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Définition
Le rôle de la transpiration est de concourir à la régulation thermique afin de maintenir la température du corps à la valeur stable de 37°C. On parle d’hyperhidrose lorsque la quantité de sueur produite dépasse de façon considérable le volume requis pour la thermorégulation.
Glandes sudorales eccrines et apocrines
Les glandes sudorales eccrines sont pratiquement présentes sur toute la surface de la peau. Les glandes sudorales apocrines, quant à elles, sont uniquement présentes dans certaines régions cutanées (aisselles, mamelons, régions génitale et anale).
Les glandes sudoripares, qui secrètent la sueur, semblent être en nombre normal mais produisant un volume plus important de liquides.
Composition de la sécrétion sudorale
Eau (99%), chlorure de sodium (sel), urée, protéines, acides gras volatils, ammoniac, androgènes.
Prévalence
Ce symptôme toucherait environ 3 % de la population aux États-Unis et 1 % au Royaume-Uni. En Suisse, environ 2-4% de la population en est atteinte. Ses effets délétères sur les relations sociales, les activités de la vie quotidienne et certaines activités professionnelles ont été mis en évidence ; ils conduisent à une moindre qualité de vie pour les patients atteints. L’hyperhidrose est plus rare chez la personne âgée. Il existe des formes familiales suggérant une participation génétique.
Les glandes sudoripares, qui secrètent la sueur, semblent être en nombre normal mais produisant un volume plus important de liquides.
Dans 90% des cas, l’hyperhidrose est localisée, bilatérale, relativement symétrique et de localisation le plus souvent axillaire, palmaire ou plantaire.
Cause
L’hyperhidrose peut également être une manifestation associée à de nombreuses maladies ou à des troubles du système nerveux. On distingue l’hyperhidrose primaire et l’hyperhidrose secondaire.
Le plus souvent, l’hyperhidrose est dite «essentielle ou primaire», c’est-à-dire, sans cause retrouvée. Elle est alors définie par la gêne occasionnée. En cas d’hyperhidrose primaire, une sécrétion sudorale accrue se produit au niveau de la paume des mains, de la plante des pieds ou des aisselles. L’hyperhidrose est en partie héréditaire et débute normalement à la puberté. Des stimuli émotionnels et la chaleur peuvent déclencher une production accrue de sueur.
L’hyperhidrose secondaire se manifeste généralement par une transpiration excessive sur tout le corps. Elle peut être la conséquence des conditions suivants:
- Des maladies endocriniennes comme l’hyperthyroïdie, le diabète sucré ou les troubles hormonaux, syndrome carcinoïde, phéochromocytome, acromégalie, etc.
- Des médicaments (bêta-bloquants, antidépresseurs).
- Des aliments comme les épices fortes, le café, le chocolat ou le beurre de cacahuète.
- Intoxication à certains produits (alcool, héroïne…)
- Anxiété
- Obésité
- Lymphomes ou leucémies
Options Thérapeutiques
Une hyperhidrose généralisée se manifestant sur tout le corps doit faire l’objet d’une consultation médicale pour éventuellement détecter la maladie sous-jacente ou identifier les médicaments en cause.
Différentes options sont disponibles pour traiter l’hyperhidrose localisée:
1 – Sels d’aluminium
- Le chlorure d’aluminium produit une contraction du canal excréteur des glandes sudorales. Il engendre une atrophie passagère du tissu des glandes sudorales eccrines. Son action dure environ 3-4 semaines.
- En cas d’hyperhidrose importante, il est recommandé d’utiliser une solution de chlorure d’aluminium à 10-25%.
- Ces préparations devraient être appliquées le soir. Elles doivent être employées quotidiennement au début et l’application doit être poursuivie jusqu’à ce que la transpiration se normalise. Après un certain temps, la fréquence d’application peut être réduite à 2-3 fois par semaine.
- L’effet secondaire plus fréquent est la sensation de brûlure aux zones appliquées.
2 – Ionophorèse
- Pour traiter l’hyperhidrose, un courant continu (15-20 mA) est conduit, au moyen de bains d’eau, à travers les deux mains, les aisselles ou les pieds.
- Après 5-10 séances (chaque séance dure 20-30 minutes), une anhidrose (réduction de la sécrétion sudorale), qui dure des jours voire des mois, est obtenue.
- Le traitement doit être répété à intervalles réguliers
3 – Toxine botulique
- C’est un des meilleurs traitements pour l’hyperhidrose localisée, notamment les aisselles.
- Cette neurotoxine est très efficace. Elle inhibe la libération d’acétylcholine et bloque sélectivement la transmission des influx nerveux. Il en résulte une réduction de la sécrétion sudorale.
- La toxine botulique est administrée par injection. Le traitement des aisselles ainsi que de certaines zones localisées du visage ou du tronc ne pose aucun problème. Les injections dans la main ou les pieds nécessitent une anesthésie locale préalable.
- La réduction de la sécrétion sudorale peut durer jusqu’à un an et demi.
- En raison de la toxicité du médicament, le traitement doit être effectué par un médecin expérimenté dans la manipulation de la toxine.
4 – Chirurgie
Depuis la disponibilité de la toxine botulique A, les interventions chirurgicales ne présentent plus de grand intérêt. Ces opérations consistent à réséquer les zones de sécrétion sudorale les plus actives ou les fibres nerveuses qui influencent la sécrétion sudorale.
5 – Traitement médicamenteux
On peut bénéficier de traitements médicamenteux par voie orale mais ils sont mal tolérés compte tenu des effets indésirables importants comme la sécheresse buccale, les troubles de l’accommodation (aptitude d‘ajuster de la puissance oculaire pour voir de près et de loin), la tachycardie ainsi que les troubles gastro-intestinaux et vésicaux.
Approche thérapeutique en cas d’hyperhidrose axillaire et palmaire:
Référence: