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Dans un régime capitaliste, Marx relève que le progrès technique n’est pas accompagné d’une amélioration des conditions de vie des travailleurs. Il va même les empirer du fait de la pression de la rentabilité. Marx estime aussi que le capitalisme a accéléré l’exode rural et poussé les travailleurs vers les villes. Les champs sont transformés en prairie devenue des cultures à viandes pour l’industrie. L’animal qui était autrefois l’auxiliaire de l’Homme est devenu une machine selon Descartes puis une marchandise selon Marx. Idem pour les sols cultivables. Marx affirme même que le capitalisme va «transformer la nature en article de commerce pur et simple».
Dans le livre 3 du Capital, Marx parle de façon prémonitoire de la crise écologique actuelle: «Tout progrès de l’agriculture capitaliste est non seulement un progrès dans l’art de piller le travailleur, mais aussi dans l’art de piller le sol; […] Si bien que la production capitaliste ne développe la technique qu’en ruinant dans le même temps les sources vives de toute richesse: la terre et le travailleur.»
Marx décrit le capitalisme comme une étape transitoire amenée à être remplacée par une société à la fois plus juste socialement mais également plus respectueuse de la nature. Même si ce respect est tout à fait intéressé. C’est son souci de l’Humain qui le conduit à se soucier de la nature. En défendant un rapport plus sain avec la nature, Marx veut en réalité protéger les générations futures. En conclusion, Marx est un défenseur d’un écologisme intelligent au service de l’Humain. Selon lui, le capitalisme ne peut pas résoudre la crise écologique. Il en est la cause. C’est la recherche effrénée de la rentabilité à tout prix qui rend le capitalisme incompatible avec l’écologie. Il exploite la terre et les animaux de la même façon qu’il exploite les travailleurs. Le capitalisme détruit donc mécaniquement et intrinsèquement la nature.
A titre personnel, je considère que la science n’est qu’un outil au service de la société et qu’il n’est jamais un mal en soi. Je déplore parfois des discours simplistes qui critiquent le développement technique de la société. Les avancées en génétiques, en biologie moléculaire et même en physique nucléaire ne sont jamais la cause des problèmes écologiques. De même qu’on ne règle pas des questions aussi fondamentales avec seulement de la bonne volonté. Bien sûr qu’il faut travailler le sens civique des citoyens. Mais c’est en réalité le système socio-économique qui conditionne intégralement le rapport que nous avons à la nature.