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Cette majolique italienne est considérée comme l’un des 5 chefs d’œuvre du Musée Ariana ! Son décor représente une scène très connue de la mythologie grecque : l'enlèvement d’Hélène. Réputée la plus belle femme au monde, elle fut enlevée par Pâris, ce qui déclencha la guerre de Troie, il y a 33 siècles.
Les peintres des ateliers et manufactures illustraient leurs majoliques en copiant des gravures, dont la large diffusion leur offrait un registre iconographique de premier choix.
La majolique est le terme consacré pour parler de la faïence italienne de la Renaissance (16e siècle). La faïence est une terre cuite recouverte d'un émail stannifère (à base d'étain), qui donne une surface blanche sur laquelle on peut apposer un décor. Enfin la faïence a été mise au point au Moyen-Orient pour imiter la blanche porcelaine chinoise dont on ne connaissait pas le secret.
Le sujet de notre majolique est peint d’après une gravure de Marco Dente da Ravenna (vers 1493–1527), élève de Marcantonio Raimondi (Argius, 1470–Bologne, 1527) dont il reprend la gravure, elle-même inspirée soit d'un dessin de Giulio Romano (Rome, 1499–Mantoue, 1546), soit d’un tableau de Raphaël (Urbino, 1483–Rome, 1520) selon les interprétations.
Il faut d’abord imaginer la difficulté pour un artiste de transposer une gravure monochrome sur une surface irrégulière et bombée comme celle de ce plat. Pourtant, la grande prouesse réside ici dans la maîtrise nécessaire pour poser les couleurs, à main levée, puisque la cuisson de cette faïence requiert ensuite un seul passage au feu. Une erreur lors d’une des étapes de la création et l’œuvre est perdue.
L’histoire d’Hélène et de Pâris est évoquée dans l’Iliade, que le poète Homère aurait composée au 8e siècle avant J.-C. L’épopée se déroule pendant la dernière année de la guerre de Troie pendant laquelle les Achéens, venus de toute la Grèce, et les Troyens s’affrontent. Le chant 3 de l’Iliade rappelle que l’enlèvement d’Hélène est à l’origine de la querelle qui a entraîné cette guerre.
Le Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art et d’histoire de Genève conserve au moins quatre estampes figurant cette même scène, toutes des variantes de la gravure de Marco Dente.
" - Mallet, John V. G. Il pittore del Bacile di Apollo. La maiolica italiana del Cinquecento. Il lustro eugubino e l'istoriato del Ducato di Urbino, 2002, p. 86, fig. 2
- Mariaux, Pierre-Alain. La Majolique. La faïence italienne et son décor dans les collections suisses, XVe-XVIIe siècles. Genève, Skira, 1995, p. 35, repr. coul.
- Blaettler, Roland, ""Acquisitions du Musée Ariana en 1993"", dans Genava, n.s., t. XLII, 1994, p. 228-230, fig. 2"
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