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Avec Trump ou le Brexit, "nous glissons dans une ère post-factuelle"
Des personnalités comme le candidat républicain à la Maison Blanche ou Marine Le Pen en France se situent à l'extrême du spectre politique et marquent une rupture, explique vendredi dans l'émission Tout un monde John Micklethwait, rédacteur en chef de Bloomberg News.
Une rupture telle qu'elle s'étend dans certains cas à la remise en cause de faits clairement établis et prouvés. "Donald Trump dit souvent des choses fausses et les Américains le considèrent comme ces gars que l'on rencontre dans les bars tard le soir et qui se vantent de courir autour de Manhattan en 20 minutes", estime le responsable éditorial.
Au delà de la course à la Maison Blanche, ce problème s'est désormais généralisé, d'après John Micklethwait. "Les faits ont tendance à être brouillés rapidement par ceux qui les contestent, il y a pourtant des faits fondamentaux qui devraient être acceptés par tous", rappelle-t-il.
"La nouvelle anormalité"
Par ailleurs, le oui au Brexit, auquel peu d'observateurs s'attendaient avant le référendum du mois de juin au Royaume-Uni, ou l'émergence de Donald Trump constituent des phénomènes surprenants, sortant de la normalité. "C'est la nouvelle anormalité, analyse John Micklethwait, nous ne nous trouvons plus dans une politique habituelle."
Le Brexit pourrait causer de grandes difficultés pour l'Union européenne et le Royaume-Uni, avec un départ possible de l'Ecosse, s'inquiète-t-il. Aux Etats-Unis, l'élection de Donald Trump à la présidence pourrait mener à une guerre commerciale avec la Chine et de très mauvaises relations avec le monde musulman. "Les chocs que l'on constate actuellement ne sont pas de la même nature que la victoire d'un parti bien établi sur un autre", ajoute le patron de Bloomberg News.
Constat d'une crise de la représentation
La place prise par Marine Le Pen avec le Front national en France et Donald Trump aux Etats-Unis sont les signes manifestes d'une crise de la représentation politique. Mais cette crise pourrait également avoir des conséquences bénéfiques, selon le rédacteur en chef.
"Il faut espérer que la crise produise des dirigeants qui changent les choses", explique John Micklethwait. "On peut dire que ce fut le cas à l'époque avec Margaret Thatcher", estime-t-il. Pour lui, Marine Le Pen et Donald Trump mettent le doigt sur un vrai problème: l'élite politique qui n'a pas changé depuis des années, à l'image de la classe politique parisienne, ce qui fait qu'une grande partie de la France se sent exclue.
"Ces personnalités exploitent des frustrations réelles et légitimes, même si certaines de leurs solutions ne sont pas raisonnables", conclut-il.
tmun
Publié le 04 novembre 2016 à 09:48 - Modifié le 04 novembre 2016 à 09:52
"Donald Trump garde une chance de gagner"
L'élection de Donald Trump serait une surprise, mais pas un choc complet, "d'autant plus avec l'affaire des emails" d'Hillary Clinton, de nouveau sur le devant de la scène avec l'annonce d'une enquête complémentaire par le FBI vendredi dernier.