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Photo © Katleya Gestion
Par Didier Maurin, Président et administrateur de Katleya Gestion à Genève
Lorsque j’étais adolescent, le monde se partageait en deux camps, à savoir le monde capitaliste avec les Etats-Unis et ceux d’Europe de l’Ouest, et le monde communiste avec la Chine, l’URSS et ses pays satellites. Petit à petit, toutefois, le capitalisme et ses initiatives privées l’ont emporté sur le communisme et ses gabegies bureaucratiques, le supermarché s’étant montré beaucoup plus convaincant que le goulag, et même les pays communistes ont dû basculer vers l’économie concurrentielle. Un excellent exemple en est la Chine, une dictature communiste qui a compris que pour survivre, se développer et conquérir le monde, il convenait de faire basculer l’économie dans le bastion capitaliste.
Aujourd’hui, le communisme est mort, au moins politiquement, et lorsqu’il survit à l’image de la Chine ou de la Corée du Nord, c’est parce qu’il s’y maintient grâce à la dictature. Dès lors, notre monde d’aujourd’hui a continué à se développer, et il s’est à nouveau divisé en deux camps avec le monde capitaliste des grandes entreprises et des multinationales d’une part, et celui des états et des gouvernements élus démocratiquement de l’autre qui tente parfois de le réguler. Et c’est là qu’une cassure va à nouveau se produire, car les états ont continué à se surendetter et à imprimer des milliers de milliards de papier-monnaie pour survivre, pendant que le monde des multinationales continuait à accumuler des milliers de milliards d’actifs.
Pire. Les multinationales sont en train d’accéder à la possibilité de créer leurs propres monnaies privées, à l’image du bitcoin et des cryptomonnaies, pendant que les états continuent à diluer la valeur du dollar, de l’euro, de la livre sterling et du yen avec leur politique de la planche à billets. Les populations du monde entier n’imaginent pas le krach que ce phénomène va produire, car tôt ou tard, les marchés financiers vont se rendre compte qu’il est beaucoup plus sage d’acheter les monnaies émises par Amazon ou par Facebook qui gagnent des milliards, plutôt que d’acheter des dollars, des euros, des livres sterling ou des yens qui ne sont finalement que le pur produit d’états surendettés. Le mouvement a d’ailleurs déjà commencé, les grandes entreprises se montrant souvent très confiantes aujourd’hui envers le bitcoin, là où elles se méfient de plus en plus du dollar et du yen.
Dès lors, que va-t-il se produire ? C’est assez simple. Un beau jour, les marchés financiers internationaux vont casser la valeur du dollar, de l’euro, de la livre sterling et du yen dans un grand moment de dévaluation généralisée. Et encore, ce mouvement se produira-t-il à la suite d’un problème n’ayant rien à voir avec l’économie mondiale, telle une nouvelle attaque de Daech par exemple, concomitante à la rumeur d’un Covid-20 là où on croyait être sortis d’affaire avec le Covid-19 ? Peu importe cet événement déclencheur, car lorsque les marchés financiers vont « attaquer à la baisse », il ne sera plus possible aux gouvernements et à leurs banques centrales de continuer à imprimer des milliards, car s’ils le faisaient, cela ne ferait qu’accroître la dévaluation de leurs monnaies.
Bien entendu, les gouvernements et les états ne vont pas disparaître, mais le paradoxe, c’est qu’ils vont perdre une grande partie de leur pouvoir. Ruinés pour beaucoup, il ne leur sera plus possible de financer leurs prestations sociales, si ce n’est dans des propensions réduites, ce qui promet de nombreuses révoltes populaires avec les victimes qui vont avec. A ce moment-là, les multinationales auront gagné, car en plus de leurs fortunes personnelles, elles se seront rendues maîtresses de leurs premières monnaies mondiales, façonneront le monde grâce à la biotechnologie et à la robotique, et l’influenceront à leur guise grâce à l’Intelligence Artificielle. Le processus est simplement darwinien, les plus faibles finissant par disparaître et les plus forts s’appropriant tout.
Les états vont être prochainement à la merci des multinationales, la crise du Covid-19 n’ayant été qu’un accélérateur de ce phénomène mondial de leur surendettement et de leurs planches à billets pendant que les grandes entreprises continuaient à conquérir des marchés. J’aurais une tout autre opinion si la mondialisation était gouvernée et régie par un gouvernement mondial démocratiquement élu par 5 à 6 milliards d’habitants, qui dirigerait une Fédération mondiale, à l’image de la Suisse ou des Etats-Unis, mais à l’échelle planétaire. Dans ce monde-là, le politique aurait le pouvoir de réguler tout ce qui est économique. Toutefois, lorsque l’on constate les oppositions actuelles des Etats-Unis, de la Chine et de l’Union européenne, il est illusoire d’y penser.
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