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Un «Brexit dur» devrait être finalement évité. Mais la principale conséquence du vote de mardi est que le doute pèsera sur la croissance.
Comme prévu, l’important vote au Royaume-Uni sur l’accord de sortie de l’UE n’est pas passé hier soir à la Chambre des communes. L’accord que la Première ministre Theresa May avait négocié avec l’Union européenne a seulement obtenu 202 voix pour, 432 députés se prononçant contre (118 députés conservateurs, provenant à la fois des camps du maintien dans l’UE et de la sortie, ont voté contre l’accord). Si ce rejet était attendu, la défaite a été beaucoup plus importante que prévu et représente un coup dur pour Theresa May, qui a cependant clairement affirmé qu’elle ne démissionnerait pas et qu’il était plus important de se préoccuper de ce qui allait désormais se passer.
Immédiatement après le vote, le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, a présenté une motion de censure. S’il gagne (ce qui est peu probable étant donné que le Parti unioniste démocrate nord-irlandais a affirmé son soutien à Theresa May), le gouvernement tombera et des élections suivront. Le Parti travailliste est en tête des sondages, mais seulement avec une faible marge.
il reste à trouver une majorité en faveur d’un autre scénario.
En supposant qu’elle survive au vote de censure, Theresa May a désormais trois jours ouvrés pour trouver un plan B à présenter au Parlement. Elle pourrait essayer d’obtenir davantage de garanties de l’UE sur une date de fin pour le filet de sécurité («backstop») irlandais. Elle pourrait aussi proposer de reporter la date du Brexit, mais cela devrait être approuvé par tous les membres de l’UE. Le Parlement pourrait essayer de reprendre le contrôle afin d’éviter un «Brexit dur». Une majorité de membres du Parlement, composée de députés travaillistes et de conservateurs favorables au maintien dans l’UE, est contre un «Brexit dur». Cette majorité est déjà parvenue à faire passer deux amendements qui diminuent la probabilité d’une telle sortie. Ces députés pourraient proposer un second référendum. Il n’est cependant pas certain que le Parlement soutiendrait une telle proposition. Par ailleurs, Theresa May et Jeremy Corbyn y sont également opposés.
Une autre possibilité pourrait être de modifier la déclaration politique sur les futurs liens entre l’UE et le Royaume-Uni dans le sens d’un accord final plus harmonieux (le Royaume-Uni restant dans l’Union douanière et partiellement dans le marché unique). Cette option résoudrait le problème du filet de sécurité irlandais sans avoir à modifier l’accord de sortie. Même si une majorité au Parlement s’oppose à un «Brexit dur», il reste à trouver une majorité en faveur d’un autre scénario. Le risque final est qu’il n’existe aucune majorité ni pour un nouveau référendum, ni pour un scénario de «Brexit» «light», ni pour la révocation de l’article 50. Cette situation conduirait par accident à un «Brexit dur» qu’une majorité de députés souhaitent cependant empêcher.
Si nous continuons à penser qu'un «Brexit dur» devrait être finalement évité, la principale conséquence du vote d’hier est que l’incertitude devrait perdurer encore au moins quelques semaines. Et cela pèsera sur la croissance. Certains souligneront que l’incertitude est déjà présente depuis quelques mois et n’a pas empêché la croissance britannique de décoller ou le PMI manufacturier de continuer à progresser pendant le mois de janvier.
une contribution de plus en plus positive à la croissance.
Cette force, qui contraste avec la faiblesse constatée en Europe continentale, est cependant trompeuse. Depuis le début de 2018, seuls les stocks ont apporté une contribution de plus en plus positive à la croissance, le gouvernement et les sociétés accumulant les réserves pour se préparer en cas de «Brexit dur». Au cours des deux dernières années, l’incertitude a pesé lourdement sur l’investissement des entreprises, la croissance des investissements tendant vers zéro. De plus, malgré la vigueur du marché du travail (croissance des salaires de plus de 3% et chômage à 4,1%), les dépenses des ménages sont restées moroses. Dans un tel contexte, le vote d’hier prolonge la période d’incertitude que connaît l’économie britannique. Compte tenu du niveau désormais important des stocks, ceux-ci vont désormais avoir un impact négatif sur l’activité dans les trimestres à venir.