Document ID: /curiavista/filtered/00000.jsonl.gz/227215

<h2>SubmittedText<h2><p>Le Conseil fédéral est chargé de mettre sur pied une campagne nationale de vaccination contre le HPV prise en charge par la LAMal sans franchise ni quote-part.</p><p>Le HPV est la cause la plus fréquente d'IST en Suisse. Ils sont responsables de verrues génitales, de lésions précancéreuses et de cancers du col de l'utérus, la 2e cause de cancer chez les femmes après celui du sein. La vaccination est le meilleur moyen de s'en protéger. En Suisse, en l'absence de vaccination, environ 6 femmes/100 développent des lésions précancéreuses et 1/100 souffre d'un cancer du col de l'utérus à cause d'une infection par un virus HPV.</p><p>Depuis 2019, le Gardasil 9, vaccin qui protège contre 10 types d'HPV et a une efficacité élevée, est disponible en Suisse. Le vaccin étant sûr et bien supporté, l'OFSP en recommande l'usage sur les filles de 11 à 26 ans, mais idéalement avant l'âge de 15 ans. Cette recommandation s'est étendue aux garçons en 2015, mais à titre complémentaire uniquement. </p><p>L'OFSP indique que pour la période 2017 à 2019, 59 % des filles de 16 ans ont reçu deux doses du vaccin contre 17 % des garçons. En 2015, la couverture vaccinale contre le HPV pour les adolescentes de 16 ans varie entre 27 % et 78 % en fonction des cantons. Si les cantons romands font mieux en matière de vaccination des filles, la marge de progression concernant les garçons est importante des deux côtés de la Sarine. </p><p>Des campagnes nationales de vaccination ont fait leur preuve ailleurs. Avec une couverture qui atteint maintenant 80 % des Australiennes et 75 % des Australiens de 15 ans, la circulation du virus, et donc tout risque d'infection et de cancers du col de l'utérus, devrait s'arrêter selon les modélisations épidémiologiques. L'OMS a lancé un appel en novembre 2020, incitant les États à adopter des plans d'action afin d'éradiquer ce cancer d'ici 2050 et d'atteindre une couverture vaccinale de 90 %.</p><p>Dans sa réponse à l'interpellation 20.4499, le Conseil fédéral souhaite atteindre une couverture de 80 % chez les filles. La vaccination des jeunes hommes devrait également contribuer indirectement à réduire le cancer du col de l'utérus. De plus, la situation a évolué depuis l'interpellation 15.3162. Dès lors, le double standard prôné par le CF n'est plus admissible. Alors que femmes et hommes profitent de la vaccination contre le HPV, il est temps de cesser de faire peser cette question de santé sur les femmes.</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Le Conseil fédéral reconnaît l'importance de la vaccination contre le HPV pour les jeunes filles et garçons, ainsi que les jeunes femmes et hommes en Suisse. Selon le monitorage national de couverture vaccinale, la vaccination proposée gratuitement (sans franchise ni quote-part) depuis 2007 aux moins de 26 ans dans le cadre de programmes cantonaux a permis d'atteindre un taux de couverture vaccinale de près de 60 % (filles) et 20 % (garçons) chez les moins de 16 ans, malgré d'importantes différences cantonales (17-74 %). Ces dernières années, ce taux n'a plus augmenté chez les jeunes filles dans toute la Suisse. Afin d'atteindre une immunité collective, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) s'est fixé pour objectif un taux de vaccination complète de 80 % chez les filles.</p><p>D'autres mesures sont nécessaires pour augmenter le taux de couverture vaccinale. Cependant, au regard des fortes disparités cantonales, une campagne nationale de vaccination ne semble pas être le meilleur moyen pour y parvenir. Afin d'obtenir le plus grand effet possible, des efforts devraient d'abord être entrepris dans les régions et les cantons qui présentent un faible taux de couverture vaccinale.</p><p>Les raisons des différences de taux entre les cantons ont déjà été analysées ; il s'agit d'une part de facteurs socioculturels et d'autre part d'aspects liés à l'implémentation des programmes cantonaux de vaccination. Ainsi, la mise à disposition systématique d'informations et l'offre de vaccinations dans les écoles contribuent fortement à augmenter les taux de vaccination.</p><p>Une analyse de la situation est prévue afin de mieux connaître les raisons de la stagnation du taux de couverture vaccinale contre le HPV. Toutefois, elle a dû être reportée à 2022 en raison de la pandémie. Cette analyse examinera en détail les éventuels problèmes rencontrés lors de la mise en oeuvre des programmes cantonaux.</p><p>Dans sa réponse à l'interpellation 20.4499 Lohr, le Conseil fédéral confirme en outre le soutien aux divers efforts visant à augmenter le taux de vaccination contre le HPV. L'Alliance HPV, lancée l'année dernière par le Forum suisse des consommateurs (<a href="http://www.konsum.ch">www.konsum.ch</a>) et largement soutenue, en fait partie. Elle rend attentif à la problématique par le biais de diverses mesures et continuera de la faire.</p><p>Pour ces raisons, le Conseil fédéral ne voit à l'heure actuelle aucune raison de procéder à une campagne nationale de vaccination contre le HPV.</p>  Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.