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Dimanche 27 septembre, résultats des votations : pas de surprise. On en reste donc à ces cinq constats bouleversifiants :
1. La Suisse est de droite : quand elle accepte une hausse d'impôts pour " sauver " une assurance sociale, c'est, du bout des lèvres, une hausse de l'impôt le moins social, et c'est une hausse temporaire ;
2. Les Verts ne sont pas de gauche : quand la gauche combat une baisse d'impôts ne profitant réellement qu'aux revenus les plus élevés, ils soutiennent cette baisse, avec la droite ;
3. Le PS tout seul, ou la gauche de la gauche toute seule, ni les deux ensemble, ne sont pas majoritaires, même en Ville de Genève ;
4. Les enjeux culturels ne passionnent pas les foules : le destin du CIC et de Saint-Gervais s'est joué dans l'indifférence ;
5. Les promesses de baisses d'impôts rendent les contribuables joyeux : il suffit à leurs promoteurs de les présenter comme " avantageuses pour les classes moyennes et les familles ", et ça marche, à tous les coups…
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Dimanche 27 septembre, résultats des votations : pas de surprise. On en reste donc à ces cinq constats bouleversifiants :
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zonage culturel à Genève
On aura dimanche soir si le million de subvention que la Fondation Saint-Gervais recevait pour le Centre pour l'image contemporaine (CIC), et qui lui a été enlevé, sera rétabli. On ne saura pas, en revanche, ce qu'il adviendra du CIC,, ni même d'ailleurs de la maison de Saint-Gervais elle-même, tant les intentions de la Fondation Saint-Gervais et du Département des Affaires Culturelles sont à la fois opaques et contradictoires. Ce qui n'est en revanche ni opaque, ni contradictoire, c'est bien cette tendance au " zonage " culturel, qui aboutit, progressivement, à la concentration de tout ce qui relève, ou prétend relever, de l' " art contemporain " dans un même quartier. Ou un même ghetto.
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" La liberté de l'art, son indépendance vis-à-vis de ce que l'on exige de lui, se fonde dans l'idée d'une société libre et anticipe en un certain sens sa réalisation " (Theodor Adorno)
Elle passerait presque inaperçue (n'était la splendide affiche baudelairienne d'Exem), la votation municipale à l'ordre du jour du 27 septembre, sur le maintien ou non d'un gros million de subvention accordée par la Ville à la Fondation Saint-Gervais, et jusqu'alors affectée par celle-ci au Centre pour l'Image Contemporaine, avant que, pressé par la Fondation et le Conseil administratif, le Conseil Municipal n'entérine le transfert de cette subvention au Centre d'Art Contemporain (CAC) et au Fonds municipal d'Art Contemporain (FMAC), en signant du même coup l'arrêt de mort du CIC. L'enjeu est réel. Non pas financier, cet enjeu, mais culturel.
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Centre pour l'image contemporaine
Un référendum pour un débat
En décembre, lors du grand débat budgétaire, le Conseil municipal a décidé de transférer la subvention accordée au Centre pour l'image contemporaine (CIC) au Centre d'art contemporain (CAC) et au Fonds municipal d'art contemporain (FMAC). Cette décision, totalement contradictoire d'une motion votée six mois plus tôt par le même Conseil municipal, à propos du même Centre pour l'image contemporaine, condamne celui-ci à mort. Le référendum municipal lancé contre la décision de décembre, et qui peut donc s'appuyer sur celle de juin, est une sorte de demande de grâce -non pour le principe même de la grâce, mais pour laisser le temps à un projet d'émerger, qui soit alternatif à la fois à la pétrification du CIC dans son état actuel et à sa suppression pure et simple. Entre deux solutions, la troisième est souvent la meilleure.
