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Lorsque la fille du réalisateur naît, inspiré par l’idée d’un jour lui offrir la mémoire de ses premières années, il entreprend de la filmer de façon presque obsessionnelle. Inconsciente elle aussi de son présent, sa grand-mère maternelle est atteinte depuis quinze ans de la maladie d’Alzheimer. Aucune des deux ne s’en souviendra, mais il organise une rencontre entre les deux à Guayaquil, ville de son enfance. Seul porteur de la mémoire de ce moment, conscient de l’incapacité à se souvenir de l’une et de l’autre, il plonge dans une réflexion sur l’amnésie, sur l’aliénation de sa propre ville, l’histoire de vie de sa grand-mère, la mémoire en devenir de sa fille. Film bref et profond, aux séquences enveloppantes. La bande sonore délicate, au piano, est l’oeuvre du réalisateur. “ La mémoire est la présence d’une absence “ (Paul Ricoeur). Les personnages et obsessions récurrents qui peuplent ce documentaire se retrouvent dans le premier long-métrage de fiction d’Ivan Mora Manzano – Sin otoño sin primavera – venant nourrir le projet personnel et esthétique du réalisateur.
Primé au DocTV Latinoamérica III d’Équateur.