Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07021.jsonl.gz/1170

La Nouvelle-Zélande et l'Australie, qui co-organiseront la Coupe du monde féminine 2023, ont réclamé jeudi «de toute urgence» des réponses de part de la FIFA concernant les informations selon lesquelles l'office du tourisme d'Arabie saoudite parrainerait la compétition.
Malgré le très mauvais bilan du royaume saoudien en matière de droits des femmes, Visit Saudi serait sur le point d'être nommé parmi les sponsors du tournoi réunissant 32 nations qui se déroulera dans les deux pays à partir du 20 juillet.
Les responsables des Fédérations australienne et néo-zélandaise ont déclaré qu'ils n'avaient pas été informés de l'accord prévu et «ont écrit conjointement à la FIFA pour clarifier de toute urgence la situation».
Dans une déclaration, Football Australia s'est dit «très déçu» de ne pas avoir été «consulté sur cette question avant que la décision ne soit prise». Ses homologues de Nouvelle-Zélande se sont dits «choqués et déçus» que la FIFA ne les ait pas consultés.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a indiqué qu'il s'attendait à ce que deux milliards de téléspectateurs suivent la neuvième édition de la Coupe du monde féminine. L'instance dirigeante du football mondial espère que cela permettra de développer le football féminin, le tournoi étant pour la première fois partagé entre deux nations.
Ce projet de contrat de sponsoring a suscité de vives critiques: l'ancienne internationale australienne Kathryn Gill a ainsi affirmé que la FIFA était «tenue de respecter tous les droits de l'homme internationalement reconnus et d'exercer son influence considérable lorsqu'ils ne sont pas respectés ou protégés».
Blanchiment sportif
«L'objectif des joueuses est de faire de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2023 une véritable force du bien et elles continueront à demander des comptes à la FIFA lorsqu'elle y portera atteinte», a ajouté Kathryn Gill, co-présidente du syndicat des footballeurs professionnels australiens.
Nikita White, chargée de campagne pour l'Australie à Amnesty International, se demande comment l'organisme saoudien chargé du tourisme pouvait parrainer une Coupe du monde de football féminin alors qu'"en Arabie saoudite, une femme ne peut même pas travailler sans l'autorisation de son tuteur masculin».
Elle a également souligné le «bilan épouvantable de l'Arabie saoudite en matière de violations des droits de l'homme». «Le parrainage de la Coupe du monde de football féminin par les autorités saoudiennes serait un cas d'école de blanchiment sportif», a-t-elle assuré.
D'immenses dépenses
Après que le Qatar, voisin du Golfe, a accueilli la Coupe du monde masculine l'année dernière, l'Arabie saoudite dépense également beaucoup dans le domaine du football afin d'améliorer son image, à l'image du recrutement à prix d'or de la superstar portugaise Cristiano Ronaldo par le club d'Al-Nassr.
Mercredi, le pays a été confirmé comme hôte de la Coupe d'Asie 2027 et réfléchit à une candidature commune avec l'Égypte et la Grèce pour accueillir la Coupe du monde masculine 2030.
ATS