Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07009.jsonl.gz/1483

Plusieurs ONG lancent une campagne pour stopper le financement des armes à sous-munitions. En Suisse, les banques UBS, Credit Suisse et Vontobel contribuent à financer les activités des sept principaux producteurs de ces armes en voie de bannissement.
Au moins 146 institutions financières de 15 pays fournissent plus de 43 milliards de dollars en investissements et services financiers à ces sept producteurs, selon un rapport publié mercredi à Genève par les membres de la Coalition anti-armes à sous-munitions, Pax Christi et Handicap International.
Les banques américaines sont parmi les plus gros investisseurs. Les sept plus gros producteurs d'armes à sous-munitions sont aux Etats-Unis, en Corée du Sud et à Singapour.
Les trois banques suisses UBS, CS et Vontobel financent ces fabricants à hauteur d'environ un demi-milliard de francs, a précisé le directeur de Handicap International, Paul Vermeulen. Et 25 autres institutions financières suisses y ont des portefeuilles d'actions et d'obligations moins importants.
«Il est inacceptable que les économies et les fonds de pension de la population suisse soient investis dans la production d'armes qui tuent et mutilent dans le monde», plaide Paul Vermeulen.
UBS et Credit Suisse ont réagi dans la journée. La première affirme avoir entamé un processus de désengagement, alors que la seconde estime ne pas jouer un rôle significatif. Sans nier le problème, Credit Suisse relève que ce sont les clients qui décident, et pas la banque. Et ajoute qu'il est très difficile de différencier les investissements dans de vastes conglomérats, actifs à la fois dans les domaines civils et militaires.
Le traité d'interdiction des armes à sous-munitions, signé par 105 Etats, dont la Suisse, et ratifié par 30 Etats, doit entrer en vigueur le 1er août.
De plus, selon Handicap International, la Suisse a investi 600 millions de francs pour acheter des armes à sous-munitions. Elle aurait dans ses stocks 200'000 armes contenant de 10 à 16 millions de sous- munitions, mais ce chiffre n'a pas été confirmé officiellement. Elle devra détruire ces stocks en vertu de la Convention d'Oslo.
En outre, deux motions déposées dans les deux Chambres du Parlement fédéral demandent une modification de la Loi sur le matériel de guerre pour y mentionner l'interdiction de financer des armes interdites.
La première est déjà acceptée, la seconde en passe de l’être. Le Gouvernement mettra ensuite en consultation le projet de loi révisé et publiera son message. Compte tenu de cette procédure et de l'examen par le Parlement du projet de loi, la Suisse ne pourra pas ratifier la Convention d’Oslo avant la fin de 2011.
swissinfo.ch et les agences