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Performance de 48 heures interprétée par Marino Formenti
Grand hall de La Centrale, du jeudi 26 ocotbre à midi au samedi 28 octobre à midi
Deathstar de Marina Rosenfeld est l'une de ses plus longues œuvres en cours, faite d’incarnations dans de nombreux formats : sculpture, installation sonore, concert, partition musicale, dessin et enregistrement.
La version performative de longue durée (48 heures) de la pièce qui est présentée dans le cadre de la Biennale Son est systématiquement interprétée par le pianiste Marino Formenti. Il s’agit là d’une transcription, répétée de nombreuses fois, d'une série de déplacements sonores et spatiaux subis par un ensemble singulier de sons. Ce processus itératif de longue haleine fut initié lors d’une exposition solo, elle aussi intitulée Deathstar, présentée en 2017 chez Portikus à Francfort.
L'exposition de Portikus présentait un réseau de microphones (la « Deathstar ») conçu pour écouter et faire recirculer continuellement les sons et leurs distorsions dans un système récursif. Rosenfeld a périodiquement transcrit les lourds silences amplifiés de l'installation, tout comme ses éruptions momentanées de bruit et de vocalité.
Pour ce faire, elle a utilisé à la fois la notation musicale traditionnelle ainsi qu'un format graphique de sa propre invention, qui situe sur son axe vertical des champs spectraux de bruit et de distorsion à différents degrés de distance du « do central » du piano. La partition qui en résulte offre à son interprète une grande liberté : à lui de sélectionner, de répéter, de réordonner et de transposer les pages de la transcription.
Les premières représentations de l'œuvre par Marino Formenti remontent également à 2017 : tout d’abord en solo lors de l'événement de clôture de l'exposition Portikus puis dans Deathstar Orchestration, l' « orchestration » littérale par Rosenfeld des événements sonores en constante évolution générés par la « Deathstar ». Des itérations ultérieures de l'œuvre ont d’abord pris la forme d’une réduction pour orchestre de chambre, avant que sa partition ne soit transformée en une performance solo de longue durée, toujours interprétée par Formenti.
Deathstar explore ainsi l'instabilité fondamentale et la contingence de l'écoute située, et la possibilité qu'une exposition puisse également être une œuvre musicale. Dans la nouvelle itération de 48 heures créée pour la grande halle de l’usine de Chandoline, un piano Disklavier programmé par Rosenfeld se joue lui-même durant les phases de repos de Formenti, reproduisant ainsi les étranges distorsions morphologiques et temporelles de l'œuvre.
La sculpture en acier Notation, exposée dans le hall central pendant toute la durée de la Biennale, prolonge quant à elle la portée verticale de l'œuvre. Elle s’étire en hauteur jusqu’à rejoindre les éléments de l'infrastructure physique du bâtiment.
Née en 1968 à New-York
Vit New-York
Marina Rosenfeld est une compositrice et artiste basée à Brooklyn, New York. Travaillant au-delà des frontières disciplinaires de la musique et des arts visuels, elle a créé un ensemble d'œuvres qui touchent au son, à la musique et à la performance, tout comme à la sculpture et aux œuvres sur papier. Rosenfeld a créé des œuvres sur commande pour le Museum of Modern Art, le Park Avenue Armory, la Haus der Kulturen der Welt, la Fondacion Serralves et le Guggenheim Museum, entre autres, et a participé à des expositions telles que la Whitney Biennial (en 2002 et 2008), les Biennales d'Aurora, de Montréal et de Liverpool, tout comme PERFORMA à New York. Elle a également contribué à "Every Time A Ear di Soun", le programme radio de la Documenta14.
Le travail de Rosenfeld a fait l'objet d'expositions individuelles dans des institutions telles que le Kunsthaus Baselland (2021), The Artist's Institute (2019), Portikus (2017) et le Center for Curatorial Studies de Bard College (2016). Dans le contexte de la musique contemporaine, ses œuvres ont été présentées au Holland Festival, à Musica Strasbourg, Borealis, Ultima, Wien Modern, Borderlines, Tectonics et aux Donaueschinger Musiktage, parmi beaucoup d'autres.
En tant que platiniste, Rosenfeld joue et enregistre de la musique improvisée depuis près de trente ans, notamment pour la Merce Cunningham Company entre 2004 et 2008. Ses enregistrements sont parus chez Room40, Shelter Press, 901Editions et seront publiés en 2023 chez INFO Unltd.