Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07050.jsonl.gz/604

David Humair
L'Iran grand gagnant de l'opération Iraqi Freedom
Au vu de ce qu'il se passe en Irak, on pourrait se dire que s'il y a bien un pays à qui cela profite, c'est l'Iran.
Saddam Hussein, pire ennemi de l'Iran au Moyen-Orient, renversé; grande majorité des troupes américaines épinglées sur le tapis irakien, ne laissant ainsi que d'improbables options pour attaquer l'Iran; et bien sûr un discrédit de l'opinion mondiale quant à la politique américaine.
De plus, dans les régions chiites de l'Irak, un vide sécuritaire permet à l'Iran de se positionner et de le combler. Le Sud irakien, semi-autonome selon la nouvelle constitution, s'est politiquement rapproché de l'Iran.
L'Iran peut donc se réjouir de la situation en Iraq et endosser un rôle de "pouvoir régional" au même titre que le Brésil, la Turquie ou l'Afrique du Sud.
Toutefois, la résolution de problèmes internes majeurs et l'amélioration des relations avec les Etats-Unis et, dans une moindre mesure, avec l'Europe, sont cruciales pour que ce rôle passe de sournois à ouvert puis reconnu.
La scène politique internationale doit comprendre que l'Iran a un rôle positif à jouer dans la région, tout comme ce dernier doit accepter qu'il doit absolument s'adapter et se soumettre à certains standards internationaux, sous peine d'être mis au ban de manière constante.
Le bourbier irakien n'aura donc d'issues que si tous les acteurs se mettent au travail de manière constructive.