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Ce qu’un classement dévoile ou non
« Le classement donne des indications précieuses »
Mark Balsiger est le cofondateur de l’agence de médias et de communication Border Crossing AG à Berne, qui a établi le classement des parlementaires pour le SEV et syndicom. Nous l’avons interviewé sur la méthode de recensement utilisée et sa portée.
Sur 200 conseillers nationaux en fonction, 3 ne figurent pas sur la liste. Pourquoi ?
Mark Balsiger: trois politiciens ne siègent au Conseil national que depuis cette année et n’ont donc pas été recensés. Il s’agit de Christine Häsler (Les Verts, BE), Rudolf Winkler (PBD, ZH) et Jean-Pierre Graber (UDC, BE). Vis-à-vis des autres parlementaires, qui ont participé à plus de votations et éventuellement contribué ainsi à plus de «mauvaises décisions», il n’aurait pas été correct de les inclure dans le recensement.
Comment sont sélectionnées les 24 affaires évaluées ?
La procédure de sélection a été menée en plusieurs étapes sur la base de quelque 5000 votations qui ont eu lieu au Conseil national entre la session d’hiver 2011 et la session d’été 2015. Nous avons retenu 24 affaires très significatives, qui traitaient de politique sociale, de transports, d’énergie, de service public et de revendications syndicales.
Selon quels critères la manière de voter a-t-elle été évaluée ?
Nous avons d’abord comparé la position du SEV et de syndicom dans les 24 votations évaluées. Puis nous avons examiné la position des syndicats par rapport à la manière de voter de chaque parlementaire.
Quelle influence ont les absences sur la classification ?
Les absences non excusées en cas de votation ont reçu la même évaluation qu’en cas d’abstention. Cela pour la simple et bonne raison que les parlementaires préfèrent souvent ne pas participer à une votation plutôt que donner leur voix à une position qui diverge de celle de leur parti. Pour les absences excusées, nous avons procédé différemment: si le conseiller national s’était excusé, nous n’avons pas compté la votation en cause dans le nombre de votations évaluées. Le nombre de points obtenus a donc été divisé par un nombre de votations adapté. Cette procédure a permis d’évaluer également les parlementaires qui ont rejoint le Conseil national pendant la législature en cours et qui n’avaient pas pu participer aux 24 votations. Les votations qui ont eu lieu avant leur arrivée n’ont pas été prises en compte.
De quoi faut-il tenir compte dans l’interprétation des résultats ?
Le classement se présente comme le classement du Tour de France, à la seule différence qu’il ne comporte que les étapes difficiles de montagne dans les Pyrénées. Les parlementaires les mieux notés ne sont donc pas forcément les meilleurs du point de vue syndical – ni les plus influents.
De manière générale, quels constats peuvent être tirés d’un classement ?
Les lectrices et lecteurs ont un aperçu des parlementaires qui ont voté largement en adéquation avec l’orientation politique du syndicat. Quant à la sélection des affaires, nous n’avons pris en compte que les plus significatives. Le classement ne donne en revanche aucun indice sur les parlementaires qui, grâce à une tactique habile et à de nombreux entretiens particuliers, ont finalement atteint une majorité dans une affaire contestée.
L’influence d’un tel classement sur la manière de voter est controversé. Pourquoi est-il malgré tout sensé d’examiner de près la manière de voter des parlementaires ?
Les classements sont contestés en soi, et ce n’est pas par hasard. Ces derniers mois, nombre d’entre eux ont évalué les interventions parlementaires sur un plan purement quantitatif. En gros, plus les interventions étaient nombreuses, plus les points augmentaient. Cette manière de procéder n’est pas représentative. Il serait plus significatif de recenser combien d’interventions ont abouti ou induit des changements. Mais cette méthode prend énormément de temps et n’est donc pas appliquée. Pour revenir à votre question: au moment de remplir leur bulletin de vote, les membres de votre syndicat peuvent trouver utile de connaître la position des parlementaires dans les choix qui ont une grande influence sur leur vie. Dans les cantons où les candidatures sont nombreuses (plus de 850 à Zurich et plus de 650 à Berne), de telles indications sont précieuses.
Questions: Nina Scheu, syndicom