Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06998.jsonl.gz/61

Les premiers débats autour de la restauration de biens meubles et d’œuvres d’art dans le canton de Fribourg concernent avant tout le vitrail et la sculpture. Après le déplacement des vitraux médiévaux de l’abbaye d’Hauterive à l’église St-Nicolas dans les années 1850, et toutes les conséquences négatives que cela entraîna, la restauration des vitraux de la collégiale de Romont rachetés par le Musée cantonal dans les années 1890 permit de mettre au point une méthode rigoureuse, par la collaboration du conservateur, d’un expert fédéral - professeur à l’Université - et d’un peintre-verrier. Vers 1900, la Société des amis des beaux-arts posa le problème de la polychromie des fontaines sculptées de la ville de Fribourg, qui restèrent finalement en pierre apparente. A cette époque de nombreuses statues furent entièrement décapées, particulièrement au Musée. C’était, croyait-on, le meilleur moyen de mettre en valeur la sculpture. Après cette période fondatrice et de nombreux errements, une politique plus prudente, scientifiquement fondée, s'est lentement mis en place.
Selon la Loi sur la protection des biens culturels, l’Etat peut assujettir à autorisation la restauration de biens culturels meubles protégés (art. 30.2). Pour ceux qui revêtent une importance exceptionnelle pour le canton, une autorisation préalable doit cependant être accordée par la Direction de l’instruction publique, de la culture et du sport, qui décide sur le préavis de la Sous-commission des biens culturels mobiliers.
Le Service des biens culturels (SBC) instruit les dossiers de demandes d’autorisation et propose les préavis.
Conditions de délivrance d’un permis
Selon le Règlement d’exécution de la Loi sur la protection des biens culturels (RELPBC art. 29.2), l’autorisation est délivrée aux conditions suivantes :
- la restauration doit être effectuée selon les règles de l’art
- le programme de restauration doit avoir été approuvé par la Sous-commission
- le restaurateur doit disposer des capacités professionnelles et de l’expérience requises
- une documentation scientifique doit être établie selon les directives du Service des biens culturels
Mauvaises conditions d’entreposage, manipulations inadaptées, nettoyages avec des substances abrasives ou corrosives, traitements chimiques inappropriés, les meubles – statues, peintures, mobilier, tissus, orfèvrerie... – peuvent subir de graves dégâts suite à des interventions qu’on croyait bénignes.
Toute intervention nécessite un diagnostic de l’état de l’objet ainsi qu’un protocole d’intervention permettant de s’assurer que l’on ne causera pas d’autres dégâts et que le traitement sera réversible.
Le Service des biens culturels se tient à votre disposition pour tout conseil et vous orientera vers les restaurateurs compétents.