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Intervenante:
Marie Claire Caloz-Tschopp, ex-professeure titulaire de théorie politique à l’Université de Lausanne (Institut d’Etudes Politiques internationales); chargée de cours aux Universités de Genève, Louvain, prof. invitée à Bogota, Venise; Enseignements et recherches sur des chercheurs du XXe siècle (Hannah Arendt, Cornelius Castoriadis, Colette Guillaumin, Etienne Balibar, Jacques Rancière, Abdelmalek Sayad, Rada Ivekovic, Marcelo Vignar, etc. ) en lien à des recherches sur les politiques d’immigration et du droit d’asile en Suisse et en Europe, sur les transformations de la politique, de la violence et de la guerre.Directrice de Programme au Collège International de Philosophie (2010-2016). Thème: exil, création philosophique et politique. Site: exil-ciph.com
Exposé:
Si la violence est centrale dans les analyses féministes matérialistes du XXe siècle, la guerre semble au premier abord avoir une place limitée dans leurs travaux. Les femmes seraient-elles encore prisonnières de leur conditions matérielles d’existence et leur place dans les rapports de pouvoir, au point de ne pas pouvoir répondre à la question reçue par Virginia Woolf, à la base de son livre Trois guinées : « Comment faire, à votre avis, pour empêcher la guerre » ? à la veille de la guerre impériale de 1914-1918?
Si les analyses sur la violence sont très riches, la guerre, la guerre moderne, actuelle, serait-elle un impensé des féministes? La question est d’autant plus préoccupante quand on voit que les mouvements de femmes « réparent » la destruction (ex. Mères de la place de mai en Argentine, et autres mouvements de « réparation », dont luttes contre les morts aux frontières dans l’immigration, la résistance au quotidien sans intérêt pour la « prise du pouvoir » fut-elle révolutionnaire, ONG, etc., qui rejoindraient la prolifération des mouvements pour la paix, lancés par des femmes, ironise Virginia Woolf dans 3 guinées au début du XXe siècle).
D’une part, bien qu’elle ne soit pas explicitée, qu’elle ait un statut paradoxal d’invisibilité, je postule qu’elle est présente dans les travaux de trois féministes matérialistes (Guillaumin, Mathieu, Tabet). Il s’agit de voir comment elle peut devenir lisible, ce qu’elle nous apprend, et en quoi elle concerne un renouvellement de l’approche de « l’émancipation » (concept que je ne prends pas au sens de Kant, des Lumières) mais dans un sens plus radical (en le liant à la question de la liberté, de la pluralité constitutive de la liberté et de l’égaliberté (Balibar, en revisitant les concepts de pouvoir et de guerre).
La guerre est bien présente chez Rosa Luxemburg, Hannah Arendt et Simone Weil. Qu’en disent-elles quand on met leur propos en lien avec la question de « l’émancipation révolutionnaire », avec leur critique radicale de la définition du pouvoir par la philosophie politique, la théorie politique dans leur courant dominant et même « révolutionnaire » et les pratiques du pouvoir que ce soit du côté des dominants ou des mouvements « révolutionnaires »? Le défi est à la fois épistémologique et politique. La perspective est un renouvellement radical de « l’émancipation révolutionnaire », de l’action, une défragmentation des luttes qui s’inscrit dans une reprise, du commun, de la généralité de la politique et des droits. Ces apports théorique sont des outils précieux pour déplacer, renouveler la question de « l’émancipation » et combattre le capitalisme actuel.
Horaire
Vendredi 26 octobre
14h15 – 16h
Château de Dorigny, salle 106
Panel - Philosophie et libération: Pratiques historiques et philosophiques