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Mestre Bimba
& la modernisation de la Capoeira
La capoeira d’aujourd’hui trouve certes ses racines dans l’esclavage brésilien, mais son épanouissement d’une forme de combat rudimentaire à un vrai art martial doit être attribué à Mestre Bimba. Manuel dos Reis Machado, son nom civil, est né en 1900 à Bahia. Il était un athlète de combat et de capoeira puissant et respecté par ses adversaires. Jeune, il commençait à enseigner l’art de la capoeira pour la première fois de manière structurée dans une salle, et non dans la rue comme c’était l’habitude à l’époque. Mestre Bimba, appelé ainsi dans le monde de la capoeira, s’était rendu compte que la capoeira originale de Bahia, aujourd’hui nommée Angola, n’était pas assez efficace pour un vrai combat. Sous son égide, cet art martial brésilien est devenu par la suite une éducation physique et une lutte véloce et très dangereuse. Il prônait l’entraînement régulier, la musculation et le respect d’une bonne hygiène de vie, et il a créé un nouveau style de capoeira : la Capoeira Regional (Luta Regional da Bahia – lutte régionale de Bahia). Elle contient un ensemble harmonieux, non seulement de mouvements originaux issus de l’esclavage, mais aussi d’éléments de la boxe, de la lutte et du ju-jitsu.
Mestre Bimba a révolutionné la capoeira en créant également des méthodes spécifiques d’enseignement. Grâce à son efficacité et aussi à la diffusion incessante par ses élèves, étudiants (blancs) de bonnes familles, le nouveau style de la Capoeira Regional a gagné petit à petit en popularité pour enfin se répandre dans tout le Brésil. En 1972, Mestre Bimba s’est même vu invité par le gouvernement de l’Etat de Bahia pour une démonstration officielle de capoeira en tant que moyen d’expression culturelle du peuple brésilien.
En 1930, Gétulio Vargas a été nommé à la tête du gouvernement du Brésil. Probablement aussi grâce au travail de Mestre Bimba, le président de la République a réduit la répression des cultes et pratiques afro-brésiliennes et rendu la capoeira officiellement légale. Sept ans plus tard, le gouvernement a reconnu l’académie de Mestre Bimba et l’a fait inscrire à l’Office de l’Education de la Santé Publique. Après 50 ans d’enseignement et de démonstrations multiples à travers tout le pays, Mestre Bimba, fatigué et mécontent du manque de sérieux avec lequel les officiels considéraient malgré tout son sport, s’est retiré à Goiânia, où il est mort le 5 Février 1974 loin de sa Bahia natale et de ses élèves qui l’avaient tant chéri.
La Capoeira Regional est donc un jeu entre deux capoeiristes, qui réagissent selon les mouvements de l’adversaire dans un rythme rapide et dynamique. Un coup de pied amène souvent un essai de balayage, une entrée ou une contre-attaque. Les acrobaties sont intégrées de façon fluide dans le jeu, afin d’embellir la performance, de se déplacer ou de tromper son adversaire.
Contrairement à ce qui est souvent dit, les contacts physiques sont bien présents dans la capoeira, même si les coups de pieds sont rarement portés pour toucher l’adversaire. Toutes sortes de techniques visant à faire tomber son vis-à-vis existent et le contact est inévitable.
À la fin du jeu, il n’y a pas de vainqueur explicitement déclaré, mais implicitement, le maître et tous les spectateurs apprécient la supériorité ou l’infériorité de chacun des athlètes.
Par rapport à l’époque de Mestre Bimba, la capoeira contemporaine est devenue plus aérienne, plus dynamique et encore plus rapide. De nombreuses acrobaties et formes d’expression complètent avec un charme incomparable les atouts de combat qui la caractérise, coups de pied, esquives et techniques de combat (vingativa, rasteira, banda, queda, tesoura, etc.).
La capoeira à l’étranger
C’est au début des années 80, que la capoeira commence à s’étendre au-delà des limites du Brésil s’exportant, au début, aux Etats-Unis, puis en Europe et en Asie.
Source: Mémoire de licence: « Institutionnaliser la capoeira en Suisse? Analyse sous l’angle de la stratégie marketing »
Marlen Gysel, Sciences du sport, juin 2004