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À propos de l'hypothermie des patients
L’hypothermie péri-opératoire est déclarée lorsque la température centrale du corps d’un patient diminue considérablement avant, pendant ou après la chirurgie. Il s’agit d’une complication fréquente mais évitable des procédures chirurgicales, qui apparaît le plus communément après l’induction de l’anesthésie générale. Grâce à des études cliniques, et parmi les professionnels de la santé, il est clairement établi que les patients tirent un bénéfice du fait d’être réchauffés avant, pendant et après la chirurgie.
Le pronostic pour les patients à la suite d’une hypothermie péri-opératoire est une augmentation des infections du site opératoire, des complications cardiaques et des hémorragies comme complications courantes. Le stress et l’inconfort du patient, ainsi que les coûts de traitement accrus et une hospitalisation prolongée sont d’autres conséquences associées à l’hypothermie péri-opératoire. Le réchauffement pré-opératoire du patient, dans le but d’augmenter la température corporelle et de réduire la chute de température pendant la chirurgie, ainsi qu’un réchauffement actif pendant la chirurgie ont démontré leur efficacité en vue d’éviter une hypothermie péri-opératoire imprévue.
La température du corps humain varie
La plage normale de la température du corps humain varie en fonction du taux métabolique individuel. Plus ce taux est élevé (rapide), plus la température normale du corps est haute. Plus le taux est lent, plus la température normale du corps est basse (normothermie).
Le moment de la journée et la partie du corps où est mesurée la température peuvent être d’autres facteurs susceptibles d’avoir une incidence sur la température corporelle d’un individu. La température du corps est plus basse dans la matinée, conséquence du repos nocturne, et plus élevée après une journée d’activité musculaire, ainsi qu’après l’ingestion d’aliments. La température corporelle varie également selon les différentes parties du corps.
Pourquoi le corps enregistre-t-il des variations de température ?
Une température ambiante élevée, l'ingestion d'aliments et la dépense d'énergie sont les facteurs communs de l'élévation de la température corporelle. La transpiration est le processus corporel le plus efficace pour faire diminuer une température corporelle anormalement élevée. La production de transpiration peut atteindre un maximum de cinq litres par jour. L'élargissement des vaisseaux sanguins superficiels peut également permettre de faire baisser la température du corps.
Le facteur le plus commun de baisse de température corporelle est un environnement froid. Les frissons peuvent engendrer une hausse de la température corporelle. Nos vaisseaux sanguins périphériques peuvent également se contracter, afin de restreindre l’apport sanguin dans les parties les plus périphériques de notre corps – ce faisant, nous exposons un moindre volume de notre sang au froid, et conservons de la chaleur.
Qu’est-ce qui occasionne l’hypothermie ?
L’hypothermie peut résulter de conditions environnementales comme de blessures traumatiques, ainsi que d’effets (indésirables) suite à des traitements aussi variés que l’anesthésie, la neurochirurgie, l’hypothermie induite (pendant la chirurgie cardiaque, par exemple, lorsque le cœur et parfois même le patient tout entier sont refroidis pour réduire le métabolisme et la consommation d’oxygène), les médicaments et la ventilation.
L’état hypothermique varie de léger à profond. La plupart des gens tolère l’hypothermie légère (température corporelle de 35,0°C à 35,9°C), qui n’est pas associée à une morbidité ou une mortalité significative. Le taux de mortalité de patients atteints d’hypothermie modérée (température corporelle de 34,0°C à 34.9°C) a été estimé à 21,0 %, et est encore plus élevé en cas d’hypothermie sévère (c’est-à-dire, avec une température centrale inférieure ou égale à 33,9°C). Malgré un traitement en milieu hospitalier, la mortalité due à une hypothermie modérée ou sévère avoisine les 40 %.
Comment l’hypothermie peut-elle survenir ?
- Patient étendu sur des tables de bloc opératoire froides
- Perte de chaleur par évaporation à partir de cavités corporelles ouvertes
- Exposition à des températures ambiantes basses dans le bloc pré-opératoire, le bloc opératoire et la salle de réveil
- Réduction de la production métabolique de chaleur (autrement dit, absence d’activité musculaire)
- Préparations cutanées antimicrobiennes et solutions intraveineuses conservées à température ambiante
- Diverses formes d'anesthésie (vasodilatation)
- Divers agents pharmacologiques (midazolam, par exemple)
Effets de l’hypothermie
Les effets de l’hypothermie sont proportionnels à la modification de température. Le taux métabolique baisse jusqu’à 10 % par degré perdu dans la température du corps.
Dans les situations suivantes, le risque de complication s’accroît :
- Incidence accrue d’infection
- Saignement ; la coagulation dépend d’une enzyme (l’action des enzymes nécessite une température optimale) et la fonction des plaquettes sanguines dépend de la température
- Guérison des plaies retardée
- Diminution de l’apport d’oxygène aux tissus du corps, ce qui peut être dangereux pour le cœur (infarctus et troubles du rythme) et le cerveau (infarctus = accident vasculaire cérébral)
- Ralentissement du métabolisme, entraînant une métabolisation réduite des produits pharmaceutiques (médicaments) et une durée prolongée de leur action
- Frissons
Quelles sont les personnes à risque ?
Les personnes en bonne santé bénéficient d’un mécanisme qui régule la température interne du corps dans une marge très étroite. Ce mécanisme n’est pas complètement développé chez les nourrissons et les jeunes enfants.
Les vaisseaux sanguins des personnes plus âgées ne peuvent pas se dilater ou se rétrécir autant que ceux des adultes plus jeunes. C’est pourquoi les personnes très jeunes et très âgées sont les plus sensibles à l’hypothermie (ainsi qu’au problème inverse, l’hyperthermie, une température du corps élevée). En outre, un certain nombre de troubles peuvent affecter la thermorégulation normale du corps.
Les patients traumatisés représentent un autre groupe de personnes à haut risque d’hypothermie. Plus la blessure traumatique est grave, plus la probabilité que l’hypothermie devienne une complication est grande. En fait, l’hypothermie concerne 21 à 66 % des patients victimes de traumatismes, et indique souvent un pronostic pauvre de survie.
L'hypothermie peut être évitée
Un réchauffement efficace et continu du patient permet de contrôler le risque d'hypothermie.
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