Document ID: b3397bc5-fabc-4389-887a-46c8957583a1

Microsoft Word - 935.51.fr.doc   1   Loi fédérale  sur les jeux d’argent*  (LJAr)   du 29 septembre 2017 (Etat le 1er janvier 2021)     L’Assemblée fédérale de la Confédération suisse,  vu l’art. 106 de la Constitution1,  vu le message du Conseil fédéral du 21 octobre 20152,  arrête:   Chapitre 1 Dispositions générales   Art. 1 Objet  1 La présente loi règle l’admissibilité des jeux d’argent, leur exploitation et l’affec- tation de leurs bénéfices.  2 Elle ne s’applique pas:   a. aux jeux d’argent pratiqués dans un cercle privé;  b. aux jeux d’adresse qui ne sont exploités ni de manière automatisée, ni au ni-  veau intercantonal, ni en ligne;  c. aux compétitions sportives;  d. aux jeux d’adresse et aux loteries destinés à promouvoir les ventes qui sont   proposés pour une courte durée, qui ne présentent pas de risque de jeu ex- cessif et auxquels la participation est exclusivement subordonnée à l’achat  de produits ou de prestations de services dont les prix n’excèdent pas les prix  maximaux du marché;   e.3 aux jeux d’adresse et aux loteries destinés à promouvoir les ventes qui sont  proposés pour une courte durée par des entreprises médiatiques, qui ne pré- sentent pas de risque de jeu excessif et auxquels il est aussi possible  d’accéder et de participer gratuitement dans d’aussi bonnes conditions que si  une mise d’argent avait été engagée ou un acte juridique conclu;   f. aux activités soumises à la surveillance de l’Autorité fédérale de surveillance  des marchés financiers (FINMA) en vertu de la loi du 22 juin 2007 sur la  surveillance des marchés financiers4.        RO 2018 5103  * Les termes désignant des personnes s’appliquent également aux femmes et aux hommes.  1 RS 101  2 FF 2015 7627  3 Rectifiée par la Commission de rédaction de l’Ass. féd. (art. 58, al. 1, LParl; RS 171.10).    4 RS 956.1   935.51    Services   2   935.51   3 Elle ne s’applique pas non plus aux systèmes de la boule de neige, de l’avalanche  et de la pyramide. Ces systèmes sont régis par la loi fédérale du 19 décembre 1986  contre la concurrence déloyale5.   Art. 2 But  La présente loi vise:   a. à protéger de manière appropriée la population contre les dangers inhérents  aux jeux d’argent;   b. à assurer une exploitation sûre et transparente des jeux d’argent;  c. à garantir que les bénéfices nets des jeux de grande envergure, à l’exception   de ceux des jeux d’adresse, et de certains jeux de petite envergure soient af- fectés intégralement et de manière transparente à des buts d’utilité publique;   d. à garantir qu’une partie du produit brut des jeux de casino soit affectée à  l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité.   Art. 3 Définitions  Au sens de la présente loi, on entend par:   a. jeux d’argent: les jeux qui, moyennant une mise d’argent ou la conclusion  d’un acte juridique, laissent espérer un gain pécuniaire ou un autre avantage  appréciable en argent;   b. loteries: les jeux d’argent auxquels peuvent participer un nombre illimité ou  au moins un grand nombre de personnes et dont le résultat est déterminé par  un tirage au sort commun ou par un procédé analogue;    c. paris sportifs: les jeux d’argent dans lesquels le gain dépend de la justesse  d’un pronostic concernant le déroulement ou l’issue d’un événement sportif;   d. jeux d’adresse: les jeux d’argent dans lesquels le gain dépend totalement ou  principalement de l’adresse du joueur;   e. jeux de grande envergure: les loteries, paris sportifs et jeux d’adresse ex- ploités de manière automatisée, au niveau intercantonal ou en ligne;   f. jeux de petite envergure: les loteries, paris sportifs et tournois de poker qui  ne sont exploités ni de manière automatisée, ni au niveau intercantonal, ni en  ligne (petites loteries, paris sportifs locaux, petits tournois de poker);    g. jeux de casino: les jeux d’argent auxquels peuvent participer un nombre res- treint de personnes, à l’exception des paris sportifs, des jeux d’adresse et des  jeux de petite envergure.    Art. 4 Autorisation ou concession  Toute personne qui souhaite exploiter des jeux d’argent doit détenir une autorisation  ou une concession. L’autorisation ou la concession ne sont valables qu’en Suisse.      5 RS 241     Jeux d’argent. LF   3   935.51   Chapitre 2 Maisons de jeu  Section 1 Concessions   Art. 5 Obligation de détenir une concession  1 Toute personne qui souhaite exploiter des jeux de casino doit détenir une conces- sion.  2 La concession permet l’exploitation de jeux de casino dans la maison de jeu consi- dérée. Elle peut au surplus donner le droit d’exploiter des jeux de casino en ligne.  3 Le Conseil fédéral fixe le nombre de concessions.   Art. 6 Types de concessions  1 Le Conseil fédéral peut attribuer aux maisons de jeu les types de concessions  suivants:   a. concession A;  b. concession B.   2 Il peut limiter le nombre et les types de jeux proposés dans les maisons de jeu  bénéficiant d’une concession B, ainsi que le montant des mises et des gains, et fixer  des conditions d’exploitation particulières pour les systèmes de jackpot.  3 Seuls les titulaires d’une concession A peuvent utiliser le terme «Grand Casino».   Art. 7 Lieux d’implantation  Les maisons de jeu doivent être réparties de façon aussi équilibrée que possible entre  les régions intéressées.   Art. 8 Conditions  1 Une concession peut être octroyée:   a. si le requérant:  1. est une société anonyme de droit suisse dont le capital-actions est divisé   en actions nominatives,  2. présente un programme de mesures de sécurité et un programme de me-  sures sociales,  3. présente des calculs de rentabilité établissant de manière crédible que la   maison de jeu est économiquement viable,   4. expose les mesures qu’il entend prendre pour permettre la taxation cor-  recte de l’impôt sur les maisons de jeu, et  5. établit dans un rapport l’utilité économique de la maison de jeu pour la   région d’implantation;     Services   4   935.51   b. si le requérant, ses principaux partenaires commerciaux, leurs ayants droit  économiques, ainsi que les porteurs de parts et leurs ayants droit écono- miques:  1. jouissent d’une bonne réputation, et   2. offrent la garantie d’une activité commerciale irréprochable et d’une   gestion indépendante;  c. si le requérant, les porteurs de parts, leurs ayants droit économiques et, sur   demande de la Commission fédérale des maisons de jeu (CFMJ), leurs prin- cipaux partenaires commerciaux disposent de moyens financiers propres suf- fisants et établissent l’origine licite des fonds à disposition;   d. si les statuts, l’organisation structurelle et fonctionnelle ainsi que les rela- tions contractuelles garantissent une gestion irréprochable et indépendante  de la maison de jeu, et   e. si le canton et la commune d’implantation sont favorables à l’implantation  d’une maison de jeu.    2 La concession fixe les conditions et les charges.   Art. 9 Conditions applicables à l’exploitation de jeux de casino en ligne  Le Conseil fédéral étend la concession au droit d’exploiter des jeux de casino en  ligne si le requérant remplit également pour cette offre les conditions visées à  l’art. 8, al. 1, let. a, ch. 1 à 4, et let. b à d. La demande d’extension de la concession  peut être déposée pendant la durée de la concession.    Art. 10 Procédure  1 Les demandes de concession doivent être adressées à la CFMJ, qui les transmet au  Conseil fédéral.  2 La CFMJ ordonne la publication des demandes de concession dans la Feuille  fédérale et dans la feuille officielle du canton d’implantation de la maison de jeu.   3 Elle instruit la procédure avec célérité et consulte les milieux intéressés.  4 Elle soumet une proposition au Département fédéral de justice et police (DFJP),  qui la transmet au Conseil fédéral.   Art. 11 Décision  1 Le Conseil fédéral statue sur l’octroi de la concession; sa décision n’est pas sujette  à recours.  2 La concession est publiée dans la Feuille fédérale et dans la feuille officielle du  canton d’implantation de la maison de jeu.   Art. 12 Durée de validité, prolongation ou renouvellement  1 La durée de validité de la concession est de 20 ans. Si des circonstances particu- lières le justifient, le Conseil fédéral peut prévoir une durée supérieure ou inférieure.     Jeux d’argent. LF   5   935.51   Il peut en particulier prévoir une durée inférieure pour l’extension de la concession  au droit d’exploiter des jeux de casino en ligne.  2 La concession peut être prolongée ou renouvelée.   Art. 13 Obligation de communiquer  Le titulaire de la concession communique à la CFMJ:   a. toute modification de faits pertinents relatifs aux conditions d’octroi de la  concession;   b. le nom ou la raison sociale ainsi que l’adresse des actionnaires qui détien- nent plus de 5 % du capital-actions ou des voix;   c. tout changement de la participation au capital ou du pourcentage des voix,  ou des informations concernant l’identité visées à la let. b.   Art. 14 Transmissibilité  La concession n’est pas transmissible. Tout acte juridique qui est contraire à cette  interdiction ou vise à la contourner est nul.   Art. 15 Retrait, restriction et suspension  1 La CFMJ retire la concession:   a. si certaines des conditions essentielles qui étaient attachées à son attribution  ne sont plus remplies, ou   b. si le titulaire de la concession:  1. a obtenu la concession en donnant des indications incomplètes ou   inexactes,   2. n’a pas commencé l’exploitation dans le délai fixé par la concession,   3. cesse l’exploitation pendant une durée relativement longue, à moins   qu’il ne soit empêché de poursuivre l’exploitation pour des raisons in- dépendantes de sa volonté.   2 Elle retire également la concession si le titulaire de la concession ou une des per- sonnes auxquelles il a confié la gestion de la maison de jeu:   a. contrevient de manière grave ou répétée à la présente loi, à ses dispositions  d’exécution ou à la concession;   b. utilise la concession à des fins illicites.  3 Dans les cas de peu de gravité, la CFMJ peut suspendre la concession, la res- treindre ou l’assortir de conditions et charges supplémentaires.  4 Si la concession est retirée, la CFMJ peut ordonner la dissolution de la société  anonyme; elle nomme le liquidateur et surveille son activité.     Services   6   935.51   Section 2 Offre de jeux   Art. 16 Obligation de détenir une autorisation  1 Le titulaire de la concession doit obtenir une autorisation de la CFMJ pour chacun  des jeux de casino qu’il entend exploiter.  2 Le Conseil fédéral peut prévoir une procédure d’autorisation simplifiée pour les  modifications mineures apportées à un jeu.  3 La CFMJ peut autoriser également le titulaire de la concession à exploiter des  petits tournois de poker.  4 Le Conseil fédéral détermine dans quelle mesure la CFMJ peut autoriser les mai- sons de jeu à collaborer avec d’autres exploitants de jeux de casino en Suisse et à  l’étranger.  5 Si la maison de jeu titulaire d’une concession B est implantée dans une région  dépendant d’une activité touristique fortement saisonnière, elle peut renoncer à  exploiter le domaine des jeux de table en dehors de la saison touristique pendant 270  jours au maximum.    