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[berwick]
LA REDOUTE DE BERWICK Vallé de l'Ubaye - France)
Située au pied du fort de Tournoux (Alpes de Haute Provence), dans la région de Barcelonnette, la redoute de Berwick est un splendide exemple d'architecture militaire du 18e siècle.
Contexte historique
En juillet 1692, le Duc de Savoie, parti de Cuneo (Piémont italien) franchit les Alpes au col de Larche et envahit la haute vallée de la Durance, en transitant par le col de Vars et la haute vallée de l'Ubaye (qui relève alors de la Maison de Savoie). Il s'empare de Gap et d'Embrun et ravage le pays avant de se retirer. Pour Louis XIV, qui pensait que les Alpes formaient une frontière infranchissable face à la Savoie, l'alerte a été chaude et la surprise de taille! L'expédition du Duc a surtout montré le caractère dangereux et hautement stratégique de la haute Ubaye, vallée frontière et passage naturel qui forme comme un coin savoyard enfoncé dans le flanc du royaume sur le versant nord des Alpes.br>br>
17e siècle: construction des redoutes
Dès 1692, Louis XIV fait occuper l'Ubaye par les troupes du maréchal de Catinat. Parmi les travaux de mise en défense de la région préconisés par Vauban pour prévenir toute nouvelle incursion, de Catinat fait établir 5 redoutes en terre sur la route qui relie le Col de Larche au Col de Vars, de façon à barrer la vallée en un point d'étranglement qui constitue un passage obligé pour un envahisseur. En 1697 l'Ubaye retourne à la Savoie mais Louis XIV s'empresse de la réoccuper dès le début de la guerre de succession d'Espagne (1708), en y dépêchant de fortes troupes sous le commandement du maréchal de Berwick. La vallée est définitivement annexée au royaume en 1713.
18e siècle: reconstruction par Berwick
Dès son arrivée sur place en 1709, le maréchal de Berwick entreprend de fortifier le passage en y installant 10 bataillons sur le plateau de Tournoux, et en y aménageant un camp retranché. Il ordonne parallèlement de relever les anciennes redoutes de Catinat et de les reconstruire en maçonnerie liée par un mortier de terre. En 1710, le duc de Savoie essaie de rééditer l'expédition de 1692, mais les fortifications de Berwick, solidement défendues, forment un verrou infranchissable. Les troupes savoyardes tentent alors de gagner le Col de Vars en contournant ces défenses par un col d'altitude. Utilisant les fameuses navettes (itinéraires aménagés à flanc de montagne et parallèlement à la frontière, pour permettre de déplacer plus rapidement les troupes), Berwick les prend de vitesse et déplace ses bataillon pour leur barrer le passage. L'expédition est un échec et les armées savoyardes sont obligées de rebrousser chemin.
19e siècle: la redoute reprend du service
Les redoutes sont ensuite abandonnées durant un siècle et demi. Au milieu du 19e siècle, il n'en subsiste qu'une plus ou moins en état, les autres ayant disparu entre-temps, faute d'entretien. Elle est alors restaurée pour héberger une compagnie de génie (82 hommes) travaillant à la construction du fort voisin de Tournoux, et des baraquements sont adossés aux murs d'enceinte pour abriter 193 autres ouvriers civils travaillant à Tournoux.
En 1891, le général Séré de Rivières décide de la restaurer dans son état actuel pour l'incorporer au système défensif de la haute vallée de l'Ubaye, face à l'Italie. Entourée d'une solide enceinte de forme triangulaire, elle pouvait accueillir une cinquantaine de défenseurs et comportait une poudrière et deux hangars.
Architecture
La redoute est formée par un mur d'enceinte polygonal percé de quelques embrasures et flanqué d'une grosse tour arrondie qui sert de réduit. L'enceinte est percée par une grande porte cochère qui est flanquée par des créneaux de fusillade percés dans la façade sud de la tour-réduit.