Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06932.jsonl.gz/1060

Le diabète est une maladie chronique qui nécessite un traitement permanent et qui a des répercussions pour le patient sur son activité journalière, son mode de vie et ses habitudes alimentaires.1 Le traitement peut entraîner des hypoglycémies causant beaucoup de craintes pour le patient et son entourage. Ces craintes doivent être prises en compte par les soignants. Le but de l'éducation des patients diabétiques est d'informer le patient, lui enseigner des compétences pratiques, faciliter son autonomie et améliorer sa qualité de vie. L'éducation des patients diabétiques a aussi pour but de faciliter le changement de comportement et l'adoption de pratiques qui peuvent réduire les complications, la morbidité et la mortalité.2
L'éducation des patients diabétiques a été caractérisée par plusieurs étapes qui ont permis l'amélioration de la qualité de vie des patients et la diminution de leurs complications. Joslin dans les années 20 a été le premier à démontrer l'importance de l'éducation des patients. Dans les années 60-70, L. Miller et M. Balint, la première en médecine et le deuxième en psychologie, ont contribué à la mise en place des bases scientifiques de l'éducation thérapeutique.3,4 Durant cette période, des organisations importantes se sont fondées en Europe, DESG (Diabetes Education Study Group) et aux Etats- Unis, AADE (American Association of Diabetes Educators). L'éducation a permis d'améliorer l'efficacité thérapeutique d'une manière impressionnante (diminution de 80% des comas, de 75% des amputations, etc.).3,5 Malgré les progrès extraordinaires faits dans le domaine de l'éducation, l'observance des malades à leur traitement est loin d'être optimale. Selon les études, entre 30 et 70% des patients prennent mal, voire arrêtent complètement leur traitement.6,7 C'est pour cette raison qu'un rapport optimal soignants-soignés et une formation du malade restent déterminants pour une meilleure adhésion thérapeutique. L'organisation du suivi du malade chronique est fondamentale dans le domaine de la qualité des soins.8,9 La prise en charge optimale des malades s'est ouverte aux dimensions psychosociales, et s'est élargie aux dimensions pédagogiques, avec une partie très importante pour l'éducation thérapeutique des patients.
Le Service d'endocrinologie du Centre hospitalier universitaire «Mère Theresa» à Tirana a plus de vingt ans d'expérience dans l'éducation des patients diabétiques. Créé dans les années 80, par le Pr I. Kalo, l'éducation a été une partie très importante du traitement de plusieurs générations de patients.10 Comme tout le système de santé, l'éducation a connu une stagnation, voire une détérioration au cours des dernières années, en se transformant en éducation verticale «ex-cathedra».
En tenant compte des progrès faits dans le domaine du traitement du diabète et surtout du rôle fondamental de l'éducation thérapeutique dans le cadre de l'approche globale du malade, nous avons restructuré notre système d'enseignement depuis 2000. Nous avons mis en place un programme complet d'éducation thérapeutique pour soignants et pour les patients. Du matériel pédagogique a été développé et l'utilisation d'aliments factices a beaucoup facilité le cours de nutrition. Une évaluation d'impact de l'éducation à court terme (questionnaire de connaissance) et à moyen terme (HbA1c) a été mise en place.
Programme d'éducation thérapeutique pour les soignants
Six infirmières ont suivi un programme intensif de formation de deux mois avec trois colloques de 60 minutes/semaine. Lors du programme, les infirmières ont reçu non seulement des connaissances sur le diabète, mais aussi des éléments psychopédagogiques pour enseigner. Chaque infirmière a été évaluée par un questionnaire portant sur ses connaissances en diabétologie avant et après la formation.
Programme d'éducation des patients diabétiques
Le programme d'éducation des patients diabétiques a été évalué chez 250 patients consécutifs. Le programme comporte huit cours en cinq jours d'hospitalisation selon le modèle de Genève.1 Un questionnaire comportant vingt-cinq questions de connaissances et compétences a été effectué chez 250 patients avant et trois mois après le programme.11 L'âge moyen du collectif était de 63 ± 2 ans, une durée du diabète de 8,7 ± 1,1 ans.
Le nombre de connaissances en diabétologie a augmenté de 42% (p
Les connaissances des patients se sont améliorées de 20% même trois mois après le programme (p
Le suivi d'un patient diabétique implique un enseignement thérapeutique non seulement pour les patients mais aussi pour les soignants. Notre double programme a permis une amélioration très significative des connaissances et compétences des patients et des soignants. La maîtrise pédagogique des soignants a beaucoup changé et le contrôle glycémique et la qualité de vie des patients aussi. W