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Le séchage des plantes
A Boveresse et dans ses environs, la récolte de la grande absinthe avait généralement lieu à la mi-juillet, soit un peu avant la pleine floraison. Celle de la petite absinthe se déroulait un mois plus tard, suivie de celle de l’hysope, de la mélisse et de la menthe poivrée.
Toutes ces plantes, pour conserver la plénitude de leurs arômes, devaient être séchées pendant un mois à l’ombre et dans des locaux bien ventilés.
Séchoirs à absinthe
Aussi avait-on constuit à cet effet des hangars spéciaux en bois, dotés de clayonnages et d’orifices d’aération: les séchoirs à absinthe. Dont trois spécimens ont subsisté à Boveresse:
Datant de 1893 , contenant plus de 1800 m3, il est désormais propriété du Musée régional d’histoire et d’artisanat du Val-de-Travers.
Ce séchoir, unique en son genre au monde, est classé comme monument historique et est devenu depuis le printemps 2002 un des sites visitables du circuit touristico-culturel de la Vallée des fées.
Sans doute édifié à la fin du 19e siècle par Henri Barrelet-Sinz (1858-1934), frère d’Alexis et d’Auguste, tous trois constructeurs et copropriétaires du grand séchoir des Cises dès 1893.
Le séchoir du quartier dit « Le Quarre » est passé en 1930 aux mains de son fils, Félix-Aimé Barrelet (1894-1981). Il s’agit d’un long bâtiment en bois, couvert d’un toit à deux pans.
Bâti entre 1890 et 1900, le séchoir à absinthe de la Combe d’Or appartenait - selon un acte du Registre foncier de 1913 - à Marie Jeanrichard, née Haag.
De l’époque d’exploitation de ce petit immeuble en tant que séchoir, il ne subsiste dans la charpente que quelques liteaux supportant les plantes en cours de dessiccation, et un cercle de fer muni de crochets auxquels on fixait les balles de jute ou cendriers destinés à recevoir, au rez-de-chaussée, les herbages séchés au premier étage, une trappe dans le plancher intermédiaire permettant cette opération souvent poussiéreuse.
Livraison
Une fois la dessiccation terminée, les plantes devaient être hachées, voire pulvérisées, pesées et conditionnées pour être livrées aux distillateurs des villages voisins et de la région de Pontarlier, ou à des entreprises pharmaceutiques suisses et étrangères.
Une partie de ces activités (culture, séchage et traitement) survécurent à l’interdiction de la «liqueur dite absinthe» jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, cela à des fins thérapeutiques ou à l’usage de fabricants de succédanés de la «bleue» et de dérivés de la menthe (thé, crème, sirop et alcool).