Art. 17 Exigences  1 Les jeux doivent être conçus de façon à pouvoir être exploités de manière sûre et  transparente.  2 Les jeux exploités en ligne doivent être conçus en outre de façon à pouvoir  s’accompagner de mesures appropriées de protection contre le jeu excessif.  3 Le Conseil fédéral édicte les prescriptions techniques nécessaires à la mise en  œuvre des exigences fixées aux al. 1 et 2. Il tient compte des règles en usage au  niveau international.   Art. 18 Indications et documents  1 Dans la demande d’autorisation, la maison de jeu fournit des indications établissant  que les exigences fixées à l’art. 17 sont respectées.  2 La maison de jeu qui souhaite exploiter un jeu de casino automatisé ou en ligne  fournit à la CFMJ un certificat d’un organisme d’évaluation de la conformité accré- dité attestant la conformité du jeu aux prescriptions techniques.  3 La maison de jeu n’est pas tenue de fournir les indications et les documents visés  aux al. 1 et 2 si elle peut apporter la preuve qu’ils ont déjà été fournis auparavant  dans le cadre d’une autre procédure.    Art. 19 Systèmes de jackpot  Les maisons de jeu peuvent établir une connexion entre les jeux de casino de  l’établissement et avec ceux d’autres maisons de jeu afin de former des jackpots. Le  Conseil fédéral fixe les conditions d’exploitation.     Jeux d’argent. LF   7   935.51   Art. 20 Consultation  1 Avant de rendre sa décision sur la qualification d’un jeu comme jeu de casino, la  CFMJ consulte l’autorité intercantonale (art. 105). En cas de divergences, les deux  autorités procèdent à un échange de vues. Si l’échange de vues n’aboutit pas, elles  soumettent le cas à l’organe de coordination (art. 113).  2 La CFMJ peut renoncer à consulter l’autorité intercantonale avant de rendre une  décision de routine.    Chapitre 3 Jeux de grande envergure  Section 1 Autorisation d’exploitant   Art. 21 Obligation de détenir une autorisation  Toute personne qui souhaite exploiter des jeux de grande envergure doit obtenir une  autorisation d’exploitant de l’autorité intercantonale.   Art. 22 Conditions  1 L’autorisation d’exploitant peut être délivrée si l’exploitant:   a. est une personne morale de droit suisse;  b. jouit d’une bonne réputation;  c. expose sa situation économique;  d. déclare d’éventuelles participations, notamment financières, dans d’autres   entreprises;  e. établit l’origine licite des fonds à disposition;  f. garantit une gestion irréprochable et indépendante vis-à-vis de tiers;  g. dispose de moyens financiers suffisants et garantit le paiement des gains aux   joueurs;  h. se dote d’un programme de mesures de sécurité et d’un programme de me-  sures sociales;  i. s’assure que les frais d’exploitation, notamment les frais de publicité et les   salaires, sont dans un rapport approprié avec les moyens affectés aux buts  d’utilité publique.   2 L’al. 1, let. i, ne s’applique pas aux jeux d’adresse.   Art. 23 Nombre d’exploitants  1 Les cantons déterminent le nombre maximal d’exploitants de loteries et de paris  sportifs.     Services   8   935.51   2 Ils peuvent en outre désigner en la forme légale les sociétés auxquelles l’autorité  intercantonale peut délivrer une autorisation pour l’exploitation de loteries et de  paris sportifs, pour autant que les conditions d’autorisation soient réunies.   Section 2 Autorisation de jeu   Art. 24 Obligation de détenir une autorisation  1 Toute personne qui souhaite exploiter des jeux de grande envergure doit obtenir  une autorisation de jeu de l’autorité intercantonale.   2 Le Conseil fédéral peut prévoir une procédure d’autorisation simplifiée pour les  modifications mineures apportées à un jeu.   Art. 25 Conditions  1 L’autorisation d’exploitation d’un jeu de grande envergure peut être délivrée si:   a. le jeu peut être exploité de manière sûre et transparente;  b. l’exploitant prévoit des mesures appropriées de protection contre le jeu ex-  cessif;  c. l’exploitant affecte les bénéfices nets à des buts d’utilité publique, sauf lors-  que le jeu est un jeu d’adresse.  2 Les paris sportifs ne peuvent pas porter sur des événements sportifs dont les parti- cipants sont en majorité des mineurs.  3 Le Conseil fédéral détermine dans quelle mesure l’autorité intercantonale peut  autoriser l’exploitant de jeux de grande envergure à collaborer avec d’autres exploi- tants de jeux de grande envergure en Suisse et à l’étranger.   Art. 26 Demande  Dans la demande d’autorisation de jeu, l’exploitant fournit des indications sur:   a. la conception et l’exploitation des jeux des points de vue technique, organi- sationnel et financier;   b. les mesures visant à assurer une protection contre le jeu excessif et une ex- ploitation sûre et transparente des jeux.   Art. 27 Consultation  1 Avant de rendre sa décision sur la qualification d’un jeu comme jeu de grande  envergure, l’autorité intercantonale consulte la CFMJ. En cas de divergences, les  deux autorités procèdent à un échange de vues. Si l’échange de vues n’aboutit pas,  elles soumettent le cas à l’organe de coordination.   2 L’autorité intercantonale peut renoncer à consulter la CFMJ avant de rendre une  décision de routine.     Jeux d’argent. LF   9   935.51   Art. 28 Droit cantonal  Les cantons peuvent légiférer pour interdire l’exploitation des jeux de grande enver- gure suivants:   a. toutes les loteries;  b. tous les paris sportifs;  c. tous les jeux d’adresse.   Section 3 Dispositions communes   Art. 29 Durée de validité, conditions et charges  1 L’autorisation d’exploitant et l’autorisation de jeu peuvent être délivrées pour une  durée limitée et sont renouvelables.  2 Elles peuvent être assorties de conditions et charges.   Art. 30 Transmissibilité  L’autorisation d’exploitant et l’autorisation de jeu ne sont pas transmissibles.   Art. 31 Retrait, restriction et suspension  1 L’autorité intercantonale retire l’autorisation d’exploitant ou l’autorisation de jeu si  elles ne répondent plus aux conditions d’octroi fixées par la loi.  2 Dans les cas de peu de gravité, elle peut suspendre l’autorisation, la restreindre ou  l’assortir de conditions et charges supplémentaires.   Chapitre 4 Jeux de petite envergure   Art. 32 Obligation de détenir une autorisation  1 Toute personne qui souhaite exploiter des jeux de petite envergure doit obtenir une  autorisation de l’autorité cantonale de surveillance et d’exécution.  2 L’autorité cantonale de surveillance et d’exécution transmet ses décisions d’auto- risation à l’autorité intercantonale.   Art. 33 Conditions générales  1 L’autorisation d’exploitation d’un jeu de petite envergure peut être délivrée si:   a. l’exploitant:  1. est une personne morale de droit suisse,  2. jouit d’une bonne réputation,     Services   10   935.51   3. garantit une gestion et une exploitation des jeux transparentes et irré- prochables;   b. le jeu est conçu de façon à pouvoir être exploité de manière sûre et trans- parente et à présenter un risque faible de jeu excessif, de criminalité et de  blanchiment d’argent.   2 L’organisation ou l’exploitation de petites loteries ou de paris sportifs locaux ne  peuvent être confiées à des tiers que si ces derniers poursuivent des buts d’utilité  publique.   Art. 34 Conditions supplémentaires pour les petites loteries  1 Les petites loteries doivent reposer sur une répartition des gains définie à l’avance.  2 Les bénéfices nets doivent être affectés intégralement à des buts d’utilité publique.  Une affectation au sens de l’art. 129 est réservée. Les frais d’exploitation doivent  être dans un rapport approprié avec ces bénéfices.  3 Le Conseil fédéral fixe les autres conditions d’octroi de l’autorisation. Il détermine  notamment:   a. le montant maximal de la mise unitaire;  b. la somme totale maximale des mises par petite loterie;   c. les chances minimales de gains;  d. le nombre annuel maximal de petites loteries qui peuvent être organisées par   exploitant.  4 Pour les petites loteries destinées à financer certains événements d’importance  suprarégionale, le Conseil fédéral peut fixer une somme totale maximale des mises  supérieure. La participation à des petites loteries de ce genre peut excep- tionnellement être proposée aussi dans d’autres cantons si ces derniers donnent leur  accord.  5 Pour l’organisation des petites loteries visées à l’al. 4, une autorisation de l’autorité  cantonale de surveillance et d’exécution est nécessaire. Cette autorité soumet sa  décision d’autorisation à l’approbation de l’autorité intercantonale.  6 L’autorité intercantonale approuve la décision d’autorisation si les conditions  prévues à l’al. 4 et à l’art. 33, al. 1, let. b, ainsi que les éventuelles exigences inter- cantonales sont remplies.  7 Les cantons peuvent limiter la somme maximale des mises de l’ensemble des  petites loteries organisées dans un canton en un an.   Art. 35 Conditions supplémentaires pour les paris sportifs locaux  1 Les paris sportifs locaux doivent être conçus selon le principe du totalisateur; ils ne  peuvent être proposés et réalisés que sur le lieu de l’événement sportif auquel ils se  rapportent.     Jeux d’argent. LF   11   935.51   2 Les bénéfices nets doivent être affectés intégralement à des buts d’utilité publique.  Une affectation au sens de l’art. 129 est réservée. Les frais d’exploitation doivent  être dans un rapport approprié avec ces bénéfices.  3 Le Conseil fédéral fixe les autres conditions d’octroi de l’autorisation. Il détermine  notamment:   a. le montant maximal de la mise unitaire;  b. la somme totale maximale des mises par pari sportif local;  c. les chances minimales de gains;  d. le nombre annuel maximal de paris sportifs qui peuvent être organisés par   exploitant et par lieu.   Art. 36 Conditions supplémentaires pour les petits tournois de poker  1 L’octroi de l’autorisation d’exploitation d’un petit tournoi de poker est subordonné  aux conditions supplémentaires suivantes:   a. le nombre de joueurs est limité et les joueurs jouent les uns contre les autres;  b. la mise de départ est modique et dans un rapport approprié avec la durée du   tournoi;  c. la somme des gains est égale à la somme des mises de départ;  d. le tournoi se tient dans un lieu accessible au public;   e. les règles du jeu et les informations sur la protection des joueurs contre le   jeu excessif sont mises à la disposition des joueurs.  2 Une taxe de participation peut être prélevée auprès des joueurs.  3 Le Conseil fédéral fixe les autres conditions d’octroi de l’autorisation. Il détermine  notamment:   a. le montant maximal de la mise de départ;  b. la somme maximale des mises de départ par tournoi;  c. le nombre maximal de tournois par jour et par lieu;  d. le nombre minimal de participants;  e. la durée minimale des tournois.   Art. 37 Demande  1 Dans la demande d’autorisation, l’exploitant fournit à l’autorité cantonale de  surveillance et d’exécution, pour chaque jeu de petite envergure, des informations  sur la conception et l’exploitation du jeu des points de vue technique, organisation- nel et financier.   