Document ID: /curiavista/filtered/00000_business.jsonl.gz/42834

<h2>SubmittedText<h2><p>L'UDC constate un manque de fermeté évident de la part du chef du DFAE dans la conduite des affaires. La politique étrangère militante et désordonnée qui prévaut actuellement dans le département est de nature à ternir gravement l'image de notre pays et à porter sérieusement atteinte à la crédibilité de la neutralité de la Suisse. </p><p>Dans un conflit armé d'une actualité brûlante pour la politique mondiale, un petit État neutre tel que la Suisse se doit de faire preuve d'une extrême retenue dans ses rapports avec les protagonistes et les parties au conflit. Le conseiller fédéral Joseph Deiss n'en a eu cure et a laissé, à sa place, des porte-parole zélés du DFAE prendre position sur le conflit en Palestine, sans y avoir été autorisés et sans disposer des compétences et connaissances nécessaires ; ces personnes sont allées jusqu'à dire que le Conseil fédéral envisageait de prendre des sanctions économiques et à exiger le réexamen des relations entre la Suisse et les parties au conflit. Pendant ce temps, notre ministre des affaires étrangères se trouvait en Asie centrale. Les propos précités ont apparemment été tenus indépendamment des discussions que les conseillers fédéraux ont eues entre eux.</p><p>Le même manque de professionnalisme a caractérisé le rappel de notre ambassadeur à Berlin. Le fait que l'affaire ait été montée par la presse à sensation et que la décision prise ait été dictée par elle nuit gravement à la crédibilité et à l'influence de notre pays, mais aussi à la crédibilité et à l'autorité de son ministre des affaires étrangères. Un ministre qui se laisse facilement influencer par la presse de boulevard représente un danger non négligeable. Après avoir déclaré que l'ambassadeur n'était plus à même d'accomplir sa mission, notre ministre s'est fait lui-même traiter de fantoche de la maison d'édition zurichoise Ringier par des grands titres de la presse internationale ("Frankfurter Allgemeine Zeitung"). </p><p>C'est le DFAE ou, plus précisément, son chef qui est responsable de l'attitude et du comportement en public des ambassadeurs, des porte-parole et des autres employés du département. C'est le chef du DFAE qui est chargé de diriger ses collaborateurs, de fixer des directives sur la façon dont ils doivent se comporter en public et sur leur attitude à l'égard des médias. Si le style d'un ambassadeur déplaît au chef du DFAE, ce dernier doit intervenir avant que des dissensions entre eux n'éclatent au grand jour et ne donnent lieu à une rupture, a fortiori lorsque l'ambassadeur occupe un poste important. </p><p>Le fait que notre ministre des affaires étrangères manque apparemment de l'autorité la plus élémentaire pour convoquer un ambassadeur à la centrale en vue d'un entretien urgent témoigne d'un manque de fermeté inacceptable. On peut alors se demander si, dans le cadre de négociations internationales délicates mettant en jeu les intérêts de notre pays, un tel ministre est encore considéré comme un interlocuteur valable ou si un conseiller fédéral qui n'est plus pris au sérieux n'est pas devenu un facteur de risque pour notre pays. </p><p>Le groupe UDC demande donc au Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :</p><p>1. Comment s'accommode-t-il de ce manque de fermeté évident dans la conduite des affaires du DFAE ? </p><p>2. Comment compte-t-il empêcher qu'à l'avenir des employés subalternes et des porte-parole des départements prennent position sur des questions cruciales de la politique mondiale, sans y avoir été autorisés et sans disposer des connaissances nécessaires, restreignant ainsi considérablement la marge de manoeuvre du gouvernement ? </p><p>3. Estime-t-il aussi qu'un ministre des affaires étrangères qui est qualifié de fantoche de la presse de boulevard par des journaux étrangers de renom ne peut plus défendre de façon optimale les intérêts de notre pays à l'étranger ? </p><p>4. Partage-t-il notre crainte selon laquelle un ministre des affaires étrangères qui n'est manifestement pas à la hauteur de sa tâche peut devenir un facteur de risque pour notre pays ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>1. Le Conseil fédéral ne partage pas l'opinion exprimée sur ce point par le groupe de l'Union démocratique du centre.</p><p>2. Les prises de position des départements doivent coïncider avec le point de vue du Conseil fédéral. Celui-ci s'en assure aussi bien en matière de politique intérieure que de politique extérieure. L'attitude du Conseil fédéral repose en particulier sur les bases légales correspondantes et sur les principes politiques qu'il défend, également lorsque la marge de manoeuvre du gouvernement du pays s'en trouve restreinte.Réponse à la.</p><p>3. Le Conseil fédéral ne partage pas le point de vue du groupe de l'Union démocratique du centre. Il n'évalue pas le travail de ses membres à la lumière des commentaires de la presse internationale.</p><p>4. Non.</p>  Réponse du Conseil fédéral.