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Insulter des joueurs de foot peut coûter cher
08/08/2008
Un Lillois de 25 ans a comparu hier devant le tribunal correctionnel de Valenciennes pour avoir insulté les joueurs et l'entraîneur du VAFC. Le 8 mars, lors d'une rencontre opposant les clubs de Valenciennes et Lille, il a employé des termes peu amènes pour parler des « Rouge et Blanc ». Le tribunal l'a condamné à trois mois de prison avec sursis. Mais il pourra continuer d'aller encourager le LOSC.
À la barre du tribunal de Valenciennes, le jeune homme n'en mène pas large. Et quand il répond aux questions du président Bak, c'est d'une voix à peine audible. Dans la salle, les quelques spectateurs et les autres prévenus doivent tendre l'oreille. Lors du rappel des faits par le président, le jeune Lillois a la tête baissée. Il regarde ses pieds. Gêné sans doute par les faits qui lui sont reprochés. Et à cette remarque du président, « vous devez vous considérer comme un bon supporter », il ne sait quoi répondre.
Injures raciales
Le 8 mars, il est en tribune Pouille. Avec d'autres Lillois, il est venu encourager le LOSC qui joue ce soir-là contre Valenciennes. En fin de première période, le jeune homme s'emporte. Dos à la pelouse, il lance une injure à destination de l'ensemble de l'équipe et de l'entraîneur. Un stadier l'entend. Ce dernier prévient aussitôt son superviseur. C'est trois semaines après l'affaire des injures racistes contre Abdeslam Ouaddou. Le superviseur demande au supporteur lillois de le suivre et il le livre à la police. « Je ne suis pas raciste et je regrette ces paroles », tente le supporteur pour sa défense (il n'a pas d'avocat). « Vous risquez six mois de prison et 22 500 E d'amende », lui rappelle le président.
Un président Bak qui s'étonne de la constitution de partie civile du MRAP (« Une association de lutte contre le racisme ne peut pas se constituer partie civile si elle n'y est pas autorisée par la victime », rappelle-t-il) et du LOSC (« Vous n'êtes pas visé dans la prévention »). Marc Messager, l'avocat du club de foot lillois, va expliquer au président le pourquoi de sa présence : « Les clubs de foot sont responsables des agissements de leurs supporteurs. Valenciennes recevait et était la cible. Le club a décidé de ne pas intervenir. Nous, nous intervenons au nom du foot français » et « parce que nous ne pouvons pas tolérer d'être utilisé comme vecteur d'injures racistes.
Nous ne voulons plus de comportements comme celui-là. » Il a demandé un euro symbolique de dommages et intérêts et une interdiction de stade. Me Massin, avocat du MRAP, a aussi justifié sa présence, s'appuyant sur la jurisprudence Ouaddou. « Le phénomène se banalise et ne s'arrête pas aux portes des stades. Il faut l'éradiquer. » Il a réclamé 500 E de dommages et intérêts et la prise en charge de ses frais.
Le substitut Marilly a souligné « l'extrême bêtise qui règne chez certains supporteurs le samedi soir avec des cris de singes, des jets de bananes et des banderoles » allant jusqu'à citer des paroles d'une chanson de Renaud. « Ces individus polluent le spectacle et n'ont que faire du match », a-t-il observé avant de requérir quatre mois de prison avec sursis et interdiction de paraître dans des enceintes sportives de la région. Le supporteur du LOSC a finalement été condamné à trois mois de prison avec sursis. Les constitutions de parties civiles ont été jugées irrecevables.
VÉRONIQUE BERTIN
Source: La Voix du Nord