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L’hiver frappe fort dans une partie de l’Europe. La Pologne a subi des vents étonnamment forts. Elle a essuyé la semaine passée l’une des formations orageuses les plus fortes et les plus riches en foudre des dernières décennies. Le réseau de détecteurs de décharges blitzortung a enregistré plus de 22 000 décharges s’étendant de la mer Baltique aux montagnes Tatra. Une formation mouvante était associée à un front froid actif derrière lequel circulait l’air beaucoup plus frais.
La station IMWM située à Radoszewice a enregistré une rafale de vent atteignant 36,9 m/s (133 km/h). La vitesse du vent avec la ligne de front a atteint 100 km/h, et localement 110-115 km/h, ce qui était indiqué par des mesures antérieures. Cependant, à certains endroits, les dommages ont été très importants. Des dizaines de bâtiments résidentiels et agricoles ont été détruits ou endommagés. Des éléments de toiture ont même été éparpillés sur plusieurs centaines de mètres ! Dans le village de Gaj, un vent violent a arraché tout le toit du bâtiment et détruit en outre tout le grenier. Il ne reste que le rez-de-chaussée de la maison à un étage avec un grenier. Le toit a été projeté à plusieurs dizaines de mètres et ses éléments étaient situés dans une bande étroite à plus de 100 mètres du bâtiment (photos) .
Des dégâts beaucoup plus importants indiquent également une plus grande force du souffle. À la suite de vents violents, le toit massif du garage en brique a été arraché. Les murs du garage eux-mêmes ont également été endommagés – simplement démolis. La toiture a été divisée en plusieurs parties et dispersée à plusieurs dizaines de mètres du bâtiment. La bande de destruction a été dessinée en détail dans le graphique no. 2 (voir Photos).
Les caractéristiques des dégâts indiquent qu’il y a eu là un phénomène très downburst, c’est-à-dire un fort courant descendant frappant le sol, causant ainsi des dégâts mineurs. La vitesse du vent officiellement enregistrée associée au courant descendant était de 133 km/h, en l’estimant sur la base des dégâts, on peut conclure que la vitesse du vent pouvait atteindre 140-150 km/h ! C’est probablement la présence d’un courant descendant local mais très fort qui a contribué à des dégâts aussi graves dans une zone relativement petite. Dans les villages environnants, il y a des nombreux arbres cassés, toits arrachés et de nombreuses lignes électriques ont été coupées. Plus de 300’000 personnes ont été privées d’électricité (photos et enquête de Lukasz Kulinski).
Je vois de nombreux épisodes de vents étonnamment forts, d’arbres cassés. L’atmosphère change d’une façon peu prévisible, et les vents violents pourraient causer de nombreux dégâts dans le Futur.
En Turquie, une tempête de neige inhabituelle, la plus forte depuis des décennies a immobilisé des villes entières (vidéo photos ). Les voitures se sont enlisées, la circulation est devenue impossible, et des milliers d’automobilistes ont été bloqués toute la nuit dans la tempête. L’année passée, les chutes de neige ont été très abondantes dans les Alpes, et ont atteint 80 cm par endroit. Les précipitations pourraient être plus importantes pour plusieurs raisons, l’excès d’humidité dans l’atmosphère, le brassage plus important des masses d’air (blog), et la disparition de la glace sur la mer Arctique. Le Sud des Etats-Unis subit aussi une rare tempête de neige due à une plongée du courant-jet au-delà cette région (video).
L’année 2021 a été fortement frappée par la grêle en Europe. Le laboratoire européen d’orages violents, ESSL, étudie ces manifestations et publie des statistiques et des prévisions. Il rapporte plus de cinq mille événements de grosse grêle de plus de 2 cm survenus jusqu’en octobre, ainsi que vingt neuf événements de grêle géante de plus de 10 cm (lien).
Ces chiffres sont bien supérieurs à ceux des années précédentes. Un nombre de rapports très important a été soumis pour certains jours, comme le 24 juin ou le 8 juillet. Ces jours-là des grands orages ont ont parcouru l’Europe et la grêle a touché de très nombreuses villes. En Suisse, je n’ai jamais vu autant de grêle de ma vie, et Météosuisse rapporte des chutes de grêles massives dans son bulletin climatologique été 2021, à des nombreux endroits avec des grêlons jusqu’à 7 cm de diamètre. Ils ont causé des dégâts aux vitres, véhicules et aux cultures agricoles. ESSL et Météosuisse rapportent que les nombre de jours de grêle n’a pas augmenté. Cependant, une journée d’orage a occasionné des manifestations plus impressionnantes. La surface touchée et les dégâts occasionnés se sont accrues.
J’ai demandé au directeur de l’ESSL, Peter Groenemeijer, si les épisodes de grêle ou de tornades s’aggravent, et quels sont les risques pour l’avenir. Selon lui, les grosses grêles deviennnent plus fréquentes.
Il est par contre difficile d’établir des statistiques sur les tornades, qui sont rares. L’année passée, en Europe, les statistiques font état de 936 tornades et trombes d’eau, essentiellement sur les mers, près des côtes. Les terres ont été touchées par 352 tornades. Peter Groenemeijer a d’abord cité le chiffre de 240 tornades jusqu’en automne, et a déclaré qu’il le considère comme normal. Il a ensuite corrigé par le nouveau compte de tornades en Europe en 2021, qui est de 352, sans commenter ce chiffre, plus élevé que la moyenne. Il remarque par contre que les épisodes de tornades en Italie ont été exceptionnellement abondants cet automne, avec notamment une série de 7 tornades en Italie du Nord en septembre 2021, et une autre série de 14 tornades en Sicile en novembre 2021.
Il a aussi déclaré que l’instabilité atmosphérique ainsi que l’humidité augmentent, et les grosses grêles surviennent plus souvent. Une étude de l’ESSL montre que probabilité de gros orages, et en particulier de très grosse grêle augmentera au cours de ce siècle. Nous pouvons nous attendre aussi à des bourrasques plus fortes.
Dans le Ouest et le Sud-Ouest de l’Europe, le nombre d’orages demeurera stable mais pourraient s’avérer plus violents.
J’estime que l’ESSL est très prudente dans ses conclusions, mais cela signifie aussi que ses informations que je vous communique ici sont très bien vérifiées. Par contre l’évolution future du nombre de tornades et de trombes d’eau reste inconnue.
2021 pourrait s’avérer être l’année la plus critique dans nos efforts pour lutter contre le changement climatique. Après quatre ans d’inaction et de recul de l’administration Trump, les États-Unis du président Biden tentent de rattraper le temps perdu.
