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Adolf Ogi est né le 18 juillet 1942 à Kandersteg. Avant d'embrasser la carrière politique, il était déjà très connu en Suisse et à l'étranger. Il fut en effet directeur technique de la Fédération Suisse de Ski (FSS) de 1969 à 1974, puis directeur de 1975 à 1981. Chacun garde en mémoire les Jeux Olympiques d'hiver de Sapporo, en 1972, où l'équipe suisse fut couverte d'or.
Membre du parti de l'Union démocratique du centre (UDC) depuis 1978, M. Ogi en assume la présidence de 1984 à 1987. Il est élu Conseiller national en 1979 et accède au Conseil fédéral le 9 décembre 1987.
Il dirige d'abord le Département fédéral des transports, des communications et de l'énergie; il est Président de la Confédération en 1993 et conduit énergiquement le Département militaire fédéral depuis le 1er novembre 1995.
Sous sa direction, les choses bougent: mise en place de la réforme Armée 95, création de la Commission d'étude pour les questions stratégiques (Commission Brunner), engagement des bérets jaunes en Ex-Yougoslavie, Partenariat pour la Paix et j'en passe.
Adolf Ogi est bien sûr resté fidèle à ses premières amours sportives. Il sera d'ailleurs aussi Ministre des Sports dès 1998.
Le 25 juin dernier, il a accepté de présider le Comité national pour les Jeux Olympiques d'hiver "Sion - Valais - Wallis - Switzerland 2006".
Il est l'ambassadeur tenace, auprès du CIO, de la candidature suisse aux Jeux.
Le Conseiller fédéral Adolf Ogi viendra nous parler et aussi répondre à nos questions sur le thème "Politique de sécurité et ouverture"
Au risque - heureux - que cela devienne une tradition, le Château d'Oron accueillait à nouveau un Conseiller fédéral en cette première soirée de notre cycle de conférences d'automne.
Monsieur Adolf Ogi représentait le Département Militaire Fédéral (DMF) dont il est le ministre, mais un DMF en mutation, au point que sa dénomination change au 1er janvier 1998. Cela eut été simple de le rebaptiser DDS, Département de la défense et de la sécurité, mais du moment que le sport s'intégrera à ce département, il sera appelé DDPS, soit Département de la défense, de la protection de la population et du sport.
Quoi qu'il en soit, c'est avec bonhomie que M. Ogi nous dit se sentir bien seul parmi nous en tant que bernois après le départ de LL.EE il y a 200 ans, si seul que parfois il demande approbation à son commandant de corps présent, Monsieur Abt.
D'emblée Monsieur Ogi fixe le débat au-dessus des critiques politico-politiques, pour placer le niveau du discours et des intentions sur le plan international et de l'ouverture et non pas uniquement de la défense de notre territoire. Monsieur Ogi s'est fixé 3 axes d'action pour sa politique de sécurité, non seulement protéger notre territoire, certes, et maintenir notre autonomie, mais aussi construire et promouvoir la paix, car dit-il, la paix ça se construit et nous ne pouvons pas être uniquement consommateurs de la paix, nous nous devons d'en être aussi les producteurs, voire les générateurs.
Dans son approche de la politique de la sécurité extérieure il insiste sur l'élément essentiel : notre neutralité. Jamais mise en cause, elle n'interdit pas la solidarité, elle doit être flexible, vivante et non pas apathique. Le DMF n'est pas passif dans cette action, il se mobilise dans le Partenariat pour la Paix, dont la Suisse est devenue membre depuis début 1997. Le DMF souhaite également favoriser la création à Genève d'un Centre International de déminage humanitaire (mines antipersonnel).
Une partie de son discours est tout de même laissée pour aborder l'aspect national des activités du DMF. Après l'Armée 95 interviendront d'autres modifications, mais Monsieur Ogi n'est pas partisan d'une armée professionnelle : milice toujours, oui, mais avec des professionnels aux postes clé et de responsabilité, essentiels au bon fonctionnement. Il faut assumer les nouveaux défis. Il souhaiterait que notre armée soit plus souple, prête à participer à des missions à l'étranger. Car une armée comme la nôtre se doit d'être solidaire, adaptée aux métamorphoses de notre temps. Savoir agir correctement et promptement sous la pression du temps, car le monde ne nous attendra pas.
Que de facettes intéressantes, si loin des critiques journalistiques que déploient nos médias au moindre incident « militaire » sur territoire national. Cela nous a permis d'apprécier l'ampleur et l'envergure de l'engagement international de nos autorités.

