Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06948.jsonl.gz/8

"She-Devils on Wheels", le club automobile fondé par Sylvie Fleury dans les années 1990, porte le nom d'un célèbre film d'exploitation féministe de 1968 dans lequel les femmes d'un gang de motards déterminent les règles du jeu. "She-Devils on Wheels - Headquarters" a été présenté comme une vaste installation au MAMCO à Genève, à la Villa Stuck à Munich et au Migros Museum für Gegenwartskunst à Zurich, dont elle fait depuis partie de la collection.
Depuis les années 1990, Fleury a toujours su lier habilement les récits sur la consommation et le féminisme tout en les matérialisant en peintures, installations, sculptures et banderoles. C'est une synthèse de l'appropriation et du pop art qui thématise le luxe et l'amour pour les voitures et objets de mode dans la vie quotidienne de notre société et les glorifie d'une manière romantique et poétique.
Les quatre œuvres nouvellement créées, She-Devils on Wheels - red, white, orange, pink font référence à l'importante combination des récits du féminisme et de l'amour de la consommation et de la vitesse. Dans la vidéo du même nom datant de 2008, de jeunes motocyclistes se promènent dans les bois, utilisant des pistolets et des mitrailleuses pour détruire des sacs Chanel de manière esthétique sur une bande son lo-fi. La vision de la consommation féminine et de l'hédonisme proposée par Fleury nous rappelle le fantasme d'une société conquise par les femmes. Le jeu avec l'esthétique publicitaire fait partie de son questionnement conceptuel du caractère fétiche des marchandises et de l'objet en tant que tel, qu'il s'agisse d'un sac ou d'une œuvre d'art.
Les bannières créées pour l'exposition ont été sérigraphiées à la main en quatre couleurs différentes. Chaque bannière a également été décorée à la main avec des rivets "She-Devils on Wheels". L'artiste s'inspire ici de la forme classique de la bannière fabriquée industriellement, qui n'est pas seulement synonyme de publicité, de concessions automobiles et de stands de vente, mais aussi de l'expression de divers mouvements artistiques depuis les années 1960 - des bannières pop art aux installations d’art conceptuel. Cela suggère un mélange de récits liés aux relations de pouvoir, aux politiques identitaires, à la sexualité et à la société de consommation d’aujourd’hui.
L’artiste genevoise autodidacte emploie une esthétique et des motifs inspirés du monde de la mode et des produits de luxe, de l’univers des motocyclistes ou encore de la Formule 1. Qu’il s’agisse d’une critique subversive de la société de consommation et de ses valeurs superficielles ou, au contraire, d’une glorification de celle-ci, l’interprétation est laissée à chacune et chacun. Les œuvres de Sylvie Fleury se retrouvent dans de nombreuses collections internationales, dont notamment le MOMA de New York, le Centre for Art and Media à Karlsruhe, le Museum der Moderne à Salzburg et le Mamco à Genève. Parmi les oeuvres publiques réalisées, son installation permanente «ETERNITY NOW» orne la façade du Bass Museum of Art à Miami.