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Cent ans de mesures de classement à Genève
1921 - 2021
1921 - 2021 : voilà 100 ans que la première mesure de protection au titre de monument historique a été prise à Genève.
L’histoire commence à la fin du 19e et au début du 20e siècle, où les actions se multiplient en Suisse, comme en Europe, en faveur de la sauvegarde du patrimoine national: la société Heimatschutz, Ligue pour la conservation de la Suisse pittoresque est fondée en 1905 et la Confédération met en place, à l’occasion de chantiers entrepris sur des bâtiments d’importance nationale, une protection fédérale.
S’inspirant de l’exemple français, Genève, après Vaud (1898), Berne (1900) et Neuchâtel (1902), édicte sa première loi le 10 juin 1920. Elle innove et ajoute à la protection des monuments celle des sites. Pour guider sa politique de mise sous protection et de sauvegarde, le canton se dote d’une commission, appelée commission des monuments, de la nature et des sites. A ses débuts, elle est présidée par le chef du département des travaux publics et son premier secrétaire sera également le premier archéologue cantonal, Louis Blondel. Ainsi, le 31 mai 1921, le premier objet classé par décision du Conseil d’Etat sera les marais et les ruines du château de Rouelbeau à Meinier. Suivront les édifices monumentaux situés en Vieille Ville: l’Hôtel de Ville, l’ancien Arsenal, le collège Calvin, le Palais de Justice… Mais aussi des fontaines, et puis des parcs, des temples, des églises, des immeubles… des arbres, des pierres et des mosaïques archéologiques, une meule.
Cette première loi atteint difficilement ses buts en matière de protection d’ensemble construit ou de site naturel. En 1929, la nouvelle loi cantonale règlementant les constructions (LCI) visera à préserver le caractère des quartiers, des rues, chemins ou sites naturels et permettra l’adoption de règlements spéciaux fixant la hauteur des nouvelles constructions. Un premier plan des zones de construction lui est annexé et, en 1961, la notion de zones protégées est introduite. La Vieille Ville, le Vieux Carouge, mais aussi les villages protégés font l’objet de dispositions particulières. Les zones protégées seront étendues dès 1973 à une partie des quartiers de la ceinture fazyste puis, en 1983, aux ensembles du 19e et du début du 20e siècle. En 1976, la loi de 1920 est remplacée par la loi sur la protection des monuments, de la nature et des sites (LPMNS), toujours en vigueur aujourd’hui.
Le classement est complété par deux nouvelles mesures : l’inscription à l’inventaire, visant à mettre en place une politique plus souple et attribuant la décision au département, et le plan de site, instrument applicable aux sites bâtis et naturels.
Quelque 15 mesures de protection sont prises chaque année, de tout type (plan d’affectation ou mesures individuelles), venant enrichir la qualité architecturale, urbanistique, sociétale, culturelle, historique ou mémorielle du canton de Genève.
Infoshttps://www.ge.ch/document/immeubles-objets-classes
https://www.ge.ch/document/immeubles-objets-inscrits-inventaire
Mesures de protection
A l’occasion de ce 100e anniversaire, les mesures de protections dont bénéficient les objets au programme du canton de Genève sont mentionnées dans les visites qui suivent.