Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06999.jsonl.gz/370

28/01/2016
Soif et brûlures (3, à suivre)
Ce jour-là aussi, Nikolaï quitta son travail à vingt et une heures au lieu de dix-huit heures et demie comme d'habitude.
Neuf heures du soir, c’est trop tard pour acheter quoi que ce soit, se dit-il en pensant à vieille Kazakhe du coin qui quittait son lieu de vente aux alentours des huit heures.
Que faire alors? Il n’y avait rien à faire. Car Nikolaï s’était juré d’aider cette pauvre personne, qui ne touchait qu’une misérable retraite et était obligée de vendre des fruits et des légumes dans la rue pour survivre, en lui achetant quotidiennement des tomates et des concombres.
Nikolaï rentra donc à la maison les mains vides.
Son père dormait dans son fauteuil, au salon. Il s’était endormi en regardant la télévision. Sans doute en écoutant un discours ou un débat politique.
Fédor Tsouliakov n’aimait pas les élus du peuple. Il trouvait qu’ils paraissaient trop sérieux pour être sincères et que la plupart de leurs projets ne voyaient jamais le jour.
Mais il trouvait aussi qu’ils faisaient un métier difficile et dangereux et qu’il fallait les respecter pour cela.
Alors à chacune de leurs interventions télévisuelles ou radiophoniques, il s’endormait. C’était sa façon à lui de respecter ces hommes au comportement hors du commun sans trop les critiquer. C’est-à-dire: honorablement sans la moindre admiration...