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Une méthode simple (et économique) pourrait désormais permettre d’identifier les personnes présentant un risque accru de mort subite. Telle est la conclusion d’une étude menée par le Centre de recherche cardiovasculaire de Paris dont les résultats viennent d’être publiés.1 En résumé, une augmentation excessive de la fréquence cardiaque lors d’un stress double le risque d’arrêt cardiaque ultérieur.
Les auteurs ont travaillé sur la base des précieuses données de l’« Enquête Prospective Parisienne I » concernant 7746 hommes français âgés de 42 à 53 ans, employés comme agents de police à la Préfecture de Police de Paris. Ces policiers ont passé des examens médicaux entre 1967 et 1972, comprenant des électrocardiogrammes et des examens cliniques et biologiques assez poussés. Leur fréquence cardiaque a notamment été mesurée au repos, puis à nouveau quelques minutes avant un test d’effort sur bicycle immobile. Les chercheurs ont postulé que juste avant l’effort les hommes étaient exposés à un « léger stress mental » lié à l’appréhension du test d’effort. Leur fréquence cardiaque a été mesurée pendant l’effort, et ensuite pendant la phase de récupération.
Lors des vingt-trois années de suivi en moyenne, 1516 décès ont été enregistrés, dont 81 morts subites faisant suite à une crise cardiaque. Après prise en compte des habituels facteurs de risque cardiovasculaire (tabagisme, âge, indice de masse corporelle, sédentarité, cholestérolémie, diabète, etc.), les auteurs parviennent à la conclusion suivante : les hommes dont l’augmentation de la fréquence cardiaque avait été la plus importante lors du léger stress mental (augmentation de plus de 12 battements par minute) présentaient un risque de mortalité deux fois plus élevé que les hommes dont l’augmentation de la fréquence cardiaque avait été la plus faible (augmentant de moins de 4 battements par minute).
A l’inverse, les hommes dont l’augmentation de la fréquence cardiaque avait été la plus élevée pendant le test d’effort lui-même présentaient un risque de mort subite réduit de plus de la moitié par rapport aux hommes dont la fréquence cardiaque avait le moins augmenté pendant le test d’effort. Des analyses complémentaires ont par ailleurs révélé qu’aucune mort subite par arrêt cardiaque ne s’était produite chez les 440 hommes dont la fréquence cardiaque avait le moins augmenté pendant le léger stress mental et le plus augmenté pendant le test d’effort.
Pour les auteurs, l’augmentation de la fréquence cardiaque lors du léger stress mental précédant l’effort est une variable fortement prédictive de mort subite. « Cette étude est la première à mettre en évidence cette association. Et comme mesurer le pouls d’un patient est un acte simple et économique, elle pourrait permettre d’identifier les personnes à risque élevé, estiment les auteurs. Les personnes présentant une forte augmentation de leur fréquence cardiaque lors d’un stress léger pourraient être soumises à des examens complémentaires et des stratégies de prévention sur mesure pourraient leur être proposées ».