Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07038.jsonl.gz/1057

Intérêts
Centres d'intérêt et domaines de recherche principaux: pragmatique comparée, analyse pragmatique du discours, prosodie, "acquisitions tardives", en Formation Continue; développe depuis les années 90 une approche expérientielle et systémique du discours, qui vise à intégrer dans l'analyse du discours les processus affectifs, motivationnels, expérientiels, à la fois dans les données observées (descriptivement), et au niveau de leur rôle dans le dispositif d'observation (épistémologiquement).
Pragmatique comparée
Rédigée entre 1983 et 1987 (publ. 1993), la thèse d'A. Auchlin sur la pragmatique comparée de l'énonciation en français et en chinois offre une description contrastive d'unités linguistiques à portée énonciative: connecteurs pragmatiques, verbes performatifs, adverbiaux d'énonciation; ces marques sont décrites dans la perspective de la pragmatique intégrée d'O. Ducrot et J.-C. Anscombre, qui permet également de définir l'objet langagier de cette pragmatique comparée. A côté de ces marques lexicales, l'ouvrage examine également, dans le cadre de l'approche hiérarchique du discours développée par E. Roulet, le statut et l'emploi de structures linguistiques entre syntaxe et discours, comme 'thème-propos'; les hypothèses sur la structure hiérarchique du discours sont, enfin, mises en oeuvre pour décrire divers fragments de corpus authentique en chinois, validant leur portée et leur intérêt général. Domaine de recherche en veilleuse depuis le développement de l'approche expérientielle du discours, qui généralise le questionnement sur les conditions, le statut, et la valeur de l'interaction heureuse - au delà ou en deça des frontières culturelles et linguistiques.
Analyse pragmatique du discours
Chercheur de l'équipe d'E. Roulet dès les premiers travaux sur la structure de la conversation et ses marqueurs (1980), collabore à ses développements jusqu'à l'apparition de la problématique du "bonheur conversationnel" (1990), et au développement de l'approche expérientielle du discours. Cette approche pose comme objet propre de l'analyse pragmatique du discours l'étude de la compétence discursive, aptitude à élaborer ou "métaboliser" le traitement de séquences verbales en expérience subjective (= du "discours"). Par là, cette approche se démarque à la fois du cognitivisme représentationnaliste, pour qui le traitement des données verbales consiste en la manipulation de représentations, et des approches "ontologisantes" du discours et de l'interaction, qui réduisent le "discours" aux séquences d'unités verbales employées, et réduisent l'analyse du discours à l'étude des différentes traces laissées par les agencements (mots, gestes, actions) mis en jeu au cours de leur emploi.
Comme analyse pragmatique du discours, l'approche expérientielle tire parti du rendu descriptif de l'approche modulaire du discours de l'équipe d'E. Roulet, tout en ré-interprétant certaines de ses hypothèses - notamment celles qui concernent la place du déploiement temporel des unités discursives, la valeur et le statut de phénomènes qui en découlent, tel le rythme, notamment, phénomène commun aux manifestations discursives orales ou écrites ("a-modal"), ainsi que d'autres phénomènes centraux dans l'étude du discours oral (registre, débit, etc) et de l'interaction en direct (inter-synchronisation).
Prosodie
L'étude des phénomènes prosodiques constitue l'un des domaines les plus féconds dans l'élaboration des hypothèses générales sur l'expérienciation discursive (v. les travaux d'A. C. Simon, A. Grobet). Différentes observations tendent à confirmer le bien-fondé d'une approche de type "cognition incarnée" de la prosodie: décalages temporels entre les manifestations prosodiques et la chaîne verbale, qui se situent entre coopération non redondante et "hors-phase" (intégration finale sous forme d'expérience de bizarrerie); autonomie relative des sous systèmes prosodiques (registres et placement de l'espace tonal, répartition de l'énergie, tempo, rythme, ...), qui combinent leurs manifestations avec celles tirées du traitement de la chaîne verbale (gestion de l'information; attidudes, etc). Les formes prosodiques, quasi-morphèmes, sont sujettes à une actualisation qui repose sur la coordination de différents sous-systèmes. On cherche à articuler la contribution spécifique des sous-systèmes prosodiques aux différentes dimensions discursives engagées dans la constitution de l'expérience discursive, de la segmentation de la chaîne syllabique en unités, à la manifestation d'attitudes et d'émotions. Les travaux récents visent à développer des outils de mesure et de description automatiques, susceptibles de traiter de variations prosodiques détaillées sur des corpus importants (Simon, Avanzi, Goldman, Auchlin - ref)
Acquisitions tardives
La formation continue Techniques de la communication écrite (dès 1993) a confronté les formateurs à des données écrites particulières: de locuteurs adultes, de scolarité supérieure, et s'exprimant dans leur langue maternelle, ces données à la fois présentent diverses "imperfections", et par ailleurs sont issues d'un cadre où s'exprime une "demande de progrès". Répondre aux besoins spécifiques des apprenants demande de bien les comprendre. Les misères d'usage, petites ou grandes, réclament une appréhension et une description spécifique, une objectivation de la nature des problèmes communicationnels engendrés par les textes, visant une compréhension approfondie du fonctionnement de l'instance productrice (un diagnostic).
Le même cadre d'analyse et la même démarche sont appliqués (depuis 2000) aux données de la Formation Continue "Prendre la parole" (voir Groupe de prosodie pragmatique appliquée).
Approche expérientielle du discours
Cette approche est issue de la nécessité de généraliser mes premières hypothèses sur le bonheur conversationnel (1990), afin de les rendre descriptivement plus adéquates, et opératoires dans des situations empiriques déterminées. Elle a notamment été élaborée tour à tour sur des données écrites et des données orales, provenant pour une part des corpus constitués au cours des Formations Continues Techniques de la communication écrite (Rédaction & Communication, en collaboration avec Kim Stroumza - v. Cahiers de linguistique française 18; Cahiers de linguistique française 19), et Prendre la Parole; sous l'étiquette de "groupe de prosodie pragmatique appliquée" (GPPA). Elle est prolongée dans différentes recherches collectives, portant sur la prosodie (A. C. Simon, A. Grobet), le discours littéraire (L. Perrin), ... L'approche expérientielle du discours, qui définit le discours comme une expérienciation (Vs un 'produit', ou une chose), se centre à la fois sur l'observation de phénomènes "attestables", "observables" et "répétables" (effets d'éthos, blends expérientiels, "hors-phases" prosodiques, etc), et sur la formulation d'hypothèses générales relativement contraignantes et falsifiables sur le fonctionnement de la compétence discursive.