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À ce jour, plus de 620 000 réfugiés ont fui vers les pays voisins et l'Afrique du Nord pour échapper au conflit sanglant qui a fait au moins 60 000 morts jusqu'à présent. Au moins deux millions d'autres personnes ont été déplacées de leurs foyers en Syrie. Les civils de ce pays sont les principales victimes de violations du droit international humanitaire et des droits humains commises par les différentes parties au conflit.
Beaucoup de ceux qui ont réussi à fuir en traversant les frontières rencontrent des difficultés extrêmes dans des conditions hivernales rigoureuses, comme l'ont illustré les récentes inondations des camps de réfugiés en Jordanie. Les pays voisins de la Syrie - l'Irak, la Jordanie, le Liban et la Turquie - continuent de recevoir et d'accueillir un grand nombre de personnes, mais leurs ressources sont mises à rude épreuve et on ne sait pas exactement combien de réfugiés ils peuvent accueillir.
Il est urgent que l'Union européenne (UE) réponde de manière décisive et efficace pour protéger les réfugiés fuyant la Syrie, dans la région et en Europe. Autrement, les pays d'accueil dans la région pourraient refuser les réfugiés et imposer des conditions inacceptables à ceux qu'ils ont déjà accueillis. D'avril 2011 à octobre 2012, quelque 23 500 Syriens ont demandé l'asile à l'UE. Le traitement et le niveau de protection dont bénéficient les réfugié·e·s se révèlent parfois très précaires, comme dans des pays tels que la Grèce et Chypre.
Recommendations à l'Union européenne et à ses membres
En parternariat avec le Conseil européen pour les réfugiés et les exilés et deux oeuvres d'entraide pour les migrant·e·s ecclésiastiques, Amnesty International a donc adressé une lettre aux ministres européens de la Justice et des Affaires intérieures.
Les organisations exigent notamment que:
- tous les Syriens soient autorisés à entrer en Europe et soient considérés comme ayant besoin d'une protection internationale. La plupart des personnes qui ont fui la Syrie répondent à la définition de réfugiés selon la Convention de 1951 et doivent donc être traitées comme tels;
- tous les retours vers la Syrie et les pays voisins
soient suspendus;
- la détention ne soit pas utilisée, sauf dans des circonstances exceptionnelles et uniquement en dernier recours;
- le plan de réponse de l'ONU concernant la crise syrienne soit généreusement soutenu, et que des possibilités de réinstallation d'urgence soient mises en place pour les réfugiés qui fuient la Syrie et se trouvent actuellement dans les pays voisins;
- des programmes de réinstallation soient établis pour accueillir des Irakiens et d'autres personnes de pays tiers qui vivaient en Syrie au début du conflit et sont actuellement piégées par les violences en Syrie.