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De l’holacratie à la gouvernance partagée
Notre système est basé sur un principe d’holacratie. Il s’agit de la mise en place d’une structure visant à répartir des responsabilités et des prises de décisions communes à chaque membre du groupe. Par opposition à la hiérarchie, l’holacratie permet de réduire le pouvoir lié à une autorité de rang supérieur grâce à un système d’autorité distribuée avec des équipes auto-organisées. Ainsi, la structure verticale d’une pyramide hiérarchique s’aplatit pour redonner le pouvoir décisionnel à l’individu·e.
5 principes d’auto-organisation
L’objectif est de favoriser l’intelligence collective d’un groupe, tout en le maintenant souple, afin de permettre des décisions réfléchies et rapides selon les situations et lorsqu’elles sont inhabituelles.
1. Une autorité distribuée
• Une personne ou un groupe de personnes possèdent une tâche avec un mandat clair/ une Raison d’Être (Qui sommes-nous ? Que faisons-nous ? Comment le faisons-nous ? Pour qui le faisons-nous ?)
• Ces personnes disposent pleinement de leur autorité à prendre des décisions et agir dans le cadre de ce mandat
• Quand ces personnes prennent une décision, elles sont pleinement responsables d’aller chercher des ressources dans leur propre expérience de vie
2. L’auto-organisation en groupes
• Chaque groupe (groupe de travail, cercle, etc.) a son propre mandat et peut définir ou affiner ses tâches
• Pour les grandes tâches comportant une forte zone de pouvoir, le groupe peut créer un sous-groupe (un « pool ») qui sera lui-même auto-organisé
• Le consentement et les liens interindividuels garantissent qu’aucun·e membre n’a de pouvoir sur un·e autre, et atténue les négativités émotionnelles d’une structure hiérarchique
• Ce sous-groupe est alors une structure élargie par rapport au groupe initial
• Chaque niveau de la structure est légèrement plus éloigné de la réalité et adopte une vision plus large de ses ressources, objectifs et priorités.
3. Un pouvoir décentralisé
• L’autorité est répartie en rôles ou pools selon un processus de décision collectif. Les mandats donnent le pouvoir de prendre des décisions opérationnelles.
• Pour ajouter/changer un rôle/pool, un·e membre fait une proposition. L’idée initiale serait de résoudre un problème ou une tension. Chaque membre du groupe a la possibilité d’y faire une objection ou de bonifier la proposition pour qu’elle convienne à l’ensemble du groupe
• Les objections sont encouragées, car elles représentent des informations importantes qui peuvent être intégrée pour améliorer la proposition, avant qu’elle ne soit acceptée ou retirée
• L’objectif est d’obtenir un projet réalisable qui permette d’aller de l’avant
• La décision peut être réexaminée ultérieurement : elle n’a pas besoin d’être parfaite du premier coup
4. Des groupes liés
• Les coordinateurs·trices externes participent aux réunions de cercles plus larges en tant qu’égaux ou égales
• Cela donne à chaque sous-groupe un pouvoir égal de soulever des tensions pendant la prise de décision dans le cercle élargi si des tâches sont créées/modifiées
5. Une transparence radicale
• Les rôles et les pools doivent être tenus à jour et visibles par tout le monde à chaque réunion
• Cela permet à chaque membre de découvrir la structure et de savoir qui contacter dans la prise de décisions au quotidien
• Les procès-verbaux et autres documents pertinents doivent être transparents, afin que l’ensemble de l’organisme ait un aperçu de l’historique de chaque partie
Le groupe de travail (GT)
Le groupe de travail (GT) est l’organe essentiel de la structure. Il comprend des personnes impliquées dans un groupe de tâches définies par le nom du GT. Nous insistons sur le fait qu’il n’est pas nécessaire d’être spécialiste d’un domaine: nous nous formons et apprenons à l’interne.
Chaque groupe de travail est autonome et auto-organisé.
Les groupes de travail s’organisent, puis prennent des décisions en gouvernance horizontale. Ils peuvent demander l’avis de la plénière si une décision est difficile à prendre.
Les groupes de travail peuvent prendre des décisions sur un sujet de leur domaine et former des Pools.
Le rôle
Le rôle est une personne ou un groupe de quelques personnes, issu du GT, dont le but est de mener à bien une mission, comme par exemple l’élaboration de ce site-web. Une fois que le rôle a accompli sa mission, il se dissout (à moins que sa mission soit sur le long-terme). L’avantage du rôle est qu’il peut, en cas de besoin, mettre en lien des personnes de tout le système en question. Par exemple: l’élaboration de ce site web est le fruit du travail d’un rôle comportant des membres du GT Outreach & Intégration, du GT Communication, du GT Sciences et du GT Assemblées Citoyennes & Populaires.
Le cercle de coordination
Le cercle de coordination est le « super-cercle » faisant le lien entre tous les Groupes de travail. C’est un moment d’échange d’informations et de prises de décisions sur les missions des cercles contenus dans le cercle de coordination, mais pas sur les missions des cercles plus subtils contenus dans ceux directement liés au cercle de coordination.
Le groupe d’affinités (GA)
Le groupes d’affinités (GA) est l’unité de base sur une action. Il s‘agit d’un groupe de personnes qui connaissent leur rôle et sont en mesure d‘agir pour l’efficacité de l’action. L‘objectif est d’avoir une structure de plusieurs GA qui, ensemble, rendent l’action aussi efficace que possible. Un GA est organisé de manière autonome.
Certains GA sont permanents, d’autres éphémères. En effet, certaines affinités se forment uniquement pour l’action, tandis que d’autres retrouvent régulièrement et passent du temps ensemble, vont aux réunions et s’investissent dans un projet commun.
Les autres branches à Lausanne
L’aspect décentralisé du mouvement a vu naître d’autres branches afin que tout le monde y trouve sa place. Ce sont des branches locales dont les membres adhèrent aux Principes et Valeurs tout en se concentrant sur d’autres aspects de la lutte.
Un pas vers le changement
Cette structure n’est pas habituelle dans le type de société que nous avons actuellement. En effet, la société telle que nous la connaissons oublie totalement de nombreuses manières de fonctionner. Et pourtant, celle explorée ici permet de tenir compte des besoins de chaque personne pour un monde meilleur. L’origine de la crise écologique prend racine dans notre éloignement aux rapports envers le vivant pour nous mettre au service d’une production, devenant ainsi vecteur de nombreuses oppressions. Ce système d’auto-organisation propose d’agir pour le vivant en mettant au centre nos besoins en tant qu’individus. Nous questionnons nos schèmes pour amener plus de bienveillance et de résilience dans le futur que nous proposons – pour nous-mêmes, mais aussi pour les autres et pour l’environnement.
Vous n’obtiendrez pas d’argent mais y gagnerez une richesse considérable.