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Interview de Jacqueline Tamar, responsable de programme auprès de GWED-G.
Jacqueline Tamar partage son expérience auprès de GWED-G ainsi que le positionnement des femmes dans la politique en Ouganda, plus particulièrement à Gulu.
Version française de l’interview (version anglaise plus bas)
Profil : 33 ans, avocate, responsable de programme au sein du département « Égalité et renforcement économique des femmes », Acholi (ethnie majoritaire au nord de l’Ouganda), mariée et mère de 2 enfants.
Jacqueline Tamar, le projet VOICE mené par GWED-G vise à encourager les femmes à occuper des postes clés tant au niveau politique qu’économique. Pouvez-vous nous parler plus en détails de votre travail pour GWED-G et de votre engagement au sein de ce projet dont vous étiez responsable ?
GWED-G est une ONG située à Gulu qui a été fondée en 2004. C’est une organisation de défense des droits des femmes dirigée par une femme, Pamela Angwech. Dernièrement, j’ai participé au projet VOICE qui a duré 18 mois, de décembre 2018 à juillet 2020. Ce projet a été financé par Oxfam avec le soutien du gouvernement néerlandais. Ce projet vise à renforcer le pouvoir des femmes et à les encourager à occuper davantage de postes d’influence, que ce soit en politique, dans l’enseignement, qu’importe tant que les nombre de femmes à ces postes augmente. La loi édictée par notre gouvernement local exige en effet que deux tiers de femmes travaillent pour des bureaux ou siègent dans les parlements. À la fin de ce projet, ce sont 70 femmes au total qui se sont présentées aux élections dans plusieurs districts de la région. Cinq d’entre elles ont remporté l’élection face à des hommes.
Vous sentez-vous personnellement impliquée dans les processus démocratiques ou communautaires ici à Gulu ? Si oui, comment ? Si non, quelles sont les raisons pour lesquelles vous vous en sentez exclue?
En tant qu’avocate, je connais bien mes droits et la Constitution ougandaise. Tout d’abord, elle prévoit l’égalité entre hommes et femmes. La Constitution nous donne les mêmes droits de vote en tant que citoyen·ne·s ougandais. Tant que vous avez 18 ans, vous avez le droit de voter. J’ai participé à au moins deux processus de vote au niveau national, pour la présidence par exemple. Je crois donc que la démocratie fonctionne bien en Ouganda. Et il existe également une commission électorale qui fait son travail de manière indépendante [pour contrôler ces processus].
Qu’en est-il des autres femmes ? En particulier les groupes de femmes soutenus par GWED-G ? Nous sommes actuellement en pleine campagne pour les élections présidentielles [qui auront lieu en janvier 2021], il y a parfois de la violence dans les rues à cause des campagnes des candidats. Pensez-vous que cela pourrait être un obstacle à la participation des femmes, à l’exercice de leur droit de vote ?
Comme je l’ai dit, notre Constitution est l’une des meilleures d’Afrique. Elle prévoit des mesures de correction des inégalités, grâce auxquelles le gouvernement a élaboré des politiques et des lois pour défendre les femmes en concurrence avec les hommes, en veillant à ce que les femmes soient égales aux hommes. Ainsi, nous avons vu des femmes occuper des postes comme présidentes des conseils locaux, alors qu’auparavant ces postes étaient réservés aux hommes. Aujourd’hui, il y a de nombreuses femmes en compétition pour ces postes. Même lors de la campagne présidentielle actuelle, une femme se présente face aux hommes pour occuper le poste. Même ici dans le nord du pays, 30 personnes se disputent le poste de député et l’une d’entre elles est une femme. Sur les 70 femmes accompagnées par le projet VOICE, il y en a beaucoup qui se présentent face à des hommes dans les districts.
Pour vous, l’égalité est donc déjà acquise ? Il n’est pas nécessaire d’en faire plus ?
