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05/06/2012
Maurice DE VLAMINCK naquit à Paris le 4 avril 1876, dans une famille de musiciens qui s’installa ensuite au Vésinet en 1879. Livré à lui-même dès sa jeunesse, par des parents qui ne se préoccupaient que de leur métier, il grandit en se forgeant une nature rebelle. En 1895, il fréquenta l’Ile de Chatou pour peindre aux côtés de Henri RIGAL, et exprimer son admiration pour l’Impressionnisme.
De retour du service militaire en 1896, il enseigna la musique durant trois ans, et devint premier violon au Théâtre du Château d’Eau. Aux premiers jours du siècle nouveau, il rencontra MONET, puis DERAIN avec qui il loua un atelier sur l’Ile de Chatou. L’année suivante, les deux amis visitèrent l’exposition Van GOGH, et DE VLAMINCK resta bouleversé par l’œuvre de celui qu’il appela ensuite « Mon père ».
L’artiste devint alors le Fauve qui respectait la loi de la couleur pure. Vivant sans moyens financiers, il réussit cependant à acheter des tubes de couleurs de qualité inférieure, pour composer certaines toiles qui malheureusement vieillirent mal. Son approche particulière de l’art se défendit de fréquenter les musées, et l’empêcha de se soumettre à l’enseignement de l’Académie.
Peintre d’instinct, DE VLAMINCK voulut tout ignorer des problèmes de la nature, et le fit savoir, notamment dans ses nombreux écrits. Rebelle il fut, et rebelle il demeura. Il considérait par exemple que l’enseignement de la religion dispensé par les prêtres, n’était qu’une atteinte aux droits de la personne. Il ne respectait pas plus les institutions établies, et s’élevait contre la puissance de l’Etat, en dénonçant le pouvoir de la police. Il accentua même l’acidité de ses jugements en traitant PICASSO de « Laborieux plagiaire », avant de visiter cependant son atelier du « Bateau-Lavoir », quelques années plus tard.
Le colosse au physique impressionnant poursuivit son œuvre en ne respectant que son instinct. Il se joignit malgré tout aux Fauves en 1905, pour accrocher ses tableaux d’abord au Salon des Indépendants, puis au Salon d’Automne, dans la singulière « Cage aux fauves ». En 1906, Vollard lui acheta son fonds d’atelier, et exposa ses tableaux. Dès lors, DE VLAMINCK abandonna l’ambiance des salons pour lui préférer des expositions irrégulières dans diverses galeries. Ce colosse peintre s’appliqua à réaliser des tableaux paysagistes qui exprimaient des ciels de désespoir qui figurent parmi ses plus belles œuvres.
Ses loisirs du dimanche l’entraînèrent à participer à des courses cyclistes, ou à fréquenter les fêtes populaires. Artiste habile, il créa aussi des lithographies et des gravures sur bois, et produisit de magnifiques dessins à l’encre de chine. Sa plume composa plusieurs écrits faits de poèmes et de théories personnelles sur la peinture.
Dans ses ouvrages, il donna alors son sentiment personnel et singulier : « La période de l’intellectualisme déchaîné des divagations absconses, des spéculations maladives est révolue ; les jeunes peintres aspirent aux disciplines naturelles. Il s’agit de revenir à une peinture lisible, vivante, humaine. Le cubisme fut la négation même de l’art de peindre. Longtemps il exerça sur les esprits de funestes ravages... La peinture c'est comme la cuisine. Cela ne s'explique pas. Ca se goûte ! ».
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Alain VERMONT
19/05/2012
Raoul DUFY naquit au Havre le 3 juin 1877, dans une famille nombreuse de neuf enfants. Son père, comptable dans une société importante de la ville, et organiste à ses heures perdues, transmit son amour de la musique à ses enfants, alors que Raoul s’orientait déjà très jeune vers la peinture, pour être bientôt suivi par son frère cadet Jean.
DUFY suivit les cours du soir de l’Ecole des Beaux-Arts du Havre, et à dix neuf ans, après avoir effectué son service militaire et obtenu une bourse de sa ville natale, il s’installa à Paris, pour cohabiter avec son compatriote FRIESZ. Dans la capitale, il entra à l’Ecole des Beaux-Arts pour fréquenter l’Atelier de BONNAT.
