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Pierre-Yves GabioudHuile, gravure, fusain
Exposition du 2 novembre au 24 novembre 2013
Vernissage le vendredi 1 novembre 2013 à 17h00
Téléchargez le carton de l'exposition.
Pierre-Yves Gabioud est né à Praz-de-Fort en février 1953. Il effectue un apprentissage de décorateur à Sion, tout en officiant comme batteur dans la formation de blues-jazz-rock "La Faune". Il effectue une retraite en forêt et vit 15 ans dans différents groupes de la communauté
de Friedrichshof en Suisse, en Autriche et dans les Iles Canaries. Il est de retour au pays depuis 1995.
Sa formation inclut l'histoire de l'art, le théatre, la danse, la performance. Il a aussi étudié l'analyse actionnelle et la peinture chez Otto Muehl, peintre et actionniste autrichien à Vienne. Il a exécuté des performances en Suisse et en Autriche et a participé aux créations de différents groupes de théatre en Suisse, de même qu'à plusieurs films d'art à Friedrichshof. Dès 1989, il s'est consacré exclusivement à l’étude de la peinture, de manière autodidacte.
Plusieurs prix ont récompensé sa carrière:
- Diplôme et médaille d’argent Arts-Sciences-Lettres, Paris 1994
- Prix Faber-Castell, Nürenberg (1996)
- Mérite Culturel, Orsières (2002)
- Prix Art-en-Ciel, Neuchâtel (2003)
- Prix Gaspoz, Veyras (2005)
- Prix d’Entremont, Le Châble (2007)
Quelques mots de Pierre-Yves Gabioud
Cherchant les mots pour vous présenter mon travail, je me suis souvenu d'un texte de Francis Ponge en introduction à "La rage de l'expression".
Il précise sa position face à l'écriture comme j'aimerais savoir le faire face à la peinture. Ce texte décrit très exactement mon choix face à l'objet de ma recherche. Je vous le transmets tel quel :
Que rien désormais ne me fasse revenir de ma détermination : ne sacrifier jamais l’objet de mon étude à la mise en valeur de quelque trouvaille verbale que j’aurai faite à son propos, ni à l’arrangement en poème de plusieurs de ces trouvailles. En revenir toujours à l’objet lui-même, à ce qu’il a de brut, de différent : différent en particulier de ce que j’ai déjà (à ce moment) écrit de lui.
Que mon travail soit celui d’une rectification continuelle de mon expression (sans souci a priori de la forme de cette expression) en faveur de l’objet brut.
Ainsi, écrivant sur la Loire d’un endroit des berges de ce fleuve, devrai-je y replonger sans cesse mon regard, mon esprit. Chaque fois qu’il aura séché sur une expression, le replonger dans l’eau du fleuve.
Reconnaître le plus grand droit de l’objet, son droit imprescriptible, opposable à tout poème… Aucun poème n’étant jamais sans appel a minima de la part de l’objet du poème, ni sans plainte en contrefaçon.
L’objet est toujours plus important, plus intéressant, plus capable (plein de droits) : il n’a aucun devoir vis-à-vis de moi, c’est moi qui ai tous les devoirs à son égard.
Ce que les lignes précédentes ne disent pas assez : en conséquence, ne jamais m’arrêter à la forme poétique devant pourtant être utilisée à un moment de mon étude parce qu’elle dispose un jeu de miroirs qui peut faire apparaître certains aspects demeurés obscurs de l’objet.
L’entrechoc des mots, les analogies verbales sont un des moyens de scruter l’objet.
Ne jamais essayer d’arranger les choses. Les choses et les poèmes sont inconciliables.
Il s’agit de savoir si l’on veut faire un poème ou rendre compte d’une chose (dans l’espoir que l’esprit y gagne, fasse à son propos quelque pas nouveau).
C’est le second terme de l’alternative que mon goût (un goût violent des choses, et des progrès de l’esprit) sans hésitation me fait choisir.
Ma détermination est donc prise…
Peu m’importe après cela que l’on veuille nommer poème ce qui va en résulter. Quand à moi, le moindre soupçon de ronron poétique m’avertit seulement que je rentre dans le manège, et provoque mon coup de reins pour en sortir.
Dans La Rage de l’expression, Francis Ponge, Ed. Mermod, 1952.