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Manifestation devant la Cour suprême des Etats-Unis à Washington, dans la soirée du 2 mai 2022, peu après la divulgation par un site d’informations que la Cour pourrait annuler l’arrêt «Roe versus Wade» qui garantit le droit à l’avortement. Message sur les pancartes: «Pas d’interdictions visant nos corps».
Ce lundi soir là, le site d’informations Politico a publié un projet d’arrêt de la Cour suprême des Etats-Unis dans le cadre d’une affaire concernant l’Etat du Mississippi, et qui a fait l’objet d’une fuite.1>lire aussi Le Courrier du 4 mai (ci-après) Ce nouveau jugement annulerait l’arrêt «Roe versus Wade» («Roe contre Wade», qui autorise l’avortement dans ce pays).
En septembre dernier, avant l’audience de la Cour suprême dans l’affaire portant sur un projet de loi du Mississippi visant à interdire l’avortement après 15 semaines de gestation, nous nous sommes joints à deux autres organisations pour soumettre à la Cour un mémoire d’amicus curiae [prise de position documentée]. Nous y avons noté qui si une interdiction de l’avortement comme celle du Mississippi devenait une loi, les conséquences seraient catastrophiques.
Notre mémoire, soumis en collaboration avec Amnesty International et le Global Justice Center, soulignait l’importance de l’arrêt «Roe v. Wade» pour les droits humains: interdire l’avortement aurait un impact négatif important sur la santé des femmes enceintes.
• Le pire impact serait sur les groupes marginalisés, y compris les personnes pauvres et les jeunes, ainsi que les personnes noires, autres personnes de couleur et les communautés
autochtones;
• Dans de nombreux pays, les interdictions de l’avortement n’ont pas réduit le nombre de procédures, mais ont entraîné une hausse du nombre d’avortements à risque, touchant en particulier les personnes aux moyens limités;
• Dans plusieurs pays dont la Roumanie, l’Afrique du Sud, El Salvador et l’Equateur, il existe une corrélation statistique entre les lois restrictives sur l’avortement et l’augmentation de la mortalité et morbidité maternelles.
Pour l’instant, le document divulgué n’est qu’un projet de décision de la Cour suprême. L’avortement est toujours légal aux Etats-Unis (en dépit d’une décision concernant le Texas).
Le droit à l’avortement demeure un droit constitutionnel et humain. Le Congrès peut et doit adopter une législation pour protéger l’accès à l’avortement.
Notes
|↑1||>lire aussi Le Courrier du 4 mai (ci-après)|
Amanda Klashing est directrice adjointe, division Droits des femmes, Human Rights Watch, www.hrw.org/fr