Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07044.jsonl.gz/310

Concert du Friday
23 September 2011, 20 heures
au Victoria Hall
Emmanuel Krivine direction
Gautier Capuçon violoncelle
PROGRAMME
Félix Mendelssohn-Bartholdy
La belle Mélusine, ouverture op. 32
Camille Saint-Saëns
Concerto pour violoncelle et orchestre no 1 en la mineur, op. 33
Robert Schumann
Overture, Scherzo & Finale op. 52
Serge Prokofiev
Symphonie dite « Classique » en ré majeur, op. 25
A propos de:
FELIX MENDELSSOHN-BARTHOLDY: Ouverture pour le conte de la belle Mélusine, op. 32
La légende de Mélusine, belle jeune femme que nul ne doit voir le samedi, alors qu’elle se transforme en femme-serpent, apparaît dès le moyen-âge comme une importante source d’inspiration artistique et littéraire. Au début du XIXème siècle, Franz Grillparzer écrit un livret sur ce thème, qu’il propose sans succès à Beethoven, et qui sera mis en musique par Conradin Kreutzer sous la forme d’un opéra en trois actes représenté à Berlin en 1833. Mendelssohn, qui assiste à une représentation, est séduit par le sujet et décide de s’en inspirer à son tour dans une pièce symphonique qu’il intitule Ouverture zum Märchen der schönen Melusine. Composée à la fin de 1833, elle est créée l’année suivante à Londres sous la direction d’Ignaz Moscheles.
Deux thèmes principaux irriguent la partition. Le premier en fa majeur, souple et gracieux, évoquant Mélusine, dialogue avec un motif énergique, en fa mineur, attaché à son époux, le chevalier de Lusignan. L’œuvre se terminera pianissimo par des volutes de croches empruntées au thème principal : surprise par le chevalier dans son état de créature fantastique, Mélusine est condamnée à redevenir sirène et disparaît dans les eaux.
CAMILLE SAINT-SAËNS: Concerto pour violoncelle et orchestre n° 1 en la mineur op. 33
Allegro ma non troppo – Allegretto con moto – Molto allegro
La musique française connaît dès 1871 une période d’une extrême vitalité sur le plan de la création, correspondant à un renouveau de la musique instrumentale, qui avait été sacrifiée au profit du théâtre lyrique pendant toute la première moitié du XIXème siècle. L’un des acteurs majeurs de ce mouvement est Camille Saint-Saëns, enfant prodige du piano et de la composition, qui, de 1858 à 1919, donnera de nombreuses partitions concertantes dédiées aux instruments les plus divers.
En 1872, Saint-Saëns écrit deux importantes partitions pour le violoncelle : la 1ère Sonate en ut mineur op.32 et le 1er Concerto en la mineur op.33, dédié au violoncelliste Auguste Tolbecque qui le crée l’année suivante à Paris. Cet ouvrage, d’une remarquable concision, est construit en trois mouvements enchaînés : l’allegro ma non troppo expose d’emblée un premier thème de caractère pathétique qui sous-tend l’ensemble de l’oeuvre ; l’allegretto con moto en forme de menuet contraste par sa légèreté et précède une dernière partie molto allegro. Celle-ci débute par un retour du thème initial transposé en si bémol majeur puis expose divers motifs agencés selon un travail thématique très habilement agencé. Après un dernier rappel du premier thème, une brillante coda vient terminer l’oeuvre. Admirablement écrit pour le violoncelle, cheval de bataille des virtuoses, ce 1er Concerto sera, en 1902, suivi d’un deuxième, d’une difficulté d’exécution considérable, et qui, malgré ses évidentes qualités musicales, ne parviendra jamais à s’imposer à l’instar de son aîné.
ROBERT SCHUMANN: Ouverture, Scherzo et Finale op. 52
L’année 1841, véritable « année symphonique » pour le compositeur rhénan, voit la naissance des 1ère et 4ème Symphonies, d’une première version du Concerto pour piano et orchestre, ainsi que d’un triptyque d’une forme quelque peu insolite. Schumann hésitera longtemps sur le titre de l’ouvrage avant de lui donner sa dénomination définitive, Ouverture, Scherzo et Finale. La création à Leipzig, en décembre 1841, remporte un succès mitigé et Schumann retravaillera sa partition avant sa publication, en 1846.
L’Ouverture, en mi majeur, débute par une introduction lente précédant un brillant allegro. Celui-ci, de forme sonate, est dépourvu de développement, ce dernier étant remplacé par un épisode de transition précédant la réexposition. Le Scherzo, en ut dièse mineur, légère chevauchée, frappe par sa délicatesse mendelssohnienne ; on notera la réexposition du bref trio central après la reprise du scherzo, ainsi que la réapparition, dans la coda terminale, du premier thème du mouvement précédent. Le Finale, en mi majeur, presque entièrement en rythme pointés, contraste par son caractère volontaire et l’élaboration de sa construction. Utilisant la forme sonate, Schumann expose un énergique premier thème - qui se révèle également le sujet d’une fugato – dialoguant avec un deuxième motif, plus chantant. C’est le premier thème qui dominera le développement, avant une réexposition variée et une coda terminant l’œuvre avec exubérance.
SERGUEI PROKOFIEV (1891-1953): Symphonie n° 1 en ré majeur, op. 25, « Classique »
Allegro – Larghetto – Gavotte - Final
En 1915 Serguei Prokofiev compose sa fameuse Suite scythe, dont la violence et le modernisme font immédiatement sensation et le classent parmi les compositeurs les plus avancés, aux côtés d’un Igor Stravinsky. Prokofiev n’en est pas moins très attaché au classicisme de l’écriture musicale et admire profondément l’œuvre de Haydn qu’il a étudié auprès de son professeur pétersbourgeois, Nicolai Tchérepnine. Il le prouvera dans sa Symphonie classique, qu’il écrit en 1917 et qui, accueillie triomphalement lors de sa création à Saint-Petersbourg sous sa propre direction, deviendra rapidement l’une de ses partitions les plus célèbres, tant pour ses mélodies pleines séduction et d’imprévu, que pour le raffinement de son instrumentation.
Composée des quatre mouvements traditionnels - une gavotte faisant office de scherzo – l’ouvrage utilise un effectif orchestral identique à celui des symphonies de Haydn ou Mozart. Usant d’un langage qui est sans conteste celui d’un compositeur du 20ème siècle, et ne cherchant aucunement à réaliser un pastiche de la musique de l’époque classique, Prokofiev n’en parvient pas moins à faire revivre l’esprit de cette dernière avec bonheur, tant par la légèreté du discours que par la clarté de la forme et de l’agencement tonal.
|Compositeur||Titre||Durée||Télécharger|
|Félix Mendelssohn-Bartholdy||La belle Mélusine, ouverture op. 32||09:53||Télécharger|
|Camille Saint-Saëns||Concerto pour violoncelle et orchestre no 1 en la mineur, op. 33||19:12||Télécharger|
|Gabriel Faure||Après un rêve||03:40||Télécharger|
|Robert Schumann||Ouverture - op. 52||05:47||Télécharger|
|Robert Schumann||Scherzo - op. 52||04:09||Télécharger|
|Robert Schumann||Finale - op. 52||06:19||Télécharger|
|Serge Prokofiev||Symphonie dite « Classique » en ré majeur, op. 25 - Allegro||04:07||Télécharger|
|Serge Prokofiev||Symphonie dite « Classique » en ré majeur, op. 25 - Larghetto||03:37||Télécharger|
|Serge Prokofiev||Symphonie dite « Classique » en ré majeur, op. 25 - Gavotte||01:31||Télécharger|
|Serge Prokofiev||Symphonie dite « Classique » en ré majeur, op. 25 - Final||04:07||Télécharger|
|Wolfgang Amadeus Mozart||Sicilienne||07:12||Télécharger|
Emmanuel Krivine, direction
D’origine russe par son père et polonaise par sa mère, Emmanuel Krivine commence très jeune une carrière de violoniste. Premier Prix du Conservatoire de Paris à 16 ans, pensionnaire de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, il étudie avec Henryk Szeryng et Yehudi Menuhin et s’impose dans les concours les plus renommés.
