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Épisode 3 – La renaissance après les invasions barbares
Au 9e siècle, la culture de la vigne redémarre grâce à la renaissance religieuse et au développement des voies de communication. Grand propriétaire foncier, l’Église doit en effet percevoir des revenus conséquents pour construire des églises, des abbayes et des cathédrales à la gloire de Dieu. La plupart du temps, elle exploite elle-même ses terres grâce aux ordres monastiques qui contribuent beaucoup à améliorer la qualité des vins. Les Chartreux, les moines soldats des Templiers, les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem sont largement présents en Vallée du Rhône. Par ailleurs, les valeureux chevaliers sont récompensés de leur engagement au service du Roi par des dons de terres. À eux de les mettre en valeur pour en tirer des revenus. L’agriculture, à fortiori la viticulture, profite largement de cette situation.
Au 13e siècle, le Roi de France vend au Pape Grégoire X le Comtat Venaissin, un vaste territoire compris entre le Rhône, la Durance et le Mont Ventoux qu’il vient d’arracher aux Comtes de Toulouse dans sa croisade contre les Albigeois.
En 1309, l’arrivée du Pape Clément V à Avignon marque le début d’une période de prospérité pour la ville et le Comtat Venaissin. Les Italiens investissent ces terres riches, construisent de belles demeures, plantent du blé et, bien sûr, de la vigne. En plus d’échanger ces denrées contre des biens manufacturés, ils ne se privent pas d’en profiter.
La comptabilité de la cour pontificale indique ainsi que les trois quarts des vins consommés proviennent des pays du bas Rhône, tant du Comtat lui-même que de lieux comme Pont Saint Esprit ou Beaucaire. Les papes eux-mêmes, comme le veulent alors les mœurs seigneuriales, créent ou rénovent des parcelles de vigne autour de leurs châteaux. Châteauneuf du Pape en est le plus bel exemple.
Même après le retour de la papauté à Rome, à la fin du 14e siècle, les hauts dignitaires, parmi lesquels on compte des membres de l’aristocratie avignonnaise, continuent à apprécier les vins de la Vallée du Rhône en passant commande. En 1561, un marin de Martigues s’engage ainsi à porter à Rome « par navigage » 32 pièces de vin de Châteauneuf et de Laudun pour le Sieur de Crillon.
En dehors du marché avignonnais, le vin du Comtat est vendu à Aix-en-Provence et remonte en direction des Alpes du Sud où on l’échange contre du blé. Le vignoble s’étend. Celui de Châteauneuf de Gadagne par exemple représente, en 1414, presque la moitié des surfaces plantées aujourd’hui.
À Carpentras, ville de 3500 habitants dans le premier quart du 15e siècle, on compte une provision d’environ 300 litres par personne. Et la communauté juive, qui y a trouvé refuge, s’inscrit dans cette civilisation de la vigne et du vin.
Source : Syndicat des Côtes-Du-Rhône