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STAF 16 - Argue & Graphe - Question no2 - Développement
Question 2 : Dans la conception des activités d'apprentissage, il est préférable de doser la difficulté des activités de telle sorte que :
1. L'élève commette le moins d'erreur possible car celles-ci freinent l'apprentissage.
2. L'élève commette un certain nombre d'erreurs car on apprend à partir de ses erreurs.
Les enjeux théoriques posés par cette question sont les suivants :
Parmi les partisans de la réponse no1, on trouve les adeptes de la psychologie behaviouriste( dont Skinner). Ceux-ci estiment qu'il faut éviter à l'élève de faire des erreurs car il risquerait de faire une association entre la question et sa réponse incorrecte. Ils proposent donc d'exposer l'élève à des difficultés très progressives. De plus, l'élève recevra pour chacune de ses réponses un feed-back qui lui donnera des informations sur sa réponse. Il faut également fournir à l'élève un renforcement positif à chaque réponse ou attitude correcte, car cela l'encouragera à intégrer celle-ci dans son travail, à le motiver à se comporter d'une certaine manière.Le renforcement peut, selon les behaviouristes, être doublé de gratifications de nature verbale ou sous la forme de bons points qui peuvent amener à l'acquisitions de prix. On trouve fréquemment cette stratégie dans les didacticiels pour enfants qui comportent souvent des parties ludiques très présentes.
Ces principes généraux peuvent être ensuite développés plus finement par l'étude de la nature des feed-back et renforcement , sur la fréquence de leur apparition et sur la quantité d'information donnée à chaque fois.
Les courants de pédagogie de maîtrise privilégient la réponse no2. Ceux-ci préconisent un apprentissage au moyen des erreurs commises. La pensée constructiviste notamment considère qu'au moyen des erreurs répétées (notion d'erreurs systématiques) de l'élève, le professeur pourra mettre le doigt sur des possibles représentations erronées de celui-ci qui l'empêchent de répondre correctement. Par la méthode de "modélisation de l'élève ou "diagnostic cognitif", il s'agira de reconnaître la nature de ces représentations erronées.
La théorie de "maîtrise de l'apprentissage" de John B. Carroll (1963), ne laisse cependant pas l'élève s'embourber dans ses erreurs, elle le responsabilise en lui spécifiant clairement le champ d'apprentissage qu'il va aborder et la manière dont ses résultats seront évalués. L'étudiant pourra, en outre apprendre à son rythme. Les progrès de l'élève seront de plus évalués au fur et à mesure afin de lui donner des feed-backs ou des corrections appropriés. A la fin du module, on testera l'élève sur l'accomplissement des critères de l'apprentissage établis au début. Le principe de pédagogie de maîtrise stipule aussi qu'il ne faut pas tenter d'enseigner une compétence si les compétences prérequises ne sont pas maîtrisées par le sujet.
Lors de la première semaine de cours, dans le cadre de staf16, lors du travail sur le questionnaire Argue&Graphe, la majorité des gens, dont moi ont opté pour la réponse no2.
Selon moi, l'apprentissage est plus stimulé dans la théorie de "maîtrise de l'apprentissage". En effet, il permet de prendre en compte tous les tempéraments des élèves, par le principe d'évaluation constante du niveau de chacun : un étudiant rapide et vif se verra porté à son rythme vers des difficultés adaptées à sa curiosité, par contre celui qui peinera sur un sujet particulier pourra être aiguillé sur un sous-chapitre où les difficultés seront peut-être plus progressives.
J'ai eu l'occasion d'étudier un logiciel d'accompagnement scolaire (ADI-Maths-Français) qui outre une partie didacticielle classique donnait de plus la possibilité d'assister à des classes virtuelles (dans Internet) sur des thèmes donnés. Le principe était exactement celui d'évaluation constante du niveau de l'élève avec aiguillonnage éventuel sur des activités de rattrapage pour les plus en difficultés. L'enfant était cependant récompensé de ses bons résultats y compris dans la partie didacticielle classique par des bons points et des jeux supplémentaires à sa disposition (typique de la psychologie behaviouriste).
Cependant, il est clair que pour l'étude de l'orthographe, le risque d'imprimer dans sa mémoire une manière incorrecte d'écrire un mot est grand. Dans ce cas, il n'est pas indiqué de privilégier l'apprentissage par erreurs, il faudra développer une autre manière de tester les connaissances et de faire progresser l'élève.
Catherine Roulet nov.'98