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La Romanée devient La Romanée-Conti Louis-François de Bourbon, prince de Conti (1717-1776) acquiert la Romanée en 1760. Parmi d'innombrables autres titres, il est Seigneur de Nuits et d'Argilly et détient ici de vastes domaines. S'il se rend le maître de cette vigne, pour un prix supérieur de dix fois à celui du Clos de Bèze, c'est qu'il en connaît les qualités et les vertus. Il en rêve. La Romanée en ce temps-là est déjà très connue et fortement appréciée. Elle va envahir le coeur d'un prince du Sang, éclipser favorites et courtisanes et avec le prince charmant qui l'enlève, vivre un conte de fées. Bourbon-Condé par sa mère, Louis-François se distingue durant ses campagnes militaires. Il brille aussi par l'esprit, devient le conseiller diplomatique de Louis XV, mène grand train dans son château de L'Isle-Adam, en l'enclos du Temple à Paris ou ses appartements à Versailles. « Il était le seul des princes du Sang qui eût le goût des sciences et de la littérature, et qui sût parler en public, écrit Mme de Genlis. Il avait une beauté, une taille et des manières imposantes. Personne ne sut dire des choses obligeantes avec plus de finesse et de grâce. Il fut le plus magnifique de nos princes ». Il est aussi le protecteur de Jean-Jacques Rousseau, le défenseur des libertés provinciales. Il veille attentivement sur son Domaine de Vosne, dont il prend grand soin. Mécène fastueux, arbitre du goût, il réserve ce vin à sa seule table. A son décès, la Romanée passe à son fils Louis-François-Joseph (1734-1814), prince de Conti et comte de La Marche. Privé de toutes ses propriétés par la Révolution, celui-ci mourra en Espagne tandis que sa vigne est vendue comme « bien national ». Liée à cette famille durant moins de trente ans, la Romanée accole désormais son nom à celui des Conti.