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Situation au 1er janvier 2016 : Les pays ayant ratifié la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) sont indiqués en vert dans la carte de l'Europe ci-dessous, les pays n'ayant pas ratifié étant quant à eux en jaune.
La Suisse est le seul pays, avec Monaco, à n'avoir pas ratifié ce traité international de santé publique (voir tableau ci-dessous). Sur 53 pays de la région, 51 l'ont ratifié, permettant à 99,1% de la population de la région de bénéficier de la protection offerte par la Convention-cadre de l'OMS en matière de santé. Les habitants de la Suisse n'ont pas cette chance et font partie du 0,9% restant.
Rappelons que l'objectif fondamental de la Convention-cadre de l'OMS est « de protéger les générations présentes et futures des effets sanitaires, sociaux, environnementaux et économiques dévastateurs de la consommation de tabac et de l’exposition à la fumée du tabac » (Article 3). Il y a hélas une raison simple qui explique pourquoi les habitants de la Suisse sont exclus d'une telle protection: pour nos décideurs politiques, les intérêts économiques particuliers du lobby des cigarettiers ont la prépondérance sur la santé publique.
Lorsqu'en juin 2004, la Suisse a signé la Convention-cadre au siège de l'ONU à New York, elle avait exprimé son intention de la ratifier dans un délai assez bref. Aujourd'hui, plus de dix-sept années plus tard, cette ratification n'est même plus à l'ordre du jour. Difficile, en effet, pour la Suisse, de ratifier un traité international qui contient, dans son Article 5.3, l'exigence suivante : « En définissant et en appliquant leurs politiques de santé publique en matière de lutte antitabac, les Parties veillent à ce que ces politiques ne soient pas influencées par les intérêts commerciaux et autres de l’industrie du tabac »!Les trois plus grandes multinationales du tabac utilisent la Suisse comme leur sanctuaire mondial d'où elles mènent leurs opérations en toute quiétude. Elles ont profondément infiltré les milieux politiques et les organisations économiques. Aucune décision politique se rapportant de près ou de loin à leurs intérêts commerciaux ne peut se faire sans leur accord.