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Les littératures et les religions du Proche-Orient, de l’Inde et de l’Extrême-Orient occupent la dernière section du premier niveau.
De riches manuscrits persans sur papier oriental du XIIIe au XVIIIe siècle, provenant de Chiraz, de Boukhara, d’Hérat ou d’Ispahan, y sont à l’honneur : l’épopée iranienne de Firdousi, le Colloque des oiseaux du mystique soufi Attâr, le plus ancien manuscrit persan illustré des fables d’origine indienne qui parvinrent jusqu’à La Fontaine sous le nom de Bidpay, et tous les grands lyriques persans, Nizâmî, Rûmî, Hâfez, Djâmî chers à Goethe, dans son Livre de Souleïka, le plus long des douze livres du West-östlicher Divan, qu’il publie en 1819.
La Révélation coranique a plusieurs témoins de grande valeur, un Coran arabe complet en écriture coufique du Xe siècle, et même une feuille plus ancienne du VIIIe-IXe siècle, un Coran persan du XVIe en écriture naskhi, entièrement orné, le rouleau coranique turc avec son étui métallique, qui accompagnait Soliman le Magnifique dans ses expéditions militaires en Europe, et encore le premier imprimé du Coran avec sa traduction latine à Hambourg en 1694.
La religion brahmanique et l’épopée indienne sont représentées par des manuscrits sanscrits des XVIIIe et XIXe siècles, comme la Bhagavad-gita, qu’on a pu appeler l’évangile de la religion de Krishna, incarnation du dieu Vishnu et qui fait partie de l’immense Mahâbhârata, et le Nandipurâna, récit promulgué par le Taureau du dieu Shiva, l’un de ces puranas qui firent refleurir les croyances védiques en Inde dès le déclin du bouddhisme au Ve siècle.
Kakemono zen et manuscrit japonais évoquent la vie du Bouddha historique, Shakyamuni. Par la route de la soie, une nouvelle vague du bouddhisme dite du Grand Véhicule avait gagné le Turkestan, le Tibet, la Chine, puis la Corée et le Japon. En témoigne le rouleau tibétain du IXe siècle provenant des célèbres grottes de Dunhuang, « Le grand discours du Bouddha de la Vie infinie ».
La littérature et l’art du Japon se découvrent à travers la première édition du théâtre Nô imprimée sur les presses de l’Alde Manuce japonais, Kôetsu Honnami, le chef-d’œuvre du Murasaki Shikibu, le Dit du Genji, composé au Xe siècle, dans un manuscrit illustré de 250 dessins collés, dans le style de la fameuse école de peinture Tosa du XVIe , ou encore cent poèmes illustrés de gravures sur bois par Keisai Eisen avant 1820.
La Chine, enfin, avec des classiques du confucianisme dans des impressions xylographiques, y compris le fameux Livre des Mutations, le Yi-King et sa roue d’hexagrammes, également présent dans la monumentale encyclopédie néo-confucianiste de l’empereur Yong-Le, de la dynastie Ming, en 1415.
On peut voir aussi la première traduction de Confucius en latin par un père jésuite et une exceptionnelle calligraphie peinte sur jade par le Roi-Soleil mandchou, l’empereur Ts’ien-long, persécuteur des jésuites et admiré par Voltaire.
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