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Essayons donc de contribuer à l'écrire. Que puis-je faire moi, en tant qu'individu et comme citoyen suisse, et européen, pour que le printemps arabe donne les fruits les meilleurs possible?
Tout d'abord, essayer de savoir et de comprendre. Savoir, c'est éviter les a priori et les réductions, ne pas penser que «les musulmans», «les Tunisiens» ou «les Arabes» sont des ensembles homogènes que quelques mots suffisent à cataloguer. Comprendre, c'est se mettre à leur place, ne pas envisager leurs problèmes à partir de mes schémas mais tenter de ressentir leurs dilemmes, leur(s) échelle(s) de valeur. Par exemple, je dirais qu'«être musulman», ce n'est pas un phénomène similaire à «être chrétien», avec les nuances et les détails que nous connaissons tous.
Ensuite, dans les cercles dont je peux influencer tant soit peu la façon de vivre et de penser, je dois m'efforcer de désamorcer ce qui pourrait renforcer l'extrémisme (là-bas et, ici, dans le style des «minarets», mais la liste serait trop longue) et aider toutes les ouvertures à autrui: le respect, l'intérêt sincère, le dialogue, l'échange, la confiance, certaines concessions, et une forme d'amour. Je peux agir dans ce sens par mes actes, mon discours, mes engagements concrets, certains sacrifices, ou simplement par ma façon de vivre. Ce ne sera qu'une goutte d'eau dans le fleuve de l'histoire, mais si je ne la verse pas…
Jean-Paul Borel, Cortaillod