Il existe une certaine égalité, oui. Mais nous menons de nombreuses activités de sensibilisation avec GWED-G, car la plupart de ces femmes sont malheureusement peu éduquées. La loi est assez juste car elle permet de vous présenter aux élections tant que vous êtes en mesure de prouver que vous avez reçu un minimum d’éducation. Par exemple, pour être candidat·e à la présidence du pays, vous devez disposer d’un niveau Senior 6 [le Senior 6 est un niveau académique, qui correspond aux nombres de cours que vous avez suivis. Cela équivaut à la maturité gymnasiale en Suisse] ; pour être député, le niveau S4 suffit. Ainsi, certaines d’entre elles ont atteint le niveau S4 mais n’ont pas étudié la Constitution ou le droit de manière générale. Nous les aidons donc à comprendre les lois et le monde politique. Les conseillers ordinaires n’ont besoin eux que de savoir lire et écrire. Ils n’ont pas besoin de disposer d’une formation académique. C’est donc dire à quel point notre loi est équitable, de sorte qu’elle donne leurs chances aux femmes de rivaliser avec les hommes.
Vous dites donc que, si vous avez le même niveau d’éducation, vous avez les mêmes chances d’accéder à des postes importants. Mais le problème n’est-il pas que les femmes semblent souvent avoir eu moins accès à un niveau minimum d’éducation ?
C’est vrai, parce qu’auparavant notre culture était très rigide, elle ne permettait pas aux filles d’étudier. Parce que les hommes, nos pères, croyaient que s’ils permettaient à leur fille de faire des études, ils allaient rendre ses beaux-parents très riches. L’éducation des filles servait à la belle-famille ensuite. Donc, au lieu de les laisser aller à l’école, les filles restaient à la maison. Mais avec l’entrée en vigueur de la Constitution, les choses ont changé : les pères ont compris qu’il est aussi important que leurs filles aient une bonne éducation, autant que leurs garçons.
Vous parlez beaucoup de la Constitution ougandaise : comment s’est déroulée la rédaction de ce document fondateur ?
La Constitution ougandaise date de 1995. Elle a bien sûr été amendée depuis. Ce n’était pas l’idée d’un seul homme. Ce qui s’est passé, c’est qu’une commission d’enquête a été mise en place pour connaître les préoccupations de la population, l’avis de la communauté, des gens du pays. Toutes ces informations ont ensuite été compilées avant d’enfin rédiger la Constitution. Cette commission était composée de nombreuses personnes, des juges et des personnes de la société civile qui ont un impact sur les questions nationales dans tout le pays. Ils se sont également inspirés de la littérature fournie par les Nations unies. Elle n’a donc pas été écrite en un jour, il a fallu un certain temps, plus de six mois, pour aboutir à cette Constitution.
Une Constitution est un texte juridique global, avec beaucoup de concepts et de déclarations d’intentions. Mais quelles mesures pourraient, selon vous, améliorer la participation des femmes en politique ?
Il existe déjà des mesures issues de l’article 32 pour la correction des inégalités, en faveur des groupes marginalisés. Ainsi, le Parlement, par le biais de la loi régissant les gouvernements locaux, prévoit que deux tiers des parlementaires soient des femmes. Et ils ont réalisé cette mesure en réservant aux femmes un siège par district. Il y a donc automatiquement deux tiers de femmes au Parlement. Les femmes sont libres de se présenter face aux hommes lors des élections. Il y a donc déjà des politiques en place. La loi stipule également que les femmes et les hommes sont égaux à tous niveaux et que les femmes ne doivent donc pas être discriminées dans les activités qu’elles voudraient entreprendre. Il est aussi important de rappeler aux femmes qu’elles ne doivent pas se sentir moins importantes ou moins capables que les hommes.
Pourquoi avez-vous choisi d’étudier le droit ? Qu’est-ce qui vous a motivée à entreprendre ces études exigeantes ? Est-ce que cette matière vous a plu tout de suite ?
Je ne voulais pas être avocate au départ. Après avoir obtenu mon Senior 6, je pensais commencer des études en littérature et anglais, grâce à un soutien du gouvernement. Mais mon père pensait que je devais faire quelque chose de mieux que l’enseignement, alors il a décidé de financer mes études en droit. Au début, c’était compliqué, il y avait beaucoup à lire, je devais beaucoup étudier. Mais au final, je pense que ça en valait la peine. Je lui en suis reconnaissante. C’est un bon diplôme pour travailler dans le domaine des droits humains.
Nous avons parlé du projet VOICE. Mais plus généralement, pouvez-vous nous expliquer comment GWED-G améliore la participation des femmes à de tels processus ?
