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L’objectif de l’indice genevois des prix à la consommation est de mesurer l’évolution du niveau général des prix à la consommation dans le canton de Genève. Il enregistre la variation des prix de la quasi-totalité des biens et services consommés par les ménages entre une période de base et une période variable (mois courant). Il synthétise, en un seul chiffre, une multitude de variations de prix élémentaires en accordant à chaque bien et à chaque service l’importance qu’ils ont dans le budget des consommateurs. Cet indicateur ne mesure ni le niveau absolu des prix, ni le coût de la vie, ni le niveau de vie, ni l'évolution de ces deux derniers. Il n’est pas non plus un indice de pouvoir d’achat, celui-ci étant un rapport entre un indice de revenu et un indice de prix.
La structure du panier type se base sur la nomenclature des produits de la COICOP (Classification of Individual Consumption by Purpose), utilisée au niveau international dans différents domaines. Cette structure fait l'objet de modifications lors de chaque révision de l'indice. Ainsi, à partir de décembre 2015, le panier type est constitué de 12 groupes principaux, qui se répartissent en 122 groupes de produits. Ceux-ci sont subdivisés en 267 postes de dépenses, partagés en plus de 1 100 variétés. Les postes de dépenses constituent les dernières rubriques du panier type encore pondérées, et les variétés désignent les biens et services dont les prix sont effectivement relevés.
Afin de refléter le plus fidèlement possible la réalité économique, les pondérations du panier type sont adaptées chaque année aux nouvelles habitudes de consommation des ménages.
Les pondérations appliquées au calcul de l’indice des prix à la consommation se fondent principalement sur les résultats de l’enquête sur le budget des ménages (EBM), menée auprès d’un échantillon aléatoire de ménages en Suisse. Les dépenses de ces ménages sont extrapolées pour obtenir la structure moyenne des dépenses de consommation à l’échelon suisse. Les différentes positions du panier type de l’indice des prix à la consommation sont ensuite pondérées à partir de cette structure.
Pour tous les biens et services autres que les loyers, l’indice suisse des prix à la consommation (IPC), calculé par l’Office fédéral de la statistique (OFS), et l’indice genevois des prix à la consommation ont un champ d’observation, une structure, des pondérations (à quelques détails près), une base et un mode de calcul identiques. Les différences ne portent essentiellement que sur les prix observés : lorsque le mouvement des prix est tributaire de caractéristiques cantonales (tels les tarifs des transports publics, ceux de l'énergie, des services hospitaliers ou ceux des restaurants), alors l'indice genevois repose sur des données recueillies dans le canton. Dans le cas contraire, les prix observés correspondent à des moyennes nationales. Concernant les loyers, l’OFS calcule un indice purement national qui entre dans l’indice suisse des prix à la consommation. Pour le canton de Genève, c’est l’indice des loyers provenant de la statistique cantonale des loyers qui est pris en compte dans l’indice genevois des prix à la consommation.
Les relevés de prix sont effectués de façon mensuelle pour la majorité du panier type de l'indice des prix à la consommation. Certains relevés, comme ceux des loyers des logements et des garages, sont enregistrés à un rythme trimestriel. Enfin, les prix administrés - par exemple, les tarifs du gaz, de l'électricité, des services postaux ou encore des transports publics - sont recueillis de façon apériodique. La cadence des relevés des prix des produits pétroliers est bimensuelle (au début et au milieu du mois).
L’indice genevois des prix à la consommation est calculé depuis septembre 1966. Il a été révisé, comme l’indice suisse, en septembre 1977, décembre 1982 (révision partielle), mai 1993, mai 2000, décembre 2005, décembre 2010 et décembre 2015.
L'indice des prix à la consommation mesure la variation des prix entre deux périodes, en valeur relative. A titre illustratif, lorsque que l'indice passe de 110,0 en janvier à 130,0 en décembre, cela signifie qu'entre janvier et décembre les prix ont, dans l'ensemble, augmenté de 18,2 %.
Dans cet exemple, on dira que l'indice du mois de janvier 2010 correspond à l'indice de la période de base (ou de référence) et l'indice de décembre 2010 à l'indice de la période courante.
