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Culture populaire ne signifie pas forcément musique de moindre qualité. Bien au contraire, la 31e Fête fédérale de musique le démontre ces deux prochains week-ends de juin à Fribourg.
«Je ne vous cacherais pas que, moi aussi, lorsque je n'étais pas encore président de l'Union instrumentale de Fribourg, j'entrevoyais d'une manière péjorative la Fête fédérale de musique», avoue volontiers Nicolas Bettischer, le chef de presse de la 31e Fête fédérale de musique.
«Mais je jugeais sans connaître», s'empresse-t-il de préciser. «Jusqu'au jour où je suis entré dans ce milieu des fanfares pour découvrir que ce n'était pas du tout l'image que je m'en faisais».
S'agissant de la qualité musicale, «presque tous les musiciens qui composent les ensembles et concourent dans la catégorie la plus élevée - Excellence - sont des élèves de conservatoire, quand ils ne sont pas en classe de virtuosité».
Et «dans une société en perte de valeurs, commente Nicolas Bettischer, un tel rassemblement favorise sinon l'amitié, du moins des liens entre les différentes sociétés musicales. Autour d'un dénominateur commun: la musique.
Un pan de l'opinion publique a tendance à croire qu'une telle fête musicale sert surtout de prétexte à de grosses beuveries entre vieux compagnons.
Or, rétorque Nicolas Bettischer, «l'âge moyen des participants s'élève à 26 ans. Et la majorité des musiciens viennent vraiment pour se mesurer les uns aux autres».
Certes, «il s'agit bien d'une fête populaire, assure Nicolas Bettischer. Mais certainement pas dans le sens d'un événement dépassé, vieillot ou encore paramilitaire».
Précisément, cette notion militaire remonte aux cérémonies officielles, pour la plupart militaires, auxquelles devaient participer les sociétés musicales.
Le décorum a survécu jusqu'à nos jours. Les joueurs de cuivres défilent, en effet, en uniforme militaire qui datent le plus souvent du 19e siècle, parfois même des siècles précédents.
Par définition, cette fête musicale est régie par des règlements fédéraux. Et elle n'a lieu que tous les cinq ans, tant la manifestation requiert une colossale organisation.
C'est la troisième fois que Fribourg organise la Fête fédérale de musique, après 1953 et 1906. Cette année, 453 sociétés se sont inscrites. Ce qui représente un total de plus de 20.000 musiciens, provenant des quatre régions linguistiques de la Suisse.
Les quatre sociétés organisatrices de Fribourg - la Landwehr, la Concordia, l'Union Instrumentale et la Lyre Musique Ouvrière - s'attendent à accueillir entre 100 et 150.000 spectateurs sur les deux week-ends du 14 au 17 juin et du 22 au 24 juin.
Les harmonies concourent entre elles. Idem pour les brass bands et les fanfares. Ces trois types d'ensembles musicaux interprètent un morceau imposé et un thème de leur choix. Et ils s'exécutent dans l'un des quatre niveaux de difficulté.
Les moments forts de la fête? Les deux cortèges des samedis matins en Ville de Fribourg. A savoir l'accueil de la Bannière fédérale, le 16 juin, et l'hommage aux vétérans, le 23 juin.
A ces rendez-vous s'ajoutent les réceptions dans les vieux quartiers de la belle cité moyenâgeuse fribourgeoise. Sans oublier, évidemment, le concours de défilés des sociétés musicales.
Emmanuel Manzi