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Impossible pour un adulte daltonien de pouvoir un jour distinguer le rouge et le vert ? Peut-être pas. Chez le singe écureuil en tout cas, une espèce chez laquelle le mâle est dichromate car déficient en gène de l’opsine L (rouge), ce handicap visuel est réversible par thérapie génique.1
L’expérience a consisté à injecter au niveau des cellules photoréceptrices de la rétine, chez deux singes mâles adultes, un vecteur viral porteur du gène humain codant pour l’opsine L et de son promoteur. Cinq mois après, les singes étaient capables d’effectuer des jeux sur ordinateur comportant seize nuances de couleur, contrairement à leurs congénères non traités. L’injection qui a eu lieu il y a deux ans est, depuis, sans effets secondaires ; les animaux sont toujours sous surveillance.
On ne peut évidemment pas être sûr que les singes « voient » notre vert ou notre rouge. Toujours est-il qu’après la thérapie, ils ont pu distinguer des éléments qui leur étaient auparavant invisibles.
Un espoir apparaît donc pour une correction chez l’adulte, malgré la mise en place définitive des connexions neurales, de ce défaut génétique qui affecte dans leur vie quotidienne un homme sur douze et une femme sur 230. Ces résultats rappellent ceux qui avaient été obtenus chez la souris dans l’achromatopsie et chez le chien dans l’amaurose congénitale de Leber, et confirment les grandes possibilités de la thérapie génique dans les maladies de la vision.