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L’histoire du Guatemala est celle d’une suite de dictatures militaires. Au début des années 1960, les inégalités et la répression ont débouché sur un conflit armé interne qui a duré 36 ans. Les accords de paix signés en 1996 ont marqué la fin du conflit, mais les améliorations sociales et politiques tardent encore. Le gouvernement d’Oscar Berger, au pouvoir de 2004 à 2007, n’a pas amené de réelles évolutions en matière de respect des droits humains.
Lors des élections présidentielles de 2007, la candidature d'une femme indigène, Rigoberta Menchú, a semblé marquer une ouverture. Prix Nobel de la paix en 1992, elle a notamment été accompagnée par PBI à son retour d’exil. Représentant le 60 % de la population au Guatemala, les indiens souffrent de discrimination, autant sociale que politique. L'échec au premier tour de Rigoberta Menchú souligne bien ce contexte. Álvaro Colom, vainqueur des élections, a promis un pays « social-démocrate avec un visage maya » et s’est engagé à relever des défis en matière de lutte contre la pauvreté et l’insécurité. A la fin de la première année de son mandat, la population montre une certaine déception face à son manque d'action pour trouver une solution au conflit agraire, à la criminalité et à la pauvreté.
Le Guatemala possède un indice de développement humain (IDH – Rapport du PNUD) très bas. L’éducation, la santé et le niveau de vie tardent à s'améliorer et des disparités socio-économiques profondes marquent le pays. Les inégalités basées sur le genre et l’appartenance ethnique sont endémiques. Il en résulte une distribution très arbitraire du revenu généré par les nombreuses ressources naturelles du Guatemala. En effet, les mégaprojets miniers, pétrolifères et hydroélectriques se développent sans prendre en compte les effets sur les communautés indigènes affectées.
Dans ce contexte, les mobilisations en faveur du respect des droits humains dans leur ensemble sont nombreuses. L'année 2008 marque la création de la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala (CICIG), née d'un accord entre le gouvernement guatémaltèque et les Nations Unies. Limitée initalement à deux ans, la phase de travail a été prolongée jusqu'au 4 septembre 2011, suite au renouvellement de l'accord.