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Une opinion qui questionne
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Considérez les questions éthiques suivantes qui me viennent à la lecture des propos de M. Thalmann dans La Liberté du 23 mars. En mettant côte à côte les souffrances de deux groupes distincts, ne sommes-nous pas involontairement amenés à les comparer? Inversement, pouvons-nous juger l’importance de la souffrance d’un groupe par rapport à celle d’un autre groupe?
Si oui, sur quelle échelle nous basons-nous pour émettre ce jugement, et quelle autorité de pensée établit cette échelle? Si on admet qu’une telle échelle existe, sur quel critère l’autorité de pensée qui l’a établie peut-elle assimiler les souffrances vécues par un groupe à celles vécues par un autre groupe? Un groupe a-t-il la légitimité de remettre en question le jugement de l’autorité de pensée lorsque ses souffrances lui semblent moins visibles que d’autres jugées similaires?
Lorsque des individus appartenant à un groupe perpétuent des souffrances envers un autre groupe, le groupe auquel ces individus appartiennent doit-il être condamné dans son ensemble pour ces actes? L’omission de la souffrance d’un groupe dans le combat militant d’un autre groupe, à souffrances jugées similaires, peut-elle représenter une forme de persécution en soi?
Je ne mettrai pas de mots dans la bouche de M. Thalmann qu’il n’aurait pas employés. Je ne m’aventurerai pas non plus à répondre à ces questions épineuses, pour des raisons évidentes. Je me permettrai cependant d’attirer l’attention du lecteur averti sur certaines conclusions qu’on peut se permettre de questionner et continuerai à m’engager pleinement pour la cause des femmes.
Louise Reymond, membre du PS, Corserey