1. COP26: Une centaine de pays s’engagent pour le zéro net et pour les forêts
Quelques heures seulement après son investiture, le président Biden a rejoint l’accord de Paris sur le climat de 2015 dont l’ancien président Trump s’était retiré. En novembre, Biden a assisté aux pourparlers sur le climat de Glasgow, également connus sous le nom de COP26, pour faire avancer les efforts de l’accord de Paris. La réunion a abouti au Pacte climatique de Glasgow, un accord approuvé par près de 200 pays. Alors que les engagements des nations n’étaient pas assez ambitieux pour atteindre l’objectif ambitieux de l’accord de Paris – maintenir le réchauffement climatique à 1,5 ° C – 136 pays se sont engagés à atteindre le zéro net au cours des prochaines décennies. Cent cinquante-trois pays ont amélioré leurs contributions déterminées au niveau national – leurs plans d’action climatique non contraignants – et ils devraient revenir l’année prochaine, au lieu d’attendre encore cinq ans, avec des plans d’action encore plus ambitieux.
Plus de 100 dirigeants mondiaux se sont engagés à mettre fin à la déforestation d’ici 2030, dont le Canada, la Russie, la Chine, l’Indonésie, le Brésil et les États-Unis. Plus de 100 pays ont également signé le Global Methane Pledge, s’engageant à réduire les émissions de méthane de 30 % par rapport aux niveaux de 2020 d’ici 2030. Pour la première fois, les négociateurs sur le climat ont appelé à l’élimination progressive des combustibles fossiles et ont établi des règles pour établir des marchés internationaux du carbone. Et dans une annonce surprise, les États-Unis et la Chine ont convenu de travailler ensemble pour essayer de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C en coopérant sur les réglementations et les normes environnementales, les politiques visant à promouvoir la décarbonisation, la conception verte et la mise en œuvre de nouvelles technologies.
2. L’infrastructure de Biden et Build Back Better Bills
Le projet de loi d’infrastructure de 1 000 milliards de dollars du président Biden, qu’il a promulgué en novembre, prévoit des milliards de dollars pour lutter contre le changement climatique. Pour permettre une plus grande utilisation des énergies renouvelables, 73 milliards de dollars seront consacrés à la modernisation du réseau électrique. Quarante-sept milliards de dollars seront consacrés à la résilience climatique pour aider les communautés côtières à faire face à davantage d’ouragans et d’inondations, et aider d’autres régions à lutter contre l’augmentation des incendies de forêt. Pour accélérer la décarbonation des transports, 500 000 nouvelles bornes de recharge seront construites pour les véhicules électriques.
Le projet de loi Build Back Better de Biden, s’il est adopté, serait le plus grand effort de l’histoire américaine pour lutter contre le changement climatique. Il offrirait des remises et des crédits d’impôt pour motiver les consommateurs à passer à l’énergie propre et à l’électrification, et fournirait des incitations à développer l’énergie solaire et éolienne. Il investirait également dans des solutions climatiques naturelles telles que la gestion des forêts et la conservation des sols, établirait un corps civil pour le climat pour conserver les terres publiques et fournirait des subventions aux communautés de justice environnementale. Désormais bloqué par le sénateur Joe Manchin, le projet de loi Reconstruire en mieux devra être renégocié pour avoir une chance d’être adopté. Vu le risque de la multiplication de catastrophes, il faut donner la priorité aux infrastructures vitales avec des bons prognostics de survie.
3. Le pipeline Keystone XL s’est arrêté
Le président Biden a retiré le permis que son prédécesseur avait accordé au controversé pipeline Keystone XL. Mis en service en 2010, le pipeline a été conçu pour transporter 900 000 barils de pétrole sale provenant des sables bitumineux chaque jour de l’Alberta aux raffineries de l’Illinois et le long de la côte du golfe du Texas. L’extraction et la production de sables bitumineux entraînent trois à quatre fois plus de pollution par les gaz à effet de serre que la production pétrolière conventionnelle. Après 10 ans de manifestations dirigées par des Autochtones, TC Energy a finalement annulé ses plans pour l’énorme oléoduc de pétrole brut.
4. Les satellites de la NASA
La NASA a annoncé des plans pour une nouvelle flotte de satellites d’observation de la Terre. L’Observatoire du système terrestre surveillera les nuages et les aérosols, et donnera aux scientifiques de nouvelles perspectives dans les températures et la chimie de la planète. Les données recueillies par les satellites devraient améliorer les prévisions météorologiques, évaluer les niveaux d’eau et les sécheresses pour permettre une meilleure planification de l’utilisation de l’eau et des interventions en cas de catastrophe, et permettre aux chercheurs d’étudier comment le changement climatique affecte l’alimentation, l’agriculture, l’eau et l’utilisation de l’énergie. Les résultats seront gratuits pour les chercheurs du monde entier. Après les tentatives de l’ancien président Trump d’annuler les missions de sciences de la Terre de la NASA, avec cette nouvelle flotte de satellites, la NASA fait à nouveau partie intégrante de l’élaboration de la politique climatique du pays.
5. Implication des jeunes
Selon une étude récente du Lancet, près de 60 % des jeunes de moins de 25 ans se disent extrêmement préoccupés par le changement climatique. Cette année, des milliers de jeunes dans plus de 1 500 endroits à travers le monde sont descendus dans la rue avant la COP26 pour obliger les dirigeants à lutter avec force contre le changement climatique. Et à Glasgow, des dizaines de milliers, dont beaucoup de jeunes inspirés par la militante suédoise pour le climat Greta Thunberg, ont défilé pour un changement systémique.
En fin de compte, Thunberg a considéré la COP26 comme un échec parce que les dirigeants n’avaient pas pris de mesures suffisamment drastiques pour mettre fin à l’utilisation des combustibles fossiles, mais son combat continue. Elle a tweeté à ses cinq millions d’abonnés sur Twitter : “Le vrai travail continue en dehors de ces salles. Et nous n’abandonnerons jamais, jamais.”
Cette année a aussi été ponctuée d’échecs et de catastrophes.
1. La COP26 n’a pas atteint les objectifs fixés
Lors de la COP26, les pays étaient censés avoir revu leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) et les ont augmentées pour être plus ambitieuses conformément à l’accord de Paris. Alors que de nombreux pays se sont conformés, certains grands pays ont soumis à nouveau les mêmes objectifs qu’ils avaient en 2015 (Australie, Indonésie, Russie, Singapour, Suisse, Thaïlande, Vietnam) ; certains ont soumis des objectifs encore plus faibles (Brésil, Mexique) ; et la Turquie et le Kazakhstan n’ont pas du tout soumis de nouvelles NDC.
Le financement climatique a également échoué. Parce que les pays en développement du monde ont le moins contribué au réchauffement climatique mais sont ceux qui souffrent le plus des impacts du changement climatique, en 2009, les pays riches se sont engagés à fournir 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour les aider à faire la transition vers une énergie propre et à renforcer leur résilience face au changement climatique. les impacts du changement. Selon l’OCDE, en 2019, près de 80 milliards de dollars ont été levés, mais l’objectif de 100 milliards de dollars ne sera probablement pas atteint avant 2023. Bien que les pays aient promis des millions de nouveaux engagements à la COP26, beaucoup étaient sceptiques car les engagements initiaux n’ont pas été tenus. Les pays riches résistent aux tentatives visant à leur faire payer les dommages infligés aux pays les plus vulnérables par le changement climatique. Biden a promis d’augmenter la contribution des États-Unis à 11,4 milliards de dollars par an d’ici 2024, mais selon le groupe de réflexion mondial ODI, la juste part des États-Unis devrait être plutôt de 30 à 47 milliards de dollars par an.
