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Par Clément Bürge - Mis en ligne le 24.10.2012 à 12:50
LE TROISIÈME HOMME. Et si un troisième homme venait perturber l’élection? En 2000, lorsque le démocrate Al Gore affrontait George Bush, un certain Ralph Nader, candidat écologiste, avait obtenu assez de voix pour perturber l’élection. Et aider le républicain à remporter l’Ohio et la Floride, dans lesquels seule une poignée de votes avait fait pencher la balance électorale (537 voix en Floride).
Cette année, les yeux sont rivés sur Gary Johnson, le candidat du Parti libertarien. Cet homme de 59 ans est un ancien gouverneur du Nouveau-Mexique (1995-2003) et un ex-républicain. Un parti qu’il a quitté après s’être vu refuser le ticket présidentiel. Ses vues ultralibertaires n’avaient alors pas séduit les ténors du parti.
Ses positions: légaliser la marijuana et couper de 43% les dépenses militaires américaines. Pour lui, la course présidentielle se limite à «un débat entre le coca et le pepsi». Le libertarien se voit, lui, comme une bouteille de Perrier. «Prenez le débat sur Medicare, a-t-il expliqué. Les deux partis cherchent à savoir lequel va dépenser le plus d’argent dans ce projet, alors que le débat que nous devrions avoir consiste à savoir comment nous allons couper Medicare.» Grevé par de grands problèmes de financement, son parti devrait avoir une portée limitée. Mais les républicains s’attendent à ce qu’il puisse perturber la campagne en Pennsylvanie, Ohio, Virginie, Floride ou Caroline du Nord.
Et les conservateurs font tout pour le faire taire, allant jusqu’à engager un détective privé en Pennsylvanie pour accuser son parti de fraude électorale.
LE TROISIÈME DÉBAT. Non. Mitt Romney ne s’est pas servi de son compte bancaire suisse pour prouver qu’il avait de l’expérience en politique étrangère. Et, à vrai dire, la politique extérieure n’aura pas tant été abordée lors de ce dernier débat présidentiel, pourtant consacré au sujet.
Animé par un Bob Schieffer digne du plus flasque des caramels mous, l’Afrique, l’Europe, l’Océanie, et la majeure partie de l’Asie ont été complètement laissées de côté par les deux candidats, qui n’ont pas cité ces régions une seule fois. La Chine a été brièvement discutée. L’Amérique latine, elle, a été mentionnée une seule et unique fois, par le candidat républicain.
Pourquoi ce silence? Une explication paraît plausible: les deux candidats s’accordent plus qu’ils ne veulent se l’avouer sur les questions de politique étrangère. Un phénomène qui peut paraître étrange, étant donné la polarisation actuelle du système politique américain. Mais c’est ce qu’explique Lynn Vavreck, professeur en science politique et en communication de l’U.C.LA (University of California, Los Angeles) dans un article publié sur le site du New York Times. (...) Seules quelques questions divisent encore les partisans des deux camps, comme le rôle des Nations Unies et le respect du droit international.
C’est notamment pour cette raison que Mitt Romney a déclaré à plusieurs reprises qu’il était d’accord avec Barack Obama sur certains points. Il souhaitait ainsi mieux mettre en lumière ses (rares) divergences avec le démocrate.