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Jean-Pierre et son trop-plein de bonne volonté
Cadre moyen dans une grande entreprise, Jean-Pierre est bien vu, car il lance de nouvelles idées et dépanne là où il faut. Plutôt que d'appliquer la phrase néfaste, malheureusement si fréquente "ce n'est pas mon problème", il aide ses collègues à résoudre leurs problèmes.
Parfois, c'est "tuant", mais il continue dans sa lancée pour la bonne cause, même si sa vie familiale risque d'en souffrir un peu. En fin d'année, il constate avec amertume que les collègues qu'il a appuyés reçoivent une promotion. Pas lui. On l'informe que ses objectifs ne sont atteints que partiellement. Il a l'impression que tout le monde est contre lui. Même sa femme.
L'Art-thérapeute lui donne une boîte de Néocolor et l'invite à faire deux dessins : A) représentant sa situation actuelle, B) représentant la situation qu’il souhaiterait dans deux ans. Il n’y a pas besoin de savoir dessiner. Figuratif ou abstrait ? Peu importe. On ne recherche pas une performance artistique.
Jean-Pierre est épaté du résultat : Le premier dessin, avec plusieurs couleurs, est chaotique : Une sorte de décharge, d’empilement désordonné et quelques nuages colorés informes dans un ciel grisâtre. L'image B: Un jardin soigné. Quatre sphères des mêmes couleurs, cette fois harmonieuses, dans un ciel parsemé de lumière.
Il réfléchit sur ses vrais objectifs. Il songe à faire de l'ordre dans sa vie quotidienne. Il entre dans une sorte de rêverie. En présentant ces dessin à la thérapeute, il associe les couleurs des sphères à ses valeurs. Il reprend courage et réfléchit à ce qu’il aimerait changer dans sa vie. Changer d'emploi ? Faire une formation ? Tout lui semble ouvert et possible. Il ose en parler à sa femme et il est étonné à quel point elle l'encourage.
Aline et son emploi perdu à jamais:
Le travail dans le magasin BIO correspond à Aline : Faire quelque chose de pratique et utile. Bouger, être active. Le sens de l'organisation. Le goût de l'ordre et de la propreté. Le contact avec la clientèle, le conseil. Aline est heureuse, elle ne sent pas la fatigue.
Un changement soudain de gérance, impliquant une réorganisation du stockage l’amène à rester plus tard le soir et à porter de plus lourdes charges. Aline a des douleurs chroniques de dos qui s'aggravent. Malgré les traitements, le travail se transforme en souffrance. Sur le conseil de son médecin, elle doit finalement se mettre à l'arrêt. Aujourd'hui, grâce aux assurances, sa survie financière est modestement assurée. Mais Aline se sent inutile. Les journées sont longues.
Elle fréquente un groupe d'Art-Thérapie. La professionnelle l'encourage, lui montre quelques techniques et la laisse choisir. Et, sans savoir comment, elle découvre son style. En couleurs pastel, des traits fins et réguliers s'alignent pour former un paysage abstrait. C'est avec émerveillement qu'elle découvre ses nouvelles compétences et le plaisir qui découle de cette activité. Elle retrouve le moral et se lie avec de nouvelles personnes pour des rencontres culturels et de loisirs.
Cora et le pipi-au-lit :
Cora a 8 ans, sa mère vient avec elle au premier rendez-vous et raconte l’évolution du problème, et la situation à la maison en tant que famille recomposée. Pendant ce temps, Cora dessine librement en écoutant. Son dessin fini, elle nous le montre. Nous discutons les trois ensemble de programmer plusieurs séances pour Cora, seule. Cora est d’accord ; elle viendra pour 3 séances. En découvrant la diversité des matériaux offert, Cora est rapide a décider ce qu’elle veut faire : peinture, collage et faire parler les marionnettes. A travers ses créations et les échanges avec la thérapeute, Cora prend conscience de son besoin pour une place à elle dans la maison, du besoin d’avoir des moments rien qu’à deux avec sa mère et de la qualité des liens développés avec la nouvelle fratrie et son beau-père. Elle raconta sa motivation pour arrêter le pipi-au-lit et comment elle pense y arriver. Sa mère m’appela une quinzaine de jours plus tard pour m’annoncer que Cora avait réussi son projet.
Mme Dupont et la solitude :
Mme Dupont a 86 ans, veuve, elle vit seule et n’a pas de famille proche dans la région. Les journées sont longues, les tâches quotidiennes sont devenues trop difficiles ainsi que les déplacements. Mme reçoit ses repas et certains soins à travers un service à domicile. Sa santé psychique faiblit, elle est en dépression, ne parle quasi plus et résiste à toutes tentatives de socialisation de la commune. Sa belle-fille à entendu parler de mes services d’art thérapie en visitant sa marraine dans une résidence pour aînés. Elle dit que son mari s’occupe des affaires de sa belle-mère et que ses fiances lui permette de faire de l’art thérapie et se faire du bien. Mme Dupont est d’accord, et me parle de ce qu’elle a fait, il y a des années, avec les tissus. Une fois par semaine, je me rends à son domicile avec du matériel et elle choisit son projet. Dans les séances, Mme se concentre et s’applique, les gestes reviennent, l’initiative et la poésie se manifeste. Au fil des semaines son humeur s’améliore, elle a de la satisfaction, communique davantage et sourit plus.