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Chapelle de Muzot (Sainte Agnès)
La chapelle actuelle de Muzot remonte au XVIIIe siècle. Il s’agit d’une chapelle votive construite par le sautier Nicolas Im Winkelried, de Venthône, à l’emplacement d’une ancienne église paroissiale située sur le chemin qui relie Veyras et Miège.
L’ancienne église paroissiale devait faire partie d’un village médiéval dont ne subsiste aujourd’hui que la maison forte habitée, entre 1921 et 1926, par Rainer Maria Rilke. Les sources ne précisent pas de quand date la construction de l'édifice. L’église apparaî̂t dans les textes dès le XIVe siècle, sous le titre de Sainte- Agnès. La première mention remonte au 30 octobre 1326. A cette époque, les églises de Musotte et de Villa paraissent déjà réunies, du fait de l’insuffisance des bénéfices. En 1403, la paroisse de Musot reçoit de Pierre de Cresco, prieur dominicain du couvent de la Madeleine à Lausanne, deux reliques ad opus et decorem ecclesie de Moiat: l’une du doigt de saint Sébastien et l’autre de sainte Agnès. En 1415, l’église est restaurée; un autel secondaire est fondé à cette occasion. L’église est de nouveau réparée en 1472, où elle apparaît sous le titre de saint Sébastien qui semble remplacer l’ancien vocable. Le 19 mars de cette année, le cardinal Mathieu Schiner impose aux paroissiens de Villa l’entretien d’un second prêtre (vicaire) qui doit s’arranger avec le curé de Musotte pour desservir les deux églises. La dernière mention d’un curé de Villa et Musotte date de 1654; il s’agit de Mathias Will qui fonda plus tard, en 1687, un vicariat à Sierre.
Le 29 novembre 1660, sous prétexte du dépeuplement progressif de Musotte, l’évêque Adrien IV de Riedmatten décrète le transfert de la paroisse avec son titre Saint-Sébastien à Venthône, un transfert qui devient effectif en 1662. L’église de Muzot sombre progressivement dans l’oubli : elle est qualifiée de vieille dans un document de 1705, où elle sert de repère pour localiser un raccard ; une désignation répétée en 1737, 1754 et 1764.
Après le décès de l’évêque François-Frédéric Ambuel, le sautier Nicolas Im Winkelried, communier de Venthône, décide de remplacer le sanctuaire vétuste par une chapelle votive à la mémoire de ce prélat. L’édifice est terminé en 1781, selon la date figurant sur la prédelle du retable et sur l’arc triomphal du chœur, et béni vers 1784 par le chanoine Joseph-Maurice de Courten, vicaire général et official, sous le titre de la Présentation de la Vierge Marie.