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Le canton de Fribourg peut se targuer d’avoir sauvé l’honneur de la gauche d’abord, mais de la Suisse surtout. Même si, inexorablement, l’UDC progresse, ce parti n’a pas réussi à percer comme il l’espérait et à décrocher un deuxième siège au National. L’analyse détaillée des résultats relève des aspects d’ailleurs fort intéressants.
D’abord, il y a le clivage villes-campagne. Si l’on prend les villes et les chefs-lieux, on découvre que les districts du Sud, soutiennent plus facilement l’UDC: en Broye, l’UDC devance le PS; en Glâne, il est légèrement en-dessous du PS et nettement en-dessous du PDC; en Veveyse, fief de Joe Genoud, il devance largement le PS et le PDC; en Gruyère, UDC et PDC sont au coude-à-coude, tandis que le PS les dépasse largement. Dans les autres districts, l’UDC fait fort en Singine par rapport au PS, mais reste en-dessous du PDC, tandis que dans le Lac il devance largement le PDC et le PS, quoique moins nettement.
Le district de la Sarine mérite que l’on s’y arrête. Les villes et grandes communes votent largement à gauche: Fribourg et Villars-sur-Glâne; Marly reste plus fidèle au PDC, mais dans ces trois villes, l’UDC recueille entre 14 et 18% des voix (18% à Marly), le PS 29% à Fribourg et 34% à Villars-sur-Glâne (ces deux villes ont un conseil communal majoritairement à gauche) et 25% à Marly; le PDC pour sa part obtient 24% à Fribourg, 23,5% à Villars et 27% à Marly. Les communes de la ceinture, soit Givisiez, Granges-Paccot et Corminboeuf ne soutiennent pas fortement l’UDC (entre 14 et 18,5%) tandis que le PS tourne autour de 30% dans ces communes, le PDC, pour sa part oscillant entre 23 et 26%. Le constat est grosso modo identique pour les communes de l’agglomération, l’UDC réalisant son meilleur score dans la commune germanophone de Guin et s’y rapproche à Tavel.
Mais le constat le plus intéressant, dans les villes et les communes de l’agglomération est que plus on se trouve dans une commune confrontée à des problèmes sociaux, environnementaux, de sécurité et qui doit satisfaire à l’intégration des étrangers, plus on s’éloigne du vote UDC, alors que les communes de l’agglomération les plus proches de la campagne offrent à l’UDC ses meilleurs résultats. Ce clivage villes-campagne montre bien que ce n’est pas la réalité du terrain qui attire le vote xénophobe et réactionnaire de l’UDC, mais bien l’exploitation de la peur ancrée dans l’inconscient collectif des habitants de la campagne.
A cet égard, le vote de Courtepin est significatif. Dans cette commune du Lac, où se trouve la plus forte proportion d’étrangers, le PS et l’UDC sont dos-à-dos avec 24% des voix, un léger plus allant au PS. Il faut donc mieux toucher la campagne, encore trop sensible au voix de l’extrémisme de droite.