2 La demande peut porter sur plusieurs jeux de petite envergure du même type. Ces  jeux doivent être organisés dans un même lieu sur une période de six mois au plus.     Services   12   935.51   Art. 38 Rapport et présentation des comptes  1 Les exploitants de petites loteries et de paris sportifs locaux remettent un rapport à  l’autorité cantonale de surveillance et d’exécution dans les trois mois qui suivent la  fin du jeu. Ce rapport comprend:    a. le décompte du jeu;  b. des informations sur le déroulement du jeu;  c. des informations sur l’affectation des bénéfices.   2 Les règles de présentation des comptes et de révision fixées aux art. 48 et 49, al. 3  et 4, s’appliquent aux exploitants qui proposent 24 petits tournois de poker ou plus  par an. L’al. 1, let. a et b, s’applique aux exploitants des autres petits tournois de  poker.   Art. 39 Durée de validité, modification, transmissibilité et retrait  Les art. 29 à 31 s’appliquent par analogie à la durée de validité, à la modification, à  la transmissibilité et au retrait de l’autorisation.   Art. 40 Surveillance  1 L’autorité cantonale qui autorise et surveille les jeux de petite envergure contrôle  le respect des dispositions légales relatives à ces jeux.  2 Elle peut notamment:   a. exiger de l’exploitant les renseignements et documents nécessaires et effec- tuer des contrôles;    b. prendre des mesures provisionnelles pendant la durée de l’enquête;  c. en cas de violation de la présente loi ou d’irrégularité, ordonner les mesures   nécessaires au rétablissement de l’ordre légal ou à la suppression de l’irré- gularité.   Art. 41 Droit cantonal  1 Les cantons peuvent prévoir des dispositions relatives aux jeux de petite envergure  allant plus loin que celles du présent chapitre ou interdire certains jeux de petite  envergure.  2 Les art. 32, 33, 34, al. 3 à 7, et 37 à 40 ne s’appliquent pas aux petites loteries  organisées à l’occasion d’une réunion récréative, avec des lots uniquement en na- ture, lorsque l’émission, le tirage des billets et la distribution des lots sont en corréla- tion directe avec la réunion récréative et que la somme totale maximale des mises est  peu élevée.  3 Le Conseil fédéral définit la somme maximale.     Jeux d’argent. LF   13   935.51   Chapitre 5  Exploitation de jeux de casino et de jeux de grande envergure  Section 1 Dispositions communes   Art. 42 Programme de mesures de sécurité  1 Les maisons de jeu et les exploitants de jeux de grande envergure élaborent un  programme de mesures de sécurité. Ils y définissent les mesures qu’ils entendent  prendre pour assurer une exploitation sûre et transparente des jeux et pour lutter  contre la criminalité et le blanchiment d’argent, compte tenu des dangers potentiels  et des caractéristiques des canaux de distribution des différentes offres de jeux.  2 Le programme de mesures de sécurité garantit notamment que:   a. les structures organisationnelles et les processus d’exploitation ainsi que les  responsabilités y afférentes sont documentés;   b. la maison de jeu ou l’exploitant de jeux de grande envergure utilise un sys- tème de contrôle permettant de surveiller et de documenter les transactions  liées aux mises et à la délivrance des gains;   c. les procédures de détermination des gains fonctionnent de manière irrépro- chable;   d. l’accès aux jeux est interdit aux personnes non autorisées, et   e. l’exploitation des jeux est conçue de manière à empêcher des agissements   prohibés.  3 Le Conseil fédéral précise les exigences auxquelles doit répondre le programme de  mesures de sécurité.   Art. 43 Obligation de communiquer  Les maisons de jeu et les exploitants de jeux de grande envergure communiquent à  l’autorité d’exécution compétente tout événement important susceptible de mettre en  péril la sécurité et la transparence de l’exploitation des jeux.   Art. 44 Information des joueurs  Les maisons de jeu et les exploitants de jeux de grande envergure mettent à la dispo- sition des joueurs les informations nécessaires à la participation au jeu.   Art. 45 Mises et gains des joueurs non autorisés  1 Les joueurs qui n’ont pas l’âge minimum requis ou qui sont frappés d’une mesure  d’exclusion ou d’une interdiction de jeu n’ont pas droit au remboursement des  sommes engagées ni au versement de leurs gains.  2 Les éventuels gains des joueurs visés à l’al. 1 sont affectés intégralement:   a. à l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité s’ils ont été réalisés dans une  maison de jeu;     Services   14   935.51   b. à des buts d’utilité publique s’ils ont été réalisés lors de jeux de grande en- vergure.   Art. 46 Contrats avec des tiers  1 Les contrats conclus entre des maisons de jeu et des tiers ou entre des exploitants  de jeux de grande envergure et des tiers ne peuvent pas prévoir de prestations dé- pendant du chiffre d’affaires ou du produit de l’exploitation des jeux.  2 Des contrats liés au chiffre d’affaires ou au produit de l’exploitation des jeux  peuvent être conclus avec des fournisseurs de jeux en ligne, pour autant que la  rémunération soit raisonnable.  3 Des contrats liés au chiffre d’affaire ou au produit de l’exploitation des jeux peu- vent être conclus avec des distributeurs de jeux de grande envergure, pour autant que  la rémunération soit raisonnable.    Art. 47 Rapports   1 Les maisons de jeu et les exploitants de jeux de grande envergure remettent chaque  année un rapport de gestion à l’autorité d’exécution compétente.  2 Ils rendent compte à l’autorité d’exécution compétente de la manière dont ils  mettent en œuvre le programme de mesures de sécurité.   Art. 48 Présentation des comptes  1 Outre les dispositions de la présente loi, les dispositions du titre trente-deuxième  du code des obligations (CO)6 s’appliquent à la présentation des comptes des mai- sons de jeu et des exploitants de jeux de grande envergure.   2 Le Conseil fédéral peut prévoir l’application d’une norme comptable reconnue au  sens de l’art. 962a CO et déroger aux dispositions du CO relative à la comptabilité et  à la présentation des comptes si les particularités du domaine des jeux l’exigent.   Art. 49 Organe de révision  1 Les maisons de jeu et les exploitants de jeux de grande envergure font contrôler  leurs comptes annuels par un organe de révision indépendant.  2 Les prescriptions du droit de la société anonyme s’appliquent à l’organe de révi- sion et à la révision des comptes annuels.  3 Les maisons de jeu et les exploitants de jeux de grande envergure sont tenus de  soumettre leurs comptes annuels à un contrôle ordinaire.  4 Les exploitants de jeux de grande envergure qui n’exploitent que des jeux  d’adresse peuvent soumettre leurs comptes annuels à un contrôle restreint s’ils  n’atteignent pas les seuils fixés à l’art. 727 CO7. Ils ne peuvent renoncer au contrôle  de leurs comptes annuels.      6 RS 220  7 RS 220     Jeux d’argent. LF   15   935.51   5 L’organe de révision remet son rapport à l’autorité d’exécution.   Art. 50 Obligation de dénoncer  Si l’organe de révision constate une violation des dispositions légales ou d’autres  irrégularités lors de la vérification des comptes, il doit en informer immédiatement  l’autorité d’exécution compétente.   Art. 51 Traitement des données  Afin de protéger les joueurs contre le jeu excessif et de lutter contre la criminalité et  le blanchiment d’argent, les maisons de jeu et les exploitants de jeux de grande  envergure peuvent traiter des données personnelles, y compris des données sen- sibles.   Section 2 Exploitation de jeux de casino   Art. 52 Interdiction de jeu  1 Les personnes suivantes ont l’interdiction de jouer dans les maisons de jeu:   a. les membres de la CFMJ et le personnel de son secrétariat;  b. les employés des maisons de jeu qui participent à l’exploitation des jeux;   c. les membres du conseil d’administration ou de la direction des entreprises   qui fabriquent ou commercialisent des installations de jeu;  d. les membres du conseil d’administration des maisons de jeu;  e. les mineurs;  f. les personnes exclues des jeux.   2 Les personnes suivantes ont l’interdiction de jouer dans la maison de jeu avec  laquelle elles sont en relation:    a. les employés de la maison de jeu et de ses établissements annexes qui ne  participent pas à l’exploitation des jeux;   b. les actionnaires détenant plus de 5 % du capital-actions ou des voix de la  maison de jeu;   c. les employés de l’organe de révision chargés de la révision des comptes de  la maison de jeu.   Art. 53 Restriction de la participation  1 La maison de jeu peut:   a. refuser l’accès et la participation de certaines personnes aux jeux sans four- nir de motif;   b. exiger un prix d’entrée;     Services   16   935.51   c. édicter des prescriptions quant au code vestimentaire.  2 L’al. 1, let. b et c, n’est pas applicable aux jeux exploités en ligne.   Art. 54 Identification des joueurs  Les joueurs doivent être identifiés avant le début du jeu.   Art. 55 Mises et enjeux  Seuls des jetons et des plaques de la maison de jeu considérée peuvent être engagés  aux jeux de table.   Art. 56 Produit illicite des jeux  Le produit des jeux obtenu de manière illicite est affecté à l’assurance vieillesse,  survivants et invalidité.   Art. 57 Pourboires et autres dons  1 Les pourboires destinés aux employés participant à l’exploitation des jeux doivent  être remis à la maison de jeu. Celle-ci les gère de manière séparée et informe de  façon transparente aussi bien les employés que les joueurs de la clé de répartition.  2 Les autres dons versés à titre individuel aux employés participant à l’exploitation  des jeux sont interdits.   Art. 58 Autorisations  1 Le Conseil fédéral peut prévoir des autorisations spéciales, notamment en ce qui  concerne:   a. les fournisseurs d’appareils de jeu;  b. les équipements techniques.   2 Il règle les conditions et la procédure d’octroi des autorisations.   Art. 59 Délégation de la vidéo-surveillance   1 La CFMJ peut autoriser les maisons de jeu titulaires d’une concession B implan- tées dans une région dépendant d’une activité touristique fortement saisonnière qui,  malgré une saine gestion, n’obtiennent pas un rendement approprié, à déléguer  l’exploitation du système de vidéo-surveillance à une autre maison de jeu suisse.   2 La maison de jeu qui délègue la vidéo-surveillance conserve l’entière responsabili- té de l’exploitation sûre et transparente des jeux.     Jeux d’argent. LF   17   935.51   Section 3 Exploitation de jeux de grande envergure   Art. 60 Tirages de loterie  1 Les tirages de loterie automatisés doivent être documentés de manière adéquate par  l’exploitant.  2 Les tirages de loterie manuels doivent être surveillés par un officier public ou une  personne habilitée à dresser des actes authentiques; un procès-verbal du tirage doit  être établi.   Art. 61 Offre de jeux de grande envergure  1 Seuls les détenteurs d’une autorisation d’exploitant ou les tiers qu’ils ont mandatés  peuvent proposer la participation à des jeux de grande envergure à des fins commer- ciales. L’organisation à des fins commerciales, par des tiers, de sociétés de joueurs  visant la participation à ces jeux est interdite.  