Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07220.jsonl.gz/682

Dans la ligne de tir
En 1971, le gardien suisse Gérald Rigolet termina la finale des Championnats du monde de hockey sur glace du groupe B sans masque.
En 1971, la Suisse remporte la finale des Championnats du monde de hockey sur glace. Pour être honnête, il ne s’agit que de celle du groupe B, les six meilleures nations évoluant dans le groupe A. Ce 13 mai 1971, notre équipe nationale est dans ses petits souliers: mais bien qu’archi-dominée par une formation est-allemande largement supérieure, la Suisse finit par s’imposer 3-1. Une victoire qu’elle doit à son gardien Gérald Rigolet, qui retient 68 tirs. A la dernière minute de la partie, le portier helvétique perd son casque suite à un accrochage avec un attaquant adverse. Mais il ne se laisse pas décontenancer et continue de jouer sans protection. Le visage ensanglanté, il parvient à maintenir sa cage vierge jusqu’au coup de sirène final. Prise dans les dernières minutes du match, la photo qui lui a permis de passer à la postérité fait aujourd’hui partie des collections du Musée national suisse. De retour aux vestiaires, Gérald Rigolet, sélectionné dans le «all-star team» du tournoi, reçoit les chaudes félicitations des conseillers fédéraux Ernst Brugger et Ludwig von Moos.
Une invention assez récente
Gérald Rigolet aurait dû porter un masque de protection, si ce dernier ne lui avait pas été arraché pendant le match. A l’époque, cet accessoire n’existait que depuis quelques années. Si les modèles que nous connaissons aujourd’hui ne datent que des années 1980, certains gardiens portaient dès les années 1960 des masques en fibre de verre posés directement sur la peau. Ils réduisaient certes les risques de blessure mais avec ce genre de protection, prendre un palet lancé à 100 km/h en plein visage faisait tout de même mal. Au début, le port du masque était tabou et tout au plus limité à l’entraînement. Le premier à jouer régulièrement avec fut Jacques Plante, des Canadiens de Montréal. Blessé au visage, il décida de le mettre également lors d’une rencontre de championnat disputée en novembre 1959, un choix pour lequel il fut raillé par le public montréalais qui lui reprochait sa couardise. Mais comme son équipe remporta le match, les fans superstitieux se calmèrent et Plante ne se sépara plus jamais de son masque. D’autres portiers suivirent son exemple: le dernier à évoluer sans protection faciale en NHL fut le Canadien Andy Brown, des Pittsburgh Penguins, qui joua tête nue jusqu’au dernier match de sa carrière, le 7 avril 1974.