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Johnny Walker, ich zahl’ dich gleich in bar
Johnny Walker, du hast mich nie enttäuscht
Johnny, du bist mein bester Freund
(...)
Ich hab’s versucht, ich komme ohne dich nicht aus
Wozu auch? - du gefällst mir ja
Kein Mensch hört mir so gut zu wie du
Und Johnny, du lachst mich auch nie aus (...)"
Johnny Walker, te revoilà
Johnny Walker, je vais te payer cash
Johnny Walker, jamais tu ne m'as déçu
Johnny, tu es mon meilleur ami
(...)
J'ai essayé, je ne peux pas me passer de toi
Pourquoi le ferais-je ? Puisque tu me plais
Personne ne m'écoute aussi bien que toi
Et, toi, Johnny, tu ne te moques jamais de moi (...)
J'aurais aussi pu commencer par Tom Waits pour évoquer le sujet du jour...
Je me souviens très bien de ma première cuite : j'avais un peu plus de dix-sept ans et, au cours d'une soirée organisée par une association d'étudiants, j'ai eu la très mauvaise idée de boire de la bière, de la sangria, du vin blanc et un peu de tequila, dans des proportions variables mais de toute évidence exagérées : le lendemain matin, je me suis réveillée avec fifres et tambours dans la tête, option "la fin du monde est proche" !
Par la suite, ma consommation d'alcool a connu des "pics universitaires", des "très bas gestationnels", pour trouver depuis lors une sorte de "vitesse de croisière" placée sous le signe non plus du "peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse" mais d'un "vaut mieux peu mais du très bon".
Ne voyez dans ce billet ni une quelconque nostalgie de mes vingt ans ni une sorte de "suite" à mes interrogations sur la nécessité (ou non) d'interdire la fumée dans les lieux publics : mes tribulations du jour sont issues d'un questionnement professionnel quant à l'attitude à adopter (notamment sur le plan juridique) dans un milieu où la consommation d'alcool avant la prise de service et durant les pauses n'est pas interdite mais (à mes yeux) déontologiquement fort discutable.
N'étant, et de loin pas, experte dans les questions liées à l'alcool, j'ai pris contact avec une institution qui, elle, l'est. Une présentation de trois heures n'a pas fait de moi une spécialiste mais j'ai pris ou repris conscience de plusieurs éléments sur lesquels j'ai envie de revenir brièvement.
Tout d'abord, il a été rappelé que l'alcoolisme est une maladie, impliquant donc un diagnostic médical qu'un "simple" directeur des ressources humaines ne devrait pas poser, n'en ayant pas les compétences : il est vrai qu'on l'utilise peut-être trop lestement, ce terme.... D'autant qu'il convient de distinguer d'une part l'alcoolisme, d'autre part la sur-consommation. Dans un premier temps, je me suis dis que la différence n'était que verbiage mais en écoutant les explications du conférencier, j'ai réalisé qu'elle avait toute sa raison d'être : si un alcoolique et un sur-consommateur peuvent parfois avaler quotidiennement la même quantité d'alcool, l'un est totalement incapable d'arrêter d'avoir recours à la dive bouteille, tandis que l'autre, si l'enjeu est suffisamment important (santé, boulot, famille, finances, autre), pourra renoncer, peut-être en râlant un peu dans un premier temps, à lever le coude.
Ensuite, l'aspect "social" de l'alcool a été abordé et j'ai repensé à toutes ces situations où, ayant refusé de consommer de l'alcool (par manque de goût, par nécessité de conduire, par crainte de ne plus être totalement adéquate dans mon comportement dans un environnement professionnel), j'ai entendu à chaque fois peu ou prou les mêmes remarques : "allez, viens, un petit verre, franchement, ça ne va pas te faire de mal, même les toubibs le disent, le vin rouge, c'est bon pour la santé !" ou encore "bois un verre, ça va te décoincer un peu, là, t'es trop sérieuse"....
Le fumeur est, il est vrai, une "plaie" pour un entourage non fumeur mais je ne crois pas avoir jamais entendu un fumeur tenter de convaincre un non fumeur de lui piquer une clope : pourquoi ne peut-on pas simplement prendre acte du refus de consommer de la bière, du vin, du whisky ou de la berudge et passer à autre chose ? Je me suis alors demandée quelles stratégies devait développer une personne qui, après avoir rencontré de sérieux problèmes d'alcool, avait réussi à ne plus boire une seule goutte : comment faire pour éviter la verrée de départ du collègue du service comptabilité, comment ne pas trinquer avec le voisin devenu père pour la première fois, comment ne pas accompagner un ami en deuil qui s'accroche trop à sa bouteille de scotch ?
Finalement, l'intervenant a insisté sur un concept qui m'était (presque) totalement étranger : la co-dépendance. Qui bien entendu fait l'objet de moult textes sur pléthore de sites : je ne suis pas capable de vous résumer les tenants et aboutissants de la co-dépendance mais j'ai compris que (presque) chacun d'entre nous peut se trouver "coincé" dans une situation où, tentant de protéger une personne (ami, membre de la famille, collègue) des conséquences liées à la dépendance (à l'alcool mais également à la drogue, aux médicaments, au jeu notamment), il lutte, observe, espère, organise, supplée, triche parfois, pour finalement se trouver dans un état proche de la dépression dans les situations les plus sérieuses. Sans avoir réussi le moindre du monde à sortir la personne "protégée" de sa dépendance, créant uniquement une "dépendance à la dépendance" pour elle-même.
Bref, à la fin de la présentation, j'ai soupiré, réalisant que l'aspect juridique de la problématique pouvait être assez simplement résolu mais que toutes les questions sociales, humaines liées à la consommation d'alcool étaient très complexes; j'ai surtout eu envie de "lever mon verre" à tous ceux qui, après avoir failli se noyer dans l'alcool, avaient réussi à reprendre les commandes de leur vie, ils ont toute mon admiration d'avoir, jour après jour, réussi à relever ce difficile pari. Bravo !