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Historique du tir aux armes à feu à Morges.
Le premier stand construit fut celui situé le long de la Morges. Ce bâtiment appelé alors Maison du Tirage, se dénomme maintenant l’Ancien-Stand ou Vieux-Stand. La partie sud-ouest abritant neuf stalles de tir a été démolie. Les cibles se trouvaient au bord du lac à un peu plus de 150 m.
En raison de l’augmentation de la portée des armes, cette ligne de tir fut déplacée en 1865, un peu plus au nord, le long de la route principale menant de Morges à Saint-Prex. Cet emplacement fut rapidement abandonné, le bruit des armes effrayant les attelages de chevaux.
La Municipalité de Morges met alors à la disposition de la Jeune Société Militaire, la ligne de tir du Boiron équipée de cinq cibles à 300 m. et cinq cibles à 400 m, ces dernières se trouvant sur le lac; ceci en raison des deux calibres alors utilisés 18 et 10,4 mm.
Parallèlement à l’évolution des armes, la situation politique en Europe eut également, une grande influence sur les sociétés de tir. La guerre de 1870 à 1871, opposant la France à l’Allemagne, accula à notre frontière l’armée française de l’Est placée sous les ordres du général Bourbaki.
C’est dans ce contexte d’insécurité et de mutation qu’un groupe de citoyens morgiens décida de créer une nouvelle société de tir à 300 m. Le 23 janvier 1871, la société Tir de Campagne – Morges était officiellement reconnue par le Conseil d’Etat du Canton de Vaud.
Quelques semaines plus tard, un drame marqua notre ville et ses habitants déjà fortement traumatisés par les événements des mois précédents. Des internés occupés à la mise en caisses, dans la cour du Château, des munitions entrées chez-nous avec l’armée française, provoquèrent une terrible explosion qui endommagea gravement le château et ses environs. Un monument érigé au Parc de l’Indépendance, situé derrière le Château, rappelle la mémoire des vingt-deux internés français tués.
En 1881, soit dix ans après le Tir de Campagne, la Société Fédérale des Sous-Officiers, section de Morges fut constituée. Cette nouvelle société se démarqua du Tir de Campagne en pratiquant parallèlement à l’exercice du tir, les exercices paramilitaires techniques et tactiques, en salle ou dans le terrain,ceci jusqu'en 1945, année à partir de laquelle la société évolua sous le nom de Sous-Officiers – Morges. La société des Sous-Officiers a grandement contribué à la formation des jeunes, en organisant année après année, des cours de Jeunes tireurs.
Trois ans plus tard, en 1884, un groupe de tireurs fort de 14 personnes créa une troisième société de tir à 300 m sous le nom de Amis du tir – Morges. Cette nouvelle société participa, cette même année, à un concours de sections à Payerne et y décrocha une coupe d’une valeur de 70 francs. Pour mieux apprécier la valeur de cette coupe relevons que la finance d’entrée dans la société était de 2 francs et la cotisation annuelle de 1,50 francs !
Aux cours des années, les Amis du Tir composés d’excellents tireurs et de matcheurs développèrent avec grand succès le tir sportif à Morges. Les procès-verbaux de la société relatent, qu’en 1970 déjà, la fusion des sociétés de tir morgiennes étaient à l’ordre du jour des assemblées.
Entrée en 2008 dans le giron du Tir Sportif Morgien, le Petit calibre – Morges, fondé en 1948, est devenu une sous-section de la société. Avec des carabines de haute précision, peu bruyantes, le tir au petit calibre s’effectue sur une distance de 50 mètres. Cette sous-section joue un rôle important dans la préparation des jeunes au tir sportif.
Au cours du 19e siècle jusqu’au début du 20e, ce ne sont pas moins de six tirs cantonaux qui furent organisés à Morges, à savoir en 1826, 1832, 1846, 1860, 1891, 1932, sans oublier celui de 2008.
Les trois premiers n’ont pratiquement pas laissé de traces. Les archives de la Société Vaudoise des Carabiniers renferment quelques registres des fêtes de 1860 et 1891. Par contre, les documents concernant celle de 1932 sont plus conséquents. En 1932, comme ce fut le cas en 1891, le Tir cantonal se déroula entièrement sur le Parc des Sports. Le stand équipé de cinquante cibles à 300 m et de dix cibles à 50 m se trouvait au bord de la route cantonale. Les cibles étaient dressées au bord du lac sur l’emplacement actuel de la piscine. Des stères de bois et des sacs de sable faisaient office de pare-balles ! Quant à la cantine et aux forains, ils se trouvaient sur le côté de la ligne de tir ! Et aucun accident ne fut signalé…
En 2008, le Tir Sportif Morgien s'investit de façon importante dans l'organisation du Tir cantonal vaudois , décentralisé sur une douzaine de stands, dont celui du Boiron à Morges.
Pas moins de 6479 tireurs participèrent à ce grand rendez-vous, dont 760 au stand du Boiron. Une centaine de bénévoles accueillirent durant dix jours les 55 sociétés venues de vingt cantons suisses.44649 cartouches furent tirées et quelque 800 repas apprêtés et servis sur le site morgien.
En terminant ce propos, nous tenons à adresser un vibrant hommage à celles et ceux qui, durant plus de deux siècles, ont œuvré au développement et au maintien du tir aux armes à feu à Morges.
Marcel Hermann