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Garrett James Hardin, né le 21 avril 1915 à Dallas, et mort le 14 septembre 2003 à Santa Barbara en Californie, est essentiellement connu pour sa publication de 1968 intitulée « The Tragedy of the Commons » (ou Tragédie des biens communs). Biologiste de profession, il reste une figure importante de l’histoire des théories et des concepts économiques contemporains. Il met en évidence la compétition qui se met en place à partir du moment où des ressources naturelles limitées en quantité sont placées dans un terrain « commun ». Cette compétition sur le domaine commun mène à la destruction des ressources communes à plus ou moins court-terme.
Reprenant en quelques sortes les théories de Malthus, la tragédie des biens communs montre la surexploitation qui résulte de la non-attribution d’une ressource, donc du caractère « public » de celle-ci. Cette théorie concerne des biens ayant deux caractéristiques. D’abord, ce sont des biens sur lesquels il serait difficile d’octroyer un droit de propriété (par exemple une partie de l’océan), et ensuite ce sont des biens rivaux. Un exemple de biens rivaux sont les animaux sauvages: si, à la chasse, je tue un animal sauvage pour le manger, cet animal n’existera plus pour le prochain chasseur. Cette tragédie peut être réglée par trois solutions imaginées par Hardin: la nationalisation, la privatisation, la gestions par les locaux.
La tragédie des biens communs en détail Vie de Garrett Hardin
Garrett James Hardin, né en 1915, est agrégé de l’Université de Chicago en zoologie en 1930 et, en 1941, il est nommé Docteur en microbiologie par l’Université de Stanford. Il devient professeur en écologie humaine à l’Université de Santa Barbara en 1963 et il y enseigne jusqu’à sa retraite en 1978. Il a été un scientifique controversé à plusieurs reprises. En effet, Hardin s’est intéressé à la surpopulation et a notamment défendu l’idée, vulgairement résumée ici, que toutes les solutions sont bonnes à prendre pour régler la balance démographique. Ainsi, la politique de l’enfant unique en Chine, les génocides et autres massacres à grande échelle et les catastrophes naturelles seraient autant d’outil pour éviter la surpopulation. Ces théories révoltèrent une partie de la classe politique. Il publie, en 1968, « Tragedy of the commons » qui lui vaut la renommée qu’il a aujourd’hui. Cette théorie va relancer les recherches sur les ressources naturelles et la limitation de celles-ci. Elle permettra aussi une nouvelle ouverture dans les champs de recherche concernant le développement durable. Hardin publiera encore plusieurs articles polémiques avant sa mort. Il meurt en 2003, à l’âge de 88 ans. Sa femme et lui étant gravement malades, ils recourent au suicide assisté.
Tragédie
La tragédie dont parle Hardin concerne les biens qui n’ont été attribués à personne en particulier, ou que personne ne s’est approprié. Si un bien est laissé sans surveillance et à libre disposition de tout le monde, il risque de souffrir de surexploitation et de s’épuiser. Bien que Hardin ait surtout pensé aux ressources naturelles quand il a écrit son article, cette tragédie concerne tous les biens possédant les deux caractéristiques suivantes:
- ce sont des biens dont il serait complexe ou coûteux de les attribuer à quelqu’un en particulier, ou d’en assurer la surveillance (par exemple le fond des océans).
- ce sont des biens rivaux. Ce qui veut dire que si je puise le pétrole au fond d’un océan, au bout d’un certain temps, il n’en restera plus pour les autres.
Cette tragédie ne concerne que les biens non-attribués, ce qui réduit considérablement la masse dans une économie de marché comme celle dans laquelle nous vivons, . Néanmoins, il existe toujours des problèmes que l’on peut lire comme des exemples de cette tragédie des biens communs, comme les nappes de pétrole au fond de l’Antarctique. Ce modèle ressemble au modèle de Malthus, qui pose également le problème de la surexploitation des ressources. Mais comme nous le montre Boserup, l’évolution technologique permet la plupart du temps de remédier aux problèmes de la limitation des ressources. Hardin décrit ici les situations dans lesquelles il n’existe pas de solution par la technologie.
Solutions
Les solutions ci-dessous sont pensées par Hardin ou par les chercheurs ayant également travaillés sur la tragédie des communs. Toutes les solutions citées ci-dessous doivent bien évidemment mettre en place un système de sanctions dans le cas où les limitations ne seraient pas respectées.
Cependant, dans certains domaines aucune solution durable, stable et universelle n’a encore été trouvée, et ce champ de recherche est toujours en pleine exploration. Tant en biologie qu’en économie ou en sciences sociales, ce problème est récurrent.
Nationalisation
La nationalisation est une des solutions proposées par Hardin. Elle peut revêtir plusieurs formes, mais la ressource en question appartient alors à l’État. Ce dernier peut choisir de l’exploiter lui-même et de la redistribuer, ou alors d’en limiter l’accès d’une manière ou d’une autre (période de l’année, nécessité d’un permis, contrôle ponctuel, etc.). Il peut aussi décider d’interdire simplement l’accès à la ressource (comme dans le cas des espèces protégées par exemple). En bref, c’est l’État qui a la responsabilité de cette ressource et de sa pérennité.
Privatisation
Cette solution n’est pas diamétralement opposée à la précédente. Elle préconise la mise en place d’un droit de propriété pour une ou plusieurs personnes. Ces personnes ont alors la responsabilité d’une utilisation intelligente de la ressource. Il n’est pas nécessaire de vendre cette ressource à une personne qui peut en faire ce qu’il souhaite; le droit de propriété peut être accordé pour une quantité limitée, par exemple comme un quota de quantité de viande si on parle de la chasse. L’exploitation est privée, et la gestion de l’accès reste donc dans des mains externes dans ce cas précis.
Gestion par les communautés locales
La dernière solution, surtout étudiée par Elinor Olstorm, autre théoricienne des bien communs, est celle de la gestion de la ressource par la communauté locale. Cette dernière est alors poussée à mettre en place un accès contrôlé à la ressource. Cela a pour conséquence de crée une vie autour de la ressource et une plus grande mise en évidence de sa valeur.
Actualité
Aujourd’hui, le thème de la tragédie des biens communs est plus que d’actualité, entre autres grâce à la portée qu’a pris la problématique du réchauffement climatique. Les ressources apparaissent de plus en plus comme limitées, et l’accès à celle-ci devient conflictuel. De plus, lorsque ces biens sont dans des terres internationales, les deux premières solutions proposées ci-dessus ne sont plus viables (et parfois la troisième ne l’est pas non plus). Ainsi, la problématique des nappes pétrolières au fond de l’Antarctique n’est pas solvable. Personne ne peut octroyer de droit de propriété, aucun Etat ne peut prétendre à la gestion de cette ressource et, à terme, tout le monde aura besoin de ce pétrole. La tragédie des biens communs n’est pas terminée et continuera de poser des problèmes.
Bibliographie commentée
L’essentiel de cet article vient d’être résumé, ce fut celui-ci qui révéla le biologiste au grand jour dans le monde scientifique. Il relève la problématique bioéconomique qu’est la tragédie des biens communs: tout bien non-renouvelable et n’ayant pas de propriétaire avéré semble voué à la disparition par surexploitation. La surpopulation entraîne notamment cette tragédie, ainsi que la volonté humaine de toujours profiter de tout avant les autres. Cet article relève donc une problématique aujourd’hui encore d’actualité: nos ressources naturelles ne sont pas inépuisables et nous risquons d’en faire les frais.
Références
Machan, T. R. (2001). The commons: its tragedies and other follies. Stanford: Hoover institution press.