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Les futurs avions de combat des forces aériennes suisses seront donc américains. Avion furtif dit de cinquième génération, le F-35 est produit par le numéro un mondial de l'armement, Lockheed Martin.
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"C'est un choix cohérent et courageux. Parmi les quatre appareils évalués, le F-35 est le mieux adapté pour la période 2030-2070", estime Alexandre Vautravers.
L'expert en questions de sécurité salue un pari sur le futur: "Si vous achetez un avion pour les quarante prochaines années, est-ce que vous allez acheter le meilleur avion de la quatrième génération ou le seul de la cinquième génération avec un potentiel d'amélioration plus élevé? La réponse est relativement simple."
Critiques dans la presse
"Erreur stratégique", "trou d'air", "signal désastreux": la presse romande est très critique jeudi avec la ministre de la défense Viola Amherd, au lendemain de la décision du Conseil fédéral.
En optant pour l'avion américain contre le Rafale français ou l'Eurofighter européen, la plupart des médias estiment notamment que la Suisse se trompe sur un plan géostratégique, après avoir déjà déchiré le projet d'accord institutionnel avec l'Union européenne.
"Vous pensez que tout va s'arranger avec Bruxelles en signant un contrat? Je ne le crois pas. La Belgique a d'ailleurs aussi fait le choix du F-35", fait savoir Alexandre Vautravers.
"Un débat passionné"
Le rédacteur en chef de La Revue militaire suisse relève par ailleurs que le F-35, parmi les différents avions proposés à la Suisse, est l'appareil qui sera produit au plus grand nombre d'exemplaires et qui aura le plus grand nombre d'utilisateurs. Les fournisseurs de pièces détachées seront donc plus nombreux.
"Il y a des réactions très vives car c'est un débat qui a été passionné depuis les années 2010, depuis la proposition à l'origine du Gripen. C'est aussi un choix politique de dire qu'on ne veut pas se mettre dans une situation de dépendance par rapport à un seul pays ou livreur. On fait partie d'une communauté d'une trentaine de pays qui vont participer à ce projet technologique", signale Alexandre Vautravers.
Celui-ci rappelle enfin que les critiques sur les appareils de combat sont monnaie courante depuis les débuts de l'aviation militaire. "Ce n'est pas quelque chose de nouveau. Beaucoup d'appareils qui sont aujourd'hui en service et qui sont extrêmement réputés pour leur fiabilité ont été critiqués dans leur jeunesse."
>> La Matinale revient sur la décision du Conseil fédéral:
Propos recueillis par Romaine Morard
Texte web: Guillaume Martinez