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(Traduction française du synopsis et de l'introduction du billet d'opinion du directeur du CCRS, Dr Philipp Aerni, dans le journal NZZ am Sonntag du 22.05.2022. Son titre original «Firmen pflegen neu eine Bürokratie des Guten - statt zu investieren» signifie littéralement «Les entreprises cultivent nouvellement une bureaucratie du bien - au lieu d'investir».
Synopsis
Son argument est que les nouvelles lois sur la chaîne d'approvisionnement en Suisse et dans l'UE ne seront pas d'une grande aide pour la mise en œuvre des objectifs de durabilité de l'ONU si elles ne font qu'accroître la bureaucratie pour les PME européennes et réduire le développement inclusif dans le Sud. Un débat autocritique serait plus que nécessaire, mais il serait aussi inconfortable.
Introduction par NZZ am Sonntag
"Responsabilité des entreprises" (RSE) est le mot d'ordre du moment. Cela semble de prime abord raisonnable, mais paradoxalement, cela entre souvent en conflit avec les objectifs de durabilité de l'ONU.
Les grandes entreprises internationales se préparent actuellement dans l'UE à un renforcement imminent de la législation sur la responsabilité des entreprises et la durabilité. Celles-ci les obligeront à l'avenir à prouver, par le biais de rapports dans les domaines de la gestion d'entreprise, de l'environnement et du social, que leur chaîne d'approvisionnement est en accord avec les objectifs climatiques et les lignes directrices de l'ONU en matière d'économie et de droits de l'homme. En Suisse, le contre-projet indirect à l'initiative sur la responsabilité des multinationales ("Konzernverantwortungsinitiative"), rejetée en novembre 2020, va certes moins loin que la directive prévue par l'UE, mais les deux poursuivent en fait le même objectif : les multinationales doivent être tenues de rendre des comptes lorsqu'elles ignorent tout simplement les violations des droits humains commises ailleurs et détruisent l'environnement.