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Le président. Je vous informe que nous avons reçu la lettre de démission de M. Ivan Slatkine de son mandat de député. Je prie M. Zaugg de bien vouloir nous lire la lettre C 3441.
Le président. Il est pris acte de cette démission. M. Ivan Slatkine a siégé au parlement genevois pendant près de quatorze ans. Elu pour la première fois en 2001 sur la liste du parti libéral, il a été réélu en 2005, 2009 et 2013.
Lors de son mandat, il a participé aux travaux de nombreuses commissions, telles que les finances, la santé, les travaux, les transports, la grâce ou encore la commission ad hoc sur le personnel de l'Etat. Il a présidé les commissions des pétitions et de contrôle de gestion. M. Ivan Slatkine a enfin été chef de groupe de 2011 à 2013, fonction dans laquelle il s'est particulièrement investi. Député très engagé et se levant particulièrement tôt - un secrétaire scientifique s'en souvient - M. Slatkine est réputé pour connaître parfaitement ses dossiers. Il s'est notamment engagé afin de réformer le fonctionnement de l'Etat, en particulier dans la mise en place de systèmes de contrôle interne et de leur évaluation, ainsi que pour le développement d'une politique des ressources humaines. Il a également été à l'origine du projet de loi qui a concrétisé la présentation et le vote du budget par prestations. D'autre part, il a fait adopter par le Grand Conseil une résolution visant à inscrire une traversée du lac dans le projet d'agglomération franco-valdo-genevois et a su fédérer 63 députés de tous bords pour signer une résolution de soutien à One FM.
Nous lui souhaitons plein succès pour la suite de ses activités et nous espérons qu'il restera fidèle au tournoi de jass des députés. Au moment de prendre congé de lui, nous lui remettons le stylo souvenir du Grand Conseil. (Applaudissements. Le président descend de l'estrade, embrasse M. Ivan Slatkine et lui remet le stylo souvenir.) Je passe la parole à M. le député Serge Hiltpold.
M. Serge Hiltpold (PLR). Merci, Monsieur le président. Cher Ivan, lorsque tu m'as parlé de ton éventuelle démission du Grand Conseil il y a quelques mois, je n'ai eu envie de te dire qu'une seule chose, en paraphrasant un personnage bien connu: non ! Mais les raisons de ton départ étaient évidentes, et il fallait non seulement s'y résigner mais surtout s'y préparer. Le temps passant vite, la fameuse lettre est partie la semaine dernière. Il est certain que l'on ne quitte pas facilement ses frères d'armes après quatorze ans d'engagement au Grand Conseil, tout comme d'ailleurs un bon café valdôtain suivant l'effort, ou un «Long Island iced tea» après une séance plénière houleuse. Nous y sommes, et voici le moment de prendre congé de toi, cher Ivan, non sans un certain pincement au coeur, tant ta fidélité et ton engagement envers le groupe ont été appréciés. Jamais de cravate, c'est le style Slatkine ! Toujours à l'affût, comme au jass, ça passe ou ça casse; mais nous, on a les moyens que ça casse ! Abattre les cartes au bon moment... Il y a dans ce jeu de sacrées similitudes avec la politique, et tu as eu l'art de savoir chibrer et donner le change. Tu as été un partenaire essentiel qui va nous manquer à tous, mais sur lequel nous pourrons toujours prendre un appui malgré, ou surtout grâce à tes nouvelles fonctions.
Ancien chef du groupe libéral, tu n'as pas hésité à reprendre du service lors de la réunion des groupes libéral et radical, après l'ère Jornot-Barrillier. Tu as maîtrisé des caucus, tant dans la salle du premier étage du café de l'Hôtel de Ville qu'au parti, dans une atmosphère que seuls les députés PLR peuvent connaître et ressentir. Que de rapports rédigés, de contrats de prestations fouillés, de budgets analysés et, heureusement, d'impôts baissés ! Avec ton soutien à la culture, tu as même gagné le beau surnom de gauchiste. On a vraiment vécu de sacrés moments ! (Rires.) Des coups de blizzard, on en a subi, on en a aussi soufflé. Mais tu as toujours gardé le cap, la ligne dans laquelle la députation puise son indépendance, et c'est fondamental en termes institutionnels. Avec ton départ, Ivan, notre famille politique et le parlement perdent encore un indépendant et sans aucun doute un poids lourd. Mais ton engagement pour Genève n'est de loin pas terminé, notamment auprès des entreprises que tu as tellement défendues avec ce réalisme et cet humanisme qui caractérisent la belle et noble fonction d'entrepreneur. Une page se tourne, un nouveau chapitre commence pour toi et les tiens. Au nom du groupe libéral et radical, Ivan, merci pour ton engagement, et une pensée pour ton épouse qui sera peut-être contente de te voir un petit peu plus ! (Applaudissements.)
Une voix. Bravo !
