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Les parents seuls font beaucoup de choses en même temps. Ils mènent de front l'éducation de leurs enfants et leur activité professionnelle, et gèrent leur situation avec un grand engagement. Le bien-être de leurs enfants passe par-dessus tout. Les parents seuls ne veulent pas que leurs enfants grandissent en étant stigmatisés par la pauvreté.
Pourtant, les statistiques montrent clairement que le risque de pauvreté est plus élevé pour ces familles que pour les autres. Une famille monoparentale sur neuf est pauvre (10,8 %), et dans de nombreux cas, la pauvreté s'installe en dépit du fait que le parent seul occupe un emploi rémunéré. Dans les familles de deux enfants avec les deux parents, ce risque est trois fois moins élevé.
Quels sont les problèmes principaux auxquels les familles monoparentales doivent faire face ? L'étude réalisée par l'Université de Berne sur mandat de Caritas évoque les points suivants :
Difficulté de concilier la prise en charge des enfants et la vie professionnelle
Beaucoup de mères seules travaillent à temps partiel, souvent pour un salaire à l'heure, à un taux d'occupation faible ou avec des horaires de travail irréguliers. On ne leur propose que rarement des emplois fixes car on leur reproche leur soi-disant manque de souplesse.
« Je travaille dans la vente à 80 %, trois fois par semaine dans les nocturnes. Comme celles qui travaillent à 100 % et gagnent plus que moi. Lorsqu'un collègue manque, c'est souvent moi qui dois le remplacer. Le soir aussi. Je ne peux pas refuser, je dois me montrer souple, bien que j'aie un enfant. »
Malgré une planification stricte du budget, l'argent ne suffit pas
Les parents seuls qui ne disposent pas de ressources financières suffisantes se privent eux-mêmes de tout (dentiste, vêtements, etc.) avant de priver leurs enfants. Ils achètent " rusé ", attendent les actions. Leur préoccupation constante est de faire en sorte que les enfants ne manquent de rien.
« Je ne m'achète pas de vêtements. Pour mon fils, je choisis les choses bon marché sur Internet ou je reçois des affaires que l'on me donne. Sans cela, je ne sais pas comment on ferait financièrement. »
Pas le temps de suivre des formations continues
Une formation continue permettrait souvent d'améliorer la situation financière. Mais l'aide sociale ne voit pas aussi loin et ne propose pas de soutien de ce genre.
La précarité laisse des traces
Les mères et les pères qui élèvent leurs enfants sans l'aide de l'autre parent sont soumis à un stress qui peut engendrer de l'anxiété, de la dépression, des problèmes de santé. Ils n'ont absolument pas le temps de se détendre. Si les enfants passent par des moments difficiles, les parents n'ont pas d'interlocuteur pour partager les problèmes et les responsabilités.
« Ne plus avoir la force. C'est ma grande terreur. Car si je lâche, tout va s'effondrer. »
Les enfants sont prétérités
En raison du manque d'argent, les enfants n'ont pas accès à l'encouragement précoce, ce qui est un frein à leur développement. Très souvent, les familles monoparentales ne peuvent pas s'offrir de vacances. Les activités de loisirs dépendent de leur coût. Souvent, un cours de musique n'est pas envisageable, car trop cher.
Caritas relève que les conditions-cadres des familles monoparentales ne sont pas bonnes en Suisse. Il y a nécessité d'agir vite, car les places de crèches et autres prises en charge et les structures de jour manquent. Il faudrait également proposer des emplois à temps partiel souples et équitablement rémunérés. L'aide sociale et l'assurance-chômage doivent offrir un soutien efficace, et il faudrait enfin améliorer l'information sur les possibilités de consultation et les offres permettant de soulager la charge de travail des parents seuls.