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La Corée du Nord a annoncé samedi qu'elle démantèlerait son site d'essais nucléaires de Punggye-ri entre les 23 et 25 mai prochain. Le président américain Donald Trump a remercié dans la foulée Pyongyang pour son "geste très intelligent et aimable !".
"Une cérémonie de démantèlement du site d'essais atomiques est maintenant prévue entre les 23 et 25 mai, en fonction des conditions météorologiques", a indiqué l'agence officielle de presse nord-coréenne KCNA, citant un communiqué du ministère nord-coréen des affaires étrangères.
La République populaire démocratique de Corée entend faire exploser les tunnels servant aux tests nucléaires. Les accès à ces tunnels seront en outre totalement obstrués et toutes les structures d'observation ainsi que les instituts de recherches seront détruits.
Des journalistes de Chine, de Russie, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et de Corée du Sud seront autorisés à accéder au site pour couvrir l'événement, dans un souci de "montrer de manière transparente le démantèlement du site", a souligné le communiqué.
Le nombre des journalistes admis sera cependant limité en raison du manque de place dans le centre d'essais, "situé dans une zone montagneuse inhabitée", a encore expliqué le ministère.
Le numéro un nord-coréen Kim Jong-un avait indiqué lors du sommet intercoréen du 27 avril qu'il ferait procéder à la fermeture du site de Punggye-ri, où la Corée du Nord a procédé à ses six essais nucléaires depuis 2006, le dernier remontant à septembre. Ce site est situé près de la frontière entre la Chine et la Corée du Nord.
Peut-être déjà inutilisable
Entouré de sommets escarpés, il est creusé profondément sous une montagne granitique de 2000 m d'altitude dans le Hamqyong du Nord, province du nord-est du pays. Il est réputé être l'endroit idéal pour résister aux forces déchaînées par des explosions nucléaires.
L'existence de ce site a été mise au jour en 2006 avec le premier test nucléaire nord-coréen, lorsque Kim Jong Il, le père de Kim Jong-un, était encore au pouvoir. Depuis lors, cette installation est scruté par des images satellitaires.
Des experts ont estimé qu'il s'agissait d'une concession de façade car ce site pourrait être déjà inutilisable en raison du "syndrome de la montagne fatiguée". Selon des sismologues chinois cités en avril sur le site Internet de l'Université de science et technologie de Chine, le dernier essai nord-coréen a provoqué un effondrement de roches à l'intérieur de la montagne.
C'est "un geste positif, mais qui ne leur coûte pas beaucoup", a estimé samedi sur Twitter Vipin Narang, un professeur de Sciences politiques au Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Boston. Pour un autre expert, Jeffrey Lewis, du Middlebury Institute for International Studies, le Nord "va nettoyer le site avant que quiconque ne puisse le voir".
"Sentiment d'optimisme"
Cette annonce intervient au lendemain de l'engagement des Etats-Unis à offrir à la Corée du Nord une aide économique et des "garanties" si elle s'engageait dans une "dénucléarisation rapide" et "complète" au cours du sommet du 12 juin prochain entre Kim Jong-Un et Donald Trump, la toute première rencontre entre un président des Etats-Unis en exercice et un dirigeant nord-coréen.
De retour de Corée du Nord, le chef du Programme alimentaire mondial (PAM) David Beasley a estimé pour sa part sur les ondes de la BBC, à l'issue d'une visite de quatre jours, que ce pays était "en train de tourner une nouvelle page dans l'histoire" et que ses dirigeants éprouvaient un "sentiment d'optimisme".