Née à Genève, où elle vit.
De la veine des écrivains voyageurs, Laurence Deonna "couvre" les chemins du monde depuis près de trente ans, avec pour région de prédilection le Moyen-Orient, du Yémen à l'Iran, ainsi que d'autres pays islamiques tels que les anciennes républiques soviétiques d'Asie Centrale. En Iran, elle a été l'une des très rares, sinon la seule femme journaliste étrangère à avoir pu pénétrer dans la prison politique d'Evin, à Tehéran - et la photographier (1984).
A travaillé pour de très nombreux journaux et magazines, ainsi que pour la chaîne de télévision britannique "Frontline News Television". A publié de nombreux livres et exposé ses photos dans plusieurs pays. Donne régulièrement des conférences en Suisse et à l'étranger et des interviews à la radio et à la télévision. Plusieurs portraits filmés lui ont été consacrés. Un de ses livres a été porté au théâtre à deux reprises et a fait l'objet d'un film pour la télévision.
Est également une femme engagée pour la paix et les droits de l'homme (et de la femrne !). Honorée, entre autres distinctions, par le Prix UNESCO 1987 de l'éducation à la paix, elle fut présentée par le Directeur général de l'Organisation avec ces mots:
"Madame Deonna constitue un brillant exemple de ce que l'information et la communication peuvent apporter à la compréhension internationale, en alliant la recherche passionnée de la vérité et le souci constant d'ouvrir des brèches de plus en plus grandes entre les sensibilités culturelles ()"
Madame Laurence Deona nous relate différents événements de sa vie de grand reporter, ou reporter au long cours. En réalité, de baroudeur, Mme Deona n'en a vraiment pas l'apparence, toute féminine et de douceur on peut se demander ce qui a poussé cette femme gracieuse sur les routes épineuses et dangereuses du journalisme. Eh bien c'est l'enquête, ou la quête à l'état pur, la recherche de la vérité. Voilà le message qu'elle transmet depuis des années dans ses livres, un message qui passe tout en douceur comme son discours de ce soir. Pas d'impertinence, pas de haine envers les attitudes de ses interlocuteurs, au point que ses récits demeurent volontairement descriptifs, sans donner dans la force et l'analyse.
On a le sentiment que Mme Deona s'est promenée au gré de ses choix, qu'elle a glâné moultes informations, qu'elle a entendu de nombreuses vérités, mais qu'elle a toujours tenté de ménager les susceptibilités des grands de ce monde en ne disant qu'une partie congrue de ce que lui dévoilaient les témoins rencontrés. Elle s'est gardée la véracité des témoignages de souffrance et d'horreur pour ne les transcrire que plus tard dans ses livres. Difficile de faire dire au papier tous les actes indicibles vus et entendus dans tous ces pays, une fois de retour dans le cocon helvétique: difficulté entre le ressenti et l'écrit.
Parcourant tous les pays du Moyen-Orient, avec toute la variété des religions, voilà ce qu'a affronté à chaque voyage Madame Deona, toujours à la recherche d'une certaine liberté pour laquelle il fallait souvent échapper aux autorités, assumer sa solitude d'hôtel ou la promiscuité des aéroports. Ces moments d'incertitude laissent peu de place à la réflexion, mais les opinions et convictions préconçues s'affermissent. Dans des circonstances de survie, souvent administrative, l'idéal forgé au moment du départ se perd rapidement. Les scoops sont un véritable holocauste culturel et l'influence américaine un anesthésiant surprenant: elle a vu des gens confondre Rambo avec Rimbaud, lors d'un voyage de M. Mitterand dans ces pays.
Si parfois elle aurait souhaité être hermaphrodite, son état de femme lui permettait des impertinences ou des réponses naïves: «aime ton prochain comme toi-même» dit-elle un jour à celui qui lui disait que dans le Livre Saint il n'est pas question des droits de l'homme.
Femme elle n'as pas toujours été entendue, et on retrouve chez Madame Deona l'effet de condescendance qu'elle ressentait en face des hommes politiques qui la recevaient; elle en est restée plus modeste dans ses témoignages qui acquièrent néanmoins d'autant plus de valeur de par leur sincérité.
Livres
1970
Moyen-Orient - femmes du combat, de la Terre et du sable.
Reportage sur la vie des Palestiniennes, Syriennes, Irakiennes, Koweïtiennes, Egyptiennes.
Editions Labor et Fides, Genève.
Traduit:
arabe, par le Ministère de l'Inforrnation du Koweït.
1980
Femme et reporter.
Les coulisses du reportage, au féminin.
Edtions France Empire, Paris / Edicompo, Ottawa.
1982
Le Yemen que j'ai vu
Reportage.
Editions 24 Heures, Lausanne.
1983
Yémen.
Editions Arthaud, Paris,
Traduit:
arabe: Dar al-Adab, Beyrouth.
anglais: Three Continents Press, Washinghton D.C.
1986
La guerre à deux voix.
Témoignages de femmes "ennemies" arabes et israëliennes.
Editions Le Centurion, Paris / Labor et Fides, Genève.
Traduit:
allemand: Am Galgenberg, Hamburg; Goldmann, Munich
anglais: Three Continents Press, Washington D.C.
italien: Mursia, Milano
espagnol: Diana, Mexico
hébreu: Mifras, Tel Aviv
1989
Du fond de ma valise.
De nouveaux souvenirs viennent s'ajouter aux anciens (voir Femme et reporter).
Editions La Baconnière, Boudry / Neuchâtel (Suisse).
Traduit:
allemand: eFeF, Dortmund / Zurich
1992
Mon enfant vaut plus que leur pétrole.
Autoreportage et essai.
Actions et réflexions de femmes, dont celles de l'auteur, contre la et sur la Guerre du Golfe (1991).
Editions Labor et Fides, Genève
Traduit:
anglais: Arab Bookshop, Beyrouth, Genève
arabe: Dar al-Sina, Le Caire
italien: Sensibili alle Foglie, Rome
1995
Syrien, Syriennes (l992-1994).
Reportage
Editions Zoé, Genéve.
Traduit:
italien: Nuovo Ippocrate, Siracusa, Sicilia
anglais: Three Continents Press, Colorado Springs
Tous ces ouvrages sont illustrés par des photos de l'auteur.
Monsieur Jérôme Sobel, Médecin, aborde en ce 12 novembre un sujet encore tabou pour beaucoup, mais dont certains s'occupent activement: «l'Euthanasie dans le contexte d'aujourd'hui».
En effet, les gouvernements de quelques pays ont établis des lois et des groupuscules poussent aussi les autorités de notre pays à réagir aux demandes. Au niveau cantonal vaudois le groupe Exit tente la démarche dans le cadre de la loi vaudoise sur la santé, alors que le Groupe A Propos souhaite faire apporter une modification du code pénal fédéral.
Monsieur J. Sobel participe et apporte sa contribution à titre de médecin au Groupe A Propos et, de par ses activités de chirurgien, spécialisé en ORL et chirurgie cervico-faciale, il est amené à réfléchir plus que quiconque à ces circonstances douloureuses qui font douter de la poursuite de l'existence.
Pour la commission de santé publique du Parlement européen l'assistance aux mourants se cache sous le terme de soins palliatifs, ce qui nous amène à distinguer l'euthanasie active (calmants qui soulagent, mais entraînent la mort) de l'euthanasie passive (arrêt des soins). L'euthanasie active est condamnée par le Code pénal suisse et par l'ASSM, car pour eux, la première solution tue, tandis que l'autre empêche de continuer à vivre.
Mais le Dr Sobel ne nous a pas étourdis de règlement ou de loi, il s'est appliqué à nous faire voir différents stades de maladies incurables ou insoutenables, mais dont l'issue est inéluctable, de nous expliquer l'approche de plusieurs religions et celle des Etats qui nous entourent.
Personne n'aime parler de la mort et encore moins de la sienne, alors qu'il n'y a rien de plus certain dans notre existence, la seule chose dont nous sommes sûres, et pourtant...Mais ce soir les plus de cent personnes présentes ont écouté attentivement, certaines ont beaucoup appris, d'autres ont découvert, mais aucune n'est restée insensible et nous avons ainsi tenté d'apprivoiser la mort.
Notions de droit, de devoir ? N'y a-t-il de loi que les lois naturelles pour certains ? Et les lois morales : faisceau d'habitudes implantées en nous depuis des siècles, peut-on aujourd'hui raisonnablement conférer à ces réglements le caractère d'un impératif absolu ? ou faut-il admettre qu'il y a une loi morale collective et qu'il est presque impossible à l'homme d'agir uniquement à titre d'individu ?
Telles furents les nombreuses interventions démontrant combien il est difficile de prendre parti pour l'une ou l'autre cause. Ce sujet sérieux ne nous a pas fait oublier les dames des coulisses qui nous ont restaurés avec leur préparation de pâtisseries « home made » et toute leur gentillesse.A tous, merci de nous avoir suivis.
Marianne Corboz