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Lors de la conférence européenne sur les archives digitales qui a réuni a Genève plus de 650 participants, la rédaction d'infoclio.ch a rencontré plusieurs archivistes venus des quatre coins du monde, qui avaient tous bizarrement une même histoire à raconter.
M. Alan Lee Yuk Lun est secrétaire général du Public Record Office des archives de Hong Kong. 95 % des archives sont en Anglais, m'explique-t-il, Hong Kong étant devenue une colonie britannique en 1842 suite à la première guerre de l'opium. Plus étonnant, il me raconte la venue d'une délégation d'archivistes britanniques en 1997 peu avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine. Les hommes de Londres ont sélectionné une série de fonds d'archives et sont repartis avec, sans autre forme de politesse. Il n'ont même pas laissé une liste de ce qu'ils ont pris, me précise M. Lee, ce qui pose aujourd'hui encore de sérieux problèmes de catalogage. Et depuis ? Depuis, rien. Le sujet n'a jamais été soulevé au niveau politique.
Quelques heures plus tard, je rencontre Mohammed Tawaf, des archives nationales du Yemen. Les archives du Yemen, qui inaugurent leur nouveau siège l'année prochaine, conservent des documents en Arabe, en Turc, et en Anglais, dont les plus anciens remontent au Xe siècle. Mais là aussi, la plupart des documents de la période coloniale anglaise (1839-1967) ont été rapatriés à Londres ! Suite aux demandes répétées de son gouvernement, les archivistes yéménites peuvent néamoins obtenir des copies de documents, mais les originaux restent à Londres.
La même histoire se répète pour les archives d'Abu Dabi et pour bien d'autres états, comme le raconte au micro d'infoclio.ch Fahed Alkaabi, System Administrator aux archives nationales d'Abu Dabi.