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Les comptes des émissions dans l’air enregistrent les émissions dans l’air par branche économique - selon les mêmes principes que dans les Comptes nationaux (CN). Cela permet d'établir un lien cohérent entre les données économiques et les données environnementales, mais entraîne des écarts par rapport aux statistiques des émissions de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) (voir les notes méthodologiques ci-dessous).
Les comptes des émissions dans l’air enregistrent les émissions dans l’air par branche économique - selon les mêmes principes que dans les Comptes nationaux (CN). Cela permet d'établir un lien cohérent entre les données économiques et les données environnementales, mais entraîne des écarts par rapport aux statistiques des émissions de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) (voir les notes méthodologiques ci-dessous).
En 2019, 32% des émissions de gaz à effet de serre de la Suisse était généré par les ménages privés. Le reste, soit 68%, provenait de l’économie (11% pour le secteur primaire, 30% pour le secteur secondaire et 26% pour le secteur tertiaire). Entre 1990 et 2019, les émissions totales de gaz à effet de serre (y compris CO2 issu de la combustion de la biomasse) ont diminué de 1110 milliers de tonnes d’équivalents CO2 (–1,8%).
Depuis 1990, les émissions de gaz à effet de serre de l'économie totale ont augmenté d'environ 7%, celles des ménages ont diminué de 17%. Si les émissions liées au chauffage des ménages ont diminué (–31%), celles liées aux transports ont augmenté (5%).
L’économie progressant plus rapidement que les émissions, un découplage entre croissance et émissions de gaz à effet de serre a eu lieu entre 1995 et 2019. Cette évolution varie toutefois d’un secteur économique à l’autre. Dans les secteurs secondaire et tertiaire, les émissions ont augmenté moins rapidement que la valeur ajoutée et la valeur de production. Quant au secteur primaire, il a vu ses émissions et sa valeur ajoutée reculer, alors que sa valeur de production a augmenté aussi.
L’intensité gaz à effet de serre de l’économie a diminué de 32% entre 1995 et 2019, passant de 84 à 57 grammes d’équivalents de CO2 émis par franc de valeur ajoutée brute. Elle a reculé de plus d’un quart dans les secteurs secondaire et tertiaire et de 7% dans le secteur primaire. La déviation constatée en 2003 dans ce secteur s’explique par la sécheresse de l’été de cette année qui a affecté sa valeur ajoutée.
En 2019, l’agriculture, l’industrie manufacturière et le domaine des transports, de l’entreposage, de l’information et de la communication représentaient 61% des émissions totales de gaz à effet de serre de l’économie et 28% de la valeur ajoutée brute. À l’opposée, les activités financières, les assurances, l’immobilier, les activités scientifiques et techniques et les services administratifs et de soutien généraient 27% de la valeur ajoutée brute et 3% des émissions de gaz à effet de serre.
Entre 2000 et 2019, les émissions de CO2 fossile de l’économie ont baissé de 6%. Plusieurs facteurs y ont contribué à des degrés divers. Si tous les autres facteurs étaient restés inchangés, la croissance économique – mesurée d’après la valeur ajoutée brute (VAB) – aurait entraîné une hausse des émissions de 36%. À l’inverse, la baisse de l’intensité énergétique (énergie consommée par unité de VAB) se serait traduit par un recul des émissions de 15%, l’évolution structurelle de l’économie par un recul de 18% et la baisse du contenu en CO2 de l’énergie utilisée (p. ex. plus de gaz naturel et moins de mazout) par un recul de 10% des émissions.
Entre 2000 et 2019, les émissions de CO2 fossile liées au chauffage des ménages ont diminué de 25%. Plusieurs facteurs y ont contribué à des degrés divers. Si tous les autres facteurs étaient restés inchangés, la baisse de l’intensité énergétique – due p. ex. à l'amélioration de l’isolation des bâtiments ou à des habitudes de chauffage plus économes en énergie – aurait entraîné un recul de 26% des émissions de CO2. De la même manière, considéré isolément, le passage à des agents énergétiques moins émetteurs de CO2 – p. ex. du mazout au gaz naturel ou du gaz naturel aux pompes à chaleur – aurait réduit les émissions de CO2 de 18%. La croissance de la population résidante permanente et l’augmentation de la surface habitable par personne auraient entraîné respectivement une hausse des émissions de 15% et de 4%.
