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Fonction imprévue de suppresseur de tumeur
Le carcinome hépatocellulaire est un cancer du foie fréquent et mortel. Le manque d'efficacité des traitements conventionnels a conduit la communauté scientifique à rechercher de nouvelles options thérapeutiques. Dans ce contexte, de minuscules acides nucléiques non codants appelés microARN semblent constituer une stratégie prometteuse, car ils sont capables de réguler l'expression de centaines de gènes à la fois.
Le rôle supposé du miR-21 dans le cancer
L'expression d'un microARN particulier, miR-21, est augmentée dans presque tous les cancers humains et il est actuellement considéré comme l'un des miARNs les plus oncogéniques. Dans le foie, les chercheurs du laboratoire du professeur Michelangelo Foti ont déjà montré que le miR-21 favorise les dysfonctionnements métaboliques précédant le cancer. Cependant, son rôle dans l'initiation et la progression du cancer du foie reste à ce jour peu clair.
L'histoire est plus compliquée…
Dans leur récente étude publiée dans Cancers, les scientifique du laboratoire du Prof. Michelangelo Foti ont fait une découverte surprenante. La littérature actuelle suggérant un rôle oncogène du miR-21, on s'attendait à ce que son absence comme son inhibition prévienne ou freine le développement du cancer du foie. Or, l'équipe de recherche a observé le contraire puisque la délétion génétique du miR-21 chez la souris s'est avérée favoriser le développement du cancer, comme l'illustre la figure ci-dessous. Cette nouvelle découverte remet en cause le dogme actuel selon lequel le miR-21 est un oncogène et appelle à la prudence lorsqu'on envisage de cibler thérapeutiquement ce miRNA pour le cancer du foie.
Une délétion du miR-21 dans le foie (image de droite) favorise le développement du cancer par rapport aux souris exprimant le miR-21 (image de gauche) © Issu de la Figure 3 dans Correia de Sousa et al. Cancers, 2021
14 oct. 2021