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Les deux méthodes de dialyse péritonéale
En dialyse péritonéale, on utilise le péritoine comme filtre pour épurer le sang des personnes en insuffisance rénale chronique (IRC), dont les reins ne remplissent plus leurs rôles de filtration.
Le péritoine est une membrane qui se trouve dans l’abdomen et qui entoure les intestins. Un catheter (petit tube en plastique souple) est placé dans la cavité péritonéale lors d’une petite intervention chirugicale. Une partie du cathéter (15 à 30 cm) demeure à l’extérieur du corps et se dissimule facilement sous les vêtements.
L’épuration par la dialyse péritonéale (DP) se fait lorsque la solution de dialyse (dialysat) est introduite dans la cavité péritonéale. L’eau en trop et les déchets qui se trouvent dans la circulation sanguine du patient en IRC traversent le péritoine et passent dans le dialysat. Lorsque celui-ci devient « saturé » en déchets, on doit le remplacer. Cette opération s’appelle un « échange »
Il existe deux manières de pratiquer ces « échanges »
- La dialyse péritonéale continue ambulatoire (D.P.C.A) Cette méthode nécessite quatre échanges par jour. Le liquide de dialyse est infusé (instillé) par le cathéter et reste en stagnation intra-abdominale (ou stase) pendant une durée déterminée par le médecin. Le liquide est ensuite drainé (vidangé) puis renouvelé.Ces échanges sont pratiqués au domicile, au travail, en vacances, …Ce traitement quotidien assure une dialyse continue et une ultrafiltration douce, expliquant son excellente tolérance, notamment chez le sujet âgé.
- La dialyse péritonéale automatisée (D.P.A) La dialyse péritonéale automatisée nécessite l’emploi d’un « cycleur » (machine). Durant les heures de sommeil, les échanges sont réalisés par le cycleur qui contrôle les volumes totaux, les volumes d’injections, le temps de stagnation et le volume drainé. Le nombre des échanges qui sont effectués pendant le sommeil ainsi que le volume et le type de solution utilisé sont adaptés pour chaque patient. Une carte intégrée mémorise tous les paramètres de dialyse qui sont ensuite analysés par le néphrologue lors de la consultation.
Avantages de la dialyse péritonéale :
- Le traitement est plus lent et plus doux que l’hémodialyse (pas de chute de TA, ni de crampes)
- Se pratique à domicile après une formation d’environ une semaine au centre.
- Le patient est autonome et indépendant dans ses déplacements.
- Une intégration professionnelle est plus aisée.
- Les déplacements en vacances sont facilités.
- Avec le cycleur, le traitement s’effectue la nuit; aucun traitement la journée
- Le régime alimentaire est moins strict qu’en hémodialyse.
- Aucune ponction veineuse n’est effectuée, donc le capital veineux est préservé
- Meilleure stabilité tensionnelle.
- Moins besoin d’EPO (érytropoétine) pour combattre l’anémie
- Plus de soucis de transport fatiguant et onéreux: le patient vient au centre de dialyse pour un contrôle et une consultation avec le néphrologue, seulement une fois par mois.
Inconvénients de la dialyse péritonéale
- Un cathéter permanent se trouve au niveau abdominal.
- Des risques d’infection sont présents, d’où l’importance de respecter les règles d’hygiène (lavage de mains et port du masque pendant les échanges)
- Nécessité de stocker au domicile le matériel de dialyse.
- La DPCA s’effectue tous les jours (ou chaque nuit pour la DPA)
Complications de la dialyse péritonéale. Les complications en dialyse péritonéale peuvent survenir pour différentes raisons.
- L’infection (péritonite) (28%) Dans ces cas, l’infection est traitée par antibiotiques intra péritonéaux : on met la dose prescrite d’antibiotique directement dans la poche de dialysat.
- Une dialyse inadéquate ou insuffisante (18%)
- D’autres raisons médicales (22%)
- Des problèmes psycho sociaux (15%)
- Des complications liées au cathéter lui-même (17%)
Enseignement à la technique de DP
En quelques jours, les patients apprennent très facilement à faire eux-mêmes leurs échanges à domicile ou à gérer le cycler. Il est très important de suivre les consignes d’hygiène. Pour les patients qui ne sont pas trop sûrs d’eux-mêmes au début de leur traitement, ils peuvent avoir recours à des infirmières à domicile pour les aider jusqu’à ce qu’ils soient autonomes. Tout le matériel est livré à domicile.
Je remercie de Dr Nicola Marangon, d’avoir relu et complété cet article
Mujais S et al. Kidney Int. 2006;70(suppl):S21-S26