Document ID: 789b3b5e-6e83-4670-a8c1-3df4b292cc43

RS 0.211.231.01   1   Texte original   Convention   concernant la compétence des autorités et la loi applicable  en matière de protection des mineurs1 2   Conclue à La Haye le 5 octobre 1961  Approuvée par l’Assemblée fédérale le 27 septembre 19663  Instrument de ratification déposé par la Suisse le 9 décembre 1966  Entrée en vigueur pour la Suisse le 4 février 1969    (Etat le 3    février 2014)     Les Etats signataires de la présente Convention,   désirant établir des dispositions communes concernant la compétence des autorités et  la loi applicable en matière de protection des mineurs,   ont résolu de conclure une Convention à cet effet et   sont convenus des dispositions suivantes:   Art. 1  Les autorités, tant judiciaires qu’administratives, de l’Etat de la résidence habituelle  d’un mineur sont, sous réserve des dispositions des art. 3, 4 et 5, al. 3, de la présente  Convention, compétentes pour prendre des mesures tendant à la protection de sa  personne ou de ses biens.   Art. 2  Les autorités compétentes aux termes de l’article premier prennent les mesures pré- vues par leur loi interne.   Cette loi détermine les conditions d’institution, modification et cessation desdites  mesures. Elle régit également leurs effets tant en ce qui concerne les rapports entre  le mineur et les personnes ou institutions qui en ont la charge, qu’à l’égard des tiers.   Art. 3  Un rapport d’autorité résultant de plein droit de la loi interne de l’Etat dont le mineur  est ressortissant est reconnu dans tous les Etats contractants.        RO 1969 191; FF 1966 I 357  1 Dans les matières auxquelles elle s’applique, la Conv. du 25 oct. 1980 sur les aspects   civils de l’enlèvement international d’enfants prévaut sur la présente convention, entre les  Etats Parties aux deux conventions (art. 34 de cette Conv.; RS 0.211.230.02).   2 Ne s’applique qu’aux Etats qui ne sont pas parties à la Conv. du 19 oct. 1996   (RS 0.211.231.011 art. 51).   3 RO 1969 190   0.211.231.01    Droit des personnes, de la famille et des successions. Droits réels   2   0.211.231.01   Art. 4  Si les autorités de l’Etat dont le mineur est ressortissant considèrent que l’intérêt du  mineur l’exige, elles peuvent, après avoir avisé les autorités de l’Etat de sa résidence  habituelle, prendre selon leur loi interne des mesures tendant à la protection de sa  personne ou de ses biens.   Cette loi détermine les conditions d’institution, modification et cessation desdites  mesures. Elle régit également leurs effets tant en ce qui concerne les rapports entre  le mineur et les personnes ou institutions qui en ont la charge, qu’à l’égard des tiers.   L’application des mesures prises est assurée par les autorités de l’Etat dont le mineur  est ressortissant.   Les mesures prises en vertu des alinéas précédents du présent article remplacent les  mesures éventuellement prises par les autorités de l’Etat où le mineur a sa résidence  habituelle.   Art. 5  Au cas de déplacement de la résidence habituelle d’un mineur d’un Etat contractant  dans un autre, les mesures prises par les autorités de l’Etat de l’ancienne résidence  habituelle restent en vigueur tant que les autorités de la nouvelle résidence habituelle  ne les ont pas levées ou remplacées.   Les mesures prises par les autorités de l’Etat de l’ancienne résidence habituelle ne  sont levées ou remplacées qu’après avis préalable auxdites autorités.   Au cas de déplacement d’un mineur qui était sous la protection des autorités de  l’Etat dont il est ressortissant, les mesures prises par elles suivant leur loi interne  restent en vigueur dans l’Etat de la nouvelle résidence habituelle.   Art. 6  Les autorités de l’Etat dont le mineur est ressortissant peuvent, d’accord avec celles  de l’Etat où il a sa résidence habituelle ou possède des biens, confier à celles-ci la  mise en oeuvre des mesures prises.   