Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07275.jsonl.gz/404

Système antichar 10,5 cm Centurion dans fortin [13]
Le système antichar 10,5 cm Centurion dans un fortin est une arme antichar engagée contre les chars sur les obstacles naturels ou les barrages.
Les numéros des photos dans le texte renvoient en fin de document.
Introduction
Le "Système antichar 10,5 cm Centurion dans fortin" est un concept de la fin des années 1990. En effet, dès la fin des années 1980, le char d'origine anglaise "Centurion" n'était plus apte à remplir une mission de combat, malgré les modifications et améliorations qui furent apportées à ce char. Il fut décidé d'utiliser la tourelle comme arme antichar fixe, montée dans un fortin muni d'une infrastructure simple, permettant à l'équipage de survivre sans problème. Il est muni d'un groupe électrogène diesel, d'une ventilation, d'un logement pour l'équipage, d'un petit atelier, d'un stock de munition, de WC chimique, de moyens de liaison. Il était prévu d'en implanter environ 60 sur le territoire suisse, mais seulement 23 furent construits. Ils interdisent par leur feu le franchissement par l'ennemi d'une barricade antichar implantées sur un axe important (dans le cas du A399, l'axe de la vallée du Rhône entre le lac Léman et Saint-Maurice). Armée XXI a rendu ces ouvrages inutiles et ils sont actuellement détruits, à l'exception de quelques ouvrages conservés par des associations comme Fort Litroz. Le A399 a été construit en 1998.
Généralités
Fortin
Aussi longtemps que le feu du fortin empêche le franchissement des obstacles, la valeur de ces derniers reste maintenue. De la combinaison entre l'arme et l'obstacle résulte le présent système d'arme antichar, lequel doit être intégré dans le dispositif de défense antichar des troupes terrestres librement disponibles.
La position d'arme
Elle peut également tirer sous le feu de l'ennemi, sa protection étant très efficace. Vu que la préparation au combat du fortin peut être assurée dans des délais très brefs, on peut considérer que l'arme est prête en permanence. Le fortin antichar Centurion n'est pas doté de liaisons permanentes par fils permettant d'assurer la conduite du feu et la direction du feu (ce problème est en partie résolu par le recours à la radio ou à des lignes téléphoniques de campagne).
Les possibilités d'observation
L'observation depuis la position d'arme se borne au secteur d'efficacité de l'arme.
Protection
Le fortin Centurion offre une très bonne protection contre les armes conventionnelles, chimiques et nucléaires; il permet de ce fait une utilisation prolongée de l'arme.
L'équipage
Celui-ci se compose de 6 hommes. Au combat, le commandant, le pointeur et le chargeur sont dans la tourelle; le remplaçant du commandant, le garde-munitions et le mécanicien de pièces sont au local de préparation des munitions.
L'armement
Il s'agit d'un canon de char Centurion 10,5 cm, lequel tire des obus flèches et des obus antichars explosifs.
Description du système (photo 1)
Locaux
Ouvrage type monobloc comprenant:
La tourelle renferme:
Caractéristiques techniques
Tourelle
Généralités
La tourelle est une construction massive en fonte d'acier. Elle abrite la pièce. Un blindage en fonte d'acier est soudé à l'avant du berceau de la bouche à feu. Le berceau pivote sur deux paliers à aiguilles, qui permettent d'orienter la bouche à feu en élévation et en dépression. Un blindage complémentaire est disposé à l'avant afin de protéger l'ensemble contre le feu adverse.
Corps de tourelle (photos 2, 3, 4)
La coupole de la tourelle est une construction en fonte d'une seule pièce. Sa partie supérieure comporte une plaque de recouvrement soudée. L'ouverture du berceau est fermée par un écran. Une porte pour l'éjection des douilles est placée à gauche de la coupole. Le pivotement de la tourelle s'effectue mécaniquement et manuellement par l'intermédiaire du mécanisme de pointage en dérive. La plaque de recouvrement est dotée des ouvertures pour l'écoutille du chargeur, l'appareil de pointage du pointeur et le couvercle de la coupole du commandant avec le volet intégré de protection contre les explosions et le périscope du commandant.
