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Depuis 2002, les accords bilatéraux entre la Suisse et les Etats-membres de l'UE/AELE sont en vigueur. Depuis lors, les individus ont une plus grande liberté de mouvement au sein de l'Europe; vivre et travailler dans un autre pays est donc devenu significativement plus facile. En février 2009, il s'agira de se prononcer une nouvelle fois par un Oui ou un Non au sujet d'un projet relatif à l'Europe. Et cette fois aussi, la campagne de votation est menée de manière émotionnelle par les opposants. En effet, ces derniers arguent que l'on ouvre ainsi la porte à la main-d'œuvre bon marché et aux criminels. Il ne s'agit absolument pas de cela dans cette votation relative à la reconduction de l'accord sur la libre circulation des personnes et de l'extension à la Roumanie et à la Bulgarie, les nouveaux Etats-membres de l'UE. Il n'y a rien de moins en jeu que notre liberté de nous établir où nous voulons et où nous trouvons une place de travail. Ce principe ne s'applique donc pas seulement au 1.5 millions de ressortissants étrangers qui ont opté pour notre pays mais aussi - et on l'on oublie souvent - aux Suisses et aux Suissesses. En effet, sur les quelque 700'000 citoyens suisses qui vivent à l'étranger, plus de 400'000 sont établis temporairement ou à long terme dans un Etat-membre de l'UE. La possibilité d'acquérir un bagage professionnel à l'étranger constitue en outre une perspective importante pour les jeunes.
La Commission fédérale pour les questions de migration CFM se prononce à l'unanimité en faveur de la reconduction et de l'extension de l'accord sur la libre circulation des personnes. Elle estime que cet accord a fait ses preuves et qu'il n'est pas envisageable de renoncer à tous les progrès réalisés. Il convient bien entendu d'étendre les dispositions de cet accord aux nouveaux Etats-membres de l'UE. Notre pays ne saurait en effet discriminer les ressortissants de deux Etats-membres de l'UE. On rappellera à tous ceux qui craignent une «immigration incontrôlée de main-d'œuvre» qu'aux termes des dispositions sur la libre circulation, seules les personnes qui ont un contrat un travail ou une fortune personnelle pourront obtenir une autorisation de séjour. Par ailleurs, les conditions salariales et de travail sont contrôlées afin d'empêcher tout dumping salarial. La CFM rejette résolument les clichés évoquant les «criminels d'Europe de l'Est» utilisés dans la campagne de votation et visant surtout les Roms et les gens du voyage. On stigmatise ainsi une fois de plus à tort des minorités.
Enfin, la CFM renvoie à l'importance de l'Union européenne en tant que marché et lieu de vie pour 500 millions de personnes. Il est dans l'intérêt de la Suisse de s'y intégrer aussi bien que possible.