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Depuis quelques années, il est devenu clair que ce qui constitue une alimentation saine ou malsaine dépend en partie de l'individu, ce qui a donné naissance au concept de la nutrition personnalisée. Cette approche se sert des caractéristiques individuelles pour établir une stratégie nutritionnelle ciblée, c'est-à-dire que le régime alimentaire est déterminé en prenant en compte la physiologie et le mode de vie de l’individu.
Plus spécifiquement, l'objectif de la nutrition personnalisée est de préserver ou d'améliorer la santé en utilisant des informations génétiques, phénotypiques, médicales, nutritionnelles ou d'autres informations pertinentes de l'individu pour proposer des recommandations 'sur mesure'.
Les observations qui justifient l'approche de la nutrition personnalisée sont les suivantes :
En particulier, la réponse glycémique , c'est-à-dire la variation du niveau de sucre (glucose) dans le sang, à un même aliment diffère d'une personne à l'autre, ce qui signifie qu'un aliment peut être bien adapté à une personne, mais pas à d'autres. Par exemple, une poire peut faire augmenter la glycémie (le taux de glucose dans le sang) d'un individu (individu bleu sur la figure), mais un raisin le gardera stable, alors que chez un autre individu (individu vert sur la figure), cet effet peut être inversé.
Des chercheurs ont montré que la glycémie est principalement régulée par le mode de vie c'est-à-dire l'alimentation (I) et l'activité physique et le sommeil (II) ainsi que le microbiote intestinal (flore intestinale) (III).
Le glucose (un type de sucre) est la première source d'énergie utilisée par le corps humain, c’est le carburant de notre organisme. Le glucose se trouve dans tous les aliments riches en glucides (Pâtes, céréales, banane, raisin, bonbon, chocolat,...). Le glucose peut aussi être fabriqué par l'organisme. Lors de la digestion, les glucides des aliments sont convertis en glucose. Le glucose traverse les parois de l’intestin et pénètre dans le système circulatoire (dans le sang), ce qui fait généralement augmenter la glycémie de quelques dixièmes (par exemple + 0.02). L'élévation de la glycémie déclenche la libération d’ insuline. Cette hormone permet de faire entrer le glucose dans les cellules en agissant comme une clé. Lorsque les cellules absorbent le glucose, la glycémie revient à un niveau normal. L’insuline et le glucagon (une autre hormones) permettent de garder le niveau de glucose dans le sang nécessaire. Il est aussi important de maitriser l’apport glycémique afin de profiter d’une énergie stable tout au long de la journée.
Les cellules des personnes physiquement actives réagissent au glucose différemment par rapport aux personnes plus sédentaires. L'exercice stimule les voies de signalisation moléculaire complexes qui facilitent le transport du glucose dans la cellule, donc les cellules des personnes physiquement actives absorbent plus facilement le glucose provenant de l'alimentation. La durée du sommeil et son timing influencent également la voie métabolique qui régule l'absorption du glucose.
La totalité des micro-organismes vivants (bactéries, champignons, archées et virus) qui se trouvent à la surface et à l'intérieur du corps humain constitue le microbiote humain. Le microbiome est le génome de tous ces micro-organismes. Le microbiote est essentiel à la vie humaine.
Par exemple, le microbiote contribue au système immunitaire et aide l'organisme à se défendre contre les agents pathogènes. Le microbiote est aussi très important pour le fonctionnement du système nerveux, endocrinien (les hormones) et digestif. Contrairement au génome humain, le microbiome d'une personne change avec le temps. Le microbiote intestinal, communément appelé 'flore intestinale', joue un rôle crucial dans la nutrition, l'énergie et le métabolisme des individus, c’est pourquoi, dans ce projet, nous nous intéressons spécifiquement au microbiome intestinal.
Le microbiote intestinal, ou flore intestinale, participe à la digestion de diverses façons. Par exemple, les micro-organismes peuvent produire des enzymes que le corps humain lui-même n’est pas en mesure de produire qui vont permettre de digérer certains aliments complexes. 10-20% de notre énergie est absorbée à l'aide de ces micro-organismes. La composition de la flore intestinale diffère d'un individu à l'autre. Par exemple, il ne sera pas être le même entre des individus de différentes régions géographiques, et entre les personnes obèses et de poids normal. La diversité de la flore est associée à une bonne santé. Au contraire, la faible diversité du type de bactéries est associée à diverses maladies. Le séquençage génétique du microbiote (qui donnera donc le microbiome) permet de caractériser le microbiote en identifiant les espèces présentes. Afin de mieux comprendre comment votre alimentation affecte votre flore intestinale, regardez cette petite vidéo.
Il demeure difficile de réunir des données solides pour montrer les liens entre l'alimentation, la réponse glycémique et les conséquences sur la santé. L'évaluation de l'impact d'un seul changement de l'alimentation sur la santé est complexe, mais les experts s'entendent sur les points suivants :
Si vous souhaitez en savoir plus, visitez notre site web partenaire FactFood. Factfood.org fournit des informations scientifiquement fondées sur des questions relatives à la nutrition, ainsi que des commentaires et des analyses de professionnels de la santé.
Le métabolisme et le système de reproduction sont étroitement liés et réciproquement régulés. Le cycle menstruel est principalement régulé par les hormones du système reproducteur, soit, l'œstrogène, la progestérone, la prolactine, la FSH et la LH. Ces hormones jouent également un rôle dans la régulation du métabolisme. Les hormones du métabolisme, telles que la leptine, l'insuline et la ghréline, ont également un impact sur le système reproducteur. Par exemple, 50 % des femmes souffrant du syndrome de l'ovaire polykystique sont obèses ou en surpoids. L'interaction entre ces deux sytsèmes se fait également dans l'autre sens, on peut citer en exemple que l'obésité réduit la fertilité chez les hommes et chez les femmes. Certains chercheurs suggèrent que la glycémie augmente davantage après l'ovulation, tandis que d'autres suggèrent qu'elle augmente davantage au début du cycle (pendant les menstruations) que pendant le reste du cycle. Dans le cadre de ce projet, nous aurons l'occasion d'observer si la réponse glycémique varie au cours du cycle menstruel.
Reférences: