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Autres termes
- Ophtalmopathie dysthyroïdienne
- Maladie thyroïdienne des yeux
Définition
L’ophtalmopathie thyroïdienne, qui concerne plus souvent les femmes que les hommes, correspond aux divers troubles ophtalmologiques rencontrés dans le cas de maladies thyroïdiennes liées à des atteintes auto-immunes. Lorsque le système immunitaire attaque la thyroïde, il peut en effet arriver que les tissus orbitaires subissent également cette attaque. Dans ce cas, un œdème touchant les composantes adipeuse et musculaire de l’orbite survient, ainsi qu’une infiltration lympho-monocytaire et une contracture des muscles extra-oculaires qui provoque une réduction de la mobilité des yeux. Le volume tissulaire (adipeux et musculaire) augmente, ce qui provoque une exophtalmie (saillie du globe oculaire hors de l’orbite), et dans les cas graves, une compression du nerf optique qui peut mener à son endommagement définitif.
Causes
Dans la plupart des cas, l’ophtalmopathie thyroïdienne est liée à de trop importants niveaux d’hormones thyroïdiennes, ce qu’on appelle hyperthyroïdie, mais dans 10% des cas, elle peut également être liée à de trop faibles niveaux hormonaux, ce qu’on appelle alors hypothyroïdie. Dans 85 à 90% des cas, la maladie de Basedow est liée à la survenue de cette pathologie.
Le seul facteur de risque est le tabac, qui semble augmenter le risque de complications et de récidives.
Symptômes
Divers symptômes peuvent laisser penser à une ophtalmopathie thyroïdienne, mais les signes de la phase initiale sont surtout une rougeur des paupières et de la conjonctive ainsi qu’une sécheresse des yeux. Ensuite, lorsque les tissus oculaires sont inflammés, on peut également remarquer :
- Des signes palpébraux tels que la rétraction de la paupière supérieure et l’asynergie oculo-palpébrale vers le bas (la paupière supérieure ne parvient pas à suivre correctement le mouvement du globe oculaire)
- Une exophtalmie (le plus souvent bilatérale et asymétrique)
- Un œdème
- Une diplopie (vision double)
- Des atteintes cornéennes de différents grades (kératite, ulcère, performation de la cornée)
- Rarement, une neuropathie par compression du nerf optique qui engendre une baisse de la vision, voire une cécité. Extrêmement grave, elle nécessite une prise en charge ophtalmologique rapide.
Diagnostic
Tout d’abord, l’hyperthyroïdie doit être confirmée par une recherche de signes cliniques et biologiques. Ensuite, l’ophtalmopathie thyroïdienne sera à son tour confirmée par tomodensitométrie ou résonnance magnétique nucléaire. Ces examens d’imageries pourront révéler la présence d’une exophtalmie et les signes cliniques de la maladie.
Traitements
Tout d’abord, un traitement médical doit être prescrit pour la dysthyroïdie, soit par le médecin traitant, soit par l’endocrinologue. Ensuite, l’ophtalmopathie thyroïdienne sera traitée par des collyres et des pommades pour lubrifier la surface de l’œil et améliorer l’état de la cornée, mais aussi pour abaisser la tension oculaire qui est parfois trop élevée.
Pour les formes plus graves où l’inflammation est très importante ou qu’une perte de vision survient, différents traitements peuvent être mis en place :
- Traitements intraveineux anti-inflammatoires à base de corticoïdes
- Radiothérapie orbitaire (en cas de neuropathie optique)
- Traitement chirurgical (lorsque l’inflammation a conduit à une fibrose qui affecte les tissus orbitaires adipeux et musculaires)
L’évolution de la maladie est favorable dans la majorité des cas (2/3 des cas) grâce au traitement de l’hyperthyroïdie et de l’ophtalmopathie thyroïdienne. Il peut toutefois arriver qu’une chirurgie soit nécessaire lorsque des séquelles telles que l’exophtalmie, la diplopie, la rétraction des paupières ou le strabisme perdurent.
Prévention
Il n’y a pas de moyen de prévenir l’ophtalmopathie thyroïdienne, mais un contrôle de la fonction thyroïdienne et un traitement adéquat dès le début des symptômes améliorent l’évolution de la maladie.
Références