Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07071.jsonl.gz/989

D'ANSELME Louis - A propos de "Évolution, une théorie en crise"
L'article de Monsieur Olivier Delacrétaz, Prudence dans l'azur m'a vivement intéressé. Je voudrais soulever un seul point concernant le parallèle qu'il établit entre ce qui caractériserait les démarches scientifiques abusives tant des évolutionnistes que des créationnistes.
Il est évident que l'on ne peut rien savoir, sur le plan proprement scientifique, des origines de l'univers, de la vie ou de l'homme. Car de tels faits étant uniques sont obligatoirement dépourvus de toute possibilité de vérification expérimentale. Par ailleurs, ces faits, traitant comme ils le font des origines, ne peuvent manifestement guère s'appuyer sur le témoignage des hommes.
Il s'en suit que l'explication évolutionniste des origines repose uniquement sur des hypothèses subjectives, hypothèses qui ne peuvent être confirmées par expérimentation. Pour ce qui en est de leur Infirmation expérimentale elle est possible et abondante, comme en témoigne l'ouvrage remarquable du biologiste moléculaire (non créationniste) australien Michael Denton: L'évolution: une théorie en crise (Londreys, Paris, 1988). Comme le disait naguère Jean Rostand, l'évolution n'est autre chose qu'un conte de fées pour grandes personnes.
Sur le plan scientifique le créationnisme ne saurait également être autre chose qu'une hypothèse. Il est impossible d'en apporter des preuves expérimentales. Cependant, la foi du chrétien en l'hypothèse créationniste ne repose aucunement sur de simples spéculations humaines. Elle s'appuie sur les paroles fermes et dignes de confiance de prophètes et d'apôtres inspirés de Dieu. Car le modèle cosmologique créationniste, se fonde sur la parole (rationnellement compréhensible aux hommes) de Celui qui ne saurait mentir. C'est, par ailleurs, lui seul qui peut nous renseigner ,objectivement sur de tels faits puisqu'il en est lui-même l'unique source. Il est, en conséquence, regrettable de placer sur un pied d'égalité les spéculations évolutionnistes tirées du cœur trompeur des hommes et les affirmations créationnistes qui proviennent de la Révélation objective du Créateur sur son œuvre. De toute façon, sans révélation du Créateur de toutes choses, nous ne pouvons savoir rien de certain sur nos origines.
Cependant, le modèle créationniste, s'il est vrai, ne saurait se trouver en contradiction avec l'ordre du cosmos que la méthode scientifique nous fait découvrir. La Parole du Créateur ne saurait contredire son œuvre. Comme le démontre abondamment les nombreux travaux du physicien bénédictin, Stanley Jaki, le modèle cosmologique biblique s'avère à l'examen être le seul à avoir, dans des circonstances historiques précises, su donner naissance à une entreprise scientifique digne de ce mot. Que, par l'orgueil des hommes, cette entreprise ait connu un développement faustien fort inquiétant ne change rien au fait historique. Nous pouvons déjà constater que le rejet tant du modèle que des mœurs chrétiennes rend l'entreprise scientifique de plus en plus aléatoire. Veuillez, Monsieur le rédacteur, croire à l'expression de mes sentiments les meilleurs.
Jean-Marc BERTHOUD
Notre univers en faux-semblant repose sur des impostures forgées par quelques hommes, Rousseau, Marx, Freud, Darwin... Peu de gens le savent, beaucoup en souffrent; mais paroli ceux-ci un nombre croissant s'en doute. Il convient de les éclairer à la mesure de nos moyens. L'analyse critique de la théorie transformiste récemment effectuée par le Dr. Michael Denton donne ici à Louis d'Anselme l'occasion de présenter brièvement l'état actuel des hypothèses en matière d'origine des espèces et d'émergence de la vie. On pourra voir plus loin (p. 63) ce qu'en disent quelques « manuels catéchétiques »... et le magistère de l'Église.
