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Comment une société attribue-t-elle une forme d’expression concrète au facteur temps? La présente contribution interroge la valeur historique de la culture matérielle en prenant pour exemple les vêtements féminins en Valais aux XIXe et XXe siècles et, en particulier, le comportement vestimentaire pendant le deuil.
L’organisation du temps, considérée comme un besoin fondamental de l’homme, s’exprime dans de multiples objectivations. Des études sur les vêtements féminins paysans montrent avec clarté que les sociétés préindustrielles connaissaient une Organisation du temps ä la fois cyclique et linéaire: le changement d’un foulard blanc par un foulard de couleurs, ou d’un foulard par un chapeau, correspond ä un temps cyclique qui se développe selon une suite répétée de jours de labeur et de jours de repos, d’êtes et d’hivers, de dimanches et de jours féries. Les différences au point de vue vestimentaire entre les célibataires et les femmes mariées, les femmes en deuil et Celles qui ne le sont pas, témoignent d’une conception du temps linéaire, d’une vision de la vie considérée comme une succession permanente de phases, de passage d’un Statut ä l’autre. En ce qui concerne les vêtements de deuil, il existe un lien étroit entre Système de parente et temps. A la gradation des couleurs des vêtements correspond un état de deuil, un degré de parente et une phase de deuil. Le temps est ainsi détermine culturellement, il doit toujours être perçu en fonction d’un Système social détermine. La connaissance de «microsystèmes» de temps, tels qu’ils se manifestent dans la conception du temps de deuil, est une condition nécessaire à la compréhension du temps historique.
(Traduction: Chantal Lafontant)