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Des treize opéras écrits par Saint-Saëns, un seul, Samson, demeure au répertoire, alors qu’un autre, Ascanio, attend encore sa mise en lumière dans sa version complète et originale. Pourtant, la pièce éponyme de Paul Meurice, basée sur les mémoires de Benvenuto Cellini, inspira au compositeur une œuvre extraordinaire, mêlant dans un savant canevas de leitmotivs, la sensualité de la musique française, les accents passionnés du lyrisme italien au raffinement des mélodies et danses du répertoire de la Renaissance. Loin du hiératisme de Samson, Ascanio est un véritable drame lyrique au cours duquel Cellini, jalousé pour son génie, son prestige et le pouvoir qu’il exerce sur le Roi de France, triomphe des intrigues de la cour, en sauvant son disciple Ascanio au péril de sa vie.
Direction musicale Benvenuto Cellini Pagolo Ascanio Scozzone François 1 er La Duchesse d’Étampes Colombe d’Estourville Un Mendiant D’Estourville D’Orbec Charles-Quint Une Ursuline Orchestre symphonique de la HEM Chœur du Grand Théâtre Chœur de la HEM Direction Alan Woodbridge L'intrigue
L’action se déroule à Paris en 1539 pendant le séjour du sculpteur Benvenuto Cellini à la cour de François 1
er. Cellini est venu d’Italie avec son apprenti Ascanio, qu’il aime comme un fils et sur lequel la redoutable duchesse d’Etampes, maîtresse du roi, a jeté son dévolu. Par ordre du roi, afin de disposer de suffisamment d’espace pour fondre une monumentale statue de Jupiter, Cellini reçoit le palais du Grand Nesle, dont le prévôt de Paris Robert d’Estourville avait la jouissance, ce qui provoque la jalousie de celui-ci. Cellini doit investir le palais par la force et, au moment de l’assaut, il tombe sous le charme de Colombe d’Estourville, fille du prévôt, qui aime et est aimée d’Ascanio. Quant à Scozzone, demi-sœur de la duchesse d’Etampes, elle est éprise de Cellini et donc jalouse de Colombe ! La rivalité entre le maître et l’apprenti pourrait être terrible sans la grandeur d’âme de Cellini qui, touché par la pureté des amours des deux jeunes gens, renonce à Colombe et décide de tout mettre en œuvre pour faire échouer le mariage (avec le comte d’Orbec) que la duchesse d’Etampes, par jalousie, et le prévôt de Paris, par cupidité, ont décidé pour Colombe. Et lorsqu’il se rend compte que la jalousie de la duchesse d’Etampes peut être fatale à Colombe, il dissimule la jeune fille dans un reliquaire ouvragé qu’il a conçu pour le couvent des Ursulines et qu’il a mis en sécurité. La duchesse découvre l’endroit et conçoit de laisser Colombe mourir étouffée, enfermée dans la châsse. Scozzone a cependant compris qu’elle est à l’origine de l’horrible dessein de la duchesse et parvient à prendre secrètement la place de Colombe dans le reliquaire. Pendant ce temps, Cellini a demandé au roi d’autoriser le mariage d’Ascanio et de Colombe, en récompense de la statue de Jupiter qu’il a créée. Le roi acquiesce, mais l’heureuse nouvelle est anéantie par la découverte de Scozzone, morte étouffée à la place de Colombe ! L'argument
1 er tableauÀ Paris, en 1539, dans l’atelier de Benvenuto Cellini où de nombreux élèves, apprentis et ouvriers s’agitent au milieu d’innombrables objets d’orfèvrerie. Une statue de Jupiter en argile est placée bien en vue. Benvenuto Cellini vante le talent d’Ascanio, un jeune orphelin qu’il a ramené d’Italie. Il provoque ainsi la jalousie d’un autre de ses élèves, Pagolo, qui lui révèle qu’Ascanio a reçu un mystérieux billet doux. Tandis que les apprentis s’éloignent, Ascanio confie à Benvenuto qu’il est amoureux d’une femme dont il ne dévoile pas l’identité. Scozzone, modèle préféré de Benvenuto et son amie de cœur, met en garde l’orfèvre contre le fait que la duchesse d’Étampes, maîtresse du roi, pourrait s’éprendre du bel Ascanio, ce qui provoquerait la jalousie du souverain et mettrait en danger la vie même d’Ascanio. Précisément, François I er et sa suite arrivent pour visiter l’atelier. La duchesse d’Étampes est vivement attirée par Ascanio et lui commande un lis en diamant pendant que le roi s’extasie devant la statue de Jupiter. Il ordonne à Cellini de la fondre en or avant un mois. Pour ce faire, il accorde au sculpteur l’hôtel du Grand Nesle dont d’Estourville, prévôt de Paris, a la jouissance.
