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COURSE A PIED A 63 ans, le Pulliéran William Gargiullo vient d'intégrer le club très restreint du Grand Slam en courant un marathon sur les 7 continents du monde ainsi que sur le pôle Nord. S'il devient ainsi le 82e sportif mondial à réaliser l'incroyable exploit, il est surtout le 2e Suisse de l'histoire. Quelques jours après son retour du marathon d'Atacama en Amérique du Sud, il évoque pour Le Régional cet accomplissement hors normes.
Jonathan Corbillon
Le Super-marathon du Sahara marocain (Afrique, 1992, 140 km en 4 étapes), le marathon de Boston (Amérique du Nord, 2015), celui d'Atacama (Amérique du Sud, 2017), de l'Everest (Asie, 2007), de Melbourne (Océanie, 2016), les 100 km du Pôle Sud (Antarctique, 2016) et de Bienne (Europe, 1980 à 2000) et enfin, le marathon le plus froid du monde sur la banquise du Pôle Nord; voilà le palmarès de ce pré-retraité assoiffé de nouveaux défis. Le 16 novembre dernier, il terminait ainsi une boucle qui semblait impossible lors de ses débuts. Et d'ailleurs, William Gargiullo n'a jamais choisi la solution de facilité.
Lorsque nous nous penchons un peu sur vos statistiques, ce sont plus de 125'000 km d'entrainement et environ 7'500 de compétition...
> La plus grande réussite est surtout de ne m'être jamais blessé! Ceci est principalement dû au fait que j'évite l'intensité de l'effort. A l'entrainement, je cours à 70% de mes capacités et lors des marathons de préparation, jamais plus de 85%. Ce qui m'importe dans ce projet, c'est de pouvoir courir le plus longtemps possible dans ma vie; la performance n'est pas primordiale dans mon cas. «Ecouter son corps» est la clé du succès!», avoue avec humilité l'indestructible champion.
Quels sont vos meilleurs et pires souvenirs dans ce périple?
> Tout repose sur la forme que vous tenez le jour de la course. Une chose est sûre, toutes les courses ont été difficiles et c'est ce que j'apprécie. J'adore sortir de ma «zone de confort». L'arrivée des 100 km du Pôle Sud de l'année passée a été particulièrement émotionnelle pour moi. En contrepartie, je dirais que le marathon de Melbourne a été un vrai cauchemar, car j'étais malade. Une grande fierté reste le Marathon de l'Everest. C'est en effet le plus dur que j'ai eu à faire; la marche d'approche pour atteindre le camp de base de la montagne a duré une douzaine de jours. Il faut ensuite bien sûr courir 42,195 km à plus de 5'000 m.
Comment s'entraine-t-on à de telles courses; quel est votre secret?
> Oh, je n'ai pas de secret! (rires) Dans mon cas, seuls le travail et le mental sont les clés pour atteindre les objectifs fixés. En principe, je prévois un objectif par an. Par exemple pour le dernier en date, Atacama, j'ai préparé la course pendant 9 mois, à raison de cinq entrainements par semaine. Puis je participe à trois marathons de préparation (cette année: sur le lac gelé Baïkal en Sibérie, celui de Zermatt et celui de la Jungfrau). La récupération, à mon âge, est très importante, c'est pourquoi je me repose quand même quelques jours après l'objectif!