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Elle se définit comme une courtisane. Trente ans de prostitution et une oeuvre d'écrivain. Grisélidis Réal a fait de la reconnaissance de la prostitution un combat et de sa vie une oeuvre littéraire.
Dans cet entretien avec Pascal Rebetez tourné dans son appartement du quartier des Pâquis, à Genève, elle définit la prostitution comme «un art, un humanisme et une science». Avec sa gouaille spirituelle, elle revient sur les valeurs essentielles de son existence: la lutte contre l'injustice, l'amour de l'autre, le besoin de vérité…
Née à Lausanne en 1929 dans une famille d'enseignants, Grisélidis Réal reçoit une éducation très rigide contre laquelle elle se révolte. Diplomée des Arts Décoratifs de Zurih en 1949, elle se marie à 20 ans. Divorcée six ans plus tard, elle part en Allemagne avec ses deux enfants et son nouveau compagnon. Sans argent et sans papier, elle décide de se prostituer dans un bordel clandestin de Munich. De cette vie en Allemagne, elle tire la substance de son premier livre, Le Noir est une couleur, paru en 1974.
Au cours des années 70, Grisélidis Réal devient une activiste de la «Révolution des prostituées» lancé à Paris. Elle défend la prostitution comme un choix. Dès 1977, elle poursuit son combat à Genève et reprend la prostitution, activité abandonnée sept ans auparavant. En 1982, elle compte parmi les fondatrices de l'association de défense des prostitués Aspasie. Dans son petit appartement des Pâquis, elle crée un centre international de documentation sur la prostitution.
Grisélidis Réal arrête de se prostituer en 1995, à l'âge de 66 ans, et poursuit son engagement pour la cause des prostituées. Elle s'éteint le 31 mai 2005.
Le 9 mars 2009, son corps est transféré au Cimétière des Rois, «Panthéon genevois», non sans qu'un polémique n'ait divisé les mouvements féministes, les tenants de la respectabilité et les autorités de la Ville de Genève.
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Journaliste: Pascal Rebetez