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Arnaud Lambert, Also Known As Chris Marker, Le Point du Jour, 2013
De Chris Marker, on connaît généralement les grands films phares (Le Joli Mai, La Jetée, Le fond de l'air est rouge, Sans soleil) et parfois la légende : l'amour des bêtes, l'indépendance farouche, l'engagement politique, le goût du secret et des images. Né le 29 juillet 1921 et décédé quatre-vingt-onze ans plus tard, jour pour jour, Chris Marker a influencé nombre d'artistes et de cinéastes à travers le monde. Son œuvre est une réflexion en acte sur les pouvoirs de l'image au cours du second XXe siècle.
Composé de vingt-deux notices à la fois historiques et analytiques, ce livre prend en compte l'ensemble du corpus markerien à des premiers articles dans la revue Esprit aux films célèbres et méconnus, en passant par les photographies, les objets multimédias, les textes de toute nature. Cette forme ouverte a paru la plus à même de restituer la diversité du « phénomène » Marker, ses complexités comme ses cohérences. Also known as Chris Marker (« Connu aussi sous le nom de Chris Marker ») est moins le portrait d'un homme et d'un artiste qu'un récit suggestif, une traversée des signes qui en tracent les possibles visages. Cette nouvelle édition du livre, paru initialement en 2008, propose notamment une liste des œuvres et une bibliographie actualisées.
Douglas Crimp, PICTURES. S'approprier la photographie, New York, 1979-2014, Le Point du Jour, 2016
Figure des cultural studies, critique d'art, militant des premières années d'Act Up New York, Douglas Crimp a abordé la photographie dans différentes circonstances, sans prétendre au statut d'historien ou de spécialiste. Le présent recueil propose un ensemble inédit de textes publiés entre 1979 et 2014. Au sein de la revue October, Crimp a conceptualisé un postmodernisme offensif en soutenant des artistes comme Cindy Sherman, Louise Lawler ou Sherrie Levine. À la suite de l'exposition « Pictures » qu'il organisa en 1977 à New York, on qualifia cette nouvelle scène de « Pictures Generation ».
Plusieurs de ces artistes utilisaient la photographie. Ils jouaient de son instantanéité ou de ses capacités de reproduction pour s'approprier d'autres images. Crimp opposa leurs pratiques à la légitimation institutionnelle de la photographie comme art autonome.
L'époque tourna vite. Des générations de gays, de prostitués, de noirs et d'usagers de drogue disparaissaient. Les images photographiques catalysaient un peu partout les tensions qui gagnaient les États-Unis. Crimp rejoignit la lutte contre le sida où des militants s'appropriaient les stratégies visuelles du postmodernisme. Au cours des années 2000, Crimp est revenu aux artistes qu'il a contribué à faire connaître. On retrouve les photographies du tournant des années 1980, rapportées à leur contexte de production. À travers ces images, il évoque sa propre histoire et New York, la ville qu'il a arpentée pendant des décennies.