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Ces métaux sont essentiels à l'économie verte de demain, et les exploitants miniers se préparent à une augmentation de la demande.
Une course mondiale est engagée pour sécuriser l'accès aux terres rares. Alors que les hydrocarbures constituent la principale source d'énergie depuis la révolution industrielle du XVIIIe siècle, la transition énergétique vise à les remplacer. Mais cela ne se fera pas sans les terres rares.
Dans ce contexte, il existe depuis longtemps déjà une demande croissante pour les terres rares, mais la fiabilité de l'approvisionnement n'est pas au rendez-vous. Qui plus est, la Chine est parvenue à occuper une place prépondérante dans l'offre de ces métaux.
Si les terres rares sont le nouveau pétrole, leurs exploitants pourraient-ils devenir les nouvelles compagnies pétrolières?
A partir des années 1970, les subventions gouvernementales, les bas salaires et les mauvaises pratiques environnementales de la Chine lui ont permis d'inonder le marché de terres rares bon marché. Le pays domine la production de ces métaux, avec 65% de l'offre. Bien qu'elle ait une présence significative dans l'exploitation minière, elle représente 85% de la transformation et 92% de la production d'aimants.
Les pays occidentaux ont pris conscience du risque de laisser la Chine continuer à régner sur l'approvisionnement en terres rares. L'administration Biden prend des mesures pour construire une chaîne d'approvisionnement en terres rares aux Etats-Unis, avec la loi sur le crédit d'impôt pour la production d'aimants en terres rares (2023), qui vise à encourager la production par le biais de crédits d'impôt. La mine californienne de Mountain Pass a été réactivée et produit environ 15% de l'offre mondiale. MP Materials, son exploitant, souhaite devenir le seul producteur d'aimants en terres rares réalisant toutes les étapes du processus, et investit dans les procédés de séparation et de purification.
En ce qui concerne l'Europe, le Green Deal de l'UE annoncé en 2020 a identifié les terres rares comme la matière première présentant le risque d'approvisionnement le plus élevé, reconnaissant qu'elles sont nécessaires pour atteindre les objectifs de transition énergétique de l'Union européenne. La Chine fournit actuellement 98% des besoins de l'UE. En janvier 2023, le plus grand gisement de terres rares d'Europe a été découvert en Suède, avec plus d'un million de tonnes d'oxydes de terres rares.
En réalité, les terres rares ne le sont pas tant que ça. Dans la table périodique se trouvent 17 éléments chimiques qui ont des propriétés similaires. Ils sont relativement abondants, mais souvent pas en concentrations suffisamment élevées pour que leur exploitation soit rentable. De plus, ils sont généralement mélangés à d'autres éléments, parfois radioactifs, ce qui complique leur séparation et leur traitement.
En raison de quatre propriétés chimiques les terres rares sont essentielles pour de nombreuses applications dans les domaines de l'électronique, des énergies renouvelables et de la fabrication. Ces propriétés sont les suivantes:
- Propriétés magnétiques: les terres rares comme le néodyme, le dysprosium et le samarium stockent de grandes quantités d'énergie magnétique. Elles sont utilisées comme aimants dans des appareils tels que les disques durs d'ordinateurs, les batteries de véhicules électriques, les appareils médicaux et les turbines éoliennes.
- Propriétés luminescentes: les terres rares comme l'europium, l'yttrium, l'erbium et le néodyme émettent de la lumière. Elles sont utilisées dans les LED et les lasers.
- Propriétés catalytiques: les terres rares comme le cérium et le lanthane accélèrent les réactions chimiques.
- Propriétés électriques: les terres rares comme le cérium, le lanthane, le néodyme et le praséodyme confèrent aux batteries une capacité de stockage de l'énergie plus élevée.
L'Union européenne estime que la demande pour les terres rares utilisées dans les aimants pourrait décupler d'ici à 2050. Montrant les énormes besoins de la transition énergétique, si les objectifs de l'accord de Paris sur le climat sont atteints, d'ici 2040, les énergies propres représenteront 40% de la demande. Ce chiffre est à comparer aux 10% de 2010.
Selon un rapport de Prescient Strategic Intelligence, le taux de croissance annuel composé de la demande devrait être de 9,1% à l'échelle mondiale au cours des dix années allant de 2021 à 2030.