Document ID: /curiavista/filtered/00000.jsonl.gz/247879

<h2>SubmittedText<h2><p>Le Conseil fédéral est chargé de déposer un projet d'acte de l'Assemblée fédérale pour permettre aux locataires, dans les régions où sévit la pénurie de logement, de résilier leurs baux de manière anticipée sans être contraint.e.s de proposer un locataire de remplacement.</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>En vertu de l'art. 266c du code des obligations (CO), une partie peut résilier le bail d'une habitation en observant un délai de congé de trois mois pour un terme fixé par contrat ou pour le terme fixé par l'usage local. L'art. 264 CO permet néanmoins, à titre exceptionnel, au locataire de restituer la chose louée de manière anticipée en le libérant de ses obligations envers le bailleur, à condition que le locataire présente au bailleur un nouveau locataire solvable et disposé à reprendre le bail aux mêmes conditions et que le bailleur ne puisse raisonnablement le refuser.</p><p>La disposition en vigueur est dans l'intérêt des deux parties. Le locataire a la possibilité de mettre fin au bail de manière anticipée et sans frais supplémentaires et le bailleur a la garantie que la chose louée est relouée sans interruption et aux mêmes conditions, pour autant qu'il soit disposé à conclure le bail avec le nouveau locataire proposé. La modification proposée pour les zones affichant une pénurie de logements aurait pour effet de briser l'équilibre au détriment des bailleurs.</p><p>Même en période de pénurie de logements, qui peut être plus ou moins longue ou marquée selon les régions, les délais et termes de congés habituels doivent en principe être respectés. Avec la réglementation proposée, ils ne seraient plus contraignants pour les locataires. À la place, il faudrait définir des délais plus courts et des termes spéciaux pour permettre au bailleur de chercher un nouveau locataire. Le délai de congé ordinaire serait en pratique annulé, ce qui serait contraire à l'esprit du droit du bail. Il en résulterait une complexification accrue du droit du bail ainsi que des problèmes de délimitation et d'insécurité juridique. Une disposition de ce type entraînerait en outre un risque de vacances temporaires plus élevé que sous le régime en vigueur, puisque le bailleur aurait nettement moins de temps pour sa recherche que le locataire, qui peut voir venir avant de restituer la chose louée de manière anticipée.</p><p>Ces inconvénients n'ont en outre pas de raison d'être, puisque dans les régions où l'offre de logements est faible, les locataires souhaitant remettre leur bail de manière anticipée n'ont généralement aucun mal à trouver quelqu'un de solvable pour le reprendre. Les nouveaux locataires sont souvent issus de leur cercle proche. Les bailleurs privés, en particulier, n'ont pas forcément envie de chercher un autre locataire dans le seul but d'augmenter le loyer. Le logement est donc souvent reloué aux mêmes conditions, avec un effet modérateur sur l'évolution des prix, ce qui est tout à fait souhaitable sur un marché tendu.</p><p>La réglementation proposée pourrait, quant à elle, avoir pour effet indésirable de rendre plus complexe la reprise des baux à loyer, et entraîner une augmentation plus fréquente du loyer. En effet, si le bailleur est contraint de chercher lui-même un nouveau locataire, il est probable, surtout en cas de pénurie de logements, qu'il adapte le loyer.</p>  Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.