2 ème tableauPlace du cloître des Augustins, entre les deux hôtels de Nesle. Des écoliers festoient, chantant et buvant. Sur le chemin de la chapelle, Ascanio aborde timidement Colombe d’Estourville dont il croit qu’elle lui a fait tenir un billet. Visiblement, il y a malentendu. Un mendiant se méprend également et croit que les deux jeunes gens sont unis ou près de l’être. Il les regarde entrer dans la chapelle. D’Estourville survient, furieux que le roi ose lui retirer la jouissance du Grand Nesle. Il se heurte à Cellini venu examiner sa nouvelle demeure. L’échange de propos est plutôt frais… Puis les événements s’enchaînent : d’Estourville ne veut en aucun cas céder le Grand Nesle et il compte sur l’appui de la duchesse d’Étampes. Celle-ci arrive masquée au mystérieux rendez-vous qu’elle avait donné à Ascanio, mais Cellini s’interpose et, Ascanio parti, reproche à la duchesse son penchant pour le jeune homme. Il lui enjoint de renoncer à cette aventure, mais la Duchesse refuse. Le combat sera donc sans merci. Dans la foule qui sort de la chapelle, Cellini aperçoit Colombe et s’en éprend immédiatement ! Le fait qu’elle soit la fille d’Estourville ne le trouble pas, mais Scozzone est toute désemparée en percevant que ce penchant subit de Cellini pour Colombe met en danger sa relation amoureuse avec l’orfèvre. Avec l’aide des écoliers, de ses élèves et de ses ouvriers, Cellini se lance à l’assaut du Grand Nesle.
3 ème tableauDans l’atelier installé au Grand Nesle, tous les compagnons de Cellini s’affairent, notamment autour d’une grande châsse d’or, un reliquaire destiné au couvent des Ursulines de Paris. Scozzone galvanise tout le monde avec une chanson florentine. Resté seul, Ascanio chante son amour pour Colombe. Puis Cellini, seul à son tour, sculptant une Hébé, admire la beauté de Colombe qu’il aperçoit sur une terrasse voisine. Elle chante une ballade. Scozzone survient et reproche à Cellini ce penchant soudain et dangereux pour elle. Benvenuto confie à Ascanio l’amour naissant qu’il a pour le modèle de la statue d’Hébé qu’il est en train de réaliser. Il dévoile l’œuvre et Ascanio, stupéfait, comprend que son maître est tombé amoureux de Colombe ! Puis un bruit parvient jusqu’à eux : les noces vont être bientôt célébrées de Colombe avec le comte d’Orbec ! Scozzone jubile, Ascanio est anéanti et Cellini s’indigne : il veut aller parler au roi et songe alors au pli qu’Ascanio lui a remis à l’instant où il est entré dans l’atelier. Il l’ouvre : c’est un décret royal qui l’autorise à demeurer en France, mais lui interdit de voir le roi qui se juge offensé. Cellini comprend que la duchesse d’Etampes a manipulé le roi. Il imagine pouvoir contrecarrer cette machination en s’en ouvrant à Charles-Quint dont il sait qu’il séjourne sur le sol de France.
4 ème tableauAu Louvre, François I er et la duchesse d’Étampes s’entretiennent tendrement. Aux gentilshommes qui se présentent, le roi enjoint de préparer la visite de son beau-frère Charles-Quint qu’il a autorisé à traverser la France depuis l’Espagne pour aller mâter une révolte dans la ville de Gand. La duchesse reste seule et Ascanio arrive pour lui présenter le lis de diamant qu’il a taillé pour elle. La duchesse s’imagine qu’elle sera la récompense que réclamera Ascanio, mais elle doit déchanter : Ascanio lui apprend qu’il est épris d’une jeune fille et la duchesse comprend qu’il s’agit de Colombe lorsque celle-ci survient en compagnie des gens de cour. Devant la duchesse, Ascanio proclame son amour pour Colombe, radieuse. La duchesse enrage.
