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Almanach Politique du développement 2017/18 de Caritas Suisse / Protection du climat et lutte contre la pauvreté
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L'éducation en Suisse: investissements élevés, nombre relativement grand de doctorats
Neuchâtel (ots) - Le système éducatif suisse est caractérisé par des dépenses comparativement élevées et des taux faibles de diplômés universitaires. La modeste participation des femmes au degré tertiaire est aussi particulièrement frappante.
Dans la dernière édition de son rapport "Regards sur l'éducation", l'Organisation de coopération et de développement économiques présente à nouveau une vaste comparaison de systèmes éducatifs nationaux: 45 pays, dont la Suisse, y sont considérés.
La croissance économique dépend fortement de l'évolution du capital humain
Dans presque tous les pays membres de l'OCDE, l'éducation est devenue un thème-phare des débats politiques. Elle représente une clé non seulement pour la réussite économique des individus, mais aussi pour la prospérité et la compétitivité des pays. L'OCDE démontre pour la première fois qu'un accroissement du capital humain dans les années quatre-vingt et nonante a constitué l'un des principaux facteurs de la croissance économique, au même titre qu'une politique macroéconomique axée sur une faible inflation et des finances publiques saines. D'après les estimations, le capital humain a contribué à raison de 0,4% à la croissance annuelle de la productivité (Suisse: 0,26%): presque aucun autre facteur n'a eu une influence aussi importante sur la croissance économique (les autres facteurs considérés ont été les suivants: taux d'investissements, croissance démographique, variabilité de l'inflation, importance de secteur public et intensité de la demande).
Participation à l'éducation: écarts toujours importants entre hommes et femmes
Si la participation des femmes à l'éducation s'est beaucoup rapprochée de celle des hommes dans la plupart des pays membres de l'OCDE (au degré tertiaire, les diplômées sont même plus nombreuses que les diplômés dans la majorité des pays de l'OCDE), il n'en est pas de même en Suisse, où les écarts sont encore nets. Ces derniers subsistent même dans la population jeune: 92% des hommes de 25 à 34 ans ont achevé une formation du degré secondaire II, contre 86% des femmes de la même classe d'âges. Seuls l'Australie, l'Autriche, la Turquie et le Royaume-Uni arivent derrière la Suisse sur ce plan.
Les différences entre les sexes quant à la participation à l'éducation sont particulièrement marquées au degré tertiaire: 34% des hommes de 25 à 34 ans ont terminé une formation à ce niveau, alors que les femmes de la même classe d'âges ne sont que 14% à être dans ce cas. L'ampleur de cet écart place notre pays au premier rang des pays membres de l'OCDE (en Corée, qui occupe le deuxième rang, l'écart atteint 7 points seulement).
Importance moindre des institutions privées dans les degrés primaire et secondaire
En moyenne des pays de l'OCDE, 13,5% des élèves des degrés primaire et secondaire sont inscrits dans des institutions éducatives privées. Cette proportion n'atteint que 5,6% en Suisse. En Belgique et aux Pays-Bas par contre, la majorité des élèves (respectivement 58,3% et 76,3%) fréquentent des établissements privés subventionnés par l'Etat; en Australie, en Corée, en Espagne et au Royaume-Uni, les élèves sont plus de 20% à faire de même.
Les institutions privées suisses ont cependant une plus grande importance en ce qui concerne l'organisation et le financement de la formation professionnelle de base (apprentis), de la formation professionnelle supérieure et de la formation continue.
Des dépenses élevées par élève/étudiant(e)
En Suisse, les dépenses annuelles publiques et privées d'éducation représentent 5,86% du PIB, soit légèrement plus que la moyenne OCDE (5,66%). Seuls les investissements privés dans l'éducation en pourcentage du PIB (0,47%) se situent dans notre pays en dessous de la moyenne OCDE (0,66%). Les dépenses annuelles publiques d'éducation ont stagné en Suisse entre 1992 et 1998, contrairement à ce qui s'est produit dans la majeure partie des pays membres de l'OCDE.
