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Parallèlement aux succès de Fritz Brodbeck, l’athlétisme lausannois peut compter sur de belles prestations de l’autre club de la ville : le Club Hygiénique de Lausanne, fondé en juin 1904. Le but initial de cet intéressant groupement est d’abord la pratique la culture physique et l’athlétisme lourd (poids et haltères). L’athlétisme léger prend son envol en 1907 du côté de Malley pour le Club Hygiénique et du côté de Vidy pour le troisième club de la ville, le Cercle des Sports.
À cette époque, les athlètes du Club Hygiénique Lausanne ont vite compris la nécessité de s’exercer à courir, à sauter ou à lancer en plein air. Le président du club a pour collègue de bureau un Grec qui, dans son pays, avait vu pratiquer le lancement du disque. On passe donc aux actes : M. Murdter, tourneur de son métier, se met à construire le corps d’un disque en bois de marronnier. Son ami serrurier M. Droguet en a quant à lui forgé les parties métalliques. Le premier jet se déroule un beau soir sur la place de Milan, et devant les badauds étonnés, le bizarre engin atterrit à près de 20 mètres (alors qu’il fallut le lancer à plus de 40 mètres pour enlever le titre olympique des Jeux de Londres en 1908). Héritiers directs de cette belle anecdote, William Depierraz et Eugène Rey sont les pionniers du lancer du disque en Suisse. Le Genevois William Depierraz – qui fabrique lui aussi ses propres disques avec son compère Badan – possède le record suisse avec 33,55 m lorsqu’il débarque au Club Hygiénique de Lausanne en 1909. Il a pour coriace adversaire le sociétaire du Montriond-Sports Lausanne Eugène Rey, qui lui a ravi son record national en septembre de la même année avec 34,76 m. En 1911, William Depierraz devient champion suisse à La Chaux-de-Fonds et conserve son titre l’année suivante à Genève avec un nouveau record suisse mesuré à 36,10 m. Deux semaines plus tard et toujours à Genève, il réussit à grapiller cinq centimètres à son record avec un lancer à 36,15 m. Avant Fritz Brodbeck et William Depierraz, d’autres athlètes lausannois avaient également pu s’affirmer tout en haut de la hiérarchie nationale. Ce fut le cas notamment en cross par équipe avec les trois titres consécutifs pour le Montriond-Sports Lausanne en 1906, 1907 et 1908.
Durant les années de la Première Guerre Mondiale 1914-1918, les activités athlétiques ont tourné évidemment au ralenti. Du côté du Montriond-Sports, le football évolue rapidement et demande chaque année davantage des joueurs prêts physiquement à soutenir l’allure de plus en plus vive des matches. D’où le souci des entraîneurs de les maintenir toute la saison en condition physique parfaite, par un entraînement approprié. Ces considérations ne peuvent donc que rapprocher le Montriond-Sports et le Club Hygiénique, deux sociétés dont les activités, quoique différentes, se complètent et tendent vers le même but : former des sportifs compétitifs. Alors qu’à la fin de la décennie des années ’10 le Cercle des Sports de Lausanne (qui deviendra le Stade Lausanne en 1926) recherche la suprématie sportive au sein de la capitale vaudoise, le Montriond-Sports et le Club Hygiénique entérinent quant à eux une fusion le 3 mai 1920 à Montbenon, dont la nouvelle société omnisports a pour nom le Lausanne-Sports. N’aurait-il pas fallu à ce moment-là unifier les forces athlétiques dans cette ville ? L’histoire des 100 années suivantes a montré de manière parfois évidente… qu’il eut fallu le faire ! Bon, cette problématique s’est finalement rencontrée dans toutes les grandes villes de Suisse au cours du XXe siècle et elle perdure même actuellement.
PAB
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