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Le président zimbabwéen Robert Mugabe s'est adressé dimanche soir à ses compatriotes sur l'antenne de la télévision d'Etat. Mais il n'a pas annoncé sa démission, comme des sources dans son entourage l'avaient laissé entendre un peu plus tôt.
Dans son discours à la télévision, Robert Mugabe a estimé que l'intervention de l'armée, qui l'a placé cette semaine en résidence surveillée, n'avait à aucun moment remis en cause son autorité en tant que chef de l'Etat et que commandant en chef des forces armées.
Tout en jugeant les préoccupations des militaires "légitimes", il n'a pas évoqué un possible départ du pouvoir. Il a également assuré qu'il présiderait en décembre le congrès de son parti, la Zanu-PF.
Ce dernier a pourtant démis dimanche le vieux dirigeant de ses fonctions de président du parti au pouvoir au Zimbabwe et lui a laissé 24 heures pour renoncer à la présidence du pays sous peine d'être destitué. Emmerson Mnangagwa, qui a été nommé à la tête de la Zanu-PF en remplacement de Robert Mugabe, a en outre été désigné comme candidat du parti à la présidence du Zimbabwe.
Grace Mugabe aussi écartée
C'est justement l'éviction d'Emmerson Mnangagwa qui avait provoqué le coup de force de l'armée la semaine dernière.
L'épouse de M. Mugabe, Grace, 52 ans, a également été écartée du parti. Elle était devenue l'ennemie jurée d'Emmerson Mnangagwa.
C'est en effet l'ambitieuse épouse du président qui l'avait fait chuter début novembre. L'éviction de M. Mnangagwa visait à lui laisser le champ libre pour remplacer, le moment venu, son mari à la santé fragile. Un scénario inacceptable pour l'armée, qui a décidé d'intervenir.
Manifestation prévue
Le discours de Robert Mugabe a été jugé "totalement déconnecté de la réalité" par le chef de la puissante association de vétérans, Chris Mutsvangwa. "Nous soutiendrons toute procédure de destitution et appelons à manifester mercredi", a-t-il ajouté.