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a) Le premier type que nous allons définir est le personnage (Angl. "character"). Il se définit par ses caractéristiques et il est en conséquence une configuration plus ou moins intégré de traits, d'habitudes et de dispositions. Le personnage est très transparent, il est prédictible, car toutes ses manifestations sont "assurées" par ses dispositions. Autrement dit, ses actions ne manifestent que la réponse de sa nature aux stimuli qu'il rencontre. Comme sa nature est publique, on lui porte un intérêt social et pratique, toutefois son évolution peut être disparate: La personalité apparait différamment sous différentes perspectives d'observation, comme elle apparait différamment dans différentes situations. C'est une notion d'acteur de récit très typique. Il permet une concentration sur l'intrigue, sur la combinaison des événements qui sont une fonction des personnages, des circonstances et du hasard. Il correspond en outre assez bien au type d'acteur qu'on dégage intuitivement dans le récit Ia.
b) Le caractère (Angl. "figure") est un soustype du personnage. Au lieu d'être défini par quelques traits, il l'est uniquement par sa fonction dans le récit. Parfois il est une entité allégorique (crée pour la première fois en dehors du récit) comme le rôle social typique ou encore le trait de caractère typique. Une figure est donc toujours une idéalisation, car ce ne sont que ses identités figuratives qui forment l'ordre et la signification de son expérience. Ces expériences sont en retour une fonction de l'intrigue qui elle, simplement exige que certaines actions aient certains agents. C'est l'acteur qu'on trouve dans l'analyse formelle de l'intrigue de Brémond: Les "rôles" de l'acteur et les processus d'action qu'on dégage dans une analyse sont inextricablement connectées.
c) L'acteur type le plus important pour l'analyse du récit politique est à mon avis la personne (ou personalité, Angl. person). Historiquement parlé, ce concept évoluait de la littérature chrétienne et du Droit. La personne est une unité de choix et d'action, car elle a une résponsabilité légale (et juridique) et elle est jugée moralement. Toutefois l'identié de la personne est double; elle est à la fois une essence (bien qu'on sache peu sur son contenu) et un ensemble de rôles jugés appropriés entre lesquelles elle peut et doit choisir. Cette dualité (qui est souvent au centre du débat sociologique) qui ne permet pas de placer exactement le lieu d'intention permettait en conséquence l'emergence des deux types suivantes beaucoup plus pûrs.
d-e) Un acteur en dehors du drama social est une entité composé d'une âme et d'un esprit. Toute décision devient décision interne. Cette agence sans attachement physiques et sociaux, où l'esprit est la seule porte vers le réel, se trouve en contraste marqué avec l'acteur constitué par un soi social (Angl: selves). Le soi social est surtout défini par ses possesions et par ce qu'il a réussi: Son identité est la possession de ses expériences. On juge un soi social au niveau politique et économique, car il agit en fonctions de ses pouvoirs et ses obligations sociales. Comme le type précedent, il s'agit d'un type très pur, il lui manque un "processus" comme au premier l'attachement physique et social.
f) L'individu est un concept opposité à celui du du caractère (de la "figure"). Il refuse d'être "typé", en prétendant qu'il est indivisible. Il ne dispose pas seulement d'une conscience comme la personne, mais il est conscient de ce fait. Ainsi surtout en littérature on voit des récits, ou l'acteur peut formuler son autonomie (et sa dépendance) de la société au point de rompre le contacte avec cette dernière. En outre il unit le principe de choix (âme/esprit) et de propriété (soi social), autrement dit, il est la personne devenue consciente de soi. Ce modèle correspond au modèle idéale de l'intelligence artificielle ou enore à l'acteur - autobiographe.
g) Finalement Rorty distingue la présence, une sorte d'individu littéraire qui n'a plus besoin d'affirmer son indentité. Comme certains saints elle est sans le devoir de faire des expériences, d'avoir des possesions, etc; elle n'a pas de volonté exlicite, ne doit pas choisir de rôles, elle fait simplement. Il me semble qu'on retrouve éventuellement une telle présence dans certains récit non-littéraires dans des acteurs collectives comme l'opinion publique ou encore la majorité silentieuse, bien qu'elles aient des qualités beaucoup plus restraintes.
Il est clair que la plupart des acteurs apparaissant dans le récit et dans d'autre narrations ne représentent pas un type pur. On peut toutefois dégager une domination du modèle de la personne, de l'individu qui choisi et agit. Toutefois elle est aussi caractére, ésprit, soi et individu, dans la mesure, où elle a ses traits typiques, sa capacité de rélexion, ses possessions, et son individualité consciente. Beaucoup dépend en effet de l'attitude du récepteur. Par exemple pour un Américain du middle-west qui ne connait pas la Suisse, les acteurs du récit Ia seraient peut-être des personnages, mais pour un Suisse ce sont certainement des personnes. D'autre part il est vrai que le producteur l'intrigue. littéraire ou "naturel" choisit de préférer implicitement ou explicitement un type d'acteur sur un autre. Dans le même récit on peut parfois trouver des différents types. Ces décisions reflètent un peu une certaine vision du monde, mais elle sont aussi (et partiellement en conséquence) fonction du message et du but du texte, car la capactié et les caractéristiques qu'on attribue aux acteurs du récit déterminent dans une certaine mesure l'interprétation du texte. Finalement il serait faux de surestimer la décision de présenter un acteur dans un telle ou telle forme. Surtout en ce qui concerne le récit non-littéraire, un récepteur a une conception préformé des acteurs en question (ou en tous cas de leur genre) qui déterminent aussi l'interprétation. Dans le paragraphe suivant on examinera plus en détail le rapport entre acteur et récit qui nous donnera finalement une conception plus précise de l'acteur du récit.