Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07027.jsonl.gz/522

Le Hunter dans l’armée…
A la fin des années 50 se pose la question du remplacement des premiers avions à réaction de nos Forces aériennes, les DH-100 Vampire et DH-112 Venom, par des avions plus modernes. Différentes machines sont en lice, le North American F-86 Sabre et le FFA P-16, de construction suisse, encore en phase de développement et le Hunter Mk6 construit par Hawker Aircraft Ltd. Le choix se porte sur ce dernier et en janvier 1958 les Chambres fédérales votent l’acquisition de 100 Hunter y compris du matériel de réserve et la munition appropriée pour un montant de 313 millions de francs.
La livraison et le survol des nouvelles machines de Grande-Bretagne en Suisse commencent en avril de la même année (1958) déjà ! Cela permet une rapide reconversion des pilotes et du personnel technique.
L’année suivante cinq escadrilles sont déjà prêtes à opérer sur cet appareil désigné sous Mk 58, utilisé pour des missions de combat aérien et terrestre.
Il s’avère être un chasseur efficace et apte à l’utilisation par des militaires de milice.
Photos: Archives Base aérienne Sion, Eric Hauert et Christophe Duroux
Par la suite des Hunter d’occasion, révisés en usine, chez Hawker, sont acquis en deux séries de trente unités chacune (1971 et 1974), dont huit biplaces. Les machines sont livrées en pièces détachées, montées en Suisse et dotées des dernières modifications. Ces appareils reçoivent une nouvelle désignation soit Mk 58A pour les monoplaces et Mk 68 pour les biplaces. Ces deux séries sont livrées à la troupe entre 1973 et 1976.
Au total les Forces aériennes suisses ont donc reçus 160 appareils qui ont servi durant 33 ans. Pendant de plusieurs années les Hunter ont constitué la Patrouille suisse, créée en 1964 pour l’Exposition nationale de Lausanne.
Le Hunter reste en service jusqu’en 1994.
Dès la construction du réseau autoroutier en Suisse, l’Armée réalise un certain nombre de pistes d’aviation de secours sur les autoroutes. Un tronçon rectiligne, d’environ 2500m., est choisi, en principe pas trop éloigné d’un aérodrome de guerre et également à proximité d’un lieu de ravitaillement possible en kérosène. Un aménagement spécial permet de transformer l’autoroute, en quelques heures, en une piste d’aviation pour les Forces aériennes. Le long de la piste, des dispositifs optiques très simples sont placés de chaque côté et permettent aux avions en approche de maintenir l’angle optimum pour l’atterrissage.
Deux manœuvres à grande échelle de ce type, spectaculaires se sont déroulées à proximité de Thoune, en 1974 et en 1982 à Münsingen. Le restauroute était alors transformé en place de stationnement pour les avions Hunter et Tiger. Ce concept d’engagement a été abandonné avec Armée 95, l’effondrement de l’Union soviétique et du Pacte de Varsovie, et en raison du danger élevé d’accidents pour les voitures dans les secteurs prévus pour servir d’aérodromes, les glissières de sécurité centrales étant remplacées par des câbles en acier rapidement démontables.