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Canton
Situation : Près d'Euseigne, dans la partie inférieure du Val d'Hérens
Ouverture : Toute l'année
Tarifs : gratuit
Les pyramides représentent certainement un des monuments naturels les mieux connus du val d'Hérens et du valais, mais elles constituent aussi une des curiosités géologiques les plus remarquable des alpes.
A la fin de la dernière glaciation dite du Würm, le glacier d'Hérens se retire vers le sud. Il se sépare alors en deux branches qui donnèrent naissance aux torrents de la Dixence et de la Borgne. En reculant, ces glaciers secondaires laissent derrière eux de grandes quantités de matériaux hétérogènes charriés par leurs morraines latérales qui, dans la région d'Euseigne se fondaient en une épaisse moraine à gros blocs.
De part l'énorme pression imprimé par les glaciers à cet endroit, les moraines ont été fortement compactées, puis drainées aprés la disparition de la glace. Les interstices entre les blocs ont été par la suite colmatés par des matériaux fins cimentant ces dépôts en un mélange très dur. On parle ici de moraine béton.
Dans le retrait des glaciers, ces dépôts morainiques hétérogènes sont soumis aux intempéries érodant ainsi patiemment ce "béton" très peu perméable. Le ruissellement des eaux en surface petit à petit isole de gros rochers résistants. Grâce à leur taille et leur poids respectable, ces blocs font office de chapeaux protecteurs en compressant la moraine sous-jacente, tandis que les matériaux fins non protégés sont désagrégés et emportés au loin. Ce processus géologique d'érosion est toujours actif aujourd'hui.
A euseigne, les pyramides atteignent la taille respectable de 10 à 15 mètres de haut, les chapeaux protecteurs visible à leurs sommets mesurent plusieurs m3 et pèsent jusqu'à 20 tonnes. Ils sont constitués de roches massives correspondant soit à des gneiss ( granits lités ) soit à des roches vertes sombres ( serpentinites ).
Les pyramides ont vues naturellement et progressivement le jour, mais elles s'acheminent aussi naturellement vers leur destruction. En effet, elles sont condamnées à disparaître tôt ou tard, soit par effondrement, soit par érosion suite à la perte de leur chapeau protecteur (échelle de temps : plusieurs décennies à quelques siècles).
La désagrégation de la moraine béton est accélérée par le ruissellement, les infiltrations d'eau et les alternences gel-dégel, élargissant les fissures au sein des édifices. Faute d'une assise suffisante, les chapeaux basculent, la colonne ainsi décoiffée devient plus vulnérable aux intempéries. A Euseigne, quelques pyramides pointues sont déjà nu-tête.