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Littérature épistolaire
Auteur(s): David Amherdt, Clemens Schlip, Kevin Bovier. Version: 10.02.2023.
- La littérature épistolaire en latin à la Renaissance
- La littérature épistolaire en Suisse
- Le contenu des lettres
- La poste suisse au XVIe siècle
1. La littérature épistolaire en latin à la Renaissance
«Les lettres latines des humanistes et de leurs contemporains restent les monuments peut-être les plus intéressants» de la littérature en prose. Une grande partie de cet intérêt est due au fait qu’il s’agit d’un genre littéraire d’une extrême variété, qui rend d’ailleurs toute classification difficile. On peut ainsi distinguer entre lettres réelles (qui peuvent à leur tour être privées ou publiques) et lettres fictives (comme celles que Pétrarque écrivit à des auteurs antiques); entre lettres en prose et lettres en vers (lettres à la postérité, Héroïdes, épîtres à la manière d’Horace). On peut aussi classer les lettres d’après leur contenu: lettres personnelles, lettres sur des questions littéraires, lettres politiques, lettres philosophiques, lettres théologiques, lettres de consolation, lettres contenant des récits de voyage ou la biographie d’un grand homme, etc., ainsi qu’une multitude de lettres préfaces ou d’épîtres dédicatoires, qui sont presque un genre en elles-mêmes. Comme le dit fort bien Marc Fumaroli, la lettre s’enracine «dans l’infinité de l’homme lui-même».
Au Moyen Âge, l’art de la lettre s’était codifié à l’extrême. Schématiquement, l’épistolographie antique, et en particulier la lettre privée, qui est au centre de notre présentation, revient à la vie grâce à la découverte par Pétrarque (1304-1374) d’un manuscrit contenant la plupart des lettres de Cicéron. Cette renaissance traverse toute la période que l’on appelle précisément «Renaissance», qui voit aussi apparaître des manuels définissant la lettre (notamment, dans la tradition antique, comme un sermo absentium, une conversation entre absents) et présentant les divers types de lettres. La lettre, «substitut imparfait mais nécessaire de la conversation orale», est aussi pour les humanistes un signe de reconnaissance sociale et un moyen de mise en scène d’eux-mêmes – pensons aux lettres d’Érasme, qu’il a lui-même en partie publiées. En outre, à une époque qui ne disposait pas des moyens de communication actuels, le genre épistolaire remplissait «plus ou moins la fonction qui est dévolue à présent au journal ou, mieux encore, à la revue littéraire mensuelle». La lettre est en tout cas un formidable miroir du foisonnement intellectuel de la Res publica litterarum de l’époque. Dans ce cadre se pose aussi la question du style de la lettre personnelle, qui, tout en étant censée être une conversation spontanée entre absents, devait aussi être le signe de la maîtrise linguistique du scripteur – en deux mots et pour simplifier, l’épistolier doit faire preuve de neglegentia diligens, de «négligence diligente» ou «soigneuse». Un grand nombre de ces lettres sont d’ailleurs destinées plus ou moins explicitement à la publication, ce qui naturellement peut diminuer leur caractère spontané.
Le corpus épistolaire latin de la Renaissance est énorme. Tous les humanistes, tous les lettrés écrivaient des lettres en latin (quelquefois en grec), et ils en écrivaient beaucoup. Des milliers de lettres manuscrites ont été conservées dans des bibliothèques un peu partout en Europe – d’autres milliers sont perdus. Certaines ont bénéficié d’une édition du temps de leur auteur, ou d’éditions posthumes. En particulier, de nombreuses correspondances répondant à des critères scientifiques modernes ont vu le jour ou sont en cours de publication. Pensons, à titre d’exemple et sans prétendre d’aucune façon à l’exhaustivité, à des entreprises éditoriales en cours, telle la correspondance de Martin Bucer (1491-1551); celle de Philippe Melanchthon (1497-1560); celle de Heinrich Bullinger (1504-1575); celle de Juste Lipse (1547-1606). Mais d’autres épistoliers ont bénéficié, surtout dès le XIXe siècle, d’éditions plus ou moins complètes de leur œuvre épistolaire.
