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L'UE tombe sous le charme des promesses trompeuses de l'industrie des OGM
Techniquement facile à réaliser et lucrative : la tolérance aux herbicides figure en tête de liste des propriétés produites par les nouvelles techniques génomiques (NTG). Mais on sait depuis l'utilisation de l'ancien génie génétique que les plantes tolérantes aux herbicides ne sont pas durables et qu'elles comportent des risques considérables pour l'environnement (par exemple, utilisation de quantités supérieures d'herbicides ou plus toxiques, développement de mauvaises herbes résistantes aux herbicides) (lien vers la news/le rapport correspondant). "Les plantes tolérantes aux herbicides sont sélectionnées de manière à être tolérantes aux herbicides afin d'être cultivées en combinaison avec l'utilisation de ces herbicides. Si une telle culture n'a pas lieu dans des conditions appropriées, cela peut conduire au développement de mauvaises herbes résistantes à ces herbicides ou à la nécessité d'augmenter la quantité d'herbicides utilisés, indépendamment de la technique de sélection", écrit même la Commission européenne dans sa proposition de réglementation du nouveau génie génétique.
Cette proposition de réglementation de la Commission européenne divise les plantes obtenues par ces NTG en deux catégories. Les plantes de la catégorie 1 sont exemptées des exigences de la législation sur les OGM et sont uniquement soumises aux dispositions applicables aux plantes conventionnelles. En raison des effets négatifs mentionnés ci-dessus, le projet de proposition de réglementation divulgué le 16 juin prévoyait une exception raisonnable pour les plantes NTG tolérantes aux herbicides. Ainsi, ces plantes auraient continué à être soumises aux procédures d'autorisation strictes actuellement en vigueur (y compris l'évaluation des risques, l'étiquetage obligatoire et le monitoring), indépendamment des autres propriétés. Les responsables semblaient avoir compris que de telles plantes présentaient plus de risques pour l'environnement que les avantages escomptés. Mais après la publication de la version officielle le 05 juillet, tous les espoirs s'envolent.
En effet, l'exécutif a abandonné son projet d'exclure les plantes résistantes aux herbicides de la catégorie 1. Dans la version officielle, les références correspondantes à l'annexe III, partie 2, ainsi qu'à l'article 5 (1) manquent. Par conséquent, ces plantes peuvent désormais être introduites dans les champs sans procédure d'autorisation, évaluation des risques, suivi ou surveillance. Dans le pire des cas, elles pourraient même être considérées comme "durables", par exemple parce que leur utilisation permet de renoncer au labour et donc permettrait de cultiver le sol de manière plus respectueuse. Même si la proposition de réglementation mentionne les éventuels effets néfastes de la résistance aux herbicides sur l'environnement, elle ne prévoit pas d'autres mesures pour les plantes NTG tolérantes aux herbicides, en indiquant que de telles mesures devraient être prises horizontalement dans un règlement séparé sur le matériel végétal de multiplication (également publié le 5 juillet). Or, cette ordonnance permet également aux plantes tolérantes aux herbicides d'être introduites dans les champs de manière incontrôlée.
Les associations de lobbying des multinationales du génie génétique semblent avoir fait du bon travail au cours des trois dernières semaines et avoir atteint leur objectif. Ils montrent ainsi une fois de plus que leur objectif n'est pas l'agriculture durable, mais la maximisation des profits au détriment de l'environnement, de l'homme et de la biodiversité.