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Guy Lamy - Le Pont Neuf - 1955 - 82 x 55 cm (PP)
GUY LAMY (1914 - 2000)
Né quelques mois après le début de la Première Guerre mondiale à Paris (14 décembre 1914), Guy Lamy aura connu tout jeune les bombardements allemands sur la capitale qui poussaient parfois ses habitants à se réfugier dans le métro jusqu'à la fin de l'alerte.
Après son enfance et son adolescence passées surtout à La Frette, à une vingtaine de kilomètres de Paris, dans une maison à flanc de coteau des bords de la Seine qui jouxtait celle de l'écrivain Jacques Chardonne; La Frette où sont enterrés sa femme, ses parents et ses grands-parents, il reviendra à Paris où il s'inscrit à l'Ecole des Beaux-Arts (élève du professeur André Devambez) et à celle des Arts-Décoratifs à laquelle une formation antérieure à la célèbre Ecole Boulle l'avait pour ainsi dire initié. A noter également ses rencontres à Montmartre avec le peintre Maurice Utrillo et sa mère Suzanne Valadon, de 1928 à 1936. Avec Albert Marquet aussi, mort en 1947, lui-même enterré à la Frette.
Peu avant la Deuxième Guerre mondiale, il se marie et découvre le Maroc avec son épouse. Un fils, lui-même peintre, aujourd'hui retiré en Bretagne, naîtra de cette union.
Vingt-et-un ans après la fin de la Première Guerre, on remet ça : C'est d'abord la "drôle de guerre", puis, moins d'une année plus tard, l'offensive allemande au cours de laquelle il est fait prisonnier avec ses hommes à l'instar de nombreux Français. Sa captivité dans trois camps allemands successifs, à Trêves, Coblence et Limburg, durera quatre ans. Entouré d'amis solides et cultivés, il les passera en continuant à peindre, même à l'extérieur du camp, accompagné chaque fois d'une sentinelle allemande (plusieurs de ses toiles se trouvent encore en Allemagne), et en réalisant des décors et des meubles de théâtre pour la troupe des prisonniers du camp qui montèrent de nombreuses pièces classiques et modernes du répertoire français auxquelles les officiers allemands ne manquaient pas d'assister : "Jamais il ne s'est plaint des Allemands, très corrects avec leurs prisonniers, dira son fils, Guy-Michel, curé de la paroisse francophone de Bâle. Et quand il retrouvait ses anciens camarades d'infortune, ma mère avait coutume de leur dire en riant : on croirait que vous avez vécu vos plus belles années en captivité !".
En 1950, il épouse en secondes noces Zita Cortat, Suissesse du Jura, dont il avait fait la connaissance trois ans auparavant lors d'un mariage à Lausanne.
Après avoir donné la vie à quatre enfants, sa femme meurt en 1975. C'est un drame pour cet homme qui perd une épouse adorée en même temps qu'une conseillère avisée en matière picturale. Un prêtre ami et confident, le P. Jean de Dieu, "l'oncle Franz" de ses enfants, sera là pour l'aider pendant de longues années au cours desquelles Guy Lamy fera de fréquents séjours chez les capucins de la rue de Morat, à Fribourg.
Après le décès à Paris de sa mère, à laquelle il était resté très attaché (1987), il s'installe définitivement à Porrentruy où il meurt le 6 novembre 2000, et où il est enterré.
Guy Lamy a été un membre actif de la Galerie Saint-Placide, du salon d'automne et du Salon d'Art Moderne à Paris. Il a reçu la médaille de vermeil de la ville de Paris, la médaille d'argent de la ville de Tarare et le «Prix du Motif» de Bougival.
Biographie rédigée à l'aide des archives de la famille Lamy.
Guy Lamy : « Tout comme un visage le paysage a ses expressions »
La peinture figurative a ce mérite, par rapport à celle qu’on appelle abstraite, qu’elle ne permet pas à l’artiste de « tricher », d’escamoter les déficiences sous des vernis tape-à-l’oeil où, une fois ceux-ci grattés, une fois le superficiel et la part de poudre aux yeux dénoncés, ne subsistent que la facilité, tout ce que l’art abstrait, quand il n’est pas expression sincère ou simplement beauté formelle, a de léger, de banal et d’impersonnel. Guy Lamy, lui, et résolument figuratif, même s’il s’est essayé à l’art abstrait, par seul goût de la recherche d’ailleurs.
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« Attentif au langage des êtres et des choses, Guy Lamy les accueille avec une sincérité particuliére et nous les restitue, épurés au filtre d'une sensibilité rare et d'un talent certain. Il n'ignore rien des prodigieuses magies de l'air et de l'eau lorsqu'il nous baigne dans ses atmosphères humides et nous emporte, sous des ciels ruisselants, vers ses horizons d'allégresse ou de deuil. Sa palette généreuse rythme les saisons au gré de la lumière et des harmonies subtiles d'une symphonie en gris et en bleu aux infinies variations. » C. P.
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« Peintre de l'eau, du ciel, de la lumière. Il traduit dans sa peinture l'intense chaleur humaine d'une nature émotive et généreuse et personne ne peut être insensible à cette générosité, à cette subtilité que décèlent ces nuances et ces atmosphères envoûtantes. » (J. Tassart - Le Figaro)
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