Apparue avec Darwin au milieu du XIXème siècle la théorie de l'évolution est encore présentée très souvent comme une évidence irréfutable. Dans son livre intitulé Évolution, une théorie en crise, le Dr Michael Denton, qui dirige le Centre de recherche en génétique humaine de Sidney (Australie), remet en question la thèse des paliers successifs de l'évolution et donc celle de l'origine de la vie[1].
Sommaire
- 1 La typologie prédarwinienne
- 2 La thèse de darwin
- 3 Intuition géniale ou extrapolation imprudente ?
- 4 Le succès de la nouvelle théorie
- 5 A la recherche de preuves
- 6 L'apport de la biologie moléculaire
- 7 L'obstacle des discontinuités
- 8 Perfection et élégance du vivant
- 9 Science et foi
- 10 Conclusion
- 11 Notes et références
La typologie prédarwinienne
Le Dr. Denton expose d'abord l'état de la science au XIXème siècle. «Avant Darwin, l'homme croyait qu'une intelligence providentielle avait imposé son plan mystérieux à la nature» (p. 17).
- « La biologie des premières décennies du XIXème siècle était dominée par l'idée d'un monde vivant essentiellement discontinu: les grands groupes d'organismes y seraient uniques, isolés et aucune forme de transition ne les relierait entre eux» (p. 20).
Ce modèle de nature, dit typologique, ét4it basé sur les observations des spécialistes de l'anatomie comparée (comme Cuvier), qui avaient montré que les organismes vivants : «sont des entités intégrées dont les composantes, adaptées les unes aux autres, fonctionnent de façon complémentaire ... et que les organismes présentant des caractéristiques intermédiaires étaient pratiquement inconnus » (p. 20).
Tout passage d'une espèce à une autre semblait exclu car il exigeait des modifications simultanées et cohérentes des diverses composantes.
Les études morphologiques d'anatomie comparée avaient permis depuis fort longtemps de classer les êtres vivants en grandes divisions : phylum, classes, ordres, familles, genres, espèces et de représenter cette classification sous la forme d'un arbre:
- "Les arborescences des typologistes ne représentent que la logique abstraite qui sous-tend tous les systèmes de relations hiérarchiques, les branches et les nœuds d'interconnexion étant purement théoriques. Dans de tels arbres logiques, toutes les espèces individuelles doivent être placées à l'extrême périphérie" (p. 137).
Chaque nœud ou embranchement représente un archétype qui aurait les caractéristiques de base de la catégorie regroupée par ce nœud. Il ne représente pas un être réel, vivant ou ayant existé.
La thèse de darwin
Puis Michael Denton explique comment Darwin a conçu son transformisme. Lorsque Darwin s'embarqua, en décembre 1831, sur le Beagle pour une mission de relevé topographique en Patagonie et en Terre , de Feu, il admettait la philosophie de la nature courante à son époque. Il fit au cours de ce voyage, qui dura cinq ans, deux types d'observations qui devaient avoir une grande influence sur lui et le conduire à élaborer sa théorie de l'évolution:
- des observations d'ordre géologique : la profondeur du canyon de la rivière Santa Cruz et la formation des récifs de corail lui suggérèrent la nécessité de durées très longues pour obtenir ces résultats et lui firent remettre en cause l'historicité de la Genèse, selon laquelle on attribuait, à l'époque, à la terre six mille ans d'âge ;
- des observations de microévolution biologique faites sur les pinsons des îles Galapagos.
C'est à partir de ces observations que Darwin a bâti sa théorie dont les deux concepts de base s'énoncent ainsi :
- les êtres vivants sont apparus et se sont développés par le jeu combiné du hasard et de la sélection ;
- ce processus a exigé de très longues durées.
Darwin n'était pas l'inventeur de cette théorie, on peut en remonter la filiation aux philosophes matérialistes de l'Antiquité : Démocrite, Epicure, Empédocle. II l'a exposée dans son livre L'origine des espèces qui eut plusieurs éditions entre 1859 et 1872[2] et qui contient en fait deux théories, liées mais distinctes :
- la théorie restreinte selon laquelle de nouvelles races el espèces apparaissent sous l'effet de la sélection naturelle;
- la théorie générale qui universalise la précédente ; l'immense diversité de la vie sur la terre peut être expliquée par l'extrapolation des processus qui amènent des changements mineurs, comme ceux observés sur les pinsons des Galapagos.
