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La nouvelle "Stratégie Climat pour l'agriculture et l'alimentation", publiée par la Confédération, doit montrer comment le secteur agricole peut apporter sa contribution à la réalisation des objectifs climatiques d'ici à 2050. L'orientation de la nouvelle stratégie est la bonne - réduction de l'élevage au profit de la production végétale, production adaptée au site, réduction des déchets alimentaires, promotion de la fertilité des sols et renforcement de la sécurité alimentaire. Mais malheureusement, les mesures proposées ne sont pas suffisantes pour atteindre rapidement et complètement ces objectifs. Future 3 s'y est intéressé de plus près.
Pourtant, cela devient de plus en plus une réalité pour de nombreuses familles paysannes. L'ensemble du système alimentaire est directement et fortement touché par les conséquences de la crise climatique. En Suisse aussi. Paradoxalement, l'agriculture est elle-même un grand moteur de la crise climatique.
Près d'un quart de toutes les émissions de gaz à effet de serre produites par les personnes vivant en Suisse proviennent de l'alimentation. Les ⅔ de ces émissions se produisent à l'étranger, car de nombreuses denrées alimentaires et une partie du fourrage sont importées.
D'une part, la production agricole doit être mieux adaptée à l'évolution des conditions climatiques et de production. D'autre part, les émissions générées par la production et l'ensemble de la chaîne de valeur ajoutée doivent être réduites de manière conséquente.
La nouvelle stratégie climatique s'appuie sur les connaissances scientifiques les plus récentes et détermine très clairement où se trouvent les plus grands potentiels d'économie. L'accent doit être mis sur l'adaptation simultanée des modèles de consommation et de production en suivant les recommandations de la pyramide alimentaire suisse. Cela aiderait autant la santé des personnes que l'environnement.
Concrètement, cela signifie : moins de viande, réutilisation des terres arables pour produire davantage de protéines végétales destinées à l'alimentation humaine directe, réduction drastique du gaspillage alimentaire.
Pour minimiser la dépendance vis-à-vis de l'étranger et réduire les émissions de gaz à effet de serre, il faudrait en outre réduire l'utilisation de combustibles fossiles, d'engrais minéraux et de pesticides. Il s'agirait d'une situation gagnante-gagnante.
Cela signifie également que ce changement concerne l'ensemble de la société et que tous, des agriculteurs aux consommateurs et aux politiciens, en passant par les transformateurs ou les distributeurs de denrées alimentaires, la gastronomie et l'éducation, ont une certaine responsabilité, même si celle-ci peut être plus ou moins grande. Différents objectifs ont été fixés, qui devraient d'une part permettre de réduire les émissions à long terme et d'autre part contribuer à rendre le système alimentaire plus résilient.
Pour y parvenir, la Confédération entend miser sur trois piliers : "élargir les connaissances", "renforcer la participation" et "développer la politique de manière cohérente".
Celui-ci mentionne 25 mesures déjà engagées et 17 nouvelles. Nombre d’entre elles vont dans la bonne direction, mais certaines manquent cruellement d'ambition.
On cherche en vain dans ce plan, des mesures efficaces telles que des mesures d'incitation, des voies de recours contraignantes, des directives douanières plus strictes, des règles pour le commerce de détail, la suppression de la publicité pour la viande ou des mesures efficaces pour parvenir à la vérité des coûts.
C'est regrettable, car un document stratégique est utile que si l'efficacité et la clairvoyance des mesures sont en accord avec les objectifs fixés. De notre point de vue, le commerce et la consommation en particulier ne sont pas suffisamment abordés bien que ces deux domaines aient un rôle décisif à jouer, notamment dans leur interaction. L'approche du système alimentaire est bonne, mais la Confédération doit la compléter par des mesures plus courageuses.
Future 3 suivra les développements futurs d'un œil critique.
Source: Stratégie climat pour l'agriculture et l'alimentation 2050, Office fédéral de l'agriculture