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A l’horizon, la plaine du lac s’étendait, avec les montagnes derrières, peu hautes, qui s’élevaient. Sur une petite plage à l’abri des regards, le vent frais annonçant l’automne faisait balancer le branchage des arbres, et amplifiait la puissance des vagues. Ce lieu, avec la vue et le silence qu’il offrait, ne laissait transparaître aucun signe de présence humaine, et laisserait même croire que toute tentative humaine d’intervenir sur celui-ci serait absorbée par la nature, par le mouvement du vent, de l’eau.
A gauche d’une digue d’environ trois fois la longueur d’un homme, dans l’eau, se trouvait une petite pierre arrivant à peine à mi-jambe, et n’étant pas plus large que deux longueurs de pieds. L’eau autour de la pierre restreignait l’accessibilité de celle-ci pour l’homme. La digue quant à elle offrait une place idéale pour s’asseoir, les jours où l’eau n’était pas trop agitée, et observer la pierre, qui, par son ancrage dans le sol tout en étant constamment bordée par l’eau, liait la terre et l’eau, la plage et le lac. Nous pouvions observer les vagues allant et venant qui frappaient la face sud de la pierre. Les deux autres faces de la pierre, qui formaient un triangle quasi isocèle avec la face exposée aux vagues, étaient quant à elles un peu plus protégées du mouvement de l’eau. La pierre avait une forme assez géométrique, un sommet en pointe et des parois lisses.
Les strates, niveaux de l’eau et du sable changeants autour de cette pierre empêchaient toute référence spatio-temporelle ; chaque souvenir, référence d’un certain jour à une certaine heure était unique et ne correspondait plus à la réalité du jour suivant.