Blindage complémentaire (photos 5, 6, 61, 62, 63, 64, 65)
Le blindage complémentaire est vissé à l'avant de la tourelle. Les oreilles de fixation du dispositif de recule de la bouche à feu se trouvent sur les côtés.
Couvercle de la coupole du commandant (photo 7, 66, 67)
Le couvercle de la coupole du commandant est vissée de l'intérieur au corps de la tourelle. Pour les réparation il peut être dévissée, levé et enlevé.
Périscope d'observation du commandant (photo 47, 48, 68, 69)
Le périscope est fixé sur la couvercle de la coupole du commandant. Il n'y a aucun grossissement. Le champ visuel est de 740°/00.
Volet de protection contre les explosions (photo 8, 9)
Le volet de protection contre les explosions est fixé à gauche, au-dessus du canon. Il est constitué d'une cage de soupape et d'un boîtier fixé dans une cage d'acier.
Couvercle de l'écoutille du chargeur (photo 10, 11, 70, 71, 72)
Le couvercle de l'écoutille du chargeur, en deux parties, s'ouvre vers l'extérieur. Il est bloqué au moyen d'un tourillon de fermeture. Le couvercle peut être fermé après avoir actionné le tourillon, puis verrouillé à l'aide de deux leviers. Un joint en caoutchouc empêche les saletés et l'eau de pénétrer.
Porte d'éjection des douilles (photo 12, 13, 73, 74)
La porte d'éjection des douilles s'ouvre de l'intérieur; elle est rabattue à l'extérieur. Un joint de caoutchouc empêche les saletés et l'eau de pénétrer.
Palier de la tourelle (photos 14, 15)
La couronne dentée est vissée à un anneau intermédiaire fixé dans du béton et forme avec celui-ci la partie fixe de la tourelle. Les deux anneaux (2, 3) des paliers de roulement sont vissés au corps de la tourelle et font partie de l'élément pouvant tourner. Une cage (4) en matière synthétique assure une répartition régulière des billes en acier (5). Trois rouleaux (6) uniformément répartis sur le pourtour du palier de roulement de la tourelle, qui se déplacent sur l'anneau fixe, empêchent le palier de roulement de se coincer. Le joint en feutre (7) protège le palier de roulement de la tourelle contre les saletés.
Plate-forme de tourelle (photo 16)
La plate-forme est solidaire de la coupole. L'ouverture d'accès est conçue de manière à pouvoir l'ouvrir également par le bas en cas d'urgence (sauvetage du servant de la pièce en cas d'événement imprévu). Pour accrocher l'escalier, une barre est fixée à la partie inférieure de la plate-forme. Une appui pour les pieds du pointeur se trouve devant le siège, sur la plate-forme de la tourelle.
Escalier d'accès (photo 17)
L'escalier est accroché à la plate-forme et tourne avec la tourelle.
Siège du pointeur (photo 18)
Le siège est réglable en hauteur. Il peut aussi être avancé et reculé. On peut aussi le faire pivoter vers l'arrière.
Siège du chargeur (photo 19)
Il est situé à gauche du canon.
Conteneur à munition (photo 20, 21, 58)
A l'arrière de la tourelle, un conteneur à munition peut accepter sept obus. A droite de la trappe d'accès à la tourelle, un emplacement comporte des supports rabattables pouvant contenir 11 obus.
Panier à douilles (photo 75)
Le panier à douille est fixé à l'arrière, sur l'anneau supérieur du palier de roulement. A l'avant, il est maintenu par deux appuis. Le panier peut basculer vers l'avant en retirant deux chevilles. Il peut contenir au maximum 8 douilles.
Boîtier de protection de l'appareil de pointage du pointeur (photo 22)
L'appareil de pointage du pointeur est protégé des influences extérieures par une protection équipée d'une glace. L'extérieur de la glace peut être aspergée à l'aide d'une pompe et peut être nettoyé par un essuie-glace électrique.
Essuie-glace et chauffage de la glace (photos 23, 24, 76)
La pompe à main pour le lave-glace se trouve à gauche du coffret de distribution de la tourelle. L'interrupteur de l'essuie-glace se trouve sur le coffret de distribution de la tourelle. Un filament disposé sous la protection de l'essuie-glace empêche la formation de buée.