Parmi ceux-ci on peut citer, en plus des personnalités qui viennent d’être mentionnées, le précurseur Pétrarque, qui découvrit les Lettres familières de Cicéron et qui publia lui-même de nombreuses lettres, Pier Paolo Vergerio (1370-1444), Guarino de Vérone (1374-1460), Francesco Filelfo (1398-1481), Aeneas Sylvius Piccolomini (Pie II; 1405-1458), Lorenzo Valla (1407-1457), Angelo Poliziano (1454-1494), Johannes Reuchlin (1455-1522), Conrad Celtis (1459-1508), Guillaume Budé (1467-1540), Érasme (1466, 1467 ou 1469-1536), Willibald Pirckheimer (1470-1530), Luther (1483-1546), Beatus Rhenanus (1485-1547), Juan Luis Vivès (1493-1540). Notons que si certains de ces humanistes n’écrivent qu’en latin (Érasme par exemple), d’autres écrivent en latin et dans la langue vernaculaire (Luther, par exemple), qui prend de plus en plus d’importance à mesure que l’on se dirige vers le XVIIe siècle.
2. La littérature épistolaire en Suisse
La littérature épistolaire des humanistes suisses du XVIe siècle révèle l’intensité des relations entre eux, mais aussi le formidable réseau qu’ils entretenaient avec leurs collègues étrangers de la République des lettres. Sur ce portail, nous présentons notamment des exemples tirés de la correspondance des six grandes figures représentatives de l’humanisme suisse que nous avons choisies: Glaréan, Vadian, Gessner, Fabricius Montanus, Gwalther et Lemnius, qui illustrent l’extrême variété et la vigueur de la littérature épistolaire de l’époque.
Il serait fastidieux de proposer une liste des autres personnalités ayant écrit des lettres, puisque tout lettré en écrivait à l’époque. Nous nous limiterons ici à quelques exemples, en particulier de correspondances importantes en cours de publication ou ayant déjà bénéficié d’une publication plus ou moins systématique, les lettres n’étant pas forcément toutes écrites en latin, mais aussi dans les langues vernaculaires, l’allemand en particulier. Mentionnons en particulier la vaste collection de lettres de Vadian éditée vers la fin du XIXe et au début du XXe siècle par Emil Arbenz et Hermann Wartmann (certaines lettres sont également disponibles dans des éditions récentes de lettres des correspondants de Vadian), la correspondance de Heinrich Bullinger (en cours de publication), celle du cardinal Mathieu Schiner (1465-1522), celle de Zwingli (1484-1531), celle de la famille bâloise des Amerbach ou encore le recueil des lettres adressées au doyen d’Einsiedeln Albert de Bonstetten (1442/1443-1504-1505). De ce dernier recueil, qui comporte 88 pièces, nous avons extrait cinq lettres qui nous plongent dans les premiers temps de l’humanisme suisse; nous avons choisi des exemples représentatifs en rapport avec d’autres œuvres littéraires de Bonstetten ou illustrant sa position au sein de la première communauté humaniste.
Nous avons souligné plus haut le caractère polymorphe du genre épistolaire, et en particulier son statut de genre à la frontière des autres genres. Ainsi, une lettre d’Oswald Myconius, le futur chef de l’Église de Bâle, à son ami Ludwig Carinus, propose une véritable biographie ou Vita d’Ulrich Zwingli.
Les lettres peuvent aussi servir de préfaces programmatiques à un traité ou à une édition, comme dans le cas de l’épître dédicatoire que Heinrich Glareanus écrit à l’ecclésiastique et humaniste polonais Johannes a Lasko pour lui exposer les visées qui sont les siennes dans son manuel de géographie, ou celle qu’il adresse au jeune noble Charles de Wehingen pour lui présenter son manuel d’arithmétique; ces deux épîtres dédicatoires sont présentées conjointement sur ce portail. Mentionnons aussi les épîtres dédicatoires adressées à Charles Quint et à Ferdinand de Habsbourg qui introduisent respectivement les annotations à l’œuvre de Tite-Live et la Chronologie de l’œuvre de l’historien romain. Un autre exemple est la lettre de Conrad Gessner aux autorités zurichoises, où il explique pourquoi et comment il publie son édition expurgée des épigrammes de Martial. Le même Gessner profite de l’édition de son Libellus de lacte pour envoyer à son ami, le médecin Jacob Vogel, sa célèbre lettre sur l’admiration que lui inspire la montagne. Et nous ne parlons pas ici des nombreuses lettres Ad lectores (ou Ad lectorem), qui introduisent de nombreux ouvrages très divers.
