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Vendredi à Zurich, cela a été le tour de l'assemblée des actionnaires du Credit Suisse de critiquer les millions gagnés par les managers, jugés honteux et injustifiés.Ce contenu a été publié le 28 avril 2006 - 20:07
Il y a dix jours déjà, les primes faramineuses des dirigeants avaient été dénoncées lors de l'assemblée générale de l'UBS.
«Je suis scandalisé et déçu des exigences financières de ces messieurs assis là-haut sur le podium.» Exigences qui ne sont pas justifiées par l'évolution des cours de l'action Credit Suisse ces dix dernières années. Ces propos tenus par l'un des quelque 2500 actionnaires réunis vendredi dans le Hallenstadion de Zurich ont été salués par des applaudissements soutenus.
Des primes qui fâchent
Les critiques visaient surtout le niveau des unités de prime d'incitation (Performance Incentive Plan Units) qui, si les objectifs sont atteints, peuvent être converties en actions CS après cinq ans.
Le nombre d'actions ainsi transférées dépend de l'évolution des cours et de la situation de la concurrence. Ce qui ne figure pas dans le rapport 2005.
Il est simplement mentionné que le patron de la banque Oswald Grübel et les cinq autres membres de la direction ont reçu une indemnité de 101,6 millions de francs (dont 46,2 millions en espèces) et 816'000 unités de prime.
Pour sa part, l'ensemble du conseil d'administration a reçu 20,5 millions de francs (dont 11,1 millions en espèces). C'est le président Walter Kielholz qui se taille la part du lion avec 12,1 millions de francs (dont 7,1 millions en espèces).
Manque de transparence
Dominique Biedermann, directeur de la Fondation Ethos, qui représente plusieurs caisses de pension, a également dénoncé le manque de transparence du Credit Suisse en matière de primes.
Ce n'est qu'après des demandes répétées que la banque a indiqué que chacun des six top managers avaient la possibilité de gagner plus de 100 millions de francs si le cours de l'action double à 140 francs, ce qui est l'objectif d'Oswald Grübel. En 2004, il avait même été question de 170 millions par membre de la direction.
«Ces niveaux ne sont pas seulement disproportionnés, mais exorbitants», estime Dominique Biedermann, qui a exigé un vote des actionnaires.
Approbation finale
«Les managers sont obligés d'investir 75% de leur bonus dans le programme et, en cas de problème, ils sont perdants», c'est défendu Walter Kielholz.
Le président du conseil d'administration a indiqué que l'ancien système d'options a été remplacé par ce programme de primes d'incitation, plus étroitement assujetti à l'évolution des cours.
Malgré ces critiques, toutes les propositions du conseil d'administrations ont été approuvées à 95% des voix. Walter Kielholz et le vice-président Hans-Ulrich Doerig ont été rélus pour trois ans avec 98% des suffrages.
swissinfo et les agences
En bref
- Une étude publiée en juin 2005 par le syndicat Travail.Suisse a tiré une sonnette d'alarme: le fossé salarial entre les classes dirigeantes des multinationales suisses et le personnel se creuse.
- Marcel Opsel, numéro un de l'UBS, a gagné en 2004 302 fois plus que les collaborateurs les moins bien payés.
- Depuis juillet 2002, les sociétés cotées en bourse ont l'obligation de publier les salaires de leurs dirigeants.
- L'automne dernier, le Parlement a inclu dans la loi la transparence sur les rémunérations des administrateurs et des cadres supérieurs.
Faits
Marcel Ospel (UBS) est le patron le mieux payé de Suisse: en 2005, il a encaissé 24 millions de francs.
Puis viennent Oswald Grübel, du Crédit Suisse, avec 22 millions et Daniel Vasella, du groupe Novartis, avec 21,3 millions de francs.
Franz Humer, de Roche, a gagné 14,7 millions de francs et Peter Brabeck, de Nestlé, 13,6 millions.
Le salaire annuel moyen des travailleurs suisses est de 75'000 francs environ.
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