Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06965.jsonl.gz/9

Embassytown est le dernier roman de China Miéville. Après avoir touché plusieurs genres, Miéville s'attaque à la SF avec un roman qui, à mon avis, sent le "Old School" tout en prouvant, une fois de plus, qu'il ne pense pas comme tout le monde.
Situé dans un futur où l'homme est devenu homo diaspora en colonisant les étoiles grâce à un mode de voyage utilisant le substrat de notre univers pour se déplacer. Si l'homme a rencontré plusieurs espèces extraterrestres intelligentes, aucune n'est aussi alien que les Ariekis. Ces derniers maitrises une technologie basée sur le vivant et parle la Langue. Un langage produit par deux bouches, qui a besoin d'une conscience derrière la prononciation pour être comprise (par les Ariekis), qui ne connait pas le mensonge, et qui utilise la réalité comme support. Un mot/ensemble de mots est ainsi toujours basé sur un objet du réel utilise comme base pour le langage.
A Embassytown, la ville où vivent les humains sur Arieka, les ambassadeurs sont les seules pouvant communiquer avec les Ariekis. Paire de clones identiques, reliés par de la cybernétique et entrainés à parler la Langue, ils sont les seuls aptes à se faire comprendre par les Ariekis. Avice est originaire de cette planète qu'elle a quittée comme pilote avant d'y revenir. Enfant, elle est devenu une comparaison dans la Langue et est ainsi "parlée" régulièrement par les Ariekis. La venu d'un nouvel ambassadeur atypique depuis une autre planète va provoqué une guerre, une révolution et des découvertes dont Avice sera partie prenante.
Si certain parle d'Embassytown comme le meilleur roman de Miéville (je ne peux l'y classer tant Perdido Street Station et The city & the city me paraissent nettement meilleur), il fait effectivement partie du "haut du panier". Le parti pris, comme souvent chez Miéville, de ne pas donner d'entrée les clefs du monde décrit est assez déroutant durant les 50-60 première pages mais la persévérance s'avère payante. Décrivant une société ne connaissant pas le mensonge, Miéville propose une double réflexion sur les lien entre langage et processus cognitif, et langage et réalité. Le tout dans un enrobage SF "old school" agréable (à noter que les Ariekis ne sont pas totalement décrits et laissés ainsi dans le flou, choix volontaire d'après une interview dans le Guardian). Au final, une lecture exigeante au niveau de la langue mais très stimulante au niveau intellectuel et de l'imaginaire.