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Le Parlement européen a adopté ce jeudi un amendement à une résolution sur la ville côtière chypriote de Varosha, demandant au Conseil de l'UE d'imposer des sanctions à la Turquie pour la réouverture partielle de la ville.
La résolution a été soutenue par 631 députés, trois ont voté contre, 59 se sont abstenus.
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Le Parlement européen a adopté ce jeudi un amendement à une résolution sur la ville côtière chypriote de Varosha, demandant au Conseil de l'UE d'imposer des sanctions à la Turquie pour la réouverture partielle de la ville.
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Le président français a exhorté jeudi l'Europe à parler d'une seule voix et à se montrer "ferme" face à la Turquie en Méditerranée orientale, s'attirant aussitôt une riposte outrée d'Ankara.
"L'Europe doit avoir une voix plus unie et plus claire" face à la Turquie, a déclaré le chef de l'Etat à quelques heures d'un sommet avec ses homologues du sud de l'Union européenne (UE) à Porticcio en Corse. "Nous, Européens, devons être clairs et fermes avec le gouvernement du président (Recep Tayyip) Erdogan qui, aujourd'hui, a des comportements inadmissibles", et doit "clarifier ses intentions", a-t-il martelé, alors qu'il n'y pas de position unie de l'Europe sur le sujet.
La Turquie "n'est plus un partenaire dans cette région", a-t-il asséné tout en soulignant son "souhait profond" de "réengager un dialogue fécond".
Le ministère turc des Affaires étrangères n'a pas tardé à réagir, dénonçant les "déclarations arrogantes, dans un vieux réflexe colonialiste" du président français et l'accusant de "mettre en péril" les intérêts de l'Europe.
Le président français a ainsi planté le décor de la rencontre dite du Med7 prévue à 17H00 (15H00 GMT) avec ses six homologues du pourtour méditerranéen et destinée à faire front face aux ambitions d'Ankara en Méditerranée.
"Pas d'autre choix"
Très impliqué dans ce dossier, il en débattra avec les dirigeants italien Giuseppe Conte, espagnol Pedro Sanchez, grec Kyriakos Mitsotakis, portugais Antonio Costa, chypriote Nikos Anastasiades et maltais Robert Abela. La Grèce et Chypre sont en première ligne face à la Turquie, qui revendique le droit d'exploiter des gisements d'hydrocarbures dans une zone maritime qu'Athènes estime relever de sa souveraineté.
Ces dernières semaines, ces pays ont montré leurs muscles à coups de déclarations martiales, de manoeuvres militaires et d'envois de navires sur zone.
La France a clairement affiché son soutien à la Grèce en déployant des navires de guerre et des avions de combat dans la région, une initiative vivement dénoncée par le président turc. Paris et Athènes entendent porter ces tensions au coeur de l'agenda de l'Union, à commencer par le prochain sommet européen des 24 et 25 septembre, avec à la clé la menace de sanctions contre la Turquie.
Les dirigeants européens n'auront "pas d'autre choix" que d'imposer des "sanctions significatives" à la Turquie si celle-ci "refuse d'entendre raison d'ici là", a insisté le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis jeudi dans une tribune au quotidien Le Monde. Tout comme la Grèce, la France agite la menace de "représailles", assurant bénéficier d'un soutien "croissant" au sein de l'UE face à la Turquie, après s'être retrouvée assez isolée sur ce dossier à l'Otan.
Retour aux négociations
D'ici le sommet, les Européens espèrent pousser la Turquie à discuter les termes d'un accord avec la Grèce sous médiation allemande. "Ces négociations n'ont pas pu reprendre fin août puisque les Turcs ne sont pas revenus à la table des négociations", a relevé l'Elysée.
Il faut faire "en sorte que la médiation allemande engagée entre la Grèce et la Turquie puisse reprendre", ajoute la présidence française. Les discussions doivent notamment porter sur la délimitation des zones exclusives en Méditerranée orientale.
La Turquie exhorte pour sa part l'UE à rester "impartiale", assurant que la menace de sanctions n'aidera "pas à résoudre le problème". Certains pays européens sont très réservés sur la riposte à opposer au président Erdogan, craignant qu'il ne brandisse une fois de plus la menace migratoire.
C'est la septième fois que se réunit le Med7, un forum informel qui avait été lancé dans un contexte de fracture entre les pays du nord de l'Europe et ceux du sud sur fond de la crise économique grecque.
Depuis, ces tensions nord-sud se sont apaisées au sein de l'UE mais les pays du Med7 ressentent la nécessité de mieux se coordonner face à des défis communs : les questions migratoires, la crise libyenne et les relations avec les pays de la rive sud de la Méditerranée.
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La Turquie a commencé samedi de nouvelles manœuvres militaires en Méditerranée orientale qui devraient durer deux semaines, signe que les tensions entre Ankara et Athènes liées au partage des ressources gazières dans cette région vont se prolonger. Dans une notice d'information maritime (Navtex) publiée vendredi soir, la marine turque a indiqué qu'elle effectuerait des "exercices de tir" du 29 août au 11 septembre dans une zone située au large de la ville d'Anamur (sud de la Turquie), au nord de l'île de Chypre.
Ankara avait déjà annoncé jeudi que des exercices de tir se dérouleraient mardi et mercredi dans une zone située plus à l'est. Ces manœuvres militaires interviennent dans un contexte de vives tensions en Méditerranée orientale, où la découverte d'importantes réserves de gaz ces dernières années a ravivé un contentieux territorial ancien entre la Turquie d'un côté et la Grèce et Chypre de l'autre. Ankara et Athènes ont mené ces derniers jours des manœuvres rivales, suscitant l'inquiétude des pays européens.
