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|Aperçu général sur les oblitérations|
Aperçu général sur les oblitérations
Dès qu'on eut adopté les timbres-poste pour l'affranchissement des correspondances, on dut chercher un mode de constatation de l'emploi du timbre afin d'empêcher qu'il ne pût servir plusieurs fois. Pour obtenir ce résultat, le procédé le plus simple était de frapper d'une empreinte indélébile l'étiquette collée sur la lettre au moment où celle-ci était déposée dans le bureau de poste chargé de la faire parvenir à destination. C'est, en effet, à ce parti qu'on s'est arrêté dans tous les pays qui ont successivement mis en usage les timbres, et les empreintes ainsi apposées sur les marques d'affranchissement ont reçu le nom d'oblitérations.
Une fois le principe adopté, son application a provoqué mille essais divers, soit sous le rapport de la composition chimique et de la couleur de l'encre, soit sous celui de la griffe à employer. Ces tâtonnements furent particulièrement nombreux dans les postes suisses, et le système de décentralisation qui règne en ce pays se fait sentir là comme dans les autres branches de l'Administration.
Sous le régime cantonal deux modes furent employés : à Bâle, on conserva les timbres à date en usage avant l'invention des timbres. A Zurich, à Genève, on adopta des griffes spéciales, à l'imitation du système anglais, dont ces deux cantons s'étaient spécialement inspirés en introduisant chez eux l'usage des timbres. L'oblitération de Zurich notamment est presque copiée sur celle de l'Angleterre.
|Rosette de Zurich||Deux des cinq Rosettes de Genève|
Lorsque la reprise des postes par la Confédération eut étendu à toute la Suisse l'affranchissement par la voie des timbres, les modèles d'oblitération se multiplièrent sans mesure. Chaque canton, chaque ville, souvent chaque village, eut la sienne, les bureaux de poste faisant revivre pour cet usage les griffes précédemment employées pour indiquer la date ou la provenance des correspondances, alors qu'elles circulaient sans timbres d'affranchissement. C'est ce qui explique le nombre prodigieux d'oblitérations qu'on rencontre alors en ce pays et qui donnent un aspect si varié, une physionomie si pittoresque aux lettres conservées par nos collectionneurs. Fleurons de tous les genres, longues bandes offrant le nom de la ville imprimé en grandes capitales, timbres ronds à date portant également ce nom accompagné souvent de divers emblèmes, grilles s'étalant en losanges allongés, simples traits à la plume ou au crayon de couleur. Toutes ces marques ont été alors employées.
Pour remédier à cette confusion, la Confédération prescrivit l'emploi d'une grille unique qu'on rencontre en effet presque partout sur les timbres à partir de 1854, et absolument seule en 1856 et jusqu'au milieu de 1857. A ce moment, afin d'éviter l'emploi de deux tampons distincts, l'un pour oblitérer le timbre, l'autre pour dater la lettre, ce qui occasionnait une perte de temps, on en vint au système adopté aujourd'hui par la plupart des nations : l'application du même timbre à date sur la lettre et sur le timbre.
Si la variété des griffes qui furent ainsi usitées tour à tour récrée l'oeil du timbrophile, elle complique singulièrement son travail et il est nécessaire de procéder à une classification rigoureuse pour se reconnaître entre ces mille dessins divers. C'est ce que nous allons nous efforcer de faire en étudiant les unes après les autres les oblitérations cantonales et les oblitérations fédérales.
| Les cachets suisses 1669 - 1842 |
| Aperçu général sur les oblitérations | Canton de Zurich et Période de transition (Winterthur) |
| Canton de Genève et Période de transition (Vaud 4 & 5 - Neuchâtel) | Canton de Bâle |
| Oblitérations fédérales |
| Photos des oblitérations cantonales et fédérales avec dates d'emploi des timbres et lettres |