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18/08/2012
A l'attention des marxologues : il s'agit ici de l'entame d'une réflexion, sans prétention d'aucune sorte d'exhaustivité.
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Le marxisme est la grande philosophie politique (englobant tous les champs de l'activité humaine) qui a marqué ces deux derniers siècles.
Bien entendu, sa puissance continue de rayonner jusqu'à notre époque contemporaine, alors que les errements du capitalisme ont boosté les ventes du Capital, et que la gauche européenne cherche à se réinventer.
A travers ces quelques lignes, je souhaite simplement revenir sur quelques éléments de l'analyse marxiste (ou néo-marxiste), afin de tenter de les actualiser à ma façon.
A noter que je ne prétends nullement être marxiste (il est d'ailleurs très clair que je suis bien trop étatiste et modéré pour être qualifié comme tel), même si j'adhère à bon nombre de concepts marxistes.
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Tout d'abord, que reste-il de nos jours de l'analyse en termes de classes sociales ?
La société west-européenne est-elle encore composée de classes ?
Selon moi, on peut affirmer que les classes sociales existent toujours bel et bien, mais qu'elles existent surtout objectivement, et bien moins subjectivement.
Ainsi, si la division du travail est un fait avéré (la classe en soi), son développement à notre époque a pris des proportions si immenses (ultra-spécialisation de chaque corps disciplinaire) que l'affaiblissement de la culture de classe (la classe pour soi) a réduit passablement la conscience de classe.
Cet argument économique est de plus renforcé par un argument culturel avec la montée de l'individualisme dans nos sociétés européennes.
Les membres d'une classe sociale ne sont donc plus forcément conscient de leur appartenance, même si l'existence de la classe est une réalité sociale et économique, sans qu'on puisse découper avec facilité et nominalement des classes clairement homogènes.
On notera que la presse et les sciences sociales (sauf les adeptes de l'individualisme méthodologiques) utilisent volontiers le concept de classe sociale.
C'est en réfléchissant à la lutte des classes qu'on comprend l'évolution de l'opposition entre classes sociales.
Ainsi, les classes les plus précaires aujourd'hui en Europe de l'ouest vivent très majoritairement dans une pauvreté relative, et rarement dans une pauvreté absolue.
De même, la frange de la classe moyenne supérieure vit certainement aussi bien que la grande bourgeoisie de l'époque de Marx.
Quant à la classe des plus aisés, on trouve dans ses membres une couche supérieure d'ultra-riches qui possèdent des fortunes si immenses qu'elles équivalent à l'addition de plusieurs populations entières de pays pauvres (les 3 personnes les plus riches au monde ont un revenu annuel équivalent à celui des 150 millions les plus pauvres).
L'inégalité du mode de production capitaliste est donc bien moins ressentie dans les pays européens, puisque la lutte des classes a pris un caractère mondialisé et que ce sont les plus pauvres qui sont les premiers à être exploités pour que les pauvres des pays où vivent les plus riches puissent vivre dans de meilleures conditions (bien évidemment ceci n'est pas du tout une fatalité, mais une conséquence logique de l'organisation capitaliste du travail).
Néanmoins, dans les faits, il y a bel et bien une classe dominante qui possède la majeure partie des capitaux (puisque 0,2% de la population mondiale possède 50% de l'ensemble des capitaux côtés en bourse), ce qui correspond à une terrifiante accumulation du capital dans quelques mains.
L'illusion est donc de croire que parce qu'il y a une foultitude de petits, moyens, et minuscules actionnaires, cela signifierait que nous sommes tous devenus des capitalistes, alors que dans les faits, le capital est majoritairement dans les mains des (grands) capitalistes qui se rient de cette illusion de propriété, travestie sous la forme de micro-dividendes.
Du moment qu'on a établi (par une simple constatation statistique) l'existence de la classe dominante, il coule de source qu'il y a par conséquent un certain nombre de classes dominées.
Mais comment démontrer le phénomène de domination des classes dominantes sur les classes dominées, autrement qu'en constatant l'accumulation du capital que ce mode de production et d'organisation induit ?
Premièrement, en observant que l'existence même du salariat est fondée sur un rapport de domination.
Le travailleur n'est jamais libre de choisir son travail, et ses condition de travail, mais il est contraint au travail par la nécessité de vivre (l’État providence assure certes généralement potentiellement de manière à peu près adéquate la survie physique, mais pas la survie psychologique qui comprend des dépenses liées à l'acceptation sociale et culturelle) à se vendre. La liberté contractuelle du travailleur est donc une liberté formelle, et non réelle.
Deuxièmement, le travailleur est dominé (et même aliéné) par l'expropriation de la valeur de sa force (manuelle ou intellectuelle) par le manager et le capitaliste (ou le patron/l'entrepreneur lorsqu'il s'agit d'une petite entreprise).
La rente managériale/patronale correspond au prélèvement effectué sur le dos du travailleur par le manager/patron.
Ce phénomène est encore plus clair avec la rente actionnariale (le prix de l'oisiveté), qui correspond très clairement à un prélèvement de la valeur du travail du travailleur.
Troisièmement, la domination des classes dominantes s'effectuent par le biais de la théorie du reflet de l'économique sur le politique : ainsi les rapports de force de la superstructure (lutte idéologique, politique) sont le reflet des rapports de force de l’infrastructure (la lutte économique).
Plus simplement, le pouvoir des classes dominantes se fait sentir à travers les organes défendant leurs intérêts (les partis de droite notamment), ces derniers disposant en effet des capitaux économiques, sociaux, culturels, et symboliques, des classes qu'ils défendent.
Cette domination des classes dominantes sur la superstructure correspond à la théorie gramscienne de l'hégémonie idéologique, que Marx traduit par son concept d'aliénation idéologique des masses.
Voilà en ce qui concerne les bases théoriques du processus de domination des classes dominées par les classes dominantes.
Un autre élément intéressant que l'on peut actualiser du marxisme, réside dans la concentration du capital.
Marx pensait que la concentration du capital était le résultat inéluctable du jeu de la concurrence entre capitalistes (les plus gros mangeant les plus petits, et la réduction des coûts de production par des économies d'échelle étant avantageuse).
Et aujourd'hui, on peut constater qu'effectivement les multinationales représente un stade très élevé et très prononcé de concentration du capital.
Cette concentration est même si importante que certaines multinationales gèrent des fortunes et des populations (salariées) plus importantes que plusieurs pays.
Enfin, un dernier point que j'aimerais abordé dans la présente note, consiste en la théorie du matérialisme historique selon laquelle l'antagonisme de classe, moteur de l'Histoire, devait amener logiquement l'avènement du socialisme, puis du communisme, stade suprême de l'évolution humaine.
Marx s'est-il trompé ?
Après tout, les classes dominantes, craignant leur renversement par une révolution socialiste, ont fini par lâcher du lest et ont permis la construction de l’État providence.
En réalité, l’État providence a eu une fonction importante pour les classes dominantes : mettre fin aux crises de suproduction.
Ainsi, en redistribuant quelque peu les richesses aux classes dominées alors en sous consommation, les classes dominantes s'assuraient des débouchés nombreux parmi les masses (c'est l'avènement de la société de consommation).
Mais à la longue, l’État providence a commencé à coûter fort cher, et les classes dominantes n'avaient pas très envie de payer davantage pour l'entretenir, et c'est pourquoi elles ont préféré que les Etats s'endettent, tout en essayant de diminuer la taille de l’État social (c'est l'invention du néo-libéralisme).
De nos jours, cette dette a explosé en crise de la dette, et les classes dominantes ont décidé de reprendre la main en formant des gouvernements d'union nationale (des pantins technocrates) ayant comme seul mot d'ordre : austérité.
Avec l'austérité, l’État providence commence à diminuer, et avec sa diminution croît la paupérisation.
Cette paupérisation recrée les anciennes consciences de classe, et de ces anciennes consciences de classe renaissent les esprits révolutionnaires.
Et les esprits révolutionnaires se remettent à penser à la prophétie de Marx.
Et la révolution socialiste reprend forme.
« Un spectre hante le monde. C'est le spectre du monde dans lequel nous voulons vivre, le spectre d'une société possible à laquelle nous voulons participer. »
Luis Sepulveda
« L'être humain n'est jamais libre lorsque son porte-monnaie est vide. »
Lech Walesa
« Surmonter la pauvreté n'est pas un acte de charité, c'est un acte de justice. »
Nelson Mandela
15/08/2012
Mon adhésion au Parti Socialiste
Aujourd'hui j'ai envoyé ma demande d'adhésion au Parti Socialiste suisse et genevois.
Si j'ai pris cette décision c'est parce que je considère que le PS est le parti le plus à même de mener les luttes nécessaires, en Suisse et à Genève, pour améliorer la vie de la grande majorité de la population.
Alors que les Verts s'affaiblissent idéologiquement et politiquement (en s'enfonçant dans le centrisme), il est plus que jamais essentiel de s'engager et de soutenir le mouvement socialiste et ses forces militantes.
Quant à l'extrême gauche, elle devrait faire un effort pour apparaître moins doctrinale et plus unie, elle en paraîtrait ainsi sûrement davantage efficace et davantage attractive.
Car sa désunion, incomprise du plus grand nombre, de même que ses hésitations à se lancer pleinement au parlementarisme et au réformisme, la desserve selon moi.
Au contraire le PS, bien que pas toujours aussi radical que je le souhaiterais, représente bien la force de gauche apte à faire l'équilibre entre volontarisme idéologique, et souplesse pragmatique politique.
Ainsi, je souhaite rejoindre le PS (dans lequel j'ai déjà un pied à travers mon activité militante au sein de la JS) afin d'avoir l'opportunité de m'engager davantage en son sein et de participer à de nouveaux combats dans la réalisation du socialisme démocratique, et dans la construction d'une société heureuse et égalitaire.
31/05/2012
La fin de la post-modernité, ou la fin de la pré-Histoire
La pré-modernité, l'Ancien Régime et l'économie mercantiliste (et physiocrate) pré-capitaliste, fut suivie de la modernité, avec les Lumières, le capitalisme, et la démocratie libérale.
Le capitalisme sauvage du XIXème siècle demandait à être civilisé pour servir davantage le plus grand nombre (utilitarisme) et non uniquement une minorité (la classe possédante ou capitaliste).
Grâce au social-libéralisme (appelé alors nouveau libéralisme), l'Europe dépassa le libéralisme classique et le capitalisme destructeur des premiers temps, en instituant un Etat-providence et keynésien, capable de mettre fin aux crises de suproduction (déflationnistes), de redistribuer quelque peu les fruits de la production, et de développer des services publics.
Avec l'enrichissement sans précédent de l'Europe et le changement de valeurs post-mai 68, fut instaurée la post-modernité.
La post-modernité est caractérisée économiquement par l'existence de la société de consommation, par une économie européenne centrée sur les services et l'innovation, par le caractère mondialisé de l'économie capitaliste mondiale, par le développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication, par une croissance économique sans précédent, par un néo-colonialisme impérialiste pillant les ressources des pays pauvres, et par une concentration extrême du capital dans peu de mains.
Sur le plan politico-idéologique, la post-modernité représente le passage du matérialisme au post-matéralisme, des luttes sociales (économiques) aux luttes sociétales (mœurs), des luttes idéologiques (quel système est le meilleur) aux luttes gestionnaires (comment gérer au mieux le système en place).
La post-modernité c'est donc la négation du pluralisme idéologique par la domination d'un duel de gestionnaires du capitalisme : les social-libéraux (qualifiés souvent de social-démocrates) prônant un État keynésien au sein du capitalisme, contre les néo-libéraux (qualifiés aussi de ultra-libéraux) en faveur d'un État moins interventionniste au sein du capitalisme.
