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Au Moyen-Age, la région de La Jonction était appelée les Arénières, en raison des bancs de sable (en latin, arena) formés par le Rhône et l'Arve. Telle est l'origine du nom donné au quai qui borde actuellement l'extrémité nord de l'Arve. A cette époque déjà le culte catholique y était célébré dans un sanctuaire qui ne devait pas être très éloigné de l'église actuelle. Voici dans quelles circonstances il fut érigé: En 1469, Genève fut ravagée par une terrible épidémie de peste. Les syndics de la ville se préoccupèrent alors de l'établissement d'un asile pour les pestiférés; le choix se porta sur le site des Arénières, qui était suffisamment éloigné des remparts de la ville. En 1482, on posa la première pierre de cet hospice, dont les bâtiments comprenaient une chapelle.
Un hangar à charbon transformé en église !
Jusqu'à la fin du 19ème siècle, La Jonction, comme la Queue d'Arve, était occupée principalement par des terrains vagues et des cultures maraîchères, et ne comptait qu'un nombre très restreint d'habitants. C'est sur ce territoire que fut installée, en 1896, l'Exposition nationale suisse, dont le souvenir est rappelé, actuellement encore, par la rue du Village-Suisse. A la suite de l'Exposition, la physionomie du quartier se transforma: des artères furent créées, dont quelques noms rappellent l'ancienne affectation du territoire: rue des Jardins, rue des Plantaporrêts, rue des Maraîchers; des usines, des groupes d'immeubles surgirent et ce fut une nombreuse population, comprenant une forte proportion d'étrangers, qui s'y installa. Dès ce moment, La Jonction fut marquée par son caractère populaire et ouvrier. Il fallut dès lors songer à la pastoration de ses habitants. Approuvé par le chanoine Carry, Vicaire Général de Genève, l'abbé Guilland, vicaire à Saint-François, entreprit d'acquérir l'équipement indispensable à une nouvelle paroisse, un lieu de culte et une cure.
En 1911, après bien des péripéties financières, qui d'ailleurs se poursuivirent durant de nombreuses décennies, deux parcelles furent acquises. Ce n'était guère luxueux: un hangar à charbon fut transformé en église et, à côté, une maison d'habitation devint la cure.
Deux Clotilde : une reine de France… et la mère de l'abbé !
En octobre 1911, tout était prêt pour l'inauguration. L'abbé Guilland proposa comme patronyme Sainte-Clotilde, ce qui fut accepté. Dans son sermon M. Carry s'écria: "Vous vous rappelez sans doute que Sainte Clotilde était une jeune princesse burgonde qui vivait à Genève à la fin du Vème siècle. Enfant, elle avait été privée de ses parents. Elle dut venir demeurer dans le palais du roi Gondebaud, son oncle…Nous avons choisi ce nom de Sainte Clotilde parce qu'il prouve que ce n'est pas nous, catholiques, qui sommes les derniers arrivés dans la vieille et chère Genève… Plus tard, Clotilde fut amenée à épouser le roi des Francs, Clovis, qui était païen. Son premier soin fut de chercher à convertir son mari à la foi qui l'animait elle-même. Cela ne se fit pas en un jour; il fallut beaucoup de temps, beaucoup de prières, beaucoup de larmes, beaucoup de sacrifices…"
Il convient d'ajouter que le choix de Sainte Clotilde comme patronne de la nouvelle église n'alla pas sans opposition, même de la part de M. Carry. D'après les souvenirs de l'abbé Guilland, l'argument final qui, outre les raisons historiques, entraîna l'adhésion du Vicaire Général, fut que la mère de l'abbé s'appelait elle-même Clotilde ! Le Vicaire Général vit dans ce choix une marque d'amour filial et donna son approbation.
Et Sainte-Clotilde devint une avenue !
