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VIRGINIA ARIU (IT, 1992)
Période de résidence : juillet 2023
La recherche que j’ai initiée à La Becque s’inspire des caustiques, ces rayons lumineux qui se réfractent à travers une surface, pour créer des projections hybrides entre sculptures et photographies. En établissant des parallèles avec l’un des livres d’Italo Calvino, « Six Memos for the Next Millenium » (1988) dans lequel l’écrivain examine les vertus de la légèreté, qu’il considère comme l’une des qualités les plus importantes de la littérature, et envisage la manière de les projeter dans l’avenir, le travail que j’ai présenté aux Open Studios élaborait une transposition visuelle de la compréhension littéraire de Calvino de la légèreté, en englobant les deux aspects du terme : la luminescence et la soustraction de poids.
Dans le premier mémo, « Lightness », Calvino imagine une ère dans laquelle des « bits en apesanteur » voyagent le long des circuits comme des impulsions électroniques dans un flux d’informations. Suivant ce principe, mon projet utilise la technologie développée par Rayform, une spin-off de l’EPFL, qui a créé un algorithme informatique capable de générer des surfaces modelées par la lumière. Comme un fantasme de dématérialisation réactivé pour une ère cyberspatiale, l’œuvre est elle-même une note, ou un avant-projet, pour la création d’une analogie moderne de « l’allégorie de la caverne » à l’ère des images générées par ordinateur. Le projet présente une dimension onirique où la grotte devient un univers fictif qui ne tient pas compte de la continuité pour remodeler ses personnages, ses intrigues et son histoire à partir de zéro. Les images, à l’instar des réfractions, se dissipent dans des motifs ondulés comme si elles étaient adjacentes à l’eau. — Virginia Ariu
Prenant la forme d’installations qui englobent divers médiums, dont la sculpture, la photographie, les collages et les readymades, le travail de Virginia Ariu explore les relations humaines et examine comment l’intimité, la réciprocité et les affiliations sociales se manifestent dans les systèmes créés par l’homme tels que l’architecture, l’infrastructure et la technologie. À l’aide de différents types de matériaux et d’images préexistantes qu’elle réutilise en se concentrant sur leurs aspects spatiaux et conceptuels plutôt que sur leurs limites, Virginia Ariu créé des récits qui traitent de l’accessibilité, de la vulnérabilité et de la transition. Par le biais de variations, d’altérations et de réarrangements, Virginia Ariu confère de nouvelles significations aux signes et aux symboles établis, engageant les spectateur·rice·x·s dans un processus de remise en question tout en conservant une dimension subjective.
1-3: Virginia Ariu, La Becque, photos Matthieu Croizier
4-10: Virginia Ariu, La Becque Open Studios, photos Aurélien Haslebacher et Virginia Ariu