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Les Ateliers de constructions mécaniques de Vevey (ACMV) ont commencé leur aventure industrielle en réparant des machines agricoles et en fabriquant des roues de moulins. C’était en 1842, lors de la fondation des Ateliers par Benjamin Roy. Profitant de la force hydraulique de la Veveyse et de la construction de la gare ferroviaire de Vevey à deux pas, l’entreprise fabriqua par la suite, comme le précise le Dictionnaire historique de la Suisse, des machines pour le percement du tunnel du Gothard, des turbines pour des centrales hydro-électriques, des ponts polaires pour les centrales nucléaires françaises, des réservoirs de méthaniers aux Etats-Unis, des tracteurs agricoles, des trolleybus et des charpentes métalliques. C’est ainsi que durant un siècle et demi, les Ateliers ont fait la fierté de la ville de Vevey.
Les ACMV furent modernisés et agrandis en 1962. C’est à cette époque que pose Gilbert Crisinel, ingénieur, qui travaille sur le plan d’une turbine hydro-électrique destinée au barrage de la Grande Dixence, selon les souvenirs de son fils. L’ingénieur est assis devant sa table à dessin, outil indispensable à l’époque pour le dessin technique, l’architecture et le graphisme. La table à dessin permettait en effet de tracer des droites parallèles et perpendiculaires de manière facile et surtout précise, grâce à un bras articulé équipé d’un contrepoids favorisant le déplacement de l’équerre. L’avènement de l’informatique sonnera le glas de cet outil.
Gilbert Crisinel travaille sur une turbines Pelton, celles utilisées à la Grande Dixence. Les ACMV fabriquent également des turbines Kaplan. Quelle est la différence entre elles ? Facile à reconnaître: la Kaplan possède des hélices orientables, alors que la Pelton possède des augets, ces petits bacs que l’on distingue sur tout le pourtour de la roue. La turbine Kaplan est utilisée dans le cas de fort débit ou de faible hauteur de chute, tandis que la turbine Pelton est utilisée pour de hautes chutes avec un faible débit d’eau.
Les ACMV construisent la Halle Inox en 1919 pour répondre aux importantes commandes de turbines. Avec son architecture remarquable, c’est la vitrine des ACMV. Elle est visible par tous les voyageurs qui passent en train par Vevey.
En 1973, la Halle Inox ne sert plus au montage des turbines mais à la chaudronnerie inoxydable, ce qui lui vaudra son surnom de Halle Inox. Malgré plusieurs tentatives de sauvetage, les ACMV sont mis en faillite en 1992, comme de nombreuses entreprises du secteur industriel touchées par la récession des années 1990, et la Halle Inox est laissée à l’abandon. Aujourd’hui, il ne subsiste que cette Halle Inox des ACMV, tout le reste ayant été rasé pour construire des logements. Cette salle perpétue le souvenir du prestige industriel veveysan. Il faudra attendre un quart de siècle pour que ce patrimoine classé monument historique soit réhabilité. La Halle Inox accueille désormais des lofts et un restaurant dénommé… « Les Ateliers ». On ne saurait faire plus simple. ■
Références
1. Article Les Ateliers de constructions mécaniques de Vevey, dans le Dictionnaire historique de la Suisse
2. Sur la turbine Kaplan, article de Wikipedia
3. Sur la rénovation de la Halle Inox, un article de 24 Heures
A consulter également sur notreHistoire.ch
Dans les Ateliers de constructions mécaniques de Vevey, une série de photographies