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Il y a deux semaines, les initiatives d’Uniterre et des Verts ont été balayées alors que le soutien de la population était massif en début de campagne. Quelques hypothèses pour expliquer ce refus.
Le 23 septembre, le rejet massif des deux initiatives pour la souveraineté alimentaire et les aliments équitables a de nouveau révélé une opposition des régions linguistiques. Mais c’est un Röstigraben d’apparence seulement, car la frontière ne s’est pas arrêtée à la Sarine: deux cantons «romands», Fribourg et le Valais, se sont rangés dans le camp du refus. La crainte d’une hausse des prix ne suffit pas à expliquer ce résultat, car le pouvoir d’achat des cantons de Neuchâtel et du Jura, par exemple, est plutôt bas, ce qui ne les a pas empêchés d’accepter les deux initiatives.
Certes, l’alliance d’organisations écologistes, de consommateurs·trices et de paysan·ne·s a pesé favorablement dans les régions où elles ont fait campagne.
Mais tentons une autre explication. Ce rejet a surtout traduit un vote conservateur et anti-étatique, s’opposant à toute forme de législation et de régulation dans le secteur de l’alimentation. Le rejet de l’État sous toutes ses formes est très fort dans les régions alémaniques, en particulier dans les zones rurales. Deux villes alémaniques ont tout de même accepté les initiatives (Berne et Zurich), là où, peut-être, l’intervention politique est davantage acceptée.
José Sanchez