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Le costume de Savièse
- Livre "Le costume de Savièse de 1860 à nos jours" par la Fondation Anne-Gabrielle et Nicola-V. Bretz-Héritier
Le Costume de Savièse
Par Anne-Gabrielle Bretz-Héritier
Le costume féminin
Le costume féminin de Savièse est toujours composé :
- de la robe noire plissée ou cotën en patois,
- du tablier et du foulard plié en pointe dans le dos,
- de bas noirs pour les femmes, blancs pour les filles,
- et de chaussures noires fermées.
Il est complété soit par la chemise à manches blanches (tenue de l’après-midi), soit par le mandzon (tenue de cérémonie).
La robe traditionnelle ou cotën
Actuellement, les Saviésannes portent presque exclusivement le cotën noir en tissu à base de laine. Il s’agit d’une robe avec un corsage sans manche et d’une jupe plissée uniquement à l’arrière. On compte 150 à 250 plis en fonction de la taille de la personne qui le porte, répartis dans une quinzaine de grands plis (dzéron). Sur l’envers, les plis sont maintenus vers la taille par un ou deux surfils (é trintsefioué). Une dizaine de plis transversaux ou baté permettent de moduler la hauteur de la jupe.
Le cotën est bordé d’un velours noir de 20 à 28 cm. Les proportions de velours ont augmenté durant le XXe siècle en fonction de l’aisance financière.
Le tablier et le foulard sont confectionnés dans un tissu de soie, noir pour les adultes ou blanc pour les jeunes femmes et les filles ; les mêmes motifs floraux brodés apparaissent sur le tablier et sur le foulard. Dans les années 1910, la broderie se limitait à quelques motifs au fond du tablier ; progressivement, les motifs ont été brodés jusqu’au milieu du tablier et sur les côtés.
Dans les années 1950, les motifs sont parfois peints sur la soie. Dans les années 1960 apparaît la technique de broderie « stoppée » qui consiste à broder le contour de pièces de tissu, de velours ou de cuir.
La tenue plus simple, portée l’après-midi ou lors de fêtes moins importantes, est composée :
- du cotën,
- de la chemise à manches blanches,
- du tablier et du foulard assortis, qui peuvent être en soie, brodés de motifs floraux, ou en coton uni ou imprimé.
Le costume féminin de cérémonie comprend la robe traditionnelle ou cotën noir, le mandzon ou veste courte, le foulard à franges et le tablier noirs, brodés, les bas noirs, les chaussures noires et le chapeau.
Le mandzon
La veste courte est nommée mandzon, c’est-à-dire habit à manches. Elle est bordée de velours, devant, dans le dos et aux extrémités des manches. Le mandzon se ferme devant par 8 crochets et boucles. Il est associé à la tenue de cérémonie et il est porté avec le foulard à franges dont les deux pointes sont enfilées entre les pans du mandzon.
Le caraco
Le caraco est une veste plus légère que le mandzon, autrefois très appréciée l’été, fermée devant par 5 à 6 boutons. Il a été confectionné de 1880 à 1970. Il se porte avec le foulard sans franges.
Ses principales caractéristiques résident
- dans la coupe en pointe dorsale
- et dans les deux bandes de velours, larges de 2 à 3 cm, qui garnissent les pans antérieurs et le bord inférieur.
Le chapeau de la Saviésanne
A la fin du XIXe siècle, le chapeau de paille était plat avec une calotte ou tétaa ornée d’un ruban à peine plissé. Au cours du XXe siècle, le bord, recouvert de velours noir, a été progressivement incurvé presque jusqu’à toucher les oreilles. La calotte est actuellement garnie d’un ruban de 12 cm de haut comportant au moins 80 plis fixés par une double rangée d’épingles à tête de verre noir. A l’arrière de la calotte, le ruban est savamment plissé en V et se termine sur le bord. On parle du flócaa. Le chapeau tient sur la tête grâce à la "mentonnière" ou bindon qui passe sur la nuque, sous le chignon.
Le costume masculin
Autrefois, les Saviésans portaient des chemises en chanvre et des pantalons en drap. Ils étaient toujours coiffés d’un chapeau. Le dimanche, l’habit était complété par le trecó et le ouacoo. Ce costume est encore porté lors de quelques occasions particulières.
Le trecó
Le trecóest la jaquette traditionnelle des hommes, tricotée avec de la laine brune de mouton. Le trecó est caractérisé par des pans antérieurs au pourtour dentelé et aux coins inférieurs arrondis et, généralement, par une double rangée de boutons en bois. Le col à double pointe confère au trecó un aspect de veste soignée. Cinq motifs typiques sont principalement tricotés sur le devant et aux poignets, disposés selon les goûts de la tricoteuse : la tresse, la rose, le romarin, les lignes obliques et la torsade. Le dos et les manches sont tricotés en côtes (alternance de mailles à l’endroit et à l’envers). En portant le trecó, les hommes de la Société des Costumes de Savièse perpétuent la tradition.
Le ouacoo
La ceinture traditionnelle et multicolore des hommes de Savièse est appelée en patois ouacoo, c’est-à-dire « lien à cœur » parce qu’elle est en laine tissée du centre vers les extrémités où elle se termine en nombreuses tresses. Cette ceinture mesure plus de 15 cm de large pour au moins 2.50 m de long. Elle était portée le dimanche et les jours de fête. Autrefois, elle était aussi utilisée par les grenadiers de la Fête-Dieu. Les six couleurs utilisées pourraient symboliser les six villages saviésans.
La góna a rison ou góna a dzéron
La góna a rison est l’habit à basques (ou queue-de-pie), de couleur bleue, brune ou vert sombre, garni d’une rangée de boutons jaunes. Portée encore durant la première décennie du XXe siècle par les notables de Savièse, elle a été remise à l’honneur par quelques hommes de la Société des Costumes en 1976.