2. Le CO2 dans l’atmosphère a battu des records
Le Global Carbon Project a révélé que les émissions du charbon et du gaz ont augmenté en 2021, les émissions de combustibles fossiles augmentant de 1,4 à 5,7 % dans le monde après une baisse de 5,4 % en 2020 en raison de la pandémie. La quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère a battu un autre record cette année, culminant à 419 ppm selon l’observatoire Mauna Loa de la NOAA. Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis le début des mesures précises il y a 63 ans. Le niveau de CO2 dans l’atmosphère aujourd’hui est à peu près ce qu’il était il y a 4,1 à 4,5 millions d’années, lorsque le niveau de la mer était de 78 pieds plus haut qu’aujourd’hui.
3. Les impacts climatiques se sont aggravés
2021 a été une année de conditions météorologiques extrêmes dévastatrices. Aux États-Unis, il y a eu des vagues de chaleur record dans le nord-ouest du Pacifique, des crues soudaines dans le nord-est, des ouragans destructeurs dans les océans Atlantique et Caraïbes et dans le golfe du Mexique, ainsi qu’une sécheresse historique et des incendies de forêt qui font rage dans le sud-ouest. De nombreux autres pays du monde ont également été touchés par de fortes précipitations et des inondations.
Des vagues de chaleur extrêmes ont frappé le Japon, l’Irlande, la Turquie et l’Angleterre, et de nombreuses régions de la Méditerranée ont connu des températures record et une sécheresse. Les incendies de forêt ont produit 1,76 milliard de tonnes métriques d’émissions de carbone dans le monde, avec des incendies en Sibérie, en Turquie et aux États-Unis, des incendies de forêt battant des records pour la quantité de carbone qu’ils ont émise. Le niveau moyen mondial de la mer a atteint de nouveaux sommets en 2021 : la dernière mesure était d’environ 100 mm de plus que son précédent record en 2020 de 91,3 mm au-dessus des niveaux de 1993. Une plateforme retenant le glacier Thwaites en Antarctique se fracture, alors la montée du niveau de la mer pourrait largement dépasser les prévisions actuelles (blog).
4. La déforestation amazonienne a augmenté
La déforestation dans la forêt amazonienne du Brésil a augmenté de 22%, atteignant son plus haut niveau depuis 2006. D’août 2020 à juillet 2021, plus de 5 100 miles carrés de forêt ont été rasés, une superficie près de 17 fois la taille de la ville de New York. Bien que le président brésilien Bolsonaro ait affirmé que son gouvernement ralentissait la déforestation, il a encouragé le développement de l’Amazonie pour l’exploitation minière et l’agriculture à grande échelle, et n’a pas adopté de lois pour empêcher la déforestation.
5. Biden a approuvé le forage de combustibles fossiles sur les terres publiques
Malgré l’engagement de campagne du président Biden à mettre fin aux nouveaux forages de combustibles fossiles sur des terres publiques, il a approuvé plus de permis de forage de pétrole ou de gaz sur des terres publiques que Trump n’en a fait au cours des trois premières années de sa présidence. Jusqu’à présent, le Bureau of Land Management a approuvé 333 permis de forage chaque mois, avec un pic de 652 en avril. De plus, il prévoit d’organiser davantage d’enchères de crédit-bail au cours du premier trimestre de 2022. En novembre, les sociétés pétrolières et gazières ont obtenu le droit de forer en mer sur plus de 1,7 million d’acres du golfe du Mexique lors de la plus grande vente de crédit-bail offshore de l’histoire des États-Unis. Cette vente a le “potentiel d’émettre 723 millions de tonnes métriques de CO2 dans l’atmosphère au cours de sa durée de vie, ce qui équivaut à faire fonctionner plus de 70% des centrales électriques au charbon des États-Unis pendant un an”, selon le Center for American Progress. .
Après que l’administration Biden a suspendu tous les nouveaux baux l’année dernière, elle a affirmé que les tribunaux l’avaient obligée à organiser la vente aux enchères, mais a reconnu plus tard qu’elle n’y avait en fait pas été forcée. Et alors même que Biden appelait chaque nation à réduire ses émissions à la COP26, il exhortait les pays producteurs d’énergie à augmenter leur production pour augmenter l’approvisionnement en pétrole en raison des prix élevés de l’énergie.
6. Les prix de l’énergie ont augmenté
Les prix du pétrole, du gaz naturel, du diesel et du charbon ont bondi de plus de 80 % en 2021 parce que la demande d’énergie a rebondi après la pandémie plus rapidement que la production ne pouvait supporter. Les prix du gaz naturel et du charbon ont atteint des niveaux records et une pénurie mondiale de gaz a entraîné une augmentation de la demande de charbon.
En conséquence, la production mondiale de charbon devrait augmenter de 9 % cette année. L’Energy Information Administration a prédit que les factures de fioul domestique aux États-Unis seraient 39 % plus élevées que l’année dernière, celles du gaz naturel 26 % plus élevées et celles de l’électricité 6 % plus élevées. Les ménages pourraient finir par payer de 22 à 94% de plus pour chauffer leur maison cet hiver. Alors que ce serait un moment logique pour redoubler d’efforts pour passer à l’énergie propre, la flambée des prix de l’énergie peut en fait entraver le mouvement vers les énergies renouvelables.
La vague de chaleur à 49°C au Canada, des records de plus de 45°C en Europe, les inondations d’Allemagne et de Belgique, les grosses grêles, nous montrent la face du réchauffement climatique et les innombrables problèmes qu’il cause. De plus en plus de personnes vivent ces perturbations et prennent conscience de leur réalité. Il est essentiel de limiter le réchauffement climatique au plus vite, de ne pas dépasser des seuils irréversibles. Si le passage aux énergies renouvelables n’est pas assez rapide, il faut peut-être réduire d’urgence quelques activités polluantes, pour pas déclencher d’effets plus graves.
L’Antarctique, est formée de montagnes de glaces, posées sur de la roche. A peu près la moitié du socle de roche, notamment du coté Ouest, est située des centaines de mètres en dessous-du niveau de la mer (image ici, zones en bleu). Les glaciers s’écoulent lentement vers l’océan. Ils glissent sur le socle de glace, plus vite s’ils sont décollés du socle et que l’eau s’infiltre entre la classe et la roche. Ils sont freinés dans leur course par des plateformes de glace flottantes, attenantes au glacier. L’effondrement de la plateforme de glace Larsen B a provoqué une accélération des glaciers qu’elle avait retenu. Il est à craindre que l’effondrement des plateformes entourant le glacier Thwaites aura le même effet, accélérera la course du glacier. Comme celui-ci est très grand, cela entraînera une montée du niveau de la mer.