A l'inverse des typologistes, Darwin affirme qu'il y a continuité. Denton le cite:
- « Toutes les règles, toutes les difficultés, tous les moyens de classification ( ... ) s'expliquent, à moins que je ne me trompe étrangement, en admettant que le système naturel a pour base la descendance avec modification, et que les caractères regardés par les naturalistes comme indiquant des affinités réelles entre deux ou plusieurs parents sont ceux qu'ils doivent par hérédité à un parent commun. Toute classification vraie est donc généalogique» (p. 53).
Denton conclut: «... dès lors le hasard gouvernait en maître absolu. La volonté de Dieu fut remplacée par les caprices d'un immense jeu de roulette. La rupture avec le passé était nette et brutale» (p. 17).
Intuition géniale ou extrapolation imprudente ?
Le Dr. Denton pose alors les questions capitales: peut-on arguer de quelques observations limitées pour étendre l'idée d'évolution progressive à l'ensemble ,du vivant, qui apparaîtrait alors comme une immense famille dont les membres seraient issus les uns des autres? A-t-on trouvé, depuis Darwin, d'autres indices ou des preuves du bien fondé de celte théorie? Le vivant lui-même est-il issu de la matière inerte par un quelconque processus d'évolution naturelle?
Des exemples de microévolution existent dans la nature ; passage du goéland brun au goéland argenté, les drosophyles des Hawaï, éventuellement la séquence des équidés.
Bien qu'il n'ait constaté qu'une microévolution, Darwin extrapole hardiment une macroévolution. Sans qu'il ait affirmé que sa théorie pouvait expliquer l'origine de la vie, l'implication en était sous-jacente. Il se rendait d'ailleurs compte des difficultés que soulevaient non seulement l'absence de formes intermédiaires mais aussi la difficulté de les imaginer, à tel point qu'il hésita vingt ans avant de publier son oeuvre.
Le succès de la nouvelle théorie
Il semblait de plus en plus probable à beaucoup de savants au cours du XIXème siècle que tous les phénomènes puissent être expliqués par les processus actuellement en action à l'exclusion d'une intervention divine et de catastrophes. Celte vision, que Denton appelle uniformitariste, avait été appliquée par Lyell à la géologie. Darwin l'étendit à la biologie :
- « Si l'impact de la théorie darwinienne a été si fondamental, c'est parce qu'elle a brisé le lien entre Dieu et l'homme, lâché à la dérive dans un cosmos sans projet» (p. 69).
Malgré ses faiblesses, celte thèse a été élevée au rang de dogme incontesté en une vingtaine d'années, sa crédibilité ayant été fortement renforcée par la publicité qui lui a été faite :
- « La plausibilité d'une théorie ou d'une vision du monde quelconque dépend donc bien plus largement du soutien social qu'elle reçoit que de son contenu empirique ou de sa cohérence rationnelle » (p. 78).
Tout au long de son livre, Michael Denton souligne que la théorie transformiste n'est pas aussi scientifique qu'on le dit.
A la recherche de preuves
Pour justifier l'extrapolation de la microévolution à la macroévolution, il fallait trouver des formes intermédiaires entre les êtres connus ou entre ces êtres et un ancêtre commun: les chaînons manquants. Cela a conduit à draguer le fond des océans et à fouiller les terres vierges, à la recherche de gisements de fossiles :
- « Mais il s'avère que presque toutes les nouvelles espèces fossiles découvertes depuis sont des formes voisines des espèces conflues ou, comme les Pogonophores, des types uniques de parenté inconnue » (p. 171).
- « De fait, Simpson[3] reconnaît que les fossiles ne procurent aucune des formes de transitioll cruciales exigées par l'évolution » (p. 171).
Toutes les découvertes venaient se placer à la périphérie de l'arbre sans que jamais aucune ne vienne occuper un embranchement intermédiaire.
