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Vacciné en secret
L'ex-président péruvien interdit de fonctions politiques
Le Congrès péruvien a décidé vendredi d'interdire à l'ancien président Martin Vizcarra, , d'exercer des fonctions publiques pendant dix ans. Il est impliqué dans un scandale lié à la vaccination contre le Covid-19.
La décision a été adoptée lors d'une session virtuelle de plus de cinq heures du Congrès, par 86 voix sans aucune voix contre et aucune abstention.
M. Vizcarra ne pourra donc pas occuper le siège de député qu'il a remporté lors des élections législatives qui se sont tenues dimanche dernier en même temps que le premier tour de l'élection présidentielle. Devenu président en 2018, M. Vizcarra a été destitué en novembre 2020 par le Congrès sur des accusations de corruption qu'il nie.
Avant l'ouverture vendredi de la session du Congrès, il a nié toute validité au processus engagé contre lui. «Le Congrès commet un délit d'abus d'autorité en poursuivant sa session sans me permettre d'exercer mon droit de me défendre, en violant le processus normal. Le Congrès n'est pas au-dessus des lois et de la Constitution», a écrit l'ancien président sur Twitter.
Après l'annonce de la décision à son encontre, M. Vizcarra s'est montré résolu à la combattre. «Nous n'avons aucun doute que cette situation va se renverser. Ce Congrès est délégitimé. Nous allons en appeler aux instances nationales et internationales», a-t-il déclaré à la presse devant son domicile à Lima.
«Recours»
«Nous avons déjà présenté un recours devant le pouvoir judiciaire, et une requête a été présentée devant la Cour interaméricaine des droits de l'homme», a-t-il dit.
Outre M. Vizcarra, le Congrès a sanctionné deux anciennes ministres de l'actuel président par intérim Francisco Sagasti, accusées comme l'ancien président de s'être fait vacciner de manière abusive.
Pilar Mazzetti, qui était ministre de la Santé, et Elizabeth Astete, qui était ministre des Relations extérieures, se voient privées de la possibilité d'exercer des fonctions publiques, la première pour huit ans et la seconde pour un an.
Toutes deux avaient démissionné en février dernier lorsqu'il avait été révélé qu'elles faisaient partie d'un groupe de 470 personnes qui s'étaient fait vacciner secrètement contre le coronavirus avant le début officiel de la campagne d'immunisation.
Le scandale, baptisé «Vacunagate» ("vacuna» signifie «vaccin"), a impliqué entre autres des fonctionnaires, des diplomates et des hommes d'affaires. Le parquet a ouvert en février une enquête sur M. Vizcarra et d'autres personnalités dans ce dossier.
Accusations de corruption
L'ancien président nie avoir été vacciné de manière irrégulière. Il affirme que son frère, son épouse et lui ont été volontaires pour un essai clinique avant le lancement officiel de la campagne de vaccination.
M. Vizcarra reste par ailleurs mis en cause dans une enquête sur des accusations de corruption remontant à l'époque où il était gouverneur de la région de Moquegua, dans le sud du Pérou, de 2011 à 2014. Il déclare que ces accusations sont infondées.
C'est dans ce cadre que le Congrès l'a destitué en novembre 2020. La destitution de ce président populaire qui avait entrepris une croisade contre la corruption avait alors provoqué de violentes manifestations au cours desquelles deux personnes avaient été tuées et une centaine blessées.
ATS