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Jacqueline Cuche est née à Genève, deuxième enfant d’une famille ouvrière à descendance nombreuse. Son père était ajusteur. Après la scolarité obligatoire, Jacqueline fait une formation de secrétariat en suivant des cours du soir. À 21 ans elle entre à la Poste, où un apprentissage de buraliste lui permet d’occuper un poste de responsabilités, chasse gardée jusqu’alors de la gente masculine. Son activité professionnelle lui fait rencontrer son futur mari Roger Willener, responsable de l’expédition par le poste du quotidien du Parti de Travail, la Voix Ouvrière. Roger est de quelque 15 ans plus âgé qu’elle. Le couple n’aura pas d’enfants. Libre de tâches de la maternité et de l’éducation, Jacqueline peut consacrer beaucoup de temps à des associations comme le Mouvement populaire des familles et les Femmes pour la Paix et le Progrès. Pour le Parti du Travail, auquel elle adhère dans les années cinquante, elle anime des tables-rondes, maintient une permanence d’aide à remplir des déclarations d’impôts, et est active aux kermesses et fêtes. En 1956 le couple s’installe à Carouge, où Jacqueline s’engage dans la politique municipale. Élue au Conseil municipal de la Ville de Carouge en 1963, elle y siège pendant plusieurs années. De 1966 à 1973, toujours pour le Parti du travail, elle siège au Grand Conseil genevois. Les contacts noués au sein du parlement cantonal lui permettront de s’engager encore plus efficacement dans la lutte pour les droits des femmes. En 1979, elle est élue au Conseil administratif de Carouge, dont elle est maire de 1981 à 1991. En parallèle, de 1978 à 1997, Jacqueline Willener officie comme juge assesseur au Tribunal de Police. La perte de son mari en 2008 a été un coup dur pour Jacqueline, après 50 ans de vie commune et de camaraderie. Fort heureusement, elle a pu compter sur ses frères et sœurs et leurs familles. Affaiblie elle décida d’entrer dans l’établissement médico-social de la Drizette en automne dernier. Jacqueline s’est éteinte le 12 avril 2016. Ses frères, ses sœurs, leurs familles, ses amis l’ont accompagné à sa dernière demeure. René Ecuyer a prononcé l’éloge funèbre de son ancienne camarade.