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La jolie nouvelle éthicienne de la Faculté de théologie de Genève croit-elle en Dieu? La question ne lui a pas été posée dans la brève interview qu'Uni Cité consacre à Sarah Stewart-Kroeker, La professeure assistante en éthique donnera sa leçon inaugurale ce mercredi 9 novembre à Uni Dufour. La lecture de ses réponses ne m'en a pas convaincu.
Bon, on me dira qu'il n'est pas nécessaire de croire en Dieu pour gloser à son sujet (théologie). Je remarque que les astrophysiciens croient que les exoplanètes existent (ou plus exactement ont existé car les altérations de la lumière qui nous les révèlent nous parlent du passé. Personne ne peut dire ce qu'elles sont aujourd'hui, sauf par extrapolation).
"Dans la modernité, explique-t-elle, la moralité et la beauté divergent, probablement parce qu'on conçoit la morale comme un système de règles fixes et de principes universels..." Sarah cherche donc dans les classiques (qui associaient esthétique à harmonie des êtres et de leur monde) à voir "comment la mutabilité de la sensibilité esthétique pourrait faire partie d'un processus d'élaboration d'éthique".
Saint Augustin, dont la nouvelle professeur est une spécialiste, disait plus simplement: "Aime et fais ce que tu veux."
Pourquoi diable les clercs de l'Université s'expriment-ils souvent dans un charabia pédant? Pour exclure ou pour s'exclure?
Sur le changement climatique, notre fort en thème use du même jargon: "Aborder la question des changements climatiques en étudiant les rapports entre éthique et esthétique éclaire le rôle de l'imaginaire dans les processus de production et de transformation des idéaux et des valeurs."
Or, poursuit-elle, "ce sont les idéaux et les valeurs qui motivent le plus les personnes à agir". Ah bon! La foi en Dieu est donc un idéal ou une valeur, ni l'un ni l'autre? Et l'argent, qui gouverne ce monde, les deux à la fois? Et l'amour? Une valeur, un idéal lui aussi? Un don (la grâce)? Un commandement (du Christ)? Un cheminement?
"Paradoxalement, lis-je plus loin, c'est peut-être (ce peut-être est rassurant) seulement en faisant l'expérience de la vulnérabilité et du dépouillement qu'on devient capable de mieux s'accorder à son environnement..." Autrement dit: nécessité fait loi. Ou, pire, une bonne guerre ou une bonne catastrophe peut seule remettre l'homme sur le droit chemin... et qu'on "devient capable de développer de nouveaux modes d'action pour "cultiver" (pourquoi des guillemets?) différemment notre Terre".
+ Dans Réformés, Mathieu Mégevand présente la nouvelle éthicienne