2 Les jeux de grande envergure sont proposés uniquement dans des lieux publics qui  ne sont pas destinés principalement à l’exploitation de jeux d’argent. Font exception  à cette règle:    a. les salles de jeu destinées à l’exploitation d’appareils automatiques de jeux  d’adresse;    b. les maisons de jeu qui, dans leurs locaux, exploitent des jeux d’adresse ou  proposent la participation à des paris sportifs et à des loteries exploités par  un tiers.   Art. 62 Offre de jeux de grande envergure dans les maisons de jeu  1 Les maisons de jeu peuvent, moyennant une autorisation de la CFMJ, exploiter  elles-mêmes des jeux d’adresse et proposer la participation à des paris sportifs et à  des loteries exploités par un tiers.  2 L’autorisation est délivrée si la maison de jeu apporte la preuve qu’elle est en  possession des autorisations prévues au chapitre 3 et si elle garantit que:   a. les jeux de grande envergure qu’elle exploite ou propose à l’intérieur du sec- teur des jeux ont lieu dans une zone séparée du secteur des jeux de casino;   b. les jeux de grande envergure sont identifiés comme tels;  c. les flux financiers sont comptabilisés de manière séparée;  d. l’offre de jeux de grande envergure est de moindre importance par rapport à   l’offre de jeux de casino.  3 L’exploitant de jeux de grande envergure prend les mesures prévues par la loi pour  assurer l’exploitation sûre et transparente du jeu, la lutte contre le blanchiment  d’argent et la protection des joueurs contre le jeu excessif. Si les jeux sont exploités  à l’intérieur du secteur des jeux, la maison de jeu met au surplus en œuvre les me- sures prévues aux art. 78 et 80.     Services   18   935.51   4 L’exploitant de jeux de grande envergure fournit à la maison de jeu toutes les  informations nécessaires à la mise en œuvre des mesures prévues aux art. 78 et 80.  5 Les al. 1 à 4 s’appliquent par analogie à l’offre en ligne de jeux de grande enver- gure proposée par les maisons de jeu.   Art. 63 Contrats avec des organisations sportives ou avec des sportifs  1 L’exploitant de jeux de grande envergure ne peut pas détenir d’intérêts écono- miques dans des organisations sportives qui participent à des compétitions sportives  s’il propose lui-même des paris sportifs sur ces compétitions.  2 Il ne peut pas conclure de contrats de parrainage ou de collaboration avec des  sportifs ou des organisations sportives qui participent à des compétitions sportives  s’il propose lui-même des paris sportifs sur ces compétitions.   Art. 64 Information de l’autorité en cas de soupçon de manipulation  de compétitions sportives   1 Les exploitants de paris sportifs informent sans délai l’autorité intercantonale de  tout soupçon de manipulation d’une compétition sportive pour laquelle ils proposent  des paris.  2 En cas de soupçon de manipulation d’une compétition sportive qui a lieu en Suisse  ou pour laquelle des paris sont proposés en Suisse, les organisations ayant leur siège  en Suisse qui participent à cette compétition, l’organisent, en assurent le déroule- ment ou la surveillent en informent sans délai l’autorité intercantonale.  3 Si la prévention ou la poursuite d’une manipulation de compétition sportive  l’exige, les exploitants de paris sportifs et les organisations visées à l’al. 2 commu- niquent les informations requises, y compris des données sensibles, à l’autorité  intercantonale et aux autorités fédérales, cantonales et communales compétentes.   Art. 65 Collaboration avec les autorités  1 L’autorité intercantonale collabore avec les exploitants de paris sportifs, les organi- sations visées à l’art. 64, al. 2, et les organisations concernées ayant leur siège à  l’étranger pour la lutte contre les manipulations de compétitions sportives et la  poursuite de ces manipulations.  2 Si elle a des motifs suffisants de soupçonner une manipulation de compétition  sportive, elle peut notamment communiquer à ces exploitants et à ces organisations  des données personnelles concernant les parieurs, y compris les données sensibles  relatives à l’existence de procédures pénales ou administratives et des profils de la  personnalité. Si le soupçon s’avère infondé, les données doivent être immédiatement  effacées.   3 Le Conseil fédéral règle l’objet et les modalités de la transmission des données à  ces organisations.     Jeux d’argent. LF   19   935.51   Art. 66 Restriction de la participation  Les exploitants de jeux de grande envergure peuvent refuser la participation de  certaines personnes au jeu sans fournir de motif.   Section 4 Lutte contre le blanchiment d’argent   Art. 67 Application de la loi sur le blanchiment d’argent  1 Les maisons de jeu et les exploitants de jeux de grande envergure sont soumis à la  loi du 10 octobre 1997 sur le blanchiment d’argent (LBA)8.  2 L’étendue des obligations de diligence en matière de lutte contre le blanchiment  d’argent dépend du risque et des caractéristiques du jeu et du canal de distribution.  3 Les exploitants de jeux de grande envergure non exploités en ligne ne doivent  satisfaire aux obligations de diligence fixées aux art. 3 à 7 LBA que lorsqu’un gain  atteignant une somme importante est versé à un joueur.  4 Le DFJP fixe les sommes considérées comme importantes dans le domaine des  jeux de grande envergure et, au besoin, les adapte. Il tient compte à cet effet des  dangers liés aux jeux concernés.   Art. 68 Obligations de diligence particulières pour les jeux exploités en ligne  1 Lorsque des jeux sont exploités en ligne, l’identification du cocontractant, au  moment de l’établissement de la relation d’affaires, peut avoir lieu sur la base d’une  auto-déclaration.  2 L’identité du cocontractant doit être vérifiée conformément à l’art. 3, al. 1, LBA9  lorsque les mises mensuelles ou lorsque les gains, ponctuels ou cumulés sur un  mois, atteignent une somme importante.  3 La CFMJ fixe les sommes considérées comme importantes dans le domaine des  jeux de casino et, au besoin, les adapte.  4 Le DFJP fixe les sommes considérées comme importantes dans le domaine des  jeux de grande envergure et, au besoin, les adapte.   Art. 69 Chèques et dépôts  1 Les maisons de jeu et les exploitants de jeux de grande envergure ne peuvent ni  accepter ni émettre de chèques au porteur.  2 Ils peuvent accepter les chèques émis à leur nom. Ils doivent s’assurer de l’identité  du tireur lorsque le chèque leur est remis et enregistrer la transaction.   3 Ils peuvent conserver les gains de leurs clients sous forme de dépôts qu’ils tiennent  à la disposition de ces derniers. Les avoirs en dépôt ne peuvent porter intérêt.       8 RS 955.0  9 RS 955.0     Services   20   935.51   4 Pour les jeux exploités en ligne, la tenue d’un compte de joueur personnel est  autorisée. Les valeurs en compte ne portent pas intérêt. Le Conseil fédéral peut fixer  la somme maximale pouvant être détenue sur le compte.   Art. 70 Attestations de gains  La maison de jeu ne délivre pas d’attestations de gains aux joueurs.   Chapitre 6 Protection des joueurs contre le jeu excessif  Section 1 Mesures incombant à tous les exploitants de jeux d’argent   Art. 71 Principe  Les exploitants de jeux d’argent sont tenus de prendre des mesures appropriées pour  protéger les joueurs contre la dépendance au jeu et l’engagement de mises sans  rapport avec leur revenu et leur fortune (jeu excessif).   Art. 72 Protection des mineurs  1 Les mineurs doivent être particulièrement protégés. Ils n’ont pas accès aux jeux de  casino ni aux jeux de grande envergure exploités en ligne.  2 L’autorité intercantonale fixe l’âge minimum requis pour pouvoir participer aux  autres jeux de grande envergure en fonction du danger potentiel qu’ils présentent.  Cet âge ne doit pas être inférieur à seize ans.  3 Les loteries exploitées de manière automatisée doivent être assorties d’un dispositif  de contrôle d’accès garantissant que seuls les joueurs ayant atteint l’âge minimum  requis puissent jouer.   Art. 73 Mesures de protection liées au jeu  1 Les mesures que les exploitants de jeux d’argent prennent pour protéger le joueur  contre le jeu excessif doivent être adaptées au danger potentiel que présente le jeu  considéré.  2 Ces mesures doivent répondre à des exigences d’autant plus élevées que le danger  potentiel du jeu est grand. Lors de l’appréciation du danger potentiel et de la défini- tion des mesures, l’exploitant doit tenir compte en particulier des caractéristiques du  jeu et du canal de distribution.  3 L’autorité compétente n’autorise un jeu que si les mesures de protection sont  suffisantes.   Art. 74 Publicité  1 La publicité des exploitants de jeux d’argent ne peut ni être outrancière, ni induire  en erreur.  2 Elle ne peut cibler ni des mineurs ni des personnes frappées d’une exclusion.     Jeux d’argent. LF   21   935.51   3 Toute publicité portant sur des jeux d’argent non autorisés en Suisse est interdite.   Art. 75 Prêts, avances et jeux gratuits  1 Les exploitants de jeux d’argent ne peuvent consentir ni prêts ni avances aux  joueurs.  2 L’attribution de jeux ou de crédits de jeu gratuits est soumise à l’autorisation  préalable de l’autorité d’exécution compétente.   Section 2  Mesures supplémentaires incombant aux maisons de jeu et  aux exploitants de jeux de grande envergure   Art. 76 Programme de mesures sociales  1 Les maisons de jeu et les exploitants de jeux de grande envergure élaborent un  programme de mesures sociales. En tenant compte du danger potentiel et des carac- téristiques du canal de distribution des diverses offres de jeux, ils y définissent les  mesures qu’ils entendent prendre pour protéger les joueurs; ces mesures compren- nent en particulier:   a. l’information des joueurs;  b. le repérage précoce des joueurs à risques;  c. l’autocontrôle des joueurs, les limitations de jeu et les modérateurs de jeu;   d. l’adoption et l’application des mesures d’exclusion;   e. la formation et la formation continue régulière des employés chargés de   l’exécution du programme de mesures sociales;   f. la collecte des données nécessaires à l’évaluation de l’efficacité des mesures   prises.  2 Pour l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des mesures, ils peuvent colla- borer notamment avec:   a. les autorités d’exécution compétentes;  b. d’autres maisons de jeu ou d’autres exploitants de jeux de grande envergure;  c. des chercheurs;  d. des institutions de prévention de la dépendance;  e. des institutions thérapeutiques;   f. des services sociaux.   Art. 77 Information  1 Les maisons de jeu et les exploitants de jeux de grande envergure fournissent, sous  une forme aisément accessible et compréhensible:     Services   22   935.51   a. des informations sur les risques du jeu;  b. des questionnaires d’auto-évaluation sur le comportement en matière de jeu;  c. des informations sur les possibilités d’autocontrôle, les limitations de jeu et   les exclusions;  d. des informations sur les offres d’aide et de traitement destinées aux per-  sonnes dépendantes, exposées à un risque de dépendance ou endettées, ainsi  qu’à leur entourage, y compris les adresses de services de conseil et de  groupes d’entraide.   