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(é)Pieux, mais peu clairvoyant et faible, soumis aux courants de l'opinion populaire qu'il ne savait pas diriger vers le bien, Hildebrand de Riedmatten laissa son Eglise approcher trés prés de la ruine. (é) Son épiscopat fut marqué par la lutte entre le catholicisme et le protestantisme. (é) Durant cet épiscopat, les détenteurs de l'autorité temporelle furent nombreux. (é) Afin d'obtenir le renouvellement de leurs franchises, les Anniviards députérent auprés de l'évéque, en 1590, les deux fréres Thomas et Jean Savioz. L'évéque reconnut les faveurs accordées par son prédécesseur Walter II Supersaxo en 1467.
photo 166 : Canada (St Laurent), Jacques Cartier, navigateur et explorateur, Ramusio, 1565
Depuis longtemps déjé, les habitants de Fang-Chandolin avaient pris l'habitude de mener paétre leurs moutons dans l'espace compris entre le roc de la Grand-Barme (1) et le couloir Loton. Les gens de Vissoie affirmaient par contre qu'ils étaient les seuls propriétaires des terres sises en aval du roc de la Grand-Barme. Leurs procureurs, Antoine Favre et Pierre Zufferey, demandérent justice au vice-chételain (2) Pierre Rouaz, le 11 septembre 1568. Celui-ci interrogea neuf témoins dont les déclarations furent recueillies par le curé de Vissoie, Georges Chasselaz.
Egide Pont déclara avoir entendu dire des anciens que St-Luc avait un passage sur la commune de Vissoie, en descendant depuis le roc de la Grand-Barme, jusqu'au cours de la Navizance, par lequel les Lucquérands conduisaient leurs moutons et leur bétail s'abreuver é la riviére.
Mathieu, fils de Mathieu Udryod, affirma avoir vu les moutons de St-Luc descendre le couloir Loton jusqu'é la Navizance. Selon lui, les communes de Vissoie et St-Luc auraient posé leurs limites depuis la Grande Ravine (3) jusqu'au roc des Constances (4). Mais, é partir de cet endroit, elles auraient laissé é chaque partie ses anciens droits. Il révéla en outre avoir entendu dire de Franéoise, fille de feu Jean Gignand et veuve d'Antoine Rouaz, qu'elle avait gardé dans sa jeunesse les troupeaux de Vissoie et qu'elle avait vu sous un bouleau, dans le couloir Loton, une borne que des chutes de pierres avaient arrachée par la suite.
Georges Caloz, de St-Luc, égé de 80 ans, déposa que les Lucqérands jouissaient d'un droit de passage depuis le roc de la Grand-Barme, mais que les terres sises en ce lieur appartenaient é la commune de Vissoie.
Jeannot Caloz, de St-Luc, égé de 70 ans, fit une déclaration analogue.
Jean Salamin, de St-Luc, égé de plus de 70 ans, reconnut avoir gardé les chévres de son pére dans ledit passage ; il affirma en outre que soit son pére soit lui-méme avaient vu du bétail de Vissoie paétre en cet endroit ; pourtant, lorsque les habitants de St-Luc empruntaient ce passage, ceux de Vissoie s'en éloignaient pour ne point se méler é eux ; qu'au reste, les habitants de Fang n'avaient aucun droit de péturage en-deéé du couloir Loton.
Antoine Zufferey, l'ancien, de St-Luc, égé de plus de 80 ans, affirma ne rien savoir au sujet des limites entre Fang et Vissoie ; par ailleurs, la possession des terres revenait é Vissoie tandis que St-Luc jouissait d'un droit de passage depuis le torrent jusqu'au couloir Loton.
Maurice Salamin fit un déclaration analogue, que confirma Antoine, fils de Pierre Zufferey, égé de 40 ans.
Nicod Zufferey, domicilié é Vissoie et égé de 40 ans, tint les mémes propos et ajouta avoir entendu dire de Franéoise, veuve d'Antoine Rouaz, qu'au-delé du couloir Loton se trouvait une borne pour délimiter les terres de Fang d'avec celles de Vissoie.
Les archives n'ont pas conservé la sentence consécutive é cette enquéte. Pourtant, la situation ultérieure permet de conclure que le différend se trancha en faveur de Vissoie pour la possession des terres et é l'avantage St-Luc pour la confirmation de la servitude de passage. Cette affaire nous apprend en outre que Fang et Chandolin formaient ensemble le tiers du quartier de St-Luc et que les particuliers allaient parfois semer le blé sur les territoires communaux.