Un de mes rôles au sein de GWED-G est de donner des formations. Nous avons ainsi formé 260 femmes leaders. De nombreux sujets étaient abordés mais le plus intéressant pour moi était le fait de les rassembler en caucus. Nous avons formé ces femmes pour qu’elles se réunissent en groupes, car nous étions convaincus qu’une fois regroupées, ces femmes parleraient d’une seule voix et seraient ainsi mieux entendues. Parce qu’auparavant, les femmes se querellaient : lorsqu’une femme voulait se présenter à un poste important, c’était les autres femmes qui la critiquaient. Mais grâce aux caucus, nous encourageons les femmes à se soutenir entre elles. En Ouganda, les femmes sont plus nombreuses que les hommes au sein de la population. Donc si une femme se présente et que les autres femmes s’unissent pour la soutenir, alors l’issue des élections devient plus certaine. À GWED-G, nous mettons également en place du mentorat et du coaching. Nous créons des espaces de discussion avec les femmes, les encourageons, proposons des rencontres avec des femmes qui occupent les plus hauts postes au Parlement afin qu’elles partagent leur expérience avec les femmes des villages. C’est ainsi qu’on peut constater en ce moment que 70 femmes se présentent aux élections et que 5 sont déjà élues comme présidentes au niveau local.
Parallèlement à ces caucus exclusivement composés de femmes, quel est selon vous le rôle des hommes dans l’amélioration de la participation des femmes aux processus démocratiques et communautaire ?
Au début du projet VOICE en 2018, nous avons mené une étude pour connaître exactement la situation de laquelle nous partions. Lors de cette étude, nous avons aussi mené des discussions de groupe avec des hommes. Dans un sous comté en particulier, je me rappelle qu’il y avait 24 villages, tous dirigés uniquement par des hommes. Nous avons donc réuni ces hommes pour ouvrir la discussion et nous avons essayé de comprendre pourquoi aucune femme n’était présidente. Les femmes étaient en fait souvent vice-présidentes. Les raisons qu’ils nous ont données sont que les femmes pensent qu’elles ne peuvent pas diriger. Il y a une croyance que les plus hauts postes de direction sont faits pour les hommes. Lorsque nous avons conduit l’étude de fin de projet, nous sommes retournés pour parler avec ces mêmes hommes. Leur opinion avait changé. Ils ont été reconnaissants que nous ayons mené ce projet en expliquant aux femmes qu’elles avaient aussi le droit d’occuper les plus hauts postes. On leur a aussi rappelé de ne pas oublier leur rôle et leurs droits à la maison. Les droits et les responsabilités vont donc de pair. En fin de compte, les hommes ont apprécié ce projet et ils sont heureux que nous encouragions les femmes parce qu’ils ne parvenaient pas à les convaincre eux-mêmes. Mais le projet fonctionne aussi avec les hommes. Lorsque nous organisons des réunions de réflexion, nous invitons les hommes. Lorsque nous organisons des réunions avec les parties prenantes, nous invitons des hommes. Lorsque nous faisons de la sensibilisation dans la communauté, les hommes font également partie de la communauté. Ils ne se sentent donc pas exclus. Ils sont en fait reconnaissants de notre travail et du fait que nous encouragions les femmes à occuper des postes à responsabilité.
Vous avez parlé du rôle des femmes à la maison. Est-ce quelque chose qui évolue ici en Ouganda ? Les hommes aident-ils davantage leurs femmes ?
En Ouganda, les hommes qui ont fait des études aident en général les femmes dans le travail domestique. Mais les hommes plus traditionnels pensent que les femmes sont censées tout faire pendant qu’ils se détendent dans les bars, font autre chose ou écoutent la radio. La culture est vraiment rigide dans le nord de l’Ouganda [où se trouve Gulu]. Les femmes font encore la majorité du travail domestique.
La dernière question est plus personnelle : vous-même, Jacqueline, imaginez-vous vous présenter aux élections locales ou nationales un jour dans votre vie ?
(Rires) Personnellement, je ne pense pas que j’aimerais faire de la politique. Je n’y ai jamais réfléchi mais je n’aimerais pas ça. Parce que la politique en Ouganda est associée à de sales affaires (« dirty game »). Tant de gens meurent. En tant que femme, j’ai encore de jeunes enfants et je préférerais honnêtement rester auprès d’eux.
Mais ne pensez-vous pas qu’en fait vous faites déjà de la politique : quand vous allez à la radio pour parler de questions de droits fonciers, quand vous répondez à mes questions, n’est-ce pas déjà de la politique ?