2 Si cela est indiqué au vu du danger potentiel et des caractéristiques du canal de  distribution d’un jeu particulier, les maisons de jeu et les exploitants de jeux de  grande envergure attirent l’attention des joueurs sur leur comportement en matière  de jeu.   Art. 78 Repérage précoce  1 Si cela est indiqué au vu du danger potentiel et des caractéristiques du canal de  distribution d’un jeu particulier, les maisons de jeu et les exploitants de jeux de  grande envergure fixent des critères de repérage précoce des joueurs à risques et  prennent les mesures adéquates.   2 Ils documentent leurs observations et les mesures qu’ils ont prises.   Art. 79 Autocontrôle des joueurs et limitations de jeu  Si cela est indiqué au vu du danger potentiel et des caractéristiques du canal de  distribution d’un jeu particulier, les maisons de jeu et les exploitants de jeux de  grande envergure mettent à la disposition des joueurs des moyens de contrôler leur  comportement de jeu afin qu’ils puissent notamment contrôler et limiter la durée  pendant laquelle ils jouent, la fréquence à laquelle ils jouent ou leurs pertes nettes.   Art. 80 Exclusion  1 Les maisons de jeu et les exploitants de jeux de grande envergure exploités en  ligne excluent des jeux les personnes dont ils savent ou devraient présumer, sur la  base de leurs observations ou des informations provenant de tiers:   a. qu’elles sont surendettées ou ne remplissent pas leurs obligations finan- cières, ou   b. qu’elles engagent des mises sans rapport avec leur revenu et leur fortune.  2 Ils excluent par ailleurs des jeux les personnes dont ils savent ou devraient présu- mer, sur la base de l’annonce d’un service spécialisé ou d’une autorité des œuvres  sociales, qu’elles sont dépendantes au jeu.  3 Lorsque l’autorité intercantonale autorise un autre jeu de grande envergure, elle  décide si l’exclusion s’étend à ce jeu. Elle peut garantir l’extension de l’exclusion à  ce jeu en empêchant le versement de gains au-delà d’une valeur seuil.     Jeux d’argent. LF   23   935.51   4 L’exclusion s’étend aux jeux de casino, aux jeux de grande envergure exploités en  ligne et aux jeux de grande envergure auxquels l’autorité intercantonale a étendu  l’exclusion en vertu de l’al. 3.  5 Les joueurs peuvent demander eux-mêmes à la maison de jeu ou à l’exploitant de  jeux de grande envergure à être exclus des jeux.   6 L’exclusion, accompagnée d’un exposé des motifs, est communiquée par écrit à la  personne concernée.   Art. 81 Levée de l’exclusion  1 L’exclusion est levée à la demande de la personne concernée lorsque les motifs  ayant conduit à la prononcer n’existent plus.  2 La demande doit être adressée à la maison de jeu ou à l’exploitant de jeux de  grande envergure qui a prononcé l’exclusion.  3 Un spécialiste, ou un service spécialisé, reconnu par le canton est associé à la  procédure de levée de l’exclusion.   Art. 82 Registre  1 En vue de l’exécution des exclusions, les maisons de jeu et les exploitants de jeux  de grande envergure qui prononcent des exclusions tiennent un registre des per- sonnes exclues et se communiquent mutuellement les données.  2 Les maisons de jeu et les exploitants de jeux de grande envergure peuvent tenir un  registre commun. Ont accès à ce registre les maisons de jeu et les exploitants de jeux  de grande envergure qui participent à sa tenue.  3 Le registre indique l’identité des personnes exclues ainsi que le type d’exclusion et  le motif de l’exclusion.   Art. 83 Formation et formation continue   Les responsables du programme de mesures sociales et les employés de la maison de  jeu ou de l’exploitant de jeux de grande envergure qui sont chargés de l’exploitation  des jeux ou de sa surveillance doivent justifier d’une formation de base et suivre  chaque année des cours de formation continue et d’approfondissement.   Art. 84 Rapport  Les maisons de jeu et les exploitants de jeux de grande envergure présentent chaque  année à l’autorité d’exécution compétente un rapport sur l’efficacité des mesures de  protection des joueurs contre le jeu excessif.     Services   24   935.51   Section 3 Mesures incombant aux cantons   Art. 85  1 Les cantons sont tenus de prendre des mesures de prévention contre le jeu excessif  et d’offrir des possibilités de conseil et de traitement aux personnes dépendantes au  jeu ou exposées à un risque de dépendance ainsi qu’à leur entourage.  2 Ils peuvent coordonner les mesures qu’ils prennent pour protéger les joueurs contre  le jeu excessif avec les maisons de jeu et les exploitants de jeux de grande enver- gure.    Chapitre 7  Restriction de l’accès aux offres de jeux d’argent en ligne  non autorisées en Suisse   Art. 86 Blocage de l’accès aux offres de jeux non autorisées  1 L’accès à une offre de jeux d’argent en ligne doit être bloqué lorsque celle-ci n’est  pas autorisée en Suisse.  2 Seul est bloqué l’accès aux offres de jeux accessibles en Suisse dont l’exploitant a  son siège ou son domicile à l’étranger ou dont l’exploitant dissimule son siège ou  son domicile.  3 La CFMJ et l’autorité intercantonale tiennent et actualisent chacune dans leur  domaine de compétence, une liste des offres de jeux dont l’accès est bloqué.   4 Les fournisseurs de services de télécommunication bloquent l’accès aux offres de  jeux figurant dans l’une ou l’autre de ces listes.  5 La CFMJ et l’autorité intercantonale peuvent autoriser un utilisateur à accéder aux  offres de jeux bloquées à des fins de surveillance ou de recherche.   Art. 87 Notification et procédure d’opposition  1 La CFMJ et l’autorité intercantonale publient simultanément leurs listes des offres  de jeux bloquées, ainsi que leurs mises à jour, au moyen d’un renvoi dans la Feuille  fédérale. Cette publication tient lieu de notification de la décision de blocage de  l’offre.   2 Les exploitants peuvent adresser à l’autorité de décision une opposition écrite  contre la décision de blocage dans les 30 jours qui suivent sa publication. L’oppo- sition peut être formée notamment au motif que l’exploitant a supprimé l’offre de  jeux non autorisée ou l’a rendue inaccessible depuis la Suisse par des moyens tech- niques appropriés.  3 Si l’opposition a été valablement formée, l’autorité compétente revoit sa décision.  Elle n’est pas liée par les conclusions présentées.     Jeux d’argent. LF   25   935.51   Art. 88 Communication des listes des offres de jeux bloquées  1 La CFMJ et l’autorité intercantonale publient leur liste des offres de jeux bloquées  sur leur site internet, en y intégrant un lien vers le site de l’autre autorité.  2 Elles communiquent ces listes par un moyen simple et sécurisé aux fournisseurs de  services de télécommunication enregistrés au sens de l’art. 4 de la loi du 30 avril  1997 sur les télécommunications10.11  3 Les fournisseurs de services de télécommunication peuvent adresser à l’autorité de  décision une opposition écrite contre la décision de blocage dans les 30 jours qui  suivent la communication visée à l’al. 2 si la mesure nécessaire au blocage de  l’accès à une offre ne répond pas au principe de proportionnalité sur les plans tech- niques ou de l’exploitation.   Art. 89 Information aux utilisateurs  1 La CFMJ et l’autorité intercantonale gèrent conjointement un dispositif informant  les utilisateurs que l’offre en ligne à laquelle ils tentent d’accéder est bloquée.  2 Les fournisseurs de services de télécommunication dirigent les utilisateurs cher- chant à accéder aux offres bloquées vers le dispositif d’information, dans la mesure  où cela est techniquement possible.   Art. 90 Retrait d’un jeu de la liste des offres de jeux bloquées  Lorsqu’une offre de jeux ne remplit plus les conditions du blocage, l’autorité compé- tente la retire, d’office ou sur demande, de la liste des offres de jeux bloquées.   Art. 91 Exclusion de responsabilité  1 Le fournisseur de services de télécommunication ne répond ni civilement ni péna- lement de l’accès à une offre de jeux figurant sur la liste des offres bloquées:   a. s’il n’est pas à l’origine de la transmission de l’offre;  b. s’il n’a pas choisi le destinataire de l’offre, et  c. s’il n’a pas modifié l’offre.   2 Le fournisseur de services de télécommunication qui met en œuvre des mesures et  des décisions relevant des dispositions du présent chapitre afin de remplir les obliga- tions qui lui incombent en vertu des art. 86, al. 4, et 89, al. 2, ne peut être rendu  responsable civilement ou pénalement:   a. du contournement des mesures de blocage par des tiers;  b. d’une violation du secret des télécommunications ou du secret d’affaires;  c. d’une violation de ses obligations contractuelles ou extracontractuelles.       10 RS 784.10  11 Nouvelle teneur selon l’annexe ch. 7 de la L du 22 mars 2019, en vigueur depuis le   1er janv. 2021 (RO 2020 6159; FF 2017 6185).     Services   26   935.51   Art. 92 Coûts et suspension provisoire   1 Les fournisseurs de services de télécommunication sont entièrement indemnisés  par l’autorité qui ordonne le blocage pour les installations nécessaires à la mise en  œuvre du blocage ainsi que pour leur exploitation. Le Conseil fédéral règle les  modalités.  2 Les fournisseurs de services de télécommunication peuvent, après avoir informé  l’autorité d’exécution, provisoirement s’abstenir de mettre en œuvre le blocage si  celui-ci a un effet négatif sur la qualité du réseau.   Art. 93 Effet suspensif  Ni le recours ni l’opposition contre une mesure ordonnée en vertu du présent cha- pitre n’ont d’effet suspensif. Le recours ou l’opposition formés par le fournisseur de  services de télécommunication en vertu de l’art. 88, al. 3, sont réservés.   Chapitre 8 Autorités  Section 1 Commission fédérale des maisons de jeu   Art. 94 Composition  1 La CFMJ comprend cinq à sept membres.  2 Le Conseil fédéral nomme les membres de la CFMJ et désigne son président. Un  membre de la CFMJ au moins est nommé sur proposition des cantons.  3 Les membres sont des experts indépendants. Ils ne peuvent être membres ni du  conseil d’administration, ni du personnel d’une entreprise de jeux d’argent, d’une  entreprise de fabrication ou de commerce spécialisée dans le secteur des jeux  d’argent ou d’une entreprise proche.  4 Un membre au moins dispose de connaissances particulières dans le domaine de la  prévention des addictions.   Art. 95 Organisation  1 La CFMJ édicte un règlement. Elle y fixe notamment les modalités de son organi- sation et les compétences du président.  2 Le règlement est soumis à l’approbation du Conseil fédéral.  3 La CFMJ dispose d’un secrétariat permanent.   Art. 96 Indépendance  1 La CFMJ exerce ses activités en toute indépendance. Elle est rattachée administra- tivement au DFJP.  2 Les membres de la CFMJ et du personnel de son secrétariat peuvent exercer une  autre activité pour autant qu’elle ne porte pas atteinte à l’indépendance de la CFMJ.     