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C'est au cours du procès d'Adolf Eichmann à Jérusalem, en 1961, et à partir du système de défense adopté par l'ex-dignitaire nazi que la philosophe juive allemande Hannah Arendt élabore le concept de "banalité du mal". Un concept qui lui vaudra de violentes critiques de la part de ses pairs. Dix ans plus tard, Arendt éprouve le besoin de s'y confronter à nouveau à l'occasion d'une conférence. La philosophe y développe une réflexion originale autour des liens qu'entretiennent le mal et la pensée. Selon elle, Eichmann n'était ni un monstre, ni un idéologue convaincu mais a contrario un être banal, marqué par une "curieuse et authentique inaptitude à penser". Et c'est précisément cette inaptitude qui lui a permis de commettre les forfaits qui lui sont reprochés. En traversant l’oeuvre d’Arendt, depuis Les origines du totalitarisme (1951) jusqu’aux Considérations morales (1971), et en évoluant dans le champ de l'éthique, nous tenterons de saisir le sens exact des concepts de "banalité du mal" et de "pensée", afin de comprendre les liens qu'ils entretiennent.