Document ID: 4371db87-b99a-45d5-85dd-397fdca30db9

RS 0.975.223.4   1   Texte original   Accord  entre la Confédération suisse et  la République du Cap-Vert concernant la promotion et la  protection réciproque des investissements   Conclu le 28 octobre 1991  Entré en vigueur par échange de notes le 6 mai 1992   (Etat le 6    mai 1992)     Préambule   Le Conseil fédéral suisse  et  le Gouvernement de la République du Cap-Vert,   Dans l’intention de créer et de maintenir des conditions favorables aux investisse- ments des investisseurs d’une Partie Contractante sur le territoire de l’autre Partie  Contractante,  Reconnaissant la nécessité d’encourager et de protéger les investissements étrangers  en vue de promouvoir la prospérité économique des deux Etats,  sont convenus de ce qui suit:   Art. 1 Définitions  Aux fins du présent Accord:   (1) Le terme «investisseur» désigne, en ce qui concerne chaque Partie Contrac- tante,  (a) les personnes physiques qui, d’après la législation de cette Partie Con-  tractante, sont considérées comme ses nationaux;  (b) les entités juridiques, y compris les sociétés, les sociétés enregistrées,   les sociétés de personnes ou autres organisations, qui sont constituées  ou organisées de toute autre manière conformément à la législation de  cette Partie Contractante, et qui ont leur siège, en même temps que des  activités économiques réelles, sur le territoire de cette même Partie  Contractante;   (c) les entités juridiques établies conformément à la législation d’un quel- conque pays, qui sont contrôlées, directement ou indirectement, par des  nationaux de cette Partie Contractante ou par des entités juridiques  ayant leur siège, en même temps que des activités économiques réelles,  sur le territoire de cette Partie Contractante.        RO 1993 1253   0.975.223.4    Protection des investissements   2   0.975.223.4   (2) Le terme «investissements» englobe toutes les catégories d’avoirs et en par- ticulier:  (a) la propriété de biens meubles et immeubles, ainsi que tous les autres   droits réels, tels que servitudes, charges foncières, gages immobiliers et  mobiliers;   (b) les actions, parts sociales et autres formes de participation dans des  sociétés;   (c) les créances monétaires et droits à toute prestation ayant une valeur  économique;   (d) les droits d’auteur, droits de propriété industrielle (tels que brevets  d’invention, modèles d’utilité, dessins ou modèles industriels, marques  de fabrique ou de commerce, marques de service, noms commerciaux,  indications de provenance), savoir-faire et clientèle;   (e) les concessions, y compris les concessions de recherche, d’extraction ou  d’exploitation de ressources naturelles, ainsi que tout autre droit conféré  par la loi, par contrat ou par décision de l’autorité en application de la  loi.   (3) Le terme «territoire» comprend les zones maritimes adjacentes à l’Etat côtier  pouvant exercer sur elles sa souveraineté ou sa juridiction conformément au  droit international.   Art. 2 Encouragement, admission  (1)  Chaque Partie Contractante encouragera, dans la mesure du possible, les inves- tissements des investisseurs de l’autre Partie Contractante sur son territoire et admet- tra ces investissements conformément à ses lois et règlements.  (2)  Lorsqu’elle aura admis un investissement sur son territoire, chaque Partie Con- tractante délivrera les autorisations qui seraient nécessaires en relation avec cet  investissement, y compris avec l’exécution de contrats de licence, d’assistance  technique, commerciale ou administrative. Chaque Partie Contractante veillera à  délivrer, chaque fois que cela sera nécessaire, les autorisations requises en ce qui a  trait aux activités de consultants ou d’autres personnes qualifiées de nationalité  étrangère.   Art. 3 Protection, traitement  (1)  Chaque Partie Contractante protégera sur son territoire les investissements  effectués conformément à ses lois et règlements par des investisseurs de l’autre  Partie Contractante et n’entravera pas, par des mesures injustifiées ou discrimina- toires, la gestion, l’entretien, l’utilisation, la jouissance, l’accroissement, la vente et,  le cas échéant, la liquidation de tels investissements. En particulier, chaque Partie  Contractante délivrera les autorisations visées à l’art. 2, al. (2), du présent Accord.  (2)  Chaque Partie Contractante assurera sur son territoire un traitement juste et  équitable aux investissements des investisseurs de l’autre Partie Contractante. Ce  traitement ne sera pas moins favorable que celui accordé par chaque Partie Contrac- tante à des investissements effectués sur son territoire par ses propres investisseurs     Promotion et protection réciproque des investissements.  