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L’installation de Sylvie Fleury (*1961, Genève) est composée de mobilier domestique, un lit, deux tables de chevet surmontées de lampes, une coiffeuse à miroir et une banquette. Dans cette chambre à coucher, tous les meubles ont été recouverts de fausse fourrure. Or ce matériau, récurrent dans l’œuvre de Fleury, qui évoque une douceur factice, est celui qu’elle utilise en particulier lorsqu’elle revisite l’histoire de l’art. Elle a notamment réalisé de nombreuses « peintures » monochromes ou des pastiches de Mondrian, désarmant leur radicalité historique, se moquant de leurs prétentions modernistes, prenant le contrepied du célèbre texte de Greenberg qui opposait l’avant-garde et le kitsch. Mais Bedroom Ensemble II rend hommage à un artiste qui a, lui aussi, élevé le prosaïsme d’objets dérisoires au rang de la sculpture monumentale : en 1963, Claes Oldenburg reconstituait, sous ce même titre, des chambres à coucher dont il déformait les perspectives pour en accentuer l’effet de profondeur et les déréaliser. Avec son propre vocabulaire de textures et de couleurs, Fleury pousse la proposition d’Oldenburg à ses extrémités.