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Sans banquise, d'où ils attrapent les phoques indispensables à leur alimentation, ces plantigrades emblématiques de l'Arctique risquent de mourir de faim,.
Ce carnivore vit dans les régions arctiques où la température peut descendre jusqu'à -40°C en hiver. Il peut jeûner pendant des mois, notamment pendant la période estivale lors de laquelle la banquise fond chaque année. Mais avec le réchauffement de la planète, deux fois plus rapide en Arctique, l'absence de glace dure de plus en plus longtemps.
La fonte de la banquise pose également un défi pour la reproduction. En effet, les femelles mettent bas dans leur tanière au milieu de l'hiver et n'émergent qu'au printemps avec leurs oursons. Or, "elles doivent attraper assez de phoques pour stocker suffisamment de gras et produire suffisamment de lait pour nourrir leurs petits pendant tout le jeûne de l'été", explique Steven Amstrup, un des auteurs de l'étude.
Les protéger ne changera rien
Les quelque 25'000 ours polaires sont répartis en 19 sous-populations distinctes au Canada, en Alaska, en Sibérie, au Svalbard et au Groenland. Selon l'étude, ces groupes ne seront pas tous touchés au même rythme. Mais si les émissions de gaz à effet de serre continuent à la même cadence qu'aujourd'hui, "la persistance de presque toutes les sous-populations" sera menacée "d'ici 2100", concluent les chercheurs.
Par ailleurs, même si le réchauffement était limité à 2,4°C par rapport à l'ère pré-industrielle (soit un demi-degré au dessus de l'objectif de l'Accord de Paris), cela "ne garantirait pas de sauver les ours polaires à long terme". "Leur habitat fond littéralement avec la montée des températures" alertent-ils.
Et classer l'ours blanc "en danger critique" sur la fameuse liste rouge de l'Union internationale de protection de la nature (IUCN), qui les considère seulement "vulnérables", ne changerait probablement rien au destin funeste du plantigrade arctique.
ats/jop