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Il est impossible de parler de cafés d’origine d’Afrique sans parler du café du Rwanda.
Le Rwanda a une topographie bien spécifique. Il fait partie de l’Afrique interlacustre, soit l’Afrique des grands lacs. Situé entre l’Ouganda (nord), La République Démocratique du Congo (ouest), le Burundi (sud) et la Tanzanie (au sud-est), le Rwanda s’étend sur une superficie de 26’000 km2 bordé au nord d’une chaîne de montagnes volcaniques. L’agriculture y tient une place importante, 34.2% de sa population s’active dans la culture de rente (café) et dans la culture vivrière (fruits – bananeraie en majorité). Les Rwandais connaissent la qualité exceptionnelle de leur sol et savent apporter les meilleurs soins aux plantations.
Trois villes principales sont connues au Rwanda : Goma, la capital au nord, Butare au Sud (direction le Rwanda et Gisuma.
Notre café vient de la région de cette dernière ville, située pas loin de la nationale RN6 qui mène à Kamembe sur les bords du lac Kivu. Pour les globe-trotters, c’est à l’ouest de la réserve nationale du Nyungwe.
La région d’où proviennent nos cafés est très montagneuse, les plantations difficiles d’accès. Les sommets culminent jusqu’à 2’700 mètres d’altitude, dans un univers de verdure (collines et forêt de hauteur moyenne à basse – célèbre pour ses populations de singes).
Les plantations de café sont dispersées dans une infinité de petites parcelles familiales, ou dans des rugo au sommet des collines.
Avant l’arrivée des colons, le caféier était déjà à l’état sauvage, mais ce sont les européens qui ont déclenché un processus de culture avancée. Les premières variétés de caféier propres à l’agriculture ont été importées de graines en provenance de Karema sur les rives du lac Tanganyika. Ce sont les Pères Blancs d’Allemagne qui les ont fait venir d’Afrique orientale et ils ont tenté l’introduction sur une période s’étalant de 1818 à 1916.
Ensuite, ce sont les Belges qui ont réussi à faire aboutir cette industrie (1922-1932) avec la mise en pépinière des caféiers. C’est la variété guatemala (arabica) qui a le plus de succès dans les années 1930, on passe ainsi de 447’000 pieds à 10’922’000 pieds de plantation en 1936. Les Rwandais appliquent la méthode du mulching (mise en paille de tiges de sorgho des pieds des plants de caféier) pour éviter les dégâts éventuels de la sécheresse. Les volumes d’exportation ont atteint jusqu’à 45’000 tonnes dans les années 1990 mais depuis il y a eu une régression à environ 25’00 tonnes.
Si les volumes d’exportation ont diminué, les conditions cadre de l’agriculture ont bien évolué ces dernières années. Les paysans locaux s’engagent à lutter contre l’érosion des sols et préserver la biodiversité. Ce travail occupe plus de 430’000 familles qui sont très attentives à apporter les meilleurs soins au café.
Des cafés d’exception
Nos cafés du Rwanda viennent de microlots et sont des cafés de terroir (grade A), des purs Arabica brassés et soignés par des fermiers soucieux de n’extraire de la plantation que le meilleur : un bourbon rouge qui pousse à environ 1’700 mètres d’altitude et dont la récolte s’effectue entre mars et mai de chaque année. Il a un caractère vif, développe un panel aromatique très gourmand et même épicé. Ses arômes sont subtils mais très dessinés : pamplemousse, canelle, abricot, vanille naturelle, poivre blanc, praline et chocolat au lait.
La culture
Afin d’assurer des cafés excellents et qui développent des arômes équilibrés, aucune concession n’est faite au niveau de la qualité.
Techniquement, la barre a été placée très haute. Pourquoi ? Parce que pour adhérer à la coopérative de producteurs Gisuma, située à Giheke, dans la région de Cyangugu, seuls les meilleurs lots sont sélectionnés chez des producteurs courageux et travailleurs.
Une fois la sélection effectuée, les personnes impliquées dans le processus de lavage sont très attentives à respecter scrupuleusement chaque étape à une cadence prédéterminée.
Par exemple chaque producteurs est astreint à suivre des horaires précis pour déposer sa récolte à la coopérative (17h00 chaque jour pour le premier tri) pour le dépulpage, la mise en fermentation nocturne, puis le séchage sur lit africain. L’eau étant un enjeu majeur, rien n’est gaspillé.
Ainsi les eaux usées, utilisées durant le processus de préparation des cafés, sont isolées et ensemencées avec des micro-organismes, afin de sécuriser les ressources en eau de la communauté locale.
La réputation d’excellence de nos cafés
Au fil des années, les producteurs ont été soutenus par divers biais, notamment par de la formation technique et la mise à disposition de matériel technologique agricole. Pas moins de 14 projets ont été ouverts au début des années 2000 et un seul projet n’est pas encore tout à fait terminé.
Les efforts de toute la coopérative ont d’ailleurs été récompensés puisque la communauté internationale a octroyé à Gisuma une notoriété publique décisive pour sa croissance et sa pérennité. Concrètement, les cafés de Gisuma ont obtenu le 3ème rang du concours de la Cup of Excellence 2013.