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Bon Dejan, tu es né en Serbie il y a 33 ans mais tu vis et travailles en Suisse. Pour qu'on soit clairs: s'il y a un match Federer-Djoko, t'es pour qui?
Pour Djokovic, évidemment! Je supporterais Federer contre n'importe quel autre adversaire, mais pas contre Djokovic.
C'est pas trop dur de soutenir le Serbe en ce moment?
Pas du tout.
Depuis qu'il a décidé de partir pour Melbourne, et après tout ce qu'il s'est passé ces derniers jours, tu l'aimes moins, autant ou plus qu'avant?
Autant qu'avant. Les évènements récents n'ont rien changé. Il reste un grand champion. S'il se bat, c'est pour établir de nouveaux records. Ça prouve qu'il est motivé.
Tu es antivax?
Non. Je suis même vacciné.
Tu ne crois pas qu'il aurait dû s'abstenir de se déplacer, sachant les règles très strictes qu'ont dû observer les Australiens depuis le début de la pandémie?
Si on l'a autorisé à se déplacer, qu'il est arrivé en Australie avec toutes les autorisations nécessaires et qu'il a obtenu un visa, ce qui est le cas puisqu'il a gagné au tribunal, je ne vois pas pourquoi il aurait dû rester chez lui.
Il y a beaucoup de critiques sur Djoko depuis plusieurs jours.
Il y en a toujours eu.
Pourquoi les gens l'apprécient si peu?
Il était peut-être trop arrogant au début de sa carrière, et ça l'a desservi. Ça ne m'a jamais vraiment choqué, mais certains lui ont reproché ses excès de joie. Les autres joueurs, à cette époque, ne montraient rien. Federer pleurait au début de sa carrière. Ensuite, quand il gagnait, ça ne lui faisait plus rien. Djokovic, lui, ne pleurait pas. Il exprimait sa joie, et peut-être que les spectateurs n'ont pas apprécié. Sa réputation continue de lui coller à la peau.
Est-ce qu'il y a une forme de racisme? Est-ce que les gens le blâment aussi parce qu'il est Serbe, selon toi?
Ses origines ne jouent pas en sa faveur, c'est certain. Les Serbes ont longtemps été accusés par l'Occident, à tort, d'être de grands méchants loups, et certains simples d'esprit croient encore à cette idée, relayée par les médias dans les années 90.
Peut-être aussi que Djokovic paie l'amour du public pour ses deux principaux adversaires, Federer et Nadal.
C'est clair. Quand tu as beaucoup aimé des joueurs dont la gloire semble passée, tu trouves de nouveaux moyens pour critiquer les autres. On est en Suisse, les supporters de Federer sont frustrés par l'absence de leur idole et le font ressentir. C'est humain.
Est-ce que tu connais des Serbes qui préfèrent Federer ou Nadal à Djokovic?
Non (catégorique).
Que représente Djokovic dans son pays?
C'est un Dieu vivant. Il a redoré l'image de la Serbie à travers le monde et a contribué à ce que les gens s'intéressent à elle après 30 ans de crise, que lui-même a d'ailleurs vécue. La population le lui rend bien.
Qu'est-ce que les Serbes disent de sa personnalité?
Que c'est un grand monsieur dont ils sont fiers. Personne ne l'a jamais trouvé arrogant.
La présence de Djoko en Australie est devenue une affaire politique. Est-ce que ça t'embête, parce que ça place ton pays dans une position délicate, ou est-ce qu'au contraire tu es fier qu'un de tes compatriotes se batte pour ses droits?
Ce qui m'embête, c'est qu'on l'utilise pour un débat politique. Je regrette l'ampleur que ça a pris, mais ce n'est pas contre la Serbie. C'est simplement que chaque camp, dans cette histoire, essaie de jouer ses cartes.
Tu penses qu'il pourra être performant à l'Open d'Australie, après tout ce qu'il a vécu ces derniers jours, et sachant que le public pourrait lui être très hostile?
Ce sera difficile mais s'il gagne, ce sera magnifique. Il deviendrait le seul joueur avec 21 titres du Grand Chelem. Il n'y aurait plus de débat: on saurait qui est le meilleur!
Ça veut dire que le débat est encore ouvert selon toi...
Je ne pense pas qu'on puisse comparer les époques. Chaque grand joueur a participé à l'évolution de son sport au fil des générations. Mais des trois encore en activité, c'est Djoko le meilleur.
Est-ce que tu aimes son jeu?
Oui. J'adore sa défense! Elle est incroyable. Il arrive à remettre des balles alors qu'il avait déjà perdu le point. Il a un mental énorme.
Certains soutiennent que ce ne sont pas seulement les titres qui départagent les meilleurs joueurs dans les livres d'histoire. Le charisme, la popularité jouent aussi un rôle, selon eux. Qu'en penses-tu?
Apprécier ou non un joueur relève de la libre interprétation. Mais pour savoir qui est le meilleur, il faut se pencher sur les exploits. Ce sont les chiffres qui parlent.
Vladimir Petkovic joue sa place sur un banc, ce dimanche après-midi contre Strasbourg (15 heures), et ce ne sera pas la première fois de sa carrière. Le Tessinois a connu des expériences contrastées à la tête des différents clubs de première division qu'il a dirigés, ne remportant qu'un seul trophée (une Coupe d'Italie avec la Lazio) en 13 ans de carrière. Les chiffres seuls (33% de victoires sur l'ensemble de ses expériences), bien sûr, ne suffisent pas à estimer la qualité de son travail, et ne disent pas qu'il s'est imposé pendant plusieurs saisons comme l'homme fort de clubs aussi ambitieux que les Young Boys ou la Lazio.