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Depuis 2011, l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) dirige un programme de surveillance de la truffe de Bourgogne en Suisse et dans le sud de l'Allemagne. Des bénévoles et des scientifiques possédant des chiens truffiers y récoltent toutes les trois semaines sur des placettes témoins les fructifications du fameux champignon comestible apprécié en Europe.
Ils les pèsent, les mesurent, les décrivent et en envoient un fragment au WSL pour des analyses génétiques. La croissance des arbres et les données climatiques sont également relevées sur le site, indique l'institut jeudi.
Entre un quart et 70% de baisse
En analysant et en combinant ces données, l'écologue Brian Steindinger, du WSL et de l'Université de Constance (D) constate une nette diminution de la quantité de truffes lors des années sèches et chaudes, du moins pour ses variantes d'Europe centrale. "La truffe de Bourgogne est menacée par une tendance alarmante à l'augmentation de la sécheresse estivale en Europe", explique le chercheur.
De manière générale, une température estivale moyenne supérieure d'un degré réduit la production de près d'un quart (22%), voire jusqu'à 70% sur certains sites. Avec trois degrés de chaleur en plus, plus aucune truffe n'a été trouvée.
Fructification déterminante
"La tendance à la baisse des dernières années a été interrompue par l'été exceptionnellement frais et humide de 2014, au cours duquel de nombreuses fructifications se sont formées", explique Martina Peter, responsable du groupe de recherche Génétique écologique du WSL. Les filaments souterrains du champignon, appelés mycéliums, devraient donc encore être présents, mais la fructification est compromise.
"Si aucune fructification n'est produite, certaines populations de truffes pourraient s'éteindre", explique Martina Peter. Une solution possible serait d'identifier des variétés de truffes résistantes à la sécheresse et de les introduire à proximité d'arbres dans nos contrées. Cette approche doit toutefois être évaluée sur le plan de sa pertinence financière et écologique, commente Martina Peter afin de voir "si elle fait plus de mal que de bien".
Une chose est sûre: les truffes fournissent des nutriments et de l'eau essentiels à leurs arbres hôtes. Les conclusions de l'étude, publiées dans la revue scientifique "Global Change Biology", sont donc aussi importantes pour les écosystèmes forestiers face au changement climatique.
ats/jfe