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Articles
Voici quelques articles et informations proposés par Natasha Campbell-McBride.
Nourrir ou nettoyer
Helen, âgée de 21 ans, est accompagnée à ma clinique par sa tante, inquiète. Déjà dangereusement amaigrie, la jeune fille continue à perdre du poids de jour en jour. De grande taille, elle mesure 1m85 pour un poids de 51 kilos. On voit que c’était une belle fille, mais elle semble à présent émaciée, pâle, le regard éteint et la voix affaiblie. Elle n’a plus ses règles depuis sept mois.
Helen a grandi à l’étranger et elle est venue en Angleterre pour étudier dans une université. Chez elle, les aliments transformés n’étaient pas disponibles. Aussi, en grandissant, Helen a‑t‑elle été habituée à faire des repas complets, préparés à la maison à partir d’ingrédients frais, produits localement : la viande fraîche, les œufs frais et le lait frais entier constituaient une part importante de son alimentation. Elle était toujours en très bonne santé. À son arrivée en Angleterre, elle conçut rapidement un dégoût pour l’alimentation transformée et vide de nutriments que consommaient exclusivement ses camarades étudiants et décida de manger sainement. Quelques informations succinctes et superficielles glanées au fil de ses lectures l’amenèrent à croire que « l’alimentation la plus saine » est une alimentation végétarienne et pauvre en matières grasses. Aussi se mit-elle à préparer ses propres repas à partir de céréales complètes, de haricots, de lentilles, de noix et de beaucoup de légumes et de fruits. Elle ne buvait que de l’eau et des jus de fruits. Ses seuls apports en graisse étaient l’huile d’olive et le beurre de cacahuète. Elle ne consommait aucun aliment d’origine animale et essayait de ne manger que des aliments biologiques. Elle se mit à faire du yoga et prit goût à cette activité.
Après quelques mois de ce régime, Helen n’avait plus ses règles et perdait du poids. Mais elle ne semblait pas s’inquiéter et « se sentait bien ». Quand elle rentra chez elle pour des vacances, sa famille fut horrifiée de constater son changement d’apparence et prit contact avec sa tante en Angleterre pour lui demander de l’aide. Au moment de la consultation, Helen « s’alimentait sainement » depuis plus d’un an.
Qu’est‑il donc arrivé à Helen ? N’a‑t‑elle pas suivi le régime le plus sain au monde, celui que nous devrions tous essayer de suivre ? C’est pourtant ce que le discours officiel et la plupart des médias nous rabâchent. La recherche scientifique nous démontre aussi que le régime végétarien réduit la tension artérielle, aide à guérir le diabète et beaucoup d’autres maladies chroniques. Et que penser des protocoles comme celui du Dr. Gerson, exclusivement végétarien, qui traite le cancer et d’autres maladies chroniques? Ces protocoles et ces approches ont un bon bilan de réussite et pourtant...
Essayons de comprendre l’intégralité du problème.
Helen est une fille intelligente et sa première décision positive a été de cesser complètement de manger des aliments transformés. Ces aliments aux emballages colorés, fabriqués par l’homme, ne devraient pas usurper le noble nom de « nourriture ». Elles sont la cause de l’épidémie de maladies dégénératives qui fait actuellement ravage. Nous ne consacrerons pas plus de temps aux aliments transformés dans ces pages. Je me contenterai de les définir en citant Barry Groves : « L’homme est la seule espèce assez intelligente pour fabriquer sa propre nourriture et assez stupide pour la manger ». Pour rester en bonne santé, nous avons besoin de manger des aliments créés par Mère Nature, et non par l’homme. Mère Nature a mis des milliards d’années à concevoir le corps humain et en même temps, les aliments adaptés pour le maintenir en bonne santé. Quelle arrogance de la part des humains de penser qu’ils en savent plus que Mère Nature, alors qu’ils ne bricolent dans leurs laboratoires que depuis quelques décennies !
Mère Nature nous a fourni deux groupes d’aliments : les aliments d’origine végétale et les aliments d’origine animale. Ces deux groupes ont des fonctions différentes dans le corps humain et il est important de consommer des aliments appartenant à chacun de ces groupes. Les humains sont omnivores : nous avons évolué sur terre en mangeant ce que nous trouvions dans notre environnement végétal et animal immédiat. C’est ce que des scientifiques comme Weston A. Price ont confirmé par le biais de recherches approfondies prenant pour sujet des cultures traditionnelles issues de nombreuses régions du monde. Penchons‑nous plus en détail sur ces deux groupes d’aliments naturels.
Toute l’énergie de notre belle planète Terre est recyclée, et cette énergie vient du soleil. Afin de capter l’énergie du soleil et de la convertir en matière solide, Mère Nature a créé les plantes et leur a donné la photosynthèse, qui convertit la lumière en chlorophylle, laquelle construit à son tour la matière végétale. L’autre groupe d’êtres vivants sur terre qui consomme l’énergie du soleil sous forme de plantes est les herbivores, conçus pour manger des matières végétales. Pour permettre aux animaux herbivores de digérer les plantes et d’en extraire les nutriments, Mère Nature les a dotés d’un système digestif adapté : le rumen (ou la panse). Ce rumen très long contient plusieurs estomacs, remplis de bactéries dont la spécialité est de dissoudre la matière végétale. Ce n’est donc pas la vache (ou tout autre herbivore) qui digère l’herbe, mais les bactéries de son rumen.
Pour consommer l’énergie du soleil recyclée par les herbivores, Mère Nature a conçu un autre groupe d’être vivants, les prédateurs : les loups, les lions, les tigres, les renards, et cætera. Ils ne peuvent pas digérer la matière végétale parce qu’ils sont dotés de systèmes digestifs très différents de ceux des herbivores. Le système digestif humain est similaire à celui de ces prédateurs : nous n’avons qu’un seul estomac, qui ne contient presque aucune bactérie. En fait, l’estomac humain est conçu pour produire de l’acide et de la pepsine, dont l’unique rôle est de dissoudre la viande, le poisson, le lait et les œufs. Quand la nourriture sort de l’estomac pour aller dans l’intestin, les enzymes pancréatiques et la bile s’ajoutent au mélange pour dissoudre encore plus les aliments et permettre leur absorption. En résumé, notre système digestif est conçu pour s’adapter aux aliments d’origine animale. Pendant des millénaires, ce fait était connu. Nos ancêtres savaient que les aliments les plus nourrissants provenaient des animaux ; ils ne mangeaient des plantes qu’en complément de la viande ou s’ils venaient à manquer d’aliments d’origine animale.
Mais alors, que dire de toutes les recherches publiées dans les livres de nutrition populaires auprès du grand public, qui démontrent que les plantes sont riches en nutriments ? Oui, en effet, quand on analyse divers aliments végétaux en laboratoire, on voit qu’ils contiennent de bonnes doses de vitamines, de protéines, de matières grasses et de minéraux. Cette information est alors diffusée dans les publications habituelles du milieu nutritionnel, ce qui crée un malentendu. Pourquoi ? Parce qu’en laboratoire, on utilise toutes sortes de méthodes et de produits chimiques pour extraire les nutriments des plantes, méthodes inconnues de notre système digestif. La « panse » humaine a une capacité très limitée à digérer les plantes et à en extraire les nutriments utiles. Nos ancêtres savaient que les végétaux sont difficiles à digérer pour l’homme, c’est pourquoi toutes les cultures traditionnelles ont développé des méthodes de préparation culinaire pour extraire davantage de propriétés nutritives des plantes et les rendre un peu plus comestibles ; des méthodes telles que la fermentation, le maltage, la germination et la cuisson. Malheureusement, dans le monde actuel, beaucoup de ces méthodes ont été oubliées et remplacées par des recettes conformes à la planification commerciale favorable à l’industrie alimentaire.
Mais si nous cuisinons et préparons les végétaux correctement, ne peuvent‑ils pas nous permettre de nous alimenter sainement ? C’est précisément ce qu’Helen a essayé de faire : elle préparait tous ses aliments à la maison à partir de végétaux naturels. Elle faisait cuire le riz, les flocons d’avoine, le quinoa, le sarrasin, les haricots et les lentilles, pétrissait son propre pain, mangeait des noix et des fruits entre les repas et consommait beaucoup de légumes. Alors pourquoi a‑t‑elle eu des problèmes ? Voyons cela.
