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Emmanuel Carnevali, Manhattan transfert
dans Libération
L’auteur italien n’a cessé d’écrire en anglais sur son rêve américain bafoué: entre les petits boulots, la misère et les femmes successives, ces vers oscillent entre lumière et rage obscure.
– Frédérique Fanchette
Extrait:
Chez Carnevali, prose autobiographique et poésie entrent en résonance permanente. (...) «Em» comme l'appellent ses amis américains vit dans des chambres meublées, un domicile pour les «sans-domicile, les orphelins, les putes, les maquereaux, les vieilles filles et vieux garçons pauvres, les homosexuels, les jeunes dactylos qui ne s'en sortent pas, les serveurset les portiers». Il souffre de la faim, court derrière les petits emplois, dont des journées de plonge de dix-sept heures d'affilée. Et écrit. Sa poésie est simple, parfois lumineuse, parfois terriblement sombre. Elle est aussi brutale, enragée, comme était l'homme qui transparaît dans les témoignages de Sherwood Anderson, William Carlos Williams et Robert McAlmon.
11.08.2022
Carnevali est né à Bologne en 1897 et il émigre à New York puis à Chicago, où il écrit avec rage en anglais, sa langue d'exil. Il participe à la rénovation de l'avant-garde littéraire américaine de l'époque. Lui qui se dit être jaloux même de Shakespeare, était fortement admiré par Wiliam Carlos Wiliams, Ezra Pound, Sherwood Anderson, qu'il a rencontrés et fréquentés aux États-Unis.
Frappé d'encéphalite en 1922, Carnevali rentre en Italie et continue à écrire en anglais.