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Par notre ambassadrice Solène Cosandey, étudiante en Energie et Techniques Environnementales
L’écriture inclusive est un sujet d’actualité. Elle remet en question l’utilisation du masculin générique, soit le fait d’employer le masculin pour les groupes d’hommes, les groupes mixtes et pour les personnes dont le genre n’est pas connu. Cette convention d’écriture propose d’appondre "·e" à la fin des mots masculins pouvant désigner des hommes et des femmes comme dans "les étudiant·es" / "les étudiant·e·s", ou encore d’utiliser le masculin et le féminin l’un après l’autre comme dans "les étudiants et les étudiantes". Elle incite aussi à féminiser les noms de métiers.
Ces démarches sont parfois critiquées. Selon Julie Neveux, linguiste à l’Université de la Sorbonne, le rapport à la langue maternelle est en effet très sentimental, ce qui peut induire une réticence à sa modification. Il peut néanmoins être intéressant de se demander quel est l’impact de l’utilisation du masculin par défaut.
En effet, à chaque fois qu’une forme masculine est rencontrée dans un texte, le cerveau se trouve face à une ambiguïté: s’agit-il d’un groupe mixte, d’un groupe d’hommes ou de personnes dont le genre n’est pas connu? Des études, notamment menées par le psycholinguiste Pascal Gygax de l’Université de Fribourg, montrent que le sens qui s’active est celui demandant le moins de ressources au cerveau, soit celui du masculin signifiant homme(s). La visibilité des femmes dans des groupes d’hommes s’en trouve réduite et notre représentation de la société s’en trouve quelque peu biaisée.
Selon le docteur Gygax, cela induit que "pour des filles c’est beaucoup plus compliqué de se projeter dans des métiers si ces métiers sont constamment présentés au masculin ou même si ces métiers n’ont pas d’équivalent féminin". Cette interprétation du masculin pourrait donc partiellement expliquer la sous-représentation féminine dans les métiers techniques et plaider en faveur de l’utilisation du langage inclusif. Une alternative à l’écriture inclusive est l’écriture épicène. Celle-ci consiste à privilégier l’utilisation de formes neutres telles que "les membres", "les titulaires", "les personnes" ou encore "les bénéficiaires" lorsque le genre des personnes n’est pas important.
Une autre piste pour expliquer les faibles effectifs féminins dans les métiers techniques est celle explorée par – entre autres – la physicienne Jess Wade. Selon elle, le manque de représentations féminines dans les métiers techniques empêche les jeunes femmes de se projeter dans ces professions et ainsi de se lancer dans une formation technique. Cette idée est mieux exposée dans un autre article du site Ingénieuse: L’importance de créer des profils de femmes scientifiques sur wikipédia. De manière générale, cette sous-représentation tend à nous faire penser que ces métiers ne sont occupés que par des hommes.
Ces raisons ont poussé la HES-SO à adopter l’écriture inclusive pour ses communications. Ses recommandations sont disponibles dans la brochure "Pour une communication inclusive".
Quelques ressources supplémentaires: