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L'une des propositions les plus enthousiasmantes de cette rentrée littéraire riche de quelque 560 nouveautés, "Louis Soutter, probablement" s'affirme comme un roman et non pas une étude ou un récit biographique. Un roman, donc une fiction, où s'exprime la vérité de l'écrivain et amateur d'art qu'est Layaz.
Avec une empathie empreinte de respect, l'auteur accompagne son sujet au fil des années, depuis l'adolescence de Louis Soutter jusqu'à la mort de celui-ci, à travers des chapitres courts et situés dans le temps. Rien n'y est affirmé, tout y est supposé. Et c'est là que réside la réussite de ce livre: sur le probablement qu'annonce son titre. Layaz multiplie les hypothèses en employant le conditionnel, multiplie les interrogations sans forcément trancher.
Michel Layaz sur les traces de Louis Soutter
Au fil des pages, se dessine la silhouette dégingandée de Louis Soutter, qui prend corps. Ce corps long et osseux, comme le reflet des inquiétantes figures que le peintre a expulsées sur des papiers de fortunes dès sa relégation dans un asile pour déshérités. C'est là qu'il a passé les vingt dernières années de sa vie. C'est là qu'il a élaboré son œuvre graphique, loin des regards avisés.
On n'est pas étonné de retrouver Michel Layaz sur les traces d'un des créateurs les plus marquants du début du 20e siècle. Lui qui, dans ses jeunes années, a coanimé une galerie d'art marginale du côté de Lausanne. Lui, dont l'épouse est une historienne de l'art renommée, dont le père est lui-même peintre et journaliste spécialisé dans le domaine des beaux-arts.
>> Michel Layaz dans "La Puce à l'Oreille":
Entre relations familiales et inadéquation sociale
La plupart de ses romans témoignent de son intérêt pour les relations familiales complexes. "Les Larmes de ma mère", livre publié en 2003 (Prix Michel-Dentan, Prix des auditeurs de la RSR) en témoignait largement.
Autre thème récurrent dans son œuvre: l'inadéquation sociale, la mise à l'écart d’individus considérés comme inadaptés à notre société très normative. C'est exactement cela qu'on trouve une fois encore dans "Louis Soutter, probablement".
Jean-Marie Felix/ld