Document ID: d6626fde-b5a0-4dbd-a11c-7853f3ac6450

RS 0.415.4   1   Texte original   Convention du Conseil de l’Europe   sur la manipulation de compétitions sportives  (Convention de Macolin)   Conclue à Macolin le 18 septembre 2014  Approuvée par l’Assemblée fédérale le 14 décembre 20181  Instrument de ratification déposé par la Suisse le 16 mai 2019  Entrée en vigueur pour la Suisse le 1er septembre 2019    (Etat le 1er septembre 2019)      Préambule   Les États membres du Conseil de l’Europe, signataires de la présente Convention,   considérant que le but du Conseil de l’Europe est de réaliser une union plus étroite  entre ses membres,   considérant le Plan d’action du 3e Sommet des chefs d’État et de gouvernement du  Conseil de l’Europe (Varsovie, 16–17 mai 2005), qui recommandent la poursuite des  activités du Conseil de l’Europe faisant référence dans le domaine du sport,   considérant qu’il est nécessaire de poursuivre l’élaboration d’un cadre européen et  mondial commun pour le développement du sport, fondé sur les notions de démocra- tie pluraliste, de prééminence du droit, de droits de l’homme et d’éthique sportive,   conscients que tous les pays et tous les types de sport du monde sont potentiellement  concernés par la manipulation de compétitions sportives et soulignant que ce phé- nomène constitue une menace d’ampleur mondiale pour l’intégrité du sport et  requiert une réponse elle aussi mondiale, qui doit avoir le soutien de pays non mem- bres du Conseil de l’Europe,   préoccupés par l’implication des activités criminelles, en particulier de la criminalité  organisée, dans la manipulation de compétitions sportives, et par son caractère  transnational,   rappelant la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fonda- mentales2 (1950, STE no 5) et ses Protocoles, la Convention européenne sur la  violence et les débordements de spectateurs lors de manifestations sportives et  notamment de matches de football3 (1985, STE no 120), la Convention contre le  dopage4 (1989, STE no 135), la Convention pénale sur la corruption5 (1999, STE  no 173) et la Convention du Conseil de l’Europe relative au blanchiment, au dépis-       RO 2019 1963; FF 2018 989  1 RO 2019 1961  2 RS 0.101  3 RS 0.415.3  4 RS 0.812.122.1  5 RS 0.311.55   0.415.4    Gymnastique et sport   2   0.415.4   tage, à la saisie et à la confiscation des produits du crime et au financement du  terrorisme (2005, STCE no 198),   rappelant la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale  organisée6 et ses Protocoles (2000),   rappelant également la Convention des Nations Unies contre la corruption7 (2003),   rappelant l’importance d’enquêter, effectivement et sans retard injustifié, sur les  infractions relevant de leur juridiction,   rappelant le rôle essentiel de l’Organisation internationale de police criminelle  (Interpol) visant à faciliter la coopération efficace entre les autorités chargées de  l’application de la loi et la coopération judiciaire,   soulignant que les organisations sportives ont la responsabilité de détecter et de  sanctionner les manipulations de compétitions sportives commises par des personnes  relevant de leur autorité,   saluant les résultats déjà obtenus dans la lutte contre la manipulation de compétitions  sportives,   convaincus qu’une lutte efficace contre la manipulation de compétitions sportives  requiert une coopération nationale et internationale renforcée, rapide, soutenue et  fonctionnant correctement,   compte tenu des Recommandations du Comité des Ministres aux États membres  no R (92) 13Rev sur la Charte européenne du sport révisée, CM/Rec(2010)9 sur le  Code d’éthique sportive révisé, Rec(2005)8 relative aux principes de bonne gouver- nance dans le sport et CM/Rec(2011)10 sur la promotion de l’intégrité du sport pour  combattre la manipulation des résultats, notamment les matchs arrangés,   compte tenu des travaux et des conclusions des conférences suivantes:   – la 11e Conférence du Conseil de l’Europe des ministres responsables du  sport (11 et 12 décembre 2008, Athènes),   – la 18e Conférence informelle du Conseil de l’Europe des ministres respon- sables du sport (22 septembre 2010, Bakou) sur la promotion de l’intégrité  du sport contre la manipulation des résultats sportifs (matchs arrangés),   – la 12e Conférence du Conseil de l’Europe des ministres responsables du  sport (15 mars 2012, Belgrade), particulièrement en ce qui concerne la  rédaction d’un nouvel instrument juridique international contre la manipula- tion des résultats sportifs,   – la 5e Conférence internationale des ministres et hauts fonctionnaires respon- sables de l’éducation physique et du sport (MINEPS V) de l’Unesco,   convaincus qu’un dialogue et une coopération entre les autorités publiques, les  organisations sportives, les organisateurs de compétitions et les opérateurs de paris  sportifs, aux niveaux national et international, fondés sur le respect et la confiance       6 RS 0.311.54  7 RS 0.311.56     Conv. de Macolin   3   0.415.4   mutuels, sont essentiels à la recherche de réponses efficaces communes aux défis  posés par le problème de la manipulation de compétitions sportives,   reconnaissant que le sport, fondé sur une compétition juste et équitable, présente un  caractère imprévisible et requiert de lutter fermement et efficacement contre les  pratiques et attitudes contraires à l’éthique,   convaincus que l’application systématique des principes de bonne gouvernance et  d’éthique dans le sport contribue de manière significative à éliminer la corruption, la  manipulation de compétitions sportives et d’autres pratiques répréhensibles dans ce  secteur,   reconnaissant que les organisations sportives, conformément au principe de l’auto- nomie du sport, sont responsables du sport, et sont dotées de responsabilités en  matière d’autorégulation et de sanctions disciplinaires dans la lutte contre la manipu- lation de compétitions sportives, mais que les autorités publiques, autant que de  besoin, protègent l’intégrité du sport,   reconnaissant que le développement des activités de paris sportifs, notamment de  l’offre de paris sportifs illégaux, accroît les risques de ces manipulations,   considérant que la manipulation de compétitions sportives peut être liée ou non aux  paris sportifs, liée ou non à des infractions pénales, et que tous les cas de figure  doivent être traités,   prenant note que les États bénéficient d’une marge d’appréciation pour décider des  politiques en matière de paris sportifs, dans le cadre du droit applicable,   sont convenus de ce qui suit:   Chapitre I But, principes directeurs, définitions   Art. 1 But et principaux objectifs  1 Le but de la présente Convention est de combattre la manipulation de compétitions  sportives, afin de protéger l’intégrité du sport et l’éthique sportive, dans le respect du  principe de l’autonomie du sport.  2 Dans ce but, la présente Convention vise:   a. à prévenir, détecter et sanctionner la manipulation nationale ou transnatio- nale de compétitions sportives nationales ou internationales;   b. à promouvoir la coopération nationale et internationale contre la manipula- tion de compétitions sportives, entre les autorités publiques concernées, et  avec les organisations impliquées dans le sport et dans les paris sportifs.   