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Il y a quatre-vingt-cinq ans, les IVe Jeux Olympiques d’hiver se déroulèrent à Garmisch Partenkirchen du 6 au 16 février 1936. Le CIO n’avait pas voté pour attribuer les Jeux d’hiver à l’Allemagne qui avait fait prévaloir une règle non écrite selon laquelle le pays hôte des Jeux d’été pouvait également organiser les Jeux d’hiver. L’Histoire retiendra quelques moments forts des Jeux à Berlin, mais relativement peu des épreuves à Garmisch. Même si les JO d’hiver ne jouissaient pas du même retentissement que les JO d’été, l’objectif du régime nazi fut déjà celui d’organiser les Jeux les plus prestigieux de l’histoire et d’en faire une répétition générale pour ceux de Berlin.
Un Heil Hitler sonore retentit à l’arrivée du Führer dans l’enceinte olympique
À Garmisch, pour la première fois, l’idéal olympique fut instrumentalisé au profit d’un régime autoritaire. Sous d’épais flocons de neige, un Heil Hitler sonore retentit à l’arrivée du Führer dans l’enceinte olympique. Tous les officiels Allemands et de nombreux participants écoutèrent, le bras levé, le serment olympique prononcé par Willy Bogner. Lors de son discours, le président du comité d’organisation, Karl Ritter von Halt, souligna la volonté allemande de célébrer la paix et la compréhension sincère entre les peuples au travers de ces jeux.
Les appels lancés aux États-Unis en faveur d’un boycott pour dénoncer les persécutions antisémites en Allemagne n’aboutirent pas. Tout fut mis en œuvre par la propagande nazie pour se donner l’image d’un régime pacifique. Peu avant l’arrivée des délégations, quelque deux cents agitateurs potentiels furent envoyés dans les camps de concentration et tous les panneaux antijuifs furent soigneusement enlevés. Un défenseur de hockey sur glace, Rudi Ball, d’origine juive fut réintégré dans l’équipe allemande le temps des Jeux. Hitler n’en fut pas moins contrarié et se refusa d’assister à tout match des hockeyeurs teutons.
Les Nazis avaient réussi leur premier grand coup de propagande
Dans son discours de clôture, le président du CIO se dit entièrement convaincu que ces Jeux avaient donné une puissante impulsion à l’idéal olympique qui tend à unir les peuples. Goebbels, le ministre de la propagande, écrivit dans son journal que tout le bon travail effectué en avait valu la peine. Même l’Ambassadeur français à Berlin, François-Poncet, admit que le monde entier s’était enthousiasmé pour ces Jeux. Les Nazis avaient réussi leur premier grand coup de propagande internationale et lancé de manière idéale les Jeux de Berlin, autrement plus importants pour le régime. Si Garmisch avait été un échec, il n’y aurait pas eu de fête des peuples dans la capitale allemande.
Sur le plan sportif, les Jeux rassemblèrent 624 athlètes de 28 nations. Un record pour l’époque. Ils comportèrent 17 épreuves dans 8 disciplines. La Norvège termina en haut de la liste des médailles. La Suisse en gagna trois dont une d’or en bob. Elle ne participa pas aux compétitions de ski alpin. En effet, selon les règles de l’amateurisme, les moniteurs de ski qui intégraient l’équipe suisse ne purent pas concourir. Ovomaltine devint un sponsor officiel des Jeux.
Un mois après l’ouverture des jeux, Hitler réoccupera de force la Rhénanie en violation du traité de Versailles
Le 7 mars, un mois après l’ouverture des Jeux, Hitler réoccupera de force la Rhénanie en violation du traité de Versailles. Ce sera le premier d’une longue série de coups de force nazis qui mèneront à la Deuxième Guerre mondiale.
Les Jeux en Allemagne furent donc les derniers avant un conflit mondial déclenché par le pays organisateur. Le CIO a fait preuve d’une compromission coupable en cautionnant de bonne grâce un monstrueux exercice de propagande.
Ça ne sera malheureusement pas la dernière fois… !