérêt. Et même s'ils ne le voient pas ; cela ne les empêche pas de respecter ces règles dans leurs rapport sociaux, pour la même raison que les femmes qui se rendent dans un pays musulman se couvrent la tète sans pour autant adhérer à cette pratique. Il n'y a rien d'hypocrite ou d'aliénant a observer des règles sans y adhérer, car cela témoigne d'un respect pour une société et son mode de vie, et facilite les relations avec membres.
Il y a des chances pour que les immigres, en tant que nouveaux venus, ne maîtrisent pas totalement la grammaire culturelle d'une société. Mais, s'ils ne font pas un effort sincère pour acquérir une petite dose de compétence culturelle, ils affichent un manque de respecte à l'égard de la société et se créent de sérieuses difficultés. Leurs attachements à la société peuvent alors être mis en doute. Ils sont dans l'incapacité exprimer leurs aspirations et leurs frustrations, et de comprendre pourquoi les autres y réagissent parfois avec incompréhension ou animosité. Cela les mets aussi à la merci de leurs porte-parole et représentants, qui s'expriment avec plus de facilite et ont leurs propres intérêts politiques et culturels à défendre.
De même que les immigres doivent s'engager vis-à-vis de la société qui les accueille, celle-ci doit bien attendu prendre un certain nombre d'engagements à leurs égard. La vie des immigres, comme celle du reste de la population, se déroule pour l'essentiel au niveau local. C'est à ce niveau qu'ils entretiennent des rapports avec leurs concitoyens, dont ils sont les voisins, les salaries, les clients. Toute intégration nationale se fait au niveau local, et les écoles à partir de la crèche, des écoles enfantines jusqu'à l'université jouent à ce titre un rôle crucial dans la création d'un sentiment commun d'appartenance. L'école doit bien sûr faire la part belle à l'histoire, à la culture et aux traditions de la société Helvétique, mais elle doit aussi enseigner l'histoire et la culture des immigres.
Enseigner aux enfants issus des minorités ethniques aussi bien leur propre histoire que celle de la société Helvétique peut contribuer à éviter la rupture générationnelle : les parents redouteront moins de voir leurs enfants se détourner de leur culture d'origine et auront, des lors, moins des prévisions contre l'école. Si les immigrés de la première génération sont parfois réticents à participer à la vie collective et gardent volontairement leurs distances, c'est souvent parce qu'ils veulent offrir à leurs enfants un cadre culturel alternatif et lutter contre les velléités assimilationnistes qu'ils prêtent à l'école.
Quand on apaise ces craintes en mettant en place des programmes d'enseignement multiculturel, on élimine une des raisons qui les conduisent à vouloir mener une vie séparée. Cela peut aussi contribuer à assécher la demande d'écoles prive religieuses et ethniques, qui font parfois barrage à la création d'un sentiment commun d'appartenance. Et si ce type d'établissements existe, ils doivent être tenus d'enseigner les programmes communs et de favoriser la compréhension interculturelle. De fait, lorsque la Confédération s'engage clairement à assurer un enseignement multiculturel dans le public, cela lui confère le droit moral d'en exiger autant de la part des écoles confessionnelles.
Un sentiment commun d'appartenance nait plus facilement lorsque les communautés minoritaires et majoritaires se sentent bien dans leur peau et entretiennent des rapports de confiance. Si les minorités se sentent menacées, assiégées et craignent de voir disparaître leur culture, elles se replient sur elles-mêmes, adoptent une attitude défensive et ont tendance à limiter au strict minimum leur contacts avec le reste de la société. Cela vaut également pour la majorité : si elle a l'impression qu'elle n'est plus maitresse de son avenir et que son mode de vie se dégrade inexorablement, elle se tient sur la défensive et devient intolérante, et soit elle essaie de fermer ses portes à l'immigration, soit elle s'embarque dans un projet irréaliste et contre-productif d'assimilation ou d'intégration totale.
La réponse à cela doit s'élaborer à plusieurs niveaux (communal-cantonale et fédéraux). Il faut une politique d'immigration et d'asile équitable. La Confédération doit expliquer à ses citoyens pourquoi il a l'obligation morale et juridique d'accueillir des réfugiés en situation désespérée et pourquoi il est dans l'intérêt de la Suisse de leur apporte toute l'aide dont ils ont besoin pour s'installer. Il doit également dire pourquoi la Suisse a besoin des immigrés, de combien et pourquoi faire. Il doit distinguer entre les inquiétudes légitimes que suscitent les immigrés et les réactions racistes de rejet - les premières devant êtres apaisées et les secondes combattues
Si l'on ne tient aucune compte des angoisses et de craintes légitimes et qu'on ne les laisse même pas exprimer au nom du politiquement correcte, les frustrations s'accumulent et risquent de prendre des formes désagréables dans l'avenir très proche. La limite entre craintes légitimes d'une part et racisme flagrant d'autre part est difficile à fixer. Mais ne pas du tout distinguer les deux ou faire l'amalgame est politiquement irresponsable.
Finalement, comme je l'ai déjà répéter, il n'y pas que l'intérêt commun et la justice qui cimentent une société. Si c'était le cas, on aurait du mal à expliquer les sacrifices que consentent ses membres les uns pour les autres. Il faut aussi un lien affectif, un attachement à la communauté et à son prochain. Et cela ne peut naitre que d'un sentiment d'appartenance commune, chacun reconnaissant son prochain comme membre d'une même communauté. Ce qui nécessite qu'il y ait un sens de l'identité Helvétique largement partagé, une conscience de ce que l'on est, de ce qui nous lie les uns aux autres et de ce qui fait de nous des membres de cette communauté-ci plutôt que d'une autre.
L'identité d'une société a une dimension intellectuelle autant qu'affective, et elle s'incarne dans son histoire, ses valeurs, ses principes constitutionnels et ses institutions politiques, ainsi que dans ses symboles et ses images, comme hymne national, les cérémonies officielles et les monuments aux morts. Quand on pense a Suisse, on pense souvent, grâce à l'œuvre des ses grands hommes et femmes, les écrivains et artistes, réformateurs et révolutionnaires, à des paysages et paysans, des montagnes couverte par des neige et des vallées dote des beautés incroyablement verte et naturel, à des clochers, à des dimanches paisibles, de l'harmonie et la neutralité.
Aujourd'hui, avec l'œuvre des activistes, musiciens, artistes et écrivains, pasteurs et imams et des professionnelles issus de l'immigration, il évoque aussi des églises ethniques, des mosquées et temples, des magazines asiatiques, tamul, africains et sud-américains, des associations culturelles et religieuse même politique de toute sortes. Ont peut voir des vieux messieurs emmenant leurs enfants à la prière du vendredi, les célébrations et carnaval de rue pour toute sortes de fêtes autour de chaque année, les brouhaha des rues multiethniques des grande villes comme Zurich, Genève, Basel, Lausanne et Neuchâtel, des plats épices, des enfants et des adolescents métissé et bien d'autres images hybrides reflétant l'expérience multiculturelle de la Suisse.
Il y a tellement des choses tout a la fois qui témoignent des progrès que nous avons accomplis pour susciter un sentiment commun d'appartenance et du chemin qui nous reste à parcourir. Il n'y a na pas d'intégration sans lien affectif, mesdames et messieurs, merci.