Art. 2 Principes directeurs  La lutte contre la manipulation de compétitions sportives s’inscrit notamment dans  le respect des principes suivants:     Gymnastique et sport   4   0.415.4   a. les droits de l’homme;   b. la légalité;   c. la proportionnalité;   d. la protection de la vie privée et des données à caractère personnel.   Art. 3 Définitions  Aux fins de la présente Convention:   1.  «Compétition sportive» désigne toute épreuve sportive organisée conformément  aux règles établies par une organisation sportive répertoriée par le Comité de suivi  de la Convention, conformément à l’art. 31, par. 2, et reconnue par une organisation  sportive internationale, ou, le cas échéant, une autre organisation sportive compé- tente;   2.  «Organisation sportive» désigne toute organisation qui régit le sport ou un sport  en particulier, et qui figure dans la liste adoptée par le Comité de suivi de la Conven- tion, conformément à l’art. 31, par. 2, ainsi que les organisations continentales et  nationales qui y sont, le cas échéant, affiliées;   3.  «Organisateur de compétitions» désigne toute organisation sportive ou toute autre  personne, quelle que soit sa forme juridique, qui organise des compétitions spor- tives;   4.  «Manipulation de compétitions sportives» désigne un arrangement, un acte ou  une omission intentionnels visant à une modification irrégulière du résultat ou du  déroulement d’une compétition sportive afin de supprimer tout ou partie du caractère  imprévisible de cette compétition, en vue d’obtenir un avantage indu pour soi-même  ou pour autrui;   5.  «Pari sportif» désigne toute mise de valeur pécuniaire, dans l’espoir d’un gain de  valeur pécuniaire conditionné par la réalisation d’un fait futur incertain se rapportant  à une compétition sportive.    En particulier:   a. «pari sportif illégal» désigne tout pari sportif dont le type ou l’opérateur  n’est pas autorisé, en vertu du droit applicable dans la juridiction où se  trouve le consommateur;   b. «pari sportif atypique» désigne toute activité de pari sportif qui présente des  caractéristiques non conformes aux standards habituels ou anticipés du mar- ché considéré ou qui porte sur une compétition sportive dont le déroulement  présente des caractéristiques inhabituelles;    c. «pari sportif suspect» désigne toute activité de pari sportif qui, selon des  indices fondés et concordants, apparaît liée à un fait de manipulation de la  compétition sportive sur laquelle il porte.   6.  «Acteurs de la compétition» désigne toute personne physique ou morale apparte- nant à l’une des catégories suivantes:     Conv. de Macolin   5   0.415.4   a. «sportif» désigne toute personne ou groupe de personnes qui participe à des  compétitions sportives;   b. «personnel d’encadrement des sportifs» désigne tout entraîneur, soigneur,  directeur sportif, agent, personnel d’équipe, officiel d’équipe, personnel mé- dical ou paramédical qui travaille avec des sportifs ou qui traite des sportifs  participant à une compétition sportive ou s’y préparant et toutes les autres  personnes qui travaillent avec des sportifs;   c. «officiel» désigne les propriétaires, actionnaires, dirigeants et personnel des  entités organisatrices et promotrices de compétitions sportives, ainsi que les  arbitres, les membres du jury et toute autre personne accréditée. Ce terme  désigne également les dirigeants et le personnel d’une organisation sportive  internationale, ou, le cas échéant, d’une autre organisation sportive compé- tente qui reconnaît la compétition.    7.  «Information d’initié» désigne toute information relative à une compétition  détenue par une personne en raison de sa position vis-à-vis d’un sport ou d’une  compétition, à l’exclusion des renseignements déjà publiés ou de notoriété publique,  aisément accessibles à un public intéressé ou encore divulgués en conformité avec  les directives et réglementations présidant à la compétition en question.    Chapitre II Prévention, coopération et autres mesures   Art. 4 Coordination interne  1 Chaque Partie coordonne les politiques et les actions des autorités publiques con- cernées par la lutte contre la manipulation de compétitions sportives.  2 Chaque Partie, dans le ressort de sa juridiction, encourage les organisations spor- tives, les organisateurs de compétitions et les opérateurs de paris sportifs à coopérer  dans la lutte contre les manipulations de compétitions sportives et, le cas échéant, les  charge de mettre en œuvre les dispositions de la présente Convention qui les concer- nent respectivement.    Art. 5 Appréciation et gestion des risques  1 Chaque Partie procède – s’il y a lieu en coopération avec les organisations spor- tives, les opérateurs de paris sportifs, les organisateurs de compétitions et d’autres  organisations concernées – à l’identification, à l’analyse et à l’évaluation des risques  liés à la manipulation de compétitions sportives.   2 Chaque Partie encourage les organisations sportives, les opérateurs de paris spor- tifs, les organisateurs de compétitions et toute autre organisation concernée à adopter  des procédures et des règles pour combattre la manipulation de compétitions spor- tives et adopte, le cas échéant, les mesures législatives ou autres nécessaires à cette  fin.      Gymnastique et sport   6   0.415.4   Art. 6 Éducation et sensibilisation  Chaque Partie encourage la sensibilisation, l’éducation, la formation et la recherche  pour renforcer la lutte contre la manipulation de compétitions sportives.    Art. 7 Organisations sportives et organisateurs de compétitions  1 Chaque Partie encourage les organisations sportives et les organisateurs de compé- titions à adopter et à appliquer des règles pour combattre la manipulation de compé- titions sportives, et des principes de bonne gouvernance, qui concernent notamment:   a. la prévention des conflits d’intérêts, notamment:  – l’interdiction aux acteurs de la compétition sportive de parier sur les   compétitions auxquelles ils participent,   – l’interdiction de l’utilisation abusive ou de la diffusion d’informations   d’initié;   b. le respect par les organisations sportives et leurs membres affiliés de l’en- semble de leurs obligations contractuelles ou autres;   c. l’obligation faite aux acteurs de la compétition sportive de signaler immédia- tement toute activité suspecte et tout incident, toute incitation ou toute  approche qui pourrait être considérée comme une violation des règles contre  la manipulation de compétitions sportives.   2 Chaque Partie encourage les organisations sportives à adopter et à mettre en œuvre  des mesures appropriées en vue de garantir:   a. le contrôle renforcé et efficace du déroulement des compétitions sportives  exposées à des risques de manipulation;   b. des dispositions pour informer sans délai les autorités publiques pertinentes  ou la plateforme nationale de cas d’activités suspectes liées à la manipula- tion de compétitions sportives;   c. des mécanismes efficaces pour faciliter la divulgation de toute information  concernant les cas potentiels ou réels de manipulation de compétitions spor- tives, y compris une protection adéquate des lanceurs d’alertes;   d. la sensibilisation des acteurs de la compétition, notamment des jeunes spor- tifs au risque de manipulation de compétitions sportives et les efforts pour le  combattre, par l’éducation, la formation et la diffusion d’informations;   e. la désignation la plus tardive possible des officiels compétents pour une  compétition sportive, notamment les juges et les arbitres.   