Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06897.jsonl.gz/832

Jane Eyre
Entre les films, téléfilms et séries télévisées, il existe près de vingt-cinq adaptations du roman de Charlotte Brontë. Cette version réalisée par Cary Fukunaga, auteur du très bon Sin nombre, est un film magnifique. Il s'intéresse à l'aspect tragique de la destinée de son personnage par une mise en scène très élégante et une remarquable écriture des personnages. Dans le rôle titre, Mia Wasikowska (l'Alice de Tim Burton) campe une Jane Eyre intègre et rend parfaitement le féminisme précurseur distillé par Charlotte Brontë. Michael Fassbender est impérial dans le rôle de Rochester, mettant en avant tout l'aspect sinistre et désabusé de son personnage. On y croise aussi le toujours impeccable Jamie Bell et l'immense Judi Dench. Bénéficiant d'une photographie superbe d'Adriano Goldman qui rend honneur à la froideur des landes anglaises et à la noirceur du récit, ce deuxième long métrage de Cary Fukunaga bénéficie aussi de la très belle partition de Dario Marianelli, qui n'est pas là uniquement pour illustrer ce que l'on voit à l'écran, mais participe activement à l'émotion que l'on ressent à la vision du film. Le cinéaste réalise le tour de force de ne jamais sombrer dans un romantisme pompier en donnant à ce mot, souvent mal interprété, toutes ses lettres de noblesse: c'est beau et déchirant.