Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06935.jsonl.gz/204

Votre cœur est-il «plus vieux» que vous?
L’information vient d’être révélée dans une publication de l’European Journal of Preventive Cardiology1. Elle concerne la mise au point et l’efficacité d’un «calculateur de l’âge du cœur humain». Le postulat de départ était ici que celles et ceux qui connaîtraient leur «âge cardiaque» feraient plus attention que les autres à la santé de leur myocarde. Ils se surveilleraient mieux et pourraient ainsi réduire leurs facteurs de risque. Pari réussi.
Age du cœur
Ce postulat est le principe même d’un calculateur de l’âge cardiaque (The Heart Age Calculator) qui vient d’être testé par un groupe de chercheurs espagnols dirigés par Angel A. Lopez-Gonzalez et Pedro Tauler (University of the Balearic Islands, Palma de Mallorca). En pratique ce calculateur utilise les données habituelles sur les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, mais le score est exprimé sous la forme d’un «âge du cœur». Il s’agit de rendre plus parlant le résultat pour la personne concernée.
L'étude a été menée sur 3153 personnes volontaires, réparties par tirage au sort en trois groupes. Un groupe a été informé de manière conventionnelle; un autre a été informé de son risque en pourcentage (calculé sur la base du registre Framingham appliqué à la population espagnole); le troisième était le groupe «âge du cœur». Des données anthropométriques et des paramètres biologiques étaient par ailleurs recueillis au départ de l’étude, puis douze mois plus tard.
Arrêt du tabac
Au final les résultats montrent que les personnes qui ont connaissance de leur risque de maladies cardiovasculaires sous forme «d’âge cardiaque» sont aussi celles qui réduisent de manière statistiquement significative leurs scores de risque (par rapport aux autres groupes). Elles prennent plus fréquemment des mesures d’hygiène de vie, comme l’arrêt de la consommation de tabac. Le sevrage tabagique est ainsi quatre fois plus fréquent dans le groupe «âge cardiaque» que dans celui ayant reçu ses scores de risque sous forme de pourcentages.
Conclusion: le simple fait de donner des informations simples à comprendre peut avoir un effet très positif. C’est là une information essentielle quand on sait que les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de mortalité prématurée dans le monde et que les principaux facteurs de risque ne sont pas toujours bien connus – ce qui n’incite guère à modifier son mode de vie. D’où l’intérêt manifeste de connaître «l’âge de son cœur».