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Quoique limité, le nombre de requérants d´asile mongols est en augmentation en Suisse depuis quelques années. Ils utilisent le plus souvent les services de passeurs. L´un d´entre eux a été condamné mercredi à Genève.Ce contenu a été publié le 30 août 2000 - 00:07
Le tribunal de police genevois a infligé une peine de dix mois de prison avec sursis à un passeur mongol pour avoir fait entrer clandestinement 40 compatriotes depuis juillet de l'année passée. Le tribunal a considéré que le passeur avait agi dans le cadre d'une filière organisée. Démantelée récemment, cette filière était dirigée par un Mongol qui n'a pu être arrêté.
La police soupçonne le cerveau de la filière d'avoir fait venir en Suisse pas moins de 250 Mongols pour des montants de 2000 à 5000 dollars par personne. Quant au passeur condamné qui avait obtenu le statut de réfugié à Fribourg, il a reconnu avoir touché de 40 à 100 dollars pour chaque personne qu'il a introduite en Suisse. Ce procès a également révélé que des publicités diffusées à la radio en Mongolie vantaient la Suisse comme un paradis où il était facile de trouver un travail.
Reste que la Suisse est loin d'être assaillie par des hordes de Mongols. Dominique Boillat de l'Office fédéral des réfugiés précise que seul 94 requérants d'asile mongols ont été enregistrés depuis le début de l'année. Mais le Conseil fédéral a tout de même jugé utile, sur conseil du Département fédéral de justice et police, d'inclure le 1er juillet dernier la Mongolie dans la liste des pays sûrs.
Pour Yves Brutsch du Centre social protestant, cette décision qui permet de ne pas entrer en matière concernant les demandes d'asile confirme l'émergence d'une migration mongole. Yves Brutsch souligne également qu'en Suisse les passeurs sont plutôt utilisés par des demandeurs d'asile, alors que les travailleurs clandestins, eux, ont moins besoin de ces filières mafieuses pour venir en Suisse.
Yves Brutsch estime en outre que ces filières de mieux en mieux organisées profitent des mesures coercitives appliquées aux requérants d'asile pour augmenter leur tarif et prospérer.
Frédéric Burnand
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