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Diana
Le 10 janvier 1946, les antennes du Camp Evans émettent à très grande puissance un court signal en direction de la Lune. Un peu plus de deux secondes plus tard, elles captent un léger écho. C’est le premier succès du Project Diana, deux années après son lancement. Donner forme(s) – dans tous les sens que ce terme peut embrasser – à ce qui est invisible est au coeur de la pratique de Simon Ripoll-Hurier. Des clubs de radioamateurs aux chasseurs de fantômes, en passant par les observateurs d'oiseaux ou les tambours qui permettaient d'envoyer des signaux des champs de bataille, l'enjeu est ici de parvenir à établir un contact avec un être distant, absent, en ayant recours à des modes largement plus mystérieux que ceux habitant notre quotidien. Ainsi, si la machine apparaît sous diverses formes, sans doute l'enjeu est-il bien davantage lié à l'immatériel, au silence ou aux bruits de fond qui sans cesse viennent troubler les efforts et tentatives. En Suisse, Guyane ou dans le New Jersey, le cinéaste interroge et cadre avec rigueur des quêtes insaisissables, poétiques – peut-être malgré elles –, parfois cocasses.
Emilie Bujès