Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07239.jsonl.gz/203

Contenu externe
Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.
La Russie a libéré samedi sur un pont, lors d'un échange d'espions digne de la Guerre froide, un agent estonien arrêté en 2014, selon elle, sur sol russe mais enlevé en Estonie selon Tallinn. Sa condamnation avait provoqué l'ire des Occidentaux.
La remise en liberté surprise d'Eston Kohver, à deux jours d'une visite de Vladimir Poutine à New York où le président russe doit présenter un plan pour la Syrie devant l'Assemblée générale de l'ONU et rencontrer Barack Obama, a été saluée par Bruxelles et Washington.
Un mois après avoir été condamné à 15 ans de prison par un tribunal russe, l'agent du contre-espionnage estonien a été rendu aux autorités de son pays au milieu d'un pont sur la rivière Piusa séparant la Russie de l'Estonie, ont annoncé les services spéciaux russes (FSB) dans un communiqué cité par les agences russes.
Il a été échangé contre Aleksei Dressen, ancien responsable de la sécurité estonienne qui purgeait depuis 2012 une peine de 16 ans pour avoir espionné au profit de Moscou, a précisé la même source.
En bonne santé
La TV publique russe a diffusé des images de l'échange, les deux hommes traversant le pont escortés chacun d'un agent au visage flouté. Puis M. Kohver s'est engouffré dans une berline. "Je suis heureux d'être de retour à la maison", s'est-il réjoui, visiblement en bonne santé, lors d'une déclaration devant la presse à Tallinn. Il a remercié les autorités estoniennes pour avoir oeuvré à sa libération.
Le FSB avait annoncé en septembre 2014 avoir arrêté cet agent dans le nord-ouest de la Russie, près de la frontière estonienne, en possession d'un pistolet, des munitions, "un équipement spécial pour des enregistrements illégaux" ainsi que "du matériel apparemment destiné à une mission d'espionnage".
Les autorités estoniennes avaient pour leur part affirmé qu'il travaillait sur une affaire de contrebande impliquant la mafia russe quand il avait été attaqué à coups de grenades assourdissantes par des hommes armés qui l'avaient conduit de force en Russie.
Satisfaction générale
Son arrestation en pleine crise ukrainienne puis sa condamnation le 19 août dernier avaient été vivement dénoncées autant par Tallinn que par l'Union européenne et les Etats-Unis.
Le gouvernement estonien, qui s'était fortement mobilisé en sa faveur, s'est dit satisfait et le président Toomas Hendrik Ilves a fait l'éloge d'un agent "solide et loyal". Son "retour à la maison est une bonne nouvelle pour l'Estonie et pour toute l'Europe", a insisté la ministre des Affaires étrangères Marina Kaljurand.
La Commission européenne s'est dite "satisfaite", dans un communiqué, du retour d'Eston Kohver qui avait été "enlevé par les services de sécurité russes". "Un mal a été corrigé", a approuvé la cheffe de la diplomatie suédoise Margot Wallström. L'ambassade des Etats-Unis à Tallinn a, elle aussi, salué une "bonne nouvelle".
L'avocat russe de l'agent, Mark Feïguine, a expliqué sa libération par des motivations politiques de la part de la Russie à deux jours de l'intervention très attendue de Vladimir Poutine devant l'ONU. "Il n'y a pas d'autre raison", a-t-il écrit sur Twitter.
Selon le ministre estonien de l'Intérieur, Hanno Pevkur, la décision a été prise directement par les présidents des deux pays.
ATS