Jeux d’argent. LF   27   935.51   Art. 97 Tâches  1 Outre les attributions que lui confère la présente loi, la CFMJ a pour tâches:   a. de surveiller le respect des dispositions légales relatives aux maisons de jeu,  notamment:  1. les organes de direction des maisons de jeu et l’exploitation de leurs   jeux,  2. le respect des obligations en matière de blanchiment d’argent,  3. la mise en œuvre du programme de mesures de sécurité et du pro-  gramme de mesures sociales;  b. de procéder à la taxation et à la perception de l’impôt sur les maisons de jeu;  c. de lutter contre les jeux d’argent illégaux;  d. de collaborer avec les autorités de surveillance suisses et étrangères;  e. de présenter chaque année au Conseil fédéral un rapport sur ses activités qui   comprenne également des informations sur la clôture annuelle des comptes,  les bilans et les rapports transmis par les maisons de jeu, et d’en assurer la  publication.    2 Dans l’accomplissement de ses tâches, elle tient dûment compte de l’exigence de  protection des joueurs contre le jeu excessif.   Art. 98 Pouvoirs  Pour accomplir ses tâches, la CFMJ peut notamment:   a. exiger des maisons de jeu et des entreprises de fabrication ou de commerce  d’installations de jeu qui fournissent les maisons de jeu, les renseignements  et documents nécessaires;    b. procéder à des contrôles dans les maisons de jeu;  c. exiger des organes de révision des maisons de jeu les renseignements et do-  cuments nécessaires;  d. mandater des experts;  e. confier des mandats spéciaux à l’organe de révision;  f. établir des liaisons en ligne permettant le contrôle et le suivi des installations   informatiques des maisons de jeu;   g. ordonner des mesures provisionnelles pendant la durée d’une enquête, et en   particulier suspendre la concession;  h. en cas de violation de la présente loi ou d’autre irrégularité, ordonner les   mesures nécessaires au rétablissement de l’ordre légal ou à la suppression de  l’irrégularité;   i. intervenir dans l’exploitation des maisons de jeu pour autant que les circons- tances l’exigent;     Services   28   935.51   j. en cas de non-respect d’une décision exécutoire qu’elle a rendue et après  mise en demeure:  1. exécuter d’office, aux frais de la maison de jeu, les mesures qu’elle   avait prescrites,   2. publier le refus de la maison de jeu de se soumettre à la décision exécu-  toire;  k. recourir auprès des autorités judiciaires cantonales ou intercantonales, puis   auprès du Tribunal fédéral, contre les décisions rendues par l’autorité inter- cantonale en vertu de l’art. 24;   l. recourir auprès du Tribunal fédéral contre les décisions rendues par le Tri- bunal administratif fédéral en application de la présente loi ou de ses dispo- sitions d’exécution.   Art. 99 Émoluments et taxe de surveillance  1 La CFMJ perçoit, pour ses décisions et prestations, des émoluments destinés à  couvrir les frais encourus. Elle peut exiger des avances.  2 Les frais de surveillance de la CFMJ non couverts par les émoluments sont cou- verts par une taxe de surveillance perçue chaque année auprès des maisons de jeu.  Le DFJP fixe le montant de la taxe de surveillance par décision.  3 Le montant de la taxe de surveillance est déterminé en fonction des frais de la  surveillance exercée sur les maisons de jeu; le montant de la taxe de surveillance due  par chaque maison de jeu est calculé en fonction du produit brut des jeux réalisé  l’année précédente dans le domaine considéré.  4 Le Conseil fédéral fixe les modalités; il définit en particulier:   a. les frais de surveillance imputables;  b. la répartition de ces frais entre les maisons de jeu disposant d’une extension   de concession et les maisons de jeu ne disposant pas d’une extension de con- cession;   c. la période de calcul de la taxe.   Art. 100 Sanctions administratives  1 Le titulaire de la concession qui a contrevenu aux dispositions légales, à la conces- sion ou à une décision ayant force de chose jugée est tenu au paiement d’un montant  pouvant aller jusqu’à 15 % du produit brut des jeux réalisé au cours du dernier  exercice.   2 Les infractions sont instruites par le secrétariat et jugées par la CFMJ.   Art. 101 Traitement des données  1 Pour l’accomplissement de ses tâches légales, la CFMJ peut traiter des données  personnelles, y compris les données sensibles relatives à la santé, aux mesures     Jeux d’argent. LF   29   935.51   d’aide sociale, aux poursuites ou sanctions pénales et administratives, ainsi que des  profils de la personnalité.  2 Le Conseil fédéral fixe les modalités du traitement des données, notamment:    a. les catégories de personnes dont les données sont collectées et, pour chaque  catégorie de personnes, les catégories de données personnelles pouvant être  traitées;    b. la liste des données sensibles;  c. les autorisations d’accès;  d. la durée de conservation et la destruction des données;  e. la sécurité des données.   Art. 102 Assistance administrative et entraide judiciaire en Suisse  1 La CFMJ et les autorités administratives de la Confédération, des cantons, et des  communes se prêtent mutuellement assistance et se communiquent, sur demande, les  informations nécessaires à l’accomplissement de leurs tâches légales respectives, y  compris des données sensibles.  2 La CFMJ et les autorités de poursuite pénale de la Confédération, des cantons et  des communes s’accordent mutuellement l’entraide judiciaire et l’assistance admi- nistrative. Elles coordonnent leurs enquêtes dans la mesure où cela est nécessaire et  possible.  3 Lorsque la CFMJ a connaissance de crimes ou de délits réprimés par le code pénal  (CP)12, elle en informe les autorités de poursuite pénale compétentes.  4 Lorsqu’elle a connaissance d’infractions à la présente loi dont la poursuite ne  relève pas de sa compétence, elle en informe les autorités de poursuite pénale com- pétentes ainsi que l’autorité intercantonale.   Art. 103 Assistance administrative à l’étranger  1 La CFMJ peut demander aux autorités étrangères compétentes les informations  nécessaires à l’exécution de ses tâches légales, y compris des données sensibles.  2 Elle peut transmettre des informations aux autorités étrangères compétentes en  matière de jeux d’argent, y compris des données sensibles, si les conditions sui- vantes sont remplies:   a. l’autorité étrangère n’utilise ces informations que dans le cadre d’une procé- dure administrative liée aux jeux d’argent;   b. elle est liée par le secret de fonction;  c. elle ne transmet pas ces informations à des tiers ou ne les transmet qu’avec   le consentement de la CFMJ;        12 RS 311.0     Services   30   935.51   d. ces informations sont nécessaires à l’exécution de la législation sur les jeux  d’argent et ne contiennent aucun secret de fabrication ou d’affaires.   3 La CFMJ peut s’abstenir de collaborer si la réciprocité n’est pas garantie.   Art. 104 Tâches du secrétariat  1 Le secrétariat exerce la surveillance directe des maisons de jeu et procède à leur  taxation.  2 Il prépare les affaires de la CFMJ, lui soumet des propositions et exécute ses déci- sions.  3 Il traite directement avec les maisons de jeu, les autorités et les tiers et rend des  décisions de manière autonome dans les cas où le règlement lui délègue cette com- pétence.  4 Si la situation l’exige, le secrétariat peut intervenir dans l’exploitation d’une mai- son de jeu; il en informe sans délai la CFMJ.  5 Il représente la CFMJ devant les tribunaux fédéraux et cantonaux et poursuit  pénalement les infractions visées aux art. 130 à 133.  6 La CFMJ peut déléguer d’autres compétences au secrétariat.   Section 2 Autorité intercantonale de surveillance et d’exécution   Art. 105 Institution  Les cantons qui comptent autoriser des jeux de grande envergure sur leur territoire  instituent par concordat une autorité intercantonale de surveillance et d’exécution  (autorité intercantonale).   Art. 106 Indépendance et composition  1 L’autorité intercantonale exerce ses activités en toute indépendance.  2 Les membres de l’autorité intercantonale et du personnel de son secrétariat peuvent  exercer une autre activité pour autant que cette dernière ne porte pas atteinte à  l’indépendance de l’autorité intercantonale.  3 Les cantons s’assurent que l’autorité intercantonale dispose de connaissances  particulières dans le domaine de la prévention des addictions.   Art. 107 Tâches  1 Outre les attributions que lui confère la présente loi, l’autorité intercantonale a pour  tâches:   a. de surveiller le respect des dispositions légales relatives aux jeux de grande  envergure, notamment:     Jeux d’argent. LF   31   935.51   1. les organes de direction des exploitants de jeux de grande envergure et  l’exploitation de leurs jeux,   2. le respect des obligations en matière de blanchiment d’argent,  3. la mise en œuvre du programme de mesures de sécurité et du pro-  gramme de mesures sociales;  b. de lutter contre les jeux d’argent illégaux;  c. de collaborer avec les autorités de surveillance suisses et étrangères;  d. d’établir et de publier chaque année un rapport sur ses activités qui com-  prenne également une statistique des jeux de grande envergure et des jeux de  petite envergure soumis à la présente loi et un rapport sur l’affectation par  les cantons des bénéfices nets des jeux de grande envergure à des fins  d’utilité publique.   2 Les cantons peuvent confier d’autres tâches à l’autorité intercantonale.  3 Dans l’accomplissement de ses tâches, l’autorité intercantonale tient dûment  compte de l’exigence de protection des joueurs contre le jeu excessif.   Art. 108 Pouvoirs  1 Pour accomplir ses tâches, l’autorité intercantonale peut notamment:   a. exiger des exploitants de jeux de grande envergure et des entreprises de fa- brication ou de commerce d’installations de jeu les renseignements et docu- ments nécessaires;   b. exiger, dans les domaines visés à l’art. 1, al. 2 et 3, les renseignements et do- cuments nécessaires pour déterminer si un jeu constitue un jeu de grande en- vergure;   c. procéder à des contrôles auprès des exploitants de jeux de grande envergure  et de leurs distributeurs;   d. ordonner des mesures provisionnelles pendant la durée d’une enquête;  e. exiger des organes de révision des exploitants de jeux de grande envergure   les renseignements et documents nécessaires;  f. mandater des experts;  g. en cas de violation de la présente loi ou d’autre irrégularité, ordonner les   mesures nécessaires au rétablissement de l’ordre légal ou à la suppression de  l’irrégularité;    h. en cas de non-respect d’une décision exécutoire qu’elle a rendue et après  mise en demeure:  1. exécuter d’office, aux frais de l’exploitant de jeux de grande envergure,   les mesures qu’elle avait prescrites,   2. publier le refus de l’exploitant de jeux de grande envergure de se sou-  mettre à la décision exécutoire;     Services   32   935.51   i. recourir contre les décisions de la CFMJ au sens de l’art. 16 auprès du Tri- bunal administratif fédéral puis auprès du Tribunal fédéral;   j. recourir auprès du Tribunal fédéral contre les décisions de dernière instance  rendues par les autorités judiciaires cantonales ou intercantonales en appli- cation de la présente loi et de sa législation d’exécution.   2 Les cantons peuvent conférer d’autres pouvoirs à l’autorité intercantonale.   