Les observations et recherches récentes indiquent que des fractures géantes dans la glace flottante de l’immense glacier Thwaites pourraient briser une partie du plateau d’ici cinq ans. Si cela se produit, le glacier pourrait libérer de nombreux icebergs et commencer à couler beaucoup plus rapidement dans l’océan, où il contribuerait à la montée du niveau de la mer.
Les fractures récemment identifiées sont des fissures profondes et rapides dans la plate-forme de glace orientale de Thwaites. Ils sont apparus sur les images satellites ces dernières années et leur croissance semble s’accélérer.
“Je la visualise un peu comme cette vitre de voiture où vous avez quelques fissures qui se propagent lentement, puis soudain vous passez sur une bosse dans votre voiture et tout commence à se briser dans toutes les directions”, a déclaré Erin Pettit, une glaciologue à l’Oregon State University à Corvallis, le 13 décembre lors de la réunion de l’American Geophysical Union (AGU). Selon elle, si la banquise orientale de Thwaites s’effondre, la glace de cette région pourrait s’écouler jusqu’à trois fois plus vite dans la mer. Et si le glacier s’effondrait complètement, cela ferait monter le niveau de la mer de 65 centimètres.
Thwaites s’écoule du continent antarctique dans l’océan Austral. Avec ses 120 kilomètres de diamètre, c’est le glacier le plus large du monde. Sur environ les deux tiers de cette étendue, la glace s’écoule relativement rapidement dans l’océan. Le tiers restant est la plate-forme de glace orientale, où la glace s’écoulait plus lentement. C’est en partie parce que la glace s’arrête lorsqu’elle atteint une montagne sous-marine à environ 40 kilomètres au large. La montagne submergée retient l’écoulement glaciaire comme un bouchon dans une bouteille.
Maintenant, le glacier se décolle de cette montagne, provoquant des fissures et des fractures dans d’autres parties de la banquise. L’eau plus chaude s’infiltre de plus en plus sous le glacier, et favorise la fonte.
Les fractures se propagent à travers la glace à des vitesses de plusieurs kilomètres par an. Ils se dirigent vers une glace plus faible et plus mince, où ils pourraient s’accélérer et conduire à la disparition de cette partie de la banquise d’ici cinq ans (Pettit).
“Il va y avoir un changement spectaculaire sur le front du glacier”, “Cela accélérera le rythme et élargira efficacement la partie dangereuse du glacier ” (Ted Scambos, glaciologue, Boulder, Colorado).
Montée du niveau de la mer
La plate-forme de glace incriminée pourrait se fissurer d’ici cinq ans. Ensuite, la course du glacier se précipitera. A lui seul, le glacier Thwaites ferait sérieusement monter le niveau de la mer.
Mais le réchauffement attaque tous les glaciers, des dizaines de petits sur les côtes du Groenland et de l’Antarctique et plusieurs immenses glaciers simultanément. Du côté du Groenland, les glaces fondent plus vite que prévu, notamment du côté Nord, où des vagues erratiques d’air chaud entraînent une fonte plus rapide que prévu. Parallèlement, les scientifiques découvrent que cette zone a facilement perdu ses glaces par le passé.
La montée du niveau de la mer exposera plus les glaciers à la fonte, des nouvelles zones seront submergées, les parties qui se détacheront créeront des mini-tsunamis qui attaqueront le restant du glacier. James Hansen a calculé qu’à partir du moment où le niveau de la mer montera d’un mètre, le phénomène se précipitera (video). Selon lui, le rythme de la montée du niveau de la mer est exponentiel. Après chaque inondation, une plus grande viendra. Les glaciers pourraient accélérer la moitié de ce siècle.
L’hypothèse d’une importante montée du niveau de la mer que j’ai décrit dans mon livre “l’Antarctique -Ouest dans le Vide” se confirme et doit maintenant être vraiment prise au sérieux. Les premiers signes apparaissent déjà, des marées exceptionnellement fortes, des grandes vagues, sorte de tsunami sans tsunami.
Nous perdrons probablement les villes côtières et la moitié des terres actuellement cultivées. Nous avons le temps de construire des nouvelles villes plus loin de la mer, si nous commençons maintenant. La moitié des terres cultivées de la Planète sont aussi menacées. C’est très inquiétant, car les pluies intenses favoriseront les glissements de terrain dans les montagnes et les températures monteront dangereusement à l’intérieur des terres, provoquant des sécheresses et des vagues de chaleur mortelles, et les côtes seront aussi dangereuses. Elles seront soumises à une succession de tsunamis. New York, par exemple serait très menacé par la montée du niveau de la mer, les côtes anglaises, les deltas du Nil et du Mékong, le Bangladesh et le Kerala, la Camargue et la Nouvelle Orléans… La mer remonterait les fleuves et changerait leur flux. La liste des régions menacées est très longue.
Je ne connais pas de projets de recherche qui visent à arrêter ce problème. La géo-ingénierie prévoit de refroidir l’atmosphère, elle aurait moins d’effet sur l’eau des océans qui sapent les glaciers.
Il faut faire un plan des régions de la Terre qui seront encore cultivables dans un monde de réchauffement et de forte montée du niveau de la mer. Il faut protéger ces terres et les sauvegarder pour l’alimentation. Selon James Hansen, une importante fonte des glaces limiterait dans tous les cas la montée des températures planétaires à environ trois degrés.
Citations reprises exactement du journal scientifique Nature avec confiance et sans vérification.
Une immense tornade a dévasté les Etats-Unis. Elle a traversé quatre Etats et causé de nombreuses destructions et une centaine de victimes. Un article du Temps relatait les dégâts hier (article). L’événement était aussi rapporté par le journal télévisé TSR et TF1.
NBC News considère que cet événement est sans précédent. Il s’agit de la trajectoire de tornade la plus longue, le monstre a balayé le sol américain sur 250 miles, c’est à dire près de 400 km. Il en reste une immense plaie, la plupart de bâtiments sur le passage de la tornade ont été rasés (vidéo). Les débris des bâtiments étaient emportées en l’air à une hauteur d’environ 12 km. La période de l’année, décembre, est aussi inhabituelle pour les tornades.
De nombreuses victimes étaient présentes la nuit dans un entrepôt Amazon et une fabrique de bougies lorsque ceux-ci se sont effondrés. Apparemment, la tornade était bien prévue et annoncée par les médias (article détaillé et modéré de Yale Climate connections). Pourtant, si l’événement était assez bien annoncé, les victimes auraient alors dû se trouver à la maison ou dans des abris, et non pas à leur lieu de travail nocturne.
Les intempéries violentes étaient dues à une remontée d’air très chaud du Golfe du Mexique, par la vallée du Mississipi, qui a rencontré de l’air sec et froid du Nord (Météomédia). Jaroslaw Turala sur Facebook parle d’une incroyable advection d’air tropical.
