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La rue de Lausanne vue autrement…
La rue de Lausanne, que chacun a empruntée maintes fois sans forcément y prêter attention, recèle d’anecdotes et de lieux intéressants voire insolites. Un peu d’histoire générale…
Avec le développement des villes et communes avoisinantes de Genève, il est quelque peu difficile de concevoir la fonction initiale de la rue de Lausanne, qui lui a pourtant donné son nom: il s’agissait en effet de la seule route qui connectait Genève au reste de la Suisse. La rue de Lausanne, anciennement route Suisse, amenait donc à la «porte de Cornavin», et ceci jusqu’à la destruction des fortifications en 1850. L’importance de la rue est multipliée avec la construction de la Gare Cornavin en 1858. Dès lors, des bâtiments commencent à s’ériger le long de cet axe stratégique, et il est attesté qu’en 1863, les constructions s’étendent déjà jusqu’à l’actuelle rue du Prieuré.
La libération de Genève en 1813
Pour commencer cette balade, imaginons les murailles qui encerclaient la ville à la hauteur de l’actuelle rue du Mont-Blanc. C’est devant ces murailles, sur le terrain actuel de la rue de Lausanne, que le général autrichien Ferdinand von Bubna campe une nuit avec ses troupes en attendant qu’on lui ouvre les portes de la cité. Plus précisément, il établit un fortin dans le château Banquet. Cet homme joue un rôle essentiel dans l’histoire de Genève puisque c’est lui qui libère la ville en 1813, après 15 ans d’occupation par l’armée napoléonienne. C’est également lui qui défendra la ville un an plus tard face à un retour offensif de l’armée française.
L’Eglise de la Ste-Trinité
Si l’on poursuit notre route, un bâtiment mérite qu’on s’y attarde pour sa forme atypique: il s’agit de l’église ronde, visible depuis la rue de Lausanne. Celle-ci est construite en 1994, mais une paroisse existait à cet emplacement depuis 1930 dans les locaux d’une ancienne usine de cigarettes. Après plusieurs propositions, c’est finalement une église qui se veut moderne, originale et en adéquation avec le quartier qui voit le jour. Une des explications de sa forme sphérique serait qu’elle est «comme la Terre, càd. cosmopolite», caractéristique qui n’est pas sans rappeler le quartier des Pâquis.
L’OIT aujourd’hui OMC
La rue de Lausanne descend également le long du lac, et passe devant un bâtiment à la fois imposant et entouré de verdure, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). On peut rappeler l’histoire de ce bâtiment, qui fut construit spécialement pour l’Organisation Internationale du Travail (OIT), et utilisé par celle-ci de 1926 à 1974; il devient par la suite le Siège de l’ancien GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), qui aboutit en 1994 à la création de l’OMC.
Des travaux de réaménagement
Finalement, parlons des changements actuels dans cette rue, qui montrent que son évolution est constante; au numéro 27, la Ville entreprend des travaux de surélévation (obéissant à une règle d’harmonisation avec les bâtiments voisins) qui permettront de libérer la cour intérieure et d’y construire un bâtiment destiné à des ateliers d’artistes et d’artisans.
Ce petit voyage à travers les années montre à quel point la rue de Lausanne a été et continue d’être construite, façonnée et transformée par les périodes historiques qu’elle traverse. Quant à son rôle au sein de la Ville de Genève, il a évolué tout en demeurant résolument central.
Sara Kasme