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Le 22 avril 1945, Yvonne Oddon est libérée du camp de Mauthausen. Le 28 juin 1945, elle témoigne au Muséum national d'Histoire naturel. Ce récit, écrit à chaud, saisit par sa rigueur factuelle. Yvonne Oddon décrit sans fard les conditions de vie inhumaines des prisons de la Wehrmacht et des camps de Ravensbrück et Mauthausen.
Par-delà la souffrance, c'est aussi la vie quotidienne des prisonnières qu'elle tâche de retranscrire, tout particulièrement celle des femmes. En dépit des atrocités, la dignité des prisonnières demeure, des solidarités se nouent, graines de résistance semées au comble de l'horreur. Le désespoir est finalement absent de ce récit car la bibliothécaire est habitée par une autre préoccupation : l'urgence de témoigner.
/> Née à Gap en 1902, Yvonne Oddon devient bibliothécaire au Musée d'ethnographie du Trocadéro en 1929. Elle participe en 1940 à la fondation du Réseau du musée de l'Homme, l'un des premiers organismes clandestins de résistance dont fut également membre Boris Vildé. Arrêtée en 1941, elle est incarcérée, avant d'être libérée du camp de Mauthausen en avril 1945. Elle effectue par la suite diverses missions, notamment pour l'Unesco, et participera à la création du Conseil International des musées.
Octobre 1944. Marie et son époux Moïse sont déportés à Auschwitz, d'où ils ne reviendront pas. Du moins est-ce là ce que croit savoir leur petite-fille qui, soixante-dix ans plus tard, décide de retracer le parcours tourmenté de sa grandmère, de sa Roumanie natale jusqu'à l'Italie – refuge illusoire face aux persécutions nazies –, en passant par la Bulgarie et la France. La narratrice se rend tout d'abord à Jérusalem, puis sillonne l'Europe centrale à la recherche d'éléments biographiques.
À la recherche de Marie J. entrecroise ainsi deux récits : celui de l'enquête haletante de la narratrice à travers différents pays, et celui de la vie romanesque d'une jeune sépharade d'Europe de l'Est dans la première moitié du XXe siècle. À la fois investigation rigoureuse et chronique familiale bouleversante, ce livre raconte une lignée de femmes fortes confrontées à l'une des plus effroyables tragédies de l'histoire européenne.
En 1964, Léon Poliakov présente un recueil de documents intitulé Auschwitz. L'ouvrage est le premier du genre en France. L'auteur avait découvert et rassemblé des sources dans le cadre du Centre de documentation juive contemporaine ; elles avaient servi à la délégation française, dont il fut membre, au procès de Nuremberg. Car l'histoire du génocide en France a longtemps été écrite dans les marges de la communauté juive organisée, ignorée de l'Université, par des autodidactes qui apprirent sur le tas la rigueur de l'écriture de l'histoire. Poliakov était de ces très rares.
Dans cette histoire totale, il conjugue, pionnier, les deux aspects qui étaient encore mal distingués : Auschwitz, haut lieu du génocide ; Auschwitz, camp de concentration où l'on vit, fût-ce d'une vie qui n'est pas une vie. Son attention à tout document nouveau et son extrême discernement le conduisent à intégrer un extrait du témoignage de Primo Levi, passé inaperçu, et à citer, comme illustration de la barbarie, le plaidoyer du médecin SS d'Auschwitz, Hans Münch, qui ne sera condamné par la justice française qu'en 2000.
Lecteurs, nous privilégions désormais le neuf qui n'est bien souvent que la redécouverte de l'ancien. Or en histoire il est des 'classiques' que l'on gagne à relire périodiquement. Celui-ci est du nombre.
Il y a cinquante ans, le 31 mai 1962, Adolf Eichmann était exécuté dans une prison près de Tel-Aviv. Son procès fleuve, ouvert à Jérusalem un an auparavant, le 11 avril 1961, a fait de lui le symbole même de la Shoah : nul plus que lui n'est à ce point identifié à l'extermination des Juifs. Comment ce personnage, que beaucoup se sont plu à présenter comme falot, dépourvu d'intelligence, a-t-il pu devenir l'incarnation même du Crime?
C'est en juriste que Claude Klein tente de répondre à la question par une analyse de la conduite du procès, du jugement et, finalement, des polémiques qui les ont accompagnés. Surtout, il le présente dans leur cadre israélien. Le cas Eichmann apparaît dès lors sous un jour nouveau, l'auteur soulignant à quel point il a contribué à façonner l'État d'Israël dans sa revendication à représenter le peuple juif.
Au-delà, Claude Klein se demande si le procès Eichmann ne pourrait être perçu comme un maillon d'une chaîne qui, de Nuremberg, mène au Tribunal pénal international et à la compétence universelle. Une compétence qui, par un curieux retournement de l'histoire, menace aujourd'hui de frapper certains des dirigeants d'Israël lors de leurs déplacements à l'étranger en raison de poursuites intentées contre eux dans plusieurs pays.
Le sale quart d'heure d'un négationniste qui n'a plus prétendu après le traitement de Myriam que les chambres à gaz n'ont jamais existé.
72 000 enfants d'origine juive vivaient en France en 1939. 12 000 ont été éliminés par le régime de Vichy et par les nazis. 60 000 ont survécu, cachés dans des familles, dans des institutions laïques ou religieuses. A l'âge des rires, de la tendresse et des petits chagrins, ils ont dû porter l'étoile jaune, quitter leurs parents, apprendre à dissimuler, vivre dans la peur. Leurs souvenirs sont souvent cruels. Ils ont connus la trahison, l'indifférence glaciale de ceux qui ne voulaient rien voir et rien savoir. Certains ont trouvé un véritable amour auprès de ces "justes" qui les ont protégés en bravant tous les dangers. Par centaines, plongeant dans leurs souvenirs, ils ont répondu à l'appel de Radio France. Ils composent pour nous ce recueil audio de souvenirs de la grande famille des enfants du silence.