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A. F., née en 1915, bénéficie de prestations complémen- taires depuis le 1er janvier 1981. Dans le calcul de sa fortune, il était tenu compte d'un chalet de week-end dont elle est propriétaire pour une valeur de 14'500 francs. Lors d'une décision de son droit auxdites pres- tations, la caisse cantonale neuchâteloise de compensation a appris que, suite à une nouvelle estimation cadastrale, l'immeuble en question avait été évalué à 47'000 francs. Aussi, retenant ce dernier montant et une valeur locative du logement de l'assurée dans son propre immeuble de 2'585 francs par an, la caisse a-t-elle rendu, le 2 octobre 1997, une nouvelle décision dont il appert que les prestations complémentaires versées à l'intéressée s'élèvent désormais à 109 francs par mois, alors qu'elles ascendaient précédemment à 469 francs. B. Agissant par son fils, F. recourt au Tribunal adminis- tratif contre cette décision. Elle conteste qu'un revenu locatif soit pris en compte pour son chalet dès lors qu'il est dépourvu de tout confort, qu'il ne dispose ni d'eau, ni d'électricité et qu'elle a essayé en vain de le réaliser, le prix offert ne dépassant guère son prix d'acquisition de 10'000 francs en 1955. Relevant que ce chalet "pénalise de façon insoute- nable son minimum vital", elle conclut implicitement à l'annulation de la décision attaquée au sens de ses considérants. C. La caisse intimée propose le rejet du recours. C O N S I D E R A N T en droit 1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece- vable. 2. Un immeuble constitue un élément de fortune entrant en considé- ration pour le calcul des prestations complémentaires tant que le requé- rant en demeure propriétaire. Son évaluation diffère selon qu'il est ou non habité par le requérant. Dans la première hypothèse, il est évalué en principe selon les règles de la législation sur l'impôt cantonal direct du canton du domicile et éventuellement selon celles de la législation sur l'impôt fédéral direct (art.12 et 17 al.1-3 OPC-AVS/AI). Dans la seconde, il est pris en compte à la valeur vénale (art.17 al.4 OPC-AVS/AI). En l'espèce et dès lors que la recourante n'habite pas dans son chalet, l'intimée a retenu à juste titre, comme elle le relève dans ses observations, la valeur vénale dudit chalet, ce que ne conteste d'ailleurs pas l'intéressée. A cette fin, elle s'est fondée sur la valeur cadastrale de cet immeuble, solution conforme à la jurisprudence puisque la Cour de céans a admis que les estimations cadastrales établies, comme en la cause, en fonction du règlement du 25 novembre 1992 concernant la détermination de l'estimation cadastrale des immeubles (bâtiments et terrains non agricoles) constituaient en principe des indications fiables sur la valeur vénale d'un immeuble (ATA du 25.11.1996 en la cause C.; ATA du 16.2.1996 en la cause T.). 3. a) Selon les articles 3 al.1 litt.b LPC et 3 al.1 litt.b LCPC, le revenu déterminant pour le calcul de la prestation complémentaire comprend également le produit de la fortune immobilière, lequel englobe en particulier les loyers, les fermages, les usufruits et la valeur locative du logement du requérant dans sa propre maison (art.24 ch.1 RLCPC). Si l'article 12 OPC-AVS/AI spécifie que la valeur locative du logement occupé par le propriétaire ou l'usufruitier, ainsi que le revenu provenant de la sous-location, sont estimés selon les critères de la législation sur l'impôt cantonal direct du canton de domicile, les autres loyers et fermages doivent, en principe, être pris en compte pour leur montant contractuel (ch.2043 des directives concernant les prestations complémentaires; Carigiet, Ergängungsleistungen zur AHV/IV, Zürich 1995, p.120). b) En l'occurrence, la caisse intimée a retenu une valeur lo- cative annuelle de 2'585 francs pour le chalet de la recourante en se référant à cet effet aux critères de la législation sur l'impôt cantonal direct. Dès lors cependant que l'assurée ne loge pas dans son propre immeuble sis au boulevard X. à La Chaux-de-Fonds mais qu'elle habite dans un appartement qu'elle loue à la rue Y. dans la même commune, l'intimée n'avait pas à prendre en compte la valeur locative dudit chalet selon des critères fiscaux, mais bien la valeur contractuelle de son loyer. Certes, en l'espèces, le chalet de la recourante ne fait l'objet d'aucun contrat de location. Cette circonstance n'est cependant pas dé- terminante car, selon la jurisprudence, ce qui est décisif c'est de savoir si le produit d'un loyer pourrait être raisonnablement réalisé (RCC 1985, p.244; ATA du 9 septembre 1994 en la cause S.F.). Sur ce point, la re- courante laisse sous-entendre que son chalet de week-end n'est pas louable puisqu'il est dépourvu de tout confort et qu'il ne dispose ni d'eau ni d'électricité. Cette question qu'il n'est pas possible de trancher en l'état du dossier et dont dépend l'issue du litige doit donc encore être élucidée par la caisse intimée. 4. Il suit de là que la décision entreprise est annulée et la cause renvoyée à la caisse de compensation qui examinera si le chalet de la recourante se prête raisonnablement à une location et, dans l'affirmative, déterminera la valeur qui peut en être fixée. Il est statué sans frais, la procédure étant en principe gratuite et sans dépens, la recourante n'ayant pas engagé de dépenses particulières pour la défense de sa cause (art.48 al.1 LPJA). Par ces motifs, LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 1. Annule la décision entreprise et renvoie la cause à l'intimée pour qu'elle se prononce à nouveau après une instruction complémentaire au sens des considérants. 2. Statue sans frais ni dépens. Neuchâtel, le 14 novembre 1997

