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Editorial Pourquoi le PDC a tout intérêt à soutenir Regula Rytz
Pour être élue, la présidente des Verts a besoin du soutien du PDC. Et les démocrates-chrétiens ont tout à gagner à changer la majorité UDC-PLR au Conseil fédéral.
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Au vu des rapports de force – comme ce sera souvent le cas durant cette législature – le PDC va jouer le rôle d'arbitre dans l'élection au Conseil fédéral du 11 décembre. Au lendemain de l'annonce de la candidature de la présidente des Verts Regula Rytz pour prendre le siège du PLR d'Ignazio Cassis, les pronostiqueurs estiment qu'elle n'a aucune chance. «Tu n'as aucune chance, mais saisis-là», telle est l'injonction ironique du philosophe Schopenhauer...
Cassis peut dormir sur ses deux oreilles
À première vue, elle serait trop à gauche. De l’UDC au PDC en passant par le PLR, le Parlement helvétique conserve une confortable majorité bourgeoise. Ignazio Cassis peut dormir sur ses deux oreilles. L’«establishment» va le protéger de la rainette bernoise qui veut faire le bœuf. Regula Rytz doit théoriquement faire 124 voix pour être certaine de battre le Tessinois. Elle peut lucidement penser en faire une centaine avec les socialistes, les écologistes et quelques voix centristes et féministes. Elle a donc besoin du PDC.
Ils font semblant de regarder ailleurs
Le PLR est, lui, dans une posture délicate pour défendre son siège. Si l'on additionne les forces de l'UDC (25,6%) et du PLR (15,1%), ils ont fait 40,7% des suffrages le 20 octobre dernier. Et le 11 décembre, ils veulent garder 57,2% des sièges du Conseil fédéral... Ils font comme s’ils ne tenaient pas compte des résultats de ces élections. Ils font semblant de regarder ailleurs.
Un rééquilibrage profitable
Dans cette opération, c’est le PDC qui doit bien réfléchir où se situe son intérêt. Certes, il pourrait sauver la patrie bourgeoise en maintenant cette majorité UDC et PLR au Conseil fédéral. Mais il peut se dire que l’occasion est là pour rééquilibrer les forces. D'une part, cela ne menacerait pas la Suisse bourgeoise, et de l'autre, cela ouvrirait de nouvelles perspectives pour la conseillère fédérale Viola Amherd, qui a subi la loi du plus fort dès son arrivée.
Quels choix pour Viola Amherd?
On peut se mettre à la place de la Valaisanne. Quelle serait la meilleure situation pour elle durant ces quatre prochaines années? Continuer sous le joug du quatuor majoritaire UDC-PLR et jouer les seconds couteaux? Ou travailler dans un collège plus équilibré avec une nouvelle collègue, dont elle a pu apprécier la personnalité lorsqu'elle était au Conseil national?
PDC, pivot partout
Bien entendu, ce n'est pas elle qui va décider pour le PDC, mais sa voix saura s'insinuer dans les esprits, quand il s'agira de choisir entre Ignazio Cassis et Regula Rytz. Pour le PDC, que certains avaient enterré un peu tôt, c'est tout bonus. Non seulement il fera office de pivot au sein du Parlement, mais aussi au sein du Conseil fédéral.
Eric Felley
Créé: 22.11.2019, 09h17