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La Suisse, mauvaise élève en matière de lutte contre la tabagisme
Selon le rapport sur l'épidémie de tabagisme 2017, environ 4,7 milliards de personnes, soit l'équivalent de 63% de la population mondiale, bénéficient désormais d'"au moins une mesure de contrôle du tabagisme" dans la législation de leur pays.
Convention pas ratifiée
Un constat encourageant. Mais "l'industrie du tabac continue d'entraver les efforts des gouvernements pour mettre en oeuvre les interventions qui permettraient de sauver des vies ou de réduire les coûts engendrés" par le tabagisme, note l'OMS.
D'après le rapport, la Suisse pèche, elle, pour son manque de politiques encourageant la mise en place d'espace publics "sans fumée", mais surtout pour son absence d'interdiction de la publicité du tabac. La Suisse n'a en outre pas ratifié la convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac.
La Suisse, 21e d'un classement européen
En matière de lutte contre le tabagisme, la Suisse fait rarement figure de bon élève. Elle arrive ainsi en 21e position (sur 35) du classement européen établi par l'Association des ligues européennes contre le cancer. Publié en mars, il prend en compte différents critères, tels que le prix du paquet de cigarettes, l'existence de traitements médicaux pour aider les fumeurs à arrêter ou encore l'argent dépensé pour des campagnes d'information et de prévention.
La Suisse est la patrie des multinationales du tabac
Le Royaume-Uni est en tête de ce classement, avec 81 points sur 100, devançant l'Irlande et l'Islande, alors que la Suisse n'obtient que 46 points. "La Suisse est la patrie des multinationales du tabac", écrit l'Association des ligues européennes contre le cancer, qui souligne, elle aussi, "la très faible législation" régulant la publicité des cigarettiers.
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>> Les précisions de Natalie Bougeard:
Publié le 19 juillet 2017 à 20:34 - Modifié le 20 juillet 2017 à 07:51
Le lobbying de Philip Morris
Se basant sur de milliers de documents internes, l'enquête décrit par exemple la stratégie mise sur pied par ce géant du tabac pour contrer la généralisation du paquet neutre, une mesure déjà introduite notamment en France et au Royaume-Uni, justement bons élèves du classement de l'Association des ligues européennes contre le cancer.
L'enquête de Reuters montre également comment le groupe américano-suisse tente de tenir à l'écart les différents ministères de la Santé des questions de taxes sur le tabac, Philip Morris préférant qu'elles restent du ressort des ministères des Finances.