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La Croix-Blanche de Posieux et son histoire
La Croix-Blanche a été construite en 1752. Elle était encore récente lorsqu’elle fut le témoin des jours sombres de la révolution de Nicolas Chenaux, en mai 1781. Signalons à ce propos que Nicolas Chenaux en vue de marcher sur Fribourg, avait installé son poste de commandement à la Croix-Blanche, dans « une annexe du côté bise » comme disent les chroniques du temps. Cette annexe est devenue le « salon rouge » du restaurant, lieu fort accueillant et propice à la gastronomie.
En 1852 la situation politique est grave. Une grande assemblée conservatrice réunissant environ 18’000 personnes se tient sur la colline du Sapex, non loin de l’auberge. A ce propos les anciens racontaient que le tenancier d’alors avait abattu beaucoup de bétail en prévision de cette journée ; mais il n’avait pas prévu que nombre de participants auraient pris de quoi se ravitailler avec eux. Site à cette malheureuse appréciation, le tenancier fit faillite.
Autrefois, l’auberge était aussi le relais de la poste entre Berne et Vevey. Dix-huit chevaux pouvaient y stationner. Avoine et fourrages étaient entreposés dans l’immenses greniers.
Dans les années 20, la société de musique est propriétaire de l’Hôtel de la Croix-Blanche et grâce aux théâtres, la fanfare pouvait couvrir ses frais car les locations ne suffisaient pas. Puis le café de Posieux fut vendu à M. Bussey.
A Posieux la bénichon était toujours très fréquentée. On installait sur l’actuelle place de parc qu’ombragent les platanes, un pont de danse et de petites tables. Le bal était organisé par la jeunesse de Posieux et Ecuvillens d’entente avec le tenancier. La fête durait trois jours.
Au début de la guerre 39-45, le nouveau propriétaire de l’Hôtel de Posieux, M. Broch, fit construire une grande salle ce qui incita toutes les sociétés à organiser lotos, théâtres, concerts et banquets dans ces nouveaux locaux.
Un événement marqua l’année 1935, année où l’on changea de tenancier. Nous sommes le lundi de Pâques. Il neige. La jeunesse des deux villages dresse le sapin traditionnel, un arbre énorme qui dépasse de six mètres le faîte de l’auberge. Auparavant, le sapin a parcouru en cortège, conduit par la jeunesse, les villages d’Ecuvillens et de Posieux. Elle est reçue par le tenancier reconnaissant et, dans la vielle salle du premier étage, c’est la fête !
Le « jeu du tonneau « se pratiquait aussi à l’auberge de Posieux. De jeunes et intrépides cavaliers galopaient en faisant le tour de l’auberge et, armés d’une courte lance, ils tentaient, par un coup bien ajusté, de réduire en miettes un tonneau de bois dressé sur un piquet. La disparition des chevaux dans les écuries d’Ecuvillens et de Posieux amena aussi, celle du jeu du tonneau.
La Croix-Blanche fut détruite par un incendie dans la nuit du 26 au 27 décembre 1990. Pour ceux qui ont vécu avec l’auberge de la Croix-Blanche, son incendie a revêtu un caractère d’une véritable catastrophe. Le feu a importé avec lui sa grande façade de sapin bruni au soleil, au typique style fribourgeois, dont l’effigie illustrait le diplôme cantonal de cafetier restaurateur, signe que la Croix-Blanche passait pour l’une des plus belles auberges du canton de Fribourg. (Source Memento 1976)
Mme Julia Galley nous raconte brièvement l’histoire de l’ établissement depuis cet incendie.
Mon arrière-grand-mère Ida Buchilly et son époux Ernest ont racheté la Croix-Blanche en 1952 qui était à l’époque un relais postal, ainsi qu’un lieu reconnu pour ses bals du dimanche. Le célèbre comédien Louis de Funès a même tourné une séquence du film « Dans l’eau qui fait des bulles » à la table principale du café. Leur fils, Bernard Buchilly (diplômé de l’Ecole Hôtelière) a par la suite repris l’établissement. La Croix-Blanche a brûlée entièrement à Noël 1990. Bernard Buchilly tiendra la Croix-Blanche version « pavillon », le temps de reconstruire le bâtiment actuel, toujours accompagné de ma tendre grand-maman Lilie. Bernard Buchilly aura la bonne idée et l’audace de créer la première micro-brasserie de la région, alors sous le fief de Cardinal. Mon père François (alors neveu de Bernard et petit-fils d’Ida) et Mireille, auront l’opportunité de reprendre l’établissement en 2004. Fin 2017, Mireille et François inauguraient le dernier de l’aventure : notre Hôtel-Résidence, niché au cœur de notre jardin. Camille et moi avons rejoint l’aventure en 2018.