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|J'ai voté oui. Sans enthousiasme. Par respect pour le travail des constituants. Par devoir civique. Par conscience qu'un refus du projet qui nous est présenté nécessitera probablement une répétition de tout l'exercice, fort coûteux, avec un résultat qui risque bien de ne pas être meilleur. Enfin, un facteur déterminant dans ma décision a été de lire les arguments saugrenus et fallacieux des opposants.|
Les constituants dont les valeurs et les points de vue sont proches des miens étaient pourtant largement majoritaires. Ils auraient sans doute pu passer en force sur bon nombre de sujets. Je l'espérais. Ils ont préféré la voie du compromis et les compromis ne sont jamais enthousiasmants.
Ainsi, on se retrouve aujourd'hui avec une constitution trop longue, traitant de bon nombre de sujets qui n'ont rien à y faire. L'interdiction du nucléaire? Il est à tel point criant d'évidence qu'il n'y aura jamais de centrale nucléaire sur le territoire genevois pour se demander pourquoi il était encore nécessaire de le mentionner explicitement dans la Constitution. Mais c'est vrai que cela aurait pu être pire: on a au moins évité d'interdire la pédophilie, la traite des blanches et le travail des enfants, et de condamner au passage le génocide arménien et le régime syrien.
Il y a ensuite l'incontournable brassage d'air sur le développement durable, décrit…comme "nouveauté innovante"! Quant aux politiques propres à réduire les gaz à effet de serre, il est évident que les constituants n'ont pas pris connaissance de la nouvelle Loi fédérale sur le CO2 adoptée par le Parlement en décembre 2011, qui définit avec précision les tâches des cantons en la matière, et le fait d'évoquer le les gaz à effet de serre dans la Constitution genevoise n'est qu'une gesticulation de plus. Je passe sur les nombreux "droits" à ceci, à cela et à Dieu sait quoi encore, dont on se demande comment ils pourront être financés.

J'aurais de loin préféré un projet nettement plus court car je reste convaincu que l'on peut évoquer les droits fondamentaux, les droits politiques et les règles d'élection et du fonctionnement de l'Etat, sans superflu et sans verbosité. Car c'est au fond bien de cela qu'il s'agit dans une Constitution.
à d.: la constitution fédérale américaine date de 1789; elle n'a été amendée que 27 fois depuis, elle compte sept articles et reste toujours en vigueur
Pour conclure, je m'adresse dans ces lignes aux nombreuses personnes un peu déçues, un peu lasses et apathiques qui, comme je l'ai été moi-même, penchent vers l'abstentionnisme: votons "oui" car c'est probablement le moindre mal, puis passons à autre chose !