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Golden Globes «Roma» et «Bohemian Rhapsody» triomphent
Le film d'Alfonso Cuaron et le biopic de Freddie Mercury sont les deux grands gagnants de cette 76e édition des Golden Globes.
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Le film consacré au parcours de Freddie Mercury au sein du groupe Queen a remporté le Golden Globe du meilleur film dramatique dimanche à Hollywood. Rami Malek, qui interprète le chanteur mythique dans ce long métrage, a aussi été sacré meilleur acteur dramatique.
«Bohemian Rhapsody» qui fait la part belle à la musique et aux morceaux de bravoure des quatre Anglais sur scène, ravit ainsi la vedette à l'un des favoris, «A Star Is Born». Même situation pour Rami Malek qui était entre autres en lice avec l'acteur Bradley Cooper, incarnant aussi un chanteur au côté de la pop star Lady Gaga dans «A Star Is Born».
L'Américaine Glenn Close a remporté quant à elle le Golden Globe de la meilleure actrice dramatique pour «The Wife». Le film «s'appelle 'The Wife' (l'épouse, ndlr), je crois que c'est pour ça qu'il a mis 14 ans à se faire», a plaisanté l'actrice, visiblement émue.
Dans ce cas-ci aussi, le casting de «A Star Is Born» n'a pas été récompensé puisque le Golden Globe a échappé à la chanteuse et actrice Lady Gaga, qui a toutefois reçu en début de soirée le Golden Globe de la «meilleure chanson», pour son tube «Shallow» interprété avec Bradley Cooper dans le film.
"En tant que femme dans l'industrie musicale c'est très difficile d'être prise au sérieux" Lady Gaga reçoit, avec Mark Ronson, le Golden Globe de la meilleure chanson pour "Shallow" dans "A star is born"#GoldenGlobes #LadyGaga pic.twitter.com/Jnd4ew2zKI— cinemacanalplus (@cinemacanalplus) 7 janvier 2019
Dans la catégorie comédie et films musicaux, c'est «Green Book» qui a reçu dimanche le prix du meilleur film, soit le troisième trophée de la soirée pour ce long métrage. L'acteur américain Mahershala Ali a en effet aussi reçu le Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle pour ce film.
Le film «Green Book» est adapté de l'histoire vraie du pianiste noir Donald Shirley, qui osa une tournée dans le sud des Etats-Unis encore régi par la ségrégation raciale, sous la protection d'un garde du corps d'origine italienne. Mahershala Ali, qui avait déjà reçu un Oscar dans cette catégorie pour «Moonlight», y figure aux côtés de Viggo Mortensen (nominé dans la catégorie «meilleur acteur dans une comédie»), auquel il a adressé des remerciements appuyés en recevant son prix.
Cuaron plébiscité
Favoris de la 76e édition des Golden Globes, «Roma» et son réalisateur, le Mexicain Alfonso Cuaron, ont tous deux été récompensés, une première étape vers un potentiel Oscar fin février.
La soirée rassemblant le gratin d'Hollywood a également donné l'occasion à l'industrie du film de promouvoir ses progrès vers une meilleure intégration des minorités. Tourné en espagnol, et ne pouvant à ce titre pas concourir dans la catégorie phare du «film dramatique», «Roma» a obtenu le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère.
«Le cinéma, dans ce qu'il a de meilleur, bâtit des ponts entre les différentes cultures. Et tandis que nous franchissons ces ponts, nous devons prendre conscience que ces nouveaux visages ont beau paraître curieux, ils ne nous sont pas étrangers», a lancé Alfonso Cuaron.
Chouchou de la critique, Alfonso Cuaron, oscarisé pour «Gravity» en 2014, a aussi été sacré «meilleur réalisateur», face à des concurrents de poids comme Spike Lee («BlacKkKlansman») ou Bradley Cooper pour «A Star Is Born», l'autre grand favori de la soirée.
Le cinéaste de 57 ans signe avec «Roma» un film très personnel, presque autobiographique, inspiré par son enfance à Mexico et une domestique employée par sa famille. Et il a d'ailleurs remercié la plateforme Netflix, qui l'a produit, pour «avoir propulsé ce film des plus improbables sur le devant de la scène». Un film Netflix pourrait-il être primé aux Oscars ?
