Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07118.jsonl.gz/824

A la fin de la première guerre mondiale, l’idée d’une coupe-challenge est dans l’air. La Fédération est endettée, mais pense offrir – ou plutôt se faire offrir – une coupe.
Le protocole du comité du 08 mars 1919 nous renseigne à ce sujet :
« M. Conus nous oriente sur l’achat d’une coupe-challenge d’une valeur de 500 à 600 francs destinée aux sociétés de tir de notre Fédération à l’occasion du concours annuel des sections. Tous les membres présents sont d’accord en principe avec la proposition de M. le Président ; après discussion approfondie, le comité est d’avis de procéder à une souscription libre, souscription qui se fera par rayon local. »
A l’assemblée du 13 avril 1919, l’achat de la coupe-challenge est adopté par 14 voix contre 5.
Une proposition inattendue rallie tous les suffrages.
« La coupe reste propriété de la Fédération. La société qui obtiendra la coupe en aura la jouissance pendant une année. »
Au comité du 05 juillet 1919 le Président donne connaissance du chiffre atteint à ce jour par la souscription pour la coupe et présente les divers modèles reçus. Le Comité adopte le modèle « Renaissance » et décide que le chapeau portera « Guillaume Tell ».
On décide en outre les inscriptions suivantes :
« Sur la coupe : Fédération des sociétés de tir de la Gruyère 1907 – 1919 et sur le pied, les écussons du district, du canton et de la Suisse. De plus, il sera formé une chaîne d’écussons des armoiries des communes ayant participé à la fondation de la coupe. Cette chaîne sera gravée sur écusson en relief sous le bord de la coupe. »
Chaque année, à l’assemblée annuelle, il est question de la coupe, mais c’est à l’assemblée du 22 mai 1920 qu’on en parle le plus longuement :
« Chers camarades, vous avez inauguré à Botterens la coupe de la Gruyère qui est le symbole de l’amitié qui doit nous unir toujours, l’image de la patrie que nous aimons et le stimulant pour nos tireurs le jour du concours. J’adresse mes sincères félicitations à la société qui l’a emportée le 31 août, à nos amis de Cerniat. »
Coupe remise à la société reine du tir en campagne
A la fin de la première guerre mondiale, la Fédération a reçu la Grande Coupe.
A la fin de la deuxième, l’achat d’un fanion réjouit tous les tireurs.
Entre le 25 juin 1946, date de l’annonce de « l’heureuse nouvelle » et le 04 août 1946, jour de la bénédiction du fanion, il n’y a que six semaines. C’est peu pour la « naissance » d’un drapeau. On peut donc penser que les bienfaiteurs se sont mis à l’ouvrage en secret depuis longtemps lorsque au comité du 25 juin 1946, le Président annonce :
La grande fête de la bénédiction a eu lieu à Broc, le 04 août 1946.
« Pouvait-on voir de plus beau spectacle ! Dans un décor naturel mais grandiose, ayant comme fond la chapelle des Marches, la citadelle des comtes de Gruyères, le Moléson aux trois cimes rêveuses, la prairie où se dressaient un autel et le drapeau à croix blanche déployé pour recevoir celui qui sera le symbole et le signe de ralliement des tireurs gruériens, M. le Prieur Seydoux célébra le culte. Dans une vibrante allocution, il rappela aux tireurs que bien servir le drapeau et servir le pays, c’est garder sa foi, le respect de nos libertés et un amour indéfectible du patrimoine que nous ont légué nos ancêtres. Le nouvel emblème avait une garde d’honneur magnifique en la personne de nos deux membres d’honneur, MM. Maurice Beaud et Auguste Castella, des tireurs vétérans, MM. Emile Savary et Lucien Ruffieux. Apporté par deux jeunes et alertes Gruyériennes en seyants dzaquillons, le fanion déroula sa soie nuptiale pour recevoir la bénédiction. Plus d’une larme coula lorsque parrain et marraine, autorités, vinrent dans une geste pieux déposer leur baiser sur les franges dorées du nouvel emblème. Au souffle de la brise estivale, vingt bannières donnèrent l’accolade. »