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Le Parti socialiste suisse revient avec un projet d'une armée de volontaires de 50’000 soldats chargés de promouvoir la paix à l’étranger.
Le parti estime que la réforme Armée XXI est un cul de sac.
Le manque d'orientation stratégique lié à la mise en oeuvre d'Armée XXI n'échappe à personne. L'armée glisse de plus de plus, à défaut d'autre occupation, dans des champs d'activités civils, a critiqué le président du PS, Hans-Jürg Fehr, en présentant vendredi à la presse le nouveau papier de position des socialistes.
Pour le PS, les derniers ajustements du gouvernement ne vont pas changer les choses. Le parti estime qu'environ 50’000 militaires, dont un quart devant bénéficier d'un plus haut degré de disponibilité, suffisent. Actuellement l'armée compte 120’000 militaires plus 80’000 réservistes.
Pas de service obligatoire
Le service obligatoire ne se justifie plus. Il est dépassé démographiquement: plus de 32’000 jeunes hommes y sont soumis chaque année alors que le recrutement de 5000 personnes par an suffirait. Les socialistes ne croient en outre plus au mythe d'un meilleur contrôle démocratique par le service obligatoire.
Un service à la communauté ne serait pas une alternative. Cette option provoquerait un dumping salarial en propulsant des dizaines de milliers de personnes sur le marché du travail et violerait le principe de droit international qui interdit le travail obligatoire.
Milice de volontaires
Le PS plaide donc pour une armée composée d'un noyau de professionnels et d'une milice de volontaires. Ces derniers, exerçant par ailleurs une activité civile principale, s'engageraient par contrat à suivre une formation militaire de base et des cours de répétition.
L'armée aurait la composition suivante: 12’000 militaires de carrière, 38’000 volontaires, 4000 employés civils et 500 apprentis. L'obligation de servir devant être supprimée progressivement, le PS avance un modèle de transition avec 7500 professionnels, 30’000 volontaires et 18’000 astreints au service.
Une solution économique
Cette conception donnerait une large base socio-économique à l'armée, tout en lui garantissant des soldats motivés et compétents. Elle reviendrait moins cher. Selon la conseillère nationale zurichoise Barbara Haering, un peu moins de 2,5 milliards de francs par an suffiraient au lieu des quelque 4 milliards actuels.
Pour éviter une armée de «Rambos», le PS demande d'écarter les personnes présentant une forte propension à la violence, ainsi que d'assurer un contrôle politique intensif des troupes.
Missions à redéfinir
Question missions, le papier de position plaide pour d'autres priorités. Le PS rejette le recours à l'armée pour des engagements de type civil, qui mobilisent actuellement 40 % des formations en cours de répétition. Le contrôle des manifestations et les tâches de surveillance ne sont pas un travail militaire.
Pour lutter contre le terrorisme, il faut des services de renseignement efficaces et une meilleure organisation des forces de police. L'armée ne devrait intervenir qu'en cas de crise absolue.
Promotion de la paix
Elle doit en revanche davantage être présente dans les tâches de promotion de la paix à l'étranger. Le PS souhaite que 1500 militaires soient en permanence disponibles. La Suisse doit encore plus s'investir dans la prévention et le règlement des conflits en participant aux forums internationaux idoines (ONU, OSCE et sous certaines conditions OTAN).
Un engagement accru dans la coopération au développement est aussi exigé. Quant à la surveillance de l'espace aérien suisse, elle doit se faire en collaboration avec les Etats voisins.
Le PS attend que le Conseil fédéral institue une commission indépendante pour l'élaboration de nouvelles stratégies et recourt à des experts internationaux. Le parti souhaite en outre que le PDC et le PRD se concertent avec lui pour accompagner ce projet de réforme.
swissinfo et les agences
Faits
Les changements politiques des années 1990 ont entraîné une refonte de l’armée.
Entrée en vigueur en 2004, Armée XXI a diminué l’effectif de 360'000 à 120’000 actifs (soldats de milice et 5000 militaires de carrière), 80’000 réservistes et 20'000 recrues.
La durée de l'école de recrues est de 21 semaines pour deux tiers des appelés et de 18 semaines pour les autres.
La réforme a été acceptée par les trois quarts du peuple suisse lors du référendum du 18 mai 2003.
En bref
- Selon le PS, l'armée ne devrait plus compter que 50'000 hommes.
- Il faudrait supprimer l'obligation de servir.
- L'armée reposerait sur un noyau de 12'000 soldats de carrière et d'une milice de 38'000 volontaires.
- Ce projet permettrait d'économiser plus de 1,5 milliard de francs par an.
- La principale mission de l'armée serait la promotion de la paix à l'étranger.