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Killian Peier ne maîtrise pas encore chaque défi. Mais avec deux quatrièmes places à Engelberg, le Vaudois s'est à nouveau établi parmi l'élite mondiale. Mais il se remet en question après chaque concours.
Peier (26 ans) ne perd pas facilement son calme. Le fait d'avoir manqué de peu le podium espéré deux fois à Engelberg ne l'a pas plongé dans la déprime. Malgré une préparation raccourcie avec seulement 140 sauts en été et en automne, le sauteur suisse se trouve déjà à son meilleur niveau. Pour lui, les résultats ne sont pas primordiaux. L'élément décisif, c'est de progresser.
Il répète souvent sa philosophie. «Il s'agit de livrer la meilleure performance possible.» Et cela peut déboucher sur un 4e ou un 16e rang. Il s'est classé 16e en ouverture de saison en Russie.
Jamais aussi bon
Depuis, en huit concours, Peier n'a jamais fait moins bien que 13e et s'est hissé à cinq reprises dans le top 10, avec ses résultats d'Engelberg en point d'orgue. «Killian n'a jamais été aussi stable et aussi bon», constate ainsi l'entraîneur des sauteurs suisses, Ronny Hornschuh.
En février 2019, le Vaudois avait obtenu la médaille de bronze au grand tremplin lors des Mondiaux de Seefeld. L'hiver suivant, il avait fêté son premier podium en Coupe du monde. Mais il manquait un peu de constance avant de se blesser gravement au ligament croisé du genou, ce qui l'a fait manquer toute la saison dernière.
Ce coup dur fait partie du passé. Il s'est rapidement remis au niveau et a démontré cet hiver une constance nouvelle, sur chaque tremplin et par n'importe quelles conditions.
Une déception salutaire
La raison de son développement positif s'explique par un travail acharné. Quand Peier a manqué sa qualification pour les Jeux olympiques 2018 à Pyeongchang, il s'est retrouvé à la croisée des chemins. Il a su transformer sa déception et en a tiré des enseignements salutaires.
Un an plus tard, il montait sur le podium aux Mondiaux. Même sa blessure n'a pas pu le détourner de sa route. Au moment de son accident, le Vaudois se disait plus en forme que jamais. Au lieu de pester sur la malchance, il s'est concentré sur ce point positif et a tout mis en oeuvre pour le retrouver.
Patience
Il a donc travaillé comme jamais. Au point de se surprendre lui-même. «Je suis étonné de voir comment j'ai su rester patient», disait-il avant le week-end à Engelberg.
Cette patience fait désormais partie intégrale de lui, et elle l'aide aussi sur le tremplin. Mais le sauteur reste humble, avec les pieds bien sur terre. Il se livre à une analyse hebdomadaire avec ses entraîneurs. «On écrit ce qui a été positif, ce qui a été négatif et quelques autres points», détaille celui qui habite depuis plusieurs années à Einsiedeln, loin de son canton de Vaud.
Processus d'apprentissage constant
Peier considère cette saison comme un processus d'apprentissage. «Après chaque week-end, on repart de zéro sur le plan mental.» Il tente de maîtriser chaque défi aussi bien que possible.
Comme dimanche, quand il s'est élancé en dernier en finale après avoir été le meilleur lors du premier saut. Son deuxième essai a été solide, mais pas parfait et il a reculé au 4e rang. «C'est le défi le plus excitant possible», a-t-il commenté avec un sourire un peu amer. «Je ne l'ai pas encore totalement maîtrisé.» Mais cela va venir, il en est convaincu.
Les Suisses vont s'entraîner mardi à Oberstdorf avant quelques jours de repos pour Noël. Peier a invité sa famille à Einsiedeln avant de partir pour la Tournée des 4 tremplins, le premier gros rendez-vous de la saison avant les JO.
Il y a trois ans, Killian Peier avait fini 10e de la Tournée. Cette fois, il a les moyens de viser plus haut. Même s'il reste fidèle à son leitmotiv: «Je veux réussir la meilleure performance possible.»
ATS