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Le Credit Suisse fait partie des nombreux plaignants dans cette procédure dirigée contre son ex-gestionnaire de fortune (archives).
KEYSTONE/WALTER BIERI(sda-ats)
Le procès d'un ancien gestionnaire de fortune du Credit Suisse s'ouvre lundi devant le Tribunal correctionnel de Genève. Le prévenu, 54 ans, est poursuivi pour avoir détourné des dizaines de millions de francs. Les débats doivent durer jusqu'au 26 janvier.
La principale victime de l'escroquerie est l'ex-premier ministre géorgien Bidzina Ivanishvili. Le milliardaire a fait fortune lors de l'effondrement de l'URSS en se lançant dans la banque. Dans cette affaire, il a perdu pour environ 150 millions de dollars, qui ont été siphonnés sur ses comptes par le gestionnaire indélicat.
L'accusé a détourné cet argent à son profit ou pour renflouer les comptes de certains de ses autres clients afin de leur cacher les pertes qu'ils avaient subies à la suite de la crise de 2008 ou de ses mauvaises décisions. Le but du prévenu était de conserver ses clients, car sa rémunération dépendait en partie de ses résultats.
L'ancien gestionnaire a aussi procédé à des transactions et des investissements avec les fonds de Bidzina Ivanishvili, sans le consentement de ce dernier. Il a ainsi pu percevoir à l'insu de tout le monde des commissions liées à ces opérations, dont certaines se sont soldées par des pertes importantes.
Un ex-sénateur trompé
L'ancien sénateur russe Vitaly Malkin, un ami et ex-associé en affaires de Bidzina Ivanishvili, est l'autre personnalité qui se trouve malgré elle impliquée dans cette affaire. L'accusé avait la responsabilité de la gestion de l'argent de l'oligarque. Il lui a acheté sans autorisation des titres qui ont perdu de leur valeur.
Pour couvrir les pertes subies par Vitaly Malkin, le prévenu a vendu ces titres à Bidzina Ivanishvili à un prix supérieur au marché. Selon l'acte d'accusation, le gestionnaire a agi ainsi pour "conserver sa clientèle et ses revenus qui étaient notamment basés sur les performances réalisées et la masse sous gestion".
Les manigances de l'ancien gestionnaire de fortune ont pris fin en septembre 2015, lorsque le Credit Suisse a découvert le pot aux roses. Le prévenu est actuellement détenu à la prison de La Brenaz, en exécution anticipée de peine. Il doit répondre d'escroquerie par métier, faux dans les titres et gestion déloyale aggravée.
Une enquête difficile
La procédure dans cette affaire a été extrêmement longue et complexe. La justice a eu besoin de 45 audiences pour démêler l'écheveau. Le Ministère public genevois a aussi envoyé plusieurs commissions rogatoires et a effectué un travail de bénédictin pour analyser la documentation qu'il avait saisie.
ATS