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Ce projet prévoyait que les jeunes soient autorisés à voter dès 16 ans tant au niveau cantonal que communal. Ils n'auraient toutefois pu être élus à une fonction politique qu'à l'âge de 18 ans comme actuellement.
Les dix arrondissements du canton ont rejeté cet élargissement des droits politiques. Le non l'a emporté par 263'401 voix contre 128'630. Le non le plus faible a été enregistré dans l'arrondissement de Berne-Mittelland avec 58,7% des votants. Une seule commune a approuvé le projet, celle de Berne. Dans le Jura bernois, le non s'est élevé à 74,1%.
Soutien du Grand Conseil
Quelques mois après les citoyens zurichois, c'est donc au tour du corps électoral bernois de mettre son veto à cet élargissement des droits politiques. Le peuple a confirmé son vote de 2009 quand il avait refusé ce même objet par 75% des voix. La participation s'est élevée dimanche à 52,9%.
Le Grand Conseil bernois s'était prononcé en faveur de ce changement par 90 voix contre 58 en novembre 2021. Le Conseil-exécutif s'était en revanche opposé à cet élargissement des droits politiques en raison du refus par le peuple il y a 13 ans.
À l'âge de la majorité
Les arguments avancés lors de la campagne n'ont guère varié depuis ce premier échec dans les urnes. Pour les opposants, emmenés par l'UDC, il n'était pas concevable de déclarer les jeunes de 16 et 17 ans politiquement majeurs alors qu'ils ne le sont pas sur le plan du droit civil. Ils estiment que le droit de vote doit coïncider avec l'âge de la majorité civile et pénale.
Les arguments du comité "Non au droit de vote à 16 ans" qui jugeait inutile de changer un système qui fonctionne ont donc convaincu la majorité du corps électoral. A cela s'ajoute la conviction que peu de jeunes auraient fait usage de ce droit. Dans le canton de Berne, la proportion de personnes âgées de 16 et 17 ans correspond à environ 2,2% de la population de 18 ans et plus.
Autre argument avancé par les opposants, cette revendication aurait donné le signal d'un élargissement des droits politiques. L'UDC en particulier estimait que d'autres requêtes auraient pu suivre en cas d'acceptation de cet objet comme le droit de vote des étrangers.
Améliorer la participation
Pour les partisans de l'extension des droits politiques, les jeunes de 16 ans sont capables de participer à la vie politique comme en témoigne leur engagement en faveur du climat. Ils restent convaincus que l'abaissement de l'âge de la majorité civique les aurait incités à recourir davantage à leurs droits politiques.
La voix des jeunes s'en serait trouvée renforcée dans le contexte du vieillissement de la population. L'abaissement de l'âge en matière de droit de vote aurait aussi permis selon eux d'augmenter le taux de participation aux scrutins.
Droit étendu à Glaris uniquement
Actuellement, seul le canton de Glaris accorde le droit de vote à 16 ans. D'autres cantons ont ouvert le débat ces dernières années, mais les projets ont tous été rejetés par le peuple ou par le législatif. Le Grand Conseil genevois a refusé jeudi d'accorder le droit de vote à 16 ans.
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L'issue du vote bernois pourrait donner un signal aux autres cantons et aux Chambres fédérales. La commission des institutions politiques du Conseil national a mis en consultation un projet en ce sens jusqu'au 16 décembre. Une majorité de la commission estime judicieux de permettre aux jeunes de participer plus tôt à la vie politique.
ats/ami