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Après Une vérité qui dérange (Davis Guggenheim, 1996), Al Gore continue son combat contre le réchauffement planétaire…
En 1992, Al Gore publie Sauver la planète Terre, montrant au monde entier sa préoccupation environnementale. Plus tard, alors président du Congrès des Etats-Unis et vice-président dans l’administration Clinton, il convie des climatologues à la première audition du congrès pour débattre sur le sujet. Il réussit à imposer et à partiellement mettre en œuvre en 1993 une taxe sur le carbone – la «Carbon Tax» - pour inciter à diminuer la consommation de combustible fossile dans le but de réduire la quantité de gaz à effet de serre. Il s’engage en 1997 pour la promotion du Traité international de Kyoto, et il fait de la ratification du protocole de Kyoto un argument fondamental dans sa campagne présidentielle en 2000. Malgré son échec face à George W. Bush, Al Gore ne baisse pas les bras et oriente son avenir sur la réalisation de conférences à travers la planète. A partir de ses diapositives de présentation naît le film Une vérité qui dérange. Ce documentaire révèle des faits réels et donne des prévisions catastrophiques approuvées par une lourde majorité des scientifiques tout en ajoutant une dimension émotionnelle. Cette mise en garde divise l’opinion publique et politique: certains l’accusent de manipulation en voulant créer le doute, alimenté de surcroît par les articles contradictoires dans les médias.
Avec Une suite qui dérange, Al Gore poursuit sa lutte pour sensibiliser les dirigeants mais également le citoyen lambda de la nécessité de passer à l’action et de ne plus fermer les yeux sur le dérèglement climatique. Le ton et la méthode sont axés sur la pédagogie. Tel un professeur, il entreprend d’instruire ses élèves: il invite le spectateur à se positionner sur les mesures écologiques à prendre pour faire face aux conséquences catastrophiques qu’engendre le disfonctionnement lié au réchauffement de la planète. Le temps de la réflexion est révolu, le temps de l’action est plébiscité. Ce documentaire montre l’ex-vice-président sillonnant le monde, passant d’une conférence à l’autre, utilisant dans son discours de nombreux extraits de vidéos très spectaculaires dans le but de montrer la multiplication des désastres naturels. Ces derniers sont argumentés de manière factuelle et réfléchie afin d’éviter de tomber dans le piège du pathos.
Ce long métrage suit également Al Gore à Paris en 2015, pour la conférence (COP21) réunissant tous les chefs d’état autour de la question du climat. Ayant su garder des contacts avec les grands de ce monde que ce soit au niveau politique, industriel ou encore humanitaire, il met son influence au service de la cause. Ses efforts en coulisse pour convaincre les pays émergeants d’adhérer au projet de réduction des émissions de CO2 est louable et surtout efficace. En effet, 195 Etats s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Certes, le scepticisme de Donald Trump et sa volonté de soustraire les Etats-Unis de cet accord donne une impression de retour en arrière et démotiverait les plus courageux, mais Al Gore, obstiné, continue son combat. Il a par ailleurs orchestré un travail de communication auprès de l’actuel président des Etats-Unis pour tenter de le convaincre et lui rappeler sa responsabilité envers les défis environnementaux.
Sélectionné au Sundance Festival, le film est présenté par Al Gore lui-même dont le message montre tout l’optimisme et la détermination de son orateur: «Nous traversons une ère faite de défis, mais nous allons gagner… j’ai mes raisons d’être confiant. Souvenez-vous toujours que la volonté est une énergie renouvelable.»
Nourri par ses échecs et fort de son expérience, Al Gore réussit à convaincre par son discours dont le dosage entre pédagogie, émotion et humour est équilibré. Citoyen du monde, son invitation à agir est le plaidoyer d’un homme avant tout engagé, qui pourra servir de base de réflexion pour les générations à venir.
Nadia Roch
|Nom||Notes|
|Nadia Roch||16|
|Adèle Morerod||14|