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Visite de l’exposition «Maximilien de Meuron. A la croisée des mondes», sous la conduite d’Antonia Nessi, conservatrice du département des arts plastiques.
L’exposition «Maximilien de Meuron. A la croisée des mondes» est une exposition majeure pour le MahN à plusieurs points de vue. En effet, c’est à cet artiste que l’on doit la naissance du MahN : il y a deux cents ans, Maximilien de Meuron offrait à Neuchâtel deux vues de Rome, une ancienne et une moderne. Ces toiles portent les numéros 1 et 2 de la collection, noyau du futur musée qui ouvrira ses portes en 1884.
L’exposition raconte la vie de Maximilien de Meuron, né au château de Corcelles-sur-Concise dans une famille aisée, et qui est devenu l’un des peintres majeurs de région neuchâteloise. Homme respecté, il siégera en qualité de membre du Grand Conseil neuchâtelois, avec des positions conservatrices, pour ne pas dire réactionnaires, s’opposant aux élans émancipateurs de son canton. Après 1848, il abandonne successivement la politique et la peinture, pour se consacrer uniquement à la promotion des arts. On lui doit la fondation de la Société des amis des arts de Neuchâtel, dont il a assumé la présidence jusqu’à sa mort en 1868.
Maximilien de Meuron part pour l’Italie et Rome, dès 1810, où il fréquente les artistes établis dans cette ville. Il dessine et peint les vestiges du passé, mais aussi la ville « moderne », fortement baroque. De retour en Suisse, après 1816, il a ensuite volontiers mis en scène des vues alpestres, dont le Grand Eiger (1823). De manière générale, le peinte a énormément représenté la nature, souvent empreinte d’une nostalgie de l’immobilisme. Il fige l’Oberland bernois, le lac de Walenstadt, le glacier du Rhône et, bien entendu, sa région dont le lac de Bienne et l’île de Saint-Pierre, représentés au centre d’une trouée dans la forêt.
Le visiteur peut aussi admirer quelques-uns des plus de cinq cents dessins de Maximilien de Meuron conservés au MahN, à la découverte de l’Italie avec un talent immense et une grande sensibilité.
L’exposition est complétée par des œuvres de Claude Lorrain, Caspar Wolf, Alexandre Calame, Léon Berthoud ou Albert de Meuron (fils de Maximilien). Une note contemporaine, installation vidéo de la Neuchâteloise Catherine Gfeller, clôt la visite sur les traces de Maximilien de Meuron lors de son grand tour italien.