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Dans le test de "Full-body Illusion", ou illusion du corps entier, les participants voient leur dos caressé. Lorsque la chose perçue est synchrone, une illusion physique se produit, qui leur fait sentir une appropriation sur le corps vu.
EPFL/Roy Salomon(sda-ats)
La conscience du corps n'est pas affectée par la schizophrénie. Même si les patients ont souvent un sens altéré du Soi, leur sentiment d'appartenance corporelle n'est pas touché, rapporte une équipe internationale dirigée par l'EPFL dans le Schizophrenia Bulletin.
L'équipe d'Albulena Shaqiri, du Laboratoire de psychophysique, a testé 59 patients souffrant de schizophrénie chronique et les a comparés à 30 individus sains. Les sujets ont été soumis à un test bien établi nommé "Full-body Illusion", développé par Olaf Blanke à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), a indiqué cette dernière mercredi dans un communiqué.
L'idée qui sous-tend la Full-body Illusion est d'induire des changements dans la conscience du corps au travers d'une stimulation multi-sensorielle prolongée. Au cours de cette étude, les patients se faisaient caresser le dos en regardant leur dos se faisant caresser sur un corps virtuel, au moyen d'un casque de réalité virtuelle.
Lorsque les caresses réelles et virtuelles se produisaient simultanément, les participants éprouvaient typiquement un sens de la conscience du corps et d'identification avec le corps virtuel plus fort, tout en se sentant dériver vers celui-ci. Mais lorsque les caresses n'étaient pas synchronisées, les patients n'éprouvaient rien de tout cela.
Pas affecté
L'étude a montré que les patients réagissaient à l'illusion de la même manière que les participants en bonne santé, ce qui signifie que leur sentiment d'appartenance corporelle n'est pas affecté par la schizophrénie. "Jusqu'à maintenant, on pensait que chez les patients schizophrènes, le sentiment de la propriété du corps était altéré", explique Albulena Shaqiri, citée dans le communiqué.
Ces patients ressentent souvent, par exemple, que quelqu'un d'autre contrôle leurs actions. Ce trouble décrit comme déficit de la "capacité d'agir" ("agentivité") a été bien établi et corrélé à des problèmes de signaux du cerveau sensorimoteur, qui entravent la capacité des malades à distinguer les actions autonomes de celles provoquées par des sources externes.
Mais jusqu'ici, la question de la conscience du corps était restée ouverte. Or capacité d'agir et conscience du corps sont les deux composantes principales de ce qu'on appelle le Soi, et c'est là que la schizophrénie se manifeste, note l'EPFL.
Autres recherches nécessaires
"Cette découverte nous donne une compréhension plus réaliste des déficits du Soi dans la schizophrénie et peut nous aider à trouver des solutions à ces problèmes", ajoute Roy Salomon, de la Bar-Illan University (Israël), co-auteur de l'étude.
Pour Olaf Blanke, "d'autres recherches sont nécessaires pour évaluer des aspects importants de la conscience de soi dans la schizophrénie, comme les nombreuses formes différentes de propriété du corps – la main, le torse, le visage –, leur dépendance à l'égard de stimuli multi-sensoriels et leur relation à des aspects sensorimoteurs".
Des chercheurs géorgiens, australiens et israéliens ont participé à ces travaux.
ATS