Mme Béatrice Hirsch (PDC). Monsieur le président, vous m'excuserez, une fois n'est pas coutume, aujourd'hui ce n'est pas à vous que je m'adresserai, mais à Ivan. Cher Ivan, je n'ai pas eu l'occasion de te connaître en commission, je n'y ai pas siégé avec toi, mais je t'ai beaucoup côtoyé, surtout à l'époque où tu étais chef de groupe et moi présidente de parti. En fait, le véritable endroit où j'ai appris à te connaître - et ton chef de groupe l'a déjà évoqué - c'est à une table de jass. C'est probablement vrai pour beaucoup d'autres jeux que le jass, mais le jeu de cartes a ceci de particulier qu'on apprend vraiment à connaître les gens dans la stratégie, la manière de faire, dans le fait d'oser, qui est très important. Et là j'ai découvert un homme intègre, qui ne triche pas - même au jass ! Quelqu'un de franc, un adversaire digne de ce nom, qui connaît son jeu et qui sait un peu bluffer parfois, mais surtout très bien jouer. Cela a été un vrai plaisir, parce que si nous n'avons pas toujours partagé les mêmes idées, nous avons partagé une valeur, autant aux cartes qu'en politique: le respect de l'autre, dans le débat démocratique. Et comme tu l'as si bien dit dans ta lettre de démission, aujourd'hui c'est une valeur indispensable de manière générale, mais encore plus dans ce parlement. Alors c'est avec tristesse, Ivan, que le groupe PDC te voit partir. Et même si je me réjouis de te croiser dans tes nouvelles fonctions, à titre personnel je te regretterai aussi dans cette enceinte. Bon vent, bonne suite dans tes projets et merci pour tout ce que tu m'as amené, au jass et en politique ! Merci Ivan ! (Applaudissements.)
M. Christo Ivanov (UDC). Cher Ivan, tu nous quittes aujourd'hui après plus de treize ans, presque quatorze, passés au Grand Conseil. Ton engagement, ta perspicacité, ton professionnalisme et ton pragmatisme n'ont pas été de trop dans notre parlement. Membre de la commission de contrôle de gestion, que tu as d'ailleurs présidée, tu élabores un rapport d'anthologie sur le Stade de Genève en 2004, avec l'aide de Sami Kanaan, rapport toujours d'actualité onze ans après ! Souhaitons d'ailleurs que 2015 permette enfin à ce dossier d'aboutir. Très actif à la commission des travaux, tu maîtrises les dossiers à la perfection. Un combat homérique que nous gagnâmes fut celui du CMU 5 et CMU 6; en effet, l'addition devait augmenter lourdement, mais nous avions réussi, ensemble, à convaincre le département de commencer les deux chantiers en même temps, l'objectif étant d'économiser 4 à 5 millions de francs. Quelle ne fut pas notre surprise de lire le dernier rapport du SAI 15-05 de ce mois, mars 2015, sur le CMU 5 et 6: en page 6, il est indiqué que cette coordination doit permettre d'économiser près de 9 millions de francs. Un véritable succès ! Tu nous quittes avec la certitude du devoir accompli; ton remplaçant, un autre Yvan, marche sur tes traces. Il reprendra ton flambeau, tel un coureur de relais. Le groupe UDC te regrettera et te souhaite plein succès dans tes nouvelles activités au service de l'économie, au service des entreprises, car il y a de quoi faire. Bon vent à toi, cher Ivan ! (Applaudissements.)
Mme Sophie Forster Carbonnier (Ve). Mesdames et Messieurs les députés, cher Ivan, la première chose que je tenais à souligner c'est d'abord ta performance pour avoir siégé quatorze ans dans cette enceinte ! Ce n'est pas la moindre des choses. Là où d'autres se lassent de la lenteur de l'action publique ou des débats parfois vains, tu as su garder toute ta verve et toute ta pugnacité, et cela régulièrement - il faut bien l'admettre - aux dépens des Verts ! Au nom des Verts qui ont eu l'opportunité de siéger avec toi dans des commissions un peu moins politisées que les autres, comme la commission de contrôle de gestion, j'aimerais souligner que ta capacité d'analyse et ta vivacité d'esprit ont été fortement appréciées. De même, je garde personnellement un très bon souvenir de ton règne de chef de groupe et de ta capacité à négocier. Au nom des Verts, je tiens à te souhaiter bonne chance et plein succès dans tes nouvelles activités. Bravo ! (Applaudissements.)
Mme Lydia Schneider Hausser (S). Ivan, c'est un jour particulier aujourd'hui. Quelques petits clins d'oeil: d'abord, Ivan Slatkine, c'est la hantise des présidents de commissions ! (Rires.) Je vous dis ça parce que chaque fois que vous avez prévu un ordre du jour, un planning, voilà Ivan Slatkine qui vous dit: «Encore une petite question...» (Commentaires.) Et quand je dis une petite question... C'est plutôt la porte ouverte à plusieurs questions ! Mais bon, les sujets arrivent, repartent, et tout de même, sont traités de manière intéressante dans les commissions où Ivan Slatkine siège.
Autre petit clin d'oeil: bravo d'avoir réussi à gérer le groupe PLR, même si quelquefois l'oreille rouge du chef montrait que le groupe n'avait bien évidemment pas voté ce qui avait été décidé ! Ça se voyait ! Nous avons été chefs de groupe en même temps, et les discussions que nous avons pu avoir ont été intéressantes, tout comme nos négociations, contre-négociations, qui étaient quelquefois sympathiques.
Notre groupe, comme d'autres, je pense, a un grand souci, c'est la culture ! Que va-t-il advenir de la culture s'il n'y a plus ce porte-parole qui tempérait bien des ardeurs de coupes... (Exclamations. Commentaires.) ...dans un certain parti ? Mais qu'allons-nous faire ? J'espère qu'une relève a été préparée, parce que quand je parle de culture ce n'est pas seulement celle avec le grand C, ce sont toutes les formes de culture dont Genève a besoin. Et, il faut l'avouer, Ivan Slatkine était souvent celui qui permettait que les choses se fassent. Son départ nous cause donc un grand souci.
Et puis il y a encore d'autres choses: tournois de jass, cela a été dit - même si une certaine relève se présente - mais aussi cette allure sans cravate, à la James Dean... (Exclamations. Rires.) Chacun a les références de son époque ! Voilà, je me suis dévoilée ! Bon vent, j'espère que tout se passera bien pour toi, Ivan, et merci pour le travail réalisé, même si souvent nous étions face à face à la table d'une manière ou d'une autre ! (Applaudissements.)