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Les sourcils et ses Histoires anciennes / Old Stories
Pour écrire le caractère signifiant sourcil, je dessine un œil recouvert de poils, et voilà, j'obtiens l'idéogramme suivant : 眉.
Cet idéogramme dépeint l'époque des Han (206-220) et des Tang (618-907), où les femmes se rasaient complètement leurs sourcils et les remplaçaient par des sourcils tracés.
Il renvoie également à l'empereur Xuan Zong des Tang, qui ordonna aux peintres de dresser un album sur les sourcils intitulé "Shi Mei Tu" (dix styles de sourcils pour les concubines de la cour).
« Différents styles de sourcils m’apparaissent sous les yeux, tels que les sourcils épais et arqués, semblables à des antennes de papillons. En collant l’oreille à la porte de l’idéogramme 眉, j’entends quelqu’un me parler d’un ministre, nommé zhang Shang, qui aimait dessiner les sourcils de son épouse ». En effet, encore enfant, sa femme s’était blessée à un sourcil, et pour camoufler ce défaut qui portait atteinte à sa beauté, Zhang Shang maquillait sa femme.
Selon les taôistes, lorsqu’une personne avait des sourcils longs et épais, on lui prédisait une belle vie.
Même le philosophe Zhuang Zi s’est inspiré de la beauté du sourcil pour raconter cette fameuse histoire :
« Xi Shi était réputée être une très belle femme dans son village. Un jour, pendant qu’elle lavait le linge au bord de la rivière, une douleur la tressaillit comme une flèche empoisonnée. Elle plaça alors ses deux mains sur sa poitrine puis fronça les sourcils. L’expression de son visage la rendit encore plus belle et plus féerique qu’avant. Dans le même village résidait une femme très moche, du nom de Dong Shi. Persuadée que la beauté de Xi Shi provenait du froncement des sourcils, celle-ci commença à froncer les sourcils et quand les gens la voyaient, ils partaient vite en courant comme un lièvre ». La beauté est un secret qui ne se révèle pas.