Document ID: /curiavista/filtered/00000.jsonl.gz/134512

<h2>SubmittedText<h2><p>Le Conseil fédéral est chargé de procéder à une évaluation scientifique portant sur l'utilité ou non des médicaments de la famille des statines dans la prévention primaire et la prise en charge (prévention secondaire) des maladies cardiovasculaires. Il voudra bien veiller à n'impliquer dans ce travail que des personnes strictement indépendantes de l'industrie pharmaceutique et disposant d'une expertise dans le domaine des études scientifiques, tant du point de vue de la méthodologie que de l'analyse scientifique des résultats. Leur mission consistera à revoir l'ensemble des études portant sur le sujet et de réaliser une synthèse objective des résultats.</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Les maladies cardiovasculaires constituent les cas de maladie les plus fréquemment diagnostiqués en Suisse, et les médicaments indiqués dans leur traitement figurent en deuxième position sur la liste des médicaments les plus prescrits. En 2010, les maladies cardiovasculaires représentaient la première cause de mortalité en Suisse, provoquant près de 35,1 % des décès. Il est donc impératif de mettre l'accent sur la prévention et le traitement de ces maladies.</p><p>L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) établit la liste, avec prix, des préparations pharmaceutiques et des médicaments confectionnés (liste des spécialités, LS) qui sont remboursés par l'assurance obligatoire des soins (AOS), en vertu de l'art. 52, al. 1, let. b, de la loi fédérale du 18 mars 1994 sur l'assurance-maladie (LAMal ; RS 832.10). Un médicament peut être admis dans la LS s'il dispose d'une autorisation valable de l'Institut suisse des produits thérapeutiques, Swissmedic, et s'il est efficace, approprié et économique. L'OFSP réexamine ces trois critères périodiquement (art. 32 LAMal), y compris lorsque de nouvelles découvertes l'exigent. Plusieurs médicaments contenant en tout six substances actives de la famille des statines figurent actuellement sur la LS. Le brevet a expiré pour la plupart de ces substances, et des génériques, moins chers, sont désormais disponibles en plus des préparations originales.</p><p>Différents travaux sur l'état des recherches portant sur les statines ont été publiés dans des revues scientifiques de renom. L'un d'eux, très complet, analyse les résultats de quatorze études randomisées et contrôlées ayant impliqué quelque 90 000 participants ; ses auteurs proviennent des universités d'Oxford et de Sydney. La plupart des études se sont déroulées de la manière suivante : la moitié des participants prenaient un médicament contenant des statines, l'autre un placebo. Puis l'on a observé, sur plusieurs années, dans quel groupe les cas de maladies secondaires étaient les plus nombreux. Les résultats ont prouvé que les statines abaissaient le risque de maladies subséquentes à des troubles cardiovasculaires et augmentaient l'espérance de vie. Ces dernières années, plusieurs institutions indépendantes chargées d'évaluer l'utilité et l'économicité des médicaments et d'élaborer des directives sur le traitement des maladies se sont penchées sur l'utilisation des statines dans la prévention primaire et secondaire des maladies cardiovasculaires. Les recommandations actuelles en matière de traitement émises par ces institutions reconnues, à l'image du National Institute for Health and Care Excellence (NICE) en Angleterre, de l'Institut für Qualität und Wirtschaftlichkeit im Gesundheitswesen (IQWiG) en Allemagne et de la Haute Autorité de santé France (HAS), convergent toutes vers la même conclusion : les statines diminuent le risque d'infarctus et d'accident vasculaire cérébral chez les personnes atteintes de maladies coronariennes et augmentent leur espérance de vie. Ces recommandations ont été émises sur la base d'une évaluation objective de la situation et confirment que la prescription de statines constitue un traitement efficace et économique. Par ailleurs, dans un communiqué du 14 février 2013, la HAS a réagi à l'annonce de la parution d'un ouvrage critique à l'égard des statines, en réaffirmant que les résultats d'une étude menée en 2010 avaient montré qu'un traitement aux statines faisait baisser la mortalité de 10 % et réduisait le risque d'accident cardiovasculaire. La HAS considère donc qu'il est primordial d'abaisser le taux de lipoprotéines de basse densité chez les personnes présentant un risque supplémentaire en raison d'un diabète, d'une hypertension, du tabagisme, etc. (prévention primaire) et chez les patients ayant eu une maladie coronarienne ou un accident cardiovasculaire (prévention secondaire).</p><p>L'utilité et la sécurité des statines sont déjà bien documentées. La prise en charge de ces médicaments par l'AOS est donc pertinente et justifiée. Pour toutes ces raisons, le Conseil fédéral considère qu'il n'est pas nécessaire de procéder à une nouvelle étude scientifique.</p>  Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.