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La science, c’est le plus souvent avec les yeux de Chimène que nous la regardons : ne nous a-t-elle pas permis de vaincre la rage, de mettre au point des transports rapides, d’avoir chaud l’hiver et de téléphoner de partout ? Cette science-là, hélas, a aussi un effet secondaire : elle aide trop souvent à accélérer le sciage de la branche sur laquelle nous sommes assis. Des bateaux de pêche motorisés, des tronçonneuses et des centrales à charbon vont avec un prélèvement accéléré de ressources non renouvelables, une diminution des surfaces boisées ou un changement climatique plus rapide. C’est alors qu’entre en jeu une deuxième science, qui ne cherche pas à créer ou à améliorer une technique, mais qui rend compte de l’état du monde. Cette science-là inventorie les espèces et leur abondance, ausculte le système climatique, sonde les océans ou décrit l’état des forêts et des sols cultivables.