Document ID: /curiavista/filtered/00000_business.jsonl.gz/125584

<h2>SubmittedText<h2><p>Voici quelques années, une gare routière a été construite à l'entrée de Ouahigouya (Burkina Faso). Cette gare devait remplacer divers sites de stationnements de bus situés au centre ville. Dès le départ, cette construction a été critiquée car en dehors du centre ville et, par conséquent, peu pratique.</p><p>À l'époque de la construction, un panneau indiquait la participation de la coopération suisse.</p><p>Actuellement, cette gare routière est inutilisée. Par exemple la compagnie locale STAF a construit pour son usage une nouvelle gare au centre ville et les autres compagnies continuent d'utiliser leurs anciens emplacements.</p><p>Je pose les questions suivantes au Conseil fédéral :</p><p>1. Quel a été le coût de cette gare routière ?</p><p>2. Quelle a été la participation financière suisse à cette réalisation ?</p><p>3. La coopération suisse se préoccupe-t-elle du bien-fondé des projets qu'elle finance ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>1./2.Le projet de gare routière de Ouahigouya fait partie du Programme de développement des villes moyennes (PDVM) au Burkina Faso. Le PDVM vise à renforcer les capacités financières et managériales des villes moyennes (500 000 habitants environ) pour leur transformation en pôles de développement régionaux compétitifs. La construction de la gare est une initiative qui émane des communautés et des élus locaux, les recettes générées par la gare devant permettre de financer d'autres priorités.</p><p>La gare routière a coûté au total 754 000 francs.</p><p>La municipalité de Ouahigouya, maître d'ouvrage, a soutenu le projet par une contribution de 40 000 francs, représentant la valeur du terrain et le coût de la concertation entre les différentes parties au projet.</p><p>Conformément aux dispositions de l'accord de coopération, la Suisse - par le biais de la Direction du développement et de la coopération (DDC) - a financé la construction de la gare routière par une contribution de 714 000 francs sous la forme d'une subvention.</p><p>3. Chaque projet ou programme, respectivement soutenu et financé par la coopération internationale suisse, est soumis à une stricte procédure d'examen et de décision, allant de l'étude de faisabilité jusqu'à l'approbation du crédit et la mise en oeuvre concrète. Ce processus s'inscrit dans la stratégie de coopération internationale de la Suisse, qui axe ses activités sur les résultats et sur l'efficacité de ses investissements.</p><p>La DDC a analysé le bien-fondé des actions programmées pour le développement des villes moyennes avant de décider d'y contribuer. Des facteurs externes qui n'étaient pas prévisibles ont malheureusement entravé le bon déroulement du projet de gare routière, plus précisément son exploitation. Les difficultés rencontrées ne sont toutefois pas directement liées à l'emplacement de la gare mais aux événements sociopolitiques survenus au Burkina Faso. Lors de la mise en exploitation de la gare routière, des divergences sont apparues entre leaders syndicaux. Un deuxième syndicat est alors apparu dans la commune et a remis en cause le consensus précédemment acquis. De plus, les violentes manifestions que le Burkina Faso a connues au début 2011 ont fortement touché Ouahigouya. Cette situation a eu un impact sur le fonctionnement de la gare. Enfin, la santé du maire de Ouahigouya s'est profondément altérée en 2011 avec pour conséquence une implication fortement réduite dans la gestion des affaires publiques et des effets particulièrement négatifs pour le lancement et l'exploitation optimale de la gare.</p><p>Face a cette situation, le Bureau de la coopération suisse a multiplié ses interventions à l'endroit des associations d'usagers, des transporteurs et des autorités de la ville dans le but de valoriser un investissement qu'avaient souhaité l'ensemble des parties. Ces dernières sont finalement parvenues à établir en avril dernier une feuille de route prévoyant que les grands transporteurs rejoignent progressivement la gare routière dès septembre 2012.</p><p>Si la situation semble désormais évoluer favorablement, un suivi de proximité reste impératif. Dès lors, la coopération suisse a renforcé le dialogue avec l'ensemble des parties, de manière à ce que la feuille de route et l'échéance fixée à septembre 2012 soient respectées et qu'elles s'inscrivent dans la perspective d'une exploitation durable de cette infrastructure.</p>  Réponse du Conseil fédéral.