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Les problèmes s'accumulent sur la filiale américaine de Sulzer Medica et sur la maison-mère. A l'affaire des prothèses de hanches défectueuses, s'ajoute la défaillance d'une plaque de fixation utilisée dans les opérations du tibia. Pour Sulzer, la facture pourrait être si salée que la compagnie n'est plus certaine d'être suffisamment assurée. Du coup, l'action de la société est en chute libre à la Bourse.
Contrairement à ce que Sulzer indiquait encore le 8 mai, pendant la présentation de ses résultats trimestriels, le nombre de patients américains qui ont dû subir une nouvelle opération pour remplacer la prothèse de hanche défectueuse est de plus de 1700, un nombre deux fois plus élevé que celui initialement avancé par la société de Winterthur.
Parallèlement à cette affaire, Sulzer annonce qu'un autre de ses produits semble également défectueux. Il s'agit cette fois d'une embiase tibiale, une plaque de métal qui est fixée au tibia lors de certaines opérations du genou. L'embiase a été appliquée à 1485 patients, dont 1336 aux Etats-Unis et 97 en Europe. Comme la prothèse de hanche, la plaque de fixation au tibia est fabriquée par Sulzer Orthopedics, la filiale américaine du groupe suisse, dans son usine d'Austin au Texas.
Sulzer a signalé ce nouveau problème à la FDA, l'agence américaine de réglementation du marché des produits pharmaceutiques et équipements médicaux qui, parmi ses options, pourrait choisir d'ouvrir une enquête. De son côté, Sulzer continue d'affirmer que l'origine des défauts constatés sur ses deux produits n'a pas encore été établie, mais que des études scientifiques sont en cours.
Des centaines de patients ont déposé des plaintes aux Etats-Unis et, d'ici l'automne, la justice américaine doit décider d'accepter ou de rejeter leur action en nom collectif. Cependant, que ces plaintes soient présentées collectivement ou sur une base individuelle, elles pourraient résulter en des millions de dollars de dommages-intérêts imputés à Sulzer. Lundi, l'entreprise, qui dispose d'un contrat d'assurance avec la Winterthur, a d'ailleurs concédé qu'il est possible qu'elle ne soit plus suffisamment couverte.
L'accumulation de ces mauvaises nouvelles et l'incertitude de la situation provoquent la préoccupation des milieux boursiers. Une préoccupation qui s'est traduite lundi par la baisse de l'action Sulzer.
Marie-Christine Bonzom, Washington