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Dans la première étape une certaine irritation s'installe et les positions se durcissent. La communication devient sélective. On n'entend que ce qu'on veut bien entendre. D’un autre côté, les positions sont encore mobiles, on trouve de la coopération et de la compétition. Mais la situation change quand les opposants cessent de s’écouter. Le fait d’avoir raison devient plus important qu’une simple discussion des faits.
Pendant la deuxième étape les positions deviennent exclusives et on retrouve une certaine violence rationnelle. On signale les faiblesses de l’autre et identifie ses fautes. Un ping-pong intellectuel se met en place devant les yeux d’une audience admirative. Quand les débats terminent dans des voies sans issue et le fait de parler ne fait plus avancer les choses on entre dans la troisième phase.
Maintenant ce sont les actes qui comptent plus que les paroles. Le langage corporel envoie des messages clairs : les bras se croisent, on pointe du doigt. La suspicion générale prend le dessus et les opposants ne ressentent plus d’empathie l’un pour l’autre. Les parties se cristallisent et exercent une pression à l’intérieur du groupe. « Ou bien tu es avec moi ou contre moi. » C’est à cet instant qu’on commence à créer une image de la partie adverse qui ne correspond plus à la réalité.
Dans la prochaine étape nous retrouvons donc une image de l’ennemi pleine de jugements. Le cercle vicieux de la prophétie auto-réalisatrice se met en place. Chaque partie fait des projections sur l’autre et recherche des alliés. On voit apparaître des remarques qui blessent et les insultes deviennent intentionnels. Chaque partie pense voir des intentions destructrices réelles chez la partie adverse.
Cette cinquième étape « perte de face » est marquée par la perte de foie en l’intégrité morale chez l’autre. L’image de l’ennemi devient diabolique et on commence à se traiter par des noms d’animaux. On voit apparaître des gestes insultants et le langage devient radical et rude. Les parties proclament leurs revendications et les sanctions qui suivront en cas de non-obtention.
Nous voilà donc à l’étape « stratégies de menaces ». Les têtes s’échauffent dans le triangle revendications – sanctions – potentiel de sanctions. Évidemment la partie adverse répondra par des contre revendications. Le processus s’accélère et s’amplifie jusqu’à l’implémentation des menaces.
Dans cette septième étape on s’en prend d’abord aux choses matérielles et la destruction est encore limitée. On détruit des objets avant de s’attaquer aux personnes. Mais très vite les attaques ne seront plus limitées et le processus s’accélère. Il s’agit de réduire l’ennemi en miettes. C’est une lutte pour le tout ou le rien. On veut isoler les combattants du premier rang de leur soutient et démanteler la partie adverse. L’autodestruction devient une possibilité. Dans la neuvième étape il n’y a plus d’issue. C’est la confrontation totale qui mène à la destruction. Comme chez les kamikazes, l’autodestruction peut devenir un triomphe.
En tant qu'individu « normal » nous pouvons encore intervenir pendant les trois premières phases d'escalade et essayer de régler nos conflits. Mais déjà à partir de la troisième phase il est souvent mieux de faire appel à un médiateur ou autre professionnel, peut-être également un thérapeute psychologique.
Si dans les premières phases toutes les parties peuvent en ressortir gagnant, ce n'est plus le cas à partir de la phase quatre. Et pour les trois dernières phases il est évident que chaque partie sera perdante. Donc, essayons plutôt d'intervenir quand c'est encore faisable et de régler nos différents avant qu'il ne soit trop tard.
Friedrich Glasl a utilisé ce modèle également pour prédire l'évolution de conflits politiques mondiaux. Essayez de regarder le monde à travers ce modèle - c'est vraiment intéressant!
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