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Le Frelon asiatique Vespa velutina, ou Frelon à pattes jaunes, est une espèce exotique envahissante (EEE) arrivée dans le sud-ouest de la France en 2004, à la suite du transport d’une reine fécondée dans une cargaison de poteries chinoises. Il arrive dans la région genevoise en 2020, à la suite de déplacements progressifs naturels. Cette espèce est en effet capable de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres à chaque saison.
Biologie
Classification
Vespa velutina est un insecte hyménoptère de la famille des Vespidae. Il s’agit d’une guêpe sociale, ayant une organisation particulière au sein de sa colonie avec une reine (fondatrice), des femelles stériles — les ouvrières — puis durant la saison de reproduction des mâles et des femelles fécondées — les gynes — fondatrices de l’année suivante.
Morphologie
Le Frelon asiatique est reconnaissable à sa couleur globalement sombre et ses pattes jaunes. Seule une bande orangée est visible sur le quatrième segment abdominal en face dorsale. La face de la tête est jaune orangé. La face ventrale de l’individu ressemble grandement au Frelon européen (Vespa crabro) : il n’est donc pas un bon critère d’identification. Cependant, le Frelon européen est globalement jaune et brun, et apparaît comme une grosse guêpe en vol.
Les reines de Frelon asiatique sont plus petites que les reines de Frelon européen puisqu’elles peuvent mesurer jusqu’à 3,2 cm chez le Frelon asiatique, contre 3,5 cm chez le Frelon européen (Rome & Villemant, 2021).
Cycle de reproduction
Le cycle de reproduction de cette espèce invasive lui permet de se multiplier et de se propager rapidement. Il se déroule en quatre phases, et en une année seulement.
Le cycle débute par une phase de dormance, permettant aux jeunes reines de passer l’hiver. Elles se cachent alors dans le sol, dans les anfractuosités des arbres ou bien à proximité des habitations, comme dans les tas de bois. À la fin de l’hiver, chaque jeune reine, appelée fondatrice, va essayer de fabriquer son propre nid primaire. Celui-ci est de petite taille, puisque la fondatrice « fonde » son nid seule pour y pondre ses premiers œufs, qui deviendront des larves, des nymphes, et enfin les premières ouvrières.
© Julie Manzinalli
Le nid est façonné à l’aide de petits morceaux de bois et de salive mélangés afin d’obtenir une matière ressemblant au papier mâché. La colonie ne cesse ensuite de s’agrandir, jusqu’à l’été ou elle doit parfois changer d’emplacement. Dans de tels cas, les individus fabriquent un nid de grande taille appelé « secondaire », la plupart du temps localisé à la cime d’un arbre. Jusqu’à maintenant, aucune préférence d’essence d’arbre n’a été démontrée.
La colonie continue de s’agrandir jusqu’à l’automne, période de reproduction. Des mâles seront produits, permettant la fécondation des futures reines. En fin d’année, et lorsque les températures baissent drastiquement, seules les gynes fécondées partent du nid pour passer l’hiver. Les mâles et ouvrières meurent au cours de l’hiver, et le nid finit par être détruit par les conditions météorologiques et les oiseaux.
© Julie Manzinalli
Impacts
Sur les abeilles domestiques
Cette espèce exotique envahissante pose divers problèmes depuis son arrivée. Le principal impact généralement mis en avant est économique, puisque le Frelon asiatique s’attaque aux abeilles domestiques pour nourrir ses larves. Grâce à son vol stationnaire — que le Frelon européen ne pratique pas — il arrive à attraper des abeilles revenant à la ruche. Après la capture, le Frelon asiatique emporte l’abeille afin de la préparer pour ses larves : il découpe à l’aide de ses mandibules la tête, l’abdomen, les pattes et les ailes afin de ne garder que le thorax, riche en protéines. Les restes de l’abeille sont ensuite apportés au nid afin de nourrir les larves. Les ruches peuvent être particulièrement stressées par la présence et les attaques du Frelon asiatique. Certaines abeilles ne sortent plus de la ruche, et les abeilles sortant de la ruche peuvent se faire attraper en vol.
Sur l’entomofaune sauvage
Outre les pertes pour la filière apicole, le Frelon asiatique est aussi prédateur de nombreux invertébrés indigènes. Les impacts de son introduction restent faiblement documentés (OFB & UICN France, 2020). Une étude réalisée dans le sud-ouest de la France a montré que les abeilles pourraient représenter moins de 40 % du régime alimentaire du Frelon domestique, qui chasse aussi les mouches ou les guêpes sociales indigènes (Rome et al., 2021).
Moyens de lutte
Science participative
La lutte efficace contre l’invasion du Frelon asiatique implique une remontée des données de présence de l’espèce. En Suisse, toute observation est à signaler via la plateforme frelonasiatique.ch.
Recherche des nids
La principale méthode de contrôle de cette espèce est la détection et la destruction des nids, afin d’endiguer au plus tôt la reproduction. Différentes méthodes de recherche des nids existent, en particulier la radiotélémétrie.
Compléments à venir.
Protections des ruchers
Là où l’invasion est problématique et les nids sont introuvables, il est possible de protéger les ruchers. Les solutions les plus efficaces sont des muselières placées à l’entrée des ruches et les harpes électriques, relativement sélectives, posées à proximité. Les solutions de piégeage sont problématiques, car non sélectives et tuant très essentiellement des insectes indigènes, et formellement déconseillées si ce n’est à proximité immédiate des ruchers, et sur la période critique pour le Frelon asiatique entre août et octobre (Haxaire & Villemant, 2010).
Compléments à venir.
Références
Haxaire J. & Villemant C. (2010). Impact sur l’entomofaune des « pièges à frelon asiatique ». Insectes 159(4):1–6.
OFB & UICN France (2020). Vespa velutina. Base d’information sur les espèces exotiques envahissantes. Centre de ressources Espèces exotiques envahissantes. UICN France et Office français de la biodiversité.
Rome Q., Perrard A., Muller F., Fontaine C., Quilès A., Zuccon D. & Villemant C. (2021). Not just honeybees: predatory habits of Vespa velutina (Hymenoptera: Vespidae) in France. Annales de la Société entomologique de France 57(1): 1–11.
Rome Q. & Villemant C. (2021). Fiche d’aide à l’identification de Vespa velutina. Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, 2 pp.