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Alpiq perdrait 2,5 milliards de francs en cas de oui à l’initiative
"Un arrêt anticipé volontaire n'est économiquement pas viable pour l'entreprise", écrit lundi Alpiq dans un communiqué. Les calculs effectués pour toutes les variantes de sortie du nucléaire démontrent que la poursuite à long terme de l'exploitation est la solution la moins dommageable économiquement.
L'initiative des Verts veut débrancher les centrales nucléaires après 45 ans et remplacer le courant qu'elles produisent par des énergies renouvelables. Si le peuple dit "oui", Beznau I, Beznau II et Mühleberg devraient être arrêtées l'année prochaine. Gösgen devrait être fermée en 2024 et Leibstadt en 2029.
Dans ce cas, les investissements déjà effectués et encore nécessaires pendant la durée d'exploitation restante ne pourront plus être amortis, souligne Alpiq. De même, les versements dans les fonds pour le financement de la désaffectation et de la gestion des déchets radioactifs augmenteront nettement au vu de la fermeture plus proche des installations.
Le dommage est estimé à environ 2,5 milliards de francs, mais pour Alpiq, "le type et l'ampleur" de l'indemnisation doivent encore être analysés.
Selon le groupe valdo-soleurois, un rejet de l'initiative ne résoudrait pas pour autant le problème de fond des centrales. Les coûts de revient resteraient toujours supérieurs aux prix de marché et les centrales ne pourraient pas être exploitées de manière compétitive, fait-il remarquer, réclamant des conditions-cadre pour assurer une exploitation rentable.
Axpo aussi
Axpo, qui exploite les centrales de Beznau I et II (AG) ainsi que celle de Leibstadt, a indiqué dimanche qu'il demanderait 4,1 milliards de francs d'indemnisation en cas de oui à l'initiative. L'entreprise argovienne dit fonder son calcul sur une estimation de l'Office fédéral de l'énergie (OFEN), qui prévoit que les prix de l'électricité vont repartir à la hausse.
Jusqu'à présent, il y a eu deux cas d'indemnisation en Suisse. La Confédération a versé 350 millions de francs à l'exploitant de la centrale de Kaiseraugst (AG) pour les investissements déjà réalisés. Le projet, approuvé en 1985, a été stoppé après Tchernobyl. Berne a aussi dû débourser 227 millions en 1996 pour n'avoir pas accordé l'autorisation cadre à l'exploitant de la centrale de Graben (BE).