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C’est l’une des affaires médicales les plus complexes et les plus mystérieuses de la fin du XXe siècle et du début de l’actuel : le syndrome de la guerre du Golfe. Il y a dix ans, après une décennie de controverses, l’existence de ce syndrome était officiellement reconnue.1 On estimait alors qu’il affectait plus d’un quart des anciens combattants américains engagés lors du conflit de 1991.
La question avait commencé à être soulevée peu de temps après le conflit ayant opposé l’Irak aux troupes des pays de l’OTAN. Une question alors soulevée dans la plus grande confusion, aucun consensus ne se dégageant quant à la description, l’origine et l’exacte portée médicale de ce nouveau syndrome. Seule certitude : on observait un ensemble de symptômes très variés (gastro-intestinaux, neurologiques, respiratoires), souvent disparates, chez certains des militaires américains, britanniques et canadiens. Compte tenu des effectifs engagés en 1990 et 1991 par l’armée américaine dans ce conflit (697 000 hommes et femmes) et du nombre des victimes de ce syndrome – environ 20 000 –, c’est aux Etats-Unis que ce sujet avait fait, et ce à partir de 1994, l’objet des études les plus approfondies.
En 2008, le rapport officiel demandé par le Congrès américain estimait qu’il y avait bien là une entité pathologique unique – et il concluait que ce syndrome était la conséquence d’une exposition des militaires à des substances chimiques toxiques dont des pesticides – utilisés notamment contre les « mouches des sables » – ainsi qu’à la pyridostigmine. «Le syndrome de la guerre du Golfe est réel, écrivaient les auteurs. Il est la conséquence d’une exposition neurotoxique durant la guerre du Golfe et, avec le temps, peu d’anciens combattants en sont guéris ou sont en voie de guérison.»
synthétiser les connaissances sur cette espèce tout en fournissant des recommandations de gestion
Une étude originale2 dirigée par le Pr Brian Gulbransen, chercheur à l’Université du Michigan (Etats-Unis) vient aujourd’hui plaider en faveur de l’hypothèse de la pyridostigmine. On sait qu’il s’agit d’une substance inhibant de façon réversible l’enzyme acétylcholinestérase (AChE), empêchant ainsi la dégradation de l’acétylcholine. Cette anticholinestérase a largement été prescrite aux militaires (américains, britanniques, mais aussi français) déployés dans le Golfe en prévention d’éventuelles attaques par un gaz neurotoxique organophosphoré.
Des études épidémiologiques avaient conclu à l’existence d’un lien entre la quantité de pyridostigmine prise par les soldats et les troubles apparus après la guerre. Une étude a aussi identifié une interaction gène-médicament : les vétérans porteurs de variations génétiques diminuant l’élimination de la substance sont quarante fois plus à risque de développer des symptômes chroniques. Les mécanismes physiopathologiques précis demeuraient toutefois incertains.
Les chercheurs américains ont quant à eux conduit une étude expérimentale chez des souris (mâles et femelles) afin d’examiner l’hypothèse selon laquelle la pyridostigmine pourrait altérer la fonction intestinale en perturbant les systèmes nerveux et immunitaires de l’intestin. Leurs résultats montrent qu’une brève exposition des souris est suffisante pour provoquer des perturbations majeures concernant le contrôle nerveux des fonctions intestinales, mais aussi l’immunité intestinale et la communication immune entre intestin et cerveau.
« Ces troubles de la motricité intestinale sont liés à l’activation puis la désensibilisation des signaux cellulaires, ainsi qu’au développement chez le mâle d’une neuro-inflammation entérique, avec gliose réactive et neurodégénérescence, précise Le Quotidien du Médecin. Bien que la pyridostigmine ne perturbe pas la barrière intestinale, elle diminue l’immunité innée de l’intestin, et cela de façon différente chez le mâle et la femelle. Chez le mâle, elle induit une suppression aiguë de l’immunité innée, mais chez la femelle la suppression immune est plus tardive et concerne d’autres cytokines.
