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Service Sismologique Suisse (SED)
Le Service Sismologique Suisse (SED) à l'ETH de Zurich est le principal organisme du gouvernement fédéral compétent en matière de tremblements de terre. Le SED est responsable de l'observation et de l'étude des tremblements de terre en Suisse et dans les régions limitrophes. En cas de tremblement de terre, le SED informe le public, les autorités et les médias sur la localisation, la magnitude et les effets possibles. Les activités du SED sont impliqués dans les actions du programme fédéral pour la réduction du risque sismique.
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Le 26 octobre 2016 à 21:18, l’Italie centrale a été secouée par un fort séisme. D’après les indications du service sismologique italien (INGV), le séisme avait une magnitude de 5.9 et une profondeur de 8 km. L’épicentre se situait environ 15 km au nord-est de Norcia. Deux heures avant, un séisme de magnitude 5.4 s‘était déjà produit. Dans les heures et jours à venir, il faudra compter avec d’autres répliques qui pourraient être aussi puissantes que le séisme principal. Mais un séisme plus grand ne peut pas être exclu non plus.
Pour le moment, nous n’avons pas de rapports détaillés sur les dégâts et victimes, mais des écroulements et coupures d’électricité ont été rapportés. La première secousse pourrait avoir incité un grand nombre de personnes à sortir de leurs maisons avant la secousse principale. Le séisme a été ressenti dans une grande partie de l’Italie et même en Suisse, surtout au Tessin. En Suisse, des séismes d’une intensité comparable ne se produisent que tous les 50 à 150 ans. Le dernier séisme de pareille intensité a touché le Valais en 1946.
L’épicentre du séisme actuel n’était qu’à 20 km de l’épicentre du séisme du 24 août 2016, qui avait entraîné près de 300 morts. Compte tenu de la proximité des trois séismes, ils sont vraisemblablement liés.
L’Italie centrale est une région régulièrement touchée par de puissants séismes. Le séisme de L’Aquila en 2009, qui a causé plus de 300 morts, s’était produit environ 60 km au sud du séisme actuel. La séquence dite d’Ombrie et des Marches avec un choc principal d’une magnitude de 6, accompagné de plusieurs séismes d’une magnitude de 5 et plus, s’était produite en 1997 au nord de la séquence actuelle. Les conditions tectoniques de cette région sont très complexes. La subduction de la microplaque adriatique située sous les Apennins et l’ouverture du bassin Tyrrhénien à l’ouest entraînent une extension des Apennins dans l’axe nord-est/sud-ouest. Cette déformation entraîne des tensions dans la zone montagneuse qui se déchargent avec le temps sous forme de séismes. Les séismes dans cette région ont souvent lieu très près de la surface (profondeur: environ 10 km), ce qui peut entraîner de fortes secousses et d’importants dommages.
26.10.2016

Un séisme de magnitude 4.1 s’est produit lundi le 24 octobre à 16:44 près de Leukerbad (VS) à une profondeur d’environ 8 km. Les secousses ont été ressenties dans presque toute la Suisse. Les vibrations ont atteint une intensité épicentrale de V, c’est-à-dire que le séisme a été ressenti nettement dans tout le Valais. Jusqu’à présent, aucun dégât ne nous a été rapporté.
La plus grande part des séismes en Suisse se produit en Valais. Le dernier séisme ressenti avec une magnitude de 3.4 s’était produit le 2 octobre à la frontière franco-suisse. Dans la région épicentrale, le dernier séisme ressenti, d’une magnitude de 3.2, s’était produit en 2003. Le dernier séisme qui a provoqué des dégâts notables dans la région, s’est passé il y a 70 ans. Le 25 janvier 1946, un séisme de magnitude 5.8 a secoué la région de Sierre et la vallée du Rhône.
Un séisme de cette magnitude n’est pas extraordinaire en Suisse, bien que le dernier séisme comparable se soit produit en 2013 près de Sargans. En moyenne, un tel séisme se produit tous les trois à cinq ans en Suisse. Un tel séisme provoque de nombreuses répliques dans les heures et jours qui suivent, qui pourraient aussi être ressenties. Dans de rares cas, un séisme plus fort peut aussi avoir lieu.
24.10.2016

