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Une société littéraire préexistante a été fondée en 1769 sous les auspices de Karl von Cobenzl, alors plénipotentiaire des Pays-Bas autrichiens sous l'Impératrice Marie Thérèse. En 1772 le successeur de Cobenzl, le Prince de Starhemberg a continué les efforts de son prédécesseur en développant la société en académie scientifique. Cette académie s'est vue accorder le droit de porter le titre d'Académie Impériale et Royale de Science et de Lettres de Bruxelles par le Brevet de Lettre patente paraphé par l'Impératrice et daté du 16 décembre 1772. Une autre bibliothèque thérésienne sera fondée à Mantoue en 1780. le Souverain a donné l'ordre aux universitaires d'animer la vie intellectuelle du pays et stimuler et coordonner la recherche scientifique dans une large variété de domaines. Voilà pour la chronologie, Mais si on cherche un peu dans les bonnes feuilles, c'est aussi la diplomatie secrète de l'Impératrice Marie-Thérèse qui s'informe sans relâche sur ses états et entretient une correspondance avec des francs-maçons célèbres. Dans Les loges, la noblesse, à Vienne, notamment celle de Liège, intriguait. La grande majorité de bons catholiques: qui, les jours de solstice en juillet et septembre ne manquait jamais de porter le ruban bleu maçonnique. Les clercs dans les loges étaient nombreux. A Liège le Prince-évêque comte Velbrück et les plupart des chanoines de son chapitre appartenaient à la loge « Parfaite Intelligence ». Pour garder la maîtrise de ces intrigues, l'Impératrice a besoin de fonds secrets, «los gratos secretos», escomptés par l'intermédiaire Madame de Nettine veuve du banquier Dominique, vicomte de Nettine. Leurs comptes existent encore dans les archives belges. La pauvre Madame ne savait pas à quoi l'Impératrice douairière des Romains, Reine de Hongrie, de Bohème etc...utilisait ces fonds disponibles, prétendument destinés à l'Académie. En 1773, Dans une lettre à Starhemberg, elle indique cependant l'usage fait de ces liquidités. 10.000 florins dépensés pour les informateurs et il y a toujours 8,000 florins par an disponible à Liège. Cette Académie impériale ne fonctionnait que
sous le contre-sceau de l'Impératrice douairière. Le sceau aux armes de Bourgogne de la nouvelle institution fut par elle offert. Lors de la première occupation française, l'ancienne académie se voit infligé deux mentor: Monsieur Hoppé, attaché impérial et le Marquis de Chabert, chef d'escadre et membre de l'académie royale de Paris. Après la victoire de Jourdan à Fleurus, l'institution n'a pas survécu à la seconde occupation française des régions belges et l'Académie a tenu sa dernière séance plénière le 21 mai 1794. Après 20 ans d'occupation française, faite de réquisitions, de pillages et d'exactions. Finalement, Les paysans se soulevèrent quand les français voulurent mobiliser leurs fils, les ouvriers de leurs moissons. Après Waterloo, Guillaume I, roi du Royaume-Uni des Pays-Bas depuis 1815, fils du dernier stadhouder de Hollande réinstitue l'académie selon le Décret Royal du 17 mai 1816 sur le titre d'Académie Royale de Sciences et de Lettres. Il promet le rétablissement de l'Académie fondée par Marie-Thérèse, autant que possible,de manière dont elle
existait autrefois. Le décret du 7 mai 1816 nomme nomme Charles van Hultem, ancien représentant du peuple au conseil des cinq-cents, qui, après sa sortie du Tribunat, devint recteur de l'académie de Bruxelles le 24 août 1809. C'est le nouveau secrétaire. Sont aussi confirmés dans leurs fonctions, le Commandeur de Nieuport, François de Burdin, le baron de Feltz ainsi qu'une trentaine de noms les plus prestigieux du pays, pour certains d'entre eux à l'origine de l'Orangisme et des conspirations militaires de 1830. Le travail reprit son cours avec 8 universitaires restants associés à d'autres pairs néerlandais et belges. Après la Révolution