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L’Eglise catholique-chrétienne est l'une des trois Eglises nationales de la Suisse. Elle est reconnue par l’Etat au même titre que les Eglises catholique-romaine et protestante. Basée sur son passé historique, elle s’entend comme une alternative du catholicisme romain dont l'organisation hiérarchique est structuré autour de la fonction de la papauté. Elle s’est constituée à la suite de la protestation de catholiques libéraux contre les dogmes de l’infaillibilité papale, et surtout contre la prétention de la papauté à gérer l’Eglise catholique toute entière, ceci suite au premier concile de 1870. Ces nouveaux dogmes, émis contre la croyance traditionnelle ont alors été rejetés.
La naissance de l’Eglise catholique-chrétienne a été fortement liée aux disputes concernant le « Kulturkampf »: utilisation politique des fonctions religieuses; 1871 : paragraphe de la chaire, 1872 : interdiction de l’ordre des Jésuites; 1873-1874 : loi sur la formation des prêtres et sur les limites du pouvoir disciplinaire de l’Eglise.
La proclamation des nouveaux dogmes au temps du « Kulturkampf » au milieu de l’évolution de l’Europe en Etats nationaux, a eu pour effet également des dimensions politiques. Ces effets se sont manifestés par la crainte des conséquences de ces deux dogmes dans la vie publique et les relations entre Eglises et Etat.
Suite à cette résistance, les opposants ont été excommuniés. Ils ont été contraints dès 1872 à créer une organisation ecclésiastique propre pour assurer la continuité de l’Eglise dans le sens de son organisation préalable au concile de Vatican I.
Le premier synode a eu lieu en 1875 à Olten. Y ont été adoptés la Constitution de l’Eglise, les règlements de gestion synodale, la création du Conseil synodale ainsi que l’ordre d’élection de l’évêque. Un an plus tard, cette élection a constitué l’achèvement de la création de l’Eglise catholique-chrétienne : le théologien Edouard Herzog a été élu premier évêque. Il a prêté serment sur la Constitution, en présence des délégués des autorités des cantons de Berne, Genève, Soleure et Argovie.
La création d’une structure ecclésiastique propre a donné également l’occasion d'introduire de larges réformes. Le libre choix a été donné concernant la confession alors obligatoire dans l'Eglise catholique. A sa place, fut créé un recueillement pénitenciel au début de la liturgie de la messe. Dès 1880, on introduisit les langues nationales dans la célébrations de la messe et la communion sous les deux espèces du pain et du vin pour toute l'assemblée. L’obligation du célibat des prêtres fut également supprimée.
(lire plus : précis sur "l'Histoire de l'Eglise et Précis synoptique" , éd. catholiques-chrétiennes)
La Constitution comme les structures de l'Eglise catholique-chrétienne sont organisées essentiellement de « bas en haut. » Le Synode national est le plus haut organe législatif et déterminant de l’Eglise. Il est composé du clergé et des délégués laïcs élus par les paroisses. En plus des questions de finance et d’administration, il a la compétence sur le maintien de l’unité ecclésiastique et sur les principes fondamentaux de discipline. Concernant les questions de la foi, le Synode peut engager une procédure particulière d’une durée plus étendue, afin d’empêcher qu’une simple résolution de la majorité donne lieu à des décisions. Le Synode est présidé alternativement par un membre du clergé ou un laïc.
L’autorité de consultation préparatoire, exécutive et administrative est le Conseil Synodal. Ses membres sont élus par le Synode. Il est composé par quatre ecclésiastiques et cinq laïcs. Il est toujours présidé par un laïc. Les résolutions sont établies en commun par l’évêque et le Conseil Synodal.
L’évêque est élu par le Synode. En conformité avec la tradition catholique, il est compétent pour l’enseignement et la consécration épiscopale.
La collaboration avec d’autres Eglises vieilles-catholiques (catholique-chrétienne en Suisse) en Europe, qui se sont constituées suite au concile de Vatican I, - a été très étroite dès le début. Des contacts ont été très rapidement cherchés avec une Eglise catholique aux Pays-Bas également indépendante de Rome. Cette dernière a été poussée par Rome vers le schisme au début du 18ème siècle. En 1889, les évêques allemand et suisse se sont unis aux évêques néerlandais. (l’archevêque vieux-catholique d’Utrecht et les évêques de Haarlem et de Deventer.)
