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Dans le scandale de corruption impliquant le fonds souverain malaisien 1MDB, les Etats-Unis ont demandé une entraide judiciaire à la Suisse. Les autorités américaines exigent la saisie de documents bancaires. La procédure est en cours.
L'office fédéral de la justice (OFJ) a chargé le Ministère public de la Confédération (MPC) de mener l'enquête, a indiqué mercredi à l'ats Ingrid Ryser, cheffe suppléante de l'information à l'OFJ. Elle confirme les informations de Reuters.
Le MPC exécute la demande d'entraide judiciaire, a-t-il indiqué à l'ats. Au cours de la procédure, la Suisse a aussi demandé le soutien d'autres pays, dont les USA. Ils ont fourni "diverses preuves tout à fait satisfaisantes". L'enquête se poursuite.
Millions de dollars blanchis
L'offensive judiciaire lancée mercredi par le ministère de la Justice américain (DoJ) cible une "conspiration internationale" visant à blanchir des centaines de millions de dollars détournés du 1Malaysia Development Berhad (1MDB), un fonds créé en 2009 et dont le Premier ministre malaisien Najib Razak est le président consultatif.
Selon la plainte des autorités américaines, ces fonds auraient été illicitement utilisés aux Etats-Unis par des proches du pouvoir malaisien voire par des responsables gouvernementaux eux-mêmes pour mener grand train et laisser libre cours à une frénésie d'achats onéreux.
Le "loup de Wall Street"
La liste de leurs acquisitions comprend plusieurs propriétés de luxe à Beverly Hills, en Californie, ou à New York, un jet privé Bombardier et des toiles de Vincent Van Gogh et de Claude Monet, d'après la plainte consultée par l'AFP.
"Le Loup de Wall Street" (2013), le film de Martin Scorsese inspiré de la vie d'un courtier, campé par Leonardo di Caprio, aurait été financé par ce fonds. Les Etats-Unis veulent donc saisir des recettes du film.
Enquêtes dans plusieurs pays
Le milliard de dollars ciblé par les autorités américaines ne représente toutefois qu'une portion de ce qui aurait été détourné de 1MDB, qui affichait en 2014 une dette abyssale de 11 milliards, creusée à coups d'acquisitions opaques réalisées à l'étranger.
Selon un rapport parlementaire publié début avril en Malaisie, le fonds a effectué au moins 4,2 milliards de dollars de transferts douteux à l'étranger.
Le scandale a conduit à l'ouverture d'enquêtes dans plusieurs pays et a fini par atteindre le Premier ministre malaisien après des révélations du Wall Street Journal (WSJ) en 2015.
Liens en Suisse
Le scandale a également des ramifications en Suisse. BSI s'est retrouvée fin mai sous le coup d'une procédure pénale du MPC. La banque tessinoise sera dissoute une fois finalisé son rachat par le gérant zurichois EFG International, qui va reprendre les activités de BSI à Singapour, via une cession d'actifs accélérée.
L'enquête contre BSI se fonde sur les éléments révélés par la procédure liée à 1MDB, ainsi que sur ceux d'une décision de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA). Le MPC soupçonne l'existence de défaillances dans l'organisation interne de l'établissement sis à Lugano.
La FINMA a aussi ouvert mi-juillet une procédure à l'encontre de l'ancien responsable des affaires asiatiques de la banque tessinoise, afin de faire la lumière sur les responsabilités dans l'affaire.
Le fonds 1MDB lui-même traverse de grandes difficultés financières. Fin avril, il s'est déclaré en défaut de paiement après avoir échoué à rembourser 50 millions de dollars d'intérêts.