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Olivier Lattion, de l’interprétation à la création
Entre la musique «sérieuse», le rock, le jazz et l’improvisation, le cœur d’Olivier Lattion a toujours balancé. Né en 1964 à Fribourg et issu d’une famille de musiciens, il s’initie d’abord lui-même au piano dès l’âge de 4 ans, jouant d’oreille tout ce qu’il entendait autour de lui, préparant ainsi la voie à une activité qui se portera de plus en plus vers l’improvisation et la création. Il entre quelques années plus tard au Conservatoire de sa ville natale d’où il ressort à l’âge de 18 ans avec un Master d’enseignement du piano, le plus jeune diplômé de toute l’histoire de l’institution. Il décroche ensuite, à l’âge de 22 ans, le diplôme de virtuosité classique de la Hartt School of Music de l’Université de Hartford (Connecticut), l’une des plus prestigieuses académies américaines où il a également étudié la direction d’orchestre, la musique de chambre et la musicologie. Son parcours d’étudiant aboutira à un diplôme de soliste de la Musikhochschule de Berne.
Parmi ses professeurs, on peut citer Karl Engel, Luiz de Moura Castro, Tamas Vasary, Paul Badura Skoda, Alexander Jenner ainsi que le quatuor Emerson et Bruno Canino pour la musique de chambre.
Il joue en public depuis l’âge de 13 ans. Les quelques 200 œuvres qu’il a à son répertoire (piano solo, piano et orchestre, musique de chambre) fournissent la matière de nombreux concerts et interprétations dont certains ont été enregistrés pour les trois chaînes de radio nationales suisses, ainsi que pour Radio-France, la Télévision Suisse Italienne, la Télévision colombienne et divers médias audiovisuels de plus d’une vingtaine de pays dans lesquelles il s’est produit.
Par ailleurs, se sentant obligé en début de carrière de jouer le jeu de la compétition et des concours, Olivier Lattion a remporté la plupart de ceux auxquels il a participé, dont le Concours de soliste de l’Orchestre symphonique de Berne (avec lequel il joue la Totentanz de Franz Liszt, apprise en trois semaines !) le Premier prix du Concours suisse de Musique pour la Jeunesse (1982) ou encore le Prix du Zürcher Forum (2 années consécutives). Il est également lauréat (trois années consécutives) de la plus importante bourse artistique suisse de l’époque (1984-86), celle du Pour-cent culturel Migros.
L’improvisation: la créativité retrouvée
Cependant, le rôle d’interprète n’a jamais suffit à satisfaire le besoin de créativité d’Olivier Lattion, par ailleurs totalement réfractaire aux codes figés et conservateurs du milieu « classique » traditionnel. Aussi, après avoir longtemps laissé de côté l’improvisation et les essais de composition qu’il pratiquait au début de son apprentissage de musicien, Olivier Lattion s’enthousiasme à nouveau pour les musiques improvisées, le rock et les instruments électroniques qui reprennent alors une grande place dans son activité musicale ; il se produit notamment dans des clubs tels que La Spirale à Fribourg, la Dampfzentrale de Berne, le Jazzclub Konstanz ou même dans la grande salle de l’Opéra de Lausanne ! Il est également l’un des seuls musiciens à utiliser simultanément le piano et les bols tibétains au cours de ses improvisations.
Compositeur: une vocation tardive
C’est assez tardivement que ce passionné de toutes sortes d’expressions musicales, aujourd’hui doyen des classes de piano au Conservatoire de Fribourg, se lance sérieusement dans la composition ; sa première œuvre, cinq Haïkus pour piano, date de novembre 2012. Cependant, Olivier Lattion s’est tout de suite forgé un style très personnel caractérisé par une grande cohérence formelle et un impact expressif immédiat, aussi éloigné de l’avant-garde atonale que de la fadeur de certaines musiques néo-tonales. Ses premières œuvres ont tout de suite rencontré l’approbation du public ; de nombreux musiciens témoignent désormais de leur intérêt en lui commandant des œuvres. Le concours international de piano Jeune Musique a d’ailleurs choisi l’une de ses pièces comme morceau imposé pour leur prochaine édition (2018).
Il est le fondateur des éditions Rochebrune qui, dès février 2018, publient en exclusivité ses œuvres et enregistrements. Un double album, intitulé « A Silent Wood », est sorti le 18 février de cette même année.
En plus de son poste au Conservatoire de Fribourg, il a enseigné à la Haute Ecole de Musique de Lausanne et donné des Master Classes et conférences en Suisse, en Espagne, aux Etats-Unis, au Canada et en Nouvelle-Zélande.