Le réchauffement climatique augmente la température des océans, d’autres explosions de tornades ces dernières années se sont produites parce que le Golfe du Mexique était extrêmement chaud, et a généré des masses d’air torride et humide (blog2020, blog2019). D’autre part, le changement climatique rend le courant jet sinueux, et crée des vagues d’air très différent. A des nombreuses reprises, les Etats-Unis semblaient coupés en deux par une ligne quasiment verticale, d’un côté de l’air froid descendait très au Sud, et de l’autre l’air chaud montait vers le Nord. La semaine passée, la Colombie Britannique a vécu son premier jour de décembre à 22,5°C, dix degrés de plus que le record précédent.
Il se pourrait que ces contrastes violents, Golfe du Mexique chaud et plongées d’air Arctique continuent et produisent de plus graves intempéries. En tout cas, la température du Golfe du Mexique montera encore à l’avenir. Les nuages d’orages super-cellulaires semblent aussi plus hauts, ils s’étendent jusqu’à environ 15 km de hauteur, ce qui change toute la dynamique de l’atmosphère. L’augmentation de pluies intenses est très rapide, plus que prévu, et ces précipitations proviennent de grands nuages dûs à des fortes perturbations de l’atmosphère. Elles pourraient apporter des informations sur les perturbations atmosphériques et leur évolution. Il faut les étudier en détail de toute urgence. Patrick McNulty sur Facebook suggère que la fonte de la glace Arctique favorisera ces événements. Un scientifique a observé que l’augmentation du nombre de tornades dans les plus grands événements est très inquiétante (lien).
Je crains que le réchauffement climatique n’apporte des destructions de ce genre. J’ai l’impression que c’est exactement le Futur que nous craignons, et que nous verrons arriver à moins de très énergiques mesures de mitigation de changement climatique.
Addendum le 13 décembre:
La directrice de la FEMA, agence américaine de gestion des catastrophes a déclaré que les orages de la force de celui-ci sont “la nouvelle normalité”. Selon elle, la sévérité, la durée et la magnitude des tempêtes de cette année sont sans précédent. Lien
Le grand climatologue Michael Mann explique les tornades meurtrières qui ont frappé les Etats-Unis par le fait que les températures étaient anormalement élevées et le Golfe du Mexique très chaud. Il implique aussi la Nina et le courant-jet. Il dit aussi que cette année de nombreuses catastrophes se sont produites, selon diverses estimations elles pourraient survenir tous les 1000 ou 20’000 ans, que les modèles climatiques sous-estiment les événements météo, qui sont amplifiés par le courant jet. Lien
Addendum 2: Un météorologue américain cite une publication d’après laquelle l’intensité des tornades augmente de 5.5% par année. Elle doublerait donc en moins de 20 ans. Les dégâts sont surtout dus aux tornades les plus fortes Lien
Addendum 3: TED Talk: le climat augmente peut-être le nombre de tornades: Lien CBSN
Le Science magazine, le plus important journal scientifique, affiche en couverture une forêt morte. Il présente les dommages que lesforêts allemandes ont subi du fait du réchauffement climatique.
En 2018, une tempêtea abattu de nombreux arbres, et les sécheresses des trois années suivantes sont permis à des insectes d’infester les épicéas.
L’enchaînement des périodes sèches a provoqué l’invasion des arbres alentour. Les populations des scolytes ont explosé, et en trois semaines ont achevés d’imposantes épinettes.
Des milliers exploitations forestières se sont hâtées de couper et de vendre les arbres morts et malades. Le marché du bois s’est effondré. Plus de 300’000 hectares de forêts allemandes, 2.5% de la surface forestière du pays ont succombé aux scolytes, sur un fond de réchauffement climatique et de sécheresse.
Foresterie allemande
La foresterieétait une branche économique importante en Allemagne.Elle générait 170 milliards d’euros par année et employait plus d’un million de personnes.Le bois devrait remplacer des matériaux de construction polluants, tels de béton et l’acier.Si les exploitations allemandes sont abandonnées,la demande pourrait se déplacer ailleurs dans le monde.
L’Allemagne a découvert les pénuries de bois au 18ième siècle et a mis en place une gestion de la foresterie dès cette époque. Ils ont développé des plantations d’espèces à croissance rapide, dans des rangées bien ordonnées pour une production du bois maximale.La demande de bois à la fin de la deuxième guerre mondiale a encore accru le nombre de ces exploitations en mono-culture. Pendant des décennies,cela apparaissait comme un magnifique succès.Au début du 21ème siècle, les forêts allemandes ont atteint un volume de bois inégalé depuis le Moyen-Age.
Cependant, cette richesse apparente a été obtenue par des plantations artificielles en monoculture. Les épicéas de Norvège constituent le quart des plantations, et la moitié des récoltes de bois.Ces espèces aux racines peu profondes poussent naturellement dans des régions froides ou sur les pentes des montagnes.Elles ont été plantées partout en Tchéquie, Autriche et Allemagne, dans des zones de plaines bien plus chaudes.Ces forêts abritaient moins de biodiversité, maistant que les températures étaient assez fraiches, les épinettes poussaient très bien.
Sécheresses
Le réchauffement de ces dernières années a déclenché une réaction en chaine fatale.La chaleur extrême de l’été et le manque de précipitations ont fait sécher les sols à une profondeur de deux mètres. Lors des sécheresses, les épicéas ne pouvaient plus produire la résine qui les protège des insectes. Ils ont été attaqués par les scolytes qui se nourrissent habituellement d’arbres morts ou malades. Les populations de ces insectes ont explosé, et ont pris d’assaut des forêts entières, les réduisant à des rangées de squelettes gris.
Les dégâts les plus importants se sont produits en Allemagne, Tchéquie et Autriche.Les forêts en France, Pologne, Suisse, Slovaquie, et Italie ont aussi été touchées.Selon le Thünen Institute,organe allemand de recherche forestière,300 millions de mètres cubes de bois ont déjà été perdus en Europe.Angela Merkel a mentionné les “très, très grands dommages aux forêts”, qui onttouché des milliers de propriétaires forestiers.
Un important conflit politique et scientifique a suivi cette constatation.Les scientifiques considèrent que c’est un signal d’alerte,et que le Futur est très inquiétant.Le réchauffement climatique est clairement la cause du problème, et les monocultures ne pourront pas y faire face.Il faut probablement changer les espèces exploitées en foresterie.
Laisser faire la Nature
Les solutions ne sont pas évidentes. Un scientifique, Peter Wohlleben, suggère de laisser les forêts touchées repousser naturellement.Selon lui, les forêts naturelles sont toujours meilleures, et il vaut mieux laisser la Nature faire son travail. Je suppose que dans les forêts infestées par les scolytesrepousseront surtout les arbres résistants à ces insectes.
Une autre forêt a disparu dans un incendie en 2018.Les souches mortes ont été éliminées, et des jeunes arbres ont été plantés.La sécheresse a tué la plupart de ces jeunes plantules, par contre des peupliers ont poussé spontanément.Leur vigueur indique qu’il n’est pas nécessaire de replanter,une nouvelle forêt apparaît naturellement.
