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Oui à l'initiative sur les pesticides
Les délégués du PEV se sont prononcés en faveur de l'initiative, par 61 voix contre 42 et 11 abstentions, lors de leur Assemblée en ligne du 20 mars 2021.
- Une réponse intelligente à l'extinction des espèces :
Une fois que les pesticides pénètrent dans l'environnement, ils ne se dégradent que lentement. Ils entrent dans la chaîne alimentaire et affectent ainsi le monde animal et végétal. Les insectes sont particulièrement touchés. La mortalité rapide des abeilles et d'autres insectes exige une action rapide et cohérente
- Protection de la population :
L'initiative protège la population suisse des risques sanitaires que peuvent représenter les résidus de pesticides dans les aliments et dans l'eau potable.
- Attendre n'est pas une option :
Les fournisseurs d'eau tirent la sonnette d'alarme quant aux concentrations excessives de pesticides dans l'eau potable. La diminution de biodiversité est galopante. La contre-proposition informelle du Parlement ne s'occupe pas suffisamment de ces problèmes.
- Des règles du jeu identiques pour tous :
L'initiative prévoit d'interdire l'importation de denrées alimentaires qui contiennent des pesticides de synthèse ou qui ont été produites à l'aide de tels pesticides. De cette manière, les producteurs suisses ne sont pas désavantagés par rapport aux producteurs étrangers.
L'initiative populaire " Pour une Suisse sans pesticides de synthèse " a été déposée le 25 mai 2018 avec plus de 120'000 signatures valables. Elle demande l'ajout d'un paragraphe 2bis à l'article 74 de la Constitution fédérale. Ce paragraphe interdirait l'utilisation des pesticides de synthèse dans presque tous les domaines, à l'exception de la recherche. En outre, le nouveau paragraphe interdirait l'importation, à des fins commerciales, de denrées alimentaires contenant des pesticides de synthèse ou produites à l'aide de ceux-ci. L'initiative prévoit une période de mise en œuvre de dix ans et vise "à protéger la population des risques sanitaires et à enrayer le déclin de la biodiversité".
Le contexte :
L'initiative a été lancée par un comité de citoyens de Suisse occidentale composé de sept personnes privées. L'initiative ne fait pas référence à un parti spécifique et est donc "politiquement indépendante". Pendant la collecte des signatures, la fondation Future3 a été intégrée en tant que porteur de l'initiative. Une minorité du PS, les Verts, les Vert'Libéraux et le PEV a fait pression en vain pour obtenir une contre-projet du Parlement.
L’initiative populaire prévoit de modifier la Constitution fédérale en y ajoutant l'article suivant :
Art. 74 Protection de l'environnement
2bisL’utilisation de tout pesticide de synthèse dans la production agricole, la transformation des produits agricoles et l’entretien du territoire est interdite. L’importation à des fins commerciales de denrées alimentaires contenant des pesticides de synthèse ou pour la production desquelles des pesticides de synthèse ont été utilisés est interdite.
Sous l'appellation « pesticides de synthèse » se retrouvent des moyens de destruction de la vermine produits artificiellement. Il y a aussi bien sûr des pesticides naturels comme les micro-organismes, la cire d'abeille ou le cuivre qui sont souvent utilisés par les agriculteurs biologiques et resteraient autorisés si l'initiative était adoptée.
L'interdiction des pesticides de synthèse, qui serait une conséquence de l'initiative, ne serait toutefois pas équivalente à une conversion de toutes les exploitations agricoles suisses au bio. Les exploitations biologiques doivent se conformer à des exigences supplémentaires qui vont au-delà de la restriction de l'utilisation des pesticides synthétiques, tant dans la production végétale que dans l'élevage.
Une partie des pesticides synthétiques pulvérisés dans les champs est par la suite emportée par la pluie et se retrouve dans des plans d'eau, où se forment ce que l'on appelle des cocktails de pesticides. Ces cocktails ne tuent pas seulement les insectes et les micro-organismes, mais causent également des dommages irréparables aux organismes des oiseaux, des amphibiens et de certains mammifères. Les pesticides sont également très dangereux pour la santé humaine. Selon le Conseil fédéral, 44 substances actives sont actuellement approuvées alors qu'elles sont suposées avoir une influence négative sur notre patrimoine génétique, être cancérigènes ou avoir un effet négatif sur notre capacité de reproduction.
Les inconvénients des pesticides synthétiques sont partiellement compensés par quelques avantages. Par exemple, les pesticides synthétiques sont souvent très efficaces pour protéger les cultures et garantir la qualité des aliments. Les pesticides synthétiques sont utilisés non seulement à titre préventif, mais aussi sur des plantes infestées par la vermine. Seule l'utilisation de pesticides synthétiques permet à la Suisse de produire suffisamment de nourriture pour maintenir son niveau d'autosuffisance actuel.
Les pesticides synthétiques sont autant controversés car, d'une part, ils sont difficiles à remplacer et, d'autre part, ils causent des dommages considérables à l'environnement et aux êtres humains, et mettent en danger l'écosystème et la biodiversité. Cependant, les pesticides naturels sont souvent aussi problématiques pour l'environnement et dans certains cas, ils sont même plus fatals pour les insectes que les pesticides produits synthétiquement.
En mars 2021, l'initiative parlementaire "Réduire les risques liés à l'utilisation des pesticides" a été adoptée. Elle est considérée comme un "contre-projet informel" à l'initiative sur les pesticides et à l'initiative sur l'eau potable. Selon elle, les risques liés à l'utilisation de pesticides dans les eaux souterraines et dans les zones d'eaux de surface et d'habitats proches de la nature doivent être réduits de 50 % d'ici à 2027. Si la réduction de moitié ne devait pas être atteinte, le Conseil fédéral devrait prendre des mesures. Il pourrait notamment définir une nouvelle stratégie de réduction et révoquer l'autorisation de certaines substances actives particulièrement dangereuses. Toutefois ce contre-projet informel ne résout pas les vrais problèmes concernant la qualité de l'eau potable et la diminution galopante de la biodiversité.
Le 15 mars, le Conseil national a "suspendu" la politique agricole 22+. Le Parlement bloque ainsi l'avancée écologique de l'agriculture, dont le besoin est urgent. Cette suspension équivaut à un refus de discuter, car l'adaptation de la politique agricole sera bloquée pendant des années. Chaque année, l'agriculture est subventionnée à hauteur d'environ 3,5 milliards de francs.