Mais voilà, aujourd'hui nous vivons une crise systémique.
Il n'existe plus aucun moyen de stabiliser le système capitaliste, car la crise de la dette est une crise de système, remettant en cause les fondamentaux et les logiques internes de l'organisation capitaliste post-moderne.
Ce que nous vivons aujourd'hui, c'est donc la confrontation entre les résidus idéologiques du système en place et une demande sociale majoritaire en faveur, non pas directement d'un changement systémique, mais de l'institutionnalisation de leur demande, c'est à dire de l'intégration par le système en place de leur volonté de maintien de leurs conditions de vie.
Il y a clairement antithèse entre la demande sociale majoritaire et les réponses possibles à l'intérieur du système capitaliste.
La synthèse ne peut donc être qu'en dehors du système capitaliste !
Ce que proposent les résidus idéologiques du système capitaliste, c'est à dire la classe dominante au pouvoir, c'est l'austérité, donc un retour au capitalisme sauvage du XIXème siècle.
Toutes les logiques de la post-modernité vont donc être inversées et renversées dans le sens régressif de la modernité dépassée si l'on applique leur volonté de retour en arrière austéritaire.
Les social-libéraux quant à eux plaident pour des plans de relance étatiques, mais pour trouver l'argent nécessaire ils continueront soit à s'endetter, soit à taxer ou imposer le capital (ce qui fait diminuer la production et vient réduire l'effet du multiplicateur keynésien).
On entend aussi une autre exigence, celle de ne pas payer la dette.
Fort bien, mais dans ce cas le système bancaire et d'investissement s'écroulera sûrement si on fait cela sur le plan européen, et cela plongera l'économie dans une nouvelle crise.
A quoi correspond le niveau d'endettement des pays européens sinon au niveau de capitaux collectifs nécessaires pour parvenir au niveau de civilisation que nous avons atteint avec notre État-providence, nos services publics, nos droits, et notre système de démocratie libérale ?
Cette dépense collective était nécessaire pour en arriver là.
Aujourd'hui, nous entrons dans une deuxième phase de notre évolution, c'est à dire l'entrée dans une seconde phase de processus civilisationnel.
Le niveau d'endettement européen montre que le système de gestion de l'économie par la propriété privée des moyens de production (des capitaux) et les mécanismes du marché (loi du profit, loi de la concurrence) est incapable de réaliser cette deuxième phase d'évolution humaine.
A présent, nous faisons donc face à une nécessité économique technique : passer à la propriété collective du capital et utiliser les mécanismes de la planification.
La propriété collective du capital élimine le gaspillage induit par la rente actionnariale et permet d'assurer à l’État les recettes dont il a besoin, d'abord pour mettre fin à la crise de la dette, et ensuite pour entrer dans cette seconde phase d'évolution humaine.
Ce capitalisme d'Etat n'est pas suffisant et c'est pourquoi il devra s'accompagner de l'instauration de la démocratie économique, suite et complément logique de la démocratie politique libérale.
La démocratie économique consistera à démocratiser les moyens de production par la généralisation de l'autogestion des travailleurs.
En alliant propriété collective et démocratie économique à une nécessaire planification économique décentralisée et démocratique (pour sortir du diktat de la loi du profit et de la loi de la concurrence), nous atteindrons le socialisme.
Avec le socialisme se terminera la fin de la transition entre les deux phases civilisationnelles, c'est à dire la fin de la pré-Histoire, et le début de l'Histoire.
Car l'Histoire commence avec l'avènement d'un être humain nouveau :
l'individu libéré de toute domination économique ou politique, et de toute aliénation.
11/05/2012
Crise & keynésianisme : des limites du capitalisme
La crise de 1929 est une crise de suproduction (hypothèse de Roger Garaudy) : la concurrence contraint le patronat à baisser les salaires du salariat dont la consommation (la demande) ne peut plus suivre la production (l'offre).
Cette incapacité de la demande à suivre l'offre provoque la baisse de la valeur de la production, c'est à dire de la déflation. La production ne pouvant plus se vendre le patronat doit licencier et baisser davantage les revenus des travailleurs.
Pour faire face à ce type de crise découlant d'un modèle de capitalisme très libéral, le keynésianisme est mis en place : à travers un État interventionniste et un État redistributeur, l’État met en place des plans d'investissement public visant à distribuer travail et pouvoir d'achat aux masses travailleuses. En permettant aux masses laborieuses d'accéder à davantage de consommation, le keynésianisme règle le problème de la surproduction.
La société de consommation découlerait-elle partiellement du modèle capitaliste keynésien ?
Ce qui est certain, c'est qu'avec la croissance de la productivité et le progrès technologique la production n'a fait que croître, contraignant l'économie capitaliste à accroître la consommation, notamment en transformant des envies en besoins sociaux (par le mécanisme de la publicité et du marketing notamment).
Néanmoins, si la suproduction n'est plus un problème sur le plan de l'efficacité économique grâce au keynésianisme, elle se traduit toutefois largement aujourd'hui par une surconsommation.
Le problème de la surconsommation doit donc être pris à sa racine : la suproduction induite par le fonctionnement chaotique du capitalisme de marché (le marché produisant afin de maximiser les profits, et non en fonction des besoins réels des individus).
Surproduction et surconsommation ont donc provoqué la crise écologique.
Crise écologique que nous ne pourrons résoudre que par une planification rationnelle et intelligente de la production en fonction des capacités régénératrices de la biosphère.
Mais le keynésianisme pourrait aussi être à l'origine d'un deuxième effet pervers.
Les dépenses publiques nécessaires à l'investissement étatique nécessitent des fonds pour pouvoir stimuler la demande et créer emplois et croissance économique (mécanisme du multiplicateur keynésien).
Toutefois, pour éviter trop de pertes sèches induites par l'usage de la taxe et de l'impôt, les gouvernements européens ont eu recours passablement à l'emprunt, créant de la dette.
Cette dette finit par croître tant et si bien, que lorsqu'arrive une crise de suproduction sur le marché immobiliser étasunien induisant des défauts de crédit massifs et une chute de la valeur de ces crédits sur le marché boursier, et qu'à ce moment-la les Etats se retrouvent contrains de dépenser des milliards pour sauver les banques qui avient investi sans précaution, cela provoque une crise de la dette massive.
Ainsi, le keynésianisme pourrait-il être partiellement et involontairement (ou peut-être par mauvaise application) à l'origine de deux crises majeures de notre société contemporaine : la crise écologique, et la crise de la dette.
Comment résoudre ces crises me direz-vous ?
Certainement pas par le passage à davantage de libéralisme comme on le fait actuellement avec les politiques d'austérité.
Les effets sur les populations et sur l'économie sont désastreux.
Mais d'une part, comme je l'ai dit plus haut, par une décroissance planifiée et sélective de l'activité économique.
Et d'autre part, par la socialisation des moyens de production.
Car le problème de la dette est lié au fait que le keynésianisme ne peut bien fonctionner économiquement que lorsque l’État dispose des moyens nécessaires pour se passer de l'emprunt, état de fait difficile à obtenir dans un système capitaliste où la majeure partie des fruits de la production et des richesses échappe à la gestion collective et va engraisser la classe dominante des ultra-riches.
Donc, en socialisant les bénéfices du grand capital, on cesse de dilapider des ressources en les transférant à la gestion individuelle d'actionnaires, et on les transfère directement à l'Etat-social qui peut ainsi se financer de manière adéquate.
Ainsi le socialisme affirme-t-il sa supériorité en terme d'efficacité économique et écologique sur le capitalisme.
09/05/2012
Comment je suis devenu socialiste
Cela peut surprendre, mais je n'ai pas toujours été socialiste.
Auparavant, j'ai même été carrément centriste !
Voici le récit de ma conversion.
15 ans
Je me découvre un intérêt pour la politique et l'actualité.
Pour assouvir cette soif naissante, je me tourne vers le seul journal qui me semblait accessible, le 20 Minutes.
A l'époque, je suis encore incapable de me positionner à gauche ou à droite, mais je me sens d'ores et déjà farouchement anti-UDC.
16 ans et 17 ans
Deux années de petits réflexions, et de premières lectures politiques.
Deux années de tâtonnements à se chercher politiquement.
Je découvre avec plaisir la Tribune de Genève et le Courrier.
18 ans
Les lectures de Susan George et Jean Ziegler me gagnent à la cause altermondialiste.
L'impérialisme occidental et le néo-colonialisme des multinationales sont la cause de tous les maux sur cette Terre.
Pour sauver les pays pauvres, il faut convaincre mes camarades du collège, et c'est pourquoi je fonde la Gauche des collèges de Genève, structure militante qui rédige et distribue des manifestes à l'attention des collégiens (et des professeurs).
Puis la Gauche des collèges mute en devenant Gauche du post-obligatoire genevois lors de notre extension à l'ECG.
Et moi je mute en devenant objecteur de croissance, car la lecture de Paul Ariès, de Serge Latouche, de André Gorz, et de Nicolas Ridoux, m'a convaincu de la nécessité d'une décroissance pour sauver la planète et ses habitants.
Enfin, pour conclure cette année pleine de changements, je suis recruté par une certaine Olga Baranova, à l'époque secrétaire de la Jeunesse Socialiste Genevoise.
Certes, j'aimais bien être indépendant, mais j'aime encore mieux avoir les moyens d'être davantage efficace dans mon engagement, ce que la JSG m'offre.
19 ans
Découverte de l'opposition entre social-libéraux (dits social-démocrates) et d'autres courants (socialisme, marxisme, communisme, libertaire) au sein de la JS.
Je me situe alors clairement en faveur du courant social-libéral, car je suis favorable au capitalisme même si je souhaite le voir encadré par l’État.
Je me mets à lire le Courrier International, le Temps, Gauchebdo, et La Décroissance, et je rejoins le Réseau Objecteur de Croissance.
Durant l'année, je deviens secrétaire de la JSG.
20 ans - été
C'est la crise.
Les gouvernement social-libéraux (dits social-démocrates) du sud de l'Europe se livrent à une politique néo-libérale d'austérité, seule solution selon eux pour sauver l'économie capitaliste.
Pour moi, c'est tout mon modèle politique qui s'effondre.
L'échec de ces gouvernements social-libéraux représentent l'échec du social-libéralisme.
Toutes mes convictions sont à terre, c'est un violent choc idéologique.
Je rejoins alors le mouvement des Indigné-e-s, réponse mondiale des peuples à l'austérité.
Car si le capitalisme social-libéral a échoué, alors il faut trouver une autre voie.
C'est pourquoi je crée ce blog sur le site de la Tribune de Genève.
Une autre voie doit être possible, et il faut bien essayer de la définir le mieux possible.
Assez vite, je comprends que la solution à la crise, c'est le socialisme !
Je suis donc le produit idéologique de la crise contemporaine du capitalisme.
Ainsi le capitalisme produit-il son antithèse.
Et ainsi cette antithèse finira-elle par le reléguer aux oubliettes de l'Histoire.
20 ans – jusqu'à aujourd'hui
La plupart de mes recherches, de mes interrogations, et de mes propositions de cette récente période sont visibles sur mon blog.
J'ai été fortement influencé par la lecture de Marx, mais aussi par mon entrée à l'université de Genève en science politique, où j'ai découvert des penseurs comme Gramsci ou Bourdieu auxquels je me réfère régulièrement.
En outre, je me suis mis à la lecture du Monde Diplomatique.
Durant cette année, je me suis aussi présenté aux élections fédérales avec un score glorieux de 0,5%, puis j'ai été élu à la co-présidence de la JSG.
