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Au centre du versant ensoleillé de la contrée de Sierre, sur un promontoire, la tour de Venthône attire de tous côtés les regards. Sa position, à 805 m d'altitude, lui permettait de surveiller les chemins, les routes et les villages qui s'étagent au-dessus de la vallée.
Ancien fief de l'évêque de Sion, la tour est dès le début du XIIIe siècle détenue par une famille qui porte le nom du lieu. Le personnage qui a joué le plus grand rôle est le chevalier Pierre, probablement fils d'Ulrich, mentionné dès 1243; dans la guerre entre l'évêque et Pierre de Savoie, il signe comme témoin dans les compromis de 1260. Il était apparenté aux familles les plus importantes du Valais. Mais, en 1268, il renonce à tous les avantages de sa situation et se retire du monde pour entrer à l'abbaye d'Hauterive, tandis que sa femme - se retire en même temps au couvent de la Maigrauge. Les biens de Pierre passent pour la plus grande part à Guillaume de la Tour, car il semble n'avoir pas eu de descendance directe.
En 1292, Christine, fille de Guillaume de la Tour, en son nom et au nom de son fils Guillaume, donne à Rodolphe de Venthône la maison soit la tour de Venthône avec les droits et dépendances qui en relèvent. La veuve de ce dernier, Marguerite, habite la tour en 1326; à la même époque, d'autres membres de la famille comme Jean, fils de Jean, donzels, possèdent aussi des fiefs et des maisons dans le village. Petermann de Platea en 1447 et Hildebrand de Rarogne en 1448 acquièrent des biens et droits d'Agneta, fille de feu Jean de Venthône. Déjà à cette date les Venthône ont disparu et ne possèdent plus la tour familiale. A la fin du XIVe siècle, une partie de leurs biens, du moins ceux de la région de Bernune sur Sierre, a été acquise par le donzel Pierre de la Bâtiaz, fils de Nicod de Granges, apparenté aux Albi.
A la suite de la disparition des Venthône, l'évêque procède à une nouvelle inféodation de la tour, qualifiée dans certains actes de magna aula, qui passe, en 1421, aux Rarogne. On ne sait pas, après la difficile liquidation des biens des Rarogne, à qui est revenue la propriété de la tour. Il est possible que les de Platea de Viège, qui avaient encore d'autres maisons à Venthône, l'aient aussi possédée.
La Contrée de Sierre, puis la Bourgeoisie de Venthône s'installent vers 1600 dans le château et procèdent à d'importantes transformations en établissant une grande salle boisée en 1609, avec un poêle daté de 1619. Du temps de Wick, il y a plus d'un siècle, on y voyait encore des vitraux parmi lesquels ceux de Pierre de Platea, de 1634, et des Monderessi, de 1668. Actuellement, la tour est maison de commune.
Le château de Venthône est une forte tour de plan quadrangulaire comprenant, à l'origine, un rez-de-chaussée surélevé au-dessus des caves, un étage et les combles. Cet édifice a subi, au cours des temps, diverses modifications: au XVe siècle, à l'époque des Rarogne, on a établi un toit avec pignons à redents; en 1609, on a construit une grande salle boisée aménagée, à la manière d'une cage intérieure, entre le haut du rez-de-chaussée et les trois quarts du premier; on ouvrit alors de nouveaux jours à meneaux et on boucha les anciennes fenêtres. Il subsiste des fragments de ces fenêtres originales: ce sont des baies géminées à pilier central avec des biseaux aux angles et des chapiteaux sculptés sans décor. Ces baies romanes sont des exemples remarquables et assez rares du début du XIIIe siècle.
La porte d'entrée principale, au nord-ouest de la tour, est installée au-dessus d'un rocher maintenant recouvert par le perron (tout l'angle de l'édifice repose sur ce rocher). Cette disposition semble indiquer qu'à l'origine, pour parvenir à la porte, dont le seuil est à deux mètres au-dessus de la place, il fallait franchir un pont et que ce pont était jeté par-dessus un fossé.
De tradition romane, la porte avec des pieds-droits et un arc construits au moyen de très grosses pierres de taille, a été remaniée au XVe siècle. Elle ne possède aucune moulure et présente un aspect puissant et massif. Elle donne accès à la cage d'escalier qui occupe l'angle nord de la tour. Cet escalier a été remanié au XVe siècle également. Il descend jusqu'aux caves. A main droite en entrant, une étroite porte ouvre sur les latrines établies sur un contrefort qui était en saillie sur la façade occidentale.
