Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07159.jsonl.gz/28

Depuis les années trente, on a observé que l’épidémie de grippe était associée à un excès de mortalité cardiovasculaire, en partie liée aux infarctus du myocarde. Pour valider cette observation, cette étude cas-témoins canadienne a croisé les données des patients ayant eu un prélèvement microbiologique, pour rechercher les virus respiratoires (cohorte FOREVER) avec le code ICD 10 de l’infarctus du myocarde, issu du registre de l’Institut canadien d’information sur la santé en Ontario. L’étude a étudié la survenue d’une hospitalisation pour infarctus du myocarde dans les sept jours suivant le diagnostic microbiologique de grippe, chez les adultes de plus de 35 ans, par rapport à l’année précédant et suivant le prélèvement. Chaque patient était son propre contrôle. Les patients ayant eu une recherche de grippe durant leur hospitalisation pour infarctus étaient exclus, de même que ceux ayant fait un infarctus dans les 30 jours précédant celle-ci. Chez les 364 hospitalisations pour infarctus durant l’étude, le taux d’incidence (IR) des infarctus durant les sept jours suivant le diagnostic de grippe était six fois supérieur à celui de la période contrôle (IR 6,05 ; IC 95% : 3,86-9,50) surtout chez les patients de plus de 65 ans (IR 7,31 ; IC 95% : 4,53-11,9). L’âge moyen des patients ayant fait un infarctus était de 77 ans, avec 49% de diabétiques – proportion élevée – et seulement 31% avaient été vaccinés contre la grippe.
Commentaire : On peut regretter qu’avec la méthodologie employée aucune donnée clinique ne soit disponible. Cela ne permet pas d’être certain que tous les patients aient vraiment fait un infarctus du myocarde cliniquement significatif et non une myocardite ou une élévation des biomarqueurs cardiaques d’une autre origine ; même si les auteurs nous affirment que, dans une étude de validation conduite en Ontario, le code ICD d’infarctus avait une sensibilité de 89% et une spécificité de 93% comparé au diagnostic définitif de sortie dans une unité de soins coronaires. Quand on sait qu’une infection est un stress cardiovasculaire qui induit une inflammation avec des effets prothrombotiques, l’association entre grippe et augmentation des infarctus du myocarde est vraisemblablement causale. Un argument indirect de plus pour encourager nos patients à se faire vacciner, particulièrement s’ils ont plus de 65 ans et ont des facteurs de risque cardiovasculaire, malgré l’efficacité encore perfectible du vaccin.