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Une récente recension publiée en septembre 2009 sur le site Reviews in History revient sur le projet Gutemberg-e, déjà évoqué précédemment dans ce blog.
Lancé en 1999 par Robert Darton, alors président de l'American Historical Society, Gutemberg-e publie - ou plutôt publiait - chaque année les meilleurs travaux de doctorat des Etats-Unis en version numérique. Le projet, en collaboration avec la Columbia University Press, voulait trouver une solution innovante à la difficulté d'édition des monographies scientifiques et remédier aux coûts de publication sans faire de compromis sur la qualité du contenu.
Le bilan est sévère: dans les domaines où internet devait présenter un avantage comparatif - coûts, accessibilité, durabilité - il apparaît que tel n'a pas été le cas, au contraire.
Les coûts, tout d'abord. Si l'on compte les différentes étapes - rédaction, documentation supplémentaire, mise en forme du texte en format digital, infrastructure technique, etc.. - chaque monographie a coûté prés de 60'000 $, une somme équivalente ou même supérieure à celle d'une impression traditionnelle.
Le business model envisagé à l'origine, la souscription, s'est révélé inopérant et a été abandonné pour mettre les textes en libre accès. Malgré ces efforts l'utilisation des textes reste décevante. La mise en forme hypertextuelle - qui permet de renvoyer d'un click dans le corps du texte vers de nombreuses ressources supplémentaires - se révèle peu adaptée à la lecture scientifique, et trop dispersive pour le lecteur amateur. Enfin, les garanties de durabilité font cruellement défaut. La mise à jour des liens et la migration entre les formats de données toujours changeant demande un entretien considérable, sans lequel le site devient rapidement obsolète, voir inutilisable.
La dernière thèse publiée sur Gutemberg-e remonte à 2004 et le site n'est plus actualisé depuis plus de 6 mois. Restent les 36 E-text déjà publiés.