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La fortune héritée et donnée chaque année en Suisse croît de manière fulgurante. En 2022, elle devrait atteindre 88 milliards de francs au total. En l'espace de vingt ans, cette somme a plus que doublé.
Cette estimation est celle de Marius Brülhart, professeur d'économie à l'Université de Lausanne. Le flux annuel des héritages est devenu l'une des principales variables économiques, dit-il, mais elle n'a guère été étudiée. Pourtant, les héritages ont pris une réelle importance depuis près d'un siècle. Ainsi, la somme des biens hérités et donnés serait désormais nettement plus importante que l'ensemble des rentes AVS versées en Suisse (48 milliards de francs).
Il voit deux raisons pour lesquelles les héritages et les donations deviennent de plus en plus importants:
Selon une extrapolation du professeur d'économie Brülhart, les habitants de la Suisse reçoivent une somme importante jusqu'à la fin de leur vie grâce aux donations et aux héritages: 850 000 francs en moyenne. Celle-ci n'a, toutefois, pas une grande valeur, car les héritages ne sont pas toujours répartis de manière égale. Nombreux sont ceux qui héritent peu ou pas du tout, rares sont ceux qui héritent beaucoup.
Une analyse des données fiscales bernoises a montré que la médiane, c'est-à-dire l'héritage qui se situe exactement au milieu de toutes les données, est probablement deux fois moins importante que la moyenne.
Jusqu'à présent, les testateurs ne pouvaient répartir librement que 37,5% de leurs biens. De la même manière, au moins 37,5% allaient aux descendants et 25% au partenaire enregistré ou au conjoint. Conformément à la nouvelle loi adoptée par le Parlement fédéral, la règle est désormais la suivante: la part obligatoire pour les descendants sera réduite à 25% au 1er janvier 2023. Le montant qui peut être réparti librement passe donc de 37,5 à 50%.
Le projet répond à une forte demande. Les personnes concernées souhaitent privilégier leur partenaire par rapport à leurs enfants et éviter ainsi que la maison familiale soit déjà distribuée aux enfants alors que le partenaire est encore en vie. Les parts obligatoires pour les parents sont également supprimées. Celles-ci s'appliquaient jusqu'à présent lorsqu'une personne n'avait pas d'enfant.
Les études de notaires ont reçu un nombre particulièrement élevé de demandes au cours des dernières semaines, comme l'explique Franz Stämpfli, président de la Fédération suisse des notaires. Beaucoup de personnes concernées se demandent si oui ou non, leur testament doit être modifié.
La réponse est: ça dépend.
Celui qui utilise dans son testament le terme général de «réserve héréditaire» ne doit rien changer. Par exemple, «je désigne mes enfants comme héritiers réservataires et je lègue la part librement disponible au refuge pour animaux». En revanche, ceux qui utilisent des quotas ou des pourcentages dans leur testament peuvent désormais les adapter. Un exemple d'une telle formulation serait «mes enfants doivent recevoir trois huitièmes de mes biens. Le même pourcentage doit être versé au refuge pour animaux».
Selon l'ancien droit, les deux exemples cités ont la même signification. Mais comme les parts réservataires sont désormais plus basses, elles peuvent désormais être chiffrées différemment dans le deuxième exemple. Rien ne change pour tous ceux qui n'ont pas de testament. Dans ce cas, une moitié du patrimoine revient, comme auparavant, au conjoint et l'autre moitié aux autres descendants.
Un testament doit être écrit à la main du début à la fin. Dans les cantons de Berne, Neuchâtel et Vaud, le lieu de conservation des dernières volontés doit être enregistré auprès d'un service central. Dans les cantons de Genève, Fribourg, Valais, Glaris, Uri et Jura, les autorités ont introduit ce système sur une base volontaire.
Selon les données, 220 000 personnes ont déposé des dispositions. Et fait intéressant, davantage d'hommes font un testament: ils sont 75% contre 25% de femmes. Pour ce qui concerne l'âge, la plupart des gens ont entre 50 et 90 ans lorsqu'ils déposent leur testament.
En cas de divorce, le testament s'applique plus tôt qu'auparavant. Selon l'ancien droit, un(e) conjoint(e) ne pouvait être déshérité(e) qu'une fois le jugement de divorce entré en vigueur. Désormais, l'ouverture de la procédure de divorce suffit. Les deux époux peuvent ensuite faire un testament simple afin d'éviter que l'autre personne ne reçoive plus d'argent en cas de décès.
Les réserves héréditaires ne peuvent être contournées que dans de rares cas. C'est le cas, par exemple, lorsque l'héritier a commis un délit grave contre la personne décédée.
Traduit de l'allemand par Nicolas Varin
Un couple de personnes âgées a été retrouvé mort mardi soir dans son logement, situé dans une localité du littoral neuchâtelois. Il s’agit d’un nonagénaire et d’une femme octogénaire. Une arme à feu a été découverte.