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Depuis son siège de Genève, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a, le 12 octobre, officiellement déploré un manque de volonté politique pour parvenir à l'éradication de la poliomyélite dans les quatre pays du monde où cette affection continue de sévir sur un mode plus ou moins endémique (Afghanistan, Inde, Nigeria, Pakistan). «Nous sommes tout près de la ligne d'arrivée» observe le Dr Stephen Cochi, président du Comité consultatif pour l'éradication de la poliomyélite. Il rappelle que le nombre de cas officiellement recensés dans le monde est passé de 350 000 en 1988 (année qui vit les premiers efforts internationaux de lutte contre la maladie) à 1403 pour cette année, à la date du 10 octobre. On avait recensé l'an dernier, à la même date, 1349 cas dans les quatre pays concernés.La résurgence de la poliomyélite est particulièrement sensible au Nigeria, où 888 cas ont été signalés depuis le début de l'année contre 489 sur la même période de 2005. Pays le plus peuplé d'Afrique, avec 130 millions d'habitants, le Nigeria avait recensé 788 cas en 2004 (soit 63% des cas mondiaux), contre 355 en 2003, et le foyer épidémique situé dans le nord du pays s'était ensuite étendu à une dizaine de pays. En 2005, l'OMS avait annoncé que le résultat d'analyses virologiques permettait d'affirmer qu'un virus isolé en Indonésie avait été importé d'Arabie Saoudite, l'un des pays touchés par la vague épidémique originaire du Nigeria. Le virus avait, selon toute vraisemblance, été introduit par des pèlerins indonésiens de retour de La Mecque ou par des travailleurs migrants.En 2005, le gouvernement nigérian avait officiellement condamné les «prédications antivaccinales» et annoncé que le programme d'immunisation de l'OMS et de l'Unicef serait respecté. Le commissaire à la justice de l'Etat de Katsina, dans le nord du pays, avait annoncé que tout parent refusant de faire vacciner ses enfants serait condamné à une peine de six mois à un an de prison.En Inde, le nombre des cas a depuis l'an dernier été multiplié par dix, de 37 à 360. Cette résurgence concerne également le Pakistan (de 18 à 24 cas) et l'Afghanistan (de 4 à 28). Dans une quinzaine d'autres pays, victimes d'une réimportation du virus au cours des dernières années, le nombre de cas a en revanche baissé spectaculairement en 2006, particulièrement en Indonésie (2 cas cette année contre 303 en 2005) et au Yémen (1 cas contre 472).«Avec l'amélioration des techniques de vaccination et de dépistage, les pays ont désormais les meilleurs outils à leur disposition pour achever la tâche d'éradication de la polio» souligne le Dr Cochi qui estime que tout dépend désormais «de la volonté politique» de mener à bien les campagnes de vaccination. «Les dirigeants politiques dans les districts et les régions des pays touchés ne doivent pas se soustraire à leurs responsabilités envers le reste du monde» observe-t-il. Selon lui, le nombre de cas pourrait remonter en quelques années à 250 000 si la maladie n'est pas rapidement éradiquée. On peut, dans ce contexte, raisonnablement se demander quelle est la raison d'être du comité consultatif pour l'éradication de la poliomyélite. Dans les dernières années du XXe siècle, l'OMS avait annoncé que l'éradication planétaire de la poliomyélite serait chose faite en 2005.