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Après la prétendue conférence de presse de François Fillon le 6 février 2017 (nous reviendrons sur la qualification d'une telle séance), mais on aurait assurément dû éviter le 6 du mois, surtout en février !).
Les Français ignorent la géographie, mais ils ne connaissent guère mieux l'histoire, quoique l'étrange "l'histégé" soit une spécificité éducative française ! Petit rappel ! Grande date de notre histoire moderne, le 6 février 1934 fait référence à la manifestation antiparlementaire organisée à Paris par la Droite et les Ligues devant la Chambre des députés pour protester contre le limogeage du Préfet de police Jean Chiappe dans l'affaire Stavisky. Elle tourna à l'émeute sur la place de la Concorde, faisant une trentaine de morts et plus de 2 000 blessés et causant la chute du second gouvernement Daladier.
Comment ici, vu la date et le sujet de l'intervention de 2F, ne pas évoquer, plus près de nous, le 6 juillet 1995, au moment où Alain Juppé, mis en cause pour l'attribution familiale d'un logement du domaine privé de la Ville de Paris, était au bord de la démission. C'est alors que, s'y refusant, il avait déclaré son fameux "Je reste droit dans mes bottes et je ferai mon travai!"; ce choix, au bout du bout, la conduit à aller mouiller les dites bottes dans les neiges du Québec.
La pseudo conférence de presse (on y a guère entendu de questions !), annoncée d'abord pour le dimanche sans autre précision, avait été, sans crier gare, déplacée au lundi (16 heures, puis 18 heures 30, on ne sait trop où et sans mention de média ), sans doute pour permettre une concertation sur son contenu et surtout le choix des thèmes à éviter.
Ils étaient en effet nombreux voire explosifs, depuis les contrats faits à deux enfants de François Fillon qu'il avait lui-même, sottement mis sur le tapis, le jour de son intervention télévisée, pour montrer que c'était une habitude quasi familiale, jusqu'à l'embauche de Pénélope par l'insolite Revue des deux mondes où Pénélope avait pondu, en deux ans d'activité et contre de copieuses rémunérations, deux articulets, sans parler de 2FConseil et de ses mystérieux clients secrets, comme des confortables bénéfices procurés par cette société qui fleure bon les conflits d'intérêts. Mais Il fallait surtout se donner le temps de clore le bec aux promoteurs de Plans B (pour certains à leur profit) et en particulier au sarkoziste Georges Fenec qui n'avait cessé, durant la semaine, de courir les médias pour demander le retrait de Fillon et la tenue d'un conseil national extraordinaire des Ripouxblicains.
Ce soudain changement de programme me paraît correspondre surtout à un changement global de stratégie. Il résulte d'une simple prise en considération des prévisions sur les sentiments des électeurs, si incertain que soit désormais ce genre de pronostic (mais il faut bien que continuent à vivre les instituts de sondage).
Les événements de la semaine dernière ont conduit à l'hypothèse que, si chez les Ripouxblicains, François Fillon pourrait rassembler 68 % des votants, dans l'ensemble de la population, cette proportion s'inverse et les deux tiers des électeurs n'envisagent plus désormais de voter pour lui vu la totale dégradation de son image vertueuse au fil des révélations. De ce fait, toute la stratégie fillonesque doit se recentrer totalement sur le parti LR ! Il n'y a donc plus qu'une seule solution : faire taire les mauvais coucheurs style George Fenech (sarkoziste) ou Virginie Calmels (juppéiste) qu'on va écarter du nouveau « comité de campagne » composé de 23 membres seulement et « resserrer les rangs ».
Tout est dit dans la composition même de ce nouveau Comité qui comprend huit sarkozistes (François Baroin, Luc Chatel, Éric Ciotti, Gérald Darmanin, Brice Hortefeux, Christian Jacob, Laurent Wauquiez et Éric Woerth) ; cinq fillonistes (Bernard Accoyer, Jérôme Chartier, Gérard Larcher, Gérard Longuet, Bruno Retailleau) et trois juppéistes (Dominique Bussereau, Jean-Pierre Raffarin, Valérie Pécresse). S'y ajoutent quatre anciens prétendants de la primaire (Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Hervé Mariton et Bruno Le Maire), son organisateur (Thierry Solère) et le patron de l’UDI (Jean-Christophe Lagarde). Le seul à faire son entrée dans la campagne est l'un des prétendants d'un plan B Xavier Bertrand
Le texte de la conférence de presse, appris par cœur et lu par 2F, avait vu son contenu comme sa progression soigneusement pesés ; en bon chrétien, 2F a commencé par la confession et la contrition, étendues à une portée générale car, comme on le sait, François Fillon aime à donner des leçons de morale, faute de pouvoir toujours les observer et les illustrer : « J’ai commis une erreur, je le regrette profondément et je présente mes excuses aux Français ». Mea culpa...!
"Mon fils : vous me direz deux Pater et trois Ave" ! Le jésuitisme n'est pourtant pas loin car 2F ne manque pas de souligner que tout cela « est légal », ... à défaut d'être moral ! Nous ne sommes donc pas très loin de la « restriction mentale »; François Fillon a en outre oublié que, comme il avait été le premier à le souligner et à l'affirmer dans son interview télévisée, ses deux enfants qu'il avait grassement rémunérés comme "attacheés parlementaires" en tant qu’« avocats », n'étaient alors que de modestes étudiants en droit ! Les avocats, toujours si soucieux et si jaloux de leur CAPA (Certificat d'aptitude à la profession d'avocat) ne manqueront sans doute pas de le rappeler et de faire valoir et sanctionner cette usurpation de titre. Idem pour le "Hors contexte" qu'il avance à propos du film anglais sur Pénélope! Démenti très vif de l'auteur que 2F oublie de mentionner !
2F a naturellement repris aussi la ritournelle : « C'est moi ou le chaos » sous la forme : « La droite ne peut pas avoir d’autre candidat ». Il a eu et a beau jeu, tout en se flattant d'avoir été désigné par les suffrages populaires (du moins au sein de la seule droite,même s'il feint de l'oublier), de hurler avec les loups qui dénoncent le système ! Très à la mode en ce moment!
En fait, à ses yeux et à l'en croire, tout le monde veut sa peau, aussi bien à gauche avec la Haute Autorité Financière (qu'il conteste non sans provoquer sa réaction immédiate), sous la houlette d'une socialiste (tendance Aubry), que dans la droite des affaires et du MEDEF ( amoureuse de sa jolie marionnette Macron), lui qui s'est pourtan reconverti, à son plus grand profit (encore un oubli de sa part dans sa confession) en "conseil et consultant" de quelques grands groupes financiers, lui qui semble un ami proche du milliardaire Ladreit de Lacharrière (l’employeur occasionnel mais très généreux de Pénélope) ou d’ Henri de Castries.
Au terme de la prétendue conférence de presse les experts des médias étaient là et on a recueilli leurs opinions, (toutes très favorables voire enthousiastes vous le devinez), d’Eric Ciotti à Accoyer en passant par Longuet et Larcher (ce dernier au bord de l'explosion apoplectique sans doute par enthousiasme)! Rien que du beau monde et OBJECTIFS !