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Autres vues aériennes de Montagny les Monts
La butte de Montagny. point stratégique contrôlant une partie de la vallée de la Broye, a été habitée depuis la plus haute Antiquité. Mais du fait de l'absence de fouilles systématiques, il est impossible d'avoir des informations précises sur cette époque. Plusieurs découvertes archéologiques attestent une occupation de la région dès le mésolithique.
Le premier indice date du début du XIIe siècle, où l'on cite Ulrich, seigneur de Belp et de Montagny, sous l'égide des Zaehringen. La naissance de la seigneurie de Montagny se situe certainement en 1146. Les deux fils d'Ulrich, Conrad de Montagny et Rodolphe de Belp concluent un arrangement au château primitif de Montagny. C'était alors une tour carrée, à laquelle s'adossaient des constructions de bois ceinturées d'une palissade ou d'un rempart.
La prompte intégration des sires de Montagny au sein des dynasties du Pays de Vaud, est mise en danger par l'extinction de la Maison des Zaehringen en 1218 La plupart des seigneuries et des villes dépendent alors directement de l'Empire germanique. C'est une période de troubles et de luttes incessantes entre seigneurs. Le besoin d'être protégés par un suzerain plus rapproché jette tous les seigneurs du Pays de Vaud sous la domination savoyarde. En 1254, Aymon Il se reconnaît vassal de Pierre Il de Savoie. On observe toutefois quelques liens d'amitié avec les Kybourg, héritiers des Zaeringen, jusqu'en 1264, date de l'extinction de cette dynastie. En 1276. un péage est attesté sur le chemin que contrôle la seigneurie, alors importante voie de communication entre Fribourg et le port d'Estavayer.
Dès lors, les seigneurs de Montagny réussissent à vassaliser la plupart des familles de petite noblesse établies dans leur sphère d'influence. Le soutien de la Savoie fait de Montagny un point fortifié. C'est l'âge d'or qui durera plusieurs décennies. L'on construit la Ville neuve, de 1269 à 1309. qui se composait de cinq rues, dont la principale comptait une trentaine de maisons. L'ancien bourg date du début du XIIIe siècle. La seigneurie s'étendait de Gletterens à Lentigny, du nord au sud et de Montagny à Misery, d'ouest à l'est, soit 21 bourgs. Montagny acquiert encore des possessions dans le Vully et des vignobles au bord du Léman. C'est à cette époque que disparaît le château primitif. Le donjon actuel est d'ailleurs caractéristique du temps de Pierre de Savoie, donc de la seconde moitié du XIIIe siècle.
Dès 1335, de grandes difficultés surgissent avec Fribourg qui recherche à s'étendre vers l'ouest. La puissance des villes domine les pouvoirs féodaux, surtout s'ils sont financièrement basés sur l'agriculture, comme c'était le cas des sires de Montagny. Er 1358 Aymon IV hypothèque son héritage. Les choses ne s'améliorent pas avec l'avènement de Théobald qui laisse son fief se délabrer. De plus, il commet un acte fort répréhensible en poursuivant et trucidant dans la forêt de Belmont Jean de Faucigny, un moine clunisien de Payerne qui s'en allait dire la messe à la chapelle de Chandon, en octobre 1390.
En novembre, la cour de justice du Pays de Vaud l'exproprie et le condamne à mort. Mais la comtesse de Savoie, Bonne de Bourbon, le gracie en raison des services rendus à la famille. En 1406, Amédée VIII applique l'expropriation, mais pas la peine de mort. Théobald se retire au Val d'Aoste, dans la seigneurie de Brissogne, propriété de son épouse, Marguerite de Quart Si Théobald a échappé à la mort, c'est grâce aux alliances matrimoniales contractées par la famille. Le seigneur avait des liens de parenté avec les dynasties de Savoie, de Neuchâtel, de Franche-Comté, de Grandson, de Gruyères, de Vuippens, de Cossonay et de Habsbourg. Théobald fut donc le dernier seigneur régnant à Montagny, qui devint ensuite propriété de la Savoie.
