Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07259.jsonl.gz/1202

Estimant que l'initiative et le référendum ne suffisent plus aujourd’hui pour garantir une vraie démocratie, l'Alternative de gauche a déposé une motion pour instaurer une motion populaire à Delémont. Cette forme d'intervention démocratique populaire existe au niveau cantonal, notamment à Fribourg, Neuchâtel Schaffhouse et Soleure. Elle a été développée directement dans différentes communes, uniquement en Suisse alémanique pour le moment.
Concrètement, la motion populaire est traitée selon une procédure analogue à la motion parlementaire à la seule différence qu'elle est lancée non pas par un élu ou par un groupe d’élus, mais par un nombre déterminé de citoyens ayant le droit de vote. Cela peut aller de 50 à 200 électeurs selon les communes qui l’ont déjà introduite en Suisse alémanique.
Défiance vis-à-vis des élus
Pour l'auteur du texte Pierluigi Fedele, interrogé dimanche dans le 12h30 de la RTS, il y a aujourd'hui une "défiance totale vis-à-vis des élus". Et de citer l'exemple de Delémont, où les autorités n'ont été élues que par le tiers de la population qui s'est déplacée aux urnes.
"Si on veut recoller les citoyens à une activité démocratique qui peut être autre que celle des élections, il y a d'autres moyens de le faire", juge Pierluigi Fedele. Et pour l’Alternative de gauche, il n’y a aucun risque d’alourdir ou de compliquer encore certains processus.
Un outil parmi d'autres pour s'exprimer
La motion populaire n’est qu’un outil parmi d’autres pour offrir à la population la possibilité de s’exprimer, estime encore Pierluigi Fedele. L'élu delémontain cite aussi l'exemple du budget participatif, mis en place à Lausanne pour faire participer les citoyens à l'élaboration d'une partie du budget, qui n'est donc plus uniquement entre les mains des élus. Une intervention à ce sujet pourrait être mise sur la table prochainement à Delémont.
Le dernier exemple de motion populaire lancée avec succès en Suisse est celle qui a été lancée dans le canton de Neuchâtel suite à la grève pour le climat. Elle a recueilli en deux jours plus de 800 signatures alors qu’une centaine aurait suffi.
Gaël Klein/boi