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Critique
"Le scénario reprend un fait divers réel, survenu dans un petit village de brousse. Zacarias Sodzai était alcoolique, veule et brutal. Ne pouvant plus assumer les difficultés de la vie familiale, il s'est suicidé. Sa femme Rosa, accusée d'être à l'origine de sa mort, a été par la suite persécutée et humiliée par la famille de son mari. Bien qu'elle ait pu prouver par deux fois son innocence face à la justice, elle est restée l'objet de vexations et d'insultes continuelles.
DESOBEDIENCIA est une performance: Licinio Azevedo a réussi à réaliser (avec peu de moyens et une caméra numérique) un premier film mozambicain qui, par ses qualités d'écriture, va bien au-delà d'une simple illustration de la vie africaine. L'originalité du film vient en effet de ce que les véritables témoins du drame (mères, frères, sœurs de Zacarias et Rosa) ont accepté de jouer leurs propres rôles. En même temps - et tout au cours du récit qu'il reconstitue - le cinéaste se permet de glisser des séquences qui se passent ""hors champ"", filmant les disputes durant le tournage, les désaccords et les résistances des protagonistes face à sa façon de raconter l'événement. On passe ainsi de la fiction au document-vérité, du ""cinéma"" à ce qui se passe derrière la caméra et que le cinéaste enregistre. Se dégage alors de ce film très particulier l'impression que les deux familles ont beau avoir accepté de ""jouer"", leurs positions resteront totalement irréductibles. Un constat négatif, en même temps qu'un remarquable moment de cinéma-vérité."
Antoine Rochat