Et l'Histoire poursuit sa course, amenant un social-libéral au pouvoir en France, et des socialistes aux portes du pouvoir en Grèce.
Et à présent me voilà à l'approche de mon anniversaire.
Socialiste.
08/05/2012
Pragmatisme : socialisme de transition
La finalité du projet socialiste est la société sans classe.
La société sans classe est une société sans riches, ni pauvres, où il n'y a plus qu'une vaste classe moyenne.
Cela nécessite une équité égalitariste, non une égalité totale.
L'intérêt que la classe moyenne a avec le socialisme réside dans la pérennisation et l'amélioration de ses conditions de vie.
On le voit avec la crise, le capitalisme n'est plus capable d'assurer le niveau de vie des classes moyennes, les politiques pro-capitalistes d'austérité les précarisant gravement.
La solution se trouve dans le socialisme, un système bien plus stable que le capitalisme.
Le socialisme c'est la cohésion, le capitalisme c'est la lutte des classes.
Néanmoins, les classes moyennes ne peuvent adhérer d'un coup à un socialisme trop abouti, et il me semble nécessaire d'esquisser un socialisme de compromis, un socialisme de transition, qui permettra d'unir les classes moyennes avec les autres classes naturellement pro-socialistes (classe ouvrière, classe précarisée, classe populaire, classe intellectuelle éclairée).
Quelle forme doit prendre ce socialisme de transition ?
Je dirais qu'il sera nécessaire d'instaurer une économie mixte composée d'un État producteur et planificateur, ET d'une économie privée.
La phase suivante consistera à passer de secteurs étatiques et privés à un secteur général de coopératives autogérées.
Dans le socialisme de transition la planification jouera donc encore un rôle minime, et ne concernera que le secteur étatique.
C'est d'abord dans ce secteur étatique producteur que l'on pourra mettre en place progressivement une autogestion dans la prise de décision.
Le marché définira la production dans l'économie privé.
Bien entendu, cette économie privée correspondra à la composition des classes moyennes.
Le grand capital, les grandes entreprises et les multinationales, seront socialisés (étatisés dans un premier temps pré-autogestionnaire).
Cette économie privé du marché de ce socialisme de transition sera composée de PME, et le salariat n'y sera pas aboli.
A la fin de la transition, on devrait pouvoir arriver au socialisme abouti et se passer du libre marché, du libre entreprenariat, et des PME.
La période de transition devrait aussi permettre de réformer l’État et les institutions (sans parler des aspects juridiques) afin de décentraliser, et relocaliser les activités et structures politiques et économiques, de mettre en place une transparence généralisée, et d'améliorer la représentativité des députés par le tirage au sort partiel.
Bien sûr, l'économie privé ne sera pas laissée à elle-même, que ce soit sur le plan macro-économique où le crédit et les banques seront étatisés (démocratisés), que sur le plan micro-économique où un écart salarial de 1 pour 5 pourra être établi (ainsi qu'un revenu maximal).
Pour conclure, je joins ma théorie néo-socialiste de la démocratie, puisque je me réfère souvent à elle dans les débats sur ce blog :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2012/02/23/nouvell...
Il est intéressant de noter que cette théorie correspond à une forme de socialisme abouti, alors que la première esquisse correspondait davantage à un socialisme de transition (que j'établissais comme finalité à l'époque).
07/05/2012
Débat autour du socialisme avec John Goetelen (deuxième partie)
En réponse à mon article sur les PME et le socialisme, John Goetelen, alias Homme Libre, a publié une réaction en deux parties.
Voici la seconde, à laquelle je réponds à travers le présent écrit :
http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2012/05/05/socialis...
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« Le temps libre rendrait plus créatif, paraît-il dans la théorie socialiste. Non. Cent fois non. On est créatif par ses qualités personnelles, pas par son temps libre. Pour la plupart des gens le temps libre est une occasion de consommer des loisirs, pas d’être créatif. »
Et pourtant, en libérant l'être humain du travail aliénant, et en réduisant le temps de travail au profit du temps libre, le socialisme démocratique donne la possibilité à l'individu de s'engager dans des activités bénévoles, militantes, associatives, humanitaires, artistiques, culturelles, etc.
N'est ce pas dans ce que l'on aime faire que l'on est le meilleur ?
Chacun sera libre de donner davantage de temps à ses préférences.
N'est-ce pas ainsi avantager la créativité ?
« Il faudra ensuite que cela entre dans le plan du super-Etat centraliste socialiste qui voit tout, sait tout et gère tout. »
Tel que développé dans ma théorie néo-socialiste de la démocratie, l’État socialiste se doit d'être décentralisé au maximum, afin de maximiser la capacité de l'individu à influer sur l’État démocratiquement. La planification se fera de même à un niveau d'échelle très rapproché de l'individu (sauf dans le cas de production nécessitant un niveau d'échelle supérieur).
« Donc une minorité d’Etat imposera à la majorité ce qui est bien et décidera in fine de ce qui doit être produit. Il n’y a là pas de liberté. Les seuls gens libres seront les membres de l’Etat central. »
L’État socialiste, sera non seulement décentralisé, mais surtout démocratique.
Et parce qu'il est démocratique il représentera réellement les intérêts de la population.
A nouveau, tel que développé dans ma théorie néo-socialiste de la démocratie, des garde-fous devront être mis en place afin de maximiser le degré de démocratisation de l’État socialiste.
Notamment le tirage au sort d'un pourcentage de parlementaires, une transparence totale en économie et en politique, et des assemblée populaires de quartiers.
« Le socialisme n’aurait éventuellement pas laissé créer les avions pour éviter de «faire mourir la planète»? Donc pas de voitures non plus? Mais leur technologie va avec l’ensemble de la technologie: ordinateurs, téléphones, dentisterie, scanners, anesthésie et chirurgie, CERN, électricité, chauffage, recherche fondamentale pour produire un jour une énergie propre et abondante, etc, tout se tient. Toute évolution dans un domaine fait avancer les autres. Renoncer aux avions c’est aussi, d’une certaine manière renoncer aux nano technologies, à l’enseignement des langues par la vidéo, à soigner les caries sans douleur, à opérer les cancers, à pouvoir analyser notre environnement et le comprendre, etc, puisque c’est la technologie elle-même qui est mise en cause. »
Ce paragraphe est intéressant, car il confond productivisme et progrès, scientisme et science.
Non, tout progrès technologique n'est pas souhaitable.
Oui, il faudrait que la collectivité puisse se prononcer sur le développement scientifique.
Démocratiser la science est souhaitable.
Dans le socialisme démocratique le progrès et la recherche se poursuivront, mais ils seront soumis aux limites écologiques. L'impact écologique des activités humaines ne devra pas dépasser les capacités régénératrices de la biosphère.
« Le capitalisme n’est pas une dictature. C’est un système d’investissement par le privé. Il multiplie les centres de décision. »
Au contraire, la loi de la concurrence amène toujours à une concentration du capital (multinationales, fortunes privées gigantesques, grandes entreprises, etc.)
Cette concentration donne énormément de pouvoir à quelques individus qui en profitent pour influer sur la sphère politique.
« Sans capitaux privés c’est l’assemblée des employés de la coopérative autogérée qui investit. »
C'est certes une possibilité, néanmoins les banques de l’État socialiste et l’État socialiste lui-même seront là pour permettre l'investissement et le crédit.
« Peut-être faudrait-il relire «1984» avant de promouvoir ce socialisme de fourmilière. »
Sauf que George Orwell prônait justement le socialisme démocratique... en opposition avec le capitalisme et le stalinisme.
Débat autour du socialisme avec John Goetelen
En réponse à mon article sur les PME et le socialisme, John Goetelen, alias Homme Libre, a publié une réaction en deux parties.
Voici la première, à laquelle je réponds à travers le présent écrit :
http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2012/05/05/socialis...
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« Je crois à l’individu, à sa créativité, et à la liberté d’agir et d’entreprendre. »
Je crois à l'individu, et c'est justement pour le préserver de toute exploitation et de toute aliénation de type économique que j'adhère au socialisme.
En organisant collectivement la production, et non égoïstement, on préserve l'individu de toute production qui va à l'encontre de ses intérêts, puisque toute production allant à l'encontre la société ou de son cadre (l'environnement, l'écologie) va au final à l'encontre des intérêts réels de l'individu.
La créativité des individus est aujourd'hui borné par les limites du marché, nécessité d'une rentabilité et de faire du profit.
Grâce à la création collective, on pourra distribuer richesses, ressources, et fruits de la production, de manière à assurer les moyens à chacun de développer sa créativité, y compris hors des limites castratrices du marché et de ses lois limitatives.
Le socialisme est donc un vecteur de créativité et de progrès.
Quant à ce qu'on appelle la liberté d'entreprendre, elle existera dans le socialisme toujours, mais à travers la propriété commune (ou collective) des moyens de production, et elle sera donc filtrée par l'intérêt de tous (donc par l'intérêt réel de l'individu).
« Pas d’accord. Si le pouvoir économique est entre les mains d’une minorité, le droit de vote fait qu’il est possible d’édicter des lois qui limitent ce pouvoir. »
Selon la théorie du reflet de Marx, la superstructure (le rapport de force politique et idéologique) n'est que le reflet de l'infrastructure (le rapport de force socio-économique).
Gramsci a montré que le capitalisme et les intérêts d'une minorité se maintenaient en place par le maintien d'une hégémonie culturelle, morale, idéologique, et intellectuelle.
La pensée des classes dominantes dominent donc malgré la démocratie représentative, et le rapport de force politique n'est que la conséquence de cette aliénation idéologique et politique généralisée dans la société capitaliste.
Bourdieu ajoute lui que l'individu est forcé à intérioriser sa position de classe et son statut social, et à accepter l'ordre établi par la société (capitaliste).
Et puis très concrètement, on constate bien à chaque votation ou élection en Suisse que les moyens financiers des forces politiques sont très différents entre droite et gauche, entre intérêts de la minorité disposant du pouvoir économique, et la majorité dépossédée.
Bref, sans démocratie économique, pas de démocratie réelle !
« [Le contrat] c’est l’opposé de l’esclavage, c’est la reconnaissance des droits des deux parties. »
Entre le propriétaire du capital et celui qui ne possède que sa force de travail (manuelle, intellectuelle), il ne peut y a voir d'égalité contractuelle.
Celui qui ne possède rien doit se vendre ou accepter de vivre mal (en tout cas en Occident où les restes de l'Etat-social protège encore un peu un certain droit à la survie). Il n'a donc pas le choix de se vendre.
Le contrat, c'est donc l'illusion de la liberté.
Le contrat c'est la liberté du plus fort d'exploiter le plus faible.
« Le salariat n’est pas un esclavage et il est simplement abusif de lui superposer la traite des esclaves. »
Selon la théorie de Marx de la plus-value, le propriétaire des moyens de production (aujourd'hui l'actionnaire ou le patron) exproprie une part de la valeur du travail des travailleurs (des salariés) afin de s'offrir une rente (le revenu du capital) sans travailler.
Le revenu du capital privé c'est donc le revenu de l'oisiveté et du vol.
« La répartition équitable équitable des fruits de la production est un thème central dans le socialisme proposé. Equitable doit-il être compris dans le sens de justice ou d’égalité? »
Voici un point sur lequel je diffère de mes amis communistes, car je ne crois pas que le revenu du travail (le salaire) doive forcément être égalitaire. Je penche justement plutôt pour une répartition équitable des fruits de la production. Un écart salarial maximal de 1 pour 5 me paraît raisonnable (si on prend comme salaire minimum 4000 francs, cela correspond à un maximum mensuel de 20 000 francs, une somme encore fort rondelette).
