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La compassion
La compassion, la miséricorde et le calme mental
Que faut-il entendre par compassion ?
Les dictionnaires usuels sont plutôt laconiques : ils évoquent généralement le sentiment de pitié pour le malheur d’autrui. Parfois, la définition s’étoffe un peu. « La compassion est l'attitude qui consiste à partager la souffrance des autres, à être attentif face à la douleur de son prochain, à partager ses peines. Autrement dit, la compassion est le fait pour un individu d'être pour son frère, un réconfort surtout après un malheur (http://www.francetop.net/). »
Pourtant, cela reste des définitions somme toute très vague et surtout peu en phase avec les enseignements des grandes traditions religieuses.
Sous sa forme laïque
« Le concept de compassion envers soi-même s'est développé et popularisé ces dernières années sous l'influence notamment d'un courant d'intégration de certains aspects de la philosophie bouddhiste à la psychologie cognitive et en particulier d'intégration de l'approche dite de pleine conscience à la psychothérapie cognitive.
Selon le modèle développé par Kristin Neff et adopté par plusieurs chercheurs du domaine, la compassion envers soi-même dans les situations de difficulté, implique trois composantes:
La bienveillance envers soi-même
Être chaleureux(se) et compréhensif(ve) envers soi-même dans les moments douloureux, d'échec ou de sentiment d'être inadéquat(e), plutôt que d'ignorer les difficultés ou de se critiquer négativement.
Les personnes compatissantes envers elles-mêmes reconnaissent qu'être imparfaits, vivre des échecs ou des difficultés est inévitable. Elles ont alors tendance à être bienveillantes envers elles-mêmes dans ces situations plutôt que de ressentir de la colère. Une plus grande sérénité en découle. Lorsque cette réalité est niée ou combattue, la souffrance augmente sous forme de stress, de frustration et d'autocritique.
La reconnaissance de son humanité
Reconnaître que la souffrance et l'échec personnel fait partie de l'expérience partagée par l'humanité.
La frustration par rapport au fait que les choses ne se produisent pas comme désiré est souvent accompagnée d'un sentiment irrationnel d'isolement, d'être seul(e) à vivre ces situations. Reconnaître que l'on est humain est aussi reconnaître que les pensées, les émotions et les comportements sont affectés par des facteurs «externes» tels que l'histoire parentale, la culture, les facteurs génétiques et environnementaux, ainsi que par les comportements et les attentes des autres. Cette reconnaissance aide à être moins critique sur ses faiblesses personnelles.
La pleine conscience
Observer les pensées et les émotions négatives telles qu'elles sont, sans essayer de les nier ou de les supprimer, et sans les juger.
Le fait de relier ses propres émotions et pensées à la nature humaine aide à percevoir sa propre situation dans une plus large perspective. Cette observation aide à ne pas se sur-identifier à ses pensées et émotions, ce qui prévient d'être emporté(e) par une réactivité négative, favorisée par un focus étroit et une rumination des émotions négatives.
Dans une étude publiée en 2009 dans le Journal of Personality, Kristin Neff et Roos Vonk ont comparé la compassion envers soi-même à l'estime de soi. Il s'avérait que la compassion prédisait des sentiments plus stables de valeur personnelle que l'estime de soi et était moins dépendante des circonstances. Elle était aussi notamment moins liée à la comparaison sociale, aux soucis de l'apparence et à la fermeture d'esprit.
Des études ont associé la compassion envers soi-même à la santé psychologique: des niveaux élevés étaient liés à une plus grande satisfaction générale, à l'intelligence émotionnelle, aux liens sociaux, à l'atteinte d'objectifs, ainsi qu'à moins d'auto-critique, de dépression, d'anxiété, de rumination, de perfectionnisme, de buts de performance et de troubles des comportements alimentaires. »
Altruisme, empathie, compassion :
Cultiver l’altruisme et la compassion s’exercent : il s’agit de vouloir concrètement, comme un but en soi, le bien-être d’autrui. L’altruisme devient ce désir que tous les humains trouvent le bonheur et les causes du bonheur ; l’empathie y sera la capacité à entrer en résonance affective avec les sentiments d’autrui. Être en méditation ici signifie porter son attention sur le moment présent, sur l’expérience vécue, éprouvée, souhaitée, et le faire sans jugement, sans attente, ce qui active les zones cérébrales associées aux émotions positives, aux sentiments de filiation et de gratitude notamment qui viennent contrecarrer les émotions négatives, la détresse personnelle ou les pressions sociales. Le burn-out indique une fatigue de l’empathie submergée par la négativité, l’injustice ou l’impuissance. La méditation les combat par une visualisation créative, par une bienveillance active. Bénir, c’est dire, vouloir du bien et l’accomplir dans la mesure de nos capacités, de nos forces et moyens du moment.