Dans une autre parcelle, les forestiers ont laissé les troncs brûlés en place, laissant la forêt se régénérer.Ils ont aussi planté des parcelles de chênes, qui pourraient mieux résister au changement climatique (bien que plus au Sud de l’Europe, il soient menacés aussi).
Les forêts qui se régénèrent naturellement semblent plus riches en biodiversité. Elles abritent plus d’espaces de plantes, de champignons et d’insectes que les parcelles nettoyées.La biodiversité augmente généralement la résistance de l’écosystème.Dans les forêts qui repoussent naturellement le sol est moins chaud lors des canicules, et le vent plus doux.La végétation naturelle tempère la forêt. La mousse recouvre le sol, prévient l’érosion et stimule la croissance de champignons souterrains.Ceux-ci cherchent par exemple l’humidité du sol et permettent aux arbres de mieux résister aux sécheresses.
Le parc national de Harz a perdu plus de 10’000 hectares d’épicéas. Les troncs gris sont toujours là, et la forêt se régénère naturellement.
L’Allemagne va augmenter le nombre de forêts qui se régénèrent naturellement.Ellessont bien plus variées et résiliantes qu’une plantation.Cette diversité d’espèces et de tailles d’arbres crée de nombreuses niches pour les animaux. En sous-bois, les fleurs sauvages fleurissent et les abeilles abondent. Les myrtilles, les sorbiers, les bouleaux et d’autres petits arbres prospèrent.Pendant ce temps, les hiboux et les chauves-souris nichent dans les cavités du bois mort. La repousse naturelle double la richesse biologique.
Elles supporteront surtout mieux les sécheresses futures et les maladies, car elles contiennent des arbres d’espèces et d’age différent.
Choisir les espèces résiliantes au réchauffement
Laisser les forêts à elles-mêmes est un choix difficile. D’autres chercheurs pensent que le climat change si vite que de nombreuses espèces indigènes ne survivront pas sans aide humaine.Ils voient déjà mourrir des hêtres et des érables, et des pins qu’ils croyaient résistants à la sécheresse.Des modèles récents indiquent que plus de la moitié des forêts européennes est maintenant vulnérable aux insectes, aux tempêtes, aux feux ou à un enchaînement de ces risques. Henrik Hartmann, du Max Planck Institute, suggère de planter stratégiquement des nouvelles espèces, plus résiliantes. Ils pourraient s’inspirer de l’Arborétum de Wuppertal, où 200 espèces d’arbres du monde entier ont été plantées il y a deux cent ans.De nombreux arbres originaires d’Amérique du Nord, le cèdre rouge de l’Alaska,le cèdre à encens, la pruche de l’Ouest vont très bien, même après trois années de sécheresse. Les forestiers considèrent aussi deplanter des mélanges d’espèces de valeur.
D’autres pensent inclure dans les exploitations des tilleuls ou des châtaigniers. Les arbres d’europe du Sud pourraient déjà être résistants aux maladies que la montée de températures amène en Europe du Nord. Hartmann déconseille de replanter les arbres qui poussaient bien par le passé, et suggère de consulter les modèles climatiques.
Les risques sont réellementimmenses. Il fera plus plus chaud, les sécheresses sont plus graves.
Aide de l’Etat
Les nouvelles techniques de foresterie exigent des changement dans les lois et dans les achats des forestiers. Le ministre allemand de l’agriculture a déjà réagi à la mort des forêts par un programme d’aide sans précédent: 1,5 millards d’euros destinés à financer l’élimination des souches mortes et la plantation de nouveaux arbres.Les bénéficiaires doivent maintenant cultiver un mélange d’espèces.Des fonds pour la régénération naturelle des forêts ont aussi été créés.
Le nouveau gouvernement allemand projette d’amender les lois fédérales pour augmenter les forêts naturelles, de cesser l’exploitation des vieilles forêts de hêtres appartenant à l’Etat et de promouvoir d’autres solutions conseillées par les spécialistes de l’environnement.
Toute l’économie du bois devrait s’adapter.Les scieries sont faites pour les conifères et continuent à les demander. Il est actuellement quasiment impossible de vendre des peupliers et des bouleaux. D’autre part, les feuillus, les chênes ou les bouleaux ont besoin de 140 à 160 ans, alors que les épicéas sont prêts à être exploités en 60 à 80 ans. Enfin, les modèles climatiques indiquent que les bouleaux , adaptés au froid et à l’humidité, n’ont aucun avenir.Une exploitation allemande s’est décidé pour du pin Douglas, mais il pourrait aussi souffrir des sécheresses. Les grands pins Douglas perdent des épines, et certains ont été attaqués par les scolytes.
Un sommet appelé Waldsterben 2.0 s’est tenu cette année.Les scientifiques et les membres du parti Vert allemand se sont prononcées pour une régénération naturelle des forêts.Le ministère allemand des forêts a tenu son propre sommet, où ils ont annoncé des nouveaux encouragements pour les propriétaires des forêts et un plan pour compenser la capture du carbone par les arbres.
Certains regrettent la polarisation du débat et demandent une voie moyenne, entre une régénération naturelle des forêts et des plantations informées par modèles climatiques.
Les forêts suisses sont aussi menacées, même si elles sont bénéficié du printemps pluvieux et frais de cette année.
Si j’étends la perspective au delà des dix prochaines années,Je crois qu’il faut aussi considérer le risque quemême les arbres suggérés par les modèles actuels ne supportent pas le changement,que les modèles le sous-estiment et succombent par exemples aux vagues de chaleur extrêmes. Quand j’ai écrit sur les arbres malades des forêts suisses (lien), je trouvais des modèles climatiques qui prédisaient un danger pour les forêts pour 2100. Or elles sont menacées maintenant. La mort des forêts , comme de nombreux autres événements climatiques a commencé plus vite que prévu.
Il faut peut-être exploiter les épicéas matures au plus vite, car ils sont menacés.Il faudrait donc utiliser le bois immédiatement, alors qu’une pénurie dans une dizaine d’années est possible.
Les pluies intenses et les inondations ont énormément augmenté, partout dans le monde. Cette semaine, la Colombie-Britannique, au Canada a essuyé des précipitations exceptionnelles. Elles ont déclenché des nombreux glissements de terrain qui ont coupé la ville de Vancouver du reste du Canada. Le ministre local de la sécurité publique a déclaré que ces intempéries étaient indubitablement liées au réchauffement climatique, qui a déjà exposé cette région à une vague de chaleur de 49.6°C cet été.
L’humidité atmosphérique s’accroît de 7% par degré de réchauffement, selon la relation de Clausius-Clapeyron (C-C). Cependant, le rapport du GIEC relève que les pluies intenses augmentaient plus vite, de 7 à 14% par degré (en tenant compte des valeurs mesurées jusqu’en 2018; IPCC_AR6_WGI_Chapter_11).