En 1945, la paroisse fut associée aux fêtes célébrées à Genève à l'occasion du 14ème centenaire de la mort de Sainte Clotilde, reine de France. Ces fêtes avaient été organisées de façon grandiose par la Fédération catholique genevoise. Elles furent notamment marquées par un office pontifical célébré par l'archevêque de Besançon, Monseigneur Dubourg. C'est à l'occasion de ces fêtes que le Conseil d'Etat genevois décida de donner le nom d'Avenue de Sainte-Clotilde à l'ancienne Avenue des Abattoirs.
Et c'est sur cette artère, sur une nouvelle parcelle, que quelque cinquante ans plus tard fut érigée l'église actuelle, suite à un remembrement du quartier.
L’église
Le 11 avril 1965, jour des Rameaux, les paroissiens occupèrent pour la première fois leur nouveau lieu de culte. Conçue par l'architecte Albert Cingria, l'église, entourée des locaux du centre paroissial et de la crèche, forme un bloc homogène nettement séparé des hauts immeubles voisins. L'autel est en pierre naturelle. Il est dominé par un puissant Christ glorieux, entouré de pierres apparentes. Une statue de la Vierge, d'une conception originale, désigne de la main le tabernacle. En 2013, un haut-relief représentant Sainte Clotilde, œuvre de l’artiste genevois Jean-Michel Bouchardy, fut posé près du baptistère.
À l'entrée de la nef à droite domine une Vierge de Fatima, tout spécialement vénérée par les membres de la Communauté catholique de langue portugaise de Genève dont la paroisse est le port d'attache. En 2012, L’église était la proie des flammes. Outre l’édifice lui-même, l’orgue fut ravagé.
« L'orgue majestueux se taisait gravement
Dans la nef solitaire ;
L'orgue, le seul concert, le seul gémissement
Qui mêle aux cieux la terre !
La seule voix qui puisse, avec le flot dormant
Et les forêts bénies,
Murmurer ici-bas quelque commencement
Des choses infinies ! »
Victor Hugo, « Dans l’église de *** », Les Chants du crépuscule
S’en suivirent plus de deux années d’intenses travaux de reconstruction. En janvier 2015 l’orgue put à nouveau résonner haut et clair. L’instrument s’inspire de l’œuvre du plus grand facteur d’orgue français du XIXe siècle : Aristide Cavaillé-Coll. Les instruments construits par Cavaillé-Coll entre 1850 et 1855 ont servi de source d’inspiration à l’orgue de Sainte-Clotilde. Sans vouloir réaliser une copie historique d’un Cavaillé-Coll, la Manufacture d’orgue suisse Felsberg et Jean-Marie Tricoteaux, en charge de l’harmonisation, se sont inspirés des instruments des cathédrales de Luçon (F), Saint-Omer (F) et de l’église Saint-Nicolas de Gand (B).
Sources:
1911 - 1961, La Paroisse Sainte-Clotilde, Genève, Abbé Charles Rossi, curé de Sainte Clotilde, octobre 1961
La Paroisse Sainte-Clotilde in L'église catholique à Genève, Edmond Ganter, éditions Slatkine, Genève, 1986
Notre Eglise d'hier et d'aujourd'hui, anonyme, 2001, Genève
La volonté qui anime la paroisse de Sainte-Clotilde est de renforcer le lien entre la Genève Internationale et la Genève locale en traitant des problématiques qui préoccupent la communauté internationale et pour lesquelles la communauté locale est également concernée.
