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L’intensité des ouragans n’a pas été aussi forte qu’en 2019 ou qu’en 2017 mais le nombre de tempêtes est impressionnant cette année, avec 16 tempêtes tropicales et 8 ouragans dont deux classés en catégorie 4. Soit 24 événements à ce jour.
Le chiffre dépasse celui de 2005, où 22 événements avaient été comptabilisés au même moment de l’année (sur un total de 28 événements sur l’ensemble la saison). Le précédent record datait de 1933 avec 20 ouragans ou tempêtes tropicales.
Vue satellite de la tempête tropicale Gamma et de la dépression tropicale no 26 le 5 octobre 2020 [NOAA]
L’activité a tourné au ralenti depuis la mi-septembre avec la formation de trois tempêtes tropicales mineures, nommées respectivement Alpha, Beta et Gamma. Cette dernière se trouve actuellement au large de la péninsule du Yucatan sur le Sud du Golfe du Mexique et devrait s’atténuer à partir de mercredi.
Mais la situation pourrait changer ces prochains jours avec l’onde tropicale qui circule en ce moment sur la partie centrale de la mer des Caraïbes, au sud-est de la Jamaïque, et qui a entre 70% et 80% de chance d’évoluer en tempête tropicale dans les prochaines 48 heures.
Selon le National Hurricane Center, cette dernière devrait se déplacer vers l'ouest-nord-ouest à une vitesse entre 15 et 25 km/h à travers le centre et l'ouest de la mer des Caraïbes entre lundi et mardi, puis se diriger vers le sud ou le sud-est du Golfe du Mexique dans la nuit de mardi à mercredi. Elle pourrait bien évoluer en ouragan en fin de semaine et toucher les côtes du Texas, de la Louisiane ou du Mississipi.
Trajectoire prévue de la dépression tropicale No 26 entre le 5 et le 10 octobre 2020 [NHC]
« Si le système est nommé, il portera le nom de Delta, ce qui en fera la 25e tempête la plus précoce nommée dans l'Atlantique. Le précédent record datait du 15 novembre 2005 » a exliqué Phil Klotzbach, expert en ouragans de l'Université d'État du Colorado, dans l’un de ses tweets, lancé hier.
La situation s'explique en grande partie par l'avènement d'un épisode la Niña sur le Pacifique, qui induit une allure générale des courants assez favorable à la formation des cyclones sur l’Atlantique équatorial, en particulier sur les Caraïbes et le golfe du Mexique. D’autres facteurs comme une température élevée à la surface de l’océan ou une mousson africaine active jouent également un rôle depuis le début de la saison.
Nombre de tempêtes et d'ouragans sur l'Atlantique sur une période de 100 ans, entre le 1er mai et le 25 décembre [NOAA]
Pour rappel, le pic d’activité de la saison des cyclones et généralement atteint vers le 10 septembre. Mais le mois d’octobre peut encore être le théâtre d’événements majeurs : le record de basse pression pour un ouragan sur l’Atlantique équatorial est par exemple détenu par WILMA avec 882 hectoPascals mesurés dans l'ouest de la Mer des Caraïbes, le 19 octobre 2005. Ses vents les plus forts avaient été estimés à environ 300 km/h.
Philippe Jeanneret, avec le concours du National Hurricane Center de Miami