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En raison d’une croissance faible du PIB nominal dans de nombreuses économies, il n’est pas possible que les prix des matières premières progressent significativement.
Par John Greenwood, Economiste en chef d’Invesco Ltd.
Matières premières
En raison de ce contexte d’une croissance faible du PIB nominal dans de nombreuses économies, il n’est pas possible que les prix des matières premières progressent significativement ou durablement en raison de la demande. Cependant, il est possible que des facteurs spécifiques de l’offre entraînent des changements significatifs des prix. Par exemple, les sanctions contre l’Iran imposées par l’administration Trump sur le marché du pétrole sont à l’origine de craintes d’une pénurie mondiale de pétrole, ce qui a exercé une pression sur le prix du pétrole au cours des neuf premiers mois de l’année, mais lorsque des exemptions ont été accordées à plusieurs pays qui ont ainsi pu continuer à acquérir des importations iraniennes, le prix a chuté. Entre le début octobre et la fin novembre, les prix du pétrole de Brent ont baissé de 85 USD le baril à 55 USD. Globalement, je m’attends à ce que la faiblesse des prix du pétrole persiste en 2019 à moins que des pénuries d’offre spécifiques ne se présentent à nouveau.
De même, sur les marchés des métaux, le principal facteur a été le ralentissement de la demande chinoise, notamment dans le secteur du logement. Les prix du minerai de fer restent inférieurs de 30% à leurs niveaux de février 2017, les prix du charbon à coke sont en baisse de 12% sur la même période, et les prix de l’acier ont baissé de près de 20% depuis la mi-octobre 2018.
Les prix alimentaires sont également restés notablement calmes en dépit des catastrophes naturelles frappant de nombreux pays. En Inde par exemple, les responsables gouvernementaux ont utilisé le faible niveau des prix alimentaires pour expliquer l’inflation globale des prix à la consommation. C’est un cas classique de présentation erronée de la réalité. La véritable cause du niveau faible de l’inflation en Inde, comme ailleurs, est la lenteur de la croissance de la masse monétaire et du crédit. La Reserve Bank of India (RBI) et d’autres organismes officiels sont si attachés à l’idée que les prix alimentaires sont déterminés à court terme par les conséquences favorables ou défavorables de la mousson, que les attentes des responsables officiels et les décisions politiques de la RBI sont dominées par des considérations sur les conditions météorologiques plutôt que sur une explication plus rationnelle, plus large, de l’inflation.
Conclusion – l’inflation devrait rester modeste
La faiblesse de l’inflation continue à surprendre la plupart des analystes. Hormis la progression de l’inflation dans les économies émergentes telles que le Venezuela, l’Argentine ou la Turquie qui ont été victimes de leur propre gestion, l’inflation dans la plupart des économies, développées ou émergentes, est restée faible. Selon la Banque internationale des règlements il y a un peu plus d’un an, «Avec la diminution ou la fin des sous-capacités [économiques], et pas simplement dans certaines des économies majeures, il est tout naturel de demander si une poussée inflationniste pourrait forcer les banques centrales à opter pour le resserrement et étouffer l’expansion.» Mais la poussée fait toujours défaut, même si les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et l’Allemagne connaissent des taux de chômage historiquement faibles. La raison en est selon moi que cette analyse repose trop sur des théories de l’inflation fondées sur une courbe de Philips ou l’écart de production, qui ne tiennent pas compte du fait que l’inflation est en définitive un phénomène monétaire, et qui n’explorent donc pas les conséquences du niveau généralement faible et stable de la croissance de la masse monétaire et du crédit depuis la crise de 2008-09. C’est la raison pour laquelle les salaires et l’inflation sont toujours modestes actuellement dans de très nombreuses économies.
Information importante: Rédaction achevée au 11 décembre 2018
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