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[s. d.]
[Anonyme], Relation des différentes festes données par les corps et communautés de la ville de Caen... à l'occasion de la naissance de Mgr le dauphin
(S. l. n. d.)
Des feux d’artifices dignes de Paris
Le moment clé des fêtes organisées à Caen pour la naissance du dauphin est l’énorme feu d’artifice qui clôt les festivités. L’auteur anonyme de la relation souligne la magnificence de celui-ci, qui ne semble avoir rien à envier aux fêtes parisiennes.
Cette superbe illumination ayant été longtemps considérées, on commença à faire jouer l’artifice par les arbres des terrasses, et du boulevard, qui garnis de fusées et de pétards, firent retentir l’air ; et à ce feu succéda celui que les lions dispersés ça et là poussèrent par leurs gueules remplies de poudres et de lances. Ensuite un dragon de feu partant du fond du jardin vint attaquer une pyramide posée sur le rempart, laquelle ayant pris feu étonna tous les assistants par la lumière et le bruit des fusées, des pétards et des boîtes qu’elle renfermait. Sur la hauteur de cette pyramide parut un soleil dont les rayons s’étendant bien au loin firent un effet surprenant : après la destruction de cette première pyramide, deux dragons partant de deux différents endroits des jardins étant venus saluer un dauphin placé sous un berceau tout illuminé, firent ensuite chercher deux autres pyramides posées aux deux bouts de la terrasse des berceaux, le succès fut aussi heureux dans ce second embrasement que dans le premier. Enfin une autre lance partant du milieu du parterre fit mettre le feu au coq du clocher de l’église lequel était tout éclairé, le corps de ce coq ayant été rempli de quantité de pétards fit de grands éclats et répandit par sa tête et par sa queue une grande et longue lumière. Dans les intermèdes de ces différents artifices on lança une grande quantité de fusées volantes dont la tête de la plus grande partie chargée d’étoiles, de serpenteaux et de pluie de feu ravirent tous les habitants, cependant le bruit des tambours, des trompettes, des fifres et des hautbois faisaient un concert des plus charmants. Cette action finit par une décharge générale d’un grand nombre de boëtes que les révérends pères avait fait poser sur le rempart, et qu’on avait entendues à plusieurs reprises dès le dimanche précédent et ce jour le matin, et à midi. Toute la ville se trouva à ce spectacle, une quantité d’étrangers s’y rencontrèrent aussi, et tout le monde fut étonné d’une magnificence à laquelle on ne pouvait s’attendre en province, aussi bien que de l’ordre et de la tranquillité qui l’accompagna ; en un mot on peut sans témérité assurer que quelques soient les relations qui nous viennent tous les jours de Paris de la beauté des fêtes qu’on y donne, celle-ci ne leur doit point céder en splendeur et en magnificence.
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