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Vaccination contre la varicelle
Cette vaccination a été incluse dans le plan fédéral de vaccination au 1er avril 2005, émis par l’Office fédéral de la santé publique. Une demande de prise en charge par les assurances maladie est en cours.
Les faits
L’enfant nouveau-né dispose d’anticorps transmis par sa mère (si elle a fait la maladie ou a été vaccinée), et les perd graduellement dans les mois qui suivent (comme pour d’autres maladies infantiles).
On peut vacciner l’enfant dès le 13e mois, mais l’immunité acquise est meilleure si la vaccination a lieu entre 4 et 12 ans: une seule dose suffit, alors qu’il faut deux doses dans les autres situations.
En Suisse, il y a chaque année:
- 57'000 enfants qui ont la varicelle, dont 235 sont hospitalisés
- 3'000 adultes (surtout les 20-49 ans) qui la contactent, dont 70 sont hospitalisés
- environ 32 cas surviennent chez des femmes enceintes
Le risque de mortalité est de 1/130'000 chez les enfants et de 1/3'100 chez les adultes.
Les enfants s’immunisent activement et progressivement depuis leur 1re année de vie par contact avec des pairs malades, qui leur transmettent la maladie, et vers l’âge de 10 ans 96% sont immuns, parce qu’ils ont fait la maladie par rencontre avec le virus sauvage. Les anticorps developpés lors d'une varicelle persistent tout la vie.
Si l’on interroge les mères pour savoir si l’enfant a fait la varicelle:
- l’anamnèse est négative ou incertaine dans 14%
- une anamnèse positive est juste dans 98%
- une anamnèse négative ou incertaine est juste dans 26%
La maladie est donc bien reconnue et on s'en souvient, mais des varicelles n'ont pas été reconnues.
Les buts de la vaccination
On peut/doit protéger contre plusieurs éléments en relation avec la varicelle, de plusieurs manières différentes (Ac injectés ou vaccination) par exemple contre :
- la maladie elle-même qui est plus grave chez l'adulte
- les complications de la maladie pour le malade
- les effets de la maladie sur le fœtus d’une mère contaminée durant sa grossesse
- l’apparition tardive d’un zona par réactivation du virus acquis lors d’une précédente varicelle et reste dans le corps (ganglion du système nerveux central)
- le risque de diffusion de la maladie à d’autres personnes
- les risques particuliers pour un enfant immunodéprimé
- la diffusion du virus sauvage
Parmi ces options, la protection contre la varicelle de l’enfant, contre les complications de la varicelle, et contre le zona ne sont pas prioritaires.
Les qualités du vaccin
Le vaccin est bien connu depuis 30 ans, bien qu’il n’ait été utilisé que dans des situations particulières jusqu’ici. Les deux présentations (Varilrix et Varivax) sont interchangeables au point de vue de l’efficacité.
L’effet protecteur du vaccin est excellent, de l’ordre de 97% si l’on tient compte aussi des varicelles atténuées.
Le vaccin est excellent: les effets secondaires locaux peuvent s’élever jusqu’à 15-20% des cas, jusqu’à 5% pour la fièvre, et y a dans un faible pourcentage l’apparition de vésicules (au lieu d’injection, ou ailleurs sur le corps, mais moins de 10 vésicules au total).
Le vaccin est sûr: la contamination entre personnes par le souche vaccinale est inconnue, malgré qu’il s’agisse d’un vaccin vivant.
Le vaccin permet la prévention post-expositionnelle: dans les 72 heures après le moment de la contamination, 90-95% de protection, dans les 120 heures 76% contre toutes les formes et 100% contre les formes sévères.
Les contre indications sont bien connues: toutes les formes d’immunodéficience de lymphocytes T
- SIDA
- corticothérapie systémique durant plus de 2 semaines (délai d’attente de 1 à 3 mois)
- grossesse
- eczéma grave
Délai d’attente pour la vaccination de 3 à 11 mois en cas d’administration de certains dérivés obtenus à partir du sang.
Les stratégies vaccinales
Les stratégies vaccinales définies peuvent être de 3 types:
- examen sérologique de tous les personnes et vaccination seulement des personnes dont la sérologie est négative: coûteux, logistiquement difficile à mettre en œuvre, effet dissuasif de la prise de sang;
- vaccination de toutes les personnes pour lesquelles l’anamnèse est négative ou incertaine: plus ciblé (environ 20 fois moins de personnes), mais il y a quelques pourcents de faux négatifs et beaucoup plus de faux positifs: on ne vaccinera donc pas quelques porcents de personnes qui n’ont pas eu la varicelle, et plus de personnes qui l’ont déjà eue, et on n’a pas une grande fiabilité pour les adultes;
- stratégie mixte: vaccination de toutes les adolescents sans anamnèse positive précise de varicelle, avec contrôle sérologique (acceptable pour les adultes), particulièrement pour les femmes (non enceintes) qui sont en âge d’avoir des enfants. On vaccinera également le personnel soignant et le personnel en contact professionnel avec les enfants.
C’est la dernière stratégie vaccinale qui a été adoptée par la Suisse, en plus de la vaccination sélective (voir plus bas). On intervient donc à la fin de la période de l’enfance durant laquelle on assiste à une augmentation de la proportion des personnes immune du fait de la contamination par le milieu pour intervenir sur le 4% des personnes qui ont échappé à la varicelle.
Recommandations de vaccination (OFSP)
Vaccination ordinaire (avant exposition):
- la recommandation est de 2 doses à 1 mois d’intervalle dès le 11e anniversaire.
Vaccination sélective (avant exposition):
- vaccination des sujets séronégatifs dont on peut présumer le risque élevé d’évolution compliquée (selon des modalités particulière);
- vaccination de l’entourage familial des sujets à risque élevé de complication sévère et qui ne peuvent être vaccinés (dès connaissance du risque particulier, selon les mêmes règles que pour la population habituelle).