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"Au revoir là-haut" se terminait par la mort annoncée du banquier Péricourt. "Couleurs de l'incendie" s'ouvre, en 1927, par ses funérailles. Figure secondaire et effacée du premier volet, sa fille Madeleine (Léa Drucker) occupe ici une place centrale. La voilà seule héritière de la banque et de la fortune de son père et maman d’un garçon qui, après s'être jeté par la fenêtre lors de l'enterrement de son grand-père, se retrouve paralysé. Son refus d'épouser Gustave Joubert (Benoît Poelvoorde), gestionnaire du groupe Péricourt, va provoquer sa ruine et sa chute.
Mais face à l'adversité de ces hommes qui cherchent à lui nuire, à la corruption de son milieu et à l'ambition de son entourage, elle mettra tout en œuvre pour survivre, reconstruire sa vie et s'offrir une vengeance digne du comte de Monte-Cristo. Tâche d'autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières "couleurs de l'incendie" qui vont ravager l'Europe à partir des années 1930.
>> A voir: la bande-annonce du film "Couleurs de l'incendie"
Un grand film populaire
Cinq ans après l'adaptation très réussie du best-seller de Pierre Lemaitre, '"Au revoir là-haut" par Albert Dupontel (récompensé de cinq César), c'est Clovis Cornillac qui se lance dans l'adaptation du deuxième volet de cette fresque historique qui en compte trois.
Avec Pierre Lemaitre en personne au scénario, une brochette de stars au casting (Léa Drucker, Benoît Poelvoorde, Olivier Gourmet, Fanny Ardant, Alice Isaaz et Clovis Cornillac lui-même), et un budget conséquent, le réalisateur et acteur français a mis toutes les chances de son côté pour son quatrième film.
>> A écouter: Interview de Clovis Cornillac, réalisateur du film "Couleurs de l'incendie"
Il signe un long métrage riche et foisonnant réhaussé par l'excellent jeu des acteurs et actrices (en particulier Léa Drucker et Benoît Poelvoorde). "Cornillac prend plaisir à faire un grand film populaire", analyse le critique de la RTS Rafael Wolf.
Seul regret pour ce film qui rend hommage aux femmes des années 1930: la mise en scène très classique, qui peut le faire paraître un peu désuet. Quoi qu'il en soit, film élégant et généreux, "Couleurs de l'incendie" saura plaire au plus grand nombre et peut s'apprécier même sans avoir lu ou vu "Au revoir là-haut".
Andréanne Quartier-la-Tente
"Couleurs de l'incendie", de Clovis Cornillac. A voir actuellement dans les salles romandes.