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Marco Gerber a travaillé pendant plus de 10 ans pour les Olympiades de la science. Il quitte le bureau pour rejoindre l'équipe de projet des Olympiades internationales de chimie qui auront lieu pour la première fois en Suisse en été 2023. Il prend congé sur une excellente note: les différentes Olympiades ont intensifié leur collaboration, le travail bénévole a été pérennisé et au sein des associations ce sont les jeunes qui mettent sur pied des projets communs. Même si cela comporte sont lot de défis.
2013 à Berne: Marco Gerber avec les organisateurs des Olympiades internationale de Biologie
Marco, tu as participé à l'organisation de deux grandes manifestations scientifiques particulièrement stressantes. Tu te serais même retrouvé une fois sur scène sans chaussette. Peux-tu nous raconter cette anecdote ?
Exactement, c'était lors des Olympiades internationales de biologie que nous avons organisées à Berne en 2013. Un peu naïvement, nous pensions à l'époque que nous pourrions organiser le programme à deux. Tout a bien fonctionné jusqu’à l’événement où nous avons eu quelques sueurs froides, même si nous avons été aidés par de nombreux bénévoles qui ont fait un travail incroyable.
À la fin de l’événement, j'ai d’ailleurs dû apporter le classement tant attendu du bureau de correction du Kursaal au casino de Berne pour la cérémonie de clôture. Nous étions très en retard et j'ai dû courir - en tongs, bien sûr - sur le Kornhausbrücke ! J'ai sprinté jusqu'au casino et la cérémonie a pu commencer. Je suis ensuite allé me changer pour monter sur scène, mais malheureusement, j'avais oublié mes chaussettes. J'ai donc passé le reste de la journée dans ces chaussures élégantes mais pas très confortables. Il y a certainement encore des photos de moi sur scène avec mes chevilles nues, ce qui n'était pas très tendance (sourire).
"Nous étions très en retard et j'ai dû courir - en tongs, bien sûr - sur le Kornhausbrücke !"
Lorsque tu as commencé à travailler pour l'association faîtière des Olympiades de la science (WO) en 2012, celle-ci comptait 5 Olympiades. Aujourd'hui, il y en a deux fois plus. As-tu contribué aussi à cette évolution ?
Vu d'aujourd'hui, tout semble si logique. Dix Olympiades, un large éventail de disciplines. Mais il y a beaucoup de travail derrière, l'intégration de chaque nouvelle Olympiade dans l'association a été très intense. Nous avons toutes et tous été confronté·e·s à de nouveaux défis et apporté notre pierre à l’édifice. Je me souviens encore de l'ampleur des débats lorsque les Olympiades de philosophie ont voulu rejoindre l'association. A l'époque, nous nous envisagions avant tout comme un mouvement de passionné·e·s des sciences naturelles. Beaucoup se demandaient si les Olympiades de philosophie étaient adaptées à nos besoins. On a beaucoup discuté et c'est justement ce que je trouve beau dans une association : on doit toujours se remettre en question : qui sommes-nous, qui voulons-nous être ?
Tu as beaucoup travaillé avec les bénévoles des WO. Un des derniers projets que tu as accompagné est le “Codex des bénévoles”. Il s’agit d’un document énumérant les valeurs des WO devant servir de base pour les 10 associations. Qu'est-ce que cette collaboration t’a apprise?
Cette initiative me tient à coeur, et ce pour plusieurs raisons. D'une part, parce que les bénévoles sont au centre de l'attention et que l'élaboration est très participative. Et d'autre part, parce que l’idée du codex est issu d'un workshop juridique que l’association faîtière avait proposé. C'est là que l’idée de créer un codex a été mentionnée pour la première fois. Après avoir avancé sur ce projet de son côté, un bénévole a proposé d’étendre ce codex pour toutes les Olympiades. Cette collaboration a très bien fonctionné ! J’aimerais beaucoup qu’on réitère cette expérience : je suis sûr que toutes les Olympiades peuvent apprendre les unes des autres.
"Il y a aussi eu des moments difficiles. Les collectes de fonds pour les grandes manifestations telles que l'IBO et l'IPhO ont été laborieuses, d’ailleurs nous n’étions même pas sûr d’avoir assez de fonds pour organiser ces événements."
Quels sont les autres projets phares sur lesquels tu as travaillé pendant ces dix dernières années ?
En 2018, l'association a changé son identité visuelle : nous avons remanié notre logo et nos canaux de communication. Nous avons dû nous demander qui nous étions vraiment et ce à quoi nous voulions ressembler. Nous aurions certainement pu faire des choses différemment, voire mieux, au cours de ce processus. Mais le résultat final est bluffant et c’est ce qui compte. Je pense que le processus a rapproché les différentes Olympiades. L'image de l’association faîtière est également plus cohérente pour le public.
Et puis, bien sûr, les Olympiades internationales que nous avons pu organiser en Suisse ont toujours été des moments très importants. C’était très intéressant de comprendre leur mode de fonctionnement. Il y a aussi eu des moments difficiles. Les collectes de fonds pour les grandes manifestations telles que l'IBO et l'IPhO ont été laborieuses, d’ailleurs nous n’étions même pas sûr d’avoir assez de fonds pour organiser ces événements. L'aspect international des Olympiades me fascine, j'ai beaucoup apprécié les voyages et les rencontres avec des personnes du monde entier.
L'année prochaine, les Olympiades internationales de chimie se dérouleront pour la première fois en Suisse. Du 16 au 25 juillet 2023, 300 jeunes talents de plus de 90 pays seront réunis à Zurich. Ils montreront sur le papier et en laboratoire ce dont ils·elles sont capables, noueront des contacts et apprendront à connaître le pays hôte. L'ETH Zurich et la Swiss Chemical Society font aussi partie du comité d’organisation. www.icho2023.ch
Quels sont les projets que tu aurais aimé concrétiser et que tu remets maintenant entre d'autres mains ?
Sans hésiter, le thème de la durabilité. Nous avions eu l’idée de créer des “Olympiades de l'environnement”, mais ce projet n’a pas abouti, d'une part pour des questions de ressources, mais aussi parce que ce thème n'était pas au cœur des préoccupations de l'association. En revanche, deux autres postes ont été mis en place celui de coordinateur des Olympiades et celui de Responsable Romandie qui permettront d’élargir l’association.
Qu'est-ce qui ne te manquera pas ? Et qu'est-ce qui va te manquer?
Les personnes qui travaillent avec des bénévoles savent que la communication n'est pas toujours facile. Comment atteindre les bonnes personnes avec les bonnes informations ? Comment obtenir une réponse ? Mais les bons côtés l'emportent bien sûr. Ils et elles vont me manquer. Au fil des années, j'ai rencontré des personnes formidables avec qui j’ai construit des projets, surmontés des défis tant professionnels que personnels.
Marco Gerber: Marco Gerber a été co-directeur des Olympiades des sciences de 2014 à 2022. En mars 2022, il rejoint l'équipe de projet des Olympiades internationales de chimie 2023. Il travaille également à temps partiel pour Pro Velo Suisse. Marco est biochimiste de formation et s'engage en tant que bénévole au sein du WWF. Co-direction : A partir de juin 2022, Cyrille Boinay et Mirjam Sager partageront la direction des Olympiades de la science.