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Après vous avoir présenté Jean Huber brièvement dans la partie précédente de cette série d’articles, il est temps de s’attarder sur un autre peintre bien connu de chez nous: Saint-Ours.
Il faut noter qu’au milieu du XVIIIème siècle environ, un mouvement en faveur du classicisme s’est répandu dans une large partie de l’Europe, comme par exemple en France avec La Tour. Evidemment, probablement à cause l’influence de Paris et de la France en général, en Suisse, cette tendance s’est aussi partiellement installée : Saint-Ours et De La Rive en sont les chefs de file pour ainsi dire. Ils font partie de ce que l’on pourrait appeler la nouvelle génération, et ils rompent clairement avec certaines idées fétiches de Liotard ou de Jean Huber.
Jean-Pierre Saint-Ours est né à Genève en 1752. Son père, réfugié français, peintre sur émail, ciseleur, professeur de dessin et graveur, prépare lui-même son jeune fils à engager sa carrière artistique. Voilà ce que nous dit De La Rive au sujet du père de Jean-Pierre : « Voulant le pousser aussi loin qu’il pourrait dans le genre noble, il mit continuellement sous ses yeux une collection de fort belles estampes et de plâtres les plus beaux qu’il avait pu se procurer. » Il semblerait donc que son père l’est dirigé et soutenu, contrairement à d’autres peintres qui étaient entravés par leur famille.
Vers la fin de l’année 1768, il part pour Paris et devient l’un des meilleurs élèves de M. Vien, un des meilleurs, que l’on appelait à ce moment-là le restaurateur de la France, car il était considéré comme l’un des plus talentueux par ses contemporains. Pour preuve, Saint-Ours reçoit au moins quatre prix entre 1772 et 1780. On peut dire que sa carrière professionnelle avait très bien démarré.
Après que le roi de France lui ait refusé une pension et que le Conseil de Genève ne se soit pas intéressé à lui, Saint-Ours part pour l’Italie, à Rome, rejoindre son maître Vien qui dirigeait l’Académie de France. David, symbole du classicisme, Vaucher et De La Rive l’ont rejoint là-bas. A ce moment-là, Saint Ours est convaincu par les théories nouvelles : il commença à copier les peintres de la renaissance florentine et de l’école de Bologne, il a lu plusieurs livres d’histoire et s’inspira également des marbres antiques. A Rome, Saint-Ours était considéré comme un grand peintre d’histoire.
En 1792, il semble qu’il soit rentré à Genève pour diverses raisons. Il fut honoré par sa cité natale à son arrivée. Il décida spécifiquement de peindre des portraits à partir de ce moment-là et reçut plusieurs commandes, dont certaines importantes. On sait également qu’il a fait de nombreux portraits de lui-même.
Une grande partie des œuvres de Saint-Ours, notamment les plus anciennes, sont clairement empruntes de l’esprit du XVIIIème siècle en Europe. Comme les deux peintres précédents, il est un représentant symbolique de ce moment charnière qu’est la deuxième moitié du XVIII siècle. Comme beaucoup, il semble qu’il croyait en une sorte de « beauté idéale » que l’on peut étudier sur les statues antiques et celles de la Renaissance. Peut-être imaginait-il ces deux périodes de l’histoire de l’humanité comme des âges d’or. D’ailleurs, la peinture était « subordonnée » à la sculpture pour beaucoup de ses contemporains. De plus, on peut remarquer qu’il n’exprime pas concrètement ce qu’il pense ou ressent dans ses œuvres. Il peint, en effet, beaucoup de peintures historiques gréco-romaines, comme nous l’avons dit plus tôt. On peut se demander si son réel talent n’a pas été étouffé par l’académisme dogmatique de son maître et de son entourage.
N’hésitez pas à aller admirer une partie de ses œuvres qui appartiennent et/ou sont exposées au Musée d’Art et d’Histoire de Genève. On ne vous le dira jamais assez : profitez, gratuitement qui plus est, de découvrir certaines œuvres de ce grand peintre qu’il était, un des plus doués de sa génération !
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