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L'aquarelle est une peinture à l'eau basée uniquement sur la transparence de ses couleurs. Contrairement
à la gouache qui est opaque. C'est une technique courante, très répandue mais considérée, surement à tort, comme étant une technique mineure. Cette réputation vient probablement du fait qu'elle est d'une
simplicité dans son exécution, alors qu'en vérité, dans la pratique elle assez difficile à maîtriser complétement car très délicate.
Son origine et son développement :
C’est la plus ancienne technique de peinture utilisée sur support souple.
Elle a été utilisée très longtemps en tant que simple
technique d’étude, comme a pu le faire par exemple Albrecht Durër au XVe et XVIe siècle. Puis c’est au XVIIe siècle que l’aquarelle connaît son essor, elle deviendra une technique artistique à part entière,
développée surtout en Angleterre le siècle suivant. L'un des premiers grands aquarellistes en France fut Isabey.
La manière dont on pratique l'aquarelle en Europe trouve son origine dans les lavis, les enluminures et
les miniatures d'antan. En Extrème-Orient, les lavis sont traités différemment, pas moins riches d'expériences et de réussites techniques cependant.
Sa composition et fabrication :
Les
pigments sont broyés très finement avec de la gomme arabique, c’est un suc naturel qui se récolte en incisant l’écorce d’un acacia d’Afrique, au Soudan principalement. L’Acacia Arabica. A l’état
naturel, la gomme ressemble à de l’ambre.
Peut être également utilisé comme liant la gomme adragante, la dextrine ou la gélatine.
La transparence et la stabilité des couleurs proviennent du taux de glycérine ou de miel, appelés
"agents mouillants". Ajouté en infime quantité, cet agent mouillant facilite l’adhérence entre le pigment et le support. Il lui donne également sa souplesse tout en préservant son humidité, c’est
un agent plastifiant.
En trop grande quantité, la glycérine devient un retardateur de séchage.
Parfois la dextrine est utilisée à la place de la gomme arabique dans les aquarelles bon marché, ce qui fait
qu’elles sont trop solubles et donc les teintes moins vives.
Ses caractéristiques :
- L’aquarelle est réversible, c'est-à-dire qu'une fois sèche, elle se redilue
au contact d'eau. Ce qui fait toute sa fragilité. Il faut savoir maîtriser ses dosages (eau/couleurs) afin de ne pas diluer la couche précédente.
- Elle sèche quasiment instantanément, juste
le temps que l'eau s'évapore et comme l'aquarelle se travaille en couche extrémement fine, il lui faut donc très peu de temps.
- Si les couleurs semblent si lumineuses c'est que les rayons naturels de lumière
pénètrent le mélange pigment/eau et se réfléchissent sur la surface blanche du papier. Les pigments sont traversés ce qui crée cette transparence, un effet optique différent des autres techniques traditionnelles
où la lumière se réfléchir directement sur les pigments.
Son utilisation :
L'aquarelle s'applique soit sur un support sec, soit préalablement mouillé
avec une éponge ou une brosse. Le résultat en sera différent.
C'est une technique qui se travaille en légèreté car plus les mélanges ou les couches sont nombreuses, moins la lumière
se réfléchit, donc plus la teinte se ternit.
C'est pourquoi également ses supports se limitent en général au papier blanc, car en plus d'être absorbant, sa blancheur est primordiale pour l'éclat des
couleurs.
En aquarelle, les couleurs s’appliquent donc par superpositions, sachant qu'elles sont transparentes, il convient de commencer toujours par le plus clair jusqu’au plus foncé. Le blanc n'est pas utilisée comme
couleur, ce sont les zones vierges du papier qui sont sauvegardées.
Les mélanges en général s'effectuent directement sur le support fraîchement mouillé, cela sublime davantage les couleurs qu'en effectuant
les mélanges sur la palette.
A qui est-elle destinée?
C'est la technique préférée des peintres du grand air, elle est facilement transportable, elle est lessivable et surtout nécessite
très peu de matériel. Un coffret de poche, un petit bloc de papier, un gobelet d'eau et le tour est joué!
Mais rien n'empêche sa pratique dans le confort de l'atelier bien évidemment!
Etant donné la diversité des qualités, des tarifs, des formes (godets, 1/2 godets, tubes de diverses tailles) et des
présentations (coffrets de 12, 24, 48 godets ou tubes ou à l'unité), tout le monde trouve son compte.