3 Chaque Partie encourage ses organisations sportives et, à travers elles, les organi- sations sportives internationales, à appliquer des sanctions et mesures disciplinaires  spécifiques, effectives, proportionnées et dissuasives en cas d’infraction de leurs  règles internes contre la manipulation de compétitions sportives, en particulier celles  visées au par. 1 du présent article, ainsi que pour assurer la reconnaissance mutuelle  et l’exécution des sanctions imposées par d’autres organisations sportives, notam- ment dans d’autres pays.     Conv. de Macolin   7   0.415.4   4 La responsabilité disciplinaire établie par les organisations sportives ne doit pas  exclure la responsabilité pénale, civile ou administrative.   Art. 8 Mesures concernant le financement des organisations sportives  1 Chaque Partie adopte les mesures législatives ou autres nécessaires pour garantir  une transparence adéquate du financement des organisations sportives qui sont sou- tenues financièrement par la Partie.  2 Chaque Partie étudie la possibilité de soutenir les organisations sportives dans la  lutte contre la manipulation de compétitions sportives, notamment en finançant des  mécanismes appropriés.  3 Chaque Partie examine, en fonction de la situation, l’éventualité de refuser l’octroi  de subventions ou d’inviter les organisations sportives à refuser l’octroi de subven- tions en faveur d’acteurs de la compétition sanctionnés pour manipulation de compé- titions sportives, pendant la durée de la sanction.  4 Chaque Partie prend, si besoin, les mesures nécessaires pour retirer tout ou partie  de son soutien, financier ou autre, dans le domaine du sport, à toute organisation  sportive qui ne respecte pas effectivement les règles relatives à la lutte contre la  manipulation de compétitions sportives.   Art. 9 Mesures concernant l’autorité de régulation des paris ou la ou  les autres autorités responsables   1 Chaque Partie désigne l’autorité ou les autorités responsables qui, dans l’ordre  juridique de cette Partie, sont chargées de mettre en œuvre la régulation des paris  sportifs et d’appliquer les mesures pertinentes pour combattre la manipulation de  compétitions sportives en lien avec les paris sportifs, y compris, le cas échéant:   a. l’échange d’informations, en temps utile, avec les autres autorités compé- tentes ou la plateforme nationale sur les paris sportifs illégaux, atypiques ou  suspects ainsi que sur des violations de réglementations telles que mention- nées ou établies conformément à la présente Convention;   b. la limitation de l’offre de paris sportifs, après consultation des organisations  sportives nationales et des opérateurs de paris sportifs, en excluant notam- ment les compétitions sportives:   – destinées spécifiquement aux moins de 18 ans, ou   – dont les conditions d’organisation et/ou les enjeux sportifs sont insuffi-  sants;   c. la mise à disposition préalable des organisateurs de compétitions d’informa- tions relatives aux types et à l’objet des offres de paris, pour soutenir leurs  efforts d’identification et de gestion des risques de manipulation de leurs  compétitions;   d. de veiller à l’utilisation systématique dans les paris sportifs de moyens de  paiement permettant de tracer les flux financiers au-dessus d’un certain seuil  défini par chaque Partie, notamment les émetteurs, les bénéficiaires et les  montants;     Gymnastique et sport   8   0.415.4   e. des mécanismes, en coopération avec et entre les organisations sportives, et,  le cas échéant, les opérateurs de paris, visant à empêcher les acteurs de la  compétition de parier sur des compétitions sportives en violation des règles  sportives ou des lois applicables;   f. la suspension de la prise de paris, conformément à sa législation interne, sur  les compétitions sur lesquelles une alerte appropriée a été émise.    2 Chaque Partie communique au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe les noms  et adresses de l’autorité ou des autorités identifiées en vertu du par. 1 de cet article.   Art. 10 Opérateurs de paris sportifs  1 Chaque Partie adopte les mesures législatives ou autres qui se révèlent nécessaires  pour prévenir les conflits d’intérêts et l’utilisation abusive d’informations d’initié  par des personnes physiques ou morales impliquées dans la fourniture d’offres de  paris sportifs, notamment en restreignant la possibilité:   a. pour toute personne physique ou morale impliquée dans l’offre de paris  sportifs, de miser sur ses propres produits;   b. d’abuser d’une position de sponsor ou de détenteur de part dans une organi- sation sportive pour faciliter la manipulation d’une compétition ou pour uti- liser abusivement des informations d’initié;   c. pour tout acteur de la compétition, de participer à la détermination des cotes  des paris proposés sur la compétition à laquelle il participe;   d. pour tout opérateur de paris qui contrôle un organisateur ou un acteur de la  compétition, ainsi que pour tout opérateur de paris qui est contrôlé par un tel  organisateur ou acteur de la compétition, de proposer des paris sportifs sur la  compétition à laquelle participe cet organisateur ou acteur de la compétition.   2 Chaque Partie encourage ses opérateurs de paris sportifs et, à travers eux, les orga- nisations internationales d’opérateurs de paris sportifs, à sensibiliser leurs proprié- taires et leurs employés aux conséquences de la manipulation de compétitions spor- tives et à la lutte contre ce phénomène, par l’éducation, la formation et la diffusion  d’informations.   3 Chaque Partie adopte les mesures législatives ou autres nécessaires pour obliger les  opérateurs de paris sportifs à signaler sans délai les paris atypiques ou suspects à  l’autorité de régulation des paris, à la ou aux autres autorités responsables, ou à la  plateforme nationale.    Art. 11 Lutter contre les paris sportifs illégaux  Afin de combattre la manipulation de compétitions sportives, chaque Partie étudie  les moyens les plus adaptés de lutte contre les opérateurs de paris sportifs illégaux et  envisage l’adoption de mesures dans le respect du droit applicable à la juridiction  concernée, telles que:     Conv. de Macolin   9   0.415.4   a. la fermeture ou la restriction directe et indirecte de l’accès aux opérateurs de  paris sportifs illégaux à distance et la fermeture des opérateurs de paris illé- gaux disposant d’un réseau physique relevant de sa juridiction;   b. le blocage des flux financiers entre les opérateurs de paris sportifs illégaux et  les consommateurs;   c. l’interdiction de la publicité pour les opérateurs de paris sportifs illégaux;   d. la sensibilisation des consommateurs aux risques associés aux paris sportifs  illégaux.    