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Les jeunes Suisses sont 64% à pratiquer assez de sport. Les Alémaniques bougent davantage, et les moins riches dans la rue plutôt que dans un club (archives).
KEYSTONE/GAETAN BALLY(sda-ats)
Les jeunes Suisses sont sportifs: 64% d'entre eux sont actifs pendant au moins une heure, soit le seuil minimal recommandé, indique lundi Office fédéral du sport (OFSPO). Mais ce sont les jeunes Alémaniques qui sont les plus actifs.
En Suisse alémanique, les enfants font un peu plus de sport (80,7 minutes par jour) qu'en Suisse romande (76,7) et au Tessin (71,5), analyse l'étude SOPHYA (Swiss children's objectively measured physical activity), réalisée par l'Institut tropical suisse. Son but est de définir quel facteur influence l'activité physique des enfants.
Différence culturelle
Il s'agirait bel et bien d'une différence culturelle, celle-ci étant même constatée dans la ville de Bienne entre élèves francophones et germanophones, a expliqué à l'ats Bettina Bringolf, collaboratrice scientifique de l'Institut tropical suisse.
"La différence se remarque un peu à l'école, mais c'est surtout dans la pratique quotidienne qu'elle est apparente", a-t-elle ajouté. Les jeunes Romands seraient moins tentés d'aller à l'école à vélo, par exemple.
La différence est particulièrement marquée chez les garçons. Alors qu'ils sont près de 79% à faire du sport en terres alémaniques, de ce côté-ci de la Sarine ils ne sont plus que 65%, et 69% au Tessin. Chez les filles, ce sont les Tessinoises qui sont les moins sportives (38%), alors que Romandes et Alémaniques se dépensent autant (55%).
Dans la rue plutôt qu'au club
L'étude casse aussi une idée reçue: les enfants "pauvres" ne bougent pas moins que les autres. "Dans les entretiens, lorsqu'on interroge les personnes sur leur pratique, il y a une grande différence selon la nationalité et le revenu des ménages", a relevé Bettina Bringolf.
Les enfants suisses et issus de milieux favorisés pratiqueraient plus de sport. Ces déclarations ont été infirmées par les appareils de mesure portés par les enfants durant l'étude. Aucune différence n'a été constatée. "Nous pensons que les enfants bougent différemment", a indiqué la scientifique. Les enfants favorisés vont dans des clubs sportifs, les autres jouent dans la rue.
"D'autres études ont constaté l'influence du milieu environnemental sur la pratique sportive d'enfants issus de milieux défavorisés: lorsqu'il y a des parcs, des espaces de jeux à proximité, beaucoup d'autres enfants, ils bougent davantage", selon elle.
L'étude a été lancée en 2013 avec le soutien de l'OFSPO, de l'Office de la santé publique et de Promotion santé suisse. Elle a mesuré l'activité physique de 3000 enfants suisses âgés de 6 à 16 ans à l'aide d'appareils de mesure portatifs et d'entretiens.
ATS