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Djalâl-od-Dîn Rûmî que le monde de l'Islam désigne, par respect, comme "notre maître" (Mawlânâ, Mevlana en turc) n'est pas seulement l'un des plus grands penseurs mystiques de tous les temps, un voyant qui (au Xllle siècle !) parlait de la fission de l'atome et de la pluralité des systèmes solaires, c'est aussi l'un des plus merveilleux poètes de la littérature universelle, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs. La mise de l'homme au diapason du cosmos, l'oratorio spirituel des derviches qui symbolise la ronde des planètes autour du soleil et, à un second niveau, la recherche du Soi, sont longuement célébrés dans les Rubâi'yât : comme les atomes, le soufi danse, et la musique ne fait que "réveiller les mystères du coeur".
Odes mystiques
" Dans le cœur passe une image : "Retourne vers ta Source'. Le cœur s'enfuit de tous côtés loin du monde des couleurs et des parfums, en criant : "Où donc est la Source?' et en déchirant ses vêtements par amour. "
Ce désir de " retour " chez Rûmî est né d'une épreuve terrible dans sa vie : l'assassinat de Shams, un derviche vagabond, dont la rencontre avait changé sa vie. Shams joua pour lui le rôle d'un maître spirituel, d'une sorte de messager de Dieu, voire d'une personnification de Dieu même. De lui, Rûmî apprit l'Amour divin, la joie d'être aimé - joie qui émane de Celui qui est aimé. Il apprit aussi comment le corps, grâce à une danse tournoyante, est capable de prendre part à l'extase amoureuse et mystique.
Dans ces Odes mystiques, splendide témoignage de son talent poétique, Rûmî parle de son ascension, ou de sa descente, dans la mer du Divin, dont il est " un flocon d'écume ".
Mawlânâ Djalâl-od-Dîn Rûmî (1207-1273)
Il fut l'un des plus grands poètes mystiques de la tradition soufie et fonda l'Ordre des derviches tourneurs.
Traduit du persan par Eva de Vitray-Meyerovitch et Mohammad Mokri