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Ce grand chien roux qu'il a vu frappé et abandonné au bord de la route, Bruno l'a tout de suite aimé. Et lorsque l'animal, en bon chien fidèle, s'élance derrière la voiture du maître indigne, une interminable quête commence pour Bruno. Tout l'été, il espère et il tremble pour ce chien qu'il voudrait son ami. Pourra-t-il le sauver ?
En pénétrant dans sa chambre, Jean-Louis n'avait eu qu'une idée : se jeter sur son lit et pleurer tout son saoul. Il avait envie de crier, de hurler sa rage et son désespoir. On ne l'aimait pas... Il se dirigea vers l'armoire, arracha, plutôt qu'il ne la prit, sa boîte aux souvenirs, en répandit le contenu sur le lino et, saisi d'une fureur destructrice, il piétina ces pauvres choses, tout ce qu'il aimait et lui rappelait son bonheur passé, ce temps heureux qu'il s'efforçait d'oublier... le paradis perdu. Il faudrait à l'enfant, deux fois orphelin, un long apprivoisement avant que le monde ne redevienne beau.
Comment quitter l'enfance et décider de son destin au lendemain de la guerre de 1914-1918 ? Simone de Beauvoir a la chance de ne pas affronter seule les choix cruciaux de l'adolescence. Sa grande amie de coeur Élisabeth Lacoin, dite "Zaza", et son condisciple préféré à la Sorbonne, Maurice Merleau-Ponty, partagent les tourments philosophiques et sentimentaux de sa jeunesse. Alors qu'elle-même va s'engager avec Sartre, entre Zaza et Maurice se tisse un lien amoureux. Ce sont les vivantes conversations de ce trio que leurs lettres prolongent. Pour cette génération des années 20, la situation diffère radicalement selon le sexe : les deux jeunes filles se heurtent aux barreaux dressés par leur milieu bourgeois et leur époque, barreaux inexistants pour le jeune homme, qui jouit sans effort de la liberté. Simone gagnera son combat, Zaza s'y brisera, elle mourra prématurément à vingt et un ans. La conviction féministe de la future autrice du Deuxième sexe s'ancre dans ce drame. Merleau-Ponty et Simone se retrouveront pour la création de la revue existentialiste Les Temps modernes, en 1945. De 1920 à 1959, ces lettres croisées inédites, au ton retenu mais intense, nous ouvrent l'intimité de trois individualités d'exception.
"Du grand ouvrage dont rêvait Merleau-Ponty ne restent que cent cinquante pages manuscrites. Quelle est leur fonction : introduire. Il s'agit de diriger le lecteur vers un domaine que ses habitudes de pensée ne lui rendent pas immédiatement accessible. Il s'agit, notamment, de le persuader que les concepts fondamentaux de la philosophie moderne - par exemple, les distinctions du sujet et de l'objet, de l'essence et du fait, de l'être et du néant, les notions de conscience, d'image, de chose - dont il est fait constamment usage impliquent déjà une interprétation singulière du monde et ne peuvent prétendre à une dignité spéciale quand notre propos est justement de nous remettre en face de notre expérience, pour chercher en elle la naissance du sens."
Claude Lefort.
Signes, pour Maurice Merleau-Ponty, n'était pas un alphabet complet, mais plutôt ces signaux soudains comme un regard que nous recevons des événements, des livres et des choses.
Ou qu'il nous semble recevoir d'eux : il faut croire que nous y mettons du nôtre, puisqu'il y a des constantes dans ces messages. En philosophie, l'idée d'une vision, d'une parole opérante, d'une opération métaphysique de la chair, d'un échange où le visible et l'invisible sont rigoureusement simultanés. En politique, le sentiment que les mécanismes d'étouffement, de paralysie ou de terreur ne sont pas irréversibles. Si l'auteur a bien lu, ces signes, donc, ne seraient pas de si mauvais augure.
En sorte que Signes, loin d'être une traversée des apparences, devient pour le lecteur d'aujourd'hui une traversée de l'oeuvre même, dans ses grandes interrogations, de Merleau-Ponty.
