Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07030.jsonl.gz/827

Hôtel des Six Communes à Môtiers NE - 5 ans de travaux de restauration

L'une des originalités du bâtiment réside dans le système constructif de sa structure porteuse originale, totalement en bois.
Nous sommes au début du XVIème siècle. Bâti sur un plan presque carré, le rez-de-chaussée, délimité en périphérie par une série de colonnes supportant une forte sablière, est totalement ouvert en fonctionne comme place de marché couvert.
Au centre, 4 poteaux constituent l'unique élément porteur intérieur. Composant une grosse "croix de St-André".
Quatre imposantes poutres reposent sur le noyau central et les angles du bâtiment, les solives, polées perpendiculairement aux côtés, relient les diagonales aux sablières qu'elles dépassent d'un bon mètre. Ce débordement permet d'augmenter la surface du 1er étage, de protéger les poteaux du rez des intempéries et de soulager quelque peu le noyau central sur le plan statique.
On retrouve ce système au plafond du 1er étage.
Quant à la structure primaire de la toiture à 4 pans, elle est basée sur le même principe.
Avec le temps, les premières affectations du bâtiment ont évolué, voire totalement changé. Aussi, mis à part les nombreuses interventions visant à réparer le bâtiment ou en améliorer le confort, signalons, au début du XVIIème siècle, la construction des façades en pierre, autour de la structure en bois et totalement indépendantes de celle-ci, et ceci. Pour, successivement, celle des murs de refends et de l'escalier monumental en pierre.
Le 1er étage voyait ses espaces se subdiviser par l'apport de cloisons légères. Si ces importantes transformations on peu à peu étouffé le bâtiment et rendue plus difficile la lecture de sa structure particulière, cette dernière n'aura finalement que peu souffert. Les dernières colonnes en bois du rez-de-chaussée ont malheureusement disparu au milieu du XXème siècle. Nous en avons redécouvert deux, noyées dans la maçonnerie.
| La sauvegarde et la restauration d'un tel édifice, mises en parallèles avec de nouvelles affectations, tributaires elles-mêmes de lourdes contraintes (protection contre le feu, sécurité, salubrité, technique et exploitation), relèvent du défi! Sur la base des relevés précis et de projets préalables, une campagne de sondages et d'études archéologiques, picturales, dendrochronologiques et historiques ont été menées.

Les résultats ont constitué l'une des bases fondamentales à la poursuite des travaux.
Grâce à une concertation très étroite entre propriétaires, Service de la protection des Monuments et des Sites, restaurateur d'art, archéologue, architecte, exploitant et artisans, il a été possible d'adapter aussi bien les projets que les types d'interventions et d'harmoniser les solutions constructives avec les mesures de sauvegarde et de revalorisation.
L'ensemble de la structure a été sauvegardée et mise en évidence. Certaines pièces ont dû être renforcées par des injections de résine, selon les méthodes les plus récentes en matière de restauration. Dans toute la mesure du possible, les nouvelles interventions se veulent réversibles, légères et contemporaines. Les installations techniques (ventilations, électricité et chauffage), par exemple, sont clairement détachées des anciennes parties. Le rez-de-chaussée a retrouvé une certaine transparence. Les anciens murs de refend, totalement étrangers à la construction originelle ont fait place à des vitrages insérés dans une structure légère en métal.
Les locaux techniques ont été regroupés dans l'annexe existante, accolée au nord du bâtiment.
Au 1er étage, la distribution des locaux respecte désormais le plan original, révélé grâce aux sondages.
Les décors peints du XVIIème siècle et autres éléments de menuiserie ont été conservés, consolidés, restauré et complétés.
L'ancienne cuisine, véritable "feu" de la maison a retrouvé son atmosphère particulière, grâce à l'application d'un enduit symbolisant la suie qui recouvrait murs et plafonds.
Des mesures exceptionnelles de protection contre le feu ont été prises et en font ainsi un bâtiment exemplaire dans ce domaine.
Côté extérieur, la silhouette caractéristique du bâtiment a été préservée et remise en valeur.
Un crépi à la chaux, des enduits dans les teintes originales et la suppression de certaines ouvertures ont redonné à l'édifice son aspect du XVIème siècle.
Pour la couverture, une importante récolte de petites tuiles anciennes ont permis de conserver l'aspect de la toiture. L'isolation extérieure permet d'autre par une vision intégrale de la charpente des combles.