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Les gens de Vérossaz ne portent plus un costume particulier. Dans un cahier valaisan du folklore, le pharmacien J.-B. BERTRAND dit ceci : "Jusque vers 1890, les femmes se coiffaient du chapeau national dit falbala et portaient la robe en drap du pays, noir ou brun, informe et raide, mais relevée par un fichu et un tablier de soie de couleur foncée chez les personnes d'âge mûr et vive pour la jeunesse. Des bas de laine aux teintes claires et des souliers bas à boucles complétaient ce pittoresque ensemble".
Quant aux hommes, ils portaient casquette de drap ou bonnet de laine, culotte courte et une veste de couleur bleue, plus tard une camisole de grosse toile bleue. Le dimanche, ils revêtaient la "tardeine" habit à lames garni sur le devant d'une double rangée de boutons; le pantalon de gros drap était à pont-levis dans sa partie antérieure et se boutonnait sur les "flancs".
Une ordonnance somptuaire de l'abbé CLARET fut publiée à la criée dominicale du 27 juillet 1741 qui interdisait aux femmes de porter des "cottins", jupons peu modestes et peu favorables à la pudeur et leur enjoignait de se servir des habits accoutumés. Ce brave abbé, se retournerait dans son caveau s'il lui était donné de voir par quoi ont été remplacés les "cottins" qu'il stigmatisait.
C'est curieux de constater que l'habit des ancêtres, de même que les armes anciennes, les coffres, les objets en cuivre ou en étain, en bois ouvragé, reliques de valeur, aient presque totalement disparu des armoires familiales ou des galetas. A la mode du jour et sans le costume, les jeunes filles de Vérossaz demeurent très jolies et leurs charmes ne laissent pas insensibles les jeunes garçons.
Les sobriquets
Les localités du Valais romand ont un sobriquet dont l'origine demeure douteuse et l'explication parfois farfelue. C'est ainsi que les habitants de Vérossaz se dénomment "Les Bulgares", baptême qui aurait fait suite à une bagarre de café. Ce mot s'apparente à bougre dont nous ne retiendrons que l'acception positive en disant que les Véroffiards sont de bons bougres, bien connus pour leur générosité, leur sens de l'accueil et de l'hospitalité.
Dans les villages et les petites agglomérations, il n'était pas rare de trouver, antan, des familles du même nom et au sein de celles-ci des prénoms identiques. C'est pour éviter toute confusion que sont apparus les sobriquets aujourd'hui en voie de disparition. Citons discrètement, par souci de respecter l'anonymat, quelques sobriquets que nous avons eu plaisir à découvrir et à savourer et qui permettront à la nouvelle génération de questionner avec curiosité :
Pite - La Piatte - Les Tantey - Joson - Pordè - Les Rè - Petiton - Frambole - Moka - Les Ninans - Contier - Carneufle - Le Broyu - Les Nains - La Taure - Moerition - Baptiston - Boedzanion - Brèle - Tepené - Tschambon - Millon - Les Pons - Dzenloyin - Moeritien - Le Moeute - Les Bagnas - Borra - Gaspa - Les Dzaques - Bollin - Pétard - Le Tasson - Djean-Metché - Le Boergue - Dabadè - Les Dzé - Bochera - Couchela - Jaqui - La Niose - La Fifelette - Tsapuis.