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Un hommage
Après une formation à Zurich chez le professeur Guido Fanconi et à Paris chez les professeurs Robert Debré et Pierre Royer, André Spahr débute sa carrière de pédiatre en Valais en 1956. A cette époque la pédiatrie n’est pas une spécialité présente dans ce canton, où la mortalité infantile est plus élevée que dans le restant de la Suisse.
André Spahr sera l’un des pionniers qui va permettre le développement de la médecine de l’enfance : très vite il va créer le premier service de pédiatrie du Valais, dont il sera le médecin chef de 1957 à 1987. Visionnaire, il s’est impliqué fortement dans les batailles concernant l’organisation hospitalière et la construction d’un nouvel hôpital à Sion. Dès 1969 il accueille dans son service de nombreux médecins assistants, contribuant de façon déterminante à leur formation.
André Spahr a fait preuve d’un savoir étendu, ainsi que d’une grande rigueur scientifique. Par son exemple il a engendré de nombreuses vocations de pédiatre.
Il a œuvré pour mettre en place en Valais une pédiatrie englobant aussi bien la pédiatrie hospitalière et extrahospitalière que la pédiatrie sociale. Cette pédiatrie prend en compte non seulement l’enfant malade ou à l’hôpital, les enfants des populations en situation de vulnérabilité, mais également l’enfant en bonne santé dans son lieu de vie. Il a créé des consultations de nourrissons jusque dans les villages les plus reculés du Valais central et a établi un service de santé scolaire intégrant pédiatres, pédopsychiatres, psychologues et logopédistes.
Il a reçu en 1996, avec la doctoresse Emmanuelle de Wolff, le prix de la ville de Sion, honorant leur engagement social au service des enfants.
Parallèlement, reconnu par ses collègues universitaires, il a longtemps dirigé la consultation des maladies métaboliques pédiatriques à Lausanne.
En plus de toutes ses activités, il s’est engagé pour la Société suisse de pédiatrie en organisant en 1975 à Sion le congrès suisse de pédiatrie, puis en la présidant de 1978-1979. Il en a été nommé membre d’honneur.
Bien qu’il se fût promis de ne jamais « faire de politique », il n’a pas craint de s’exposer pour défendre et concrétiser ses idées, en s’opposant souvent à des forces conservatrices et réactionnaires. Témoignage de son ouverture d’esprit, sa collaboration à la création d’un nouveau journal, le « Journal du Valais », afin d’offrir de ce canton une vision différente de la presse locale.
Soutenu efficacement sur le plan professionnel par son épouse Inès il a pratiqué avec talent divers sports : escrime (champion suisse par équipe en 1956) , course à pied, ski de fond. Il n’a cessé de montrer ses intérêts multiples pour les voyages au long cours, les arts et tout ce qui touche à la culture et à la place de l’homme dans la société.
Il a enchanté tous ses proches par sa fidélité et la richesse de son amitié.
Nous garderons de lui l’image d’un grand humaniste et d’un grand pédiatre.
Guy Délèze, Henri Kuchler, Jean-Pierre Marcoz, René Tabin