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Peste
Définition
La peste est une maladie infectieuse provoquée par le bacille Yersinia pestis. C’est une zoonose, c’est-à-dire que la maladie touche à la fois l’homme et l’animal, mais elle atteint principalement les rongeurs avant de se transmettre à l’homme par l’intermédiaire des puces infectées. Le nom peste vient du latin « pestis » qui signifie « maladie contagieuse ». La peste bubonique, ou peste noire (lire ci-dessous), peut aussi se transmettre entre êtres humains par les gouttelettes respiratoires.
Histoire de la peste
La première épidémie de peste connue démontrée remonte au début du 6ème siècle. Certains historiens estiment que la peste a été responsable de la chute de l’Empire Romain, lorsqu’en l’an 165 des soldats romains ont ramené la bactérie de la peste des champs de bataille à Rome.
Peste noire
Les historiens modernes ont donné le nom de peste noire (ou mort noire) pour qualifier une période de 5 ans (1347 à 1352) qui a tué entre 30 et 50% de la population européenne faisant environ 25 millions de victimes. La moitiés des habitants de la ville de Sienne en Italie sont morts1. La peste noire avait commencé en 1331 en Chine, avant de se répandre avec les années à l’Europe.
La peste noire était provoquée par la peste bubonique. Comme le relève le site Wikipedia.org, le terme « noir » doit être pris au sens figuré (terrible, affreux), sans allusion médicale ou clinique. Mais le Wall Street Journal, dans un article paru en novembre 2017, estimait que l’origine du terme noir est au contraire une allusion médicale en référence aux furoncles noirs suintant de sang et de pus sur le corps des personnes infectées par la maladie.
Seulement pendant le 14ème siècle la peste a tué environ 50 millions de personnes, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Dans les années 1860, une épidémie de peste en Chine a provoqué la mort d’environ 10 millions de personnes.
Épidémiologie
La peste est principalement une maladie liée à la pauvreté. Elle sévit encore en Afrique, en Inde et en Amérique du Sud. Dans les autres continents, il s’agit d’une maladie sporadique, rapidement maîtrisée. Ces 15 dernières années, l’OMS a recensé plus de 40’000 cas humains, enregistrés dans 24 pays. Les plus grands foyers de la maladie sont Madagascar, le pays le plus touché au monde, la République Démocratique du Congo, la Tanzanie, la Chine, la Mongolie et le Vietnam. Le Pérou en Amérique du Sud compte aussi des foyers endémiques, comme le relève un article du Wall Street Journal paru en novembre 2017.
Madagascar
– Selon l’OMS, entre 2010 et 2015 Madagascar a représenté plus de 80% de tous les décès dans le monde causés par la peste.
– La peste, considérée comme une maladie du passé dans d’autres pays, est une maladie endémique à Madagascar, avec 75% des cas mondiaux de peste signalés à l’OMS. Madagascar enregistre chaque année 200 à 700 cas suspects cliniques, principalement de la peste bubonique, selon un communiqué de l’Institut Pasteur publié en avril 2019. Zoonose touchant surtout les zones rurales des Hautes Terres centrales à plus de 800 m d’altitude, elle présente chaque année une recrudescence saisonnière entre le mois de septembre et le mois d’avril.
Lire aussi : L’épidémie de peste continue de sévir à Madagascar (2017)
Causes
La peste est due au bacille Yersinia pestis, découvert par Alexandre Émile John Yersin, un médecin et bactériologiste franco-suisse mandaté par l’Institut Pasteur pour expliquer l’origine d’une épidémie apparue en Mongolie en 1894. La maladie peut prendre trois formes différentes, mais qui peuvent apparaître successivement chez un même individu. Le principal vecteur de la peste est la puce du rat. Une fois que l’homme est infecté, la puce de l’homme devient un nouveau vecteur de la bactérie, elle sera porteuse de la maladie toute sa vie. Lire aussi : piqûres de puces
Vecteurs de la peste
Les principaux vecteurs de la peste sont les rats, mais d’autres animaux comme les gerbilles, les écureuils, les lapins, les lièvres et les marmottes constituent des réservoirs naturels de la maladie. Il s’agit d’une maladie réémergente. Dans certains cas, le froid peut contribuer à conserver la bactérie après une épizootie. Celle-ci continue à se multiplier dans le sol et lorsque le nombre de rongeurs augmente, les terriers vides se repeuplent et la maladie se propage à nouveau.