En supposant même que les chaînons manquants (ou l'ancêtre commun de plusieurs rameaux figuré par un embranchement de l'arbre) aient disparu sans laisser de trace parce que moins nombreux ou plus fragiles ou pour toute autre raison, on pourrait encore justifier la croyance en l'évolution en imaginant une série réellement convaincante de formes intermédiaires fonctionnelles capable de montrer que les grandes divisions naturelles ont pu être franchies au moins en théorie.
Pour prendre l'exemple de l'origine des oiseaux, quand on considère cette perfection technique qu'est la plume[4] et que l'on recherche paf quelle séquence d'événements une écaille reptilienne a pu se transformer en plume, on est bien obligé de reconnaître que les séquences généralement présentées sont insatisfaisantes (que l'on parte des grimpeurs arboricoles ou des coureurs sauteurs). Outre le problème de la plume et du vol, les oiseaux possèdent d'autres adaptations propres qui semblent défier toute explication évolutive possible (par exemple le système respiratoire).
Les difficultés entrai nées par une évolution graduelle ont incité certains chercheurs à proposer sans plus de succès une évolution par saltation où le passage d'un type à un autre se fait soudainement en un seul saut grâce à un «monstre prometteur» :
- « Même s'il était théoriquement possible d'éviter l'impasse du gradualisme en optant pour la saltation, il semble assez improbable qu'un processus purement aléatoire ait pu créer soudainement des adaptations comme la plume, le poumon aviaire ou l'oeuf amniotique» (p.
238).
L'apport de la biologie moléculaire
Les découvertes récentes (depuis 1950) de la biologie moléculaire ont conduit à une description complètement nouvelle du vivant. Les molécules de vivant sont constituées à base de protéines et d'acides nucléiques. Chaque protéine est une sorte de machine microminiaturisée constituée essentiellement d'une longue chaîne moléculaire d'acides aminés. On peut se représenter la séquence linéaire d'une protéine comme une phrase constituée d'une longue combinaison de lettres (100 à 150), choisies parmi vingt lettres différentes, représentant chacune un acide aminé particulier. Cette longue chaîne se replie automatiquement sur elle-même en un agrégat d'atomes ayant une disposition tridimentionnelle déterminée. Ces combinaisons et dispositions diffèrent d'une espèce à l'autre. Ce minuscule ensemble fonctionne comme une véritable usine avec un programme central, la faculté d'en reproduire des parties, de les distribuer là où il faut et d'assurer de nombreuses fonctions ; le savant qui découvre cette mécanique ne peut que rester béat d'admiration devant une telle perfection dont de nombreuses réalisations technologiques actuelles ne sont que de pâles imitations. Le passage par mutation d'un acide à un autre est aussi difficile que le passage d'un mot à un autre par changement d'une lettre à la fois et en n'utilisant que des intermédiaires pourvus de sens. Le passage d'une protéine à une autre reprend le même problème, mais alors, portant sur une phrase et non plus sur un mot, il est quasi inconcevable à réaliser :
- « Il est évident que les phrases sont séparées les unes des autres par de nettes discominuités qui ne peuvent pas être franchies graduellement par le biais d'une succession de changements mineurs. De fait, les phrases ne peuvent pas subir une "évolution darwinienne" au-delà d'un degré très limité» (p. 94).
Cette impossibilité sémantique est assez représentative de l'impossibilité biologique du passage d'une protéine à une autre différente par mutations mineures.
La biologie moléculaire a permis de quantifier les différences entre espèces : « Pour comparer deux protéines homologues extraites de deux organismes différents, il suffit d'aligner leurs séquences d'acides aminés et de compter le nombre de positions où les chaînes diffèrent» (p. 283).
Ce travail a confirmé les résultats de la typologie qui étaient basés sur des études morphologiques ; toutes les classes traditionnellement identifiées selon des critères morphologiques pouvaient aussi être déterminées en comparant leurs séquences de protéines : «alors que les séquences de protéines commençaient à s'accumuler pendant les ail nées 1960, il devint de plus en plus évident que les modèles n'apportaient pas le moindre indice en faveur des arrangements séquentiels dans la nature» (p.286).
