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Très critique face au régime de Vichy et aux premières «homélies du Maréchal», il écrit:
“La haine qui monte du cœur transpercé de Paris est silencieuse,
mais son cri couvre tout de même le chuchotement horrible
des salles de rédaction…”
Il publie en 1941 La Pharisienne, ce roman dont il écrira plus tard dans ses Mémoires Intérieurs (Flammarion, 1959): «…de tous mes livres celui où la hâte se sent le moins. Et comme il fut aussi le mieux compris des protestants, et singulièrement en Suède.»
Ce Cahier noir sera finalement confié clandestinement sous le pseudonyme de Forez aux éditions de Minuit, puis publié en 1943, ce qui fera courir de grands risques à son auteur, alors qu'il était dans sa maison de Malagar, près de Bordeaux. En mai 1945, au lendemain de la guerre, Le Cahier noir est réédité sous le vrai nom de son auteur auprès des éditions des Trois Collines, à Genève, sur les presses d'Albert Kundig.
Pour la petite histoire, c'est un exemplaire de cette édition genevoise de 52 pages que j'ai eu le plaisir d'acquérir récemment pour la modique somme de CHF 15.-, soigneusement placé dans une vitrine du Magasin de la Communauté d'Emmaüs, à Étagnières, près de Lausanne, le dernier mercredi de janvier 2018.
Mais pourquoi relire aujourd'hui ce petit livre? C'est une sorte de pari contre le Machiavel de l'époque que représentait le nazisme hitlérien, mais aussi une charge contre ceux que l'armée d'occupation enrichissaient, cet "individualisme" que dénonçait déjà en 1796 Jacques Mallet du Pan (1749-1800):
“Chacun cherche à se tirer coûte que coûte, c'est-à-dire par mille moyens infâmes, de la détresse générale… On ne pense qu'à soi, et puis à soi, et toujours à soi.”
La fonction régulatrice de la communauté ecclésiale, aujourd'hui comme hier, est l'un des minces remparts, certes virtuel, mais nécessaire face à l'individualisme contemporain.