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La soirée s’est articulée autour du film Segunda Vez de l’artiste espagnole avec une présentation de son travail et une discussion après la projection. Dans Segunda Vez Dora García mêle politique, psychanalyse et performance. Ce documentaire mis en scène met en orbite la figure d’Oscar Masotta, un théoricien central de l’avant-garde argentine des années 1950 aux années 1970, sans pour autant être un biopic sur lui. Les idées de Masotta sur la psychanalyse, la politique et l’art lacanien (happenings et art dématérialisé) ont changé le paysage artistique des années 1960 à Buenos Aires avant la dictature et avec elle la fin de l’avant-garde. Le titre, Segunda Vez, provient d’une histoire homonyme écrite par un contemporain de Masotta, Julio Cortázar, qui raconte le climat de psychose et d’incertitude provoqué par le traumatisme des disparitions en Argentine. Dans Segunda Vez, Dora García tisse une séquence de scènes apparemment disparates, liées par l’acte de répétition et d’observation : des affiches plaquées le long d’un mur annoncent leur propre transmission – un message fantôme dans une ville animée ; deux auditoires convergent vers un sommet de falaise, divisés dans leur connaissance du scénario auquel ils participent ; une personne, attachée dans un tissu blanc et des cordes est portée et laissée dans une forêt ; la brève apparition d’un hélicoptère provoque une certaine agitation et consternation ; un groupe de personnes pauvres et vieillissantes est rassemblé sur un podium payé pour supporter une heure de son et de lumière violente pendant qu’un public les observe ; une bibliothèque réunit des groupes de lecture qui savent qu’ils sont observés ; après une mystérieuse convocation officielle, des étrangers discutent dans une salle d’attente en attendant ce qui pourrait arriver – un jeune homme parmi eux a été appelé pour la deuxième fois à revenir.
mercredi 3 avril 2019