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Déjà lors du premier match, ce Brésil-là, pourtant alors pas privé de Neymar Jr, avait frisé le code n'ayant été finalement sauvé que par le coup de sifflet scandaleux de l'arbitre japonais qui avait accordé à Fred un pénalty immérité et injustifié. On ne peut pas dire que les choses se soient améliorées par la suite.
La leçon de football donnée aux Brésiliens par la Colombie en quart de finale en deuxième période avait été plus qu'un hors-d'œuvre avant le match contre l'Allemagne. Et puis la Mannschaft, dans une sorte de partie amicale peu ordinaire, a donné une telle dérouillée au Brésil que les rares instants lumineux contre le Cameroun, dernier de groupe, ne peuvent pas compenser le désastre final. Que l'on se rappelle aussi que le Chili aurait mérité d'éliminer le Brésil au tour précédent et l'on se convainc que ce Mundial, sur le plan strictement sportif, est une catastrophe pour le pays qui a accueilli la FIFA et les nations qualifiées.
La victoire à la Coupe des Confédérations face à l'Espagne a fait perdre de vue à Scolari et à son staff les déficiences d'une équipe déséquilibrée, qui a cru que la classe naturelle de Neymar Jr ferait l'affaire jusqu'à la finale du 13 juillet. Avoir erré à ce point dans le choix de la stratégie, de la tactique, du choix des hommes, est de la responsabilité principale du sélectionneur. Il paraît inimaginable que Scolari puisse être maintenu à son poste. Les éditorialistes sportifs brésiliens demandent son départ. Le coach rédond que cette responsabilité incombe au président de la Confédération Brésilienne de Football. On a envie de suggérer à tous deux qu'ils démissionnent dès demain dans un simple communiqué adressé à tout ce peuple qui croyait à la qualité indestructible du foot brésilien. On sait aujourd'hui que ce Brésil-là a failli au-delà de tout ce que quiconque pouvait imaginer avant le tournoi.
Donné favori, parfois largement, le Brésil de Scolari n'a pratiquement rien montré en sept matches. Les quelques accélérations de Neymar Jr et les semblants de débordements de Hulk confinent au néant de la performance à ce niveau d'exigence de la haute compétition. Ce Brésil-là n'aura pas de trop avec les quatre prochaines années pour tenter d'oublier l'inoubliable. Fernandinho, Paulinho, Julio Cesar, Marcelo savent qu'ils sont entrés dans l'histoire sportive de leur pays par la pire des portes, celle du déshonneur et de la honte. Le Brésil a raté sa Coupe du monde, une Coupe du monde pourtant magnifique, l'une des plus belles de l'histoire, avec quelques matches de légende ( Espagne-Hollande [1-5], Uruguay - Angleterre [-1], Belgique - Etats-Unis [1-0], Brésil - Colombie [2-1], Allemagne - Brésil [7-1]).
Le Brésil a raté sa Coupe du monde par un manque de préparation, par une déficience tactique généralisée et par une carence en excellents joueurs, notamment au milieu du terrain (Pep Guardiola, qui n'est pas un manche, s'est débarrassé de Gustavo dès son accession au Bayern Münich; voudrait-on aujourd'hui lui donner tort ?). Le Brésil est aujourd'hui, en foot, un pays vaincu, abattu, Il s'avance vers 2015, et ses duels avec ses rivaux d'Amérique du Sud, puis vers 2018, avec tant d'incertitudes et de questions dans la tête que l'on ose même s'interroger sur sa capacité à gagner face à ses concurrents directs (Uruguay, Colombie, Chili, Paraguay).
Le travail de debriefing au sein de la CBF, sportif et politique, ne sera pas mince. Ne rien faire et croire que le succès resurgira de ce néant incroyable que fut la rencontre contre l'Allemagne revient à admettre dans un futur rapproché d'autres défaites qui raviveront la douleur du jour de la débâcle face à l'Allemagne. Quo vadis Brazil ?