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L'AS Rome se déplace ce lundi à Naples (19h) dans un derby du soleil qui s'annonce électrique entre des Romains qui luttent pour une place en Champions League et des Napolitains qui rêvent encore de remporter la Série A.
À la tête du club de la capitale, on retrouve un certain José Mourinho, 59 ans, redescendu au second plan des meilleurs entraineurs de la planète après des passages mitigés à Manchester United et Tottenham.
Has-been pour certains, le Portugais réalise une saison plutôt correcte en Italie. Son club est toujours en lice pour arracher une place dans le top 4 et est qualifié pour les demi-finales de l'UEFA Conference League (il affrontera Leicester). Par le passé, José Mourinho a construit sa légende et son palmarès principalement lors de ses deuxièmes saisons en club. Alors, peut-il refaire le coup la saison prochaine avec la Roma et revenir au premier plan des entraineurs mondiaux ?
José Mourinho démarre sa carrière d'entraineur principal à Benfica mais c'est au FC Porto qu'il devient mondialement connu. Dès sa première saison complète, en 2002/2003, il réalise déjà un incroyable triplé championnat, Coupe et Coupe de l'UEFA. Mais c'est bel et bien la saison d'après, sa deuxième complète à la tête du FC Porto, que José Mourinho entre dans la légende du football. Il emmène, en effet, cette saison-là, le club portugais au sommet du football mondial en remportant la Champions League avec une équipe composée principalement de joueurs locaux que le «Mou» a personnellement repêché dans des clubs de seconde zone (Deco au Salgueiros par exemple) ou même chez l'ennemi (Maniche au Benfica).
La suite est plus connue. José Mourinho est débauché par Chelsea et son nouveau propriétaire, Roman Abramovitch, pour guider le nouveau projet du club londonien. C'est le début du Special One.
Mais c'est surtout avec l'Inter, qu'il rejoint en 2007, qu'il va écrire une nouvelle page de sa légende lors de sa 2e saison.
Champion d'Italie dès son arrivée, il marque l'histoire des «Nerazzurri» lors de la saison 2009-2010 en allant arracher la Ligue des Champions au terme d'une campagne «mourinhesque». En 8es de finale déjà, il élimine son ancien club, Chelsea. Mais c'est surtout la demi-finale qui reste dans les mémoires. Après une victoire 3-1 à Milan contre le grand Barcelone de Lionel Messi, l'Inter résiste au match retour en ne s'inclinant que 1-0 au terme d'un match ultra-défensif. Eto'o évolua même latéral gauche alors que l'entraineur portugais célébra le passage en finale avec un mythique sprint provocateur sur la pelouse du Barça. Iconique.
Après avoir soulevé le trophée et pleuré dans les bras de son ami Marco Materazzi, Mourinho prend la direction du Real Madrid. En Espagne, le Mou ne remporte qu'un seul titre de champion en trois saisons et c'est...lors de sa 2e année à la tête des «Merengues».
Son passage à Madrid reste compliqué. Quelques polémiques, des prises de becs, une relation tendue avec CR7, des clasicos de fou furieux contre son éternel rival Guardiola mais très peu de trophées. En 2013, il reprend la direction de Chelsea.
À Londres, Mourinho réalise tout d'abord une saison blanche, avant de signer un doublé coupe-championnat lors de sa deuxième année à la tête des Blues. En décembre 2015, il est licencié après une série de mauvais résultats. Le début d'une nouvelle vie, plus compliquée.
En 2016, le coach portugais est annoncé comme nouvel entraineur d'un Manchester United en quête de sa gloire passée. À Old Trafford, José Mourinho réalise sa meilleure saison lors de sa première année, en 2016-2017 remportant la Coupe de la Ligue et l'Europa League. Sa deuxième saison est plus compliquée, preuve que «The Special One» entre dans une nouvelle ère de sa carrière.
Mourinho est à nouveau licencié en décembre 2018 après un début de saison catastrophique (le pire depuis 1990 pour les Mancuniens). Le Portugais est attaqué sur ses méthodes et sur sa communication jugées dépassées et plus en phase avec le football moderne. En parallèle, une nouvelle génération d'entraineur émerge (emmenée par l'Allemand Jurgen Klopp), faisant passer Mourinho définitivement au second rang.
Un an plus tard, le Portugais retrouve de l'embauche, à Tottenham. Il y restera un an et demi sans remporter le moindre trophée. Une première.
José Mourinho a signé en Italie l'été passé. La Roma occupe la 5e place du championnat après 32 journées pour sa première saison. Une situation qui correspond au potentiel de son équipe, habituée à chasser les places européennes ces dernières années.
Depuis son arrivée à Rome, José Mourinho a également modifié quelque peu sa communication, renvoyant une image plus adaptée à la réalité du football de 2022. Il s'est illustré à plusieurs reprises cette saison de manière positive sur des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux.
Avant le match de ce lundi, il a également pris le temps d'aller rendre hommage à Maradona à Naples. Une initiative noble et respectueuse mais qui entre certainement dans la nouvelle stratégie de communication du «Mou», qui semble vouloir soigner à présent son image en dehors du terrain. En Angleterre, il avait avoué aimer attirer l'attention des projecteurs sur sa personne afin de préserver ses joueurs. Un schéma qui semble désuet avec les réseaux sociaux et les nouveaux médias présents dans le football aujourd'hui.
Si le coach portugais a travaillé sa communication, le naturel reste bien présent chez lui. Il n'hésite pas de temps en temps à expédier quelques piques en conférence de presse, comme récemment lorsqu'il s'en est pris à un journaliste italien.
Mourinho en conf. de presse avec un journaliste :— Instant Foot ⚽️ (@lnstantFoot) April 2, 2022
"Je m'attendais à une question beaucoup plus agressive, négative et violente après vous avoir écouté à la radio. Tu es beaucoup plus agressif et violent à la radio mais quand tu viens ici, tu te chies dessus devant moi." 🤐 pic.twitter.com/yCD56uPnSX
Sportivement, son équipe propose un football plutôt attractif. La semaine dernière, face aux Norvégiens de FK Bodø/Glimt, l'AS Roma a inscrit un but collectivement magnifique. En réussissant sa fin de saison, José Mourinho peut poser les bases pour refaire le coup de la grande deuxième saison, et ainsi revenir dans la cour des grands.
En battant en finale Stefanos Tsitsipas à Rome dimanche (6-0 7-6), Novak Djokovic s'est adjugé son 87e titre sur le circuit ATP. Au même moment, son fils Stefan, 7 ans, décrochait son premier trophée dans un tournoi junior en Serbie.