Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06929.jsonl.gz/515

Un article particulièrement malhonnête à propos des « petits » propriétaires... Ces derniers auraient des « privilèges démesurés », seraient des « chasseurs de subventions » et constitueraient une noblesse...
Concrètement, de quoi parle-t-on ? De la simple possibilité pour les propriétaires de déduire de leurs impôts certains frais qu'ils encourent... Pas vraiment de quoi crier à l'inégalité, quand on sait qu'il y a également des déductions pour les loyers, et que, surtout, les personnes qui possédent leur logement sont justement discriminées par l'imposition particulièrement saugrenue de la valeur locative
L'imposition de la valeur locative est un scandale sans pareil, qui consiste à ajouter au revenu le loyer qu'une personne pourrait tirer de sa maison si elle la louait, selon la logique que c'est un service qu'elle se rend à elle-même... Cette imposition particulièrement inique, dans une bonne logique socialiste, raisonne comme si la maison tombait du ciel (comme toute richesse, c'est bien connu), comme si le propriétaire n'avait pas dû déjà consentir un capital pour l'acquérir. En outre, elle est particulièrement discriminatoire car la logique du service à soi-même n'est appliquée que aux loyers et non par exemple au baby-sitting de ses propres enfants, au repassage de ses propres chemises, ni même aux rapports sexuels non rémunérés...
Naturellement, socialisme oblige, elle va particulièrement bien de pair avec un système d'imposition progressive (le revenu fictif étant imposé à un barème particulièrement élevé !), les infâmes riches étant ainsi pénalisés une énième fois pour avoir osé accumuler assez de capital pour s'offrir un bien immobilier.
Ce n'est donc pas un hasard si la Suisse est un pays de locataires :
Selon l’Office fédéral du logement (OFL), le pourcentage de propriétaires s’élève en effet à 83% en Espagne, à 56% en Autriche, à 55% en France et à 43% en Allemagne. En Suisse, 38,3% des ménages possédaient leur logement en 2000
Vu cette situation, qu'est-ce qui peut donc bien pousser quelqu'un à écrire un tel article ? Ce paragraphe peut nous aider à le comprendre :
Leurs privilèges démesurés transgressent la loi d’un traitement égalitaire, ils sont injustes et fâcheux, coutent trop cher à l’état, nuisent à l’économie nationale car elle limite la mobilité des personnes exerçant une activité professionnelle et ils compromettent dangereusement la planification urbaine comme l’illustre un voyage à travers la campagne du Plateau suisse, rongé par un cancer de «maisonnettes».
Les maisonnettes, autrement dit les maisons individuelles (habitées, on le devine, par d'égoïstes individualistes), seraient donc un cancer (sic ! ) une entrave au constructivisme planificateur visant à nous imposer de belles habitations collectives. Vue l'ampleur de la haine des propriétaires dégagée par la prose de l'auteur, des komnalka ou de belles tours de béton à la soviétique ne seraient sans doute pas pour lui déplaire.