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Le silence ne consiste pas seulement en ce que l’homme cesse de parler. Le silence est davantage qu’un simple renoncement à la parole, il est davantage qu’un simple état où l’homme se pourrait mettre quand il lui sied.
Assurément, le silence commence là où s’arrête la parole. Mais il ne commence pas parce que la parole s’arrête. Il se manifeste alors seulement.
Le silence est un phénomène autonome.
Il n’est donc pas identique à la suppression de la parole ; il n’est rien de réduit, il est quelque chose d’entier, quelque chose qui subsiste par soi-même, il peut engendrer comme la parole et donne forme à l’homme comme la parole, mais non pas dans une même mesure.
Le silence fait partie de la structure fondamentale de l’homme.
«C'est un livre de notre présent, pour nos jours et nos cœurs: exigeant et reccueilli, fruit de l'essentiel; c'est un silence de plénitude qui est offert à ceux qui cheminent dans cette vallée de larmes et qui nous rassasie, tout comme les maximes du Journal de Dag Hammarskjöld:
Je suis le récipient. Le breuvage appartient à Dieu. Et Dieu est celui qui a soif. Quel est finalement le sens du mot sacrifice? Ou même du mot don? Celui qui n'a rien, n'a rien à donner. Le don va de Dieu à Dieu.»
– Carlo Ossola
Médecin de formation, philosophe et écrivain de langue allemande vivant en retirance dans le Tessin à partir des années vingt, Max Picard (1888-1965) fut l'ami d'Emmanuel Lévinas – qui lui emprunta sa notion de «visage humain» – et l'auteur prolifique d'ouvrages inspirés, à mi-chemin de la réflexion philosophique et de la contemplation poétique. Sa pensée, en dialogue subtil avec le romantisme allemand (Goethe, Hölderlin, Novalis) aussi bien qu'avec les grands textes de la Mystique, aborde avec beaucoup de délicatesse des thèmes qui seront plus tard repris par la phénoménologie française: le visage, le paysage, le silence, le langage, la rumeur, l'extase.
L'article époustoufflant sur le blog Patrick Corneau, le 7 janvier 2020:
«Si on lui accorde la patiente attention qu’il demande, on ne ressort pas indemne de la lecture d’un pareil livre: il nous tire de la surface où nous flottons vainement pour nous conduire par un chemin initiatique, entre poésie et mystique, vers cette «plénitude du silence» où s’origine la parole. Plénitude obtenue par résorption ou refoulement du langage. Lieu de solitude, de recueillement où le temps perd sa gangue de bruit et de fureur, où l’homme s’absente de son démiurgisme mortifère.»
L'article de Jamel Benhassine sur PhilLitt, 5 décembre 2019.
Robert Maggiori rend compte de la parution de l'ouvrage pour Libération, 22 novembre 2019.
Patrick Kéchichian signe un bel article dans La Croix, 20 novembre 2019.
Un texte magnifique signé Samuel Brussell dans Le Temps, 25 octobre 2019.