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Les pratiques monétaires dans l’ancienne Egypte — Musée de la Banque nationale de Belgique
la société égyptienne reposait sur une production à grande échelle, comme c’était le cas pour la culture des céréales, principales richesses du pays (ce qui lui a valu d’ailleurs d’être surnommé le « grenier de Rome » après la conquête romaine).
Tue 28 Apr 2020 02:39:26 PM CEST
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Scènes de troc, reproduction par Lepsius des peintures du mastaba de Fetekti, Ve dynastie, nécropole d’Abousir.
Scènes de troc, reproduction par Lepsius des peintures du mastaba de Fetekti, Ve dynastie, nécropole d’Abousir.
En outre, l’Égypte s’organisait selon une administration centrale dont faisaient partie non seulement le pharaon, mais également les institutions publiques (harems, administrations locales) et religieuses (temples). À ces institutions incombait la tâche de prélever le surplus des biens produits, de le stocker dans un réseau de greniers présents à travers le pays et de le redistribuer ensuite à la population d’artisans et d’ouvriers travaillant sur les grands chantiers publics, sous la forme d’un salaire-ration.
Et qui dit décentralisation des biens, dit aussi inévitablement existence d’une unité de compte.
La fonction essentielle de l’unité de compte transparaît dans les documents comptables qui sont parvenus jusqu’à nous. En effet, on peut y lire que les unités utilisées sont des contreparties comptables établissant des valeurs entre les biens. Un texte datant d’environ 2600 avant notre ère relate un attendu de jugement et nous renseigne davantage sur ces unités comptables, notamment sur l’existence d’un étalon monétaire dès l’Ancien Empire (2750-2150 av. J-C), le shât : « J’ai acquis cette maison à titre onéreux auprès du scribe Tchenti. J’ai donné pour elle dix shât , à savoir une étoffe (d’une valeur de) trois shât ; un lit (d’une valeur de) quatre shât ; une étoffe (d’une valeur de) trois shât ». Ce à quoi le défendeur déclare « Tu as complètement opéré les versements (de dix shât) par « conversion » au moyen d’objets représentant ces valeurs » (1) . Ainsi, des objets, de nature sensiblement différente, étaient placés sur le même pied d’égalité grâce à leur mise en rapport avec le shât.
De nombreux égyptologues se sont penchés sur la question de savoir ce que pouvait être ce « shât ». On a cru pendant longtemps qu’il s’agissait d’un anneau d’or d’un poids bien déterminé, ce qui en ferait, en fait, une monnaie-marchandise, mais aucun de ces anneaux ne fut jamais retrouvé par l’archéologie. Si, bien entendu, cela n’exclut pas l’existence de ces anneaux, pourquoi ne pas plutôt envisager une monnaie plus abstraite ? Car, fi nalement, ce dont il est question dans le texte de l’attendu de jugement reproduit ci-dessus tient davantage d’un « troc monétaire » que de l’existence d’une monnaie-marchandise (concrète). Le shât était donc surtout une unité de compte.
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https://www.nbbmuseum.be/fr/2012/05/nederlands-geldgebruik-in-het-oude-egypte.htm