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La salle de sport Emirates accueillait les Championnats d'Europe Veteran du 4 au 17 juin 2018. Initialement prévue sur 5 surfaces, ce sont finalement 6 tatamis qui ont été installés au dernier moment. Il fallait bien ça pour gérer les quelques 1200 judokas inscrits à cette compétition! C'est avec 5 arbitres par tatamis que la compétition s'est déroulée, alors qu'on compte sur un minimum de 6 officiels en temps normal. Depuis cette année, les arbitres sont sélectionnés par la commission internationale d'arbitrage de l'EJU.
Une compétition traditionnelle comporte 7 catégories de poids chez les femmes et chez les hommes. Un tournoi vétéran est un peu différent, dans la mesure où les participants sont répartis en 11 classes d'âge. Un championnat d'Europe ou du Monde chez les Vétérans correspond ainsi à 11 championnats traditionnels! Et pour monter sur le podium, les futurs médaillés auront disputé entre 3 et 7 combats, en fonction du nombre d'inscrits dans la catégorie.
La journée du jeudi était consacrée aux classes d'âge allant de M5 à M11. Les M5 et M6 disputaient des combats de 3 minutes, avec un golden score illimité. Pour les plus âgés, la durée du combat était de 2 minutes 30, avec un golden score de 1 minutes; en cas d'égalité, les arbitres désignaient le vainqueur. En tant qu'arbitre, ce n'est pas toujours évident d'arbitrer ces catégories. Les combattants sont peut-être moins vifs, mais l'engagement reste bien là. Il ne faut surtout pas relâcher sa concentration et sa vigilance! Les finales pour le titre ont débuté vers les 16h00, respectant le planning prévu. Les dernières remises de médailles ont eu lieu environ 3 heures plus tard.
Le vendredi était un peu plus calme, si l'on peut dire, avec seulement deux catégories d'âges, les M3 et les M4. Ce sont par contre contre les catégories les plus fréquentées. Les combats ont également été très disputés. Sur le tatami 6 sur lequel je travaillais, nous avons eu droit à 55 combats avant les finales. En travaillant à 5 arbitres, et en faisant en sorte qu'un arbitre est au repos quand un combattant vient de son pays, j'ai eu le plaisir d'être actif soit en tant que juge soit en tant qu'arbitre principale sur 21 combats d'affilée! Difficile de rester au top et de garder sa concentration dans ces conditions.
Le samedi est toujours une très grosse journée chez les vétérans : chez les hommes, on a affaire aux M1 et M2, et toutes les catégories féminines ont également lieu. Avant les combats pour la médailles d'or, ce sont près d'une centaine de combats qui ont eu lieu sur chaque tatami. J'ai probablement dû en arbitrer environ 90 : au bout d'un certain nombre, mieux vaut arrêter de compter. Quant à la partie finale, à savoir les combats pour le titre et les remises de médailles, c'est tout simplement interminable : 49 cérémonies protocolaires!
Le dimanche a lieu traditionnellement la compétition par équipes : 3 classes d'âges chez les hommes, idem chez les femmes. Cette année, 51 équipes se sont inscrites. Pour les arbitres, il y a nettement moins de combats. Mais entre les temps d'attente parfois très long et la fatigue accumulée les jours précédents, il est facile de perdre sa concentration et de faire des erreurs…
Ces compétitions sont une expérience à vivre: du très beau judo, une atmosphère juste géniale et sympathique, et énormément de travail pour les arbitres. Un bilan final très positif et un immense plaisir d'avoir pu y participer!
– Marc Decroux, arbitre suisse IJF-A