Canon ach 60 de 10,5 cm
Généralités
Le canon ach 60 de 10,5 cm est constitué des groupes principaux suivants:
Bouche à feu avec renfort de culasse, dégageur de fumée et manchon
Culasse et semi-automatisme (photo 32, 33, 34, 35, 36)
Sécurité automatique
Il s'agit de sécurités réalisées à dessein lors de la construction de la pièce et qui fonctionnent sans aucune intervention.
Mise à feu électrique (photo 37)
Le canon est équipé d'une détente électrique transmettant du courant à la vis d'allumage électrique de la douille de l'obus. Pour la mise à feu de secours, on dispose d'un inducteur manuel indépendant de l'alimentation en courant. Un cliquet de détente à ressort se trouve sur la poignée du volant de pointage en élévation. Ce cliquet doit être pressé à fond pour que le coup puisse partir.
Mise à feu de secours (photo 49)
En cas de défaillance de la détente électrique, il est possible d'y remédier en enlevant le couvercle en plastique de l'inducteur manuel de secours en appuyant rapidement et fortement sur le dispositif rouge.
Sécurité du chargeur (photos 38, 39)
Le commutateur de sécurité est fixé sur le berceau de la bouche à feu, dans le poste du chargeur. Il est actionné en faisant pivoter un levier avec une poignée sphérique. Les positions de l'interrupteur sont désignées par "ON" et "OFF". Sur la position "ON" le courant électrique de mise à feu du canon circule. Un voyant rouge s'allume alors dans le poste du chargeur pour indiquer que l'interrupteur est en position désassurée.
Indicateur de recul (photo 40)
Celui-ci se trouve du côté du chargeur. Lors du recul de la bouche à feu, le renfort de culasse pousse l'indicateur dans la position correspondant à la butée extrême de recul. Le recul normal est d'environ 290 mm.
Commande de la tourelle et de la pièce
La commande de la tourelle et de la pièce se divise en:
Une rotation du volant de pointage en élévation fait monter ou descendre la bouche à feu d'environ 19°/00. Une rotation de la manivelle de la commande manuelle du pointage en dérive fait pivoter la tourelle d'environ 9°/00.
Hausse de pointage (photos 41, 42, 43, 44, 45, 46)
La hausse est constituée des éléments principaux suivants:
Appareil de pointage du pointeur
L'appareil de pointage du pointeur, comprenant la partie supérieure et la partie inférieure, est serré dans son support par des cales fixées sur un axe. Il peut être bloqué: dans la position de sécurité = position inférieure; dans la position de pointage = position supérieure.
Munition
Généralités
L'efficacité d'un touché dépend, dans une large mesure, de l'effet des projectiles tirés sur la cible. Il est donc impératif que tout l'équipage du fortin connaisse les types de munitions dont il dispose, leurs propriétés balistiques et leurs effets. On différencie les types de munitions en fonction de leurs effets:
Obus flèche (cartouche flèche lumineuse) (photo 53, 54, 59, 60)
Données techniques
Fonctionnement et effet au but (photo 54)
L'obus flèche sous-calibré (métal lourd) est entouré d'un manteau en aluminium éjectable en trois segments pourvus d'une ceinture de guidage, afin que l'effet de rotation sur le projectile disparaisse lors du départ du coup. Les segments du manteau se détachent immédiatement après être sorti du tube et peuvent être projetés à plusieurs centaines de mètres de la bouche à feu. L'empennage stabilise le projectile durant le vol et provoque en plus une légère rotation. Le traceur monté dans l'empennage permet l'observation du projectile durant le vol. L'impact au but se signale par un éclair blanc. Lors de l'impact, le projectile perce le blindage grâce à sa haute énergie cinétique. Durant la pénétration, le projectile provoque un trou d'un diamètre pratiquement double de celui du projectile (photo 55). Mis à part les restes du projectile, de nombreux éclats se détachent du blindage et sont projetés à grande vitesse à l'intérieur du char. L'obus flèche perce tous les blindages connus. La distance maximale d'utilisation contre un char de combat est de 2500 m. En raison de son pouvoir de perforation, l'obus flèche reste la principale des munitions à grandes distances utilisées contre les chars de combat.
