Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06993.jsonl.gz/826

Saga des Fallet (rectificatif)
par George Fallet
Deux rectifications à propos de l'article paru en page 6 du bulletin généalogique 2 & 3 d'avril 1996.
Le premier point étant si dérisoire, je ne doute pas que de nombreuses personnes auront corrigé d'elles-mêmes une malheureuse coquille. En effet, à propos de Perroud Fallet, le premier ancêtre connu de la famille, cité en 1414, à la place de dire qu'il «... fait partie des dix-sept membres de la communauté », il eut fallu lire «... fait partie des dix-sept représentants de la Communauté ».
Le deuxième point, par contre, est beaucoup plus pointu et j'en assume l'entière responsabilité ! Nous lisons en effet au deuxième paragraphe : « Ils appartenaient à la condition des taillables et sont affranchis en 1520 de la servitude dite du rude bâton par Claude d'Aarberg, seigneur de Valangin, époux de la célèbre Guillemette de Vergy ». Or, si ces termes sont exacts et ont été fidèlement reproduits, ils dénotent un certain « mensonge » pour lequel nous n'aurions pas trop de toute une soirée de discussion pour l'expliquer.
A première vue ce texte est incohérent, puisque cet acte s'étant produit le 10 août 1520, le dit Claude d'Aarberg-Valangin étant décédé depuis plusieurs années, ce n'est pas lui qui a pu procéder à l'affranchissement de l'un ou l'autre de ses sujets... Et pourtant les faits sont là !
Eh bien oui, il y a eu un certain mensonge. Non point dans l'intention perverse et condamnable de nuire aux droits d'une tierce personne, mais simplement de confirmer les droits d'un autre sujet à un peu plus de liberté. N'oublions pas que notre Vertueuse Dame de Valangin était née Guillemette de Vergy et non point « de Blonay » ou « de Gruyères », ce qui lui assurait un statut étranger. Par conséquent, n'importe quel écrit établi à son nom pouvait être considéré comme émanant de l'étranger. Or, c'est à cette époque qu'eut lieu la surveillance par les Cantons Confédérés de notre modeste Comté, découlant surtout des visées expansionnistes de LLEE qui, déjà, ne considéraient notre pays que comme un état vassal. En d'autre temps sa « régence » aurait pu être considérée comme allant de soi, mais dans ce moment difficile la situation se compliquait encore du fait que les héritiers légitimes étaient deux filles. Si Ton ajoute à cela la méfiance inévitable qui pouvait être engendrée chez certains Confédérés par le simple fait que certains membres de la famille comtale de Neuchâtel ou seigneuriale de Valangin avaient été tour à tour et parfois même simultanément dignitaires au Royaume de France et au Duché de Bourgogne, tout en revendiquant certaines alliances helvétiques... S'il est prouvé que nombre de neuchâtelois ont vaillamment combattu aux côtés des Confédérés lors de la bataille de Morat en 1476, par exemple, il n'en demeure pas moins que notre situation demeurait ambiguë par le simple fait que les intérêts de la France et de la Bourgogne étaient souvent divergents ! C'est un peu comme en cette fin de millénaire où certains cherchent à douter et à remettre en cause la politique de notre pays au cours du dernier conflit mondial... Si le contexte humain se jouait sur des échelles diverses, il n'en demeurait pas moins commun à la base.
par Georges Fallet