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Une fois n'est pas coutume, petite introspection sur mes désillusions d'enfant et rêves d'ado.
Être ado, ça craint!
Quand j'étais petit, je n'étais pas grand...
Cette phrase, tout le monde l'a connaît et tout le monde sait ce qu'elle signifie.
Quand on est petit, on a généralement un droit et un devoir: fermer sa gueule et faire ce que les parents disent. Plus tard, le caractère prend forme, les envies se dessinent et les besoins s'expriment.
Pour moi, très tôt, c'est le tennis qui m'a attiré. Je ne pourrais pas dire pourquoi. Probablement parce que c'est un jeu qui allie un peu plein d'autres jeux: habilité, précision, vitesse, concentration, détermination, force, etc.
Mes parents n'ont jamais très bien compris qui j'étais et moi je n'ai jamais très bien compris ce qu'ils attendaient de moi. Nous avons évolué ainsi pendant pas mal de temps et un jour, j'ai voulu faire du tennis.
Oh, je n'ai pas voulu faire ça pour m'amuser. A 10 ans, j'ai demandé à intégrer une académie de tennis. Je voulais bouffer de la balle de tennis du matin au soir si possible et sans accompagnement. Mais ce n'était pas possible car bien que mes parents affichaient une volonté débordante, le seul club que nous visitâmes ne voulait pas de moi.
Enfer et damnation, aucune place n'était libre. Mes parents n'ont pas essayé d'autres clubs car un essai, c'était déjà un échec alors pourquoi en faire plus?
J'ai donc continué de jouer au tennis comme un gamin (pas sérieusement) et j'ai surtout continué de participer à des cours que je haïssais mais qui avaient le mérite d'avoir été choisi par mes parents (catéchisme, solfège, etc.). A ma grande surprise, il y avait toujours de la place dans ces cours de merde.
Par la suite, j'ai peu à peu abandonné toute une série de sports car mes activités diurnes et nocturnes ne se prêtaient plus à un sport régulier.
Être adulte, ça craint aussi mais on est responsable
Après des années de pause, j'ai recommencé à jouer et le tennis, c'est un peu comme le vélo, ça ne s'oublie jamais. Bien sûr, les premières fois, on est un peu frustré parce que la raquette (pas soi-même hein!) ne fait pas ce qu'on veut... sans parler des balles qui semblent possédées par un esprit malin. Toutefois, au fil des heures, tout revient et on fait des progrès rapides jusqu'au mur...
Le mur, c'est ce truc qui se dresse devant vous et où on peut lire très distinctement: "Ton niveau est correct pour un amateur... mais il n'ira pas plus loin que ce mur en béton armé... tu peux toujours taper"
Et puis il y a deux ans, j'ai pris une licence histoire de jouer un peu dans des tournois de la région. C'est avec une grande excitation que je rejoins les tournois et pour tout dire, parfois je dors mal! C'est étonnant car généralement, je n'ai aucun problème à dormir y compris quand j'ai des phases de stress intense dans ma vie professionnelle.
Cette année a été particulièrement intense et surtout, j'ai pu accomplir un de mes rêves de gosse.
Les rêves se réalisent parfois
Tous ceux qui me fréquentent de près ou de loin savent que j'aime le tennis et que je joue régulièrement. C'est donc tout naturellement qu'il y a quelques mois, une boîte de télécoms que je connais bien m'a invité à un évènement tennistique important en Suisse: Allianz Suisse Open de Gstaad.
Ce tournoi qui se déroulait du 7 au 15 juillet 2007 à Gstaad promettait d'être de bonne facture puisque cinq joueurs du top 20 mondial, entre autres, ont répondu présents.
Le cour central depuis la loge
Bref, ça promettait de bons matchs mais la surprise n'était pas complète puisque cet opérateur m'invitait également à participer au programme VIP du tournoi.
De prime à bord, j'étais satisfait d'entendre cette bonne nouvelle mais franchement, je ne savais pas vraiment ce que ça voulait dire et j'imaginais des trucs "classiques". Puis, quelques jours plus tard, j'ai reçu le programme complet et là, j'étais littéralement sur le cul!
En gros, le programme incluait - outre les petites choses classiques (hôtel, repas, etc.) - un programme de rêve: jouer durant une heure avec un des joueurs encore en lice dans le tournoi!
WOUHHHHAAAA!!!
Le soir même, je me suis difficilement endormi... mais alors quand on a commencé à se rapprocher de l'évènement... je vous explique pas! J'étais comme un ressort et j'ai fait recorder mes raquettes, acheté un nouveau short et surtout, je me suis entraîné histoire de ne pas avoir l'air trop ridicule.
Je tenais plus que tout à être un bon partenaire de jeu pour ce partenaire d'une heure qui me faisait l'honneur de jouer avec moi!
Ma chance ne s'est pas arrêtée là et bien que ce cadeau était offert chaque jour à des sponsors, j'ai été programmé pour le vendredi 13 juillet... soit le sixième jour du tournoi. Par conséquent, non seulement j'allais pouvoir jouer contre un joueur classé au niveau mondial mais en plus, c'était quelqu'un qui allait jouer les quarts de finale du tournoi!
Qui a dit que le vendredi 13 est un mauvais présage?
