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Le Tribunal fédéral accorde l'entraide judiciaire au Parquet de Bonn et juge irrecevable le recours déposé par le cycliste allemand, suspecté de dopage et d'escroquerie.
Domicilié en Suisse, Jan Ullrich se refusait à fournir des extraits bancaires à la justice de son pays.
Selon la justice allemande, Jan Ullrich aurait eu dès 2003 d'étroits contacts avec le réseau de dopage sanguin du médecin espagnol Eufemiano Fuentes. En l'absence d'une législation antidopage, il est suspecté d'escroquerie et son manager belge Rudy Pevenage de complicité d'escroquerie.
Bien que le vainqueur du Tour de France 1997 ait toujours nié connaître le médecin espagnol (dont le procès commence cet été), il est soupçonné de lui avoir versé de l'argent. Ce que le Parquet de Bonn pourra déterminer une fois qu'il aura accès à ses extraits de compte auprès du Crédit Suisse de Kreuzlingen (Thurgovie), où il réside.
L'équipe T-Mobile, qui a résilié tous ses contrats avec le cycliste, a déposé plainte pénale. En 2004 et 2005, elle lui avait versé une manne publicitaire de 1,3 million d'euros. Tous les contrats signés avec le coureur excluaient la moindre infraction à l'interdiction de dopage.
Conditions réunies
Le Tribunal fédéral (TF) a annoncé lundi que les conditions de l'entraide judiciaire sont réunies. Il n'est pas nécessaire de déterminer si le dopage peut être assimilé, en droit suisse, à de l'escroquerie.
La Cour confirme donc la décision du Ministère public thurgovien, qui avait ordonné en janvier dernier l'accès aux documents bancaires, pour la période allant du 1er janvier 2003 au 30 juin 2006, de l'ancien capitaine de T-Mobile.
Le coureur avait déposé un recours en mai auprès du Tribunal pénal fédéral à Bellinzone, mais celui-ci a confirmé la décision du Ministère public thurgovien d'aider le Parquet de Bonn.
Le TF a précisé lundi que, comme il s'agit d'une «petite entraide judiciaire», il suffit que les faits reprochés au coureur tombent sous le coup d'une seule disposition pénale pour que la condition de la double incrimination soit satisfaite.
Le dopage, relève le TF, est réprimé par la loi fédérale sur l'encouragement de la gymnastique et des sports. Débouté, l'ex-vainqueur du Tour de France devra payer 2000 francs d'émolument judiciaire.
Le procureur général de Thurgovie, Hans Ruedi Graf, ajoute qu'il va également prendre contact avec l'avocat du coureur pour savoir s'il peut aussi transmettre au Parquet de Bonn le produit d'une perquisition effectuée en septembre dernier au domicile de Jan Ullrich.
«Condamné avant d'être jugé»
En février dernier, Jan Ullrich, unique vainqueur allemand du Tour de France, a encore protesté de son innocence en annonçant qu'il mettait fin à sa carrière de coureur professionnel.
«Je n'ai jamais triché de toute ma carrière», avait-il assuré, en indiquant qu'il n'avait «toujours pas compris» son exclusion du Tour de France 2006. «Ma vie sportive s'est écroulée» ce jour-là, a-t-il dit, se plaignant d'avoir été «condamné avant d'être jugé».
swissinfo et les agences
Jan Ullrich
Jan Ullrich, 33 ans, a été cinq fois 2e du Tour de France.
En 1997, il a été le premier Allemand à remporter la Grande Boucle.
Il a aussi été double Champion du monde du contre-la-montre en 1999 et 2001.
Il a été exclu du Tour de France 2006, quelques heures avant le départ, soupçonné d'être impliqué dans un réseau de dopage.
En février 2007, il a annoncé qu'il mettait fin à sa carrière de coureur professionnel.
En l'absence d'une législation antidopage en Allemagne, l'ancien capitaine de T-Mobile fait l'objet d'une plainte pour escroquerie instruite par le parquet de Bonn.