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La femme dans les épîtres authentiquement pauliniennes, et dans les épîtres attribuées à Paul
Question d’un visiteur :
Shalom Pasteur. Parlez moi je vous pris de :
– la femme dans les épîtres authentiquement pauliniennes.
– la femme dans les épîtres attribuées à Paul.
Dieu vous garde
Réponse d’un pasteur :
Cher Monsieur
Bravo pour votre lecture de la Bible.
Ce serait trop long de développer cette étude ici.
Néanmoins, je peux vous apporter quelques points :
- La notion d’épître authentique et épître attribuées est classique, effectivement, chez les exégètes. Néanmoins, ce genre d’hypothèse ne vaut pas plus que ce qu’elle vaut. J’ai vu bien des hypothèses présentées comme vérité en exégèse, comme les fameuses théories des sources de l’Ancien Testament, très sérieusement discutées depuis les années 1990, ou l’hypothèse de la source Q des évangiles, qui ne repose sur aucun document ancien.
- Ensuite, il est toujours schématique de séparer en deux catégories les choses authentique/attribué. Il est tout à fait possible qu’un document authentique ait été ensuite retouché pour les circonstances, il est tout à fait possible qu’une tradition d’enseignement authentiquement de Paul ait été mis par écrit plus tard d’une autre main.
- Pour ce qui est de la morale, en particulier de la morale de société, cela dépend énormément du contexte culturel de l’époque. Rome n’est pas Corinthe, et Rome du Ier siècle n’est pas Rome du XXIe siècle. Les questions qui se posent ne sont pas les mêmes, et donc le cheminement espéré par Dieu n’est pas le même. Il faudrait donc préalablement faire une étude de la place de la femme dans le contexte juif et dans les divers milieux païens, romains et grecs, du Ier siècle, chercher quelles circonstances et questions particulières se posaient dans la communauté chrétienne de Rome, de Corinthe, d’Ephèse… pour replacer les indices que nous trouverons ensuite dans les lettres de Paul correspondantes.
- Il y a en tout cas des signes que Paul travaillait volontiers avec des femmes, à une place éminente. Junia (nom féminin) est saluée par Paul comme une remarquable apôtre, avec son mari Andronicus (Lettre de l’apôtre Paul aux Romains 16:7), Saint Jean Chrysostome, au IVe siècle compte lui aussi explicitement Junia comme faisant partie des apôtres. Paul parle aussi de « Phoebé, notre soeur, qui est diaconesse de l’Eglise de Cenchrées ». Et on le voit dans le livre des Actes des apôtres au chapitre 16 la place de Lydie, marchande de pourpre, comme collaboratrice de Paul pour fonder une église en sa maison.
- Par rapport à cela, il existe quelques passages bien célèbres, en particulier dans la première lettre de Paul aux Corinthiens, qui dit qu’une femme doit être soumise, se taire dans les assemblées, cela fait contraste avec les faits précédents. Ce texte de Paul (1 Corinthiens 14:34-35) a été une aubaine pour une reprise en main rapide par quelques machos, au mépris de ces autres textes qui montrent la légitime place des femmes non seulement comme présidant le culte,lisant la Bible, présidant la Communion, mais même comme apôtre de premier plan. Cela fait penser qu’il pouvait y avoir à Corinthe et quelque autres lieux des situations particulières, différentes de celles de Rome et d’autres lieux comme Néapolis. Il est difficile en tout cas de faire des passages comme ceux de la 1ère aux Corinthiens une généralité universelle, ni pour l’époque de Paul, et encore moins pour tous les siècles.
- D’ailleurs, historiquement, nous avons encore des fresques montrant des femmes prêchant devant une assemblée et présidant à la communion dans les premiers siècles.
- Il serait intéressant aussi de voir ce qui est dit dans le texte « Les actes de Paul » considéré comme « apocryphe », texte très intéressant mettant en scène une jeune femme Thècle, disciple de Paul. Même si ce texte est probablement du IIe siècle et assez romancé, il est possible qu’il y ait à la base des souvenirs du Paul historique, car il a été écrit à une époque pas si éloignée, un peu comme pour nous les événements vécus par nos grands-parents dans leur jeunesse.
Bonnes recherches,
Dieu vous bénit et vous accompagne.
par : pasteur Marc Pernot