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Dans un village isolé de la campagne lituanienne, une vieille femme fait face à la caméra et récite un poème. Plus tard, elle grimpera sur une échelle vertigineuse jusqu'au toit d'une église, comme cet homme qui gravit lentement une cheminée d'usine. Le point de départ du deuxième court-métrage d'Audrius Stonys est encore une série de questions qu'il résume ainsi : « à quoi ressemble le monde quand on le regarde depuis un toit d'église ? Qu'est-ce qui tient les hommes, suspendus entre ciel et terre ? » Et comme souvent chez Stonys, pas de réponses définitives : le cinéma n'est qu'un instrument perceptif, un modeste outil pour essayer de contempler la réalité depuis un autre point de vue. Les mouvements de caméra semblent avoir la légèreté des flocons de neige qui couvrent le paysage, et dont s'amusent des enfants insouciants. En se libérant des lois de la gravité, nous avons le pouvoir divin de contempler le cosmos, si petit soit-il, selon un axe vertical. Tarkovski – cinéaste séminal et admiré par Stonys – n'est pas loin, et chaque plan d'Antigravitation contient en germe, la possibilité de la chute.
Emmanuel Chicon