L'obstacle des discontinuités
Quant à l'origine de la vie, certains évolutionnistes ont imaginé une soupe organique prébiotique, où auraient été rassemblés par des processus purement chimiques tous les éléments organiques de base nécessaires à la composition d'une cellule vivante, et où une première cellule vivante aurait émergé à la suite d'une longue période d'évolution précellulaire.
Or, dans aucune des roches les plus anciennes, on n'a pu observer la présence de composés organiques formés de manière « abiotique ». Par ailleurs, dans l'atmosphère actuelle riche en oxygène tout composé organique est rapidement oxydé et dégradé et, si pour lever cette difficulté, on suppose une atmosphère originelle sans oxygène les produits organiques auraient été détruits par le rayonnement ultraviolet:
- « Au lieu de mettre au jour une multitude de formes de transition par lesquelles l'évolution de la cellule aurait pu s'accomplir, la biologie moléculaire n'a fait que souligner l'immensité du fossé» (entre matière vivante et matière inerte) (p. 257).
- «Le monde récemment révélé de la machinerie moléculaire, des systèmes codants, des molécules porteuses d'information, des dispositifs catalytiques et du contrôle rétroactif est absolument propre aux systèmes vivants par sa conception et sa complexité, sans aucun équivalent dans la nature inerte» (p. 280).
Finalement, que ce soit dans le cadre de l'anatomie comparée, de l'étude des fossiles ou de la biologie moléculaire, on éprouve des difficultés énormes, voire insurmontables, à imaginer comment ont pu être comblées par des processus aléatoires graduels les discontinuités empiriquement constatées dans la nature (inerte-vivant, écailleplume, poumon terrestre-aérien etc.).
Perfection et élégance du vivant
Quant à confier au hasard la réalisation d'une mécanique aussi complexe et aussi merveilleuse qu'une cellule vivante, il y a là un a priori sans le moindre fondement :
- « Ni Darwin, ni Dawkins, ni aucun autre biologiste n'ont calculé la probabilité de découvrir par recherche aléatoire, dans le temps limité imparti, les types de systèmes complexes omniprésents dans la nature. Même aujourd'hui, nous n'avons aucun moyen d'estimer de manière rigoureuse la probabilité ou le degré d'isolement ne serait-ce que d'une seule protéine fonctionnelle. Il est certainement un peu prématuré de prétendre que les moustiques et les éléphants ont été engendrés par des processus dus au hasard alors qu'on ne connaft pas encore les chances de découvrir fortuitement une seule molécule de protéine fonctionnelle!» (p. 334).
- « Le degré de complexité et d'ingéniosité si omniprésent dans la nature n'a jamais pu être obtenu par pur hasard» (p. 337).
- « Mais ce n'est pas seulement la complexité des systèmes vivants qui pose des défis insurmontables, c'est aussi l'incroyable ingéniosité si souvent manifeste dans leur conception. Cette maftrise est particulièrement frappante dans les solutions adoptées par la nature à des problèmes analogues à ceux rencontrés par la technique humaine» (p. 342).
C'est ainsi que l'ingéniosité de l'apparéil de vision (de l'oeil) ne peut être appréciée à sa juste valeur que depuis la réalisation par l'homme d'appareils d'optique de plus en plus sophistiqués comme par exemple une caméra de télévision avec réglages automatiques par ordinateur. La comparaison entre un cerveau humain et les recherches sur l'intelligence anificielle font apparaître une discontinuité nouvelle, celle de l'apparition de l'intelligence.
Dans le domaine de la microminiaturisation et du stockage d'information les êtres vivants surpassent, et de très loin, les systèmes manufacturés les plus performants connus actuellement (à capacité équivalente les volumes sont dix puissance dix ou dix puissance douze fois plus petits) :
- «L'étrange caractère artificiel des sytèmes vivants et leur analogie avec nos propres machines avancées ont une conséquence philosophique importante, car ils permettent de renouveler avec force la formulation du vieil argument analogique des causes finales. C'est un des arguments fondamentaux en faveur de la création qui fut utilisé tout au long de l'histoire de la pensée occidentale : il remonte à Aristote et fut présenté sous sa forme classique par William Paley dans son discours de la montre et de l'horloger., (p. 350).
