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Lu dans le magazine Cerveau & Psycho no 45 de mai-juin.
Des chercheurs de l’Institut de technologie de Californie ont mis en évidence des cellules associées à de grands états de violence chez les rats de laboratoire. Il s’agit d’un groupe de cellules situées dans l’hypothalamus et qui, si elles sont activées, provoquent une agressivité aveugle contre soi-même et contre les autres.
La technique utilisée est l’optogénétique. On introduit dans les neurones une protéine sensible à la lumière. On fait ensuite pénétrer une fibre optique dans le cerveau du rat. Quand cette fibre envoie de la lumière elle active électriquement les neurones qui contiennent la protéine photosensible.
Dans la minuscule zone concernée de l’hypothalamus, l’activation des neurones provoque des accès de rage extrêmes: les mâles attaquent les mâles en se jetant sur leur échine; ils attaquent de même les femelles et tout objet introduit dans leur cage. «L’agression est mécanique, ce n’est pas une réaction à une menace, ni une rivalité entre mâles, ni même un signal de dominance sexuelle».
Les chercheurs se sont ensuite demandé s’il pouvait y avoir un lien, et lequel, entre ces cellules et d’autres, situées dans la même région, qui gouvernent l’activité sexuelle.
Le résultat est qu’au moment de faire leur cour, seuls 80% des rats réagissent à l’activation des neurones d’agressivité. Et au moment du coït, seulement 30%. Conclusion des chercheurs: les rats s’adoucissent pendant l’amour.
Selon cette équipe, et chez le rat de laboratoire, les deux types de neurones sont en partie intriqués et s’inhibent mutuellement.
«Peut-être parce que la reproduction est liée, chez la plupart des espèce animales, à la fois au combat contre d’éventuels rivaux, et à une inhibition de la violence pour ne pas menacer le but de la procréation: la progéniture».
Le slogan des années 70: «Faites l’amour, pas la guerre», aurait-il une réalité biologique?