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Tout est parti d'une discussion au sein de la rédaction, après qu'un collègue a banalisé les performances de Ronaldo au seul motif qu'il évolue en Arabie saoudite. Sa réflexion méritait qu'on se penche d'un peu plus près sur le sujet, avec cette question comme point de départ: comment lire les performances de Ronaldo dans un championnat que l'on ne connaît pas? Pour y répondre, nous avons contacté Raphaël Le Magoariec, spécialiste de football et de géopolitique, chercheur au sein de l'Équipe Monde arabe et Méditerranée (EMAM) et co-auteur de «L’empire du Qatar. Le nouveau maître du jeu?».
Raphaël Le Magoariec, quel est le niveau de jeu du championnat d'Arabie saoudite?
On pourrait le situer pour ses cinq meilleurs clubs dans la première moitié de la Ligue 1 française. Mais attention: dans les pays du Golfe, les meilleures équipes ne jouent généralement pas toute l'année à leur meilleur niveau, car il n'y a pas toujours un enjeu assez fort. Son niveau reste toutefois très disparate.
Al-Hilal, l'un des plus grands clubs du pays, a certes perdu contre le Real Madrid en finale de la Coupe du monde des clubs, mais il a marqué tout de même trois buts aux Espagnols, ce n'est pas rien...
Non en effet, mais ils ont des joueurs qui pourraient évoluer parmi les sept, six premiers de Liga ou dans les grands clubs anglais.
Pourquoi ne partent-ils pas?
Parce qu'ils n'en ont pas envie. Un des attaquants de la sélection marocaine (Ahmed Allah) évolue à Al-Ittihad. Il aurait largement le niveau pour aller dans un club européen, mais il reste en Arabie saoudite car il y est mieux payé. Pour les clubs européens, c’est compliqué de prendre le risque de s’engager sur des sommes équivalentes. En effet, le joueur sera-t-il en capacité de s’adapter rapidement à l’intensité nécessaire au football européen? Comme lui et pour les mêmes raisons, beaucoup de footballeurs nord-africains préfèrent ne pas s'aventurer en Europe, où il serait plus compliqué de s'imposer. Pour les joueurs saoudiens, rester au pays signifie avoir un confort de vie, notamment financier. Même si ces dernières années certains avantages ont été revus à la baisse, ils restent toujours gagnants.
16 clubs composent le championnat saoudien. Combien jouent le titre?
Trois ou quatre chaque année. Il arrive que le projet sportif de certains clubs ne soit pas au beau fixe, si bien qu'il leur est plus difficile d'être compétitifs. Mais il y a cinq grandes équipes historiques au pays: Al-Nassr, Al-Hilal, Al-Shebab, Al-Ittihad et Al-Ahli SC, aujourd'hui en 2e division.
C'est un vieux championnat, né en 1975. Il a presque 50 ans d'histoire.
C'est vrai, d'ailleurs les pays de la péninsule arabique ont une culture sportive qui précède la culture marketing actuelle. Cette culture y était plus importante dans les années 70 ou 80 qu'aujourd'hui, où l'image prime et donne l'impression aux pays occidentaux que le sport y est nouveau. En Arabie saoudite, la culture du football et du stade est toujours restée forte. Ce contexte propre au royaume s’explique par la suppression des espaces de divertissements au cours des années 1980, en réaction à la prise d’otages de La Mecque de 1979.
Cette transformation, on l'observe de manière paradigmatique au PSG, où la culture sportive a cédé la place à une culture marketing.
Tout à fait, et c'est exactement pareil au Qatar ou en Arabie saoudite.
Si l'on revient au jeu, a-t-on le droit d'être impressionné lorsque l'on voit Ronaldo flamber dans le Golfe?
L'analyse de ses performances est un peu biaisée parce que Ronaldo n'est pas seulement un joueur. Il est une figure étatique, dans un pays qui a besoin d'une légitimation auprès de l'opinion du foot, dans le but d'une candidature au Mondial 2030. Il y a beaucoup de marketing autour de lui et cela empêche d'avoir une vraie lecture sportive. Néanmoins, Ronaldo reste un grand joueur qui, face à des équipes plus faibles et grâce à son physique et son sens du placement, sera forcément brillant.
Vous avez affirmé dans une interview que certains joueurs du championnat pouvaient avoir un niveau de 3e division européenne. Dès lors, pour juger des performances de Ronaldo, qui vient de marquer trois buts contre Damac, il faudra l'observer face aux deux ou trois cadors de la Ligue.
Exactement. Il sera intéressant de le voir contre Al-Hilal, qui possède plusieurs joueurs qui ont brillé avec la sélection face à l'Argentine et la Pologne lors du dernier Mondial.
En résumé, CR7 ne va pas se balader chaque week-end et enchaîner les triplés.
Non, en plus il cristallise l'attention de toutes les équipes, qui veulent absolument le battre.
C'est une bombe sortie par El Mundo. Selon le deuxième quotidien généraliste d'Espagne, Madrid devrait accueillir à partir de 2026 son propre Grand Prix, comme ce fut le cas par le passé, à plusieurs reprises entre 1967 et 1983. Ce ne serait qu'une question de jours avant que Liberty, propriétaire du Championnat du monde de Formule 1, n'officialise la nouvelle.