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L'office du Pétardier était très dangereux à plus d'un titre. C'est pourquoi, ces hommes ont cherché à se protéger en endossant une armure qui fusse plus solide, donc plus lourde, mais moins complète qu'un homme de pieds, lui permettant de mieux bouger.
Comme le dit un traité militaire du début du XVIIIème siècle, "il n'en est point qui soient plus exposé car, si les assiégé s'aperçoivent de cette manœuvre, ils choisissent le Pétardeur et ne manquent presque jamais".
Si on veut surprendre par pétard, il faut premièrement bien reconnaître les portes, barrières, palissades, ponts, trébuchets, herses et grilles. La hauteur, la largeur et l'épaisseur des murs et autres, si le fossé est sec ou en eau, s'il est large ou profond, s'il y a des mâchicoulis, des corps de garde et où, si l'entrée est droite ou en détour, et toutes autres choses.
Les lieux qui sont les plus accessibles ou étant les plus aisés à pétarder sont aussi souvent les plus dangereux pour les Pétardiers, car c'est là que l'on met d'ordinaire les meilleurs corps de garde.
L'invention du pétard était récente lors de son utilisation à la prise de Cahors en mai 1580 par le roi de Navarre, le futur Henri IV.
Les pétards utilisés lors des opérations de siège ou d’assaut sont des récipients cylindriques ou tronconiques en métal épais, (bronze, cuivre, fer, étain, plomb ou même fabriqué en bois et cerclé de bandes d'acier remplis de poudre). La partie non fermée s’appliquait contre l’obstacle à renverser ou à fracasser comme des barrières, ponts-levis, herses, grilles, murailles, à éventrer des mines, etc.
Ses dimensions et sa force doivent être proportionnelles à la résistance de l'objet à abattre. Pour charger le pétard, une recette des plus employées était celle de tasser la poudre par couches en faisant attention de ne pas la d’égrener et cela jusqu'à faire contenir au pétard une fois et demi la quantité de poudre qu'il pouvait renfermer sans que celle-ci soit battue. Ensuite, on fermait la bouche au moyen d'une plaque de cire. Le pétard était alors prêt à être attacher au madrier. Grâce à cette planche de bois de forme carrée aux dimensions proportionnelles au pétard et renforcée par des bandes d'acier, l'effet du pétard était étendu sur une plus grande surface. Pour l'application contre une porte, on enfonce dans celle-ci un tire-fond où on attache le pétard de façon que sa bouche et son madrier se plaquent bien contre la porte. Si celle-ci est ferrée et empêche la fixation du tire-fond, on soutient le pétard par une fourche de fer ou autres inventions. Il ne reste qu'à mettre le feu à la fusée d'amorce qui doit être de composition lente afin de permettre l'éloignement du pétardier.
Selon les anciens récits de l'Escalade, les Savoyards avaient plusieurs pétards, et, lors des combats, ils appliquèrent deux ou trois contre les portes des maisons de la cité, lesquelles formaient une muraille intérieure face à la courtine de la Corraterie, lieu de l'Escalade : l'une de ces portes était celle de l'écurie de Julien Piaget.
Cependant l'objectif le plus important attaqué au moyen du pétard était la porte Neuve, seule porte donnant au sud, où le gros des troupes attendit dans les terrains de Plainpalais. La faire sauter aurait permis à ces soldats d'invertir en masse la ville. On sait que cette tentative fut infructueuse, Picot, le pétardier chargé de détruire la porte, ayant laissé sa vie dans cette entreprise.