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On se croirait dans un cauchemar: On se réveille mais on est incapable de bouger ni même de crier. Le corps est raide, seuls les yeux peuvent bouger. On dirait même qu'on n'arrive pas à respirer. Certains ressentent une présence dans la pièce, que ce soit une personne ou un animal, et qui a l'air de dégager quelque chose de méchant. La forme noire se rapproche et se penche sur nous - le corps est pris de panique! Et on mobilise toutes ses forces pour pouvoir bouger les bras et les jambes. Le plus souvent, le phénomène disparaît aussitôt.
Le peintre suisse-anglais Johann Heinrich Füssli a créé l'œuvre la plus célèbre connue à propos de la paralysie du sommeil en 1781: ""Le cauchemar"".
Ceux qui n'ont vécu cet état qu'une seule fois l'oublieront généralement au fil du temps. Mais il y a des personnes qui sont régulièrement exposées à ce phénomène et qui ont très peur d'aller se coucher. Les scientifiques parlent d'une «paralysie du sommeil». Elle appartient aux parasomnies (anomalies indésirables et inadéquates pendant le sommeil).
La paralysie du sommeil n'est pas encore vraiment présente au niveau du grand public. Le documentaire US-américain «The Nightmare» de l'année 2015 a cependant suscité de l'attention en mettant en évidence cet état mixte où se côtoient sommeil et éveil.
On estime que 8 % de la population souffre de paralysie du sommeil au moins une fois dans sa vie.
Épisode isolé: Une paralysie du sommeil unique que la personne concernée ne ressent pas comme particulièrement angoissante; elle sera vite oubliée au quotidien.
Épisodes répétés: Les paralysies du sommeil s'enchaînent au cours d'un certain laps de temps (environ six mois).
Aux deux types peut s'ajouter un aspect de peur lorsque la paralysie du sommeil est accompagnée d'hallucinations; la peur d'une paralysie durable ou de devenir fou/folle peuvent aussi jouer.
Hallucinations: Les personnes parlent le plus souvent de silhouettes noires qu'elles perçoivent. Mais d'autres perceptions interviennent également, p.ex. des bruits (bourdonnement, bruissement, voix, cris, bruits de pas, de grattage), des sensations (pression sur la cage thoracique, impression d'étouffer), des expériences extracorporelles (sensation de flotter ou détachement complet du corps), des présences (comme si un être méchant nous observait).
Une théorie dominante affirme que la paralysie du sommeil représente le prolongement de la paralysie musculaire qui se produit durant la phase REM. REM est l'abréviation de Rapid Eye Movement, «mouvements oculaires rapides en français». Cela désigne une phase du sommeil qui dure environ deux heures et qui est marquée par ces mouvements oculaires. Elle est déclenchée par les rêves survenant durant la phase REM. On suppose que le corps tombe dans un genre de rigidité pendant ces phases de rêve. La paralysie de la musculature dont on peut commander les mouvements (atonie musculaire) empêche de réaliser vraiment les mouvements rêvés et protège ainsi la personne qui dort contre d'éventuelles blessures. Les muscles des yeux et ceux qui interviennent dans la respiration ne sont pas affectés par ce relâchement musculaire.
Cet état perdure durant la paralysie du sommeil - alors que la conscience est déjà revenue en temps inopportun. Le fait que beaucoup de personnes concernées présentent des phénomènes hallucinogènes est probablement dû à la phase de rêve, mais il convient de les distinguer des rêves normaux.
Une paralysie du sommeil peut être favorisée par certains facteurs de risque. Cela comprend la narcolepsie (maladie de Gélineau), des affections rares du rythme sommeil-éveil, l'hypertension, le syndrome obstructif de l'apnée du sommeil (un trouble respiratoire sérieux durant le sommeil) ainsi que des affections psychiatriques. Les femmes sont tpouchées un peu plus souvent que les hommes par une paralysie du sommeil isolée. Si la paralysie du sommeil survient en association avec un syndrome obstructif de l'apnée du sommeil, cela se produit plutôt chez des hommes d'âge avancé. On ne dispose cependant pas de chiffres précis.
Du point de vue de la médecine du sommeil, une paralysie du sommeil n'est pas dangereuse. La suffocation souvent ressentie n'est pas réelle car la respiration est commandée automatiquement par le corps lors d'un accès d'éveil. L'impression d'étouffer est due à l'impossibilité de bouger - elle empêche de ressentir activement la respiration.
Si toutefois une paralysie du sommeil qui survient souvent ou simplement la crainte qu'elle revienne affecte la qualité du sommeil, cela peut tout à fait entraîner des conséquences pour la santé - et il convient d'en parler au médecin de famille. Il faut consulter dans tous les cas quand on:
- a peur d'aller se coucher
- pense que la paralysie du sommeil est liée à une maladie psychique
- n'arrive plus à faire une nuit complète et que l'on est fortement gêné dans son quotidien
- présente déjà d'autres troubles du sommeil pouvant être en lien avec la paralysie du sommeil.
Cela peut paraître banal: Une compréhension approfondie des mécanismes médicaux (sommeil REM, voir plus haut) peut déjà aider à mieux gérer le phénomène lors de sa prochaine apparition. Durant la paralysie du sommeil, on doit essayer de se raisonner, se rassurer en se rappelant que cela passe rapidement. Des stimuli extérieurs mettent immédiatement fin à la paralysie du sommeil. Un simple effleurement, p.ex. de la part du partenaire, est suffisant. On peut essayer de se faire entendre en grognant ou en respirant bruyamment - le mieux c'est de s'accorder sur les signaux indiquant une paralysie du sommeil.