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Le roman, écrit à la fin des années vingt, a été publié pour la première fois en 1940 dans l’anonymat et partiellement censuré. En revanche c’est au cours des années soixante, à l’occasion de deux nouvelles éditions, qu’il rencontre le succès populaire et critique. En 1980 enfin, paraît une édition intégrale du texte. La traduction française voit le jour seulement cette année après un délai de plus de cinquante ans.
Quant à Friedrich Glauser lui-même, l’auteur des aventures policières de l’inspecteur Studer, il résume ainsi, dans son style désordonné, son existence tourmentée:
«Né en 1896 à Vienne de mère autrichienne et de père suisse. Grand-père paternel chercheur d’or en Californie, grand-père maternel conseiller aulique. Ecole élémentaire, trois ans au Gymnasium de Vienne. Puis trois ans à Glarisegg. Enfin trois autres au collège de Genève. Mis dehors peu avant le baccalauréat parce qu’il avait écrit un article littéraire sur un volume de poésies d’un professeur. Passe l’examen à Zurich. Un semestre de chimie. Puis le dadaïsme. Mon père voulait me faire interner et placer sous tutelle. Fugue à Genève ? Interné un an à Münsingen (1919). Fugue, un an à Ascona. Arrêté à cause de la morphine. Renvoyé de l’autre côté. Trois mois à Burghölzi (contre-expertise parce qu’on avait dit à Genève que j’étais schizophrène). Entre 1921 et 1923, Légion étrangère.» md
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