Il s’agit de concilier la réalité avec notre cerveau moral par lequel nous avons le sens de la collaboration, de la justice, de l’empathie, de la compassion, de l’altruisme, la répugnance à faire souffrir autrui. Il est nécessaire de développer la capacité à ne pas être éparpillé tout particulièrement à travers la validation existentielle : Il s’agit finalement de cette validation du « bon en soi présent et à venir ».
Par la « validation existentielle », nous satisfaisons à ce besoin essentiel d’existence, d’estime de soi et d’amour (besoin ontique). Cela permet d’examiner tout le reste avec plus de sérénité, plus de confiance et même plus d’autonomie.
Quoi qu’il se soit passé, il est préférable de ne rien abimer et de se garder de toute culpabilisation de qui que ce soit. De garder une faculté de rester centrer sur le beau et le bon en soi, en l’autre, déjà présent ou à venir.
En pratique donc, ouvrir son 4è chakra, celui du coeur, cela veut dire remplir son Esprit d’amour, de compassion, d’empathie, de positivité surtout. S’ouvrir à une conviction intime qui soit la plus pure possible : Chacun de nous littéralement est Dieu, Dieu s’explorant lui-même dans une Danse de Vie infinie. Notre unicité contribue ainsi pleinement à l’accroissement du Vivant.
Chaque chakra se compose de 2 vortex, l'un actif et l'autre passif, à travers lesquels circule un flux d'énergie transmettant des données entre les corps physique et causal. L'équilibre de ces flux joue un rôle fondamental dans le développement physique , psychique et spirituel de la personne.
Ce constat est également fait par le Dalaï-lama : L’affection est un facteur essentiel à un développement correct. Les scientifiques ont fait des expériences avec des bébés singes. Ceux qui étaient accompagnés de leur mère étaient toujours joueurs et ne se battaient qu’en de rares occasions. Ceux qui étaient séparés de leur mère étaient souvent tendus, malheureux et se battaient souvent. Donc, la croissance est liée à l’affection des autres. D’après la médecine scientifique, il est établi que plus nous pratiquons la compassion, moins nous sommes stressés et anxieux et plus notre esprit est en paix. Nous avons une meilleure circulation sanguine et notre tension artérielle diminue. Dans certains cas, le système immunitaire devient plus résistant. Par contre, la colère et la haine constantes dévorent notre système immunitaire. Donc, la compassion et le pardon sont très utiles pour une bonne santé et pour une longue vie.
Remplir son Esprit d'amour.
- Cette notion est centrale dans l’Islam : un vrai musulman se doit d’avoir envers toute la création et ses créatures le même amour qu’il éprouve envers Allah. La solidarité envers les pauvres est pratiquée. Le profit bancaire n’est pas encouragé, etc. La compassion est aussi une pratique recommandée dans les autres religions monothéistes ou dans la tradition bouddhiste. Elle découle de la paix intérieure, de l’amour et du pardon, dirigés vers soi-même et vers les autres.
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Dans la tradition bouddhiste: « L’amour, c’est de souhaiter que tous les êtres soient heureux et obtiennent les causes du bonheur.
La compassion, c’est de souhaiter que tous les êtres ne soient plus malheureux et soient libérés des causes de la souffrance.
Il est naturel d’éprouver de l’amour et de la compassion envers la personne que nous chérissons le plus, comme notre mère (ou la personne qui nous a élevé), qui est l’exemple même du don de soi.
Dans son immense sagesse, le Bouddha a vu que tous les êtres avaient été nos parents dans une vie ou dans une autre et, à chaque fois, nous avaient témoigné autant d’attention que ceux de cette vie. C’est pour cette raison même que nous devons les chérir sans aucune exception et sans espoir de retour ou de gratitude.
