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Lire la Bible: entre foi et raison
«Comment peux-tu dire cela alors que la Bible affirme le contraire? », «La Bible est un livre humain, écrit sur plusieurs siècles, au fil de plusieurs rédactions successives.» Ces affirmations apparemment contradictoires, entendues au détour de quelque conversation, nous posent la question du mode de lecture de la Bible: lue à la lumière d’une rencontre personnelle avec Dieu, d’une tradition ecclésiale, des sciences historiques? Ces différentes lectures se nourrissent-elles ou au contraire se confrontent-elles plus ou moins violemment ? Ma thèse s’intéresse à la naissance de ces problématiques, en prenant pour cas d’étude un pasteur français du XVIIe siècle.
Le XVIIe siècle figure justement comme le moment où l’on commence à appliquer au texte biblique les méthodes développées par les humanistes sur les textes profanes de l’Antiquité. Il est aussi le moment, sous l’impulsion cartésienne, d’une refonte profonde des rapports entre philosophie et théologie. Ces approches posent des questions qui ébranlent le rapport au livre: si ce n’est pas Moïse qui a écrit le Pentateuque, quelle est son autorité sur nos vies? Si le sens littéral d’un texte contredit la raison, comment dois-je comprendre ce texte ? Quelle autorité doit trancher sur le sens? L’Eglise, les savants, ma conscience ou ma raison? Le XVIIe siècle est aussi celui de grands mouvements prophétiques et spiritualistes, qui s’érigent contre l’irruption de la sphère rationnelle dans la sphère religieuse.
Jean Claude, pasteur français de la seconde moitié du siècle, prend ces questions à bras-le-corps, au point d’envisager un projet de nouvelle traduction de la Bible avec un prêtre oratorien, Richard Simon, père de la critique biblique. En ces temps de controverse confessionnelle et d’étranglement progressif des communautés réformées françaises, le projet détonne. Il capotera d’ailleurs et le projet de traduction oecuménique de la Bible attendra le XXe siècle pour être concrétisé. Confronté à des adversaires catholiques comme aux courants prophétiques réformés, Claude repense et énonce de manière nouvelle le statut du texte biblique et les modalités de son interprétation. L’objectif de ma thèse est de comprendre comment foi et raison peuvent s’articuler au XVIIe, mais aussi d’étudier les forces qui influencent cette articulation. Le tout dans l’idée d’examiner si ces anciens modes de lecture permettent de mieux saisir les postures actuelles. —
Concours
Ma thèse en 180 secondes
Prochaine session: printemps 2018