La même faculté appartient aux autorités de l’Etat de la résidence habituelle du mi- neur à l’égard des autorités de l’Etat où le mineur possède des biens.   Art. 7  Les mesures prises par les autorités compétentes en vertu des articles précédents de  la présente Convention sont reconnues dans tous les Etats contractants. Si toutefois  ces mesures comportent des actes d’exécution dans un Etat autre que celui où elles  ont été prises, leur reconnaissance et exécution sont réglées soit par le droit interne  de l’Etat où l’exécution est demandée, soit par les conventions internationales.     Compétence des autorités et loi applicable en matière  de protection des mineurs. Conv.   3   0.211.231.01  Art. 8  Nonobstant les dispositions des art. 3, 4 et 5, alinéa 3, de la présente Convention, les  autorités de l’Etat de la résidence habituelle d’un mineur peuvent prendre des me- sures de protection pour autant que le mineur est menacé d’un danger sérieux dans  sa personne ou ses biens.   Les autorités des autres Etats contractants ne sont pas tenues de reconnaître ces  mesures.   Art. 9  Dans tous les cas d’urgence, les autorités de chaque Etat contractant sur le territoire  duquel se trouvent le mineur ou des biens lui appartenant, prennent les mesures de  protection nécessaires.   Les mesures prises en application de l’alinéa précédent cessent, sous réserve de leurs  effets définitifs, aussitôt que les autorités compétentes selon la présente Convention  ont pris les mesures exigées par la situation.   Art. 10  Autant que possible, afin d’assurer la continuité du régime appliqué au mineur, les  autorités d’un Etat contractant ne prennent de mesures à son égard qu’après avoir  procédé à un échange de vues avec les autorités des autres Etats contractants dont les  décisions sont encore en vigueur.   Art. 11  Toutes les autorités qui ont pris des mesures en vertu des dispositions de la présente  Convention en informent sans délai les autorités de l’Etat dont le mineur est ressor- tissant et, le cas échéant, celles de l’Etat de sa résidence habituelle.   Chaque Etat contractant désignera les autorités qui peuvent donner et recevoir direc- tement les informations visées à l’alinéa précédent. Il notifiera cette désignation au  Ministère des Affaires Etrangères des Pays-Bas.   Art. 12  Aux fins de la présente Convention on entend par «mineur» toute personne qui a  cette qualité tant selon la loi interne de l’Etat dont elle est ressortissante que selon la  loi interne de sa résidence habituelle.   Art. 13  La présente Convention s’applique à tous les mineurs qui ont leur résidence habi- tuelle dans un des Etats contractants.   Toutefois les compétences attribuées par la présente Convention aux autorités de  l’Etat dont le mineur est ressortissant sont réservées aux Etats contractants.     Droit des personnes, de la famille et des successions. Droits réels   4   0.211.231.01   Chaque Etat contractant peut se réserver de limiter l’application de la présente  Convention aux mineurs qui sont ressortissants d’un des Etats contractants.   Art. 14  Aux fins de la présente Convention, si la loi interne de l’Etat dont le mineur est res- sortissant consiste en un système non unifié, on entend par «loi interne de l’Etat dont  le mineur est ressortissant» et par «autorités de l’Etat dont le mineur est ressortis- sant» la loi et les autorités déterminées par les règles en vigueur dans ce système et,  à défaut de telles règles, par le lien le plus effectif qu’a le mineur avec l’une des  législations composant ce système.   Art. 15  Chaque Etat contractant peut réserver la compétence de ses autorités appelées à sta- tuer sur une demande en annulation, dissolution ou relâchement du lien conjugal  entre les parents d’un mineur, pour prendre des mesures de protection de sa personne  ou de ses biens.   Les autorités des autres Etats contractants ne sont pas tenues de reconnaître ces  mesures.   Art. 16  Les dispositions de la présente Convention ne peuvent être écartées dans les Etats  contractants que si leur application est manifestement incompatible avec l’ordre  public.   