Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07130.jsonl.gz/119

Acquitté, Ségalat est libre!
Justice—
Dossiers
Articles en relation
- «Le doute, ce n’est pas fait pour les chiens»
- Laurent Ségalat, un émotif complexé qui a gagné en assurance
- Qui est vraiment Laurent Ségalat?
- «Les griffures de M. Ségalat étaient fraîches»
- Procès Ségalat: la bataille des experts peut commencer
Partager & Commenter
Mots-clés
Le généticien français Laurent Ségalat, qui risquait 16 ans de prison pour la mort non élucidée de sa belle-mère en Suisse, a finalement été acquitté vendredi au bénéfice du doute par le Tribunal criminel de Renens (canton de Vaud). La cour a estimé que l'agression contre Catherine Ségalat le 9 janvier 2010 à Vaux-sur-Morges (VD), semblait avérée, et qu'il y a des lésions inexpliquées sur Laurent Ségalat. Cependant, pour les juges, les indices n'ont pas été suffisants pour les convaincre de la culpabilité du prévenu, et malgré le travail «extraordinaire» des enquêteurs, l'instruction n'a pas permis de savoir ce qui s'est réellement passé.
Vive émotion
A l'énoncé de la sentence, l'homme qui avait supplié à la fin de l'audience qu'on le sorte «de ce cauchemar», a vacillé et a dû se rasseoir sous le coup de l'émotion. Selon le président du tribunal, le doute était suffisamment «grand pour justifier l'acquittement», une thèse largement défendue par les trois avocats de Laurent Ségalat, qui avançaient la thèse d'une grave chute dans l'escalier pour expliquer la mort de Catherine Ségalat, 66 ans. Les deux filles et la compagne de Laurent Ségalat, qui ont toujours repoussé toute idée de culpabilité du prévenu, ont pleuré de joie à l'énoncé de la sentence, alors que des vivats et un tonnerre d'applaudissements ont éclaté dans la salle d'audience, où de nombreux amis et supporters de Laurent Ségalat avaient pris place. «Nous sommes très heureuses, soulagées et fatiguées», a déclaré la compagne de Laurent Ségalat, à sa sortie de la salle d'audience.
Libéré en fin de journée
Les deux filles devaient chercher leur père à la sortie de la prison de Lausanne, après la levée d'écrou, vendredi en fin de journée. Jeudi, le procureur Eric Cottier avait réclamé 16 ans de prison pour un meurtre, dont le mobile n'avait pas été trouvé par l'enquête, mais ce qui ne signifiait pour autant qu'il «n'existait pas». En outre, le procureur a cité des rapports d'experts, selon lesquels l'intervention d'une tierce personne était très largement possible. Pour l'avocat français Gilles-Pierre Portejoie, les juges se devaient «d'avoir le courage» de prononcer l'acquittement, en l'absence de «mobile, témoignage, preuve, aveu et arme», et cet acquittement ne sera pas selon lui «l'échec de l'institution judiciaire». Le seul point faible reconnu par la défense, c'est le retard pris par Laurent Ségalat pour alerter la police. Laurent Ségalat a en effet attendu presque 3 heures pour avertir la police après avoir découvert le corps de sa belle-mère, la deuxième femme de son père. Il a en outre nettoyé le sang avec de l'eau de javel et s'est changé. Ce comportement incohérent a été mis sur le compte du stress par les avocats. Laurent Ségalat a toujours clamé son innocence, et devrait à présent être libéré d'ici la fin de la journée, conformément à la procédure pénale du canton de Vaud. Le procès a commencé la semaine dernière et a duré 7 jours. Les plaidoiries de la défense ont eu lieu vendredi matin, et ensuite les 5 juges se sont réunis pour délibérer, avant d'annoncer le jugement en fin d'après-midi. Il n'y a plus de jurés populaires dans le canton de Vaud. Laurent Ségalat, un généticien qui a écrit plusieurs ouvrages de référence, est directeur de recherches au CNRS (centre national de la recherche scientifique) à Villeurbanne (centre-est de la France), où il dirige le centre de génétique moléculaire et cellulaire (CGMC).
Procureur "surpris" par le jugement
Dans une première réaction, le procureur Eric Cottier s'est déclaré «surpris» et attend de lire les considérants de la décision. De son côté, Me Jacques Barrillon, avocat de la partie civile, en l'occurrence les soeurs de Catherine Ségalat, intimement convaincues de la culpabilité du prévenu, a indiqué qu'il attendait lui aussi les considérants du jugement. Laurent Ségalat avait été arrêté le soir même du drame, en janvier 2010, et a donc passé plus de 2 ans en détention provisoire. (Le Matin)
Créé: 01.06.2012, 17h38