« La politique gère, la morale juge ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. »
Toute conception idéologique (donc politique) s'appuie sur des conceptions morales (une vision de ce qui est bien ou mal, de ce qui est souhaitable). Il est illusoire de vouloir séparer les deux.
« Par ailleurs, à la place du chef d’entreprise on aura une sorte d’entité abstraite: l’assemblée de la coopérative autogérée. C’est la majorité des votants qui sera responsable de l’entreprise, et non pas une personne ou un groupe de personnes bien défini. Donc personne en réalité ne sera responsable nominativement. »
Attention, démocratie économique au sein de l'entreprise (ou autogestion), ne signifie pas suppression des fonctions dans l'entreprise, mais prise de décision collective dans les choix.
Concrètement, cela signifie qu'il y aura toujours des coordinateurs (aujourd'hui managers) qui exerceront une activité de gestion et de planification (donc il y aura toujours des responsables).
« Pourquoi l’humain serait-il soudain différent sous le socialisme? »
Comme prouvé en sociologie, l'individu est socialisé par son contexte social, par le système dans lequel il vit. Dans une nouvelle organisation de la société, on aura un nouvel être humain : un individu réellement libre.
06/05/2012
Victoire de la gauche en Grèce
L'austérité et les politiques néo-libérales ne peuvent que renforcer la crise, non la résoudre.
Les partis centristes du Pasok (centre gauche) et de la Nouvelle Démocratie (droite) paient donc aujourd'hui leur soumission aux intérêts des classes dominantes (les deux partis passent de 77% du corps électoral à 35% environ).
Dans le même temps, on peut saluer la victoire de la gauche qui d'après les prévisions atteindraient au moins 1/3 des voix.
En Grèce, le socialisme est en marche !
03/05/2012
PME & petits patrons : socialisme ?
Je constate avoir à nouveau touché un point sensible, et je m'en réjouis, car rien n'est plus nuisible qu'un nœud idéologique non dénoué.
Quelle est la place des PME et des petits patrons dans le socialisme ?
Les PME n'ont pas de place dans le socialisme et les petits patrons non plus.
Attention toutefois, je ne dis pas qu'il faut supprimer les PME et mettre les petits patrons au chômage.
Je dis que le principe des PME et que la fonction de petit patron (ou de patron tout court) n'a pas sa place dans le socialisme.
Nulle domination économique ne doit être pour nous un modèle, même lorsque cette domination d'un petit entrepreneur sur ses salariés prend des formes qui peuvent paraître acceptables.
Car le socialisme c'est l'abolition de tout rapport de domination économique.
Mais le petit patron est-il heureux aujourd'hui dans le capitalisme ?
Dans les faits on constate que la plupart des petits patrons, des petits entrepreneurs, travaillent beaucoup, gagnent peu (parfois moins que leurs employés), et ne jouissent donc pas d'une condition de vie idéale.
Le socialisme est donc la solution à leurs difficultés.
Le socialisme est dans l'intérêt des petits patrons, car en transformant toutes les entreprises, y compris évidemment les PME, en coopératives autogérées propriétés collectives des travailleurs, le socialisme instaure la démocratie économique, c'est à dire une juste et égalitaire répartition de la prise de décision dans l'entreprise (ou plus exactement dans la coopérative).
En agissant ainsi on libère le petit patron de ses soucis et on lui offre une coopération égalitaire (et donc harmonieuse) avec ses nouveaux collègues.
L'abolition du salariat par la socialisation des moyens de production est donc une mesure avantageuse pour les petits patrons et les petits entrepreneurs.
Mais il y a un deuxième point que je souhaiterais aborder, c'est la question du libre-entreprenariat.
Quel est sa place dans le socialisme ?
Le libre-entreprenariat n'a pas sa place dans le socialisme.
Un individu ou un groupe d'individus ne devrait pas pouvoir choisir comme bon lui semble ce qui doit être produit ou non.
Comment saurait-il ce qui est souhaitable socialement ou écologiquement ?
C'est par une planification démocratique et décentralisée que nous devrions établir ce qui doit être produit, ou en tout cas ce qui ne doit pas être produit.
Mes chères et chers camarades de l'aile social-libérale, je vous le dis, ne vous contentez pas de prôner les PME comme fin de l'Histoire en remplacement des multinationales, car cela contredit au principe de non domination économique qui est essentiel au socialisme.
A force de combattre uniquement le néo-libéralisme, nous autres socialistes, laissons les social-libéraux présenter leur discours comme uniques solutions, alors que ces mêmes social-libéraux ont échoué à résoudre la crise actuelle dans tout le sud de l'Europe...!
24/04/2012
Questionnements autour d'un programme de parti majoritaire
Comme je le disais récemment, il faut aux partis de gauche un programme de parti majoritaire, et pas uniquement un programme de parti minoritaire (un programme de petits pas).
Non pas que je réfute le bon sens d'un programme pragmatique, conscient du rapport de force politique historique en Suisse, mais c'est que je crois fermement dans l'utilité mobilisatrice et la force rassembleuse des idées. Ainsi, un programme de parti majoritaire aurait comme avantage d'ouvrir à nouveau le monde des possibles aux militants, et de déverrouiller la porte de l'espérance idéologique à la population.
Le programme du PS de 1959 a cela de bon (malgré sa modération) qu'il identifie avec précision les secteurs économiques appelés à être transformés sous un gouvernement socialiste et les mécanismes à mettre en place. De cette façon, il ne se contente pas de parler du rôle de l’État-providence ou de l’État interventionniste keynésien, mais les dépasse par un État producteur et planificateur. On notera que c'est un peu de cette manière qu'est articulé certains aspects du programme du Front de Gauche.
Il y a donc un très grand nombre de réponses auxquelles il nous faudrait répondre pour aller au-delà des valeurs, et au-delà des principes généraux.
Quelle forme doit prendre la socialisation des moyens de production ?
Quel équilibre faut-il rechercher entre étatisation et socialisation de l'économie ?
Quelles limites à la socialisation de l'héritage ?
Quelles limites à l'étatisation du logement par rapport aux coopératives ?
Dans quelle mesure faut-il laisser les coopératives productrices autogérées libre de tout contrôle ?
Quels domaines économiques faut-il planifier, quels domaines faut-il laisser se gérer par les mécanismes du marché ?
Quels sont les secteurs prioritaires à étatiser ou à socialiser ?
Quels sont les secteurs prioritaires à planifier ?
Comment réaliser une planification écologique efficace ?
Comment établir une transparence générale des acteurs économiques privés et étatiques ?
Faut-il auto-gérer les services publics ?
Quelles limites à l'autogestion ?
Comment développer un tournus des fonctions dans les entités économiques productrices ?
Quelle forme devrait prendre la prise de décision collective dans les activités économiques ?
Comment inscrire ces mutations dans le cadre juridique suisse ?
Comment adapter la sphère juridique aux exigences de la réalisation du socialisme ?
Comment réformer l'enseignement de manière à mettre fin à sa fonction de reproduction des inégalités sociales ?
Quelle étendue à la redistribution des richesses ?
Qu'est-ce qu'une distribution égalitaire des fruits de la production dans une économie socialiste ?
Quel commerce international et avec qui ?
Etc.
Je pourrais proposer d'ores et déjà des réponses.
Mais ce travail devrait être réalisé collectivement, soit par le cercle Gramsci, soit par la Jeunesse Socialiste, soit par une autre structure encore à définir.
11/04/2012
Le socialisme est de retour, que les riches tremblent à nouveau !
Le socialisme est de retour.
La crise systémique du capitalisme et les attaques des libéraux (néo-libéraux et social-libéraux confondus) contre l’État providence ont provoqué l'appauvrissement d'une large partie de la population européenne, renforçant ainsi la lutte des classes et ramenant aux goûts du jour l'idéal socialiste qui semblait disparu du champ idéologique et politique contemporain dominant.
Les partis de gauche européens se sont tellement centrisés ces dernières années que pour le moment ils sont totalement désemparés et perdus dans cette crise qui vient anéantir leurs belles théories de l'équilibre vertueux entre productivité capitaliste et État redistributeur.
C'est pourquoi c'est actuellement l'extrême gauche qui se renforce comme le prouve l'incroyable score de Monsieur Mélenchon, les intentions de vote en Grèce, ou les résultats la dernière élection régionale espagnole.
Le socialisme est de retour, que les riches tremblent à nouveau !
Mais les contradictions du capitalisme ne doivent pas être l'unique moteur du socialisme. Le matérialisme historique ne saurait être la finalité de notre réflexion, un peu d'idéalisme hégélien me semble en effet bienvenu. Car la force de nos idées peut faire évoluer la société, ou en tout cas le rapport de force politique, notamment sur le plan idéologique.
La Jeunesse Socialiste Suisse en entérinant son dernier document de fond, Démocratie Socialiste, a marqué sa volonté de dépasser le capitalisme autrement que par des incantations, mais concrètement par le socialisme.
Ce retour au marxisme réformiste, à un réformisme radical sans concession, rappelle les belles années du socialisme de 1920, voire de 1935, époque où le Parti Socialiste n'avait pas qu'un programme de parti minoritaire, mais aussi un programme de parti majoritaire.
Comment pouvons-nous espérer avoir une majorité sans proposer aux citoyens un programme de parti majoritaire ?
Nous devons proposer aux citoyens un véritable programme socialiste de transformation globale et systémique de la société.
Sans cela nous ne serons jamais majoritaires et la société sans classe restera simple rêve.
27/02/2012
La Démocratie Radicale de la Jeunesse Socialiste Suisse
Lors de son dernier grand congrès, le Parti Socialiste Suisse s'est engagé à dépasser le capitalisme.
Aujourd'hui, la Jeunesse Socialiste Suisse propose dans son dernier document (encore en discussion), Démocratie Radicale, tout une articulation politique d'un projet de société post-capitaliste, véritablement socialiste.
http://radikaledemokratie.ch/?page_id=7&lang=fr
Je me contenterais ici de citer un extrait sur les aspects socio-économiques les plus essentiels.
« Une alternative à l’actuelle répartition des ressources serait que les ressources matérielles appartiennent à l’Etat démocratique, de manière à ce que toutes et tous puissent décider de leur gestion. Une autre possibilité consisterait en une forme de coopérative, au sein de laquelle tous les membres auraient accès aux ressources et pourraient participer aux décisions quant à leur utilisation. Nous revendiquons une voie à mi-chemin entre les organisations étatiques et coopératives. Pour certains biens, il serait sensé que l’Etat démocratique puisse décider de leur gestion et utilisation. Ceci concerne principalement les biens élémentaires, tels que l’eau et l’air, mais aussi des biens rares, ayant une importance prépondérante pour l’ensemble de la population, comme le sel ou les médicaments. Les autres biens doivent être gérés par une coopérative, toutefois placée sous contrôle démocratique. De cette manière, par exemple, il devrait être possible qu’une coopérative décide démocratiquement de l’emploi de son terrain, les règles et les conditions générales quant à son attribution ou son utilisation étant cependant établies par l’Etat. »
« C’est ainsi que dans une entreprise le droit de codécision doit être accordé à toutes et tous, car les décisions qui concernent la production doivent absolument être prises avec la base de cette production : les travailleuses et travailleurs. Ils décident comment seront gérés et alloués les moyens de production. »
Socialisation des moyens de production, abolition du salariat. Organisation de la société en entités économiques étatiques et en coopératives autogérées.
Bref, un véritable socialisme de marché, puisque seule l'activité productrice étatique est planifiée.
La voie du dépassement du capitalisme est donc esquissée.
