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MONTRÉAL – Une fréquence élevée d’utilisation des médias sociaux, de la télévision et des ordinateurs serait liée à une augmentation des symptômes d’anxiété parmi les adolescents. C’est ce que montre une nouvelle étude, menée par les Docteurs Boers, Afzali et Conrod, chercheurs affiliés au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal, et publiée dans le Canadian Journal of Psychiatry (DOI : 10.1177/0706743719885486) le 26 novembre 2019.
Des symptômes d’anxiété plus graves, mais pas durables
Cette étude montre qu’une fréquence de l’utilisation, plus élevée que la moyenne, des médias sociaux, de la télévision et de l’ordinateur sur une période de quatre ans prédit des symptômes d’anxiété plus graves pendant cette même période. En plus d’une vulnérabilité commune possible aux deux ensembles de comportements, l’étude démontre que si un adolescent a connu une augmentation de son utilisation des médias sociaux, de la télévision et de l’ordinateur, les jeux vidéo n’étant pas concernés, au cours d’une année donnée et que cette augmentation a dépassé son niveau moyen global d’utilisation, alors ses symptômes d’anxiété ont également augmenté au cours de la même année. De plus, lorsque les adolescents diminuent leur utilisation des médias sociaux, de la télévision et de l’ordinateur, leurs symptômes d’anxiété deviennent moins graves. Ainsi, aucun effet durable n’a été constaté.
Effet conjugué des médias sociaux et de la télévision sur la dépression
Ces résultats sont intéressants si l’on considère une autre publication récente des mêmes auteurs qui font état d’associations entre l’utilisation des médias sociaux et l’écoute de la télévision sur les symptômes de la dépression, mais pas l’utilisation de l’ordinateur. Ainsi, il semble que l’utilisation de l’ordinateur soit uniquement associée à une augmentation de l’anxiété, potentiellement en relation avec l’utilisation de l’ordinateur pour les devoirs à la maison, mais cela nécessite des recherches supplémentaires, explique Elroy Boers, chercheur postdoctoral au département de psychiatrie de l’UdeM, auteur principal de cette étude.
Cette étude pourrait avoir d’importantes répercussions sur la façon dont les jeunes et les familles choisissent de réglementer l’utilisation de l’écran numérique afin de prévenir et de réduire les symptômes d’anxiété. Les résultats de l’étude indiquent que l’utilisation des médias sociaux, l’écoute de la télévision et l’utilisation de l’ordinateur sont des prédicteurs de l’anxiété chez les adolescents. Bien que nos résultats soient fondés sur un plan de recherche par observation, la nature de l’approche statistique que nous avons utilisée pour tester les effets causaux possibles a été rigoureusement contrôlée pour déceler toute vulnérabilité sous-jacente commune potentielle à des niveaux élevés de temps de dépistage et d’anxiété. Néanmoins, d’autres recherches sont nécessaires, y compris des recherches comprenant des modèles expérimentaux, pour confirmer que c’est l’exposition aux médias sociaux, à la télévision et à l’ordinateur qui cause des taux élevés d’anxiété chez les jeunes, a déclaré la Dresse Patricia Conrod, auteure principale et professeur de psychiatrie de l’Université de Montréal et du CHU Ste Justine.
Temps passé devant l’écran et anxiété
L’équipe de la Dresse Conrod a suivi près de quatre mille adolescents canadiens de 12 à 16 ans qui ont participé à l’essai en coentreprise. Chaque année d’études secondaires, on a demandé aux adolescents de déclarer le temps qu’ils passaient devant un écran numérique et le temps qu’ils consacraient à quatre différents types d’activités à l’écran (médias sociaux, télévision, jeux vidéo et informatique).
De plus, les adolescents ont rempli des questionnaires autodéclarés sur divers symptômes d’anxiété à l’âge de 12 à 16 ans. Ensuite, après la collecte des données, des analyses statistiques à la fine pointe de la technologie ont été effectuées afin d’évaluer l’anxiété chez les adolescents. Ces analyses complètent les analyses standard en modélisant les changements d’une année à l’autre des deux ensembles de problèmes, tenant ainsi compte de la vulnérabilité commune possible et des changements naturels possibles du développement dans chaque ensemble de comportements ou symptômes.
Ces résultats suggèrent qu’une façon d’aider les adolescents à gérer leur anxiété pourrait être de les aider à limiter le temps qu’ils passent devant les écrans selon la Dresse Conrod. Elle et ses collègues espèrent que cette étude aidera à orienter la conception de nouvelles stratégies d’intervention pour les jeunes à risque, avant que les symptômes d’anxiété ne deviennent cliniquement significatifs.
Le 28 novembre 2019. Par la rédaction de Creapharma.ch (supervision scientifique par Xavier Gruffat, pharmacien). Sources : Communiqué de presse de l’étude (en anglais). Référence : Canadian Journal of Psychiatry. Crédit photos : Adobe Stock
Résumé
La fréquence d’utilisation trop élevée des médias sociaux, conjuguée avec l’écoute de la télévision et l’utilisation de l’ordinateur sont des prédicteurs de l’anxiété chez les adolescents. C’est ce que révèle une étude publiée dans le Canadian Journal of Psychiatry (DOI : 10.1177/0706743719885486) le 26 novembre 2019. Les chercheurs ont aussi constaté que lorsque les adolescents diminuaient leur utilisation des médias sociaux, de la télévision et de l’ordinateur, leurs symptômes d’anxiété devenaient moins graves. Ainsi, aucun effet durable n’a été constaté, mais cette étude pourrait avoir d’importantes répercussions sur la façon dont les jeunes et les familles choisissent de réglementer l’utilisation de l’écran numérique afin de prévenir et de réduire les symptômes d’anxiété.