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Manufacture d'orgues Th. Kuhn SA, 1998
Restauration
www.orgelbau.ch/opf=801080
II/P/19
Autriche, Basse Autriche
Piaristenkirche
Manufacture d'orgues Th. Kuhn SA, 1998
Restauration
L'orgue de la «Piaristenkirche» - une restauration authentique
A la «Piaristenkirche», un bon siècle après la construction d'un orgue neuf dans l'ancien buffet par le facteur Capek de Krems, l'ensemble de l'instrument était dans un état désolant. L'organiste avait beau tirer ses jeux, à l'oreille ont s'était rendu compte déjà depuis longtemps que l'orgue était bien malade, rendait lamentablement son dernier souffle, disons ses derniers souffles. En effet, ils sortaient de toute part! Le vent s'engouffrait partout où il ne fallait pas, se frayait même d'innombrables passages et débouchés dans des bois tout a fait vermoulus.
Il n'était pas question de tirer tous les jeux. Le vent ne suffisait plus et engendrait une belle cacophonie. La tuyauterie y participait, les tuyaux ne se dressaient pas toujours verticalement dans l'orgue. Certains, mal soutenus, avaient un air penché, d'autres étaient pliés ou même tombés.
A la présentation de ces dégâts, d'autres ont été répertoriés et concernaient la plupart des éléments techniques. Les claviers et les tirants de la console, usés, avaient un jeu considérable. L'orgue ne pouvait pas fonctionner avec fiabilité à cause de l'état de sa mécanique (usure et corrosion, mauvais réglage général, soins insuffisants) et des défauts constatés aux sommiers (choix du matériel et anomalies de construction). L'état du buffet était tout aussi préoccupant. La partie centrale de sa façade s'inclinait vers l'arrière (la résistance de la paroi du fond étant trop faible) et les affaissements occasionnés ouvraient les joints des assemblages.
Ces quelques lignes dressent un tableau réaliste et peu reluisant donné par cet instrument. A se demander même s'il valait la peine de sauver une chose pareille! «Naturellement», c'est la réponse que nous pouvions donner en tant que facteurs d'orgues, restaurateurs! L'orgue d'origine, de Capek, a en effet pratiquement été conservé. C'est une chance, si on le compare à bien d'autres instruments rendus méconnaissables sur le plan sonore suite à des changements, à de multiples transformations, pour lesquels, la plupart du temps, il ne reste qu'une possibilité à envisager: la reconstruction. On constate dans bien des cas qu'un choix se porte plus facilement sur une construction neuve plutôt que sur une véritable restauration d'un ancien orgue. A Krems, pourtant, on pouvait se dire qu'il valait la peine de s'attacher aux détails techniques, de remettre en état les anciens éléments, pour rendre à l'orgue toute sa fiabilité.
Les travaux de reconstitution se sont uniquement limités à la construction de nouveaux tuyaux d'étain pour la façade. Les tuyaux originaux, comme presque partout en Autriche, avaient été réquisitionnés lors de la première guerre mondiale. Ils avaient été remplacés par une tuyauterie de zinc. Par chance les plus petits tuyaux de la façade n'avaient pas disparu et ont pu nous servir de modèle pour rétablir l'ensemble manquant. Un second jeu manquait pour le deuxième clavier, une Flûte 4'. Après avoir pris connaissance de la banque de données du Prof. Karl Schütz de Vienne, d'un inventaire concernant tous les orgues de Capek, nous avons pu trouver une Flûte de 4' d'une taille convenable pour l'orgue de Krems. C'est une aubaine que d'avoir à disposition des tuyaux de Capek que nous pourrons reprendre prochainement. En effet, dans les années qui viennent, un orgue neuf se construira à Loiben et cette Flûte 4', cédée, pourra prendre place dans l'orgue de Krems.
On peut être certain que suite à cette restauration l'orgue revit, comme on l'avait voulu au temps de sa construction, par Capek en 1893. Il représente ainsi un témoin d'une époque, un bien culturel du patrimoine régional. Nous devons remercier les piaristes et tous ceux qui se sont investis pour la conservation de ce bel instrument, dont la restauration a occasionné des frais considérables.