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Publié le : 13 juillet 202310 mins de lecture
L’empreinte écologique est liée à la demande mondiale croissante de biens de consommation, qui met en péril les principales ressources naturelles de la planète. Souvent, l’industrie et les consommateurs ne sont pas pleinement conscients du niveau d’impact que cette demande peut avoir sur l’équilibre environnemental. En d’autres termes, lorsqu’un entrepreneur décide d’ouvrir une usine de chaussures, par exemple, il dépensera certaines quantités de ressources naturelles pour que le produit final puisse être vendu. Et le consommateur qui a besoin d’une nouvelle paire de chaussures achètera le produit. Mais aucune des parties ne sait avec certitude quelle demande environnementale l’objet a exercée sur la nature. Ce manque d’information complique l’élaboration des politiques publiques et contribue au fardeau écologique qui pèse sur la planète.
Le Roumain Nicholas Georgescu-Roegen, dans son ouvrage de 1971 intitulé The Entropy Law and the Economic Process (La loi de l’entropie et le processus économique), a été l’un des premiers à aborder la question, en parlant de bioéconomie et du souci de la continuité de la vie des différentes espèces sur Terre. Dans cet ouvrage, fondé sur la deuxième loi de la thermodynamique, la loi de l’entropie, Georgescu-Roegen souligne la dégradation inévitable des ressources naturelles résultant des activités humaines. Il critique les économistes libéraux néoclassiques qui prônent une croissance économique matérielle sans limite, et développe une théorie opposée et extrêmement audacieuse pour l’époque : la décroissance économique.
Premières discussions sur l’empreinte écologique
La question clé pour la formulation d’une telle empreinte environnementale est la suivante : quelle quantité de ressources naturelles utilisons-nous pour permettre à la population mondiale de se vêtir, de se nourrir, de s’hydrater et de s’équiper des biens de consommation les plus innovants ? Une autre question complémentaire importante est la suivante : comment savoir si la consommation humaine respecte la biocapacité de la planète ?
William Rees et Mathis Wackernagel, tous deux membres du Global Footprint Network (GFN), ont apporté une contribution importante à l’analyse de ces problèmes en 1993, lorsqu’ils ont défini le concept d' »empreinte environnementale », un outil utilisé pour mesurer l’impact de la consommation humaine sur les ressources naturelles. Cet outil permet de mesurer l’empreinte environnementale d’une personne, d’une ville, d’une région, d’un pays et de l’humanité tout entière.
Qu’est-ce que l’empreinte écologique ?
Selon le professeur Geoffrey P. Hammond, le terme d’empreinte environnementale a la même signification que l’empreinte écologique et est souvent aussi appelé éco-empreinte (Costanza, 2000). L’empreinte environnementale est un indicateur de durabilité qui suit la concurrence entre les demandes humaines et la capacité de régénération de la planète, c’est-à-dire qu’elle compare la biocapacité de la planète avec la demande de ressources naturelles nécessaires à la production de biens de consommation et de services, en intégrant l’empreinte carbone, qui représente le nombre de forêts indispensables à l’absorption des émissions de CO2 que les océans ne peuvent pas capturer – c’est le seul déchet pris en compte. L’empreinte environnementale et la biocapacité sont exprimées en hectares globaux (gha), ce qui représente la capacité de production d’un hectare de terre, compte tenu de la productivité moyenne mondiale. L’empreinte environnementale s’intéresse donc aux effets que nous produisons sur notre biosphère.
Pour calculer l’empreinte environnementale, différentes formes d’utilisation des ressources naturelles sont prises en compte. Ces formes peuvent être mesurées en unités de surface, qui sont importantes pour maintenir la productivité biologique. Les ressources qui ne peuvent être mesurées en ces termes sont exclues du calcul – c’est pourquoi les déchets solides et l’eau ne sont pas pris en compte dans l’empreinte, par exemple. Les composantes de l’empreinte sont divisées en sous-objectifs qui, une fois additionnés, révèlent la taille de l’empreinte environnementale totale. Les sous-empreintes sont calculées à l’aide de tableaux spécifiques pour chaque type de consommation et converties en hectares. Les sous-objectifs sont les suivants :
- de la rétention de carbone : quantité de forêt nécessaire pour absorber le dioxyde de carbone que les océans n’ont pas pu supporter ;
- pâturage : superficie nécessaire à l’élevage de bovins de boucherie, à l’élevage laitier, à la production de cuir et à la production de laine ;
- la sylviculture : basée sur la consommation annuelle de bois pour divers produits ;
- des zones de pêche : sur la base d’une estimation de la production nécessaire à la survie des poissons et des crustacés capturés dans les eaux douces et marines ;
- des zones cultivées : représentées par les zones nécessaires à la culture de l’alimentation humaine et animale, ainsi que des graines oléagineuses et du caoutchouc ;
- des zones bâties : elles sont représentées par toutes les zones dotées d’infrastructures humaines, telles que les transports, les industries, les réservoirs pour la production d’électricité et les habitations.
