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Fin janvier, alors qu'on ne parlait pas encore d'épidémie et qu'aucun cas de coronavirus n'avait été officiellement observé en Suisse, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) annonçait la mise en place d'une hotline pour répondre aux interrogations du public.
C'était la première d'une longue série de conférences de presse consacrées au Covid-19.
Des experts très masculins
Du 28 janvier au 29 mai 2020, le Conseil fédéral s'est présenté 22 fois devant les médias pour parler du virus. Dans le même temps, 36 points de presse d'experts de la Confédération consacrés au Covid-19 ont été organisés. Outre les conseillers fédéraux, une cinquantaine d'hommes sont intervenus comme spécialistes, contre un peu plus d'une dizaine de femmes.
La faible proportion des femmes au sein de cet aréopage de spécialistes est encore plus flagrante si l'on comptabilise l'ensemble des présences lors de ces conférences de presse. Au total, les sièges d'experts ont été occupés 228 fois par un homme et 33 fois par une femme, soit une représentation féminine de 13% seulement.
La parité est encore loin
Virginie Masserey figure parmi les rares voix féminines qui ont pris la parole au nom des offices fédéraux ou de la task force scientifique. Elle dirige la section Contrôle des infections de l'OFSP, mais son parcours au sein de l'administration fédérale n’a pas toujours été simple. "J'ai entendu des remarques 'tu es mère de famille, tu ne veux pas avoir une fonction dirigeante.'"
"Je sens qu’il y a une façon différente d’aborder la candidature d’une femme ou d’un homme pour une position dirigeante, même à la Confédération", relève Virginie Masserey. Dans les plus hautes fonctions de l'administration fédérale, la parité est d'ailleurs loin d'être atteinte, même si la situation s'améliore d'année en année.
Dans les classes de salaire 24 à 29, les femmes ne représentent qu'un peu plus du tiers des employés. C'est encore pire dans les classes les plus élevées (30 à 38), où elles ne sont que 23%. Meilleur élève, le Département fédéral de l’intérieur compte 35% de cadres supérieurs féminins. Ce taux chute à 7,3% au Département de la défense.
Un travail de sensibilisation et de motivation
Dans le secteur privé, la part des femmes dirigeantes est encore plus basse. Les organisations féminines réclament des mesures pour augmenter le nombre de femmes au sommet de la hiérarchie. "Il faut assurer la conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle", estime en premier lieu Claudine Esseiva, conseillère municipale PLR à Berne.
"De l'autre côté, il faut aussi sensibiliser les décideurs masculins à mettre en avant autant de femmes que d'hommes, également lors des crises", ajoute celle qui est aussi présidente du Mouvement des femmes entrepreneures suisses BPW. Pour elle, "il s'agit d'un travail de sensibilisation, mais aussi un travail de motivation des femmes."
Cependant, avec la crise économique qui s’annonce, certains redoutent que les questions d’égalité soient reléguées au second plan. Une soixantaine d’organisations ont lancé la semaine dernière un appel au Conseil fédéral et au Parlement pour demander que la voix des femmes soit entendue.
Valérie Gillioz/dk
Le Conseil fédéral reconnaît une sous-représentation
Reconnaissant que son Etat-major chargé de gérer la crise du coronavirus est effectivement composé essentiellement d'hommes, le gouvernement va travailler à une meilleure représentation féminine en son sein, a-t-il annoncé.
Deux femmes seulement font partie de cette task force, qui devrait être dissoute fin juin. Dans le cadre de la définition de la nouvelle organisation dédiée à la lutte contre le Covid-19, le Conseil fédéral veillera à associer davantage de femmes à la prise de décisions. (ats)