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11h30 – Dans une demi-heure la Radio romande RSR annoncera la clôture du scrutin fédéral, le taux de participation et peut-être une première «tendance». Mettre à profit ce court délai pour dire effrontément que le résultat, quel qu’il soit, nous le contestons.
L’article 149 de la Constitution, qui règle l’élection du Conseil national, n’est plus applicable car il pose des exigences contradictoires: chaque canton forme une circonscription électorale, il a droit à un siège au moins, les députés sont élus selon le système proportionnel. Or la proportionnelle exige dans son esprit qu’un parti même minoritaire puisse être représenté. Quand la circonscription est trop exiguë, il est éliminé par un quorum de fait (DP 1928). Tel est le cas lors des élections nationales.
La proportionnelle en Suisse n’est pas le choix, occasionnel, d’un système électoral. Elle a été imposée par un vote populaire, après la première guerre mondiale et après la grève générale dont elle fut une des revendications. Elle a élargi, dans les limites de la prédominance radicale, la concordance.
En termes de pouvoir, la proportionnelle biaisée renforce les partis conservateurs (PLR et PDC) déjà favorisés par l’élection du Conseil des Etats. Elle déséquilibre le bicamérisme.
L’élection d’un conseiller fédéral dépend souvent d’une ou deux voix de députés lors du vote de l’Assemblée fédérale. Il est plaisant de les voir disputés, sans que soit jamais posée la question: quel aurait été le vote si la proportionnelle était vraiment appliquée? Rappelons que des systèmes, rôdés en Suisse, permettent de tenir compte de tous les suffrages avant répartition territoriale des sièges.
13h12
Dans les minutes où il faut bien occuper l’antenne, Blocher est cité pour la première fois. A Zurich, comme candidat au Conseil des Etats, il ne sera vraisemblablement pas élu. Or, il est le protagoniste de l’initiative demandant l’élection du Conseil fédéral par le peuple. Préfère-t-il être le second dans son village plutôt que le premier à Rome?
Sa candidature zurichoise faisait partie d’un plan d’ensemble de conquête du Conseil des Etats. Il faut constater qu’elle échoue nettement, quoique emmenée par des gros bras de l’UDC: Toni Brunner à Saint-Gall, Christoph Blocher à Zurich, Caspar Baader à Bâle-Campagne. Mais cela signifie aussi que le pouvoir des partis de droite dépend toujours plus de leur emprise sur les petits cantons.
13h35
L’échec du PLR est cinglant, symbolisé par la vraie-fausse non-réélection de son président Fulvio Pelli. Il sanctionne une ambiguïté grave: utiliser la force de frappe de l’UDC pour freiner les dépenses étatiques jugées dispendieuses, et l’affronter quand il dessert les intérêts économiques, notamment dans nos relations avec l’Union européenne.
15h
Déjà se dégagent les premières tendances: percée des Vert’libéraux au détriment du PLR, et maintien du nouveau parti PBD. En découle l’obligation pour la droite de se redéfinir pour peut-être élaborer les grandes lignes d’un programme gouvernemental sans la participation de l’UDC. Cela signifierait le refus d’entrer dans le jeu des menaces réciproques lors de l’élection du Conseil fédéral. La concordance n’est pas arithmétique; elle n’inclut pas l’UDC qui promeut une politique anti-européenne; elle implique un autre rapport avec le parti socialiste.
La droite suisse aura à s’occuper des réformes que l’Union européenne nous réclame. Il lui en coûtera politiquement, vu l’emprise de l’économie sur son encadrement. Mais la nouvelle concordance serait à ce prix.
A 15h, on en doutait déjà!