Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07204.jsonl.gz/1119

L'ex-secrétaire d'Etat américain John Kerry est atterré par la "superficialité" du discours de Donald Trump mardi au WEF à Davos (GR). Dans un entretien à Keystone-ATS, celui qui avait négocié l'accord nucléaire iranien est élogieux sur le rôle de la Suisse en Iran.
Le président américain "est tellement éloigné des réalités du monde", estime l'ancien chef de la diplomatie en marge du Forum économique mondial (WEF). M. Kerry ne se dit "pas seulement déçu par sa position sur le climat", une thématique que M. Trump n'a pas abordée dans son discours à tonalité économique et électoraliste.
En revanche, il s'accorde avec le chef de la Maison Blanche sur le rôle de la Suisse en Iran. M. Trump avait remercié mardi la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga pour la contribution suisse, notamment à l'apaisement des tensions récentes entre les Etats-Unis et Téhéran après l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani.
Pas d'avancée avec la Chine
"La Suisse doit être remerciée", insiste M. Kerry, qui est venu à de nombreuses reprises dans le pays. Le mandat suisse de représentation des intérêts américains en Iran a toujours été "d'une grande importance", insiste-t-il.
Il est aussi assez pessimiste sur le scénario d'une nouvelle négociation avec Téhéran pour un accord nucléaire, comme le souhaite M. Trump. "Je serais très surpris" qu'un dirigeant iranien veuille discuter "avec quelqu'un qui passe son temps à mentir" à son pays, explique encore M. Kerry qui souhaite lui que des personnalités "plus averties" comme l'ancien vice-président Joseph Biden prennent en charge de la politique américaine.
De même, la première phase de l'accord commercial conclu récemment par Washington avec la Chine "ne changera rien du tout", contrairement à ce qu'affirme le président, dit-il. Les questions les plus importantes comme "l'accès au marché et la propriété intellectuelle" ne sont pas réglées, selon lui.
Inquiet sur le conflit libyen
M. Kerry avait été également très impliqué sur la Syrie, avant le désengagement politique de M. Trump qui a laissé la place à la Russie et à la Turquie comme pays influents dans ce conflit, aux côtés de l'Iran. Deux acteurs qui sont désormais également au centre des tensions sur la Libye, marquée par des affrontements "qui préoccupent extrêmement" l'ancien secrétaire d'Etat.
A Davos, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, dont le pays soutient le gouvernement de Fayez al-Sarraj reconnu par la communauté internationale, a estimé mercredi que le maréchal Khalifa Haftar, protégé de Moscou, constituait "le seul obstacle" à un processus de paix dans ce conflit. La présence militaire de la Russie et de la Turquie, qui démentent toutes deux avoir acheminé un important dispositif dans ce pays, est très largement visée par plusieurs acteurs.
De nombreux autres Etats de la région, notamment les Emirats arabes unis, ont des intérêts dans ce conflit, fait remarquer de son côté l'ancien secrétaire d'Etat américain. Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé mardi les parties à finaliser "dès que possible" un cessez-le-feu sur le territoire libyen afin de permettre une relance du processus politique.
Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: <email-pii>