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27/04/2012
Merck Serono - « La question est de savoir si l'on veut devenir un industriel, ou riche » dixit feu Fabio Bertarelli
Lorsqu'on perd tous repères, il est toujours bon de faire appel à la sagesse des anciens d'autant plus lorsque l'un d'entre eux porte l'illustre nom de Fabio Bertarelli (paix à son âme) , l'Industriel , père du fils Ernesto dit Le Riche.
Pour mémoire Serono appartenait à la famille Bertarelli depuis trois générations ; Fabio qui succède à Pietro, puis Ernesto à Fabio et ce jusqu'à la vente historique de 2006 à Merck. Un beau coup à 16 milliards et qui annonçait vraisemblablement la catastrophe à laquelle nous assistons, aujourd'hui, et qu'on pourrait sans risque intituler chronique d'une débâcle annoncée mettant en péril le gagne-pain de 1'250 personnes.
Revenons à la célèbre phrase de Fabio Bertarelli, certainement visionnaire avant l'heure et qui a surtout compris que soit on investit dans l'industrie et les gens qui la font vivre, soit on vise l'argent au détriment et de l'industrie et des personnes qui en vivent . D'un côté, la dynamique de vie, le mouvement, l'espoir, la solidarité, la fierté du travail accompli, les projets d'avenir à l'horizon. De l'autre, une dynamique mortifère, des billets qui s'accumulent, de l'argent qui ne passent plus d'une main à l'autre, mais d'une action à l'autre, cet argent qui était un moyen de communication entre les hommes et qui leur permettaient de survivre n'est plus que l'expression autiste de riches qui se sont enfermés dans leur ghetto de façon quasi pathologique ; un lieu d'enfermement toujours plus étroit et dont les effets nauséabonds se font ressentir à l'ensemble de l'humanité. Le diagnostic est posé !
Un père industriel qui dirigeait un navire au moyen duquel on conduisait des hommes et des femmes vers des conditions de vie décente, une dignité au travail. La génération d'après, un riche qui lui ne tire que sur les ficelles d'un petit voilier en solo en s'observant, content de lui et de ses exploits. Il paraît que le fruit ne tombe jamais loin de l'arbre, le riche Ernesto finira-t-il à l'image de son père par redevenir un industriel qui aujourd'hui a le devoir de sortir Genève, la ville choisie par son père, de la situation intenable dans laquelle il l'a plongée ?
Les employés de Merck Serono n'ont plus à payer pour des incapables qui ne veulent pas être des industriels mais juste s'enrichir sur le dos des autres, ces autres ; des hommes et des femmes, des pères et mères de famille qui payeront non seulement de leur poche mais de leur vie.
Fabio Bertarelli, merci pour la leçon et que votre fils l'entende aussi et la comprenne surtout et que le groupe Merck Serono s'en imprègne !