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Une mauvaise herbe est une plante dont on n'a pas encore trouvé les vertus."
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Ralph Waldo Emerson
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Jean-Pascal Muller est né en 1955 à Lucerne. Il vit à Berne où il a aussi fréquenté toutes les écoles.
En 1982, il a fait à la faculté des Lettres de l’université de Berne sa licence en langue et en littérature françaises, ainsi qu’en littérature anglaise. La même année, il a obtenu le brevet d’enseignement supérieur (BES).
L'auteur a enseigné jusqu’en 1991 le français langue seconde à l’ancienne école normale de Hofwil dans la banlieue de Berne. Depuis cette année-là, il a enseigné le français langue seconde au lycée Neufeld en ville de Berne. "Les arrêts de jeu" est son premier roman qu’il a publié à compte d’auteur.
Les arrêts de jeu
Résumé
Réglé sur les intervalles des différents championnats du monde de football, Victor Schneider, le narrateur, ancien footballeur d’une équipe d’amateurs reconverti en professeur de lycée, a découvert la double vie d’un père autoritaire, a été confronté aux aveux parfois difficiles d’une mère fragile, a partagé de grands moments de bonheur avec sa femme Julie jusqu’au jour où un accident la lui a ravie. À l’école, il a été rendu responsable de l’agression qu’un de ses élèves a subie à la sortie du stade après un match de foot.
Cédant à des envies de justicier, il a poursuivi le conducteur qui avait tué sa femme, a été arrêté et jugé et a purgé une longue peine de prison. Pendant cette période, ses deux fils jumeaux, Valentin et Justin, filaient du mauvais coton et leur père voyait leur vie se détériorer de plus en plus.
Une fois sorti de prison, Victor Schneider est reparti sur des bases plus solides en orientant son avenir vers de nouveaux défis. Ainsi, muni d’un diplôme d’entraîneur, il a pris en main une équipe de juniors de son ancien club, jusqu’à ce qu’il retombe très bas suite à une mauvaise plaisanterie qu’il a manqué payer de sa vie.
Extrait
Alors que ma mère s’intéressait aux grands discours de Giscard d’Estaing préparant son avènement à l’Elysée à la succession de feu Pompidou, mon père multipliait ses voyages d’affaires en Allemagne, sans que moi je sache ce qu’il allait trafiquer par là. Et ma vie alors se résumait à la formule près des reporters des matchs de foot ça passe ou ça casse, mais mon éventuelle élimination ne se jouait alors pas avec mes co-équipiers sur un terrain pour un match de Coupe, mais bel et bien au lycée. Si je voulais être reçu au bac, je n’avais d’autre choix que de m’investir entièrement pour remporter une victoire aux tripes. Je rabâchais donc inlassablement mes matières d’examen, je m’entraînais sans relâche à rédiger des dissertations, je m’échinais pendant des leçons particulières données par un étudiant en mathématiques à résoudre des calculs infinitésimaux, je labourais des manuels d’histoire de la littérature, je m’épuisais à faire des versions de textes d’auteurs latins afin d’obtenir en fin de parcours un minable papelard censé m’ouvrir les portes de la fac.
Autant la délivrance tant attendue était-elle une conséquence somme toute logique de mes efforts et de mon acharnement, autant ceux-ci avaient-ils réclamé leur dû en m’infligeant une relégation sportive, les absences réitérées aux entraînements m’ayant assigné une place sur le banc des remplaçants pendant pratiquement toutes les parties de championnat, et puis également en me tenant éloigné de presque toutes les retransmissions de matchs du championnat du monde qui avait lieu en Allemagne. Ce qui me parvenait avait tout au plus un caractère fragmentaire avec un Dino Zoff deux fois à terre après de vains plongeons de pantin, suivis de l’élimination de l’Italie à un stade précoce de la compétition ou l’équipe de Pologne emmenée par un dénommé lato pour aller décrocher la troisième place du tournoi au détriment des Brésiliens ou encore les prouesses techniques de Johan Cruyff, l’avant-centre batave avec son numéro neuf, véritable prodige du ballon avec ce visage d’ange et ses jambes de gazelle semblaient le prédestiner à une carrière de danseur de ballet classique.
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