Le corps humain – l’eau mise à part – est constitué en majeure partie de protéines et de matières grasses (presqu’à parts égales) : ce sont « les briques et le mortier » qui forment nos os, nos muscles, notre cerveau, notre cœur, nos poumons, notre foie et tous les autres organes. L’analyse en laboratoire d’aliments d’origine végétale et animale montre que les meilleures protéines et les meilleures matières grasses pour l’organisme humain viennent des aliments d’origine animale. Le profil en acides aminés des protéines animales convient au corps humain, alors que celui des protéines issues de plantes est incomplet et ne convient pas à la physiologie humaine. Aussi quand il s’agit de NOURRIR votre corps et de CONSTRUIRE des tissus et des structures organiques, les aliments d’origine animale sont les meilleurs et les seuls qui conviennent. L’organisme humain a recours à un merveilleux processus, dès le moment de sa conception jusqu’à sa mort, qui s’appelle la régénération cellulaire. Les cellules de notre corps (dans tous les organes et les tissus) vieillissent constamment, meurent et sont remplacées par des cellules toutes neuves. C’est ainsi que l’organisme se maintient, se régénère et soigne ses lésions. Pour que notre corps donne naissance aux cellules neuves qui remplacent les anciennes, des matériaux de construction sont nécessaires : les protéines et les matières grasses. Les matériaux les plus adéquats pour favoriser le processus de régénération cellulaire viennent des aliments d’origine animale : viande, poisson, œufs et laitages. Les enfants en pleine croissance ont besoin de ces matériaux de construction en grandes quantités, non seulement pour activer la régénération cellulaire, mais aussi pour garantir leur croissance ; les aliments d’origine animale doivent donc constituer une partie importante de leur alimentation. Outre le fait de nourrir le corps, les produits d’origine animale fournissent de l’énergie à l’organisme : en fait, les matières grasses animales sont la meilleure source d’énergie pour la plupart des cellules de notre corps.
L’un des organes les plus « gourmands » du corps humain est le cerveau : il absorbe entre 25 et 45% de tous les nutriments qui circulent dans le sang. L’organisme fournit beaucoup d’efforts pour le nourrir 24 heures par jour, tous les jours. Contrairement à la croyance populaire, notre cerveau a besoin de bien plus que de l’énergie sous forme de glucose : c’est un organe physique à part entière, qui a lui aussi besoin d’alimenter ses processus de régénération cellulaire en consommant des matières grasses et des protéines de bonne qualité. Le cerveau est un organe très gras qui nécessite beaucoup de matières grasses de bonne qualité pour se nourrir convenablement. En outre, il fabrique des neurotransmetteurs, des hormones et des centaines d’autres molécules actives, qui sont en grande partie des protéines ; il a donc besoin de matériaux pour les fabriquer. Les meilleurs matériaux de construction nutritifs pour le cerveau viennent, encore une fois, des aliments d’origine animale. Dans notre pratique clinique, nous constatons une dégénérescence des fonctions cérébrales chez les stricts végétaliens : c’est d’abord le sens de l’humour qui disparaît, puis la personne devient « psychorigide » et sans nuances dans sa façon de penser et dans son comportement ; son acuité d’esprit s’émousse, sa mémoire souffre et la dépression s’installe, suivie d’autres problèmes mentaux. Tous ces symptômes sont les signes d’un cerveau affamé.
Nombreux sont ceux qui seraient surpris d’apprendre que l’être humain peut vivre exclusivement d’aliments d’origine animale. Dans ma clinique, j’ai des patients, enfants et adultes, qui ne consomment que des aliments d’origine animale, avec d’excellents résultats. Les patients atteints de rectocolite hémorragique, de la maladie de Crohn et de graves maladies mentales se sentent bien mieux en suivant un régime GAPS sans aucun aliment d’origine végétale : pas une feuille, aucun élément issu du royaume végétal n’est consommé. Ces personnes mangent uniquement des viandes, des matières grasses animales, du bouillon d’os et de viande, du poisson (y compris des crustacés et des mollusques), du bouillon de poisson, des œufs frais et des produits laitiers crus fermentés : kéfir, crème aigre, beurre clarifié, fromage et yaourt. Dans certains cas graves de rectocolite hémorragique et de maladie de Crohn, c’est même le seul mode d’alimentation qui leur permet de se sentir bien, d’arrêter tout médicament, d’atteindre leur poids normal, d’éradiquer tous les symptômes digestifs et de retrouver la pleine possession de leurs moyens. Dans des cas de maladie bipolaire grave, de schizophrénie et d’autres maladies psychiatriques, cette alimentation peut s’avérer salvatrice. Certains patients suivent ce régime depuis 2 ans ou plus et n’ont aucun désir de changer leurs habitudes alimentaires, car ce régime leur réussit bien. Certains d’entre eux ont essayé d’y ajouter quelques fruits et légumes, mais constatant que leurs symptômes se manifestaient à nouveau, ont dû faire marche arrière. D’après mon expérience clinique, je n’ai donc aucun doute sur le fait que les êtres humains peuvent vivre très sainement sans consommer aucun aliment d’origine végétale.
Le fait de ne se nourrir que d’aliments d’origine animale n’est pas nouveau sur terre. Une des peuplades traditionnelles (soi‑disant primitives) les plus saines au monde que Weston A. Price a repérée au cours de ses recherches est celle des Masaï d’Afrique, qui se passent entièrement de matière végétale. Ce peuple nomade voyage avec son bétail et tout ce qu’il mange vient des animaux. Il consomme de la viande, des abats, du lait, du babeurre et boit le sang de ses taureaux. Quand on a demandé aux Masaï pourquoi ils ne mangeaient pas les fruits qu’on trouvait dans leur environnement, ils se sont mis à rire et ont répondu que les fruits étaient destinés à leurs vaches. Ces gens n’avaient aucune des maladies de notre monde « civilisé » : pas de maladies cardiaques, pas de cancer, pas de maladies dégénératives, ils étaient minces et musclés, leurs enfants naissaient facilement et en bonne santé, ils avaient une grande longévité et de belles dents saines. Outre leur forme physique remarquable, ces gens étaient intelligents, joyeux, paisibles, bienveillants et heureux et n’avaient pas de problèmes psychologiques. Mais quand certains d’entre eux déménagèrent en ville et adoptèrent un mode de vie « moderne », ils n’échappèrent pas aux maladies dont souffrent les habitants de tout pays « moderne ».
