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Conflits avec un pouls à 160
Un arbitre doit-il être capable de gérer les conflits? Il peut en effet résoudre les «problèmes» en distribuant des cartons.
Permettez-moi de dire que celui qui dirige un match dans un tel état esprit ne restera pas longtemps arbitre.
Les arbitres ont toujours le dernier mot. Parler de dialogue dans leur cas serait une erreur. Plus leurs coups de sifflet sont rapides et affirmés, moins il y a de conflits. Un arbitre a également la possibilité de revenir sur ses décisions. Cela ne le déshonore en rien. Les joueurs apprécient qu’un arbitre ne se considère pas comme infaillible.
Néanmoins, les conditions qui prévalent lors d’un match de football sont particulières et il faut en tenir compte: le pouls est élevé, la testostérone et l’adrénaline abondent. Lorsqu’un joueur lève les bras au ciel après une décision controversée, il ne s’agit pas d’un conflit, mais d’une réaction sous le coup de l’émotion. Dans de telles situations, un arbitre qui se montre trop autoritaire et coupe court à toute manifestation d’émotions ne fera qu’envenimer inutilement l’atmosphère. Tout l’art de l’arbitrage consiste à maîtriser l’exercice d’équilibre entre la tolérance à l’égard des émotions et la répression.
Chaque point de vue donne une vision différente d’une situation. Une compréhension mutuelle des différentes perceptions est indispensable. Les conflits surviennent toujours lorsque les décisions ne sont pas comprises. Là aussi, l’arbitre dispose d’une certaine marge de manœuvre: dois-je appliquer la nouvelle règle sur les fautes de main, que personne ne comprend? Dois-je siffler une faute lorsque tout le public hurle alors que je n’ai constaté aucune faute?
Ma ligne de conduite est la suivante: je veux appliquer les règles correctement tout en évitant de me compliquer la vie inutilement. En effet, sans bon sens le potentiel de conflits augmente.