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Le pancréas est un organe situé au centre du corps, sous l’estomac et le gros intestin, au-dessus des gros vaisseaux artériels et veineux que l’on appelle l’aorte et la veine cave. Il a une fonction exocrine (sécrétion d’enzymes digestives) et endocrines (sécrétion d’hormones). L’insuline, par exemple, est essentiellement stockée dans le pancréas caudal.
Si vous êtes atteint(e) d’une maladie nécessitant une opération sur le pancréas, cette dernière aura une influence en post-opératoire sur la fonction de l’organe pancréatique. En général, une opération devient nécessaire lorsque l’on repère à l’imagerie une masse, ou tumeur, au sein du pancréas. Les tumeurs peuvent être d’origine inflammatoire, kystique ou cancéreuse. On parle de résection pancréatique lorsqu’on ôte une partie du pancréas (en général la tête ou la queue).
Lorsque la masse est située dans la tête du pancréas, l’opération consiste en l’ablation de la tête du pancréas, de la 1ère partie de l’intestin s’appelant le duodénum et de la vésicule biliaire et de la voie biliaire. L’opération s’appelle alors une « duodéno-pancréatectomie céphalique selon Whipple ». A cette opération, il peut s’avérer nécessaire d’enlever le tiers distal de l’estomac. La reconstruction de la continuité digestive se fait à l’aide de l’intestin grêle avec 3 anastomoses, ou coutures : 1 sur le pancréas, 1 sur les voies biliaires venant du foie et 1 sur l’estomac ou l’intestin grêle.
L’opération consistant à enlever la queue du pancréas s’appelle « pancréatectomie caudale ». Pour des raisons d’anatomie vasculaire ou oncologiques, il peut s’avérer nécessaire d’enlever également la rate . L’opération s’appelle alors une «spléno-pancréatectomie caudale».
Rarement, et pour de petites tumeurs, il est possible de procéder à une énucléation, c’est-à-dire à l’ablation d’une masse sans enlever de tissus pancréatiques. Cette opération peut alors se faire par laparoscopie (chirurgie vidéo-assistée). Pour les petites tumeurs, on peut également enlever une partie intermédiaire du pancréas. Cette opération s’appelle une « pancréatectomie centrale ». Une reconstruction de l’intestin est alors nécessaire.
Les opérations de la tête du pancréas se font en général par chirurgie ouverte, dite « laparotomie ». Les opérations sur la queue du pancréas, ou la partie intermédiaire du pancréas, peuvent, en fonction des situations, également se faire par laparoscopie.
La clé de voûte de la bonne convalescence est une cicatrisation adéquate de la couture entre le pancréas et l’intestin grêle. Cependant, une chirurgie du pancréas peut présenter plusieurs complications. Tout d’abord, par la localisation du pancréas proche des gros vaisseaux du foie et du corps, le chirurgien doit parfois faire facre à des hémorragies per-opératoire et/ou post-opératoire. On trouve ensuite les complications type infectieuses. De manière générale, la mortalité d’une opération du pancréas est inférieure à 2%. Les taux de fistule pancréatique se situent entre 2 et 5%. Les taux de morbidité chirurgicale et médicale post-opératoire se situent eux entre 20 et 40%.