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Pierre Vanek, député d'extrême gauche, ou comment prendre position sur ce dont on ignore tout
"Il faut refuser ces munitions barbares, contraires au droit international". Voici de quelle manière le député d'Ensemble à Gauche au Grand Conseil genevois Pierre Vanek prend acte d'une décision de ce même Grand Conseil visant à doter la police de munitions correspondant à son travail. Sur le principe, personne ne sera surpris, la gauche ayant pour habitude de se solidariser plus volontiers avec les criminels qu'avec leurs victimes. Néanmoins, dans la mesure où la motion demandant au Conseil fédéral d'autoriser les munitions à déformation contrôlée a été déposée par un élu UDC, je me permets de rappeler quelques points.
Tout d'abord, il faut se souvenir du drame de Bex survenu en octobre 2005 au cours duquel un policier de 29 ans avait été tué. L'agresseur avait ouvert le feu le premier et avait pu continuer à tirer malgré les tirs de riposte des intervenants, tirs qui ne l'avaient mis que tardivement hors d'état de nuire. La Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police avait alors mis en évidence une nouvelle fois l'inadéquation entre les munitions en dotation et le travail de la police.
Les munitions d'alors présentaient plusieurs caractéristiques pour le moins fâcheuses. Tout d'abord, le projectile blindé traversait sa cible sans causer de dégâts importants, l'agresseur, sous l'effet du stress étant susceptible de ne pas se rendre compte qu'il avait été touché. Cette situation constitue naturellement le cauchemar des forces de l'ordre qui voient leur adversaire continuer à faire feu malgré les tirs de neutralisation.
Ensuite, comme on vient de le voir, les anciennes munitions traversaient leur cible sans perdre beaucoup de leur énergie de départ, ce qui les rendaient encore dangereuses pour les personnes se trouvant au troisième plan, c'est-à-dire derrière l'individu visé. Les innocents passant par-là étaient ainsi mis en danger de mort par un tir de riposte des forces de l'ordre, même si celui-ci avait bien atteint son but. Les intervenants se trouvaient dès lors dans une situation pour le moins délicate puisque leur choix se limitait à ne pas tirer et laisser le criminel procéder comme il l'entendait ou le réduire au silence en espérant que personne ne serait touché plus loin. Cornélien.
Autre inconvénient majeur, un projectile blindé ricoche volontiers sur n'importe quel obstacle présentant une certaine résistance. Dans la mesure où l'essentiel des échanges de coups de feu se déroule en milieu urbain, il est évident qu'une balle en liberté va trouver bon nombre d'éléments susceptibles de rendre sa trajectoire des plus aléatoires malgré un tir précis. De ce fait, la population se trouve en danger bien au-delà de la zone de tir.
Pour toutes ces raisons, le Conseil fédéral avait autorisé l'usage de munitions répondant clairement aux besoins des forces de l'ordre, ce qui avait suscité déjà à l'époque l'ire d'Amnesty International. Là encore, personne n'avait été surpris, ce noble organisme ayant lui-aussi tendance à se préoccuper des malfaiteurs et non de leurs proies. Aujourd'hui, Amnesty International revient avec les mêmes arguments, à savoir que "ce type d'armes est interdit par le droit international, ensuite parce que la Suisse est Etat dépositaire des Conventions de Genève. L'usage de ces munitions (leur) paraît disproportionné". Il est vrai que les conventions internationales proscrivent les munitions déformantes en cas de conflit mais rien n'est dit en temps de paix, les Etats étant libres de choisir ce dont ils vont doter leurs forces de l'ordre.
En résumé, les nouvelles munitions sont de nature à neutraliser plus rapidement un agresseur, donc propres à réduire son potentiel de nuisance, tant pour la police que pour la population qui peut être atteinte par une balle perdue. Les projectiles dépensent la totalité de leur énergie initiale dans la cible et ne poursuivent plus leur course dangereuse au hasard, ceci d'autant plus que le risque de ricochets est nettement plus faible. Agresseur neutralisé, population préservée, voici ce à quoi Pierre Vanek et ses acolytes s'opposent. Les camarades ont choisi leur camp.
Genève, le 12 juin 2017, Céline Amaudruz, Conseillère nationale UDC