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La première nuit après le tsunami fut très mouvementée. On s'endort épuisé et moins d'une heure après on a les yeux grands ouverts. Au moment de se coucher ma fille se met à pleurer, elle se souvient avoir laissé sa poupée dans le bungalow. Elle sanglote en se lamentant :" j'ai laissé ma poupée se noyer, je suis une mauvaise maman" et à nous de la convaincre et de lui démontrer qu'on l'avait seulement oubliée dans la précipitation du départ mais qu'elle sera assurément adoptée par une enfant sri lankaise qui sera très heureuse de s'en occuper de sa poupée "Vanessa"
Au milieu de la nuit je réfléchis et m'interroge : la nature peut-elle tuer autant de personnes sans prévenir ? Je passe tout en revue et admets qu'il y avait de forts signes avant-coureurs de tsunami, mais en ce qui me concerne je n'étais pas apte à mettre un nom sur ce qui se produisait. J'ai identifié les maux sans pouvoir poser de diagnostic, mais n'importe quel scientifique qui aurait repéré les signes de la veille déjà entre 15h30 et 17h30 aurait pu décrire exactement ce qui se passait et dire quelle était la cause précise des manifestations visibles : à savoir un tremblement de terre sous-marin.
Le 25 décembre entre 15h30 et 17h30 , c'est-à-dire le jour d'avant, j'était assise sur la plage de Tangalle, entrain de laisser tranquillement le sable glisser entre mes doigts. . Un bruit étrange sous moi qui m'a étonnée. Mais j'étais à peine sûre de l'avoir senti. Normalement une horde de 4 ou 5 chiens couleur sable se baladaient ensemble, ils se sont enfuis peu de temps après ce boum souterrain, et un seul qui est resté s'est mis à pousser des hurlements pareil à un loup.
Finalement, les filles jouaient à plonger dans les vagues en compagnie d'une sage-femme française venue au Sri Lanka en voyage de noces. Pas très finaude à ce jeu de cache-cache avec les vagues en général, lorsque je me baignai je les surveillai de très près et étudiai le moment précis de plonger profondément sous la vague pour repasser de l'autre côté . Mais ce jour-là impossible, elles étaient secouées, brisées, cassées comme de l'eau dans un verre qu'on secouerait fortement. Je suis immédiatement sortie de l'eau, puis ensuite un homme s'est mis à dériver avec son surf sur lequel il était couché.
A partir de ce moment, je suis restée debout à surveiller les baigneuses et très inquiète je leur ai dit de sortir de l'eau, à la sage-femme également. Vous sortez de l'eau immédiatement ! Elles étaient surprises, mais je leur ai dit " vous ne voyez pas que l'Océan est bizarre aujourd'hui."
Certes, la théorie du complot on la connaît tous, mais je puis affirmer qu'avec une bonne communication ad hoc, on aurait épargné des milliers de vie et que les phénomènes nombreux sont apparus bien avant. Ose-t-on le dire ? Si oui, on sera obligé de constater le déficit d'information et l'incapacité à réagir rapidement et qui aurait épargné tant de souffrances .
Je confirme persiste et signe que la veille nous avions déjà des signes anticipateurs du désastre.