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La formation de métastases pourrait être décelée plus rapidement chez les femmes atteintes de cancer du sein. Des chercheurs bâlois ont élaboré une méthode de mesure qui permet de distinguer les cellules cancéreuses des cellules saines par leur fermeté.
La nouvelle méthode se base sur la technique de la microscopie à force atomique, a indiqué lundi l'Université de Bâle dans un communiqué. Une pointe sonde la fermeté des différentes cellules et de la structure des tissus qui l'entourent. Il en résulte une "empreinte digitale" des propriétés nanomécaniques des cellules.
L'équipe de Roderick Lim, du Biozentrum de l'Université de Bâle, a testé cette technique sur plusieurs centaines de biopsies de cancer du sein. Résultat: les "empreintes digitales" de tumeurs malignes se différencient clairement de celles des échantillons de tissus sains et des tumeurs bénignes, écrivent les chercheurs dans la revue "Nature Nanotechnology".
Dans les tumeurs malignes, les structures de cellules molles et dures s'alternent de manière hétérogène, "comme une pomme pourrie molle à l'intérieur et dure à l'extérieur", illustre Roderick Lim, interrogé par l'ats. Dans les tumeurs bénignes, le profil de fermeté est bien plus homogène.
Diagnostics plus rapides
Ces "empreintes digitales" nanomécaniques pourraient à l'avenir servir de nouvel outil de diagnostic. Lors d'une biopsie, la mollesse des cellules pourrait signaler la formation de métastases, expliquent les chercheurs. Cette migration de cellules malignes traduit en général l'entrée de la maladie cancéreuse dans sa phase terminale.
Le nouveau test dure seulement quatre heures, contre environ une semaine pour l'étude conventionnelle des tissus, l'histologie. Il pourrait aussi être plus pratique que les marqueurs chimiques recherchés depuis longtemps pour les cancers, selon Roderick Lim. "Les propriétés mécaniques des tumeurs varient beaucoup moins que les propriétés biochimiques".
Le cancer du sein est le type de cancer le plus fréquent chez les femmes. En Suisse, environ 5500 femmes en meurent chaque année. Malgré les progrès médicaux, il reste difficile de diagnostiquer cette maladie. On ignore surtout si la tumeur s'est déjà propagée et a formé des métastases.
ATS