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Le facteur Jules Brinchoud ravagé par le dopage.
En 1910, il y a exactement cent ans, les coureurs cyclistes étaient des amateurs qui gagnaient leur vie en menant une activité professionnelle. Jules Brinchoud était facteur, ce qui lui permettait de s'entraîner en faisant sa tournée à vélo. Cette année-là, il décida de prendre part à plusieurs courses. Il commença par de petites épreuves d'un jour et finit par s'inscrire au départ du Tour de France.
Mais il présuma de ses forces et dut se mettre à consommer des produits censés améliorer ses performances. Il commença par le Bordeaux par voie orale, continua avec la mayonnaise en intraveineuse et termina par sniffer de la poudre à fusil. Paradoxalement, plus il prenait de produits, plus ses forces venaient à lui manquer. Il ne remarqua pas tout de suite que cette accumulation de dopants provoquait un raccourcissement de ses jambes. Ce n'est que lorsqu'il dut régler la hauteur de sa selle pour la troisième fois dans la même semaine qu'il se rendit compte du désastre. Après dix étapes du Tour de France, il dut abandonner, ne pouvant plus atteindre les pédales de son vélo.
Sur ce document, on ne voit pas Jules Brinchoud: il est trop petit.
Un mois plus tard, ses jambes avaient complètement disparu. Les courses de vélo étaient terminées pour lui. Il essaya bien de continuer ses tournées de facteur en se faisant pousser par les habitants, mais le cœur n'y était plus et il se recycla (!) dans la vente de lacets. Le saviez-vous?