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C’est en 1872 que débuta la construction du plus grand tunnel ferroviaire de l’époque. Il avait pour but de rallier les pays du nord à ceux du sud et de favoriser ainsi le rapprochement des peuples, puis de permettre l’acheminement des marchandises de manière à ne plus perdre de temps. L’entreprise du Grand tunnel du Gothard fut créée et dirigée par Louis Favre, un ingénieur genevois.
La construction débuta des deux côtés à quelques semaines d’intervalle. Ce fut d’abord le chantier du côté sud à Airolo qui débuta, suivi de celui du côté nord, à Göschenen.
Cet immense chantier vit arriver de toute l’Europe, des centaines d’ouvriers qui s’engagèrent pour gagner de quoi nourrir leurs familles restées au pays. Il fallut donc créer les infrastructures pour les accueillir et convaincre les habitants du bien-fondé de ce chantier. À Göschenen, les habitants n’en voulaient pas, car les transports étaient assurés par les charretiers. La nouvelle ligne ferroviaire devenait donc la concurrence qui les éliminerait.
Le film met en scène trois jeunes gens : la suissesse Anna (Miriam Stein), fille du charretier, l’ingénieur allemand Max (Maxim Mehmet) et le mineur italien Tommaso (Pasquale Aleardi). Anna va convaincre son père de signer un contrat d’exclusivité de transport avec la compagnie Favre. Les chars doivent acheminer les marchandises destinées au chantier dans les meilleures conditions. Elle va également louer une chambre dans son grenier à Max et à Tommaso qui vont se la partager, car à Göschenen il y a une pénurie de logements.
Les débuts du chantier vont s’avérer chaotiques et parsemés d’accidents. Des centaines de morts, beaucoup de blessés et d’inhumanité joncheront ce chantier titanesque. La compagnie renvoie chez eux les malades et verse une indemnité ridicule aux familles des personnes décédées.
Ce film historique retrace non seulement le parcours de ce chantier qui dura neuf longues années, mais nous permet de découvrir une réalité de l’époque qui n’était pas reluisante sur le plan des conditions de travail. Une reconstitution des lieux et événements, ainsi que la présentation des personnages politiques ou financiers, sont exceptionnelles et font de ce film une totale réussite. Même l’amour et les rapports humains y sont décrits avec sensibilité et réalisme. Un chef d’œuvre du cinéma suisse.
Le film est en deux parties et dans ses bonus, on y retrouve le making of et le dok history.
Gothard : Le progrès à tout prix
Un film de Urs Egger
Avec Maxim Mehmet, Miriam Stein, Pasquale Aleardi.
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