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Ils ont osé, osé déchirer le carcan d'une austérité mal partagée, mal conçue. Et cette fois, le refus des contraintes,le vote protestataire, n'est pas passé par un vote de repli sur soi, d'exclusion, de division, un populisme bête et méchant. Non cette fois-ci ce n'est pas quitter l'Europe qui est recherché, contrairement à ce que les ultranationalistes anglais, hollandais, français, danois hurlent à longueur de journée et cherchent à rendre plausible aux milieux populaires rendus à juste titre irascibles devant l'impassibilité et l'impuissance de nombreux dirigeants face à la montée des inégalités. Tout au contraire, la Grèce a opté pour une autre Europe, une Europe plus démocratique, plus équitable, plus sociale, plus présente tout en étant plus respectueuse des différences (comme le veut un vrai fédéralisme).
Elle n'est certes pas le premier pays à vouloir sortir du joug de la logique financière, à décider de rééchelonner la dette, de la renégocier voire d'en annuler une partie. Les exemples sont nombreux dans l'histoire du XXe siècle. Plus récemment, aussi par un vote populaire, c'était l'Islande qui avait imposé une sérieuse redéfinition de son assujettissement au carcan financier.
Mais c'est la première fois dans l'histoire récente du continent que la perspective de la reconstruction d'un Etat, d'une société, d'un pays, d'un mode de développement se présente de façon aussi ample.