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Les surfaces d'habitat et d'infrastructure continuent de s'étendre, mais plus lentement
Les surfaces d'habitat et d'infrastructure de l'ouest, du centre et du nord de la Suisse se sont accrues de 31% en un peu plus de trente ans (de 1982 à 2015). Leur part dans la superficie totale est passée de 7,9 à 10,3%, ce qui représente une croissance annuelle moyenne de 1983 hectares ou 2700 terrains de football. Cette progression s'est faite principalement au détriment des surfaces agricoles. Ce sont là quelques-uns des derniers résultats de la statistique de la superficie établie par l'Office fédéral de la statistique (OFS).
Le quatrième relevé de la statistique de la superficie, actuellement en cours de réalisation, est déjà achevé pour 65,8% du territoire suisse. Les résultats disponibles couvrent 21 cantons de l'ouest, du centre et du nord de la Suisse ainsi que leurs zones limitrophes. Ces informations statistiques renseignent sur l'évolution de l'utilisation du sol dans ces parties du pays durant trois périodes successives couvrant au total 33 années (1982-1994, 1994-2006 et 2006-2015).
Surfaces d'habitat et d'infrastructure: différentes tendances
Le taux de croissance des surfaces d'habitat et d'infrastructure a diminué dans les régions considérées, passant de 1,0% par année entre 1982 et 1994, à 0,8% entre 1994 et 2006 et à 0,7% entre 2006 et 2015. Les surfaces d'habitat et d'infrastructure comprennent, outre les aires de bâtiment, les aires industrielles et artisanales, toutes les surfaces dédiées aux transports, les espaces verts et les lieux de détente, ainsi que les surfaces d'infrastructure spéciale telles que les installations d'approvisionnement en énergie, les décharges et les chantiers.
L'évolution des aires de bâtiment et des surfaces de transport a été semblable à celle des surfaces d'habitat et d'infrastructure. Parmi les aires de bâtiments, les surfaces occupées par les bâtiments à plusieurs logements font exception: leur croissance s'est un peu accélérée pendant la troisième période. Après avoir ralenti, la croissance des aires industrielles et artisanales s'est également renforcée légèrement.
Chantiers et sites d'extraction occupent moins de terrain
Parmi les surfaces d'habitat et d'infrastructure, celles d'infrastructure spéciale constituent une exception puisqu'elles ne gagnent plus de terrain, et en ont même perdu depuis 1982. Ce recul est dû principalement à la diminution des surfaces occupées par les chantiers et les sites d'extraction (gravières, extraction de sables, carrières de pierre).
Alors qu'une forte progression avait été notée pour les espaces verts et les lieux de détente pendant la deuxième période d'observation, un fléchissement est constaté lors de la troisième période. Cette évolution s'explique avant tout par le ralentissement de la croissance des terrains de golf, qui est passée dans les régions considérées de 132 hectares par an pendant la période 1994 à 2006 à 40 hectares en moyenne pendant les années 2006 à 2015.
Des surfaces d'habitat et d'infrastructure au détriment des terres agricoles
En 33 ans, les surfaces d'habitat et d'infrastructure de l'ouest, du centre et du nord de la Suisse se sont accrues en moyenne de 1983 hectares par année. Les nouvelles surfaces d'habitat et d'infrastructure se sont développées pour 41% sur des prairies naturelles et des pâtures, pour 35% sur des terres arables, pour 16% sur des surfaces d'arboriculture fruitière, de viticulture et d'horticulture et pour 2% sur des alpages. Leur extension s'est ainsi faite pour 94% au détriment des terres cultivées et pour 6% au détriment des forêts, des zones buissonnantes et des autres surfaces boisées.
Les surfaces agricoles couvrent quatre dixièmes des régions considérées
Les surfaces agricoles ont perdu en moyenne 2320 hectares par année entre 1982 et 2015 dans les régions considérées. Leur part dans la superficie totale a diminué, passant de 44 à 41%. Les surfaces agricoles qui ont disparu ont été remplacées pour 80% par des surfaces d'habitat et d'infrastructure, principalement dans les zones habitées toute l'année, et pour 20% par des forêts, des buissons ou d'autres surfaces boisées. L'avancée des forêts concernent en premier lieu les alpages.
Les cultures d'arbres fruitiers à haute tige ne perdent plus beaucoup de terrain
Le recul des surfaces dédiées à l'arboriculture fruitière, à la viticulture et à l'horticulture a été moins marqué pendant la troisième période d'observation (263 hectares par an, contre 841 et 957 hectares par an pendant les périodes précédentes). Cette évolution est due en grande partie aux surfaces d'arbres fruitiers de plein champ (arbres fruitiers à haute tige), qui ont perdu entre 1994 et 2015 nettement moins de terrain qu'auparavant.
Cette tendance, qui s'observait déjà dans les résultats publiés antérieurement pour l'ouest de la Suisse, s'est confirmée pour le centre et le nord de la Suisse. Elle peut s'expliquer notamment par le fait que davantage d'arbres fruitiers à haute tige ont été plantés suite à l'octroi de contributions fédérales.