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Le Major Davel, figure emblématique du canton de Vaud, représente un cas hors norme.
Né à la fin du XVIe siècle, notaire et officier émérite en charge d’une région militaire vaudoise sous le régime bernois, il voulut libérer son pays de cette tutelle en marchant à la tête de ses troupes (non informées de son projet et munies d’armes non chargées) de Cully à Lausanne; il y présenta son manifeste qui tendait à convaincre les autorités lausannoises et les représentants bernois que l’occupation de ces derniers devait prendre fin pacifiquement parce que, après cent huitante-sept ans, elle s’était révélée inadéquate. Il fut livré par les dirigeants de la ville, des collaborateurs avérés, puis condamné et exécuté le 24 avril 2023; septante-cinq ans plus tard, c’est l’intervention des troupes françaises qui chassa le régime bernois et inaugura l’indépendance vaudoise. Reconnu comme patriote précurseur, Davel ne fut progressivement élevé au rang de héros qu’au cours du siècle suivant, soit bien plus de cent ans après sa mort.
Par-delà sa naïveté politique, dont témoignent sa réflexion et son action purement individuelles, le personnage est frappant pas sa volonté d’action démonstrative, dont on peut se demander si elles ne reflétaient pas l’amorce d’une conscience non violente et s’il y a lieu de le réhabiliter? Relancé en 2022 par une motion Mahaim, cosignée par des députés de provenance diverse, le débat politique sur ce point a été liquidé sommairement par le Grand conseil vaudois; la peur de valider un cas de désobéissance civile est-il le facteur qui a alors guidé ce parlement, comme l’a écrit un journaliste dans Le Courrier?
Quoi qu’il en soit l’analyse du cas est intéressante et l’occasion d’en parler seront données lors du procès fictif organisé par l’association Cèdres Réflexion le 25 mai 2023 à 19 h au Centre culturel des Terreaux, qui “placera le peuple vaudois au rang des accusés”.