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Au Cambodge, notre équipe s’est aventurée dans un endroit où il nous avait été rapporté qu’il pouvait s’agir d’un abattoir pour chiens. Ces abattoirs sont les principaux fournisseurs de viande des quelques 100 restaurants de la capitale, Phnom Penh, servant de la viande de chien. Il ne nous a pas fallu longtemps pour localiser le premier abattoir, situé juste derrière une clinique dentaire. Malheureusement, nous sommes arrivés une heure trop tard. Aucun signe de vie des chiens, juste des cages rouillées dispersées au sein de la propriété dans lesquelles les chiens avaient été récemment détenus. Une odeur d’excréments et de sang régnait dans l’air, signes des récents massacres ayant eu lieu dans la journée. Après avoir fait le tour de la propriété, nous avons découvert une fosse d’une profondeur d’un mètre, remplie d’une eau sale. Nous savons d’expérience qu’elle a été utilisée pour noyer les chiens piégés dans les cages. Lorsque nous sommes arrivés, les chiens avaient déjà été tués et leurs carcasses expédiées à Phnom Penh. Après avoir questionné les gens au cabinet dentaire, nous avons appris qu’entre 50 et 80 chiens étaient amenés ici chaque jour pour être abattus.
Nous avons rapidement trouvé le second abattoir qui se trouvait juste en bas de la rue. Nous avons garé la voiture le long de la rue principale et avons descendu une allée poussiéreuse. Nous n’en croyions pas nos yeux, mais en face de nous se trouvait une large exploitation de viande de chien composée de zones de séquestration, de zones d’abattage et de zones où la viande était préparée. Il y avait aussi un camion déchargeant de la glace pour refroidir les corps des chiens abattus.
Il est difficilement possible de décrire l’horreur de cet endroit. Il y avait une large cage de métal équipée d’épais barreaux enfoncés dans du ciment qui servait à détenir jusqu’à une centaine de chiens. C’est là que les nouveaux arrivants étaient apparemment détenus en attendant d’être tués. En général, ils sont détenus pendant plusieurs jours alors qu’ils voient les autres chiens se faire massacrer et qu’on ne leur donne ni à manger, ni à boire. Les chiens se trouvant dans la grande cage étaient dans un état catastrophique. Beaucoup d’entre eux étaient gravement blessés, à peine vivants, avec des blessures ouvertes et un chien avait la mâchoire cassée, pendante. Pourtant, malgré sa peine immense, il essayait tout de même de nettoyer un autre chien.
Il y avait aussi de plus petites cages, utilisées uniquement pour les noyades. Les plus petites cages étaient utilisées pour plonger les chiens dans la fosse, située à l’arrière du bâtiment. De façon à pouvoir transférer les chiens de la grande cage vers la plus petite, celle-ci était placée à côté de la plus grande cage, et une petite porte était ensuite ouverte dans la plus grande cage, permettant aux chiens de courir d’une cage à l’autre. La plupart du temps, les chiens étaient tellement apeurés qu’ils n’osaient pas bouger. Pour forcer les chiens à se rendre dans la petite cage, des coups étaient donnés aux chiens à l’aide de barres de fer du haut de la grande cage. Les chiens refusant de bouger étaient battus avec de grands bâtons.
Une fois les petites cages remplies, chacune contenant 15 chiens, elles furent plongées dans l’eau. Pendant au moins 5 minutes, les chiens se sont débattus dans l’eau pour avoir de l’air. Mais jamais aucun chien ne survit. Après 10 ou 15 minutes, les cages furent remontées et les chiens placés dans une large marmite d’eau bouillante afin de retirer leurs fourrures.
Très traumatisés, les chiens dans les cages grognaient et s'attaquaient les uns les autres dans la cage, tentant désespérément de s'échapper. Les entendre nous brisait le cœur et le spectacle était effroyable. Beaucoup des chiens étaient incontestablement des chiens de compagnie volés, soignés et portant encore leurs colliers. Nous avons demandé la provenance des chiens et on nous a indiqué qu’ils venaient de la région de Siem Reap, à environ 6 heures de route au nord.
Nous avons longuement dû négocier avec les propriétaires pour sauver les chiens sur place, mais ceux-ci étaient agacés par notre présence, craignant que nous n’exposions leurs agissements au public et aux autorités. On nous a dit que nous ne pouvions prendre que deux chiens. Nous avons donc dû prendre la décision déchirante de choisir parmi les chiens, tout en sachant la mort horrible qui attendait les autres. Nous avons choisi un chiot qui pleurait désespérément et essayait de sortir de la cage, ainsi qu'un chien qui était auparavant un animal de compagnie, dans l'espoir de trouver un bon foyer pour eux deux.
Nous avons sorti les deux chiens des cages et les avons rapidement mis en sécurité. Ces deux chiens avaient tellement de mal à croire ce qui leur arrivait. Le chiot, Luke, était tellement épuisé par cette épreuve qu'il s'est endormi sur nos genoux quelques minutes après notre retour dans la voiture, quelque chose qu'il n'avait probablement pas pu faire depuis des jours.
L’autre chien, prénommé Lion était gravement traumatisé, probablement en état de choc après cette expérience. Il ne voulait pas s’endormir et luttait pour ne pas fermer les yeux. L'épuisement a finalement eu raison de lui et il s'est assoupi à peu près à mi-chemin en routevers la clinique.
Après environ une heure de route, nous sommes arrivés à la clinique de notre partenaire Animal Rescue Cambodia. Des adoptions ont été organisées pour chaque chien peu de temps après leur sauvetage, leur permettant de se rétablir dans un environnement familial. Lion fut adopté par la mère de notre chauffeur local, une femme très attentionnée et aimant les chiens qui s'occupe maintenant de Lion chez elle à Phnom Penh.
Avant de le placer, nous lui avons donné un bon bain car il était sale, couvert d'urine et d’excréments. Il était encore traumatisé donc nous avons décidé de le garder à la Clinique encore quelques jours pour lui laisser un peu de temps et un peu d’espace pour qu’il puisse mentalement se rétablir avant de rejoindre sa famille d’adoption.
Le chiot, Luke a été adopté par le photographe de QUATRE PATTES. Il est vite passé à autre chose. Le lendemain, il sautait partout, comme un chiot normal et heureux.
Lion a été adopté par la mère de notre chauffeur local, une femme très attentionnée et aimant les chiens qui s'occupe maintenant de Lion chez elle à Phnom Penh.