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Un forum global sur l'éthique de la recherche a eu lieu les 14 et 15 octobre 2000 à Bangkok, en Thaïlande (Lancet 2000 ; 356 : 1502). Ce forum faisait suite à la conférence internationale sur la recherche en santé pour le développement.
Les participants au forum ont estimé que «l'éthique devrait être considérée comme faisant partie intégrante de l'entreprise de la recherche». Le forum, qui est soutenu par les National Institutes of Health (NIH), l'OMS, les Medical Research Councils (MRC) britannique et sud-africain, les Centres for Disease Control and Prevention (CDC) et l'organisation panaméricaine de la santé s'est concentré sur la façon dont la communauté internationale pourrait partager les bénéfices de la recherche.
Durant la première séance, Malegaparu Makgoba, du MRC d'Afrique du Sud, a envisagé l'éthique comme un instrument d'espoir qui permet aux sociétés de se transformer et de s'«approprier» la culture. Il a estimé que l'éthique éclaire la relation qui existe entre le pouvoir et l'équité en matière de santé et permet de contextualiser les bénéfices de la recherche pour la société.
Les participants au forum se sont penchés sur le régime de propriété intellectuelle. Ils ont reconnu les déficiences de ce régime qui ne récompense qu'une forme définie de connaissances nouvelles. Le régime de propriété intellectuelle ne parvient en effet pas à prendre en compte les contributions «non scientifiques» des communautés qui rendent pourtant la recherche possible. Au contraire, la recherche tend à renforcer le pouvoir d'entreprises qui sont d'ores et déjà puissantes en protégeant leurs investissements et en leur permettant de contrôler le marché.
Des arrangements proposés par VaxGen, un fabricant de médicaments en Thaïlande, l'Initiative internationale pour un vaccin contre le sida, l'OMS et le Centre africain pour la recherche en médecine de la reproduction ont été envisagés comme des façons d'assurer aux communautés la possibilité de tirer des bénéfices pendant et après l'accomplissement de travaux de recherche. Les participants ont introduit la notion d'«accords au bénéfice de la communauté» comme moyen de consolider la justice qui requiert que ceux qui portent la charge de la recherche puissent réclamer un bénéfice. Ce travail n'en est qu'à ses tout débuts.
La seconde journée, la discussion a porté sur la capacité de passer en revue l'éthique de la recherche en santé dans les pays en voie de développement. Zulfiquar Bhutta, de l'Université Aga Khan, à Karachi, au Pakistan, a décrit ce que pourrait inclure cette capacité et s'est exprimé sur les exigences éthiques que de nombreux pays en voie de développement et certains pays développés devraient satisfaire.
Les participants ont suggéré qu'une stratégie globale de soutien à l'éducation et l'établissement d'un inventaire des comités d'éthiques et des infrastructures bioéthiques nationales sont impératifs car les entreprises qui financent la recherche hésitent de plus en plus à choisir des lieux où l'éthique de la recherche ne peut pas être assurée de façon crédible. Les membres du «Forum pour l'inventaire des comités d'éthique dans la région asiatique et du Pacifique Ouest», qui s'est constitué en juillet 2000, ont donné l'exemple du type d'effort qu'il est nécessaire d'accomplir. La suite lors de la prochaine réunion, prévue en Gambie courant 2001.