Il admirait la Peinture Impressionniste au travers des tableaux qu’il regardait dans les vitrines des grand marchands de l’époque, en marquant sa préférence pour Van GOGH et GAUGUIN. En 1905, l’influence impressionniste s’amenuisa alors qu’apparaissait le Fauvisme, par le truchement de la toile de MATISSE « Luxe, calme et volupté » qui lui démontra le rôle de l’invention dans la peinture. Sa période fauve se déroula jusqu’en 1909 environ, pour laisser ensuite la place à une influence cubiste qui lui permit de mieux comprendre l’œuvre de CEZANNE.
C’est à cette époque qu’il séjourna quelque mois à Munich pour remettre en cause son art, et dérouter le public qui ne comprenait pas ses changements incessants de style. Mais DUFY, sûr de son talent, et malgré ses difficultés importantes du moment, ne transigea pas sur son approche de la peinture.
Pour survivre, il accepta de s’installer dans un atelier situé Avenue de Clichy, afin de créer des impressions sur tissus qui rapidement séduisirent les élégantes parisiennes. Et durant plusieurs années, l’artiste alors employé à rénover l’esprit de la Maison de Couture Bianchini Atuyer Ferrier, s’investit dans la décoration de vêtements, en poursuivant son œuvre picturale.
Il s’appliqua à répéter un même thème qu’il exploita jusque dans ses derniers retranchements, pour créer de célèbres séries comme il l’avait déjà fait dans le passé. Après les séries de ses « Rues pavoisées » au Havre en 1906, ou de ses « Pêcheurs à la ligne » en 1907-1909, il composa une suite reproduisant ses différents ateliers.
En 1920, il s’installa à Vence et exécuta plusieurs tableaux inspirés par le même sujet, comme il le fit ensuite pour les « Courses » en 1925. Et c’est alors qu’il commença une œuvre importante faite d’aquarelles sur les courses de chevaux. En 1927, à l’orée de sa cinquantaine, il commença à souffrir d’un arthritisme qui alla grandissant jusqu’à sa mort, sans jamais cependant l’empêcher de créer, malgré l’importance des douleurs parfois engendrées par la maladie.
En 1937, il reçut de l’E.D.F. la commande qui contribua à affirmer le succès mondial qui allait devenir le sien. En effet, il décora le pavillon E.D.F. de l’Exposition Universelle avec une peinture impressionnante de soixante mètres de long et de dix mètres de hauteur, qui retraçait l’histoire de la lumière. Cette « Fée électricité » subjugua le public par la qualité des cent vingt cinq personnages savants reproduits sur le tableau, en grandeur nature, et dans tous les thèmes chers à l’artiste : le champêtre, le mythologique, le musical, le mondain et le scientifique.
Cette œuvre pour laquelle DUFY avait travaillé deux ans, dans le mauvais confort d’un hangar froid mis à sa disposition par les mandataires du projet, contribua au développement dramatique des rhumatismes qui le faisaient souffrir. Il poursuivit néanmoins son travail en s’appliquant à créer des lithographies merveilleuses, ainsi que des gravures pour l’illustration de multiples ouvrages comme « Tartarin de Tarascon » d’Alphonse Daudet . Son art s’exprima dans des lithographies en couleurs dont les tons clairs et purs posés en surface, s’unissaient au dessin fait de lignes de couleurs, pour rendre des effets de construction esthétiques qui rappelaient l’influence de Van GOGH.
En 1950, il rejoignit les Etats-Unis pour essayer un nouveau traitement mis au point à base de Cortisone, et en profita pour travailler à New York et à Tucson, avant de rentrer en France, toujours souffrant. En 1952, il se rendit à Venise pour recevoir le Grand Prix de la Biennale, après qu’une importante rétrospective de ses œuvres ait eu lieu à Genève.
Il s’installa alors à Forcalquier, pour achever sa vie comme RENOIR, cloué dans un fauteuil roulant. Il mourut là-bas, dans les Alpes de Haute Provence, le 23 mars 1953, à l’âge de soixante seize ans.
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ALAIN VERMONT
07/05/2012
Georges BRAQUE naquit à Argenteuil le 13 mai 1882. En 1890, sa famille s’installa au Havre où son père commença à exploiter une entreprise de peinture en bâtiment. Après ses études au lycée, il entra à l’Ecole des Beaux-Arts de la ville pour devenir l’ami de DUFY et FRIESZ, en fréquentant l’atelier du vieux peintre normand LHUILLIER. Il participa dans le même temps au travail de l’entreprise familiale dans laquelle il acquit certains « tours de main ».
