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L'armée devrait continuer de soutenir les autorités civiles devant les ambassades, dans les avions et aux frontières jusqu'à fin 2007.
Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, la Chambre du peuple a donné son aval mercredi au prolongement de cet engagement. La Chambre des cantons se prononcera le 5 octobre.
La gauche aurait souhaité mettre fin tout de suite à la dérive vers une militarisation de la sécurité intérieure. Le PS et les Verts estiment que la protection des ambassades, la surveillance des frontières et la sécurité dans le trafic aérien sont et doivent rester des tâches de police.
L'armée a un problème d'image qu'elle cherche à revaloriser par des missions qui ne sont pas de son ressort, a critiqué Pia Hollenstein (Verts, Saint-Gall). Et Hans Widmer (parti socialiste, Lucerne) de mettre en doute les capacités des militaires de milice de mener à bien ces opérations qui nécessitent une certaine spécialisation.
L'appui d'une poignée d'UDC (Union démocratique du centre, droite dure) hostiles à Armée XXI, n'a pas suffi.
La Chambre du Peuple (Conseil national) est entrée en matière à deux contre un sur le projet du Conseil fédéral, qui vise à éviter que le Parlement doive réétudier, chaque année, chaque demande de prorogation séparément.
La gauche n'a pas eu plus de succès en souhaitant limiter la prolongation jusqu'à fin 2005 afin de maintenir la pression.
Laisser le temps aux cantons
Les cantons ont besoin du soutien de l'armée. Vu la situation financière, des synergies restent nécessaires, a répliqué René Vaudroz (parti radical, Vaud) au nom de la commission.
Le mandat donné à l'armée est valable jusqu'à ce que les cantons aient les effectifs pour accomplir ces tâches ou jusqu'à ce que la situation se détende sur le front de la sécurité intérieure, a-t-il déclaré.
Mais en attendant, il n'y a pas d'alternative. Il faudrait cinq à neuf ans pour former les centaines de policiers nécessaires. Que se passerait-il si, d'un jour à l'autre, l'armée ne pouvait plus être sollicitée? a lancé le ministre de la Défense Samuel Schmid, estimant qu'elle servait de bouc-émissaire pour certains.
Celui-ci a affirmé qu'il n'était pas possible pour l'heure de savoir dans quelle mesure la participation suisse à l'espace européen de sécurité de Schengen aura des répercussions sur le recours à l'armée.
En attendant, l'argent prévu pour les cours de répétition sera dépensé, que les soldats soient ou non utilisés pour des missions civiles. De tels engagements sont d'ailleurs une tâche prévue par la constitution et par le plan directeur de l'armée, a insisté Samuel Schmid.
Reste que son parti a été catégorique: l'UDC a souligné qu'elle acceptait pour la dernière fois de prolonger de telles missions. Si on continue sur cette voie, l'armée ne sera plus prête à terme pour assumer son mandat de défense du territoire.
D'ici fin 2007, le gouvernement doit venir avec un concept et des propositions claires concernant la répartition des tâches, a dit André Bugnon (UDC, Vaud).
tsr.ch avec les agences
Trois appuis
Au final, la Chambre du peuple (Conseil national) a accepté de prolonger l'appui à la protection des ambassades (en moyenne 500 soldats de milice mis à disposition) par 100 voix contre 57 et l'appui au Corps de gardes-frontière (180 militaires professionnels) par 98 voix contre 60.
La poursuite de l'engagement de soldats dans la sécurité aérienne en tant que Tigres - à bord des appareils - et Renards - dans certains aéroports à l'étranger - (15 professionnels) a été acceptée par 104 voix contre 61.
Le dossier passe au Conseil des Etats, qui doit se prononcer le mardi 5 octobre.