'Dans l'oeuvre d'art ou dans la théorie comme dans la chose sensible, le sens est inséparable du signe. L'expression, donc, n'est jamais achevée. La plus haute raison voisine avec la déraison.' Cette tension essentielle ainsi formulée par l'auteur sous-tend l'ensemble des essais réunis ici sous trois grandes perspectives : celle de l'art, celle de la philosophie et celle de la politique. L'étude consacrée à Cézanne comme celle qui analyse le cinéma du point de vue de la psychologie moderne s'attachent l'une et l'autre à montrer la démarche créatrice cherchant sans cesse, face à l''énigme du monde', quelles réponses nouvelles apporter à l'interrogation humaine. L'examen de l'existentialisme permet de clarifier les positions adoptées, dès la fin de la Seconde Guerre, par rapport à Hegel et à Marx, ainsi que de maintenir une réflexion politique et critique, en dépit de la débâcle prévue du communisme, sans retomber dans les séductions d'une 'fin de l'histoire'. C'est pourquoi, très courageusement, l'auteur entreprend, sous le titre 'La guerre a eu lieu', un bilan général des années de guerre et d'immédiate après-guerre qui fait aujourd'hui écho à la conférence de Camus, 'La crise de l'homme'. Outre sa valeur historique, qui permet d'établir une sorte d'état des lieux des années 1944-1948 en France, ce recueil confirme toute l'ampleur et la richesse des intérêts et des problématiques qui caractérisent la pensée d'un auteur qu'on peut ainsi redécouvrir.
Merleau-Ponty donne ici, pour la première fois, une inflexion décisive à la phénoménologie en direction d'une nouvelle ontologie.Avec la notion d'institution, il vise, dans des domaines très divers (le sentiment, l'art, les mathématiques, la connaissance d'autres cultures), «des événements d'une expérience qui la dotent de dimensions durables par rapport auxquelles d'autres événements auront sens, formeront une suite [...]».Dans la passivité, il décèle non pas un état, mais une modalité de notre relation au monde ; non pas le contraire de l'activité, mais son envers. En témoignent l'attache au monde qui subsiste dans le sommeil, le travail du rêve, l'efficacité de l'oubli qui maintient un présent intact dans la mémoire.Ces notes de cours nous rendent sensible une recherche dans ce qu'elle a d'aventureux, au meilleur sens du terme. Incursions dans l'univers de Proust, discussion du détail d'interprétations de Freud, exploration des croyances au temps de Rabelais, dans le sillage de Lucien Febvre, analyse critique de thèses de Sartre ou de Lévi-Strauss: la pensée de Merleau-Ponty ne cesse de s'exercer et, parfois, semble se découvrir à elle-même au contact des autres.
Octave ne doute pas que sa fille Absinthe ait des dons magiques ; et, de fait, les actes de l'enfant vont bouleverser son destin. Il a décidé d'en faire une danseuse. Aidé de son compère Raoul, qui va s'éprendre de la belle Vanessa, il enseigne à Absinthe, au moyen de numéros où se mêlent virtuosité physique et provocation imaginaire, la musique et l'acrobatie. Mais ces numéros sont de plus en plus saugrenus, provoquants et périlleux. Inéluctablement, leur histoire va se tendre. Nos acrobates sont-ils des déséquilibristes ? Un petit livre à ne pas mettre entre les mains de tous les parents.
"Aujourd'hui, dans une société qui cherche les voies accessibles pour sa modernisation et qui se trouve devant de grandes mutations, il est essentiel de donner à cette réflexion sur la guerre et la paix, la place qu'elle mérite. L'actualité de ce livre concerne les notions de responsabilité individuelle et collective au regard des grands problèmes que soulève l'histoire contemporaine. La guerre a eu lieu, celle de Troie comme toutes les autres, elle ne cesse en vérité de se produire. La guerre ne s'oppose pas à la paix, elle est déjà en germe dans notre existence quotidienne même si nous ne sommes pas en mesure de le percevoir. Le présent de toutes les guerres est toujours notre absence de présence à ce nous pensons réellement." YB
Divers thèmes, graves ou primesautiers, sont évoqués dans ce premier recueil. L'onirisme, le désir, l'amour, s'expriment dans une langue imagée.
