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Commençons par la bonne nouvelle: le Covid-19 et ses futures générations mutantes ne vont pas éliminer tout le monde. Les virus et compagnie ont besoin de corps en bonne santé pour exister. Les virus ne sont pas stupides et comme le genre humain, ils ont un instinct de survie. Donc l’équation est simple: tu prends soin de ta santé, je prends demeure dans ton corps et tout va bien. Le vivre-ensemble s’applique depuis Hippocrate à l’humain et à ses maladies. Einstein est mort à 76 ans; il trouvait l’âge de départ suffisant et raisonnable. Hippocrate, Einstein, Mère Teresa, nous offrent le même message: on ne peut pas sauver tout le monde, cependant sauver des vies, l’une après l’autre, dans les limites du possible, nous transforme et donne tout son sens à l’existence.
Transformer notre communauté du divertissement et de l’argent superstar en communauté de la responsabilité et du respect du plus faible est possible. Cependant, aux bombes atomiques, aux accidents nucléaires, aux pollutions toxiques survivent certes quelques âmes nobles et quelques esprits vertueux, mais aussi des escrocs, des tricheurs, des magouilleurs, fripouilles, malfaiteurs crapules, bandits, charlatans, gangsters. L’humanité restreinte, ou théorie de la relativité du génie humain.
Le bonheur par le chef-d’œuvre: comme Michel-Ange, peindre le plafond de la Chapelle Sixtine; comme Louis Armstrong, chanter le ciel bleu et les arbres verts du monde merveilleux; comme John Lennon, composer «Imagine»; comme Louis Pasteur, inventer la pasteurisation; comme Ignace Philippe Semmelweis, proposer la prévention des infections; comme Walt Disney, nous dessiner Minnie, Donald et Mickey pour avoir des amis à qui se confier; comme Coluche, souligner le sérieux et le dérisoire du «Shmilblick»; comme Galilée, prétendre que la Terre tourne autour du Soleil; comme Gottlieb Duttweiler, conduire un camion Migros; comme Arnold von Melchtal, Walter Fürst et Werner Stauffacher, signer un Pacte en 1291; comme Henri Dunant, fonder la Croix-Rouge; comme Georges Charpak, piéger des particules inconnues dans la boite à fils; comme Saint-Exupéry, dessiner un mouton à l’innocence d’un Petit Prince.
La moins bonne nouvelle c’est que certains parmi nous croient encore être les plus malins et les plus forts. La vraie maladie, c’est la vanité, ou dit autrement le manque d’humilité. On ne peut pas éliminer les virus, mais avec un peu de clairvoyance et de sagesse on peut vivre avec. D’où viendront les discours salvateurs? Là est la question. Des marchands d’immortalité, ou d’esprits épicuriens se sachant mortels? La vie est belle dans sa trop brève durée. Nous disposons de deux pieds, deux bras, dix doigts, deux yeux, un cerveau, un manuel de bonnes pratiques, de l’expérience, de l’apprentissage, de l’imagination et d’au moins 76 ans pour faire comme Albert. A vous et moi d’en faire un chef-d’œuvre immortel ou un sac de déchets à la charge de nos enfants.