Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07003.jsonl.gz/787

Polaroïd 00 : 30
A propos des propos de Maître Marc Bonnant.
Le verbe est toujours lourd, la syntaxe agglutinante et la sémantique délicieusement indigeste. Mieux, excluante. Oui, le propos est ironique. Maître Bonnant n'est pas maître d'école, encore moins maîtresse de maison. La hausse du coût de l'assurance-maladie? Imputable à une bande de gueux dont les responsabilités sont inversement corrélées à leur propension à tomber malade. Les bonnes? Bonnes à être troussées. Dieu? Un fantasme qui, par essence, n'existe pas mais qui se désire. Le droit à l'oubli? Un mythe. L'Islam? L'autre.
Maître Bonnant n'est pas maître d'école, encore moins maîtresse de maison. Ils l'abhorrent, je crains qu'il ne s'en moque. Le politiquement correct l'insupporte autant qu'un ornitophobiaque, aux psittacus cela va de soit. Paradoxalement pour un homme de planches et de parquets, l'homme est étymologiquement obscène. Pense-t-il ce qu'il dit? Dit-il ce qu'il pense? Je n'en sais rien. "Au début, l'étonnement" disait Jeanne Hersch.
Je ne sais toujours pas s'il faut s'inquiéter pour Marc Bonnant de n'avoir suscité que si peu de réactions, ou s'inquiéter tout court. S'alarmer que le polémiste n'excite plus aucuns filaments épidermiques, synonyme d'aphasie collective. Ou de pythie annonciatrice d'une déchéance annoncée. Celle-là même qui proférait frénétiquement ce cri: Maître Bonnant n'est pas maître d'école, encore moins maîtresse de maison.