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D'un geste aussi audacieux que culotté, il a fait entrer son nom dans la légende. Ce geste, fabuleux, lui appartient désormais. Il porte son patronyme.
Antonin Panenka est forcément devenu le symbole de l'Euro 1976; il a été l'homme qui a offert le Graal à la Tchécoslovaquie contre les rivaux d'Allemagne de l'Ouest, alors champions du monde en titre. Il en fallait du cran pour faire ce qu'il a fait, pour signer ce tir au but magique "en feuille morte", cette pichenette, bref cette… "Panenka", et tromper ainsi Sepp Maier, tout sauf le dernier venu. Existe-t-il plus belle manière d'installer son pays sur le Toit du continent? Non.
Panenka (né en 1948) n'avait toutefois pas tenté ce geste par hasard; il l'avait en effet déjà expédié plusieurs fois dans les filets de Zdenek Hruska, son camarade de club aux Bohemians Prague, mais de là à le tenter en finale d'une telle compétition, il y a un pas que quantité de joueurs n'auraient pas franchi. Sauf ce brave Antonin, justement, rompu à ce geste après avoir manqué d’autres penalties, tirés "normalement".
"Lors d’une nuit d'insomnie, je me suis dit que généralement, les gardiens choisissaient un côté, car un gardien qui reste au centre peut toujours être mal vu pour n'avoir rien tenté, expliqua-t-il il y a 5 ans. J'ai donc pensé qu'avec une frappe légère en plein centre, le portier ne pourrait rien faire. J'ai alors essayé…"
Expliquée ainsi, la méthode paraît toute simple. Mais plus encore que de vouloir marquer un but, Antonin Panenka – qui termina sa carrière au Rapid Vienne - voulait aussi (et surtout?) marquer l'histoire à sa manière. "J'étais un homme de spectacle et je pensais que mon penalty devait refléter ma personnalité. Je voulais réaliser un truc inattendu, qui puisse créer l'événement et marquer l'esprit des gens.»
Force est de reconnaître que c'est réussi.