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Bonsaï
L'origine de cette manière particulière de cultiver des arbres nains se situe en Chine. Même si certains d'entre nous considèrent avec méfiance cette pratique qui peut sembler cruelle et peu naturelle, aux yeux de la culture extrême-orientale le bonsaï est un art cultivé avec amour qui possède un caractère spirituel.
Les Chinois furent les premiers à cultiver des plantes en pots, ce qui est, du reste, à l'origine du mot bonsaï. Le mot oriental est en effet composé de deux idéogrammes signifiant « arbre » (bon) et « pot » (saï). A l'origine, les Chinois prélevaient dans la nature des arbres naturellement nanifiés par les conditions atmosphériques. Ils les plantaient ensuite dans des poteries très colorées. Parallèlement, ils développèrent la technique du « pun sa ï », qui correspond non plus à un petit paysage, mais à un arbre unique dans un pot. On trouve des preuves archéologiques de la culture des bonsaïs à partir du VIe siècle après J.-C., mais cette tradition remonte sans doute à beaucoup plus loin.
De la Chine au Japon
Si, au départ les bonsaïs n'avaient qu'une finalité décorative et étaient réservés à la noblesse, les moines bouddhistes leur ont peu à peu attribué des qualités spirituelles : leur contemplation servait d'exercice de méditation et les moines y voyaient un médium reliant l'homme à la nature, ainsi qu'un symbole d'éternité. Il n'est donc pas étonnant que les premiers spécimens de bonsaïs japonais aient été introduits par des moines bouddhistes.
Les premières traces attestant de bonsaïs au Japon datent de l'an 800 après J.-C. Plus tard, les voyages se multipliant favorisèrent l'implantation de cet art dans les milieux religieux et nobles japonais, qui l'affinèrent en améliorant les techniques afin d'obtenir des arbres toujours plus petits. C'est donc bel et bien la forme japonaise du bonsaï que nous connaissons aujourd'hui. C’est également au Japon que l'art du bonsaï a commencé peu à peu à se démocratiser. Sous l'effet de cette démocratisation, diverses écoles se sont créées et les bonsaïs ont pris peu à peu des formes de plus en plus complexes.
Vers l'Occident
Le bonsaï fait son apparition en Europe à l'occasion de la troisième exposition universelle de Paris en 1878. L'enthousiasme du public devant ces curieux arbres nains est mitigé, les Européens s'avérant incapables de comprendre leur dimension spirituelle. La véritable implantation du bonsaï en Occident ne s'est faite qu'après la Seconde Guerre mondiale, avec un phénomène d'importation massive vers l'Amérique du Nord.
Paradoxalement, c'est une mode venue des Etats-Unis qui permit à cet art oriental de s'imposer en Europe.
Malheureusement, ce qui s'est imposé en Occident est une forme d'art dépourvue de sa valeur symbolique qui a transformé le bonsaï en un bien de consommation comme tous les autres. L'immense majorité des exemplaires vendus dans nos régions sont voués à une mort rapide, et c'est sans doute ce qui produit la répugnance de certains à voir ces arbres sacrifiés à la mentalité de consommation occidentale.
C'est oublier que, selon la tradition, le bonsaï est transmis de génération en génération durant plusieurs siècles, et que seuls des soins extrêmement pointus rendent possible une telle longévité. Quant à l'accusation de torture, c'est oublier un peu vite que la manière dont nous traitons nos arbres de jardin laisse parfois fort à désirer.
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ImagePoint (foto-zimmerli, Oliver J. Graf (Augsburg)) Imprimer l'article