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Présidentielle américaine Pour la presse américaine, Obama est le vainqueur
La plupart des journaux estiment que le président sortant a remporté son 3e affrontement face à Mitt Romney. Mais certains se demandent si cette victoire aura un impact dans les urnes.
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Le «Huffington Post» résume assez bien la position des journaux américains après le 3e débat entre Barack Obama et Mitt Romney. Le journal titre en effet, sur une large photo du président sortant: «Chief in command», un jeu de mot avec le titre de «Commander in Chief», soit la fonction de Commandant en chef des armées qu'exerce un président américain. La plupart des médias remarquent en effet qu'Obama, très offensif, a montré aux Américains qui était le patron, en matière de politique étrangère, face à un Mitt Romney la plupart du temps sur la défensive et très (trop?) modéré dans ses propos.
Le New York Times s'amuse même du recentrage inédit du républicain. «Mitt Romney est en effet venu en paix, souhaitant une meilleure éducation, davantage d'aide financière, ou encore l'égalité des sexes au Moyen Orient», souligne le journal. «Du coup, Obama en est presque devenu, par contraste, un républicain intransigeant». Mais Romney a ennuyé les téléspectateurs, selon le quotidien, par son soin méticuleux à prononcer les noms correctement et par ses longues explications, au point qu'Obama, d'habitude jugé plutôt professoral, en est presque devenu concis. Le journal souligne que la tâche de Romney lundi soir était de démontrer qu'il pouvait être un commandant crédible, prêt à défendre le peuple américain de manière plus musclée qu'Obama. Mais, étonnamment, le président sortant s'est montré bien plus belliqueux que son rival.
De son côté, le New York Post titre sa Une avec un «That's all Folks!» (c'est fini braves gens!). Et note qu'Obama est passé à l'attaque contre Mitt Romney, une tactique d'habitude réservée aux challengers. Sans doute, persifle le journal, que le président sortant en a ressenti le besoin devant ses résultats décevants dans les sondages. Mais le quotidien relève que le candidat républicain a bien tenu le choc, prouvant, avec sa stratégie réaliste et lucide, qu'il était un commandant en chef plus que crédible face à un président jugé condescendant et paternaliste. «Par cela seulement, Mitt Romney est vainqueur», estime-t-il.
Autre son de cloche au New York Daily News qui juge au contraire qu'Obama est sorti largement vainqueur de ce 3e duel. Mais il reconnaît lui aussi que le président sortant a joué le rôle de l'agresseur, bien désireux de montrer toute la différence avec son adversaire qu'il a dépeint comme irresponsable et incohérent dans sa vision des affaires du monde. Romney s'est contenté de faire valoir son point de vue, note le journal qui conclut: «Ce 3e débat était à certains moments l'exact miroir du premier affrontement il y a 3 semaines».
C'est exactement ce que relève également le Los Angeles Times. Obama a davantage agi comme un challenger agressif alors que Romney a tout fait pour éviter la confrontation, «un revirement inhabituel de stratégie». Dès le début du débat, souligne le quotidien californien, «le républicain a tenu à se distancer de G.W.Bush, affirmant à maintes reprises qu'il s'opposait à la guerre, minimisant la solution militaire aux problèmes extérieurs. »
«Romney a transpiré, Obama pas du tout». C'est le titre qui résume le débat sur le site du San Francisco Gate. Le journal compare ce 3e duel à un match de basket, avec des attaques, des passes défensives et des pivots. Mais il salue la performance de Romney qui a su lancer ses critiques sans être méchant, alors qu'au contraire, Obama s'est montré carrément condescendant, une attitude jugée peu présidentielle. «Mais, le nez ensanglanté par le coude de son adversaire lors du premier débat, il devait se montrer offensif, sa présidence était en jeu. »
Pour le Washington Post, c'est clair: Obama a dominé son rival de la même manière que Romney l'avait fait durant le premier débat. Le président sortant s'est montré, incisif, corrosif et «chaud». Trop peut-être, remarque le journal mais au moins, on ne pourra pas lui reprocher comme à l'accoutumée sa froideur . Dans l'autre camp, Romney a joué la carte de la sécurité, estimant sans doute qu'il garderait tout le capital acquis lors des deux précédents débats s'il ne se plantait pas dans ce 3e duel. Mais, note le Washington Post, les équipes de basket le savent bien: jouer la carte de la défensive ne marche la plupart du temps jamais.
Le Boston Globe salue la performance du président sortant, jugeant qu'il avait livré sa meilleure de ses 3 débats. «Suggérer que Romney n'avait pas les connaissances nécessaires, la cohérence et la bonne approche prospective des dossiers pour faire un bon président était sans doute la déclaration la plus audacieuse du président sortant», écrit le journal. «Dommage que les sondages montrent que les affaires extérieures arrivent loin derrière l'économie et l'emploi dans les préoccupations des Américains.»
De son côté CNN constate aussi qu'un puissant Obama a montré qui était le commandant en chef à un Mitt Romney sur la défensive. Mais le groupe de télévision, qui convient que le président sortant est le vainqueur de ce 3e débat, se demande: est-ce que cela aura un impact sur les votes du 6 novembre? Car selon CNN, 24% des personnes indécises se disaient désormais enclines à voter Obama, contre 25% qui penchent désormais pour le républicain.
Le Miami Herald rejoint CNN dans son jugement en titrant: «pourquoi Obama a gagné le débat et pourquoi cela n'a pas beaucoup d'importance». Le journal de Floride relève en effet que la politique étrangère n'intéresse pas les Américains. La preuve: le 3e débat a été bien moins suivi que les deux précédents, peut-être aussi en raison d'une soirée de football américain.
Le USA Today donne l'avantage à Obama, même si le journal souligne l'attitude calme, mesurée et moins conflictuelle de Mitt Romney. Le quotidien fait aussi un bilan des 3 débats présidentiels qui ont permis au républicain de rattraper son retard dans les sondages face au président sortant. Et constate que contrairement à il y a 4 ans, les trois duels ont changé la donne politique. Ils ont permis à Romney de se présenter comme un homme ayant un plan clair en matière d'économie et d'avoir une position modérée sur l'immigration ou la contraception. Contrairement à l'image que voulait peindre de lui le camp Obama, celle d'un homme qui ne soucie pas de la vie de la plupart des Américains.
Créé: 23.10.2012, 09h55