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La campagne d'exploitation 2023 du LHC a pris fin avec une transition résistive le 30 octobre au petit matin, deux heures avant le début officiel de l'arrêt technique hivernal (YETS). Un peu plus tard dans la matinée, les sonneries ont commencé à retentir sur la console d'accès au LHC au sein du Centre de contrôle du CERN : les équipes techniques étaient prêtes à entrer dans le tunnel du LHC, donnant ainsi le coup d'envoi de l'arrêt technique hivernal 2023–2024. Ces prochains mois, de nombreuses activités de maintenance préventive et corrective auront lieu en divers points de la machine LHC, ainsi que sur la chaîne d'injection. Le calendrier est serré car les machines doivent être prêtes pour l'injection dans le LHC du premier faisceau de 2024, prévue le lundi 11 mars.
Dans la chaîne d'injection, la plupart des faisceaux alimentant des expériences ont également été stoppés. Pas tous cependant : le Linac 4, le Booster du PS et le PS continueront de produire des faisceaux pour l'usine à antimatière jusqu'au 13 novembre, afin de compenser en partie les 50 jours de temps de faisceau perdus plus tôt dans l'année.
Les pauses dans la production de faisceaux avant le début des activités de maintenance sont une occasion idéale pour réaliser des études et des tests consacrés au développement des machines : les 30 et 31 octobre, les équipes du Linac 4 et du Booster du PS ont ainsi pu étudier la production de faisceaux lorsque la source d'ions H− du Linac 4 fournit une intensité de faisceau élevée.
Dans le cadre du projet d'amélioration des injecteurs du LHC (LIU), le Linac 2 a été remplacé par le Linac 4, qui, associé au Booster du PS, est à même de produire des faisceaux de particules de plus grande brillance, c'est-à-dire contenant plus de protons pour une taille de faisceau identique. La source du Linac 4 fournit une intensité de faisceau de 35 mA, ce qui est suffisant pour les besoins actuels ; des améliorations réalisées sur cette source permettront d’obtenir une plus haute intensité de faisceau. Pour pouvoir déployer un tel faisceau pour les exploitations à venir, il faut procéder à des tests, en particulier pour étudier les capacités du Booster du PS en présence d’une intensité de faisceau élevée.
Le 30 octobre, des spécialistes ont ajusté les paramètres de la source du Linac 4 et sont parvenus, en moins d'une heure, à extraire un faisceau de 48 mA, soit une intensité plus élevée de près de 40 % qu'à l'accoutumée. L'étape suivante consistera à accélérer puis acheminer ce faisceau de haute intensité dans le Linac 4 et le Booster du PS. Les équipes ont réussi à ajuster les cycles opérationnels utilisés pour fournir des faisceaux au LHC, à l'AD, à n_TOF, à ISOLDE et à la zone Nord du SPS afin qu’ils correspondent à ces nouveaux paramètres de faisceau, ce qui montre que, à partir du faisceau de haute intensité fourni par le Linac 4, le Booster du PS a la capacité de produire les faisceaux opérationnels requis actuellement.
Dans un deuxième temps, les équipes ont testé l'intensité pouvant être atteinte, en utilisant le cycle servant à envoyer des faisceaux à ISOLDE. L'intensité nominale du faisceau envoyé à ISOLDE, provenant des quatre anneaux du Booster du PS, est normalement de 3,2 x 1013 protons par cycle (chaque anneau accélère 8 x 1012 protons par cycle). Lors du test, les spécialistes ont réussi à doubler l'intensité du faisceau dans trois des quatre anneaux, sans que les pertes de faisceau augmentent de manière sensible. Cette performance a été obtenue pendant un temps relativement court, et sa stabilité sur des périodes plus longues reste à prouver. À l'avenir, avec une telle intensité de faisceau, il devrait toutefois être possible de fournir plus de 6 x 1013 protons par cycle, ce qui serait inédit. Ce potentiel est un atout important pour les futures mises à niveau et la consolidation des installations pour les expériences situées en aval, et sera utile pour les futures expériences avec cibles fixes.