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Achille Casanova est à côté de la conseillère fédérale Ruth Dreifuss pour sa première conférence de presse après son élection le 10 mars 1993 à Berne.
KEYSTONE/ADV ARCHIV/ALESSANDRO DELLA VALL(sda-ats)
Achille Casanova, qui a côtoyé 26 conseillers fédéraux comme vice-chancelier et porte-parole, est décédé dimanche soir. Agé de 74 ans, il a succombé des suites d'une grave maladie, a communiqué sa fille à l'ats.
Achille Casanova a pris part en tout à 1200 réunions du collège et côtoyé 26 conseillers fédéraux. Cet ancien journaliste polyglotte a été vice-chancelier dès juillet 1981, informant entre autres les médias des activités gouvernementales.
M. Casanova était apprécié des journalistes parlementaires pour sa maîtrise des trois langues officielles et sa capacité à expliquer avec clarté les décisions du Conseil fédéral. Il a été deux fois candidat du PDC à la Chancellerie, mais l'Assemblée fédérale lui a préféré les radicaux François Couchepin en 1991 et Annemarie Huber-Hotz en 1999.
François Couchepin estime que "la Suisse perd un génie de la politique", a-t-il dit à l'ats, consterné par la nouvelle de sa disparition. Par son sens politique, il a souvent évité au Conseil fédéral de faire un faux pas.
Achille Casanova a été un des premiers à comprendre l'enjeu des fonds en déshérence par exemple. Il n'hésitait pas à téléphoner au chef du département concerné, a poursuivi le radical valaisan.
Visage du Conseil fédéral
Achille Casanova a su utiliser son talent et son multilinguisme "pour donner un visage" au Conseil fédéral, a dit André Simonazzi, qui occupe actuellement ce poste. Cette fonction de porte-parole du Conseil fédéral a même été créée pour lui.
L'idée était de renforcer la voix du Conseil fédéral. Achille Casanova y est parvenu. Il n'était pas perçu comme un représentant du Tessin, mais comme celui d'une Suisse multilingue.
Roger de Weck, le directeur général SRG SSR, a aussi salué lundi "le Tessinois parfaitement trilingue, qui incarnait à Berne le Suisse parfait." Car Achille Casanova a rejoint la SSR après avoir quitté son poste de porte-parole du Conseil fédéral en 2005. Il y est resté onze ans et a dû traiter près de 2000 réclamations concernant des émissions de radio et télévision.
Un ami indépendant
Roger de Weck parle du Tessinois comme d'"un grand homme des médias, un critique constructif du journalisme, un ami indépendant et par chance, un ami dérangeant du service public, la SRG SSR.
Mais c'est sans doute son rôle à la Confédération, dont on se souviendra le plus. Achille Casanova, membre du PDC, a marqué la Berne fédérale, a relevé le conseiller aux Etats Filippo Lombardi, président du groupe parlementaire PDC/PEV.
"C'était un homme d'une grande générosité et qui a su gérer avec calme les situations critiques traversées par le Conseil fédéral", a affirmé le conseiller aux Etats depuis Vienne.
Son bon sens et son équilibre personnel lui ont permis de garder son aplomb et sa bonhomie dans les situations de crise. Le Tessinois a su inciter le Conseil fédéral à faire preuve de davantage de transparence face à l'opinion publique.
Suisse sans frontière
Né le 2 octobre 1941 à Zurich, Achille Casanova a fréquenté l'école obligatoire à Lugano. Il a ensuite étudié le droit et les sciences économiques aux universités de Berne et Fribourg. Parallèlement, il a travaillé comme rédacteur au service italien de l'Agence télégraphique suisse (ats).
M. Casanova est ensuite devenu correspondant au Palais fédéral de la Radio suisse italienne dès 1962, puis de la Télévision (TSI) dès 1966. Cinq ans plus tard, il devenait responsable de la politique suisse à la TSI et spécialement des émissions électorales.
ATS