Donner du temps à un projet
En l'absence de toute possibilité constitutionnelle de " référendum constructif " ajoutant au refus d'une décision, une proposition de décision alternative, un référendum est par définition un acte d'opposition, mais cette opposition " dégage le terrain " politique, en maintenant ouvert le champ des possibles afin qu'ensuite, sur le terrain dégagé, quelque chose de nouveau puisse être construit. Encore faut-il concevoir ce " quelque chose de nouveau ". Le référendum contre la suppression de la subvention au CIC se justifie par le fait même qu'en proposant de revenir sur la décision qui, de facto, abolit cet acteur culturel, il obligera, s'il aboutit, à se poser quatre questions :
- Genève doit-elle se doter d'une institution autonome active dans le champ de l'imagerie contemporaine ?
- quel contenu, quel mandat, donner à une telle institution : produire, représenter, expérimenter, constituer un patrimoine, ou tout cela à la fois ?
- quelle forme cette institution doit-elle prendre ? publique ou privée ? municipale ou cantonale ?
- enfin, que faire de l'actuelle Fondation de Saint-Gervais, fondation de droit privé mais dépendant presque totalement du financement public, et dont l'organe " suprême ", le Conseil de fondation, n'est composé que de représentant de collectivités et de services publics ?
Ce sont ces questions qui devront être posées si le référendum aboutit. Et elles ne pourront vraisemblablement être posées que s'il aboutit. Parce que le CIC mort et ses dépouilles dispersées dans d'autres institutions, un projet culturel pour l'imagerie contemporaine à Genève sera très vraisemblablement le dernier des soucis des acteurs politiques locaux.
Signez le référendum contre la disparition du Centre pour l'image contemporaine (CIC) de Saint-Gervais
feuilles de signatures téléchargeables sur www.sauvons-le-cic.ch
Dernier délai de renvoi : jeudi 22 janvier
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Signez * le référendum contre la disparition du Centre pour l'image contemporaine
* feuilles de signatures téléchargeables sur www.sauvons-le-cic.ch. Dernier délai de renvoi : jeudi 22 janvier
Le 6 décembre dernier, le Conseil municipal de la Ville a accepté, à une " très grande majorité ", le transfert au Centre d'art contemporain (CAC) et au Fonds municipal d'art contemporain (FMAC) de la subvention de 1,1 million accordée au Centre pour l'image contemporaine (CIC), ainsi que le transfert de la collection du CIC au FMAC. Cette décision signerait l'arrêt de mort du CIC, à moins que le peuple s'y oppose. Encore faut-il qu'il puisse s'exprimer. D'où le lancement d'un référendum populaire contre une décision prise pour des motifs en lesquels les choix de politique culturelle semblent avoir pris une place pour le moins ténue. Une décision par ailleurs voulue, curieusement, par la " très grande majorité " du Conseil de fondation de la fondation de Saint-Gervais, apparemment adepte de l'application au tissu culturel genevois des méthodes de la médecine moyenâgeuse : la purge, la saignée et l'amputation.
La marge et la page
On s'est d'abord attaqué aux marges, on s'attaque désormais aux pages. Après l'offensive contre les squats, et les espaces culturels créés par les squats, après l'évacuation d'Artamis, après la scénarisation médiatique des attaques contre l'Usine, on passe aux attaques contre des acteurs culturels labellisés comme tels, officialisés, installés dans des institutions publiques (et peu importe que Saint-Gervais soit une fondation privée, quand elle dépend essentiellement des subventions publiques, est dirigée par un Conseil de fondation peuplé de représentants de collectivités publiques... et que sa disparition est ratifiée par une municipalité). Le Centre pour l'image contemporaine a été fondé il y a 23 ans. Il faisait partie intégrante du " tissu culturel " genevois, et avait acquis une renommée internationale incontestable. Il n'en est pas moins devenu la première institution culturelle genevoise à se retrouver dans la même situation, ou peu s'en faut, que les espaces culturels alternatifs. Après l'épuration, la concentration. Ce saut qualitatif n'est pas moins inquiétant que les trépignements populistes et épurateurs qui l'ont précédé. Après le CIC, à qui le tour ? Après l'auto-amputation à laquelle s'est livrée (qu'on l'y ait ou non incitée) la Fondation de Saint-Gervais, quel charcutage, quelle " fusion ", quel appauvrissement ?