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Un lecteur attentif de la Bible
La parfaite connaissance qu’a Rembrandt des textes bibliques qu’il traduit en images s’explique par sa lecture assidue de la Bible. L’abondance de ses œuvres à sujet biblique prouve la profondeur de son intérêt, de même que les sept eaux-fortes qu’il consacre à saint Jérôme, le traducteur de la Bible en latin, la Vulgate, absorbé dans sa lecture des Écritures. En outre, Rembrandt a fréquenté de ses sept à ses quatorze ans environ, l’école latine de Leyde dont le cursus prépare à l’Université et qui enseigne entre autres le latin et la théologie.
À son décès, un seul livre est retrouvé chez lui, une Bible, et lors de l’inventaire de ses biens en 1656 au moment de sa faillite, parmi les vingt-deux livres recensés, se trouve « une vieille Bible ». Il est impossible de savoir avec certitude s’il s’agit d’une Bible latine, d’une Bible néerlandaise ou de la Bible des États, Statentbijbel, la Bible officielle des Provinces-Unies parue en 1637 et contenant un commentaire inspiré de Calvin et de saint Paul notamment. Néanmoins, il est certain que Rembrandt a consulté la Bible des États et son interprétation, et sans doute une vieille Bible hollandaise contenant la traduction des livres apocryphes basés sur la Vulgate. En particulier le Livre de Tobit2 dont Rembrandt grave par trois fois des épisodes, accepté comme texte canonique par le concile de Trente en 1546, rejeté par Calvin mais admis par l’Église réformée hollandaise comme authentique, bien qu’en dehors du canon et donc non commenté dans la Bible des États.