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Le nom de Haydn s’impose dans les années 1750 à 1760. Ses œuvres ont du succès partout et ses quatuors à cordes de jeunesse sont particulièrement appréciés. L’état de ses finances s’améliore également. Il entre au service du comte Morzin en 1759 et jouit enfin de revenus fixes. Haydn est nommé vice « Kapellmeister » chez le prince Paul Anton Esterházy.
Bien que les œuvres de cette époque soient équilibrées et que les belles mélodies y dominent, elles reflètent peu la personnalité du compositeur et dénotent une sorte de réserve. Il faut sans doute attribuer cette attitude au fait que Haydn s’est adapté au style léger de son temps et qu’il a pris quelques tournures de la cour. Haydn modifiera très nettement son style lorsque le prince Nicolas Esterházy l’engagera comme « Kapellmeister » en 1766. Les trios pour baryton, alto et violoncelle sont un bon exemple du changement intervenu dans le caractère des œuvres de ce compositeur.
Haydn offre un miroir au prince Esterházy (dédicataire de ses œuvres); il s’amuse des matières raffinées et parfumées de la cour. Les Divertimenti pour pianoforte, 2 violons et basse sont loin de refléter un tel humour. Les trois Divertimenti (intitulés Esterházy Divertimenti) Hob. XIV 4, 8 et 9 enregistrés sur ce disque ont été composés pendant les cinq premières années de service à la cour, le Hob. XIV 4 date de 1764. Ces œuvres ont vraisemblablement été conçues comme musique de table.
La numération de l’index hoboken induit les gens non avertis en erreur car les Divertimenti Hob. XIV 11, 12 et 13 ont été composés plus tôt que les Hob. XIV 4, 8 et 9. Le Divertimento Hob. XIV 11 a été écrit en 1760 pour une élève de Haydn, la belle comtesse Morzin. Les Hob. 12 et 13 datent vraisemblablement de la même année.
Les divertimenti de Morzin (écrits plus tôt) ne se distinguent des Divertimenti d’Estherházy que par le caractère du mouvement central. Dans les premiers Haydn écrit des adagios rêveurs, et, dans les derniers, des menuets de cour contenant un trio. Il se peut que le nom de Concertini donné parfois aux Divertimenti soit dû au traitement très virtuose de la partie du pianoforte (les petites cadences abondent). Mais les cordes n’ont pas de blocs de tutti.
Les six œuvres sont composées en Do, Sol ou Fa majeur. Jamais dans toute l’histoire de la musique, il n’y a eu un tel nombre d’œuvres composées en Do majeur (et dans ses tonalités satellites) que la période préclassique. Il se peut que cette « simplicité » soit due en partie au fait que la musique devait sonner de manière peu compliquée, et que de belles mélodies devaient charmer l’âme de l’auditeur.
Les œuvres de Haydn qui datent des années antérieures à 1766 ressemblent à celles de ses contemporains mais elles révèlent l’art de ce grand maître. Les Divertimenti et Concertini portent indubitablement le sceau d’un des plus grands de l’histoire de la musique.