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A 27 ans, le Suisse alémanique Rafael Rosenfeld a gagné brillamment l'épreuve de violoncelle du 55e Concours international de Genève.
Au Bâtiment des Forces motrices, dimanche soir, Rafael Rosenfeld s'est adjugé l'épreuve de violoncelle de ce qui était l'ancien Concours international d'exécution musicale. Le lauréat a empoché 15 000 francs. Mais il a surtout déjà contracté des engagements pour trois concerts à Genève l'année prochaine.
Le Finlandais Alexander Gebert et la Russe Tatjana Vassilieva ont décroché respectivement les 2ème et 3ème prix, dotés de 10 000 et 8 000 francs. Ce sont deux musiciens âgés de 23 ans.
Une cinquantaine de candidats se sont présentés à ce concours de violoncelle. Ils provenaient d'une trentaine de pays. Du Japon aux Etats-Unis, en passant par une dizaine de Français, les plus nombreux, et six violoncellistes suisses, tous alémaniques.
Quatre épreuves éliminatoires ont jalonné le parcours jusqu'à la finale de dimanche soir. Les candidats ont d'abord dû jouer une suite de Bach sur 12 minutes et un morceau à choix du XXe siècle, très technique et difficile.
Puis, quinze violoncellistes se retrouvèrent au 2e tour pour une interprétation d'une quarantaine de minutes à partir du quintette de Schubert et de la sonate en do majeur de Beethoven.
Seuls six d'entre eux réussirent à accéder au 3e tour. A ce stade de la compétition, ils eurent le loisir de s'engager dans un récital «violoncelle-piano» d'une heure. «D'ailleurs, précise Didier Schnorhk, secrétaire général de la manifestation, l'un des critères du concours était de les juger sur leur capacité à construire un programme intéressant et de le défendre.»
«Il est à souligner que cette 55e édition se révéla d'un très haut niveau artistique», poursuit Didier Schnorhk. Trois violoncellistes accédèrent à la finale, au cours de laquelle, chacun d'eux a joué un concerto, en compagnie de l'Orchestre de la Suisse romande.
Là, Rafael Rosenfeld a interprété le concerto pour violoncelle de Robert Schumann avec l'OSR. Le violoncelliste de Suisse centrale s'est imposé «à l'unanimité», a d'ailleurs commenté, lundi, le porte-parole du Concours, (dont les prix sont financés par la Ville et le Canton de Genève).
Le jury était constitué de six spécialistes de l'instrument d'envergure internationale ainsi que de trois personnes représentant la musique en général et le public.
«Son jeu est à la fois très expressif et très intérieur, commente Didier Schnorhk. Rafael Rosenfeld a beaucoup de fantaisie, doublée d'une parfaite maîtrise d'exécution. Il est doté d'une rare musicalité, riche de surcroît. On sent manifestement chez lui qu'il a déjà une grande expérience derrière lui.»
Le 55e Concours de Genève se poursuit. La finale de l'épreuve de chant se déroule mercredi soir. Mais, dans cet autre domaine, les interprètes suisses n'ont malheureusement pas passé le cap des éliminatoires.
Sachez enfin que l'édition 2000 du Concours de Genève est dédiée à la mémoire de Pierre Fournier. Ce violoncelliste a illuminé de sa présence nombre de concerts et de cours d'interprétation.
Emmanuel Manzi