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Le livre d'Edward Hooper, paru en 1999, «la Rivière : un voyage aux sources du VIH et du sida», avait engendré la consternation en soutenant que les premiers échantillons de vaccins oraux de la polio (VOP) utilisés en Afrique centrale étaient à l'origine de la dissémination du VIH-1. Hooper y défendait la thèse que des VOP vivants ayant été cultivés sur des cellules de foie de chimpanzé à l'Institut Wistar, à Philadelphie (Etats-Unis), et testés en Afrique, étaient contaminés par un virus du chimpanzé qui avait infecté les humains vaccinés avec le VOP.Trois ensembles de données publiés dans la revue Nature et un quatrième publié dans la revue Science, à la fin du mois d'avril, permettent de «rejeter ce qui pouvait subsister de conjecture», écrit Robin Weiss, professeur d'oncologie virale à l'University College, à Londres (Royaume-Uni) (Nature 2001 ; 410 : 1035-6 ; 1045-56 ; 1046-7 ; 1047-8).Dans son enquête, Hooper incrimine particulièrement l'échantillon de VOP désigné CHAT 10A-11, qui avait été testé dans les colonies belges à la fin des années 1950. Plusieurs équipes de recherche ont analysé une fiole contenant cet échantillon, qui a été découverte aux National Institutes for Biological Standards and Control (NIBSC), au Royaume-Uni. L'étude de Neil Berry et ses collègues du NIBSC a détecté des séquences mitochondriales, mais n'a révélé aucune séquence du VIH ou de composants cellulaires du chimpanzé.Philippe Blancou et ses collaborateurs de l'Institut Pasteur, à Paris, ont trouvé des résultats similaires en analysant cinq échantillons détenus par l'Institut Wistar, dont l'un a servi à vacciner des milliers de personnes au Congo belge durant la période 1958-60. Les échantillons Wistar étudiés par Svante Pääbo et ses collègues à Leipzig, en Allemagne, ne contiennent pas non plus d'ADN de chimpanzé (Science 2001 ; 292 : 743-4).Une analyse de l'évolution du VIH-1M qui a engendré la souche pandémique de la République Démocratique du Congo réfute elle aussi la thèse de Hooper. Andrew Rambaut et ses collègues de l'Université d'Oxford (Royaume-Uni), qui ont effectué cette étude, ont déclaré qu'«aucune raison ne permet de douter que le dernier ancêtre commun du groupe M du VIH-1 était présent dans un hôte humain».