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En ~451/0, à cause de la croissance de la population, Périclès fit voter un décret qui excluait de la liste des citoyens ceux qui n'étaient pas nés de père et de mère citoyens (diapsephismos). D'après les sources, de nombreuses colonies ou clérouquies furent fondées dans le courant de la Pentékontaétie: en Chersonnèse, à Naxos, à Andros et en Thrace, sans omettre la fameuse colonie panhellénique de Thourioi (~444/3). Les faits sont liés.
Le décret de Périclès dut sans doute être voté parce que la cité connaissait des difficultés d'approvisionnement. L'envoi de colonies constituait un exutoire à l'excédent de population. Lorsqu'ils fondaient une colonie, les Athéniens ne la réservaient pas aux seuls citoyens. Des alliés ou d'autres Grecs pouvaient en faire partie. A fortiori des bâtards. Le décret de Périclès, l'envoi de colonies et l'expédition de Chypre pourraient être autant de décisions prises pour résoudre un problème qui ne se poserait pas en termes exclusivement impérialistes.
Nous ne savons pas quelle fut l'efficacité de ces mesures. Un fragment de Philochore (328 F 119 Jacoby) nous apprend qu'en 445/4, Psammétique, le roi d'Égypte envoya à Athènes 30.000 médimnes de blé, qui furent distribués à la population. On trouva 4.760 personnes inscrites frauduleusement sur la liste. Ce renseignement peut être mis en rapport avec la fondation de Thourioi. En même temps qu'il permettait de résoudre un problème intérieur, l'envoi de colons dans l'Égée y renforçait la domination athénienne.
Nous en saurions sans doute davantage si nous pouvions dessiner les courbes démographiques de la population. Or les travaux entrepris dans ce domaine par M. Hansen, pour le IVe, puis pour le Ve siècle, conduisent à revoir à la hausse les estimations des effectifs des Athéniens à la veille de la guerre du Péloponnèse. Hansen estime qu'un chiffre de 60.000 citoyens adultes ne saurait être considéré comme excessif. Si Athènes s'est trouvée devant un surplus de population au Ve siècle, on s'explique à la fois son agressivité, mais aussi, en dépit des apparences, la précarité de ses finances. Les ressources qu'elle pouvait prétendre tirer de son empire étaient loin d'être illimitées. Athènes possédait les bras, mais pas les moyens de les payer. La sagesse de Périclès est d'avoir compris qu'il était plus rentable d'exploiter les ressources d'un empire dont on garderait la maîtrise que de se lancer dans de coûteuses aventures au rapport incertain. Mais il ne put éviter la guerre avec Sparte.