En 1900, il s’installa à Paris et fréquenta l’Atelier de BONNAT où il retrouva DUFY et FRIESZ. A l’Ecole des Beaux-Arts, il quitta ce premier atelier pour l’Académie HUMBERT où il peignit à la manière Impressionniste, avant d’imiter FRIESZ qui l’invita à partager en 1905, l’esthétique Fauve élaborée avec MATISSE, DE VLAMINCK et DERAIN. En 1906, BRAQUE accompagna FRIESZ à Anvers, et rapporta de ce voyage, des tableaux qui ne furent pas sans rappeler ceux de son aîné. L’année suivante, les deux amis découvrirent le Sud de la France, pour peindre sur les traces de CEZANNE.
Mais, que ce soit à l’Estaque, ou bien encore plus tard à La Ciotat, BRAQUE qui appliquait les principes fondamentaux du Fauvisme dans l’emploi de la couleur pure, n’en rejeta pas moins l’organisation de la toile réalisée en surfaces peintes en aplats. Sa personnalité propre exploita alors une technique faite de petites touches juxtaposées avec méthode, et dans ses tableaux, les formes se relièrent entre elles dans un scintillement de lumière qui n’était pas comparable aux surfaces séparées par des arabesques sinueuses de la Peinture Symbolique de GAUGUIN.
Il réalisa alors une quarantaine de tableaux Fauves qui firent de lui le seul artiste a avoir contribué autant à la mise en œuvre des deux mouvements que sont aujourd’hui le Fauvisme et le Cubisme.
En 1907, il exposa pour la première fois au Salon des Indépendants. Sa peinture, jusque là influencée par les Fauves, évolua vers le Cubisme après qu’il eut rencontré Apollinaire, et PICASSO, dont le tableau « Les demoiselles d’Avignon », lui paraissait aboutir à une peinture qui allait dans le sens de ses recherches personnelles. En 1908, le Salon des Indépendants refusa ses tableaux, et MATISSE qui était alors membre du comité, prononça les mots de « petits cubes » devant la toile de BRAQUE représentant les « Maisons à l’Estaque ». Durant cette même année, le marchand Kahnweiler organisa une exposition des œuvres de BRAQUE, et c’est alors que le critique Louis Vauxcelles, reprenant les mots de MATISSE, inventa le qualificatif « Cubisme ».
BRAQUE et PICASSO réalisèrent dès lors leur peinture dans une étroite communion. Leur palette réduite au noir et au blanc, s’anima par la lumière des ocres, et par l’ombre des gris bleu. Les deux peintres s’intéressèrent à l’analyse de la forme humaine et des objets courants qui agrémentaient les natures mortes.
Leurs investigations communes furent si développées que leurs œuvres restèrent souvent très proches les unes des autres, comme « L’accordéoniste » peint par PICASSO à Céret en été 1911, et « L’homme à la guitare » réalisée par BRAQUE au même moment alors qu’il accompagnait son ami dans ce voyage de travail.
BRAQUE possédait un sens vigoureux de l’analyse de l’objet, et sa discipline innée fit de lui le créateur prédominant du Cubisme Analytique. Et jusqu’en 1911, sa peinture tendit à une expression presque abstraite. Il fut le premier à incorporer des caractères typographiques comme éléments dans ses compositions, ou des morceaux de journaux ou d’étoffes ayant pour but d’animer le sujet figé du tableau. Il créa ainsi les premiers papiers collés qui engagèrent le Cubisme dans sa phase synthétique durant laquelle, ses œuvres se séparèrent de la rigueur communautaire expérimentée aux côtés de PICASSO, pour ne plus jamais rejoindre la peinture de ce compagnon de route artistique.
En 1914, BRAQUE devint militaire au front, comme lieutenant dans l’infanterie. Et l’année suivante, en conséquence d’une grave blessure à la tête, on le trépana avant qu’il ne fût définitivement réformé en 1917, après avoir effectué une longue convalescence. Il se remit à la peinture, seul.
