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Dès l’Antiquité, la vigne et le vin sont présents en Vallée du Rhône. Du vin antique à l’appellation d’origine contrôlée, histoire (très) exhaustive des vins de cette grande région viticole.
Episode 7 – Une extension sur la rive gauche du Rhône et l’émergence des maladies
La Révolution française, par la vente des biens nationaux et l’aliénation des biens communaux, modifie profondément l’organisation foncière du territoire de la Vallée du Rhône. Le Comtat Venaissin est rattaché à la France et devient le département du Vaucluse.
Alafindu18esiècleet durant le 19e siècle, la viticulture de la rive gauche du Rhône s’étend. Les vignerons y multiplient les tentatives pour utiliser le nom « Côtes du Rhône » de leurs voisins gardois, mais en le mettant au pluriel ! Avec succès semble-t-il puisque l’agronome Jules Guyot, chargé par Napoléon III d’élaborer un rapport sur l’état et l’avenir de la vigne en France, y fait référence en 1864 pour décrire le vignoble allant de St Gilles à Tournon, en passant par Beaucaire.
Malgré les attaques de pyrale, de vers de la grappe et, à partir de 1848, d’oïdium, la vigne devient une source de revenu majeure, surtout après le déclin du ver à soie pour cause de maladie et l’effondrement de la culture de la garance, remplacéeparl’alizarinesynthétique.
A partir des années 1860, le développement du chemin de fer stimule encore davantage la production de vin. Le vignoble est florissant et, malgré des exploitations de petite taille à l’équilibre financier parfois précaire, l’avenir des vignerons s’annonce prometteur.
Ces espoirs sont anéantis par un puceron venu des Etats-Unis : le phylloxera. Les premiers desséchements surviennent en 1863, à Pujaut, dans le Gard. Rapidement, le puceron s’étend sur la rive gauche du Rhône. Il ne sera identifié qu’en 1868 par Jules Emile Planchon. Avant que l’on ne découvre le remède en 1880 (le greffage de la partie aérienne de
la vigne sur un porte-greffe américain dont les racines résistent aux piqûres de l’insecte) le vignoble de la Vallée du Rhône est presque détruit, du Nord au Sud. Car le phylloxera se propage vite dans la région : les sols argileux et le climat lui sont très favorables. Seuls les terrains très sableux ou régulièrement envahis par les eaux lui résistent.
Dans le Bordelais, où il ne sévit qu’à partir de 1869, il se répand trois fois moins vite. Le phylloxera a des conséquences dramatiques en Vallée du Rhône : la misère, l’exode… Les vignerons replantent en zone inondable, donc très fertile, des cépages productifs et médiocres. L’arrivée du mildiou en 1878, lui aussi venu des Etats-Unis mais autrement plus redoutable que l’oïdium, impose des traitements répétés à la bouillie bordelaise (un mélange à base de cuivre), pour ne pas perdrelarécolte.
A Châteauneuf du Pape, on s’oriente vers la culture du blé, des abricotiers et surtout des cerisiers.
Source : Syndicat des Côtesdu-Rhône