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Assez typiquement, les difficultés sociales de nos patients constituent pour les politiques et pour les assureurs une problématique déplaisante. En effet, pour des motifs qui diffèrent mais avec des objectifs convergents, chacune de ces parties est fréquemment amenée à défendre que les ressources nécessaires pour l'atténuation de cette forme de souffrance devraient être dissociées des coûts directement engendrés par la maladie.Dans les hôpitaux en général, la détresse sociale a également une mauvaise réputation auprès des soignants et des administrateurs. Ainsi, cette misère est-elle régulièrement suspecte de compliquer les soins et de prolonger les durées de séjour d'une manière indue.Je ne peux m'empêcher de penser que cette manière de concevoir les besoins des individus concernés induit une forme de sélection des malades et que celle-ci relance bien le débat sur des risques de discrimination. Discrimination entre patients bien insérés et exclus de la société. Discrimination entre vertueux bénéficiaires des aides officielles et coupables de tous les maux. Discrimination entre riches clients imposables à merci et pauvres écartés à volonté. Discrimination entre personnes «bien comme il faut»
et celles qui n'ont plus pris de douche depuis longtemps et qui, de surcroît, ont souvent dû quitter l'école avant l'heure du goûter.Bonne semaine.