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Abattoir 5, de Kurt Vonnegut
À offrir à une jeune recrue ou un vieil hippie
Kurt Vonnegut cherchait à écrire une grande œuvre sur son expérience de la seconde guerre mondiale en tant que soldat américain, et surtout sur la destruction de Dresde dont il a été témoin. Son œuvre, il l’a avec Abattoir 5. Mais ce n’est pas un gros livre, ni une somme héroïque sur les hauts faits de la guerre. C’est un court roman un peu étrange sur un homme, Billy Pélerin, qui a la capacité incontrôlée de voyager dans son passé, son présent et son futur.
Billy est-il fou? A-t-il réellement rencontré des extraterrestres, ces Tralfamadoriens qui lui ont expliqué que tout mort vit encore ailleurs dans le temps et qu’il n’y a donc pas lieu de pleurer? Quelle que soit la vérité, Billy a trouvé le moyen d’accepter l’inacceptable: la mort, la guerre et leur recommencement inéluctable.
Avec humour et une pointe de science-fiction, Kurt Vonnegut dénonce l’absurdité de la guerre: sur le terrain, plus rien ne relève de l’héroïsme, « C’est du théâtre bouffe » joué par des enfants qui ne savent pas ce qu’ils font là. Pour parler des choses les plus graves, Vonnegut a choisi l’humour, avec l’air de dire: Mais que peut-on donc répondre d’autre aux atrocités de la guerre?
« Tout se doit d’être silencieux au lendemain d’une boucherie, et l’est en fait, les oiseaux exceptés. Que chantent donc les oiseaux? Ce qu’on peut chanter à propos d’un carnage, des choses comme “Cui-cui-cui?“ »
LB