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Deux pièces du grand auteur allemand sont à l'affiche des scènes romandes. Plus que jamais celui qui a défendu les classes populaires est d'actualité.
Ses deux «Mères» sont là pour le prouver.
En ce mois d'octobre, Bertolt Brecht sillonne la Suisse romande,...enfin deux de ses grandes figures. Deux femmes combatives, chacune à sa manière. Elles portent en elles une force tenace. L'une s'appelle «La Mère», l'autre «Mère Courage est ses enfants».
Ce sont là deux pièces du grand auteur allemand, écrites dans les années 1930, à 6 ans d'intervalle. La première suit le parcours d'une femme, Pélagie Vlassova, dans la Russie pré-soviétique. Après la mort de son fils engagé dans la lutte ouvrière, Pélagie reprend le flambeau et intègre le mouvement bolchevique qui aboutira à la révolution d'octobre.
En pleine guerre de Trente ans.
La deuxième pièce porte à la scène le personnage paradoxal d'Anna Fierling, dite «Mère Courage» malgré son comportement qui n'est pas toujours exemplaire. Nous sommes ici dans l'Allemagne du 17ème siècle, en pleine guerre de Trente ans.
Pour survivre, donc, et protéger ses enfants, Anna Fierling n'hésite pas à tirer profit d'un conflit où s'affrontent son esprit commerçant et son instinct maternel.
«Mère Courage» est un grand classique du théâtre populaire que Gisèle Sallin met en scène dans son Théâtre des Osses à Givisiez (Fribourg. Le rôle-titre, elle l'a confié à sa très fidèle collaboratrice Véronique Mermoud. Actrice romande très engagée, celle-ci parle avec ferveur de la pièce.
«Brecht est un auteur incontournable de notre époque, confie-t-elle. «Mère Courage», qu'il a écrite en 1938 avec la prémonition du grand dramaturge qu'il est, me fait penser à toutes les femmes qui se battent pour sauver leurs enfants. Il y a aujourd'hui 40 conflits armés dans le monde. Le propos de l'auteur reste donc d'actualité. A nous, artistes, de l'illustrer».
Des élèves-acteurs
Autre illustration brechtienne, celle conduite par le metteur en scène Jean-Louis Benoît qui dirige, dans «La Mère», les élèves-acteurs de la Haute école de théâtre de Suisse romande (HETSR), sise à Lausanne. Résultat de cet atelier-spectacle: un petit bijou que pourraient envier à ces jeunes élèves beaucoup de professionnels.
Preuve que la HETSR remplit bien sa mission. D'autant que Jean-Louis Benoît a eu l'excellente idée de faire travailler toutes les comédiennes de la classe en confiant le rôle de la Mère à dix actrices qui l'interprètent comme dans un jeu de relais.
Outre donc les qualités pédagogiques de cet exercice de style qui confronte les jeunes élèves à un rôle important du répertoire, il y a l'efficacité dramaturgique de cette démarche. En faisant jouer le même personnage par plusieurs comédiennes, Jean-Louis Benoît montre clairement la progression idéologique du bolchevisme dont «La Mère» reste le symbole.
swissinfo, Ghania Adamo
Faits
«Mère Courage et ses enfants» se joue au Théâtre des Osses, Givisiez (Fribourg), jusqu'au 5 novembre.
«La Mère » se joue au théâtre de l'Alambic, à Martigny, les 15 et 16 octobre; au théâtre du Crochetan à Monthey, le 22 octobre; au Chantemerle à Moutier, le 30 octobre; au théâtre du Passage, à Neuchâtel, le 1er novembre.
En bref
- «La Mère» est une pièce qui suit le parcours d'une femme, Pélagie Vlassova, dans la Russie pré-soviétique.
- «Mère Courage est ses enfants porte à la scène le personnage paradoxal d'Anna Fierling, dite «Mère Courage» malgré son comportement qui n'est pas toujours exemplaire.
- Jean-Louis Benoît dirige dans «La Mère» les élèves-acteurs de la Haute école de théâtre de Suisse romande (HETSR) de Lausanne.