Ses six années d’étroite collaboration avec PICASSO demeurèrent alors oubliées pour lui car, après avoir inventé le Cubisme aux côtés de son complice des débuts, il dut inventer le style BRAQUE. Il ne partagea pas l’évolution de l’art de PICASSO. Au contraire, il se rapprocha de la peinture traditionnelle, en se rappelant LHUILLIER, son vieux maître du Havre, et composa un Cubisme qui renouait avec la réalité extérieure, pour réaliser des tableaux comme le « Café bar » en 1919, ou les « Cheminées » en 1923.
Il chercha une nouvelle voie dans la nature morte, le paysage ou la composition de personnages, aussi bien par sa construction du tableau, que par la liberté de sa manière. Il s’intéressa sérieusement à la sculpture en créant une « Femme debout », qui fut le préambule de sa riche production de sculpteur. Il réalisa des eaux-fortes*, et travailla également la céramique. Entre les années 1930 et 1940, sa peinture qui ne renonçait cependant pas aux conquêtes magistrales du Cubisme, s’orienta vers une liberté qui oubliait la rigueur des débuts du mouvement, pour créer des œuvres très épanouies comme la « Nappe rose » en 1933, ou « La femme à la mandoline » en 1935.
Il délaissa alors dans ses tableaux la ressemblance de l’homme et de son milieu naturel, pour exprimer cette poésie qu’il percevait d’eux, dans des idéogrammes magnifiques où tout n’était que calme et volupté, comme l’expliqua alors Maurice Raynal : « Modulations, dégradés, se développent, se juxtaposent, s’opposent en des somptuosités vertes, ocres, grises et blanches par le plein épanouissement de formes marquées peut être d’une certaine tendance à la décoration ».
Retiré à Varengeville, sur la côte normande depuis 1931, BRAQUE traversa la seconde guerre mondiale en réalisant des œuvres très diversifiées, et notamment des sculptures en plâtre, puis en bronze. Sa peinture d’alors se dépouilla pour abandonner l’ornementation parfois surchargée de sa précédente production. Différentes grandes expositions lui furent consacrées, tant à Londres en 1946, qu’à Paris en 1952 lors de l’Exposition du Cubisme au Musée National d’Art Moderne de la ville. De 1955 à 1963, il acheva son œuvre en créant la série des « Oiseaux » qui fut la conséquence de sa longue maturation des silhouettes ou des idéogrammes incisés sur des surfaces en plâtre peint, ou sur des galets ramassés durant ses promenades sur les plages normandes.
Et ce grand artiste qui sa vie durant n’avait jamais cessé de travailler au perfectionnement de l’architecture de ses tableaux, comme à l’expression de la forme et de la couleur, mourut à Paris le 31 août 1963, à l’âge de quatre vingt et un ans.
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ALAIN VERMONT
12/04/2012
Henri MATISSE naquit au Cateau-Cambrésis, dans le Nord de la France, le 31 décembre 1869. Après ses études secondaires, il devint clerc dans une étude d’avoué à St Quentin, alors qu’il suivait des cours de droit en occupant ses loisirs par la peinture, pour composer en 1890 sa « Nature morte aux livres ». Il s’installa ensuite à Paris pour achever ses études de droit, et s’inscrire en 1893 à l’Ecole des Beaux-Arts, où il fréquenta l’Atelier de BOUGUEREAU, avant de poursuivre son apprentissage de la peinture dans l’atelier de Gustave MOREAU où travaillaient déjà MARQUET, ROUAULT, CAMOIN et MANGUIN. Sous la direction du Maître, il dessina beaucoup d’après nature, et se rendit souvent au Louvre pour exécuter des copies de POUSSIN, CHARDIN et Philippe de CHAMPAIGNE qui l’influencèrent considérablement.
Luxe, calme et volupté
En 1896, la sagesse de ses premières œuvres lui permit d’exposer onze tableaux au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, et d’être reçu comme sociétaire de cette respectable assemblée, avant qu’un de ses tableaux ne fût acheté par la sévère Commission d’Etat. Il ne s’émut pas de la belle carrière de peintre officiel qui se présentait à lui, et poursuivit son travail, en découvrant l’Art Musulman et les estampes japonaises, pour rester frappé par la puissance expressive de leurs arabesques.
Odalisque, harmonie en rouge
Il séjourna alors en Bretagne pour mieux appréhender ensuite la transcription luministe des Impressionnistes. En 1898, il découvrit la Corse et la Côte d’Azur, pour se convaincre un peu plus de l’intérêt de la peinture aux accords colorés intenses. Après son retour à Paris, il fréquenta plusieurs académies dans lesquelles il rencontra DERAIN et Jean PUY. Aux côtés de MARQUET, et pour nourrir sa femme et ses trois enfants, il exécuta les nombreuses guirlandes de stuc qui encadraient les fresques du Palais des Beaux-Arts de l’Exposition Universelle de 1900.
