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Double parricide dans le canton de Vaud.
Un enfant d'une famille de trois haïssait ses parents au point de les massacrer
Un homme, une femme. Deux personnalités qui s'unissent
pour le meilleur et pour le pire. L'enfant qui vient est un mélange
de caractères, eux-mêmes issus de personnalités différentes.
Magie de l'alchimie, malgré des milliards de naissances, il n'y a toujours
pas de méthodes pour que le sens des mots ne devienne pas la mort des
sens.
La fessée était la sanction usée par la mère pour garder le contrôle. Le père en définissait les limites par un code prédéfini. Une phrase banale qui ne dévalorisait pas la mère, une façon de lui dire de s'arrêter, sans que les enfants sentent le désaccord parental.
- Quelle qualité de fessée. Comme elle les distribue bien.
À chaque fois que la mère levait la main sur un des trois, le père arbitrait. Lui, effrayé par sa force n'utilisait pas les mains. Vingt ans après, les souvenirs d'enfance ont des colorations différentes. L'aîné ne se souvient pas de l'avoir entendue, le second savait que la phrase était le gong final, tandis que le cadet de la fratrie considérait son père comme un sadique pervers qui adorait voir sa femme frapper ses enfants. Chaque correction devenait une humiliation, une négation de sa personne. Pas de pardon, les blessures ne cicatriseront jamais.
Education égale dans la forme et sur le fond, pas de traitement de faveur, des enfants aimés à part égale.
Aucun signe prémonitoire, pas de volonté de nuire, des mots d'amour perçus comme des reproches, des silences ou du déni. Volonté de bien faire, accord parfait des parents devant les enfants. Méthode d'une époque, véhiculée par les spécialistes, il fallait que les enfants voient les parents comme un bloc. La moindre faille donnait du pouvoir aux enfants donc déstabilisait le couple.
La phrase s'envole et arrive où elle veut. Perception unique en fonction de la place dans la fratrie, de l'instant, de la prédisposition à recevoir, sans que la personnalité de l'enfant modifie le sens des mots. Volonté de faire le bien ou de bien faire. Faire au mieux pour le meilleur. Avancer à tâtons en tentant que le faire ne devienne pas du fer, le mieux le pire, les mots, la mort.