Chapitre III Échanges d’informations   Art. 12 Échanges d’informations entre autorités publiques compétentes,  organisations sportives et opérateurs de paris sportifs   1 Sans préjudice des dispositions de l’art. 14, chaque Partie facilite, aux niveaux  national et international, et conformément à sa législation interne, l’échange d’infor- mations entre les autorités publiques, les organisations sportives, les organisateurs  de compétitions, les opérateurs de paris sportifs concernés et les plateformes natio- nales. En particulier, chaque Partie s’engage à mettre en place des mécanismes de  communication d’informations pertinentes, notamment la mise à disposition des  organisateurs de compétitions d’information préalable sur les types et l’objet des  offres de paris, lorsque ces informations sont susceptibles d’aider à effectuer une  évaluation des risques visés à l’art. 5 et à entamer ou à mener des investigations ou  des poursuites concernant la manipulation de compétitions sportives.   2 Sur demande, le destinataire de telles informations informe, conformément à la  législation interne et sans délai, l’organisation ou l’autorité qui les lui a communi- quées des suites qui ont été données à cette communication.   3 Chaque Partie étudie les possibilités de développer ou de renforcer la coopération  et l’échange d’informations dans le domaine de la lutte contre les paris sportifs  illégaux, comme le prévoit l’art. 11 de la présente Convention.    Art. 13 Plateforme nationale  1 Chaque Partie identifie une plateforme nationale chargée de traiter de la manipula- tion de compétitions sportives. La plateforme nationale doit notamment, en confor- mité avec la législation interne:   a. servir de centre d’information, collectant et transmettant des informations  pertinentes pour la lutte contre la manipulation de compétitions sportives  aux organisations et autorités pertinentes;   b. coordonner la lutte contre la manipulation de compétitions sportives;   c. recevoir, centraliser et analyser les informations relatives aux paris atypiques  et suspects sur les compétitions sportives se déroulant sur le territoire de  chaque Partie et émettre, le cas échéant, des alertes;     Gymnastique et sport   10   0.415.4   d. transmettre des informations aux autorités publiques ou aux organisations  sportives et/ou aux opérateurs de paris sportifs sur de possibles infractions  aux lois ou aux règlements sportifs visés par la présente Convention;   e. coopérer avec toute organisation et autorité pertinentes aux niveaux national  et international, incluant les plateformes nationales des autres États.    2 Chaque Partie communique au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe le nom  et les adresses de la plateforme nationale.   Art. 14 Protection des données personnelles  1 Chaque Partie adopte les mesures législatives et autres nécessaires pour s’assurer  que toutes les mesures contre la manipulation de compétitions sportives respectent  les lois et normes nationales et internationales pertinentes en matière de protection  des données à caractère personnel, en particulier lors de l’échange d’informations  visé dans la présente Convention.  2 Chaque Partie adopte les mesures législatives ou autres nécessaires pour garantir  que les autorités publiques et les organisations visées dans la présente Convention  prennent les mesures requises pour s’assurer que les principes de légalité, d’adéqua- tion, de pertinence et d’exactitude, de même que la sécurité des données et les droits  des personnes concernées sont dûment pris en compte lorsqu’elles collectent, traitent  et échangent des données personnelles, quelle que soit la nature de ces échanges.  3 Chaque Partie prévoit dans son droit que les autorités publiques et les organisations  visées dans la présente Convention veillent à ce que l’échange des données aux fins  de la présente Convention n’aille pas au-delà du minimum nécessaire à la poursuite  des buts déclarés de l’échange.  4 Chaque Partie invite les différentes autorités publiques et les organisations visées  dans la présente Convention à mettre en œuvre les moyens techniques nécessaires  pour assurer la sécurité des données échangées et garantir leur fiabilité et leur inté- grité, ainsi que la disponibilité et l’intégrité des systèmes d’échanges de données et  l’identification de leurs utilisateurs.   Chapitre IV   Droit pénal matériel et coopération en matière d’exécution   Art. 15 Infractions pénales relatives à la manipulation de compétitions  sportives   Chaque Partie veille à ce que son droit interne permette de sanctionner pénalement  la manipulation de compétitions sportives, dès lors que les faits comprennent des  éléments de contrainte, de corruption ou de fraude tels que définis par son droit  interne.     Conv. de Macolin   11   0.415.4   Art. 16 Blanchiment du produit des infractions pénales relatives  à la manipulation de compétitions sportives   1 Chaque Partie adopte les mesures législatives ou autres nécessaires pour ériger en  infraction pénale dans son droit interne les actes tels que ceux visés à l’art. 9, par. 1  et 2, de la Convention du Conseil de l’Europe relative au blanchiment, au dépistage,  à la saisie et à la confiscation des produits du crime et au financement du terrorisme  (2005, STCE no 198), à l’art. 6, par. 1, de la Convention des Nations Unies contre la  criminalité transnationale organisée (2000) ou à l’art. 23, par. 1, de la Convention  des Nations Unies contre la corruption (2003), dans les conditions y prévues, lorsque  l’infraction principale générant un profit est l’une des infractions visées aux art. 15  et 17 de la présente Convention et, en tout état de cause, en cas d’extorsion, de cor- ruption et de fraude.  2 Lorsqu’elle détermine la gamme des infractions constituant des infractions princi- pales énumérées au par. 1, chaque Partie peut décider, conformément à son droit  interne, comment elle définira ces infractions et la nature de tout élément particulier  de ces infractions qui en fait des infractions graves.  3 Chaque Partie envisage d’inclure les manipulations de compétitions sportives dans  le cadre de la prévention contre le blanchiment d’argent, en exigeant des opérateurs  de paris sportifs d’appliquer des exigences de diligence due à l’égard des consom- mateurs, de tenue des registres et de déclarations.   Art. 17 Complicité  Chaque Partie adopte les mesures législatives ou autres nécessaires pour ériger en  infraction pénale, dans son droit interne, toute complicité intentionnelle dans la  commission d’une des infractions visées à l’art. 15 de la présente Convention.   Art. 18 Responsabilité des personnes morales  1 Chaque Partie adopte les mesures législatives ou autres nécessaires pour faire en  sorte de s’assurer que les personnes morales peuvent être tenues pour responsables  des infractions visées aux art. 15 à 17 de la présente Convention, lorsque ces infrac- tions sont commises pour leur compte par toute personne physique, agissant soit  individuellement, soit en tant que membre d’un organe de la personne morale, qui  exerce un pouvoir de direction au sein de celle-ci, sur les bases suivantes:   a. un pouvoir de représentation de la personne morale;   b. une autorité pour prendre des décisions au nom de la personne morale;   c. une autorité pour exercer un contrôle au sein de la personne morale.   