Il est donc établi que les humains peuvent vivre sans manger de plantes. Par contre, nous ne pouvons pas vivre sans aliments d’origine animale ! Mais alors, que penser de tous les régimes à base de plantes qui sont réputés lutter contre les maladies chroniques ? Et pourquoi les huiles végétales de bonne qualité pressées à froid sont‑elles dites efficaces pour enrayer de nombreuses maladies dégénératives ? La prise de ces huiles en compléments alimentaires est recommandée à la fois par la communauté médicale traditionnelle et alternative ou parallèle. Et que faire de tous les antioxydants, enzymes, vitamines, minéraux, bioflavonoïdes et autres substances issues des plantes et censées être bénéfiques pour la santé ? Il ne se passe pas un mois sans que notre science découvre que le brocoli a des propriétés anticancéreuses, que le chou possède des substances curatives pour le système digestif, que les noix stimulent l’immunité, etc. Nous touchons ici du doigt les vraies raisons qui nous font manger des plantes : elles sont NETTOYANTES. Alors qu’elles sont inaptes à nourrir suffisamment notre organisme, elles font merveille pour le maintenir propre à l’intérieur. Elles lui fournissent aussi de l’énergie sous forme de glucose et des cofacteurs sous forme de vitamines et minéraux, mais leur mission principale est d’entretenir la propreté de notre corps et de le libérer de ses toxines. En effet, les plantes contiennent de puissants détoxifiants à même d’éliminer la pollution, ainsi que divers produits chimiques faits par l’homme et d’autres toxines qui s’accumulent dans notre organisme. En particulier, les plantes sont de puissants nettoyants quand on les consomme crues. Leur jus, absorbé dans la partie supérieure du système digestif, produit une pléthore de détoxifiants et de cofacteurs : le protocole de nettoyage passe en grande partie par les jus des feuillus et d’autres légumes, et par les jus de fruits. En progressant vers le bas, la substance végétale nourrit la flore intestinale et l’intestin. L’intestin humain est l’équivalent du rumen des herbivores : il est richement peuplé de microbes, lesquels peuvent convertir les fibres végétales et l’amidon en nutriments utiles au corps humain, tels que les acides gras à chaîne courte. Mais le problème des fibres et de l’amidon est qu’ils nourrissent à la fois les bons et les mauvais microbes. Aussi, l’effet plus ou moins bénéfique de ces substances végétales dépend directement de la composition de notre flore intestinale : si elle est saine, les fibres et l’amidon nous feront du bien, mais si elle ne l’est pas, les substances végétales nourriront les pathogènes de notre intestin qui prolifèreront, produisant beaucoup de toxines nocives. En faisant cuire les plantes, on réduit leurs propriétés nettoyantes, mais on les rend plus digestes, ce qui leur permet de produire des matériaux de construction utiles à notre corps. Malheureusement, ces matériaux ne sont pas du tout en mesure d’aider le corps à se construire : ce sont en grande partie des glucides, que le corps utilise pour produire de l’énergie, stockant le surplus sous forme de graisse. Quand les plantes subissent des transformations importantes de la main de l’homme (les céréales, en particulier), elles fournissent de mauvais matériaux de construction à l’organisme, causant ainsi des maladies. La consommation de produits fabriqués à partir de farine et de sucre (des plantes considérablement transformées) est la cause majeure de presque tous les problèmes sanitaires de dégénérescence dans la société occidentale actuelle : surpoids, diabète, obésité, maladies cardiaques, cancer, maladie d’Alzheimer et autres formes de démence, problèmes neurologiques et psychologiques chez les enfants comme chez les adultes, infertilité, ovaires polykystiques, anomalies du système immunitaire, etc. Un organisme détoxifié est toujours en meilleure forme qu’un organisme toxifié. C’est pourquoi tant de personnes se sentent mieux en ne mangeant que des plantes, pendant les premières semaines. On peut lire des témoignages enthousiastes dans ce sens dans la littérature végétarienne et végétalienne. Mais quand l’organisme a fini de se purifier, il faut lui redonner des aliments d’origine animale. Si cette étape est ignorée, le corps se met à jeûner et se détériore. Qu’est-il arrivé à Helen ? Avec son régime végétalien, elle s’est purifiée, purifiée, purifiée, jusqu’à être littéralement « rincée ». Elle a dépassé l’étape où son corps avait fini de se purifier et avait à nouveau besoin de se nourrir. C’est pourquoi elle a perdu autant de poids, bien que consommant des céréales, des haricots, des noix, des fruits, des légumes et des huiles végétales en grandes quantités. Ce régime, considéré comme « sain » dans notre société moderne, ne lui permettait pas du tout de nourrir son corps. C’est aussi pourquoi ses règles se sont arrêtées : son corps jeûnait et gardait le peu de réserves qu’il avait. Il ne pouvait plus se permettre de les gaspiller lors des menstrues.
Les régimes végétaliens (exclusivement à base de plantes) peuvent être considérés comme une forme de jeûne. Ils ne nourrissent pas le corps de manière adéquate, mais lui donnent l’occasion de bien se purifier. Tandis que le système digestif est occupé à traiter les substances végétales (pour apaiser la faim), ce régime fournit à l’organisme de grandes quantités de substances nettoyantes. Les plus « toxifiés » sont les cancéreux, qui ont grand besoin de nettoyer leur organisme. C’est pourquoi la plupart des protocoles de traitement anticancéreux en matière de nutrition sont végétaliens. Rappelez-vous que les régimes végétaliens ne conviennent à l’organisme que le temps d’un nettoyage. Jamais ils ne doivent devenir un mode d’alimentation permanent. Une fois la période de nettoyage terminée, l’organisme doit être nourri : c’est alors qu’il faut réintroduire des aliments d’origine animale. Si cette étape n’est pas respectée, l’organisme affamé commence à se cannibaliser lui‑même et des problèmes apparaissent. Le parcours d’Helen en est un bon exemple. Lors de mon voyage en Inde, j’ai rencontré des pèlerins hindous qui se rendaient sur des sites religieux sacrés. Ce pèlerinage comportait un jeûne de 41 jours qu’ils décrivaient comme étant « très difficile » : ils n’étaient autorisés à manger aucun aliment d’origine animale et ne consommaient que des plantes : légumes, fruits, riz, lentilles, haricots, huiles végétales et pain, exactement comme dans le régime végétalien occidental. Les régimes exclusivement à base de plantes ne devraient donc pas porter le nom de « régime », mais plutôt celui de jeûne végétalien.
Les régimes végétariens, qui incluent des aliments d’origine animale, peuvent être adoptés comme stratégies à long terme. Il est possible de rester en bonne santé en étant végétarien du moment que l’on continue à consommer des aliments d’origine animale qui fournissent à l’organisme des substances qui lui permettent de se nourrir et de se construire, comme les œufs et les laitages entiers, non écrémés, en grandes quantités. Il est évident que tous les aliments transformés doivent être supprimés au profit d’aliments strictement naturels. De telles traditions végétariennes existent en Inde. Les Hindous connaissent la valeur et l’importance des aliments d’origine animale. C’est pourquoi la vache est un animal sacré en Inde : elle fournit le lait, le beurre, le fromage et le babeurre. Outre les vaches, les Hindous élèvent des chèvres, dont ils prisent beaucoup le lait. En Inde, les végétariens élèvent aussi des poulets et des canards et consomment tous les jours beaucoup d’œufs frais. Nombre d’entre eux mangent de la viande et du poisson quand ils peuvent s’en procurer.
Il y a beaucoup de sortes de végétariens : certains consomment du poisson, d’autres des œufs et des laitages, d’autres encore mangent de temps en temps de la viande. Ceux qui ont des problèmes sont ceux qui décident d’arrêter de manger de la viande et de ne manger que des aliments transformés. Ils tombent très rapidement malades. Ce groupe de personnes est particulièrement menacé par le diabète, l’obésité, les maladies cardiaques et le cancer.
Autre groupe de personnes qui rencontrent des problèmes, les végétariens qui suivent un régime pauvre en matières grasses. L’insistance sur l’élimination des matières grasses dans l’alimentation vient en grande partie du comptage des calories, car ce sont les matières grasses qui ont le plus de calories par gramme. L’idée d’assimiler les aliments de Mère Nature à des calories est un diktat de la science. La nourriture ne se résume pas à des calories, elle est un million de fois plus complexe et plus intéressante. Le corps humain n’est pas davantage un fourneau à brûler les calories, lui aussi est un million de fois plus complexe. Le fait de définir la nourriture en termes de calories n’est qu’un exemple de plus de l’inadéquation et de l’égarement de notre science alimentaire. Les êtres humains ne peuvent pas vivre sans matières grasses. Mère Nature a pris des milliards d’années pour concevoir nos aliments et tout ce qu’elle y a mis est essentiel, y compris les matières grasses. Tous les composants d’un aliment naturel s’équilibrent entre eux, ils fonctionnent ensemble. En privant un aliment naturel de ses matières grasses, on en fait un « aliment » incomplet et déséquilibré : le corps humain n’y trouve pas son compte. Le végétarisme pauvre en matières grasses conduit tout droit aux maladies dégénératives du système nerveux et de l’immunité.
En résumé
Il existe deux catégories d’aliments naturels sur terre et chacune d’elle a son propre rôle à jouer dans la physiologie humaine :
Les aliments d’origine animale : la viande, le poisson, les œufs et les laitages sont des aliments qui construisent et nourrissent l’organisme. Ils sont à l’origine de la régénération cellulaire et permettent au corps de maintenir une composition physique et chimique normale. En d’autres termes, ils fournissent les « briques et le mortier » qui constituent notre corps. Par ailleurs, notre organisme fabrique tous les jours une multitude de substances chimiques à base de protéines : hormones, enzymes, neurotransmetteurs, et cætera, qui sont essentiels à son bon fonctionnement. En fait, l’organisme peut être vu, en quelque sorte, comme une usine chimique. Et les matériaux bruts dont cette usine a besoin sont les aliments d’origine animale, qui sont particulièrement importants pour les enfants en pleine croissance, car leur corps a tous les jours besoin de grandes quantités de matériaux de construction.
Les aliments d’origine végétale : les céréales, les haricots, les fruits, les légumes, les aromates, les fruits à coque et les graines, sont des aliments purifiants et détoxifiants et ne nourrissent pas l’organisme de façon suffisante. Ils assurent la propreté interne du corps en l’aidant à se débarrasser des toxines et des déchets. Ils lui fournissent de l’énergie sous forme de glucose et des microéléments qu’il peut utiliser : des minéraux, des vitamines, des phytonutriments et des cofacteurs.
