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04/01/2016
Quelques jours après le second tour de l'élection de nos deux conseillers aux Etats genevois je lus dans notre chère Tribune de Genève le coup de gueule d'un lecteur (ou d'une lectrice) qui ne jugeait visiblement plus nécessaire de mobiliser tant de gens pour accueillir si peu de votants aux urnes les dimanches de votation.
La question qu'il faut se poser est s'il faut attendre le dernier dimanche entre 10h00 et 12h00 pour remplir son bulletin de vote ou le faire jusqu'à deux à trois semaines par avance soit par correspondance ou pour certains par internet. Ayant moi-même commencé à voter en 1996 alors que le vote par correspondance était déjà introduit j'ai durant une bonne quinzaine d'années toujours voté par correspondance et ensuite parfois par internet. Ceci dit voilà quelques votations que je me déplace aux urnes. Se déplacer aux urnes a ses avantages. Cela permet notamment d'écouter tous les arguments jusqu'à la dernière minute et de voir l'évolution du monde jusqu'au dernier moment.
Dans un bon nombre de scrutins étrangers le vote par correspondance ou par internet n'est pas possible. En 2004 par exemple le parti politique de l'espagnol Aznar ne fut pas reconduit à la présidence du gouvernement espagnol. La raison principal de cet échec fut certainement que son gouvernement attribua hâtivement les attentats de Madrid, ayant eu lieu trois jours avant le scrutin, à l'organisation séparatiste basque ETA alors qu'il s'agissait d'Al-Quaïda et que ceci mit en cause la politique d'Aznar au Moyen-Orient à quelques heures du scrutin. Si 80% des Espagnols avaient voté avant les attentats le parti politique d'Aznar aurait certainement été reconduit à la tête du gouvernement espagnol.
Dans un contexte moins dramatique l'annonce de la prime de départ de 72 millions de francs suisses attribuée à Daniel Vasella quelques jours avant le vote de l'initiative contre les rémunérations abusives a certainement aussi modifié la donne pour ceux qui ont voté après cette annonce. Egalement voter aux urnes est aussi la seule manière de rompre soi-même la chaine entre sa carte de vote et son bulletin de vote et ainsi garantir soi-même l'anonymat de son vote. Aussi le vote aux urnes est certainement moins influencé qu'un vote spontané qui peut se faire en direct sur une tablette numérique en regardant par exemple un trublion valaisan aux cheveux longs faire son discours à la télévision.
Ceci dit, si vous voulez regarder les débats politiques avec plus d'intérêt et jusqu'à la dernière minute pouvoir rallier un camp ou l'autre allez donc voter dans vos mairies vous verrez la saveur est toute autre dans le suivi de notre vie politique.
Pour ceux qui n'ont jamais voter "pour de vrai" ci-dessus voilà à quoi cela ressemble.
21/12/2015
Comme chaque année alors que les nuits deviennent plus longues et que la météo ne va pas vraiment dans une direction printanière heureusement que nous avons ici à Genève les célébrations de l'Escalade. Elles nous réchauffent à coup de soupe aux légumes, elles nous adouci à coup de marmite en chocolat et pour les plus sportifs elles nous revigorent en fonçant à toute allure sur les pavés de la vieille ville.
Comme presque chaque année depuis près de dix ans mes célébrations commencèrent cette année par la course de l'Escalade. Quel plaisir d'y participer surtout avec les améliorations qui y ont été apportées cette année. Les départs désormais échelonnés, pour une grande partie des courses, non pas par catégorie d'âge mais par allure des participants furent une nette amélioration. Quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver dans le même bloc de départ d'un ancien collègue désormais devenu le numéro un d'une grande maison horlogère. Bravo à lui et que son esprit sportif brille sur cette belle maison.
Mes célébrations se poursuivirent le même jour au sein du local de la section genevoise du Club Alpin Suisse que j'ai récemment rejoint. Afin d'y célébrer le 150ème anniversaire de sa création un bon nombre de membres participèrent cette année à la course de la marmite ceci suivi d'une sympathique collation au sein de leur local. J'y eus le plaisir de voir comment s'y passe le rite du bris de la marmite en chocolat. Avec une certaine logique c'est avec l'aide de piolets qu'on y brise la marmite.
Le weekend suivant je me préparai pour vivre la plus belle partie des célébrations. Membre depuis un certain temps de la Compagnie de 1602 j'ai le plaisir d'y avoir obtenu un costume l'an passé. Mon weekend fut donc vécu dans un costume historique au sein du groupe des pasteurs et professeurs qui ont la chance d'entourer Théodore de Bèze lors du grand cortège du dimanche soir.
