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Quelque 4 milliards de francs sont demandés par le Conseil fédéral pour cinq projets alémaniques, à réaliser d'ici 2030. Cela fait partie d'un concept global de mobilité, il ne faut pas monter les différents moyens de transport les uns contre les autres, a relevé le ministre des transports Albert Rösti, évoquant le rail et la route.
Le tronçon Wankdorf-Schönbühl (BE) doit être élargi à huit voies, contre six actuellement. Le tronçon de Schönbühl-Kirchberg (BE) doit lui passer de quatre à six voies. Mathias Zopfi (Vert-e-s/GL) voulait biffer ces deux enveloppes, se demandant si la stratégie était adaptée aux temps actuels en période de changement climatique.
Il y a des embouteillages tous les jours sur ces axes, a contré Werner Salzmann (UDC/BE). Il a été entendu, sauf par les écologistes. Quelques élus socialistes se sont abstenus.
En revanche, les montants pour dédoubler les tunnels du Rosenberg (SG), du Rhin (BS/BL) et de Fäsenstaub (SH) n'ont pas été contestés.
Projet romand
A la session d'été, le National a ajouté un projet romand. Il a inclus l'axe Le Vengeron (GE) - Coppet (VD) - Nyon (VD) dès 2023, initialement pas prévu avant 2030. Les coûts des deux projets concernant cet aménagement s'élèvent à 911 millions de francs.
Le Conseil des Etats a tacitement approuvé cet amendement, tout en ajoutant la condition que le Conseil fédéral ait approuvé le projet général au plus tard le 31 décembre 2023. Sans être formellement opposée, Lisa Mazzone (Vert-e-s/GE) a estimé que cet ajout était inutile, car le gouvernement genevois a fait savoir que la réalisation de ce tronçon ne serait pas possible avant 2030.
Les cantons de Genève et de Vaud soutiennent ce projet, a opposé Albert Rösti. Et d'estimer que les délais pourraient être tenus comme le Conseil fédéral se penchera sur ce projet le mois prochain.
Entretien des routes
Les routes nationales nécessitent par ailleurs un entretien constant et coûteux. Il faut combler les nids de poule, déneiger les voies ou encore installer des parois antibruit ou des passages pour animaux sauvages. Actuellement, les besoins tournent autour de 2,2 milliards de francs par an. Le gouvernement demande donc quelque 8,8 milliards pour la période entre 2024 et 2027.
Les routes nationales représentent 3% du réseau mais 50% du transport motorisé, a relevé Olivier Français (PLR/VD) pour la commission. Il a été soutenu à l'unanimité.
Trafic dans les agglomérations
Les transports dans les agglomérations, où vit près de 80% de la population, devraient eux bénéficier de 1,6 milliard de francs. La Chambre des cantons a validé cette enveloppe gouvernementale à l'unanimité.
Par 21 voix contre 19 et une abstention, elle a toutefois rejeté l'ajout de 38 millions décidé par le National pour le tunnel routier Moscia-Acapulco dans le projet d'agglomération "Locarnese". Tous les partis étaient divisés. L'urgence est incontestée pour ceux qui connaissent la situation, a argué en vain Marco Chiesa (UDC/TI), parlant d'"insécurité" et de "précarité" des infrastructures.
La proposition d'Eva Herzog (PS/BS) de préciser que le projet comprenne des mesures en faveur des transports publics et de la mobilité douce a aussi été rejetée. Court-circuiter la procédure normale pour introduire un projet est un précédent dangereux, a estimé Lisa Mazzone. Cela crée le chaos, a appuyé Marianne Maret (Centre/VS).
Lisa Mazzone n'a pas eu de succès non plus, en proposant de renoncer à la déduction de 5% sur le taux de contribution de la Confédération appliquée lorsque les mesures des programmes de générations précédentes n'ont pas été suffisamment mises en oeuvre. Elle voyait cette déduction comme une sanction qui affaiblit les programmes. Elle n'a été soutenue que par la gauche, une partie du Centre et Werner Salzmann.
Le dossier retourne au National.