Science et foi
L'hypothèse de la création intelligente de la vie n'est plus un concept métaphysique a priori qui pourrait être rejeté comme dépourvu de toute valeur scientifique, c'est une induction a posteriori qui procède de la logique et de l'analogie :
- « Ce qui milite si fortement contre l'idée de hasard, c'est le caractère universel de la perfection : le fait que partout où l'on regarde, à quelque échelle que ce soit, on trouve une élégance et une ingéniosité d'une qualité absolument transcendallle» (p. 352).
La théorie de l'évolution reposait sur une foi a priori en la continuité de la nature. Les grands progrès de la biologie n'ont fait qu'accentuer l'intensité et la profondeur des grandes divisions de la nature, les vides n'ont pas été comblés, bien au contraire :
- «La philosophie, l'éthique scientifique de l'homme occidental moderne est fondée dans une large mesure sur la revendication centrale de la théorie darwinienne, à savoir que l'humanité n'est pas née d'une intention créatrice divine, mais d'un processus complètement aveugle de sélection de fonnes moléculaires aléatoires. L'importance culturelle de la théorie de l'évolution est donc incommensurable, car elle constitue la pièce maîtresse, le couronnement de la vision naturaliste du monde; elle représente. le triomphe final de la thèse séculière qui, depuis la fin du Moyen Age, a évincé la vieille cosmologie nafve de la Genèse dans l'esprit de l'homme occidental» (p. 369).
Triomphe final, peut-être, mais, ô combien, anificiél et provisoire!
Conclusion
En fin de compte, la théorie darwinienne de l'évolution n'est ni plus ni moins que le grand mythe cosmogonique du XXème siècle. Mais la nature refuse de se laisser emprisonner dans un mythe.
L'auteur ne va pas plus loin ; toute son étude plaide avec des arguments péremptoires en faveur de la thèse classique de l'intervention du Créateur, mais en homme de science il termine son livre en écrivant :
- « Le "mystère des mystères" - l'origine d'êtres nouveaux sur terre - est toujours aussi énigmatique qu'à l'époque où Darwin embarquait sur le. Beagle» (p. 370).
Un livre passionnant et facile à lire malgré son vocabulaire scientifique. Il est à souhaiter que l'édition frança,ise. redevienne disponible par l'affaire Galilée, n'osent plus parler de création, risquant, par peur d'être les derniers catholiques, d'être les derniers évolutionnistes.
A une époque où le confonnisme social veut que l'on évoque l'opposition (ou l'incompatibilité) entre science et foi, il est apologétiquement très réconfortant de constater que la science, loin de s'oppo. ser à la foi, apporte aux hommes dans le domaine qui est le sien de fortes incitations à l'admiration, à la modestie et finalement à l'adoration.
C'est si beau la Création et tellement mieux que ce qu'essaie de faire l'homme.
Notes et références
- Édition originale, "Evolution, a Theory in crisis", Michael Denton, Ed. Burnell Books Ed. 1985, traduction française chez Londreys, 1988. Cette société est en faillite et le stock de livres inaccessible (au moins pour le moment). Les citations renvoient à l'édition française.
- Titre complet L'origine des espèces au moyen de la sélection naturelle, ou la préservartion des races favorisées dans la lutte pour la vie.
- G.G. Simpson, paléontologiste éminent, déclaration faite au symposium de Chicago en 1959 à l'occasion du centenaire de Darwin.
- La plume constitue un ensemble de composantes très cohérentcs, remarquablement adapté au vol et respectant les lois de l'aérodynamique la plus élaborée.
.. Chaque plume consiste en une tige centrale ponant une série de barbes disposées à angle droit qui forment la lame. Les barbes de la lame sont attachées entre elles par des rangées de barbules. A partir des barbules antérieures, des crochets font saillie vers le bas et s'entrecroisent avec des crochets portés par les barbules postérieures. Dans la rémige d'un grand oiseau, près d'un million de barbules coopèrent pour lier les barbes en une lame étanche .. (p. 209).
.. Rémige .. ; grande plume de l'aile des oiseaux.