En 1447, Fribourg s'attaque à la Savoie et investit le château de Montagny, le 24 décembre. L'église, le bourg et neuf autres villages du fief sont incendiés et un énorme butin est emporté. Le château échappe au désastre, la garnison ayant enlevé tous les ouvrages de bois, à l'approche des 1600 assaillants. En 1448, dans la vallée du Gottéron, les troupes fribourgeoises sont vaincues par Berne et la paix est signée à Morat. Fribourg doit faire amende honorable, reconstruire l'église et restaurer le château. En 1452, les bourgeois de Montagny obtiennent de ta part du duc Louis de Savoie l'octroi de privilèges importants, tels la libération de tous péages, impôts, tailles et chevauchées. L'on assiste à une nouvelle époque de prospérité. En 1460. le bourg compte 140 feux et 700 habitants. Le marché hebdomadaire et la foire annuelle, le jour de la Saint Clément, connaissent une affluence réjouissante. Au retour de la bataille de Morat en 1476, les Fribourgeois incendient une nouvelle fois Montagny et la pillent. A la suite des Guerres de Bourgogne, en 1478, Fribourg achète à la Savoie la seigneurie de Montagny qui devient ainsi un bailliage fribourgeois. S'y succéderont 75 baillis, avec le titre de châtelain. C'est en 1491 que s'éteindra la lignée légitime des barons de Montagny, avec le décès, à Brissogne, de Jacques de Montagny, arrière-petit-fils de Théobald. Un énorme incendie ravage le château et le bourg, en 1504, et les comptes de trésorerie font état, en 1508 et 1509, des dépenses faites pour la restauration du château. Les documents de 1526 parlent de la « communauté » du bourg de Montagny, ce qui présuppose une certaine forme d'autonomie par rapport à Fribourg.
En 1752, le château est dans un état lamentable. Leurs Excellences de Fribourg consacrent une somme de 20 '000 livres pour sa restauration. En 1768, Charles de Castella exécute un plan du château, pour le registre du cadastre. II est aussi, en 1792, l'auteur d'une aquarelle où l'on peut constater l'état parfait dans lequel se trouve le château à cette époque (voir illustration). L'invasion des troupes françaises, en 1798, amène la fin du bailliage fribourgeois de Montagny qui aura duré 320 ans. Le château et ses dépendances sont laissés à l'abandon.
On crée alors le district de Montagny. Partout. les communes plantent l'Arbre de la Liberté. Le district de Montagny adhère à la République lémanique, puis à la République helvétique. Il faut attendre l'an 1803 pour que renaissent les souverainetés cantonales, avec l'Acte de Médiation de Napoléon Bonaparte. Fribourg se désintéresse de plus en plus du site de Montagny et la Chambre administrative, le 2 janvier 1802, vend le château et toutes ses dépendances à Jean Terrapon. paysan à Montagny-les-Monts, pour le prix de Fr. 5200.- I e site est soumis à la pioche des démolisseurs et devient une carrière. Une vue du Conseiller Jean-Joseph Combaz, en 1820, nous montre que le château n'était déjà plus que la ruine que nous, connaissons aujourd'hui. Il aura donc suffi d'une vingtaine d'années pour qu'une somptueuse demeure seigneuriale disparaisse, le donjon mis à part. Le 21 juin 1827, le général Nicolas de Gady achète à Jean Terrapon « ... la Tour seulement avec ses murs de soutien, comme escaliers d'accès, ainsi que 10 pieds de terrain de circuit autour du donjon et le libre passage par la cour du château, pour aller et venir... ». Le prix de vente est de Fr. 100.-. En 1828, le site passe de Jean Terrapon à son fils Antoine qui, en 1840, cède à Barbe Stern, meunière aux Arbognes, les terres descendant jusqu'aux rives de l'Arbogne, et la butte à Nicolas Bugnon de Montagny-les-Monts. Avec l'avènement de la Constitution fédérale, en 1848, disparaît le district de Montagny, remplacé qu'il est, en partie, par le district de la Broye. Les enfants de Nicolas Bugnon. en 1873, vendent la butte et les terrains attenants à l'Evêché de Lausanne, qui en fait don à la paroisse et au Bien curial.
En 1973, par voie d'héritage, la Tour revient à la famille de Werra. Le 21 septembre 1989 est le jour de la signature, dans la salle de la Maison-de-Ville, de l'Acte de la Fondation Général Nicolas de Gady pour la sauvegarde de la Tour de Montagny, la famille de Werra renonçant alors à tous ses droits de propriété qu'elle cède à la Fondation.
En collaboration avec les autorités culturelles fédérales et cantonales, la Fondation met sur pied un programme de sauvegarde du site. D'emblée elle a renoncé à vouloir faire du " faux-vieux ", car le charme du site de Montagny réside justement dans son caractère de " ruine romantique" inscrite dans un environnement naturel remarquable. Les travaux entrepris ont consisté en l'étayage et le renforcement de la zone d'entrée et de la base de la tour, l'arrêt de la dégradation de sa couronne et son renforcement, le rescellement des moellons constituant la façade extérieure du bâtiment.
La Fondation a également installé un escalier extérieur conduisant à la porte d'entrée du donjon ainsi qu'un escalier intérieur qui permettent aux visiteurs d'accéder, 30 mètres plus haut, au sommet de l'édifice et de jouir d'une vue panoramique sur toute la région.
Bibliographie