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Hervé Falciani peut se vanter d'avoir sérieusement envenimé les relations entre la France et la Suisse. En 2008, cet informaticien français, alors âgé de 36 ans, employé par la banque HSBC à Genève au quai Général-Guisan, récupère des données touchant 127'000 comptes. Pourquoi a-t-il fait cela? Pour l'établissement financier, pas de doute, Hervé Falciani a volé ces données pour les revendre à la concurrence. L'ancien employé donne une tout autre réponse: il cherchait seulement à dénoncer les failles informatiques de la banque HSBC. La justice genevoise, qui privilégie la version de la banque, arrête l'informaticien le 2 décembre 2008.
Clash franco-suisse
Hervé Falciani est longuement interrogé, mais laissé en liberté. Il en profite dès le lendemain pour déguerpir, et se réfugier du côté de Nice. La suite a fait la Une de la presse: comme la France n'extrade pas ses ressortissants, la Suisse lance une commission rogatoire internationale en février 2009 pour récupérer les données volées. Premier clash entre les deux pays: c'est la justice française qui met la main sur les listings… et ne veut pas les rendre à la Suisse. Nouveau clash quelques mois plus tard: Eric Worth, alors ministre du Budget, exhibe une liste de contribuables français qui fraudent le fisc en plaçant leur argent à Genève!
Violation du secret bancaire
Le problème, c'est que le droit français interdit l'utilisation de données volées! Le 12 août 2010, le Ministère public de la Confédération lance un mandat d'arrêt international contre Hervé Falciani. «Je l'avais pourtant prévenu qu'il ne pouvait pas quitter l'Hexagone. Je ne comprends pas qu'il se soit rendu en Espagne», s'étonne Me Pascal Maurer qui défend les intérêts de l'ancien informaticien. Il rappelle que son client est poursuivi pour violation du secret bancaire, soustraction de données et service de renseignements économiques à l'étranger.
Tour d'Europe des prisons
Hervé Falciani a été arrêté en Espagne le 1er juillet dernier. Quatre jours plus tard, la Suisse a réclamé son extradition. Celle-ci ne devrait pas poser de problème en raison de la Convention européenne d'extradition signée par les deux pays. L'ancien informaticien va-t-il usé de recours pour retarder son extradition? Me Pascal Maurer ne le lui conseille pas. Non seulement les prisons suisses sont plus confortables que les cellules espagnoles, mais tous les pays qui ont récupéré les fichiers de HSBC vont sans doute vouloir entendre Hervé Falciani. Il risquerait alors de faire un tour d'Europe des établissements pénitenciers…