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Le voile se lève en partie sur l’origine de la maladie de Kawasaki (MK). Des chercheurs ont en effet identifié le nord-est de la Chine comme le foyer d’où partirait, par voie aérienne, le pathogène responsable de cette vascularite. Il pourrait s’agir d’une mycotoxine.
La MK a été décrite pour la première fois en 1967 et touche les enfants de moins de cinq ans. Ses symptômes sont, entre autres, une fièvre importante durant plus de cinq jours, une conjonctivite, une éruption sur le torse et les parties génitales, des ganglions cervicaux et une enflure de la langue. En l’absence de traitement, elle cause des anévrismes coronaires dans un cas sur quatre. En Europe, son incidence est d’environ un cas par an pour 10 000 enfants de moins de cinq ans (et cinq fois plus à Hawaï, vingt fois plus au Japon). On ignore son étiologie.
Pour déterminer celle-ci, les auteurs ont comparé les données épidémiologiques japonaises et des données météorologiques sur les vents. A l’aide de simulations, ils ont établi que les particules présentes dans l’air soufflé sur le Japon lors des pics d’incidence de MK proviennent très majoritairement d’une région précise. Celle-ci recouvre le nordest de la Chine, une zone d’agriculture intensive fournissant notamment plus du quart du maïs chinois. Ce résultat est constant sur 645 jours-pic enregistrés entre 1977 et 2010.
L’équipe a aussi analysé des prélèvements atmosphériques correspondant à une période de haute incidence de MK. Ils ont été effectués par avion en 2011 entre le Japon et la zone d’origine suspectée. En termes mycologiques, le genre Candida y était le plus représenté, une anomalie par rapport aux échantillonnages connus, réalisés au-dessus de la Méditerranée ou de l’Asie.
N’observant pas de corrélation entre les polluants atmosphériques émanant de la région incriminée et l’incidence de la MK, les auteurs font l’hypothèse qu’une toxine produite par un champignon pourrait être le pathogène responsable de la MK. Ils notent par ailleurs qu’on a pu induire des coronaropathies chez des souris exposées à des Candida.
«C’est une affaire à la Sherlock Holmes», conclut dans un communiqué le Pr Jane Burns de l’Université de Californie à San Diego, l’un des auteurs de l’article. «Il nous faut désormais déterminer quelles sont les activités ou circonstances qui produisent ces aérosols charriés par les vents.»