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Personne ne sait exactement combien d’argent les Etats-Unis ont réellement investi dans la course à la lune. Ce qui est sûr, c’est que c’était beaucoup. Certains ont prétendu que ce ne sont pas moins de 28 milliards de dollars qui ont afflué dans les missions Apollo entre 1960 et 1973. Convertis à l’heure actuelle, cela représenterait environ 280 milliards de dollars. Un chiffre absurde eu égard des actuelles dépenses du gouvernement américain: environ 4000 milliards de dollars. Mais, c’était la guerre froide et la domination de l’espace était alors un réel enjeu. La RA s’est également laissée «transporter» par l’enthousiasme de l’époque. Dans le catalogue de 1971, les journalistes contemporains décrivaient le développement et le fonctionnement du LRV, le «Lunar Roving Vehicle»: «Le gouvernement américain n’a payé que 19 millions de dollars au constructeur de la plus intéressante voiture de la gamme 1971. Or, le lancement d’un nouveau modèle est souvent bien plus coûteux: n’a-t-on pas parlé dans certains cas de 50 millions de dollars?» peut-on lire dans le catalogue de 1971. Un tarif bradé que le journaliste de l’époque explique par la satisfaction du constructeur de l’astromobile à voir l’un de ses modèles «rouler là-haut».
Quatre constructeurs dont un automobile
Lorsque le président John F. Kennedy prononça son discours historique «non pas parce que c’est facile, mais bien parce que c’est difficile» à l’université de Rice en 1961, personne ne savait encore comment les Américains envisageaient leur future «voiture lunaire». Ainsi, lorsque l’on en vint sérieursement au projet, la décision de savoir si le véhicule devait être piloté par un humain ou radiocommandé était encore loin d’être prise. Finalement, après avoir passé en revue tous les arguments, le 11 juillet 1969, soit quelques jours avant que Neil Armstron ne devienne le premier homme à poser le pied sur la lune, la Nasa passa officiellement la commande d’un véhicule lunaire. Parmi les quatre entreprises qui se portèrent candidates, il n’y avait qu’un seul constructeur automobile: Chrysler. Le contrat ne lui fut pas attribué, Boeing ayant présenté un meilleur concept en 1970, le «1-G Trainer». Celui-ci reprenait déjà les éléments qui contribuèrent au succès des missions Apollo: poids contenu, vitesse de maximum 15 km/h, deux batteries argent-zinc de 36 volts à forte densité de puissance et une faible capacité d’autodécharge, système de navigation embarqué avec gyroscope et «ordinateur», moteurs électriques situés dans chacun des quatres roues et, pour finir, quatre roues directionnelles.
«Le premier LRV n’est pas encore sur la lune, mais les ingénieurs travaillent déjà à la conception du Mars Roving Vehicle. Personne ne sait s’il sera un jour construit», écrivait alors la Revue Automobile en 1971. Peut-être que dans le catalogue 2024, nous pourrons faire un reportage sur le Mars Rover développé par Space X. Elon Musk, patron de l’entreprise, a en effet le projet d’envoyer un Cybertruck sur la planète rouge.
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