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Elections fédéralesSans les alliances, les Verts auraient sombré encore plus bas
Une évaluation nationale montre que sans apparentements de listes, les Verts auraient perdu encore davantage de sièges. L'UDC en aurait gagné davantage.
Voici la répartition des sièges au National.
Obtenir un excellent résultat aux élections n'est pas toujours suffisant pour siéger au Conseil national. Plusieurs candidats et candidates l'ont appris à leurs dépens. L'exemple de la Zurichoise Therese Schläpfer illustre à merveille la situation. Bien qu'elle ait obtenu 120'148 voix, ce qui la place même en 15e position du classement regroupant tous les candidats et candidates de Suisse, elle a été écartée dimanche du Conseil national.
Pourquoi? À cause des apparentements de listes. C'est ce que montre une simulation de notre rédaction. Le but de celle-ci était d'évaluer ce qu'aurait été la répartition des sièges s’il n'y avait pas eu d'apparentements de listes entre les partis. Résultat: les alliances interpartis ont modifié l'attribution des mandats dans 11 cantons. Le siège de Therese Schläpfer à Zurich a ainsi été remporté par Erich Vontobel de l'UDF. Pourtant, celui-ci n'avait obtenu que 9390 voix. Dans le canton de Vaud, Jessica Jaccoud (PS) a été élue à la place de Daniel Ruch (PLR). À Genève, les apparentements de listes ont profité à Laurence Fehlmann Rielle (PS)… au détriment de Michel Matter (PVL).
Pour le Conseil national, les voix obtenues par un apparentement sont d'abord réparties entre les partenaires d'alliance. Les voix obtenues par les candidats et candidates ne sont prises en compte qu'ensuite.
Les Verts en ont profité
Les deux grands perdants de ce poker électoral sont l'UDC et Le Centre. Dans un système électoral sans apparentement de listes, les deux partis auraient obtenu deux sièges de plus au Conseil national. Dans ce scénario, l'UDC aurait donc gagné 11 sièges.
Rien d'étonnant donc à ce que l'UDC ait annoncé son intention de déposer une intervention lors de la session d'hiver afin d'interdire à l'avenir les apparentements de listes. Le PLR prévoit un postulat similaire.
Les Verts, en revanche, ont le plus profité de cette tactique électorale. Sans les apparentements de listes, le parti aurait encore perdu deux sièges de plus, soit 7 sièges au total au lieu de 5. Le fiasco aurait donc été encore plus grand. Felix Wettstein de Soleure et Christophe Clivaz du Valais ont été élus uniquement grâce à des alliances.
Les apparentements de listes sont importants en raison des voix restantes. Pour obtenir un siège, il faut un certain nombre de voix selon le canton. Or, pour chaque parti, il reste toujours des voix qui ne garantissent pas à elles seules un siège supplémentaire. Si deux partis concluent un apparentement de listes, les voix restantes sont additionnées. Ils peuvent ainsi gagner un siège supplémentaire, qui est alors attribué à un partenaire de liste.
Voici comment fonctionne un apparentement de listes
Hypothèse: un canton dispose de deux sièges. Le parti A obtient le plus de voix et gagne ainsi le 1er siège. Le parti B devient la deuxième force. Or les partis C et D concluent un apparentement de listes et dépassent ensemble le parti B. Au sein de cet apparentement, le parti C obtient plus de voix que le parti D. La 2e place revient donc au parti C.
MT
Traditionnellement, les partis de gauche, de droite et du centre unissent respectivement leurs listes. Or, les trois camps n'ont pas profité de la même manière, dimanche dernier, révèle notre simulation.
L'alliance de droite
Pour ces élections, le PLR et l'UDC ont conclu des alliances de listes dans neuf cantons – l'UDF y était parfois aussi présente. Cela représente certes nettement plus d'alliances que lors des élections de 2019. Mais si le PLR et l'UDC s'étaient unis dans tous les cantons (en supposant que les alliances des autres partis restent inchangées), le parti agrarien aurait fait un siège de plus, tandis que le PLR en aurait fait un de moins.
L'alliance de gauche
Le PS et les Verts concluent traditionnellement de nombreuses alliances. C'était également le cas pour les élections de cette année: dans 20 cantons, ils se sont alliés – dans 5 cantons, les Vert'libéraux ont également participé à ces alliances.
Le politologue Daniel Bochsler affirme que, historiquement, les partis de gauche ont le plus profité des apparentements de listes. «Cela s'explique en premier lieu par le fait qu'il y avait dans le camp de gauche de nombreux petits partis dont les voix pouvaient être regroupées.»
En supposant qu'il n'y ait pas eu un seul apparentement de listes entre les deux partis de gauche, ils auraient tous deux perdu de manière significative. Les Verts auraient eu 9 sièges en moins et le PS 5 sièges en moins. Les alliances sont donc importantes pour le succès des partis de gauche.
Le pacte au centre de l'échiquier politique
La situation est un peu moins claire pour les partis du centre: le PVL, le PEV et Le Centre. Dans sept cantons, ces trois partis se sont alliés. Toutefois, il y a également eu des apparentements de listes entre Le Centre et le PEV ainsi qu'entre le PVL et des partis de gauche. Lors des élections d'il y a quatre ans, les partis se situant au centre de l'échiquier politique étaient encore considérés comme les grands gagnants de cette technique électorale. Ce n'était plus le cas en 2023.
Notre simulation montre qu'un regroupement généralisé de ce camp dans tous les cantons aurait surtout profité au Centre. Il aurait obtenu cinq sièges de plus, le PVL un. Le résultat du PEV serait resté inchangé.
«Il faut aussi une petite dose de chance.»Daniel Bochsler, politologue
Les apparentements de listes ne sont pas seulement une question de chiffres et d'arithmétique, mais aussi d'image. Ainsi, lors de ces élections, il n'y a jamais eu autant de listes (637), alors que le nombre d'alliances est resté constant (80), contre 81 en 2019. Les partis ne s'associent pas à n'importe quel prix: le PLR, par exemple, n'a pas voulu s'associer avec le mouvement Mass-voll, qui s'est présenté pour la première fois cette année. Il en va autrement de l'UDC, qui s'est associée à ce mouvement à Lucerne et à Soleure – mais aucun des deux partis n'en a profité pour obtenir un mandat supplémentaire.
Le politologue Daniel Bochsler a déclaré à ce sujet dans un article de la «NZZ»: «En fin de compte, même les apparentements de listes calculés avec précision ne permettent pas toujours de gagner des sièges. Pour cela, il faut également une base électorale suffisante et une petite dose de chance.»
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