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Roches ignées
Les roches ignées (d’un mot latin signifiant « le feu ») naissent à partir d’une masse en fusion qui se refroidit et cristallise. Une coulée de lave à la surface d’un volcan, qui illustre un tel phénomène, a inspiré les premiers naturalistes qui se posaient des questions sur l’origine des roches. De cette observation naquit l’idée d’un magma, masse en fusion montant des profondeurs vers la surface de la terre. Des magmas peuvent ne pas atteindre la surface, mais rester prisonniers dans l’épaisseur de la croûte terrestre où ils refroidissent lentement.
Et ce fut l’origine d’une première classification des roches magmatiques (ou ignées) :
- Les laves qui arrivent en surface se refroidissent très brusquement ce qui ne laisse pas aux cristaux le temps de bien se développer ; ces laves ne montrent donc généralement pas de cristaux visibles à l’œil nu voire ne contiennent pas de cristaux du tout et sont des verres volcaniques ou obsidiennes. Les plus connues des obsidiennes sont les pierres ponces qui, en perdant leurs gaz, se sont expansées comme une mousse.
- Les magmas qui restent en profondeur s’y refroidissent très lentement, ce qui laisse aux cristaux le temps de bien se développer. Il en résultera une roche grenue, chaque grain étant un cristal de quelques millimètres, donc parfaitement visible à l’œil nu. Exemple d’une telle roche : le granite (que les géologues écrivent toujours avec un « e » à la fin, contrairement aux autres usagers, comme les carriers, qui se contentent de granit!).
Les premiers chimistes qui réussirent à analyser un magma découvrirent qu’il avait une composition voisine des préparations industrielles destinées à la fabrication du verre : ce sont donc des silicates de potasse, de soude, d’aluminium, de fer et de magnésium. D’un magma à l’autre, il y a des variations ; dans l’industrie également, les compositions ne sont pas les mêmes suivant que l’on veut fabriquer des verres de vitre ou des verres de bouteilles. Dans la nature, il existe des roches blanches et d’autres qui sont plus colorées et cela dépend de la composition du magma qui leur a donné naissance.
- Les magmas qui donnent naissance à des roches claires comme les granites sont surtout riches en silice, cristallisée sous forme de quartz (SiO2), en aluminium, en potasse et en soude qui se trouvent dans les cristaux de feldspath. Ces roches sont dites acides. Vous trouverez souvent ces roches décrites comme roches acides.
- Les magmas qui donnent naissance à des roches colorées ou sombres comme les basaltes contiennent toujours de la silice, mais sont riches en fer (colorant), magnésium et calcium. Ces éléments entrent dans la composition de cristaux de mica noir, de pyroxène, d’amphibole, d’olivine, tous plus ou moins colorés. Ces roches sont dites des roches basiques à cause de la présence de ces éléments.
Cette classification chimique complexe, peut être simplifiée, car deux roches magmatiques vont jouer un rôle capital à la surface de la terre : les granites et les basaltes. Ils se répartissent en fonction de leur taux d’acidité et de leur vitesse de refroidissement. Pour une même composition chimique, il y a toujours la lave superficielle et son équivalent profond. Mais l’équivalent profond du basalte, le gabbro, est rare comparé au granite. De même, les laves rhyolitiques n’atteignent de loin pas la fréquence des basaltes.
Quelle est la raison de ces différences de répartition ? Nous aurons l’occasion d’y revenir, mais, en résumé, le basalte constitue le fond des océans (70% de la surface du globe) et le granite forme les continents. Les autres roches sont des exceptions pouvant couvrir des milliers de kilomètres carrés tout en restant très subordonnées en comparaison des granites et des basaltes. Ne soyez donc pas surpris si, ouvrant un livre spécialisé, vous y trouvez la description de dizaines de roches ignées, toutes différentes les unes des autres !
Ces roches existent-elles vraiment en Valais ? Pour les granites, la réponse est largement positive : le granite constitue des montagnes entières dans le massif du Trient ou dans la région d’Aletsch, par exemple. En ce qui concerne les basaltes, il n’y a pas de volcans chez nous et les laves fraîches manquent. Mais il y a d’anciens volcans dont les laves ont subi des transformations assez importantes : elles seront décrites dans le paragraphe consacré aux roches métamorphiques. Ces laves sont même accompagnées de beaux gabbros relativement peu transformés (Aiguilles-Rouges d’Arolla) et de masses particulièrement riches en fer, magnésium et calcium, ce qui leur a valu d’être considérées comme plus basiques que normal : ce sont des ultrabasites (ou serpentinites de la région de Zermatt, pour citer un exemple).
Bibliographie
- Marcel Burri, Les roches, Martigny, 1994
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