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Pour débaptiser un bateau, c'est possible : il faut tuer le macoui !
Contrairement à une idée reçue, changer le nom d'un bateau est possible, à condition de respecter un cérémonial très précis destiné à conjurer le mauvais sort et éviter de graves déconvenues à ses passagers. Il suffit en fait de tuer le macoui...
Dans le riche bestiaire maritime, le macoui serait ce grand serpent qui suit en permanence le bateau ; en clair, son sillage. Or chaque bateau a un sillage qui lui est propre ; sorte de signature unique. Du coup, pour rebaptiser un navire sans s'attirer les foudres de Neptune, il faut couper le macoui d'origine. Une procédure relativement bien codifiée dont seuls quelques détails varient d'une région ou d'un bassin à l'autre.
L'opération se déroule toujours en mer, à bord du bateau à débaptiser qui doit être accompagné d'un bateau "ami". La première étape consister à saouler le macoui afin d'endormir sa méfiance, en versant pour cela une bonne dose du meilleur alcool du bord, à l'arrière du bateau à rebaptiser. Le bateau accompagnateur en profite alors pour couper plusieurs fois (au moins trois, mais dans le doute, abondance ne nuit pas) le sillage de celui qui le précède, en manoeuvrant le plus près possible de son tableau arrière car c'est là qu'est censée se trouver la tête du serpent. Une fois le macoui bien mort, l'équipage rebaptise le bateau en prononçant son nom à haute voix et sert une rasade d'alcool à son nouveau macoui. Il est important également de remercier Neptune qui a présidé la cérémonie, en versant dans la mer, côté tribord, une bonne rasade de ce même breuvage. Certaines variantes exigent que la marraine du bateau soit présente durant toute la cérémonie, d'autres imposent que le breuvage soit exclusivement du champagne, d'autres encore assurent que le macoui ne peut être déclaré définitivement mort qu'après avoir été achevé d'un coup de canon (un peu compliqué...) ou de fusil (pas évident de brandir une arme chargée par les temps qui courent...).