Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06981.jsonl.gz/1274

Un essai consacré aux taureaux d’engraissement réalisé conjointement par UFA SA et le Strickhof a fait l’objet d’un travail de semestre à la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL) à Zollikofen. Cet essai consacré à l’utilisation d’un additif aromatisé a certes conclu que l’additif en question n’avait ni effets positifs ni effets négatifs. Les chiffres obtenus ont néanmoins fourni des résultats intéressants.
Installation à l’étable et sevrage
Le 4 mars 2020, 30 petits veaux mâles AA ont été installés au Strickhof. Les veaux en question ont été élevés et nourris de manière identique jusqu’à leur transfert dans l’étable d’engraissement. Les petits veaux ont été sevrés à l’âge de 56 jours. A la fin mai, à un poids vif (PV) moyen de 170 kilos, les taureaux ont été répartis en trois lots en fonction de leur poids et transférés dans l’étable d’engraissement. Le lot 1 comprenait les taureaux les plus légers (PV moyen : 147 kg), le lot 2 les taureaux moyennement lourds (PV moyen : 161 kg) et le lot 3 les taureaux les plus lourds (PV moyen : 206 kg). En comparant les lots en termes de poids à l’installation en tant que petits veaux, on constate que les taureaux du lot 1 affichaient un poids moyen à l’installation de 81 kilos et que les veaux du lot 3 pesaient en moyenne 87,7 kilos. Le comparatif permet donc de conclure que les petits veaux plus lourds atteignent des accroissements journaliers (AJ) supérieurs à ceux des veaux plus légers.
En bref
- Dans l’essai, les petits veaux lourds ont atteint des accroissements journaliers (AJ) plus élevés que les petits veaux plus légers.
- Dès 170 kilos de PV, l’ingestion journalière s’est élevée en moyenne à 7,6 kilos de matière sèche (MS).
- Dans l’essai, les animaux engraissés ont atteint un indice de conversion alimentaire de 4,76 kilos / kilo.
- L’indice de conversion alimentaire relativement bon peut s’expliquer par la gestion des lots : après leur transfert dans l’étable d’engraissement à 170 kilos, les taureaux sont toujours restés dans le même lot.
- Un accroissement journalier plus élevé ne se traduit pas automatiquement par une meilleure efficacité alimentaire.
Ingestion
Pendant toute la période d’engraissement, la ration de base se composait de 80 % de maïs ensilage et de 20 % d’ensilage d’herbe. Cette ration était complétée par un aliment de pré-engraissement et, à partir de la moitié de la phase d’engraissement, par un aliment de finition très concentré. La ration était conçue de manière à être représentative de celles que l’on rencontre fréquemment dans les exploitations d’engraissement suisses. Chaque taureau avait une place au cornadis spécialement attribuée sur la base de son transpondeur. Cela a permis de mesurer deux fois par semaine l’ingestion précise de chaque animal. Dans l’ensemble des lots, l’ingestion journalière moyenne a fortement augmenté jusqu’à ce que les taureaux pèsent environ 300 kilos de PV, et a atteint 8 kilos de MS. Jusqu’en fin d’engraissement, la consommation n’a plus augmenté que de manière limitée pour s’élever à près de 9 kilos de MS. La quantité de concentrés maximale par taureau était de 2,5 kilos. De début juin à la mi-décembre, le lot 1 affichait une ingestion moyenne de MS de 7,3 kilos. Pendant la même période, les taureaux du lot 3 ont consommé environ 700 grammes de MS de plus par jour. Une grande partie des taureaux ayant un taureau Limousin ou Angus comme père, ces deux races ont également été comparées entre elles au cours de la période mentionnée. En moyenne, les taureaux Angus ont consommé 730 grammes de plus (MS) par jour que les taureaux Limousins.
Conversion alimentaire
L’interaction entre l’ingestion et l’accroissement est déterminante pour la rentabilité. Dans le présent essai, cette interaction a été illustrée à l’aide de la conversion alimentaire. Dans des essais d’UFA datant de 2015 et analysant la conversion alimentaire (ICV : indice de conversion viande) dans cinq exploitations pratiques, l’ICV était en moyenne de 5,52 sur l’ensemble de la période d’engraissement (150 à 550 kg). Cela veut dire que les taureaux ont ingéré 5,52 kilos de MS par kilo d’accroissement. Dans l’essai du Strickhof, l’ICV était de 4,76 kilos / kilo pour des poids identiques. Les taureaux du Strickhof ont donc ingéré presque 800 grammes de MS de moins par kilo d’accroissement que les taureaux considérés dans l’essai d’UFA réalisé en 2015. La gestion des lots pourrait expliquer la meilleure conversion alimentaire. Le travail de 2015 a clairement démontré que l’exploitation qui changeait le plus fréquemment des animaux de lot était celle qui présentait le moins bon indice de conversion alimentaire. Au Strickhof, les taureaux sont toujours restés dans le même lot après avoir changé d’étable à 170 kilos. La place disponible au cornadis au Strickhof, où chaque taureau a toujours mangé à la même place et où toute concurrence à la crèche a ainsi été évitée, pourrait avoir contribué à l’excellente mise en valeur de la ration. En comparant les deux essais sur le plan de la conversion énergétique, on constate que les taureaux du Strickhof ont eu besoin de 35 MJ NEV par kilo d’accroissement, contre 40 MJ NEV pour les taureaux de l’essai de 2015. Il est intéressant de constater qu’avec un accroissement journalier (AJ) de 1,37 kilo (de l’installation à l’étable jusqu’à l’abattage), malgré une durée d’engraissement plus longue, l’indice de conversion alimentaire des taureaux du lot 1 a été supérieur de 500 grammes à celui des taureaux du lot 3 avec 1,55 kilo d’AJ. Ces chiffres le montrent : avec une ingestion de MS très élevée, les taureaux atteignent une durée d’engraissement plus courte et des accroissements plus élevés, mais cela ne permet de tirer aucune conclusion sur l’efficacité alimentaire effective. Des taureaux réalisant des AJ inférieurs peuvent parfaitement produire de la viande de manière efficace.