5 ème tableauFête somptueuse à Fontainebleau pour la rencontre entre François I er et Charles-Quint (historiquement, cette rencontre a eu lieu du 24 au 30 décembre 1539). Cellini est avec les gens de l’Empereur ! Les deux souverains échangent avec une légère ironie sur le transfuge. Cellini s’adresse alors directement au roi de France et sollicite son pardon, en même temps qu’il lui promet de fondre la statue de Jupiter dans un délai de trois jours. Le roi accepte, mais profitant de ce moment de détente, la duchesse d’Etampes fait approuver par François I er le mariage de Colombe d’Estourville avec le comte d’Orbec pour le lendemain ! Grand ensemble : les souverains se congratulent, Ascanio et Colombe sont désespérés, Cellini voit son ardeur redoubler pour accomplir sa tâche, la duchesse d’Etampes et Scozzone savourent leurs vengeances respectives et le peuple crie de joie ! Grande fête dans le jardin des buis : douze tableaux dansés évoquent les dieux et les déesses de l’Olympe, Vénus, Junon, Pallas, Diane, Bacchus et Phoebus, Amour et Psyché, Apollon et les Muses. Apothéose, fanfares triomphales.
6 ème tableau Scozzone, la duchesse d’Étampes et Pagolo se retrouvent dans l’atelier du Grand Nesle. Pagolo a surpris le projet d’Ascanio : enlever Colombe et la cacher dans la grande châsse destinée aux Ursulines. En même temps que le reliquaire sera livré aux religieuses, Colombe échappera ainsi à son mariage. Avant de partir, Pagolo révèle que nul ne survivrait enfermé plus d’un jour dans le reliquaire. Les deux femmes ourdissent un complot : la duchesse fera intercepter la châsse contenant Colombe pendant son transfert et la fera livrer chez elle où elle la gardera trois jours. La duchesse se retire. Scozzone voit arriver Cellini et lui jette au visage qu’elle sait tout du projet d’enlèvement de Colombe dont il est épris. Elle lui dévoile alors qu’en réalité Colombe aime Ascanio ! Scozzone et Cellini se cachent au moment où Ascanio et Colombe arrivent. Les deux jeunes gens se redisent leur amour et Cellini interrompt ce tendre échange pour annoncer qu’il cède devant cet amour si évident et si naturel et que la faveur qu’il demandera au roi pour avoir réalisé la statue de Jupiter sera d’accorder l’union de Colombe et d’Ascanio. Il demande à Scozzone de lui pardonner le mal qu’il lui a fait et la prie d’accompagner Colombe au couvent dont il veut prévenir la prieure par un mot qu’il se met à écrire. À part, Scozzone se résout à se sacrifier pour sauver Colombe. Des voix se font entendre, c’est Colombe que l’on vient chercher. Scozzone l’entraîne dans la pièce où se trouve la châsse. D’Orbec fait irruption et cherche Colombe. Cellini l’autorise à fouiller partout, mais demande que le reliquaire puisse être livré sans tarder aux Ursulines, escorté par Scozzone. Tout le monde parti, Cellini, Ascanio et les ouvriers se mettent à fondre la statue de Jupiter. 7 ème tableau Au Louvre, un oratoire où est dressée la châsse. La duchesse d’Etampes jubile à l’idée que Colombe est morte à l’intérieur. Des cris d’allégresse retentissent alors que se lèvent les tentures qui séparent l’oratoire d’une salle d’apparat où est érigée la statue flamboyante de Jupiter. Le roi et sa cour s’extasient. Cellini est invité à formuler son désir de récompense. Il demande pour Ascanio la main de Colombe. Celle-ci entre alors conduite par une Ursuline. La duchesse d’Étampes croit devenir folle. Cellini se précipite vers le reliquaire et l’ouvre : le cadavre de Scozzone apparaît. Il s’effondre de douleur. Soirée « Autour de Saint-Saëns » Conférences et ciné-concert
« Autour d'
Ascanio, de Saint-Saëns, de la musique de film et du bijou au temps de la Renaissance fransçaise » organisés par la Haute école de musique de Genève, avec la Haute école d’art et de design de Genève et d'éminents musicologues et historiens. Jeudi 23 novembre 2017 dès 18h Haute école de Musique de Genève Place de Neuve, 1204 Genève Entrée libre