Signe de la volatilité de la situation, le ministère turc de la Défense a affirmé vendredi que des avions de chasse d'Ankara avaient intercepté la veille six appareils grecs qui approchaient d'une zone où un navire de recherche sismique turc est déployé, les forçant à faire demi-tour. C'est justement le déploiement de ce navire de recherche sismique turc dans des eaux revendiquées par la Grèce, le 10 août, qui a donné le coup de départ de l'escalade actuelle.
Préoccupée, l'Union européenne a menacé vendredi d'infliger de nouvelles sanctions à la Turquie en cas d'absence de progrès dans le dialogue entre Ankara et Athènes.
"Le fait que l'UE appelle au dialogue d'un côté et prépare d'autres plans de l'autre reflète un manque de sincérité", a réagi samedi le vice-président turc Fuat Oktay. "Nous maîtrisons le langage diplomatique, mais la Turquie n'hésitera pas à faire ce qu'elle doit pour défendre ses intérêts", a-t-il ajouté.
La veille, le ministère turc des Affaires étrangères avait affirmé que des sanctions européennes ne feraient que "renforcer la détermination" d'Ankara.
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Le navire turc de recherche sismique Barbaros Hayreddin Pasha (photo du haut) a été aperçu, jeudi 30 juillet, au large des côtes de Chypre, peu après la publication du dernier Navtext, avec lequel Ankara s'est réservé le droit d'explorer les zones pétrolières au sud et au sud-est de la ville chypriote de Famagouste. C'est un nouvel élément de tension dans la situation déjà critique en Méditerranée orientale, où la Turquie, avec ses revendications sur Chypre, aggrave les frictions avec la Grèce.
Le ministre grec des affaires étrangères, Nikos Dendias (photo), lors d'une interview avec la chaîne de télévision Antenna, a commenté la nouvelle de l'arrivée de ce navire turc, décrivant l'attitude de la Turquie comme "une violation flagrante des droits souverains des États membres de l'Union européenne". L'avertissement pour Ankara est également venu de Washington, le Département d'Etat américain qualifiant la démarche turque de "provocatrice". "Les États-Unis restent profondément perturbés par les projets de la Turquie d'explorer les ressources naturelles dans les eaux territoriales Chypriotes. De telles actions provocatrices augmentent la tension dans la région", a déclaré un fonctionnaire du Département d'État au journal grec Ekathimerini. "Nous demandons instamment aux autorités turques de mettre fin à de telles opérations", a ajouté le porte-parole.
Le navire de forage Barbaros a été aperçu au large des côtes de Famagouste à 6 heures du matin le jeudi 30 juillet après avoir quitté le port turc de Tasucu dans la soirée du mercredi 29. Selon Navtex, l'avis aux marins envoyé par la Turquie le même jour, seront réservés au Barbaros les zones relevant des blocs 2 et 3 et, en partie, du bloc 13 de la zone économique exclusive (ZEE) chypriote. L'avis concerne les eaux situées au sud et au sud-est de la côte chypriote de Famagouste et sera valable jusqu'au 20 septembre.Aux dernières nouvelles, un second navire de forage turc est arrivé sur zone. Il s'agit du Yavuz.
Les derniers développements sont survenus peu après que le porte-parole de la présidence turque ait annoncé, le 28 juillet, qu'Ankara avait l'intention de suspendre une autre activité d'exploration en Méditerranée orientale, notamment près de l'île grecque de Kastellorizo, afin de tenter de reprendre le dialogue avec Athènes. Malgré les promesses verbales, il semble cependant que dans la pratique, la Turquie ne veuille pas renoncer à poursuivre ses intérêts dans la région. Le jeudi 29 juillet, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré qu'Ankara poursuivrait "le travail commencé en Méditerranée orientale et en mer Égée, et n'hésitera pas à exercer les droits souverains du pays", a rapporté l'agence de presse turque Anadolu.
Les tensions de longue date en Méditerranée orientale se sont aggravées le 21 juillet, après que la marine d'Ankara ait publié un Navtex dans lequel elle annonçait que le navire turc Oruc Reis effectuerait des explorations au sud et à l'est de l'île grecque de Kastellorizo, du 21 juillet au 2 août. Le 27 juillet, la Grèce annonçait que les navires de la marine turque étaient sur le point de quitter la zone au large de l'île de Kastellorizo suite à de nouveaux avertissements mais, a-t-elle précisé, les forces armées d'Athènes resteront de toute façon en alerte.
Les relations entre la Turquie et Chypre sont caractérisées par un climat de tension, notamment en ce qui concerne les revendications d'Ankara, considérées comme illégales par Nicosie, concernant ses droits dans certaines zones de la Méditerranée orientale, où, le 3 mai 2019, le gouvernement turc a commencé illégalement, selon la communauté internationale, ses activités de forage. Selon les dirigeants turcs, ces actions sont destinées à défendre les intérêts des Chypriotes turcs.
Le conflit énergétique entre le gouvernement chypriote grec et la Turquie s'inscrit dans le cadre plus large de la question chypriote, à savoir le conflit entre Nicosie et Ankara sur la souveraineté de l'île, dont le territoire est divisé par la "ligne verte" qui sépare la zone administrée par la République de Chypre et habitée principalement par la communauté chypriote grecque de la zone administrée par la République turque de Chypre du Nord et habitée principalement par la communauté chypriote turque. Cette division remonte à 1974, lorsque, à la suite d'une tentative de coup d'État des nationalistes chypriotes grecs en faveur de l'annexion de l'île à la Grèce, Ankara a envoyé ses troupes "pour protéger la minorité chypriote turque" dans la partie nord de l'île le 20 juillet, sur laquelle la Turquie a depuis établi son contrôle.