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Le projet de canal interocéanique au Nicaragua est jugé néfaste pour le lac Cocibolca, la plus grande réserve d'eau douce d'Amérique centrale, qui alimente en eau 80'000 habitants (archives).
KEYSTONE/AP/ESTEBAN FELIX(sda-ats)
La militante des droits de l'homme et de l'environnement Bianca Jagger a participé mardi à une manifestation au Nicaragua, son pays natal. Elle protestait contre la construction d'un canal interocéanique, jugée néfaste au plus grand lac d'Amérique centrale.
La première épouse de Mick Jagger, âgée de 72 ans, avait reçu en 2004 le prix Nobel alternatif pour ses engagements.
En camion, à cheval ou à pied, plusieurs centaines d'habitants de différents villages situés sur le tracé du canal se sont retrouvés dans le hameau de La Fonseca (centre-ouest) pour dénoncer ce projet pharaonique. Le budget de ce dernier est évalué à autour de 50 milliards de dollars (48,6 milliards de francs), soit cinq fois le PIB du Nicaragua, pays parmi les plus pauvres d'Amérique centrale.
La localité de La Fonseca serait vouée à disparaître si le canal, dont la construction a été confiée au groupe chinois HKND, voyait le jour. "Je suis là, car je veux leur apporter tout mon soutien, leur dire qu'ils ne sont pas seuls, que leur cause est juste, que je suis avec eux", a confié à l'AFP Bianca Jagger, qui a appelé le président Daniel Ortega à annuler le projet.
Concurrence
Si les travaux étaient menés à leur terme, le canal du Nicaragua, long de 270 kilomètres, constituerait une forte concurrence pour le canal de Panama, par lequel transite 5% du commerce maritime mondial.
Les défenseurs de l'environnement redoutent une catastrophe écologique, la construction du canal pouvant entraîner la destruction de 193'000 hectares de forêts et mettre en danger le lac Cocibolca, la plus grande réserve d'eau douce d'Amérique centrale, qui alimente en eau 80'000 habitants
Mme Jagger est arrivée à Managua il y a deux semaines pour présenter, aux côtés d'Amnesty International, un rapport négatif sur ce canal. Elle a profité de son séjour pour se rendre dans plusieurs villages situés sur le tracé du futur canal afin d'écouter les habitants qui seraient ainsi délogés, dont le nombre est évalué à entre 30'000 et 120'000.
ATS