Le matériel à utiliser
Pour un très bon résultat,
une bonne qualité du matériel est essentielle. Et comme dans tous les secteurs, la qualité est faite pour durer. Il est donc important de faire les bons choix, avec pour conséquence la bonne conservation de votre travail.
Le choix du support
Le papier est presque l’unique support de l’aquarelle. Ses caractéristiques telles que sa blancheur, sa texture, sa résistance à l'humidité, jouent un rôle primordial dans le
rendu final de l’œuvre.
Les papiers spécifiques et véritables pour l'aquarelle sont fabriqués avec des chiffons de lin, les ordinaires quant à eux sont fabriqués à partir de bois ou même de
paille. Existe également le papier fait à partir de bambous.
Il doit pouvoir supporter l’humidité et doit être tendue afin qu’il ne gondole pas. C'est pour cette raison que les blocs de papier aquarelle sont
collés sur leurs tranches, la feuille est à décoller seulement une fois le travail terminé.
Sinon, autre solution, celle de l'adhésif ! Avec un adhésif repositionnable, tel celui utilisé lorsqu'on peint
un mur, attachez votre feuille en réalisant un cadre sur une surface plane et rigide. Ainsi votre feuille est tenue donc elle ne gondolera pas, et de plus, une fois l'oeuvre terminée, sèche et le ruban enlevé, vous obtenez un travail
propre au contours nets!
Au minimum, optez pour du 160gr, sachant que l’idéal pour les peintures
à l'eau est au moins du 300gr. Le grammage détermine l'épaisseur du papier.
Le papier aquarelle existe sous trois genres : Grain satiné, grain fin, et grain torchon. Cela caractérise l’aspect
et la porosité de sa surface, le rendu sera différent selon le grain. Le grain satiné étant le plus lisse. Ils existent dans tous les formats et même en rouleau de 10m.
Il doit avoir un pH neutre afin de ne pas
jaunir, ce qui est le cas de tous les papiers prévus pour les Beaux-arts.
Il est également possible de peindre sur du parchemin et de la soie, ainsi que tous les papiers d’Extrême-Orient (Japon, Chine, Inde) qui sont fabriqués
spécialement pour ces techniques à l’eau. Ils sont résistants et absorbants et sont considérés comme les meilleurs papiers pour les lavis.
L'alternatif au papier, c'est l'enduit
absorbant! Vous pouvez l'appliquer sur n'importe quel support préparé, comme la toile, le bois, le carton, etc.. Cet enduit rendra le support blanc et absorbant semblable à du papier. Ce produit ouvre le champs des possibilités
de l'aquarelle.
Les pinceaux
La qualité
des pinceaux est essentielle, mieux vaut ne pas lésiner sur ce matériel.
En utilisant un pinceau spécifique pour cette technique, la couleur sera appliquée avec aisance.
Il faut un pinceau avec un
manche court pour plus de maniabilité et avec des poils ayant une forte capacité à absorber et à retenir l’eau en permanence. Ceux en martre ou
en petit-gris conviennent parfaitement car leurs poils permettent un stockage naturel de l’eau.
Leurs poils sont très doux et très fins ce qui leur permet
de se plier à la moindre pression, s’élargissant en éventail lorsqu’on appui un peu pour donner un trait large, puis retrouvant leur pointe effilée comme au départ une fois soulevé.
Bien nettoyés
et entretenus, ces pinceaux ont une durée de vie extraordinaire. Les meilleurs qualités (prévoir un gros budget dans ce cas) sont inusables, un excellent pinceau de ce genre peut être gardé à vie.
Il est tout à fait possible d’utiliser n’importe quel pinceau du moment que les poils sont souples. Les synthétiques seront un peu moins doux mais plus
nerveux, donc c'est votre manière de peindre qui determinera le pinceau qui vous convient.
Les couleurs
Les couleurs aquarelles se présentent en godet ou en tube. Les godets contiennent des couleurs durcies qui se
liquéfient au contact du pinceau mouillé, alors qu’en tube la peinture est liquide due à son taux de glycérine plus élevé.
Il faut évidemment différencier les gammes scolaires, fines ou extra-fines,
la qualité des couleurs est mise en question. L'extra-fine est la qualité supérieure, elle est la plus concentrée en pigment ce qui donne de belles couleurs intenses et vives.
