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ThÉories mÉdiÉvales de l'acte crÉatif
(text in english)

L'Institut d'Études Médiévales de l'Université de Fribourg (Suisse) organise tous les deux ans un colloque interdisciplinaire réunissant des chercheurs et des spécialistes autour d'un thème relatif à la culture médiévale. Le colloque fribourgeois 2015 a eu lieu en septembre sur le thème "Théories médiévales de l'acte créatif".
Ce colloque a pour but d’examiner la perception et les conceptions du rôle de l’artiste (y compris de l’écrivain) et de l’acte de création artistique qui marquent la culture du Moyen Age. Dieu étant considéré comme le créateur par excellence, comment faut-il comprendre la créativité humaine ? Est-elle à l’image de la création divine ? Les réalisations artistiques de l’être humain participent-elles de l’acte créateur de Dieu ?
Les écrivains et les artistes du Moyen Âge défendaient le plus souvent leur activité en faisant appel à la tradition, car pour la sensibilité médiévale une œuvre gagnait en crédibilité lorsqu’elle pouvait se prévaloir d’un lien avec des œuvres antérieures déjà reconnues et acceptées. Pour cette raison, de nombreux artistes reproduisaient des compositions et réutilisaient les thèmes, les techniques, voire les couleurs des peintres qui les avaient précédés. Les philosophes avaient souvent recours aux autorités classiques de la tradition grecque et latine. Les poètes traduisaient et compilaient des textes latins ou en langue vernaculaire en prenant appui sur des chroniqueurs, des commentateurs ou d’autres poètes. Par ailleurs, certains artistes se réclamaient d’une justification divine de leurs œuvres : tel le cas de quelques femmes-artistes qui essayaient de contourner l’obstacle lié à leur condition féminine en présentant leurs œuvres comme le fruit d’une vision ou comme le produit d’une inspiration divine.
Or, d’une manière générale, on considère qu’au cours du Moyen Âge tardif on assiste à un changement de statut de l’artiste et de sa fonction. Alors qu’auparavant il demeurait le plus souvent anonyme et que son rôle était minimisé, l’artiste aurait progressivement fait l’objet d’une valorisation en rapport à ses compétences individuelles et à sa renommée : aussi dans le domaine de la peinture on fait toujours référence à Giotto pour l’innovation qu’il représente et, dans le domaine de la littérature, à Chaucer pour son activité à la fois de traducteur, de compilateur et de commentateur.
Comme pour les précédents colloques, notre Institut prévoit d’en publier les Actes dans la collection « Scrinium Friburgense » auprès de la maison d’édition Reichert (Wiesbaden)