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Alors qu’à la fin des années 1980 le «monde occidental» fêtait sa victoire sur le communisme, il s’avéra dès l’essor de la crise financière que le système économique néolibéral, uniquement axé sur les profits, comprend de sérieuses lacunes et devait être de toute urgence reconsidéré et réformé. Certains responsables de grandes banques chuchotaient qu’il fallait juste attendre un peu que la crise passe et qu’ensuite on pourra continuer à œuvrer comme auparavant. Le changement de cap nécessaire n’était envisagé que beaucoup trop rarement. Les banques centrales, notamment aux Etats-Unis et au sein de l’Union européenne, se contentaient d’injecter des centaines de milliards dans le système monétaire pour empêcher que la crise bancaire continue à se généraliser et que le désastre soit visible pour tous. L’endettement d’environ 20?000 milliards de dollars des Etats-Unis ou de 2000 milliards de la République fédérale d’Allemagne permet de se demander comment de telles sommes pourraient bien être refinancées. Au lieu de tout entreprendre pour sortir de cette politique effrénée de l’endettement pour mener une politique orientée sur la réalité économique, la Banque centrale européenne a commencé à racheter des dettes souveraines des Etats membres en injectant encore davantage d’argent dans le système.
En réalité, les pays industrialisés occidentaux sont actuellement au bord du gouffre, notamment à cause de la concurrence russe et asiatique grandissante. Suite à son arrogance et ses éternelles revendications de pouvoir, l’Occident risque de rater le coche. Pour empêcher ou repousser un éventuel effondrement de l’économie occidentale, les Etats-Unis tentent de créer de nouveaux instruments (coercitifs) au sein de l’ancien système afin de générer à brève échéance davantage d’argent et de profits. En font partie notamment les accords de libre-échange TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership) et l’accord sur la libéralisation ou dérégulation des services TiSA (Trade in Services Agreement). Ces deux accords sont actuellement négociés à huis clos; dans le cas de l’accord TiSA, la Suisse est présente à la table de négociation.
L’objectif central de tout accord de libre-échange est de lever les barrières tarifaires dans certains domaines pour permettre un marché libre entre deux ou plusieurs Etats. En tant que modèle, il existe l’AELE (Association européenne de libre-échange): dans ces accords, on a, à juste titre, exclu du libre-échange par exemple l’agriculture. Ce qui est en train d’être concocté dans les nouveaux accords va cependant beaucoup plus loin – cela va jusqu’à créer une juridiction privée, ce qui viole très fortement la souveraineté étatique. Franz Kotteder, rédacteur de la «Süddeutsche Zeitung», parle dans son livre paru récemment «Der grosse Ausverkauf – wie die Ideologie des freien Handels unsere Demokratie gefährdet» [La grande liquidation – la mise en danger de notre démocratie par l’idéologie du libre-échange] des accords TTIP et TiSA: «Ils font partie d’un coup d’Etat des organisations économiques internationales et des multinationales, on ne peut guère le décrire différemment.» Ci-dessous, le secrétaire général du SSP (Syndicat suisse des services publics) Stefan Giger et le conseiller national UDC et président de l’ASIN (Action pour une Suisse indépendante et neutre) Lukas Reimann décrivent des points de vue différents à propos des raisons de l’existence de ce «coup d’Etat» et dans quelle mesure l’opposition contre ce dispositif contractuel monstrueux s’est déjà formée. •
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