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Pierre Aubert naît aux Mollards-des-Aubert, domaine familial situé au-dessus du Brassus à 1300 mètres d’altitude. Il est l’unique enfant de Paul Aubert et Louise née Dubois. Son père descend d’une lignée de paysans-artisans ; il travaille sur le domaine et façonne des pièces d’horlogerie à domicile. Il est également musicien autodidacte. Sa mère, originaire de Mézières dans le Jorat, est institutrice. Les parents du jeune Pierre, malgré l’éloignement et la rusticité de leur lieu de vie, stimule intellectuellement leur fils et ainsi une passion pour l’art naît en lui. A l’école du Brassus, il s’intéresse aux sciences et au dessin tout en découvrant l’histoire de l’art par lui-même.
En 1927, il reçoit de sa grand-mère maternelle une presse et du matériel de reliure. L’année suivante, il rencontre Tell Rochat lors du vernissage d’une exposition de l’artiste du Pont à qui il propose un troc : la reliure de ses ouvrages contre des cours de dessins. Grâce à ces cours et à l’amitié qui naît entre le maître et l’élève, la carrière artistique de Pierre Aubert débute de manière décisive cette année-là. La gravure sur bois devient son moyen d’expression artistique de prédilection. Pour la première fois en 1933, il présente ses gravures à l’étranger lors d’une exposition internationale en Pologne. Au décès de Tell Rochat en 1939, Pierre Aubert dresse un catalogue de ses œuvres et rédige sa biographie. La seconde guerre mondiale débute alors et l’artiste, de santé fragile, n’est pas mobilisé. Il se consacre à son art, imprime un recueil de xylographies, réalise des décors de théâtre et fonde en 1941, avec d’autres graveurs romands, le groupe Tailles et Morsures.
En 1947 il se marie avec Gilberte Aubert qui est institutrice. De cette union naîtra un fils prénommé Raphaël.
Ce n’est qu’en 1950 que Pierre Aubert quitte les Mollards pour s’installer avec sa femme à la Golisse, près du Sentier. Gilberte reprend alors l’enseignement ce qui permet à son mari de s’investir pleinement dans son art. Dès lors débute une intense période de travail, de voyages et de visites, principalement à Paris. Il expose en galerie et participe à différents salons d’artistes où il sera plusieurs fois primé. L’artiste vaudois Henry Meylan demande à Pierre Aubert de l’aider à réaliser une commande de plusieurs peintures murales pour une agence bancaire du Sentier ainsi qu’une autre pour une décoration dans le collège des Cytises, également au Sentier. C’est en 1952, au moment de la dissolution du groupe Tailles et Morsures que l’artiste se consacre tout autant à la peinture qu’à la gravure et oriente sa carrière principalement sur Paris.
En 1955 les Aubert s’installent au Séchey où Gilberte est nommée institutrice. Deux plus tard, le couple entreprend d’importants travaux de remise en état et de modernisation des Mollards. Il y investira toutes ses économies et son temps libre. Et en 1958 la famille remonte s’installer dans la maison rénovée. Mais après trois ans, afin de faciliter la scolarité de Raphaël, ils achètent l’ancien Café du Soleil de Romainmôtier et s’y installent définitivement en 1962. Malheureusement dès ce moment-là les Mollards, devenus inoccupés, seront régulièrement et durablement victimes d’actes de vandalisme ce qui afflige profondément Pierre Aubert. Il exprimera son mal-être dans une gravure intitulée Vieux tronc.
Dès le début des années 70, Pierre Aubert rencontre des problèmes de santé. Les atteintes à sa maison n’y sont pas étrangères. C’est à cette époque que l’artiste tiendra régulièrement son journal et ceci jusqu’à la fin de sa vie. A l’instigation de leur fils qui leur conseille de se changer les idées, les Aubert voyagent en Europe, découvrent Munich, Londres, Rome, Paris où l’artiste est nommé sociétaire du Salon des Indépendants et où il expose pour la première fois en 1976. Le combier n’en oublie pas pour autant sa Vallée de Joux et, pour fêter ses 75 ans, honore les cimaises de l’ESSOR d’une exposition personnelle en 1985.
Dès 1986, il est victime de plusieurs malaises, sombre brièvement dans le coma, ce qui ne l’empêche pas de continuer son travail dont il ne verra malheureusement pas l’aboutissement. Pierre Aubert est emporté par une hémorragie cérébrale le 1er novembre 1987.
Plusieurs publications, une rétrospective au Cabinet cantonal des estampes, musée Jenisch, à Vevey, une biographie publiée par son épouse en 1994 ainsi qu’un magnifique ouvrage paru en 2007 « Pierre Aubert, l’œuvre gravé » de Ana Vuli´c retracent son œuvre en lui apportant une consécration posthume. La Fondation Pierre Aubert voit le jour en 1997.
Extraits de la brochure « De la Dent de Chichevaux à la Dent de Vaulion »
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Deux volumes du catalogue raisonné : Ana Vulić, Pierre Aubert.
L’œuvre gravé, 344 pages, 1351 illustrations