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La revue scientifique Science consacre un numéro spécial aux prairies et aux savanes (lien). L’histoire de l’Humanité est profondément liée aux herbes. Homo a évolué dans les savanes il y a 2 millions d’années, et les sociétés agricoles sont nées de la domestication des graminées, comme le blé et l’orge, il y a 10 000 ans. Elles restent les aliments de base dominants dans le monde, avec le maïs et le riz. La production animale se concentre également dans des zones qui étaient autrefois des prairies naturelles. Les biomes herbeux abritent des ensembles divers de plantes et d’animaux qui se sont adaptés à ces environnements au cours de millions d’années d’évolution. Malheureusement, ils pourraient être les écosystèmes les plus durement touchés par les crises climatiques et d’utilisation des terres en cours, des steppes de Mongolie aux savanes de Tanzanie.
Les graminées sont très diverses, mais seulement six ou sept espèces fournissent la plupart des calories consommées par les humains. La domestication des graminées en tant que cultures a commencé il y a environ 10 000 ans et se poursuit aujourd’hui pour optimiser la base génétique des caractères utiles à l’agriculture. Les techniques visant à maximiser les rendements des cultures céréalières de base dominent encore l’agriculture moderne. En plus des champs cultivés et des pâturages, les écosystèmes herbeux (Poacées et Alismatales) couvrent de vastes étendues de la planète, formant des prairies terrestres et des prairies sous-marines. Les prairies créent et stabilisent un sol fertile, stockent du carbone, génèrent de l’oxygène et fournissent un habitat aux animaux, des matériaux de construction et de la nourriture. Elles sont pourtant souvent sous-estimées. Le changement de l’usage des terres et le réchauffement climatique les menacent. Même les efforts d’atténuation du changement climatique donnent la priorité au carbone stocké dans les arbres par rapport à celui stocké dans les prairies. Néanmoins, les graminées pourraient offrir des solutions à nombre de nos défis de société, si seulement nous reconnaissions pleinement leur diversité et leur valeur.
Les prairies contiennent environ un tiers du de carbone terrestre et peuvent agir comme un important puits de carbone. Des études récentes montrent que la diversité végétale augmente le stockage du carbone organique du sol (COS). Le changement climatique affecte le fonctionnement de cet écosystème. Une gestion améliorée des pâturages et la restauration de la biodiversité peuvent fournir des options à faible coût et/ou à fort gain de carbone pour les solutions climatiques naturelles dans les prairies mondiales. La restauration de biodiversité des prairies permettrait de séquestrer 2,3 à 7,3 milliards de tonnes d’équivalents de dioxyde de carbone par an, une meilleure gestion des pâturages capterait 148 à 699 mégatonnes de CO2e par an, et le semis de légumineuses dans les pâturages ajouterait au sol environ 147 mégatonnes de CO2e par an.
Les prairies, qui constituent près de 40 % de la biosphère terrestre, fournissent un habitat à des nombreux animaux et plantes et contribuent aux moyens de subsistance de plus d’un milliard de personnes dans le monde. Alors que la destruction et la dégradation des prairies peuvent se produire rapidement, des travaux récents attestent que la récupération complète de la biodiversité et des fonctions essentielles se produisent lentement ou pas du tout. La restauration des prairies – interventions visant à accélérer ou à guider ce rétablissement – a reçu moins d’attention que la restauration des écosystèmes forestiers, souvent en raison de l’hypothèse dominante selon laquelle les prairies sont des habitats récemment formés qui peuvent se rassembler rapidement. Il s’avère que la restauration des prairies est longue et complexe et nécessite des centaines d’années. Il peut être nécessaires de procéder en plusieurs étapes, et certaines plantes se propagent à partir rhizomes sous-terrains et non de graines.
Il faut avant tout préserver les prairies anciennes. La plus grande partie de leur biomasse est cachée dans le sol, dans des longues racines qui peuvent atteindre 7 mètres (Buisson et al, Science 2022). Une scientifique de l’Université de Wageningen avait déterré et dessiné la partie souterraine de nombreuses plantes mais ses observations d’immenses racines étaient mises en doute par certains collègues. Ses schémas sont accessibles dans cet atlas (lien). Je serais curieuse de savoir l’âge de ces racines, elles pourraient être très anciennes. Les prairies anciennes possèdent des structures et une biodiversité sont incomparables aux pelouses. Plusieurs scientifiques considèrent qu’il faut préserver ces écosystèmes des arbres, qui les modifieraient trop et en diminueraient la biodiversité. D’autres estiment que quelques arbres épars dans une prairie doubleraient son contenu de carbone. En cas de sécheresse sévère ils protégeraient aussi la biodiversité d’un coin de la prairie.
Le journal consacre aussi un article aux prairies sous-marines. Elles captent du carbone dans la mer, et stabilisent les fonds marins. Elles pourraient constituer une solution naturelle pour l’atténuation des gaz à effet de serre. Cependant, le réchauffement climatique les menace directement aussi.
