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Depuis l’éclatement de la crise financière globale en 2008, les banques centrales sont perçues (et se croient) comme des institutions toutes puissantes, capables de sauver le monde de toute sorte de cataclysmes, eux-mêmes induits par des facteurs endogènes au système économique. La crise économique liée à la pandémie, de même que la crise énergétique associée à la guerre en Ukraine, peuvent être résolues, semble-t-il, par l’intervention des banques centrales mobilisant plusieurs instruments (non-)conventionnels comme les taux d’intérêt et les «assouplissements quantitatifs». Ces derniers consistent à émettre des volumes exorbitants de monnaie centrale en vue de préserver l’ensemble de l’économie d’une crise systémique – comme celle éclatée suite au dépôt de bilan de la banque d’affaires Lehman Brothers aux États-Unis le 15 septembre 2008.
Or, en fait, depuis la contre-révolution néolibérale des années 1980 qui a rendu les banques centrales indépendantes des gouvernements (entendez qu’elles ne peuvent plus contribuer à financer les déficits publics en achetant les obligations d’État sur le marché primaire), les banques centrales se posent en soutien des institutions financières, intervenant constamment sur les marchés financiers pour en garantir les profits (y compris ceux des fonds spéculatifs), mais également afin d’en éviter une mise en faillite susceptible de déclencher une crise financière systémique à l’échelle de l’économie globale.
Cette transformation du rôle des banques centrales les a par conséquent détachées de la société réelle pour leur permettre de se consacrer au service des intérêts particuliers de la finance de marché. Toutefois, cela ne saurait que nuire à l’intérêt général par sa contribution à accroître l’instabilité financière au lieu d’agir pour le bien commun en soutenant les investissements publics ainsi que la transition écologique de l’économie dans son ensemble.