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Pour Olga Baranova, si les couples de même sexe bénéficient déjà de nombreux droits - ils peuvent signer des partenariats reconnus par l'Etat, adopter les enfants de leur conjoint ou conjointe - le fait que le mariage pour toutes et tous reste une exception à l'échelle de la planète est tout sauf un argument pour se contenter du statu quo.
"Que les droits humains soient actuellement une exception à l'échelle de la planète, c'est un problème", commente-t-elle. "Par contre, en Europe occidentale, la Suisse est l'avant-dernier pays à ne pas connaître l'ouverture du mariage aux couples du même sexe", note celle qui est également membre du PS.
Pour rappel, le projet de mariage pour toutes et tous est combattu par un référendum, lancé par un comité interpartis UDC, UDF et Le Centre, qui a recueilli quelque 61'000 signatures.
"Eliminer une discrimination" dans l'accès à la PMA
Si le partenariat enregistré existe déjà en Suisse, il ne comprend pas l'ensemble des droits et des obligations d'un mariage, rappelle Olga Baranova. Le principe de la réforme est d'ouvrir le mariage civil aux couples de même sexe, ce qui leur donnera également des droits supplémentaires dans les domaines des enjeux matrimoniaux, de la naturalisation, de l'adoption et de l'accès à la procréation médicalement assistée (PMA) accordé aux couples de femmes mariées. "Il n'y a aujourd'hui strictement aucune raison de traiter deux personnes du même sexe qui s'aiment différemment d'un couple hétérosexuel", souligne Olga Baranova.
Interrogée sur la question de la procréation médicalement assistée, Olga Baranova réfute l'idée d'une "extension" de l'accès à la PMA: "On ne l'étend pas, il s'agit uniquement d'éliminer une discrimination: la PMA est aujourd'hui ouverte aux couples mariés sous certaines conditions (stérilité au sein du couple, notamment, ndlr.), elle sera ouverte demain aux couples de femmes mariées également."
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Face à la situation actuelle, la nouvelle loi va également octroyer des droits importants à l'enfant d'un couple de femmes: lui donner légalement deux parents, et lui permettre de connaître ses origines à ses 18 ans. Les recherches récentes avalisent également ce changement des mentalités et des pratiques, souligne la directrice de campagne: "La science montre très clairement qu'un enfant est tout aussi heureux lorsqu'il grandit dans une famille avec deux mamans, et non pas avec un père et une mère."
Propos recueillis par David Berger
Adaptation web: Katharina Kubicek