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Marie - Servante du Seigneur
par Henri Gras
Partie I. Les données bibliques
Chapitre 5. Après la résurrection
Marie a-t-elle vu de ses yeux Jésus ressuscité, lors de la période de quarante jours qui s'écoule entre la sortie glorieuse du tombeau et l'ascension du Seigneur? On peut le supposer, puisque la mère du Messie, confiée à Jean au pied de la croix, a dû vivre ces journées exaltantes dans le sillage du disciple et s'ouvrir à la foi en cette circonstance. L'Ecriture pourtant ne le dit pas.
L'apôtre Paul mentionne ceux auxquels le Ressuscité est apparu: Pierre, les douze, cinq cents frères à la fois... (1 Corinthiens 15:6). Il est fort vraisemblable que Marie se trouvait au nombre de ces derniers. Par ailleurs, aucun des quatre évangélistes ne la cite parmi les «saintes femmes» qui se rendent au tombeau le matin de Pâques. Mais restons sur le terrain solide et immuable de la Parole. Le livre des Actes des apôtres fournit les dernières informations concernant Marie. Voici les textes:
«Après qu'il eut souffert, il leur apparut vivant, et leur en donna plusieurs preuves, se montrant à eux pendant quarante jours, et parlant des choses qui concernent le royaume de Dieu.
Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'attendre ce que le Père avait promis, ce que je vous ai annoncé, leur dit-il; car Jean a baptisé d'eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit. Alors les apôtres réunis lui demandèrent: Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d'Israël? Il leur répondit: Ce n'est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre.
Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu'ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu'il s'en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent, et dirent: Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel.
Alors ils retournèrent à Jérusalem, de la montagne appelée des Oliviers, qui est près de Jérusalem, à la distance d'un chemin de sabbat. Quand ils furent arrivés, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient d'ordinaire; c'étaient Pierre, Jean, Jacques, André, Philippe, Thomas, Barthélemy, Matthieu, Jacques, fils d'Alphée, Simon le Zélote, et Jude, fils de Jacques. Tous d'un commun accord persévéraient dans la prière, avec les femmes, et Marie, mère de Jésus, et avec les frères de Jésus». Actes 1:3–14
«Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer.» Actes 2:1–4
Dès après l'ascension de Jésus, et selon ses dernières instructions, les disciples retournent à Jérusalem. Réunis dans la chambre haute où ils se tiennent d'ordinaire, ils persévèrent dans la prière d'un commun accord, attendant le Consolateur promis par le Père. Il y a là les onze, le petit groupe de femmes fidèles qui accompagnèrent Jésus jusqu'au Calvaire, Marie et ses fils, les frères de Jésus. Ces derniers ont-ils vu le Ressuscité? En tout cas, ils croient eux aussi, maintenant, à la résurrection et se sont joints, avec leur mère, aux tout premiers chrétiens réunis dans l'attente de la puissance qui les transformera en témoins de l'Evangile. Les Epîtres de Jacques et de Jude sont l'éclatante démonstration de la transformation profonde intervenue dans le cœur de ces hommes qui ne croyaient pas en Jésus, lors de son ministère terrestre.
Une nouvelle fois, on remarque l'absence de Joseph dans l'énumération de ceux qui vont vivre la Pentecôte. Elle incline à penser ce qui a été dit précédemment: le charpentier de Nazareth n'était vraisemblablement plus en vie, et cela dès avant la crucifixion.
Marie, dans la chambre haute, se trouve une nouvelle fois à la pointe de la révélation. La grâce qu'elle partage avec ce groupe d'hommes et de femmes qui ont, depuis trois ans, suivi le Sauveur, surpasse celle qu'elle a connue personnellement, voilà trente-quatre années. A cette époque, elle avait été visitée par l'Esprit saint, «couverte par l'ombre de la puissance du Très-Haut» (cf. Luc 1:35). Obéissante aux instructions divines données par l'ange Gabriel, elle ne mesurait pas la portée et le sens réel des miracles qu'il lui était accordé de vivre. Son comportement ultérieur, marqué par l'incompréhension et l'incrédulité, en témoigne. C'est aussi celui de ses autres fils.
Le jour de la Pentecôte, elle bénéficie de l'effusion d'En-haut, avec tous ceux qui l'attendaient «tous ensemble dans le même lieu». Avec eux, comme eux, ni plus ni moins qu'eux, elle est remplie du Saint-Esprit et connaît enfin sa plénitude. Ceci constitue la preuve qu'elle ne la possédait pas avant, mais en avait besoin comme les autres, de la même façon que nous-mêmes, si nous voulons être d'authentiques témoins de Jésus- Christ.
La plénitude que reçoit Marie n'est plus celle d'un moment, mais la puissance promise, sans cesse renouvelée, qui lui donne enfin de tout comprendre spirituellement, depuis l'annonce initiale de l'ange Gabriel jusqu'à la résurrection et à l'ascension. Cette puissance la transforme en témoin et va l'associer à l'œuvre d'expansion explosive de l'Evangile. Celle-ci, partie de la chambre haute, embrasera Jérusalem, la Judée, la Samarie, l'Empire romain et, plus tard, les extrémités de la terre. Dans cette phase glorieuse du plan divin, Marie aura donc sa part avec les femmes fidèles qui s'étaient jointes aux disciples et vont activement les assister de leurs dons, reçus par l'Esprit.
Ni le livre des Actes des apôtres, ni les Epîtres, ni l'Apocalypse, ne font ensuite la moindre allusion à la mère de Jésus. La révélation écrite ne nous dit donc rien concernant la fin de sa vie, comme c'est le cas en général, pour la plupart des personnages du Nouveau Testament.