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De la forêt du Tronçais(F, Allier) aux chênaies du pied du Jura neuchâtelois exploitées par les Lacustres
La futaie Colbert dans la forêt du Tronçais (Allier, France) comporte de nombreux chênes très âgés qui sont classés et protégés depuis 1899. L'intérêt écologique réside dans la présence de 166 chênes sessiles d'un diamètre supérieur à un mètre (mesuré à 1m30 du sol) avec une hauteur qui peut atteindre 43m.
Dans ces chenaies, les hêtres peuplent les milieux de pénombre que le chêne rechigne à occuper. Le feuillage du hêtre est en sous-couverture devant ce magnifique tronc d'un chêne tricentenaire (photo).
Certains sont les survivants de coupes rases qui ont eu lieu entre 1672 et 1735 pour permettre le renouvellement de la forêt. Une vingtaine d'arbres par hectare ont été conservés pour servir de semencier et ainsi contribuer à la régénération de ces parcelles forestières (ordonnance royale dite de Colbert de 1669). Ces arbres ont aujourd'hui 450 ans environ et leurs produits plus de 300 ans.
Les chênes ont servi largement à la construction navale, mais les beaux troncs de la forêt du Tronçais ont reçu une destination plus "noble" puisqu'ils étaient débités en merrains pour la construction des tonneaux du Cognac et du Bordelais.
Sur un panneau, on peut lire que grâce aux efforts et aux connaissances des forestiers, l'exploitabilité des chênes est passée de 160 ans en 1835 à 250/300 ans aujourd'hui. Que dire alors des hommes de la période lacustre au bord du lac de Neuchâtel, surtout depuis l'âge du Bronze final (1000 av. J.-C. env.), qui exploitaient des chênes de plus de 300 ans pour le façonnage des pieux de fondation de leur habitation à plancher surélevé. Dans le village de Bevaix-Sud, un millier de ces chênes a été abattu pour servir de bois d'oeuvre. Un travail titanesque à l'aide d'outils en bronze et en bois. L'état sanitaire des arbres était très bons et n'avait rien à envier aux chênes actuels de la forêt du Tronçais. La publication du site de Bevaix-Sud consacre plusieurs chapitres sur l'exploitation des chênaies du pied du Jura et du travail accompli par les Lacustres en suivant les différentes étapes depuis l'abattage des arbres jusqu'à l'utilisation des produits issus de la refente des billes pour la construction du village.
Cet ouvrage de 300 pages (+cd-rom) a été coécrit par Béat Arnold et Fabien Langenegger et publié dans la collection Archéologie neuchâteloise.
FIN