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C'est la mi-temps entre la Suisse et le Portugal. Notre équipe nationale est menée 2-0 après une première période vide de presque tout. Sur le plateau de la télévision tessinoise, les mines sont graves. Reto Ziegler prend la parole. L'ancien latéral de l'équipe de Suisse (35 sélections) témoigne en deux phrases du malaise qui entoure la Nati depuis le début du match:
Ce choix d'alignement est celui de Murat Yakin. Un choix par défaut, dicté par l'absence du latéral droit de métier Silvan Widmer, victime comme plusieurs de ses coéquipiers d'un refroidissement.
Le problème, en l'occurence, n'est pas de perdre un joueur pour un match important, mais de devenir une petite équipe quand cela arrive. C'est ce qu'a été la Suisse mardi contre le Portugal, baladée pendant presque 90 minutes par des Portugais qui ont montré qu'ils pouvaient être meilleurs sans Cristiano Ronaldo, parce que leur sélectionneur avait pris quelqu'un (Gonçalo Ramos) pour le remplacer.
La Nati, elle, a payé le forfait de Widmer parce que Murat Yakin n'avait retenu aucun autre latéral droit de métier pour pallier une éventuelle absence. Sa décision de ne pas convoquer Kevin Mbabu (pourquoi pas) ni Jordan Lotomba (on attend toujours des explications) a en effet propulsé Edimilson Fernandes dans un rôle qui n'est pas le sien.
La Suisse, bien sûr, avait le droit de perdre contre une meilleure équipe qu'elle. Mais pas comme ça. On espérait que ce match contre le Portugal soit historique et il l'a été, mais de la pire des manières. Après avoir réussi l'exploit de se faire éliminer du Mondial 2006 sans prendre le moindre but dans le jeu, la Suisse a réussi celui d'inventer une nouvelle défense qui n'avait encore jamais joué ensemble pour un match à élimination directe de Coupe du monde.
Car au lieu d'évoluer à quatre comme en phase de poules, la Nati est passée à trois défenseurs, un système qu'elle n'avait expérimenté qu'une seule fois depuis l'arrivée de Murat Yakin sur le banc en septembre 2021. C'était lors du seul match amical précédant le tournoi au Qatar. La Suisse avait alors perdu sans gloire (2-0) et Edimilson Fernandes n'était même pas entré en jeu.
Tard mardi, pendant que les Portugais nous raccompagnaient dans nos chambres au son des klaxons, de nombreux supporters de l'équipe de Suisse, parmi les plus assidus, réclamaient l'éviction du sélectionneur, rien de moins, pour ce qu'ils estimaient être une faute professionnelle.
Beaucoup attendaient des réponses avant de dormir et Xherdan Shaqiri est venu leur en donner. Il a été le premier joueur à se présenter au micro de l'envoyé spécial Nicoló Casolini.
Cette première Coupe du monde en hiver était redoutée par tous les sélectionneurs car elle réduisait le temps de préparation de chaque équipe à une semaine au lieu du double, voire du triple. Il peut paraître étrange, dans ces conditions, de voir l'un d'eux inventer un nouveau système. Mais Murat Yakin, qui manque d'expérience à ce niveau de compétition, l'a fait, et il devra répondre de ses choix à ses employeurs, mais pas seulement: ses joueurs aussi voudront des explications.
Pour se qualifier pour la phase finale de l'Euro 2024, année de la fin de son contrat, Murat Yakin devra convaincre son équipe de croire en lui et de le suivre. Or cette équipe, c'est celle qu'il n'a pas su mettre dans les meilleures dispositions pour ce qui était l'un des matchs les plus importants de son histoire. La tâche du sélectionneur de 48 ans, ce matin, est immense.
Les Mondiaux arrivent et les sélections helvétiques viennent d'être communiquées. Swiss-ski emmènera 24 athlètes (14 par sexe au maximum) en France. Si les hommes ont encore un slalom à disputer samedi à Chamonix, pour les femmes, les chances d'aller chercher un précieux sésame sont désormais finies.