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Le chant du cygne du combiné
Discipline historique du ski alpin, le combiné vit ses dernières heures. Réduit à deux épreuves cette saison pour les messieurs en Coupe du monde (Bormio et Wengen), il disparaîtra du calendrier au terme de la saison prochaine avec le combiné des Mondiaux d'Are en 2019 comme ultime course.
1982-2019, voilà ce que l'on pourra lire comme épitaphe sur la tombe du combiné alpin. Créé en 1932, le combiné d'alors cumulait les résultats de la descente et du slalom afin de saluer la polyvalence des coureurs. Absent des Jeux olympiques de 1952 à 1984, il a effectué son retour à Calgary en 1988. Aux Championnats du monde, c'était déjà le cas depuis Schladming en 1982. Mais aujourd'hui, la spécialisation des athlètes et un certain désamour du public ont conduit la Fédération internationale (FIS) à signer son arrêt de mort.
Patrice Morisod pas fan
Bien moins spectaculaire qu'un slalom parallèle ou qu'une descente et moins naturel qu'un géant, le combiné a toujours traîné une réputation de course hybride, pour ne pas dire bâtarde. L'ancien entraîneur de l'équipe de Suisse Patrice Morisod avoue ne pas regretter son futur abandon: "C'est assez malheureux parce qu'on voit que certains coureurs font des tests de matériel ou d'autres prennent des pauses comme Alexis Pinturault qui gagne le premier combiné à Bormio et qui n'est pas au départ à Wengen. Pour tout dire, je n'ai jamais été un grand fan. J'ai toujours eu de la chance d'entraîner des grandes équipes de combiné en Suisse et en France. Mais quand je regarde la course du jour, je n'ai pas de frissons. Le niveau des descendeurs en slalom n'est pas bien élevé."
A la question de savoir ce qui a précipité la "mort" du combiné, le Valaisan met en avant le peu de fréquence des épreuves, surtout lorsque l'on voit par exemple que les filles vont disputer douze (!) slaloms: "Dès le moment où l'on n'en met plus... Il faudrait qu'il y en ait cinq ou six par saison pour qu'il y ait de l'intérêt. La FIS a décidé, je crois, d'en faire trois l'hiver prochain chez les garçons pour la dernière saison, mais on sent que c'est la fin."
Pour la Suisse, le combiné a toujours représenté une belle moisson de médailles. De l'or à Sotchi pour Sandro Viletta aux titres mondiaux de Luca Aerni et Wendy Holdener l'année passée à St-Moritz, le combiné a plutôt souri aux athlètes helvétiques. "C'est dommage, tonne Luca Aerni. C'est une belle discipline, mais avec le programme qu'on a c'est vraiment très chargé et vu que je commence le géant, il devient vraiment difficile de tout concilier. D'un côté c'est dommage, mais je suis presque content pour le géant. Avec seulement deux courses au programme, on ne s'entraîne pas vraiment et on doit le faire à côté."
Wengen se fait du souci
A Wengen, on ne se réjouit pas de voir le combiné rayé de la carte. Car pour la station de l'Oberland bernois, la tenue de trois courses au cours du week-end est vitale d'un point de vue financier. Le président du comité d'organisation Urs Näpflin s'est exprimé sur les canaux de SRF: "Si nous n'avons pas la garantie de pouvoir organiser trois courses, nous devrions revoir notre budget et nous ne serions plus en mesure d'organiser des courses de ce niveau." Mais que mettre à la place? Un Super-G? Impossible? Un géant? Non plus. Un parallèle? La piste est bien trop petite. Le plan qui se dégage voit la mise sur pied d'une descente sprint en deux manches avec un départ à la Tête de chien. "Cela nous permettrait d'assurer nos investissements, souffle Urs Näpflin avant de taper du poing sur la table. Je ne comprends pas pourquoi Swiss-Ski ne se bat pas pour le maintien de cette épreuve!"Retour à la page d'accueil
ATS