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La lecture de la Tribune de Genève du jour nous apprend que :
« l'agence de notation Standard & Poor's (S&P) confirme la note de référence à long terme AA- attribuée au Canton de Genève. (…) L'agence de notation relève en particulier l'engagement du Conseil d'État genevois à contenir la hausse de la dette par des mesures budgétaires destinées à maîtriser les charges et à augmenter les recettes de l'État...
Il y a 543 ans, la situation n'était pas si rose pour les finances genevoises. Les gens de ma générations ont célébré à l'école les exploits des vaillants Confédérés à Grandson et Morat en 1476 face aux chevaliers du duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Or, je l'ai appris bien plus tard, il y avait un hic... nos maîtres d'école avaient passé sous silence le fait qu'en 1476 nous étions dans le camp du vaincu. Les guerres de Bourgogne ont en effet constitué un épisode malheureux dans les relations de Genève avec les Suisses, l'évêque de Genève Jean-Louis de Savoie (1460-1482) étant alors l'allié du duc de Bourgogne. Le retour de manivelle ne se fit pas attendre puisque après leur victoire contre le duc Charles, les Suisses punirent Genève et exigèrent le versement d'une amende de 28'000 écus, ce qui correspondait à 12% des actifs de la fortune totale des particuliers. ** Un montant considérable que Genève était dans l'impossibilité de payer vu l'état de ses finances publiques. Une bande armée incontrôlée d’environ 1700 hommes provenant notamment d’Uri et de Schwyz fit mouvement sur Genève pour punir la cité et saisir la rançon non versée. Le 4 mars 1477, grâce à l’intervention et à la médiation de plusieurs cantons, cette troupe fut heureusement stoppée près de Lausanne. Cette opération est connue en Suisse allemande sous le nom de « Saubannerzug », (l’expédition du drapeau à la truie), appelée en Français « l’expédition de la Folle Vie ». Les Genevois furent toutefois obligés de payer immédiatement à la soldatesque le solde de l’amende qui leur avait été infligée. Ils se consolèrent en se disant qu'ils avaient échappé au pire, la mise à sac pure et simple de Genève.
Claude Bonard
** citation tirée de Dufour Alfred : Histoire de Genève, Paris, Que sais-je, PUF, 1997, pp. 33-34.
Pour en savoir davantage : http://ge.ch/archives/3-folle-vie-premier-traite-de-combourgeoisie.
Lire aussi : Genève dans le rouge - crises financières XIVe-XXe siècle, Archives d'Etat 1992, livret de l'exposition.