Alors que je rejoignais le départ de ce cortège vêtu d'une robe noire, emblème de tout pasteur au moment de la réforme, je croisai Manuel Tornare en train de distribuer des tracts. Il m'en tendit un avec son grand sourire et me dit: "Voilà pour vous Monsieur le Pasteur". Ma réponse fut: "Je vous remercie Monsieur Tornare j'en parlerai au culte". Après cet intermède amusant avec ce politicien ma participation à mon second cortège avec mes amis pasteurs et professeurs d'un weekend commença.
Alors que nous étions entre la première et la seconde proclamation, c'est à dire entre la place du Bourg-de-Four et du Molard, une envie pressante probablement due au vin chaud arriva. Alors que je pensais discrètement m'éclipser seul aux toilettes publics de la place Molard sans que personnes ne me voient je réalisai qu'il y avait déjà quelques bonnes dizaines de figurants encolonnés à ce lieu. Je ne vis jamais autant de monde en même temps dans ces toilettes publics auparavant.
Ci-dessus une des marmites habituellement brisée par le benjamin et le doyen d'une assemblée. Selon les dires d'un ancien la phrase rituelle à prononcer est "Ainsi périssent les ennemis de la République" et non pas "Ainsi périrent..." la sentence étant symboliquement toujours active.
26/11/2015
C'est avec grand plaisir que j'ai répondu présent hier à une invitation de la maison TAG Heuer. L'activité journalière sortait quelque peu des sentiers battus et c'est pourquoi je n'ai pas hésité une seconde à m'y joindre. Le programme était d'aller visiter une manufacture de skis, une première pour moi. C'est donc tôt le matin que j'ai rejoint un sympathique groupe pour prendre un bus en direction de Malters dans le canton de Lucerne.
En route, probablement quelque part au milieu du canton de Vaud, j'ai eu la possibilité de manipuler pour la première fois une montre connectée de Tag Heuer. Les lecteurs réguliers de mon blog connaissent mon opinion mitigée sur cette thématique. Pour être franc je ne crois pas au succès de ces montres qui me rappellent ces lunettes connectées qui auraient dues révolutionner notre monde et qui n'ont finalement été qu'un feu de paille. Je reste néanmoins très attaché à la maison TAG Heuer qui a aussi quelques jolis moteurs mécaniques à mettre sous ses capots, et qui sait, ils sauront peut-être un jour changer mon opinion sur les montres connectées même si j'en doute fortement.
Une fois arrivé à Malters nous nous sommes retrouvés devant la manufacture des skis Stöckli. Une maison fondée il y a très exactement 80 ans par Josef Stöckli. Elle compte aujourd'hui une cinquantaine de collaborateurs qui fabriquent près de 50'000 paires de skis par année. Une paire de skis Stöckli compte une dizaine de couches de matériaux différents. Son cœur reste cependant toujours en bois. Pour les adeptes du ski de randonnée et donc des skis légers j'ai eu le privilège de voir le cœur des skis de randonnée Stöckli. Il est majoritairement composé de balsa un bois connu pour son extrême légèreté.
Il fut également intéressant de voir la relation que Stöckli a avec le monde de la compétition. Cette relation est très proche à celle qu'a l'industrie automobile avec le monde du sport automobile. Des skis sur mesure sont développés pour équiper les meilleurs athlètes et seront ensuite souvent développés en modèle de série pour les années qui suivent. Stöckli et TAG Heuer ayant des valeurs communes, notamment un fort attachement à notre pays, ils ont unis leurs compétences pour développer un ski ensemble. Un modèle ayant un rayon de 14,9 mètres dont vous verrez une illustration plus bas et que vous pourrez notamment trouver dans une trentaine de boutiques TAG Heuer à travers le monde incluant celle de Genève.
C'est donc très heureux que je suis rentré hier soir à la maison avec un joli bonnet Stöckli sur la tête ainsi qu'un excellent morceau de fromage choisi par Jean-Claude Biver en personne. En ce qui concernent mes prochains skis il y a de forte chance que ce soient des Stöckli ceci notamment dû au fait qu'ils sont "swiss made" et que je l'ai vu de mes propres yeux. En ce qui concerne mon poignet ce sont toujours les montres mécaniques de Tag Heuer que je privilégie mais qui sait peut-être qu'un jour ils arriveront à me connecter.
11/11/2015
Il y a quelques semaines alors que j'étais posé derrière mon ordinateur je vis au coin de mon écran arriver un email d'un nom féminin qui m'était inconnu. Je m'empressai de l'ouvrir pour savoir qui se cachait derrière ce message. Comme cela m'arrive de temps en temps il s'agissait d'une étudiante, cette fois-ci basée à Zurich, qui souhaitait connaitre mon expertise horlogère pour un travail de diplôme.
