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En cas d´attaque du pays, l´armée suisse pourrait intervenir au-delà des frontières. Le Conseil fédéral n´exclut en tout cas pas une telle possibilité dans le cadre d´Armée XXI. Une collaboration militaire avec d´autres pays serait aussi possible.
Répondant mercredi à une question de la conseillère nationale Barbara Hearing (PS/ZH), le gouvernement constate qu'il est de plus en plus difficile d'assurer une défense autonome de la Suisse devant une menace militaire massive. Le cas échéant, il pourrait donc s'avérer nécessaire de conclure des alliances.
Cette conception de la défense pourrait même pousser les forces helvétiques à franchir la frontière et à intervenir dans les zones frontalières, «l'avant-terrain opératif» dans le jargon militaire. Le Conseil fédéral est conscient que de telles opérations ne seraient pas compatibles avec la neutralité. Mais en cas d'attaque du pays, le principe de neutralité deviendrait caduc.
Barbara Hearing, s'est inquiétée de telles perspectives. La conseillère nationale et présidente du comité d'initiative «Economiser dans l'armée» a donc demandé des explications au gouvernement. Elle entend notamment savoir à combien de kilomètres s'étendrait «l'avant-terrain opératif», quelles seraient les conséquences au niveau diplomatique et si cette conception aurait des répercussions importantes sur l'organisation et le coût de l'armée suisse.
Dans sa réponse, le Conseil fédéral relativise un peu le débat. Il remarque d'abord que la possibilité d'une attaque contre la Suisse est «inimaginable» dans les dix ans à venir, mais qu'aucun scénario n'est à exclure à moyen et long terme.
La menace n'étant pas imminente, aucune alliance militaire pouvant remettre en cause la neutralité n'est pour l'heure prévue avec l'étranger. Par conséquent, «l'avant-terrain opératif» ne correspond à rien de concret.
Mais, pour le Conseil fédéral, la Suisse doit se réserver, à long terme, la possibilité d'opter pour une défense en collaborant avec d'autres Etats. Ces questions sont actuellement à l'étude. Les résultats seront présentés au Parlement et au peuple avec le plan directeur d'Armée XXI.
La réponse n'a guère convaincu le comité d'initiative «Economiser dans l'armée». Dans un communiqué diffusé mercredi, il note que «le Conseil fédéral prend le risque de conséquences difficilement maîtrisables sur le plan financier ainsi que dans nos relations avec les Etats voisins». Il demande par ailleurs que le gouvernement cesse de développer des perspectives «aventureuses» dans les travaux sur le plan directeur d'Armée XXI.
Olivier Pauchard