L’empreinte environnementale n’est pas la seule empreinte
Outre l’empreinte environnementale, nous disposons de plusieurs indicateurs de durabilité pour nous aider à évaluer les impacts que nous produisons sur la planète. L’empreinte eau et l’empreinte carbone en sont deux exemples.
Pour vous donner une idée, l’approche de l’empreinte hydrique, mesurée en litres, peut être subdivisée en eau bleue, verte et grise pour mieux englober votre demande. L’eau bleue désigne les eaux souterraines, l’eau douce, l’eau des lacs et des rivières ; l’eau verte désigne l’eau de pluie ; et l’eau grise désigne la quantité d’eau nécessaire pour diluer les polluants produits. L’objectif de l’empreinte hydrique est de mesurer l’impact sur notre hydrosphère.
L’empreinte carbone mesure la quantité de dioxyde de carbone (CO2) émise dans l’atmosphère directement ou indirectement par les activités humaines ou accumulée pendant la durée de vie d’un produit. Elle mesure donc l’impact sur notre atmosphère.
Mais il est bon de rappeler que l’empreinte environnementale ne mesure que la somme des sous-empreintes mentionnées au début de ce texte – c’est-à-dire que l’empreinte carbone et l’empreinte eau n’entrent pas en ligne de compte, elles ne sont que des modèles complémentaires pour mesurer d’autres types d’impacts environnementaux.
Modèle différent et exemples
Alors que les modèles économiques standards examinent les coûts financiers des produits, le concept d’empreinte (écologique, eau, carbone et autres) permet d’évaluer les coûts des ressources naturelles impliquées dans la production d’un bien donné à partir des quantités de sol, de matériaux et d’eau utilisées et des émissions de gaz qui contribuent au réchauffement de la planète.
Tous les produits, de la tasse de thé à la veste en coton, ont un impact sur les ressources naturelles tout au long de leur chaîne de production. Une veste en coton, par exemple, utilise des ressources pour la culture et la récolte du coton, pour les opérations de transformation du coton en tissu, pour la production finale du vêtement, pour le transport, etc. Toutes ces étapes nécessitent des quantités différentes de ressources, telles que le sol, l’eau, les matériaux et l’énergie, qui sont mesurées par différents types d’empreintes. L’empreinte environnementale de cet article, par exemple, mesurerait la somme des sous-empreintes (rétention du carbone, foresterie, terres cultivées, pâturages, etc.) pour déterminer, en hectares globaux, l’empreinte environnementale du produit.
Pour l’industrie, il est important d’avoir une notion des empreintes à chaque étape du processus de fabrication, car ce type d’étude révèle l’efficacité de ses processus en matière d’utilisation des ressources naturelles, en plus de permettre d’identifier les points de vulnérabilité présents dans chaque processus de la chaîne d’approvisionnement. Pour les autorités publiques, l’importance est donnée à l’élaboration de politiques d’utilisation des ressources naturelles, afin d’éviter un déficit environnemental.
L’impact des empreintes dépend de chaque lieu. L’impact de l’empreinte environnementale dépendra de la nature du terrain, de la manière dont il est utilisé et de l’existence éventuelle d’utilisations concurrentes.
Montre les facteurs qui favorisent les impacts
L’empreinte environnementale ne révèle pas directement les impacts écologiques ou sociaux, mais elle montre les facteurs qui favorisent ces impacts. Regardez cette vidéo qui illustre la question de l’empreinte environnementale :
En d’autres termes, l’empreinte environnementale est l’ensemble des traces laissées par les activités anthropiques sur l’environnement (en termes d’hectares globaux) et généralement, plus votre empreinte est grande, plus l’impact causé est important.
D’une manière générale, la manière dont les empreintes sont réparties présente un caractère inégal : les sociétés fortement industrialisées ont des empreintes plus importantes que celles qui sont moins industrialisées et, de plus en plus, ces sociétés recherchent des ressources en différents endroits, laissant leurs empreintes dans diverses parties de la planète.
L’analyse de l’empreinte environnementale déclenche un signal d’alarme qui nous incite à réfléchir à nos modes de vie, en suggérant la nécessité de suivre des lignes directrices en matière de durabilité et de soutenir un vaste programme de changements qui nous fait réfléchir à la direction à prendre. En bref, en partant du principe que cette approche reflète mieux la réalité matérielle que les modèles économiques traditionnels (qui ne prennent en compte que l’économie ou la consommation), cette analyse est une bonne référence à suivre pour que la planète soutienne l’humanité.