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Résumé du projet
En 2016, l’UNICEF a estimé à 200 millions le nombre de femmes et de filles victimes de mutilations génitales féminines (MGF) dans le monde. Le nombre de nouvelles victimes potentielles est de 3 millions chaque année. En République démocratique du Congo (RDC), l’OMS estimait la prévalence en 1999 à 5 %. Les MGF ont un impact profond sur la santé physique et mentale des victimes. Il existe des lacunes scientifiques sur les conséquences des MGF au niveau périnéal. À l’heure actuelle, la RDC ne dispose pas de données nationales sur la prévalence et les conséquences des MGF. Le projet s’inscrit dans le cadre d’une collaboration avec deux chercheurs : le professeur Kipula (UNIKIN) à Kinshasa (RDC) et le professeur Bertuit (HESAV-HES-SO) à Lausanne (Suisse). Trois partenaires participeront au projet : le professeur Feipel (ULB) à Bruxelles (Belgique), le docteur Abdulcadir (HUG) à Genève et le professeur Mukwege à Bukavu (RDC). Ce projet poursuit deux objectifs :
- Évaluer les conséquences des MGF au niveau périnéal (urinaire, sexuel et gynécologique) en RDC
- Mener une enquête sur les modalités actuelles de soins pour ces patients ayant des conséquences des MGF et analyser leurs besoins (éducation, accès aux soins, etc.) en RDC.
Methods :
Une recherche sur les méthodes mixtes comprendra une conception quantitative permettant une étude transversale chez un échantillon de femmes ayant différentes formes de MGF et un groupe témoin. Les résultats sur les aspects urinaires, sexuels et gynécologiques seront recueillis. Cette étude comprend également une étude qualitative avec une approche phénoménologique. Des entrevues et des groupes de discussion individuels semi-structurés seront menés auprès de femmes ayant subi des MGF, d’hommes partenaires, d’aidants naturels, de personnes qui ont des MGF, d’enseignants et de chefs tribaux. Le projet sera réalisé sur quatre ans dans les provinces les plus touchées de la RDC : Nord Ubangi, Bas-Uele, Haut-Uele, Equateur, Kasaï Central et Kasai Oriental.
Résultats attendus et impact sur le terrain :
- Fournir l’identification des conséquences des MGF dans les sphères périnéales (urologiques, gynécologiques et sexuelles) à long terme (plus de 10 à 20 ans après la procédure des MGF) et les facteurs de risque pour les femmes atteintes de MGF en RDC.
- Compte tenu du contexte mondial en RDC, le besoin de réhabilitation sera identifié et les ressources disponibles pour la RDC seront établies. Des stratégies de réhabilitation adaptées au contexte du pays pourront être identifiées.
- Au niveau politique, l’étude fournira des preuves scientifiques conseillant et permettant au pays d’adopter une loi spécifique contre cette pratique et d’organiser des campagnes gouvernementales pour informer le public sur l’impact des MGF sur les fonctions sexuelles, urinaires et gynécologiques des femmes.
L'équipe de recherche
- Jeanne Bertuit, requérante principale, HESAV
Société International de Rééducation en Pelvi-Périnéologie (SIREPP)
48 mois