Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06884.jsonl.gz/1162

Port Lavaca est une baie en cul-de-sac associée à la grande baie de Matagorda, entre Houston et Corpus Christi. Une configuration qui favorise l’élévation du niveau des vagues. C’est là que l’onde de tempête et la marée ont atteint la cote maximale lors du passage de Harvey: 2,10 mètres.
« The highest storm tide (the combined height of the storm surge and the tide above mean sea level) recorded by a NOAA tide gauge from Harvey’s landfall was 7.0 feet at Port Lavaca, measured at 3:48 am CDT Saturday. »
Soit en-dessous de Katrina en 2005, ou de Carla et ses 5,6 mètres d’élévation. Ce record de 5,6 mètres de Port Lavaca date de 1961, soit il y a 56 ans. Il est dû à l’ouragan mineur Carla. (Wikipedia)
Port Lavaca est située dans la baie du même nom, une partie de la baie de Matagorda. Le fleuve Colorado et le Lavaca s’y déversent. La baie où l’onde de tempête maximale a été relevée est un cul-de-sac permettant l’élévation des vagues.
On admet généralement que la météorologie n’est pas une science exacte. On en accepte donc quelques approximations. Mais on peut être surpris qu’avec les moyens techniques actuels, qui par exemple mesurent la hauteur des marées, ainsi que la vitesse des vents à différentes altitudes et les creux dépressionnaires au millimètre près, on ne puisse combiner pression + vents pour calculer l’élévation de la mer plus précisément que dans une fourchette du simple au double (l’onde avait été annoncée entre 2,4 et 3,8 mètres).
Que nous disait-on il y a à peine quelques années?« La hausse tendancielle des températures de l’atmosphère et de l’océan contribue à accroître la fréquence des cyclones tropicaux de catégories 4 et 5. »
GIEC
En 1996 il y avait donc eu consensus entre les scientifiques pour annoncer que le réchauffement engendrerait davantage d’ouragans et surtout des ouragans plus puissants. Depuis on est revenu en arrière, signe des incertitudes des climatologues: « Dans un article publié en 1998 dans le Bulletin of the American Meteorological Society, ils (les chercheurs) concluaient qu’un doublement du niveau de dioxyde de carbone dans l’atmosphère n’affecterait ni la fréquence des cyclones tropicaux, ni les zones qu’ils touchent et n’accroîtrait leur intensité que de 10 % environ. »
Or pour Harvey la presse annonçait un désastre sans précédent à cause de l’onde de tempête:
« While destructive winds and nearly unprecedented rainfall amounts will lash the Gulf Coast, a devastating storm surge will roar ashore Friday into Saturday, raising the sea up to 12 feet above normally-dry land. »
Ce qu’en dit un ancien responsable du GIEC:
« Jean Jouzel, ancien vice-président du Giec, se montre ferme : attribuer un cyclone destructeur au réchauffement climatique, donc à l’action de l’homme sur l’environnement, demeure scientifiquement impossible. «L’attribution est une démarche scientifique qui prend du temps, explique-t-il. Or, aucun article scientifique ne l’affirme pour le moment. Il faut faire preuve d’un peu de patience, le prochain rapport du Giec ne sort qu’en 2022. Un des grands problèmes avec les cyclones, c’est que l’on manque de recul historique. »
1935, déjà
Un lien posté par un internaute sous mon précédent billet montre et documente le fait que fréquence et puissance des ouragans ne sont pas liés au réchauffement. Depuis un siècle la tendance est à une diminution et de la fréquence et de la puissance et une quasi stagnation du nombre d’ouragans ayant pénétré sur la terre.(images 3 et 4).
Les ouragans, météores majeurs, ne semblent donc à ce jour guère influencés par le réchauffement ou par le CO2.
Mais chacun y va de sa peur:
« L’ouragan s’annonce déjà comme le pire à frapper les États-Unis depuis Katrina. »
« Aussi loin que je me souvienne, je ne pense pas qu’il y ait eu quelque chose de ce genre auparavant, a commenté pour l’AFP Brian McNoldy, chercheur sur les ouragans à l’université de Miami. Je ne me souviens pas d’un ouragan majeur qui fait du surplace et reste coincé, c’est une combinaison qui est très inquiétante. »
Or on voit sur la photo 1 que Houston a connu le même genre d’inondation il y a 82 ans. Brian McNoldy devrait travailler sa mémoire. Car il ne se souvient ni d’Allison qui était resté sur place, ni de Carla qui fut plus dévastateur que Harvey, ni des inondations de 1935 (pour ne citer que celles-là).
Désastre
Le climatologue Michael Mann a ajouté son couplet. Selon l’auteur de la très controversée crosse de hockey du réchauffement: « …la hausse de 0,5 °C de la température en surface du golfe de Mexique ces dernières décennies a augmenté l’évaporation de l’eau, ce qui a participé aux précipitations records sur la région de Houston. »
« L’analyse de Michael Mann est partagée par d’autres climatologues. Un climatologue de l’université de Princeton, Michael Oppenheimer, a déclaré à l’agence Associated Press que ce type d’ouragans arrivera plus fréquemment à l’avenir et qu’Harvey devrait servir d’avertissement. »
Ce ne sont que des supputations. Ils ne démontrent rien. Et dans les faits les statistiques d’ouragans dans l’Atlantique contredisent leurs propos.
Sur l’annonce générale faite par la presse, une phrase revenait partout: « L’ouragan le plus puissant depuis Katrina ». Oui. Ce qui fait quand-même douze ans sans qu’un ouragan majeur n’ait atterri aux États-Unis, soit la période la plus longue de l’histoire météorologique de ce pays. Mais on connaît le goût du désastre chez l’humain: personne n’a mentionné la diminution du nombre ni les longues périodes calmes.
Résumé
L’onde de tempête de Harvey fut nettement inférieure aux prévisions, la situation particulière de blocage (à moitié sur l’océan) à réalimenté en permanence la tempête en eau, l’urbanisation a préparé le lit aux inondations, et les ouragans – dont les climatologues disaient qu’ils seraient plus nombreux et plus forts, ne sont au final ni vraiment l’un ni l’autre sur un siècle de statistique – et d’ailleurs les climatologues eux-mêmes ont changé d’avis sur cette question.
Mais la fin du monde est si palpitante! Et puis si les climatologues changent d’avis sur les ouragans, peut-être en changeront-ils aussi sur d’autres points.