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Un tribunal américain devra se prononcer sur la question suivante: les droits humains doivent-ils être appliqués aux grands singes? Une association de défense des espèces animales a déposé une demande en ce sens. Sur quoi est fondée cette demande?
Et plus généralement qu’est-ce qui différencie - ou non - les chimpanzés des humains? Actuellement ces derniers sont considérés comme des êtres inférieurs en droits, voire des objets. Ils peuvent être capturés sans mandat signé d’un juge, mis en cage sans procès ni avocats, et l’on peut assister à leur vie privée dans les zoos sans que l’on crie à la profanation de la vie privée.
La plainte est déposée en faveur et au nom de Tommy, un chimpanzé de 26 ans enfermé dans une cage à Gloversville (NY). Deux autres plaintes identiques pour deux autres chimpanzés sont en cours. L’association a demandé un habeas corpus pour eux, soit le recours à un des piliers de la justice moderne: il ne peut y avoir d’emprisonnement sans jugement. Or ces chimpanzés sont dans des cages sans qu’une sanction n’ait été prononcée à leur encontre. Si les juges accèdent à cette requête, une loi humaine serait alors applicable à un animal, réduisant d’autant la distance juridique qui sépare les humains des autres espèces.
On peut comprendre la motivation de cette démarche: pourquoi, de quel droit, les humains prennent-ils la décision de sortir les grands singes de leur habitat naturel et les privent-ils de leur liberté de mouvement? Uniquement de la loi du plus fort.
Evidemment, une telle requête serait difficilement applicable à des insectes. Il y a plus de logique à le faire pour un grand singe. L’ONG Nonhuman Rights Project fait en effet valoir que des critères essentiels caractérisant les humains sont aussi applicables aux chimpanzés:
«... les chimpanzés jouissent de capacités cognitives complexes, telles que la connaissance du passé et la capacité à faire des choix. Ils manifestent des émotions également complexes, comme l'empathie.»
Si une décision juridique confirmait la position de l’ONG, il pourrait y avoir de curieuses conséquences. Pourquoi en effet limiter la personnalité juridique à la seule liberté de mouvement? Un chimpanzé devrait pouvoir ouvrir un compte en banque et signer des chèques, voire hériter légalement et voter. A quand une marche des droits civiques pour les cousins de King Kong?
Sauf que le singe ne sait ni lire ni écrire et que l’on se heurte à la différences entre les espèces. Du point de vue des espèces en effet, les primates poilus ne sont pas des humains. La preuve: il n’est pas possible de se reproduire avec eux. Comment le sait-on? Quelqu’un a-t-il essayé?
Ça, je préfère l’ignorer...