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Avec une certaine familiarité, Henri Guillemin s'attaque à une ébauche de portrait de Chateaubriand. Difficile en effet de cerner la personnalité de l'auteur des Mémoires d'outre-tombe.
Avec sa manière habituelle, Henri Guillemin s'intéresse tout aussi bien à ses écrits qu'aux témoignages de ceux qui ont côtoyé «cet homme considérable».
François René de Chateaubriand née à Saint-Malo en 1768. Ayant passé son enfance en Bretagne, à Combourg, il voit sa carrière militaire interrompue par la Révolution. En 1791, il part en Amérique mais revient se mettre au service de la monarchie puis, en 1793, émigre en Angleterre.
En 1800, il est de retour en France et se consacre aux lettres. Il publie Atala et René, inclus dans la première édition du Génie du christianisme, vaste apologie qui correspond aux desseins de Bonaparte.
L'assassinat du Duc d'Enghein accentue l'hostilité qu'il éprouve pour Napoléon. Chateaubriand part alors en Orient, avant de jouer un grand rôle politique à la Restauration. Il est nommé ambassadeur à Londres, en 1822, puis ministre des Affaires étrangères, jusqu'en 1824.
En 1830, Chateaubriand refuse l'orléanisme et se consacre désormais à ses Etudes historiques et à la rédaction de ses Mémoires d'outre-tombe où, dans un style très relevé, il exprime admirablement, à travers sa vie et sa sensibilité, les aspirations de son siècle. Il meurt à Paris en 1848.
Henri Guillemin est né le 19 mars 1903 à Mâcon. Il fréquente l'Ecole normale supérieure et obtient une agrégation en lettres en 1972. Professeur dans plusieurs universités françaises, il est contraint de quitter Bordeaux en 1942 pour se réfugier en Suisse. Il entretient des liens privilégiés avec Neuchâtel où il séjourne fréquemment.
En 1945, Henri Guillemin devient conseiller culturel auprès de l'ambassade de France à Berne, puis, de 1963 à 1973, professeur à l'Université de Genève. Il s'éteint le 4 mai 1992 à Neuchâtel.
Spécialiste du XIXe siècle, il a été tout à la fois historien, critique littéraire et écrivain prolifique. Cet intellectuel non-conformiste a suscité autant l'admiration du grand public que la critique féroce des milieux académiques. Il a ainsi été banni des télévisions française et belge. Cet ostracisme a fait le bonheur des téléspectateurs de Suisse romande qui ont pu profiter de ses talents de conférencier entre 1958 et 1973.
Avec Les Dossiers de l'Histoire, l'historien a rendu accessible des questions historiques de première importance. Henri Guillemin a également fait découvrir aux télespectateurs l'oeuvre d'Arthur Rimbaud, Emile Zola et Léon Tolstoï. Ses conférences télévisées, un genre disparu aujourd'hui, ont été un rendez-vous important sur la TSR.