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Le Général Ferrero, Ambassadeur d’Italie, que je viens de rencontrer dans une réunion mondaine, estime que les derniers événements ont eu l’avantage de démasquer tous les ennemis du trône et de montrer notamment le rôle joué par le Vatican que l’Ambassadeur considère comme au moins aussi coupable que les anarchistes, socialistes et républicains. «Je vais écrire au roi» me dit-il «pour lui conseiller de ne pas se séparer du Marquis di Rudini maintenant que ce dernier a montré qu’il entendait maintenir l’ordre et n’a pas craint de taper sur toute cette canaille (textuel). A présent qu’il a fusillé tout ce monde il se trouve par le fait même séparé de ses anciens amis de gauche. C’est le moment de nous unir, nous tous les amis sincères du roi et de l’Italie et de faire une ligue loyale et monarchiste qui se groupera autour du trône pour le défendre contre tous ses ennemis; si ces ennemis osent encore bouger, on leur tombera dessus ferme y compris le Pape qu’on jettera à la porte.»
Comme vous le voyez ce sont là les paroles d’un général beaucoup plus que celles d’un ambassadeur; le général Ferrero ne se gêne du reste jamais pour dire son opinion. Je m’empresse d’ailleurs d’ajouter que je ne sais nullement si et jusqu’à quel point les conseils que son dévouement le pousse à donner à son souverain sont suivis.
En me référant à ce que je vous écrivais dans mon dernier rapport au sujet de la Crète je puis encore ajouter que si la candidature du Colonel Schaeffer a été si complètement abandonnée qu’on ne la voit plus même reparaître d’une manière intermittente comme celle de M. Droz, cela proviendrait des renseignements déplorables qu’on aurait recueillis sur son compte en Egypte et qu’un ambassadeur de ma connaissance résumait en deux mots: «Pédéraste et voleur.» Je dois toutefois laisser à cet ambassadeur toute la responsabilité d’un pareil jugement; j’ignore absolument sur quelles preuves il est basé.