D'une marque à une autre la teinte d'une même couleur peut varier. Cela n'est pas du à la qualité mais aux pigments utilisés lors de la fabrication. Par exemple le bleu de cobalt n'aura
pas la même teinte selon les marques.
La palette
La palette n'est pas obligatoire pour l'aquarelle, notamment si vous peignez avec des godets. Mais sinon il va de soi que
la palette doit être blanche et non absorbante. Les palettes en céramique, en plastique ou métal conviennent parfaitement. Certaines sont refermables grâce à leur couvercle, ainsi elles sont plus facilement transportables.
Contrairement à la palette de peinture à l'huile qui peut être tenue à la main, celle de l'aquarelle doit être posée à plat afin que les couleurs et leurs mélanges ne coulent pas.
Les additifs
En aquarelle aussi il existe des additifs afin de modifier les caractéristiques de la peinture tels que les médiums, le fiel de boeuf ou encore la
gomme (ou liquide) à masquer.
Les médiums pour aquarelle
Certains épaississent
les couleurs et d'autres ralentissent le séchage. Ces produits sont cependant peu courants. L'aquarelle étant une technique de "l'instant", l'exécution se veut rapide et assez spontanée, donc l'utilisation de ces médiums
vont à l'encontre du principe même de l'aquarelle.
Le fiel de boeuf
C'est un produit issu de la graisse animale qui fait partie de la catégorie des "agents mouillants". Les couleurs deviennent donc plus fluides. Il
permet également de pouvoir peindre sur des surfaces lisses, les couleurs adhèrent davantage au support.
La gomme arabique
La gomme arabique est le liant de la peinture aquarelle. En en rajoutant aux couleurs, celles-ci deviendront
plus brillantes et elle leur conférera une meilleure consistance.
La gomme ou liquide à masquer
Comme son nom l'indique, ce produit masque une zone de votre feuille laissant cette partie vierge après avoir peint.
C'est une gomme pelliculable qui se retire aisément après séchage.
Cette gomme ou ce liquide est à appliquer sur les parties de votre dessin que vous voulez sauvegarder, à l'aide d'un pinceau préalablement enduit
de savon afin d'en protéger les poils. Un simple pinceau de base fait très bien l'affaire. Il suffit simplement de laisser sécher, de réaliser son oeuvre à son aise, puis une fois terminé retirer la pellicule, cela
se fait très facilement.
Conservation
Toutes les œuvres sur papier doivent être
conservées avec beaucoup de précaution. Ne pas les laisser exposées à la lumière du soleil inutilement. Le papier étant un support fragile, il est souvent utilisé avec une technique qui l’est encore plus,
notamment l'aquarelle.
Donc peu importe la technique, les œuvres sur papier doivent être conservées soit dans des cartons à dessin si vous les stockez, soit mises sous verre si vous les exposez. D'une part pour éviter
les frottements et d'autres part pour éviter une quelconque humidité (la plus petite goutte d'eau soit-elle serait catastrophique).
Pour une protection supplémentaire, il existe des vernis pour
la gouache et l'aquarelle. En spray ou à appliquer au pinceau.
Conseils et astuces
-
Pour créer de l’opacité, on utilise de la gouache en complément. Notamment pour renforcer les blancs. La gouache et l'aquarelle peuvent se mélanger.
-
Lors de
l'exécution du dessin préparatoire, veillez à ne pas déchirer ou râper le papier avec la gomme. Le papier est fragile, une écorchure est irrémédiable.
- Dans un carton à dessin,
il est conseillé de placer une feuille de papier cristal entre chaque dessin. C’est un papier fin et glacé qui permettra d’éviter les frottements entre eux.
- Pour vérifier qu'un
papier est sans acide (pH neutre), il suffit de glisser une bande de ce papier dans un livre, en en laissant dépasser la moitié. Après quinze jours d'exposition au soleil, la blancheur doit être la même sur les deux côtés.
- Pour vérifier qu'un pinceau est en bon état il suffit de le secouer énergiquement dans l'eau, à sa sortie les poils doivent faire une belle pointe. Si ce n'est pas le cas, il existe une ultime "action de sauvetage"
mais qui malheureusement ne fonctionne pas à tous les coups... Elle consiste à tremper son pinceau dans de la colle cellulosique ou de la gomme arabique, former une belle pointe avec les poils, laisser sécher et attendre quelques jours.
Puis sous de l'eau tiède, la colle/gomme se retira très facilement. Voyez si votre pinceau retrouve sa pointe.