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vendredi, mars 07, 2008
A Zurich, le patron est socialiste
Une image projetée hier soir à Uni Bastions: quelles sont les images qui illustrent Genève?
Zurich est-elle aussi séduisante que son maire le bel Elmar? Sans doute. C'est en tout cas un tableau magnifique, sans taches ni zones d'ombre, qu'a brossé hier soir son magistrat le socialiste (très rose pale) de la métropole nationale - Zurich aime à se définir comme le centre ville (down town) de la Suisse.
A Uni Bastions, Elmar Ledergerber a littéralement bluffé les quelque 80 personnes (une maigre chambrée) réunies à l'initiative de la Nouvelle société helvétique et la Fondation pour Genève. Et où les élus de la Ville et du canton brillaient par leur absence. Peur de se confronter à un magistrat fier de sa ville et de son bilan, qui affiche ses succès comme un manager et révèle que 85% des Zurichois sont contents de leur sort et que 75% ont confiance dans leur gouvernement?
Le tristement célébre Letten et sa scène de la drogue, (lire ici) la crise des années 90 et la perte de 40'000 emplois, une dette de 1,5 milliard de francs ont fait place à une ville transformée de 380'000 habitants et 350'000 emplois (deux fois la ville de Genève), un budget municipal de 7,6 milliards de francs (sept fois celui de la Ville de Genève) et une fortune dans la caisse municipale "qui nous permet de faire face à trois ans de crise".
Mais cela ne suffit pas à l'ambitieux maire, qui parle de sa ville comme un patron parle de son entreprise, le regard pointé sur 2025 et sur les indicateurs de performance et un discours où l'initiative privée est porté au crédit de la ville au même titre et même plus que l'action publique.
Dans un récent document stratégique, la majorité de gauche qui gouverne la ville depuis 10 ans a défini les quatre piliers de son développement:
- la consolidation de la place financière qui fournit un emploi sur quatre et le développement de l'économie créative design, marché de l'art, cinéma, Google etc. A propos des banques pas un mot critique dans la bouche du socialiste sur le scandale fiscal qui secoue l'Allemagne, tout juste une remarque sur la crise des crédits hypothécaires qui montre que le secteur financier n'est pas intouchable.
- La promotion de la formation et de la recherche. En Suisse, un étudiant sur trois étudie à Zurich, sans compter le maillage (network) serré des HES et des instituts privés. Des atouts qui ont séduit Google et Microsoft et ce n'est qu'un début.
- Le développment du tourisme. Zurich est la première destination suisse avec 2,5 millions de nuitées. le centre de congrès en construction devrait en attirer un demi-million supplémentaire d'ici peu.
- La santé et les sciences de la vie. Les hôpitaux de la ville sont au top. Ils ont introduit des méthode de management moderne, supprimer le statut du fonctionnaire et sont complétés là aussi par un autre maillage de cliniques qui fait fortune avec le tourisme médical. (Ledergerger n'a pas parlé de Dignitas...)
Mais cela ne suffit pas encore au maire de Down Town Switzerland (une expression qu'il n'aime pas et souhaite faire disparaître au besoin en coupant les vivres à l'Office du tourisme).
Zurich vient d'adhérer aux clubs des little big towns européennes Eurocities. Elle entretient des liens particuliers avec Los Angleles, Kumin en Chine et quelques autres métropoles. 80 projets de collaboration sont en cours au plan universitaire et privé.
Enfin Zurich a convaincu Bâle et Genève de faire acte de candidature au pavillon des grandes villes de l’exposition universelle de Shanghai 2010. Pour le reste, Zurich n'entend pas jouer dans la même ligue que ses deux rivales helvétique. Ses concurrentes sont Stuttgart, Lyon, Turin.
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