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Chaque élection est l’occasion pour les commentateurs de se prononcer sur les mérites et les défauts des différents systèmes utilisés dans notre pays. Les dernières élections genevoises n’ont pas manqué à la règle (voir DP 1494).
D’emblée, rassurons les commentateurs : ils auront toujours la possibilité de commenter, vu qu’aucun système d’élection n’est parfait. Il ne s’agit pas là d’un point de vue désabusé sur la démocratie, mais bien la conséquence d’un théorème célèbre Ð mais peu connu hors du sérail Ð de la théorie du choix social, discipline mathématique qui étudie les systèmes de vote et d’élection.
En 1951, Kenneth Arrow, futur prix Nobel, a démontré qu’aucun système d’élection ne peut respecter les cinq conditions suivantes :
¥ Aucun choix ne doit être imposé d’avance (respect des avis exprimés).
¥ Aucun votant ne doit être prépondérant (refus de la dictature).
¥ Une voix supplémentaire ne doit pas dégrader le classement du candidat qui la reçoit.
¥ Le retrait d’un candidat ne doit pas modifier le classement des autres (respect du principe d’indépendance).
¥ Aucun classement ne doit être a priori exclu (respect du principe d’universalité).
Tout système violant au moins l’une de ces conditions, on peut s’interroger : laquelle est la moins « dommageable ? Ce serait l’occasion d’avoir un débat sur les valeurs. Et aussi un moyen d’échapper aux considérations parfois très tacticiennes avancées par les commentateurs. am
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
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