Le chercheur Prein a étudié la formation des orages dans le climat présent et futur. Il s’est penché sur les grands orages (MCS) dans le centre des Etats-Unis. Ils sont déjà plus longs, plus fréquents et plus graves .
Dans le Futur, toutes les régions du monde connaîtront probablement une augmentation de la fréquence de ces grandes tempêtes (lien). Ces intempéries sont parfois accompagnées de grosse grêle et de tornades.
Les orages seront plus grands, si l’énergie potentielle convective augmente et leur permet de s’étendre. Ce sera probablement le cas, car la couche limite sera plus chaude, et contiendra plus d’humidité (Prein et al). L’auteur mentionne que ces résultats recoupent ceux d’études antérieures.
L’intensité des pluies augmentera particulièrement. Les événements horaires de précipitations extrêmes, tels que la pluie intense qui a inondé Lausanne en moins de 30 minutes en 2018, devraient augmenter considérablement dans presque toutes les régions terrestres d’Amérique du Nord. Des augmentations des fréquences extrêmes allant jusqu’à 400 % sont prévues par cet auteur.
Les pluies très intenses et très rapides doivent être traitées par un aménagement adéquat des villes. Il faut savoir aussi si ces forts orages peuvent être accompagnés de tornades, de grêles, ou de vents très forts.
D’autres études suggèrent que le réchauffement climatique, et que la diminution d’aérosols aussi favoriseront la formation des rivières atmosphériques, porteuses de pluies abondantes (Beak and Lora, Nature Climate Change).
Des pluies très importantes se produisent ces dernières années à plusieurs endroits qui globe. Carbon Brief rapporte qu’en Australie, les pluies intenses ont augmenté trois fois plus vite que l’humidité atmosphérique en 2013 déjà (lien).
D’autre part, des précipitations très intenses semblent s’être produites dans le passé terrestre. Un article que j’ai trouvé par Futura Sciences semble montrer que lors de la période de réchauffement PETM, la quantité de lithium dans les mers a baissé, ce que les auteurs expliquent par un grand afflux d’argiles dans les océans, une forte érosion et un fort flux de sédiments. D’immenses pluies ont peut-être provoqué ces écoulements. Elles auraient ensuite permis la réaction du CO2 atmosphérique de réagir avec les roches mises à nu , et la stabilisation du climat (Science Advances; Futura Sciences). D’autres auteurs décrivent d’immenses rivières du passé (Mike Benton), ou d’immenses orages dans des périodes géologiques plus lointaines et plus chaudes (lien).
Excusez-moi de fournir ainsi des éléments épars. Le fait est que les pluies deviennent des déluges, et cette tendance pourrait continuer, les dégâts seraient alors décuplés. Je dois faire une analyse en détail, et proposer une estimation des événements futurs, futures, mais cela nécessite plus de temps.
La COP26 s’achève. Elle semble avoir atteint plusieurs objectifs qu’elle sétait fixée, de nombreux investissements, une déclaration sur les forêts, une sur l’aviation, et aussi sur l’élimination des énergies fossiles. Un magnifique événement de collecte de fonds qui ne remet pas notre économie en question. Je suis surprise de l’importance donnée à l’adaptation dans cette conférence. Nous devons limiter le réchauffement à 1.5°C et pour cela il est nécessaire de réduire les émissions de carbone de 7-8% chaque année, dès maintenant. Le taux de CO2 dans l’atmosphère ne devrait pas monter plus haut, au risque de dégâts irrémédiables à la biosphère. J’espère que les projets d’adaptation intelligente, dans l’agriculture biologique ou l’agroforesterie, stabiliseront aussi le climat. Le risque est que nous nous adaptions pour cinq ou dix ans, mais que le climat empire et devienne incontrôlable. Les investissements ne doivent pas être dirigés dans la recherche sur les avions à piles qui seraient développés pendant que la flotte actuelle pollue allègrement. Plus exactement, je suis d’accord pour la recherche, à condition que l’aviation diminue les émissions dès cette année. C’est aussi possible, en limitant simplement les vols de connection, les vols à courte distance et les avions vides. J’ai été surprise d’entendre un intervenant du WWF s’exprimer en faveur de l’adaptation. L’Amazonie ne s’adaptera pas. La croissance des arbres a diminué à cause des sécheresses de ces dernières années, et elle succomberait probablement aux températures trop élevées. Or, la Planète en a besoin. Il vaut bien mieux arrêter le réchauffement et la déforestation.
Construire moins et plus résistant
Il ne faut pas lancer d’énormes projets d’écoquartiers, et il faut arrêter les chantiers les moins écologiques. Les émissions de la construction, estimées dans la conférence à 37%-40% du total, doivent diminuer cette année. J’ai une excellente idée pour cela. Il faut vite établir et suivre des nouveaux standards de sécurité pour la construction, en sachant que les catastrophes s’aggraveront ces dix prochaines années. Si nous n’agissons pas sagement au cours de cette décennie, elles prendront encore de l’ampleur par la suite. Nous devons prendre en compte les risques apportés par la météo extrême dont nous avons eu un échantillon cet été en Europe avec des tornades et des grêlons géants, des inondations et des glissements de terrain. Ces événements sont bien plus dévastateurs en Chine et dans les régions tropicales. Les constructions mises en danger par le climat doivent être suspendues pour dix ans. Pendant ce temps, des études de risques beaucoup plus poussées permettraient de mieux prévoir la suite. La banque européenne d’investissement semble l’avoir compris, elle lance de nombreux investissements durables, et favorisera des infrastructures capables de résister aux intempéries.
Je remarque avec plaisir que de nombreux dirigeants soutiennent les solutions basées sur la Nature, qui permettront de régénérer les écosystèmes, les sols, éviteront la pollution et permettront l’alimentation saine des populations. Cette idée, essentielle, est maintenant largement comprise et soutenue.
Addendum: Je suis d’accord avec le commentaire qu’il faudrait limiter la surpopulation, le propose d’essayer la solution d’offrir la contraception gratuite à toutes les femmes du monde, ce qui respecte les droits de l’Homme. Il faudrait aussi combattre les mariages d’enfants, les mariages forcés et les viols.
Je ne suis pas d’accord sur l’influence des cycles solaires, le réchauffement est dû à nos émissions de carbone fossile et, je l’admets, aussi à la déforestation. Mais la végétation peut y remédier, et améliorer le cycle hydrique, c’est une excellente solution.
La Conférence COP26, à Glasgow prend la mesure du défi qui nous attend. Plusieurs dirigeants ont dit qu’il ont dit qu’il faut agir maintenant pour sauver le monde. L’ancien secrétaire-général de l’ONU Ban Ki Moon a déclaré que nous avions laissé tomber le monde, laissé tomber les communautés les plus vulnérables. « La réponse à la pandémie a montré ce qui était possible, et nous devons faire pareil pour le climat. Nous ne pouvons pas continuer le business as usual. L‘adaptation est la seule solution et peut générer des retours sur investissements de 20 pour 1″. C’est assez impressionnant d’entendre les dirigeants déclarer que nous devons sauver le monde maintenant, et ils semblent s’y atteler.