Félicitons-nous de la fougue idéologique de notre parti.
Et vive la Jeunesse Socialiste !
“There’s class warfare, all right, but it’s my class, the rich class, that’s making war, and we’re winning.”
Warren Buffett, 26 novembre 2006
23/02/2012
Nouvelle théorie néo-socialiste de la démocratie
Ou comment organiser une société afin de maximiser la liberté, l'égalité, et l'autonomie de l'individu.
I. Démocratie (Liberté/autonomie) spatiale
Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée et relocalisée au maximum possible. La décentralisation et la relocalisation des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation et la relocalisation induisent une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, en tout cas au niveau des besoins fondamentaux. Une société relocalisée est une société à taille humaine où les liens sociaux sont renforcés, c'est donc une société conviviale. La décentralisation politique et économique signifie une organisation de la société contre-pyramidale, en partant de sa base, avec une division par degré d'échelle (quartier ou village, commune, canton, et fédération) du niveau de prise de décision.
La démocratie spatiale est une première condition fondamentale à toute construction sociale visant à maximiser l'autonomie et la liberté de l'individu.
II. Démocratie (Liberté/autonomie) populaire
Grâce à la décentralisation et à la relocalisation, on peut tendre vers la démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire au niveau des plus petites entités politiques). La démocratie directe permet de donner directement au peuple (c'est à dire à tous les habitants du pays) la possibilité de décider des décisions collectives qui le touchent justement directement, sans passer par une délégation de sa souveraineté politique.
La démocratie populaire établit un degré basique de liberté et d'autonomie pour la société et l'individu.
III. Démocratie (Liberté/autonomie) citoyenne
Dans le cas (logique et inévitable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation et la relocalisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de délégation politique. La démocratie représentative semi-directe(système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne (par tirage au sort). 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe (droit d’initiative populaire et droit de référendum) restent bien entendu en place. Le tirage au sort (sur la base du volontariat et du parrainage citoyen) permet d'éviter que les plus riches, ou que les orateurs les plus talentueux ou les plus charismatiques, ne soient systématiquement élus. Il règle le problème de l'élitisme qui est caractéristique de nos sociétés contemporaines où le pouvoir politique est concentré dans quelques mains.
La démocratie citoyenne est un rouage essentiel de l'organisation sociale pour corriger le système politique contemporain et ses déficiences, et fonder une véritable égalité politique.
IV. Démocratie (Liberté/autonomie) économique
La seule structure économique soumise à la démocratie (à la prise de décision collective) étant l'outil étatique, les moyens de productions privées sont socialisés et le salariat aboli. Toute entité économique productrice devient une coopérative autogérée. Une planification démocratique et décentralisée définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel et planifie l'activité du secteur des coopératives productrices étatiques. Le secteur des coopératives productrices privées reste soumis au lois du marché. Toutefois, cette production privée reste néanmoins soumises à une planification possible et à un contrôle démocratique sur leurs activités qui filtre les activités économiques contraires à l'intérêt social. L'héritage et le crédit (les banques) sont socialisés, et un contrôle étatique des licenciements est institué. La publicité consumériste est interdite. Une transparence économique totale est instaurée aussi bien dans le secteur privé que étatique.
La démocratie économique permet d'en finir avec la domination d'une minorité possédante (moyens de production, capitaux) sur une majorité non possédante. Par la démocratie économique, la majorité se réapproprie son droit à s'autodéterminer (égalité économique) et acquiert la liberté de jouir d'elle-même sans devoir se vendre aux possédants. Par ailleurs, l'expropriation capitaliste par la plus-value est ainsi stoppée, au profit d'un véritable partage social des bénéfices du travail.
V. Démocratie (Liberté/autonomie) sociale
Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif). L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et une prise de décision collective dans les choix économiques. Par l'autogestion de l'organisation du travail, on s'assure qu'une prise de décision partagée, directe, et collective (donc démocratique) soit toujours en place dans la société, quelle que soit la structure concernée.
La démocratie sociale est un garde-fou démocratique pour préserver les droits des travailleurs de toute dérive (égalité sociale).
VI. Démocratie (Liberté/autonomie) écologique
Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les capacités régénératives de la biosphère. Par une planification démocratique on s'assure donc que ces principes sont respectés, car toute l'organisation de la société dépend de ceux-ci. En effet, la liberté humaine et son autonomie ne sont possibles que si son environnement se maintient de manière pérenne.
La démocratie écologique est la condition non négociable à toute construction collective et politique.
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Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont la démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.
08/02/2012
Modernité, planification, socialisme, communisme
Dans l'état actuel de mes connaissances sur l'économie planifiée, j'arrive à la conclusion que ce type de mode de production peut très sûrement être davantage productif et efficient que le mode de production capitaliste, notamment grâce aux nouvelles technologies informatiques qui permettraient un calcul économique incroyablement précis et juste. Toutefois, cela nécessiterait un niveau de socialisation des forces productives extrêmement élevé, et donc un contrôle collectif sur l'individu relativement élevé.
Dans notre société moderne, l'individu me semble difficilement adapté à ce type de mode d'organisation sociale.
N'est-t-il pas pour autant adaptable ?
Après tout, un changement systémique implique de manière déterminée un changement collectif des mentalités individuelles et une adaptation par intégration au nouveau système.
Néanmoins, si l'on voulait faire preuve d'un certain pragmatisme, il faudrait bien admettre que une économie planifiée, même avec un modèle de propriété mixte et une décentralisation maximale, resterait relativement contraignant pour l'individu moderne.
Si l'économie planifiée est intéressante comme modèle, il faut se poser la question de savoir si nous ne pouvons atteindre nos buts d'émancipation de l'humanité de la domination capitaliste par d'autres moyens que ce type d'organisation sociale collectivement trop contraignante.
Il est certain que le capitalisme social-démocrate, empli de contradictions et en ce moment ravagé par l'austérité néolibérale, ne peut nous aider.
Ses limites sont trop évidentes à mes yeux.
Quant aux modèles socialistes utopistes, communistes, écologistes, ou anarchistes, je vois en eux une profonde inadéquation entre la réalité des esprits contemporains et l'organisation sociale et étatique moderne. Ces modèles sont en effet tous relativement communautaires, fondant l'organisation de la société sur une base de volontariat et d'affinités.
Mais la société moderne n'est pas communautaire du tout. Au contraire, elle organise les rapports sociaux sur la base des droits et des devoirs (le contrat social).
Le retour à un modèle communautaire ne me semble donc pas approprié à la réalité moderne, ni souhaitable, car toute organisation sociale sur des bases communautaires signifie un niveau de contrainte trop élevée pour l'individu.
Ainsi, le modèle le plus aisé à mettre en place (sans que cela remette au fond la souhaitabilité de l'économie planifiée), le modèle qui serait directement le plus adapté à notre société moderne, ressemble plutôt au socialisme de marché, modèle d'économie planifiée soft, proche des expériences du socialisme économique en ex-Yougoslavie.
Dans ce socialisme de marché, il y aurait donc une planification du secteur étatique (lui-même producteur en concurrence avec le privé), et une filtration politico-étatique des activités économiques selon un critère d'utilité sociale et écologique, mais on aurait bien à faire aux règles économiques du marché.
L'organisation des entreprises productives en coopératives autogérées permettraient d'assurer un niveau de démocratie très élevé, ainsi qu'une égalité des ressources optimale. Le contrôle étatique des licenciements et la socialisation de l'héritage permettraient aussi d'éliminer les dysfonctionnements sociaux.
Les banques (donc le crédit) étant sous contrôle de l’État, on pourrait démocratiquement contrôler le développement économique.
Enfin, la transparence totale permettrait d'éviter tout bureaucratisme ou toute corruption privée ou publique.
There are alternatives !
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Sur le socialisme de marché :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2012/02/03/le-soci...
Sur les avantages de l'économie planifiée :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2012/01/31/des-ava...
03/02/2012
Le socialisme de marché
Originellement la social-démocratie est constituée d'un courant marxiste réformiste tout à fait dans la ligne du socialisme. En cela, elle diffère du social-libéralisme qui n'est qu'une invention des penseurs libéraux pour pérenniser le capitalisme et la domination de classe. Il est toutefois difficile aujourd'hui d'imaginer la social-démocratie effectuer un grand retour aux sources. C'est pourquoi, je trouve intéressant de proposer à la social-démocratie une autre finalité que le capitalisme social-démocrate à la sauce scandinave : le socialisme de marché.
Dans le socialisme de marché, la propriété des moyens de production est privée et étatique.
Il n'y a pas de planification, mais seulement les lois du marché qui dirigent l'économie.
Toutefois, toute entreprise est une coopérative autogérée.
Par coopérative autogérée, on entend :
- une prise de décision collective dans la gestion et la coordination de l'entreprise.
- une égalité (selon un barème fixe, mais justes – par exemple 1 pour 5) des rémunérations
- un tournus dans les fonctions administratives/coordinatrices de l'entreprise.
Dans le socialisme de marché, l’État :
- contrôle que la production et les recherche soient socialement et écologiquement soutenables.
- contrôle les licenciements.
- socialise l'héritage.
- interdit la publicité consumériste.
L’État fonctionne ainsi comme un filtre aux lois du marché.
De plus l’État développe des entreprises étatiques de production (et non uniquement de service public) en concurrence avec les entreprises privées. Ceci afin d'assurer un maximum d'espaces économiques démocratiques, malgré les lois du marché.
En outre, les banques sont sous contrôle de l'Etat qui détient ainsi la gestion des mécanismes de crédit.
Par ailleurs, la transparence de toutes les activités économiques privées et étatiques est instaurée.
Le socialisme de marché me semble une alternative très concrète à l'économie de marché social-démocrate. Mais, faut-il pour autant le prôner davantage qu'un modèle d'économie planifiée ?
02/02/2012
Les fondements de l'économie planifiée
* Du fonctionnement général de la planification
1. Récolte d'informations afin de connaître les besoins de tous.
2. Planification de la production en fonction des besoins.
3. Coordination de la production en fonction de la planification.
4. Production en fonction de la coordination de la production.
5. Distribution en fonction des besoins.
6. Consommation.
7. Feedback informatif.
8. Ajustement de la planification.
9. Nouvelle coordination de la production en fonction de l'ajustement de la planification.
Etc. (circularité)
* De la mobilisation des forces productives
La production ne se fait pas en fonction des forces productives, mais les forces productives sont faites en fonction de la production.
C'est exactement la même chose dans le capitalisme, sauf que ce dernier n'arrive jamais à une adéquation parfaite entre forces productives et production.
L'économie planifiée permet de mobiliser toutes les forces productives et de leur trouver une place adéquate dans le mode de production. L'efficience de l'économie planifiée devrait donc théoriquement être supérieure à celle de l'économie de marché en terme de mobilisation et de juste utilisation des facteurs de production.
Il y a concurrence entre individus dans la formation pour l'accès aux postes désirées. Il semblerait donc que la véritable méritocratie soit un paramètre de l'économie planifiée.
* Des différents modes de production
1. Planification totale : propriété étatique des moyens de production. En théorie, le mode de production le plus à même de mobiliser parfaitement toutes les forces de production.
2. Planification semi-totale : propriété étatique et/ou privée (sous forme de coopérative autogérée) des moyens de production, mais planification de la production étatique et privée.
3. Planification mixte : propriété étatique et privée (sous forme de coopérative autogérée) des moyens de production. Planification uniquement des structures de production étatiques, et présence d'un libre marché pour la production privée.
4. Socialisme de marché. (Un modèle que je développerai dans ma prochaine note.)
5. Économie de marché avec secteur public. (Modèle actuel)
6. Économie de marché totale (pure). (Modèle proto-néolibéral, voire libertarien).
