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Madrid - Adulé pour avoir traqué l'ex-dictateur chilien Augusto Pinochet, le célèbre juge espagnol Baltasar Garzon sera jugé en Espagne. Le magistrat est poursuivi pour avoir voulu fouiller l'encombrant passé du franquisme.
Un juge du Tribunal suprême espagnol, saisi de plaintes d'organisations d'extrême-droite, a décidé d'asseoir le juge vedette espagnol sur le banc des accusés pour "prévarication". Il est accusé d'avoir monté un "artifice juridique" pour ouvrir une enquête sur les disparus de la guerre civile (1936-39) et du franquisme (1939-75), en ignorant une loi d'amnistie générale votée en 1977, deux ans après la mort du dictateur Francisco Franco.
Cette décision devrait entraîner à court terme la suspension de Baltasar Garzon de ses fonctions de juge de l'Audience nationale, haute instance pénale qui centralise à Madrid les dossiers de terrorisme, de crimes contre l'humanité et de criminalité organisée.
La législation espagnole prévoit en effet la suspension temporaire de leurs fonctions des juges faisant l'objet d'un renvoi devant un tribunal pour des délits présumés commis dans l'exercice de leur fonction.
Plus de 200 organisations de défense des droits de l'Homme et des juristes du monde entier, dont l'ex-procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) la Tessinoise Carla del Ponte, ont signé une lettre de soutien au juge Garzon.
ATS