A. F., née en 1915, bénéficie de prestations complémen-

A. F., née en 1915, bénéficie de prestations complémen- taires depuis le 1er janvier 1981. Dans le calcul de sa fortune, il était

taires depuis le 1er janvier 1981. Dans le calcul de sa fortune, il était tenu compte d'un chalet de week-end dont elle est propriétaire pour une

tenu compte d'un chalet de week-end dont elle est propriétaire pour une valeur de 14'500 francs. Lors d'une décision de son droit auxdites pres-

valeur de 14'500 francs. Lors d'une décision de son droit auxdites pres- tations, la caisse cantonale neuchâteloise de compensation a appris que,

tations, la caisse cantonale neuchâteloise de compensation a appris que, suite à une nouvelle estimation cadastrale, l'immeuble en question avait

suite à une nouvelle estimation cadastrale, l'immeuble en question avait été évalué à 47'000 francs. Aussi, retenant ce dernier montant et une

été évalué à 47'000 francs. Aussi, retenant ce dernier montant et une valeur locative du logement de l'assurée dans son propre immeuble de 2'585

valeur locative du logement de l'assurée dans son propre immeuble de 2'585 francs par an, la caisse a-t-elle rendu, le 2 octobre 1997, une nouvelle

francs par an, la caisse a-t-elle rendu, le 2 octobre 1997, une nouvelle décision dont il appert que les prestations complémentaires versées à

décision dont il appert que les prestations complémentaires versées à l'intéressée s'élèvent désormais à 109 francs par mois, alors qu'elles

l'intéressée s'élèvent désormais à 109 francs par mois, alors qu'elles ascendaient précédemment à 469 francs. ascendaient précédemment à 469 francs. B. Agissant par son fils, F. recourt au Tribunal adminis-

B. Agissant par son fils, F. recourt au Tribunal adminis- tratif contre cette décision. Elle conteste qu'un revenu locatif soit pris

tratif contre cette décision. Elle conteste qu'un revenu locatif soit pris en compte pour son chalet dès lors qu'il est dépourvu de tout confort,

en compte pour son chalet dès lors qu'il est dépourvu de tout confort, qu'il ne dispose ni d'eau, ni d'électricité et qu'elle a essayé en vain de

qu'il ne dispose ni d'eau, ni d'électricité et qu'elle a essayé en vain de le réaliser, le prix offert ne dépassant guère son prix d'acquisition de

le réaliser, le prix offert ne dépassant guère son prix d'acquisition de 10'000 francs en 1955. Relevant que ce chalet "pénalise de façon insoute-

10'000 francs en 1955. Relevant que ce chalet "pénalise de façon insoute- nable son minimum vital", elle conclut implicitement à l'annulation de la

nable son minimum vital", elle conclut implicitement à l'annulation de la décision attaquée au sens de ses considérants. décision attaquée au sens de ses considérants. C. La caisse intimée propose le rejet du recours.

