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L'invention de Joseph Ferrayé, un franco-libanais de 55 ans résidant à Genève, a-t-elle permis d'éteindre les puits de pétrole du Koweït? L'homme, qui n'a jamais perçu un sou, se bat depuis des années devant les tribunaux de Genève, Nice et Paris.
Un juge parisien vient d'ordonner à l'Etat du Koweït de déposer au tribunal «l'ensemble des contrats et conventions ayant trait à l'extinction des puits de pétrole» du pays. Cela relancera-t-il le dossier en Suisse également?
Avant d'évacuer le Koweït en 1991, les armées irakiennes mettent le feu à 1664 puits de pétrole. C'est une catastrophe économique et écologique sans précédent. Red Adair, le pompier américain, affirme alors qu'il faudra au moins cinq ans pour venir à bout des incendies.
Joseph Ferrayé, un franco-libanais installé dans le sud de la France, met au point dans sa cuisine un nouveau procédé. Il dépose deux brevets, l'un à Paris, l'autre à Genève, et créé une société, baptisée la CONIRA, avec plusieurs associés.
Son invention a-t-elle été utilisée au Koweït? Joseph Ferrayé le répète sans cesse depuis une décennie, et certains documents semblent prouver que des contacts ont bien été pris avec les autorités du Koweït. Par ailleurs, une convention était signée à Genève en 1995 entre l'inventeur et ses anciens associés.
Le 6 novembre 1991, tous les feux sont éteints. L'Emirat aurait réalisé une économie de 250 milliards de dollars. Mais où sont passés les 34 milliards débloqués par le Koweït?
Joseph Ferrayé affirme que ses anciens associés ont caché des fonds dans des banques suisses. D'où sa plainte déposée à Genève en 1995. A Nice, en revanche, ses trois plaintes ont été classées.
Depuis, le dossier n'a guère avancé dans la Cité de Calvin. Christine Junod, la magistrale en charge du dossier, souligne «qu'il n'existe pas de convention d'entraide avec le Koweït», difficile donc d'obtenir des résultats.
Ian Hamel