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Après la polémique sur l'Ukraine, le grand retour d'Anna Netrebko
Elle a chanté en avril à Monte-Carlo. Mais les concerts d'Anna Netrebko à la Philharmonie de Paris mercredi, puis à la Scala de Milan vendredi marquent le grand retour dans des capitales occidentales de la soprano russe star, critiquée depuis la guerre en Ukraine.
Considérée comme l'une des plus grandes voix lyriques au monde, la soprano a été parmi les premiers artistes russes à être pointés du doigt après le début de l'invasion de l'Ukraine pour ne pas avoir clairement dénoncé la guerre.
Le prestigieux Metropolitan Opera de New York, dont elle était la star, l'a ainsi déprogrammée pour une durée indéterminée et elle avait alors annoncé se retirer temporairement de la scène. Elle avait notamment renoncé au rôle de Lady MacBeth à l'opéra de Zurich à la fin mars.
Le 30 mars, elle a condamné "expressément la guerre contre l'Ukraine", ce qui lui a valu d'être retirée de l'affiche dans son propre pays.
La soprano n'a jamais ouvertement clamé son soutien au président russe Vladimir Poutine, mais il lui est reproché de s'être rendue à Donetsk en décembre 2015 pour y poser avec le drapeau des rebelles séparatistes prorusses.
Dans leur pays, les artistes russes ont été sommés d'afficher leur patriotisme ou, à défaut, de garder le silence, et dans les pays occidentaux, de prendre publiquement leurs distances avec l'opération militaire et le régime russe.
Anna Netrebko a aussi suscité la controverse lorsqu'elle a remis un chèque d'un million de roubles (près de 17'000 francs) au dirigeant ukrainien prorusse Oleg Tsarev.
Elle s'était défendue en expliquant vouloir soutenir les arts, et plus particulièrement l'Opéra de Donetsk auquel l'Ukraine avait coupé tous les financements. Elle assure n'avoir "jamais reçu de soutien financier du gouvernement russe" et de ne s'être jamais alliée à "aucun dirigeant de la Russie".
Dans un entretien au quotidien français Le Monde dimanche, elle a répété qu'elle n'était "coupable de rien", affirmant que sa seule erreur était de ne pas s'être "davantage informée de la situation au Donbass" et qu'elle voulait "juste aider des amis en difficulté".
"On m'a aussi demandé de me déclarer contre Vladimir Poutine. J'ai répondu que j'avais un passeport russe, que c'était encore le président, et que je ne pouvais prononcer publiquement ces mots. J'ai donc refusé", a-t-elle ajouté.
Malgré sa condamnation de la guerre, le Met a remis en cause tous ses contrats jusqu'en mai 2026, selon elle.
Son ancien mentor, le chef d'orchestre Valery Gergiev, un proche du Kremlin, a été déclaré persona non grata par les salles de concert et les festivals occidentaux, notamment ceux de Verbier (VS) et de Lucerne.
Le concert d'Anna Netrebko à la Philharmonie mercredi avait déjà été reporté trois fois à cause de la pandémie de coronavirus - il devait se tenir en novembre 2020. Son dernier récital à Paris remonte à 2017, à l'exception d'un gala en 2019 pour les 350 ans de l'Opéra de Paris.
ats, afp