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Le produit intérieur brut (PIB) augmentera de 3,2% en 2021 et de 3,6% en 2022. En 2023, la production devrait avoir retrouvé son rythme de croissance d'avant la crise.
L'économie suisse évolue de manière positive. Le rythme de cette expansion se normalisera d'ici à la fin 2023. Le produit intérieur brut (PIB) augmentera de 3,2% en 2021 et de 3,6% en 2022. En 2023, la production devrait avoir retrouvé son rythme de croissance d'avant la crise.
La situation économique pour les années 2021 et 2022 n'a pas fondamentalement changé par rapport aux prévisions du KOF de juin. Cependant, les difficultés d’approvisionnements que connait l'économie mondiale ainsi que l’évolution de la pandémie en Suisse ont pour conséquence, des prévisions pour l'année en cours un peu plus réservées. Ainsi, la reprise est partiellement reportée à 2022, pour laquelle les prévisions actuelles représentent une légère révision à la hausse. Corrigé des recettes des grands événements sportifs internationaux, le taux de croissance du PIB prévu est de 3,0 % cette année, 3,4 % en 2022 et 1,8 % en 2023.
Le développement économique international a continué à se dissocier de la pandémie. La production mondiale pondérée par les parts d'exportations suisses a maintenant presque retrouvé son niveau d'avant la crise. Toutefois, les taux de croissance du commerce international de marchandises devraient maintenant revenir à la normale, les effets de rattrapage dans les catégories de marchandises particulièrement touchées par la pandémie étant largement achevés. Le KOF voit toutefois encore un potentiel de rattrapage dans le secteur des services dans de nombreuses régions du monde. En outre, certaines des chaînes de valeur interrompues au cours de la pandémie n’ont pas encore retrouvé leur niveau de fonctionnement d’avant la crise du COVID-19, ce qui entraîne des goulots d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement. Il en résulte des restrictions de production et des augmentations de prix qui freineront la reprise économique au cours de l'hiver prochain. Le KOF part du principe que les goulots d'étranglement se résorberont à partir du premier trimestre 2022 et qu'ils n'auront pratiquement plus d'effet inhibiteur sur la production.
Depuis sa chute brutale au printemps 2020, l'économie suisse a connu une reprise cahoteuse et parfois vigoureuse. La corrélation entre les chiffres de contagion avérés et les restrictions de l'activité économique s'est atténuée au fil du temps grâce, aussi, à la campagne de vaccination menée en Suisse. Les principaux moteurs de la reprise ont été, du côté de la demande, les dépenses de rattrapage des ménages privés et, du côté de la production, la réouverture des entreprises du secteur de l'hôtellerie et des prestataires de services à la personne. La reprise dans l'industrie a été relativement faible, principalement dans les secteurs de production touchés par les difficultés des chaînes d'approvisionnement internationales - à l'exception de l'industrie pharmaceutique. Les exportations de produits pharmaceutiques ont été et sont un pilier fort de la croissance: depuis des années, elles augmentent de manière significative tant en termes de volume que de part des exportations de marchandises suisses.
Le marché du travail semble bien se remettre de la crise: en termes de chômeurs inscrits, de chômage partiel, mais aussi selon la statistique de l'emploi de l'OFS, le semestre d'été a été encourageant. La situation est toutefois moins rose si l'on examine les chiffres du chômage récemment publiés selon la définition de l'Organisation internationale du travail (OIT) et les statistiques de l'emploi. Toutefois, le KOF s’attend toujours à une forte détente sur le marché du travail au second semestre 2021 et au prochain semestre d'hiver. Le chômage partiel devrait continuer à diminuer, les taux de personnes au chômage et sans-emploi devraient baisser de manière significative. L'emploi et le nombre de personnes actives devraient fortement augmenter car les secteurs des services à forte intensité d'emploi bénéficieront de la réduction des restrictions. Toutefois, les salariés risquent d'être déçus par la croissance des salaires, car après déduction de l'inflation, il n'y aura guère de gains réels de pouvoir d'achat.
L'inflation s'est accélérée en Suisse au cours des derniers mois. Les prix se normalisent toutefois à partir d'un faible niveau de l'année de pandémie (2020). Les principaux moteurs de cette évolution sont les prix des voyages aériens, des voyages à forfait et de l'hébergement en hôtel. Ceux-ci avaient chuté rapidement et fortement suite à la pandémie. Cela vaut également pour les prix de l'énergie, qui contribuent actuellement de manière significative à la hausse du niveau des prix. La pression inflationniste actuelle devrait donc être de nature temporaire, selon le KOF. Dans l'ensemble, les capacités sous-utilisées et l'évolution moins dynamique des salaires nominaux continueront à maintenir l'inflation à un niveau faible. La prévision d'inflation du KOF est néanmoins légèrement supérieure à celle de juin en raison de la hausse des loyers et des prix des marchandises en provenance de l'étranger. Le KOF prévoit une inflation moyenne de 0,5% cette année, 0,6% l'année prochaine et 0,4% en 2023.
Les risques qui pèsent sur les prévisions ne sont plus dominés par les incertitudes liées à la pandémie, mais sont désormais à chercher dans l'économie elle-même. Il convient notamment de souligner les difficultés au niveau international en matière de transport et de production, les risques d'inflation qui y sont liés, notamment la forte hausse des prix de l'énergie, l'évolution du marché immobilier chinois et les avertissements de surchauffe du marché immobilier suisse.