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Charte de l'abbaye de Fontenay
Die Transkription lautet:
... ne nos ne volons pas por ce, s'il nos ont fait graÜbersetzung:
ce de ceste censie, que nos puissins antrer an une autre qui lor fust sanz
lor gré. Et por ce que ce soit ferme chose, nos avons mis nostre seel
an ces presentes letres. Ce fu fait en l'an de incarnation nostre Seig
nor mil et CC et LIII.
...Étant donné qu'ils nous ont fait grâce de ce cens, nous n'avons pas l'intention, par notre acte, de percevoir un autre cens qui leur revient sans leur accord. Et pour que ce soit chose ferme, nous avons apposé notre sceau sur la présente charte. Ce fut fait en l'an de l'incarnation de notre Seigneur mille-deux-cent-cinquante-trois.
On notera la présence dans ce texte d'une variation syntaxique concernant l'introduction du complément du nom. Notre texte illustre une construction résiduelle du latin et étrangère au français moderne à savoir le complément du nom asyndétique (ou 'absolu', c'est-à-dire introduit sans préposition). Par exemple, l'asantemant dan Thiebaut (l. 2 ) et non *l'asantemant de dan Thiebault ou encore incarnation nostre Seignor et non *incarnation de nostre Seignor. On se reportera à Buridant 2000, Grammaire nouvelle de l'ancien français § 59 à 66 pour l'identification des contextes précis de la construction asyndétique. Cette construction, qui est une particularité de l'ancien français, alterne dans notre texte avec des constructions prépositionnelles comme li covanz de ce leu (l. 1) ou encore la censie d'une maison (l. 4).