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[4-1 Insuffisances et lacunes]
4-1.6 La mobilité
La mobilité étudiant(e)e à l'intérieur de la Suisse est fort limitée. Pourtant, à l'intérieur d'une même aire linguistique, deux heures de train tout au plus séparent les universités. Cette absence de mobilité qui tient en grande partie aux questions matérielles (coût du déplacement, temps disponible, etc.) et aux habitudes se trouve renforcée par des restrictions administratives. Un nombre limité d'accords par branche entre universités permet aux étudiant(e)s de suivre certains cours dans d'autres universités et de les faire valoir pour leur licence. Quand une telle convention existe, il n'y a pas de taxe universitaire supplémentaire et les frais de transport sont pris en charge par le Canton. Cependant, les difficultés de regrouper convenablement les cours pour diminuer le nombre de déplacements nécessaires font que les étudiant(e)s - à l'image des Lausannois qui suivent certains cours à Fribourg - passent beaucoup d'heures dans le train. Par ailleurs, il existe une crainte au sein des universités qu'une multiplication de tels échanges au niveau de la formation de base ne conduise à une suppression des cours les moins fréquentés.
L'incertitude quant à la participation suisse aux programmes de l'Union Européenne hypothèque sérieusement l'avenir de la mobilité des étudiant(e)s suisses au sein des pays de l'Union Européenne. Par ailleurs, les sciences de la communication en Suisse souffre d'un handicap supplémentaire: l'absence du statut de branche principale. D'après le Professeur Widmer de Fribourg, par exemple, il faut pouvoir offrir au moins une branche principale à la licence si les échanges veulent être autre chose qu'un simple séjour linguistique.
Dans la discussion sur la mobilité, l'essentiel de l'attention est portée sur la mobilité physique, alors que la mobilité virtuelle constitue, par exemple, un des axes de développement de la politique européenne en matière de formation, quel qu'en soit le niveau. Que dans leur majorité les partenaires suisses interrogés se cantonnent à une conception de la mobilité physique traduit leur rapport aux technologies de la communication (cf. ci-dessus, 3.1.3.), mais aussi leur difficulté à prendre en considération un aspect en plein essor de leur champ disciplinaire.
Sigma - 11 JUL 95
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