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L’agriculture paysanne est un projet politique. Il est une critique active de l’agriculture industrielle. Dans cette fiche, nous montrons d’abord ce qu’est l’agriculture industrielle et ensuite ce que l’agriculture paysanne peut proposer.
L’agriculture industrielle
L’agriculture paysanne est un projet politique. Il est une critique active de l’agriculture industrielle. Dans cette fiche, nous montrons d’abord ce qu’est l’agriculture industrielle et ensuite ce que l’agriculture paysanne peut proposer.
L’application des pratiques industrielles à l’agriculture consiste principalement à augmenter la productivité du travail agricole. Pour cela, il faut augmenter le rendement des plantes et des animaux et remplacer partout où c’est possible les humains par des machines.
En l’espace de trente ans (1950-1980), les rendements agricoles ont été multipliés par un facteur deux, tandis que la consommation d’énergie fossile (carburant) était multipliée par un facteur trois. Cette énergie fossile remplaçait la main-d’œuvre : la part des personnes actives dans l’agriculture dans la population active passe de 20 % à 5 % en l’espace d’une trentaine d’années.
En plus de la mise en œuvre d’énergie fossile, l’augmentation des rendements a été obtenue par l’usage d’engrais chimiques de synthèse, l’usage de produits de traitement*, la sélection végétale et animale*.
L’industrialisation de l’agriculture signifie aussi que la production agricole est de plus en plus encadrée par l’industrie. Elle fournit : machines, engrais, produits de traitement, semences végétales et animales. Puis elle achète les produits agricoles bruts et assure leur transformation et leur distribution.
L’industrie a besoin d’une standardisation des produits, ce qui entraîne la perte de la biodiversité.
L’agriculture paysanne
Autonomie
L’autonomie, c’est l’objectif de sortir la production agricole de l’encadrement industriel à l’amont et à l’aval. Par exemple, les semences ou les aliments des animaux sont produits sur les fermes. Il s’agit également de reconstruire des filières de transformation et de distribution dans lesquelles les paysans sont partie prenante.
Répartition
Il s’agit par exemple de répartir le foncier, pour des paysans plus nombreux, mais aussi de mieux répartir les revenus de la ferme entre l’investissement et le travail (privilégier le travail). Il s’agit encore de mieux répartir la valeur ajoutée le long des filières de transformation et de distribution : le prix payé par les mangeurs doit rémunérer tous les acteurs de la filière. La répartition implique la coopération plutôt que la concurrence.
Transmissibilité
Les fermes sont des outils de production facilement transmissibles. La concentration des terres agricoles s’est produite parce que la mécanisation et la raréfaction des surfaces ont augmenté la valeur des fermes, empêchant la reprise. Les grands domaines doivent être fractionnés au profit de petites structures créant des emplois.
Développement local
Les paysans sont les acteurs privilégiés d’un territoire : ils travaillent la terre et façonnent les paysages. Ils doivent être en prise avec les autres acteurs de ces territoires : habitants, autorités politiques locales, vie associative. Les liens tissés excèdent le seul lien commercial (acheter-vendre des produits).
Travail avec la nature
Avec cet axe thématique, l’agriculture paysanne rejoint largement les objectifs de l’agriculture biologique : préservation des sols contre l’érosion, économie des ressources rares et utilisation des ressources abondantes, limitation des intrants chimiques, réduction de l’empreinte carbone, etc.
Qualité des produits
Les produits de l’agriculture paysanne privilégient la qualité sur la quantité. Il s’agit surtout de la qualité nutritive des produits. La qualité n’est pas le luxe et les produits doivent répondre à un usage quotidien. Ce ne sont pas des produits pour un marché de niche.