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Le chef emprisonné du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, a à nouveau appelé samedi ses troupes à prendre la décision "historique" de déposer les armes. Le conflit a fait en trente ans quelque 40'000 morts.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié cet appel de "très, très important", mais s'est montré prudent. ll a rappelé que de précédents appels au désarmement avaient échoué.
"Nous nous rapprochons d'un règlement de ce conflit vieux de trente ans sous la forme d'une paix définitive, et notre objectif premier est de parvenir à une solution démocratique", a estimé le chef rebelle.
"J'appelle le PKK à organiser un congrès extraordinaire au printemps pour prendre une décision stratégique et historique de désarmement", a-t-il poursuivi. "C'est un appel historique à remplacer le combat armé par la politique".
Deux ans et demi après le début des discussions entre M. Öcalan et le gouvernement islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002, cette déclaration a relancé un processus de paix moribond. Les deux parties sont "plus proches de la paix que jamais", a commenté le député du parti démocratique du peuple (HDP/prokurde) Sirri Sureyya Önder.
Nouvelle constitution
Outre son appel au désarmement du PKK, M. Öcalan a énuméré dans son message une série de dix mesures nécessaires à une paix durable en Turquie, y compris la rédaction d'une nouvelle constitution.
Après un premier échec en 2010, le gouvernement islamo-conservateur a réactivé à l'automne 2012 les discussions avec le PKK pour tenter de mettre un terme au conflit. Il a cette fois directement engagé le dialogue avec M. Öcalan, qui purge une peine de prison à vie.
Dès mars 2013, le chef rebelle a décrété un cessez-le-feu, globalement respecté depuis, et deux mois plus tard annoncé le début du retrait vers l'Irak de ses combattants. Mais le PKK a suspendu ce mouvement peu après, accusant Ankara de ne pas tenir ses promesses.
ATS