Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07114.jsonl.gz/1195

Aux Etats-Unis, la chambre des représentants dépenalise l'usage non-médical de cannabis.
Avec 15 Etats (soit un tiers de la population américaine) ayant déjà légalisé le cannabis sous toute ses formes, et 33 Etats ayant autorisé le cannabis à des fins médicales, la fin de la prohibition du cannabis au niveau fédéral semble être arrivée au moment propice.
Dans une nation de plus en plus polarisée, peu nombreux sont les sujets où l'on peut trouver un accord entre démocrates et républicains, mais le cannabis en fait étonnamment partie. Malgré le fait que la décriminalisation des drogues fasse partie de l’agenda démocrate et non républicain (parti qui intègre les évangélistes, majoritairement contre la décriminalisation des drogues et qui ont beaucoup d'influence aux Etats-Unis).
Néanmoins, le risque d’un rejet par la chambre haute est très concret, car le Sénat (l'équivalent de notre conseil des États) a une faible majorité républicaine et leur leader a fait part de son refus catégorique de changer le statut fédéral du cannabis. La désaffection de certaines sénatrices et sénateurs républicains (surtout celles et ceux représentant des États l’ayant déjà régulé) est envisageable mais peu d’observateurs politiques y croient.
Il est indéniable que les temps ont changé. Selon les derniers sondages, 68% des étatsuniens déclarent que l'usage du cannabis devrait être légal. A l’inverse, seulement 8% de la population estime que cela devrait être totalement illégal. Des États résolument républicains viennent en effet de le légaliser : le Dakota du Sud a par exemple décidé avec 54% des voix de régulariser le cannabis alors que seulement 36% des électeurs ont voté démocrate lors de l'élection présidentielle ; le Montana a légalisé le cannabis avec 57% de oui, et a voté républicain avec le même nombre de voix ; même le Mississippi, un des États les plus conservateur du pays, a accepté le cannabis médical à 62% de oui.