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[uxegney]
Fort d'Uxegney (Séré de Rivière) – Vosges - France
Le fort a le plan d'un pentagone délimité par un fossé. La longueur du front est de 220 m. La construction d'origine fut édifiée en deux ans seulement (1882 - mars 1884). Elle comprenait des casernements, magasins à vivres et à munitions et abris. Ces locaux en pierre de taille (grès bigarré venant d'une carrière aux Forges) étaient d'abord bâtis à ciel ouvert, puis recouverts de la terre provenant du creusement du fossé et de la mise à niveau du terrain naturel.
L'armement consistait en une dizaine de canons de Bange ou Lahitolle répartis sur les 3 faces avant du fort, à l'air libre sur des plates-formes. Cette première construction revint à environ 1 700 000 francs de l'époque. Les premiers renforcements datent de 1893. Ils consistèrent en une coulée de béton spécial sur l'entrée du fort, le magasin à poudre et sur plusieurs chambrées, ainsi que la protection d'un abri de rempart recouvrant une citerne.
La deuxième phase de travaux, exécutée à partir de 1910 transforma complètement le fort. Celui-ci fut doté de quatre tourelles à éclipse (une tourelle à un canon de 155 mm raccourci, une tourelle à deux canons de 75 mm raccourcis et deux tourelles de mitrailleuses), de deux casemates « de Bourges » (deux canons de 75 mm par casemate) pour le flanquement des intervalles avec les forts voisins, de trois observatoires cuirassés et de cloches de guet blindées; plusieurs salles furent encore renforcées et on construisit une gaine en béton armé reliant tous les organes de défense ; la surveillance du fossé fut modifiée par la construction de coffres de contrescarpe (un simple et un double) ; enfin on mit en place une petite centrale électrique pour l'éclairage. Celle-ci comprenait trois moteurs à pétrole Aster (110 volts, 25 chevaux).
Devenir du fort après la Première Guerre mondiale
Après la Grande guerre, la France va construire à partir de 1929 un nouveau système fortifié moderne, face à la nouvelle menace, la fameuse Ligne Maginot. Loin derrière, les « camps retranchés » d'avant-guerre sont conservés avec une très vague mission de seconde ligne. Les forts, souvent utilisés comme dépôts, sont entretenus, ainsi que leurs tourelles, et leur armement organique périodiquement visité par les équipes du Parc d'Artillerie2 Mais ils ne sont plus à l'épreuve des nouveaux super-canons et des grosses bombes d'avion ; les organisations des intervalles sont abandonnées, les déboisés plus entretenus : garnison oui, forteresse non. Vers 1937, on en viendra à prélever des canons de 75 dans les casemates de Bourges pour armer des casemates de complément construites sur la Ligne Maginot3.
Entre les deux guerres le fort était régulièrement entretenu. Les Allemands le rendirent à peu près intact en 1944 alors qu'ils avaient ferraillé les autres forts de la place d'Épinal. Utilisé comme dépôt de munitions jusque dans les années 1960, il fut ensuite abandonné.
Depuis octobre 1989, une association de bénévoles, l'ARFUPE (Association pour la restauration du Fort d'uxegney et de la Place d'Épinal), restaure et entretient ce site ainsi que le fort de Bois l'Abbé.
(Wikipedia)
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