Pour le Pr Gulbransen, près de trente ans après la guerre du Golfe, les différences observées selon le sexe pourrait donner une meilleure idée sur la façon d’aborder le traitement des patients et fournir de nouvelles données pour développer des thérapies spécifiques et innovantes.
C’est une plante qui figure sur la liste des « espèces invasives préoccupantes » de l’Union européenne : la berce du Caucase. Introduite en France comme espèce ornementale à la fin du XIXe siècle, cette plante fait partie de la famille de la carotte (Ombellifères) et peut atteindre jusqu’à quatre mètres de haut. Elle a aussi progressivement colonisé certains milieux au détriment de la flore locale et sa sève peut provoquer des brûlures de la peau (phyto-dermatites).
Au vu de ces risques pour l’environnement et la santé humaine, la Commission européenne a inscrit la berce du Caucase sur la liste des espèces préoccupantes visées par le règlement n° 1143/2014 de l’UE, relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes. Dans ce contexte, l’Agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anaes) a été saisie par le ministère des Solidarités et de la Santé et le ministère de la Transition écologique et solidaire. Objectif :
synthétiser les connaissances sur cette espèce tout en fournissant des recommandations de gestion.
A l’issue des travaux d’expertise,3 l’Anaes recommande la mise en place d’un système de surveillance et le recours aux méthodes de lutte disponibles pour éradiquer les populations dans les zones jugées prioritaires.
« De nouvelles introductions de la berce du Caucase depuis son aire d’origine (le Caucase) sont peu probables, mais les populations existantes en France ou dans les pays limitrophes constituent des sources notables de dissémination, explique l’Anaes. L’espèce envahit des milieux perturbés par l’homme (bords de routes, prairies abandonnées), ainsi que les bords de rivières, d’où elle peut aisément se disséminer grâce aux activités humaines. Actuellement présente dans un large quart nord-est de la France et dans les Alpes, la berce du Caucase progresse régulièrement vers le sud-ouest, où les conditions climatiques sont particulièrement propices à son établissement et à l’augmentation de sa densité. »
Un mauvais livre peut se cacher derrière un bon titre. Tel n’est pas le cas avec cet ouvrage signé de l’animatrice du rendez-vous « 28 Minutes » sur la chaîne Arte.4 C’est, finement rapporté, la découverte des effets du glaucome, le combat contre la maladie, l’angoisse de perdre la vue, la hantise de la perte d’autonomie.
Ce sont aussi, finement narrées, les rencontres avec le corps médical spécialisé. Ce sont des lectures, le travail des sens mis en chantier, l’écoute de la nuit qui tombe avant de se lever, l’idée d’une progression vers une forme de sagesse loin des projecteurs hystérisés.
Un extrait : « (…) Je pris rendez-vous avec un vieux mandarin ayant consacré quarante ans de sa vie au glaucome dans un service hospitalier. Il avait une voix douce et lasse, avançait à petits pas prudents sur une moquette défraîchie, et me mena dans un bureau où la lumière était occultée par de lourds rideaux, qui sentait le renfermé et était équipé d’instruments hors d’âge. Il me fit asseoir derrière un appareil de métal noir qu’on eût cru dessiné par Giger, le père d’Alien, s’approcha, ventousa un engin sur mes yeux écarquillés ; je me liquéfiais tandis qu’il prenait ses mesures en soufflant très fort (emphysème ? contrariété ?) puis, se rejetant en arrière avec le tonus d’un diablotin monté sur ressorts, il s’écria “vous avez un double glaucome, chère Madame” et ajouta, comme si je n’avais pas l’air assez perdue, “si vous viviez en Afrique subsaharienne ou dans le Sud-Est asiatique, vous pourriez devenir aveugle en dix, quinze ans, mais nous sommes en France, heureusement”. » Heureusement.