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Jusqu'ici, on payait une taxe pour recevoir les émissions de radio et de TV. Rappelons qu'une taxe est un paiement pour un service rendu. Celles et ceux qui ne recevaient pas ses émissions ne payaient donc pas la taxe.
Maintenant les autorités fédérales proposent de remplacer cette taxe par un impôt. Un impôt est un paiement obligatoire aux autorités publiques sans contrepartie directe. Sous le prétexte hors de propos que l'on peut aujourd'hui capter des émissions radio et TV sur des appareils autres que des radios et TV, on réintroduit le plus régressif et rétrograde des impôts qui soit : la capitation, un impôt d'un montant unique que tout le monde doit payer quelle que soit sa condition. Le président de Novartis comme le chômeur payera 400,-.
En France ce genre d'iniquité fut supprimé en 1789, à l'aurore de la Révolution. En Angleterre, Mme Thatcher provoqua sa propre chute, précédée d'émeutes, lorsqu'elle tenta de le réintroduire en 1990.
Pour dorer tant soit peu la pilule, les autorités proposent que certains miséreux, les bénéficiaires de rentes complémentaires, en seraient excusés. Mais du même coup elles proposent que tout entreprise d'un capital de moins de 500'000,- en serait aussi dispensée. Nous venons de voir la combine aux réserves défiscalisées que les grandes entreprises "remboursent" actuellement à leurs actionnaires au lieu de payer des dividendes imposables. Croyez-vous vraiment qu'aucune de ces entreprises ne détienne dans son escarcelle une filiale à moins de 500'000 francs ? Si elles n'en détiennent pas encore, elles sauront vite combler la lacune.
Refusons la capitation. L'impôt progressif est la base de toute fiscalité équitable.