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L'ex-intendant du Kremlin se présente jeudi à la convocation du juge Daniel Devaud. Mais, il ne devrait pas répondre à ses questions. Pavel Borodine est accusé de blanchiment d'argent dans le cadre de la rénovation du Kremlin. Il aurait perçu des commissions des deux sociétés tessinoises.
La partie de cache-cache entre Daniel Devaud et Pavel Borodine continue. Inculpé de blanchiment, mais libéré sous une caution de cinq millions de francs le 12 avril dernier, l'ex-intendant du Kremlin est arrivé mercredi soir à Genève. Il est attendu, jeudi à 9 heures, dans le bureau du juge d'instruction.
Daniel Devaud veut l'interroger sur les 30 millions de dollars qu'il aurait perçu des sociétés Mabetex et Mercata. Basées au Tessin, ces entreprises de construction auraient obtenu en échange de ces pots-de-vin des contrats pour la rénovation du Kremlin et de l'avion présidentiel.
Le magistrat a prévu une confrontation générale entre les divers protagonistes. Le patron de Mabetex, Behgjet Pacolli, ainsi que deux financiers et un avocat genevois, également inculpés pour blanchiment, sont aussi convoqués à cette réunion.
Mais cette réunion pourrait se résumer à un monologue. Selon nos informations, les avocats de Pavel Borodine lui ont conseillé de faire valoir son droit à garder le silence face aux questions du magistrat. Si les autres inculpés font de même, pour le juge, ce serait alors un coup d'épée dans l'eau.
Actuel secrétaire de l'Union Russie-Bélarus, Pavel Borodine avait été arrêté le 17 janvier à New York suite à un mandat d'amener lancé par le juge Devaud. Il a passé trois mois dans une prison américaine avant d'être extradé vers Genève puis libéré sous caution par la Chambre d'accusation du canton.
Le procureur Bertossa avait demandé trois mois de détention provisoire pour les besoins de l'enquête. Il estimait que s'il était libéré, Pavel Borodine ne répondrait pas aux convocations de la justice. Mais l'ex-intendant du Kremlin a décidé de tenir ses engagements.
Dans le cas contraire, il risque de perdre la caution de cinq millions que le gouvernement russe a versé pour sa libération.
Luigino Canal, Genève