Nature Morte en bleu
Sa peinture était encore réalisée selon les préceptes du Néo-Impressionnisme, bien que l’influence de CEZANNE se fît déjà sentir pour l’engager à maintenir les contours, et marquer les formes d’une manière simplifiée, tout en conservant des couleurs lumineuses.
En 1904, il composa à Collioure des paysages traités par l’arabesque enserrant des aplats de couleurs pures, et qu’il exposa au Salon d’Automne de 1905 durant lequel naquit le nom des Fauves dans la bouche de Louis Vauxcelles.
Le Bonheur de vivre
A partir de 1905, Matisse, imité par son ami DERAIN, produisit les premiers tableaux véritablement Fauves, mais à l’inverse de ses amis, n’attribua pas de fonction dynamique à la couleur ou à la forme. Il tendait à une expression dans laquelle couleurs, formes, corps, espaces et proportions exprimaient les idées du peintre assemblées en une composition décorative « Sans objectivité inquiétante ».
La Croyante nue
En 1908, ayant déjà dépassé le Fauvisme originel, et sous l’influence manifeste de CEZANNE, il s’approcha de la tendance cubiste et fonda un premier atelier dans le Couvent des Oiseaux, rue de Sèvres, aux côtés de FRIESZ, pour recevoir des adeptes venus du monde entier. La même année, il transporta son atelier public dans le Couvent du Sacré-Cœur qui venait d’être rendu à une utilisation laïque.
Intérieur et phonographe
Par son école, MATISSE exerça une grande influence sur la peinture, et sur la peinture allemande en particulier. Les sujets traités représentaient des fleurs, des femmes, des meubles et d’autres éléments décoratifs. La peinture de MATISSE ne connut rien de gratuit. Elle se concentra sur ce que le peintre voulait exprimer par la couleur et la forme, sans jamais tomber dans le maniérisme.
En 1912, il visita le Maroc, et à son retour en France, commença une longue évolution dans sa peinture, en se fixant à Nice où il avait décidé de résider, pour poursuivre son œuvre dans le développement logique de ses intuitions d’origine. Il produisit en parallèle à sa peinture ses premières sculptures sérieuses comme « Les têtes de Jeannette ». Son succès entraîna sa peinture à New York en 1915, à Paris en 1919, à Pittsburgh en 1927, et à Berlin en 1930.
Ce génie de l’art se transporta beaucoup en Europe, et en Polynésie où il résida durant trois mois à Tahiti, dans le souvenir de GAUGUIN. Dans son voyage de retour, il s’arrêta aux Etats-Unis pour décorer la plus grande salle du Musée de la Fondation du Docteur Barnes. Il devint alors l’un des sculpteurs les plus importants, et ses découpages au ciseau dans lesquels la couleur et l’arabesque atteignaient leur plus haute expression, formèrent dans le volume « Jazz », comme un aboutissement symbolique pour ce théoricien remarquable, mais malade.
Le Jardin du Luxembourg
En effet, en 1943, après une grave opération, il devint impotent au point de ne plus pouvoir quitter la chambre qui était la sienne dans l’ancien Hôtel Regina de Nice, sur la commune de Cimiez. Incapable de se mouvoir avec facilité, il fit articuler son lit, et dessina sur des tables mobiles qui l’entouraient.
Entrée d'une villa
Et comme son ami RENOIR l’avait fait quelques années auparavant, MATISSE utilisa un subterfuge pour tromper la maladie, en fixant ses crayons à dessin au bout de cannes à pêche. Il parvint à créer ainsi les décorations de la Chapelle de Vence, sans quitter son lit dans lequel il découpa aussi les papiers de couleur qui furent ensuite assemblés selon ses indications.
Laissant alors derrière lui une œuvre gigantesque de par sa qualité et son originalité, il mourut au soir du 3 novembre 1954, à Nice, à l’âge de quatre vingt cinq ans, deux mois après la disparition de son ami DERAIN.
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ALAIN VERMONT
16/01/2009
LE FAUVISME.