Bien entendu, ces deux catégories ne sont pas complètement étanches, elles peuvent se chevaucher : les aliments d’origine animale, crus en particulier, peuvent avoir de grandes propriétés nettoyantes, et les plantes ont elles aussi des propriétés nutritives, en particulier une fois cuites, fermentées et germées.
Profitons donc des bienfaits de ces deux catégories d’aliments, d’origine animale et végétale. L’essentiel est de les consommer naturels et de les transformer le moins possible.
Natasha Campbell-McBride
La nourriture des uns est un poison pour les autres !
Nous sommes tous différents, chacun d’entre nous est un individu unique. Aussi, si l’on veut des résultats, ce n’est pas une bonne idée de loger tout le monde à la même enseigne. C’est pourquoi nous avons à notre disposition un tel choix de régimes alimentaires : beaucoup de glucides / peu de glucides / beaucoup de graisses / peu de graisses, beaucoup de protéines / peu de protéines, tout cru / tout cuit, etc. et il est intéressant de constater que les régimes qui conviennent aux uns ne conviennent pas du tout aux autres. Pourquoi donc ? Pour la bonne raison qu’« il faut de tout pour faire un monde », ce qui signifie qu’il n’y a pas de mauvais aliment en soi ni de bon aliment en soi, car il faut tenir compte d’un facteur très important : la personne qui le mange ! Et non seulement la personne qui le mange, mais dans quel état elle se trouve. Essayons de comprendre cela plus en détail. Nous avons tous une hérédité et une constitution différentes. Si vos ancêtres étaient des Vikings ou des Inuits, il y a des chances que vous ayez besoin de manger beaucoup de poisson, de viande et de graisses. Mais s’ils étaient issus d’une culture méditerranéenne ou d’un pays tropical, vous avez davantage besoin de glucides dans votre ration alimentaire. Les médecines de la Chine ancienne et ayurvédiques essaient de classer les gens par types de constitutions et n’appliquent ni régimes, ni plantes médicinales sans avoir établi cette connaissance de base au préalable, car des constitutions différentes ont des besoins différents.
Cependant, la constitution n’est qu’un facteur. Il y en a beaucoup d’autres. Au cours de sa vie, notre corps traverse des cycles anaboliques / cataboliques, en d’autres termes, des cycles qui lui permettent de se construire et de se nettoyer. Il existe un cycle de construction / nettoyage quotidien, un cycle saisonnier et d’autres cycles « selon les besoins » pouvant intervenir à tout moment. Pour se construire, l’organisme a besoin de nutriments très différents de ceux qu’il utilise pour se nettoyer (les nourritures animales servent en général à la construction, tandis que les plantes servent au nettoyage). Seul votre corps sait ce dont il a besoin à chaque instant de votre existence. En fonction de vos occupations à un moment donné, de la saison de l’année, du temps qu’il fait et de votre niveau de stress, votre organisme peut se mettre en différents modes de production d’énergie : utiliser du glucose par exemple, ou des graisses. Seul votre corps sait ce qui lui convient le mieux à un moment donné et requiert des nutriments très différents pour des modes distincts de production d’énergie. Nous avons tous un système nerveux autonome, responsable de toutes les fonctions « d’autopilotage » de l’organisme : pour notre cœur qui bat, notre circulation sanguine, le système digestif qui nous nourrit, etc. Le système nerveux autonome est scindé en deux : il est constitué du système nerveux sympathique et du système nerveux parasympathique. Ces deux systèmes fonctionnent de manière opposée l’un de l’autre et garantissent l’équilibre très complexe de chaque fonction du corps. Mais encore, en fonction d’un nombre infini de facteurs (le cycle quotidien d’activité et de sommeil, la saison, le temps qu’il fait, le stress, les infections, la nourriture, le nettoyage, vos occupations actuelles, etc.) vous pouvez passer d’une « dominance du système sympathique » à une « dominance du système parasympathique ». Ce changement peut se produire plusieurs fois par jour, tous les deux ou trois jours, à chaque saison et diffère selon les groupes d’âge. Il est important de se rappeler que ces deux branches de notre système nerveux requièrent des nutriments très différents : l’un aime la viande et les graisses, tandis que l’autre a besoin de glucides. Seul votre corps sait de quelle proportion de protéines/graisses/glucides il a besoin à tout moment de votre vie. Aucun laboratoire, aucun scientifique ne pourra le calculer pour vous.
Il faut aussi compter avec l’équilibre acido-basique du corps, qui change tout le temps, chaque jour, en fonction de nombreux facteurs. Certains conseillers en nutrition ont répandu le mythe que l’acidité est mauvaise et que nous devons tous être alcalins à tout moment. Diverses nourritures ont été classées comme étant « alcalinisantes », comme les fruits et les légumes, ou « acidifiantes » telles les céréales et la viande. C’est tout simplement faux. Votre corps passe d’un état alcalin à un état acide tout le temps en fonction de nombreux facteurs : l’activité de votre système nerveux autonome, votre type de production énergétique et votre profil hormonal à un moment donné, la respiration, la fonction rénale, dont beaucoup changent selon le cycle quotidien, la saison, le temps qu’il fait et votre activité. En fonction de tous ces facteurs, une pomme, par exemple, considérée comme une nourriture « alcalinisante », peut acidifier votre corps, et à l’inverse, un morceau de viande, considéré comme « acidifiant », peut le rendre alcalin. Seul votre corps sait comment utiliser les aliments à tout moment de votre vie et il est le seul à avoir l’intelligence innée nécessaire pour effectuer ces calculs incroyablement complexes.
Et comme si cela ne suffisait pas, il faut encore y ajouter l’équilibre électrolytique, qui change aussi tout le temps en fonction de nombreux facteurs. Notre médecine traditionnelle a décidé que le sel était « mauvais » et recommande d’en réduire la consommation. Le sel raffiné ne devrait pas être consommé et ne diffère pas en cela des autres aliments raffinés (ces produits n’étant pas naturels pour la physiologie humaine, ils ne devraient pas porter le nom d’« aliments »). Cependant, le sel naturel non raffiné (tel que le sel de l’Himalaya ou le sel de mer) qui contient plus de 90 minéraux est non seulement bon pour nous, mais il est essentiel pour permettre à notre corps de maintenir son équilibre en eau et en électrolytes. Il y a aussi le mythe qui veut que nous devons boire beaucoup d’eau chaque jour, et différentes quantités de litres par jour sont même recommandées dans les guides de nutrition. Suivre aveuglément ce conseil peut vous attirer des ennuis si votre corps manque d’électrolytes et a besoin de sel plutôt que d’eau. Nous avons beau nous croire très intelligents, il nous est impossible de calculer la quantité de sel ou d’eau que nous devrions consommer à un moment donné. Seul notre corps le sait, et il a d’excellents moyens de nous dire ce dont il a besoin : la soif pour l’eau ou le désir d’un aliment particulier ayant la composition minérale voulue. N’en doutez pas, votre corps connaît la composition nutritionnelle des aliments qui existent sur cette terre. Ces quelques facteurs vous montrent qu’aucun laboratoire, aucun docteur, aucun scientifique, aucun livre savant ne pourra calculer, aussi génial soit-il, ce que vous devez manger à huit heures, à treize heures, à dix‑huit heures ou entre les repas. Votre corps seul a l’intelligence inégalée de savoir ce qu’il lui faut à tout moment de votre vie, car vos besoins nutritionnels changent tout le temps, à chaque minute, à toute heure, et tous les jours.
Alors, que faut‑il faire ? Comment bien se nourrir ?
Il faut se reconnecter à l’intelligence intérieure de notre corps. Posez‑vous la question : si votre corps a besoin d’un certain taux de protéines en ce moment + tant de graisse + tant de glucides + tant de vitamine B12 et tant de vitamine C, comment vous fera-t‑il savoir qu’il a besoin de cette composition particulière de nutriments ? Et même si votre corps arrivait à vous faire parvenir cette information, comment feriez‑vous pour vous procurer ce mélange de nutriments ? Comment calculeriez‑vous tous ces facteurs et comment réuniriez‑vous les quantités voulues ? Eh bien en fait, Mère Nature, dans sa bonté, ne nous demande pas de faire des choses aussi compliquées. Elle nous a dotés de sens (l’ODORAT, le GOÛT), du DÉSIR d’une nourriture particulière et du sentiment de PLAISIR et de satiété après l’avoir mangée. Et quand votre corps a besoin d’une association particulière de nutriments, il vous donne le désir d’un aliment particulier contenant le mélange voulu. Cette nourriture sentira divinement bon à vos narines et aura un goût merveilleux, et vous serez satisfait et rassasié après l’avoir mangée. Mais une heure ou deux plus tard, les besoins de votre corps auront changé et cet aliment ne vous dira plus rien. Vous aurez envie d’un autre aliment, qui répondra à vos besoins à cet instant précis de votre vie. La seule façon de bien servir notre corps est donc de rester connectés à nos sens !
