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La répartition des 1,25 milliard de dollars prévus par l'accord global de 1998 refait surface à la veille d'une audience aux Etats-Unis.
Le juge Edward Korman reproche aux banques suisses de retarder la distribution de l'argent. Une accusation rejetée par les intéressées.
Dans une prise de position publiée jeudi dernier et reprise ce week-end par le «New York Times», le juge new-yorkais Korman s’en prend une nouvelle fois aux banques suisses qui perturberaient, selon lui, la recherche de la vérité.
Le magistrat américain affirme que l’UBS et le Credit Suisse retardent le processus de répartition des 1,25 milliard de dollars prévus par l'accord de 1998 sur les fonds en déshérence conclu entre les banques et les plaignants juifs.
Mensonge «assez gros»
Selon Edward Korman, les banques continuent de prétendre n'avoir commis aucune injustice pendant et après la période nazie. Aux yeux du magistrat, leur comportement rappelle la théorie selon laquelle «un mensonge finit par être cru s'il est assez gros et assez souvent répété», indique le texte de sa prise de position.
Ed Korman soutient la recommandation déjà émise par Judah Gribetz, le «Special Master» chargé de veiller à l'indemnisation des ayants droit, qui appelle à la publication d'une liste de 15'000 comptes qui pourraient avoir un lien avec les victimes des nazis. Selon le juge, les banques ont volontairement réduit cette liste.
Il affirme en outre que les banques craignent de publier cette liste in extenso par craintes de révélations sur leur comportement durant la Deuxième Guerre mondiale. Selon lui, l'attitude des établissements bancaires helvétiques durant cette période s'apparente à de la collaboration active.
Ces récriminations interviennent alors que plus des trois-quarts des 800 millions de dollars dus par les banques suisses aux propriétaires de comptes en déshérence ou à leurs descendants n'ont pas encore été versés aux ayants droit. Une redistribution des 670 millions restants est prévue.
Le juge Korman - qui est à l'origine de l'accord global - doit mener des auditions dans ce but le 1er avril prochain.
Accusations rejetées
Les banques suisses ont catégoriquement rejeté les accusations du juge, estimant que le Claim Resolution Tribunal (tribunal arbitral chargé d'examiner le bien-fondé des prétentions sur les fonds en déshérence) a accès aux comptes concernés.
«Nous espérons que les parties vont désormais se concentrer sur une rapide répartition de l'argent afin de rendre justice à toutes les personnes concernées», a affirmé Roger Witten, l'avocat américain des banques suisses.
Karin Rhomberg, porte-parole du Credit Suisse Group, lui a fait écho. Les questions soulevées par le juge ont été réglées «depuis longtemps», a-t-elle confié à l’ats, faisant allusion à l'accord de 1998.
Et d'ajouter que les banques ont rapidement débloqué la somme de 1,25 milliard de dollars et rempli leurs engagements prévus par le document.
Les banques suisses avaient déjà été prises à partie en octobre dernier par Judah Gribetz. Dans un rapport, également cité par le «New York Times», il avait exprimé ses craintes que tous les bénéficiaires de l'accord ne puissent obtenir leurs compensations.
swissinfo et les agences
Faits
Lors de l’accord global conclu le 12 août 1998, les banques suisses ont été appelées à verser 1,25 milliard de dollars.
800 millions de dollars sont destinés aux titulaires de comptes en déshérence et à leurs héritiers.
Les trois quarts de cette somme n’ont pas encore été versés.