Peste bubonique
La peste bubonique est le type le plus courant. Elle provient de la piqûre d’une puce infectée. La maladie touche en premier les rongeurs qui vont mourir. Les puces vont ensuite chercher d’autres hôtes, des hommes ou des animaux, pour se nourrir de leur sang et transmettre ainsi la bactérie. Après une morsure, le germe se multiplie au point d’inoculation pour parvenir au niveau du système lymphatique.
La transmission d’humain à humain de la peste bubonique est rare mais possible, à la différence de la peste pneumonique (lire ci-dessous). Comme la peste bubonique peut se transformer en peste pneumonique, dans ce cas le patient peut transmettre la bactérie à d’autres êtres humains par l’émission de gouttelettes respiratoires.
Peste septicémique
La peste septicémique est généralement due à une complication de la peste bubonique, c’est-à-dire à une multiplication excessive des bactéries qui évoluent dans le sang. Cette forme de la maladie n’est pas contagieuse, mais elle est mortelle.
Peste pneumonique
La peste pneumonique ou pulmonaire est un type de peste particulièrement dangereux du fait qu’elle est extrêmement contagieuse. Elle est due à la pénétration des bacilles dans l’organisme au niveau des poumons. Elle peut également être causée par une complication de la peste bubonique ou de la peste septicémique qui progressent et se propagent dans les poumons.
Transmission peste pneumonique
Elle se transmet par les crachats et toute forme de gouttelettes respiratoires contenant le germe (toux, postillons). Comme la peste pulmonaire se transmet comme la grippe à travers les gouttelettes de salive qu’on trouve notamment dans l’air, la maladie peut se propager très rapidement. Pendant l’épidémie qui a eu lieu à Madagascar en 2017, la majorité des cas de décès (plus de 170 le 17 novembre 2017) provenaient de la peste pneumonique.
Peste pharyngée
Souvent moins évoquée, une autre forme de peste peut apparaître, la peste pharyngée. L’origine de cette maladie est la consommation d’aliments contaminés par la bactérie.
Symptômes & Temps d’incubation
Peste bubonique
La période d’incubation est en général de moins d’une semaine en cas de peste bubonique.
Il s’ensuit une fièvre élevée, une sensation de malaise, un état de faiblesse, des céphalées, des frissons et des vertiges, et parfois même des nausées et des vomissements. Dès le 2e jour, les bubons (ganglions lymphatiques enflés) sont visibles, mais ils apparaissent dès les premières heures après la contamination. Ils drainent la zone de la piqûre et causent des douleurs plus fortes au fur et à mesure qu’ils augmentent en volume.
Peste septicémique
En cas de peste septicémique, les bubons peuvent ne plus apparaître puisque les bacilles vont circuler dans le sang.
Peste pulmonaire
La période d’incubation d’une peste pulmonaire est de quelques heures à deux jours. La maladie se manifeste ensuite par une pneumopathie, une forte fièvre, une toux, des crachats sanguinolents et des douleurs thoraciques. Lorsque la maladie atteint les poumons, le décès peut intervenir en 24 à 72 heures (souvent en moins de 24 heures).
Peste pharyngée
Pour la peste pharyngée, la maladie se caractérise par l’apparition d’une pharyngite, une forte fièvre, une toux et des ganglions au niveau du cou.
Diagnostic
Le diagnostic de la peste se fait généralement par des analyses en laboratoire qui consistent à identifier la bactérie Yersinia pestis dans le sang, dans les expectorations ou dans un échantillon extrait d’un bubon. Les tests en laboratoire ont tendance à prendre du temps.
