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L'achat de F-35A a-t-il été une erreur? Le scepticisme autour de ces avions de combat américains monte en Australie. Alors que le pays s'en est déjà procuré 44 en décembre dernier et attend la livraison d'une trentaine d’autres d'ici à la fin de l’année 2023, le ministère de la Défense a annoncé, mardi 15 février, réduire le temps de vol de ces machines de guerre. Selon les documents que The Australian s'est procuré, les 72 F-35 achetés par l’Australie devraient voir leurs heures de vol diminuées de 25% sur les quatre prochaines années.
Du côté de l'opposition, la nouvelle ne passe pas. Selon elle, cette révélation prouve que le programme d'avions de combat de 16,6 milliards de dollars est «en proie à des problèmes». Raison pour laquelle elle demande des explications à Peter Dutton, au ministre de la Défense, qui ne s'est, toutefois, pas davantage prononcé à la suite de la polémique créée. Alors, dans la presse nationale, les spéculations vont bon train.
Portée restreinte, faible capacité de survie au combat, coûts d'exploitation onéreux, les journalistes australiens justifient la décision du ministère par de nombreuses complications qui n'avaient pas assez bien été anticipées par l'Australie lors de son intégration au programme F-35 en 2002.
Ils se basent notamment sur une déclaration du lieutenant général des Etats-Unis Clint Hinote qui relevait le 10 février au Sydney Morning Herald l'incapacité des F-35 à parcourir de longues distances au-dessus du Pacifique; «ce qui est trop dangereux dans la guerre contre Taiwan», insistait-il. Aucun doute pour les experts de l'US Air Force qui ont par ailleurs ajouté que ces machines de guerre vendues aux forces aériennes australiennes étaient un véritable «désastre», a-t-on pu lire dans The Australian.
L'Australie a rejoint le programme F-35 dirigé par les Etats-Unis en 2002. Sauf qu'il l'aurait fait sans aucune évaluation officielle ni procédure d'appel d'offres, a révélé l'Eurasian Times en citant des recherches de l'Institut Loway réalisées en novembre 2019. Le laboratoire indépendant affirmait que, dans le pays, pour beaucoup, la décision avait été «abrupte».
En Suisse, cette situation, une coalition de gauche cherche à l'éviter. Dans son article du jeudi 17 février, Le Temps est également revenu sur l'actualité australienne en donnant la parole au conseiller national Fabien Fivaz. Selon le député vert, ces avions ne seraient utiles que pour le combat. Ils ne permettraient donc pas d'assurer la sécurité, pourtant «seule mission indispensable de l’armée de l’air en Suisse», rappelle le Neuchâtelois.
Cette critique, c'est le fondement même de l'initiative «Stop F-35» dont Fabien Fivaz est partie prenante. «Le F-35 est totalement inadapté et coûte beaucoup trop cher. Il a été développé uniquement pour des guerres d’agression. Le bombardier furtif est massivement surdimensionné pour les missions de police aérienne», estiment les opposants à la machine américaine, alors que le Conseil fédéral a récemment demandé au Parlement d'acquérir 36 avions de combat de type F-35A. A ce jour, la pétition a recueilli plus de 80 000 signatures. Il en faudrait 100 000 pour lancer une nouvelle votation.
Le blocus organisé par la Russie en Mer Noire pourrait causer une famine mondiale. Les bateaux militaires de Poutine, au large d'Odessa, empêchent l'Ukraine d'exporter ses céréales. Celles-ci sont pourtant capitales pour certains pays. A titre d'exemple, l'Erythrée, la Somalie, l'Egypte ou encore le Liban en sont si dépendants que la survie de leur approvisionnement en nourriture et donc de leur population en dépend.