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La méthode, qui a profité tout particulièrement aux filles d'intelligence supérieure à la moyenne, pourrait aider à combler le traditionnel "gender gap", ou écart entre les genres (photo symbolique).
KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER(sda-ats)
De nombreux élèves ont de piètres résultats en physique parce qu'ils comprennent mal certains concepts de base. Des chercheurs de l'EPFZ ont testé une nouvelle méthode d'enseignement, basée sur l'échec ciblé, dont profitent tout spécialement les filles intelligentes.
"Nos travaux laissent penser que lorsque de bons élèves ne comprennent pas la physique, les causes sont généralement à chercher dans l'enseignement", indique Elsbeth Stern, de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), citée lundi dans un communiqué de cette dernière.
La nouvelle méthode incite les élèves à se confronter à leurs connaissances préalables, voire à les remettre en question, chose particulièrement importante en physique, selon la Pre Stern: "Il n'y a guère de branche où intuition et réalité sont aussi éloignées", dit-elle.
Apprendre des formules par coeur est insuffisant. Au contraire, de nombreux élèves, y compris les meilleurs, doivent fournir un gros effort mental pour comprendre des concepts comme la force, la masse ou l'accélération.
Le module d'enseignement développé à l'EPFZ commence précisément par ces fausses représentations. Les élèves se voient confier des tâches qu'ils ne peuvent résoudre avec leurs connaissances. Cet échec ciblé est ensuite utilisé par l'enseignant pour mieux expliquer le concept en question.
La preuve en 18 leçons
La méthode a été testée au niveau gymnasial sur un total de 172 élèves germanophones avec 18 leçons sur la mécanique de Newton. Sur huit classes, quatre ont reçu l'enseignement standard et servi de groupe témoin. Les gymnasiens ont subi des tests avant les cours, à leur terme, puis encore une fois trois mois plus tard.
Résultats: avec la nouvelle méthode, les élèves avaient non seulement une meilleure compréhension conceptuelle, mais ils parvenaient mieux à résoudre des problèmes de calcul. La plus grosse différence a été observée chez les filles d'intelligence supérieure à la moyenne, selon ces travaux publiés dans le Journal of Educational Psychology.
Avec l'enseignement ainsi adapté, l'écart traditionnel avec les garçons se comble de manière notable, sans toutefois disparaître. Après ces résultats jugés "réjouissants", les scientifiques entendent maintenant affiner leur méthode et sensibiliser les enseignants.
ATS