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Ce siècle avait cinq ans, le «regretté» Hitler en avait seize. Romain Rolland s’apprêtait neuf ans plus tard à écrire «Au-dessus de la mêlée».
Pourquoi citer Romain Rolland? Parce qu’il est sans doute l’un des inspirateurs de l’Essor. Et, à travers lui, Gandhi (via Edmond Privat qui lui rendit visite aux Indes) et Tolstoï (via Jules Humbert-Droz, qui ne fut pas membre de l’Essor mais défendit des positions fort proches des nôtres).
Romain Rolland, c’est-à-dire la fraternité entre tous les peuples et même entre l’Allemagne de Guillaume II et la France de Clemenceau. Romain Rolland, grand admirateur de Jean Jaurès, de Rosa Luxembourg et de Karl Liebknecht, tous assassinés.
Gandhi, c’est-à-dire la non-violence, la fraternité avec toutes les créatures, y compris le cobra qui s’installait au milieu de son jardin et que Gandhi se reprochait d’éviter de croiser, se disant qu’il l’insultait gratuitement.
Hors, l’Essor a continué le combat: pour la paix, pour la fraternité, pour la non-violence, depuis le fondateur jusqu’à Alain Simonin en passant par Edmond Privat, qui poussait la fraternité jusqu’à se passionner pour l’espéranto, moyen de communication entre des gens de langues variées et qui, effectivement, a permis à Tito de s’entendre avec un dirigeant communiste tchécoslovaque; Eric Descoeudres, l’ancien directeur de Coopération; René Bovard, officier de l’armée suisse, qui fit durant la guerre 39-45 toutes les mobilisations, mais décida de devenir objecteur de conscience: «Vers un monde plus fraternel»; Ariane Schmitt, fille du conseiller d’Etat Oltramare, dont j’ai repris la succession en 1995, ne prévoyant nullement que j’allais perdre ma fille Catherine, ce qui me força à démissionner pour m’occuper de mes petits-enfants.