À partir de 1965, après une rencontre essentielle avec Karl Böhm, il se consacre peu à peu à la direction d’orchestre ; tout d’abord comme chef invité permanent du Nouvel Orchestre Philharmonique de Radio France de 1976 à 1983 puis en tant que directeur musical de l’Orchestre National de Lyon de 1987 à 2000 ainsi que de l’Orchestre Français des Jeunes durant onze années.
En 2001 Emmanuel Krivine débute une collaboration privilégiée avec l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg dont il devient le directeur musical à partir de la saison 2006/2007.
Parallèlement à ses activités de Chef titulaire, Emmanuel Krivine collabore régulièrement avec les plus grandes phalanges mondiales telles que le Berliner Philharmoniker, la Dresden Staatskapelle, le Concertgebouw d’Amsterdam, le London Symphony Orchestra, le London Philharmonic Orchestra, le Chamber Orchestra of Europe, le Mahler Chamber Orchestra, les orchestres de Boston, Cleveland, Philadelphie, Los Angeles, etc.
En 2004, Emmanuel Krivine s’associe à la démarche originale d’un groupe de musiciens européens avec lesquels il fonde la Chambre Philharmonique. Ensemble, ils se consacrent à la découverte et à l’interprétation d’un répertoire allant du classique au contemporain sur les instruments appropriés à l’œuvre et son époque.
Gautier Capuçon, violoncelle
Gautier Capuçon, né en 1981 à Chambéry, commence le violoncelle à 5 ans. Après ses études en France et à Vienne, il reçoit, en 1998, le Premier Prix de l’Académie Internationale de Musique M. Ravel de Saint-Jean-de-Luz, et, en 1999, le Deuxième Prix au Concours International de violoncelle de Christchurch en Nouvelle-Zélande ainsi que le Premier Grand Prix du Concours International André Navarra à Toulouse.
Parallèlement, Gautier Capuçon parfait son expérience au sein de l’Orchestre des Jeunes de la Communauté Européenne avec Bernard Haitink, puis du Gustav Mahler Jugendorchester avec Kent Nagano, Daniele Gatti, Pierre Boulez, Seiji Ozawa et Claudio Abbado.
En 2001 il est « Nouveau Talent de l’année » aux Victoires de la musique et reçoit en 2004 le « Echo Preis » de la Télévision Allemande.
Il est soliste d’orchestres prestigieux tels que l’Orchestre de Paris, l’Orchestre National de France, le Philharmonique de Radio France, l’Ensemble Orchestral de Paris, etc.
Invité par les plus grands Festivals, il participe à des hommages « Friedrich Gulda » avec Martha Argerich à Buenos Aires, Bruxelles, Munich, La Roque d’Anthéron, Tokyo.
Passionné de musique de chambre, il a pour partenaires son frère Renaud, Nicholas Angelich, Martha Argerich, Daniel Barenboïm, Yuri Bashmet, Myung Whun Chung, Michel Dalberto, Hélène Grimaud, Katia et Marielle Labèque, Angelika Kirchschlager, Gabriela Montero, Viktoria Mullova, Leonidas Kavakos, Vadim Repin, Antoine Tamestit, Jean-Yves Thibaudet, Maxim Vengerov, les quatuors Ysaÿe et Ebène, etc.
Depuis 2007, Gautier Capuçon est l’ambassadeur de ‘Zegna & Music Project’ fondé en 1997 comme activité philanthropique pour promouvoir la musique et ses valeurs.
Colas, partenaire de Gautier Capuçon a coproduit avec Virgin Classics son dernier album enregistré avec Valery Gergiev et a contribué à l’acquisition d’un archet de Dominique Peccatte.