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La démocratie directe a de très nombreuses vertues.
Elle responsabilise les électeurs qui à la longue finissent par comprendre qu'ils devront assumer les conséquences de leur choix. A l'opposé des référendum français tendent à déresponsabiliser les électeurs. L'adoption du Traité de Lisbonne malgré le rejet du traité constitutionnel européen donnent raison aux électeurs français irresponsables qui avaient rejeté un texte qu'il soutenait simplement pour faire échec à Chirac !
Elle contraint les élus à rester perpétuellement à l'écoute des citoyens. En France, le peuple souverain délégue tout pouvoir à un seul homme pendant 5 ans. 5 années qui laisse la porte ouverte à tous les excès.
Mais le vote du jury populaire de ce week end interroge sur les limites de la démocratie directe. Les personnes que je connaissais ont répondu à la question posée :
Acceptez-vous la loi constitutionnelle modifiant la constitution de la République et du canton de Genève du 23 janvier 2009 (adaptation au code de procédure pénale) ?
A vrai dire qui voudrait que le code de procédure pénale genevois soit inadapté au code de procédure pénale suisse ? Plusieurs électeurs n'avait pas conscience qu'un vote OUI entrainait la disparition du jury populaire. A vrai dire même le militant de l'UDC qui a envoyé la position de l'UDC pour la brochure s'est trompé et a écrit OUI au lieu du NON voté par l'UDC.
La lecture du premier paragraphe de l'explication du texte proposé rappel les précédentes votations fédérales et les scores obtenus 86,36% des voix au niveau fédéral, unanimité des cantons et 92,26% à Genève. Bref, le lecteur qui n'a pas le temps de lire le texte complet de la brochure croit tout de suite qu'il est en présence d'un sujet qui fait l'unanimité. Un sujet technique dont les enjeux politiques semble dérisoires.
Cette confiance est renforcée à la lecture de la recommandation du Grand Conseil qui appelle à voter OUI. Pourtant les positions des députés ont évolué depuis ce vote.
A priori le résultat semble sans appel : deux tiers favorables au texte qui supprime le jury populaire et un tiers opposé. Pourtant il suffit qu'une personne sur 7 se soit trompée pour que le score fut inversé.
Y aura t il une initiative qui rétablit le jury populaire ? Comment s'assurer que la question posée énonce clairement l'enjeu politique et ne la cache pas derrière desconsidérations techniques ?