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Connaissance 3, section Pied du Jura, avait convié Francesco Panese, professeur en études sociales de la médecine et des sciences à l’université de Lausanne, pour évoquer le riche parcours d’Alexander von Humboldt.
Né en 1769, de son nom complet Friedrich Karl Wilhelm Heinrich Alexander, baron von Humboldt, était un naturaliste, géographe, explorateur et philosophe prussien. Un des premiers écologistes, selon Francesco Panese, qui, le 29 février dernier au Casino d’Orbe, a parlé avec passion de ce scientifique dont le parcours et les écrits sont toujours très actuels.
Humboldt fut le premier à décrire le «sentiment de la nature», c’est-à-dire à considérer la nature dans sa globalité, à réaliser toutes les connexités qu’il existe et les effets d’un phénomène sur tout le reste. Il pensait que la nature en soi n’existe pas sans la culture et le regard de l’homme sur elle. Il était proche de Goethe, créateur de «la connaissance esthétique»; cette nouvelle conception va permettre à Humboldt d’aborder également la connaissance de la nature par des intuitions, des émotions.
La beauté et les lois
Avec son ami Aimé Bonpland, chirurgien de marine et naturaliste amateur, Humboldt entreprend en 1799 une expédition en Amérique latine, qui durera finalement cinq ans; dès le départ, pendant toute la navigation et au cours des escales, il fait des mesures de toutes sortes, astronomiques, météorologiques, et décrit minutieusement tout ce qu’il voit. Les deux hommes envoient aussi régulièrement en Europe des spécimens de plantes et d’insectes. De ce qu’il observe, Humboldt déduit des lois – entre autres concernant la limite des neiges éternelles. Et pour lui, ces lois font la beauté de la nature.
A son retour, Humboldt rédige une synthèse de ses travaux et observations: une trentaine d’ouvrages, dont un herbier en 14 volumes. A la fin de sa vie, il écrira encore Cosmos: essai d’une description physique du monde, en 4 volumes. Dans tous ses livres, il s’efforce de faire partager son sentiment de la nature, à l’aide de descriptions extrêmement détaillées, tendant à tout inclure: les aspects paysagers, le nom des plantes, l’atmosphère, les effets de l’altitude sur l’homme… Il se consacrera à ses écrits jusqu’à sa mort en 1859, à l’âge de 89 ans.
Du romantisme à l’industrie
Humboldt était profondément romantique; par la suite, on a commencé à considérer la nature uniquement comme une ressource, les sciences se concentrant sur la conquête et l’exploitation industrielle. C’est seulement à partir des années 1960 qu’on a commencé à remettre en question l’exploitation de la nature et que les premiers mouvements écologistes sont apparus. Et qu’avec les premières photos de la terre vue de l’espace, notre planète est apparue comme une entité.
Le 29 février, le professeur Panese a su captiver son auditoire urbigène avec sa passion pour le sujet et son talent de conteur, mettant en lumière les travaux de Humboldt et sa résonance actuelle.
Prochaine conférence Connaissance 3 à Penthalaz: Benjamin Constant, les secrets d’un destin, par Léonard Burnand, directeur de l’Institut Benjamin Constant.