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Alors que l’histoire de la Cité, au cœur de Genève, est longue et agitée, les Eaux-Vives se développent surtout au XIXe siècle, après la construction d’un port et des quais marchands.
La Cité: des murailles à la ville ouverte
La colline de l’actuelle Vieille-Ville est déjà occupée à l’Antiquité par l’oppidum allobroge de Genua, rebaptisé Genava lors de la colonisation romaine.
Dès le XIe siècle, la ville est à l’étroit dans son enceinte datant du IIIe siècle. Le commerce s’intensifie et un éphémère château est construit sur la place du Bourg-de-Four pour surveiller le passage. Les fortifications sont plusieurs fois étendues jusqu’à la fin du XIVe siècle. Dès le XVIe siècle, on voit apparaître des hôtels particuliers dans la haute ville et près des Bastions.
Au cours de son histoire, la Cité a souvent changé d’apparence. En temps de paix et de prospérité, elle s’ouvrait et parfois détruisait même ses remparts. Par contre, face à la menace, elle se retranchait derrière ses fortifications et pouvait aller jusqu’à raser ses faubourgs, comme du temps de l’Escalade.
Au milieu du XIXe siècle, la cité s’ouvre définitivement avec la démolition des fortifications. La Vieille-Ville est désormais reliée au quartier des Tranchées et à l’ancien faubourg Saint-Léger.
Les Eaux-Vives: du port au quartier urbain
Le territoire de l’actuel secteur des Eaux-Vives est conquis peu à peu sur les marais. Au Moyen Age, on l’appelle faubourg du Temple. Comme tous les faubourgs de la ville, il est rasé dans les années 1530 pour empêcher l’ennemi savoyard d’avancer à couvert. Après la paix avec la Savoie en 1603, le faubourg à vocation artisanale se reconstruit lentement.
En 1836-38, on érige le port de la Scie, premier grand port hors des murs de Genève. Le bord du lac devient un quai marchand animé. En 1862, c’est la construction du pont du Mont-Blanc qui permet de relier les Eaux-Vives aux Pâquis par la route.
La démolition des fortifications dans les années 1850 précipite l’urbanisation du quartier. Au début du XXe siècle, l’acquisition par la Ville des parcs La Grange et des Eaux-Vives stoppe l’expansion urbaine.
Jusqu’en 1930, les Eaux-Vives forment une commune indépendante. La votation sur la «Grande Genève» entraîne la fusion des communes de Genève, des Eaux-Vives, de Plainpalais et du Petit-Saconnex.
D’illustres personnalités dans le quartier
La Cité a vu naître, mourir ou passer de nombreuses personnalités. Des noms comme Jean-Jacques Rousseau, Milton, Jorge Luis Borges ou Ferdinand Hodler sont gravés sur des plaques à la rue des Granges et à la Grand-Rue. Franz Liszt a aussi séjourné quelques années dans le quartier avec son amante Marie d’Agoult. C’est sur la promenade Saint-Antoine que Rodolphe Töpffer, l’inventeur de la bande dessinée, est né. Cet artiste était aussi instituteur et il entretenait un pensionnat pour jeunes garçons dans ce même quartier.
En 1920, ce sont les Eaux-Vives qui accueillent, à la Salle de la Réformation, des personnalités qui vont marquer l'histoire internationale: les délégués de la première assemblée de la Société des Nations (SDN).
Que signifient «Eaux-Vives» et «Molard»?
Au XIVe siècle, la région des actuelles Eaux-Vives s’appelle «Palluay», du latin pallus qui signifie marécage. Puis, ses nombreuses sources qui alimentent les fontaines de Genève lui valent le nom de «Aygues vives», les eaux vives. Plusieurs anecdotes rappellent la place de l’eau dans le quartier.
Le lac pénétrait autrefois jusqu'au Molard, où un port marchand s'y dresse jusqu'au début du XIXe siècle. «Molard» vient de «môle», du nom de la jetée qui protégeait l'entrée du port.
Sources:
- Marcel Granger, Eaux-Vives, quartier de mémoire, Yens-sur-Morges, 2002.
- Doris Keller, (dir.), 100 ans de Bourg-de-Four: histoire vivante du siècle passé, Genève, 2001.
- Christian Vellas et Gérard Chardonnens, Genève, Vieille-Ville, vieilles rues, Genève, 1999.
Article modifié le 23.04.2018 à 15:38