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Davantage d'opportunités devraient émerger dans le segment du crédit et dans les obligations d'entreprises émergentes en devise forte.
L’attrait à plus long terme des marchés émergents n’est pas remis en question. Davantage d'opportunités devraient émerger dans le segment du crédit et dans les obligations d'entreprises émergentes en devise forte.
La Chine, qui est déjà bien en avance dans sa reprise, est le principal moteur de la croissance et de la performance des marchés émergents. Or, voulant éviter les excès de dépenses suite à la crise de 2008, les responsables politiques sont en train de retirer progressivement leurs mesures de relance, présageant un ralentissement de la croissance chinoise d’ici la fin de l'année 2021. Ainsi, la croissance du crédit ralentit, de même que le marché immobilier, même si la liquidité reste abondante pour l'instant.
Par conséquent, les économies émergents prendront plus de temps pour se redresser. En effet, leurs exportations sont très dépendantes de la croissance chinoise et celles-ci pourraient être affectées par la pénurie de semi-conducteurs. Ce ralentissement représentera aussi un défi pour les pays producteurs de matières premières, la majeure partie de la demande venant de Chine.
n'aura pas accéléré de manière plus significative dans les pays émergents et ailleurs.
Outre ce ralentissement chinois, les mesures sanitaires toujours en vigueur vont continuer à peser sur les marchés émergents. En effet, les voyages et le tourisme ne reprendront pas pleinement tant que la vaccination n'aura pas accéléré de manière plus significative dans les pays émergents et ailleurs, ce qui est encore loin d’être le cas. Ces derniers devraient bénéficier du soutien d'une économie américaine en plein essor et de la réouverture de l'Europe plus tard dans l'année, mais cela pourrait ne pas compenser les risques persistants.
Le secteur technologique dans les pays émergents est lui aussi confronté à des obstacles, cette fois-ci liés à aux nouvelles réglementations. Les valeurs technologiques de la «nouvelle Chine» ayant gagné tant de pouvoir ces dernières années, les régulateurs ont décidé de limiter leur influence par le biais des règle antitrust. Or, en 2020, la surperformance des actions des marchés émergents a été presque entièrement emmenée par les grandes capitalisations technologiques. Compte tenu de l'incertitude persistante entourant la réglementation et la hausse des rendements, leur récente sous-performance pourrait persister, compliquant les perspectives de l'ensemble des actions émergentes.
Par ailleurs, l'appréciation du dollar et la hausse des rendements obligataires américains sont deux facteurs négatifs pour les actifs des marchés émergents. Cela conduit souvent à des ventes «automatiques» des actifs émergents. En effet, un dollar plus fort entraîne généralement des sorties de capitaux et des coûts de service de la dette plus élevés (en monnaie locale pour la dette souveraine en monnaie forte). Ce phénomène pourrait conduire les banques centrales locales à devoir relever leurs taux plus tôt pour soutenir leurs devises, freinant ainsi la reprise.
bancaires ne soient pas particulièrement sains.
Toutefois, l’on pourrait limiter ce risque dans la mesure où le dollar ne devrait pas beaucoup se renforcer à court terme et les devises des marchés émergents se remettent de niveaux déjà faibles. En conséquence, nous ne devrions assister qu'à une hausse progressive, les tensions inflationnistes devant rester contenues une fois que les effets de base et la hausse des prix des matières premières se seront dissipés. Cela devrait conduire plusieurs devises émergentes à rebondir, même si la sélectivité reste clé.
Il est important de préciser que les économies émergentes ne sont pas dans la même situation que lors des crises passées. Leurs niveaux de dette et de déficit sont généralement plus faibles (pré dépenses liées au Covid) et ils sont devenus moins exposés aux fluctuations du dollar depuis que les émissions de dette en monnaie locale ont augmenté pour les Etats. Les niveaux d'endettement se sont améliorés, bien que les systèmes bancaires ne soient pas particulièrement sains. Globalement, elles ont été également beaucoup moins expansionnistes sur le plan fiscal que le monde développé tout au long de la pandémie.
Malgré tous ces obstacles, les marchés émergents ne sont pas pour autant une mauvaise proposition à long terme. Pour cause, une croissance plus importante que dans les économies développées est attendue dans ces marchés, ainsi qu’une amélioration des bénéfices sur le long terme.
En outre, un certain nombre de «gagnants» devraient sortir de la pandémie. En effet, le Mexique n'a pas fait de très grosses dépenses budgétaires, si bien que ses soldes restent sains. Le pays devrait aussi bénéficier de la forte croissance américaine et de sa réouverture, ainsi que de la relocalisation des chaînes d'approvisionnement afin de devenir moins dépendant de la Chine. En Asie, la Corée du Sud et Taïwan devraient bénéficier de leurs secteurs technologiques et de la demande de semi-conducteurs.
A l'inverse, un certain nombre de pays sont confrontés à des situations idiosyncratiques, suggérant que la sélectivité reste clé. Par exemple, la Turquie et les «chaises musicales» de ses gouverneurs de banque centrale, ainsi que les tensions persistantes avec l'Occident, devraient rester un sujet de préoccupation, en plus d'une mauvaise gestion de la pandémie. La situation politique brésilienne est également compliquée, même si les actifs pourraient rebondir à court terme car ils ont souffert fortement pendant le Covid.