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Il y a le fils, qui a probablement tout raté. Il y a le père, qui n'est plus ce qu'il était - si tant est qu'il ait jamais tellement été grand'chose... Il y a la mère, qui les aurait voulus, tous, étincelants. Comme l'un de ces autres hommes, avec qui elle aurait pu faire sa vie. Avec qui elle aurait dû... Et il y a la fourgonnette. Une vieille Nissan, peut-être, ou une Toyota. Un véhicule existentiel en tous les cas - une carcasse et des roues - qui ramène tout ce monde au bercail des ancêtres, cette langue de terre plate, bourbeuse, triste, qui s'avance dans une mer terne et houleuse. Et qui s'appelle La Hougue. La Hougue. La petite colline. La petite butte, qu'ils ont mis des générations et des siècles à gravir. Moi je m'en fous, dit le silence, je suis le silence, j'ai le temps.