Un séisme de magnitude 3.9 s'est produit le 7 octobre à 9:27 près de Juf GR. Le tremblement de terre a été fortement ressenti dans tout le canton des Grisons. Le séisme a atteint l'intensité IV dans la zone épicentrale. Aucun dégât ne nous a été signalé jusqu'à présent et ceux-ci ne sont possibles qu'exceptionnellement pour une secousse de cette intensité. Des témoignages de ressenti du séisme nous sont également parvenus des cantons d'Appenzell, Berne, Glaris, Tessin et Uri. D'après nos observations actuelles, les secousses ont été perçues dans un rayon d'environ 100 km. Plus de 150 personnes ont témoigné jusqu'ici à propos du séisme sur la page web du SED. Onze séismes de magnitude 4 ou supérieure ont touché les Grisons sur les 40 dernières années. Le dernier événement du même ordre de grandeur s'est produit le 21.01.2008 à Paspels.
Les
Grisons ont toujours connu les tremblements de terre. La carte d'aléa
sismique actualisée en 2015 montre que le canton des Grisons présente le
plus fort aléa après
le Valais et la région de Bâle. Le
plus grand séisme historique dans le canton s'est produit à Churwalden
en l'an 1295 et avait une magnitude de 6.2. En 1622, un séisme de
magnitude 5.4 touchait la région
de Ftan. Le séisme du 7 octobre a eu lieu au Sud de Savognin, dans une
région où les séismes ont été rares et en général non ressentis au cours
des 30 dernières années. En 2009 s'est produit un événement de magnitude 3.6 près de Bivio.
Dans les jours précédents, trois séismes de magnitude 3 ou supérieure se sont produits en Suisse (voir les Actualités à propos de Vallorcine et Göschenen). Bien qu'une telle sismicité ne soit pas habituelle, l'activité sismique observée en 2016 se situe dans les valeurs normales. En moyenne, 15 séismes ressentis par la population se produisent chaque année. L'activité sismique en 2016 se situe jusqu'ici en dessous de la moyenne des dernières décennies, bien que de telles variations soient normales.
07.10.2016

Petits séismes à Bâle
Un séisme de magnitude 1.9 a été enregistré dimanche 2 octobre à 7h57 (heure locale) à Bâle à une profondeur de 4 km environ. Au même endroit, deux autres séismes de magnitude 0.8 et 1.4 s’étaient déjà produits les 29 et 30 septembre 2016. Tous ces événements ont eu lieu dans le socle cristallin et à proximité immédiate du forage profond du projet de géothermie mis en place en 2006 (DHM Basel). Ils sont donc très probablement en lien direct avec l’injection d’eau réalisée à l’époque pour générer un échangeur thermique en profondeur (principe de la géothermie pétrothermale). Cela nécessite donc une comparaison avec les précédents séismes, déclenchés par la stimulation hydraulique dans le cadre du projet DHM depuis décembre 2006 (voir illustration). Les séismes des derniers jours n’ont pas été ressentis par la population et n’ont produit aucun dommage. Le séisme de dimanche est jusqu’ici le plus gros enregistré depuis fin 2007. Il dépasse ainsi celui s’étant produit en juin 2013 qui avait atteint une magnitude de 1.7 (voir les actualités 2013).
L’activité sismique dans la zone stimulée du DHM a diminué de manière plus ou moins continue depuis la fin du projet. L’occurrence de répliques comme celles-ci après un changement de contraintes dans le sous-sol n’est pas inhabituelle et peut également s’observer pour les séismes naturels. On peut citer en exemple le séisme du 2 octobre 2016 près de Vallorcine (F) qui constitue une réplique de l’événement de magnitude 4.9 du 8 septembre 2005. D’après les modèles réalisés par le SED en 2009 (Bachmann et al. 2010), cela pourrait prendre vingt ans pour que l’activité sismique autour du DHM-Bâle ne revienne au niveau d’avant les stimulations.
En ce qui concerne le déroulement exact de la sismicité dans le futur à proximité du forage profond Basel-1, on ne peut rien affirmer avec certitude. Le canton a chargé le SED de reprendre l’exploitation de deux stations en fond de forage du réseau de surveillance de l’exploitant du DHM depuis mai 2012. On y trouve un sismomètre à une profondeur de 2.7 km qui délivre des données sismiques depuis novembre 2006. Cela garantit une surveillance d’une sensibilité constante. Le SED analyse les données collectées à proximité de l’ancien projet de géothermie en continu avec les méthodes d’analyse les plus modernes et peut ainsi informer les autorités compétentes et la population à propos des plus petits changements de l’activité sismique induite.
03.10.2016

Séisme ressenti dans le massif du Saint-Gothard près de Göschenen
Un séisme de magnitude 3.3 s'est produit le 3 octobre 2016 à 08:43 dans le massif du Saint-Gothard près de Göschenen (UR) à une profondeur de 5 km. Le tremblement de terre a été ressenti par quelques personnes dans les cantons de la Suisse centrale, au Tessin, dans les Grisons et dans le Haut-Valais. Durant ces dernières années, cette région a connu de nombreux petits séismes mais aucun n'avait jusqu'à aujourd'hui été ressenti par la population. On ne s'attend à aucun dégât pour un séisme de cette magnitude.
03.10.2016

