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D’une manière générale, les meilleures plantations sont localisées sur 50 kilomètres en périphérie de Santiago. Elles sont surtout concentrées dans la vallée du Yaque, la vallée du Cibao River et au pied de la Cordillera Septentrional. D’après certains amateurs, les meilleurs cigares dominicains sont ceux qui sont roulés dans les manufactures implantées le long de l’axe allant de Villa González à Tamboril (deux villes de la province de Santiago). Cette région est réputée produire le meilleur tabac du pays grâce à un sol fertile et un climat favorable : nulle part ailleurs en République dominicaine on ne peut trouver du tabac capable de rivaliser avec celui qui est cultivé ici. Selon les experts, l’exceptionnelle qualité du tabac qui provient de ses plantations est indéniable. Avec près de 6 500 hectares de champs de tabac, Villa González est la localité qui produit le plus de tabac. Et pour tomber sur des feuilles de premier choix, on se rend à Jacagua au sud-ouest de Villa Gonzalez.
Le tabac haut de gamme purement dominicain est appelé Olor. Ses feuilles sont destinées à la confection de la tripe et la sous-cape. Pour la cape, les fabricants choisissent généralement le fameux Piloto (en forme longue : Pilato Cubano), car ses feuilles confèrent au cigare dominicain toute sa signature aromatique. Cette variété de tabac est introduite au terroir dominicain par Jose Pepe Mendez. En 1960, l’État cubain nationalise son usine de cigarettes Regalias El Cuno et la vaste plantation de tabac à Pinar del Río qu’il a hérité de son père. À cette expropriation s’ajoute l’embargo américain sur les exportations cubaines. Il décide alors de quitter Cuba comme un grand nombre d’exploitants. En 1962, après un court séjour aux USA, puis en Espagne, Jose Pepe Mendez s’installe définitivement en République dominicaine. Il crée une plantation dans laquelle il met en pratique les techniques cubaines de travail des feuilles de tabac, notamment, les méthodes de fermentation. La grande qualité de sa production attire de nombreux fabricants de cigares américains qui s’approvisionnent chez lui. Parallèlement, il fait venir de Cuba, par simples lettres postales, des semences de tabac provenant de Pilotos, une localité de Consolación del Sur dans la province de Pinar del Río. Il les fait pousser avec succès dans ses plantations. C’est ainsi qu’est né le Pilato Cubano de la République dominicaine. Certains fabricants préfèrent importer les feuilles de cape des pays voisins tels que le Nicaragua et l’Équateur.
La Aurora est la première manufacture de cigares de la République dominicaine. Elle ouvre le 03 octobre 1903 et continue de produire jusqu’à aujourd’hui. Son fondateur, Eduardo León Jimenes, est fils et petit fils de cultivateurs de tabac. Pendant des dizaines d’années, les cigares fabriqués par l’enseigne et les autres manufactures du pays apparues plus tard sont écoulés sur le marché local. Les donnes changent à partir du milieu des années 70 lorsque les premières zones de libre-échange sont instaurées. Les industriels du cigare dominicain ouvrent alors des boutiques à l’étranger et fabriquent des vitoles exclusivement dédiées à l’exportation. À l’aube des années 80, le secteur du cigare dominicain reçoit une nouvelle impulsion du marché américain. En obtenant l’autorisation d’écouler ses cigares sur le territoire des USA, la République dominicaine dope le montant de ses exportations passant de 6 millions de pièces à la fin de 1970 à 33 millions au début des années 80. En 2014, le pays exporte 160 millions de cigares vers les Etats-Unis. Le volume annuel de son exportation mondiale atteint 350 millions de cigares dont 210 millions de cigares de luxe. Cette croissance vertigineuse prend racine dans la réputation d’excellence acquise par le tabac et les vitoles dominicains résultant d’un rigoureux processus de triage : seules les meilleures feuilles sont retenues pour la confection des cigares et seuls les cigares affichant zéro défaut sont autorisés à l’exportation.
Le manque d’industrialisation des plantations de tabac en République dominicaine constitue un véritable obstacle. La quantité d’olor et de piloto cultivée dans les champs de la région de Santiago ne suit pas le volume des commandes et la cadence de fabrication des cigares. Le risque d’une rupture de stock de matière première plane ainsi sur le secteur avec ce que cela suppose de retombés négatifs sur la qualité des cigares vendus. En effet, les fabricants pourraient être contraints de recourir à des tabacs moins bons pour éviter toute interruption de la production. Si ces feuilles de tabac choisies en substitution souffrent de défaut, c’est parce que souvent leur fermentation est négligée ou que la procédure de sélection et de classement n’a pas été respectée. Elles ne conviennent donc pas à la confection de cigares haut de gamme dédiés au marché international. Elles proviennent de plantations appartenant à de petits agriculteurs qui disposent de peu de moyens financiers et sont pauvres en matériel et infrastructures. Leur formation est également insuffisante.
L’excellence se retrouve dans les cigares suivants (la liste n’est pas exhaustive) : Flor Dominicana oro chisel, Davidoff Nicaragua Toro, Arturo Fuente Don Carlos N°2, Nat Sherman Timeless Collection Divino, Aging Room Quattro F55 Concerto. Ils affichent incontestablement une qualité supérieure ! Et ceux qui souhaitent tester un puro dominicain se pencheront sur la dégustation de l’Opus X commercialisé depuis 1992. Parmi les plus grandes manufactures du pays, on peut citer General Cigar Dominicana, La Flor Dominicana, De los Reyes Cigars et La Aurora. Les cigares de l’île sont soit doux soit modérés au niveau de leur force et complexe pour ce qui est de leur panel aromatique. Ils renvoient des arômes corsés sur le palais.