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Description
Goudji Amachoukeli dit Elizbar Goudji (né en 1941), réceptacle ou porte-encens en argent doré 925/1000 (vermeil) à décor au pied d'une alternance d'oiseaux et de perles, partie supérieure composée de bois d'ébène et stries dorées. Poinçon de titre, poinçon de l'orfèvre et en toutes lettres Goudji, Paris. Vers 1980-1990.
H.8x12x10.5 cm
Poids: 378 g
Provenance
Galerie Alice Pauly Lausanne
Références
"Goudji naît en Georgie en 1941 alors que l’offensive allemande fait rage. Son enfance est marquée par la culture orthodoxe grecque à laquelle se mêlent les influences russes, perses et turques qui règnent alors en Georgie. Dans un pays décimé par la guerre et bientôt en proie à la terreur stalinienne, le futur orfèvre, inscrit au conservatoire de musique dès son plus jeune âge, est surtout attiré par le dessin, même si par la suite il réalisera toujours ses pièces d’orfèvrerie sans croquis préparatoire. En 1960, il intègre les Beaux-Arts de Tbilissi mais deux ans plus tard il doit interrompre ses études et partir vers Moscou car deux de ses amis ont tenté de fuir le régime et il est inquiété par les interrogatoires. En Russie, il vit comme un étranger, dévore tous les ouvrages qui se présentent à lui et réalise des médailles pour la Monnaie de Moscou. Durant cette période, il se met à créer dans la clandestinité, des objets à partir de couverts de ses grands-parents, ses premiers essais dans l’orfèvrerie, le travail de l’argent étant interdit dans l’Union Soviétique. À seulement 23 ans il devient le plus jeune membre de l’Union des Artistes de l’Union Soviétique. Sa position lui permet de voyager, d’apprendre de nouvelles techniques, qu’il complémente en revenant en 1967 en Georgie par un apprentissage auprès de maîtres dinandiers. Cette même année il rencontre Katherine Barsacq qui travaille à l’ambassade de France, et s’occupe des artistes français de passage. Épris l’un de l’autre, ils se marieront en 1969. Goudji sera alors mis au ban de la société soviétique pour avoir épousé une non-soviétique, et interdit de travailler. En 1974, il lui est enfin permis de quitter l’Union Soviétique et Goudji s’installe en France, à Montmartre, en face de la maison qui fut un temps celle de Van Gogh et son frère. Il réalise alors des broches, boucles de ceinture et colliers en cuivre et laiton à partir d’objets chinés aux puces de la Porte de Clignancourt. Ses créations sont remarquées par un cercle d’amateurs, Hubert de Givenchy en particulier. Avec le temps Goudji se spécialise dans le travail des métaux précieux, principalement l’argent et le vermeil et obtient des commandes prestigieuses : il réalise notamment des épées pour académiciens et des objets liturgiques telle que la Cuve baptismale de Notre Dame de Paris en 1986. Ces travaux de commande s’accompagnent dès 1983 d’une production plus intime, composée de petits objets précieux tels que celui que nous présentons ici et exposée à partir de 1989 à la galerie Claude Bernard etc…"
Voir: Marc Hérissé, Goudji, Éditions de l’Amateur, 1993.