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Une communauté humaine, dont le fonctionnement est organisé par des lois, par une constitution notamment, ne saurait se résumer au tiroir-caisse et à l’arrosoir que ces lois décrivent et mettent en œuvre. Un tiroir-caisse destiné à engranger des recettes fiscales et un arrosoir destiné, lui, à recycler des richesses, à verser des prestations, à faire pousser du temps libre et des loisirs. Ses lois ne suffisent pas à faire d’une collectivité, d’une population ou d’un ensemble de gens une communauté véritable.
Naît une communauté, une civilisation quand cette collectivité, cette population ou ce groupe de gens prend conscience que ses membres partagent une vision identique de l’être humain, qu’ils reconnaissent à celui-ci une dimension spirituelle, qu’ils se rassemblent sur des objectifs et des efforts communs, qu’ils affichent une même volonté de construire leur avenir, qu’ils partagent une culture.
La communauté genevoise existe. C’est parce qu’au-dessus des lois dont elle s’est dotée au cours des siècles, elle ancre depuis toujours son histoire, son existence, son développement et son avenir dans ces idéaux spirituels et humanistes.
Ce n’est parce que l’organisation de l’Etat est et doit rester laïque que ces idéaux spirituels et humanistes ne doivent pas figurer à la plus haute place de notre future constitution, dans son préambule. Au contraire, la laïcité de nos institutions rend d’autant plus nécessaire pour les citoyens le rappel de ces idéaux.
Pierre Kunz, constituant