Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06873.jsonl.gz/1450

Lors de notre passage au Col du Simplon en juillet 2018, nous avons fait halte à l'Hospice pour prendre en photo l'orgue de la Chapelle intégrée dans la construction de cet Hospice.
Un peu d'histoire (grâce notamment au Disctionnaire historique de la Suisse, version en ligne): des vestiges archéologiques isolés remontent au Mésolithique et au Néolithique. Des défrichements par le feu dans la région du col vers 2100 av. J.-C. apparaissent comme les prémices d'une exploitation alpestre. Les éclats de cristal de roche trouvés en 2003 laissent supposer l'existence de bergers et de chasseurs; un fragment de bracelet est daté de 700 av. J.-C. Des fouilles à Gamsen, dans la plaine du Rhône, qui ont mis au jour des traces d'habitat, dont certaines remontent à l'âge du Bronze (1400-1100 av. J.-C.), prouvent l'existence d'échanges commerciaux par le Simplon entre le Haut-Valais, le val d'Ossola limitrophe et le Tessin. Alors que le trafic des cols grisons et du Gothard s'effondrait pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648), Gaspard Stockalper (Brigue) réussit à détourner d'importants flux de marchandises sur la route du Simplon, relativement sûre. Il construisit la grand-route à travers le Valais et aménagea le sentier muletier médiéval du Simplon pour en faire l'artère principale de son entreprise commerciale. En 1640, il établit un service de courrier hebdomadaire entre Genève et Milan. Le Valais et la région du Simplon profitèrent aussi de ce trafic qui offrit de quoi vivre à près de 200 muletiers. Avec la chute de Stockalper en 1678, le Simplon perdit brutalement de son importance et les habitants de la vallée tirèrent à nouveau leurs revenus essentiellement de l'agriculture de montagne. L'un des nombreux témoins du succès économique du Simplon est l'Alter Spittel (ancien Hospice), qui fut achevé en 1666 par Stockalper. Le bâtiment, situé sur le versant sud du col, un peu en contrebas du sommet, à proximité de l'hospice disparu des chevaliers de Saint-Jean, est depuis 1980 propriété de la Confédération et a été entièrement rénové.
Napoléon, qui avait apprécié l'utilité de l'hospice du Grand-Saint-Bernard lors de son passage en mai 1800, décide en février 1801 de la fondation d'un établissement similaire sur la nouvelle route de Genève à Domodossola par le Simplon. La république cisalpine doit selon les termes du décret doter annuellement l'hospice de vingt mille francs. Elle attribue en plus des fermes ayant appartenu à des monastères supprimés en Lombardie pour procurer un revenu supplémentaire au nouvel établissement. Cependant ce n'est qu'en août 1813 qu'est posée la première pierre, mais la construction est bientôt interrompue à cause de la défaite de Napoléon. Les Français abandonnent le Valais mettant fin au département du Simplon. Une longue période de tractation s'ensuit car ni le gouvernement du Valais, ni le chapitre de la congrégation du Grand-Saint-Bernard n'ont l'intention d'assumer seuls les frais de construction. Finalement les travaux reprennent en 1826-1827 à la charge de la congrégation selon les plans de l'architecte lausannois Henri Perregaux. La bâtisse de plan rectangulaire mesure 64 mètres sur 20 mètres et peut contenir trois cents lits. La construction est achevée en novembre 1831 et Mgr Fabien Roten, évêque de Sion bénit l'hospice et consacre la chapelle le 20 juin 1832. L'électricité est installée en 1906 grâce à une turbine actionnée par les eaux du lac voisin de Rotelsch. Le chauffage central est installé en 1911. L'hospice achète des terrains alentour pour son entretien et son bétail. Il doit héberger de plus en plus de monde. Ainsi une vingtaine de milliers de nuitées d'ouvriers italiens est enregistrée pour la seule année 1899. Le cardinal Ratti (futur Pie XI) y dort le 9 janvier 1911. L'hospice accueille à partir de 1933 des colonies de vacances d'été en faveur d'enfants de familles modestes. Elles cessent au début de la Seconde Guerre mondiale pour des raisons de coût. En 1940, le scolasticat de la congrégation y est installé, devenu collège alpin en 1946, afin d'y accueillir en plus des étudiants. Il ferme en 1951 pour être transféré à Lausanne. En plus de ses activités d'hospitalité et de maison d'accueil, l'hospice du Simplon accueille des étudiants en vacances universitaires, ainsi que des sessions pour les propres étudiants en formation de la congrégation. La visite du sommet du Col du Simplon est remarquable à faire (ne pas passer tout droit !). L'ancien Hospice Stockalper est flanqué, au Sud, d'un imposant bâtiment, la Maison Barral: les bâtiments situés au Sud de lAlte Spittel (« Barral Haus » ou Maison Barral) ont été construits en 1903-1904 et devaient servir de résidence dété aux hôtes de la mission dImmensee; finalement ils furent utilisés comme retraite estivale pour ses séminaristes. A partir de 1968, les locaux sont utilisés par lArmée suisse; le reste du temps, des organisations de jeunesse les utilisent pendant les vacances dété.
Le décor somptueux est donc planté (avec de hauts sommets alpins qui nous entourent): nous sommes à 2'000 m d'altitude. L'hospice contient donc une chapelle de style néo-baroque du 19ème siècle. L'orgue a été construit en 1836 par les facteurs Carlen de Glis-Brigue. Il a été complètement révisé et restauré, en 1989, par la Manufacture Füglister de Grimisuat (Valais).
Liens:
- http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F8806.php (histoire du col du Simplon),
- https://www.notrehistoire.ch/medias/112773 (hospice actuel du Simplon),
- http://www.swisscastles.ch/valais/chateau/meierturm.html (ancien hospice du Simplon [tour carrée] et la Maison Barral [bâtiment allongé]),
- https://gsbernard.ch/simplon/apercu-historique/ (hospice du Simplon actuel),
- https://www.picswiss.ch/07-VS/s-VS-07/sVS-79-23.html (l'Aigle marquant le haut du Col),
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Hospice_du_Simplon (hospice actuel),
- ancien Hospice: voir ici ,
- http://peter-fasler.magix.net/public/VSProfile3/vs_simplon_hospiz.htm (fichier pour l'orgue de la chapelle).
Dans cette page figurent des photos personnelles prises en juillet 2018 au Col du Simplon. D'autres figurent encore dans la page attenante intitulée "photos".