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Genève jouit actuellement d’une délicieuse météo de Salon de l’auto. Avec trois semaines d’avance. Mais à 12 ou 13 degrés nous sommes encore loin des records mesurés au XXe siècle.
Pour les records regardons le site meteo-geneve. On y trouve des archives couvrant plus d’un siècle. Sur le tableau des températures record (image 1, clic pour agrandir), nous lisons que le jour le plus chaud pour un 20 février à Genève a été enregistré en 1977: il a fait 16,2°.
Le record absolu de février date de 1903, précisément le 22: le canton suffoquait avec 20,6 degrés! On relève encore 19,6° le lendemain 23 février. Sur l’ensemble du mois 14 records datent d’avant 1950, 11 ont été relevés entre 1950 et 2000, et seulement 4 ces vingt dernières années. Soit une tendance à la baisse.
Dans une partie de la presse le terme de réchauffement est peu à peu remplacé par celui de dérèglement climatique. Un dérèglement suppose une situation plus grave que le simple réchauffement, lequel dure quand-même depuis bientôt 350 ans et nous a fait sortir du petit âge glaciaire.
Ce terme est-il approprié?
Un dérèglement est une variation très forte, une sortie des règles et des normes, par des causes qui s’ajoutent aux variations normales. La règle en climatologie est: la température moyenne de la Terre est d’environ 15° et elle doit le rester pour permettre à notre espèce de prospérer dans de bonnes conditions.
Notons que l’espèce humaine a déjà traversé des âges glaciaires et des réchauffement sans disparaître.
Pour mémoire: l’inclinaison et la position de la Terre par rapport au soleil génère des cycles climatiques longs, sur des dizaines de milliers d’années.
D’autres cycles, plus courts, ont été mis en évidence vers la fin du siècle dernier: un cycle de 1’500 à 4’500 ans, dit de Dansgaard-Oeschger, et un autre de 5’000 à 10’000 ans. Ces cycles peuvent donner lieu à des variations brutales, par exemple une augmentation de 10 degrés de la température en quelques décennies seulement.
Une cause a les faveurs des chercheurs, selon cette publication du CNRS:
« La glace s’accumulant pendant plusieurs millénaires sur l’Amérique du Nord aurait atteint progressivement une épaisseur telle que la chaleur tellurique ne serait plus parvenue à se dissiper vers l’atmosphère. Les sédiments sous-jacents auraient alors fondu, induisant un effondrement de la calotte, à l’origine des icebergs émis vers l’océan puis dispersés par les vents d’Ouest renforcés durant ces périodes. Leur fonte aurait alors injecté des quantités d’eau douce considérables dans les eaux de surface de l’Atlantique Nord. »
Et selon Wallace Broecker, cité dans le même document du CNRS:
« Jusqu’à présent, personne n’a été capable de décrire comment s’articulent les mécanismes qui sont capables d’induire de tels changements dans l’océan et dans l'atmosphère. »
On le voit, le climat n’est pas une ligne droite. Il est une tendance générale, comme par exemple le climat tempéré, fait de multiples variations d’une année sur l’autre. Une année chaude, une autre froide? On n’en explique pas la raison.
Mais on le sait parce qu’on le vit. On voit aussi sur des graphiques que la moyenne générale des températures sur quelques siècles suit une sinusoïde et non une droite, avec une fluctuation de 1 à 2 degrés vers le haut ou vers le bas (ou plus pendant les ères glaciaires). Cette marge de fluctuation n’est pas un dérèglement.
Aujourd’hui les modélisations les plus alarmistes du Giec envisagent une montée des températures et un dérèglement plus généralisé du climat, c’est-à-dire une réaction de crise par rapport aux cycles connus.
Cependant les observations réelles de cette température moyenne demeurent dans les projections les plus basses, les moins alarmistes, et ne sont plus corrélées depuis vingt ans au volume d’émissions de CO2 anthropique.
En l’état des observations je ne souscris pas à l’idée d’un dérèglement du climat, mais seulement d’une variation qui dure depuis presque 350 ans et qui nous est globalement bénéfique.