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No 59 – Alexandre Vinet (1797-1847)
Sa vie
Alexandre Vinet naît à Lausanne le 17 juin 1797. À peine achevées ses études de théologie, il va s’installer à Bâle pour y enseigner le français puis la littérature française. Dès 1830, sa collaboration régulière à la revue protestante et parisienne Le Semeur assied sa réputation de critique littéraire, et ses Discours sur quelques sujets religieux (1831), plusieurs fois réédités, et bientôt suivis d’autres publications du même type, le posent comme l’un des penseurs religieux avec lesquels il faut désormais compter.
Bien que consacré au ministère pastoral, Vinet n’en vient jamais à l’exercer. Cela n’empêche pas l’Académie de Lausanne de l’appeler en 1837 à occuper sa chaire de théologie pratique. En 1842, il défend sans concessions le principe d’une nécessaire et complète séparation de l’Église et de l’État. Or la révolution radicale qui prévaut dans le canton de Vaud en 1845 veut précisément mettre les pasteurs au pas de sa politique. Il n’en faut pas plus pour que la thèse séparatiste de Vinet devienne le programme de nombreux pasteurs et d’une partie des fidèles qui, en 1847, fondent une Église libre, indépendante de l’État, et complètement distincte de l’Église nationale. Gravement atteint dans sa santé, Vinet a tout juste le temps d’assister à la mise en place de cette Église conforme à ses principes, avant de s’éteindre le 4 mai 1847.
Son œuvre et sa pensée
Vinet se caractérise comme un penseur religieux dont la pensée s’est forgée dans sa fréquentation des œuvres littéraires beaucoup plus qu’à l’école des théologiens, mais au gré d’une réflexion toujours fermement ancrée dans la foi évangélique.
Éducateur, Vinet a voulu mettre ses élèves en contact direct avec les meilleurs représentants de la langue et de la pensée. Sa Chrestomathie française (3 vol.) est restée longtemps un modèle de manuel pour l’apprentissage de la langue. Parallèlement, il a insisté sur la nécessité de donner une solide instruction aux femmes, allant jusqu’à collaborer à l’ouverture à leur intention d’une école qui, à Lausanne, porte encore son nom.
Deux phrases de Vinet sont passées à la postérité : « Je veux l’homme maître de lui-même afin qu’il soit mieux le serviteur de tous », et : « Là où l’erreur n’est pas libre, la vérité ne l’est pas non plus ».
Par ses écrits, Vinet a influencé l’ensemble du protestantisme d’expression française pendant près d’un siècle. Il a ancré en lui l’idée que le christianisme, fait d’un attachement tout personnel et quasi mystique à la personne et au message de Jésus-Christ, est avant tout un fait de conscience et de pensée.
Source: http://www.museeprotestant.org/notice/alexandre-vinet-1797-1847/