Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06961.jsonl.gz/922

Les femmes symbolisant la justice tiennent une épée et, en Suisse, traditionnellement, elles dominent les hommes de pouvoir représentés à leurs pieds. Quels sont les puissants que la justice soumet à sa loi ? Quelles sont les six villes où contempler ce symbole de notre identité culturelle ?
L’allégorie de la justice et sa variante remarquable
Habituellement, la femme symbolisant la justice tient une balance rappelant qu’elle examine chaque cas de façon précise. Elle a les yeux bandés, signe qu’elle ne distingue pas le faible du puissant et donc qu’elle ne se laisse pas influencer par le statut social des uns et des autres. Elle brandit enfin une épée qui sépare le vrai du faux et retranche l’injustice. Les allégories de la justice expriment clairement que nul n’est au-dessus de la loi et que la justice est impartiale.
Parmi différents types de réalisation, elles prennent la forme d’une fontaine dite de la justice. L’allégorie sculptée est alors placée au sommet d’une colonne à la base de laquelle de l’eau s’écoule dans un bassin. Il y en a en Allemagne. En Suisse, on les trouve sur les places de localités telles Winterthur, Cully, Aarau, Bienne et Cudrefin notamment. De plus, et c’est l’objet de ces lignes, une variante remarquable de l’allégorie précédente se rencontre en six endroits : Berne, Soleure, Neuchâtel, Boudry, Lausanne et Moudon.
La justice limite l’exercice du pouvoir
Les fontaines de la justice que l’on trouve dans ces six villes doublent le message fondamental en figurant quatre personnages aux pieds de la femme justice, dont trois sont les plus importants du XVIe siècle : le Pape, l’Empereur (du Saint Empire romain germanique dont la Suisse fait partie jusqu’en 1648), le Sultan (de l’Empire ottoman) et le personnage politique principal du canton. Le message est limpide : la justice limite l’exercice du pouvoir, qu’il soit théocratique, monarchique, autocratique ou républicain.
Les six fontaines de la justice furent toutes érigées au XVIe siècle, en guise de manifestation contre les abus de pouvoir dans ces quatre types de régime. Elles témoignent toutes d’une exigence de justice et du souci de garantir la paix civile sur une base saine. Vu le contexte de l’époque, il fallait de l’audace pour oser ériger sur une place publique des monuments traduisant une allégorie de la justice aussi explicite.
La justice comme composante du destin collectif
Pour ma part, comprendre cette allégorie et réaliser qu’elle existe dans six localités différentes constitua une sorte de révélation. Les six sculptures de femmes symbolisant la justice s’intègrent de façon cohérente dans notre histoire. La Suisse a eu le génie de la paix civile et elle l’a encore. Les défis présents et à venir sont nombreux et il faudra les relever en prenant garde de conserver l’essentiel, sans nous trahir. L’intuition de ces lignes est que les allégories de la justice nous aident à saisir le sens de notre destin. Mais avant cela, vous en conviendrez, il convenait déjà de vous présenter ces six femmes courageuses. Quant à savoir si des Américains ou des Européens ou d’autres encore souhaitent adapter et reproduire nos allégories de la justice sur leurs places publiques, ce n’est pas à nous de répondre. Approfondir les valeurs et principes qui ont structuré notre histoire, puis agir en conséquence, constitue déjà une entreprise collective délicate, même si passionnante.
4 réponses à “Les femmes symbolisant la justice en Suisse disent l’identité profonde du pays”
Bienvenue cher Frédéric-Paul, et très intéressant la façon dont vous interprétez la résilience.
Et je suis d’accord avec vous, une femme qui rend la justice est plus impartiale (donner la vie et bla).
Enfin pas toutes, (…), mais il faut laisser du temps au temps!
Merci pour votre commentaire et votre intérêt à ce blog cher Olivier. Je me suis toutefois permis et me permettrai de placer des (…) dans les commentaires, comme je l’ai fait ici, pour signaler qu’un passage de commentaire écrit sur un ton inadapté a été supprimé.
Nous ENTIEREMENT d’accord avec vous !!!! Sur ce nos bien belles salutations ! Carla de Rémie et Mebelle du Corset
La femme, ou plus précisément la mère, offre l’accès à la grâce et au pardon. C’est du moins une perception bien ancrée dans les cultures matriarcales. Celui qui est honnis par sa mère ne peut trouver le pardon. Par ailleurs, les femmes sont réputées moins sensibles à la passion du pouvoir.