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Base de missiles Bloodhound de Menzingen [14]
Fin 1999, on a retiré du service le système d'interception DCA BL-64, Bloodhound, commandé en 1961 et remis à la troupe en 1964. Le système d'armement avait été modernisé au début des années 80 et il aurait dû être maintenu en service quelques années encore. La mesure qui a été prise s'explique avant tout par la pression entraînée par les restrictions budgétaires. Elle est liée au programme Progress pour Armée 95, programme d'optimisation. La mission des BL-64 peut être reprise partiellement par les avions de combat F/A-18.
3 octobre 1942. Pour la première fois un missile guidé est tiré avec succès; cela se passe à la station expérimentale Peenemünde de la Wehrmacht allemande. Il s'agit d'un V 2, arme grâce à laquelle l'Allemagne entend «répondre» aux contre-offensives alliées. Voilà dix ans qu'un groupe de scientifiques dirigé par Wernher Braun travaille à la mise au point de missiles expérimentaux à carburant liquide. Cependant, l'imposant projectile de 14 m de long et d'un poids de 12 t n'est pas concluant; les développements des Britanniques dans le domaine des radars, malgré leur caractère peu spectaculaire, sont plus importants. Dans le même temps, les Allemands travaillent également sur des engins antiaériens sol-air, le «Wasserfall» et le «Taifun», le second étant plus petit que le premier.
La Suisse renforce son système de DCA terrestre
En 1946, les entreprises suisses Oerlikon et Contraves se lancent dans le développement d'un système d'engins guidés DCA. Aux USA, les systèmes sol-air Nike et Terrier sont opérationnels en 1955; les Britanniques travaillent sur plusieurs missiles sol-air. Trois ans plus tard, le chef des troupes d'aviation et de DCA constitue un groupe de travail engins guidés qui est chargé d'étudier le problème des engins guidés DCA, en collaboration avec la division technique de guerre et d'autres services. Les systèmes américains et britanniques sont déjà l'objet de toutes les attentions. Dans son message du 30 juin 1960 concernant l'organisation de l’armée (organisation des troupes), le Conseil fédéral insiste sur la nécessité d'adapter nos moyens en matière de DCA aux impératifs de la conduite moderne de la guerre. Le 14 juillet 1961, suit le message concernant le renforcement de le DCA terrestre.
1961, analyse des dangers
Le Conseil fédéral se rend bien compte que l'on ne dispose alors d'aucun moyen capable de détruire en vol un missile intercontinental. De plus, il est difficilement envisageable de combattre des missiles de moyenne portée. Mais dans de nombreux cas, leurs rampes de lancement se trouvent dans le rayon d'action de nos avions. Bien que l'importance des armes nucléaires ne soit plus à démontrer, il ne faut pas s'attendre avec certitude à leur engagement dans le contexte d'un conflit armé en Europe. De plus, en admettant l'éventualité d'un conflit, il est vraisemblable qu'il y ait des attaques aériennes sur des centres, des sites industriels, des voies de communication, contre l'armée elle-même, ses dépôts et installations. On ne peut concevoir d'évacuer les populations civiles des grandes agglomérations du Plateau. Un agresseur potentiel lancera des opérations terrestres en coordination avec des attaques aériennes. La destruction des installations électriques priverait notre pays de ses principales sources d'énergie. Des attaques ayant pour cibles des barrages et des voies de communication auraient des conséquences catastrophiques. Il est concevable qu'un conflit dans lequel notre pays se verrait impliqué, puisse se limiter à une guerre aérienne. L’aviation et la DCA doivent être en mesure de défendre efficacement notre espace aérien, quel que soit le degré d'escalade du conflit. Pour compléter le dispositif, on peut concevoir des mesures passives, telles que la protection aérienne (organisation Protection civile et abris pour la population). La protection des forces combattantes contre des attaques aériennes et la préservation du réseau de voies de communication sont des objectifs prioritaires aux yeux de la conduite militaire. Pour ce faire, on exige des moyens de défense aérienne permettant une rapide concentration du feu et qui se complètent. A cette époque, seuls les Hunter sont adaptés à des missions de chasse; ils seront bientôt remplacés par des formations Mirage. La DCA terrestre incombe aux unités DCA existantes. Ce sont les groupes DCA lourde qui sont chargés de la défense du territoire. Les canons 7,5 cm dont ils sont équipés n'ont pas connu d'amélioration notoire depuis leur mise en service. Ils doivent être complétés par des engins guidés DCA. Seuls ces derniers sont à même de combattre efficacement des avions d'attaque équipés de missiles ou de bombes et volant à une altitude pouvant aller jusqu'à 20'000 mètres.