D’abord, nous pouvons nous exercer à cette bienveillance avec toutes les personnes qui nous sont les plus proches ; puis, envers toutes nos relations sociales ou professionnelles. Progressivement, notre capacité d’embrasser davantage d’êtres s’étendra à notre région, notre pays, notre continent, notre monde et à tout l’univers sans aucune discrimination raciale, religieuse, nationale, sexuelle ou autre.
De même que le soleil ne choisit pas de briller sur une partie du monde et non sur une autre, mais illumine tout ce qui se présente devant lui, ainsi faut-il développer cette ouverture du coeur sans partialité ni jugement. Dénué de motivation égocentrique, le pratiquant spirituel authentique ne préfère pas certains individus à d’autres et ne fait même plus de distinction entre amis et ennemis. Pour celui qui perçoit la vérité ultime, tous les êtres sont dignes d’attention et de respect.
Il est toutefois impossible d’avoir un amour et une compassion parfaitement purs avant d’avoir développé une certaine estime et connaissance de soi-même. Il est donc indispensable d’effectuer un travail spirituel sur soi avant d’aller aider les autres ou, tout au moins, de s’améliorer tout en leur portant simultanément secours.
« Celui qui, à travers l’expérience de ses propres souffrances désire mettre fin à celles d’autrui, est le meilleur des êtres » est-il dit dans le Dharma. »
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Qu’en est-il dans la tradition biblique ?
La tradition catholique dira volontiers : « La compassion, c'est le Coeur de Jésus en action.
Le mot compassion vient du latin, « cum-patire », « souffrir, éprouver avec ». « Pleurer avec ceux qui pleurent » : la première attitude est de communier à la souffrance de la personne, partager son état, la rejoindre où elle est.
La compassion tire sa grandeur de celle de l’amour qui la produit. C'est en somme l'humilité en action qui réclame du respect, de la douceur, de la patience et de la gratuité. Elle sera celle de Jésus-Christ envers les malades; ses nombreuses guérisons d'infirmes de toute sorte (cf. Mt 4,24) sont un signe éclatant de ce "que Dieu a visité son peuple" (Lc 7,16) et que le Royaume de Dieu est tout proche. Jésus n'a pas seulement pouvoir de guérir, mais aussi de pardonner les péchés (cf. Mc 2,5-12): il est venu guérir l'homme tout entier, âme et corps; il est le médecin dont les malades ont besoin (cf. Mc 2,17).
Sa compassion envers tous ceux qui souffrent va si loin qu'il s'identifie avec eux:
« Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli, nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir. Alors les justes lui répondront: Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te désaltérer, étranger et de t'accueillir, nu et de te vêtir, malade ou prisonnier et de venir te voir? " Et le Roi leur fera cette réponse: En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait (Matthieu 25). »
Une compassion agissante, telle est bien la fine fleur de notre héritage juif. La Bible hébraïque, et le judaïsme dans son ensemble se méfient des belles déclarations : la compassion, comme la justice, la vérité, etc., n’a tout simplement aucun contenu sans les actes qu’elle génère ou inspire. Elle est inséparable du respect pour autrui, de la lutte pour sa dignité et ses droits. C’est à ses fruits que l’on voit son origine divine. Dans le Talmud, on la voit émerger du terreau fertile du combat pour la justice.
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Être pris aux entrailles
Ce verbe se retrouve douze fois dans les évangiles, uniquement en rapport avec Jésus. Ainsi :
En Mt 9,36, 14,14 et Mc 6,34, Jésus et pris aux entrailles pour les foules qui sont comme des brebis sans berger. En Mt 15,32 et Mc 8,2, il est pris aux entrailles pour la foule auprès de lui depuis trois jours, et qui n’avait rien à manger. En Mt 18,27, ce mot est utilisé dans la parabole du débiteur impitoyable : le roi libère le serviteur et lui remet sa dette. En Mt 20,34, Jésus est pris aux entrailles par la demande de guérison d’un aveugle. En Mc 9,22, c’est un père qui demande à Jésus d’être pris aux entrailles pour son fils épileptique. En Luc 7,13, Jésus est pris de pitié pour une femme veuve dont l’unique enfant vient de mourir. En Luc 10,33, c’est le bon Samaritain qui est pris aux entrailles en voyant l’homme blessé gisant à terre. En Luc 15,20, c’est le père qui est pris de pitié en voyant son fils revenir à la maison.
