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«Pas question de négocier sous pression», affirme Borrell
Les mouvements de troupes russes à la frontière avec l'Ukraine «font partie de la pression» exercée par Moscou pour obtenir satisfaction sur ses demandes. Mais il n'est «pas question de négocier sous la pression», a affirmé jeudi le chef de la diplomatie européenne.
«Nous avons reçu l'assurance que rien ne sera décidé ni négocié sans les Européens et la coordination avec les Américains est absolument parfaite», a ajouté Josep Borrell avant le début d'une réunion informelle avec les ministres de la Défense de l'UE à Brest.
Une grande partie des travaux sera consacrée à la menace d'un nouveau conflit en Ukraine. «Il n'y aura pas de décisions aujourd'hui car il s'agit d'une réunion informelle, mais il y aura une expression politique», a-t-il précisé.
«Nous allons élaborer la position de l'Union européenne, décider comment nous devons faire face à la crise», a souligné l'Espagnol.
«Rejet très concret»
«La situation est facile à décrire (...) il y a une proposition des Russes pour que d'une façon légale, contraignante, formelle, on accepte qu'un certain nombre de pays dont l'Ukraine ne pourront jamais être membres de l'Otan. Et (...) on demande que l'Otan retire ses effectifs militaires des pays qui sont devenus membres depuis l'effondrement de l'Union soviétique. Ces demandes très concrètes reçoivent un rejet aussi très concret: pas question», a-t-il expliqué à l'issue de la réunion.
«Ce n'est pas que nous voulons que l'Ukraine devienne membre de l'Otan. Mais nous ne voulons pas qu'on dise qu'un Etat souverain ne peut pas prendre certaines décisions et cela vaut pour l'Ukraine, la Finlande, la Suède et tout autre Etat souverain», a-t-il ajouté. La Finlande et la Suède ne sont pas membres de l'Otan.
Les discussions avec Moscou vont continuer, mais «ces demandes-là ne pourront pas être acceptées et nous, Européens, partageons ce point de vue», a-t-il insisté lors d'une conférence de presse en présence de la ministre française des Armées Florence Parly. Selon elle, «le dialogue est la seule façon de réduire durablement» les tensions.
L'UE aide l'Ukraine pour renforcer sa capacité logistique militaire et va lui accorder un soutien pour faire face aux cyberattaques, a précisé M. Borrell.
Appel à l'unité européenne
La Russie a indiqué jeudi ne pas voir dans l'immédiat l'utilité d'un nouveau round de discussions avec l'Occident compte tenu des profondes divergences constatées lors des pourparlers avec les Américains à Genève et de la réunion du Conseil Otan-Russie à Bruxelles.
Les ministres de la Défense ont été rejoints en fin de matinée par les ministres des Affaires étrangères de l'UE. «La situation est toujours aussi dramatique en ce qui concerne la sécurité de l'Ukraine et il est important que nous soyons unis en tant qu'Européens», a déclaré la ministre allemande Annalena Baerbock.
«Nous avons parfois des positions différentes, mais ces dernières semaines et ces derniers jours, l'UE a montré très clairement que nous tirions la même corde», a-t-elle ajouté à son arrivée.
Mme Baerbock a refusé de commenter la prise de position russe. «Il est important que des discussions soient menées, même si elles sont difficiles», a-t-elle insisté.
«Aucune porte ne doit être fermée. Ce processus doit être maintenu en vie. Nous n'aurons pas la paix avec le poing», a estimé son homologue du Luxembourg Jean Asselborn. Si la Russie décide d'intervenir militairement en Ukraine, «toutes les portes seront à nouveau fermées pendant 20 ans. Cela ne peut pas être dans l'intérêt de la Russie», a-t-il jugé.
ATS