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Après les victimes du nazisme, celles de l'apartheid
L'avocat Edward Fagan, qui avait suscité la polémique pendant l'affaire des fonds juifs en déshérence, part à nouveau en guerre contre les banques suisses.
L'avocat texan affirme représenter des individus et des organisations qui ont été victimes du régime de l'apartheid en vigueur en Afrique du Sud entre 1948 et 1991. Et il envisage sérieusement de déposer le mois prochain une plainte collective contre des établissements européens qui ont opéré en Afrique du Sud à cette époque-là. Notamment, les banques suisses.
Selon l'ATS, cette plainte collective - qui devrait être traitée par le tribunal fédéral de Brooklyn à New York - viserait, en particulier, l'UBS et le Credit Suisse Group (CSG). Les dommages-intérêts recherchés pourraient s'élever à plusieurs dizaines de milliards de dollars.
Un style flamboyant et controversé
Si cette plainte était effectivement déposée, les grandes banques suisses se retrouveraient donc face au très controversé Ed Fagan. Au style flamboyant, sans complexe et agressif, cet avocat d'origine texane a en effet été accusé d'exploiter la souffrance des victimes de l'Holocauste, en exigeant des honoraires confortables pour ses services et en abandonnant les clients qui se révélaient les moins intéressants sur le plan financier.
Aux Etats-Unis, Ed Fagan est considéré par l'élite des avocats new-yorkais comme un provincial parvenu. Et, en Suisse, on s'en souvient de cet avocat surtout parce qu'il a représenté Christoph Meili, l'ancien gardien de nuit qui avait découvert des documents confidentiels à l'UBS et qui vit aujourd'hui aux Etats-Unis.
Bref, Ed Fagan ne fait pas l'unanimité. Même au sein de la communauté juive. D'ailleurs, au plus fort de l'affaire des fonds en déshérence, Elan Steinberg, le directeur du Congrès Juif Mondial, déclarait à swissinfo: «il y a beaucoup de choses inconvenantes à propos de Monsieur Fagan».
Le bureau de Me Hausfeld ne répond pas
Quoi qu'il en soit, Ed Fagan n'est pas le seul avocat américain à chercher à lancer une nouvelle offensive contre les grandes banques suisses. En effet, Michael Hausfeld - qui a également fait ses armes pendant l'affaire des fonds en déshérence - envisage aussi de déposer une plainte collective au nom de victimes de l'apartheid.
Selon certaines sources, la procédure de l'avocat de Washington serait séparée de celle d'Ed Fagan. Mais, selon d'autres sources, les deux avocats seraient en train de collaborer. La demande d'éclaircissement faite par swissinfo auprès du bureau de Michael Hausfeld est, pour le moment, restée sans réponse.
Marie-Christine Bonzom, Washington
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