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Histoire genevoise
Le 6 mars 1960, les Genevoises obtiennent les droits de vote et d'éligibilité au niveau cantonal et communal. Après plusieurs décennies de lutte, elle peuvent enfin faire entendre leur voix dans l'arène politique et accèdent à l'une des sphères de prise de décision les plus importantes de la vie publique.
Obtenir ces droits en 1960 semble bien tardif. Les Néo-Zélandaises, pionnières, les ont acquis en 1893. En Europe, les Finlandaises ont pu voter dès 1906.
Mais Genève reste toutefois un canton pionnier, il est le troisième à avoir accordé ces droits, après Vaud et Neuchâtel, 11 ans avant l'instauration du suffrage féminin sur le plan fédéral et 30 ans avant qu'il ne soit introduit à Appenzell Rhodes-Intérieures en 1990 par un arrêt du Tribunal fédéral.
Pour convaincre les hommes d'accorder l'égalité politique aux Genevoises, il a fallu cinq votations populaires en 1921, 1940, 1946, 1953 et 1960.
En 1961, suite aux élections cantonales, neuf femmes sont élues au Grand Conseil. Parmi elles, Lise Girardin, qui deviendra plus tard la première Maire de Genève en 1968 et la première Suissesse à occuper une telle fonction. Elle sera également la première femme à être élue au Conseil des États (1971-1975).
Histoire suisse
Alors qu'elles représentaient la moitié de la population et avaient les droits dans leurs cantons, les Suissesses ont été privées de droits politiques au niveau fédéral jusqu'en 1971.
Lors de la première votation en 1959 le suffrage féminin a été refusé à 66,9%. Suite à la deuxième votation le 7 février 1971, les Suissesses acquièrent enfin l'intégralité de leurs droits politiques au niveau fédéral avec 65,7% de oui et une participation de 57,7%.
Histoire en ressources
Tout au long de l'année 2020 le BPEV a célébré le soixantième anniversaire de l'octroi du droit de vote et d'éligibilité au niveau genevois et continue les célébrations en 2021 avec le cinquantième anniversaire au niveau suisse.
Pour l'occasion, plusieurs sources et outils pédagogiques sont à disposition. Ce matériel est destiné à un large public, à la presse, aux établissements scolaires , aux organisations féminines, aux politiciennes et politiciens.
Les efforts continuent
Si le droit de vote des femmes est aujourd'hui une évidence, le partage des responsabilités politiques demeure un combat. Les femmes rencontrent encore plusieurs types d'obstacles pour accéder aux sphères décisionnelles. Elles sont souvent confrontées à des préjugés et à des stéréotypes sexistes, notamment une vision traditionnelle de la vie publique réservée aux hommes, où les femmes sont souvent perçues comme moins compétentes qu'eux.
Plusieurs autres domaines nécessitent la poursuite des efforts. Les inégalités salariales persistent. La prise en charge du travail de soin ou des tâches domestiques et éducatives au sein des familles reste principalement assurée par les femmes. Les choix professionnels des jeunes filles et garçons sont encore empreints de stéréotypes de genre.
Concernant les violences sexistes, sexuelles, domestiques ou de genre, le travail de prévention doit se poursuivre et se diversifier pour entre autres sensibiliser le grand public, pour mieux former les professions concernées et pour atteindre les personnes les plus vulnérables.