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En 1989, un décret du président Sarney a créé la "Floresta nacional do Amazonas" - Flona Amazonas, d'une superficie de 15'731 km2. Une "Forêt nationale" - il en existe plus de 70 dans le pays - jouit d'une protection particulière. Elles sont sous la surveillance de l'Institut Chico Mendes de Conservation de la Biodiversité - ICMBio. La Flona Amazonas se situe dans la Terre Indigène Yanomami (TIY) démarquée en 1992. Le décret d'homologation de la TIY n'a pas annulé ce décret de 1989.
Il y a donc superposition, jamais corrigée et oubliée de beaucoup, de deux aires protégées de statuts différents. Le statut de "Terre indigène" accorde aux seuls peuples indigènes qui l'occupent le droit de gérer leur terre. Le statut de "Forêt nationale" permet l'exploitation des ressources par des tiers. Ainsi, à la superposition, s'ajoute une incompatibilité entre les deux statuts.
La réglementation en vigueur prévoit, pour chaque Flona, la constitution d'un "Conseil consultatif" dans lequel sont représentés les acteurs intéressés, en particulier les peuples indigènes vivant dans cette forêt. Depuis la fin de 2010, l'ICMBio veut constituer un tel Conseil pour la Flona Amazonas. Des réunions d'information ont déjà eu lieu en février dernier à Santa Isabel do Rio Negro et à Barcelos.
Récemment, l'Institut a invité les entités concernées à participer à une rencontre prévue à Barcelos ce 30 août. Le 12 août, l'Hutukara Associação Yanomami - HAY a adressé un courrier à la cheffe de la Flona Amazonas. Manifestement, compte tenu du contexte, les responsables de l'HAY ont assimilé la constitution de cet organe avec la création de la Flona Amazonas dont ils ne veulent pas, en particulier pour les nouvelles invasions que cela peut entraîner : "Nous réaffirmons que la TIY n'a pas besoin de superposition, de création de Flona. Elle a besoin que le Gouvernement fédéral la défende des envahisseurs du passé et du présent et garantisse la protection territoriale permettant ainsi que les Yanomami et les Ye'kuna survivent avec leur mode de vie et de culture."
L'HAY a reçu l'appui de deux organisations indigénistes. En effet, le 16 août, l'association Service et Coopération avec le peuple Yanomami - SECOYA a, elle aussi, adressé un courrier à la cheffe de cette Flona dans laquelle elle décline l'invitation à la réunion du 30 août. Elle estime que cette "Forêt nationale" va à l'encontre des droits reconnus aux Yanomami sur leur terre. La SECOYA est favorable à la désaffectation de la Flona Amazonas. De son côté, le 22 août, l'Institut Socioambiental - ISA a également annoncé son refus de participer à cette rencontre. Pour ISA, le Conseil consultatif ne doit pas être créé. Il propose, lui aussi, la suppression de cette Flona.
Il sera intéressant de connaître la suite que l'ICMBio entend donner à la demande des Yanomami !
Pour en savoir plus (en portugais) :
- Le décret créant la Flona Amazonas : http://www.planalto.gov.br/ccivil_03/decreto/1980-1989/D97546.htm
- La lettre de l'association Yanomami - HAY : http://www.hutukara.org/organizacao-yanomami-protesta-contra-criacao-de-unidade-de-conservacao-em-sua-terra.html > Leia o documento Hutukara
- La position de la SECOYA : http://www.secoya.org.br/index.php?option=com_content&view=article&id=130:secoya-a-favor-da-desafetacao-da-flona-amazonas&catid=4:noticias&Itemid=29
- La position de ISA : http://www.hutukara.org/images/stories/Resposta_ISA_ICMBio_Flona_Amazonas-PDF.pdf
Cette note, complétée et mise à jour, a été publiée dans "AYA Info" No 63, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2