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Contrairement aux idées reçues, le langage sms ne rend pas nul en orthographe.
Selon une étude du Fonds national suisse (FNS), le recours à l’anglais dans le langage sms ne met pas en danger le français. Quant à l’allemand, l’utilisation du «british english» contribuerait même à l’élévation de langue de Goethe plutôt qu’à son déclin.
Le lien entre l’utilisation croissante des nouveaux moyens de communication et l’augmentation des anglicismes dans la langue française est communément admis. Une analyse vient, cependant, de démontrer le contraire. La recherche a été menée par la Professeur Elisabeth Stark du Romanisches Seminar de l’Université de Zürich. La scientifique et son équipe sont parvenus à la conclusion que le recours à l’anglais est plutôt rare dans le langage «smstique». Sur les 25'000 sms étudiés, seuls 2,3% des mots sont issus de la langue de Shakespeare. Et la plupart du lexique british utilisé figure depuis longtemps déjà dans les dictionnaires de langue française. C’est, par exemple, le cas pour le terme «jogging». Moins d’1% des morphèmes anglais employés ne sont pas présents dans le langage francophone. Il s’agit, pour la plupart, de formules d’appel et de finale comme «Hi», «Love you» ou «kisses». «Ce serait faux de dire que les jeunes n’utilisent que l’anglais pour écrire leurs SMS», déclare Elisabeth Stark. À noter que d’autres recherches ont montré qu’à l’oral, 2% environ des expressions émises sont anglaises.
L’étude du FNS a aussi porté sur l’analyse de sms écrits en allemand, italien et romanche. Elle montre que les Alémaniques au bénéfice d’un diplôme supérieur sont les plus enclins à utiliser le langage shakespearien. «Les anglicismes sont plutôt une preuve de formation qu’une preuve de déclin de la langue allemande», commente la scientifique. Pour le français, le nombre de mots anglais recensé était trop faible pour parvenir à pareilles conclusions.
Particularité typiquement suisse, on retrouve souvent plusieurs langues nationales - parfois mêlées de dialectes - dans un seul et même message. Ainsi 24% de l’ensemble des sms étudiés sont bilingues voire trilingues. À noter que les champions du plurilinguisme demeurent les romanches puisque 53% des messages envoyés contiennent un changement linguistique. Les Suisses allemands et italophones suivent avec respectivement 28% et 23%. Quant aux Romands, seuls 15% des textos ont recours à un autre idiome national. «Comparés à des corpus de sms similaires de l’étranger, ces chiffres sont très élevés», souligne Elisabeth Stark.
L’étude montre, enfin, que lorsqu’elles écrivent des sms, les personnes respectent les normes orthographiques en vigueur. Et cela même dans les cas où les transgresser leur permettrait de gagner du temps et de l’espace. Ainsi, dans l’immense majorité des messages analysés, les utilisateurs transcrivent les lettres que l’on n’entend pas à l’oral. Ils suivent, également, les règles liées aux accords du participe passé.