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Aztèque
PIERRE DU SOLEIL
La cosmogonie aztèque regorge de mythes sur les origines de la Terre. L’une de ces histoires est relatée sur la « Pierre du Soleil », disque historique de 24 tonnes qui fut découvert dans le Templo Mayor de Tenochtitlán, capitale de l’Empire aztèque. Les symboles gravés sur cette pierre décomposent le calendrier cosmique en cinq époques dominées chacune par un soleil : le « Soleil du jaguar », le « Soleil du vent », le « Soleil de la pluie », le « Soleil de l’eau » et l’ère actuelle, le « Soleil du tremblement de terre ».
ÉCRITURE ET CULTURE
Les codex aztèques contenaient un système d’écriture glyptique sophistiqué enseigné aux enfants dès le plus jeune âge. Sous l’Empire aztèque, garçons et filles avaient accès à l’école quel que soit leur rang social. Les codex étaient conservés dans des bibliothèques. Sous la forme de pictogrammes colorés et répétitifs, le peuple du soleil y consignait des événements de portée historique, des dates du calendrier et des informations sur les tributs et les ascendances, mais aussi les mythes racontant la naissance de la Terre.
LES ORIGINES DU MONDE
Selon la cosmogonie aztèque, l’univers a connu quatre mondes avant le nôtre ainsi que quatre soleils, tous créés et détruits par les dieux eux-mêmes. Au commencement, Ōmeteōtl (OME), connue pour être la « mère et le père des dieux », créa quatre divinités primordiales à partir du néant : Xipe Totec (XIP), Tezcatlipoca (TEZ), Quetzalcōātl (QUE) et Huītzilōpōchtli (HUI). Chacun de ces dieux devait régner sur l’un des points cardinaux. Le mythe raconte que Tezcatlipoca (TEZ) et Quetzalcōātl (QUE) s’unirent pour tuer Cipactli (CIP), chimère à la tête et au corps de crocodile à partir duquel le ciel, la Terre et le royaume souterrain furent créés. Quetzalcōātl (QUE) et Huītzilōpōchtli (HUI) étaient voués à ordonner ce nouveau monde.
VOLCANIQUE ET VITREUSE
Sombre, vitreuse et lisse, l’obsidienne est d’origine volcanique et résulte du refroidissement rapide de la lave. La zone de préhension du Stylo de l’Année 2022 est recouverte de fines plaques mates de cette roche aux reflets froids. La classe des paysans aztèques utilisait cette roche vitreuse et tranchante pour confectionner des épées et des pointes de flèches et de javelot. Parallèlement aux paysans, la noblesse, les esclaves et les commerçants nomades formaient les autres classes de la société aztèque, toutes égales devant les tribunaux. À faute égale et malgré ses privilèges, la noblesse était même généralement punie plus durement que les autres classes. Selon la mythologie, Tezcatlipoca (TEZ), dieu du Nord, porte une peau de jaguar, un miroir d’obsidienne et une lame sacrificielle en obsidienne noire.
SOLEIL DU JAGUAR
À l’ère du « Soleil du jaguar », incarné par Tezcatlipoca (TEZ), le monde était peuplé de géants humains. Ces créatures pouvaient déraciner des arbres à mains nues. De nouvelles divinités furent créées, notamment celles de l’eau : Tlaloc (TLA), dieu de la pluie et de la fécondité, et Chalchiuhtlicue (CHA), déesse des lacs, des fleuves et des océans. Toutefois, une dispute éclata entre Quetzalcōātl (QUE) et Tezcatlipoca (TEZ). Quetzalcōātl (QUE) chassa alors Tezcatlipoca (TEZ) du ciel en le poussant dans la mer. Fou de rage, Tezcatlipoca (TEZ) se transforma en un puissant jaguar et envoya sa meute de jaguars en colère dévorer tous les géants humains. Ainsi s’acheva son monde, le « Soleil de Jaguar ».
TURQUOISE ET PLUMES
Mictlāntēcutli (MIC) – le dieu du royaume des morts – orne l’extrémité du corps du Stylo de l’Année 2022. Selon le mythe, les dieux primordiaux auraient partagé le monde en trois parties : le ciel, la Terre et le royaume des morts. Mictlāntēcutlis (MIC) est représenté comme une tête de mort portant une coiffe de plumes de hibou. L’imagerie squelettique était un symbole de fertilité, de santé et d’abondance. Aujourd’hui encore, les têtes de mort décorées sont omniprésentes dans la culture mexicaine, tout particulièrement le Jour des morts. Quant aux plumes, de hiboux, colibris ou perroquets, la culture aztèque leur accordait plus de valeur qu’à l’or. La turquoise gravée incrustée à l’extrémité du corps du stylo symbolise ainsi le dieu du royaume des morts, sa puissance et son esthétique.
SOLEIL DU VENT
Au cours du deuxième cycle solaire, sur lequel Quetzalcōātl (QUE) régna, la terre était peuplée d’hommes peu civilisés qui finirent même par cesser de vénérer leurs dieux. Le dieu Tezcatlipoca (TEZ) transforma alors ces hommes aux mœurs animales en singes. Son ancien ennemi Quetzalcōātl (QUE) – également nommé « serpent du ciel » – appréciait pourtant ces hommes imparfaits. Fou de colère, il envoya sur Terre un ouragan qui fit disparaître tous les singes. Ainsi s’acheva son ère, le « Soleil du vent ».
