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Dernière cartouche?
C'est la grande mode en France: les personnalités politiques qui, pour une raison ou pour une autre, doivent quitter leur poste dans des circonstances peu glorieuses ou voient baisser leur cote de popularité dans les sondages écrivent un livre destiné à leur rendre leur blancheur Persil et à convaincre les électeurs qu'ils ont fait leur examen de conscience, qu'ils ont compris leurs erreurs voire leurs fautes, qu'ils ne retomberont plus jamais dans leurs errances et qu'on peut donc voter pour eux en une prochaine occasion en toute sécurité. Ou alors, leur littérature prend des allures de règlement de comptes.
Si j'en crois les comptes rendus que j'ai lus sur le dernier livre de Nicolas Sarkozy, La France pour la vie1 appartient à la première catégorie. Bien entendu, ce livre ne se veut pas un acte de candidature à l'élection présidentielle de 2017 – ce n'est pas le genre de M. Sarkozy, voyons! Non, l'ancien président de la République française fait simplement son mea culpa pour ses erreurs, ses lenteurs, ses promesses non tenues, ses comportements inadéquats.
Lors de son retour en politique en automne 2014, Nicolas Sarkozy avait manifesté qu'il se sentait le devoir de réapparaître, compte tenu de l'état de la France. Il se sacrifiait, en quelque sorte. Certes, il ne se présentait pas en homme providentiel – il est bien trop modeste pour cela – mais il pensait pouvoir faire quelque chose. Il s'attendait probablement à un accueil enthousiaste, compte tenu de la faible popularité de François Hollande et de la bonne opinion qu'il a de lui-même. Hélas! Les Français, ces ingrats, ne furent pas au rendez-vous. En octobre 2014, les sondages lui donnaient 31% d'avis favorables et, fin décembre 2015, sa cote était tombée à 21%.
Son livre constitue donc une tentative désespérée de récupérer, par une humilité feinte et un repentir fallacieux, une estime qu'il ne mérite pas.
Les Français se laisseront-ils duper une nouvelle fois?
M. P.
1 Plon, 25 janvier 2016.