Les dépenses par élève/étudiant(e) en Suisse sont supérieures à la moyenne. Différents facteurs expliquent cette situation: niveau des salaires élevé, bonne infrastructure, classes de petite taille, organisation du système éducatif selon la souveraineté cantonale et répartition en plusieurs régions linguistiques. Dans l'enseignement primaire, les dépenses ont atteint 6 470 US$ (convertis à l'aide des parités de pouvoir d'achat) par élève: notre pays arrive ici au deuxième rang, derrière le Danemark (moyenne OCDE: 3 940 US$). Il arrive même en première position en ce qui concerne les dépenses par élève dans l'enseignement secondaire (9 348 US$; moyenne OCDE: 5 294 US$). Les dépenses d'éducation dans notre pays restent supérieures à la moyenne même si on les compare au PIB, lequel présente un niveau élevé en Suisse.
Au degré tertiaire, les dépenses annuelles par étudiant(e) atteignent 16 563 US$, faisant de l'éducation suisse une des plus chères de l'OCDE (moyenne OCDE: 9 063 US$). Cette dernière est même de loin la plus coûteuse si l'on tient compte uniquement des dépenses publiques.
Si l'on se réfère en outre à la durée des études au degré tertiaire dans notre pays (5,5 ans, soit une durée supérieure à la moyenne OCDE), on arrive à un coût global de 90 388 US$ par étudiant(e) sur l'ensemble de la durée moyenne des études tertiaires. Ce montant se situe largement au-dessus de la moyenne OCDE et il est supérieur d'un bon tiers à celui atteint en Allemagne, qui occupe le deuxième rang du classement sur ce plan.
Peu de premiers diplômes dans le secteur universitaire, mais davantage de diplômes de recherche de haut niveau
La participation au degré tertiaire en Suisse est nettement inférieure à la moyenne OCDE. 32% des hommes et 26% des femmes commencent des études universitaires, soit des proportions bien plus faibles que la moyenne OCDE dans ce domaine (40% pour les hommes et 48% pour les femmes); le Mexique, la République tchèque et l'Allemagne sont ici les seuls pays à présenter des pourcentages plus bas que la Suisse.
Les taux de diplômés (premiers diplômes) dans le secteur universitaire suisse sont en conséquence situés à un niveau largement inférieur à la moyenne OCDE. Les mathématiques et l'informatique sont toutefois des domaines d'études qui font exception: la part des diplômes obtenus dans ces derniers par rapport à l'ensemble des diplômes universitaires suisses atteint 6,2%, un pourcentage qui est bien au-dessus de la moyenne OCDE (3,9%). Mais il convient de relativiser ce dernier résultat dans la mesure où les diplômés sont ici relativement peu nombreux compte tenu du nombre restreint de diplômes universitaires dans notre pays.
La Suisse vient au premier rang pour ce qui est du taux d'obtention (2,6%) de diplômes de recherche de haut niveau (par ex. doctorats).
La transition entre l'école et la vie professionnelle continue d'être bonne
La formation dans le cadre du système dual reste une composante importante du système éducatif de notre pays. A l'heure actuelle en Suisse, 69,7% des personnes faisant partie d'une même volée achèvent une formation professionnelle du degré secondaire. Cette dernière ne doit donc pas être oubliée dans les discussions ayant trait au degré tertiaire.
Les indicateurs montrent en outre que le contact précoce des apprentis avec le monde du travail en Suisse facilite grandement par la suite leur entrée dans la vie active.
Nouvelles publications:
OCDE, Regards sur l'éducation, Les indicateurs de l'OCDE, Paris 2001.
Disponible également en allemand et en anglais.
OCDE, Analyse des politiques d'éducation, Enseignement et compétences (2001), Paris 2001.
Disponible également en allemand et en anglais.
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