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Dix jours après les opposants, le comité bourgeois en faveur de la 5e révision de l'Assurance invalidité a lancé sa campagne en faveur du «oui» en vue des votations fédérales du mois de juin.
Composés de 130 parlementaires, ce comité estime que la 5e révision est «raisonnable et responsable» et qu'elle permettra d'enrayer la progression «effarante» du nombre de rentes.
La pérennité de l'assurance invalidité (AI) passe par la lutte contre les abus et une meilleure réintégration des personnes handicapées, estime le comité bourgeois.
Selon lui, la réforme ne va pas se faire contre les personnes invalides mais en leur faveur. Les représentants du comité insistent sur la nécessité de corriger la philosophie de l'assurance invalidité en privilégiant la réadaptation.
Hausse des rentes
La proportion de la population sollicitant des prestations de l'AI est passée de 0,6% en 1960 à 6% aujourd'hui, souligne le député radical (droite) zurichois Felix Gutzwiller. Une rente sur trois est désormais accordée pour des affections psychiques.
Le directeur de l'Institut de médecine sociale et préventive de Zurich relève que la hausse du nombre de rentiers est due à davantage de pression dans le monde du travail, mais également à l'élargissement de la notion d'invalidité et à la multiplication des revendications à l'égard de l'Etat social.
Un non «irresponsable»
Selon le comité, la 5e révision permettra d'enrayer la progression «effarante» du nombre de rentes accordées sur la base d'une causalité imprécise. En misant sur l'adage «la réinsertion prime la rente», elle permettra de lutter contre les abus et de corriger les fausses incitations.
Prôner son refus est tout simplement «irresponsable», selon la libérale (droite) genevoise Martine Brunschwig Graf, visant par-là ceux qui cherchent à récolter des voix avant les élections fédérales d'octobre prochain.
Chasse aux abus
De plus en plus de jeunes et de «cas psychiques» deviennent rentiers et entrent ainsi de façon durable dans un processus d'exclusion, explique la députée libérale genevoise. La 5e révision prévoit des dispositions permettant d'éviter, dans bien des cas, le passage à la rente.
Pas question cependant pour les membres du comité d'utiliser le même langage que l'UDC (droite nationaliste), qui a lancé vendredi sa campagne en fustigeant la «balkanisation» de l'AI et son utilisation par «les paresseux» et «les parasites sociaux».
Mais l'idée de cette réforme n'est pas d'engager des détectives privés pour traquer d'éventuel abus, comme prévoit de le faire le directeur de l'Office AI du canton de Berne, précise Martine Brunschwig Graf.
Economies
Pour elle, un refus le 17 juin «sonnerait le glas d'une véritable volonté politique de privilégier l'insertion des invalides dans la société plutôt que le traitement de leur exclusion».
La 5e révision permettra d'investir des centaines de millions pour financer des mesures de réinsertion.
Des économies de près d'un demi-milliard sont aussi attendues. Le comité ne s'est néanmoins pas étendu sur les coupes résultant de la suppression de la rente complémentaire pour les conjoints de bénéficiaires de l'AI ou du supplément de carrière.
Ses membres sont aussi passés comme chat sur braise sur le financement supplémentaire pour l'AI. La question demeure en suspens, après l'échec du projet de hausse de la TVA causé par la majorité bourgeoise en mars devant la Chambre basse du Parlement.
La Chambre haute (Conseil des Etats) ne reprendra le dossier qu'après le scrutin du 17 juin. Les partis reconnaissent la nécessité de trouver un financement additionnel, mais ils divergent sur la forme.
swissinfo et les agences
Faits
Dette de l'AI à fin 2006: 9,3 milliards de francs.
Intérêts: 221 millions.
Nouvelles rentes en 2006: 19'600 (un record de 28'200 a été enregistré en 2003).
Rentes en 2006: 257'200.
La 5e révision de l'AI
Lors de la session tenue en octobre 2006 à Flims, le parlement suisse a mis sous toit le projet de cinquième révision de l'Assurance invalidité.
L'objectif est d'alléger le budget de l'AI de 596 millions de francs en moyenne chaque année jusqu'en 2025.
De cette manière, l'AI atteindrait l'équilibre financier dès 2009 et aurait épongé sa dette d'ici 2024.
Pour y parvenir, la révision prévoit une action sur deux plans: d'une part, réduction de 30% du nombre des nouveaux rentiers par rapport au chiffre de 2003, grâce à une définition plus restrictive de l'invalidité, et de l'autre, diminution de certaines prestations.
Une petite organisation d'aide aux handicapés a lancé le référendum contre cette révision, avec le soutien des Verts.