SERPENT À PLUMES
En tant que divinité créatrice, Quetzalcōātl (QUE) – serpent du ciel – a aussi façonné l’humanité. Chez les Aztèques, il était le dieu du soleil et du vent, de l’air et de l’intelligence. Son nom signifie « serpent aux plumes précieuses ». Le culte du « serpent à plumes remonte au premier siècle avant notre ère. Plus tard, on lui attribue l’invention des livres et du calendrier. Le mythe des origines raconte que Quetzalcōātl (QUE) descendit au royaume souterrain pour créer de nouveaux hommes à partir des ossements des morts. Or, les os étaient brisés à différentes longueurs, et c’est pourquoi nous, les humains, sommes tous de différente taille.
TEMPLES ET SACRIFICES
Le corps gris anthracite à revêtement carbone diamant du Stylo de l’Année affiche une posture martiale. Les nombreuses petites têtes de mort qui l’ornent sont inspirées des murs découverts à l’intérieur du Templo Mayor et érigés au moyen de rangées de crânes. Ces sacrifices humains succédaient aux guerres fleuries, batailles très codifiées et ritualisées au cours desquelles les guerriers aigles ou jaguars avaient un rôle essentiel à jouer. Les Aztèques procédaient aux sacrifices lors de cérémonies en l’honneur de leurs dieux, Tlaloc (TLA) et Huītzilōpōchtli (HUI) en tête, chacun étant vénéré dans son propre temple sur le Templo Mayor. Aujourd’hui encore, les bas-reliefs représentant les « tzompantli », ces murs de crânes, sont fréquents sur les bâtiments historiques mésoaméricains.
SOLEIL DE LA PLUIE
Le puissant dieu de la pluie Tlaloc (TLA) régna sur le troisième cycle solaire, introduisant de riches récoltes et des périodes de sécheresse sur la Terre. Effondré après que Tezcatlipoca (TEZ) eut séduit et enlevé sa femme Xochiquetzal (XOC), Tlaloc sombra dans le chagrin et le ressentiment. Il laissa les plantes mourir et une grande sécheresse s’abattit sur le monde. Les supplications des hommes réclamant la pluie ne firent qu’attiser sa colère, si bien qu’il envoya une pluie de lave incandescente qui brûla le monde entier. Quelques humains se transformèrent néanmoins en oiseaux et réussirent à s’échapper. Ainsi s’acheva le cycle du « Soleil de la pluie ».
GEMME ET EAU
Pour les Aztèques, la turquoise comptait parmi les gemmes les plus précieuses. Elle est à l’honneur sous la forme de petits disques incrustés à l’extrémité du capuchon et du corps du Stylo de l’Année 2022. Omniprésente, cette pierre ornementale bleu-vert décorait masques, couteaux et boucliers, et avait aussi une fonction rituelle. Les Aztèques vouaient un culte à Xiuhtecuhtli (XIU), « seigneur des turquoises » marié à la déesse Chalchiuhtlicue (CHA) régnant sur les lacs, les fleuves et les océans. L’eau était le bien le plus précieux des Aztèques. Cette civilisation très avancée avait édifié des barrages, des aqueducs, des systèmes de canalisations et des îles artificielles cultivées, appelées « chinampas », qui lui permettaient de nourrir et d’alimenter en eau potable ses nombreux habitants.
SOLEIL DE L'EAU
Le quatrième cycle solaire fut dominé par Chalchiuhtlicue (CHA), épouse de Xiuhtecuhtli (XIU) et Tlaloc (TLA). La déesse des eaux était attachée au bien-être du peuple aztèque. Toutefois, le perfide Tezcatlipoca (TEZ) la blessa profondément en affirmant qu’elle simulait sa bonté dans son intérêt personnel. Anéantie, Chalchiuhtlicue (CHA) se vengea par un déluge de pluie qui dura 52 ans, anéantissant le monde et noyant tous les humains sur Terre, ou les transformant en poissons. Ainsi s’acheva le quatrième cycle solaire.
AIGLE ET CACTUS
Le dieu Huītzilōpōchtli (HUI) avait prédit que le peuple aztèque s’établirait à l’endroit où il verrait un aigle perché sur un cactus et dévorant un serpent. Le voyage dura deux siècles jusqu’à ce que la vision prophétique devienne réalité sur le lac marécageux de Texcoco. Ce figuier de Barbarie, qui poussait sur un sol rocheux au milieu du lac, prête sa forme au capuchon creusé de stries qui coiffe le Stylo de l’Année 2022. L’aigle est gravé dans la turquoise surmontant le capuchon. L’emplacement choisi par le peuple aztèque en 1320 d’après la légende est aujourd’hui l’une des plus grandes métropoles mondiales : Mexico.
SOLEIL DU TREMBLEMENT DE TERRE
Quetzalcōātl (QUE) – serpent du ciel – n’accepta pas l’anéantissement de son peuple. Au début du cinquième cycle solaire, il façonna de nouveaux hommes dans le royaume souterrain. Le ciel de ce nouveau monde est illuminé par Huītzilōpōchtlis (HUI), le « Soleil du tremblement de terre ». Depuis le début de cette nouvelle ère, celui-ci lutte chaque jour et chaque nuit contre sa sœur Coyolxāuhqui (COY), déesse de la lune et des étoiles qui éclairent le ciel pendant la nuit. Pour sustenter le puissant Huītzilōpōchtli (HUI), les Aztèques sacrifiaient des humains. Selon le mythe, si les hommes oublient les sacrifices ou tombent en disgrâce, ce cinquième soleil s’assombrira et le monde sera anéanti par un énorme tremblement de terre.