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Neuchâtel - L'ancienne médecin cantonale de Neuchâtel a comparu ce mardi devant le Tribunal correctionnel de Boudry (NE) pour avoir accompli elle-même le dernier geste dans une procédure d'assistance au suicide. Le tribunal rendra son verdict le 6 décembre.
Le Code pénal suisse réprime formellement l'accomplissement du dernier geste envers une personne souffrant d'une maladie incurable qui demande une assistance au suicide. Dans le cas examiné par le tribunal, la patiente était paralysée au point de ne pouvoir passer elle-même à l'acte.
L'accusée a ouvert le dispositif de perfusion létale après avoir reçu le signal convenu - un mouvement du pied - qui était le seul possible pour la patiente. Le médecin venu constater le décès a dénoncé au Ministère public les conditions dans lesquelles s'est déroulée la procédure d'assistance au suicide.
Membre du comité d'Exit, l'ancienne médecin cantonale a déclaré au tribunal qu'elle avait été prise de court devant l'impossibilité de faire exécuter le geste fatal. Elle a actionné le dispositif après s'être assurée de la détermination de la patiente, qui a réussi à prononcer les mots "c'est maintenant" en faisant le signal convenu.
La prévenue a souligné le désir de mourir exprimé sans équivoque par la patiente. Elle a rappelé le caractère incurable de la sclérose latérale amniotrophique dont elle souffrait. Il aurait été indécent de tergiverser et remettre en cause devant elle une décision à laquelle elle n'a jamais renoncé.
De leur côté, les avocats de la prévenue ont rappelé la révision du Code pénal à l'ordre du jour en Suisse pour décriminaliser l'assistance au suicide. Ils ont souligné l'écart entre les situations réelles et les distinctions juridiques dépassées entre procédures actives ou passives, directes ou indirectes.
ATS