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La Suisse a beaucoup à gagner dans l'accord de libre-échange AELE-Mexique signé lundi à Cancun par Pascal Couchepin. Il met l'économie suisse sur pied d'égalité avec ses concurrentes américaine et européenne sur un marché prometteur.
Le Mexique devient le premier pays d'outre-mer à signer un tel accord avec l'Association européenne de libre-échange (AELE), qui regroupe la Suisse, l'Islande, la Norvège et le Liechtenstein. Il s'agit - selon la formule du ministre suisse de l'économie Pascal Couchepin - d'un accord dit «de seconde génération», qui ne se limite pas aux biens industriels, mais qui inclut aussi les services, la propriété intellectuelle et les marchés publics.
Concrètement, cela signifie que les banques ou d'autres investisseurs helvétiques pourront prendre des participations majoritaires dans des sociétés mexicaines, avantage jusque-là réservé aux Américains, aux Canadiens et à l'Union européenne. L'accord prévoit également des dispositions sur la protection des investissements et un accès sans discrimination aux marchés publics.
Parallèlement, chaque pays de l'AELE - dont la Suisse - passe également un accord de libre-échange de produits agricoles avec le Mexique. Un accord qui permettra à toute une série des denrées tropicales d'entrer en Suisse au bénéfice d'une réduction importante - voire d'une suppression - des droits de douane. Il s'agit ici essentiellement du café, des fruits, du miel, de la bière et de la tequila.
Selon Pascal Couchepin, ces accords sont très favorables à la Suisse. En effet, l'économie helvétique exporte chaque année pour près d'un milliard de francs au Mexique et pourra économiser ainsi quelque 100 millions en droits de douane. Dans l'autre sens, par contre, le Mexique, qui vend à la Suisse pour 180 millions de marchandises par an, n'y gagnera que 3 millions et demi en droits de douane.
A l'avenir, l'AELE compte bien parvenir à conclure des accords du même type avec le Chili, l'Afrique du Sud, la Corée du Sud et - à plus long terme - avec le Japon. Pascal Couchepin a également bon espoir de transformer certains des accords de libre-échange ne portant que sur les produits industriels en accords de seconde génération, ceci avec des partenaires plus proches comme la Hongrie, la Pologne, la Tchéquie ou Israël.
Marc-André Miserez