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Constructing Identity: Visual, Spatial, and Literary Cultures in Lombardy, 14th to 16th Centuries
Project Summary
The project aims to analyse a period of the history of Lombardy, from the 14th to the beginning of the 16th century, which saw the establishment of the region as a distinct political and cultural entity. Focusing on this particular geographical area, the project will study an exemplary case of the construction of a cultural identity, whose cultural repercussions still resonate in present-day Italy. As part of a potent political project it has been sustained by complex mechanisms of self-representation and the imposition of a prestige taste. The investigation proposes both an archaeological examination of cultural identities and an investigation of cultural signifiers, objects, and expressive forms of the past; it also interrogates the objective status of interpretations transmitted from the past. Finally, it aims to taxonomize the temporal and stylistic phases of the historical process, deconstructing indeed the historiographic trajectories which have sustained this vision of the past until the present day.
Subprojet de l’Université de Genève
Shifts of Identity. Lombardy and France, and the Duchy’s End
Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’histoire de l’art manifeste une méfiance croissante à l’encontre de la notion statique d’école, déterminée par le découpage fluctuant des frontières régionales et nationales. Elle cherche désormais à reconstruire toute la dynamique des échanges artistiques propres à un contexte particulier, en articulant la géographie artistique à une histoire économique et sociale de l’art. Pour la fin du Moyen Age et le début de l’époque moderne, une attention particulière a été accorée d’une part à des unités géographiques immuables telles que la Méditerranée ou les Alpes, d’autre part à des axes européens comme celui qui relie la Flandre à l’Italie.
Dans ce contexte, les relations artistiques entre la France et l’Italie n’ont curieusement suscité qu’un intérêt marginal, focalisé sur l’itinéraire individuel de Jean Fouquet, sur la culture méditerranéenne de la Provence ou sur l’impact des campagnes italiennes menées par les rois de France Charles VIII puis Louis XII. Discontinues, elles semblent décourager toute tentative de synthèse et mettent en évidence les limites d’une géographie artistique qui, conditionnée par l’idée sous-jacente d’une communauté européenne, tend à gommer les particularités politiques, les identités culturelles construites précisément à ce moment-là dans une Italie morcelée. Il paraît donc plus pertinent de les appréhender aujourd’hui en partant d’un foyer particulier tel que Rome ou un état politiquement déterminé tel que la République de Gênes ou le duché de Milan.
Les échanges artistiques entre le duché de Milan et le royaume de France présentent un enjeu majeur pour analyser les mécanismes attachés à la formation d’identités culturelles. Ils ont fait récemment l’objet de quelques études historiques, concentrées essentiellement sur la période de l’occupation française de Milan entre 1499 et 1512. De manière à saisir pleinement la question des identités, notre projet se propose de les aborder dans un cadre chronologique plus large qui se subdivise en deux parties consécutives et néanmoins complémentaires. La première, qui correspond au règne des Sforza (1450-1499), est définie par une certaine concurrence des deux cours, assimilant chacune à la manière le paradigme bourguignon. La seconde, qui coïncide à la période discontinue de l’occupation française (1499-1521), voit s’affirmer le paradigme lombard, modèle culturel qui s’exprime essentiellement dans la peinture et que les Français vont rapidement s’approprier.