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Monsieur Mabut, dans note sur les élections d'hier,
"Le MCG est le premier parti du canton!" :
Incroyable mais vrai! Le parti des candidats Stauffer et Poggia a recueilli 14'429 bulletins compacts et modifiés. C'est le premier parti du canton. Mais ça n'a pas beaucoup de sens, sauf peut-être dans quelques communes, car l'élection du Conseil d'Etat n'est pas une élection proportionnel comme celle du Grand Conseil, mais une élection majoritaire.
M. Mabut fait le même constat que les responsables du MCG ce qui appelle deux commentaires simples:
1) la démocratie participative peut-elle se satisfaire de la logique des blocs? Ceux qui ont vaincu hier le seront demain et ainsi de suite. La réponse à cette question est donc manifestement NON .
2) Quel remède apporter à cette situation? grosso modo, Il y en a deux . Une consiste à mettre en place un système électoral qui empêcherait les blocs de nous vendre du vent pour mieux se partager le gâteau une fois l'élection passée. On imposerait à chaque liste un programme sur la base duquel elles s'affrontent. Le programme le plus convinquant remporte lélection.
La seconde consiste à imposer un minimum votes et, pourquoi pas de participation, les deux à 50%. Ce système imposerait de lui-même deux tours puisque dans l'élection d'hier personne n'a recueilli 50% et le taux de participation est lui aussi inférieur à 50%.
Le concept de liste élue sur une base programmatique est très bon mais n'a de sens que si le Peuple peut débarquer le gouvernement en cours de route si il ne tient pas son engagement. Vu le danger que cette solution comporte, vous imaginez bien qu'aucun des partis actuellement aux commandes de la République ne veut de cette solution. Et pourtant c'est celle qui offre au Peuple la meilleure garantie d'accomplissement vu la menace que ferait courir l'initative destitutive à tout "musardage" politique de l'Excutif.
La solution d'une élection sur deux tours semble donc la plus plausible car la plus à même de rassembler les avis convergeants.
La Constituante qui travaille sur ces questions complexes devra toutefois veiller à ce que système ne permette pas aux partis de changer de candidat entre le premier et le deuxième tour. Ne participeraient au 2e tour que les candidats du 1er ayant atteint x% (à déterminer). Cette solution donnera au Peuple le pouvoir extraordinaire de faire "ses primaires" et non pas aux partis qui, les socialistes nous l'ont prouvé ce dimanche, n'ont pas nécessairement le sens de ce que veut leur base.
Le second tour fera affronter les plus forts, sont qui ont la meilleure assise électorale, la meilleure base populaire et donc les plus à même de construire un gouvernement qui réponde réellement aux aspirations profondes du Souverain.
Pour ce qui est de la participation à 50%, elle constitue un idéal démocratique car ceux qui décident de prendre en mains la destinée de la République auraient une légitimité inébranlable ce qui n'est manifestement pas le cas de ce que nous ont livré les urnes puisque moins de 50% de 46% ne constitue pas une représentation démocratique idéale, à fortiori lorsque la plus importante force politique est tenue aux portes du Gouvernement.
Ce chantier, déjà fort passionnant, est désormais relancé au niveau de la Constituante, on ne peut que s'en réjouir.
Patrick Dimier