Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06873.jsonl.gz/482

Le mécanisme biologique impliqué dans le développement d’un mélanome est complexe. Le potentiel invasif est déclenché par l’inhibition de la phosphodiestérase 5A (PDE5A) suite à une mutation de BRAF ou NRAS. Le traitement par sildénafil ou un autre inhibiteur de PDE5A mime les effets provoqués par les mutations génétiques BRAF/NRAS en inhibant le PDE5A. De cette façon, ces traitements pourraient augmenter le risque de développer un mélanome. Cette étude de cohorte prospective sur dix ans a évalué l’association entre l’utilisation de sildénafil et l’apparition d’un mélanome. En 2000, 25 848 hommes âgés de 40 à 74 ans ont été interrogés sur leur utilisation de sildénafil pour des troubles de l’érection. Les participants avec un cancer au départ étaient exclus. 5,3% d’entre eux avaient utilisé du sildénafil récemment et 6,3% en avaient utilisé par le passé. Durant le suivi, de 2000 à 2010, 142 mélanomes, 580 carcinomes spinocellulaires (CSC) et 3030 carcinomes basocellulaires (CBC) ont été identifiés. L’utilisation récente de sildénafil était significativement associée à un risque plus élevé de développer un mélanome (HR 1,84% ; IC 95% : 1,04-3,22). L’utilisation dans le passé de sildénafil était également associée à une augmentation du risque de mélanome (HR 1,92% ; IC 95% : 1,14-3,22). Il n’y avait pas par contre d’augmentation du risque de CSC, de CBC et de cancers non cutanés.
Commentaire : Le manque de données sur la durée d’utilisation et le dosage du sildénafil limite les analyses. Toutefois, ces résultats montrent une association positive entre le sildénafil et l’augmentation du risque de développer un mélanome. Les patients ayant eu un mélanome et ceux avec des facteurs de risque de développer un mélanome devraient bénéficier d’un examen cutané avant l’introduction et durant la durée du traitement par sildénafil.