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Les ciseaux avaient donc pris possession des cellules avec succès et déployé leur magie: ils avaient trouvé très exactement le gène choisi par Mme Zoppo dans le génome de la truite arc-en-ciel, où ils avaient modifié la séquence d'ADN et provoqué dans le gène ce qu’on nomme une Knock-out-Mutation. Cela signifie qu’à cause de la mutation dans la séquence d'ADN, le gène ne pouvait plus jouer son rôle attitré dans la cellule: un excellent système d’expérimentation pour la chercheuse afin d’étudier préciseément ce rôle du gène. «Nous observons ce qui se passe lorsqu'un rouage du système fait défaut. De cette manière, les fonctions des gènes jusqu’alors mal connues peuvent être élucidées», explique Mme Zoppo.
Mais il y avait un petit problème: Le système CRISPR/Cas9 a certes la capacité de faire muter un gène choisi de manière ciblée, mais: L’exacte séquence d'ADN alors créée se forme de façon aléatoire dans chaque cellule. «Et parce que nous avions utilisé plusieurs cellules pour l’expérience, chacune d’elles avait à présent sa propre séquence d’ADN», explique Mme Zoppo. À présent, la tâche de la chercheuse était de prélever une «cellule mère» et de la multiplier afin de créer une lignée cellulaire de filles clones génétiquement identiques. «Ici, cependant, les cellules de poissons se sont révélées être étonnamment originales», raconte Mme Zoppo. «Il n’était possible d’utiliser aucune des méthodes largement employées d’ordinaire que je connaissais et avais expérimentées. Cela ne fonctionnait tout simplement pas», dit Mme Zoppo.
La percée est venue d'une méthode plus ancienne utilisant de simples cylindres de clonage. Lorsque des cellules se multiplient en culture, elles forment des colonies autour de la cellule mère précurseur, lesquelles peuvent être isolées avec le cylindre et transférées sur une autre plaque. «En fait, c’est très simple une fois qu’on y a pensé», dit Mme Zoppo.