31/01/2012
Des avantages de l'économie planifiée
- La planification démocratique de la production permet de sélectionner quelle production est socialement et écologiquement souhaitable. Ainsi, contrairement au chaos capitaliste, on supprime le travail excessif en éliminant le travail qui sert à une production non souhaitable ou futile.
Résultat : un gain de temps libre pour les travailleurs.
- Grâce à la planification de la production en fonction des besoins, on supprime la publicité consumériste, ce qui permet de réaliser des économies.
Résultat : ces sommes pourront être intégrées à des activités économiques réellement utiles.
- L'économie planifiée permet de ne pas impacter écologiquement au-delà des capacités régénératives de la biosphère en sélectionnant un niveau d'activité économique soutenable.
Résultat : on règle la crise écologique.
- Dans l'économie planifiée, toutes les forces sont utilisées. Tout le monde œuvre en fonction de ses capacités et de ses souhaits (qui se traduisent par le choix de formation).
Résultat : il n'y a plus de chômage.
- La planification économique permet de supprimer les inégalités sociales, la rente managériale, et la rente actionnariale, en socialisant la propriété des moyens de production.
Résultat : la pauvreté est abolie.
- L'économie planifiée permet de libérer l'information en la collectivisant. Les coûts de recherche de l'information sont donc supprimées. L'imposition et la taxation se font en toute transparence.
Résultat : on peut réduire la bureaucratie.
- Grâce à l'économie planifiée et la libre information collective, la transparence est instaurée dans toute l'économie.
Résultat : la corruption est éliminée.
- Comme chacun a sa place dans l'économie planifiée, le stress au travail et les maladies qu'il induit sont supprimés.
Résultat : les travailleurs sont en meilleure santé et on peut économiser 10 milliards de frais de soin en Suisse.
- La planification de l'économie permet de supprimer la recherche non socialement et écologiquement utile.
Résultat : cet argent peut être investi dans la recherche vraiment utile.
En outre, avec toutes les économies qu'induit l'économie planifiée comparée à l'anomie capitaliste, on devrait pouvoir financer à la longue :
● la gratuité de la santé
● la gratuité de l'éducation
● la gratuité du logement
● la gratuité des transports publics
● un libre accès à la culture
29/01/2012
De la liberté dans le socialisme
Une critique classique que l'on fait au mode d'organisation économique socialiste consiste en sa limitation de la liberté économique. Car la planification, lorsqu'elle remplace le marché, ne laisse pas place au libre désir individuel, mais à la prise de décision collective ou sociale.
Pourtant, si l'on prend en compte les externalités négatives sociales et écologiques d'une économie de marché, on se rend compte que la planification semble en réalité davantage démocratique, puisque la liberté collective et le bien-être collectif passe avant le profit égoïste.
Cette critique de la liberté économique limitée semble au final plutôt être une critique venant des classes dominantes qui voient en la limitation de leur liberté individuelle, une limitation de la liberté collective.
Mais la liberté individuelle des classes dominantes n'est qu'une liberté de créer des externalités sociales négatives à travers l'expropriation d'une part de la valeur du travail des salariés afin d'assurer, soit le payement du salaire managérial, soit la rente des actionnaires oisifs.
Cette liberté économique est donc une liberté à sens unique qui ne concerne que les propriétaires des moyens de production et des capitaux économiques.
Pour l'individu lambda, la liberté économique consiste en la liberté de se vendre. Car dans le capitalisme, nous sommes tous des prostitués, des ressources humaines, exploitables pour produire de quoi assurer le salaire managérial et la rente actionnariale.
Les idéologues libéraux ont tendance à répliquer que les individus sont libres d'investir (en s'endettant s'ils n'ont nuls capitaux) et de lancer leur propre entreprise. Ainsi tout individu serait un entrepreneur potentiel. Dans les faits, il s'agit d'une liberté formelle, car l'individu lambda sera rarement à même de trouver un secteur non monopolisé par des entreprises dominantes, pas plus qu'il ne jouira des connaissances et des réseaux nécessaires à sa réussite économique. Les classes dominantes jouissent en effet d'une position assurée et maintiennent leur domination par l'accumulation de capitaux sociaux et symboliques qui leur permettent d'éliminer sur le long terme toute réelle nouvelle concurrence. Pour creuser la question, j'invite le lecteur à se référer aux travaux sur la reproduction sociale de Bourdieu et de Lipietz.
Dans le socialisme, il y a liberté individuel dans le sens où l'individu ne domine pas ses pairs, et ne les exploite pas. Cette liberté de ne pas dominer et de ne pas être dominé, est essentiel.
J'aimerais ajouter que tout projet socialiste doit assurer une grande liberté des mœurs, et une grande liberté culturelle, car le conservatisme n'est qu'une forme de domination agissant via d'autres capitaux (moraux, symboliques, culturels) et à travers d'autres champs.
Toutefois, il est sensé de poser la question de l'autonomie individuel dans le socialisme.
Comment assurer l'autonomie individuel de l'individu quand il n'est pas souhaitable de le laisser dominer ses pairs ?
Ceci pose en fait la question du type de propriété dans un système socialiste.
Dans les économies socialistes en transition du XXème siècle, une critique pertinente présente leur échec comme la non adéquation entre le mode de propriété formel et l'appropriation réel des fruits de la production économique. Cette non adéquation produirait des contradictions qui auraient miné le bon fonctionnement des économies planifiées.
Ainsi, on peut tirer la conclusion de cela que le problème de l'économie planifiée réside dans la bonne distribution et division de la propriété des moyens de production.
Pour éviter le bureaucratisme il est souhaitable de ne pas passer uniquement par la propriété d’État, mais aussi (voire surtout) d'établir des coopératives (ce que j'appelais dans le néo-socialisme l'autogestion dans l'organisation du travail des petites entités économiques).
« Le régime des coopératives civilisées, quand les moyens de production appartiennent à la société et que le prolétariat a triomphé de la bourgeoisie comme classe, c'est le régime socialiste. » Lénine
Ainsi, on voit se dessiner un certain équilibre entre une autonomie des travailleurs et la nécessité d'assurer une véritable liberté des individus au sens de non domination (démocratie/égalité économique).
28/01/2012
De l'étude contemporaine du socialisme
L'étude du socialisme en tant que projet de société non seulement idéologique et politique, mais aussi, et surtout, comme organisation économique de la société, est aujourd'hui il me semble quelque chose de relativement ésotérique.
Il semblerait que les institutions idéologiques d’État mises en place par les classes dominantes, couplées à l'aliénation systémique du capitalisme, jouent leur rôle avec efficacité.
Ainsi l'enseignement économique contemporain se contente-t-il de présenter le capitalisme sous toutes ses formes, mais fait abstraction des modèles anciens ou alternatifs. Plus précisément, la non étude de l'organisation économique socialiste a pour but latent (et non manifeste) d'instaurer la domination d'un mode de production sur les autres.
C'est ce que j'appellerais, à la manière des individualistes méthodologiques, une prédiction auto-réalisatrice. On enseigne un seul modèle parce que c'est celui qui est en place, avec comme conséquence qu'il reste le seul modèle connu, et donc le seul modèle en place...
Néanmoins, il est encore possible de se procurer des livres d'étude sur l'organisation économique socialiste de la société dans les bibliothèques universitaires. Les bibliothèques publiques réservant quant à elles leurs étagères aux seuls ouvrages de propagande pro-capitalistes.
*
L'étude du socialisme n'est pas aisément accessible aux libéraux et aux libertariens. Ces derniers semblent (explication manifeste) en effet incapables de concevoir un mode de production autrement que sur le critère de l'efficacité. Mais en réalité, ce n'est qu'un prétexte (inconscient ou conscient) pour maintenir la prééminence idéologique d'un mode de production sur un autre (et donc pour maintenir les rapports actuels de domination).
Car le mode d'organisation socialiste ne vise pas seulement à modifier des caractéristiques des circuits économiques, mais à changer les rapports sociaux découlant du mode de production en place.
C'est en modifiant les rapports sociaux du mode de production actuel que l'on peut parvenir à un mode de production socialiste établissant une distribution égalitaire des ressources lors de la production et dans l'organisation du travail.
Le mode d'organisation socialiste ne vise donc pas tel optimum de l'efficacité productive, mais à la disparition des rapports de domination entre classes ou entre individus.
On notera toutefois que par la disparition des rapports de domination on élimine un gaspillage de ressources (la rente capitaliste) qui est réintégré au circuit économique productif.
Au final donc efficacité et distribution égalitaire ne sont pas antinomiques dans le mode de production socialiste, contrairement au mode de production capitaliste, même sous sa forme social-libéral (qualifié souvent de social-démocrate).
09/12/2011
Théorie néo-socialiste de la démocratie
Ou comment organiser une société afin de maximiser la liberté, l'égalité, et l'autonomie de l'individu.
I. Démocratie (Liberté/autonomie) spatiale
Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée et relocalisée au maximum possible. La décentralisation et la relocalisation des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation et la relocalisation induisent une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, en tout cas au niveau des besoins fondamentaux. Une société relocalisée est une société à taille humaine où les liens sociaux sont renforcés, c'est donc une société conviviale. La décentralisation politique et économique signifie une organisation de la société contre-pyramidale, en partant de sa base, avec une division par degré d'échelle (quartier ou village, commune, canton, et fédération) du niveau de prise de décision.
La démocratie spatiale est une première condition fondamentale à toute construction sociale visant à maximiser l'autonomie et la liberté de l'individu.
II. Démocratie (Liberté/autonomie) populaire
Grâce à la décentralisation et à la relocalisation, on peut tendre vers la démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire de petites entités politiques). La démocratie directe permet de donner directement au peuple la possibilité de décider des décisions collectives qui le touchent justement directement, sans passer par une délégation de sa souveraineté politique. A ce niveau d'échelle, un fonctionnement de prise de décision par consensus est envisageable.
La démocratie populaire établit un degré basique de liberté et d'autonomie pour la société et l'individu.
III. Démocratie (Liberté/autonomie) citoyenne
Dans le cas (probable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation et la relocalisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de délégation politique. La démocratie représentative semi-directe (système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne (par tirage au sort). 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe (droit d’initiative populaire et droit de référendum) restent bien entendu en place. Le tirage au sort (sur la base du volontariat et du parrainage citoyen) permet d'éviter que les plus riches, ou que les orateurs les plus talentueux ou les plus charismatiques, ne soient systématiquement élus. Il règle le problème de l'élitisme qui est caractéristique de nos sociétés contemporaines où le pouvoir politique est concentré dans quelques mains.
La démocratie citoyenne est un rouage essentiel de l'organisation sociale pour corriger le système politique contemporain et ses déficiences, et fonder une véritable égalité politique.
IV. Démocratie (Liberté/autonomie) économique
La seule structure économique soumise à la démocratie (à la prise de décision collective) étant l'outil étatique, l'économie privée est étatisée (socialisée). Seules les petites entités économiques restent sous contrôle privé. La planification démocratique et décentralisée définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel. Toutefois la planification démocratique de la production des grandes structures étatiques se fait à partir de la libre production privée des petites entités. La production des petites entités privées restent néanmoins soumises à une planification possible et à un contrôle démocratique sur leurs activités. C'est le principe d'une économie planifiée mixte : au lieu d'avoir une production privée et publique dans un système d'économie de marché, on instaure une production privée et publique dans un système d'économie planifiée.
