Document ID: /curiavista/filtered/00000_business.jsonl.gz/125705

<h2>SubmittedText<h2><p>Selon une étude du Bureau suisse de prévention des accidents (BPA) publiée le 26 mai dernier (<a href="http://www.bfu.ch/French/medien/Prisesdeposition/PP_saint-gothard_fr.pdf">www.bfu.ch/French/medien/Prisesdeposition/PPsaint-gothard_fr.pdf</a>), la construction d'un deuxième tube au tunnel routier du Saint-Gothard ne se justifie pas du point de vue de la sécurité.</p><p>L'étude indique que la police a constaté 137 accidents sur onze ans (entre 1999 et 2009) dans le tunnel routier et que ces accidents ont entraîné 53 blessés légers, 26 blessés graves et 17 morts. Selon le BPA, construire un deuxième tube pour rendre le trafic unidirectionnel n'aurait qu'un effet marginal sur la réduction des accidents. L'extension du tunnel ne se justifierait pas non plus d'un point de vue économique : devisée à deux milliards de francs, elle ne présenterait pas un bon rapport coût/utilité puisque, sur une durée de vie de quarante ans, on ne compterait que 200 accidentés (144 blessés légers, 36 blessés graves et 20 morts).</p><p>A titre de comparaison, on a relevé 26 blessés légers, 6 blessés graves et 1 mort entre 1991 et 2011 au tunnel du Seelisberg.</p><p>Je prie le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes.</p><p>1. Dispose-t-on de calculs de probabilité qui comparent le taux d'accidents dans un tunnel bidirectionnel (comme le Saint-Gothard) par rapport à un tunnel unidirectionnel (comme le Seelisberg)? Dans l'affirmative, quels en sont les résultats ?</p><p>2. Selon le BPA, 200 victimes épargnées ne représentent pas un bon rapport coût/utilité et ne justifient donc pas le doublement du tunnel. Le Conseil fédéral est-il du même avis ?</p><p>3. Selon les analyses des accidents, quel est le risque et quelles sont les conséquences d'une collision frontale entre deux véhicules dans un tunnel bidirectionnel ?</p><p>4. Convient-il que la sécurité doive constituer un critère important, voire décisif, dans le processus décisionnel qui déterminera la forme que prendra le tunnel routier du Saint-Gothard ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Avec en moyenne moins de deux personnes tuées par milliard de kilomètres parcourus, les autoroutes suisses comptent parmi les plus sûres d'Europe. Statistiquement parlant, le risque d'être impliqué dans un accident est même légèrement plus faible dans un tunnel autoroutier que sur un tronçon à ciel ouvert.</p><p>1. En 2004, le Bureau suisse de prévention des accidents (BPA) a réalisé une étude analysant l'influence des divers facteurs sur la sécurité routière dans les tunnels autoroutiers. Ses conclusions ont montré que parallèlement à la longueur du tunnel, à la largeur de l'accotement, au volume de trafic et à la part du trafic lourd, le nombre de tubes joue également un rôle majeur en matière d'accidents dans les tunnels. Cette étude constitue une référence importante pour les calculs de probabilité relatifs aux accidents que le BPA a effectués en 2012 dans le cadre des "Road Safety Impact Assessments" concernant les diverses options envisagées pour la réfection du tunnel routier du Saint-Gothard. Ces analyses ont révélé que le nombre de personnes accidentées pourrait être diminué d'une bonne moitié si au lieu d'un tunnel bidirectionnel, deux tunnels unidirectionnels (sans accroissement de capacité) étaient ouverts à la circulation.</p><p>2. Le rapport du BPA parvient à la conclusion que l'exploitation de deux tunnels unidirectionnels permettrait de diminuer le nombre de blessés d'environ 180 et le nombre de tués de 20 sur une période de quarante ans. Tout en évitant des souffrances humaines, cette mesure permet également un bénéfice économique qui peut être chiffré : à partir des mêmes paramètres que ceux utilisés pour la quantification des mesures Via Sicura, il a été établi que la réduction des coûts atteindrait 90 millions de francs en quarante ans de service. Les coûts supplémentaires engendrés par la construction d'un second tube par rapport aux options de réfection sans second tube se chiffrent quant à eux à environ un milliard de francs. Du point de vue économique, il faudrait donc avancer d'autres arguments que celui de la sécurité pour justifier un second tube au Saint-Gothard.</p><p>3. Si l'on observe les types d'accidents survenant dans les tunnels, les cas les plus fréquents sont surtout les tamponnements, les dérapages et les pertes de maîtrise. Les changements de voie et les collisions frontales sans dépassement sont moins significatifs. Dans ce dernier cas, toutefois, les conséquences sont la plupart du temps plus lourdes : deux des trois grands accidents survenus ces dernières années dans les tunnels des routes nationales suisses (tunnel routier du Saint-Gothard en 2001 et tunnel Viamala en 2006) ont été causés par des collisions latérales entre véhicules circulant en sens inverse. Ce type d'accident n'arrive pas dans les tunnels à trafic unidirectionnel. Par contre, des accidents graves peuvent aussi se produire dans ces tunnels.</p><p>4. La sécurité de la population, qui englobe également la sécurité routière, est l'une des grandes préoccupations du Conseil fédéral. En même temps, celui-ci doit prendre chacune de ses décisions en tenant compte aussi d'autres aspects à caractère social, environnemental et économique. En décidant d'opter pour la construction d'un second tube sans accroissement de la capacité, le Conseil fédéral n'a pas seulement tenu compte de l'argument de la sécurité. C'est surtout le rapport coûts/utilité qui a été déterminant par rapport aux autres options de réfection sans construction d'un second tube. Ces dernières impliquaient en effet le montage d'installations de chargement coûteuses et non durables et touchaient à des aspects politiques.</p>  Réponse du Conseil fédéral.