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|Présentation de la Société Académique de Genève

Au Service de l'enseignement et de la recherche universitaire à Genève
Origine et développement
La Société académique de Genève est une institution privée qui a pour vocation d'aider l'Université de Genève. A travers son soutien moral et l'octroi d'appuis financiers ponctuels, généralement sous forme de subsides, la Société académique de Genève contribue au développement de l'enseignement, de la recherche universitaire et de la formation de la relève à l'Université de Genève. Pour ce faire, elle bénéficie des cotisations de ses membres, des dons qu'elle reçoit et des revenus des fonds qu'elle gère.
La Société académique de Genève fut créée en 1888, sur l'initiative d'étudiants, Eugène Choisy et son ami Charles Borgeaud. L'Université connaît alors une période difficile. Les turbulences politiques du milieu de siècle ont eu des répercussions au niveau académique. L'Université en sortira affaiblie, entre autres, du fait d'une cascade de démissions parmi ses professeurs. Elle se ressaisit en créant de nouvelles chaires, en lançant la construction de nouveaux bâtiments en inaugurant la nouvelle Faculté de médecine. Tout cela coûte cher. On ne pense pas à l'époque que l'Etat soit en mesure de supporter un tel fardeau. L'initiative de ces jeunes hommes de 21 ans et membres de la Société de Zofingue, s'inspirera de l'exemple de la Hochschulverein Bâloise, une société de soutien, fondée en 1835, qui réunira des fonds importants pour aider l'Université de Bâle.
En soutenant les hautes études à Genève, la Société académique de Genève vise ainsi à compléter, voire parfois susciter les efforts de l'Etat dont les finances étaient alors dans une situation précaire. Selon ses statuts, la Société académique de Genève "a pour but de grouper tous les amis des études supérieures à Genève". La Société académique de Genève ne se contente donc pas de récolter et de distribuer de l'argent, elle se donne un rôle de truchement, d'intermédiaire a-politique et a-religieux entre l'Université et la Cité.
Durant les trente premières années de son existence, le secrétariat de la Société académique de Genève sera assumé par les étudiants eux-mêmes, soucieux de soutenir leur université et de lui offrir leur concours pour récolter des moyens financiers et pour susciter l'intérêt ainsi que la sympathie des citoyens genevois.
La Société académique de Genève sera amenée à jouer un rôle important dans les années 30, au plus fort de la crise économique déclenchée en 1929. Pour pallier à la réduction des financements publiques que subit l'Université, la Société académique de Genève se lancera dans une importante collecte de fonds qui permettra de récolter CHF 751'000.-, de quoi relancer les activités universitaires.
Après la seconde guerre mondiale, la Société académique de Genève soutient le déménagement de la Section de Physique au bord des rives de l'Arve en finançant l'établissement des plans du nouveau bâtiment et en lançant une souscription auprès de particuliers et du milieu industriel.
Au début des années 50, la création du Fonds national Suisse (FNS) provoquera un boom sans précédent dans le domaine de la recherche universitaire, créant ainsi de nouveaux besoins auxquels la Société académique de Genève sera appelée à répondre. Ainsi, plutôt que de provoquer la diminution de son activité ce que certains craignaient, les activités du FNS stimuleront le développement de la Société académique de Genève.
La Société académique de Genève, dont le premier président fut Edouard Sarrasin et le premier Secrétaire Gaspard Vallette, comptait 300 membres lors de sa création. Aujourd'hui, cette société compte quelques 650 membres parmi lesquels des individus et des entreprises privées de la place genevoise.
La Société académique de Genève gère son patrimoine propre ainsi qu'une trentaine de fonds qui lui ont été confiés. Les différents fonds de la Société académique de Genève proviennent de dons, legs, souscriptions et cotisations. Ils sont créés et nommés en la mémoire du donateur ou d'une personne ayant exercé des activités universitaires remarquables à Genève.
La Société académique de Genève gère librement les revenus de ces fonds dans les limites prévues par ses statuts et ceux règlementant les donations et dispositions testamentaires dont elle a bénéficiés. Parmi ces fonds, 6 sont sans destination spéciale, 14 sont dévolus aux sciences de l'homme et de la société, 10 fonds se consacrent aux sciences exactes et naturelles, 5 sont réservés pour la médecine tandis qu'un fonds est utilisé pour financer des voyages d'études.
La répartition des distributions financières se fait entre les sciences de l'homme et de la société, les sciences exactes et naturelles et les sciences médicales dans des proportions variant chaque année selon l'importance des requêtes.
La Société académique de Genève ne se contente pas de distribuer des subsides pour les activités de recherche ou pour des chaires d'enseignement. Elle est par exemple, depuis 1908, aussi propriétaire de la station de recherches et du jardin alpin de La Linnaea à Bourg-St-Pierre en Valais, qui sont mis à disposition non seulement des botanistes de l'Université mais de tous ses collaborateurs. Elle sera également mandatée en 1908 pour acquérir un bateau équipé pour effectuer des recherches limnologiques sur le lac Léman. Enfin, un Fonds auxiliaire de la Société académique de Genève est réservé à l'achat de manuscrits, d'ouvrages voire de bibliothèques entières que la Société académique de Genève transmet à la Bibliothèque de Genève (anciennement la BPU, Bibliothèque Publique Universitaire). De même, la Société académique de Genève dispose d'un Fonds auxiliaire d'Archives d'Etat. Citons enfin le Fonds Gustave Moynier, au nom de l'ancien président du CICR et qui offrira à la Société académique de Genève en 1902 un capital de CHF 20'000.- dont les intérêts serviront pour couvrir des frais d'abonnement de revues pour la Bibliothèque Publique Universitaire.
Si la Société académique de Genève est active dans les domaines relevant des sciences humaines, c'est surtout dans le domaine des sciences exactes et naturelles que son soutien financier sera prépondérant, avec l'existence d'une dizaine de fonds. En ce qui concerne la médecine, la Société académique de Genève dispose de cinq fonds qui sont utilisés pour l'acquisition de matériel scientifique, d'octroi de bourses, de financement de chaires professorales, de voyages ou de publications :
- Fonds Dr Eugène Rapin (1965) pour faciliter les recherches et développer certains services de laboratoires.
- Fonds Dr Pierre Fernex (1965) pour développer la recherche fondamentale et appliquée pour la lutte contre le cancer.
- Fonds Marthe Seidl-Hentsch (1974) pour subventionner des travaux de recherche dans les secteurs où une découverte majeure pourrait apporter des espoirs de guérison à des maladies jugées incurables ou une amélioration des conditions de vie.
- Fonds Dr Charles Perrier (1983) pour la chirurgie et la médecine.
- Fonds pour la médecine et la biologie (1978) pour favoriser la recherche dans le domaine médical ou biologique ainsi que l'acquisition d'appareils pour ces recherches.
- Fonds FOREMANE (Fonds pour la Recherche en maladies Neuro-dégénératives) (2004) pour soutenir la recherche fondamentale sur les maladies neuro-dégénératives, notamment la sclérose en plaques. Ce fonds permettra la création d'une chaire en neurosciences cognitives et l'acquisition d'un système IRM destiné à la recherche.