Souhaitant participer activement à la transmission de matière grise de génération en génération j'acceptai avec plaisir de me prêter au jeu et c'est ce matin que j'ai eu une conversation téléphonique d'une bonne heure avec cette jeune femme. Le thème de la conversation fût principalement le sponsoring dans le monde horloger. Une conversation passionnante sur un thème intéressant que je ne vous résumerai pas sur ce blog car ce serait trop long.
Ceci dit, étant moi-même actif dans le domaine du marketing, je profitai à mon tour de lui poser une question qui pour moi était importante: "Comment avez-vous trouvé mon nom?". Sa réponse fût réjouissante. Elle me dit tout simplement: "Je suis allé sur le moteur de recherche Google et j'ai tapé les deux mots "blog horloger" et je vous ai trouvé en tête de liste.". J'en fût ravis.
En fin de conversation elle me posa une question qui d'un point de vu anthropologique fût extrêmement intéressante et je tiens à partager cela. Sa question fût: "Quelle a été votre première montre?". Je répondis que c'était une Swatch grise probablement reçue vers 1984 alors que j'avais cinq ou six ans. C'est là où je réalisai que je savais visiblement lire l'heure avant de savoir lire tout court. Je garde encore en souvenir mes parents qui m'expliquaient: "Ici c'est et quart, ici c'est et demi, ici c'est moins le quart et ici c'est pile...".
Ceci fut probablement la plus grande révolution de l'industrie horlogère au XXème siècle. En effet avant l'arrivée de la Swatch la montre était principalement un objet que l'on recevait une fois dans sa vie autour des seize ans au moment de sa confirmation, sa communion, bar mitzvah ou autre célébration marquant l'entrée dans l'âge adulte. Avec l'arrivée de la Swatch, une montre d'une cinquantaine de francs qui ne se réparait pas mais se jetait pour être remplacée par une montre neuve, ce paramètre avait clairement changé.
J'imagine encore avec amusement mes parents qui à l'époque pouvait demander l'heure à leur fils alors âgé de cinq ou six ans. Ceci devait être un argument amusant pour mon père actif dans l'industrie horlogère d'avoir un fils de cet âge qui savait déjà lire l'heure et bien entendu ceci avec des aiguilles et pas simplement en lisant les chiffres d'une montre digitale. L'arrivée de la Swatch est aussi à mettre en parallèle avec d'autres biens de consommation également jetable qui arrivèrent quelques années auparavant comme les stylos ou les rasoirs Bic.
Le tout est de savoir quel a été l'impact de ces produits d'entrée de gamme dans leurs divers secteurs. Un stylo jetable a-t-il apporté du positif au monde précieux et prestigieux des instruments d'écriture? La Swatch a-t-elle apporté du positif dans le secteur du haut de gamme de l'industrie horlogère? Je dirai bien entendu que oui. Ces produits accessibles habituent tout simplement le consommateur d'utiliser un stylo au lieu d'un appareil électronique, ils encouragent certains à se raser, et ils habituent le consommateur à chercher l'heure à leur poignet et pas ailleurs.
Cliquez sur l'image ci-dessus et vous pourrez ainsi accéder au site internet de la célèbre montre en plastique.
02/11/2015
C'est sur le blog d'un ami critique horloger dont je vous dévoilerai le nom plus bas que j'ai appris la sortie d'un nouveau roman sur l'industrie horlogère. Après la lecture de sa note je me suis dit que ce livre allait être pour l'industrie horlogère l'équivalant du livre "99 francs" de Frédéric Beigbeder sur le monde de la publicité. C'est donc avec un certain empressement que je me suis procuré ce livre afin de me plonger dans sa lecture.
Un peu comme dans le livre de Frédéric Beigbeder, Prune l'auteure de ce livre nommé "10 heures 10", y nomme les noms de marques existantes et parfois de manière un peu camouflée. La principale marque qui y est mentionnée se nomme "Gameo" y est également mentionné "Lorex" ou plus directement Cartier. Pour les deux premières marques il vous suffira d'inverser les syllabes ou remettre quelques lettres à leur place afin de trouver leurs vrais noms. Les plus anciens ayant été actif dans l'industrie horlogère reconnaitront du reste également dans le nom "Gameo" le véridique nom de la société distribuant cette même marque sur le marché suisse durant quelques années.