Nouveau tremblement de terre à la frontière franco-suisse
Un séisme de magnitude 3.4 s’est produit dimanche 2 octobre à 01:17 (heure locale) avec un épicentre à nouveau près de Vallorcine (F). Comme les derniers événements du 9 avril 2016 (magnitude 3.0) et du 23 novembre 2014 (magnitude 3.2), il a eu lieu dans la partie ouest de la zone activée par le séisme du 8 septembre 2005 (magnitude 4.9). Il s’agit donc également d’une réplique de cet événement, la plus forte depuis 2012. Le séisme de dimanche a été précédé d’un plus petit de magnitude 1.3 et a lui-même généré plusieurs répliques, la plus forte de magnitude 1.8.
Comme pour les événement précédents, le séisme de dimanche a été bien ressenti en Suisse particulièrement à Martigny, dans le Val d'Illiez et dans la vallée du Rhône comme nous l'ont signalé plus de 150 personnes sur notre site. Du côté français, le séisme a été ressenti dans la vallée de Chamonix et la vallée du Haut-Giffre d'après les données du Bureau Central Sismologique Français (BCSF). On ne s’attend à aucun dégât pour un tel événement.
02.10.2016

C’est bien connu, les tremblements de terre sont impossibles à prévoir. Il est néanmoins possible grâce à des systèmes d’alerte sismique précoce d’avertir les zones éloignées de l’épicentre dès que des ondes sismiques sont enregistrées et analysées par les premières stations de mesure. Une rupture sismique se propage à une vitesse de 2 à 3 kilomètres par seconde le long d’une faille. Ainsi, lors d’un séisme de magnitude 7, quelque 20 secondes suffisent pour parcourir une faille d’environ 50 kilomètres d’une extrémité à l’autre.
Une question passionnante persiste donc encore aujourd’hui en sismologie: un séisme «sait-il» quand il est «âgé» d’à peine 1 à 2 secondes la taille qu’il fera plus tard? Les scientifiques du Caltech (California Institute of Technology) et du Service Sismologique Suisse se sont penchés sur cette question dans un article publié récemment. A la recherche d’une réponse, ils ont analysé les signaux sismiques provenant de plus de 3000 séismes à faible profondeur d’une magnitude de 4 ou plus enregistrés dans les stations accélérométriques situées près des épicentres (rayon de 25 kilomètres au maximum). Les résultats montrent que les petits comme les gros séismes se développent de la même manière au début. La taille finale n’est prévisible que lorsque le processus de rupture se trouve déjà à un stade bien avancé. D’après cette étude, il restera impossible à l’avenir de prévoir au début d’un séisme la taille finale de la rupture et la magnitude. Les systèmes d’alerte sismique précoce ne pourront donc en aucun cas anticiper d’emblée l’ampleur des dégâts causés par un séisme. Ils doivent donc, au contraire, suivre la rupture en temps réel afin d’augmenter le niveau d’alerte si elle se poursuit.
Lien vers le résumé: Research Spotlight «All Earthquakes Are Created Equal»
Lien vers l’article dans Geophysical Research Letters: Men-Andrin Meier, Thomas Heaton et John Clinton: «Evidence for universal earthquake rupture initiation behavior»
28.09.2016

L’expérience ISC : la géothermie profonde et les séismes induits
L’expérience «In-situ Stimulation and Circulation (ISC)» unique au monde est sur le point d’entrer dans sa phase chaude ou mouillée. En décembre 2016 dans le laboratoire souterrain de la Nagra situé au Grimsel à une profondeur de 450 m sous la surface terrestre, jusqu’à 1 m3 d’eau sera injecté à haute pression dans la roche cristalline ; les modifications ainsi engendrées seront mesurées de manière très fine pour être analysées. Le Dr Florian Amann et son équipe interdisciplinaire entendent ainsi en savoir plus sur la manière de générer la perméabilité rocheuse indispensable pour faire fonctionner un projet de géothermie profonde, sans que celui-ci ne déclenche de séisme ressenti ou soit potentiellement source de dommages. L’expérience est placée sous la direction du Centre suisse de compétence en approvisionnement en électricité (SCCER-SoE).
Le Service Sismologique Suisse (SED) exploite plusieurs stations de mesures sismiques dans la région du Grimsel et apporte son assistance à l’expérience ISC pour la surveillance sismique, l’analyse des données et l’interprétation des événements.
Pour en apprendre plus sur l’expérience ISC, jetez un coup d’œil sur les émissions de radio et de TV ainsi que les articles de presse suivants :
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