Le rez-de-chaussée surélevé repose sur deux caves: celle du sud, la plus grande, est recouverte par une poutraison; celle du nord, contre la place, est surmontée d'une voûte en berceau.
L'appareil des murs avec des pierres posées en épis ou en feuilles de fougère séparées par des bandes horizontales est d'une tradition très ancienne, du début de l'époque romane et même d'une époque antérieure. Outre les fenêtres géminées qui sont aussi d'un type primitif, on remarque encore, sur la face au midi, une curieuse souche de cheminée circulaire qui sort du mur et qui devait correspondre à un foyer ou four du premier étage.
Malgré quelques transformations apportées au XVe et au XVIIe siècle, la tour de Venthône, dont il faut attribuer la construction à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle, est un des édifices militaires les mieux conservés de la fin de l'époque romane en Valais. Elle relève du type des maisons fortes avec grande salle où le seigneur, représentant de l'évêque, rendait la justice et réglait les différends entre les communiers.
Venthône abrite plusieurs maisons intéressantes. C'est peut-être une des agglomérations du Valais qui possède le plus grand nombre d'édifices du moyen âge, du XVe et du XVIe siècle.
La cure actuelle est une ancienne tour qui, au XIVe siècle, appartenait aux nobles Vareilli. Ces Vareilli descendraient d'une famille de Platea distincte des Platea de Viège. Cette propriété passe dans la suite, au XVIle siècle, aux Monderessi. En 1672, on y installe la cure, mais la tour est décapitée et pourvue d'un toit au détriment de la partie supérieure des murs. Son gros oeuvre est encore une construction du XIIIe siècle, avec des maçonneries en petit appareil très soigné; les joints des pierres sont lissés au fer. La tour Vareilli dessine un carré de onze mètres de côté avec des murs d'un peu plus d'un mètre d'épaisseur. Les caves ne sont pas voûtées, l'immeuble étant divisé par un mur de refend. L'entrée s'ouvre à l'ouest sur un rez-de-chaussée surélevé; elle présente encore une apparence romane avec des encadrements en fortes tailles. Du même côté, on reconnaît les traces d'une fenêtre romane géminée transformée en fenêtre à meneau au XVIle siècle; il semble que sur la face opposée, du côté de l'église, il y avait une ouverture analogue. Cet édifice est un bon exemple de tour d'habitation du XIIIe siècle.
Dans le quartier de la Pierre, dans une position isolée, entouré d'un jardin et dominant le versant qui regarde Musot, s'élève un très gros immeuble appelé "la tour") ou aussi le "manoir".
Il a été reconstruit en néo-roman en 1880 après un incendie qui l'avait détruit vers 1850. Cependant on reconnaît, à la base, des murs qui ont près de deux mètres d'épaisseur et l'ensemble de la première maison qui subsiste sous le décor actuel. Elle présente un quadrilatère de 11 sur 15,60 m. Nous avons ici une vraie maison forte de caractère militaire dominant toute cette région. Elle a dû être édifiée au début du XVe siècle par les Platea de Viège. Petermann de Platea, qualifié donzel de Venthône, l'habitait en 1436 et 1438, avant de s'établir au château d'Anchettes. D'après de Rivaz et Tamini, on dénommait cette demeure aula alors que la tour de Venthône était qualifiée de magna aula. L'aula a passé, au XVIe siècle, des Platea à la famille Louy, puis aux Chastonay au XVIIe siècle, enfin aux Preux par alliance.
Petite seigneurie qui, au XIIIe siècle, relève du chapitre de Sion, Anchettes est administrée par un vidomne. Cette charge, devenue héréditaire, est exercée jusqu'au XVe siècle par une famille qui prend le nom du lieu. Le château passe vers 1436 aux de Platea, puis, en 1560, par alliance, aux Preux, dont la famille le possède encore.
Le corps de logis principal, souvent reconstruit et agrandi dès le XVe siècle, a reçu sa forme actuelle au XVIIe siècle. Il est constitué d'une grande tour carrée au couchant, à laquelle est accolée la maison d'habitation. Celle-ci abrite une salle richement lambrissée de la Renaissance avec plafond à caissons, aménagée en 1667 par Jean-Antoine Preux, grand châtelain de Sierre.
Au nord de ce corps de logis et attenant a été construit, en 1649, dans la cour, un portique à deux étages conduisant à la chapelle aujourd'hui désaffectée (ancienne salle de justice, restaurée en 1978/1979)
Bibliographie