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Il existe un lien étroit entre l’aménagement du territoire et la mobilité. L’aménagement du territoire et les formes d’habitat qui en résultent ont des effets sur les habitudes de déplacement. La politique de développement territorial peut, par des mesures adéquates, apporter une contribution à la mobilité durable.
Actuellement, de nombreux projets de transport n'ont pas (ou pas seulement) pour but de diminuer les temps de parcours ou d'augmenter les capacités, mais de mieux harmoniser le développement du trafic et celui du milieu bâti. L'extension ou la transformation du système de transport doit maintenir la fonctionnalité de la structure bâtie et permettre son développement.
Il est possible, sur la base du Microrecensement 2000 sur le comportement de la population en matière de transports et d'autres statistiques, d'effectuer des analyses empiriques sur le rapport entre l'environnement spatial du domicile des personnes interrogées et leurs habitudes de déplacement. Les résultats aident à concevoir des structures spatiales peu exigeantes en transports et à simuler l'efficacité de ces mesures.
Les observations décrites ci-dessous se fondent sur une analyse complémentaire du Microrecensement 2000, effectuée par l'Office fédéral du développement territorial (ARE).
Il existe un lien étroit entre les caractéristiques spatiales de la commune de domicile et la mobilité des habitants. Un habitat dense et la présence de services et de commerces à proximité contribuent par exemple à freiner la croissance des transports. La distance parcourue quotidiennement par personne et par jour, indicateur essentiel du volume de trafic, est plus petite
Dans ces conditions, les ménages ont moins la nécessité de posséder une voiture. On observe ainsi des différences considérables: à profil socio-économique identique, les personnes habitant des quartiers périphériques peu denses parcourent chaque jour en moyenne au moins quarante pour cent de kilomètres de plus que les personnes habitant des quartiers urbains denses et ayant accès, à proximité, aux infrastructure et services importants.
L'offre de commerces de détail à proximité du logement et la distance à parcourir jusqu'aux magasins influencent les déplacements pour les achats: moins il y a de surfaces de vente accessibles dans le quartier, plus les trajets moyens parcourus pour les achats sont longs et plus le besoin est grand d'avoir une voiture privée pour les achats. Les habitants des maisons individuelles ou jumelées se situent au-dessus de la moyenne quant aux kilomètres parcourus pour les achats. La part de la mobilité douce est élevée chez les habitants de régions disposant d'un grand nombre de commerces de taille moyenne de quartier.
Les propriétés de la structure spatiale (densité de l'habitat, distance du logement aux infrastructures et aux services, surfaces de commerce de détail à disposition) sont en corrélation statistique avec les distances parcourues quotidiennement par les habitants et avec le choix du moyen de transport pour les achats. L'accès à une voiture (en tant que propriétaire ou non) et la possession d'un abonnement pour les transports en commun dépendent également des caractéristiques de la structure spatiale. Des différences très sensibles s'observent entre les types d'habitat quant aux distances parcourues quotidiennement. Ces résultats soulignent l'importance de démarches de planification.
Le Projet de territoire Suisse offre un cadre d'orientation et une aide à la décision en vue d'encourager de manière ciblée le développement de l'urbanisation vers l'intérieur et de favoriser une densification qui préserve la qualité du milieu bâti et du cadre de vie. La croissance démographique doit se concentrer en milieu urbain sur des agglomérations compactes et en milieu rural sur des centres régionaux. De cette manière, le développement territorial coordonné contribuera à la mobilité durable.
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