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Il faut savoir que le foehn souffle d’autant plus facilement jusque dans le fond des vallées que le passage par lequel il franchit les Alpes est bas. Cela s’explique assez « facilement » comme suit :
l’air grimpant le long du versant sud des Alpes perd en moyenne 0.6 °C / 100 m par refroidissement dans une atmosphère saturée ; en redescendant de l’autre côté, il gagne 1 °C / 100 m en atmosphère non saturée. En deux mots, il gagne plus en redescendant que ce qu’il a perdu en montant ; et donc plus il monte haut, plus il gagne !
Ainsi par exemple, une masse d’air qui franchit un col à une altitude de 2000 m et à une température de 0 °C possèdera en arrivant dans le fond de vallée du nord des Alpes à une altitude de 500 m une température de 15 °C (réchauffement de 15 °C sur le versant nord). Si cette même parcelle d’air monte jusqu’à 3000 m avant de franchir les Alpes, elle aura alors à ce moment-là une température de -6 °C, donc potentiellement une température de 19 °C dans le fond de vallée du nord des Alpes à 500 m (réchauffement de 25°C sur le versant nord).
En période automnale et hivernale, les situations de foehn sont fréquemment précédées de situations anticycloniques favorables à la formation de lacs d’air froid dans les fonds de vallées, en particulier en hiver. Cet air froid, dense et lourd se laissera donc logiquement plus facilement raboter par un foehn relativement frais provenant d’un col peu élevé que par un foehn très chaud originaire de la crête des Alpes.
Cette stratification du foehn en fonction de l'altitude de passage des Alpes est schématisée dans l'illustration ci-dessous :