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Chaque année, le cancer de la prostate est diagnostiqué chez plus de 6000 hommes en Suisse. Le test PSA présente une possibilité de détection précoce. Mais une analyse de sang est-il judicieuse ? Nous vous informons, à vous de décider.
Le PSA, ou antigène spécifique de la prostate, est une protéine produite uniquement par les cellules de la prostate et qui peut être mesurée dans le sang. Un taux élevé de PSA dans le sang peut indiquer un éventuel problème au niveau de la prostate. Ce test peut toutefois aussi déclencher de fausses alertes et des traitements inutiles. C’est pourquoi les avis divergent fortement sur son utilisation.
À l’aide d’études scientifiques, le Centre Harding de compétences en matière de risques de l’université de Potsdam a résumé les bénéfices et les risques du test PSA dans le cas de la détection précoce du cancer de la prostate. Dans le cadre de cinq études scientifiques de longue durée, deux groupes d’hommes de plus de 50 ans ont été observés : le premier groupe subissait régulièrement un test PSA alors que le second n’en subissait jamais. Les deux groupes ont été comparés après environ 16 ans.
Dans chacun des deux groupes, 322 hommes sur 1000 sont décédés. Parmi eux, 12 sur 1000 sans détection précoce sont morts du cancer de la prostate contre 10 sur 1000 parmi les hommes bénéficiant d’une détection précoce.
Sur 1000 hommes ayant subi le test PSA et dont le résultat était inquiétant, il est apparu après coup qu’il s’agissait d’une fausse alerte pour 155 d’entre eux. Dans la plupart des cas, une biopsie a toutefois été nécessaire pour s’en rendre compte. Pour ce faire, des tissus de la prostate ont dû être prélevés.
Un cancer de la prostate non évolutif a été diagnostiqué et soigné chez 51 des 1000 participants alors qu’il n’aurait pourtant jamais causé de symptômes au cours de leur vie. On parle ici de surtraitement. Comme le traitement inutile d’un cancer de la prostate non évolutif peut occasionner de l’impuissance et de l’incontinence, ces hommes ont été exposés à un risque pour leur santé à cause du test.
La détection précoce a permis à 2 hommes sur 1000 d’éviter de mourir d’un cancer de la prostate. Indépendamment de la cause du décès, le nombre de personnes décédées n’était pas inférieur dans le groupe où le test PSA n’a pas été réalisé. Parmi les hommes qui ont participé à la détection précoce, certains ont été alertés indûment, et certains qui avaient un cancer non évolutif ont été diagnostiqués et soignés inutilement.
Compte tenu de ces faits, il appartient en somme à chacun de décider si un test PSA est à l’ordre du jour. Vous comprenez désormais mieux cette problématique.
Avez-vous des questions concernant la prévention du cancer ? Ou sur un diagnostic obtenu ? Nos conseillères et conseillers en santé vous fournissent des informations utiles et des recommandations concrètes.
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