Pour ce qui est des lettres fictives en vers, citons les Héroïdes chrétiennes de Rudolf Gwalther, qui, sur le modèle des Héroïdes d’Ovide, regroupent des lettres écrites par des femmes de l’Ancien Testament à leur mari ou amant. Enfin, pour être complets, mentionnons encore, dans le genre de l’epistula autobiographique ad posteritatem, dont le modèle principal est Ovide, Tristes 4,10, l’autobiographie en vers de Fabricius Montanus, où il s’adresse au lecteur.
Terminons ce bref parcours helvétique, forcément incomplet, en mentionnant l’édition et la traduction allemande d’une sélection de lettres de Cicéron (1562) par Johannes Fries, preuve, s’il en était besoin, de l’intérêt que l’on portait aux lettres de l’Antiquité, de Cicéron en particulier, à la Renaissance.
3. Le contenu des lettres
Que trouve-t-on dans les lettres des humanistes suisses? Une foule de sujets variés et quelques lieux communs liés à la codification du genre. Les épistoliers eux-mêmes soulignent l’importance de l’art épistolaire et prétendent que pour le maîtriser, l’étude des humanités et des modèles littéraires (en particulier Cicéron) est nécessaire. De même, il est souvent question des problèmes pratiques d’écriture et d’acheminement du courrier, à une époque où la poste telle que nous la connaissons n’existait pas encore. Le rédacteur s’excuse alors pour les bavures d’encre, la mauvaise qualité du papier, le style peu soigné dû à une rédaction hâtive… Il arrive aussi que les lettres soient accompagnées de colis, qui de temps à autre n’arrivent pas ou arrivent plus tard que prévu chez leur destinataire, provoquant de l’inquiétude et un nouvel échange de lettres.
Le ton d’une lettre est évidemment hautement tributaire du statut social respectif du rédacteur et du destinataire, de sorte que les relations entre correspondants peuvent être complexes: le premier demande-t-il un service au second? Remercie-t-il son correspondant pour un service rendu? Cherche-t-il à gagner ses faveurs? Leurs liens sont-ils professionnels ou amicaux, ou les deux à la fois? Les cas de figure sont multiples.
Du point de vue du contenu, on aborde volontiers les événements récents, qu’ils soient politiques, religieux ou anecdotiques; il est aussi question du décès de grands personnages, de connaissances, d’amis, de parents ou d’autres personnes. Le genre épistolaire est d’ailleurs particulièrement propice aux confidences personnelles, au point que certains auteurs écrivent une mini-autobiographie à leurs correspondants. Ils font le point sur leur état de santé, leurs espoirs ou les deuils auxquels ils doivent faire face; dans ce dernier cas, le correspondant adresse souvent en retour une lettre de consolation. Certains font également part de leurs projets d’écriture, demandent à leur correspondant de leur fournir du matériel (livres, plantes…) ou de relire ce qu’ils ont composé. On discute des occasions de se voir. Plus rarement, on s’étonne d’un événement curieux ou marquant, on se laisse entraîner par la fascination pour la nature.
Les luttes confessionnelles provoquées par l’essor de la Réforme puis de la Contre-Réforme ne sont pas non plus sans effet sur les correspondances: outre les nouvelles échangées entre coreligionnaires sur la progression des idées religieuses en Suisse ou ailleurs, il arrive qu’un auteur, contrarié par la conversion inattendue d’une connaissance, prenne la plume pour tenter de la convaincre de faire machine arrière.
