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Loisirs
L'effort, l'ivresse et le risque
Le Vaudois Lucas Baume, 17 ans, un des espoirs suisses du snowboard, se relève d'une blessure à un pied. Il se prépare pour les Championnats du monde junior et des manches de Coupe du monde.
Reportage
Des beaux résultats, Lucas Baume (17 ans) en a remporté toute une série depuis qu'il glisse et s'envole sur les pistes de snowboard. Il y a une année, le Vaudois se distinguait en Championnats du monde junior et aux Youth Olympic Games. La saison précédente, il devenait champion suisse en big air (sauts) et vice-champion suisse en half-pipe (figures sur une rampe).
Ce passionné de sport extrême, né au Brassus dans la superbe vallée de Joux, s'est spécialisé dans le slopestyle : des sauts entrecoupés de rails d'obstacles. Cette discipline deviendra olympique aux JO de Sotchi, en février 2014. Lucas Baume, promu cadre B dans l'équipe nationale de snowboard l'an dernier, espère faire partie de la délégation suisse en Russie. Il concentre tous ses efforts vers ce but, mais vient de vivre ce que craint tout sportif: la blessure. C'est paradoxalement au bord de la mer, dans le port d'Anvers en Belgique, que l'accident s'est produit le 10 novembre dernier.
Pour la première manche de Coupe du monde en big air, une rampe record de 39 m avait été aménagée. «Il pleuvait et il y avait du vent pendant les entraînements, raconte Lucas Baume. Je n'arrivais pas à avoir assez de vitesse, alors j'ai essayé une grosse figure pour pouvoir passer en semi ou en finale. La première fois, ça ne s'est pas très bien passé mais je ne me suis pas fait mal. La deuxième fois, je suis retombé un peu sur l'arrière, ma planche s'est coincée dans la neige, ça m'a tapé l'os du talon gauche.» Diagnostic: fracture de fatigue, plâtre pour six semaines, béquilles, physiothérapie. «J'avais déjà eu des fractures aux pieds. Le risque de blessure, on doit vivre avec. On s'entraîne beaucoup en fitness pour renforcer la musculature et limiter les risques.»
Davos, janvier 2013. Lucas Baume a repris les entraînements. La douleur s'est estompée. Optimiste, le jeune homme relève que sa blessure lui a permis de se «concentrer sur l'école, comme ça j'ai passé mon semestre avec des meilleures notes!». Interne depuis 2011 au Sport-Gymnasium de Davos, section école de commerce, il doit travailler aussi dur pour le sport que pour son diplôme, en allemand.
«Comme on n'est que deux Romands dans les cadres de Swiss Snowboard (ndlr: le second est le Valaisan Pat Burgener, 19 ans, en équipe nationale), j'ai de toute façon dû apprendre le suisse allemand. Avec les copains, on rit beaucoup. Quand il y a des moments de découragement, ça aide. J'ai la chance d'avoir des super entraîneurs: Gian Simmen, premier champion olympique de half-pipe, médaille d'or en 1998 à Nagano, Pepe Regazzi, le chef des entraîneurs chez Swiss Snowboard pour les cadres nationaux. et Daniel Wieser, responsable des entraîneurs à Davos.»
Lucas Baume participera en mars aux Championnats du monde junior, en Turquie, puis à la Coupe du monde en Tchéquie et en Espagne. Il espère que les heures d'entraînement perdues à cause de sa blessure ne compromettront pas ses chances d'aller aux JO. «Sinon j'irai aux suivants!» lance-t-il, toujours optimiste.www.lucasbaume.ch
Portrait
Racines. Lucas Baume est né le 27 septembre 1995 au Brassus (VD). Fils de Martine, infirmière, et d'Yves, animateur de camp de vacances, il a une sœur de 19 ans, Marie, et un frère de 12 ans, Samuel, lui aussi passionné de snowboard.
Débuts. Sur les skis dès 3 ans, Lucas Baume se met au snowboard à 9 ans avec son père. Il gagne aussi des compétitions de skateboard. Dès 13 ans, intégré dans les jeunes talents de Swiss Snowboard, il se concentre sur la neige.
Inspiration. Il admire le Norvégien Mikkel Bang (23 ans). «Le style, c'est très important, il faut que le snowboard soit smooth, joli à regarder.»
Son talent. «J'ai de la facilité à analyser les mouvements, j'apprends vite.»
Détente. «Je regarde des films sur l'ordinateur, dans le train. Le trajet entre Davos et la maison dure presque six heures!»
Loisirs. «La semaine, j'aime être structuré et faire tout ce qu'il faut, et le week-end, me relaxer. J'aime passer du temps avec ma famille et mes amis. Mais c'est difficile de tout concilier.»
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