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Le 20 septembre prochain, le Professeur Alfred Donath devait être inscrit dans le Livre d'or de la Fédération suisse des Communautés israélites (FSCI), en même temps que Pascal Couchepin. Son brusque décès d'une hémorragie cérébrale, dans la nuit de lundi à mardi, le prive à 78 ans d'un hommage mérité.
C'est dans le domaine de la médecine nucléaire que le Vaudois installé à Genève a brillé, ainsi qu'au service des communautés juives de Suisse pour lesquelles il s'est engagé à Berne et à Genève, avant d'assumer la présidence de l'organe faîtier de 2000 à 2008. Fervent partisan du dialogue interreligieux, ce Juif orthodoxe, père de cinq enfants, a incarné, avec son épouse, Léa, la synthèse réussie entre pratique religieuse minoritaire et intégration. Alfred Donath a œuvré en 2003 à la création du Conseil suisse des religions.
Succédant en 2000 à Rolf Bloch à la tête de la FSCI, il a géré la phase finale du dossier des biens en déshérence. Sioniste convaincu, Alfred Donath a défendu sans relâche le droit d'Israël à l'existence. «Nous avons des échanges âpres et difficiles, je lui dis ce que je pense, ce qui n'empêche pas que l'on s'apprécie», disait Alfred Donath pour résumer le climat des échanges qu'il a eus avec la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey, dont les prises de position dans le conflit israélo-palestinien font régulièrement débat parmi les Juifs de Suisse.
Né à Bâle, Alfred Donath a grandi à Yverdon où son père était rabbin. Après des études de médecine à Lausanne, il a pris en 1971 la direction du premier service de médecine nucléaire de Suisse, à l'Hôpital universitaire de Genève. Expert reconnu, il fut Vice-président de la Commission fédérale de surveillance de la radioactivité. Souriant, direct, Alfred Donath aimait communiquer. «Il avait à cœur d'informer, et pour cela il était toujours au bout de son téléphone», témoigne Sabine Simkhovitch-Dreyfus, Vice-présidente de la FSCI. Alfred Donath n'a jamais économisé ses engagements. Il présidait aussi la section suisse de Save a Child's Heart, une ONG israélienne qui effectue des opérations cardiaques dans les hôpitaux israéliens pour des enfants du monde entier, aussi de nationalité palestinienne, qui n'ont pas accès à de tels soins dans leur pays.
La Conseillère nationale Martine Brunschwig-Graf a rendu hommage, ce matin sur les ondes de la RSR, à «un homme de dialogue», qui «faisait partie de ces personnalités qui vivent pleinement leur rôle de citoyen suisse, qui vivent pleinement leur vie de Juif en Suisse aussi, et qui s’engagent pour la communauté».
Michel Halpérin, ancien Président du Parti libéral genevois, a également rendu hommage à un homme qui «était tout à la fois un savant en disciplines laïques […], quelqu’un qui avait des connaissances scientifiques de pointe, ça a été un universitaire de tout premier plan puisqu’il a été jusqu’à occuper le vice-rectorat de l’Université de Genève, et puis c’était en même temps un homme de savoir culturel et cultuel, c’était un Juif pratiquant, convaincu, qui avait la foi chevillée au corps – il descendait d’une lignée de rabbins – mais qui a réussi ce tour de force extraordinaire d’être le président de sa communauté sans aucune faiblesse, mais sans être jamais un communautariste, il a été un Juif complètement assumé et il n’a jamais cessé d’être un Suisse parfaitement à son aise dans l’identité suisse et, par conséquent, il a démenti toutes les vieilles suspicions relatives à la double allégeance ou relatives à la nécessité de faire des choix».
La CICAD, dont le Professeur Donath avait été membre du Comité, a tenu a saluer «un militant dévoué qui, à la tête de plusieurs organisations, a consacré de longues années de sa vie à s’engager en faveur des Juifs de Suisse, de la lutte contre l’antisémitisme et du dialogue interreligieux».
La FSCI a, quant à elle, publié hier le communiqué suivant:
«La Fédération suisse des communautés israélites a appris avec une profonde tristesse le décès du Prof. Dr. Alfred Donath, Président de la FSCI 2000 – 2008.
Son activité au sein de la FSCI durant un quart de siècle, son engagement courageux pour les besoins de la communauté juive et en faveur du dialogue interreligieux resteront présents dans nos mémoires. Son attitude était empreinte de modestie, optimisme, respect, ouverture d’esprit et gentillesse. Il restera pour nous tous un exemple. Nous exprimons nos sincères condoléances à son épouse Léa, à ses enfants et petits-enfants.»
Enfin, le Beth 'Habad de Genève, dont le Professeur Donath avait également été président, a réagi en soulignant la «grande épreuve» qui touche «toute la famille du Professeur Donath [...] nous leur souhaitons de tout cœur beaucoup de courage. Dans ces moments là les mots sont inutiles mais seule l'amitié et l'amour des proches et moins proches comptent».
Sources: CICAD, FSCI, Bet 'Habad, ATS, tdg.ch, romandie.com, tsr.ch, swissinfo.ch, RSR, AP, journalmetro.com- mardi 29 juin 2010, 24 Heures, Tribune de Genève, Le Temps, ATS, Le Matin, La Liberté, Le Courrier, AP, Revue de presse du CRIF- mercredi 30 juin 2010