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Il est coutume de chercher des fautifs. Dans un premier temps, les gens en colère montrent du doigt et de la langue des personnes contre qui se défouler. On l'a vu avec le drame bien plus vaste du 11 septembre: il fallait un coupable qui paie : on l'a assassiné lâchement et, de plus, sans jugement pour éviter qu'il ne dise la vérité des rouages complexes de cette catastrophe.
Or un drame aussi monstrueux est la résultatnte de beaucup de pensées, gestes et actions.
Dans la presse de ce jour, il est question de changer les normes des récidivistes, d'en faire un registre, etc.
Rien n'est dit par exemple au niveau des psychiatres à qui les juges se réfèrent toujours dans des cas de ce genre. Concernant le meurtrier de Marie, les avis avaient divergé. Y aurait-il une psychiatrie de base, avec des critères très bien définis et une psychiatrie alternative qui cherchent entre les mailles du filet du catalogue des critères médicaux-psychiatriques? En tous cas, nous nous trouvons là devant une insuffisance de la connaissance ou, du moins, de la prise en compte de la violence de certains individus.
La réinsertion professionnelle a été mise en avant. C'est une idée séduisante et louable. Toutefois, on l'a vu, elle permet à un assassin d'en utiliser l'intention pour parvenir à ses propres intentions d'une tout autre nature.
Si un assassin voit le cours de sa vie transformé par un jugement pénal, il semblerait que la première insertion à viser serait de guérir de sa propension à violer et tuer, en d'autres mots, réinserer sa dignité humaine là où est la faille active. C'est ce qu'une psychiatrie intégrative des différentes connaissances de l'être humain doit pourvoir définir. Sans quoi, inutile de libérer un assassin s'il garde en lui sa tare!
Je me souviens d'une histoire racontée par un médecin français. Un homme avait été condamné pour le meurtre de l'amant de sa femme. Il avait eu une tenue exemplaire pendant tout son séjour en milieu carcéral et psychiatrique. Lors d'une dernière réunion des responsables médicaux et juridiques avant sa libération, tous les éléments d'une liste de facteurs positifs étaient présents. Un participant eut alors l'idée de demander : « Si vous voyez votre femme avec un amant, que ferez-vous? » La réponse fut immédiate : « Je le tuerais ». Ainsi, en cherchant bien, il y a toujours des tests possibles, académiques ou en médecine alternative, pour détecter l'élément clef.
Dans le cas des meurtriers de Marie et d'Adeline, il y a certainement un ensemble de fautes, erreurs et mauvaises visées qui sont à la base de ces drames. C'est tous ses éléments qu'il vaut la peine de chercher plutôt que d'attaquer l'un ou l'autre service.
Il y a aussi une autre leçon à tirer: Selon le lien cité, la mère dit qu'Adeline voulait quitter ce travail où elle ne se sentait plus en sécurité. C'est aussi un élément actuel de tellement bien calculer son existence – ici, je donne mon congé et trouve un autre job - qu'on ne donne pas assez d'importance à ses intuitions qui, elles, sont immédiates. De plus, un employé est souvent trop soumis à la hiérarchie pour oser se rebeller et refuser un ordre pour obéir à son intuition profonde, à ne pas confondre bien sûr avec une impulsion momentanée.
Un exemple : Un lieutenant avait donné l'ordre à un véhicule transporteur d'hommes de passer sur un pont. Le conducteur refusa, se fit menacer de sanctions et continua de refuser. Le conducteur d'un deuxième véhicule accepta l'ordre et un accident survint, causant la mort d'hommes. Le premier conducteur était un agriculteur, bien ancré dans la réalité, le second un intellectuel, bien ancré dans les idées......
Si nous nous sentons si concernés par le drame d'Adeline et de son bébé, c'est bien que ce drame complexe touche en nous plusieurs dimensions.