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Mo Farah star d'une soirée historique
Londres 2012—
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Au terme d'une course de légende, devant 80'000 spectateurs debout et en extase jusque dans la tribune de presse, Farah est devenu le premier athlète européen sacré champion olympique sur la distance depuis 1984.
Ce fut une course magnifique tactiquement, avec une dizaine d'hommes encore en lice pour la victoire à 500 m de l'arrivée. C'est là que Farah, le champion du monde en titre, a jeté un coup d'oeil sur l'écran géant avant d'allonger son immense foulée, dans une accélération progressive, pour secouer le peloton. Le Britannique d'origine somalienne a paru se faire rattraper dans la ligne opposée, mais il a tenu, poussé par une foule qui a assisté au passage à la «chute» du plus grand coureur de fond de l'histoire sur piste, Kenenisa Bekele. L'Ethiopien, qui rêvait de gagner une troisième couronne consécutive sur les 25 tours de piste, a échoué au 4e rang.
En 27'30''43, avec un dernier km en 2'28'', Farah a devancé... son compagnon d'entraînement, le double champion des Etats-Unis Galen Rupp (27'30''90), avec lequel il s'entraîne sur la côte Ouest, sous la houlette de l'ancien marathonien Alberto Salazar.
Celui-ci a visiblement trouvé la recette! Moribond il y a quelques années, le demi-fond prolongé américain - et britannique aussi - émerge à nouveau au point de menacer les athlètes de la vallée du Rift (Kenya et Ethipie). Du reste, les Kényans restent absents du podium, tandis que les Ethiopiens doivent «se contenter» de la médaille de bronze de Tariku Bekele, le petit frère de Kenenisa.
Mo Farah, triple champion d'Europe (5000 et 10'000 m) et champion du monde du 10'000 m, ajoute une quatrième couronne, la plus belle, à son palmarès. Il s'apprête à faire bientôt des dégâts sur marathon. Il est le premier athlète non-Africain champion olympique sur la distance depuis l'Italien Alberto Cova en 1984.
Doublé pour Shelly-Ann Fraser
Le public a eu son content d'émotions, au-delà de toute espérance, puisque le Britannique Greg Rutherford s'est encore imposé à la longueur (8m31), inaugurant son palmarès au plan planétaire. Il a devancé Mitchel Watt (Aus/8m16) et l'Américain Will Claye (8m12), qui pourra viser plus haut au triple saut. Et à l'heptathlon, Jessica Ennis, championne olympique avec 6955 points, avait déjà enflammé le stade un peu plus tôt.
Dans ce contexte, la finale du 100 m dames a été reléguée au deuxième plan. Elle fut pourtant très intense et a permis à la Jamaïcaine de poche Shelly-Ann Fraser-Pryce de conserver son titre olympique. En 10''76, elle a précédé sa grande rivale américaine Carmelita Jeter (10''78) et la Jamaïcaine Veronica Campbell-Brown (10''81), la double championne olympique du 200 m. Déjà battues à Pékin en 2008, les Américaines ne retrouvent pas la clé.
La Croate Sandra Perkovic a remporté le concours du disque en y mettant la manière. Avec 69m11, la jeune femme de 22 ans, submergée par l'émotion, a battu le record national, sans pour autant atteindre les 69m99 qu'elle avait réussis l'an dernier avant que cette marque soit annulée en raison d'un contrôle antidopage positif de l'athlète.
Perkovic est vite revenue au sommet après six mois de suspension, devançant à Londres la Russe Darya Pishchalnikova (67m56) et la Chinoise Li Yanfeng (67m22).
Les performances chronométriques de cette deuxième journée d'athlétisme promettent un feu d'artifice ces prochains jours avec les plus grandes finales. De retour après plusieurs saisons dans l'anonymat, le Dominicain Felix Sanchez (34 ans), a signé le meilleur chrono mondial de la saison en demi-finales du 400 m haies, en 47''76. Son duel promet en finale avec un autre athlète des Caraïbes, le Porto Ricain Javier Culson. (si/nxp)
Créé: 04.08.2012, 23h18