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Rodrigo Rato (C) a déclaré au journal El Pais qu'il contesterait ce rapport (archives).
KEYSTONE/AP/Andres Kudacki(sda-ats)
Le fisc espagnol accuse l'ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI) Rodrigo Rato d'une fraude fiscale de 6,8 millions d'euros (7,2 millions de francs) entre 2004 et 2015. Ces accusations s'ajoutent aux autres ennuis judiciaires de M. Rato.
Ministre de l'Economie de 1996 à 2004, Rodrigo Rato a omis de déclarer "un peu plus de 14 millions d'euros de revenus, de 2004 à 2015 inclus", écrivent les auteurs de ce rapport de l'Office national de lutte contre la fraude (ONIF), rattaché au fisc, dévoilé mercredi par le quotidien El Pais. Le document, fruit de deux ans d'enquête, a été remis fin janvier à un juge madrilène.
La non-déclaration de ces revenus a abouti à un manque à gagner pour le fisc de plus de 120'000 euros chaque année, à l'exception de 2005, soit un total de 6,8 millions d'euros, selon le rapport. Le montant descend à 5,4 millions d'euros quand on exclut les années pour lesquelles les faits sont prescrits, avant 2009.
La moitié des revenus non déclarés, soit un peu plus de 7 millions d'euros, provenaient d'un système d'évasion fiscale, écrit le fisc. Quatre sociétés à son nom - deux panaméennes, une britannique et une espagnole - "ont été utilisées pour dissimuler des revenus et du patrimoine financier ayant échappé au contrôle fiscal et dont le bénéficiaire effectif était M. Rodrigo Rato".
Une autre partie des revenus non-déclarés provenait des activités d'une société de publicité et de relations publiques fondée par M. Rato quelques mois avant d'être nommé numéro deux du gouvernement conservateur en 1996.
En attente de jugement
M. Rato a déclaré à El Pais qu'il contesterait ce rapport. Selon lui, le document "contient des données fausses ou erronées que le fisc était en capacité de connaître depuis longtemps, car elles se trouvaient dans ses archives".
En 2015, la police financière avait arrêté M. Rato, perquisitionné son domicile et son bureau et déclenché une enquête pour fraude fiscale, blanchiment de capitaux, faux en écriture et usage de faux.
Et Rodrigo Rato attend actuellement son jugement dans une vaste affaire de détournements de fonds lors de son passage à la présidence de la banque Bankia, entre 2010 et 2012. Il risque plusieurs années de prison.
ATS