La démocratie économique permet d'en finir avec la domination d'une minorité possédante (moyens de production, capitaux, et fortune) sur une majorité non possédante. Par la démocratie économique, la majorité se réapproprie son droit à s'autodéterminer (égalité économique) et acquiert la liberté de jouir d'elle-même sans devoir se vendre aux possédants. Par ailleurs, l'expropriation capitaliste par la plus-value est ainsi stoppée, au profit d'un véritable partage des bénéfices du travail.
V. Démocratie (Liberté/autonomie) sociale
Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif). L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et une prise de décision collective dans les choix économiques. Par l'autogestion de l'organisation du travail, on s'assure qu'une prise de décision partagée, directe, et collective (donc démocratique) soit toujours en place dans la société, quelle que soit la structure concernée. Bien entendu, cette mesure protège évidemment en premier lieu les travailleurs des petites entités privées.
La démocratie sociale est une sorte de garde-fou démocratique pour préserver les droits des travailleurs de toute dérive (égalité sociale).
VI. Démocratie (Liberté/autonomie) écologique
Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les capacités régénératives de la biosphère. La planification démocratique s'assure donc que ces principes sont respectés, car toute l'organisation de la société dépend de ceux-ci. En effet, la liberté humaine et son autonomie ne sont possibles que si son environnement se maintient de manière pérenne.
La démocratie écologique est la condition non négociable à toute construction collective et politique.
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Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont la démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.
22/11/2011
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/22/princip...
20/11/2011
Économie néo-socialiste
Document appelé à évoluer
Il n'y a pas de dépassement du capitalisme possible, pas de solutions aux crises que traversent l'Europe, pas de solution à la crise écologique, sans une économie planifiée.
Comme il existe un grand nombre de modèles de capitalisme (du capitalisme social-démocratie au capitalisme ultra-libéral), il existe de même de nombreux modèles d'économie planifié.
Deux critiques faites à l'encontre de l'économie planifiée ne manquent pas de justesse et c'est pourquoi elles appellent des réponses :
- A la critique de Hayek sur l'incapacité des structures étatiques à accéder à l'information à temps, on répondra par une nécessaire décentralisation spatiales et économiques (logistiques).
- A la critique général sur le caractère contraignant de l'économie planifiée, on répondra par une économie mixte et démocratique.
Le modèle d'économie planifiée que je soutiens s'inscrit donc (et c'est essentiel) dans mes 6 principes fondamentaux du néo-socialisme :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/22/princip...
Le néo-socialisme doit rompre avec le socialisme scientifique (le marxisme classique et ses dérivées léninistes, trotskistes, maoïstes, cubains et même néo-marxistes), aussi bien que du socialisme utopiste trop communautariste.
Le dépassement de la social-démocratie est induite par la logique du dépassement du capitalisme.
Le modèle d'économie planifiée néo-socialiste est un modèle mixte :
Les grandes structures économiques (nécessaires à la bonne marche de l'économie, puisque les autres grandes structures sont décentralisées) sont sous contrôle étatique/collectif, mais les petites entités (paysans, artisans, indépendants, petits producteurs, etc.) restent sous contrôle privé.
La liberté d'entreprendre subsiste donc. Toutefois, le principe d'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif s'entend) assure un fonctionnement démocratique dans ces petites structures privées. De plus, l'intervention étatique/collective tend à contrôler l'activité économique privée pour éviter tout abus.
La planification (décentralisée) doit prendre d'abord en considération la production (libre) des petites entités privées, et ensuite, définir la production des grandes structures économiques collectives.
Le crédit n'est accessible que par les banques (décentralisées), soumises au contrôle collectif (démocratique) évidemment.
L'économie sert essentiellement à combler les besoins des individus, ou leurs envies immatérielles. Les envies matérielles sont soumises au principe d'auto-limitation (démocratie écologique), ce qui ne veut pas dire qu'elles soient in-envisageables dans l'absolu, mais qu'elles doivent être écologiquement réfléchies (principe utilitariste à mon sens).
Les prix sont fixés en fonction de la quantité de travail (présente et passée) contenu dans chaque production.
L'économie est centré sur son développement interne (intérieur) : elle tend vers une autosuffisance de la production fondamentale. L'auto-production individuelle est donc encouragée (nouvelle division du travail). Le protectionnisme peut aussi être souhaitable selon les cas.
*
Comme on peut le voir, une économie néo-socialiste est un équilibre qui respecte l'individu sans toutefois permettre à certains de péjorer la collectivité.
Avec ses 6 principes démocratiques, elle résistera à toute tentation autoritaire ou élitiste.
Il est temps d'être un peu ambitieux si l'on veut en finir avec notre capitalisme archaïque, incapable d'assurer l'avènement d'une véritable société du bonheur !
17/11/2011
Crise économique et austérité
Selon l'économiste Julien Bonnet :
« La vraie cause du chômage, ce sont les gains de productivité colossaux enregistrés depuis les années 1970. La productivité a été multipliée « seulement » par 2 entre 1820 et 1960, puis par 5 depuis 1960 grâce à la multiplication des robots et des ordinateurs. »
L'économiste Denis Baba revient, quant à lui, sur cette notion d'augmentation de la productivité du travail dans un de ses derniers articles :
« A compter de la fin des années 1960, la productivité du travail est tellement importante que le nombre d'heures travaillées collectivement devient insuffisant pour valoriser le capital accumulé par les entreprises. Sur notre planète économique, il n'y a plus assez de travail pour rentabiliser le capital. »
Car « pour fonctionner correctement une économie de marché doit mobiliser toujours plus de travail productif, c'est à dire du travail mis en œuvre pour rentabiliser le capital des entreprises (...) afin de garantir les taux de profit. »
Quand la productivité du travail est trop élevée (phénomène renforcé par la révolution numérique et technologique), les entreprises qui le peuvent vont chercher le travail là où il coûte le moins cher (en Chine, au Brésil, ou en Inde). Mais même ainsi, nous dit Denis Baba, il est impossible de restaurer les taux de profit.
Alors les entreprises se tournent vers la spéculation.
« En 2006, officiellement la moitié des bénéfices des entreprises multinationales américaines était de nature spéculative. »
« Les titres financiers ne valent rien d'autre que la confiance qu'ont les autres acteurs du marché dans la poursuite de la hausse des prix. Et seule celle-ci permet de rembourser les emprunts. A partir de 2007, en Occident, les défauts de paiement sur le marché des crédits hypothécaires aux États-Unis provoquent l'explosion de la bulle : les dettes ne peuvent plus être remboursées à cause de la baisse des prix des titres financiers. »
« Il est maintenant évident que l'argent créé par la bulle financière ne vaut rien car il ne correspond à aucune valeur économique, à aucun travail. Il n'a certes jamais rien valu mais maintenant plus personne ne peut faire semblant du contraire. Une crise financière c'est la chute vertigineuse des valeurs spéculatives des titres financiers et donc de l'économie marchande qu'elle soutenaient. Mais la crise économique n'a pas son origine dans la finance ou dans les banques. Pas du tout. La folie de la finance n'est que la conséquence de la crise de l'économie : l'impossibilité de continuer à faire des profits et de la croissance sans le soutien de la bulle spéculative. »
Cette crise économique découle donc des logiques propres au système capitaliste et à ses propres limites internes ou fonctionnelles (systémiques).
Le système économique capitaliste étant en danger, les gouvernements européens, soumis aux classes dominantes (ou aliénés par l'idéologie libérale dominante), sont intervenus pour le sauver.
Pour cela, ils ont dû s'endetter, et à présent ils sont incapables de maintenir, dans le cadre des limites du capitalisme, un Etat-social correct.
Au contraire, ils se retrouvent à appliquer avec violence des politiques d'austérité et de réduction de l'Etat-social !
La conclusion logique de tout ceci, comme je l'ai démontré dans mes notes précédentes, consiste en un renversement des classes dominantes par les classes moyennes et précarisées.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/07/lutte-d...
Toutefois, le capitalisme pourrait fort bien se maintenir en mutant en une forme davantage dictatoriale et autoritaire où toute contestation se verrait réprimée. L'élitisme contenu dans le libéralisme offre d'ailleurs une base théorique à ce type de transformation répressive.
C'est pourquoi les forces de gauche doivent impérativement accéder au pouvoir et sortir du capitalisme par une transition vers une économie (néo)socialiste !
"L'Histoire ne fait rien, c'est l'homme, réel et vivant, qui fait tout." K. Marx
04/11/2011
La social-démocratie en question
Au XXème siècle, l'extension des idées marxistes dans le monde force les penseurs libéraux à répliquer. C'est pourquoi ces derniers théorisent un compromis entre socialisme et libéralisme : le social-libéralisme.
Cette idéologie prône l'intervention et la régulation de l’État dans le cadre du capitalisme pour limiter et réduire les inégalités socio-économiques. Il s'agit donc d'établir une forme d'efficacité productive équitable.
Cette idéologie (renforcée par le keynésianisme) va remporter un immense succès en convertissant progressivement la majeure partie des social-démocrates, alors marxistes réformistes.
Depuis ce moment, cette idéologie peut être séparée entre deux courants proches : le social-libéralisme (de droite) et la social-démocratie (de gauche).
Toutefois, il n'y a pas de différence fondamentale au niveau socio-économique entre ces deux courants idéologiques. Au niveau politique, la social-démocratie est classée au centre gauche, et le social-libéralisme au centre droit.
Deux principales critiques existent au sujet de la social-démocratie :
La première, marxiste, dénonce le fait que la social-démocratie et son Etat-providence empêche la polarisation sociétale nécessaire à la mobilisation des classes dominées pour que ces dernières se soulèvent et renversent les classes dominantes.
La seconde, néo-libérale (voire libérale classique), prétend que le défaut du social-libéralisme réside dans son improbable pérennité. Car toute intervention étatique visant des buts humanistes affaiblit l'efficacité du capitalisme et réduit la production de richesses.
Avec la réduction des richesses, l’État s’appauvrit et se retrouve dans l'incapacité d'intervenir. Il lui faut donc s'endetter pour financer de nouvelles mesures humanistes et par là réduire l'efficacité et la production de richesses. C'est un cercle vicieux.
Leur solution consisterait à revenir à un libéralisme classique offensif : le néolibéralisme (et ses formes voisines), seul à même de rétablir la bonne marche du capitalisme.
Aujourd'hui, on peut constater avec l'exemple scandinave, les bons résultats obtenus par la social-démocratie.
Toutefois, l'exemple actuel des pays sud-européens pourrait prouver la critique néo-libérale.
En réalité, la situation scandinave permet de se rendre compte des limites de la social-démocratie : on a certes atteint une situation de progrès humain importante, toutefois il est difficile d'aller encore plus loin dans l'égalitarisme et la justice sociale. C'est l'optimum limité de la social-démocratie.
Si on veut tendre vers une société plus juste, davantage égalitaire, il est alors nécessaire de passer au socialisme démocratique.
Quant à la situation sud-européenne, elle montre l'échec possible de la social-démocratie quand un certain nombre de facteurs péjoratifs sont réunis (par exemple pour la Grèce : forte évasion fiscale, fortes dépenses militaires, fort soutien financier au clergé).
Dans ce cas-là, la seule solution humaniste est le socialisme. L’État manquant de recettes, il faut en effet nécessairement étatiser des entreprises rentables pour maintenir l'Etat-social et l'étendre.
En conclusion, on peut définir la social-démocratie comme un juste but à atteindre, mais non comme la finalité de notre action. L'idéal auquel nous devons tendre restant le socialisme démocratique.
22/10/2011
Principes fondamentaux du Néo-Socialisme
- Proposition idéologique
I. Démocratie (ou Liberté/autonomie) spatiale
Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée au maximum possible. La décentralisation (relocalisation) des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation induit une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, au niveau des besoins fondamentaux.
