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Le sculpteur danois de la statue Tiananmen veut la récupérer
Le sculpteur danois à l'origine d'une statue exposée à Hong Kong a chargé un avocat de la ramener à l'étranger après que son retrait a été ordonné. La statue commémore les manifestants tués lors de la répression de la place Tiananmen en Chine en 1989.
La statue en cuivre de huit mètres de haut, qui représente 50 visages angoissés et des corps torturés empilés les uns sur les autres, est exposée sur le campus de l'Université de Hong Kong (HKU) depuis plus de deux décennies.
La semaine dernière, la plus ancienne université de Hong Kong a ordonné son retrait d'ici mercredi 17h00 (11h00 heure suisse), invoquant un «point juridique», alors que les autorités exercent des pressions croissantes pour mettre fin à toute dissidence dans le centre financier.
M. Galshiot a indiqué à l'AFP avoir engagé un avocat hongkongais et demandé à l'université de s'entretenir sur le devenir de la statue. «J'espère que mon droit de propriété sur la sculpture sera respecté et que je pourrai transporter la sculpture hors de Hong Kong dans de bonnes conditions et sans qu'elle subisse le moindre dommage», a-t-il souligné dans un mail adressé à l'AFP.
M. Galschiot a reconnu qu'il aurait préféré que son oeuvre demeure à Hong Kong. «Dans le cas où elle serait détruite par les autorités, a-t-il dit, il a invité les Hongkongais à récupérer «autant de morceaux du 'Pilier de la honte' que possible».
Les morceaux peuvent être utilisés pour manifester symboliquement le fait que «les empires disparaissent, mais que l'art persiste», a déclaré l'artiste.
Versions miniatures de la statue
M. Glaschiot a dit être en contact avec des Hongkongais qui réalisent des versions en 3D de la sculpture afin de produire des miniatures de sa statue.
L'ordre émis par HKU visant à retirer l'oeuvre a été rédigé par le cabinet d'avocats international Mayer Brown et adressé à l'Alliance de Hong Kong, une organisation qui a voté sa dissolution fin septembre et qui organisait depuis trois décennies à Hong Kong des veillées annuelles à la mémoire des victimes de la de la place Tiananmen.
L'Université de Hong Kong a affirmé «continuer à demander des conseils juridiques et à travailler avec les parties concernées pour traiter le problème de manière légale et raisonnable». Mayer Brown a souligné que l'université est un client de longue date, qu'il aide «à se conformer à la loi en vigueur».
Les groupes et les lieux liés à la commémoration du massacre du 4 juin 1989 sont devenus la cible de la loi sur la sécurité nationale, un texte draconien adopté à la suite des manifestations de 2019 en faveur de la démocratie.
ATS