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Prise en charge des personnes avec incongruence de genre : le point de vue de l’endocrinologue
Rev Med Suisse
2021; volume 17.
24-28
Résumé
Les soins médicaux offerts aux personnes avec incongruence de genre méritent d’être optimisés. La nouvelle Classification internationale des maladies, 11e version, de l’OMS, présentée cette année, classe l’incongruence de genre parmi les « conditions liées à la santé sexuelle », et non plus dans les « troubles mentaux et du comportement ». Sur le plan endocrinien, les traitements hormonaux d’affirmation de genre permettent d’induire des changements physiques correspondant à l’identité du genre, mais des études d’efficacité et sécurité de meilleure qualité et au long cours sont nécessaires. La prise en charge de cette population par une équipe spécialisée et multidisciplinaire et l’amélioration de la formation du corps médical sont des mesures indispensables pour le futur.
IntroductionContrairement au terme « sexe biologique », qui décrit les caractéristiques physiques différenciant le féminin du masculin, et qui est assigné à la naissance, le terme « identité du genre » concerne la perception d’être de la personne en tant que femme ou homme. De ce fait, le terme « transgenre » décrit, selon l’Association américaine de psychiatrie (American Psychiatric Association), une « personne qui s’identifie à un genre différent du genre natal », alors que l’Association mondiale des professionnels de santé des personnes transgenres (World Professional Association for Transgender Health (WPATH)) utilise ce terme pour décrire les « personnes qui traversent les catégories de genre culturellement prédéfinies ». L’identité du genre est perçue comme un continuum, variant du masculin au féminin, mais peut se situer entre les deux et se définir comme « non binaire ».1La « dysphorie de genre » se réfère alors à l’incongruence entre l’identité de genre d’une personne et...