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Après les terribles inondations de 1726, les autorités décidèrent de corriger le lit de la Vièze, qui contournait la colline du Château-Vieux.
Ainsi, on creusa une tranchée derrière la colline.
En 1733, après de nouvelles inondations, la largeur de la tranchée fut augmentée. Parallèlement, on aménagea les meunières, qui existaient déjà à l'époque, pour fournir de l'énergie hydraulique aux premières industries montheysannes. Un canal partait des gorges de la Vièze, derrière l'usine électrique actuelle. A la hauteur de l'ancien hotel de ville, à la Rue Pierre-Guillot, il se divisait en deux bras parallèles. Le bras droit portait le nom de ' Meunière du vent '. Le bras gauche qui s'appelait ' Meunière de Bise ' passait sous l'hôtel de la Croix d'Or (plus tard hôtel des Postes, actuellement Banque cantonale du Valais). Traversant la place, elles suivaient la rue des Bourguignons, se rejoignaient à la Rue du Coppet, faisaient tourner les roues à aubes de la tannerie et de la verrerie. Ensuite, elles se séparaient à nouveau en deux bras, la meunière droite entrait à la Fabrique chimique (Ciba), la meunière gauche empruntait le Closillon, puis bifurquait vers l'usine Giovanola actuelle, traversait Collombey, et se jetait dans le canal de Stockalper. Sur l'actuelle place du Comte vert, à droite, à la fin de la rue des Bourguignons se trouvait un des lavoirs publics.
La force hydraulique de la Vièze et des meunières, ainsi que des réserves abondantes de bois, apportent à Monthey les ressources nécessaires à une petite industrie, qui va se développer durant le 19ème siècle. Ainsi, en 1824, la première Verrerie s'installe près du Pont couvert, à coté de la Vièze, suivie le long de la Rue Reconfière de la Manufacture de Tabac et Cigares (actuelle caserne), de la Scierie Trottet, de la Fabrique de Pendules (futurs ateliers Giovanola), d'une manufacture de bois de fusils. Le long des meunières s'étageaient les moulins Sarrasin, Bertrand, Beck, Pignat, les battoirs à chanvre et à blé Chappaz, les tanneries Donnet et Maxit, différents petits ateliers mécaniques, des brasseries, des teintureries, la Verrerie de la Gare (dès 1861).
De même, la Fabrique chimique, reprise par Ciba, vint s'installer à Monthey en 1898, grâce aux mines de sel de Bex, toutes proches, et à l'eau de la Vièze, qui, turbinée, produisait l'électricité nécessaire à l'électrolyse de l'eau salée, pour la fabrication de la soude et des chlorures. Ainsi, du Moyen Age au début du 20ème siècle, la Vièze et les meunières ont été, avec le bois, les sources d'énergie qui ont permis le développement du bourg, donnant à celui-ci une vocation industrielle et pas seulement agricole. D'ailleurs, la seconde usine électrique produit toujours du courant, même utilisé une deuxième fois par la turbine de la commune.
Les anciennes industries ont disparu, quelques-unes se sont développées, mais des nouvelles sont venues se greffer sur le tissu industriel formé par les pionniers de la Vièze et des meunières.
Aujourd'hui, les meunières sont canalisées, déviées ou à sec. Le dernier segment à l'air libre peut encore être vu derrière la Ciba (Novartis.), où il se jette dans le canal des Mangettes et le Rhône. Elles ont perdu leur rôle de source d'énergie et de canal d'évacuation des eaux usées. Mais la commune de Monthey a su tirer à nouveau parti de la meunière depuis quelques années. L'évacuation des eaux de surface (eaux de pluie) pose de nombreux problèmes.
Lors d'un fort orage, les canalisations des égoûts n'arrivent plus à évacuer rapidement les eaux, d'où problèmes de refoulement et d'inondation. C'est pourquoi, lors de la construction de la nouvelle Place centrale, on profita de relier les grilles d'évacuation à la meunière. Il en fut de même vers l'hôtel de ville, et à l'Avenue de l'Industrie. Ainsi, l'installation d'un système ' séparatif ' permet d'aider à l'évacuation des eaux. De plus, une partie des eaux de pluie n'allant plus à la centrale d'épuration (STEP), le traitement des eaux usées en est facilité, ce qui diminue les charges de la collectivité, le prix à payer étant fixé selon le nombre de mètres-cubes.
Bulletin de la société du 'Vieux Monthey' no 11