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L'Ukraine, deuxième plus grand pays d'Europe, est sous les feux de l'actualité mondiale en raison des tensions croissantes entre ce pays et son voisin oriental, la Russie. Mais pendant ce temps, en Ukraine, une autre guerre fait rage autour de la liberté de la presse, comme le raconte notre dernière «Voix de la liberté» à Kiev.Ce contenu a été publié le 21 décembre 2021 - 13:52
- Deutsch Dieser Journalist will nicht Pressesprecher eines Milliardärs werden
- Español Cuando un periodista rehúsa ser jefe de prensa de un multimillonario
- Português Quando um jornalista se recusa a trabalhar para um oligarca
- 中文 一名记者拒绝成为寡头的新闻喉舌
- عربي عندما يرفض صحفي التحوّل إلى أداة طيعة في خدمة حكم العائلات المتنفّذة
- Pусский Когда журналист отказывается быть в пресс-службе олигарха
- English When a journalist refuses to become a billionaire's press officer (original)
- 日本語 財閥に支配されるウクライナの表現の自由
- Italiano Quando un giornalista rifiuta di essere l'addetto stampa di un oligarca
Nous rencontrons le journaliste Dylan Carter, 24 ans, dans la rue Zhylianska, au cœur de la capitale ukrainienne, Kiev. Nous sommes devant le siège du Kyiv Post, l'un des journaux anglophones les plus anciens et les plus réputés d'Europe de l'Est.
«Nous sommes surveillés de près», déclare Dylan Carter, originaire de Sheffield, dans le nord de l'Angleterre, qui travaille depuis quelques années en Ukraine en tant que journaliste économique. En effet, derrière les hautes fenêtres de la tour de bureaux, plusieurs paires d'yeux suivent notre conversation. «Il y a quelques jours, les autres journalistes et moi-même avons été licenciés après que notre propriétaire, Adnan Kivan, un oligarque milliardaire d'Odessa, en a eu assez de notre journalisme professionnel», explique Dylan Carter.
Adnan Kivan, un magnat de l'immobilier, a racheté le Kyiv Post pour plus de 3,5 millions de dollars (3,23 millions de francs suisses) en 2018. L'éditeur a annoncé le 8 novembre que le journal fermerait le jour-même «pour une courte période» mais qu'il espérait le rouvrir «plus grand et meilleur», et que le rédacteur en chef Brian Bonner prenait sa retraite. Les 50 membres du personnel ont été licenciés. Il n'a pas donné de raison à cette fermeture brutale. La nouvelle a suscité de vives réactions en Ukraine et à l'étranger.
L'Ukraine pourrait pourtant bénéficier d'une presse indépendante et libre alors que le pays tente de développer une société civile plus forte et une démocratie participative. En début d'année, le parlement national a adopté une nouvelle loi régissant la démocratie directe moderne dans le pays - un sujet qui sera également abordé lors de la conférence internationale sur la réforme de l'Ukraine qui se tiendra à Lugano, en Suisse, en 2022. Cependant, il n'y aura plus d'organe de presse indépendant de langue anglaise en Ukraine.
«Le Kyiv Post a été relancé, mais en tant que service de presse pour le propriétaire du journal», précise Dylan Carter.
Restez à l'écoute en 2022 pour les prochains épisodes de notre série «Les voix de la liberté d'expression dans le monde».