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Je n'étais jamais allée à Oxford, une des deux villes universitaires anglaises mythiques, l'autre étant Cambridge, où j'avais fait une fois un long reportage, et que j'avais donc été amenée à assez bien connaître (du moins ce qu'on peut connaître d'un lieu où on passe huit jours).
Mais voilà: John Florio (vous vous souvenez de lui, je vous ai déjà amenés sur ses pas ici, ici et ici), lui, est allé à Oxford. Je suis donc, lors de mon dernier voyage en Angleterre sur les traces de mon personnage, allée à Oxford.
On sait de John Florio qu'il a enseigné à Oxford, à Magdalen College, vers l'âge de 27 ans. Mais certains l'y placent déjà avant. Comme j'écris un roman, je vais choisir la date qui m'arrange le plus.
Je suis donc allée à Oxford en train.
On arrive en un lieu qui, vers 1570-1580, était hors les murs, un peu en contrebas; on s'imagine arriver à pied, ou à cheval, et on grimpe la colline. La ville universitaire s'ouvre à nous.
La gare est là où il y a la flèche rouge. On voit encore la trace de la muraille médiévale dans l'ovale des rues. La carte est moderne (1e moitié du 20e siècle).
Lorsque Florio est arrivé, il a pu voir ceci.
En arrivant à Oxford. Cette «photo» date de 1560-1570
Et la ville intra-muros était encore relativement aérée.
On voit deux enceintes. L'ancienne muraille qui entoure l'Oxford médiévale, et la muraille destinée à défendre Oxford vers 1615
Aujourd'hui, en arrivant, on voit ceci.
Cette vue d'Oxford a été prise depuis un ballon par un garçon dont je n'ai que le prénom: Michael
A hauteur d'homme, depuis un clocher disons, on voit ceci (photo Nazir Hamid)
On ne peut pas tout à fait comparer, bien entendu, car Florio n'avait pas les moyens de voir de très haut.
Oxford, moderne, et pourtant ancienne
C'est la grande différence entre Oxford et Londres: là-bas, le passé est en voie de disparition; ici, il est omniprésent. Même dans les vues d'ensemble de la ville, on perçoit avec quel soin l'architecture ancienne est préservée. L'esprit aussi: comme à Tübingen, on rencontre ici partout des étudiants en train de débattre, et qui ne craignent pas d'interpeller les inconnus.
Pourtant, c'est une ville moderne: internet dans tous les bistrots ou presque, grands magasins et discounts, bagnoles, tout est là. Mais Oxford a su faire ce que tant d'architectes modernes disent être impossible, nuisible même pour le progrès: préserver ses origines, et tout de même avancer avec les temps.
Un cadre qui fait qu'on s'attend à des carrosses à chevaux, mais dans les creux, la modernité, discrète, est là.
La liste de tous les grands savants, découvreurs, littérateurs, acteurs, businessmen connus dans le monde entier qui ont étudié à Oxford occuperait plusieurs pages – et la liste des prix Nobel de toutes catégories sortis d'Oxford est plus qu'honorable. Depuis un siècle, Oxford est ouverte aux femmes, et elles aussi, se sont distinguées.
Je ne vais pas vous décrire des choses que vous trouvez sur Internet. Les liens que je vous ai donnés sont en anglais, je vous laisse cliquer sur les versions françaises si vous en avez besoin: j'ai donné les versions anglaises parce que, si vous pouvez les lire, elles sont plus complètes.
Ballade
Je me suis imaginé que j'étais John Florio à la découverte d'Oxford, et je me suis baladée, carnet de notes…, ou plutôt: Leica D-Lux 4, à la main.
A l'intérieur, tout est modernisé, mais la règle veut qu'on préserve tant les façades que la structure.
Le réfectoire de Magdalen College, inchangé depuis des siècles aux chaises et aux lampes près. Derrière, il y a une cuisine hypermoderne, cela va sans dire.
La maison arrondie à gauche de la photo est neuve, la maison qu'elle a remplacée n'ayant pas pu être sauvée. On n'en a pas moins récupéré les ornements et les matériaux, qu'on a incorporés dans la maison neuve.
Si vous voulez d'autres vues faites par moi à Oxford, elles sont ici (il faisait un temps de cochon, le ciel était bas, les photos sont prises entre deux averses).
Quant aux cartes, elles viennent de la plus fabuleuse bibliothèque d'Oxford, la Bodleian Library, qui a mis en ligne toutes ses cartes qui sont hors copyright, cela permet des voyages merveilleux, dans l'espace et dans le temps.