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Des fouilles sous l’Hôpital Sainte-Marie
Dans le cadre de l’agrandissement des locaux du Centre Hospitalier Sainte-Marie de Clermont-Ferrand, une opération de fouilles archéologiques préventives a pris place à l’intérieur du parc de la propriété.
Elle s’est déroulée d’avril à août 2010 sur une étendue de 6 000 m2, située au nord-ouest du centre historique. Le but principal était de mieux caractériser le site (nature et chronologie), déjà concerné par deux opérations précédentes.
Les fouilles ont tout d’abord permis de mettre au jour un système d’irrigation moderne, complexe et visiblement réaménagé à plusieurs reprises au cours du temps. Ne figurant pas parmi les objectifs principaux et ayant passablement souffert au cours des terrassements successifs, cet aménagement du XIXe s. a cependant fait l’objet d’une étude succincte.
La nécropole du haut Moyen Âge, déjà repérée au cours des précédentes opérations, a été dégagée extensivement dans les limites réservées. Cela a abouti à la mise au jour de plus de 260 sépultures à inhumation appartenant à une nécropole visiblement beaucoup plus vaste encore, puisque celle-ci se prolonge en dehors des limites de la fouille.
Une très large majorité des défunts sont disposés sur le dos, la tête au sud-ouest. La plupart d’entre eux ont été inhumés à l’intérieur de contenants de bois ou de coffrages de pierre, plus ou moins élaborés. Un petit nombre est enterré en pleine terre, en fosse couverte, en coffrage de tegulae ou à l’intérieur de sarcophages monolithiques. L’estimation de l’âge au décès a permis de recenser un nombre important de jeunes individus : un tiers ont moins de 20 ans, tandis que seulement une dizaine d’individus dépasse les 50 ans.
La diagnose sexuelle a pu être déterminée pour la moitié de la population : on y trouve autant de femmes que d’hommes.
Les vestiges d’au moins six bâtiments gallo-romains distincts ont été reconnus, certains d’entre eux comportant visiblement plusieurs états de construction. Deux d’entre eux sont édifiés sur des caves semi enterrées et présentent les mêmes caractéristiques. Il s’agit de constructions quadrangulaires relativement simples, reposant sur des fondations maçonnées appuyées contre les parois des fosses d’implantation. Ce sont vraisemblablement des caves destinées au stockage de vivres, peut-être surmontées d’un habitat sommaire qui n’a pas laissé de trace. Un troisième bâtiment, plus tardif, plus vaste et dont l’emprise se poursuit au-delà des limites de la fouille, se distingue également par un mode de construction différent, mettant en œuvre des blocs de gros appareil, sans doute en remploi. Les autres se résument à bien peu de choses : le plus souvent quelques mètres linéaires de fondations ou des alignements de trous de poteaux ; ils ne doivent leur identification qu’à la vigilance des archéologues.
Dans leur majorité, ces constructions ne sont pas associées à des niveaux d’occupation, disparus au cours du fort arasement constaté sur tout le site. Elles se situent en périphérie de la ville antique (Augustonemetum), à quelque 250 m au nord de l’un de ses principaux accès : la via Agrippa. Ce lieu paraît tout à fait propice à l’implantation d’une villa suburbaine qui reste à découvrir et à laquelle pourraient se rattacher ces divers bâtiments.
À l’exception d’un bâtiment plus tardif, la datation des édifices tend à montrer une construction au cours du IIe s. apr. J.-C. et un abandon au cours du siècle suivant. Toutes les constructions ne sont pas contemporaines, et vu le manque chronique de connexion stratigraphique, il reste difficile d’en percevoir les liens.
À la période gallo-romaine est liée la réalisation de galeries souterraines suffisamment hautes pour autoriser le passage d’un homme debout, apparues dans les secteurs les plus profondément explorés. Ces vestiges, totalement inattendus, inédits dans la région et creusés sous plusieurs mètres de sédiments, ont été les derniers à être identifiés.
Plusieurs tronçons ont été repérés laissant deviner l’existence d’un véritable réseau. Celui-ci, visiblement postérieur à une partie au moins des constructions maçonnées gallo-romaines, reste difficile à dater avec précision. Les galeries sont implantées dans le sous-sol sableux ; leur fond se situe environ cinq mètres sous les niveaux actuels. La fonction exacte de ces galeries ne peut être déterminée avec certitude, mais en dehors de l’adduction d’eau ou l’extraction de matériaux, il n’existe pas de piste privilégiée.
Un grand nombre de fosses a été découvert. Beaucoup d’entre elles, isolées, demeurent indéterminées, et la plupart ne sont liées ni à un niveau d’occupation, ni à d’autres structures. Quelques-unes ont pu être identifiées comme des puits, parfois liés à un réseau de galeries souterraines de faible diamètre.
Enfin, deux vastes fosses ont été interprétées comme de possibles traces d’extraction de sables et graviers.
Une présence difficile à caractériser est attestée pour les périodes préhistorique et protohistorique à travers quelques découvertes, le plus souvent hors contexte structuré. Le secteur fouillé se partage en deux zones géomorphologiques distinctes. Au sud, ce sont les sables et graviers de la terrasse alluviale de la Tiretaine ; au nord, des argiles et limons gras déterminent une zone humide. Cette division est très bien ressentie dans la répartition des vestiges qui se concentrent sur la terrasse, laissant volontairement de côté un secteur peu propice aux installations prolongées.
F. Eschbach
Commune: Clermont-Ferrand
Adresse / lieu-dit: Sainte-Marie
Canton / Département: Puy de Dôme (63)
Pays: France
Date de l’intervention:
du 19-04-2010 au 13-08-2011
Période(s) concernée(s): Antiquité, haut Moyen Âge, époque moderne
Nature de l’intervention: Fouille archéologique préventive
Surface: 6000 m²
Responsable d’opération: F. Eschbach
Suivi scientifique: H. Dartevelle (Drac-Sra Auvergne)
Aménageur: Centre hospitalier Sainte Marie, Clermont-Ferrand