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Le Groupe pour une Suisse sans armée a lancé un référendum contre la loi ouvrant un crédit d’ouvrage de 20 869 000 F pour la reconstruction d’un bâtiment de stationnement de troupes sur le site de Meyrin-Mategnin « contribuant à la libération du site des Vernets pour la construction de logements ». La construction de logements étant certes conditionnée par la libération de l'espace occupé par la caserne des Vernets, mais nullement par la construction d'une nouvelle caserne à Meyrin (et de deux places d'armes à Aire-La-Ville). D'autant qu'il nous paraît pour le moins contestable que l'armée suisse ait besoin d'une caserne à Genève, et plus contestable encore que Genève ait besoin d'une caserne pour une armée que la majorité des citoyennes et citoyens actifs de cette République (et de celle du Jura) voulaient abolir, et que le PSS propose toujours d'abolir (« à terme »)... Alors, on fait quoi ? Ben, , cohérents comme nous le sommes, on signe et on fait signer le référendum*, pardi !
*On peut télécharger la feuille de signatures sur http://www.gssa.ch/wp/wp-content/uploads/Formulaire-Référendum-caserne-GSsA.pdf
Vor der Kaserne, vor dem großen Tor, stand eine Laterne und steht sie noch davor...
Or donc, le Conseil d’Etat et la majorité du Grand conseil genevois veulent offrir à l’armée une nouvelle caserne en échange de son départ de la caserne des Vernets, mais en lui offrant plus d'espace opérationnel et plus de lits qu'aux Vernets, de telle sorte que dans ce deal douteux, la seule gagnante serait l'armée suisse. Au final, avec la réalisation pour 21 millions de francs d’une nouvelle caserne à Meyrin, et de deux places d’armes à Aire-la-Ville et Epeisses, le canton entend débourser près de 75 millions de francs en faveur de l'armée... au moment où ladite armée ferme des places d'armes ailleurs pour cause d'inutilité, après la réduction de ses effectifs (ils sont passés de plus de 600'000 à 120'000...). L'armée fédérale a un budget de presque cinq milliards de francs annuels. C'est à ce budget de financer ses installations, pas au budget d'un canton qui le ponctionne déjà suffisamment pour égrener sur son territoire plus de prisons qu'aucun autre, tout en comprimant au maximum ses dépenses sociales et éducatives et en chipotant sur des infrastructures qui, elles, seraient utiles aux habitants du canton (et de toute la région dont Genève est le centre, et dont il convient, au passage, de rappeler que la moitié de la population habite hors du territoire que l'armée fédérale suisse est supposée défendre).
Le prétexte du cadeau que le canton entend faire à l'ost fédéral ne manque pas de sel : construire des logements aux Vernets, dans l'espace que libérerait la démolition de la vieille caserne qui y végète. Certes, la libération de cet espace pour y créer des logements serait bienvenue, et le plus tôt serait le mieux. Mais ce qui permettra la création de logements aux Vernets est précisément la fermeture de la caserne qui le parasite, pas la création d'une nouvelle caserne dont ni Genève, ni l'armée suisse n'ont besoin. Genève a besoin de logements, pas de casernes -et utiliser ce besoin de logements comme prétexte pour offrir à l'armée une caserne (qui utilisera aussi un espace sur lequel on pourrait créer des infrastructures un peu plus utiles qu'une caserne) relève, pour dire le moins, d'un argumentaire de voyageur de commerce proposant d'un marché de dupes, dont les futurs locataires du site des Vernets risquent fort de faire les frais, puisqu'il est spécifié dans l’appel d’offres lancé par le canton que les constructeurs des logements prévus aux Vernets pourront faire payer aux locataires les charges liées au déménagement de l’armée, moyennant un déplafonnement des loyers maximums des logements. Ainsi paieraient-ils deux fois pour offrir à notre glorieuse armée une nouvelle caserne : une fois comme contribuables, une fois comme locataires. Quand on aime, on ne compte pas.
Alors, quand un truc déjà inutile au départ (l'armée suisse, donc) coûte déjà quelques milliards aux caisses publiques, la chose la plus intelligente à faire, en attendant de se débarrasser de ce truc inutile (et légèrement nuisible), ça serait pas de lui faire payer aussi son propre déménagement, sur son propre budget et pas sur celui de Genevois qui ratissent déjà les fonds de tiroir de leurs budgets publics ?
Et pas à Mategnin, le déménagement de la caserne, siouplait: dans le stade de la Praille, en installant une inutilité dans une autre...