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Tableau d'une exécution, à voir du 7 au 10 novembre à La Grange de Dorigny-UNIL
"Tableau d'une exécution", écrit par l'auteur britannique Howard Barker en 1989, interroge les relations souvent ambigües et contradictoires entre l'art et le pouvoir, tout en nous donnant l'opportunité d'en explorer les enjeux par le truchement de la tragédie et de l'humour !
Le conflit oppose Galactia - une artiste peintre audacieuse et affranchie des tabous sociaux et esthétiques - à ses mécènes, à Venise en 1571. Au lendemain de la bataille de Lépante, la République lui commande une fresque célébrant la victoire des Vénitiens catholiques sur les Turcs, mais au lieu de la gloire de la Sérénissime, elle choisit de peindre la guerre telle qu’elle est, « un massacre ».
Galactia subit dans un premier temps les foudres du pouvoir pour ensuite être portée aux nues, le tableau étant déclaré chef-d’oeuvre classique. L’énergie subversive de la peinture devient alors la démonstration du libéralisme éclairé de la république…
Posant les termes d'un débat entre subversion et récupération, alliant avec brio l'épique à l'ordinaire, ce texte met en scène toute l'ambivalence politique de l'art.
Né en 1946 à Dulwich (Angleterre), Howard Barker est un dramaturge et poète britannique. Issu d’un milieu populaire et marqué par l’après-guerre de son enfance, il est de la même génération qu’Edward Bond et Harold Pinter. Son œuvre, largement traduite en français, comprend plus d’une cinquantaine de pièces dont 3 objets, La douzième Bataille d’Isonzo, Les Possibilités, Judith ou le corps séparé, Combats pour l’amour, Tableau d’une exécution, de son titre original Scenes from an execution, des recueils de poésie et des textes réunis sur le théâtre, ainsi qu’un livret d’opéra. Son «théâtre de la catastrophe », expression forgée par Howard Barker lui-même, décrit une humanité cruelle par nature et, paradoxalement, toujours séduisante d’intelligence et de lucidité. Le dramaturge n’épargne personne, pas même le poète, qui « se dissimule souvent dans la métaphore comme une créature timide se réfugie dans les bois » (Treize objets, traduit par Jean-Michel Déprats, éditions Théâtrales). Les thèmes très présents de la mutilation, de l’arrogance de l’establishment, des violences spectaculaires ou invisibles font de son théâtre une œuvre puissante, nouvelle.
Dans mes tragédies, les situations posées provoquent l'effondrement des valeurs et les individus sont libres ou forcés de vivre avec les règles qu'ils ont inventées eux-mêmes. Le résultat de tout cela, c'est que le public n'a pas à partager une attitude face à ce qu'il voit sur scène. Il n'est pas obligé d'arriver à un consensus... C'est ce que j'appelle le théâtre de la Catastrophe. C'est en un sens l'opposé de la tragédie classique qui affirme des valeurs morales tandis que dans mes pièces, l'idée est de les faire "éclater".
Howard Barker
De Howard Barker
Mise en scène Vincent Bonillo
Par Compagnie Voix Publique
Création lumière et régie Danny Clot
Scénographie Serge Perret
Costumes Karine Dubois
Administration Anahide Ohannessian
Avec
Valérie Liengme
Fanny Pelichet
Pascal Berney
Vincent Bonillo
Jean-Paul Favre
Pascal Gravat
Attilio Sandro Palese
Coproduction : Oriental-Vevey, La Grange de Dorigny-UNIL
Soutiens : État de Vaud | Ville de Lausanne | Fondation Ernst Göhner
par Julia Nusslé Jaton (Service Culture et Médiation scientifique UNIL)