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Clariant et Huntsman jettent l'éponge face aux oppositions à la fusion. Sur la droite le directeur général de Clariant Hariolf Kottmann, et à gauche Peter Huntsman, le patron du groupe américain, au moment de l'annonce de leur projet (archives).
KEYSTONE/SIGGI BUCHER(sda-ats)
Clariant renonce à fusionner avec l'américain Huntsman sous la pression d'investisseurs activistes. Le groupe bâlois de spécialités chimiques n'était plus certain d'obtenir la majorité des deux tiers des actionnaires nécessaire à l'opération.
La décision a été prise d'un commun accord, selon le communiqué publié vendredi. Le véhicule d'investissement White Tale, qui cherchait à bloquer la fusion à 20 milliards de dollars (19,8 milliards de francs), venait de porter sa participation au capital de Clariant au-dessus du seuil de 20%.
Les conseils d'administration de Clariant et Huntsman ont approuvé ce choix à l'unanimité. Cette décision consensuelle permet à Clariant d'éviter une pénalité de rupture de 210 millions de dollars, ainsi qu'une autre pour non approbation de 60 millions, inscrites dans l'accord initial.
Incertitudes accrues
"Nous sommes toujours convaincus que le rapprochement était sur le long terme dans le meilleur intérêt de nos actionnaires", ont affirmé les deux groupes dans une déclaration conjointe.
Compte tenu de l'opposition de l'investisseur activiste White Tale Holdings, qui est maintenant soutenu par d'autres actionnaires, Clariant n'était plus sûr d'obtenir l'approbation de deux tiers des actionnaires, nécessaire à la fusion selon le droit suisse.
"La situation n'est plus la même qu'au moment de l'annonce de la fusion en mai", a relevé en conférence téléphonique le patron de Clariant Hariolf Kottmann.
Dialogue avec les actionnaires
Malgré cet échec, Clariant entend continuer sa stratégie de croissance sur le long terme. "Même si White Thale avait une position différente de la nôtre sur le projet de fusion, nous partageons l'intérêt d'augmenter la valeur de l'entreprise. Dans cette optique, nous allons poursuivre le dialogue avec toutes les parties prenantes du groupe", a précisé Hariolf Kottmann.
Clariant et Huntsman avaient annoncé en mai une fusion entre égaux en vue de créer une nouvelle entité dans la chimie spécialisée, dont la valorisation boursière dépasserait les 14 milliards de dollars. L'opération aurait dû donner naissance au numéro deux mondial des spécialités chimiques.
Manque de logique industrielle
Récemment, la direction de White Tale avait affirmé dans Finanz und Wirtschaft avoir déjà franchi la barre des 15% dans Clariant et que "cela n'était pas fini".
White Tale estimait en particulier que la valorisation de Clariant était insuffisante et que le projet manquait de logique industrielle. Elle critiquait aussi le processus qui a conduit au projet de fusion.
White Tale est constitué d'un groupe d'actionnaires, qui réunit le fonds activiste Corvex et la société 40 North, le bras financier du fabricant américain de toits Standard Industries.
Clariant est né en 1995 de la scission des activités chimiques du groupe pharmaceutique bâlois Sandoz, avant que ce dernier ne se lie l'année suivante avec son voisin et concurrent Ciba pour former Novartis. L'an passé, il a dégagé des ventes de 5,85 milliards de francs.
Processus de concentration
Le groupe emploie quelque 17'000 collaborateurs. Huntsman recense pour sa part un total de 10'000 salariés. La firme américaine a son siège dans la localité de The Woodlands, près de Houston, dans l'Etat du Texas.
L'échec du mariage entre Clariant et Huntsman intervient alors que le secteur de la chimie est en proie à un vaste mouvement de concentration.
Les géants américains Dow et DuPont ont fusionné pour former DowDupont, le groupe bâlois Syngenta a été avalé par le conglomérat chinois ChemChina et le groupe allemand Bayer est en plein processus de fusion avec le géant américain des pesticides et OGM Monsanto.
ATS