Réfléchissons un peu plus.
Le DÉSIR d’un aliment particulier
Le mot « désir » revêt une connotation plutôt négative aux yeux de beaucoup de gens, grâce à des siècles de conditionnement politique et religieux : on considère le désir comme une chose à laquelle « on doit résister » et « ne pas succomber ». Pourtant, le désir ou l’envie d’un aliment particulier est le principal moyen qu’utilise votre corps pour vous faire savoir qu’il a besoin de tel ou tel nutriment à un moment donné. Aussi, quand vous avez faim, faites une pause et réfléchissez : « Qu’est‑ce que j’aimerais manger maintenant ? Quel est l’aliment le plus appétissant pour moi en ce moment ? » Oubliez tous les livres que vous avez lus et tous les mantras nutritionnels qui vous dictent ce qu’il faut manger à une heure donnée de la journée, et posez‑vous vraiment la question. La réponse viendra immédiatement, et la seule évocation d’un aliment particulier vous mettra l’eau à la bouche. Respectez votre désir ! Le désir est l’intelligence interne de votre corps qui vous parle pour vous faire savoir ce dont il a besoin afin que vous restiez en bonne santé, heureux et plein d’énergie. Si vous respectez votre désir à chaque fois que vous mangez, vous digérerez vos aliments sans problème et ils ne vous feront que du bien, parce que vous les aurez mangés au bon moment, juste quand votre organisme les réclamait. L’ennui, c’est qu’actuellement, dans notre monde commercialisé, les désirs des gens pour certains aliments sont manipulés via l’utilisation de produits chimiques addictifs et transformateurs de goût. En effet, la soi‑disant « nourriture » transformée contient, la plupart du temps, des produits chimiques spécialement conçus pour la rendre addictive. L’écoute de votre désir ne vaut que pour les aliments naturels, ceux que Mère Nature a créés. Cessez de manger des aliments transformés et votre désir naturel pour les aliments qui vous conviennent reviendra.
Le sens de l’ODORAT
Avez‑vous observé des animaux ? Ils ne portent jamais rien à leur bouche sans l’avoir d’abord senti. Pourquoi ? Parce qu’ils sont pleinement connectés à leurs instincts, à l’intelligence interne de leur corps. Le sens de l’odorat donne à votre corps beaucoup d’informations sur la nourriture : si elle est ou non dangereuse, si elle a été contaminée par des produits chimiques ou des microbes, si elle est fraîche, et encore plus important, si elle est en accord avec les besoins actuels de votre corps. Aussi, avant de porter un aliment à votre bouche, sentez‑le : si c’est la nourriture qu’il vous faut en ce moment, il sentira divinement bon. Dans le cas contraire, l’odeur vous déplaira. Respectez votre odorat et écoutez‑le. Le souci, c’est que dans le monde actuel, beaucoup de gens ont un odorat dégradé à cause des parfums synthétiques. Tous les produits chimiques odorants fabriqués par l’homme, tels que le détergent pour le linge, les produits d’entretien ménager, les soi‑disant assainisseurs d’air et les parfums bloquent les récepteurs olfactifs de votre nez. Votre nez a un certain nombre de récepteurs olfactifs, et une fois qu’ils sont bloqués par un produit chimique, les nouvelles molécules venant de ce produit ne peuvent se rattacher à rien dans vos narines et votre odorat ne les détecte plus. Nous avons tous croisé des gens qui dégagent une odeur de parfum excessive ; ils ne réalisent pas qu’ils se sont trop parfumés parce qu’ils ne peuvent plus le sentir, leurs récepteurs d’odorat étant bloqués par ce produit. La même chose arrive avec les détergents pour le linge, qui contiennent des parfums puissants pour masquer l’odeur désagréable du détergent à l’état pur. Les personnes qui les utilisent régulièrement ne sont plus capables de les sentir, parce qu’ils sont tout le temps exposés à cette odeur, présente sur leurs vêtements, leurs serviettes de bain et leur literie. Ils ne peuvent pas non plus sentir correctement la nourriture, car leurs récepteurs olfactifs sont accaparés en permanence par le détergent qui reste sur leurs vêtements. Pour retrouver votre odorat, bannissez tout les produits chimiques parfumés de votre environnement : remplacez le détergent par un produit naturel sans parfum et n’utilisez aucun parfum, produit de soins personnels parfumé ou assainisseur d’air. En l’espace de quelques semaines, vos récepteurs olfactifs seront nettoyés et votre odorat sera revenu.
Le sens du GOÛT
La nourriture est l’un des plus grands plaisirs de la vie, et c’est très bien ainsi ! Si un aliment ne vous est pas agréable, cela signifie que ce n’est pas le bon nutriment pour vous en ce moment (et peu importe qu’il soit supposé être bon pour la santé) ! Écoutez donc ce que vous dicte votre goût et respectez‑le ! C’est un ami, un vecteur de communication entre l’intelligence interne de votre corps et votre cerveau conscient. Comment ferait votre corps pour vous dire qu’il a besoin d’un mélange précis de nutriments, sinon en vous faisant ressentir du plaisir quand vous les consommez ? Le problème est que beaucoup de gens ont un sens du goût transformé ou émoussé à cause de leur consommation régulière d’aliments transformés. Nombre d’aliments transformés contiennent des produits chimiques qui altèrent le goût, délibérément ajoutés à la « nourriture ». Non seulement ces produits chimiques sont toxiques, mais ils peuvent modifier votre perception du goût pour longtemps, aussi est‑il essentiel d’arrêter de consommer ces produits transformés afin de retrouver votre goût naturel. De nombreuses carences nutritionnelles peuvent changer la perception du goût (c’est bien connu pour la carence en zinc, en particulier). En vous mettant à consommer des aliments naturels et sains, vos carences nutritionnelles diminueront et votre sens du goût reviendra. Les toxines dans votre bouche peuvent aussi changer votre perception du goût. Essayez de vous brosser les dents avec de l’huile d’olive pressée à froid (ou toute autre huile pressée à froid) à la place du dentifrice : ce procédé ayurvédique est efficace pour détoxifier la bouche. Il est très important de demander de l’aide à un dentiste holistique, car beaucoup de matériaux dentaires peuvent polluer la bouche et altérer le sens du goût.
Le sentiment de PLAISIR et de satiété après avoir mangé
Si vous avez fait un repas qui convient aux besoins nutritionnels de votre corps à un moment donné, vous vous sentirez pleinement rassasié. Vous n’aurez pas d’envies irrésistibles de manger un autre aliment, un sentiment agréable de satiété prendra le dessus et vous permettra de vous concentrer sur d’autres choses dans votre vie et d’oublier la nourriture pendant un moment. Il est important de ne pas trop manger et de ne pas avoir le ventre trop plein. Mais si vous écoutez le sentiment de plaisir que vous procure la nourriture, vous ne mangerez pas trop parce que vous arrêterez de manger dès que le plaisir cessera. Ce sentiment de plaisir et son arrêt sont les signaux que vous envoie votre corps pour vous faire connaître ses besoins. Votre sentiment de plaisir vous poussera à manger aussi longtemps que votre corps aura besoin des nutriments d’une nourriture particulière, et dès que votre corps en aura suffisamment, cet aliment cessera de vous faire plaisir. Les envies d’aliments sucrés sont courantes chez les personnes atteintes du syndrome GAPS, à cause d’un taux de sucre instable dans le sang. Normaliser le taux de sucre dans le sang prend du temps et la façon la plus efficace de résoudre ce problème est d’accroître votre consommation de graisses, en particulier de graisses animales (dans les limites de votre sentiment de plaisir, bien sûr). Aussi, dans ce cas, est‑il recommandé de consommer des graisses animales en bonne quantité pendant les repas. Pour stabiliser votre taux de sucre entre les repas, mélangez du beurre cru (ou de l’huile de noix de coco) avec du miel non pasteurisé (biologique ou sauvage) selon votre goût, mettez ce mélange dans un bocal en verre que vous pouvez emporter, et mangez‑en quelques cuillères toutes les 20 à 30 minutes dans la journée. Cette méthode peut vous aider pendant les premières étapes du traitement. Dès que votre taux de sucre sera normalisé avec la mise en application du Programme nutritionnel GAPS, vous pourrez graduellement réduire votre consommation du mélange beurre/miel et l’arrêter.
