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Garantir la liberté de contracter contre la monnaie décrétée
Le plan de notre système monétaire se dévoile clairement devant nous. La législation suit le cours des événements et accepte l’or comme le seul fondement de notre système monétaire. Toutes les valeurs se référencent à l’or, toute la structure de notre monnaie-crédit est basée sur l’or. On pourrait penser qu’ainsi, nos relations économiques en tireront le meilleur profit. C’est le cas lors de périodes fastes. En temps de crise et de détresse cependant, en particulier lorsque l’on a le plus besoin d’appui économique, le transfert monétaire fiable est facilement interrompu, non pas par une influence extérieure, mais par la puissance usurpée de l’État qui bouleverse la législation ordinaire de façon illicite. L’expérience le démontre dans le monde entier. Alors que dans un passée lointain, les princes et les seigneurs ont frappé des monnaies sans valeur et l’ont mis en circulation sous leur ancienne dénomination de façon frauduleuse non seulement lorsqu’ils étaient en difficulté, mais encore en temps de paix; les États en détresse se servent aujourd’hui de la monnaie-papier aux mêmes fins comme le moyen le plus aisé et le plus flexible. Sous la prérogative de la frappe des monnaies, ils s’arrogent alors le droit d’ôter à la monnaie la valeur intrinsèque du métal tout en ignorant leur propre législation en la matière. La monnaie-crédit est proclamée égale à l’or, comme substitut intégral. L’État déclare: devise = argent = Franc = Franc, Mark = Mark, comme s’il possédait la capacité et le pouvoir de conférer une valeur à la monnaie indépendamment de sa valeur intrinsèque garantie par le métal. Tant qu’il reste honnête, l’État espère sans doute que la parité décrétée sera maintenue. La plupart du temps cependant, les conjonctures sont plus puissantes et juste au moment où le cours décrété devrait passer le test, il échoue. Il ne peut pas rester maître du marché, il ne peut ne pas s’imposer aux nouveaux achats et ventes et il ne peut pas empêcher la hausse des prix qui dévoile la dépréciation réelle des billets à valeur nominale fixe. La force du cours décrété se révèle exclusivement dans la destruction du système monétaire. Sous le régime du cours décrété, une économie sera en fait plus rapidement ruinée que par une fiscalité impitoyable et confiscatoire, comme on le voit aujourd’hui dans les pays voisins de façon assez impressionnante. Le cours décrété corrompt par l’argent toutes les relations libellées en cet argent et par la manipulation de la balance, il exproprie les créanciers en faveur des débiteurs.