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1,6 million de Suissesses et de Suisses souffrent du bruit. Selon les statistiques de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), la principale raison de cette exposition excessive au bruit est le trafic routier. 80 000 personnes, quant à elles, sont affectées par le bruit ferroviaire et autant encore par le bruit excessif du trafic aérien. Les mesures prises à la source du bruit ont bien entendu priorité. Mais les autorités de la plupart des cantons doivent également décider d’alternatives, telles que l’installation de meilleures fenêtres. C’est pourquoi le canton de Zurich a lancé un programme d’incitation à l’intention des propriétaires de maisons situées à proximité de l’aéroport, lequel combine la lutte contre le bruit et l’assainissement énergétique.
Une preuve de la protection contre le bruit est nécessaire
Sur le plan de la physique de la construction, cette combinaison est parfaitement logique, car une bonne enveloppe de bâtiment offre le plus souvent une protection efficace, tant au niveau thermique qu’acoustique. En règle générale, cependant, la preuve d’une protection adéquate contre le bruit doit être soumise avec la demande de permis de construire. Les nouvelles constructions et les bâtiments rénovés doivent en outre satisfaire la norme SIA 181 « Protection contre le bruit dans le bâtiment ». La norme fait la distinction entre les exigences minimales et les exigences accrues. Pour les appartements en propriété par étage et les maisons individuelles, des valeurs supérieures sont généralement mises en œuvre.
Les murs massifs sont préférables
Les mesures appliquées à la construction sont les plus efficaces contre les bruits extérieurs. Les murs massifs en béton ou en briques présentent une masse surfacique élevée et atténuent donc assez efficacement les nuisances sonores ; en revanche, ils transmettent bien les bruits de structure. C’est-à-dire le son qui se propage à l’intérieur des éléments du bâtiment. Le principe des couches découplées dans une construction est également très efficace. Dans ce contexte, les murs et les toits forment des couches séparées les unes des autres par des supports intermédiaires amortissants ou reliées entre elles uniquement par des supports flexibles.
Si les niveaux sonores à l’emplacement du bâtiment dépassent la valeur légalement autorisée, des mesures de protection contre le bruit plus importantes sont requises dans le cas d’interventions structurelles, par exemple une couche d’isolation supplémentaire sur le mur extérieur ou une façade suspendue. Une autre possibilité est la pose de placoplâtre à l’intérieur.
Des mesures compensatoires variées
Alors que diverses variantes conviennent à l’amélioration acoustique de bâtiments en bois légers existants, les possibilités d’intervention sont plus restreintes pour les constructions massives. Les mesures de construction visant à la réduction du bruit s’orientent alors principalement vers le remplacement des fenêtres, l’isolation des plafonds des loggias ou des caissons de volets roulants. Ces derniers sont en effet un des principaux ponts phoniques. Le son est également transmis par les coffrets d’installation murés, ainsi que par les tuyaux et les conduits qui traversent l’enveloppe extérieure.
Isolation du toit
Outre un niveau élevé, la voie de propagation est l’une des particularités du bruit causé par les avions. Il est donc nécessaire de modifier la construction du toit pour mieux se protéger contre les ondes acoustiques. Les toits plats en dur offrent en général une protection efficace. Les toits en pente avec construction en bois nécessitent souvent des mesures de réduction du bruit. Pour l’insonorisation, il suffit toutefois que la rénovation du toit apporte une isolation satisfaisant aux prescriptions énergétiques actuelles.
Lors de la planification de nouvelles maisons ou de travaux de rénovation et quel que soit l’emplacement, il convient de veiller à ce que la configuration et l’affectation des pièces soient adaptées aux nuisances sonores. La cuisine, la salle de bains et la cage d’escalier peuvent se trouver aux endroits les plus exposés. En revanche, le côté plus calme de la maison doit être réservé au séjour et aux chambres à coucher.