Ancien blog qui inclue des images de racines de prairies anciennes: https://blogs.letemps.ch/dorota-retelska/2021/02/21/leffet-de-serre-peut-devenir-humus-fertile/
Photo de couverture: Prairie de narcisses sauvages dans les Préalpes vaudoises, Suisse
13 réponses à “Préserver les prairies anciennes : numéro spécial de Science”
Une nature sèche c’est une nature MORTE qui chauffe et qui brule … quand c’est bien VERT c’est bien VIVANT c’est 20°c de moins et ça ne brule JAMAIS : la SEULE et UNIQUE façon de baisser les températures c’est d’arroser (20°c de moins, l’évaporation de l’eau absorbe 60% de l’énergie solaire) … TOUTES les villes arrosent sans compteur et sans taxe, elles arrosent même le béton et les routes du tour de France … TOUTES les forêts qui brulent dans le monde sont des forets de conifères (ou des zones sèches) … Le conifère transpire DEUX FOIS MOINS, donc évacue DEUX FOIS MOINS de chaleur, apporte DEUX FOIS MOINS de pluie que le feuillu et brule TOUS les étés … . On va bientôt découvrir que l’eau des villes n’a jamais été recyclée mais jetée en mer parce que le système d’épuration vendu par Véolia dans le monde entier n’a jamais fonctionné correctement … L’eau est recyclable à l’infini, la SEULE et UNIQUE façon de perdre de l’eau douce c’est de la jeter en mer, nos sécheresses sont les conséquences directes de “l’assainissement collectif à la française” qui coute un pognon de dingue et qui n’a JAMAIS fonctionné … on dilue les polluants dans les rivières …Interdire d’arroser l’été c’est une FOLIE qui aggrave le phénomène, plus c’est sec plus c’est chaud et mieux ça brule ! https://www.instagram.com/p/Cg8sCHtIbfr/
Bonjour,
La question du recyclage de l’eau mérite amplement selaon d’être posée, est-ce que si on recycle réellement l’eau à cause de la rareté des pluies, ne risque t-on pas d’assécher les rivières ??
Il faudrait inciter les gens qui ont un jardin à récupérer l’eau de pluie pour arroser soit leur jardin soit leur potager ou les deux. Quand on n’a pas assez d’eau de pluie pour arroser son potager, il faut utiliser de l’eau de la ville car l’eau, c’est la vie dirai-je !!
Les plus grandes forêts sur Terre doivent être préservées car ce sont elles qui apportent la pluie, or ça ne semble pas être le cas de la plupart des forêts qui sont détruites pour la culture car c’est plus rentable.. Si la plupart de gens prennent conscience de cela, cela changera beaucoup..
Bon à savoir, un spécialiste de l’eau a dit que ce sont les forêts même à l’autre du bout qui apportent des pluies, la question de la déforestation ( ex Amazonie, Indonésie ) n’a pas été très probablement
justement estimée, de toute évidence elle est responsable du réchauffement climatique et de la rareté des pluies.
Joie et bonheur.
Aprés 2 ans de stigmatisation gratuite des antivax, on va pouvoir se défouler sur les gaspilleurs énergétiques. Ce monde est merveilleux.
J’aime lire le dimanche matin ces accusations: “Ils nous disent à nous, les gens de la classe ouvrière, de culpabiliser pour notre vol annuel lors de vacances bien nécessaires pendant que ces célébrités prennent des jets privés tous les deux jours comme si c’était un Uber”
https://www.20min.ch/fr/story/ils-prennent-des-jets-prives-tous-les-deux-jours-comme-si-c-etait-un-uber-750766660088
Vive la chasse aux climatocides !! ❤❤
Bonjour,
Il pourrait être intéressant de calculer la dépense énergétique et les pollutions induites par les millions de gens de toutes les “classes” qui suivent sur le net le trajet ( et aussi le quotidien ) des VIP ou célébrités diverses…..
Car la consultation du Net a un coût pour cette planète….
De nos jours, tout le monde se sent facilement culpabilisé par la moindre remarque, mais beaucoup refusent d’être ( en partie ) coupable.
Merci à Madame Retelska pour cet article.
Il vous suffit d’entrer les données ici:
https://www.tweetfarts.com
A titre d’exemple, ce blog consomme par année l’équivalent de six vols Genève – Los Angeles.
L’empreinte carbone pour chaque élément qui n’est pas neutre est très difficile à estimer, mais le livre ” Notre empreinte cachée ” de Babette porcelijn est à ma connaissance le plus sérieux et le plus documenté à ce jour. Si seulement tous les hommes politiques pouvaient avoir connaissance de ce livre qui est en fait une étude scientifique détaillée sur les différentes empreintes des achats, constructions, alimentation… et très facile à lire et qui propose des solutions à l’échelle humaine, à l’échelle industrielle pour réduire notre empreinte.
Intéressant reportage sur la conservation des sols:
https://m.youtube.com/watch?v=dWtG6DFFb1E
Vive l’agriculture de conservation des sols.
https://agriculture-durable-geneve.ch/fr/modes-et-techniques-de-production/techniques-de-production/agriculture-de-conservation
Article intéressant qui pointe l’importance insoupçonnée des sols. On comprend que l’eau (H2O) y a son importance puisque les conditions physico-chimiques (pression atmosphérique et températures moyennes) de notre planète permettent à cette molécule et son cycle de s’y trouver majoritairement sous forme liquide et non pas de glace ou de vapeur. Et notre biosphère en dépend.
Je voudrais lancer un appel aux dons. Une station de ski voudrait s’équiper du matériel nécessaire à la culture (au sens agronomique du terme) de la neige. les autorités politiques y ont répondu favorablement et accordé des subventions généreuses pour l’achat des matériels. Mais cette station vous serait très reconnaissante si vous pouviez lui envoyer des dons d’eau(par exemple vous priver d’une douche (80L)permettrait de cultiver la quantité de neige nécessaire à 20 cm² de piste et cela durant toute la saison)
Pour les dons en électricité vous pourrez pédaler de toutes vos forces pour suppléer les déficiences des centrales.
Merci pour cet humour !
Le modèle des stations de ski resistera-t-il à ce qui se profile ?
Des pays comme la France et la Suisse devraient y réfléchir….tout en regardant bondir de colère les professionnels qui vivent de ce secteur….
Belle journée !