Oui, mon travail est peut-être politique parce que les formations que je donne sont effectivement au sujet de la politique, mais je préfère travailler en coulisse. Je me réjouis de voir les femmes que nous avons formées occuper des postes importants. Mais je pense que ce n’est pas mon truc. Et aussi, j’aimerais essayer d’ouvrir mon propre cabinet d’avocats dans quelques années. C’est ça qui m’intéresse le plus.
Entretien réalisé le 19 novembre 2020 par Bastian Collet, volontaire en Ouganda auprès de GWED-G.
******** Version anglaise de l’interview ********
Jacqueline Tamar, can you briefly introduce yourself and your background in relation to GWED-G and the VOICE project?
Thank you very much. My name is Jacqueline Tamar, I am 33 years old, I am Acholi by tribe, I come from Nwoya district. I am married with two children. I work for GWED-G as a program officer. GWED-G IS a national NGO (non-governmental organisation) that was founded in 2004, situated in Gulu. It’s a women’s rights organisation leaded by a lady.
In GWED-G, I served in the VOICE project for a period of 18 month, from December 2018 to July 2020. This project was funded by Oxfam for support from government of Netherlands. The objective was to empower women, to encourage women to join more leadership positions: it could be political, teacher, any leadership position as long as they were taking up more positions. Because when you look at our local government’s act, it says that two thirds of women work for offices, especially for the parliamentary seats. So, for us, our target was to see more women take up these leadership positions, not only win for women MP or the position of women only but also contest for men. By the time this project was coming to an end, we had a total of 70 women who had come up to contest for the current elections, both in Gulu and Omoro [local districts]. Five of them who participated in local elections of sub-county competed with men and they defeated the men to take up those positions. That is briefly about GWED-G and the VOICE project.
Do you personally feel that you are involved in democratic or community processes here in Gulu? If so, how? If not, what are the reasons why you feel excluded?
One thing I didn’t tell you is I’m also a lawyer by profession. So being a lawyer, I really know my rights and I also know the Constitution of Uganda very well. First of all, it provides for equality between men and women. The same Constitution gives us the same rights to vote, so we all citizens of Uganda, as long as we are 18 years old, we are qualified to vote. I participated in at least 2 vote processes at national level, for presidential for example. So, I believe there is democracy. And we also have an established independent electoral commission [to control these processes].
What about other women? In particular the groups supported by GWED-G? We are now in the middle of a campaign for presidential elections [January 2021], there is sometimes violence on the streets because of the campaign. So, do you think it could be something that hinder women to participate, to go to vote?
Like I said, our Constitution is one of the best in the land, or even in Africa. Because this very Constitution provides for affirmative action, whereby the Government has come up with policies, has come up with laws to advocate for women competing with men, making sure that women are equal to men. So, we’ve seen women take up positions like positions of sub-county LC3 [high political position], previously it used to be only for men. But now, there are so many women competing for those positions. Even in the current presidential elections, we have a woman who is competing for this very position with men. Even when you come to Gulu here, around Gulu-East, there are 30 people contesting for position of MP, and one of them is a woman.
Out of the 70 women who took part in the VOICE project, many of them are contesting with men in regional districts.
So, for you, equality is already achieved? There is no need to do more?
There is equality yes. What we are doing with GWED-G is sensitization because most of these women are illiterate. The law is fair enough, it says that you can contest if you can provide minimum qualifications. For example, for president you have to reach S6 [Senior 6 is an academic requirement, which gives the classes you attended], for being MP, S4. Some of them have reached S4 but have not studied the Constitution, have not studied the law. So, what we do is that we help them understand what is in the law and what is in the policy. Then for ordinary counsellors, they only need people who can read and write. They don’t care about the academic background. So that is how fair our law is, so it gives chances to women as well to contest favorably with men.
So, you are saying that if you have the same educational background, you have the same opportunities, but the problem is that women have less education?
That is true, because previously our culture was very rigid, it did not allow the girls to study. Because men, our fathers, believed that if they take a girl to school, they were going to make their in-laws very rich. You are educating a girl for the in-laws. So instead of educating, the girlchild remained at home. But with the coming in of the Constitution, things have changed, the fathers have realised that it is actually very good to educate the girlchild as well.
About the Constitution: how was it elaborated?
