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Bonjour Barth, on aimerait parler du banc de touche avec toi...
(il se marre) Tu me fais rire avec ton banc! Tu disais déjà samedi dernier dans ton commentaire que l'on devait se mettre en retrait, le président et moi.
C'était une suggestion.
Oui, mais mon chéri, je vais te dire un truc; avec Grosso, je n'étais pas sur le banc. Je n'y suis pas toujours, cela dépend de beaucoup de facteurs, comme le profil de l'entraîneur. Tramezzani, par exemple, me voulait avec lui.
Tu y es tout de même souvent, et maintenant avec Marco Walker.
C'est vrai. La première fois que je m'y suis assis, c'était en 2014 avec Laurent Roussey. J'y étais peut-être même avec Gennaro Gattuso, je ne m'en souviens plus.
Que fais-tu sur le banc? Quel est ton rôle?
Quand j'étais team manager, je devais notamment préparer les feuilles pour les changements. Maintenant que je suis directeur sportif, je suis là pour soutenir l'entraîneur, dans le cas où il souhaiterait un avis supplémentaire sur la vision du match. Mais ce n'est pas moi qui vais dire au coach...
(on l'interrompt). Un coach ne va tout de même pas demander à son directeur sportif, qui n'a pas passé les diplômes d'entraîneur, un avis sur le match. Si?
(Fâché). Tu ne me connais que de l'extérieur et tu veux juger ma vision du football sans savoir ce qu'elle est réellement.
Le coach est le chef du banc. Or dans n'importe quelle entreprise, le chef ne va pas demander conseil à un collègue alors qu'il a toutes les connaissances pour répondre à la question.
Le chef a son idée. Mais il sait aussi qu'il peut compter sur moi et sur l'ensemble du staff pour notre mission de la fin de saison: sauver le club.
Tu te sens donc utile sur la touche?
(agacé) Pourquoi je ne me sentirais pas utile?
Parce que dans ma vision des choses, mais elle est peut-être fausse, un entraîneur est tout-puissant sur le banc.
Mais le foot est un milieu particulier. Tout le monde en parle et personne n'est entraîneur. C'est comme le Covid: on a tous un avis dessus et on n'est pourtant pas docteur. Personnellement, je me sens légitime à répondre. Tu ne peux pas me dire: «Barth, tu n'as pas de diplôme, donc tu ne peux pas conseiller l'entraîneur». Un coach a besoin d'informations sur tout. Absolument tout.
J'ai l'impression que les questions sur ta légitimité, que ce soit dans cet entretien ou dans un autre, te touchent beaucoup.
Non, non. La légitimité, je m'en fous. On m'attaque dans tous les sens. Mais si je voulais vraiment me bagarrer contre les gens, j'irais sur Facebook, sur les articles du FC Sion et j'attaquerais à mon tour la plupart des internautes pour harcèlement. Mais aujourd'hui, excuse-moi du terme, je m'en bats les couilles de ce que les gens pensent de tout ça.
On t'observe parfois sur la touche. Tu ne te contentes pas de suivre la partie. Tu es proactif.
Quand tu me vois crier sur le banc, c'est pour encourager les mecs. Jamais pour replacer un joueur. Ça, c'est le job du coach. C'est lui qui fait son équipe et qui la dirige. Il a son plan de jeu, ses idées. Il ne va jamais me demander de conseil tactique. Moi, je suis simplement une paire d'yeux supplémentaire pour lui. Il peut me solliciter à tout moment.
Quel genre de questions te pose Walker? Tu te souviens de sa dernière demande à ton égard durant un match?
Je me rappelle toujours de ce qu'il se passe sur le terrain, du contenu d'une rencontre, mais pas de ce qu'il y a autour.
Si les entraîneurs ont tant besoin d'avis supplémentaires, pourquoi les autres clubs ne font-ils pas comme Sion, et ne mettent-ils jamais leur directeur sportif sur le banc?
(touché) Quel autre directeur sportif, s'il arrive quelque chose à son papa, doit reprendre le club dans lequel il travaille?
Pas beaucoup.
Voilà. C'est con, hein, mais quand mon père a eu son accident de voiture le mois dernier, sur la route entre Martigny et Les Marécottes (VS), il aurait pu passer dans le ravin. Ça s'est joué à même pas 30 centimètres.
Ta présence sur le banc sert donc aussi à assurer une continuité.
Ce n'est pas seulement ça. Sion est aussi mon club, d'une certaine manière. Qu'on le veuille ou non. Si un truc arrive à mon papa, ça me retombe dessus. Que je sois prêt ou non.
Tu as côtoyé plusieurs entraîneurs sur le banc...
Un peu trop! (il se marre)
Justement, est-ce qu'il y en a un qui t'a marqué, voire impressionné?
Tramezzani, Walker maintenant. J'aime ce genre de coachs, parce qu'avec eux, c'est le travail qui compte. Ils bossent, cherchent des solutions. C'est dans leur mentalité d'en vouloir toujours plus.
Tes expériences sur le banc te donneront-elles envie de devenir coach toi-même, un jour?
Ça ne m'a jamais traversé l'esprit. Quand tu es entraîneur, tu n'es plus dirigeant. Tu ne fais plus de transferts. C'est différent. Ce qui m'intéresse, c'est surtout de développer des choses: le stade, la partie administrative, avoir une stratégie dans le médical. Cela dit j'aime aussi le football, le jeu.
Presque trop parfois. Quand on te voit le long de la ligne, on a l'impression que tu souffres. Tu te ronges frénétiquement les ongles, tu gesticules...
Ça fait des années que je me ronge les ongles, ça me rend fou, ça m'énerve! (il rit). Je mets même du produit pour éviter de me les bouffer. Mais ce que tu vois chez moi, ce n'est pas de la nervosité; c'est mon envie de gagner. Je ne supporte pas de perdre, que ce soit au foot, à la pétanque, aux cartes ou sur console. J'estime que quand tu fais quelque chose, tu dois tout donner pour aller au bout du truc. C'est dans ma nature.
Le banc de touche est-il le plus bel endroit pour voir un match de football?
C'est en tout cas l'endroit où je vois, où j'analyse le mieux le jeu. Si je suis en tribune, c'est sûr à 200% que je regarderai le match une deuxième fois en rentrant chez moi. En revanche, après une soirée sur le banc, il m'arrive de me contenter de certaines séquences.
On l'avait presque oublié, mais rassurez-vous: Mario Balotelli est toujours vivant! Le fantasque attaquant italien, exilé en Turquie depuis le début de la saison, a planté... cinq buts dimanche lors de la claque 7-0 infligée par son club – Adana Demirspor – au relégué Göztepe Izmir.