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Fraudes, erreurs de gestion, gaspillage et irrégularités comptables ont entaché le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse entre Pékin et Shanghai. Le Bureau national d'audit de Chine (CNAO) en révèle le détail dans un rapport publié lundi.
Inaugurée en grande pompe en juin 2011, cette liaison ferroviaire, d'un coût de 217 milliards de yuans (32 milliards de francs environ), est présentée comme un symbole de la politique chinoise d'investissements dans les infrastructures.
Mais sa construction a donné lieu à une kyrielle d'échecs, d'erreurs et de pratiques inhabituels, qui représenteraient au total plusieurs dizaines de milliards de yuans de gaspillages.
Ministre limogé
Dans son nouveau rapport, le second consacré au dossier, le CNAO souligne que les irrégularités ont commencé dès l'appel d'offres, en décembre 2007, lorsque le ministère des Chemins de fer a ramené de cinq jours à treize heures le délai prévu pour l'examen préliminaire des dossiers.
L'audit souligne aussi que des matériaux ont été achetés auprès d'entreprises qui n'étaient pas en lice pour le projet de ligne à grande vitesse et à des prix supérieurs à ceux proposés par des entreprises qui avaient remporté l'appel d'offres.
Liu Zhijun, ancien ministre des Chemins de fer, a été relevé début 2011 de ses fonctions de représentant du Parti communiste au sein du ministère pour "graves infractions à la discipline".
Malversations
Le CNAO chiffre par ailleurs à 413 millions de yuans les sommes perdues (60 millions de francs environ) par la décision de modifier les spécifications techniques des pare-brises des locomotives, prise en mars 2011, trois mois seulement avant l'ouverture de la ligne.
Le rapport fait également état de malversations d'administrations locales. Les responsables de la zone de développement économique de Jiangning, à Nankin, auraient ainsi utilisé de faux documents pour réclamer - et obtenir - une indemnisation liée à des expropriations foncières.
ATS