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… où l’on ne pratiquait manifestement pas encore la « conduite par objectifs » !
… où la reconnaissance, les enseignements et les directives se mêlent à une dose de patriotisme et à un brin de paternalisme !
Rudolf Jaun, professeur émérite d'histoire moderne et d'histoire militaire à la Faculté de philosophie de l'Université de Zurich et chef du département d'histoire militaire de l'Académie militaire de l'ETH Zurich jusqu'en 2012, comble une lacune avec son "Histoire de l'armée suisse du 17e siècle à nos jours". Ce livre, brillamment écrit et soigneusement illustré, est le premier compte rendu exhaustif de l'armée du petit État situé au cœur de l'Europe, qui - entouré de grandes puissances - a dû, au fil des siècles, se défendre avec son armée aux ressources humaines et financières limitées contre des menaces réelles mais aussi simplement potentielles.
La Suisse compte plus de 800 musées. Une dizaine se consacrent spécifiquement à l'histoire militaire et une quarantaine comprennent des salles d'armes ou des parties réservées à la chose militaire. Bien souvent ces présentations ne traitent pas des périodes après l'Ancien Régime ou après les années 1850. En Suisse, il n’existe pas — faute de décision politique et d'engagement financier de la Confédération — un Musée militaire national, similaire au Musée de l'Armée à Paris ou Bruxelles. Les milieux culturels, tout comme d'ailleurs le monde de l'édition, peinent à considérer l'histoire militaire, partant les musées militaires, comme faisant partie de la culture.
L’Histoire, c’est la relation, l’analyse, la mise en perspective de faits passés. Elle permet aussi – ou pour le moins devrait permettre – d’aider à comprendre le contexte dans lequel évolue le monde présent. Ce contexte est le résultat d’une cascade de faits et d’événements, avec leurs conséquences. Les faits passés qui doivent nous intéresser sont aussi bien ceux d’hier que d’avant-hier ou d’il y a longtemps. Mais ces cascades (comme les chutes d’eau dans la nature) suivent un cours parfois marqué de soubresauts, si ce n’est l’écoulement irrémédiable du temps (respectivement l’effet de la gravité) ; c’est l’étude de ces changements de cours qui est intéressante.
Chez les anciens Grecs, Clio était la Muse de l’histoire ; elle chantait le passé des hommes et des cités, en glorifiant leurs hauts-faits. Cette invocation et cette relation exclusive des hauts-faits se sont longuement prolongées, notamment au XIXème siècle avec la montée des nationalismes puis jusqu’à des époques récentes : ce mélange de faits avérés et d’enluminures presque mythologiques donne une vision orientée, partiale et donc partielle de l’histoire d’un pays. Depuis le XXème siècle, on vise à atteindre une meilleure mise en perspective des faits, dans le contexte de l’époque où ils se sont déroulés ; il en ressort une relativisation des soi-disant exploits, une analyse des influences du contexte et une présentation plus objective des conséquences.
[Source] Cet ouvrage qui vient de paraître est le fruit d’un colloque organisé en 2018 sur le renseignement dans les pays neutres sous l’égide de l’Association Suisse d’Histoire et de Sciences Militaires. Il aborde une question d’actualité particulièrement sensible, celle des pratiques de l’espionnage dans les pays neutres, et plus particulièrement en Suisse.
Avec cette 41e Newsletter, nous mettons un terme [au] format de publication papier pour nous tourner vers une édition désormais numérique dont la trame évoluant au fil de l’année sera plus dynamique et plus vivante. Une transformation qui respecte les recommandations de l’Académie suisse des sciences humaines et, plus largement, de la Confédération dont la politique en faveur du monde numérique s’affirme de manière volontaire et positive. Que vive donc notre société dont le site Internet constituera en quelque sorte son quartier général de campagne.
Gérée au cours de ces dernières années par Hervé de Weck, cette Newsletter a permis d’évoquer les activités de l’ASHSM, mais également de revenir sur certains faits saillants de l’actualité helvétique et même parfois internationale. Hervé s’est retiré pour jouir d’une retraite bien méritée, et il nous laisse la tâche de poursuivre le travail. À nous de maintenir le niveau d’excellence auquel il nous avait habitué et surtout de le remercier pour son amitié et le labeur accompli. Le comité de l’ASHSM a décidé de marquer la transition en donnant à la Newsletter l’usage fédéral courant concernant les langues nationales. Celle-ci présentera dorénavant des textes dans leur langue originale et tâchera de respecter un équilibre linguistique.