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Une pression atmosphérique record ?
Avec plus de 1040 hPa, les pressions atmosphériques enregistrées ces jours-ci, notamment mardi 27 et mercredi 28 décembre, font partie des records de pression depuis le début des mesures à la fin du XIX siècle. Comme la pression atmosphérique décroît avec l'altitude, et que les stations sont situées à des altitudes différentes, on distingue le QNH (pression réduite au niveau de la mer selon l'atmosphère standard) du QFE (pression à la station). Il faudra être attentif à ces distinctions dans l'article qui suit...
L'image ci-dessus montre la pression au sol (QNH) en Europe prévue par le modèle européen du 27 décembre à 12 UTC pour le mercredi 28 décembre à 00 UTC. Avec un centre à plus de 1045 hPa situé sur l'Allemagne voisine, les pressions seront vraisemblablement proches des records. Les deux graphiques ci-dessous montrent l'évolution des pressions prévues par les modèles de MétéoSuisse Cosmo-1 et Cosmo-E.
On constate que les prévisions des deux modèles de MétéoSuisse ainsi que celles du centre européen convergent pour donner des valeurs proches de 1045 hPa entre mardi et mercredi, ce qui confère à ces prévisions une assez bonne fiabilité.
Aperçu des records de pression depuis le début des mesures
La carte ci-dessous donne les records de pressions en Suisse depuis le début de la période de mesure, à la fin du XIX ème siècle. La date du 4 mars 1990 ressort pour les stations du Plateau.
La date du 4 mars 1990 ressort clairement pour la plupart des stations de plaine de Suisse romande. Voyons donc quelle situation prévalait à cette date.
Le graphique ci-dessous montre que la pression au sol à Payerne a dépassé 1045 hPa le 4 mars 1990. Le fait que ce record de pression n'ait pas concerné la Suisse alémanique provient probablement du fait que la Suisse romande était plus proche du coeur de l'anticyclone situé sur la France.
La liste ci-dessous des 10 valeurs record pour la pression à Payerne est intéressante. Elle montre tout d'abord que les valeurs record vont souvent par paires, ce qui indique une certaine inertie dans l'évolution des pressions. D'autre part, la quasi-totalité de ces valeurs concernent les mois d'hiver. Cela est dû au fait que les records de pression hivernaux combinent les deux types d'anticyclone, le thermique et le dynamique. Pour faire simple, l'anticyclone dynamique est dû à la subsidence de la masse d'air depuis la haute atmosphère ; son modèle-type est l'anticyclone des Açores. L'anticyclone thermique est lui lié au poids de l'air très froid et très dense proche du sol ; on ne retrouve généralement pas sa trace à haute altitude. Ce type d'anticyclone se rencontre généralement l'hiver sur les boucliers continentaux tels que la Russie ou le Canada, et les pressions au sol y dépassent régulièrement 1050 hPa. En hiver, les deux effets se combinent généralement, même si l'air proche du sol n'est pas extrêmement froid. En été en revanche, les ascendances liées à la convection tendent à contrarier la subsidence dynamique et à faire baisser la pression.