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Le terme méduse est un nom vernaculaire désignant les formes libres de nombreux groupes de cnidaires et s’opposent donc aux formes polypes, sessiles. Les méduses sont généralement des prédateurs, elles paralysent leurs proies grâce à leurs cnidocytes et peuvent posséder des structures sensorielles très élaborées comme des ocelles, rassemblées au sein de rhopalies. Certaines méduses appartenant à la classe des Cubozoa peuvent être mortelles pour l’Homme. Dans le cycle de vie de certains groupes de cnidaires, la forme méduse peut alterner avec la phase polype, mais d’autres vivent uniquement à l’état de méduse. Les méduses sont par ailleurs considérées – au vu de résultats récents de phylogénie moléculaire – comme un caractère propre à l’un des deux groupes de cnidaires, appelé en conséquence Medusozoa (composé des classes : Cubozoa, Scyphozoa et Hydrozoa). L’autre groupe étant celui des Anthozoa. Cependant l’origine évolutive exacte de la forme méduse est encore mal comprise.
Les méduses sont apparues sur Terre il y a environ 650 millions d’années pendant l’Édiacarien, bien avant les dinosaures, et figurent probablement parmi les premiers métazoaires.
Description
Les méduses font partie du compartiment planctonique. Elles passent toute leur vie en pleine eau. Elles sont composées de 97 % d’eau et de 3 % de matières sèches. Les mouvements des méduses sont lents ; elles sont entrainées par les courants marins. Presque toutes les méduses sont marines, seules de rares espèces vivent en eau douce, (env. 1 %). Une méduse est formée d’une calotte appelée ombrelle et d’un axe vertical (manubrium), fixé au centre de la face inférieure. Au bord de l’ombrelle sont attachés des filaments. La contraction des fibres musculaires de l’ombrelle propulse la méduse par bonds.
Les mers arctiques abritent des méduses de 2 m de diamètre dont les filaments peuvent atteindre quarante mètres de longueur. Certaines méduses pourraient même atteindre trois mètres de diamètre, avec des filaments de dix-huit mètres (c’est le cas pour la méduse Cyanea capillata).
Reproduction
Les méduses se reproduisent lors de leur mort. En effet, lorsqu’une méduse est tuée elle libère ses spermatozoïdes (si c’est un mâle) et ceux-ci se dispersent dans l’océan après avoir rencontré leur équivalent femelle. Les polypes tapissent alors le fond de l’océan. Ces polypes se développent différemment en fonction de l’espèce. Certains ne peuvent se développer qu’après un demi siècle. Plus généralement, il faut qu’un changement important intervienne (ex: changement de température, d’oxygène, coup de tonnerre) pour leur permettre de libérer les méduses ainsi formées.
Classification
Il existe plusieurs centaines d’espèces de méduses, elles se répartissent en deux classes, elles-mêmes subdivisées en 7 ordres :
Les Hydroméduses : La classe des hydroméduses regroupe les méduses autonomes qui représentent l’organisation la plus simple ; elle a été subdivisée en deux ordres :
- Les Trachyméduses : Ce sont des méduses de petite taille, mesurant quelques centimètres de diamètre. Elles sont hémisphériques ou aplaties. Le nombre de leurs tentacules varie de 8 à 32. Les trachyméduses habitent généralement en haute mer et ne sont présentes dans les zones côtières que pendant les saisons froides, amenées par les courants. Le type Geryonia proboscidalis peut être rencontré en Méditerranée.
- Les Narcoméduses : ce sont des méduses dont l’organisation est plus complexe. Leur ombrelle est le plus souvent aplatie, lenticulaire ou discoïdale. Les narcoméduses sont peu nombreuses, mais abondantes en Méditerranée ; elles sont plus rares dans les mers tropicales et à peine représentées dans les mers froides. Leur taille varie en général de 3 à 30 mm de diamètre, et sont amenées près des rivages par les courants pendant la saison froide.
- Les Acalèphes (ou Scyphoméduses) : ce sont des méduses urticantes et les plus évoluées. L’ombrelle est le plus souvent hémisphérique et sa musculature est bien développée. Les acalèphes sont généralement de grande taille et sont pélagiques. Elles appartiennent soit au plancton côtier, soit au plancton de haute mer. Les Acalèphes ont été répartis en cinq ordres :
- Les Charybdéides : méduses extrêmement urticantes de forme cubique possédant quatre tentacules creux. Ces méduses sont aussi parfois rangées dans un ordre à part, les cuboméduses.
- Les Coronates : méduses dont le bord de l’ombrelle est découpé en lobes au fond desquels sont insérés les tentacules. Les Coronates sont des espèces de haute mer des régions tropicales.
- Les Séméostomes : méduses possédant des tentacules très urticants. Aurelia aurita est une méduse séméostome de grande taille bien connue. Pelagia noctiluca est une méduse Séméostome de couleur rose chair phosphorescente.
- Les Rhizostomes : Ces méduses sont les plus évoluées, elles se nourrissent de petits animaux planctoniques. Les Rhizostomes abondent surtout dans les mers chaudes, mais on les trouve aussi dans les mers tempérées. Elles vivent en association avec des algues symbiotiques : les zooxanthelles.
