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13 janvier 2022 - laf...
Bonjour,
Je vis actuellement avec mon père et sa copine. Cette dernière, de nationalité portugaise, est arrivée en Suisse il y a bientôt deux ans pour venir rejoindre mon père lui-même d'origine portugaise et installé en Suisse depuis plus de trente ans. La situation a commencé à se dégrader petit à petit en grande partie avec des violences psychologiques et économiques.
Mon père refuse qu'elle ait un travail déclaré, qu'elle obtienne un permis de séjour ou même qu'elle ait une assurance maladie. Elle se retrouve complètement bloquée, ne parle pas du tout français et ne connaît personne en Suisse. Elle ne souhaite pas non plus se confier à sa famille et ses ami.e.s au Portugal de peur de les inquiéter. Elle me dit avoir honte de rentrer au Portugal. Je la vois aller de plus en plus mal, prendre des anxiolytiques et des antidépresseurs. Je me sens parfaitement démunie. Lorsque je parle de la situation à mon entourage, la plupart me disent de prendre de la distance car ce n'est pas de ma responsabilité.
Seulement, je suis bien la seule personne à être au courant de cette situation et j'estime dès lors devoir réagir. Mon père a un passif violent, j'ai moi-même été victime de maltraitances durant toute mon enfance et témoin de violences sur ma mère qui est aujourd'hui divorcée de lui.
Que puis-je faire pour l'aider ?
Merci d'avance
Notre réponse
Bonjour,
Tu habites actuellement avec ton père et sa compagne arrivée du Portugal. Petit à petit, elle a été victime de violences psychologiques et économiques de la part de ton père qui refuse qu’elle travaille, obtienne un permis ou soit assurée. Toi-même tu as été victime de maltraitances de la part de ton père pendant toute ton enfance et témoin des violences de ce dernier vis-à-vis de ta mère. Tu souhaites aider ta belle-même et tu nous demandes comment.
Les violences que tu relates sont effectivement d’ordre psychologiques
et économiques
. Il se pourrait que des actes physiques soient déjà arrivés ou puissent arriver. Comme tu le décris si bien, cela engendre malheureusement et très souvent de la honte et amène à la dépression. Mais il y a des solutions.
Nous comprenons et saluons ta volonté de ne pas fermer les yeux face à cette situation, nous savons à quel point cela n’est de loin pas si simple, surtout en ayant passé par un parcours quelque peu similaire.
Dans le canton de Vaud, tu peux trouver de l'aide de manière gratuite et confidentielle auprès du Centre LAVI
qui vient en aide aux personnes victimes notamment de violences domestiques. Si ta belle-mère l’accepte, tu pourrais l’accompagner dans cette première étape de recherche d’écoute neutre et professionnelle. Les intervenant-e-s peuvent faire appel à leurs frais un-e interprète pour la consultation. Ils ou elles orientent au besoin auprès de thérapeutes, de médecins, de foyer d’accueil d’urgence, d’avocat-e-s. Ta belle-mère a des droits, il est important qu’elle puisse s’entourer pour les faire valoir et se mettre en protection que ce soit physiquement, psychologiquement et/ou administrativement.
Ayant également vécu toi aussi des violences durant toute ton enfance, tu aurais aussi la possibilité d’être reçue dans un centre LAVI.
Dans le canton de Vaud, tu peux t'adresser au Centre LAVI
à:
- Lausanne au 021 631 03 00
- Aigle au 021 631 03 04
- Yverdon-les-Bains au 021 631 03 08
Pour les questions administratives en lien avec ses droits sur le sol suisse, ta belle-mère peut aussi s'adresser à la Fraternité du Centre Social Protestant
(CSP) qui se trouve également dans plusieurs cantons.
Par ailleurs il est important de savoir que, dès qu’une personne se montre menaçante ou agit de violences physiques, il y a toujours la possibilité de faire appel à la police via le 117
qui pourrait expulser du domicile la personne pendant un certain nombre de jours, selon les cantons. Cela permet de marquer un temps d’arrêt dans le cycle de la violence conjugale
et mieux entrevoir les solutions pour l'un-e, pour l'autre.
Ton écoute non jugeante et soutien à l'égard de ta belle-mère sont déjà extrêmement précieux. Même s'il est possible que ta belle-mère ne soit pas encore prête pour engager des démarches, il est important de ton côté de conserver un bon lien avec elle. Le moment venu, cette confiance à ton égard pourrait être très utile. Aussi, cette situation peut être lourde à porter pour toi et différentes émotions peuvent te traverser et nous souhaitons te rappeler que tu ne peux pas agir à la place de ta belle-mère. Si tu en ressens le besoin, n'hésite à rechercher pour toi aussi un espace pour parler de la situation que ce soient auprès d'ami-e-s, de personnes de confiance ou de professionnel-le-s.
Nous restons bien entendu à ton entière disposition si tu as encore des questions ou si tu souhaites nous donner des nouvelles. Nos meilleures pensées t'accompagnent ainsi que ta belle-mère.