De façon générale, une variation relative des prix, en pour-cent, s'obtient en rapportant (en divisant) l'indice de la période courante à l'indice de la période de base :
Quand la période de base et la période courante correspondent à deux mois successifs, on parlera de variation mensuelle.
Lorsque la période courante correspond à un mois donné de l'année t et la période de base au mois de décembre de l'année t-1, on parlera de variation depuis le début de l'année.
Si la période courante correspond à un mois donné de l'année t et la période de base au mois correspondant de l'année t-1, on parlera de variation annuelle.
La variation annuelle moyenne est obtenue en effectuant le rapport entre la moyenne (arithmétique) des indices de douze mois successifs et la moyenne des indices des douze mois qui les précèdent.
Soit, par exemple, quand l'année t est terminée :
Comme l'indice des prix à la consommation est calculé chaque mois, il n'est pas nécessaire que l'année soit terminée pour établir une variation annuelle moyenne (laquelle chevauchera alors les années civiles).
L'année terminée, la question traditionnelle est de savoir de combien les prix ont varié en un an, en pour cent. En reprenant, par exemple, les chiffres établis au terme de 2008, on reformulera l'interrogation ainsi : de combien les prix ont-ils varié en 2008, en pour cent ?
Selon la variation annuelle, soit en comparant l'indice de décembre 2008 (période courante) à l'indice de décembre 2007 (période de base), la hausse des prix se fixe à 0,7 % en 2008. Selon la variation annuelle moyenne, soit en comparant la moyenne des indices des douze mois de 2008 à la moyenne des douze indices de 2007, la hausse des prix des prix se fixe à 2,6 % en 2008. Devant pareille différence, peu commune il est vrai, on peut légitimement se demande quelle approche est la meilleure ? Aucune, car les deux calculs ne fournissent pas la même information.
De manière générale, l’indice peut fluctuer de manière sensible au fil des mois, à la hausse comme à la baisse. La prise en compte des actions de promotion et des soldes ainsi que les mouvements parfois brusques des prix des produits pétroliers expliquent souvent ces fluctuations ponctuelles. Ainsi, la variation annuelle calculée au fil des mois peut elle-même fluctuer de manière assez sensible.
En 2008, l’indice a notablement augmenté au premier semestre, pour se replier en fin d’année. Cela explique l’écart entre les deux types de variation. La variation annuelle de 0,7 % précitée reflète l’augmentation enregistrée entre décembre 2007 et décembre 2008, intégrant l’écart de niveau général des prix entre ces deux mois seulement.
En revanche, la variation annuelle moyenne est plus stable, car elle repose sur 24 indices mensuels. Son calcul tient compte du niveau général des prix de l’ensemble de l’année 2008 et le rapporte à celui de l’ensemble de l’année 2007. Elle est beaucoup moins sujette à des fluctuations ponctuelles des prix que la simple variation annuelle et permet un lissage de l’évolution des prix.
En matière d'indexation, l'usage – largement établi – consiste à appliquer au montant à adapter (une pension alimentaire, un salaire, etc.) la variation annuelle de l'indice des prix à la consommation, les indices prix considérés étant souvent ceux de décembre.
On pourrait imaginer utiliser la variation annuelle moyenne. Dans le contexte d'une procédure d'indexation annuelle, cette option offrirait l'avantage de ne pas devoir choisir un mois de référence particulier. Le désavantage de la variation annuelle moyenne est qu'en période de turbulences, elle demeure toujours en retard sur l'actualité en raison de l'effet report évoqué ci-dessus.
Pour procéder à l'indexation d'un montant, il importe, avant tout, d'opter pour une pratique constante. Une pratique qui changerait au gré des résultats ne serait pas admissible.
Enfin, lors d'indexations annuelles successives, il est préférable de toujours adapter le montant d'origine (de l'année 2000, par exemple) avec le dernier indice connu (de l'année 2008 par exemple), plutôt que de prendre le dernier montant indexé (de l'année 2007) auquel on affecte la dernière variation annuelle (moyenne ou non) connue (celle établie entre 2007 et 2008).
