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Oui, tout cela était là pour toujours
Michaël Perruchoud
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Le mot de la fin
Notre monde était simple. Il y avait Swissair, la meilleure compagnie du monde, les CFF avec le chariot des sandwiches et les wagons fumeurs, tous ces trains dans lesquels nous montions avec une timidité confinant au respect et qui jamais n’arrivaient en retard.
Les mômes avaient droit à leur pastille de fluor avant la récréation pour que nous ayons les dents plus blanches qu’ailleurs, malgré le Nesquik et les Sugus. Coop rimait avec Bâle, Migros avec Zurich, mais elles se partageaient la Suisse en toute harmonie – même les anarchistes et les punks y faisaient leurs courses. Dans les villages et les quartiers périphériques, le bibliobus passait après le bus Migros pour offrir un peu de nourriture intellectuelle à une population au taux de calcium réjouissant.
S’il existait deux chaînes de supermarchés, il y avait trois banques. Soit dit en passant, la Raiffeisen comptait seulement dans les campagnes et j’ai appris plus tard que cet établissement aux abor