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Frédéric Hainard a été condamné mardi par la Cour pénale neuchâteloise pour abus d'autorité et faux dans les titres. L'ancien conseiller d'Etat écope d'une peine pécuniaire de 60 jours-amende à 160 francs avec sursis pendant deux ans.
Frédéric Hainard était absent lors de l'énoncé du jugement. Son avocat n'a pas souhaité faire de commentaires. Reste que la Cour pénale a aggravé la peine prononcée en première instance en septembre. Le tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers avait condamné Frédéric Hainard à 40 jours-amende à 100 francs avec sursis durant deux ans.
La cour a donc rejeté l'appel interjeté par l'avocat de l'ancien ministre et l'a aussi condamné à une peine pécuniaire de 1900 francs. La juge présidant la Cour Florence Dominé a eu des mots très durs à l'égard de l'accusé. "La gravité des infractions ne doit pas être sous-estimée", a-t-elle ajouté, estimant que le prévenu n'avait pas pris la mesure de ses actes.
L'affaire jugée remonte à 2010. Frédéric Hainard était accusé d'avoir outrepassé ses fonctions dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de fraude à l'aide sociale alors qu'il était conseiller d'Etat. Trois plaignants, dont une mère connue sous le nom d'Olivia, demandent réparation. Une plainte pénale a été déposée contre l'ancien ministre après un interrogatoire nocturne.
Erreur payée au centuple
"Ce qui frappe dans cette affaire, c'est la constance avec laquelle Frédéric Hainard veut nous persuader que tout ce qu'il a fait était de l'intérêt de l'Etat", a estimé le procureur Renaud Weber. Pour le magistrat, le prévenu a agi de manière disproportionnée.
"S'agissant de mon comportement, je confirme que sur le plan politique c'était une erreur que j'ai payée au centuple. Sur le plan juridique, je referais la même chose", a déclaré Frédéric Hainard, interrogée mardi matin par la présidente de la Cour pénale.
Comme lors du procès en première instance, l'ancien ministre a affirmé s'être comporté comme le permettait le champ d'application de ses compétences que lui octroyait sa fonction de chef du Département de l'économie. Il estime n'avoir fait que contrôler les activités du Service de la surveillance et des relations du travail (SSRT).
Pour son avocat, Frédéric Hainard agissait dans le cadre de ses fonctions. Le contrôle sur le terrain entrait dans le cadre du mandat d'un conseiller d'Etat, a ajouté le mandataire qui demande l'acquittement de son client."Au niveau pénal il n'y a rien", a ajouté Ivan Zender.
Cinq ans après les faits, la principale plaignante a déclaré qu'elle était toujours sous antidépresseurs. "J'ai toujours voulu savoir pourquoi Monsieur Hainard m'a traitée de cette façon", a-t-elle ajouté.
ATS