L’état de la patrie fait également partie des préoccupations des humanistes suisses, surtout quand il s’agit de la défendre contre les attaques venues de l’extérieur. Quant aux missives adressées aux autorités civiles ou religieuses, elles concernent bien souvent les questions éducatives, qui sont très importantes aux yeux des intellectuels catholiques aussi bien que réformés. Enfin, les épîtres dédicatoires qui précèdent les œuvres des humanistes contiennent des réflexions générales sur les disciplines du savoir que sont la géographie, l’histoire, la poésie, la philosophie, la morale et d’autres thèmes. Elles permettent en outre à l’auteur de justifier son approche du sujet et de défendre son point de vue.
4. La poste suisse au XVIe siècle
Il est utile de prolonger cet aperçu de la littérature épistolaire en disant quelques mots sur les conditions dans lesquelles les humanistes suisses et leurs contemporains envoyaient leurs lettres, leurs paquets, etc. Nous présentons ici brièvement les débuts du système postal suisse au XVIe siècle, dont certains éléments remontent cependant déjà au Moyen Âge. Il ne sera toutefois pas question des lettres confiées à un ami ou à une connaissance, ni des systèmes de messagers privés, qui en principe n’étaient pas ouverts aux particuliers.
1. Les grands ordres monastiques, en particulier les abbayes bénédictines, disposaient de leurs propres messagers (aussi à cheval à partir du haut Moyen Âge), qui permettaient de «maintenir des communications permanentes entre les divers couvents d’un même ordre». Ils étaient également autorisés à transporter, contre rétribution, des lettres de particuliers. Ce système de messagers, qui conserva son importance jusqu’au XVIIe siècle, ne peut toutefois être comparé «à une poste régulière, dotée d’itinéraires et d’horaires fixes».
2. Depuis le haut Moyen Âge, les étudiants qui se déplaçaient d’université en université pour le compte de la Sorbonne étaient appelés «messagers volants»; le réseau routier qu’ils utilisaient traversait également le territoire suisse. Mais dès les XIVe et XVe siècles, ce système de messagers perdit de son importance.
3. Depuis la fin du Moyen Âge, les corporations participaient elles aussi au service postal et transportaient également des envois privés. C’est particulièrement vrai pour les bouchers du sud de l’Allemagne (y compris la Suisse), qui devaient se rendre sur de nombreux marchés aux bestiaux dans le cadre de leur activité professionnelle, mais aussi, dans une moindre mesure, pour les meuniers et d’autres corporations.
4. Les courriers d’État (ou cantonaux) sont attestés depuis le XIVe siècle dans la Confédération et dans les régions alliées. Ce système de communication ne suivait normalement pas d’horaires ou d’étapes fixes, sauf en temps de guerre. Outre ces messagers à pied, on faisait parfois appel, en cas d’urgence, à des gardes à cheval. Les messagers cantonaux, qui recevaient un salaire pour leurs déplacements officiels ainsi que pour le temps d’attente, à domicile et à l’extérieur, étaient des personnages officiels et représentaient la puissance et la dignité de leur maître; ils jouissaient de l’immunité même en temps de guerre. C’est pourquoi les particuliers leur confiaient volontiers leur courrier contre une taxe et un pourboire. Les autorités toléraient ce type d’activités, non sans certaines restrictions: il était par exemple interdit aux messagers de transporter des courriers privés lorsqu’ils étaient en mission officielle. Dans certains cas, ils avaient même besoin d’une autorisation spéciale pour accepter des commandes privées durant leur temps libre (par ex. en 1511 à Saint-Gall). On sait que Joachim Vadian recourait de préférence au messager de la ville de Saint-Gall Alexius Knobloch pour sa correspondance avec Zwingli, Bullinger et d’autres. Knobloch se servait d’un cabriolet et faisait régulièrement le trajet entre Saint-Gall et Zurich. À la suite du schisme religieux et des turbulences qui en résultèrent, les cantons réformés et catholiques renforcèrent leurs messageries. Le centre du trafic des courriers catholiques, qui comprenait également des monastères importants comme Einsiedeln ou Saint-Gall, ainsi que les évêchés, se trouvait à Lucerne, où résidait le nonce du Pape.
