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Cette définition de la liberté ressemble à un aphorisme moderne. Elle est pourtant ancienne. Elle date d’il y a presque 2’000 ans. Elle fut énoncée par le philosophe Epictète au premier siècle de notre ère.
Epictète est affilié à l’école stoïcienne. Esclave affranchi, il fuit un temps Rome à la suite d’un décret de l’empereur Domitien contre les stoïciens. Il ouvre une école philosophique en Grèce, à Nicopolis d’Épire, où ses entretiens sont suivis par de nombreux étudiants. Le stoïcisme est une voie intérieure qui peut être comparée au bouddhisme par certains aspects:
«Cette philosophie exhorte à la pratique d'exercices de méditation conduisant à vivre en accord avec la nature et la raison pour atteindre la sagesse et le bonheur envisagés comme ataraxie, but ultime de l'existence de l'homme (absence de passions qui prend la forme d'une absence de souffrance).»
«(Epictète) vit dans la pauvreté en compagnie d'une femme et d'un enfant qu'il a adopté. A Nicopolis, il ouvre une école stoïcienne qui connaît un grand succès. Pendant plusieurs années, il enseigne sous la forme de discussions et de remises en question.»
Ce commentaire de wikipedia donne une idée de sa philosophie:
«La question principale à laquelle tente de répondre la philosophie d’Épictète est de savoir comment il faut vivre sa vie. De toutes les choses du monde, certaines sont en notre pouvoir exclusif tandis que d’autres ne le sont pas. Nos opinions, nos mouvements, nos désirs, nos inclinaisons, nos aversions - en un mot, toutes nos actions - appartiennent à la première classe des choses. Le corps, les biens, la réputation, les dignités - en un mot, toutes les choses qui ne sont pas du nombre de nos actions - appartiennent à la deuxième classe des choses.
Bien que nous ne soyons pas responsables des représentations qui naissent librement dans notre conscience, nous sommes absolument et sans aucun doute responsables de la manière dont nous faisons usage de celles-ci.»
Ici, une parole de poète et résistant sur la liberté:
La Liberté
Elle est venue par cette ligne blanche pouvant tout aussi bien signifier l’issue de l’aube que le bougeoir du crépuscule.
Elle passa les grèves machinales;
Elle passa les cimes éventrées.
Prenaient fin la renonciation à visage de lâche , la sainteté du mensonge , l’alcool du bourreau.
Son verbe ne fut pas un aveugle bélier mais la toile où s’inscrivit mon souffle.
D’un pas à ne se mal guider que derrière l’absence, elle est venue , cygne sur la blessure par cette ligne blanche.
René Char
A tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s'asseoir. La place demeure vide mais le couvert est mis.
René Char