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En 1800, le francoprovençal n’est déjà plus employé à Lausanne
Eh oui! A l’exception d’une partie du Jura, où la population s’exprimait dans une forme de franc-comtois, les habitants de la Suisse romande parlaient différentes variantes de francoprovençal. Il s’agit d’une langue romane distincte du français, parlée jadis de Lyon à Aoste et de Neuchâtel à Grenoble.
Dans nos régions, un virage linguistique s’opère au XIIIe siècle, lorsque le français remplace le latin comme langue administrative. Le francoprovençal ne s’impose donc pas à l’écrit. Cela dit, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, les élites maîtrisent souvent le latin, une ou plusieurs langues écrites (comme le français, l’allemand ou l’italien), sans oublier le dialecte de leur région d’origine.
Les individus non scolarisés, pour leur part, ne parlent que leur dialecte. Au fur et à mesure du développement des écoles, et d’abord dans les régions protestantes, ils acquièrent des connaissances du français écrit. Bientôt, le francoprovençal ne pourra plus rivaliser. En 1800, il n’est déjà plus employé à Lausanne. Même s’il se maintient alors tant bien que mal dans les régions rurales, les autorités du canton de Vaud interdisent en 1806 son emploi dans les classes.
Bien entendu, la langue ancestrale n’a pas disparu du jour au lendemain. Dans les zones les plus reculées du canton, il a pu survivre jusqu’au XXe siècle. A Evolène, petit village valaisan, certaines familles le transmettent aujourd’hui encore à leurs enfants. Même si sa survie semble compromise à long terme, le francoprovençal demeurera un objet d’étude et de recherche. De fascination. Yannis Amaudruz
Ces chroniques sont tirées du blogue Helvetia Historica, consacré à l’histoire et au patrimoine de la Suisse. www.helvetiahistorica.org