Il existe un test rapide sur bandelette, destiné à détecter un antigène spécifique du bacille. Ce test a déjà été validé en laboratoire et son usage est fréquent dans les pays touchés par la peste.
Un test développé par les Centers for Disease Control and Prevention (institution américaine de référence) basé sur une détection d’anticorps ou de parties de la bactérie permet de donner un résultat en 15 minutes.
Le médecin observe également la présence de symptômes et interroge le patient sur un éventuel voyage dans un pays touché par la maladie ou même un contact avec une personne atteinte de la peste, il effectue en terme médical une anamnèse.
Traitements
De nos jours, si la peste est diagnostiquée au début de la maladie, les chances de guérison avec l’utilisation d’antibiotiques sont hautes.
Mais sans un traitement efficace, la peste bubonique peut tuer en moins de 7 jours. Seul le traitement par antibiotiques peut garantir une réelle guérison, mais il doit être prescrit au stade précoce. Pour la peste septicémique, il n’y a pas de traitement spécifique, cette forme de la maladie est généralement mortelle.
Un traitement antibiotique est préconisé en cas de peste pulmonaire, mais c’est aussi une forme de la maladie souvent mortelle et la précocité du diagnostic conditionne la survie de la personne malade. Une peste pulmonaire non traitée est toujours mortelle, comme le relève le Wall Street Journal dans un article datant de novembre 2017.
Il est important de commencer un traitement antibiotique 1 à 2 jours après l’apparition des symptômes, même 18 à 24 h après pour la peste pulmonaire, sinon les chances de survie diminuent malgré un traitement antibiotique. La ciprofloxacine, un antibiotique de la classe des fluoroquinolones, est efficace contre la peste (attention toutefois au risque d’effets secondaires, notamment au niveau des tendons).
Prophylaxie
Si un membre de la famille ou un proche est infecté, une chimioprophylaxie antibiotique, d’au moins 7 jours, au moyen de tétracyclines, de sulfamides ou de fluoroquinolones, est indiquée précocement à l’entourage immédiat du malade.
Premier cas de peste (dispositif)
Dès la déclaration d’un premier cas de peste, il existe un dispositif de sécurité à mettre en place dans l’immédiat. Il s’agit principalement d’isoler et de traiter les malades, de prendre en charge l’entourage et de lutter contre les vecteurs et les rongeurs (procéder à une désinsectisation et dératisation intensives).
Bons conseils & Prévention
- Se protéger contre les piqûres de puces par des répulsifs cutanés
- Se laver systématiquement les mains à l’eau et au savon
- Utiliser une solution hydroalcoolique
- Éviter tout contact avec les rongeurs
- Éviter de manipuler les carcasses d’animaux
- Ne pas tuer les rats, mais les piéger et les brûler vifs
- Éviter tout contact direct avec les malades (surtout ceux qui toussent avec du sang) ou avec les liquides corporels et tissus infectés
- Consulter au plus vite un médecin en cas de contact avec un malade
- Fournir un masque au patient atteint de peste pulmonaire
- Pratiquer des inhumations sans risque
Conseils pour touristes (ex. voyage à Madagascar)
Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains recommandent aux touristes de se protéger des piqûres de puces (fleas en anglais) en utilisant des répulsifs cutanés. Il faudra aussi éviter d’entrer en contact avec des personnes très malades, notamment celles qui toussent avec du sang.
Sources & Références :
OMS (WHO en anglais), Pasteur (Institut), Le Figaro, ATS (agence de presse suisse), The Wall Street Journal, Wikipedia.org en français (partie sur la peste noire), The New Yorks Times, Folha de S.Paulo, “100 wichtige Medikamente” – Infomed (2020).
Rédaction :
Xavier Gruffat (pharmacien)
Crédits photos & Infographie :
Fotolia.com, Creapharma.ch (Pharmanetis Sàrl)
Dernière mise à jour :
14.10.2020
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Anglais : Plague (puces=Fleas)
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Allemand : Pest
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Italien : peste
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Portugais : peste
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Espagnol : plaga