Art. 17  La présente Convention ne s’applique qu’aux mesures prises après son entrée en  vigueur.   Les rapports d’autorité résultant de plein droit de la loi interne de l’Etat dont le  mineur est ressortissant sont reconnus dès l’entrée en vigueur de la Convention.   Art. 18  Dans les rapports entre les Etats contractants la présente Convention remplace la  Convention pour régler la tutelle des mineurs signée à La Haye le 12 juin 19024.   Elle ne porte pas atteinte aux dispositions d’autres conventions liant au moment de  son entrée en vigueur des Etats contractants.   Art. 19  La présente Convention est ouverte à la signature des Etats représentés à la Neu- vième session de la Conférence de La Haye de droit international privé.       4 [RS 11 748; RO 1976 1846. RO 1977 766]      Compétence des autorités et loi applicable en matière  de protection des mineurs. Conv.   5   0.211.231.01  Elle sera ratifiée et les instruments de ratification seront déposés auprès du Ministère  des Affaires Etrangères des Pays-Bas.   Art. 20  La présente Convention entrera en vigueur le soixantième jour après le dépôt du  troisième instrument de ratification prévu par l’art. 19, al. 2.   La Convention entrera en vigueur, pour chaque Etat signataire ratifiant postérieure- ment, le soixantième jour après le dépôt de son instrument de ratification.   Art. 21  Tout Etat non représenté à la Neuvième session de la Conférence de La Haye de  droit international privé pourra adhérer à la présente Convention après son entrée en  vigueur en vertu de l’art. 20, alinéa premier. L’instrument d’adhésion sera déposé  auprès du Ministère des Affaires Etrangères des Pays-Bas.   L’adhésion n’aura d’effet que dans les rapports entre l’Etat adhérant et les Etats  contractants qui auront déclaré accepter cette adhésion. L’acceptation sera notifiée  au Ministère des Affaires Etrangères des Pays-Bas.   La Convention entrera en vigueur, entre l’Etat adhérant et l’Etat ayant déclaré accep- ter cette adhésion, le soixantième jour après la notification mentionnée à l’alinéa  précédent.   Art. 22  Tout Etat, au moment de la signature, de la ratification ou de l’adhésion, pourra  déclarer que la présente Convention s’étendra à l’ensemble des territoires qu’il  représente sur le plan international, ou à l’un ou plusieurs d’entre eux. Cette déclara- tion aura effet au moment de l’entrée en vigueur de la Convention pour ledit Etat.   Par la suite, toute extension de cette nature sera notifiée au Ministère des Affaires  Etrangères des Pays-Bas.   Lorsque la déclaration d’extension sera faite par un Etat ayant signé et ratifié la  Convention, celle-ci entrera en vigueur pour les territoires visés conformément aux  dispositions de l’art. 20. Lorsque la déclaration d’extension sera faite par un Etat  ayant adhéré à la Convention, celle-ci entrera en vigueur pour les territoires visés  conformément aux dispositions de l’art. 21.   Art. 23  Tout Etat pourra, au plus tard au moment de la ratification ou de l’adhésion, faire les  réserves prévues aux art. 13, al. 3, et 15, alinéa premier, de la présente Convention.  Aucune autre réserve ne sera admise.   Chaque Etat contractant pourra également, en notifiant une extension de la Conven- tion conformément à l’art. 22, faire ces réserves avec effet limité aux territoires ou à  certains des territoires visés par l’extension.     Droit des personnes, de la famille et des successions. Droits réels   6   0.211.231.01   Chaque Etat contractant pourra, à tout moment, retirer une réserve qu’il aura faite.  Ce retrait sera notifié au Ministère des Affaires Etrangères des Pays-Bas.   L’effet de la réserve cessera le soixantième jour après la notification mentionnée à  l’alinéa précédent.   Art. 24  La présente Convention aura une durée de cinq ans à partir de la date de son entrée  en vigueur conformément à l’art. 20, al. 1, même pour les Etats qui l’auront ratifiée  ou y auront adhéré postérieurement.   