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Les 21 milliardaires du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA), tous des hommes, ont vu leur richesse augmenter de près de 10 milliards de dollars depuis le début de la pandémie de Covid-19. C’est le double du montant versé par le FMI aux pays de la région pour « les aider à surmonter » cette crise. Dans le même temps, 45 millions de personnes supplémentaires pourraient être poussées vers la pauvreté à la suite de la pandémie, selon une étude d'Oxfam publiée en aout 2020.
Avant la crise, le Moyen-Orient était déjà une des régions les plus inégalitaires du monde avec 10 % de la population contrôlant 76 % de tous les revenus.
Les effets de la pandémie se font sentir à tous les niveaux. Les envois privés de fonds par les travailleurs·euses migrant·e·s, qui représentent 5,7 % du PIB, devraient baisser de près de 20 %. 1,7 million d’emplois devraient être perdus, dont 700 000 emplois occupés par des femmes.
Sur les 16 millions de travailleurs informels estimés au Moyen-Orient, 89 % seront gravement touchés et ne bénéficieront d’aucune protection sociale.
La situation, déjà souvent très difficile, des réfugié·e·s et des travailleurs·euses migrant·e·s a encore été aggravée par les mesures des gouvernements de la région, accompagnées très souvent de discours et de pratiques racistes à leur encontre.
Les effets de la pandémie n’ont fait que renforcer la situation socio-économique catastrophique des classes populaires régionales héritée de décennies de politiques économiques néolibérales des gouvernements et régimes de la région.
Joseph Daher
Article publié dans le journal solidaritéS