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C. Dervieux, qui avait sans doute collaboré au journal Le Droit Social (Lyon, 24 numéros du 12 février au 23 juillet 1882) organe de la Fédération socialiste révolutionnaire regroupant la plupart des anarchistes de la région, fut gérant à partir du n°4 (18 septembre) de l’hebdomadaire anarchiste La Lutte sociale fondé en août 1886. Le secrétaire de rédaction du journal, Bordat avait été arrêté avant même la parution du premier numéro (28 août) et condamné le 30 août à 4 mois de prison et 5 ans d’interdiction de séjour pour « outrages à un commissaire de police dans l’exercice de ses fonctions ». Pour accroître les ressources du journal, les rédacteurs organisèrent une tombola dont les lots principaux étaient un mousqueton, un revolver, un pistolet et un couteau de chasse ; le tirage eut lieu le 26 septembre 1886 ; Dervieux, gérant, fut condamné par le tribunal correctionnel de Lyon, le 8 octobre, à 16 f d’amende pour avoir, sans autorisation, organisé une loterie ; sur appel du ministère public la peine fut élevée à 100 f d’amende et quinze jours de prison. Le journal, qui connaissait déjà des difficultés financières, ne put se relever de ce nouveau coup et cessa de paraître après le sixième numéro daté 2 octobre 1886.
Dervieux fut membre du « Groupe de la Guillotière et des Brotteaux » le plus important des groupes anarchistes lyonnais créés au début de l’année 1890 (Voir Blonde).
Fin avril 1890, Dervieux avait dû fuir en Suisse pour échapper aux arrestations opérées en vue de prévenir de possibles manifestations dans la ville de Lyon, à l’occasion du 1er mai.
Dans le but de remédier à l’éparpillement des groupes anarchistes lyonnais et de rattacher leur « Parti » à un ensemble régional plus vaste, Dervieux et le compagnon Puillet se rendirent à Vienne (Isère), le 5 juillet 1890, sur l’invitation des militants de cette ville ; il s’agissait d’étudier une éventuelle fusion des groupes de Lyon et de Vienne. Les travaux aboutirent à l’élaboration d’un texte que signèrent les vingt-trois délégués présents à Vienne, texte qui indiquait qu’il était fondé une fédération centrale des forces anarchistes locales dont le siège serait à Vienne ; mais cette fédération centrale était mort-née.
Dervieux, Puillet et Hugonnard représentèrent les anarchistes lyonnais à un congrès des groupes anarchistes de la région organisé à Genève /GE par les anarchistes de la ville au mois d’août 1890 en vue de regrouper les anarchistes sur le plan régional. Le congrès, auquel participèrent une vingtaine de délégués dont Octave Jahn, décida la création d’une Fédération internationale des revendications prolétariennes dont le secrétaire était Chomat et le trésorier Zograffoz. Il en fut de cette fédération comme de la fédération centrale, elle n’eut aucun succès auprès des militants.