2 Selon les principes juridiques de la Partie, la responsabilité d’une personne morale  peut être pénale, civile ou administrative.   3 Outre les cas déjà prévus au par. 1, chaque Partie adopte les mesures nécessaires  pour s’assurer qu’une personne morale peut être tenue pour responsable lorsque  l’absence de surveillance ou de contrôle de la part d’une personne physique telle que  mentionnée au par. 1 a rendu possible la commission d’une infraction visée aux     Gymnastique et sport   12   0.415.4   art. 15 à 17 de la présente Convention pour le compte de ladite personne morale par  une personne physique agissant sous son autorité.   4 Cette responsabilité est établie sans préjudice de la responsabilité pénale des per- sonnes physiques ayant commis l’infraction.    Chapitre V Compétence, droit pénal procédural et répression   Art. 19 Compétence  1 Chaque Partie adopte les mesures législatives ou autres nécessaires pour établir sa  compétence à l’égard d’une infraction visée aux art. 15 à 17 de la présente Conven- tion lorsque l’infraction est commise:   a. sur son territoire;   b. à bord d’un navire battant pavillon de cette Partie;   c. à bord d’un aéronef immatriculé selon ses lois, ou   d. par un de ses ressortissants ou par une personne ayant sa résidence habituelle  sur son territoire.   2 Chaque État ou l’Union européenne peut, au moment de la signature ou du dépôt  de son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, dans une décla- ration adressée au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, déclarer qu’elle se  réserve le droit de ne pas appliquer, ou de n’appliquer que dans des cas ou condi- tions spécifiques, les règles de compétence définies au par. 1, let. d, du présent  article.  3 Chaque Partie prend les mesures législatives ou autres nécessaires pour établir sa  compétence à l’égard de toute infraction visée aux art. 15 à 17 de la présente Con- vention lorsque l’auteur présumé est présent sur son territoire et ne peut être extradé  vers une autre Partie en raison de sa nationalité.   4 Lorsque plusieurs Parties revendiquent leur compétence à l’égard d’une infraction  présumée visée aux art. 15 à 17 de la présente Convention, les Parties concernées se  concertent, le cas échéant, afin de déterminer quelle juridiction est la plus à même  d’exercer les poursuites.   5 Sans préjudice des règles générales de droit international, la présente Convention  n’exclut aucune compétence pénale, civile ou administrative exercée par une Partie  conformément à son droit interne.    Art. 20 Préservation des preuves électroniques  Chaque Partie adopte des mesures législatives ou autres pour préserver les preuves  électroniques, notamment grâce à la conservation rapide des données informatiques  stockées, à la conservation et la divulgation rapides des données relatives au trafic,  aux injonctions de produire, à la perquisition et la saisie des données informatiques  stockées, à la collecte en temps réel des données actives au trafic et à l’interception     Conv. de Macolin   13   0.415.4   de données relatives au contenu, conformément à son droit interne, lors des enquêtes  sur les infractions visées aux art. 15 à 17 de la présente Convention.   Art. 21 Mesures de protection  Chaque Partie envisage l’adoption des mesures législatives ou autres qui pourraient  être nécessaires pour assurer une protection effective:   a. des personnes qui fournissent, de bonne foi et sur la base de soupçons rai- sonnables, des informations concernant les infractions visées aux art. 15 à 17  de la présente Convention ou qui collaborent d’une autre manière avec les  autorités chargées des investigations ou des poursuites;   b. des témoins qui font une déposition en rapport avec de telles infractions;   c. si nécessaire, des membres de la famille des personnes visées aux let. a et b.    Chapitre VI Sanctions et mesures   Art. 22 Sanctions pénales à l’encontre des personnes physiques  Chaque Partie prend les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les  infractions visées aux art. 15 à 17 de la présente Convention, commises par des  personnes physiques, soient passibles de sanctions effectives, proportionnées et  dissuasives, notamment des sanctions pécuniaires, tenant compte de la gravité des  infractions. Ces sanctions incluent des peines de privation de liberté pouvant donner  lieu à l’extradition, telles que prévues par le droit interne.   Art. 23 Sanctions à l’encontre des personnes morales  Chaque Partie prend les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les  personnes morales déclarées responsables en application de l’art. 18 soient passibles  de sanctions effectives, proportionnées et dissuasives, qui incluent des sanctions  pécuniaires et éventuellement d’autres mesures, telles que:    a. des mesures d’interdiction temporaire ou définitive d’exercer une activité  commerciale;   b. un placement sous surveillance judiciaire;   c. une mesure judiciaire de dissolution.    Art. 24 Sanctions administratives  1 Pour les actes tombant sous le coup de sa législation interne, chaque Partie adopte,  le cas échéant, les mesures législatives ou autres mesures nécessaires pour sanction- ner des violations établies conformément à la présente Convention par des mesures  et peines efficaces, proportionnées et dissuasives, au titre d’infractions aux règle- ments poursuivies par des autorités administratives dont la décision peut donner lieu  à un recours devant une juridiction compétente.      Gymnastique et sport   14   0.415.4   2 Chaque Partie veille à l’application des mesures administratives, qui peut être  confiée à l’autorité de régulation des paris ou à la ou aux autres autorités respon- sables, en conformité avec la législation interne.    Art. 25 Saisie et confiscation  Chaque Partie prend les mesures législatives ou autres nécessaires, conformément à  la législation interne, pour permettre la saisie et la confiscation:   a. des biens, documents et autres instruments utilisés ou destinés à être utilisés  pour commettre les infractions visées aux art. 15 à 17 de la présente Conven- tion;   b. des produits de ces infractions, ou de biens d’une valeur équivalente à ces  produits.    Chapitre VII  Coopération internationale en matière judiciaire et autre   Art. 26 Mesures de coopération internationale en matière pénale  1 Les Parties coopèrent dans toute la mesure du possible, dans le respect des disposi- tions établies par la présente Convention et conformément aux instruments interna- tionaux et régionaux applicables et aux accords conclus sur la base de législations  uniformes ou réciproques et à leur droit interne aux fins d’investigation, de pour- suites et de procédures judiciaires concernant les infractions visées aux art. 15 à 17  de la présente Convention, y compris pour ce qui est de la saisie et de la confisca- tion.  2 Les Parties coopèrent entre elles, dans toute la mesure du possible, conformément  aux traités internationaux, régionaux et bilatéraux applicables en matière d’extradi- tion et d’entraide judiciaire en matière pénale et conformément à leur législation  interne, concernant les infractions visées aux art. 15 à 17 de la présente Convention.  