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25/02/2010
VASARELY ou la Distorsion Picturale
Victor VASARELY naquit le 9 avril 1908 à Pecs, en Hongrie. En 1927, il délaissa ses études de médecine entreprises à la Faculté de Budapest, pour fréquenter l’Académie Podolini Wolkman, avant de devenir élève de l’Académie Mühely l’année suivante. Là, et durant deux ans, il suivit les cours de cette école d’Arts Appliqués fondée par Alexandre Bortnyik sur le modèle du Bauhaus allemand.
Après avoir obtenu quelques succès à Budapest au travers de ses créations publicitaires, VASARELY vint s’installer à Paris en 1930, pour commencer à travailler pour les agences Havas, Greager et Devambez, alors qu’il entreprenait ses premières recherches personnelles dans cette période graphique qui, de 1930 à 1939, exprima un art formé presque exclusivement de dessins en noir et blanc dans lesquels se devinaient déjà les germes de ses réalisations futures qui lui donnèrent plus tard l’existence de son propre alphabet plastique. Dans cette période de créations nouvelles, VASARELY s’intéressa aux déformations axonométriques qu’il appliquait à des formes relevant de la réalité sensible, en obtenant les effets spectaculaires des déviations de lignes ou des déformations de surfaces régulières qui créaient une illusion de formes ou de volumes.
Il étudia à la même époque les œuvres de MONDRIAN, MALEVITCH ou DELAUNAY, et reprit la peinture à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, pour participer à la fondation de la Galerie Denise René à Paris. Cette galerie s’impliqua sérieusement dans la mise en valeur de l’Abstraction à tendance géométrique sous toutes ses formes.
En 1947, VASERELY découvrit les réalités de l’Abstraction, en créant une peinture inspirée par le Néo-Plasticisme de MONDRIAN, et dans laquelle ne figurait pas encore le « géométrisme » qui le rendit célèbre. Il s’affirma alors comme le leader de « l’Abstraction Froide ». Dès 1950, l’artiste travailla ses recherches pour laisser sous-entendre le Cinétisme qui allait suivre, et en 1955 son Art exprima un vocabulaire et une syntaxe de signes et de couleurs qui définirent son esthétisme personnel.
Il exposa cette année-là à la Galerie Denise René au sein du « Mouvement », et publia le Manifeste Jaune qui consacrait la naissance du Cinétisme. Dans le même temps, il exposa son célèbre « Hommage à MALEVITCH », pour faire comprendre au spectateur, qu’en pivotant sur un axe, on pouvait découvrir qu’un carré devenait un losange, ou qu’un cercle ressemblait à une ellipse. Le déplacement du spectateur créait les conditions nécessaires à une telle transformation.
La peinture de VASARELY qui jusque là ne traitait que du noir et du blanc, évolua alors vers ces couleurs magnifiques qui contribuèrent à sa « gloire géométrique ». Partant de quelques figures géométriques élémentaires comme le carré, le cercle, le rectangle ou le triangle qu’il soumit à certaines déformations progressives, il enrichit ses compositions d’une vingtaine de couleurs pures, dont une minorité fut déclinée du plus clair au plus sombre, en parallèle à une gamme de gris étalonnée. Son « Folklore planétaire » achevé en 1964 révéla un éblouissant kaléidoscope. Tout son Art consistait à mettre en perspective des formes géométriques, pour créer une impression de volume concave ou convexe, ou une impression de vague ou de creux.
En 1970, son exposition « Polychromies multidimensionnelles » devint l’aboutissement de ses recherches pour nous faire découvrir « l’hommage à l’hexagone ». Dans ce tableau, les espaces multiples qui se forment dans la vision du spectateur, s’annihilent sous la poussée des espaces voisins. Le plan devient espace, et l’espace se ramène au plan.
L’œuvre « Vega-Zett 04 » crée en 1971, nous exprime tout le talent de l’artiste qui déforma les côtés d’un carré, en lui donnant un aspect de boule qui cherche à se réaliser en offrant à la pupille curieuse d’autres carrés plus petits qui subissent la même pression au centre du motif principal, en exposant dans leur surface respective des cercles blancs, gris ou bleus qui s’harmonisent avec esthétisme avec le fond rouge du carré principal.
Les alentours de cette surface centrale déformée avec une majestueuse symétrie reçoivent eux aussi la même poussée pour poursuivre vers les angles du tableau cette impression « d’arrondi » parfaitement symétrique, en laissant admirer un dégradé bleu du plus bel effet.
On ne cite plus les innombrables expositions de par le monde auxquelles l’artiste a participé. Son succès international lui valut de savoir nombre de ses tableaux dans les plus grands musées, ainsi que dans les meilleures collections. On retiendra les adresses de la Fondation qu’il a créée à Gordes dans les années 70, et de la Fondation inaugurée ensuite à Aix-en-Provence en 1976, pour rassembler les multiples exemples de son éthique picturale et de son amour infini pour cette peinture personnelle qui représenta si bien tout ce talent mis au service de l’Art.
Le 15 mars 1997, le « Musicien des formes colorées » mourut à l’âge de quatre vingt neuf ans, entouré de ses crayons qui ne le quittaient jamais !
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Alain VERMONT