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Deux fermes
Vers la fin du Moyen Age, les habitants du Pied du Jura sont partis à la conquête du versant de la montagne en «prenant» et défrichant les endroits les plus accueillants. La Coudre constitue une de ces «prises» ; ce nom désigne un endroit peuplé de noisetiers et se retrouve dans plusieurs lieux-dits dans la région.
La première ferme, voisine de celle de la Fondation et propriété de la famille Petitpierre, a été édifiée vers 1530. Elle est typique des fermes jurassiennes à pignon frontal, souvent appelées fermes neuchâteloises chez nos voisins. Le pignon orienté au sud-est regroupe la plupart des ouvertures qui éclairent le logis en s’ouvrant vers la vue et la lumière. En hiver, le soleil réchauffe cette façade du lever au coucher.
Une dépendance dissociée servait de porcherie, de fenil, et même de grenier. On sait qu’elle existait déjà vers 1800 et qu’elle était alors couverte de tavillons, planchettes d’épicéa éclatées et superposées. Cette technique est abandonnée au cours du XIXe siècle sous l’influence des autorités en raison du risque de propagation du feu en cas d’incendie.
En 1846, un partage a conduit à la construction d’une deuxième ferme avec des pignons cette fois latéraux. C’est ce deuxième bâtiment qui a été légué par M. Steffen à la Fondation la Coudre. Son volume considérable illustre les profondes mutations qui marquent les méthodes agricoles de cette époque, le maintien des vaches laitières en plaine tout au long de l’année exigeant d’engranger de très grandes quantités de fourrage.
Un agrandissement ultérieur permet d’installer une étable supplémentaire, un grenier, une batteuse ainsi qu’une vaste remise. A l’angle ouest, une annexe abrite une rebatte en granit, sorte de meule verticale tournant sur une base circulaire pour broyer les fruits ou écraser les cerneaux de noix.