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Dans le texte Sub-urbanisme/Sur-urbanisme, Sébastien Marot introduit, notamment à travers l’exemple de Central Park, la possibilité d’étudier Manhattan comme un ensemble cohérent avec une autre vision que celle portée par l’interprétation de Rem Koolhaas et transcrite dans New York Délire, manifeste rétroactif du développement urbain de cette île. L’énoncé théorique Manhattan Underground se place comme une piste de réponse ou un possible parallèle à New York Délire, dans la perspective d’un approfondissement du territoire (citation de S. Marot dans Sub-urbanisme/Sur-urbanisme), et lui emprunte sa structure narrative : simulacre de la trame de Manhattan, une succession de blocs dont la proximité et la juxtaposition renforcent la signification individuelle (R. Koolhaas dans New York Délire).
Trouvant son fondement dans une volonté de renversement inédit du développement de Manhattan vers une architecture en profondeur, en réponse au modèle vertical symbolique, fantasmatique et gigantesque qui caractérise ce site, la démarche vise à dépeindre un portrait nouveau de l’île. Le propos se présente en effet comme une interprétation des spécificités du souterrain de Manhattan, prenant la grille de 1811, tracé géométrique et plan horizontal artificiel de base du modèle vertical, comme condition 0 ou plan depuis lequel la ville est observée. Autrement dit, il s’agit d’une étude du prolongement en souterrain – sous le niveau de la grille - du modèle du Manhattanisme et plus largement de l’urbanisme et de l’architecture de la ville en surface.
A travers le prologue et le premier chapitre, les fondements de la démarche et les conditions de l’interprétation sont exposés. L'énoncé est ensuite développé sous forme d’entrées thématiques intimement liées aux composantes de la profondeur de Manhattan et intégrant alors au fur et à mesure du texte la complexité de l’épaisseur de la ville : la géologie, la grille, les réseaux, le métro, le bloc, l’abandonné. Une ouverture sous forme d’épilogue clôt le texte en élargissant la portée du propos.
Les discussions autour de ces thèmes permettent donc, au delà de construire un imaginaire de la substance constituant la profondeur de Manhattan, de relever plus ou moins explicitement des enjeux et des pistes pour un projet souterrain découlant de la structure urbaine existante.
Le texte fonctionne en complémentarité avec des illustrations de différentes natures :
- des images d’archives ou photos diverses incluses dans le texte ;
- des cartes de l’île regroupant des données « scientifiques » ;
- des coupes qui combinent des informations de sources variées, plus ou moins interprétées ;
- une grande carte de toute l’île – constituant la couverture de l’ouvrage - qui propose une interprétation du propos du texte à travers une confrontation en plan de plusieurs des composantes traitées.