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À l'heure où les tarifs sont ajustés à la hausse pour permettre de couvrir, selon la volonté des autorités politiques, environ la moitié des charges des tpg, il n'est pas inutile de rembobiner un peu le film et de voir comment cette question très sensible a évolué au cours des dernières années.
Avec une modernisation de la flotte, une augmentation du nombre de kilomètres parcourus et de la fréquence de passage aux arrêts des véhicules, il est normal que le prix des titres de transport évolue pour suivre l'accroissement des charges d'investissement et de fonctionnement de l'entreprise. La question de savoir quelle proportion de ce prix doit être couverte par la billetterie et quelle autre par la subvention cantonale est de la compétence exclusive du Conseil d'Etat et du Grand Conseil. Il convient aussi de remettre les choses dans leur juste contexte et de rappeler qu'on ne peut pas comparer le Tout Genève 1 heure plein tarif à CHF 3,50 de 2012 à un ticket "zone urbaine uniquement" à 40 c. de 1962, année de passage à la tarification unique, où une taxe unique de montée – quelle que soit la longueur ou la durée du trajet – était perçue sur les réseaux urbains et suburbains avec acquittement d'une demi-unité supplémentaire à chaque changement de zone (transbordements non autorisés) et où les tarifs pour les trajets sur le réseau de campagne dépendaient de la distance parcourue en dehors des zones urbaine ou suburbaine et étaient donc plus élevés plus on s'éloignait du centre-ville.
Evolution du contenu des billets
De 1962 à 1971, période pendant laquelle les billets ne permettaient pas les transbordements ou les interruptions de parcours, on vendait des trajets. Le coût des billets était fonction du trajet parcouru et tenait donc compte du lieu de départ et de celui d'arrivée. Aucune notion de temps n'était attachée à la validité du billet.
Dès 1972, la libre circulation est autorisée en zone urbaine pour une durée de 60 minutes. On commence à vendre du temps de circulation. Pour les destinations en campagne, on continue à vendre des trajets. De 1972 à 1986, le prix du ticket pour les lignes de campagne dépend des lieux d'origine et de destination. De 1987 à 1994, les voyageurs s'acquittent d'un montant fixe pour le tronçon urbain auxquels ils ajoutent une taxe par nombre de zones traversées.
Tableau de comparaison de 1962 à 2012 en francs constants
Entre 1995 et 2003, les zones sont réorganisées et les prix des titres de transports réadaptés aux nouvelles donnes. Les clients peuvent soit se munir d'un ticket valable 60 minutes sur la seule zone 10 (subdivisée en zone 11 et 12 dès 2001), soit d'un ticket valable 90 minutes sur l'ensemble des zones situées à l'intérieur du canton de Genève. L'aire de validité de ce dernier ticket correspond à celle du ticket "Tout Genève" entré en vigueur en 2004, au profit duquel il a été abandonné (car moins cher pour les passagers) et dont la durée de validité est de 60 minutes. L'avantage du billet de 90 minutes est qu'il permettait bel et bien de traverser l'ensemble du canton pendant toute sa durée de validité. Il était surtout destiné aux gens habitant très loin du centre-ville. Pour le remplacer, un billet "Régional" est mis en circulation pour relier les arrêts situés sur France et dans le canton de Vaud à Genève.
CHF 3.50, SI CHER QUE ÇA ?
Pour arriver à un équivalent du Tout Genève en 1962 (en rappelant qu'il y avait moins de lignes, moins de fréquence et pas de partenariat unireso à l'époque), il faudrait additionner le prix de l'ensemble des billets nécessaires à la réalisation du trajet. On arriverait ainsi pour un trajet Hermance-Bernex à un coût total des billets de CHF 1,80, soit Hermance-Rive (CHF 1,20) + Rive-Bernex (CHF 0,60). Or, il faut se rappeler que le coût de la vie était bien différent. Ainsi, les CHF 1,80 de 1962 ne correspondent pas à CHF 1,80 aujourd'hui mais à environ CHF 7,20 ! Alors, en 2012, avec CHF 3,50 pour le "Tout Genève" pendant 1h avec la possibilité d'utiliser les véhicules des partenaires unireso contre un CHF 7,20 pour un "Tout Genève" sans Mouettes, sans CFF et avec moins de véhicules et donc moins de fréquences, peut-on vraiment dire que les passagers d'aujourd'hui se font avoir ?