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Episode 1 : 30 ans de réflexion
La question du « Musée central » ou « Grand Musée » (comme on l’appelait jusqu’en 1902) fait rage depuis déjà trente ans alors que le premier coup de pioche est donné en 1903. Cela surprendra sans doute ceux qui ont toujours plus foi en la rapidité politique et d’exécution de l’époque qu’en celles d’aujourd’hui…
Mais pourquoi diable se bat-on déjà en 1873, et pour les trois décennies à venir, au sujet du futur Musée d’art et d’histoire? La réponse est simple et sa résonance curieusement actuelle : on discute, on polémique et on se dispute au sujet de sa nécessité, de son emplacement et de son financement :
- le Musée Rath ne suffit plus à contenir et conserver les œuvres d’art qui s’accumulent par le biais de dons, legs et acquisitions. Le besoin d’un nouveau musée pour Genève devient impérieux.
- l’on s’interroge sur l’emplacement de ce « Musée central » ou « Grand Musée» dont le nom évoque le désir de magnificence et d’accessibilité. A la promenade de Saint-Jean, d’abord évoquée, sont enfin préférées les Casemates.
- quant au financement de ce musée d’envergure, il est en partie pris en charge par le budget de la Ville de Genève et en partie par le legs de Charles Galland, utilisé pour la construction du bâtiment.
Douze ans après le premier désir exprimé d’un nouveau musée en Ville de Genève, le concours est lancé. Les projets sont jugés médiocres. Le concours est abandonné pour être relancé en 1899. C’est l’architecte suisse Marc Camoletti (qui réalisera par la suite le fameux bureau de poste du Mont-Blanc et l’école des Cropettes) qui le remporte. Son projet relève de l’un des styles architecturaux de l’époque : le style Beaux-Arts. Le bâtiment mêle donc, en plus de sa base néoclassique, des styles architecturaux issus d’époques différentes.