3 En matière de coopération internationale, lorsque la double incrimination est posée  comme une condition, celle-ci est présumée remplie, indépendamment du fait que la  législation de l’État requis utilise la même classification des infractions et la même  terminologie que l’État requérant, lorsque les faits constitutifs de l’infraction pour  laquelle une demande d’entraide judiciaire ou d’extradition a été introduite, consti- tuent une infraction pénale en vertu de la législation de chacune des deux Parties.  4 Si une Partie, qui conditionne l’extradition ou l’entraide judiciaire en matière  pénale à l’existence d’un traité, reçoit une demande d’extradition ou d’entraide judi- ciaire en matière pénale de la part d’une Partie avec laquelle elle n’a pas conclu un  tel traité, elle peut, tout en agissant dans le plein respect de ses obligations relevant  du droit international et sous réserve des conditions prévues par le droit interne de la  Partie requise, considérer cette Convention comme une base légale pour l’extradition  ou l’entraide judiciaire en matière pénale eu égard aux infractions visées aux art. 15  à 17 de la présente Convention.     Conv. de Macolin   15   0.415.4   Art. 27 Autres mesures de coopération internationale en matière  de prévention   Chaque Partie s’efforce d’intégrer, s’il y a lieu, la prévention et la lutte contre la  manipulation de compétitions sportives dans les programmes d’assistance conduits  au profit d’États tiers.    Art. 28 Coopération internationale avec les organisations sportives  internationales   Chaque Partie, dans le respect de son droit interne, coopère avec les organisations  sportives internationales dans la lutte contre la manipulation de compétitions spor- tives.   Chapitre VIII Suivi   Art. 29 Communication d’informations  Chaque Partie transmet au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, dans l’une des  langues officielles du Conseil de l’Europe, toutes les informations pertinentes rela- tives à la législation et aux autres mesures qu’elle aura prises dans le but de se  conformer aux dispositions de la présente Convention.    Art. 30 Comité de suivi de la Convention  1 Un Comité de suivi de la Convention est constitué, aux fins de la présente Conven- tion.   2 Chaque Partie peut se faire représenter au Comité de suivi de la Convention par un  ou plusieurs délégués, notamment par des représentants des autorités publiques  chargées du sport, de faire respecter la loi ou de la régulation des paris. Chaque  Partie dispose d’une voix.  3 L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, ainsi que les comités inter- gouvernementaux compétents du Conseil de l’Europe désignent chacun un représen- tant au Comité de suivi de la Convention afin de contribuer à une approche plurisec- torielle et pluridisciplinaire. Le Comité de suivi de la Convention peut, si nécessaire,  par décision unanime, inviter tout État qui n’est pas Partie à la Convention, toute  organisation ou organisme international à se faire représenter par un observateur à  ses réunions. Les représentants désignés en vertu de ce paragraphe participent aux  réunions du Comité de suivi de la Convention sans droit de vote.  4 Le Comité de suivi de la Convention est convoqué par le Secrétaire Général du  Conseil de l’Europe. Il tient sa première réunion dans les meilleurs délais et au plus  tard un an après la date d’entrée en vigueur de la Convention. Il se réunit par la suite  à la demande d’au moins un tiers des Parties ou du Secrétaire Général.  5 Sous réserve des dispositions de la présente Convention, le Comité de suivi de la  Convention établit son règlement intérieur et l’adopte par consensus.     Gymnastique et sport   16   0.415.4   6 Le Comité de suivi de la Convention est assisté dans l’exercice de ses fonctions par  le Secrétariat du Conseil de l’Europe.   Art. 31 Fonctions du Comité de suivi de la Convention  1 Le Comité de suivi de la Convention est chargé du suivi de la mise en œuvre de la  présente Convention.   2 Le Comité de suivi de la Convention doit adopter et modifier la liste des organisa- tions sportives visée à l’art. 3, par. 2, en s’assurant de sa publication d’une manière  appropriée.   3 Le Comité de suivi de la Convention peut, en particulier:   a. adresser aux Parties des recommandations concernant les mesures à prendre  pour la mise en œuvre de la présente Convention, notamment en matière de  coopération internationale;   b. le cas échéant, adresser des recommandations aux Parties, à la suite de la  publication d’une documentation explicative, et après des consultations préa- lables avec les représentants des organisations sportives et des opérateurs de  paris sportifs, notamment sur:  – les critères à remplir par les organisations sportives et les opérateurs de   paris sportifs pour bénéficier des échanges d’informations mentionnés à  l’art. 12, par. 1 de la présente Convention,   – d’autres moyens d’améliorer la coopération opérationnelle entre les  autorités publiques pertinentes, les organisations sportives et les opéra- teurs de paris, comme mentionné dans la présente Convention;   c. assurer l’information des organisations internationales compétentes et du  public sur les travaux entrepris dans le cadre de la présente Convention;   d. formuler un avis au Comité des Ministres, sur la demande de tout État non  membre du Conseil de l’Europe, demandant à être invité par le Comité des  Ministres à signer la Convention en vertu de l’art. 32, par. 2.   4 Pour l’accomplissement de sa mission, le Comité de suivi de la Convention peut,  de sa propre initiative, organiser des réunions d’experts.  5 Le Comité de suivi de la Convention, avec l’accord préalable de la Partie concer- née, prévoit des visites dans les États parties.   Chapitre IX Dispositions finales   Art. 32 Signature et entrée en vigueur  1 La présente Convention est ouverte à la signature des États membres du Conseil de  l’Europe, des autres États parties à la Convention culturelle européenne, de l’Union  européenne et des États non membres ayant participé à son élaboration ou ayant le  statut d’observateur auprès du Conseil de l’Europe.      Conv. de Macolin   17   0.415.4   2 La présente Convention est également ouverte à la signature de tout autre État non  membre du Conseil de l’Europe sur invitation du Comité des Ministres. La décision  d’inviter un État non membre à signer la Convention est prise à la majorité prévue à  l’art. 20, let. d du Statut du Conseil de l’Europe8, et à l’unanimité des voix des  représentants des États contractants ayant le droit de siéger au Comité des Ministres,  après consultation du Comité de suivi de la Convention, une fois établi.  3 La présente Convention est soumise à ratification, acceptation ou approbation. Les  instruments de ratification, d’acceptation ou d’approbation sont déposés près le  Secrétaire Général du Conseil de l’Europe.  4 La présente Convention entrera en vigueur le premier jour du mois qui suit l’expi- ration d’une période de trois mois après la date à laquelle cinq signataires, incluant  au moins trois États membres du Conseil de l’Europe, auront exprimé leur consen- tement à être liés par la Convention, conformément aux dispositions des par. 1, 2  et 3.  