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21/03/2012
L’Association du transport aérien international (IATA) a annoncé une révision à la baisse des prévisions de l’industrie pour 2012, attribuable principalement à la hausse du prix du pétrole. La lente mais sûr remontée du prix du baril péjore le secteur aérien et va s’accentuer. Le groupe franco-néerlandais Air France-KLM a plongé dans le rouge l'an passé avec une perte nette de 809 millions d'euros, sous l'effet notamment d'une augmentation substantielle de la facture carburant qui s'alourdira encore cette année, de son côté Lufthansa réfléchit également à des hausses tout comme sa filiale aérienne Swiss réfléchit à une hausse de 15 à 20 francs du prix de ses billets d'avion à destination de l'Europe. La hausse du prix des carburants coûtera 300 millions de francs supplémentaires à Swiss en 2012.
Diminution de la marge bénéficiaire :
L’IATA prévoit que les compagnies aériennes réaliseront des profits globaux de 3,0 milliards $ en 2012, soit une marge bénéficiaire de 0,5 %. Cette diminution de 500 millions $ par rapport aux prévisions de décembre est liée à une augmentation du prix moyen prévu du pétrole à 115 $ le baril, comparativement au prix de 99 $ prévu antérieurement. Plusieurs facteurs ont empêché une baisse plus importante : (1) le fait que la crise de la zone euro ne se soit pas aggravée de façon significative; (2) l’amélioration de l’économie américaine; (3) la stabilisation du marché du fret; et (4) l’expansion plus lente que prévu de la capacité.
Principaux facteurs influençant les prévisions :
Le principal facteur de réduction de la rentabilité est le prix du pétrole. En décembre 2011, la prévision moyenne pour 2012 s’établissait à 99 $ le baril de brent. Le prix moyen à ce jour s’approche de 120 $ et la prévision moyenne pour l’ensemble de l’année a été révisée à 115 $ (plutôt que 99 $, tel que prévu précédemment). Le carburant représentera ainsi 34 % des coûts moyens d’exploitation et la facture globale de carburant de l’industrie s’élèvera à 213 milliards $. Les tensions politiques dans la région du Golfe accentuent le risque d’augmentation importante des prix du pétrole, ce qui pourrait rendre l’industrie déficitaire
L’utilisation des actifs : la capacité totale (passagers et fret réunis) devrait augmenter de 3,2 % en 2012 (selon les horaires publiés), ce qui est inférieur à l’augmentation prévue de la demande, soit 3,6 %. Il s’agit d’un renversement de la prévision de décembre, dans laquelle l’expansion de la capacité (3,1 %) surpassait celle de la demande (2,9 %). Les coefficients d’occupation des sièges et l’utilisation des aéronefs sont revenus aux niveaux d’avant la récession. En janvier, le coefficient d’occupation des sièges s’élevait à 76,6 %, soit plus de deux points de pourcentage de plus qu’avant la récession. Le nombre d’heures moyen d’exploitation des avions de passagers s’approche également du taux maximal d’utilisation enregistré avant la récession.
Le facteur de charge du fret en janvier était 6 % inférieur au sommet de 2010 et le nombre moyen d’heures de vol des avions-cargos était en baisse de 11 %.
La demande dans le secteur passagers devrait augmenter de 4,2 %, soit 0,2 point de pourcentage de plus que prévu en décembre. Le nombre de voyageurs Premium en janvier était en hausse de 2,9 % par rapport à l’année précédente, tandis que le nombre de passagers en classe économique a augmenté de 6,1 %. Cela reflète une plus grande confiance des milieux d’affaires et des consommateurs aux États-Unis et en Asie-Pacifique.
Résultats régionaux :
Toutes les régions connaîtront une baisse de rentabilité en 2012, par rapport à 2011, et l’Europe et l’Afrique subiront des pertes.
Les transporteurs d’Europe sont de loin les plus en difficulté. Les prévisions sont inchangées par rapport à décembre, soit des pertes nettes de 600 millions $ et une marge EBIT de 0,3 % des revenus. Bien qu’il semble qu’une aggravation majeure de la crise de la zone euro ait été évitée, plusieurs économies européennes sont en récession profonde, ce qui maintiendra la faiblesse des secteurs passagers et fret. Au même moment, les voyages aériens sont affectés par les taxes et les coûts liés au Système européen d’échange de droits d’émission.
Les transporteurs d’Amérique du Nord devraient enregistrer des profits de 900 millions $, en baisse par rapport à la prévision précédente de 1,7 milliard $. La marge EBIT de 2,0 % est la plus élevée, avec celle des transporteurs d’Asie-Pacifique. Le prix plus élevé du pétrole est responsable de la baisse des profits, mais les transporteurs aériens de cette région connaîtront la plus faible baisse par rapport à l’an dernier, parmi les principales régions, en raison des très faibles augmentations de capacité prévues.
Les transporteurs d’Asie-Pacifique maintiennent leur bonne performance. Des résultats meilleurs que prévu en 2011, en particulier chez les transporteurs chinois, ont mené à une révision à la hausse des profits de 2011, à 4,8 milliards $ plutôt que 3,3 milliards $. Pour 2012, les transporteurs de la région devraient enregistrer les plus importants profits, en chiffres absolus, soit 2,3 milliards $, ce qui représente 200 millions $ de plus que ce qu’on prévoyait en décembre. Les prix plus élevés du pétrole réduiront de plus de la moitié les profits de cette année, mais les économies relativement fortes de la région continueront de générer une croissance plus rapide des voyages et du transport de fret que dans toute autre région.
Les transporteurs du Moyen-Orient devraient enregistrer des profits de 500 millions $ (en hausse par rapport à la prévision précédente de 300 millions $). Les résultats financiers semblaient déjà meilleurs que ce qu’on prévoyait en 2011, passant de 400 millions $ à 1 milliard $. Dans le secteur passagers, le coefficient d’occupation des sièges s’est amélioré en raison d’un ralentissement de l’augmentation de capacité, et les marchés long-courriers ont été relativement robustes.
En Amérique latine, les profits devraient s’élever à 100 millions $, une prévision inchangée. Les résultats varient à l’intérieur de la région, mais l’intense concurrence dans certains marchés importants et le ralentissement des économies feront en sorte qu’il sera difficile pour les transporteurs de la région de contrer l’augmentation des prix du carburant qui les frappera cette année.
Les transporteurs d’Afrique devraient enregistrer des pertes de 100 millions $, une prévision inchangée. Certaines économies de la région sont en forte croissance et génèrent une augmentation de la demande de transport aérien. Toutefois, les coefficients de charge des secteurs passagers et fret sont très faibles chez les transporteurs de cette région, ce qui aggravera les effets de la hausse des prix du carburant.
Flambée du prix du carburant :
Plusieurs observateurs ont évoqué un scénario dans lequel une escalade de la crise en Iran pourrait mener à une fermeture du détroit d’Hormuz, coupant une voie essentielle d’approvisionnement en pétrole. Selon ce scénario, le prix du pétrole pourrait bondir et atteindre 150 $ par baril de brent au milieu de l’année, pour une moyenne de 135 $ sur l’ensemble de l’année. Dans une telle éventualité, le taux de croissance du PIB mondial descendrait à 1,7 %, plongeant toute l’industrie dans des pertes de plus de 5 milliards $.
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