L’organe constitutionnel de cette Union d’Utrecht est l’assemblée internationale annuelle des évêques vieux-catholiques (IBK) qui toutefois n’a pas de compétence juridique. Elle est présidée par l’archevêque d’Utrecht et a pour tâche de sauvegarder l’unité des Eglises vieilles-catholiques ainsi que de coordonner les relations avec les autres Eglises. L’Union d’Utrecht est une communion d’évêques. De ce fait, leurs Eglises se trouvent en pleine communion entre elles. A ce jour, les Eglises vieilles-catholiques des Pays-Bas, d’Allemagne, de Tchéquie, de Pologne et de Suisse (Eglise catholique-chrétienne) font partie de l’Union.
Les églises vieilles-catholiques sont des Eglises de tradition catholique avec des structures épiscopo-synodales. Elles partagent l’interprétation des sept sacrements avec d’autres Eglises de tradition catholique et orthodoxe. Le culte prend la forme d’une messe consistuée d'un office de la parole (avec prédication) et de l'Eucharistie. L’Eucharistie s’entend comme un culte d'action de grâces, et comme la représentation réelle du sacrifice de la croix du Christ. Il représente l’offrande sacrée.
Le développement de l’Eglise catholique chrétienne ne peut pas être considéré indépendamment des autres Eglises vieilles-catholiques. Ces dernières décennies, elles ont été marquéed par une discussion concernant l’ouverture du sacerdoce aux femmes. Depuis juillet 1997, les Eglises sont responsables pour accorder ce sacerdoce. L’Eglise catholique-chrétienne le rend possible par une modification de la Constitution en 1999. La première femme a été ordonnée le 19 février 2000. A l’heure actuelle, toutes les Eglises d’Europe occidentale (Pays-Bas, Allemagne, Autriche, Suisse) ont des femmes prêtres ordonnées au ministère.
(Aller sur la page de l'Union d'Utrecht))
Dès le début de l’Eglise catholique-chrétienne, l’union entre les Eglises séparées a été d’une très grande importance pour les catholiques-chrétiens. L’évêque Edouard Herzog a été un œcuméniste de la première heure. Très tôt, il a initié des discussions d’union avec les Eglises orthodoxes et anglicanes. Ainsi, il a été un pionnier de l’œcuménisme. Le dialogue avec les anglicans s'est conclu en 1931 par la pleine communion entre ces deux Eglises. Le dialogue avec l’Eglise orthodoxe a été longtemps interrompu pour des raisons politiques. C’est en 1987 seulement que les discussions théologiques se sont conclues, sans être encore confirmées par les Eglises. Sur le plan international les Eglises vieilles-catholiques ont entamé de nouveau un dialogue officiel avec l’Eglise catholique-romaine depuis 2004. Des discussions avec l’Eglise luthérienne suédoise sont planifiées dans un proche avenir.
Ensemble avec les autres Eglises vieilles-catholiques, l’église catholique-chrétienne est membre fondateur du Conseil œcuménique des Eglises (COE). Elle est membre de la Conférence des églises européennes (KEK). En Suisse, elle est active au sein de la Communauté de travail des Eglises chrétiennes de la Suisse (CTEC-CH).
(plus d'infos sur l'oecuménisme)
L’Eglise catholique-chrétienne compte environ 13'500 membres à travers toute la Suisse. Ceux-ci habitent en partie dans une diaspora étendue. Les grandes distances sont souvent un problème pour l’entourage des membres et des familles, la régularité des offices, les visites et le catéchisme.
Le petit nombre représente souvent des avantages mais aussi des inconvénients. D’une part se crée une sécurité presque familiale et communautaire dans la paroisse, mais d’autre part, la plupart des paroisses luttent pour cette raison. Particulièrement contre une lassitude de fréquentation des cultes ; ce phénomène se manifeste également dans d’autres Eglises. Il existe aussi de plus en plus de gens nécessiteux, qui pourraient ou qui voudraient être secourables. Les paroisses essaient de prendre au sérieux ces nouvelles demandes en développant de véritables diaconies, dans le sens de l’Evangile. Elles s'efforcent de diversifier leurs offres auprès de tous.
Bon nombre de paroisses se trouvent également en face de sérieux problèmes financiers. En particulier les plus modestes, surtout en ce qui concerne l’infrastructure, les salaires ainsi que l’entretien et la rénovation des églises. L’Eglise catholique-chrétienne essaie d’affronter ce problème en misant sur la collaboration régionale, quand cela est possible. Collaboration qui exige une nouvelle orientation de pensée de la part du clergé et des paroisses elles-mêmes. La règle n’est plus un travail pastoral isolé mais la constitution d'équipes dans lesquelles clergé et laïques sont impliqués.
En tant qu'Eglise numériquement minoritaire, la tâche des catholiques-chrétiens n’est pas toujours facile. Elle s’entend cependant comme pouvant apporter un important enrichissement en lien avec les autres confessions chrétiennes. En tant qu’Eglise catholique, elle se veut une alternative au modèle romain.