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Montreux Licia Chery: «J'adore rire et faire rire»
La chanteuse genevoise s'est produite mardi sur la scène Music In The Park. Nous l'avons rencontrée quelques heures avant.
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Mardi après-midi, «La vie en rose» résonne dans les salons du Montreux Palace. Quelques clients cherchent d'où viennent ces notes et ce timbre soul et découvrent une jeune femme au micro à côté de son pianiste. C'est Licia Chery, reprenant Edith Piaf juste pour «Le Matin» dans une interprétation très personnelle. Trois heures plus tard, la Genevoise se produira sur la scène Music in The Park. Pour l'instant, elle s'éclate, rit, danse, avant de répondre à nos questions, avec une immense gentillesse. On aimerait que toutes les interviews se passent aussi bien.
Licia Chery, qu'est-ce que ça vous fait d'être ici à Montreux?
C'est un endroit prestigieux où tant d'artistes voudraient s'y produire. C'est un honneur pour moi de pouvoir y jouer.
Remontons le temps. À 17 ans, vous sortez votre premier album autoproduit. Vous avez toujours voulu faire de la musique?
Toujours. Non, ce n'est pas vrai: d'abord, je voulais être coiffeuse, puis avocate. (Rires.) C'est à partir de 12-13 ans que j'ai su que je voulais faire de la musique. J'ai chanté sur scène, et l'émotion que j'ai transmise, c'était celle que je voulais transmettre toute ma vie.
Plus tard, vous avez tenté l'aventure à New York. Sans succès. Qu'est-ce qui s'est passé?
Je suis partie sur un coup de tête à 20 ans. J'ai gagné un casting et ça m'a permis de me produire à New York. Mais après je n'avais plus de sous, alors je suis revenue!
En 2009, vous décidez de lancer une opération de financement participatif pour sortir un nouvel album. Racontez-nous.
J'avais essayé de trouver du financement auprès de la Ville de Genève, et j'ai toujours essuyé des refus. Alors je me suis dirigée vers le label participatif My Major Company. J'y suis allée sans trop y croire car il fallait réunir 150 000 fr. suisses. En 75 jours, j'ai eu la somme. C'était fou: c'était des gens que je ne connaissais pas, dont beaucoup des Français. En réalité, ça m'a permis de réaliser que ma musique touchait au-delà de mon cercle familial.
D'où vient cette mentalité de fer?
De mes origines haïtiennes, je pense. Je suis descendante d'esclaves, de combattants. Haïti est la première république noire qui a battu Napoléon. Les Haïtiens connaissent beaucoup de catastrophes mais restent dignes. C'est ce que mes parents m'ont transmis: continuer d'avancer quoi qu'il arrive et continuer à y croire. C'est pour ça que mon dernier EP s'appelle «Persistence», qui veut dire «persévérance».
Les mots qui reviennent souvent pour vous décrire sont «lumineuse» et «solaire». C'est la musique qui vous rend comme ça?
C'est ma personnalité. J'adore rire et faire rire. Quand on rit beaucoup, ça apporte du soleil. (Rires.)
Que raconte votre nouvel EP, «Persistence»?
D'amour, d'estime de soi et du fait d'aller de l'avant, peu importent les aléas de la vie. Je suis mère célibataire et c'est compliqué de se rendre compte que la vie rêvée ne va pas exister. J'ai envie de dire aux gens qu'il peut nous arriver plein de choses mais qu'il faut continuer d'avancer. En réalité, de tout ce qui nous est arrivé avant, on en est sorti.
Créé: 10.07.2019, 12h59