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Le faible prix du pétrole n'est pas répercuté au poste d'essence. Microsoft l'emporte sur Apple en bourse.
Déception imprévue: les chiffres de la croissance suisse publiés hier (-0,2% en glissement trimestriel) sont dus à maints facteurs spéciaux, comme le secteur pharma en baisse, les échanges commerciaux fléchissants en raison de la chaleur estivale et le recul des livraisons automobiles. Mais les exportations ont déjà bien rebondi en octobre. Par ailleurs, les entreprises restent optimistes et souhaitent augmenter les investissements et les effectifs. L'indice des directeurs d'achat de la semaine prochaine devrait confirmer la vigueur de l'économie suisse. Dans le même temps, le taux d'inflation anticipé de 1,1% devrait à nouveau indiquer que la Suisse ne subit pas de pressions inflationnistes.
Toujours est-il que le très faible prix du pétrole ces derniers temps reste (toujours) bien plus cher aux postes d'essence. Les automobilistes devraient l'avoir remarqué: le cours du pétrole brut a baissé de plus de 30% sur les marchés à terme depuis début octobre, mais son prix ne bouge pas dans les stations-service. Cause principale: la sécheresse de cette année. En raison du faible niveau d'eau du Rhin, les coûts du transport des marchandises ont pris l'ascenseur. Pour le moment, pas de changement en vue.
La situation de l'offre sur le marché du pétrole brut occupera aussi l'OPEP lors de sa prochaine réunion à Vienne. Pour seulement 60 dollars à l'heure actuelle par baril de Brent, le cartel a sans doute intérêt à voir les prix se stabiliser. A ces niveaux-là, la production de pétrole brut n'est guère plus une bonne affaire pour de nombreux pays. L'Arabie saoudite sera en ligne de mire: elle a de nouveau augmenté sa production de plus de 10% cette année au vu des sanctions prises contre l'Iran. Si le pays dominant au sein de l'OPEP arrive à l'unanimité de ses camarades et à leur faire réduire la production, le prix du pétrole devrait reprendre, du moins à court terme.
Cette semaine, on a eu sur les marchés des actions un avant-goût du rallye de fin d'année auquel aspire bon nombre d'investisseurs. Le président de la Fed, Jerome Powell, en a été l'initiateur. Dans un discours, il a souligné que le taux directeur s'approchait de la zone «neutre». Du coup, les acteurs sur les marchés financiers qui s'attendaient à de nouvelles hausses des taux ont dû nettement revoir leurs perspectives. En effet, l'impact de la politique monétaire plus restrictive se voit déjà, ici et là, ce qui explique pourquoi la Fed préfère se montrer prudente. Par exemple, sur le marché du logement: les hypothèques plus onéreuses freinent la demande. Mais dans l'ensemble, la reprise aux USA demeure intacte et les chiffres du marché de l'emploi vendredi prochain devraient en faire état. Néanmoins, toute mauvaise nouvelle si tardive dans le cycle économique alerte rapidement les investisseurs. Dans l'exemple d'Apple, les inquiétudes liées à la faiblesse des ventes d'iPhone ont fait baisser le cours de l'action d'un quart ces deux derniers mois. Valant plus d'un milliard de dollars cet été encore à la Bourse, Apple a momentanément dû céder son rang de société la plus valorisée au monde: pour la première fois depuis 15 ans, Microsoft se trouve en tête du classement, du moins temporairement.
Capitalisation boursière d'Apple et de Microsoft, en mia USD
Il y a un an, la promotion autour du Bitcoin et les crypto-monnaies battait son plein. Fin novembre 2017, la pièce digitale la plus célèbre coûtait un peu moins de 10'000 dollars. Le prix a ensuite doublé de nouveau en trois semaines seulement. Ensuite, survint la chute. Ces derniers jours, le cours du Bitcoin est retombé par moments sous la barre des 4'000 dollars. Depuis l'escalade, la perte de valeur dépasse plus de 80%. En effet, la valeur de toutes les monnaies digitales connues – à présent, plus de 2'000 – a fléchi pendant la même période, passant de 830 milliards de dollars à seulement 130 milliards. Cette évolution des cours ressemble à celle d'autres bulles de placement par le passé. Par exemple, la montée et la chute du marché boursier japonais au début des années 1990, ou la bulle technologique de l'indice américain NASDAQ au tournant du millénaire.
Bitcoin, en USD
L'effondrement des prix est dû à de nombreuses raisons. La communauté des développeurs notamment se dispute de nouveau ces derniers temps: la monnaie sœur du Bitcoin, le «Bitcoin Cash», va sans doute être scindée techniquement et les investisseurs appréhendent que le marché global des monnaies digitales ne se stabilise.
Par ailleurs, il y a une perte de confiance en général. Certes, les pièces digitales servent d'objets spéculatifs, mais elles sont quasiment inutilisables comme moyen de paiement, et le Bitcoin en particulier. Il ne constitue donc pas un moyen d'échange universel. On peut même l'acheter au distributeur de billets des CFF. Malgré l'euphorie manifeste, seule une centaine d'endroits en Suisse acceptent la plus grande crypto-monnaie. En plus, les Bitcoins ne sont pas des unités de calcul: même les amateurs des pièces digitales les évaluent en dollars américains ou en euros. Enfin, les Bitcoin & Cie constituent guère un moyen approprié permettant de préserver les valeurs car trop variables. Par ailleurs, l'architecture du Bitcoin n'est pas adaptée au marché de masse. En effet, une seule transaction prend environ sept secondes, alors que le réseau du prestataire VISA traite jusqu'à 4'000 transactions dans ce même laps de temps. Le Bitcoin est encore plus discutable au vu de sa consommation d'électricité. L'exploitation du réseau et la «création» de nouvelles pièces consomment presque autant d'électricité par an que la Suisse entière. Une transaction en Bitcoin nécessite, à elle seule, plus d'énergie que 300'000 paiements VISA.
Le crash du Bitcoin confirme notre avis plutôt sceptique à l'égard des crypto-monnaies en tant qu'outil de placement. Mais nous considérons que la technologie sous-jacente dite de «blockchain» est prometteuse. Celle-ci permet un traitement rapide, sécurisé et transparent des transactions de données, et pourrait servir à l'avenir pour des opérations boursières, par exemple.
Une autre application a été récemment présentée par une société genevoise: un smartphone blockchain semble permettre l'échange sécurisé de messages électroniques et vocaux. Cet exemple ne fait pas exception. La Suisse occupe une position de leader mondial dans les activités en matière de blockchain. De plus en plus d'entreprises se penchent sur cette technologie, et ce sont souvent des start-ups qui s'y attellent.
Le pionnier est la ville de Zoug, qui s'est imposée comme la «crypto valley» en Suisse: la première autorité dans le monde à accepter, en 2016 déjà, le Bitcoin comme moyen de paiement.
Consommation annuelle en térawattheures