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Si bien que les derniers groupes qui osent laisser leurs échoppes ouvertes sont lynchés sur la place publique. McDonalds et la marque de boisson Pepsi sont grondées sur les réseaux sociaux. Les mots-clés #BoycottMcDonalds ou #BoycottPepsi sont même apparus.
Le responsable du fonds de pension de l'Etat de New York a envoyé des lettres aux patrons de ces multinationales ainsi qu'au fabricant de biscuits Mondelez, des groupes de cosmétiques Estée Lauder et Coty, ou encore de la maison de courtage Bunge. Ces sociétés «doivent se demander si faire des affaires en Russie vaut le risque en cette période extraordinairement volatile», justifie-t-il.
Nombre d'entreprises américaines toujours en Russie restent silencieuses, à l'instar de McDonald's, Bunge, Mondelez, Estée Lauder, Kimberly-Clark ou Coty, qui n'ont pas répondu à une sollicitation de l'AFP.
Starbucks fait valoir que ses quelque 130 cafés en Russie appartiennent à un conglomérat koweïtien et s'est engagé à reverser toute contribution de son activité dans le pays à l'effort humanitaire en Ukraine.
Yum! Brands souligne aussi que ses quelque 1000 restaurants KFC et 50 établissements Pizza Hut sont presque tous gérés par des propriétaires indépendants sous licence ou franchise. Lundi soir, le groupe a, par ailleurs, indiqué suspendre ses investissements dans le pays tout en «évaluant toutes les options supplémentaires», et s'est engagé à reverser tous les profits venant de Russie à des opérations humanitaires.
Certains groupes peuvent avoir des raisons légitimes de rester, remarquent plusieurs experts en éthique et stratégie de communication interrogés par l'AFP. Certaines entreprises peuvent être hésitantes car elles pensent pouvoir jouer un rôle d'intermédiaire entre les parties ou car elles produisent dans le pays des produits essentiels comme des ingrédients pharmaceutiques, remarque de son côté Tim Fort, professeur en éthique des affaires à l'Université d'Indiana.
Pour Tim Fort, les violations des droits humains et des lois sur les conflits commises par la Russie sont des raisons de quitter le navire russe. La décision d'une seule entreprise «ne va pas faire pencher la balance, mais il y a un effet d'accumulation», avance Fort.
Et une société aussi connue que McDonald's peut avoir une réelle influence en Russie au moment où le discours officiel minimise l'ampleur du conflit et que la population n'a presque plus accès à d'autres canaux d'information. L'expert explique:
Certains groupes font le pari que les critiques vont pleuvoir à court terme avant de retomber, avance Brian Berkey, spécialisé dans l'éthique des entreprises à l'Université de Pennsylvanie.
Le soutien à ce genre d'initiatives n'est, toutefois, pas toujours unanime tandis que «la grande majorité de la population dans les pays européens ou aux Etats-Unis sont d'accord pour dire que ce que fait la Russie est clairement inacceptable», remarque Berkey.
Pour Mark Hass, spécialiste de communication à l'Université d'Etat d'Arizona, les intérêts économiques des entreprises qui ont choisi jusqu'à présent de ne pas quitter la Russie «dépassent encore sans doute les risques pour leur réputation».
Mais «si les réseaux sociaux commencent à vous identifier comme l'entreprise prête à faire du business avec un agresseur autocrate qui tue des milliers de personnes en Ukraine, alors le problème prend une autre ampleur et peut affecter votre activité bien au-delà de la Russie», dit Hass. (ats/awp/afp/svp)
Le gouvernement américain a annoncé lundi la levée d'une série de restrictions visant Cuba, notamment sur les procédures d'immigration, les transferts d'argent et les liaisons aériennes. La Havane a salué «un petit pas dans la bonne direction».