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Depuis la fusillade, la sécurité des parlements suisses a été renforcée. De plus, la sensibilité des politiciens aux menaces a augmenté. La Confédération et certains cantons créent des listes des personnes potentiellement agressives.Ce contenu a été publié le 21 octobre 2001 - 16:53
Les mesures de sécurité ont été renforcées dans presque tous les parlements cantonaux à la suite de l'attentat du 27 septembre à Zoug. Dans de nombreux cantons, surtout alémaniques, un ou plusieurs policiers surveillent désormais les accès.
D'autre part, la Confédération et certains cantons - comme Vaud, Lucerne et Schwyz - collectent les lettres sensibles et cfréent des listes de personnes susceptibles de commettre des agressions.
Ce fichage de personnes pouvant avoir un comportement agressif envers les autorités est une démarche délicate pour la protection des données. C'est pourquoi Markus Siegenthaler, président de l'association intercantonale de la protection des données, demande que l'on fasse preuve de sensibilité et de sens de la mesure.
Le rôle préventif de ces listes permet à la police de récolter des informations. Tous ceux qui «bombardent» les autorités avec des recours et des requêtes ne figureront par sur la liste des personnes pouvant mettre en danger les politiciens, selon Markus Siegenthaler, également préposé à la protection des données du canton de Berne.
Menaces prises au sérieux
Les forces de l'ordre doivent commencer leur travail à partir d'un point de départ concret, indique Markus Siegenthaler. Il ne voit pas de problèmes lorsque les lettres de menaces se superposent avec des comportements «marquants» avec usage d'armes.
Les instruments de la police sont suffisants, selon lui, et ne portent pas atteinte, si on les utilise correctement, à la protection des données des citoyens.
Depuis la fusillade de Zoug, les autorités prennent moins à la légère les menaces. Des parlementaire suisses menacés par écrit peuvent transmettre ces missives aux services du Parlement, qui les confient au service de sécurité de la Confédération.
Hausse du courrier
Au sein des services de sécurité de la Confédération, les lettres de menace s'accumulent depuis les événements zougois. Mark Stucki, porte-parole des services du Parlement, a aussi constaté une croissance du courrier qui contenait des menaces et des insultes.
Un employé des services de sécurité a indiqué qu'en principe le service recevait une à deux lettres par semaine mais depuis la fusillade il y a une «croissance marquante». Mark Stucki ne peut toutefois pas dire s'il y a effectivement un lien de cause à effet avec Zoug. Il est possible que la sensibilité des parlementaires ait crû.
Les services du Parlement distribuent aux conseillers nationaux et aux Etats qui le demandent une notice de renseignement. Mais ces informations concernant les lettres diffamatoires existaient déjà avant la fusillade de Zoug. Une banque de données de ces missives est d'ailleurs en cours d'élaboration.
Aspect dissuasif
Le service de sécurité consulte toutes les lettres et en estime le degré de menace. Beaucoup d'entre elles sont toutefois classées dans la rubrique «des lettres exutoires ou sans conséquence». De nombreuses missives proviennent également de correspondants assidus et récidivistes, précise le préposé.
Si à l'examen des lettres, une grande agressivité transparaît ou si la missive est considérée comme sérieuse, les pièces du dossier sont transmises à la police criminelle fédérale, qui décide de la suite à donner. Pour les cas de menaces concrètes, une enquête avec tous les procédés techniques criminels est ouverte. Avec de bonnes perspectives de succès, selon le préposé.
Effet boomerang
Lors de menaces, vexations ou diffamations, ce sont les victimes qui doivent porter plainte. Par contre, les atteintes à la sécurité par voie de fait ou menace sont poursuivies d'office. Les plaintes pénales sont de l'avis des services de sécurité de la Confédération un bon moyen pour dissuader les auteurs de forfaits.
Une fois que la police a sonné au domicile de «plaisantins», l'envie de récidiver diminue de manière drastique. Même un téléphone anonyme peut se retourner contre son auteur, l'utilisation abusive de moyens de communications étant condamnable.
swissinfo avec les agences
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