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Prisonnier de l’île de Makronissos, où il a été enfermé en raison de sa participation à la guerre civile aux côtés des communistes, exilé entre 1970 et 1974 durant la dictature des colonels, engagé lors des luttes contre les politiques d’austérité européennes des années 2010, Mikis Theodorakis a été un acteur des luttes majeures du peuple grec. Ces luttes, il les a aussi mises en musique, à travers des compositions engagées qui resteront des témoignages importants pour saisir l’âme et l’histoire de ce pays. Il a mis en musique non seulement les plus grands poètes grecs tels que Yannis Ritsos et Odysseas Elytis, mais également des voix du monde, tels que celles de Pablo Neruda et de Frederico Garcia Lorca.
A travers ses œuvres, il a su intégrer au sein de compositions classiques, certains instruments, thèmes et tournures musicales traditionnelles, pour partie inspirées du Rebetiko, style né dans les années 1920 suite à l’arrivée des vagues de réfugiés grecs d’Asie mineure. Sa musique a su allier ancrage populaire, grandeur orchestrale, et engagement, comme en témoigne le Prix Lénine pour la paix qu’il a reçu en 1983.
Son parcours politique a néanmoins été entaché par quelques égarements, notamment sa participation comme ministre au sein d’un gouvernement de centre-droit en 1990, dans une période toutefois très trouble. Ces erreurs, il a avoué les regretter dans sa lettre au secrétaire du Parti communiste grec, Dimitris Koutsoumbas, écrite un an avant sa mort, où il affirme: «Je vois que mes années de vie les plus importantes, les plus puissantes et les plus mûres, je les ai vécues sous le drapeau du Parti communiste grec. Pour cette raison, je veux quitter ce monde comme communiste.»