The Constitution of Uganda was enacted in 1995. It has been amended along the way, but it is dated to 1995. It was not a one man’s idea. What happened is that they set up a commission that included judges, people from civil society, with impact on national issues countrywide, to seek the views of people and so they sought the views of the community, even the local people, compiling all of them before coming up with a Constitution. They also used some literature form the United Nations. So, it wasn’t made in one day, it took some time, over 6 months to come up with what is called Ugandan 1995 Constitution.
How did you choose to be a lawyer?
I didn’t want to be a lawyer in the first place. After S6, I was about to learn literature and English on Government sponsorship. But then my father thought that I should do something better than education, and he decided to sponsor me for a law degree.
At first it was complicated, reading too much, studying so many things, but in the end, I think it was worth it. I am grateful. It is a good degree to work in human rights’ domain.
A Constitution is a broad legal text, with a lot of concepts and general statements. Which measures could facilitate the participation of women in politics according to you?
At the moment, we already have measures issued from the article 32 of Affirmative Action, in favor of the marginalized groups. So, the Parliament, through the local government act, provides for two thirds of the parliamentarians to be women. And they did this by creating a woman MP position in each of the districts. So automatically there are two thirds of women in Parliament. Then the women are also free to contest with the men. So, there are some policies already in place.
The law also says that women and men are equal at all levels and they should not be discriminated regarding their gender. So, it is also good enough to encourage women: being a woman does not make you less of a person.
We talked about the VOICE project. More generally, how does GWED-G work to improve women’s participation in such processes?
One of my role at GWED-G was to conduct trainings. We had 260 women leaders trained on a number of topics: the most interesting one was caucusing. Under caucusing, we trained these women to come up into groups. Because we believed that once women merged together and push their voices together, their voices would be better heard. Because previously, women would fight together. Like if a woman stood up to contest, it would be the fellow women de-campaigning her. But with caucusing, we encourage women to support fellow women. In Uganda, there are more women than men in the population. So, if a woman comes up and women stand behind her, that means we are sure of the votes.
At GWED-G, we also do mentorship and coaching. We would talk to these women, encourage them to do experience sharing, invite these women who actually have made it in the top positions in Parliament to talk to these women at the grassroots. Currently we have a total of 70 women coming up to contest for elections. And there are already five women as chairpersons.
In parallel of these caucuses exclusively composed by women, what is the role of men in improving the participation of women in democratic and community-based processes?
At the inception of the VOICE project in 2018, we had a baseline that we conducted. Through this baseline, we conducted focus groups discussions with men. In a particular sub-county, the 24 villages were only led by men. So, we happened to bring those men together for focus groups and tried to find out why no woman was a LC. The women were actually vice-LC. The reasons they gave us is that women felt they could not lead and leader positions were only for men. In the course of us doing the end line, we still went back to talk to the people and the views of men had changed. They actually thanked the project because the women were told to take leadership positions. But they were also told not to forget their roles and rights at home. That rights and responsibilities go hand in hand. In the end, men appreciated this project and were happy that we encouraged women because on their own they couldn’t do it.
But the project also functions with men. When we are having reflection meetings, we invite men. When we are having stakeholders’ meetings, we invite men. When we do sensitization in the community, men are also part of the community. So, they don’t feel excluded. They are actually happy that we are enlightening, opening the eyes of women.
You talked about the domestic work that women are supposed to do. Is it something that is changing here in Uganda? Do men help more their wives at home?
In Uganda, men who have studied are helping the women with the domestic work. But traditional men believe that women are supposed to do everything at home while they relax in bars, do other things or listen to the radio. Culture is really conservative in the Northern region of Uganda [where Gulu is]. Women do majority of the work.
Last question is more personal: Jacqueline, would you imagine yourself standing for election at the local or national level some day in your life?
Well. Personally, I don’t think I would like to join politics. I’ve never thought about it and I would not like it. Because politics in Uganda is believed to be a dirty game. So many people lose their life. I still have young children and I would prefer to stay close to them.
But don’t you think you are actually already doing politics: when you go to the radio to talk about land rights issues, when you answer to my questions, isn’t it already politics?
Yes. It might be political because the trainings that I give are about politics, but I’d rather be in the background. It gives me more joy to see the people we’ve trained take up the positions. But I think it is not my league. And also, I would prefer to try to open my own law firm in some years. That is what I’m more interested in.