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Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des dizaines de milliers de rescapés du tsunami n’ont pas accès à l’eau potable.
Pour la rendre potable, des chercheurs suisses proposent une méthode simple. Il suffit d’une bouteille en plastique et des rayons du soleil.
«Si l'accès à l'eau potable n'est pas rétabli pour les rescapés de la catastrophe d'ici la fin de la semaine, des épidémies pourraient éclater et provoquer autant de décès que le tsunami», a averti l'Organisation mondiale pour la santé (OMS).
L'accès à l'eau demeure insuffisant, en particulier à Aceh, en Indonésie et sur la côte orientale du Sri Lanka, souligne l'OMS. L'agence de l'ONU signale également une augmentation des cas de diarrhée dans certains camps de personnes déplacées.
«Sur les 5 millions de personnes affectées par le raz-de-marée en Asie, directement ou indirectement, au moins 150’000 sont menacées si une épidémie se produit», a souligné Lee Jong-wook, directeur général de l'OMS.
L'organisation a déjà fait parvenir des millions de tablettes de purification d'eau et des secours médicaux d'urgence pour 2 millions de personnes en Asie.
Simple et bon marché
Mais il existe une autre manière de rendre l’eau potable qui ne nécessite pas d’envoi de matériel particulier.
Cette méthode de désinfection solaire de l'eau baptisée SODIS a été développée en 1991 par l'Institut fédéral pour l'aménagement, l'épuration et la protection des eaux (EAWAG) à Dübendorf, dans le canton de Zurich.
La méthode est tellement simple que les gens hésitent à y recourir, selon Martin Wegelin, chercheur à l'EAWAG.
Jugez plutôt: des bouteilles en plastique transparent (PET) sont remplies aux deux tiers avec de l'eau impure, avant d'être secouées pendant 20 secondes, puis complètement remplies et bouchées. Elles sont ensuite placées horizontalement sur un toit ou du métal sombre et exposées pendant six heures au soleil.
A la fin de l’opération, l'eau est purifiée. Car les micro-organismes pathogènes ne résistent pas à l'action destructrice des rayons ultraviolets du soleil et à l'augmentation de la température de l'eau.
Et ce n’est pas tout. Grâce à l'utilisation de la bouteille, l'eau peut également être transportée et stockée.
Reste à convaincre les agences déployées sur les lieux de la catastrophe du 26 décembre de recourir à ce procédé très bon marché.
Pour ce faire, Martin Wegelin est en contact avec l’agence helvétique de coopération (DDC) et des organisations internationales comme l'OMS.
Un effort de promotion
Selon l’expert suisse, ces opérateurs humanitaires sont en train d’évaluer le procédé.
La DDC, elle, recommande l’utilisation de SODIS dans les régions frappées par le tsunami, selon Peter Kaufmann.
«Nous pensons, précise ce responsable de l’approvisionnement en eau à la DDC, que SODIS est particulièrement adapté aux villages dépourvus de tout système de traitement de l’eau déjà avant la catastrophe.»
Martin Wegelin souligne, lui, que ce procédé est utilisé depuis longtemps déjà dans l'Etat du Tamil Nadu, au sud de l'Inde, au Sri Lanka ou en Indonésie. Si aucune des régions où SODIS est utilisé n’a été directement frappée par le raz de marée, certaine d’entre elles sont proches des zones sinistrées.
Martin Wegelin reconnaît toutefois qu’il faut du temps et un gros effort de conviction pour gagner la confiance des populations. Il est en effet difficile de croire qu’un procédé aussi simple et bon marché soit efficace.
swissinfo, Scott Capper
(Traduction et adaptation: Frédéric Burnand)
En bref
- Il suffit de remplir aux deux-tiers une bouteille en plastique d'eau impure, de la secouer pendant 20 secondes et de la remplir complètement, vant de la boucher et de la placer horizontalement sur un matériau sombre. Après six heures au soleil, l'eau est pure.
- Les micro-organismes ne résistent pas à l'action destructrice des rayons UV et à l'augmentation de la température de l'eau.