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Ils n'ont pas réussi à avoir la peau de Collard.
Gilbert Collard, député anti-immigration : bête politique ou taureau immortel face à Marie Sara.
La "mise à mort" du taureau Gilbert Collard était programmée par le rouleau compresseur de la République En Marche, et attendue par tous les journalistes dans la 2e circonscription du Gard, où le député FN (l'un des deux seuls de l'Assemblée sortante) a vu descendre dans l'arène la torera Marie Sara, investie par la République en Marche d'Emmanuel Macron. Dès lors, dans cette circonscription abritant les arènes de Nîmes, le sort du taureau Collard semblait sceller, car Marie Sara s'est fait un nom dans le milieu très masculin de la tauromachie. Elle a été l'une des plus célèbres rejoneadoras françaises. Le rejoneo consiste à combattre les taureaux à cheval. Dans les milieux bien informés, on murmurait que Marie Sara avait promis à Emmanuel Macron de lui ramener la queue et les oreilles du "taureau politique du Gard". C'était compter sans la résistance de l'immortel Collard. Gilbert Collard : "bête politique" ou "taureau immortel" face à Marie Sara a
été réélu à la surprise générale. Comme en 2012 où il avait été élu dans cette circonscription peu favorable au Front National, et rapidement adopté par les Gardois. A plusieurs reprise, nous avions suivi, hors période électorale, le député Collard un samedi à partir de 13 h, lorsqu'il arrivait de Paris à la gare locale. Il y avait d'abord les rendez-vous à sa permanence parlementaire où beaucoup de citoyens l'attendaient pour des problèmes locaux, mais aussi pour des conseils juridiques, pour des dossiers administratifs habituellement dévolus à l'assistante sociale du coin, pour une lettre d'appui à un employeur, etc. L'élu Collard les recevait tous, les écoutait, prenait des notes, et, plus surprenant dans le milieu politique traditionnel, effectuait ensuite les interventions (plus de 3000 par an), en informant chaque demandeur de la suite réservée.
Puis, en fin de journée, le député Gilbert Collard organisait une réunion publique dans une des communes de sa circonscription. Et là, 160 ou 200 personnes se pressaient pour écouter l'élu Collard parler de tout avec sa "gouaille d'avocat". Politique internationale, légitime défense, tauromachie, fêtes locales, tout y passait. Mais, le clou de chaque réunion, c'était la tombola et le tirage au sort, orchestrés par les collaboratrices du député. A l'occasion de cette loterie, partie intégrante du "cirque Collard", un certain nombre de personnes présentes gagnaient des tasses assemblée nationales, des stylos à en-tête de la représentation nationales, des carnets, des livres, etc. Avec un discours bien rôdé : "Mes chers amis, ce matin à Paris, je pensais très fort à vous. Alors, je me suis arrêté à la boutique de l'assemblée nationale pour acheter et vous offrir ces quelques souvenirs !". Sacré Gilbert ! Ensorcelleur, même avec la mamie du coin, qui me confiait "voter socialiste" en 2012, puis être devenue "Collardiste car Gilbert est meilleur que ceux d'avant. Et la réunion se terminait autour de tables garnies de charcuteries locales et de bonnes bouteilles de vin. Dans une ambiance conviviale pouvant se poursuivre jusqu'à 22 heures. C'est là que réside le secret de la réélection de Gilbert Collard, arrivé en tête avec 58 voix d'avance à l'issue du premier tour, alors que tous, de la République en Marche aux Républicains, plantaient des "banderilles" pour terrasser l'ancien avocat passé, en 30 ans, du PS au FN, via l'UDF et le Modem.
L'estocade lancée par la célèbre rejoneo Marie Sala ne l'aura pas atteint. Dimanche soir, le député sortant Gilbert Collard (FN) a été réélu dans la 2e circonscription du Gard, avec 50,16% des suffrages exprimés. A la surprise des états-majors parisiens qui ne donnaient pas cher de l'avenir politique du célèbre avocat. Mais, dans une France entièrement dominée par la République En Marche, la voix de Gilbert Collard continuera de résonner dans l'enceinte de l'Assemblée Nationale. Le célèbre avocat, qui avait sauvé d'une mort certaine les éléphants du parc de la tête d'or à Lyon, devrait dénoncer les nombreux dysfonctionnements que connaît la France, avec la Banque Postale qui n'est plus à l'écoute de ses fidèles clients ou le mystère de la disparition des abeilles et des insectes lié aux insecticides enfin élucidé.
Francis Gruzelles, 19.6.2017