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Park Geun-hye a été conduite peu avant l'aube au Centre de détention de Séoul.
KEYSTONE/AP Uiwang/CHO SUNG-BONG(sda-ats)
La présidente sud-coréenne destituée Park Geun-Hye passait vendredi sa première journée en prison en vertu d'un mandat d'arrêt délivré par la justice. Cette nouvelle descente aux enfers réjouit ses opposants, mais sème la consternation dans son camp.
L'ex-chef de l'Etat de 65 ans a regardé droit devant elle tandis qu'elle était conduite peu avant l'aube au Centre de détention de Séoul sous les flashes des photographes.
Après une audience marathon jeudi, le tribunal du district central de Séoul a délivré un mandat d'arrêt contre Mme Park emportée par un retentissant scandale de corruption.
Le parquet ne l'a pas encore inculpée, mais a déjà fait savoir qu'elle était soupçonnée de corruption, abus de pouvoir, coercition et d'avoir livré des secrets d'Etat.
"Il est justifié et nécessaire de l'arrêter, étant donné que des accusations clés sont étayées et qu'existe un risque de destruction de preuves", a expliqué le tribunal.
Disgrâce
Mme Park est le troisième ancien chef de l'Etat à être arrêté dans une affaire de corruption en Corée du Sud. Les ex-hommes forts Chun Doo-Hwan et Roh Tae-Woo ont purgé des peines de prison pour ce motif dans les années 1990.
Le président Roh Moo-Hyun, élu démocratiquement, s'était suicidé en 2009 durant une enquête pour corruption.-
Le placement en détention provisoire de Mme Park est un pas de plus dans la disgrâce de celle qui fut la première femme à accéder à la fonction suprême en Corée du Sud.
Décision historique
Le Parti démocratique, formation progressiste dont le candidat est donné favori pour la présidentielle anticipée du 9 mai, a jugé que cet événement démontrait que "tous sont égaux devant la loi".
"Espérons que cette décision historique apportera un nouvel élan à la manifestation de la vérité sur ce scandale", a-t-il dit.
Mais le parti conservateur de l'ex-présidente, Liberté Corée, qui vient de changer de nom pour tenter de prendre ses distances, a parlé de décision "regrettable".
Délai de vingt jours
Au pouvoir, Mme Park s'était montrée très dure envers Pyongyang, son voisin doté de l'arme nucléaire. "La traître Park a été jetée à l'isolement", ce qui a été "salué" par les médias sud-coréens et "la majorité du peuple", s'est félicitée l'agence officielle nord-coréenne KCNA.
Mme Park a été emprisonnée aux petites heures du matin, mais cela n'a pas empêché une cinquantaine de ses partisans de l'attendre au Centre de détention en agitant des drapeaux sud-coréens et en entonnant des slogans réclamant sa libération.
Si la procédure normale est respectée, l'administration pénitentiaire devrait prendre les empreintes de l'ex-chef de l'Etat ainsi que sa photo. Elle devrait revêtir un uniforme avec son numéro d'écrou sur la poitrine, et entrer en cellule.
Aux termes de la loi, le parquet a désormais jusqu'à 20 jours pour l'inculper.
ATS