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Naturopathe à Neuchâtel, Solange Munoz a assidument fréquenté la famille Nogier, aussi bien le père, le Dr Paul Nogier (1908 - 1996), que le fils, le Dr Raphaël Nogier. Voici son témoignage sur l'auriculothérapie et l'auriculomédecine.
- Chez Paul Nogier j'ai adoré beaucoup de choses, commence Solange Munoz, et avant tout son esprit scientifique et sa capacité à se poser des questions...
- Quand avez-vous rencontré Paul Nogier ?
- Ses travaux sur l'auriculothérapie et l'auriculomédecine sont arrivés en Colombie lorsque j'étais adolescente, et j'ai commencé mes études de médecine avec le rêve de me spécialiser au auriculomédecine. Donc c'est tout naturellement que j'ai été lui rendre visite lorsque je suis arrivé en Suisse vers l'age de 25 ans et que j'ai étudié avec lui pendant les années qui ont suivi.
- Et pourquoi cet intérêt si vif ?
- Comme je le disais, Nogier était un scientifique qui se posait des questions. Il avait beaucoup de rigueur, de discipline et de concentration, mais aussi beaucoup d'ouverture d'esprit.
Et l'histoire de Nogier, telle qu'il la racontait était celle d'une femme qui était venue le consulter pour une sciatique. Nogier lui avait fait une prescription standard et la femme était repartie. Elle était revenue une semaine plus tard et Nogier lui avait refait sa prescrption. La sciatique n'avait pas disparue. Mais encore une semaine plus tard, la femme était revenue triomphante: sa sciatique avait disparue.
La plupart des médecins n'auraient pas prêté attention à ce type d'anecdote. Que représente en effet un guérisseur à leurs yeux ? Mais Nogier était très ouvert d'esprit. Et au lieu de s'offusquer d'une concurrence déloyale, il avait même été jusqu'à rencontrer la guérisseuse. Nogier s'était dit, je veux comprendre pourquoi. Pourquoi est-ce que la cautérisation de l'oreille calmerait la douleur, et ferait disparaître la sciatique (la compression du nerf au niveau lombaire) ?
Nogier s'était mis à étudier l'oreille. Il avait postulé que l'oreille se faisait le reflet du corps tout entier. "L'oreille est le synthétiseur du corps" disait-il. Il s'était mis à étudier le pouls (au sens du diagnostic chinois par le pouls). Et ce fut la naissance de l'auriculothérapie: on activait une zone dans l'oreille, par exemple en posant une aiguille d'acupuncture (ou en cauterisant comme la guérisseuse...) et on activait la zone correspondante du cerveau.
Et ensuite Paul Nogier a découvert l'existence d'un réflexe auriculovasculaire qui entraîne des variations décelables de pouls lorsqu'on présente au corps une substance, un souvenir, un événément traumatisant, etc. Le corps réagit alors par une variation perceptible du pouls. Et Paul Nogier a constaté que ce type de diagnostic répondait à tous les critères de reproductibilité scientifique. Et ce fut la naissance de l'auriculomedecine.
- Que sont devenues les recherches de Nogier ?
Paul Nogier s'est ensuite orienté vers ses patients (des milliers de patients pendant plusieurs décénies !). Il a cherché à cartographier l'oreille et à détecter les corrélations entre le pouls, l'oreille et l'évolution des pathologies. Il a constaté que l'évolution pathologique se développe au sein d'un seul et même feuillet embryonnaire. Au lieu, comme il faisait précédemment de se focaliser sur chaque organe et chaque pathologie en isolation du reste du corps. Il prit l'habitude de rechercher des causes des pathologies plus éloignées des symptômes - des causes présentes dans d'autres organes par exemple que ceux qui manifestaient les symptômes principaux - ces causes éloignées n'étant souvent pas décelées par la médecine.
Pouvez-vous donner un exemple ?
A titre d'exemple, un patient qui consulte pour une pathologie respiratoire ne se doute généralement pas que celle-ci est peut-être générée par un problème au niveau de la muqueuse digestive. C'est selon Paul Nogier, le rôle premier du médecin que de faire ce type de liens.
Progressivement, Paul Nogier a considéré que le corps ne devait pas être considéré purement comme un organisme biochimique, mais aussi comme un organisme physique. Il s'est entouré de physiciens et d'autres chercheurs afin d'identifier les fréquences laser propres à chaque organe et son image dans l'oreille. L'auriculomédecine ceci de spécifique qu'elle travaille autant dans l'oreille que dans le cerveau et le corps.
Paul Nogier s'est aussi intéressé aux dimensions psychologiques de l'individu qui elles aussi influent grandement sur le développement des pathologies.
Quel rôle jouent ces recherches aujourd'hui dans votre pratique ?
J'ai toujours dans mon cabinet la malette bleue avec ses filtres de couleur et ses diapasons qui me permet de faire quasi instantanément un disagnostic par le pouls et de prodiguer des soins par l'auriculothérapie.
Et si j'utilise plus souvent des outils aujourd'hui plus récents et plus sophistiqués, la trame de pensée systémique du Dr Paul Nogier reste présente à mon esprit dans chacune de mes consultations.