La Convention sera renouvelée tacitement de cinq en cinq ans, sauf dénonciation.   La dénonciation sera, au moins six mois avant l’expiration du délai de cinq ans,  notifiée au Ministère des Affaires Etrangères des Pays-Bas.   Elle pourra se limiter à certains des territoires auxquels s’applique la Convention.   La dénonciation n’aura d’effet qu’à l’égard de l’Etat qui l’aura notifiée. La Conven- tion restera en vigueur pour les autres Etats contractants.   Art. 25  Le Ministère des Affaires Etrangères des Pays-Bas notifiera aux Etats visés à  l’art. 19, ainsi qu’aux Etats qui auront adhéré conformément aux dispositions de  l’art. 21:   a. Les notifications visées à l’art. 11, al. 2;   b. Les signatures et ratifications visées à l’art. 19;   c. La date à laquelle la présente Convention entrera en vigueur conformé ment  aux dispositions de l’art. 20, al. 1;   d. Les adhésions et acceptations visées à l’art. 21 et la date à laquelle elles  auront effet;   e. Les extensions visées à l’art. 22 et la date à laquelle elles auront effet;   f. Les réserves et retraits de réserves visés à l’art. 23;   g. Les dénonciations visées à l’art. 24, al. 3.   En foi de quoi, les soussignés, dûment autorisés, ont signé la présente Convention.   Fait à La Haye, le 5 octobre 1961, en un seul exemplaire, qui sera déposé dans les  archives du Gouvernement des Pays-Bas et dont une copie certifiée conforme sera  remise, par la voie diplomatique, à chacun des Etats représentés à la Neuvième ses- sion de la Conférence de La Haye de droit international privé.   (Suivent les signatures)     Compétence des autorités et loi applicable en matière  de protection des mineurs. Conv.   7   0.211.231.01  Suisse – autorité compétente5  L’Office fédéral de la justice  Département fédéral de justice et police  3003 Berne   Champ d’application le 3 février 20146     Etats parties Ratification  Adhésion (A)  Entrée en vigueur       Allemagne 19 juillet 1971 17 septembre 1971  Autriche 12 mars 1975 11 mai 1975  Chine          Macaoa 30 septembre 1999 20 décembre 1999  Espagne 22 mai 1987 21 juillet 1987  France 11 septembre 1972 10 novembre 1972  Italie 22 février 1995 23 avril 1995  Luxembourg* 13 octobre 1967   4 février 1969  Pays-Bas 20 juillet 1971 18 septembre 1971      Aruba 20 juillet 1971 18 septembre 1971      Curaçao 20 juillet 1971 18 septembre 1971      Partie caraïbe (Bonaire, Sint      Eustatius et Saba) 20 juillet 1971 18 septembre 1971      Sint Maarten 20 juillet 1971 18 septembre 1971  Pologne* b 26 mai 1993 A 21 juin 1994  Portugal   6 décembre 1968   4 février 1969      Territoires portugais 31 janvier 1969 A 1er avril 1969  Suisse   9 décembre 1966   4 février 1969  Turquie* b 25 août 1983 A 12 avril 1986     * Réserves et déclarations   Les réserves et déclarations ne sont pas publiées au RO. Les textes en français et en anglais   peuvent être consultés à l’adresse du site Internet de la Conférence de La Haye:  http://hcch.e-vision.nl/index_fr.php ou obtenus   à la Direction du droit international public (DDIP), Section des traités internationaux, 3003  Berne.   a Du 4 février 1969 au 19 décembre 1999, la Convention était applicable à Macao sur la base  d’une déclaration d’extension territoriale du Portugal. A partir du 20 décembre 1999,  Macao est devenue une Région administrative spéciale (RAS) de la République populaire  de Chine. En vertu de la déclaration chinoise du 30 septembre 1999, la Convention est  également applicable à la RAS Macao à partir du 20 décembre 1999.  b L’adhésion est soumise à une procédure d’accéptation. La date d’entrée en vigueur est celle  entre la Suisse et cet Etat partie ou ce territoire.       5 RO 2014 517  6 RO 2014 517.   Une version du champ d’application mise à jour est publiée sur le site web du DFAE  (www.dfae.admin.ch/traites).      Droit des personnes, de la famille et des successions. Droits réels   8   0.211.231.01