Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07154.jsonl.gz/998

Dimanche, la Colombie a élu Iván Duque à la présidence du pays. Après le premier tour du 27 mai, c'est Iván Duque qui s'impose au second tour, l'emportant sur Gustavo Petro avec 53,98 % des voix. Duque prendra ses fonctions le 7 août et pour un mandat de quatre ans.
Les dix organisations suisses de développement et de défense des droits de l'homme regrettent cette élection qui consacre Iván Duque, car son élection menace de mettre un terme définitif au processus de paix en Colombie. Déjà, le gouvernement de Juan Manuel Santos, son prédécesseur, qui a négocié avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) l'accord de paix entré en vigueur en 2016, a tergiversé à le mettre en pratique. La libération des combattants des FARC emprisonnés a été différée, tout comme la mise en place de la justice de transition et de la réforme agraire prévue par l'accord. Durant la campagne, Duque a clairement fait savoir qu'il comptait redéfinir la mise en œuvre de l'accord de paix selon sa propre conception, et notamment pour ce qui concerne l'impunité des anciens guérilleros. Il a aussi annoncé qu'il y aurait des obstacles importants à la poursuite des pourparlers de paix avec l'Armée nationale de libération (ELN). Enfin, Duque soutient un modèle économique et de développement qui s'appuie fortement sur l'industrie minière et agroalimentaire. Ce modèle a engendré de nombreux conflits au sein de la société colombienne et a empêché que le pays vive une coexistence pacifique.
Le programme de promotion de la paix « Semillas de Esperanza » mené depuis 2014 par les dix organisations suisses, en coopération avec le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), vise à bâtir la paix depuis la base dans une région historiquement déchirée par la violence. Dans la région Caraïbe de Colombie, des initiatives locales et régionales se renforcent pour trouver une conclusion pacifique aux conflits. Les jeunes et les femmes notamment sont encouragés à faire valoir leurs droits. Ces dernières années, le processus de paix a favorisé le travail de " Semillas de Esperanza " en dépit de nombreux différends avec les autorités locales et régionales et des menaces à l'encontre des organisations participantes en Colombie.
Les dix organisations suisses de développement et de défense des droits de l'homme porteuses du programme de promotion de la paix exhortent le nouveau président colombien Iván Duque à poursuivre le processus de paix initié par le gouvernement précédent. La mise en œuvre rapide et complète de l'accord conclu en novembre 2016 avec les FARC et la poursuite des négociations de paix avec l'ELN en font partie. De plus, il faut garantir la protection et les droits de tous les citoyennes et citoyens du pays, et plus particulièrement ceux des défenseurs des droits de l'homme, des mouvements sociaux et de leurs dirigeants, des communautés de petits paysans, indigènes et afro-colombiennes, des syndicats, des médias et des anciens combattants des FARC. La paix, ce n'est pas seulement le silence des armes, c'est aussi que tous les membres de la société puissent faire valoir pleinement leurs droits, dans la liberté et la sécurité.
Les organisations participant au programme suisse de promotion de la paix « Semillas de Esperanza » sont : le groupe de travail Suisse-Colombie ask !, Caritas Suisse, COMUNDO, Action de Carême, l'Entraide protestante suisse (EPER), le Peace Brigades International (PBI), le Peace Watch Switzerland (PWS), Swissaid, Terre des Hommes Schweiz et Terre des Hommes Suisse.