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Jacques Cerf
Par Laurent Mettraux
Le 15 octobre dernier, un récital de piano dévoilait un pan de l'oeuvre du compositeur vaudois méconnu Jacques Cerf, récemment disparu. © dr
Né à Lausanne le 17 janvier 1932, Jacques Cerf débuta dès l'âge de trois ans l'apprentissage du piano avec son père Pierre, lui-même pianiste renommé, formé au Conservatoire de Genève où il avait suivi l'enseignement de José Iturbi. A six ans déjà, le jeune Jacques écrivait de courtes pièces pour son instrument, dédiées chacune à un membre de sa famille. Une décennie plus tard, il aborda l'étude de l'harmonie, du contrepoint, de la composition et de la direction d'orchestre auprès du maestro Piero Coppola, établi depuis 1939 dans la capitale vaudoise. Au Théâtre Municipal de cette ville, il assista le chef titulaire René Pignolo, un disciple de Weingartner, et rencontra en 1952 une ballerine française engagée à l'année, Colette Dardenne, en compagnie de qui il vivra deux tiers de siècle, la suivant en 1954 à Zurich lorsqu'elle intégra le ballet de l'Opernhaus, dont elle devint soliste. En 1978, au moment où elle mit un terme à sa carrière, le couple s'installa à Vallamand-Dessus, sur le Mont Vully, dans une demeure offrant une vue magnifique sur le Lac de Morat et sur la chaîne des Alpes. Le compositeur y résidera jusqu'à son décès, survenu le 20 mars 2019.
Un catalogue diversifié
En 1950, suite à une exécution radiophonique de son Prélude, fugue et choral par l'Orchestre de Chambre de Radio-Lausanne (ensemble constitué de membres de l'OCL), la célèbre firme phonographique Pathé Marconi décida d'enregistrer ce triptyque ainsi que le poème symphonique Strana, en confiant à Jacques Cerf la direction d'instrumentistes issus de l'Orchestre National de France. Ses oeuvres furent ensuite interprétées dans une quinzaine de pays, de la Bulgarie à la Finlande et de l'Argentine au Japon, en passant par l'Allemagne, l'Angleterre ou les Etats-Unis. Ses morceaux les plus joués sont ceux dédiés à la guitare, constituant une part importante de son catalogue avec plus d'une vingtaine d'opus, répartis entre 1961 et 1998. Ecrits en partie sous l'impulsion du Concours International de Guitare de Radio France fondé en 1958, plusieurs d'entre eux furent couronnés d'un Premier prix et certains publiés par des éditions aussi réputées que Billaudot, Eschig, Lemoine ou Pan...
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(page mise à jour le 26 février 2024)