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Hirschter, Dunya
sans titre
Dunya Hirschter, sans titre, entre 1990 et 2008, technique mixte, 26 x 22 x 4 cm, photo : Christian Bérard, Atelier de numérisation – Ville de Lausanne, Collection de l’Art Brut, Lausanne
Auteurs
Hirschter, Dunya, (1954 - 2008), Croatie
Biographie
Dunya Hirschter, de son vrai nom Dunja Koprolčec, est née à Osijek en Yougoslavie, actuelle Croatie, près de la frontière hongroise et serbe. Elle et son frère aîné sont gardés par leur grand-mère maternelle, dont Dunja est très proche et prendra plus tard le nom : Hirschter. À l’âge de quinze ans, elle rencontre Zlatco Burić, son futur mari et, à dix-huit, elle part avec lui à Zagreb suivre des études d’anglais et de littérature comparée. Le jeune couple crée avec d’autres étudiants une compagnie théâtrale – leurs performances connaissent un certain succès et la petite troupe devient une référence du théâtre expérimental balkanique. Dunja et Zlatco divorcent et elle commence à beaucoup voyager ; elle quitte la Yougoslavie au début des années 1980 et perd peu à peu contact avec sa famille. Lors d’un séjour à Tanger, au Maroc, elle tombe amoureuse d’un homme de confession musulmane et décide, probablement à cette période, de se convertir à l’Islam. Elle s’établit ensuite en Espagne, à Madrid, Malaga puis Grenade, où elle est prise en charge par la communauté musulmane. À défaut de pouvoir régulariser sa situation en Espagne, où elle vit sans titre de séjour et de manière très précaire, elle change de nom et devient Dunya Hirschter. Depuis son retour du Maroc, elle brode et coud en se servant des objets de son quotidien : elle conçoit ses tenues – qui sont de véritables parures –, des coussins, des nappes, ou encore des cadres ornés. Elle personnalise ses lunettes, un éventail, son exemplaire du Coran, qui fait aussi office de journal intime, et pratique le collage. Son activité artistique est indissociable de la méditation et de la prière qu’elle pratique quotidiennement.
À Grenade, Dunya Hirschter est connue de son voisinage pour ses tenues colorées et excentriques. Dès la fin des années 1990, elle souffre de fréquentes crises d’angoisse et d’un sentiment de persécution ; elle est diagnostiquée schizophrène, mais refuse de poursuivre un traitement médicamenteux. Elle est relogée en 2005 dans une maison proche d’une mosquée, où elle décède seule trois ans plus tard, d’un arrêt cardiaque.