C. La caisse intimée propose le rejet du recours. C O N S I D E R A N T

C O N S I D E R A N T en droit

en droit 1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-

1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece- vable. vable. 2. Un immeuble constitue un élément de fortune entrant en considé-

2. Un immeuble constitue un élément de fortune entrant en considé- ration pour le calcul des prestations complémentaires tant que le requé-

ration pour le calcul des prestations complémentaires tant que le requé- rant en demeure propriétaire. Son évaluation diffère selon qu'il est ou

rant en demeure propriétaire. Son évaluation diffère selon qu'il est ou non habité par le requérant. Dans la première hypothèse, il est évalué en

non habité par le requérant. Dans la première hypothèse, il est évalué en principe selon les règles de la législation sur l'impôt cantonal direct du

principe selon les règles de la législation sur l'impôt cantonal direct du canton du domicile et éventuellement selon celles de la législation sur

canton du domicile et éventuellement selon celles de la législation sur l'impôt fédéral direct (art.12 et 17 al.1-3 OPC-AVS/AI). Dans la seconde,

l'impôt fédéral direct (art.12 et 17 al.1-3 OPC-AVS/AI). Dans la seconde, il est pris en compte à la valeur vénale (art.17 al.4 OPC-AVS/AI). il est pris en compte à la valeur vénale (art.17 al.4 OPC-AVS/AI). En l'espèce et dès lors que la recourante n'habite pas dans son

En l'espèce et dès lors que la recourante n'habite pas dans son chalet, l'intimée a retenu à juste titre, comme elle le relève dans ses

chalet, l'intimée a retenu à juste titre, comme elle le relève dans ses observations, la valeur vénale dudit chalet, ce que ne conteste d'ailleurs

observations, la valeur vénale dudit chalet, ce que ne conteste d'ailleurs pas l'intéressée. A cette fin, elle s'est fondée sur la valeur cadastrale

pas l'intéressée. A cette fin, elle s'est fondée sur la valeur cadastrale de cet immeuble, solution conforme à la jurisprudence puisque la Cour de

de cet immeuble, solution conforme à la jurisprudence puisque la Cour de céans a admis que les estimations cadastrales établies, comme en la cause,

céans a admis que les estimations cadastrales établies, comme en la cause, en fonction du règlement du 25 novembre 1992 concernant la détermination

en fonction du règlement du 25 novembre 1992 concernant la détermination de l'estimation cadastrale des immeubles (bâtiments et terrains non

de l'estimation cadastrale des immeubles (bâtiments et terrains non agricoles) constituaient en principe des indications fiables sur la valeur

agricoles) constituaient en principe des indications fiables sur la valeur vénale d'un immeuble (ATA du 25.11.1996 en la cause C.; ATA du 16.2.1996

vénale d'un immeuble (ATA du 25.11.1996 en la cause C.; ATA du 16.2.1996 en la cause T.). en la cause T.). 3. a) Selon les articles 3 al.1 litt.b LPC et 3 al.1 litt.b LCPC,

3. a) Selon les articles 3 al.1 litt.b LPC et 3 al.1 litt.b LCPC, le revenu déterminant pour le calcul de la prestation complémentaire

le revenu déterminant pour le calcul de la prestation complémentaire comprend également le produit de la fortune immobilière, lequel englobe en

comprend également le produit de la fortune immobilière, lequel englobe en particulier les loyers, les fermages, les usufruits et la valeur locative

particulier les loyers, les fermages, les usufruits et la valeur locative du logement du requérant dans sa propre maison (art.24 ch.1 RLCPC). du logement du requérant dans sa propre maison (art.24 ch.1 RLCPC). Si l'article 12 OPC-AVS/AI spécifie que la valeur locative du

Si l'article 12 OPC-AVS/AI spécifie que la valeur locative du logement occupé par le propriétaire ou l'usufruitier, ainsi que le revenu

logement occupé par le propriétaire ou l'usufruitier, ainsi que le revenu provenant de la sous-location, sont estimés selon les critères de la

provenant de la sous-location, sont estimés selon les critères de la législation sur l'impôt cantonal direct du canton de domicile, les autres

législation sur l'impôt cantonal direct du canton de domicile, les autres loyers et fermages doivent, en principe, être pris en compte pour leur

loyers et fermages doivent, en principe, être pris en compte pour leur montant contractuel (ch.2043 des directives concernant les prestations

