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L’(a)symétrie
Cela peut être dans le plan, dans la façade, dans la coupe etc. Tous les moyens de représentation sont concernés. La symétrie de centre, par extension centre de gravité, place un objet réel ou virtuel au centre d’un ensemble. Sur le plan mathématique, elle est comme la symétrie axiale une isométrie, c’est-à-dire qu’elle conserve les distances, les milieux, le parallélisme etc. autant de notions élémentaires de l’architecture classique. Dès lors, de nombreux outils basés sur ses règles ont été générés.
La grille est un outil architectural d’une très grande force. Elle peut être structurelle, rythmant de manière régulière les porteurs, mais elle peut également être spatiale en caractérisant les espaces comme par exemple les espaces servants en rapport aux espaces servis, conceptualisés par Louis Kahn. Ses bâtiments présentent une monumentalité due en partie à la taille des édifices mais en premier lieu à leur symétrie. Il sera d’ailleurs dès son époque l’instigateur d’un renouveau de l’emploi des formes géométriques simples.
Une mathématique subjective?
Tout élément symétrique doit à un moment ou à un autre se confronter au caractère asymétrique de son environnement. Une succession de plusieurs espaces symétriques mais indépendants les uns des autres peut créer une irrégularité, et l’ensemble peut devenir une asymétrie. En termes chronologiques, les outils induits par la symétrie de l’architecture classique se retrouvent dans l’asymétrie: la grille peut tout à fait recevoir un décalage, lui donnant une orientation, une direction, une inclinaison, un rythme d’axes irréguliers etc.
L’entraxe perdure, il porte d’ailleurs parfaitement son nom. L’information se réfère à une succession d’axes de symétries et caractérise par exemple leur distance. Le nombre d’or, bien que trouvant son origine dans la symétrie, crée un rapport de proportion et peut donc être considéré également comme un objet qui s’éloigne de la symétrie. C’est un exemple frappant de la manière d’utiliser un outil mathématique de manière subjective, pour servir la symétrie, respectivement l’asymétrie.
Un contemporain de Kahn, Alvar Aalto travaille dans un rapport tout autre à la symétrie. Ce n’est certes pas le point central de son propos, mais on ne peut que s’apercevoir que son travail, se plaçant en dehors de la symétrie, interroge sur ce point.
Finalement, on retrouve les codes et normes de la symétrie partout. L’asymétrie n’est que dans un rapport à sa grande sœur et peut lui redonner aujourd’hui une importance capitale car elle reprend des outils pré-existants mais avec un autre regard. Elle ne peut pas être considérée uniquement comme une symétrie qui ne serait pas respectée.
Si l’architecture peut être perçue comme la caractérisation de formes naturelles en un besoin et un langage humain, la symétrie y a une place toute naturelle et ne disparaîtra sans doute jamais. La richesse de ce langage peut être portée sur les éléments de transition entre la symétrie et l’asymétrie et c’est un des rôles fort intéressant de l’architecture contemporaine. ●