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11/05/2012
Crise & keynésianisme : des limites du capitalisme
La crise de 1929 est une crise de suproduction (hypothèse de Roger Garaudy) : la concurrence contraint le patronat à baisser les salaires du salariat dont la consommation (la demande) ne peut plus suivre la production (l'offre).
Cette incapacité de la demande à suivre l'offre provoque la baisse de la valeur de la production, c'est à dire de la déflation. La production ne pouvant plus se vendre le patronat doit licencier et baisser davantage les revenus des travailleurs.
Pour faire face à ce type de crise découlant d'un modèle de capitalisme très libéral, le keynésianisme est mis en place : à travers un État interventionniste et un État redistributeur, l’État met en place des plans d'investissement public visant à distribuer travail et pouvoir d'achat aux masses travailleuses. En permettant aux masses laborieuses d'accéder à davantage de consommation, le keynésianisme règle le problème de la surproduction.
La société de consommation découlerait-elle partiellement du modèle capitaliste keynésien ?
Ce qui est certain, c'est qu'avec la croissance de la productivité et le progrès technologique la production n'a fait que croître, contraignant l'économie capitaliste à accroître la consommation, notamment en transformant des envies en besoins sociaux (par le mécanisme de la publicité et du marketing notamment).
Néanmoins, si la suproduction n'est plus un problème sur le plan de l'efficacité économique grâce au keynésianisme, elle se traduit toutefois largement aujourd'hui par une surconsommation.
Le problème de la surconsommation doit donc être pris à sa racine : la suproduction induite par le fonctionnement chaotique du capitalisme de marché (le marché produisant afin de maximiser les profits, et non en fonction des besoins réels des individus).
Surproduction et surconsommation ont donc provoqué la crise écologique.
Crise écologique que nous ne pourrons résoudre que par une planification rationnelle et intelligente de la production en fonction des capacités régénératrices de la biosphère.
Mais le keynésianisme pourrait aussi être à l'origine d'un deuxième effet pervers.
Les dépenses publiques nécessaires à l'investissement étatique nécessitent des fonds pour pouvoir stimuler la demande et créer emplois et croissance économique (mécanisme du multiplicateur keynésien).
Toutefois, pour éviter trop de pertes sèches induites par l'usage de la taxe et de l'impôt, les gouvernements européens ont eu recours passablement à l'emprunt, créant de la dette.
Cette dette finit par croître tant et si bien, que lorsqu'arrive une crise de suproduction sur le marché immobiliser étasunien induisant des défauts de crédit massifs et une chute de la valeur de ces crédits sur le marché boursier, et qu'à ce moment-la les Etats se retrouvent contrains de dépenser des milliards pour sauver les banques qui avient investi sans précaution, cela provoque une crise de la dette massive.
Ainsi, le keynésianisme pourrait-il être partiellement et involontairement (ou peut-être par mauvaise application) à l'origine de deux crises majeures de notre société contemporaine : la crise écologique, et la crise de la dette.
Comment résoudre ces crises me direz-vous ?
Certainement pas par le passage à davantage de libéralisme comme on le fait actuellement avec les politiques d'austérité.
Les effets sur les populations et sur l'économie sont désastreux.
Mais d'une part, comme je l'ai dit plus haut, par une décroissance planifiée et sélective de l'activité économique.
Et d'autre part, par la socialisation des moyens de production.
Car le problème de la dette est lié au fait que le keynésianisme ne peut bien fonctionner économiquement que lorsque l’État dispose des moyens nécessaires pour se passer de l'emprunt, état de fait difficile à obtenir dans un système capitaliste où la majeure partie des fruits de la production et des richesses échappe à la gestion collective et va engraisser la classe dominante des ultra-riches.
Donc, en socialisant les bénéfices du grand capital, on cesse de dilapider des ressources en les transférant à la gestion individuelle d'actionnaires, et on les transfère directement à l'Etat-social qui peut ainsi se financer de manière adéquate.
Ainsi le socialisme affirme-t-il sa supériorité en terme d'efficacité économique et écologique sur le capitalisme.
26/03/2012
Étatisation des banques
Dans le cadre de notre réflexion collective sur le lancement d'une nouvelle initiative populaire fédérale de la JSS, je développe ci-dessous un petit argumentaire en faveur d'une des idées d'initiative qui me tient à cœur : l'étatisation des banques. Cette proposition a notamment été soutenue par le comité directeur de la JSS. Elle est aussi intégrée au programme de la JSG.
Les banques ont provoqué la crise financière par leurs investissements et leurs crédits pourris.
Cette crise financière s'est ensuite transmise à l'économie réelle créant chômage et pauvreté.
Mais ce n'est pas tout.
Les banques ont ensuite dû mendier à la collectivité pour éviter la faillite, endettant ainsi les États qui se sont retrouvés avec la crise de la dette que l'on connaît.
A la suite de cela, les gouvernements européens ont profité de cet endettement étatique pour mettre à bas l'Etat-providence et pour renverser les institutions démocratiques, remplaçant des gouvernements élus par des pantins technocrates.
On assiste ici à une contradiction systémique flagrante du capitalisme : soit l’État sauve les banques en saccageant l'Etat-social et par conséquent en jetant dans la misère sa population tout en détruisant son économie, soit l’État ne sauve pas les banques, mais alors l'économie capitaliste s'écroule et la population se retrouve dans la misère...
Une seule résolution possible de cette contradiction propre au capitalisme : le socialisme !
Les banques sont le cœur du problème et de la solution.
Le problème vient du fait qu'elles ne sont pas contrôlées par la collectivité et par des instances démocratiques. Des managers surpayés, des traders avides, et de gros actionnaires cupides, forment le trio infernal qui guide les choix stratégiques des banques.