Ac. avec le Cap-Vert   3   0.975.223.4  ou que celui accordé par chaque Partie Contractante à des investissements effectués  sur son territoire par les investisseurs de la nation la plus favorisée, si ce dernier  traitement est plus favorable.  (3)  Le traitement de la nation la plus favorisée ne s’appliquera pas aux privilèges  qu’une Partie Contractante accorde aux investissements d’un Etat tiers en vertu de sa  participation ou de son association à une zone de libre-échange, une union douanière  ou un marché commun.   Art. 4 Libre transfert  Chacune des Parties Contractantes, sur le territoire de laquelle des investisseurs de  l’autre Partie Contractante ont effectué des investissements, accordera à ces investis- seurs le libre transfert des paiements afférents à ces investissements, notamment:   (a) des intérêts, dividendes, bénéfices et autres revenus courants;  (b) des remboursements d’emprunts;  (c) des montants destinés à couvrir les frais relatifs à la gestion des investisse-  ments;  (d) des redevances et autres paiements découlant des droits énumérés à l’art. 1,   al. (2), let. (c), (d) et (e), du présent Accord;  (e) des apports supplémentaires de capitaux nécessaires à l’entretien ou au déve-  loppement des investissements;  (f) du produit de la vente ou de la liquidation partielle ou totale d’un investis-  sement, y compris des plus-values éventuelles.   Art. 5 Dépossession, indemnisation  (1)  Aucune des Parties Contractantes ne prendra, directement ou indirectement, des  mesures d’expropriation, de nationalisation ou toute autre mesure ayant le même  caractère ou le même effet, à l’encontre des investissements d’investisseurs de  l’autre Partie Contractante, si ce n’est pour des raisons d’intérêt public et à condition  que ces mesures ne soient pas discriminatoires, qu’elles soient conformes aux pres- criptions légales et qu’elles donnent lieu au paiement d’une indemnité effective et  adéquate. Le montant de l’indemnité, intérêt compris, sera réglé dans la monnaie du  pays d’origine de l’investissement et sera versé sans retard à l’ayant droit, sans égard  à son domicile ou à son siège.  (2)  Les investisseurs de l’une des Parties Contractantes dont les investissements  auront subi des pertes dues à la guerre ou à tout autre conflit armé, révolution, état  d’urgence ou révolte, survenus sur le territoire de l’autre Partie Contractante, bénéfi- cieront, de la part de cette dernière, d’un traitement conforme à l’art. 3, al. (2), du  présent Accord. En tout état de cause, ils seront indemnisés.     Protection des investissements   4   0.975.223.4   Art. 6 Investissements antérieurs à l’Accord  Le présent Accord s’appliquera également aux investissements effectués sur le  territoire d’une Partie Contractante, conformément à ses lois et règlements, par des  investisseurs de l’autre Partie Contractante avant l’entrée en vigueur du présent  Accord.   Art. 7 Conditions plus favorables  Nonobstant les conditions prévues par le présent Accord, les conditions plus favo- rables qui ont été ou qui seraient convenues par l’une des Parties Contractantes avec  des investisseurs de l’autre Partie Contractante sont applicables.   Art. 8 Subrogation  Dans le cas où une Partie Contractante a accordé une garantie financière quelconque  contre des risques non commerciaux à l’égard d’un investissement de l’un de ses  investisseurs sur le territoire de l’autre Partie Contractante, cette dernière reconnaîtra  les droits de la première Partie Contractante selon le principe de subrogation dans les  droits de l’investisseurs si un paiement a été fait en vertu de cette garantie par la  première Partie Contractante.   Art. 9 Différends entre une Partie Contractante et un investisseur de l’autre  Partie Contractante   (1)  Afin de trouver une solution aux différends relatifs à des investissements entre  une Partie Contractante et un investisseur de l’autre Partie Contractante et sans  préjudice de l’art. 10 du présent Accord (Différends entre Parties Contractantes), des  consultations auront lieu entre les parties concernées.  (2)  Si ces consultations n’apportent pas de solution, dans un délai de six mois à  compter de la date à laquelle le différend a été soulevé, le différend sera soumis, à la  requête de l’investisseur, à un tribunal arbitral.  (3)  Le tribunal arbitral selon l’al. (2) du présent article est constitué de cas en cas,  comme suit:   (a) A moins que les parties au différend n’en disposent autrement, chacune  d’elles désigne un arbitre et ces deux arbitres nomment un président qui doit  être ressortissant d’un Etat tiers. Les arbitres doivent être désignés dans un  délai de deux mois dès réception de la requête de soumettre le différend à  l’arbitrage et le président doit être nommé dans les deux mois suivants.   (b) Si les délais mentionnés sous let. (a) du présent article n’ont pas été obser- vés, chaque partie au différend peut, en l’absence de tout accord, inviter le  Président de la Cour d’Arbitrage de la Chambre de  Commerce Internatio- nale, à Paris, à procéder aux désignations nécessaires.   (c) Si, dans les cas prévus sous let. (b) du présent article, le Président de la Cour  d’Arbitrage de la Chambre de Commerce Internationale, à Paris, est empê- ché d’exercer son mandat ou s’il est ressortissant de l’une des Parties Con- tractantes, les nominations seront faites par le Vice-président et, si ce dernier     Promotion et protection réciproque des investissements.  Ac. avec le Cap-Vert   5   0.975.223.4  est empêché ou s’il est ressortissant de l’une des Parties Contractantes, elles  le seront par le membre le plus ancien de la Cour qui n’est ressortissant  d’aucune des Parties Contractantes.   (d) Chaque Partie Contractante reconnaît et assure l’exécution de la sentence  arbitrale.   (4)  Aucune Partie Contractante ne poursuivra par la voie diplomatique un différend  soumis à l’arbitrage selon le présent article, à moins que l’autre Partie Contractante  ne se conforme pas à la sentence rendue par un tribunal arbitral.  (5)  Lorsque les deux Parties Contractantes seront parties à la Convention du  18 mars 19651 pour le règlement des différends relatifs aux investissements entre  Etats et ressortissants d’autres Etats, le différend sera, à la requête de l’investisseur  soumis au Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investis- sements (C.I.R.D.I.) en lieu et place de la procédure prévue à l’al. (3) du présent  article.  (6)  L’Etat Contractant qui est partie au différend ne pourra, à aucun moment de la  procédure de règlement ou de l’exécution d’une sentence, faire valoir le fait que  l’investisseur a reçu, en vertu d’un contrat d’assurance, une indemnité couvrant tout  ou une partie du dommage causé.   Art. 10 Différends entre Parties Contractantes  (1)  Les différends entre Parties Contractantes au sujet de l’interprétation ou de  l’application des dispositions du présent Accord seront réglés par la voie diploma- tique.  (2)  Si les deux Parties Contractantes ne parviennent pas à un règlement dans les  douze mois à compter de la naissance du différend, ce dernier sera soumis, à la  requête de l’une ou de l’autre Partie Contractante, à un tribunal arbitral composé de  trois membres. Chaque Partie Contractante désignera un arbitre. Les deux arbitres  ainsi désignés nommeront un président qui devra être ressortissant d’un Etat tiers.  (3)  Si l’une des Parties Contractantes n’a pas désigné son arbitre et qu’elle n’a pas  donné suite à l’invitation adressée par l’autre Partie Contractante de procéder dans  les deux mois à cette désignation, l’arbitre sera nommé, à la requête de cette dernière  Partie Contractante, par le Président de la Cour internationale de justice.  (4)  Si les deux arbitres ne peuvent se mettre d’accord sur le choix du président dans  les deux mois suivant leur désignation, ce dernier sera nommé, à la requête de l’une  ou de l’autre Partie Contractante, par le Président de la Cour internationale de jus- tice.  (5)  Si, dans les cas prévus aux al. (3) et (4) du présent article, le Président de la  Cour internationale de justice est empêché d’exercer son mandat ou s’il est ressortis- sant de l’une des Parties Contractantes, les dispositions de l’art. 9, al. (3), let. (c) du  présent Accord sont applicables mutatis mutandis.       1 RS 0.975.2.     Protection des investissements   6   0.975.223.4   (6)  A moins que les Parties Contractantes n’en disposent autrement, le tribunal fixe  lui-même sa procédure.  (7)  Les décisions du tribunal sont définitives et obligatoires pour les Parties Con- tractantes.   Art. 11 Respect des engagements  Chacune des Parties Contractantes assure à tout moment le respect des engagements  assumés par elle à l’égard des investissements des investisseurs de l’autre Partie  Contractante.   Art. 12 Dispositions finales  (1)  Le présent Accord entrera en vigueur le jour où les deux gouvernements se  seront notifiés que les formalités constitutionnelles requises pour la conclusion et la  mise en vigueur d’accords internationaux ont été accomplies; il restera valable pour  une durée de dix ans. S’il n’est pas dénoncé par écrit six mois avant l’expiration de  cette période, il sera considéré comme renouvelé aux mêmes conditions pour une  durée de cinq ans, et ainsi de suite.  (2)  En cas de dénonciation, les dispositions prévues aux art. 1 à 11 du présent  Accord s’appliqueront encore pendant une durée de dix ans aux investissements  effectués avant la dénonciation.   Fait à Berne, le 28 octobre 1991, en quatre originaux, dont deux en français et deux  en portugais, chaque texte faisant également foi.   Pour le  Conseil fédéral suisse:   Franz Blankart   Pour le Gouvernement  de la République du Cap-Vert:  Jorge Carlos A. Fonseca