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A 09h00 locales mercredi (16h00 en Suisse), le candidat de la gauche radicale Pedro Castillo était crédité de 50,2% et sa rivale de la droite populiste Keiko Fujimori de 49,8% des suffrages après le dépouillement de 99,8% des bulletins, selon l'Office national des processus électoraux (ONPE).
Pedro Castillo a estimé mardi soir au siège de son parti, Peru libre, dans le centre de Lima, que ses observateurs dans les bureaux de vote considèrent sa victoire acquise. Il a exhorté ses troupes à ne pas céder aux provocations et a remercié "au nom du peuple péruvien" les messages des "ambassades et gouvernements d'Amérique latine et d'autres pays" reçus pour le féliciter de sa "victoire".
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Annonce officielle retardée
Comme lors des trois dernières élections présidentielles au Pérou, presque aussi serrées que l'actuelle, l'annonce officielle du résultat est retardée par le besoin du comptage de l'ensemble des bulletins.
Or de nombreuses feuilles d'émargement de centres de vote dans des zones reculées de la jungle amazonienne, ou celles du million d'électeurs qui ont voté à l'étranger, mettent plusieurs jours pour parvenir à l'ONPE.
Keiko Fujimori, la fille de l'ancien président Alberto Fujimori (1990-2000), a conquis les deux-tiers de ces votes de Péruviens installés au Japon, aux Etats-Unis ou encore en Espagne, mais "remonter la différence va être très difficile, il doit rester plus de votes à compter au Pérou qu'à l'étranger", a déclaré l'analyste Hugo Otero.
D'autant que les votes des campagnes sont favorables au candidat aux origines provinciales, instituteur dans une école rurale du nord du pays pendant 24 ans. "Je pense que Castillo va gagner mais il faut attendre que l'ONPE déclare le résultat officiel", a estimé Hugo Otero.
La représentante de la droite populiste ne s'est pas exprimée ces derniers jours. Lundi, elle a dénoncé des "irrégularités", des "indices de fraude" et "une claire intention de saboter la volonté du peuple". Environ 200 de ses partisans se sont rassemblés mardi devant le siège de l'ONPE. "Non au communisme déguisé", indiquait une banderole.
Dépouillement jugé conforme
La mission d'observation de l'Organisation des Etats américains (OEA) a jusqu'ici reconnu que "le dépouillement des bulletins de vote s'est déroulé conformément aux procédures officielles". La présidente de l'ONG Transparencia, Adriana Urrutia, a été plus loin en affirmant au quotidien El Comercio qu'"il n'y a pas de preuves qui nous permettent de parler de fraude électorale".
Si elle perd pour la troisième fois au second tour, après la défaite plus nette de 2011 (51,4% contre 48,4%) où il a tout de même fallu 10 jours pour que le résultat soit officialisé, Mme Fujimori pourrait se retrouver de nouveau en prison.
afp/gma/fgn
Beaucoup d'attentes sur le vainqueur
Le futur président devra prendre des mesures urgentes pour surmonter la pandémie, la récession économique et l'instabilité institutionnelle chronique du pays dont le PIB à plongé de 11,12% en 2020.
Il devra s'accommoder d'un Parlement fragmenté, issu des législatives d'avril, et coutumier d'alliances de circonstance qui ont conduit à la destitution de deux présidents: Pedro Pablo Kuczynski en 2018 et son successeur Martin Vizcarra en 2020.
Le nouveau président prendra ses fonctions le 28 juillet, jour de la commémoration du bicentenaire de l'indépendance du Pérou, et remplacera le président par intérim Francisco Sagasti qui a exhorté ses compatriotes à "respecter scrupuleusement la volonté exprimée dans les urnes".