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La recherche historique s’appuie sur un recensement de près de 12'000 individus engagés dans la recherche scientifique entre 1700 et 1870, dont les parcours de vie de 5’000 européens et nord-américains en astronomie, physique, chimie et botanique. Elle analyse les statuts sociaux et les profils de carrière de savants reconnus ainsi que les pratiques de recherche de centaines d’amateurs de science. En considérant des groupes de chercheurs en France, en Grande-Bretagne, dans les pays germaniques, en Italie, en Suède et en Russie, on caractérise les attentes des sociétés civiles envers la science ainsi que ses retombées.
La recherche comprend aussi une analyse de réseaux académiques et non-académiques. Dessinés par une combinaison de liens de formation, de collaboration, d’influences intellectuelles et d’échanges d’informations, leur analyse combine une approche historique et une approche sociologique pour prendre en compte de la dimension temporelle et la dynamique de la science moderne. La description des dynamiques à l’œuvre dans différentes communautés de recherche seront confrontées aux données et aux théories issues la recherche sur les réseaux contemporains de collaboration et de partenariat intellectuel.
Après avoir été considéré comme une affaire de génies ou comme enjeu de rivalités nationales, le développement de la science aux 18e et 19e siècles apparaît aujourd’hui comme une entreprise culturelle et sociale complexe, faite de réseaux dont la nature et les caractéristiques restent à étudier. La première phase de professionnalisation de la science, souvent décrite comme un processus d’exclusion des amateurs, serait plutôt un développement accéléré des réseaux scientifiques dans des secteurs de plus en plus large des sociétés européennes en voie de modernisation.