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Les Clochards Célestes
Laissez-vous embarquer par le rebétiko, cette musique des bandits et des anarchistes, des mafieux et des révolutionnaires, des marginaux fumeurs de haschich et des malandrins au grand cœur ! Un spectacle musical à voir au TKM !
Prenons le bou- zouki, le baglama et la guitare, le violon, le santouri, le kanonaki, l’outi et l’accordéon, le toumbeleki et les zilia, ou frappons notre verre d’un komboloï ou d’une cuillière métallique !
Le rebétiko, qui associe musique et danse, est né dans les bas-fonds des années 1910 à Athènes, en Pirée, de la rencontre de deux populations, des paysans pauvres venus chercher une vie meilleure à la ville et des grecs chassés de Turquie à la fin de la guerre greco-turque en 1922. Revenant au pays après un exil de plusieurs générations, ces derniers apportent avec eux des instruments jusqu’alors inconnus en Grèce.
Le rebétiko (dont l’étymon rebetis désigne un « gars qui n’obéit qu’à son propre code de l’honneur », « dur », mais « droit ») se propage dans les années 1920, puis, en 1936, tombe sous le coup de la censure avec l’arrivée au pouvoir du dictateur Ioánnis Metaxás, son répertoire magnifiant drogue, alcool et débauche.
Dans les années 1950, cette forme musicale populaire et subversive est patrimonialisée et devient un lieu de mémoire pour la Grèce jusqu’à être inscrite en 2017 sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, enseigné dans les écoles de musique, les conservatoires et les universités, un paradoxe !