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Ce projet de recherche propose de combler les lacunes de la littérature historique et sociologique concernant les mouvements paralympiques. D’une durée de trois ans, il sera coordonné par le Prof. Nicolas Bancel (ISSUL) et animé par un-e chercheur-e junior FNS et un-e assistant-e doctorant-e FNS.
Le premier pan de la recherche consiste en l’analyse des trajectoires de vie d’une soixantaine de médaillé(e)s paralympiques depuis 1960, suisses et français, dans le cadre d’une méthode prosopographique s’appuyant sur les reconstructions biographiques par entretiens semi-directifs. L’enjeu est de comprendre comment se construit une carrière sportive paralympique au sein d’une trajectoire de vie, en en identifiant les conditions socioculturelles de possibilité et en en analysant les « effets » multiples sur les acteurs. Il s’agira également de comprendre dans quelles conditions s’accomplissent ces parcours, comparativement, en Suisse et en France : qui sont-ils ces sportifs ? D’où viennent-ils ? Comment ont-ils découvert leur pratique sportive de prédilection ? Quels déterminants historiques et sociaux ont conditionné la « fabrique » de ces champions ? L’hypothèse d’une (re)construction s’accomplissant dans le répertoire de normes et de valeurs véhiculées par le sport de compétition et au regard des compétiteurs valides est posée.
Le second pan de la recherche concerne l’évolution et l’affirmation institutionnelle du mouvement paralympique, la Suisse et la France ayant été motrices dans ce processus. L’institutionnalisation des mouvements paralympiques se joue dans les rapports qu’ils entretiennent avec le champ sportif international et, en particulier, avec les fédérations sportives valides nationales, internationales et le Comité International Olympique (CIO). De la même manière, l’hypothèse d’une fascination mimétique avec les institutions valides est posée. Ceci ouvre sur une interrogation plus vaste portant sur les mécanismes par lesquels le mouvement sportif international intègre peu à peu des populations discriminées (les femmes dans un premier temps…), minoritaires ou marginalisées. Nous émettons l’hypothèse que, dans le cas des sportifs handicapés, cette intégration procède avant tout d’un désir de reconnaissance des acteurs des mouvements paralympiques. Plus tardive, l’intégration de ces mouvements par les instances du sport international institutionnalisé procède d’une logique d’expansion conquérante des sports et des cultures sportives et donc de leurs normes corporelles, morales et psychiques.