5 Pour tout État signataire ou l’Union européenne qui exprimera ultérieurement son  consentement à être lié par la Convention, celle-ci entrera en vigueur le premier jour  du mois qui suit l’expiration d’une période de trois mois après la date de l’expres- sion de son consentement à être lié par la Convention, conformément aux disposi- tions des par. 1, 2 et 3.  6 Une Partie contractante non membre du Conseil de l’Europe contribue au finance- ment du Comité de suivi de la Convention selon des modalités à déterminer par le  Comité des Ministres après consultation de cette Partie.   Art. 33 Effets de la Convention et relations avec d’autres instruments  internationaux   1 La présente Convention ne porte pas atteinte aux droits et obligations de Parties  découlant de conventions internationales multilatérales concernant des questions  particulières. En particulier, la présente Convention ne modifie pas leurs droits et  obligations découlant d’autres accords conclus antérieurement à l’égard de la lutte  contre le dopage et compatibles avec l’objet et le but de la présente Convention.   2 La présente Convention complète en particulier, le cas échéant, les traités multila- téraux ou bilatéraux applicables existant entre les Parties, y compris les dispositions:   a. de la Convention européenne d’extradition9 (1957, STE no 24);   b. de la Convention européenne d’entraide judiciaire en matière pénale10  (1959, STE no 30);   c. de la Convention relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la  confiscation des produits du crime11 (1990, STE no 141);       8 RS 0.192.030  9 RS 0.353.1  10 RS 0.351.1  11 RS 0.311.53     Gymnastique et sport   18   0.415.4   d. de la Convention du Conseil de l’Europe relative au blanchiment, au dépis- tage, à la saisie et à la confiscation des produits du crime (2005, STE  no 198).   3 Les Parties à la Convention pourront conclure entre elles des traités bilatéraux ou  multilatéraux relatifs aux questions réglées par la présente Convention, afin de com- pléter ou de renforcer les dispositions de celle-ci ou de faciliter l’application des  principes qu’elle consacre.  4 Si deux Parties ou davantage ont déjà conclu un traité relatif aux matières traitées  par la présente Convention, ou si elles ont autrement établi leurs relations sur ces  sujets, elles ont aussi la faculté d’appliquer ledit traité ou d’établir leurs relations en  conséquence. Toutefois, si les Parties établissent leurs relations concernant les  matières faisant l’objet de la présente Convention d’une manière différente de celle  prévue par celle-ci, elles doivent le faire d’une manière qui ne soit pas incompatible  avec ses objectifs et principes.  5 La présente Convention n’affecte en rien les autres droits, restrictions, obligations  et responsabilités des Parties.   Art. 34 Conditions et sauvegardes  1 Chaque Partie veille à ce que l’instauration, la mise en œuvre et l’application des  pouvoirs et procédures prévus dans les chapitres II à VII soient soumises aux condi- tions et sauvegardes prévues par son droit interne, qui doit assurer une protection  adéquate des droits de l’homme et des libertés, notamment des droits établis con- formément aux obligations qu’elle a souscrites en application de la Convention de  sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et du Pacte interna- tional relatif aux droits civils et politiques12 des Nations Unies (1966) et d’autres  instruments internationaux applicables concernant les droits de l’homme. Ce droit  interne doit intégrer le principe de la proportionnalité.  2 Lorsque c’est approprié, eu égard à la nature de la procédure ou du pouvoir con- cerné, ces conditions et sauvegardes incluent, entre autres, une supervision judiciaire  ou d’autres formes de supervision indépendante, des motifs justifiant l’application  ainsi que la limitation du champ d’application et de la durée du pouvoir ou de la  procédure en question.  3 Dans la mesure où cela est conforme à l’intérêt public, en particulier à la bonne  administration de la justice, chaque Partie examine l’effet des pouvoirs et procédures  dans ces chapitres sur les droits, responsabilités et intérêts légitimes des tiers.   Art. 35 Application territoriale  1 Tout État ou l’Union européenne peut, au moment de la signature ou au moment  du dépôt de son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, désigner  le ou les territoires auxquels s’appliquera la présente Convention.       12 RS 0.103.2     Conv. de Macolin   19   0.415.4   2 Chaque Partie peut, à tout autre moment par la suite, par déclaration adressée au  Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, étendre l’application de la présente  Convention à tout autre territoire désigné dans la déclaration, dont elle assure les  relations internationales ou au nom duquel elle est autorisée à prendre des engage- ments. La Convention entrera en vigueur à l’égard de ce territoire le premier jour du  mois qui suit l’expiration d’une période de trois mois après la date de réception de la  déclaration par le Secrétaire Général.  3 Toute déclaration faite en application des deux paragraphes précédents peut être  retirée, en ce qui concerne tout territoire désigné dans cette déclaration, par notifica- tion adressée au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe. Le retrait prendra effet  le premier jour du mois qui suit l’expiration d’une période de trois mois après la date  de réception de la notification par le Secrétaire Général.   Art. 36 Clause fédérale  1 Un État fédéral peut se réserver le droit d’honorer les obligations contenues dans  les chapitres II, IV, V et VI de la présente Convention en application des principes  fondamentaux qui gouvernent les relations entre son gouvernement central et les  États constituants ou autres entités territoriales analogues, à condition qu’il soit  encore en mesure de coopérer sur la base des chapitres III et VII.  2 Lorsqu’il fait une réserve en vertu du par. 1, un État fédéral ne saurait faire usage  des termes d’une telle réserve pour exclure ou diminuer de manière substantielle ses  obligations en vertu des chapitres III et VII. En tout état de cause, il se dote de  moyens étendus et effectifs permettant la mise en œuvre des mesures visées.  3 En ce qui concerne les dispositions de la présente Convention, dont l’application  relève de la compétence législative de chacun des États constituants ou autres entités  territoriales analogues, qui ne sont pas, en vertu du système constitutionnel de la  fédération, tenus de prendre des mesures législatives, le gouvernement fédéral porte  lesdites dispositions, assorties d’un avis favorable, à la connaissance des autorités  compétentes des États constituants, en les encourageant à adopter les mesures ap- propriées pour les mettre en œuvre.   Art. 37 Réserves  1 Par notification écrite adressée au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe,  chaque État ou l’Union européenne peut, au moment de la signature ou du dépôt  de son instrument de ratification, d’acceptation ou d’approbation, déclarer qu’il se  prévaut des réserves prévues à l’art. 19, par. 2, et à l’art. 36, par. 1. Aucune autre  réserve n’est admise.  