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La fin du 19e et le début du 20e siècle sont des moments décisifs dans la constitution d’un patriotisme helvétique. Les autorités fédérales tentent de renforcer l’esprit national en encourageant, par des commandes publiques, le développement d’une expression artistique incarnant l’Etat national. Les mythes suisses – tels que Guillaume Tell ou Nicolas de Flue – sont des symboles repris par de nombreux peintres. A l’orée de la Première Guerre mondiale, la Confédération promeut un Etat fort et centralisé, s’articulant autour de la notion de neutralité. Avec le culte des héros nationaux, la glorification de l’armée est mise en évidence dans une partie de la production artistique. C’est dans ce contexte que le peintre et sculpteur Charles l’Eplattenier, mobilisé, reçoit la commande de la décoration d’une salle du château de Colombier. Il réalise entre 1915 et 1919 un cycle de peintures murales dans la salle dite des Chevaliers, réservée à l’époque aux officiers.