J'étais programmé pour 11 heures et comme je ne suis pas du matin, j'ai décidé de me rendre à Gstaad le soir avant histoire d'avoir une bonne nuit de repos et vers 19h00, j'étais à l'hôtel:
L'hôtel Palace... (bien kitch)
Evidemment, il y a une soirée qui est organisée chaque soir par un sponsor et c'est naturellement que je me suis rendu à l'apéro ainsi qu'au dîner qui suivait. C'était très sympa mais j'ai failli à ma réputation en ne buvant que deux flûtes de champagne et deux verres de vin. J'ai surtout décliné l'invitation pour continuer la soirée dans une boîte fréquentée par des autochtones et surtout des parvenus à deux balles de Zurich.
Mais le diable était sur ma route et le monde est petit! J'ai encore rencontré deux connaissances dans le restaurant à qui j'ai dit "bonne nuit!" et deux autres copains dans le hall de l'hôtel qui m'attendait pour une embuscade Rhum et consort! Tel un casque bleu, j'ai passé mon chemin en faisant semblant de ne pas toucher à ça.
A ce stade, je dois tout de même préciser quelque chose: loin de moi l'idée de paraître médisant ou quelque chose de ce genre mais comme disait mon voisin de table, Gstaad c'est avant tout une destination pour riche homme d'affaires zurichois qui sont heureux de pouvoir décompresser dans un cadre enchanteur... un rien kitch!
Pour finir, je me suis couché avant 1h00 en évitant soigneusement tous les pièges de ce genre de séjour... probablement que si Marc Rosset avait fait la même chose que moi, il aurait eu une autre carrière.
Tomber dans les bras de Morphée n'a pas été un problème... par contre, alors que j'avais programmé le réveil pour 8h00, je me suis levé comme si j'étais à la légion, c'est à dire à 5h00! Impossible de me rendormir! Je trépignais un peu comme la veille du premier rendez-vous galant ou des examens...
Finalement, vers 8h00, j'ai rejoint un pote au restaurant pour prendre le petit déjeuner et là, je suis tombé sur toute une équipe et on a très bien déjeuner (sincèrement, jamais vu autant de choix à un petit déjeuner).
Vu l'évènement qui m'attendait, j'ai mangé léger et à 10h00, j'étais à la réception du tournoi pour connaître mon partenaire de jeu et me rendre au centre d'entraînement.
A ce stade, j'apprends enfin avec qui je vais jouer et c'est M. Michael Lammer!
Michael Lammer pendant le tournoi de Gstaad
Pour être franc, je ne le connais pas réellement puisque jusqu'à aujourd'hui, il n'a pas gagné de grands tournois. Il est surtout connu pour avoir été le "colocataire" de Roger Federer (numéro 1 au monde depuis plus de 3 ans) à l'époque où ce dernier galérait aussi pour gagner des tournois.
Néanmoins, je me réjouis de jouer avec un joueur qui est classé au 232ème rang mondial... de quoi largement me mettre une pâtée ou comme on dit dans le milieu, une roue de vélo (6-0 pour ceux qui se demandent à quoi ça ressemble!).
Bref, une limousine passe nous prendre et nous emmène au centre d'entraînement des joueurs qui se trouve à 3 minutes du tournoi et après un petit échauffement, je peux enfin commencer à vivre pleinement ce (petit) rêve.
Bien entendu, je ne vois pas le temps passé et parfois, lors d'échanges rapides et soutenus, j'ai l'impression que je peux le dominer... mais à peine cette idée m'effleure l'esprit que d'un coup, il me remet à ma place.
Quel bonheur... je sue comme rarement car je me dépense sans compter! J'essaie avant tout d'être un bon "sparing partner" et ça ne manque pas, je cours comme un lapin. A gauche, à droite, devant, derrière, en diagonal... c'est une visite du terrain que j'effectue histoire de voir s'il est bien conforme aux normes!
Lui, de son côté, il a un aimant monstrueux au bout de sa raquette et si les balles me semblent en plomb, pour lui, elles se rendent toutes seules sur sa raquette. Il fait un ou deux pas dans un sens ou dans un autre et voilà, la balle est dans sa raquette.
Un peu frustrant mais tellement plaisant. Au bout d'un moment, il doit m'entendre à 23 mètres de là (la longueur d'un terrain) car au moment où je me mets à respirer comme un asthmatique voire même un type qui a essayé de faire de l'apnée pendant 10 minutes, il me lance "Est-ce que ça va?" et moi, je ne me démonte pas et lui réponds à la Michel Blanc "T'inquiète, je chauffe!" Il commence à m'énerver ce type, il ne va pas jouer au médecin en plus!
Mais tout rêve à une fin et avant que la crise cardiaque ou l'hyperventilation arrive, mon temps de jeu se termine.
Une fois arrivé au filet pour vivement le remercier de ce moment qu'il m'a fait vivre, je souris car je vois qu'il a transpiré! Ouf, l'honneur est sauf... il aura au moins réaliser un bon échauffement avant d'attaquer ses deux heures d'entraînement et ce, avant son match de tout à l'heure en double.
Merci encore à tous ceux qui m'ont offert cette fantastique journée et désolé encore d'avoir fatigué Michael puisque ce dernier a perdu son match quelques heures après.
Je ne peux m'empêcher de penser que j'aurais dû jouer plus doucement histoire de moins le fatiguer... mais en même temps, grâce à moi, il est prêt à affronter en ce moment les qualifications pour l'US Open (le dernier Grand Chelem de la saison qui commence lundi)!
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