L'OCSTAT offre à l'usager la possibilité d'indexer automatiquement lui-même un montant quelconque à l'adresse suivante :
http://www.ge.ch/statistique/prestations/calcul_indice.asp
La délimitation des biens et services à inclure dans le panier type se fonde sur l'agrégat de la consommation privée, tel que le définit la comptabilité nationale. Les primes d'assurance-maladie ne font pas partie de cet agrégat mais correspondent à des transferts versés aux assurances par les ménages; en cas de prestations, la majorité de ces versements sont restitués en guise d'indemnisation. Les services médicaux contenus dans le panier type de l'IPC (prestations médicales, dentaires, hospitalières, médicaments, etc.) font, elles, partie de la consommation privée. L'assurance-maladie sert à financer cette consommation. La délimitation décrite ci-dessus est appliquée dans la pratique internationale.
S'ajoute à cela le fait que l'évolution des primes d'assurance-maladie ne dépend pas seulement des prix pratiqués dans le secteur de la santé, mais aussi de la fréquence à laquelle on recourt aux prestations correspondantes. Même à prix constants, les coûts augmentent, et avec eux les primes d'assurance-maladie, à mesure que la fréquence des consultations médicales et des séjours hospitaliers s'accroît et que les examens médicaux et les thérapies se compliquent. Cet effet quantité est plus ou moins marqué et ne correspond pas au but de l'indice des prix à la consommation, qui consiste à mesurer l'évolution pure des prix.
Ces constatations d'ordre méthodologique et conceptuel mises à part, il ne fait aucun doute que l'augmentation croissante des primes d'assurance-maladie observée depuis quelque temps alourdit encore davantage les budgets des ménages. Pour y remédier, il ne s'agit pas de modifier l'indice des prix à la consommation pour mesurer l'évolution des prix, mais plutôt d'en tenir compte lors de l'application de la politique économique, dans le cadre notamment des négociations salariales ou de l'adaptation des rentes.
C'est pour fournir aux utilisateurs de l'indice les informations nécessaires qu'il existe, depuis 2000, parallèlement à l'IPC, un indice des primes d'assurance-maladie (IPAM), qui traduit l'évolution des primes de l'assurance-maladie obligatoire et de l'assurance-maladie complémentaire facultative. L'IPAM est calculé par l'OFS. La publication de cet indice est accompagnée d'une estimation de l'impact de l'évolution des primes sur le revenu disponible des ménages.
Notons que la révision des ordonnances relatives à la loi sur l'assurance-maladie (LAMal) a affecté la comparabilité des primes à partir de 2004, raison pour laquelle l'OFS a, depuis lors, adapté la manière de prendre en considération les primes de l'assurance de base dans l'IPAM. Depuis 2004, l'OFS se fonde dans ses calculs sur l'estimation de l'évolution des primes effectuée par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) pour l'année courante. L'estimation de l'OFSP repose sur l'ensemble des contrats d'assurance-maladie d'une année et tient donc compte des primes de tous les groupes d'âges, ainsi que de tous les produits (franchises, éventuels systèmes de bonus tels HMO, modèle de médecin, etc.). L'évolution des primes reflète ainsi fidèlement la réalité, puisqu'elle tient compte des effets d'éventuelles modifications des dispositions légales.
Pour mesurer les dépenses, un indice des prix à la consommation se fonde généralement sur le concept d'acquisition. Le prix considéré correspond donc au prix d'achat actuel d'un bien. Au contraire, un indice du coût de la vie assimile la consommation d'un bien à son utilisation. Idéalement, ce n'est donc pas le prix d'achat, mais le prix " d'utilisation " (procurant une utilité équivalente) qu'il faudrait considérer pour les biens durables, soit pour le flux de services fournis par ces biens durant un certain laps de temps.
Le concept de l'indice du coût de la vie est convaincant en théorie mais ne peut guère être appliqué directement dans la pratique, l'utilité d'un bien ou d'un service n'étant pas mesurable. Il est toutefois possible de s'en approcher grâce à des données, des techniques d'enquête et des méthodes de calcul adaptées. Le meilleur instrument de mesure du renchérissement est-il à rechercher dans un indice des prix ou dans un indice du coût de la vie ? On ne peut répondre à cette question indépendamment du but visé. Dans l'ensemble, le point de vue qui prévaut est qu'un indice du coût de la vie serait plus adapté à l'indexation des salaires et des rentes, alors qu'un indice des prix à la consommation se prêterait mieux à la mesure de l'inflation et à l'observation conjoncturelle et économique.