Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07113.jsonl.gz/555

Le choix de montrer des œuvres de Thomas Huber dans la salle « prototype » du futur musée a été motivé d’une part par l’importance de cet artiste dans les collections, d’autre part par le fait que son œuvre interroge à la fois la place du peintre dans la société et celle du tableau dans les différents espaces qui lui sont réservés. La question de l’« exposition » – dans l’atelier comme dans l’espace muséal – occupe de fait une place centrale dans son travail.
Le titre de cet accrochage, Retour sur l’image, renvoie à celui de la première exposition consacrée à Thomas Huber par le Musée en 1996, Arrêt sur l’image, titre lui-même inspiré de celui d’une conférence prononcée par l’artiste en 1993, et dont voici un extrait :
« La capacité de création artistique d’une époque ne se manifeste pas par la taille et le nombre des musées, par la quantité de transactions dont les œuvres d’art font l’objet. Non, c’est par la taille et la profondeur des territoires défrichés par les tableaux, par la grandeur de l’espace qu’ils peuvent apparemment nous ouvrir. La manière dont la création artistique répond à son temps se mesure à l’étendue des perspectives qu’un tableau peut ouvrir. »
Fasciné par le fait que le simple tracé de lignes et la pose de couleurs suffise à transformer une surface plane en une profondeur spatiale imaginaire, Thomas Huber, tel un architecte ou un peintre de la Renaissance, a recours à la perspective géométrique pour construire ses tableaux. Ainsi, les deux dessins préparatoires Vorbereitung zum Empfang von Besuchern im Atelier. In der Nacht (1984) et Vorbereitung zum Empfang von Besuchern im Atelier. Am Tag (1984) présentés ici montrent le travail minutieux qui précède chaque toile – on y voit encore les ficelles ayant servi à dessiner les ellipses, l’emplacement des points de fuite, etc. Construits comme des décors de théâtre qui réservent une place aux spectateurs, les tableaux de Huber créent un espace pictural pour une mise en scène conçue par le peintre-régisseur, dans laquelle évoluent parfois des figures.
En amont et en parallèle de l’élaboration de ses toiles, Huber explore de façon détaillée les thématiques abordées, notamment par la réalisation de nombreux dessins et aquarelles, comme en témoignent les feuilles présentées ici.
Le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne inaugure sa collection d’œuvres de Thomas Huber en 1992 avec l’acquisition de la toile Studio II (1991), grâce au soutien de la Fondation du Jubilé de l’Union de Banques Suisses. Depuis, plus de quarante dessins et aquarelles ainsi que quatre tableaux de l’artiste sont venus enrichir les collections.