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ef. Voilà déjà longtemps que de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme, des avocats, des médecins, des politiciens, des particuliers, des membres de sa famille ainsi que des gens des quatre coins du monde font campagne pour que Julian Assange, qui est emprisonné depuis des années, ne soit pas extradé vers les Etats-Unis et soit enfin libéré de la prison de haute sécurité de Belmarsh (où il est détenu depuis avril 2019). Cela principalement en raison de son mauvais état de santé et du risque d’infection par le Covid-19 (Horizons et débats a déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises). Depuis des mois, le tribunal de l’Old Bailey statue sur l’éventualité d’extrader Julian Assange vers les Etats-Unis. Vanessa Baraitser, la juge en charge, veut prononcer le verdict le 4 janvier 2021. L’accusation et la défense ont la possibilité de faire appel devant la Haute Cour, puis devant la Cour suprême du Royaume-Uni. Pour rappel: S’il est extradé, Julian Assange risque jusqu’à 175 ans de prison. Les accusations portées en vertu de la loi sur l’espionnage de 1917 reposent principalement sur le rôle de M. Assange et de WikiLeaks dans la publication de documents confidentiels américains ayant révélé des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et diverses formes de corruption et d’abus de pouvoir.
Nils Melzer*, rapporteur spécial sur les actes de torture, fait inlassablement campagne en faveur de Julian Assange en mettant à profit toute son expérience et son expertise en tant que spécialiste du droit international. Nous reproduisons ci-dessous le texte du communiqué des Nations unies sur sa présente intervention.
Nils Melzer, rapporteur spécial des Nations unies sur les faits de torture, a appelé aujourd’hui les autorités britanniques à libérer immédiatement Julian Assangeou du moins à le placer en résidence surveillée pendant la durée de la procédure d’extradition américaine. Nils Melzer a lancé cet urgent appel dix ans après la première arrestation de M. Assange, le 7 décembre 2010, suite à la propagation du Covid-19 dans la prison de Belmarsh. Il semblerait que sur environ 160 détenus, 65 auraient été testés positifs au virus. Un certain nombre d’entre eux se trouvent dans l’aile de la prison où est détenu M. Assange.
Dans son rapport de décembre 2015, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire avait constaté que M. Assange avait été soumis à diverses formes de privation de liberté arbitraire depuis son arrestation le 7 décembre 2010, dont dix jours de détention à la prison de Wandsworth à Londres, 550 jours d’assignation à résidence et une privation de liberté continue à l’ambassade d’Equateur à Londres pendant près de sept ans. Depuis le 11 avril 2019, M. Assange est détenu en isolement presque total à Belmarsh.
«Les autorités britanniques ont tout d’abord arrêté M. Assange sur la base d’un mandat émis par la Suède pour des allégations d’agressions sexuelles, qui ont depuis été officiellement classées sans suite par manque de preuves. Aujourd’hui, il est détenu à titre exclusivement préventif, afin de garantir sa présence lors des procédures d’extradition américaines en cours, un processus qui pourrait prendre plusieurs années», a déclaré M. Melzer.
«M. Assange n’a été reconnu coupable d’aucun crime et ne représente aucune menace pour qui que ce soit, par conséquent sa mise en isolement prolongée dans une prison de sécurité maximale est inutile, disproportionnée et ne repose sur aucune base juridique.»
«Les pathologies de plus en plus lourdes dont souffre M. Assange résultent de son isolement prolongé en cellule et proviennent non seulement de sa détention arbitraire, mais également de tortures et d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants», a déclaré M. Melzer.
Il s’est dit particulièrement préoccupé par l’exposition de M. Assange au virus du Covid-19, compte tenu de son état de santé préexistant. «Les mesures de désengorgement carcéral appliquées dans le monde entier en réponse au Covid-19 devraient être étendues à tous les détenus dont la détention n’est pas strictement nécessaire», a déclaré l’expert. «Il conviendrait en premier lieu d’étendre les mesures de substitution non carcérales à ceux qui, comme M. Assange, souffrent d’une affection respiratoire préexistante et sont donc particulièrement vulnérables.»
En raison des risques importants résultant du maintien en détention de M. Assange, combinés aux autres préoccupations soulevées à plusieurs reprises concernant la façon dont il est traité et ses conditions de détention, l’expert a réitéré ses précédents appels à la libération immédiate de M. Assange ou à son placement en résidence surveillée.
«Depuis plus de dix ans, les droits de M. Assange ont été gravement bafoués. Il doit maintenant être autorisé à mener une vie familiale, sociale et professionnelle normale, à retrouver la santé et à convenablement préparer sa défense contre la demande d’extradition que les Etats-Unis ont déposée à son encontre», a-t-il déclaré.
La décision relative à son extradition étant attendue en première instance le 4 janvier 2021, l’expert a également réitéré son appel aux autorités britanniques de ne pas extrader M. Assange vers les Etats-Unis, étant donné les sérieuses préoccupations que cela poserait en matière de droits de l’homme. •
Source: https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26574&LangID=E du 08/12/20
(Traduction Horizons et débats)
* Nils Melzer est rapporteur spécial sur les actes de torture ainsi que les autres sanctions pénales ou les traitements cruels, inhumains ou dégradants.
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