Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06930.jsonl.gz/164

Les parlementaires fédéraux mettent au point leurs ultimes stratégies avant l´élection, mercredi, du successeur du conseiller fédéral Adolf Ogi. Sur les cinq candidats déclarés, seuls deux semblent avoir une réelle chance de l´emporter.
Le ticket officiel de l'Union démocratique du centre (UDC) comprend deux candidats au profil assez semblable: la Zurichoise Rita Fuhrer et l'Argovien Roland Eberle. Tous deux siègent à l'exécutif de leurs cantons respectifs et ne font pas partie du sérail parlementaire. Autre point commun: à l'intérieur de leur parti, ils sont proches de Christoph Blocher.
Révélation de la politique zurichoise et dotée d'un charisme certain, Rita Fuhrer n'a toutefois que peu de chances d'accéder au poste suprême. Premier handicap: elle vient de Zurich, comme l'actuel conseiller fédéral socialiste Moritz Leuenberger.
Certes, la clause interdisant à un canton de disposer simultanément de deux conseillers fédéraux a été abrogée. Mais on peut douter que les parlementaires veuillent d'un deuxième Zurichois au gouvernement, d'autant plus que ce canton est souvent considéré comme hégémonique.
D'autre part, Rita Fuhrer passe pour une proche de Christoph Blocher et elle est connue pour avoir une position assez dure dans le dossier de l'asile. Or une majorité de parlementaires est opposée à cette tendance dure de l'UDC.
Roland Eberle appartient à la même tendance. Mais de manière moins ostentatoire. Contrairement à sa rivale zurichoise, il ne passe pas pour être le «poulain» du tribun zurichois. Autre bon point: l'homme a l'air sympathique. On a notamment appris qu'il savait traire les vaches.
D'abord outsider, Roland Eberle est en fait le candidat qui monte et, à l'instar de l'actuelle ministre de la Justice démocrate-chrétienne Ruth Metzler, il pourrait bien créer la surprise mercredi.
Une chose est sûre: avec l'élection de Roland Eberle, l'UDC et son représentant au Conseil fédéral seraient sur la même longueur d'onde. Ce qui n'a pas été le cas avec Adolf Ogi.
Deux autres membres de l'UDC - désignés par leurs sections cantonales respectives - ne refuseraient pas leur élection au gouvernement. Même s'ils ne font pas partie du ticket officiel. Il s'agit du Grison Christoffel Brändli et du Bernois Samuel Schmid, tous deux conseillers aux Etats.
Christoffel Brändli n'a que peu de chances. D'aucuns lui reprochent notamment de trop confondre politique et défense de ses intérêts personnels. En revanche, Samuel Schmid fait figure de favori à l'élection.
Contrairement aux candidats du ticket officiel, le Bernois est très connu sous la coupole fédérale. Mais, surtout, il passe pour un UDC modéré, dans la droite ligne d'Adolf Ogi, qui devrait pouvoir gouverner d'une manière consensuelle avec les représentants des trois autres grands partis.
Les libéraux ainsi qu'une grande partie des radicaux et des démocrates-chrétiens ont d'ailleurs d'ores et déjà déclaré leur préférence pour le Bernois.
Dernière candidate en lice: l'écologiste lucernoise Cécile Bühlmann. Cette conseillère nationale a été désignée par son parti pour présenter une véritable alternative à la présence UDC au Conseil fédéral. Mais, vu la majorité bourgeoise du Parlement, cette candidature n'a aucune chance d'aboutir.
Toute l'inconnue de l'élection reste la tactique qu'adopteront les socialistes. Ils ont annoncé vouloir bouter l'UDC hors du gouvernement et ne voteront pour aucun de ses représentants, préférant donner leurs voix au représentant d'un autre parti bourgeois. Toutefois radicaux et démocrates-chrétiens estiment que le temps n'est pas encore venu de modifier la «formule magique».
Reste à voir à qui profitera la tactique des socialistes. Elle devrait, dans un premier temps, coûter des voix à Samuel Schmid et profiter au ticket officiel, qui, lui, bénéficiera de la discipline de vote du groupe UDC. Mais il est très possible que les socialistes modifient leur tactique au fil des tours et votent finalement pour Samuel Schmid.
Samuel Schmid pourrait donc bien damer le pion au candidat officiel Roland Eberle. L'UDC bernoise reste en tout cas confiante. Elle a déjà préparé le vin de la victoire célébrant «üse bundesrat»!
Olivier Pauchard