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Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a appelé à transformer l'Union européenne en fédération d'Etats-nations moyennant à terme un nouveau traité. Le sujet est sensible, l'opinion se détournant plutôt du projet européen.
"Nous devons progresser vers une fédération d'Etats-nations. C'est notre horizon politique", a affirmé le chef de l'exécutif européen lors de son discours sur "l'état de l'Union" au Parlement européen à Strasbourg.
M. Barroso prend ainsi le risque d'ouvrir une dangereuse boîte de Pandore moins de trois ans après la ratification du traité de Lisbonne et alors que l'opinion européenne, échaudée par la crise, se détourne du projet européen, voire le rejette.
Déjà préconisé par Jacques Delors
Selon lui, "Une véritable union économique et monétaire en profondeur peut être engagée dans le cadre des traités actuels, mais ne pourra être menée à bien qu'avec un nouveau traité". Il a justifié le concept de fédération d'Etats-nations - déjà préconisé dans les années 1990 par l'ex-président de la Commission Jacques Delors - parce "qu'en ces temps d'anxiété, ce serait une erreur que de laisser les nations en proie au nationalisme et au populisme".
M. Barroso a estimé que l'UE ne pouvait "continuer à résoudre les problèmes européens juste avec des solutions nationales", ce qui a déclenché les foudres des députés eurosceptiques. "J'ai sous-estimé le fanatisme de M. Barroso", s'est exclamé le Britannique Nigel Farage.
Encouragements de Guy Verhofstadt
Au contraire, le chef de file des Libéraux européens, l'ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt, a encouragé M. Barroso à aller plus loin dans la voie du fédéralisme sans attendre "le feu vert ou le feu rouge de Paris ou Berlin".
Une révision des traités serait oeuvre de longue haleine, puisqu'il faudra convoquer une conférence intergouvernementale pour parvenir à un accord qui devra ensuite être ratifié par les parlements des Vingt-Sept, au risque de replonger l'Europe dans une longue période d'introspection institutionnelle.
ATS