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La symétrie est presque parfaite. Cet enchevêtrement de tubes, de métal et de passerelles, filmé ainsi en perspective, suggère à la fois une impression d'infini et de technologie futuriste. Le décor paraît trop sophistiqué pour être celui d'une usine. En réalité, il s'agit là d'une image du LHC (Large Hadron Collider) du CERN, le plus grand accélérateur de particules du monde. C'est grâce à lui, et surtout à ceux qui l'ont conçu, que la science a fait un pas de géant en découvrant (en identifiant serait plus juste) le boson de Higgs en juillet 2012. C'est-à-dire une particule élémentaire de la physique subatomique qui pourrait, selon sa masse, expliquer aussi bien l'équilibre à l'oeuvre dans l'univers que l'existence d'autres univers reliés entre eux par le temps.
Ces deux notions, les supersymétries et les multivers, sont abordées dans La Fièvre des particules (Particle Fever) de Mark Levinson, documentariste américain qui a planté ses caméras au CERN depuis 2008 pour y suivre les travaux d'une poignée de physiciens. Dont une femme, Fabiola Gianotti, qu'on distingue en train de discuter sur la photo ci-contre (photo toujours tirée du même film) devant une autre partie du LHC. Elle vient d'être nommée directrice du CERN et prendra ses fonctions le 1er janvier 2016.
Mais revenons à l'image du haut. On y remarque un homme coiffé d'un casque jaune, en bas, fixant l'objectif. Il permet de se faire une idée de l'échelle du LHC, dont on ne voit qu'une partie ici, puisqu'il s'étend sur 27 kilomètres. L'homme paraît minuscule, mais pas plus qu'un ouvrier juché sur l'échafaudage d'une cathédrale. Une comparaison qui fait sens. Le LHC est à sa manière aussi une cathédrale et une passerelle entre le monde de la mécanique quantique et la modélisation de notre univers. Vertigineux mais à hauteur d'homme, en somme. Microscopique et macroscopique tout à la fois.
La Fièvre des particules est actuellement à l'affiche en salles, au Cinélux. Vendredi 7 novembre, la séance sera précédée d'une présentation par Pascal Pralavorio, chercheur au CERN.