En septembre 2015, sous le haut patronage de Mgr Charles Morerod O.P., évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, ainsi que de l'archevêque Justin Welby, Primat de l'Eglise anglicane, s'est tenue à Fribourg une conférence internationale à laquelle ont pris part des membres de notre paroisse visant à remettre à l'honneur et au goût du jour une notion "qui occupe une place centrale dans l'enseignement social chrétien, la notion de bien commun. Le bien commun désigne la vocation de toute communauté humaine à vivre une vie où tous ses membres, ainsi que la communauté elle-même, atteindraient leur plein épanouissement. Le bien commun n'est réductible ni à un organigramme ni à un ensemble d'institutions : il est la résultante de la mise en œuvre permanente de principes comme la solidarité, la subsidiarité ou encore la destination universelle des biens. Le bien commun est ainsi la clé de voûte de l'enseignement social chrétien que soutiennent et nourrissant ces principes". En effet, le Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise précise que "le bien commun ne consiste pas dans la simple somme des biens particuliers de chaque sujet du corps social. Etant à tous et à chacun, il est et demeure commun, car indivisible et parce qu'il n'est possible qu'ensemble de l'atteindre, de l'accroître et de le conserver, notamment en vue de l'avenir" (article 164 § 2).
C'est dans cet esprit qu'entend œuvrer la paroisse de Sainte-Clotilde, autour de cette notion universelle et c’est la raison pour laquelle elle a jugé qu'il était de son devoir de s’engager de toutes ses forces en faveur de celle-ci au travers de ses modestes actions.
Si une paroisse à elle-seule ne peut soulever des montagnes, elle se doit cependant d'apporter sa pierre à l'édifice, avec un regard ouvert sur notre monde.
Engagement en faveur des droits des travailleurs et travailleuses domestiques : promotion de la Convention n° 189 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), en 2016 Texte de la Revue AD MAJOREM DEI GLORIAM, 2016 : présentation et concert, pages 36 à 41
Dépliant C 189 - Texte de Sandra Golay / Mgr Farine
Engagement en faveur de l’Égalité entre homme femme, en 2018 Texte de la Revue AD MAJOREM DEI GLORIAM, 2019 : présentation et concert, pages 64 à 75
Brochure Egalité 2018 – Procédure à suivre dans le canton de Genève en cas de discrimination à raison du sexe, pages 30 et 31 - Texte de Sandra Golay / Pascal Desthieux
Engagement en faveur des Droits de l’enfant, en 2020 Texte de la Revue AD MAJOREM DEI GLORIAM, 2020 : présentation et concert, pages 26 à 39
Brochure Droits de l’enfant 2020 – La Convention relative aux droits de l’enfant, version pour les enfants, pages 16 à 20 - Texte de Sandra Golay / Pascal Desthieux
Engagement en faveur de la Pastorale des Milieux ouverts (PMo) de l’Eglise catholique romaine à Genève dans le cadre de la crise du Covid-19, 2020
La paroisse Sainte-Clotilde, à la Jonction, a décidé d'apporter son soutien à la Pastorale des Milieux ouverts (PMo) de l'Eglise catholique romaine à Genève dans le cadre de la pandémie du Covid-19 qui sévit depuis le début de l'année.
La PMo travaille avec des hommes et des femmes qui vivent dans la rue ou qui sont dans une situation de précarité. La pandémie n'a fait qu'accentuer la difficulté de leurs conditions d'existence.
Avec l'Eglise protestante de Genève qui a mis des locaux à disposition à la paroisse à la paroisse de Montbrillant, la PMo acceuille trois fois par semaine des personnes démunies et leur offre des repas, des vêtements, des articles pour bébés, des aliments à emporter et, surtout, un soutien moral. Un atelier de fabrication de masques a été ouvert et un potager est cultivé par les bénéficiaires.
La PMo reçoit le soutien de particuliers, de la Chaine du Bonheur et de la paroisse Sainte-Clotilde qui s'est mobilisé à 150% dans une opération de collecte de fonds et de produits de toute sorte en faveur des désherités. Sandra Golay, la présidente des conseils de la paroisse de sainte-Clotilde, a levé ses troupes et une permanence a été installée à la cure où les paroissiens déposent quotidiennement leur dons en nature et leurs oboles.
Contact pour les dons : paroisse de Montbrillant (rue Baulacre 16, Contact: Inès Calstas 076 384 7492) et paroisse Sainte-Clotilde (avenue de sainte-Clotilde 14bis, Contact: Sandra Golay 079 559 3540)