Ces différentes illustrations montrent toutes une miséricorde suivie d’effet : ce n’est pas juste un sentiment, une émotion sans lendemain. Et ce n’est pas un hasard. En effet, être pris aux entrailles renvoie au Dieu de miséricorde, compatissant, lent à la colère et riche en bienveillance de toutes sortes, à celui qui fait lever son soleil sur les bons comme sur les méchants et pleuvoir sur les justes et les injustes, comme disait Jésus. La miséricorde, c’est l’amour accordé gratuitement sans condition ni obligation préalable. Elle renvoie à l’amour inébranlable de Dieu (la Hesed en hébreu), à sa fidélité et à sa grâce agissante, qui fit jadis par exemple sortir le peuple d’Israël d’Egypte ou ramener à Jérusalem les captifs prisonniers à Babylone. C’est à l’évidence parce que nous sommes bénéficiaires de la miséricorde divine, que nous sommes appelés à la pratiquer en retour. Jésus dira aux Pharisiens hypocrites de son temps : "Malheur à vous parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez ce qu’il y a de plus important dans la Loi: le droit, la miséricorde et la fidélité" (Mt 23.23). La miséricorde apparaît dans la liste des dons dans Rom. 12.8: "Que celui qui pratique la miséricorde le fasse avec joie". Tous les croyants sont appelés à "se revêtir d’entrailles de miséricorde" (Col 3.12) c’est-à-dire à manifester les sentiments de leur cœur, selon ce qui est dit dans les Béatitudes : "Bienheureux les miséricordieux, car il leur sera fait miséricorde" (Mt 5.7).
Manifestement, tout est centré sur ce Dieu de miséricorde, compatissant, lent à la colère et riche en bienveillance de toutes sortes, et tout en découle, y compris l’invitation au pardon. C’est à nous qu’il incombe d’être dans une juste relation avec le divin, avec nous-mêmes et avec nos prochains. En étant cependant conscients que Dieu seul est bon, grand, saint, parfait, entier, etc. Tout découle en somme de la Source…Mais nous pouvons lui ressembler modestement, éprouver avec Lui la Vie véritable
Une guérison nécessaire:
Nassim Haramein le dit clairement: Vous pouvez aussi comprendre qu'en fonction de votre chemin, de vos pensées, de vos valeurs, de vos émotions, vous attirerez forcément autour de vous d'autres personnes qui sont sur le même chemin, qui ont des pensées, valeurs et émotions similaires... Ce n'est qu'en décidant de vous soigner que vous soignerez le monde autour de vous, d'abord votre monde immédiat, puis un monde plus large, et ainsi de suite. C'est une erreur de vouloir guérir le monde des fléaux qui l'habitent puisqu'en vous concentrant dessus, vous vous y attachez davantage... Si vous voulez vivre dans un monde libre, de paix, d'amour, de joie et de bonheur, alors faites-le déjà en vous, puis dans votre entourage immédiat, et ainsi de suite. Alors oui, la compassion nous invite à souhaiter et à œuvrer là où nous le pouvons pour que tous les êtres ne soient plus malheureux et soient libérés des causes de la souffrance. Compatir aussi dans le sens d'éprouver le vrai sens de la Vie si bien résumé par Raoul Follereau:
" L'être humain n'est complet, créateur et intelligent que s'il a reconnu sa source, son plan d'origine, l'énergie qui le soutient, le remplit, l'appelle infiniment. Et il n'est intelligent que s'il a retrouvé la bonté en lui."
La Source, l'Univers, tend vers toujours plus de complexité et d'équilibre. Les humains ont ainsi reçu un cerveau moral qui nous rend capable de dieuser correctement en privilégiant des états harmonieux: la bonté, l'égalité, l'équité, le sens du bien et du mal, la collaboration, le partage, l'empathie, la compassion ou l'altruisme.