Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07205.jsonl.gz/188

Orbe
Orbe la romaine joue la carte du développement durable et harmonieux
Orbe est fière de son riche passé. Mais Orbe, ville mosaïque et Cité de l’Energie, est aussi un pôle de développement économique et démographique du Nord vaudois avec lequel il faudra compter à l’avenir.
Bref historique :Orbe en quelques dates
Située sur des axes de communication, Orbe est une ville importante tant au niveau stratégique qu’économique. Du temps des Romains déjà, Orbe était une étape sur la route reliant Lausanne à Besançon. De cette époque lointaine, subsistent encore des vestiges de valeur : les mosaïques de l’ancienne Urba, au Nord de la ville actuelle, sur le domaine communal de Boscéaz.
Orbe est une des étapes de la Via Francigena, chemin de pèlerinage menant à Rome. Elle est mentionnée à ce titre par Sigéric de Cantorbéry, en 990, avec la mention LV Urba (numéro d’étape en partant de Rome). En 999, c’est Adélaïde de Bourgogne, veuve d’Othon le Grand, qui vient faire un séjour au château de sa ville natale.
Au cours du XIIIe siècle, l’évêque de Lausanne Jean de Cossonay se trouvant en but contre Philippe Ier de Savoie, perd le pays de Vaud. La ville d’Orbe passe ensuite à la maison de Montfaucon, alliée aux comtes de Savoie, en reconnaissance de son attachement à l’empereur Frédéric Barberousse qui donne à Amédée II de Montfaucon une partie du territoire d’Orbe. Puis à la maison de Chalon-Arlay par le mariage de Jeanne de Montfaucon, fille d’Étienne de Montfaucon, avec Louis II de Chalon-Arlay. Ainsi, à cette époque, la seigneurie d’Orbe forme une enclave bourguignonne dans le pays de Vaud relevant de la Maison de Chalon, ceux-ci restant vassaux du duc de Savoie pour les terres d’Échallens toutes proches.
Vers la fin du XIIIe siècle, des troubles importants secouent la Suisse, ce qui a pour résultats la formation de la confédération des III cantons et son incursion dans le pays Vaudois. En 1475, les confédérés se présentent devant Orbe et se voient remettre les clés de la ville alors que la garnison du château, comptant trois à quatre cents hommes avec à leur tête Nicolas de Joux, fait feu sur la ville pour en chasser les confédérés. Après une lutte acharnée et sans merci, la forteresse tombe. Dix ans plus tard, Orbe ainsi que Grandson, Échallens et Morat se voyaient remettre aux cantons de Fribourg et de Berne qui entreprirent de gouverner ce territoire à tour de rôle tous les cinq ans.
L’année 1531 voit venir Guillaume Farel à Orbe pour prêcher la réforme protestante. Lors de son séjour, il rencontre Pierre Viret, natif de la ville, qu’il convertit et qui deviendra une figure importante de ce mouvement. Il fera son premier prêche dans sa ville natale le 6 mai 1531 à l’âge de vingt ans. Pour faire face, les catholiques réussirent à convaincre le Grand-Banneret d’Orbe de convoquer la commune afin que chacun puisse dire s’il voulait suivre la nouvelle religion ou garder l’ancienne. Petit à petit les villages penchaient pour la réforme tant et si bien qu’Orbe fut rejoint par Grandson au bout de quelques mois puis par Échallens. La ville d’Orbe passe à la réforme par un vote le 30 juillet 1554. Cette année-là, lorsque Orbe rejoint la Confédération des XIII cantons, les deux couvents qu’elle compte, celui des Cordeliers et celui des religieuses de Sainte Claire, voient leurs religieux chassés et les bâtiments transformés en maison de la ville pour l’un et en collège pour l’autre.
A la fin du XVe siècle, Orbe disposait d’écoles, d’une pharmacie et d’une corporation de drapiers qui tiraient parti de la bonne qualité des eaux de l’Orbe pour le décatissage des étoffes de laine.
