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Sur des fortifications en bois datant de la fin du Xe siecle, la famille de Löwenbourg construit un château de pierre au XIIIe siècle Henri de Löwenbourg apparaît dans un acte de 1235. Les armoiries du «château du lion» portent, bien sûr un lion.
Située sur un éperon rocheux, la forteresse s'adapte au terrain selon un plan irrégulier.
La fondation du château de Löwenburg doit remonter à la fm du premier millénaire de notre ère. On manque de traditions écrites à ce sujet, mais de nombreux objets mis au jour lors de fouilles scientifiques permettent de fixer la construction d'un premier ouvrage à cette date approximative. Il ne s'agit probablement que d'un modeste château de bois; ce n'est que deux siècles plus tard qu'il fut remplacé par un bâtiment en pierre, un bâtiment dont la construction avait été déterminée par les connaissances acquises au cours des croisades en matière d'armes et de défense. A quoi il faut ajouter la joie de vivre sans cesse croissante de la noblesse et son besoin de témoigner de son rang, choses qu'elle exprimait volontiers par la construction de somptueux châteaux de pierre.
Le château de bois et celui, plus solide, qui lui succéda furent érigés à proximité d'un ancien col. Venant de l'Alsace, une route traversait Blochmont avant d'atteindre la vallée de la Lucelle, passait près de Löwenburg, Roggenbourg et Movelier et gagnait finalement Soyhières et la Birse. Elle assurait ainsi l'accès au Sornegau, nom donné alors au bassin de Delémont. Plusieurs châteaux se dressaient en bordure de cette voie, mais aucun ne revêtait une importance militaire et stratégique primordiale. Ils facilitaient aux seigneurs de ce vaste territoire, qui souvent habitaient fort loin, le contact avec leurs sujets.
Les bâtisseurs de Löwenburg semblent avoir appartenu à une famille qui alors jouait un rôle prépondérant dans la région alsacienne de Steinbrunn. Et c'est sans doute lorsque la noblesse du Sundgau pénétra de plus en plus profondément dans le Jura que la famille de Steinbrunn érigea le château de bois dont il a été question plus haut. Au XIe siècle, une branche de cette maison se sépara de sa souche; elle prit plus tard le nom de Löwenberg. Même si elle possédait des biens dans la vallée sundgovienne de la Largue, près de Waldighofen, sa principale propriété fut toujours celle qui entourait son château et comprenait quelque sept kilomètres carrés. Les Löwenberg entretinrent également un vaste domaine agricole près de leur château, se vouant principalement à la production animale, ils possédaient de plus une importante ferme près de Movelier et détenaient une partie des droits de patronage inhérents à l'église de Roggenbourg.
Malgré l'éloignement géographique de ces différentes propriétés, le château de Löwenburg ne cessa jamais d'être le centre de leur administration. C'est d'ici que s'exerçait la surveillance sur les biens qui se trouvaient dans le pays des Ferrette, la vallée de la Lucelle et le Sornegau; et c'est ici aussi qu'étaient perçues les redevances.
A l'origine, la famille des Löwenberg était libre et indépendante. Mais face aux puissantes maisons comtales qui l'entouraient, elle se trouva bientôt dans une situation relativement difficile. C'est pourquoi elle chercha l'appui de l'une de ces grandes lignées et le trouva auprès des comtes de Ferrette. Les sires de Löwenberg se mirent donc à leur service et trouvèrent auprès d'eux aide et protection. Bien trop vite pourtant, ils tombèrent sous leur dépendance. Ils devinrent les vassaux de cette puissante maison, qui toutefois les nantit de nombreux fiefs. Lorsque l'héritière des comtes épousa un Habsbourg et lui apporta en dot son patrimoine, l'Autriche devint l'Etat suzerain des sires de Löwenberg. La propriété des Ferrette, comprenant également le Löwenburg, fut acquise par voie d'achat en 1271 déjà par l'évêque de Bâle; le prince-évêque devint ainsi le suzerain supérieur de tout ce territoire.
Le château de Löwenburg fut gravement endommagé lors du tremblement de terre de 1356. Le donjon s'écroula et la citerne fut obstruée. Peu après sa reconstruction, son dernier propriétaire le vendit, avec toutes les terres attenantes, à son petit-fils Jean Münch de Münchenstein. Ce qui marqua le début du règne des Münch à Löwenburg.
La famille bâloise des Munch avait offert depuis longtemps ses services à l'évêque et avait été anoblie au cours de la première moitié du XIIIe siècle. Vers 1270, elle construisit un château sur des terres appartenant aux comtes de Ferrette, sises au-dessus du village de Geckingen, dans la vallée antérieure de la Birse. Elle le nomma Münchenstein, nom qu'elle donna également au village dominé par le château. Par la suite, elle obtint en fief plusieurs propriétés de la région, dont le château de Landskron et la forteresse d'Angenstein. Les Münch s'étaient auparavant appropriés plusieurs charges à Bâle. Plus tard, ils prirent parti pour leur suzerain le plus influent, les Habsbourg, tournèrent le dos à la ville et, insensiblement, tombèrent au rang insignifiant de gentilshommes campagnards. Comme ils ne réussirent pas à suivre le rythme de l'évolution économique et politique, ils connurent bientôt de graves difficultés financières. Peu à peu, ils durent vendre une grande partie de leurs biens. Ce qui pour eux eut également des répercussions défavorables, c'est la délicate position qu'ils occupaient, partagés qu'ils étaient entre les villes de Bâle et de Soleure, avides toutes deux de pouvoir. Aussi bien leur forteresse patrimoniale de Münchenstein que le château de Löwenburg furent pris d'assaut et occupés au XVe siècle par des francs-tireurs soleurois. Certes, la ville de l'Aar présenta ses excuses à Jean Münch, mais elle ne prit aucune disposition pour mettre fin à cette occupation. Ce n'est qu'après l'intervention de l'évêque que les autorités soleuroises daignèrent rappeler leurs hommes. D'autres conflits, parfois armés, ne causèrent, certes, pas de pertes territoriales aux Münch, mais ils les impliquèrent dans de longues querelles judiciaires qui engloutirent des sommes énormes. Ils durent hypothéquer un nombre toujours plus grand de leurs biens. Leurs propriétés de Muttenz et même le château de Münchenstein furent vendus à la ville de Bâle. Le produit de ces ventes ne permit cependant pas à la famille de conserver le Löwenburg. Bâle en aurait volontiers fait l'acquisition, certes, mais l'antagonisme qui séparait la ville et l'évêque et l'antipathie qu'éprouvaient les Münch pour les bourgeois bâlois les incitèrent à chercher un acheteur ailleurs. Finalement, ils purent se mettre d'accord avec le couvent de Lucelle.
Ce dernier acheta le château et la seigneurie en 1526 et l'Autriche renonça à sa suzeraineté en faveur des moines. Le monastère put ainsi agrandir sa propriété de façon considérable. Par la suite, il investit de grosses sommes pour l'arrondissement de l'exploitation agricole qui dépendait du Löwenburg et y consacra aussi d'innombrables heures de travail. En 1590, il édifia une église et une demeure attenante pour l'abbé, qui l'occupa principalement pendant la saison de la chasse. Quant au château, il fut délaissé et tomba peu à peu en ruine. Les communs, eux, furent toujours maintenus en bon état.
Bibliographie