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L’œuvre littéraire de l’écrivain américain Walter Abish ne peut être placée dans des contextes littéraires et nationaux clairement définis.
Né à Vienne en 1931, Abish s’est exilé aux États-Unis pour fuir le régime nazi. Son œuvre doit être localisée « entre les langues et les littératures nationales ». Ce constat est étayé par son anglais hybride et par les nombreuses traces de littératures non américaines que l’on trouve dans ses textes et auxquelles cette étude accorde une attention particulière.
L’ouvrage de Robert Leucht (Section d’allemand) retrace le développement de la recherche sur la littérature autrichienne en exil et dresse le portrait de l’œuvre littéraire d’Abish en la replaçant dans le contexte d’œuvres d’autres auteurs exilés (Aharon Appelfeld, Erich Fried, Ruth Klüger).
Un grand nombre de textes d’Abish – souvent attribués au postmodernisme américain – sont marqués par la tentative de combiner des styles d’écriture expérimentale avec la représentation du national-socialisme. C’est le cas en particulier du roman primé How German Is It. Wie Deutsch Ist Es (1980), où l’on observe la confrontation des méthodes d’écriture prétendument postmodernes avec les règles et les interdictions de représentation de la littérature de l’Holocauste.
Robert Leucht, Experiment Und Erinnerung: Der Schriftsteller Walter Abish, Wien, Böhlau, 2006.