Obus antichar explosif HESH (obus ach exp BoZ lum)
Données techniques
Cet obus est aussi connu sous le nom de "projectile à tête écrasante". L'abréviation anglaise HESH couramment utilisée signifie High Explosive Squash Head (obus hautement explosif écrasant). (photo 56)
Fonctionnement et effet au but
L'obus antichar explosif peut être engagé contre des buts blindés et non blindés (fonction polyvalente). En cas d'utilisation contre des but blindés, la charge explosive s'écrase sur le blindage et explose sous l'effet de la fusée de culot:
Les obus qui tombent juste à côté d'une cible blindée ont peu d'effet destructeur. Les obus qui tombent sur des cibles non blindées (par exemple positions d'armes) ont deux effets principaux: le souffle de l'explosion dû à la gerbe d'éclats et à la masse relativement importante d'explosif. L'effet au but sur des positons légèrement renforcées ou sur des murs en béton est remarquable. De même, l'effet psychique est très important. En général, il faut tenir compte du fait que l'effet d'un projectile explosif est dépendant, dans une large mesure, de la configuration et de la nature du terrain. L'effet de l'obus sur la cible est en soi indépendant de la distance de tir. La sensibilité au vent due à la forme du projectile et la réduction du champ visuel dans le cas de trajectoires incurvées limitent toutefois la distance d'utilisation à 2000 m.
Munition d'exercice
Pour l'entraînement au tir de munitions de calibre identique à celui des munitions de combat décrites précédemment, on dispose des obus d'exercice explosifs avec fusée instantanée 54 lumineux (obus ex exp MZ 54 lum):
Sur la graduation des distances, il faut employer la graduation "obus ex exp/EUG"
Munition 24 mm avec tube réducteur
Afin d'économiser des obus de combat et d'exercice, il est aussi possible de tirer des munitions de 24 mm en recourant au tube réducteur qui se monte dans le tube 10,5 cm: vitesse initiale = 900 m/s; poids total de l'obus = 0,6 kg.
Équipage de fortin
Commandant/remplaçant du commandant. Lors du combat par le feu, le commandant ou son remplaçant se trouve dans la tourelle. Il aide à l'observation des buts, il surveille le déroulement du combat et assure les liaisons.
Pointeur. Le pointeur mène le combat par le feu dans le cadre établi conjointement avec le commandant du fortin. Il est responsable: d'effectuer les manipulations dans les règles (distance exacte, pointage minutieux de l'arme, application des procédures de correction, départ du coup, utilisation de l'appareil de pointage à image thermique); d'observer son secteur, jour et nuit, d'entente avec le commandant; Il assure les préparatifs de combat et de feu selon les ordres du commandant; Il effectue le service de parc avant de quitter sa place.
Chargeur. Le chargeur est responsable: de charger correctement l'arme; de choisir les munitions en se référant aux ordres du pointeur; de préparer les munitions et de les répartir judicieusement dans l'abri de combat; d'actionner le levier de sécurité; d'évacuer les douilles en se servant éventuellement de l'appareil d'extraction; de contrôler l'indicateur de recul.
Mécanicien de pièce. Le mécanicien de pièce entretient toute l'installation technique de l'ouvrage. Il est notamment responsable: de contrôler le fonctionnement de l'arme; de diriger l'entretien et le service de parc de l'arme après le tir; d'inspecter la culasse et le système de mise à feu; d'effectuer des réparations dans les limites de ses compétences
Munitionnaire. Il est responsable: de stocker les munitions ainsi que de les préparer; d'assurer d'autres fonctions selon les instructions du commandant.
VISITE DE L'OUVRAGE
L'ouvrage A399 Centi peut être visité toute l'année sur demande. Vous pouvez vous renseigner sur les conditions de la visite au N° de téléphone +4178 606 36 12 ou par e-mail <email-pii>
|Association Fort de Litroz - J.-C. Moret||© 2002 - 2017|