Pronostics délicats
Les pronostics aux Golden Globes sont délicats car contrairement aux Oscars ou à d'autres compétitions, ce ne sont pas les professionnels du cinéma qui votent mais la petite centaine de membres de l'Association de la presse étrangère de Hollywood (HFPA). D'autant que les Golden Globes dédoublent les principales catégories (meilleur film, meilleur acteur ou actrice) en «drame» et «comédie».
Côté comédie, c'est sans surprise Christian Bale qui a été sacré «meilleur acteur» pour son rôle de vice-président Dick Cheney dans «Vice», portrait au vitriol du vice-président américain et de son ascension au pouvoir réalisé par Adam McKay. Toujours dans ce genre, la Britannique Olivia Colman a remporté le Golden Globe de la meilleure actrice dans une comédie pour son rôle de la reine Anne dans «La Favorite».
Acteur noirs primés
Deux acteurs noirs américains confirmés ont été récompensés dans la catégorie des «seconds rôles», Regina King pour «Si Beale Street pouvait parler», et Mahershala Ali pour «Green Book». Les deux films ont pour toile de fond le racisme et la discrimination aux Etats-Unis, le premier dans le Harlem des années 1970, le second dans le Sud «profond» en 1962.
Quant à la dernière production Marvel, «Spider-Man: New Generation», qui met en scène un nouvel homme araignée à la fois noir et latino, elle a remporté le prix du «meilleur film d'animation» face à son principal concurrent, «Les Indestructibles 2».
Mais les Golden Globes récompensent aussi les oeuvres de télévision, de plus en plus prisées des spectateurs et donc de plus en plus rentables et créatives. Le vétéran Michael Douglas a ainsi été fait «meilleur acteur» pour son rôle dans la série télévisée «La Méthode Kominsky». La série «The Americans» a empoché le prix de la meilleure série télévisée dramatique, tandis que Richard Madden (Robb Stark dans «Games of Thrones») a reçu le Golden Globe du meilleur acteur dans cette catégorie.
La soirée est présentée par le duo de comédiens Andy Samberg et Sandra Oh. Ironie du sort, l'actrice a été récompensée par un Golden Globe pour son rôle d'agent pas si secret dans la série «Killing Eve».
"C'est nous qui présentons cette année car nous sommes les deux derniers membres d'Hollywood qui n'ont rien dit d'insultant"@IamSandraOh et @AndySamberg ouvrent la 76ème Cérémonie des #GoldenGlobes, en direct et exclu sur @canalplus et @myCANAL pic.twitter.com/gSUweYLr0s— cinemacanalplus (@cinemacanalplus) 7 janvier 2019
Elle avait auparavant pris brièvement un ton grave pour évoquer une «période de changement», en référence aux mouvements #MeToo et Time's Up, contre le harcèlement sexuel et la discrimination.
L'an dernier, la cérémonie avait été placée sous le signe du noir austère par les célébrités, soucieuses de concentrer l'attention des médias sur ces mouvements. Les couleurs étaient de retour cette année sur le tapis rouge, mais beaucoup d'invités portaient au poignet un ruban noir ou blanc, avec l'inscription «Time's Up» («L'heure a sonné»).
Laura Dern arrive aux #GoldenGlobes avec un ruban "Time's Up" ("L'heure a sonné"), le nom du mouvement contre le harcèlement sexuel et la discrimination entre hommes et femmes #AFP pic.twitter.com/yaoPKZONoO— AFP USA (@AFPusa) 7 janvier 2019
«Je ne me fais pas d'illusion, l'année prochaine pourrait être différente», a dit Sandra Oh. Même si «Vice» est arrivé en tête le mois dernier avec six nominations, la plupart des experts de Hollywood pariaient «A Star Is Born» et son duo d'acteurs, Lady Gaga et Bradley Cooper.
Certains experts ont déploré la sélection de films très (trop?) grand public, comme «Black Panther» (1,35 milliard de dollars de recettes en 2018) ou «Crazy Rich Asians», au détriment d'autres jugés supérieurs en qualité, par les critiques internationales notamment par les célébrités, soucieuses de concentrer l'attention des médias sur ces mouvements. (afp/nxp)
Créé: 07.01.2019, 03h15