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Le 08 février 1971, j’avais 23 ans et j’étais très occupée en vue de l’obtention de mon diplôme d’infirmière. Malheureusement, je n’ai pas de souvenir de cette journée, à ma grande honte, un comble pour une féministe de toujours. Par contre mes souvenirs, lors de l’obtention du suffrage féminin dans le canton de Vaud en 1959, sont nombreux. Après ce vote, les filles ont enfin eut droit à l’instruction civique, et ont pu lire noir sur blanc « le mari est le chef de la famille » point à la ligne, dure à avaler. Naturellement, les filles ont continué à faire de la couture et du tricot pendant que les garçons avaient des cours d’algèbre. Nous étions loin de l’égalité, mais pour le femmes, elles avaient enfin un pied dans la porte.
Pour ma mère, elle devenait citoyenne vaudoise à part entière à 38 ans. Est-ce qu’elle était pour ou contre, selon mon frère, elle était pour, ma sœur se souvient des conversations, mon père, mon frère et moi animions le débat, ma mère écoutait. Lors du premier vote, après les droits civiques, elle a hésité, mon père ne lui a pas laissé le choix, ils sont partis ensemble pour le bureau de vote. Elle se demandait quoi voter, la réponse de mon père fût qu’elle devait voter en son âme et conscience, qu’elle ne devait pas tenir compte de l’opinion des autres.
En 1971, le droit de vote sur le plan fédéral allait de soi, elle aurait mal digéré de n’être pas reconnue comme citoyenne sur le plan fédéral.
Clémence Capt candidate socialiste au Conseil communal