Art. 109 Sanctions administratives  1 L’exploitant de jeux de grande envergure qui a contrevenu aux dispositions légales  ou à une décision ayant force de chose jugée est tenu au paiement d’un montant  pouvant aller jusqu’à 15 % du produit brut des jeux réalisé au cours du dernier  exercice. Le gain réalisé du fait de la contravention est dûment pris en compte dans  la détermination de la sanction.  2 Les recettes générées par les sanctions administratives prononcées sont réparties  entre les cantons au prorata de leur population selon le dernier recensement fédéral.  3 Les infractions sont instruites et jugées par l’autorité intercantonale.  4 Si le concordat conclu entre les cantons ne règle pas la procédure, l’autorité inter- cantonale applique la procédure administrative du canton dans lequel l’infraction a  été commise.   Art. 110 Traitement des données  Pour l’accomplissement de ses tâches légales, l’autorité intercantonale peut traiter  des données personnelles, y compris les données sensibles relatives à la santé, aux  mesures d’aide sociale, aux poursuites ou sanctions pénales et administratives, ainsi  que des profils de la personnalité.    Art. 111 Assistance administrative en Suisse  1 L’autorité intercantonale et les autorités administratives de la Confédération, des  cantons et des communes se prêtent mutuellement assistance et se communiquent,  sur demande, les informations nécessaires à l’accomplissement de leurs tâches  légales respectives, y compris des données sensibles.  2 L’autorité intercantonale et les autorités de poursuite pénale de la Confédération,  des cantons et des communes s’accordent mutuellement l’assistance administrative.  3 Lorsque l’autorité intercantonale a connaissance de crimes ou de délits réprimés  par le CP13, ou d’infractions à la présente loi, elle en informe les autorités de pour- suite pénale compétentes.       13 RS 311.0     Jeux d’argent. LF   33   935.51   Art. 112 Assistance administrative à l’étranger  1 L’autorité intercantonale peut demander aux autorités étrangères compétentes les  informations nécessaires à l’exécution de ses tâches légales, y compris des données  sensibles.  2 Elle peut transmettre des informations aux autorités étrangères compétentes en  matière de jeux d’argent, y compris des données sensibles, si les conditions sui- vantes sont remplies:    a. l’autorité étrangère n’utilise ces informations que dans le cadre d’une procé- dure administrative liée aux jeux d’argent;   b. elle est liée par le secret de fonction;  c. elle ne transmet pas ces informations à des tiers ou ne les transmet qu’avec   le consentement de l’autorité intercantonale;  d. ces informations sont nécessaires à l’exécution de la législation sur les jeux   d’argent et ne contiennent aucun secret de fabrication ou d’affaires.  3 Elle peut s’abstenir de collaborer si la réciprocité n’est pas garantie.   Section 3 Organe de coordination   Art. 113 Composition  1 L’organe de coordination se compose:   a. de deux membres de la CFMJ;  b. d’un représentant de l’autorité de haute surveillance;  c. de deux membres de l’autorité intercantonale;  d. d’un représentant des autorités cantonales de surveillance et d’exécution.   2 La CFMJ désigne les deux membres qui la représentent. Le DFJP désigne le repré- sentant de l’autorité de haute surveillance. Les trois représentants des autorités  intercantonale et cantonales sont nommés par les cantons.  3 L’organe de coordination est présidé à tour de rôle pendant un an soit par un repré- sentant de la Confédération soit par un représentant des cantons.   Art. 114 Tâches  Outre les attributions que lui confère la présente loi, l’organe de coordination a pour  tâches:   a. de contribuer à une politique cohérente et efficace en matière de jeux  d’argent;   b. de garantir:  1. une mise en œuvre cohérente et efficace des mesures légales en matière   de prévention du jeu excessif,     Services   34   935.51   2. une bonne coordination entre les autorités chargées de l’exécution de la  présente loi en matière de délivrance des autorisations de jeu et de lutte  contre les jeux d’argent illégaux;   c. d’établir et de publier chaque année un rapport sur ses activités;  d. de collaborer si nécessaire avec les autorités de surveillance suisses et étran-  gères.   Art. 115 Pouvoirs  1 Pour l’accomplissement de ses tâches, l’organe de coordination peut:   a. émettre des recommandations à l’intention des autorités chargées de l’exé- cution de la présente loi;   b. mandater des experts.  2 Il ne peut pas prononcer de décisions sujettes à recours au sens des art. 5 et 44 de la  loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative14.   Art. 116 Fonctionnement et décisions  1 L’organe de coordination siège aussi souvent que l’accomplissement de ses tâches  l’exige. Tout membre peut convoquer une réunion.  2 Les décisions sont prises à la majorité simple. Tout membre dispose d’une voix. Le  président n’a pas voix prépondérante.  3 L’organe de coordination se dote d’un règlement.   Art. 117 Coûts  Les coûts sont répartis pour moitié entre la Confédération et les cantons.   Art. 118 Droit applicable  L’organe de coordination est soumis aux législations fédérales sur la protection des  données, la transparence, les marchés publics, la responsabilité et la procédure.   Chapitre 9 Imposition et affectation du produit des jeux  Section 1 Impôt sur les maisons de jeu   Art. 119 Principe  1 La Confédération perçoit un impôt sur le produit brut des jeux (impôt sur les  maisons de jeu). Cet impôt est affecté à l’assurance-vieillesse, survivants et invali- dité.       14 RS 172.021     Jeux d’argent. LF   35   935.51   2 Le produit brut des jeux est constitué par la différence entre les mises des joueurs  et les gains réglementaires versés par la maison de jeu.  3 Les commissions perçues par les maisons de jeu pour les jeux de table et les pro- duits des jeux analogues font partie du produit brut des jeux.   Art. 120 Taux de l’impôt  1 Le Conseil fédéral fixe le taux de l’impôt de telle manière que les maisons de jeu  gérées selon les principes d’une saine gestion obtiennent un rendement approprié sur  le capital investi. Le taux de l’impôt peut être progressif.  2 Le taux de l’impôt est de:    a. 40 % au moins et 80 % au plus du produit brut des jeux réalisé dans la mai- son de jeu;   b. 20 % au moins et 80 % au plus du produit brut des jeux réalisé sur les jeux  de casino exploités en ligne.    3 Le taux de l’impôt peut être réduit de moitié au plus lors des quatre premières  années d’exploitation. Lorsqu’il fixe le taux, le Conseil fédéral tient compte de la  situation économique de la maison de jeu. La réduction est redéfinie tous les ans,  pour une ou plusieurs maisons de jeu, en fonction des éléments pertinents.   Art. 121 Allégements fiscaux pour les maisons de jeu titulaires  d’une concession B   1 Le Conseil fédéral peut réduire d’un quart au plus le taux de l’impôt fixé pour les  maisons de jeu titulaires d’une concession B si les bénéfices de la maison de jeu sont  investis pour l’essentiel dans des projets d’intérêt général pour la région, en particu- lier dans le soutien d’activités culturelles, ou dans des projets d’utilité publique.  2 Il peut réduire le taux de l’impôt d’un tiers au plus si la maison de jeu titulaire  d’une concession B est implantée dans une région dépendant d’une activité touris- tique fortement saisonnière.   3 En cas de cumul des deux motifs de réduction, il peut réduire le taux de l’impôt de  moitié au plus.  4 Les allégements fiscaux prévus aux al. 1 et 2 ne sont pas applicables aux jeux de  casino exploités en ligne.   Art. 122 Réduction de l’impôt pour les maisons de jeu titulaires  d’une concession B en cas de prélèvement d’un impôt cantonal  de même nature    1 Le Conseil fédéral réduit l’impôt prélevé auprès des maisons de jeu titulaires d’une  concession B si le canton d’implantation prélève un impôt de même nature.  2 La réduction correspond à l’impôt prélevé par le canton, mais ne doit pas représen- ter plus de 40 % du total de l’impôt sur les maisons de jeu qui revient à la Confédé- ration.     Services   36   935.51   3 La réduction de l’impôt n’est pas applicable aux jeux de casino exploités en ligne.   Art. 123 Taxation et perception  1 La CFMJ procède à la taxation et à la perception de l’impôt. Le Conseil fédéral  règle la procédure.  2 À la demande du canton, la CFMJ peut procéder à la taxation et à la perception de  l’impôt cantonal sur le produit brut des jeux.   Art. 124 Rappel d’impôt et prescription  1 S’il s’avère, sur la base de faits ou de moyens de preuve que la CFMJ ignorait,  qu’une taxation fait défaut ou qu’une taxation exécutoire a été effectuée de manière  incomplète, les montants non perçus, majorés des intérêts, sont versés à titre de  rappel d’impôt.  2 Si la maison de jeu a indiqué correctement les montants imposables dans sa décla- ration d’impôt et que la CFMJ a eu connaissance des bases nécessaires à l’évaluation  des différents éléments, il ne peut y avoir de rappel d’impôt.  3 L’ouverture de la poursuite pénale visée à l’art. 132 marque le début de la procé- dure de rappel d’impôt.  4 Le droit d’engager une procédure de rappel d’impôt s’éteint dix ans après la fin de  la période fiscale pour laquelle une taxation fait défaut ou pour laquelle une taxation  exécutoire a été effectuée de manière incomplète. Le droit de procéder à un rappel  d’impôt s’éteint dans tous les cas quinze ans après la fin de la période fiscale pour  laquelle l’impôt est dû.   Section 2  Affectation des bénéfices nets des jeux de grande envergure   Art. 125 Affectation des bénéfices nets à des buts d’utilité publique  1 Les cantons affectent l’intégralité des bénéfices nets des loteries et des paris spor- tifs à des buts d’utilité publique, notamment dans les domaines culturel, social et  sportif.  2 Les bénéfices nets correspondent à la somme totale des mises et du résultat finan- cier après déduction des gains versés, des frais découlant de l’activité commerciale,  y compris des taxes perçues pour couvrir les coûts tels que ceux de la surveillance et  des mesures de prévention en rapport avec les jeux d’argent et des dépenses néces- saires à la constitution des réserves et provisions appropriées.   3 L’affectation de bénéfices nets à l’exécution d’obligations légales de droit public  est exclue.  4 Les bénéfices nets des jeux d’adresse ne sont soumis à aucune obligation  d’affectation.     Jeux d’argent. LF   37   935.51   Art. 126 Comptabilisation séparée  1 Les bénéfices nets des loteries et des paris sportifs n’entrent pas dans le compte  d’État des cantons. Ils sont gérés séparément.  2 Les exploitants remettent les bénéfices nets aux cantons dans lesquels les loteries  et les paris sportifs se sont déroulés.   Art. 127 Octroi de contributions  1 Les cantons légifèrent sur:   a. la procédure et les organes chargés de la répartition des fonds;   b. les critères que ces organes sont tenus de respecter pour l’attribution des   contributions.  2 Une contribution ne peut être octroyée que si le requérant démontre de manière  suffisante que ces critères sont respectés.  