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Observation sur le mot Etes.
Ce mot, qui, suivant la plupart des Auteurs, est toujours long en prose, peut devenir bref en vers, ou du moins rimer avec un autre mot, dont la derniere voyelle est breve. M. Restaut se trompe donc en disant que la Rime des vers suivans n'est pas tout-à-fait exacte:
Je me porte encore mieux que tous tant que vous êtes.
Je fais quatre repas, & je lis sans lunettes.
Voici des exemples où l'on fait ce mot bref:
Je ne vous tiendrai plus mes passions secrettes.
Je sçai ce que je suis, je sçai ce que vous êtes.
P. CORNEILLE.
Point d'époux qui m'abbaisse au rang de ses sujettes.
Enfin je veux un Roi. Regardez si vous l'êtes.
T. CORNEILLE.
Toute pleine de feu de tant de saints Prophêtes,
Allez, osez au Roi déclarer qui vous êtes.
RACINE.
Plusieurs Auteurs l'ont fait long, entr'autres, Malherbe.
Qu'il vive misérablement,
Confiné parmi ses tempêtes.
Quant à nous, étant où vous êtes,
Nous sommes dans notre élément.
Et sur la fin de vos tempêtes,
Obligeant tous les beaux esprits,
Conservez au siécle où vous êtes
Ce que vous lui donnez de prix.