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"On nous dit que c'est la pire crise, mais je pense que ce n'est que le début", a averti Mahinda Yapa Abeywardana, en introduisant un débat de deux jours avec les députés sur l'aggravation de la crise économique.
Le gouvernement a reconnu qu'il s'agissait de la pire crise économique depuis l'indépendance en 1948 et a demandé l'aide du Fonds monétaire international (FMI).
"Les pénuries de nourriture, de gaz et d'électricité vont s'aggraver", a poursuivi le président du Parlement, "il y aura des pénuries alimentaires très aiguës et la famine."
Le pays de 22 millions d'habitants souffre de pénuries de biens essentiels (aliments, carburant, médicaments), de coupures d'électricité et d'une inflation record, sans que rien ne laisse présager la fin de ces difficultés.
M. Abeywardana a souligné devant le Parlement que l'avenir du pays dépendait des décisions qu'allaient prendre le corps législatif cette semaine.
Tous les membres du gouvernement, à l'exception du président Gotabaya Rajapaksa et du Premier ministre Mahinda Rajapaksa, son frère aîné, ont démissionné dimanche soir.
Depuis, la coalition du Sri Lanka Podujana Party (SLPP) du président, autrefois toute puissante, a subi une série de défections et les partis d'opposition ont rejeté l'invitation à former un gouvernement d'union.
Le pays est en outre sans ministre des Finances depuis mardi.
De nombreuses manifestations, appelant au départ des Rajapaksa, se sont déroulées dans les plus grandes villes, malgré l'état d'urgence autorisant l'armée à arrêter les contrevenants et le couvre-feu imposé durant le week-end.
L'état d'urgence, qui a duré cinq jours, a été levé mardi soir. Il avait auparavant permis l'arrestation de plus de 60 personnes, certaines ont affirmé avoir été torturées par les forces de l'ordre.
Mauvaises décisions
En décembre, le secrétaire du ministère de l'Agriculture, Udith Jayasinghe, avait déjà alerté d'un risque de famine en raison de l'interdiction d'importer des produits agrochimiques décidée, il y a un an, par le gouvernement pour économiser les devises étrangères.
M. Jayasinghe avait été limogé quelques heures après son avertissement.
La pandémie de Covid a privé le Sri Lanka de sa manne touristique, principale pourvoyeuse de devises, dont la pénurie compromet le service de sa dette colossale de 51 milliards de dollars.
De mauvaises décisions politiques ont aggravé les problèmes, selon les économistes. Des réductions d'impôts malavisées juste avant la pandémie ont privé l'État de recettes et creusé la dette.