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Dans la nuit et le brouillard de l'hiver, un train parcourt l'Europe de l'Est, aujourd'hui. A bord, les figures humaines sont devenues des fantômes. La parole qui les accompagne est hantée par la mémoire. Treblinka traite un sujet souvent évoqué, mais il le fait d'une manière totalement inattendue. D'un côté, il utilise le bouleversant récit autobiographique d'un rescapé du camp, avec une voix-off dessinant une parfaite progression dramaturgique. De l'autre, il donne à ce même récit une forme « floue », fantasmatique. De cette façon, l'image gagne une extraordinaire profondeur et la parole s'impose grâce au rythme, au mixage, aux raccords parfaits du montage. Dans le film, le passé des horreurs du nazisme renvoie au présent, et un futur sombre s'annonce sous la lumière génocidaire du massacre des peuples. Le cri indigné de l'après-guerre, « Jamais plus ! », résonne comme un slogan vidé de son sens. Tout - partout - se passe encore comme avant… Treblinka est un essai documentaire, une performance, un film terrible et nécessaire.
Luciano Barisone