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Ce 31 décembre retentiront du haut de la Ville de Genève, 23 coups de canon, pour signifier à la fois l'attachement de la République à la Confédération des 23 cantons et l'indépendance de Genève recouvrée en 1813. Une indépendance de courte durée. Depuis la Réforme, elle n'avait résisté à l'impérialisme récurrent des Savoie qu'à l'appui des rois de France et de Berne et, dit la chanson, à la vaillance de ses habitants et à la Providence, un fameux soir de décembre 1602.
Le 31 décembre 1813, marque aussi la restauration de l'ancien régime ("réactionnaire" selon la notice de Wikipedia). Les patriciens, profitant du bref interrègne - entre le départ des troupes d'occupation de Napoléon (lequel avait tout de même érigé Genève en capitale du département du Léman, un Grand Genève qui allait jusqu'à Chamonix) et l'installation éphémère des Autrichiens - proclamèrent le retour de la République morte en 1798 et rassirent leur pleine autorité sur la cité.
Les Genevois y ont gagné un jour férié.
L'indépendance fut toute relative. Le rattachement à la Confédération, avec qui la cité avait tissé de nombreux liens, fut l'option la plus évidente. A l'heure de la naissance des nations...
En butinant sur le net, en marge de cette histoire, je suis retombé sur une carte de géographie qui montre les communes genevoises à l'heure de l'union à la Suisse. L’émiettement municipal s'est accentué au milieu du XIXe siècle, à la suite de la prise du pouvoir par les radicaux en 1847, puis s'est un peu réduit par la création de la ville de Genève actuelle suite à la crise financière des années 30 (la commune de Genève 16 km2 restant liliputienne en comparaison de celle de Zurich 88 km2 ou de Lausanne 41 km2 ou de Berne 51 km2). Puis rien n'a bougé.
Aujourd'hui, on s'échine à redistribuer des miettes par-ci, par-là (sans toucher pour l'instant à la fragile mais très fausse horloge de la péréquation fiscale et financière), alors que Genève aurait au bas mot 500 millions à gagner en supprimant toutes les communes et en réorganisant sa démocratie.
500 millions, c'est plus que ce va nous coûter RIE III. Aucun parti cependant, pas plus les pseudo révolutionnaires de gauche que les libéraux bon teint de droite, n'ont inscrit cette révolution à leur calendrier 2017.
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PS: En rédigeant cette note (c'est un des plaisirs et des utilités d'un blog) j'ai découvert l'ouvrage édité à la suite du colloque de 1998 sur Genève française, de la Société d'histoire et d'archéologie de Genève.