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Des exemples démontrent que l’investissement unique a été plus profitable dans de nombreux cas par le passé. Mais des arguments parlent aussi en faveur de l’investissement échelonné.
Les fonds de placement sont particulièrement appropriés pour constituer un patrimoine à long terme. De petits montants permettent déjà de faire des placements diversifiés à l’échelle mondiale. Mais les futurs investisseurs sont nombreux à hésiter sur le moment favorable pour commencer à placer de l’argent dans des fonds. En effet, les fonds n’échappent pas aux fluctuations des marchés financiers.
Les années 2019 et 2020 ont démontré de manière probante que la situation pouvait rapidement changer sur les marchés financiers. 2019 a été marquée par des records. De nombreuses bourses ont enregistré de fortes hausses successives dans le monde entier. Mais la pandémie du coronavirus a mis un terme abrupt à cette ascension. Les marchés des actions se sont effondrés à l’échelle mondiale, enregistrant parfois jusqu’à 30% de pertes.
Le moment serait-il donc bien choisi pour investir un montant important? Ou serait-il plus judicieux d’échelonner les placements par petites tranches et sur plusieurs années?
Le magazine K-Geld a voulu savoir quelle avait été par le passé la meilleure variante pour un investisseur: placer 10 000 francs sur une durée de 10 ans ou réinvestir les dividendes (le comparatif débute en 1988). Les capitaux ont été investis comme suit sur le marché suisse des actions (Swiss Performance Index):
- Variante 1: placement unique de 10 000 francs.
- Variante 2: 120 investissements mensuels de 83,33 francs chacun.
Résultat: pour 19 périodes de placement sur 23, l’investissement unique s’est révélé plus lucratif. Dans la plupart des cas, les produits ont été de 5000 à 10 000 francs supérieurs. L’investissement échelonné a rapporté plus dans quatre cas seulement.
K-Geld a aussi calculé un exemple avec des actions étrangères. 10 000 francs ont été investis à 10 ans dans des actions américaines, européennes et asiatiques (indice MSCI monde). La première période de placement débute en 1972. Les capitaux ont été investis comme suit:
- Variante 1: placement unique de 10 000 francs.
- Variante 2: six tranches de 1666,66 francs chacune, à intervalles de six mois. L’investissement a ainsi été réparti sur 2 ans et demi.
Résultat: pour 26 périodes de placement sur 39, l’investissement unique s’est une fois encore révélé plus lucratif. Point intéressant: l’investissement échelonné s’avère plus profitable dans l’ensemble à partir de l’année 2000. Ceci est dû à deux effondrements boursiers et des pertes de change importantes à cette époque.
Ces deux exemples parlent donc plutôt en faveur d’un investissement immédiat des capitaux à disposition. Cela n’est pourtant pas toujours la meilleure méthode. Seules les personnes qui peuvent investir sur 10 ans au minimum devraient envisager un placement unique en actions.
Pour nombre d’investisseurs, le versement régulier de petits montants est psychologiquement plus facile. Ceux qui investissent de manière échelonnée renoncent à des rendements potentiels. Mais ils s’exposent aussi à un risque plus faible en raison de l’effet de prix moyen (cost average effect). Les investisseurs achètent moins de parts en période de hausse boursière et plus en période baissière. Le prix d’achat des parts de fonds s’équilibre ainsi sur le temps.
Conclusion: les personnes qui choisissent l’échelonnement n’ont pas besoin de se soucier du moment idéal pour investir dans un fonds. L’important est d’investir, d’avoir suffisamment de temps à disposition et de ne pas se laisser perturber par les fluctuations boursières.