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[Translate to English:] La révolution industrielle du XIXe siècle créa de nouvelles richesses et engendra de nouvelles élites: inexorablement la grande bourgeoisie libérale prenait le relais de l'aristocratie. Le monde des arts et des arts appliqués se trouve confronté à une clientèle prospère, entreprenante, mais encore hésitante dans ses choix esthétiques.
Le courant artistique majeur se nourrissait d'un académisme de bon aloi, tandis que les arts décoratifs s'ingéniaient à imiter les chefs-d'oeuvre du passé. Les nouvelles classes dirigeantes se fabriquèrent un décor passéiste, comme si elles cherchaient à s'approprier l'Histoire. L'historicisme, qui consiste à réactualiser des formes artistiques révolues dans l'espoir de recréer par l'art les valeurs qu'on envie au passé, évolua dès 1850 vers l'éclectisme: après avoir multiplié les pastiches, on se mit à mélanger les styles et on ne craignait plus de faire cohabiter dans une même oeuvre des motifs inspirés de différentes époques.
Dès le milieu du siècle, des esprits progressistes se mirent à dénoncer cet état de fait. Une société en pleine mutation ne pouvait indéfiniment se refléter dans une image figée. Il fallait impérativement repenser l'environnement de l'homme moderne et adapter l'esthétique aux techniques nouvelles. Ces aspirations débouchèrent sur un mouvement de rénovation des arts décoratifs et de l'architecture qui se développa entre 1870 et 1914 et prit le nom d'Art nouveau. International par essence, ce courant novateur connut des fortunes diverses d'un pays à l'autre.