Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07052.jsonl.gz/405

Pierre Streit
La Royal Navy exsangue?
L'annonce récente d'une augmentation des dépenses de défense et surtout la confirmation de la construction de deux porte-avions de 65'000 tonnes ont pu faire croire que la Grande-Bretagne, première puissance militaire européenne, entendait poursuivre son effort de défense et s'en donner les moyens. Or, depuis plusieurs mois, la presse britannique se fait l'écho d'une réduction possible et drastique du nombre de navires et de sous-marins. A terme, la Royal Navy pourrait bien se résumer à deux groupes aéronavals et un groupe amphibie. Que de chemin parcouru depuis l'époque où la "Home Fleet" régnait encore sur les mers ... A l'instar des forces terrestres et des forces aériennes, les forces navales sont aussi confrontées actuellement à une transformation (ou une adaptation) et à des choix cruciaux: faut-il construire deux porte-avions lourds et tous les moyens d'escorte nécessaires ou miser sur des navires polyvalents? Comment lutter contre la piraterie, si ce n'est par l'engagement d'avisos ou de patrouilleurs moins coûteux mais bien armés et prépositionnés dans les zones sensibles? Le sous-marin nucléaire d'attaque est-il préférable au sous-marin à propulsion classique, moins onéreux mais disponible en plus grand nombre et doté de capacités dissuasives? En Grande-Bretagne comme ailleurs en Europe, de certains choix cruciaux vont dépendre durant les vingt prochaines années le poids et le rôle de l'Europe sur les mers.
PS