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Les interventions sur la politique de sécurité auront le vent en poupe pendant cette session. Les initiatives cantonales des deux Bâle demandant, pour répondre aux besoins de sécurité de la population, le renforcement du Corps des gardes-frontières sont déjà annoncées. Par une initiative cantonale, le canton de Berne veut une nouvelle fois ancrer dans la Constitution que les dépenses de l'armée représentent 1,2 % du PIB. Le groupe UDC a déposé une motion sur un contrôle systématique des frontières qui devrait être mené avec l'appui de l'armée. Toutes ces interventions seront traitées pendant cette session. D'autres, sur la sécurité intérieure, vont probablement encore être déposées.
Les auteurs de ces interventions expliquent qu'il faut agir en raison de la grave situation sécuritaire qui règne en Europe. Le problème est que ces vœux d'augmenter les ressources contrastent avec les interventions de la Commission des finances des deux Chambres fédérales qui appellent à une politique d'austérité rigide. La Commission des finances des États exige par une motion un plafonnement des effectifs au niveau de 2015, alors que celle du National demande d'économiser chaque année 1,5 milliard sur les effectifs. Ces deux interventions seront elles aussi traitées pendant la session d'hiver. À cela s'ajoute que le Conseil fédéral a déjà lui-même mis en route un programme d'austérité et qu'il refuse de s'en écarter dans certains domaines au détriment d'autres. Selon le Conseil fédéral, ce programme va affecter l'ensemble des effectifs en 2017 déjà. La motion Leo Müller, qui demande de plafonner les frais de personnel (y compris les prestations externes) de la période 2016 à 2019 au niveau inscrit dans les comptes de l'exercice 2014, n'a pas encore été traitée. Le Conseil fédéral, s'il propose de rejeter la motion, se montre toutefois bienveillant à son égard.
Et pour en revenir à la politique de sécurité : le Corps des gardes-frontière effectue un travail difficile. Le syndicat Garanto demande depuis des années que les effectifs soient augmentés. Il faut former les gens avant qu'ils ne puissent être affectés à leurs postes et cela ne se fait pas du jour au lendemain. Personne ne devrait désormais rester indifférent à cette demande. Mais les partis de droite veulent explicitement couper dans les emplois. Le personnel de la Confédération craint qu'on en arrive justement à la lutte de répartition qu'il redoutait. Davantage de contrôles aux frontières contre moins d'enquêtes de l'Office fédéral de la statistique ? Il faut absolument éviter que les partis bourgeois ne tirent profit de la situation actuelle de sorte le service public ne se réduise à peau de chagrin comme ils le désirent. Un service public mité n'est plus capable de réaction. Et personne ne sait où la prochaine crise se prépare.