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ONU: encore un report sur le cannabis
Pour des raisons historiques complexes, le cannabis n'a pas été classé dans la "bonne" catégorie des conventions internationales. Contrairement aux opiacés, dont les propriétés pharmacologiques sont reconnues, le cannabis se trouve dans la catégorie de substances les plus sévèrement reprimées: celle des substances interdites sans aucun intérêt thérapeutique. Elle se retrouve donc plus fortement réglementée que d'autres produits dans les textes internationaux, en contradiction complète avec ce qui est observé sur le terrain. Par ailleurs, l'absence de reconnaissance de ses propriétés empêche le déploiement de son utilisation dans un cadre thérapeutique.
La distance importante entre les conventions et la pratique devient de plus en plus difficile à défendre et plonge un peu plus le système dans la crise. Alors que 130'000'000 personnes vivent dans un système où le cannabis est légal, que le cannabis à usage médical se développe dans tous les pays européens et américains, et que ses effets thérapeutiques sont largement reconnus, la CND semble continuer à s'enfermer dans une logique idéologique et tarde à prendre ses responsabilités. Les récentes ouvertures sur les droits humains restent réjouissantes, mais le temps ou une assemblée de pays pourra prendre une décision simple, sur la base de faits établis scientifiquement, ne semble malheureusement pas encore venu.