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L'invasion en Ukraine, fin février, a conduit à la suspension ou l'exclusion des grandes compétitions de nombreux sportifs russes et biélorusses ainsi que de leur équipe. Certains d'entre eux sont toujours autorisés à concourir, mais leurs prises de position sont surveillées de près, surtout lorsqu'elles concernent la politique menée par Vladimir Poutine.
Sergueï Karjakin vient d'en faire l'expérience. Le Grand Maître russe des échecs a été suspendu six mois par la Fédération d'échecs (FIDE) pour ses propos sur la guerre. Il a notamment déclaré qu'il soutenait «la démilitarisation et la dénazification de l'Ukraine».
Lorsqu'il a appris sa suspension, le finaliste du Championnat du monde 2016 a réagi de manière surprenante:
La Fédération russe d’échecs a annoncé immédiatement faire appel de la décision, évoquant une discrimination envers un de ses athlètes.
En revanche, il n'y a rien que le nageur russe Evgeny Rylov puisse faire contre le choix de Speedo. La prestigieuse marque australienne de natation a annoncé qu'elle mettait fin au contrat de sponsoring qui le liait au double champion olympique, après que celui-ci ait participé à un rassemblement pro-guerre à Moscou avec plusieurs autres sportifs de haut niveau. La liste de ces athlètes a même été diffusée sur les réseaux sociaux.
Le nageur de 25 ans est apparu sur scène peu avant que Poutine ne prononce un discours au stade Luzhniki. Il portait ses médailles olympiques aux côtés de gymnastes, skieurs et patineurs artistiques arborant tous le symbole nationaliste «Z».
«Suite à sa présence au stade de Moscou, Speedo peut confirmer qu'elle a mis fin au parrainage d'Evgeny Rylov avec effet immédiat, a déclaré la marque dans un communiqué. Nous condamnons la guerre en Ukraine de la manière la plus ferme possible et sommes solidaires du peuple ukrainien, de nos athlètes et de nos coéquipiers qui ont été impactés par le conflit.»
Speedo a annoncé qu'elle donnerait le solde des frais de parrainage de Rylov à l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, qui aide les Ukrainiens fuyant leurs maisons.
La Fédération internationale de natation (FINA), elle, n'a pas encore pris de sanction envers Evgeny Rylov. Elle était l'une des rares instances à autoriser les athlètes russes et biélorusses à concourir sous bannière neutre. Mais elle a changé d'avis ce mercredi après-midi, et n'autorisera plus Rylov, ses compatriotes ainsi que les Biélorusses à participer à ses épreuves.
La Fédération internationale d'haltérophilie n'était pas moins empruntée cette semaine. La raison: le Russe Maxim Agapitov, qui siège au conseil exécutif de l'instance, a posté deux courtes vidéos sur Instagram et Facebook en faveur du conflit armé. À leur suite, la Fédération ukrainienne a demandé à la communauté internationale d'haltérophilie de «se débarrasser des personnes qui pensent que tuer plusieurs milliers de civils est une chose merveilleuse à faire».
L'ancien champion du monde en 1997 n'a pour le moment pas été puni par l'instance faîtière de son sport.
Sergei Shipov a lui aussi échappé aux sanctions. Le joueur d'échecs russe soutient pourtant les mêmes thèses que son compatriote Karjakin, mais le jugeant «moins connu, et faisant moins d’audience», la Fédération internationale n’a pas jugé bon de le suspendre.
Cette décision révèle toute la difficulté, pour les instances sportives, de se positionner sur un sujet qui surpasse leur domaine de compétences. Elles n'ont pas d'autres choix que de prendre des mesures au cas par cas, selon leur propre sensibilité et la teneur des messages diffusés par les athlètes.
Invité lors de l'Etape Gourmande du Tour de Romandie vendredi dernier à Montreux, Bernard Hinault a fait un petit crochet en Valais, chez son pote Gaby Micheloud, ancien chef de l'Office Jeunesse et Sport auprès de l'Etat du Valais. L'émission «Sport Première» de la RTS a profité de lui tendre le micro, et lui de répondre à «bâtons rompus».