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Le risque de passage à l’acte augmente lorsque la personne qui exerce des violences à l’encontre de sa ou son partenaire prend conscience de la fin de la relation.
Très souvent, surtout si le problème de la violence n’a pas été reconnu et que les parents n’ont pas entrepris de démarches pour sortir de ce mode de fonctionnement, la violence continue par le lien parental après la séparation. Par ailleurs, il n’est pas rare qu’un parent victime de violence dans le couple se voie adresser des injonctions contradictoires telles que «Vous devez vous séparer pour protéger vos enfants.» mais «Vous devez rester en contact avec la personne qui exerce des violences.»
L’exercice du droit de visite est un moment propice à l’exercice de violences psychologiques, verbales ou même physiques. Le maintien du lien, du droit de visite, pour la parent auteur de violences conjugales constitue un moyen de continuer à nuire à l’autre parent, et donc à nuire également à l’enfant. Le parent auteur de violences est en grande difficulté par rapport à la parentalité: intolérance à la frustration, difficulté à se remettre en question et difficulté à être empathique avec ses enfants. Tant que la violence et sa responsabilité n’est pas reconnue, on ne peut pas compter sur un accord. Il peut être nécessaire que l’autorité de protection de l’enfant ou le juge organise temporairement la parentalité avec un cadre strict pour éviter les contacts entre victime et le parent auteur :
- Accompagnement lors de la remise de l’enfant
- Accompagnement lors de l’exercice du droit de visite
- Mesures spécifiques relatives au déroulement des visites
- Lorsque les instructions ne semblent pas appropriées pour faire face à la menace qui pèse sur le bien de l’enfant, le retrait, provisoire ou durable, ou le refus du droit aux relations personnelles peut être envisagé
Selon « Protection de l’enfance suisse », si un droit de visite est accordé au parent auteur des violences, il faut y préparer aussi bien les enfants que le parent victime et le parent auteur de violence. Les personnes auteures de violence sont trop rarement rappelées à leur responsabilité. Il serait judicieux de pouvoir prescrire une consultation spécifique au parent auteur de violences, par exemple.
Publié le 15 juin 2022