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In Memoriam
Maman , navigue dans les cieux, les univers en toute quiétude, on se reverra...
Pierre-André
<email-pii>
Deux ans après son ouvrage consacré au gauleiter Robert Wagner, l’historien (et conseiller général) Jean-Laurent Vonau poursuit son travail à partir des archives de procès et d’instructions en publiant un ouvrage consacré aux jugements des gardiens des camps nazis en Alsace annexée, à Schirmeck (« camp de sûreté ») et au Struthof (« camp de concentration »).Une partie de ce livre est consacrée aux procès des « médecins de la mort », à Metz, en 1952. Au-delà de la collection anatomique, l’ouvrage aborde aussi les expérimentations nazies sur des prisonniers (dont des Tziganes) utilisés comme cobayes pour des recherches contre les gaz ou le typhus.
Unique victime connue jusqu’aux recherches menées par Hans Joachim Lang, Menachem Taffel avait le matricule 107969 tatoué sur l’avant-bras gauche. Né en Pologne le 28 juillet 1900, il avait été déporté le 13 mars 1943 à Auschwitz-Birkenau avec sa femme Klara, 44 ans et leur fille Ester Sara, 15 ans. À Berlin, ils habitaient au 9, rue d’Alsace (Elsasserstrasse)…Sur les 86 victimes, 36 étaient des femmes. La plus jeune avait 15 ans. Une bonne moitié venait de Thessalonique. Les autres étaient originaires d’Allemagne, de Pologne, d’Autriche, etc. Il y avait un seul Français : Jean Kotz, né en 1912.
Sur 120 cadavres commandés, 86 ont été livrés (dans la même journée, en plusieurs fois) à 5h du matin.
Les corps étaient transportés nus, à raison de 50 par camion.
Lors de leur déchargement, les témoins ont pu constater que les cadavres présentaient les caractéristiques suivantes : Ils étaient encore tièdes et ne présentaient pas la raideur cadavérique. Leurs yeux étaient congestionnés et rouges. Ils portaient un matricule tatoué sur le bras. Ils comprenaient 30 femmes de tous âges.
D'autre part, il est à signaler qu'il a été trouvé dans le laboratoire du Professeur une bombe puissante à oxygène liquide (10kgs) destinée à provoquer la destruction de toute l'installation, et à faire disparaître ainsi toute trace compromettante. L'Avance rapide de l'armée Leclerc a empêché la réalisation de ce projet. Toutefois, le Professeur Hirth a réussi à s'enfuir, mais une partie de ses assistants sont restés sur place.
Les personnes dont les noms suivent sont à même de fournir tous détails complémentaires sur cette affaire et de servir de témoins :
1- Eléments alsaciens ayant dénoncé les agissements du Professeur et continuant leur service à l'Hôpital Civil : Pater, Wagner, Gabel.
2 - Eléments allemands (internés ou surveillés) : Mlle Seepe, secrétaire du Professeur Hirth ; M. et Mme Bong, assistants du Professeur.
Mr Bong devait être fusillé, et n'a pas été exécuté, afin de servir de témoin. Il est interné.
En résumé : Le nombre de cadavres, la manière anormale dont ces corps ont été amenés à l'hôpital, les précautions prises pour pouvoir faire disparaître toutes traces de ces installations, enfin, les déclarations des employés attachés à ce service, prouvent que le Professeur Hirth était un triste personnage dont l'activité est à mettre en lumière.
Il semble qu'on se trouve en face d'une manifestation de la barbarie allemande.