Apprendre avec Merleau-Ponty. À l'automne 1949, l'auteur de la Structure du comportement et de la Phénoménologie de la perception est appelé à la Sorbonne pour y enseigner la psychologie de l'enfant et la pédagogie. C'est le rôle du philosophe d'interroger du coeur même de l'enfance et d'esquisser une compréhension qui s'origine dans cette sauvagerie rationnelle que l'on nomme un enfant. Aux prouesses des sciences humaines, que l'auteur ne combat pas, bien au contraire, il ajoute cette autre, incomparable : restituer le sens, par-delà les significations, d'un vécu autre tout en étant le même, partageant avec nous l'étonnement d'être né.
Ce château, comme un vaisseau fantôme, flotte dans la brume lorraine. Il est le décor d'un drame de l'amour, plus fréquent qu'on ne croit, de l'érotisme maternel. Cela se passe dans la plus étrange des entreprises : une colonie de vacances. Une jeune fille approfondit sa connaissance de l'amour grâce à un enfant ; en bénéficiera sa passion, plus viable, pour son amant de Paris. Lui, en retour, ne deviendra-t-il pas une sorte de fils ? C'est ainsi que Marie-Thérèse Ponty suggère que les maîtresses sont des mères (et les mères des maîtresses). Tout cela joué sur le court tapis qui sépare le monstrueux du banal, dans le style simple du funambule côtoyant les deux abîmes.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Une petite ville de l'Est, Luxeuil-les-Bains. Un couple de retraités, un groupe d'enfants. Entre le vieux couple et les enfants une amitié profonde. Un jour, le vieux Frédéric est accidenté et perd l'usage de ses jambes. Pour venir en aide à leur ami, les enfants décident de lui offrir un fauteuil roulant. À cause d'une rumeur qui circule, ils se mettent à collecter fébrilement des paquets de gitanes vides en échange desquels, le moment venu, ils croient pouvoir obtenir le fauteuil convoité. Pendant plus d'une année, Jean-Marc, Christian et tous les autres se livreront à une chasse effrénée pour amasser les fameuses petites boîtes bleues ! Leur stock augmentera jusqu'au jour où... par la radio, ils apprendront tout sur l'Affaire des Gitanes...
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Les cours de Maurice Merleau-Ponty n'étaient pas rédigés à l'avance. Les notes dont ils se servaient, abondantes ou succintes, ne lui fournissaient qu'un appui. Jamais cet appui ne le dispensait du risque d'avoir à penser devant les autres. Il lui arrivait parfois de s'en écarter au point de l'oublier.
Ces résumés ont été rédigés par Merleau-Ponty lui-même. Ils disent tout ce qu'il leur est possible de dire : la variété et la rigueur des questions qui commandaient les cours, et leur vertu de nourrir des oeuvres qui s'élaboraient dans le même temps - l'Introduction à la prose du monde, Le visible et l'invisible.
Depuis plus de deux siècles, il n'est pas une décennie au cours de laquelle des Polonais, franchissant une ou plusieurs frontières, ne soient venus s'installer en France, les uns pour un temps limité, d'autres pour s'y fixer définitivement et créer ainsi un rameau français d'origine polonaise. Malgré tout, les Polonais et leurs descendants restent peu visibles. Nos concitoyens ont adopté Chopin et Marie Curie au point d'effacer plus ou moins consciemment leur origine étrangère. Mais, ces deux exceptions mises à part, il existe moins de noms célèbres au regard des Français que lorsqu'on évoque l'immigration russe, par exemple. Ce livre s'emploie à relever de l'oubli une histoire riche et multiforme. Le lecteur voyagera en Lorraine avec Stanislas, le " prince bienfaisant ", du Nord-Pas-de-Calais au fin fond du Massif Central avec les mineurs de charbon, ou dans les campagnes françaises avec les ouvriers et ouvrières agricoles. Il fera de fréquentes étapes à Paris où tant d'exilés ont élu domicile. Il parcourra aussi les champs de bataille où des Polonais se sont illustrés, tant à l'époque de Napoléon que pendant les deux guerres mondiales. Outre la musique romantique et la radioactivité, il percevra l'apport des immigrés polonais aux beaux-arts, à la littérature, au théâtre, au cinéma et à tant d'autres domaines.
Que faire quand on est l'unique témoin d'un crime incroyable ? Comment réagir, alors que l'assassin vous a vu et menacé ? Une seule solution s'impose au garçon : partir... Partir en catastrophe, s'éloigner du lieu maudit, fuir la vision de cauchemar. Mais comment survivre seul, à 13 ans, au coeur de l'hiver, sans abri et sans but ?
À douze ans, Enrico commence à gagner sa vie. Il est garçon de courses mais sa décision est prise... Il ira dans un grand cirque.
Pali Mali et leurs amis Aborigènes d'Australie
C'est un grand jour pour les peintres aborigènes de la communauté de Wangkatjungka en Australie : ils vont exposer leurs toiles dans une galerie renommée de Darwin. Sally et ses amis sont très excités par ce voyage et cette soudaine célébrité. Mais, lorsqu'on accroche les toiles, c'est la consternation : quelqu'un a osé peindre et exposer un Rêve qui appartient à la famille de Sally, alors qu'il est interdit de représenter le Rêve d'une autre famille. Mais comment retrouver le voleur du Rêve, quand il faut - pour cela - soupçonner ses plus proches parents ? Dans le bush australien, une petite fille aux chaussons de sorcier mène l'enquête.
Actuellement, dans le monde, des civilisations sont menacées. Pali et sa cousine Mali ont voulu mieux les connaître. Ils ont découvert des enfants de leur âge, qui entreprennent de fabuleux exploits, pour détourner le péril qui guette leur famille ou leur village. Pali et Mali racontent les aventures de leurs nouveaux amis.
Olivier s'endort à La Martinique et se réveille... dans un décor : de carte postale : un grand et beau chalet sous la neige. Et qui sont ces étranges personnages : Nicklo et le Krampus. ? Mystère...
Peut-on valablement étudier la notion de Nature ? N'est-elle pas autre chose que le produit d'une histoire au cours de laquelle elle a acquis une série d'acceptations qui ont fini par la rendre inintelligible ?
Il faudrait s'attacher à l'histoire des méprises sur le sens du mot. Mais ces changements ont-ils été fortuits, n'y aurait-il pas un quelque chose qui a toujours été visé, s'il n'a pas été exprimé, par ceux qui employaient les mots ?
La Nature est un objet énigmatique, un objet qui n'est pas tout à fait objet ; elle n'est pas tout à fait devant nous. Elle est notre sol, non pas ce qui est devant, mais ce qui nous porte.
Disparu brutalement en 1961 à Paris, Maurice Merleau-Ponty est l'une des grandes figures de l'existentialisme français, héritier direct de Husserl et de Heidegger. Il est le fondateur, avec Sartre, de la revue Les Temps modernes.
"L'OEil et l'Esprit est le dernier écrit que Merleau-Ponty put achever de son vivant. Installé, pour deux ou trois mois, dans la campagne provençale, non loin d'Aix, au Tholonet, goûtant le plaisir de ce lieu qu'on sentait fait pour être habité, mais surtout, jouissant chaque jour du paysage qui porte à jamais l'empreinte de l'oeil de Cézanne, Merleau-Ponty réinterroge la vision, en même temps que la peinture. Il cherche, une fois de plus, les mots du commencement, des mots, par exemple, capables de nommer ce qui fait le miracle du corps humain, son inexplicable animation, sitôt noué son dialogue muet avec les autres, le monde et lui-même - et aussi la fragilité de ce miracle."
Claude Lefort.
"Le monde de la perception, c'est-à-dire celui qui nous est révélé par nos sens et par l'usage de la vie, semble à première vue le mieux connu de nous, puisqu'il n'est pas besoin d'instruments ni de calculs pour y accéder, et qu'il nous suffit, en apparence, d'ouvrir les yeux et de nous laisser vivre pour y pénétrer. Pourtant ce n'est là qu'une fausse apparence. Je voudrais montrer dans ces causeries qu'il est dans une large mesure ignoré de nous tant que nous demeurons dans l'attitude pratique ou utilitaire, qu'il a fallu beau-coup de temps, d'efforts et de culture pour le mettre à nu, et que c'est un des mérites de l'art et de la pensée modernes (j'entends par là l'art et la pensée depuis 50 ou 70 ans) de nous faire redécouvrir ce monde où nous vivons mais que nous sommes toujours tentés d'oublier."
M. M-P.