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Inégalité des salaires au Royaume-Uni: Rapport de la «High Pay Commission»
23.01.2012
En novembre 2010 au Royaume-Uni, une commission indépendante a été créée pour une durée d'un an, avec comme mission d'analyser et d'émettre des recommandations sur les hautes rémunérations. Intitulée «High Pay Commission», elle est le pendant de la «Low Pay Commission» laquelle, depuis douze ans, observe et émet des recommandations sur les bas salaires au Royaume-Uni. La High Pay Commission, qui est non partisane, inclut des représentants des entreprises, des syndicats et de la société civile.
En novembre 2011, à la veille de sa dissolution, la High Pay Commission a publié son dernier rapport intitulé «Pourquoi il est dans l'intérêt national de maîtriser les hautes rémunérations». Ce rapport a attiré beaucoup d'attention: il parvient à la conclusion que durant les dernières années, les écarts entre hauts et bas revenus au Royaume-Uni se sont tellement creusés que si rien n'est fait pour y remédier, on se retrouvera devant les disparités qui caractérisaient l'époque victorienne. Sachant que l'équité tient à cœur au peuple britannique, la commission a ainsi cherché à savoir pourquoi les inégalités ont crû autant et si rapidement: il faut maintenant ouvrir le «magasin fermé qui fixe les rémunérations au sommet de la hiérarchie». Faute de quoi, la confiance des citoyens sera ébranlée, accentuant l'instabilité du système économique et social.
Pour redresser la situation, la High Pay Commission a émis les douze recommandations suivantes:
Retour au salaire fixe pour l'essentiel de la rémunération;
Publication des dix rémunérations les plus élevées dans une société (hors conseil d'administration);
Standardisation des rapports de rémunération;
Publication des votes sur les rémunérations par les investisseurs et les gestionnaires;
Représentation des collaborateurs au comité de rémunération;
Publication obligatoire d'une déclaration de distribution des revenus par les sociétés: salaires totaux, dividendes, impôts payés, rémunérations des dirigeants, réinvestissement des bénéfices;
Vote sur les futures rémunérations;
Transparence du planning de succession;
Mise au concours des postes d'administrateurs non exécutifs;
Réduction des conflits d'intérêts des consultants en rémunération;
Obligation de publier un «rapport d'équité salariale», compris dans le rapport des rémunérations, pour les sociétés cotées en bourse;
Création d'un observatoire permanent, basé sur le partenariat social et chargé de surveiller l'évolution des hautes rémunérations.
Les mesures proposées sont courageuses et empreintes de bon sens. L'accent est mis d'une part sur la transparence qui reste la pierre angulaire pour contrôler les rémunérations. D'autre part, la simplification des systèmes de rémunération est considérée comme essentielle car ceux-ci sont devenus progressivement inutilement complexes, opaques et générateurs de grands risques économiques et sociaux. Dans un tel contexte, comment est-il possible qu'en Suisse même un vote consultatif des rémunérations ne soit toujours pas obligatoire?