2 Une Partie qui a fait une réserve conformément au par. 1 peut la retirer en totalité  ou en partie par notification adressée au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe.  Ce retrait prend effet à la date de réception de ladite notification par le Secrétaire  Général. Si la notification indique que le retrait d’une réserve doit prendre effet à  une date précise, et si cette date est postérieure à celle à laquelle le Secrétaire Géné- ral reçoit la notification, le retrait prend effet à cette date ultérieure.     Gymnastique et sport   20   0.415.4   3 Une Partie qui a fait une réserve retire cette réserve, en totalité ou en partie, dès  que les circonstances le permettent.  4 Le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe peut périodiquement demander aux  Parties ayant fait une ou plusieurs réserves des informations sur les perspectives de  leur retrait.   Art. 38 Amendements  1 Des amendements aux articles de la présente Convention peuvent être proposés par  une Partie, par le Comité de suivi de la Convention ou par le Comité des Ministres  du Conseil de l’Europe.  2 Tout amendement proposé devra être communiqué au Secrétaire Général du Con- seil de l’Europe et être transmis par ce dernier aux Parties, aux États membres du  Conseil de l’Europe, aux États non membres ayant participé à l’élaboration de la  présente Convention ou ayant le statut d’observateur auprès du Conseil de l’Europe,  à l’Union européenne et aux États ayant été invités à signer la présente Convention,  ainsi qu’au Comité de suivi de la Convention au moins deux mois avant la réunion  lors de laquelle l’amendement doit être étudié. Le Comité de suivi de la Convention  soumet au Comité des Ministres son avis concernant l’amendement proposé.  3 Le Comité des Ministres examine l’amendement proposé et tout avis soumis par le  Comité de suivi de la Convention. Il peut adopter l’amendement à la majorité prévue  à l’art. 20, let. d du Statut du Conseil de l’Europe13.  4 Le texte de tout amendement adopté par le Comité des Ministres conformément au  par. 3 du présent article est communiqué aux Parties en vue de son acceptation.  5 Tout amendement adopté conformément au par. 3 du présent article entre en  vigueur le premier jour du mois qui suit l’expiration d’un délai d’un mois après la  date à laquelle toutes les Parties ont informé le Secrétaire Général de leur accepta- tion dudit amendement suite à leurs procédures internes respectives.  6 Si un amendement a été adopté par le Comité des Ministres, mais n’est pas encore  entré en vigueur conformément aux dispositions du par. 5, un État ou l’Union euro- péenne ne peuvent pas exprimer leur consentement à être liés par la Convention sans  accepter en même temps cet amendement.   Art. 39 Règlement des différends  1 Le Comité de suivi de la Convention, en étroite coopération avec les comités inter- gouvernementaux compétents du Conseil de l’Europe, est tenu informé des difficul- tés éventuelles concernant l’interprétation et l’application de la présente Convention.  2 En cas de différend entre les Parties sur l’interprétation ou l’application de la  présente Convention, celles-ci s’efforceront de parvenir à un règlement du différend  par voie de négociation, de conciliation ou d’arbitrage, ou par tout autre moyen  pacifique de leur choix.        13 RS 0.192.030     Conv. de Macolin   21   0.415.4   3 Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe pourra établir des procédures de  règlements qui pourraient être utilisées par les Parties à un litige, si elles y consen- tent.   Art. 40 Dénonciation  1 Toute Partie peut, à tout moment, dénoncer la présente Convention en adressant  une notification au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe.  2 La dénonciation prendra effet le premier jour du mois qui suit l’expiration d’une  période de trois mois après la date de réception de la notification par le Secrétaire  Général.   Art. 41 Notification  Le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe notifiera aux Parties, aux États mem- bres du Conseil de l’Europe, aux États parties à la Convention culturelle européenne,  aux États non membres ayant participé à l’élaboration de la présente Convention ou  ayant le statut d’observateur auprès du Conseil de l’Europe, à l’Union européenne,  et à tout État ayant été invité à signer la présente Convention conformément aux  dispositions de l’art. 32:   a. toute signature;   b. le dépôt de tout instrument de ratification, d’acceptation, ou d’approbation;   c. toute date d’entrée en vigueur de la présente Convention, conformément à  l’art. 32;   d. toute réserve et tout retrait de réserve formulés conformément à l’art. 37;   e. toute déclaration faite conformément aux art. 9 et 13;   f. tout autre acte, notification ou communication ayant trait à la présente Con- vention.   En foi de quoi, les soussignés, dûment autorisés à cet effet, ont signé la présente  Convention.    Fait à Macolin, le 18 septembre 2014, en français et en anglais, les deux textes  faisant également foi, en un seul exemplaire qui sera déposé dans les archives du  Conseil de l’Europe. Le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe en communique- ra copie certifiée conforme à chacun des États membres du Conseil de l’Europe, aux  États non membres ayant participé à l’élaboration de la présente Convention ou  ayant le statut d’observateur auprès du Conseil de l’Europe, à l’Union européenne et  à tout autre État invité à signer la présente Convention.   (Suivent les signatures)     Gymnastique et sport   22   0.415.4   Champ d’application le 24 juin 2019   États parties Ratification  Entrée en vigueur          Italie* 11 juin 2019 1er octobre 2019  Moldova   7 mars 2019 1er septembre 2019  Norvège   9 décembre 2014 1er septembre 2019  Portugal* 29 septembre 2015 1er septembre 2019  Suisse* 16 mai 2019 1er septembre 2019  Ukraine 10 janvier 2017 1er septembre 2019         * Réserves et déclarations.   Les réserves et déclarations ne sont pas publiées au RO, à l’exception de celles de la Suisse.   Les textes en français et en anglais pourront être consultés à l’adresse du site Internet  du Conseil de l’Europe: www.coe.int > Explorer > Bureau des Traités > Liste complète, ou  obtenus à la Direction du droit international public (DDIP), Section des traités internatio- naux, 3003 Berne.   Réserves et Déclarations  Suisse  Réserve portant sur l’art. 19, par. 1, let. d de la Convention.   Conformément aux art. 37, par. 1 et 19, par. 2 la Suisse se réserve le droit de ne pas  appliquer l’art. 19, par. 1, let. d.   Déclarations conformément aux art. 9, par. 2, respectivement 13, par. 2.    a. En application de l’art. 9, par. 1, l’autorité chargée de mettre en œuvre la  régulation des paris sportifs et d’appliquer les mesures pertinentes pour  combattre la manipulation de compétitions sportives en lien avec les paris  sportifs est la Commission intercantonale des loteries et paris (Comlot),  3012 Berne.   b. En application de l’art. 13, par. 1, la plateforme nationale chargée de traiter  la manipulation de compétitions sportives est la Commission intercantonale  des loteries et paris (Comlot), 3012 Berne.