La conférence sur l’adaptation a commencé sur les mots « chaque pays sent les conséquences du changement climatique. Les pauvres en paient le prix. Cette injustice doit être reparée et peut l’être ici à Glasgow. « . La secrétaire d’état britannique a déclaré que les communautés les plus pauvres luttent déjà pour supporter les conséquences du climat qui se produisent quotidiennement. J’ai entendu des promesses d’investissements supplémentaires dans l’adaptation, et vu des très jolis exemples d’associations rurales, qui développent l’irrigation, l’agriculture biologique de subsistance, et l’agriculture indigène de subsistance au Chili. Les projets choisis ont tous été financés par des fonds d’aide des organisateurs de la Conférence, Le Royaume-Uni. C’est un peu dommage, car d’autres, bénéficiants de financements différents, sont peut-être encore meilleurs.
Une conférence qui présentait des pistes pour une Terre résiliante face au climat. incluait des interventions sur les arbres, une société plus communautaire, l’intervention des acteurs locaux, les barrages hollandais et britanniques. Une responsable de l’environnement Britannique a mentionné que la côte Est de L’Angleterre a vécu une marée inhabituellement haute, dont Londres a été bien protégé psr le barrage sur la Tamise. Ils ont souligné que l’adaptation par ouvrages de génie est possible et efficace.
Un autre spécialiste a déclaré que le plus important est de connaître les risques, et que ceux-ci doivent être rendu publics, et portés à la connaissane de tous. Cela me paraît très important aussi, et comme je l’ai éccrit précédemment, ces risques doivent encore être mieux étudiés.
Un ministre de Fiji , je crois, a demandé à en finir avec le tabou des pertes et des dommages. Il a rappelé que certains écosystèmes sont altérés de façon irréversible. Certaines villes ou régions ne pourront peut-être pas être sauvées, il deviendra absurde de reconstruire chaque année, et les îles exposées à la montée du niveau de la mer n’y échapperont peut-être pas. Il demande un financement additionnel pour les conséquences du climat.
Un autre spécialiste a déclaré que le plus important est de connaître les risques, et que ceux-ci doivent être rendu publics, et portés à la connaissane de tous. Cela me paraît très important aussi, et comme je l’ai éccrit précédemment, ces risques doivent encore être mieux étudés.
Un des points clés de conférences sont les pertes dues aux catastrophes climatiques, et leur compensation, et je m’attendais à entendre de détails à ce sujet. J’ai été un peu surprise de voir les jolis projets d’arrosage et de jardinage et non pas des villes inondées. Le climat causera des dommages énormes, et il faut en parler, il faut s’en préoccuper maintenant. La conférence porte entre autres sur le mécanisme de Santiago pour le financement des pertes et dommages. Nous devons faire preuve de solidarité et aider les pays frappés par les catastrophes à fonctionner de façon harmonieuse, et à assurer la sécurité et la subsistance des populations.
Je remarque que de nombreuses tempêtes de vent se sont produites ces dernières années. En 2020, le Derecho qui a balayé l’Etat de l’Iowa aux Etats-Unis a cassé des milliers d’arbres, et de poteaux électriques. Une grande région a vécu sans électricité et sans accès routiers pendant plusieurs jours, par une chaleur de 40°C (Derecho). Genève l’été passé (Genève), ainsi que Zurich cet été (article Temps), ont vu de nombreux arbres cassés par les rafales lors d’un orage. La Chine a aussi subi des très forts vents et des tornades cet été (vidéos dans ce blog). J’ai relevé de nombreux autres épisodes isolés, étonnamment intenses, notamment sur la côté portugaise, ou en Corée.
En relisant le chapitre 2 du rapport du GIEC; je lis qu’en moyenne, les vents sur les continents ont diminué, et ceux au-dessus des océans ont augmenté (lien chapitre 2). Le figure 2.19 montre le changement de la vitesse des vents ente 1988 et 2017. Sur l’Amérique du Nord, une diminution apparaît, alors que le vent sur le Nord de la Méditerranée, sur l’Italie et les Alpes semble s’être accru. Il peut d’agir d’un phénomène local qui touche la Suisse.
Si je reviens au texte, le rapport conclut que la vitesse des vents au dessus des continents a diminué entre 1979 et 2018.
La référence citée est Azorin-Molino, dans le Bulletin of American Meteorological Society 2019, pSi–S306 « State of the Climate in 2018 » (lien). J’ai lu le travail de celui-ci pour en savoir plus.
Or dans l’article, Azorin-Molina écrit: “Les vents de surface ont poursuivi la reprise qui a commencé en 2013, après 30 à 50 ans de ralentissement”. (p. S43)
Il présente aussi un graphique de la force moyenne des vents par année qui montre que les vents diminuent jusqu’en 2012 et augmentent dès 2014, sur 4 continents sur 5 (graphique 2.37a).
L’augmentation est surtout visible pour les vents faibles de de plus 3m/seconde.
L’auteur a considéré aussi des vents moyens à forts, au dessus d’seuil de >10 m/seconde, qui correspondent à une bonne brise, où la cime des arbres est agitée. La fréquence de ces vents a diminué dans les décennies passées et n’a pas augmenté en 2013- 2018.
Dans le State of The Climate 2020 la même analyse montre que les vents ont augmenté entre 2013-2020, et les vents de plus de 10m/seconde ont augmenté en 2020, en particulier en Europe. (Fig 2.41 pS75, lien). La reprise continue et pourrait même augmenter.
Pour l’analyse de risque climatique, j’aimerais voir une sélection un peu différente, la distribution des vitesses de vent, et un graphique qui ne comptabiliserait que les événements les plus forts. Ceux-là surtout sont importants à prévoir, capables d’arracher des arbres, des toits, de faire tomber des camions sur la route. Il faut peut-être un appareillage spécifique pour mesures les extrêmes. Une année de changement climatique particulièrement rapide, une année El Nino par exemple, pourrait apporter des événements plus extrêmes.
Le GIEC a préféré citer la moyenne de vitesse sur cinquante ans, pour plus de rigueur statistique je suppose, et conclut à une diminution. S’il avait mis l’accent sur l’augmentation ou la repris visible depuis 2013, cela pourrait donner lieu à des projections futures différentes. Un phénomène nouveau a peut-être commencé. On pourrait extrapoler que la force des vents s’accroîtra à l’avenir comme au cours des huit dernières années. J’espère que la vitesse des vents sera soigneusement mesurée et que son évolution sera reliée à d’autres phénomènes planétaires, comme la fonte de la glace Arctique, ce qui nous permettrait de mieux l’anticiper.
La nuit était vivante, le souffle venait de partout. Chaque branche, chaque volet s’agitait, et semblait parler une langue inconnue, inhumaine. L’ entité étrange à l’oeuvre ne prêtera aucune attention à nos espoirs.