3 Les organes chargés d’octroyer les contributions veillent à assurer autant que  possible une égalité de traitement entre les demandes.   4 Le droit fédéral ne crée pas de droit à l’octroi d’une contribution.  5 Les cantons peuvent affecter une part des bénéfices nets à des buts d’utilité pu- blique intercantonaux, nationaux et internationaux.   Art. 128 Transparence dans la répartition des fonds  1 Les organes visés à l’art. 127 publient sous une forme adéquate le montant des  contributions versées en précisant les destinataires et les domaines concernés.  2 Ils publient leurs comptes chaque année.   Section 3 Affectation des bénéfices nets des jeux de petite envergure   Art. 129  1 Les exploitants de petites loteries et de paris sportifs locaux qui ne poursuivent pas  de buts économiques peuvent utiliser les bénéfices nets de ces jeux pour leurs be- soins propres.  2 Les bénéfices nets des tournois de poker réalisés en dehors des maisons de jeu ne  sont soumis à aucune obligation d’affectation.     Services   38   935.51   Chapitre 10 Dispositions pénales  Section 1 Infractions   Art. 130 Crimes et délits  1 Est puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécu- niaire quiconque, intentionnellement:   a. exploite, organise ou met à disposition des jeux de casino ou des jeux de  grande envergure sans être titulaire des concessions ou des autorisations né- cessaires;    b. tout en sachant quelle est l’utilisation prévue, met à la disposition d’exploi- tants qui ne disposent pas des concessions ou autorisations nécessaires les  moyens techniques permettant d’exploiter des jeux de casino ou des jeux de  grande envergure.   2 Si l’auteur agit par métier ou en bande, il est puni d’une peine privative de liberté  de cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire de 180 jours-amende au moins.  3 Est puni d’une peine pécuniaire de 180 jours-amende au plus quiconque, intention- nellement, obtient indûment une concession ou une autorisation en fournissant de  fausses informations ou de toute autre manière.   Art. 131 Contraventions  1 Est puni d’une amende de 500 000 francs au plus quiconque, intentionnellement:   a. exploite, organise ou met à disposition d’autres jeux d’argent que ceux men- tionnés à l’art. 130, al. 1, let. a, sans être titulaire des autorisations néces- saires;   b. fait de la publicité pour des jeux d’argent non autorisés en Suisse;  c. fait de la publicité pour des jeux d’argent autorisés à destination des mineurs   ou des personnes frappées d’une exclusion;  d. autorise à jouer une personne qui n’a pas atteint l’âge légal prévu à l’art. 72,   al. 1 et 2, ou qui est frappée d’une exclusion en vertu de l’art. 80, ou lui  verse des gains excédant la valeur seuil prévue à l’art. 80, al. 3;    e. fait en sorte que les bénéfices nets qui doivent être affectés à des buts  d’utilité publique ne soient pas intégralement déclarés;   f. manque aux obligations de diligence en matière de lutte contre le blanchi- ment d’argent prévues par le chapitre 5, section 4, de la présente loi, par le  chapitre 2 LBA15 et par ses dispositions d’exécution;   g. n’obtempère pas à une injonction de l’autorité compétente le sommant de  rétablir l’ordre légal ou de supprimer des irrégularités;   h. revend des participations à des loteries ou à des paris sportifs à des fins  commerciales sans le consentement de l’exploitant.       15 RS 955.0     Jeux d’argent. LF   39   935.51   2 La tentative et la complicité sont punissables.   Art. 132 Soustraction de l’impôt sur les maisons de jeu  Quiconque, intentionnellement, fait en sorte qu’une taxation ne soit pas effectuée ou  qu’une taxation exécutoire soit incomplète, est puni d’une amende s’élevant au plus  à cinq fois le montant de l’impôt soustrait, mais au maximum à 500 000 francs.   Art. 133 Infractions commises dans une entreprise  1 Si l’amende prévisible ne dépasse pas 100 000 francs et s’il apparaît que l’enquête  portant sur des personnes punissables en vertu de l’art. 6 de la loi fédérale du  22 mars 1974 sur le droit pénal administratif (DPA)16 implique des mesures  d’instruction hors de proportion avec la peine encourue, l’autorité peut renoncer à  poursuivre ces personnes et condamner l’entreprise au paiement de l’amende.  2 Les art. 6 et 7 DPA sont applicables également en cas de poursuite pénale par les  autorités cantonales.   Section 2 Droit applicable et procédure   Art. 134 Infraction en rapport avec des jeux de casino et soustraction  de l’impôt   1 La DPA17 est applicable en cas d’infraction commise en rapport avec des jeux de  casino et de soustraction de l’impôt.  2 L’autorité de poursuite est le secrétariat de la CFMJ, l’autorité de jugement est la  CFMJ.   Art. 135 Infraction en rapport avec d’autres jeux d’argent  1 La poursuite et le jugement des infractions commises en rapport avec d’autres jeux  d’argent relèvent des cantons. Les autorités cantonales de poursuite pénale peuvent  associer l’autorité intercantonale à l’instruction.  2 L’autorité intercantonale dispose des droits de procédure suivants:   a. faire recours contre les ordonnances de non-entrée en matière et de classe- ment;   b. former opposition contre les ordonnances pénales;  c. interjeter appel ou appel joint contre des aspects pénaux du jugement.       16 RS 313.0  17 RS 313.0     Services   40   935.51   Art. 136 Conflits de compétence  Le Tribunal pénal fédéral règle les conflits de compétence entre la CFMJ et les  autorités pénales des cantons.   Art. 137 Prescription de l’action pénale  L’action pénale se prescrit par cinq ans pour les contraventions.   Chapitre 11 Dispositions finales  Section 1 Exécution et haute surveillance   Art. 138  1 Le Conseil fédéral édicte les dispositions d’exécution.  2 La Confédération exerce la haute surveillance sur l’exécution de la présente loi.   Section 2 Abrogation et modification d’autres actes   Art. 139  L’abrogation et la modification d’autres actes sont réglées en annexe.   Section 3 Dispositions transitoires   Art. 140 Maisons de jeu  1 Les concessions attribuées sur la base de la loi du 18 décembre 1998 sur les mai- sons de jeu18 expirent six années civiles après l’entrée en vigueur de la présente loi.  2 L’exercice des droits et des devoirs attachés à la concession est régi par la présente  loi.  3 Les maisons de jeu adaptent leurs programmes, leurs procédures et leurs processus  au nouveau droit. Elles soumettent ces adaptations à la CFMJ au plus tard un an  après l’entrée en vigueur de la présente loi.   Art. 141 Autorisation d’exploitant pour les jeux de grande envergure  1 Les exploitants de jeux qui sont considérés comme des jeux de grande envergure  au sens de la présente loi doivent déposer une demande d’autorisation d’exploitant  auprès de l’autorité intercantonale au plus tard deux ans après l’entrée en vigueur de  cette loi.       18 RO 2000 677, 2006 2197 5599      Jeux d’argent. LF   41   935.51   2 Si la demande est rejetée ou qu’aucune demande d’autorisation d’exploitant n’a été  déposée dans le délai fixé à l’al. 1, les autorisations de jeux délivrées en vertu de  l’ancien droit s’éteignent deux ans après l’entrée en vigueur de la présente loi.   Art. 142 Autorisation de jeu pour les jeux de grande envergure  1 Les détenteurs d’une autorisation délivrée en vertu de l’ancien droit pour des  loteries ou paris exploités sur le plan intercantonal ou pour des appareils de jeux  d’adresse ne peuvent continuer l’exploitation de ces jeux que:   a. si la demande d’autorisation d’exploitant visée à l’art. 141 a été acceptée, et  b. qu’ils ont déposé une demande d’autorisation de jeu à l’autorité intercanto-  nale dans un délai de deux ans à compter de l’entrée en vigueur de la pré- sente loi.   2 Les autorisations visées à l’al. 1 restent valables jusqu’à l’entrée en force de la  décision relative à la demande d’autorisation, mais pendant au moins deux ans après  l’entrée en vigueur de la présente loi.   3 Si aucune demande d’autorisation de jeu n’a été déposée dans le délai fixé à l’al. 1,  let. b, l’autorisation délivrée en vertu de l’ancien droit s’éteint deux ans après  l’entrée en vigueur de la présente loi.  4 L’autorité intercantonale exerce dès l’entrée en vigueur de la présente loi la sur- veillance des jeux d’adresse exploités de manière automatisée, en ligne ou au niveau  intercantonal.   Art. 143 Autorisation de nouveaux jeux de grande envergure  1 Les détenteurs d’une autorisation délivrée en vertu de l’ancien droit pour des  loteries ou paris exploités sur le plan intercantonal peuvent déposer une demande  d’autorisation de nouveaux jeux de grande envergure dès l’entrée en vigueur de la  présente loi, même s’ils ne disposent pas encore de l’autorisation d’exploitant.  2 Si la demande d’autorisation d’exploitant visée à l’art. 141 est rejetée, l’autorisa- tion délivrée pour les jeux visés à l’al. 1 s’éteint au moment de l’entrée en force de  cette décision.  3 Si aucune demande d’autorisation d’exploitant n’est déposée dans le délai fixé à  l’art. 141, al. 1, l’autorisation délivrée pour les jeux visés à l’al. 1 s’éteint à la fin de  ce délai.    Art. 144 Autorisation de jeux de petite envergure  1 Les autorisations délivrées par les cantons en vertu de l’ancien droit pour des jeux  considérés comme des jeux de petite envergure au sens de la présente loi restent  valables pendant deux ans au plus après l’entrée en vigueur de cette loi.   2 Les cantons adaptent leur législation de manière à ce qu’elle réponde aux exi- gences de la présente loi et de ses ordonnances d’exécution au plus tard deux ans  après l’entrée en vigueur de la présente loi.     Services   42   935.51   3 Les demandes d’autorisation de jeux considérés comme des jeux de petite enver- gure au sens de la présente loi qui sont déposées après l’entrée en vigueur de cette  loi mais avant l’adaptation de la législation cantonale sont régies par l’ancien droit.   Art. 145 Affectation des bénéfices nets des jeux de grande envergure  Les cantons adaptent leur législation de manière à ce qu’elle réponde aux exigences  relatives à l’organisation et à la procédure figurant dans la section 2 du chapitre 9 au  plus tard deux ans après l’entrée en vigueur de la présente loi. L’ancien droit  s’applique dans l’intervalle.    Section 4 Référendum et entrée en vigueur   Art. 146  1 La présente loi est sujette au référendum.  2 Le Conseil fédéral fixe la date de l’entrée en vigueur.   Date de l’entrée en vigueur:19  Art. 1 à 85, 94 à 146: 1er janvier 2019  Art. 86 à 93 : 1er juillet 2019       19 ACF du 7 nov. 2018     Jeux d’argent. LF   43   935.51   Annexe  (art. 139)   Abrogation et modification d’autres actes  I   Sont abrogées:  1. la loi fédérale du 8 juin 1923 sur les loteries et paris professionnels20;  2. la loi du 18 décembre 1998 sur les maisons de jeu21.   II   Les actes mentionnés ci-après sont modifiés comme suit:  …22       20 [RS 10 247; RO 2006 2197 annexe ch. 132, 2008 3437 ch. II 54, 2010 1881 annexe 1   ch. II 31]   21 [RO 2000 677, 2006 2197 annexe ch. 133 5599 ch. I 15]  22 Les mod. peuvent être consultées au RO 2018 5103.     Services   44   935.51