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Marivaux a écrit principalement des textes dramatiques. Néanmoins, dans la majorité de ses textes, il interroge la coquetterie et l’amour-propre à la lumière de l’amour de soi. Il y questionne les rapports sociaux et la morale qui les fonde sur un mode burlesque. Le Legs et l’Épreuve sont à l’image de son écriture : elles provoquent le rire franc du public en lui dépeignant ses propres vices.
© Marc Vanappelghem
De quoi parlent ces pièces?
Le Legs est l’histoire de plusieurs arrangements conjugaux à l’issue desquels les véritables amours en ressortent triomphants.
L’amour n’est jamais bien longtemps idyllique puisqu’il se frotte à des intérêts financiers : payer 200'000 francs pour se débarrasser d’une amante, est-ce bien raisonnable ? À première vue, non. Le Marquis tente de marchander le prix de sa liberté. Toutefois, la Comtesse dont il est épris finira par mériter ce douloureux don, au prix de sa participation aux frais quémandés par Hortense, la femme qui lui était initialement promise par le legs.
L’Épreuve est une pièce au contenu plus perfide puisqu’elle repose sur la manipulation amoureuse de Lucidor envers Angélique afin de savoir qui de la fortune ou de l’amant cette dernière aime. Angélique sombre au fur et à mesure de cette épreuve. L’amour dévoilé contient l’amertume du doute duquel il procède. Le silence final d’Angélique peut avoir plusieurs lectures. L’amour sincère et ingénu peut-il résister aux épreuves de la remise en question et de la méfiance?