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L'ancien directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn est en garde à vue depuis mardi matin à Lille, dans le Nord de la France. Il est soupçonné de "complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée" et "recel d'abus de biens sociaux" dans l'affaire dite du Carlton.
Répondant à la convocation de la justice pour être entendu sur son rôle dans cette affaire, l'ex-directeur du FMI est arrivé par ses propres moyens dans une caserne de gendarmerie vers 09h00. Il n'a fait aucune déclaration, les autorités ayant pris des mesures pour lui assurer une certaine discrétion face à la nuée de journalistes.
M. Strauss-Kahn, 62 ans, devait être interrogé au sujet de soirées libertines auxquelles il a pris part, notamment à Paris et Washington, afin d'établir s'il savait que les femmes qui y participaient étaient des prostituées. La garde à vue peut théoriquement durer 96 heures, mais ne devrait pas excéder 48 heures.
Passible de vingt ans de prison
A l'issue de celle-ci, DSK peut être libéré sans poursuite, ou déféré dans la foulée devant les juges d'instruction, qui peuvent également le convoquer ultérieurement. Si ces magistrats devaient estimer les charges suffisantes, DSK risquerait respectivement jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle et cinq ans d'emprisonnement, pour chacune des deux infractions qui lui sont reprochées.
L'enquête, dans laquelle huit personnes sont poursuivies, porte sur un réseau de prostitution organisé autour de l'hôtel Carlton de Lille. DSK en aurait bénéficié en 2010 et 2011 en France et aux Etats-Unis. Les déplacements des femmes auraient été organisés par un ami, le commissaire divisionnaire lillois Jean-Christophe Lagarde, poursuivi pour les mêmes griefs.
Le socialiste est susceptible d'être poursuivi non comme client de prostituées - ce qui est légal en France - mais pour "recel d'abus de biens sociaux". Les rémunérations des jeunes femmes auraient été assurées par deux amis de DSK, entrepreneurs du Nord, qui les ont présentées à leurs sociétés sur notes de frais. Les deux entrepreneurs nient toute contrepartie à ces soirées.
ATS