belge 1830, l'Académie a trouvé son siège permanent et le 1 décembre 1845 Léopold I de Belgique l'a nommé Académie royale des les Sciences, des Lettres et les Beaux-arts des de Belgique. Il y distingue trois classes : la science, es lettres et les beaux-arts. Sa personnalité juridique est reconnue selon la loi du 2 août 1924. je vais donc vous réciter son statut officiel emprunté à l'institution elle-même : L'Académie est chargée de promouvoir les travaux de recherche et d'encourager les entreprises scientifiques et artistiques qui réclament son concours matériel ou moral. Elle constitue un centre de coopération entre les savants et artistes belges, de même qu'entre ceux-ci et les savants et artistes d'autres pays. Elle publie également les travaux de ses membres et ceux des chercheurs les plus méritants, auxquels elle peut attribuer des prix et des subventions. Enfin, l'Académie exprime, soit à la demande des pouvoirs publics soit de sa propre initiative, tous avis qu'elle estime de nature à servir les intérêts des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts. Voilà qui est fait. Statut original qui oblige l'institution à se tourner vers le monde alors que la plupart des institutions semblables se penchent surtout sur elles-mêmes. Machine si complexe d'ailleurs qu'il est impossible en si peu de temps d'en évoquer toutes ses ramifications et toute son influence. L'académie de Belgique est aussi à l'origine de la création de l'union académique internationale. C'est un de ces grands académiciens belges , Adolphe Quetelet(1796-1874) qui, partout en Belgique met en pratique le rationalisme scientifique à des fins pratiques, Il pensait comme Gauss, que la statistique trouve sa source dans l'astronomie. Il nous laissera une équation déterminant l'indice de masse corporel, encore fort appréciée chez nos gloutons obèses. Une manière méthodique d'envisager les problèmes sociaux, sanitaires et criminelles,une arithmétique à la fois empirique et expérimentale, qui initiera les valeurs normatives des sciences sociales, une génération plus tard, la méthode de Binet n'utilisera pas d'autres moyens. Quetelet, membre fondateur de l'université libre de Bruxelles restera le secrétaire perpétuel de l'académie pendant 40 ans. C'est l'inventeur de la mécanique sociale, notion qui inquiète quelque peu aujourd'hui. Citons aussi Jules Jean Baptiste Vincent Bordet (1870-1961) , fondateur de l'institut Pasteur à Bruxelles,continuateur et rénovateur de la méthode pastorienne, ce qui lui valut un prix Nobel pour ses découvertes en immunologie. La même méthode de comptage sérique est toujours utilisée aujourd'hui. Dans le domaine de l'écriture, songeons à Maurice Polydore Marie Bernard Maeterlinck, élève des jésuites, avocat et fils de notaire, né à Gand, flamand qui écrivait en français, il obtint le prix Nobel de littérature en 1911, en appréciation de ses multiples activités littéraires,spécialement dans les arts dramatiques ou il se distingue par la richesse de l'imagination et la fantaisie poétique qui montre sous la forme de contes de fée, une inspiration profonde qui révèle chez le lecteur ses propres sentiments et stimule son imagination. Ses travaux principaux ont attrait à la mort et au sens de la vie. Ses pièces jouent un rôle important dans le mouvement symboliste. Il est membre fondateur de l'académie des lettres, choisi par le Roi Albert I en 1920. Personnalité multiple à la fois poétique, littéraire et scientifique. Il devait sa gloire parisienne à l'article dithyrambique, paru dans Le Figaro du 24 août 1890, où Octave Mirbeau déclarait La Princesse Maleine, publiée un an auparavant, à trente exemplaires, l'oeuvre la plus géniale de son temps et son auteur, un inconnu, comparable à Shakespeare. La nature de cette institution est si polymorphe, qu'il est difficile de se donner autre chose que les quelques réflexions qui précèdent.