Le terme de «poste» apparaît dans les sources vers la fin du XVe et au début du XVIe siècle, et désigne «des lignes de messagers permanentes, reliant deux points avec des relais pour le changement de coureur et des horaires réguliers». L’innovation décisive résidait dans le fait que le messager n’effectuait plus le trajet en entier, mais après une brève étape confiait sa valise de lettres à un collègue reposé. Cela permettait un service régulier, ininterrompu, de jour comme de nuit, et accélérait ainsi le transport. À Milan, en France et dans l’actuelle Allemagne, des lignes de messagers à cheval existaient depuis le XVe siècle. En Suisse, l’existence de messageries permanentes est attestée à Berne au XVIIe siècle; pour le XVIe siècle, on ne trouve que des indices de l’existence de courriers dont l’action pourrait être assimilée à un système postal, surtout en direction de Bâle. Dans d’autres cantons, le changement intervint plus tôt: Fribourg, par exemple, disposait déjà en 1587 d’«un système régulier de liaison postale par courriers officiels avec Romont, Soleure et Lucerne».
5. Le «Messager de Fussach» ou «le Messager de Lindau» est attesté pour la première fois en 1445. Il s’agissait d’une poste régulière qui passait par la Suisse et comportait les arrêts suivants: Lindau, Fussach, Feldkirch, Vaduz, Luziensteig, Maienfeld, Coire, Reichenau, Thusis, le col du Splügen, Chiavenna, Côme, Milan. Outre les marchandises commerciales au sens strict, cette entreprise de messagers transportait également des lettres, des paquets et des voyageurs. Les quatre messagers étaient choisis par Lindau et Milan et étaient toujours originaires de Fussach, peut-être parce que les catholiques de Fussach étaient mieux vus à Milan que les habitants de Lindau, devenus protestants. La distance entre Fussach et Lindau était parcourue en bateau, le reste en voiture ou à cheval. Pour le trajet terrestre Lindau-Milan, le messager hebdomadaire mettait cinq jours et demi dans des conditions normales, mais parfois plus longtemps en raison des conditions météorologiques.
6. En 1387, Saint-Gall et Nuremberg avaient conclu un accord commercial et décidé de s’envoyer des messagers tous les quinze jours, selon un itinéraire et un horaire fixes (d’où le nom d’«Ordinaire de Nuremberg»). À partir du XVe siècle, des commerçants et des artisans d’autres villes suisses se joignirent à cette entreprise (Schaffhouse, Zurich, Bâle). Celle-ci avait un but lucratif et transportait donc volontiers des envois privés contre paiement. On peut exclure que le rythme de deux semaines convenu à l’origine ait été effectivement respecté. À partir du XVIe siècle, l’entreprise entra en concurrence avec la poste impériale dirigée par les Taxis (plus tard Tour et Taxis), qui réussirent finalement à imposer leur monopole sur le territoire impérial en 1681.
7. Probablement dès 1418, des commerçants saint-gallois créèrent, avec le soutien de partenaires commerciaux extérieurs, une liaison de messagers vers Lyon («Ordinaire de Lyon»), qui fut effectivement desservie régulièrement à partir de 1500 environ; le raccordement de cette ligne à l’Ordinaire de Nuremberg permit de créer une liaison entre le sud de l’Allemagne et le sud de la France via le territoire suisse. Le développement de la Réforme eut pour conséquence que de nombreux centres importants des réformés suisses (en particulier Zurich et Genève) se trouvèrent eux aussi sur le parcours de l’Ordinaire. La liaison avec Lyon gagna également en importance grâce au commerce transatlantique qui débuta après la découverte de l’Amérique. À partir de 1585, les frères Peyer de Schaffhouse créèrent leur propre liaison régulière concurrente vers Lyon. Les développements ultérieurs des entreprises postales saint-galloises, qui cessèrent leurs activités à la fin du XVIIe siècle, ne peuvent être examinés ici.
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C. Gessner, Libellus de lacte, Zurich, Froschauer, 1541), fol. 2ro-7vo.
On voit bien ces différents types de relations dans les lettres adressées à Bonstetten.
Il est question des attaques de l’humaniste allemand Heinrich Bebel dans la lettre de Falck à Vadian.