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En Suisse, un tiers de la population (42% des hommes et 28% des femmes) présente une surcharge pondérale. Au cours des dix dernières années, le problème s’est accentué, en particulier chez les hommes d’âge mûr. En parallèle, avec l’augmentation de l’obésité, le nombre des patients hypertendus ne cesse également d’augmenter. Plusieurs études épidémiologiques ont conclu à un rapport de causalité entre l’augmentation des problèmes de surpoids et l’élévation de la tension artérielle, particulièrement pour l’obésité abdominale.
L’augmentation de la pression artérielle chez le sujet obèse est probablement liée à plusieurs mécanismes physiopathologiques. Dans la pratique courante, il est important d’utiliser une manchette de pression adaptée, pour éviter une élévation artéfactuelle de la pression artérielle (pseudo-hypertension). Parmi les mécanismes impliqués, plusieurs études ont montré une sensibilité élevée au sel chez les sujets obèses, avec une rétention sodée au niveau du tubule rénal proximal. Il est donc logique de proposer une restriction sodée. Chez des sujets en surcharge pondérale, un régime pauvre en sel (3 g/ jour) avait favorisé une baisse de 7,6 mmHg de la pression artérielle systolique et d’au moins 3,5 mmHg pour la diastolique, en comparaison des sujets consommant une alimentation riche en sel (9 g/j). Les participants à cette étude ont été suivis pendant 30 jours. On ne dispose pas d’étude à plus long terme. Nous savons tous combien il est difficile pour les sujets obèses de perdre du poids et surtout de maintenir à long terme le bénéfice (60% des patients reprennent le poids perdu au bout d’une année, 95% à deux ans). Toutefois, par rapport à l’hypertension, selon une méta-analyse de 25 études concernant 4874 patients, pour chaque kilo perdu la tension artérielle systolique et diastolique diminue d’environ 1 mmHg. Toutefois, le bénéfice ne semble pas nécessairement acquis sur le long terme. L’étude SOS (Swedish obese subject) a observé sur quinze ans l’évolution pondérale et de certaines comorbidités chez des sujets sévèrement obèses (IMC > 40 kg/m2) bénéficiant d’un traitement chirurgical (anneau gastrique, gastroplastie verticale ou by-pass gastrique), ou bien pris en charge par un traitement médical conservateur. Les patients opérés ont présenté une perte pondérale moyenne significative de 31,1 kg, et leurs valeurs de pression artérielle systolique et diastolique ont diminué de façon significative mais, dès la fin de la première année, ces mêmes paramètres ont à nouveau augmenté progressivement, bien que la perte de poids moyenne soit restée importante chez les patients opérés (environ 21,1 kg).
Les bénéfices de l’exercice physique sur la santé sont reconnus pour diminuer la pression artérielle et améliorer le profil lipidique. L’effet est également favorable sur l’adiposité abdominale, la résistance à l’insuline et le développement du diabète de type II. Chez des sujets avec une obésité modérée (IMC 30 kg/m2), une activité physique de quatre séances par semaine avait permis d’abaisser la pression artérielle de 4 mmHg mais le même programme d’activité physique associé à un enseignement diététique avec une prise en charge psychologique avait permis une diminution de 7 mmHg de la systolique et de 5 mmHg pour la diastolique.
Chez l’hypertendu obèse, les modifications de l’hygiène de vie en termes de perte de poids, de restriction sodée, d’augmentation de l’activité physique devraient être au centre de la stratégie de prise en charge, surtout en cas d’hypertension modérée. Toutefois, les bénéfices attendus vont dépendre de l’engagement du patient et doivent surtout être soutenus et pouvoir durer sur le long terme. C’est pourquoi, le contrôle médicamenteux de la pression artérielle peut être initié en parallèle. Si le patient donne, après quelques mois, l’impression d’avoir réellement apporté des modifications à son mode de vie, le traitement médicamenteux pourra être allégé, voire même interrompu.