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«Une image vaut mille mots», cette expression est d'autant plus juste lorsqu'il s'agit d'un événement regardé par des centaines de millions de téléspectateurs dans le monde. Mais de quelle image parle-t-on exactement? Du but acrobatique de Richarlison contre la Serbie? De la cheville enflée de Neymar après ce même match? Pas seulement. Certaines images ont fait le tour des médias sans avoir été vues par les téléspectateurs.
20 novembre: A l'heure de jeu, le pays hôte perd 2-0 contre l'Equateur. Le public qatari quitte peu à peu le stade Al Bayt. La foule est de moins en moins compacte et laisse place à des supporters dispersés ici et là.
23 novembre: Les joueurs de la Mannschaft posent pour la photo d'équipe en se couvrant la bouche. Ce geste veut dénoncer la «censure» de la Fifa qui menace les joueurs qui oseraient porter le brassard «One Love» et risqueraient une sanction sportive.
28 novembre: Durant le match qui oppose le Portugal à l'Urugay, Mario Ferri fait irruption au milieu du terrain avec un drapeau LGBTQ, arborant aussi des messages de soutien aux femmes iraniennes et aux Ukrainiens.
23 novembre: Pendant la rencontre Allemagne-Japon. La ministre allemande Nancy Faeser montre son brassard «One Love» à Gianni Infantino, président de la Fifa.
On a beau revoir la diffusion du match par la RTS, à aucun moment ces images ne sont apparues sur notre téléviseur. La raison? Eh bien la réalisation est plus codifiée et plus surveillée que la photographie. Pour cela, imaginez-vous en régie TV devant des dizaines d'écrans (comme cela par exemple👇🏽)
Vous allez y trouver des personnes responsables de chaque angle de caméra. Un réalisateur réceptionnera les images du public, un autre celles du tunnel d'arrivée des joueurs, un dernier se focalisera sur les plans larges du terrain, etc. Ces personnes qui se trouvent en régie répondent aux ordres du réalisateur principal qui, lui, dépend directement du producteur de l'émission. En bref, toutes les images sont disponibles en direct et c'est le réalisateur qui décide laquelle sera vue par les téléspectateurs.
Réalisateur au sein de La Télé Vaud/Fribourg, Elie Wenger résume son travail ainsi:
Le réalisateur principal est donc un véritable chef d'orchestre, car il choisit quelle sera la prochaine image que vous verrez sur votre télévision.
Concernant la Fifa et le pays hôte, difficile donc de connaître les fameuses «guidelines» qui ont été négociées depuis plusieurs années déjà. Ce qui est certain, c'est que la séquence concernant les joueurs allemands est pour le moment introuvable en vidéo officielle.
La réalisation chapeautée par la Fifa et le pays hôte ne laisse donc aucune place aux images qui fâchent, mais pourquoi a-t-on toutefois vu les photos des gradins vides et de l'homme se précipitant sur le terrain? Eh bien, sachez qu'une photo prise durant un match a un avantage indéniable: sa vitesse de transmission.
Laurent Gilliéron explique que ses clichés sont transmis presque instantanément en Suisse. «Mon collègue les reçoit dans la minute. Il fait les légendes et c'est disponible directement sur le site», explique-t-il.
Pas de vigile regardant par-dessus son épaule, ni d'officiels lui demandant d'effacer ses clichés. Le direct prime. Laurent Gilliéron n'a pas eu de restrictions concernant les photographies prises durant cette Coupe du monde.
Le photographe ajoute aussi que son accréditation lui permet de travailler librement aux abords des stades, aux entraînements et durant les rencontres, tandis qu'il était impossible pour ses homologues vidéastes qui n'ont pas de contrat de diffusion avec la Fifa d'entrer dans les stades avec leur caméra.
Et pour tous ceux qui souhaiteraient voir ces images en vidéo, il est encore possible d'utiliser son téléphone portable dans les stades. Vous pouvez donc en dénicher certaines sur Twitter.
Changement de décor. Tandis que ses anciens compagnons sont à Adelboden, Reto Schmidiger dispute un géant parallèle à Howelsen Hill, dans le Colorado. Le nom de la compétition: World Pro Ski Tour. «C'était un gros truc aux Etats-Unis dans les années 70 et 80», explique le Nidwaldien. Plus de 8000 kilomètres le séparent du Chuenisbärgli (BE), en ce week-end de janvier.