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PORTRAIT
Margrit Pfister
Une vaste expérience professionnelle et une biographie au parcours (parfois) sinueux ont fait de moi une généraliste. «Learning by doing» est la devise qui guide mon existence et me sert de fil rouge …
Née dans une famille paysanne nombreuse dans une petite ferme de l’Emmental, j’avalais dès mon plus jeune âge tout ce que je trouvais à lire, surtout des récits et des livres sur les cultures lointaines.
L’Emmental me paraissant trop étriqué, j'ai «pris la route» après avoir passé la maturité (avec le grec, le latin et l'hébreu) : voyages en Yougoslavie, en Scandinavie et en Israel/Palestine.
Ecartelée entre une famille de baptistes très croyants et les flambées de mai 68, j'ai commencé des études d'ethnologie, de sociologie et de psychologie, mais j'ai fait mon certificat d'aptitude à l'enseignement du français et de l'anglais pour le degré secondaire, parce que, pour mon objectif à long terme qui était la coopération au développement, on avait besoin de professionnels. Puis une fois de plus la fièvre des voyages s'est emparée de moi. J'ai vécu un an en Espagne et après mon retour j'ai travaillé pour des ONG et comme enseignante de langues, avant que l'appel du large ne se fasse à nouveau sentir. Après un long voyage à travers les Etats-Unis et en Amérique Centrale – alors en pleine guerre civile, j'ai donné naissance à ma fille, âgée de 27 ans, que j'ai élevée seule.
Il y a 20 ans environ j’ai osé faire le pas vers l’indépendance comme interprète/ traductrice/ rédactrice. Mais, poussée par le désir de réconcilier la vie professionnelle, l’engagement pour la communauté et la réalisation artistique, j’ai fait du bénévolat dans mon quartier (création d’un terrain de jeux, association de parents, cantine scolaire, etc.), pris position par écrit sur des thèmes politiques et sociaux et donné des concerts sous le pseudonyme de Vera Gabriel (Piaf, Tangos, Mercedes Sosa). Dans le livre «Steine im Weg» (uniquement en allemand), j'ai décrit les nombreux obstacles qui entravent aujourd’hui encore ce triple épanouissement d’une femme cheffe de famille monoparentale non privilégiée.
Ce caléidoscope de compétences diverses et d'expériences bigarrées est ainsi devenu mon outil de travail au centre duquel se trouvent les êtres humains d’autres cultures, leur langue et leur chansons.
Dans ma dernière production créative, le documentaire SPAGAT – Mütter und Töchter in der Migration (ENJAMBÉES - mères et filles dans la migration), j’ai pu associer toutes mes expériences ainsi que toutes les formes d’expression créatrice, y compris la photographie.