Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07064.jsonl.gz/333

L'ancien conseiller fédéral Furgler est mort
Le démocrate-chrétien saint-gallois a accédé au Conseil fédéral
en décembre 1971 et il est resté membre du gouvernement jusqu'à la
fin 1986.
Après avoir dirigé le Département de justice et police pendant
10 ans, il avait repris le Département de l'économie en 1983,
département qu'il a dirigé jusqu'à son départ du gouvernement à fin
décembre 1986. Kurt Furgler a été président de la Confédération à
trois reprises.
Membre PDC du gouvernement fédéral de 1972 à 1986, le
Saint-Gallois a initié de nombreuses réformes. Passant pour être
doué d'une vive intelligence, d'une énergie peu commune et d'une
éloquence exceptionnelle, Kurt Furgler serait l'un des rares hommes
d'Etat que la Suisse ait connus. Il a dirigé le Département de
justice et police de 1972 à 1982, avant de passer à l'économie
publique. Il a présidé trois fois la Confédération, en 1977, 1981
et 1985.
Nombreuses réformes
En tant que ministre de la justice, Kurt Furgler a lancé de
nombreuses réformes. Au nombre de ses succès figurent la révision
du droit de la famille, l'article constitutionnel sur l'égalité
entre hommes et femmes, ainsi que le nouveau droit matrimonial. La
loi restreignant les acquisitions d'immeubles par des résidents
étrangers a été baptisée «lex Furgler».
En 1974, Kurt Furgler fit une entorse au principe de la
collégialité en refusant de défendre devant le Parlement le projet
du Conseil fédéral tendant à assouplir quelque peu l'interdiction
de l'avortement. Son collègue radical Ernst Brugger le
remplaça.
Des échecs
C'est un vrai
politicien, doté d'un esprit brillant, qui disparaît. Le brillant
Saint-Gallois a aussi essuyé des revers. C'est ainsi que
l'opposition conjuguée de la gauche et de la droite fédéraliste fit
échouer, en 1978, son projet de police fédérale de sécurité en
votation populaire. La nouvelle répartition des tâches entre
Confédération et cantons n'a été que partiellement menée à
bien.
Quant au projet de révision totale de la constitution fédérale,
que Kurt Furgler avait lancé avec enthousiasme dans les années
septante, il ne devait aboutir qu'en 1999 à une simple mise à jour
de la charte fondamentale.
Accueil de Reagan et de Gorbatchev
Kurt Furgler a aussi fait valoir ses qualités de diplomate,
notamment en 1985, lorsque, président de la Confédération, il reçut
à Genève les deux grands du monde d'alors, Ronald Reagan et Mikhaïl
Gorbatchev.
En 2002 encore, il milite pour une présence accrue de la Suisse
sur la scène internationale. En compagnie de quatre anciens
conseillers fédéraux, il assume la coprésidence d'un comité de
seniors en faveur de l'adhésion de la Suisse à l'ONU.
Le président de la Confédération Pascal Couchepin a déploré la
disparition d'un "vrai politicien", qui a servi son pays avec
conscience et un sens aigu de l'Etat. "Les personnalités suisses et
internationales qui l'ont rencontré ont été sensibles à sa grande
courtoisie et à son raffinement, tous deux au service d'un esprit
brillant".
ap/ats/ant
Publié le 29 juillet 2008 à 11:41 - Modifié le 28 juin 2010 à 12:09
Record de longévité
Après ses études de droit, Kurt Furgler s'installe comme avocat à St-Gall. La même année, il épouse Ursula Stauffenegger, qui lui donnera quatre filles et deux garçons. Sur le plan militaire, il a porté le grade de colonel-brigadier.
Le Saint-Gallois est élu au Conseil fédéral le 8 décembre 1971. Il avait commencé son activité politique comme secrétaire des chrétiens sociaux saint-gallois, l'aile progressiste du PDC.
Avec ses 15 ans de pouvoir, Kurt Furgler détient le record de la longévité gouvernementale de l'après-guerre. Après son départ du Conseil fédéral, Kurt Furgler a été membre de plusieurs conseils d'administration, président de la Fondation pour l'aide sportive suisse et vice-président du Club de Rome.
"Grand visionnaire"
A l'époque, on pensait encore que tout le monde devait tirer à la même corde au sein du gouvernement, a relevé le socialiste soleurois, qui a siégé au Conseil fédéral entre 1983 et 1995.
Kurt Furgler était un homme doté d'une haute intelligence, d'une énorme force de travail et d'un grand don pour les langues, se souvient pour sa part l'ancien conseiller fédéral radical Rudolf Friedrich.
Pour la conseillère nationale Lucrezia Meier-Schatz (PDC/SG), Kurt Furgler n'était pas seulement un politicien et un orateur brillant mais aussi un grand visionnaire. En témoigne son projet de nouvelle constitution fédérale.
Lucrezia Meier-Schatz, qui connaissait l'ancien conseiller fédéral depuis les années 1970, a dit garder l'image d'un homme d'une haute compétence sociale et d'un profond enracinement philosophique. Selon elle, Kurt Furgler était fortement marqué par l'éthique chrétienne.