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Le saviez-vous? Le mail est un jeu, les Minoteries abritaient des moulins, on se baignait à la Coulouvrenière, Lénine a séjourné à la Jonction…
Des bains comme aux Pâquis
Entre 1870 et 1886, on se baigne dans le quartier de la Jonction: des bains publics sont aménagés sur la petite île des Volontaires, en aval du pont de la Coulouvrenière.
A cette époque, Genève est une ville balnéaire. Des nombreux bains publics établis sur le Rhône, l’Arve et le lac, il ne reste aujourd’hui que les bains des Pâquis. Les bains de la Coulouvrenière, ou de la Colle, sont démolis en 1886 pour établir un barrage qui alimente les turbines des Forces motrices (actuellement BFM).
Origine ludique pour l’avenue du Mail
L’avenue du Mail a hérité son nom d’un jeu très à la mode au XVIIe siècle que l’on pratique alors sur la plaine de Plainpalais. Ce jeu, qui tient du golf, de la pétanque et du croquet, se joue avec un maillet à manche flexible. Le but est de toucher des buts fixés dans la terre avec une boule que l’on pousse du maillet.
Armoiries paysannes et militaires
Le quartier de Plainpalais est une commune indépendante entre 1800 et 1930. Ses premières armoiries sont créées en 1892. Elles comprennent 2 rivières: une d’argent, le Rhône et une d’or, l’Arve, dans laquelle on pouvait trouver des paillettes d’or. Un râteau, une bêche et une roue de puiserande (qui sert à puiser l’eau dans la rivière) rappellent le caractère paysan du faubourg. Une arquebuse évoque l’histoire militaire du quartier: les soldats genevois s’exerçaient à la Coulouvrenière. La devise exprime bien ce passé militaire et paysan: «nous cultivons les champs que nous saurons défendre».
Le Jet d'eau né au Bâtiment des Forces Motrices
Construite entre 1883 et 1892 par Gustave Naville et Georges Habicht, cette usine de pompage d'eau est utilisée a ses débuts pour alimenter en eau sous pression les industries. A peine créée, elle est aussi adaptée à la production d'électricité. Lors de travaux, la colonne d'eau de 30 mètres qui jaillit de la vanne de décharge du bâtiment remporte un tel succès qu'elle est déplacée en 1891 dans la rade, où elle devient un spectacle emblématique de Genève: le Jet d'eau, qui culmine aujourd'hui à près de 140 mètres. Désaffecté en 1986, le bâtiment est transformé en 1994-1995 pour abriter une salle de spectacle, annexe du Grand-Théâtre.
Des Moulins à Plainpalais
Comme son nom l’indique, le quartier des Minoteries abritait jadis des moulins. Au départ, seul un modeste moulin faisait fonctionner des meules en utilisant la force des eaux de l’Arve. En 1879, une usine le remplace, aujourd’hui disparue.
Des pestiférés aux personnalités
Si le cimetière des Rois est aujourd’hui considéré comme le panthéon local, il n’en a pas toujours été ainsi. Aménagé en 1482 autour de l’Hôpital des Pestiférés, il est destiné à accueillir les nombreuses victimes de la peste. Son rôle a bien changé depuis, puisqu’il accueille les tombes des personnalités, faisant partie des curiosités du quartier.
Parmi elles se trouve la «fausse» tombe de Jean Calvin, le célèbre réformateur. A sa mort, selon ses voeux et pour éviter tout culte de la personnalité, on l’enterre de façon quasi anonyme, sans indiquer l’endroit de sa tombe. Ce n’est qu’en 1999 qu’un élu décide, malgré de nombreuses protestations, d’entourer l’emplacement supposé de la dépouille du réformateur, d’y planter une basse haie et d’ajouter une plaque commémorative.
Lénine à la Jonction
Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine, célèbre révolutionnaire russe et fondateur de l’URSS, effectue de nombreux séjours en Suisse durant son exil, entre autres à Genève. Entre 1895 et 1908, il séjourne en tout 4 ans à Genève, notamment à la rue des Plantaporrêts 5, dans le quartier de la Jonction. Une plaque sur l’immeuble du No 5 rappelle son passage.
Le cardon de Plainpalais: une spécialité labellisée
Bénéficiant d’une «Appellation d’origine contrôlée» (AOC) depuis 2003, le cardon épineux argenté de Plainpalais a été introduit à Genève au XVIème siècle par des agriculteurs huguenots qui, suite à la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, ont fui la persécution pour s’installer à Genève. Il tient son nom du quartier de Plainpalais, alors essentiellement maraîcher, dans lequel il a été d’abord cultivé avant d’être planté à la Jonction. Aujourd’hui, les maraîchers genevois continuent à sélectionner, à cultiver et à blanchir cette spécialité, servie traditionnellement en gratin à Noël.
Sources:
- Pierre Bertrand, Plainpalais, son passé, son avenir, Genève, 1943
- Christian Vellas, Genève insolite et secrète, Versailles: Ed. Jonglez, 2010
- Ville de Genève, sous la dir. de Rafael Matos-Wasem, Genève à pied. 10 parcours à thèmes, Genève: Slatkine, 2008
Article modifié le 26.02.2020 à 09:59