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L’objectif principal de ce projet est d’élaborer une théorie et un modèle institutionnel de la démocratie directe qui résistent à la critique que la démocratie directe ouvre les portes aux populismes. Il s’agit d’une critique très répandue dans la littérature (notamment dans les théories de la démocratie). Elle est soutenue par le fait que tous les mouvements et/ou partis populistes (le Front national, Alternative für Deutschland, Movimento Cinque Stelle, Freiheitliche Partei Österreichs, etc.) demandent un usage accru de la démocratie directe dans leurs pays respectifs.
Le danger du populisme est que souvent ses porte-paroles utilisent les moyens démocratiques pour arriver au pouvoir mais, une fois réalisé cet objectif, ils utilisent ce pouvoir pour miner les institutions démocratiques (voir Orban en Hongrie). C’est aussi pour cette raison qu’il est important d’élaborer un modèle institutionnel de la démocratie directe suffisamment solide pour résister aux populismes.
À part les aspects théoriques et institutionnels, le projet propose également d’expérimenter en Suisse une innovation démocratique pratiquée depuis une dizaine d’années en Oregon. Il s’agit de Citizens’ Initiative Review, un panel composé par une vingtaine de citoyens et citoyennes sélectionnées par le tirage au sort. Pendant cinq jours, ces personnes discutent et approfondissent l’objet d’une prochaine votation populaire. Au terme de ce parcours, ils résument les enjeux de la votation dans une page et expliquent pourquoi ils recommandent de voter « oui » plutôt que « non ». Leurs recommandations de vote sont publiées dans la brochure officielle envoyée à tous le votants. Il s’agit donc d’un modèle qui représente une occasion pour enrichir la démocratie directe, en Suisse et ailleurs.