Le groupe des « Fauves » se constitua en 1905, lors du Salon d’Automne de Paris, sans qu’aucun programme précis, et sans qu’aucune théorie d’ensemble n’unissent les artistes de ce nouveau mouvement dont l’appellation fut inventée par le journaliste Louis Vauxcelles, après que celui-ci, ayant découvert ce style novateur qui employait des couleurs pures, eut qualifié ses représentants de « fauves ».
Henri MATISSE, le plus âgé d’entre eux, rassembla autour de lui des artistes qui provenaient de trois horizons différents : MARQUET, MANGUIN et CAMOIN, qui après la mort de leur vieux maître Gustave MOREAU (Symboliste) en 1898, rencontrèrent Jean PUY à l’Académie CARRIERE, avant de se regrouper, DERAIN et DE VLAMINCK qui faisaient alors partie du Groupe de Chatou, ainsi que DUFY, OTHON-FRIESZ et BRAQUE, qui appartenaient à celui du Havre. Le hollandais VAN DONGEN qui était un artiste indépendant et sans école, se joignit lui aussi à eux.
Certains de ces peintres s’étaient déjà rencontrés dans le passé, tandis que les autres accédaient au groupe par leur amitié pour MATISSE. Ils ne possédaient entre eux qu’un point commun qui les poussa, dans l’emploi des couleurs pures, à aller aussi loin que l’unité du tableau le permît.
Ils désiraient séparer la couleur de sa référence à l’objet, en libérant sa force d’expression. Leur art ne fut qu’une provocation réalisée à l’encontre des sensations visuelles de l’Impressionnisme, ainsi qu’une réponse violente au développement de la photographie.
La peinture des Fauves fut alors qualifiée de « Première Révolution Artistique du 20ème siècle » jusqu’en 1906. Dans leur association au Salon des Indépendants, les artistes concernés se virent alors baptisés par le critique d’art Louis Vauxcelles.
En effet, ce jour-là, le journaliste découvrit au milieu de la salle d’exposition du groupe des Fauves, un petit bronze d’allure florentine réalisé par le sculpteur Marque, avant de déclarer ironiquement « Donatello dans la cage aux fauves ! ». Le qualificatif se répandit aussitôt dans tous les salons parisiens.
Les Pêcheurs,1908.
Raoul Dufy (1877-1953).
Huile/toile 53,5 x 65 cm.
Les Fauves s’efforcèrent de recourir à la couleur pure pour construire l’espace, en simplifiant la transposition hardie des formes, et en exprimant leur joyeuse exaltation de la vie par une touche jaillissante. Le Fauvisme, enrichi par les expériences colorées des Néo-Impressionnistes, se référa à la peinture de GAUGUIN, et à l’expression du trait de TOULOUSE LAUTREC. Les Arts Premiers Africains et Océaniens influencèrent fortement l’esthétique fauve qui prit son essor en même temps que l’avancée Expressionniste qui elle ne traduisait qu’un contenu tragique.
Au Salon d’Automne de 1905, MATISSE exposa treize tableaux Pointillistes qu’il avait réalisés à St Tropez durant l’été précédent, aux côtés de SIGNAC et de CROSS dont il avait emprunté le style.
La luminosité et la vigueur nouvelle de ces tableaux invitèrent OTHON-FRIEZ à donner sa définition personnelle du Fauvisme : « On doit donner un équivalent de la lumière du soleil au moyen d’une technique qui se fonde sur une orchestration de couleurs, sur des transposition passionnées, dont la vérité et dont la théorie résultent de recherches audacieuses et enthousiastes. Le point de départ est la sensibilité à l’égard de la nature ». A la vue du tableau de MATISSE « Luxe, calme et volupté », qui représente un groupe coloré de baigneurs reposant dans un paysage méditerranéen, FIESZ et DUFY se détournèrent de l’Impressionnisme pour vénérer l’art de MATISSE qui provoquait alors à Paris de vives discussions.
En automne 1906, le groupe des Fauves réalisa une importante exposition qui lui assura alors un certain triomphe. Georges ROUAULT, artiste isolé par ses couleurs sombres et ses difficultés personnelles, fréquenta MARQUET et MATISSE, mais se démarqua de leur style par sa traduction austère de la misère humaine. En 1907, l’unité du groupe commença à s’épuiser lentement sous la poussée du Cubisme naissant qui courtisait MATISSE, DERAIN et BRAQUE surtout.
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Alain VERMONT