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LOS ANGELES – Une étude du Kaiser Permanente, une grande institution de santé américaine, publiée le 24 août 2018 dans l’American Journal of Preventive Medicine a montré que les patients hypertendus qui prennent des médicaments sur ordonnance présentaient une pression sanguine anormalement basse (tension artérielle systolique inférieure à 110 mmHg). Ils sont ainsi deux fois plus susceptibles de faire une chute ou de perdre connaissance que ceux dont la tension artérielle traitée demeurait à 110 mmHg et plus.
Cette recherche arrive à point nommé, car à la fin de l’année dernière, l’American Heart Association et l’American College of Cardiology, des sociétés savantes, ont abaissé leur définition de l’hypertension artérielle d’une tension systolique d’au moins 140 à une tension systolique d’au moins 130, a déclaré John J. Sim, MD, un néphrologue du Kaiser Permanente Los Angeles Medical Center, auteur principal de cette étude.
En effet, aux États-Unis, la ligne directrice (en anglais guideline) pour le traitement de l’hypertension artérielle a été abaissée. Au lieu de 140/90 mmHg, une personne est déjà considérée comme souffrant d’hypertension à 130/80 mmHg ou plus. Il s’agissait de la première révision officielle du diagnostic de l’hypertension depuis 2003. Cette ligne directrice publiée en 2017 provenait de l’American Heart Association qui a publié une étude avec cette nouvelle ligne directrice dans le journal Hypertension (DOI : 10.1161/HYP.0000000000000065) le 13 novembre 2017, à l’occasion d’un congrès qui s’est tenu dans la région de Los Angeles.
Des risques de chutes et d’évanouissements
« Les efforts destinés à réduire la tension artérielle chez les patients hypertendus constituent un facteur important pour réduire le risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral », a déclaré le Dr Sim se référant à son travail de recherche paru en 2018. « Mais notre étude montre que l’abaissement de la tension artérielle pourrait créer une sous-population de patients dont la tension artérielle peut devenir trop basse, ce qui peut entraîner de graves chutes et des évanouissements ».
Pour déterminer les effets de la réduction de la pression artérielle chez les patients hypertendus, le Dr Sim et une équipe de chercheurs ont étudié les dossiers de santé électroniques de plus de 475’000 patients Kaiser Permanente en Californie du Sud à qui on a prescrit des médicaments contre l’hypertension. Au cours d’une période d’un an, des lectures de tension artérielle systolique moyenne et minimale de moins de 110 mmHg ont été associées à des taux plus élevés de chutes graves et d’évanouissements qui ont entraîné des visites à l’urgence ou des rencontres avec des patients hospitalisés.
Parmi les patients ayant une tension artérielle traitée :
– 27% avaient une tension artérielle systolique inférieure à 110 mmHg pendant au moins une visite.
– 3% des patients avaient une pression systolique moyenne de moins de 110 mmHg au cours de la période d’étude d’un an.
Les patients ayant eu un seul épisode de pression systolique inférieure ou égale à 110 mmHg au cours de la période d’un an étaient deux fois plus susceptibles de subir une chute grave ou de perdre connaissance.
Risque de chute bien plus élevé
Les patients dont la tension artérielle systolique moyenne était inférieure à 110 mmHg au cours de la période d’étude d’un an présentaient un risque 50% plus élevé de chutes graves et d’évanouissements que ceux dont la tension artérielle systolique moyenne était supérieure à 110 mmHg.
Un risque accru pour les patients plus âgés
« Les médecins qui envisagent d’abaisser la tension artérielle de leurs patients devraient peser les risques et les avantages d’une baisse agressive de la tension artérielle sur une base individuelle, en particulier chez les patients âgés », a déclaré le Dr Sim.
Il a fait remarquer que les patients plus âgés sont plus susceptibles d’avoir des réductions aiguës de leur tension artérielle, comme l’hypotension orthostatique, c’est-à-dire lorsque leur tension artérielle chute considérablement lorsqu’ils se tiennent debout ou se redressent, et ont des réflexes plus lents pour compenser et normaliser leur tension artérielle. Selon lui, ils sont également plus sensibles aux effets secondaires de l’hypotension.
Des paramètres à prendre en compte
Il ajoute également que parmi les caractéristiques que les médecins devraient surveiller avant d’envisager d’abaisser la tension artérielle d’un patient figurent la maladie aiguë, la variation de la tension artérielle tout au long de la journée et l’hypotension orthostatique.
Le 05 octobre 2018. Par la rédaction de Creapharma.ch (supervision scientifique par Xavier Gruffat, pharmacien). Sources : KAISER PERMANENTE, American Journal of Preventive Medicine (remarque, nous n’avons pas réussi à trouver le no DOI).
Résumé : Selon une nouvelle étude publiée le 24 août 2018 dans l’American Journal of Preventive Medicine, l’abaissement de la tension artérielle à moins de 110 mmHg peut entraîner de graves chutes et des évanouissements.
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