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Alexandre Voisard
Après une enfance tumultueuse et des études inachevées au lycée de Porrentruy, il mène une vie de bohème à Genève où il fait l’apprentissage de la scène. De retour dans le Jura, Alexandre Voisard y publie ses premiers livres : Écrit sur un mur et Vert Paradis. Après avoir été employé dans les bureaux de différentes entreprises, il établit sa propre librairie à Porrentruy tout en poursuivant son œuvre littéraire.
Membre du Rassemblement jurassien depuis 1947, Alexandre Voisard s’engage activement dans la Question jurassienne et milite en faveur de l’indépendance du Jura. Son poème Liberté à l’Aube est déclamé par la foule lors de la création du Canton du Jura en 1978. Il est considéré, avec Jean Cuttat comme le poète du mouvement autonomiste jurassien. Promu en 1979 premier délégué aux affaires culturelles du nouveau canton, il prend également une part importante à l’animation et à la promotion des lettres et des arts en Suisse, en particulier par son action au sein de Pro Helvetia, dont il est membre du conseil de fondation entre 1982 et 1993.
Poète et écrivain reconnu dans toute la francophonie, il continue à publier ses recueils poétiques. Il est élu député socialiste au Parlement jurassien de 1979 à 1983. L’un de ses nombreux récits, L’Année des treize lunes, fait l’objet d’une adaptation cinématographique par Bertrand Theubet qui en tire le film intitulé Le Cri du Lézard, sorti à l’écran en 1988.
En 1990, il est élu membre de l’Académie Mallarmé à Paris. En 1997, il est nommé à l’Académie européenne de poésie. Un film biographique Alexandre Voisard, Poète – Plan-fixe est réalisé en 2000 par l’Association Films Plans-fixes à Lausanne. À sa retraite, Alexandre Voisard se retire en France voisine, pays de son épouse, où son inspiration reste très vivace.
(source Wikipédia)
livre(s) sélectionné(s)
Oiseau de hasard
paru chez Bernard Campiche Editeur, 204 p., 2013
Le poète jurassien s’intéresse ici à son grand-père Louis, intrigué par son absence sur les portraits de famille du salon et banni de l’arbre généalogique.
C’est que, cet oiseau de hasard, ce drille de piètre mémoire, ce bougre d’individu est un loustic insaisissable ; buveur, fainéant, méprisable, culpabilisé par la mort de sa jeune femme Marie suite à une dispute, être sans foi ni loi, vivant tant bien que mal dans une époque rude et misérable faite de chômage et de privations.
Voisard, avec sa verve habituelle et son grand talent, rassemble les maigres pièces du puzzle de ce grand-père maudit pour reconstituer une vie imaginaire dans le Jura du XIXème siècle, il retrouve son carnet militaire jauni attestant son adhésion à la Légion étrangère, une photo de Louis en membre de la fanfare. Il le sort de la nuit et lui redonne une mémoire.
Monique Girardin