Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07143.jsonl.gz/161

Dans une grande finale où les occasions de but sont rarement nombreuses, une grande équipe ne vendange pas. Dans une grande finale, une grande équipe n'offre pas de but tout fait à l'adversaire. Dans une grande finale, une grande équipe qui perd rapidement son meilleur joueur n'en perd pas pour autant tous ses moyens. Dans une grande finale, une grande équipe distancée au score ne s'en remet pas à du coaching poste pour poste. Dans une grande finale, enfin, une grande équipe a toujours un minimum de réussite.
En finale de la Ligue Europa, Marseille n'a rien fait de tout cela. A manqué par Valère Germain une occasion immanquable dans les premières minutes. A disparu avec la sortie de son meneur de jeu, devenant un OM sans strass ni Payet. A permis, sur une passe hasardeuse de Mandanda et un contrôle manqué de Zambo Anguissa, à un Atletico inoffensif d'ouvrir le score. A fait entrer un attaquant, Clinton Njie, mais pour remplacer un autre attaquant, Ocampos, plutôt bon jusque-là. A vu enfin une tête croisée de Mitroglou se terminer par un poteau sortant au lieu de rentrant.
Renverser la montagne Atletico en cochant toutes les mauvaises cases, autant vouloir abattre un éléphant avec une tapette à mouches. Surtout un Atletico qui a fait de l'Atletico: pressing incessant, granit défensif, exploitation cynique des moindres failles adverses. Les Matelassiers ne sont pas des poètes, mais en football, et c'est heureux, les armes sont en vente libre.
L'Atletico a respecté à la lettre l'adage voulant qu'une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne. Sans la touche de folie qui transforme les bonnes équipes en grandes, Marseille n'aura fait ni l'un ni l'autre.