Ce livre de 282 pages se lit vite et surtout une fois qu'on le commence on a plus envie de s'arrêter avant sa dernière page. C'est l'histoire d'une jeune femme de 29 ans nommée Sarah qui travaille dans le service marketing de cette mystérieuse marque nommée "Gameo". L'on y parle notamment d'égéries passées et existantes de cette marque. Notamment l'une où l'on pourrait reconnaitre un mannequin très connu des années nonante notamment pour sa longue chevelure brune et son grain de beauté près de la bouche, son nom dans le livre est "Sandy Troforte". Egalement mentionnée dans ce livre "Nicky Kidding" qui pourrait être assimilée à une actrice australo-américaine ayant une longue chevelure blonde notamment connue pour son rôle dans le très beau film Australia. Quant au directeur général de la maison ses initiales sont les mêmes que celles du directeur général de la maison "Gameo" si l'on inverse ces syllabes.
Avant de conclure je dirai que c'est un livre amusant qui pourra certainement se trouver sous de nombreux sapins de noël d'ici à quelques semaines. Quant aux marques et aux personnes qui y sont parfois mentionnées ou à qui l'on fait allusion je dirai qu'il n'y a rien de bien méchant à leur égard. Je dirai même qu'il y a certainement bien des marques ou des personnes qui auraient aimées être présentes dans ce livre à leur place. Pour conclure, j'oubliais presque, c'est sur le blog de Grégory Pons que j'ai entendu parler de ce livre.
Ci-dessus mon livre qui sera bientôt transmit à la Bibliothèque de la Cité. Vous pourrez ainsi vous y rendre et certainement emprunter ce livre ou le réserver s'il est déjà emprunté. Quant au marque-page très horloger je le garde pour moi. Il s'agit de la carte de visite d'Antoine Simonin un collègue éditeur de livres horlogers. Si vous souhaitez acheter ce livre cliquez sur l'image pour plus d'informations.
28/10/2015
Il me faut parfois plusieurs mois avant de parler d'une montre et de son horloger. C'est parfois le temps qu'il faut pour décanter l'idée réelle qui se cache derrière un garde-temps et la philosophie qui se cache derrière un horloger. J'ai aujourd'hui décidé de parler d'une montre que l'on m'a présentée pour la première fois en janvier 2015 et aussi de son horloger. Il s'agit de l'Elégante et de François-Paul Journe.
Tout expert sérieux de l'industrie horlogère ne peut qu'approuver le renouveau que François-Paul Journe a amené à cette industrie. Ceux qui côtoyait déjà l'industrie horlogère dans les années nonantes se souviennent probablement ce que fut le spectacle à l'époque lorsque l'on feuilletait un magazine horloger. Beaucoup de grands noms s'y autoproclamaient les meilleurs tout en se fournissant très discrètement chez quelques motoristes dont les noms étaient bien cachés.
C'est à cette même période que l'on vit arriver François-Paul Journe. Un horloger très atypique pour cette époque. Il commença tout simplement à créer ses montres dans son imagination avant d'aller acheter principalement des barres de laiton et d'acier afin d'y fabriquer ses propres mécanismes. Loin de lui l'idée d'aller acheter des mouvements standards existants comme le faisait la plupart des grands noms de l'époque. Plus tard François-Paul Journe remplaça même par de l'or la plupart des composants jadis usinés dans du laiton.
Aujourd'hui reconnue parmi l'une des plus prestigieuses manufactures François-Paul Journe a aussi su se créer un style qui fut parfois imité mais jamais égalé. Ses tourbillons, chronographes et autres montres à sonnerie se sont faites une place parmi les plus belles montres que l'on peut trouver au jour d'aujourd'hui. C'est dans ce contexte que l'on me présenta pour la première fois l'Elégante. La première montre que l'horloger développa entièrement pour la femme. Il sut même briser un tabou en plaçant de l'électronique parmi les rouages.
Cette montre donc partiellement électronique ayant pour résonateur un quartz a été étudiée pour avoir une très grande autonomie. En effet cette montre se met automatiquement en veille après avoir été immobile durant trente minutes et économise ainsi de l'énergie. Lorsqu'on la bouge à nouveau elle vient se remettre à l'heure dans un sens horaire ou antihoraire selon où le chemin est le plus court afin d'économiser un maximum d'énergie.
Cette montre développée par François-Paul Journe a entre 8 et 10 ans d'autonomie si elle est utilisée de manière quotidienne. En mode veille son autonomie peut aller jusqu'à 18 ans. Tout ceci fait certainement rêver de nombreux utilisateurs d'objets marqués d'une pomme. Je suis d'avis que François-Paul Journe devrait aller partager ses connaissances du côté de Cupertino.
A quatre heures l'on peut voir le détecteur de mouvement qui réactive la montre après avoir été mise en mode veille. Les plus experts y reconnaitront un lien avec des lignes déjà existantes auparavant au sein de la maison. En cliquant sur l'image vous pouvez accéder au site de la marque.