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"Donald Trump fait une campagne électorale low-cost et efficace"
Face à la puissante machine démocrate de Hillary Clinton, Donald Trump a su profiter des nouveaux moyens de communication pour rassembler une base électorale: "Il approche la politique comme un marché (économique). Et, en bon entrepreneur, il fait une étude de marché, par Twitter, sans rien dépenser", explique à la RTS le journaliste Philippe Mottaz, co-auteur de l'ouvrage "#Trump", publié ce vendredi.
Alors que sa rivale bénéficie de données numériques accumulées sur l'électorat démocrate depuis de nombreuses années, Donald Trump miserait sur des moyens plus simples et, surtout, moins coûteux: "L'électorat démocrate est totalement cartographié avec des données traitées par des algorithmes. Trump n'a pas (cet appareil), il investit donc sur le marché comme le ferait par exemple Uber sur le marché des taxis ou Airbnb sur le marché de l'hôtellerie. Il fait une campagne low-cost efficace, à travers la puissance des technologies gratuites", explique Philippe Mottaz.
"Trump ne finit jamais ses phrases et les commence à peine"
Le spécialiste observe une réelle proximité entre les publications du candidat républicain sur Twitter et ses discours oraux: "Il tweete comme il parle et parle comme il tweete... Il ne finit jamais ses phrases et les commence à peine. Cela montre qu'il n'a pas une pensée politique construite".
Parmi ces tweets, on note par exemple des attaques directes contre sa rivale, dont le dernier en date qui fait référence à son malaise il y a quelques jours: "Hillary Clinton s'accorde à nouveau une journée de repos, elle en a besoin. Dors bien Hillary - on se verra au débat!".
Un interlocuteur difficile pour les journalistes
Co-auteur de "#Trump", le journaliste Stéphane Bussard remarque une différence de traitement médiatique entre l'homme d'affaires et les autres candidats - démocrates et républicains - à la Maison Blanche: "Les journalistes ont eu beaucoup de peine à appréhender le phénomène Trump. Marginalisés par les réseaux sociaux, les médias traditionnels ont eu tendance à surcompenser en accordant un temps de parole sans commune mesure à Donald Trump par rapport à ses rivaux républicains, sans questionner le bien fondé de ses propos", indique le correspondant du Temps aux Etats-Unis.
Un exemple? "On l'a vu avec l'interview menée par le journaliste vedette de NBC Matt Lauer, qui s'est fait un peu piéger et a eu beaucoup de peine à gérer le phénomène Trump. Il ne l'a pas questionné comme on devrait le faire en tant que journaliste. Et beaucoup y ont vu un biais en défaveur de Hillary Clinton", note Stéphane Bussard.
hend
Publié le 23 septembre 2016 - Modifié le 23 septembre 2016