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Le transport vers l’abattoir et le temps passé à l’abattoir sont souvent très stressants pour les animaux de rente. Une étude comparative de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) montre que l’abattage à la ferme peut réduire considérablement le stress des animaux.
Lorsque les animaux de rente sont tués à l’abattoir, ils sont préalablement exposés à différents facteurs de stress, comme la séparation du troupeau, le transport, la rencontre avec des animaux et des personnes inconnus, des temps d’attente souvent longs dans un environnement inhabituel et confiné ainsi que des bruits et des odeurs inhabituels. Une manière de minimiser le stress est de tuer les animaux à la ferme et de transporter les animaux saignés vers un abattoir pour la transformation. La mise à mort à la ferme et au pâturage sont autorisés en Suisse depuis juillet 2020 et dans l’UE depuis mars 2021. Une centaine d’exploitations suisses ont jusqu’à présent obtenu l’autorisation nécessaire à cet effet.
Une nouvelle étude du FiBL compare l’abattage de deux groupes de onze et dix animaux d’engraissement provenant de la même exploitation: les animaux du premier groupe ont été tués à l’abattoir, ceux du second groupe à la ferme. Les conditions environnementales avant le jour de l’abattage étaient comparables pour tous les animaux. Juste avant l’étourdissement, le comportement des animaux a été observé et des échantillons de sang ont été prélevés pendant la saignée.
Abattoir : l’hormone de stress cortisol jusqu’à vingt fois plus élevée
Les teneurs en cortisol, en lactate et en glucose, des paramètres indiquant le stress, dans le sang des animaux abattus à l’abattoir étaient significativement plus élevées que les teneurs des animaux tués à la ferme. La teneur en cortisol – la caractéristique la plus importante pour mesurer le stress physiologique – était en moyenne vingt fois plus élevée à l’abattoir que dans les animaux tués à la ferme. Il s’agit d’une différence importante et inattendue ; une étude de 2017 avait révélé une valeur moyenne dix fois plus élevée.
Un comportement calme juste avant l’étourdissement n’est apparu que lors des abattages à la ferme, tandis qu’un comportement agité et nerveux est apparu plus de deux fois plus souvent à l’abattoir que lors des mises à mort à la ferme. Ces résultats prouvent que la mise à mort à la ferme permet de minimiser le stress des animaux.
Conclusions
- Les paramètres indiquant le stress dans le sang et le comportement des animaux lors des mises à mort à la ferme démontrent un niveau de stress nettement plus faible et donc un meilleur bien-être animal que lors de la mise à mort à l’abattoir. C’est pourquoi les mises à mort à la ferme sont recommandées.
- D’autres études dans différents abattoirs et avec différents systèmes de mise à mort à la ferme seraient utiles pour identifier encore mieux les facteurs déclenchant le stress, afin qu’ils puissent être évités.
- Le stress avant l’abattage peut également entraîner une baisse de la qualité de la viande. Le lien entre la qualité de la viande et le stress est prouvé par de nombreuses études. Mais les études sur la qualité de la viande en fonction des méthodes d’abattage font largement défaut.