En 1877 est créé l’établissement de la Colonie pénitentiaire d’Orbe puis en 1891, la société anonyme des Usines de l’Orbe, centrale électrique et chemin de fer d’Orbe-Chavornay. Depuis cette époque, Orbe vit la vie paisible d’un gros bourg mi citadin, mi agricole, où l’artisanat et la petite industrie sont florissants. La construction d’une fabrique de chocolat dans les années 1900, marque un tournant important, celui de la véritable industrialisation. Dans le réseau mondial des centres de compétence Nestlé, le site d’Orbe est réputé pour son expertise dans le domaine du café, des systèmes pour boissons et des céréales. Depuis 1901, Nestlé a produit sur ce site un très grand nombre de ses produits chocolatés, sans oublier le premier Nescafé produit à Orbe en 1938.
Histoire, nature et terroirà l’honneur
Découvertes dès le milieu du XIXe siècle, les mosaïques romaines décorent les pièces les plus importantes de la villa. Faites de pierres naturellement teintées, elles représentent des divinités, des motifs géométriques en trompe l’œil ou des scènes figuratives de la mythologie grecque, comme le célèbre labyrinthe de Thésée et du Minautore. Bien qu’on ignore à ce jour l’identité de son propriétaire, les décors de son établissement aux dimensions exceptionnelles (230 m sur 90-110 m) témoignent de sa fortune et de son fastueux mode de vie. Entre 1986 et 2004, le site de Boscéaz a fait office de chantier-école pour les étudiants en archéologie de l’Université de Lausanne. Ces fouilles ont permis la découverte d’une neuvième mosaïque, d’un mithraeum (lieu de culte dédié au dieu Mithra) et de thermes.
Dans le centre-ville médiéval, l’esplanade du château ombragée par de grands marronniers est un lieu de détente apprécié des habitants pour son panorama sur le Jura et les Alpes, sa place de jeux et ses nombreux bancs. La Tour ronde, datant de 1233 et accessible au public, offre une vue imprenable sur les toits de la vieille ville et le Mont Blanc. Les Seigneurs de Montfaucon possédèrent la ville d’Orbe de 1168 à la fin du XVIe siècle. Ce sont eux qui construisirent le château, avec trois tours et un donjon rond, l’actuelle tour ronde. En 1835, la ville fit démolir les deux tours carrées afin de combler les fossés et prolonger la terrasse. Les anciens murs d’enceinte furent abaissés, afin de ne pas gêner la vue.
Depuis de nombreuses années, Orbe promeut le terroir et ses artisans avec des événements festifs répartis le long des saisons, comme la Fête de la saucisse aux choux, le Semi-marathon des Côtes de l’Orbe et le Marché de Noël. Dans notre région, le vin est aussi à l’honneur. Entre les lacs Léman et de Neuchâtel, les Côtes de l’Orbe AOC est la plus ancienne région viticole de Suisse. Accrochées aux coteaux bordant la plaine de l’Orbe, au cœur de la campagne et des villages pittoresques, les vignes profitent d’un climat sec, idéal pour la culture des cépages rouges, tels que le gamay et le pinot noir.
Le domaine viticole de la Commune d’Orbe est composé de trois parcelles totalisant 5000 m² de surface. Cette année, la Municipalité de la ville est fière de présenter les vins de la « Réserve de la Commune d’Orbe ». Une première, car le vin provient uniquement des vignes communales, contrairement aux autres années où il était issu d’assemblage de vins provenant de plusieurs parcelles, certaines étant situées en dehors du territoire urbigène. Sous l’appellation « Grand Cru des Côtes de l’Orbe », le domaine est planté de plusieurs cépages d’excellente qualité comme le gamay, le divico, le pinot noir et le chasselas.
Orbe, une dynamiquepour le Nord vaudois
Outre ses atouts touristiques, naturels et du terroir, Orbe peut se targuer d’avoir su diversifier son économie en choisissant dans les années huitante de légaliser une importante zone industrielle dans la Plaine de l’Orbe où ont pu se développer de nombreuses PME représentant toutes sortes d’activités professionnelles. Aujourd’hui, avec notamment la présence de Nestlé et d’Hilcona, l’agroalimentaire a marqué la région. Et la reconnaissance officielle d’Orbe par le Canton de Vaud comme pôle agroalimentaire a conduit la région à abriter une véritable pépinière de projets.
