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Au début du haut Moyen Age, le papyrus fut utilisé très fréquemment ; les invasions barbares n’avaient pas interrompu, en effet, le trafic commercial de la Méditerranée. Mais avec la conquête de l’Egypte et de l’Orient par l’Islam, à partir du VIIe siècle, le papyrus est abandonné au profit du parchemin (sauf dans les bureaux de la papauté jusqu’au Xe siècle). Le parchemin amena deux progrès décisifs : il permit l’utilisation de la plume d’oie, qui remplaça le calame antique (tige de roseau, au bout taillé en pointe) et dont la pointe plus fine donnait une écriture plus déliée, et, d’autre part, il aboutit à la généralisation des codex, ancêtres de nos livres. On eut, en effet, très tôt l’idée de grouper les feuilles de parchemin qu’on pliait et d’en faire des cahiers. La forme la plus répandue consistait à plier les feuilles en deux (soit 4 pages) et à les relier par quatre. C’était un quaternion, ou cahier de quatre feuilles de parchemin pliées en deux (soit 16 pages).
Différents animaux peuvent fournir la peau du parchemin : le mouton, le veau ou la chèvre sont les plus couramment utilisés au Moyen Age. La préparation en était longue et difficile : la peau était trempée dans un bain de lait de chaux, décapée et nettoyée de toute trace de poil et de chair, dégraissée, séchée sur claies et de nouveau raclée. Le tannage est capital pour libérer les dépouilles de toute odeur. Attachée sur un cadre, la peau sera soumise à une forte tension. Le parcheminier va « polir » la surface tendue et rendre la peau le plus lisse possible. Le scribe ou le copiste vont compléter cette opération en utilisant un couteau ou une pierre ponce pour supprimer les taches et obtenir un parchemin d’aspect souple qui le rende propre à l’ écriture.
Une peau de mouton ne donnera qu’un double feuillet (50×70 cm) à un volume de grand format. Le mouton servait à l’usage courant. Il avait l’avantage de supporter l’écriture sur les deux faces. De même le veau. Le velin, obtenu en traitant la peau de très jeunes veaux ou mort-nés, était de qualité supérieure.