- Les Lucernaires : méduses Scyphistomes n’ayant pas réalisé leurs strobilation et devenues sexuées. Il s’agit d’une forme néoténique. La Lucernaire est une sorte de méduse fixée par un pédoncule. Elles sont souvent accrochés à une zostère.
Écologie
Dans les écosystèmes marins, et plus rarement en eau douce ou saumâtre, les méduses jouent un rôle encore mal compris, mais probablement important dans la régulation des populations de poissons et de zooplancton.
On observe à intervalles plus ou moins réguliers (pseudo-cycliques) des pullulations cycliques de méduses qui parfois frappent les pêcheurs et les populations côtières ; on parle alors d’année à méduses (exemple : 2008, pour le golfe du Lion selon l’IFREMER).
Prédateurs
Très souvent fuie à cause de ses cellules urticantes, la méduse a néanmoins des prédateurs.
Les deux plus grands consommateurs de méduses sont la tortue Luth dont elle est le mets favori, et le Poisson lune. Le thon rouge en est aussi très friand. Dans une moindre mesure, des crustacés apprécient le cadavre de certaines espèces. Certaines espèces peuvent manger des congénères plus petits qu’elles.
L’Homme peut aussi être qualifié de prédateur, étant donné qu’elle est consommée dans des pays d’Asie tels la Chine, le Japon ou encore la Corée.
Pullulations
Plusieurs espèces connaissent des pullulations cycliques, qui peuvent poser problème pour la baignade, la plongée sous-marine et plus rarement les centrales nucléaires (risque de colmatage des dégrilleurs des installations de refroidissement) ou certaines industries nécessitant de pomper de l’eau de mer (usines de désalinisation…). Les méduses urticantes peuvent aussi perturber les piscicultures marines. Ces pullulations peuvent générer des coûts économiques et sociaux importants. À titre d’exemple, la ville de Cannes, qui dépend fortement du tourisme, a dû poser lors de l’été 2007 des filets de protection (80 000 euros pour trois mois) pour protéger les baigneurs des méduses pelagia noctiluca urticantes (sur des zones de 50 m × 25 m). Ces méduses pullulent épisodiquement (22 jours en 2006 à Cannes) probablement en raison de la régression de plusieurs espèces de thons (le thon spécialement le thon rouge est un grand prédateur de la méduse blanche pelagia (qui recueille aussi les œufs de certaines espèces de poissons), mais les thons sont largement surpêchés en Méditerranée, et l’augmentation de la température de l’eau semble aussi favoriser les pullulations.
Ces explosions démographiques de méduses semblent obéir à des facteurs connus (cf. infra) et aussi répondre à des causes encore inconnues. Les médias voire le cinéma ont pu amplifier le ressenti de ce phénomène, qu’il soit naturel ou non.
Causes (connues ou supposées) et impacts : Il semble qu’un déséquilibre écologique lié aux effets combinés du réchauffement, de la surpêche et de la pollution soit en cause. Ces problèmes ayant causé la disparition de certains poissons (thons et autres prédateurs de méduses adultes ou à l’état de larves) et d’autres prédateurs des méduses (ex. : tortues marines), ils semblent pouvoir favoriser les pullulations y compris tard dans l’année pour certaines espèces.
Ainsi en Irlande du Nord, mi-novembre 2007, une pisciculture a perdu plus de 100 000 saumons, attaqués par des millions de petites méduses urticantes (2 millions $ de dégâts)
Depuis août 2005, en mer du Japon, au large du Japon, de la Chine et de la Corée du Sud, on assiste à une spectaculaire augmentation de la population d’une méduse géante autrefois peu commune Nemopilem nomurai, qui pèse jusqu’à 220 kg pour une taille atteignant 2 mètres. Jusqu’à 1 000 de ces méduses ont été trouvées dans un seul filet (où elles empoisonnent ou asphyxient par écrasement les poissons) alors que certains pêcheurs dénoncent la disparition d’environ 80 % des poissons de mer, les filets craquent sous le poids des méduses, dont certaines méduses géantes (2 m de long et 200 kg environ) qui se sont anormalement développées dans une eau enrichie en nutriments et appauvries en prédateurs de méduses.
Le littoral méditerranéen de l’Espagne, notamment celui de Barcelone a connu dès juin 2007 des invasions de méduses (plus de 10 000 blessés, plus ou moins graves en quelques mois). Cette invasion serait due notamment à l’élévation de la température de l’eau de 2 °C et de la régression des prédateurs des méduses (thons, tortues…).
En 2006, la centrale nucléaire de Gravelines a déjà connu des problèmes liés à une pullulation de méduses dites « groseille de mer » (cténophore en réalité) qui ont failli provoquer l’arrêt de la centrale par colmatage des prises d’eau du système de refroidissement.
Ces invasions régulières de méduses peuvent – lorsqu’elles se déposent par dizaines de milliers sur les plages où elles meurent – être classées parmi les pollutions naturelles. Elles posent des problèmes pour partie comparables à ceux posés par les chenilles processionnaires (pour leur caractère urticant/allergène) ou par les criquets pèlerins pour les dégâts qu’ils causent.