Comment appliquer ces bons conseils en suivant le régime GAPS ?
Le régime GAPS n’est pas gravé dans le marbre ; vous devez l’adapter à votre corps, qui est unique, et aux besoins quotidiens qui lui sont propres. Le régime GAPS vous donne une liste d’aliments avec lesquels travailler. À vous de voir quand vous mangerez ces différents aliments et dans quelles proportions. Écoutez les besoins de votre corps, communiqués par vos sens : désir, odorat, goût, plaisir et satiété. Par exemple, un matin, une pomme suffira à votre plaisir, mais le matin suivant, vous opterez peut‑être pour un petit déjeuner conséquent avec des œufs, du bacon, des saucisses et une salade. Et si vous êtes un jour très content de boire du bouillon de viande et de manger du poulet grillé, le lendemain il est possible que vous n’ayez plus envie de viande ni de bouillon, mais juste de légumes et de yaourt. Votre corps vous fera savoir de quelle proportion de protéines, de graisses et de glucides il a besoin à chaque repas. Comment ? En vous donnant une envie d’aliments précis. Quand vous vous asseyez à la table du repas familial, mangez seulement ce qui vous fait envie et dans les quantités qui vous semblent en accord avec vos besoins. Il est essentiel d’écouter les désirs de son corps en suivant le régime d’introduction GAPS ou le régime GAPS complet. Votre désir vous indiquera quand il sera temps de passer à une autre étape du régime d’introduction. Il est possible de manger quelque chose qui n’est pas permis à une étape particulière du régime GAPS si vous en avez vraiment envie, parce que ce sera ce que votre corps réclame à ce moment‑là, et il faudra respecter ce désir. Vous êtes unique et personne ne peut vous prescrire la combinaison d’aliments la mieux adaptée à votre organisme à un moment donné. Si vous suivez le régime d’introduction GAPS à la lettre et vous vous sentez bien, mais un jour, vous avez une forte envie, par exemple, de tomates crues (qui ne font pas partie du programme), alors écoutez votre désir ! C’est votre corps qui vous dit qu’il a besoin de nutriments particuliers à ce moment‑là, et les tomates crues vous les fourniront. Si vous ne répondez pas à la demande de votre corps, vous pourriez en subir les conséquences : votre équilibre en électrolytes ou votre équilibre hormonal pourrait s’en ressentir, entre autres choses. Il est vrai que vous aurez « fait une entorse » au régime en mangeant des tomates, mais une fois que votre envie sera assouvie, vous pourrez continuer le programme. Tout progrès implique deux pas en avant pour un pas en arrière et le processus de guérison ne fait pas exception. Aussi ne vous en faites pas pour les « entorses » au régime, de temps en temps, si votre corps les réclame vraiment. Ce ne sont pas des entorses : il s’agit de faire équipe avec son corps et de le respecter. Rappelez‑vous que votre corps en sait infiniment plus sur lui‑même que nous n’en saurons jamais avec toute notre intelligence et toute notre science !
Rappelez‑vous aussi que les besoins nutritionnels du corps changent tout le temps. Ainsi, votre désir pour certains aliments changera également tout le temps : ce qui semblait si appétissant au petit déjeuner ne vous dira plus grand-chose à l’heure du déjeuner, et ce qui semblait délicieux l’après‑midi vous répugnera au dîner. Tous ces sentiments sont parfaitement valables et devraient être respectés ! Vous êtes un individu unique, et ce qui convient à un convive de votre tablée ne vous conviendra peut‑être pas du tout.
Comment appliquer cette sagesse aux enfants qui suivent le régime GAPS ?
En tant que parents, nous devons prendre des décisions pour nos enfants. Les enfants atteints du syndrome GAPS ont des sens de l’odorat et du goût déformés, des désirs altérés et ont souvent de fortes envies et des addictions pour les aliments qui leur font mal. Ce sont en général des envies et des addictions à des aliments transformés. En commençant le protocole nutritionnel GAPS, nous supprimons tous les produits transformés, ainsi votre enfant passera peut‑être par une période de sevrage qui entraînera toutes sortes de symptômes (comportementaux et physiques). Il est important que les parents le comprennent afin d’aider leur enfant à franchir cette période difficile : le corps de votre enfant est coincé dans un état métabolique malsain et réclame des aliments particulièrement nocifs pour le maintenir dans cet état. Aussi, à moins de vouloir maintenir cet état métabolique malsain, nous ne pouvons pas permettre à l’enfant de manger ces aliments. L’aider à retrouver un état métabolique sain prendra du temps et des efforts, et c’est la mission du programme nutritionnel GAPS. Respectez la liste d’aliments permis par le régime GAPS. Cependant, dans cette liste, essayez de donner à votre enfant une assez grande variété d’aliments pour lui laisser un choix (après avoir plus ou moins franchi l’étape de sevrage !). Il est important que votre enfant apprenne à utiliser ses sens : désir, odorat, goût, plaisir. Et pour apprendre à les utiliser, il lui faudra d’abord les découvrir, car dans un état métabolique malsain, ils ont été supprimés et faussés. Remplissez votre cuisine et votre maison d’aliments GAPS et permettez à votre enfant de choisir (dans la limite du raisonnable, bien sûr). Permettez‑lui d’explorer la nourriture comme il veut, de manger avec les doigts, de manger froid ou chaud, à table aux repas ou en picorant au fil de la journée. Il est important qu’un enfant (qu’il soit atteint du syndrome GAPS ou qu’il soit en bonne santé et se développe normalement) apprenne à entretenir une relation saine à la nourriture tôt dans sa vie. Malheureusement, dans le monde occidental, dans de nombreux cas, ce n’est pas ce qui se passe et il est très dérangeant de voir des mères essayer d’inculquer de « bonnes manières » à table aux enfants sans pour autant prendre le soin de leur préparer des repas dignes de ce nom (en leur servant des plats transformés passés au micro‑ondes). Une telle combinaison d’alimentation défaillante et de pression exercée pour manger ces aliments qui n’en sont pas et pour se tenir bien à table a de quoi dissuader quelqu’un de manger, et encore plus un jeune enfant ! Pour qu’un enfant ait une chance de développer ses sens naturels en lien avec la nourriture, il a besoin d’aliments naturels et sains, pleins de goût et de saveur, et doit avoir la permission d’explorer la nourriture comme il le souhaite (en mangeant avec les doigts, même s’il se salit, et en la savourant). Les bonnes manières pourront venir plus tard, quand l’enfant aura développé des sens naturels, l’odorat, le goût et un désir de nourriture ainsi que le plaisir de manger, sens qui seront utiles à son corps pour le restant de ses jours.
En conclusion.
Mère Nature a pris des milliards d’années pour parfaire le corps humain, une création incroyablement intelligente ! Les aliments naturels sur notre terre ont été conçus en même temps que l’homme ; votre intelligence intérieure connaît leur composition et sait quels aliments conviennent à vos besoins particuliers. Il ne vous reste plus qu’à traiter cette intelligence avec respect.
Utilisez vos sens de l’odorat, du goût, votre désir de nourriture et votre plaisir à manger pour vous guider dans vos décisions : quand manger, quels aliments, et comment les combiner. Et rappelez‑vous : vous êtes unique, et ce qui convient à votre voisin peut ne pas vous convenir du tout.
Natasha Campbell-McBride
La maladie de Lyme
La maladie de Lyme est à la mode en ce moment, car notre médecine passe constamment par des phases de modes ; toutes sortes de problèmes sont imputés à la maladie de Lyme de nos jours.
La maladie de Lyme est causée par une bactérie de la famille Borrelia transmise par une tique. Les hôtes naturels des tiques sont les animaux de la forêt, tels que les daims, les écureuils, les tamias, les lapins, etc. La bactérie Borrelia existe depuis longtemps, peut être même depuis plus longtemps que les humains. Mais la maladie de Lyme ne s’est largement répandue que récemment, en dépit de la rareté des contacts entre nos populations urbaines et les animaux en liberté. Que s’est il donc passé ? Un événement décisif s’est produit ces dernières décennies : notre système immunitaire s’est affaibli à cause de notre mode de vie et de l’environnement que nous, humains, avons créé. Ce qui arrive aux abeilles dans notre monde industrialisé est significatif : elles meurent. Et elles meurent de maladies opportunistes auxquelles elles résistaient très bien il y a quelques décennies. Pourquoi ? Parce que leurs défenses immunitaires ont été affaiblies par l’épandage intensif que pratique l’agriculture d’aujourd’hui, tous azimuts. Nous autres, humains, ne sommes pas différents. Quand notre système immunitaire ne fonctionne plus correctement, nous sommes exposés à toutes sortes d’infections, jadis anodines.
Les personnes souffrant de fatigue chronique, de fibromyalgie, de neuropathie périphérique, de maladies auto-immunes et d’autres maladies dégénératives, infections récemment imputées à la maladie de Lyme, sont immunodéprimées. Le fait que notre science ait découvert la bactérie Borrelia ne nous donne pas de réponse à ces problèmes : quand le système immunitaire est déprimé, toutes sortes de microbes peuvent causer des dégâts, et nous n’en connaissons que quelques-uns. En outre, le traitement par antibiotiques n’éradique pas les maladies dégénératives chroniques, même quand les tests montrent que la bactérie n’est plus là. Des antibiotiques très forts sont utilisés pour traiter la maladie de Lyme, souvent par intraveineuses et sur le long terme. Or les antibiotiques sont loin d’être anodins ! Un microbiote intestinal sain est la condition essentielle au maintien d’une bonne immunité. Les antibiotiques détruisent ce précieux microbiote de manière redoutable, affaiblissent davantage encore le système immunitaire et vous rendent encore plus vulnérable à Borrelia et à tout autre pathogène.
Donc, si vous souffrez d’une maladie dégénérative et si vos analyses confirment la présence de la maladie de Lyme, ne vous précipitez pas pour prendre des antibiotiques. L’urgence, en revanche, consiste à rétablir votre système immunitaire. Le premier changement concerne votre alimentation !
Si vous avez des symptômes digestifs, suivez le Protocole Nutritionnel GAPS, en débutant avec les 6 étapes d’introduction.
Si cela vous semble trop difficile, commencez par suivre le régime GAPS global. Vous pourrez peut être tenter le régime d’introduction plus tard.
Si vous digérez bien, vous pouvez suivre le régime GAPS global, mais aussi décider de suivre le régime de Weston A. Price (WAPF). Au fur et à mesure que votre système immunitaire se remettra à fonctionner, il se chargera de Borrelia et de nombreux autres microbes que vous n’avez pas besoin de connaître. Nombre de personnes chez qui les analyses révèlent la présence de Borrelia ne présentent aucun symptôme et se portent parfaitement bien. Pourquoi ? Parce que leur système immunitaire fonctionne correctement. Et ne vous y trompez pas : un système immunitaire en bon état de marche est infiniment plus intelligent que tous les médecins et tous les scientifiques réunis !
La seule exception est une infection à Borrelia récente due à une morsure de tique qui se manifeste par des symptômes typiques : un érythème migrant (rougeur typique de forme circulaire) associé à des symptômes grippaux de fièvre, des malaises, des douleurs articulaires et musculaires. Dans cette situation, prendre des antibiotiques est justifié. Pendant le traitement d’antibiotiques, observez toutes les précautions requises pour stimuler votre système immunitaire par l’alimentation et protégez votre microbiote en prenant des probiotiques de bonne qualité. Le régime GAPS ou un celui de Weston A. Price restaurera durablement votre système immunitaire.
Pourquoi éradiquer Borrelia ? Si tout le monde était soumis à la détection de ce parasite et si une étude était faite sur le sujet, on trouverait peut être la présence de cette bactérie chez la majorité de la population, tout comme c’est déjà le cas pour H pylori, présent dans l’estomac de la plupart d’entre nous. Or nous savons que 70 à 80 % des gens qui hébergent H pylori sont en bonne santé et ne présentent aucun symptôme. Devrions nous éliminer H pylori chez toutes ces personnes en leur donnant des antibiotiques puissants ? Absolument pas ! La plupart des microbes existants sur terre ne sont pas nos ennemis, mais nos amis ! Ce qu’il faut faire, c’est trouver un équilibre, établir une harmonie entre les milliards de microbes qui vivent avec nous et notre système immunitaire. Nourrissons, renforçons notre système immunitaire et prenons soin de lui avant de tuer, d’éliminer ou d’attaquer quoi que ce soit.
Natasha Campbell-McBride
L’histoire du Dr Natasha Campbell McBride et de son fils
Ce récit fascinant a été écrit en février 2003, avant que Dr Natasha ait terminé d’écrire son premier livre Gut and Psychology Syndrome (traduit sous le titre : Le syndrome entéropsyhologique ou syndrome GAPS en 2011).
Mon fils a 10 ans. Il est dans le système scolaire traditionnel et il est bien intégré. Ses résultats sont dans la moyenne normale pour son âge, bien que les maths ne soient pas son fort. Il est quelquefois maladroit socialement, mais il a des amis, et en général, les autres enfants l’aiment bien. Parfois naïf et hyperactif, il peut aussi faire preuve d’une étonnante maturité. Il a d’excellentes compétences linguistiques, un vocabulaire étonnamment étendu, et il aime écrire des poèmes et des nouvelles. Il apprend à jouer du piano, il s’en sort vraiment bien et compose même sa propre musique. Personne ne peut soupçonner ce que cet enfant et ses parents ont vécu. Personne, en le voyant aujourd’hui, ne peut faire le lien entre cet enfant et l’autisme. Mais le portrait que je viens de faire concerne le moment présent. On m’a demandé de me souvenir du passé et d’expliquer comment nous en sommes arrivés là. Il est toujours douloureux pour une mère de se rappeler ces années de désespoir et de travail acharné avec un enfant autiste. Il est particulièrement douloureux de se rappeler toutes les erreurs qu’on a commises. Si seulement nous avions su alors ce que nous savons maintenant ! Si seulement nous avions fait ceci ou cela quand il était petit, il aurait sans doute évolué différemment. Cependant, je ne regrette pas une seconde d’avoir été entraînée par mon fils dans cette odyssée époustouflante et formatrice !
Quand il est né, j’étais médecin, diplômée en neurologie, et j’avais sept ans d’expérience dans ce domaine. Mais comme on dit, les médecins font les pires malades. Et quand il s’agit de votre propre enfant, vous n’êtes pas moins enclin au déni et à l’aveuglement que n’importe quel autre parent. En outre, comme tous les parents d’enfants autistes ne tardent pas à découvrir, les médecins savent très peu de choses sur l’autisme. On leur enseigne à diagnostiquer cette maladie, mais en matière de traitement, la médecine officielle n’a rien à offrir. De plus, les médecins conventionnels font tout ce qu’ils peuvent pour vous convaincre qu’il n’y a rien à faire et que toute autre opinion relève du charlatanisme. Mon métier de médecin ne m’a donc donné aucun avantage. Le diagnostic de notre fils est tombé à l’âge de trois ans. Après le choc initial et le chagrin qui s’ensuivit, mon mari et moi avons consulté toutes les informations que nous pouvions trouver sur l’autisme. À cette époque, il n’y en avait pas autant qu’aujourd’hui, mais finalement, une lueur d’espoir apparut.
Je me souviens que quelqu’un m’a donné le numéro de téléphone du Dr Rimland de Californie. Nous avons longuement parlé au téléphone avec lui et suite à cette conversation, un programme ABA a été mis en place pour notre fils, âgé de trois ans et demi. En même temps, il a commencé à prendre de la diméthylglycine (DMG). Cette conversation avec le Dr Rimland fut un rayon de soleil dans notre vie. Nous avions enfin trouvé un professionnel qui avait une connaissance approfondie de l’autisme et qui était prêt à nous aider. C’était aussi un parent qui n’avait pas accepté la position officielle sur l’autisme et qui avait consacré sa vie à faire évoluer cette position. Je suis certaine que des milliers de familles dans le monde entier lui sont reconnaissantes. Je souhaite ajouter ici ma famille à cette liste.