II. Démocratie (ou Liberté/autonomie) populaire
Grâce à la décentralisation, on peut tendre vers la démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire de petites entités politiques).
III. Démocratie (ou Liberté/autonomie) citoyenne
Dans le cas (probable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de représentation politique. La démocratie représentative semi-directe (système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne. 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe restent bien entendu en place.
IV. Démocratie (ou Liberté/autonomie) économique
La seule structure économique soumise à la démocratie étant l'outil étatique, l'économie privée est étatisée ; seules les petites entités économiques restent sous contrôle privé.
La planification démocratique définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel, toutefois la planification se fait à partir de la libre production privée des petites entités.
C'est le principe d'une économie planifiée mixte.
V. Démocratie (ou Liberté/autonomie) sociale
Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif).
L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et/ou une prise de décision collective dans les choix économiques.
VI. Démocratie (ou Liberté/autonomie) écologique
Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les capacités régénératives de la biosphère.
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Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont la démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.
21/10/2011
Historique et variations idéologiques du socialisme
Le marxisme prône la révolution des classes dominées (ne possédant que leur force de travail) contre les classes dominantes (possédant les moyens de production). Il s'agit de prendre par la force le pouvoir politique, et donc l’État, des mains des classes dominantes, afin d'établir une société égalitaire et sans classe. Le socialisme marxiste (la dictature des classes dominées) n'étant qu'une transition vers le communisme (la société sans classe). Le sens idéologique moderne du terme communisme se réfère aujourd'hui au marxisme originel.
Le marxisme réformiste s'inspire d'une déclaration faite par Marx en Angleterre en 1852, selon laquelle les classes dominées pourraient fort bien établir une société sans classe en prenant le pouvoir politique par le jeu démocratique si le suffrage universel était instauré (à l'époque régnait encore le suffrage censitaire où seuls les plus riches votaient, car les classes dominantes se méfiaient déjà de la démocratie) et donc sans passer par la révolution. Le marxisme réformiste est la forme originelle et historique de la social-démocratie. Toutefois, le marxisme réformiste prend le sens idéologique moderne du socialisme.
La social-démocratie, au départ découle du marxisme réformiste, mais elle a été par la suite et tout au long du XXème siècle vampirisée par un courant idéologique issu du nouveau libéralisme (ou social-libéralisme) qui prône l'intervention étatique dans le cadre capitaliste (selon une sorte de compromission entre libéralisme et socialisme). C'est pourquoi le sens idéologique moderne de la social-démocratie est extrêmement proche du social-libéralisme : quand on parle aujourd'hui de social-démocratie on ne signifie plus (au sens idéologique) marxisme réformiste, mais bel et bien social-libéralisme.
La difficulté découlant de cette analyse vient du fait qu'il semble délicat de différencier social-démocratie de gauche et social-libéralisme de droite. D'où la confusion moderne entre droite et gauche catégorisées comme tous pareils et tous pourris.
On déduira de cette courte présentation que tout néo-socialisme passe nécessairement par un retour au marxisme réformiste (vu l'échec de la social-démocratie moderne comme on l'a vu en Grèce, au Portugal, et en Espagne).
Toutefois, l'héritage idéologique et expérimental de la social-démocratie moderne ne doit pas être perdu, mais doit servir à nuancer tout projet néo-socialiste trop catégorique dans ses moyens comme dans ses buts.
Enfin, tout néo-socialisme doit intégrer l'écologie politique (et sa forme moderne qu'est la décroissance) ainsi que la mouvance altermondialiste, les deux courants allant de toute façon vers un champ de propositions idéologique fort proche.
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Source : Analyse historico-idéologique de John Dryzek et Patrick Dunleavy effectuée sur le socialisme (« Theories of the Demoacratic State »)
19/10/2011
Comment le capitalisme détruit la liberté et l'autonomie de l'individu – 2ème partie
1ère partie : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/16/comment...
Quelle alternative à la centralisation capitaliste ?
En toute et bonne logique : la décentralisation socialiste !
L'échec du socialisme productiviste (qualifiable aussi de marxisme ou de socialisme scientifique) tient en (large) partie du fait qu'il fonde son système sur la centralisation (et la spécialisation de la production par régions sur un modèle organiciste).
Il s'agit aujourd'hui de proposer un système différent, véritablement émancipateur et libérateur pour l'être humain, loin de toute théorie en faveur de la centralisation.
Concrètement, quand on parle de décentralisation, il s'agit de relocaliser les activités humaines, et, de manière essentielle, les activités politiques et économiques.
Si l'on veut une économie a-croissante et non productiviste, c'est à dire une économie qui ne consomme pas davantage que les capacités régénératives de la biosphère, alors la relocalisation économique est la solution. La crise écologique trouve une large partie de sa résolution avec ce concept de décentralisation économique, car dans des sociétés décentralisées, les capacités d'autoproduction et d'autosuffisance doivent être nécessairement (question de faisabilité pratique) poussées au maximum envisageable (ce qui permet d'éliminer les transports polluants et de solutionner la question de la raréfaction croissante et inévitable des ressource naturelles).
En outre, la planification décentralisée offre la possibilité de produire au plus près des besoins, et donc de bâtir une société du bon usage et non plus du gaspillage consumériste et matérialiste.
Par ailleurs, la décentralisation permet de limiter la nécessité de l'intervention de l’État, car plus la société (prise dans son ensemble) est décentralisée, moins l’État a besoin d'intervenir et d'être présent, vu que les structures de l'économie privée restent des structures décentralisées (donc supposées prêtes techniquement et fonctionnellement à fonctionner en autogestion).
D'autre part, pour autonomiser un maximum l'être humain, il faut lui donner les moyens réels de se prendre en charge.
Décentraliser la prise de décision politique permet de construire une société indépendante, libre et mature. Dans les faits, on donnera davantage de compétences d'abord au niveau du quartier, puis de la commune, ensuite du canton, et enfin de la confédération.
Idéalement, la prise de décision démocratique devrait pouvoir se faire sur le modèle des assemblées de quartier. Mais la démocratie directe pure est délicate à instaurer (on ne peut que difficilement imaginer décentraliser systématiquement de manière à éviter une échelle commune plus élevée que celle du quartier). Il est donc possible que l'on en reste à une démocratie semi-directe (à laquelle on pourrait fort bien adjoindre un tirage au sort partiel des députés).
Enfin, on notera que le lien social se trouve revigoré dans une société décentralisée, vu que les individus auront enfin la possibilité de se connaître (de par les limites physiques).
En conclusion, il est important de prendre en compte que cette notion de décentralisation est fondamentale pour toute régénérescence d'une idéologie socialiste, tant elle permet de se différencier du socialisme productiviste ou marxiste (qui n'ont su amener qu'au capitalisme d'Etat). La décentralisation est donc la première pierre des principes de base d'un socialisme post-marxiste, anti-productiviste, et post-social-démocrate.
13/10/2011
Retour en avant
Recueil thématique de tous les textes publiés sur ce blog.
0. Qui suis-je ?
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/03/je-suis...
I. Socialisme post-marxiste
1) Le socialisme du XXIème siècle – Valeurs et fondamentaux d'un socialisme du XXIème siècle.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/27/le-soci...
2) FREE in Socialism – Processus de transition, du capitalisme, au socialisme du XXIème siècle.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/02/61cb86c...
3) LOST in Capitalism – Critique du capitalisme et de ses conséquences.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/30/lost-in...
4) La social-démocratie : un paradoxe perdu - Critique de la social-démocratie et de ses limites.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/24/la-soci...
5) NEO-SOCIALISME – Buts, évolution idéologique et objets d'un socialisme du XXIème siècle.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/26/neo-soc...
6) Pour un renouveau du socialisme ! - Prises de notes pour un socialisme du XXIème siècle.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/18/pour-un...
II. Décroissance
1) La décroissance : un projet d'avenir - Présentation générale du projet de société de la décroissance et de ses implications politico-socio-économiques.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/17/la-decr...
2) LOST in Productivism – Critique du productivisme et de ses conséquences.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in...
3) Esquisse d'un programme politique de décroissance – Une série de mesures clefs comme squelette d'un programme politique de décroissance.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/25/esquiss...
4) Décroissance ou Barbarie – Présentation de la politique (probable) droitiste en cas de crise écologique majeure due au productivisme
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/23/decrois...
III. Idéologies en général
1) Petit glossaire des idéologies politiques traditionnelles (version III)
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/07/petit-g...
2) Petite évolution historique des idéologies – Hypothèse évolutive des idéologies politiques.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/23/petite-...
3) La fin de la démocratie, la mort des idéologies – Hypothèse sur une cause de la dépolitisation.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/25/la-fin-...
4) Indignation et mutation idéologique en Europe – Le mouvement des Indigné, la gauche et le socialisme.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/09/indigna...
IV. André Gorz
1) Socialisme, Écologie politique et Anti-productivisme – Présentation de la pensée d'André Gorz, un des penseurs du socialisme post-marxiste et de la décroissance.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/20/sociali...
2) Approfondissement de l'analyse gorzienne - Réflexion à partir des écrits de André Gorz sur le socialisme, l'écologie politique, la démocratie et le capitalisme.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/23/approfo...
V. Divers
1) L'allocation universelle
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/28/l-alloc...
2) Sex, drugs and rock'n roll – Comment légaliser la drogue.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/05/sex-dru...
3) La sécurité, un thème de gauche – Réflexion sur la sécurité et sur le rôle des arts martiaux.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/10/la-secu...
09/10/2011
Indignation et mutation idéologique en Europe
Cette année 2011, la social-démocratie est, symboliquement et idéologiquement, morte.
Que ce soit en Espagne, en Grèce, ou au Portugal, partout les gouvernement sociaux-démocrates de centre gauche ont échoué à gérer les crises (systémiques) auxquelles ils ont été confrontées.
Ainsi, on a pu voir que la social-démocratie ne fonctionnait pas, tant elle dépend du bon fonctionnement du capitalisme pour mener à bien ses politiques humanistes (qui péjorent ensuite la bonne marche du capitalisme... la boucle est bouclée!)
L'échec de la social-démocratie sonne évidemment le retour du socialisme sur le devant de la scène idéologique.
Ce socialisme prend la forme, présentement, d'un rejet total du capitalisme, sans que ce refus se concrétise encore formellement en un mouvement socialiste politique et idéologique à part entière.
On peut interpréter ainsi le mouvement des Indignés. Ces derniers rejettent avec fracas le capitalisme, mais peinent à proposer une alternative. C'est pourquoi, peu à peu, ils construisent à grands traits une utopie socialiste tout ce qu'il y a de plus concrète.
Ces mouvements des Indignés, essaimant dans tout l'Occident, annoncent la fin des compromissions de la gauche avec le capitalisme, et la fin des sociaux-libéraux vendus au capital (ces derniers ayant pullulé dans d'honorables partis de gauche ces dernières années).
Victoire de la gauche au Danemark, adoption du PS suisse du dépassement du capitalisme, mort du New Labour du centre-droitiste Tony Blair avec sa reprise en main par un proche des syndicats, et enfin, apparition du concept de démondialisation dans le discours du PS français.
Tous ces faits marquent la fin de la droitisation de l'Europe : le capitalisme libéral a suffisamment dégoûté les gens !
Les futures victoires électorales annoncées de la gauche en France (PS), en Italie (PD) et en Allemagne (SP) représenteront des situations importantes et intéressantes à observer pour se faire une idée de l'évolution idéologique de la gauche européenne.
Espérons que celle-ci suivra la ligne du socialisme et abandonnera le paradoxe perdu de la social-démocratie !