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Le gouvernement liechtensteinois attend avec une certaine appréhension la façon dont la Suisse mettra en application l'initiative de l'UDC contre l'immigration de masse. Elle constitue une menace pour l'économie et les pendulaires de la principauté.
Il serait utile de connaître rapidement la manière dont l'initiative sera appliquée, a indiqué le vice-chef du gouvernement et ministre de l'économie du Liechtenstein Thomas Zwiefelhofer, au cours d'un entretien avec l'ats. La situation de la principauté est déjà assez difficile et incertaine avec le franc fort.
La région entre Coire et le Lac de Constance est un marché très compétitif. Son succès s'explique par la très bonne collaboration transfrontalière entre la Suisse, l'Autriche et le Liechtenstein, souligne le ministre.
De la main-d'oeuvre de toute l'Europe vient dans cette région et contribue à son succès. Si cette liberté de déplacement venait à être limitée, toute la région en souffrirait, avertit le vice-chef de l'exécutif.
9700 pendulaires
Le gouvernement liechtensteinois a des contacts réguliers avec le Conseil fédéral, plus précisément avec la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, pour savoir comment évolue le dossier de la mise en application de l'initiative de l'UDC. L'exécutif fait aussi le point régulièrement avec le gouvernement st-gallois.
Chaque jour, quelque 9700 pendulaires passent de Suisse au Liechtenstein pour y travailler. Environ 3500 sont des citoyens de l'Union européenne. La mise en oeuvre de l'initiative pourrait avoir des conséquences pour ces citoyens de l'UE. Ils pourraient ne plus être autorisés à habiter en Suisse.
Le Liechtenstein (37'000 habitants) a négocié avec l'UE une clause qui lui permet de limiter l'immigration. Actuellement, les étrangers représentent 33% de la population de la principauté et l'exécutif ne tient pas à augmenter cette proportion.
Trouver ses propres solutions
Le système actuel a des avantages pour la Suisse et le Liechtenstein. La mise en application de l'initiative de l'UDC pourrait mettre cet équilibre en péril et le Liechtenstein devrait trouver ses propres solutions pour garder la main-d'oeuvre dont il a besoin.
La principauté pourrait autoriser une hausse de la population étrangère résidente ou totalement appliquer la libre circulation. Mais l'afflux de population posera des problèmes en matière d'aménagement du territoire et d'infrastructures. Sans compter les craintes que la hausse de la population étrangère pourrait provoquer chez les Liechtensteinois, souligne le ministre de l'économie.
Risque pour la Suisse aussi
Les salaires des 9700 pendulaires venant de Suisse représentent environ 800 millions de francs. Cet argent est non seulement imposé en Suisse, essentiellement dans des communes du Rheintal st-gallois, mais aussi dépensé sur le territoire helvétique.
Suivant la façon dont Berne décide d'appliquer l'initiative contre l'immigration de masse, les citoyens de l'UE qui travaillent au Liechtenstein pourraient ne plus être autorisés à habiter sur le territoire helvétique. Le risque est qu'ils décident de s'installer en Autriche. "Je ne pense pas que ce soit dans l'intérêt de la Suisse", estime Thomas Zwiefelhofer.
ATS