Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07035.jsonl.gz/896

«… Le goulag soft… a cette particularité monstrueuse que personne ne s'aperçoit véritablement de la répression.»
A témoin rencontre l'écrivain vaudois Yves Velan, qui explique la teneur de son roman de science-fiction Soft Goulag, en février 1978. Il décrit une société inspirée par celle des Etats-Unis dans laquelle le désir aurait disparu, entièrement socialisé.
Cet entretien permet aux lecteurs de mieux comprendre la structure à plusieurs niveaux de cette fable, construite avec un langage bien particulier, et dont la forme se veut proche du mauvais rêve.
L'écrivain suisse Yves Velan est né en 1925, d'un père suisse et d'une mère française. Il participe au lancement de la revue Rencontre (1950-1953) et crée les éditions du même nom. Il sera aussi membre du Groupe d'Olten, qui rassemble les écrivains suisses de gauche, avant de s'en éloigner. Membre du Parti ouvrier populaire, il quitte le canton de Vaud où il est frappé d'interdiction professionnelle et enseigne la littérature au gymnase de La Chaux-de-Fonds jusqu'à sa retraite en 1991. De 1968 à 1978, il séjourne comme professeur à l'université d'Illinois (Etats-Unis).
Il est notamment l'auteur de trois romans fort différents les uns des autres: Je (1959), La statue de Condillac retouchée (1973), Soft Goulag (1977).
Dans son oeuvre il interroge la société de façon critique et politique. Son roman le plus célèbre, Je, met en scène un pasteur protestant officiant à Nyon, dont le langage est inusuel et tourmenté.
-
Journaliste: Eric Burnand