Consciente du rôle à jouer, à mi-chemin entre Lausanne et Yverdon-les-Bains, la Ville d’Orbe a choisi de programmer son développement, avec pour ambition affichée d’augmenter fort sensiblement sa population au cours des vingt prochaines années. Il sera aussi nécessaire pour la commune de disposer d’une offre en matière d’enseignement, de sport, loisirs et de culture. Là aussi les projets ne manquent pas pour répondre aux attentes de toute une population. La priorité est évidemment donnée à l’offre médicale de proximité, aux constructions scolaires et à l’accueil de la petite enfance ; mais le sport et la culture font légitimement valoir des prétentions qui doivent être satisfaites.
Conclusion du syndic
Depuis dix ans déjà, notre ville a connu une très forte croissance de sa population. Nous dépassons aujourd’hui les 7000 habitants. Nous essayons bien sûr de faire coïncider cette progression avec un développement urbanistique, économique et touristique harmonieux afin que notre localité reste un acteur dynamique du district du Jura-Nord vaudois. Garder le juste équilibre entre l’habitation et les postes de travail, développer les différents quartiers tout en maintenant un centre-ville attractif avec des commerces de proximité, offrir une qualité de vie la meilleure possible, une cohésion sociale forte, tels sont les défis qu’Orbe s’est lancée, en collaboration avec tous les acteurs locaux et cantonaux.
Dans les grands travaux d’amélioration de ses infrastructures, notre commune a terminé ces dernières années sa nouvelle caserne du feu au bas de la ville, l’agrandissement du collège de Chantemerle, une unité d’accueil pour la petite enfance (UAPE) de 48 places au centre-ville, l’aménagement d’un grand parc public appelé Parc St-Claude adossé à une garderie du même nom mais aussi la rénovation de la piscine d’Orbe, la mise en valeur de la Grand-rue que nous espérons compléter tout prochainement par l’aménagement de notre belle place du Marché.
La ville va aussi faire un grand pas vers sa conquête du Pôle Sud avec le quartier Gruvatiez. Ce projet, le plus grand qu’Orbe ait jamais connu, comptera 23 bâtiments et 500 logements pour accueillir à terme 1200 habitants (voir encadré). Ce quartier sera relié au centre-ville grâce au futur RER, grâce aussi aux connections de mobilité douce qui vont se développer dans toute la poche sud de la ville elle aussi en plein développement.
En effet, les projets ne manquent pas dans ce secteur avec la création de nouveaux logements, des services (une nouvelle école primaire et une nouvelle garderie), des espaces publics, notamment dans la zone des Moulins à haute valeur patrimoniale. Enfin, trois projets d’envergure en matière d’offre médicale de proximité sont sur les rails : la construction d’un complexe de santé avec services, permanence médicale et appartements protégés, d’un Centre de traitement et réadaptation et d’un EMS de 90 lits au nord de la ville.
Premier quartier durable OPL De Suisse
Gruvatiez est le premier quartier durable de Suisse avec le label One Planet Living (OPL) du WWF. En donnant à ce quartier une dimension de développement durable, c’est toute la ville d’Orbe, déjà Cité de l’Energie, qui est inscrite dans cette dynamique écologique.
Aujourd’hui, les travaux avancent à grands pas et ils s’achèveront en 2020 avec la construction des six premiers immeubles, dont deux en PPE, et d’un centre commercial. Les habitants bénéficieront d’un haut niveau de qualité de vie et de bien-être grâce notamment aux mesures définies par OPL. Le quartier de Gruvatiez deviendra ainsi plus qu’un éco quartier puisque ses habitants seront acteurs d’un nouveau mode de vie. Le plan d’actions de durabilité défini pour ce projet est passé au crible de la démarche OPL et suivi par la HEIG-VD d’Yverdon. Lancée par le WWF en 2004, la démarche One Planet Living (« Vivre avec une seule planète ») a pour but de réduire notre empreinte écologique.
Le projet de Gruvatiez en a inspiré d’autres et pour les accompagner, le WWF a décidé de créer une association One Planet Living pour les quartiers suisses. Cette association regroupe plusieurs membres fondateurs (communes, développeurs, écoles) pour qui l’avenir réside dans le développement durable et une gestion saine des ressources.
L'ESSENTIEL
CE QU'IL FAUT SAVOIR