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Ce sera donc la Hongrie, l'Ecosse et l'Allemagne. Bien loin du pire qui était à craindre, en abordant ce tirage en tant que membre du chapeau 4. La main innocente de Brian Laudrup a permis à la Suisse d'éviter la poule de la France et des Pays-Bas, ou encore celle de l'Espagne et de la Croatie - et régnait forcément comme un soulagement général une fois scellé le sort de la Nati.
L'équipe de Suisse, 18e au rang mondial, est tombée sur deux nations moins bien classées (la Hongrie est 27e, l'Ecosse 36e), et une Nationalmannschaft redescendue à une triste 16e place. Dans un monde parfait, les hommes de Murat Yakin seraient en mesure de sortir de cette poule. En réalité, ce sera bien plus compliqué qu'il n'y paraît, et pas seulement parce que les dernières prestations de l'équipe nationale ont été décevantes, voire inquiétantes. Les trois adversaires sont à craindre, en voici les raisons.
Commençons par le premier, la Hongrie, qui se présentera le 15 juin 2024 à Cologne. Nation au passé glorieux, elle retrouve peu à peu sa place dans l'élite du football. Le pays s'est qualifié pour cet Euro en terminant n°1 d'un groupe dans lequel figuraient la Serbie et le Monténégro. Le tout, sans connaître la défaite.
Lors des deux derniers championnats d'Europe, la Hongrie a prouvé qu'elle pouvait inquiéter les grandes nations du Vieux Continent. En 2016, elle s'est hissée en 8e de finale, remportant sa poule et accrochant par la même occasion le Portugal, trois buts partout. Puis, en 2021, elle n'est pas passée loin de l'exploit au sein du groupe de la mort. Dernière, mais capable de tenir en échec la France et l'Allemagne.
En Ligue des nations, nous avons longtemps cru que la Hongrie allait atteindre la phase finale. Aux côtés de l'Italie, de l'Allemagne et de l'Angleterre, elle a fait preuve d'une grande solidité défensive, n'encaissant que cinq buts en six matchs. Surtout, elle s'est permis le luxe de reléguer les Anglais à l'échelon inférieur, de les battre à deux reprises, dont une fois à Wolverhampton - un cinglant 4-0.
Face aux gros, la Hongrie aime les blocs bas, elle manie la défense à cinq. Quand on sait que la Nati est forte pour tenir le ballon sans se procurer de réelles occasions, on peut logiquement redouter une telle nation. D'autant que la rencontre se jouera peut-être comme à l'extérieur, les fans hongrois - bouillonnants - étant connus pour leur immense ferveur.
Viendra ensuite l'Ecosse, non pas le XV du chardon, mais bien le onze de Steve Clarke. Le pays, qui était encore 67e au classement FIFA en 2016, sort peu à peu de l'anonymat. Il disputera en juin prochain son deuxième Euro consécutif, le quatrième de son histoire. En 2021, les Ecossais n'avaient pas beaucoup pesé, ne décrochant qu'un point face à leur rival anglais. Depuis, l'équipe ne cesse de progresser, ses bons résultats l'ont même promue en Ligue A de la Nations League. Mais surtout, l'Ecosse a ébloui lors des éliminatoires de l'Euro, en éliminant la Norvège d'Erling Haaland et en inquiétant l'Espagne jusqu'au bout. La victoire 2-0 à domicile contre la Roja en mars dernier a montré à quel point cette équipe pouvait jouer les trouble-fêtes.
Tout comme la Hongrie, l'Ecosse est capable de fermer les portes du saloon. La défense à cinq a fait, là aussi, ses preuves, aidée par un milieu de terrain dense. L'équipe peut aussi piquer sur le plan offensif, elle dispose dans ses rangs d'un certain Scott McTominay, cinquième meilleur buteur des qualifications, avec sept réalisations au compteur, soit mieux que les six buts de Zeki Amdouni. Qui plus est, l'Ecosse prône un jeu direct, attention donc à ne pas se faire surprendre par des contres aussi dévastateurs que ceux des biélorusses. Une vague de supporters écossais devraient également déferler en Allemagne, là encore, l'ambiance dans les stades sera au rendez-vous.
Enfin, le dernier match de la phase de groupes se jouera contre l'Allemagne, le pays hôte de cet Euro 2024. Ce pourrait être un «seizième de finale» décisif, car la Mannschaft ne sera peut-être pas encore qualifiée, au moment de disputer cette rencontre. Aujourd'hui, elle n'est plus que l'ombre d'elle-même, éliminée dès les poules lors de la dernière Coupe du monde, et fébrile en Ligue des Nations. Son bilan en 2023 n'a rien de flatteur: six défaites, trois victoires et deux matchs nuls. L'Allemagne a perdu 4-1 contre le Japon et 2-0 face à l'Autriche, mais voilà, en septembre dernier, lors d'un match amical de prestige, elle est parvenue à battre la France deux buts à un, alors même que Jamal Musiala était absent. A domicile, et soutenue par tout un pays, il faudra compter sur la Nationalmannschaft dans cette poule, c'est une certitude.
Face à des équipes plus faibles, contre qui la Nati ne sait pas toujours gagner - la preuve lors de ces qualifications, et contre une Allemagne hôte de la compétition, en quête de revanche, la Suisse n'a pas encore son orteil en 8e de finale. Même pas une moitié, peut-être un bout d'ongle, étant donné le format qui qualifie les quatre meilleurs troisièmes. La méfiance doit néanmoins être de mise, de par la qualité des adversaires, les performances actuelles et l'expérience du dernier Euro. En 2021, lorsque la Suisse avait disputé son huitième de finale contre la France, elle n'avait auparavant été que troisième des meilleurs troisièmes. Devancée par le Pays de Galles dans son propre groupe, et pas si loin déjà d'une sortie prématurée.
«Ce matin en me réveillant, j'étais déjà stressé par le match», s'émeut Alain Rebetez, 66 ans. Le retraité, qui nous attendait dès 18h00 devant le stade de la Blancherie à Delémont, ne tient pas en place.