Bloodhound et DCA calibre moyen
Le Conseil fédéral propose l'achat du Bloodhound fabriqué par la British Aircraft Corporation. Deux groupes d'engins guidés DCA doivent être équipés de deux batteries. Les engins guidés doivent pouvoir être engagés jour et nuit; leur état de préparation à l'engagement est proche de 100%; leur probabilité d'atteinte ne dépend pas des risques représentés par un conflit aérien; c'est la même centrale que celle des avions de chasse qui dirige leur engagement, également lorsque la communication est interrompue. Pour l'espace aérien moyen, on propose enfin l'acquisition d'un canon automatique de moyen calibre et guidé électroniquement. Le choix du type de canon n'est pas encore arrêté. Le 13 décembre 1961, les Chambres fédérales décident l'acquisition du Bloodhound (pour 300 millions de francs) et d'un système DCA calibre moyen (247 millions de francs). Il n'y aura pas de dépassement de crédit et l'achat du système BL-64 se fait sans grand problème. Entre 1964 et 1968, 68 unités de feu sont livrées avec triple dotation en missiles; les constructions et les installations sont réalisées entre 1963 et 1967.
Les étapes marquantes dans l'acquisition du Bloodhound
13.12.61 Deux groupes d'engins guidés DCA Bloodhound comprenant le matériel d'instruction, les accessoires, les pièces de rechange et la munition (300 millions)
26.9.63 Crédit additionnel pour des constructions et des installations (80 millions)
1968 Crédit destiné au contrôle du système (12 millions)
3.10.74 Simulateur d'engagement engins guidés (5,7 millions)
5.10.83 Fusées de lancement supplémentaires Bloodhound (65 millions)
Ce qui s'appelait à cette époque la division des aérodromes militaires construit dans le plus grand secret six positions d'engins guidés sol-air. Les énormes éléments de construction en provenance de Grande-Bretagne sont transportés de nuit par route; ils sont assemblés dans les zones désormais interdites au public et accessibles uniquement sur présentation d'un laissez-passer. Un conseiller d'Etat chef du département militaire qui s'en vient visiter «sa» position d'engins guidés, s'en voit interdire l'accès par des travailleurs d'origine italienne: il n'est pas en possession du laissez-passer requis! C'est le Service des aérodromes militaires qui est chargé d'entretenir les positions d'engins guidés, de gérer le matériel et de surveiller les installations.
Instruction de la troupe
La formation du personnel d'instruction est dispensée en Suisse et en Grande-Bretagne en 1962 – 1963. L'année suivante a lieu la première école de recrues sur le système d'engins guidés DCA BL-64. On charge des fusées de manipulation; on ne voit pas encore d'armes actives. Cette même année 1964, la première unité de feu BL-64 est prise en charge en présence du chef du DMF Paul Chaudet, de Jakob Annasohn, chef de l'état-major général et du divisionnaire Etienne Primault, commandant des troupes d'aviation et de DCA. En 1965 débute la transition des groupes DCA lourde 40 et 41 sur la nouvelle arme. L'année suivante, les positions de Lucerne et d'Argovie sont prêtes à l'engagement. En 1967, le régiment d'engins guidés DCA 7 est constitué; son premier commandant est le colonel Svoboda. Ce régiment est issu du régiment DCA 4. La préparation opérationnelle des positions de Fribourg, Zoug, Zurich et Soleure suit en 1968.
Caractéristiques
Plate forme de lancement: installation fixe
Caractéristiques du Mk 2 (pour la Suisse)
Variantes
|Association Fort de Litroz - J.-C. Moret||© 2002 - 2017|