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Critique
"Une nombreuse assemblée juive-orthodoxe accomplit un rite, priant au bord d'un fleuve. La caméra survole une jeune fille qui s'isole du groupe... Nous sommes dans la banlieue parisienne, un quartier de Sarcelles appelé ""la petite Jérusalem"", car de nombreux juifs (venus d'Afrique du Nord dans les années 60) s'y sont installés. C'est là qu'habite Laura (Fanny Vallette), étudiante de 18 ans, avec sa mère, et aussi avec sa sœur Mathilde (Elsa Zylberstein), son beau-frère Ariel et leurs enfants. Laura est tiraillée entre son éducation religieuse et des études de philosophie qui la passionnent, lui offrant une autre vision du monde. Son maître à elle, c'est plutôt Kant. Quant à Mathilde, beaucoup plus proche du discours religieux, elle tente de redonner vie à son couple, tout en respectant la loi juive. Laura découvrira l'amour à travers une relation avec Djamel, un journaliste algérien, réfugié politique. Mais la famille de ce dernier, pour des raisons culturelles et religieuses, l'obligera à mettre un terme à cette liaison.
LA PETITE JERUSALEM fait clairement référence aux violences anti-sémites de ces dernières années, mais la cinéaste Karin Albou se défend d'avoir voulu en faire un film idéologique ou didactique. Son œuvre n'en reste pas moins une réflexion féminine intelligente et sensible sur la liberté, sur la loi, sur les traditions culturelles et religieuses juives, sur la vie d'une communauté assez repliée sur elle-même. Sans prétendre donner des réponses à toutes les questions posées, le film est construit avec une grande rigueur de structure. La direction des acteurs est parfaite et la cinéaste a su également ménager des scènes improvisées, très réussies. Un film qui offre de multiples pistes de lecture."
Antoine Rochat