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Pour ouvrir le dialogue, il faut réfléchir avec la personne aux solutions possibles, à leurs enjeux et leurs limites. En repérant avec elle ses besoins et les freins qui l’empêchent d’avancer dans de nombreuses situations, la démarche est facilitée. Si la personne se sent respectée, écoutée et comprise, la communication ne peut être que facilitée. Il faut aussi lui montrer que vous connaissez les conséquences de l’illettrisme, que vous pouvez trouver avec elle des solutions et que vous pouvez l’appuyer dans ses démarches.
Si la personne refuse malgré tout de parler de ses difficultés, il n’est pas inutile de revenir sur le sujet lorsqu’une autre occasion se présente : il faut parfois plusieurs échanges avant qu’un déclic se fasse et débouche sur une entrée en apprentissage. Une personne se dévoile souvent lorsque son sac est trop plein, par exemple suite à une rupture ou des humiliations fréquentes.
Pour aborder le sujet avec une personne qui ne maîtrise pas suffisamment la lecture et l’écriture, on commencera par éviter de parler d’illettrisme… cette dénomination est trop souvent connotée négativement.
En outre, il est inapproprié de forcer une personne à écrire devant soi pour vérifier son niveau de compétence ou d’aller droit au but en lui demandant si elle sait lire ou pas. La personne se sentira certainement jugée et refusera le dialogue.
S’il faut parfois revenir à plusieurs reprises sur le sujet, il faut aussi éviter d’insister sur le moment pour éviter que la personne ne perde la face. Pour oser avouer ses difficultés, il faut souvent du temps.
On peut choisir des formules telles que : "Est-ce difficile pour vous de lire ou d’écrire certaines choses ?", "Avez-vous parfois des difficultés pour lire ou pour écrire ?", "Quels sont les difficultés que vous rencontrez ?".
On peut aussi se référer à un sujet concret pour aborder le sujet : "Vous aimez lire des histoires à vos enfants ?", "Voulez-vous regarder cet horaire de train pour savoir combien de temps le trajet prendra ?".
Le fait de se situer au même niveau facilite l’expression : "Moi je… et vous ?", "J’aime bien lire et vous ?", "Je n’aime pas … et vous ?".
Si la personne estime que "c’est facile", la discussion peut être poursuivie en abordant le sujet sous un autre angle. Par exemple en lui disant que beaucoup d’adultes ne savent pas lire et écrire ou en rebondissant sur un projet qui tient à cœur à la personne.
Se dévoiler doit faire sens pour la personne. Ainsi, il peut être aidant de partir d’une situation concrète pour laquelle elle aurait besoin de savoir lire, écrire ou calculer (éducation des enfants, permis de conduire, etc.). En repérant avec elle ses besoins et les freins qui l’empêchent d’avancer dans de nombreuses situations, la discussion sera d’autant plus facilitée.