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Le Conseil national vole au secours de l'industrie pharmaceutique. Mécontent des décisions du Conseil fédéral du printemps passé pour faire baisser le prix des médicaments, il a adopté jeudi une motion qui enjoint le gouvernement de renégocier avec l'industrie et les assureurs maladie.
Le texte, déposé par la commission de la santé et approuvé par 99 voix contre 67, réclame une collaboration plus étroite entre le Conseil fédéral et l'industrie pharmaceutique. Il charge le gouvernement de trouver, de concert avec les assureurs et les fabricants de médicaments, une "solution consensuelle concernant l'examen du caractère économique des médicaments".
Baisse du chiffre d'affaires
Le gouvernement a revu au printemps les modalités de la comparaison des tarifs des médicaments helvétiques avec ceux pratiqués hors des frontières. La comparaison avec des produits équivalents a été limitée. Elle ne se fera que si le médicament suisse n'est pas disponible dans le pays de comparaison, ce qui n'est toutefois pas courant.
L'industrie pharmaceutique a vu diminuer son chiffre d'affaires de manière dramatique en raison du taux de change défavorable, a argumenté Ignazio Cassis (PLR/TI) au nom de la commission. Sa majorité ne comprend pas la "voie solitaire" choisie par le Conseil fédéral, alors que les deux principaux acteurs, la pharma et les assureurs maladie, recherchent une solution ensemble.
"Travail de lobbying impressionnant"
Une minorité, emmenée par Jacqueline Fehr (PS/ZH), s'est au contraire insurgée contre un soutien accru à la pharma. La socialiste s'est demandée si une branche qui alloue des salaires très élevés à ses dirigeants, qui affiche un chiffre d'affaires en hausse et verse des dividendes à ses actionnaires a besoin de l'aide de l'Etat.
"Cette motion est le résultat d'un travail de lobbying impressionnant", a-t-elle martelé. "Elle vise à ce que ce soit l'industrie qui puisse fixer le prix des médicaments et non le gouvernement." Les socialistes exigent que les intérêts des consommateurs et des patients soient aussi pris en compte, comme le demande un postulat de la Bâloise Silvia Schenker, déposé en juin.
ATS