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Après les terribles incendies qui ont fait 112 morts l'an dernier au Portugal, le gouvernement a fait de la lutte contre ce fléau une priorité absolue. Samedi, une opération de débroussaillage en forêt a eu lieu pour montrer l'exemple.
Aux quatre coins du pays, le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa, le premier ministre Antonio Costa et une vingtaine de membres de son gouvernement ont pris part à ces travaux menés sur plusieurs hectares des forêts qui couvrent les deux tiers du territoire.
Plusieurs ministres ont défriché des hectares de maquis denses et planté de jeunes pousses d'arbres autres que des eucalyptus, extrêmement inflammables.
Le chef de l'exécutif a fait de la lutte contre les feux de forêt sa priorité après les critiques émises contre la réponse du gouvernement aux vagues d'incendies meurtriers de juin et octobre 2017.
"Le Portugal prend pour la première fois conscience qu'il est absolument nécessaire de défricher les zones à risque afin de réduire le nombre d'incendies l'été", a déclaré le premier ministre à son arrivée samedi à Loulé, à l'extrême sud du pays.
M. Costa prône le débroussaillage des forêts depuis de longues années. Mais les campagnes se sont dépeuplées, nombre d'habitants qui ont gagné les villes ou l'étranger ne reviennent que rarement dans leurs propriétés, et ceux qui restent, vieillissants, ne sont plus en mesure d'effectuer les travaux.
Propriétaires tenus pour responsables
Le 14 février dernier, M. Costa a durci un décret-loi qu'il avait fait voter en 2006, quand il était ministre de l'intérieur, et qui impute aux propriétaires de terrains la responsabilité de nettoyer les espaces boisés. Il leur était donné jusqu'au 15 mars pour défricher leurs propriétés et couper les arbres dans un rayon de 50 m autour de toute habitation et 100 m en périphérie des zones peuplées.
Pour les contrevenants, les amendes prévues vont de 140 à 5000 euros pour une personne physique et peuvent atteindre 120'000 euros pour une personne morale.
Un courriel des services des impôts envoyé à tous les contribuables pour les alerter sur ces nouvelles mesures avait suscité la panique, et nombre d'élus locaux et d'associations avaient critiqué le délai jugé trop court.
"Le gouvernement souhaite rattraper en trois mois ce qui aurait dû être fait au cours des cinq dernières années", s'était notamment indignée l'association de défense de l'environnement Quercus.
En réponse, le premier ministre avait martelé que "l'objectif du gouvernement n'est pas de sanctionner mais de nettoyer les forêts pour écarter toute menace contre les populations et les habitations".
Face à cette polémique, l'exécutif a décidé de prolonger le délai jusqu'au 31 mai.