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Travail social et spiritualité : sous quelles conditions le travailleur social intègre-t-il la spiritualité dans son action avec les personnes atteintes du cancer?
Mémoire de diplôme HES : Haute Ecole de Travail Social, 2006.
Ce travail trouve son origine dans l'intérêt porté à un domaine peu étudié, celui de la spiritualité comme état d'être et outil éventuel dans l’action du travailleur social. Cette recherche se propose d’explorer si le travailleur social, lorsqu’il œuvre pour le compte d’une institution se définissant comme laïque, intègre la spiritualité dans son action, et si oui,.de... PlusAjouter à la liste personnelle
- Résumé
- Ce travail trouve son origine dans l'intérêt porté à un domaine peu étudié, celui de la spiritualité comme état d'être et outil éventuel dans l’action du travailleur social. Cette recherche se propose d’explorer si le travailleur social, lorsqu’il œuvre pour le compte d’une institution se définissant comme laïque, intègre la spiritualité dans son action, et si oui,.de quelle manière, si non, pour quelles raisons. La conduite de cette recherche a été réalisée à partir du développement de deux concepts de base, à savoir d’une part, la souffrance existentielle d’une personne atteinte du cancer, d’autre part, la spiritualité. Une approche préalable a éclairé des notions fortement connectées telles que la laïcité, le profane, le sacré et le religieux. Dans un premier temps, ont été abordés théoriquement les impacts physiques, sociaux et psychologiques sur les patients. Fréquemment, la souffrance qui en résulte aboutit à ce que Cicely Saunders, pionnière des soins palliatifs, résume dans le concept « total pain » (souffrance totale), laquelle conduit souvent le malade à ressentir une « souffrance spirituelle » affectant toutes les dimensions de l'être, et s’exprimant en particulier par le besoin de sens, de lien et d’espoir. Dans un deuxième temps, nous avons fait une approche également théorique des différents aspects de la spiritualité, que ce soit au niveau des idéologies, des rituels ou des expériences et, finalement, de ses conséquences sur l’être humain. L’étude de ces concepts permet de supposer que la souffrance existentielle exposée par le médecin vaudois Patrice GUEX, et la souffrance spirituelle sont intrinsèquement liées. Par conséquent, à ce stade du travail, les concepts retenus nous ont semblé conforter la pertinence de notre question de départ : sous quelles conditions le travailleur social intègre-t-il la spiritualité dans son action avec des personnes atteintes du cancer ? Sur la base de trois hypothèses de travail, enquête a été menée auprès de quatre assistants sociaux travaillant au service de la Ligue contre le Cancer, sous forme d’entretiens individuels semi-directifs, construits sur les concepts précités. L'analyse des données recueillies démontre une forte concordance, et les résultats permettent d'en tirer un certain nombre de conclusions, dont quelques-unes énoncées ci-après. Toutes les personnes interrogées intègrent la dimension spirituelle dans leur action, et personne ne cherche à éviter ces questions, pourtant parfois délicates; chacune le fait à titre personnel et selon des modes d'accès variables en fonction de sa culture, sa sensibilité propre et son vécu; par conséquent chacun dispose d'un "outil personnel" de compréhension; le cadre de travail de leur institution leur laisse une grande marge de manœuvre dans un esprit très ouvert qui rejoint le concept de la laïcité (cf. sources conceptuelles complémentaires); chacun présente des modes nuancés d'attention aux patients, à leurs expériences de vie et à toutes leurs souffrances, spirituelles comprises.