Reprendre le contrôle des banques est donc essentiel si l'on veut éviter toute nouvelle crise financière induite par les logiques capitaliste qui prévalent lorsque les banques sont laissées à elles-mêmes.
La solution vient du fait que si le peuple contrôle démocratiquement les banques, il se donne les moyens d'auto-déterminer son avenir économique. Car contrôler les banques, c'est contrôler le crédit. Et contrôler le crédit, c'est contrôler le développement économique, donc c'est avoir le pouvoir de choisir ce qui est nécessaire et ce qui ne l'est pas au bien-être collectif.
Démocratiser les banques passe donc évidemment par une étatisation.
Avec le contrôle démocratique des banques, la population pourra en plus de cela imposer un fonctionnement égalitaire au sein de ces institutions, limiter les écarts salariaux, imposer une réelle transparence, etc.
Enfin, l'étatisation des banques représentera une source de revenus bienvenus pour la collectivité qui pourra ainsi financer de nouvelles avancées sociales.
23/01/2012
Les 8 réponses à la crise de la dette
Les réponses institutionnelles
1. L'austérité, un capitalisme (néo)libéral – une réponse de droite
2. Les plans de relance, un capitalisme social-démocrate – une réponse de centre gauche
3. L'austérité & les plans de relance, un capitalisme social-libéral – une réponse de centre droit
Les réponses non institutionnelles principales
4. Le retour à la nation, un capitalisme nationaliste – une réponse d'extrême droite
5. Le passage démocratique à l'économie planifiée, un socialisme démocratique – une réponse de gauche
Les réponses non institutionnelles secondaires
6. Le passage à l'économie planifiée par la révolution et la dictature de classe, un marxisme-léninisme – une réponse d'extrême gauche
7. Le projet communautaire, une organisation anti-productiviste – une réponse anarchiste ou écologiste
La réponse non institutionnelle anecdotique
8. Le passage à un capitalisme pur, un capitalisme libertarien – une réponse d'une certaine droite
17/11/2011
Crise économique et austérité
Selon l'économiste Julien Bonnet :
« La vraie cause du chômage, ce sont les gains de productivité colossaux enregistrés depuis les années 1970. La productivité a été multipliée « seulement » par 2 entre 1820 et 1960, puis par 5 depuis 1960 grâce à la multiplication des robots et des ordinateurs. »
L'économiste Denis Baba revient, quant à lui, sur cette notion d'augmentation de la productivité du travail dans un de ses derniers articles :
« A compter de la fin des années 1960, la productivité du travail est tellement importante que le nombre d'heures travaillées collectivement devient insuffisant pour valoriser le capital accumulé par les entreprises. Sur notre planète économique, il n'y a plus assez de travail pour rentabiliser le capital. »
Car « pour fonctionner correctement une économie de marché doit mobiliser toujours plus de travail productif, c'est à dire du travail mis en œuvre pour rentabiliser le capital des entreprises (...) afin de garantir les taux de profit. »
Quand la productivité du travail est trop élevée (phénomène renforcé par la révolution numérique et technologique), les entreprises qui le peuvent vont chercher le travail là où il coûte le moins cher (en Chine, au Brésil, ou en Inde). Mais même ainsi, nous dit Denis Baba, il est impossible de restaurer les taux de profit.
Alors les entreprises se tournent vers la spéculation.
« En 2006, officiellement la moitié des bénéfices des entreprises multinationales américaines était de nature spéculative. »
« Les titres financiers ne valent rien d'autre que la confiance qu'ont les autres acteurs du marché dans la poursuite de la hausse des prix. Et seule celle-ci permet de rembourser les emprunts. A partir de 2007, en Occident, les défauts de paiement sur le marché des crédits hypothécaires aux États-Unis provoquent l'explosion de la bulle : les dettes ne peuvent plus être remboursées à cause de la baisse des prix des titres financiers. »
« Il est maintenant évident que l'argent créé par la bulle financière ne vaut rien car il ne correspond à aucune valeur économique, à aucun travail. Il n'a certes jamais rien valu mais maintenant plus personne ne peut faire semblant du contraire. Une crise financière c'est la chute vertigineuse des valeurs spéculatives des titres financiers et donc de l'économie marchande qu'elle soutenaient. Mais la crise économique n'a pas son origine dans la finance ou dans les banques. Pas du tout. La folie de la finance n'est que la conséquence de la crise de l'économie : l'impossibilité de continuer à faire des profits et de la croissance sans le soutien de la bulle spéculative. »
Cette crise économique découle donc des logiques propres au système capitaliste et à ses propres limites internes ou fonctionnelles (systémiques).
Le système économique capitaliste étant en danger, les gouvernements européens, soumis aux classes dominantes (ou aliénés par l'idéologie libérale dominante), sont intervenus pour le sauver.
Pour cela, ils ont dû s'endetter, et à présent ils sont incapables de maintenir, dans le cadre des limites du capitalisme, un Etat-social correct.
Au contraire, ils se retrouvent à appliquer avec violence des politiques d'austérité et de réduction de l'Etat-social !
La conclusion logique de tout ceci, comme je l'ai démontré dans mes notes précédentes, consiste en un renversement des classes dominantes par les classes moyennes et précarisées.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/07/lutte-d...
Toutefois, le capitalisme pourrait fort bien se maintenir en mutant en une forme davantage dictatoriale et autoritaire où toute contestation se verrait réprimée. L'élitisme contenu dans le libéralisme offre d'ailleurs une base théorique à ce type de transformation répressive.
C'est pourquoi les forces de gauche doivent impérativement accéder au pouvoir et sortir du capitalisme par une transition vers une économie (néo)socialiste !
"L'Histoire ne fait rien, c'est l'homme, réel et vivant, qui fait tout." K. Marx