Dès le départ, le programme ABA fit de véritables miracles pour notre enfant. Je n’oublierai jamais notre première séance avec l’excellente conseillère ABA qui nous est venue par avion des États Unis. Après deux épuisantes journées de formation, elle nous dit qu’à l’issue de trois mois, elle s’attendait à ce que notre fils parle en phrases courtes. Nous et nos cinq thérapeutes pensions qu’elle rêvait, car notre garçon ne parlait pas, et nous n’étions pas du tout sûrs qu’il comprenait ce que nous disions. Mais à notre grande surprise, elle avait raison ! Nous avons soigneusement enregistré cette époque de la vie de notre fils sur cassette vidéo. En l’espace de trois mois, nous avons pu entretenir avec lui une conversation sensée.
À mesure que notre fils progressait avec le programme ABA, je consacrai mon temps à apprendre tout ce que je pouvais en matière de biologie, de biochimie et de nutrition, en lien avec l’autisme. Il ne faisait aucun doute pour moi que les caprices alimentaires extrêmes de mon fils, et par conséquent, son alimentation très limitée, étaient tout à fait liés à l’autisme. Je revins à l’université, où je préparai un Master ès sciences de nutrition humaine. J’étais particulièrement intéressée par l’étude des pathologies du système digestif et des moyens de les traiter par des moyens naturels. Cet intérêt était dû au fait que le système digestif de mon fils n’avait presque jamais fonctionné normalement. Dès que nous avions introduit des solides dans son alimentation, il était passé par une période de grave constipation, qui s’était finalement changée en diarrhée permanente. À nouveau, la médecine conventionnelle ne nous fut d’aucun secours. Mis à part des médicaments symptomatiques ayant de nombreux effets secondaires, elle ne put rien offrir à notre fils pour soigner ses troubles digestifs, son érythème fessier fongique et ses graves troubles de l’alimentation. En même temps, il me paraissait clair que son système immunitaire était affaibli du fait de sa mauvaise alimentation. Comme beaucoup d’enfants autistes, il souffrit aussi d’otites, d’infections respiratoires, d’impétigo et de muguet. Et bien sûr, mes collègues médecins ne pouvaient que me proposer des antibiotiques, toujours plus d’antibiotiques.
Sur la base de mes nouvelles connaissances, je modifiai radicalement l’alimentation de notre fils. La conseillère ABA nous aida à mettre en place un système permettant d’introduire de nouveaux aliments dans son alimentation. Sans ce système, il aurait été impossible de changer quoi que ce soit, il était si difficile à nourrir. Après avoir examiné les modes alimentaires qui marchent bien avec les enfants souffrant de troubles digestifs, tels que la rectocolite hémorragique, la maladie de Crohn et la malnutrition chronique, je compris qu’un simple régime supprimant le gluten et la caséine ne suffirait pas dans le cas de mon fils. Je travaillai alors à mettre en place une approche beaucoup plus précise et naturelle, qui éliminait aussi la caséine et le gluten. Le résultat fut extraordinaire, comme si quelqu’un avait ôté le brouillard toxique qui obscurcissait son cerveau. Il était beaucoup plus calme et plus en mesure d’apprendre. Son contact visuel s’améliora rapidement et la plupart de ses « crises » d’auto stimulation disparurent. En même temps, nous lui avons donné des probiotiques thérapeutiques puissants, car il n’y avait aucun doute sur le fait que son microbiote intestinal était anormal. Nous en avons testé plusieurs avant de trouver une formule qui marche. Elle était assez puissante pour guérir son système digestif, à tel point que nous pouvions nous permettre de tricher occasionnellement sur le régime sans avoir de problèmes. Et ce probiotique stimula tellement son système immunitaire que je ne me souviens pas de la dernière fois qu’il a attrapé un rhume.
À présent, il a une mine superbe, les joues roses, les yeux brillants, et il est plein d’énergie. Depuis lors, j’ai développé ma propre formule probiotique, qui marche très bien avec les enfants autistes et avec les personnes atteintes de troubles digestifs ou de troubles immunitaires.
Il est impossible de surestimer le rôle de la famille dans le combat contre l’autisme. J’ai été témoin de cas vraiment tristes, quand un parent essayait d’aider l’enfant sans être soutenu par l’autre parent. Soigner un enfant autiste représente une énorme entreprise et les familles unies y réussissent en général mieux que les autres. Je voudrais dire que ce que nous avons réussi avec notre fils, mon mari et moi l’avons réussi ensemble. Sans le soutien constant de mon mari, sans son intelligence et ses compétences organisationnelles, je n’aurais pas pu faire la moitié de ce que j’ai fait pendant toutes ces années. Notre fils a beaucoup de chance d’avoir un excellent père, qu’il aime beaucoup.
Le succès du traitement de l’autisme vient en grande partie du fait que les parents de l’enfant autiste communiquent l’un avec l’autre. C’est de là que viennent notre force et le courage de continuer. Notre réussite est devenue un exemple pour de nombreuses familles, qui m’appelaient et désiraient essayer notre méthode. C’est comme cela que j’ai ouvert ma consultation pour enfants autistes. Ayant vu des centaines de familles venues des quatre coins du monde, je suis en constante admiration devant la force et la détermination dont elles font preuve pour essayer d’aider leurs enfants. J’ai beaucoup appris d’elles et de leurs expériences. Il y a quelques mois, à la fin d’une consultation, un de ces parents me regarda et me demanda d’une voix sévère : « Pourquoi n’avez vous pas encore écrit un livre ?! » Par la suite, d’autres parents me conseillèrent également d’écrire un livre sur l’autisme. J’y travaille en ce moment. J’ai le sentiment qu’il est de mon devoir de partager mon savoir et l’expérience clinique que j’ai accumulée depuis des années grâce à mon fils et grâce aux nombreuses familles d’enfants autistes que j’ai rencontrées.
J’espère également que mon expérience aidera les autres à éviter les erreurs que nous avons commises. Nous apprenons tous un jour ou l’autre de nos expériences, mais pour nos enfants, le temps est précieux. En débutant les traitements dès le plus jeune âge, nous leur donnons de meilleures chances de récupérer de l’autisme. Je crois fermement que tout enfant autiste, si on lui donne l’aide adéquate, a une chance de guérir. Et ne laissez personne vous dire que l’autisme est incurable !
Mise à jour de notre histoire, novembre 2005 : il est difficile de croire que deux ans et demi ont déjà passé depuis que notre histoire a été publiée, en 2003. Mon fils vient d’avoir 13 ans. Il est grand et beau et fait notre bonheur. Dans mon récit précédent, je mentionnais que j’écrivais un livre. Eh bien, ce livre est sorti l’année dernière et il a beaucoup de succès. Une troisième impression est parue le mois dernier. Il s’intitule GAPS And Psychology Syndrome. Natural treatment for autism, ADHD, ADD, dyslexia, dyspraxia, depression and schizophrenia (traduit sous le titre : Le syndrome entéropsyhologique ou syndrome GAPS en 2011). Ce livre décrit en détail la manière dont ces maladies apparaissent et comment les traiter avec un solide protocole nutritionnel. Il contient un chapitre de recettes conséquent destiné aux lecteurs qui désirent commencer le régime, et des chapitres sur les moyens de traiter les otites, la constipation, la toxicité, les caprices alimentaires et d’autres problèmes.
Mon fils a été très fier de contribuer à mon livre. Il a écrit un merveilleux poème, publié au début du livre. Nous ne lui avons pas encore parlé de ce qui lui était arrivé dans ses jeunes années, nous avons décidé d’attendre qu’il soit plus grand. On ne décèle plus aucune trace d’autisme en lui à présent et il mène une vie normale. Il travaille bien et joue au rugby dans l’équipe de son école. Son système digestif fonctionne comme une horloge à présent ; mais nous continuons le régime, tel que je l’ai décrit dans mon livre. La bonne nouvelle est que mon fils peut maintenant manger de tout, de manière occasionnelle, sans avoir de problèmes. Cependant, toute la famille suit le régime GAPS, car il est très sain et peut prévenir beaucoup de soucis de santé (tels que le surpoids, les maladies cardiovasculaires, le cancer, le diabète, les troubles immunitaires, l’ostéoporose et les allergies) pour chacun d’entre nous. Quand nous partons en vacances, nous mangeons ce que nous trouvons, mais quand nous revenons à la maison, nous reprenons notre régime parce qu’il est bon pour nous. Nos deux enfants ont acquis des connaissances étendues en nutrition et nous les entendons souvent expliquer à leurs amis ce qui est bon pour eux et ce qui ne l’est pas. J’espère que notre histoire apportera un encouragement aux familles d’enfants autistes.
Ne désespérez jamais de votre enfant, et votre enfant vous récompensera !
Natasha Campbell-McBride
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