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Mon séjour avec les enfants de l’école Pa'i Puku, au Paraguay, se termine. Voici mon rapport sur la fabrication, le transport et la consommation de pulpe de fruits destinée aux écoliers du chaco paraguayen.
Dans cette région, à l’ouest du fleuve Paraguay, les conditions de vie sont rendues difficiles par le climat très changeant et la terre qui a un taux élevé en sel. De fait, très peu de fruits parviennent à pousser dans cette partie du pays et la cultivation de fruits et de légumes demande des efforts et des moyens très élevés. Contrairement à la partie orientale du pays où la terre offre d’abondantes récoltes.
Dans le but d’équilibrer l'alimentation des écoliers, l'Association suisse Pa'i Puku (ASPP) a mis en place un projet d'apport de pulpe de fruits vers l'école. À cet effet, elle travaille avec une petite entreprise familiale locale, située dans le village d'Aregua (partie orientale), à une heure d’Asunción.
La fabrique, productrice de diverses pulpes de fruits et marmelades, achète la matière première aux paysans de la région, principalement des mangues et des goyaves. Les fruits sont ensuite transformés en pulpe. La qualité du produit est contrôlée à chaque étape du processus dans le laboratoire de l’entreprise.
Ce contrôle de qualité est d'une importance fondamentale pour garantir une consommation sûre pour la santé des écoliers. La production autochtone est également un facteur qui entre dans la ligne d’aide de l’ASPP.
Une fois la pulpe préparée, elle est déposée dans un entrepôt réfrigérant à Asunción, la capitale. Afin de réduire le déplacement des responsables de Pa’i Puku depuis l’école. Ces derniers viennent chercher chaque mois 300 kg de pulpe destinés à la consommation des résidents de l’école.
La pulpe est ensuite servie au petit-déjeuner des écoliers. Elle accompagne un morceau de pain et une tasse de « cocido » - boisson typique du pays, composée d’herbes bouillies et de lait. Lors d'évènements festifs et lorsque la quantité de lait permet la fabrication de yoghourt, les enfants en reçoivent un verre agrémenté de pulpe de fruits. Ils en sont friands !
Retour sur mon séjour
Après trois mois partagés avec les résidents de Pa'i Puku, je repars avec beaucoup d'émotion. Un mélange de tristesse et de reconnaissance -avoir pu vivre une telle expérience m'a beaucoup enrichi personnellement. En arrivant je ne pensais pas pouvoir résister autant de temps dans des conditions si différentes. J’ai découvert une autre réalité, moins abondante que la nôtre, plus simple et avec d’autres difficultés. Le climat, par exemple, est un défi majeur au quotidien. L’heure de la sieste après le déjeuner est fortement bienvenue pour affronter la chaleur suffocante du chaco ! Lorsque l’hiver arrive, l’humidité présente et le manque de chauffage se révèlent être un défi supplémentaire. J’ai découvert que le climat paraguayen ne connaît pas de compromis – et malheureusement les infrastructures très basiques ne couvrent pas tous les besoins.
Durant mon séjour je me suis occupée des enfants qui sont en pré-scolaire. En les accompagnant dans leurs jeux quotidiens, en leur lisant des contes au moment de dormir et en partageant avec eux des moments de complicité et beaucoup d’amour. Leurs innocence et leur spontanéité m’ont beaucoup inspirée.
Cette expérience m’a ouvert l’esprit de manière générale. Le petit bout d’aide que j’ai pu
apporter durant le temps de ma présence m'a fait réaliser que chaque action compte. Pour
cela, j’encourage toute action de soutien et j’admire le travail fourni par l’association suisse
pour améliorer les conditions de vie des résidents de Pa'i Puku.
Bénédicte Baechtold,
Institut Florimont,
Juin 2018