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L'après-midi du procès de Fabrice A. était consacré aux experts-psychiatres.
KEYSTONE/FREDERIC BOTT(sda-ats)
Fabrice A. n'est pas un malade mental, ont affirmé mardi devant le Tribunal criminel de Genève deux experts psychiatres. Impossible pour eux de se prononcer sur un risque de récidive à long terme.
Le prévenu présente un trouble de la personnalité psychotico-perverse, ont déclaré Pierre Lamothe et Daniel Zagury. Ces deux spécialistes français concluent à une responsabilité pleine et entière de Fabrice A.
Pour Pierre Lamothe, il s'agit toutefois d'une situation évolutive. Il n'y a pas d'élément clinique pour dire que l'expertisé n'évoluera jamais, a ajouté le psychiatre. "On a vu des gens guérir de manière bizarre", relève M.Lamothe. Il est impossible d'établir un pronostic à vie, selon M.Zagury.
Pour les deux experts, l'acte commis par Fabrice A. n'est pas un crime sexuel. Ce type de crime relève d'une "orgie narcissique" telle qu'on la retrouve chez des tueurs en série. Il s'agit d'un crime de toute-puissance, de domination, d'emprise perverse et de jouissance à décider de la vie ou de la mort, explique M.Zagury.
"Cette orgie narcissique" peut s'accompagner d'excitation sexuelle et alimenter des fantasmes masturbatoires, selon l'expert. Dans ce cas, la sexualité est le prolongement de la destructivité et non l'inverse. Selon M. Lamothe, Fabrice A. est fasciné par lui-même. Le fil rouge de son caractère est l'excitabilité et la complaisance dans l'excitabilité, selon les deux experts.
Ils ont vu le prévenu séparément, en été 2015, pendant environ deux heures et demi. Ils ont rédigé leur rapport sur la base de cette entrevue et à partir des éléments de la procédure mis à leur disposition. Cette méthodologie avait été critiquée lors du premier procès; elle avait mené à sa suspension.
ATS