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L'élection de Guy Parmelin au Conseil fédéral est accueillie tièdement. Les partis attendent du nouvel élu une attitude constructive et collégiale. Seule l'UDC se félicite pleinement de voir un conseiller fédéral UDC romand.
"C'est un bon signe de voir élu un UDC romand", a déclaré aussitôt après l'annonce de l'élection le président de l'UDC Toni Brunner à la presse dans les pas perdus du Parlement fédéral. De Guy Parmelin, Toni Brunner ajoute que c'est une personne avec qui on peut très bien collaborer. Il maîtrise ses dossiers".
Evoquant le département que pourrait prendre le nouvel élu, le conseiller national saint-gallois indique que la direction du parti va maintenant discuter avec Ueli Maurer et Guy Parmelin. Il est encore trop tôt pour se prononcer.
Clair et rapide
Pour le président du PLR Philipp Müller, l'Assemblée fédérale a tenu compte de la volonté du peuple suisse exprimée le 18 octobre. "Nous avons vécu une élection claire et sans grande excitation", a précisé le nouveau conseiller aux Etats argovien.
Désormais le PLR va prendre au mot l'UDC qui a dit vouloir respecter l'Etat de droit et la collégialité. Philipp Müller estime qu'il ne sera certainement pas simple pour Guy Parmelin de travailler avec son parti.
Le président du PDC se dit lui "surpris en bien" que l'élection du successeur d'Eveline Widmer-Schlumpf ait été bouclée de façon aussi rapide et claire. L'élection du Vaudois valide la revendication de l'UDC à un deuxième siège au gouvernement, selon Christophe Darbellay.
Elle confirme par ailleurs le désir du Parlement de désigner une personne capable de trouver des solutions constructives aux noeuds tels que l'asile ou la concrétisation de l'initiative sur l'immigration de masse. Plus tôt dans la matinée, le président du PDC avait commenté le bon score de Guy Parmelin en estimant que les parlementaires s'étaient mis d'accord sur "un plus petit dénominateur commun".
Maintenant que le Vaudois a officiellement fait son entrée au gouvernement, la question qui se pose est celle de sa collaboration avec son parti. S'il estime une telle collaboration délicate, Christophe Darbellay se dit néanmoins confiant dans le potentiel d'intégration de l'élu romand dans le gouvernement.
PS très sceptique
Le président du PS Christian Levrat est encore plus exigeant: "On ne peut qu'espérer que Guy Parmelin se révèle dans sa fonction", a confié le Fribourgeois à la télévision SRF. Les socialistes sous la Coupole étaient d'avis que le siège laissé vacant par Eveline Widmer-Schlumpf appartenait au centre. Mais ce dernier a rejeté la proposition. "Il n'y avait plus d'autre choix que d'élire un candidat UDC."
On s'est décidé pour celui dont les perspectives sont les moins négatives", a poursuivi le président du PS. Christian Levrat doute cependant que les démocrates du centre renoncent à leur politique d'opposition et optent pour des positions moins populistes. "L'UDC devra maintenant assumer ses responsabilités".
Le chef du groupe PS au Parlement Roger Nordmann s'est également dit "inquiet pour l'avenir du pays". Il n'y a "aucun espoir que l'UDC se modère". Bien au contraire: "le discours va se durcir!"
Dans son communiqué, le PS attend du nouvel élu une attitude constructive et collégiale. "Un conseiller fédéral doit en effet officier pour l'intérêt de tous les habitants du pays et non pour le programme de son propre parti", écrit le PS dans un communiqué.
Pour Cesla Amarelle (PS/VD), l'Assemblée a porté son choix sur "le moins pire faute de mieux". Pour la suite, elle juge risqué de voir Guy Parmelin au Département fédéral de justice et police. "On a vu ce que ça a donné avec Christoph Blocher en 2003".