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Janis Joplin (1943-1970), morte d’une overdose d’héroïne dans un motel américain en 1970, est l’une des plus grandes stars du rock du vingtième siècle. Ses chansons bluesy et jazzy ont marqué des générations de chanteurs, mais aussi d’artistes plus généralement, depuis le début de sa carrière en 1966. Retour avec PSUCHE sur quelques-unes des meilleures séquences d’une des voix les plus riches du siècle dernier.
Janis Joplin naît dans une famille de la classe moyenne, issue de l’industrialisation (du Sud) des Etats-Unis, en 1943 à Port Arthur. La petite ville située le long de la baie du Golfe du Mexique connaît une croissance rapide de sa population, qui travaille essentiellement dans le pétrole. Janis Joplin grandit dans un climat hostile – le conformisme ambiant parmi la classe blanche n’aidant pas au mélange des idées -, principalement à l’égard d’une jeune fille qui s’affirme de plus en plus comme anti-conformiste, rebelle et indépendante. Janis refuse la suprématie masculine, des Blancs sur les Noirs, lutte pour ce qu’elle considère comme des droits inaliénables, préfigurant par là un certain courant féministe (à une époque où le mot n’est pas encore entré dans les consciences).
Ses inspirations sont Bettie Smith, Otis Redding et Etta James. La voix de Joplin s’inspire des modèles noirs, du jazz, du blues, des débuts du rock’ and roll (Elvis commence à peine). D’abord sur la pointe des pieds, puis de manière de plus en plus forte, Janis chante comme elle respire. Sans aucun professeur, en imitant les autres, se découvrant elle-même via la peinture notamment, elle découvre ses qualités immenses de chanteuse. Tout en vivant une vie controversée, avec nombre d’hommes (et de femmes) qui partagent son lit, défaisant et refaisant sa vie, Janis se cherche – et se trouve.
Elle décide à l’été 1964 de partir pour la Californie, à San Francisco. Là-bas, elle trouve des amis, des âmes soeurs – et son groupe, Big Brother & The Holding Company. Ils partent de presque zéro, avec un répertoire famélique, mais vont bientôt faire la une grâce à Janis. Opérant une véritable refonte artistique du groupe formé par Sam Andrew, Peter Albin, Dave Eskerson et Chuck Jones, elle lui confère une identité rock implantée dans l’atmosphère détendue de la Californie. C’est l’époque du peace & love, des hippies et bientôt du Festival International de Pop de Monterey (Californie). Big Brother et Janis y livrent une performance inoubliable – Janis explosant littéralement sur scène sur une reprise de « Ball and Chain » de Big Mama Thornton.
Joplin devient une mégastar aux Etats-Unis. Comme de nombreux artistes et âmes sensibles, les drogues l’attirent autant qu’elles la révulsent. Seule la plupart du temps, elle devient accroc à l’héroïne ; ses performances s’en ressentent, quoiqu’elle continue d’assurer une présence stupéfiante sur scène, où elle donne tout. Mais à tout donner, autant d’amour que de haine, de joie que de peine, Janis s’enfonce peu à peu dans le kozmic blues, un drôle d’état dont elle seule détiendrait les clés, si seulement elle savait s’en servir.