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ASEM
« Supprimer les tâches faisant double emploi et simplifier les procédures »
Depuis 2006, la direction et le corps enseignant de l’école de musique régionale de Dübendorf œuvrent activement au développement de l’établissement. Des stratégies ont été élaborées dans des domaines tels que gestion, lignes directrices, développement stratégique, ou encore planning des objectifs annuels. Les questions touchant à la pédagogie et aux ressources humaines (représentation des étudiants, évaluation des collaborateurs, visites collégiales, etc.) ont également été abordées. L’an passé, l’accent a été mis sur les dernières étapes à accomplir (définition des processus, certification) pour l’obtention du label quarte III. La certification est prévue en juin 2013.
L’école de musique de Dübendorf a été fondée en 1968 et a débuté son activité avec 115 élèves, onze enseignants et cinq instruments différents.
En 1970/71, une collaboration réglée par un contrat s’est engagée avec les communes de Schwerzenbach et de Wangen-Brüttisellen. En l’année anniversaire 2003, l’école comptait 427 élèves, 50 enseignants et 21 disciplines. Un important changement a eu lieu en 2010: les communes de Dübendorf, Schwerzenbach et Wangen-Brüttisellen ont approuvé un contrat de collaboration qui a conduit au regroupement des directions des écoles et des secrétariats. Désormais, l’école dispose d’une administration centralisée à Dübendorf. En août 2012, la commune de Fällanden a également rejoint l’école régionale. Celle-ci compte actuellement 75 enseignants et près de 1200 élèves âgés de 5 à 75 ans. Elle est dirigée par Olivier Scurio.
Interview: Niklaus Rüegg
Monsieur Scurio, votre école est considérée comme un établissement novateur. Vous testez de nouvelles formes d’enseignent et êtes en train d’introduire le système de gestion de la qualité quarte. Est-ce une simple curiosité ou une nécessité?
De mon point de vue, c’est une nécessité. Elle répond au besoin de transparence et de « partage » du savoir-faire. Nos enseignants ont le droit de pouvoir suivre à tout moment les processus (attribution des élèves, mutations, etc.) et de bénéficier d’un soutien optimal à l’aide de listes de contrôle. Au niveau de l’organisation, nous aimerions que le savoir ne reste pas seulement dans la tête des employés, mais qu’il soit aussi documenté.
quarte existe depuis cinq ans et de premières expériences sont disponibles. Avant de prendre la décision de l’introduire, vous êtes-vous informé auprès de collègues habitués à quarte?
Pas directement, mais je me suis entretenu avec des collèges d’écoles certifiées et j’ai observé leurs « systèmes ».
Qu’est-ce qui vous a décidé à tenter l’expérience de quarte?
quarte représente pour nous une base idéale, car il offre des modèles de processus taillés sur mesure pour les écoles de musique.
Où en êtes-vous dans le processus de certification?
Nous sommes en train de définir les différents processus. En ce moment, nous élaborons notre « processus de prestations » avec un groupe de travail comprenant des délégués du corps enseignant. Il s’agit de régler l’organisation de l’enseignement, l’enseignement de la musique, notre programme d’encouragement et l’organisation de projets et de concerts.
Quels domaines du quotidien de l’école peuvent être influencés favorablement ou modifiés à l’aide de quarte?
A mes yeux il s’agit surtout du secteur administratif de l’école. Quarte nous aide à supprimer les tâches faisant double emploi et à simplifier les procédures. Nous pourrons ainsi préparer nos activités de manière ciblée et répartir notre travail sur toutes les épaules.
Comment vivez-vous personnellement le processus d’élaboration?
L’élaboration et la définition des différents processus est une tâche très intensive. On ne peut pas le faire accessoirement et il faut y consacrer le temps nécessaire. C’est pour moi le plus gros défi dans le fonctionnement actuel de l’école.
La plupart des exigences de quarte étaient-elles déjà satisfaites, ou avez-vous découvert quelques lacunes dans l’organisation de votre école?
Nous avons beaucoup travaillé ces dernières années dans le cadre du développement de l’école. Il reste toutefois des points à améliorer, en particulier dans le domaine de la documentation et de la description de processus. Nous avons certes tout dans nos têtes, mais cela nécessite trop de concertations avec les collègues. Il n’est pas possible de suivre ce genre de processus de l’extérieur et c’est une chose que nous voulons éviter à l’avenir.
Comment le corps enseignant a-t-il été associé au processus d’élaboration?
J’attache beaucoup d’importance à l’esprit d’équipe. Les décisions doivent pouvoir être soutenues par une majorité. C’est pourquoi le corps enseignant y est presque toujours associé. Les sujets sont étudiés lors de « jounées d’équipe » ou dans des groupes de travail. Les décisions sont ensuite prises au niveau de la direction ou à celui de la commission scolaire, cela dépend de leur portée.
Y a-t-il aussi eu des sceptiques?
Oui. L’important selon moi est que cette démarche permette de soulager nos enseignants sans entraîner de tâches administratives supplémentaires. Il ne faut pas perdre de vue que notre activité fondamentale est et reste la formation musicale de nos élèves.
Depuis le 23 septembre 2012, le monde de la formation musicale a changé. Le résultat écrasant de la votation a-t-il joué un rôle dans votre décision en faveur de quarte?
Non. Cela dit, le résultat de la votation nous conforte dans notre action et notre mode de travail. Je me réjouis de ce large succès; il nous permet de nous présenter en pleine confiance devant les groupes intéressés et de soumettre des revendications.
Comment quarte aidera votre école à progresser?
Je suis convaincu que quarte facilitera notre travail quotidien, par exemple lorsqu’il s’agit de mettre au courant des nouveaux collaborateurs. Nous aurons aussi l’esprit plus libre pour nous consacrer à notre travail, car nous ne perdrons plus de temps avec les problèmes d’organisation. L’innovation et la créativité seront encouragées.
Avez-vous reçu des signaux encourageants de différents groupes intéressés (parents, autorités, commission scolaire, etc.)?
Comme lors de toute nouveauté, les avis étaient partagés. Les personnes tournées vers l’économie ont trouvé que c’était une bonne chose, d’autres étaient un peu moins convaincues. Mais d’une manière générale, nous sommes très bien soutenus par les groupes intéressés. La nomination actuelle de notre école pour le prix culturel de la ville de Dübendorf montre que notre travail est « remarqué ».
Selon vous, pourquoi la diffusion de quarte parmi les écoles de musique suisses est-elle si laborieuse?
Je pense que ce problème est lié à la taille des établissements. Pour pouvoir être dirigée de manière professionnelle et inscrire ce genre de thèmes à son agenda, une école de musique doit avoir une certaine grandeur. Selon moi, des améliorations seraient nécessaires dans ce domaine. On trouve encore dans le canton de Zurich des écoles dotées d’une direction à 30%, ce qui n’est plus guère adapté à notre époque. A côté des tâches courantes, il ne reste plus assez de temps pour se consacrer à des thèmes susceptibles de faire progresser l’établissement, comme la gestion de la qualité. Ces écoles ne sont qu’administrées, mais pas développées. Si nous voulons être pris au sérieux, nous devons agir en conséquence; et pour cela, il faut pouvoir s’appuyer sur une direction professionnelle et un système de gestion performant.
Traduction: André Carruzzo
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- Foto: Fabienne Morgenegg
- "La gestion de la qualité vise à soulager les enseignants et non à créer des tâches administratives supplémentaires."