Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07188.jsonl.gz/1175

La Fondation Ethos recommande de s'opposer à la décharge du Conseil d'administration, ainsi qu'aux rapports de rémunération lors des assemblées générales UBS (7 mai) et Credit Suisse Group (9 mai). En 2013, une nouvelle augmentation du montant des rémunérations variables accordées à la direction et aux collaborateurs de chacune des deux banques a eu lieu, alors qu'elles ont été contraintes de constituer de nouvelles provisions pour des litiges juridiques à hauteur de CHF 1.8 milliards (UBS) et CHF 2.1 milliards (Credit Suisse).
De nouvelles provisions ont dû être effectuées en 2013, à hauteur du double de la valeur du dividende versé aux actionnaires, aussi bien à l'UBS qu'au Credit Suisse Group (CSG). Par ailleurs, de nouveaux éléments sont apparus, liés notamment à la vente de produits financiers et au traitement des affaires fiscales aux Etats-Unis, ainsi qu'à de graves soupçons de manipulation des taux de change (UBS). Cela démontre que les conseils d'administration peinent à maîtriser le contrôle des opérations qui sont menées par ces établissements bancaires, ce qui conduit Ethos à recommander de refuser de décharger les administrateurs.
En parallèle, le montant total réservé à la rémunération variable des collaborateurs est de CHF 3.2 milliards à l'UBS (hausse de 28%) et CHF 3.6 milliards au CSG (hausse de 6%). En particulier, les personnes qui prennent les risques (appelés «risk-takers»), soit environ 550 personnes à l'UBS et 500 au CSG, ont reçu en moyenne CHF 1.9 millions par personne à l'UBS et CHF 2.6 millions au CSG dont près de 80% est variable. En même temps, l'Union Européenne a formulé des dispositions très contraignantes en matière de rémunération variable, pour limiter les risques pris par ces collaborateurs. En conséquence, Ethos recommande de s'opposer au vote consultatif du rapport de rémunération dans les deux banques.
UBS: Oui à la mise en oeuvre de l'initiative Minder. Non à la réélection du réviseur externe
A l'UBS, Ethos soutient la révision des statuts nécessaire pour la mise en œuvre de l'initiative Minder. En effet, la banque prévoit le vote des salaires de base de manière prospective (en début de période) et le vote des rémunérations variables de manière rétrospective (en fin de période) lorsque les résultats sont connus.
En revanche, Ethos recommande de s'opposer à la réélection de l'organe de révision Ernst & Young qui est en place depuis 1997. A titre indicatif, en 2013, le réviseur a facturé des honoraires totaux de CHF 116 millions. Ethos n'est pas satisfait de la qualité de la révision de ces dernières années, le réviseur n'ayant détecté aucun des récents scandales qui ont touché UBS.
Credit Suisse Group: Non aux modifications statutaires et à l'augmentation du capital conditionnel pour les actions des collaborateurs
Dans le cadre de la mise en œuvre de l'initiative Minder, les modifications statutaires proposées prévoient que le vote de la rémunération de la direction générale peut se faire «à l'avance ou rétroactivement». De telles modalités de vote sont trop imprécises. En particulier, Ethos ne peut pas approuver en avance une enveloppe maximale pour la rémunération variable sans connaître en détail les critères et les objectifs de performance à atteindre.
Par ailleurs, CSG demande une augmentation du capital conditionnel destiné aux actions des collaborateurs. Ce capital (2.57% du capital émis) est utilisé dans le cadre des plans en actions qui prévoient l'octroi aux collaborateurs de plus de 3% du capital de la banque par année. Au vu de la dilution que cela représente chaque année et du montant excessif d'actions en jeu, Ethos recommande de refuser l'augmentation demandée de capital conditionnel.