Entre 2000 et 2019, les émissions de CO2 fossile liées aux transports privés des ménages ont diminué de 5%, notamment grâce au recul de la consommation de carburant par km et par kg des véhicules, c’est-à-dire de leur intensité énergétique : si tous les autres facteurs étaient restés inchangés, la baisse de l’intensité énergétique des véhicules aurait entraîné une diminution de 42% des émissions, tandis que le passage à des carburants émettant moins de CO2 aurait permis de les réduire de 1%. Par contre, le poids croissant des véhicules et la croissance de la population auraient entraîné une augmentation des émissions de CO2, respectivement de 18% et de 17%.
L’empreinte gaz à effet de serre est la quantité de gaz à effet de serre émis pour satisfaire la demande finale de biens et de services en Suisse. Cela signifie que les émissions «cachées» dans les biens et services importés sont également inclus.
En 2019, l’empreinte gaz à effet de serre de la Suisse s'élevait à 109 millions de tonnes d’équivalents CO2, dont 64% étaient émis à l’étranger. Depuis 2000, elle a diminué de 12% – les émissions intérieures de 15%, les émissions liées aux importations de 11%.
En 2019, les transports, le logement et l’alimentation étaient responsables d’environ les deux tiers de l’empreinte gaz à effet de serre des ménages. Les loisirs et la culture en représentaient 7,5%, dont une part importante provenait des arrangements de vacances avec déplacements en avion. À l’exception des transports et du logement, où les émissions directes (combustion de carburants, de mazout, etc.) représentaient environ la moitié de l’empreinte, ce sont les émissions liées aux importations qui, dans les autres postes de dépenses, en constituaient la plus grosse part. Se montant à 94%, la part des émissions générées à l’étranger était particulièrement élevée dans le secteur de l’habillement et de la chaussure; elle était de 67% dans l’alimentation.
Les émissions de particules fines (PM10) de l’économie et des ménages ont diminué de 46% entre 1990 et 2019, passant de 25 800 à 14 000 tonnes. En 2019, les émissions de particules fines du secteur secondaire et du chauffage des ménages s'élevaient à moins de la moitié qu'en 1990. Les émissions des transports des ménages sont restées presque stables depuis 1990.
Informations supplémentaires
Tableaux
Données
Publications
Méthodologie
Les données des comptes des émissions dans l’air (AEA pour Air Emissions Accounts) font partie de la comptabilité environnementale produite par l’Office fédéral de la statistique. La méthodologie a été développée par Eurostat, l’office statistique de l'Union européenne, sur la base du System of Environmental-Economic Accounting (SEEA) de l’ONU.
Les AEA sont une statistique de synthèse basée sur différentes sources de données. L’inventaire des gaz à effet de serre de la Suisse selon le Protocole de Kyoto et l’inventaire des gaz polluants de la convention CEE-ONU sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance (CLRTAP) de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) sont les sources principales.
Les ajustements effectués pour garantir leur cohérence avec les données des Comptes nationaux (CN) font que les résultats divergent de ceux de la loi sur le CO2, de l’inventaire des gaz à effet de serre de la Suisse ou de l’inventaire des gaz polluants (CLRTAP). Ces divergences découlent notamment du fait que les AEA comptabilisent toutes les émissions générées par les activités économiques, y compris celles issues de la combustion de biomasse et du trafic aérien international. De plus, les émissions générées à l’étranger par les entreprises et les ménages résidant en Suisse sont incluses, tandis que celles générées en Suisse par des entreprises et des ménages n’y résidant pas sont exclues. Les émissions résultant de la production de biens importés sont uniquement incluses dans l’empreinte de gaz à effet de serre (voir ci-dessous), mais pas dans les comptes des émissions dans l’air. N'étant pas un acteur économique au sens des CN, les émissions de la nature et les absorptions par celle-ci sont exclues.
Les émissions de gaz à effet de serre autres que le CO2 sont converties en équivalents CO2 en fonction de leur potentiel de réchauffement global (PRG). Par exemple, un kg de CH4 correspond à 25 kg de CO2 et 1 kg de N2O à 298 kg de CO2.
Les résultats sont présentés selon les branches économiques du compte de production des CN en respectant le concept d'entreprise. Des résultats par produit (branches homogènes) sont disponibles sur demande.
L'empreinte gaz à effet de serre est une grandeur qui doit être modélisée. Plusieurs méthodes de modélisation existent: les résultats ici présentés s’appuient sur les comptes des émissions dans l'air, sur les tableaux entrées-sorties (TES) des comptes nationaux et sur une pondération des émissions importées. Cette pondération tient compte de l'intensité CO2 du lieu d'origine des importations. L'intensité des émissions de gaz à effet de serre des exportations de l'UE a été pondérée d'après le rapport entre les émissions totales de CO2 et le produit intérieur brut (PIB) de la région concernée.
Liens
Bases statistiques et enquêtes