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Certains considèrent que l’avènement de l’opéra correspondrait au début de l’ère baroque. Toutefois, les premiers opéras de cette période sont bien plus proches au niveau stylistique de la musique de la Renaissance.
L’opéra, tel que défini plus haut, naît d’expériences cherchant à lier le langage parlé et la musique. À Florence, au 16e siècle, une sphère d’intellectuels, la Camerata de’Bardi, tente de faire renaître le théâtre grec antique qui, selon leurs sources, était chanté.
Pour eux, la musique devait refléter mot pour mot la signification du texte et les émotions. Le résultat de ces expérimentations est un style de chant déclamatoire qui donnera le récitatif. La première pièce connue ressemblant à un opéra dont nous avons la source naît sous l’appellation "Dramma per musica " : c’est L'Euridice de Jacopo Peri en 1600, un récitatif de 2 heures. Sur cette base de récitatif vont s’ajouter des numéros d’ensembles, des danses et des formes poétiques avec des vers symétriques permettant de construire des mélodies, qui s’appelleront plus tard des airs.
En 1607, Claudio Monteverdi compose, sous la dénomination "Favola in musica", L’Orfeo, alternant entre des récitatifs et des sections plus mélodiques et chantées (airs, chœurs, danses, etc.)
Les sujets étaient alors essentiellement mythologiques.
Il faut attendre la deuxième moitié du 17e siècle pour que le genre devienne un divertissement public et que les thèmes abordés portent sur des sujets historiques, puis que la palette de genres littéraires les étoffe avec le temps.
L’Orfeo et Euridice étaient des divertissements de cour, permettant aux souverains et aux nobles de montrer leurs richesses. La place sociale qu’occupait le genre était différente. On utilisait l’opéra comme un moyen de mettre en avant son capital financier. Les partitions étaient parfois publiées, non pas pour être rejouées ailleurs, mais pour montrer ce qui avait été fait à la cour.
Vers 1630, à Venise l’opéra devient un divertissement public et l’argent est plutôt dépensé pour avoir à son service des grands chanteurs virtuoses plus que pour exhiber sa richesse de façon ostentatoire.
Propositions d’écoute
- L'Euridice (1600) de Jacopo Peri (1563-1633) - IT
Vous connaissez l’histoire : Orphée, Euridice, l’amour et la mort. Le héros descend aux Enfers pour retrouver sa compagne, mais ici, pas de piège ! Euridice lui est rendue (presque) sans tergiverser.
- L’Orfeo (1607) de Claudio Monteverdi (1567-1643) - IT
L’histoire n’a pas changé, ou presque : cette fois-ci, Euridice reste aux Enfers après un regard indiscret d’Orphée.
- L’Arianna (1608) (dont il ne reste que le Lamento d’Arianna) de Monteverdi - IT
Arianna, seule sur son île, se lamente, abandonnée par Thésée. Vous connaissez l’histoire du Labyrinthe et du Minotaure ? La suite n’est pas très épanouissante sur le plan amoureux...