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L'écrivain genevois Georges Haldas est décédé
Georges Haldas est décédé au domicile de sa compagne Catherine De Perrot. Il avait auparavant séjourné plusieurs semaines à l'hôpital. Ses obsèques ont eu lieu vendredi à Lausanne. Les cendres de l'écrivain seront dispersées dans un endroit qu'il aimait bien, a indiqué Catherine De Perrot sans préciser le lieu exact.
Né le 14 août 1917 à Genève, de père italo-grec et de mère suisse, Georges Haldas expliquait son oeuvre par ce double héritage, indissociable. Son père menait de longs entretiens avec lui sur des questions métaphysiques alors que sa mère se montrait surtout réceptive à la poésie du quotidien.
Un habitué des bistrots genevois
Après des études classiques, il étudie les lettres à l'Université de Genève. Un moment, il pense devenir théologien ou tenter une carrière dans le football, une passion que lui a transmise son père. Georges Haldas écrira d'ailleurs divers ouvrages sur ce sport. Mais à vingt ans, il sait qu'il consacrera sa vie à l'écriture car entretemps, un de ses professeurs l'éveille à la poésie.
Ses livres, il les a écrits essentiellement sur les tables des bistrots genevois, notamment "Chez Saïd", le café où il venait presque chaque jour. Il écrivait alors environ cinq heures quotidiennement. Le reste du temps, il le consacrait à vivre, afin de pouvoir transmettre du vécu.
Un poète engagé
Même s'il a peu milité dans les milieux politiques, Georges Haldas a prôné la coexistence pacifique avec l'Union soviétique au temps de la Guerre froide. Plus tard, les troubles au Moyen-Orient ont également préoccupé cet intellectuel engagé. "Tant que les Palestiniens n'auront pas une terre comme Israël a la sienne, il n'y aura pas de paix", répétait-il. "La paix du monde passe aujourd'hui par le Moyen-Orient. C'est à quoi il faut travailler."
L'écrivain de la résurrection
Georges Haldas évoque le souvenir de son éveil à la poésie dans "L'Emergence" paru en 1983. Ce livre est le premier tome de sa chronique "La Confession d'une graine". Dans le troisième tome, "L'Ecole du meurtre" paru en 1992, il détaille avec humour ces années, ce tournant de sa vie où il découvre quelle est sa vocation.
Il y raconte comment il doit concilier son amour de l'écriture avec sa vie quotidienne, son goût pour les escapades et ses liaisons féminines. Il y témoigne de sa vie spirituelle, explique sa conversion au catholicisme. Plus tard, il se détache de l'Eglise en tant qu'institution. Pour lui, les institutions sont porteuses de l'esprit de puissance et partant de meurtre.
"J'ai travaillé avec la mémoire", disait Georges Haldas. "La mémoire, ce n'est pas le tourisme du passé. C'est faire que le passé soit là. Ce n'est pas encore la résurrection, mais déjà un signe résurrectionnel. Les morts, quand vous les oubliez, vous les tuez une deuxième fois."
ats/sbo
Publié le 29 octobre 2010 à 17:56 - Modifié le 30 octobre 2010 à 18:43
Un auteur prolifique
En 1954, après avoir abandonné son foyer, il est engagé par un éditeur. Plus tard, il anime une galerie puis collabore avec deux autres éditeurs.
Il relate ces années dans "Chute de l'étoile absinthe". Ce livre paru en 1972 est l'une de ses chroniques les plus sombres.
Auteur principalement d'une suite de chroniques attachantes qui portent un regard lucide et généreux sur le monde et les hommes, Georges Haldas n'inventait pas ses personnages. Il les dénichait dans le quotidien.
L'écrivain a publié une soixantaine de livres et reçu à deux reprises le Prix Schiller, en 1971 et 1977. Que ce soit dans ses textes littéraires, ses essais ou sa poésie, Georges Haldas vise à transcender le moment présent, à rendre l'invisible visible et palpable.