Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06994.jsonl.gz/642

Dès l’Antiquité, la vigne et le vin sont présents en Vallée du Rhône. Du vin antique à l’appellation d’origine contrôlée, histoire (très) exhaustive des vins de cette grande région viticole.
Épisode 8 – Une lente reconstruction
La reconstruction débute à la fin du 19e siècle avec des pratiques bien différentes. Finie l’association vigne, blé et olivier ou arbres fruitiers, terminé le provignage qui permet de remplacer un cep mort par une repousse d’un cep voisin.
Moins rustiques et donc plus fragiles, les cépages greffés ont en effet besoin d’engrais, de pratiques culturales répétées, sans compter les traitements pour lutter contre les nombreuses maladies. Le paysan doit désormais consacrer de longs jours à son vignoble qui accapare la plus grande partie de son temps. À côté des petites propriétés qui, dans le Vaucluse, vivent de la polyculture, se développent de grands domaines viticoles, la plupart du temps grâce à des investisseurs disposant de moyens importants.
Les rendements progressent en même temps que le vignoble algérien commence à concurrencer sérieusement les vins français. Certaines pratiques douteuses enrichissent les producteurs les moins scrupuleux.
Bref, les prix baissent et le remède de la distillation, déjà utilisé avant 1870, n’est plus opérationnel sur le plan économique car les betteraviers proposent désormais un alcool nettement moins onéreux. C’est la crise de 1907, particulièrement vive sur la rive droite du Rhône.
Même si la consommation de vin reprend lors de la Grande Guerre – en 1916, la ration du soldat est fixée àun1⁄2litredevinparjour – cette crise a des conséquences importantes pour la viticulture rhodanienne. Tout d’abord, le regroupement des vignerons en caves coopérative s’accélère mais, contrairement au Languedoc, les caves ne sont pas enfantées dans la douleur. On se regroupe dans la crainte de difficultés futures.
Le mouvement démarre dans le Gard (on compte six caves coopératives en 1924), s’étend dans le Vaucluse (une vingtaine de caves entre 1950 et 1966) et dans la Drôme (une dizaine sont créées durant les années soixante).
Source : Syndicat des Côtesdu-Rhône