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L'Apocalypse est proche, et contre toutes les principales théories sur la fin du monde, elle ne commence pas aux États-Unis, mais dans la ville argentine de Cordoba. Pour y échapper, un groupe de personnes s'inscrivent à une formation pour apprendre à survivre à une catastrophe. Cette activité anti-apocalyptique, qui est peut-être la plus grande invention du capitalisme, se divise en plusieurs étapes. La première se déroule dans une espèce de station de vacances de luxe, au large du Delta du Tigre, mais à mesure que la formation progresse, le niveau de confort baisse, tandis que les efforts requis et le danger augmentent.
Avec "Parabellum", le réalisateur autrichien résidant à Buenos Aires Lukas Valenta Rinner nous offre un exemple des plus inattendus et séduisants de ce que peut donner le genre catastrophique. Le film est inattendu parce qu'il refuse les codes et inaugure presque à lui seul un nouveau genre, qu'on pourrait qualifier de "film à catastrophe d'auteur". Il est séduisant parce que son style, à la fois amer et tragiquement comique, met le spectateur au défi de jouer le jeu de cette oeuvre radicale, presque dépourvue de dialogues, qui parvient cependant, malgré son austérité, à captiver du début à la fin.
En conservant une distance par rapport à la réalité qu'il filme (un regard qui s'exprime dans un enchaînement de scènes qui conjuguent travellings et plans fixes), Rinner reprend le style visuel rigide qui caractérise le cinéma autrichien, notamment celui d'Ulrich Seidl. Sa caméra, bien qu'elle soit parfois placée dans la nature (dans les bois, au bord de rivières), ne cède jamais à la tentation du lyrisme. Au contraire, elle ne se trouve là que pour observer de loin des personnages au bord de la paranoïa et pour documenter leur tranformation radicale, voir ce qu'on devient quand la fin est imminente.
À l'imperturbabilité visuelle du film répond un scénario fragmenté, divisé en plusieurs chapitres comme un manuel de survie. Chacun de ces chapitres contient une citation du Livre des désastres qui reflète l'évolution de la trame silencieuse mais de plus en plus prédatrice du film, puisqu'elle avance lentement et implacablement vers un dénouement terrible, où il est dit que "la meilleure manière de survivre à une catastrophe est de se transformer en une entité invisible au regard des autres". – Cineuropa