montant contractuel (ch.2043 des directives concernant les prestations complémentaires; Carigiet, Ergängungsleistungen zur AHV/IV, Zürich 1995,

complémentaires; Carigiet, Ergängungsleistungen zur AHV/IV, Zürich 1995, p.120). p.120). b) En l'occurrence, la caisse intimée a retenu une valeur lo-

b) En l'occurrence, la caisse intimée a retenu une valeur lo- cative annuelle de 2'585 francs pour le chalet de la recourante en se

cative annuelle de 2'585 francs pour le chalet de la recourante en se référant à cet effet aux critères de la législation sur l'impôt cantonal

référant à cet effet aux critères de la législation sur l'impôt cantonal direct. Dès lors cependant que l'assurée ne loge pas dans son propre

direct. Dès lors cependant que l'assurée ne loge pas dans son propre immeuble sis au boulevard X. à La Chaux-de-Fonds mais

immeuble sis au boulevard X. à La Chaux-de-Fonds mais qu'elle habite dans un appartement qu'elle loue à la rue Y. dans

qu'elle habite dans un appartement qu'elle loue à la rue Y. dans la même commune, l'intimée n'avait pas à prendre en compte la valeur

la même commune, l'intimée n'avait pas à prendre en compte la valeur locative dudit chalet selon des critères fiscaux, mais bien la valeur

locative dudit chalet selon des critères fiscaux, mais bien la valeur contractuelle de son loyer. contractuelle de son loyer. Certes, en l'espèces, le chalet de la recourante ne fait l'objet

Certes, en l'espèces, le chalet de la recourante ne fait l'objet d'aucun contrat de location. Cette circonstance n'est cependant pas dé-

d'aucun contrat de location. Cette circonstance n'est cependant pas dé- terminante car, selon la jurisprudence, ce qui est décisif c'est de savoir

terminante car, selon la jurisprudence, ce qui est décisif c'est de savoir si le produit d'un loyer pourrait être raisonnablement réalisé (RCC 1985,

si le produit d'un loyer pourrait être raisonnablement réalisé (RCC 1985, p.244; ATA du 9 septembre 1994 en la cause S.F.). Sur ce point, la re-

p.244; ATA du 9 septembre 1994 en la cause S.F.). Sur ce point, la re- courante laisse sous-entendre que son chalet de week-end n'est pas louable

courante laisse sous-entendre que son chalet de week-end n'est pas louable puisqu'il est dépourvu de tout confort et qu'il ne dispose ni d'eau ni

puisqu'il est dépourvu de tout confort et qu'il ne dispose ni d'eau ni d'électricité. d'électricité. Cette question qu'il n'est pas possible de trancher en l'état du

Cette question qu'il n'est pas possible de trancher en l'état du dossier et dont dépend l'issue du litige doit donc encore être élucidée

dossier et dont dépend l'issue du litige doit donc encore être élucidée par la caisse intimée. par la caisse intimée. 4. Il suit de là que la décision entreprise est annulée et la cause

4. Il suit de là que la décision entreprise est annulée et la cause renvoyée à la caisse de compensation qui examinera si le chalet de la

renvoyée à la caisse de compensation qui examinera si le chalet de la recourante se prête raisonnablement à une location et, dans l'affirmative,

recourante se prête raisonnablement à une location et, dans l'affirmative, déterminera la valeur qui peut en être fixée. Il est statué sans frais, la

déterminera la valeur qui peut en être fixée. Il est statué sans frais, la procédure étant en principe gratuite et sans dépens, la recourante n'ayant

procédure étant en principe gratuite et sans dépens, la recourante n'ayant pas engagé de dépenses particulières pour la défense de sa cause (art.48

pas engagé de dépenses particulières pour la défense de sa cause (art.48 al.1 LPJA). al.1 LPJA). Par ces motifs,

Par ces motifs, LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 1. Annule la décision entreprise et renvoie la cause à l'intimée pour

1. Annule la décision entreprise et renvoie la cause à l'intimée pour qu'elle se prononce à nouveau après une instruction complémentaire au

qu'elle se prononce à nouveau après une instruction complémentaire au sens des considérants. sens des considérants. 2. Statue sans frais ni dépens.

2. Statue sans frais ni dépens. Neuchâtel, le 14 novembre 1997

Neuchâtel, le 14 novembre 1997