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L'incertitude demeurait lundi soir quant à une éventuelle élection de Lenin Moreno dès le premier tour. Pourtant, les élections équatoriennes peuvent d'ores et déjà redonner le sourire à la gauche latino-américaine. Après le succès surprise de l'ultralibéral Mauricio Macri en Argentine, la destitution de Dilma Rousseff au Brésil et la défaite du chavisme aux législatives vénézuéliennes de 2015, d'aucuns pronostiquaient dimanche l'effondrement de la “Révolution citoyenne” et d'Allianza Pais, le parti qui l'a portée. Privé de son fondateur et ébranlé par la crise économique mondiale, le projet incarné par Rafael Correa a pourtant assez bien résisté dans les urnes, remportant de peu la majorité parlementaire et, plus nettement, le «référendum éthique» destiné à combattre la corruption.
La victoire – encore partielle – des candidats d'Allianza Pais est paradoxalement celle de l'homme qui ne se représentait pas. Résistant à la tentation du pouvoir éternel, le charismatique Rafael Correa a renoncé à bidouiller, comme tant d'autres, la Constitution nationale à sa convenance. Il a pris le risque de faire un pas de côté et de faire confiance à son ancien vice-président pour faire vivre la «Révolution». Rien que pour ce retrait, une victoire de Lenin Moreno serait déjà souhaitable. Message envoyé à tous ces «sauveurs suprêmes» de la gauche qui se pensent indispensables.
Mais au-delà du renouvellement salutaire, l'élection de M. Moreno serait également un signal d'espoir pour tout le sous-continent, à l'heure où l'axe Macri-Temer, l'élection de Trump et la chute des prix des matières premières, mettent en péril une décennie de conquêtes politiques et sociales. Il n'est d'ailleurs pas impossible que les politiques ultralibérales aujourd'hui implémentées au Brésil et en Argentine aient servi de repoussoir pour nombre d'Equatoriens désireux de changement mais pas à n'importe quel prix.
Dans ce pays reputé pour son instabilité politique et une émigration endémique, les dix ans de gouvernement de Rafael Correa ont été une exception bienvenue. S'appuyant sur une refonte constitutionnelle, le président a su doser mesures de progrès social immédiat, faisant reculer massivement la pauvreté, et investissements publics préparant l'avenir. L'école, la santé et les infrastructures ont particulièrement prospéré depuis 2007. Notamment en faveur des personnes handicapées, qui ont trouvé en Lenin Moreno, devenu paraplégique après une agression, un ambassadeur de choix. Et peut-être bientôt, un exemple à la tête de l'Etat.
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Il a appelé "les citoyens à attendre les résultats officiels dans une ambiance de paix, car il y a des marges étroites ...