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La Chine a appelé jeudi les Etats-Unis et la Corée du Nord "à dialoguer au plus vite". Des émissaires sud-coréens sont partis pour Washington afin de rendre compte du soudain dégel des relations avec le régime de Kim Jong Un.
Le gouvernement chinois est soulagé par le très récent réchauffement intercoréen, lui qu'inquiétaient les menaces de guerre à sa frontière proférées tant par Pyongyang que par Washington. La Corée du Nord s'est dite prête à discuter avec les autorités américaines et à renoncer à ses bombes atomiques et ses missiles balistiques, a annoncé Séoul mardi, après un entretien à Pyongyang entre M. Kim et une délégation sud-coréenne.
Le régime nord-coréen serait également disposé à négocier sa dénucléarisation, en échange de garanties sur sa sécurité. Enfin, Kim Jong Un et le président sud-coréen Moon Jae-in doivent se retrouver fin avril pour un sommet historique à la frontière des deux Etats, a indiqué Séoul.
"Un pas important"
"La recherche d'une solution au problème de la péninsule (coréenne) a enfin fait un pas important dans la bonne direction", s'est félicité jeudi le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi. "Nous appelons toutes les parties, notamment les Etats-Unis et la Corée du Nord, à entrer en contact et à dialoguer au plus vite", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse en marge de la session annuelle du parlement chinois.
Ses commentaires interviennent à l'heure où deux hauts responsables sud-coréens sont partis jeudi pour Washington. Ils doivent y évoquer la proposition de Pyongyang d'un dialogue sur son arsenal nucléaire. Selon Séoul, le régime de Kim Jong Un est disposé à négocier avec les Etats-Unis "si les menaces militaires contre le Nord disparaissent et si la sécurité de son régime est garantie".
28'500 soldats
Les Etats-Unis stationnent environ 28'500 soldats en Corée du Sud et effectuent régulièrement des exercices militaires avec les troupes sud-coréennes. Une présence considérée comme une menace par la Corée du Nord.
"Tout en promouvant la dénucléarisation, il convient de résoudre les préoccupations légitimes de toutes les parties en matière de sécurité, y compris celles de la Corée du Nord", a renchéri jeudi le ministre chinois.
Pékin, principal soutien économique et diplomatique de Pyongyang, plaide pour un double moratoire: l'arrêt simultané des essais nucléaires et balistiques nord-coréens, et des manoeuvres militaires conjointes des Etats-Unis et de la Corée du Sud.
De fait, le ministre chinois a fait part jeudi de sa prudence quant à une éventuelle reprise du dialogue. "Nous apercevons la lumière au bout du tunnel. Mais le chemin devant nous ne sera pas aisé", a-t-il prévenu. "La sincérité des différentes parties dans leur volonté de véritablement résoudre la question nucléaire de la péninsule coréenne va être mise à l'épreuve."