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La consommation est préoccupante auprès de la jeunesse. De nouveaux comportements tels le « binge-drinking » et les « botellónes », représentent des risques majeurs pour les adolescents et les jeunes adultes. Pour approfondir certaines lacunes de la recherche aujourd'hui, la RFA a mandaté l'Institut LINK pour la réalisation d'une étude représentative portant sur 2000 interviews auprès de la population suisse, consommatrice de boissons alcoolisées, âgée de 16 à 34 ans. L'Enquête suisse sur la santé (ESS 2007) montre que sur la population suisse des 16 - 34 ans, 60.7% sont consommateurs réguliers, c'est-à-dire qu'ils consomment au minimum une boisson alcoolisée durant les 7 derniers jours. L'étude LINK aborde des données sensibles comme l'argent dépensé pour de l'alcool, les seuils psychologiques d'achats, la manière dont on se procure de l'alcool, les intermédiaires ou encore la répartition des lieux de consommation auprès de cette population de consommateurs réguliers.
La consommation d'alcool en 2009 pour la population des 16 - 34 ans délimite trois grandes catégories d'alcool, à savoir la bière, le vin et les spiritueux, qui représentent près 95% des alcools consommés. Même si la consommation des spiritueux est forte, surtout auprès des 16 - 19 ans et aussi sous forme de mélanges qu'ils mixent eux-mêmes, les deux autres familles d'alcool détiennent à elles seules 86% de la consommation des personnes interrogées. Bien sûr, la consommation de l'une de ces boissons n'exclue pas les deux autres, un cumul est certain. Il y a donc une répartition sur ces trois familles qui, d'un point de vue préventif, tend à les considérer de manière égalitaire quand à leur régulation sur le marché suisse.
Les jeunes dépensent beaucoup pour l'alcool. Les calculs montrent qu'une bouteille de spiritueux de 7dl est considérée comme trop chère si son prix s'élève aux alentours de CHF 30.-. Le prix d'abandon de l'achat se situe assurément encore au-delà de ces prix. ll est quasiment impossible d'avancer un prix unique à partir duquel on obtient une baisse quantifiable de la consommation d'alcool, mais la mesure propose un intervalle de prix susceptible de freiner cette consommation. Ainsi les résultats permettent de dégager les valeurs suivantes pour l'achat de boissons alcoolisées en magasins : une canette (5dl) de bière entre CHF 4.- et 7.-, une bouteille de vin (7dl) entre CHF 29.- à 40.-, une bouteille (7dl) de spiritueux entre CHF 30.- et 40.- sont considérés comme seuil d'abandon de l'achat. De même, ces prix sont estimés pour une consommation dans un café ou restaurant à : une bière (3dl) entre CHF 6.- et 8.-, un verre de vin (1dl) entre CHF 10.- et 15.-, un verre de spiritueux (2cl) entre CHF 15.- et 20.-. Ainsi, l'étude montre que ces prix sont très élevés et qu'il est dès lors très difficile d'influencer la consommation en les augmentant sensiblement.
L'étude montre clairement que les limites d'âge sont souvent contournées, que ce soit lors de commandes de boissons alcoolisées dans des lieux publics ou lors de l'achat dans des magasins. Les résultats sont plus inquiétants encore lorsqu'il s'agit de transmettre de l'alcool à des mineurs, puisque, sur plus de 60% des adultes à qui des mineurs demandent de leur acheter de l'alcool, plus de 30% répondent positivement à leurs requêtes. Aussi, la mesure de contrôle grâce aux achats tests est de plus en plus requise pour faire cesser cette pratique.
Les lieux de consommation, ainsi que les heures auxquelles celle-ci se déroule, constituent une donnée très situative et aléatoire. Certains endroits sont plus exposés que d'autres, comme lors de manifestations publiques.
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