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National
Agriculture
Un renversement historique en jeu
Les politiques agricoles nationales qui se sont succédé jusqu'à l'entrée en scène du néolibéralisme ont donné une efficience à l'agriculture face à l'insécurité alimentaire des siècles derniers. Alors que dans le contexte planétaire actuel l'instabilité politique, les guerres pour les ressources et le leadership font rage, le Conseil fédéral nous invite à monter dans le cyclone. Il ne se gêne pas pour tourner le dos aux motivations des électeur·trice·s et embrasser la dictature de l'OMC, foulant au pied la démocratie pour la remplacer par le dogme de l'autorégulation par la concurrence des marchés mondialisés. Selon lui, la sécurité alimentaire, les choix de production agricole, la protection de la nature, la biodiversité devraient résulter des lois de la concurrence mondiale en lieu et place de la souveraineté démocratique.
En effet, la suppression des barrières douanières sur les produits agricoles fera imploser l'édifice des instruments permettant de gouverner l'agriculture en donnant les moyens politiques d'instituer des conditions en rapport avec la santé publique, la protection de la nature et des animaux. Ces instruments sont:
- Le droit foncier rural qui détermine la valeur de la terre agricole et de ses bâtiments indépendamment du marché immobilier et du droit de succession.
- Les droits de douane sur les importations agricoles qui permettent de protéger les diverses productions choisies.
- Les marchés agricoles intérieurs régulés afin d'équilibrer l'offre et de stabiliser les prix.
- Une décentralisation de l'agriculture assurée sur l'ensemble du territoire.
- La multifonctionnalité de l'agriculture, à savoir la conservation des ressources, l'entretien du paysage rural, etc.
La politique libre-échangiste de M. Schneider Ammann induisant une industrialisation de l'agriculture avec ses méga-fermes, ses monocultures, sa bureaucratisation aliénante… mettrait encore la nature plus à mal. Pour autant, il n'en coûterait pas moins cher aux contribuables de colmater les dégâts collatéraux à coût de milliards par année auxquels s'ajouterait la perte de deux milliards de taxes douanières.
L'empressement de notre ministre de l'économie à faire avaliser son projet s'inscrit dans l'entourloupe du 24 septembre, afin de couper l'herbe sous les pieds des diverses initiatives populaires en cours qui remettraient en cause ses visées industrialo-financières. Dès lors, il est urgent de faire alliance contre ce projet: discuter ensemble des enjeux prochains et de réfléchir à la refonte de la politique agricole paysanne rémunératrice, respectueuse de la santé publique, de l'environnement et des animaux sur les bases de la souveraineté politique.
Paul Sautebin
Président d'Uniterre JU-JB
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