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Critique
"En 1968, Mel Brook réalise LES PRODUCTEURS, une comédie à petit budget qui connaît un succès instantané. Le public de l'époque est surpris par le comique destructeur du film et en apprécie le scénario inattendu: un ex-producteur de théâtre et un petit comptable timide conspirent pour produire intentionnellement une comédie musicale ratée, afin de rouler les financiers et s'enfuir avec l'argent de la production.
Trente ans plus tard, Mel Brook monte à Broadway une adaptation de son film, sous la forme d'une comédie musicale, ""The Producers"", sur une musique originale et un livret de sa main, avec la complicité chorégraphique de Susan Stroman. Le film qui sort aujourd'hui sur nos écrans est donc la version cinéma - avec les comédiens de Broadway - de cette comédie musicale qui date de 2001 et qui a été applaudie par un immense public.
Les principaux artisans et acteurs de ce spectacle reprennent ici du service et l'on retrouve, dans LES PRODUCTEURS, le même déroulement des opérations. Les deux compères jettent leur dévolu sur une pièce de mauvais goût d'un auteur fasciné par Hitler, recrutent un metteur en scène et son assistant ""gays"" et nuls, ainsi qu'une actrice scandinave extravagante. Comme dans toute bonne comédie les personnages accomplissent leurs rêves et, après quelques ennuis de parcours, voient leurs espoirs comblés. Le producteur renouera avec le succès et le petit comptable gagnera le cœur de la belle Suédoise.
Peu importe que l'on nage dans l'infantilisme et la caricature, chacun des interprètes s'efforce de camper avec énergie son personnage, interprétant lui-même et sans doublage ses chansons. On passera sur quelques séquences d'hystérie superflues et de grimaces pas toujours nécessaires. Chorégraphe et metteuse en scène, Susan Stroman ne s'est par ailleurs pas souciée de faire œuvre cinématographique: on reste au niveau d'un spectacle théâtral peu inventif et il faut attendre une bonne heure avant que le film (trop long) ne trouve son rythme. La musique - toujours signée par Mel Brook - est destinée à un large public. On peut lui préférer celle de comédies musicales plus anciennes (sans remonter jusqu'à Fred Astaire ou Gene Kelly...) ou plus récentes (celle de MOULIN ROUGE ou de CHICAGO...) Affaire de goût personnel. Resteront tout de même en mémoire quelques touches satiriques, de superbes numéros de danse, des décors surprenants, d'étonnants paysages de lumière et de somptueux costumes."
Antoine Rochat